Skip to main content

Full text of "Dictionnaire étymologique du patois lyonnais"

See other formats


This  is  a  digital  copy  of  a  book  that  was  preserved  for  générations  on  library  shelves  before  it  was  carefully  scanned  by  Google  as  part  of  a  project 
to  make  the  world's  books  discoverable  online. 

It  bas  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 
to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expired.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 
are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that 's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  marginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book' s  long  journey  from  the 
publisher  to  a  library  and  finally  to  y  ou. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless,  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prevent  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  technical  restrictions  on  automated  querying. 

We  also  ask  that  y  ou: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals,  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  from  automated  querying  Do  not  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  large  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attribution  The  Google  "watermark"  you  see  on  each  file  is  essential  for  informing  people  about  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  responsible  for  ensuring  that  what  you  are  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countries.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can't  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
any  where  in  the  world.  Copyright  infringement  liability  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.  Google  Book  Search  helps  readers 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  full  text  of  this  book  on  the  web 

at  http  :  //books  .  google  .  com/| 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


DICTIONNAIRE 

ÉTYMOLOGIQUE 


DU 


PATOIS  LYONNAIS 


PAIt 


N.  du   PUITSPELU 


LYON 

LIBRAIRIE   GÉNÉRALE    HENRI   GEORG 

65.  Rue  de  la  République,  66 

HftliB    MAISON     A     BALS     KT    A    QKNÉTK 
1890 


Digitized  by 


Google 


Digîtized  by 


Google 


MON  PAYS 


LYONNAIS 


,  Google 


Digitized  by'      ' 


Digitized  by 


Google 


DICTIONNAIRE 

ÉTYMOLOGIQUE 


DU 


PATOIS  LYONNAIS 


PAR 


N.    du    PUITSPELU 


- 1-.  -,  '\    c  , 


LYON 

LÎBHAIRIE    GÉNÉRALE    HENRI    GEORG 

65,  Rue  de  la  République,  05 

MÊME    MAISON     ABALE    £T    A     GENÈVE 

1887-1890 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


INTRODUCTION 


Ce  dictionnaire  comprend  les  mots  du  patois  lyonnais  actuel.  Je  suis 
loin  de  prétendre  qu'il  les  contienne  tous  ni  presque  tous.  Tel  qu'il  est,  il 
dépasse  de  beaucoup  l'importance  des  travaux  de  ce  genre  consacrés  jusqu'à 
ce  jour  à  des  dialectes  aussi  humbles  que  le  nôtre. 


Mais  d'abord  qu'est-ce  que  le  patois  lyonnais?  —  Je  lisais  naguère  «  qu'il 
n'existe  pas  à  vrai  dire  de  patois  lyonnais,  mais  bien  des  patois  de  telle 
ou  telle  commune  du  Lyonnais  ».  Autant  dire  qu'il  n'existe  pas  de  dia- 
lecte provençal,  mais  seulement  des  dialectes  de  telle  ou  telle  commune  de 
la  Provence.  La  vérité,  du  moins  admise  jusqu'ici,  c'est  qu'il  y  a  des  dialectes 
embrassant  des  contrées  plus  ou  moins  étendues,  et  que  ces  dialectes  se 
divisent  en  sous-dialectes,  et  que  ces  sous-dialectes  présentent  des  diver- 
gences de  village  à  village  (1).  Mais  vouloir  se  restreindre  à  n'étudier  que 
le  patois  d'un  seul  endroit,  c'est  se  priver  volontairement  des  ressources  si  pré- 
cieuses de  la  comparaison,  et  la  conséquence  serait  qu'il  faudrait,  pour  bien 
connaître  les  patois  de  la  France,  dresser  trente-sept  mille  cinq  cent  quarante- 
huit  phonétiques,  en  y  adjoignant  trente-sept  mille  cinq  cent  quarante-huit 
glossaires,  ce  qui  ne  laisserait  pas  de  former  une  bibliothèque  possible  un 
peu  encombrante. 

Mais  s'il  ne  faut  pas  trop  se  restreindre,  il  faut  se  maintenir  dans  une  éten- 
due de  pays  où  les  caractères  phonétiques  généraux  soient  les  mômes,  où  l'on 
n'ait  à  constater  que  des  divergences  de  détail,  en  un  mot  dans  une  région 
qui  présente  un  tuUo  continuo,  pour  employer  l'expression  de  M.  Ascoli» 
C'est  ce  qu'on  a  tâché  de  faire  ici. 

(1)  On  a  pu  soutenir,  non  sans  justesse,  que  dans  une  masse  linguistique  comme 
la  nôtre  il  n'y  a  pas  de  dialectes;  mais  la  phrase  doit  être  entendue  dans  ce  sens  qu'il 
n'y  a  pas  de  limites  précises  aux  dialectes,  mais  non  qu'il  n'existe  pas  en  France  des 
parlers  différents,  ayant  des  traits  linguistiques  particuliers»  tout  en  ayant  à  côté 
de  cela,  bien  entendu,  des  traits  communs.  Il  y  a  des  patois  d'oc  et  des  patois  d'oïl, 
et  des  patois  intermédiaires  d'oc  et  d'oïl,  sans  qu'on  puisse  les  délimiter  d'une 
façon  rigoureuse,  comme  on  délimite  une  circonscription  administrative.  Si  j'étends 
sur  du  papier  une  teinle  d'aquarelle  rose,  et  si  je  juxtapose,  avant  que  la  première 
soit  sèche,  une  teinte  bleue,  les  deux  teintes  se  fondent  au  point  de  contact,  en  se 
détachant  de  plus  en  plus  à  partir  de  ce  point  jusqu'à  un  autre  où  le  rose  sera 
pur  et  où  le  bleu  sera  pur.  Il  me  semî)le  que  c'est  très  exaclemant  ce  qui  se  passe 
pour  les  dialectes. 


Digitized  by 


Google 


En  quittant  Lyon  par  la  route  de  Bordeaux,  qui  se  dirige  à  l'ouest,  vous 
atteignez  Oraponne  à  la  distance  d'environ  huit  kilomètres  à  vol  d'oiseau  : 
de  là,  sur  la  môme  route,  jusqu'à  Yzeron,  vous  avez,  toujours  à  vol  d'oiseau, 
dix  kilomètres.  Dirigez-vous  sur  Saint-Martin -d'en-Haut.  au  sud-sud-ouest 
(six  kilomètres);  de  là,  au  sud-sud-est,  sur  Riverie  (six  kilomètres);  de  là, 
à  l'est  sur  Mornant  (près  de  six  kilomètres),  et  revenez  de  Mornant  à  Lyon 
(un  peu  plus  de  dix-neuf  kilomètres),  vous  avez  tracé  sur  la  carte  un  poly- 
gone fort  irrégulier  dont-  la  plus  grande  longueur  est  de  vingt-deux  kilo- 
mètres, et  la  plus  grande  largeur  d'un  peu  plus  de  onze  kilomètres.  C'est 
à  l'espace  compris  dans  ce  périmètre  que  s'applique  l'étude  phonétique  qui 
précède  ce  dictionnaire.  Ajoutez-y,  de  Riverie,  un  crochet  sur  Rive-de-Gier, 
à  sept  ou  huit  kilomètres  de  distance.  Je  crois  que  les  résultats  de  cette  étude 
n'auraierit  pas  éb^  changés  si  le  temps  et  les  circonstances  avaient  permis 
d'agrandir  ce  périmètre  à  l'est,  en  y  englobant  Givors  et  en  remontant  le 
Rhône  jusqu'à  Lyon. 

Il  n:e  semble  que  c'est  bien  dans  cette  région  que  se  marquent  avec  force 
non  seulement  les  caractères  phonétiques  du  patois  lyonnais,  mais  sa  physio- 
nomie morale,  pour  ainsi  parler  ;  une  certaine  accentuation  narquoise  intra- 
duisible, une  prononciation  traînarde  et  comique,  quelque  chose  d'absolu- 
ment «  génuine  ».  Je  crois  que  c'est  pour  cette  région  qu'on  pourrait,  répétant 
le  mot  de  Froissard,  dire  que  «si  le  Lyonnais  était  un  œuf,  elle  en  serait  le 
moyeuf  ». 


Dans  toute  cette  région  le  traitement  de  Va  tonique  est  le  môme  ;  celui 
de  Va  protonique  est  le  môme.  A  tonique  libre  y  est  devenu  <5,  un  ô  si  long, 
si  emphatique,  que  la  plupart  des  patoisants  le  transcrivent  par  au.  Ceci  est 
le  trait  caractéristique  du  patois  proprement  lyonnais.  Partout  aussi  le  traite- 
ment de  a  tonique  soumis  à  rinfluence  d'une  palatale  est  le  môme.  Partout,  sous 
cette  influence,  les  verbes  de  la  première  conjugaison  substituent  à  la  dési- 
nence 6  la  désinence  î.  Mais  si  l'on  remonte  au  nord,  jusqu'à  Villefranche,  les 
caractères  changent  promptement.  Ces  verbes  n'ont  plus  la  désinence  en  î 
mais  en  ie(r),  comme  dans  le  patois  bressan  et  le  patois  dauphinois  (1).  Si,  au 
nord-ouest,  on  va  jusqu'à  Amplepuis,  on  arrive  dans  la  contrée  où  a 
tonique  n'est  pas  passé  à  <5,  et  à  deux  pas  de  notre  périmètre,  à  Lentilly, 
Tarticulation  lyonnaise  de  c  initial  latin  devant  a,  c'est-à-dire  ch,  est  devenue 
is.  A  Touest,  vous  atteindrez  assez  promptement  la  phonétique  forézienne, 
où  a  tonique  est  resté  a.  Au  sud,  on  atteindra  Saint-Etienne,  le  noyau  du 
parler  forézien. 

'  Dans  toute  notre  région,  a  libre  protonique  hésite  entre  a  et  <5,  avec  ten- 
dance croissante  à  passer  à  ô.  Partout  e  fermé  a  donné  ei,  qui  s'est  nuancé 
de  ù  à  (?.  Nulle  part  cet  ei  n'a  passé  à  oi  comme  en  français.  Partout  o  fermé 
libre  a  donné  primitivement  ou,  qui  partout  aussi  a  passé  à  o  ou  tend  à  y 
passer.  A  Lyon  et  à  Craponne  seulement,  o  fermé  donne  souvent  u.  Il  a  été 
facile  de  noter  ces  différences  dans  l'étude  phonétique.  Partout  encore  le 
traitement  des  consonnes  est  le  môme,  sauf  dans  la  région  de  Riverie,  Rive- 
Il)  La  phonétique  de  Villefranche  est  absolumont  distincte  de  la  nôtre.  Par  ex. 
a-\- j  devient  r<  :   nwnsionem  =m(îjon,  ■ 


Digitized  by 


Google 


m 

de-Gier  et  Saint-Martin,  où  t  devant  i  se  nuance  en  tch^  ts,  et  d  devant  i  en  dj. 
Il  serait  fastidieux  de  pousser  plus  loin  ces  comparaisons,  puisqu'on  les 
retrouvera  dans  la  phonétique. 

Je  dois  pourtant  noter  encore  deux  phénomènes  importants  et  qui  ne  se 
démentent  nulle  part.  Le  premier,  c'est  la  persistance  de  a  post-tonique  lors- 
qu'il n'est  pas  dans  le  voisinage  d'une  palatale,  et  son  changement  en  i, 
quand  il  en  subit  Tinfluence  ;  le  second,  c'est  l'assourdissement  de  cet  a  et 
de  cet  i  patois  post-toniques  en  e  muet  pour  le  pluriel  de  tous  les  noms  de  la 
première  déclinaison. 


Je  ne  m'abuse  pas,  et  je  sens  tout  ce  que  l'étude  à  laquelle  est  consacré 
ce  livre  offre  encore  d'incomplet.  Pour  donner  un  travail  tel  que  je  le  conçois, 
il  eût  fallu,  en  agrandissant  le  périmètre  étudié,  relever,  dans  tous  les  villages, 
sans  exception,  qu'il  comprenait,  les  différences  de  traitement,  si  faibles 
fussent-elles,  de  chaque  voyelle  et  de  chaque  consonne,  puis  dresser  une 
série  de  cartes  où,  par  des  couleurs  différentes,  on  eût  indiqué  les  limites 
de  chaque  phénomène  phonétique.  C'est  là  une  tâche  que  j'entreprendrai  cer- 
tainement un  jour aussitôt  que  j'aurai  vingt-cinq  ans. 

Pour  le  surplus,  je  me  consolerai  en  pensant  à  ce  que  disait  Cabat  à  l'un  de 
ses  élèves  qui  ne  pouvait  jamais  se  résoudre  à  faire  un  croquis  de  paysage 
sur  nature,  parce  qu'il  ne  pouvait  y  mettre  tous  les  effets  d'un  tableau  : 
«  C'est  vrai  qu'un  croquis  ne  vaut  pas  un  tableau,  mais  c'est  vrai  aussi 
qu'un  bon  croquis  vaut  mieux  que  rien  du  tout.  » 


Les  mêmes  raisons  d'impérieuse  unité  de  dialecte  n'existaient  pas  pour 
les  mots  à  insérer  dans  le  dictionnaire.  La  très  grande  partie  appartient 
à  la  région  étudiée  dans  la  phonétique,  mais  on  ne  s'est  point  interdit  d'y 
adjoindi'e  un  certain  nombre  de  mots  soit  de  la  région  de  Tarare  et  dePanis- 
sières,  dont  la  phonétique  est  à  très  peu  près  semblable  à  la  nôtre,  soit  de 
la  région  de  Villefranche,  soit  du  Franc-Lyonnais,  c'est-à-dire  de  la  zone 
étroite  de  l'ancien  Lyonnais  qui  s'étendait  sur  la  rive  gauche  de  la  Saône.  On 
ne  s'est  astreint  à  d'autres  limites  pour  l'insertion  des  mots  dans  le  diction- 
naire qu'à  celles  de  l'ancienne  province  du  Lyonnais,  en  y  comprenant  à 
peine  deux  ou  trois  villages-frontières.  Cela  était  nécessaire,  non  seulement 
pour  justifier  notre  titre,  mais  encore  parce  que,  comme  le  dit  judicieusement 
le  poète  Ponsard  : 

Quand  la  borne  est  franchie.  Il  n'est  plus  de  limites. 

Il  n'y  aurait  eu  aucune  raison,  en  dépassant  le  Lyonnais,  de  s'arrêter  à  un 
point  plutôt  qu'à  un  autre.  On  a  donc  proscrit,  malgré  leur  intérêt,  tous  les 
mots  du  Forez,  du  Dauphiné,  de  la  Bresse,  etc.,  et  par  conséquent  beau- 
coup de  ceux  que  M.  Onofrio  avait  fait  figurer  dans  s^  Essai  d'un  glos- 
saire des  patois  de  Lyonnais,  Fore^  ai  Beaujolais. 


Digitized  by 


Google 


IV 


* 


C'est  un  truisme  de  dire  que  le  lyonnais,  comme  tous  les  dialectes  romans, 
a  pour  «  substratum  »  le  latin  vulgaire.  Il  ne  diffère  pas  sous  ce  rapport  de 
ses  congénères. 

Après  le  latin,  ce  sont  les  langues  germaniques  qui  ont  fourni  le  plus 
gros  contingent,  et  après  elles,  bien  loin,  le  celtique,  quoiqu'il  ne  soit  pas 
impossible  que  des  mots  dont  nous  retrouvons  les  types  dans  le  germa- 
nique nous  soient  venus  par  le  celtique,  les  deux  langues  ayant  en  assez 
grand  nombre  des  racines  communes.  Mais  les  documents  que  nous  possé- 
dons sur  les  langues  celtiques  sont  trop  peu  nombreux  pour  pouvoir  nous 
éclairer  à  ce  sujet.  On  peut  supposer  d'ailleurs  que  les  mots,  en  moindre 
quantité  qu'on  ne  le  croirait,  dont  on  ne  reconnaît  les  types  nulle  part  dans 
les  langues-mères  à  nous  connues,  sont  d'origine  celtique.  Enfin  il  n'y  a  pas 
à  douter  que  beaucoup  de  noms  de  lieux  n'aient  une  origine  gauloise; 
mais  cette  étude,  pour  laquelle  Tauteur  se  sentirait  d'ailleurs  insuflisant,  ne 
rentrait  pas  dans  son  cadre.  Il  est  à  noter  que,  encore  bien  que  Lyon  fût  le 
siège  d'une  nombreuse  colonie  grecque,  et  bien  qu'on  y  prêchât  en  grec,  il  est 
à  peine  demeuré  deux  ou  trois  mots  (on  n'est  bien  sûr  que  d'un  seul)  provenant 
directement  de  cette  langue. 


Le  patois  lyonnais  appartient  à  la  branche  des  dialectes  romans  que 
M.  Ascolia  nommé  le  franco-provençal,  c'est-à-dire  «  à  un  type  idiomatique 
qui  réunit  avec  ses  caractères  spécifiques  plusieurs  autres  caractères  en 
partie  communs  au  français,  en  partie  au  provençal,  et  qui  ne  provient  pour- 
tant pas  d'une  conjonction  secondaire  d'éléments  divers,  mais  atteste  avec  certi- 
tude une  indépendance  historique  analogue  à  celle  par  laquelle  les  autres 
principaux  types  se  distinguent  entre  eux  ». 

«  L'ample  étendue  des  dialectes  dans  lesquels  on  peut  encore  aujourd'hui 
reconnaître  le  type  franco-provençal  suppose,  comme  dans  tout  autre  ensemble 
néo-latin,  des  subdivisions  ;  mais  ce  type  constitue  également  dans  l'ordre 
géographique  un  ensemble  continu  (1).  »  Le  Lyonnais,  la  portion  septentrionale 
du  Dauphiné,  la  Bresse,  le  Bugey,  la  Savoie;  en  Suisse  les  cantons  de  Vaud, 
de  Genève,  de  Neuchâtel,  la  plus  grande  partie  de  celui  de  Fribourg,  la  portion 
occidentale  du  Valais  et  finalement  la  vallée  d'Aoste  et  le  Val  Soana,  en 
Piémont,  forment  le  domaine  franco-provençal. 

On  ne  peut  ni  ne  doit,  dans  cette  introduction,  exposer  les  caractères 
détaillés  du  franco-provençal.  Disons  seulement  qu'un  de  ses  traits  les  plus 
marqués  est  celui  d'avoir  ie,  t,  e  pour  a  tonique  latin  libre  précédé  d'une  arti- 
culation palatale,  et  de  consen^er  au  contraire  généralement  cet  a  dans  les 
autres  circonstances.  De  même  l'atone  finale  a  persiste  ou  se  modifie 
également  selon  qu'elle  n'est  pas  ou  qu'elle  est  soumise  à  l'action  d'une 
palatale.  Or,  ces  phénomènes  sont  précisément  au  nombre  de  ceux  signalés 
plus  haut  pour  la  région  lyonnaise  étudiée  dans  ce  présent  livre. 

(1)  Ascoli,  Schizii  franco  provensalù 


Digitized  by 


Google 


Ces  phénomènes  se  montrent  dans  les  textes  vieux  lyonnais  que  nous  possé- 
dons et  qui,  sauf  le  fragment  d'Alexandre,  de  caractère  douteux,  ne 
remontent  pas  au-delà  de  1225  (Carcabeau  de  Givors),  Ces  textes  sont 
d'ailleurs  abondants  pour  la  lin  du  xiii*  et  pour  le  xiv  siècle  (1).  Parmi  les  prin- 
cipaux il  faut  placer,  avec  le  Carcabeaii,  les  œuvres  de  Marguerite  d'Oyngt, 
prieuresse  de  Poleteins,  divers  tarifs  ou  leydes,  et  des  pièces  de  comptabilité. 

Les  documents  se  font  rares  et  peu  importants  à  partir  du  xv  siècle,  à 
cause  de  la  substitution  du  français  au  lyonnais  dans  tous  les  actes  ofliciels 
non  en  latin.  On  peut,  il  est  vrai,  glaner  dans  les  nombreuses  pièces  en 
français,  surtout  dans  les  Registres  consulaires,  beaucoup  de  mots  locaux 
intercalés  dans  la  rédaction  française;  mais  ces  mots,  précieux  pour  un  lexique, 
ne  suflisent  pas  à  fournir  les  éléments  d'une  phonétique.  Le  xvr  siècle  nous 
offre  un  noël,  une  chanson  satiriciue,  deux  ou  trois  courts  fragments  des  Chevau- 
chées de  rAsne.  Le  xvir  fournit  une  très  médiocre  comédie  populaire,  la 
Bernarda  Buj/andiri  ;  le  xviir,  une  courte  pièce,  Lyon  en  vers  burlesques, 
où  se  trouvent  des  fragments  patois  ;  quelques  noôls,  parmi  lesquels  le  plus 
important  est  le  Noël  satirique  de  1723,  et  quelques  chansons  de  Revérony, 
presque  contemporaines  de  la  Révolution.  Le  commencement  du  xix*  siècle 
a  les  paraboles  recueillies  par  Cochard  et  son  vocabulaire  patois  inédit, 
dont  il  sera  parlé  plus  loin.  Le  patois  contemporain  a  les  œuvres  assez  consi- 
dérables de  Roquille,  quelques  pièces  de  Gutton  et  quelques-unes  de  Monin, 
et  c'est  tout.   La  moisson  est  maigre. 

Il  faut  y  ajouter  les  pièces  en  langage  canut  du  premier  tiers  du  siècle. 
La  plupart  sont  d'Etienne  Blanc,  et  admirables.  Mais  ces  pièces  ne  sont 
pa.s  en  patois;  elles  sont  écrites  dans  l'argot  canut,  langage  qui  s'est  développé 
à  Lyon  au  xviii'  siècle,  et  dans  lequel  on  trouve  certainement  quantité  de 
mots  de  source  patoise,  mais  qui  n'est  pas  le  patois.  On  n'a  pas  fait  tigurer 
ces  mots  dans  le  présent  dictionnaire;  ils  feraient  l'objet  d'une  publication 
spéciale,  déjà  en  partie  préparée,  si  l'on  avait  jamais  la  possibilité  de  la 
mettre  au  jour. 

On  n'exposera  pas  ici  l'histoire  du  patois  lyonnais.  Il  nous  a  paru  bien  préfé- 
rable de  donner  en  note,  à  propos  de  chaque  phénomène  phonétique  signalé 
pour  le  patois  moderne,  l'état  de  ce  phénomène  au  xiip  et  xiv«  siècle,  et. 
(]uand  cela  sera  possible,  dans  les  siècles  suivants  jusqu'au  nôtre.  L'histoire 
du  patois  lyonnais  se  présentera  ainsi  d'elle-même  méthodiquement. 


M.  Gustave  Véricel,  érudit  lyonnais,  ayant  rencontré  un  jour,  chez  un 
bouquiniste,  une  malle  pleine  de  papiers,  parmi  lesquels  se  trouvaient  des 
brouillards  et  manuscrits  divers  de  Cochard,  acheta  le  tout,et,  en  les  compul- 
sant, y  découvrit  le  manuscrit  d'un  vocabulaire  du  patois  lyonnais.  Cochard, 
dans  les  premières  années  du  siècle,  vers  1807,  je  crois,  eut,  en  qualité  de 
conseiller  de  préfecture  du  Rhône,  à  s'occuper  de  recueillir,  pour  le  dépar- 

(1)  Voir  à  la  fin  de  celte  introduction,  la  bibliographie  lyonnaise. 


Digitized  by 


Google 


Vï 

tement,  les  traductions  de  la  parabole  de  VEnfant  prodigue,  demandées  par 
le  Bureau  de  statistique  au  ministère  de  l'intérieur.  L'idée  de  ce  vocabulaire 
lui  fut  sans  doute  inspirée  à  cette  occasion.  M.  Véricel  a  bien  voulu  mettre 
ce  manuscrit  à  notre  disposition.  Il  y  avait  quelque  prix  à  recueillir  ici  les 
mots  colligés  par  Oochard,  soit  parce  que  certains  ont  disparu,  soit  parce  que 
les  formes  se  sont  modifiées.  Nous  les  avons  donc  fait  figurer  dans  le  présent 
dictionnaire,  en  les  marquant  en  tête  d'un  astérique.  Nous  avons  dû  en  élaguer 
un  grand  nombre  à  cause  de  leur  parenté  ou  de  leur  identité  avec  le  français. 
Ceux  qui  restent  ne  forment  qu'une  petite  partie  du  présent  dictionnaire,  un 
cinquième  environ. 

Il  n'est  pas  sans  intérêt  de  connaître  ce  qu'était  Cocbard.  Né  en  1763,  il  mena 
d'abord  de  front  les  études  de  Tart  héraldique  et  de  la  jurisprudence,  et  publia, 
à  dix-huit  ans,  un  mémoire  intitulé  Généalogies,  qui  fut  inséré  dans  VÉtat  de 
la  noblesse  pour  1782.  Il  était  procureur  au  baillage  de  Vienne,  lorsqu'on  1785  il 
fut  revêtu  de  la  charge  de  procureur  du  roi  en  la  justice  de  Sainte-Colombe- 
lez- Vienne.  Il  publia  des  travaux  d'histoire  locale,  de  statistique,  de  jurispru- 
dence, fut  appelé  par  l'assemblée  électorale  de  l'Isère  au  conseil  général  de  ce 
département, et  par  l'assemblée  du  district  de  Vienne  au  tribunal  de  cette  ville; 
fut  administrateur  de  THôtel-Dieu,  du  comité  philanthropique  et  du  collège 
de  Vienne,  se  maria  et  se  livra  à  l'agriculture  dans  le  domaine  de  Sainte- 
Colombe,  que  sa  femme  lui  avait  apporté  en  dot.  En  Tan  IV,  il  était  président 
du  canton  de  Sainte-Colombe ,  en  l'an  VI,  juge  de  paix  de  ce  canton  et  membre 
de  l'administration  centrale  du  Rhône.  Peu  après,  nommé  membre  du  direc- 
toire du  département,  il  se  fixa  à  Lyon  et,  lors  de  la  nouvelle  organisation 
administrative,  échangea  son  titre  contre  celui  de  conseiller  de  préfecture. 
Il  occupa  ce  poste  jusqu'en  1815,  où  la  réaction  politique  le  fit  révoquer. 

De  cette  époque  jusqu'à  sa  mort,  en  1834,  il  continua  de  s'occuper  activement 
de  travaux  de  statistique,  de  recherches  historiques,  etc.,  et  fut,  avec  ses 
amis  Breghot  du  Lut  et  Péricaud,  et  quoique  avec  un  ensemble  de  connais- 
sances inférieur,  l'un  des  trois  érudits  lyonnais  qui  ont  marqué  cette  période 
féconde.  De  18^4  à  1831,  il  s'occupa  activement  d'un  recueil  précieux  sous  le 
rapport  local,  les  Archives  historiques  et  statistiques  du  département  du 
Rhône,  où  il  publia  quelques  pièces  patoises.  Cochard  attachait  de  l'importance 
à  l'étude  du  patois.  L'habitude  des  recherches,  le  goût  de  la  précision,  contracté 
dans  la  pratique  administrative  et  les  études  statistiques,  doivent  inspirer 
de  la  confiance  en  ses  constatations,  tout  en  faisant  la  part,  bien  entendu,  de 
l'insuffisance  des  connaissances  propres  au  temps.  Il  paraît  avoir  mis  du  prix  à 
son  vocabulaire,  car  dans  un  rapport  adressé  en  1822  à  M.  de  Tournon,  préfet 
du  Rhône,  au  sujet  d'un  projet  de  Statistique  du  département  du  RJiônc,  que 
M.  de  Tournon  avait  en  vue,  et  pour  lequel  il  avait  consulté  Cochard,  celui-ci 
prend  occasion  de  parler  de  ses  travaux  et  cite  parmi  eux  f  un  vocabulaire 
du  patois  de  ces  contrées  qu'il  a  dressé  et  qui  n'a  pas  vu  le  jour  (1)  *. 

*  * 

La  première  remarque  à  faire  sur  le  vocabulaire  de  Cochard.  c'est  (jue  par- 
tout a  tonique  libre  y  est  exprimé  par  a  (vb.  apparu,  arregarda,   dèson- 

(1)  Retue  du  Lyonnais,  V'>  série,  t.  xviii,  p.  404. 


Digitized  by 


Google 


-  vu 

dra^  mena,  semena,  etc.;  subst.  ana,  rada,  etc.).  Il  ne  faut  pas  le  moins  du 
monde  en  conclure  que  de  son  temps  a  égalât  a.  Dans  toute  la  partie  du 
Lyonnais  étudiée  dans  ce  présent  livœ,  a,  au  commencement  du  siècle,  égale 
déjà  ô,  Dialêgxœ  en  patois  de  Saint-Symphorien  :  ètrôblot  (stabula),  pore 
(patrem)y  alau  «  aller  »,  intrau  [intrare)',  parab.  de  Saint-Symphorien  : 
paure,  amassau  t  amasser  »,  aportau  (ad  port  arc);  parab.  de  Condrieu  : 
pore,  allô,  tomba,  se  </a/d  (vieux  fr.  galer);  parab.  de  Fontaines  ;  appela, 
apporta,  regalô  «  régaler  ». 

Mais  la  région  qui  n'est  pas  proprement  lyonnaise,  comme  celle  de  la  parab. 
des  frontières  du  Forez  et  de  la  parab.  d'Amplepuis,  ont  a  =  a. Cette  région 
garde  encore  aujourd'hui  la  même  phonétique. 

De  même  le  Bois-d'Oingt,  à  cette  époque,  avait  encore  a  =i  a.  Parab. 
amassa,  dissipa,  rentra,  garda.  Aujourd'hui  cette  contrée  a  suivi  le  mouve- 
ment qui  entraîne  k  6  \  pô  (passum),  bô  (bassum),  tçanto  {cantare),  effilô 
«  eflilé  (1)  ».  Les  quelques  mots  d'Alix,  du  Bois-d*Oingt,  de  Villefranche,  que 
contient  notre  dictionnaire,  confirment  cette  évolution.  Beaujeu,  quoique  beau- 
coup plus  loin  de  Lyon,  avait  déjà  a  =  d  au  temps  des  parab.  :  pore,  frôre, 
ramtissô,  retrovô,  graus  (grassum). 

Or  il  n*est  pas  vraisemblable  que  Cochard  soit  allé  puiser  ses  mots  dans  la 
région  particulière  et  écartée  d'Amplepuis  ou  des  frontières  du  Forez;  il  a  dû 
évidemment  les  puiser  dans  les  endroits  avec  lesquels  il  était  le  plus 
familier:  Lyon,  d'abord,  où  à  cette  époque  le  peuple  parlait  encore  patois  ; 
puis  Sainte-Colombe,  qu'il  habitait  l'été,  et  où  il  avait  des  propriétés  (il  y 
est  mort);  Condrieu,  où  il  possédait  des  vignobles  et  dont  il  a  écrit  une  Statis- 
tique très  détaillée;  Amplepuis,  Tupin-Semons,  sur  lesquels  il  a  aussi  écrit. 
De  plus  il  a  intitulé  son  dictionnaire  :  Vocabulaire  des  mots  patois  usités 
dans  le  département  du  Rhône;  c'était  dire  qu'il  ne  dressait  pas  le  vocabu- 
laire de  quelques  communes  éloignées  (2). 

Je  n'ai  donc  aucun  doute  que  Cochard  a  substitué  partout  a  à  <5  de  sa  pro- 
pre autorité,  et  simplement  parce  qu'il  a  considéré  que  ô  était  une  pronon- 
ciation défectueuse  de  l'a  étymologique.  Il  a  cru  donner  la  forme  plus 
scientifique  du  mot.  Ce  qui  prouve  surabondamment  le  fait,  ce  sont  quelques 
lapsus.  C'est  ainsi  qull  ècv'xHiègeo,  regiffto,  en  oubliant  de  rectifier  en  liégea, 
rcgiffla.  Nous  avons  mis  partout  la  forme  patoise  réelle,  sans  répéter  la 
forme  de  iZochard  quand  il  n'y  avait  pas  d'autre  différence  que  celle  qu'on  vient 
de  signaler. 

il)  Revue  des  Patois,  tome  I,  p.  129  et  suiv. 

(2)  A  quelle  époque  remonte  le  changement  de  a  en  o?  Il  est  probable  qu'il  duf 
s'opérer  dans  les  campagnes  avant  Lyon,  car  les  changements  phonétiques  ne  se  font 
pas  comme  une  révolution  politique,  et  le  phénomène,  pour  s'étendre  de  Condrieu  à 
Beaujeu,  dut  mettre  d'assez  longues  années.  Il  dut  se  passer  alors  ce  que  nous  voyons 
se  produire  pour  a  protonique,  qui  se  transforme  peu  à  peu  et  n'a  encore  passé  à  ô  que 
dans  un  nombre  restreint  de  mots,  où  souvent  les  deux  formes  coexistent  encore. 
A  Lyon  a  tonique  =  d  apparaît  a  peine  sporadiquement  aux  dernières  années  du 
XVIII*  siècle,  i^e  noël  de  1753  a  partout  a  =  a.  De  môme  pour  la  chanson  faite  contre 
Perrichon  par  Laurès,  en  1740  0<?^a,  montra).  Il  faut  arriver  à  1776.  à  la  chanson  de 
Revérony  (publiée  dans  la  Revue  du  Lyoïui.,  V»  série,  t.  I,  p.  293)  pour  rencontrer 
quelques  mots  môles  à  ceux  en  a  :  patafina  (de  putidam  finem),  raconta,  chanta, 
rolonta,èi  côté  de  môre,  flaume,  (flamma),  tausse  «  lasse  »,  grauce[gratia)^cahriolau 


Digitized  by 


Google 


VIII 

Cette  préoccupation  fâcheuse  de  rectifier  un  mot  que  l'on  croit  corrompu,  et 
qui  a  pour  résultat  de  créer  un  mot  faux  à  côté  du  vrai,  je  l'ai  rencontrée 
plus  d'une  fois  chez  les  lexicographes.  Elle  ne  laisserait  pas  d'ôter  une  grande 
partie  de  sa  valeur  au  vocabulaire  de  Cochard,  si  elle  se  retrouvait  ailleurs 
que  dans  le  fait  signalé;  mais  un  examen  attentif  ne  nous  a  pas  fait  décou- 
vrir d'autres  déformations  volontaires  des  sons.  Partout  ailleurs  il  s'efforce 
de  les  exprimer  par  les  signes,  et,  lorsqu'il  n'y  parvient  pas,  il  est  facile,  avec 
quelque  connaissance  du  patois  actuel,  de  rétablir  le  mot.  C'est  ainsi  que  nous 
savons  que  lorsqu'il  écrit  gorjnie,  il  veut  exprimer  la  prononciation  gôgnî. 

Il  est  inutile  de  dire  qu'il  n'y  a  pas  dans  Cochard  un  seul  exemple  de  a 
protonique  =  (5,  puisque  cette  transformation,  toute  moderne,  n'est  qu'en  voie 
d'accomplissement.  Si  elle  eût  existé  de  son  temps,  on  en  trouverait  des 
traces,  car  le  plus  souvent  il  aurait  ignoré  si  cet  ô  répondait  ou  non  à  un  a 
étymologique,  et  n'aurait  pas  éprouvé  le  besoin  de  le  changer. 

Mais  en  retour  on  y  trouve  partout  la  forme  archaïque  ta  des  participes 
passés  des  verbes  en  y1  (cberchia,  ccarmaillia,  ècarquilUa,  goucliia),  et  il  con- 
fond môme  parfois  cette  forme  participiale  avec  l'infinitif  du  verbe  (1),  qui 
est  en  yi,  après  avoir  dû  être  jadis  en  yer.  Aujourd'hui,  malgré  parfois 
quelque  hésitation  encore  existante,  ce  participe,  par  un  besoin  logique,  s'est 
scindé  en  deux  flexions  :  yî  pour  le  masc,  ia  pour  le  fémin.  :  «  Celo  raisin 
est  gouchî,  cela  vindômi  est  gouckia,  » 

On  doit  signaler  un  point  intéressant  du  traitement  de  Vo  fermé,  soit  libre, 
soit  entravé.  Dans  le  vocab.  de  Cochard,  cet  o  =  ou,  tandis  que  dans  nos 
campagnes  o  fermé  entravé  égale  invariablement  o,  et  o  fermé  libre  tend  de 
plus  en  plus  à  passer  à  o.  C.  donne  écoulail les  (acolailles),  encoubles  (incobles), 
poutringâ  (potringô),  jpourpa  (porpa),  gour  (gor),  mouttet  (mottet),  otirles 
(orles),  maïotLsses  [mayosses).  Je  crois  que  cette  différence  de  traitement  doit 
tenir  surtout  à  ce  que  C.  a  puisé  beaucoup  d'exemples  à  Lyon,  où  l'on  dit 
encore  ourles,  pourpe,  goxir,  A  côté,  C.  a  patrolli,  polailli,  trolli,  qu'il  a 
sans  doute  puisés  dans  la  partie  rurale,  car  à  Lyon  on  dit  encore  patrouille^ 
poulaille,  trouille,  trouiller.  Je  vois  donc  moins  dans  les  formes  de  C. 
des  archaïsmes  que  des  formes  dues  à  une  phonétique  différente,  tout  en 
reconnaissant  qu'avant  d'être  o,  o  fermé  libre  ou  entravé  a  été  ou. 

Mais  un  archaïsme  est  à  noter,  c'est  o  fermé  post-tonique  représenté  par 
ou  dans  emou  (estimum),  à  Lyon  ème.  Cet  ou  post-tonique  était  de  régie  au 
xvir  siècle,  mais  je  ne  le  vois  figurer  nulle  part  depuis  lors.  Il  existe  encore 
dans  le  forézien. 

t  danser  ».  En  1784,  dans  \?i  Chanson  sur  l'Ascension  ajrostatique,  il  y  a  encore  de 
Tincertitude  :  complimentau,  biiclau,  dïnau,  invitaUt  mais  alla  «  aller  »,  coûta 
€  côté  »,  enleva  [in-levaré)^  inflave  {in-f!abat),  bramace  «  criait  ».  Vers  1807,  dans 
le  Dialogue  entre  deux  habitants  du  Mont-d'Or  {Rev.  du  Lyonn.  loco  cil.)  a=ô  : 
compaure  (cum-patrem),  brauve  «  brave  »,  pau  (passum);  il  est  vrai  qu'on  rencontre 
nas  (nasum)f  mais  comme  il  rime  avec  pas,  négation,  écrit  plus  haut  pau,  il  n'y 
a  pas  à  douter  que  ce  ne  soit  une  faute  du  copiste.  L'unanimité  des  pièces  du 
patois  rural  doit  faire  croire  que  ce  changement  était  consacré  dans  les  campagnes 
avant  de  l'être  à  Lyon.  On  verra  d'ailleurs  que,  sous  les  traits  communs  généraux,  il 
y  a  des  différences  phonétiques  entre  le  pitois  de  Lyon-ville  et  celui  du  domaine  rural. 
C'est  le  contraire  qui  étonnerait. 

(1)  Par  exemple,  naisia,  rouir,  qui  doit  être  nai;l,  partie,  naisia. 


Digitized  by 


Google 


IX 

Le  vocabulaire  de  Cochard  offre  une  autre  particularité  assez  difficile  à  expli- 
quer. D'un  bout  à  Tautre  de  Touvrage,  dans  tous  les  exemples  donnés,  le 
pronom  personnel  ille  est  exprimé  par  ou  devant  les  consonnes  et  oui  devant 
les  voyelles.  Or  j'ignore  complètement  dans  quelle  partie  du  Lyonnais  il  a 
puisé  cette  fonne  singulière.  La  parab.  de  Condrieu  a  è  et  c/  (employés  actuel- 
lement à  Villefranche).  Les  parab.  de  Saint-Symphorien,  d'Amplepuis,  du 
Bois-d'Oingt  emploient  a  et  al,  comme,  du  reste,  aujourd'hui  tout  le  territoire 
dont  la  phonétique  a  été  étudiée  dans  ce  livre.  La  parab.  de  Fontaines,  comme 
les  chansons  de  Revérony,  a  t  et  iL  Je  ne  connais  au  xviir  siècle  qu'un  seul 
exemple  de  ille  ■=  oui,  c'est  dans  le  Noël  de  Jean  Capon,  édité  par  Cochard  : 
«  Ow/  en  a  yu,  la  charopa...  (1)  »  —  Peut-être  était-ce  une  forme  usitée  à 
Vienne  ou  à  Sainte-Colombe.  Nous  en  sommes  réduits  aux  conjectures. 


*  # 

On  doit  parler  en  passant  de  l'orthographe  des  mots  patois  suivie  dans  le 
présent  livre.  L'auteur  devait- il,  comme  on  l'admet  aujourd'hui  pour  les  glos- 
saires patois  méthodiques,  adopter  une  orthographe  purement  phonétique,  en 
supprimant  toutes  les  lettres  étymologiques  et  en  employant,  pour  exprimer 
les  sons  qui  exigent  en  français  la  réunion  de  plus  d'un  signe,  des  signes  dia- 
critiques particuliers?  —  Gela  était  matériellement  impossible,  du  moment  que 
le  dialecte  lyonnais  possédait  des  textes  que  l'auteur  devait  utiliser  et  où  il 
devait  puiser  des  citations.  On  voudra  bien  admettre  qu'il  ne  pouvait  trans- 
crire en  une  sorte  de  volapuk  scientifique  les  textes  du  xiir  siècle,  dont  on 
discute  encore  la  prononciation  exacte.  Ce  qu'on  ne  pouvait  faii-e  pour  les 
textes  les  plus  anciens,  pouvait-on  le  faire  pour  les  auti^es  ?  A  quelle  époque 
fallait-il  abandonner  l'orthographe  des  auteurs  pour  employer  le  volapuk  ? 
Etait-ce  au  xvi%  au  xvii*  ou  au  xviir  ou  enfin  au  xix*  siècle  ?  Mais  on  a 
utilisé  aussi  des  textes  contemporains.  Il  eût  été  possible  de  rectifier  leur 
orthographe,  dh-a-t-on.  Mais  aloi-s  quelle  ressource  aurait  offerte  ce  dictionnaire 
à  ceux  qui,  en  lisant  une  pièce  de  Roquille  ou  de  Gutton,  sont  arrêtés  par 
l'ignorance  de  la  signification  de  quelque  mot  (dont  ils  ne  connaissent  pas 
môme  la  prononciation)  ?  Ils  auraient  dû  commencer,  avant  de  chercher  un 
mot,  par  le  traduire  d'abord  en  volapuk.  On  voit  dans  quel  dédale  d'inextri- 
cables difficultés  c'était  s'engager. 

Il  a  donc  semblé  à  l'auteur  que  l'orthographe  phonétique,  excellente  lors- 
qu'il s'agit  d'un  patois  qui  ne  possède  aucun  texte  écrit,  devait  être  ici  abso- 
lument repoussée. 

Il  fallait  pouitant  représenter  les  sons  de  façon  exacte,  car  ils  sont  souvent 
dénaturés  de  la  manière  la  plus  étrange  par  l'orthographe  fantaisiste  des  écri- 
vains patoisants.  Il  était  facile  d'annver  à  ce  résultat  en  indiquant  entre  paren- 
thèses, à  la  suite  du  mot,  sa  prononciation,  comme  Littré  Ta  fait  pour  le  fran- 
çais. On  a  pensé  satisfaire  ainsi  à  la  fois  et  à  l'exactitude  des  textes  et  aux  justes 
exigences  de  la  phonétique. 

Yoici  donc  les  règles  que  l'auteur  s'est  posées  : 

(1)  Ma  mère,  qui  me  chantait  ce  noël  dans  mon  enfance,  disait  ainsi  te  vers  :  c  01 
atx^otf,  la  charopa...  »  01,  oui  pouvaient  donc  être  parfois  employés  à  Lyon. 

2 


Digitized  by 


Google 


!•  Dans  tout  mot  tiré  d'un  texte  dont  on  ignore  la  prononciation  exacte,  se 
bomer  à  donner  le  mot  sans  indication  de  prononciation. 

2"  Dans  tout  mot  connu,  existant  dans  un  texte,  donner  l'orthographe  du 
texte,  et  si  cette  orthographe  est  défigurée,  en  donner  à  côté  une  plus  ration- 
nelle, mais  en  tenant  compte  cependant,  par  analogie  avec  le  français,  de 
certaines  lettres  étymologiques  qui  peuvent  faciliter  au  lecteur,  familier  avec 
le  français,  Tintelligence  du  mot;  par  exemple  en  écrivant  ant,  le  suffixe  pro- 
venant d'antem,  ous  le  suffixe  provenant  d'osws,  ou  le  suffixe  provenant  d*orem. 
On  n*a  pas  écrit  our  le  suffixe  provenant  dorem,  ni  ôr  le  suffixe  provenant 
d'are,  parce  que,  en  français  r  final  se  prononce  après  ou,  o,  et  que  le  lecteur 
aurait  été  trompé  sur  la  non-prononciation  de  la  lettre  étymologique. 

3"  Dans  tout  mot  dont  on  connaît  la  prononciation,  figurer  rigoureusement 
celle-ci  entre  parenthèses,  sauf  à  ne  pas  la  répéter  pour  toutes  les  formes  loi-s- 
qu'elle  est  suffisamment  éclaircie  par  la  prononciation  d'une  des  formes  précé- 
dentes. 

4*  Donner  cette  prononciation  en  procédant  le  plus  possible  par  des  notations 
connues  de  tout  le  monde. 

Nous  avons  pu  généralement  atteindre  ce  résultat  presque  à  l'aide  des  seuls 
signes  français,  en  y  ajoutant  les  signes  Ih  et  nh,  comme  en  provençal,  pour 
indiquer  /  et  n  mouillées.  Nous  avons  dû  créer  les  signes  é,  en,  an,  on,  dont 
on  expliquera  les  sons  plus  loin.  Pour  le  g  palatal  dur  (devant  e,  i)  nous  l'avons 
exprimé,  comme  l'italien  et  comme  Littré,  par  le  signe  gh,  encore  bien  que 
gk  =  g  dur  soit  un  peu  en  contradiction  avec  n/i,  Ih  :=  n  et  /  mouillées;  mais 
cette  notation  avait  l'avantage  d'être  déjà  connue. 

Nous  avons  laissé  à  la  diphtongue  oi  (excessivement  rare  en  patois)  la  gra- 
phie française,  bien  que  divers  auteurs  aient  cru  en  exprimer  la  prononciation 
par  la  graphie  oua;  mais  celle-ci  accuse  toujours  l'idée  d'une  diérèse  qui 
n'existe  pas  dans  oi. 

Nous  avons  exprimé  le  son  de  Ve  muet  français  (qui  n'existe  guère  à  l'état  de 
post-tonique  que  dans  les  pluriels  féminins  et  dans  cei-taines  formes  verbales 
en  patois)  par  e.  et  non,  comme  Littré,  par  une  virgule  supérieure.  Nous  croyons 
qu'en  français  Ve  muet,  lorsqu'il  ne  s'élide  pas,  représente  une  sonorité  et  non 
simplement  la  continuation  de  la  consonne  qui  le  précède  (1).  On  doit  pro- 
noncer roze  et  non  ro^\  et  ce  qui  le  prouve,  c'est  la  succession,  exigée  en  pro 
sodie,  des  rimes  féminines  aux  rimes  masculines,  dont  elles  ne  différeraient 
sans  cela,  et  encore  pas  toujours,  que  par  la  prononciation  de  la  consonne 
finale  quand  elle  termine  un  mot  masculin.  C'est  dire  que  luth  rimerait  avec 
lutie,  ce  qui  n'est  pas  encore  admis  (2). 

(1)  Il  est  par  exemple  impossible  de  prononcer  triste  temps  comme  trist'temps. 

(2)  Nous  devons  confesser  ici  une  insufflsance  dans  notre  transcription  de  la  série 
des  sons  de  la  lettre  e.  Le  français  actuel  connaît  quatre  sons  pour  e  :  e  muet  (crim^, 
Madeleine;;  é  formé  {péché),  è  ^  ait  bref  (distrait,  concret^  suivant  les  dictionnaires 
riment  bien);  ê,  qui  par  la  confusion  des  sons  n'est  parfois  qu'une  variante  orthogra- 
phique {benêt  ne  se  différencie  guère  de  cornet),  mais  qui  a  cependant  un  son  dis- 
tinct quand  il  est  suivi  d'une  consonne  qui  se  prononce  (tempête,  quête),  et  que  nous 
avons  adopté  pour  son  correspondant  en  patois  dans  le  dernier  cas.  Mais  il  aurait 
fklluun  cinquième  signe  pour  représenter  un  ê  encore  plus  ouvert  et  pour  qui  la  graphie 
française  al  (paît)  est  même  insuffisante.  Ce  son,  dans  le  territoire  étudié,  est  particu- 


Digitized  by 


Google 


XI 

On  voit  que  Tauteur  s'est  efforcé  de  ne  rebuter  le  lecteur  par  aucune  diffi- 
culté de  forme  ou  de  prononciation.  Il  doit  avouer  qu'il  l'a  fait  dans  Tespoir, 
fondé  ou  non,  de  rencontrer  des  lecteurs  parmi  les  Lyonnais,  surtout  parmi 
les  étudiants,  qui,  possédant  quelques  connaissances  en  matière  de  philologie 
romane,  seront  désireux  de  les  étendre  dans  le  champ  de  leur  dialecte  local. 
Cette  préoccupation  expliquera  aux  romanistes  de  profession  et  leur  fera 
excuser,  je  Tespére,  ce  qui  sera  souvent  pour  eux  de  vaines  superfétations. 


Les  mômes  préoccupations  ont  fait  adopter  un  plan  qui,  au  moins,  je  crois, 
a  le  mente  de  la  clarté,  mais  dont  la  conséquence  a  été  une  augmentation 
considérable  de  travail. 

On  sait  que  M.  Brachet,  dans  son  Dictionnaire  étymologique,  a  pris  le 
parti,  pour  l'explication  de  chaque  transformation  de  chaque  mot,  de  renvoyer 
à  un  mot  particulier  où  la  loi  était  indiquée.  Il  nous  a  paru  que  ce  plan  pour- 
rait être  très  heureusement  modifié,  en  dressant  d'abord  une  phonétique 
méthodique,  où  les  formules  seraient  inscrites  par  ordre  de  numéro,  puis  en 
renvoyant,  pour  chaque  mot  du  lexique,  au  numéro  de  la  formule.  C'était  se 
condamner,  en  vue  de  lecteurs  problématiques,  à  un  travail  long,  fastidieux 
et  absolument  inutile  pour  les  romanistes.  Je  souhaite,  sans  trop  oser  l'espérer, 
que  ce  travail  n'ait  pas  été  absolument  perdu. 

* 

On  a  proscrit  de  ce  dictionnaire  non-seulement  les  mots  empruntés  au 
français,  mais  encore  ceux  qui,  pouvant  venir  directement  du  latin  vulgaire, 
ont  une  telle  ressemblance  avec  le  français,  qu'il  ne  peut  exister  de  doute  ni 
sur  leur  signification  ni  sur  leur  étymologie;  mais  on  a  conservé  ceux  qui 
pouvaient  avoir  quelque  particularité  remarquable  de  sens  ou  de  forme. 

Autant  que  faire  se  peut,  Ton  a  indiqué  les  formes  particulières  aux  villages 
connus  de  Fauteur.  Les  fonnes  où  cette  mention  n'existent  pas  peuvent  passer 
pour  générales. 

Enfin  on  n'a  pas  négligé  d'y  faire  figurer  certains  mots  du  vieux  lyonnais 
qui  ont  paru  mériter  un  intérêt  particulier,  soit  parce  que  le  sens  n'en  avait 
pas  encore  été  expliqué  ou  l'avait  été  de  façon  erronée,  soit  parce  qu'ils  pré- 
sentaient quelque  particularité  phonétique.  On  a,  bien  entendu,  laissé  ceux 
de  ces  mots  qui  sont  communs  avec  le  vieux  français. 

De  plus,  ce  dictionnaire  est  étymologique.  C'est  ce  qui  a  constitué  sa 
principale  difBculté.  De  toutes  les  parties  de  la  philologie,  l'étymologie  est 

lier  à  Graponne;  il  existe  à  Panissières  dans  les  préfixes  verbaux  de  dis  et  ex(dêquiotti). 
Nous  avions  représenté  ce  son  par  al,  puis  nous  y  avons  renoncé  (lorsqu'il  n'était  plus 
temps  de  créer  un  signe)  pour  ne  pas  exprimer  un  son  unique  par  une  diphthongue  gra- 
phique Il  suit  de  là  que  ê  ne  représente  pas  toujours,  dans  notre  graphie,  un  son  suffi- 
samment ouvert.  Nous  y  avons  quelquefois  suppléé  par  l'annotation  :  t  é  prononcé 
très  ouvert  »;  mais  nous  reconnaissons  que  ce  procédé  n'est  pas  très  scientifique.  Il  y  a 
là  une  lacune  qui  ne  porte  heureusement  que  sur  un  petit  nombre  de  mots. 


Digitized  by 


Google 


XII 

la  plus  Ingrate,  pour  ne  pas  dire  la  plus  vaine.  On  y  oscille  peipétuellement 
entre  le  truisme  et  l'hypothèse.  Quand  les  étymologies  sont  sûres,  elles  sont 
peu  intéressantes.  Il  n'est  pas  très  intéressant  de  vous  apprendre  que  le 
lyonnais  luna  vient  de  îuna.  Et  si  l'étymologie  n'est  pas  sûre,  vaut-il  la 
peine  de  la  donner  ? 

Devions-nous  donc  nous  en  tenir  aux  seules  étymologies  certaines?  Nous 
ne  l'avons  pas  cru .  Même  une  hypothèse  a  son  prix,  parce  que  des  mots 
découverts  dans  d'autres  dialectes  peuvent  venir  en  démontrer  plus  tard 
l'exactitude  ou  l'inanité.  Si  de  l'étymologie  on  devait  bannir  toute  hypothèse, 
combien  faudrait-il  brûler  de  pages  de  YEtymologisches  Woerterbuchf 
—  J'ose  ajouter  que  ces  i*echerches  sont  les  plus  attachantes.  Rien  ne  pas- 
sionne comme  la  poursuite  de  l'impossible. 

On  a  donc  divisé  les  étymologies  en  trois  catégories  : 

!•  Les  ceitaines  ou  probables;  2"  les  douteuses  ou  fort  douteuses,  qu'on  a 
marquées  du  signe  (?);  3"  les  inconnues.  On  prévient  d'ores  et  déjà  que  la 
discussion  qui  accompagne  la  mention  :  ètym.  tnconn.  n'a  d'autre  prétention 
que  de  soulever  des  hypothèses  plus  ou  moins  bien  imaginées. 


Un  auteur  est  assez  mal  venu  à  parler  du  soin  apporté  à  son  ouvrage, 
qui  est  toujoui*s  supposé.  Il  sera  permis  de  dire  cependant  que  les  plus 
grands  efforts  ont  été  faits  pour  écarter  de  celui-ci  les  erreurs.  On  ne  parle 
pas  seulement  des  recherches  personnelles  de  toute  nature  ;  mais  l'auteur  a 
désiré  de  plus  contrôler  ses  propres  lumières  par  celles  de  personnes  qua- 
liDées.  Son  collègue  et  ami,  M.  Vachez,  érudit  lyonnais,  dont  les  travaux 
d'histoire  et  d'archéologie  locales  jouissent  d'une  si  grande  considération, 
et  qui  possède  une  connaissance  approfondie  du  patois  de  la  région  dont 
Riverie  est  le  centime,  a  bien  voulu  non  seulement  nous  foumir  les  rensei- 
gnements les  plus  précieux,  mais  encore  pi'endre  la  peine  de  lii*e  le  manus- 
crit de  cet  ouvrage  pour  le  corriger  s'il  y  avait  lieu,  et  aussi  pour  le  com- 
pléter. 

Ce  que  M.  Vachez  a  fait  à  l'égard  du  patois,  un  jeune  ami,  M.  E.  Langlois, 
professeur  à  la  Faculté  des  lettres  de  Lille,  ancien  membre  de  l'École 
française  de  Rome,  l'a  fait  en  ce  qui  touche  la  philologie.  Il  n'a  pas  reculé 
non  plus  devant  la  tâche  fastidieuse  de  lire  d'un  bout  à  l'autre  ce  long  ma- 
nuscrit et  de  présenter  ses  remarques  et  objections  lorsqu'il  y  avait  lieu. 
Ses  observations  m'ont  été  précieuses,  et  toujours,  car  s'il  m'arrivait  de 
persister  dans  une  opinion,  elles  m'obligeaient  du  moins  à  répondre  par 
anticipation  à  des  objections  que  je  n'aurais  su  prèvoir. 

Enfin,  M.  Ghabaneau,  l'éminent  professeur  à  la  Faculté  de  Montpellier,  a 
bien  voulu  lire  attentivement,  à  mon  intention,  les  trois  premières  livraisons 
de  cet  ouvrage  et  me  communiquer  ses  précieuses  observations,  que  j'ai 
consignées  dans  le  volumineux  supplément;  et  il  a  lu  de  môme,  mais 
cette  fois  en  manuscrit,  la  quatrième  livraison  et  le  supplément  lui- 
même. 

Je  ne  saurais  oublier  de  mentionner  ici  M.  Deresse,  qui  s'est  occupé  de 
recherches  sur  Je   patois  de  Villefranche  et  a    mis  avec    une  inépuisable 


Digitized  by 


Google 


XIII 


obligeance  les  i*ésultats  de  ses  études  à  ma  disposition  ;  ni  MM.  G.-M.  (1) 
et  G.  Guigue,  qui  m*ont  obligeamment  fourni  divera  renseignements. 

Je  prie  toutes  ces  personnes  bienveillantes  de  recevoir  ici  l'expression  de 
ma  gratitude. 


Malgré  les  recherches  et  les  efforts  qu*a  coûtés  ce  livre,  l'auteur  ne  s'abuse 
pas,  et  il  ose  dire  qu'il  en  connaît  toutes  les  imperfections.  Il  croit  qu'une 
grande  partie  en  aurait  pu  être  évitée  si  un  état  de  santé  qui  lui  inter- 
disait «  les  longs  espoii's  »,  sinon  «  les  vastes  pensées  »,  ne  l'avait  contraint 
à  faire  imprimer  Touvrage  au  fur  et  à  mesure  de  sa  rédaction.  Il  savait 
combien  un  livre  posthume,  malgré  le  zèle  de  l'éditeur,  est  exposé  à  trahir 
souvent  les  intentions  de  Tauteur.  Mais  il  en  est  résulté  ce  qui  était  facile  à 
prévoir,  c'est  qu'au  cours  de  l'impression,  de  nouvelles  recherches,  des  ren- 
conti*es  fortuites,  des  éclaircissements  apportés  par  l'élude  d'un  mot  nouveau 
ont  modifié  des  opinions,  fait  découvrir  des  erreui*s  ou  des  omissions.  De 
la  sorte,  l'auteur  a  été  obligé  parfois  de  contredire  à  la  un  de  l'ouvrage  des 
opinions  émises  au  commencement.  De  plus,  des  mots  qui  auraient  gagné  à 
être  placés  sous  une  rubrique  commune,  sont  dispersés.  Bref,  on  conçoit 
combien  l'ouvrage  eût  eu  plus  de  corps,  plus  d'unité,  si  l'auteur  avait  pu 
se  livrer  à  une  révision  générale  du  manuscrit  (2).  On  s'est  efforcé  de 
rectifier  les  erreui*s,  de  combler  les  lacunes,  dans  un  supplément  qui 
doit  toujours  être  consulté  concurremment  avec  le  dictionnaire  proprement  dit. 
Mais  les  défauts  subsistent,  et  l'auteur  peut  répéter  les  paroles  de  t  L'oiseau 
de  Tourval,  Parisien,  au  favorable  Lecteur  François  »  en  tôte  du  dictionnaire 
de  Cotgmve  :  «  Lecteur,  TAuleur  de  ce  livre,  après  avoir  péniblement  veillé 
et  travaillé  par  plusieurs  ans,  sur  cet  œuvre,  non  moins,  certes,  ingrat 
que  laborieux  ;  En  fin  est  contraint  de  le  laisser  partir  de  ses  mains,  plutôt 
vaincu  par  la  nécessité,  que  satisfait  en  son  ûme  de  son  propre  ouvrage.  » 


Nyons,  23  mai  1889. 


(1)  Depuis  que  ces  lignes  ont  été  écrites,  M.  G.-M.  Guigue,  hélas,  est  mort. 

(2)  G'est  ainsi  que  Tauleur  n'a  eu  que  tardivement  l'idée  de  faire  figurer  les  préfixes 
dans  son  étude.  Il  en  résulte  qu'on  y  trouve  l'élude  des  préfixes  ra^  ta, .  lesquels 
sont  peu  importants  ou  douteux,  et  qu*il  faudra  aller  chercher  au  supplément  Tétude 
du  préfixe  ca,  qui  lient  une  grande  place  dans  nos  mois  lyonnais. 


Digitized  by 


Google 


BIBLIOGRAPHIE    CHRONOLOGIQUE 
DU  DIALECTE  LYONNAIS 

XI*  ET  XIM  SIÈCLES 


I.  —  Fragment  de  V Alexandre,  d'Albéric  de  Besançon;  Bartsch,  Chresto- 
mathie  de  l'ancien  français^  5*  édition,  Leipsig,  18S4,  p.  18  :  42  vei-s.  —  Paul 
Meyer,  Recueil  d'anciens  textes  bas  latins,  provençaux  et  français,  Paris, 
Vieweg,  1877,  2*  partie,  ancien  français,  p.  282,  105  vers. 

M.  Bartsch  place  V Alexandre  au  xi*  siècle,  et  M.  P.  Meyer  au  commence- 
ment du  xir.  M.  Conrad  Muller  (Die  Assonartsen  im  Girart  von  Rossillon; 
Romanische  Studien,  Bonn^  t.  m)  attribue  à  la  contrée  lyonnaise  Torigine 
de  ce  fragment.  Il  a  été  appuyé  par  M.  Hermann  Flechtner  [Die  Sprache  des 
Alexander fragments  des  Alberich  von  Besançon,  Breslau.  1882),  qui  y  a 
recueilli  des  relations  de  sons  et  de  flexions  avec  le  texte  de  Marguerite 
d'Oingt(l).M.P.  Meyer  propose  de  lire  AlbhHc  deBriançon  aulieu  de  Besançon, 

XIII»  SIÈCLE 

II.  —  1225.  Le  Carcabeau  du  Péage  de  Givors,  publié  par  M.  Georges 
Guigue,  Lyon,  1883. 

III.  —  1260  circa.  Terriers  de  Saint-Germaiii-au-Mont-d'Or  et  de 
Poleymieux,  publiés  par  M.  Philipon,  Revue  Lyonnaise,  tome  ix,  p.  420, 

IV.  —  1277-1315.  Tarif  du  péage  de  Lyon,  inséré  dans  le  Cartulaire  muni- 
cipal de  la  ville  de  Lyon,  recueil  formé  au  xiv*  siècle  par  Estienne  de  Ville- 
neuve, publié  d'après  le  manuscrit  original,  avec  des  documents  inédits  du 
xir  au  XV*  siècle,  par  M.  M.-C.  Guigue,  p.  406. 

V.  —  1286-1310.  Œuvres  de  Marguerite  d'Oyngt,  prieure  de  Poleteins, 
publiées  par  M.  Philipon,  Lyon,  1877.  La  première  partie  du  livre,  comprenant 
les  pages  36-78,  et  les  pages  90-93  sont  en  dialecte  lyonnais. 

VL  — 1395  circa.  Tarif  des  droits  qui  doivent  être  perçus  sur  les  marchan- 
dises entrant  dans  la  ville  de  Lyon,  Cartulaire  municipal  (v.  IV),  p.  419. 

XIV*  SIÈCLE 

VII  —  1300.  Acte  de  fondation  de  la  Confrérie  de  la  Sainte  Trinité,  Statuts 
et  ordonnances  de  la  confrérie,  reproduits  par  M.  Onofrio  dans  V Essai  d'un 
Glossaire  des  patois  de  Lyonnais,  For e^  et  Beaujolais,  Lyon,  Scheuring  1864, 
p.  XLII. 

(l)  Il  est  certain  en  tous  cas  que  V Alexandre  appartient  à  une  langue  intermédiaire, 
comme  notre  dialecte,  entre  le  provençal  et  le  français. 


Digitized  by 


Google 


XV 

VIII.  —  1300  ctrca.  Leide  de  FArchevôché,  publiée  par  M.  Philîpon,  Jîo- 
mania  xm,  p.  568. 

IX.  —  Commencement  du  xiV  siècle.  Terrier  de  Roche  for  l,  ibid.  ibid., 
p.  582. 

X.  —  1314-1344.  Le  livre  de  raison  d'un  bourgeois  de  Lyon,  texte  en  langue 
vulgaire,  publié  par  G,  Guigue,  Lyon,  1882. 

XI.  —  1320.  Décision  arbitrale  de  Jean  de  Long-Mont,  9  lignes  de  texte  en 
dialecte  lyonnais,  Cartulaire  (voy.  IV),  p.  447. 

XII.  —  1340  circa.  Reconnaissance  aux  citoyetis  lyonnais  du  droit  de 
'peser  leurs  marchandises  à  domicile,  publiée  par  M.  Philipon,  Romania,  xiii, 
p.  570. 

XIII.  —  1341.  Taille  communale,  id.  id,  p.  571. 

XIV.  —  1346-1376.  Compte  des  fortifications  de  la  ville  de  Lyon,  Les  Tard- 
Venus  en  Lyonnais,  Fores  et  Beaujolais,  par  Georges  Guigue,  1  vol.  in-4», 
Lyon,  1886,  p.  393. 

XV.  —  1350.  Li  contios  por  allar  abatre  Nerveu  et  Fouris  en  Foreis,  Notice 
sur  la  destruction  du  château  de  Nervieu  et  de  la  maison  forte  de  Foris,  par 
M.  A.  Vachez,  Vienne,  1877,  p.  8. 

XVI.— 1350.  Li  contios  de  allar  abatre  Peyraut.  Notice  sur  la  destruction  du 
château  de  Peyraut,  en  Vivarais,  par  M,  A.  Vachez,  Lyon,  1879,  p.  23. 

XVII.  —  XIV*  siècle.  Fragment  d'un  terrier  lyonnais,  publié  par  M.  Philipon, 
Romania,  xm,  p.  584. 

XVII  (bis).  —  1351.  Règlement  fiscal,  publié  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue, 
tome  V,  p.  178,  228,  280. 

XVIII.  —  1352.  Inscription  reproduite  par  Artaud.  Notice  des  antiquités  et 
des  tableaux  du  Musée  de  Lyon,  1808,  p.  57,  par  Comarmond,  Description 
lapidaire  du  Musée  de  Lyon,  p.  102,  et  par  Onofrio,  Essai,  etc.  (voy.  VII), 
p.  XLIV. 

XIX.  —  1352.  Syndicat  ou  procès-verbal  d'élection  des  conseillers  de  la 
ville  pour  Vannée  1353,  Cartulaire  (voy.  iv),  p.  455. 

XX.  -  1355.  Id.  id.  pour  l'année  1356,  id.  id.,  p.  462. 

XXI.  —  1358.  —  Id.  id.  pour  l'année  1359,  id.  id.,  p.  466. 

XXII.  —  1358.  Id*  id.  Tarif  des  droits  à  percevoir  sur  les  marchandises 
entrant  à  Lyon.  Convention  entre  les  délégués  du  Consulat  et  Bernard  de 
Varey,  publiée  par  M.  Philipon,  Romania  xm,  574. 

XXIII.  —  1373.  Compte  rendu  aux  religieuses  de  Saint-Martin-le-Paul,  par 
Pierre  de  la  Bète,  clerc,  leur  procureur,  dans  le  Polyptiqu^e  de  la  Collégiale  de 
Saint-Paul,  publié  par  M.  M.-C.  Guigue,  1  vol.  in-foL,  Lyon,  1875,  p.  209. 

XXIV.  —  1383.  Compte  de  Jehan  de  Durche ,  dans  Un  Lyonnais  à  Paris, 
au  XIV  siècle,  par  M.  Philipon,  Lyon,  1883,  p.  15. 


Digitized  by 


Google 


XVI 


XV  SIÈCLE 

XXV.  —  1410.  Les  possessions  duprieui^è  d'Alix^  par  M.  G.  Guigue,  Lyon, 
1883,  texte  patois,  p.  10.  Ce  fragment  n'est  qu'à  demi-lyonnais  et  doit  avoir 
été  écrit  par  un  Forézien. 


XVr  SIÈCLE 

XXVL  —  1526  circa,  Noël  Lessi  chôma  le  pioche,  dans  le  Recueil  des  Noëls 
vieux,  Lyon,  1746,  p.  121,  réédité  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue^  t.  ix,  p.  26. 

XXVIL—  I'*  moitié  du  xvi*  siècle.  Noél  Maigna,  maigna,  bien  devons  Noé 
chanta,  id.  id  ,  p.  126;  aussi  réédité  par  M.  Ph.,  loco,  cit.,  p.  3i. 

XXVIII.  —  1566.  Recueil  faictau  vray  de  la  chevauchée  de  l'asne,  Lyon,  1566, 
réimprimé  dans  les  Archives  historiques  et  statistiques  du  Rhône,  t.  ix, 
pp.  345  et  405  ;  Recueil  de  la  chevauchée  faicte  en  la  ville  de  Lyon,  le  17  de 
novembre  1578,  reproduite  dans  les  Archives  historiques,  x,  p.  401.  Ces  deux 
recueils  ont  été  réunis  dans  un  vol.,  Lyon,  1862.  On  y  trouve  un  dialogue 
patois,  p.  34. 

XXIX.  —  1594.  Formulaire  fort  récréatif.,,  par  Bredin  le  Cocu,  Lyon,  1594 
et  suiv.,  réimprimé  par  Techener,  1831.  Une  chanson  patoise  se  trouve  à  la 
page  46.  Le  Formulaire  a  été  reproduit  en  1846,  dans  la  Collection  des  Biblio- 
philes lyonnais, 

XVII*  SIÈCLE 

XXX.  —  1627.  Entrée  magnifique  de  Bacchus  avec  Madame  Dimanche 
grasse,  sans  date  ni  nom  d'imprimeur,  réimprimé  par  Boitel,  Lyon,  1838.  Un 
couplet  patois  se  trouve  à  la  page  39. 

XXXL  —  1658.  La  Bernarda  buyandiri,  tragi-comedia,  la  l'*  partie  réim- 
primée par  Techener,  1840;  les  2  parties  ont  été  réimprimées  par  M.  Philipon 
dans  La  Revue  lyonnaise,  tome  viii,  pp.  474  et  616.  Il  en  a  été  fait  un  tiré  à 
part. 

XXXII.  —  1683.  La  Ville  de  Lyon  en  vers  burlesques,  rééditée  en  1728  et 
1750  à  Lyon,  réimprimée  en  1846  dans  la  Collection  des  Bibliophiles  lyonnais. 
Facéties  lyonnaises,  et  par  M.  Philipon  dans  La  Revue  lyonnaise,  tome  viii, 
p.  673. 

XXXIII.  —  1690-1703.  Chanson  contre  le  due  de  Savoye  et  le  prince  Eugène, 
version  bressanne,  publiée  parPh.  Leduc,  Chansons  et  lettres patoises.  Bourg. 
1881;  version  lyonnaise  publiée  par  M.  Philip.  Lyon-Revue,  t.  xii,  page  81  (1). 

CD  On  a  assigné  à  cette  chanson  la  date  de  4589-95;  mais,  outre  d'autres  raisons,  il  n'est  pas 
admissible  qu'on  ait  fait  figurer  un  prince  de  Carignan  comme  général  du  duc  de  Savoye 
en  1589  95,  lorsque  la  branche  de  Carignan  ne  fut  fondée  qu'en  1596. 


Digitized  by 


Google 


XVII 


XVIII*  SIÈCLE 

XXXI V^.  —  1723.  Noël  satirique  en  patois  lyonnais^  publié  très  incorrec- 
tement dans  la  Collection  des  Bibliophiles  lyonnais,  Facéties  lyonnaises, 
réédité  par  N.  du  Puitspelu,  qui  en  a  donné  deux  éditions,  la  !'•  en  1882,  la 
2*  en  1887,  corrigée,  Lyon,  Storck. 

XXXV.  —  1730.  Noëls  nouveaux  sur  la  naissance  de  notre  Rédempteur^ 
Lyon,  Revol.  Contient  le  noél  Lo  polet  ne  fait  que  chanta,  réimprime  dans  les 
Archives  historiques,  t.  xiii.  p.  'J51;  dans  la  Collcct.  des  Biblioph,  lyonn.,  et 
par  M.  Philipon,  Lyon-Revue ,  tome  ix,  p.  63. 

XXXVI.  — 1740.  —Chanson  contre  Perrichon,  procureur  du  roi,  par  Laurès, 
imprimée  dans  VEnirée  magnifique  de  Bacchus,  Lyon,  1838,  p.  46. 

XXXVIL  —  1744.  Chanson  des  Taffetatiers  lors  de  leur  révolte  à  l'occasion 
des  machines  inventées  par  Vaucanson  ;  imprimée  en  1744,  reproduite  dans 
VaiM^anson  à  Lyon,  par  Gonon,  1844,  p.  83,  et  dans  le  recueil  des  Chansons, 
Noêls,  etc.,  de  la  Collection  des  Bibliophiles  lyonn. 

XXXVIII.  —  1744.  Nouveau  vaudeville  patois  chanté  à  la  Comédie  fran- 
çoise  (1744),  à  Toccasion  de  la  convalescence  du  Roi,  contenant  9  couplets. 
Biblioth.  de  la  Ville,  no  12434. 

XXXIX.  —  1747.  Recueil  de  nocls  nouveaux^  composés  par  S'A.  R.,  Lyon, 
Vialon.  Noôl  Levons-nos,  mon  grou  Cola,  réimprimé  par  M.  Philipon,  Lyon- 
Revue,  t.  IX,  p.  68. 

XL.  —  «  Môme  recueil,  noôl  Quentendo-ju  marmota,  réimpr.  par  M.  Phi- 
lipon, Lyon-Revue,  t.  ix,  p.  71. 

XLI.  —  1751.  La  Fleur  des  Noels  nouveaux,  s.  1.  n.  d.  Noël  Prêtez 
l'oreille,  habitants  de  la  terre,  où  les  paysans  parlent  patois,  réimprimé  par 
M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix,  p.  75. 

XLII.  —  1751.  Même  recueil,  Dialogue  Tes  veyquia  donc  compare::.  Se 
trouve  aussi  dans  La  Fleur  des  Novls  nouveaux  sur  la  naissance  de  N.-S. 
J.-C,,  Lyon,  Juttet,  1752;  réimprimé  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix,p.  114. 

XLIII.  —  1752.  La  Fleur  des  Nof'ls  nouveaux,  édit.  1752,  contient  le  noél 
Maty,  reveilles-vous,  Maty,  réimprimé  par  M.  Pliilipon,  Lyon-Revue,  t.  ix, 
p.  120. 

XLIV.  —  1752.  Môme  recueil.  Noôl  Allons  donc  vite,  cher  voisin,  où  se 
trouvent  des  couplets  patois,  réimprimé  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix, 
p.  121. 

XLV.  —  1755.  Recueil  de  Nocls  nouveaux,  Lyon.  Noôl  On  fin  vas-tu,  grou 
Piro,  réimprimé  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix,  p.  123. 

XLVI.  —  1757.  La  Fleur  des  No:'ls  nouveaux,  s.  1.  n.  d.  (permis  d'imprimer 
de  1757).  Noôl  dit  de  Jean  Capon,  réimprimé,  mais  sur  une  ancienne  copie, 
par  Cochard,  dans  les  Archives  du  Rhône,  t.  xii,  p.  231,  réimprimé  pai* 
M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix,  p.  125, 

3 


Digitized  by 


Google 


XVIÎÏ 

XLVII.  —  1757.  Môme  recueil .  Noël  Di-may  Claitdot ,  n'enten-tu  pas  f 
réimprimé  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t/ix>  p.  127. 

XLVIII.  —  S.  d.  Noôl  Je  pinsave  mo  cotairo,  imprimé  d'après  une  copie 
de  Cochai'd  par  M.  Philipon,  Lyon-Revue,  t.  ix,  page  130.  J'ai  souvent  entendu 
chanter  ce  noêl  à  ma  mère,  mais  avec  des  variantes  considérables. 

XLIX.  —  1773.  Chanson  à  Toccasion  du  mariage  du  comte  d'Artois  par 
Revérony,  dans  le  Recueil  des  chansons,  noels,  de  la  Collect,  des  Bibliopli. 
lyonn, 

L.  —  1776.  Chanson  sur  le  souhait  d'une  fête,  par  Revérony,  publiée  dans 
la  Revue  du  Lyonn,  V*  sér.  t.  i,  p.  295. 

Ll.  —  1784.  Chanson  sur  l'expérience  aérostatique,  par  Revérony,  publiée 
dans  V Homme  de  la  Roche,  de  Cochard,  1828,  dans  la  Revue  du  Lyonnais, 
Ir«  série,  t.  vu,  p.  478,  et  dans  les  Premiers  voyages  aériens,  par  R,  de  Ca- 
zenove,  Lyon,  1887,  p.  32. 

Ll  bis,  —  1786.  Chanson  politique,  par  Revérony,  publiée  dans  la  Revue 
du  Lyonn,,  V«  série,  tome  vi,  page  260. 

LU.  —  1790.  Chanson  noiwelle  sur  la  Bastille,  publiée  dans  les  Tablettes 
chronologiques  de  Pèricaud,  Annuaire  du  département  du  Rhône  pour  1833. 

Lin.  —  1794.  —  Chanson  sur  les  Jacobins,  par  Revérony,  UUniver  et  la 
patria,  Biblioth.  de  la  Ville,  n«  12481,  reproduite  incorrectem.  dans  le  Siège 
de  Lyon,  par  Perenon,  Lyon,  1825,  p.  71. 


XIX»  SIÈCLE 

LIV.  —  Peu  après  1807.  Parabole  de  V Enfant  prodigue  en  patois  de  Condrieu, 
publiée  dans  YAlmanach  historique  et  politique  de  la  ville  de  Lyon,  p.  civ. 
La  notice  qui  la  renferme  a  été  tirée  à  part. 

LV.  —  Id.  id.  Parab,  en  pat,  de  Saint-Symphorien-le-Château, 
publiée  dans  les  Archives  du  Rhône,  t.  iv,  p.  148.  La  notice  qui  la  contient 
a  été  publiée  à  Lyon,  BaiTet,  lb27. 

LVL  —  Id.  id.  Dialogo  de  doux  homos  de  la  parochi  de.,,,  conte 
patois,  publié  dans  la  Revue  des  patois,  t.  i,  p.  110. 

LVII.—  Id.  id.  Dialogue  entre  deux  habitants  du  Mont'^d'Or, 
publié  dans  la  Revue  du  Lyonnais,  V  série,  t.  i,  p.  299. 

LVIII.  —  183. ..  Ba//on  d'essai  d'un  jeune  poète  forèsien  (1),  par  G,  Roquilli, 
R.-de-G.,  Magissol.  Comprend  7  pièces  patoises. 

LIX.  —  1836.  Breyou  et  so  disciplo,  par  le  môme,  vait  Vardegi  chis  Piarre 
Guilleri,  cofetsi,  et  vait  Givors  chis  Dufornè. 

(î)  HoqulUe  prend  le  litre  de  poète  forèsien,  Rive-de-Gler  faisant  auJourdUiui  partie 
du  département  de  la  Loire;  mais  outre  que  le  dialecte  est  lyonnais,  Rlve-de-Gler 
avant  89,  était  paroisse  et  seigneurie  du  Lyonnais,  archlpr.  de  Mornant. 


Digitized  by 


Google 


XIX 

LX.  —  1838.  Lo  Deputo  manqua,  par  le  même,  à  Rive-de-Gier,  chez  Point, 
cafetier. 

LXI.  —  1840;  Lo  Pereyoux,  par  le  môme,  à  R.-de-G.,  chez  l'auteur. 

LXII.  —  1843.  —  La  Ménagerie,  par  le  même,  Lyon,  Nourtier. 

LXllI.  —  1846.  Hymna  à  la  concorda,  oux  flfros  de  Mornant,  pai*Condamin 
(Gutton),  Lyon,  Bourg  (catal.  de  la  Biblioth.  Coste,  n»»  12649,  nouveau  715). 

LXIV.  —  1856.  Le  Ganduatses,  par  G.  Roquille,  3  pièces,  Lyon,  Nigon. 

LXV.  —  1857.  Poésies  patoises  et  françaises,  par  le  môme,  Lyon,  Nigon. 
Contient,  outre  les  pièces  ci-dessus,  la  Gorlanchia, 

LXVL  —  1858.  Discours  en  vers  patois,  par  le  même,  Lyon,  Louis  Perrin. 

LXVIL  —  1859.  Rive-de-Gier  (en  français)  suivi  de  lo  Procès  pardzu,  Lyon, 
PeiTin. 

LXVIIL  —  1877  et  suiv.  Allons  tous  à  la  vogue,  la  Vogue  du  pays,  la  Vogue 
de  Losanne,  la  Vogua  du  Zhorno,  Félicitations  aux  habitants  de  Marcy- 
l'Etoile,  2e  partie  de  la  chanson  de  Marcy,  Plaidoirie  de  l'avocat  Jean 
Lioudo,  chansons  en  feuilles,  par  Dubost,  de  Lentilly,  horriblement  incorrectes 
comme  prosodie,  mais  où  se  rencontrent  quelques  mots  intéressants. 

LXIX.  —  1883,  Œuvres  complètes  de  G.  Roquille,  Saint-Etienne,  imprim.  du 
Républic,  de  Za Loire. Réédition  assez  incorrecte,  sans  notes  ni  éclaircissements, 
des  pièces  de  Roquille  énumérées  ci-dessus. 

LXX.  —  1887.  Chansons  populaires  en  patois  du  Bois-d'Oingt,  publiées  par 
le  1)»^  Gonnet  dans  la  Revue  des  patois,  t.  I,  p.  129. 


OUVRAGES   OU    FRAGMENTS 
écrits  en  français,  mais  où  les  formes  françaises  se  rencontrent. 

XIII»  SIÈCLE 

LXXL  —  1286-1310.  Œuvres  de  Marg.  d'Ovngt  (voy.  V),  partie  française 
p.  80-90. 

LXXIL  —  1389.  Venu^e  faicte  à  Lyon  au  Roy  Charles,  dans  le  Cartulaire 
(y.  IV)  p.  369,  et  Notes  historiques,  p.  371. 

XIV*   SIÈCLE 

LXXIIL  —  inventaire  de  la  Comptabilité  de  la  ville,  dressé  par  M.-C.  Guigue 
(inédit). 

XV  SIÈCLE 

LXXIV.  —    1416-1421.  Registres  consulaires  de  la  Ville  de  Lyon,  par 
M.-C.  Guigue,  1  vol.  in-f,  Lyon,  1882. 


Digitized  by 


Google 


XX 


XVI»  SIÈCLE 

LXXV.  —  1566.  Chevauchée  de  Vasne,  partie  française  (voy.  XXVlll).  Tous 
les  auteurs  lyonnais  de  cette  époque  ont  des  mots  du  dialecte  lyonnais,  notam- 
ment Paradin,  du  Troncy  (v.  XXIX)  et  même  Rubys.  On  en  rencontre  aussi 
quelques-uns,  plus  rares,  dans  les  auteurs  du  xvii*  siècle 

XVill*  SIÈCLE 

LXXVI.  —  1795.  Les  premières  pièces  en  argot  canut  sont  deux  placards  : 
Déclaration  d'amour..,  et  Réponse...  Biblioth.  de  la  Ville,  n»  12402.  Elles 
sont  pleines  de  Tesprit  lyonnais  et  fourmillent  de  termes  techniques,  ainsi 
que  de  mots  patois  francisés,  mais  sont  très  libres.  Les  prétendues  lettres 
sont  datées  de  1795,  mais  je  nhésite  pas  à  les  attribuer  à  Et.  Blanc,  qui  revint 
de  l'armée  en  1798,  et  dut  les  faire  paraître  peu  après,  sous  une  date  supposée. 


XIX-  SIÈCLE 

LXXVIL  —  De  1798  à  1832.  Œuvres  d'Etienne  Blanc,  réunies  en  1865  en  un 
recueil  intitulé  Les  Canettes  de  Jtrome  Roquet,  Lyon,  Méra,  imprimé  par 
Perrin.  Ouvrage  curieux  et  très  remarquable.  C'est  le  modèle  du  geni*c  lyon- 
nais. Quantité  de  vieux  mots  à  y  puiser. 

LXXVin.  —  1831.  Cirqvllaire  demi-rable  des  cordons  biens,  Lyon,  chez  les 
marchands  de  nouveauté,  en  feuille;  très  médiocre  pièce  politique,  à  propos 
des  élections  de  Trévoux. 

LXXIX.  —  1831  circa.  Le  Songe  de  Guignol,  publié  par  A.  Fraisse 
dans  le  Salut  public  du  14  février  1865. 

LXXX.  —  1849-1854.  Lettres  à  mon  cousin  Greppo,  par  M.  Pérouse,  publiées 
dans  le  Courrier  de  Lyon  et  réimprimées  en  brochure. 

LXXXI.  —  1*  Les  Embellissements  de  Lyon,  pochade  rimée  ;  V  Les  Embel- 
lissements  de  Lyon  {suite  et  fin),  par  M.  Pérouse. 

LXXXII.  —  1860.  Visite  à  l'exposition  de  la  Société  des  Amis-des-Arts, 
pièce  signalée  par  M.  Onofrio  et  que  je  ne  connais  pas. 

LXXXIIL—  1865.  Théâtre  lyonnais  de  Guignol,  publié  pour  la  première  fois, 
avec  une  introduction  et  des  notes  (par  M.  Onofrio),  1  vol.  in-8«,  Lyon. 
Scheuring,  imprimerie  Perrin. 

LXXXIV.  —  1870.  Id.  id.  2«  série,  môme  éditeur  et  môme  imprimeur. 

LXXXV.  —  1876.  1'  La  Consulte  ;  2«  Le  Prix  des  coups  de  bâton.  Deux 
pièces  du  Théâtre  Guignol,  par  Louis  Josserand,  publiées  par  Élardin,  tour- 
neur en  bois. 

LXXXVL  —  1879.  La  Leçon  de  musique,  scène  du  Théâtre-Guignol,  par 
Laui'ent  Mourguet,  arrangée  par  son  petit-fils  Louis  Josserand,  publiée  par 
Élardin. 


Digitized  by 


Google 


XXI 

LXXXVII.  --  1882.  Les  Tribulations  deDxiroquH,  pièce  de  fabrique  en  trois 
longueurs  (par  Eug.  André),  in-8%  Lyon  1882.  La  !'•  représentation  doit  dater 
de  1860  environ. 

LXXXVIIL  —  1883.  1'  Au  Clair  de  la  lune,  pièce  en  1  acte;  2»  Le  Déména- 
gement de  Guignol,  scène  comique,  par  Laurent  Mourguet,  arrangée  par  son 
petit-fils  Louis  Josserand,  publiées  par  Élardin. 

LXXXIX.  —  1883.  Guignol  député,  pochade  en  3  actes,  par  Coste-Labaume, 
représentée  pour  la  première  fois  le  4  mars  1883,  à  Toccasion  du  banquet  des 
anciens  élèves  du  Lycée. 

XC.  —  1884.  Le  Pot  de  confitures,  pièce  en  un  acte,  publiée  par  Élardin. 

XCL  —  1886.  Gnafronfils  (P.  Bonnardel),  77ië<î<re,  saynètes  et  récits,  1  V. 
in-8%  Lyon,  Bemoux  et  Cumin. 

r 

XCIL—  Sans  date  (1887).  Mémoires  de  V Académie  du  Gourguillon,  tome  I", 
Théâtre,  1  v.  petit  in-4%  à  Lyon-sur-Rhosne,  chez  1" imprimeur-juré  de  l'Aca- 
démie. Le  volume  contient  5  pièces  :  Guignol  député,  les  Maiins  du  Gour- 
guillon, les  Fourberies  de  Guignol^  l'Instruction  obligatoire,  les  Tribulations 
de  Duroqttet. 

XCIIL  —  1890.  Les  Classiques  du  Gourguillon  (recueil  de  pièces  du 
Théâtre-Guignol),  1  v.  in-S»,  Lyon.  Le  vol.  contient  6  pièces  :  Guignol  avocat» 
le  Tonneau  de  Harengs,  les  Tribulations  de  Lacorne,  Voiture  à  vendre,  le 
Voyage  à  Fontaine,  le  Tambour  de  Chaponost,  la  Déclaration  du  petit  Guignol, 

XCIV.  —  1890.  Théâtre  lyonnais  de  Guignol,  Lyon,  Mad.  Monavon.  Réédi- 
tion du  théâtre  publié  par  M  Onofrio  (v.  LXXXIII). 


Digitized  by 


Google 


TRÈS  HUMBLE   ESSAI 

DE  PHONÉTIQUE  LYONNAISE 


NOTIONS   GÉNÉRALES 

Dans  tout  mot  latin,  français,  ou  patois,  il  y  a  une  voyelle  sur  laquelle  la 
voix  porte  plus  que  sur  les  autres.  On  l'appelle  voyelle  tonique  ou  accentuée. 
Les  voyelles  non  toniques  sont  dénommées  atones. 

En  latin,  la  voyelle  tonique  était  l'avant  dernière, , si  elle  était  longue;  et 
l'antépénultième,  si  Tavant-dernière  était  brève. 

En  français,  Taccent  est  sur  la  dernière  voyelle,  quand  celle-ci  n'est  pas  un 
e  muet,  et  sur  l'avant  dernière,  quand  le  mot  se  termine  par  un  e  muet. 

En  patois,  l'accent  est,  comme  en  français,  tantôt  sur  la  dernière  voyelle, 
tantôt  sur  l'avant-dernière;  mais  dans  ce  cas,  au  lieu  de  se  terminer  par  un  e 
muet,  le  mot  peut  se  terminer  par  a,  e,  i,  o,  atones,  mais  non  par  u,  ni  aujour- 
d'hui par  ou.  Au  XVII*  siècle,  ou  post -tonique  existait,  comme  aujourd'hui  en 
Forez. 

Les  voyelles,  toniques  ou  atones  seront  divisées  en  deux  classes  :  !•  Les 
voyelles  libres,  c'est-à-dire  qui  sont  finales,  suivies  d'une  consonne  unique,  ou 
des  groupes  pr^  hr,  ir,  dr;  2*  les  voyelles  entravées,  c'est-à-dire  celles  qui  sont 
suivies  d*un  gi'oupe  de  consonnes  autres  que  les  groupes  ci-dessus.  La  con- 
sonne qui  suit  la  dernière  voyelle  atone  d'un  mot  ne  peut  jamais  faire 
entrave. 

VOYELLES  LYONNAISES 

A.  —  !•  a  =  a  dans  mare;  2*  à,  dit  a  bref,  i=  a  dans  patte  (l)  ;  3*  d,  dit  a 
long,  =  d  dans  âme;  4'  a  +  n  non  suivie  d'une  voyelle  =  an  dans  manche; 
5*  à  +  n  non  suivie  d'une  voyelle  est  un  son  intermédiaire  entre  an  et  in,  qui 
n'est  guère  usité  que  dans  les  verbes  pour  les  3*  personnes  du  pluriel  de 
certains  temps. 

E.  —  1*  e  muet  =  e  dans  manne;  2*  c^  dit  e  fermé  =  é  dans  vérité;  3*  è,  dit 
c  ouvert,  =  è  dans  sévère;  4"  é,  dit  e  très  ouvert,  =:  é  dans  même;  5*  il  existe 
un  e  encore  plus  ouvert,  qui  est  môme  insuffisamment  représenté  par  ai  dans 
paît;  6*  è  tonique  =  e  français  dans  le  enclitique  :  fais-le;  ê  tonique  +  ;i, 
non  suivie  d'une  voyelle  qui  se  prononce  {en)  est  un  son  intermédiaire  entre  un 
et  in;7^  e  '^-  u  =:  eu  dans  jeune  (2);  mais  ce  n'est  pas  un  son  proprement 
patois,  et  il  n'existe  guère  que  dans  des  mots  introduits. 

(1)  Dans  la  graphie,  la  consonne  double  qui  suit  o,et  qui  est  le  plus  souvent  tt,  marque 
a  d'un  caractère  bref. 

(2)  Nous  n'avons  placé  ni  eu  ni  ou  parmi  les  diphtongues,  parce  que  ce  sont  des  sons 
simples. 


Digitized  by 


Google 


xxm 

I.  —  V  tz=  i  dans  ta  ;  2'  i  +  n  non  suivie  d'une  voyelle  =  in  dans  vin. 

O.  —  !•  0,  dit  o  fermé  =  o  dans  C(5^c';  2"  ô,  dit  o  ouvert,  =  o  dans  co^^e  (1); 
3*  ôf  dit  o  très  ouvert,  est  insuffisamment  représenté  par  6  dans  dôme;  4*  ô 
+  n  non  suivie  d'une  voyelle  qui  se  prononce  est  un  son  nasal  inteimédiaire 
entre  on  et  an  français,  et  si  voisin  de  an  qu'une  oreille  qui  n'est  pas  très 
exercée  les  confond  facilement.  11  est  surtout  usité  dans  les  verbes,  pour  les 
premières  pei*sonnes  du  pluriel  de  certains  temps. 

4'  o  +  w  z=  ou  dans  loup. 

U.  —  !•  M  =  te  dans  unité;  2^  u  +  n  non  suivie  d'une  consonne  qui  se  pro- 
nonce =:  un  dans  Melun,  mais  n'existe  que  dans  les  mots  empruntés.  Encore 
cet  un  passe-t-il  le  plus  souvent  à  un  son  inteimédiaire  entre  un  et  in. 

Diphtongues 

AI,  El,  01.  Ces  diphtongues  n'existent  guère  que  dans  la  région  de  Momant. 
Craponne  n  en  connaît  aucune.  L'accent  porte  sur  la  première  voyelle,  et  la 
prononciation  de  i  doit  à  peine  se  faire  sentir.  AI  =  ai  dans  ail;  El  =:  ei  dans 
pléiade,  méteil;  01  =  oy  dans  noyé,  prononcé  à  la  lyonnaise,  c'est-à-dire 
no-yé.  En  somme  ces  diphtongues  sonnent  comme  les  mômes  diphtongues 
dans  la  prononciation  adoptée  pour  le  grec  classique. 

SEMI-VOYELLE  uommée  yotte,    du  nom  de    la    lettre    allemande    comme 
laquelle  elle  se  prononce. 
Ce  son  =  î,  y  français  en  hiatus,  comme  dans7)te(i,  allions,  yeux. 


VOYELLES  LATINES 


Ces  voyelles  sont  A,  E,  I,  O,  U.  ^ 

Dans  le  latin  classique,  chacune  de  ces  voyelles  se  divisait  en  longue  et  en 
brève. 

A  long  et  A  bref  se  sont  confondus  dans  le  latin  vulgaire  et  ne  se  com- 
portent pas  de  façon  différentes. 

E  bi-ef  avait  le  son  de  c  ouvert.  , 

E  long  et  I  bref  avaient  tous  deux  le  son  de  è  fermé. 

I  long  se  prononçait  t. 

O  long  et  U  bref  avaient  tous  deux  le  son  de  o  fermé. 

U  long  avait  le  son  ou.  Le  son  de  u  français  n'existait  pas. 


Diphtongues 


AE  se  confond  avec  E  ouvert. 
OE  se  confond  avec  E  fermé. 

(1)  M^me  observation  que  pour  a,  note  1. 


Digitized  by 


Google 


XXIV 


ÉTUDE  DES  VOYELLES  C) 


1.  A  latin  libre  =  0  (2). 

Sanitatem  =  sandô  Bladum  =  blô  Pavum  rs  pôvo  (Grap.  ) 

Hapa         =  r6va  Nasum    =  nô(s)  Sibilare  =  sublô 

Rem,  —  1.  Flatum  =;fla(t),  probablement  parce  que  t  final  s'est  fait  stntir  plus 
longtemps.  Cependant  à  Gi*ap.  il  est  déjà  fi6. 

2.  SousTinfl.  de  lagutlur.  (c,  g,  yotle),  qui  le  précède,  A  devient  1  : 

Casis  =  cbi(s)  Gara  =  cliira  Gabra  =  chivra 

Scala  =  échila  Cathedra  =  chira  (3)    (v.  les  vb.  au  {  16). 

8.  Dans  les  participes  en  ata  et  les  substantifs  en  atem,  k  persiste  maigre  la  pre- 
senca  de  la  gutturale  : 

Medietatem  =  métia  De  In.  virl  =  Tiria,  tournée 

Cruciata      sa  cruèzia  De  fr.  bras  =s  brassia,  brassée  (4) 

On  a  pourtant  les  deux  formes  média  et  mécliô  (misculata) 

Mais  atum,  précédé  de  la  guttur  .=  I  : 

Carricatum  =  chôrgt         Secatum  =  sévi  Calcatum  =  choucht  (5) 


(1)  Dans  les  notes  les  numéros  entre  parenthèses  et  en  chiffres  romains  indiquent 
les  numéros  correspondants  de  la  bibliographie. 

(2)  Jusqu'à  la  fin  du  xvm«  siècle,  A=  A  :  xui«  s.,  sal=:  sal  (II,  p.  9,  l.  10); 
XIV»  s.,  levare  =  levar  (XIII,  art.  1)  ;  xv«  s.,  rasum  =  ras  (XXV,  p.  13,  1.  13) , 
XTi«  s.,  bladum  =  bla  (XXVI.  p.  29,1.  11);  xvii»  s.,  cantave  =  chanta  (XXXI; 
ft*  partie,  v.  158);  xviii*  s.,  natum  =  na  (XXXIV,  v.  3).  En  1776,  on  trouve  déjà 
animas  =saumes,  in/lammat  =  inflaume  (L,  6»  couplet). 

(8)  Au  xiii«s.  cet  A  =:  lE  :  carus  =  chiers  (V.  p.  56, 1. 14);  caprae  =  chievres  (VI,  p. 
419,  I.  28);  mais  quelquefois  A  =  E:  capras^=i  chèvres  (IV,  p.  409,  1.  2);  casis  :ss 
ches  (XXI,  p.  468, 1. 10).  Au  xvii*s.  lE  est  réduit  à  I  :  capva  ^chivra  (XXXI,  !'•  partie, 
V.  14);  cathedra  =  chira  (XXXII,  v.  96). 

(4)  De  même  au  xin«s.  pietatem  =  pidia  (V,  p.  77,  l.  17),  mais  on  trouve  aussi  pidie 
(V,  p.  57, 1.  2,  et  58,  l.  17)  ;  medietatem  s=  meytia  (VI,  p.  419,  1.  11). 

(5)  Jusqu*à  une  date  toute  récente,  cet  atum  =  ia  :  xiv«  s.  mercatum  =  marchia  (IV, 
p.  406, 1.30  et  3i;;  paca<am  =  paia  (X,  p.  27,  l.  W),  calcatum  =  chauchia  (XVII, 
art.  59);  laxitsitum=  laissisi  (XXVIII,  p.  35,  l.  6).  Au  xvii^s.  on  trouve  peccatum  = 
pechi  (XXXI,  2*  part.,  v.  302},  mais  ia  persistait  dans  les  participes,  et  Cochard,  dans 
son  vocalmlaire,  a  encore  ca/crt<«m  =  choitchia. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,  VOYELLES  TONIQUES  XXV 

4.  Dans  un  certain  nombre  de  subst.  fém.  répondant  au!C  subst.  fr.  en  ée,  ata  est 
devenu  èya,  certainement  par  l'intermédiaire  du  fr.  ée  :  é-y-e  éya  èya.  Ce  phénomène 
a  dû  se  produire  par  analogie  avec  les  mots  en  eta*  Au  xiv*  s.  moneta  =  monneia 
(XVII  bis.  p.  193,  art.  28). 

Armata  =  armèya  Spata  =  êpèya  Liberata  ==  livrèya,  ruban  (1) 

Cet  èya  est  aujourd'hui  quelquefois  devenu  ê,  écrit  aX  pour  marquer  Texcessivi 
ouverture  du  son.  Ainsi  livrèya  est  devenu  livrai  à  Lentilly  (LXVIII). 

2.  Nous  avons  expliqué  que  le  groupe  TR,  DR,  BR,  ne  constitue  pas 
d'entrave.  Aussi  A  suivi  de  ce  groupe  se  comporte-t-il  comme  dans  le 
n*l.  Il  importe  peu  que  la  première  lettre  du  groupe  tombe  en  patois, 
ni  môme  que  le  groupe  latin  ne  soit  pas  BR,TR,  si  au  contraire  celui-ci 
existe  en  patois  : 

Patrem     s=  pore  Ma(r)m(o>r  =  môbro 

Quadrum  =  quore  A(r)b(o)r     =  6bro  (8) 


A  entrave  a  sicbi  des  modifications  diverses  suivant   les 
consonnes  qui  formaient  l'entrave. 

3.  A  suivi  du  groupe  EL  =  Ô  : 

Tab(u)Ia  =r  trôbla        Stab(u)la  =  étrôbla       Amab(i)lem  =  am6blo  (3) 
Rem,  •—  A  a  persisté  dans  sab(u)la  =  sabla. 

4.  A  entravé  par  un  groupe  dont  la  première  consonne  est  R  =  0. 11 
en  est  de  même  si  cette  consonne  est  L  en  latin,  devenue  R  en  patois  : 

Largum  =  lôrgi  Partem  ^  pôr(l)  Lardum  =  lôr(d) 

Harpa     =  ôrpa,  griffe  Barba    =  bôrba         Balma     =  bôrma,  coteau  (4) 

5.  A  entravé  par  JSS,  ST  (peu  importe  que  le  groupe  persiste  ou 
tombe  en  patois)  =  9  : 

Lassa  =s  lôssi  Pasla  =  pôla  Repastum  =  repô(s) 

(1)  Même  phénomène  en  lim  :  épèyo,  marèyo,  marée  (Ghaban).  A  Lyon,  ces  termes 
n'apparaissent  pas  que  je  sache,  avant  le  nviv  s.  On  trouve  destinèya,  anèya  (XXX 
r  part.  V.  135). 

(2)  xm«  s.  patremzs  pare  (V,  p.  43,  L  5)  ;  xiv«s.  fahrum  =  favro  (XV,  p.  12, 1.  18). 
Toutefois  il  arrive  aussi  que,    v  se  vocalisant,  on  a  fauro  (voy.  164,  8*). 

(3)  Au  xui«  s.  Diaholum  =:  Dyablo  (V,  p.  53,  1.  19;. 

(4)  A,  dans  ces  conditions,  persiste  en  vin.  Au  xiw  s  clarta  (V,  p.  63,  1.  2);  au 
XIV  s.  sarssiy  serge  (XVII  bis,  p.  231,  art.  16).  Sur  l'infl.  de  R  pour  l'élargissement 
de  A  en  Ô,  cp.  son  infl.  pour  l'élargissem.  de  E  en  A  (voy.  n»  24). 

4 


Digitized  by 


Google 


XXVI  PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES 

6.  r  Si  A,  libre  ou  entravé,  est  suivi  de  L  sèciie  persistante,  il  y  a 
hésitation  entre  le  maintien  de  A  et  son  passage  à  Ô  : 

Exemples  du  passage  de  A  à  Ô 
Gicala  =s  cigôla  Galia  =  gôla,  gale  Pallidum  =;  P61o 

Exemples  du  maintien  de  A 
Ala  =  ala  Pala  =  pala,  pelle  Caballa  =  cavala  (l) 

2*  A  suivi  de  L  mouillée  donne  lieu  à  2  traitements. 

à)  Si  L  est  mouillée  par  influence  d'un  yotte  latin^  A  persiste  : 

Seminalia  =  senalhe(s)       Palea  =  palhi        Formalea  =  formalhe(8),  fiançailles 

h)  Si  L  est  mouillée  sous  une  autre  influence  que  celle  d'un  hiatus 
latin,  A  passe  à  Ô  : 

Mac(u)la      s=  môlhi  Qwaq(wi)la         =;c61hi 

Masc(u)lum  =  môclio,  colique  Demonac(u)Ium  =  demonôclio 

7.  Hormis  les  cas  spécifiés  ci-dessus,  A  entravé  (peu  importe  que 
l'entrave  ait  cessé  en  patois)  =  A,  et  se  prononce  bref: 

Vacca  s  vacbi  Pacta  =  pachi.  marché  Mappa  =  màpa,  plan  cadastral 

Maie  hab(i)tum  =  mal  ado  Salvat(i)cam=:  sarvajo  Gatta  =  GhÀta 

8.  A,  libre  ou  entravé,  devant  une  nasale  (n,  m)  non  suivie  d'une 
voyelle  en  patois,  persiste  nasalisé  : 

Sanum     s=:  san  Panem     =  pan  Sanctum  =  san(t) 

Infanlem  =  efan(t)         Levamen  s  levan  Gamba     =  chamba  (2) 

Rem.  —  Sous  Tinfl.  de  la  gutlur,  A  +  N  a  passé  au  son  IN  dans  canem  =  chin, 
mais  le  même  phénomène  ne  s*est  pas  produit  dans  ligamen  =lian,  ni  dans  paganum 
t=s  pacan.  Il  est  vrai  que  ce  dernier  vient  du  provençal. 

9.  1*  Si  la  nasale  est  suivie  en  patois  d'une  voyelle,  A  persiste  sans  se 
nasaliser  : 

Grana  s  grana         Plana  =  plana  Graminem  =  gramo,  chiendent  (3) 


(1)  De  môme,  en  français,  A  tonique  libre  a  aussi  des  tendances  'à  se  maintenir 
devant  L  :  malum  =a  mal;  eqwaîem  z=zégal;  legalem^^  loyal;  regalem  =  royaL 

(2)  De  même  en  vin.  à  toutes  les  époques.  Au  xiir  s.  panem  =  pans  (VI,  p.  419, 
1.  S2)  ;  manus=:  man  (XII,  art.  1).  An  xvii*  s.  ma?^  deman  (XXKI,  !'•  part.  v.  27.  28)  ; 
maie  sanum  =  mal  sin  (id..  v.  198)  est  une  infl.  dVil. 

(8)  De  môme  en  vin.  Au  xiv©  s.  fontana,  lana  (VIII,  nrt.  20  et  25). 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES  XXVII 

2*»  Il  en  est  de  même  si  L  est  mouillée  : 
Castanea=:chôtagni  Avôllanea  =  aulagni         Planea  =  plagni,  plaine 

Rem»  —  1.  A  Morn  ,  Yzer.  planlle  =plôni,  plôgnî,  petit  pré.  Il  est  à  croire  que  le 
passage  de  A  à  6  prendra  le  dessus.  A  Crap.,  lana  =  léna  sous  infl.  du  fr. 

2.  A  R.-de-G.  et  aux  environs,  A  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle  en  roman  =i 
souvent  ON: 

Manus  =s  mon      De  mane  =  démon     Famen  s  fon      Sanguinem  ss  son 

Mais  panem  =  pan,  sanctum  =  san,  infantem  =  ëfan,  et  canem  =  chin,  comme 
dans  le  reste  du  Lyonnais. 


10.  A,  suivi  d'une  gutturale,  elle  même  suivie  d'une  consonne  qui  se 
prononce  en  patois  =  AI  (prononcé  un  peu  moins  ouvert  que  È)  ou  É, 
suivant  les  villages  (1). 

Facta         =faila,  féla  Aqw(il)a  =  aiglo,églo    Acrem    =algro.  égro 

Fraxinum  =  fraissi  on  fréno       Aqwa      =  aigui  (2)       Fag(i)na  =  faina,  fouine  (3) 


11.  Mais  A,  plus  gutturale,  non  suivie  d'une  consonne  qui  se  pro- 
nonce, ne  devient  jamais  É  et  garde  le  son  AÎ  (prononcé  plus  ouvert 
que  Ê  français)  : 

Illac  =  ilal,  là  Lactum  =  lal(t)  Faclum  =  fat(t)  (4) 

Plaga  =  plai(e)  Magidem  =  mai(e)        Magis  =:  mai,  davantage. 

De  môme,  par  conséquent,  dans  le  suffixe  ACUM,  ACUS  : 
Athenacum  =:  Ainay  (5)       Bessenacus  =  Bessenay     Brenacus  =  le  Barnay  (6) 

Il  en  a  été  de  même  pour  le  suffixe  lACUM,  lACUS  dans  les  noms  de 
lieux  suivants  : 

Prisciniacum  =  Brignai(s)     Cassiliacum  =Chas8elay    Poloniacum  =  PolHonay 
Salsiacus  =  Sarcey  Garniacus  =  Gharnay         Cabiniacum  =  Ghevinay 

(1)  Craponne  est  particulièrement  adonné  aux  formes  en  é, 

(2)  Dans  aigui^  il  n'y  a  de  lyonnais  que  la  désinence.  L'origine  est  prov.  {oiga). 

(3)  Au  xii«  siècle,  facit  =zfag{l,  v.  59),  facere  =  fayr  (Id.  passim);  aigui  (V, 
p.  74,  1.  9, 15,  2*2,  23):  adfactala  =  afaitia  (IV,  p.  406,  1.  13).  Le  Garcabeau  a  eiguy 
(II,  p.  8, 1.  12)  ;  au  xv«  siècle,  aygui  (XXV,  p.  12,  1.  12)  ;  au  xvu*  siècle,  aiguë  (XXXI, 
2*  part.,  V.  176)  ;  acrem=.  aigrou  (Id.,  2»  part.,  v.  156). 

(4)  A  R.-de-G.  le  c  tombe  sans  laisser  de  trace  :  factum  =  fa(t), 

(h)  Au  xiu»  s.,  Athenacum  =  Eynai  (IV,  p.  408,  1.  II)  pour  Aynai,  Gela  prouve  que 
les  prononciations  de  ai  et  ei  étaient  à  peu  près  équivalentes. 

(6)  Dans  le  Beaujolais,  soumis  à  une  autre  phonétique,  acum  a  donné  as;  Arna- 
cum  r=  Ama(8)  *»  Avenacus  =  Avena(8);  ï'rontanacum  =  Frontena(s). 


Digitized  by 


Google 


XXVIII  PHONÉTIQUE,   VOYBLLliS  TONIQUES 

12.  Mais  lACUM,  lACUS  donne  communément  Y  en  lyonnais  par  la 
résolution  de  la  triphtongue  lAI,  lEI  en  I  : 

Ireniacum  =  Irigny  Albiniacum  =  Albigny  Maximiacum  =  Messimy 

Thiziacum  =:  Thizy  Sessiacum    =  Ghessy  Vimiaciim       =  Viiny  (1) 

Rem.  —  Dans  la  Dauphiné  et  le  Bugey  lAGUM»  IA.GUS  ont  donné  «eu,  ietix  (Lali- 
niacu8=  Lagnieu;  Ambariacus  =Ambérieu;  Quintiacum  =  Quincieux,  etc.)  pro- 
bablem.  par  la  chute  du  c.  La  forme  daupliinoise  se  retrouve  en  lyonnais  dans 

Amberiacum  =  Amhériett(x)       Gondriacum  =  Gondrieu         Floriacum  =  Fleurieu 


13.  !•  Le  suffixe  ARIUS,  ARIUM  =  î  : 

Februarius    =  furt         Vervecarius  =  bargî       Asinarius  =:  ont 

Hastellarium  =  ôtelt       Nucarium  =  noyf  Bucarium  =s  buyt,  cuvier  à  lessive. 

2*  Le  suff.  ARIA  =  IRI  : 

Garriara  =  charriri,  rue  Avenaria  =  aveniri,  champ  d'avoine. 

Gasearia  =  chasiri,  panier  à  fromages  Bucataria  =  buyandiri,  blanchisseuse. 

Mais  lorsque  ARIUS  ARIA  ne  sont  pas  à  l'état  de  suffixe,  ils  égalent 
AIRI: 

Paria  ==  pairi 

Bem,  —  1.  Dans  un  assez  grand  nombre  de  noms  de  métier,  arius  a  donné  airo 
assé  à  éro  dans  certains  villages. 

Marrarius  =  marrairo,  terrasier  De  In.  grolla  =  groUaire,  regrolleur 

Molarius  =  amolairo,  rémouleur  Pectinarium  =  pignairo,  peigneur  de  chanvre 

De  patta    =  patairo,  chiffonnier  Sectarius       =  Setairo,  scieur  de  long  (2). 


(1)  En  Beaujolais  iacum  =  ié  :  Julliacum  =  Jullié;  Lentiniacum  =  Lantignié; 
Riniacum  =s  Régnié;  Quinciacum  =  Quincié;  Serciacus  =  Gerdé.  Parfois  môme 
l'yotle  est  tombé  :  Mauriacum  =  Moiré,  Morenciacum  =  Morancé. 

(2)  On  a  expliqué  le  double  traitement  de  arius  en  vin.  de  la  manière  suivante  : 
!•  Le  suff.  iarius  (=  carius,  garius)  a  donné  ter  en  vin.  (il  en  est  de  môme  si  la 
gutlur.  est  séparée  de  a  par  une  cons.)  :  precoria  =  preyeri  (V,  p.  53, 1.  20);  domi- 
7iiarium  =  dongiers  (V,  p.  73,  1.28);  sextarium  =  sestier  (IV,  p.  408,  1.  20); 
tegularius  =  tiolier,  clocarium  =  c/oc;iier  (Arch.  m.  GC,  191);  2*  le  suff.  arius, 
aria,  non  soumis  à  Pinfl.  d'une  palatale  aurait  donné  eyr,  er,  eri  :  Volttntarius  = 
volunteyrs  (V,  p.  46.  1.21);  primaritts  =  primer  (VIII,  art.  2i);  canabarîus  = 
chenaver  (XVII,  art.  22).  Puis,  pendant  le  xiV  s.,  la  terminaison  ier  se  serait  substituée, 
par  analogie,  à  la  terminaison  er  eyr.  On  pourrait  conclure  de  là  que  les  mois 
actuels  en  airo  seraient  des  mots  qui  auraient  résisté  à  l'influence  analogique.  Mais 
il  existe  des  mots  en  airo  où  l'infl.  de  la  palatale  aurait  dû  se  faire  sentir.  Si,  au 
XIV»  s.  tegularius  a  donné  tiolier,  sectarius  n'aurait  pasdûdonner  setairo,  mais  setier 
sefl;  pectinarius  n'aurait  pas  dû  donner  pi^watro,  mais  pignier  pignt.  Il  paraît  donc 
probable  que,  dans  ces  doubles  formes  en  ier  et  en  airo,  il  y  a  la  rencontre  de  deux 
phonétiques.  Il  est  à  remarquer  que  les  formes  en  l  sont  de  préférence  employées  aux 


Digitized  by 


Google 


PHONKTIQUB,  VOYELLES  TONIQUES  XXIX 

2.  Par  analogie  on  a  forgé  des  mots  où  le  suffixe  atro  n'a  pas  le  carac- 
tère de  nom  de  métier  : 

De  lingua  =  lingairo,  bavard  De  bibere  =  bevairo,  buveur 

Hem.  —  Dans  le  territoire  étudié  dans  cette  phonétique,  ces  mots  ont  cela  de  parti- 
culier que  le  féminin  est  formé  irrégulièrem.  par  la  désinence  uza  :  linguza,  bevnza, 
ce  qui  indique  que  dans  ces  mots,  récents.  le  féminin  a  été  fait  par  analogie  av.  le  sufT. 
fr.  euse,  et  que  le  masc.  airo  est  lui-môme  substitué  au  fr.  eurÇi). 


INFINITIFS   EN    ARE 

On  a  vu  (i  1)  que  A  ionique  libre  ^  Ô  :  aimô^  chaniô.  Toutefois  des 
influences  dont  il  a  été  parlé  plus  haut  ont  modifié  cette  loi  dans  un 
grand  nombre  de  cas,  et  alors  ARE  =  î.  C'est  ce  que  nous  allons  étudier ^ 
en  exposant  d'abord  tous  les  cas  où  Vinfinitifest  en  0,puis  tous  ceux  où 
il  est  en  î. 

14.  ARE  =  0, 

1*  Quand  il  est  précédé  d'une  dentale  (t,  d)  non  précédée  elle-même 
d'une  gutturale,  soit  que  la  dentale  persiste,  soit  qu  elle  tombe  en 
patois  : 

Movitare  =  modo,  s'en  aller  Nodare  =  nuô 

Ad-badare  =  abadô,  ouvrir  Putare  =  pouô,  tailler  la  vigne 

2*  Quand  il  est  précédé  d'une  labiale  (p,  6,  /*,  v)  : 

Crepare  =  crevô  Galefare  =  charfô 

Gubare    =  covô  Lavare     =  lavô 

3*  Quand  il  est  précédé  d'une  liquide  ou  d'une  nasale  (r,  /,  n,  m)  non 
mouillée,  sauf  r  précédée  de  i  : 

Âd-parare  =  apparô,  retenir  un  objet       Sonare  =  sonô,  appeler 
Sibilare      =  sublô  Pumare  =  fumô 

environs  de  Lyon, et  que  celles  en  airo  se  développent  à  mesure  que  l'on  s'approcbe  du 
Forez.  Elles  sont  dans  leur  plein  à  R.-de  G. 

Quant  au  suff.  anus,  il  n'est  jamais  traduit  en  vin.  par  airo,  mais  par  er,  eyr. 
Déjà,  au  xi%  xn«8.,  on  trouve  volunteyr  (I,  v.  77).  11  serait  plus  que  surprenant  que 
partout  la  graphie  ey  eût  été  substituée  à  la  graphie  ai,  qu'on  retrouve  pourtant  dans 
paria  =  pairi.  Gela  donnerait  créance  à  l'hypothèse  de  la  substitution,  en  latin  vul- 
gaire, du  suff.  erius  au  suff.  arius,  proposée  par  M.  Groeber,  quoiqu'on  y  oppose 
l'ubjection  que  mereat^  où  e  se  trouve  dans  la  même  situation  que  dans  erius,  a  donné 
m/re.  Mais  on  sait  que  les  mômes  voyelles,  employées  comme  surfixesou  dans  le  corps 
du  mot  ne  subissent  souvent  pas  le  même  traitement.  Il  est  à  remarquer  que,  dans  le 
même  fragjnent  d^ Alexandre,  cité  plus  haut,  on  trouve  primier  et  non  primeyr, 
sans  qu'on  puisse  trouver  un  motif  pour  la  différence  de  traitement  enti'e  primariiis  et 
voluntarius, 

(1)  Ne  pas  confondre  le  suff.  oiwt, d'or la,  avec  la  forme  fém.  de  airo,  ïna  bavouéri, 
i  Yzer.  une  bavarde,  est  fait  par  le  radical  bav  et  le  saff*  d'oria* 


Digitized  by 


Google 


XXX  PHONBTIQUE,   VOYELLES  TONIQUES 

4'*  Quand  il  est  précédé  d'urte  gutturale  (e,  g)  dure  en  patois.  Dans  ces 
mots  Ô  n'est  pas  le  produit  d'une  transformation  directe  de  ARE;  ce 
sont  des  mots  introduits  de  dialectes  étrangers,  ou  des  dérivés  formés 
généralement  sur  un  substantif,  ou  enfm  des  onomatopées  : 

Pr.  frascar  =  defracô,  briser  De  In.  glga         =  gingô,  regimber 

Pr.  bolegar  =  bolicô,  agiter  De  brlga  =s  s'embringô,  s'embarrasser 

De  fr.  sac      =  se  sac6,  se  blottir  De  onomat.  roc  =  rocô,  heurter  (1) 

15.  ARE  =  î  toutes  les  fois  qu'il  se  trouve  dans  le  voisinage  d'une 
articulation  palatale  (?).  On  peut  classer  les  faits  sous  les  catégories 
suivantes. 

1*  Quand  le  verbe  latin  est  terminé  par  eare,  iare  : 

Pretiare  =:  prisî  Drictiare  =  dresst       Scoveare  =  coivt,   Imlayer 

Minatiare  =  menacî      Molliaro    =  môlhî 

2*  Quand  il  est  précédé  d'une  gutturale  fc,  gj)  soit  que  cette  gutturale 
persiste  sous  une  forme  adoucie,  soit  qu'elle  soit  devenue  yotte  : 


Exemples  du  premier  cas 

Circare       =  Gharchî  Manducare  =  mingt 

Praedicare  =  prakht  Fodicare      =  fougî,  labourer  à  la  bêche 


•  Exemples  du  second  cas 

Pacare  =  payf  Âpplicare  =  applayt,  meUre  au  joug 

Secare  =  seyî,  faucher  Jocare       =  joyî 

3'  La  finale  est  encore  en  î  lors  môme  que  la  gutturale  est  séparée  de 
A  tonique  par  une  dentale  (t^d.s)  ; 

Affeclare    =  affeilî.  cribler  le  blé  Inteclare  =  inloyt,  mellre  à  Tabri 

Impactare  =  impachî,  empêcher  Ajutare    =  aldî 

A'»acsare  =  baissi,  baisser  Lacsare    =  lalssî 

Jactare  =  jitô  est  une  exception  qui  s'est  également  produite  dans  le  Tieux  franc. 
getter  pour  gettier  (3).  Dans  succutare  =  secoyî,  l'influence  de  la  gutturale  paratl 
•*ôlre  fait  sentir,  même  malgré  la  barrière  interposée  par  la  voyelle  u. 


(l)Tous  les  verbes  compris  dans  ces  quatre  catégories  donnent  A  en  vin. 

(?)  Aux  xiii«,  XI v«,  XV»  s.,  I  moderne  était  1ER  :  deleilier  (V.  p.  39,  1.  5); 
laysier  (V,  p.  65,  1.  i8);  changier  (VI,  p.  4*23,  1.  H);  tailliev  (Id.  p.  423, 1.  18);  sonhier 
(XXV,  p.  16,  l.  9).  Au  xvr  s.  cet  ler  se  réduit  à  i;  6ai7/y(XXVIII,  p.  36,  dern.  l.). 

(3)  Voyez  le  Dictionnaire  à  jiiô. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES  XXXI 

Rem*  —  1.  La  finale  du  verbe  est  encore  en  1,  si  la  dentale  s,  au  lieu  d*étre  précédée 
d'un  yotte  est  précédée  d'un  i  voyelle  en  patois,  quelle  que  soit  d'ailleurs  Tétymologie  : 

Bris!,  briser  .  Frist.  friser 

Pissi,  pisser  Batist,  baptiser  (1) 

2.  La  sifflante  dure  S  (=  ss)  détermine  le  plus  souvent  une  finale 
enl  : 

Lôssi  (2),  lasser  Oahossi.  bossuer  Tussl,  tousser 

Possi,  téter  Conlraci,  contrarier  S'acassi,  tomber  de  fatigue 

Imbrassi^  embrasser  Gassi,  secouer  Crossi,  bercer 

î)ansi,  danser  Tracassi,  tracasser  Agaci,  agacer 

Petassi,  mettre  des  pièces       Perd,  percer  Depilhorci,  écaler 

Deborsi,  enlever  l'enveloppe  épineuse  des  châtaignes  (3). 

Le  phénomène  est  en  voie  de  formation,  ce  qui  expUque  les  exceptions  (4)  : 

Gassô,  casser  Se  trossô,  se  trousser  Passô,  passer 

Lossô,  lasser,  à  côté  de  lôssi       Pressô,àcôté  de  pressa,  presser 

3.  Mais  la  finale  6  persiste  lorsqu'elle  est  précédée  en  patois  de  s  douce  i 

Peso,  peser  Epousô,  épouser 

Posô,  poser  Rasô,  raser 

4"  La  finale  du  verbe  est  en  I  toutes  les  fois  qu'elles  est  précédée 
d'une  liquide  ou  d'une  nasale  qui  s'est  mouillée  (c'est-à-dire  de  Ih  ou 
de  gn)  en  patois  pour  une  cause  quelconque,  et  quelle  que  soit  d'ailleurs 
rétymologie  : 

Bailli,  donner  Folhi,  fouiller  Barfolhi,  bafouiller 

Pitrogni,  manier  grossièrem.       Gagni,  rabrouer  Ghancagni,  gronder 


(1)  Ce  phénomène  étant  en  voix  de  formation,  souffre  des  exceptions;  on  dit  hatisô 
à  côté  de  batisi,  et  môme  de  hatéyX, 

(2)  Concuremment  avec  lossô. 

(8)  On  a  contesté  cette  influence  de  la  sifflante  dure,  mais  elle  n'est  pas  douteuse. 
La  finale  t,  prétend-on,  serait  due  à  l'interposition  d'une  palatale  et  à  la  création  de 
types  bas  latins,  tels  que  hassiare,  cabossiare,  c  La  sifflante  dure  n'aurait  pas  d'action 
sur  a,  ainsi  que  le  prouveraient  les  formes  passar,  pensar,  eonfessar  dans  le  vieux 
lyonnais  ».  Le  phénomène  étant,  comme  le  passage  de  a  tonique  à  ô,  tout  récent,  il  est 
certain  qu'on  n'en  doit  pas  trouver  trace  dans  le  vieux  lyonnais,  et  encore  plus  certain 
que  beaucoup  de  ces  mots  n'ont  pas  été  faits  sur  des  types  bas  latins.  Je  ne  pense 
vi-aiment  pas  que  cabossi  ait  été  tiré  d'un  latin  vulgaire  ca6o5^tare.  On  a  fait  la  môme 
observation  sur  i  post-ton.  précédé  de  s,  et  on  cite  tôssa,  gvossa  (pour  groussa)^  elc. 
Cela  prouve  simplement  que  le  phénomène  est  en  voie  de  formation.  A  Paniss.,  vapi- 
dosus  a  donné  vadou,  fem.  vadoussi.  Dira-ton  qu'il  y  a  eu  un  vapidotia,  fém,  de 
vapidosfM  f  Maseuîatum,  à  Morn.,  a  donné  mac/ta,  fém.  maclia,ssi,  Dira-t-on  qu'il  y 
eu  un  type  mascuîatia  t 

(4)  Ces  exceptions  ne  représentent  cependant  qu*une  petite  minorité. 


Digitized  by 


Google 


XXXn  PHONÉTIQUE,   VOYELLES  TONIQUES 

5*  La  finale  du  verbe  est  en  I  toutes  les  fois  qu'en  patois  elle  est  pré- 
cédée du  groupe  IR  (1). 

Deguiri,  déchirer  Tiri,  tirer 

Viri»  tourner  Impiri,  empirer 

Rem,  «  Dans  les  verbes  &  infinitif  en  t,  cet  i  a  protégé  a  dans  les  participes  passés, 
et  ta  n'est  jamais  deyenu  iô.  Ainsi,  tandis  que  cantatum  donnait  chantô,  carricatum 
donnait  chargia.  Cette  forme  en  ta  qu'on  trouve  invariable  dans  Goch.,  est  à  peu  près 
disparue  au  masc.,et  a  été  conservée  au  fém.  pour  marquer  le  genre,  de  sorte  que  Ton 
a  aujourd'hui  carricatum  =  chargt  et  carricata  =  chargia.  Au  plur.  carricata  et  carri- 
catae  =  chargié(s).  Dans  les  adjectifs  à  désinence  verbale,  mais  dont  l'infinit.  n'existe 
pas,  la  forme  ta  persiste  intégrale.  Aisia  signifie  aisé  et  aisée.  On  n'a  pas  aist 


E 


16.  E  dit  E  fermé  (comprenant  E  long,  I  bref,  Œ  des  classiques), 
libi-e  et  suivi  d'une  consonne  qui  se  prononce  en  patois  =  Ê,  Cet  È 
tend,  dans  le  patois  moderne  à  passer  à  É  (2). 

Potere  =  pouére,  pouére,  pouvoir         Avena  =r  avèna,  avéna,  avoine 
Stela  =  étèla,  étoile  Strena  =  étréna,  étréna,  étrenne 

Pœna  =  pèna,  péna,  peine  Mlno  =  je  mèno,  je  méno,  je  mène 

Rem.  —  1.  A  Mornant  feria  =  fieri.  C*est  Tyotte  de  la  diphtongue  primitive  dans 
feiri,  qui  a  passé  devant  e. 

2.  Dans  vldva  =  vava,  influence  de  la  labiale. 

8.  Dans  t6(g)ula  =  tioala,  la  chute  de  ^  a  mis  en  contact  ei  et  te,  ce  qui  a  formé 
une  triphtongue  dont  le  3*  élément  s'est  emparé  de  l'accent.  La  l**  partie,  devenue 
atone,  s'est  facilem.  réduite  à  t. 


(1)  Cette  influence  est  déjà  marquée  dans  le  vieux  lyonn.  CtViVr,  sceller,  dans  les 
Comptes  municipaux  du  XIV*  s,  ;  Retiri  (XXXI,  !'•  part.  v.  i66).  M.  Ascoli  a  remar- 
qué le  môme  fait  dans  le  dauphinois  :  virié^  tiriè  {Schizzi  franco-prot>ençali,  p.  81). 
Il  se  retrouve  fréquemment  dans  les  patois  franco-provençaux. 

(2)  En  vieux  lyonn,  cet  Ë  était  El  (noté  aussi  ey^  ay,  ai).  Il  n'y  a  pas  de  doute  qu'à 
l'origine  la  diphtongaison  de  El  se  faisait  sentir,  xiii*  s.  iela  =  teyle  (II,  p.  5,  1.  18)  ; 
te{n)sa  =  teise  (id.  8,  1.  13).  xiv«  s.  me{n)sem  =  meis,  pe{n)sum  =  peis  (XII,  n*  8)  ; 
heri  scrum  =s  arseir  (X,  27,  1.  18);  xvi»  s.  fidem  =s  fey  (XXVIU,  p.  39,  1. 9);  xvn«  s. 
habere  =  avey  (XXXI,  l'*  partie,  v.2);  regem  =  Ray  (XL,  p.  72, 1.  11).  La  graphie  ei 
est  encore  usitée  par  beaucoup  de  patoisants. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES  XXXIl! 

17.  Lorsque  É  est  suivi  en  latin  d'une  dentale  (t,  d)  qui  tombe,  plus 
une  voyelle  qui  persiste,  le  lyonnais  introduit  un  yotte  pour  détruire 
riiialus,  et  E  fermé  devient  È  : 

Seta     =r  séya,  soie  Meta  =  mè-ya,  meule  de  blé 

Credo  =  je  crè-yo  Fêta  =  fè-ya,  brebis 

Rem.  —  On  dit  aussi  faya  et  maya.  Peut-être  le  passage  de  e  à  a  a-t-il  eu  lieu  sous 
riiifluence  de  y  (1)?  Mais  on  n'a  ni  saya  ni  crayo. 

18.  Le  phénomène  suivant  est  particulier  à  Craponne. 

E  fermé  =  Ê  prononcé  extrêmement  ouvert  et  habituellement  écrit 
AÎ  pour  mieux  marquer  Touverture  du  son  : 

!•  Quand  il  est  libre  et  suivi  d'une  consonne  qui  ne  se  prononce  plus^ 
en  patois; 

2*  Quand  il  est  entravé  par  une  gutturale,  plus  consonne,  qui  ne  se 
prononcent  plus  en  patois. 

EXEMPLES  DU  l**  CAS 

Sérum  .  s  sai  Patrie(n)8i8  s=  patuat,   patois 

Habere   =  aval  Nivem  =  nat 

Rem,  1.  —  Vicis  a  donné  le  plus  souvent  vè,  &  R.-deG.  vé. 

EXEMPLES  DU  Z*  CAS 

Serpic(u)lum  =  serpat  Vermlc(u)lum  =  Tarmat 

Ârtlc(u)lum    =  artaf .  Nlgrum  =  naf 

Rern,  3.  —  Les  mots  ci-dessus,  qui  ont  donné  Al  dans  la  plaine,  aux  environs  de 
Lyon,  ont  généralem.  donné  è  plus  loin,  et  é  à  R.-de-6. 

3.  —  Tandis  que  E  tonique  libre,  dans  la  finale  ERE  des  verbes  de  la  2*  conjugais. 
lat.  =  AÎàiix  environs  de  Lyon,  et  Ê  à  R.-de-Q„  il  =  I  àMorn.,  sans  doute  parce 
qu*on  a. fait  passer  c^s  verbes  dana  la  4«  conjugais. 

Habere  =  avi  Valere       ==  vali 

Volere  s=s  voli  De  sapio   =  sachi 

4.  —  Quelques  infinitifs  des  verbes  de  la  â«  conjugais.  ont  été  refaits  sur  le  participe 
passé.  A  Morn.,implere  =  implore,  debere  =  dure. 

19.  E  fermé,  plus  gutturale  suivie  d'une  consonne  qui  se  prononce 
(pourvu  que  cette  consonne  ne  soit  pas  L  mouillée)  =  El,  ainsi  ortho- 
graphié dans  les  textes,. et  dont  le  son  est  intermédiaire  entre  Ê  et  É  ; 

Picata  =  feigi,  foie  Nlgra  =  nelri,  paresse 

I4g(e)rim  =  Leiri,. Loire  (ii) 

(1)  Le  xin-  s.  a  feya  (II,  p.  10,  1.  31). 

(2)  Au  xwi*  Éisferim^Leîri  (XV,  p.  Il  1.  7)  ;  lignum  =  leigny  (Id.,  id.,  1.  10). 

5 


Digitized  by 


Google 


XXXIV  PHONETIQUE,   VOYELLES  TOXIQUES 

20  E  fermé,  suivi  d'une  gutturale  plus  L  mouillée  =  I  (1): 

Apicula  =  avilhi  Cornicula  =  cornilhi,  crossette  de  la  vigne 

Vigilia    =  vilhi  Lenlicula  =  lintilhi 

21.  E  fermé,  variable  ou  entravé,  suivi  d'une  consonne  qui  se  pro- 
nonce =  È  : 

Fleb(i)lem  =  fèblo  Fém(i)na    =  féna,  fëna 

Missa      ^  mëssi  Sem(i)no    :=  je  sèno 

Rem.  i.  —  Grap.  dit  sôno,  fôblo. 

2.  —  Filicem  =  fugi,  probablement  par  Tintermédiaire  dune  forme  fengi,  où 
Il  provenait  de  la  yocalisation  de  l. 

22.  E  fermé,  plus  nasale  (n  m)  non  suivie  d'une  nasale  qui  se  prononce 
=  IN  (peu  importe  que  in  soit  final  ou  ou  suivi  d'une  consonne  qui  se 
prononce)  : 

Hacemum  =  résin  Lingua    =:  lingua 

Venenum  =  vérin  Ginerem  =  cindra 

Rem.  i.  —  Ce  groupe  e  plus  m  adonné  tan  dans 

Fimum  =  flan  in  simul  r=:  insian 

2.  —  La  rencontre  de  de  et  t  dans  de-intus  a  donné  diens  (di-in)  à  Gondrieu. 

8.  —  Si  la  nasale  est  suivie  d'une  voyelle,  E  ne  se  nasalise  pas  et  rentre  dans  la  loi 
générale  16  (ex.  pena,  str6na,  avena,  etc.). 

23.  E  fermé  libre,  précédé  d'une  gutturale  et  suivi  ou  non  d'une  con- 
sonne qui  se  prononce  =  I  : 

Mercedem  as  marci  Geram  =  ciri 

Licere  sa  leizi,  loisir  Desce(n)sa  =  decizi^  descente  au  fil  de  Teau 

Page(n)sem  s  pa-y  Ecciesiam  =  élhisi 

24.  E  fermé,  E  ouvert  (  =  E  bref,  iE  des  classiques)  entravé  par  R 
plus  consonne  =  A  (comparez  avec  §  4)  ;  peu  importe  que  l'entrave 
soit  lalîne  ou  patoise  : 

Pertica  s  parcbi  Nervum  nàr  Infemum  =  infàr 

Versus  =  vâr(8)  Viridum  =  vàr(d)  Ferrum     =  fâr  (2) 

Rem.  1.  —  Â  se  conserve  môme  après  que  R  est  tombé:  perdere  =:pâdre. 

2.  —  Persicum  fait  exception.  Il  a  donné  persi,  pèche.  Je  ne  doute  pas  que 
R.-de-G.  ne  dise  parsi.  De  même  ferire  =  fierdre,  mais  R.-de-G.  dit  je  fiardo. 

3.  —  Si  Eest  entravé  par  RR  suivis  d'une  voyelle.  Il  persiste.  Serra  =  8611^, 
werra  =  guerra;  vitrum,  où  i  est  devenu  entravé  en  patois,  n'a  pas  donné  varro, 
mais  verro. 

(1)  En  français,  dans  ce  même  cas,  c'est-à-dire  devant  l  mouillée,  et  s'est  maintenu 
au  lieu  de  devenir  oi:  apicula  «=  abeille,  cornicula  «=  corneille,  tandis  quTiabere  = 
avoir,  fidem  =  foi,  etc. 

(2)  Ce  phénomène  est  moderne.  Au  xiv«  s.  ferrum  =  fer  (XVI,  26, 1. 1). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   VOYELLES  TONIQUES  XXXV 

25.  E  ouvert,  libre  =  ï.  cet  i  est  le  résultat  de  la  réduction  de  la 
diphtongue  lE  (1)  : 

Pe(d).et)[i  =:  pt  Be(d)um  =  bi,  bief  Cathe(d)ra  =  cadiri 

Fe(b)rem  =s  flra  Pe(t)ra  =  pira  Illa  hedera  =  Tira 

Neb(u}la  =  gnibla  Petia  =  pici 

Rem.  1.  —  Si  Ton  analyse  ces  exemples,  on  verra  que,  dans  tous,  sauf  pi  et  gnibla 
e  est  suivi  d'une  r  en  roman  ou  bien  s*est  trouvé  dans  le  voisinage  d'un  hiatus.  Dans 
quelques  formes  verbales,  e  a  persisté  comme  dans  le  vieux  lyonnais  : 

Levât  =  a  lève  Tenet  =  a  tin(t) 

Bram  =  j'èro  (St-Symph.) 

2.  —  A  R.-de-G,  E  ouvert  libre  =  E  dans  médium  =  mé,  per  médium  =  parmé. 

26.  E  ouvert  libre,  suivi  de  R  (ou  de  L  devenue  R  en  patois),  lorsque 
celte  R  est  finale  en  patois  =  lA.  La  diphtongue  lE,  au  lieu  de  se 
réduire,  s'est  ainsi  élargie.  Ce  phénomène  qui  commence  à  s'accuser  à 
Mornant,  est  dans  son  entier  développement  à  Rive  de-Gier. 

Ferum  =  fiar  Heri  =  hiar  Mel  =  miar 

Fel       =  fiar  Gelum  =  ciar  (2) 

Rem.  —  Il  en  est  de  même  lorsque  E  ouvert  est  entravé,  pourvu  que  la  consonne 
qui  suit  R  ne  se  prononce  pas  : 

Fer(i)t  =  a  fiar(l)  (R.-de-G.)  Serv(i)t  =  a  siar(t) 

27.  E  ouvert,  libre  ou  entravé,  suivi  d'une  gutturale  =  I. 

EXEMPLES  DU  1*'  CAS 

I^egere  =  lire  Decem  =  di(i) 

Nec       =  ni  Pejus    =  pi(s) 

EXEMPLES  DU  2*  CAS 
Secs  =  8i(xj  Tecstere  =  tistre  Pectinum  =  pigno 

Rem,  —  Mais  la  dipbtongais.  a  persisté  dans  lectum  =  lie[t),  sex  =  siai  (Morn.)f 
sié  (R.-de-G. )«  média  =  mié,  moitié. 


(1)  En  vieux  lyonnais  E  bref  ne  parait  pas  avoir  été  représenté  par  t^  comme  en 
français.  Dans  la  majorité  des  exemples  il  est  représente  par  e  :  Deum  =z  Deu  (V,  p. 
37, 1.  4)  ;  bene  =  ben  (Id.,  p.  88,  1.  3)  ;  caelum  =  cel  (Id.  39, 1.  20);  pe^ra  =  pera  (Id, 
59,  \.  16)  \sedium  r=  secho  (Id.  66,  1.  5);  levât  =  levé  {  IV,  406,  l.  1);  petia  =peci 
(Id-,  407,  L  12)  ;  Petrum  s=  pero  (îd.  408,  1. 11)  ;  nebulas  =  ncbles  (VI,  408,  1.  23)  ; 
taeculem  =  seglo  (VI,  419, 1.  3).  Les  formes  avec  dipbtongais,  peuvent  être  dues  à  des 
influences  du  français,  ou  au  voisinage  d'élémenls  palataux»  ou  à  l'influence  de  r. 
Tels  sont  pe{d)es  =  pies  (V,  43, 1.  16)  ;  petia  =  pieci  (VI,  421,  1.  14)  ;  petra  =  piera 
(Id.  4fô,  1.  13);  légère  =  liere  (V,  38,  1.4).  Ces  formes  diphtonguées  ont  pris  le 
dessus,  puis  ei  a  passé  à  t.  C'est  ainsi  que  nebula  =  neble  au  xiv«  s.  est  aujourd'hui 
gnibla. 

(2)  Ce  changement  de  la  voyelle  est  moderne.  Au  xiv«  s.  celum  =  cel  (V,  39,  1.  20). 


Digitized  by 


Google 


XXXVI  PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES 

28.  E  ouvert,  en  hiatus  latin  ou  patois  avec  la  voyelle  suivante  =  I, 
et  l'accent  dans  ce  cas,  se  transporte  sur  la  2*  voyelle: 

Ne(b)ala  :=  niôla  Le(p)ora  =  livra  Deinn  =s  Din 

Rem,  —  A  R.-deG.  Deam  =  Dzo. 

29.  E,  plus  nasale  (n  m)  non  suivie  d'une  voyelle—  IN: 

Rem  ==  rin  Ventrem  =    \lntro  Sementes  =  es8emln(8)  (1) 

Rem.  —  De  même  que  A  plus  nasale  s=  ON  à  R.-de-G.  (v.  9,  rem.  2),  de  même  £ 
ou  I  plus  nasale  y  prennent  parfois  le  même  son.  Tempus  =  tsom,  rem  =  rion,  rien, 
et  in  simul  =  insion.  Du  reste  il  est  parfois  difficile  de  saisir  si  le  paysan  dit  insion 
ou  insian,  tellement  les  sons  se  rapprochent. 

80.  E  ouvert  entravé  =  È  : 

Septem        =  sè(l)  Fresca  =  frèchi 

Gapiteltum  =  cadë(t)  Sella    =  sëla,  chaise 

Rem.  ^  A  Crap.  è  final  en  roman  s'est  assourdi  en  ë  dans  le  suffixe  eltum  iUum, 
et  dans  ec(um. 

Gapitettum  =:  cadë  *Gaminettum  =  chiné,  chenet 

Directum     =  drë  .  Lectum  r=  lift 


81.  E  ouvert,  suivi  de  ST  ou  SP  =  É  dans  les  villages  aux  environs 
de  Lyon;  à  Morn.,  à  R.-de-G.  il  =  È. 

Bestia  =  bèti,  béU  Vespa     =  gûépa,  guèpa 

Testa  =  téta,  téta  Mespum  =  nèpia 

Rem,  —  A  Lyon  éme,  intelligence,  d'estimare';  ailleurs  émo. 


82.  ELLUM,  ELLEM  =  IAU  (2). 

Vitellum  =  Tiaa  Gastellum  =  chôlian  Pellem  =  pian  (3) 

Rem.  ~  R.-de-G.  dit  castellum  =  chotsau. 


(1)  Môme  phénomène  en  vieux  lyonn.  Bene  =  bin  (V,  p.  40,  1.  20),  à  côté  de  bein 
(Id.,  88, 1.  18;  39,  1.  22);  venit^vin  (IV.  p.  407, 1. 11);  bene  =  bein  ^X,  p.  4d5.  1.  2i). 

(2)  Probablement  par  l'intermédiaire  e-au,  devenu  eau  =  d  en  français,  et  i-au  =  iô 
en  lyonnais. 

(8)  Le  XIV*  s.  a  el,  Castellum  ^chatel  (XVI,  p.  23,  1.  8);  mais  déjà  le  xvii*  s.  a  ion  : 
cultellum  =  coutiau  (XXXI,  1"  part.,  vers  176). 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,  VOYELLES  TONIQUES  :  XXXVII 


/  bref  a  été  traité  avec  E  fermé 
33.  I  long,  libre  ou  entravé  =  I  : 

EXEMPLES  DU   l^'  CAS 

Apricuin       ^  ourri,  abri  Tina    =  lina,  vase  vinaire 

Ludovicuin  =  Loyt  Pila     =  pila,  colonne 

Finire  =  fignt  Vinea  =  vigni 

EXEMPLES  DU   2*   CAS 

Tristem  =  trislo  Villa  =  villa  Peryllo  z=  je  brilho 

Rem,  1.  —  Â  Crap,  I,  à  la  finale  des  verbes  de  la  4*  conjugais.  =:  É  r  Ovré,  sarvé, 
vené,  au  liea  d*uri,  sarvi,  vegni.  Cette  r^gle  est  sans  exception.  II  en  est  de  même  pour 
lin  certain  nombre  de  substantifs  :  nidum  =  né,  apricum  =  avré,  mantile  =  mante, 
mais  à  côté  on  a  amicum  z=:  ami,  filum  =  f!. 

2.  —  I  plus  labiale  passe  volontiers  à  u:  Wipera  s  jnrio,  givre., 

33  hx%,  I  long,  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle  en  patois  =  IN  : 

Pinum  =  pin  Vinum  sss  vin  Gaminum  =  chamin 

Rem.  ~  Si  I  long,  plus  nasale,  est  suivi  d'une  voyelle,  il  rentre  dans  la  loi 
raie  (|  33)*  V.  les  ex.  tina,  vlnea. 


0 


O  fermé  (comprenant  0  long  et  U  bref  des  classiques  =  le  plus  sou- 
vent 0(1)  i      . 

Ad  horam  =s  vorre,  maintenant  (Duerne)  Co(n)s\iere  =  codre 

Cotem        ==  co(t),  pierre  à  aiguiser  Poma  =  poma  (Ci*ap.) 

Movito       ==  je  modo,je  m*en  vais  Gorona        =  corona 

Tropo        =  je  trovo,  je  trouve  Populum     =  poblo 

(1)  En  vieux  lyonnais  0  fermé  libre  =  ou  :  amour  (V,  p.  39,  1. 10)  ;  creatour  (Id. 
41^  1.  7);  creatour  (Id,,  39.  l.  iO);  co/our(VI,  421, 1. 15);  valour  (Id.  421,  I.  25);  priour 
(XXV,  11, 1.  30).  Dans  X,  tous  les  o  fermés  sont  écrits  par  u,  mais  il  est  à  croire  que 
Ce  tf  se  prononçait  0 M,  et  qu'il  en  était  de  mémepoiir  les  formes  où.  o  fermé  est^epdu, 
par  o,  comme  dans  hoiraoi  =  ora  (V,  p.  61,  L  11),  et  hora  (Id.,  p.  56,  1.  10). 


Digitized  by 


Google 


XXXVni  PHONETIQUE,   VOYBLLBS  TONIQUES 

Mais  il  =  ou  dans  un  certain  nombre  de  mots  : 

Ad  horam  =r  Tonrre  (R.-de-G.)  Nepotem  ==  nevou  (Morn.) 

Ploro  =  je  plonre  Nodum     =  Dou(d)  (Morn.) 

Succutere  =  secourre  (River.)  Poma       =  ponma  (Morn.) 

Aux  environs  de  Lyon  (Crap.  par  ex.)  il  =  U  : 

Hora        =  VLvo  ^Bolico  ==  je  bnge         Nojlum  =  nu(d) 

Nepotem  =  nevn  Ck>lIoco,  je  cnche  Populum  =  pnblo 

Rem.  1.  —  Lorsque  o  suivi  de  r  muette  est  final  en  patois,  il  =  ou  ou  u^  mais 
jamais  o  :  Cantorem  =  chanton;  muccatorium  =  mocht<;  mais  si  r  final  se  prononce, 
0  =  0;  cantorem  =  chanter,  colorem  =  color  (Crap.). 

2.  ~  Dans  cotem  =  co(t),  0  se  prononce  très  bref.  C'est  le  fait  de  la  dentale  qui 
suit  0. 

8.  —  Lnpum  sa  loa(p)  sous  infl.  de  la  labiale,  mais  lova,  parce  que  0  est  suivi  d'une 
consonne  qui  se  prononce. 

4.  —  La  tendance  générale  de  ou  est  de  passer  à  o.  Les  mois  français  qui  possèdent 
un  ou,  tonique  ou  atone,  libre  ou  entravé,  ont  des  correspondants  patois  qui  ont  0  : 
couveuse  (cova),  douve  ("dova),  tout  (toi),  double  (drobli);  à  Lyon  coufle  (coflo); 
couple  (cobla)  ;  à  Lyon  courle  (coda)  ;  bouquet  (hoquet),  etc. 


34  bis.  OREM,  ORUM  =  OU  dans  la  plus  grande  partie  du  Lyon- 
nais :    . 

Cantorem  =  chanlou         Meliorem  =:  meliou         lUorum  =  liou,  leur 

Rem.  1 .  —  A  Craponne  orem  =  or  : 

Cantorem  :=  chantor  Colorem  =  color  Calorem  =:  chalor 

2.  —Le  féminin  des  mots  masculins  est  en  uza^  par  analogie  avec  le  franc,  etcse^ 
fém.  de  eur. 

Chantou^fém.  chantuza.  chauteuse  Mijon,  mangeur,  fém.  mijuza 

3.  —  Il  existe  encore,  surtout  aux  environs  de  Lyon,  un  certain  nombre  de  substantifs 
en  eiro  dont  le  suffixe  répondrait  à  orem,  et  dont  le  féminin  est  aussi  uza.  Ces  mots 
ont  été  formés  par  analogie  avec  ceux  du  suffixe  arius  (J  13,  rem.  1). 

Manducatorem  =  mingeiro,  uza  Bibitorem  =  beveiro,  uza 

Pediiorem  ==  peteiro,  uza  De  relevare  =  relevuza,  accoucheuse 


85.  Dans  OSUM,  0  fermé  =  U  ou  OU  selon  les  lieux  A  mesure  que 
Ton  s'éloigne  de  Lyon  pour  se  rapprocher  du  Forez,  on  rencontre  le 
son  OU.  Mornant,  Riverie,  Saint-Martin  sont  des  pays  d'où. 


Digitized  by 


Google 


PHON^TIQUB,  YOYBLLBS  TONIQUBS  XXXIX 

BXBMPLBS  DU    PÀBMIBR    CAS 
Âmorosum  =  amoru       Âmistosnm  =  amiquiu       De  catullire  &=  câtilin 

BXBMPLBS  mi  SBCOND   CAS 
Pietosum  =  pidou        PaTorosum  =  pourou        PioroBum  c=  plordn  (1) 


36.  Dans  OBIUM,  0  fermé  donne  également  U  ou  OU  dans  les  mêmes 
conditions  que  ci-dessus.  Il  existe  en  lyonnais  un  certain  nombre  de 
substantifs,  représentant  des  objets  moyens  d'action,  obtenus  par  des 
procédés  de  dérivation,  et  dont  le  suffixe  U,  OU  répondrait  à  un  latin 
aiorium^  aorium^  orium.  Comme  cette  transfo  rmation  est  fort  étrange, 
à  cause  de  la  disparition  de  Tyotte,  je  crois  qu'il  y  a  eu  confusion  avec 
le  suffixe  orem. 

Les  endroits  où  orium  =  u  sont  les  mêmes  que  Ceux  où  o3um  =  w, 
et  réciproquement  pour  les  endroits  où  osum  =  ou. 

BXBMPLBS  DU  PBBMIBR  CAS 

Jactorium  ss  jetn,  pochon  à  long  manche       Affectatorium  =  affetu,  crible 
Suecutatoriom  =  secoyn,  panier  à  salade       Fissatorium  =  fessa,  pioche 

BXBMPLBS  DU  SECOND  CAS 

D'excnssum  -=  cosson,  fléau  De  ad-biberaré  =  aburoQ,  abreuvoir 

Golatorium  =  colon,  filtre  pour  le  lait 


87.  Dans  ORIA,  O  fermé  ne  se  comporte  pas  exactement  comme  dans 
ORIUM  :  il  =  U,  jamais  OU  ; 

Dolaloria  =  doliuri  Golatoria  =  coluri,  glissoire 

*Bealatoria  =  bialuri,  rigole  dans  les  près  Batuatoria  =  battnri,  baratte 

Rem.  —Oria  =  oiri,  uéri,  quand  il  s'agit  des  personnes.  Il  prend  alors  un  carac- 
tère péjoratif.  Cette  forme  paraît  être  une  corruption  du  fr.  oire  : 

De  bav  +  atoria  =  bayouéri,  bavarde      De  pat  +  atoria  =  patoire  femme  lambine 
De  bonrd  «f  atoria  ==  bourdoiri,  hanneton  et  personne  étourdie. 


(1)  Marg.  d'Oyngt  a  delicioiis,  gloriousa,  piedousa,  charitousa^  curiotisa,  mirati' 
lions,  pretious.  Au  xvu*  siècle,  à  Lyon  a  déjà  u,  La  Bernarda  Buyandiri  a  qiie- 
relu,  amoiru^  peraisu  (paresseux). 


Digitized  by 


Google 


Xt,  î>HONBTIQUE,  VOYELLES  TONIQUES 

88.  0  fermé,  entravé  ou  variable  (peu  importe  que  l'entrave  soit 
latine  ou  romane)  =  0,  prononcé  en  général  très  bref  (1)  : 

ÇQUic(o)la==  cologni  De-gutta  =r  dego(l)  Furca  t=  forchi 

Bnrsa  =  boisa  Surdum  =  8or(d)  Furnum  =  for 

Rem.  1.  —  Olla  a  donné  oula  et  ula  (2)  sans  doute  par  une  forme  ola, 

2.  -^  Sulphùr  =  snpro  n'est  pas  une  except.,  car  par  suite  de  la  chute  normale  de  / 
dans  le  groupe  If  et  de  la  métath.  de  r.u  est  suivi  par  pr,  groupe  qui  ne  constitue  pas 
d'entrave. 

'   3.  -..  Sxir  acucula  =  ulhi^  y.  ulli  au  Dictionnaire, 

4.  —  Dans  pUlverem  =  poussa;  dulcem  =  dou(s);  colcat  zzase  couche,  vocalisât, 
de  l  en  u. 


89.  0  ouvert  (=:  O  bref  des  classiques)  libre  =  0  (3)  : 

Parochia^^  =  parochi  Novum  =  novo  Morior  =i  je  moro 

Mola  =  mola  Schola  =  écola  Volo=jevolo 

Propago  =  prova,  provin    Propium  =  prochi        Folia=  folhi 

Rem,  1.  —  Rosa  =  ronsa.  De  même  en  fr.  rose  au  lieu  de  reuse>  Sans  doute,  dans 
le  latin  populaire,  o  bref  était  devenu  long. 

2.  —Les  formes  diphtonguées  s'expliquent  presque  toutes.  Du^r,  douar,  deuil,  est  le 
vieux  français  doel,  de  dolere;  suel,  suer,  aire  pour  battre  le  blé  n'est  pas  solum, 
mais  soleum  ;  cuer,  couar,  cuir,  au  lieu  de  cor  a  pour  cause  l'yotte  de  ium  ;  la  forme 
est  du  reste  empruntée  au  pr. 

3.  '  -r  Dans  les  mots  suivants,  le  passage  de  o  à  ou  a  été  motivé  par  la  vocalisât,  de  / 
qui  le  suit,  ou  par  la  labiale  : 

Linteolum  =  linçon  Filiolum  =  filion 

Novem  =  non  Bovem  =  bou 

(1)  11  en  est  de  môme  en  vieux  lyonnais  Tutti  =i  toz  ;  diurni  =  Jor  (V,  p.  87. 1.  28)  ; 
diurnum  ss  jor  (Id.,  p.  64,  1.  19)  ;  gutta  =  gota  (Id.,  p.  47,.  1.  16)  ;  russum  =  ras 
(IV,  p.  406. 1.  8)  ;  purpura  =zpopres  (VI,  p.  421, 1.  i)  ;  de^ubtus  =  dessoz  (Id.,  p.  421, 
1.  31)  ;  hursas  =  horses  (X,  p.  20, 1. 12).  Cependant  on  rencontre  quelquefois  la  notation 
ou:  Diurnum  =  jour  (XIX,  p.  456,  1.  86)  ;  curtis  =  cour  (Id.,  p.  457,  l.  31)  ;  ce  sont 
des  influences  françaises. 

(2)  On  a  déjà  ula  au  xrv*  s.  Ollas  =±  ules  (X,  p.  24, 1.  % 

(3)  De  môme  que  E  bref  libre  ne  parait  pas  s'être  diphtongue  en  vieux  lyonnais,  de 
niômeO  bref,  au  lieu  de  se  diphtonguer  comme  en  français,  a  donné  généralement  0  : 
Volunt  =  volont  (V;  p.  46,  1.  2);  potest  =  pot  (Id.,  p.  45,  1.  10;;  novùm  =  novo 
(IV,  p.  406, 1.  2)  ;  botes  =  hos  (Id.,  p.  406, 1.  28)  ;  tolunt  =  volont  (VI,  p.  423,  1. 12)  ; 
forum  (?)  =  fors  (VIII,  art.  26)  ;  foris  =  fors  (VI,  p.  419,  1.  10)  ;  volunt  =  volent 
(XIX,  p..  456,  1.  19);  movent  =zmovont  (XXV,  p.  Il,  1.  40);  Jovis  dies  =Jos  (X, 
p.  I7r- 1.  4).  Mais  on  trouve  puot  (V.  p.  46, 1.  2 ,  à  côté  de  pot;  corz=.cuors,  (Id./p.43, 
1.  18)  ;  chorum  =  cuors  (Id.,p.  58, 1. 19  et  22)  ;  populum^ipuobles  (XIX,  p.  456, 1. 19). 
On  trouve  aussi  de  temps  en  temps  la  diphtongue  française  ue. 


Digitized  by 


Google 


PHONliTIQUR,   VOYBLLES  TONIQOliS  XLI 

4.  Dans  novo  =  uovo,  neuf,  l;i  diphtongais.  eu  ou  Q*a  pas  eu  lieu  par  analogie  avec 
le  fém.  nova. 

5.  Oleum  a  donné  nlo  au  lieu  de  olio  (comme  folia  =  folia).  Irrégularité  analogue  à 
celle  du  français  qui  a  donné  huile  an  lieu  de  euille. 


40.  0  ouvert  entravé  =  0,  prononcé  bref  (1)  : 

Rocca  =  rochi  Soî(i)do  =  je  sodo,  je  soude  Ornum  —  oruo,  frône 

Morteai  =  mor(i)     Mordere  =  modro  Porta  =  porta 

Rem.  A  Craponne,  lorsque  o  est  suivi  de  r  il  a  une  tendance  à  passer  à  ô.  On  dit 
môdre,  porta,  niôr(t). 


41.  0  (que  je  crois  ouvert  dans  tous  les  exemples)  suivi  de  ST  ou 
SS  =  OU  (2)  : 

Costa  =  coûta  Grossum  =  gron  Bene  tostum  =  béton,  peut-être 

Vostrum  =  voutron  Propos(i)tum  =  parpon,  propos 


42.  0  suivi 'd'un  yotte  ou  d'un  groupe  dans  lequel  se  trouve  un  yotte, 
se  diphtongue  de  diverses  manières  : 

1*  0  fermé,  plus  gutturale  finale  ou  suivie  d'une  voyelle  qui  ne  se 
prononce  pas,  se  diphtongue  en  OÎ*,  OUÈ  (devenu  souvent  OUÉ,  UÉ), 
selon  les  lieux  (3)  : 

Nucem  =  noï  (Morn.)  Nucem  =  noué  (Grap.)  Nucem  =  nué  (R.-de-G.) 

Vocem  =  vouôfs)  Apud  hoc  =  avoï  (Morn.),  avouai  (4),  avec 

2*  Si  0  fermé  ou  ouvert,  est  suivi  d'une  consonne,  plus  yotte,  Tyotte 
saute  par  dessus  la  consonne  et  se  diphtongue  avec  0  en  AI,  01  (devenu 
parfois  OUA),  selon  les  lieux  : 

Gloria  =  gluairi  Pluvia  =  plalvi  (^Joriun  i=couar  (R.-de-G.) 

R^stn.  —  A  Crap.  corium  =  cuair,  cuèr. 

(1)  En  vieux  lyonnais,  il  en  est  de  même.  La  règle  est  fidèlement  observée  par 
Marg.  d'Oingt,  qui,  au  cas-sujet  singulier,  écrit  saoors  (sapor'J)s),  amors  {Qmor{i)s), 
temors  (iemor{i)s)^  et  au  cas  régime  singulier,  sacour  (naporem)^  amour  {amoreiu), 
temour  (Jiemorem)  ;  et  au  cas-sujet  et  au  cas-régime  pluriel,  savors  (sapor{e)s),  etc. 

(2)  De  môme  en  vieux  lyonnais.  Tostum  =  toust  (XX,  p.  4G5. 1.  11);  et,  dans  la 
Dernarda  huyandiri^  groii,  noutron^  plulou, 

(3)  Le  cas  ne  changerait  sans  doute  pas  si  l'on  avait  une  consonne  non  finale. 
Tinicles^^  trotjles  (VI,  p.  420,  1.  5);  conucula  =z  coloigni  (Id.,  p.  42?,  l.  1). 

(4)  Au  XVI»  s.  atoy. 

0 


Digitized  by 


Google 


XlAl  PHONETIQUE,   VOYELLES  TONIQUES 

3*  0  ouvert,  plus  gutturale  suivie  d'une  consonne  (que  celle-ci  se 
prononce  ou  ne  se  prononce  pas)  se  diphtongue  en  El,  01  (devenu  le 
plus  souvent  OUÊ,  OUÉ),  selon  les  lieux  ; 

Octo  =  vuey  Noctem  =  iiey  (I)         De  coctare,  à  la  couèti,  à  la  hâte 

Cocere=  couère,  couére  Bacsum  =  boue  Cocsa  =  colssi,  couôssi 

Pocs  (pour  post)  =  pouai,  pouô 

Rem,  —  i.  A  R.  de  G.  coctum  =  co(t)  (2). 

2.  Autour  de  Lyon,  et  aussi  à  Morn.«  R.-de-G.  pocs  a  donné  pu{s),  certainement  par 
rintermédiaire  du  français  puw  réduit  à  pu{s). 

4*  Quand  la  gutturale  qui  suit  O  est  double  et  suivie  d'une  voyelle  qui 
se  prononce,  il  n'y  a  pas  de  diphtongue,  et  0  persiste,  proaoncé  très 
bref  : 

Butca  =  bochi  Socca  =  socliia,  charrue 

5**  0  ouvert,  plus  gutturale,  plus  U  bref  se  diphtongue  en  UÈ  (3). 

Jocum  =  juè  Focum  =  fuè 

Rem.  —  A  Graponne^'aé*,  fué. 

6*  Lorsque  0  ouvert  est  suivi  d'une  dentale,  plus  I  ou  yotte,  la  den- 
tale tomba,  et  I  ou  yotte  se  diphtongue  avec  0,  et  donne  UEI,  devenu 
UÊ,  UÉ. 

Bo(d)ina  =  boèna,  buéna  (4),  borne  Ho(d)ie  =  huey,  vuey 


42  bis,  0  plus  L  plus  consonne  =  OU  (5). 

Dnlcem  =  don  Palverem  =  ponssa  Pulsum  =  pou 

43.  0  fermé  ou  ouvert,  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle  =  ÔM  ; 
Bonum  =bôn  Pontem  =s  pôii(l;  Illum  môntem  =  lômôn,  là-haut 

Rem.  —  Get  on  passe  quelquefois  à  an,  A  Morn.  frontemss  fran(t).  Se  rappeler 
d'ailleurs  que  ôji  est  intermédiaire  entre  on  et  an  français. 

(1)  Le  vieux  lyonn.  a  noyt  (V.  p.  53. 1.  16)  ;  coxa  =  coyssi  (IV,  p.  408, 1.  24). 

(2)  Au  XIV»  s.  coctos  ■=.  coz  (XVI,  p.  29, 1. 15).  On  trouve  la  même  forme  dans  XXII, 
art.  5.  Mais  à  côté  on  a  noctem  =  noyt  (V,  53,  l.  16)  et  cocta  =  coiti  (XXIÏ,  art.  76). 

(3)  Dans  le  vieux  lyonn»  cette  diphtongue  est  tta.  Marg.  d'Oingt  a  focum  =  fua, 
locum  =  lua  (40,  1.  16,  et  p.  51, 1.  4  et  25)  au  cas  régime,  mais  le  cas  sujet  est  lues,  (40, 
I.  40). 

(4)  Près  de  Lyon,  buéna,  s'est  réduit  à  6w;*a. 

(5)  De  même  en  vieux  lyonn.  Multum=:moutf  dulcem=^  dons  (V,  p.  36,  1. 11  et  17)î 
Ultra  =  outra  (Id.  p.  41,  l,  3);  culcitras  =  coutres  (IV,  p.  422,  I.  35). 


Digitized  by 


Google 


PHONBTIQUE,   VOYELLES  TONIQUES  XLIU 

44.  Mais  Si  0  plus  nasale  est  suivi  d'un  yotte,  le  groupe  se  diphtongue 
en  UIN  : 

Longe  =  luin  '    Somnium  =  suin  Unctum  s  juin,  graisse 


•u 


U  bref  a  été  iraiiè  avec  O  fermé. 

45.  U  long  libre  =  U  français  (1)  : 

Nodam  =  nu  Cmdum  =  crû  Pertusum  s=  parlu,  trou 

Marnm  =  mur  Mnla  ss  miila  Luna  se  luna 


46.  U  long,  entravé  en  latin,  parait  hésiter  entre  U  et  0.  Malheureu- 
sement, les  exemples  sont  peu  nombreux. 

EXEMPLES  DU   PRliMIEK   CAS 

Justum  =  ju(l),  élrait  Jnxta  s=ju(t),  auprès 

Fnstum  =  fu(t),  bnreiile  Puliccm  =  puzi 

EXEMPLES  DU  SECOND   CAS 

Prunum  =  porna  Incudinem  =  incliono 

Ductile    =  dolhi,  douille  Lurridum  =  lor(d) 


47.  U  long,  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle  qui  se  prononce  = 
UN,  ON,  IN,  et  môme  ÎN,  suivant  les  lieux  (2)  : 

Dies  lunae  s  dilun       Trunca  =  tronchi,  tronc  d*arbre       Ungula  =  onglia 
Unum  =  in  (Morn.)      Unum  =  yon(3)  (R.-de-G.)  Unum  =  un  (Grap.) 

Unum  =  In  (R.-deO.)    Lugdunum  =  Lion 

Rem,  —  De  môme  que,  en  quelques  endroits,  frontem  a  donné  fran(t),  de  même 
fnnda  a  donné  franda,  et  frando,  je  })ille  un  chargement  (terme  de  voiturier)  à  Grap. 
Profundum  adonné  pran(d)  a  Morn. 

(1)  En  vieux  lyonn.  il  en  est  de  môme  :  Mensura  =  m$sura  (XIL,  art.  6),  mula  = 
mula  (IV,  p.  407, 1. 1),  mais  à  côté  on  a  (ibid.)  mulum  ts  mois.  Mois  serait-il  mul{u)st 
On  trouve  aussi  mûri  s=  mours  (XX,  p.  465.  1.  5), 

(2)  En  vieux  lyonn.  UN  =  ON  :  Alumen  =  alon  (IV,  p.  406, 1.  11),  Aliquem  unum 
=s  alcons  (V,  p.  40,  1.  i3,  et  XX,  p.  468.  1.  16);  unum  =  on  (V,  p.  62,  1.  14);  nec 
unum  =  nigon  (XVI,  p.  fô,  1.  15),  secundum  =  segont  (XX,  p.  461.  1.  18);  Lugdu- 
num =  Lyon  (VI,  p,  419,  I.  13)  mais  l'acuité  de  la  nasalisation  s'accuse  dans  Lyan 
(V,  p    91.  l.  4)  et  Lian  (VIII,  art.  4). 

(3)  Seulement  quand  il  est  pris  substantivement  :  Yen  de  voutros  commis,  un  de 
vos  commis  (Roq.) 


Digitized  by 


Google 


LXIV  PHONKTIQUR,  ACCENT  TONIQUE 

48.   U  long  libre,  plus  gutturale,  forme  avec  cette  dernière  une 
diphtongue  UI,  UÉ,  qui  se  réduit  à  U  : 

Ad-dncere  =  Adziure  (R.-de-G.)i  aduére  (Grap.).  addure  (Morn.) 
Ex-sugare  =  essuire,  essuie  Buca  =  bn-ya,  à  Lyon,  bule,  lessive  (1) 


DIPHTONGUES 


L  AU  =  OU  (2). 


Paucum  s=  poa  Claudere  =  clioare  Pauperem  =  pouro 

De  pausare ss repoii(8)     Paulum  =  Pou  (R.-de-G.)        Causa  =  chousa 

Bem.  1.  —  De  môme  que,  en  bas  latin,  aurum  avait  passé  à  orum,  pauso  à  poso, 
aura  a  passé  à  ora  s=  ora,  vent,  brise,  et  cata(b)ula  =  cadaula  à  cadola,  petite 
cabane. 

2.  AU  =  ON  dans  rauca  =  ronci,  rauque  (U.-de-G.) 

3.  AU  a  persisté  dans  Claudia  =  Liauda. 


DÉPLACEMENT  DE  L'ACCENT  TONIQUE 

1"  PAR  RÉGRESSION 

60.  L'accent  tonique  a  rétrogradé  dans  quelques  verbes  de  la  qua- 
trième conjugaison,  3oit  parce  qu'ils  ont  été  refaits,  soit  parce  qu'en 
Gaule,  il  y  a  eu  hésitation  sur  la  place  de  Taccent.  On  trouve  en  effet 
constamment  la  forme  régulière  à  côté  de  la  forme  régressive. 

Sorllri  =  sôtre,  sorti  Venire  =  viendre  (vi-Indre).  vegni 

Incandire  s=  chandre,  chandt,  récbaiiiTer  Sentire  =  sintve,  sinte.  sintt 

Bem,  i.  —  Dans  deberc  =  durre.il  n'y  a  pas  eu  régression  d'accent,  il  y  a  eu  for- 
mation sur  le  participe  dû.  De  même  dans  essure,  sécher,  il  y  a  formation  sur  essu, 
quoique  ex-sugere  ait  pu  donner  essure,  comme  facere  a  donné  faire. 

2"  PAR   PROGRESSION 

61.  Lorsque,  par  suite  de  la  chute  d'une  consonne  entre  deux  voyelles, 
la  voyelle  tonique  se  trouve  en  contact  avec  une  voyelle  post-tonique, 

(1)  Je  n'ai  pas  sous  la  main  d'exemple  rigoureusement  semblable  en  vieux  lyonn., 
mais  U  plus  cons.  plus  yotte  donne  également  ni  :  pecunia  =  pecuyni  (XXIT,  art.  G  . 

(2)  De  même  dans  le  vieux  lyonnais  :  clSLUstrum  =  clonsire  (LXXII,  p.  869,  l.  9): 
causa  s=  chousa  (VI,  p.  428, 1.  7);  pauperes  s=  pauvres  (XIX,  p.  457,  1.  î^i);  claudere 
=  clourre  (CartuL,  p.  201,  1.  7);  mais  à  côté  on  trouve  au  =:  o  t  causae  =  choses 

VI,  p.  423,  1.  5);  causa  =  chosa  (Id.,  p.  422, 1.  10). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   VOYELLES  l'OST-TONIQUES  LXV 

l'accent  se  porte  le  plus  souvent  sur  celle-ci,  soit  qu'elle  soit  pénultième, 
soit  qu'elle  soit  la  dernière  : 

EXEMPLES   DU   PREMIER  CAS 

Te(g)ula  =  tioula,  tuile  (1)  Ne(b)ula  =  niôla,  nuage 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 

Ko(l)a  =  roa,  roua  Coda  =  coa,  coua  Vila  =  via 

Gornuta  =  cornua,  benne  Ruta  =  rua,  rhue  Ruga  =  rua 

Rem,  —  1.  Au  plur.  on  a  roè  roue,  cornue  cornuô,  etc. 

2.  Notons  quelques  déplacements  d'accents  exceptionnels  : 

Lacryma  =  agrima  (8)  (Gondrieu)       Melancholia  =  malincognia,  ëlat  maladif  (3) 
Propagincm  =  prova,  provin 


VOYELLES   ATONES 

POST-TONIQUES 

On  appelle  post-toniques  les  voyelles  placées  après  la  voyelle  ionique. 
Dans  un  mot  latin  il  peut  y  avoir  une  ou  deux  post-Ioniques.  Ex.  du 
premier  cas  catella;  ex.  du  second,  stabula. 

52.  Lorsque  le  mot  latin  a  deux  post-toniques,  la  première  tombe  : 

Stab(a)la  =  étrobla  Slup(u)luni  =r  étroblo  Feni(i)iia  =  fëna 

Tab(u)la  =  trobla  (4)  Gop(ii)la  =-  cobla  Dies  domen(i)ca  =  dimingi 


53.  Lorsque  le  mot  latin  a  une  ou  deux  post-toniques,  si  la  post- 
tonique est  A,  ou  si  la  dernière  des  post-toniques  est  A,  cet  A  persiste 
ou  se  transforme  en  I  sous  certaines  influences  (remarquer  qu'il  s'agit 
toujours  de  noms  féminins)  : 

CAS  OU  A  PEKSISTE 

1*»  Après  une  dentale  (t,  dj,  non  précédée  d'une  gutturale,  soit  que  la 
dentale  persiste,  soit  qu'elle  tombe  en  patois  : 

(1)  De  même  en  vieux  lyonn.  Tegulae  =  iioles  (VI,  p.  423,  1.  13). 
i'Z)  Au  xui»  s.  layg'mes  (V,  p.  65,  1.  G). 

(3)  Emprunté  à  l'italien  malinconia,  avec  la  progression  d'accent  que  nous  av«tns 
opérée  dans  tous  les  paroxytons  italiens. 

(4)  En  yieux  lyonn.  trahla  (V,  p.  67, 1.  14,  et  X,  p.  24, 1.  3). 


Digitized  by 


Google 


xlvi  phonetique,  voyelles  post-toniques 

Exemples  du  premier  cas 
Porta  =  porta  Ascita  =  aisséta  Bibenda  =  buvanda.  piquette 

Exemples  du  second  cas 
Gornn(t)a  =  cornua,  benne  Bota  =  roa  Co(d)a  =  coua 

2*  Après  une  labiale  (p,  b,v): 

Pulpa  =  porpa,  Tiande  charnue  Râpa  =  rôva  Faba  =  fôva 

Rem.  —  Malva  =  morve,  au  lieu  de  morva. 

3"  Après  une  liquide  (r,  /)  ou  une  nasaie  (n,  m)  non  mouillées,  sauf  R 
précédée  de  I  : 

Guerra  =  guéra  Terra  =  tèra  Stela  =  etèla 

Feni(i)na  =  fëna  Avena  =  avéna  Balma  =  bôrma,  coteau 

4*  Après  une  gutturale  dure  (^,  c)  en  patois  : 

Fica  =  figa  Lingua  =  linga  Biga  =  biga,  mât  (1) 

Rem,  —  Exception  pour  aqtia  =  aigui,  mais  qui,  à  Y/eron  =  aiga, 

54.  Cas  ou  la  post-tonique  devient  I. 

RÈGLE  qénéuale.  —  Le  voisinage  d'une  articulation  palatale  change 
A  en  I.  On  peut  classer  les  faits  sous  les  catégories  suivantes  : 

!•  Lorsque  le  mot  latin  est  terminé  par  EA,  lA,  A  tombe,  et  I  (yotte; 
persiste  seul  : 

Pelia  =  pieci  Glacia  =  liassi  Feiia  =  feiri 

Filia  =  fillii  Palea  =  palhi  Castanea  =  chôtagni 

Rem,  —  Si  un  hiatus  ea  oa  aa  n'appartient  pas  au  type  latin,  mais  n*a  lieu  qu'eu 
palois  par  suite  de  la  chute  de  la  consonne  entre  deux  voyelles,  le  lyonnais  introduit 
un  y  pour  rompre  l'hiatus,  mais  ce  yolte  n'a  plus  l'influence  du  yotte  étymologique  et  la 
finale  A  est  conservée  : 

Fata  =  fèya,  fé^       Fœta  =  féya,  brebis       Mela  =  mèya,  meule  de  blé 

2  Lorsque  A  post-tonique  est  précédé  en  latin  d*une  gutturale  (c,g) 
devenue  ch  ou  c  doux  (=  ss)  ou  g  doux  (=:/),  ou  simplement  lorsque, 

(1)  Ces  lois  sont  les  mômes  en  vieux  lyonnais  :  Terra  (II,  p.  ô,  1.4);  canella  (Id..  6, 
1.  12);  forma  (Id.  8,  L  S2);  atiUa  (IV,  406,  1.7);  grana  (Id.  406,  1.8);  no^rra  (V,  37, 
1.  20):  alcuna  (Id.,  .%,  1.  5);  fesla  (X,  17,  \.  8.i;  do7\a  (Id.,  17,  l.  7);  teÀla  (Id.  24. 
1     4),   etc. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYELLES  POST-TONIQUES  XLVil 

en  patois,  il  est  précédé  d'une  de  ces  gutturales  douces,  quelle  que  soit 
d'ailleurs  Tétymologie  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 
Bucca=bochi  Brocca  =  brochi  Balga=:  bpgi,  sac 

EXEMPLES  DU   SECOND   CAS 

De  minare  ==  minochi,  sorte  de  labour  Cacarpuchi>  bossQ  à  la  t^te 

Drugi,  fumier  Anicrochi,  difficulté 

Rem,  1.  —  La  séparation  en  latin  de  la  gutturale  et  delà  post-ton.  par  une  dentale 
n'empêche  pas  l'aclion  de  la  première  : 

De  sectare  sseiti,  scie  Puncta  =  point!  Pacla  =  pachi,  marché 

2.  Si  la  guttur.  laline,  au  lieu  de  se  transformer  en  ch,  g^  est  tombée  ou  s'est  trans- 
formée en  yotle,  la  finale  A  persiste  : 

Arnica  =  àmia  Auca  £=  oya,  oie  Bnca  =:  bnya,  lessive 

3'  La  finale  du  nom  est  en  I  lorqu'elle  est  précédée  d'une  liquide  ou 
d'une  nasale  qui  s'est  mouillée  (c'est-à-dire  de  /  mouillée  ou  de  gn)  en 
patois  pour  une  cause  quelconque,  et  quelle  que  soit  d'ailleurs  Tétymo- 
logie  : 


^e» 


Naric(u)la  =  narJlhi,  naseau  Lenticula  s=  lintilbi  Quaquila:=  côlbi 

Dagni,  tige  de  chanvre  Pogni,  sorte  de  gAteau       Viôlhijoue 

4'  La  finale  du  nom  est  en  I  toutes  les  fois  qu'en  patois  elle  est  pré- 
cédée du  groupe  IR  (peu  importe  d'ailleurs  Torigine  de  ce  groupe  : 

Cera=  Giri  Cathedra  =5  cadiri  Gongeriem  -:=:  conziri,  amas  de  neige 

Rem.  —  11  en  est  souvent  de  même  du  groupe  patois  er,  surtout  si  e  y  représente  une 
diphtongue  primitive  ei  : 

.  .  ligerim  =  Leiri,  Loire     Nigra  =  néri,  paresse      De  fumare  =  fuméri,  fumée 


5*  La  finale  du  nom  est  en  I,  lorsqu'en  patois  elle  est  précédée  d'une 
sifQante  dure  {ss)  ou  douce  (z)  : 

EXICMI-LES   DU   PUEMIEU    CAS 

Bossi,  tonneau  Radissi,  brioche  Dinsi,  ngacement  des  dents 

•>or8i, cosse  Gordéssi,  lien  du  joug  Panossi,  personne  molle 

Bièssi,  bouleau  Couléssi^piècadu pressoir  Carabas^i,  calebasse 

Chambossi,  timon  de  la  charrue  Mayoussi,  fraise  des  l)ois 


Digitized  by 


Google 


XLVIII  PHONETIQUE,   VOYELLES  POST-TONIQUfiS 


EXEMPLES  DU  SECOND   CAS 

Symaisi  (xvi*  s.)  lonueau  Larmouôzi,  lézard  gris 

Brisi,  miette  Bisi,  bise(l) 

« 
Rem.  —  La  formation  élant  moderne,  il  y  a  des  exceptions  :  Risa,  nom  d'un  cours 
d'eau;  braisa,  miette.  En  général,  la  finale  t  est  surtout  appelée  quand  un  i  précède 
le  s,  et  3  appelle  moins  volontiers  i  que  ss. 


55.  A  +  S  muette  dans  tous  les  pluriels  de  la  première  conjugaison 
=  E  muet  :  peu  importe  que  le  singulier  soit  en  a  ou  en  i  (2). 

EXEMPLES   DU   PREMIER   CAS 
Avenas  =  ayéne(s)  Horas  =  hore(s)  Feminas  =  fëne(s) 

EXEMPLES   DU   SECOND   CAS 
Gastaneas  =  chôtagne(s)  Ferias  =  felre(s)  Calhedras  =:  cadire(s) 

Tous  les  mots  féminins  en  i  ou  en  a  au  singulier,  quelle  que  soit 
d'ailleurs  leur  origine,  qu'ils  aient  été  formés  par  dérivation  ou  emprun 
tés,  ont  pris,  par  analogie,  E  final  au  pluriel  : 

La  filochi,  le  filoche(s)  La  bigorna  (vieille  bigote),  le  bigorne(s) 

La  bugni  (gâteau)  le  bugne(s)  La  cova  (poule  couveuse),  le  cove(s) 

Rem.  —  L'influence  de  s  s'est  fait  sentir  non  seulement  sur  a  atone  mais  sur  ia 
tonique,  qu'elle  a  transformé  en  iedans  les  participes  fém.  au  pluriel. 


56.  Les  voyelles  post-toniques  autres  que  A  tombent  en  lyonnais 
excepté  quand  elles  sont  protégées  par  certains  groupes  de  consonnes. 
Dans  ce  cas  la  post-tonique  est  O  pour  tous  les  noms  masculins. 

(1)  Sauf  le  cas  de  a  précédé  de  ss  ou  s,  qui  est  de  formation  moderne,  le  vieux  lyonnais 
a  les  mômes  règles  :  faci  (V,  p.  37,  1.  8);  grSLci  (Id.,36, 1.  5);  innocenti  (Id.,  37, 1.  5)  ; 
patienci  (Id.,  38,  L  !);  concienci  (Td.,  38,  1.  4);  peci  (IV,  407,  1.  12);  provinci  (VI,  420, 
1.  37);  grasi  (X,  23,  1.  10);  chargi  {II,  5.  1.  14);  5«/7i(V,76,  1.  20);  moniaygni  (V,  75, 
1.  12);  vachi  (11,  10,  1.  28);  bochi  (V,  40,  1.  12);  douci  (Id.,  39,  1.  9);  conca  =  cunchi 
(X,  2i,l.  b):  lenticuîa  =  lentili  {Y,  (jô,\.  2ô)\  furniîli  (YU420,  1.22);  ira  =  iV/(V,  71, 
1.  18);  7iigra  =  neyri  (V,  54, 1.  18);  chieri  (V,  60,  1.  11);  dies  domoiica  =  diomeini 
(X,  21.  1.  1);  cera  =  siri(là.,  26, 1.  17),  etc.,  etc. 

Il  n'y  a  pas  de  doute  que  ia  a  d'abord  été  iV,  puis  i:  gracie,  puis  graci.  Pour 
la  formation  née  d'une  gutturale,  il  est  probable  que  a  a  passé  par  e  pour  arriver  à  i  : 
bucca  =  boche  puis  bochi. 

(2)  Au  xiri*  s.  on  a  de  même  au  sing.  verchëri  (III,  p.  42i,  art.  35)  et  au  plur.  ver- 
chères  (l<i.,  art.  30);  au  sing.  persona  (V,  p.  43, 1.2),  er  nu  plur.  persones  (Id.,  57, 
1.  18). 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYELLES   POST-TONIQUES  XfJX 

Cet  o  ne  paraît  pas  avoir  été  à  Torigine  une  simple  lettre  d'appui, 
nciais  la  représentation  de  o  fermé  dans  les  finales  en  um  au  singulier 
et  en  os  au  pluriel,  car  on  ne  retrouve  dans  le  vieux  lyonnais  que  ces 
seuls  mots  qui  ont  la  post-tonique  o.  Les  autres  ont  la  post-tonique  e 
représentant  la  voyelle  latine  correspondante  (1). 

Mais,  par  analogie,  la  désinence  o  s'est  appliquée  à  tous  les  noms 
nciasculins,  et  dans  le  patois  moderne,  o  n'est  plus  qu'une  lettre  d'appui 
commune  à  tous  ces  noms  (2). 

Pour  que  le  groupe  exige  la  consonne  d'appui,  il  faut  l'une  des  condi- 
tions suivantes  (3)  : 

r  Ou  que  le  mot  latin  soit  terminé  par  Thiatus  twm,  précédé  d'une 
liquide  ou  d'une  nasale. 

Trifollium=  trioulo,  trèfle  AjçrifoUium  =  aingrulo,  lioux 

Somnium  =  sonjo 

2*  Mais  si  ium  est  précédé  de  ^  ou  c  non  précédé  de  f ,  il  ne  donne  pas 
de  voyelle  d'appui  : 

Solalium  =  sola(s)  Givortium  =  Givor(s)  Triguntium  =  Trioii(s) 

3<»  Si  ium  est  précédé  de  tï,  te,  il  y  a  voyelle  d'appui  : 
Servilium  =  sarvicio  Praecipitium  =  parcipicio 

4"  Si  ium  est  précédé  d'une  labiale  f>,  6),  il  y  a  voyelle  d'appui  : 

Sapium  =  sagi  Apium  =  api  Propium  =  prochi 

Rubeum  =  roge  Rabiem  =  ragi 

5'  Si  tum  est  précédé  de  c?  précédé  d'une  voyelle,  il  y  a  hésitation 
sur  le  traitement  : 

Médium  =  mi,  miô  Wadium  =  gagi 


(i)  Dans  V  on  trouve  palrem  =  pare  (48,  p.  L  5);  fratrem  =z  frares  (57,  1.  10); 
hominem  =  orne  (41, 1. 10);  noh{i)lem  =  nobles  (43,  1.  21),  et  librum  =  livro  (40, 1. 3)  : 
mundum  =  mundo  (41,  1.  8);  nostrum  =  nostron  (52,  1.  9).  Les  exemples  de  ce 
phénomène  sont  assez  peu  nombreux,  mais  la  loi  est  confirmée  par  d'anciens  textes 
bressans. 

Dès  le  XIV»  siècle,  l'o  était  devenu  la  désinence  de  tous  les  mots  masculins. 

(2)  Pore,  môre,  frôre  ont  conservé  Ye  muet  qu'ils  avaient  dans  le  vieux  lyonnais.  Do 
môme  les  noms  propres  Piare  (Petrum),  Ghôrle  (Garolum). 

(8)  Ces  conditions  ont  ëté  très  délicatement  étudiées  pour  le  français  par  M.  L.  Clédat, 
dans  la  Reçue  de  Philologie,  3»  année,  p.  3.  Nous  n'avons  eu  qu'à  nous  inspirer  do 
son  travail. 


Digitized  by 


Google 


L  PHONETIQUE,   VOYELLES  POST -TONIQUES 

6'  Si  ium  est  précédé  de  d  précédé  d'une  consonne,  il  y  a  voyelle 
d'appui  : 

Hordeum  =  orgi  (1) 

7*  Si  la  dernière  consonne  du  groupe  est  une  liquide  précédée  par 
une  autre  liquide,  ou  par  une  nasale,  ou  par  une  dentale,  ou  par  une 
labiale,  il  y  a  voyelle  d'appui  : 

Mei\u)lum  =  marlo  Mol(e)i'e  =  modre  Car(o)lam  =  Chôrle 

Dies  Ven(^e)ris  =  divindro  Am(e)rium  =  ambro  Ad-pon(e)re  =  apondre 

Patrem  =  pore  Aratrum  =  arôro  Vitrum  =  verro 

Novembrem  =  novimbro  Pop(u)lum  =  publo,  peuplier  Febrem  =  Fira 


8'  Quand  le  groupe  latin  final  est  oc(u)luni  uc(u)lum  ic(u)lum,  il  n*y 
a  pas  de  voyelle  d'appui,  mais  si  cl  est  précédé  d'une  consonne  il  y  a 
voyelle  d'appui. 

EXEMPLES    DU    PREMIER  CAS 
Solic(u)lum  =  solaf         P6dac(u)lum  =  pion         Arliculum  =  artal 

EXEMPLES    DU    SECOND    CàS 
Glrc(u)lûm  =  çarclio       Goperc(u)lum  =  covarclio       Masc(u)lum  =  môclio 

9^  Quand  r  finale  est  précédée  d'une  gutturale  qui  fait  diphtongue 
avec  la  voyelle  précédente,  il  n'y  a  pas  de  voyelle  d'appui,  mais  si  la 
gutturale  persiste,  il  y  a  voyelle  d'appui  ; 

EXEMPLES    DU  PREMIER  CAS 
Nigrum  =  nai 

EXEMPLES    DU    SECOND    CAS 
Macrem  =  mégro  Acrem  =  égro 

!()•  Quand  le  mot  se  termine  par  une  nasale  précédée  de  r  ou  de  pn^ 
il  n'y  a  pas  de  voyelle  d'appui  : 

Garnem  =  chair  Infernum  =  infàr  Hibernum  =  hivar 

Pugnum  =  poiii(g) 

(i)  En  vieux  lyonnais  ium  persistant  est  représenté  par  io  :  gagio  (IV,  423,  1.1); 
prejudicio  (Gart.  JI.  457, 12,  et  459,  22). 


Digitized  by 


Google 


PHONliTIQUE,   VOYBLLIiS  PROTONIQUES  INITIALES  LI 

!!•  Quand  la  nasale  est  précédée  d'une  /,  d'une  autre  nasale,  d'une 
dentale,  d'une  labiale  ou  d'une  «,  il  y  a  voyelle  d'appui  : 

Alnum  =:  orno  Gram(i)nem  =  gramo  Hominem  =  omo 

Rhodfajnam  =  Rôno       Gannab(i;nuin  =  chanèvo  A8(i)num  =  6no 

Dans  la  plupart  des  autres  cas,  il  n'y  a  pas  de  voyelle  d'appui. 


57.  Pour  tous  les  noms  féminins  non  terminés  en  latin  par  a,  une 
voyelle  d'appui  est  venue  marquer  le  genre. 

Cette  voyelle  d'appui  est  A  lorsqu'elle  est  précédée  d'une  dentale, 
d'une  labiale,  d'une  nasale  ou  d'une  liquide  non  mouillée. 

Elle  est  I  lorsqu'elle  est  précédée  d'une  gutturale,  d'une  liquide  ou 
d'une  nasale  mouillée  qu  d'une  sifflante.  Il  suffit  que  le  phénomène 
existe  en  patois. 

EXEMPLES  DU   PREMIER  CAS 

Magr'i)dem  =  maya,  table  de  pressoir  Pulv(e)rem  =  poudra 

Banna,  corne  Narein  ^.  nara,  narine 

EXEMPLES  DU   SECOND  CAS 
Fll(i)ceni  =  fugi         Dali»,  faux        Mogni,  force  physique         Dorsi,  cosse 


VOYELLES  PROTONIQUES 


De  même  que  nous  avons  appelé  voyelles  /îo«/-toniques  celles  qui 
sont  après  la  tonique,  de  môme  nous  appellerons  /^rotoniques  celles 
qui  sont  avant. 

Nous  les  distinguerons  en 

Voyelles  initiales,  c*est-à  dire  placées  au  commencement  du  mot; 

Voyelles  médialea,  c'est-à-dire  placées  dans  l'intérieur  du  mot,  mais 
bien  entendu,  toujours  avant  la  tonique. 


PROTONIQUES  INITIALES 
58.  A,  libre  ou  entravé  =A(1): 


(l)  Il  en  est  de  même  en  vieux  lyonnais  :  cas  tanças  =  ch%faignien  (1 V.  p.  408,  l   38); 
cai-ritas  =  charretes  (  V,  75,  L  13)  ;  capellanos  =  chapelans  (X,  18,  l.  2).  etc. 


Digitized  by 


Google 


LU  PHONÉTIQUE,   VOYELLES   PROTONIQUBS  INITIALES 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 

Platana  =  platana         Apicula  ==  avilhi  Tabanuin  =  ta  van 

Avena  =  avena  Sallita  =  salita,  oseille       Gaminum  =:  chamin 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 
Articulum  =  arleï  Ascoltare  =  acolô  Garraria  =  char  riri,  nie 


59.  Cependant  il  arrive  souvent  que  A  libre  =  Ô.  Cette  transfor- 
mation est  en  voie  d'accomplissement.  Elle  a  été  faite  par  analogie  avec 
celle  de  A  tonique  en  Ô  (voy.  n"  1). 

Catabula  =  cotola,  birloir  Avellanea  =  ôlagni 

De  pannum  =  ponÔman,  essuie-mains  De  pallidum  =  pôle,  pâlir 

Asinata  =  ônô,  charge  d'un  âne  De  planile  =  plôgni,  petit  pré 
Taràtra  =  lôrôra,  tarière. 

Rem.  i  ^  La  transformation  de  a  initial  en  6  est  surtout  marquée  lorsqu'il  s'agit 
de  A  entravé  en  patois  par  R,  plus  consonne  (comp,  avec  le  n®  4)  : 

Garricare  =  cbôrgî       Môrchî,  marcher  Parabolara  =  pôrl6 

Fabricare  =  fôrgt         De  partem  =  pôrtagt.  partager       De  largum  =  élùrgt 

2.  —  Même  observation  pour  A  entravé  par  ST,  SS,  SP  (comp.  avec  le  n*  6)  : 

De  passer  =  pôssera(t),  moineau  De  pasta  =  pùtô,  pétrir 

Rastellarium  =  rôtell      Elastellarium  =  ôtelt         Gastanea  =  chôtagni 
Fastigare,  fôchi,  Rasparium  =  rôpî,  piquette 

8.  —  A  =  I  dans  caballum  sschivau,  ad-cap(i)tare  =  achitô,  de  caminum  =  chine, 
chenel.  Ce  passage  a  eu  lieu  sous  influence  delà  gutturale  initiale  (comp.  n*  1,  rem  2)  (1). 


40.  A,  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle    qui  se  prononce,  se 
nasalise  en  AN  (comp.  n*  8)  : 

Gantare  =  chantô  San(i)tatem  s  sandô  Van(i}tare  =  vantô 

Rem.  i,  ^  lue  voisinage  d'une  gutturale  ou  d'un  yolte  change  AN  en  IN  : 

Manducare  =  mingt      Gambiare  =  cliingt      D*exlrancum  =  étringt,  étranger 
Fr.  dangier  =  dingî 

2.  —  Dans   quelques   mots  eniprunlôs  au   fiançais,  la  confusion  de  an  et  do  en  a 
changé  a»i  en  in  .*  ambitionom  =^  inibilion. 


(1)  Môme  phénomène,  et  plus  accentué,  en  vieux  lyonnais.  De  expandicare  =  espan- 
chiment  (V,  p.  89, 1.  2);  lavQa  mente  =  largimeni  (Id.  45,  1.  18);  pergamenum  = 
parchimin  (Id.  04, 1.  6>:  frauca  mente  =  franchimenl  (VI,  4?3,  1.  2);  judicamentiim 
=  jugiment  (XX,  p.  408,  1.  35) 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   VOYELLES  PROTONIQUKS  INITIALES  LIU 

61.  A  plus  gutturale  plus  consonne  =  AI  (comp.  avec  le  n**  11)  : 

Pacsellum  s=  paissiau,  échalas  Macsilla  =  maissèla.  mollaire 

Tacsonem  =-  taisson  De  racemare  =  raisimolô,  grappiller  (1) 


E 


62.  E  fermé  ou  ouvert,  libre  =  (2),  prononcé  comme  E  muet  fran- 
çais : 

EXEMPLES  DE   E   FERMÉ 

Debere  =  Devat  Seminare  =:  semenô         De  pœna  =  penablo,  difflcultueux 

Minatiare  =  menact    De  fsBnum  =  fenairt,  faiier    Misellum  =  mesiau,  rogneux 

EXEMPLES  DE   E  OUVERT 

Recipere  =  recevaî  (h*epare  =  crevô  Nepolem  =  iievou 

Benedicere  =  Benayî  Venenum  =  vérin  Feneslra  =  fenélra 

Rem.  1.—  Dans  dies  lunae  =  dilun,  i  bref  =  i.  De  même  dans  le  fr.  lundi.  Conclu- 
sion, que  î  était  devenu  long  en  bas  latin. 

8.  E  a  passé  h  é  dans  quelques  mots  ou  E  muet  devenait  d'une  prononciation 
difficile  :  glenare  =  liénô;  de  pœna  =  pénô,  faire  efifort. 

3.  Influence  de  la  gutturale  initiale  pour  le  ch  de  ae  en  i  dans  quaerire  =  quirt 
appeler. 

4.  Dans  bibenda  =  buvanda,  piquette,  februarium  ==  furrt,  lisez  soit  Tinfluence, 
soit  la  vocalisation  de  la  labiale,  qui  a  donné  heuvanda,  puis  buvanda,  etc. 

5.  Dans  ericionem  =  urisson,  il  ne  faut  pas  voir  la  transformation  directe  de  e 
fermé  en  u,  mais  la  transformation  intermédiaire  de  eu  en  u  d'une  forme  euvisson 
qui  existe  encore  en  dauphinois. 

6.  Dans  femella  =  fumèla,  fimariinn  =  fumî.  jul-Hrmare  =  afrumô,  la  transfor- 
malion  de  e  en  u  est  due  à  l'infl.  des  deux  labiides  f  m 


(1)  De  même  en  vieux  lyonnais  :  xi^.r  facUi  menie  =  perfai/tamenl  (V,  p.  42, 1.  10); 
facienlem  =  faisan:  (Id.,  p.  5(),  l.  23);  ud-factnta  =  afaylia  (IV,  400,  1.  13);  ma- 
cellum=  maisel  (Id.,  id.,  1.30);  a(f>}elban\z:^aifjneil  (\l,  419,  1.  30).  Mais  il  arrive 
aussi  que  le  son  est  rendu  par  ci,  ey  :  abacuare  =  abeissier  (V  p.  74, 1.  15;  vacsel- 
larios  =  veisseliers  (VI,  p.  420,  1.  2h)-^j)lacUare=z  plcidier  {W\,Ahl y  1.  30).  Ationem 
est  indifféremment  traduit  par  eyso7i  ou  ayson. 

(2)  De  même  en  vieux  lyonnais  :  debere  ^  deveir  (XII,  art.  4);  Desiderare  = 
desirrar  (V.  p.  39,  1.12). 


Digitized  by 


Google 


LIV  PHONÉTIQUE,    VOYELLES  PROTONIQUES  INITIALES 

63.  E  fermé,  E  bref  entravés  —  È  : 

Pelraria  =  perrîri,  carrière  de  .pierres  Gessare  =  cessô 

Reslare  =  reslô       Persicarium  =  persî,  pêcher         De  messem  =  messolor, 

moissonneur  (1) 

63  bis.  E  plus  gutturale,  plus  consonne  =  I  (2)  : 

Pectinare,  =  pinô  Licsivum  =  lissiô  Leclionem  =  lission 

64.  E,  suivi  d'une  nasale,  =  souvent  A  (3J  : 

Genonem  =  janon,  genou  Qinarium  ==  jagnî,  genêt  (3) 

Item.  —  Action   identique  de  s  dans  de  vfr.  gésine  =  jaciniéri,  femme  en  cou- 
ches (4). 


65.  E  fermé,  E  bref,  plus  nasale  non  suivie  d'une  voyelle  qui  se  pro- 
nonce =  IN  (comp.  n"  29)  : 

Lenlicula  =  lintilhi  Senlire  =  sinli  Vindicare  =  vinjî 


66.  E  fermé,  E  bref,  entravés  en  patois  par  un  groupe  dont  la  pre- 
mère  consonne  est  R  =  A  (comp.  n*  24)  : 

Pertusum  =  partu         Virlutem  =  vartu         Viridarium   =   varsî,  verger 
Mercedem  =  marci  Circare  =  charchi        Serpenlem  =  sarpln  (5) 

Bem.  1.  —  L  exerce  quelquefois  la  même  influence  :  de  gelare=  jaliri,  gelée  (6). 

2.  Dans  primarium  =  parmé,  il  y  a  métathèse  de  r  qui  a  sauté  par  derrière  f\  et  a 
ainsi  fourni  Tenlrave  demandée. 


(1)  De  même  en  vieux  lyonnais  ;  vervecariiim  =  berçier  (Arch  de  la  ville,  GC, 
f«  873).  etc. 

(2)  9n  vieux  lyonnais  le  même  e  =  ey,  devenu  aujourd'hui  i  :  signatttm  =  seignia 
(II,  p.  9.  l.  5);  deleitare  =  deleitier  (V,  39  1.  6);  electuarium  =  leyiuares  (V,  45 
1.  i6);  veciura=,  veytura  (VI,  423, 1.  5). 

(3)  Je  ne  connais  pas  d'exemple  de  ce  phénomène  en  vin.,  mais  le  vfr.  a  seniorem 
=■  sanior,  reneget  =  raneiet^  et  on  trouve  samaine  pour  semaine.  En  lyonnais  7i 
paraît  avoir  eu  une  influence  analogue  sur  u  bref  dans  dejutifpcrtim  =  jaîiuriot. 

(4)  On  trouve  en  v.  fr.  astail  pour  estait, 

(5)  On  trouve  de  même,  en  vieux  lyonnais  :  veracum  :=zvarag  (V,  p.  40,  l.  20): 
serpentum  =sarpent  (X,  p.  25,  1.  2). 

(6)  De  même,  en  vieux  lyonnais,  Delphinum  =Dalphin  (V,  p.  74,  L  7;  eliganles  = 
allisan,  pelletarios  =paleters  {Syndicat  de  1368). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   VOYELLES  PROTONIQUES  INITIALES  LV 

67.  E  fermé,  E  ouvert,  suivis  d'une  gutturale  précédant  la  Ionique 
dans  les  verbes  qui  deviennent  YI  en  patois,  se  changent  en  A  ou  Ê, 
probablement  par  dissimilation  avec  I  final  : 

Necare  =s  neyî,  nayî,  noyer  Precare  =  prayî 

Secare  =  sèyî,  suyî,  faucher  Plicare  =  playî 

Rem.  —  Mais  ligare  a  donné  lèyî  et  non  layî. 


I 

/  bref  a  été  traité  avec  E  fermé. 
68. 1  long  libre  ou  entravé  à  l'initiale  =  I  (1)  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 

Fidare  =  fiô  Liberare  =  Livrô  Divisare  =  Divisô,  causer 

De  filum  =  filogni, étoupe  Dimidium  =  Dzimé  (R.-deO.) 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 
Villaticum  =  Villajo  B(e)ryllare  =  brilhl 

Rem,  —  Dans  vicinum  =  vaizin,  la  dipht.  ai  doit   être   attribuée  à  l'infl.  de    la 
gutturale. 

68  bis.  Devant  les  labiales  (p,  è,  m)  I  long  =  U  : 

Pipata  =  pupô,  une  pleine  pipe  Sibilare  =  subl6 

De  cimicem  =  sumata,  punaise  Limacia  .=  lumassi 


0 


69.  0  fermé  (=  0  long,  U  bref),  libre  ou  entravé,  =  0  prononcé 
bref  (2)  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 

Gubare  =  covô         Subinde  =  8oviii(t)       De  gula  =  gole(t),  petit  détroit 
De  cotem  aes  coyI,  ëtui  de  la  queux  Colare  =  colô 

(i)  La  loi  est  la  môme  en  vieux  lyonnais.  Les  exemples  semblent  inutiles. 

(2)  En  vieux  lyonn.  O  ferme  et  O  ouvert  donnent  aussi  O.  Exemples  pour  O  ouvert  : 
porroi(y,  36;  1.  9);  trova^et  (Id.,  p.  89.  1.  18);  molinum  ==  molin  (VI,  p.  419, 
1.  20);  Johan  (XIX.  456,  1.  23);  poveir  (Id.,  467,  1.  31.  Exemples  pour  0  fermé  ;  fro- 
ment (1^,  408.  L  19);  coreyt  (V,  52,  1.7);  sochon  (VI,  420.  1.  H);  colourÇld.,  421, 
1.  15);  adobas  (Id.,  421,  1.  19). 


Digitized  by 


Google 


LVI  PHONETIQUE,   VOYELLES  PROTONIQUES  INlTfALES 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 

Muccare  =  mochl  Ructare  rotô  Putrlre  =  pore  (Crap.) 

Butlicula  =5  botilhi  De  nutrire  =  norici,  nourrice 

Re7ii.  i.—  Lorsque  0,  fermé  ou  ouvert,  est  suivi  de  L,  plus  consonne,  il  passe  à  OU  (1) 
qui,  aux  environs  de  Lyon,  devient  lui-même  souvent  U  : 

GoUocare  =  cuclit         Multonem  =  mouton         Solidare  =  soudô  (2),  souder 
Pulsare  =  boussô,  pousser  (en  parlant  des  végétaux) 

2.  Suivi  de  R,  0  a  une  tendance  à  passer  à  OU,  U  (3)  : 

Plorare  =  plourô         ad-rorare  =  arouzô        De  golh.  fodi  =  fourô,  fourrer 
Curllle  =  curti  Florire  =  fluré  (Crap.) 

70.  0  ouvert,  libre  ou  entravé  =  0  (coinp,  n''  39  et  40  (4)  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 

Jocare  =  joyî  Locare  =  loyî  Tropare  =  trovô 

Volere  =  volaî  Gorona  =  corona         Soiiare  =  sonô,  appeler 

EXEMPLUS  DU   SECOND   CAS 

Apotheca  =  botica         Corbicula  =  corbilhi         De  mortem  =  amorlî,  tuer 
Tortiare  =  torchi  D'ortica  =  ortie(t),  ortie    Tornare  =  tornô 

Rem,  1.  —  Dans  op(e)rire  =  urri,  coop(e)rire  =  curri,  o  ouvert  a  été  transformé  en 
u  sous  infl.  de  la  labiale  (comp.  62,  rem.  4)  (5). 

2,  —  0  plus  r  a  passé  à  ar  dans  de  furnum  =  farnô,  faire  cuire  légèrement  au  four; 
de  fr.  hochepot  =:archipo(t). 


71.  0  entravé  par  ST  ou  SS  =  OU  (comp.  n»  41)  (6)  : 
Gustare  =  goutô         De  grossum  =  grousst,  grossir        Go(n)star6  =  coutô 

(1)  De  même  en  vieux  lyonnais  :  vousist(Y,  p.  61.  1.  5  et  6);  vondroy  (Id.,  57,  l.  3); 
moutonines  (IV,  406,  1.  i6);  pulletrellumsrzpoutrex,  (Id.,  407,  1.  1);  sepuUuvas  = 
sepoutures  (Gartul.,  p.  21,  1.  2). 

(2)  Mais  on  a  aussi  sodô. 

(3)  On  trouve  de  même,  au  xvii*  siècle  :  de  inoolare  =  voiilexir^  sortiavia  =  sour» 
ciri,  chordaria  z=.  courdirif  de  fortetn  =  effourcy,  portabat  =.  pourtave,  mor- 
seîlum  a=  mourciau  (XXXI).  Mais  dès  le  xvm*  siècle  on  trouve  porta,  retornerant 
(XXXII). 

(4)  Voir  les  exemples  vieux  lyonnais  p.  LV,  note  2. 

(5)  De  môme  en  vieux  lyonnais,  operire  =  uvriv  (Y^  p.  40,  1.  6);  sxiffeHre  =z  suf- 
frir  (Id.,  43,  1.  17);  ohlitatum  =  uhlia  (Id.,  64,  1. 15);  coopertum  =  envers  (Id.,  69, 
1.  19). 

(6)  On  a  de  môme,  en  vieux  lyonn.,  de  costuma  =  acoustuma  (XIX,  p.  4.'Mj,  1.  20). 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,  VOYELLES  PBOTONIQUBS  INITIALES  LVII 

71  bis.  0  plus  gutturale  plus  consonne,  0  plus  consonne  plus  yotte 
se  diphlonguent  en  01,  qui  a  passé  à  OUÊ  OUÉ  (1)  : 

Goctare  =  couéti,  se  hâter  De  vocitum  =  vouéri,  égrener 

Scopeare  =  couèvî,  balayer  Gobionem  =  goifon,  goujon 

Scuriolam  =  écouôru 


72.  0  fermé  ou  ouvert,  libre  ou  entravé,  plus  nasale  non  suivie  d'une 
voyelle,  =  ON  (2)  : 

Domitare  =  dondô  Mundare  =  mondô,  éplucher     Gonsilium  =  consftl 

Cundire  =  condi,  assaisonner 

Rcm.l.—  La  nasalisation  a  pris  un  caractère  plus  marqué  d'acuité  dans  de  condire= 
qnindura,  sauce.  C'est  Taction  de  la  gutturale  initiale. 

2.  Gomme  ON  tonique  (Voy.  n»  43,  rem.),  UN,  UM  protonique  passe  quelquofois 
à  AN  : 

De  funda  =  frandô,  lancer  avec  force  UmbiUeum  =  ambouni,  nombril 


•U      ■ 

U  bref  a  été  traité  avec  0  fermé. 

73.  U  long  libre  =  U  (3)  : 

Putare  s=  puô,  pouô  (4),  tailler  la  vigne       Pulere  =  pué 

Sudare  =  suô  Durare  =  durô  Uiiionem  =  ugnon 

Muralea  =  murailli  Luminarius  =  luminl,  marguiller 

Bem,  1.  —  Curatarius  =  corralî,  coureur,  par  confusion  av.  l'étym.  currere. 

2.  De  junepurum  =  janurio(t).  Phénomène  analogue  à  celui  signalé  au  n»  64.  U  a 
été  transformé  en  (^  sous  l'influence  de  la  nasale  qui  le  suit. 

3.  Dans  coriosum  =  quirioa(8)  le  passage  deuk  i  est  dû  à  l'infl.  de  la  guttur.  init. 
Gomp.  1,  rem.  2. 

4.  Dans  tuberem  =  triffa,  tubare=  tibô,  fr.  tupin=  tipin,  influence  singulière  de 
la  labiale.  Mais  ces  formes  sont  locales. 

(1)  De  même  en  vieux  lyonnais  :  cognoyssies  (V.  p.  60,  1.  13);  approximabat  ^ 
approymctve  (Id.,  64, 1. 18);  boyssons  (Id.,  76,  1.  1);  Scuriolum  =  ecoyreux  (VI,  421, 
1.  7)  :  scppeare  =  quoivy  (XXXI,  2*  partie,  vers  238). 

(2)  En  vieux  lyonnais  un  plus  consonne  =  un  :  mundo  (V,  p.  89, 1.  6);  profundia 
prevondia  (Id.,  69,  1.  24);  concha  =  cunchi  (X,  24, 1.  5);  uncles  (Id.,  26.  1. 1). 

(3)  Dq  même  en  vieux  lyonnais  :  curiosa  =.  curiousa  (V»  p.  50,  1.  17);  de  plus  = 
l)/iwor*(Xni,art.  U). 

(4)  Une  plus  grande  facilité  de  prononciation  fait  passer  facilement  puô  à  pouô.  En 
retour,  nodare  a  fait  no6  nou6,  puis  à  Graponne  nuô,  parce  que  nodum  y  égale  jia(d). 

8 


Digitized  by 


Google 


LYIU  PHONETIQUE,  DIPHTONGUES  PEOTONIQUBS  INITIALES 

74.  U  long  entravé  =  U  : 

Purgare  se  =  se  purgl  Fustarium  =  fustl,  charpentier 

74  bis.  U  long  plus  gutturale  =  UI,  qui  se  réduit  souvent  U  : 
Lucidare  =  aluidi,  faire  des  éclairs  Mucere  =  mu  si 

Sur  U  plus  nasale  (que  je  crois  d'ailleurs  bref  en  général),  voy.  0  , 
n*  72,  rem.  2. 


DIPHTONGUES 


76'.  AU  =  OU  (comp.  n'  49)  (1)  : 

Ausaro  =  ousô  Paupertatem  =r  pouretô 

Saltare  =  soutô  Haustare  =  outô,  ôter 

Retn.  1.  —  AU  passe  souvent  à  O  :  aiwicula  =  orilhi  ;  pau-de-ferro  est  devenu 
podefèr. 

2.  OU  de  AU  a  quelquefois  passé  à  U  aux  environs  de  Lyon,  comme  ou  de  o  fermé 
est  devenu  souvent  w.  Dans  celte  catégorie  rentrent  Sanctum  Mauritum  =  San-Muri; 
germ.  kausjan  =  chusé,  choisir  (Ca*ap.)' 

3.  Dans  aucellum  =  iziaa,  la  transformation  de  au  en  t  a  dû  s'opérer  plutôt  sous 
l'influence  de  la  gutturale  initiale  que  par  dissimîlation  (2). 


VOYELLES  PKOTONIQUES  MÉDIALES 

VOYELLES  PROTONIQUES  MÉDIALES  LIBRES  NON  PRÉCÉDÉES  d'uN  GROUPE 
DE  CONSONNES  ET  PRÉCÉDANT  IMMÉDIATEMENT  LA  TONIQUE 

76.  A  persiste  : 

!•  Dans  les  dérivés,  qu'il  fût  tonique  ou  post-tonique  dans  le  simple 


(1)  De  même  en  vieux  lyonnais  :  falcUatetn  =  fouceta  (V,  p.  38,  1.  5);  aîtar$ 
outar  (Id.,  55,  1.  8);  salinatarius  =  souner  (XVII  bis,  III,  art.  6). 

•  (2)  Voy.  iziau  au  Dictionnaire. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   VOYBLLBS  PROTONIQUES  MEDIALBS  ZVX 

EXEMPLES   DU  PREMIER    CAS 

De  minatia  =  menacl  D$  lavare  =  layîimitt(t),  lavement 

De  jurare  =  juramint  De  commendare  =  commendamiii(l) 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 
Pe  grana=  granatl,  grainetier  De  cura  =  corratî,  qui  a  l'habitude  de  courir 

2"  Dans  les  composés  lorsqu'il  était  post-tonique  dans  le  simple  ; 
Sola  =  mente  =  solamiii(t)  Bona-mente  =  bonamiii(t) 


77.  Dans  les  autres  mots  A  est  tombé,  au  moins  dans  le  langage 
moderne  : 

Manduca(t)orem  =  mijon       Jocula(t)orem  =  jonglou       SibiIa(t)orem  =r  siflon 

Rem.  —  Dans  ces  exemples,  a,  par  la  chute  do  la  dentale,  s'est  trouvé  en  hiatus 
avec  la  tonique,  ce  qui  a  amène  sa  chute.  Au  xvi»  s.  on  a  operatorium  ==.  ovraor.  On 
a  aussi  mirabilious  de  mirabiliosum  et  meravilles  de  mirabilia^  qui  indiquent  la 
persistance  de  A.  Le  patois  moderne  marmlles  est  d'influence  française. 


78.  Les  voyelles  protoniques  médiales,  libres,  autres  que  A,  et  non 
précédées  d'un  groupe  de  consonnes,  tombent  : 

Jud(i)care  =  jug!  Praed(i)care  =  praïchi  Dom(i)tare  =  dondô 

Turb(u)lare  =  troblô      Di8hon(o)rare  =  desondrô,  défigurer    Sem(i)nare  =  senô 

Rem.  1.  —  On  a  aussi  semenô.  Est-ce  une  forme  demi-savante  ou  une  forme 
archaïque  (1)  ? 

Dans  de  racemare  =  résimolô,  il  y  a  eu  sans  doute  formation  sur  un  simple 
résimô. 

2.  —  Notons,  au  contraire,  une  nouvelle  chute  en  roman  de  la  protonique  dans  baju- 
lare  habeo,  devenu  je  baillerai,  puis  je  barai. 

3.  —  Pour  le  surplus,  la  plupart  des  mots  dans  lesquels  la  protonique  a  persisté, 
sont  introduits  du  provençal  ou  sont  des  infinitifs  formes  sur  le  présent  de  l'indicatif. 

Adobare  =.  adobô,  aiTanger  Bulicare  =  bolicô,  brasser 

Bajulare  ssbayoulé,  bercer  un  enfant  en  le  portant  (2). 


79.  La  protonique  a  été  conservée  ou  remplacée  par  une  voyelle 
d'appui,  lorsqu'elle  était  post-tonique  dans  le  simple  : 

De  caput  =  capitô,  rencontrer     De  caput=  cabuchè,  plonger  en  parlant  d'un  bateau 

(1)  Comp.  anima  =  aneme  avant  d'être  anm^puis  âme. 

(2)  Mot  peu  usité,  venu  du  bas  Dauphiné. 


Digitized  by 


Google 


LX  PHONÉTIQUE,  VOYBLLBS  PROTONIQUES  MBDIALES 

VOYELLES  PROTONIQUBS  MÉDIALES    ENTRAVÉES 

80.  Elles  persistent  ou  sont  remplacées  par  une  voyelle  d'appui  : 

Capillare  =  chavelô,  peigner        Hibernare  =  ebarnô,  ouvrir  portes  et  fenêtres 
Gommis8ura=  commissura  (1),  assemblage  de  deux  trains  de  voilure 

VOYELLES  PROTONIQUES  MÉDIALES  LIBRES 

PRÉCÉDANT  IMMÉDIATEMENT   LA   TONIQUE,   MAIS    PRÉCÉDÉES    ELLES-MEMES 
d'un  GROUPE  DE  CONSONNES 

81.  Le  plus  souvent  elles  persistent  ou  sont  remplacées  par  une 
voyelle  d'appui  : 

Hirpiciare  s=  harpayî  (2)       UmbiUcum  =  ambounî       Petroselinum  =  pirassè 
Aptiflcare  =  attofayî,  élever,  nourrir  Succulare=  Secoyi 

Hortulaticum  =  ortolajo,  légumes 

Rem.  i.  —  Si  le  groupe  est  formé  d'une  labiale  et  d*une  dentale,  ou  de  deux  labiales 
la  proionique  n'est  pas  conservée  :  comp(u)tare  =  comtô,  blasph(e)p[iare  = 
blamô,  sep(ti)mana  =  semana. 

2,  Dans  torculare  =  trolbi,  presser  le  raisin,  la  chute  a  été  facilitée  par  la  méta- 
thèse  der. 


82.  Dans  les  composés  où  la  protonique,  aujourd'hui  médiale,  était 
initiale  dans  le  simple,  elle  est  conservée  sans  exception  : 

Ad-buccare  =:  abocht,  tomber  en  avant  De  ad-sedem  =  asselô,  asseoir 

In-dui*are  =  indurô  Dis-setare  =:  dessiô,  désaltérer 


83.  Lorsqu'une  voyelle  d'appui  remplace  la  protonique,  cette  voyelle 
est  généralement  A,  quelquefois  E.  Cette  règle  s'applique  surtout  à  la 
protonique  I  dans  les  mots  dont  la  finale  est  en  I  accentué  (comp.  avec 
len*67): 

Hirpiciare  =  harpayl         Aptiflcare  =  attofayî  Benedicere  =  benayl 

Obedlre  =  obayî  Petroselinum  =s  pirassé. 


(1)  Il  y  a  eu  chute  dans  le  forëzien.  consure,  même  sens. 

(2)  Le  groupe  n'a  pas.sufti  à  protéger  la  voyelle  dans  le  français  herser. 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   CONSONNES  PATOISBS  LXI 


ÉTUDE  DES  CONSONNES 


CONSONNES  PATOISES 

Les  mêmes  qu'en  français.  Elles  ne  sont  atteintes  que  par  quelques 
phénomènes  locaux,  affectant  seulement  les  gutturales  et  les  dentales. 

L'articulation  exprimée  graphiquement  par  le  groupe  CH  se  prononce 
comme  en  français  dans  la  plus  grande  partie  du  Lyonnais  :  Lyon, 
les  environs,  Craponne,  Yzeron,  Mornant,  Givors,  ainsi  que  dans  la 
contrée  d'Amplepuis. 

Cependant  elle  se  prononce  TS  (1),  comme  en  langue  d'oc,  dans  une 
région  qui  ^st  précisément  la  plus  éloignée  du  pays  d'oc  :  le  Franc- 
Lyonnais,  les  bords  de  la  Saône,  Couzon  jusqu'au  Beaujolais  (qui  est 
aussi  le  pays  de  ts),  la  vallés  de  TAzergue,  Lentilly,  etc.  On  y  dit  tsantô 
pour  chantô,  tsapotô  pour  chapotô.  etc. 

Rive-de-Gier  prononce  CH  comme  en  français  :  chousa  =  chose; 
chô-yon  =  cha-un;  chantô  =  chanter,  mais,  chose  curieuse,  ce  sont  le 
/  et  le  rf  qui  engendrent  des  articulations  complexes.  Devant  a,  o,  on, 
patois,  T,  D  restent  intacts  :  paupertatem  =  pouretô;  dubitare  =  dotô; 
tantum  =  tant;  tuttus  =  to(t);  ital.  cartone  =  carton;  mais  devant  e,  i, 
u,  T  se  prononce  TS  et  D  se  prononce  DZ  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 

Tempus  =  tsom(s),  temps  De  sequere  =s  de  suitsi,  tout  de  suite 

Teren  ==  tsirl,  tirer  De  magister  =magistratsara,  magistrature 

Gastellum  =  chôtsau,  château  Quaestionem  =  quetson,  question 
Fr.  petit  =  pilsl(t) 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 

Dimidium  =  dzimé,  demi  Perdilum  =  pardzn,  perdu 

Dicere  =  dzire,  dire  De  viduum  =  vouêdzi,  vider 

Disnare  =  d^inô,  dfner  Darum  =  dzur,  dur 

Cependant  on  a  Deum  =  dzo,  parcequ'il  a  été  d'abord  Dzio* 

(1)  Il  serait  plus  orthodoxe  d'écrire  que  G  latin  devant  A  à  produit  GH  dans  tels 
endroits.  TS  dans  tels  autres,  mais  c'eût  été  anticiper  sur  Tétude  de  la  transformation 
des  consonnes.  Dire  que  GH  se  prononce  TS  n'est  d'ailleurs  pas  une  bélise  aussi 
grosse  que  cela  en  a  l'air,  car  les  gens  de  Lentilly  ont  la  ferme  intention  de  pro- 
noncer GH.  Quand  l'Auvergnat  dit  :  «  Nous  chavons  bien  que  cha  n'est  pas  chale  >, 
il  est  persuadé  qu'il  dit  :  «  Nous  savons  bien  que  ça  n'est  pus  sale  »,  et  la  preuve,  c*est 
qu'il  récrit  ainsi. 


Digitized  by 


Google 


LXII  PHONETIQUE,   CONSONNES  LATINES 

A  Saint-Martin-en-Haut,  Riverîe,  T  ne  se  modifie  que  devant  t,  et  alors 
il  devient,  non  plus  ts,  mais  tch  :  maitchia  pour  maitia,  moitié  ;  tchioula, 
pour  tioula (tuile);  fagotchî  pour  fagottî (littéralement fagottier), bûcher; 
impuntchî  pour  impuntî  (de  pwnctum),  exciter,  etc. 

D  devant  i  devient  non  plus  DZ  mais  DG  :  Tandgiri  pour  Tandiri 
(servante  de  cheminée,  de  landier)\  essordgi  pour  essordî,  assourdir; 
madgignîpour  matinî(matinier);  cundgî  la  sopa  pour  cundî  (condire) 
la  sopa,  etc. 

A  Paniss.  le  groupe  cl  devant  i  se  prononce  comme  le  th  anglais  dur. 
Clèya,  porte  à  jour,  se  prononce  thlièya. 

Je  crois  que  nous  aurons  épuisé  le  sujet  lorsque  nous  aurons  dit  que 
dans  la  plupart  des  villages,  N  se  mouille  devant  i  :  nidum  =  gnl(d), 
venire  =  vegnî:  genista  =  jagnî,  genêt;  flnire  =  fignî,  finir;  neb(u)la 
gnibla,  (1),  brume;  de  farina  =  fargniri,  dépense  de  cuisine.  Lorsque, 
dans  les  mêmes  mots,  au  village  d'à  côté,  î  tonique  est  remplacé  par 
un  é,  N  ne  se  mouille  plus  :  né,  nid;  fine,  finir  ;  vené,  venir.  Il  en  est  de 
même  lorsque  deux  mots  consanguins  se  terminent  l'un  par  t,  l'autre 
par  a.  Dans  jaléna,  poule,  n  est  sec,  et  mouillé  dans  jalegnî,  poulailler. 


CONSONNES   LATINES 


On  les  divise  aujourd'hui  en 

EXPLOSIVES  (C,  QW,  G,  T,  D,  P,  B)  ainsi  nommées,  parce  que, 
pour  les  articuler,  il  faut  que  Tair  passe  entre  des  parois  brusquement 
écartées. 

CONTINUES  (S  douce,  S  dure  =  SS,  F,  V)  parce  que  pour  les  pro- 
noncer il  faut  que  Tair  passe  entre  des  parois  relâchées  lentement. 

FRICATIVES  (FoM  yotte.J,  W)  parce  que,  pour  les  arliculer,  il  faut 
que  les  parois  de  l'occlusion  s'entre-friclionnent. 

Hors  cadres  les 

LIQUIDES  (r,/);. 

NASALES  (n,  ;??). 

Ces  catégories  se  subdivisent  en  trois  séries  suivant  l'endroit  de  la 
bouche  où  se  produit  l'obstacle  :  gutturales,  dentales,  labiales. 
Enfin,  elles  ont  deux  modalités.  Elles  s^ont  sourdes  ou  sonores, 

(1)  Concurremment  avec  niôla. 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,  CONSONNES  INITIALES  ISOLÉKS 


Lxm 


Tout  cela,  plus  compliqué  en  apparence  qu  en  réalité,  est  résumé  dans 
le  tableau  suivant  : 


BxPLOfilVKS 


Continues 


Fricatives 


Liquides 


Nasales 


Gutturales 

Dentales 

Labiales 
Gutturales  (pas} 
Dentales 


Sourde  =  G,  QW 

Sonore  r=  G 

Sourde  =  T  (3) 

Sonore  =  D 
^  Sourde  =  P 
(  Sonore  =  B 


IG  vêlai re  =  k  dans  ka,  ko,  Au  (1)  ■ 
Gpalatal  =  A.dansAi,  Ao  (5î). 
ÎG  vélalre=  ga,  go,  gu. 
G  palatal  =  gui,  guf. 


■î 


Sourde  =  S  douce  (=z) 
Sonore  =  S  dure  (ass) 


Labiales 


Sourde  =  F 
Sonore  =  V 

Gutturales  =  yotte,  J 
Dentales  (pas) 
Labiale  W  (4) 

Gutturale  =  R 
Dentale  =  L 

Dentale  =  N 
Labiale  =  M 


Les  consonnes  sont  initiales,  finales,  mbdiales. 

Elles  sont  encore  isolées,  doubles  ou  en  groupe. 

Nous  étudierons  d'abord  les  consonnes  initiales,  en  considérant  suc- 
cessivement les  consonnes  isolées  ou  en  groupe  (il  n'y  a  pas  de  consonnes 
doubles  initiales  ni  finales). 


CONSONNES  INITIALES  ISOLÉES 


En  général,  saufC  vélaire  devant  A,  et  C  et  G  palataux  devant  E,  /, 
elles  persistent  sans  modification  de  prononciation,         . 


(1)  Son  de  c  français  dans  car  et  de  qu  dans  qualité, 
{t)  Son  de  qu  français  dans  quel, 

(3)  Le  ^  se  prononçait  dur  dans  tous  les  cas,  même  devant  t  /  nationerii 
ti'Onem, 

(4)  Exemple  dans  quo  =  qvoo,  prononc.  quouo. 


r=  nu- 


Digitized  by 


Google 


L.XIV  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  INITIALES  ISOLEES 

EXPLOSIVES  GUTTURALES 

C  VÉLAIRE  . 

84.  C  devant  A  =  CH(1): 

Cadere  =  cheire  Gapra  =  chara  Gaballum  =  chiviaa 

Cavare  =  chavô,  creuser     Garrus  =  char  Garniacum  =r  Cbarnay       t 

Rem,  —  G  devant  A  =  K  dans  un  certain  nombre  de  mots  généralement  empruntés 
au  provençal  : 

Cathedra  =  cadiri,  chaise  De  catullire  =:  catilia,  chatouilleux 

Gara  =  cala,  mine  De  calare  =  calô,  glisser 

86.  C  vélaire  devant  A  se  transforme  quelquefois  en  G  dur,  mais  les 
mots  sont  tous  importés  : 

Gavellum  =  gaviaa,  poignée  de  sarments     Gattum  =  galte  (2)  (f.yon) 
Calla  =  gôla,  gale  KaXayorstv  =  galafatô,  calfeutrer 


86.  QW  Vélaire  =  K  (3)  : 

Qware  =  côr  Qwarlum  =  quôr(t)       Qwadrum  =  quorre,  angle 

Qwalem  quem  =  quaaque      Qwadratam  =  caréte,  ustensile  du  canut 

Rem,  —  Gassi,  secouer,  n'est-il  pas  qwassare  =  kassar  =  gassar  î 


87.  C  Vélaire  devant  0,  U  =  K  (4)  : 

Goctare  se,  se  couêti,  se  presser  Goratà  =  corô,  viscère  du  bœuf 

Gopula  =  cobla,  iCttelage  double  Gorna  =  cornua,  benne 

Gupa  =  cnva,  cuve  Gabare  =  covô  Gooperire  =  currl 

Reni.  —  G  vélaire  s'est  changé  en  g  dur  dans 

Gurculionem  =  gourguillon,  charançon      Gonflare  =  gonflô 

De  coque  =  gogasson,  beignet  Gupellum  =  goubiaa,  verre 


88.  C  palatal  (=  KE,  Kl)  devient  sifflant  (=j  S  dure  ou  SS)  : 
Géra  =  ciri  (5)        Geremilia  =  cermilhi,  cerfeuil  Ginerem  =  cindra 

(1)  De  môme  en  vieux  lyonnais  :  cdballos  =  ckavaux  (IV,  p.  407,  1. 1);  de  capui  = 
chaton  (V,  p.  58, 1.  6);  càminum  =  chami  (XXV,  p.  10, 1. 15). 

(2)  Emprunté  à  Titalien. 

(3)  De  môme  en  vieux  lyonnais:  qwalem  •=:  cal  (V,  p.  66, 1.  1);  qjoadrellum  zsicav- 
reuz  (V,  p.  53,  1.  8). 

(4)  Les  consonnes  se  comportant  en  général  en  vieux  lyonnais:  comme  dans  le  lyon- 
nais actuel,  nous  ne  mentionnerons  que  les  faits  particuliers. 

(ô;  De  même  en  vieux  lyonnais  :  Cera  =  ciri  (XXV,  p.  26, 1.  17). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,    CONSONNES  INITIALES  ISOLÉES  LXV 

89.  QW  palatal  =  K  : 

Qwerere  =  qnarre.  chercher  Qwerire  =  quiri,  appeler 

De  q  wies  =  se  quaisl,  se  taire  Qwindecim  =  quinzi 

Rem.  —  QW  palatal  est  devenu  S  dure  dans  qrvinqwe  =  cin. 


90.  G  vélaire  (=  G  dans  GA,  GO,  GU)  devant  A  s'adoucit  en  CH 
ou  J  : 

Gamha  =  chamba  (1)  GalUna  =  jaléna  (R.-de-G.) 

Germ.  gar  =  jôr,  dard  des  abeilles  Du  celt.  gar  =  jarrola,  traînard 

Rem.  —  Mais  il  s'est  conservé  dans  quelques  mots  importés  : 
De  gamba  =  gambilhi,  boiteux  Germ.  garn  =  gargni,  aiguille  des  pins 


91.  G  vélaire  devant  0,  U,  se  maintient  : 

De  gobionem  goifon,  goujon  Quia  =  gola 

De  gonna  =  gonô,  mal  vêtu  Gurgitem  =  gor,  creux  d'une  rivière 


92.  G  palatal  (=  prononcé  en  latin  comme  G  dans  GUE,  GUI)  =  J 
Genus  =  gin,  rien  Gentes  s  gin(ts]  Gerulam  =s  jarla 

Rem.  —  G  vélaire  est  remonté  à  G  dans  quelques  mots  importés  : 

It.  gabano  =  caban  De  gamba  (2)  =  camborlë,  cagneux 


EXPLOSIVES  DENTALES 

93.  T  initial  persiste  : 

Tabana  =  tanna,  guêpe  Tarati*a  =  tarôra,  tarière 

Rem.^  Lorsque  T,  D.  àTinitiale,  sont  suivis  d'une  voyelle  plus  PL,  BL,  une  R  est 
insérée  entre  l'initiale  et  la  voyelle  (8)  : 

Tab(ïi)la  =  trôbla  Dnplum  =  drobli,  char  double 

(1)  Marg.  d'Oingt  a  aussi  chanba  (p.  75, 1. 17). 

(2)  Je  ne  suis  pas  certain  qu'il  soit  exact  de  dire  qu'ici  G  soit  remonté  à  G,  car  le  v. 
esp.,  lepiém.,  lelgd.  camba,  semblent  indiquer  qu'il  y  a  eu,  antérieurement  à  gamba, 
un  latin  populaire  camba,  dont  lemotlyonn,  peut  être  tiré. 

(3)  Ce  phénomène  est  ancien  :  Tabulai.  trablaiV,  p.  67,  I.  U), 

9 


Digitized  by 


Google 


LXVI  PHONRTIQUE,   CONSONNES  INITIALES  ISOLÉES 

94.  D  initial  persiste  : 

Divisare  =  dlvisô,  causer  Doga  =  dova,  rejet  de  la  terre  d*un  fossé 

Dorsa  =  dQrsi,  gousse  Dactile  r=  dolhi,  douille 

Rem,  —  D  plus  I  en  hiatus  (yotte)  est  devenu  J  dans  diurnum  =«  jor,  mais  le  plus 
souvent  il  persiste  :  Deum  =  diu,  die  dominica  s  diuméni. 


EXPLOSIVES  LABIALES 

95.  P  initial  persiste  : 

Pala  =  pala  Pipulum  =  pivo,  peuplier  Palpa  =  porpa 

Rem.  —  P  init.  est  devenu  B  dans  pulsare  =s  boussô  (peut-être  sous  influence  de 
bout),  et  dans  pedare  =  bide,  mesurer  avec  le  pied. 


96.  B  initial  persiste  : 

Balcha  =r  bauchi,  fane  Bene  =s  bin  Bovem  s=s  bou 

Rem.  —  B  est  remonta  à  P  dans 

Boscalem  =  pocherla,  fauvette  Vfr.  beloce  =  pelossi,  prunelle 


CONSONNES  CONTINUES 

DENTALES 

97.  S  douce  (=  Z)  ==:  J  : 

Zelosum  =  jaloa(8) 

98.  S  dure  (=  SS)  persiste  : 

Sapidum  =  sado         Secare  =  sayl,  faucher  Sibilare  =  sublô 

LABIALES 

99.  F  persiste  : 

Faseola  =  faviola  Femina=  fêna  De  filum  =  filogni,  étoupe 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   CONSONNES  INITIALES  ISOLEES  LXVn 

100.  V  persiste  : 

Vices  =  vey(s),  fois  (1)  Villa  =  vila 

Viudemia  =  vindémi  .    Yoluta  =  vote,  boni  de  corde  replié 

Rem,  —  V  (sans  doute  W  à  l'origine)  =  GW  dans 

Vespa  =  guôpa  Vadare  =  gaffô,  passer  à  gué 

Vofiacum  =  Goiffiea,  nom  de  lieu 

2.  —  V  est  remonté  à  B  dans 

Visculanum  =  beclien,  raie  du  mouton  (2)  Vertebola  =  bartavella  (3) 

Vervicem  s=  bai-bi^s) 

FRICATIVES 

101.  W  =  G  dur  : 

Du  germ.  weidanjan  =  gognajo,  rapport  d'une  terre 

Golb.  warjan  s=  gari,  guérir  Du  nor.  wante  =  agantô,  duper 

LIQUIDES 

102.  R,  L  persistent  ;  ^ 

Rana  =  rana,  salamandre         Labra  =  loura,  lèvre         Liçere  =  leizl 

NASALES 

103.  N,  M  persistent  le  plus  souvent  : 

Nebula  =  niôla         Nodum  =  non       Maleria  =  mayiri,  chéné  élronohô 

104.  M  est  quelquefois  remplacé  par  N  : 

Mespilem  =  népio  Mespnlla  =  nopôla,  nôfie  Myrtba  =  nerta 

Rem.  1.  —  Dans  beaucoup  de  lieux  N  devant  E  ou  I  =  GN  ou,  ce  qui  revient  au 
même,  intercale  un  yotte  entre  N  et  la  voyelle  : 

Nebula  =  gnibla  Nidum  =  gnl  Nescla  =  niëci,  benêt 

2.  —  M  =  B  dans 

Musari  =  abuizl,  amuser  Mitlere  =:  bettre  (4) 

(1)  Il  est  intéressant  de  remarquer  que  'taus  les  vieux  textes  ont  veis.  On  ne  trouve 
feis  que  deux  fois  (XXI,  p.  4(38,  1.  6,  et  469,  1. 1).  Il  est  emprunté  au  français. 

(2)  Phénomène  de  prononciation  gasconne. 

(3)  Sans  doute  par  un  latin  vulgaire  bertere  pour  vertere^  comme  on  a  berbicem 
pour  vervicem. 

(4)  Ce  phénomène  n'est*  pas  aussi  unique  qu'on  le  pourrait  croire.  Comparez 
musari  =  bourg,  anbusai;  pr.  matafièu  =  In.  batafi,  bout  de  corde:  Igd.  amiatô  = 
In.  abiatô;  mandibula  =  esp.  bandibula;  esp.  mataralua  =  balafalua;  vx  esp.  al- 

bondocass  esp.  almondega  ;  fr.  mitaine  =  ss.-rom.  belanna.  On  en  pourrait  citer 
d'autres. 


Digitized  by 


Google 


LXVIII  PHONÉTIQUE,    CONSONNES  INITIALES  GROUPÉES 

CONSONNES  INITIALES 

GROUPÉES 

Excepté  dans  SC,  ST,  la  loi  générale  est  la  persistance. 

Pas  d'exemple  d*explosive  groupée  avec  explosive  ou  avec  continue. 

EXPLOSIVE  AVEC  LIQUIDE 

105.  CR  persiste  ou  se  change  en  GR  : 

EXEMPLES    DU  PREMIER  CAS 
Grassa  =  crassi,  crasso  Cremare  =  crimô         Grucem  =  cruey 

EXEMPLES    DU    SECOND    CAS 
Gratare  =  grattô    Grassum  =  gr6(s),  gras    Grusta  =  grotta,  morceau  de  pain  béni 

Bem.  —  Il  arrive  quelquefois  que  GR.  GL  laissent  tomber  la  liquide  : 

Gramaculum  =  cumaclio,  crémaillère  Cribrum  =  cœuble 

Vfr.  escrabouiller  =  cabolh!  De  clap  =  cafi,  serré 

De  clavum  =  kiavelhiri,  vrille  (Paniss.) 

106.  TR  persiste  : 

Trepalium  =  travftr  Tridentem  s=  triaii(t),  outil  à  trois  dents 

Troculum  (pour  lorculum)  =  truey,  pressoir 

liem.  —  TR  =  DR  dans  vha.  trngî  =  drugî,  tromper. 

107.  CL  persiste  en  insérant  un  yotte  après  L  (1)  : 

Glavem  =  cliô  Glassicum  =  cliôr,  glas  Glarum  =  cliôr 

Glericum  =  clier      De  clida  =  clieda{t),  barrière  à  jouer 

Rem,  1.  —  GL  est  devenu  GLdans  classicum  =  gliô,  glas  (Morn.) 

2.  —  G  du  groupe  GL  est  tombé  (certainement  après  avoir  passé  à  GL)  dans  les  mots 
suivants  où  yotte  avait  été  aussi  intercalé  (comp.  n*  109). 

Claudium  =  Liaudo  Glassicum  s=  liôr,  glas  (Crap.) 

108.  GR  persiste  : 

Qracula  =  grôlhi,  corbeau         Grana  =  grana         Gramen  =  gramo,  cbiendent 

(1)  Ge  phénomène  est  tout  moderne  :  claritcUem  =  clarta  (V,  p.  58,  1.  14);  clavel- 
lum  =  clavel  (Id.,  p.  52,  1.  12);  clavemss  cla  (Id.,  p.  77, 1.  5). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTrQUB,   CONSONNES  INITIALES  GROUPÉES  LXIX 

109.  GL,  insère  un  yotte  après  L,  puis  laisse  tomber  le  G  (1)  : 

Qlacia  =  liassi  Glandem  =  alhan  Olenare  =  liénô 

Exception  :  Glacium  =  glia,  verglas. 

Rem.  —  Dans  de  glociare=  cliossi,  poule  couyeusê,  GL  a  innéré  un  yotte,  puis  G 
est  remonté  à  G. 

2   —  Dans  gloria  =  gluairi,  il  n'a  pas  inséré  d'yotte,  peut-être  à  cause  de  quelque 
difficulté  de  prononciation  dans  ce  cas  spécial. 


110.  PR,  BL,  BR,  BL  persistent  : 

Precare  =  pray!  Propago  =  prova,  provin    Planum  =  plan 

Plicare  =  playî  Bladum  =  blô  Vha.  blao  =  blu,  bleu 

Rem.  —  PR,  PL  deviennent  quelquefois  BR,  BL  : 

De  pruna  =  brignon,  pavie  De  it.  presto  =  breslô,  hâter 

Prisciniacum  =-  Brignai(s)  Placium  =  blaze,  bourre  de  soie 


EXPLOSIVE  GROUPÉE  AVEC  NASALE 
Pas  d'exemple. 

CONTINUE  GROUPÉE  AVEC  EXPLOSIVE 

111.  se  perd  l'initiale.  L'explosive  seule  persiste  avec  la  transfor- 
mation qu'elle  avait  pu  subir  antérieurement, 

Scalja-toriuca  =  caille-tortae,  tortue  (Lyon)     Scopa  =  couévo,  balai 

Yha.  Scnm  =  cama,  écume  De  sklna  =  chinard,  os  du  porc 

De  Scala  =  charasson,  sorte  d'échelle  Scalarium  =  chaliô,  mur  de  soutien 

Rem.  1.  —  Dans  ces  mots  un  £  avait  d'abord  été  prépose,  puis  est  tombé  avec  S. 
G*e8t  ce  qui  se  montre  dans  les  mots  suivants  tirés  du  français  : 

Escafoirô  =  cafoiré  (Lyon)        Escorniflear  =  cornifloa         Escroc  =  cro(c) 

2.  —  Les  choses  se  passent  de  môme  lorsque  G  est  précédé  de  EX(=:  ECS)  : 
Excarbuculare  =  charbolhî,  écraser  D'excussum  =  cossou,  fléau  (1) 

d.  —  Dans  scuriolum  =:  acuëroa,  écureuil,  même  phénomène.  Un  A  a  éié  prëposd 
au  groupe,  puis  S  est  tombée. 

112.  ST,  SP  présentent  les  phénomènes  suivants  : 

r  Quelquefois  le  lyonnais  prépose  un  E  en  conservant  le  groupe  : 
Stomachum  =  estômo  De  sperare  =  à  Tespéro,  à  TaiTùt 

(1)  Ce  phénomène  est  aussi  moderne. 

(2)  On  a  encore  écossou  et  écossa  concurremment  avec  cossoa  et  Ton  a  eu  certaine- 
ment escossou. 


Digitized  by 


Google 


LXX  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  FINALES  ISOLÉES 

2*  Le  plus  souvent  il  a  préposé  un  E  ou  môme  un  A  devant  le  groupe, 
puis  S  est  tombée  (1)  : 

Stare  =  éiô  Stela  =  étèla  Stupare  =  ëtu6,  faire  sécher 

3*  Dans  ce  cas,  devant  une  voyelle  suivie  du  groupe  PL,  BL  le  lyon- 
nais intercale  une  R  après  le  T  (comp.  93)  : 

Stab(u)la  =  étrôbla  Slnp(u;lum  =  élroblo,  chaume 

4*  Quelquefois  S  tombe  et  la  seconde  lettre  du  groupe  persiste  seule  : 
Spalla  =  pala  Sternutare  =  torgnt 


CONTINUE  AVEC  LIQUIDE 

118.  FR  persiste  : 

Fratrem  =  frôre  Fraxioum  =  fraissi  Frumenlum=rfromin(t) 


CONSONNES  FINALES  ISOLÉES 


Elles  sont  de  deux  sortes  : 

V  Finales  €71  latin; 
2'  Médiates  en  latin. 

Nous  examinerons  successivement  les  deux  cas. 


EXPLOSIVES  (c,  ff,  t,  d,p,  h) 

114.  !•  C  final  en  latin  tombe  (2)  après  E  fermé,  E  ouvert  et  I  long, 
après  A  et  0  fermé  il  se  diphtongue  avec  la  voyelle  qui  le  précède  (3). 

(1)  Dans  les  textes  lyonnais  du  xvi«  s.  on  a  déjà  sxiacium  =  epassio  à  côté  d*es- 
pacio, 

(2)  Bien  observer  que  nous  appelons  consonne  qui  tombe,  toute  consonne  qui  ne  se 
prononce  plus  en  patois  quand  même  elle  serait  conservée  dans  l'orthographe. 

(S)  On  remarquera  que  plusieurs  des  règles  données  à  propos  des  consonnes  finales 
ont  déjà  trouvé  leur  application  à  propos  des  voyelles  toniques  ou  post-toniques.  Nous 
recherchons  avant  tout  la  clarté,  au  prix  môme  de  quelques  répétitions.  Ici  les  répé- 
titions sont  le  résullal  d'une  classification  générale  qui  ramène  parfois  les  mêmes  lettres, 
lorsque  l'on  considère  ces  letlres  sous  leurs  différentes  situations. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   CONSONNES  FINALES  ISOLl^ES  LXXI 

EXEMPLES  DU  PREMIER   CAS 

Die  =  dl(8)  Nec  =  ni  (1)  Sic  :=:  si 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 
Apud  hoc  =  avouai  (2),  avec  Ulac  =  ilat,  là -bas 

Rem,  —  Cet  ai  ayant  cessé  depuis  longtemps  de  se  diphtonguer,  est  exprimé  en 
réalité  aujourd'hui  par  ê, 

2'*  Les  explosives  labiales  et  dentales  tombent  : 

Ad  =  a,  à,  au  Et  s  e(t) 


115.  C,  G,  vélaires  ou  palataux,  médiaux  en  latin,  devenus  finals  en 
patois  (3),  forment  diphtongue,  savoir  : 

!•  Après  A; 

Athanac(um)  =  Ainay,  nom  de  lieu  Salsiac(um)  =s  Sarcey,  nom  de  lieu 

2*  Après  E  fermé  : 

Leg(em)  =  lual  Reg(em)  =  rai  Nig(rum)  sss  nat,  né 

3*  Après  0  fermé  : 

yoc(em)  =  vouai  Nucem  =  noï,  noué 

4*  Après  0  bref  : 

Foc(um)  =  faè  Joc(um)  =  jué  (4) 

116.  C,  soit  vélaire,  soit  palatal,  tombe,  savoir  : 

1**  Après  E  bref,  en  altérant  la  voyelle  qui  le  précède  : 

Dec(em)  =  di(s) 

2*  Après  I  long  et  après  U,  sans  altérer  la  voyelle  : 

Amic(um)  =  ami  Ludovic(um)  =  Loyi 

Apric(um)  =  ouri,  abri  Pauc(um)  =  pou  (5) 

(1)  En  disant  que  C  tombe,  on  ne  prétend  point^  que  ce  soit  sans  laisser  de  trace. 
Ainsi  dans  nec  =  ni,  le  passage  deek  i  est  dû  à  l'influence  de  c. 

(2)  De  même  en  vin.  Pacem  =3  pays  (V,  p.  54, 1.  Il);  illac  =  Zay  (V,  p.  44,  1.  22)  ; 
veracum  =  veray  (V,69,  1.  22);  apud  hoc  =3  avoy  (V,  p.  42.  l.  i3,  et  X,  p.  29, 1. 14). 
Au  xiv  siècle  hoc  =  o;/,  mais  dans  le  patois  moderne  oy  s'est  réduit  à  0,  pronom 
employé  seulement  au  neutre,  c'est-à-dire  comme  sujet  indéfini. 

(3)  Les  consonnes  médiales  en  latin,  devenues  groupées  par  la  chute  d'une  voyelle 
puis  finales  en  patois,  trouveront  leur  place  aux  Consonnes  finales  groupées» 

(4)  De  même  en  vx  lyonnais  ;  locum  =  lua,  au  cas  oblique  (V,  p.  51,  l.  1  et  4); 
focum=fua,  aussi  au  cas  oblique  (Id.,  p.  52, 1. 1). 

(5)  En  vx  lyonn.  po  (V,  p.  71.  l.  A  et  4). 


Digitized  by 


Google 


LXXII  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  FINALES  ISOLEES 

3*  Si  G  final  prend  un  suffixe  en  patois,  il  se  comporte  comme  médial 
{yoy.  182)  et  devient  yotte  : 

De  fag(um)  =  fayôrd,  hêtre  D'un  rad.  drag  =  drayf,  cribler 

117.  Les  autres  explosives,  médiales  en  latin  et  devenues  finales  en 
patois,  tombent  : 

Arat(um)  =  arô,  champ  labouré  Bedum  =  bi,  canal  d'arrosage 

Ped(em)  =  pi  Nld(um)  =  gni  Prod(est)  =  pro,  assez 

Rem,  1.  —  Après  U,  p  et  &  se  vocalisent  : 

Lap(um)  =  loa(p)  Tub(um)  s=  toa,  canal 

2.  —  T  devant  lU  devient  SS,  puis  tombe  dans  la  prononciation  : 

Solat(ium)  =  sola(s)  Pret(ium)  =  pri(s) 


CONTINUES  («,  z,  /;  v) 
i  18.  S,  finale  en  latin,  tombe  : 

Nos  =  noCs)  Homines  =  homo(s)  Vivis  =  vi(s)         Latus  =  lô 

2*  S  médiale  en  latin,  finale  en  patois,  tombe  : 

Nas(um)  =s  nô(s)  Gas(is)  =r  chi(s),  chez  Pertns(um)  =  partu(s),  trou 

119.  F,  V.  Pas  d'exemples  de  F  ni  de  V  finals  en  latin.  F  médial  en 
latin,  devenu  final  en  patois,  tombe  : 

Joseph(um)  =  José 
V  devenu  final  après  0  se  vocalise  en  U  : 

Bov(em)  s=  boa  Novem  =  non 

Après  les  autres  voyelles,  il  tombe  : 

Suav(em)  =  suô  (l)  Glavem  =  cliô 

Mais  si  V  est  suivi  d'un  U,  il  se  vocalise  après  toutes  les  voyelles  : 
Clavum  ss  cliou  Eiv(um  =  ria 

FRICATIVES 0,  yotte,  tr) 
Pas  d'exemples. 

(1)  Au  dictionnaire  j'ai  mis  suavem  =  suau,  en  supposant  la  vocalisation  de  v,  C*est 
une  erreur.  Il  faut  lire  sua(vem]  =  sua,  puis  suô. 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   CONSONNES  FINALES  ISOLEES  LXXIH 

LIQUIDES  (r,  /) 

120.  R,  finale  en  latin,  persiste  en  patois  : 

Per  =  par  Por  (pour  pro)  =  par 

2*  R,  médiale  en  latin,  finale  en  patois,  tombe  (1)  : 

Gantar(e)  =  chantô  Licer(e)  =  leizl,  loisir  Canlor(em)  =  chantou 

Rem.  1.  —  Conformément  à  la  règle,  habere  a  donné  aval,  avoir,  mais  R  a  persisté 
dans  le  subst.  abar  (River.),  aveir,  patrimoine;  heri-ser(um)  =  arseir,  ce  soir.  Il  à 
persisté  aussi  dans  amorem  =  amour,  mais  le  mot  est  tiré  du  français. 

2.  On  a  vu  que  les  mots  populaires  en  orem  se  terminent  par  ou.  Pour  les  mots 
savants,  le  patois  a  emprunte  la  finale  française  eur,  où  alors  r  finale  se  fait  sentir  : 
seigneur,  terreur,  extracteur  (dans  les  mines),  etc. 

3*  Dans  les  monosyllabes  R  a  persisté  le  plus  souvent  : 

Mar(em)  =  mà,r  Cor(ium)  =  couar  Her(i)  =  hier 

Mur(um)  =  mur  Secur(um  =  sûr 

Rem.  —  Pourtant  il  est  tombé  dans  ser(um)  =  saî,  mur(um)  :a  mu  (Saint-Mart.); 
dur(um)  =  dzu  (R.-de-G.). 


121.  1"  L,  final  en  latin,  ou  médial  en  latin  et  devenu  final  en  patois, 
=  R,  et  persiste  sous  cette  forme  (2)  : 

Mel  =  miâr  Fel  =  fiàr  Gapital(e)  =  chatôr,  cheptel 

Gael(um)  =  ciar  Tinal(em)  =:  tinôr,  endroit  où  l'on  met  les  tines 

Canal(em)  =?  canôr  Gel(u)  =  giàr  Vfr.  faudeteul  =  fauteur 

Trepal(ium  =  travà-r  Sitel(lum)  =  sà,r 

Rem.  —  Cette  r  persiste  dans  les  mots  composés  : 
De  mal(e)  et  cor  =  se  marcourô,  se  miner  de  tristesse. 

2*  Mais  après  A,  0,  il  arrive  souvent  que  L  final  se  vocalise  ei\ 
U(3): 

Sal  =  sau  Mal(um)  =  mau  Caul(em)  =  chou 

Filiol(um)  =  filhou,  filleul      Linteol(um)  =  linçou,  drap  de  lit 

(i)  Il  est  probable  que,  en  vieux  lyonn.  r  ne  se  prononçait  déjà  plus,  du  moins 
après  a.  On  trouve,  il  est  vrai,  dans  Marguerite  amar,  chantar,  mais  on  trouve  à 
côté  révéla^  desirra^  entra^  regm'da^  ce  qui  indique  que  la  persistance  de  r  dans  les 
autres  mots  est  purement  graphique.  Quant  à  /fa,  qu'on  trouve  dans  Marg.  p.  47, 1. 12, 
ce  n'est  pas  le  subst.  verb.  âe  flairer^  comme  on  l'a  cru,  mais  flattis. 

(2)  Ce  phénomène  est  moderne. 

(3)  Il  n'en  est  pas  de  même  en  vieux  lyonnais;  souvent  l  tombe  :  Quales  =  qHas{Y, 
p.  61,  I.  3).  corporalem  z=z  corpora^  (Id.,62,  1.4);  xWatalem=  Xua(X^p.  28,  l.  17); 
et  pour  la  chute  de  /  après  e,  porcellum  z=.porces  (V,  47,  1.  11).  Dans  les  autres 
exemples  l  persiste  ordinairement. 

10 


Digitized  by 


Google 


LXXIV  PHONÉTIQUE,   CONSONNliS  FINALEfS  GROUPÉES 

3**  Après  I,  L  finale  tombe  (1)  : 

Fil(um)  =  fi  Mantil(e)  =  manti,  nappe  Pil(um)  =  pey 

Lol(iuiïi)  s=  joi,  ivraie         Tortil(c)  =  torli,  claie 


NASALES 

122.  N,  M,  finales  ou  médiales  en  latin  et  finales  en  patois,  précédées 
d'une  voyelle,  persistent  dans  la  graphie  et  tombent  dans  la  pronon- 
ciation, en  affectant  d'un  son  nasal  la  voyelle  qui  précède  (2)  : 

Pan(em)  =  pan  Fam(em)  =  fan  In  =  in 

In  sim(ul)  =  insian  Un(um)  =  in  Bem  =  rin 

Rem.  ~  M  finale,  par  exception,  a  persiste  dans  ram(ura}  =ram. 


CONSONNES  FINALES  GROUPÉES 

La  tendance  générale  est  la  persistance  de  la  seconde^  et  la 
chute  ou  la  diphtongaison  de  la  première  suivant  les  cas. 

EXPLOSIVE  AVEC  EXPLOSIVE 

•  128.  CT,  GD,  médiaux  en  latin,  devenus  finals  en  patois,  changent  la 
gutturale  (c,  g)  en  yotte  qui  se  diphtongue  avec  la  voyelle  ;  la  dentale 
tombe  dans  la  prononciation  (peu  importe  que  le  groupe  existe  en 
latin  ou  seulement  en  patois)  : 

Fact(um)  =  fai(t)  Lacl(em)  =  lai(t)  Lect(um)  -  lie(l) 

Drictfum)  ==  di-ai(t)  Noct(em)  =  ney(t)  Frig(i)d(um)  =  frai(d)  (3) 

Rem.  —  A  R.-de-G.  il  arrive  quelquefois  que  c  ne  laisse  pas  de  trace  :  Noct(em)  = 
no(t),  coct(um)  =  co(t). 

ri)  De  môme  en  vieux  lyonnais,  suhUlem=i  sustiz  (V,  p.  45, 1.  6),  htimilem  =  humis 
(V,  50, 1. 7),  mais  on  a  la  vocalisation  dans  filium  z=  fiuz  (V,  p.  30, 1.  17). 

(2)  Dans  XXV,  et  par  conséquent  au  xv«  siècle,  le  suffixe  inum  =  i  :  Caminum  = 
chami  (p.  11, 1. 5, 7,  8),  molinum  =  moli  (p.  11,  1.  5),  matutinum  =  ma<i(p.  U,  1.  26J. 
Mais  ce  document  n'étant  que  semi-lyonnais,  ces  formes  me  paraissent  méridionales. 
En  effet,  dans  XVI  on  trouve  caminos  =  chimins  (p.  27, 1. 16). 

(3>  En  vieux  lyonn.  la  résolution  n'est  pas  encore  accomplie  dans  paclum  =  pag 
(XV.  p.  9, 1. 12). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,   CONSONNES  FINALES  GROUPÉES  LXXV 


EXPLOSIVE  AVEC  LIQUIDE 

124.  lo  CL  final  en  patois,  formé  de  deux  consonnes  médiales  en 
latin  et  groupées  en  patois  par  la  chute  d'une  voyelle,  change  C  en 
yotteaprèsA,  E.Cetyotte  se  diphtongue  avec  la  voyelle  précédente,  et 
L  tombe  ; 

Solic(u)l(um)  =  sola!      Serpic(u)l(um)  =  serpaf     Galic(u)l(um)  =  chouleï,  lampe 
Gane8tic(u)l(um)  =  canasteï,  corbeille 

Après  U  le  groupe  entier  tombe  : 

Peduc(u)l(um)  =  pion,  piu 

2*  TL  se  comporte  exactement  comme  CL,  ce  qui  indique  que  le 
second  avait  remplacé  le  premier  en  bas  latin  : 

Sit(u)l(um)  =  sicl(um)  =  sat,  seau 


CONTINUE  AVEC  EXPLOSIVE 
125.  ST  tombe  dans  la  prononciation  (1)  : 

Fust(em)  =  fû(t),  tonneau  Justfum)  =  ju(l),  étroit 

Gonist(um)  =  jagnî,  genêt  Bene  tost(um)  =  bintou(t;,  peut-ôlre 

Rem.  —  S  s'est  changée  en  R  après  la  chute  de  T  dans  lesl(uin)  =  ter,  teur,  tesson. 


LIQUIDE  AVEC  CONSONNE  EN  GÉNÉRAL 

126.  RG,  RT,  RD,  RS,  RN,  conservent  R  et  laissent  tomber  la 
seconde  consonne,  que  le  souvenir  étymologique  a  fait  garder  souvent 
dans  Torthographe.  RV,  RN  conservent  de  môme  R,  et  la  seconde  con- 
sonne tombe  : 

Burg(nm)  =  bor(g)       Gooperl(um)  =covar(t),  toit       Dies  Marl(is)  =  dimôr 
Tard(um)  r=  tôr(d)  Lard(um)  =  lôr(d)  Vers(us)  =  vô,r(s) 

Nervum  =  nô.r  Infern(um)  =  infâr  Hiber(num)  =  hivà-r 

2^  LT,  LS.  —  T  OU  S  tombe  et  L  se  vocalise  après  0,  U: 

Vult  =  a  vou(t)  Puis  =  pou,  bouillie  Pulsuni  =  pou(ls) 

3'  LP  tombe  tout  entier  : 

Golp(um)  =  co(p) 


(1)  S  était  tombé  de  bonne  heure,  ainsi  qu'en  témoigne  Crit  (V,  36,  1.  17)  à  côté  de 
Crisl  (V,  38, 1.  21);  juslum  =jut  (X,  p.  17.  l.  6,  9);  Augustum  =  Ot  (V,  p.  21,  1.  V2), 


Digitized  by 


Google 


LXXVI  PHONETIQUE,   CONSONNES  MODULES  ISOLÉES 

Rem,  —  P  est  tombé  avant  L»  et  n*a  été  rétabli  dans  récriture  que  [sous  le  souvenir 
du  français.  On  trouve  col  aux  xiii*  et  xiv*  siècles  (1). 

4«  LL.  La  seconde  tombe,  la  première  se  vocalise  : 
Agrifol(lium)  =  agrevou,  houx 


NASALE  AVEC  CONSONNE  EN  GÉNÉRAL 

127.  NT,  ND,  MP,  ML.  La  nasale  persiste  dans  la  graphie  et  tombe 
dans  la  prononciation  en  nasalisant  la  voyelle  qui  précède;  la  deuxième 
consonne  tombe  : 

Amanl(em)  =  amaii(t)         Infaiil(ein)  =  efan(t)         Ind(e)  =  in,  en  pron.  relaL 
Temp(u8)  =  tian  In  sim(u)l  =  insian 


CONSONNES  MÉDIALES  ISOLÉES 

c'est-a-dire 
entre   deux   voyelles   qui   persistent 

Les  tendances  générales  &ont  les  suivantes  : 

1*  Les  gutturales  tombent  ou  se  changent  en  un 
yotte  qui  se  diphtongue  avec  la  voyelle  précédente. 
Dans  quelques  cas  elles  s'adoucissent  simplement 
Explosives  \  en  passant  de  la  forte  à  la  douce. 

2"  Les  dentales  tombent  le  plus  souvent. 

3*  Les  labiales  passent  ordinairement  de  la  sourde 
à  la  sonore.  Quelquefois  elles  tombent. 

4'  Les  spirantes  ou  continues  dentales  persistent, 

Continues  }  ^^'^^  ^^^^  ''^^^^  exceptions. 

5*  Les  labiales  tombent  ou  passent  de  la  sourde  à 
la  sonore. 

6*  Les  liquides  persistent  ou  s'échangent. 
?•  Les  nasales  persistent. 

(I)  Dans  V,  p.  37,  1.6;  et  dans  XVI,  p.  28,  1.0. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   CONSONNES  MÉDIALES  ISOLEES  LXXVII 


EXPLOSIVES 


GUTTURALES 

128.  C  vélaire  (=  k  dans  ka,  ko,  ku) . 

!•  C  vélaire,  avant  la  tonique  et  devant  A  =  Y  (yotte),  quelle  que 
soit  la  voyelle  qui  le  précède  (1)  : 

Pacare  =  pay!       Precare  =  prayî       Locare  =  loyl 

Jocare=joyl        Focarium  =  foyl      Bucataria  ==  buyandiri,  blanchisseuse 

Rem.  —  Les  mots  ou  ^  a  persisté  sont  d*origine  provençale  :  bulicare  =  bolicô. 
remuer. 

2*  Après  la  tonique,  il  tombe,  puis  est  remplacé  par  un  yotte  pour 
détruire  Thiatus  (2)  : 

Aml(c)a  =  amia  Bu(c)a  =  buya,  lessive  Au(c)a  =  oya,  oie 

•  Rem.  —  Si,  par  suite  de  la  juxta-position  des  deux  voyelles,  l'accent  tonique  passe 
de  la  1"  à  la  2*,  la  production  du  yotte  patois  n*a  pas  lieu  : 

Garruca  =  charua  Ruga  =  rua,  rue  (3)  Verruca  =  varoa 


129.  C  vélaire,  avant  ou  après  la. tonique,  et  devant  0,  U,  tombe  : 

EXEMPLES    AVANT   LA  TONIQUE 

Se(c)uriim  =  sûr  Ne(r)-unum  =  niun  Sau(c)ona  =  Sôna  (4). 

EXEMPLES  APRÈS   LA   TONIQUE 
Jo(c)uni  =  juè  Fo(c)um  =  fué 

(1)  Nous  disons  quelle  que  soit  la  voyelle  qui  précède,  parce  qu'il  n'en  est  pas  de 
même  en  français,  où  c«,  précédé  de  o,  u,  laisse  simplement  échapper  c(/ofarc  =  /oer, 
jocare  =:  jouer,  carruca  =  charrue)^  sauf  lorsque  c  est  suivi  du  suffixe  arium  {foca- 
rium =  foyer,  nucarium  z=  7ioyer), 

(2)  Il  peut  paraître  puéril  de  vouloir  distinguer  entre  le  cas  où  c  se  change  eu  yotle, 
et  celui  où  il  tombe  pour  être  plus  tard  remplacé  par  un  yotte  de  formation  romane, 
carie  résultat  est  le  même.  Mais  nous  avons  déjà  fait  remarquer  (n»  54,  2',  rem.  2; 
que  la  persistance  de  a  post-ton.  dans  le  second  cas,  au  lieu  de  son  remplacement  par  i, 
parait  être  un  indice  de  cette  formation. 

(3)  Dans  ruga  il  s'agit  de  g  et  non  de  c,  mais  ces  deux  formes  de  la  gutturale  se 
comportent  de  même,  et  leur  réunion  évite  des  divisions  qu'on  pousserait  à  l'infini. 

(4)  Avant  de  tomber,  c  était  passé  à  g.  Nec  tinum  =  neguns  (V,  p.  44.  1.  20); 
secundum  =  segont  (Id.,  69  1.  Vh\  Saucona  =.  Saogona ;  mais  on  trouve  à  la  posi- 
ton, looum  =  lues,  lua  (V,  40,  l.  14,  16),  focum  =  fua  (Ibid.,  51,  1.  25). 


Digitized  by 


Google 


LXXVIII  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  MÉDTALES  ISOLÉES 

130.  C  palatal  (=  k  dans  ke,  ki)  =  S  douce  (=  Z)  : 

Licere  =  leizi,  loisir  Placere  =  plais!  Vicinum  =  vaizin 

Rem,  1.  —  Cette  transformation  ne  s*est  pas  accomplie  sans  affecter  parfois  les 
voyelles  qui  précèdent  ou  qui  suivent  (v.  23,  etc.). 

2.  —  Lorsque  G  palatal  est  suivi  de  e  ou  i  en  hiatus,  il  se  transforme  en  S  dure 
(=SS): 

Ericionem  =  urisson  Glacia  =  liassi  Limacia  =  lumassi 


131.  QW  (=  Qit  des  classiques).  —  Q  tombe  : 

Se(q)were  =  sioure  Se(q)wit  =  a  siou(t; 

Rem.  —  Encore  bien  que  cet  exemple  soit  unique,  il  me  parait  caractériser  la  for- 
mation. iEquare  =  aigô,  ajuster,  arranger,  est  provençal.  Aqwa  =  aigui  est  d'orig. 
provenç.,  si  d'ailleurs  il  ne  faut  pas  lire  acqua,  forme  dont  il  y  a  au  moins  un  exemple; 
disliqware  =  délingué,  décliner,  est  d'origine  méridionale  (1). 


182.  G  vélaire  (=  g  dans  ga,  go,  gu),  avant  ou  après  la  tonique  et 
devant  A  est  tombé,  puis  un  yotte  a  été  inséré  (2)  : 

Ligare  =  leyî  Rigarium  =  rayî,  sillon  Plaga  =  plaie 

Rem.  1.  —  Dans  ru(g)a  =  rua,  rue,  G  vélaire  est  tombé,  non  parce  qu'il  était 
précédé  de  u,  car  buga  n'a  pas  fait  bua,  mais  buya,  mais  parce  que  l'accent  s'est  porté 
sur  la  2*  voyelle. 

2.  —  G  vélaire  persiste  dans  quelques  mots  empruntés  au  provençal,  comme  biga  = 
biga,  mât.  Dans  paganum  =  pacan,  rustre,  g  est  même  remonté  à  c. 


138.  G  vélaire,  avant  ou  après  la  tonique  et  devant  0,  U,  tombe  : 

La(g)ona  =  lôna,  lagune  Tiigusta  =  liuta,  sauterelle 

Sao(g)onna  =  Sôna,  Saône  (8;  Tri(g)untium  =  Trion,  nom  de  lieu  (4) 

Te(g)ula  =tioula,  tuile 

(1)  En  vieux  lyonn.  on  trouve  m  seqmentem.  t=:  ensegont  (X,  p.  21,  1.  12^;  e7i 
seouant  (XVI,  p.  23,  1.  18);  enseguenl  (XIV,  p.  398,1.  0),  qui  est  le  parlic.  de  syegre 
(XX,  p.  464, 1.  30),  d'orig.  prov.  et  qui  existe  encore  sous  la  forme  sègre 

(2)  De  même*  en  vieux  lyonn.  Legalem  =  leal  (XXII,  art.  i8)  à  côlé  de  leial  (XXII, 
art.  85);  regalimen  =  ?'ei/a/mo  (XXII,  Conte7ition,^x'i,  I). 

(3)  De  même  en  vx  lyonn.  Saogon^ia  ■=.  Satifia. 

(4)  Triguntium,SLpp\\qnè  à  l'endroit,  existe  dans  un  texte  de  932  signalé  par  M.  Guigue. 
L'étymologie  a  été  contestée,  mais  elle  ne  fait  pas  doute,  comme  en  témoigne  l'ancienne 
forme  Trions  (XIV,  p.  101. 1.  38;  p.  184.  1.  18:  p.  398.  1.  0;  p.  899, 1.  i),  seule  usitée). 
On  objecte  que  Triguntium  aurait  dû  donner  Trioncyo,  et  on  cite  à  l'appui  quinque 
untias  =  quinconce.  Il  n'y  a  pas  parité.  Dans  once^  e  est  le  représentant  de  a  tonique, 
qui  doit  persister.  Triguntium,  au  contraire,  donne  Trions,  comme  Pentium 
a  donné  [SaintyPnns  (voy.  56,  2*).  On  assigne  en  place  à  Trion  l'étymologie 
trivium,  qui  est  iainossible,  v  ne  pouvant  tomber  ici,  et  trivium  ayant  d'ailleurs 
donné  treyvo. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,    CONSONNES  MEDIALES   ISOLÉES  LXXIX 

134.  G  palatal  (=  gue,  gui),  avant  ou  après  la  tonique  tombe  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 
Ma(g)istruni  =  maitro  Be(g)ina  =  reina  Tri(g)inti  s  trinta 

EXEMPLES   APRES  LA   TONIQUE 
Ma(g))idem  =  maie,  table  de  pressoir  Tii(g)arim  =  Leiii,  Loire 

Rem,  —  G  devant  l'hiatus  e,  t,  plus  voyelle  =  J  : 

Horologiuni  :=  relojo 

135.  T  tombe  soit  avant,  soit  après  la  tonique  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 

Cri(t)are  =  criô  Re(t)orta  =  riôta,  branche  flexible 

Ro(t)undum  =  ron  Po(i)ere  =  pouére  Sa(i)ullum  =  soû 

EXEMPLES  APRÈS  LA  TONIQUE 
Gornu(t)a  =  cornua,  espèce  de  benne 

Rem,  —  Entre  A  et  A,  E  et  A,  T  est  remplacé  par  un  yotte  pour  rompre  rhiatus 
(comp.  54,  rem.  1)  : 

Fa(t)a  =  fèya,  fée  Me(l)a  =  mèya,  meule  de  blé 

Fœ(t)a  =  fèya,  brobis  Se(t)a  =  sèya,  soie 


136.  T  médial,  avant  ou  après  la  tonique  =  D  dans  un  certain  nombre 
de  mots,  qui  ont  subi  des  influeftces  particulières  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 
Pietatem  =  pidi  (1)         Gatella  =  cadèla,  poulie  Mat(u)tinum  =  demadin 

De  fr.  pitance  =  pidanci,  manger  beaucoup  de  pain  avec  peu  de  viande. 

EXEMPLES  APRÈS  LA  TONIQUE 

Galata  =  calada,  parvis  Dies  samati  =  dissandro 

Po(t)ete  =  pouède(s)  Sequite  =  sioude(s) 

Rem.  —  Dans  pielalem,  l'hiatus  ie  a  pu  servir  d'entrave;  cadèla  est  d'origine  prov.; 
dans  mat(u)tinum,  la  chute  delà  protonique  a  forme  entrave;  calada  est  d'orig.  pr.  ; 
dans  dies  samati,  sequite,  la  chute  de  la  l^^  post-ton.  a  formé  entrave.  On  voit  que  la 
chute  de  t  est  bien  la  règle  générale. 


(1)  Vx  lyonn.  ptcfte  (V,  p.  58,  1.  17). 


Digitized  by 


Google 


LXXX  PHONETIQUE,   CONSONNES  MÉDIALES  ISOLEES 

137.  T  médial  a  persisté  dans  quelques  mots  qui  ont  aussi  subi  des 
influences  particulières  : 

Medietatem  =  maitia  Birota  =  bariola,  brouette 

Rem.  —  Medietatem  est  dans  les  conditions  de  pietatem;  bariota  a  été  formé  sur 
un  primitif  baro(t).  On  voit  que  ces  exemples  n'altèrent  pas  la  règle  générale. 


138.  T  médial  devant  un  E  ou  un  I  suivi  d'une  voyelle  : 

1'  Avant  la  tonique  il  =  Z  : 

Puteare  =  poïzt  Acutiare  =  èguizl  Pretiare  =  prizl 

Rem.  —  Menacl  a  été  formé  sur  minatia. 

2"  Après  la  tonique  il  =  S  dure  : 

Gratias  =  grôce(s)  Petia  =  pici 

Minatia  =  menaci  Platea  =  placi  (1) 

Exception  :  Minutia  =  menuze(8),  menues  parties  du  porc. 


139.  D  médial,  avant  et  après  la  tonique,  tombe  (2)  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 

Misfi(d)are  =  mefi6     No(d)are  =  nuô  Tci(d)entem  =trian(t),  outil 

Obe(d)ire  =  obayt        Die(d)omenica  =  diumaini  (3)    Me(d)ulla  =  mi61a 

EXEMPLES  APRÈS  LA   TONIQUE 

Ga(d)ere  =s  cheire  Po(d)ia  =  poya,  montée  Cre(d)o  =:  je  crèyo 

Rem,  —  D  médial,  avant  ou  après  la  tonique,  a  persisté  dans  un  certain  nombre  de 
mots,  dont  la  plupart  sont  importés  ou  dérivés  : 

Ad-badare  =  abad6,  ouvrir  De  ad-satum  =  s'assad6,  se  désaltérer 

Re-dimare  =  redimô,  diminuer  De  radere  =  radouôri,  instrument 

Claudum  =  Liaudo  Videte  =  yéde(s) 


139  bis.  V  D  avant  la  tonique  et  devant  E,  I,  plus  voyelle  =  J  : 
Âssediare  =  assigt,  placer  le  linge  dans  le  cuvier 

(1)  Cette  loi  est  aujourd'hui  plus  que  contestée.  Cia,  ttta  seuls  deviendraient  5^6  ;  tia 
deviendrait  ze,  lyonn.  si;  et  minutia  =  menuise,  pretiat  =  priset  donneraient  la 
règle.  M.  G.  Paris  explique  pièce  psiv  pecia,  masse  p^r  mattea;}A,  Suchier  explique 
place  par  plattea  sous  infl.  de  pîattus  ;  M.  Mussaûa  explique  menace  par  minacia^  et 
considère  grâce  comme  savant. 

(2)  Au  XIII»  s.  vadit  =  vait  (III,  art.  16  et  41). 

(3)  Vx  lyonn.  diomeini(\,  p.  2i,  1.  1). 


Digitized  by 


Google 


PHONétrQtJÊ,   CONJiJblfïNES   MÉDIALteS  ISOLÉES  LXKXI 

2*  Après  la  tonique  il  =  Z  : 

S^dfum  s=  sèzo,  sozo»  cu?ier 
Rem»  —  Cepîiidant  G)chard  donne  lu  forme  sujo. 


140.  P,  avanl  ou  après  la  tonique,  =  V  ; 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 

di'êpâi'e  =  treià  Aplcula  =  avilhl  Nepotein  =  neroa 

'         j    • .         • . 

EXEMPLES  APRES    LA  TONIQUE 

Sapa  =  sa  va  Propago  =  prova,  provin  Gupa  =  cuva 

Rem,  1.  —  P  médial  a  persisté  dans  quelques  mots  le  plus  souvent  importés: 

De  caput  =  capitô,  rencontrer         De  caput  =  capochi,  gros  clou 

De  caponem  =  capon,  poltron         Sinapia  ^  sen^pi,  grain  de  moutarde 

3.  —  Il  est  devenu  B  dans  un  petit  nombre  de  mots  aussi  importés  ; 

De  caput  =  cabuché,  plonger  De  caput  =  caboclii,  gros  clou 

3.  —  Il  est  tombé  dc^ns  un  certain  nombrç  de  mots,  apiès  0»  U  priiicipalemeq)  et  non 
sans  avoir  exercé  une  influence  sur  la  voyelle  0  qu'il  fait  passer  à  U  H): 

Coo(p)0rta  =  cuerla,  couverture  '    Goo(p)erculam  ^  cu^clio,  touvôf'cle 

0(p)erire  «B  uri  0(p)ertum  =  uer(t)  De  stu(p)aaaB  etuô,  faire  sécher 

Lu(p)a  =  loua  Sa<'p)iebaiTius  r=  sayan(8)      Sa(p)iunt  =  san(l) 


B 


141.  B  médial,  avant  ou  après  la  tonique  =  V  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 
Trepalium  =  travàr  Gaballum  =  chiviaa  IIabere=  aval 

EXEMPLES  APeès  LA  TONIQUE  ' 

Faba  =  Côva  Proba=  prova  Cantabam  =  chanlÔK^ 

142.  Mais  dans  le  voisinage  d'un  Ù,  B  médial  tombe,  soil  avant,  ôoll 
après  la  tonique  :  * 

Sa(b)ucarium  =  sayî,  sureau  Se(b)um  =  siou 

Cu(b)at  =z  eue  Ne(b)ula  =  niôla 

(1)  ËQ  réalité,  il  s'agit  d'un  phénomène  de  vocalisation,  et  ayant  de  se  vocaliser,  P  a 
passé  à  V.  D'où  OP  =  OV  --:  OU  =  U.  '  .  •  .  . 

11 


Digitized  by 


Google 


LXXXH  PHONÉTIQUE,  CONSONNES  MEDTALES  ISOLEES 

Rem.  —  B  médial  a  persiste  dans  habere  r=  avar;  patrimoine;  faba  =  ftiba  (à  côté 
de  fava);  tubare  =  tubô,  gonfler.  Il  est  tombé  dans  tabana  =  tauna,  non  sans  avoir 
peut*étre  exercé  une  influence  sur  le  passage  de  aa  à  au.  Il  a  régulièrement  passé  à  r, 
dans  tabanum  =  tavan. 


CONSONNES  CONTINUES  DENTALES 


S  douce  (=Z).  Pas  d'exemple;(l).  Je  ne  connais  pas  de  mot  latin,  avec 
2  médial,  qui  ait  donné  quelque  chose  en  patois. 


143.  S  dure  raédialej  avant  ou  après  la  tonique  =:  Z  (=  S  fr-ançaîse 
entre  deux  voyelles)  : 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 
Pausare  =  posô  Rasare  =  rasô  Gasetum  =:  Gba/.ay,  nom  de  lieu 

EXEMPLES  DU   SECOND  CAS 
Rosa  =p  ransa  Causa  =  chou8a  Curiosa  ~  quiriousa 

"  Rem.i,  —  Z  allemand. (qui  répond  à  une  articulation  (s  que  nous  ne  possédons 
pas)  =  Z  français  dans  éliza  =  alisa,  alise,  tairdis  qu*il  est  tombé  dtins  le  dérivé  alal, 
alisier. 

2.  —  s  médiale  devient  J  devant  e,  i  en  hiatus  : 

Faseola  =  fiajôla 

3.  —  S  médiale  avant  la  tonique  est  tombée  dans  bi(s)accia  =  biassi,  bosace  ;  fa(s)eola 
=  fa[v]iola. 


C0NS0NNP:S  CONTINUES  LABIALES 

144.  !•  F,  devenue:  médiale  par  préposition  d'Un  préfixe,  persiste  : 
De  foris  =  defor  Traforai-e  =  trafor6  Hefutare  =?  r^fubô 

2*  Dans  les  autres  cas,  elle  tombe  avant  la  tonique  : 

Bi(Oaceni  =  biai(s),  intelligence  Agri(Oollium  =^agrioulo<  houx     . 

Profuudum  =  prail(d)  (2)  TrifpUium  =  trioulo^  trèfle 

(1)  S  médiale  en  latin  était  dure,  et  rosa  se  prononçait  rossa. 

(2)  Avant  de  tomber  f  avait  passé  à  d  :  prôfunda,  profundia  =.  prevonda,  pre- 
vundia  (V,  p.  56,  1.  i5,  et  69, 1.  24). 


Digitized  by 


Google 


PHONBTIQUB,    CONSONNES  MEDIALBS  ISOLÉES  LJlJCXm 

3"  F  médiale,  avant  et  après  la  tonique,  ==  quelquefois  V  :     :   :     * 

Refundere  rs  rerondre  (1),  enfonir  ■  AgrifoUium  &$  agrevoti 

Sanctum  SteDhanum  =  SanteliéTO 


145.  !•  V  médial  persiste  le  plus  souvent  avant  et  après  la  tonique  : 

Leyare  =  lev6         Avena  =  aTëna  Pavonem  =  pavon 

2*  Dans  le  voisinage  de  0,  U,  il  tombe  : 

Pa(v)orem  =  pou  Cla(v)um  =  cliou  Ju(v)eDem  =  juéno 

3'  Il  peut  même  arriver  qu'il  tombe  entre  d'autres  voyelles  : 
Ri(v)ale  =  rian,  ruisseau 

UQUIDES 

146.  1*  R  persiste  généralenient  avant  et  après  la  tonique  ; 

EXEMPLES  AVANT. LA.  TONIQUE 
Kricionem  =  urisson  Scunolum  =  acuéroa  Opeiire  =  uri 

EXEMPLES  APRÈS  LA   TONIQUE 
Aura  =s  ora  Avarum  =  avaro  Materia  =  mayiri,  chêne  étronclié 

2*  R  médiale,  avant  ou  après  la  tonique,  devient  quelquefois  L  : 
De  gyrare  =  gilèta,  giroueUe  Cara  =  cala,  mine 

3*»  Il  arrive  même  que  R  médiale  devient  Z  : 
Pr.  cirampa  =  cezampa,  bise  violente 

147.  1"  L  médiale  persiste  le  plus  souvent  avant  et  après  la  tonique  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 
Galare  s  calô,  glisser     Admolare  =  amolô,  aiguiser     Golacula  =  coldgni 

EXEMPLES   APRES   LA   TONIQUE 
Bila  =  bila  Pila  =  pila,  colonne  Folia  =  folia 

2*  L  médiale  se  change  quelquefois  en  R  : 

Ad-bajulare  =  abari,  élever  des  petits  oiseaux 

De  solem  =  se  sorèlhl,  se  chauffer  au  soleil        De  curlile  =  courterola,  courtillière 

(1)  Nous  avons  dit  à  144  que,  dans  les  composés  par  voie  de  préfixe,  Vf  initiale  du 
simple  persiste;  pourtant  elle  est  quelquefois  traitée  comme  médiale.  Gela  se  rencontre 
aussi  dans  le  français. 


Digitized  by 


Google 


LXKXIV  PHQNBTIQUB^   CONSON'NES  MRDIALBS  1S0LBB8 

3"  L  médi^le  se  change  quelquefois  en  N  : 

Oalare  =  canô,  glisser  (sens  actif)  Melancholia  =  malincognie,  état  maladif 

Umbuliculum  =  amboun!,  nombril 

4®  L  médiale  post-tonique  tombe  quelquefois  (1)  : 

Mespilum  =  népio  Mola  =  moya,  tourbillon  d'eau    . 

Rem,  —  L  médiale  insère  parfois  une  R  ehtre  elle  et  la  voyelle  qui  la  précède  : 
Buccalem  =  boucharla,  barbuquet  Boscalem  :=  pocherlai  fauvette 


NASALES 
148.  N,  avant  et  après  la  tonique  persiste  : 

EXEMPLES  AVAKT  LA   TONIQUE 

Anilia  =  anilhi,  béquiUe       Sonare  =  sonô,  appeler         Ganioum  =  chanla, 

[désagt-éâble 

EXEMPLES  APRÈS  LA  TONIQUE 
Tina  &=  tlna  Avena  =  avena  Rana  s  rana,  salamandre 

Rem,  1.  —  N  =  R  dans  venenum  =i  vérin,  maladie  contagieuse. 

2.  —  N  s'est  mouillée  dans  tous  les  dérives  de  canem  (probablem  par  Tit.  cagna, 
cbienne)  :  cagni,  paresse;  cagui,  rabrouer;  cagnar(d),  coin  au  soleil. 

3.  —  N  se  mouille  toujours  quand  elle  est  suivie  de  ea,  ta  : 

Campaneas  =  champagne(s)j  pâturages     Castanea  =  chotagni     Iranea  =  iragne 

4.  —  Nous  avons  déjà  expliqué,  page  Lxir,  que  dans  toute  la  région  de  Morn., 
River.,  R.-de-G.,  Yzer.,  N  se  mouille  devant  I.  Ainsi  tarminô,  terminer,  à  côté  de 
tarmigni  ;  degrenô,  dëgrainer,  à  côté  de  gragnt,  grenier,  etc. 


149.  M,  avant  et  après  la  tonique,  persiste  : 

EXEMPLES  DU   PREMIER  CAS 
Amicum  =  ami         Cremare  =  crimô         Ramaticare  =  ramagf ,  faire  du  boucan 

EXEMPLES    DU    SECOND    CAS 
Poma  =  ponma,  pomme  Rama  s  rama,  branchage  pour  les  pois 

(1)  Je  suis  obligé  de  laisser  subsister  ce  paragraphe,  parce  que  le  Dictionnaire  y 
renvoie,  mais  depuis  qu'il  a  èié  écrit,  j*en  ai  reconnu  Tinexactitude.  Népio  n'est  pas 
mespilum,  mais  mespum  ;  et  moya  n'est  pas  mola,  mais  mo(t)a,  substant.  verb  de 
motare.  De  même  en  vieux  lyonn.  /  médiale  ne  tombe  jamais. 


Digitized  by 


Google 


PHONBTIQUB,   CONSONNES  MEDIALRS  DOUBLES  LXXXV 


CONSONNES  DOUBLES 


En  latin  elles  sont  médiales. 

Ces  médiales  en  latin  restent  médiales  en  patois  ou  deviennent  finales. 
Nous  allons  examiner  les  deux  cas. 


CONSONNES  DOUBLES,  MÉDIALES  EN  LATIN,  FINALES 

EN  PATOIS 

Je  ne  connais  d'exemple  que  pour  CC,  SS,  RR,  LL. 

150.  CC  tombe  : 

Be(cc(um)  =  bè  Sa(cc(um)  =  sa 

151.  SS  se  réduit  à  S  dans  Torthographe  des  patoisants  et  tombe  dans 
la  prononciation  : 

Pas(8um)  =  pô(s)  Bas(sum)  =  bô(s)  Clas(8icuin)  =  clia(8),  glas 

Rem,  —  Celle  S  =  R  dans  clas(sicum)  =  cliôr;  et 'à  Villefr.  dans  os(sum)  =  our. 

152.  RR  se  réduit  à  R  et  se  prononce  : 

Fer(rum)  =  fàr  Car(rus)  =  chôr 

153.  LL  se  réduit  à  L,  et  se  vocalise  après  A,  0,  U  ; 
Gabal(lum)  =:  chiviau  Fol(lum)  s=  fou  Salul(lum)  =  soû 

Rem,  —  LL  réduit  à  L,  au  lieu  de  se  vocaliser,  est  devenue  R   dans  col(lani) 
=  cor. 

CONSONNES  DOUBLES,  MÉDIALES  EN  LATIN,  MÉDIALES 

EN  PATOIS 

EXPLOSIVE^ 
J64.  CC  =^  CH  devant  A  : 

Vacca  =  vachi  Bocca  =  bochi  Sacca  =  sachi,  grand  sac 


Digitized  by 


Google 


LXXXVI  PHONETIQUE,   CONSONNES  MBDULES  POUBLBS 

J55.  TT  se  réduisent  à  T  dans  la  prononciation,  mais  elles  ont  pour 
caractère  de  marquer  d'un  son  bref  la  voyelle  qui  précède  : 

Gatta  =  chàta         Clavitta  =  cliavéla-,  vrille         Plalta  =  plàta,  bateau  à  laver 

Rem,  —  TT  =  quelquefois  SS  par  quelque  fait  obscur  de  morphologie  : 

De  battre  =  battacula  et  bassacula,  culbute  Butta  =  botta  et  bossi,  sorte 

[de  tonneau 
De  gamba  =  chambolta  (1)  et  chambossi,  limon  de  charrue 

Dans  ces  ex.  bassacula  pourrait  être  influence  par  bas  et  bossi  pourrait  venir  de 
ail.  busse.  Mais  je  ne  vois  pas  d'explication  pour  chambossi.  En  tous  cas,  l'origine 
première  est  évidemment  commune  (2). 


156.  PP  persiste  : 

Vha.  krippea  =  crépi,  crpclie 


CONTINUES  - 

157.  SS  persistent,  en  allongeant  la  voyelle  qui  précède,  lorsqu'elle 
est  tonique  : 

De  passum  =  je  pôsso  Bassa  s  bôssi  Tassa  =  tôssi 

Bessenacum  =:Bessenay 

Rem.  1.  —  De  môme  que  CH  est  devenu  quelquefois  SS,  de  môme  SS  est  devenu GH 
dans  vpr.  cabussar  =  cabuché,  plonger. 

2,  —  SS  a  pass^  à  la  douce  dans  de  paresse  s:  s'apralsi,  faire  le  paresseux. 


LIQUIDES 

168.  RR  se  réduisent  à  R  dans  la  prononciation  ; 

f  ■  t '  ..... 

Marra  =  mara,  pioche         Serra  =  sera,  scie         Ferratarius  =:  fèratî,  quincailler 
Rem.  —  RR  post-ton.  intercale  parfois  un  D  : 

Currere  =  codre  Fer(e)re  =  tierdre,  frapper 

159.  LL  se  réduisent  à  L  dans  la  prononciation  : 

Folla  s=  fôla  Caballa  =  cavala  Gallina  ==  jalèna 

Rem.  —  LL  persistent  en  se  prononçant  mouillées  devant  yotte  : 
MoUiare  =  molhî,  pleuvoir 

(1)  Chamhotta  répond  au  français  jamhetle. 

(2)  Comparez  nlddam  =  Tattique  TrÀarrw;  tocto-w  =  Tattique  Tarrw, 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUR,   CONSONNES  MKDIALES   GROUPÉES  PAR  DEUX     LXXXVII 


NASALES 

160.  NN  se  réduisent  à  N  dans  la  prononciation,  mais  elles  ont  pour 
caractère  de  marquer  d'un  son  bref  la  voyelle  qui  précède  : 

Canna  =  càna,  roseau  Personna=3  parsôna  , 

Rem.  —  NN  n*a  pas  rendu  bref  (au  conlraire)  A  dans  Johann  a  =  Jôna,  mais  cela 
tient  au  contact  de  O  initial  :  Jo(h)anna. 


CONSONNES  MÉDIALÈS  GROUPÉES  PAR  DEUX 


161.  EXPLOSIVE  GROUPÉE  AVEC  EXPLOSIVE. 

La  loi  générale,  soit  avant,  soit  après  la  tonique,  est  que  la  première 
tombe  dans  la  prononciation  et  que  la  seconde  persiste,  intacte  ou 
modifiée.  Mais  lorsque  la  première  est  une  gutturale,  elle  se  diphtongue 
le  plus  souvent  avec  la  voyelle  qui  la  précède. 

Il  ne  paraît  pas,  dans  la  majorité  des  cas,  y  avoir  de  différence  dans 
le  traitement  lorsque  le  groupe  est  latin  ou  lorsqu'il  est  seulement  formé 
en  patois  par  la  chute  d*une  cofisonne  intermédiaire.  Mais  cette  loi  souffre 
des  exceptions. 

CT,  CD,  avant  ou  après  la  tonique,  changent  le  plus  souvent  Ç  en 
yotte,  qui  se  diphtongue  avec  la  voyelle  précédente,  et  conservent  la 
dentale  (1)  : 

EXEMPLES  AVEC  LE  GROUPE  EN  LATIN 
Âfiectare  sr  afeiti,  cribler       Facla  =  faita       De  coctare  =  à  la.ooili,  à  la  hâte 

EXEMPLES  AVEC  LE  GROUPE   EN  PATOIS 

Explic(i)tare  =  apleitô,  atteler  Luc(i)dare  =  aluidi,  faire  des  éclairs 

Rem.  —  Si  le  groupe  CT  est  de  formation  romane,  il  arrive  quelquefois  que  T  8*adoucit 
en  D  : 

Plac(i)tare  =  plaldi  De  voc(i)tum  =  vonôdi,  vider  (*2). 


(1)  De  même  en  vin.  Fadas  =  faytes  (V,  p.  40,  1. 21);  deleciare  =  deleitier  (Id.,  39, 
1.  5);  frticta  =  fruyti  (VIII,  art.  8);  coda  î=  coiti  (XXI f,  art.  76). 

(2)  De  même  en  vin.  Cogitavit  =  cuydiet  (V,  p.  54, 1.  13);  ad-placUare  =  apleydeer 
(XX,  463.1.40). 


Digitized  by 


Google 


LX XX VIII      PHONliTIQUE,   CONSONNES  MEDIALES  GROUPEES   PAU  DEUX 

2'  CT,  avant  ou  après  la  tonique  =  quelquefois  CH  (sans  doute  par 
métathèse  en  TCj  ;  CD  devient  J  : 

Pacta  =  paclii  (1,\  marché  Ad-spectare  =  apincbt  (2),  guetter 

Impactare  =  impacht  Coactare  =  cachl  .  FI4(i)ca  =  feigi,  foie 

3*  CT  devant  E  ou  I  suivi  d'une  voyelle  =  SS  : 

Lectionem  =  lission  Goctionem  =:  cosson,  brûlure  par  gelée 

4"  GD  avant  la  tonique.    —    G   devient  yotte  et  se   diphtongue; 
D  persiste.  —  Après  la  tonique,  D  toiribe  : 

EXEMPLE  DU  PREMIER  CAS 

Mag(i)darium  =:  maidl  (3),  table  de  pressoir 

EXEMPLE  DU  SECOND  CAS 
Mag(i)dem  =  maye,  table  de  pressoir 

5*  TC,  TG,  DC  avant  ou  après  la  tonique  et  devant  A  :  la  dentale 
tombe  et  la  gutturale  se  change  en  J  ou  CH  : 

EXEMPLES    DU  PREMIER  CAS 

Ablat(i)gare  =  ablagt,  ravager  Fod(i)care  =  fougl.  labourer 

Jud(i]care  »  jugi  Rad(i)ca  «=  ragi 

EXEMPLES  DU   SECOND   CAS 
Pred(i)care  =  pralchl  Perl(i)ca  =  parchi 

Rem,  —  Certain  villages  de  la  montagne  disent  partchi,  mais  ici  i  ne  représente 
pas  le  T  de  pertica.  Il  est  simplement  le  fait  d'une  prononciation  particulière  de  il 
devant  I  (v.  p.  lxii). 

2.  -»  Le  suffixe  aticum  a  donné  ajo,  sans  qu*on  puisse  l'expliquer  par  at(i)cum, 
car  c  devant  u  =  À  ou  ^.  Il  faut  donc  admettre  ati(c)um,  où  tium  ne  s^est  pas  com- 
porté comme  la  finale  latine  tium^  laquelle  a  donné  s  dans  solatium  =  sola(s)  (voy. 
58,  2«)  (5).  Dans  ati(c)um  il  y  a  eu  consonniflcalion  de  l't,  d'où  atjo,  ajo.  On  comprend 
d*ailleurs  facilement  que  tium,  de  formation  romane,  ne  se  soit  pas  comporté  comme 
le  tium  originaire  du  latin.  Quoi  qu'il  en  soit, 

Villati(c)um  =  vilajo  Missati(c)um  =s  messajo,  domestique 

Hibernuli(c)um  =  vernoge,  frais,  humide 

(1)  Au  XIV  s.  pag  (XV,  p.  9,  1.  12). 

(2)  Gomp.  vpr.  expinctar,  pr.  espinga,  môme  sens. 

(3)  Voir  le  Dictionnaire  au  mot  ramadi. 

(4)  Voir  le  Dictionnaire  au  mot  ramadi. 

(5)  De  même  le  suffixe  arius  ne  s'est  pas  comporté  comme  aritis  de  varias. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,  CONSONNES  MEDIALES  GROUPEES  PAR  DEUX  LXXXIX 

6*  PT,  BT,  DT.  Il  faut  distinguer  : 

a)  Si  le  groupe  est  latin,  P  ou  B  ou  D  tombe  et  T  persiste  : 

Gaptivum  =  chett,  chétif  Rupta:=  rota  Sabta=  sota,  fossé 

De  crnpta  =  crùtn,  grêlé  De  redd(i)tum  =5  arrentô,  louer  à  bail  (1) 

b)  Le  groupe  est-il  patois?  —  Alors  avant  la  tonique,  P  tombe  et 
T  persiste  : 

Cap(i)tale  =  chatôr,  cheptel    Dub(i)tare  =  dotô    Accub(i)tare  =  côtô,  mettre  une  cale 

c)  Et  après  la  tonique  (toujours  dans  le  groupe  patois)  P  ou  B  tombe 
et  T  devient  D  : 

Cab(i)tum  =  côdo        Maie  bab(i)tum  r=rmalado        Sap(i)ti8  =  8aide(8) 

Rem,  1 .  —  De  même,  dans  le  groupe  PD,  P  tombe  et  D  persiste  : 

Sap(i)dum  sr  sado  Vap(i)dosum  =  vadoa,  fade 

2.  —  PT  =  FT  dans 

Cap(i)tana  =  cheftaine,  sœur  directrice  aux  hospices 

De  captare  =  inchaftô,  inchafetô,  donner  un  croc  en  jambe 

T  BH  se  comporte  comme  B  médial  et  comme  lui  se  change  en  V  (2)  : 
Âbhorrere  as  aveurl,  prendre  à  répugnance 

162.  EXPLOSIVE  GROUPÉE  AVEC  CONTINUE. 

!•  es  (=  X  des  classiques)  =  ISS,  ou  devient  CH  par  métatlièse, 
devant  A  (3)  : 

EXEMPLES    DU  PREMIER  CAS 

Fraxinum  =  fraissi    Coxa  =  couéssi  Texare  =  tissl 

Lixivum  =  lissiô  Vaxellum = vaissian    Maxilla  =  maissèla,  dent  màchelière 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 
Laxare  (lascare)  =  lôchl  Taxare  (tascare)  =  tôchî 

2^  TZ,  PS.  —  L'explosive  tombe,  la  continue  persiste  : 

De  ail.  butze  =  abosô,  s'écrouler  Capsiculum  =  chanseï,  cercueil 

(i)  De  même  en  vin.  CapUvus  sschaitis  (V,  p.  79,  1. 16);  ruptas  =  rotes  (XV,  p.  10. 
1.  25). 

(2)  On  sait  d'ailleurs  que  H,  primitivement  gutturale,  avait  cessé  d^exister  dans  le  bas 
latin. 

(3)  Celle  métathèse  est  aujourd'hui  discutée.  Elle  n'est  pas  admise  par  M  Grœber 
et  M.  Bœhmer.  On  explique  lâcher  par  laxicare\  tâcher  par  taxicare.  J'ai  conservé 
le  paragraphe  primitif  parce  que  le  Dictionnaire  y  renvoie  à  plusieurs  reprises,  mais 
l'opinion  de  M.  Bœhmer  et  de  M.  Grœber  me  parait  très  fondée. 

12 


Digitized  by 


Google 


XC  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  MÉDIAXES  GROUPÉES   PAR  DEUX 


EXPLOSIVE  GROUPÉE  AVEC  FRICATIVE 

163.  P,  plus  yotte  en  hiatus,  avant  ou  après  la  tonique,  tombe,  et 
Tyotle  devient  CH  ou  J  : 

Propium  =  prochi  De  sapiam  =  sachl  Pipionem  =:  pinjon 


164.  EXPLOSIVE  GROUPEE  AVEC  LIQUIDE. 

!•  CR.  —  Deux  traitements  : 

a)  Si  le  groupe  est  latin,  il  =  IGR  (I  se  diphtongue  avec  la  voyelle)  : 

Acrem  =  algro  Macrum  =  maigro 

b)  Si  le  groupe  est  roman,  C  devient  I  et  R  persiste  : 

Trac(e)re  =  traire  Fac(e)re  =  faire 

Duc(e)re  =  luire  Adduc(e)re  =  aduire  (1) 

2*  CL,  GL.  —  Divers  traitements. 
a)  Avant  la  tonique  : 

Si  le  groupe  est  latin,  il  se  comporte  comme  à  Tinitiale  (v.  107  et  109) 
et  persiste  en  insérant  un  yotte  après  L  : 

D*ex-clarare  =  écliôr  In  clausum  =  incliou 

Re-glenare  =  reglianô  Reclusum  =  Recliou,  nom  de  lieu  (2) 

Si  le  groupe  est  roman  et  précédé  de  A  ou  U,  il  =  CL  et  insère  un 
yotte  : 

In-lrag(u)lare  =  intracliô,  enchevêtrer       Jug(u)lare  =  joucli6 
Bi8-oc{u)lare  =  bicliô,  loueher 

Rem,  —  Cependant  on  a  ci'amac(u)lare  =  cramalht,  écraser;  carbuc(u)lare  =  car- 
bolhl,  écraser,  où  CL  s'est  comporté  comme  lorsqu'il  est  précédé  de  I. 

Si  le  groupe  est  précédé  de  I,  il  =  LH  (3)  : 

Fod:c(u)lare  =  folhl,  fouiller  Fraudic(u)lare  =  froulhl,  tricher 


(1)  C'est  par  erreur  qu'au  mot  ancrt^  le  Dictionnaire  renvoie  à  164,  !•,  rem.  Voyez 
181  2-. 

(2)  On  remarquera  que  dans  tous  ces  mots  CL  est  simplement  précédé  d'un  préfixe. 

(3)  Dans  la  graphie  des  pièces  paloises,  cette  La  été  doublée  pour  indiquer,  quoique 
imparfaitement,  le  mouillement. 


Digitized  by 


Google 


PHONBTIQUB,   CONSONNES  MÉDIALBS  GROUPEES  PAR  DEUX  XCI 

b)  Après  la  tonique  : 

Devant  A,  le  groupe  CL  laisse  tomber  C  et  conserve  L  en  la  mouil- 
lant (2}  : 

Mac(u)]a  =r  môlhi,  câble  Apic(u)la  =  avilhi  Auric(u)la  =  oiilhl 

Vitic(u)la  =  vilhi,  vrille  de  vigne    Peduc(u)la  =  pedolhi,  poux 

Rem,  ~  On  a  joaclia,  corde  du  joug,  mais  on  peut  Texpliquer,  de  préférence  à 
jag(u)la,  par  un  substant.  verbal  de  joucliô. 

Devant  U,  le  groupe  CL  persiste  en  insérant  un  yotte  : 
Demonac(u)lum  =  demoniôclo        Gramac(u)lum  =  cumaclio,  crémaillère  (1) 

c)  La  finale  tonique  LHI  s'altère  en  YL  Cette  transformation  est 
récente. 

Cramaculare  =  cramalhi,  puis  cramayl 
Bis-fodiculare  =  barfolht,  puis  barfoyi 

3*  TR,  avant  et  après  la  tonique,  conserve  R  et  laisse  tomber  T ,  peu 
importe  que  le  groupe  soit  latin  ou  patois  : 

Aratrum  =  arôro,  charrue  Ad-retrarium  =  arl  Nutrire  =  norî 

Patrem  =  pore  Vitrum  =  vèro  Excut(e)re  =  écoure,  battre  le  blé 

Rem,  —  TR=  DR  dans  cinct(tt)ra  =  vin.  cendre,  cintre. 
4*  TL  se  change  en  CL  et  se  comporte  comme  lui  ; 

Busl(u)lare  =  bucliô,  griller  le  poil  d'un  porc  Sit(u)la  =  silhi 

Bot(u)lae  =  bôlhe(s),  puis  bôye(s) 

5*  DR,  DL.  —  DR,  après  la  tonique,  laisse  tomber  la  dentale  et  con- 
serve la  liquide;  DL  devient  DR  : 

Gred(e)ro  =  crére         Quadrum  =  quôro,  angle  Amygd(a)]a  =•  amandra 

Rem,  —  DR  =  TR  dans  chatrilhon  =  chadrilhon,  chardonneret,  de  carduum. 

6*  PR,  avant  et  après  la  tonique.  P  se  vocalise  (après  avoir  passé 
par  V)  (2)  ;  R  persiste  : 

Apricum  =  ouri,  abri  Goop(e)rire  =  curî  Junep(e)rarium  =  janurl 

Lep(o)ra  =  liura  Op(e)ra  =  oura  Wip(e)ra  =  jurio,  givre 

T  PL,  avant  et  après  la  tonique  =  BL  : 

în-cop(u)lare  =  incoblô,  entraver         Duplum  =  droblo         Stup(u)la  =  étroblo 

(1)  De  môme  en  vieux  lyonn.  saeculum  =  seglo  (V,  p.  39, 1.  10,  et  VI,  p.  419.  1.  7). 

(2)  La  vocalisation  de  lu  labiale  est  moderne.  Ainsi,  en  vieux  lyonn.  cuprum  = 
covro  (II,  p.  6,  1.  40),  cotivro,  cuvro  (XXII,  art.  28),  et  au  xv«  s.  coyvre  (1458-1466, 
Inv.  de  la  C);  opéra  =  ovra  (XV,  p.  1.3,  1.  1)'.  Pourtant  M.  Vachez  donne  la  forme 
oura  (XVI,  p.  23, 1.  15,  et  p.  31, 1.  11  et  15^,  mais  ce  n'est  peut-être  qu'une  lecture  dif- 
férente lie  ovra. 


Digitized  by 


Google 


XCn  PHONÉTIQUE,   CONSONNES  MliDlÂLBS  GROUPEES  PAR  DEUX 

8*  BR.  —  B  se  vocalise,  R  persiste  (1)  : 

Labra  =  loura  Ad-bib(e)rare  =  abeurô  Februarium  =  furl 

Rem,  1.  —  Abeurô  s'est  réduit  à  aberô. 

2.  —  BR  =  quelquefois  BL  : 

Gribrum  =  cœuble,  crible 

3.  —  PR,  BR  après  1  se  changent  souvent  en  VR  : 

Ebriaca  =  ivraya,  ivresse  Librum  =s  livro 

9*  BL.  —  Deux  traitements  : 

a)  Il  persiste  avant  et  après  la  tonique  : 

Sib{i)lare  =  sublô  Neb(u)la  =  gnibla  Tab(u)la  =  Irôbla 

b)  Quelquefois  BL  vocalise  B,  et  L  persiste  : 

Neb(u)la  =  niôla  Gatab(u)]um  s  cadaala,  cabane 

Tab(u)lata  =  taulô,  réunion  de  personnes 

Rem.,  —  BL  =  PR  dans  aU.  sab(e)l  =  sôpro,  sabre. 


165.  EXPLOSIVE  GROUPÉE  AVEC  NASALE. 
!•  CN,  GN.  —  Deux  traitements. 

a)  Si  le  groupe  est  latin,  il  persiste  : 

Agnella  =  gnèla,  jeune  brebis 

b)  Si  lé  groupe  est  patois,  la  gutturale  se  transforme  en  yotte  et  se 
diphtongue  avec  la  voyelle  précédente,  N  persiste  : 

Fag(i)na  =  faina,  fouine 
2°  DN,  BN  laissent  tomber  Texplosive,  la  nasale  persiste  : 

Rbod(a)nun[i  =  Rôno  Incud(i)nem  =  incliôuo 

166.  CONTINUE  GROUPÉE  AVEC  EXPLOSIVE. 

1*  se.  —  Deux  trailenienls. 

a)  S'il  n*y  a  pas  métathèse,  S  tombe,  C  se  comporte  comme  initiale 
fvoy.  84,  87,  88)  : 

Mu(s)ca  =  mocbi  Au(s)cultare  =  acolô  Ne(s)cia  =  niéci,  soUe 

(1)  En  vxlyonn.  Fabrem  =•  Fauvro  (III,  art.  1  et  U). 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   CONSONNKS  MEDIALES   GROUPÉES  PAR  DEUX         XCUI 

h)  SHl  y  a  raétathèse,  il  =  ISS: 

Rusca  =  (rucsa)  =  brissa,  ruche  Besca  (becsa).  =  bèssa,  bèchc 

Ascitta  (acsilta)  =  aisséla,  herminette 

2*  ST,  SP,  avant  ou  après  la  tonique,  laissent  tomber  S.  La  seconde 
consonne  se  comporte  comme  initiale  (voy.  93  et  95)  : 

EXEMPLES  AVANT  LA  TONIQUE 

Gaslanea  =  chôtagne  Haustare  =  outô 

Hastellarium  =  ôtelî  Raspare  =  rôpô 

EXEMPLES  APRÈS  LA  TONIQUE 

Ligusta  =  liuta,  sauterelle  Tesia  =  téta 

Grista  =  créta,  crête  Mespum  =  nêpio,  nèûe 

Rem.  1.  —  ST  suivi  de  l'hiatus  ea,  ia  =  SS  : 

Brustia  =  Les  Brosses,  nom  de  lieu 

2.  —  ST  a  persisté  dans  les  mots  suivants  : 

Fastarius  =  fusti  (1)  Grustarium  =  crustl,  croate  de  pain 

PasUnaca  =  paslonade  (2) 


CONTINUE  GROUPÉE  AVEC  CONTINUE 
Pas  d'exemple. 

167.  CONTINUE  GROUPÉE  AVEC  LIQUIDE. 

!•  SL  intercale  T,  puis  change  T  en  C,  et  enfin  S  tombe  et  CL  se 
mouille  : 

Ass(u)la  =  astla  =  ôclia,  frngment  de  bois 

2"  FR  persiste  : 

Nor.  nafr  =  niafra,  blessure 
Rem,  —  FL  post-ton.  se  réduit  parfois  à  F. 

De  conflare  =  à  regonfo,  en  surabondance 

3*  VL,  VR  vocalisent  V,  la  liquide  persiste  : 
Av{e)llanea  =  aulagni  Revlv(e)re  =  revioulo,  regain  Vivfe^re  =s  viure 


(1)  Toutefois  celte  forme  tend  à  être  remplacée  par  futt 

(2)  Je  crois  ce  mot  d'origine  provençale. 


Digitized  by 


Google 


XCIV  PHONÉTIQUE,   CONSONNliS  MEDIA  LES  GROUPÉES  PAR  DEUX 

168.  CONTINUE  GROUPÉE  AVEC  NASALE. 

SN,  SM  laissent  tomber  S  et  la  nasale  persiste  : 

As(i)num  =  ôno  (1)         EIeemos(i)na  =  armona         Gas(i)nutn  =  chôno 

Rem,  —  Cependant,  c'est  quelquefois  au  contraire  la  sifflante  qui  persiste  seule. 
Ga8(i)nuni  =  chôssi,  chêne 

De  même  pour  sifflante  et  liquide  . 

Gos(u)lum  =  cosse,  consul 

169.  FRICATIVE  GROUPÉE  AVEC  LIQUIDE. 

JL.  ~  J  tombe  non  sans  faire  sentir  son  action  sur  la  voyelle  qui  suit 
le  groupe)  et  L  devient  R  : 

Adbaj(u)lare  =  abarl,  élever  des  petits  oiseaux 

170.  LIQUIDE  GROUPÉE  AVEC  EXPLOSIVE. 

1*  RC,  RG,  RT.  —  R  persiste,  la  seconde  consonne  se  comporte 
comme  initiale  (v.  n"  84  et  suivants)  : 

Mercatum'=  marchî  Gircare  =  charchî  Arca  =  ôrchi,  coffre 

Demargas  niargagni,boue  tirante    Cnrlile  =  curlf,  jardin 

Rem.  —  Dans  retorta  =»  riôta,  r  est  tombée  par  dissimilation. 

2*  a)  LC  devant  A.  —  L  se  vocalise  et  C  se  comporte  comme  initiale  : 
Galcare  =  chouchl       Balcha  =  bauchi,  fane       Vha.  walkan=  gouchl,  fouler 

Rem,  —  Cependant  quelquefois  L  se  change  en  R  : 

Cal  cari  a  =  charchiri,  tannerie  Fi  li  cari  a  =  fergiri,  fregiri 

b)  LC  devant  E,  I.  —  L  se  vocalise  et  C  devient  Z  ou  J  : 

Sal(i)cem  =  sauzi  Pul(i)cem  =:  puzi  Pull(i)cem  =  pouzio 

Fil(i)cem  =  fugi  ^ 

c)  LC  devant  E,  I  en  hiatus.  —  L  se  vocalise,  C  devient  SS  : 

Galceare  =  choussî  Galcearia  =  chaussii;i,  tannerie 

d)  LC  devant  O,  U.  -  L  devient  R,  C  persiste  : 

Galculare  =  carculô,  calculer  De  mal(e)cor  =  Se  marcourô,  se  tourmenter 

(1)  Cette  S  était  déjà  tombée  au  xm«  s.  Ashiata  =  ana  (II,  7,  passim). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,  CONSONNES  MEDIALES  GROUPÉES  PAR  DEUX     XCV 

3'  LG  devant  A.  —  L  tombe,  G  devient  J  : 

Bulga  ^  bogi,  sac 

4"  LT,  LP,  LB.  —  L  se  change  en  R  et  Texplosive  persiste  : 

Alteratum  =  arterô,  qui  a  soif  Raccolta  =  recorta,  récolte 

Palpa  s  porpa,  Tiande  charnue  Albespioum  =  arbepin 


171.  LIQUIDE  GROUPÉE  AVEC  CONTINUE. 

1'  RS,  RV  persistent  : 

Dorsa  =  dorsi,  cosse  De  servare  =  serra,  boutasse 

2*  LS,  LF,  LV,  précédés  de  A.  —  L  se  change  en  R  et  la  continue 
persiste  : 

Salsiacum  =  Sarcey,  nom  de  lieu  Cal(e)fare  =  charfô,  chauffer 

SelYat(i)cum  =  sarvajo,  sauvage  Malva  =  morve  (1). 

3""  Quand  le  groupe  est  précédé  de  0,  L  se  vocalise  et  la  continue 
persiste  : 

Pulsare  =  boiissô  (en  parlant  des  plantes) 


172.  LIQUIDE  GROUPÉE  AVEC  LIQUIDE. 

!•  RL  persiste  : 
Or(u)lae  =  orle(s),  tumeurs  sous  les  oreilles  Al.  kaemmerling  =  chamberlan 

2*  LR.  —  L  tombe;  R  persiste;  D  est  intercalé  : 
Mol(e)re  =  modre 

173.  LIQUIDE  GROUPÉE  AVEC  NASALE. 

!•  RN,  RM  persistent  : 
Garniacum  sa  Charnay       Ornum  =  orno,  frêne       Er(e)maria  =  armiri,  lieu  inculte 

2*  LN.  —  L  se  vocalise  ;  R  persiste  : 

Mol(i)naria  =  mouneirî,  meule 

Rem.  —  Cependant  N  a  passé  à  L  dans  le  suff.  erna.  On  a  piquerla,  chassie,  et 
picarloa(s),  à  côté  de  piquerna,  picarnou(s)  (2). 

(1)  Ce  phénomène  est  ancien.  On  trouve  selvaticina  =:  ser^asina;  selvaticas  = 
servages  (XXI F,  art.  49,  50  et  51). 

(2)  Comparez  l'inverse  dans  le  fr.  posterne^  de  posterula. 


Digitized  by 


Google 


XCVI  PHONETIQUE,   CONSONNES  MÉDIALES  GROUPÉES  PAR  DEUX 

3"  LM.  —  L  devient  R  et  M  persiste  : 

Âlmosna  =  armôna,  aumône  Balma  =:  bôrma,  coteau 

Palma  =  parma  Pulmonem  =  pormon  (1) 


174.  NASALE  GROUPÉE  AVEC  EXPLOSIVE. 

1*  NC,  NG.  —  N  tombe  dans  la  prononciation,  mais  persiste  dans  la 
graphie  en  nasalisant  la  voyelle  précédente;  G  se  comporte  comme 
initiale  : 

Conca  =  conchi,  bassin         Tranca  =  ironchi,  chêne  élêté    Man(i)cum  =  mango 
Die  domen(i)ca=rdimingi     Lingua  =  linga  Gengiva  =  gingiva 

2**  NT,  MT.  —  La  nasale  tombe  dans  la  prononciation,  mais  persiste 
dans  la  graphie,  en  nasalisant  la  voyelle  qui  la  précède.  Quant  à  T,  son 
sort  est  différent,  suivant  que  le  groupe  est  latin  ou  patois. 

a)  Dans  le  premier  cas,  il  persiste  : 

Cantare,  chantô       Manille  =  manti       Cantellum  =  chantiau,  morceau  de  pain 

Rem.  —  Cependant  lintem  =  linde,  œufs  de  poux. 

l)  Si  le  groupe  est  patois,  T  devient  D  : 

San(i)tatem  =  sandô  {2)        Dom(i)tare  =  dondô        Lim(i)tale  =  elindaa  (3),  seuil 

Rem.  —  Dans  die  sam(a)ti  =  dissandro,  la  transformation  régulière  s'est  accom- 
plie^ mais  de  plus  R  a  étë  intercalé  après  le  D. 

c)  Devant  E,  I  en  hiatus,  T  devient  SS  : 

Linteolum  =  linssion  Sementia  =  seminsi 

3*  ND  persiste  : 

Mandare  =  mindô  Vendimus  =  Yindon(s) 


175.  NASALE  GROUPÉE  AVEC  CONTINUE. 

NS  laisse  tomber  N;  S  =  Z  (4)  : 

Desce(n)sa  =  decizi,  descente  au  ûl  de  Teau  Pe(n)sare  =  peso 

(1)  Au  xiv«  s.  saîmonem  =  sarmon  (VII  bis,  p.  230,  art.  16)  ;  paîmas  =  parmes 
(V,  p.  52, 1.  6  et  10);  Balma  =  Barma  (XIII,  art.  23). 

(2)  De  même  en  vieux  lyonn.  sanitatem  =  sanda  (V,  p.  56,  1.  18). 

(3)  L'étymol.  limitale  me  semble  plus  vraisemblable  que  Tétym.  limitellum,  donnée 
au  Dictionnaire,  à  cause  de  l'analogie  avec  limitare  (voy.  élindau  au  Supplém.). 

(4)  De  môme  en  vicnx  lyonn.  Mensiones  =.  mesiuns  (X,  p.  17, 1.  10);  scx  mensus 
srjmnise;  mor7iantensis  =  mornanteysa,  mesure  de  grains. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,   CONSONNES  MBDIALES  GROUPEES  PA.U   DEUX  XCVH 


176.  NASALE  GROUPÉE  AVEC  LIQUIDE. 

1*  NR.  —  N  tombe  dans  là  prononciation  et  persiste  dans  la  graphie 
en  nasalisant  la  voyelle  qui  la  précède;  R  persiste  et  D  est  intercalé 
entre  N  et  R  : 

DiBhon(o)rare  =  desondrô,  défigurer     Gin(e)rem  =  cindre     Appon(ô)re  =  appondre 

2*  MR.  —  M  tombe  dans  la  prononciation  et  persiste  dans  la  graphie 
en  nasalisant  la  voyelle  précédente;  R  persiste,  et  B  est  intercalé  entre 
M  et  R  (1)  : 

Am(6)ria  =  ambro,  osier        Camm(a)rum  =  chambro        Gam(e)ra  =  chombra 

3*  ML.  —  à)  Avant  la  tonique,  M  tombe  dans  la  prononciation  et 
persiste  dans  la  graphie,  en  nasalisant  la  voyelle  qui  la  précède;  L  per- 
siste et  B  est  intercalé  entre  M  et  L  : 

Ad-8im(u)lare  =  assimblô  Trem(u)lare  =  trimblô 

b)  Après  la  tonique,  M  se  comporte  de  môme,  mais  L  tombe  : 
lD-sim(u)l  =s  îDsian  (2) 


177.  NASALE  GROUPÉE  AVEC  NASALE. 

r  MN.  --  M  tombe;  N  persiste  (3)  : 

Sem(i)nare  =  senô  Intam(i)nare  =r  intanô  Fem(i)na  =  fëna 

2*  NR  =  RM  dans  Tunique  exemple  que  je  connaisse  : 
An(i)ina  =  arma  (vieilli)  (4) 

Bem.  —  NR  a  inséré  D  dans  die  Ven(e)ris  =  divindro,  mais  on  trouve  en  vx  lyonn. 
la  forme  venredi  (lxxiv,  p.  4,  1.  1,  et  passim). 


(1)  Ce  traitement  existe  déjà  en  vieux  lyonn.  Caméra  =  chanbra  (V,  p.  7G,  1.  21); 
numeraios  s=  nonbras  (IV,  p.  407,  1.  38).  L'emploi  de  n  dans  ces  exemples  montre 
qu'à  la  fin  da  xni*  siècle,  la  nasalisation  était  déjà  accomplie. 

(2)  Lé  vieux  lyonn.  a  in-simul  =  ensemblo  (XIII,  art.  5).  C'est  peut-être  un  emprunt 
au  français. 

(3)  En  vieux  lyonn.  domina  =i  dona  (X,  p.  17, 1.  7). 

(4)  Anma  est  d'abord  devenu  aima,  puis  arma  (Voy.  173  3"). 

13 


Digitized  by 


Google 


I 

XCVni       PHONliTIQUB,   CONSONNES  MKDTALBS  GROUPÉES   PAR  TROIS 


CONSONNES  MÉDIÀLES 

GROUPÉES  PAR  TROIS 


La  tendance  générale  est  celle-ci  :  la  troisième  est  beaucoup  plus 
résistante  que  les  deux  autres,  et  la  première  est  plus  résistante  que  la 
deuxième.  Quand  la  première  ou  la  dernière  est  une  gutturale^  elle  tend 
à  affecter  les  voyelles  précédentes  ou  suivantes. 


178.        GROUPES  COMMENÇANT  PAR  UNE  EXPLOSIVE, 

r  CTL T  tombe;  G  tombe  en  mouillant  L  : 

Diict(i)Ie  =  dolhi,  douille 

2*  CTN.  —  G  tombe,  non  sans  affecter  la  voyelle  précédente  ;  T  tombe  ; 
N  persiste  devant  A,  0,  U  et  se  mouille  devant  E,  I  : 

Pect(i)naro  =  pinô  Pecl(i)nem  =  pîgno 

3«  GDL.  —  G  tombe  (1),;  D persiste;  L  devient  R  : 

Âmygd(a)lum  =  amandra  * 

4''  GNT.  —  G  se  diphtongue  avec  la  voyelle  précédente;  N  la  nasalise, 
T  devient  D  : 

Accogn(i)tare  =  accoindô,  caresser 

5*  PTM,  PSM.  —  Les  deux  premières  consonnes  tombent;  la  troi- 
sième persiste  : 

Sept(i)mana  =  semana  Metip8(i)mus  =  mémo 

6*  BRG  devant  A  post-tonique.  —  B  tombe  (2),  R  persiste,  G  se 
change  en  J  : 

In-fabr(ijcas  =  infôrge(s),  entrayes 


(1)  Il  n'y  a  pas  de  doute  que  G  ne  se  diphtonguàt  avec  la  Yoyelle  précédente  si  l'on 
avait  des  exemples  où  G  se  trouTàt  après  A,  £,  G. 

(2)  C'est  à  tort  que,  au  Dictionnaire,  au  mot  Infôrge(s)  j'ai  dit  que  B  se  vocalisait.  La 
marche  n'est  pas  infaurge(s)  inforges,  mais  inf&rge(s)  inf6rge(s),  comme  eii  témoigne 
en  lyonnais  la  rue  des  Farges,  et  le  prov.  farga. 


Digitized  by 


Google 


PHONETIQUE,  CONSONNES  MÉDIALES  GROUPÉES  PAR  TROIS         XClX 

179.        GROUPES  COMMENÇANT  PAR  UNE  CONTINUE. 

!•  SCR,  STR  =  TR  (1)  : 

Gre8c(e)re  =  creitre  Nasc(e)re  =  naître 

Fenestra  =fenélra  Monstrare  =  montrô 

2*  SCL,  STL  =  CL  et  insère  un  yotte  après  L  (2)  ; 

Mi8c(a)lata  =  meiclia,  mélange  pour  les  bestiaux         Ras(i)culare  =  rôcliô 
Masc(u)lum  =  môclio,  colique  néphrétique     Bust(u)lare  =  bucliô,  griller  le  poil 

Rem.  —  Bis  (o)c(u)lum  =  biclo  n'a  pas  inséré  d'yotte,  parce  que  ce  mot  est  pur  lyon- 
nais de  ville,  emprunté  au  français. 

3*  SQW  devant  U  =  K  : 

Qwisqwe  unus  =  chôcun 

4*  STC,  STG,  STM  laissent  d'abord  tomber  T,  puis  S,  dont  la  chute 
allonge  la  voyelle  précédente;  la  dernière  consonne  se  comporte 
comme  initiale  : 

Mas((i)car6  =  mdchi       Fast(i)gare  =  fôchl        D'est(i)mare  =  émo,  intelligence 

5*  STR  laisse  tomber  S  ;  TR  persiste  : 

Maie  astrutum  =:  môtru,  chétif        Nostrum  =  noiitro         Pastor  =  pôtro 

Rem.  —  Pourtant  on  trouve  pôstro  à  R.-de-G.  Gochard  le  donne  également.  C'est 
sans  doute  un  mot  forézien. 


180.  GROUPES  COMMENÇANT  PAR  UNE  LIQUIDE. 

r  RCR,  RTR,  RDR,  RDN,  RPR,  RBR.  —  La  première  consonne 
tombe,  les  autres  persistent  ; 

Die  Merc(u)ri8  =  dimëcro  Sort(e)re  =  sôire  Perd(e)re  =  padre 

Mord(e)re  =  modre         Ord(i)nem  =  odro       Surprensum  =  supré       Arb(o)r  =  ôbre 

2"  RCL  persiste  mais  il  insère  un  yotte  après  CL  : 
Oooperc(u)lum  — .  cuerclio,  couvercle 

3*  RTC.  —  T  tombe,  R  persiste;  C  se  comporte  comme  initiale  : 
Pert(i)ca  =  parchi,  perche  Gort(ijcem  =  corci,  écorce 

(1)  Inutile  de  dire  que  dans  SGR,  G  ne  devient  point  T,  mais  qne  c'est  celui-ci  qui  est 
intercalé  après  la  chute  de  G. 

(8)  Getie  insertion  de  yotte  est  récente.  Eu  vieux  lyonn.  masculum  =  maclo 
(XVII  bis,  p.  230,  art.  17).  Au  xvn«  s.  on  a  encore  reclamo  =  rasclamo  (XXXI,  l'«  part., 
y  ers  4d)  ras  iciiiatum  =  racla  (Id.  id.  v.  106). 


Digitized  by 


Google 


C  PHONETIQUIS,  CONSONNES  MEDIÂLES  GBOUPBBS  PAR  TROIS 

4"  RDL.  —  D  tombe,  les  autres  persistent  : 
Gucurd(u)la  =  corla,  citrouille  (1) 

5*  RMR.  —  Les  deux  premières  consonnes  tombent.  R  final  persiste 
avec  Hntercalation  d'un  B  au-devant  : 

Marm(o)r  =  môbre  (9),  marbre 

6^  LGR.  —  La  première  consonne  tombe;  les  deux  autres  persistent; 
Baig(a)ruin  =  bogre  Mal(e}gralutn  t=:  magrô,  malgré 

T  LTR.  —  L  se  vocalise  et  TR  persiste  : 
Alt(e)rum  =  outro,  autre 

8*  LVS.  —  L  se  vocalise,  V  tombe  et  S  persiste  sous  la  forme  dure  : 

Palv(i)8  =  poussa  (3),  poussière 

G*  LLR.  —  Même  marche  que  RMR;  seulement  c'est  un  D  qui  est 
intercalé  : 

Bull(ejre  =  boudre,  faire  remous 

Rem.  —  Avant  d'être  boudro,  bull(e)re  a  été  boaldre,  comme  l'indique  le  vx  fr. 
hoiildure,  fosse  de  moulin. 


181.  GROUPES  COMMENÇANT  PAR  UNE  NASALE. 

V  NCT.  —  N  tombe  dans  la  prononciation  et  persiste  dans  la  graphie, 
en  nasalisant  la  voyelle  précédente;  C  devient  yotte  après  0,  U;  T  per- 
siste : 

linpincta  =  empinle,  sorte  de  gouvornail        Ad-punctare  =  appoint!,  faire  une  pointe 

2*  NCR.  —  N  tombe  dans  la  prononciation,  en  nasalisant  la  voyelle 
précédente;  CR  persistent.  NGR  se  comporte  de  même,  sauf  qu'il 
offre  un  exemple  dQ  la  remonte  de  G  à  C  : 

Anch(o)rare  =  incrô,  graver  D'ang(e)re  =  ancrio,  angoisse 

Rem.  —  Dans  les  verbes  de  la  8«  conjugaison,  G  se  diphtongue  avec  la  voyelle 
précédente,  et  NR  insère  un  D  ; 

Jang(e)re  :=  juindre  Ung(e;re  ^  ulndre 


(1)  Voir  au  Supplément  la  rectification  au  mot  corla. 

(2)  Le  groupe  se  comporte  comme  MR,  (v.  176,  ^). 

(3)  Voir  la  rectification  au  Diclionnaire,  au  mot  poussa,  qui  vient  plus  probablement 
de  pulverem. 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,    ADDITION   Dfi   LETTRF.S  CI 

3"  NDC.  —  N  tombe  dans  la  prononci.ition  el  persiste  d    «s  la  graphie 

en  nasalisant  la  voyelle  précédente  ;  D  tombe  ;  G  devient  CH  ou  J  : 

Vind(iK5are  =  vingî  Mand(u)care  -  mingi         Expand(i)care  =  pânchi,  laisser 

[répandre 

Rem,  -  NDR  est  conservé  dana  prend(e)re  =  prindre,  mais  en  vin.  on  a  •penre 
(XXV,  p.  16,  1. 17  et  22.) 

4»  NST.  —  N  et  S  tombent  ;  T  persiste  : 

De  cons(u)turata  =  coteria,  aîguUlée  de  fil  (1). 

5*  NFL.  —  N  tombe  ;  FL  persiste. 
Conflare  =  coflô,  gonfler 

6"  MPN.  —  M  tombe  dans  la  prononciation  et  persiste  dans  la  gra- 
phie, en  nasalisant  la  voyelle  précédente  ;  P  passe  à  B,  et  N  est  rem- 
placé par  R  : 

De  tymp(a)num  ^  timbrô,  craquer. 

?•  NBR.  —  M  tombe  dans  la  prononciation  et  persiste  dans  la  gra- 
phie en  nasalisant  la  voyelle  précédente  ;  BR  persiste  : 

Novembrem  =  novlmbro  Membrum  =  mimbro  Umbra  =  ombra 


ADDITION  DE  LETTRES 

PROSTHÉSE  OU  ADDITION  AU  COMMENCEMENT  D'UN  MOT 

182.  PROSTHÉSE  DES  VOYELLES 

!•  E  est  préposé  aux  groupes  initiaux  ST,  SP  fv.  112). 

2**  A  est  préposé  à  GL  dans 

Glandem  =[a]lhan 

3'  E  est  préposé  à  E  devant  S  : 

Sementes  =  [è]ssemin(s),  scMnences 

4*  Yotte  est  préposé  a  0,  U  dans 

(Ad)  horam  =  [y]ore  Unum  =  [Y]on 

(1)  On  a  eu  probablement  co(n)3uturata  (175),  cos(u)turata(52},  co(s)tura  (166  2"). 
mais  le  résultat  est  le  même. 


Digitized  by 


Google 


cil  PHONETIQUE,   ADDITION  DiE   LETTRES 


188.  PROSTHËSE  DES  CONSONNES 


r  G  est  préposé  à  R  dans 

Ranucula  =  [g]ranolhi  De  racemare  =  [g]raisemô(ô,  grapiller 

In-rubigulatum  =  en'[g]roitlht,  engourdi  de  froid 

2'*  CH  est  préposé  à  U  dans 

Ulularess  [ch>urlô,  hurler  (1) 

3*  J  est  préposé  à  0,  U  en  diphtongue  patoise  dans 

Hodie  =  [j]uey  Unctuui  =  [j]uin(l)r  graisse 

4*  B  est  préposé  à  A  dans 

Du  germ.  harmjan  =  P)]argnt,  gronder,  en  parlant  des  chiens 

5*  B  est  préposé  à  U  dans 

Ululare  =  [b]eurlô  (2),  hurler 

6"*  B  est  préposé  à  R  dans 

Rapire  =[b]ravagî.  ravager  Rumigare  =  brôgî  (3),  réfléchir  profondément 

Rusca  =  [b]rissa,  ruche  Ruglre=  [b]ruizf,  bruire 

Rupla  (?)  =  a  [b]rôta,  fragment  pour  caler 

7*  V  est  préposé  à  0,  U  dans 
Hodie  =  [v]uey     Ad  horam  =  [v]qrre,tout  de  suite     Pr.  oulam  =  [vjolan,  faucille 


184.  ÊPENTIlRSE  OU  INSERTION  DANS  LE  CORPS  DU  MOT 

V  de  D  d;nis  le  groupe  RR  v.  158,  rem. 
»     »       »  LR  »    172  2'. 

»     »       «  NR  »    J76  K 

))     »       »  LLR  »    180  9\ 

2^  d«  B  dans  le  groupe  MR  v.  176  2*  et  180  5*. 
y>     «       »  ML  »  176  3*. 

(1)  Je  suppose  que  cheurlô  nous  est  venu  par  le  français  hurler^  et  que  GH  repré- 
sente Taspiration  de  H. 

(2)  Cette  étymologie  est  douteuse.  Beurlô  pourrait  venir  de  l'ail,  hrflllen,  même 
sens.  Mais  le  mot  n*existant  pas  dans  \es  dialectes  germaniques  primitifs,  il  peut  lui- 
même  être  d'introduction  romane. 

(3)  Voy,  hroîjt  au  «iipplnment  du  Dictionnaire. 


Digitized  by 


Google 


PHONéTIQUB,   ADDITION  DE   LETTRES  CIU 

3". de  V  entre  (Jeux  voyelles  pour  adoucir  un  hiatus  : 

De  abla(t)am  =  ^bla[Y[ô,  nettoyer  la  racine  des  ceps. 

De  co(t)em  =  co[v]i,  étui  pour  le  cot.  Fa(s)eola  =  fa(vliola  (l) 

4*  de  Y  (yotte)  après  CL  v.  164  2*  a  et  180  2o. 

Rem.  —  Yotte  est  très  souvent  inséré,  ou  pour  parler  plus  exactement,  la  consonne 
se  mouille  sans  raison  apparente  dans  une  foule  de  cas.  Ce  mouillement  est  surtout 
fréquent  pour  les  liquides  et  les  nasales. 

EXEMPLES    DE    LIQUIDES  MOUILLEES 

1  '  -     ■  .  ,  . 

Gulosum  =  Golia  De  palum  =  parion  (2)  Pavorosum  =  pouriou(8) 

De  revolare  =  revolion    Die  lunae  =  liun  D'habile  =  abilhu 

De  rotulare  ^  rolion       Pullanum  =  polialn  De  venenum  =   virion 

Rotundum  =  rion 

EXEMPLES  DE  NASALES  MOUILLÉES 

Nidum::=  gni  Ramponeaa  :^  rampogniau  De  plana  =  plagni     , 

Grunnire  =  grognl       Du  pat.  renô  s=  regniola  De  silva=s  sarvigna 

Sternutare  =  torgnf 

EXEMPLES  DE   LABIALES  MOUILLEES 

De  bastnm  =:  embiorse(s)  ;  De  gifan  =  gôpian  De  rap  c  rôpiô 

Embiernô  pourembrenô 

EXEMPLES  DE    DENTALES  MOUILLEES 
De  fr.  remède  ss  remidië  Sarda  =  siarda  (3) 

6*  Insertion  de  R. 

a)  Devant  L  l'insertion  est  très  fréquente  : 

bu  néerl  Bell  =  ba[rlliâ(t),  bélier  Buccalém  :^  boucha[r]la,  barbuquet 

Boscalem  =  boche[r]la,  mésange  Bitlla=:  boa[r[la,  tumeur 

Ululare  =  bo[r]lô  *  Fr.  illumination  =  i[rllumination 

b)  Après  une  dentale  T,  D,  toutes  les  fois  que  le  groupe  PL  ou  BL  se 
trouve  dans  la  syllabe  suivante  (93,  l'ein.  2  et  3)  (4)  : 

Duplum=  d(rloblo  Stup(u)la  =  et(r]oblo  Tab(u)la=  t(r)ôbla 

(1)  AMorn.  ce  i?  est  même  remonté  à  f  :  faflola.  C'est  un  phénomène  d'assimilation. 
(3)  On  trouvera  au  Dictionnaire  ou  au  Supplément  l'explication  des  mots  patois. 

(3)  Au  XIV*  s.  on  a  déjà  compiUos  =  contios  :  Li  contios  de  allar  ahatre  Ner» 
veu,  etc.  Computum  =  contio  (V,  p.  57,  1.  7). 

(4)  En  vieux  lyonn.  on  a  de  môme  trabla  (V,  p.  67 1.  14  et  15),  trableta  (Id.,  77,  l.  25); 
estrablissont  (XXI,  469, 1.  8)  ;  droble  (XXV,  p.  12,  1.  20,  et  p.  16,  1.  2b);  trfibla  (Id.,  16, 
1.  28).  Mais  il  faut  remarquer  de  plus  que  la  simple  présence  de  r  dans  une  syllabe 
amenait  volontiers  une  autre  r  dans  la  syllabe  adjacente.  Ainsi  Tempora  =  irempla 

'  (IV  p.  408,  i:  ZH);  pauperos  =  povrors  (X,  19, 1.  9);  ferratos  =ferrers  {Id.  20,  1.  10); 

ad-pressum s=  aprers  (Id.,  231.  9);  culcitras  z=icuirers  (Id.  1,  23,  13);  perdicem  = 
î  pèrûn'r*  .  Jld.  26,  1.  15);  capros  =r  chivrors   (Id.,  23,  1.   16).   Le  même    phénomène 

80  remarque  dans  VYzopet  de  Lyon,  publié  par  M.  Foerster. 


Digitized  by 


Google 


CIV  PHONETIQUE,   ADDITION  DB  LETTRES 

c)  Quelquefois  après  ou  avant  une  dentale,  sans  autre  condition. 
Dies  samaii  =  dissand[r]o  (1)  Esp.  badana  =  bardane,  punaise 

d)  Après  ou  avant  une  labiale  : 

Papilionem  =  pa[r]piyon  Fr.  babouin  =  ba[r]boin  Fr.  bisbille  ss  b[r]tfsibilbe 
De  it.  inan6v(o)le  =nialr]nëfle,  mazette  Fundare  =  f[r]landô,  biller  une  voiture 
Fr.  bouffer  =  berfô,  manger  avec  avidité. 

e)  Devant  une  nasale  : 

De  Costa  et  conniculum  ==  coutacolr]niIhi,  bluet  De  fœnam  =  fa[r]né,  flétri 

f)  Devant  une  gutturale  : 

Fr.  bocbepot  =  alr]chipo(t)  Fr.  faguenas  =  fa[r]ganai 

7*  I  protonique  se  nasalise  très  souvent  devant  une  gutturale,  et  pour 
marquer  cette  nasalisation  dans  la  graphie,  une  N  est  insérée  après  I  (2)  : 

De  biga  =  bingô,  se  fatiguer  au  travail  Âdspectare  =  apinchl,  guetter 

De  giga  =  jingô,  agiter  les  jambes  De  fr.  cliquer  =  clinquettes,  castagnettes 

De  briga  =  embringô,  embarrasser  De  rigare  as  ringue,  maladif 

Amygdala  =  amandra  Dis-liqware  =  délinguer,  s'affaiblir  Pigeon  =  pinjon 
De  fr.  rigoler,  ringolèe, flambée 

Rem.,  i.  —  A,  E,  0,  U  se  nasalisent  aussi  quelquefois  devant  une  gutturale  : 
Fr.  tracanoir  =  trancanoir         De  bmsc  =  brun,  essain       De  b&cbe  =  banchia 
AgrifoUium  =x  angrulo, houx     De  brocca,  bronçon,bec  d'une  cruche     De  pr.  brucar  = 

[broncô,  heurter 

Rem.  2.  —  La  gutturale  qui  précède  la  voyelle  paraît   avoir  parfois  la  même 
influence  ; 

De  prov.  cacb  ==  quinzian,  présure  Bucataria  =  buyandiri,  lavandière 

De  gadone  =  gandonse    Galcata  =  chinchia    De  condire  =  quindnri,  graisse 
Capsiculum  =  chansëi,  cercueil  Fr.  ca-bouillir,  cambouyl,  trop  bouillir 

Rem.  3.  —  Enfin  on  trouve  quelques  exemples  de  nasalisation  devant  une  dentale 
ou  une  labiale: 

EXEMPLES  DU  PREMIER  CAS 
De  gine(s)tum  s=  ginintola,  petit  genêt  Reddita  =  rinta,  rente 

EXEMPLES  DU  SECOND  CAS 

Appellare  as  rampèl6,  murmurer  Labrasca  =  lambrochi,  vigne  sauvage 

Fr.  nabot  =  nambo(t)  Vfr.  rabast  =*  ramba(t),  embaii-as 

Fr.  abricot  »  lUDabrico(t)  (3) 


(d)  Peut^^tre  pair  analogie  avec  diviudro. 

{2)  On  trouve  de  même  en  vieux  lyonnais  le  vieux  fr.  obicer  «  vis  à  vis  »,  sous  la 
forme  oubincer  (VIII,  art.  36). 

(3)  On  trouve  de  même  en  vieux  lyonn.  sdbbali  dies  znsambedi  (LXXIV,  p.  7i,  l.  1 
et  p.  30,1.  24,  etc.). 


Digitized  by 


Google 


PHONÉTIQUE,  SOUSTRACTION  DE  LETTRES  CV 


SOUSTRACTION  DE   LETTRES 


APHftRÉSE  OU  SOUSTRACTION  AU  COMMENCEMENT  DU  MOT 

186.  APHÉRÈSE    DES  SYLLABES 

(A)gnella  =  gnèla  (Ac)ucula  =  alhi,  aiguille  (A)(nicum  =  mico,  amoureux 

(A)7pioç  =  gnaffon,  cerise  sauvage         (Ec)clesia  =  Ihise  (Yzer.) 
(Hi)bernuticum  =  vernoge,  humide       (Goc)cinella  =  cinèla,  fruit  de  Taubépin 
(Com)pôre  loriot = pi  regloriu,  loriot       (Ho)rologi  um  =  relojo      (Con)combro = combro 
D'(a)ronda  =  raudôla  Fr.(ar)rôte-bœuf=ratabou  (Andreum  =  Dri 

(Alec)sander  as  Sandro 

Rem,  1.  —  Notons  l'aphérèse  dans  la  seconde  partie  d'un  mot  composé  : 
Fr.  braies-de-cocu  =  brayi-cu,  primevère  jaune 

2.  —  La  voyelle  est  tombée,  mais  la  consonne  initiale  a  été  conservée  dans  les  mots 
suivants  : 

C(a)ptivum  =  ch*ti,  chélif  Vfr.  N(us)  aist  Diu  =  naidiu,  juron 

De  fr.  b(a)ratte  =  brôttô,  battre  le  J)eurre     D(i)rectum  =  drè(t) 

3.-*  On  voit  que  cette  chute  a  lieu  surtout  dans  les  mots  qui  n'ont  qu'une  syllabe 
avant  la  tonique.  S'il  y  en  a  deux,  la  première  est  protégée  par  l'accent  second.  Pourtant 
on  a  ; 

P(i)gri tiare  =  s'apraist,  faire  le  paresseux 


186.  APHÉRÈSE  DES  CONSONNES 

1**  Aphérèse  de  S  dans  les  groupes  initiaux  SC,  ST,  SP,  etc.  v.  111 
et  112  2*. 

2'  Aphérèse  de  la  gutturale  dans  les  groupes  CL,  GL,  v.  107,  rem.  2 
et  109. 

3*  Aphérèse  de  quelques  consonnes  : 

It.  {c)alamandrea  =  alamandri,  germandrée  (T)armitem  =  arta,  insecle 

De  In.  (g)rapilht  =  rapilha(t)  pente  rapide 

Rem.  —  Dans  (l)acryma  =  agrima,  larme  (Gondr.),  (î)olium  =  joï,  ivraie,  il  y  a  eu 
confusion  avec  l'article  (illa  lacryma,  illum  loliuni). 

La  syncope  des  voyelles  à  Cintérieuv  des  mots  a  été  étudiée  à  propos 
de  la  PROTONIQUR  MÉDIALB,  n"  76  et  suivantSy  et  la  syncope  des  consonnes 
à  r occasion  de  chacune  d'elles. 

14 


Digitized  by 


Google 


CVÎ  PHOKRTIQUR,   TRANSPOSITION  DE   LETTRIiS 


MÉTATHfiSE  OU  TRANSPOSITION  DE  LETTRES 

187.  !•  La  métathèse  la  plus  commune  est  celle  de  R. 

a)  Elle  a  lieu  de  préférence  lorsque  R  est  placée  après  une  consonne 
et  devant  une  voyelle  : 

Brenacum  =  le  Bjirnay  Primxrium  z=  parmé    Praecipilium  =  pnrciplcio 

Dagann.  brashazT  barchu,  éienté    Prana=  porni  Greno')Ie  =  Garnoblo 

Proposiliim  =  parpou(s),  propos      Fr.  embrener  =  ambiernô 

b)  Mais  il  y  a  aussi  des  exemples  lorsque  R  est  placée  après  une 
voyelle  et  devant  une  consonne  : 

Torculam  =  traey,  pressoir      Sternulare  =  etregnl      Ad  flrmare  =  afriimô,  aflFermpr 
Coûta  cornUtii(Morn.)  =  coûta -crentlbi  (Yz^r  ),  bluet     Fr.  borlue  =  brela 
Vfr.  aleinelle  =armsUe  =  ramèla.  couteau  ôbr*?cbé     Dormire  =  druml 

c)  Et  môme  un  exemple  de  métatlièse  de  R  initiale  : 

Fr.  redent  =  arden(t),  pierre  d'attente 

2*  Métathèse  de  L  : 

M  ithlida  =  Maltlde         Sculpone  n  =  éclo  ("?).  sabot         Vfr.  amenulé  =  améléna  (?) 


ASSIMILATION 

188.  Lorsqu'un  mot  commence  par  une  gutturale,  il  y  a  tendance, 
soit  en  lyonnais,  soit  en  dauphinois,  à  substituer  la  môme  gutturale  à 
la  consonne  commençant  la  deuxième  syllabe.  Cette  tendance  est  plus 
marquée  si  la  voyelle  médiale  est  la  môme  que  la  voyelle  initiale  (1)  : 

Pr.  cartabèu  =  oarcabeau  Pr.  cantaridia  =  dpb.  cancaridia,  hanneton 

Fr.  castagneile  =s  dpb.  cascagnèta  Pr.  outec  sdpb   coucouè(t),  nuque 

Fr.  grenouillon  =  gargolioa,  tôtard  Fr.  guenilleriô  :==  ganguilharl 

Fr.  croque-au-sel  =:  gogossel  (Lyon)  (8)      Fr.  guimbarde  =  guingôrda,  femme  embar- 
Vfr.  guinterne  =  cancorna,  rabâcbeuse  (3)  [rassante 

Rem,  —  Une  guttm*al3  médiale  peut  exercer  la  même  influence  (4)  : 
Redingote  =  reguingotte  (ô) 

(l)  Un  exemple  de  cette  assimilation  existe  dans  le  (c. chiche,  de  cic-*rem,  et  chercher, 
de  cercare^  au  lieu  de  siche.  et  sercher. 
C2)  Signalé  par  Molard  dans  son  Maiiciis  langage  corrigé,  Lyon,  1803. 
(8)  V.  cancorna  au  Supplément. 

(4)  Id.  id. —  Comp.  dans  la  Taren  taise  pem/eAowAt^  pour  pentecôle. 

(5)  Signalé  par  Molard. 


Digitized  by 


Google 


PHONBTIQUB,  DISSiMiLATION  CVII 


DlSSIMILâTION 


199.  Lorsque,  dans  un  mot  de  trois  syllabes,  les  deux  premières  sont 
0  en  roman,  il  y  a  tendance  à  substituer  I  au  premier  0  : 

De  Pulleum  =  polio(0  devenu  pilio(t)  Rubeola  =  rojola,  devenu  rijola,  coquelicot 

De  In.  noqua  +  ola  =  nochola,  devenu  nichola,  (v.  gnocca  au  Dictionnaire) 


INSERTION  DE  SYLLABE 

1»0.  Le  lyonnais  insère  quelquefois  une  syllabe  entre  le  thème  et  le 
suffixe  roman,  ou  entre  le  préfixe  et  le  thème.  Cette  syllabe,  où  se  trouve 
le  plus  souvent  la  voyelle  A,  a  pour  but  de  marquer  le  caractère  péjo- 
ratif ou  intensif  : 

Du  rad.  bouf  ^  bouf[a]rè(t),  jouflu 

De  cabossf  =  ca[ra]bo8sf,  bossuer'lrès  fortement 

Decaborna  =:  ca[la]borna,  très  méchante  hutte 

De  fr.  sabouler  =  8a[ra]boulé.  tancer  très  vertement 

De  devorô  =  de[Ia]vorô,  dévorer  avec  rage 

De  gorgi  =  gorg[oss]on,  i-àle 

De  tavella  =  ta[ra]velô,  rouer  de  coups 

De  linga  =  ling[ouér]on,  pelite  mauvaise  langue 


ÉTUDE  DES  FLEXIONS 


  moins  de  développements  excessifs,  il  ne  serait  pas  possible  do  donner  les  formes 
grammaticales  des  divers  villages  du  Lyonnais.  On  se  bornera  â  donner  celles  usitées 
à  Graponne,  qui  sont  particulièrement  curieuses  dans  les  conjugaisons. 

ARTICLE 

Masc.  —  Fr.  le  (l)  =  8ing.  ss/o,  V  dev.  voy.  —  Plur.  /o,  lo -\-  3  dev.  voy. 
Fém.    —    »    la  =  sing.  la,  V  dev.  voy.  —  Plur.  le,  le  +  s  dev.  voy.  (2),. 


(1)  Pour  plus  de  clarté,  nous  mettons  la  forme  correspondante  française  au  lieu  de 
la  forme  latine. 

^2)  Au  XIV*  s.  IV,  V  et  VIII  ont  :  sing.  masc.  cas-sujet  H;  cas-rég.  lo;  fém.  cas- 
suj.  /i\  cas-rég.  la.  —  Au  plur.  masc.  cas-suj.  /i,  cas  rég.  los  ;  fém.  cas-suj.  et  cas- 
rég.  les.  VI  et  XXV  ont  lo  au  sing.  masc.  cas-suj.,  et  los  au  plur.  VI  au  féminin  plur. 
a  le  (forme  actuelle)  h  côté  de  les,  —  Au  xvii«  s.  XXXI  emploie  indifTéremm.  lo  et  loti^ 
soit  au  cas  suj.  soit  au  cas  vé^.,  fem.  la;  plur.  masc.  lo,  fém.  le. 


Digitized  by 


Google 


CVIU  FLEXIONS,   ARTICLE  CONTRACTE 

ARTICLE    CONTRACTE 

Masc,  —  Fr.  du  =  du,  de  V  dev.  voy.  —  Plur.  dou,  dou  +  z  dey.  voy.  (1) 
Fr.  au  ==  ou  (2).  —  Plur.  ou,  ou  ^^  js  dey.  voy. 

Fém»  —  Fr.  de  la  =  de  la,  de  V  dev.  voy.   —  Plur.  de  le,  de  le -^  s  dev.  voy. 
Fr.  à  la  =  d   /a,   a   V  dev.   voy.  —  Plur.  à  le,  à  le  -^  s  dev.  voy. 

ARTICLE     PARTITIF 

Fr.  du  =  de  /  plur.  de,  de  +  s  dev.  voy.  Ex.  De  la  farine  =  de  farina  ;  des  hommes 
=  d    3*omo. 

ADJECTIFS  DÉMONSTRATIFS 

Maso,  —  Fr.  ce  =  ce,  cel  dev.  voy.  (3).  —  Plur.  celo,  celo  +  s  dev,  voy.  -  On  u 
aussi  sti,  mais  seulem.  dans  certaines  locut.  :  sti  an^  cette  année. 

Fèm,  —  Fr.  celte  =  s" ta,  ceV  dev,  voy.  (4).  —  Plur.  cëlë.  cèle  +  z, 

CONTRACTES 

Masc.  —  Fr.  de  ce  =  de  ce,  de  cel  dev.  voy.  —  Plur.  de  celo,  de  celo  +  z  dev.  voy. 
Fém.  —  Fr.  de  ceiie=^de  cela,  desCdey,yoy,  —  Plur.  de  cèle,  de  cèle  +  z  dev.  voy. 

PRONOMS   DÉMONSTRATIFS 

Masc.  —  Fr.  celui  ±=  celé*  Celui-ci  =  celéqui.  Celui-là  =  celèlé, 

ceux  =  celo,  celo  +  z  dev.  voy.  (5).  Ceux-ci  =  celosiqul.  Ceux-là  =  celolé 

Fèm.  —  Fr.  celle  =  cë/a.  Celle-ci  =  celaqui.  Celle-là  =  celalé. 

celles  =  cèle,  Gellesci  =  celègtd.  Celles-là  =  cèlèlé. 

PRONOM  NEUTRE 
Fr.  ce  =  ce  (6).  Ceci  =  ci7iqui.  Cela  =  cinquilé.  11  =  «,  i  *t  ^  *i®v.  voy. 

(1)  V  a  del,  de  la,  de  les.  IV  a  del,  deus,  del  (pour  dels),  à  côté  de  douz,  de  les. 
XXXI  a  do,  dez.  XXXI  a  du,  de  l\  de  la  ;  plur.  de  lo,  de  le. 

(2)  IV  a  al,  a  la,  au:.  V  aal,  a  la,  auz  et  ouz,  a  le:.  XXV  a  ho.  XXXI  a  m,  ci  la. 
plur.  tt,  à  le, 

(3)  V.  a  au  cas-suj,  cit  ;  cas  obi.  cet,  cel;  plur.  celos  ;  fém.  cas-suj.  citi,  cilli,  cas- 
{Ai\.  cela,  cita,  cella  ;  "^Xmy.  celés  (celles-ci).  XXXI  a  celi,  pL  celos  ;  fém.  cela,  plur. 
celé  ;ceiy,  fém.  ce/a.  XXXI  a  encore  ce/o  au  cas-rég. 

(4)  Ex.  S/a^erpa,  ce  serpent  ;  cel'  infiltra,  celte  enflure. 

(5)  IV  a  ct7  au  cas-sujet,  ceuz  au  cas  oblique. 

(6)  V  a  co.  La  forme  la  plus  ordinaire  dans  les  textes  est  czo  :  C:o  est  li  piajos  de 
Lian. 


Digitized  by 


Google 


FLEXIONS,    ADJECTIFS  POSSESSIFS 


CIX 


ADJECTIFS  POSSESSIFS 


Masc,   sing.  Fr .  Mon  =  mon  (1),  mo  -f 

n  dev.  voy. 
»  Ton  =  ton,  to-j-Jidev.  voy. 

»  Son  —  son,  so  -{-n    »       » 

»  Notre  =  notron,  noir'  dev. 

voy,  (2) 
»  Votre  =  votron,  votre  +  n 

dev.  voy.  (3) 
»  Leur  =  lout   Ion  -f-  s  dev, 

voy. 

-fVm.    sing.  Ma  r=  Tna,  wio^- w  dev.  voy. 
»  Ta  =  ta,  to  +  n        »       » 

»  Sa  =  5«,  50  +  n       »       » 

»  Votre  =  i?o/ra,  rotre+    n 

dev.  voy. 
>  Leur=  loti,  îeurde\,  voy. 


Plur.  mo,  mo  +  ^          dev.  voy 

*  té,  te  -{•  s  »  » 
.  -»      se,  se  -\-  s  »  » 

»      notre,  notre  +  J  »  » 

»      «otrtf,  t)otre  +  -^  >  » 

»      /ow,  lou  +  -3r  »  » 

Plur.  wié'  më,  -{-  z  >  • 

»      t^,  ië  -{-^z  »  » 

»      se,  se  -^  s  »  » 

•  co,  vo-\-  z  »  »> 

»      lou,  leur  4-  ^  »  » 


ENCLITIQUES 
Ex.  Amène-le,  ]a=  amena-lo,  la.  Amène-les  =  amena-Zo,  fôm.  le. 

PRONOMS  POSSESSIFS,  {le  mien^  etc.  J 

Masc.  sing.  lo  min,  lo  mino\  lo  tin,  lo  tino:  lo  sin,  lo  sino  ;  lou  leur*  —  Plur.  lo 
ynin^  lo  tin,  lou  leur.  Le  vôtre  =  lo  voulre,  plur.  lo  voutre. 

Fèm.  bing.  —  la  min  (i)  la  tin  ;  la  sin  ;  la  leur,  —  Plur.  lé  min;  le  tin;  lou  leur, 
La  vôtre  =  la  voutra,  Plur.  le  voutre, 

PRONOMS  RELATIFS 

Ex.  Celui  qui  est  venu  =  celé  qu*é  venu  ;  celui  que  tu  as  vu  =  celé  que  CO  vu, 
La  maison  dont  je  suis  propriétaire  =  la  maison  que  je  sué  propiétairo, 

PRONOMS    INTERROGATIFS 

Ex.  Qui  a  fait  cela?  =  Qui  qu'a  fait  cinquif  —  Il  est  venu,  —  Qui?  s=  Aie  venu,  — 
Qui  f  —  Qui  est  venu  ?  =  Qui  qu^è  venu  f  Quoi  =  quëf  ^  Qu'est-ce  donc  que  tu  as  ? 
Que  don  que  t*ô  f 

(1)  V  a  meus  =  mos  (p.  56. 1.  14)  ;  suus  =zsos,'  suum  s=  son,  sua  s=  sa  (sans  élis. 
sa  arma,  son  àme).  X  a  sua  =  si  (19,  1.  12).  XXXI  a  son,  fëm.  sa,  son,  dev,  voy.  ; 
plur.  50,  fém.  se;  leur  au  sing.  XXXII  a  leu,  XXXI  a  leur,  leu  au  plur. 

(2)  V  a  vostrum  =  vostro,  nostrum  =  nostron  ;  vostra  et  vostram  =  vostra, 
XXXI  a  mon,  mti,  plur.  mo\  sing.  noutron,  noutra;  plur.  noutro,  noutre,  XXXII 
a  notron  au  cas  rég. 

(3)  Ex.  Votre  vC  omo,  votre  mari. 

(4)  V  a  Zrt  sin,  la  min  (p.  49,  L  9.  et  p.  36,  I.  8).  XXIII  a  loz  si7is  (p.  210,  1.  4). 
Au  XIV  s.  on  a  lo  mino  (XXXll,  v.  46),  la  tina  (XXXII,  v.  90),  lo  notrou  (XXXI,  2» 
part.,  v.  262). 


Digitized  by 


Google 


C\  FLEXIONS,   PRONOMS   PBBSONHttLS 

*  •       * 

PRONOMS  PBBSONNELS  —  Masculin 

Sing.  —  Fr.  Je  =ie(l)  ;  en  enclitique  ju  :  Dis-je  =  dis-ju  ;  tu  =  të^   moi  =  m*» .  . 
En  enclitique,  le  régime  indirect  se   place  avant  le  direct,  et  Tadv.   relatif  s  +  oa 
(y  français)  remplace  le  pronom  lo.  Ea;.  Donne-le  moi  =  Do7ia-mëz'ou,  qui  répond 
au  fr.  pôpul.  «  Donne-moi-z*y  ».  Mais  Toi,prends-le:±:  Prin-lo,  tel 

Fr  II  =  a,  al  dev.  voy.  (2);  lui  =  lue;  lelui  en  enclitique  =■  Ihi.  Ex.  Vers 
lui  =  vé  lue.  Donne-le-lui  =  Dona-lhi, 

Plur.  —  Fr.  Nous  =  no,  no  +  j:  dev.  voy.  (8).  —  Voussas  vo,  ro  +  *  dev.  voy.  — 
Ils  =  y,  y  +  5:  dev.  voy.  —  Eux  =  yélo  (4),  yèlo  -\-  s  dev.  voy.  —  Leurs  =  Ihou, 
Ex.  Donne-leur  cette  poire  z=  Dona  Ihou  cela  péra.  En  enclitique  le-leur  =  Iheur, 
Ex.  Donne-le-leur  =  Dona-lheur,  Les  leurs  =  Ion  leur  (aux  deux  genres).  En  encli- 
tique lou  leur  se  contracte  en //lote.  Ex.  Avec  les  leurs  ==:  acott^  to a  iewr.  Donne-les- 
leur  =  Do7ialheur  ou  plus  simplement  dona-lhou  don. 


Siny.  —  Fr.  ellf,  caj>  suj.  =  è  le  (ô),  èV  dev.  voy.;  cas  obi.  yéla,  Ex.  Elle  est  venue  = 
Ere  venua.  C'est  pour  elle  =:  Y  è  par  yèla,  —  Plur.  Cas-suj.  le,  V  dev.  voy.  Cas 


PRONOM  INDBPINI 

Fr.  —  Il  =  y  (6),  y  +  l  dev.  voy.,  quand  il  n*est  pas  accentué.  Accentué  il  =  r. 
Ex.  Il  pleut  :^  Y  molhe;  pleut-il?  =  molhetèf 

Fr.  On  est  remplacé  par  le  plur.  de  la  3"«  pors.  des  verbes.  Est  on  venu  =  .Son-/*// 
venui  On  dit  =;  y  dion. 

ADJECTIF   NUMÉRAL 

Fr.  Un  =  in,  in  -f-  n  dev.  voy.  Une  =  ina,  i  +  n  dev.  voy.  Un,  indéHni  =  un  (7), 
u  +  n  dev.  voy.  Une  =  n«a,  u  -f-  n  dev.  voy.  Ex.  Un  homme  =  in  n'omo\  Une 
femme  =  ina  fèna»  Un  de  ces  hommes  =  un  de  celo  s*omo\  une  de  ces  femmes  = 
una  de  cèle  fëne, 

(1)  Au  XIV»  s.  ego=i  jo  eiju,  «  Ju  requero...  que  pois  que  oy  est  vostra  volunta 
quejo  mays  vivo...  tant  quant  à  vostra  bonta  playra  que  jit  vivo  (V,  p.  56).  »  XXXI 
aj<?,  et^'o  et  jou  en  enclitique.  XXXII  a  Je,  et  en  enclit.  jo. 

(2)  Pour  l'historique,  voir  au  Dictionnaire  les  mots  a,  al  et  t. 

(3)  V  a  au  cas-suj.  nos,  au  cas-obl.  vos.  On  avait  donc  cens.  +  os  aux  deux  cas. 
XXXI  a  vous,  votir,  au  cas-suj.  et  uo  au  cas  obi.  XXXII  a  aussi  vous  et  vo  dans  les 
mêmes  conditions. 

(4)  A  Morn.  ellos  av.  l  sonnante.  C'est  je  crois  l'unique  mot  où  s  finale  ait  persisté. 
Au  XIV*  s.  Taccosat.  est  elos.  Dans  V  le  datif  non  accentué  de  la  3*  pers.  est  ly  pour 
le  masc.  et  le  fôm.  Le  datif  accentué  est  luy  au  masc.  et  lyey  pour  le  fém.  (V,  p.  54, 
1.  3).  Le  datif  plur.  est  lour  eilor, 

(5)  Ce  le  n'est  qu*une  syncope  de  èle, 

(6)  Partout  ailleurs  que  dans  le  voisinage  de  Lyon,  ce  pronom  neutre  est  0  (hoc). 
En  vln>  il  étai^  oy  (V,  p.  52,  1,  U  et  13). 

(7)  Partout  ailleurs  que  dans  le  voisinage  de  Lyon,  yon.  yun. 


Digitized  by 


Google 


FL!ï?fIOKS,   SUBSTAOTTrs  CKX 


SUBSTANTïl^S 


Subst.  masc.  —  Ils  sont  généralenfi.  terminés  en  o  :  Homme  =  omo,  pliu*.  omo, 
Us  ajoutée  au  plur.  dans  ]a  graphie  par  la  plupart  des  patoisants  est  une  fausse 
analogie  avec  le  franc,  car  o  final  dev.  une  voy.  s'élide  aussi  bien  au  plur.  qu'au 
sing.  Ex.  Un  homme  aimé  =  in  n'om'  aimC^;  des  hommes  aimés  =  de  zom'  aima. 

Subst.  fém.  —  Ils  sont  de  deux  sortes  :  les  uns  terminés  par  a  (voy.  53;;  les  autres 
par  i  (voy.  54).  Ex,  sing.  Fr.  femme  =  /U;w»,  plur.  fèjie.  Fille  =  fllhi,  plur.  /ilhe. 
Devant  une  voy.  la  voyelle  terminale  s'élide  aussi  bien  au  plur.  qu'au  sing. 


ADJECTIFS 

Masc.  sing.  Bon  =  bon,  plur.  bon.  Fém.  bo7ia,  plur.  bone. 

Quand  le  fém.  a  une  gutlur.  douce  dev.  la  voy.  finale,  ou  quand  cette  voy.  est  seulem. 
.séparée  de  la  guttur.  par  une  dentale,  à  est  remplacé  par  i  :  ^ou,  fém.  donci  (plur. 
douce);  rairfo,  fém.  i-a,idi;  fré  {frigidum),  té\x\.  fraAdi.  Gontrairem.  aux  subst.,  si 
la  voy.  est  précédée  par  ss  au  lieu  de  cdoux,  a  pei*siste  (1)  :  16  (lassum),  fém.  lassa; 
rou.  fém.  rossa:  gron,  fém.  g}'onssa.  Be  mêçie  pour  s  douce  :  furiu^  fém.  fmnnza . 


VERBES  AUXILIAIRES 

HABERE  =  AVAÎ 


INDICATIF 

PRÉSENT 

IMPARFAIT 

PASSÉ  DÉFINI 

J'ai 

.T'ayhi  (a-yln 

J'oé 

T*ô 

T'ayô 

,  T'ué 

Al  ou  èl'a 

Al  ou  èl  ayë 

Al  ou  èr  né 

J*OII 

J*nyaii 

y  ulyon 

Vo-z-ayl  (i\ 

-Vf) 

Vo  z'ayô 

Vo  z'  ulte 

Y  ou  le  z'an  (2) 

Y  ou  le  7/ayan 

Y  ou  le  z'nyon 

(L)  Ceci  indique  que  l'infl.  de  ss  sur  les  subst.  est  analogique.  C'est  une  confusion 
de  c  doux  et  de  ss.  Mais  il  y  a  des  villages  où  l'analogie  se  fait  déjà  sentir  pour  les 
adject.  APaniss.  vapidosus  =t>3dott,  fém.  vadànssi. 

(2)  Habunt  (pour  habent)  a  donné  a»i.  De  môme  vadunt,  sapiunt,  faciunt  ont  donné 
i>an,  san^  fan.  Mais  dicunt  a  donné  dion;  veniunt  venon.  Au  xiv«  s.  habunt  = 
fweunt  (V,  p.  61,  1.  ?0);  faciunt  =  fantÇii\,  468, 1.  27,  1.  27).  Au  xvii»  s.  sapiunt  se 
.ça»(XXXI,  !'•  part.  v.  l')?).  Habemus  n'a  pas  donné  an,  mais  on.  De  même  on  ^je 
von,  je  fon^  je  son.  Ce  sont  des  influences  françaises  récentes,  car  au  xvi»  et  au 
xvir  siècle  habemus  =  an  (XXVIII,  p.  40,  1.  43  et  XXXI,  2«  pari.,  v.  30  et  82). 
vadimus  =  van  (XXVIII.  p.  '10,  1.  18)  facere  habemus  =  faran  (XXXI,  2-  part. 
V.  60)  et  aujourd'hui  cantare  habemus  =  chanleràn  et  non  chanteron,  finire  liabe 
mus  =r  finiràn.  Ce  son  an,  comme  on  l'a  vu,  est  différent  de  an  et  beaucoup  plus 
nasalisé. 


Digitized  by 


Google 


CXII 


FLEXIONS,   VERBES  AUXILIAIRES 


PASSÉ  INDÉFINI 

J»  ayu  (1) 
T'  6  ayu,  etc. 

FUTUR 

J'orat     • 

Taré 

Al  ou  el  ara 

J'or&n 

Vo  z*  oré 

Y  ou  le  z*  or  an  (?) 

FUTUR    ANTÉRIEUR 

J'orat  ayu,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

J'arin 

Tariô 

Al  ou  èr  are 

J'ariàn 

Vo  z*ariô 

Y  6a  le  z*ariàn 


CONDtriONNEL  PASSÉ 

J'arin  ayu,  etc. 
DEUXIÈME  PASSÉ  (Inusité) 

IMPÉRATIF 

Ai 
Ayan 

Ayf 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Ouej'aye  (a-ye) 
Que  l*aye 
Qu'ai  ou  qu'èl  aye 
Que  j'ayon 
Que  vo  z*ayé 
Qu'y  z'ayan 

SUBJONCTIF   IMPARFAIT 

Que  j'ulssio 
Que  t*ulssio 
Qu'ai  ou  qu'èl'aye  (3) 


Que  j'uissian  (4) 

Que  vo  z'ussi6 

Qu'y  ou  que  le  z'ussian 

SUBJONCTIF    PASSÉ 

Que  j'aye  ayu,  etc 

PLUS  QUE -PAR FAIT 

Que  j'uissio  ayu.  etc. 

INFINIT.  PRÉSENT  Aval 

»        passé      Aval  ayu 

PARTICIPE    PRÉSENT 

Ayan 

PARTICIPE  PASSÉ 

Ayu 


INDICATIF  PRÊSKNT 

•Te  sué 

Té,  fèss  devant  voy- 

Al  ou  èl'é 

Je  son 


ESSERE  =  ÊTRE 

Vo  z'éle 

Y  ou  le  son  (5) 

IMPARFAIT 

J'ètiin  (2  syll.)  (6) 


T'étiô 

Al  ou  èl  eti6  (7) 

J'etian 

Vo  z'éti6 

Y  ou  le  z'étian  (8) 


(1)  A  Lyon  et  presque  dans  tout  le  Lyonn.  j'ai  l'ayu. 

(2)  A  l'origine  de  la  l"  et  la  3»  pers.  plur.  du  futur  ont  dû  différer  Tune  de  l'autre 
et  Ton  a  dû  avoir  rad.  -f  habemus  ^  avem  =  aem:=àn,  comme  aujourd'hui  en  prov. 
on  a  avèn  (habemus)  et  an  (habunt).  Pour  cantare  on  a  dû  avoir  chanieràn  (cantare 
habemus),  el  chanteran  (ca7itare  habunt),  comme  en  prov.  on  a  chantarèn  et  rhan- 
taran.  Mais  aujourd'hui  les  deux  sons  se  sont  confondus  en  lyonn.  en  an,  et  c'est 
vainement  que  j'ai  cherché  à  saisir  une  nuance  entre  la  l"  et  la  3»  pers.  du  futur. 

A  Morn.  la  distinction  s'est  conservée  pour  l'auxiliaire,  et  l'on  sifaron  et  y  s-aran, 
mais  elle  s'est  perdue  pour  le  verbe,  où  la  1"  pers.  a  aussi  pris  le  dessus  au  futur  :  je 
chantaron,  y  chiuitaron, 

(3)  La8«  pers.  du  subjonct  prés,  a  été  substituée  à  l'imparfait,  d'ailleurs  moins  iisilé 
que  le  présent. 

(4)  Même  observation  pour  les  1"  el8«  pers.  plur.  que  pour  celles  du  futur  et  du  can- 
ditionnel. 

(5)  Lexiv«s.  aordiriairem.  50?i/(V,  p.  40, 1.  21,  et  p.  41,1.23;  VI,  p.  421.1.  14,  etc). 
Pourtant  on  trouve  sant  dans  V,  p.  47, 1.  13.  Le  xvu'  s.  a  aussi  sont  (XXXC,  V.  v.  49 
etâ»,  V.  161). 

(6)  La  forme  j'équai,  donnée  au  Dictionn.  sous  éro  est  une  importation  franc.  Un 
assez  grand  nombre  de  gens  prononce  féquiin,  nos  èquion, 

(7)  V  a  erat  =zeret  (p.  50, 1. 7. 12,  16. 17).  Cette  forme  existe  encore  dans  nos  montagnes 
vers  le  Forez.  Au  xvn»  s.  on  a  stabat  s=  estave  (XXXI,  2^,  v.  199,  234,  250),  éiave 
(XXXII,  V.  818,  328)  ;  mais  on  a  aussi  estrt  (td  V\ 57,  105)  et  este  (Id.,  2«,  189),  sans  doute 
empruntés  au  fr.  qui  est  devenu  prédominant. 

(Ô)  De  même  en  vin.  estiant  (V,  p.  41, 1.  S)\  cstian  (XXXI,  2»,  v,  275). 


Digitized  by 


Google 


FLEXIONS,   VERBES  AUXILIAIRES 


CXIII 


PASSÉ  DÉFINI 

(Inusité,  se  remplace  par 
le  passé  défini  (1) 

PASSÉ  INDÉFINI 

Je  sué  ét6,  etc. 

FUTUR 

Je  serat 

Te  seré 

A  ou  èle  sera 

Je  seran  (2) 

Vo  seré  (3> 

Y  ou  le  seran  (4) 

FUTUR    PASSÉ 

J*oral  étô,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  serin  (5) 
Te  seriô 


A  ou  ôJe  serë  (6) 

Je  serian 

Vo  seriô 

Y  ou  le  serian  (7) 

CONDITIONNEL  PASSÉ 

J'arin  étô,  etc. 

IMPÉRATIF 

Saye  (sa-ye) 

Sayan 

Sayf 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  sayo 
Que  te  saye 
Qu'a  ou  qu*èle  saye 
Que  je  sayan 
Que  vo  sayé 
Qu*y  sayan  (8) 

CONJUGAISONS 


SUBJONGT.  IMPARFAIT 

Que  jefnssio 

Que  te  fussio 

Qu*a  ou  qu'éle  fussio 

Que  je  fussian 

Que  vo  fussio 

Qu'y  ou  que  le  fussian 

SUBJONCTIF    PASSÉ 

Quej'ayeétô,  etc.» 

PLUS-QUE-PARFAIT 

Quej'uissiô  étô,  etc. 

iNFiNrr.  PRÉSENT  Être 
>  PASSÉ    Aval  étô 

PARTICIPE  PASSÉ        étô 
PARTIC.  PRÉSENT       étiaU 


La  1^  conjugaison  latine  (!'•  conjugaison  française)  en  ARE  a  doux  formes,  en  O  et 
en  I  (voy.  14  et  15). 


FORME  EN  Ô.  GANT  ARE  =  CHANTÔ 


INDICATIF  PRÉSENT 

Je  chanto  (9) 
Te  chante 


A  ou  éle  chante  Vo  chantô 

Je  chanton  (10)  Y  ou  le  chanton  (11) 

(1)  Il  n'en  est  pas  de  môme  partout.  Cependant  les  seules  formes  généralem.  usitées 
sont  les  1"  et  3«  pers.  du  plur.  no  furon,  y  furon.  Déjà  en  vin.  on  trouve  furon 
(V,  p.  57,  1.22,  et58,  1.  12). 

(2)  Je  seran  (XXXI,  2-,  v.  154). 

(3)  Vo  sery  (XXXI,  2«,  v.  129).  Partout  ailleurs  qu'à  Grap.  on  dit  vo  seri. 

(4)  V  a  seran  (p.  41,  1.  22),  et  seront  (id.,1.  25). 

(5)  XXXI  a  sarin  (2«  part.,  v.  133), et  serain  (id.,  v.  185). 

(6)  XXXIa^ere^  (1",  v.  2b  .et  28),  et  sers  {2*,  v.  220). 
(7>  XXXI  a  aussi  serian  {!'•  part.,  v.  32). 

(8)  V  a  selant  (p.  44, 1.  23),  et  XXXI  seyan  (2«  part.,  v.  116),  et  seiyant  (id.,  v.  301). 

(9)  Au  XIV*  s.  tous  les  textes  ont  o  :  cognoisso  (V,  p.  43, 1.  3);  cuydo  (Id.,  73, 1.  15) 
Au  xvii«,  XXI  a  la  finale  ou,  comme  en  Forézien.  Mais  XXXII  a  la  finale  o,  comme  la 
presque  unanimité  des  textes. 

(10)  Cette  accentuât,  sur  la  pénultième  est  singulière,  car  elle  est  en  contradiction  et 
av.  le  latin  et  av.  le  franc.  Elle  est  sans  doute  le  fait  d'une  analogie  avec  la  8»  pers.  plur. 

(H)  Cette  finale  on  est  analogique.  V  l'emploie  toujours  ;  amont  (p.  46,  1.  1);  poont 
(40,  1.  20);  regardont  (41,1.  12);  sintont  (id.,  1.  13);  passont  (75,  1.  3);  beyvon^ 
J41,  1.  23).  La  graphie  un  que  l'on  rencontre,  exprime  le  môme  son  :  delectunt  (p.  46, 
.  17);  saliunt  (40, 1.  19).  IV  emploie  aussi  ont  ;  portont  (p.  406,  1.  2  et  5);  meinont 
(407,1.  19);  trapassont  (408,  1.  3).  Mais  dans  XX  on  trouve  la  forme  ant  :  ordennan 
(p.  462,  l.  28).  C'est  une  importation  prov.  On  trouve  de  môme  dans  XIX  la  finale 
franc,  ent  :  donnent  (p.  457, 1.  14),  à  côté  de  oolont  (id.,  1.  41).  XXV  a  aussi  les  finales 
en  ent,  mais  ce  document  n'est  que  semi-lyonn.  Au  xviî'  s.  XXXI  et  XXXIl  ont 
constamm.  on  :  gagnon,  tombon,  i^orton,  mingeon,  etc. 

15 


Digitized  by 


Google 


CXIV 


FLEXIONS,   VERBES 


IMPARFAIT 

Je  chantôve  (1) 

Te  chantôve 

A  ou  èle  chantôve 

Je  chantÔYon 

Vo  chantiô 

Y  ou  le  chantÔYon 

PASSÉ  DÉFINI 

Je  chanté  (2) 
Te  chanté 
A  ou  èle  chanté 
Je  chantion 


Vo  chantile 
Y  chantion 

PASSÉ  INDÉFINI 

J'ai  chantô,  etc. 

PLUS-QUE-  PARFAIT 

J'ayin  chantô,  etc. 

FUTUR 

Je  chanterai 
Te  chanteré  (3) 
A  ou  èle  chantera 
Je  chanterâJi  (4) 


Vo  chanteré 

Y  ou  le  chanteràn 

FUTUR    ANTÉRIEUR 

J'orat  chantô,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  chanterin  (5) 
Te  chanteriô 
A  ou  èle  chanteré  (6) 
No  chanteriàn  (7) 
Vo  chanteriô  (8) 

Y  ou  le  chanteriàn 


(1)  Oveest  le  développem.  de  aham.  De  même  V  Sitrovavet  (p.  38,  1.  5),  covenlavet 
(39,  1.  20),  et  contrairem.  au  In.  SLCiiiel,  sentivet  {^i,  1.  5).  Le  plur.  est  avont  : gitavont 
(37,  1.  7),  tornavont  (39,  1.  7).  XXXI  a  vuidare  (U*  part.,  v.  11),  pourtave  (2«,  v.200), 
et  même  venave  (8*,  v.  193),  volave  C2%  v.  202),  mais  on  rencontre  des  formes  fr.  :  iettet 
(V,  V.  13),  ébourgnet  (1",  v.  163). 

(3)  Chanté t  suiv.  la  phonèt.  de  Tendroit,  ne  répond  pas  au  fr.  chantai^  mais  à 
*chanti  et  à  un  lat.  *cantivi.  G'est-à-d.  que  le  prêter,  de  Ia4«conjug.  lat.  a  été  appliqué 
à  la  1^^  quoique  irrégulièrem.  pour  certaines  pers.,  comme  chantions  pour  chantime 
et  pour  chantiron.  Dans  presque  tout  le  Lyonn.  on  a  :  Je  chanti,  tl,  ti,  ime,  ite,  iron. 
En  vin.  la  3»  pers  du  aing.  est  en  e^  comme  en  prov.  V  a  menet  (p.  36,  1.  16),intret 
(54,  1.  20),  passet  (56,  1.  8).  A  côté  de  et,  on  trouve  iei,  qui  primitivem.  ne  figurait 
qu'après  les  guttur.,  et  qui  ensuite  a  été  placé  analogiquem.  après  des  dentales  et  des 
liquides.  Ainsi  commenciet  (51, 1.  14),  chargyet  (74, 1.  3),  mais  à  côté  gardiet  (50, 1.  6), 
parliet  (55,  1.  12).  De  môme  X  a  dunet  (p.  22,  1.9)  et  duniet  (p.  22, 1. 12>,  movitatit  = 
modiet  (p.  29,  1.  12).  Le  plur.  ne  se  termine  pas  en  erent  mais  en  eront,  aront  : 
entreront,  soplearont  (V,  p.  58,  1.  21  et  22),  *ad-retraverunt  =.  arriaront  (Id.  58, 
1.  lô).  Au  xviP  s.  XXXI  a  donni  (1"  part.,  v.  54),  peschy  (id.  v.  103),  demory  (2«,  v.  242), 
aly{\à,  V.  245).  Il  n'y  a  pas  de  doute  que  le  plur.  ne  fût  demoriront,  aliront,  etc. 

(3)  Gantare  habes  devrait  donner  chanterô.  Je  ne  sais  pourquoi  é  a  été  substitué 
à  d.  Voici  le  paradigme  à  Morn.  :  Je  chantaraï,  arai,  ara,  aron,  ari,  aron. 

(4)  Voy.  note  2,  page  cxn. 

(5)  Habebam  ayant  donné  j*ayin,  le  condit.  cantare  habebam  devait  donner  chanta- 
rayin  réduit  à  chantarln,  chanterin.  Au  xvn^  s.  on  a  frapperin  (XXXI,  1^,  v  35); 
f  aimer  in  (Id.,  2«  v.  187). 

(6)  Cet  è  est  la  contract.  de  eit  donné  par  ébat.  Partout  ailleurs  eit  s'est  développé 
en  it.  Voici  le  paradigme  à  Morn.  :  chantarTn,  riô,  ri,  rion,  riô,  rian.  C'est  aussi  it 
qu'on  trouve  en  vin-  Va  amerit  (p.  44,  1.  10),  oserit  (53,  1.  2),  convindrit  (47,  1.  2). 

'  ^  a  vivritip.  23,  1.  6).  XXIII  a  serit  (210,  1.  4),  trooerit  (id.,  1.  5).  Cependant  on 
rencontre  la  forme  et^  et  :  porreit  (V,  p.  47, 1,  2),  avret  (78,  1.  10),  porret  (72,  7),  et 
môme  oyt  :  penscroyi,  regarderoyt  (Id.,  44,  1.  9).  Au  xiv«  s.  XXXI  a  et  :  laiveret 
(!'•,  V.  209),  gastere  (2%  v.  219). 

(7)  On  remarquera  qu'à  Crap.  la  différence  entre  la  1^  et  la  3*  pers.  plur.  a 
disparu,  tandis  qu^elle  a  persisté  à  Morn.,  où  Ton  a  chantariOD  et  chanlarian.  Au 
XIV»  s.  la  3»  pers.  plur.  est  indifféremm  tant,  iont^  iunt,  V  a  porriant  (42,  1.  10, 
et  67, 1. 12),  sariont  (44,  1.  11),  porriunt  (45,  1.  4). 

(8)  Au  XVII*  s.  XXXI  a  ta,  qui  répond  à  notre  iô  :  passeria  (l'%  v.  184),  mais  XXXII 
a  i  :  gâter i  (v.  65). 


Digitized  by 


Google 


FLEXIONS,   VERBES 


CXV 


CONDITIONNEL  PASSÉ 

J'arin  chanlô,  etc. 

IMPÉRATIF 

Chanta 
Ghaoton 
Ghantô 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  chanto 
Que  te  chante 


Qu*a  ou  qu'èle  chante  (1) 

Que  je  chantàn 

Que  TO  chantô 

Qu'y  ou  que  le  chantAn 

SUBJONCTIF  IMPARFAIT  (2) 

Que  je  chantîssio  (3) 
Que  te  chantissio 
Qu'a  ou  qu'èle  chantissio 
Que  je  chantlssian  (4) 


Que  vo  chantissio 
Que  je  chantissian 

SUBJONCTIF    PASSÉ 

Quej'aye  chantô,  etc. 

INFINITIF  PRÉS.  Chantô 
»        PASSÉ.  Aval  chantô 

PARTiG.    PRÉS.    Ghantan,ta 
»       PASSÉ.  Chantô,  tô 
Plur.  chantô,  té 


FORME    EN   î.  SUCCUTARB  =  SECOYÎ  (seko-yt) 


INDICATIF  PRÉSENT 

Je  secôyo 
Te  secôye 
A  ou  le  secôyë 
Je  secôyon 
Vo  secùyf  (5) 

Y  ou  le  secôyon 

r  IMPARFAIT 

(Semblable  à  la  conj ug.  en  O. 

PASSÉ  DÉFINI 

Je  secoyin  (6) 
Te  secôyô 
A  ou  Ole  secùyé 
Je  secôyàn 
Vs  secôyite 

Y  ou  le  secoyàn 


PASSÉ  INDÉFINI 

J'ai  secôyl,  etc. 

PLUS  QUE-PARFAIT 

J'ayin  secôyf,  etc. 

FUTUR 

Je  secôyiraf 

Te  secùyiré 

A  ou  èle  secôyira 

Je  secôyirin 

Vo  secôyiré 

Y  ou  le  secôyirin 

FUTUR  ANTÉRIEUR 

J'oraî  secôyl,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

(Semblable  à  la  conjug.  en  0) 


CONDITIONNEL  PASSE 

J'arin  secôyl,  etc. 

IMPÉRATIF 

Secôyi. 

Secôyon 

Secôyl 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  secôyo 
Que  te  secôye 
Qu'a  ou  èle  secôyô 
Que  je  secôyin  (7) 
Que  vo  secôye 
Qu'y  ou  le  secôyin 

SUBJONCTIF  IMPARFAIT 

CSemblable  à  la  conjug.  en  0) 


(1)  Au  xiv«  s.  la  désinence  est  eit  pour  toutes  les'conjug.  :  deignet(y,  p.  48,  1.5,) 
stet  =  yteit  (VI.  423,  1.  12),  gardeit  (XIX,  p.  458,  1.  10).  — Le  plur  est  en  ant  :  seiant 
(V,  p.  43, 1.  23);  jurant  {XX,  464,  1.  i^).  Au  xvii«  s.  et  est  devenu  e  :  huge  (XXXI, 
2%  V.  50),  reveille  (Id.,  id.,  387).  La  3«  pers.  pi.  est  en  an  :  traitian  (XXXI,  2%  40). 
Cette  différence  de  désinence  à  la  3«  pers  plur.  entre  Tindicat.  et  le  subjonct.  est  à 
noter. 

(2)  Ce  temps  est  peu  usité.  Il  est  souvent  remplacé  par  le  présent  du  subjonctif. 

(3)  On  voit  que  l'imparf.  du  subj.  de  la  l"  conjug.  lat.  a  été,  comme  le  prétérit, 
remplacé  par  le  temps  correspondant  de  la  4"  conjug.  lat,  II  n'en  était  pas  de  môme 
au  XIV*  s.  où  rimparf.  est  formé,  comme  en  franc.,  s^wvasset  ^at.  Va  osât  (59,  1.  19), 
tirai  (66,  1.  12),  donat (id.,  1.  17),  dignat  (id.,  1.  18).  Le  pluriel  est  en  assant.  V  a 
volassant  (52,  l.  4),  corroczasent  (Gartul.,  p.  17.  l.  2);  mais  on  trouve  aussi  la 
forme  prov.  essent  :  serchessa7it{y,  p.  75, 1.  24);  administressent  (Gartul.,  p.  22,  1.  3). 

(4)  Sur  l'identité  de  la  finale  post-ton.  an  aux  l»"*  et  3«  pers.  plur.,  comp.  note  2, 
page  cxii.  Remarquer  aussi  que  les  trois  pers.  pliîr.  ont  conservé  l'accentuât,  latine. 

(5)  Le  changem.  de  a  en  î  est  normal  (v.  15). 

(6)  La  nasalisât,  de  la  forme  primitive  secoyi  est  certaineni.  due  à  la  présence  de  la 
guttur.  (v.  184 7«>).  De  même  on  de  la  I"  et  de  la  y»  pers.  du  plur.,  dans  la  conjugais. 
en  fî,  a  passé  à  àti, 

(7)  Même  observation  pour  on  devenu  m. 


Digitized  by 


Google 


CXVI 


FLEXIONS,    VERBES 


SUBJONCTIF    PASSÉ 

Que  j'aye  secôyl,  etc. 
iNFiNiT.  PRÉS.  Secoyl 


iNPiNiT.  PASSÉ.  Avat  secoyt 
PARTic.  PRÉS.  Secoyan 


PARTic.  PASSÉ  Secoyla 
Plur.  Secoyl,  i6 


QUATRIÈME  CONJUGAISON  LATINE  EN  IRE, 
A  FORME  INCHOATIVE 


(Deuxième  conjugaison  française)  Finire  =  Fine  (1) 


INDICATIF  PRÉSKNT 

Je  flnèsso  (2) 
Te  fine 
A  ou  èle  fine 
Je  iinésson 
Vo  finéssi 

Y  ou  le  flnèsson  (3) 

IBfPARFAIT 

Je  finèssiin 
Te  finèssiô 
A  ou  èle  finëssic 
Je  finéssian 
Vo  finôssiô 

Y  ou  le  finéssian 

PASSÉ   DÉFINI 

Je  finesse  (4) 
Te  finesse 
A  ou  èle  finesse 
Je  finèssion 
Vo  finèssite 

Y  finèssion 

PASSÉ   INDÉFINI 

J'ai  fine,  etc. 


PLUS-QUE-PARFAIT 

J*ayin  fine,  etc. 

FUTUR 

Je  finirai  (5) 
Te  finiré 
A  ou  èle  finira 
Je  finiràn 
Vo  finiré 

Y  ou  le  finiràn 

FUTUR   ANTÉRIEUR 

J'oraî  fine,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  finètrai 
Te  finètri6 
A  ou  èle  finèlrë 
Je  finàtriàn 
Vo  finètriô 

Y  ou  le  finètri&n 

CONDITIONNEL   PASSÉ 

J'arin  fine,  etc. 

IMPÉRATIF 

Fine 


Finéssian 
Finèssi 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  finèsso 
Que  te  finesse 
Qu'a  ou  qu'èle  finesse 
Que  je  finèssàn 
Que  vo  finesse 
Qu'y  ou  le  finèssàn 

SUBJONCTIF   IMPARFAIT 

Que  je  finèssézo 
Que  te  finèssèzo 
Qu'a  ou  qu'èle  finèssèze 
Que  je  finéssan 
Que  vo  finesse 
Qu'y  ou  le  finèssàn 

SUBJONCTIF    PASSÉ 

Que  j'aye  fine»  etc. 

iNFiNiT.  PRÊ8    Fine 
»        PASSÉ  Aval  fine 

PARTIC.  PRÉS.  Finèssàn 
»        PASSÉ  Fine,  ie 
Plur.    Fine,  ie 


(1)  Nous  avons  suivi  l'ordre  des  conjug.  franc.,  pour  passer  des  verbes  les  plus  fré 
quenlsaux  moins  fréquents. 

(2)  Finèsso  répond  à  *finisco.  Finire  étant  devenu  fine,  on  devait  avoir  flnèsso, 
finèsso,   au  lieu  de  finisco  =  finisse. 

(3)  Les  3»pèrs.  plur.  sont  ici  fidèles  à  l'accent  lat.,  tandis  que  dans  la  i"  conjug» 
la  !'•  et  la  2*  l'ont  seule  conservé. 

(4)  Finesse  représente  finisclvi.  Dans  les  textes  In.  ces  formes  inchoalives  n'existent 
pas.  XXXI  a  mitrivit  =:  ^lourray  {V*  part.,  v.  51).  De  même  dans  la  plus  grande 
partie  du  î^yonn.  on  dit  finivit  =  a  fignl  ou,  de  préférence,  al  a  figni,  le  passé  indéfini 
s'employaift  presque  toujours  au  lieu  du  prétérit. 

(5)  G'j  temps  a  dii  être  transformé  sous  l'infl.  du  fr.,  et  on  a  dû  avoir  finètrai,  comme 
au  conditionn.  (voy.  plus  loin,  page  cxviii,  note  5). 


Digitized  by 


Google 


FLEXIONS,  VERBES 


CXVIF 


QUATRIÈME  CONJUGAISON  LATINE  EN  IRE, 
A  FORME  SEMMNCHOATIVE  (1) 


INDICATIF  PRÉSENT 

Je  servo 

Te  sarvé 

A  saryé 

Je  sarvésson 

Vo  sarvèssi 

Y  ou  le  sarvèsson 

IMPARFAIT 

Je  sarvôssiin 
(Le  reste  comme  à  Fine) 

PASSÉ     DÉFINI 

Je  sarvèssé,  etc. 


Servire  =  Sarvb 

FUTUR 

Je  sarviral,  etc. 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  sarvirin,  riô,  r6,  ri&n  (2), 
riô,  ri&n 

IMPÉRATIF 

Sarvé,  éssi&n,  ôssi 

SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  servo, 
Que  te  serve 
Qu'a  OU  qu'èle  serve 
Que  je  sarvëssàn 


Que  vo  sarvèssl 
Qu'y  ou  le  sarvéssàn 

SUBJONCTIF  IMPARFAIT 

Que  je  sarvôssissioyèssissio, 
esslssië,  essissiàn,  èssis* 
sio,  essissiàn. 

INFINITIF 

Sarvé 

PARTICIPE    PRÉSENT 

Sarvessan 

PARTICIPE  PASSÉ 

Sarvé,  sarvoua 
Plur.  sarvé,  sarvuë 


QUATRIÈME  CONJUGAISON  LATINE  EN  IRE, 
A  FORME  NON  INCHOATIVE 


INDICATIF  PRÉSENT 

Je  vëno  (3) 
Te  vin 
  vin 

Je  venons 

Vo  vëni 

Y  ou  le  venon  (4) 

IMPARFAIT 

Je  vcgnln 
Te  vegnô 
A  ou  èle  vegnë 
Je  vegnàji 
Vo  vegnô 


VENIRB  =  VENÉ 

Y  ou  le  vegnàn  (5) 

PASSÉ   DÉFINI 

Je  vené 
Te  vené 
A  ou  èle  vené 
Je  venion 
Vo  venite 

Y  ou  le  venion  (6) 

FUTUR 

Je  vindrai 

Te  vindré 

A  ou  èle  vindra 


Je  vindrlin 
Vo  vindré 

Y  ou  le  vindràn 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  vindrai 
Te  vindré 
A  ou  le  vindra 
Je  vindriàn 
Vo  vindrié 

Y  ou  le  vindriàn 

IMPÉRATIF 

Vin,  veiii.  venàn 


(1)  Nous  disons  à  forme  semi-inchoative,  parce  que,  à  la  difl'érence  du  verbe  précé- 
dent, celui-ci  n'a  pas  la  forme  inchoative  â  la  première  personne  du  présent  de  l'indi- 
catif et  aux  trois  premières  du  subjonctif.  Je  crois  qu'à  l'origine  le  verbe  était  purement 
inchoatif,  et  que  les  altérations  sont  dues  à  rinfluence  française. 

(2)  Au  xvu*  s.  serviHant  (XXXI,  2«  part. ,  v.  288). 

(3)  XXXI  a  venou  (2.,  v.  25)  et  XXXII  veno  (v.  72). 
{A)  Venon  (XXXI,  2«  v..  252). 

(5)  V  diveneant(^,\,  14;. 

(6)  V  a  veniron  f59, 1.  2^).  Veniron  est  la  forme  usitée  dans  tout  le  reste  du  Lyonn. 


Digitized  by 


Google 


CXVIU 


FLEXIONS,   VEBBES 


SUBJONGTIP  PRÉSENT 

Que  je  vëno 

Que  te  vëno 

Qu'a  ou  qu*éle  vône  (1) 

Queje  vënàn 

Que  vo  vëné 

Qu'y  ou  que  le  vënàn 


SOBJONGTIF   IMPARFAIT 

Que  je  venissio 
Que  te  venissio 
Qu'a  venlssië 
Que  je  venlssifin  (2) 
Que  vo  venissié 
Qu*y  ou  que  le  venlssian  (2) 


INFINITIF 

Vené 
PARTiG.  PRÉSENT  Veuan 
»         PASSÉ  Venu,  ua(3) 
Plur.  venu,  uë 


DEUXIÈME  CONJUGAISON  LATINE  EN  ERE  (3-conjug.  française). 

*  RECIPERE  =  RECEVA.Î 


INDICATIF  PRÉSENT 

Je  recevôsso  (4) 
Te  recevô 
A  ou  le  recô 
Je  recevèsson 
Vo  recevèssi 

Y  ou  le  recevèsson 

IMPARFAIT 

Je  recevéssiin 
Te  recevôssio 

Y  ou  èle  recevië 
Je  recevèsslan 
Vo  recevlô 

Y  recevèsslan 

PASSÉ    DÉFINI 

Je  recevèssé 
Te  recevèssé 

Y  ou  èle  recevèssé 
Je  recevèssion 
Vo  recevèssite 

Y  ou  le  recevèssion 

PASSÉ  INDÉFINI 

J'ai  reçu 


PLU8-QUE-PARFAIT 

J*ayin  reçu 

FUTUR 

Je  recevrai 

Te  recevrô 

A  ou  èle  recevètra  (5) 

No  recevètràn 

Vo  recevèlrè 

Y  ou  le  recevètràn 

CONDITIONNEL 

Je  recevètriln 
Te  recevètriô 
A  ou  le  recevétrë 
Je  recevetriân 
Vo  recevètriô 

Y  ou  le  recevetriàn 

CONDITIONNEL  PASSÉ 

J'arin  reçu,  etc. 

IMPÉRATIF 

Recevèssé,  recevèsson, 
recevèssi 


SUBJONCTIF  PRÉSENT 

Que  je  recevèsso 
Que  te  recevèssé 
Qu'a  ou  èle  recevèssé 
Queje  recevèssàn 
Que  vo  recevèssé 
Qu*y  ou  le  recevèssàn 

SUBJONCT.    IMPARFAIT 

Que  je  recevéssèzo 
Que  te  recevèssèze 
Qu'a  ou  èle  recevèssèze 
Que  je  recevèssàn  (6) 
Que  vo  recevèssé 
Qu'y  ou  le  recevèssàn 

SUBJONCTIF  |PASSÉ 

Que  j'aye  reçu,  etc. 

iNFiNiT.  PRÉS.  Receval 

>  PASSÉ   Aval  reçu 

PARTIG.  PRÉS.   Recevan 

>  PASSÉ  Reçu,  ua 
Plur.  Reçu,  ué 


(1)  De  môme  dans  XXXI  (2*,  377). 

(2)  La  différence  entre  la  !'•  et  la  2«  pera.  du  plur.,  qui  a  disparu  partout,  a  per- 
sisté ici. 

(8)  De  même  venua  dans  XXXI  (2«  ,  v.  216). 

(4)  Cette  conjugaison  est  aussi  à  forme  inchoative.  Recevèsso  répond  à  un  reci- 
pesco. 

(5)  Quelques-uns  disent  recevra,  vràn,  vrè,  vràn.  Les  conjugais.  sont  souvent 
troublées  par  les  formes  franc.  Je  ne  doute  pas  que  l'on  n'eût  pi  imitivem.  je  receve- 
trai,  etc.  Le  propre  des  inchoatifs  de  Grap.  (car  il  n'en  est  pas  de  même  dans  le  reste 
du  Lyonn.),  c'est  l'extension  analogique  à  toutes  les  fonn^s^  sauf  les  participes,  du 
suffixe  iss  qui,  en  franc.,  ne  s'applique  qu'au  radical  des  temps  de  la  l'»  série  (Je  fin-is, 
fin-iss-ais,  fin-iss-e,  finis  s-ant),  le  prétérit  et  l'imparfait  du  subjonctif  ne  l'y  recevant 
pas.  D'un  infinitif  *recipescere  se  déduit  régulièrem.  un  futur  recevêlrai;  de  l'imparfait 
'recipesclssem  se  déduit  de  même  recevéssèzo.  Gomp.  en  prov.  les  types  tels  que 
negrézir  {p(mv  negrescer)  où  l'accent  a  été  déplacé  tandis  que  le  In.  le  laisse  à  sa  place. 

C6)  On  retrouve  ici  la  substitution  du  présent  du  subj.  à  l'imparfait,  si  fréquente  en 
français  populaire. 


Digitized  by 


Google 


FLEXIONS,   VERBES 


CXIX 


TROISIÈME  CONJUGAISON  LATINE  EN  ERE  (4-'  conjug.  française). 

RENDERE  =  RINDRE 


INDIGA.TIP  PRÉSENT 

PLUS-QUE-PARFAIT 

subjonct.  présent 

Je  rindo 

J'ayin  rindu,  etc. 

Que  je  rindo 

Te  rin 
A  rin 

FUTUR 

Que  te  rinde 
Qu*a  ou  èle  rinde 

Je  rindon 

Je  rindrai 

Que  je  rindàn 

Vo  rindi 
Y  rindon 

IMPARFAIT 

Te  rindré 
A  ou  èle  rindra 
Je  rindràn 
Vo  rindré 

Que  vo  rindé 
Qu'y  ou  le  rindàn 

SUBJONCT.  IMPARF. 

Je  rindiô  (1) 

Y  ou  le  rindràn 

Que  je  rindèsso 

Te  rindiô 

A  ou  éle  rindië 

Je  rindian 

FUTUR   PASSÉ 

J'oral  rindu 

Que  te  rindèsse 
Qu'a  ou  èle  rindèsse 
Que  je  rindéssàn 

Vo  rindiô 

Y  ou  le  rindian 

CONDITIONNEL  PRÉSENT 

Je  rindrin 

Que  vo  rindessé 
Qu'y  ou  le  rindéssàn 

PASSÉ  DiFINI 

Te  rindriô 

SUBJONCT.  PASSÉ 

Je  rindé 
Te  rindé 
A  ou  èle  rindé 
Je  rindion 

A  ou  èle  rindrié 
Je  rindriôvon 
Vo  rindriôve 
Y  rindriaron 

Que  j'aye  rindu,  etc. 
iNFiNiT.  Rindré 
iNFiN.  PASSÉ  Avaî  rindu 

Vo  rindite 

CONDITIONNEL  PASSÉ 

PARTic.  PRÉS.    Rindan 

Y  ou  le  rindion 

J'arin  rindu,  etc. 

>         PASSÉ   Rindu,  ua 

PASSÉ  INDÉFINI 

Impératif 

Plur.  rindu,  ué 

J'ai  rindu,  etc. 

Rin,  rindon,  rindi 

VERBES  IRRÉGULIERS 

Ils  sont  en  grand  nombre.  Ce  serait  allonger  démesurément  ce  travail 
que  de  donner  leurs  conjugaisons.  Voici  les  temps  principaux  de 
quelques-uns  : 


DiGBRB  =  DIRE.  Itidicat,  Je  dio,  te  dé,  a  dé,  je  diôn,  vo  dite, 
Imparf,  Je  disiin,  te  disiô,  a  disiô,  je  disiàn,  vo  disiô,  y  disi 


dion. 


DiGBRB  =  DIRE.  Itidicat,  Je  dio,  te  dé,  a  dé,  je  diôn,  vo  dite,  y  di< 
Imparf,  Je  disiin,  te  disiô,  a  disië,  je  disiàn,  vo  disiô,  y  disian. 
Passé  défini.  Je  dise,  le  dise,  a  dise,  je  dision,  vo  disite,  y  dision. 
Futur.  —  Je  dirai,  te  dire,  a  dira,  je  diràn,  vo  dire,  y  diràn. 
Conditionna  —  Je  dirin,  te  diriô,  a  dire,  je  diriàn,  vo  diriô,  y  diriàn. 
Subjonct.  prés.  —  Que  je  dise,  te  dise,  a  dise,  je  disàn,  vo  disié,  y  disàn. 
Subjonct.  passé.  —  Que  je  disissio,  te  disése,  a  disèse,  je  disôsàn,  vo  disié,  y 
disissiàn. 

(1)  Il  est  possible  que  ce  temps  ait  subi  l'infl.  du  fr.  et  qu'à  Torigine  il  fût  analo- 
gique à  rimparf.  de  la  1"  conjug.  On  dit  en  effet  à  Yzeron  :  je  rindôve,  no  rindo- 
vion,  etc.  Ma  supposition  est  d'autant  plus  fondée  que  la  désinence  ôve  reparaît  au 
plur.  du  conditionnel. 


Digitized  by 


Google 


CXX  FLEXIONS,   VIÎRBES 

PoTKRE  s=  povAf.  —  Ifidic.  Je  poyo,  te  pô,  a  p6,  je  poyon,  vo  poyt,  y  poyon. 

Impart .  —  Je  poyin,  le  poyô,  a  poyë,  je  poyàn,  vo  poyô,  y  poyàn. 

Passé  défini,  —  Je  pué,  le  pué,  a  pué,  je  puiyon,  vo  puile,  y  puiyon. 

Futur,  -r  Je  pofal,  le  pore,  a  pora,  je  poràn,  vo  poré,  y  por&n. 

Conditionna  —  Je  porin,  le  poriô,  a  porô,  je  poriàn,  vo  poriô,  y  poriàn. 

Suj,  prés.  —  Que  je  puissio,  le  puissië,  a  pulssië,  je  puissi&n,  vo  puissiô,  y 
puissiàn. 

Subj.  passé,  —  Que  je  puisslssio,  le  puisslssio,  a  puississê,  je  puississiàn,  vo  puis- 
sissié,  y  puississiàD  * 

Partie,  prés,  —  Poyan.  —  Participe  passé  Poyu 

Deberb  =  DEVAÎ.  Indic,  ^  Je  dévo,  te  dat,  a  daf,  je  dévon,  vo  devf,  y  dévon. 
Impart ,  —  Je  deviin,  te  deviô,  a  devië,  je  deviàn,  vo  deviô,  y  devi&n. 
Passé  défini,  -*  Je  due,  le  due,  a  due,  je  duiyon,  vo  duite,  y  dulyon. 
Futur.  —  Je  devrai,  te  devré,  a  devra,  je  devr&n,  vo  devré,  y  devràn. 
Conditionn,  —  Je  devrin,  te  devriô,  a  devrô,  je  devrià.n,  vo  devriô,  y  devri&n. 
Suhj.  prés.  —  Que  je  déve,  te  déve,  a  déve,  je  devatsàn,  vo  devé,  y  devatsàn. 
Subj.  passé,  —  Quejedevissio,  te  devissio,  a  dévisse,  je  devissiàn,  vo  devlssié,  y 
devissiàn. 
Partie,  prés,  —  Devian.  —  Partie,  passé  —  Dû,  dula.  Plur.  —  Dû,  date. 

BiBERB  =  BEiRE.  —  Indic,  Je  bévo,  te  bal,  a  bal,  je  bêvon,  vo  bevl,  y  bévon. 
Impart»  —  Je  beviin,  te  beviô,  a  beviô,  je  beviin,  vo  bëviô,  y  bëviln. 
Passé  défini.  —  Je  bevé,  te  bevé,  a  bevé,  je  bèvion,  vo  bevite,  y  bévion. 
Futur.  —  Je  beral,  te  beré,  a  bera,  je  beràn,  vo  beré,  y  beràn. 
Conditionn.  —  Je  berin,  te  béri6,a  berfi,  je  bëri&n,  vo  bëriô,  y  bëriàn. 
Subj,  prés.  —  Que  je  bôve,  te  bôve,  a  bève,  jebévan,  vo  bévé,  y  bévan. 
Subj.  passé,  —  Que  je  bevlssio,  le  bevissio,  a  bevissië,  je  bevissiàn,  vo  bevissié, 
y  bevissiàn. 
Partie,  prés.  —  Bevian.  —  Partie,  passé.  Bu,  buta.  —  Plur.  Bu,  buté. 

Le  verbe  naître  n'existe  pas.  On  ne  connaft  que  i^ené  ou  mondo.  Morire  =  muré  n'a 
pas  de  participe  présent,  c  II  est  mourant  >  se  rend  par  a  va  muré.  Ce  verbe  a  cela 
de  très  particulier  qu'à  tous  les  temps  Vr  se  prononce  si  faiblement  qu'à  moins  d*une 
très  grande  attention,  on  écrirait  par  ex.  :  muésse  pour  murésse.  G^esl  aussi  une 
conjug.  incboative  :  Indie.  Je  murésse;  imparf.  Je  muressiin;  fut.  Je  murètral; 
Conditionn.  Je  murètrin;  subj.  prés.  Que  je  murésse;  subj.  imparf.  Que  je  muris- 
sissio. 

Le  verbe  dis-rumpere  =  derompre,  briser  les  mottes,  a  aussi  la  forme  inchoative. 
Indie.  ^e  derompésse;  imparf.  Je  derompeasiin,  etc. 

En  somme,  en  debors  de  la  1"  conjugais.,  la  forme  inchoative  est  prédominante. 


Digitized  by 


Google 


DICTIONNAIRE  ÉTYMOLOGIQUE 


DU 


PATOIS  LYONNAIS 


Digitized  by 


Google 


A.vis 


Les  sons  et  articulations  du  patois  sont  figurés  par  les  lettres  qui  servent  à 
figurer  les  sons  et  articulations  analogues  en  français. 

Le  son  représenté  par  on  n'est  pas  exactement  on  français  :  il  est  intermé- 
diaire entre  on  et  an. 

Le  son  exprimé  par  e  n'existe  pas  dans  les  polysyllabes  français.  Il  est  plus 
faible  que  Vo  de  encore,  plus  fort  que  Ve  muet,  et  à  peu  près  celui  de  e  dans 
le  pronom  le  employé  à  la  fin  d'une  phrase.  Ex.:  apportez-le. 

Le  son  exprimé  par  é^î,  et  qui  est  un  phénomène  tout  local,  est  intermédiaire 
entre  un  et  in. 

Les  diphtongues  notées  aï,  c/,  oî,  où  l'accent  tonique  porte  sur  la  première 
lettre,  se  prononcent  comme  les  mêmes  diplitongues  en  grec  classique. 

L'accent  circonflexe  sur  i  (î)  indique  un  léger  allongement  de  la  voix  sur 
cette  voyelle. 

L'orthographe  n'est  pas  purement  phonétique.  On  a  admis  les  lettres 
étymologiques,  d'ailleurs  employées,  quoique  assez  irrégulièrement,  dans  les 
textes  cités.  La  prononciation  est  indiquée  entre  parenthèses.  La  voyelle  ou 
la  diphtongue  sur  laquelle  porte  l'accent  est  en  lettres  grasses. 

Pour  exprimer  la  prononciation,  il  était  nécessaire  d'avoir  un  signe  particulier 
pour  II  mouillées.  Rien  n'indique,  par  exemple,  en  français,  la  différence  de 
prononciation  entre  ville  et  fille.  Les  II  mouillées  sont  exprimées  par  le  groupe 
Ih,  qui  les  désigne  en  provençal. 

Dans  l'étymologie  en  italique  on  a  aussi  indiqué  en  lettres  grasses  la 
syllabe  sur  laquelle  porte  l'accent  tonique.  L'astérique  placé  '  au  devant  du 
mot  latin  indique  un  type  supposé. 

Les  lettres  entre  parenthèses  sont  les  lettres  tombées  dans  le  passage  du 
latin  au  roman. 

Le  chiffre  entre  parenthèses  renvoie  au  numéro  du  Très  humble  Essai  de 
phonétique  lyonnaise  sous  lequel  figure  la  règle  applicable  au  mot.  Pour 
éviter  de  continuelles  répétitions,  on  n'a  pas  renvoyé  aux  règles  relatives  à  la 
chute  des  lettres  post-toniques  et  des  voyelles  protoniques,  exposées  sous 
les  n"  52  et  53,  77  et  suivants. 

Les  mots  du  Dictionnaire  marqués  d'un  astérique  figurent  au  Dictionnaire 
inédit  de  Cochard.  Lorsque  la  forme  de  Cochard  est  différente  du  patois 
actuel,  elle  est  donnée  avec  la  mention  «  ap  (apud)  Coch  •.  Toutefois  il  est 
expliqué  que,  dans  Cochard,  tous  les  verbes  de  la  !'•  conjugaison  ont  a  final 
au  lieu  de  ô.  Lorsque  cette  différence  est  la  seule,  on  ne  répète  pas  le  mot 
avec  la  forme  de  Cochard- 


Digitized  by 


Google 


ABRÉVIATIONS 


add.    addition 

adj,    adjeclif 

adj.  part,    adjectif  participial 

ckdj.  17.    adjectif  verbal 

ags»    anglo-^axon 

aW.    dialecte  albigeois 

ail,    allemand 

alp,    patois  des  Hautes- Alpes 

angl,    anglais 

op.    apud^  dans 

ard.    patois  de  TArdàche 

arm,    armoricain,  bas  breton 

at .    atone 

augm,    augmentatif 

ckun.    patois  de  l'A  unis 

baaq,    basque 

b.  dph.    bas  dauphinois 

beauj.    patois  du  Beaujolais 

berr.    patois  du  Berry 

b.  lat.    bas  latin 

b,  lim,    bas  limousin 

bourg,     patois  bourguignon 

br.    patois  bressan 

buff.    patois  du  Bugey 

cah.    patois  de  Cahors 

oast,    patois  de  Castres 

oat,    catalan 

cév,    cëTenoI 

oh,    changement 

coll.    collectif 

Cond,    Condrieu,  village  du  Lyonnais 

oonj,    conjugaison 

oons.    consonne 

^am,    comique,  dialecte  éteint  du  pays  de 

Cornouailles 
op,    comparez 

Crap.    Craponne,  village  du  Lyonnais 
crém.    patois  de  Crémone 
dan,    danois 
dér.    dérivé,  dérivation 
dial.    dialecte 
dim,    diminutif 
dipht.    diphtongue 
dissim.    diasimilation 
dph.    dauphinois 
entr.    entravé 
««p.    espagnol 


étj/m.    étymologie 

euphon,    euphonique 

ex.    exemple 

express,    expression 

fig .     âguré 

fin,    final,  le 

for,    patois  forézien 

fr.    français 

fr,-€omt.    patois  de  la  Franche-Comté 

fréq.    fréquentatif 

frib.    patois  de  Fribourg 

Fr.-l,    patois  du  pays  de  Franc-Lyonnais 

g,    genre 

gaél.    gaélique,  dialecte  de  la  Haute -Ecosse 

gasc.    gascon 

gén.    patois  génois 

genev.    genevois 

germ,    germanique 

gév.    patois  du  Gévaudan 

got/i.    gothique 

gr.    grec 

gris,    dialecte  des  Grisons 

gutt.    gutturale 

holl.    hollandais 

ht,  ail.    haut  allemand 

ind.    indicatif  « 

inf.    infinitif 

infl,    influence 

init.    initial 

insert,    insertion 

int.    intensitif 

irl.    irlandais 

irr.    irrégulier,  ère,  irrégularité 

isl.    islandais 

jur.    patois  jurassien 

ki/m.    kymrique,  dialecte  du  pays  de  Galles 

lat.    latin 

Igd.    patois  languedocien 

lim.    patois  limousin 

littér.    littéralement 

In,    patois  lyonnais 

loc.    locution 

lorr.    patois  lorrain 

m.  â.    moyen  âge 

mâo.    patois  du  Maçonnais 

mars,    patois  marseillais 

méd.    médial 


I 


Digitized  by 


Google 


mérid,    mëridional,  aie,  aux 

meês,    patoi«  du  pays  measin 

métath.    mëtathèse 

mha.    moyen  haut  allemand 

mil.    milanais 

mhs.    mankt,  dialecte  de  Pile  de  Man 

m,lat,    medinm  latinum,  latin  du  moyen  âge 

mod.    moderne 

montp,    patois  de  Montpellier 

Mom.    Mornant,  village  du  Lyonnais 

narb,    patois  narbonnais 

niç.    patois  niçois 

niv,    patois  du  Nivernaid 

nor,    norois,  ancien  Scandinave 

norm.    patois  normand 

n,  pr,    nom  propre 

orig,    origine 

orL    patois  de  TOrlëanais 

pal,    palatal 

Paniss,    Panissière,  village  3ur  /es  limites 

du  Fores  et  du  Lyonnais 
pamyss,    parmesan,  patois  de  Parme 
part,    participe,  participial 
péj,    péjoratif,  ve 
pUs.    patois  picard 
piém.    piëmontais 
pi,    pluriel 
poptd,    populaire 
port,    portugais 
pr,    provençal  moderne 
préf,    préfixe 
prés,    présent 
prot,    protonique 
ptg,    portugais 
qq,    quelque,  es 
quero.    patois  du  Querey 
rao,    racine 
rad,    radical,  e,  eaux 
rcht    rouchi,  patois  du  Hainaut 
R  ,-^e-G .    Ri  ve-de-Gier 
réff,    régulier,  ère 
remarque 


rgt.    patois  du  Rouergue 

rip,    ripagérien,  patois  de  Rive-de-Qier 

Riv.    Riverie,  village  du  Lyonnais 

roan,    patois  des  environs  de  Roanne 

saint,    patois  saintongeois 

sard.    dialecte  de  la  Sardaigne 

sav.    patois  savoyard 

sax.    saxon 

se,    Scandinave 

s,  f,    substantif  ft^minin 

signif,    signifiant,  signification 

sing,    singulier 

s.  m.    substantif  masculin 

ss.-rom,    patois  de  la  Suisse  romande 

St'Mart,    Saint-Martin-d*en  Haut,  village 

St-Symph,    Saint-Symphorien-le-Ghâleau 

village 
subst,    substitué,  substitution. 
substantiv,    substantivement 
subst.  V.    substantif  verbal 
suéd,    suédois 
su/f.    suffixe 
term,    terminaison 
ton,    tonique 
transf.    transformation 
transp.    transposé,  ée,  transposition 
V.    voyez 
V.  a.    verbe  actif 
vel,    patois  du  Velay 
vfr,    vieux  français 
vha.    vieux  haut  allemand 
viv.    patois  du  Yivarais 
vin,    vieux  lyonnais 
V,  n,    verbe  neutre 
voo,    vocalisation 
voy,    voyelle 
vpr,    vieux  provençal 
V.  pr.    verbe  pronominal 
vx    vieux 

wal.    wallon,  patois  des  Flandres 
Yser,    Yzeron,  village  du  Lyonnais 


Digitized  by 


Google 


NOMS  D'AUTEURS  ET  D'OUVRAGES 


Alix    Les  possessions  du  Prieuré  d^ Alix  (1410},  ëd.  par  M.  G.  Quigue 

A  mo  z.     A  mo  zanUs^  pièce  de  RoquiHe 

And,    André,  pièce  de  Roquille 

Arch.  dép.    Archives  dëpartementalet 

Arch.  m.    ArcbÎTes  municipales  de  !a  Tille  de  Lyon 

Bail,  d^Ess,    Ballon d^ Essai,  pièce  de  Roquille 

Banq.    La  Banquet  de  la  Paye,  pièce  dauphinoise,  1560 

Batif,    La  Batifel  delaGisen,  pièce  dauphinoise,  15t)0 

Bem»    La  Bernarda  buyaniiri,  pièce  en  patois  lyonnais  de  1658,  ëd.  par  M.  Philipon 

Brey.    Breyou  etso  disciplo,  poème  de  Roquille 

Carc,    Le  Carcabeau  du  péage  de  Givors  (1215},  édité  par  M.  Georges  Quigue 

Cart.    CartulcUre  d'Etienne  de  Villeneuve,  ëdilé  par  M.  M.-C.  Guigue 

Chans.  bress.    Cha^nsons  bressanes,  recueillies  par  M.  Ph.  Leduc 

Ghap.    les  Ghapelon,  poètes  stëphanois  du  xvii«  siècle 

Chapitro    La  Chapitro  brouUia,  pièce  dauphinoise 

Coch.    Cochard,  ërudit  lyonnais  mort  en  1831 

Com,    La  Comara  de  Gamoblo,  pièce  dauphinoise  du  xvii^  siècle 

Cont,  N,    Li  Contios  por  allar  abatre  Nerveu  (1350},  éd.  par  M.  Vaches 

Cont.P.        id Peyraut   (1350).    ...... 

Cos.    La  Cosonnaize,  chanson  en  patois  de  Gouzon 

Dép»    Lo  Députo  mcmquo,  pièce  de  Roquille 

Dial.    Dialogo  de  doux  homos,  pièce  de  Gochard 

Du  G.    Du  Gange,  Glossariwn  rnediae  et  infimae  latinitatis 

Due  Bib,    Les  deux  Biberonnes,  pièce  de  Roquille 

Entr.  de  Bacc.    Entrée  de  Bacchus  et  de  Madame  Dimanche  grasse  (1627) 

Godef.    Qodefroy.  Dictionnaire  de  l'ancienne  langue  française 

Gorl,    La  Gorlanohia,  pièce  de  Roquille 

Grandg.    Grandgagnage.  Dictionnaire  du  patois  wallcn 

Gren.  mal,    Grenoblo  malherou,  pièce  dauphinoise,  1733 

Gr.  Jonn,    La  Groussa  Jonneton,  pièce  de  Roquille 

Gntt.    Gutton,  poète  de  Mornant 

Hym.    Hymno  à  la  Concorda,  pièce  de  GuUon 

Inv.  de  la  C.    luTentaire  de  la  Comptabilité  de  la  ville  de  Lyon 

Isid.    Isidore  de  Sëville,  vi*  siècle 

Liaud,    La  Liaudo,  pièce  dauphinoise 

L.  R.    Livre  de  raison  d'un  Bourgeois  de  Lyon  (xiv*  s.)  ëd.  par  M.  G.  Guigue 

Lyon  b.    Lyon  en  vers  burlesques,  pièce  du  xvii*  siècle 

Mar,    Lo  Maraudèro,  pièce  de  Roquille 

Marg.    Marguerite  d'Oyngt,  auteur  lyonuais  du  xiii*  siècle,  ëd.  par  M.  PhiHpon 

Met,    Lo  Melon,  pièce  de  Roquille 

Ménag,    La  Ménagerie,  pièce  de  Roquille 

More,    La  More  et  la  Filli,  pièce  de  Roquille 

Naiss,  du  D,    Sur  la  Naissance  du  Dauphin,  pi^ce  dauphinoise,  168Î 

2V.  bress,    Noëls  bressans,  édités  par  M.Ph.  Leduc 


Digitized  by 


Google 


N.  dph.    Noël  dauphinois 

Par,    Parabole  de  V Enfant  prodigue^  traduite  en  patois  de... 

Per,    Lo  Pereyoux,  pièce  de  Roquille 

Prière,    La  Prière  de  la  fermière^  pièce  de  Qutton 

Proc.    Lo  Procès  pardsu,  pièce  de  Roquille 

Reff,  cons.    Registres  consulaires  de  la  ville  de  Lyon^  publies  par  M.  M.-G.  Quigue 

Rover.    Reverony.  Lyoniiais,  auteur  de  chansons 

Roq.    Roquille,  poète  de  RÎTe-de-Gier 

Serm,    Sermon  d*un  curé  de  campagne,  par  Monin,  de  Momaut 

Sit.    Situation  de  vet  Var-de^Gi,  pièce  de  Roquille 

Tar,  de  la  V,      Tarif  du  Péage  de  la  ville  de  Lyon 

Tôt  va  b»      Tôt  va  bien,  pièce  de  Roquille 

Tiré  C,    Lo  tréCouacuSf  pièce  de  Roquille 

Vieuten,    La  Vie*4tenanoi  du  Courtisan,  pièce  dauphinoise  du  xvii*  siècle. 

Vog,    La  Vogua  douz  homos  etc,  par  Lo  Pore  Dubou,  de  Lentilly 

Ysop.     Yzoptt,  r.*cueil  de  fahles  eu  diale  ite  franc-comtois  du  xiii«  siècle,  éd.  par  M.  Poerster 


Digitized  by 


Google 


A 


Digitized  by 


Google 


ABAR 


ABARI  (abarl)  v.a.— Êlevpr  (en  parlant 
des  petits  oiseaux).  Alp,  ahali,  Igd.  avari, 
mettre  à  Tabri,  vpr.  bailiv,  gouverner; 
1».  lai.  ballire,  posséder;  bourg,  averi, 
abri. 

De  ad'baj{u)lsire.  Gh.  de  l  en  r(ie9); 
de  are  en  t  (15  4»). 

ABAU  (abô)  ap.  Goch.  ABO  s.  m.  — 
Petit  gerbier  en  forme  de  toit.  Dph.a&a/, 
gerbier  de  92  gerbes. 

Subst.  V.  tiré  de  abali(Y.abari),  Y  oc.  de 
l  finale  (121  2«). 

ABAZANO  (abazan6)adj.  part.  — Fati- 
gué, las .  Forme  de  bazattô.  D'essoufflé 
le  sens  s'est  étendu  à  fatigué. 

A  BEI  RE  (abére)   s.   m.  Wal.   abeùre. 

—  Piquette.  Norm.  bère,  cidre. 
De  beire^  avec  préf.  a. 

ABENO  (abenô)  V.  a.  Bas  dph.  ctbenar. 

—  Élever;  se  dit  surtout  en  parlant  des 
petits  oiseaux:  abeno  de  sisiaux,  les 
élever  &  la  lirochetlo.  Pr.  aftena,  utiliser; 
vpr.  abenar,  améliorer. 

De  ad  et  de  bene,  Abenô,  c'est  mener 
à  bien.  Suff.   ô  (14   3«). 

ABERO  (aberô),   ap.    Gocb.    ABURO 

V.  a.   For.  abera,  prov.,  narb.  abexira  ; 

vpr.  abeuraf'f  vfr.  abetirer.  —  Faire  boire. 

Abura  celle  bèiic  ;  faites  boire  ces  bêles  ; 

abura  lo  pra  ;  metlre  l'eau  au  pré  (Goch.). 

D'ad'bib{e)rB,re.Ch.  de  i  l)rcf  en  e  (62); 
de  br  en  ?•  ou  en  ur  (164  8*",  rem.);  de 
are  en  ô  (14  3").  Gh.  de  eu  en  u  pour  la 
forme  aburô,  cp.  vfr.  ^efir  devenu  sûr. 

ABÊROU  (abërou)  s.  m.  For.  abero.  — 
A  Paniss.  abreuvoir. 

Un  iberô  «l'«u«l,  doud  calotlo  •ssix  uses. 

«  Un  abreuvoir  d'oiseau,  deux  calottes 
asse?;  ufiëes.  >  (Gbap.) 

Subst.  V.  tiréd'adero,  av.  suff.  ou  (34 6w). 

ABERftOU  (abèrrou)  s.  m.  —  Engor- 
gement des  ganglions  ;  tumeur  doulou- 
reuse. For.  abero,  piqûre,  ]»lessure  ; 
aberô,  ressentir  une  douleur. 

D'aburô,  avec  suff.  ou  (35). 

ABETTRE  v.  n.  v.  Jtettre. 

ABIALO  (abialô)  v.  a.  —  Faire  des 
rigoles,    des    abialures,    des    abialons. 

De  beAle  (v.  6î),  avec  suff.  are  ^  ô 
(14  3-). 

ABIALON  s.  m.  —  Petite  rigole  secon- 
daire qui  s'embranche  sur  le  bl  pour 
l'irrigation  des  prés. 

De  betkle,  avec  suff.  dim.  on. 


ABIATO  (abiatô)  v.  n.  —  Mal  réussir; 
s'abiatô,  se  méprendre,  s'attraper. 

J'umirin  ceut  Té  mio  vol6  U  préfectiurt 

Que  d^dli  m*ibiilA  diiii  !•  plut  molnii  cura. 

«  J'aimei-ais  cent  fois  mieux  voler  la 
préfecture  —  Que  d'aller  m'attraper 
dans  la  plus  méchante  cure.»  (Mar,) 

Le  même  qu'amtaM,  avec  une  légère 
dérivation  de  sens,  elle  ch.  de  m  en  6  (cp. 
abuisl).  On  trouve  également  en  Igd. 
abiada  et  amiada^  amadouer. 

ABISTROUA  (abistroua)  adj.  v.  — 
A  St-Mart.  se  dit  d'un  vêtement  déformé, 
usé,  déchiré. 

Gomposé  de  trou,  avec  le  préf.  péj. 
his  (cp.  bistoumer,  bigle).  La  prosth. 
du  préf.  int.  a  a  été  facilitée  par  Tinfl. 
du  mot  habit, 

ABLAGI  (ablagî),  ap.  Goch.  ABLAGIA. 
à  Lyon  ablager  v.  a.  Dph.  ablajar^  pr. 
ableiga  ablasiga  ablegar,  gasc.  abla^ 
tugar,  —  Ravager,  abîmer,  saccager.  La 
grêla  a  tôt  ablagia,  la  grêle  a  tout 
ravagé  (Goch.).  En  Dombes  ablagier, 
avec  la  signif.  spéciale  d'enlever  la  valeur 
des  fruits  en  les  cueillant  trop  verts:  On 
ablnge  la  recorta. 

D'ablit{i)gB,re,  fréq.  d'ablegare,  dont 
on  retrouve  des  traces  aux  xm«  et 
XIV*  s.  dans  ablitigatus,  proscrit,  et  dont 
le  gasc.  ablatugar  est  la  translat.  littér. 
Remplacem.  de  i  par  a  (83)  ;  ch.  de  tg 
en  j  (161  5-)  ;  de  are  en  i  (15  ^).  — 
Ablegare  aurait  donné  ablayi. 

ABLAVO  (ablavô)  v.  a.  —  Déchausser 
les  ceps  pour  découvrir  les  sarments  dans 
la  terre  quand  on  taille  la  vigne. 

Formé  sur  ablB,tum  ;  d'où  un  verbe 
ablata,re  =z  abla'Are  et  abla[v]a,re  (184 
3-).  Ch.  de  are  en  ô  (14  2-). 

ABOCHI  (abochî)  v.  a.  Mars,  abuca, 
lim.  abouca,  poser  sens  dessus  dessous 
un  vase,  un  verre,  tout  objet  qui  a  une 
bouche.  S'abochi,  vfr.  s*abochier,  for. 
s*aboi(cha  s*abochi,  dph.  s'abochie,  pr. 
s'aboiica  s'aboucha.  —  Tomber  en  avant, 
littér.  sur  la  bouche. 

De  bochi,  avec  préf.  a  et  suff.  î  (IBft). 

A  BOCHON  (à  bochon)  loc.  adv.  For. 
à  Vabouchon,  dph.  à  bouchon,  pr. 
d'aboucoun  d'abouchoun,  vel.  d'abou- 
chous.  —  La  face  contre  terre. 

De  bochi,  avec  suff.  on  (y,  abocht). 


Digitized  by 


Google 


ABOS 


ABOSO  (abozô),  ap.  Goch.  ABOUSA,  à 
Lyon  aboicser  v.  n.  —  S'écrouler.  Br. 
aboiisa^  Igd.  abousa  abausa^  mars. 
abouva  abauva,  pr.  abauzar,  renverser  ; 
yfr.  abaux,  abattis,  carnage. 

Du  mha.&u^^e,  monceau,  qui  a  fait  peut- 
être  notre  bouse.  Pour  le  paysan,  s'abosô^ 
c'est  tomber  en  bouse.  Ch.  de  tz  en  z 
(162  20);  suff.  ô  (15  S\  rem.  8). 

ABRÈSILLI  (abrèzilhl)  v.  a.  —  Mettre 
en  miettes. 

Même  format,  que  fr.  brésiller,  avec 
préf.  eu 

ABRIVÉE  s.  f.  —  Élan,  impulsion. 

D*a6rti?ô,  avec  une  termin.  sous  infl. 
d'oïl. 

*  ABRIVO  (abrivô)  v.  a.  Dph.  abrina. 
—  Avancer  à  l'ouvrage.  Vfr.  abriever,  se 
hâter,  se  précipiter  ;  b)  tver,  courir  avec 
rapidité  ;  vpr.  abrivnr^  presser.  Nos  ans 
bien  abriva^nous  avons  bien  avancé  (Goch,). 

Le  mot  ne  vient  pas  à*abbreviare  ;  viare 
donnant  gl  et  non  vô.  Il  est  composé  avec 
ad  et  brevis,  Gh.  de  couvert  en  i  (25). 

ABROTTA  (abrôta)  s.  f.  ABROTTIN 
(abrôtin)  s.  m.  —  Gale. 

De  mpta  (?),  débris,  petit  morceau,  avec 
préf.  a,  Prosth.  de  b  (183  6»)  ;  ch.  de  u  en 
o  (38);  de  p£  en  t  (161  6»,  a).  Le  pr.  a 
broutOy  fragile,  cassant.  A  Vesoui  une 
cusette  broute,  une  assiette  ébréchée.  Dans 
abrottin  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  inits. 

ABROTTIN  V.  abrotta. 

ABUISI  (abuizî),  ap.  Goch.  ABUISIA 
V.  n.  —  S'amuser  en  quelque  endroit, 
s'arrêter,  tarder  à  venir.  Bourg,  aubusai^ 
lim.  abusa,  amuser. 

Du  fr.  amuser.  Gh.  de  m  en  6  (149, 
rem.). 

ABULl  (abuli)  à  Morn.,  à  Lyon  belue  s. 
f.  For.  beîuve,  alp.  belhuo  beluo,  vfr. 
belugue,  vpr.  béluga,  pr.  belu  belugo, 
Igd.  belet,  gév.  billidge,  gsisc.  boulugo. — 
Bluette,  étincelle. 

De  a(d),  bi{s)  et  lnc{em),  d'où  abilui, 
abilu  (48),  devenu  abuli  par  métath  (?). 
Je  ne  crois  pas,  comme  l'a  pensé  Diez,  que 
ridée  soit  celle  d'une  «  faible  lueur  »  mais 
au  contraire  d'une  lueur  double. 

ABURO  (aburô)  v.  n.  For.  aberq.  — 
Ressentir  une  douleur.  Y  abure,  ça  me 
fait  mal. 

DebursLre,  brûler,  qui  a  servi  à  composer 
bustum  et  comburare,  av^c  préf.  int.  a. 


CTlong  =  w(4B).  Gh.  de  are  en  ô  (14  8»). 
Le  fr.  dit  de  même  ça  me  cuit,  pour  ça 
me  fait  mal. 

ACALO  (S')  (8'akalô)  v.  pr.  Pr.  s'acala. 
—  Se  calmer.  Lo  vint  s'accole,  le  vent 
s'apaise. 

De  ad  et  cala,re,  relâcher,  mollir  (Isid.). 
Gh.  dear6end(14  8«). 

ACASSl  (S*)  (akassl)  à  Lyon  s*acasser. 
V.  pr.  For.  s'acaci,  b.  dph.  s*acasa,  saint. 
s*acacher,  biais,  s'acassir,  —  Se  baisser 
à  terre  en  ne  pliant  que  les  jambes.  Par 
extens.  se  laisser  aller  de  fatigue. 

De  quassB,re,  avec  préf.  ad.  Gh.  de  are 
en  i  (15  3%  rem.  2). 

ACATTO  (S*)  (akatô)  v.  pr.  —S'accroupir. 

De  c9t,ttum,  avec  préf.  ad  et  suff.  are  = 
d  (14  !•).  —  LiCtér.  s'accroupir  comme  les 
chats. 

•  ACHATTI  (achat!),  à  Lyon  acfiatir 
V.  a.  Pr.  agatir.  —  Allécher,  attirer  par 
un  appât.  Cela  fena  Va  achatti,  cette 
femme  l'a  séduit. 

De  chatte.  L'irrégul.  du  suff.  ♦  au  lieu 
de  ô  est  due  à  l'infl.  du  pr. 

ACiNSO  (assinsô)  v.  a.  —  Abonner. 

De  ad'Cênsus,  avec  suff.  ô.  Gh.  de  en  en 
m  (29).  La  forme  rég.  serait  acinsi  (15 
8»,  rem.  2). 

ACINSO  (asslnso)  s.  m.  —Abonnement. 

Subst.  V.  tiré  d'acinsà. 

ACIVER  (assivé)  v.  a.  —  Donner  la 
becquée  aux  petits  oiseaux. 

De  cibB,re,  avec  préf  ad.  Gh.  de  6  en  u 
(141)  ;  are  =  er  est  d'oïl. 

ACLIA(àklia),  pi.  dcZe*;  àRiver.  OCLIA 
(ôklia)  s.  f.  Vfr.  ascle,  vpr.  ascla,  pr. 
asclo,  sicil.  plur.  aschi,  napol.  asca.  — 
Fragment  de  bois  refendu. 

D*SLSs(u)la,  puis  astla  par  insert,  de  t  ; 
puis  asûla  par  ch.  de  tl  en  cl  (Flechia)  ; 
puis  acla  par  chute  de  s  ;  puis  aclia  par 
insert,  de  yotte  (164  2»,  b,  rem.). 

Le  vfr.,  suivant  Lacume,  avait  s'asclas- 
ser,  tomber  de  lassitude  :  A  ice  mot  un 
pou  s*asclasse  (Athis).  L.  lo  considère  à 
tort  comme  une  forme  de  lasser.  S'asclasser 
paraît  être  tomber  en  ascles,  se  briser. 

ACLIOTES  (akliôte)  s.  f.  plur.  —  Éclats 
de  bois. 

D'acZta,  avec  suff.  dim.  ota  (=  fr.  etlé). 
Gp.  chambrotta,  petite  chambre  ;  cabiotta , 
petit  taudis  ;  chambotta,  petite  jambe. 


Digitized  by 


Google 


10 


ACOl 


ACOINDES  vin.  s.  f,  pi.  —  Gens  de 
connaissance,  familiers.  «  En  lesquaux 
festes  comunalment  l'on  donne  ufiFerendes 
et  fait  pluseurs  servis  à  sos  acoindes.  » 
(Cont.  N.). 

S.  l'étym.  V.  acoindô. 

ACOl  N  DO  (akoindô)  v.  a.  —  Flatter, 
caresser,  faire  sa  cour. 

D*acco^n(*)tar«  comme  fr.  accointer.  Gh. 
de^wtenwc?(1784<»);  de  are  en  ô(lA  1»). 

ACOLESSI  (akolôssf)  v.  a.  —  Adoucir. 

De  coléssi,  coulisse,  avec  préf .  a  et  suff. 
(15  3»,  rem.  2). 

ACOLO  (akolô)  V.  a.— Éproutter. 

Dp  colKre,  avoc  prôf.  nd  au  lieu  du  préf. 
ex  du  fr.  ëcotder,  Gette  subslit.  est 
fréquente  en  In;  appletô  (ex-pUcitare), 
arjottô  (ex-guttare). 

ACORE  (akôre)  v.  a.  —  A  Paniss.  battre 
le  blé. 

De  ad-cut(e)re  (52).  Chute  de  t  dans  tr 
(164  3«);  ch.  de  u  bref  en  o  (38).  Cp. 
succulere  =  secorre. 

ACOSSOLI  (akdssfili)  s.  m.  —  Batteur 
de  blô. 

T>*acossovL,  formo  d'écossou,  fléau,  avec 
suff.  ariiis  (13).  Il  est  probable  que  le 
.suff.  a  été  primitivem.  relié  par  r,  passé 
à  /  (cp.  écosséri). 
ACOSSOU  V.  cossou, 

ACOTO  (akotô)  v.  a.  Gasc.  acouta.  — 
!•  Élaguer,  ébrancher  un  arbre. 

Non  de  culter,  cuUellus,  qui  aurait 
donné  acortô,  comme ptdpa  adonnéporpa 
(cotiau,  couteau,  est  tiré  du  fr.),  mais  du 
rad.  germ.  kut,  avec  préf.  in  t.  a.  — 
Nord,  kuta,  couper,  suéd.  dialectique  kuta, 
couteau  ;  norwég.  hutte,  enlever  on 
coupant;  vx.  ail.  kutten,  angl.  to  eut, 
couper. 

2»  —  Ap.  Goch.  ACCOTA.  Vfr.  acouter, 
for.  acoi0a,  bourg,  acouter,  berr.,  pic, 
blaisois,  acouter.  —  Écouter. 

T>*ascultSLre.  Chute  de  la  cons.  du  préf. 
comme  dans  ad,  ex,  dis,  Ch.  de  u  bref 
en  0  (38)  ;  de  are  en  ô  (14  I»). 

ACRAPISSI  (S')  (s'acrapissî)  v.  pr.  — 
A  Paniss.  tomber  en  s'abattant,  en  parlant 
d'un  cheval,  d*un  homme. 

Du  gaël.  crwp,  rétrécir,  contracter,  avec 
un  suff.  de  fantaisie,  ou  plus  simplement 
d'acci'oupir,  avec  une  lermin.  augm.  Le 
passage  de  u  à  a  a  pu  être  facilité  par 


crapaud  ;  s' accrapissi,  se  mettre  comme 
un  crapaud  (cp.  s'agrenolli). 

•  ACRÈTO  (akrètrî)  ACRITO  v.  a.  — 
Terminer  un  objet  en  dos  d'âne,  spéciale- 
ment un  mur. 

De  cAsta,  avec  préf.  ad  et  suff.  are  =  ô 
(14  I»).  Ch.  de  i  bref  en  è  (21)  ;  chute  de 
^  dans  «((166  3»). 

ACRITO  V.  acrèto. 

*  ACROCHI  (akrochf)  v.  a.  —  Outre 
l'acception  fr.  d'accrocher,  signifie  amas- 
ser, mettre  de  côté.  Oui  a  bien  accrochi 
de  bien,  il  a  bien  accru  sa  fortune  (Coch.). 

D* accrocher.  Fin.  t  (15  2«). 

ACUCHI  (akuch!),  ^p.  Coch.  ACUCHA, 
V.  a.  Pr.  acucha,  jiir.  occacher,  rgt. 
quicha,  —  Presser,  amoncelor.  Acuchllos 
andnins,  mettre  on  las  les  rangées  de  foin. 

Du  vfr.  cuche,  tas  de  foin,  meule  de 
paille,  toute  chose  en  forme  de  cône 
(v.  cuchon),  avec  préf.  a  et  suff.  î  (16  2®). 

ACUCHONNO  (akuchônô)  v.  a.  —Mettre 
en  petits  tas  coniques. 

Do  cuchon,  avec  préf.  flfotsuff.  ô  (1^  3®). 

ACUÉROU(akucroa)àCrap.ÉCOUÉRU. 
à  Tîiver.  ACOUIRI  s.  m.  Pr.  esquirol 
esquirou,  vin.  esroyrious  (xiv*  s.)  — 
Écureuil. 

De  scuriolum,  forme  de  sciuriolum. 
Préf.  a  devant  se  (±11,  rem.  3).  Chute  de  s 
init.  (id.);  voc.  do  l,  (121  2«).  La  chute 
de  t  dans  le  pr.  et  le  In.  s'explique 
parle  transport  do  l'accent  do  i  sur  o.  Cotte 
chute  est  fréquente  après  r  (cp.capriolum, 
vpr.  cabrai,  vfr.  cherreul).  On  voit  que 
r*  existait  encore  au  xtv«  s. 

La  forme  acouirt  répond  à  scuriarius 
(^3). 

ACUFFÉ.  ÉE  (akufé)  adj.  v.  —  à  Crap. 
blotti,  ramassé;  par  extension  se  dit  de 
toute  chose  compacte  et  serrée.  De  pan 
acuffé,  du  pain  serré,  sans  trous. 

Do  ad  et  cvilum  (?)  avoc  un  suff.  d'oïl  sur 
lequel  a  agi  peut-être  l'infl.  d'étouffer. 
Être  acuffé,  c'est  être  ramassé,  resserré 
sur  son  derrière. 

Le  wal.  a  acoufeté  akoufté,  blotti,  que 
Grandg.  rattache  au  vfr.  couve,  couverture. 
Cette  étym.  est  douteuse  ;  en  tous  cas 
couve  n'aurait  pu  donner  le  In.  acuffé  : 
il  aurait  donné  acovô,  et  si  l'on  admet 
l'infl.  d'oïl,  acové  ou  acouvé, 

ACUTI  (S*)  V.  a.  V.  outi. 


Digitized  by 


Google 


ADUR 


11 


ADDURE  (adure,  et  suiv.  les  lieux 
adjure ,  adzure  )  AD  D  U  I  R  E  ,  à  Grap. 
A  DU  ÈRE  V.  a.  For.  addure  adjure,  dph. 
adure,  sav.  adduire,  Igd.,  gév.  adure 
adurë,  —  Apporter,  amener,  conduire. 
V.  irrég.  ladiutes  adultes  «c?at*i,  apportez 
(Goch.). 

On  iduisit  de  corones 
De  Uuri,  de  sarpolel. 

«  On  apporta  des  couronnes  —  De  laurier, 
de  serpolet.  »  (Revér.) 

Formé  sur  le  prés,  de  l'ind.  addnco, 
devenu  régulièrem.  fadduio.  D'où  inf. 
adduire,  réduit  à  addure  (48). 

ADIU  COMMAND  fkoman).  ap.  Goch. 
a  diu  vos  command,  — Traduct.  de  ad 
Deum  te  commendo,  «  Mais  à  Dieu  te 
command*,  ie  vois  deuant  dire  que  tu 
viens  tout  a  loisir.  (L.  Labé)  »  For.  Adio 
coumand.  C'est  ainsi  que  Ghap.  termine 
VAvis  aux  effans  deSantetiêve. 

La  forme  rég.  devrait  être  commind 
(en  =  in),  Confusion  probable  avec  cum- 
mandare.  De  mémo  le  vfr.  a  cornant  au 
lieu  de  cornent. 

ADOBO  (adobô)  v.  a.  For.  adoubd,  Igd., 
gasc.  adouba  ;  vin.  adohar.  —1°  Arranger, 
préparer.  «  Item  por  adohar  I  grant  pair,  » 
de  même  pour  réparer  un  grand  chaudron. 
(Cont.  N.) 

2'  Frapper,  abîmer  de  coups.  Fr.  dauber, 
wal.  dôber. 

Ah,  mile  yar  de  sori,  buchilloii,  le  m'adohcs! 

«  Ah,  milliard  de  sort!  chélif,  tu 
m'abîmes  !  »  (Mel.) 

De  l'ags.  dvLbban,  donner  l'accolade  à 
un  chevalier  en  le  frappant  du  plat  de 
répée. 

ADOY  (adoi)  vin.  s.  m.  —  Aqueduc. 
€  Adoy,  en  vulg.  lyonnois,  signifie  un 
aqueduc,  et  c'est  ainsi  que  l'on  appelle 
ces  restes  d'arcades  qui  se  voyent  encore 
aujourd'huy.  »  (Le  Laboureur) 

Vfr.  dois  doys,  canal,  de  dixctus,  UhvQÎ 
enlr.  par  un  groupe  avec  gutt.  =  oi  (cp. 
angocsia  =  aïigoisse),'^Q  pas  confondre 
avec  Doye,  source,  fontaine,  dans  beaucoup 
de  noms  de  lieux  :  Lndoix  (Gôle-d'Or),  la 
Doye  à  Nérondes,  la  Boye-de-Nantua  ctc. 
Un  3*  groupe  ne  possède  pas  d'yotte  : 
Boue,  douet,  lavoir,  en  Bretagne  ;  wal. 
dewe,  creux,  cavité;  fr.  douve,  fossé,  qui 
a  certainement  été  doue. 


Littré  et  Scheler  rattachent  ces  derniers 
à  doga,  en  compar.  rogare  =  rourer; 
mais  dans  doga  o  est  bref,  et  l'on  devi-ait 
avoir  deue,  deuve.  Ou  l'étym.  est  erronée, 
ou  doga  avait  pris  o  long  en  b.  lat. 

Le  rad.  qui  a  foi*mé  les  noms  de  Maux 
estprobablem.  celt.,  quoiqu'une  se  retrouve 
pas  dans  les  dial.  existants.  Gelui  (lui  a 
formé  douve  peut  avoir  une  orig.  analogue, 
puisque  doga  ne  l'explique  qae  d'une 
manière  insuffisante.  Il  est  probable  que 
dois,  conduit,  d'orig.  lat.,  et  doye,  source, 
d'orig.  celt.,  se  sont  confondus  dans 
beaucoup  do  circonstances. 

ADRET  (adré)  s.  m.  —  S'emploie  surtout 
dans  cette  loc.  :  A  l'adret,  exposé  au  midi, 
par  opposition  à  Vinversat,  du  côté  du 
nord.  Nom  de  beaucoup  de  lieux.  V Adret, 
territ.  de  St-André-la-Côte.  Les  Adrets, 
L'Adret  (Isère),  Les  Adrets  (Var). 

De  ad  el  direct um,  devenu  dri(ftum 
(187).  Brictum  a  donné  dreit  (18  2°;, 
réduit  à  dret, 

ADRUGI  V.  drug\, 

•  A FFAN AILLES  v.  affanures. 
AFFANAIRO    (aflfanèro)    s.    m.    Vin. 

affanour  afanœu,  pr.  et  vpr.  afanaire. 
—  Travailler  de  peine,  spécialem.  pour  la 
levée  des  récoltes. 

D'affanô.  SufT.  airo  (13). 

AFFANAJO  (afanajo)  ap.  Goch.  AFFA- 
NAGEOU  s.  m.  —  Salaire  d'un  travail  de 
peine. 

D'affanô,  avec  sufT.  ajo  =  aticum 
(161   5o). 

•  AFFANO  (afanô)  vin.  affana  v.  n. 
Vfr.  afaner,  for.,  dph.  afana;  genev. 
affayier,  vpr.  affanar,  b.  lat.  affanare.  — 
Travailler  de  peine,  avec  effort. 

Fai  que  Yoleii  el  «erpa 
Se  possen  affana. 
€  Fais  que  faucille  et  serpe  se  puissent 
louer  .  »  (vx  noël) 

Mei  bon  per  druffoyé,  tandi 
Qu'iil  afanon  lo  Poradi. 
«  Mais  pour  bien  se  réjouir;  tandis  — 
Qu'ils  (les  pauvres   gens)    gagnêrit  péni- 
blement le  Paradis  .  »  (Corn.) 

De  ahan,  onom.  du  souffle  de  celui  qui 
traviiiile  avec  peiuî.  L'aspiration  trè.s  forte 
do  /i  a  amené  son  ch.  en  f. 

•  AFFANURES  s.  f.  pi.  —  Gain  obtenu 
pav  un  travail  de  peine  et  spécialem.  la 
portion  que  les  moissonneurs  et  battetirs 


Digitized  by 


Google 


It 


AFFA 


de  blé  prélèvent  pour  leur  salaire  (Goch.). 
Affanailles  est  aujourd'hui  plus  usité. 

'D'affanô,  avec  suflf.  ures  =.  orias  (37) 
pour  affanures,  et  suff.  coll.  ailles  pour 
affanailles  (cp.  semailles). 

AFFARA  (afara)  adj.  —  BriUant.  «  La 
bella  éteila  bien  rogi  et  bien  affara  •,  la 
belle  étoile  bien  rouge  et  bien  brillante 
(vx  noël). 

Du  vpr.  fara  (ap.  Mistral),  torche,  de 
yavoc,  lanterne  (v.  farassa).  En  dph.  le 
sens  s'est  étendu  au  fig. 

Et  qutn,  peuMc,  •ffart  d'un  •moirou  braisié, 

U  me  Tint  conforU  !•  bouchi  d'un  biiiié  1 

€  Et  quand ,  puis ,  enflammé  d'un 
amoureux  brasier,  —  Il  me  vient  récon- 
forter la  bouche  d'un  baiser!  »  (Batif.) 

AFFARO  (afarô)  v.  a.  For.  affara,  — 
Caresser,  spécialem.  lisser  le  pelage  des 
animaux. 

Eiu  •ffirant  lo  poil  dou  siro  muselb. 

«  En  caressant  le  poil  du  sire  muselé.  » 
(Ménag.) 

AFFARO  (S')  V.  pr.  For.  s'affara,  — 
Faire  sa  toilette,  s'attifer,  s'apprêter. 

Du  vpr.  s'afarar  (pr.  s*afara)^  se  mettre 
au  travail,  où  l'on  semble  reconnaître  un 
V.  forgé  après  coup  sur  afar^  affaire, 
subst.  V.  tiré  lui-môme  de  a  et  far(=:ad 
facere).   Ch.    de  a  en  rî  (14  3«). 

AFFARO  (affarô)  AFFARË  (affarë)adj. 
—  A  Grap.  bien  arrangé,  bien  mis. 

T>' affarô,  verbe. 

AFFEITI  AFFÉTI  (aféU),  ap.  Goch. 
A  FFÉT A  V .  a.  —  Nettoyer  le  blé,  le  cribler. 
Vfr.  afaiter  affaictier,  préparer,  arranger, 
disposer;  wal.  afaiti,  accoutumer;  dph. 
afeita,  parer  ;  norm.  affèter,  assaisonner. 

De  ad  et  de  /ac(are,  fréq.  de  facere. 
Ch.  de  ac  en  ai  (61).  Ai  s'est  affaibli  en  é 
parce  qu'il  est  devenu  prot.  médial.  Gh.  de 
are  en  t  (15  3»). 

AFFENAGE  (s.  m.).  Location  d'écurie 
avec  fourniture  de  foin  et  d'avoine  pour 
les  bêtes  da  selle  et  de  trait.  Plus  dph. 
que  In. 

De  fen,  foin,  avec  suff.  âge  =  aticum 
(161  5«). 

AFFETU  (afetu)  s.  m.  —  Crible. 
D'affetô,  avec  suff.  u  (36). 
AFFLIGI.    lA    (afligî,    ia)   adj.    v.    — 
Estropié,  ée.  Wall,  af/lgt,  bossu. 

D'affliger,  avec  subslit.  du  suff.  i 
(  15  ^h 


•  AFFOLO  (afolô)  v.  a.  Vfr.  affoler, 
vpr.  afolar.  —  Blesser.  Goch.  donne 
affoler  comme  usité  à  Beaujeu.  A  St-Mart. 
affolô,  blesser  en  parlant  de  la  chaussure. 
Mis  esclos  m'ant  affolô,  mes  sabots  m'ont 
blessé. 

De  *full9t,re.  Gh.  de  u  bref  en  o  (69)  ; 
de  are  en  d  (14  3»). 

AFFORCI  (aforsî)  Goch.  donne  concur- 
remm.  AFFORCIA  v.  a.  For.  afforchl.  — 
Soutenir,  affirmer  quelque  chose,  renforcer 
son  affirmation. 

Du  b.  lat.  forcia,  dér.  de  fortis,  avec 
préf.  a  et  suff.  t  (15  1"). 

AFFORO  (aforô)  v.  a.  —  Percer,  aller 
au  fond. 

De  ad-fora-re.  Gh.  de  are  en  ô  (14  3«). 

AFISTOLO  (afistolô)  v.  a.  Pr.  afistola 
afistourla  aflscoula.  —  Attifer,  orner. 

De  flst(u)la,  pipeaux.  Gp.  vfr.  afistoler, 
piper,  prendre  par  de  beaux  semblants; 
d'où  afistoleur,  trompeur.  La  persistance 
de  s  et  de  la  proton,  indique  un  mot  forgé 
par  quelque  savant. 

A  FONT  (afon)  s.  f.  —  Source,  fontaine. 

De  fontem,  avec  préf.  a  (v.  a  prèf.). 

AFRUMO  (afrumô)  v.  a,  —  Affermer. 

De  ad  et  firm9t,re.  Mètath.  de  r  (187 
!•).  Gh.  de  t  en  a  sous  l'infl.  de  f-m  (62 
rem.  6);  ch.  de  are  en  ô  (14  3«»). 

AFUIRI  (afuirî)  v.  n.  --  A  Paniss.  se 
dérober,  glisser,  broncher.  Mon  n'hachon 
a  afuiri,  j'ai  manqué  mon  coup  de  hache. 

Métaphore  tirée  du  fr.  foirer,  devenu 
fouèri,  fuérï^  fuirl,  avec  substit.  du  suff. 
i  (15  &•). 

AGACÎ  (agacî),  *  AGACIN  s.  m.  Pr. 
agacin,  Wal.  agasse.  —  Cor  aux  pieds. 

Du  vha.  agB,lsira,  pie.  Cp.  al.  elster- 
auge,  cor  au  pied  (œil  de  pie),  et  le  fr.  œil 
de  perdrix. 

*  AGACI  (agassî)  v.  a.  —  Agacer  (les 
dents).  «  Cul  a  le  dins  agacies  »,  il  a  les 
dents  liées  (Goch.). 

Du  vha.  hSLzJan,  harceler,  qui  a  fait 
agacer  au  sens  d'irriter,  provoquer. 

AGANTO  (agantd)  v.  a.  —  A  R.-de-G. 
séduire,  tromper.  Pr.  aganta,  vpr.  agan- 
dar,  dph.  anganta,  Igd.  agancha  agansa, 
cat.  aguantar,  it.  agguantare,  atteindre, 
prendre,  saisir. 

Comptant  que  ton  Segneur  agantari  lo  juju. 

c  Comptant  que  son  maître  séduirait 
les  juges.  »  (Proc.) 


Digitized  by 


Google 


AGOT 


f3 


Du  germ.  —  Suéd.  dan.  vtinte,  nor. 
vottr(=ivantr),  gant,  avec  préf.  a.  Ch. 
dev{=w)eiïg  (101).  Suff.  ô  (14,  !•)• 
Littér.  prendre  avec  des  gants. 

AGOTT  AILLES  s.  m.  pi. —Vin  qui  reste 
au  fond  du  tonneau  quand  on  le  soutire. 

D'agotto,  avec  suflf.  d'oïl  ailles^  qui  est 
icicollect.  mais  non  péj.  (cp.  semailles^ 
affanailles). 

AGOTTIAU  (agotiô)  s.  m.  Vfr.  agoUail, 
agottal,  pr.  agouta  agoutal^  b.  lat.  agot- 
talum.  —  Écope. 

De  gutta,  avec  préf.  ad  et  sufT.  ellum  (32). 

*  AGOTTO  (agottô)  v.  a.  Alp.  agoutar. 
—  Tarir,  mettre  à  sec. 

De  gutta,  qui  donne  en  In.  gotia 
(38),  avec  substit.  du  préf.  a  k  ex  dvi  fr. 
é goutter. 

AGOURINO  (agourinô)  adj.  des  2  g.  — 
Adonné  aux  gourrines,  femmes  de  mau- 
vaise vie.  For.  gourrina,  courir  avec  sens 
péj. 

Quand  b  Tt  gourrina  chiex  le  geni, 
Vou-éy  tnU  pire  que  de  lurfeDS. 

t  Quand  on  va  importuner  les  gens,  — 
On  est  traité  plus  mal  que  des  sergents.  » 
(Gbap.) 

Du  vfr.  gourrine,  formé  sur  gourre, 
mal  de  Naples,  avec  préf.  int.  a  et  suff.  ô 
(14  8»). 

AGOURO  (agourô)  v.  a.  Vfr.  gourer, 
pr.  agoura  goura.  —  Tromper. 

Littré  donne  p.  étym.  Tarabe  gharr, 
tromper.    Préf.  int.  a  et  suff.  ô  (14  S»). 

AGRAILO  V.  aingrailo. 

AGRENOLLI  (S')  (s'agrenôlhl)  v.  pr.  — 
Se  rapetisser,  s*accroupir. 

De  grenôlhi,  grenouille  (se  mettre  en 
grenouille),  avec  préf.  a,  indiquant  le 
mouvement,  et  suff.  t  (15  4«). 

AGRIPPANT.  TA  (agrifan,  ta)  adj.  — 
Appétissant  par  un  goût  excitant,  un  peu 
acide.  Au  flg.  se  dit  des  personnes  :  t  Gela 
bôlhi  è  n'agrifanta  »,  cette  fille  est 
attirante. 

De  griff'e,  avec  préf.  int.  a  et  suff.  ant 
=^antem.  AgrifjTant,  qui  saisit;  cp.  fr. 
popul.  empoignant.  Mais  le  sens  a 
certainem.  subi  l'infl.  d'acrem. 

*  AGRIMA  (agrima)  vin.  laygrema  s.  f. 
Lgd.  gruma,  dph.  agryma,  vpr.  lacrima 
lacrema  lagrema,    pr.    lagremo,   —   A 


Gondrieu  larme.  On  trouve  aussi  lacrime 
dans  Jean  de  Meung,  mais  n'est-ce  pas  un 
mot  savant  ? 

Las  agrymoê  plouviaut  su  souo  meigre  Tisage. 

€  Les  larmes  pleuraient  sur  son  maigre 
visage  .  »  (La  StAnt.  pat.  dph.  1858) 

De  IsLcryma,  avec  transpos.  de  l'accent 
sur  t.  C'est  à  tort  que  M.  Zacher  a  lu 
ISLjgremes  (Marg.),  avec  persistance  des 
2  post-ton.,  car  le  déplacem.  d'accent 
existait  déjà  dans  le  vpr.  lagrema,  comme 
en  témoigne  le  pr.  mod.  lagremo.  Peut- 
être  l'expliquerait-on  par  une  format, 
savante,  passée  dans  le  popul.  Quant  au 
mot  In.  il  est  venu  par  le  Midi,  et  n'a  pas 
dépassé  la  partie  sud  de  la  province.  Ge 
qui  est  particulier  au  In.,  c'est  la  chute  de 
/  initiale,  par  confusion  avec  l'article. 

AGRIMOLO  (agrimolô)  adj.  part,  des 
deux  g.  —  Racorni,  chétif,  accroupi. 
Agrimolô  prè  dou  fuè,  resserré  au  coin 
du  feu. 

De  s' agrimolô. 

AGRIMOLO  (S')  V.  pr.  —  S'accroupir  en 
se  resserrant. 

De  it.^rimo,  ridé,  avec  préf.  int.  aetsuff. 
fréq.  olô  (cp.  àgrimodon,  en  gremiciau). 

A  GROBILLON  (grobilhon)  loc.  —  Se 
tiendre  à  grobillon,  se  tenir  ramassé, 
blotti. 

De  groba,  avec  suff.  dim.  illon. 

AGROBO  (S')  (agrobô)  v.  pr.  —  Se 
ramasser,  se  blottir.  V.  groba. 

AGROGNI  (S')  (agrognl)  v.  pr.  Alp; 
s'agrougna,  mars,  s'agrouagna.  —  Se 
resserrer,  s'accroupir,  se  blottir,  se  pelo- 
tonner. 

De  groin,  avec  préf.  a  et  suff.  t  (15  4«). 
S'aggrognl,  littér.  ramener  son  groin  sur 
les  genoux,  le  cacher.  (En  In.  groin  := 
visage). 

AGROPO  (agropô)  GROPO  v.  a.  For. 
agapa,  dph.  agropa,  pr.  agripa^  berr. 
agraper.  —  Prendre,  saisir. 

In  accaparou  droblôTe  lo  p6s; 
A  te  Ta  copô 
Et  te  la  groppô, 

c  Un  accapareur  doublait  le  pas.  ~  Il 
va  te  couper  —  Et  te  la  saisir.  •  (Tré  C.) 
A  tant  de  gro  maihur,  don  ore  la  marpa, 
Deu  po  de  ten  en  çai,  tin  lo  monde  ctgropa» 

«  A  tant  de  grands  malheurs,  dont 
maintenant  la  griffe,  —  Depuis  peu  de 
temps  en  ça  tient  le  monde  étreint.  >  (Bat.) 


Digitized  by 


Google 


« 


AGRO 


Du  b.  lat.  agrsLppa,  ctmp.  de  ad  et  de 
grB,ppa,  croc  (vii«  s.),  probablem.  par  un 
interm.  *agrappare.  Sufif.  ô  (14  2«). 

AGROUMI  (S')  (agroum!)  v.  pr.  For. 
s*agroumi,\^d.s'agroumilha,  lim.  s'agru- 
mi^  pr.  s'agrouma  s'agy'onmeli.  —  Se 
resserrer,  s'accroupir,  se  blottir. 

De  giHiminn,  potite  agglomération,  d'où 
le  sens  de  peloton.  S'agroum'i,  c'est  se 
pelotonner.  La  forme  rég.  sevsLÏis'dgrumô, 
w  k)ng  en  lat.  donnant  u  In.  (45).  C'est 
ce  qui  est  arrivé  pour  le  lim.  {agrumï)  où 
la  môme  règle  existe,  mais  non  pour  les 
autres  dial.  d'oc  qui  ont  la  nu^me  irr.  que 
le  In.  On  peut  l'expliquer  en  disant  que  u 
était  devenu  bref  en  b.  lat.,  ce  qui  donne 
ou  en  pr.  et  assez  souvent  en  In.  (34). 
Le  suff.  i  au  lieu  de  ^  (14,  3°)  s'explique 
peut-être  par  l'infl.  du  v.  ugrognï,  môme 
sens. 

Gru77ium  a  donné  agroumi  comme 
grumellmn  a  donné  les  formes  du  pr.  et 
du  Igd.  agromneli  et  agrouniilha.  De 
grumum  viennent  encore  les  dér.,  for. 
grimo'fon (se mellre en  grimodon),  ss-rom. 
à  greynauton  et  In.  à  ungremiciau. 

AGUÉRIN  (aguérin)  s.  m.  —  A  Paniss. 
purin. 

Ty^aquarïnum.Aqua  ayant  donné  at>«t, 
on  devrait  avoir  régulièrem.  aigiiérin. 

AGUINCHI  (aguinchf)  k  Lyon  agid7i' 
cher  V.  a.  Pr.  agacha.  —  Épier,  guetter, 
regarder  av^c  soin  et  précaution.  AU. 
ï9inken,  bol.  wenken,  sax.  wincian, 
angl.  to  wink,  cligner  de  l'œil. 

Du  vha.  winchju,  cligner  de  l'œil,  Gh. 
de  w  init.  en  gu  (101)  ;  suff.  l  (15  2«). 

AIGRAT  (ôgrà)  s.  m.  Roan.  aig^-é,  vfr. 
aigras  aigret.  —  Raisin  resté  vert,  ven- 
danges faites. 

D'acrem  (v.  aigri),  avec  suff.  dim.  at. 

AIGRI  (égri)  loc.  Feire  aigri,  k  Lyon 
faire  aigrm.  —  Agir  à  l'extrémité  d'un 
levier.  En  For.,  aigri  signifie  levier,  et  en 
pr.  aigre  ogre,  orgueil  ou  cale  pour 
soutenir  feffort  du  levier.  En  In.  aigri 
subst.  n'existe  pas. 

D'Acrem,  employé  pour  chose  pointue, 
pic,  pince,  sg|ïs  qui  concorde  soit  avec  le 
for.,  soit  avec  le  pr.  —  Gh.  de  cr  en  igr 
(164  1»). 

AIGUALISSI  (égalîssi)  s.  f.  For.  aiga- 
lici.  —  Réglisse. 


Votsse  dil  que  les  gens  machaYons  (Taiga-lke. 

«  Vous  eussiez  dit  que  les  gens  mâchaient 
de  la  réglisse.  »  (Ghap.) 

Corrnpi.  de  réglisse,  comme  l'eau d'â7îon 
pour  laada7ium,  ordure  de  potassium 
pour  iodure  de  potassium,  etc.  C'est 
surtout  dans  les  termes  médicaux  que  ces 
corriip^t.  sont  fréquentes. 

AIGU  Av.  aigui, 

AIGUADA  (ôgada)  s.  f.  —  A  Morn.  gué, 

D'agwa  (=  aiga  k  Morn.)  et  suff.  pr. 
a,da  =  al  a. 

AIGUE-ARDENT  (ôgardin)  s.  m.  For. 
ùigardent   aigardente,   dph.   aigardani. 

—  Eau-de-vie.  /wt>.  de  la  C,  1472-1475  : 
«  Achat  de  salpôlie,  d'aigue-ardent,  de 
mayere  (racine)  de  sauge  pour  fere 
charbon  pour  la  dite  pouldre...  1466-1469  : 
«  Pour  une  livre  d'eau  ardent..,  » 

L'un  iiiiçunncson  vin,  Taulre  son  aigardtui. 

a  L'un  étançonne  son  vin,  l'autre  son 
eau-de-vie  .  »  (Gren.  mal.) 

Ai(jard(tnt  s'est  plus  conservé  dans  le 
di)h.  que  dans  le  In.  Mena,  bailli-me  lo 
goubeau,  par  beire  de  l'aigardatit, 
enfant,  donne-moi  le  verre,  pour  boire  de 
l'eau-de-vie. 

D'SLcquam  et  ardentem. 

AIGUI  (égui),  à  R.-de-G.,  Yzer.  AIGUA 
s.  f.  For.  aigua,  pr.  aiguo,  vfr.  aiguë.  — 
Eau.  Le  vin.  disait  indifféremment  aygua 
et  aygui.  Tar,  de  la  V.  1277:  «  Li  chargi 
qui  vait  per  aygui  de  draus.  ïuit  licuer... 
per  terra  ou  per  aigua,  »  Le  Carc,  n'a  que 
la  forme  eygui.  Rubys  au  xvi«  s.  écrit 
aiguy. 

}ya.qua.  Gh.  de  a  en  ai  (10)  ;  de  qw  en  g 
dur  (cp.  86).  Fin.  i  (53  4«,  rem.) 

AIGUI  (aiguî,  sans  faire  sentir  u)  s.  m. 

—  Évier. 

D'açwa,  avec  suff.  arium  (XS). 

AIGUILLES  s.  f.  plur.  Se  dit  des  deux 
montants  verticaux  qui,  au  pressoir, 
soutiennent  le  chapeau,  la  roue  et  la  pièce 
horizontale  au-dessous,  dite  coulaissi, 
qui  glisse  entre  les  deux  aiguilles. 

Tiré  du  fr.  En  In.  aiguille  se  ditu//t. 

AILLAN  (alha.n)  ap.  Goch.  AGLIAN  s. 
m.  Vfr.,  genev.  aglan,  berr.  glan  aglan, 
cat.  agla.  —  Gland  du  chône. 

De  gl2k,7idem,  avec  un  préf.  a,  voyelle 
euphon.,  ou  peut-être  art.  fém.  du  lat. 
conservé  après  que  le  mot  eut  changé  de 
genre  (cp.  alemelle  de  lama).  Gh.  de^Z. 


Digitized  by 


Google 


AING 


15 


init.  en  Ih  (109).  La  graphie  afflian  dans 
Coch.  est  tirée  de  l'it.  pour  exprimer  / 
mouillée.  De  môme  il  écrit  bôlhi.  Pourtant 
qq.  rares  endroits  prononcent  aglian. 

AINGRAILO  (ingrôlo)  dans  le  Fr.-L, 
ANGRULO  (angrulo)  à  Grap.  et  dans 
toute  la  montagne,  AGRAILO  (agrêlo)  à 
Beauj.,  ANGRIOULO  (angrioulo)  à  Morn. 
ANGRIOULOT  (angrioulo)  àSt-Mart.s.m. 
For.  agrêvou  agriol,  bug.  agruëllOy  dph. 
aigrevô  grevou,  pr.  agréa,  vpr.  agriol. 
—  Houx. 

AppoAy  sus  un  balon 
lyagrêtouy  d^agrévou. 

«  Appuyé  sur  un  bâton  —  De  houx,  de 
houx.  »  (Ghap.) 

D'agrifoî(lium).  —  Forme  du  Fr.- 1.  : 
ch.  de  a  suivi  de  gutt.  en  ai  (61);  chute 
de  /'(144  2*»).  Le  ch.  de  o  en  ai  s'explique 
par  un  agrifellium  où  t  proton,  tombe,  et 
où  e  bref  devient  ai  par  l'attract.  de  l'yotte 
de  ium.  La  forme  de  Grap.  s'explique  de 
même  par  la  voc.  de  /  après  e:  angrieulo, 
angreulo^  angrulo.  La  forme  la  plus  rég. 
est  celle  de  Morn.,  angrioulo,  d'agri(f)ol- 
lium,  où  0  devient  ou  jiar  voc.  de  Z,  et  où 
e  ouvert  =  i  (25).  Angrioulot  estundim. 
avec  suff.  ot. 

Angrulo  est  aussi  le  nom  du  bouchon 
suspendu  qui  sert  d'enseigue  aux  cabarets 
parce  que  ce  bouchon  est  ordinairement  en 
houx. 

'  AISIA  (ôzia)  adj.  v.  —  Aisé,  aisée. 
AISIÉS»  aisés,  aisées. 

L*t  d'aisia  est  celui  du  vfr.  aisier,  faci- 
liter. Fin.  ta  (15  5»,  rem.). 

*  AISOS  (ôzo)  s.  m.  pi.  For.  aises,  dph. 
eisina,  b.  dph.  aisinos.  —  Vaisselle,  bat- 
terie de  cuisine.  Pr.  aise,  tonneau,  vais- 
seau, ustensile,  vase. 

Ceinarc,  iiustia  eUina 

Sarit  pru  deibraillu  qu'uua  TÏeillt  fargiiia. 

Eisina  est  pris  ici  sensu  obsceno  : 
t  Commère,  notre  eisine  —  Serait  plus 
débraillée  qu'une  vieille  besace.  »  (Bat.) 

Le  vfr.  avait  aisemance,  aisemence 
dans  le  même  sens,  et  le  vin.  eysitnenj 
(Cont.  N.) 

Aisos  et  ses  diverses  formes  ont  été 
sans  doute  engendrés  par  une  extens.  de 
sens  analogue  à  celle  qui,  d'aise,  satisfait, 
a  donné  en  fr.  aisances  pour  servitudes, 
dépendances,  commodités  d'une  maison, 
et  aisances,  retrait. 


•  AISSETTA  lèssèta)  s.  f.  Vfr.  aissette, 
aiscette,  pr.  eisseto,  Igd.  aisseto,  veK 
aiscèta.  —  Herminelte. 

D'ascUta,  devenu  acsitta  par  métath.  de 
se  (166  6).  Gh.  de  ac  en  ai  (61),  de  t 
bref  en  tr.  en  è  (30). 

AITROS  (êtro)  ÉTROS  s.  m.  pi.  — 
Auvent,  perron,  marches  au  devant  d'une 
maison,  d'une  église.  Vfr.  aitre,  parvis 
(Roland). 

D'a^r/tt.  Ghang.  de  a  en  ai  par  attraction 
de  l'yotte  de  l'hiatus  final.  O  final  au  lieu 
de  a  représente  le  masc.  (56). 

Cognutre  los  étros,  connaître  les  dispo- 
sitions intérieures  d'une  maison, et  au  fig., 
être  familier  avec  une  chose. 

AIVA(êva)s.  f.  AIVAJO  (êvajo)  s.  m.— 
Qualité,  race,  surtout  en  parlant  des  arbres 
et  des  plantes.  «  Gelos  sardi  sant  de  bon 
aiva  »,  ces  cerisiers  sont  de  bonne  race. 
Par  confus,  avec  l'art.,  certains  endroits 
disent  leva,  Alp.  aibo,  qualité;  vpr.  aib 
aip,  qualité,  mœurs,  habitude. 

Du  basq.  aipua,  renommée,  réputation 
(Mahn).  Gh.  de  jp  en  v  (140).  —Peut-on  le 
rapprocher  du  gr.  it;retu  ?  —  Dans  aivajo 
s'est  ajouté  le  sufif.  aticum  (161  5»). 

AIVAJO  8-  m.  V.  aiva. 

AJACI  (ajassl)  v.  n.  —  S'accroupir. 

De  jacir^  pour  jacere  (23,  rem.  2),  avec 
préf.  ad.  On  devrait  avoir  régulièrem. 
ajazi  (130)  comme  le  fr.  a  gésir,  /long 
=  i  (33). 

AJAT  (ajà)  express,   qui  signifie  litté- 
ralem.  à  l'accroupie.  On  dit  en  proverbe  : 
Magnificat,  (sanst  proiioocer  le  0 
Que  lève  le  feuiies  d'ajat  ; 
Gloria  patri. 
Que  le  tornc  ajaci, 

a  Magnificat,  —  (Jui  fait  lever  les 
femmes  accroupies;  —  Gloria  patri,  — 
Qui  les  fait  accroupir  de  nouveau.  »  Parce 
que,  à  l'église,  les  femmes  s'asseyaient  sur 
leurs  talons.  Or,  au  Magnificat,  tout  le 
monde  se  leva,  et  au  Gloria  on  se  l'asseoit. 

Subst.  V.  tiré  d'ajassi. 

AJOU  (ajou)  s.  m.  —  1.  Dans  le  Fr.-l. 
Hotte. 

G'est  le  vfr.  ajou,  aujourd'hui  ajonc, 
b.  lat.  adjotum.  On  ne  fait  pas  les  hottes 
en  ^/o ne,  mais  on  les  faisait  en^onc,  et 
les  deux  plantes  ont  été  constamment 
confondues,  témoin  la  forme  ajonc. 

2.  —  Ciseaux, 


Digitized  by 


Google 


16 


A  LA 


De  ad  et  juga.  Le  chang.  de  u  bref  en 
ou  indique  une  formation  d'oU. 

A  LA  (ala)  A  LA  Y  vin.  s.  f.  —  Terme 
de  construction  d'acceptions  variées. 

Inv,  de  laC,  (1869)  «  Item  p.  les  ailes  et 
bochez  de  chano  »,  de  môme  pour  les  ailes 
et  bochets  de  chône.  11  s'agit  probablem. 
de  cloisons  de  bois  entre  les  macbicoulis, 
destinées  à  maintenir  verticaux  les 
créneaux  ou  la  pansère  sur  les  blochets 
formant  saillie  au  devant  du  mur. 

«  Item  per  fustalli  de  bochez  et  ailes  de 
chano  »,  de  môme  pour  bois  fournis  pour 
les  bochets  et  les  ailes  de  chône. 

«  Item  pour  les  aies  de  chano  deis  la 
dicta  eschiflfa  tanque  à  la  dicta  tour  »,  de 
môme  pour  les  ailes  de  chône  depuis  la 
dite  échauguette  jusqu'à  la  dite  tour.  —  Il 
s'agit  sans  doute  toujours  d'ailes  entre  les 
mâchicoulis  pour  tout  l'espace  compris 
entre  une  échauguette  et  une  tour. 

«  Item  per  bochez  de  chano  p.  fare  les 
alays  audit  pan  avoy  les  pos,  fusta  etc.  », 
de  même  pour  faire  les  ailes  au  dit  pan 
(de  muraille)  avec  les  pieux,  bois,  etc. 
4 /ay  représente  fl/armm  (13)  et  le  sens 
parait  ôtre  celui  d'un  ouvrage  en  aile 
aidant  à  défendre  l'approche  de  la  muraille 
ou  maintenant  des  terres  latérales. 

«  Item  p.  les  dues  aies  de  mur  qui  fant 
la  dessendua  de  la  posterla  sobz  la  dicta 
tour  »,  de  môme  pour  les  deux  ailes  de 
mur  formant  la  descente  delà  poterne  sous 
la  dite  tour.  —  Le  sens  est  certainement 
ici  celui  de  murs  en  aile  retenant  les 
terres  latérales. 

D*a/a(let63  H»). 

A  LA  BADA  (a  la  bada).  —  Loc.  pour 
au  dehors,  en  liberté. 

Dér.  à'àbadô, 

ALAGNI  (alagni)  op.  Goch.  ALAGNIE 
8.  f.  —  Noisette. 

Forme  d*aulagni.  Dans  alagni  (avel- 
lanea)  v  a  disparu,  sans  se  vocaliser 
comme  dans  aulagni.  Ce  dernier,  plus 
rég. ,  est  plus  usité. 

ALAGNI  (alagni)  s.  m.  —  Noisetier  (v. 
aulagni), 

A  LA  MON  (alamoA)  s.  m.  Dph.  aramon, 
Igd.  alamon,  pr.  aramoun.  —  Sep,  pièce 
de  bois  qui  porte  le  manche  de  la  charrue. 

De  l'esp.  et  ptg.  alamoalemo  (?),  ormeau 
ou  peuplier,  selon  qu'on  dit  alamo  negro 


ou  alamo  blanco.  L'orme  est  un  bois  dur 
qui  s'emploie  pour  le  charronnage.  On 
peut  citer  un  grand  nombre  de  mots  où  la 
matière  a  donné  son  nom  à  l'objet  :  cp. 
fr.  verre,  vase  à  boire  ;  jo7ic,  canne  ;  lorr. 
sapin,  hotte  à  vin  ;  fr.  popul.  sapin,  fiacre; 
In.  sapine,  bateau  en  sapin.  Alamo, 
accentué  sur  la  pénull.,  donne  alamon 
avec  un  suff.  dim.  on, 

A lamo  yieni  d*ulmum,  sans  doute  par 
une  forme  almum.  A  méd.  est  probablem. 
une  voy.  d'appui,  introduite  pour  faciliter 
la  prononciat.  Elle  a  dû  se  produire  en 
esp.  sous  l'infl.  de  l'arabe,  peut-ôtre 
d*alamud  =  columna,  barre. 

Le  fr.  armon,  pièce  du  train  d'un  carrosse 
où  s'attache  le  gros  bout  du  timon,  a  sans 
doute  la  môme  orig.,  mais  il  a  élagué  l'a 
qui  précède  la  syll.  accentuée  dans  le 
mot  In. 

ALANCO  s.  m.  —  Surnom  péj.  donné 
aux  habitants  de  Hontalon. 

D'alancô,  adj. 

ALANCO  (alankô)  adj.  part.  —  Affaissé, 
mou,  lâche. 

D'alancô  verbe. 

ALANCO  (alankô)  v.  n.  —  S'affaisser. 
Lo  mur  a  alanco,  le  mur  s'est  renversé, 
Celo  blôd  a  alancô,  ce  blé  est  couché. 
Sarde  allacanài,  affaiblir,  débiliter  ;  alla- 
canàu,  affaibli,  languissant. 

Du  rad.  de  langueo  (?),  gr.  Xay,  XayajXiV, 
mou,  chétif,  avec  préf.  int.  a  et  suff.  6  (14 
4»).  Sur  la  remonte  de  ^  à  c,  cp.  paganum 
=  pacan,  et  surtout  le  sarde  allacanàu. 

Le  dph.  a  anco,  soutien  d'un  mur 
(probablem.  d*angulum).  Le  mot  n'a  rien 
de  commun  avec  alancô.  Si  anco  était  le 
rad.,  on  aurait  en  effet  le  préf.  dis,  et  non 
le  préf.  a,  al» 

A  LA  SOUTA  (soata)  loc.  Dph.  à  la 
souto.  —A  l'abri.  «  En  tout  caus,  je  sons 
iqui  à  la  souta  »,  en  tout  cas,  nous  sommes 
ici  à  l'abri  (Dial.), 

Et  qae,  de  gran  Terfugni 
En  la  tout  du  cayoïi  vito  s'alei  cachié, 

c  Bt  que,  de  grand'honte,  au  tect  du  porc 
vite  il  aille  se  cacher.  »  (Banq,) 

Per  trouva  un  endret  k  te  belire  à  la  touta, 

«  Et  trouver  un  endroit  pour  se  mettre  à 
l'abri.  »  (Blanc  la  Goutte,  Dph,) 

De  snbtus,  probablem.  par  l'it.  sotto, 
lieu  inférieur  à  un  autre. 

Forme  d'oïl-;  subtus  a  donné  so  (38). 


Digitized  by 


Google 


A  LA  Y 


17 


ALAY  vin.  v.  ala, 

ALAY  (ala-ï)  s.  m.  GfTiov.  ali(r.  — 
Alisior.  P.>il.  allier,  peuplier.  Le  Pont- 
d*Alay\  li(Mi  dit,  aux  portos  do  Lyon, 
sij^nif.  le  Pont  des  nlizievs. 

Du  vhtall.  e/ija,  alizé,  par  l'interméd. 
du  vfr.  aliier,  alizier.  Chang.  do  i  en  a  par 
dissim.  (83)  ;  de  ter  en  \  (13). 

ALAY-POUS  vx  terme  de  boucherie  en 
pat.  de  Villefranche,  indiquant  probableni. 
les  boyaux.  —  Accord  entre  l'Hôtel- 
Dieu  et  les   bouchers   pour  les  droits   de 

corvée  (1337).  «  Gonfessi  que  fuerunt 

superius  nominati  niacellari  quod  in  la 
cora  mutonis  débet  esse  tolus  pulmo 
mulonis  et  tertia  par  jecoris  sieu  fejo,  et 
débet  se  tenere  à  la  corniola  ;  de  capra 
eodem  modo;  de  porco  penna  jecoris  et 
débet  se  tenere  li  doux  sieu  fol  cum  toto 
pulmone,  exceptis  les  alrn/potis  de  supra, 
et  de  aliis  animalibus  prout  consuetum  est 
ab  antiquo.  »  (Gommuniq.  par  M.  Missol). 

Je  cn)is  qu'on  peut  tirer  nUnj  d'une 
forme  iHeLvium^dér.  d'ilia  (v.  aussi  hilla). 
Arium  =  \  (13),  et  conmie  la  prononciat. 
ne  peut  admettre  iVtV,  on  a  alay  par  dissim. 
(83).  Quantàpow^,  c'est  l'indication  quali- 
ficative de  la  partie  des  en  Irai  l  les  réservées  ; 
il  doit  répondre  à  l'idée  de  parties  molles, 
de  pnïsmn.  Cp,pulsum  cerebri,  cervelle 
épanchée;  pr.  pous,  paume,  mollet  de  la 
main  (Dict.  de  la  Prov.  178Ô). 

•  ALBERGI  (albergi)  s.  f.,  à  Lyon, 
auberge,  —  Pèche  à  pulpe  adhérente. 

Du  vfr.  auberge,  où  l  de  l'esp.  alber- 
chigo  s'est  vocal.  Nous  aurions  du  avoir 
arbergi  (170  4»).  L'incommodité  de  la 
prpnonc.  des  deux  r  a  fait  conserver  /. 

ALBRANDA  (albranda)  s.  f.  For.  ala- 
branda,  pr.  blanda.  —  A  Paniss.  sala- 
mandre. 

Du  vfr.  halbran,  jeune  canard  sauvage, 
tiré  lui-même  du  germ.  halbente,  plongeon, 
oiseau  aquatique.  Le  In.  a  appliqué  ce 
nom  à  la  salam.,  à  cause  de  son  habileté 
à  plonger.  La  même  facullé  l'afailnommer 
a  Grap.  urina,  d'uri?tare,  plonger.  Fin.  a 
(67). 

AtÉRO  (alérô)  v.  n.  —  Souffler,  être  hors 
d'haleine. 

Al  einlrc  en  alérant  pir  pouère  so  placi. 

«  Il  entre  en  soufflant  pour  pouvoir  se 
placer.  »  (Lep.) 


}y(fnhela.re,  devenu  alenave  par 
nu'talh.,  et  ulero  par  ch.  do  n  on  r  (cp. 
cophini(m=  coffre,  manîca  ~  margue 
canonicnm  =  ca?wrgi(e),  et  de  are  en  (3 
(1.4  3«). 

ALINGEN  (alinjan).  Nom  d'un  jeu  où 
l'un  dos  joueurs  cherche  à  deviner  le 
nombre  d'objets,  pois,  haricots,  etc.  que 
l'aulrojoueur  tient  dans  sa  main  fermée. 
Voici  le  dialog  :  Alingen?  —Je  ^ninistro, 
on  Je  m'y  mets,  —  JusqiCà  quant  ?  etc. 

Klym.  inconn.  Faut-il  lire  ri  Vingen  pour 
à  Vcngienî\h\  ^;/.7'>/«,  esprit, jugement; 
(ïingenium.  A  Vingen,  c.-à-d.,  au  juger, 
à  la  devinette.  ^;i/7/V«  aurait  dû  donner 
ingin,  mais  gin  a  pu  être  corrompu  en 
jan  sous  l'infl.  qui,  a  fait  traduire  à  Gham- 
poUion-Figeac  alingen  par  allons,  Jean, 
co  qui  est  inadmissible,  soit  comme  sens, 
soit  ])arce  que  allons  ne  se  dit  pas  alîn, 
mais  vous -nus,  ou  mémo,  en  voulant 
parler  français,  allans.  La  réponse,  je 
ministro,  usitée  en  Dauph.,  est  le  lat. 
Kiinisfrarc  dans  le  sons  de  fournir.  Au 
xii«  s.  il  existait  encore  en  pr.  :  Sa  lengua 
menestra  fuoc,  sa  langue  jette  du  feu.  Je 
m'y  mets  doit  être  une  corrupl.  de  je 
ministro.  Jusqu'à  quant  (et  non  quand) 
est  usquc  ad  qtianium, 

ALLAMANDRI,  ALAMANDRI  (ala- 
mandri)  s.  f.  —  Germaiulrée. 

De  it.  calamsiudrea,  de  chamaedrys. 
Ghute  do  c  (186  8')  ;  ch.  de  ea  en  i  (54  1°). 

*  ALLIEGRO,  GRA  (allégro)  adj.  Jur. 
alliegro,  it.  allegro,  esp. alegre.  —Allègre. 

Du  vfr.  haliegre,  venu  lui-môme  d'aile- 
crem  ou  alecrem,  comme  l'indiquent  les 
formes  it.  et  esp. 

ALLO  IN  CHAMP  (alô  in  chan).  Loc! 
—  Mener  paître  les  bestiaux.  11  prend  le 
sons  actif  :  alln  in  champ  le  vacher  los 
rayons,  nionor  paître  l(\s  vaches,  los  porcs  ; 
mais  dans  certains  pays  ou  l'emploie  avec 
la  prépos.  ou  {=nu].  «  In  païsan  de  quelo 
païs,  que  lo  lit  allô  en  chon  ou  caions  », 
un  paysan  du  pays  qui  lui  lit  mener  paître 
les  porcs.  (/*«;•.  Cond,) 

l.aulrc  dzor,  la  Boaaïiia 
Allô\c  in  (himp  u  bus. 

«  L'autre  jour  la  Benoîte  —  Menait 
paître  les  ba»ufs.  n  (Vieille  chans,) 

ALLOVES  (alôvo)  s.  f.  pi.  —  Gopeaux. 
For.  allnvcs,  allumettes.  Orig.  germ.  — ^ 
Angl.  leaf,  ail.   laub,  sax.  leafe,  suéd. 


Digitized  by 


Google 


18 


ALNA 


lof,  dan.  lov,  isl.  laiif,  fouille,  copeaux  ; 
du  goth.  lauf,  avec  préf.  rcnfon;.  a. 
Le  V  final  vient  du  plur  :  angl.  leaf,  feuille, 
leaveSy  feuilles.  Cp.  fr.  Juif,  Juive. 

Le  sens  du  for.  allôvcs,  allumellcs,  s'est 
développé  par  l'usage  principal  des 
copeaux,  qui  est  d'allumer  le  feu. 

Ce  mot,  à  ma  connaissance,  n'a  élé 
conservé  dans  aucune  langue  romane,  ni 
môme  dans  aucun  pat.,  sauf  le  for.  et  le  In. 

ALNA  (alna)  vin.  s.  f.  -—  Aune,  employé 
au  sens  de  redevance.  «  Aussi  o  dey  vont 
li  banc  deuz  ecofers...  toit  li  banc  qui 
issont  senz  czoiz  qui  deyvont  aines, 
chacons  II  d.  »,  aussi  ce  doivent  les  bancs 
des  cordonniers...  tous  les  bancs  qui  s'y 
mettent,  non  compris  ceux  qui  doivent 
aines,  chacun  2  d.  {Tar  de  la  V.  i271).  — 
Il  est  probable  qu'il  s'agissait  d'un  droit 
général  pour  chaque  banc  de  foire,  dit  droit 
d'aune,  soit  que  ce  fût  un  droit  d'emplace- 
ment, à  raison  de  la  superficie  occupée  par  le 
banc,  soit  que  ce  fût  une  taxe  pour  droit  de 
vente  à  l'aune,  ensuite  étendue  aux  mar- 
chandises qui  ne  se  vendent  pas  à  l'aune. 

ALOGNI  V.  aulagni, 

ALUIDI  (aluidi)  v.  n.  ^a.-vom.einlutzu 
—  Faire  des  éclairs  (cp.  luizarnà,  môme 
sens). 

De  lucid^Lve  =  luc'dare  (78).  Ch.  de 
uc  en  wi  (181   !•)  ;  do  are  en  /  (15  3°). 

ALUIDIA  (aluidia)  s.  f.  —  A  Paniss. 
Éclair. 

Subst.  v.  formé  sur  aluidi.  Autour  de 
Lyon  aluidia  serait  aluidi  {S^  1"). 

A  LU  NO  (alunô)  adj.  des  2  g.  —  S'emploie 
dans  les  expressions  hen  ou  -àial  alunô, 
qui  a  bonne  ou  mauvaise  chance.  Liltér. 
né  sous  une  bonne  ou  mauvaise  lune. 

De  Ivina  avec  préf.  int.  a  et  sufl'.  6  = 
atum  (1). 

A  MAITRE  ramaïtre)  v.  n.  —  Se  mettre 
en  condition. 
De  ad=:  a  et  ni^gistrum  =  maître. 
AMAN  DR  A  (amandra)  s.  f.  —  Amande. 
Une    Hure    d'aman dres.    {CL   Menuet, 
xvi«  s.) 

le  Uuon  si  bien  lo  drapiau 
Auoy  lo  deuinty  de  pio, 
Que  ie  lu  faia  blaii  comme  amandra. 
«  Nous  lavons  si  bien  les  drapeaux  — 
Avec  les  tabliers  de  peau,  —  Que  nous  les 
faisons  blancs  comme  amande.  »  (Enlr. 
de  Bacc.) 


"D'amyr/dala,  La  forme  In.  est  plus  rég. 
qu(^  la  forme  fr.,  dans  laquelle  ne  s'explique 
pas  la  chute  de  /.  Ch.  do  dl  on  dr  (184 
5'»)  :  insert,  de  ?i  (184  7-,  rem.). 

AMAYI  (amayl)  v.  a.  —  Mettre  le  blé  en 
mayes  ou  rneyes. 

De  niSiya  avec  préf.  a  et  suff.  l  (cp. 
15  2«). 

AMBAISSI,  AMBESSI  (anbôssi)  vin.  s. 
f.  —  Tar.  de  la  V.  i29Ô  :  t  Ambessi  de 
furnilli  de  v^  fais,  a  l'entra  paiera  ii  gros, 
—  Id.  lî^58  :  Ambessi  de  furnilli  de  v«  fos 
lamhcssi \  %Y0^,  —  Arch.  ?n.  1380.  Payé 
pour  426  fais  qui  ont  été  emploies...  pour 
la  défense  de  Ron  achetés...  6  gros  Vam- 
haise.  —  1381  :  Reçu...  pour  une  ambaisse 
do  furnillie  que  fut  taillée  aubrotel...pour 
mettre  en  la  peyssiere...  »  M.  Gras  donne 
le  texte  for.  suivant  (xiii«  s.):  «  Une 
a/n^;a/55idefurnillede500faix  Y  ambessi.  » 
Vambaissi  était  donc  une  mesure  pour  les 
fagots  comprenant  un  nombre  déterminé 
de  ceux-ci. 

Du  b.  lat.  ambdixia  (?)  ambactia,  com- 
mission, charge  ;  d'où  ambaissi,  charge 
de  une  ou  plusieurs  voitures,  par  une  dér. 
de  sens  inverso  de  celle  qui  de  charge  (de 
carricare),  onus,  a  fait  charge,  tectigaly 
impôt,  redevance  (?) 

A  rnbaxia  (=  ambac s ia) donne  ambaissi, 
par  ch.  de  ac  en  ai  (11)  et  de  ta  en  t 
(54  1"). 

AMBIORSES  (anbiorso)  s.  f.  plur.  — 
Appareil  double  pour  le  dos  des  mulets, 
et  dans  lequel  on  charge  des  javelles.  Il  se 
compose  de  deux  cadres  rectângul.  fixés 
au  bât,  auxquels  sont  attachés  des  filets, 
noués  par-dessus  le  faix  pour  le  retenir. 

On  croit  reconnaître  le  rad.  ambo,  du 
caractère  double  de  l'appareil.  La  2«  partie 
du  mot,  orses,  est  inconn.  Faut-il  lire 
ambobm'sas,  réduit  à  nmbu7*sas,  qnidonne 
amb07'ses  par  ch.  de  u  bref  en  o  f{BS). 
L'insert.  de  l'yotte  entre  b  et  la  voy. 
ton.  a  un  ex.  dans  cabiotta.  Cp.  aussi 
embierna  pour  emberna,  et  le  pr,  biou 
pour  bou  {bovem). 

AMBRE  (anbre)«p.  Goch.  AMBRO  s. 
f.  For.  ambre,  pv,  amarino.  —  Osier  blanc. 

T>'A7n{e)ria,  ville  de  l'Ombrie,  célèbre 
par  ses  saules  et  ses  osiers. 

Atque  Amerina  pirani  lentae  retinacuU  tIH  [Oeorg. 
i.  265). 


Digitized  by 


Google 


AMBR 


19 


Insort,  do  h  dans  mr  (176  2«).  Lo  mot 
dovi-ait  iHre  ambri  (54  1*),  mais  comme 
il  ne  sVmploio  j^uère  qu'au  plur.  la  formo 
ambre  (55)  s'ost  appliquée  aux  cas  oxcep- 
tionn.  où  il  ost  employé  au  sinj(.  Je  crois 
que  (^och.  a  fabriqué  ambro  par  fausse 
analogie. 

AMBRIRI  (anbriri)  s.  f.  —  Oseraie. 
V>' ambre  avec  suff.  iri  =  aria  (13). 
AMBUNI  (anbuni)  AMBUGNI  AMBOU- 
NI  s.  m.  For.  ambiguon  attibngnofi,  pr. 
amounil  embourifjo,  saint,  ambonrill, 
\e\,ambourn't  ambougnil,  gév.  étnougni, 
vpr.  ambonilh.  —  Nombril. 

Vurnhuliculiim.  Cli.  de  um  en  am  (cp, 
fr.  trancher,  de  truncare;  vfr.  volante, 
de  tolantalem^  ;  ch.  de  u  bref  en  on  ou  «, 
suivant  les  localités  (cp.  33).  Ch.  de  /  en 
n  (147  80).  La  forme  urnbuliculnm  \Hnir 
umbiliculnm  est  justifiée  non  seulem. 
par  tous  les  patois,  mais  encore  par  rt;>î6«- 
sillOj  qu'on  trouve  dans  Isid.  pour  ventre. 
Aucun  de  nos  pat.  n'a  la  prosth.  n  du  fr, 
nombril. 

AMELÉNA  (ameléna)  adj  des  2  g.— 
Grêle,  amenuisé.  Cri  avJn*  è  ameléna, 
cette  avoine  est  maigre. 

Ameléna,  par  in  ter  vers,  de  cons., 
répondrait  au  vfr.  amenulé,  d'où  ainelnna, 
puis  amelèna.  Mais  le  seul  ex.  d'ameluné 
que  je  connaisse  (Godefr.)  est  tiré  d'un 
mauvais  texte  anglo-norm.,où  le  mot  peut 
avoir  été  forgé  pour  le  besoin  de  la  rime. 
'  AMERILLES  s.  f.  pi.  Pr.  amarino,  — 
Rejetons  des  saules,  dont  on  se  sert  comme 
liens. 

l>'amarïc(u)la  pour  americ{H)la,  dér. 
d'ameria  (w  ambre).  Si  la  forme  eut  été 
arn[e)ricula  ,  on  eut  eu  ambrilles  par 
l'insert.  de  b  dans  le  groupe  mr  (176  2'), 
Dans  amaricula,  la  proton,  méd.  étant  un 
a,  elle  a  persisté. 

AMIATO  (amiatô),  à  hyow, amater  v.  a. 
For.  abiatOf  cév.  amiado,  b.  lim.  omiola. 
—  Amadouer. 

Orig.  germ.  —  Dan.  made,  nor.  masta, 
appâter,  avec  préf.  a  et  suOF.  ô  (14  1«).  Il 
est  remarquable  que  tous  le.i  pat.  aient 
introduit  t  devant  a  ;  peut-être  par  infl. 
imitât,  dumiades  chats(?),  amiato  ayant  la 
signif.  d'achatir,  amadouer  comme  les 
chats,  par  des  care.sses.  Le  for.  montre 
un  ex.  du  passage  de  w  à  b  (v.  abuisl). 


AMITIU,  SA  (amitiu,  uza);  AMIQUIU. 
SA»  adj.  For.  amitons,amitoHsa.  —  Affec. 
tueux,  qui  a  de  l'amitié. 

D'rtwnVtV,  avec  suff.  u  (35).  Tdur,  suivi 
d'un  hiatus,  a  une  tendance  très  marquée 
à  passer  à  k  :  amikiu,  (cp.  Deus-Guieu). 

AMODURO  (amodurô)v.  n.  —  Se  calmer. 

De  *ad-)iioderSLri,  Le  passage  insolite 
de  ei\  u  s'explique-t-il  parl'infl.  de  durer? 
Ch.  de  a  en  6  (14  S»). 

AMOLADI  (amoladi)  s.  m.  —  à  Grap. 
Remouleur. 

De  molatArlus,  avec  préf.  a.  C'est  tout 
à  fait  par  exception  que  l'accent  a  été 
reculé  sur  le  !••'  a.  Ce  ch.  est  récent.  Le 
but  a  été  sans  doute  de  raccourcir  le  mot. 
Ch.  de  t  en  d  (136),  de  arins  en  l  (13). 

AMOLAIRO(amolôro)ffp.  Coch.  AMOU- 
LAIRE  s.  m.  —  Gagne-petit. 

Dér.  d'amolô,  avec  sulT.  airo  (13,  rem.). 
Les  endroits  qui  ont  le  verbe  amoiilô 
disent  amoulalro, 

AMOLO  (amôlô)  ap,  Coch.  AMOULA 
V.  a.  For.  amolla,  alp.  amourar  amoular. 

—  Aiguiser  sur  la  meule. 

De  mola,  avec  préf.  renforç.  a  et  suff.  ô 
(14  3*),  Qq.  endroits  disent  amoxiU. 
'AMORTI   (amorti)  v.  a.  Gév.  amorti. 

—  Éteindre,  abattre,  tuer.  Lo  foué  est 
amorti,  le  feu  est  éteint  (Coch.).  Amorti 
ina  polailli,  tuer  une  poule. 

De  ad  et  mortem,  qui  ont  formé  aussi 
le  fr.  amortir,  mais  le  In.  a  gardé  la 
signif.  étym. 

ANCRIE  (A  L')  loc.  —  Etre  à  l'ancrie, 
être  aux  abois. 

WsLng{e)re  (164  1»,  rem.  1)  avec  suff. 
d'oïl  ieicji.voler-ie,  moquer-ie,piper-ie). 

ANDAIN  (andin)  s.  m.  For.  andan, 
andana.  —  1*  Petite  rangée  de  foin.  2*  Ce 
qu'un  faucheur  abat  d'un  seul  coup  de 
faux. 

Vfr.  andaiti,  peu  à  peu  détourné  de  son 
sens.  Il  signiliait  enjambée,  puis  ce  qu'un 
faucheur  peut  faucher  d'une  enjambée 
(Gotgrave)  ;  puis  ce  même  espace  mesuré 
en  large,  mais  s'étendant,  comme  un 
chemin,  d'un  bout  du  pré  à  l'autre  (Monet, 
1648)  ;  enfin  chez  nous,  ce  qu'on  peut 
abattre  d'un  coup  de  faux.  Les  andains 
sont  donc  les  javelles  couchées  en  rang 
par  la  faux. 

Le  pr.  a  an^laiado  endaiado,  mais  il 
n'y  a  qu'une  analog.  apparente.  Le  rad 


Digitized  by 


Google 


20 


ANDI 


est  ici  daia,  qui  signif.  faux.  Endaiado, 
c'est  ce  que  peut  saisir  la  faux  d'un  coup, 
fttym.  ohscuiv.  Tout  a^  ([u'on  peut  dire, 
c'est  qu'il  se  rallaclio  \\\\  \y\\v  qui  a  fonnr 
l'ital.  afidarc,  uiarclirr. 

*  ANDIER  (andié)  s.  m.  For.  andcr, 
arrond.  de  Dôle  and  in.  —  Le  gros  chenet 
de  cuisine.  Je  dis  gros  parce  qu'il  y  a  un 
gros  et  un  potil  chenet.  L<'  premier  a,  au 
sommet,  une  sorte  de  hohèche,  pour  porter 
récuelle  où  l'on  trempe  la  soupe,  et  des 
crocs  le  long  du  fût  pour  porter  la  queue 
de  la  poêle. 

Vfr.  landier,  sous  sa  forme  primit. 
andier,  l  init.  étant  une  add.  fautive 
comme  dans  lierre  {V terre). 

ANDI  RI  (andiri)  s.  f.  Ard.  andéro,  — 
Servante.  Ustensile  qu'on  pend  à  la 
crémaillère  pour  soutenir  la  marmite  t'tc. 
L'andiri  de  la  cassi,  la  servante  de  la 
poêle  à  frire. 

F6m.  de  andier,  avec  dér.  de  sens.  Il 
est  assez  curieux  que,  tandis  que  le  patois 
donnait  au  fém.  l.aterm.  rég.  iri=  fr.  t'ère 
(13),  il  n'ait  pas  formé  un  masc.  andt, 

ANEYT(ané)  loc.  —  Aj).  Goch.  et  àMorn. 
hier  au  soir,  mais  à  Paniss.  aujourd'hui, 
et  dans  beaucoup  d'endroils  ce  soir.  For. 
anheu  ayihodatihui,  ypv.  a?niechf  a  fioit^ 
'pr.a7ièc,  nonn.  anuit^  aujourd'hui.  Vin. 
anuit,  ce  soir,  cette  nuit. 

Si  anuy  to  galan  te  pouvon  Tcni  vcy. 
Je  ioz  assomerai  a  crand  cou  de  pavey. 

«  Si  cette  nuit  tes  galants  te  peuvent 
venir  voir,  —  Je  les  assommerai  à  grands 
coups  de  pavé.  »  (Bern.) 

De  ha{c)  nocte  =  aneyt.  Chute  de  c 
fin.  de  hac  (116);  ch.  de  nocte  en  neyt 
(42  3°).  Mais  il  y  a  eu  confus,  avec 
l'étym.  de  ad  hodie  qui  a  donné  le  for. 
anhod  anhui  et  d'aulnes  formes.  De  là 
les  sens  divers  de  ce  soir,  hier  au  soir 
et  aujourd'hui,  suivant  les  lieux. 

ANGLIENCI  (angli-insl)  s.  m.  For. 
angliensi.  —  A  River,  églantier. 

C'est  le  vpr.  aguilancier,  d"acucule?i- 
tSLrius,  avec  nasalisât,  de  a  init.  sous 
rinfl.  de^'  (184  7*»).  V.  anguiber. 

ANGRIOULO,  ANGRIOULOT  v.  ain- 
grailo. 

ANGRULOv.  aingrailo, 
ANGUIBAR  V.  anguiber, 
ANGUIBER   (anguiber)  à  Morn.,    AN- 


GUIBAR à  St-Mart.   s.   m.   —   Fruit  de 
réglanlier. 

Elym.  oliscure.  On  lit  dans  la  !•■•  partie 
du  mot  le  rad.  iVacHluin,  La  Î2«  serait-elle 
tirée  du  germ.  beere,  angl.  berry,  vx  ail. 
beri^  baie  ;  mha.  ber,  vha.  péri  ?  Ces  ex. 
de  composés  d'un  rad.  lat.  et  d'un  mot 
étranger  latinisé  ne  sont  pas  rares  (cp.  ad 
cata-u7uimy  ù  cha-un  et  quantité  de  noms 
de  lieux).  Le  rad.  d'acutum  avec  suff. 
enturiycntium^  se  retrouve  pour  l'églan- 
tier dans  presque  tous  les  dial.  romans  : 
vfr.  aiglent,  vpr.  aguileyi  aguila?icier, 
for.  anglienci.  Aussi  anguiber  est-il  le 
nom  du  fruit  de  l'églantier  et  non  de 
l'arbrisseau,  qui  se  nomme  rousi^sain^ajo.  , 

A  nguiber  serait  la  forme  primitive,  e-\-  r 
devenant  facilement  ar,  et  a  -\-  r  ne 
devenant  pas  er»  Insert,  de  n  (184  ?•, 
rem.). 

ANIEN(ani-in)  ap.  Coch.  ANIAN  adv. 
—  Nulle   part.  Vpr.   neien,  nien  ;   ital. 
niente,  rien. 
De  ad,  ne  et  entent,  partie,  de  suni. 
*  ANILLI  (anilhi)  s.  f.For.  aneille,  vfr. 
anille,  —  Béquille. 
D'anilia,  Ch.  de  ia  en  t  (54  !•). 
AN  IN  A  (anina)  vin.  s.  f.  —  Cuir  d'âne. 
«  Li  chargi  de  les  moutonines  ne  d'anines, 
I  d.  »,  les  charges  de  peaux  de  moutons 
ou  d'ànes,  I  d.  (Tar.  de  la  V.  12/7). 
D\is(i)fii7ia.  Gp.  asinum=z  dne, 
ANO  V.  ônô. 

ANOUO  (anouô)  v.  n.  -*  A  Paniss. 
Étouffer  pour  avoir  avalé  de  travers. 

De  nodAre  =  7}0uô,  avec  préf.  renforç. 
a.  L'idée  est  d'un  nœud  qui  serre  la  gorge. 
ANTIFA  V.  Battre  Vantifa. 
"ANTIRON  (antiron)  s.  m.  —  Le  bois 
de  choix  que  l'on  rencontre  dans  les  fagots. 
'D'B,m{i)tem,  perche  (=  ante)   et   d'un 
suff.  qui  peut  être  el,  auquel  s'est  adjoint 
un  2«    suff.  on,    d'où  antel,  antelon,  et 
anteron,  aw/irow,parch.  de/  en  r,  comme 
dans  courtilliole  devenu  en  In.  courte* 
rolla.   —    Le  suff.    a    pu    encore    être 
simplement  on,  relié   au    thème   par  r, 
comme    dans    chape,    chape-r-on  ;   vfr. 
cope,  cope-r-on. 
ANUIT  vin.  V.  aneyt. 
APELOURDA  vin.  v.  a.  —   Tromper, 
duper. 
Vou  lu  m'apelourdt  de  quoque  chaudt  p...  {Bern) 


Digitized  by 


Google 


APIN 


21 


Formé  sur  le  siibst.  happe-lourde, 
pierre  fausse  qui  a  IV'cIat  d'une  pierre 
précieuse,  et  ainsi  nonnnée  parce  tiuVllo 
happe  la  personne  lourde  qui  s'y  laisse 
duper. 

'APINCHI  (ap  :  (!ii  ,  à  rîivor.  APINCHI 
(api-nchi)  v.a.  For.  appinchi,  dpli.  eipin- 
cha  epincha,  pr.  espincha,  Igd.  e\'pinJ(U 
vpr.  cspiH^ar  expi)iclar  et,  suiv.  Mistral, 
apifizar.  —  (iuetter,  épier,  surprendre. 
ApinchX  !  loc.  pour  :  Attends  un  peu  ! 
prends  garde  ! 

Taiidio  que  me,  par  opinchi  mon  tour 
0  me  falyl  bambanu  lot  \o  jour. 

.  «  Tandis  que  moi,  pour  pue! ter  mon 
tour  —  Il  me  fallut  flâner  tout  le  jour.  » 
{Per,) 

«  La  dimingj,  vos  los  arios  vus  bien 
farauds,  qu'api nchaynuviant  le  fille  por 
le  menu  frecotù))(D/a/.),  le  dimanche,  vous 
les  auriez  vus  bien  farauds, qui  guettaient 
les  filles  pour  les  mener  s'amuser. 
Aujourd'hui  nous  dirions  qu'apiachiant 
le  fille,  Apinchayauviayit  suppose  régu- 
lièrem.  un  inf.  apinrhaur'i  qui  n'existe 
pas.  C'est  peut-être  une  irrég.  locale.  Le 
for.  est  rég. 
Quelou  chin  et  louchât  s'dpme/ionfoufouycrvChap  ). 

Ici  apinchoiit  est  bien  réguliérem.  la 
3«  pers.  plur.de  l'indic-  d'api  ne  fù. 

De  ad'SpeetSLre  =  a-spectave,  ('bute 
de  s  dans  le  grou])e  sp  (166  2o)  ;  insert. 
de  ti  (184  70)  ;  ch.  de  e  en  i  sous  infl. 
de  la  nas.  (cp.  19,  rem.);  de  même 
pectifiare  a  donné  pini  ;  ch.  do  et  en  eh 
(16120).  L(.j^  formes  du  vpr.  ne  laissent 
d'ailleurs  subsister  aucun  doute  sur  l'étym. 

APIO  (apiô)   V.  a.    For.  appiA,  b.    dph. 
apiar,  niç.  apia  apa.  —  Atteindre,  saisir, 
loucher    au    but.  It.  appieare,  attacher. 
Ympachira  d'apio  lo  paradzi. 

«  Empêchera  do  gagner  le  paradis.  » 
{Gr,  Jonn.) 

Lo  mo  vient  lot  d'iqiii.. .  j^n  ne  puront  ïapio 

«  Le  mal  vient  tout  de  là. . .  ils  ne  purent 
pas  l'atteindre.  »  [And.) 

De  ad  et  piesire,  enduire  do  poix,  puis, 
par  extens.  de  sens,  saisir,  atteindre.  Ad- 
pieare  donne  en  In.  appayt  {iB  2^),  mais 
le  mol  apia  api't  est  d'oc  ;  il  est  venu  du 
Forez  et  n'est  usité  que  dans  les  pailles 
qui  en  sont  limitrophes. 

APLATO  (aplatô)  v.  a.  —  Unir,  rendre 
plat. 


Ih'  plat,  avec  sulT.  ô  (14  I©). 

Le  fr.  en  a  tiré  un  v.  de  la  2®  conj. 
[aplalir)  et  le  In.  un  de  la  i^, 

APOGNI(apo;^Mii;s.f.rioan.,sav.«?po^w<î. 
V.  pi'jne. 

*  APPARO  (:ipir5)  v.  a.  Vwapara,  Igd. 
para.  —  Iiettuir  (jnebiue  chose  qu'on 
vous  jette.  Ajipar)  me  itiefiti  (Yzer.) , 
appàrô  me  ehiqui  (('rap.),  attrape  cela. 

\}\(pi.ar2i)'e,  préj)arer,  disposer,  apprê- 
ter, orj^Muiser  qiu  hiue  chose  pour  un 
certaiu  but.  Are  ;=  ô  (14  o"). 

APPEILLIR,  APPELIR.  APPELIE  vin. 
V,  a.  Arch.  m.  1379  :  «  Payé  à  Jehan  Blanc, 
serrailleur,  pour  appelir  deux  espies  à  la 
porta  du  (iritîo,  3  gros...  Poiir  appelle  la 
seiTailledu  punel  de  la  porte  Saint-Marcel, 
7  gros.  »  13«<).  «  Payé  à  Pierre  le  masson, 
pour  appeillir  la  porte  Saint-Marcel,  qui 
estoit  baisse  et  ne  pou  voitémander,6gro8.» 

Il  semble  ressortir  de  ces  cit.  qvCappeil- 
liv  est  un  terme  d'un  sens  fort  général 
(puis({u'il  s'appli(pie  tantôt  à  des  travaux 
de  serrurerie,  tantôt  à  des  travaux  de 
maçonnerie  ou  de  charpente)  signifiant 
appareiller,  préparer,  réparer,  mettre  en 
état.  Ce  serait  la  contract.  du  vfr.  appa^ 
leiller,  dér.  de  pareil, 

APPESO  (apezô)  v.  n.  —  Appuyer  for- 
tement. 

De  ad-2)e?is&re,  ('laite  de  n  dans  le 
groupe  il  s  (175)  ;  ch.  de  s  en  z  (id)  ;  de 
are  en  ô.(l5  3",  rem.  3). 

APPLAIT  (aplô)  APPLET  (aplè)  s.  m. 
—  Paire  de  bœufs  au  joug.  «  Allô  ou  molin 
par  celos  que  n'ant  ni  sandô,  ni  tian,  m 
applet,  »  aller  au  moulin  pour  ceux  qui 
n'«)nt  ni  santé,  ni  temps,  ni  attelage  de 
bœufs  (Monin).  Vfr.  apleits,  instrument 
de  la])our  ;  norm.  aplefs,  attirail  de  péchet 

Subst.  vcrb.  tiré  iVapplay'i, 

*  APPLANTO  (S*)  (aplantô)  v.  pr.  — 
S'apaiser,  se  calmer.  Lou  vint  s'applante^ 
$*ace((le,  le  veut  s'apaise,  se  calme. 

Dér.  du  gr.  ûly-'j;,  plut,  par  le  latin 
planta,  ))rt»pn  ni.  plante  d:i  pied.  En  b. 
h\{.  plaiiUi  si;,Miif.  tal)le  plane,  plateau, 
Le  vent  .s'((pplant(\  le  vent  devient  uni, 
calme.  Ainsi  un  goût  plat  est  un  goût  sans 
relief. 

•  APPLAYI  (apla-yl)  v.  a.  —  Atteler. 
Applai/t  los  bous,  mettn;  les  bieufs  en 
joug  (Cîoch.).  En  for.  applechi,  qui  a  la 


Digitized  by 


Google 


APPL 


même  orig.,  a  la  signif.  plus  générale  de 
fournir,  servir,  ajuster. 

D"applicB.re,  Ch.  de  c  en  y  (128  1")  ;  de 
are  en  î  (15  2°)  ;  de  i  en  a  pardissim.  (83). 
APPLET,  V.  appIaiL 
•APPLETO  (apletô)  EPPLETO  v.  n. 
1.  Cast.  esplechar,  gasc.  espleyta,  I)err. 
appléter,  Eure-et-Loir  appléter,  cant.  de 
Bonneval  espeléter.  —  Avancer,  Taire  un 
ouvrage  diligemment.  For.  r/pp/ec/ii,  appro- 
visionner, founiir;  pr.  e,çp/<?i7«r,  exploiter. 
2.  A  Morn.,  garnir  un  attelage. 
D^eJcplicfijtSire,  avec  substit.  dupréf.^^/ 
au  préf.  ejc  dans  la  forme  applet'),  VM,  de 
i  bref  en  e  (62).  Le  voisinage  de  la  gutt. 
aumit  dû  influer  sur  la  fin.  et  nous 
devrions  avoir  appletl  (15  3").  Je  ne 
doute  pas  qu'on  ne  trouve  cette  forme 
dans  certains  villages.  Il  est  possible  que 
le  mot  nous  soit  venu  par  le  pr.  espleila^ 
ce  qui  explique  Texceplion.  Le  for.  a  suivi 
la  règle,  et  a  applechi,  par  ch.  de  ci  en  ch 
(161  2«»),  avec  fin.  en  î. 

APPOINTI  (apointl),  ap.  Coch.  APPOIN- 
TA V.  a.  —  Amincir  un  objet,  le  terminer 
en  pointe. 

De  *  punctAre,  formé  sur  piutctum. 
Sur  une  =  oin,  cp.  fr.  point,  pointe, 
Suff.  t(15  3«). 

APPONDRE  (apondre)  V.  a.  For.  appon- 
dre,  pr.  apoimdre,  —  Ajouter.  Se  dit  des 
cordes,  fils  etc. 

D'appo7i(e)re.  Insert,  de  d  dans  nr 
(176  1»). 

APPONDU.  UA  (apondu,  ua)  adj.  part. 
—  Ajouté,  ée. 

Formé  sur  appondre ,  comme  pondu 
sur  pondre, 

'  APPONSI  (aponsi)  s.  f.  —  Ajouture. 
(V.  appondre). 

D*apposita,  avec  insert,  de  n  après  o 
sous  l'infl.  de  Tinf.  apponere.  Fin.  i(54 
5»).  Le  fr.  a  un  ex.  d^  cette  format,  dans 
réponse,  de  responsa, 

APPRORAYI  (aprora-yl),  ap,  Coch. 
APPR  ARII  v.a.  —  Mettre  un  champ  en  pré. 
De  ad  et  prataria,  qu'on  trouve  au 
IX*  s.  D'où  un  v.  * pratartAre.  Chute  de  t 
méd.  (135);  d'où  praariare.  Ch.  de  are 
en  yï  (IBl»)  et  de  i  en  a  par  dissim.  (83). 
On  a  apraarayt^  réduit  à  aprarayi,  puis 
aprôrayi,  par  ch.  de  a  en  tf  (59).  Coch. 
donne  apprarii,  où  a  prot.  et  ii  subsistent 
encore. 


Le  vfr.  aprayer^  mémo  sens,  est  formé 
sur  pratum,  comme  npprôrayX  sur  pra- 
iaria. 

APRAISI  (S')  (s'aprôzi)  v.  pr.  For.  apei- 
resï^  pr.  aperesi,  Var  aparesi,  b.  dph. 
paraisse.  —  S'étendre,  faire  le  paresseux. 

Du  vfr.  percce,  qui  a  donné  apcressir, 
appnressir,  devenir  paressoux.  Contient 
les  anomalies  suivantes  :  1»  Piègression 
d'accent,  car  il  a  certainem.  été  aperessi. 
Ce  phénomène  a  qqfois  lieu  dans  cerlains 
dial.  quand  la  pénultième  est  large  ou 
dipht.  et  la  fin.  grêle,  comme  c'est  ici  le 
cas.  Le  même  ph^^nom.  s'est  produit  dans 
le  b.  dph.  pareisse,  2«  Chute  de  la  proton, 
init.  8»  Ch.  de  ss  dures  en  s  douce  ou  s, 
ce  qui  n'appartient  guère  qu'à  l'it.  et  à 
IVsp. 

APRIMO  (aprimô)  v.  a.  For.  aprima.— 
Amincir. 

Vpr.  prirn,  grêle  (=  angl.  prim,  joli, 
gracieux  ?).  Jura  primhois ^  menu  bois 
pour  fagots. 

De  prim(um)f  mince,  avec  préf.  ad  et 
suff.  are  =  ô  (14  3»).  La  dérivât,  est 
curieuse  et  vient  sans  doute  de  ce  que, 
dans  les  arbres,  les  premières  pousses 
sont  les  plus  minces. 

AQUORO  (akôro)  adv.  —  A  bout. 

De  quorro,  coin,  angle,  et  préf.  a.  Etre 
aqu6ro,  être  ruiné,  à  bout  de  ressources; 
littér.  acculé  dans  un  angle. 

ARBÉPIN  (arbépin)  à  Morn.,  ARDUPIN 
à  Crap.  s.  f.  —  Aubépine. 

D*album  spinnm. Ch.  de  /  en  r  (1704'»). 
Je  ne  .sais  pas  expliquer  le  morphologisme 
ardu  pin. 

ARBILLON  (arbilhon)s.  m.  1.  lUblon, 
menue  ferraille.  2.  monnaie,  argent.  Aval 
quauque  arbillofi,  avoir  un  peu  de  bien. 
Dph.  arbilhou,  pr.  arbichoun^  menue 
monnaie,  alp.  arbiho  arbilho^  argent. 

Du  fr.  billon,  avec  préf.  a  et  insert,  de 
r  :  a[r]bHlon  (184  6«,  d).  La  fin.  illon 
s'est  confondue  avec  le  suff.  t7/on,  parti- 
culier à  ce  qui  est  menu  et  fait  du  bruit: 
millon  (petites  pierres),  picaillons  (mon- 
naie), carillon. 

"  ARBOUILLURES  s.  f.  plur.  —  Échau- 
boului'cs,  petites  ampoules. 

Du  vfr.  ars,  brûlé,  et  bouillures,  de 
bullire,  (3p.  vfr,  échaubouillures,  où  la 
fin.  est  identique,  et  où  la  première  partie 


Digitized  by 


Google 


ARCH 


23 


du  mot  est  faite  avec  calcium  =  chaud,  au 
lieu  d'arstan. 

•  ARCHI  (archi)  ORCHI  (ôrchi)  s.  f. 
Vfr.  arche,  for.  archi  arche,  ard.  artso, 
alp.,  poit.  archo,  vpr.  archa.  —  (^ofiFre. 
Inv.  des  biem;  d'un  serrurier  (1372)  :  Très 
archas  de  niice,  trois  coffres  de  noyer  ; 
duas  archas  de  sapino,  deux  coffres  de 
sapin.  —  Inv.  de  la  C.(14r)8-1466)  :  «  Pour 
fere  porter  les  arches  de  Saint-Jaquenie 
en  la  meyson  de  la  ville...  » 

D'a,rca,  Ch.  de  c  en  ch  (170  1°)  ;  de  a 
fin.  en  i  (54  2»).  La  forme  ôrchi  (4)  tend 
à  prendre  le  dessus. 

ARCHI  POT  (archipô),  à  Lyon  hdchepot 
s.  m.  For.  archipot.  —  Ragoût  de  viandes 
en  très  petits  morceaux. 

Et  ton  petit  tupin  par  faire  d*archipot. 

«  Et  son  petit  pot  pour  faire  du 
hochepot.  »  (Ghap.) 

C'est  le  fr.  hochepot.  Insert,  de  r  (184 
6»,  f).  Le  passage  de  o  k  a  sous  infl.  d.^  r 
est  à  noter.  Sur  le  ch.  de  e  proton,  en  i  cp. 
anielon  devenu  antiron. 

ARCS  (ar)  s.  m.  pi.  —  Nom  donné  aux 
restes  d'aqueducs  romains,  fréquents  dans 
'nos  campagnes. 

D*arci<m. 

N.  de  lieu  :  le  Chemin  des  Arcs  à  St- 
Irénéc. 

ARDUPIN  V.  arhcpin. 

ARDENT  (ardan)  s.  m.—  A  Lyon  Pierre 
d'attente.  Du  fr.  redent ^  par  métath.  de  r 
(187  1")  et  passage  de  e  à  a  (66). 

ARAIT  (arô)  s.  m.  For.  are,  vpr.  aret 
arieth.—  Bélier. 

D*aAetem.  L'accent  a  passé  de  ik  e  par 
suite  du  contact  des  2  voy.  (cp.  les  mots 
en  eoliis,  où  l'accent  a  également  passé 
dee  ko);  e  devenu  long  a  été  traité  comme 
tel  (18). 

ARLIU  (arliu)  s.  m.  For.  arsiœu,  — 
Orgeolet. 

De  SLrsum  et  illnm  ocultim.  En  pat., 
oculiim  =  m.  Dans  le  for.,  siœii  est  illos 
oculos,  dont  l'infl.  fait  dire  in  ziu,  un  œil. 

ARMA  (arma)  s.  f.  Dph.,  bross.  arma. 
—  Ame.  Vieilli.  Remplacé  aujourd'hui, 
sous  l'infl.  du  fr.,  par  ôma.  a  La  ferissant 
en  Varma  de  totes  pars  »  .  la  frappant  en 
l'âme  de  toutes  parts  (Marg.). 

Car  le  passion  de  Varma 
Ne  se  gareisson  pas  corne  celé  du  cor. 


a  Car  les  passions  de  l'âme  —  Ne  se 
guérissent  pas  comme  celles  du  corps.  » 
(Bat,) 

Oua,  mcn  arma,  fa  bon  recralre 
La  sop*  u  vin  ! 

«  Oui,  sur  mon  âme,  il  fait  bon  recroître 
—  La  soupe  au  vin.  »  (Ch,  bress,) 

lYsilma,  forme  d*an(i)ma.  Dans  le  gris, 
de  Sopraselva  olma  =  anima  ;  vfr.  aime. 
Tanl[e]  aime  de  payens  fors  de  son  corps  jetlée 
(Deslruct.  de  Borne). 

D'après  M.  Boehmer,  l'original  de  ce 
mss.  fr.  du  xiv«  s.  serait  en  dial.  pic. 

Ch.  de  Im  en  rm  (173  3°). 

ÀRMIRI  (armiri)  s.  f.  pi.  Viv.  ermes, 
ermures.  —  Lieux  incultes.  It.  ermo, 
esp.  yermo,  désert. 

Du  gr.  spr.uoç,  désert,  avec  suff.  tri, 
répondant  à  aria  (13).  On  aurait  ainsi 
une  forme  lat.  er(e)m2iria;  d'où  armiri, 
par  ch.  de  é?  en  a  (66). 

N.  de  lieu,  VArmeillière,Qn  Camargue. 

ARMONIOU,  SA  (armognou, za)  adj.  — 
Qui  fait  des  aumônes. 

D'armouna  avec  suff.  ou  =  osus  (36). 
Le  mouillcment  de  7i  peut  être  attribué  à 
l'infl.  d'aumônier, 

ARMOUN  A  (armouna)  s.  f.  Vin.  armor- 
na,  dph.  armonn.  —  Aumône.  «  Et  li 
priours  droble  en  toutes  armornes,  »  et  le 
prieur  double  en  toutes  aumônes  (Alix). 

D'ahnosna.  Ch.  de  /en  r  (173  S»)  ;  le 
ch.  de  o  en  ou  a  eu  lieu  sous  infl.  de  s 
(41)  ;  insert,  de  r  (184  6%  e).  C'est  par 
erreur  que  M.  Zacher  voit  dans  cette  r  la 
représentation  de  s.  Les  ch.  connus  de^ 
en  r  sont  postérieurs  à  la  chute  de  s  dans 
aumosne. 

ARC  (arô)  s.  m.  —  Champ  labouré. 
Varôse  reye, 
Lo  pro  s'eliigreye. 

«  Le  champ  se  raie  (par  les  eaux)  ;  —  Le 
pré  se  couvre  de  graviers.  »  (Gutt.,  La 
Grêla). 

D'ardu uin).  Ch.  de  a  en  d  (1).  Chute 
de  t.  fin.  (117).  L'arrî,  c'est  littéralem.  le 
labouré.  Cp.  les  subst.  formés  en  fr.  ayec 
des  part,  passés:  <7>Y',  prèjugéy  déshabillé, 
émigré  etc.  Je  ne  connais  pas  de  corres- 
pondant à  arû  dans  les  autres  patois. 

ARGRO  (arôro),  ap,  Coch.  ARARO  s. 
m.  —  Sorte  de  petite  charrue. 

\y\ir2Ltrum,  ch.  de  a  ton.  en  d  (1),  de  tr 
en  r  (164  8°). 


Digitized  by 


Google 


ARPA 


ARPA  (arpji)  ORPA  (ôrpa)  s.  f.  For. 
arpa,  dph.  marpa.  pr.  arpo,  vpr.  arpa.  — 
Griffe.  Lgd.  arpi,  sai.sir  ;  fr.  harper;  bas 
dph.  arpio,  lier.so. 

Que  faut  fjirc  un  crTort. 

Por  pouairc  s'cini»athicr  de  Varpj.  de  la  morl. 

t  ...  Qu'il  faut  faire  un  effort.  —  Pour 
pouvoir  s'arrachor  do  la  griffe  de  la 
mort.  »  (Cliap.) 

Du  nor.  hsirpa,  vha.  hSLVfd,  .selon  Diez, 
qui  pense  que  le  gr.  OLOTrr,  n'explique  pas 
Vh  aspirée  des  formes  fr.  (Vest  pourquoi 
M.  Baist  suppose  que  les  formes  pr. 
peuvent  n'avoir  pas  les  munies  orig.  que 
les  fr.  Mais  l'alpha  init.  d*a/>;nî  a  un  esprit 
rude  qui  pouri-ait  expli(iuer  Vh  de  celles- 
ci.  Dans  ce  cas,  avpa  serait  venu  par  un 
intermédiaire  lat.,  sur  lequel  a  été  fait 
harpagare.  Gh.  de  a  en  ô  (1)  dans  la  forme 
ôrpa,  qui  tend  à  prendre  le  dessus. 

ARPAILLETTE  s.  f.  —  Terme  de  batel- 
lerie. Sorte  d'aviron,  terminé  en  palette 
avec  deux  pointes  de  fer  au  bout,  pour 
servir  au  besoin  ù'arpi. 

D'arpa,  avec  suff.  dimin.  emprunté  au 
dial.  d'oïl. 

ARPAN  s.  m.  —  L'espace  qui  s'étend 
de  l'extrémité  du  pouce  à  l'extrémité  du 
médius,  lorsque  la  main  est  ouverte  le  plus 
possil)le. 

Du  germ.  spSLnnen,  étendre,  d'où  vfr. 
es  pan,  changé  en  arpan  par  subst.  de  ar 
H  es,  peut-être  facilitée  par  l'infl.  de 
arpe?ii(cp.  aussi  heslottg  dcxemi  barlonr;). 
Cet  arpa?i  a  subi  en  pr.  l'aphérèse  de  ar 
et  a  donné  le  pau,  mesure  de  longueur 
dans  tout  le  midi  de  la  France. 

ARPAYOU  (arpa-you)  s.  m.  —  Outil 
pour  exlniire  le  sable  du  lit  des  fleuves. 

De  «r/)rtf/l,  fr.  harpaillet\  fréq.  de  arpô, 
plus  suff.  on  =  oi'C/n  (34). 

APPELANT  (arpelan)  s.  m.  —  Littér. 
celui  qui  saisit  avec  des  griffes;  au  fig. 
un  recors,  un  agent  de  police. 

Enlln  thôquc  arpeîant,  puiilù  par  la  rapina. 

Fat  deiiis  rli6(|ue  cartsi  la  irouchi  laiitarina. 

«  Enfin,  chaque  agent,  guidé  par  l'amour 
de  la  rapine,  —  Fait  dans  chaque  quartier 
la  mouche  cantharide.  »  (Pcr.) 

T>'a,rpa  et  du  siiff.  en  tan. 

ARPELLEUR  vin.  s.  m.  Avch.  m.  1542  : 
«  Ordonné  à  Ilumbert  Paris  de  chasser 
certains  arpellcurs  qui  avpellent  sur 
Saône...  et  font  de  gros  trous  etpertuis...  » 


Les  arpelleurs  tiraient  donc  du  sable 
ou  de  la  va.se,  à  l'aide  d'un  outil  encore 
aujourd'hui  appelé  arpayou. 

Gorrupt.  d'harpailleur,  sous  l'infl.  de 
pelle. 

ARPI  (arpl),  ap.  Goch.  ARPY  s.  m.  — 
Terme  de  batellerie.  Groc  avec  pointe, 
emmanclié  d'un  long  bâton.  On  rencontre 
dans  le  vin.  arpic;  je  suppose  que  c'est 
une  fantaisie  orthograph.  «  ...  Se  voua, 
elle  et  son  mary,àNostre-Dam''-de-Bonnes- 
Nouvelles,  et  aussitôt,  au  premier  coup 
d'arpir,  furent  tous  deux  tirés...  »  (Hist.  et 
Mir.  de  N,-J).  de  Ji.-N.  1(339;. 

D'arpa  avec  su.(î.  arium  (13). 

ARPION  s.  m.  For.  arpion,  vel.  arpiou, 

—  Ergot.  Au  lig.  griffe,  main. 

Ëiillii  qualOrze  anl  sienliti  lo  sarpiont 
Dou  Qreiiadzis  .... 

«  Enfin,  quatorze  ont  senti  les  mains  — 
Des  grenadiers.  »  (Per.) 

De  arpa  avec  un  suff.  dim.  qui  paraît 
être  illon,  syncopé  en  io7i,  conmie  en 
témoigne  le  bas  dph.  arpillon. 

ARPO  (arpô)  v.  a.  —  Saisir,  accrocher. 

De  avpa,  avec  suff.  rf  (14  2'). 

•  ARRAPO  (arapô),  à  Lyon  arvaper  w 
n.  Alp.  arrapar,  pr.  arapa,  vpr.  arapar^ 
saint,  arraper.  —  Adhérer  par  une  subs- 
tance collante.  La  pègis*arrapeoic  deis,  la 
poix  s'attache  aux  doigts.  Au  fig  :  A  l'a  or- 
rapnpar  la  borra,  il  l'a  pris  aux  cheveux. 

Du  b.  lat.  arrapare,  forme  popul.  de 
arripere.  Gh.  de  are  en  6  (14  2'). 

ARRÉ  V.  arri. 

ARRENTO  (arrintô)  v.  a.  Pr.  arrenta. 

—  Louera  bail. 

Formé  ii\irredd(i)tum.lnsQri.  de  n  (184 
7»,  rem.);  chute  de  d  dans  dl  (J61  6»); 
sufl'.  ô  (141«). 

ARRI  DE  (arl  de)  prép.  —  Ghez.  Arri 
de  si\  arri  de  qnaitciin,  chez  soi,  chez 
quelqu'un.  On  dit  qu'un  habitant  est  arri 
de  sCf  chez  lui,  ([uand  il  est  propriétaire 
de  la  maison  qu'il  habite.  «  Gardo  tandi 
arri  de  se  et  f 'ire  champeyi  lou  bétie  •, 
pendant  ce  temps-là,  garder  chez  soi  ii 
faire  champ(\vt'r  leurs  bijles  (Monin). 
Filus...  ^illun 
Je  von»  vos  »aqu6  tos  arri  de  la  Nanon. 

«  Filez...  sinon    —    Nous    allons    vous 
fourrer  tous  chez  la  Nanon.  d  (Hyin.) 
Sachant  qu'a  luge  arrédt  CbôlsiUou. 


Digitized  by 


Google 


ARRI 


25 


«  Sachant  qu'il  loge  chez  Ghâtillon.  » 
(Per.) 

Littér.  atTière  de  (arri  =  arrière). 
L'express,  n'est  pas  plus  bizan*e  que  la 
loc.  fr.  par  devers^  qui  a  quelque  analogie 
de  sens. 

•  ARRIMAIS  (arimô),  ap.  Goch.  ARRI- 
MAI adv.  et  interj.  Roan.  arimais.  — 
Donc,  certes,  présentement,  en  vérité,  aussi  : 
Arrimais,  que  bien  s'accorde,  donc, 
puisqu'ainsi  va,  naturellement, 

Lo  colilloB,  Il  gueula  et  le  doilleile  plume 
AnI  dou  monde  arrimai  boni  tote  Tarlus. 

«  La  vanité,  la  gourmandise  et  la 
paresse  —  Ont  du  monde  à  présent  banni 
toute  vertu.  »  (Monin) 

De  ad,  rétro  et  magis,  c'est-à-dire 
à' arrière  et  plus.  Gomme  forme,  ad-re(tro) 
=  arrï  (25)  et  magis  =  mais  (11). 
Comme  sens,  il  est  nécessaire  de  l'étudier 
de  près.  —  Selon  Borel,  le  vfr.  arriers 
signifie  de  rechef.  On  trouve  aussi  ay\^re, 
de  nouveau:  et  arrere,  désormais  (Godcfr.). 
Le  bourg,  a  arié^  certes,  cependant,  môme, 
qui  est  évidemm.  la  première  moitié 
à' arrimais  ;  le  poit.  a  are,  enfin  ;  l'armor. 
a  arré,  encore,  derechef.  Ge  dernier  mot 
paraît  introduit  du  roman.,  arré  n'ayant 
pas  la  physionomie  celt.  et  ne  se  trouvant 
pas  dans  les  dial.  congénères.  Toutes  ces 
formes  indiquent  une  dér.  d*ad-retro,  au 
sens  do  désormais,  de  rechef,  enfin,  même. 
Arrimais  signifie  donc  tnême  plus,  eyifin 
plus,  encore  plus.  Remarquer  que  le  vfr. 
amer  (paraissant  signifier  aussi)  rime  en 
ier,  ce  qui  appuie  l'étym. 

ARRI  MO  (arimô)  v.  a.  —  Réunir  en  tas. 

De  l'esp.  arruma,r,  arranger  la  charge 
d'un  vaisseau.  SutT.  d  (14  3"). 

*  ARROSU  (arozu)  s.  m.  —  Arrosoir. 
D'arroser.  Suff.  u  (35). 

ARSEIR  (arsér)adv.  —  Hier  au  soir,  ce 
soir,  le  soir  en  général.  Tend  à  se  perdre. 
—  Item,  lo  mercros  arseir,  «  de  même,  le 
mercredi  au  soir.  »  (L.  R.) 

De  her(i)  et  ^er(umj  (24  et  16). 

ART  A  (aria)  à  hyon  arte,  s.  f.  — Teigne, 
insecte.  Ge  mot  .se  rclroiive  dans  un  grand 
nombre  dédiai,  qu'on  peut  diviser  en  deux 
séries.  1«  Vfr.  artre.  In.  aria,  for.  arta 
arda.  2"  h.  lat.  harna,  vpr,  arna,  pr, 
arno,  sarde  arna,  gasc,  béarn.  aria,  lim. 
argno,  gév.,  vel.  dama,  it.  tarma,  gris. 


tama^  piacentino,  tarlo,  ital.  tarlo,  ver 
du  bois. 

Quoique  Diez,  à  arna,  dise  que  la  dér. 
est  inconnue,  je  cmis  qu'on  ne  doit  pas 
hésiter  à  rattacher  la  première  série  à 
(t)SLrm(i)tem  ;  \2l  seconde  à  termes,  avec 
la  chute  de  t  init.  dans  certains  dial.,  et 
sa  conservation  dans  d'autres.  M.  Buggo 
croit  pour  le  fr.  à  un  primitif  tarte,  d'où 
t  init.  serait  tombé  par  dissim.,  mais  le 
mômephénom.  s'est  produitdans  beaucoup 
de  dial.  où  il  n'y  a  pas  de  t  médial  et  pour 
lesquels,  comme  Is  sarde,  il  ne  semble  pas 
possible  d'invoquer  l'analogie.  La  forme 
dama  pai*att  off'rir  un  ex.  caractérisé  du 
ch.  de  t  init.  en  d.  Gependant  qq.-uns  y 
voient  une  prosth. 

ARTAI  (artô)  à  Grap.,  ARTEI  à  Morn., 
ap  Goch.  ARTEI  s.  m.  Ard.  artè,  sav. 
artay,  dph.  artéu,  pr.  arteil,  genev. 
arteuil,  berr.  art  ou.  —  Orteil.  Gév. 
artilh,  doigt  de  pied. 

ly'articulum  (18).  Morn.  n'a  pas  encore 
perdu  la  dipht.  Rem.  que  tous  les  patois 
ont  conservé  l'a  init.  changé  en  o  dans  le  fr. 

ARTÉRA  (artéra)  vin.  adj.  des  2  g.— 
Altéré,  dans  le  sens  d'avoir  soif.  «  Il  est 
ben  artéra,  lassa.  »,  il  est  bien  altéré, 
lassé.  (Bern.) 

D'alterB.(tum),  ch.  de  /  en  r  (170  4«); 
de  a  en  ô  (1). 

ARTET  (arté)  s.  m.  —  Homme  adroit  et 
rusé.  Vfr.  artetcs  artous  artos  artox,  qui 
opère  avec  artifici,  ruse,  finesse  ;  artier, 
savant  ;  artimaire,  magie. 

D'B.rtem,  avec  sufl".  atorem  =  eus 
corrompu  en  suff".  dim.  et. 

ARTIGNOLE  s.  m.  —  A  Lyon  terme 
péj.  répondant  assez  bien  k  sauteur,  pris 
au  flg. 

D'artet,  avec  un  suff.  péj.  de  fantaisie, 
cp.  croquignole,  torgnole. 

ARTÎPELA  (artipela)  vin.  adj.  des  2  g- 
—  Rongé  des  mites. 

Jean  pT en  ccUbandiii 
Que  (ant  artipela. 

«  Jean,  prends  cette  bannière  —  Qui  est 
si  rongée  des  mit-^s.  »  (vx  noël) 

De  aria,  teigne,  et  pe/a,  pelé,  rDUgé. 

ARTON  (arton)  s.  m.  —  Pain  (vieilli) 
Se  rencontre  (»ncore  à  Lyon.  On  le  trouve 
aussi  dans  un  certain  argot  dont  se 
servaient  les  anciens  colporteurs  de  nos 


Digitized  by 


Google 


26 


ARTO 


campagnes.  D'après  M.  Fr.  Michel,  arton 
en  argol  fr.,  artone  en  argot  ital.,  Qiharton 
en  argot  ail.  signifient  pain. 

Du  grec  âorov,  par  une  forme  bas  latine 
ar/ona,  qu'on  retrouve  en  m.  lai.  Diez, 
qui  ne  connaissait  peul-élre  pas  cette 
forme  artona,  préfère  tirer  arton  du  basq. 
artoa,  pain  de  maïs,  à  l'origine  pain  de 
gland,  du  nom  d'une  espèce  de  chêne- 
Mais  il  est  inftnim.  plus  probable  que  la 
Provence,  par  les  colonies  grecques  et  par 
son  commerce  si  considérable  avec  la 
Grèce,  a  reçu  le  mot  de  cîUe-ci  plutôt  qu-^ 
d'une  peuplade  isolée  et  sans  relations 
commerciales.  —  Sans  compter  que  le  sens 
se  rapporte  mieux  au  grec. 

ARTOUPAN  (artoupan)  s.  m.  —  A 
Lyon.  Homme  méprisable,  sauteur. 

Du  vfr.  artous  (y.  artet),  avec  un  suff. 
.péj.  de  fantaisie. 

*  ARZELLA  (arzèla)s.  f.  —  Terre  argi- 
leuse, compacte.  Rch.,  wal.  ar^et>, argile. 

V>*argilla,  par  l'intermédiaire  du  b.  lat. 
arcilla.  Dans  le  latin  class.  argiUa,  i  est 
long,  ce  qui  donne  /,  comme  dans  le  fr. 
savant  argile.  Mais  il  y  avait  une  forme 
popul.  avec  t  bref,  comme  en  témoignent 
les  patois.  Ch.  de  i  bref  en  è  (31),  On  a 
di\  avoir  arselln,  (170  l®  et  88).  Fin.  a 
(53  3°). 

ASSABLO  (assablô)  v.  a.  —  Mettre  du 
sable.  Assablô  ina  cinpotay  mettre  du 
sable  sui'  le  bondon  d'une  cenpote.  For. 
assabla,  égoutter. 

De  ad,  sSLb(a)lum  et  suflf.  arc^  ô  (14  3«>). 

ASSADO  (assado)  v.  a.  Sav.  assada.  — 
Goûter,  éprouver,  essayer.  Ne  pochi 
s'assadô,  ne  pouvoir  se  faire  à. 

De  ad  et  sAtiim  (v.  s'assadâ)  par  une 
dér.  de  sens,  p3ut-étre  sous  l'infl.  du  fr. 
essai: 

ASSADO  (S')(assad6)  v.  pr.  For.  assada, 
—  Boire  de  manière  à  satisfaire  complè- 
tement sa  soif. 

Après  vingt  razado 
La  Liaudc  s'assade. 

«  Après  vingt  rasades  —  La  Claude  se 
se  désaltère.  »  (Ohap.) 

De  ad,  sSLtiu»  et  sufl.  are  =  6  (141*»), 
comme  assetô  de  ad  et  situni.  Gh.  de  t  eu 
d  (136).  Le  pr.  nassadoula,  soûler,  dér- 
de  ad  et  satnllam. 

N.  propre  Assada. 

ASSAU  V.  assuau. 


ASSETO  (assetô)  v.  a.  Employé  dans 
cette  locution  :  Assetô  la  huya,  encuver 
le  linge  d'une  lessive.  Norm.  asseoir  du 
linge^  même  sens.  —  Sur  l'étym.  v. 
s*  assetô. 

'  ASSETO  (S')  (assetô)  v.  pr.  For.,  vel., 
gév.,  rgt.  assela;  vpr.  assetar  asetar, 
piéni.  asfè ,  port. ,  esp. ,  cat.  sentar.  — 
S'asseoir. 

En  mon  Tbro&nou  atata  su  mon  doublou  canon 

«  En  mon  trône  assis  sur  mon  double 
canon.  »  (Bern.) 

As»eton$-i\o  su  cell'  hcrba  li  fina 
«  Asseyons-nous  sur  celte  herbe  si  fine.  » 

(Gutt.) 

De  ad,  situm  et  sufi'.  arc  =  ô  (14  1»)  ; 
ch.  de  /  bref  en  e  muet  (62). 

ASSETU  (assetu)  s.  m.  —  Trépied  en 
bois  sur  lequel  on  asseoit  le  cuvier  pour 
couler  la  lessive. 

T>' assetô,  avec  suff.  ic  (35). 

ASSIGI  (assigî),  à  River.  ASSIEGI  v.  a. 
For.  assigi  -  Arranger  le  linge  dans  la 
cuve  pour  couler  la  lessive. 

De  assediSLre,  dér.  de  sedem.  Assigî, 
c'est  asseoir  le  linge,  aussi  emploie-t-on 
de  même  assetô.  Gh.  de  d  en  j  (139, 
rem.  3);  are=.  t  (151"). 

ASSOLOU  (assolou)  s.  m.—  Outil  pour 
battre  le  sol  de  l'aire. 

De  sol(um)  avec  préf,  a  et  suff.  orem 
=  ou  (34). 

ASSORÉ  (M')  (m'as.sorë)  express,  ellip- 
tique, à  River.,  Morn.  —  Bien  sûr,  sans 
doute.  Mot  à  mot,  je  m'assure.  Le  paysan 
a  complètement  perdu  l'idée  du  pronom 
et  dit  mas^orë.  Massorë  que  lo  Touaino 
vindra ,  sans  doute  Antoine  viendra. 
Cray'i-ro  que  lo  Piarrc  èpousara  la 
Parnon  f  —  Massorë!  Croyez- vous 
qu3  Pierre  épousera  Pernon  ?  —  Bien 
sûr  !  —  Je  n'expliqu  î  pas  le  passage  de 
e  +  u  de  se(c)urum  à  o  bref.  Il  n'y  a  pas 
de  doute  sur  l'étym.,  certa-ns  pays, 
comme  Paniss.,  Yzer.  disant  massure, 

ASSOUTA  (assouta)  s.  f.  A  Morn.  abri. 

De  souta,  avec  préf.  a  (v.  à  la  souta.) 

ASSOUTO  (S')  (assoutô)  v.  pr.  —  Se 
mettre  à  l'abri. 

De  souta  (v.  à  la  souta)  avec  suff.  d 
<14  10). 

ASSU  (a-su)  adv.  —  Or  sus,  maintenant, 
puisqu'ainsi  est. 


Digitized  by 


Google 


ASSU 


27 


Assu,  zc  m'in  Tais  to  z-u  rtcontt. 

«  Or  sas,  je  m'en  vais  vous  le  conter.  » 
(Rev.) 

Corrupt.  de  or  sus. 

ASSUAU  (assuô)  ASSAU  s.  m.  —  A 
Morn.  Tect  à  porcs. 

De  siis  avec  préf.  ad  et  suff.  ellum. 
On  devrait  avoir  assuiaic  (32). 

*  ASSU  PO  (assiipô).  V.  a.  For.  assapa 
assupa  ,  pr.  acipa  achipa ,  Igd.  supa 
assiipa ,  vpr.  aeupar,  b.  lat.  assopive. 
vfr.  asouper  assoper,  —  Heurter,  choquer. 

De  ail.  schupfen  (?).  Suff.  ô  (14  2«). 

ASTEURA  V.  astura. 

ASTURA  (astura).  ASTEURA  adv.  - 
Présentement. 

De  (out  tem  ie  Tay  veu,  aolaot  en  sa  icunessi 

Qu*(i«/tira,  gaillard  et  remply  d'allcgrcssi. 

«  De  tout  temps  je  l'ai  vu,  autant  en  sa 
jeunesse  —  Que  maintenant,  gaillard  et 
rempli  d'allégresse.  »  (Beni.) 

De  ad  istam  horam,  mais  par  l'inter- 
méd.  d'o'il  asteurey  même  sens.  Autrement 
on  aurait  astora  (34),  comme  on  a  tota 
hora  =  totore,  tout  de  suite. 

A  TARTOUS  (atartou).  —  Loc.  pour 
adieu  à  tous. 

Syncope  de  adiu  tarions,  adieu  tous. 

ATO  (ato)  !•  (vieilli)  s.  m.  For.  atoii,  pr. 
asto,  vpr.  ast  asta.  —  Broche  à  faire  rôtir 
les  viandes. 

Sa  ptirt  (ic  tallland,  Vàlou  do  qu'au  rutéi. 

«  Sa  paire  de  ciseaux,  la  broche  avec 
laquelle  on  met  rôtir.  »  (Ghap.) 

D'h€LSta.  Chute  de  t  dans  st  (166  2«). 
Le  mot  peut  avoir  subi  l'infl.  du  vha. 
harsta,  ustensile  à  faire  rôtir. 

2«  T.  de  la  V.  1277-1815:  a  Cil  de  Sant 
Just  a  VI  homeuz,  auz  un  pan  et  vin  et 
chereta/05et  deyntes  et  rissoles...  Cil  de 
Sant  Pol  a  iiii  homeuz  pan  et  vin  et  cher  et 
atos  et  deyles...  »  Celui  (le  chapitre)  de 
Saint- Just  (doit)  à  6  hommes,  savoir  à 
quatre,  pain  et  vin  et  chair  et  7'ôli'ei 
dessert...  Celui  de  Saint- Paul  à  quatre 
hommes  pain  et  vin  et  chair  et  rôti  et 
dessert. 

On  voitque  de  broche  à  cuire  les  viandes 
le  sens  de  ato  .s'était  étendu  à  la  viande 
rôtie  elle-même.  Il  en  était  de  même  en 
fr.  où  haste  avait  les  deux  .sens.  Il  avait 
aussi  le  sens  d'échinée  de  porc,  mais 
alors  on  y  trouve  le   complément  :  haste 


de  porc.  Ato  tout  seul  semble  avoir  ici 
le  sens  plus  général  de  rôti. 

ATRA  (atra)  OTRA  (ôtra)  s.  f.  —  Atre. 

Même  origine  que  le  fr.  dire.  Fin.  a  par 
analogie  avec  les  autres  noms  fém. 

ATRiCO  (atricô)  v.  n.  Roan.  eptricUe. 
—  A  Paniss.  Faire  des  mouvements 
saccadés,  désordonnés. 

De  ail.  strickoij  faire  des  nœuds,  avec 
préf.  a  et  suff.  ô  (14  4»).  Cp.  fr.  tricoter, 
remuer  les  jambes  avec  vivacité. 

ATRONCHI  (atronchî)  v.  a.  —  Couper 
les  branches  d'un  arbre. 

De  trunca,rey  avec  préf.  ad.  Ch.  de  un 
en  on  (47)  ;  de  c  en  ch  (84)  ;  de  are  en  t 
(15  2«). 

ATROSSO,  SSA  (atrosso,  ossa)  adj.  — 
Funeste,  malheureux.  In  jor  atrosso,  un 
jour  malheureux. 

'D'atrocem,  avec  conservât,  du  sens  lat. 

ATTELLA  (atèia)  s.  f.  Lame  do  bois  au 
derrière  des  bœufs,  à  laquelle  on  attelle  la 
charrue. 

Même  orig.  que  fr.  attelle. 

ATTOFAYI  (atofa-yl),  ap,  Coch.  ATTO- 
FAÏ  V.  a.  Berr.  atfier  adfier.  —  Élever, 
au  sens  de  nourrir.  Lgd.  atufega,  cultiver, 
façonner;  dph.  atlafeier,  planter;  vfr. 
atufîer,  vx  ss.-rom.  attufier,  disposer, 
arranger.  En  Dombes,  attefit,  m.  lat. 
attefectum,  jeune  arbre  laissé  pour  les 
plantations. 

D'aptificare.  Chute  de  p  dans  le  groupe 
ptiiet  6»,«).  Ch.  de  c  en  y  (128  1*); 
d'où  atifiiare,  réduit  à  atifiare,  où  ia  ne 
comptant  que  pour  une  syll.,  le  1«  i  joue 
le  rôle  de  proton,  mèd.  et  tombe  (78)  ;  d'où 
la  forme  berr.  atfier.  Mais  le  groupe  tf 
offrant  qq.  difficulté  à  prononcer,  1'/  a  été 
remplacé  par  une  voy.  d'appui  dans  les 
autres  dial.  Ch.  de  are  en  y\  (15  2«)  d'où 
attofîi/t,  et  aitofayl  par  dissim.  (83). 

ATTOFEYI,  I A  (alof^vî,  ia)  adj.  —  Gros, 
gras,  sse. 

C'est  le  partie.  dCattofayï  ;  litlér.  bien 
nourri,  venu  à  point.  Le  passage  de  a  prot. 
à  e  est  dû  peut-être  à  l'inll.  d'éto,fé. 

ATTURGI  (aturgl)  v.  n.  —  Étouffer 
parce  qu'on  a  avalé  de  travers. 

De  ad  et  turgisire  (?)  forme  de  turgere, 
qu'on  aurait  fait  passer  dans  la  P*conj. 
Ch.  de  iare  en  t  (15  1"). 


Digitized  by 


Google 


28 


AU  LA 


AULAGNI  (olagni)  ALOGNI,  vin.  AVIL- 
LIANI  s.  f.  For.  aulagne  allogne,  gév. 
ourogne,  —  Noisette.  «  Item  deit  chargi 
d'avillianes...  »  (Carc.) 

D'av(e)UB,nea.  Voc.  de  r  (167  3*)  ;  per- 
sist.  de  a  ton.  (9);  ch.  de  7iea  en  gni 
(148,  rem.  li  et  54  3").  Il  est  curieux  de 
constater  qu'au  xiii*  s.  la  voc.  de  v  n'exis- 
tait pas  encore,  et  que  la  prot.  n'était  pas 
tombée.  —  Je  suppose  que  dans  alogni  il 
y  a  eu  métath.  de  voy. 

AULAGNI  (ôlagnl)  s.  m.  —  Noisetier. 

T>*atilB.gni,  avec  suff.  î  =  ariiim  (13). 

AURA,  OR  A  (6ra,  ora).  Cette  dernière 
forme  plus  usitée,  s.  f.  For.  aura,  dph. 
ora.  —  Vent,  brise.  A  vê  codre  Vora,  il 
voit  courir  le  vent  ;  se  dit  de  quelqu'un 
de  très  fin.  de  très  subtil.  De  même  en  dph. 
Car  t  chaque  aramella,  cilli  »at  une  fora, 
A  lou  peHu  cheville  ;  et  li  vet  courre  Vota, 

«  Car  à  chaque  vieux  couteau,  elle  sait 
une  gaine,  —  A  tout  trou  cheville  ;  et  elle 
voit  courir  le  vent.  »  (Bat if,) 

D'awra.  Sur  ora  v.  49,  rem.  i. 

AURISSE,  ORISSE  s.  f.  For.,  pr. 
aurisso.  —  Grand  vent,  orage. 

D'awra,  avec  un  suff.  augm.  et  péj.  hse, 
fort  rare,  qui  a  la  valeur  du  fr.  asse.  Le 
suff.  isseen  fr.  (pelm^,  jaunw^^,  sauc/we) 
n'a  pas  ce  caractère,  pas  plus  que  Vicias 
latin. 

AUTERON  s.  m.  —  Butte,  petite  émi- 
nence.  Se  trouve  dans  Molard  (1810). 

De  dessus  Vauteron,  siiis  priiidre  de  liuiielles. 

0  pot  T<^rea  Saint  Jean  dansi  le  marioncles. 

«  De  dessus  la  petite  hauteur,  sans 
prendre  de  lunettes,—  On  peut  voir  à  Saint- 
Jean  danser  les  marionnettes.  »  (Brey,) 

Du  fr.  hauteur  avec  suff.  dimin.  on. 
K«r  qui,  d'ailleurs,  n'est  pas  un  son  patois, 
s'est  affaibli  par  suite  de  sa  position  de 
prot.  méd. 

AVAIR  (avôr),  à  St-Mart.  AVAR  s.  m. 
Essaim  d'abeilles.  Vn  avair d'avilies,  un 
essaim  d'abeilles. 

D'une  forme  *apB,rium,  dèr.  d'apem. 
Ch.  dep  en  v  (140),  et  de  arium  en  airo 
(13,  rem.)  réduit  à  air.  Dans  la  forme 
arar,  è  s'est  élargi  sous  l'infl.  de  r  (24). 

'  AVAL  s.  m.  —  Ne  s'emploie  que  dans 
celte  loc.  Vn  aval  iVaigui,  une  trombe 
d'eau. 

De  ad  cl  vAlflon). 


AVAL0(aval6)  adj.  part.  —  Pendant, 
flasque.  Al  a  le  viaille  avala,  il  a  les 
joues  pendantes  (Coch.).  Norm.  s*ahallcr, 
se  renverser,  s'incliner,  pencher. 

De  aval,  av.  suff.  d  (14  S»). 

AVARI  V.  avorré. 

AVEINIRI  V.  avcniri. 

AVENIRI  (avcniri),  ap.  Coch.  AVEI- 
NIRI s.  f.  —  Champ  d'avoine. 

Vavensiria.  ch.  de  aria  en  iri  (13). 

N.  de  lieux:  Les  Avenières  (Dauph.), 
Avenus  (Beauj.), 

*  AVENTO  (avintô)  v.  a.  For.  aventa, 
roan.  aveinta.  — Atteindre,  aveindre.  Au 
fig.  aboutir,  convenir,  élre  séant. 

lia  !  qu6  l'y  avcnte  bien,  quevouyé  bien  son  métier. 

«  Ah!  que  cela  lui  va  bien;  que  c'esl 
bien  son  métier  !  i>  (Ghap.) 

'D'adventB.re,  Ch.  de  are  en  cî  (14  I»). 

*  AVÉRO  (avérô)  v.  a.  Ard.  avella,  — 
1»  Atteindre  à,  aveindre.  Avéra  nié  çou 
livro,  prenez  ce  livre  et  donnez-le-moi 
(Coch.).  2®  A  Morn.  arracher. 

D'advêrrere^  balayer  vers,  faire  rouler, 
transformé  en  a(d)verrtire,  par  ch.  de 
conjug.  Ch.  de  are  en  ô  (14  3»), 

*  AVERSIN  1-  s.  m.  —  Averse  du  vent 
d'ouest. 

Dér.  d'averse,  comme  traversin  de 
travers, 

2.  Coch.  cite  ce  proverbe,  aujourd'hui 
oublié  :  J'amo  autant  que  saio  u  loup 
qu'à  Vaversin,  qu'il  traduit  par  :  «  J'aime 
autant  que  le  loup  en  profite  que  le 
mauvais  temps  »,  ce  qui  ne  veut  rien  dire. 
Déjà  de  son  temps  le  sens  primitif  de  ce 
prov.  était  perdu.  Aversi^i,  qui  serait 
mieux  écrit  aversain,  est  ici  le  vfr.  et  vpr. 
aversier,  aversié,  le  diable  (adversarius). 
Le  In.  a  permuté  le  suff.  arius  en  un 
suff.  aytus  (adversanus),  qui  donne  ain 
par  application  de  la  phonét.  d'oïl. 

*  AVÉRUMO  V.  a.  —  Je  ne  connais  ce 
mot  que  par  Coch.,  qui  le  donne  comme 
l'équivalent  d'averô.  Je  n'explique  pas  ce 
suff.  fréq.  mwi. 

AVEURRI  V.  nvorri. 

AVI  (avi)  s.  f.  —  Abeille.  Moins  usité 
qxi'avilli.  Avief^i  le  mot  dont  on  se  servait 
dans  mon  enfance  à  Sle-Foy.  Quelques 
personnes,  peut-être  sous  l'infl.  d'avilliy 
disaient  avi. 


Digitized  by 


Google 


AVI 


29 


Non  d^arem,  qui  aurait  donnA  ara  ; 
mais  d*a.rca,  ainsi  qu'en  justifie  le  piém. 
ai' t'a.  Fin.  t  (54  1»). 

*  AVI  (avl)  «  M'es  /«réécrit  ("och.  (par 
conTus.  puphon),  il  me  semble.  »  —  C'est 
lefr.  m'est  arts.  A  force  de  lier /avec  a,  le 
paysan  a  fini  par  dire  tavt.  Puis,  comme 
on  faisait  jadis  sonner*  dans  est  (il  est), 
on  a  eu  tji'es  tavi^  transformé  à  Crap.  en 
mé  tavé.  Y  mé  tavé  que  lo  tipnps  vot 
chingiy  il  me  semble  que  le  temps  veut 
changer. 

AVILLI  (avilhi)  ap.  Coch.  AVILLIE  s.  f. 

—  Abeille. 

T>'apicula.  Gh.  da  p  en  r  (140);  de 
icHla  en  illi  (164  2«,  h). 

AVILLIANI  V.  atdagni. 

AVINJU,  USA  (avinju,uza)adj.  A  Lyon 
tttangléy  ée.  —  Glouton,  avide.  S'emploie 
substantiv. 

Du  vfr.  avenger,  avanger,  avengier, 
qui  signifiait  avancer,  suffire  à.  Le  for.  a 
encore  avengea,  suffire  à,  devancer  ;  lo  dph. 
ave7igie)\  achever,  terminer. 

Oa  si  vous  travaillié,  vous  êtes  soulaoia, 
Devan  que  vouz  ayé  la  chanson  avengia» 

€  Ou  si  vous  travaillez,  vous  êtes  soulagé, 

—  Avant  que  vous  ayez  achevé  la  chanson.  » 
(Bat.) 

Avanger  est  resté  en  usage  jusqu'au 
milieu  du  xvu«  siècle,  mais  avec  des  sens 
assez  variables.  Monet  (1642)  dit  «  avanger 
à  une  chose,  y  fournir,  y  satisfaire  ».  Il 
paraît  avoir  copié  Nicod,  qui,  en  1618, 
disait  :  «  Avanger  à  une  chose,  c'est  y 
fournir,  y  satisfaire.  Usez  dumotai?<?;*tV.  » 
Borel  dit  :  «  avanger,  avancer.  »  Il  le  donne 
comme  venant  du  «  latin  barbare  aban- 
tiare  »,  mais  sans  indication  de  source. 
Incombe  lui  donne  beaucoup  de  sens, 
voire  celui  de  baiser  :  œ  Avanger,  avaftgier, 
baiser,  osculari,  avancer,  marcher,  arriver, 
prolendere  ».  Enfin  Oudin  donne  l'ital. 
€  avangare  (qui  n'existe  pas  dans  les 
dictionn.  modernes),  bescher,  fouir,  houer, 
et  selon  aucuns,  prospérer,  réussir  bien». 
C'est  évidemment  une  forme  correspon- 
dante à  notre  avangier,  Cp.  ital.  mod. 
avcm^are,  rester,  avoir  de  reste,  épargner 
(Oudin);  gagner,  amasser,  augmenter  son 
l^ien  (Alberti). 

Avitxju  est  donc  avangé,  avec  une  déri- 
vation de  sens  qu'explique  bien  l'ital. 
avanzare,  gagner,  amasser.  Le  cb.  de  an 


en  in  est  commandé  par  la  gutt.  qui  suit 
(60,  rem.  1/ Quant  à  avengier,  avenger, 
il  est  évidemment  une  forme  à'avancier, 
donné  régulièrement  par  abanliare  ;  mais 
jt^  n'explique  pas  le  passage  iVavancier  à 
avangier  t  pas  plus  que  le  vx  ital.  avan- 
gare  qui  lui  correspond.  Suff.  ti  (35). 

AVIRENO  (avirenô)  v.  n.  —  Tourner 
autour  de. 

Du  fr.  environner,  avec  substit.  dupréf. 
ad  au  préf.  m.  Fin.  ô  (14  8«). 

*AVIS  (aviss)  s.  f.  —  Escalier  tournant. 

Corrupt.  du  vfr.  vis,  même  sens.  Par 
confusion  de  l'art.,  la  ri>est  devenu  Vavis, 

AVISO  (aviso)  v.  a.  —  Regarder,  aper- 
cevoir. Aviso  don,  regardez  donc  î  Pic. 
aviser.  «  Car  comme  dit  l'autre,  je  les  ai 
avisés  le  premier,  avisos  le  premier  je  les 
ai.»  (Molière. F«f5^  de  Pierre).  Le  mot  est 
resté  dans  le  fr.  familier.  «  Ys  avisiau' 
viant[^\x.v  auviant  v.  apinchî)  la  rerîrt  », 
ils  regardaient  la  rivière  (Dial.). 
Âtisa  lo  bon  Joseiph, 
Comme  y  lorgne  lieu  mochetl 

«  Avise  le  bon  Joseph,  —  Comme  il 
lorgne  leur   barbiche!  (Noël  1723). 

De  ad  et  viser e,  transformé  en  visture. 
Ch.  de  are  en  ô  (15  3»,  rem.  3). 

AVOAIQUE,  AVOUAIQUE,  AVOUAY- 
QUE  prép.  (vieilli).  Forme  à*avoy,  avouai. 
Le  vfr.  avait  aussi  avec  et  avecque.  Le 
que  fin.  est  euphonique. 

Sa  mare  que  Techindit 
Avouayqueson  soflo. 

«  Sa  mère  qui  le  réchaufl'e—  Avecque  son 
souffle.  »  (Noël,  17fô). 

Atoai  9u*un  petit  de  perd, 
El  (ei)  sera  un  Royal  miugl. 

«  Avecque  un  peu  de  pei*sil,  —  Ce  sera 
un  manger  royal.  »  (Lyon  h.) 

AVORRI  (avorrî)  à  Morn.,  AVORRÉ  à 
Crap..  AVARI  à  R.-de-G.,  ap.  Coch. 
AVEURRI  V.  a.  Pr.  abourri.  —  Avoir  du 
dégoût  pour  une  chose.  Oui  aveurrl  lo 
fromajo,  il  est  dégoûté  du  fromage.  (Coch.  ; 
S'emploie  souvent  à  propos  d'un  oiseau 
qui  a  abandonné  son  nid  :  al  a  avon'é  son 
nid. 

Et  prenant  de  dépiet  ii  avorri  It  vit- 

€  Et  prenant  par  honte  la  vie  à  répu- 
gnance. »  (Mon.) 

Et  me  faire  avari  mon  galant  par  toujours. 

€  Et  me  faire  prendre  en  dégoût  mon 
amant  pour  toujours.  »  (More) 


Digitized  by 


Google 


30 


A  VOS 


D^ahhorrere,  transformé  en  abhorAre. 
Ch.  de  b  méd.  en  v  (141).  Fin  en  ï  ou  en 
é  (33,  rem.  1). 

A  VOS  COMIND  (à  vo  comin)  loc-  A 
Morn.  adieu,  au  revoir. 

Syncope  de  à  Diu  vos  commind  (v. 
adiu  comniand). 

AVOUAI  (avoué)  AVOY  (avoi)  prép. 
Dph.  avoi.  —  Avec. 

Auoy  lo  devanli  de  piau... 
«  Avec  les  tabliers  de  peau.  »  {Entr.  de 
Bacc.) 

Lo  diasque  avouai  sa  façon  si  adraile... 
€  Le  diable,  avec  sa  façon  si  adroite.  » 
(Coch.) 

Su  le  pont  van  s'iii  alla 
Avouai  los  clias  de  la  ville. 
«  Sur  le  pont  ÏU  vont  s'en  aller,  —  Avec 
les  clefs  de  la  ville.  »  (Revér.) 

Y  sont  lo  biaux  Ans  promis, 
Avouay  loi  lieu  mondo. 


«  Ils  sont  les  beaux   fins  premiers,  — 
Avec  tout  leur  monde.  »  (Xoi'ly  17-28). 
Ij  volo  nianleiii  qu'iqucn  éi  cbosa  huncla 
Et  na  tu  râla  auoi. 

(f  Je  veux  maintenir  ^ue  c'est  chose 
honn('te  —  Et  naturelle  aussi.  s>  (Balif.) 

De  apud  hoc.  Gh.  de  p  en  r  (140)  ;  de 
o  +  c  en  0/,  ouê  (42  îJ"). 

AVOY  V.  avouai. 

AYSSERABLE  vin.  (xiii*  s.)  s.  m. 
Genev.  iserable.  fr.  -comt.  iseraule,  euse- 
raille,  bourg,  ôscraule.  —  Érable.  «  Assis 
jota  la  font  de  Vaysserable  »,  situés  jouxte 
la  fontaine  de  l'érable.  (Terrier  de  Poley- 
mieux.) 

Vacer  et  a.rbor  par  une  forme  ac^er 
Arbor.  Ch.  de  es  en  iss  (162)  ;  chute  de 
r  (180  1°);  d'où  aisserabre,  et  aisserable 
par  ch.  de  br  en  bl  par  dissimilation. 


B 


•  BABOUIN  (babouin)  s.  m.  —Chrysa- 
lide du  ver  à  soie  morte  dans  le  cocon. 
Les  pécheurs  l'emploient  pour  servir 
d'appât  (Coch.). 

Du  pr.  et  for.  babau,  qui  signifie  béte 
noire,  animal  fantastique  dont  on  fait  peur 
aux  petits  enfants. 

Ma  maregrand  me  fazit  entendre, 
D6  (ion  que  j'era  tant  petit. 
Que  lou  babau  me  vindril  prendre, 
Quand  je  n'orin  pas  prou  mlngit. 

«  Ma  grand'mère  me  faisait  entendre,  — 
Au  temps  que  j'étais  si  petit,  —  Que  la 
béte  noire  me  viendrait  prendre,  —  Si  je 
n'avais  pas  assez  mangé.  »  (Chap.)  Cp. 
aussi  piém.  babau,  parfadet.  Je  ne  sais 
par  suite  de  quelle  dériv.  il  a  passé  dans 
quantité  de  noms  d'insectes  (v.  barbirotta). 
A  babau  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  f>î,  d'où 
babauin,  et  babouin  parle  passage  de  au 
à  ou  (cp.  49).  Cp.  gén.  babollo,  luciole. 


*  BACH  ASSI  (bachassi)  s.  f.  For.  bâchas- 
soulOy  bachasso)if  pr.  bachassoun,  alp. 
bâchas,  à  Lyon  bâchasse.  —  Auge  de  bois 
dans  laquelle  on  donne  à  manger  aux 
bestiaux.  La  bachassi  est  aussi  qq  fois 
un  tronc  d'arbre  creusé  pour  recevoir 
l'eau  d'une  fontaine.  En  For.  et  dans  le 
Mac,  on  appelle  bâchasse  le  pétrin.  Dans 
un  titre  de  1502,  cité  par  Du  G.  on  trouve 
bachassium,  même  sens. 

De  bâchai,  avec  suff.  augm.  assi. 

*  BACHASSIA  (bachassia)  s.  f.  —Une 
pleine  hachasse.  Le  mot  s'entend  surtout 
de  débris  d'hortolage,  de  pommes  de  terre 
etc.  qui  emplissent  la  bachassi  pour  la 
nourriture  des  bêtes. 

De  bachdissi^  avec  suff.  a,  répondant  à 
ata. 

'  BACHAT  (bachà)  s.  m.  Vx  berr. 
bâchas.  —  Auge  en  pierre  qui  se  place 
sous  la  pompe  pour  recevoir  l'eau. 


Digitized  by 


Google 


BACH  31 


Digitized  by 


Google 


32 


BAIL 


baiete  de  la  ville  qui  est  assise  sur 
Tesglise  de  Forvero,  iqui  on  cornet  la 
gaite  de  la  ville  (où  on  sonnait  de  la 
trompette  pour  annoncer  soit  l'approche 
de  l'ennemi,  soit  l'heure  du  couvre-feu)..  » 
(l7iv.  de  la  C.  1397-1408). 

Cp.  ^val.  bauw'iy  épier  ;  piém.  badè, 
guetter  ;  genev.  baide  bède,  interstice  ; 
ail.  beiCt  angl.  bay,  fr.  baie,  fenêtre,  dont 
baiete  est  le  dimin.  à  l'aide  du  sufT. 
ordinaire  ette. 

De  badB,7*e,  regarder  la  bouche  ouverte, 
fixement,  puis  guetter.  Badare  a  donné 
vfr.  bayer  y  ôtre  ouvert-;  d'où  baie  et  baiete. 
Grandg.  propose  vha.  beitôn,  attendre. 
Mais  les  formes  ital.  badare,  pr..  catal. 
badar,  piém.  badè,  guetter,  et  le  subst, 
pr.  bada,  sentinelle,  excluent  cette  orig. 

*  BAILLI  (balhî)v.  a.  For.,bress.  bailli^ 
vel.,  cah.  baila,  vfr.  bailler.  —  Donner. 

Quauque  Umpéilari,  qunuque  friogua-toul-sou, 

Par  baiUie  din  fou  xio  de  quauque  frécnurou. 

«  Quelque  trafneuse  de  lampas,  quelque 
coquette  fiefifée  —  Pour  donner  dans  les 
yeux  de  quelque  malotru.  »  (Ghap.) 

Y  e  don  un  bien  brave  homme, 

Qu'ils  l'ont  reçu  pénitent, 

De  celo  que,  quand  on  chôme, 

Vo  bâillon  toujouri  de  pan?  (ReTer.) 

(11  s'agit  ici  du  marquis  de  Brancas, 
qui  se  fit  recevoir,  le  1"  nov.  1778,  de  la 
compagnie  des  Pénitents  du  Gonfalon. 
compagnie  qui  avait  fait  d'abondantes 
aumônes  lors  du  chômage  de  la  fabrique). 
Au  conditionnel,  bailli  fait,  parcontract., 
barins  pour  baillerins,  et  au  futur  battrai 
pour  baillerai* 

Lot  Rccolleli  sont  iqui... 

Que  lieu  haret  à  dîna 

Los  farct  pas  ren  plura  ! 

•c  Les  Recollets  sont  ici...  —  Qui  leur 
donnerait  n  dfner  —  Ne  les  ferait  pas  rien 
pleurer  I  »  {Noël  1723).  Baret,  au  condit., 
est  ici  par  infl.  d'oïl. 

De  bajulare,  comme  le  fr.  bailler, 

BAILLI  LA  TRAVERSA, vin.  loc.  sensu 
oh9oeno. 
B  mon  telou  desiys  1y  baHly  It  Iraverst  {Bem.) 

De  traverser. 

BAlVlO  (ba-ïn6)  v.  a.  For.  beina.  — 
Faire  macérer  des  légumes  dans  l'eau. 

De  bain,  avec  conservât,  de  l'ancienne 
dipbt.  a  +  ^'*  Balneare  eût  donné  bagnt. 


Bain  explique  pourquoi  n  ne  s'est  pas 
mouillée  et  pourquoi  la  finale  <*st  ^  (14  3) 
au  lieu  do  i  donné  par  care  (15  1«). 

BAJ APPLE  (bajafle)  s.  m  —  IVrsonne 
qui  bajaflle.  subst.  v.  tiré  de  bajafflt. 

BAJAPPLO  (bajaflô),  à  Lyon  bajaffler 
V.  n.  —  Parler  inconsidérément,  et,  par 
cxtens.,  agir  inconsidérément. 

Mot  comique  formé  par  une  onomat. 
représentant  une  parole  mâchonnante,  et 
un  sulT.  péj.  bar,  réduit  à  ba  (v.  bara- 
fùtes). 

BALAI  s.  m.  —Genêt. 

Sur  l'étym.  v.  balan.  Balai  a  été 
employé  par  infl.  du  fr.  balai,  le  genêt 
servant  à  faire  de«  balais.  La  termin.  ai 
n'est  pas  appliquée  chez  nous  aux  subst. 

BALAN  (balan),  a}\  Goch.  BALEN  s.  m. 
—  GenéL 

Du  celt.  —  Armor.  balaen,  corn,  batia- 
thel,  banal  ;  gael.  bealaidh,  même  sens  ; 
kymr.  bala^  taillis. 

N.  de  lieu:  Balan,  près  Montluel. 

BALAN  dans  la  loc.  Être  en  balan, 
être  dans  l'indécision. 

De  balance,  ainsi  que  l'indique  le  vpr. 
balans,  perplexité. 

BALISTRAN  (balistran)  s.  m.  For. 
galislran.  —  Grand  garçon  dégingandé. 
Piém.  balandran,  nigaud,  musard. 

Du  rad.  6aZ,  de  balan,  balance,  avec 
un  bizarre  sulT.  de  fantaisie,  comme  c'est 
le  cas  pour  beaucoup  de  noms  péj.  i?a/iV 
iran,  garçon  qui  va  en  se  dandinant.  Je 
crois  le  for.  corrompu  du  In. 

•  BALLA  (bala)  à  Lyon  balle  s.  f.  — 
1.  Corbeille  d'osier  ou  de  jonc  tressé. 

Du  vha.  bsilla,  globe,  à  cause  de  la 
forme  ronde  do  la  balle  d'osier. 

2.  Berceau  en  jonc  tressé. 

De  ce  qu'il  est  fabriqué  avec  la  matière 
qui  sert  à  fnire  la  balle. 

•  BALLOPPIRI  (balofiri)  s.  f.  For,  bal- 
lon ffière^  pr.  baloufiero.  —  Paillasse  de 
balle  d'avoine. 

De  balloffa  (v.  balloiiffa),  avec  suff. 
iri  (13).  Ce  suff.  est  de  format  ancienne, 
car  il  sert  à  désigner  un  objet,  tandis  que 
dans  la  format,  mod.  il  sert  à  caractériser 
ta  profession. 

BALLOUPPA  (baloufa)  à  Lyon  ballon  fe 
s.  f.  Vin.  baloffa,  vx  berr.  baloffe,  for. 
ballouffe,  rgt  bouloffos  (ap.  Coch.), 
ouolfl  doMo/y?  (ap. Vayssier),montp.  arofo, 


Digitized  by 


Google 


BAMB 


Idg.  houfo  houlofo  bolbo;  pr.  bofo  houofo 
ouofo,  niç.  houolfo  bolfo,^  Balle  d'avoine 
employée  pour  faire  des  paillasses  de  lit. 
Lim.  bolasso  bolossieiro^  couette  formée 
de  balle  d'avoine. 

Invent,  de  l'Hôpital  do  Villefranche 
(1514):  «  Item,  plus  un  lit  de  baloffe  et 
deux  cossins.  (Missol).  »  Vente  des  biens 
de  Jacq.  Cœur,  ap.  Godef.  :  «  Trois  lictz 
de  baloffe  garniz.  » 

Composé,  suivant'  les  dial.,  d*un  i*ad. 
bal  ou  bol,  signif.  balle  des  céréales  on 
général,  et  d'un  appendice  en  f  qui  cor- 
respon  1  au  mot  avoine  dans  les  langues 
germ  :  vx  ail.  haber^  habero  ;  ail.  hafe)\ 
angl.  du  nord  ?iaver,  suéd.  hafra,  isl. 
hafr. 

•BAMBANA  (banbana),  à  Lyon  bam- 
banc,  s.  f.  Sav.  baban,—  Flâneur,  qui  perd 
son  temps. 

Subst.  v.  tiré  de  bamhan'). 

BAMBANO  (banbanô)  à  Lyon  bam- 
baneVfY.  n.Pr.  bambana^à^th.  banbena, 
gcnev. bam ba?ier.  —Baguenauder,  flâner, 
marclier  lentement  et  à  l'aven  turc.  Esp. 
bambanear^  vaciller. 

Queh  granda  hinhena  do  B. . .,  luii  Mrjan.. . 

«  Ce  grand  flâneur  de  B.,  le  sergent.  » 
(Dialog.  dph.) 

Du  fr.  popul.  banban,  boiteux,  parce 
qu'en  baguenaudant  on  marche  en  se 
balançant.  Le  mot  banban  doit  venir  lui- 
même  de  bcfnban,  cloche,  dans  le  langage 
enfantin.  D'où  bambanerj  clocher,  boiter. 

BANCHAILLI(bantsalhl)  v.  a.  En  Fr.-l. 
faire  un  miné  à  une  terre. 

De  bêche  (?)  av.  suff.  fréq.  ailli=  ailler 
fr.,  mais  j'ignore  sous  quelle  infl.  ê  se 
serait  nasalisé  en  an, 

BANCHI  (banchi),  à  Lyon  banche  s.  f. 
—  Fortes  planches  reliées  par  des  pargues, 
entre  lesquelles  on  piae  la  terre  pour  les 
murs  en  pisé. 

De  bâche,  au  sons  de  caisse.  Insert,  de 
n  (184  7»);  fin.  t(54  2<»). 

BANCHIAl.v.  bachia. 

2.  A  Lyon  Uanchée.  —  Partie  d'un  mur 
en  pisé  comprenant  ce  qui  se  pise  entre 
deux  bacchcs,  soit  0,70  de  hauleur  par  2* 
de  long. 

BANDELLO,  LA  (bandèlo,  la)  s.  des  2 
g.  —  Vagabond,  de  ;  mendiant  errant. 
Uusa,  par  eicilô  ma  tsimida  carvcla, 
A  trélô  qoQ  tu-je,  ne  fais  pôs  la  bandèta. 


a  Muse,  pour  exciter  ma  timide  cer\'elle, 
—  A  traiter  ce  sujet,  ne  fais  pas  la  vaga* 
bonde.  »  (Brey.) 
Subst.  v.  tiré  de  bandelt. 
BANDELO  (bandelô)  v.  n. —  Vagabon- 
der en  vivant  de  maraude.   Ss-rom.  ban» 
(lolhi,  baguenauder. 
0  nuis  plus  d^aulro  plan  que  quou  de  bandelô* 
«  Il  n'y  a  plus  d'autre  moyen  que  celui 
de  vivre  de  maraude.  »  (Mar.) 

Iliir  cil  bindflanl,  \\o  l)edxi  la  d<^poUi. 
«  Hier  en  vagabondant,  je  vis  Dédi,  le 
mendiant.  »  (Sit.) 

A  r«ju  dou  plii»i  si  ii'ons  liop  bandelô... 
«  A  l'âge  du  plaisir,  si  nous  avons  trop 
couru  le  guilleri...  »  (GorL) 

De  bande,  parce  que  ce  mot  représente 
l'idée  de  maraudeurs  et  de  malandrins. 
C'est  le  souvenir  des  Grandes  Compagnies 
des  ChaulTeurs  etc.  En  gasc.  bandol, 
Uoupe  de  partisans.  C'est  probablem. 
bandol  qui  a  fourni  bandelô. 

BANNA  (bana)  s.  f.  Vpr.  bana,  pr. 
lanoy  cat.  banya.  —  A  Morn,  Corne  des 
animaux.  Ce  mot,  qui  appartient  au  dial. 
d'oc,  nous  est  certainem.  venu  du  pr. 

Orig.  celt.  :  kym.  ban^  corne.  Cp.  vha. 
bain,  même  sens. 

BANQUO  (bankô)  v.  n.  —  Tirer  au  sort 
dans  les  vogues. 

De  banque,  le  marchand  jouant  le  rôle 
du  banquier  au  jeu.  Suff.  ô  (14  4*). 

BARABAN  s.  m.  For.  ftarrafron.  —  Pis- 
senlit. 

Y  sopoii  de  tez  s<^i  avouai  de  harrahon» 
«  Ils  soupent  sur  le  soir  avec  des  pis- 
senlits. »  (Chop.) 

De  *barbanum,  dér,  de  barba ^  i  Cause 
des  pointes  de  la  feuille.  Barbanufà  û\>t\ne 
barban  (8)  mot  assez  peu  comthodo  à 
prononcer  pour  que  l'insert.  d'uile  lettre 
d'appui  dans  rb  soit  explicable. 

Je  mentionne  par  curiosité  que  l'arm. 
bara,  qui  signifie  patn,  entre  dans  le  nom 
de  diverses  plantes  :  bara-ann^evn,  pour- 
ivicr  sauvage  (à la  lettre  j)am  des  oiseaux); 
bara  ann-houc'h^  brionne  (pain  de  pour- 
ceau) ;  bava-coucou,  planle  nommée 
alléluia  (pain  de  coucou)  ;et  que  le  kyra. 
bencn  signif.  jeune  fille,  ei  le  gaël.  bean 
(gén.  plur.  ban),  femme  ;  d'où  traduct.  litlér. 
bara  ban,  pain  des  femmes  ou  des  filles. 
Mais  pour  que  celte  étym.  eût  la  moindre 
.  chance  d'être  vraie,  il  faudrait,  dans  nos 


3 


Digitized  by 


Google 


u 


BARA 


patois,  d'autres  ex.  de  noms  de  plantes 
où  bara  entrerait  comme  composé.  II  n'y 
a  donc  entre  le  mot  coït,  et  le  mot  In. 
qu'une  pura  coïncidence  de  sons. 

N.  de  lieu:  Barabanj  terre  aux  Hospices, 
qui  a  laissé  son  nom  à  un  chemin  de  la 
Guillotière. 

BARAFUTES  s.  f.  pi.  For.  harafutes.  — 
Choses  de  rebut. 

D'un  préf.  péj.  bar  (cp.  In.  barfoyl, 
barjaquô,  bajaflô  ;  fr.  barbouiller,  bar- 
guigner,baroque),  et  d'un  rad.  fute,  qui 
exprime  le  mépris  par  le  mouvem.  des 
lèvres  (cp.  In.  fufii^  étoffe  sans  consis- 
tance; fr.  phu,  interj.  de  mépris,  berr. 
bafuter,  faire  fl,  wal.  cafu,  objet  sans 
valeur). 

BARAQNI  (baragni)  s.  f.  —  Barrière 
pour  clore  les  bestiaux  dans  un  pré  (v. 
abaragnl).  B.  dph.  baragne,  appareil  en 
bois  qui  soutient  un  filet  pour  le  poisson. 

Du  rad.  bar  qui  a  formé  barrer,  et  d'un 
suff.  agni  =  anea  (54  3"). 

BÀRAI,  futur,  BARINS  (barin),  condi- 
tionnel du  V.  bailli. 

Gon tract,  de  baillerai,  baille rins.  La 
cause  de  la  syncope  est  la  difficulté  de 
prononcer  une  /  mouillée  devant  r.  Cp. 
vfr.  je  luirai  pour  je  laisserai.  C'est 
probablem.  sur  ces  temps  qu'a  été  formé 
le  v.  6arer=6ai7/er,  usité  à  Pont- Audemer. 

BARANQU  A  (baranka)  s.  f.  express,  péj. 
—  A  Paniss.  Chose  al)îmée,  brisée,  (d'où 
s'abaranquô,  s'abîmer  à  courir;.  Se  dit 
spécialem.  d'une  bêle  de  trait  :  ina  baran- 
qua  dechivau,  une  rosse.  For.  baranque, 
chose  embarrassante,  de  rebut  ;  piém. 
baranch,  boiteux,  en  parlant  d'une  table, 
d'un  siège  etc  ;  pr.  barranco,  trainard, 
éclopé. 

Du  vpr.  anca,  hanche,  et  du  préf.  péj. 
bar  (v.  barafUtes).  Cp.  pr.  anca,  remuer 
les  hanches,  marcher  péniblem.  ;  it.  a7i- 
cheggiare,  boiter.  L'orig.  pr.  e-xplique 
pourquoi  nous  avons  baranqua  et  non 
baranche. 

L'esp.,  le  port,  ont  baranco,  fondrière, 
au  fig.  embarras,  difficulté,  et  en  même 
temps  barranca,  ravin,  lieu  cave  par  les 
pluies  ;  cat.  barranch,  anfractuosité.  Le 
pr.  a  baren  barenc,  précipice,  et  le  gris. 
barranca,  ravin.  Ce  groupe  ne  se  rattache 
pas  au  nôtre  et  a  peut-être  son  orig.  dans 
le  rad.  qui  a  fait  barre  barrer. 


"  BAR  ATA   fbarata)   v.  a.  —  Fouiller 
parmi  des  objets,   tracassar,  secouer.  Le 
mot  est  très  ancien  et  n'est  plus  usilé.  11 
est  devenu  brottô  dans  le  pat.  moderne. 
La  raiiinc  nue  à  tout  U  ralu 
El  maliiaiscmenl  la  barate. 
«  La  grenouille  noie  en  plein  la  souris, 

—  Et  de  mauvais    vouloir  la  secoue.  » 
(Yzop) 

Coch.,  qui  donne  le  mot,  ajoute  :  «  Bara- 
ieja,  dans  le  haut  Langued.,  barata,  en 
Langued.,  signifient  tromper  ;  barai, 
tromperie.  » 

Baratd  vient  bien  du  rad.  barat,  mais 
au  sens  de  môlc3  confuse.  Fr.  baratter, 
mélanger  et  remuer  confusément  ;  vfr. 
barate,  confusion,  agitation;  yfr.  desba- 
reter,  esp.,  vpr.  desbaratar;  WsA.  sbar ai- 
tare,  dètvxiïve,  mettre  en  désordre;  m.lat. 
baratare  =  dissipare,  dilapidare.  Le  vx 
nor.  baratta,  bataille,  s'accorde  mieux 
avec  l'emploi  du  mot  par  Dante  et  avec 
notre  sens  (et  môme  avec  la  forme)  que 
le  grec  Trparrsiv,  trafiquer,  proposé  par 
Diez.  Il  est  probable  que  barat,  fraude  et 
barat,  bruit,  tumulte,  ont  deux  origines. 

Est-ce  de  barat,  tromperie,  que  vient  le 
piém.  barato,  chose  de  nulle  valeur,  chose 
sur  la  valeur  de  laquelle  on  aurait  été 
trompé  ? 

BAR  ATTON  (baraton)  s.  m.  —  A  Paniss. 
espèce  de  fromage  blanc  délayé. 

De  baratte,  av.  suff.  on.  Baratton, 
résidu  de  la  baratte. 

BARBABOU  s.  m.  Alp.  barbobouc,  pr. 
barbobou  barbabou,  piém.  barbabouch.  — 
Salsifis  blanc,  irapodogon  pratense. 

Do  barbe-à-bouc,  à  cause  des  filaments 
en  forme  de  barbe  qui  sortent  de  Tinvolucre 
lorsque  la  fleur  est  tombée. 

BARBELLE (barbelé)  s.  f.—  Radotages. 

Subst.  V.  tiré  de  barbelô.  La  fin.  e,  au 
lieu  de  a,  indique  l'infl,  du  plur.  Barbelle 
est  collée  t. 

BARBELO  (barbel6)v.  n.  For.  barbella. 

—  Radoter,  radoter  en  bavant. 

De  bSilbum,  av.  un  suff.  fréq.  elô  (cp. 
fr.  griveler,  écarteler,  pour  griver, 
écarter),  Gh.  del  on  r  (170  4-). 

BARBELU,  USA  (barbelu,  uza)à  Crap., 
BARBELOUS.  OUSA  (barbelou.  ouza)  à 
River,  Morn.,  R.-de-G.  adj.  For.  barbelous, 
sa.  —  Radoteur,  euse  ;  baveur,  euse. 

De  barbelô  av.  suff.  u,  ou  (86). 


Digitized  by 


Google 


BARB 


3& 


BARBIROTTA  (barbirôta)  s.  f.  Sarde 
hahbajola.  —  Coccinelle.  Pr.  habarota 
bambaroto,  Igd.  baboto,  insectes  divers 
suivant  le,s  lieux  :  chenille,  charançon, 
cloporte,  blatte  etc. 

De  bàbvimim,  fou,  sot.  it.  babbeo  ;  d*où 
pr.  babau,  à  la  f  lis  niais  et  élre  fantas- 
tique, bête  noire  dont  on  fait  peur  aux 
petits  enfants.  Rgt.  babau-de-Noste-Segnei 
coc:*inelle  (cp.  babouin),  Babxir(rum),  av. 
un  sufif.  dim.  otta  ('cp.  menote,  de  main; 
pelote,  de  pila;  ballote,  de  balle),  donne 
baburoUa,  et  barburotta  par  insert,  de  r 
avant  6  (184  6»,  d).  Le  passage  de  m  à  i 
s'explique  par  l'affaiblis  se  m.  de  la  proton. 

BARBOIN  s.  m.  —  Se  dit  de  l'effigie 
frappée  sur  un  sou.  Boqu)  barboi^i,  c'est, 
au  jeu,  quand  on  a  perdu,  baiser  un  sou 
qu'on  a  eu  soin  de  mettre  dans  quelque 
chose  de  pas  propre.  Par  extens.  embras- 
ser une  médaille  : 

Dzisié  son  chapele,  pu  hoquôte  barboin. 

«  [Ellejdisait  son  chapelet,  puis  embras- 
sait la  médaille.  »  (Gorl.)  Au  fig.  c'est 
céder,  s'avouer  vaincu,  mettre  les  pouces. 
Qu*an.iiit  ceul  vet  niio  fdl  ilc  clioiiib  deiiis  in  coin, 
Que  «rcirc-)!  protës,  par   tout  boquô   barboin. 

«  Qui  animaient  cent  fois  mieux  fait  do 
paresser  dans  quelque  coin,—  Que  de 
commencer  un  procès  pour  tous  s'avouer 
battus.  »  (Proc.) 

"Debabouin,  av.  insert,  de  r  (184  6",  d). 

BARBUE  (barbue)  BARBUE  (barbue), 
ap.  Coch.  BARBUEY,  à  Lyon  barbue.  — 
1.  s.  m.  — Jeune  plant  de  vigne  enraciné. 

De  barba,  à  cause  des  filaments  des 
racines.  Barbue  répond  à  *barbu(t)a. 
Transport  de  l'ace,  sur  la  fin.  (51).  On 
aurait  dû  avoir  barbua  ;  Ve  fin.  au  lieu 
de  a  est  dû  à  l'emploi  habit,  du  plur. 

2.  s.  f.  —  Grossette  de  vigne. 

De  barba,  par  analog.  av.  un  poil  frisé. 

BARCELO  V.  barselô, 

BARCHI  (barchi),  BERCHI  s.  f.  — 
Brèche. 

Sur  la  format,  v.  barchi, 

BARCHI,  *BERCHI,  lA  (barclil,  berchi, 
ia)  ;  BARCHU,  BERCHU,  USA  (berchu, 
uza)  adj.  For.  barchu,  alp.  berch  bercho, 
Igd.  berque,  lim-  berch,  vpr.  berc.  — 
Ébréché,  ée;  spf>cialement  brèche-dents. 
Un  plal  barchu  qui  sicrt  |Ic  lichifrois. 

€  Un  plat  ébréché  qui  sert  de  lèche- 
frite. »  (Chap.) 


De  brèche  par  métath.  de  r  (187  1«), 
ainsi  qu'en  justifient  les  doubles  former 
du  vpr.  berc  et  brech,  et  du  Igd.  berque 
et  brèc,  Gh.  de  e  en  a  (66). 

BARCHOLA  (barchola)  s.  f.  —  Gaisse 
de  bois  sans  couvercle. 

De  bSLrca,  av.  suff.  ola  (cp.  mouche-^ 
rolle,  foliole,  bestiole),  à  cause  de  la  res- 
semblance de  forme  avec  une  barque.  G  h. 
de  c  en  ch  (170). 

BARCHU,  USA  (\.  barchi). 

'^BARDANA  (bardana)  i. s. f.— Punaise 
des  lits. 

Dj  esp.  badana,  basane,  à  cause  de  la 
couleur  (cp.  piém.  etgasc.  basano,  amadou, 
génois  bazanna,  fève  :  nera  (noire)  pour 
puce,  en  Gév.).  Insert,  de  r  (184  6,  c). 

2.  s.  f.  —  Couleur  noirâtre,  tirant  sur  le 
rouge. 

Du  vfr.  bardane,  mêmes  sens  et  étym. 
que  bardana  l. 

*BARDANA  (bardana)  adj.  des  2  g.- 
Qui  est  de  la  couleur  dénommée  bardana. 
G'ost  par  erreur  que  Goch.  dit  de  couleur 
noire. 

De  bardtLna  2.  L'accent  a  été  transporté 
sur  la  fin.  par  analog.  avec  les  adj.  part. 

BARDELLA  (bardèla)  1.  s.  f.  —  Nom 
propre  de  la  plupart  des  ânesses,  par 
analog.  av.  la  femelle  du  bardot. 

2.  s.  f.  —  Nom  propre  des  vaches 
tachetées  de  blanc  et  de  roux,  ou  chez 
lesquelles  le  roux  domine. 

De  barde,  espèce  de  selle,  avec  sufl". 
ella. 

A  l'orig.  le  nom  de  Bnrdelle  a  dû 
s'appliquer  aux  vaches  tachetées  sur  le 
dos  comme  si  le  pelage  eût  dessiné  une 
barde,  (cp.  Boucharda,  vache  tachetée 
sur  la  bouche).  La  dér.  du  sens  l'a  fait 
appliquer  aux  vaches  tachetées  de  la 
couleur  de  la  barde. 

BARDIN  y.  bredin. 

BARDOIRI  V.  bôrdoiri. 

BARDOT  (bardo)  s.  m.  —  Souffre- 
douleur.  «  Al  est  lo  bardot  de  tôt  lo  bor  », 
il  est  le  souffre-douleur  de  tout  le  bourg. 

G'est  le  fr  bardot  au  fig.,  à  cause  des 
coups  dont  on  l'accable  et  des  fardeaux 
qu'on  lui  fait  porter. 

*  BARDOU,  OUSA  (bardou,  ouza)  adj. 
pris  substantiv.  —  Nom  donné  par  les 
habitants  de  la  rive  droite  du  Rhône,  en 
aval  de  Lyon,  aux  habitants  de  la  rive 


Digitized  by 


Google 


36 


BARF 


gauche.  C'est  la  contrepartie  du  nom  de 
Bedauds  donné  par  ceux  de  la  rive  gauche 
aux  habitants  de  la  rive  vivaraise.  Le  mot 
est  péj.  comme  tous  les  sobriquets  de 
contrée  à  contrée.  Goch.,  qui  signala 
l'express.,  la  fait  dériver,  un  peu  naïvement, 
de  «  bardes^  poètes  gaulois  ». 

Vfr.  bnrdoux,  sot,  stupide.  De  bardo- 
sum^  dér.  de  bardum  ;  d'où  les  noms 
propres  Bar  don,  Bardoux. 

6ARF0YI  (barfo-yl)  BARFOLLI  (barfo- 
Ihl),  à  Lyon  barfoiiiUer  v.  n.  —  Fouiller 
malproprement  dans  un  liquide.  Au  fig. 
bredouiller,  n'avoir  point  de  suite  dans 
ses  paroles  ou  ses  actions.  Piém.  bafonjè, 
fr.  popul.  bafouiller,  même  sens. 
Et  qn'k  Tort  d'inqueii,  vo<h  iant  tu  ma  conduilsi 
BarfoUy  cli6que  jour  cl  ii'iii  n^glô  la  suibi. 

«  Et  qui,  à  l'heure  d'aujourd'hui,  vou- 
draient, sur  ma  conduite,  —  Bavarder 
chaque  jour  et  en  régler  la  direction.  » 
(A  mo  z.) 

De  biS'fodic(v)lB,re,  Bis  donne  le  préf. 
péjor.  bar  (v.  baraftites),  Fodic(u)lare 
donne  foy\.  Chute  do  d  méd.(139)  ;  chute 
de  c  du  groupe  cl  et  mouillementde  /  (164 
î^,  6);  ch.  de  are  en  y\  (15  4»);  d'où 
folhX^  et  foijï  par  ch.  de  Ih  en  y  (164, 
2^,  c). 

BARGIRI  (bargiri)  s.  f.  A  Lyon  bergère, 

—  Bergeronnette. 

De  re/nrecar/a,  comme  le  fr.  bergère, 
Ch.  de  e  en  a  (66)  ;  de  aria  en  iri  (13). 

BARGNi  (bargnf).  v.  n.  —  Se  dit  des 
chiens  quand  ils  grondent  en  montrant 
les  dents. 

El  lo  pilftit  l.oulou  de  la  orousst  Jocuma, 

Que  va  bargnanl  lo  deiiili  cl  lychanl  son  écumt. 

«  Et  le  petit  chien  de  la  grosse  Jocume, 

—  Qui  va  montrant  les  dents  et  léclmnt 
son  écume.  »  (Mthiag.) 

Du  vha.  hsirr/ijan,  quereller,  av.  proslh. 
de  b  (183  4*),  qui  reprè.sente  peut-être 
l'aspirât,  de  h. 

*BARICOLO  (barikolô)  à  Lyon  baricolé 
adj,  Genev.  baricolé,  —  Bariolé,  bigarré. 

Litlré,  qui  identifie  baricolé  et  bariolé, 
voit  dans  celui-ci  le  préf.  péj.  bar  +  violé, 
rayé.  Diez  et  Scheler  laissent  le  choix 
entre  cette  étym.  et  varius  +  suflf.  Mais 
dans  aucun  cas  le  c  du  In.  et  du  genev. 
U'est  expliqué.  Il  a  sans  doute  été  introduit 
par  confusion  d'étym.  avec  colorem. 


•  BARILLI  (barilhi)  s.  f.  A  Lyon  bareille, 
—  Barrique  contenant  deux  ànées,  soit 
environ  210  litres. 

D'un  rad.  celt.  bar,  qui  adonné  enkym. 
baril,  et  en  gaël.  baraill.  Tlli  en  In.,  cille 
en  fr. ,  sont  des  suflf.  dim.  (icula).  Il  y 
a  donc  eu  confus,  entre  ces  suff.  et  le  suflT. 
aille,  peut-êlre  sous  l'infl.  d'une  termin. 
celt. 

BARILLON  (l)arilhoii)  s.  m.  Vpr.  barl- 
Ion.  —  Tout  petit  baril. 

De  baril,  av.  suff.  dim.  on. 

N.  propre  Bar  il  Ion,  probabicm.  par 
sobriquet  comique. 

BARIOTA  (bariota),  ap.  Coch.  BAR- 
ROTA,  H  Lyon,  barette,  vin.  barotte,  s.  f. 
Dph.  barroto  baruto,  alp.  barioto,  genev. 
barote,  berr.  berouette.  —  Brouette. 
Ordonn.  do  police,  1C72  :  «  Défenses... 
d'occuper  les  places  de  sainct  Nizier,  ny 
dos  Changes,  avec  leurs  animaux  ou 
baiTOtes.  o 

Pc*  charo'ié  de  fuinitS  r«»n  mena  de  bnrrote, 

«  Pour  charger  du  fumier,  l'on  amène 
des  brouettes.  »  (Gren,  mal,) 

De  b(i)rota,  véhicule  à  deux  roues.  A 
est  une  lettre  d'appui,  introduite  dans  le 
groupe  br  après  la  chute  de  t,  comme  e 
dans  le  fr.  berouette.  h'i  de  bariota  a  été 
appelé  par  Vi  do  birota.  Voici  la  marche 
suppo.sée  :  birota  biriota  brio  ta  bariola, 

BARITELLIRI  (bariteliri),  ap,  Coch. 
BARITELLIERI  s.  f.  Vfr  barutellière, 
for.  baril  elleri  baritet  ;  pr.  bar  ut  eu,  dph. 
baritel,  sav.  bartellièrc.  —  Blutoir.  Au 
flg.  grand  bavard,  insupportable  parleur. 
Viedase  que  baritel!  peste  du  bavard! 
(pat.  dph.).  En  For.  baritella,  fille  éva- 
porée. 

De  baritel  (v.  barifellô),  av.  suff.  iW 
(13). 

•  BARITELLO  (baritèl6)  v.  a.  Brr  bar- 
tella,  vpr.  barutelar,  b.  lat.  barutellare. 
Bluter  ;  à  Morn.  vanner  au  tarare. 
Quaii  l't  prau  pélo  mélo 
De  farena  tarlelô. 

«  Quand  elle  a  a.ssez  pêle-mêle  r-  De 
farine  tamisée.  »  (X,  bress.) 

Du  vfr.  baritel,  barileau  (Cotgrave), 
qu'on  trouve  dans  nos  actes  consul,  au 
xvi«  s.  et  dans  Paradin,  et  dont  le  dim. 
barutellière  est  seul  resté  dans  nos  pat. 
sous  la  forme  baritelliri,  Baritel  est  lui- 
même  dér.  de  buratare  (v.  baritf'f). 


Digitized  by 


Google 


BARI 


37 


BARITET  (barilè)  s.  m.  —  A  Morn. 
Tarare. 

Tiré  de  barito,  par  analogie  entre 
Topérationdu  van  mécanique  et  celle  du 
blutoir.  Au  thème  s*est  ajouté  le  suff.  et, 
qui  n*a  pas  ici  le  caractère  dim.  habituel, 
mais  simplem.  celui  d'objet  (cp.  armet, 
tranchet,  bassinet). 

BARITO  (baritô)  v.  a.  —  Tamiser. 

De  burat9t,re,  cribler  (xi*  s.).  Métath. 
de  a  et  tt  ;  d'où  barutare  pour  buratare 
(cp.  bavutellum,  crible).  BartUare  donne 
bartare  par  chule  de  la  prot.  méd.  (78), 
et  baritare  par  insert,  d'une  voy.  d'appui 
t.par  dissim.,  au  lieu  de  a  accoutumé.  Le 
br.  dit  encore  bartella  sans  voy.  d'appui. 
Buratare  est  tamiser  au  travers  de  la 
bure,  tissu  grossier,  d'où  vfr.  bureter. 

BARJACO  (barjakô),  à  Lyon  bar jaquer 
v.  n.  Vel,  bardzacay  b.  dph.  barjaqica, 
pr.  barjaqua  barjaquea.  —  Parler  de 
façon  oiseuse  et  inconsidérée. 

D'un  primit.  barjar,  qui  existe  dans 
barja,  parler  en  b.  dph.  et  bavarder  en 
pr.,  et  auquel  s'est  ajouté  un  sufif.  onomat. 
(cp.  le  piacentino  barciacla,  bavarder). 
Barja  est  formé  sur  pr.  ba.7'jo,  bouche, 
dont  l'étym.  est  inconn.  On  trouve  dans 
le  nor.  isl.  barki,  gosi  3r. 

BARJAQUA (harjaka),àLyon  barjaque 
s.  des  2  g.  For.  barjaque,  vel.  bardzaque, 
pr.  barjacas,  Igd.  harjac  barjaire  barja- 
rello,  piaconlino  barciaco.  —  Celui  ou 
celle  qui  parle  beaucoup  et  inconsidé- 
rément. 

Que  me  boibolc-lc  7  que  la  mol  rua  barjaqua  ! 

«  Que  me  marmottes-tu  ?  Quel  méchant 
bavard  !  »  (Gorl.) 

Subst.  V.  tiré  de  barjacô. 

BARLET(barlè)adj.  — Employé  seulem. 
dans  la  loc.  uets  barlels,  œufs  qui  ne  sont 
pas  frais. 

A  son  origine  dans  l'hubi tuile  qu'ont 
les  ménagères  de  regarder  les  œufs  au 
travers  du  jour  pour  reconnaître  s'ils  sont 
frais.  L'œuf  clair  est  frais,  le  trouble  ne 
l'est  pas.  Barlet,  qui  a  certainem.  été, 
barluet,  vient,  comme  barlue^  du  préf. 
péj.  bar  (=,  bis)  et  de  lucem,  auxquels 
s'est  ajouté  le  suff.  et.  Barlct^  littéralem. 
qui  a  une  lueur  douteuse.  Sur  le  sens, 
cp.  it.  barlume,  faiblo  lueur. 

BARLETIER  vin.  s.  m.  —  Btnnier, 
fabricant    de    bennes   etc.    (1473)  :    «  A 


Humbert,  barlatier,  pour  un  brochet  (v, 
ce  mot)  pour  tenir  eau  nete  pour  boire 
es  ouvriers  et  manœuvres...  (Arch.  mun. 
ce.  446).  —  (1474)  A  Hubert  le  barletier 
pour  37  bennots  neufs  à  porter  terre  pour 
curer  les  fossés,  à  3  blancs  le  bennot.  — 
(GG.  448).  A  Humbert,  barlatier,  8  bennots 
à  porter  terre  es  dits  fosses,  à  18  d.  la 
pièce...  (id.  id.).  » 

Barletier  est  la  contraction  de  baril- 
letier,  faiseur  de  barils.  Le  vfr.  disait 
bar  illier,  La  fin.  du  mot  indique  une 
formation  d'oïl.  Ha  donné  le  nom  propre 
de  Barlatier,  qui  est  commun  dans  le 
Lyonn.  et  le  Midi. 

BARLOQUA  (barloka)  s.  f.  —  Grosse 
caisse,  tambourin. 

De  fr.  berloque,  batterie  de  tambour, 
avec  élargissem.  de  e  en  a  (66). 

BARMA  V.  bàrma. 

BARM  AT  (barmà)  s.  m.  —  1.  Haie  entre 
deux  fonds  de  niveaux  différents.  2.  Haie 
formée  de  gros  arbres. 

De  barma,  av.  sufif.  at.  L'idée  do  pente, 
déclivité,  s'est  étendue  à  celle  de  clôture. 

BARMO  V.  bormâ. 

BARNAEUX  (barnaeu)  s.  m.  --  A 
Morn.  se  dit  d'un  tout  petit  enfant,  spécia- 
lem.  lorsqu'il  montre  qq.  nudité. 

Du  vfr.  brencux  (de  bren,  e.xcrémenl), 
av.  métath.  de  r  (187)  et  élargissem.  de  e 
en  a  (66).  Gp.  wal.  bernati,  vidangeur. 

BARNAU  (barnô)  s.  m.  —  En  Fr.-l. 
Pique-feu.  Vfr. 6^;viarrf,  marmite  (xvrs.); 
ss.-rom.  bernar  bernadso,  à  Vionnaz 
bcr^iadzéy  alp.  bermge,  milan,  bertiazs 
barnasc,  pelle  à  feu.  M.  Godef.  donne  au 
vfr.  bernagoe  la  signif.  d'outil  à  perforer, 
mais  les  2  textes  cités  permettent  d'inter- 
préter par  pique-feu  ou  fourgon.  Piém. 
hernagi.  palette. 

De  * prunellmn  (?),  de  prnnae  hatilliDn, 
auquel  se  rattacheraient,  suivant  M.  Fle- 
chia,  les  mots  congénères  au  nOtre.  La 
marche  sei*ait  brunellum  burtiellum  bar- 
nelltim  (cp.  gris,  burnieu  barnieu, 
l)raise).  Il  semble  que  barnau  pourrait 
plus  simplem.  se  tirer  d'un  rad.  bcr7i  (?), 
d'orig.  germ.  —  Ail.  brennen,  golh. 
bra7injan,y\\i\. prennan,  brûler;  berenn, 
flamma,  ignis,  que  Grimin  rattache,  av. 
le  signe  du  doute,  au  vha.  prinna.  On 
retrouve  ce  rad.  dans  nur.  britni,  feu,  qui, 
par  métath.,  a  donné   ags.   borfi,   brûlé: 


Digitized  by 


Google 


38 


BARN 


ags.  hyrnan  et  angl.  to  hum,  brûler.  — 
Le  rad.  hem  serait  passe  à  harn  sous 
infl.  do  r  (24)  et  à  celui-ci  se  serait  ajouté 
le  sufT.  ellum  =  au.  Les  mots  visés  par 
M.  Flechia  représentent  tous  l'idée  exclu- 
sive de  pelle,  mais  on  voit  par  les  ex. 
que  le  rad.  hem  se  retrouve  en  général 
dans  les  objets  appropriés  au  f  m. 

BARNO  (barnô).  EBARNO  v.  a.  — 
Ouvrir  toutes  grandes  les  portes  et  les 
fenêtres.  —  Y  est  tôt  harnJ,  y  est  tôt 
grand  hamô,  c'est  tout  grand  ouvert. 
Bourg.  éha?ié,  même  sens. 

J^'hibernare  (?)  par  confus,  do  i  init. 
avec  le  préf.  ex  dans  éharnô.  Ch.  de  e 
en  a  sous  infl.  do  r  (66).  La  chute  da  r 
dans  ébané  s'explique  par  la  phonétique 
du  bourg.,  où  il  tombe  souvent  après  a 
ou  e  devenu  a  :  adan  (ardent),  vatu 
(vertu),  couvalure  (couverture),  datai 
(clarté)  etc.  L'aphérèse  de  la  voy.  init. 
dans  la  forme  hamô  se  retrouve  dans 
hihernaticum  =  vcrnoge,  froid,  humide. 
Le  gév.  a  éberna  iberna,  hiverner,  mais 
dans  le  sens  actif.  Aqui  paisan  eberna 
sessanta  fede,  ce  paysan  garde  à  l'élable, 
pendant  l'hiver,  soixante  brebis. 

•  BARRAQIA(baragiâ)  v.  a.  Vr.  bar- 
reja,  esp.  barrajft,  vpr.  barrejav.  — 
Ravauder  parmi  dos  objots,  mêler,  con- 
fondre. Barragia  l'aigui\  remuer  l'eaiî 
(Goch.).  Je  n'ai  jamais  entendu  ce  mot,  qui 
est  un  doublet  de  bara'tô,  et  a  vieilli.  11 
répond  h  un  *bnvaticare.  Lo  suff.,  av. 
persist.  de  la  gutt.  dure,  indique  que  le 
mot  nous  est  venu  p;ir  le  pr. 

*  BARRASSARI  (barassail)  s.  f.  Dph. 
harrassari.  —  Bagatelles,  menuos  choses 
sans  valeur. 

Se  dit  beii  qu^arrivil  un  pou  de  brouilUri; 
Quoqu'autrc  contaral  cela  harrassari. 

«  Il  se  dit  bien  qu'il  arriva  un  peu  de 
brouillerie  ;  —  Quelque  autre  contera  ces 
vélilles.  »  (Xaiss.  du  J).), 

En  dph.,  cant.  de  Mens,  barrountarian. 
«  Ai  vougu  me  soi  trouvas  un  pau  de 
bouono  houro  per  achatàs  coucas  bar- 
rountarias,  —  j'ai  voulu  m'y  trouver  de 
bonne  heure  pour  acheter  qq.  bagatelles.  » 
(Guichard), 

Du  vpr.  barrax,  barre,  av.  suflf.  pêj. 
ari,  qui  paraît  indiquer  une  idée  de  bruit  : 
charivari^  hourvari,  boulvari  ;  piém. 
zanzivari.    gargouillement.  Barrassari, 


embarras  bruyant,  d'où,  par  dér.  de  sens, 
menus  objets  qui  font  du  bruit  (ferrailles, 
riblon  etc.)  et  enfin  menus  objets  sans 
valeur,  bagatelles. 

BARRAYKbara-yl),BARREYlv.n.For. 
bari'eari,  barreya.  —  Ahanner.  travailler 
péniblement,  faire  des  efforts,  lutter  contre 
les  obstacles.  Barray'i  sa  via,  gagner 
pén il  dément  sa  vie.  For.  barreya  de 
z'efans,  traîner  des  enfants. 

Je  leiuiis  din  h  juina  et  je  barreions  tout... 

«  Nous  sommes  dans  la  gêne  et  nous 
travaillons  tous  péniblement.  »  (Monin) 

D'un  rad.  bar  (qui  a  formé  baratta, 
baragia),  parle  vpr.  barrei,  dispute,  biniit, 
remue-ménage,  trouble,  et  le  suff.  yi(15). 

BARRER  y.barrye. 

BARREYAJO(barè-yajo)  .s.  m.  — Action 
de  brasser,  de  remuer,  de  se  fatiguer,  de 
lutter  contre  les  embarras. 

De  ban'ay'i  av.  le  suff.  ajo  (7  et  161  5*»). 

BARRIO  V.  barrye. 

BARROT  (barrô)  s.  m.  Dph.  barrât,  — 
Petit  tombereau.  Piém.  barocia,  charette; 
barossa,  tomber.^au. 

Per  toult  la  villa,  de  crainla  du  segrot. 
L'on  dcfciid  de  roula  carrosse  ni  barrol. 

«  Par  toute  la  ville,  de  crainte  des 
secousses.  —  On  défend  de  faire  rouler 
carros.se  ni  tombereau.  »  (Gren.  mal.) 

A  Lyon,  au  xvii«  s.,  on  avait  han'ote  au 
sens  de  voiture  de  maraîcher  :  «  Défenses 
sont  pareillement  faites  à  tous  lardiniers, 
lardinieres  et  Rovenderesses  d'herbages, 
d'occuper  les  places  de  sainct  Nizier,  ny 
des  Changes,  avec  leurs  animaux  ou 
barrotes  (()rdo7in.  de  police,  1672).  »  II 
n'est  pas  probable  qu'il  s'agisse  ici  de 
brouettes,  les  maraîchers  ne  pouvant  se 
servir  de  celles-ci  pour  apporter  leurs 
marchandises. 

De  birotum,  v.  barlota. 

BARROTA  V.  bariola. 

BARROTO  (barot6)  v.  a.  —  Charrier  le 
fumier  dans  les  champs. 

Mou  bomo  nioJe  uut  cbam|if ,  barrote  tôt  lo  jor. 

«  Mon  homme  va  aux  champs,  —  Char- 
rie le  fumier  tout  le  jour.  »  (Monin) 

De  birota  (v.  bariola).  Suff.  ô  (14  1»). 

'BARROULO  (  aroulô)  V.  n.  For.  bar- 
roula,  dph.,  pr.  et  Igd.  barrula.  On  dit 
plus  souvent  à  Lyon  débarrouler.  — 
Dégringoler  sur  une  descente. 


Digitized  by 


Google 


BARR 


Jff  f«rey  barrula  tout  pcr  lous  cscharK^s. 

«  Je  ferai  tout  dégringoler  par  Tescalier.  » 
(Liaud,) 

«  Les  escayiés  de  bois  éliont  mouillés 
et  pleins  de  bassouillo  ;  elle  glisse  et 
6aroM/e  jusqu'au  quatrième.  »  (Et.  Blanc.) 

De  bas  et  rouler.  Suff.  (5  (14  3"). 

BARRYE,  BARRER.  BARRIO.  vin.  — 
Ces  différents  noms  paraissent  s'£ppliquer 
à  une  palissade  mobile  ou  barrière  en  bois, 
placée  en  avant  ou  en  dedans  des  portes  de 
la  Ville. 

Reg.  cons  :  1417,  15  fév.  «  Ils  ont  prié 
à  Aynard  de  Ghaponnay  qu'il  responde  à 
Blacieu  ce  que  montera  de  boys  que  l'on 
employera  au  barrio  de  la  perte  de 
Farges...  »  — 1418,  2i  fév.  «...  Ordonné  que 
Ton  face  faire  dedans  la  porte  Saint-Marcel, 
au  bot  du  petit  mur  qui  vient  de  la  Porte 
de  l'oslel  de  Foreys,  le  semblable  barrye 
ou  meilleur  qui  est  bors  ladite  porte.  » 
— 1419,30  août,  t  Bererd  Jacot  et  Marines, 
Jeban  de  Blacieu  et  le  procureur  visiteront 
la  fusle  (bois)  du  barrio  du  Griflfol,  se 
elle  est  bonne  pour  assovir  le  dit  barrio 
ou  non.  >  —  1508.  Janvier.  «  Dépense  faite 
tant  en  maçonnerie,  charpenterie,  ferra- 
terie  pour  réparer  et  accoutrer  la  porte 
appelée  le  barrer,  autrement  la  tour 
Neuve,  hors  la  porte  Saint-Marcel.  » 

De  barre:  le  barrye,  ce  qui  barre  le 
passage.  Le  mot  ba.rri  (barrium)  existe 
en  pr.,  où  il  a  le  sens  de  rempart  et,  par 
extens.,  de  faubourg.  Notre  banye  est  le 
pr.,  et  barrer  barrio  sont  des  dér.  av.  sufif. 
arium  et  ellum.  En  vin.  ariiim  non  pré- 
cédé d'un  yotte  donne  er  (pour  air),  et  io 
est  une  fausse  graphie  pour  tau  (32). 

•  BARSELO  BARCELO  (barselô)  v.  a. 
—  Agiter,  secouer.  Lo  vint  barselle  celos 
raisins,  le  vent  secoue  ces  raisins  (Goch.). 

Du  vfr.  berseler  bierseler,  fréq.  de 
berser,  tirer  de  l'arc,  frapper  à  coup  de 
flèche.  Bersé,  au  sens  passif,  se  disait 
d'une  chose  qui  est  lancée.  Dans  les  Côtes- 
du-N.,  on  dit  bercer  une  pierre,  la 
lancer.  Berseler  est  dér.  de  berbecem,  au 
sens  de  bélier,  machine  ùo  guerre.  Gh. 
de  e  init.  en  a  sous  l'infl.  de  r  (66). 

BARSiOULO  (barsioulô)  y.   n.    —    A 
St-Mart.  Boire  longtemps  et  avec  excès. 
Du  fr.  saouler  et   du   préf.  péj.   bar, 
L'inserl.  de  i  est  analogue  à  son  insert, 
devant  ellum  =  iau.  Fin.  cî  (14  8»). 


BARTA  (barta)* BERTA  s.  f.  —1.  Grand 
pot  de  terre  pour  les  usages  ordinaires. 
Vfr.  baratere,  petit  pot  de  terre. 

2.  Récipient  en  ferblanc  pour  le  lait.  — 
A  Lyon,  berte,  Vx  pic.  berte,  vaisseau  de 
bois  ;  vx  fr.-comt.  bert,  panier,  claie  pour 
prendre  les  poissons  ;  vfr.  ber laitière, 
fondrière.  Sur  le  rapport  de  sens,  cp. 
bu  ire,  qui  voulait  dire  à  la  fois  écluse  et 
récipient. 

Étym.    inconn. 

BARTAILLI  (barlalhi)  s.  f.  For.  bar- 
tailli.  —  Vaisselle,  ustensile  de  cuisine. 
Ole,  pusqiic  la  Zobet  t  coltl  la  polaly 
De  la  brôvc  Lenun,  et  pisi  ta  barlaly, 

«  Oui,  puisque  la  Zobet  a  mangé  la 
poule  —  De  la  brave  Lénon,  et  mis  en 
pièces  sa  vaisselle.  »  (GorL) 

De  barta,  av.  suff.  péj.  répondant  à 
fr.  aille. 

BARTASSERIE  s.  f.  For.  bartailly.  - 
Ustensiles  de  cuisine.  On  dit  généralem. 
bartasserie  de  cuisine,  comme  en  fr. 
batterie  de  cuisine. 

De  barta,  av.  suff.  asse,  péj.  et  augm., 
et  un  2°  suff.  d'oïl  erie,  qui  est  collect  : 
cavalerie,  boiserie,  verroterie,  maçon- 
nerie. 

BARTAVELLA  (bartavéla)  s.  f.  For. 
bartavella,  genev.  bartavelle,  sav.  bar- 
tavai.  —  Se  dit  d'une  personne  qui  parle 
beaucoup.  G'est  le  sens  flg.  de  bartavella, 
crécelle  en  for.,  vel.  et  gév. 

Bartavella  est  identique  au  vfr.  verte- 
velle  verterelle  vertcnelle;  m.  lat.  verti- 
bella,  sorte  de  verrou  fermant  à  clef,  et 
qq.  fois  gond,  par  extens.  La  crécelle  du 
m.  â.  n'était  pas  la  raquette  moderne, 
composée  d'un  pignon  denté  et  d'une 
languette  fixe,  mais  elle  était  formée  d'une 
planchette  sur  laquelle  était  adaptée  une 
anse  mobile  sur  pivot.  En  imprimant  un 
mouvem.  de  va  et  vient  à  la  planchette, 
on  faisait  heurter  l'anse  contre  celle-ci. 

Du  b.  lat.  vertebolum,  dim.  de  vertebra, 
mais  dér.  du  sens  primit.  sous  l'infl.  de 
vertere,  de  manière  à  ne  représenler  que 
l'idée  d'un  objet  tournant  sur  un  axe.  Ch. 
de  V  init.  en  b  (100,  rem.  2)  ;  do  e  init. 
en  a  sous  infl.  de  r  (66)  ;  de  b  médial  en 
V  (141).  On  a  bartevolla,  d'où  bartevella, 
par  substitution  du  suff.  ellum  à  olum 
(cp.  ital.  martello,  de  m^artulum).  Le  In. 
supporte  difûcilem.  un  e  proton,  médial 


Digitized  by 


Google 


40 


BART 


et  tend  à  le  renforcer  ou  à  le  faire  dispa- 
raître :  d'où  hartatella.  Le  phénomène  ne 
se  produit  pas  en  fr.  (cp.  vertevelle), 

BARTAVELO  (bartavel6)  v.  n.  Piém. 
hërtavlè.  —  Jacasser,  bavarder. 

Je  hartavelo  pro,  mais  no  raisoiino  gubro. 

«  Je  bavarde  assez,  mais  ne  raisonne 
guère.  »  (Go7*l.) 

De  bartavella,  av.  suff.  6  (14  3»). 

BARTAVELOUS,  OUSA  (bartavelou. 
ouza)  adj.  —  Bavard,  e. 

El  seins  se  Iraviri,  iioutroii  hartaoehux,  , 
Einlonne  bellameint  quela  jolia  romsiici. 

«  Et  sans  se  retourner,  notre  bavard... 
—  Entonne  bellement  cette  jolie  romance.  » 
(Ménag.) 

Do  bartavelb,  av.  s:i(T.  ous  =  osus  (35). 

BARTELO  (bartelô)  s.  f.  —  Grosse 
farine. 

Du  vfr.  ban'tel,  lamis,  av.  suff.  6  =  ée 
en  fr.  Chute  de  t  (78).  La  bartelô  est  la 
farine  demeurée  sur  le  baritel. 

BARTILLI  (bartilhi)s.  f.  —  Sorte  de  pot 
de  terre  av.  anse  et  bec. 

De  barta,  av.  sulT.  dim.  fém.  iUii,  Cp. 
suff.  maso,  ilhon, 

BARTON  BERTON  BERTOU  s.  m. — 
Sorte  de  petit  pot  allant  au  feu.  A  Ampuis 
broiUon  (Coch.).  par  métath.  de  r.  For. 
barton  bartau,  pot  à  eau. 

Lt  groussa  Margolon 

Fcftié  cbaiavari  su  lu  eu  d'un  barton* 

«  La  grosse  Margoton  —  Faisait  chari- 
vari sur  le  cul  d'un  pot.  »  (Gorl.) 

De  barta,  av.  suff.  dim.  on. 

*  BASSACULA  (bassacula).  Pr.  bâta- 
Cilla,  Igd.  batakioula  (Sauvages).  — 
Employé  seulem.  dans  cette  express  : 
Donnô  labassacuhx,  faire  taper  quelqu'un 
du  derrière  contre  le  sol.  For.  baqmola, 
faire  la  baquiole.  Fr.  selle  ou  casse-cul  ; 
donner  un  casse-cul  (\ap.  Landais,  Littré, 
Bescher^lle).  «  Occasion  qu'on  leur  ap- 
print,  à  leurs  despens.  le  jeu  de  la  selle 
(Eutrapel).  »  Je  ne  sais  sur  quoi  Coch. 
s'appuie  pour  dire  que,  il  y  a  deux  siècles, 
on  prononçait  en  In.,  comme  en  Igd., 
battacîila,  mais  l'express,  lyonn.  faire 
un  pataciil  pour  tomber  sur  le  derrière, 
se  rattache  en  effet  à  batlaciila.  Cp.  vfr. 
bacille,  pénalité  qui  consistait  à  avoir  le 
derrière  frappé  avec  une  pelle  de  bois  ; 
vin.  donner  du  besson  (v.  besson). 

De  battre  et  de  cul,  d'où  la  forme  mérid. 


battactila,  —  Bassacula  est  le  ré.sultat  de 
la  confus,  qui  .s'est  faite  entre  le  rad.  bat 
et  bas  :  bassacula,  derrière  en  bas. 

BASSIEUX  (bassieu)  s.  m.  expr.^ss.  péj. 
—  A  Lyon,  homme  sans  consistance, 
incapable. 

Du  vfr.  bassier,  enfant,  pupille,  dér.  de 
bas,  «  De  bassierqu*\\  estoit,  il  est  devenu 
gas.  »  (Borel)  La  substitut,  du  suff.  eux 
au  suff.  ier  est  moderne  et  péj.  (cp.  versail' 
leux,  gommeux,  communeux). 

BASSOLLi  V.  bassoyi  et  bassoyi. 

BASSOYI  (basso-yi)  BASSOLLI  (basso- 
Ihi).  A  Lyon  bassouiHe  s.  f.  —  Boue 
liquide,  boue  du  dégel  o'.c. 

Ne  passô  1  ôs  pc*  t*G  bainhi 
On  tôt  lo  mnndo  va  ft  vini, 
De  Forvcyi  y  va  en  Savtiye  ; 
No  vanlo  pus  trop  sa  hassoye . 

«  Ne  passez  pas  par  ce  chemin  —  Où 
tout  le  monde  va  et  vient.  —  De  Four- 
vières  il  va  en  Savoie  ;  —  Ne  vantez  pas 
trop  sa  boue  liquide.  »  (Coz.) 

D'un  préf.  péj.  bas  (=  bis)  et  de  suilln 
^  fr.  souille,  lieu  bourbeux,  qui  donne 
solhi  en  pat.  (34,  rem.  4,  et  54  3o). 
Passage  de  olhï  à  oyl  (164  2",  c). 

BASSOYI  (bassoyi  BASSOLLI  (bas- 
solhl)  V.  n.,  à  Lyon  bassouiller.  Gaffer 
dans  la  boue  liquide. 

De  bassoyi,  av.  suff.  î  (15  4').  Le  In.  a 
retenu  cette  fin.  olhi  dans  tous  les  mots 
destinés  à  exprimer  le  rejaillissem.  de 
l'eau.  Cp.  gabolhl,  sansolh't,  patrolhi, 
gassolht,  qui  expriment  tous  le  bruit  de 
l'eau  remuée. 

*  BATA  FI  (batafi)  s.  m.  For.  batafî,  pr. 
batafuet,  dph.  batafîou,  mars,  matafioun, 
Igd.  matafièu,  vpr.  maiafion(ap.  Mistral), 
terme  de  batellerie.  —  Bout  de  corde 
mince  qui  sert  à  relier  deux  cables. 
Bouta  fil,  terme  de  maçonnerie,  môme  sens. 

Le  terme  de  batellerie  et  le  terme  de 
maçonnerie  ont  des  composit.  analogues. 
Boula/il  est  composé  de  boiter  et  de  fil. 
Matafîèu  est  composé  du  pr.  mata,  assu- 
jettir, dompter  et  de  fièu,  fil.  Matafîèu 
donne  balafi  en  In.  par  ch.  de  m  en  b 
(104,  rem.  2),  peut-être  sous  infl.  de 
boutafiL  Filum  =  fi  (121  8»). 

*  BATET  (bâté)  s.  m.  —  Petit  sachet  de 
paille  que  portent  les  manœuvres  et  sur 
lequel  le  fardeau  est  placé.  Lgd.  sacol 
{ap,  Coch.). 


Digitized  by 


Google 


BATI 


41 


De  bât  av.  suff.  dim,  et,  comme  le  Igd. 
sacol  est  le  dim.  de  sac, 

*  BATILLON  (batilhon)  s.  m.  —  Battoir 
de  l)ois  dont  les  huyandires  se  servent 
pour  battre  le  linge. 

Si  ella  n«  te  piQne  a  coù  de  batillon 

Ne  le  manquera  pat  mon  manchou  d'alebarde. 

«  Si  elle  ne  te  peigne  k  coup  de  battoir 
—  Mon  manche  de  hallebarde  ne  te 
manquera  pas.  »  (Bern.) 

Do  battre,  av.  sufif.  ilhon,  exprimant 
la  fréquence  et  le  bruit. 

BATILLONO  (batilhon6)  v.  a.  —  Battre 
le  linge. 

De  batillon,  av.  suff.  6  (14  8o). 

'  BATTRE  L'ANTIFFA  (antifa)  CODRE 
L'ANTIFFA  loc.  —  Vagabonder.  S'emploie 
souvent  à  propos  des  enfants.  Tôt  lo  jor 
a  cort  Vantiffa,  tout  le  jour  il  fait  Técole 
buissonnière.  As-te  d'abô  fini  de  codre 
l'anti/fa  f  a.s-tu  bientôt  fini  de  faire  le 
polisson  dans  les  rues  ?  Lgd.  battre 
Vantiffa,  Vantiffla,  courir  la  prétentaine. 
Vfr.  batteur  d*estrade  et  d'antife;  argot 
des  voleurs,  battre  Vantiffe,  au  propre, 
marcher,  et  au  fig.  dissimuler. 

Antif,  antive  était  une  épithète,  dit 
M.  F.  Michel,  que  Ton  dDunait  fréquemm. 
aux  sentiers,  voies  etc.  Il  ne  lui  attribue 
pas  de  sens  particulier,  mais  en  réalité, 
antif  est  pour  altif,  haut,  escarpé. 
M.  F.  Michel  suppose  que  l'argot  a  procédé 
en  subslit.  l'attribut  au  sujet,  et  a  dit 
battre  Vantlffe  pour  dire  battre  l'estrade. 
C'est  en  effet  la  seule  explicat.  plausible. 

*  BATTURI  (baturi)  s.  f.  A  Lyon  bat- 
toire.  —  Baratte. 

Du  rad.  de  bAtuere  av.  suff.  répond. 
à  or  ta  (37). 

*  BAUCHES  s.  f.  —  1.  Fanes  de  légumes, 
en  général  ;  2.  Plante  marécageuse,  dite  le 
grand  souchet.  —  For.  bauche,  iris  des 
étangs,  pr.  baucas,  touffe  de  graminées  ; 
baucado,  jonchée  d'herbes  ;  fr.  baugue, 
mélange  de  plantes  marines  rejetëes  par 
la  Méditerranée. 

De  btilcha,  roseau,  jonc  etc.  (xv«  s.). 
Voc.  de  /  (170  2»,  a),  Balcha  doit  être  une 
transform.,  par  mélath.  de  l,  de  blacha^ 
même  sens  (v.  blaches), 

BAUCHl  (bôchi),  à  Lyon  baucher  y.  a. 
Ss.^rom.  baudschi.  —  Débuter,  chasser 
une  boule  par  une  autre.  Ss-rom.  bauds- 
che,  boule  à  jouer. 


De  baiiche,  boule  (qui  devait  exister  en 
In.  comme  en  ss.-rom.),  av.  suff.  i  (15 
2»).  Bauche  vient  probablem.  du  germ.  — 
Ail.  balken,  holl.,  suéd.,  angl.  balk,  dan. 
biaelka,  nor.  bjalki,  poutre  ;  d'où  vfr. 
baie,  bauch,  poutre,  bardeau  pour  couvrir 
les  toitures.  Le  sens  s'est  étendu  à  boule 
fabriquée  av.  du  bois,  comme  il  s'était 
étendu  à  bardeau. 

•  BAVER  ES  DE  CONFORT.  «  C'étaient 
les  fainéants  qui  s'assemblaient  autrefois 
sur  la  place  de  Confort.  »(Goch.)  «...  Chauf- 
fer la  cire  aux  bavards  de  Confort.  »  (Rab. 
éd.  1553). 

Le  suff.  ère  est  probablem.  pour  le  suff. 
er,  usité  jusqu'au  xiv»  s.  pour  ariits  non 
précédé  d'yotte.  Le  pat.  mod.  dit  bavôrd, 
sous  infl.  d'oïl. 

BAVOUÉRI  (bavouèri)  s.  f.  —  Bavarde. 

De  bace,  av.  un  suff.  qui  répond  à  oire 
et  devrait  être  nri  (37),  mais  cela  aurait 
donné  bqvuri,  qui  se  serait  confondu  av. 
fr.  bavure.  Bavotiéri esibavoire  prononcé 
à  la  patoise.  Littér.  une  machine  à  bave. 

BAYARD  (ba-yar)  s.  m.  For.  bayard, 

—  Dans  qq.  villages  voisins  du  For., 
fruit  de  l'églantier.  Le  nom  le  plus  ordi- 
naire est  camber. 

Peut-être  de  bacca  =  baie,  plus  suff. 
germ.  ard,  Cp.  béarn.  abajou,  baie  de 
l'airelle  rouge.  —  On  trouve  au  m.  A. 
bedegar^  églantier,  aujourd'hui  galle  de 
l'églantier  ;  it.  bedeguar,  même  sens,  qui 
viennent  de  l'arabe  badaward  (Devic),  et 
aurait  pu  donner  beyar  ;  mais  cette  orig. 
est  beaucoup  moins  probable. 

BAYARD,  (ba-yar)  ARDE,  adj.  For. 
bayard.  —  De  couleur  brune  tirant  sur  le 
rouge.  Ne  se  dit  que  delà  robe  des  animaux. 

Du  vpr.  baiart,  même  sens.  dér.  de 
6arfmmav.  un  suff.  germ.  art. 

BAYARDE  s.  f.  —  Nom  propre  donné 
aux  vaches  dont  la  robe  est  de  cette 
couleur  (v.  bayard,  arde), 

BAYET.  ETTA  (ba-yè,  etta)  s.  m.  et  s.  f. 

—  Nom  propre  donné  aux  bœufs  et  aux 
vaches  tachetés  de  larges  plaques  baies 
ou  de  couleur  froment.  La  distinct,  entre 
la  Bnyette  et  la  Bardelle  tient  uniquem. 
à  ce  que  les  taches  sont  communém.  plus 
larges  chez  la  1"  que  chez  la  2*. 

De  bai,  av.  suff.  dim.  ety  et  dér.  de 
sens.  En  for.  bayet  a  gardé  la  signifie,  de 
rouge-brun. 


Digitized  by 


Google 


42 


BAYO 


BAYOU  LO  (ba-youl6)  v.  a.  Pr.  haioula 
6^/m /a.— Balancer  un  enfant  en  le  portant, 
le  caresser,  le  dorloter. 

De  hajulB,re,  mais  de  format,  pr.  ;  le  In. 
aurait  donné  bailli.  . 

BAZANA  (bazana)  s.  f.—  Grand  tablier 
de  peau  que  les  paysans  revêtent  au 
travail  pour  protéger  leurs  vêtements. 
De  hazB,na,  cuir  corroyé. 
*  BAZANO(bazanô)adj.de8  2g.  —  Ridé. 
Al  est  ressemilli  comnCin  piu  bazanô, 
il  est  ridé  comme  un  pou  dont  la  peau 
s'est  crispée. 

De  baza,na,  parce  que  la  basane  est 
souvent  crispée.  Fin.  (5  (14  3"). 

BAZATTO(bazatô)enFr.-ln.,  ABAZAN- 
NO  (abazanô)  à  Crap.  v.  n.  —  Etre  essouf- 
flé, manquer  d'haleine.  Piém.  basativ,  qui 
transperce,  qui  coupe  la  respiration,  en 
parlant  du  vent. 

l^lym.  inconn.  —  Peut-ôtre  de  Tesp. 
bSLZOy  rate,  parce  que  courir  fait  gonfler 
la  rate.  Diez  cite  aussi  le  mot  comme  it., 
mais  jo  ne  le  connais  pas  dans  cette 
langue.  A  bazo  se  serait  ajouté  le  sutT. 
fréq.  (itlo  =  olter  fr.  Le  bazattô  serait 
l'es  soufflé  de  la  rate,  à  l'inverse  du  dératé. 
Le  piém.  bnsativ  serait  ce  qui  fait  gonfler 
la  rate.  Dans  la  forme  abazannô  on  a 
préposé  le  préf.  a,  mais  je  n'explique  pas 
le  suflF.  an7i'), 
BÉAL  s.  m.  —  Bief  d'un  moulin. 
B.  lat.  besLle,  vfr.  bealaige,  lit  de  rivière. 
Beale  a  été  lui-même  composé  avec  le  b. 
lat.  bcdum^  bief,  écluse  d'un  moulin  ; 
ags.,  néerl.,  angl.  bed  ;  ail.  belt  lit;  du 
vha.  betti,  lit,  considéré  dans  bedum  au 
sens  de  lit  de  rivière.  A  bed(u)m  on  a 
ajouté  le  sufl*.  alis,  aie  (cp.  sodalis, 
canalis),  d'où  beale  par  chute  de  d  méd. 
(139). 

BECHE  vin.  s.  m.  —  Brochet.  Inv.  de 
la  C.  1380-88.  «  Item,  à  Michel  Borno, 
pescheur,  pour  11  carpes  et  11  bêches,  que 
maistrc  Jean  de  Bourdes  donna  à  Mons. 
le  chancelier...  »  — 1403.  «  A  JeanCarteron, 
poissonnier  de  Màcon,  vint  et  deux  livres 
et  dix  soûls  tourn.  pour  neuf  bêches  et 
une  carpe  achetez  et  pris  de  lui.  »  Le 
31  janv.  suiv.,  don  au  duc  d'Orléans  de 
«  22  carpes,  6  anguilles  et  15  bêches  ». 

Du  vha.  bêche,  brochet,  d'où  vfr  bequin 
beqxtet  bechet,  et  wal.  bechet,  môme  sens. 


•  BÈCHI  (bèchi),  à  Lyon  BÊCHE  s.  f.  — 
1.  Bateau  garni  de  cerceaux  recouverts  de 
toile.  2.  à  Lyon  bain  de  natation,  parce 
que  les  premières  écoles  de  natat.  étaient 
à  bord  de  bêches. 

Du  celt.  —  Arm.  bac  bag^  gaël.  bcu:,  b. 
lat.  bacca,  bateau.  Ch.  de  ac  en  ai  (11). 
exprimé  par  é,  è  dans  la  graphie  ;  de  ce 
en  ch  (154),  de  a  en  i  (54  2»).  Dans  le 
vin.  besche,  s  est  une  insert,  analogique 
av.  mcàche  etc. 

BÈCHI  (bèchl)  v.  n.  —  Se  ronger  (au 

fig.). 

Cou  ccltfbro  Tartôro 

Que  force  noutron  maître  à  6ecAi  deint  ion  coro. 

«  Ce  célèbre  Tartare  —  Qui  force  notre 
maître  à  se  ronger  dans  son  cœur.  »  (Mén,) 

De  beccum,  par  un  type  *bescare.  Ch. 
de  se  en  ch  (166  1»)  ;  de  are  en  ♦  (15  2). 

•  BECLIEN  (bè-cli-in)  s.  m.  —  Rate  de 
mouton. 

De  visculSLnum  (qui  appartient  aux 
viscères)  par  le  vpr.  bescles,  fressure.  Le 
b  pour  V  est  une  pronciat.  gasc.  Ch.  de 
sel  en  cli  (179  2)  ;  de  aiius  en  am  écrit 
en  (cp.  decanus  =  doyen,  civHadanus 
=  citoyen). 

•  BEDEAU  (bedô)  ap,  Cocli.  BEDOT 
s.  m.  —  Surnom  péj.  donné  par  les 
habitants  de  la  rive  gauche  du  Rhône 
aux  gens  du  Vivarais. 

Durant  le  m.  A.  les  bedauds  ^ieAexïi  des 
soldats  irréguliers,  tels  que  les  Grandes 
Compagnies,  hordes  de  pillards,  au  service 
de  qui  les  payait.  Du  G.  y  voit  l'étym. 
bidarduSy  bidaldus,  soldat  qui  portait 
deux  épieux.  Mais  le  dard  usité  au  xiv*  s., 
époque  à  laquelle  se  rapporte  le  texte, 
était  un  épieu  unique,  dont  on  se  servait 
comme  aujourd'hui  de  la  bayonnette.  Il 
n'est  pas  difficile  de  suivre  les  dérivât, 
de  sens  de  l'étym.  vha.  petil,  emissarius, 
qui  a  donné  bidellus,  bedel,  bedeau, 
aujourd'hui  le  pacifique  bedeau  des  églises. 
Vemissarius  était  devenu  le  sergent 
subalterne,  le  recors,  chargé  de  la  police 
municipale,  et  de  là,  le  mot  a  pris,  dans 
la  langu3  du  peuple,  le  sens  injurieux 
en  général  qu*on  lui  voit  au  m.  â.,  et  qui 
s'est  étendu  peu  à  peu  aux  bandes  dévas- 
tatrices. Le  terme  bedeau  est  donc  fort 
injurieux.  Les  gens  de  la  rive  droite  s'en 
vengent  en  appelant  les  gens  de  la  rive 
gauche  Bardoux. 


Digitized  by 


Google 


BEDO 


43 


BEDOFLA  (bedofla)  s.  f.  —  Ampoule. 

D'au  rad.  bod  et  du  suff.  ofta^  qui  a  dû 
être  infle,  d'enflé,  passé  à  ofta  peut-être 
sous  infl.  de  cofto  (v.  houtiflo). 

BEDOT  V.  bedeau, 

BEGAUD.  AUDA  (beg6,  6da)  s.  — 
Nigaud,  aude. 

A^fr.  begaud,  que  Diez  raltache  à  bègue. 

BÉJAT  (béjà)  employé  seulem.  à  Lyon 
et  dans  cette  express:  Tomber  dans  le 
béjat^  pour  tomber  dans  i'imbécilité.  — 
Vfr.  begautt  norm.  begas,  sot,  bavard  ; 
esp.  babieca,  it.  baggeo,  piém.  bagian, 
nigaud,  sot  ;  fr.  bègue. 

D'un  rad.  bag,  qui  parait  être  une 
onomat.  exprimant  le  balbutiement,  av. 
un  suff.  dim.  al, 

BELETTA  (belèta)  s.  f.  —  Dans  certains 
villages  (Grap.  par  ex.)  Écureuil.  Exemple 
curieux,  mais  non  rare,  d'une  dér.  de 
sens,  qui  consiste  à  appliquer  le  nom  d'un 
animal  à  un  autre  fort  différent.  En  For., 
du  côté  du  Vel.,  beletto  signifie  fourmi. 
En  Gév.,  l'écureuil  est  considéré  comme 
une  espèce  de  cbat  :  tsatsirau,  chat- 
écureuil. 

BELETTO  (beletô),  à  Lyon  beletter  v.  a. 

—  Convoiter  ardemment,  couver  des  yeux. 
Belettô  ina  bôlli,  désirer  passionném. 
une  fille. 

De  beletta,  Belettô,  être  convoiteux 
comme  une  belette. 

*  BELIAU  (beliô)  adv.  Dph.  beliau,  pr. 
beleu,  vpr.  be  leu,  ben  leu,  bas  dph.  beliô. 

—  Peut  être. 

Te  De  sçt  htliau  prou,  car  deit  ie  me  Iroblo. 

«  Tu  ne  sais  peut-être  [pas]  assez,  car 
déjà  je  me  trouble.  »  (Naiss,  du  D,) 

Beliau,  ainsi  que  le  prouve  le  vpr.  ben 
leu,  est  un  composé  de  bene  et  de  /et?{>. 
Je  n'explique  pas  la  chute  de  n,  mais  elle 
est  incontestable  (cp.  betout  =  bene  + 
tostum),  Liau  n'est  que  le  vpr.  lieu, 
employé  concurremment  avec  lèu,  et  où  e 
bref  est  devenu  ie  (cp.  brevem  =  brièu). 
Le  In.  n'admettant  pas  le  son  pr.  eu  (=ze-ou), 
celui-ci  s'est  élargi  en  au,  La  dér.  de  sens 
de  bene  levis  à  peut-être  est  curieuse, 
mais  n'est  pas  contestable. 

I^e  wal.  a  bailèben,  même  sens.  Grandg. 
en  fait  un  comp.  hybride  de  ail.  viel, 
beaucoup  -f  leicht^  facile  +  lat.  bene.  Le 
tout  =  beaucoup^facilement-bien.  Mais 
V  init.  germ.  se  change  en  g  (cp.  vante,  = 


gant),  et  non  en  b,  et  rien  ne  démontre 
que  te  germ.  se  change  en  a*.  Bailèben  = 
lepr.  belèu-ben,  où  bene  est  répété  comme 
dans  noti  e  bintoubin,  composé  de  betout 
(où  ben  est  déjà  exprimé)  plus  bene. 

BELIN  V.  Belot. 

BELINA  (belina)  s.  f.  For.  belot,  roan. 
beleine,  piém.  balina.  —  Pomme  de  pin. 

Diez  rattache  l'esp.  et  port,  belota 
bolota  boleta,  gland,  it.  ballotta,  châtaigne 
bouillie,  à  balanum.  C'est  une  erreur,  au 
moins  pour  l'esp.  et  le  port.,  qui  viennent 
de  l'arabe  bellôia,  gland.  L'esp.  bellota, 
bouton  de  l'œillet,  bellote,  sorte  de  gros 
clou  à  tête  ronde,  ont  sans  doute  la  même 
orig.  A  la  famille  de  beline  se  rattachent 
prôbablem.  le  Igd.  belau  berau,  le  rgt. 
beral,  sortes  de  prune,  le  viv.  beline,  le 
lim.  belièiro,  sortes  de  châtaigne.  Ceux- 
ci  peuvent  venir  de  btilanum,  mais  il  y  a 
de  nombreuses  difficultés  :  1*  le  dépla- 
cement de  l'ace.  ;  ^  ce  déplacem.  admis, 
le  passage  de  a  prot.  à  e  dans  toutes  les 
formes,  excepté  le  piém.  ;  S*  balAnum 
aurait  dû  donner  en  In.  et  en  pr.  balan.  Il 
faut  donc  encore  admettre  ici  une  substitut, 
du  suff.  —  Peut-être  balanos  existait-il  en 
celt.  sous  une  forme  que  nous  n'avons 
pas. 

BELOT  (belô)  s.  m.  A  Lyon  belin.  — 
Agneau.  Au  fig.  express,  de.  tendresse, 
employée  surtout  en  parlant  à  un  enfant. 

Du  néerl.  bell,  angl.  bell,  cloche,  à 
cause  de  la  cloche  que  porte  le  bélier.  D^où 
fr.  belière.  La  forme  de  liyon  belin  est 
employée  au  m.  â.  avec  la  signification  de 
mouton  et  même  de  bélier.  En  norm.  blin 
signifie  encore  bélier.  Le  suff.  dimin.  in 
(belin)  est  d'oïl. 

BELUE  V.  abuli, 

BENAISIt  *BENEISI,  SIA  (benôzi,  be- 
nézi,  zia)  à  Lyon  benaise  adj.  Berr.,  gév. 
benaise  ;  gasc.  benaysat,  rgt.  abenat,  — 
Satisfait,  bien  aise,  en  parlant  de  la 
réfection.  Loc.  à  son  benaisi^  à  sa  satis- 
faction. S'emploie  sans  la  prep  :  Ala  migi 
son  benaisi,  il  a  mangé  de  façon  à  se 
rassasier  pleinem. 

De  ben  (=  bien)  et  aisi  (=  aise). 

BENAISI  (SE),  BENEISI  (benèzî,  benézî) 
For.  benaisa.  —  Manger  à  sa  pleine 
satisfaction. 

0  pot  te  benaiti,  le  reeOrtet  sont  brùTet. 


Digitized  by 


Google 


44 


BENA 


«  On  peut  se  remplir  le  ventre,  les 
récoltes  sont  belles.  »  (Tôt  va  h,) 

De  benaisi,  adj.  Ainsi  le  vfr.  avait  tiré 
hienheurer  de  bien  heureux. 

*  BENATRU,  UA  (benatm,  ua)  adj. 
For.  atrut  benatru,  vfr.  benastru  benas- 
truif  vpr.  benastrxic,  Igd.  astra  ben-astru 
ben-astruc.  —  Bienheureux,  se.  Se  dit 
des  défunts.  Noutron  benatru  pore,  feu 
notre  père,  qui  est  au  ciel. 

De  bene  (=  bien)  et  aslrutum^  tiré 
(ïastrum.  Bene  astrutum,  né  sous  une 
heureuse  étoile.  Chute  de  s  dans  st  (166 

BENILLON  (benilhoii)s. m.— Nombril. 

D^ambounil  arnbunil  ambounilh  (v. 
ambunï),  av.  aphérèse  de  la  syll.  init. 
et  add.  du  suff.  on. 

BENNA  (bèna)  à  Lyon  benne  s.  f.  For., 
b.  lat.  benna,  —  Vaisseau  de  bois  qui  sert 
eommuaém.  à  porter  le  vin  dans  les 
tonneaux. 

De  benna,  à  l'origine  voiture  d'osier 
obiûDgùe  fermée  de  toutes  parts,  et 
«mployée  par  les  Gaulois. 

BENNE  (f)  vin.  B.f.-^Reg.  cons.  14i9  : 
«  Ils  ont  concluz  qu'ilz  parleront  à  mon- 
seigneur le  bailli  de  la  benne  que  Ton  a 
commencée  au  mylieu  de  Saonne,  à 
l'endroit  de  Rouen  ne  afin  de  la  faire 
dépicier.  » 

*  BEN  NI  (bènî)  s.  m.  A  Lyon  bennier. 
—  Fabricant  de  bennes. 

De  btnna,  av.  suff.  ariiî^  (13),  appli- 
cable aux  professions. 

BENOLLI  (benolhî)  v.  a.  A  Lyon  be- 
nouiller.  —  Mouiller  abondamment, 
inonder. 

Serait-ce  ben  (-=  bien)  et  olht,  onomat. 
indiquantle  rejaillissem.  deTeau?  Benolli, 
bien  mouillé.  Gp.  bassolli.  —  Serait-ce 
bien  ouille  (cp.  ouiller  le  vin)  ? 

BENONI  (benoni)  s.  m.  —A Lyon  Niais, 
simple. 

De  benêt,  av.  substit.  d'un  suff.  dim.  de 
fantaisie.  Le  même  mot  existe  en  norm. 
mais  av.  la  signif.  de  fils  chéri,  tirée  de 
la  Bible. 

'  BENOT  (benô)  s.  m.  i.  For.  benon,  — 
Petite  Be7ina  dont  on  se  sert  pour  la 
cueillette  du  raisin.  Lïm.  begnounbenoun, 
gasc.  banoun,  Igd.  begnou  benou  bignou 
vignou.  Il  est  à  remarquer  que  tous  ces 
mots   signifient  non  seulem.   un  baquet. 


mais  surtout  un  panier  ou  un  récipient 
d'osier,  ces  dial.  ayant  mieux  que  nous 
gardé  le  sens  gaulois  primitif  (v.  benne), 

2.  Petit  vaisseau  de  bois  dont  les  ma- 
nœuvres se  servent  pour  porter  le  mortier 
et  le  sable. 

De  benna  avec  suff.  dim.  ot, 

BÉQUILLON  (béquilhon)  s.  m.—  A  Lyon 
tout  petit  morceau  de  pain. 

De  becquée,  av.  substit.  du  suff.  dim. 
illon  à  ée.  Mais  le  mot  est  mal  formé,  un 
béquillon  serait  un  petit  bec. 

BERCHI,  lA.  v.BarchX, 

BERCHU,  USA.  v.  Barchu. 

BERTA,  V.  Barta. 

BERTON.v.  Barton. 

*  BERTOU  (bèrtou)  s.  m.  —  Petit  pot 
(Goch.) 

Le  même  que  berton,  av.  substit.  du  suff. 
ou  (=z  orem)  à  ow. 

BESOGNES  s.  f.  pi.  For.  besugnes.  — 
Hardes. 

Métaph.  employée  dans  beaucoup  de 
patois.  Besognes,  choses  dont  on  a  besoin. 

*  BESSA  (béssa)  s.  f.  Berr.  besse.  — 
Bêche.  Vfr.  besotte,  petite  bêche;  besson, 
pionnier  qui  remue  la  terre  avec  une 
bêche  ;  bessonnerie,  métier  du  besson. 

De  •  becsa,  qui  donne  baissi  (166  !•,  6), 
devenu  bessi  dans  la  graphie.  A  fin.  au 
lieu  de  i  est  une  anomalie,  moins  encore 
parce  que  a  lat.  est  précédé  de  s  (B4  5») 
que  parce  que  s  est  elle-même  précédée 
d'un  yotte  (cp.  16  3*). 

BESSA L  (bêssal)  vin.  s.  m.  —  Canal, 
endroit  creux. 

Du  rad.  de  baisser,  av.  suff.  aZ,  répon- 
dant à  lat.  aie. 

N.  de  lieu  :  la  rue  du  Bessard,  par  ch. 
de  l  fin.  en  r  (121  1*)  et  addit.  d'un  d 
faussem.  étymolog.,  par  confus,  av.  le 
suff.  germ.  ard. 

BESSI  Ri  (bèssiri)  s.  f.  B.  lim.  bessadis, 
for.  bessaëre.  —  Terrain  bêché. 

De  bessa  avec  suff.  aria  (18). 

*  BESSO  (bè8s6)  v.  a.  B.  lim.  et  for. 
bessa  bessâ.  —  Bêcher. 

De  bessa,  av.  suff.  d,  qui  devrait  être 
régulièrem.  î  (15  8«,  rem.  2). 

BESSON  s.  f.  On  lit  dans  Lyon  en  vers 
burlesques  (xvii«  s): 

llefileur*  e  yet  un  MTati 
Que  vnu  èlre  Gagnedeni; 
UJuurd'hui  y  tera  reccu, 
Ayant  du  betson  tu  lo  eu. 


Digitized  by 


Google 


BEST 


45 


«  Messieurs,  c'est  un  savelier  —  Qui 
veut  être  gagne-denier;  —  Aujourd'hui  il 
sera  reçu,  —  Ayant  du  besson  sur  le  cul.  » 

Je  traduis  besson  par  pelle,  de  bessa, 
bêche,  avec  sufif.  dim.  on,  Gp.  vfr.  besson- 
nerie,  métier  de  travailler  la  terre.  Au 
XIV»  s.  on  trouve  en  In.  bison.  «  Item  deit 
li  chargi  de  les  pales  ou  del  bisons,.,  » 
item  doit  la  charge  de  pelles  ou  de  petites 
pelles...  (Tar.  de  Varchev.)  Bison  doit 
être  une  faute  du  copiste. 

BESTIASSI  (bèstiassi)  s.  f.  —  Grande 
bêle,  au  fig. 

De  bestia  avec  suff.  péjor.  assi  =  fr. 
asse,  ital.  accia,  lat.  acea, 

BÉTATOURET  (bétatourè)  s.  m.  — 
Foret  pour  percer  les  tonneaux. 

Du  vin.  bêla  (?),  mettre,  et  touret  (?), 
qui  doit  avoir  ici  le  sens  de  cheville, 
comme  en  batellerie.  Littér.  un  pose- 
cheville. 

BETO  (batô)  *BETTRE  (bètre)  v.  a. 
Dph.  beta  bettre.  For.  betta,  br.  bettve.  — 
Mettre.  Goch.,  sur  je  ne  sais  quel  fondem. 
ajoute  qu'autrefois  on  disait  abattre.  Ces 
deux  verbes  se  sont  confondus.  Le  primi- 
tif parait  être  betô,  identique  à  boxitô.  Le 
passage  de  ou  à  &  aurait  eu  lieu  sous 
rinfl.  de  bettre,  qui  paraît  être  mittere, 
av.  ch.  de  m  init.  en  b  sous  l'infl.  réci- 
proque de  betô.  Dans  la  conjug.  ce  sont 
les  formes  de  belô  qui  dominent  :  Je  fteto, 
impér.  betB.,  partie,  betb  et  non  je  bets, 
bets,  bettu.  Le  fut.  et  le  condit.  ont  leurs 
formes  propres  :  Je  betarai  et  je  bettrai, 
je  betarins  et  je  beltrins.  Encore  remar- 
quera-t-on  que  les  2"  formes  ne  sont  que 
des  contract.  des  !"•.  Au  fond  il  n'y  a 
qu'un  verbe  av.  2  inf.  dilTérents. 

Muta,  bela  d'uu  16  quou  déitil  inutnilu. 

«  Muse,  mets  de  côté  ce  détail  inutile.  » 
(Brey.) 

U  devon  u  pluto  vous  betla  tous  à  l'ayie. 

«  Ils  doivent  au  plus  tôt  vous  mettre 
tous  à  Taise.  »  (Naiss.  du  D.) 

Per  trouTt  un  eiidret  à  se  belln  h  U  snula. 

«  Pour  trouver  un  endroit  où  se  mettre 
à  l'abri.  »  (toc.  cit.) 

Quan,  lia  Tay,  z'aré  lu  beto. 

«  Quand,  une  fois,  j'aurai  tout  mis.  » 
(Ch.  bress.) 

CeV  êuUn 
Que  Tcnic  bettre  au  ddivraoce 
Le  bone  zau. 


«  Cet  enfant  —  Qui  vient  mettre  en 
délivrance  —  Les  bonnes  gens.  »  (N,  bress.) 

BETONNA  (betèna)  s.  f.  —  Express, 
péj  :  Grosse  bête. 

De  bête,  av.  suflf.  ona,  qui  par  except., 
a  ici  le  caractère  augm.  comme  en  it. 

BETOUBIN  (betoubin)  BINTOUBIN 
adv.  —  Peut-être  bien. 

Léssau  lo  fére,  bintoubin 

Zu  varraii  quauque  cliuse  de  braufe. 

«  Laisse-le  faire,  peut-être  bien,  —  Nous 
verrons  quelque  chose  de  joli.  »  (Goch.) 

De  betout  et  bin.  Betoubin  =  bene- 
tostum-bene. 

BETOUT  (betou)  vin.  BENTOU  adv.  — 
Peut-être. 
£l  y  el,  ma  fey,  ben  vrai,  beiUou  niay  la  promiri. 

«  G'est,  ma  foi,  bien  vrai,  —  Peut-être 
moi  la  première.  »  (Bern.) 

De  bene  et  toslum  (ou  tôt  cito,  suivant 
que  Ton  adoptera  Tune  ou  l'autre  étym.) 
pour  le  fr.  tôt,  Gh.  de  o  en  ou  (41).  Sur 
la  dér.  du  sens  de  bientôt  en  peut-être  v. 
beliau. 

BETTRE,  V.  Betô, 

BEURLO,  y.Borlô. 

BEURNEAU  v.  borniau, 

BEZOTTO  (bezottô)  à  Lyon  besotter.  v. 
n.  Pr.  bezotta.  —  Bléser  en  bégayant. 

Onomat.  tirée  du  sifilem.  de  celui  qui 
bezotte  :  bz^  av.  suff.  fréq.  répondant  au 
fr.  otter, 

BEZOTTU.  USA  (bezottu,  uza)  adj.  A 
Lyon  bezotteur,  euse.  —  Gelui  ou  celle 
qui  bezotte. 

De  bezottô,  av.  suff.  u  =  osus  (85). 

Bl,  BIS  (bi.  bis)  s.  m.  Bigole-mère  qui 
arrose  un  pré.  Les  petites  rigoles  rami- 
fiantes se  nomment  abialons.  On  donne 
aussi  le  nom  de  bi  au  bief  d'un  moulin  ; 
c'est  dans  ce  dernier  sens  que  l'emploie 
le  genev,  et  le  wal.  Bas  dph.  6/«,  ruisseau. 

De  be{dum)  (v.  béai).  Gh.  de  e  ouvert 
en  i  (25).  La  tcrm.  s  de  la  forme  bis  est- 
qWq  due  au  vfr.  biefs  (au  cas-sujet  sing.)  ? 

BtALi  (biali)  s.  f.  —  Rigole  pour  l'im- 
gat.  des  prés. 

De  même  que  beB,le  a  donné  bjal,  bea.lia 
a  donné  biali.  Pour  ea  =  ta,  cp.  lanea 
=  lania,  cavea  =  cavia,  Gh.  de  ta  en  t 
(54  1"). 

*  BIALURI  (bialûri)  s.  f.  —  Rigole  pour 
rirrigat.  des  prés. 


Digitized  by 


Google 


46 


BIAN 


De  *benlatorxa.  Sur  ea  =  ia  (v.  biali). 
Afoi'iaâeyenvL  a'oria  (135),  puis  orta, 
=  w'i  (37). 

Dans  le  b.  dph.  les  bialures  s'appellent 
des  béalières,  ce  qui  répond  à  une  forme 
bealB,ria. 

BIAN  s.  m.  For.  bie,  —  A  Yzeron, 
Duerne,  Grap.  Bouleau. 

Du  celt.  (v.  biessi),  par  la  forme  for. 
bie  ;  d*où  bianum  =  bian^  par  Taddit.  du 
sufT.  anus  =  an  (8).  Bian  a  dd  signifier 
primitivem.  qui  appartient  au  bouleau. 

BIASSI  (biassi)  s. f. Gasc.  biassobeasso, 
dph.  biasse.  —  Besace. 

Mail  qutnd  loussel  U  ttrrit  din  te  biatte, 

«  Mais  quand  Joseph  les  serra  dans  ses 
besaces.  »{N.  dph.).  G'est  par  erreur  que 
M.  Lapaume  a  traduit  &/aj^e^  par  blouses. 

Do  •6i*acc/a,  par  chute  de  s  med.  (143, 
rem.  3).  Gh.  de  ia  en  t  (54  1*). 

BICHE  s.  f.  —  1.  Mesure  de  capacité 
contenant  environ  80  kil.  de  blé.  2.  Grand 
pot. 

De  bicca.  Gh.  de  ce  en  ch  (154).  A  =  e 
est  d'oïl.  V.  bicheL 

BICHERÉE  s.  f.  M.  lat.  bicheria.  — 
Étendue  de  terrain  pour  semer,  et  non 
pour  recueillir,  comme  on  l'a  cru  qq.  fois, 
un  bichet  de  blé.  A  Lyon,  1293  m.  carrés, 
ou  340  toises.  A  Ambronay,  au  m.  â., 
bichona  ;  beauj.  bichonata. 

De  bichet  av.  suflf.  d'oïl  ée,  relié  au 
thème  par  r. 

BICHET  (biche)  s.  m.  M.  lat.  bicatum. 

—  Mesure  de  grain,   variable  selon  les 
lieux  et  les  époques. 

De  biche,  av.  suif.  dim.  et. 

BICHI  (bichi)  V.  n.  à  Lyon  bicher.  — 
1.   Mordre  à  l'hameçon.  2.  Se  disputer. 
Littér.  se  donner  des  coups  de  bec. 
Y  De  cnerchont  qu'à  te  bichi, 
Per  deraol  et  per  derri. 

«  Ils  ne  cherchent  qu'à  se  picoter,  — 
Par  devant  et  par  derrière.  »  (Xoèl  1723). 

De  IbecctLve,  de  beccum*  Le  passage  de 
é  à  t  a  sans  doute  eu  lieu  sous  l'iufl.  de 
la  gutt.,  mais  c'est  une  anomalie.  SufT.  \ 
(15  2-). 

BICHI  A  (bichia),  à  Lyon    bichee  s.  f. 

—  Becquée. 

De  bichi,  av.  suff.  a  (=  fr.  ée), 
BICHICOT  (bichicô)  s.  m.  —  Très  peu 
de  chose.  Vous  te  de  truffes  f  —  N*in 


prindré  in  bichicot;  «  veux-tu  des  pommes 
de  terre?— J'en  prendrai  un  tant  soit  peu.  » 
De  bichée^  becquée,  av.  suff.  dim., 
probablem.  sous  l'infl.  de  chiquet,  chicot, 
tout  petit  morceau. 

*  BICHON  (bichon)  s.  m.  For.  bichon. 
pr.  bichou7U  —  Petit  pot. 

De  biche,  av.  suff.  dim.  on. 

BICLIO,  I A (biclio, blclia;  adj. — Louche. 

Du  vfr.  bide  (bis  oculus).  Insert,  de 
yotte  (164  2«.  a)  ;  fin.  o  k56). 

BICO  (bic6)  V. a.  —Baiser. 

De  *becctkre,  de  beccum,  La  persist.  de 
k  indique  une  orig  pr.  La  vraie  forme  In. 
est  bichi.  Gh.  de  are  en  ô  (14  4«).  J'ai 
déjà  dit,  à  bicht,  que  è  =  t  est  anormal. 
Get  t  existe  dans  plusieurs  dér  :  pr.  rgt. 
bicot,  croc  à  tirer  du  foin  ;  bico,  sarcloir, 
mais  beffo,  fourche,  qui  est  rég. 

*  BICOIRI  (bicoiri)  s.  f.  «  Lorsqu'on 
épluche  les  noix  dans  nos  campagnes,  le 
garçon  qui  en  trouve  une  encore  entière 
la  présente  à  la  fille  qui  lui  est  voisine,  et 
embrasse  celle-ci.  Cette  noix  est  appelée 
bicoiri.  »  (Goch.). 

De  bicô,  av.  suff.  d'oïl  oire,  transformé 
en  oiri  (cp.  bardoiri). 

BICOTO  (bicôtô)  V.  a.  —  Embrasser 
fréquemment.  Y  se  bicotôvont,  ils  s'em- 
brassaient de  façon  répétée. 

De  bicô  av.  suff.  fréq  et  dim.  otô  (cp. 
baisotter,  vivotter,  tremblotter). 

BIDER  V.  a.  —  A  Lyon  Mesurer  la 
dislance  du  but,  à  une  boule. 

Étym.  inconn.  —  Peut-on  le  rattacher 
au  germ.  ?  —  Goth.  beidan,  vha.  pUaii, 
mha  bilen,  ail.  beiten,  ags.  bidan,  angl. 
to  abide,  attendre,  demeurer,  vérifier.  — 
Le  mot,  à  ma  connaissance,  n'existe  dans 
aucune  langue  romane. 

BIDOUILLA  (bidoulha)  s. f.  — S'emploie 
dans  cotte  express,  ina  bona  bidouilla, 
une  bonne  écuellée. 

Gomme  bidonlhi,  écuelle,  n'existe  pas, 
faut-il  supposer  que  bidouilla  a  été  formé 
sujr  vider,  av.  la  prononciat.  gasc.  du  v 
qu'on  trouve  chez  nous  à  l'état  sporadiqueî 
Ina  bona  bidouilla  serait  une  bonne 
vidée  de  la  marmite  (cp.  une  bonne  ro/^e). 
Entre  le  thème  et  le  suff.  a  (=  ata),  s'est 
insérée  la  syll.  ouil,  particulière  aux  mots 
indiquant  le  mouvem.de  l'eau  (v.  hassoyi). 


Digitized  by 


Google 


BIES 


47 


*  BIESSI  biéssi)  s.  m.  For.  bie  h  Lyon 
biez  biè.  —  Bouleau. 

D'un  rad.  celt.  bez.  —  Kym.  bedwen 
bedvo  bedicin  ;  gaël.  et  irl.  beith  beih  , 
arm.  bezuen  bezvoen  bezo.  Th.  celt.  doux 
devient  z. 

Les  formes  In.  et  for.  vieifnent  directem. 
du  celt.  sans  passer  par  le  latin  betuUa^ 
qui  aurait  donné  beoiiL 

BIEZ  (biè)  s.  m.  —  A  Lyon  et  dans  la 
banlieue.  Bouleau.  «  Un  petit  bocquet  de 
boulaye  que  Ton  appelle  au  pays  (Lyon* 
nois)  biéz  (1447,  ap,  du  G).  V.  biessi* 

BIFFA  (blfifa)s.  f.  —  Veine  temporale. 

De  vfr.  biffe^  étoffe  rayée,  puis  raie. 
Biffa  vient-il  de  bifacem,  parce  que 
rétoflfe  aurait  été  sans  envers  ?  On  trouve 
en  effet  une  étoffe  appelée  biface,  mot 
qui  est  de  format,  savante. 

BIGA  (blga)  s.  tVv.biga,  esp.  biga  tiya^ 
b.  lat.  bigus.  —  Mât.  La  signiûcat.  primi- 
tive de  biga,  qui  était  celle  d'un  appareil 
composé  de  2  mâts  pour  lever  les  fardeaux, 
des  navires,  ramène  à  biga  (prol  ablem. 
contract.  de  bis-jugae  ;  cp.  quadrign),  au 
sens  générique  de  2  objets  assujettis 
ensemble.  Puis  le  sens  8*est  étendu  à 
celui  d*un  mât  unique  employé  à  la  même 
destinât.  ;  puis  enfin  à  celui  d'un  mât  en 
général.  La  persist.  de  g  indique  une 
orig.  pr.  (132,  rem.  Z). 

BIGANCHI  (Mganchi)  s.  m.  —  Boiteux. 

D'un  rad.  big  (v.  bigot  adj.)  et  deanchi, 
anche.  Biganchi,  tordu  de  la  hanche. 

BIGANCHI  (biganchi)  v.  n.  —Boiter. 
Fesié  ci  ri  le  boites  de  Moucha  nd 
A  cou  certain  que  bigiiiche  en  marchant. 

«  Faisait  cirer  les  bottes  de  Monchand 
—  A  ce  certain  [homme]  qui  boite  en 
marchant.  »  (Per,) 

De  bigtknchi,  av.  suff.  î  (15  2»). 

BIGO  (bigô),  ap,  Coch.  BIGOZ  s.  m. 
1.  Pioche  à  deux  dents.  Rgt.  bico,  sarcloir; 
lim.  bego,  fourche;  rgt.  6/cor,  croc  à  tirer 
du  foin. 

2.  Bâton  recourbé  pour  cueillir  les 
cerises. 

De  beccum  (v.  bicô).  Le  suff.  goy  av.  g 
dur,  est  d'orig.  d'oc.  C  s'est  comporté 
comme  initial  dans  le  dér.  <84,  rem.). 
J'imagine  que  le  z  de  Coch.  est  une 
orthogr.  de  fantaisie. 

BIGORNA  (bigorna)  s.  f.  L  Enclume  à 
deux  pointes. 


De  bicornis.  Gh.  de  c  en  g  (85),  fin.  a 
(57). 

2.  Bigote. 

Avisos  donc,  porlanif  int  lella  caocorna 

Que  toujours  preye  Dieu,  que  fà  tant  la  bigorna. 

«  Regardez  donc,  pourtant,  une  telle 
vieille  radoteuse  —  Qui  toujours  prie 
Dieu,  qui  fait  tant  la  bigote.  »  (Hym.) 

De  bigot,  av.  un  suff.  péj.  dans  lequel 
peut  se  retrouver  l'infl.  de  bigorna, 
enclume,  pris  au  fig.  Alp.  bigorna, 
personne  ignorante  et  stupide.  On  peut 
aussi  y  voir  l'infl.  directe  de  cornu  (cp. 
fr.  biscornu.  In.  bigotmu). 

BIGORNU,  USA  (bigornu,  uza)  adj.  — 
Contrefait,  boiteux,  tortu.  CeV  ôbro  est 
tôt  bigornu,  cet  arbre  est  tout  tortu. 

D'un  rad.  big  (v.  bigot,  adj.)  et  d'un 
suff.  sur  lequel  a  agi  l'infl.  de  cornu, 

BIGOT,  OTTA(bigù,  ôtta)  adj  .—Boiteux, 
contrefait,  qui  a  les  jambes  de  travers. 

Le  groupe  big  se  trouve  dans  quantité 
de  dial.  av.  la  signifie,  de  tortu,  qui  est 
de  travers.  Alp.,  dph.  bigouard,  lu.  bi- 
gorna, tordu,  contrefait  ;  berr.  bigotu, 
tortu;  poit.  biguc,  boiteux;  saint,  bigue- 
nocher,  marcher  difficilem.  ;  rch.  bigor- 
gneux,  louche  ;  norm.  bignoche,  morceau 
de  bois  tortu  et  raboteux.  In.  biganchi^ 
boiteux;  lim.  de  bigoi,  dph.  debingoi, 
de  travers. 

Ce  groupe  est  un  rad.,  et  non  un  préf.. 
car  on  rencontrerait  bi  ou  bis,  on  môme 
temps  que  big.  D'ailleurs  on  le  trouve  a 
l'état  simple,  comme  dans  poit.  bigue.  Je 
crois  que  c'est  lui  qui  a  fait  le  primitif  de 
biscornu,  lequel  a  dû  être  r^^fait  par  les 
savants  ensuite  d'une  fausse  interprétât., 
car  le  sens  de  2  fois  cornu  ne  se  rapporte 
point  à  celui  de  tordu,  et  le  maintien  de 
s  indique  une  format,  savante.  Il  n'est 
pas  impossible  que  le  même  rad.  ait  fait 
aussi  fti^ro^,  hypocrite,  don  irétym.ri>tV70</i 
est  plus  qu'hypothétique. 

J'ignore  d'où  vient  ce  rad.  La  forme 
ne  permet  pas  de  le  tirer  d''(o)bliqui(s, 
qui  a  pourtant  donné  it.  bi[e]co,  où  e  est 
inséré  comme  dans  piego  =  plico. 

Au  rad.  big  s'est  adjoint  le  suff.  ot  dans 
le  mot  In. 

BILLAUD  V.  Billou. 

BILLIAUD(bilhô)s.  m.Roan.  buelhio. 
—  1.  Qui  a  gros  ventre. 


Digitized  by 


Google 


48 


BILL 


De  hudeîliosHs,  dér.  du  b.  lat.  budel- 
lium.  Chute  de  d  (139);  ch.  de  osas  en 
ou  (35)  ;  d'où  buelhou,  hetilhou,  bilhou, 
sous  infl.  de  l  mouillée  ;  et  bilhau,  par 
confus,  avecsuff.  tcald  =  au. 

2.  Vendangeur,  v.  billion, 

BILLIOUD  (bilhou)  BILLI AUD  (bilhau) 
s.  m.  —  Sobriquet  donné  aux  montagnards 
qui  se  louent  pour  les  vendanges.  Par 
extens.,  le  vendangeur  en  général. 

Est-ce  le  même  que  billiaud,  qui  a  gros 
ventre,  soit  que  le  surnom  ait  été  donné 
par  raillerie,  à  cause  de  la  maigreur  des 
montagnards,  soit  au  contraire  parce 
qu'ils  se  gonflent  le  ventre  de  raisins? 
Par  un  sobriquet  de  même  g^nre,  l  \sgens 
de  la  plaine  du  Forez  sont  surnommés  les 
Ventres  jaunes,  à  cause  des  fièvres  dont 
ils  sont  souvent  atteints. 

BILLIOUDO  (bilhoudô)  v.  n.  —  Ven- 
danger. 

Debilhoud,  av.  suff.  d  (14  1»). 

BINGO  (bingô)  v.  n.  —  Travailler  avec 
activité,  se  démener. 

El  1»  liui)  revenu,  riiii  rcpi(|iie  sos  boux, 

Los  aulrus  lous  métis  eu  se  binQaut  lous  soiis 

«  Et  le  lundi  revenu,  l'un  repique  ses 
bœufs,  —  Les  autres  [reprennent]  leurs 
métiers  en  se  fatigant  tout  leur  saoul.  » 
(Ilym.) 

Do  blga  (?),  av.  sufl*.  à  (14  4«).  Cp. 
cast.  binga,  sauter,  gambader  ;  rgt.  binga, 
jambe,  venus  eux-mêmes  de  biga,  perche, 
pris  pour  jambe  au  sens  comique,  comme 
flùtCy  broche,  quille.  Insert,  do  n  (184 
7*).  Bingô  serait  faire  effort  du  jarret. 

BINTOUBIN  V.  beloubin, 

BIOCCA  (biôka)  s.  f.  —  Jeune  génis.se. 

Du  vpr.  boAcca,  femelle  du  bœuf,  qui 
suppose  un  type  du  lat.  popul.  identique, 
dont  le  dim.  connu  est  hoc uia.  ha  rùdnvi. 
de  boacca  ii  bocra  est  indiquée  par  la 
forme  bocula,  L'inserl.  dp  yolte  entre  b 
l'I  o  a  eu  lieu,  pour  le  primitif,  dans  tous 
les  dial.  d'oc  :  vpr.  biau,  pr.  biou,  vel. 
biau  bien  etc.,  bœuf.  Cela  explique  sa 
présence  dans  le  dér. 

BIORNOU,  OUSA  ^biornou,  ouza)  s. 
des  2  g.  —  Gauche,  sot,  maladroit. 

D*(e)n)bierna,  avec  suff.  ou  (35).  Le 
passage  de  <?  à  o  s'est  peut-être  opéré  par 
l'infl.  de  borné, 

BIQUA  (bika)s.  f.  —  A  Paniss.  Fromage 
fort. 


Du  b.  lat.  becca,  fr.  bique,  chèvre. 

BIS  V.  m, 

BISCAMBILLI  (biskanbilhi)  s.  m.  — 
Qui  a  les  jambes  contrefaites. 

Du  préf.  péj.  bis  et  de  cambilli,  dim. 
péj .  de  camha.  Cp.  canille.  Fin.  /  (54  3*). 

*  BISCOTES  s.  f.  pi.  —  Châtaignes 
dégagées  de  leur  enveloppe  et  que  l'on  a 
mises  sécher. 

De  bis  et  coctum,  qui  a  donné  cot  dans 
divers  endroits  (42  3",  rem.  1). 

BISON  vin.  V.  sous  besson. 

BISSÉ  (bissé)  s.  m.  —  Maladie  épidè- 
mique,  et  par  extens.  maladie,  indisposition 
quelconque. 

De  bissextum,  malchance,  accident 
fâcheux,  par  suite  de  la  supersti t.  attachée 
aux  années  bissextiles  (v.  bicêlre), 

'  BISSETRE  (bissétre)  s.  m.  — Malheur. 
Al  a  in  grand  bissêtre,  il  a  bien  du 
malheur.  Au  fig.  Tesse  in  bissêtre,  tu  es 
une  scie,  un  emplâtre. 

Vfr.  bissestre  (bis-sextus).  De  ce  que 
l'année  bissextile  était  supposée  porter 
malheur. 

BiTER  vin.  v.  a.  —  Heurter.  —  1416. 
«  Pour  ce  que  l'en  ne  leur  ouvi*y  tantost 
la  porte,  ils  y  biterent  tellement  que  ilz 
firent  cheoir  la  vorvelle.  »  (Rég.  Cons.) 

Le  même  que  bouler,  buter,  du  vlia. 
bôicn,  mais  le  passage  de  la  voyelle 
primil.  à  i  ne  s'explique  pas. 

BLACHES  s.  f.  pi.  Sav.  d'Albertville, 
blastes.  —  1.  Plante  marécageuse  (carex 
ou  laiches).  Ce  nom  est  très  répandu  en 
Savoie,  dans  le  Dauphiné,  dans  la  Bresse. 
—  2.  Nom  da  lieu  (Les  Blaches,  les 
Blachères,  lilnrons,  Blachette,  les  Fia- 
ches,  les  Flachères,  la  Flcgcre,  la 
Fléchcre)  indiquant  un  sol  humide  et  des 
friches  marécageuses.  —  Dans  les  Alpes, 
la  Provence,  blaras  signifie  jeune  taillis 
de  chênes.  —  «  Blache,  blachin,  dit  h> 
Glossaire  du  droit  français  de  Laiirière 
(1704).  c'est  en  Dauphiné  une  terr3  plantée 
de  chesnes  ou  de  châtaigniers,  si  distants 
les  uns  des  autres  qu'ils  n'empêchent  pas 
qu'on  y  laboure.  »  Le  sens  s'est  conservé 
en  dph.  jusqu'à  nos  jours. 

Il  est  certain  que  pour  les  deux  derniers 
sens,  l'origine  est  commune;  probablem. 
les  deux  premiers  s'y  rattachent  aussi. 
L'idée  est  celle  de  dumetum,  qui  est  allé 
se  particularisant  suivant  les  localités. 


Digitized  by 


Google 


BLAC 


49 


Littré  propose  angl,  6ra/cô,  fougère.  Mais 
évidemm.  le  mot  n*est  pas  un  emprunt 
direct  à  l'angl.,  et  il  faudrait  d'abord 
trouver  l'origine  de  brake.  De  plus  br 
init.  ne  donne  pas  bl  dans  les  langues 
romanes.  Je  ne  connais  guère  que  l'esp. 
blondir,  de  brando,  qui  en  fournisse 
l'exemple.  Je  renr.arque  seulement  que  le 
rad.  jSXaÇ,  qu'on  retrouve  dans  le  lat. 
ftacceo,  le  kym.  llaciaic,  l'angl.  to  flag, 
mollir,  le  vfr.  blêche,  faible,  mou  ;  arm. 
flak,  débile;  ail.  bleich,  néerl,  blech, 
pâle  ;  rch.  blache,  blême,  s'est  lié,  dans 
un  grand  nombre  de  dial.,  à  l'idée  de 
plantes  le  plus  souvent  marécageuses, 
soit  par  des  dér.,  soit  par  des  composit. 
Kym,  llagad,  flaque  pleine  d'herbes  ,  irl. 
ftearc  fferc,  rt*jetons  de  saules,  scions, 
fleann-uisce,  sorte  de  plante  aquatique  ; 
angl.  de  l'Est  flag,  herbe,  gazon  ;  fr. 
ôaw^'w^*,  algues.  Il  ne  semble  pas  possible 
de  voir  là  de  simples  coïncidences. 
Remarquer  l'identité  de  bleifl  dans  tous 
ces  mots  et  spécialem.  dans  les  Blaches 
et  les  FlacheSy  noms  de  lieux. 

Blaches  signifie  donc  plantes  molles, 
sans  que  je  puisse  dire  à  quelle  langue 
été  emprunté  le  rad.  Il  est  probable 
cependant  que  c'est  au  celt. 

BLACHETTA  (blatsèta)  s.  f.  —  En  Fr.-l. 
ciseaux  de  femme. 

Étym.  inconn.  Le  mot  ne  se  rencontre 
dans  aucun  dial. 

*  BLANC (blan)  s.  m.  — Vieille  monnaie 
qui  valait  cinq  deniers,  à  raison  de  douze 
deniers  au  sou.  Conservé  seulem.  dans 
l'express,  six  blancs  pour  deux  sous  et 
demi. 

*  BLAUDA  (bbda)s.  f.  For.  gév.  blaude, 
alp.  blodo,  pic.  bleude,  norm.  plaude, 
hevv.biaude,  lim.  6ia«c?o,vpr.,vfr.  bliaut, 
b.  lat.  bliaudus,  —  Blouse. 

Du  vfr.  bliaut,  dont  le  rad.  hlX  ou  bVid, 
suiv.  Diez,  est  oriental. 

BLA2E,  BLAIZEs.  f.  —  Bourre  de  soie. 

De  pl2icium,  dansisid.  ;  et  est  graecum 
nomen,  ajoutetil.  Ce  qui  le  rattache  à 
;rÀ7.f.  planche,  galette.  On  appelle  ^ra/e/^^j, 
en  sériculture,  les  produits  de  la  bourre 
de  soie,  à  cause  de  la  forme  plate  sous 
laquelle  ils  se  préparent.  Gh.  de  pi  en  bl 
(110,  rem.)  ;  de  c  en  -j  (130).  Blaze  est 
un  terme  usité  dans  les  pays  de  product. 
séricole  (Renseignem.  de  M.  Parizot.) 


BLESSi  (SE)  (blèssl),  à  Lyon  se  blesser. 
V.  n.  —  Avorter,  en  parlant  dos  femmes. 
Cela  fena  s*est  blessia,  cette  femme  a 
avorté. 

De  blesser,  av.  substitut,  du  suflf.  i  (15 
*4\  rem.  2). 

•BLET,  ETTA  (blé,  èta)  adj.  —  1.  Se 
dit  des  fruits  trop  mûrs.  Cela  peiri  est 
bletta,  cette  poire  est  blette  (Coch.). 

2.  Mouillé,  ée.  Al  est  tôt  blet,  ina  terra 
bletta,  il  est  tout  mouillé,  une  terre 
humide.  Au  fig.  Avai  lo  cœur  blet,  avoir 
le  cœur  sensible. 

11  a  lo  cœur  »i  &(«quin'ari  decorô. 

«  Elle  a  le  cœur  si  sensible  qu'elle  en 
serait  tombée  en  défaillance.  »  (And.) 

Extens.  du  sens  fr. 

BLETTA  (bléta)  s.  f.  à  Lyon  blette,  alp. 
bléo,  querc.  bledo,  rgt.  blede,  vpr.  bletat 
bleda,  —  Bette,  poirée,  {beta  vulgaris). 

De  blitum  (plante  nommée  épinard- 
fraise)  par  confus,  av.  beta.  Il  faut 
admettre  une  forme  blitta,  qui  donne 
bletta  par  ch.  de  i  bref  entr.  en  è  (21)  et 
la  persist.  de  tt.  Blita  eût  laissé  choir  le  t 
(135). 

BLEUSAYI  (bleuza-yl)  v.  a.  et  n.  — 
Mettre  do  la  couleur  bleue,  devenir  bleu. 

De  bleu,  av.  sutT.  ayl  =  8uff.  fréq.  ayer, 
ailler.  Bleusayl  c'est  littér.  bleusailler. 

BLODA  (blôda)  s.  f.  —  Étincelle. 

Duvha.  blôdi,{i)  faible,  infirme;  d'où 
ail.  blodsichtig,  qui  a  la  vue  faible.  Blôda, 
que  ne  connaissait  pas  Diez,  lui  donnerait 
raison  pour  Tetym.  qu'il  attribue  à  éblouir. 

*  BLONDEYA*  s.f.  —  Champ  ensemencé 
en  méteil. 

•  Je  ne  connais  ce  mot  que  par  Coch.,  et 
ne  sais  où  est  placé  l'ace. 

De  blondeyi. 

BLONDEYI.  — Méteil  (même  obscrv.  que 
pour  blondeya). 

Le  rad.  est  probablem.  blad,  de  bladum, 
corrompu  en  blond  (à  cause  de  la  couleur;, 
avec  un  suff.  qui  parait  être  iculum. 
D'où  blondeil  blo?ideï  (124),  orthogr. 
blondeyi  par  Coch. 

BLOTTA  (blôtta)  à  Lyon  hlotte  s.  f. 
1.  For.  blotte.  —  Chenevolle,  allumetle 
de  chenevotlc. 

Étym.  inconn.  —  Peut-on  songer  à  blou 
blu,  qui,  dans  de  nombreux  pat.  signittrt 
la  balle  des  céréales,  l'écale  verte  des 
noix,  des  amandes  etc.  ?  De  là  l'idée  se 


Digitized  by 


Google 


50 


BLOU 


serait  étendue  aux  détritus,  comme  les 
débris  de  chêne vottes.  A  Genève  débloUer, 
ôter  récale  verte  des  fruits,  les  jeunes 
pousses  des  arbrisseaux  etc.  ;  débloUures, 
les  débris.  A  hloa,  blù,  se  serait  ajouté 
le  tufr.  dim.  otta,  d'où  bluotta,  blouoUa^ 
devenu  bloUa. 

2,  Pièce  des  vieux  pressoirs,  antérieurs 
aux  pressoirs  à  roue.  Le  pressoir  à  bloiia 
est  la  presse  à  levier  de  Gaton.  remplacée, 
au  temps  de  Pline,  par  la  presse  à  vis. 
La  blotta  est  le  prelum^  poutre  horizon- 
tale dont  une  extrémité  est  fixée  dans  une 
rainure  entre  deux  montants  verticaux. 
A  l'aide  d'un  treuil,  on  pèse  sur  l'autre 
extrémité  de  la  poutre,  qui  forme  ainsi  un 
levier  du  Si»  genre.  Le  maniem.  de  ce 
pressoir  est  qq.  fois  dangereux  et  Gaton 
fait  ses  recommandât,  à  cet  égard. 

Du  vfr.  blot,  employé  pour  bloc.  Alb. 
blot,  b.  lat.  blotus.  Blot  ou  bloc  ne 
signifiait  pas  seulem.  billot,  mais  aussi 
poutre,  lilot.a  block  or  log,  dit  Gotgrave. 

BLOU  V.  blu. 

•  BLOYI  (blô-yl)  v.  a.  Dph.  bluia  bluya, 
—  Tiller  le  chanvre.  Y  bloyavont,  ils 
tillaient  le  chanvre  (Goch.).  Pr.  deibloua 
desbloua,  alp.  eibloua,  ôter  le  brou  des 
noix,  des  amandes  ;  genev.  débloUer^ 
éoaler.  Gcrtains  dial.  ont  préposé  la  parti- 
cule disjonct.,  tandis  que  d'autres  s'en 
sont  dispensés. 

De  blu,  hlou.  On  a  ou  cîrtainem. 
blou-er,  dans  lequel  ou,  devenu  proton, 
passe  à  o  (69)  et  donne  bloer  ;  puis 
blo-y-er,  av.  insert,  d'y  pour  rompre 
l'hiatus,  puis  bloyX  (16). 

BLU  BLOU  s.  m.  —  Gosse du  blé.  For. 
blou,  balle  des  céréales  en  général,  alp. 
blou  eiblou,  écHle  verte  de  la  noix  ou  de 
l'amande  ;  dph.  bluia,  tille  du  chanvre. 

Orig.  celt  —  Kym.  bnl,  enveloppe  de 
certaines  semences,  d'où  blu,  par  métath. 
de  /,  que  l'on  trouve  accomplie  dans  l'irl. 
bluirc,  croûte,  fragments.  11  est  possible 
que  notre  blou  s'identifie  av.  le  fr.  brou, 
lequel  n'a  qu'un  rapport  de  sens  éloigné 
av.  brustum  (étym.  Littré,  Scheler).  La 
graphie  ancienne  brousl  ne  serait  que  par 
fausse  analog.  av.  broust,  pousses. 

BO  (bô)  s.  m.  —  Bouc. 

Fait  sur  le  fr.  bouc,  !•  par  chute  de  c 
fin.  ;  2«  par  ch.  de  ou  fr.  en  o  bref  (88, 
rem.  4). 


'  BOBA  (boba)  s.  f.  Dph.  babuo,  b.  dph. 
bube,  piém.  boba,  pr.  bèbo,  lim.  bobe,  — 
1.  Moue,  grimace  fait©  en  avançant  les 
lèvres.  Feire  la  boba,  faire  la  moue.  A 
Vienne,  un 3  des  portes  s'appelait  la  boba 
parce  qu'au-dessus  était  placée  une  tête 
antique  d'un  Jupiter  colossal  qui  semblait 
faire  la  moue  (Ghorier,  ap.  Goch.). 

2.  Lèvre. 
Te  nions  de  pùssera  me  faut  pcl6  le  hohe*. 

€  Tes  mains  de  passereau  me  font  crever 
les  lèvres.  »  (MeL) 

Du  Ihuring.  bappe,  muffle,  bouche.  «>t  a 
ail.  a  donné  a  en  fr.  (baboe,  babouin)  et 
en  it.  (fialbuino)  ;  è  en  pr.  {bèbo)  et  o  en 
In.  {boba\  La  transform.  de  a  en  o  a  pu 
s'opérer  sous  l'infl.  de  b  :  baube,  bobe; 
celle  de  pp  en  b  k  été  générale. 

BOBILLOU,  OUSA  (bobilhon,  ojaza) 
adj.  —  Boudeur,  euse. 

De  boba,  moue,  av.  sufT.  ou  =  osus 
(36)  et  inserl.  de  ilh  pour  marquer  lo 
caractère  dîm.  et  péj. 

BOBO(b6bo)  s.  f.  For.  bobô,  X^é.pouput, 
rgt.  puput  poupudo  poupouno.  —  Huppe. 

Onomat.  du  chant  de  la  huppe.  Malgré 
les  apparences  orthogr.,  bObo  n'est  pas  une 
confus,  avec  bubonem,  hibou,  qui  aurait 
donné  bubo  et  nulle  part  pouput  ;  et 
pouput  ne  vient  pas  à'upupa,  qui  a  donné 
huppe.  L'onqpnat.  est  une  créât,  directe. 

BOBO  (bobô)  v.  n.  —  Bouder. 

De  boba,  av.  sufl'.  6  (14  2*).  Bobô,  littér. 
faire  la  boba. 

BOCCO  V.  boquô, 

BOCH  ASSES  (hochasse)  s.  f.  pi.  —  Fruits 
sauvages. 

De  bosc(um),  av.  sufT.  péj.  asse,  Gh. 
de  scench(lM  1*). 

BOCH  AT  V.  bouchât. 

BOCHE  vin.  s.  m.  —  1478.  «  Paiement 
fait  pour  une  carpe  et  un  boche  et  deux 
peins  de  bores  et  deux  symezes  de  vin 
doux,  donnés  par  le  commandement  de 
messg"  lesconseilliers  à  frère  Jehan  Bor- 
jois  qui  doit  fere  le  sermon  du  pon  du 
Rône.  »  (Inv.  de  la  C) 

De  box,  gr.  j3<uÇ,  que  l'on  trouve  dans 
Pline  pour  une  espèce  de  poisson  de  mer. 
En  m.  lat.  boca  signifiait  un  poisson  de  mer 
du  genre  anchois  (Du  G.).  Le  bogue  de 
Provence,  vpr.  buga,  ital.  esp.  port,  boga, 
a  la  même  origine.  Mais   quoique»  dès 


Digitized  by 


Google 


BOCH 


51 


avant  1507,  il  y  eût  chaque  semaine  à  Lyon 
un  arrivage  de  marée  fratciie  de  Prov.,  il 
paraft  douteux  que  dans  notre  texte  il 
s'agisse  d*un  bogue.  Le  voisinage  de  la 
carpe  indique  plutôt  qu'il  s'agissait  d'un 
brochet  ^par  confus,  av.  becke). 

Box  =  bosc  (162)  ;  d'où  bocTie,  qui,  en 
pat.  rustique,  eût  été  bochi  (64  2»). 

•  BOCH  ER LA  (bocherla)  à  Lyon  bou- 
charle  s.  f.  —  Barbuquet,  petite  enflure 
à  la  lèvre.  Al  a  de  bocherle,  il  a  des 
barbuquets. 

De  bucc2ilem,  Gh.  de  u  bref  en  o  (70); 
de  ce  en  c/i  (154)  ;  insert,  de  r  (184  6*,  a). 

•  BOCHERLA,  (bocherla),  POCHERLA, 
&  Lyon  boucherie  s.  f.  For.  bouscarla, 
Igd.  bouscarido.  —  Fauvette. 

De  bosct^lem,  Ch.  de  *cen  ch  (166  !•). 
Insert,  de  r(184  6»,  a).  La  remonte  de  b 
à  p  dans  la  forme  pocherla  est  curieuse. 

BOCH  ET  vin.  s.  m.  —  1.  Arch,  m, 
1346  :  c  Item,  au  dit  mur,  embouches  pour 
porter  les  machicos...  »  —  Id.  c  En  la  tour 
viel,  il  y  a  au' second  etaige,  une  barbe- 
quane  en  laquelle  a  six  bochez  de  pierre 
qui  la  portent...  » 

Le  bochet  était  donc  une  pierre  formant 
corbeau  dans  toute  l'épaisseur  du  mur, 
pour  porter  des  ouvrages  en  encorbel- 
lement. 

De  boscum  (vin.  bos),  av.  suIT.  dim.  et. 
Primilivem.  les  hourds  étaient  en  bois  et 
par  conséquent  les  bochets  aussi.  Aujour- 
d'hui le  blochet  est  un  morceau  de 
charpente  généralement  encastré  dans  la 
maçonnerie.  La  corniche  sur  blochcts  est 
une  corniche  de  bois  supportée  en  bascule 
comme  les  anciens  mâchicoulis. 

Littrè  tire  blochet  de  bloc,  mais  il  est 
probable  que  l'ancienne  forme  est  bochet^ 
dans  laquelle  /  a  été  introduita  sous  l'inflt 
du  mot  bloc. 

2.  Arch,  m.  i474  :  «  A  Lyonnet,  le 
maréchal,  pour  18  cloz  testus  pour  lepont- 
levis  de  la  lanterne  et  4  pales  de  fer, 
appelez  bochetz...  » 

Il  est  difficile  de  se  rendre  exactement 
compte  de  la  manière  dont  étaient  placés 
ces  pales  (pieux),  mais  il  est  à  croire 
qu'ils  rendaient  le  même  service  que  les 
bochets  en  bois,  c'est-à-dire  qu'ils  suppor- 
taient un  encorbellement. 

BOCHET  (boché)  s.  m.  —  !•  Petit  bouc. 
Au  flg.  Fm&ocAef,  vieux  paillard. 


De  &o,  bouc,  av.  suff.  dim.  et,  La  liaison 
au  thème  par  ch  s'est  faite  au  moment  où 
le  c  de  boc  se  faisait  encore  sentir,  mais 
il  est  extraordinaire  que  Ton  n'ait  pas 
boquet.  Le  pr.  a  de  même  bochi,  bouc. 

2.  Se  dit  d'un  bouquet  de  cerises  ou  de 
fruits  analogues.  Alp.  bochet,  fleur  qu'on 
tient  à  la  bouche. 

De  boquet,  bouquet.  lie  passage  de  qu  à 
ch  s'explique  par  l'influence  de  bochia, 
bouchée. 

BOCHI  (bochi)  vin.  s.  f.  —  Bûche. 
<  Item,  boches  et  sochons  por  ardre...  » 
item,  bûches  et  souches  (ceps  de  vignes) 
pour  brûler  (Tar,  de  la  V.  12Ô5). 

De  bosca.  Gh.  de  se  en  cA  (166  1*). 

BOCHON  (A)  V.  à  bochon. 

BOCHORD.  ORDA  (bochôr,  ôrda), 
autour  de  Lyon  bouchard  s.  des  2  g.  For., 
vel.,  alp.,  poit.,  bouchard.  —  Se  dit  des 
bœufs  et  vaches  qui  ont  le  museau  blanc  av. 
des  taches  noires  aux  coins  de  la  bouche. 
Par  extens.  des  bœufs  et  des  vaches  de 
couleur  noire  av.  des  taches  blanches  sur 
le  corps.  Au  flg.,  de  quelqu'un  qui  a  le 
visage  barbouillé.  Poit.  même  sens. 

Taiilout blanc,  ttnloul  vart,  lanioul  lo  gruiii  bochôrd. 
Par  le  zou  dzire  frano,  me  lui  belô  mochArd. 

«  Tantôt  blanc,  tantôt  vert,  tantôt  le 
visage  màchuré,  —  Pour  te  le  dire  fran- 
chement, je  me  suis  mis  mouchard.  » 
(Brey.) 

De  bochi  (bucca),  av.  suflf.  ôrd  (=.  ard), 
d'orig.  germ.  (cp.  vieil,  vieillard).  Bochôrd, 
taché  à  la  bouche. 

BOCHU  (bôchu),  ap.  Coch.  BACHU,  à 
Lyon  bachu,  vin.  bachuel  s.  m.  —  Coffre 
percé  de  trous,  que  l'on  immerge  pour  y 
conserver  le  poisson  vivant.  Qq-fois  le 
bôchu  fait  partie  du  bateau  même. 

Du  rad.  de  bachat,  av.  suff.  o^te^  (35); 
ch.  de  a  init.  en  6  (S9).  La  forme  vin. 
possédait  un  2*  suff.  ellum,  qui  ne  s'est 
pas  conservé. 

BOCURI  (boknri)  à  Lyon  baisure  s.  f. 
—  Trace  du  contact  des  pains  qui  se  sont 
touchés  dans  le  four. 

De  boccô,  av.  suff.  uri  (37). 

BODHULO  (bodulo)  s.  m.  —  Littér. 
bout  d'huile.  Express,  péj.  Solo  comrrC 
in  bodhulo,  sale  comme  un  bout  d'huile, 
c.-à-d.  comme  le  reste  d'une  mèche  de 


Digitized  by 


Google 


BODO 


lampe.  Feire  à  bodhulo,  ne  rien  épargner, 
aller  jusqu'au  bout  de  Thuile,  éclairer  sans 
ménager  rien. 

Quaiitl  H'aruiis  bien  sup6,  fudra  faire  à  bodzuh  ; 

U  cru>io  fera  plein.  n'csparniiiroDS  \*à%  l'hulo. 

«  Quand  nous  aurons  bien  soupe,  il  nous 
faudra  prodiguer  ;  —La  lampe  sera  pleine, 
wons  n'épargnerons  pas  l'huile.  »  (Proc.) 

De  bot,  bout  et  ulo,  huile. 

X.  propre  :  lioudhuire. 

BODON  (bodon)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Petit  bœuf,  gros  veau. 

De  hotem,  av.  suff.  dim.  on.  Le  môme 
que  boyon,  avec  le  sufT.  relié  au  thème 
par  d  au  lieu  do  yotte. 

BOGAYI  (boga-yl)  v.  n.  —  Gronder  en 
dedans,  murmurer  des  paroles  de  mécon- 
tentem. 

C'est  bégayer,  av.  dér.  de  sens  et 
substit.  du  suff.  %  (16). 

BOGI  (bogi)  s.  f.  —  Sac  de  farine  de 
?5()  kil.  Dans  le  Forez  la  boge  est  de 
i25kil. 

De  bnlga,  Gb.  de  m  en  o  (38)  ;  de  Ig  en 
j  (170  3»);  de  a  en  t  (54  2»). 

BOGUILLOU,  OUSA  (boguilhou,  ouza, 
sans  prononcer  w)  adj.  —  Chassieux,  se. 

Du  rad.  bag,  chassie  (v.  bagagni),  passé 
à  bog  (59),  av.  suff.  on  =  osiis  (35), 
devant  lequel  a  èié  insér.  la  syll.  ilh  pour 
marquer  le  caractère  dim.  Gp.  les  suff.  on 
et  [itl]on. 

BOIMO  (l)Oimi))  BOUAMO  (bouamo) 
H  Lyon  boime  s.  m.  For.  boêmoti.  — 
Flagorneur.  Faire  son  boime^  à  Lycn 
flagorner  hypocritem. 

L'uttii  <  reyoil  rc  que  <Ii»il 

Quo  boâmou,  iiiingeu  de  poliille». 

«  L'oiseau  crut  ce  que  disait  —  Cet 
hypocrite,  mangeur  de  poules.  »  (Gras.) 

Fr.  boMme,  dont  les  deu.x  voyelles  ont 
été  fondues  en  une  dipht.  Alp.  boitéimo, 
bohémienne;  pr.  boieèmi,  Igd.  bouèmis; 
querc.  boimo,  bohémien.  Les  hal)itudes 
de  mendicité  flagorneuses  des  Boliômiens 
ont  amené  la  der.  de  sens. 

*  BOtSSI  (bolssi)  s.  f.  —  Paquet  de  tiges 
da  chanvre. 

Du  vha.  bbzo,  faisceau,  fagot.  Fin.  t 
(54  5»).  Dans  les  Alp.  una  boissia  est  une 
réunion  de  fillrs.  C'est  toujoura  l'idée  de 
choses  rapprochées. 

BOJU,  USA  (boju,  uza)  adj.  —  Gros, 
obèse,  pansu.  In  homo  boju,  ina  sachi 
bojusa  ;  un  homme  gros,   un  sac  gonflé. 


Le  For.  a  le  même  mot  av.  le  sens  opposé 
de  creux,  enfoncé,  vide.  C'est  que  le  for. 
considère  le  sac  vide,  et  le  In.  le  sac  plein. 
Norm.  bouju,  ventru. 

VarJcgi  lo  boju^  p«y«  de  démomiclo. 

«  Rivede-Gier  le  gonflé,  pays  de  démo- 
niaques. ^(Ménag.) 

De  bogi,  av.  suff.  u  (35). 

BOLAIRO  (boléro)  s.  m.   —  Géomètre, 
arpenteur.  Vpr.  bolaire  planteur  de  bornes. 
Mais  ciérioz-vo  qulii  koi-dzizaiit  holairo 
Ch6rcli<>  à  rou0iii  son  niaudziquo  salairo? 

«  Mais  croiriez-vous  qu'un  soi-disant 
toiseur  —  Cherche  à  rogner  son  modique 
salaire  ?  »  (Per.) 

Du  vpr.  bolaire,  de  bola  boula,  bonie, 
limite.  Je  ne  puis  expliquer  bola,  borne, 
que  par  la  supposit.  que  les  bornes  avaient 
habituellem.  une  forme  arrondie. 

BOLIAT(bolhà)  s.  m.  For.  bouillat.  — 
Endroit  marécageux,  mare  croupissante. 

Du  rad.  celt.  bol  (v.  bolot),  av.  suff.  dim. 
al.  Le  mouillem.  de  /  est  une  onomat. 
(v.  bassoyi). 

BOLICO  (bolikô)  BOLIGO,  à  Lyon  bouli- 
guer  v,  a.  For.  bouligua,  dph.  bolica,  pr. 
boulega,  vpr.  bolegar,  it.  bulicare,  piém. 
bolico.  —  Remuer,  secouer,  agiter. 
Dimcnclii,  quaii  fut  iour,  chacun  te  boUcaue. 

«  Dimanche,  quand  il  fut  jour,  chacun 
se  remuait.  »  (Xaiss.  du  V.) 

Los  orajos  d'iii  haut  tiap^s^onl  tu  sa  I6U 
Si  11  boUgô  Sun  soil. 

«  Les  orages  d'en  haut  passent  sur  sa 
t(Me—  Sans  bouleverser  son  sort.  »  (Monin) 

De  bullicsire.  Ch.  de  «  en  o  (69>.  La 
persist.  de  c,  comme  son  ch.  en  g  dans  la 
forme  de  Lyon,  tient  à  ce  que  le  mot  est 
venu  du  pr.  Are  =  à  (14  4»). 

BOLIGO  V.  boligô. 

BOLLI  (bolhi),  à  Lyon  bj-ye  s.  f.  — 
1.  Boyau. 

De  bot(u)la,  qui  donne  botla  =  bocla 
(164  4»)  =  bôlha  (164  2\  b)  =  bôlhi 
(54  a.). 

2.  Bourse. 

Hiii  comineinçani,  Mt'mts,  contra  ponra  cranoly 

A  lit  Iota  rliavi  dinii  ina  moliu  boly. 

«  En  commenrant,  enfants,  notre  pauvre 
grenouille  (capital)  —  Aurait  pu  entrer 
dans  une  méchante  bourse.  »  (Discours), 

De  ce  que  les  bourses  des  paysans  son^ 
souvent  en  baudruche. 


Digitized  by 


Google 


BOLL 


53 


*  BOLLI  (bôlhi)  à  Lyon  bôye  (bô-ye) 
s.  f.  Br.  boita,  for.  bôye^  sav.  bouille, 
oïl.  boéle,  —  Jeune  fille.  Fr.  l.  boya, 
servante  de  ferme.  Noutra  bogli  (Goch. 
Alman.  de  1815).  Goch.,  avait  imaginé 
de  se  servir  du  gl  it.  pour  exprimer  II 
mouillées  ou  Ih. 

Pouai  appercevant  les  bôUUs 
Qui  l'aviaiit  ravicolau. 

«  Puis  apercevant  les  filles  —  Qui 
ravalent  ranimé.  »  (Revér.).  R.  a  écrit 
bâilles,  snobant  bien  que  personne  ne  se 
tromperait  sur  la  prononciat.,  qu'il  ne 
savait  d'ailleurs  comment  figurer. 
Un  beau  mcyona,  na  brova  bolia 
Que  ne  s'amonpo  à  maylia. 

«  Un  beau  garçon,  une  jolie  fille  —  Qui 
ne  s'aiment  pas  à  demi.  »  (Ch,  bress,) 

Trois  étym.  sont  en  présence,  dont 
aucune  ne  satisfait  entièrem.  !•  vfr.  baille, 
nutrix,  famula,  ancilla  ;  2«  bocula;  3« 
pullea. 

Baille,  satisfaisant  comme  sens,  explique 
bôlhi,  comme  macula  explique  môlhi, 
mais  il  n'explique  pas  les  autres  formes, 
le  In.  étant  le  $eul  des  pat.  cités  où  a  ton. 
=  à.  Ce  ch.  de  a  en  (î  est  d'ailleurs  récent, 
et  Ton  trouve  boille  dans  des  textes  où  a 
ton.  =  partout  a, 

Bocula  explique  toutes  les  formes,  mais 
rimage  de  génisse  pour  jeune  fille  ne  se 
retrouve  dans  aucun  dial.  Horace  applique 
le  nom  dejuvenca  à  une  jeune  fille,  mais 
c'est  une  figure  de  lettré. 

Pullea  satisfait  au  sens.  Pulla  =  vfr. 
po//^  (Ste  Eulalie)  eipulicella  =pucelle. 
En  In.  une  petite  coque,  une  jeune  fille. 
Pullea  donne  en  In.  polhi  (38  et  64  !•). 
Mais  le  passage  de  p  init.  à  b  offre  de 
grandes  difficultés.  Il  y  a  des  ex.,  mais 
presque  tous  discutables.  —  Puxida  = 
boite,  mais  le  mot  ayant  donné  b  init. 
dans  toutes  les  langues  rom.,  on  peut  y 
voir  la  preuve  qu'il  était  devenu  buxida 
dans  le  b.  lat.  —  Vha.  petit  =  bedeau  a 
pu  ne  pas  passer  par  les  mêmes  lois  que 
la  format,  tirée  du  lat.  —  (A)potheca  = 
boutique  paraît  venir  de  l'it.  —  Puppus 
=  ss-rom.  boubo{cp.  pupulus  =  modén. 
bubel),  papa  =  sarde  babu  et  gris,  bab 
babbo,  mais  6  a  pu  se  développer  à  l'init. 
par  assimil.  av.  b  méd.  —  Âlp.  bot,  petit 
garçon,  vpr.  bot,  nevuu,  se  rattache-t-il  à 
puitus  ?  —  Panellum  (vfr.  peneau)  =  pr. 
banèu,  fr.  pifrer  =  pr.  bifra  sont  pro- 


bants, mais  ils  appartiennent  à  une 
phonét.  autre  que  la  nôtre.  —  Palva  = 
balma  (Sleub)  est-il  certain  ?  —  Nous 
n'avons  en  In.  que  pulsare  =  bousso, 
(se  dit  surtout  en  parlant  des  arbres) 
mais  n'a-t-il  pas  pu  être  infl.  par  bout  ou 
bouter  f 

BOLON  (bolon)  s.  m.  —  But  au  jeu  de 
boules. 

De  bnlla  =  bola,  av.  suff.  dim.  on. 

BOLOT  (bolo)  s.  m.  —  Réservoir,  mare 
pour  abreuver  les  bestiaux.  It.  bolla, 
bouteille,  piém.  bôla,  bouteille  et  mare. 

D'un  rad.  celt  et  germ  :  —  Corn,  bol, 
trou,  creux,  puits.  De  là,  cora.  bolla,  irl. 
bolla,  gaël.  bol  bail,  ags.  bolla,  angl. 
boicl,  coupe.vase  à  boire.  On  trouve  aussi 
vha.  bolle  =  alveus,  vha.  hirnipolla,  mha. 
hirnbolle  =  cranium,  ags.  heâfodbolla 
=  cranium.  Grimm  pense  qu'il  faut  les 
rapprocher  de  &o//  =  rotondus,  dont  il 
ne  connaît  pas  d'ex,  en  vha.  ni  en  mha. 
Au  rad.  bol  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  ot. 

BONATEI,  ap.  Goch.  BAUNATEI  s.  f.— 
Une  pleine  benne.  Je  ne  connais  le  mot 
que  par  Goch. 

De  benna^  av.  renforcem.  de  la  voy. 
init.  pour  faciliter  la  prononciat.  Le  suff. 
ei  doit  être  une  graphie  erronée  pour  ai,  ê, 
corrupt.  de  ée  fr.  Bonatei,  liltér.  benne' 
t-ée,  comme  pelle  a  fait  pelle-t-ée. 

BOQUELLO(bokèlô)enFr..ln.,àPamss. 
BOTIELLO  V.  n.  —  Faire  le  goûter  de  4 
heures. 

De  bncca  (qui  a  donné  bochi,  mais  dans 
beaucoup  de  dér.  k  a  persisté  ;  cp.  bocô)^ 
av.  suff.  fréq.  èlo.  Boquello,  manger  une 
bouchée.  Dans  la  forme  de  Paniss.,  que 
a  passé  à  quiè,  puis  à  ^lè.  Est-ce  l'infl.  de 
botilli,  bouteille? 

BOQUETO  (boketô)  v.  n.  —  Fleurir. 
Fais  hoquetô  lo  trioulô. 

€  Fais  fleurir  le  trèfle.  »  (Prière) 

De  boquet  (boschettum),  fr.  bouquet. 
En  In.  fleurs  se  dit  bouquets, 

BOQUO  BOCCO  (bokô)  v.  a.  —  Baiser. 
Boquô  barboin,  (v.  barboin). 

Là:  ovèl  tôt  ou  plus  si  je  ]toué  bien  comprindre. 

Lo  mô  que  je  poué  faire  in  boquant  in  garçon. 

«  Gar  c'est  tout  au  plus  si  je  puis  bien 
comprendre  —  Le  mal  que  je  peux  faire 
en  embrassant  un  garçon.  »  (More) 

De  bvLcca,  av.  suff.  (5  (14  4*).  Ch.  de  u 
en  o  (38).  Sur  ce  =  k,  v.  bicô. 


Digitized  by 


Google 


54 


BOR 


BOR  (l)or)  8.  m.  —  Bourg,  c  Je  vos 
racontarai  ce  que  m'a  étau  dii  lo  jor  de  la 
feri,  où  cabaret  de  la  Gatin  dou  bor  t,  je 
vous  raconterai  ce  qui  m*a  été  dit  le  jour 
de  la  foire  au  cabaret  de  la  Catherine  du 
bourg.  (DiaU) 

De  hurgum.  Ch.  de  u  en  o  (40)  ;  chute 
de  g  (126,.  Il  est  assez  curieux  que 
lorsque  noas  voulons  parler  français  nous 
disions  au  contraire  hourque. 

•  BORBA  (borba)  s.  f.  —  Boue. 

D*un  rad.  celt.  horm,  borv  (v.  bonno), 
av.  suff.  a  par  analog.  (57).  Tandis  que 
le  fr.  hourbp  appartient  à  la  langue  lettrée, 
le  In.  boi'ba  appartient  à  la  langue  popul. 

BOR  BOT  (i»orbô)  s.  m.  —  Bulle  de 
Teau,  de  la  pluie  etc. 

De  borba,  av.  suff.  dim.  oL  Justifie 
l'étym.  de  Littré,  qui  voit  dans  bourbe 
un  rad.  exprimant  le  boulllonnem. 

BORBOTO  (borbùtô)  BARBOTO  v.  a.  - 
—  Parler  inconsidérèm.,  bredouiller.  It. 
borboUare,  grouiller  dans  le  ventre  ;  csp. 
borbotar,  bouillonner. 

Que  me  barbote-lt  ?  que  la  mùtrua  bar  jaque  ! 

c  Que  me  brodouilles-tu  ?  Quel  méchant 
bavard  î  *  (Gorl.) 

Do  borba,  av.  suff.  fréq.  otô  (lîttér. 
patauger).  Le  ch.  de  o  init.  en  a  dans 
barbota  est  dû  à  Tinfl.  du  fr.  barboter. 

•  BORDA  (borda)  s.  f.  —  Fétu  dans 
l'œil.  Les  dph.  bouarda^  viv.  bordo  bor- 
douo  ;  Igd.  borda,  mars,  bouerdo  ont, 
av.  la  même  significat.,  le  sens  plus  étendu 
de  balayures,  ordures,  et  aussi  chenevottes, 
brindilles  ;  for.  bordes,  poussière  ;  pr.  fio 
de  bordo^  feu  flambant.  For.  feu  de  borde 
pour  feu  de  paille,  de  brindilles,  feu  flam- 
bant; vfr.  borde,  brandon,  bûche,  poutre. 

Du  germ.  —  Vha.,  ags.,  dan.,  suéd., 
hoU.  bord  ;  angl.  board,  planche,  table. 
De  bois,  le  sens  s'est  étendu  à  débris  de 
bois,  puis  à  fétu. 

BORDGIAU  (bordjiô)  s.  m.  —  A  St- 
Mart.  Petit  tas  d'engrais  déchargé  d'un 
char  dans  les  terres. 

De  bord,  av.  suff.  tau  =  ellum  (82) 
parce  que  ces  monticules  sont  déposés  sur 
le  bord  des  chemins  à  chars  (?).  Dj  est 
une  prononciat.  locale  pour  J. 

•  BORDIFAILLI  (bordifalhi)  à  Lyon 
bourdiffaille,  s.  m.  express,  péj.—  Assem- 
blée tumultueuse,  tohu-bohu.  Neuchâtel, 
bourdi/f aille,  canaille. 


Du  vfr.  behourdir  (primitivem.  jouter 
à  la  lance,  puis  se  divertir,  s'amuser, 
plaisanter),  du  rad.  bot,  qu'on  trouve  dans 
bottare,  bouter,  et  du  goth.  hUrd,  claie, 
parce  que  le  hûrd  servait  de  cible. 
Behourdir  donne  be(h)ourdir ,  puis 
b(e)ourdir  (cp.  heaume,  devenu  aume 
dans  la  prononciat.).  De  là,  le  nom  de 
behourdi,  bourdi,  donné  aux  fêtes  du 
dimanche  des  brandons,  et  bourdif,  feu 
de  joie,  Bourdif  donne  bourdiffaille  par 
l'adjonct.  du  suff.  péj.  et  coll.  aille  (cp. 
canaille,  gueusaille,  marmaille). 

Goch.  dit  qu'en  Bretagne  bordiffaille 
signifie  un  repas  sans  ordre.  C'est  un 
emprunt  fait  au  roman  behourd,  comme 
celui  du  gaël.  burd,  burdanach,  angl. 
boord,  bruit  produit  en  grommelant,  a  été 
fait  au  même  mot  pris  au  sens  de  plaisan- 
terie (cp.  fr.  bourde), 

BORDOIRI  tbordolri),  BARDOIRI.  ap. 
Goch.  BOURDOIRI,  à  Lyon  bardoire  s.  f. 
—  Hanneton.  Au  fig.  personne  lente, 
lourde,  stupide. 

Je  dxo,  charmanla  Margolen, 
Si  n*ai  pat  de  ziu  de  borduôra, . . 

t  Je  dis,  charmante  Margoton,  —  Si  je 
n'ai  pas  des  yeux  de  hanneton...  >  (Gorl,) 

Le  hanneton  est  exprimé  par  des 
images  figurées,  toutes  différentes,  dans 
quantité  de  dialectes.  En  ail.,  c'est  le 
scarabée-demai  (maikafer),  le  coq-des- 
saules  (weiden-hahn)  ;  en  angl.  le  coq- 
scarabée  (cock'Chafer),  la  punaise-de-mai 
(may-bug),  le  scarabée-des-arbres  (tree^ 
beetle),  le  scarabée-aveugle  (blind-beetle), 
le  scarabée-brun  (brox/on-beetle),  l'oie 
étourdie  (giddy-goose)  ;  en  esp.  la  saute- 
relle (sallon).  Une  grande  variété  existe 
aussi  dans  les  noms  où  la  composit.,  si 
elle  existe,  n'est  pas  apparente  ;  dph. 
coucoire,  pr.  bambaroto,  ss.-rom.  Aan- 
kouaira  kankouara  kouairkalla  ;  vaud. 
kinkome  ;  certains  villages  de  la  Meuse 
écaron  ;  basq.  kakamarlua  kakamarto, 
hanneton  av.  des  cornes;  arrond.  de  Nyons 
kankaridia  ;  wall.  balowe  bizate  ;  périg. 
beligot,  rch.  bruant.  Le  sui ss.-rom.,  le 
vaud.,  le  dph.,  le  basq.  paraissent  se 
rapporter  à  un  même  rad.  péj.  dont  le  sens 
est  ignoré.  Le  pr.  paraît  avoir  pour  rad. 
celui  de  babau  ;  en  vpr.,  catal.,  niais, 
nigaud. 


Digitized  by 


Google 


BORE 


55 


Le  dph.  a  bordéiri,  bourdonner  en 
yolant.  Je  crois  que  hordoiri  est  formé  de 
môme  d'une  onomat.  hour  (qui  a  fait 
bourdon)^  en  pat.  bor,  et  du  suff.  oria  = 
urîen  pat.  (37).  et  oire  en  fr.  Oire  a  été 
conservé  ici  comme  dans  qques  autres 
mots  péj.  (patoire,  personne  lente  ;  tra^ 
quoire,  fille  écervelée).  Le  suff.  a  été 
relié  par  d  comme  dans  bour-d-on.  La 
bôrdoiri  est  donc  littér.  une  machine  à 
bourdonner,  la  bourdonnante,  à  cause  du 
bruit  que  fait  l'insecte  en  volant.  La  forme 
bourdoirl  donnée  par  Coch.  confirme 
rétym.  Sur  la  forme  de  Lyon  bardoire, 
où  or  est  devenu  ar^  cp.  hochepot  devenu 
archipot» 

BORES  (PEINS  DE)  vin  :  —  1478. 
€  Paiement  fait  pour  une  carpe  et  un  boche 
(v.  ce  mot)  et  deux  peins  de  bores  et  deux 
symeses  de  vin  doux...  »  (Inv.  de  la  C.) 

Outre  que  les  régies  do  notre  phonét.  ne 
permettent  pas  bufyrum  =  bores^  on 
trouve  toujours  buyro  (T,  de  la  V.  1295 
et  1858).  Pourtant  il  est  assez  plausible 
de  voir  ici  beurre,  av.  qque  particularités 
de  prononciat.  ou  d'orthogr.  du  scribe. 

BORFA  (borfa)  s.  f.  —  Femme  grosse. 

Subst.  Y.  tiré  de  borfô. 

BORFO  (borfô)  adj.  des  2  g.  —  Se  dit 
d'un  animal  météorisé. 

De  borfô. 

BORFO  (borfô)  v.  a.  —  1.  Souffler,  gon- 
fler. Borfô  le  chôtaigne,  les  faire  craquer 
sous  la  dent  lorsqu'elles  sont  cultes  à 
l'eau,  sans  les  peler. 

2.  Manger  avec  avidité. 

I*tr  treize  loui  lo  cent,  je  poroni  nein  horfo, 

«  Pour  treize  sous  le  cent,  nous  pourrons 
nous  en  régaler.  »  (Tôt  va  b.) 

De  fr.  bouffer,  av.  introd.  de  r  (184  6% 
d).  Sur  ou^=  0"^,  34,  rem.  4. 

•  BORGIA  (borgia\  à  St-Mart.  BORI- 
QIA  s.  f.  »  Petite  bourgade,  hameau. 

De  *  burg^Ua,  de  burgum.  Ch.  de  u 
bref  en  o  (40).  L'yotte  est  engendré  par 
lagutt  A=za  {1  rem.  8). 

BORGNAT  (borgnà)  s.  m.  —  Sorte  de 
petite  bécassine. 

Probablem.  du  vol  soudain  et  brisé  de 
la  bécassine,  qui  peut  donner  l'idée  d'un 
vol  à  l'aveuglette.  Borgne  signifiait 
aveugle. 

BORGNICANDOSSE  (borgnikandosse) 
s.  m.  —  Qui  n'y  voit  pas  bien. 


De  borgnicà,  av.  un  suff.  de  fantaisie. 

BORGNICO  (borgnicô;  à  Lyon  borgni- 
quer  v.  n.  for.  borgnicd,  —  Regarder 
avec  difficulté,  en  clignant  des  yeux. 

De  fr.  borgne,  av.  un  suff.  fréq.  et 
comique. 

BORLA  (borla)à  Lyon  bourle  s.  f.  — 
\,  Bosse.  Ina  borla  u  frant,  une  bosse 
au  front. 

De  bnlla,  av.  insert,  de  r  (184  6«,  a). 
On  trouve  déjà  burla  pour  biilla,  dans  le 
sens  de  bulle,  lettre,' dans  une  sentence  ' 
arbitrale  de  Guillaume,  archev.  de  Lyon, 
1885.  Gh.  de  u  bref  en  o  (40). 

2.  Action  de  crier. 

Subst.  y,  lire  de  borlô.  —  Proprem.  la 
crie, 

BORLANT  (borlan)  s.  m.  »  Qui  pleure 
souvent. 

De  6or/ô,  av.  suff.  ant  (=  antem). 

BORLIOU  (borUon)  s.  m.  Flocon  de 
laine. 

De  bnrra,  par  *burr(e)losus  (cp.  vfr. 
bourel)  qui  donne  borlou  (36)  et  borliou 
par  insert,  inexpliquée  de  y. 

BORLLI  (borlhi)  s.  m.  For.  borlie.  — 
i.  Orvet.  De  ce  que  le  paysan  le  croit 
aveugle  (v.  borlli  2). 

2.  Adj.  des  2  g.  Dph.  borlio,  lim.  borli 
borlhe,  —  Borgne.  Se  disait  autrefois 
pour  aveugle  ;  d'où  la  loc.  explétive  borlli 
d'in  ziu, 

le  leo  borlio  de  mou  doux  ieu. 

c  Je  suis  borgne  de  mes  deux  yeux.  • 
(Chans,  dph,) 

Ëtym.  inconn. 

BORLO    (bôrlô),  à 'Crap.    *  BEURLO 
(beurlô)  V.  n.  Wal.  beurler^  vfr.  burler. 
—  Grier,  hurler.  Ss.-rom.  6rw///ii beugler. 
S^apUle  lu  son  corpi  et  cou  de  Rebreyi, 
Que  borle  comm*  In  mu... 

€  Tombe  à  plat  sur  son  corps  et  sur 
celui  de  Rebreyi,  —  Qui  hurle  comme  un 
veau.  »  (MeL) 

De  ail.  brûlen,  par  métath.  de  r  (187 
!•)  ;  ou  d'ululSLre,  av.  prosth.  de  b  (188 
5*). 

N.  propre.  Burland,  Bourland. 

BORMA  (bôrma),  BARMA  à  Lyon 
barme,  balme  s.  f.  —  Goteau  escarpé. 

Du  b.  lat.  balma,  qui  a  le  sens  1*  de 
coteau  escarpé  ;  2*  de  grotte.  Ge  dernier 
est  le  plus  général,  et  sans  aucun  doute 
le  primitif  :  vpr.,  Igd.,  et  alp.,   balma  ; 


Digitized  by 


Google 


56 


BORM 


vfr.  balme,  pr.  haumo,  grotte.  On  trouve 
halma  au  sens  de  coteau  dès  la  première 
moitié  du  xi«  siècle  (S.  Victor  de  Mars.). 
La  définit,  haulma,  crypta  tnontis,  tirée 
par  Du  C.  d'un  gloss.  pr.-lat.,  explique  le 
passage  du  sens  de  grotte  à  celui  de 
l'escarpem.  dans  lequel  la  grotte  est 
creusée. 

Diez,  d'après  Steub,  considère  le  gris. 
pa/ra(?),  comme  la  forme  originaire,  dont 
le  rad.  est  inconnu.  Gh.  de  a  en  <5  (1)  ;  de 
/en  r(173  3-). 

BORM  AT  (bormà)  s.  m.  —  Petit  relief 
de  terrain. 

De  hôrma,  av.  sulT.  dim.  at, 

BORMAYI  (bôrma-yl)  BARMAYI,  à 
Lyon  barmayer  v.  n.  —  En  jouant  aux 
boules,  diriger  sa  boule  sur  un  relief  du 
terrain  de  manière  à  revenir  sur  le  but. 

De  bormat,  av.  sufl*.  fréq.  ay'i  répondant 
à  oier  fr.  Cp.  maneyl  =  vfr.  manoier, 

*  BORMO  (bormo)  s.  m.  —  Clou,  furon- 
cle; parextens.  pus.  Al  ajeM  de  bormo, 
il  lui  est  venu  des  furoncles.  AIp.  botirmo, 
purin. 

D'un  rad.  celt.  borb  borm,  arm.  bour- 
bon  bourbonnem,  ampoule,  pustule  ;  corn. 
burm,  levi\re,  ferment  ;  irl.  borbhaim, 
j'enfle  ;  kym.  burym,  levure  ;  gaël.  borb, 
enfler,  enflammer 

Ce  rad.  est  sans  doute  le  même  que 
celui  de  Borto,  Bormo,  qui  a  donné  les 
noms  de  Bourbon- VArchambault,  La 
Bourboule,  Bourboune  (eaux  thermales) 
et  le  In.  borba  bourbe  (eau  qui  bouillonne 
en  la  remuant). 

BORMO  (bormô),BARMO,  à  Lyon  bal- 
merv*  n.  — Profiter  d'un  relief  de  terrain, 
en  jouant  aux  boules,  pour  arriver  au  but 
par  un  chemin  détourné. 

De  bô^^ma,  barma,  balme,  av.  sufl.  ô 
(14  80). 

*  BORNIAU  (borniô)  s.  m.  à  Lyon 
bourneau  beurneau;  dph.  bourneau 
bornel:  meirs,  bournèu,  Igd.,  ss.-rom., 
sav.  bourneau.  —  Tuyau  pour  la  conduite 
des  eaux.  Ss.-rom.  borni,  fontaine. 

Le  rad.  se  trouve  1*  dans  le  germ.  — 
Ali.  born,  fbntaine,  source  ;  a.-sax.  burne, 
rivière,  fontaine  (d'où  les  noms  de  lieux 
comme  Winterbourn,  Swinburn,  Rad- 
boum,  etc.);  vha.  born  burn,  brunn, 
source.  29  Dans  le  celt.  —  Gaël.  burn^  eau 


fraîche,  irl.  burne,  eau.  N.  de  rivières, 
la  Bourne,  affluent  de  l'Isère  ;  la  Borne, 
torrent  de  la  Hte-Savoie;  la  Borne,  affl! 
de  la  Loire. 

Les  noms  de  nos  rivières  ayant  géné- 
ralem.  une  orig.  celt.  il  est  probable  que 
bo}'niau  est  dér.  du  rad.  celt.,  par  bor- 
nellum,  qu'on  retrouve  en  m.  lat.  et  qui 
donne  borniau  par  ellum  —  tau  (32). 

BORRA  (borra)  s.  f.  —  Bourre;  au  fig. 
cheveux. 

De  bnrra.  Ch.  de  m  en  o  (38). 

BORRASSI  (SE)  (borrassl)  BOUR  RAS- 
SI  (SE)  V.  pr.  Lgd.  s'ebourrossa,  —  Se 
houspiller  ;  littér.  s'arracher  la  bourre. 

Dér.  de  borra,  av.  sufT.  péj.  assi  (15 
3».  rem.  2). 

BORRIAU   (boriô)   s.  m.  —    A    Lyon 
l'Apprenti  canut. 
De  ce  que  le  borriau  massacre  les  fils. 

*  BORRIAU.  AUDA  (boriô,  ôda)  adj.  — 
Cruel,  le.  S'emploie  subslantiv. 

J'on9,  Dzo  niarci,  de  chef*  que  soni  p6t  de  borriaux, 

«  Nous  avons.  Dieu  merci,  des  chefs 
qui  ne  sont  pas  méchants.  »  (Gorl.) 

De  fr.  bourreau^  devenu  bortùaux  (84 
rem.  4,  et  32}. 

BORRON  (bôron),  à  Lyon  bouii'on  s. 
m.  -  Petit  âne. 

De  bot-^-a  (à  cause  du  long  poil),  av.  suff. 
dim.  on. 

BORSAT  (borsà)  s.  m.  —  Garçon,  av. 
idée  de  marquer  le  sexe.  D'un  garçon 
nouveau-né  on  dit  :  Y  est  in  borsat. 

De  burstitum,  qui  est  pourvu  de  bourses, 
au  sens  d'enveloppe  des  testicules.  Le 
mot  ne  comporte  d'ailleurs  aucune  idée 
obscène.  Ch.  de  m  en  o  (38). 

BORSIAU  (borsiô)  s.  m.  —  Broux  de  la 
noix. 

De  bnrsa  =  borsa,  av.  suff.  ellum  = 
iau  (32). 

*  BOSSI  (bôssi)  s.  f.  —  Le  même  que 
boUa,  tonneau. 

L'orig.  de  boita  et  bossi  est  sans  doute 
la  môme.  Bossi  peut  être  venu  par  ail. 
busse  =  butte,  même  sens  (155,  rem.). 
Fin.  1(54  50). 

BOSSICO  (bossikô)  ap.  Coch.  BOUS- 
SIGUER  V.  n.  —  Bouder.  Te  bossîqucs, 
tu  es  de  mauvaise  humeur. 

Du  rad.  de  bosse,  indiquant  le  mouvem. 
en  avant  des  lèvres  dans  la  bouderie, 
comme    bouder    d'un    rad.    bod    boud, 


Digitized  by 


Google 


BOST 


57 


exprimant  renflùre.  Les  suff.  tc/i  iguer 
sont  dim.  Cp.  pr.  houssiffnolo,  petite 
l)0sse  ;  boussignoîa,  enfler,  tuméfier. 
Fin.  6  dans  icô  (14  4«). 

BOSTA  (bôsta),rtp.  Coch.  BASTA.For. 
basla.    —  Employé  seulem.  dans  la  loc. 
Bôsla  per  icinti  ou  iqtiienti,  assez  comme 
cela,  passe  pour  cela. 
Si-d  trayant  leii  que  bru,  laata  l'Or  fout  iqiicii. 

€  Si  elles  n'avaient  fait  que  du  bruit, 
passe  pour  tout  cela.  »  (Ghap.) 

De  it.  bSista,  il  suffit.  Ch.  do  a  on  ô  (5). 

BOSUER(bozuèr)s.m.  — En  Fr.-l.  seuil. 

La  2«  partie  du  mot  est  soleum  =  sud 
suer  (y.  suer),  on  fr.  seuil,  La  l"  est  plus 
obscure.  Je  crois  y  voir  bos,  boi'^  en  vin. 
parce  que  les  anciens  seuils  étaient  formés 
d'une  barre  de  bois  que  l'on  francbissait. 
Gp.  angl.  threshold,  composé  prc>J)abIem. 
de  fouler  et  bois;  il.  soglia  intavolata, 
seuil  de  bois  formant  saillie,  par  oppo.sit. 
à  la  soglia  lise! a.  Il  ne  serait  pas  impos- 
sible que,  au  lieu  de  bos,  bois,  le  rad.  fût 
celui  de  bosse:  bosuer,  ce  qui  fait  renfle- 
ment sur  l'aire.  Cp.  ail.  th'ur-schwelle, 
composé  de  porte  et  de  renfler. 

BOT  (bô)  8.  m.  —  1.  Le  mot,  inconnu 
dos  dial.  d'oc,  existe  dans  tous  les  dial. 
rom.-prov.  et  d'oïl  ;  vfr.,  dph.,  fr.-comt., 
bourg.,  ss.-rom.  bot^  bote,  mess,  ba,  it., 
jn.  lat.  botta.  —  Crapaud. 

A  dzil  que  Ion  mot.  u  Jacol 
EtI  toujours  »61e  comm'In  bot. 

«  Il  dit  que  ton  chétif  Jacques  —  Est 
toujours  sale  comme  un  crapaud.  »  (Due 
Bib). 

Du  germ.  —  Vha.  balte^  isl.  podda^  néerl. 
padde,  Frise  orientale  pudde.  D'après 
Diez,  d'une  rac.  germ.  qui  apparaît  dans 
Tall.  botzen,  chasser,  écarter.  Le  crapaud 
serait  celui  qu'on  chasse. 

2.  vin.  —  Bout.  «  Au  bot  du  petit  mur  qui 
vient  de  la  porte  de  l'ostel  de  Foreys... 
Depuis  le  bot  jusqu'au  quarré  de  ladite 
meyson...  »  (Reg.  cons.  1418,  1419). 

Subst.  V.  de  bouter,  mha.  bôsen.  Bot 
est  la  forme  rég.  In.,  disparue  sous  l'infl. 
de  bout,  mais  conservée  dans  les  dér. 
boto,  bodhulo  etc. 

BOTASSI  (botassi)  à  Lyon  boulasse 
s.  f.  —  Réservoir  pour  l'eau  des  chemins. 

De  butta,  récipient,  av.  .sufl".  augm. 
assi  (=  fr.  asse).  Ch.  de  u  en  o  (40). 
Fin.  i  (54  5«). 

BOTIELLO  V.  boquellô. 


BOTO  (botô)  v.n.  For.  botta,  berr.  aboter, 
—.Réussir,  aboutir,  arriver  à.  Wal.  abosl, 
aboutir  par  voie  de  suppuration. 
L'tflaire  bote  niô,  mcUez-vo,  Pcroyoux. 

«  L'affaire  tourne  mal,  méfiez -vous, 
mineurs.  »  (Per.) 

D'un  rad.  germ.  —  Goth.  botyan,  sax. 
bote,  angl.  to  boot,  réussir,  servir  à; 
sax.  bot  bote,  angl.  boot,  profit,  avantage. 
Probablem.  le  môme  rad.  qui  a  formé 
bôzen,  vfr.  bouter,  dont  botô  peut  n'être 
qu'une  dér.  de  sens  et  de  forme. 

*  BOTTA  (botta)  s.  f.  —  Deux  tonneaux 
de  vin  de  220  litres  chacun,  forment  la 
botte  de  vin.  For.  botte,  outre,  tonneau  ; 
terme  de  mnrino,  boute,  récipient  pour 
embarquer  l'eau  ;  esp.  bota,  bauleille  de 
peau  de  bouc  ;  vfr.  botte  mesure  de  vin. 
«  S'il  se  trouvait  encore  quelque  peu  de 
vin  à  vendre,  il  se  vendait  à  raison  de 
cent  quarante  leus  la  botte,  pariant  à  la 
façon  romaine  (Mém.  de  Villeroy).  »  De  là 
vfr.  botage,  droit  sur  le  vin  vendu  en 
tonneau,  et  botagier,  commis  chargé  de 
la  percept.  du  droit  de  botage. 

Du  b.  lat.  bntta  dont  lei*ad.  se  retrouve 
en  gr:  êvriç;  et  en  germ:  ags.  butte 
bytte,  grand  vase  ;  isl.  bytta  ;  et  en  celt  : 
yiym.bytta. 

BOTTE  8.  f.  —  S'emploie  à  Lyon  dans 
cette  loc.  une  botte  d'encre.  C'est  une 
p  Hite  fiole  de  grès  contenant  de  l'encre. 

S.  l'étym.  V.  botta. 

BOTTET  (bôtè)  s.  m.  Pr.  boutèu  — 
Mollet. 

Non,  comme  le  croit  Monin,  dér.  de 
botte,  mais  tiré  d'un  rad.  bod  bot  qui, 
dans  une  quantité  de  dial.,  a  la  significat. 
d'enflé,  d'arrondi  (v.  boutiffa),  av.  le 
suff.  dim.  et. 

BOTTELLI  V.  bottilli. 

BOTTILLI  (bolilhl)  BOTTELLI  (bolèlh!) 
V.  n.  L  For.  baudilla,  —  Se  couvrir  de 
nuages  amoncelés,  en  parlant  du  ciel. 
O  boitille,  le  temps  se  couvre. 

De  botta,  fascis,  av.  suff.  fréq.  et  dim. 
i7M,  répondant  au  fr.  tller{cp.  t)ra7idillerf 
pendiller,  mordiller).  Bottilhi,  litlér.  se 
couvrir  de  bottelées,  comme  se  pommeler, 
se  couvrir  de  boules  en  forme  de  pommes. 

2.  Se  mettre  en  rond,  en  parlant  des 
moutons,  pour  éviter  la  chaleur  du  soleil 
sur  leurs  léles. 

Même  étym. 

5 


Digitized  by 


Google 


58 


BOTT 


BOTTILLU,  USA  (botilhu,  uza)  adj. 
For.  hnudillous.  —  Couvert  de  nua^^es 
amoncelés,  en  parlant  du  ciel,  du  temps. 

De  bottilhi,  av.  suff.  u  (35). 

*  BOU.  autour  de  Lyon  BU,  vin.  hos  s. 
m.  —  Bœuf. 

L'aulro  dzor,  la  Benailia 
Allnvc  io  cbimp  u  bus. 

«  L'autre  jour,  la  Benoîte  —  Menait 
paître  les  bœufs.  »  (Vieille  cha?is.) 

De  bov(em)  =  hou,  par  voc.  de  v  (119). 
Bu  est  probahlem.^tt?^/',  où  eu  est  devenu 
u  (cp.  seiir  devenu  sur). 

BOUAMO  V.  boimo, 

BOUCHARD,    ARDA  v.  hochôrd. 

BOUCHARLA  (boucharla)  1.  s.  f.  — 
Barbuquet.  V.  bocharla, 

2.  Fauvette.  V.  hocherla. 

*  BOUCHASSARI  (bouchas.sarl)  s.  m. 
pi.  —  Fruits  sauvages.  Orne  bouchillon, 
pommier  sauvage  ;  for.  houchar'in,  qui 
est  des  bois,  forestier.  Je  ne  connais  le 
mot  que  par  Coch. 

Dér.  de  bouchât,  av.  suff.  collect.  comme 
dans  hartasseri. 

*  BOUCHAT  (boucbà)  BOCHAT  s.  m. 
—  Arbre  qui  porte  des  fruits  sauvages. 
B.  dph.  bouchas  y  asse,  non  greffé  ;  norm. 
boquet,  sauvageon. 

De  boscum,  av.  suff.  dim.  ai.  Bouchât, 
arbre  fruitier  des  bois,  par  opposit.  à 
l'arbre  fruitier  des  jardins.  Vfr.  boschage, 
adj.  qui  voulait  dire  des  bois,  agreste, 
sauvage.  On  disait  des  fruits  boschages. 

N.  de  lieu,  le  Pin-Bouchain,  près  de 
Tarare,  dont  la  déclivité  rapide  inspirait 
tant  de  frayeur  à  Mad.  de  Sévigné.  Ici  le 
suff.  est  anus  =  ain  fr. 

BOUCHON  «.  m.  —  Branches  de  pin 
formant  autant  que  possible  la  boule,  et 
qu'on  suspend  en  guise  d'enseigne  à  la 
porte  des  cabarets.  Dans  l'antiquité  le  pin 
était  consacré  à  Bacchus.  Notre  I)ouchon 
en  est-il  un  souvenir?  Dans  les  endroits 
où  il  n'y  a  pas  de  pin  on  emploie  le  houx  ; 
de  là  le  nom  (ïangrullo  donné  alors  au 
bouchon.  —  Par  extens.,  bouchon,  le 
cabaret  lui-même. 

Du  vfr.  bouche,  faisceau  de  branchages 
(de  boscum),  av.  suff.  dim.  on. 

'  BOUDIFLA  (boudifla)  s.  f.  For.  bou- 
difle,  alp.  bouduflo,  pr.  baudufo  bou- 
dufro  ;  Igd.  houdufo  bourdufo,  dph. 
boudifo  boutifïo;  cat.  baldufa.  —  Toupie. 

Le  même  que  boutifïo  adj.,  parce  que 


la  toupie  a  le  ventre  comme  enflé,  et 
parce  qu'elle  fait  un  bruit  semblable  & 
celui  du  vent  produit  par  un  objet  qui  se 
dégonfle.  Ainsi  les  enfants,  à  Lyon,  disent 
d'une  toupie  qu't^lle  a  du  vent.  Peut-être 
aussi  se  faisait-il  des  toupies  métalliques 
creuse.^,  de  celles  que  nous  appelons  à 
Lyon  des  ro7ifles, 

Rabel.,  qui  connaissait  le  Igd.  pour 
avoir  habité  Montpellier,  cite,  parmi  les 
livres  de  la  Bibliolh.  de  Sl-Victor,  la 
Bauduffe  des  thésauriers.  Est-ce  une 
façon  de  dire  que  les  trésoriers  donnaient 
qqfois  du  vent  pour  de  l'argent? 

Depuis  que  Coch.  a  donné  ce  mot,  il  a 
disparu  de  notre  patois,  où  l'on  ne  connatt 
que  fiarda,  à  Lyon  fiarde. 

'  BOU  DR  E  V.  n.  —  Terme  de  batellerie. 
Se  dit  d'un  endroit  où  l'eau  fait  remous. 

Vfr.  boudre,  de  bXLll(e)re.  Boudre  a 
dû  être  bouldre  par  insert,  de  d  dans  le 
groupe  llr  (180  9o),  comme  l'indique 
d'ailleurs  le  vfr.  bouldure,  fosse  sous  la 
roue  d'un  moulin.  Le  b.  dph.  boudre^ 
lorrain  ôodere,  boue;  pr.  boudro,  vase, 
paraissent  dea  mots  différents  et  se  rap- 
porter au  kym.  6aio,  boue,  hudhyr 
boueux . 

BOUGEOLA  (boujola)  s.  f.  For.  botir 
geôle.  —A  Crap.  Ventre. 

De  bulga  =  bogi,  av.  suff.  dim.  o/a, 
La  voc.  de  /,  opérée  dans  le  composé,  ne 
l'a  pas  été  dans  le  simple. 

BOURDOIRI  V.  bôrdoîH. 

BOURLÈYER  (bourlè-yé)  v.  n.  B.  dph. 
broleya,  —  Remuer  inutilem.,  travailler 
sans  résultat,  perdre  son  temps  en  ayant 
l'air  pressé.  Berr.  boulayer  boulager, 
h.  dph.  borla,  mêler,  mélanger. 

De  bourla,  boule,  av.  suff.  fréq.  ayer 
répondant  à  fr.  oyer.  A  Agde,  bourla, 
remuer.  C'est  l'idée  d'une  boule  que  l'on 
roule.  Cp.  fr.  pop.  rouler  sa  bosse.  La 
fin.  er  est  d'oïl. 

BOU RN EAU  V.  borniau. 

*  BOURRi  (bourrl)  s.  m.  —  Amas  des 
balles  ou  enveloppes  des  grains. 

De  *burrB,rium.  Oh.  de  arium  en  i 
(13).  Le  mot  a  subi  une  infl.  d'oïl,  burra 
ayant  donné  borra.  On  Irouve  de  môme 
dans  qq.  contrées  le  mot  bourrier,  mais 
pris  dans  un  autre  sens,  celui  de  pelle 
pour  recevoir  les  ordures  quand  on  les 
balaie. 


Digitized  by 


Google 


BOUR 


59 


BOURRO  (bourô)  à  Lyon  bourrée  s. 
f.  For.  bourra,  botirrassa,  —  Brouée, 
bruine. 

Fi*.  brouée  av.  mètath.  de  r  (187  1»)  ; 
6  =  ée  fr. 

*  BOUSSIGUZ?.  V.  bossicô. 
BOUSSO  V.  Bussô. 

BOUSSOU  (boussou)  s.  m.  —  Pousseur. 

Noulra  tocict6  to  procure  In  boussou, 

Que  I  eut  ruéno  Loyis  jusqu'à  ion  datré  sou. 

€  Noire  société  vous  procure  un  homme 
influent,  —  Qui  peut  ruiner  Louis  jusqu'à 
dernier  sou.  »  (Proc.) 

De  boiissô,  bussô  =  pousser,  av.  suff. 
ou  =  orem  (34  bis), 

BOUTASSE  s.  f.  —  Réservoir  où  Ton 
recueille  l'eau  des  chemins. 

De  butta,  av.  suff.  augra.  et  péj.  asse. 
Mot  des  environs  de  Lyon,  ainsi  que  le 
montre  l'infl.  d'oïl  qui  a  donné  u  bref 
entr.  =  ou  au  lieu  de  o  (38),  et  la  finale 
en  e  muet  au  lieu  de  i  (54  5®).  Le  mot 
rustique  est  serva. 

BOUTIFLO,  FLA  (bcutiflo,  fla)  à  Lyon 
boutiffe  adj.  Lgd.  boude flo  boudiflo 
boudoufle,  pr.  boudenfle,  piacenlino 
bôdeûifi,  —  Enflé,  bouffi.  Al  aie  gaugnes 
boutiffes,  il  a  les  joues  enflées. 

D'un  rad.  boud  bod  signifiant  objet 
enflé,  et  d'un  suff.  qui  répond  lui-même 
au  rad.  àUnflare  (cp.  pr.  boudenfte).  Il  y 
a  donc  dans  boutiflo  une  sorte  de  répetit, 
renforçante.  Boutiflo,  c'est  deux  fois  enflé. 
Cp.  In.  bottet,  mollet  c'est-à-dire  partie 
arrondie  ;  rch.  boder,  enfler;  fr.  boudiné, 
nœud  ;  boudin,  boyau  gonflé  ;  bouder, 
gonfler  ses  lèvres  ;  for.  bontifle,  vessie. 
Ce  rad.  est  dans  le  lat.  botulus. 

BOUVINE  V.  bovina. 

*  BOUZA  (bouza)  s.  f.  —  Bouse.  Au 
fig.  fille  indolente.  E  yet  ina  bouza,  elle 
ne  fa  ren  ;  c'est  une  bouse,  elle  ne  fait 
rien  (Goch.). 

Vha.  bVLtze,  fumier.  La  fin.  a  est  insolite 
(54  5»). 

BOVINA  fbovina),  ap.  Goch.  BOUVINE 
8.  f.  —  1.  Vache.  Au  fig.  femme  mal  élevée, 
paresseuse  (Goch.).  'Z.  Vfr.  bouvine.  — 
Troupeau  de  vaches.  Ina  forta  bovina, 
un  grand  troupeau. 

De  bovem,  av.  suff.  dim.  ina. 

*  BOYA  (bô-ya)  s.  f.  —  Génisse. 


De  bocula,  réduit  à  ôocVa  (78).  Ch.  de 
cl  en  Ih  (184  2»,  b).  D'où  bolha,  puis 
baya  par  substit.  de  y  à  Ih  (184  S«  c). 
La  termin.  ta  au  lieu  de  i  (54  3»)  a  peut- 
être  pour  cause  la  nécessité  de  différencier 
le  mot  de  celui  de  bôyi,  jeune  fille. 

BOYAUDE  (boyôde)  s.  f.  —  En  Fr.-l. 
Fille  de  ferme.  For.  boyaude,]QWY\(i  fille. 

De  bôyi,  jeune  fille,  av.  suff.  aude,  du 
germ.  wald. 

BOYES  (bô-yes)  s.  f.  pi.  —  Boyaux. 

De  botula  =  boVla  (78)  =  bocla  (184 
4«)  =  bolhi  (184  2o.  b)=  6ô-yi  (1842», 
c).  Le  mot  n'étant  employé  qu'au  plur., 
on  a  bôyes  (55). 

*  BOYON  s.  m.  —  Petit  veau.  A  Morn. 
jeune  taureau. 

Do  bôya,  av.  suff.  dim.  on. 

*  BOYONNA  (bo-yona)  s.  f.  —  Vache 
qui  a  fait  son  veau  (Goch.). 

De  boyon.  Une  vache  qui  a  fait  son 
boyon,  qui  a  *boyonnô, 

'  BOYONNA  (boyôna)  adj.  fém.  —No 
s'emploie  que  dans  l'express.  te)*ra  boyon" 
na,  pour  terre  qui  s'éboule  faute  d'une 
pente  suffisamm.  douce  ou  d'une  retenue 
(Goch.). 

De  bôyes,  boyaux  (v.  s'ébôyl),  av.  suff. 
071  au  fém.  (cp.  bravona). 

*  BRACO  (brakô)  v.  a.  —  1.  Briser, 
abîmer.  Suei  lot  bracô,  je  suis  tout  brisé. 
For.  braqua,  tiller  les  tiges  de  lin  ;  lim. 
breca  breja',\^v.  brcgar,  pr.  brega,  dph., 
viv.  breia  ;  lgd.,  gasc.  barga,  broyer, 
égruger. 

Orig.  germ.  —  AU.  brechen,  angl,  to 
br€ak,\io\\.  braaken,  dan.  braeker,  sax. 
braecan,  golh.  brihan,  briser,  rompre. 
Mot  venu  par  oc,  comme  l'indique  la  per- 
sist.  du  c  dur.  E  germ.  ne  donne  pas  com- 
muném.  a,  mais  l'étym.  est  appuyée  par 
le  vpr.  brcgar,  où  e  a  persisté,  à  côté  du 
lgd.  barga,  où  a  a  prévalu.  Gp.  aussi  isl. 
braka,  craquer,  en  parlant  du  ))ois.  Ulfilas 
a  brakja  (goth.),  lutte,  combat.  Tout  cela 
paraît  être  le  môme  que  lat.  frangere, 
fragor. 

2.  Gouper  les  pampres  des  mauvais 
plants  afin  de  changer  les  ceps  en  pro- 
vignaut. 

Môme  étym.  Gp.  lorr.  rebriser  pour 
épamprer. 


Digitized  by 


Google 


60 


BRAG 


BRAGARD  (bragar)  BRAGORD  s.  m. 
Un  homme  bien  mis,  bien  paré,  sémillant. 
Wall,  bragar z^  jeunes  gens  qui.  enru- 
bannés, empanachés,  l'épée  au  côté,  font 
les  honneurs  des  processions;  norm. 
hraguCy  vif,  emporté. 

Vfr.  hragard,  gentil,  aimable,  d'orig. 
germ-  se.  hraka,  parader,  angl.  braggart, 
fanfaron    holl.  hraggaerd. 

Sobriquet  Lespinasse  de  Morn.  signait: 
Lespinasse  dit  Bragard ,  fifre  de 
Mornant. 

Dans  bragôrd  a  ton.  a  passé  ko  (1). 

BRAGORD  V.  bragard. 

BRAI2A  (brôza)  BRÈ2A  s.  f.  For. 
braise,  dph.  brise,  b.  dph.  bressa,  b.  lat. 
bricia,  Igd.  brizo,  gèv.  brena  embrena. 
—  1.  Miette.  De  braises  de  pan,  des 
miettes  de  pain. 

La  plupart  des  formes  indiquent  une 
dér.  du  V.  briser,  comme  fr.  débris.  Le 
passage  de  i  k  e  dans  qques  formes  a 
peut-être  eu  lieu  sous  l'infl.  du  vpr. 
bresilh,  d'où  In.  abresilli  et  fr.  brèsillcr, 
se  réduire  en  miettes  comme  du  brésil. 

2.  Ina  braiza,  itia  braizi,  ap,  Goch. 
ina  brisi.  For.  braise  bréysa,  Igd.  brizo, 
dph.  brizi.  —  Très  petite  quantité,  quelque 
peu.  Un  petit  brizi,  una  petita  brizi,  un 
tant  soit  peu  (Goch.).  Yquien  le  fit  rire 
una  braisa,  cela  les  lit  rire  un  peu  (DiaL). 
«  Quand  j'amou  quauqua  bréyza.,.  », 
quand  j*aime  quelque  peu  (Chap.). 

De  s'aprucbié  de  Icu  per  li  dire  uua  brizi 
Solamen  de  son  fa  1.... 

€  De  s'approcher  de  lui  pour  lui  dire 
un  brin  —  Seulement  de  son  affaire.  * 
(Vieuten.) 

Bevans  oo  cop,  bcvans  z'en  duus, 
Et  môDio  Irai,  et  mai  >e  poul; 
On  cop  n'arrouzcquc  *na  braiza. 

«  Buvons  un  coup,  buvons-en  deux,  — 
Et  même  trois  et  plus  s'il  se  peut  ;  —  Un 
coup  n'arrose  que  tant  soit  peu.  »  (Coz.) 

C'est  braiza,  miette,  au  lig.,  c'est-à-d. 
très  peu  de  chose.  Braiza  est  la  forme 
ancienne  tendant  à  passer  à  la  fin.  i. 
(64  5«). 

BRAISE  (brôze)  s.  f.  —  Ma  braise,  à 
Lyon,  express,  de  tendresse,  qui  s'adresse 
surtout  aux  enfants. 

De  braiza,  miette,  à  cause  du  caractère 
dim.  dos  express,  de  ce  genre,  où  se 
marque  le  sentiment  de  commisérat.  qui 


s'attache  aux  faibles  et  aux  petits  (cp. 
mon  petit,  mon  rat07i,  mon  poulot  ;  gév. 
mon  pitoutet,  dim.  de  petit). 

BRAISSELLA  (bréssèla)  s.  f.  —  Pioche 
à  8  dents  opposées  à  une  petite  pelle. 

De  *bracceUa,  dér.  de  brachium.  Ui 
dans  ai  est  dû  à  la  persist.  de  a  (cp.  11), 
comme  dans  le  bourg.  b7'ai,  le  wal.  bres 
=  brachium.  —  Lesuff  ella  est  en  général 
dim.  Il  indique  ici  le  dim.  de  l'idée  de 
bras  :  braissella,  petit  bras.  Dans  qques 
villages,  sous  l'infl.  de  brasser,  on  dit 
brassella. 

BRAMA  (brama)  s.  f.  —  1.  Espèce  de 
poisson  du  genre  carpe. 

Prcni  don  cela  bella  brama. 

«  Prenez  donc  cotte  belle  brome.  »  (Bern,) 

Vx  ail.  brachsme,  ail.  brachsen.  Le 
maintient  de  a  ton.  au  lieu  de  son  passage 
à  ô  indique  que  le  mot  est  de  la  ville. 

2.  Vache  qui  n'a  pas  encore  fait  de  veau, 
vache  stérile  (pat.  de  St-Symphor,  gj». 
Goch.). 

Brama  se  rattache  au  vfr.  baraigne, 
par  une  filial,  qu'on  peut  suivre  dans  les 
dial.  suivants:  bourg,  braime,  pic.  breine, 
berr.  brdgne,  fr.  brehaigne,  vfr.  baraigne 
que  Diez  tire  de  baro,  homme,  comme  esp. 
machorra,  de  macho  et  vpr.  tauriga,  do 
taur.  —  Baraigne,  femme-homme.  La 
qucstion^est  de  savoir  quelle  est  la  forme  la 
plus  ancienne  de  bar  ou  de  bra.  Si  c'est 
cette  dernière,  il  S3rait  plus  simple  de 
rattacher  le  mot  à  l'ail,  brach,  infertile  ; 
holl.  braeck,  stérile.  Je  crois  que, 
jusqu'à  présent,  les  formes  les  plus 
anciennes  donnent  bar. 

BRAMAFAN,  lieu  dit,  à  Ste-Foy-lez- 
Lyon. 

De  brama,  crier  et /an,  faim.  Suiv.  une 
tiad.  popul.,  aurait  une  orig.  historique 
dans  la  bienfaisance,  pendant  une  famine, 
d'un  M.  Arnaud,  propr.  d'un  château  au 
dit  lieu. 

BRAMO  V.  bromô. 

BRANCANIÈRE  v.  brécanière. 

BREN  (bran)  ap.  Goch.  BRIN.  s.  m.  — 
Son  du  blé. 

Vfr.  bren. 

BRANDA  (branda)  s.  f.  —  Secousse. 
Bailhi  ta  branda,  donne  ta  secousse. 

Subst.  V.  tiré  do  brandô. 


Digitized  by 


Google 


BRAN 


61 


*  BRANDIGOLO  (brandigolô)  à  Lyon 
brandigoler  v.  n.  —  Branler,  vaciller. 

De  brandir,  av.  un  suff.  fréq.  et  comique, 
formé  sur  le  suff.  fr.  oler  (cp.  rigoler, 
grisoller^  fignoler), 

*  BRANDIVI  s.  f.  —  Escarpolette.  Je  ne 
connais  ce  mot  que  par  Goch..  et  ne  sais 
où  placer  l'accent.  Si  c'est  un  paroxyton, 
on  devrait  avoir  hrandiva.  Si  c'est  un 
oxyton,  le  suff.  ici  est  absolument  insolite. 
Il  faut  peut-être  lire  hrandiviri^  av.  suff. 
iri  =  aria,  formé  sous  l'infl.  de  tiiri. 

De  brandir. 

*  BRANDO  (brandô)  v.  a.  B.  dph. 
branda,  —  Secouer.  Y  lo  bra7idiro7it,  ils 
le  secouèrent  (Goch.).  Balancer. 

Cbôcun,  lo  bras  brandant,  aiïroiilc  lo  dangl. 

«  Chacun,  les  bras  ballants,  affronte  lo 
danger.  »  (lirey.) 

'  Du  nor.  hrandr,  dont  on  a  formé  un 
verbe  de  la  l'^  conjiig.  tandis  que  le  fr. 
en  formait  un  de  la  2°  (brandir). 

*  BRANDONS  -^■'«  dimingi  dons  Bran- 
dons, le  premier  dimanche  de  carême. 

Ainsi  nommé  des  feux  allumes  ce  jour-là. 
«  On  appelle  lou  brandon  ou  la  farassi 
un  paquet  de  paille  allumé  au  bout  d'un 
bâton,  et  qui  tient  lieu  de  torche.  r>  (Coch.). 

De  fr.  brande,  av.  suff.  dim.  on. 

BRANDOUILLE  (brandoulhe)  adj.  des 
2  g.  — A  Lyon  dans  l'expression  Cuisinier, 
Cuisinière-brayidouille  pour  cuisinier  etc. 
qui  fait  des  mets  délavés,  baignant  dans 
une  méchante  sauce. 

Forme  d'oïl.  Le  pat.  serait  brandoyi. 
Je  crois  le  mot  importé  par  les  Jtal.  au 
xv«,  XVI*  s.  Les  mots  de  ce  genre  sont 
restés  confinés  à  Lyon.  L'orig.  est  peut- 
être  rit.  popul.  brodsiia,  méchante  soupe 
à  bouillon  très  allongé  (de  brodo  bouillon). 
La  «  cuisinière  à  brodaia  »  a  pu  être 
corrompu  en  cuisinière  braîiàouille,  à 
l'aide  du  suff.  péj.  ouille  employé  pour 
les  objets  liquides,  (v.  bassoyi). 

BRANDUSSO,  (brandussô),  BRAN- 
DUSSI  V.  n.  Dph.  brandusser,  b.  dph. 
brandouiller,  —  Muser,  flâner,  ne  se 
prendre  à  rien.  Je  crois  le  mot  d'origine 
dph.  Pr.  brandussa,  secouer. 

Du  rad.  de  brandir  av.  un  suff.  à 
caractère  péj  or.  et  traînard. 

*  BRASSIRI  (brasslri)  s.  f.  —  1.  Bras- 
sière. 


2.  Bras  d'une  rivière.  La  brassiri  dou 
Rôno  (Goch.). 

De  bras,  av.  suff.  iri  =  fr.  ière  (13). 

*  BRATTO  (bratô)  v.  a.  —  Baratter  le 
beurre. 

De  baratte.  Chute  de  la  proton,  init. 
(185).  Suff.  ^(141"). 

'  BRATTUSA  (bratuza)s.'f.  —Express, 
péj.  «  Femme  qui  pétrit  le  beurre  qu'elle 
achète  en  grosses  masses,  et  le  divise  en 
livres  et  demi-livres  afin  do  le  faire  passer 
pour  frais.  »  (Goch.).  A  Lyon  rebroyeuse. 

De  brattà  av.  suff.  usa  (34  bis) 

BRAVA  (brava)  s.  f.  —  Génisse. 

Duvpr.  brava,  même  sens  ;  masc.  brau, 
taureau.  Le  mot  de  bravo  signifiait 
sauvage  en  parlant  des  animaux  ou  des 
plantes.  B.  lat.  bravus  bos,  taureau 
indompté  ;  ital.  toro  brado,  mémo  sens. 
Diez  lo  tire  du  vha.  raw,  crudus,  Langen- 
siopen  de  ravus,  M.  Cornu,  de  barbarus, 
M.  Storm,  de  rabldus. 

BRAVAGI  (bravagf)  v.  a.  —  Bavager. 
«  L'affrousa  guorra,  que...  bravage  los 
champs,  »  l'affreuse  guerre  qui...  ravage 
les  champs.  »  (Senn.) 

Do  ravager,  av.  prosth.  de  b  (183  G"), 
et  passage  du  suff.  cr  à  i  (15  2"). 

BRAVO,  VA  (bravo,  a)  adj.  -  Joli, 
gracieux.  In  bravo  boues,  un  joli  liois. 
Se  dit  spécialement  en  parlant  de  la 
toilette.  Bravo,  bien  mis. 

Même  orig.  que  lo  fr.  brave,  pris  dans 
celte  accopt. 

BRAVONA  (bravona)  s.  f.  —  1.  Jeune 
génisse. 

De  brava,  av.   suff.  dimin.   on,  ona. 

•2.  Jeune  fille  gentille,  agréable. 

De  bravo,  av.  inéme  suff. 

BRAYI-CU  (bra-yi-cû)  s.  m.  — •  Prime- 
vère jaune. 

De  brayi,  culottes,  et  cocu.  —  D'où 
brayi'cocu,  réduit  à  brayi-cû  par  aphé- 
rèse de  l'init.  dans  le  2«  mot.  Dans  le 
vel.  la  contract.  ne  s'est  pas  opérée,  et 
l'on  dit  le  composé  tout  entier  :  braia-de- 
couguiéu,  dim.  braieta-de-couguiéu. 

BRÉCANIÈRE  Cbrékanière)  BRANCA- 
NIÈRE  s.  f.  —  Sorte  de  filet.  —  Je  crois 
brécanière  usité  par  les  mariniers  du 
Rhône,  et  brancaniàre  par  ceux  de  la 
Saône. 


Digitized  by 


Google 


62 


BRED 


De  brB,nca  (parce  que  le  manche  du  filet 
se  divise  en  deux  branches),  av.  sufT.  d'oïl 
lève  =  avio,  (13),  Je  ne  sais  expliquer  le 
pass.  de  an  k  é  dans  la  forme  hrécanière. 
La  persist.  de  k  est  sans  doute  due  à  une 
cri  g.  pr. 

BREDIN.  BARDIN  s.  m.  Berr.  herdin, 
roan.  bredin,  —  Sot,  niais.  De  là  le 
pseudonyme  de  Bredin-le-Cocu^  choisi 
par  B.  du  Troncy,  auteur  du  Formulaire 
fort  récréatif.  Feirelo  bredin,  contrefaire 
le    sot,   l'ignorant. 

Te  me  print  ptr  ine  bushe 
Parce  que  z*ai  l'air  lut  bredin, 

«  Tu  me  prends  pour  une  bûche.  — 
Parce  que  j'ai  l'air  d'une  bêle.  »  (Chans. 
du  Roan.) 

D'un  rad.  bred  qu'on  trouve  dans  vfr. 
bredir,  vpr.  braidir,  fr.  bredouiller, 
bégayer,  balbutier.  Ce  rad.  est  peut-être 
tiré  du  vfr.  brait^  cri,  du  b.  lat.  bragire, 
A  ce  rad.  s'ajoute  le  sufT.  dim.  in, 

La  forme  bardin,  usitée  aux  environs 
de  Villefranche,  pourrait  faire  songer  à 
bardum,  mais  elle  n'est  qu'une  transfor- 
mat, de  berdin,  av.  élargissem.  de  e  en 
a  sous  l'infl.  de  r  (66),  tandis  que  berdin 
ne  peut  venir  de  bardin.  Quant  à  berdin, 
c'est  bredin  av.  mélath.  de  r  (187  !•). 

BREDOCHI  (bredochi)  s.  f.  —Fétu dans 
l'œil.  «  Je  creyo  que  j'ai  ina  bredochi 
dins  lo  ziu  »,  je  crois  que  j'ai  un  fétu 
dans  l'œil. 

Parait  un  dim.  de  borda,  par  métalh. 
de  r,  plus  un  suff.  péjor.  ochi  (cp.  bam- 
boche, bancroche,  anicroche ,  caboche) 
répondant  à  ocea. 

BRELO  (brelô)  v.  a.  —  A  St-Mart. 
Secouer  un  arbre  pour  en  faire  tomber  le 
fruit. 

De  branler,  devenu  brela  probablem. 
sous  l'infl.  de  breloque,  chose  qui  remue. 
Cp.  wal.  barloker,  vaciller,  pendiller. 
Nous  disons  aussi  au  fig.  breloquer,  être 
agité,  ne  savoir  ce  qu'on  fait. 

BRELUCHI  (breluchi)  BRELUCHON  s. 
m.  —Petit  bout  de  bois. 

Le  phonème  luche  en  In.  exprime 
l'idée  de  choses  insignifiantes,  de  brim- 
borions. Liuchit  terme  de  mépris,  homme 
de  rien  ;  lorr.  furluche,  petit  bout  de 
bois  ;  cp.  fr.  freluche  fanfreluche.  Il 
est  probable  que  c'est  freluche  qui  a 
engendré  breluchi.  Le  ch.  de  /*  en  6  a  pu 


se  faire  sous  l'infl.  de  bredochi.  Fin.  i 
(54  î^).  Dans  breluchon  s'est  ajouté  le 
suff".  on  qui  est  dim. 

BRELUCHON  v.  breluchi, 

BRÉRI  (brôri)  s.  f.  —  Bruyère. 

De  *bn((g)a,ria,  par  une  forme  brueria, 
qu'on  trouve  au  xiv«  s.  dans  les  Actes 
capitul.  de  l'Église  de  Lyon  (cp.  bruera, 
dans  Mat.  Paris).  Druéria  donne  bréri, 
1»  par  la  chute  de  la  voy.  atone  de  l'hiatus 
(cp.  roo7id,  devenu  rond  ;  eage,  âge)  ; 
2'  par  ch.  de  ia  post-ton.  en  t  (54  !•) 

BRESTO  (brestô)  v.  a.  —  Poursuivre, 
presser. 

De  it.  presto.  Ch  de  pr  en  br  (110, 
rem.).  Sufl".  d  (14  !•). 

BRETAYI  (breta-yf)  v.  n.  —  Bégayer. 

Du  vpr.  bret,  «  homo  linguse  impe- 
ditœ  j»  ;  vfr.  parler  bret  ou  bretonner^ 
balbutier.  Ajoutez  le  sufl".  fréq.  ayi  =  fr« 
oier. 

BRETAYOU,  OUSA  (breta-you,  ouza) 
BRETEYOU,  OUSA  adj.  -  Bégayeur, 
euse. 

Du  rad.  de  bretayi,  avec  sufT.  oa  = 
osus  (35). 

BRETEYON  (brelè-yon)  s.  m.  —  Bé- 
gaiement. 

Subst.  V.  tiré  de  bretay'i,  av.  suff.  on. 

BRETEYOU  v.bretayou. 

BRETILLON  (bretilhon)  s.  m.  —  A 
Paniss.  Petit  pot  pour  le  lait. 

Deberton,  av.  métath.  de  r  (187  i') 
et  sufl*.  dim.  illon. 

BRETONO  (bretonô)  v.  n.  Alp.  broittar, 
pr.  gév.  broutouna  broutouneja;  br. 
brotonô.  —  Bourgeonner. 

Vclia  Teni  lo  zouli  ma 
l^icho  brolono  lo  bcu. 

«  Voici  venir  le  joli  mois,  —  Laissez 
bourgeonner  le  bois.  »  (Cha7is.  bress.) 

De  brot,  av.  un  suff.  0716,  au  lieu  de  6 
(14  3")  par  analog.  avec  fr.  boutonner, 
de  bouton,  même  sens. 

BRETTO  (brètô)  v.  n.  Ss-rom.  britta, 
jur.  breta,  lorr.  brdter.  —  Faire  tourner 
une  voilure.  BretV  à  draita,  tourne  à 
droite. 

De  *bracta,re{V,,  de  btxichium,  comme 
m,anicare  de  rnanus.  La  forme  lorr. 
appuierait  l'étym.  Brdter  à  droite,  par 
ex.,  serait  appuyer  sur  le  bras  droit  du 
brancard.  Ch.  de  ac  en  ai  (61),  écrit  è  ; 
de  are  en  ô  (14  !•). 


Digitized  by 


Google 


BREV 


63 


BREVIER  (brevié)  s.  m.  —  Fort  bâton 
où  l'on  suspend  une  benne  de  vendange, 
et  dont  deux  hommes  portent  les  bouts 
sur  leurs  épaules. 

Étym.  inconn.  —  Ne  pourrait-on  supposer 
berbica,rium,  bélier,  grosse  barre  de  bois? 
La  marche  serait  herhicarium  bei^ica- 
rium  (on  trouve,  au  vu*  s.,  bervicarius  p. 
berbicarius),  berviiarium  (128),  be7*vier^ 
avec  suff.  d'oïl  (13),  brev ier  {ISl  !•). 
L'object.  que  dans  berb(ijcarium  =  barg\, 
c'est  la  proton,  qui  est  tombée  et  non  la 
cons.  (berbi(c)arium),  est  levée  par  des 
ex.  de  doubles  formes  analog.(cp.  neb(ii)la 
=  gnibla  et  ne(b)iila  =  niola). 

BRÊZA  V.  braiza. 

BRÈZINO  (brèzinô)  v.  n.  —  Tomber  des 
gouttes.  0  brèzine^'û  commence  à  pleuvoir. 

De  (rai^a,  pris  au  sens  de  gouttes,  av. 
suff.  dim.  inô. 

BRI  s.  m.  A  Morn.  sorte  de  petit  Char 
à  2  roues. 

Peut  être  corrupt.  de  break,  bien  que  le 
break  soit  une  voiture  très  différente.  Les 
motH  étrangers  s'introduisent  très  facilem. 
dans  nos  pat.  en  subissant  des  ch.  de  forme 
et  de  sens.  Ce  qui  prouve  que  le  mot  est 
d'importat.  récente  c'est  qu'il  ne  se  trouve 
pas  dans  les  pat.  congénères. 

BRILLANT  (brilhan)  s.  m.  Périg.  briant, 
—  Bruant,  oiseau. 

Corrupt.  de  bruant.  Ces  confus,  de  mots 
sont  continuelles  quand  il  y  a  simple 
analog.  de  sons,  même  sans  rapport  de 
sens.  Ainsi  le  brillant  a  le  plumage  terne. 

BRIMA  (brima)  s.  f.  -  Brouillard, 
gelée  blanche.  Tian  de  brima,  temps  de 
brouillard,  de  gelée  d'hiver. 

Àl  est,  al  est  pass6,  çu  vilain  tian  de  brima. 

«  Il  est,  il  est  passé,  ce  vilain  temps 
d'hiver.  »  (Mon.) 

Parait  être  bruma.  Le  passage  de  uki 
pourrait  peut-être  s'expliquer  par  l'infl. 
de  frimas, 

BRIN  Y.  Brun, 

BRINGUE  s.  f.  —  Fille  longue  et  dégin- 
gandée ;  norm.  bringue,  fille  mal  tournée, 
dégingandée;  b.  dph.  môme  sens;  saint, 
fille  folâtre.  Partout  le  mot  s'emploie  av. 
Tadj.  grande  :  ina  granda  bringa.  For. 
bringue,  b.  dph.  bringue,  rosse,  mauvais 
cheval.  Poit.  bringuer,  danser. 

S.  verb.  de  bringuer,  danser,  pris  au 
sens  de  se  dégingander  ;  esp.,  port,  brin-  1 


car,  Diez  le  tire  dugerm.  blinkcn,  briller, 
mair  le  sens  ne  s'y  prête  pas.  Ce  mot 
doit  être  identifié  av.  it.  springare,  vfr. 
espringuer,  trépigner,  danser  en  trépi- 
gnant ;  du  vha.  springan,  même  sens. 
Chute  de  s  (112  J  2);  ch.  de  pr  en  br 
(110,  rem.). 

BRIQUES  s.  f.  pi.  —  Petits  fragments. 

Accept.  ancienne  de  brique.  Du  germ.  — 
Ags.  brice,  fragment;  sax.  braecan,  briser. 

BRISAIRO  (brizèro)  s.  m,  —  Scieur  de 
long. 

De  vha.  brista^i  =  brisl  +  suff.  airo 
(34  6w,  rem.)  f^a  dér.de  sens  est  curieuse. 

BRISCAILLE(briscalhe)  s.  f.  For.  bris- 
caille,  périg.  briscalho,  —  Express,  péj. 
Se  dit  d'un  mauvais  sujet,  d'un  mauvais 
âne,  d'un  mauvais  mulet.  En  For.  vaga- 
bond, vaurien.  Pr.  bricaio,  canaille. 
Salul,  grand  feneyanl, 
Te  ToJo  vérc  in  jour  briscailU  et  mendiant. 

«  Salut,  grand  fainéant,  —  Je  veux  te 
voir  un  jour  vagabond  et  mendiant.  » 
(Met.) 

Du  vfr.  bris,  bricon,  fou,  insensé, 
impudent.  Au  suff.  on  a  été  substit.  le 
suff.  aille,  beaucoup  plus  péj.  (cp.  gueu- 
saille,  valetaille),  Diez  le  tire  du  h.  ail. 
brecho  (?). 

BRISI  V.  braisa, 

BRISON  (brizon)  s.  m.  Pr.  brisoun, 
Igd.  gév.  brisetta.  —  Très  peu  de  chose. 
Vo  vède  ben  qu*  ou  f  allié  faire  un  fricot 
par  nos  galo  m  pitu  brison,  vous  voyez 
bien  qu'il  fallait  faire  à  manger  pour  nous 
réjouir  un  tant  soit  peu.  (Par.  Cond,) 

Dim.  de  braiza,  à  l'aide  du  suff.  on, 
Brison  confirme  l'étym.  briser, 

BRISSA  (brlssa)  s  f.  B.  lat.  ru8cum.  — 
En  ,Fr.-l.  Ruche.  Vfr.  bresche,  rayon  de 
miel. 

Orig.  celt.  —  Kym.  rhisg,  arm.  rusk, 
gaël.  rusg,  écorce,  parce  que  les  ruches 
étaient  primitivem.  en  écorce.  Prosth.  de 
6  (183  6-). 

BROCA  (broca)  s.  f.  —  Génisse  toute 
jeune. 

De  broque  broche,  parce  que  les  cornes 
commencent  à  pousser  (cp.  fr.  broquart, 
angl.  brochet,  jeune  chevreuil,  daim).  La 

broca  est  littér.  une  petite  corne. 
^\ 
BROCHES  (broche),  à  Lyon  brdches  s. 
f.  —  Fétus,  très  petits  débris  de  paille, 


Digitized  by 


Google 


64 


BROC 


de  végétaux.  Y  a  de  broches  (lins  lo  lai, 
il  y  a  (les  débris  dans  le  lait. 

De  "^brsLcchia  (?),  formé  sur  le  sax. 
hraekan,  goth.  brikan  (v.  hracô),  Gh.  d3 
a  en  <5  (1)  ;  de  ce  en  ch  (154). 

BROCHET  (broché)  s.  m.  Vin.  —  Grand 
vase  à  boire,  en  bois.  —  Arch.  mun. 
(1473)  :  «  A  Humbert,  barlatier,  pour  un 
brochet  pour  tenir  eau  ncte  pour  boire  es 
ouvriers  et  manœuvres.  » 

Brochet  est  l'augm.  de  broc,  ital.  brocca, 
tiré  de  brocca,  broche,  parce  que  le 
brochet  a  un  bec  (à  Lyon  bronçon)  par 
où  s'échappe  Teau.  Le  vfr.  avait  brochier 
et  brocher  on. 

BROCHIE  (brôchi)  s.  f.  Vin.  — Inv.  des 
Arch.  dép.  (1361-1365)  «  Item  por  enferrar 
un  pot  et  por  xi  brochies  a  que  Ton  trait 
lo  pot  »  ;  item,  pour  ferrer  une  pièce  de 
bois  et  pour  11  broches  qui  servent  à  la 
tirer.  Il  s'agit  ici  d'un  instrum.  utilisé 
pour  la  défense  de  la  ville,  peut-être  d'une 
sorte  de  levier  pour  tendre  les  chaînes  ou 
d'une  espèce  de  barre  pour  les  portes  de 
de  la  ville.  Il  faut  admetlre  que  le  scribe 
a  écrit  pof  pour  pan  (palum),  ce  qui  n'a 
rien  que  de  plausible,  car  on  trouve  dans 
les  mêmes  comptes,  1377-1380  :  «  Item  por 
III  pos  de  sapin  qui  furent  emploiez  à 
faire  le  tabler  sur  la  porte  delà  Lanterne.  » 

De  brocca.  Gh.  de  ce  en  c/t  (154)  ;  de  a 
en  i  (54  2»)* 

*  B ROCHON  (brochon)  s.  m.  —  Broche. 

De  brochi  av.  satî.  dim.  on, 

BROÇON  V.  bronçon. 

"  BROGI  (brogi)  v.  n.  For.  brogi, 
brougl  ;  dph.  brogi,  bas  dph.  briija.  — 
Réfléchir  profondément. 

Ne  6roge-t-cl,  s'ul  ot  una  râla  ffrill{(^, 
Qu'ô  quoque  friqueiidd  que  la  vin  virolié. 

«  Ne  songe-t-il  pas,  s'il  ouil  une  souris 
faire  un  peu  de  bruit,—  Que  c'est  quelque 
galant  qui  la  vient  retourner  ?  »  (Banq.) 
Tu  le  broge. 

Qu'on  ne  cci  mige  rcn  qui  poigne  de  rampau. 

«  Tu  t'imagines —  Qu'ici  l'on  ne 

mange  rien  que  des  gâteaux  du  dimanche 
des  Rameaux.  »  (Vieut.) 

Derod(i)csire(%  Gh.dcrfcen^Mei  5«); 
de  are  en  t  (15  2*)  ;  prosth.  de  b  (188  6«). 

BROMO(brômô),  '  BRAMO  v.  n.  Dph., 
Igd.  brama.  —  Crier,  pleurer.  Vefani  a 


bramô,    l'enfant    a  crié.   As-tu  fine   de 
brômô  ?  as-tu  fini  de  pleurer  (Grap.)- 
Du  vha.  breman,  rugir.  Suff.  rf  (14  8»). 

*  BRONCO  (bronkô)  v.  a.  —  Heurter. 
Du  vpr.  brucar,  broncher  ;  vha.  bruch, 

néerl.  brok,  chose  cassée.  Insert,  do  n 
(184  7«). 

BRONÇON  (bronsson)  BROÇON  s.  m. 
For.  bresson  broussotiy  dph.  broussou, 
b.  dph.  broiinsoun,  vfr.  brosson  broçon 
brochon,  vpr.  broisson.  —  Le  bec  par 
lequel  sort  l'eau  d'une  cruche.  Suôd. 
broke  brog^  tube. 

Des  celtisants  ont  proposé  kym.  bron, 
bronnaUf  corn,  bronnow,  mamelon,  mais 
le  sens  est  forcé,  et  l'insert.  de  ss  dans 
les  dér.  ne  s'explique  pas.  Il  est  probable 
que  bro7içon  se  rattache  à  broc,  vaisseau 
à  bec,  même  rad.  que  broche  (peut-être  du 
celt.  brog,  alêne).  Le  vfr.  brochon 
confirme  l'élym.  Le  passage  de  k  k  ss 
s'explique  par  une  forme  brocea,  qu'on 
retrouve  dans  lo  piém.  brocio  =  brocca. 
Sur  rins3rt.  de  n  cp.  it.  broncone  =  par- 
mes.  brocon,  et  bronchi  =  milan,  brocca 
(184  7s  rem.). 

*  BRONDA  (bronda)s.  f.  Alp.  broxinda^ 
piém.  bronda,  vfr.  brondc,  csp.  brote 
brota,  —  Rameau,  houssine  (cp.  gaël. 
brosdan^  petits  morceaux  de  bois  pour 
allumer  le  feu). 

Paraît  venir  de  esp.  brota  =  fr.  hroust, 
du  vha.  brozzcn.  Gh.  de  t  en  d  (186); 
insert,  de  n  (184  7%  rem.). 

BRONDIR  T.brondzi. 

BRONDZI  (brondzi)  BRONDIR  v.  n. 
Pr.  broundi  browizi.  Se  dit  d'une  toupie 
qui  ronfle. 

D'une  onomat.  bran,  av.  sulT.  de  la  2* 
conjug.  fr.  relié  au  thème  par  d,  et  formé 
par  analogie  av.  rondir(%  Le  paysan  dit 
brondzi  quant  il  veut  parler  pat  et 
brondir  quand  il  veut  parler  fr. 

*  BROSSES  (LES)  s.  f.  pi.  Alp.  brousses, 
pr.  brossa,  berr.  breusses  brasses,  — 
Terrain  inculte  en  broussailles. 

De  brnstia,  devenu  briiskia,  brussia, 
du  vha.  brozsen,  ags.  brustian,  angl. 
burst,  pousser.  L'armor.  a  broust,  ronce, 
qui  paraît  emprunté  au  fr.  broust, 

N.  de  lieu.  Los  Brosses,  k  Vaux-en-Vel.  ; 
à  Yzer.  le  Bois  des  Brosses. 


Digitized  by 


Google 


BROT 


C5 


BROT  (l>rô)  s.  m.  Alp.  broi^  vpr,  brot 
broto.  —  Jeune  pousse  des  arbres  et  des 
arbustes. 

De  byiislum,  du  vha.  broz,  jeune  pousse  ; 
brossên^  pousser.   Le  rad.  est  Téquival. 
du  gr.  fp  qui  indique  l'action  de  germer, 
sortir  en  pousse,  ^^o'jw,  je  pousse,  frovoît;, 
qui  pousse  abondamm. 
BROTEL  vin.  v.  brottiau. 
BROTEY  V.  broUiau. 
BROTILLI  (brotiihl),  ap.  Coch.   BROU- 
TILLI  V.  a.  —  Manger  sans  appétit.  Al  est 
malado,   a   ne    fa    que   brotilhX,   il  est 
malade,  il  ne   mange   que    du  bout  des 
dents. 

De  brolôy  av.  suff.  fréq.  illi  =  fr.  Hier, 
Cp.  vfr.  brousteler,  et  à  Lyon  mangiller. 
BROTO  (brotô)  v.  a.  —  Brouter. 
De  brot  av.  sufT.  (5(14  1»). 
BROTTIAU  (brùtiô).  ap.  Coch.  BRO- 
TEY, vin.  BROTEL,  pi.  brotiaux.  s.  m.  — 
Lieu  bas  facilem.  inondé,  le  long  des 
rivières.  Les  Brotleaux,  nom  d'un 
quartier  de  Lyon,  bâti  sur  d'anciens  bro- 
teaux.  —  1880  c  Reçu  de  Michel  le  pan- 
netier  pour  une  amhaisse  de  furnillie  qui 
fut  taillée  au  brotel  devant  Ruanne.  m 
(Arch.  mun.)  —  1444  «  C'est  l'accord  fait 
entre  les  conseillers  de  la  ville  de  Lion 
d'une  part,  et  les  religieux  de  Sant  Yrignye 
d'autre  part,  sur  la  division  du  brotel  du 
pont  de  Rosne...  pour  occasion  et  à  cause 
des  limites  et  metes  de  certains  deux 
brotiaux...  l'une  d'icelles  parties  prenoit 
et  occupoit  à  l'autre  part  et  portion  de  son 
dit  brotel...  pour  la  offuscation  et  perdition 
des  meteset  limites  desdits  6ro(/aMic  etc.  » 
(Cart.) 

De  brot  av.  suff.  ellum  =  iau  (82). 
Dans  Coch.  brotey  est  sans  doute  pour 
brottet^  av.  suff.  dim.  et,  au  lieu  de 
iau, 

BROTTO  (brottô)  v.  n.  —  1.  Ravauder 
parmi  des  objets.  Que  don  qu'ai  est  après 
brottô  ?  Qu'est-ce  donc  qu'il  remue?  Que 
don  que  te  brottes  f  qu'est-ce  donc  que  tu 
as  à  ravauder? 

Forme  mod.  de  barata,  avec  aphér.  de 
la  syll.  init.  (cp.  brattô,  battre  le  beurre, 
dér.  de  baratte;  crueis^  noyau,  de  cor^ 
rosum);  ch.  de  a  en  o  (59). 

2.  A  Yzer.  Battre  en  broyant.  Brottô  lo 
bla,  battre  le  blé  ;  brottô  lo  pan,  briser 


lo  pain.  Môme  étym.  A  Vesoul  broute, 
éhréchè.  Une  ascette  broute^  une  assiette 
éhréchée. 

3.  Mettre  une  cale,  assujettir  un  objet  au 
moyen  d'une  cale. 

Formé  sur  abrotla.  Suff.  6  (14  !•). 

'  BROUTON  (brouton)8.  m.  —  A  Ampuis 
Pot  allant  au  feu  (Coch.). 

C'est  berton  av.  métath.  de  r  (187  !•)  ; 
d'où  breton,  et  brouton  pour  donner  plus 
de  sonorité  à  l'init. 

BROZA  (brôza)  s.  f.  —  Braise. 

De  braisa.  Gh.  de  a  en  ô  (1). 

BRUESSES  (bruèsse)  s.  f.  pi.  —  Débris, 
résidus,  restes. 

De  brnstia,  au  sens  de  menus  objets 
(cp.  fr.  broutilles).  Brus  fia  donne  on  oïl 
broisses  (cp.  angustia  =  angoisse), 
devenu  bruèsses,  sous  l'infl.  de  la  pro- 
nonciat.  qui,  au  xvi®  s.,  a  fait  passer  oi 
à  oué  (cp.  dortoir  =  dortouer). 

*  BRUIZI  ibruizl)  v.  n.  Rgt.  brusi,  bru- 
chi  ;  lim.  brugi,  Igd.  bruzi,  —  Bruire. 
Bruiziront,  ils  firent  du  bruit.  Y  bruya- 
vo7it,  ils  faisaient  du  bruit. 

Formé  sur  bruit.  Le  suff.  t  est  appelé 
par  l'yotte  de  ui  (15  3").  L'imparf.  a  subi 
l'infl.  de  bruyant.  Brure,  de  bruire,  est 
plus  usité  aujourd'hui  que  bruizi. 

•  BRUN,  BRIN  s.  m.  Bas  dph.  bru.  — 
Essaim.  U7i  brun,  un  brin  d'avilies,  un 
essaim  d'abeilles. 

Du  pr.  brusc  (celt.  7*iiske7i),  essaim, 
ruche,  réduit  à  bru  dès  le  xvi»  s.  comme 
le  montre  le  dph  : 

Et  iqui  memamen  un  gros  plein  bru  d'avilie. 

«  Et  ici  mêmement  une  grosse  pleine 
ruche  d'abeilles.  »  (Banq.) 

Nasalis.  de  u  (18^4  7»,  rem.). 

BRUSSINS  Vin.  «  Item  deit  una  chargi 
de  mangos  de  boys  appella  brussins  de 
v»  la  chargi.  »  (Carc.) 

Brussins  parait  signif.  ici  fagot  de 
branches  choisies  dont  on  faisait  des 
manches  d'outils  d'agriculture  [mango  = 
manche).  Brussin  est  un  dim.  de  brosses. 
Il  ne  saurait  être  ici  question  de  broussin, 
loupe  de  bois  d'érable,  utilisée  en  ébénis* 
terie. 

BUCH I LLON  (bucbilhon)  s.  m.  —  Terme 
injurieux. 

Ah  !  mile  ytr  de  sort  !  buchillon,  le  m'idobet  I 

<  Ah  !  milliard  de  sort  I  Termine,  tu 
m'arranges  !  »  (Mel.j 

6 


Digitized  by 


Google 


66 


BUCL 


D3  bûche  au  sens  de  fétu,  av.  suflf.  dim" 
et  péj.  illon,  Pr.  buscaiouny  ss.-rom.  biis- 
chillon  butsillon^  petit  éclat  de  bois. 

*  BUCLIO(buciiô)  à  Lyon  bùclery,  a.— 
Griller  le  poil  d'un  porc. 

Fur'ito  complimentiu 
Par  la  dame  Phigénic 
Qu'un  gognian  voillel  buclau. 

«  Ils  furent  aussi  complimentés  —  Par 
la  dame  Iphigénie  —  Qu'un  imbécile 
voulait  griller.  »  (Revér.) 

Le  dph.  a  le  composé  eicharbucla  (cp. 
chanibucUo). 

Com'uu  chin  qu'en  cu&ina  ul  on  eicharbucla. 

«  Gomme  un  chien  sur  qui,  à  la  cuisine 
on  a  jeté  de  l'eau  bouillante.  >  (Banq,). 

De  bustultLre,  formé  sur  btistum.  Chute 
de  s  (166  2»)  ;  ch.  de  //  en  cU  (164  4»). 
Ce  groupe  cli  ne  modifie  jamais  ô  final, 
répondant  à  are  précédé  de  l  non  mouillée 
(14  3-). 

BUGNI  (bugni),  à  Lyon  bugne  s.  f.  For. 
bugnû^  Sorte  de  pâte  frite  dans  l'huile 
Vfr.  bignet  biignet;  pr.  bigneto,  crém. 
bugnocca,  lim.  ôoMni,  Igd.  bougneto,^^^. 
bugnuelo,  angl.  6aw,  diverses  pâtisseries 
soufflées.  On  trouve  les  équival.  suiv. 
avec  le  sens  de  bosse,  tumeur  résultant 
d'un  choc  :  mil.,  ssivd. ^bugna,  pr.,  toulous. 
bougnOf  vfr.  bugne  bigne  beugne  ;  vénit., 
romagn.  bogna,  véron.  bugno7i.  —  Ces 
ex.  ne  laissent  pas  de  doute  sur  l'exist. 
d'un  rad.  qui  exprime  l'idée  d'enflure 
résultant  d'un  coup,  et  par  extens.  de 
p&tisserie  gonflée. 

Le  rad.  paraît  se  retrouver  à  la  fois 
dans  le  germ.  et  le  celt.  :  angl.  to  bunt^ 
se  gonfler  ;  hol.  bunsen,  frapper  ;  arm. 
bounta,  heurter.  Les  dial.  celt.  ont  des 
mots  analogues  pour  exprimer  l'idée  de 
tronçon,  gros  bout,  racine. 

BULO  ^bulô)  V.  a.  Pr.  aboula  abula,  — 
Mesurer  la  distance  d'une  boule  au  but. 

De  bulla  =  bul(i  aux  environs  de  Lyon, 
av.  sufi".  0(14  30). 

*  BUNA  (buna),dans  la  montagne  BOÉ- 
NA(boôna),vln.  BOINA  s.  Î.B.  lai burna, 
for.  boë7ie,iur.  beune,  ss.-rom.  bouenna, 
alp.  bouhio,  Meuse  boune.  —  Borne, 
piene  servant  de  limite  aux  héritages. 
«  £t  devor  lo  vent  sont  les  brueras  et  li 
bos  à  mesdames  jusques  û  une  boinc  bien 
haut.  »  (Alix) 


De  bodina,  par  la  transit,  suivante: 
6oWtwa(139),  6oéwrt(51  et  16);  benna 
et  bnna  (cp.  seltr  =  sur). 

BU  RAYA  V.  bureya, 

BUREYA  (buré-ya)BURAYA(bura-ya) 
s.  f.  —  Petit-lait  du  beurre. 

De  bttrro,  beurre,  av.  suff.  péj.  alfia 
(répondant  à  aille  fr.),  réduit  à  aya  par 
substit.  de  y  à  /A  (164  2,  c).  La  fin. 
estirr.  et  aurait  dû  élre  i  (54  3»). 

2.  Au  fig.  vin. 

A  poril  se  refaire  avoué  que  la  bureya, 

«  Il  pourrait  se  remettre  avec  ce  petit- 
lait.  »  (Gorl.) 

BURLA  (burla)  s.  f.  —  A  Paniss. 
Trompette  que  les  enfants  font  avec  de 
l'écorce  de  saule. 

Subst.  V,  tiré  de  beurlô,  crier,  hurler. 

BURRI  (buri)  s.  m.  —  Baratte. 

De  bun'O  (butyrum),  av.  sulT.  î  répondant 
à  arium  (18). 

*  BURRICHI  (burichi)  s.  f.  —  Grand 
récipient  d'osier  sans  anses,  terminé  en 
pointe,  et  qu'on  place,  plein  de  cailloux, 
le  long  des  cours  d'eau  pour  garantir  des 
afi'ouillem.  L'm  de  la  forme  In.  pour  ou 
est  particulier  à  Lyon  et  aux  bords 
du  Rhône.  Lim.  botDTich,  panier  carré 
dont  on  se  sert  pour  ramasser  les 
châtaignes;  gasc.  bouricho,  panier  couvert, 
nasse  ;  vfr.  bourroiche  borreche  bour- 
rouche,  nasse. 

Ces  accept.  rendent  difflcilem.  admis- 
sible l'étym.  proposée  par  Ménage  et 
suivie  par  Littré,  lesquels  voient  dans 
bouiTiche  le  rad.  bourre,  à  cause  de  la 
paille  ou  du  foin  dont  on  garnit  la 
bourriche.  La  bourriche  garnie  de  paille 
paraît  tout  moderne.  Scheler  propose 
burricio,  bourrique,  parce  que  la  bour- 
riche serait  un  panier  porté  par  les  ânes. 
Rien  dans  les  ex.  ne  montre  cette  accept. 

La  forme  bourrouche  permettrait  de 
rattacher  la  2*  partie  du  mot  au  vha. 
rusca,  panier,  corbeille.  La  première  est 
plus  obscure.  On  a  en  vfr.  bourrée,  sorte 
de  poisson.  La  bourriche  serait-elle  le 
panier  à  prendre  la  bourrée  ? 

BUSSO  (bussô)  BOUSSO  v-  n.  — 
Pousser,  en  parlant  des  plantes,  arbres  etc. 

Fais  boquvtù  lo  trioulo 

Kl  bu*»ô  lo  revioulo. 

c  Fais  fleurir  le  trèfle —  Et  pousser 

le  regain.  »  (Gutt.) 


Digitized  by 


Google 


BUSS 


67 


DepuZ^are.  Gh.  de  p  init.  en  b,  peut- 
ôlre  sous  Tinfl.  de  bout  ;  voc.  de  l  (171 
3o).  Ou  a  passé  à  u  aux  environs  de  Lvon 
(34) 

BUSSON  (busson)  s.  m.  —Bâton  court 
et  rond,  tel  que  la  !:  averse  d'un  râtelier, 
d'une  chaise  etc. 

Vfr.  bouson  bouzonboujon^  it.  bolzone, 
vpr.  bossô,  flèche  à  pointe  émoussée.  Diez 
le  tire  de  bulla  av.  un  suff.  son,  mais  le 
germ.  bolzen^  flèche,  se  présente  plus 
naturellement  à  l'esprit,  d'autant  plus  que, 
à  River,  où  busson  est  usité,  bulla  a 
donné  bola  et  aurait  dû  par  conséquent 
donner  bosson. 

BUTARO  V,  Buiaroa. 

BUTAROA  (butaroa),  BUTARO  (buta- 
r6)  s.  m.  —  Chasse-roue. 

Composé  de  vin.  buta,  heurter  et  de 
roa,  roue. 

BUTO  V.  a  (butô)  —  1.  Jeter,  heurter. 

Forme  du  fr.  bouter,  L'm  estcaractérist. 
de  la  ville  et  de  la  banlieue. 

2.  Mesurer  une  distance  au  jeu  de  boules. 
For.  abuta,  même  sens. 

De  but,  av.  suff.  6  (14  1«). 

BUVANDA  (buvanda),  ap.  Goch.  BU- 
VENDA  s.  f.  Jur.  beuvande,  pr.  bevenlo. 
—  Piquette.  Piém.  bevanda.  breuvage. 

De  bibenda.  Ch.  de  i  en  u  sous  l'infl. 
de  b  (62,  rem.  4)  ;  ch.  de  b  méd.  en  v  (141). 
Nous  devrions  avoir  buvinda.  An  au  lieu 
de  in  est  dû  à  l'analog.  de  buvant. 


•  BUYA  (bu-ya)  s.  f.  à  Lyon  buye,  for. 
buya  buyat;  bress.  buya,  pr.,  Igd.  bugado, 
esp.  bugada,  arm.  bugad,  jur.  buat,  lorr. 
boaXe,  vfr.  buée.  —  Lessive. 

Diez,  Flechia  le  rapportent  à  biLca,  trou, 
parce  que  l'eau  de  lessive  passe  par  un 
disque  percé  ;  cp.  esp.  colada,  lessive,  de 
colore,  filtrer.  Cependant  bucare  ne  veut 
pas  dire  filtrer,  mais  percer.  C'est  pourquoi 
Wedgwood  rapporte  le  mot  au  celt  :  gaël. 
6o^,  humide,  irl.  bog,  mou,  tendre,  bogach, 
marécage.  Le  fr.  buée,  vapeur,  donnerait 
qq.  vraisemblance  à  cette  étym.,  qui 
d'ailleurs  ne  contredit  pas  l'exist.  d'un  b. 
lat.  *buca,  au  sens  de  buée. 

BUYANDIRE  (buyandire)  s.  f.  pL  — 
Tranches  de  bœuf  bouilli  sautées  avec  des 
oignons. 

Probablem.  de  ce  que  c'était  un  met 
fréquemm.  donné  aux  lessiveuses,  que 
l'on  avait,  comme  les  autres  ouvriers, 
l'habitude  de  nourrir  à  la  maison. 

•  BUYANDIRI  (buyandiri)  s.  f.  à  Lyon 
buyandière,  pr.  bugadieiro.  —  Lavan- 
dière, mais  proprem.  la  femme  qui  coule 
la  lessive. 

Si  es  fo  baily  huit  sous  à  una  huyandiri, 

«  S'il  faut  donner  huit  sous  à  une  lessi- 
veuse. »  (Bern.) 

De  *bucataria  (v.  buya).  Ch.  de  c  en  y 
(128  !•),  de  <  en  d  (136),  de  aria  en  iri 
(13)  ;  insert,  de  n  (184  7o,  rem) 

BUYI  (bu  yl)  V.  n.  —  Couler  la  lessive. 

De*6ucar^(l4«'V 


C 


CABAN  (kaban)  s.  m.  —  «  Les  mariniers 
appellent  ca&an  une  roupe  à  capuchon,  de 
drap  grossier,  dont  ils  se  couvrent  pour 
se  garantir  du  froid  et  de  la  plu ye  (Goch)  ». 
Cette  phrase  indique  quo  IȔ  cahun,  au 
conimonccm.  du  siècle,  ôljiit  un  vèleiuoiit 
purcm.  popnl.  C'est  lo  bftrdocucullus  des 
Gaulois. 

Ne  vos  moquû  pus  do  paysan^ 
Surtout  quand  il  a  X^cahan  (Coz), 
De  ïi.gabbano,  par  le  gén.  cabban,  où 


la  remonte  de  ^  à  c  (92,   rt'm.)  est  déjà 
accomplie. 

CABAS  (kàba)  s.  m.  —  «  On  dit  ironi- 
quein.  d'une  vieille  femme,  c'est  un  vieux 
cabas.  ^  (Cocli.)  Jura  caha,  vioillo  vache, 
l«'nuc  injurieux. 
El-o)  coumcccipy  quelepailch  Hatlius,  \ii-u  cahat  ? 

«  Kst-co   comnu'   cela   (juo  tu  i)arles  à 
Bacclius,  vieux  cîibas  ?  »  (Bern.) 
Vipns-lu  dire  qu'ils  sont  galcusos, 
Que  lu  raitsi  comm'  In  coda  ? 


Digitized  by 


Google 


68 


CABE 


«  Viens-tu  dire  qu'elles  sont  galeuses,  — 
Que  je  suis  faite  comme  un  cabas  ?  » 
(Gorl.) 

L'origine  de  l'injure  est  une  allusion 
obscène,  ainsi  qu'en  témoigne  le  vfr. 
cahatz  rabattu^  prostituée. 

CABELOT  (kabelô)  s.  m.  —  Petit 
escabeau. 

De  scabellum,  av.  suflT.  dim.  ot,  mais 
par  rit.  sgabelotto,  probablem.  importé 
au  XV  s.  Chute  de  s  (111);  ch.  de //en  c 
(92,  rem.). 

CABIOTTA  (kabiôtta)  s.  f.  Jur.  cabotte, 
pr.  cabot,  b.  dph.  chabôta,  —  Petite 
chambre. 

Peut-être  le  niAme  que  wal.  chabote, 
creux,  petit  trou  ;  calebote,  petit  recoin. 
Cp.  fr.  calebotin,  panier,  vfr.  calbostais, 
petite  caisse  ;  wal.  barbote,  rch.  scâborte, 
soucoupe.  Le  rad.  de  tous  ces  mois  paraît 
être  germ.  —  AU.  butte,  ags.  butte,  angl. 
butt,  grand  vase  =  botta  en  In.  Sur  la 
dér.  de  sens  cp.  botte,  chaussure,  qui  à  la 
même  orig.  La  première  partie  de  notre 
mot  a  pu  être  cal  réduit  à  ca  sous  l'infl. 
de  cabane,  comme  elle  peut  être  simplem. 
notre  prôf.  péj.  ca  (v.  caborna).  Cal  est 
d'ailleurs  lui-même  un  préf.  péj.  rv. 
cartchïn).  Cabotta  a  passé  à  cabiotta  par 
insert,  de  yotte  (v.  ambiorses). 

CABOCHI  (kabochi),  Morn.  CAPOCHI 
s.  f.  For.   cabochi.  —  Clou  h  grosse  tête. 

De  ca,put,  av.  sufT.  ochi  =  ocea,  mais 
par  le  pr.  cabocha,  ainsi  qu'en  témoigne 
la  persist.  de  c  init.  Ch.  de  a  en  i  (54  2«). 

CABOLHI  (kabôlhl)  v.  a.,  à  Lyon  ecra- 
bouiller,  vfr.  escharbouiller.  —  Écraser, 
broyer,  abîmer. 

D'un  rad.  carp,  du  lat.  carpere,  sanscrit 
kar  ou  skar,  couper,  diviser,  écarter, 
répandre,  qu'on  retrouve  df.ns  le  vfr. 
charpier,  escharbouiller  ;  In.  charfigna, 
carpaUf  charibottô.  C'est  par  erreur  que 
Littré  et  Scheler  voient  dans  celui-ci  le 
rad.  de  charbon,  en  s'appuyant  sur  le 
bruxell.  scrabouilles,  résidu  de  la  houille 
non  consumée  ;  d'où  écrabouiller  et 
écarbouiller.  répondant  à  *  excarbuncu- 
lare.  Ce  rad.  existe  dans  des  mots  qui  ne 
peuvent  se  rapporter  à  charbon  :  eschar- 
boter ,  écraser  ;  écarver ,  tailler  des 
planches;  angl.  to  scarf,  même  sons; 
ags.  scearf,  tailler  en  pièces  ;  angl.  to 
carp,  critiquer;  sàx.  cearfen^  ail.  kerben, 


dan.  carî?er  ;  angl.  to  carve,  découper; 
b.  lat.  scarpilla,  charpie;  it.  carpare, 
gripper  ;  pr.  cai'pa,  battra,  se  carpa,  se 
harper;  à  Lyon,  charibotter,  abîmer  un 
travail.  Tous  ces  mots  sont  bien  antérieurs 
à  l'exploitât,  de  la  houille.  Lisez  donc 
non  *excarbunculare,mdA^  * carbuculare 
(p.  carpuculare)  qui  donne  régulièrem. 
carbolhi,  eicrabolhî  (à  Lyon  écrabouiller) 
par  métath.  (187  !•).  Chute  de  r danser 
(105,  rem.)  Cp.  aussi  berr.  coque,  coquer 
^onvcroque,  croquer.  Sur  ucidare=olht, 
cp.  tous  les  verb.  fr.  en  ouiller,  qui  font 
olhï  eu  In. 

CABORNA  (caborna)  CALABORNA,  à 
Lyon  caborne  s.  f.  Jur.  cabeune.  —  Petit 
réduit,  hutte,  dans  laquelle  les  journaliers 
se  mettent  à  l'abri.  Par  extens.,  se  dit  avec 
sens  pêjor.  de  toute  habitation  misérable  : 
Oy  estina  caborna,  «En  Savoie  on  appelle 
caborncs  les  chétives  boutiques  des  mar- 
chands détaillants  (Millin,  op.  Coch.).  • 
BA^h,  caborne,  terrier,  ss.-rom.  caborna, 
petite  boutique  obscure. 

Si  vo  fayt  lieu  chini, 
Qui  lieu  sert  de  cahome  f 

«  Si  vous  voyiez  leur  chenil,  —  qui  leur 
sert  de  hutte  I  »  {Xoel  1723). 

L'accept.  primitive  de  caborna  est  celle 
de  chose  creuse,  ensuite  grotte,  caverne  : 
Igd.  cabor7io  cabourno;  lim.  calabour7io, 
rgt.  caborgno  cabouorgno,  cavité,  creux 
d'arbre,  tanière  ;  dph.  calaborna,  grotte  ; 
acception  conservée  dans  In.  cabornu, 
creux,  recreusé. 

Son  dedeii  lou  rouchat  miliante  caliborve. 

«  Il  y  a  dans  les  rochers  mille  petites 
grottes.  »  (Ba7iq.) 

St  caborna  <*t  pru  grin  que  lez  aulro  ne  son. 

«  Sa  grotte  est  plus  grande  que  les 
autres.  »  (loc,  cit.) 

liabel.,  familier  avec  les  dial.  d'oc, 
place  dans  la  biblioth.  de  Sl-Victor  un 
ouvrage  intitulé  LaCabornedes  Briffants, 
que  Le  Duchat  traduit  par  Le  Capuchon 
des  Moines,  et  qui  serait,  je  crois,  traduit 
plus  exactement  par  La  Caverne  des 
Goulus. 

Ne  se  rattache  point  au  rad.  cab  {orna 
d'ailleurs  n'est  pas  un  sutT.),  mais  au  rad. 
born:  Igd.  horno  borgno,  mar«.  bouerno, 
dph.  houarno,  lim.  hourno,  rgt.  bouorgno, 
creux,  cavité;  ss-rom.  bouarna  bor7m, 
cavité,  crevasse  ;  bornu,  percé  en  tuyau  ; 


Digitized  by 


Google 


CABO 


69 


hâlonhornUy  fusil.  Du  vha.  horôn^  percer; 
hora,  foret,  d'où  ail.  bohren,  buriner  ; 
port,  buraco,  trou,  cavité  ;  buracar, 
percer.  Au  rad.  est  joint  le  préf.  péjor. 
ca,  qu'on  retrouve  dans  caloigne,  qui 
signif.  borgne  dans  le  H.  Maine,  et  louche 
dans  le  Blaisois  ;  jur.  caboule^  bosse  au 
front;  rch.  cafouiller,  souiller;  In.  cabossî, 
bossuer,  cafoiver,  écraser,  en  parlant  d'un 
objet  mou;  caforniau^  endroit  bas,  comme 
un  four;  cambouilli,  bouilli  outre  mesure, 
et  probablem.  dans  le  genev.  cassibraille, 
canaille. 

Dans  calaborna,  il  se  peut  que  le  préf. 
soit  cal  (v.  cartchïn)y  comme  il  se  peut 
que  la  soit  une  syll.  insérée  pour  accentuer 
le  caract.  péj.  (cp.  carabossi,  delavorô). 

CABORNU.  USA  (kabornu,  uza)adj.  — 
Creux,  se,  recreusé,  ée.  In  6bro  cabornu, 
un  arbre  dont  le  tronc  est  creux. 

De  caborna^  av.  suff.  u  (35). 

CABOSSI  (kabôssl),  ix  Lyon  cabosser, 
y.  a.  Vfr.  cabucer,  berr.,  aun.,  jur.,  ss.- 
rom.  cabosser,  valais,  habufa,  genev. 
caboler^  b.  dph.  carboussa.  —  Bossuer. 
Oui  a  cabossia  la  cassi,  il  a  bossue  la  poêle 
à  frire   (Coch.).  «  En  grande  véhémence 

d'esprit bloquoil,tracassoit,  ramassoit, 

cabossoit,  »  (Rabel.) 

De  bosse,  av.  préf.  péj.  ca  (v.  cabornx). 
Le  genev.  caboler,  même  sens,  a  p.  rad. 
bulla. 

CABOT  (kabô)  s.  m.  —  Méchant  petit 
chien. 

Étym.  iuconn.  —  Serait-ce  sabot  (= 
cabot  dans  plusieurs  patois),  à  cause  de 
la  petitesse  de  l'animal  ?  A  Lyon,  un  sabot, 
une  petite  femme. 

CABRA  (kabra)  s.  f.  —A  Duerne  et 
aux  environs  Chèvre. 

De  etipra.  Mot  d'oc.  Partout  ailleurs 
on  dit  chura.  De  même  cabri  existe  à  côté 
de  churot,  chevraaû, 

CABRILLON  (cabrilhon)  s.  m.  ~  Petit 
fromage  de  chèvre. 

De  cabra,  9Y.  suff.  dim.  ilhon. 

CABUCHER  (kabuché)  v.  a.  —  Terme 
de  l)ateUerie  lyouii.  Seditd'un  batcauqui 
sombre,  laproiicen  avant.  Vpr.  cabussar, 
plong«'rJolerâ  IVau  ;  b.  lut.  nccnbussare, 
inimt'rg<M-,  jelrr  dans  la  mer  ;  lf;d.  cabussa, 
faire  la  culbute  ;  pr.  cabussa,  rgt.  cabous- 
sa,  plonger. 


De  *capuscB.re=rcabuscare  (140,  rem. 
2),  de  caput,  Ch.  de  se  en  ch  (166  l»,a)  ; 
le  suff.  er  est  d'oïl.  Le  pal.  serait  cabuchî 
ou  cabocht,  suiv.  les  lieux. 

CABUNA  (kabuna)  s.  f.  Jura  cabcune. 
—  Petite  hutte  dans  les  champs. 

Probablem.  le  même  que  caborna,  av. 
chute  inexpliquée  de  r,  comme  en  ss.-rom. 
où  Ton  a  simultaném.  les  foiT.ies  borna, 
bouarna,  et  6oMa/wa,  cavité.  Dans  ca6owa, 
o  n'étant  plus  entr.  a  pu  passer  à  u,  suiv. 
la  phonét.  des  environs  de  Lyon,  av. 
d'autant  plus  de  facilité  que  fr.  bornet 
limite,  =  In.  buna. 

CACABOSON  (kakabozon)  Loc.  —  Se 
mettre  à  cacahoson,  s'accroupir. 
Y  z'y  sont  en  uu  cuchon, 
El  n'y  vtnt  qu*àcacaboson(Soè'l  1728). 

C'est-à-dire  la  porte  est  si  basse  qu'ils 
ne  peuvent  y  entrer  qu'accroupis. 

Composé  de  caquer  =  cacare,  et  boson, 
excrément.  La  forme  exacte  serait  caque- 
boso7i,  mais  comme  le  mot  est  difficile  à 
prononcer,  Ve  muet,  sur  lequel  porte 
l'accent  second,  a  été  renforcé  en  a. 

CACAROCHI  (kakarochi),  ap.  Coch. 
CACAROUCHI  s.  f.  Dph.  cacarochi,  b. 
dph.  cacaroche.  —  Bosse  à  la  této,  à  la 
suite  d'un  coup. 

Subst.  v.  tiré  de  rocô,  heurter  ;  ce  qui 
donne  rochi  (54  2«),  av.  un  préf.  péj.  ca 
(v.  caborna),  redoublé  pour  accuser  le 
caract.  péj.  Cp.  carabossL 

CACASSON  (kakasson),  GOGASSON 
s.  m.  —  Sorte  de  beignet. 

Fodra  que  lo  icfanis,  le  Allés,  lo  garçoni, 

Pur  celebrA  cou  jour,  Tassant  de  gogassons. 

Il  faudra  que  les  enfants,  les  filles,  les 
garçons,  —  Pour  célébrer  ce  jour  fassent 
des  beignets.  »  (Proc.) 

De  coque,  av.  suff.  aiigiu.  asse  et  un  2" 
suff.  on.  Ch.  de  c  init.  en  g  dans  la  forme 
gogasson  (87,  rem.). 

CACASÔON  (kakasson)  loc.  --  A  cacas 
son,  accroupi,  sur  le  derrière. 

1  Tant  jamais  lié  pô!i  »eins  chère  à  cacosson. 

«  Ils  ne  font  jamais  trois  pas  sans  tomber 
sur  le  derrière.  »  (Due  Bib.) 

Du  rad.  de  cacare  et  d'un  suff.  péj 
asson.  Cp.  cacahoson* 

CACHI  (karhl)  v.  a.  —  Meurtrir. 

Dr  coarltin'.  —  Ch.  de  cl  rn  ch  (161 
2")  :  coa  se  réduit  à  ca  (cp.  coagulare  = 
cailler)  ;  ch.  de  are  on  t  (15  3«). 


Digitized  by 


Google 


70 


CACH 


CACHIMAILLI  (kachimalhi)  s.  f.  ~ 
Tirelire. 

Da  rad.  de  cacher  et  du  vfr.  maille, 
liard.  Fin.  t  (54  3»). 

CACH  ON  (kaclion)  s.  m.  —  A  Lyon. 
Noyau. 

De  cacher,  av.  suff.  on.  Le  noyau  est  ce 
qui  est  caché  dans  le  fruit. 

CACOU  (kakou)  s.  m.  For.  caco  caco- 
gnio.  —  Œuf. 

Féti  ovi  de  f«riDa, 

Que  s^appelle  U  plag  fini, 

De  beuro  et  de  cacoux. 

€  Faites  avec  de  la  farine,  —  Ce  qui 
s'appelle  de  la  plus  fine,  —  Du  beurre  et 
des  œufs.  »  {La  Voga,  chans.). 

Onomat.  du  cri  de  la  poule  quand  elle 
a  fait  l'œuf. 

CADELLA.  V.  Catella. 

CADETTA  (kadôta)  à  Lyon  cadette  s.  f. 

—  Pierre  de  taille  mince  pour  dallage, 
bordure  etc  ;  par  extens.,  pierre  formant 
banc,  parapet.  «  Lesdits  priffaicteurs 
seront  tenus  faire  des  pierres  appelez 
cadettes  et  y  employer  toutes  les  pierres 
de  cadettes  appertenant  à  ladite  ville  et 
communaulté  ;  et  si  icelles  pierres  cadettes 
etc.  »  {Adjudicat,  pour  le  pont  de  la 
Guillotière,  1559). 

11  est  probable  que  Torig.  est  technolog. 
A  Lyon,  à  partir  du  moment  où  les  monu- 
ments antiques  ont  été  épuisés,  on  a 
employé  exclusivem.  pour  pierre  de  taille 
dure  la  pierre  de  Saint-Gyr,  dont  les 
carrières  offraient  deux  qualités  :  le  gros 
banc,  mesuré  au  cube,  et  le  banc  mince, 
mesuré  au  carré.  Celui-ci  était  réservé 
pour  les  dallages,  et  on  peut  supposer 
que  le  banc  mince  a  pris  le  nom  depierre 
cadette  par  rapport  au  gros  banc,  comme 
au  jeu  de  billard  la  queue  la  plus  courte 
a  pris  le  nom  de  cadette  par  rapport  à  la 
plus  grande.  L'adj.  est  devenu  subst.  et 
s'est  appliqué  à  toute  pierre  formant 
dallage. 

CADIRI  (kadiri)  s.  f.  —  Chaise. 

D3  cathedra,  mais  par  le  vpr.  cadera 
cadieira,  ainsi  que  l'indique  la  persist. 
de  c  init.  et  de  t  méd.  sous  la  forme  d  (le 
vrai  In.  est  chiri),  Ch.  de  e  bref  en  i  (25). 
Fin.  t(15  5«). 

CADOLA  (kadola),  à  Lyon  cadolc  s.  f. 

—  Pt'tite  hutte  dans  les  champs  ;  pur 
exlens.,  petit  cabinet,  avec  sens  péj.  Frib. 


cadole,  chambrette  pratiquée  dans  le 
poêle,  wal.  cadorai,  bouge. 

De  catSLbulum  =  cafablum  (Papias), 
méchante  étable,  katabulum  (Pasch. 
Radbert),  fos.se  avec  toit.  Ch.  de  <  en  rf 
(136)  ;  voc.  de  b  dans  bl  (164  9",  6),  ce 
qui  donne  cadaulo,  passé  à  cadola, 
comme  aurem  à  or. 

Catabulum  est  lui-même  un  dér.  de 
caput,  comme  en  justifie  la  forme  capta- 
bulum,  mot  à  mot  petit  toit,  culminulum. 

CAFÉ  V.  cliafl, 

CAFI  V.  cliafi. 

CAFORD  (kafôr,  kafô)  à  Lyon  cafard 
s.  m.  —  Blatte. 

Orig.  germ.  —  Ail.  kù.fer,  coléoptère  ; 
holl.  kever,  scarabée,  à  rapproch.  de  ail. 
kauen^  mha.  kifen,  vha.  chiwd  chiotan, 
ronger;  alL  kîefer,  mâchoire,  angl.  to 
chafe,  gratter,  érailler.  Le  k  init.  devant  a 
persiste  volontiers  dans  les  mots  tirés  de 
l'ail,  (cp.  kesi  =  cassi,  kahn  =  canard). 
Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff.  germ.  ard. 
Ch.  de  a  ton.  en  6  (1). 

CAFGRNÎAU  (kaforniô)  loc.  ^Semettre 
à  caforniau,  s'accroupir,  en  parlant  des 
femmes  sur  leurs  chaufi^erettes.  Pr.  cafour- 
noun,  enfoncement,  creux  ;  cafottrno, 
grotte  ;  for.  cafuron,  jur.  cafourrot, 
même  sens  ;  berr.  caforgtiiau,  petit 
cabinet;  norm.  cafouret,  petite  cham- 
brette. 

De  four,  av.  préf.  péjor.  ca  (v.  caborna). 
Le  suff.  a  été  formé  ppi*  analog.  avec 
fourfieau,  parce  que  la  chaufferette  fait 
l'office  d'un  fourneau. 

CAFORNO  (SE)  (kafornô)  à  Lyon  se 
cafourner.  —  Se  chauffer  en  se  mettant 
à  cafor7iiau[\ .  caforniau).  Suff.  ô(148®). 

CAGNI  (kagni),  à  Lyon  cag7ie  s.  f.  Pr. 
cagno.  —  Paresse. 

De  temps  en  temps  je  prends  U  cagne, 

De  temps  en  temps  la  cagncme  prend.  (  Vieil.  Ch.). 

Vfr.  cagne,  chienne  (Cotgr.).  De  l'it. 
ct^gna.  Le  chien  représente  ici  l'idée  de 
paresse.  Fin.  t  (54  3»). 

•  CAGNI  (kagni;  v.  a. — liabrouer.  O  faut 
lo  cagni,  il  faut  le  rabrouer.  (Coch.). 

Do  csigni,  av.  suff.  i  (15  i").  Cagnt, 
traiter  quelqu'un  comme  un  chien.  Saint. 
cagner,  s'ennuyer  comme  un  chien  à 
l'attache. 


Digitized  by 


Google 


CAfL 


74 


CAILLAT  (kalhà)  s.  m.  -  Lait  caillé 
au  moyen  de  présure. 

Subst.  V.  tiré  de  cailler,  av.  suflf.  at, 

CALA,  CAR  A  (kala,  kara)  s.  f.  —  Terme 
péj.  pour  mine.  A  Lyon,  avoir  mauvaise 
cale. 

lU  ont  ulor  de  leuri 
Qu*eii  miuviiia  cara, 

«  Ils  ont  autour  [d'eux]  des  lévriers  — 
Qui  ont  mauvaise  mine.  ^  (Noël  1723). 

De  cara,  mine,  visage  ;  gr.  xdpa,  pr. 
caro,  vpr.  cara,  Gh.  de  ren  Z  ('146  2*). 

CALABORNA  v    cahorna. 

'  CALADA  (kalada)  à  Lyon  calade,  s.  f. 
—  Parvis  dallé  ;  dalle  le  long  des  maisons. 

Du  pr.  caltida,  pavé  ;  caladar,  paver  ; 
de  calar,  descendre  (v.  calô),  parce  qu'à 
l'origine,  les  rues  en  pente  étaient  seules 
pavées  ;  d'où  la  double  signifie,  du  pr. 
caladun,  terrain  à  paver,  et  chemin  en 
pente.  —  D'après  une  note  attrib.  au 
P.  Ménestrier  {ap.  Coch.),  ce  serait  les 
Ital.  qui  auraient  apporté  à  Lyon  le  mot 
de  calade,  de  l'it.  calala,  descente  ;  mais 
ce  mot  n'ayant  chez  nous  que  la  signiflcat. 
de  dallage,  il  est  plus  probable  qu'il  vient 
du  prov.  av.  le  sens  de  pavé. 

*  CALADOIS.  SE  (kaladoi,  ze)  s.  m.  - 
Habitants  de  Villefranche.  «  Ils  sont  ainsi 
nommés  parce  que  la  plupart  se  promènent 
habituellement  sur  la  calade  de  leur 
église,  d'où  ils  contrôlent  les  passants.  » 
(Goch.) 

De  calada  av.  suff.  d'oïl  ois  =  ensis. 
Le  In.  eût  été  caladuais  (cp.  patriensis 
=  patuais). 

CALANDRA  (kalandra)  s.  f.  —  1. 
Alouette. 

Fr.  calandre^  nom  d'une  sorte  de  grosse 
alouette. 

2.  Sensu  obsceno.  Vulva  feminea. 

Et  n'euftse  esta  quoque  malandre  (maladie) 

Que  ie  peschy  den  h  caUtndra.  (Bem  ) 

De  calandre,  machine  où  l'étoffe  est 
chamarrée  sous  un  cylindre. 

•  CALAUDA  (kalôda)  s.  f.  —  Cigale, 
(vieilli).  Wal.  calaude,  babillarde  ;  calau- 
der,  babiller. 

Orig.  germ.  —  Vha.  chsUlon,  mha. 
hallen,  aboyer,  babiller.  Au  rad.  s'est 
ajouté  le  suff.  germ.  wald  =  ald,  fera. 
alde^  puis  aude  par  voc.  de  /. 

CALAVANCHI  (kalavanchl)  v.  n.  —  A 
Grap.  Faire  un  faux  pas.  Al  a  calavanchi. 


al  a  manquo  cheire,  il  a  fait  un  faux  pas, 
il  a  failli  tomber.  S'ÉCALAVANCHI  v.  r! 
—  A  Morn.  s'estropier,  s'abfmer  fepécialem. 
par  un  efTort. 

Ia  i^  partie  du  mot  parait  être  le  rad. 
de  calare,  glisser,  descendre,  et  la  », 
anchi,  hanche  (cp.  higanchi  écarlanchi). 
D'où  glisser  de  la  hanche  et  s'abîmer  de 
la  hanche.  La  liaison  de  la  2«  partie  à  la 
l**  a  pu  être  facilitée  par  l'infl.  d'avachir. 
Dans  écalavanchi  s'est  adjoint  le  préf. 
renforç.  é. 

CALINA,  CALURI  (kaUna,  kaluri)  s.  f. 
For.  câlina  calure.  —  Pente  d'une  colline, 
ravin  en  pente,  descente. 

Bols  a  l'inlor  baillant  Qliou  0raiidc-z-ombre. 

Combe,  colline,  avoi  caverne  sombre. 

«  Bois  à  l'enloar,  jetant  leurs  grandes 
ombres,  —  Vallons,  ravins  escarpés, 
avec  cavernes  sombres.  »  (Mon.) 

De  calsLre  (v.  calô),  av.  suff.  dim.  ina 
dans  la  !'•  forme,  et  oria  dans  la  2»« 
(36). 

CALLECHI  (kalèts!)  v.  a.  —  En  Fr.-l. 
se  dit  de  battre  le  chanvre  :  callèchi  lo 
tsevene. 

De  callichiy  av.  suff.  î  (15  2»).  Je 
suppose  que  c'est  un  besoin  de  dissim. 
qui  a  foit  dire  callèchi  au  lieu  de  callichi. 

CALLICHET  (kalichè)  s.  m.  —  Petit 
morceau  de  bois,  pointu  des  deux  bouts, 
pour  jouer  au  jeu  dit  callichet. 

De  calliche,  av.  suff.  dim.  et» 

CALLICHI  (kallchi)  s.  f.  —  Bâton  pour 
broyer  le  chanvre.  A  Lyon  calliche,  masse 
pour  abattre  les  bœufs. 

Te  devrias  ben  H  donna 
Un  coup  de  callichi  l 

«  Tu  devrais  bien  lui  donner  —  Un  coup 
de  masse.  »  (Noél  1723.; 

De  ca/a,  bûche,  par  un  dér.  *caliscea  (?). 
L'esp.  a  calliche,  gravier  dans  le  mortier 
mal  broyé,  qui  vient  sans  doute  du  rad. 
de  callus  avec  le  même  suff.  (cp.  esp. 
capricho,  salsicha). 

CALO  (kalô)  à  Lyon  caler  —1.  v.  a. 
Glisser,  fourrer,  mettre.  Madama,  je 
me  calo,  refrain  d'une  chanson  composée 
à  l'occasion  d'un  petit  Savoyard  qu'on 
avait  persuadé  do  se  glisser  dans  le  lit  de 
la  dame  qui  l'avait  engagé  comme  domes- 
tique. 


Digitized  by 


Google 


72 


CALO 


On  trouve  dans  les  Strophes  au  Saint- 
Esprit  en  vx  aiiv.,  les  vers  suivants  : 
D'oquokl  fuoc  vol  Deu  c'uu  chtia 
Et  onla  volu[n]ttt  malt 
Que  tl  corps  dol  homme  t'arala. 

MM.  Gohendy  et  Thomas  trouvent  acala 
obscur  ou  douteux.  Je  crois  que  c'est 
notre  calo,  et  qu'il  faut  traduire  :  «  Qui 
au  corps  de  l'homme  se  glisse.  » 

Du  rad.  qui  a  formé  fr.  cale  (morceau 
de  bois  que  Ton  glisse  sous  qq.  chose), 
av.  suflf.  d. 

2.  V.  n.  Descendre,  glisser  en  descendant. 
O  la  bonna  ecliella  ! 
Et  se  faut  coiii,  vey'Vo. 
Crcicny-vo  «le  cala  ? 

«  O  la  bonne  échelle  I  —  Et  il  faut  se 
dépêcher,  voyez-vous.  —  Craignez-vous 
de  glisser  ?  »  (Noël  xvi*  s.) 

Du  b.  lat.  calSLre,  mollir,  descendre  ;  de 
chalare,  lâcher,  faire  descendre.  Vpr. 
calar  descendre. 

CALORGNO  (kalorgno)  s.  m.  —  Louche. 

Du  vfr.  lorgne,  louche,  av.  préf.  péj.  ca. 

CALURI  ^'.  câlina, 

CAMBADO  (kanbadô)  v.  n.  —  Battre 
l'estrade.  On  ne  fat  que  camhada,  il  ne 
fait  que  courir  (Goch.). 

De  ^anï6a,  par  vpr.  camba.  Gh.  de  g 
en  c  (92,  rem.). 

CAMBER  (kan-mbèr)  s.  m.  Fruit  de 
réglantier,  à  Grap.,  Paniss.  etc. 

La  pérsist.  de  c  indique  une  orig.  étran- 
gère. I^  rad.  est  celui  qui  a  formé  esp. 
cambron,  ptg.  cambrdo,  nerprun.  Le  sutf. 
er  en  vin.  =  arius.  On  a  dû  avoir  cam- 
brer, réduit,  par  dissim.,  à  camber.  Mais 
la  signif.  du  rad.  est  inconn.  L'étym. 
camurus,  courbé,  citée  par  Diez,  d'après 
qq.-uns,  est  absolura.  invraisemblable. 

C  A  M  BERTI  (kanberll)  s.  m.  —  Églantier. 

De  camber,  av.  suff.  t  =  arius  (13). 

CAMBORLE,  ETTA  (kanborlë,  èta)  adj. 
—  Qui  a  les  jambes  courtes  et  cagneuses. 
El  posant  brôrameiiil  l'orpa  su  lo  c<»le 
Dou  Tigore  Pelou,  qu'est  lo  plus  camborlt, 

«  Et  posant  bravement  la  main  sur  le 
collet  —  Du  vigoret  Petou,  qui  est  le  plus 
cagneux.  »  (Met.) 

Formé  sur  le  mot  savant  camersitum  = 
cambrô,  av.  suff.  dim.  =  fr.  et,  relié  par 
/  (cp.  maigrelet,  grandelet).  D'où  cam- 
brolë  et  camborlë  par  métath.  de  r  (187). 

CAMBOUYI  (kanbou-yl)  à  Lyon  cam- 
bouillir,  V.   n.  —  Trop  bouillir.    Wal. 


cabolêie,  tous  mets  consistant  en  légumes 
ou  herbages  bouillis;  caboùr,  faire  bouillir. 

De  bouillir,  av.  un  préf.  int.  et  péj., 
qui  parait  être  ca,  av.  nasalisât.  (184  /•, 
rem.)  Gh.  de  /A  en  y  (164  2%  c). 

CAM I AU  (kaniiô).  —  Expr.  adv.  em- 
ployée seulement  dans  la  \oc.par  camiau^ 
par  angle,  par  profil,  par  côté. 

Étyra.  inconn.  -  On  trouve  dans  tous 
les  dial.  celt.  un  rad.  cam  av.  la  signifie, 
de  qui  est  de  biais,  de  travers,  courbé, 
tordu,  louche  :  kym.,  irl.,  gaël.,  mks., 
arm.,  cam  camm  ;  gaul.  cambo.  Se 
retrouve  aussi  dans  les  dial.  germ  :  vx 
angl.  kayuy  germ.  cam.  G 'est  le  rad.  du 
lat.  camurus,  sanscr.  kamar,  être  courbé. 
Si  ce  rad.  est  celui  de  camiau,  il  s'y  serait 
ajouté  le  suff.  ellum  =  tau  (33).  Gp. 
came,  en  mécanique  rcue  excentrique. 

CAM  PAN  A  (kanpana)  s.  f.  —  Grosse 
clochette  au  cou  des  vaches,  grelot. 
Campana,  cloche,  dans  tous  les  dial.  d'oc. 
Vfr.  cam  pane,  employé  par  Rabel.  au 
sens  In. 

Du  b.  lat.  campsL9ia,  cloche,  par  le  vpr.,  ■ 
ce  qui  explique  la  persist.  de  c  init.  (84, 
rem.). 

CAMPANO  (kanpanô)  v.  n.  —  Se  dit 
de  qq.-un  qui  va  se  dandinant.  A  campane^ 
il  se  dandine. 

De  campa.na,  par  analog.  de  la  démarche 
av.  le  balancem.  d'une  cloche  (cp.  fr. 
clocher,  boiler),  av.  suff.  <5  (14  3«). 

CAM  PO  (kanpô)  v.  a.  —  Donner,  au 
sens  de  frapper.  Oui  y  a  campa  una 
calotta.  Il  lui  a  donné  un  soufflet.  Yl  y 
campi  una  bona  virigolia,  il  lui  donna 
une  bonne  taloche. 

Décamper,  prisactivem.  comme  tomber', 
pour  faire  tomber.  Suff.  d  (14  ^•). 

CAM  PO  (kanpô)  loc.  —  Oui  i  a  ballia 
campû,  il  lui  a  donné  congé  (Goch.). 

G'est  le  campos  de  Rabel.  :  «  Dont 
print  un  jour  campos  pour  le  visiter.  »  II 
est  curieux  que  ce  mot,  forgé  par  les  éco- 
làtres,  ait  pénétré  dans  le  patois. 

*  CAN  ASTEI  (kanasteï)  s.  f.  For.  canes- 
tar,  Igd.  canestèu  canastel,  b.  lat.  canes^ 
tella,  vpr.  canastel.  —  A  Gond.  Gorbeille 
(Goch.). 

De  "canisUculum,  par  le  vpr.,  comme 
l'indique  la  persist.  de  c  init.  Iculum  = 
eil  en  fr.  (cp.  soliculum  =  soleil,  somni- 
culum  =  sommeil,  articulum  =  orteil). 


Digitized  by 


Google 


CANC 


FJl  sVst  rodait  à  ri  on  In.  (cp.  choulci, 
chansri).  A  prol.,  au  lieu  de  i,  peut-il 
s'oxplique»r  par  Kinfl.  grecque  (xavaoroov)  ? 

CANCEAU  CANCEL  vin.  s.  m.  — 
Barrière  défendant  Taccès  d'une  porte, 
probablem.  pour  faciliter  le  péage.  — 
Arch.  m.  1528:  t  Requête  do  Jacque  Teste, 
teinturier,  lenementier  de  la  première  pie 
du  lenementdelavignequefutde  l'hôpital, 
tendant  afin  de  lui  permettre  ôter  le  tour 
et  ca7iceaii,  étant  hors  et  joignant  la  porte 
SI  Marcel...  »  — 1421  :  «...Tantcommeledit 
cancel  durera...  » 

De  cancMam.  La  persistance  de  c  dur 
indique  un  mot  importé,  et  comme  la  fin. 
ellum  =  eau  n'est  pas  prov.,  il  faut 
admettre  une  orig.  probablem.  pic.  Le  In. 
eût  été  chandail. 

CANCORNA  (kankorna)  s.  f.  —  Terme 
péj.  Radoteuse. 

Que  ToflTuIo  vo  qui  ?  Vo  lèle  ina  cancoma. 

«  Que  grommelez-vous  là  ?  Vous  êtes 
une  radoteuse.  >  (More) 

Avisos  donc  porlml  ina  tella  cancorna. 

«  Regardez  donc  pourtant  une  telle 
radoteuse.  »  (Hym.) 

Du  for.  cancorna,  hanneton.  Une  can- 
corna, une  femme  qui  bourdonne  comme 
le  hanneton,  et  ne  mesure  pas  plus  ses 
paroles  que  lui  son  vol.  Quant  au  terme 
for.,  il  paraît  formé  de  corrie,  av.  le  préf. 
péj.ca  nasalisé  (184  7%  rem.).  L'idée  de 
cornes  apparaît  comme  caraclérist.  dans 
plusieurs  noms  popul.  du  hanneton.  Gp. 
roan.  kinkorna,  vaud.  ki7ikorne,  han- 
neton. 

CANICHET  (kaniché)  s.  m.  —  Le  même 
que  callichet. 

De  callichet  par  ch.  de  /  en  w,  comme 
dans  canô,  de  calare. 

CANILLES  (kanilhe)  s.  f.  pi.  —  Jambes, 
au  sens  comique. 

De  canna  plus  suflf.  dim.  iculae  =  ilhe 
(164  2®,  b).  Cannicxilay  petite  canne. 

CANNE  s.  f.  —  Mesure  linéaire  jadis 
employée  qq.  fois  dans  le  Lyonnais. 
«  La  maison...  consiste  en  un  bâtiment  de 
6  cannes  de  long  et  4  de  large  (1615. 
Visite  des  maisons  de  Vordre  de  Malte).  » 
Le  bâtiment  était  situé  à  St-Laur.-de- 
Chamouss.  Une  autre  description  (1725) 
lui  donne  42  pieds  de  long  et  28  de  large 
(communiq.  par  M,  Vaches). 


La  comparais,  des  2  textes  donne  à  la 
canne  lyonnaise  7  pieds  environ  (car  il 
ne  s*agit  pas  de  mesures  précises,  mais 
seulem.  d'un  memenlo).  Ce  sont  des  pieds 
de  roi.  Le  pied  de  1725  n'était  pas  tout  à 
fait  celui  de  1615.  Il  était  de  0»32484  ;  celui 
de  1615  était  de  0"32668.  En  tenant  compte 
de  cette  différence,  la  canne^  avec  un 
rapport  rigoureux,  eût  été  de  2«28(). 
D'où  résulte  que  notre  canne  était  plus 
longue  que  celle  du  Languedoc.  Celle  do 
Montpellier  était  de  1-987  ;  celle  de  Nîmes, 
de  1*976  ;  celle  de  Garcassonne,  de  1"784. 
La  différence  entre  les  mesures  langued. 
etleslyonn.  vient  de  ce  que  les  premières 
avaient  7  pans  (à  Montp.  le  pan  =  0"248), 
tandis  que  la  nôtre  avait  7  pieds.  Quant 
à  l'objet,  il  est  d*orig.  mérid. 

De  canna,  avec  termin.  d'oïl  dans  les 
documents,  mais  le  pat.  était  certainem. 
canna,  mot  venu  d'oc,  comme  l'indique 
la  persist.  de  c  init. 

CANO  (kanô)  v.  a.  —  Mettre,  glisser, 
fourrer.  Y  l'an  cana  de  pan  dens  Itou 
saques,  ils  ont  mis  du  pain  dans  leurs 
poches.  (Goch.). 

De  calAre.  Gh.  de  ^  en  n  (147  3»)  :  suff. 
ô  (14  3»). 

CANONNIÈRE  vin.  s.  f.  —  Embrasure 
de  canon  dans  un  mur  de  fortification.  — 
Arch.  mun.  1573.  «  Dépense  faicte  pour 
achapts  tant  de  grosse  pierre  de  taille 
chuyn  de  St-Gyr,  que  pierre  blanche  de 
Pomyères  et  Lucenay,  pour  faire  canon- 
nières et  portaulx  es  boulevards  de  St-Sé- 
bastien.  —  1515.  «  Payé  à  Lyonard  Rabut 
et  Estienne  Benoist,  pereurs  de  St-Gire, 
99  1.  5  d.  pour  1794  pieds  de  pierre  de 
cartelaige  à  2  s.  6  d.  le  pied,  qu'ils  ont 
fourni  pour  les  canonnières  du  boul- 
vardz.  » 

CANOR  (kanôr)  s.  m.  —  Ganal. 

De  cansil(e).  Gh.  de  a  en  ô  (1)  ;  de  l 
fin.  en  r  (131). 

CANOT  (kanô)  s.  m.  —  1,  Petit  porc, 
à  Yzer. 

Le  vpr.  a  ca7iet,  petit  chien,  de  canen. 
Il  est  possible  que  ce  soit  une  confus,  de 
sensqui  ait  fait  donner  lenomde  canot{de 
can(em)  -|-  suff.  dim.  ot)  aux  petits  porcs. 

2.  Sobriquet  donné  aux  habitants  de 
Thurins. 

Même  orig.  que  canot  1. 


Digitized  by 


Google 


74 


CAPI 


CAPILLI  (SE)  (kapilhl),  à  Lyon  se 
capiller,  se  capi-ycr,  se  copier  v.  pr.  — 

1.  Se  dit  des  fils  de  soie  qui  s'agglomèrent. 

2.  Au  fig.  se  tapir. 

El  vont  te  copier  dans  un  recoin  obscur.  (Et.  Blanc) 
Êtym.  inconn.  —  Je  ne  sais  si  l'on  peut 

songer  au  rad.  de  csipere,  av.  un   suff. 

fréq.    iller^  devenu  iyer,   puis   ter.   La 

persist.   de   c  init.  indique  une  orig.  it. 

comme  dans  quantité  de  mots  apparten.  à 

l'industrie  de   la  soie.    Sur  le   sens  cp. 

Texpress.  «  de  la  crème  qui  se  prend  ». 
CAPITO   (kapilô)  v.    a.  Pr.  capita.  -— 

Rencontrer,  atteindre.  It.  1).  lat.  capitare, 

aboutir,  venir  à  chef. 

Mais,  nom  de  sort,  fodrit  bien  capilô 
Cou  barrolioux  que  vn  u'a  lant  conto 

«  Mais,  nom  de  sort  !  il  faudrait  bien 
trouver  —  Ce  barbouillon  qui  vous  en  a 
tant,  conté.  »  (Due  Bib.) 

De  capw/,  av.  suflf.  are  =  <5  (14  !•). 
Venu  d'oc,  ainsi  que  le  montre  la  persist. 
de  c  init.  et  de  la  prot.  Le  ch.  de  a  en  i 
avait  déjà  eu  lieu  dans  les  dér.  capitalisa 
capitatio  ;  d'où  *capitare  pour  ''caputare. 

CAPOCHI  V.  cabochi, 

CAQUIBOURLË  (kakibourlô),  à  River. 
CANQUIBORLE  s.  f.  «  1»  Culbute  ; 
2»chutesur  le  derrière.  Far  lacaquibourlë, 
faire  la  culbute. 

Du  rad.  de  caquer  et  de  bourla,  boule, 
av.  suff.  dim.  et,  affaibli  en  ë.  L'idée  est 

d'être  accroupi,  comme  si et,  dans  cette 

position,  de  rouler  comme  une  boule. 
Dans  la  forme  de  River,  inserl.  de  n  (184 
7»,  rem.). 

CAQUILLON  s.  m.  —  Petit  baril  de 
contenance  variable. 

De  caque,  tonneau,  av.  suff.  dim.  illon. 

CAR  (sàr)  s.  m.  —  Cerf. 

De  cerv(um).  Chute  de  v  fin  (119); 
élargissem.  de  e  ton.  en  a  (34). 

CAR  A  V.  cala. 

CARABASSI  (karabassi)  s.  f.  —  Loc: 
Veindre  la  carabassi,  dévoiler  un  secret* 

De  l'ar.  kerabat  par  les  formes  d'oc  :  pr. 
carabasso,  cat.  carabassa»  Je  crois  que 
Torig.  de  la  loc,  se  trouve  dans  le  sens 
du  Igd.  troumpa  la  carabasso,  frauder  la 
gabelle,  aujourd'hui  tricher  au  jeu.  Cara- 
basso a  dû  être  un  nom  d'argot  appliqué  à 
la  gabelle. 


CARABOSSI  (karabossi)ÉCARABOSSl, 
à  Lyon  carabosser  v.  a.  Dph.  eycarabossa. 
—  Bossuer. 

yeycarabossirai  tolla  nostra  vaissella. 

«  Je  bossuerai  toute  notre  vaisselle.  » 
(Liaud.) 

Le  même  que  cabossi,  av.  insert,  d'une 
syll.  entre  le  préf.  et  le  thème,  pour 
accuser  le  caractère  péj.  Cependant  on 
pourrait  aussi  y  voir  cabossi,  av.  préf.  péj. 
cal  =  car  (v.  cartcMn)  et  insert,  d'une 
voy.  d'appui.  Le  b.  dph.  carboussa 
appuierait  cette  format. 

CARABUTCHIN  (karabutchïn)  adv.  — 
A  River.  Sans  ordre,  péle-méle. 

Préf.  péj.  car  (v.  cartchïn).  Le  surplus 
est-il  le  mot  butin  (=  butchïn  dans  la 
contrée),  au  sens  d'objets  de  toute  nature? 

CAR  AMI  AU  (karamiô),  ap.  Gras  COU- 
RAM  I  AU  s.  m.  —  Surnom  péj.  donné  aux 
habitants  de  St-Chamond. 

0  enia  gin  de  Gaga,  non  plus  de  (krraiiiiaii.' 

«  Il  n'y  a  point  de  gens  de  St-Étienne, 
non  plus  de  St-Chamond.  »  (Brey,) 

M.  Gras,  qui  donne  couramiau,  l'expli- 
que par  qui  coure  aux  miaô,  qui  court 
aux  chats,  parce  que  les  gens  de  St-Gha- 
mond  auraient  accoutumé  de  faire  des 
civets  de  chat.  Je  crois  l'explicat.  d'autant 
plus  inadmissible  que  la  forme  véritable 
est  caramiau.  C'est  probablem.  le  mot 
m.  lat.  pour  habitant  de  St-Chamond, 
estropié  avec  intent,  péj.  Ca(strum 
An7ie)mn7idi  a  donné  Chatnond  par  une 
très  forte  syncope.  On  a  eu  Castramuti" 
dienses  (cp.  Ripagérien,  de  Rive-de-Gier)  ; 
d'où  caramundienses  caramondiois  cara- 
miois  caramiau  par  substitut  de  suff.  La 
persist.  de  c  indiqua  un  mot  forgé  sur  le 
latin. 

C  A  R  A  M  OSS  A  (karamossa)  express,  adv. 
-^  A  la  caramossa,  à  qui  les  ramassera. 
Se  dit  quand  on  jette  des  dragées  après 
un  baptême.  Au  fig.  au  premier  occupant. 
De  amasser  avec  préf.  péj.  car  (v. 
cartchïn). 

CARAT  (karà)  s.  m.  —  Le  petit  pâtre 
employé  à  garder  le  gros  bétail.  A  Lyon, 
petit  domestique,  petit  apprenti,  mais  av. 
l'accept.  particulière  d'enfant  trouvé.  En 
Dombes  carat  te,  petite  bergère.  Norm. 
(pays  de  Bray)  cara,  berger. 

Ètym.  inconn.  —  On  trouve  en  germ. 
un  rad.   kar,  qui  se  rapporte  à  Tidée  de 


Digitized  by 


Google 


CARA 


veiller,  prendre  soin  ;  golh.  gakaran, 
prendre  soin,  sax.  kar,  ags.  caru,  angl. 
care,  soin.  Peut-on  songer  à  on  rapprocher 
carat  f  Au  rad.  se  serait  ajouté  le  suff.  at, 
qui  est  le  plus  souvent  dira.,  mais  exprime 
qqfois  aussi  Tidée  de  métier  ;  cp.  avocat, 
soldat,  prélat,  magistrat,  potentat.  Le 
In.  aurait  pu  prendre  le  suff.  par  analog. 
av.  ces  mots  savants.  Cp.  aussi  In.  borsat, 
qui  a  des  bourses.  Le  rad.  germ.  car 
répond  au  rad.  de  curare.  Le  carat  serait 
donc  «  celui  qui  prend  soin  du  troupeau  », 
comme  le  curé  prend  soin  du  troupeau 
dds  âmes.  La  persist.  de  c  init.  serait 
due  à  une  importât,  étrangère.  Le  norm., 
où  Ton  retrouve  notre  mot,  conserve  le  c 
vêlai re  devant  a. 

CAR  AVI  RI  (karaviri)  V.  a.  —Bousculer, 
tout  mettre  sens  dessus  dessous. 

Zou  caracire  toi,  fat  tant  d^eilraTaganccs, 
Qu*a  Ut  beiu  tant  de  brut,  que  la  mésouu'ein  danse. 

«  Il  y  bouscule  tout,  fait  tant  d'extrava- 
gances, —  Qu'il  fait  tant  de  bruit  que  la 
maison  en  danse.  »  (Proc.) 

Ne  doit  pas  être,  malgré  l'analog.  des 
formes,  rapproché  du  pr.  caro-vira,  lim. 
charO'Vira,  Igd.  carahira,  cat.  caragirar, 
mots  composés  de  cara,  visage  et  de  vira 
ou  girar,  tourner,  d'où  la  signifie,  de 
de  renverser  le  visage,  grimacer.  La  2* 
partie  du  mot  In.  est  viri,  tourner,  précédé 
dupréf.  péj.  ca  et  d'une  syll.  ra,  intercalée 
pour  accuser  le  caract.  péj.  Cependant 
ce  pourrait  aussi  le  préf.  car  av.  voy. 
d'appui  (v.  carabossi).  Caraviri,  litt. 
tourner  et  retourner. 

CARAYER  (kara  y<6)  v.  a.  —  Aux  bords 
de  la  Saône,  en  Beaujolais,  lancer  des 
pierres. 

Du  rad.  qui  a  formé  Igd.  et  rgt.  caraias 
caralTias,  champ  pierreux.  Ce  rad.  est 
probablem.  le  celt  carr  cair,  pierre,  qui 
a  donné  le  In.  chirat.  La  persist.  de  c 
init.  dans  carayer  indique  une  orig. 
d'oc.  Au  rad.  s'est  ajouté  un  suff.  fréq. 
d'oïl,  ayer  (cp.  In.  gandayer,  fr.  bégayer, 
aiguayer  etc.). 

CARBOLLI  (karbolhl)  v.  cabolli. 

CARCABEAU  s.  m.  —  «  Relevé  pério- 
dique et  officiel  du  prix  du  blé  qui  se 
vendait  à  la  Grenetto  (B.  du  Lut).  »  A 
l'orig.  le  carcabeau  était  l'affiche  d'un 
tarif. 


De  cartabellion,  dér.  de  charta,  et  qui 
existe  encore  en  pr.  sous  la  forme  de 
cartabéu,  trad.  exacte  de  cartabeau,  que 
nous  devrions  avoir  au  lieu  de  carcabeau. 
On  ne  peut  supposer  une  erreur  de 
lecture,  le  mot  étant  imprimé  dans  une 
foule  de  vieux  documents.  Je  n'explique 
pas  ce  ch.  de  t  en  c. 

CARCASSI  (karkassl)  v.  n.  —  Sonner 
creux,  au  fig.  tousser.  Gév.  car  cassa, 
tousser;  pr.  carcassa,  son  d'une  cloche 
fêlée. 

De  carcasse,  (v.  carcavelô)  au  sens 
de  corps  creux  (cp.  carcasse,  projectile 
creux)  ,av.  suff.  î  (15  3»,  rem.  2). 

CARCAVELO  (karkavelô)  v.  n.  —  Se 
dit  du  bruit  que  font  des  objets  renfermés 
dans  un  récipient  en  le  secouant.  Au  fig. 
tousser.  Pr.  cascavèu  =^carcavèu^  grelot; 
Igd.  not  carcavêlo,  noix  qui  branle  dans 
sa  coque  ;  esp.,  port,  carcava,  fossé  ;  for. 
carcaveld  carcamela,  tousser  ;  sarde 
cascavègliUf  grelot,  caprice. 

Du  pr.  carcavêUf  jadis  carcavel,  avec 
suff.  ô  =  are  (14  2»),  Carcavèu  est  lui- 
même  fait  d'un  rad.  carc,  qui  signifie 
creux  et  se  retrouve  dans  In.  carcot, 
creux;  puis  probablem.  d'un  2«  rad.  tiré 
de  cavus^  et  d'un  suff.  el,  eu  =  ellum, 

Diez,  dans  esp.  carcava,  fos.sé,  consi- 
dère car  comme  l'êquival.  do  con  dans 
concavus.  La  marche  serait  concava 
corcava  carcava.  Mais,  outre  la  difficulté, 
pour  ne  pas  dire  l'impossibilité,  de  la 
format.,  on  retrouve  carc  av.  la  significat. 
de  creux,  dans  carcer,  geôle,  carchesium, 
carquois,  carcasse,  projectile  creux  et  In. 
carcot,  —  Carcarèu  et  cat^elô  font  ainsi 
pléonasme,  renfermant  deux  rad.  qui  ont 
la  même  significat. 

CARCAVELOUS,  OUSA  (karkavelou, 
ouza)  adj.  —  Radoteur,  euse. 

De  carcavelô,  av.  suff.  ous  =  osus  (35). 

CARCELO  (karsalô)  v.  n.  —  A  Paniss. 
Tousser. 

Du  rad.  carc  (v.  carcavelô)  av.  suff. 
fréq.  olo  (cp.  harceler,  ensorceler)  où  la 
prot.  s'est  affaiblie.  —  Peut-être  simplem. 
une  syncope  de  carcavelô. 

CARCOT  (carcô)  —  S'emploie  dans  cette 
loc.  Sonner  le  carcot,  sonner  crtmx.  Se 
dit  d'une  toux  d'un  pronostic  fâcheux. 
A  sonne  lo  carcot,  il  tousse  comme  un 
phtisique.  Genev.   sonner    lo   carcan,   le 


Digitized  by 


Google 


:g 


CARG 


carquet,  même    sens  ;    gév.    carcagnas, 
crachat  du  fond  de  la  poitrine. 

D'un  lad.  carc[Y.  carcavelô),  av.  suff. 
dim.  ot, 

CARGNO  (kargnô)  s.  f.  —  Cerise 
demeurée  sur  Tarbre. 

Subst.  tiré  de  cargnt,  parce  que  la 
cerise  se  ride  en  séchant. 

CARGNO  (kargnô)  adj.des  2  g.  —  Ridé, 
ratatiné.  In  viu  cargnô,  un  vieillard  ridé. 

De  crinum  (?)  (parce  que  le  crin  se 
recroqueville),  av.  métath.  de  r  et  suff. 
ô  =  atum.  Le  rapprochem.  de  recrenilli, 
même  sens,  qu'on  retrouve  sous  la  forme 
recarnilli,  appuierait  l'étym.  On  devrait 
avoir  cat'gn%(\B  3"). 

CARMAILLI  V.  cramayh 

CAROGNI  (karogni)  CAROUNI  s.  f.  • 
Terme  injurieux.  Au  marché  de  Galuire  , 
0  Ma  jolie  dame,  voli-vo  de  poriaux  ?  — 
Dien  aujourd'hui,  marchande.  —  I  don, 
car 0 uni  I  » 

Fr.  carogne.  Le  c  init.  dur  indique  une 
origine  pic.  Fin.  i  (54  3«). 

CAROUNI  V.  carogni. 

CAR  PAN  (karpan)  s.  m.  Pr.  carpan.  — 
Soufflet.  Pr.  carpa,  battre  ;  se  cat^pa^  se 
harper;  it.  carpare^  griper. 

Je  Bajo,  s'aliou  ponc  à  cbOeun  In  carpan^ 
Qu*a  va  lus  z*eiiToyl  sclrain6  vait  Pampan. 

«  Je  gage,  s'il  leur  donne  à  chacun  un 
soufflet,  -  Qu'il  va  les  envoyer  se  traîner 
chez  Pampan.  »  (MeL) 

Étym.  obscure.  —  Peut-être  du  rad. 
corp,  qui  est  dans  carp(ere)  et  qui  a 
trouvé  de  nombreuses  applications  au  sens 
de  meurtrir,  blesser  (v.  cabolht)  ;  plus 
d'un  sulT.  an  qui  représente  le  part.  prés, 
d'un  Actif  'cathare  (cp.  brigant,  tirant, 
restaurant,  versant  subst.). 

CARPINO  (karpinô)  v.  a.  Pr.  car- 
pina  carpigna  charpina.  —  Égratigner, 
déchirer. 

Son  zio  de  pTmparlanl  el  ion  gruiti  carpinô. 
€  Son  œil    de    mésange,    et     son    nez 
égratigné.  »  (Ménag.) 

Forme  de  charfignay  mais  ici  le  rad. 
carp  a  persisté  intégralem.  Le  c  init.  au 
lieu  de  ch  indique  une  orig.  prov. 

CARQUELIN  (karkelin)  s.  m.  Métath. 
ordinaire  de  craquelin.  To  bas  fan  lo 
carquelin,  tes  bas  sont  détachés. 

CARQUIOLA  (karkiôla)  CARQUIOLE 
karkiolë)  s.  m.  —  Bavard,  rabâcheur. 


Semble  se  rapporter  au  pr.  cascarel  (= 
carcavel),  grelot,  av.  chute  de  »  médiat 
(145  2*),  et  sufl'.  a;  d'où  carcaela  et 
carquioîa.  Dans  la  forme  carquiole  on  a 
ajouté  le  suflf.  fr.  et,  affaibli  souvent  en  ë. 
V.  carcavelô, 
CARQUIOLE  V.  carquioîa. 
CARRA  vin.  dans  ce  texte  du  Carc  :  — 
«  Item,  deit  un  veylliers  de  mar  garnis 
d'entenes  et  de  carrai  (ainsi  accentué  ; 
aulrem.  il  y  aurait  carres)  Item  doit  un 
voilier  de  mer,  garni  d'antennes  etde...  ? 
Texte  curieux  en  ce  qu'il  montre  qu'au 
xui*  s.  les  barques  à  voiles,  malgré  le  pont 
Saint-Esprit,  remontaient  le  Rhône  jusqu'à 
Givors.  Il  faut  se  rappeler  qu'au  m.  â.  les 
galères  des  républiques  de  Pise  et  de 
Gènes  se  livraient  encore  des  combats 
dans  le  petit  bras  du  Rhône. 

Calera  représente,  en  In.  du  m.  â. 
quadratum  (164  S",  et  1),  et  signifie 
évidemm.  une  partie  du  gréément.  Les 
voiliers  qui  remontaient  le  Rhône  avaient 
la  voile  triangulaire,  dite  latine,  soutenue 
par  Vantenna.  En  it.  carro  se  dit  de  «  la 
partie  la  plus  grosse  de  l'antenna,  du  côté 
de  proue  ».  Le  carra  était  sans  doute  un 
accessoire,  peut-être  un  appendice  de 
l'antenna. 

CARRIAU  (kariô)  s.  m.  —  Planche  de 
jardinage.  In  carriau  de  sarsifis,  une 
planche  de  salsifis. 

Fr.  carreau,  qu'on  employait  jadis  dans 
ce  sens.  Eau  fr.  =  iau  (33). 

CARRO N  (karon)  s.  m.  —  Carreau  de 
terre  cuite.  Môme  mot,  même  sens  en  for., 
dph.,  jur..  bourg.,  ss.-rom.,  genev.  «  Item 
tota  terra  et  piera  coiti  au  xi  comme 
chaux,  tioles,  carrons...  toute  terre  et 
pierre  cuite,  comme  chaux,  tuiles,  carrons 
{Tar.  de  la  V.  1295).  «  Voyans  que  les 
maistres  tuilliers  et  qui  font  la  brique  et 
caj'Tons,  faisoyent  marchandise  non 
loyale...  »  (Paradin) 

Noirou  poro  creilin  vo  conle,  enlretan, 
Lou  carron  de  la  cour... 
«  Notre  pauvre  benêt  vous  compte,  entre 
temps,—  Les  carreaux  de  la  cour.  »  (Vient.) 
Bien  que  Monet  fût  à  demi  Lyonnais  et 
que  Gotgrave  ait   beaucoup   recueilli  de 
provincialismes,  ni  l'un  ni  l'autre  ne  donne 
carron  ;   Nicol  ni  Nicod  non  plus.  Mais 
Ménage  l'a  recueilli. 
Du  rad.  de  carré  av.  suff.  dim.  on. 


Digitized  by 


Google 


CARR 


77 


CARRONAGE  (karonage)  s.  m.  —  Car- 
relage. «  Avons  ordonné  que  les  codières 
d'appui  des  dicts  jours  et  veues  seront 
d'haulteur  suffisante  par  dessus  le  carro- 
nage  pour  empescher  que  les  religieuses 
du  dit  monastère  ne  se  puissent  appuyer 
pour  voir.  »  (Instruct.  de  Varch,  C,  de 
Neuville,  1661,  ap.  Gharvet). 

De  can'on  et  du  suff.  coll.  âge. 

CARTChIn,  INA  (kartchïn,  ina)  s.  des 
2  g.  —  Usité  à  River,  pour  homme  mépri- 
sable, vaurien. 

De  chïn  (?)  chien,  et  du  préf.  péj.  car 
=  cal  (121),  qu'on  retrouve  dans  vpr. 
values,  myope,  vfr.  calimafrée,  norm. 
calihodce,  mauvais  ragoût,  fr.  califour- 
chon etc.  Il  est  probable  que  ce  préf.  se 
confond  av.  le  préf.  ca,  signalé  au  mot 
caborna.  Dans  cartchïn,  tek  pour  ch  et 
in  pour  in  sont  des  prononciat.  locales. 

CARTELAIGE  s.  m.  Vin.  —  Terme  de 
de  construct.  qui  signifiait  «  de  bloc  ».  On 
disait  pierre  de  cartelaige  par  opposit.  à 
la  pierre  mince  ou  cadette.  —  Arch.  mun. 
1515  «  Payé  à  Lyonard  Rabut  et  Estienne 
Benoist99  I.  5  d.  pour  1794  pieds  pierre 
de  cartelaige.  » 

Paraît  être  dér.  de  quartier  (quarter tus), 
nom  donné  aux  blocs,  av.  suCT.  coll.  aige 
(cp,  champeyage)  ;  d'où  quartieraige, 
changé  en  carie/a/z/e,  par  adoucissem.  de 
r  en  l,  et  la  chute  d:î  i  de  l'hiatus  tV. 

CARTEYI  (karlè-yî)  v.  n.  —Jouer aux 
cartes. 

Fume,  cnrte-ye  ou  chante  à  plein  gosi. 

«  Fume,  joue  aux  cartes,  ou  chante  à 
plein  gosier.  M  (Per.) 

De  carte  2i\.  sufl".  fréq.  eyi  oy'i,  répond', 
à  fr.  oier.  G  p.  manoier,  charroier. 

CARUCHI  (karuchi)  s.  f.  —  A  Morn. 
motte  de  terre  durcie. 

Du  préf.  péj.  ca  et  d*un  tbème  inconnu. 
Ce  n'est  pas  roche  (=  rochi),  Rupea  a  u 
long  et  donne  bien  racAi, maison  retrou- 
verait sans  doute  ruchi  dans  d'autres 
dial. 

CASAMATTA  (kazamata)  s.  f.  - 
1.  Petite  loge  où  Ton  dépose  le  blé  au 
sortir  de  l'aire  (Goch.)  2.  Petite  grotte, 
petit  abri  (v.  se  casemattô). 

Ex.  curieux  d'un  mot  it.  (casamatta)  qui 
n'ayant  pris  place  que  dans  la  langue 
militaire  et  resté  inconnu  aux  illettrés  des 
villes,  s'est  vulgarisé  en  pat. 


CASAMATTO  (kazamattô)  v.  n.  -  Se 
mettre  à  l'abri  dans  une  petite  grotte,  un 
petil  endroit  couvert. 

De  casamatta,  av.  suff.  6  (14  1*). 

CASSI  (kassi)  s.  f.  —  1.  Poêle  à  frire. 
4  Unam  cassiam  fussoriam  (lïve  fris- 
soriam).  Duas  parvas  cassias  albas  (Inv. 
de  J.  de  Bellora  1374).  »  A  côté  de  la  casse 
à  frire  il  y  avait  la  casse  à  cuire  qui  était 
dénommée  casse-cloche.  «  Item,  trois 
quasses  frissoires  quy  l'une  est  vielle  et 
deux  petites  quasses-cloches.  »  (Inv.  de 
rilôp.  de  Villefr.  1473,  ap.  Missol).  Le 
mot  casse,  au  sens  de  casserole,  s'est 
conservé  seulem.  à  Lyon.  Il  paraît  avoir 
été  général  au  m.  â.,  mais  dans  des 
acceptions  assez  variables. 

2.  A  Lyon  casse  s.  f.  —  Poche  de  métal, 
dite  aussi  bassin,  pour  puiser  l'eau  dans 
le  seau. 

Du  vha.  chesi, 

CASSON  (kasson)  s.  m.  —  Planche  de 
jardinage. 

De  C9,psa,  peut-être  par  l'it.  cassa.  Le 
suff.  on,  habituellement  dim.  est  iciaugm. 
et  paraît  représenter  le  suff.  it.  09ie  :  it. 
cassone,  grande  caisse.  De  même  fr. 
canon  répond  à  it.  cantione.  La  persis- 
tance de  c  init.  appuie  l'orig.  it. 

CASTILLI  (castilhi)  s.  f.  —  Dispute. 
Charchi  castilli,  chercher  noise.  Y  sant 
lojors  in  castilli,  ils  sont  toujours  à  se 
disputer. 

Vfr.  castille.  Fin.  »  (54  3»). 

CATELLA  CADELLA  (katôla,  delà)  s.f. 
—  Poulie.  Genev.  râtelle,  appareil  composé 
d'une  chaîne  et  d'une  poulie  ;  pr.  catel, 
peloton  de  fil,  ficelle  d'un  fouet. 

De  catella,  dim.  de  catena,  chaîne. 
Orig.  pr.  ainsi  qu*en  justifient  la  persist. 
de  c  au  lien  de  son  passage  à  ch  (84)  et 
la  persist.  de  la  dent,  au  lieu  de  sa  chute 
(135).  Ch.  de  t  en  d  dans  cadella  (136). 
Le  genev.  indique  la  dér.  de  sens  :  corde, 
puis  corde  et  poulie,  puis  poulie  seule. 

CATI,  lA  (kati,  la)  adj.  —  Se  dit  des 
cheveux  embrouillés. 

Part,  du  fr.  catir,  pris  au  sens  ancien, 
presser,  agglomérer,  faire  adhérer  ensem- 
ble. 

'  CATILLI  (katilhl)  v.  a.  Pr.  catiha, 
Igd.  catilha,  alp.  gatilha,  ventim.  gatti- 
gliare  {ap.  Flechia),  piém.  gatié.  — 
Ghatouiller. 


Digitized  by 


Google 


78 


CATI 


T>e*cattic(u)lB,re,  de  catticiiliis^dim.  de 
cattus.  La  p  3rsist.  de  c  indique  que  le  mot 
est  venu  par  le  mérid.  calilha.  Gh.  de  a 
ton.  en  t  (15  4«). 

CATILLU.  USA  (kaliiliu,  uza)  adj.  — 
Chatouilleux,  se. 

De  catilhx,  av.  suflf.  osas  (85). 

CATOFLE  (katofle)  s.  f.  —  Pomme  de 
de  terre. 

De  ail.  kartoffel,  pomme  de  terre, 
introduit  durant  l'invasion  de  1814.  La 
facilité  av.  laquelle  se  sont  introduits  et 
maintenus  qq.  mots  (v.  cheloffe^  crompire) 
dans  une  invas.  si  courte,  explique  certains 
rapprochem.  inattendus  entre  des  dial. 
éloignés. 

•  CATON  (kàton)  s.  m.  Gév.  catoun, 
pr.  catoun^  ^a(OM»  ;  bas  Valais  kadon. — 
Grumeau,  petite  agglomérat.  Godef.  donne 
le  vfr.  caton  au  sens  de  petite  masse  de 
farine  coagulée,  mais  sans  citer  de  texte. 
Il  fait  erreur  en  disant  que  dans  le  Lyonn. 
caton  est  une  bouillie  de  farine  de  maïs. 
Ce  sont  les  grumeaux  qu'on  rencontre 
parfois  dans  cette  bouillie.  Berr.  caton^ 
masse  de  farine  qui  s'agglomère  par 
l'humidité.  A  Nimes  catoano,  petite  pierre 
de  forme  ronde. 

Du  vfr.  calir  av.  suff.  dim.  on.  De 
même  que  le  dph.  a  métathésé  calola  en 
tacola,  de  môinc  le  In.  a  métathésé  caton 
en  taco7i,  presque  aussi  usité. 

CATONNO  (kat6nô)adj.  des  î>  g.  Berr. 
catonné,  —Qui  a  des  catons.  «  Cinquante 

boisseaux   d'aultre    farine et   environ 

dix  boisseaux,  tant  catonnée  que  pbine 
de  mittes  {Compt.  des  recev.  de  Bourges, 
ap.  Godef.). 

De  caton,  av.  suff.  6  (14  3«). 

CATSA-PIUS  (katsapia)  s.  m.  Gév. 
catsa-pesus,  —  Littér.  écache-poiix  ; 
express,  injurieuse.  Pourtant,  quand  on  a 
bu,  ce  peut  être  aussi  une  express,  de 
tendresse. 

Fotu  gormaïul,  bogro  de  calsa-piu  ! 
Tiii-le  bons  boRro  !  le  tAs  tieire  ! 

€  F...  gourmand,  b...  d'écache-poux  I  — 
Tiens-loi  bien  b...  I  tu  vas  tomber  î  »  (Coz.) 

De  cacht,  écraser  (coaclare)  ot  pius 
poux  (pedaculi),  JjSl  notât,  ts  pour  ch, 
l'emploi  de  u  au  lieu  de  ou  dans  piu, 
indiquent  la  phonét.  des  bords  de  la  Saune. 

CAUCHE-VIEILLE  v.  Chaussivieilli, 


CAUSTO  (kôslô)  adj.  des  2g.—  Triste, 
consterné. 

De  xauTTÔv  (?)  par  ^caust^tum,  brûlé, 
consumé.  Gh.  de  a(tum)  en  ô  (i).  La 
persist.  de  s  serait  insolite. 

CAVET,  TTE  (kavô,  te)  s.  des  2  g.  —  !• 
Sobriquet  péj.  donné  aux  gens  du  Rever- 
mont  qui  viennent  se  louer  pour  la  vendan- 
ge en  Beaujolais.  2«  Sobriquet  des  canuts. 

Êtym.  inconn. 

CAVOR  (kavor)  CAVO  (kavô),  ap.  Coch. 
CAVAR  (kavar)  s.  m.  For.  catar,  —  Trou, 
grotte,  coin.  Cognutre  lo  car dr,  connaître 
le  bon  coin  j  au  cavô  qu'ai  aile,  en  quel- 
que coin  qu'il  aille. 

Par  allô  dous  fuiit  décuri  lo  cavord, 

«  Pour  aller  des  fusils  découvrir  la 
cachette.  »  (Brey,) 

De  cara  (cave),  av.  suff.  aie  =  ar  (131 
!•),  puis  ôr  (1). 

CAYE  (ka-ye)  s.  f.  —  1.  Truie.  V 
cayon  1. 

2.  Gros  chantier  que  l'on  place  par 
dessus  les  madriers  nommés  cayons, 
quand  on  presse  la  vendange  (v.  cayon  2). 

Image  de  la  truie  couvrant  les  petits 
marcassins. 

'CAYON,  CaVoN  (ka-yon)  s.  m.  — 
\.  Porc.  «  On  tuait  des  cayons  ou  pour- 
ceaux (Aleclor).  Gaion  en  Lionnois  est 
Porc  en  françois  (Nicot,  Thresor).  Gaïon, 
un  jeune  ou  petit  porc.  Lyonnois  (Col- 
grave).  »  Jeune  ou  petit  sont  de  trop. 

Étym.  cacare,  d'après  M.  Cornu;  cayum 
(aujourd'hui  chais)  d'après  M.  Onofrio 
(le  cayon  serait  le  porc  du  chais,  par 
opposit.  au  sanglier,  porcus  singulaHs). 

Ces  étym.  doivent  être  écartées  parce 
que  le  cov.  et  le  Jgd.  offrent  la  forme 
caliou  (Sauvages,  Azaïs),  porc,  truie. 
Celte  forme  est  antérieure  à  cayon,  car  Ih 
devient  y,  tandis  que  y  ne  devient  jamais 
Ih.  On  doit  donc  chercher  un  rad.  calh. 

Ce  rad.  est-il  fourni  par  le  celf.  ?  — 
Kym.  cagU  fange,  fiente  ;  caglog,  souillé 
de  fange  ;  arm.  kalar,  crotte,  boue  ;  corn. 
caillar,  boue,  ordure.  —  D'où  cailhon  av. 
suff.  ow,  et  cayon  par  sul)stitut.  de  y  à 
Ih  (164  2<»,  c).  Le  cayon  serait  littér.,  le 
souillé  de  fange  et  d'ordure.  Cp.  les 
phrases:  Al  est  solo  comm'  in  cayon; 
al  est  ladro  comme  in  cayon.  Dans 
cette  dernière  loc.  on  joue  sur  le  sens  fig. 
de  ladre,  qui  signifie  avare. 


Digitized  by 


Google 


CAYÔ 


:ô 


2.  Les  cayotis  sont  des  soliveaux  ou 
chantiers  que  l'on  place  sur  le  manteau 
qui  couvre  la  trouillée,  lorsqu'on  fait  le 
vin,  afin  de  combler  le  vide  en  Ire  le  manteau 
et  le  chapeau.  Un  chantier  beaucoup  plus 
gros,  qu'on  place  par-dessus,  se  nomme 
la  caye  (v.  caye  2). 

CAYON,  ONNA  (ka-yon,  ona)  adj.  — 
Sale,  ordurier. 

Sens  fi'g.  de  cayon  1. 

CEBRELO(sebrelô)  V.  a.  For.  cebrela.  — 
Secouer  par  secousses  répétées. 

De  brelô,  à  St-Mart.  secouer,  et  d'un 
préf.  ce^  sous  l'infl.  peut-être  de  secoyl, 
secouer.  V.  cegrolô. 

CEGROLO  (segrôlô),  à  Lyon  cigroler 
V.  a.  For.  cebrela,  —  Secouer  violemment 
dans  tous  les  sens. 

De  vfr.  croler,  croller  (c(o)rolutKre), 
avec  un  préf.  int.,  sous  une  infl.  analogue 
à  celle  qui  a  formé  cebrelô. 

CEGROT  (segr6)  s.  m.  Dph.  segroU  — 
Secouement,  action  d'ébranler  avec  force 
et  de  façon  répétée.  De  crainta  du  segrot^ 
de  peur  des  secousses  (Gren.  mal.). 

Formé  av.  le  rad.  de  cegrolô  et  suff. 
dim.  ot. 

CEL,  CELO  (selo),  CELOS,  CELA  (cela), 
CELLES  pr.  dém.  —  Ce,  ceux,  celle,  celles. 
Cel  devant  lesvoy.,  celo  devant  les  conson- 
nes. Le  In.  du  m.  à.  avait  les  déclinaisons 
suivantes  : 

Cas-sujet,  cit  cil  ices  pour  ce  cet; 
cit  livros,  cil  cors,  ices  glorious  cors. 

Cas-régime  :  cet  cest  cel  :  «  Dedens 
cet  livros,  de  cet  mundo,  en  cest  mundo, 
de  cel  glorious  pertuis. 

Cas-suj.  ci  citi  celé  pour  cette  «  Ci 
creatura,  citi  creatura,  citi  doucors,  celé 
persone.  » 

Cas-rég.  celé  :  «  En  celé  porte,  de  celé 
montaygne.  » 

Cas-suj.  cis  pour  ces  au  masc.  ;  «  Ciz 
douz  chanz.  » 

Cas-rég.  ceus  :  <  De  ceux  benoys  che- 
veuz.  ^ 

Cas-suj.  cetes  pour  ces  au  fém  :  «  Cetes 
demonstrances,  cetes  très  créatures.  » 

Cas-rég.  celés  :  «  Do  celés  pidouses 
playes.  »  (Marg.  d'Oyngl). 

CELÉ-LÊ  (selé-lô)  CELA-LÊ  CELOS-LÊ 
(selô-lô)  CELLES-LÉ  pr.  dém.  —  Celui-là, 
celle-là,  ceux-là,  celles-là. 

De  cel,  ce,  et  le,  là. 


CELÉQUI  (seléqul),  CELAQUI,  CELOS- 
IQUI(seloziqul),CELLES-QUIpr.dém.— 
Celui-ci,  celle-ci,  ceux-ci,  celles-ci. 

De  cel  etc.  et  qui  =  ci. 

CENDRE  (il  n'y  a  pas  de  doute  que  Ton 
ne  prononçât  oindre)  SYNDRE  vin.  s.  m. 
—  Cintre,  terme  de  construct. 

Arch.  m.  1416:  «  Item  bailla  Jehan  de 
Blacieu  un  roule  contenant  certaine 
quantité  de  fuste  par  lui  pieça  baillée  pour 
les  cendres  de  l'arc  du  pont  de  Rosne...  » 
(Rsg.  C071SUI.)  —  U72€  A  JehsiXi  Lombart, 

chappuis pour  avoir  fait  les  syndres 

de  la  porte  Chenevier.  » 

Do  cinct(u)ra  (v.  chaintre).  Ch.  de  tr 
en  c?r(ie4  8«,  rem.). 

CENSI  (sinsi)  s.  m.  Lgd.  censié,  pr. 
censiero,  vpr.  censuari.  —  Le  répartiteur, 
le  contrôleur,  tout  ce  qui  établit  le  cens. 

De  censArius,  Ch.  de  arius  en  î  (18). 

CEQUIN  (sekïn)  adj.  indéfini.  For. 
saigu'un  saigu'un.  —  A  R.-de-G.  Un, 
certain,  quelque. 

Depuis  tèquino  zans,  par  In  6dre  mutsjo. 

«  Depuis  quelques  années,  par  un  ordre 
sauvage.  »  (Brey,) 

Ein  contant  lo  malheurs  de  ièquino  méii6s. 

«  En  racontant  les  malheurs  de  certains 
garçons.  »  (id.) 
XI  iaiqWun  espadron,  qu'ici  bon  en  tlon  de  guerre. 

«  Et  certain  espadon,  qui  est  bon  en 
temps  de  guerre.  »  (Chap.) 

De  hic  unum.  Hic  =  ce  et  unum  =  ïn, 

CERMILLI  (sermllhi)  s.  f.  —  Cerfeuil. 
De  caer,  rad.  de  caerefolium,  cerfeuil,  et 
de  mi/mm,  mil.  Ch.  de  c  en  ^  devant  ae 
(88).  On  devrait  avoir  çarmilhi  (88),  et 
c'est  certaine  m.  ce  que  Ton  a  dans  les 
endroits  où  le  mot  n'a  pas  été  infl.  par  le 
fr.  cerfeuil, 

CÉSAMPA  (sezan-mpa)  s.  f.For.ctzam- 
pa,  pr.  cisampo  cesampo  cirampo,  Idg. 
cilampo,  alp.  cejampo.  —  Bise  aigre.  Piém. 
cisampa,  rosée  congelée,  brouillard  glacé. 

La  forme  ctrampaest  la  forme  primitive 
dont  le  In.  a  été  tiré  par  ch.  de  r  en  m 
(cp.  chaire  =  chaise),  Cirampa  est  formé 
sur  pr.  cirOj  tourmente  de  neige,  qui  est  le 
même  que  auv.  ecir  essir,  même  sens, 
et  peut-être  essidre,  vent  violent  à  Tulle  ; 
gév.  chire,  neige;  ss.-rom.  chire,  averse, 
grande  pluie.  Pr.  cira,  auv.  eschira, 
tourbillonner,  en  parlant  de  la  neige. 


Digitized  by 


Google 


80 


CETU 


Ce  rad  cir  chiv  parait  so  ratlaclier  h 
(T/Jpay'J,  vonldiinord-ouost.  Le  vocalmlaire 
de  la  marine  et  de  la  pt'^che,  sur  la  Médi- 
terranée, a  souvent  puisé  dans  le  grec. 
Cp.  Mp  At^o;  =  vpr.  iabec,  et  xaoÔaç  = 
garhin,  vents  du  sud-ouest.  A  cir  s'est 
ajouté  un  2«  mol,  inconnu.  Je  n'ose 
proposer  le  pr.  rampa,  brume  à  l'horizon, 
d'où  cirampa  cesampa  cisampa  f  La 
cesampa  serait  alors  lit  1er.  la  bise  avec 
nuages,  la  bise  brune,  qui  amène  en  effet 
la  tourmente  de  neige. 

CETtJ,  CETtJI  (setu,  setul)  pr.  dém. 
masc.  —  Ce,  cet,  celui-ci.  Moins  usité  que 
celo  dans  le  sens  de  ce,  cet, 

D'ecce  istui, 

CHA  (cha)  particule  entrant  dans  la 
compos.  des  locut.  telles  que  à  cha-yon 
(à  Lyon  à  cha-tin),  un  h  un;  a  cha  pou 
(Lyon  h  cha-peu),  peu  à  peu  etc.  Ces  loc. 
appartiennent  à  tous  les  dial.  d'oc  et 
romano-pr. 

Aqueli  taro  mal  qu'ubllo 
S'ensevelisson  a  cha  mile. 

«  Ces  chenilles,  plus  qu'habiles  — S'ense- 
velissent par  milliers.  »  (Mistral). 

De  xara,  b.  lat.  ca,ta  (=  ad,  versus, 
secundum),  selon  l'étym.  démontrée  par 
M.  P.  Meyer. 

CHABROYI  (chabroyl)  v.  a.  —  Écraser. 
Lo  caitors  einfunçot,  lo  velntro  chabroyi. 

«  Les  chapeaux  de  castor  enfoncés,  les 
ventres  écrasés.  »  (Ménag.) 

Peut-Atre  du  fr.  broyer,  av.  préf.  péj. 
ca,  devenu  cha.  Cette  format,  a  pu  s'ac- 
complir sous  l'infl.  des  mots  où  existe  le 
rad.  cai*p,  devenu  charp  charb  :  fr. 
charpù\  In.  charibotter,  charfigna  etc. 
Ce  peut  être  aussi  une  métath.  de 
charbolhi, 

CHA  DEL  A  Y  vin.  pour  chadela  v.  a.  — 
Saluer,  en  parlant  de  l'Annonciation. 

Gabriel  rtrchaiisio,  per  bitn  vo  dire  lo  f  Lr]ey, 

Fit  lu  meMieio  à  Maria  per  ma  rey. 

Où  la  trou  fa  en  u  chambra  bien  para  ; 

La  salua  dt  par  Di,  disant,  Di  to  chadelay 

f  Gabriel  l'archange,  pour  bien  vous 
dire  la  vérité,  —  Fit  le  message  à  Marie, 
par  ma  foi.— Il  la  trouva  en  sa  chambre 
bien  parée  ;  —  U  la  salua  de  la  part  de 
Dieu,  disant  Dieu  vous  dirige.  »  [Noël 

XVI*  8.) 


Vfr.  chadeler,  conduire,  diriger,  guider  ; 
de  *capiiollare.  On  devrait  avoir  chadéle 
et  non  chadelB,y.  Toutes  les  rimes  du 
noël  étant  masculines,  l'auteur  a  estropié 
le  mot  pour  obtenir  une  rime  masculine, 
d'ailleurs  inexacte.  Il  faut  probablem. 
lire  chadela,. 

CH ADRILLON  (chadrilhon)  CHATRIL- 
LON  s.  m.  —  Chardonneret. 

Et  l'ami  Barlhoniiaux,  dzimor,  fut  obligi 

De  vcindrc  In  chadrillon,  par  trova  que  miei. 

«  Et  l'ami  Barthélémy,  mardi,  fut  obligé 
—  De  vendre  un  chardonneret  pour  trouver 
de  (juoi  manger.  »  (Tôt  va  bien). 

De  caLvddium),  av.  suff.  dim.  illon  ,* 
d'où  chardillon  par  ch.  de  c  en  ch,  et 
chadr illon,  par  métath.  de  r  (187  1"). 
Gh.  de  dr  en  tr  dans  chatrillon  (164  .'>% 
rem). 

CHAFETTA  (chafèta)  s.  f.  —  Se  dit  de 
quelqu'un  qui  marche  péniblement,  qui  se 
traîne  en  trébuchant. 

Par  mio  lixo  quela  viélli  chafeta. 

«  Pour  mieux  fixer  cette  vieille  éclopée.  » 
(La  Oroussa  Jon7ieto7i). 

Forme  sur  i7ichafetô,  donner  un  croc 
en  jaml)e.  SHnchafelô,  s'embarrasser  les 
jambes.  Chafetta,  qui  a  les  jambes  embar- 
rassées. 

CHAI  (chê),  ap.  Coch.  CHAIX  s.  m.  — 
Petit  mur  en  pierre  sèche  pour  soutenir 
les  terres. 

De  arm.  kaé,  haie,  quai  ;  kjrm.  cae, 
enclos,  haie,  barrière  ;  d'où  le  fr.  quai. 
Ch.  de  c  en  ch  (84). 

CH  AILLÉE  (châlhée)  s.  f.  —  Express, 
péj.  pour  une  troupe,  une  foule.  Se  dit 
surtout  des  enfants.  Ina  chaillée  d'efanls. 

Terme  d'oïl,  comme  l'indique -la  finale  ée, 
Contract.  de  chiaillée. 

CHAILLI  (châlhl),  ECHAILLI  v.  a.  — 
Écaler  les  noix. 

Vfr.  challer,  av.  mouillcment  de  l, 
peut-être  sous  l'infl.  du  fr.  écaille. 

CHAILLI  (chalhl)  v.  a.  —  Chauffer. 
Employé  surtout  dans  cette  loc.  chailll  lo 
four. 

De  calere,  Ch.  de  c  en  ch  (84).  Le 
mouillem.  de  l,  et  par  conséq.  la  fin,  en  i 
(15  4»)  sont  dus  sans  doute  k  l'infl.  de 
l'yotte  de  caleo. 

*  CHAILLOTA  (chàlhôta)  à  Lyon  chail- 
lote  s.  f.  —  Échalote.  Au  fig.  dent,  à  cause 
de  la  blancheur. 


Digitized  by 


Google 


CHAI 


81 


G*est  le  mot  français  échalote,  moins  le 
préf.,  et  av.  le  mouillem.  déjà  remarqué 
à  châïlli. 

CHAIRI  V.  charri, 

CHALEY  (chalè)  CHALEÏ  (chaleï)  s.  f. 
For.  challage,  b.  dph.  chalaio,  alp. 
charaio,  — Fougère. 

Orig.  celt.  —  Corn,  kelli  killi,  kym. 
celli  gelli,  irl.  coilî,  vx  irl.  caill,  gaël. 
coille,  mks.  keil  (sansc.  guhila),  bois, 
foret.  Le  sens  s'est  étendu  à  arbuste  sous 
bois,  puis  à  fougère.  Le  corn,  avait  passé 
lui-même  au  sens  de  bosquet,  tandis  que 
Tauv.  challaye  a  conservé  le  sens  de  forêt. 
—  Aye,  réduit  à  ey,  est  un  suff.  coll.  (lat. 
eta)  exprim*.  la  réunion  du  primitif,  et 
applicable  surtout  aux  espèces  forestières  : 
houllaye,  saulsaye,  olivaye.  Challaye 
était  donc  primitivem.  la  réunion  des 
fougères.  Le  sens  s'est  restreint  à  celui 
de  l'arbuste  lui-même. 

N.  de  lieux  :  Chalay  (Rh.),  Chalamont 
(Ain).  N.  propres  :  Chaley,  Challaye, 
Chalayer. 

*CHALIÉ  (chalhô)  s.  m.  —  Même 
signifie,  que  chai. 

De  scala  par  'scalwrium,  les  murs  en 
question  formant  des  sortes  de  degrés 
sur  les  collines.  Gh.  de  se  en  ch  (111). 
lé,  ier  est  un  suff.  d'oïl  (arium). 

•  CHALIET  (chalhè)  s.  m.  —  Lit. 

De  *  caialectum,  fr.  châlit.  E  +  c, 
réduit  à  t  dans  le  fr.  lit,  a  conservé  la 
dipht.  dans  tous  les  dial.  d'oc  :  gév.  leï, 
agén.  liet,  pr.  liech  lieg,  alp.  liech.  C'est 
sous  cette  infl.  que  nous  l'avons  aussi 
gardée. 

CHALO  (chalô)  à  Lyon  chalée  s.  f. 
For.  challa,  b.  dph.  chala,  br.  chalô, 
niv.  chalée,  —  Sentier  dans  la  neige.  Se 
dit  aussi  pour  un  espace  déblayé  de  neige, 
où  Ton  met  des  lacets  pour  prendre  les 
oiseaux.  Se  dit  à  Lyon  d'une  traînée  : 
une  chalée  d'huile  ;  genev.  même  sens. 

De  ^callsiia,  de  callem,  sentier.  Gh.  de 
c  en  ch  (84);  de  a  en  ô(l). 

*CHAMBA,  àR.-de-G.  CHOMBA(chan- 
ba,  chonba)s.  f.  Dph.,  gév.  chamba,  alp. 
lim.  chamho.  —  Jambe. 

De  g9i,rnba  par  le  pr.  camba,  g  ne  se 
changeant  pas  en  ch.  Gh.  de  c  en  ch  (84)  : 
de  am  en  on  à  R.-de-G.  (9,  rem.  2). 

CHAMBETTA  (chanbèta)  s.  f.  — 1.  Groc- 
en-jambe.  V.  chambita. 


2.  Pièce  de  la  charrue,  servant  de  timon. 
V.  chambotta. 

CHAMBITA  (chanblta)  CHAMBETTA 
(ehambèta)  s.  f.  For.  chambaleta,  — 
Groc-en-jambe. 

Ein  ToUnt  suparô,  se  bete  la  chamUta, 

«  En  voulant  [les]  séparer,  se  donne  un 
croc-en-jambe.  »  (Met.) 

Jaques  vint  de  merir,  una  vielli  sqaelefa, 

Su  lo  fin  point  d6  jouT/afatla  chambaleta, 

«  Jacques  vient  de  mourir,  un  vieux 
squelette  (la  Mort),  —  A  la  première  aube, 
lui  a  donné  le  croc-en-jambe.  »  (Ghap.) 

De  chamba,  av.  suff.  dim.  etta, 

CHAMBO(chanbô)  s.  f.  —  Enjambée. 

De  chamba,  av.  suff.  6  =  fr.  ée. 

CHAMBOSSI  V.  chambotta. 

*  CHAMBOTTA  (chanbùtta)  CHAM- 
BOSSI CHAMBETTA  s.  f.  Yot.  chamb- 
oussiy  dph.  chamboto,  pr.  cambelo,  lim. 
chambijo,  it.  gambelta.  —  Pièce  de  bois 
droite  en  avant  de  l'araire  et  servant  à 
atteler. 

De  chamba,  av.  suff.  dim.  otta,  etta, 
chambotta,  petite  jambe.  Dans  nos  pat. 
tt  =  qqfois  ss  (155  rem.).  Après  tt, 
l'atone  finale  est  a  (53  1')  ;  après  ss  elle 
est  i  (64  5*»). 

CHAMBRES  AISÉES  vin.  —  Lieux 
d'aisances.  —  Arch.  mun.  1473.  «  Payé  à 
Guerin  Triccaud,  sergent  royal,  pour 
avoir  ajourné  ceux  du  Bessal  qui  avaient 
fait  leurs  chambres  aisées  encontre  la 
muraille  de  la  ville.  ^ 

CHAMBRO(chanbro)  s.  m.  —  APaniss. 
Êcrevisse. 

De  C9imm(a)rum.  Gh.  de  c  en  ch  (84), 
insert,  de  b  (178  2«),  add.  de  la  post.  ton. 
0  (68  2«). 

•  CHAMBROTTA  (chanbrôtta)  s.  f.  - 
Toute  petite  chambre. 

De  chambre,  av.  suff.  dim .  otta^  subs- 
titué au  fr.  ette. 

•CHAMBUCLIO.CHAMBUCLË  v.char- 
buclio, 

CHAMINAU  (chamin6)s.  m.  —  Ghenet. 

\}Qcam\n(um),  d'où  vient  cheminée,  av. 
suff.  ellum  =  au. 

CH  A  M  PAGNES  s.  f.  pi.  —  Pâturages 
naturels  ou  lieux  incultes  par  opposit.aux 
prés.  «  En  109  bicherées  de  pacquérages, 
prés  ou  champagnes  (Estim.  de  l'hoirie 
Demomieu  1699).  »  Champagnes  nerépré- 

8 


Digitized  by 


Google 


82 


CHAM 


sente  pas  chez  nous  Tidée  de  «  territoire 
mal  défini,  espace  vague  »  que  lui  attribue 
M.  Gocheris. 

De  campKnea.  Ch.  de  c  en  ch  (84)  ; 
mouillem.  de  n  (148,  rem.  8). 

CHAMPAYI  V.  champeyU 

CHAMPEYAJO  (chanpè-yajo)  CHAM- 
PAYAJO  s.  m.  —  Pâturage  naturel, 
champagnes. 

De  champeyl,  av.  suff.  SLticum  (7  et 
161  5»), 

CHAMPEYI  (chanpè-yl),  CHAMPAYI 
V.  a.  —  Mener  paître  les  bestiaux. 

De  ca,mpus,  av.  suff.  fréq.  ayi,  eyi, 
répondant  à  fr.  oier.  Vfr.  champoier,  b. 
lat.  campeare. 

CHAMUSI(chamuzî),àGrap.CH  AMUSÉ 
V.  n.  Wal.  chamoséf  rch.  camousser 
chamouier.  —  Moisir.  Vfr.  chausmosé 
{xiv«  s.)  chaumoisy  {ap.  Rabel.),  moisi  ; 
rch.  cTiamagne,  moisissure. 

J^ti  ru. sur  Tagnimau,  chamusi  de  cotairo, 

Vouédzi  trè  plein  bidons  d'In  bauino  lalutairo. 

«  J*ai  vu  sur  l'animal,  moisi  de  cautères, 
—  Vider  trois  pleins  bidons  d*un  baume 
lalutaire.  »  (Ménag.) 

Grandg.  en  fait  un  composé  du  rad.  de  ca- 
niLS,  joint  à  mucere;  mais  les  formes  du 
vfr.  ne  concordent  pas  av.  cette  étym.  Ca- 
n(us)'mucere  donnerait  d'ailleurs  chan- 
musi^  comme  canescere  a  donné  chancir. 
Le  préf.  péj.  ca  (souvent  passé  à  cha) 
explique  bien  le  wal.  et  le  In.,  mais  non 
le  préf.  chau  du  fr.  Y  aurait-il  eu  qq. 
confus,  av.  caldus  f  —  Mucere  donne 
muisi  par  le  passage  de  la  2«  à  la  4*  conjug. 
lat.  (comme  pour  tous  les  v.  à  sens 
inchoatif),  et  le  ch.  de  w,  suivi  de  c,  en 
ui  (cp.  48)  et  de  c  palat.  en  z  (180). 
D'où  chamuisi^  réduit  à  chamicsi.  Ué 
fin.  dans  la  forme  de  Grap.  n'est  pas  la 
représentât,  de  e  long  lat.,  mais  la  fin. 
appliquée  par  ce  village  à  la  2*  conjug.  fr. 

CHANAL  vin.  s.  f.  —  Ganal.  1419  t  Hz 
ont  concluz  que  l'on  face  repareiller  le  pas 
de  la  chanal,  par  lequel  chascun  passe  à 
pié  et  à  cheval.  »  {Reg.  consul.) 

De  cansilem,  qui  donnerait,  en  patois 
rustique  chanar  chanor  (121).  A  Lyon 
au  contraire  l  est  tombé,  et  l'on  a  encore  le 
quai  de  la  Chana,  Ge  suff.  a  a  fait  confus, 
av.  a  de  ata  (1)  :  chana  est  devenu  à  Lyon 
chanée,  pat.  chanô,  chêneau  de  toiture. 

N.  propre.  ChanaU 


CHANAVARI  (chanavari)  s.  m.  Dph. 
chanavari,  pr.  chavalarin.  —  Grand 
bruit,  tapage. 

Gorrupt.  de  charivari,  qui  a  été  torturé 
dans  tous  les  dial.  Cp.  Menae  canabari, 
métier  de  tisserand. 

CHANCAGNI  (chankagnl),  à  Lyon  chan- 
cagner  v.  a.  —  Picoter,  harceler.  Dph. 
chancragni,  bourrasque  froide  ;  berr. 
caucrouner,  grogner,  murmurer,  bougon- 
ner. —  L*hom*  et  la  fena  ne  fesiont  que 
se  chancagnï,  l'homme  et  la  femme  ne 
font  que  se  disputer. 

De  cSLnc(e)r(em),  av.  suff.  gnl  =  fr. 
gner^  formé  par  analog.  (cp.  ivre  ivrogner, 
rèche  rechigner),  Cancregni  =  chancre- 
gnl  (84),  et  chancragni  par  renforcera, 
de  la  voy.  d'appui  (cp.  hirpiciare  = 
harpayi).  Chancragni  devient  chancagnî 
par  la  chute  de  c  dans  le  groupe  cr  (164 
!•,  rem,  3).  Le  dph.  chancragni,  le  berr. 
caucrouner  sont  des  témoins  du  type 
primit. 

CHANDILLA  (chandilha)  s.  f.  —  Coup 
de  soleil  entre  deux  nuages. 

De  chandilli,  av.  suff.  a  =  ata,  L'yotte 
a  maintenu  a,  qui  sans  cela  aurait  passé 
àd  (1,  rem.  3). 

CHANDILLI  (chandilhî)  v.  n.  —  Briller 
par  intervalles,  en  parlant  du  soleil.  F 
chandille,  y  fè  ina  chandilla,  le  soleil 
luit  par  intervalles. 

De  *candele9ire,  ch.  de  c  en  ch  (84), 
de  leare  en  Ihï  (15  !<>). 

CHANDIR  V.  chandre. 

CHANDREàGrap.,  ÉCHANDEi(échan- 
dèï)àRiver.,  vin.  ÉCHANDIR,  ap,  Goch. 
ÉCH  ANDI  (échandi)  v.  a.  ~  Échauffer,  ré- 
chauffer. Chandre  d'aigui,  faire  chauffer 
de  l'eau. 

Sa  mare  que  Yéchandit 
Arouayque  ton  tofflo. . . 

«  Sa  mère  qui  le  réchauffe  -^  Avec  son 
souffle.  »  (Noël  1728). 

De  incandescere  qui,  par  substitut,  du 
préf.  é  à  m  et  ch.  de  c  en  ch  (84),  donne 
échandir  suivant  la  format,  des  v. 
inchoatifs  fr.  Dans  échandeï,  et  est  un 
suff.  exceptionnel.  Chandre  a  été  formé 
parrégress.  d'ace.  (50)  au  moment  oùr 
se  prononçait  encore  dans  chandir,  ce  qui 
explique  que  Ton  n'ait  pas  chande. 


Digitized  by 


Google 


CHAN 


33 


CHANÈVO  (chanôvo)  CHENÊVO.  vin. 
CHENEVA  s.  m.  For.  chinêvo,  Igd.  canebe 
canube,  dph.  chanebo  chenaivo  chonobe 
chenevou.  —  Chanvre.  M.  Godef.  cite  av. 
un  ?,  au  mot  chenefve,  cette  phr.  d'un 
acte  de  1584,  dp*  du  Doubs  :  «  Qui  vaillent 
par  chacune  année  de  revenu  quinze  francs 
d'argent,  six  livres  chenefve,  et  six 
poules.  »  Il  s'agit  de  six  livres  de  chanvre. 

Canneibium  explique  à  la  fois  la  progress. 
de  l'ace,  ton.  de  cKnnàbum  sur  le  2«  a 
(celui-ci  étant  entr.  dans  cannabjum)  et 
le  ch.  de  a  ton.  eu  ai  =  ê,  par  l'attract. 
de  l'yotte.  Gh.  de  c  en  ch  (84);  de  6  en  t? 
(141).  Les  formes  fr.  chanvre,  vpr. 
cambe,  Igd.  cambe  cambi,  lim.  chambe, 
auv.  chàmbi  s'expliquent  par  c9k,nn(a)bum. 

N.  de  lieu  :  Villechenêve  ;  n.  d'homme  : 
Chenevœs. 

CHAN  IN,  IN  A  (chanin.  ina)  adj.  For. 
chanL  —  Désagréable,  aigre,  piquant.  In 
tian  chanin,  un  mauvais  temps  ;  herba 
c/iawi/ia,  sorte  d'herbe  résistante  à  la  faux, 
dont  j'ignore  le  nom  fr.  For.  chaninats, 
terrains  argileux  ou  pierreux,  durs  et  incul- 
tes. Vpr.  canin,  qui  appartient  au  chien. 

De  can\n(iim).  Un  temps  chanin,  un 
temps  de  chien.  Gh.  de  c  init.  en  ch  (84). 

N.  de  lieu.  —  Il  existe  quantité  de 
quartiers  et  de  hameaux  appelés  Bourg- 
chanin,  L'orig.  de  la  dénominat.  est 
obscure. 

CHANO(chanô),vln.CHANALCHANA. 
aujourd'hui  chanée,  s.  f.  Alp.,  dph.  cha^nx* 

—  Ghêneau  de  toiture.  —  Arch.  munie. 
1381.  €  Aux  charpentiers  pour  chapoter  la 
dite  chanal,  » 

De  canAlem  (v.  chanal),  devenu  à  Lyon 
chana,  puis  chanée,  auquel  corresp. 
chanô. 

CHANON  (chanon)s.  m.  For.  chanon. 

—  Étui  pour  renfermer  les  aiguilles.  Pour 
les  épingles  c'est  un  epinlhi,  Alp.  canoun 
chanoun,  Igd.  canou,  tuyau. 

0  vet  que  la  Zobet  t  pardzu  lo  chanon 
Et  It  btgua  d'aci  de  sa  fena  Lénon . 

t  G'est  que  la  Zobet  a  perdu  l'étui  — 
Et  la  bague  d'acier  de  sa  femme  (de  Jean), 
la  Lénon.  »  (Qorl.) 

De  c9inn(a),  av.  suff.  dim.  on.  Gh.  de  c 
en  ch  (84). 

CHANSEÏ  (chanséï),  àRiver.  CHANSER 
(chansér)  s.  m.  For.  chançay  chança.  — 
Cercueil. 


De  c9Lpsa,  par  *capsiculum,  Ch.  de  a 
en  ch  (84)  ;  insert,  de  n  (184  7«,  rem.)  ; 
ch.  de  ps  en  ss  (162  2«).  Sur  iculum  = 
eï,  V.  canastet.  Chanser  répond  à  un 
*capsellum  =  chansel  =  chanser,  comme 
cantellum  =  chantel  =  chanter. 

CHANSER  V.  chanseï. 

CHANTER  (chanter)  s.  m,  —  Employé 
à  Paniss.  dans  cette  expression  :  in  chanter 
de  pan,  un  gros  quartier  de  pain. 

De  cantellum,  qui  donne  en  In.  chantiau 
(84  et  3:8).  La  un.  èr  peut  être  due  à 
l'infl.  du  pr.  cantel,  av.  ch.  de  /  en  r. 

CHAPEAU  (chapô)  s.  m.  —  1.  Pièce  du 
pressoir.  V.  coulêssi. 

2.  Couche  supérieure  de  la  grappe, 
soulevée  dans  la  cuve  par  la  fermentât., 
et  formant  ainsi  chapeau  sur  le  reste . 

CHAPIRON  (chapiron)  s.  m.  —  1.  Tout 
ce  qui  dépasse  une  chose,  la  couronne. 

Vfr.  chaperon,  av.  dériv.  de  sens  et  ch. 
de  e  en  t.  Le  In.  conserve  rarement  e  muet 
prot.  et  l'aiguise  en  t  (cp.  antiron), 

2.  Huppe,  oiseau.  Du  chapiron  qu'elle 
a  sur  la  tête.  C'est  la  même  idée  que 
celle  du  mot  fr. 

CHAPIRONNO  (chapironô)  v.  a.  — 
Gronder,  réprimander.  Ou  Va  bien  chapi- 
rouna,  il  lui  a  bien  dit  son  fait  (Coch.) 

Vfr.  chaperonner,  couvrir  la  tôte  de 
l'oiseau  d'un  chaperon,  pris  au  fig. 

CHAPIT  (chapi)  s.  m.  For.  chapi,  dph. 
capit  chapit  b.  dph.  chape.  —  Hangar, 
abri,  petit  auvent.  Wal.  cJiapd,  partie 
élevée  de  la  grange  où  l'on  met  les  gerbes. 
«  Deux  pavillons,  dont  l'un  couvert  en 
tuiles  vernis,  un  petit  chapy  au  dessous 
duquel  est  un  puits.»  (Vente  des  biens 
des  Ursul.  an  iv).  For.  chapitella,  étable, 
cabane,  hangar. 

De  c6t,ppa,  chappe,  abri,  av.  suff.  it  = 
itus. 

CHAPLO  (chaplô)  v,  a.  Fr.  chapler, 
pr.  enchapla.  —  Couper,  hacher,  découper 
en  morceaux.  Chaplô  ina  dailli,  aiguiser 
une  faux  en  frappant  le  tranchant 

Y  sarant  de  chacun  avisa  de  travers 

Et  foula  sous  Ions  pieds  couma  qui  chôplt  un  ver. 

€  Ils  seront  de  chacun  regardés  de  travers 
—  Et  foulés  sous  les  pieds  comme  qui 
écrase  un  ver.  »  (Chap.) 

De  capulKre.  Ch.  de  c  en  ch  (84),  de 
are  en  ô  (14  8»). 


Digitized  by 


Google 


84 


CHAP 


CHAPON  (chapon)  s.  m.  —  1.  Sarment 
coupé  pour  bouture. 
De  ca,p(ut),  av.  suff,  dim.  on, 

2.  Vrille  de  vigne.  Dér.  de  sens  de 
chapoH  1.  Fribourg,  môme  sens. 

3.  Croûte  de  pain  frottée  d'ail,  et  la 
gousse  elle-même. 

De  csiput,  par  ressembl.  de  la  gousse 
av.  une  té  te. 

CH  A  PO  N I R I  (chaponlri),  à  Lyon  chapon- 
nière  s.  f.  —  Rangée  de  ceps  de  vigne. 

De  chapon  1,  av.  suff.  trt(13). 

CHAPOTO  (chapotô),  à  Lyon  chapoier 
V.  a.  —  Frapper  à  coups  redoublés.  «  Le 
détroquoit,  tricotoit,  iripoioii,  chajyotoit,» 
(Rabel.)  —  Chapoter  n'appartenant  ni  au 
vfr.  ni  au  pr.,  il  faut  en  conclure  que  R. 
avait  apporté  le    terme  de  Lyon.   Berr. 
chapoter^  dégrossir  une  pièce  de  bois. 
Bobarjolcii  :  •  Modà!  • 
Dit  Chôlelut:  Tsapota  I 
Vélia  Joanny  Chùtelus 
Que  UapotCf  que  t»apot8. 
Que  tsapolg  tant  qu'y  pu. 

f  Roberjot  crie  :  Partez  !  —  Ghatelus  dit  : 
Battez  du  tambour  !  —  Voilà  Joanny  Gha- 
telus —  Qui  tape,  qui  tape,  —  Qui  tape 
tant  qu'il  peut.  »  (Dubou.  La  Voga) 

Forme  de  chapuist  (cp.  alp.  chapuia, 
Igd.  capouta,  charpenter)  av.  substitut, 
du  suff.  fréq.  otô  =  fr.  otter. 

En  vin.  chapoter  signifiait  charpenter, 
tailler  en  parlant  du  bois. —  Arch.  m.  1381. 
t  Aux  charpentiers  pour  chapoier  la  dite 
chanal  et  la  poser,  et  pour  chapoter  la 
dite  porte  nove.  » 

CHAPUIS  (chapui)  vin.  s.  m.  —Char- 
pentier, menuisier.  «  Chapuis  en  Lionnois 
et  Daulphiné  est  celui  que  nous  disons 
charpentier  (Nicot).  Chapuis,  charpentier; 
celui  qui  trafique  en  bois  de  charpente  ou 
en  ouvrage  de  charpente.  Lionnois  et 
Dauph.  (Gotgrave).  »  —  Arch.  m.  GG 
1513  f  A  Thomas  Albi,  chapuis ,  54  1. 17  s. 
6  d.  pour  plusieurs  pièces  Arboys,  tant  de 
sapin  que  de  chasne.  »  Albi  est  un  nom  de 
compagnonnage  et  indique  que  le  chapuis 
en  question  était  d*Alby  ;  Arboys  veut 
dire  que  le  bois  est  de  la  provenance  des 
forêts  d'Arbois,  en  Franche  -  Comté.  — 
€  1513.  A  Philippe  Aiguel,  chapuis,  7  1. 18  d. 
pour  bigues  et  un  grand  pesut.  »  (loc,  cit.) 

Dès  le  XVI»  s.  le  nom  de  charpentier 
apparaît  concurremm.  av.  celui  de  cha- 
puis :  €  1513.  A  Jehan  de  Savoye,  char- 


pentier,  2  1.  10  d.  pour  un  sommier  de 
chasne  (loc.  cit.).  »  M.  Godef.  dit  que  le 
mot  est  encore  usité  dans  le  pat.  lyonnais, 
mais  je  ne  l'ai  jamais  entendu. 

Subst.  V.  tiré  de  chapuiser. 

N.  propre,  Chapuis. 

CHAPUISI  (chapuizl)  s.  m.  Pr.  capu- 
saire  capujaire.^Ap.  Coch.  Charpentier. 
Vieilli  dans  ce  sens.  Se  dit  aujourd'hui 
d'un  homme  qui  a  l'habitude  ou  la  manie 
de  charpenter. 

De  chapuistyY.,  av.suff.t=t>rfr.(13). 

CHAPUISI  (chapuizl),  à  Lyon  chapuser 
V.  n.  Vpr.  capuzar,  Var  capusa,  alp. 
chaputa,  Igd.  capouta,  rgt.  capuja,  lim. 
chapusa.  —  Charpenter. 

D'un  rad.  cap,  qui  a  donné  capulare, 
chapler,  et  qu'on  retrouve  dans  capo, 
chapon  ;  port,  et  esp.  capar,  châtrer  ;  d'où 
tailler  le  bois,  couper  en  morceaux;  plus 
un  suff.  uiser,  par  analog.  av.  menuiser. 

CHARABARAT  (charabarà)  s.  m.  Pr. 
c7iara&ta<5ara6/a<.— Marché  aux  chevaux. 

Étym.  inconn.  —Peut-être du  vfr.  barat, 
et  d'un  rad.  char,  qu'on  retrouve  dans  le 
pr.  charra,  caqueter  (d'où  charradou, 
conversation  bruyante  ;  charrabalan  , 
chant  de  la  mésange;  esp.,  port,  charlar  ; 
it.  ciarîare,  d'où  it.  ciarlatono,  fr.  cTiar- 
latan).  Le  sens  primitif  de  charabarat 
est  indiqué  dans  le  vx  for  : 

Loudiablou  s'éy  méila  de  lour  charabarat. 
Et  n'empacharit  pat  qu*éy  ne  fassiant  barat. 

«  Le  Diable  s'est  mêlé  de  leur  verbiage 
(des  marchands),  —  Et  n'empêcherait  pas 
qu'ils  ne  fissent  marché.  »  (Ghap.) 

Charabarat  serait  donc  littér.  un  marché 
bruyant,  si  l'on  prend  barat  au  sens  de 
marché,  ou  une  réunion  tumultueuse  et 
bruyante,  si  l'on  prend  6ara<  au  sens  de 
mêlée,  tumulte  (v.  barattô).  Il  peut  être 
aussi  une  onomat.  composée  de  toutes 
pièces  pour  exprimer  l'idée  du  bruit  (cp. 
charivari). 

CHARAMELO  (charamelô)  CHARA- 
MILLI  (charamilhl)  vin.  charamela  v.  n. 
—  Chanter,  av.  sens  péj.  Que  don  que  te 
charamèles  f  qu'est-ce  donc  que  tu  chan- 
taillesî  Dph.  charamela,  chanter. 
Nouz  entendron  charamela 
Loui  artisan  din  le  boutique. 

«  Nous  entendrons  chanter  —  Les 
artisans  dans  les  boutiques.  »  (Parodia, 
pat.  dph.) 


Digitized  by 


Google 


CHAR 


85 


Vfr.  Chalameler,  jouer  du  chalumeau 
(calamellare),  av.  ch.  de  leur  (147  2*) 
et  suff.  t  ou  ô,  suiv.  que  /  est  mouillée 
(15  40)  ou  ne  Test  pas  (14  3o).  Dans  la 
forme  charamilli,  le  1«'  t  a  été  appelé 
par  le  2«. 

CHARAMILLIv.  charamelô. 

CHARASSI  (charassi)  s.  f.  —  Char  à 
foin. 

De  char  av.  suff.  augm.  asse  devenu 
ew*t(54  5»). 

CHARASSON  (charasson)  s.  m.  Dph. 
escharassou,m(^.  escarassoun.  —  Échelle 
à  un  montant  pour  la  cueillette  des  fruits. 

De  scAla,  av.  un  suff.  augm.  asse,  d*où 
chalasse,  par  ch.  de  se  init.  en  ch  (111;, 
et  charasse  par  ch.  de  i  en  r  (147  2»), 
à  quoi  s'ajoute  un  2«  suff.  on, 

CHAR  AT  (charà)  s.  m.  —  Coup  de 
poing,  giffle.  Dph.  charot  charat,  blessure  ; 
wal.  o-ca7-ë,  affront  (ap,  Diez).  Al  y  a 
bailli  un  bon  charat,  il  lui  a  donné  un 
bon  coup. 

Étym.  inconn.  —  Character,  marque, 
bon  comme  sens,  doit  être  écarté.  11  aurait 
donné  charait.  C'est  du  reste  la  forme  du 
vfr.  charait,  caractère  magique  (les  formes 
charact,  charade,  vpr.  caracta,  sont 
certainem.  savantes). 

On  songe  à  cara^  visage,  d'où  vfr. 
acarier,  wal.  o-caré  (ad-carare),  affront 
(cp.  affronter,  de  front  ;  vfr.  Jouée, 
soufflet,  déjoue).  Mais  cara  ayant  donné 
cara  à  Lyon,  nous  devrions  avoir  carat 
et  non  charat. 

Je  n'ose  le  rapprocher  de  l'esp.,  port, 
et  landais  cha,rro,  rustre,  grossier  ;  d'où 
esp.  charrada,  grossièreté,  et  In.  charat, 
av.  suff.  at.  Quant  à  charro,  il  n'est  pas 
roman,  et  paraît  avoir  été  emprunté  au 
basq.  char,  méchant,  mauvais. 

CHARATTO  (charàtô)  v.  a.  ~  A  Morn. 
dans  cette   express,   péj.    Charate  té   lo 
groin,  lave-toi  le  visage. 
De  charat,  av.  suff.  (î  (14  !•). 

*  CHARBOLLI  (charbolhl)  v.  a.  — 
Écraser,  mettre  en  désordre.  Lo  chenêvo 
est  tôt  charbolia,  le  chanvre  est  tout 
môle  (Goch.).  In  charat  que  Vy  a  tôt 
charbolli  lo  gruin,  un  coup  qui  lui  a  tout 
abîmé  le  visage. 

De  carbuculSLre.  V.  cabolhi,  forme 
de  charbolhU  Dans  cette  dernière  ca  est 
devenu  cha  (84)  et  r  a  persisté. 


CHARBONNI  (charbon!)  s.  m.  —  Surnom 
des  gens  de  S*«-Foy-l'Argentière,  parce 
qu'il  y  a  là  des  mines  de  houille. 

•  CHARBUCLIO  (charbuclio)  à  Yzer., 
CHAMBUCLIO,  CHAMBUCLË  à  Crap.' 
s.  m.  For.  chambucle.  —  Noir  du  blé  ; 
champignon  qui  gâte  le  blé. 

Du  rad.  de  carbo  et  de  celui  d*ustulare. 
CÉirbo  =  chKrb  ;  nst(îi)lat  =  uclio  (v. 
buclio)  ;  d'où  charbuclio,  charbon  qui 
brûle  le  blé,  corrompu  parfois  en  cham- 
buclio  sous  l'infl.  de  campus,  champ 
[brûlé]. 

*  CHARCHIRI  (charchiri)  CHAUSSIRI 
s.  f.  Lgd.  cauquièiro  calquièiro,  alp. 
chauchiero.  —  A  S»-Symph.  Tannerie 
(Goch.). 

De  calc9i7'ia  pour  charchiri,  et  *calceB,- 
ria  pour  chôssiri.  M.  Onofrio  le  tire  de 
calcare,  mais  les  charchire  sont  les  fosses 
à  chaux,  les  plains,  et  non  le  lieu  où  l'on 
piétine  les  peaux.  De  fosse  à  cuirs  le  sens 
s'est  étendu  à  tannerie  en  général.  M.  Gras 
le  tire  de  chaussi  (mieux  écrit  ch()sse), 
jadis  chasse,  chêne,  mais  chasse  n'aurait 
pu  donner  charchiri.  Goch.,  en  le  tirant 
de  chaux,  a  trouvé  la  piste,  mais  sans 
remonter  à  l'orig.  lat.  Dans  calcaria  = 
charchiri,  ch.  de  c  init.  en  ch  (84)  ;  de 
aria  en  iri  (13)  ;  l  est  exceptionnellem. 
devenuer(170  2»,  a,  rem.).  DansCîflZccaWa 
=  chaussiri,  vocal,  de  Z(170  2«,  a).  Gp. 
vfr.  chauchiere,  four  à  chaux,  de  calcaria, 

CHARCHI-ROGNI  (charchi-rôgni)  s.  m. 
—  Querelleur.  Loc.  charchl  ràgni,  cher- 
cher querelle. 
Querella  lous  passant,  et  toujours  charchie  rougni: 

t  Quereller  les  passants  et  toujours 
chercher  querelle.  >  (Ghap.) 

De  chercher  et  rogne  ;  qui  cherche  les 
endroits  rogneux,  douloureux. 

CHARFIGNA  (charfigna)  (SE),  DÉ- 
CHARFIGNA  (SE)  v.pr.—  En  Fr.-Ln.  Se 
disputer,  s'égratigner,  se  tirer  les  cheveux. 
Vfr.  charpignier,  déchirer  de  coups. 

D'un  rad.  carp  (v.  cabolhi)  et  d'un 
suff.  igna  =  fr.  igner,  qu'on  retrouve 
dans  égratigner,  graffigner.  Le  préf.  dé, 
d&ns  décharflgna,  estaggrav.  comme  dans 
défaillir, 

CHARFO  (charfô)  v.  a.  —  Ghauffer. 

De  calefKre.  Gh.  de  /  en  r  (171  2»). 
Gh.  de  are  en  ô  (14  2»). 


Digitized  by 


Google 


86 


CHAR 


CHARIBOTTO(charibôtô)  àLyon  chari- 
botter  V.  a.  —  Travailler  maladroitem. 
charibottô  in'  oura,  abimer  un  ouvrage. 
Par  extens.  abîmer  en  général.  Tin  suei 
iot  charibottô^  j'en  suis  tout  malade. 

Du  rad.  carp  cqrb,  qu'on  retrouve  dans 
charpir  (v.  cabolhi),  av.  suflf.  fréq.  otto  = 
fr.  oter  (cp.  bavoter,  picoter,  chipoter), 
L'insert.  de  t  est  provoquée  par  la  diffi- 
culté de  prononciat.  de  charbottô  et  aussi 
ppr  la  tend,  à  allonger  les  mots  péj. 

Le  rch.  a  chaboter,  môme  sens,  mais  il 
paraît  identique  à  saboter  (en  rch.  chabot 
=  sabot),  mal  faire  un  ouvrage. 

CHARNEUS  vin.  s.  m.  —  Bois  pour 
pieux,  échalas,  par  opposit.  à  la /"urmï/te, 
bois  de  fagot.  Il  en  est  question  pour  la 
construct.  des  digues,  désignées  sous  le 
nom  de  peyssières.  On  plantait  d'abord 
des  paux  (pieux),  puis  on  y  entremêlait 
la  furnillie,  c'est-à-dire  des  fascines  {fais) 
retenues  entre  elles  par  des  liens  d'osier. 
Là-dessus  on  étendait  (ctuihiront)  du 
sable,  du  gravier  (arainà)  pour  former 
chaussée,  puis  on  y  enfonçait  des  pieux 
minces  (chameus),  soit  pour  clôture,  soit 
pour  achever  de  lier  le  tout.  —  Arch.  m. 

1880.  «  Payé pour  une  sapine  (bateau) 

de  charnexis  mise  dessus  la  furnillie.  » 

De  c9Lrp(i)num,  qui  a  donné  charne 
dans  le  centre  de  la  France,  d'où  cTiarmcr, 
échalas,  terme  qui  persiste  encore  dans 
toute  cette  contrée.  Littré  rejette  av.  raison 
pour  charnier,  l'étym.  carrarium  et 
propose  dubitativem.  quarnellum,  où 
il  voit  un  objet  taillé  en  forme  carrée. 
Mais  quarnellum  est  une  métath.  de 
crenellum,  et  d'ailleurs  qio  ne  donne 
jamais  ch  (cp.  quadratum  =  carré). 
Les  forêts  de  charme  étaient  jadis  très 
nombreuses  et  fournissaient  le  bois  des 
échalas.  En  vin.  carpinum  a  aussi  donné 
charne,  comme  en  témoigne  Chamay, 
n.  de  lieu.  Jusqu'à  notre  époque  le 
charpenne  est  resté  à  Lyon  le  bois  de 
chauffage  le  plus  commun. 

A  carpinum  =  charne  le  In.  a  ajouté 
le  suff.  osus  =  eus,  à  Lyon  sous  l'infl. 
d'oïl.  Il  n'a  pas  étendu  le  mot  au  sens 
d'échalas,  qui  en  pat.  se  nomme  paissiau, 
CHARNÈVO  (chamèvo)  s.  m.  —  A 
S'-Symph.  Marché  aux  porcs,  ap.  Goch. 
Vieilli. 


De  *carnificium  (?),  av.  régress.  d'accent, 
n  est  vrai  que  le  suff.  icius,  soit  av.  i 
long,  soit  av.  i  bref,  est  toujours  accentué, 
mais  en  Dauphiné  on  nomme  charnèves 
des  lieux  escarpés,  des  ravins  où  l'on  jette 
des  bêtes  mortes,  et  il  est  difficile  de  ne 
pas  y  voir  camificium.  De  cette  accept. 
le  sens  se  serait  étendu  à  marché  aux  porcs. 

Camif(icium)  =  chamèvo  par  ch.  de 
c  en  ch  (84)  ;  de  t  bref  ton.  en  è  (16); 
de  f  fin.  en  t?  dans  les  dér.  (cp.  cheveu 
de  chef). 

CHARNÈVO  (chamôvo)  vin.  s.  m.  - 
Bois  propre  à  faire  des  chameus  ou  lieu 
qui  produit  du  bois  propre  aux  chameus. 

—  Arch.  m.  1380  «  Payé pour  18  sapines 

du  dit  charneuo  qui  furent  mises  sur  la 
dite  furnillie,  » 

'Deca,rp(i)n(um),  qui  a  donné  charne; 
plus  une  2*  partie  êvo.  Le  m.  â.  avait 
charnene  charnerus,  que  Du  G.  traduit  par 
alluvius  ager,  quod,,,  fiât  e  terra  fluvio 
charreata  seu  advecta  (1233),  voyant  l'orig* 
du  mot  dans  charreata.  Mais  le  charne- 
vus  est  simplement  une  terre  basse, 
comme  le  brotel,  où  croissent  des  brous- 
sailles propres  à  faire  des  chameus  ou 
pieux  analogues  aux  échalas.  La  2«  partie 
du  mot  est  très  obscure.  Est-ce  aivaêva, 
qualité,  race  forestière  :  chamèvo,  essence 
de  charme  ?  —  lia  forme  charnene  (p. 
chamaina)  montre  que  cette  2»  partie  a 
été  transformée  en  suff.  d'oïl  ;  chamaine=^ 
carpinana,  qui  appartient  au  charme. 

CHAROLESSE(charolèsse)s.  f.— Terme 
usité  dans  la  plaine  au-dessous  de  River, 
pour  chemin  suffisant  au  passage  des  chars. 

De  char,  av.  un  1"  suff.  ola,  auquel  est 
venu  s'en  adjoindre  un  i*  esse  =  itia, 

CHAROPA  (charopa),  ap.  Goch.  CHA- 
ROPI,  à  Grap.  CHEROPA  ;  à  Lyon 
charoupe,  charipe  s.  f.  —  Femme  de 
mauvaise  vie.  Express,  injurieuse  en 
général. 

01  tTôve,  It  charopa, 
Lo  gniin  loi  écrtmayt. 

«  Il  (le  Diable)  avait,  la  charogne,  —  Le 
visage  tout  écrasé.  »  (vx  noël) 

Gorrupt.  fantaisiste  de  charogne,  et 
fabriqué  comme  un  terme  d'argot. 

CH ARPENN A  (charpèna)  s.  f.  —  1.  Bois 
de  charme.  J*ai  achitô  de  la  charpenna 
par  nos  charfô,  j'ai  acheté  du  bois  de 
charme  pour  brûler. 


Digitized  by 


Google 


CHAR 


87 


De  carpinwm  par  un  ^carpinna,  qui 
explique  le  transport  de  Tacc.  en  même 
temps  que  le  ch.  de  i  bref  en  è  (21). 

2.  Bois,  bosquet  de  charmes.  Se  ponnenô 
dins  ina  charpenna,  se  promener  dans 
un  bois  de  charmes. 

Nom  de  lieu  :  Les  Charpennes,  banlieue 
de  Lyon.  N.  d'homme  :  Charpenel,  Char- 
pine,  Charpin, 

CHARPILLI  (charpilhl),  ÉCHARPILLI 
à  Lyon  char  piller  y.  a. — Mettre  en  débris, 
déchiqueter,  dans  un  sens  péj.  Se  char~ 
pilhi,  se  déchirer  en  se  disputant. 

Du  vfr,  charpir  av.  sufif.  dim.  t7At, 
répond*  à  fr.  Hier. 

CHARRAIS  (charô)  ap.  Coch.  CHAR- 
ROI s.  f.  —  Chemin  privé  pour  le  passage 
d'un  char  entre  deux  terres. 

De  carre(n)se.  Ch,  de  e  long  en  at  (18). 
La  forme  de  Coch.  est  le  résultat  de 
rinfl.  d'oïl,  où  e  fermé  =  oi,  ou  peut-être 
l'ancienne  graphie  pour  ai, 

CHARRI  (charl),  CHAIRI,  à  Grap. 
CHER  RU  à  Lyon  charrier  s.  m.  For. 
chiorri.  —  Drap  vaste  et  grossier  dont 
on  tapisse  la  cuve  de  lessive  pour  y 
installer  les  cendres. 

De  cinerem,  av.  suflf.  aritis  (18).  Je 
l'explique  par  une  forme  pic.  cheinre  (cp. 
ss.-rom.  cheindre,  cendres),  où  cpalat. 
=  cA,  et  où  n  s'est  assimilé  à  r  dans  m, 
au  lieu  d'intercaler  le  d  usité.  On  a  ainsi 
cheinri,  passé  à  charri  sous  la  même 
infl.  inconn.  qui,  en  bourg.,  a  fait  passer 
cinerem  à  carre.  Cp.  fr.  charrée,  cendre 
qui  reste  sur  le  charrier  après  le  coulage 
de  la  lessive. 

CHARRIRI  (chariri),  CHARRÉRI,  ap, 
Coch.  CHARREIRI,  vin  charriéri  s.  f. 
Pr.  carrierOf  dph.  charreiri^  br.  çariri^ 
vfr.  bourg,  charrière.  —  1.  Rue,  chemin - 
Coch.  fait  remarquer  «  qu'il  est  moins  en 
usage  à  Lyon  qu'autrefois  ».  Il  n'est  plus 
aujourd'hui  connu  que  dans  les  campagnes. 
«  La  charrierj  devers  la  porte  de  Bor- 

nua La    charrierj    derrier   Marsar 

(xrv*  s.  ap,  Rondot).  » 

Qu*tut  dicori  U  jamlionéri 
Qu'est  su  lo  coin  de  la  charréri. 
c  Qui  ont  découvert  le  magasin  de  jam- 
bons —  Qui  est  au  coin  de  la  rue.  »  (Mar,) 

Per  oUUmiiDein 

A  sâ  fent,  de  vei  le  gen  per  la  chamiri. 
«  Pour  ôter  le  moyen  —  A  sa  femme, 
de  voir  les  gens  dans  la  rue.  »  (Banq,) 


Von  Df  Têft  que  feai  par  loutet  lee  cha/nhirt, 
«  On  ne  voyait  que  feux  par  toutes  les 
rues.  »  (Chap.) 

De  carrSLria.  Ch.  de  c  en  cA  (84)  ;  de 
aria  en  iri  (18). 

2.  Poutre  principale  dans  un  plancher  ; 
entrait  de  ferme.  For.  choriri. 

De  charriri  1,  par  analog.  entre  un 
chemin  et  une  large  poutre  horizontale  sur 
laquelle  on  peut  marcher. 

CHASIRI  (chaziri)  s.  f.  —  Panier  où 
l'on  met  sécher  les  fromages. 

De  casesiria.  Ch.  de  c  en  ch  (84),  de 
^  en  ^  (143),  de  aria  en  iri  (13). 
CHATOR  (chatôr)  s.  m.  —  Cheptel. 
De  cap(i)t9ile.  Chute  de  p  (161  6«,  6}  ; 
ch.  de  l  fin.  en  r(t21). 

CHATRAVILLI  (chatravilhî)  v.  a.  — 
Embrouiller,  entrelacer. 

De  'capistrac(u)lB,re(^)y  dim.  de  capis- 
trare,  enchevêtrer.  Capistraculare  donne 
chavitralhl  (cp.  capistrum  =  fr.  chevétre 
et  aculare  =  alhï),  et  chatravilhî  par 
métath.  Ch.  dep  en  t?  (140),  de  iculare 
en  ilhl  (164  2«,  a,  rem.). 
CHATRILLON  v.  chadrillon, 
CHATRO  (chatrô)  v.  a.  —  A  Mom. 
dans  cette  express,  chatrô  in  efant, 
gronder  un  enfant. 

Probablem.  çontract.  de  chapitrer,  sous 
l'infl.  de  châtrer.  Suflf.  (5  (14  !•). 

CHATTA  (chata)  vin.  v.  a.  —  Enlever, 
emporter,  t  Que  lou  diable  le  chatte  •, 
que  le  Diable  les  emporte  (Bern,). 

De  captKre,  comme  l'indique  M.  Phi- 
lipon.  Ch.  de  c  en  ch  (84);  chute  de  p 
(161  6o,  a).  Je  ne  connais  chatta  que  par 
ce  seul  ex.  La  confus,  av.  achatCi  et  chattô 
aurait  pu  le  faire  disparaître  de  notre 
pat.,  mais  il  est  singulier  que  captare 
(sauf  le  dér.  captivas  =  ch'ti)  n'ait  rien 
donné  dans  aucun  dial.,  et  que  chatta  n'ait 
pas  de  parents  dans  le  for.,  le  dph.  ou 
le  br. 

CHATTO    (chatô)   v.  a.  —  Faire  des 
petits  chats. 
De  ctUtus,  av.  suff.  d  (14  1«). 
CHAUCHI  V.  chouchi, 
CHAULANT  (chôlan)  s.  m.  —  Jeune 
homme,    mais   av.    signif.    particul.   de 
garçon  porté  à  l'amour,  qui  cherche  aven- 
ture amoureuse,  t  In  certein  homo...  ayet 
élevô  très  garçons,  que  fésiant,  mon  ami> 
très  chôlands  bien  bragards  >,  un  certain 


Digitized  by 


Google 


88 


CHAU 


homme...  avait  élevé  trois  garçons,  qui 
faisaient,  mon  ami,  trois  amoureux  de 
bonne  mine  (Dial), 

De  calere  au  sens  de  désirer  ardemm., 
qui  a  donné  le  fr.  chaloir.  Chaulant  est 
le  part,  prés.,  formé  sur  les  temps  forts, 
je  chaut,  tu  chauz,  il  chault.  Le  vfr. 
chaînant  a  été  formé  sur  le  subj.  chaille. 
Gp.  le  fr.  popul.  un  homme  chaud,  pour 
amoureux.  Si  le  In  eût  été  tiré  de  calentem, 
on  aurait  eu  chalant,  a  proton.  =  ô  étant 
fort  rare  et  de  formation  récente. 

Dans  les  injures  que  les  fouaciers  de 
Lerné  débitent  aux  bergers  de  Grand- 
gousier,  Rabel.  leur  fait  dire  :  «  Rien  ne 
vault,  rustres,  challands.  »  Ici  l'épith. 
s'entend  probablem.  de  qui  challe  les  noix, 
ce  qui  s'accorde  avec  celle  de  rustre. 

CHAU  MA  (chôma)  s.  f.  Bress.  chômain 
(ap.  Goch,).  —  «  Après-midi,  parce  que  les 
cultivateurs  se  reposent  après  le  dîner.  » 
(Goch.)  Temps  de  repos.  V.  chaumô, 

Subst.  V.  tiré  de  chaumô. 

CHAUMO  (chômô),  ap.  Goch.  CHOMA 
V.  n.  Rgt.  chauma  cauma,  Igd.  calma.  — 
Dormir  après  dîner.  Allô  chaumô ,  allez 
dormir.  Par  extens.  se  reposer  en  généi^al  : 
Xa  terra  chaume,  la  terre  est  en  friche  ; 
chauma  don  I  reste  donc  tranquille. 
S'emploie  au  sens  actif  :  Chaume  te  don  I 
Ss.-rom,  chauma,  se  mettre  à  l'ombre  en 
parlant  du  bétail. 

Non  du  celt.  choum,  proposé  par  Littré 
pour  chômer.  Le  Igd.  calma  ne  peut  en 
effet  s'expliquer  que  par  l'esp.  calma, 
chaleur  du  jour  ;  b.  lat.  cauma,  ardeur 
du  soleil,  puis  moment  de  la  journée  où 
la  chaleur  est  trop  forte  pour  permettre  au 
laboureur  de  travailler  ;  gr.  xocôfjta,  chaleur 
du  jour.  Il  est  vrai  que  le  passage  de  au 
à  al  est  fort  insolite,  mais  la  même  diffi- 
culté existerait  pour  cAoï^m.  Lefr.  chômer, 
cesser  de  travailler,  ne  se  prêtant  pas  de 
son  côté  à  l'étym.  caum,a,  il  est  probable 
qu'il  a  une  autre  orig.  et  que  c'est  par 
confus,  av.  le  mot  mérid.  qu'au  xvi«  s. 
s'était  introduite  l'orthogr.  chaumer. 

CHAUPIO  (chôpiô)  V.  choupiô, 

CH  AUSSI  (chôssî)  v.  a.  —  A  Tarare, 
Passer  de  la  colle  sur  la  chaîne  de  la 
mousseline  pour  la  rendre  plus  glissante. 

Métaph.  tirée  du  fr.  chausse.  Chôssî  la 
chaîne,  lui  donner  des  chausses,  l'habiller. 
Suff.  î  (16  3»,  rem.  S). 


CHAUSSÎRI  V.  chauùhiri. 

CHAUSSI-VILLI  (chôssi-vllhi),  à  Lyon 
cauchevîeille  (vieilli)  s.  f.  —  Gauchemar. 

De  calcea,re  pour  calcare,  et  de  vetula. 
Gh.  de  le  en  tiss  (170  1»,  6),  de  e  muet 
en  î  sous  infl.  de  ss  (54  5«).  VecUa  = 
vîlhi  par  ch.  de  e  bref  en  i  (27),  de  cl  en 
Ih  (164  2%  6)  et  de  a  en  î  (54  3«»). 

CHAVAILLIRI  v.  clavelliri, 

CH  AVANT  (chavan)  s.  f.  Berr.  chavant 
chavon,  saint,  chavant,  —  Ghat-huant. 

Du  germ.  —  Vha.  chouch,  hibou, 
lithuan.  kowe,  vx  angl.  kowe,  holl.kato, 
chouette,  choucas  ;  mais  la  filiat.  est 
obscure. 

CHAVASSI  (chavassi),  à  Lyon  chavasse 
s.  f.  Greuse  chabesso.  —  1.  Fanes  des 
légumes.  A  Lyon  chavasse  tout  court 
signifie  fane  de  raves.  Au  fig.  chevelure. 

Du  rad.  de  ca,p(îllum),  av.  suff.  péj. 
assi.  Cap  =  cTiat?  par  ch.  de  c  en  ch  (84) 
et  dep  en  t?  (140). 

2.  Gancan,  sot  conte.  J'imagine,  de  cha^ 
vasse,  fane,  considéré  comme  objet  sans 
valeur,  par  opposit.  au  tubercule. 

CHAVASSI  (chavassî)  (SE)  v.  pr.  — 
S'empoigner  respectivem.  par  les  cheveux. 

De  chavassi  subst.  1. 

CHAVASSON  (chavasson)  s.  m.  Vfr. 
chevesne,  fr.  chevanne,  genev.  chavaine, 
wal.  ch*fenne,fT.  pop.  chabot,  pr.  chàbou. 

—  Poisson  du  genre  able. 

Du  rad,  de  C9ip(ut),  av.  suff,  asson, 
dim.  du  suff.  péj.  asse,  le  chavasson 
étant  un  poisson  peu  estimé.  Le  rad.  se 
rapporte  à  la  grosseur  de  la  tête.  Gh.  de 
p  en  V  (140). 

CHAVELLIERI  (chavelhéri),  CHEVIL- 
LIRI  (chevilhiri),  à  Lyon  chevillère  s.  f. 

—  Ruban  de  fil. 

Du  vfr.  cheviller,  qui  signifiait  attacher, 
nouer  l'aiguillette,  av.  suff.  iri  (13). 

CHAVELO  (chavelô)  v.  a.  —  Peigner. 
«  Chavelô  le  poure  fenne,  pinôj  débar- 
boîlll  lous  efants,  coiffer  les  pauvres 
femmes ,  peigner ,  débarbouiller  les 
enfants.  »  (Serm,) 

De  *capillSLre,  comme  cheveu  de  capil- 
lum.  Gh.  de  c  en  ch  (84),  de  p  en  t?  (140), 
de  are  en  d  (14  2«).  Le  vfr.  avait  cheveler, 
mais  au  sens  opposé  d'arracher  les 
cheveux. 


Digitized  by 


Google 


CHAV 


CHAVI  (chavl),  à  Grap.   CHAVÉ  v.  n. 

—  Venir  à  bout  de,  se  tirer  d'alTaire,  se 
servir  d'une  chose.  Te  pous  pos  chavi 
dins  celés  brayes,  lu  ne  peux  pas  entrer 
dans  ces  culottes.  Te  pous  pôs  chavé,  tu 
ne  peux  pas  t'en  tirer. 

I  m'an  dzil  qu'eio  Crimée  a  n'ayé  mait  fat  chère 
Qa'o  porit  »ein  chati  dcint  (otes  le  Varcliére. 

«  Ils  m'ont  dit  qu'en  Crimée  il  en  avait 
fait  plus  choir  —  Qu'il  n'en  pourrait  tenir 
dans  toutes  les  Verchères.  »  (And,) 

Du  rad.  de  c9ip(ut),  av.  suflf.  de  la  2« 
conj.  fr.  Il  répond  au  vfr.  chevir^  au  sens 
primit.,  car  l'Acad.  (169i)  restreint  le  sens 
à  «  disposer  de  quelqu'un  et  en  faire  ce 
qu'on  veut  ».  C'est  le  sens  employé  par 
Mol.  h  propos  du  petit  chien  Brusquet  : 
«  Nous  ne  saurions  en  chevir  (Fest.  de 
Pierre)  ».  Le  mot  patois  n'a  pas  été,  comme 
le  fr.,  formé  sur  chef  y  car  il  aurait  été 
chev'i.  —  Sur  la  forme  chavé  v.  33  rem.  1. 

CHAVO  (cbavô)  v.  a.  Berr.,  wal.  chaver, 
pr.  cava,  —  Creuser. 

De  cava,re.  Ch.  de  c  init.  en  ch  (84), 
de  are  en  d  (14  2«). 

*  CHAVON  (chavon)  s.  m.  For.  Chavon. 

—  Provin.  Il  y  a  cette  différence  entre  le 
chapon  et  le  chavon  que  le  premier  est 
une  bouture  plantée  debout,  et  le  second 
un  sarment  non  coupé  et  couché  en  terre. 

Subst.  v.  tiré  de  chavô^  av.  suff.  dim.  on. 
Ch.  de  c  en  ch  (84%  Chavon,  littér.  petite 
fosse,  puis,  par  extens.  de  sens,  le  sarment 
couché  dans  la  fosse. 

CHAVON  (chavon)  s.  m.  Roan.  chavon. 

—  Fil  de  l'écheveau. 

De5capMm,  av.  suff.  onem.  Chute  de 
s  init.  (1 1 1)  ;  ch.  de  p  en  t?  (140). 

*  CHAZAR  (chazar)  s.  m.  Lgd.  cazal, 
vel.  casau^  alp.  chasar,  viv.  chasas.  — 
Masure,  maison  ruinée.  Vpr.  casai  cazau 
c7ia>5af,  maison,  métairie,  domaine,  manoir 
entouré  de  terres  cultivables,  héritage  ; 
chesal,  habitation  et  tènement  de  l'homme 
de  condition  servile.  Le  sens  est  allé  en 
prenant  un  caractère  péj.  Rabel.  paraît 
l'employer  au  sens  d'habitation  misérable: 
«  Le  sureau  domestique  provient  autour 
des  chesaulx  et  masures.  » 

De  *casB.l(e)f  dér.  de  casa.  Cn.  de  c  en 
ch  (84);  de/  fin.  en  r(131). 

N.  d'homme  Chazal  ;  n.  de  lieu  les  Cha- 
zeaux. 


CHEFTAINE  (chèfténe)  s.  f.  —  Dans  la 
langue  hospitalière,  à  liyon,  la  Cheftaine 
ou  sœur  cheftaine  est  celle  qui  a  la 
direction  et  la  responsabilité  de  la  salle 
où  il  y  a  plusieurs  sœurs  Elle  commande 
en  conséquence  à  ces  dernières. 

Répond  à  un  type  cap(t)tB.na.  Cap  = 
chef,  et  tana  =  taine,  en  oïl,  d'où  est 
tiré  notre  mot.  La  particularité  est  l'équi- 
valence insolite  de  pt  en  /V,  ce  qui  prouve 
que  le  mot  a  été  formé  sur  chef.  Lorsqu'une 
lettre  d'appui  a  été  intercalée  dans  le 
groupe  ft,  f  entre  2  voy.  est  devenu  r, 
d'où  le  vfr.  chevetain  ;  lorsqu'il  n'y  a  pas 
eu  de  lettre  d'appui,  f  a  persisté,  comme 
dans  chieftaiîi,  encore  usité  en  Angleterre, 
où  il  a  été  importé  par  les  Normands.  — 
Le  même  ch.  de  pt  en  ft  se  constate  peut- 
ôlre  dans  capiare  =  in^haftô  (?).  Partout 
ailleurs  pt  =  t  ou  d  {iBi.   6<»). 

CHEIRE(chére),  ap.  Monin  chaire  v.  n. 
For.  dph.,  cheire  ;  lim.,  auv.  caire chaire; 
jur.  chèdre  {ap.  Coch.).  —  Tomber.  Ou 
cheizi,  il  tomba  (Coch.).  Aujourd'hui 
a  chayé,  et  le  plus  souvent  a/  a  chu. 
Chaque  vey  que  se  baissa ve, 
Fesave  chcy  son  bonet. 

«  Chaque  fois  qu'il  se  baissait,  —  Faisait 
choir  son  bonnet.  »  (vx.  noël) 

De  cadere.  Ch.  de  c  en  ch  (84)  ;  chute 
de  d  (139;;  d'où  chaere,  réduit  à  cheire, 
puis  à  chère  (16).  A  signaler  en  ce  que 
non  seulem.  r,  mais  encore  e  fin.  a  persisté, 
A  Lyon  seulem.,  cadere  était  devenu  chei, 

CHELOFFE  (faire)  loc.  —  Dormir. 

De  ail.  schlsifen.  Introduit  lors  de 
l'invas,  de  1815. 

CHELU  V.  choulei. 

GHENÊVO  V.  chanêvo. 

CHERRI  \.cha>^i. 

CHEURLO  (cheuilù)  vin.  chorla  v.  n.  — 
Crier,   hurler.   Cet    enfant  cheurle    hin 
tant,  cet  enfant  cr:e  bien  tant. 
Ah  !  Jean  de  la  Bisachi, 
Voli-vo  ja  rhorla? 

«  Ah  !  Jjan de  la  Besace,  —Voulez-vous 
déjà  crier  ?  »  (v^x.  7îoel) 

'D'ulfu)\a,re.  D'où  ullô,  ulô,  par  ch.  do 
are  en  ô  (14  3«).  Inaert.de  r  (184  C«».  a), 
comme  en  témoigne  le  vfr.  uler.  C'est  par 
erreur  que  M.  Brachet  a  vu  dans  r  la 
transform.  de  /;  Il  =  Il  (159).  Il  est 
curieux  que  ur  init.  ait  appelé  la  prosth. 


Digitized  by 


Google 


90 


CHEV 


d'une   cons  ,  variable  selon   le  cas  :  fr. 
[h]urler.  In.  [ch]eurlô.  En  In.  u  est  devenu 
eu  sous  Tinfl.  de  /. 
CHEVILLIRI  V.  chaveîliéri. 
CHIERRAT  vin.  v.  sous  chirat, 
CHIFFE  vin.  s.  f.  M.  lat.  chiffa  eschiffa. 
—  Échaiîguette  suspendue  en  dehors  des 
murs.  —  Arch.  muu.  1346  :  «  G  bochez  de 
pierre  pour  porier  machicos,  de    la  1" 
chiffe  à  la  2«  chiffe.  » 

Probablein.  du  vha.5cAup/*a,  boutique, 
quoiqu'on  n'e.\plique  pas  le  passage  de 
u  h  i. 

CHINARD  (chinar)  s.  m.  —  Os  de 
réchine  du  porc. 

Du  vba.  skïn'a)  par  la  chute  de  s  init. 
(1  11)  et  l'add.  du  suff.  germ.  ard. 
N.  propre  Chinavd, 

•CHIN-BLANC  (chinblan)  s.  m.  — 
Pierre  de  quartz.  Je  ne  connais  ce  mot 
que  par  Goch.  Comme  le  quartz  ne  res- 
semble que  de  loin  à  un  chien,  même 
blanc,  je  suppose  qu'il  y  faut  voir  une 
corrupt.  de  choin  blanc.  Le  choin,  il  est 
vrai,  est  calcaire,  mais  comme  il  est  très 
dur,  les  paysnns  ont  pu  facilement  consi- 
dérer le  quartz  comme  un  choin  perfec- 
tionné. 
CHINCHIA  (chinchia)  s.  f.  —  Secouée. 
De  calcsLta  =  chauchia  (v.  chauchi), 
fr.  chanchce.  La  nasalis.  de  awen  in  peut 
s'expliquer  par  l'infl.  de  la  gutt.  (184 
7',  rem.). 

CHINCHOIRErchincholre)  s.  f.-  Sorte 
d'ancienne  tabr.lière. 

De  chinchia,  av.  suff.  d'oïl  otVe.  De  ce 
qu3  cettî  tabatière  étant  percée  d'un  trou, 
on  la  secouait  pour  faire  tomber  le  tabac 
dans  le  creux  du  pouce. 

CHINTRI  (chintri)  s.  f.  Berr.  chaintre 
cha'mte,  —  Bande  d'une  pièce  de  terre, 
qu'on  ne  peut  labourer,  à  cause  de  la 
place  nécessaire  aux  bêtes  de  labour; 
en  généi*al,  bande  entourant  une  parcelle. 
Vfr.  chainie,  enceinte. 

De  chici(u.ra,  par  le  transport  de  l'ace, 
de  u  sur  t.  Le  c  devenu  ch  devant  i 
indique  une  orig.  pic. 

CHIQUET  (chikè)  CHIQUIET  s.  m.    - 
Très  petit  morceau.  Se  dit  aussi  d'une  très 
petite  quantité  de  liquide. 
Te  vôquia,  llebrcyi,  vou*  tsu  beirc  Tn  chiquie  ? 
«  Te  voilà.  Rebroyé,  veux-tu  boire  une 
goutte?  •  (Mel.) 


De  fr.  chiquer,  av.  suff.  dim.  et.  Il  est 
fort  bizarre  que,  malgré  l'identité  du  suff., 
la  dér.  se  soit  produite  en  sens  inverse 
à  Genève,  où,  d'après  Ilumbert,  chiquet 
signifie  gros  morceau  d'une  chose  qui  se 
mange. 

CHIRAT  (chirà)  vin.  chierrat  s.  m.  For. 
chirat  chiralei  chirei.  —  Amas  de  pierres 
granitiques  désagrégées  sous  l'action   du 
temps,  et  qu'on  trouve  sur  nos  montagnes. 
Parextens.  toute  espèce  d'amas  de  pierres. 
Le  pires  s*in  vant  toujours  u  chirat,  les 
pierres  vont  toujours  au    chirat,    prov. 
pour  indiquer  qujB  les  richesses  vont  aux 
riches.  Sicil.  schiarra,  cheire  (?),  coulée 
de  lave  refroidie  formant  des  réunions  de 
blocs  exactem.  semblables  à  nos  chirats. 
Orig.  celt.  —  Irl.  carn,  amas  de  pierres  ; 
kym.jgaël.  carn,  même  sens  et  tumulus; 
angl.  cairn,  tumulus.  Les  celtisants  ont 
conclu  de  la  dénominat.  d'un  grand  nom- 
bre de  lieux  à  un  celt.  cair,  pierre,  roc, 
d'où  les  dér.  précédents,  ainsi  que  le  kym. 
careg,  pierre  ;  le  for.    cher  chier   ser, 
rocher.  De  la  forme  chier  est  dér.  cAterra^ 
vin.,  «  acervus  lapidum.  »  Juxta  vineam 
dicti  confilentis,  quodam  chierrat  inler^ 
medio  (Charte  In.  de  1444,  ap.  Du  C). 
Chierrat  s'est  réduit  à  chirat.  En  Poitou 
on   appelle  chirons    des  tas  de  pierres 
énormes  au  milieu    des    champs.  «  J^ 
plupart  des  chirons  de  notre  pays  sont  des 
dèi)ris  de  tombeaux  ou  de   monuments 
celtiques.  »  {Favre).  Au  rad.    s'est  ajoute 
en  In.  le  suff.  at, 

CHIRATO  (chii-atô),  à  Lyon  chirater  v. 
n.  —  Grimper  par-dessus  les  chirats.  O  faut 
chiratô  par  allô  à  Pilât,  il   faut  passer 
par-dessus  les  chirats  pour  aller  au  Pilât. 
De  chirat,  av.  suff.  <5  (14  l'). 
CHIRI  (chlri)  vin.  chire  s.  f.  —  Chaise. 
Peu  répandu.  Usité  à  Franchgville. 
Si  To  ne  me  Uiisi  paiM, 
Su  la  chxTt  lo  Tol  versa. 
<  Si  vous  ne  me  laissez  pas  passer,  — 
Sur  la  chaise  je  vais  le  jeter.  »  (Lyon  b.) 
De  cathedra,   Gh.  de   c  en  ch  (84)  ; 
chute  de  t  méd.  (136)  ;  ch.  de  e  bref  en  i 
(25)  ;  chute  de  d  dans  le  groupe  dr  (164 
5')  ;  fin.  i  (54  4»). 
CHIRON  s.  m.  —  Petit  ver  du  bois. 
De  ciron  av.  un  passage  (très  rare)  de  c 
palat.  à  ch. 


Digitized  by 


Google 


CHIR 


91 


CHIRONNO  (chir6nô)adj.  —Piqué  des 
vers  en  parlant  du  bois. 

De  chiron  av.  suff.  d  (14  3»). 

CHIROU  (chirou)  s.  m.  —  Surnom 
donné  aux  habitants  d'Yzer. 

Du  rad.  de  cac'à,re,  av.  suff.  osus  (35), 
relié  au  thème  par  r. 

CHIVRA  V.  chura. 

CHOI"N  vin.  chuyn  chuin,  au  xiii«  s. 
chaon  s.  m.  —  Sorte  de  pierre  calcaire 
blanche  et  très  dure. 

Étym.  inconn.  —  Je  n'ose  songer  à 
*catenum  (les  mots  de  chaînes  et  de 
liaisons  étant  appliqués  à  Lyon  à  des 
blocs  de  pierre  dure  alternés  dans  les 
angles  ou  dans  la  maçonnerie).  Catenum 
=  cha'enum  =  cha-en  ou  cha-on,  comme 
en  justifie  le  vfr.  chaon,  nuque,  aussi  de 
*catenum. 

CHOLLION  (chôlhon)  s.  m.  —  Noyau 
comestible.  Lo  cholUon  (Tin'  alogni,  le 
noyau  d'une  noisette. 

De  chaillt,  chôlhX,  écaler  les  noix,  avec 
suff.  on,  I.e  chôllion  est  ce  dont  on  ôte 
récale.  Cp.  cachon^  aussi  noyau,  de  esca- 
cher.  In.  cachl. 

CHON,  manière  patoise  de  prononcer  le 
tion  fin.  des  subst.  de  la  3*  déclin,  lat. 
sur  les  bords  de  la  Saône,  dans  la  vallée 
de  TAzergue,  àLentilly  et  en  général  dans 
les  territoires  où  ch  se  prononce  ts. 
Que  ne  bsit  pas  à  la  reptlechon 
U  poure  ami,  pagsa  par  Vaize  I 

«  Qui  ne  boit  pas  à  la  répétition,  —  0 
pauvre  ami,  est  perdu!  »  (Coz.) 
Riinii  les  vèlia  partit 
Fère  lo  lor  île  lu  pays, 
Reveiiaiit  sur  la  collachon. 

f  Enfin,  les  voilà  partis  —  Pour  faire 
le  tour  de  leur  pays,  —  Revenant  pour  la 
collation.  »  (Yoga) 

CHOQUE  s.  m.  —  Hoquet. 

Du  celt.  hok,  même  sens.  A  remarquer 
à  cause  de  l'express,  de  la  gutt.  init.  au 
moyen  de  ch  (cp.  hurler  =  cheurlô), 

CHOR  DROBLI  (chôr  drôbli).  -  A 
Grap.  char  à  bœufs  à  4  roues,  par  opposit. 
au  chôr  tout  court,  qui  n*a  que  2  roues. 

De  cKrr(us),  par  ch.  de  c  en  ch  (84)  et 
de  a  en  d  (4),  plus  dnplum  (v.  drohlo). 
Insert,  de  r  (184  G",  b)\  ch.  de  u  bref  en 
0(38).  de  j)/  en  hl  (ie4  7»);  i  fin.  ne 
s'explique  que  par  une  forme  dupli(c)um, 
comme  dies  domini(c)a  =  diumaini. 


CHORLIO,  lA  (chorlho,  ia)  adj.  — 
Louche. 

Formé  sur  oculum  (?)  av.  préf.  péj.  cha 
(=  ca),  et  insert,  de  r  (184  6*  a). 

CHOSSA  (chùssa)  s.  f.  —  Cercueil. 

De  capsa.  Ch.  de  c  en  ch  (84),  de  a  en 
ô  (5),  de  ps  en  ss  (162  2«). 

CHOUCHI  (chouchî)  CHAUCHI  GOU- 
CHI,  ap.  Goch.  CHOUCHIA  (chouchia), 
qui  est  certainem.  la  forme  ancienne  ;  v.  a. 
For.  chaucha.  —  Fouler.  Oui  a  bien 
chouchia  la  vendêmi,  il  a  bien  foulé  la 
vendange  (Goch.). 
Le  gens  se  chauchont  tant  qu*6  se  pot  pas  virie. 

«  Les  gens  se  serrent  tant  qu'on  ne  peut 
pas  se  tourner.  *  (Ghap.) 

De  calca,re.  Gh.  de  c  en  ch  (84),  de  al 
en  au,  (170  S»,  a),  de  au  en  ou  (75),  de 
are  en  t(15  2«). 

CHOUGNER  (chougné)  v.  n.  B.  dph. 
chunla  —  à  Lyon  et  dans  la  banlieue, 
pleurnicher.  Meuse,  chigner  chougner, 
pleurer  ;  chougna,  celui  qui  pleure. 

Même  étym.  que  choiign'i.  Suff.  d'oïl. 

CHOUGNI  (chougRÎ)  v.  n.  —  Manger 
grossièrem.,  salem.  For.  chougni,  manger, 
f  express,  basse  »,  dit  M.  Gras.  Pr.  chouna, 
boire  sans  mesure. 

Et  chougnant  lu  nulon  que  ii'ayé  que  la  corei. 

«  Et  rongeant  un  melon  qui  n'avait  que 
l'écorce.  »  (Met.) 

Du  pr.  c/iot<n,  petit  porc;  chou,  cri 
pour  appeler  les  porcs.  Onomat.  —  Chou- 
gni,  manger  comme  un  porc.  N  se  mouille 
souvent  devant  i  (cp.  grunnire  =  grogn'i), 

CHOULEI  (choulèi),  ap.  Goch.  CHOU- 
LEY,  à  Lyon  chelu  s.  m.  Vfr.  chaleil 
chouloil  ;  vpr.  caleil,  saint,  chaleuil 
chaneuil  ;  poit.,  aunis  chareuil  ;  gév. 
chareï,  ard.  et  ss.-rom.  chaleuil.  —  Sorte 
de  lampe. 

De  calicidum.  A  a  passé  à  au,  puis  à 
ou  (75)  sous  l'infl.  de  l.  La  fin.  eil,  rédui'e 
à  éi,  est  d'oïl  ;  on  aurait  du  avoir  chotdal 
(18).  Le  cas  s'est  reproduit  pour  canisti- 
culum  =  canasteï. 

La  forme  de  Lyon,  chelu,  s'explique 
par  un  *  caluculum  qui  donne  chalouil, 
chalou,  chelu  (34). 

CHU  IN  (chu-in)  ?  vin.  s.  m.  Tnv.  de  la 
Manécanterie.  1633,  «  2  lesche-frittes,  2 
cuillères  fer,  1  chu'n  de  fer. 

Peut-être  un  chenet,  de  canem  ;  peut-être 
un  coin  ;  l'Ti  serait  une  fantaisie  d'orthogr. 


Digitized  by 


Google 


92 


CHUR 


CHURIOLA  (churiola)  s.  f.  —  Bécassine. 
De  capreola,  chevrette,  à  cause  de  son 
vol  sautillant.  Sur  capra  =  chura,  v. 
chura.  Le  suff.  eola  =  iola,  Ex.  singulier 
de  ces  tapprochem.  bizarres  que  fait  le 
peuple  entre  des  animaux  très  divers. 

CHOUPIO   (choupiô)  CHAUPIO    v.   a. 

For.  chaupla  chôpin,  dph.   chaupigna^ 

Igd,  c/iatipma,  gasc.  chaupigay  lim.  chau- 

•  pt,  vel.  chauprî.  —  Écraser  avec  le  pied. 

0  n'ett  pôs  quin,  dzi-lé: 

Lo  f«nieux  Gnapon  chAtche  a  me  choupiô  Tarte. 

f  Ce  n'est  pas  ça  ,dit-il  :  —  Le  fameux  Gna- 
pon  cherche  à  m'écraser  l'orteil.»  (Proc.) 
Quelque  soit  lerad.  des  mots  énumérés, 
il  a  subi  des  infl.  très  diverses  suivant  les 
dial.  Il  est  difficile  do  ne  pas  lire  dans  le 
gasc.  chaupiga  calce-picare,  par  une 
formation  analogue  à  celle  de  lit.  calpes- 
tare,  de  calce  pistare,  et  du  vpr.  calpisar, 
de  calce  pisare.  Mais  cette  format,  ne 
concorde  plus  avec  le  In.,  où  calce-picare 
donnerait  chaupiyï,  puis  chaupayl  par 
dissim.  Le  for.  chaupla  a  évidemm.  subi 
l'infl.  de  chapler,  et  le  dph.  chaupîgna, 
celle  d'un  suff.  analogue  à  celui  de  tré- 
pigner. Je  crois  qu'on  doit  isoler  choupiâ 
des  ex.  pr.  et  y  voir  un  composé  de 
cal(care)  et  de  pe(detn).  Cal  =  chau, 
chou  (cp.  calcare  =  chouchi)^  et  pedem 
=  pî  (25),  ce  qui,  avec  le  suff.  analogique 
6,  donne  choupiô. 

CHURA  (chura).  CHIVRA  (chlvra)  s.  f. 
For  chiora,  chuère,  chùra.  —  Chèvre. 
Fiili  qu'où  bol  laisse  abadô  aa  rhura  .. 
f   Fille  qui    au    bois    laisse    aller   sa 
chèvre.  »  (Monin) 

Dauey  chanlres,  dcu  burlels  par  joûier  à  la  chiora, 
€  Deux  fifres,  deux  grands  bâtons  pour 
jouer  à  la  chèvre.  »  (Chap.) 

De  cabra.  Gh.  de  c  en  ch  (84\  L'infl. 
de  la  gutt.  produit  un  yotte  (cp.  casa  = 
chis)  ;  d'où  chiavra,  puis  chi)vra  sous 
infl.  de  la  labiale,  et  chura  par  voc.  de 
cette  lab.  Le  vfr.  chievre  peut  de  même 
expliquer  chura  par  la  voc.  de  v. 

CHUROT  (chur6),  ap.  Goch.  CHOURO 
a.  m.  For.  chiôrot,  rhùrot.  —  Ghevreau. 
«  Vo  ne  m'aii  pôs  solôment  dono  in  molru 
chouro  par  me  devarti  »,  vous  ne  m'avez 
pas  seulement  donné  un  méchant  chevreau 
pour  me  divertir  (Par.  Gondrieu). 
De  çhùra^  av.  suff.  dim.  oU 


CIE-(siô)  Cl  EU  (âieu)  employé  seulem. 
dans  cette  loc.  ôcië,  lèvent  chasse  la  neige. 
Pr.  ceio^  piém.  sea,  alp.  seio^  tempête  de 
neige  ;  pr.  faiceio,  lèvent  chasse  la  neige; 
seia^  seja,  tourbillonner,  en  parlant  de  la 
neige  qui  tombe  av.  le  vent  ;  ^eia,  grésiller, 
dph.  sia,  remuer,  mouvoir  (ap.  Azaïs); 
alp.  seilhy  amas  de  neige  produit  par  le 
vent. 

Cië,  qui  devrait  être  écrit  sië^  paraît 
formé  sur  pr.  ceio,  qui  paraît  venir  lui- 
même  de  sipho,  trombe  d'eau,  comme  it. 
sione,  tourbillon  de  vent,  de  siphonem. 
Sur  la  chute  de  /",  cp.  guifollum  =  vpr. 
gut'ol,  refusare  =  vpr.  reusar,  hifacem 
=  fr.  biais.  Il  est  vrai  que,  dans  ces  ex.,  f 
est  protonique.  L'esp.  cejo,  nuage  sur  les 
montagnes  n'a  aucune  relat.  av.  noire  mot 
et  se  rapporte  probablem.  à  ceja^  sourcil. 
Cl  EU  V.  ciè. 

CIGNOULA  (signonla)  s.  f.  Vfr.  soi- 
gnole.  —  Sur  les  bords  de  la  Saône,  Mani- 
velle de  puits  ou  de  pompe. 

De  ciconia  par  un  dim.  ciconula.  La 
cicon/aétait,  en  Espagne,  le  levier  fonnant 
fléau  de  balance  à  l'aide  duquel  on  puise 
de  l'eau  en  faisant  plonger  un  seau  attaché 
à  l'autre  extrémité  du  levier.  Ge  mode  de 
puiser  l'eau  à  de  faibles  profondeurs 
est  usité  dans  la  Bresse  et  dans  toute 
la  Provence.  Les  Espagnols  nomment 
cigonal  cet  instrum.,  et  les  Limousins 
appellent  du  môme  nom  le  levier  fixé  au 
sommet  de  la  cloche  pour  la  faire  balancer. 
L'orig.  du  nom  est  dans  le  mouvem.  du 
cou  de  la  cigogne. 

Le  passage  de  cicon(uJla{S2),  cigon'la 
(129,  rem.  8) à  ct^wo^a  s'explique  facilem. 
par  la  métath.  de  n.  Je  suppose  qu'il  faut 
voir  dans  o  fermé  entr.  devenu  ou  une 
infl.  pr.  Le  Var  dit  cigougno  et  le  rgt. 
cigouogno  pour  cigogne,  oiseau,  confor- 
mém.à  laphonét.  pr. 

CIGOGNI  (sigognl)  à  Lyon  cigogner  y. 
a.  —  Secouer  une  chose  en  lui  imprimant 
à  diverses  reprises  un  mouvem.  de  va-et- 
vient. 

De  *ciconiB,re,  faire  le  mouvement  de  la 
ciconia,  levier  de  pompe  (v.  cignoula). 
Gh.  de  c  en  g  (139,  rem.),  de  are 
en  î(15  !•).  On  voit  que  le  mot  a  été 
fait  directem.  sur  ciconia  et  non  sur 
cignoula. 


Digitized  by 


Google 


CIMO 


93 


CIMO  (simô)  V.  a.  —  Remplir  à  ras. 
Cimô  in  a  benna  de  blô,  passer  une  règle 
sur  une  lenne  de  blé  pour  la  niveler. 

De  cyma,  av.  suff.  <3  (14  3»). 

Cl  MOUSSA  (simoussa)  s.  f.  For.  si- 
moussa,  alp.  simossa,  it.  cimossa,  — 
Lisière  d'une  pièce  de  drap.  Vpr.  simossa 
simoyssha,  frange,  bordure  ;  vfr.  cimois 
simois,  cordon  ;  poit.  cimois,  lisières 
servant  à  tenir  les  enfants  ;  vfr.  cimain^ 
sentier  étroit. 
Un  mirai  de  fer  blan,  douéis  aones  Aesimousses 

«  Un  miroir  de  ferblanc,  deux  aunes  de 
lisières.  »  (Ghap.) 

Étym.  inconn.  —  Peut-on  présenter 
rhypoth.  de  cyma.  considéré  au  sens 
d'extrémité  ?  Cymensis  donnerait  yfr. 
cimoiSy  et  vpr.  simoyssha  par  une  flexion 
fém.  ;  eicimoussa  cimossa  serait  forméav. 
un  suff.  oceiis  (cp.  In.  pa7iosse  de  panna), 

CINA  (sina)CINELLA  (sinéla)  s.  f.  Gév. 
sanelle.  —  Fruit  de  l'aubépin. 

De  coccina,  d'écarlate,  av.  progress. 
d'ace,  sur  t  et  aphér.  de  la  l'«  syll.  T^a 
forme  cinella  vient  de  (cocjcinella,  Ch. 
de  cpalat.  en  ss  (88). 

CINELLA  V.  cina. 

CI  NI  (sini)  s.  m.  —  Espèce  de  passereau 
à  gi'os  bec  et  à  tête  tacbée  de  rouge.  For. 
cegny,  b.  dph.  ceni,  serin  vert. 

Probablem.  de  cina,  av.  suff.  t  =  arius 
(18)  parce  que  le  cini  se  nourrit  de  ci  nés. 

CINPOTA  (sinpôla)  à  Lyon  ce7ipotes.  f. 
—  Tonneau  de  i05  a  110  litres. 

De  cent  et  de  pot. 

CINQUAIN  (sinkln)  s.  m.  —  Petit 
gerbier,  communém.  d'une  vingtaine  de 
gerbes. 

De  qtilnque  =  cinq,  évidemm.  parce 
qu'à  l'orig.  il  était  composé  de  5  gerlies, 
ce  qui  est  le  minimum  pour  constituer  un 
gerbier.  Le  sufT.  est  celui  des  noms  de 
nombre  :  vfr.  vin ff tain,  fr.  sixain  etc. 

'CINQUI  (sinqui)  pron.  dém.  —  Ceci, 
cela.  On  emploie  indilTéreinm.  cinqui, 
iquien  et  iquienti  ou  ilienii.  Ina  braisa 
de  cinqid,  ina  braisa  d'iquien,  un  peu 
de  cela.  J'émo  bien  iquien,  féuio  bien 
itienti,  j'aime  bien  ça.  O  y  est  par  iquien, 
par  itienti,  c'est  pour  cela.  P^n  général 
cinqui  se  dit  plus  volontiers  dos  objets 
que  Ton  montre.  Iquien  et  ci;î^«f  parais- 
sent identiques  et  ne  différer  que  par 
Tinvcrs.    ecce   hune    ou   hune  ecce  (?) 


Iquienti  =  ecce  hune  tibi  (?).  Peut-être 
ecce-hunchic  rendrait-il  mieux  compte 
de  cinqui  (?). 

CIPA  (sipa)  s.  f.  —  Cep  de  vigne. 

De  cippa  par  une  forme  cipa  (?)  où  e 
fermé  =  i  (23),  ou  par  cippa  avec  i  long 
(33)  ?  En  tous  cas,  le  In.  est  en  contra- 
dict.  av.  tous  les  dial.  romans. 

CIPONA   (sip6na)  à  Morn.,  CIPOUNA 
SI  POU  N  A  à  R.-de-G.  s.  f.   —    Violette. 
Tend  à  être  remplacé  par  viouletta. 
Onte.  deins  l'ancien  Uomt,  k  travers  le  tf'potinef .. 

t  Où,  dans  l'ancien  temps,  à  travers  les 
violettes...  »  (Mén.) 

Étym.  inconn.  —  Il  est  probable  que  p. 
aujourd'hui  méd.,  a  été  protégé  par  une 
cons.,  sans  quoi  il  serait  devenu  v.  Peut- 
on  ratUicher  cipona  au  rad.  de  cespes,  où 
è  aurait  passé  à  i  sous  l'infl.  de  la  gutU 
(cp.  cippa  =  cipa,  cep)  ?  Le  suff.  ona 
est  le  fém.  de  notre  suff.  dim.  on.  Quant 
à  la  dér.  de  sens,  elle  n'aurait  rien  que  de 
très  ordinaire. 

CIVOU  (sivou)  s.  m.  —  Petit  oignon. 

De  caepa  =  cepa,  qui  a  donné  le  vfr. 
cibot,  civot,  avec  le  suff.  dim.  ot,  k  quoi 
le  In.  a  substitué  le  suff.  osus  (35). 

CLAQUERET  (klaquerè)s.  m.— A  Lyon 
Fromage  mou. 

Quatre  claqufrets  lui  faisaient  un  mois 
{^Champacert) . 

Doit  avoir  été  forgé  au  xviii«  s.,  lors 
du  développem.  de  l'argot  canut.,  proba- 
blem. de  clac,  onomat.  (parce  que  ce 
fromage  se  bat  fortement),  av.  suff.  et, 
relié  par  r,  par  analog.  av.  rougeret, 
autre  espèce  de  fromage. 

CLAR  V.  clior, 

CLAVELLIRI  (klavèlhiri),  aux  bords  de 
la  Saône  CHAVAILLIRI  (chavalhlri),  ap, 
Coch.  CLIAVELLIRI  s.  f.  For.  claveiliri. 
—  Vrille. 

De  clavic(u)la.  Gh.  de  cl  en  Ih  (184 
2»,  a)  ;  d'où  clavilhi,  av.  suff.  analog.  iri 
(13).  Chavailliri  est  formé  sur  le  fr. 
cheville.  Un  primitif  clavicularia  est  à 
repousser  parce  qu'il  aurait  donné  clam- 
ciiri,  cl  persist.  avant  la  ton.  (184  2«,  a). 

CLAVELO  (klavelô)  adj.  dans  cette 
express,  cindres  claveiôs,  à  Lyon  ccfidns 
gravelées,  corrompu  en  clavelo  sous 
l'infl.  du  vfr.  clavel,  clou,  av.  suff.  ô  (14 
8«).  Cendres  clavelces,  cendres  semblables 
à  des  têtes  de  clous. 


Digitized  by 


Google 


94 


CLEN 


CLENCHI  (klanchi)  s.  m.  —  Morceau 
de  bois  servant  de  loquet. 

Du  germ.  klinke,  suéd.  klinka,  loquet  ; 
mha.  do  Soual)e  klenken^  vha.  klanchjan, 
chlenkan,  «  conserere  ».  Fin.  i  (54  2»). 

•  CLIAFI,  lA  (kliafl,  ia),  à  Grap.  CAFÉ, 
ÉE,  ACCUFÉ,  ÉE,  à  Lyon  ca/î,  ie  adj. 
Dph.,  pr.,  alp.  cafl  clafi,  Igd.  clauf, 
gaufi,  gasc.  caufli,  genev.  clafl.  —  Serré, 
massif,  surtout  en  parlant  du  pain.  Dans 
le  Dauph.  cîaffl  se  dit  d'un  arbre  chargé 
de  fruits;  à  Genève  c/a/î signifie  surempli  : 
un  lit  cîafi  de  punaises  (Humbert). 

Clafi  est  la  forme  primit.  Insert,  de 
yotte  dans  la  forme  cUafi  (107).  Chute 
de  l  dans  les  formes  coft,  café  (105, 
rem.). 

Du  celt.  —  Kym.  cîap  clamp,  monceau, 
masse  ;  d'où  fr.  clapier,  pr.  clap,  tas  de 
pierres.  La  rac.  est  aussi  germ.  —  AU., 
dan.,  suéd.  klump,  même  sens.  —  Gh.  de 
p  fin.  en  f  (cp.  caput  =  chef).  Le  suff. 
t  =  itus,  assez  rare,  a  été  formé  par 
analog.  av.  le  part,  de  la  4«  conj.  lat.  Cp. 
vfr.  allouvi,  affamé  comme  un  loup;  œuf 
couvif  œuf  couvé,  bouffi  etc. 

•  CLIAI  (kliô)  s.  m.  —  Paille  longue, 
par  opposit.  à  la  paille  brisée  qu'on 
nomme  la  farassi,  mais  qui  cependant 
peut  encore  se  mettre  en  bottes.  Fr.  glui, 
paille  de  seigle,  dph.  cluecliue,  alp.  cluei 
cluis  dut,  rgt.  clè  clèche  cluech  cloch, 
for.  cleu  clin  glun,  Igd.  glèch  gloch  glo^ 
vpr.  gluech  gluy  gloy  glueg,  berr.  Hotte, 
flam.  gehiye  gluie,  paille. 

Orig.  celt.  —  Kym.  cloig,  paquets  de 
paille  pour  couvrir  en  chaume. 

CLIAMPA  (klian-mpa)  s.  f.  —  Express, 
péj  :  vaurien. 

Du  rad.  germ.  c/amp,  crampon. —  Holl., 
dan.  klamp,  ail.  klammer,  angl.  cîamp, 
crampon,  d'où  fr.  clampin,  d'abord  traî- 
nard, retardataire,  boiteux,  puis  terme 
injurieux.  Insert,  d'yotte  après  cl  (107)  ; 
fin.  a  (53  2o). 

•CLIAPES  (kli-yape),  ÉCLIAPES,  à 
Lyon  éclapes  s.  f.  pi.  —  Morceaux  de  bois 
qu'on  détache  av.  la  hache. 

Subst  V.  tiré  d'écliapô, 

CLIAPO,  A  (kliapo,  a)  adj.  —  Tiède. 

D'un  rad.  germ.  clap.  —  Angl.  to  clap, 
ail.,  holl.  klappen,  dan.  klapper  (faire 
entendre  un  bruit  de  claquem.),  parce  que 
l'eau  avant  d'entrer  en  ébullil.,   chante, 


selon  l'express,  vulgaire,  et  forme  de 
petites  bulles  qui  éclatent  à  la  surface. 
Insert,  de  yôtte  (107). 

'  CLIAPONS  (kliapon)  s.  m.  pi.  — 
Morceaux  enlevés  aux  échalas  pour  les 
dresser. 

De  cliape  av.  suff.  dim.  on, 

CLIAPOTA  (kliapota)  s.  f.  —  Pied  du 
bœuf,  de  la  chèvre,  du  mouton,  mais  non 
du  cheval  ni  du  mulet.  Se  dit  exclusivem. 
du  pied  fourchu. 

Dufr.  clapoter.  Inserl.  de  yotte  après 
c/(107). 

CLIAPOTON  (kliapoton)  s.  m.  —  Pied 
du  porc. 

De  cliapota  av.  suff.  dim.  on. 

CLIAS  V.  clior, 

CLIAVELLIRI  v.  clavelliri. 

CLIAVETTA  (kli-yavèta)  s.  f.  —  Clavi- 
cule. 

De  clsivem,  av.  suff.  dim.  etta.  Insert, 
d'yotte  après  cl  (107). 

•CLIÉDAT  (kliédà)  CLIENDOR  (kli- 
yindor),  à  Lyon  clédar  s.  m.  Frib.  claidar, 
genev.  clédar,  wal.  claydas,  —  Barrière 
en  claire-voie. 

De  clida,  qui  a  donné  cleda  dans  tous 
les  dial.  méridionaux.  A  ce  subst.  s'est 
ajouté  le  suff.  aie  (dédale)  qui  donne  ar 
par  ch.  de  /  fin.  en  r  (121)  ;  d'où  la  forme 
de  Lyon  cledar.  Dans  la  forme  rustique, 
yotte  a  été  intercalé  après  cZ  (107),  et  dans 
cliendôr  le  suff.  ar  est  devenu  ôr  par 
ch.  de  a  ton.  en  6  (1).  Dans  cliedaf,  le 
suff.  dim  at  a  été  substitué  au  suff.  ar, 

CLIEN  (kli-yin),  à  R.-de-G.  CLIEU,  à 
Lyon  dain  s.  m.  Bourg,  glô,  alp.  cluei 
cluis  clui,  for.  cleu  clin  glun,  pr.  clu^, 
~  Botte  de  paille.  On  dit  indifferemm.  in 
clien  de  pailli  ou  in  clien  tout  court. 
Beauce  glu,  faisceau  de  paille  de  seigle 
lié  aux  épis. 

Du  rad.  de  cliai,  paille,  av.  suff.  anus. 
Dans  tous  les  dial.  cités,  le  mot  signifie 
à  la  fois  paille  et  botte  de  paille.  L'extens. 
à  ce  dernier  sens  peut  s'expliquer  soit 
par  l'iofl.  du  gaël.  et  irl.  glac,  paume  de 
la  main  (d'où  gaël.  glacaid  et  irl.  glaça- 
lach,  poignée),  soit  par  l'infl.  du  germ  : 
ags.  gelm  gilm,  poignée.  Il  est  évident  que 
le  germ.  et  le  celt  ont  une  orig.  commune. 

CLIENDOR  V.  clédat, 

CLIEU  V.  clien. 


Digitized  by 


Google 


CLIN 


CLINQUETTES  (klinkèle)  s.  f.  pi.  For. 
claquelta.  —  Cliquettes. 

Duu  petits  Tiroleti,  douéi  père  de  claquettes. 
«  Deux  petits  totons,   deux    paires    de 
cliquettes.  »  (Ch.ap.) 

De  cliquer,  av.  insert,  de  n  (184  7*) 
et  sufiT.  dim.  etta,  pi.  eUes, 
CLIO  (kliô)  s.  f.  —  Clef. 
De  claLv(em).    Insert,    d'yotte  (107)  ; 
chute  de  v  (119)  ;  ch.  de  a  en  d  (1). 
CLiO  (kliô)  V.  a.  —  Fermer  à  clef. 
Du  rad.  de  clSL(vem),  av.  suff.  0  =  are 
(1).  Insert,  de  yotte  (107). 

CLIOR  (kli-yor)  LIOR.  ap.  Goch. 
CLIAS.  à  Amplepuis  CLAR  (klar)  s.  m. 
—  Glas. 

De  cl9^(sicum).  Dans  la  forme  pur^m. 
lyonnaise,  insert,  d'yotte  (107);  ch.  de  a 
en  ô  (1),  de  s  fin.  en  r  (118  2%  rem.); 
chute  de  c  dans  la  forme  lior  (107, 
rem.  2). 

CLIOSSI  (kli-yossi)  s.  f.  —  Nom  de  la 
poule  qui  veut  couver. 

Subst.  V.  tiré  de  glociBxe.  Gh.  de  gl  en 
cZet  insert,  de  yotte  (109,  rem.  1). 

CLOCHI  (klochi),  à  Lyon  cloche  s.  f.  — 

Sorte  de  vase  en  fonte  pour  cuire  les  rôtis. 

De   cloche,  parce  qu'étant    en    fonte, 

elles  sont    sonores  comme    une   cloche. 

,   Fin.  t  (54  2»). 

*  COBLA  (kobla),  à  Lyon  couble  s.  f.- 
1.  Attelage  de  deux  bétes.  Goch.  le  traduit 
par  erreur  par  «  voiture  attelée  ». 
De  cop(u)la.  Ch.  de  pi  en  bl  (164  7«). 
2.  Sorte  de  filet  aux  bords  duquel  sont 
suspendues    des   balles  de  plomb    pour 
le  faire  aller  à  fond. 
De  copula,  au  sens  de  lien,  chaîne. 
•  COCA  (koka)   s.  f.  —  Poule.  Au  fig. 
terme  de  tendresse. 
De  coq  av.  suff.  a,  marquant  le  fém. 
COCA  (koka)  s.  f.  terme  péj.  —Femme 
dont  les  vêtements  sont  en  désordre,  qui 
se  tient  mal. 

De  coca,  poule,  av.  suff.  a  =  ata.  Mot 
à  mot  femme  cochée,  qui  a  été  chiffonnée. 
COCHETO  (kochetô)  v.  n.  —  Faire  des 
mouvements  précipités   du  derrière.   Au 
âg.  se  hâter.  Cp.  à  Lyon  se  secouer  pour 
se  hâter. 
Se  feoe  reciounnt  de  fumeux  coups  de  gourla. 
Et  tôt  le  long  du  jour  lo  htlntcochelô. 
«  Ses  fesses  recevraient  de  fameux  coups 
de  savate,  —  Et  tout  le  long  du  jour  je  le 
ferais  se  secouer.  »  (Mel.) 


Da  Cochet,  à  cause  de  la  ressembl.  av. 
les  mouvem.  du  cochet  qui  couvre  une 
poule.  Suff.  <5  (13  !•). 

COCLIOR  (kèkliôr)  adj.  des  2  g.  —  Cuit, 
en  parlant  d*un  liquide,  mais  de  telle 
façon  qu'il  ne  soit  pas  épaissi. 

De  col  et  àecliôr,  lillér.  cuit-clair. 

*  COCO  (kokô),  à  Lyon  coquer  v.  a.  — 
Baiser.  Al  a  coco  cela  hôlhi,  il  a  embrassé 
cette  fille.  «  On  dit,  pour  exprimer  les 
baisers  passionnés  qu'un  homme  donnait 
à  une  femme  ;  Oui  la  cocavebien,  >  (Goch  ) 

De  coq,  av.  suff.  ô  (14  4-).  L'idre 
originaire  est  celle  du  fr.  cocher,  verbe, 
mais  le  mot  n*a  aujourd'hui  aucun  sens 
obscène. 

COCOTA  (kôkôta)  s.  f.  —  Gonjonctivile, 
maladie  des  yeux  qui  rend  la  conjonctive 
rouge. 

De  ce  que  la  poule  (coqua  cocota)  a  la 
conjonctive  de  couleur  vive  et  orangée. 

COCOTO  (kokôtô)  V.  a.   —  Embrasser 
à  diverses  reprises. 
De  cocôy  av.  suff.  fréq.  olô, 
COCU  (koku)  s.  m.  —  1.  Coucou. 
De  cucMlum.  Gh.  de  u  bref  prot.  en  o 
(89),  de  M  long  en  u  fr.  (73). 

2.  Express,  qui  s'attache  au  nom  propre 
pour  désigner  qqu'un  qui  est  fils  unique. 
Le  cocu,  en  parlant  de  celui  qu'on  vient 
de  désigner.  L'express,  n'a  aucun  sens 
péj.  Cocu,  au  sens  de  mari  trompé,  n'existe 
pas  chez  nous  ;  on  dit  côrnôrd. 

De  ce  que  le  coucou  dépose  le  plus 
souvent  un  œuf  unique  dans  le  nid  de 
l'oiseau  par  lequel  il  veut  faire  couver  sa 
progéniture. 

3.  Surnom  des  habitants  de  S*-Laur.-de- 
Vaux,  parce  que  S*-Laur.  est  un  pays 
boisé  et  que  le  coucou  habite  les  bois. 

CODOU  (kodou)  s.  m.  —  Le  supplément 
pour  compléter  quelque  chose,  comme  par 
ex.  la  charge  d'un  cheval. 

De  ctLuda  av.  suff.  osus  (35).  Codou, 
fin  du  poids,  queue  du  poids. 

•CODRE(kôdre)  v.  n.  For.  courdre.— 
Courir.  A  codra,  il  courra.  Je  corrons, 
nous  courrons. 
Vou  l'y  a  ben  prou  de  met  p«r  courdre  le  cbinéyre. 

€  Il  y  a  bien  assez  de  moi  pour  courir 
les  rues.  »  (Ghap.) 

De  cnrrere.  Gh.  de  u  bref  entr.  en  o 
(38);  insert,  de  d  (158,  rem.).  On  a  eu 
certainemîut  cordre* 


Digitized  by 


Google 


96 


CODR 


CODRE  L'ANTIFFA  v.  battre  Vantiffa. 

CODRE  LO  BIAN. — Expr.  pour  courir 
les  brelans,  la  prétantaine. 

Codre  signifie  courir,  et  hian,  boubau. 
Codre  îo  hian  est  donc  courir  le  bouleau, 
ce  qui  est  énigmatique.  Nos  balais  sont 
en  bouleau.  Codre  lo  hian  serait-il  courir 
le  sabbat,  aller  au  sabbat  à  cheval  sur  un 
balai  ?  G  p.  rôtir  le  balai, 

CŒUBLE  (queuble)  s.  m.  —  Crible,  à 
Paniss. 

De  cribrum.  Chute  de  r  dans  cr  (105, 
rem.)  ;  ch.  de  br  en  bl  (164  8»,  rem.  2). 
Le  passage  bizarre  de  t  a  eu  est  dû  sans 
doute  à  l'infl.  de  la  labiale  :  quiuble, 
quieuble,  queuble, 

CŒUR  V.  couar. 

COFFA  (kotra)  s.  f.  —Gosse  des  légumes! 
Lorr.  écoffe,  coque  de  l'œuf  et  des  fruits. 

Du  rad.  de  coph(inum)^  av.  suff.  fém.  a. 

COFLO,  A  ikôflo,  a)  à  Lyon  coufle, 
adj.  —  Gonflé,  oe. 

Adj.  V.  tiré  de  l'inf.  coflô,  au  lieu  de 
l'emploi  du  partie.  Cette  format,  est 
fréquente.  Gp.  k  Lyon  en/le,  tube,  gâte 
pour  enflé,  tube,  gâté. 

COFLO  (koflô)  à  Lyon  cou  fier  v.  a.  — 
Gonfler. 

De  conflSLre.  Chute  de  n  (181  5®)  ;  ch. 
de  are  en  ô  (14  3»). 

COGNUSSU,  UA  (kognussu,  ua)  adj. 
part.  Port,  cognegu,  saint,  queneuçut. 
—  Connu,  ue. 

i  parlaDt  d'afTami  :  n'en  ai  qwneuçut  proue. 

«  Ils  parlent  d'aflfamés  :  j'en  ai  connu 
assez.  »  {Les  Parchaudes,  pat.  saint.) 
Que  j*ayiDS  cognussu  l'un  pass6  Tait  Lyon. 

«  Que  j'avais  connu  Tan  passé  à  Lyon.  » 
(GorL) 

De  cognoscum,  par  la  format,  usitée 
pour  les  V.  de  la  3*  conj.  où  le  part,  est 
en  scum ;  cre'Ure,  cressu;  neitre,  nessu, 

COGNUTRE  (kognutre)  v.  a.  —  Con- 
naître. 

Par  lo  cognutre,  iquia  suffit  de  resta. 

«  Pour  le  connaître,  ceci  suffit  de  reste.  » 
(Per.) 

Forme  postérieure  de  cognoistre,  faite 
sur  le  part,  cognu, 

COIN  DURA  y.condura. 

COIRASSON  V.  couarasson. 

COFRAT  V.  couar at, 

COITI  (koiti),  ap.  Coch.  COITE  s.  f. 
Vpr.    cotta    cuila,   for.    côeyti,  pays  de 


Vaud  couaita,  dph.  coeïta.  —  Presse, 
hâte.  S'emploie  surtout  dans  l'express,  à 
la  coiti,  à  la  hâte.  —  J'ai  si  grand  côeyti 
de  pissie,  je  suis  si  pressé  d'uriner  (Cbap. 
ap.  Coch.). 

QuVIai  don  celi  vacarme 

Que  mel  le  monde  en  covâii  ?  (Rerér  ) 

Ici  R.  a  par  erreur  transporté  l'accent 
sur  i  fin.,  peut-être  par  confus,  av.  Tadj. 
incoueti,  pressé. 

A  grand  coHe  elle  en  fonça  ve 
L'enfant  dins  un  pou  de  foin. 

(Soël  d$J.  Capon). 

Subst.  V.  tiré  de  cocta,re  (v.  coiti).  On 
trouve  en  vfr.  à  coite  d'éperons,  M.  Godef. 
voit  dans  coite  la  significat.  de  pointe: 
à  pointe  d^éperons.  Le  sens  est  à  hâte 
d'éperons, 

COITI  (SE)  (koiti)  COUÊTI  (SE)  (kouétf) 
V.  pr.  —  Se  hâter.  Gcnev.  coiteux,  euse, 
qui  se  dépêche.  Vo-z-âtres  amoireux  — 
VO'Z-êtes  tant  coiteux  (Chans,) 

Migeant  kin  se  coxH  et  a  sa  set  bevanl. 

«  Mangeant  sans  se  presser,  et  à  sa 
soif  buvant.  »  (Monin) 

De  coctsire.  Ch.  de  oc  en  oi  (42  3»), 
de  are  en  ï(15  3<»). 

COIVETTA  (koivèta),  à  Lyon  coivette 
s.  f.  Vfr.  escouveste  ecouvete,  —  Petit 
balai.  On  trouve  encore  au  xvi*  s. 
escouette,  brosse  servant  aux  plâtriers. 
(Gotg.) 

Docouêvo,  av.  sufl".  dim.  etta, 

COI VI  (koivî)  COUÊVI  (kouévî)  v.  a. 
For.,  dph.,  id.  —  Balayer. 

La  méyson  n'ey  jamais  ni  propra  ni  couevia. 

«  La  maison  n'est  jamais  propre  ni 
balayée.  »  (Ghap.  ap.  Coch.) 

Qui  decey.  qui  deley,  selon  l'ordre  coïravt. 

€  Qui  deçà,  qui  delà,  selon  Tordre 
balayait.  »  (Naiss.  du  D.) 

De  scovesLre  (v.  coivo). 

•  COIVO  (koivo),  COUÊVO  (kouôvo)  s. 
m.  For.  couêvo  couêvou^  vfr.  escouve 
escoube.  —  Balai. 

De  scopa  =  scova  (  1 40),  par  'scoveum , 
qui  donne  scoivo  par  Tattract.  de  l'yotte 
par-dessus  t>  ;  puis  coivo  par  la  chute  de 
s  init.  (111).  Ofin.  est  irrég.  On  devrait 
avoir  t  à  cause  de  l'yotte  de  eum  =  ium, 
mais  la  régie  a  repris  son  applicat.  dans 
le  verbe  (v.  coivi).  Couêvo  est  uneprononc. 
altérée  de  coivo  (v.  couel). 


Digitized  by 


Google 


COLA 


97 


COLAGNE  (kolàgne)  COLLAGNE  s.  f. 
A  Lyon,  dans  cette  loc:  Faire  decolagne 
ensemble^  s'associer. 

C'est  le  dph.  colagne,  étoupe,  du  rad. 
de  colog7ie,  av.  sufl*.  coll.  ag7ie  (=  afiea), 
Littér.  peigner  le  chanvre  ensemble.  On 
écrit  le  plus  souvent  collagtie,  sous  l'infl. 
de  colle.  La  dér.  d'idée  est  celle-ci  :  être 
collés  ensemble. 

'GOLAN  (kolan)  s.  m.  —  Collier  de 
femme.  A  Lyon  colant,  au  commencem. 
du  siècle,  «  dianftant  ou  pierreries  que  les 
femmes  portent  au  cou.  »  (Molard) 

De  col(lum)  av.  sufT.  anus  =  an  (8», 
probablem.parl'it.  collana,  piém.  colana, 
même  sens.  Coch.  remarque  «  qu'à  Turin 
on  dit  aussi  colan  ». 

'COLAUD  (W)'  —  Dicton  rustique: 
Monsu  Colaud  a  passô  par  le  vignes, 
«  c*est-à-d.  les  formenses  ont  coulé  comme 
il  arrive  à  la  suite  de  grandes  pluies.  » 
(Coch.) 

De  colôf  couler,  av.  sufif.  aud  ("=  germ. 
tcaW;,  souvent  aiïecté  à  des  noms  propres. 

COLESSI  (kolôssi)  COULESSI  s.  f.  — 
Pièce  de  bois  sous  la  vis  du  pressoir, 
qui  glisse  entre  les  deux  aiguilles.  On  la 
nomme  aussi  chapeau. 

De  colAre^  av.  sufl*.  êssi  répondant  au 
lat.  itia  (cp.  fr.  justesse,  grandesse).  Ch. 
de  ia  en  i(54  1*).  Dans  la  forme  coulessi 
le  ch.  de  oenou  est  dû  à  l'infl.  de  coulisse. 

COLIGNI  V.  cologni, 

COLINETTA  (kolinètta)  s.  f.  —  Que- 
nouille. 

Dim.  de  coligni.  Gp.  fr.  quenouille  et 
quenouillette. 

GOLLAGNE  v.  colagne. 

GOLLAR  V.  collor. 

COLLE  vin.  s.  f.  dans  LaCroLv-de-Colle, 
lieu  dit,  aujourd'hui  place  des  Minimes. 
On  y  a  vu  longtemps  à  tort  Crux  Decol- 
lalorum,  en  souvenir  des  martyrs. 

De  collem.  N'existe  plus  en  In.,  mais 
encore  en  pr.,où  colo  signifie  colline. 

Le  Coloràf  lieu  dit,  près  de  Morn.,  colline 
pierreuse,  probablem.  de  collem  et  de 
rasum. 

GOLLO  V.  collar, 

GOLLOR(kùlôr) GOLLAR  GOLLO(kôlô) 
s.  m.  —  Collier  de  bête  de  trait. 
Et  tn,  molru  Giiagiieau,  Tessci  Tn  Jean  JcGiiirclli  ; 
io  moiiidro  poutsiéroux  vos  betrit  lu  collôr. 


«  Et  toi,  malotru  Gnagneau,  tu  es  un 
Jean  de  Nivelle  ;  —  Le  moindre  faiseur 
de  poussière  vous  mettrait  le  collier.  » 
(Mel.) 

De  collB,r(e),  collier  de  chien,  carcan. 
Dans  la  forme  colDr,  a  =  d  (1).  Dans  la 
forme  collô,  la  plus  rég.,  chute  de  r  fin. 
(180  20). 

GOLOGNI  (kûlôgni)  GOLIGNI,  h  Lyon 
Cologne  s.  f.  Pr.  coulougno,  gév.  cou- 
rougna,  al  p.  courougno,  bourg,  quelon» 
gne^  champen.  coloigne,  vfr.  quelongne 
queloigne.  -  Quenouille.  Dph.  colagne 
coulagne,  étoupe^ 

De  qui  ju  focy  autant  d'eiUt 
Que  du  bil,  qui  de  la  montagne, 
Venou  per  pigna  de  colagne. 

€  De  qui  je  fais  autant  d'état  —  Que 
des  rustres  qui,  de  la  montagne,  — 
Viennent  pour  peigner  le  chanvre.  »  (Com.) 

Do  colnc(u)la,  qui  a  donné  conolhi, 
par  ch.  cxceptionn.  de  /  en  n  et  de  cla 
en  Ihi  (164  2",  6)  ;  puis,  par  métath., 
cologni.  Dans  la  forme  coligni,  le  1"  t  a 
été  appelé  par  le  2«. 

•  GOLOS  (kolô)  «  Gara  Collot,  cri  que 
les  moissonneurs  font  entendre  lorsqu'une 
fille  du  village  est  devenue  enceinte.  En 
Rouergae  colo  signifie  troupe  de  moisson- 
neurs ou  de  journaliers.  Gara  Collot 
signifie  sans  doute  :  Prends  garde  à  la 
troupe  des  moissonneurs.  »  (Coch.) 

Coch.  fait  erreur.  Le  colo  du  rgt.  se 
prononce  cole.  Le  cri  est  Gat*e  à  Colas  I 
De  tout  temps  le  beau  Nicolas  a  été  le 
coq  du  village.  Colas  =  Colô  par  ch.  de 
a  en  ô  (1).  Ce  dicton  est  perdu. 

GOLURI  (koluri)  s.  f.  For.  coulœre,  — 
Chausse  en  toile  pour  filtrer  les  liquides. 

De  colatoria.  Chute  de  t  méd.  (135); 
réduct.  de  ao  à  o.  Ch.  de  oriaen  uri  (37). 

•  GOMBA  (konba)  s.  f.  Jur.  comba,  Igd., 
alp.  coumbo^  pr.  coumbau,  esp.  comba. 
—  Vallon  étroit. 

Combe,  colline,  avoi  caverne  sombre. 
«  Vallons,  ravins,  avec  cavernes  som- 
bres. »  (Mon in) 

Orig.  celt.  —  Arm.  komb  kombant 
koumbant,  kym.  cwm  cytnau,  d'où  vx 
angl.  cumer  cuniber,  angl.  comb,  môme 
sens. 

N.  de  lieu  :  Combabut,  près  do  Morn. 
Doit  se  lire  Comba-àbus^la  vallée  à  buis. 

10 


Digitized  by 


Google 


ys 


COMB 


COMBALETO    (konbalelô)    y.    n.    Pr. 
cambalouîa,  —  Faire  la  cubulte. 
Que  T&  comhaUiant  dcpu  vail  Sant-nemon, 
Par  tesA  lo  tarrain  qu'apparUcint  à  Chagnon. 
«  Qui  va  en  faisant  la  culbute   depuis 
Saint-Rémy,  —  Pour  toiser  le  terrain  qui 
appartient  à  Chagnon.  y>(Dép.) 
De  combeletta  av.  su  fi*,  ô  (14  1"). 
•COMBELETTA  (konbelèta)  s.  f.  Lgd. 
camhalète^  for.  chambaîeta.  —  Culbute. 
Far  la  combeletta,  tourner  cul  par-dessus 
tête. 

Terme  d*oc.  Tandis  que  le  fr.  composait 
le  mot  exprimant  l'action  av.  cul  ci  buter, 
le  Midi  le  composait  hy.  jambe  et  roule}"  : 
rgt.  cambO'Virolo  catnbo-birouolo,  lgd. 
cambareleto  cambirouleto,  pr.  cambala- 
letOt  b.  Dph.  cambourinetta.  Le  In.  est 
une  syncope  de  camba(re)leto  camha(la)- 
leto,  av.  une  nasalisât,  plus  marquée  de 
a  init.,  comme  dans  le  rip.  chomba  de 
camba  (9,  rem.  2). 
COMBRO  (konbro)  s.  m.  —  Concombre. 

Salul  bien,  j*ai  flgiii,  Tîeux  combre. 
«  Salut  bien,  j'ai  fini,  vieux  concombre.  » 
(Due  Bib,) 

G'eat  co7icombrey  av.  aphcr.  do  la  syll. 
init.,  aphcr.  qui  a  lieu  plus  particulièrem. 
quand  les  deux  1"»  syll.  sont  semblables, 
ou  au  moins  commencent  par  la  même 
cons.  (185). 

COMMISSURA  (koniissura)  s.  f.  For. 
consure.  —  Véhicule  à  4  roues  pour 
charrier  le  bois  en  grume.  On  traîne 
souvent  le  bois  au  moyen  d'un  avant-train, 
c*est-à-d.  d'une  paire  de  roues,  à  l'essieu 
desquelles  on  suspend  le  bois.  Lorsqu'on 
ajoute  une  autre  paire  de  roues,  le  véhicule 
s'appelle  comtnissura. 

De  commissnra  assemblage.  Les  2  m, 
qui  ont  protégé  la  proton,  en  In.  (81)  ont 
été  insuffisantes  en  for. 

COMPANAJO  (konpanajo)  s.  m.  — 
Hortolage,  légumes.  Vpr.  compa7ialge, 
nourriture. 

AU6  vait  Vartlegi  veiiulrede  companajo. 
«  Aller  àRive-de-Gier  vendre  de  l'horto- 
lage.  »  (André) 

Le  conclure  à  la  faïri  et  vindre  ou 
marchi  lou  campunajo,  les  conduire  à  la 
foire  et  vendre  au  marché  les  légumes 
(Serm,),  Campunajo  est  une  faute  typ. 
pour  cantpaunjo. 


De  cum^  panent  et  suff.  B,1icum  ^ 
répondant  à  un  b.  lai.  ' compati iaticu^n, 
Panem  =  pan  (9),  aticum  =  ajo  (181 
5®).  Du  sens  général  de  nourriture,  Repré- 
sentée par  le  pain,  l'idée  s'est  restreinte 
au  sens  de  légumes. 

COMPiSSl  (konpissi)  v.  a.  —  Sauter 
par-dessus,  passer  sous  la  jambe. 

De  cum  et  de  passas  :  com-passer, 
passer  avec  [la  jambe].  Le  ch.  de  a  en  t 
est  une  corrupt.  sous  l'infl.  de  compisser. 

COMPITA  y.cottapû 

CONCHI  (konchi)  s.  f.  —  L  En  vin. 
probaldem.  bassin,  bagnon  pour  se  laver 
les  pieds.  «  Item  besti  chargia  de  conches 
bassins  et  lavours...  Item  deit  una  char- 
retta,  chargia  de  couches  et  de  autres 
marchandises.  »  (Carc.) 

De  co7ica  f=  concha)  appliqué  par 
exlens.  à  tout  objet  recreusé  ou  concave. 
Gh.  de  c  on  ch  (84),  de  a  en  t  (54  2^). 

2.  A  Lyon  co7iche.  —  Pierre  plate 
recreusoe,  placée  sous  l'évier  et  commu- 
niquanl  avec  un  tuyau  de  chute  à  l'extérieur, 
pour  évacuer  les  eaux  qui  ont  servi  à 
laver  le  carrelage. 

Mémo  élym.  que  conchi  1. 

3.  Conclu.  —Table  du  pressoir.  Sa  forme 
est  analogue  à  celle  de  la  couche  d'évier. 

CONCHON  VA  DEVANT.  Sorte  de  jeu 
de  boules.  Rabcl.  conte  que  Gargantua 
jouait  «  à  la  tirelitantaine  et  à  cochonnet 
va  devant.  » 

De  cochon,  av.  insort,  de  n  devant  une 
guttur.  (184  7»,  rem.).  Cette  insert.  n*a 
lieu  que  dans  cette  express.,  le  In. 
employant  cayon  pour  porc.  Palsgrave 
dit  coychon,  O.  de  Serres  couchon. 

Du  celt.  houch,  porc. 

GOND!  (kondi),  à  River.  CUNDGI,  dans 
la  banlieue  QU 1 N  DER  V.  a.  —  Assaisonner 

De  cundirc.  Gh.  de  un  en  on  (72). 

'  CONDURA  (kondura),  COINDURA, 
QU  IN  DURA,  à  Lyon  qumdure  s.  f.  — 
Sauce,  graisse,  beurre  employé  dans  la 
sauce. 

Subst.  V.  tiré  de  condire  av.  sufif.  atura 
=  ura,  L'yolte  dans  les  formes  coin- 
dure,  quindwe,  doit  être  attribué  à  l'infl. 
de  c  init. 

'  GONFLA  (konfla)  s.  f.  —  Vessie, 
ampoule,  bulle. 

Subst.  V.  tiré  de  ro)iflB.re, 


Digitized  by 


Google 


CONN 


99 


*  CONNIL  s.  m.  —Lapin.  «  Vieux  terme 
qui  n'est  plus  en  usage.  De  cuniculus.  » 
(Coch.)  Ce  mot,  qui  est  du  vfr.,  est  non- 
seulem.  vieilli,  mais  absolum.  oublié. 

N.  propre  Connil. 

*  CONTRACI  (kontrassi),  à  Lyon  contra- 
ccr  V.  a.  —  Contrnrier.  Y  se  contraçavont^ 
ils  se  contrariait  i;l. 

De  contra  et  d'un  suff.  forgé  peut-être 
par  analog.  av.  agacer.  Fin.  l  (15  3', 
rem.  2). 

CONZIRI  (kon2iri)s.  fém.Gév.  condzére, 
for.  cunzore  coîigère.  —  Amas  de  neige 
entassée  par  le  vent. 

De  congeriem.  Ch.  de  e  bref  en  i  sous 
rinfl.  de  la  gui  t.  ;  de  g  en  ;;  (134,  rem.  2). 

COP  V.  coup. 

COPA  (kopa)  s.  f.  —  1.  Mesure  de  grain. 
2.  Mesure  agraire. 

De  cnppa.  Ch.  de  u  bref  enlr.  en  o(38). 

COPET  (kopè),  COUPETs.  m.  For.,lgd. 
coupet  ;  it.,  b.  lat.  coppa.  —  Nuque. 

Et  pone  In  coup  de  peing  ou  mitan  du  cope, 

Que  fa  faire  à  Petou  d^épouvantablo  pe. 

<c  Et  assène  un  coup  de  poing  sur  le 
milieu  du  cou,  —  Qui  fait  faire  à  Petou 
d'épouvantables  pets.  »  (Mel.) 

Du  vfr.  cope,  sommet,  cime,  d'où  copet 
coupet  coupelle  coupier  couperon,  même 
sens.  On  disait  le  coupet  d'un  heaume,  la 
coppe  d'un  bacinet.  Le  pic,  le  norm., 
Guernesoy  ont  encore  coupet  pour  sommet  ; 
fr.  coupe  au. 

Le  rad.  se  trouve  dans  le  germ.  et  le 
celt.  —  Ail.  kopf,  cime,  saillie  arrondie, 
télé  ;  ht.  ail.  kuppe,  ags.  cop  copp,  angl., 
dan.,  sax.  top;  boU.  kop^  sommet.  En 
angl.  cop'Castle  château  sur  une  colline. 

—  Kym.  cob  cop,  corn,  cop,  arni.  koppa, 
A  ce  rad.  cop  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  et. 

COPON  COPPON  (kôpon),  à  Lyon 
coupon  s.  m.  — 1.  Saladier. 

El  sou  lavct  bailla  d'un  coppon 

Dessus  la  testa  si  perfou. 

Qu'un  tusse  quasy  endoriny  ? 
«  Et  si  l'on  t'avait  donné  d'un  saladier 

—  Sur  la  léte,  si  profondém.,  —  Qu'on 
t'eût  quasi  fait  évanouir  ?  »  (Chevauch. 
de  VAsne) 

De  cuppa,  av.  suff.  onem, 

2.  Vin-,  (aujourd'hui  coupon).  Mesure 
de  grains.  Le  coupon  variait  suivant  les 
localités  (V.  Du  C.  à  copponus).  D'après 
Coch.,  de  son  temps,  2  coupons  faisaient 


une  coupe.  Aujourd'hui  on  identifie  le 
coupon  av.  la  coupe.  Ces  dénominatl 
tendent  à  se  perdre  sous  l'infl.  des  nouv. 
mesures. 

De  coupe,  mesure  de  grains,  av.  suff. 
dim.  on, 

COPPON  V.  copon. 

COPPON  1ER  (coponié)  vin.  s.  m.  — 
Membre  de  la  corporation  des  coponiers, 
au  nombre  de  douze,  qui  obéissaient  au 
Roy  du  cloistre,  nommé  par  le  chapitre 
de  Saint-Jean.  C'étaient  des  sergents  qui 
à  leur  fonction  de  surveillance  joignaient 
celles  do  portefaix,  et  étaient  tenus, 
moyenn.  un  tarif,  de  transporter  du  pOnt 
de  la  Saône  au  domicile  des  chanoines  le 
blé  etc.  (Guigne,  Breghot). 

De  coppon  y  av.  suff.  ter,  marquant  la 
profess. 

COQUA  V.  croqua. 

*COQUARD  (kokar)  s.  m.  Vfr.  coquar. 
—  Homme  qui  court  après  les  femmes. 

De  coq,  av.  suff.  germ.  ard. 

N.  propre.  Le  père  Coquard,  person- 
nage de  la  Crèche,  spectacle  enfantin. 

COQUE  (koke)  s.  f.  For.  couquée.  — 
Morceau  do  pain  trempé  dans  le  lait  et 
frit.  Pr.  coco  coucagne,  sorte  de  brioche, 
rgl.  couorocouquelo,  petit  pain  ;  roumain 
coura,  miche,  cat.  coca,  gris,  cocca,  Igd. 
coco^  pic.  couque,  sorte  de  gâteau. 
Que  (aires,  que  pâlies,  que  buguies,  que  couquée», 

«  Que  tartes,  que  pâtés,  que  bugnes, 
que  gâteaux.  »  (Chap.) 

Non  do  coquere,  qui  aurait  donné  cîa*- 
que,  cuéque.  Du  vha.  chuoclio  «  torta»; 
la  forme  fém.  chuocha  est  douteuse;  mha. 
kuoche.  Le  rad.  se  retrouve  dans  tous  les 
dial.  germ  :  angl.  cake,  ail.  kuchen,  dan. 
kage,  suéd,,  isl.  kaka,  gâteau.  On  le 
retrouve  juscjne  dans  l'irl.  caca  cacadh, 
où  il  a  été  sans  doute  importé  do  l'angl. 

COQUELLA  (kokèla),  à  Lyon  coquelle 
s.  f,  —  Cloche  en  fonte  pour  les  rôtis. 

Dim.  de  clorhi  (v.  ce  mot),  ainsi  que  le 
prouve  le  vfr.  cloquelle,  dim.  de  cloche 
sonnante.  Chute  de  /dans  cl  (105,  rem.). 
Ral)cl.  emploie  l'augm.  coquasse  :  «  Les 
poêles,  poêlions,  chauldrons,  coquasses...  » 

CORA  V.  corô  s.  m. 

CORAGI  (koràgf)  v.  a.  —  Poursuivre. 

Du  rad.  de  cur(rere),  av.  un  suff.  agi, 
par  analogie  av.  les  suff.  verb.  formés  sur 
aticum.  Cp.  baragia,  et  fr.  saccager. 


Digitized  by 


Google 


«00 


CORB 


CORBILLONI  (korbilhon!),  à  Lyon  cor- 
hillonier  s.  m,  —  Vannier. 

De  corhillon  av.  suff.  t=  arhis(13). 
Ce  dér.,  fait  av.  le  dim.  corhillon  au  lieu 
de  corbeille^  est  un  nouvel  ex.  de  Tamour 
du  peuple  pour  les  dim. 

CORCI  (korci),  à  Lyon  corce  s.  f.  — 
Écorce. 

El  chongotnt  In  roeloB  que  n'ayé  qu«  la  corci, 

«  Et  rongeant  un  melon  qui  n'avait  que 
l'écorce.  »  (Mel.) 

De  cort(i)cem  (180  3«).  Fin.  i  (54  2«). 

CORCI  RI  (korsiri),  à  Lyon  conrcière 
s.  f.  —  Raccourci,  sentier  abrégé  qui, 
coupant  d'un  anneau  d'une  route  à  un 
autre,  permet  d'abréger  le  chemin.  Vfr. 
coursière,  vpr.  corsieyra^  chemin  de 
ronde,  chemin  couvert. 

Subst.  V.  tiré  du  vfr.  acorcier,  raccour- 
cir, répondant  à  accurtiB,re.  Au  rad.  s'est 
ajouté  le  suff.  m  (13). 

N.  propre.  Courcières. 

CORDÊSSI  V.  cordet. 

CORDET  (kordè)  s.  m.,  CORDÊSSI 
(kordôssi)  s.  f.  For.  cordeis,  —  1.  Élrier 
double,  en  fer,  adapté  au  joug  des  bœufs, 
et  dans  lequel  on  fait  passer  le  timon  du 
char,  qui  est  ensuite  retenu  par  une 
cheville. 

De  chorda,  av.  suff.  dim.  et  dans  un  cas, 
et  dans  l'autre  av.  suff.  essi  représentant 
une  forme  fera,  de  cordet  (cp.  diablesse  y 
de  diable;  maîtresse  de  maUre  etc.). 
L'étym.  chorda  s'explique  comme  sens, 
parce  qu'à  l'orig.  le  cordet  était  ce 
qu'il  est  demeuré  en  Dombes,  un  lien 
d'osier  ou  de  corde  fixant  le  joug  au  timon. 

2.  Ap.  Coch,  sorte  de  gâteau,  aujourd'hui 
inconnu. 

Évidemm.  de  ce  que  le  gftleau  était  en 
forme  de  torsade. 

CORGEON  (korjon)  s.  m.  For.  courjon. 

—  1.  Cravache,  bronde,houssi  ne.  2.  Attache 
du  fléau.  3.  Attache  en  cuir  du  soulier. 
4.  Fouet. 

Doux  courjons  tout  uoûttls  par  coûéTcta  luu  laux 
«  Deux  fouets  tout  noués  pour  épous- 

seter  les  culottes.  »  (Chap.) 
De  eorffi,  av.  suff.  dim.  on. 
CORGI  (korjî),  CORGIYI  (korgi-yî)  v.  a. 

—  Fouetter,  frppper  de  coups  de  lanière, 
de  housbine  etc. 

Vfr.  corgier,  même  sens,  dér.  de  corri- 
giala.  Fr.  t^r  =  î  (15). 


CORIAU  (koriô)  s.  m.  —  Baie  de 
l'églantier. 

De  corail,  h  cause  de  la  couleur.  La 
voc.  de  l  et  l'attract.  de  l'yotte  donnent 
coriau,  comme  bétail,  bestiaux. 

COR  LA  (korla),  COUR  LA,  à  Lyon 
courte  s.  f.  For.  coucourla  corla^  Igd. 
coiicourlo  cougourlo^  gasc.  coucurlo 
cucurlo.  —  Citrouille.  Gotgrave  donne 
courte  concurremm.  avec  courge;  et 
Rabel.  :  «  Puis  me  torchay  de  saulge,  de 
fenoil,  de  aneth,  de  marjolaine,  de  roses, 
de  feuilles  de  courtes...  » 

Quclu  qu'a  pu  no  Teindre  ina  porely  courla. .. 

«  Celui  qui  a  pu  nous  vendre  une 
pareille  citrouille.  »  (Mel.) 

Cucurbita  a  donné  pr.  coucourdo^ 
vfr.  couhourde  courde  gourde.  Il  faut 
ndmetlre  un  *cucnrtula,  contracté  de 
cucurbitula,  qui  donne  cucurrin  (52) 
cu'urtla  (189),  curtla  cureta  (180  4»), 
corla  (40). 

CORNIFLO  (korniflô)  v.  a.  —  Épier. 
For.  gourni/fa,  voler,  mendier. 

Du  fr.  escornifler,  av.  qq.  dériv.  de 
sens.  Chute  dee*  (111). 

CORNIFLOU  (korniflou)  s.  m.  —  Celui 
qui  se  fait  payer  à  boire  sans  jamais 
payer  aux  autres. 

Fr.  escornifleur.  Chute  de  es  (111). 
Fin.  ou  =  fr.  cur  (34). 

CORNILLI  (kornilhi)  s.  f.  —  1.  Vrille 
de  la  vigne.  2.  Anse  de  benne. 

De  cornicula.  Tcula=  ilhi  (164  2<>  b). 

CORNIOLA  (komiôla),  ap.  Coch.  COR- 
NIOULA,  à  Lyon  corgtiôle  s.  f.  Vel.  cour- 
niole,  gév.  courgnôra. —  Gosier,  œsophage. 
A  Genève  terme  de  boucherie  pour  désigner 
l'œsophage  des  animaux. 

De  corne,  pris  dans  le  sens  de  conduit, 
parce  que  la  corne  est  un  objet  creux  (cp. 
nos  express,  cornet  de  poêle,  cornet  de 
desce7ite,  pour  tuyau  de  poêle  etc.),  av. 
suff.  (5/a  =  oZa latin.  Ce  suff.,  en  allongeant 
ô,  prend  en  In.  un  sens  péj.  Cp.  longiôle, 
flageole. 

CORNU  A  (kornua)  s.  f.  —  i.  Benne. 
2.  Petit  vaisseau  de  bois  av.  manche,  qui 
sert  à  puiser  le  vin  dans  la  trézuri 
placée  sous  le  pressoir,  pour  le  verser 
dans  les  benols. 

De  cornu^a.  Chute  de  t  (1 35)  ;  progress. 
de  l'ace.  (51). 


Digitized  by 


Google 


CORO 


101 


CORO  (korô),  ap,  Goch.  COR  A  s.  m. 
For.  coural  cota,  pr.  couro  coural.  — 
Chêne  à  feuilles  non  pédonculées  (vieilli). 

Dans  tous  les  dial.  le  roiire,  chêne 
ordinaire,  est  distingué  du  coral:  Corals,,. 
royres  (Legs  d'amors).  Une  charte  de 
1276  (ap.  Du  G.)  déclare  abandonner 
Tusage  de  toute  espèce  de  bois  d'une 
forêt  du  diocèse  de  Langres,  guercu, 
quorra  et  fago  exceptis.  M.  Gras  cite 
deux  villages  voisins,  Roure  et  S^-Bonnet- 
de-Coureaiix,  qui  ont  la  même  origine, 
village  des  chênes. 

Bien  qu'on  trouve  dans  plusieurs  dial. 
le  simple  de  corylus,  coudrier  (cp.  wal. 
core,  baguette  de  coudrier  ;  namurois 
côri,  rch.  caiirier,  coudrier),  je  ne  crois 
pas  à  une  dér.  do  sens.  Coral  me  paraît 
tiré  de  cor  (corB.le),  comme  roure  a  été 
tiré  de  robitr,  pour  exprimer  la  force  du 
bois.  Cette  étym.  est  appuyée  par  le  pr, 
courau,  qui  signifie  aussi  chêne  en  œuvre 
et  cœur  de  chêne.  Coral,  chêne  qui  a  la 
dureté  du  cœur  de  chêne,  qui  est  loutcœur. 

La  biau  Cora,  C'était,  au  temps  de  Coch. 
le  nom  d*un  chêne  gigantesque  dans  le 
canton  de  S*-Symph.  Il  m'a  été  impossible 
de  trouver  personne  qui  en  eût  seulcm. 
gardé  le  souvenir. 

CORO  (korô),  •  CORA  (kora)  s.  f.  For., 
dph.  coura;&lp.  couraio,  j^r,  conrado, 
vpr^  corada,  b.  lai.  corata.  —  Poumon 
des  animaux. 

De  cortLtay  dér.  de^or.  Chute  de  t  (135;, 
réduct  de  aa  à  a  ^cp.  canta(t;a  =  vin. 
chanta)  ;  ch.  de  a  en  r5  (1). 

CORRATARI  (koràtari),  kJ.yowcoara- 
terie  s.  f.  —  Habitude  de  vagabonder. 

De  co)*rati,  av.  sufT.  arï  répondant  à  fr. 
erie,  Gp.  hartassari,  harrassarù 

CORRATI,  IRI  (korati,  iri>,  à  Lyon 
courratier,  ière  s.  m.,  f.  —  Celui  ou 
celle  qui  court  beaucoup,  qui  n'est  jamais 
à  la  maison.  Se  dit  aussi  de  celui  qui 
court  le  sexe. 

De  curatB.rui^,  dont  le  sens  a  été  dér. 
par  suite  de  confus,  av.  courir^  ce  qui  a 
donné  curratarius  av.  u  bref  =  o  (38). 

CORRATI  (koràti),  à  Lyon  rourater 
V.  n.  For.  courrata^  genev.  couriaier.  — 
Courir  deçà  et  delà,  vagabonder. 

Je  il'orin  pas  besoin  qu'Ëlieniie  courratéyse. 

«  Je  n'aurais  pas  besoin  qu'Etienne 
courût.  »  (Ghap.) 


Vfr.  correter  courrater,  faire  le  métier 
de  courtier  (v.  corrati);  i  fin.  est  produit 
par  l'infl.  du  suff.  ins  dans  curatarius. 

CORSA  (DE)  (kôrsa)  loc.  —  Très  vite, 
rapidement.  Celos  cen'si  ant  cressu  de 
corsa^  ces  cerisiers  ont  crû  en  très  peu 
de  temps. 

Cor  y  t'ômont  tant  de  corsa. 

«  Car  en  eux  l'amour  va  si  vite.  »  (Voga) 

De  cursa.  Gh.  de  u  bref  en  o  (38). 

CORTET,  ETTA  (korlè,  èta),  à  Lyon 
court  et,  et  te  adj.  Vpr.  cartel,  ta.  —  Tout 
petit. 

De  curtum,  av.  suflT.  dim.  et. 

CORTIAUD,  DA  (kortiô,  da),  à  Lyon 
courtiaudy  de  adj.— Tout  petit.  Énumérat. 
des  cinq  doigts  de  la  main  en  commençant 
par  le  pouce  :  Gros  det,  laridet,  longa 
'dama,  Jean  du  Siau  ;  souto  (saute) 
petit  cortiaud  ! 

De  cartum,  av.  sufif.  germ.  tcald=zaud. 

CORTIL  V.  curti. 

COSSE  V.  coussto. 

'  COSSON  (kosson)  s.  m.  —  Effet  que 
produit  le  soleil  sur  la  vigne  lorsqu'il  la 
frappe  au  moment  d'une  gelée  blanche  ; 
il  brûle  et  dessèche  les  formenses  (Goch.). 

De  coctionem.  Ch.  de  et  en  ss  devant  i 
en  hiatus  (181  3»).  Je  ne  sais  pourquoi 
l'yotte,  qui  a  persisté  dans  lectionem  = 
lission,  a  disparu  dans  cosson,  ainsi 
d'ailleurs  que  dans  fr.  cantionem  = 
chanson  y  redemptionem  =  rançon  etc. 

COSSOU  (kossou)  ÉCOSSOU  ÉCOSSU 
s.  m.  —  Fléau  à  battre  le  blé. 

'D'excvissum,  av.  suff.  orem  (34). 

COT  (ko)  s.  m.  —  Pierre  à  aiguiser,  do 
forme  allongée,  qui  se  met  dans  un  étui 
de  bois  rempli  d'eau  que  le  faucheur  ou 
le  moissonneur  porte  suspendu  au  côté. 

De  cot(em). 

COTERIA  (koteria)  COTERIA  s.  f. 
Ss.-rom.  cotteria  cor  ter  ia  cofiria.  — 
Aiguillée  de  fil. 

De  consutura  =  coTisHura  (78)  = 
coiura  (181  4"),  couture.  On  a  coturi 
parce  que,  dans  quelques  cas,  le  groupe 
ur  exerce  la  même  infl.  que  ir  (54  A^). 
Cp.  commissura  =  coinmissnri.  A  coturi 
s'est  ajouté  le  suff.  a  =:  ee  fr.  D'où 
coturia,  et  coteria  par  affaiblissent  de  la 
proton.  Coteria  répond  à  un  fr.  fict.  coutu- 
rée, comme  brassia  répond  à  brassée. 


Digitized  by 


Google 


102 


COTI 


COTI  (koli),  à  U.-do-G.  COTSI,  à  River. 
COTCHI  V.  a.  et  n.  —  Mauger,  av.  sens 
int.,  comme  dans  le  fr.  popul.  chiquer. 
Pr.  coati,  dph.  coti,  gasc.  escouti,  goinfrer, 
manger  avec  avidité  ;  périg.  couda, 
brouter  ;  ss.-rom.  cottereau,  charançon. 

Qu*a  ke  bon  ou  mauvais,  lo  melon  s»t'8t  cotsi. 

«  Qu'il  soit  bon  ou  mauvais,  le  melon 
b'est  mangé,  i»  (MeL) 

Que  Itou  joly  rbiyau  Tout  plus  cotsi  Tavena. 

«  Que  leur  joli  cheval  ne  veut  plus 
manger  l'avoine.  »  (Proc.) 

D'un  rad.  cot  (?)  couper,  par  extens. 
couper  avec  les  dents,  brouter,  et  enfin 
manger  activem.  Le  rad.  est  à  la  fois 
dans  le  germ.  et  le  lat  :  vha.  kutten,  angl. 
io  eut,  couper  ;  isl.  cuti,  petit  couteau 
émoussé,  lat.  culter,  serpette.  Coti  a  été 
formé  sur  la  4«  conj.  lat.  :  cutire  cotir 
coti. 

'  COTIAU  (kotiô)  vin.  s.  m.  —  «  Nom 
des  voituriers  qui  font  le  transport  du 
vin  sur  des  mulets  sur  les  coteaux  et  les 
montagnes.  »  (Goch.)  —  Le  nom  s'est 
perdu  av.  l'industrie. 

De  coteau,  d'après  Goch.,  mais  en 
réalité  du  vfr.  cotel  (marchand  de  comes- 
tibles ambulant),  par  voc.  de  /  et  insert, 
de  yotte  devant  au  fin.  (32).  Coiel  est  dér. 
de  coste,  mesure  de  capacité  destinée  au 
transport  des  fruits,  probablem.  du  mha. 
koste,  victuailles,  vivres. 

COTIAU  DE  MIAR  (kotiô  de  miar).  à 
Lyon  couteau  de  miel.  Ss.-rom.  couteau, 
— -  Rayon  de  miel. 

De  *culciteUutn,  de  *culcitn,  couche. 
Culc(i)tellum  donne  cotiau  (38  et  32), 
comme  culcita  a  donné  vfr.  coûte.  Met  = 
mier  (121),  puis  tniar  (26). 

COTIVET  (kotivè)  s.  m.  Pr.  coutet; 
dph.  coutouei,  alp.  coutouit  coutoviet, 
—  Nuque. 

Du  gr.  xoTt;,  occiput,  nuque,  av.  add. 
du  suff.  dim.  et,  relié  au  thème  par  v 
euphon.  (184  8-).  Dans  les  dialectes 
suiv.  le  t  de  la  racine  s'est  également 
maintenu  :  vpr.  coeta,  pr.  coto,  niç.  couoto, 
mars,  coueto  ;  il  est  tombé  dans  Var 
couat,  b.  dph.  couet  coucouet,  nuque. 

COTOLA  (kôtola),  ap.  Goch.  CATOLA, 
à  Lyon  catolle  s.  f.  —  1.  Birloir,  taquet 
mobile.  Pr.  cadaulo,  gév.  cadaula,  for. 
cadoule,  loquet. 


Orig.  pr.,  ainsi  que  l'indique  la  per^isl. 
de  c  init.  Cadaula  est  corrélatif  an  vfr. 
chaable,  machine  à  lancer  des  traits,  de 
xaraÇoÀn,  par  un  lat.  catSibula  =  vpr. 
cadaula,  comme  tabula  =  taula.  Le  ch. 
de  bl  en  ul  se  retrouve  en  In  (164  9®  b). 
Gh.  de  a  en  ô  (59). 

Par  métath.,  une  partie  du  Lyonnais  a 
transformé  catola  (forme  primitive)  en 
tacola,  puis  inséré  un  r;  d'où  tracola, 
même  sens.  Le  dph.  s'est  tenu  à  tacola  : 

Et,  sen  point  de  sarailli, 

Asseuria  du  larron,  farravou  lour  nieison 
D'una  bella  tacola. 
«  Et,  sans  serrure,  —  Kn  paix  du  larron, 
fermaient  leur  maison  —  D'un  beau  bir- 
loir. »  (Lo  Bat.) 

De  tacola  le  dph.  a  fait  entacoula, 
enfermer. 

2.  Grumoau,  saleté  adhérente.  Tos  de 
côtoie  de  cacoux  dins  ta  bôrba,  tu  as  des 
grumeaux  d'œuf  dans  ta  barbe.  Genève  a  le 
<X\m.catolion,  gatolion.  Une  soupe  en ^a- 
tolions,  des  gatolio7is  de  sang(Humbert). 
Du  fr.  cati7',  av.  suflf.  dim.  ola. 
S.  Femme  scrupuleuse,  bigote  méticu- 
leuse. 

G'est  le  fig.  de  côtôla  2.  Litlér.  une 
femme  qui  colle  comme  une  côtôla. 

4.  Grateron  (galiutn  apparine).  Parce 
que  les  fruits  pourvus  de  poils  adhèrent 
aux  cheveux  et  à  la  barbe,  et  font  l'office 
de  côtôla  2. 

COTOLO  (kôtolô)  à  Lyon  catoller  v.  n. 
—  Hésiter,  barguigner,  marchander. 

De  côtôla,  2  av.  suff.  ô  (14   3°).  Être 
empêtré  comme  une  côtôla. 
COTTA  (kôta),  à  Lyon  cotte  s.  f.  —  Gale. 
Subst.  V.  tiré  de  cottô. 
COTTA  PÉ  V.  cottapi. 
COTTAPI  (kotapi)  COTTAPÈ  (kôtapè), 
à  Morn.  COMPITA  (konpita).  —  Employé 
seulem.  dans   la  loc.  faire  cottapi  etc., 
c.-à-d.  entrelacer  ses  mains  afin  qu'elles 
servent  à  qqu'un  d'ètrier  pour  franchir  un 
mur  etc. 

De  cotta,  cale,  ad  =  à,  et  de  pi,  pied. 
Littér.  cale  pour  le  pied.  La  forme  compila 
est  le  résultat  d'une  métath.  de  p  et  t. 

COTTER  (kôtèr)  s.  m.  Ss.-rom.  roterd. 
Assemblée  de  femmes,  av.  sens  péj. 
De  même  qu*ou  cotler  ou  ben  a  l'oteH. 
«  De  même  qu'à   la  réunion  ou  bien  à 
l'atelier,  »  (Hym,) 


Digitized  by 


Google 


COTT 


103 


Du  b.  lat.  coteria,  par  une  forme 
coierium^  associât,  de  paysans  qui  se 
réunissent  pour  tenir  ensenil)le  les  terres 
du  seigneur.  Diez  le  dérive  de  quota, 
quote-part,  et  Littré  de  cota,  cabane. 
L'étym.  de  Diez  est  plus  satisfaisante 
comme  sens.  Le  In.  a  été  cortainem. 
coteiro. 

COTTO  (kôtô),  à  Lycn  cotter  v.  a. 
B.  dph.  coutar.  —Mettre  une  cale.  O  faut 
cottô  lo  bari'ot,  il  faut  mettre  une  cale  au 
au  tombereau. 

De  (ac)cuhit2i.re^  cubUare  (78),  cotare 
(38  et  181  6»),  cotô  oucottô  (14  1»). 

COU  (kou)  pr.  dém.  —  A  R.-de-G.  Ce, 
cet,  celui.  Ailleurs  on  dit  celo,  çu. 
Brôfo-z-efonts.  qu'o  ne  tel  plus  quetson 

De  cou  blagueur 

«  Braves    enfants,   qu'il   ne    soit   plus 
question  —  De  ce  blagueur..  »  (Due  Bih.) 
Véquia  comm*o  s*est  fat  :  la  pitsilt  Naiion 
A  reclamô  son  tour  et  parl6  su  cou  ton. 
€  Voici  comme  cela  s'est  fait  :  la  petite 
Nanon  —  A  réclamé  son  tour  et  parlé  sur 
ce  ton.  »  (id.) 

S*aplile  su  Sun  corps  et  cou  de  RebreyI. 
«  Tombe  à  plat  sur  son  corps  et  sur  celui 
de  Rebroyé.  »  (Met.) 

De  ecc'hoc,  qui  a  donné  vfr.  iço,  ço.  Le 
rip.  a  conservé  le  k  de  la  prononciat.  lat. 
Ce  phénomène  se  retrouve  dans  In.  quelu, 
aquel  (vfr.  icel),  de  ecc'ille. 
COUA  (koua)  s.  f.  —  L  Queue. 
De  cdiuda  =  cau'a  (139)  =  coua  (49) 
=  COUB,  (51). 

2.  Manche  de  la  charrue.  Ainsi  nommé 
parce  qu'il  termine  la  charrue  et  a  qq. 
rapport  av.  la  forme  d'une  queue. 

COUAR  (kouar)  à  Morn.,  CŒUR  (keur) 
à  River.,  CUER  (kuer)  à  Paniss.  s.  m.  — 
Cuir. 

De  corium.  Cuer  csi  la  forme  ancienne 
(xni*  s.),  empruntée  au  pr.  h'e  s'est 
élargi  en  a  dans  couar  sous  l'infl.  de  r 
(84).  Cœur  peut-il  s'expliquer  par  kieur, 
où  l'y  d*ium  aurait  sauté  par-dessus  of 
COUARASSON  (kouarasson),  ap.Goch. 
COIRASSON  s.  m.  —  Le  dernier  né. 

De  couarat,  av.  sufT.  a^son,  péj.  comme 
asse,  mais  av.  caractère  dim.  par  rapport 
à  ce  dernier.  Cp.  à  Lyon  hugne  bugnasse 
huffnasson,  benêt  ;  cougne  cougnasse 
cougnasson,  mendiant. 


COUARAT  (kouarà),  ap.  Goch.  COIRAT 
s.  m.  —  Lo  dernier  né. 

De  csLuda  av.  suff.  at,  relié  au  thème 
par  r  (cp.  mouche  mouche-v-on). 

COUASSON  (kouasson)  s.  m.  —  Le 
dernier  né  d'une  couvée. 

De  coua,  av.  suflf.  péj.  assort,  réduit  à 
son,  à  cause  de  a  fin.  de  coua  (cp.  coua- 
ras  s  on). 

COUDRI  (koudri)  s.  m.  —  A  Morn. 
Canne  de  noisetier. 

De  fr.  coudre  {decorghfs)^  av.  suff.  i  = 

ier  fr.  (13).  Cory/w^  ne  s'est  conservé  que 

danscedér;  le  coudrier  se  nomme  aw/a^wt. 

COUESSINDRE(kouèssindre),àPaniss. 

CUiSSINDRE  V.  a.  -  Fendre. 

De  con-scindere  =  cocsindere  (188 
1«,  6).  O  de  C071  étant  long,  on  a  coisiendre 
et  couèssindre  par  le  passage  de  oi  à 
ouè  (cp.  42  3o).  Pour  cuissindre,  il  faut 
admettre  une  forme  cocsindere  av.  o  bref 
et  une  infl.  d'oïl,  où  o  bref  +  gult.  =  ui 
(cp.  cogitare  =  cuider). 

COUESSINDU,  UA  (kouèssindu,  ua),  à 
Paniss.   QUiSSINDU,  UA.  adj.    part.  — 
Fendu,  ue. 
Ln  zaliit»  couesseindzut,  lo  zhaiiclies  déloquaiscs. 
«  Les  habits  déchirés,  les  hanches  dis- 
loquées. »  (Méiiag.) 

Formé  sur  couèssindre,  cuissindre, 
av.  suff.  utus  (cp.  cognussu). 

COU  ET.  ETTA  (kouè,  èta)  adj.  — 
Penaud,  honteux.  Al  eto  tôt  couet,  il  était 
tout  penaud. 

Do  qtiet(um)f  pour  quietum,  par  le  fr. 
coi,  devenu  couè  par  la  prononciat. 
altérée  de  oi  en  oué  au  xvi«  s.  (cp.  dor- 
touere  pour  dortoir).  Quietum  aurait 
donné  quai  en  In.,  comme  il  a  donné  le 
dér.  se  quaist. 
COUÊTI  (SE)  V.  coili. 
COUÉVO  V.  coivo. 

COUGNASSI    (kougnassi),    ap.   Goch. 

COUGNASSO,  à  Lyon  cougnasse   s.  m. 

—  Superl.  de  cougne. 

De  cougni,  av.  suff.  péj.  et  augm.  asse. 

COUGNASSI  (kougnassî),  à  Lyon  cou- 

gnasserv.  n.  —Faire  le  cougne,  mendier. 

De  cougnCLSsi  av.  suff.  péj.  assi=  fr, 

asser. 

COUGNI  (kougni)  ap.  Goch.  COU  N 10, 
à  Lyon  cogne  cougne  s.  m.  —  Express, 
péj.  Mendiant  plaignard. 
Subst.  V.  tiré  de  cougnt. 


Digitized  by 


Google 


104 


COUG 


COUGNI  (kougnf)  v.  n.  —  Mendier  en 
gémissant.  Dph.  couenassa,  goindre  ; 
couenassario,  manie  de  geindre. 

D'une  onomat.,  av.  suff.  verb.  *  (15  4«). 
Cp.  it.  gxiaire,  de  guajo,  lui-même  de 
l'onomat.  wai,  du  goth.  vai.  V.  couinôy 
dont  cougni  est  probablem.  une  forme. 

COUINO  (kouinô),  à  Lyon  coum^rv.n. 
Berr.  coailer.  —  Pousser  un  petit  cri 
plaintif.  Genev.cotnn<?r,  crier  en  geignant; 
pr.  caïnat  norm.  coinquer,  crier  comme 
les  chiens  qui  souffrent  ;  «  jur.  coinner, 
se  dit  du  cri  des  petits  porcs  quand  on  les 
porte.  »  (Goch.)  Poit.  couiner  se  dit  du 
cri  des  porcs. 

Onomat.,  av.  suff.  verb.  ô  (14  8"). 

COUITA  (kouita)s.  f.  —  Bàlon  recourl)é 
au  bout  pour  chasser  une  boule. 

Du  pr.  couèto  (de  cauda),  môme  sens. 
Sur  otiè  passé  à  omi\  cp.  fouet  devenu 
fouit.  Sur  le  sens,  cp.  queue  de  billard. 

COULESSI  V.  colessi. 

COU  N  VIO  (kou-nviô)  v.  a.  —  Accom- 
pagner, reconduire.  Aicounviô  lo  poiiro 
pore  Blanc  au  cetnintiri^  j'ai  accompagné 
le  pauvre  père  Blanc  au  cimetière. 

Malgré  l'identité  de  sens,  je  ne  crois  pas 
qu'il  vienne  de  cum-viare,  qui  aurait 
donné  counvl.  J'y  vois  un  composé  de 
cum-vitare=^cum-vVare  (1 35)  =  counviô 
(14  !•).  De  même  in-vitare  a  donné  vfr. 
envier,  vpr.  enviar,  inviter,  provoquer. 
On  aurait  ainsi  trois  composés  de  vitare: 
in-vitare,  faire  venir  ;  ex-vitare,  détourner 
de  venir,  se  détourner;  cum-vitare,  faire 
venir  avec,  accompagner. 

*  COUP,  COP  s.  m.  —  «  Endroit  sur  le 
bord  d'une  rivière  propre  à  placer  un 
filet  à  prendre  du  poisson.  Ce  mot  est 
ancien.  On  le  trouve  dans  les  actes  des 
XIV*  et  XV*  s..  »  (Goch.) 

Du  vfr.  cope,  coupure,  portion  d'eau 
tirée  d'une  rivière  à  l'aide  d'une  coupure. 
Encore  aujourd'hui  en  Pr.  on  appelle  cop 
la  vanne  d'un  moulin,  et  cop-perdti  le 
déversoir.  Je  suppose  que  le  cop  est  la 
partie  au-dessus  d'un  barrage  qui  coupe 
la  rivière,  et  où  l'eau  étant  retenue,  est 
plus  tranquille.  A  R.-de-G.,  par  une  idée 
analogue,  on  appelle  cette  portion  un 
redint  (redent). 

COUPE  s.  f.  —  1.  M.  lat.  copus.  — 
Mesure  de  grains  égale  à  la  moitié  d'une 


bichelte  et  par  conséquent  au  quart  du 
biche  t. 

De  cuppa.  Forme  d'oïl  ;  le  pat.  serait 
copa. 

2.  Mesure  agraire  égale  au  quart  de  la 
bicherée. 

Par  analog.  av.  coupe,  mesure  de  grains. 
Quatre  coupes  de  grain  font  un  bichet, 
c'est-à-dire  le  grain  nécessaire  pour  ense- 
mencer une  bicherée.  De  même,  4  coupes, 
mesure  agraire,  font  la  bicherée. 

COUPÉE  s.  f.  B.  lat.  copata  —  Mesure 
agraire  égale  à  la  coupe. 

De  coupe  2,  av.  suff.  d'oïl  ée  =  ata  lat. 

COUPERÉE  s.  f.  —  Mesure  agraire, 
aujourd'hui  peu  usitée,  comprenant, 
comme  la  coupe,  un  quart  de  bicherée. 

De  coupe  2,  av.  suff.  d'oïl  ée,  relié  par 
une  r,  dont  l'insert.  a  pu  être  facilitée  par 
la  fausse  infl.  du  v.  couper. 

COU  PET  V.  copet. 

COUPON  V.  copon. 

COURAMIAU  V.  caramiau. 

COUPLA  V.  corla. 

COURO  (couro)  vin.  s.  m.  —  Cuivre. 
«  Les  besties  qui  portont  corduan,  ne 
bazanes,  negrana,ne  couro,  ne  estaing...  », 
les  bêtes  qui  portent  maroquin  ou  basane 
ou  gaine  ou  cuivre  ou  étain...  (Tar.  de 
la  V.  1277}. 

De  cupr(um).  Gh.  de  u  en  ou  par  voc. 
de  p  (164  6»).  Au  xiv«  s.  on  trouve 
couvro,  par  infl.  d'oïl. 

•COU  RTEROLLA  (kourterôla),  ap.  Goch. 
COURTEIROLA,  à  Lyon  courterolle  s.  f. 
—  Gourtillière. 

Du  vfr.  coMr^/Z,  jardin,  qui  adonné  en 
fr.  courtillière,  av.  suff.  aria.  Le  In.  a 
probablem.  substitué  un  suff.  dim.  olla, 
d'où  courtilliola,  devenu  courterolla  par 
ch.  de  l  en  r,  comme  antelon  antillion 
est  devenu  anliron. 

COUSSI  V.  coussio. 

•  COUSSIO  (koussio),  COUSSI  (koussi), 
COSSE  s.  m.  Dph.  cossio^  vel.  couosse, 
Igd.  consou,  pr.  cossoul.  —  Gonsul,  nom 
donné  autrefois  à  celui  qui  percevait  les 
contrib.  indirectes  (Goch.).  Les  coussi 
cosse  étaient  nommés  par  les  notables 
habitants  des  paroisses  ou  communautés 
rurales.  Ils  répartissaient  la  taille  royale 
entre    leurs    concitoyens,    poursuivaient 


Digitized  by 


Google 


cous 


lOo 


pour  los  pnroisRPs,  dovant  le  tribunal  de 
de  réieclion.  ceux  qui  voulaient  sans 
droit  s'exempter  de  cette  contribution; 
contestaient  même  les  droits  acquis, 
signaient  les  requêtes  adressées  à  l'inten- 
dant etc.,  enfin  représentaient,  dans  une 
certaine  mesure,  les  droits,  privilèges  etc. 
de  leurs  paroisses  et  en  étaient  les  inter- 
médiaires obligés. 

De  consulem.  Ou  aurait  dû  avoir  coulo 
colo  {C07is(ujlem  cofnjslo  co(s)lo).  Cepen- 
dant il  arrive  qqfois  que  c'est  la  sifflante 
qui  persiste  (168,  rem.), 

COUSTA-CORNILLI  (kousta-kornilhi) 
à  Morn..  Crap.  ;  COUSTA-CRENILLE  à 
Yzer.  s.  f.  For.  catacournille,  —  Bluet. 
Pr.  costO'COunihiero  couesto-coimihi, 
laileron. 

Do  coslum,  plante,  par  une  forme  costa, 
et  de  conniculurn,  lapin,  herbe  à  lapins. 
Gh.  de  o  en  ou  (41>,  de  iciilum  en  ilhi 
(164  2\  b);  insert,  de  r  (184  6»,  e),  — 
Dans  la  forme  d'Yzcr.  il  y  a  eu  métath. 
de  r  (187).  Le  nom  a  passé  du  laiteron 
au  bluet  quand  on  a  cessé  d'en  comprendre 
la  significat.  primitive. 

COUSTA-CRENILLE  v.  cousta-cornilU . 

COUTÈLA  (koutéla)  dans  l'express,  par 
coulèla,  par  ruse,  par  dissimulât.  A  7io-Z'U 
a  dit  par  coutèla,  il  nous  l'a  dit  pour  se 
débarrasser  de  nous,  sans  le  penser. 

Fr.  cautèîe,  de  cautem.  Gh.  de  au  en 
ou  (75). 

COUTRI  (koutrî)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Grand  drap  qui  reçoit  les  cendres  de  la 
lessive. 

De  culc(i)trB,rium.  —  Culcitra  =  cou- 
ira  (cp.  culcita  =  fr.  coule),  et  arium  = 
»  (13). 

COUVET  (kouvé)  s.  m.  Genev.  covet, 
bourg,  côvo,  pr.  caufet.  —  Pot  de  terre 
dans  lequel  on  met  de  la  braise  pour 
servir  de  chaufferette. 

On  songe  à  cuba,re  av.  suff.  dim.  et  : 
couvet,  quelque  chose  que  l'on  couve. 
Mais  la  forme  pr.  caufet  indique  pour 
orig.  cale  f  are.  De  cale  f  are  on  aurait  eu 
en  In.  charfet  (cp.  charfô)  charvet.  Il 
faut  donc  admettre  que  couvet  n'est  que 
le  pr.  caufet  dans  lequel  au  a  passé  à  ou 
(75)  et/- à  t?  (144  S»). 

COVA  (kova)  s.  f.  —  Poule  couveuse. 

Subst.  V.  tiré  de  covô  (cubsire). 


COVET  V.  covî. 

•  COVI  (kovi)  COVON  (kovon),  à  Crap. 
COVET  (kovè)  «.  m.  Dph.  couvé,  Jura 
covier  (ap.  Goch.).  —  Étui  de  bois  plein 
d'eau  que  le  faucheur  ou  le  moissonneur 
pend  à  son  côté  et  dans  lequel  il  trempe 
le  cot  ou  mola. 

De  co(tem)  av.  suff.  arius  (13),  relié 
au  thème  par  un  v  euphon.  (184  3«),  av. 
suff.  dim.  on  ou  et  selon  les  formes. 

COVIN  (kovin),  ap,  Goch.  COVEN  s.  m. 

—  Piquette.  For.  couvent  coveint,  boisson 
faite  avec  des  airelles  et  des  pelosses. 

In  quiiilau  de  raisins,  par  faire  de  coveint. 

«  Un  quintal  de  raisin,  pour  faire  de  la 
piquette.  »  (Tôt  va  ben) 

De  cum  uiwo,  ce  qui  accompagne  le 
vin.  Gp.  cutn  pane  =  copain. 

COVON  V.  covi, 

COYOU  (ko-you),  à  Lyon  secoyu  s.  m. 

—  Panier  à  salade. 

Forme  de  sccoyou,  même  sens,  do 
secouer.  Il  s'est  opéré  le  même  phénom. 
que  dans  se  init.  (111).  Suff.  osus  (35). 
qui  est  ou  à  Morn.  et  u  à  Lyon. 

CRACHI  (kràchî)  s.  m.  —  Petit  tombe- 
reau. Est-ce  le  vfr.  crache  «  stabulum  » 
av.  suff.  î  =  ier  fr.  (13)  ?  Crache  a  été 
formé  sur  crèche,  ainsi  que  le  montre 
l'emploi  de  cresche  au  même  sens  de 
stabulum.  Toutefois  je  ne  sais  pas  expliquer 
sous  quelle  infl.  s'est  opéré  le  passage  de  ê 
à  a  dans  crache.  Quant  à  la  dér.  de  sens, 
elle  s'expliquerait  par  l'exiguïté  du  crachi 
et   son  analog.  de  forme  av.  une  crèche. 

CRAJU  (kraju)  s.  m.  —  Sorte  de  lampe. 
Pic.  crachet  crechet,  angl.  cresset^  vfr. 
craisset  craichet  grasset  crasset,  noim. 
craisset,  Guernesey  crûcet,  flam.  crechet, 
lampe  ou  torche,  suivant  les  lieux;  pr. 
crasset,  bacinet  d'une  lampe. 

De  crsLssa  par  le  pic.  crache  (?),  suif, 
avec  suff.  u  répondant  à  osus  (35). 
Crache,  comme  graisse,  suppose  une 
forme  craxa,  devenue  cracsa  dans  un  cas 
et  crasca  dans  l'autre.  Nous  devrions 
avoir  crachu  ;  le  passage  de  ch  Aj  est  une 
corrupt.  Il  est  assez  bizarre  que  les  formes 
crache  craichet,  qui  sont  pic,  aient  pu 
avoir  qq.  infl.  sur  le  In  ;  mais  on  a  déjà 
constaté  un  fait  analogue  à  propos  de 
chai7itri. 

CRAMAILLI  y.cramayl. 


11 


Digitized  by 


Google 


106 


CARM 


CRAMAYI  (krama-yl),  CRAMAILLI 
(kranmlhf),  CARMAILLI,  ÉCARMAYKà 
Lyon  cramaycr  écramailler  écarmailler 
V.  a.  —  Écraser. 

Oal  en  a  yu,  U  charopa, 
Lo  groin  loi  écarmailla. 
«  Il  en  eut,  la  charogne,  —  J-*e  visage 
tout  écrasé.  »  (vx  7ioël) 

S^aplate  su  son  corps  et  cou  de  Rebroyi, 
Que  borle  comm'In  viau  :  Vous-tsu  m'tcramayî  ? 

«  Tombe  à  plat  sur  son  corps  et  sur 
celui  de  Rebroyé,  —  Qui  beugle  comme  un 
veau  :  Veux-tu  m'écraser  ?  »  (Mel.) 

D'un  rad.  carp{v.  cabolli)  et  de  7na.cula 
=  mailli.  D'où  carptnaiUi,  écraser  en 
souillant,  réduit  à  co.rmailli  par  la  chute 
de  la2«  cons.,  puis  à  carynayi  (164  2%c), 
devenu  cramayï  par  mélath.  Cp.  carholhi, 
devenu  écraholhi.  La  format,  est  ancienne, 
car  aujourd'hui  macula  =  môihi  ;  mais 
comme  a  ton.  de  macula  est  devenu  piot., 
il  persiste  (76)  au  lieu  de  passer  à  6, 

CRAMER  (kramé)  v.  n.,  donné  par 
M.  Gras  comme  ayant  à  Lyon  la  signifie. 
de  brûler  sans  flamme.  Je  n'ai  jamais 
entendu  que  crime}'  (v.  crimô),  rimer  ; 
ou,  s'il  s'agit  d'objets  de  nature  cornée  ou 
laineuse,  crinser. 

CRAMIAU  (kramiô)  s.  m.  Genev. 
Clameau.  —  Crachat  épais.  Vpr.  crai, 
même  sens. 

Onomat.  du  râclement  de  la  gorge,  av. 
sufT.  iau  =  ellum  (32).  La  forme  In. 
paraît  plus  ancienne  que  le  genev.,  où  cr 
s'est  transformé  en  cl. 

CRAPAUDZIA  (krapôdzia)  s.  f.  —  A 
Morn.  Ltat  de  misère  pécuniaire  ou 
physiologique.  Al  a  la  crapaudsia,  se  dit 
d'un  porc  qui  n'engraisse  pas.  Je  Vons 
sorli  de  la  crapaudzia,  nous  l'avons  tiré 
de  la  misère. 

De  crapaud,  considéré  comme  un  animal 
rampant  et  misérable. 
CR  A  PP  A  (kràpa)  s.  f.  —  Marc  de  raisin. 

Vos  sientez  tolet  due  la  crapa. 
«  Vous  puez  toutes  les  deux  le  marc  du 
vin.  »  (Due  Bïb,) 
Du  vha.  krsipfo,  crochet. 
CRAQUELIN  s.  m.—  Échaudé. 
De  craquelle  av.  sufT.  dim.  in, 
CRAQUELLE   vin.  s.   f.  —  Espèce  de 
pâtisserie.  «  Pastés,  bugnes,  chaudellets, 
cachemuseaux,  craquelles  et  autres  sem- 


blables sortes  de  pâtisseries.  »  (Ord««  du 
Gouvern.  de  Lyon,  ir>78). 

Du  rad.  de  craquer  av.  sulT.  dim.  d'oïl 
elle. 

CRASA  (kraza),  à  Paniss.  CROUSA, 
à  Lyon  crase  s.  f.  —  Ravin,  creux  de 
terrain. 

De  c(o)rrosa  =  creuse.  La  forme  crasa 
a  été  facilitée  par  l'infl.  de  rasa,  creux, 
fossé. 
CRÉ  V.  crest. 

CRECI  (kreci)  v.  n.  Dph.  crusse,  vfr. 
cruissir  croissir.  —  Craquer,  grincer, 
crier,  en  parlant  des  objets. 

£t  Peiou,  de  son  lô,  fa  creci  »e  culoUes. 
€  Et  Péteux,  de  son  côté,  fait  craquer 
ses  culottes.  »  (Mel.) 

De  crocire  av.  affaiblissem.  de  o  init. 
en  e,  fréquent  dans  les  mots  où  l'init. 
précède  immédiatem.  la  ton. 

CREMAILLI  (kremalhi)  s.  f.—  Crémail- 
lère. Forme  des  environs  de  Lyon  où  les 
mots  se  rapprochent  plus  du  fr.  Le  pur 
patois  est  cremaclio. 

De  cramsiculum  par  le  vfr.  cremaille, 
av.  fin.  en  i  (54  3»). 

CRÉMO  (kremô),  ap.  Coch.  CRÉMI,  à 
River.  CRÉMI,  à  Lyon  crimer rimer  v.  b. 
et  a.  For.  crama,  —  Brûler  sans  flamme; 
flétrir,  en  parlant  des  eff'ets  atmosphé- 
riques. «  Le  nioule  ont  cremi  le  folle, 
les  })rouillards  ont  brûlé  Jes  feuilles.  » 
(Coch.) 

De  cremsLre.  Ch.  de  are  en  6  (14  3«). 
La  fin.  i  de  crémi  est  due  peut-être  à  une 
forme  cremeare, 

CREMOCLIO    (kremôklio),   à   R.-de-G. 
CREMOCLO  s.  m.  —  Crémaillère. 
Doux  verilablo  déinonôclo 
De  la  colou  de  lieu  cremôch. 
«  Deux  véritables  démoniaques  —  De 
la  couleur  de  leur  crémaillère.  »  (DuéBib.) 
De  crameLC(u)lum.  Ch.  de  a  en  d  (1), 
de  cl  en  cli  (164  2»,  6,  rem.).  R.-de-G.. 
moins  adonné  à  l'yotte  que  les  environs 
de  Lyon,  n'en  a  pas  inséré  après  cl  (v. 
cumaclio). 
CREMOCLO  V.  cremoclio» 
CRÉNEAU  (krenô)s.  m.  Dph.  créneau, 
—  Grande  cage  sans  fond,  composée  de 
quatre  cerceaux  reliés  par  un  filet  à  larges 
mailles,  sous  laquelle  on  met  les  poules 
et  les  poussins  lorsqu'on  veut  qu'ils  soient 
en  plein  air  et  qu'ils  ne  vaguent  pas. 


Digitized  by 


Google 


CRÉP 


107 


Peut-être  d'un  rad.  celt.  qu'on  trouve 
dans  tous  les  dial.  av.  la  signifie,  de 
chose  courbe  qui  recouvre  :  corn,  cren^ 
kym.  crwn  cron\  mks.,  gaël.,  irl.  cruin; 
arm.  crenn.  D'où  une  forme  latinisée 
crenellum,  qui  a  aussi  donné  le  ss.-rom. 
cr^now,  tuile  faîlioie,  tuile  recourbée,  qui 
recouvre,  à  la  façon  de  notre  créneau, 

CRÊPETON  (A),  à  Lyon  à  croupeton 
loc.  Neuchàtel  à  crepoton,  —  Se  hetô  à 
crèpeton,  s'accroupir.  B.  dph.  acroupeto, 
entrelacem.  des  mains  pour  recevoir  le 
pied  de  celui  qui  monte  de  là  sur  les 
épaules  (par  dér.  de  l'idée  de  monter  sur 
le  dos  incliné). 

D'un  rad.  germ.  qui  a  donné  le  nord. 
kryppa,  et  d'où  est  dér.  rég.  le  vfr. 
crepofiy  croupe.  Le  thème  a  été  relié  au 
suff.  on  par  t  (cp.  panne-t-on,  de  pêne; 
poulpe-t-on,  de  pulpa).  Lyon  a  formé  le 
mot  par  le  même  procédé  sur  le  fr.  croupe. 

CREPI  (krépi)  s.  f.  Vpr.  crepia,  vfr. 
crebe,  —  Crèche. 

\hK.krippea,  Gh.  de  ea&n.  en  i  (54  !•). 

CRESEUR  V.  cruset. 

CRESSUES  (kressuë),  ap,  Coch.  CR ES- 
SU  EIS>  à  Lyon  cressures  s.  f.  pi.  — 
Douleurs  que  les  enfants  ressentent  dans 
les  jambes  et  que  le  peuple  attribue  à 
l'accroissem.  des  os. 

De  cressu^  part,  du  v.  creître,  croître, 
av.  suff.  dim.  et  comme  dans  mu  et.  Le 
son  è  s'est  affaibli  en  <?. 

•CREST  (krè)  CRÉ  CRI  s.  m.  For.  cres 
cret  creu,  dph.  creis  crei  cre.  —  Sommet 
d'une  montagne. 

Dou  cré  de  vnit  Ptlô  lo  destin  t'examine. 

«  Du  sommet  du  Pilât  le  destin  t'exa- 
mine. »  (Per.) 

De  crista,  par  *cristum,  qui  a  donné 
cresty  comme  crista  a  donné  crête,  La 
forme  cri  montre  qu'il  y  avait  dans  cris- 
tum  hésitât,  sur  la  quantité  de  t. 

N.  de  lieu.  Le  Crest  de  la  Perdrix. 

CRI  V.  crest. 

CRIGNOLLA  (krignôla)  s.  f.  —  Baie 
de  l'églantier. 

De  cAnum  av.  suff.  fréq.  ola,  d'où 
crinola  criniola  crignola.  Le  mouillcm. 
de  n,  d'aillours  fréquent  sans  motif 
apparent,  a  dû  être  appelé  par  i  de  la 
syll.  init.  Le  sons  vient  de  ce  que  l'intérieur 
de  la  baie  est  composé  d'une  sorte  de 
bourre  filamenteuse. 


CRILLE  (krille)  s.  m.  —  Sur  les  bords 
de  la  Saône,  berceau. 

Du  vpr.  croille,  berceau.  Sur  la  format, 
de  croille  v.  crouillo.  Je  ne  puis  pas 
expliquer  le  passage  de  croille  à  crille. 

CRIMAR(krimar)  s.  m.  —  A  S^-MarU 
Crémaillère. 

Du  néerl.  kram,  croc  de  fer,  av.  suff. 
germ.  ard,  réduit  à  ar.  Le  ch.  de  a  init. 
en  i  peut  être  dû  à  l'infl.  de  cremare. 

CRI  NSI  (krinsi),  à  Lyon  crinser  v.  n. 
Vfr.  crainser,  —  Se  dit  des  objets  qui 
bntlent  sans  flamme  et  en  se  crispant, 
comme  le  crin,  la  corne,  les  cheveux  etc. 

De  crin.  Crinsi,  se  crisper  comme  un 
crin.  De  même,  en  Berry,  cranser  crinser^ 
passer  au  crible  ;  c'est-à-dire  au  crin. 
Suff.  t  (15  3%  rem.  2).  Sur  la  liais,  du 
suff.  PU  moyen  de  ss,  cp.  vin.  croy-ss-ue^ 
fr.  hame-ç-07i,  apeti'SS-er. 

*  CRIC  (kriô)  v.  a.  —  Appeler.  Criô  los 
s'homos,  appeler  les  valets  du  travail 
pour  venir  manger  la  soupe. 

De  critsire,  comme  crier.  Cp.  fr.  popul. 
C7*ier  qqu'un,  le  gronder.  Gh.  de  are  en  6 
(14  K) 

CROCI  (krossi)  à  Lyon  crosse  s.  f.  Vfr. 
croce.  —  Béquille.  «  Et  lors  il  se  leva  et 
s'appuya  sur  sa  croce.  »  (Joinv.) 

Non  de  cmcia,  qui  aurait  donné crw^^jt, 
mais  du  rad.  croc,  qui  se  trouve  dans  lo 
germ.  et  le  celt.  —  Nor.  krôkry  hoU.  krog^ 
gaël.  crocayiy  croc  ;  kym.  c.rwca  croca, 
courbé.  Fin.  i  (54  5"). 

CROISSANT(kroissan)  s.  m.  —  1.  Fau- 
cille de  moissonneur.  2.  Serpe  emmanchée 
}\  un  long  bâton  pour  élaguer  les  arbres. 

De  la  forme  en  croissant  de  lune. 

CROMPIRE  (kronpire)  s.  f.  Pic.  crom- 
pire.  —  Pomme  de  terre. 

De  ail.  grundbirn^  holl.  grondpeer. 
Introduit  lors  de  l'invas.  de  1815. 

CROPETTES  (kropètte)  s.  f.  plur.  — 
Pissenlit. 

Étym.  inconn.  —  On  trouve  dans  le 
germ.  un  rad.  crop.  —  Ags.  crop,  sommet, 
vx.  angl.  croppe,  cime,  chevelure  d'une 
herbe,  d'un  arbre  ;  angl.  to  crop,  couper 
les  extrémités  d'une  chose,  faucher  (un 
pré),  tailler  (des  arbres)  ;  d'où  crop, 
cheveux  coupés  courts,  toute  récolte  qui 
se  coupe  etc.  A  angl.  crop  répond  ail. 
kropf,  holl.,  sax.  krop,  excroissance, 
protubérance.   Je  ne    sais    si    l'on    peut 


Digitized  by 


Google 


108 


CROQ 


rattacher  cropettes  à  ce  rad.  av.  suff.  dim. 
etta.  Les  cropettes  seraient  les  petites 
choses  que  Ton  coupe  ras,  la  petite  récolte. 
•CROQUA  (kroka),  à  River.  COQUA,  à 
Lyon  croque  s.  f,  —  For.  croqua,  gasc. 
croco,  berr.  coque.  —  Contusion  sur  les 
'endroits  osseux,  où  le  coup  fait  bosse. 

Scheler  explique  croquignolej^SirVsingi. 
rap,  qui  signifie  à  la  fois  dérober,  enlever, 
et  donner  un  coup  sec,  du  sax.  hy^epan, 
frapper.  Je  crois  plutôt  croque  et  son  dim. 
croquignole dur,  du  vfr.  crochier  croquier 
croker,  dér.  lui-môme  de  croc.  Chute  de 
r  dans  cr  de  la  forme  coqua  (105,  rem.). 
GROSSI  (krossi)  CRUSSI  GROSSO 
(krossô),  à  Lyon  crosser  v.  a.  —  L  Bercer. 
Vpr.  crossar,  secouer,  remuer. 

Tiré  du  jeu  de  paume.  Crosser^  c'était 
lancer  une  paume  av.  une  crosse.  Crosser 
un  berceau,  c'est  le  faire  aller  et  venir 
comme  une  paume.  La  tcrmin.,  variable 
en  î  et  en  6,  montre  qu'il  y  a  encore 
hésitât,  sur  l'infl.  exercée  par  ss  pour  la 
product.  de  î  (15  3*,  rem.  2).  Quant 
à  crussiy  il  s'explique  peut-être  par 
la  tendance  des  environs  de  Lyon  à 
substituer   u  k  o  (34). 

2.  Au  fig.    railler,  se  jouer  de  qqu'un 
comme  d'une  paume.  L'argot  paris,  a  le 
pendant  dans  le  mot  balancer, 
GROSSO  V.  crossi. 

*GROSSON  (krosson)s.  m.  Jy^h.crosson 
crousset.  —  Berceau. 
De  crossi  1,  av.  suff.  on, 
GROSSUj  à  Lyon  crosseur  s.  m.  —  Qui 
aime  à  railler. 
De  crossi  2,  av.  suff.  u  =  osum  (35). 
CROTTU,  USA   (krotu,  uza),  à   Lyon 
crottu,  ue,  adj.  For.  cretou.  —  Qui  est 
marqué  de  petite  vérole. 

y  l'an  lou  groin  cretou  et  si  deflcurat... 
«  Ils  ont   le  visage   creusé  et   si    défi- 
guré. »  (Chap.) 

De  crupla  (crypta),  trou.  Gh.  de  u  bref 
en  0(38),  de  pt  en  ^(161  6»),  plus  suff. 
osus  (35). 

GROUILLO  (kroulho)  (tend  à  vieillir) 
s.  m.  —  Sorte  de  verrou.  Vfr.  coroil 
coroul,  barre,  verrou  ;  corotlle  crouillet, 
verrou.  Berr.  courril  crouiîloux,  poit. 
courait,  Vendée  courouil,  arm.  kouroul 
kroul,  barre  de  bois,  verrou;  ss.-rom. 
crouillon,  tisonnier. 


De  corotuîSLre  =  coroVlare  =  coro- 
clare  (cp.  it.  rocchio,  de  rotulus  rotlus 
rocluSy  et  In.  ôclia,  deassula  astlaascla), 
Coroclare  donne  coroillier,  d'où  est  tiré 
vfr.  coroil  coroille.  Dans  certaines  formes 
la  proton,  init.  est  tombée,  d'où  croclare 
=  'croiller,  dont  on  retrouve  la  trace 
dans  le  vfr.  croill,  croillementy  ébran- 
lement, et  dans  le  vpr.  croille,  berceau. 
Enfin,  o  bref  a  passé  à  ou,  comme  roler 
k  rouler  et  croler  k  crouler.  D'où  crouil, 
et  crouillo,  av.  o  par  analog.  av.  les  autres 
noms  masc.  L'orig.  du  nom  est  dans 
l'idée  de  la  rotat.  imprimée  au  crouillo, 
qui  était  une  barre  pi  votante;  horizontale, 
elle  barrait  la  porte  et  verticale,  elle  la 
laissait  s'ouvrir.  Même  idée  dans  vpr. 
croille  et  In.  crille. 

GROU PETON  (A)  v.  crèpeton. 

GROUSA  V.  crasa, 

GROYSSUE  vin.  s.  f.  —  Grue,  au  sens 
de  crue  d'eau.  Arch.  m.  «...  De  certaine 
quantité  de  poysson  nagueres  et  derniè- 
rement survenue  et  entrée  aux  foussés  de 
la  Lanterne,  pour  raison  de  la  croyssuë 
et  inflacion  des  rivières  de  la  Saonne  et 
du  Rosne...  »  {ap.  Vermorel) 

Partie,  formé  sur  croître  par  analogie 
av.  croissant. 

1.  GRUES  (kruô)  GRUES  (kruè)  s.  m. 
For.  crety  bress.  cruet.  —  Berceau. 

Et  qu*«u  r<^y  ben  ni6 
Tout  k  rôpôsita, 
Dini  un  matru  cret. 
«  Et   qu'il  est    bien    niché,  —  Tout  à 
l'opposé,  —  Dans  un  méchant  berceau.  » 
(Chap.  NoHs) 

De  c(o)rros(um),  qui  a  aussi  donné 
crues,  noyau,  parce  que  le  berceau  est  un 
objet  creux.  La  transform.  de  o  en  ue 
semble  indiquer  que  o  de  crosum  était 
devenu  bref.  Le  vpr.  cros,  le  vfr.  crues, 
le  comasque  croeuss  {ap,  Diez)  le  confir- 
meraient. 

2.  CRUES  (kruô)  GRUES  (kruè),  à 
Grap.  GRUÈZE.  ap,  Goch.  GRUIS  s.  m. 
For.  creu,  —  Noyau.  Alp.  crosa^  cosse. 
Pr.  croso  crouesso,  gasc.  crouho,  creux, 
cavité  d'arbre. 

Un  rapat  d^ourtoulan  fat  d*un  creu  de  ciréiti. 
«  Un  happeau  d'ortolans  fait  d'un  noyau 
de  cerise.  »  (Chap.) 

De  corrosum  (v.  crurs  i). 


Digitized  by 


Google 


CRUE 


109 


3.  CRUES  (kruëj  CRUEIS  (kruè)  s.  m. 
—  Gerbier  qui  a  la  forme  d*une  croix. 

De  crncem,  comme  jiucem  a  donné 
no  lié  nué  (42  !•). 

CRUEZE  V.  craies  2. 

CRUÉZIA  (kruézia)  np.  Coch.  CRUI- 
2IA  s.  f.  —  Croisée  de  chemin. 

De  criiciSL((a),  comme  crues  de  crucem. 
Sur  ta  lat.  =  ta  v.  1,  rem.  3. 

CRUIS  V.  crues  1Î. 

CRUSET    (kruzè)  CRESEUR    CRUSIO 
(kruziô)  s.  m.  —  Aujourd'hui  lampe  des 
mineurs.  Jadis  lampe  en  général. 
Y  cherchi  de  z*allumelle, 
Per  alisy  sun  cruset. 

«  Il  chercha  des  allumettes.  —  Pour 
allumer  sa  lampe.  »  (vx  noi'l) 

Lo  crusiô  sert  plein,  u'espOrgniroiis  pôs  l'iiu'o. 

«  La  lampe  sera  pleine,  nous  n'épar- 
gnerons pas  l'huile.  »  (Proc.j 

Item  donne  un  criaiô  a  Piarre  d6  Bacon. 

«  Iteniy  je  donne  une  lampe  à  Pierre 
du  Bacon.  »  (Ghap.) 

Ce  mot  se  retrouve  dans  quantité  de 
dial: 

Groupe  celt  :  arm.  kreuzèul  kleùzeuv 
cleuzer  c'hleuzeuy  sorte  de  lampe;  gaël. 
cruisgean^  irl.  cruiscea  crHisgi7i,  lampe. 

Groupe  roman  :  vfr.  creuseul  croissol 
crusset^  esp.  crisuelo,  lampe;  crisueia, 
soucoupe  de  lampe  ;  vx.  cat.  cresol,  vpr. 
cruoly  wal.  crizoUy  for.  criziô  crazU) 
crenzio  crizioeu  ;  m&c.  croisioUy  ss.-rom. 
croset,  sorte  de  lampe. 

Groupe  germ  :  mha.  krus,  angl.  criisc 
cruise,  hoU.  cruyse,  ail.  kraus,  néerl. 
kroesy  burette,  j^tte. 

Basq.  criseliia  cruselua^  lampe. 

Diez  donne  pour  orig.  le  basq.  crîsuela, 
mais  cette  forme,  toute  romane,  est  bien 
plus  probal)lem.  empruntée  à  l'esp.  — 
Litlré  se  réfère,  pour  creuset,  au  b.  lat. 
crucibulum,  sorte  de  lamp»,  d'un  rad. 
crucem,  à  cause  de  la  forme  ;  mais,  outre 
que  crucihuUim  donne  croicible,  les 
lampes  en  forme  de  croix  n'étaient  que  lo 
très  petit  nombre.  —  Il  seml)le  plus  naturel 
de  tirer  notre  cruset,  lampe,  comme  le 
creuset  fr.,  du  vha.  krause,  mha.  krùse, 
burette,  qui,  dans  les  dér.,  a  pris  le  sens 
de  lampi%  comme  caîiculus,  de  calix.  Il 
est  incontestable  toutefois  que,  sur  ce  rad. 
est  venu,  par  suite  d'une  confus.,  se 
greffer  l'iufl.  de  crucem,  comme  en  témoi- 


gnent les  nombreuses  formes  à  dipht.  dans 
la  plupart  des  dial. 

CRUSI  (kruzi)  vin.  CRUIZY  s.  f.  — 
Coquille  d'œuf. 

Le  nourray  ceilaina  puulailly 
Que  fit  un  œuf  leu  cruisy  Tudou  iour&urla  pailly. 

■  Elle  nourrit  certaine  poule  —  Qui  fit 
un  œuf  sans  coquille  (un  enfant)  l'autre 
jour  sur  la  paille.  »  (Jiern.) 

De  c(o)rrosa.  0  (devenu  bref  en  b.  lat.) 
=  u  s'explique  par  l'infl.  d'oïl:  crueza 
creusa  cruzi(y.  crueis). 

CRUSIO  V.  cruset. 

CRUSSI  V.  cross i. 

CRUSTANDELLA  (krustandéla)CROU- 
STANDILLI  (kroiistandilhi),  à  Lyon 
croustendille  s.  f.  Dial.  d'oc:  crussen- 
tello  cruîssenlello  croussetitello  cros- 
senteîlo  croussintello  creissountello 
crucancello  coursenteno,  dph.  crussan- 
(Jella  crussen  te  }ia  crussantena.  —  Car- 
tilage de  Toreille.  Dph.  crussendelaj  (au 
fig.)  femme  maigre  et  sèche. 

Ëiinn  pe  le  Qui,  quvia  gran  crusaendela 
QuVy  toiou  auc  leu,  passe  po  fa  fumella. 

«  Enfin,  pour  t'en  finir,  cette  grande 
sèche  — Qui  est  toujours  avec  lui,  passe 
pour  sa  maîtresse.  »  (Chapitro) 

Du  vfr.  crussir,  craquer;  crussant,  qui 
craque  sous  la  dent,  comme  témoignent 
toutes  les  formes  non  lyonnaises,  kants- 
sant  s'est  ajouté  le  suff.  ella,  d'où 
crussayitella  et  crussandella  par  ch.  <Ie 
t  en  d  (136).  L'introd.  de  t  du  groupe 
st  s'est  produite  sous  l'infl.  de  crusta.  Où 
le  pr.  voyait  quelque  chose  qui  craquait 
lo  In.  a  vu  un  dim.  de  croûte. 

CRUSTI  (krusti)  s.  m.  Lgd.  crouslet. 
—  Morceau  de  pain  pour  exciter  à  boire. 
Montpellier  crùsti,  quignon  de  pain. 

De  crust(a)  av.  suff.  arius  (13).  Le 
passage  de  a  fermé  à  u  est -il  dû  à  l'infl. 
de  ï  dans  la  syll.  suivante  (69,  rem.  U), 
ou  simplem.  à  une  tend,  particulière  à 
Lyon  et  aux  environs  (34)  ? 

CUCHON  s.  m.  Vfr.  cache,  dph,  curhou 
for.  cuchon  quichon,  pr.  cuchou7i,  ss.- 
rom.  cuchetf  franc-conit.  suche  sachet, 
lat.  m.â.  cMc/iO  (Donibes  xiv's.)  —  Petit 
tas.  hi  cuchon  de  fen,  un  polit  tas  de 
foin. 

Si  vo  voya  lieu  chiiii. 
Qui  lieu  sert  de  cabornc! 
V  sont  tut  un  un  cuchon . 


Digitized  by 


Google 


110 


CUER 


«  Si   vous  voyiez   leur  chenil,  —  Qui 
leur  sert  de  hutte!  —  Ils  sont  tous  en  un 
las.  »  (vx.  noël) 
N*allôz  pôt  coudre  ou  bus  par  migi  dexôlagnes 

I  ueiii  Taiil  de  cuchons  plus  gruus  que  de  montagnes. 

c  N'allez  pas  courir  au  l)ois  pour  manger 
des  noisettes:  —  Ils  en  font  des  tas  plus 
hauts  que  des  montagnes.  »  (GorL) 

Étym.  inconn.  —  MM.  Péan,  Coston 
voient  dans  cache  le  rad.  uch,  au-dessus, 
qui  est  dans  tous  les  dial.  celt.,  mais  il 
n'y  entre  que  comme  prép.  ou  particule 
composante.  Ils  citent  encore  irl.  coich, 
montagne,  Coche.nom  de  montagne.  Mais 
uch  n'explique  pas  la  prosth.  de  c.  L'ail. 
hoch,  qui  est  le  corrélat.  germ.,  a  donné 
la  Hogue,  et  non  la  Cogue.  —  Le  corrélat. 
sax.  heah  a  donné  angl.  high,  et  non 
kiffh.  Coich  a  un  sens  génér.  de  localité. 

II  signifie  non  seulem.  montagne,  mais 
chemin,  lieu  en  général.  La  Coche,  nom 
de  mont.,  vient  prohablem.  de  la  forme 
d'une  entaille  en  dent  de  scie. 

CUER  V.  couar, 

eu  ERCLIO  (kuérklio)  s.  m.  —  Couvercle. 
Cp.  piém.  al  cuert,  pour  il.  al  coperto. 

De  cooperc(u)l(um).  Chute  dep  (140, 
rem.  3),  mais  non  sans  avoir  influé  sur  le 
ch.  de  00  en  u  (cp.  cooperta  =  cuerta)  ; 
insert,  de  yotte  (164  2»  6,  rem.);  addit. 
de  0  post-ton.  (56). 

CUERT  (kuèr)  s.  m.  -  Toit. 

De  coopertum.  Sur  la  format,  v. 
cîierclio. 

CUERTA  (kuèrta)  s.  f.  —  Couverture. 

Do  cooperta.  Sur  la  format,  v.cuerclio. 
Sur  le  pass.  du  sens  pass.  au  sens  act. 
cp.  couverte,  usité  h  Lyon  pour  couverture. 

CUIDRE  V.  n.  (vieilli).  Je  ne  connais  le 
mot  que  par  Coch.,  qui  le  traduit  par 
manquer.  «  Oui  a  cuida  mort,  ou  cuidi 
être  tua,  il  a  failli  mourir,  il  manqua  d'être 
tué.  •  On  voit  que  dans  les  ex.  manquer 
peut  être  remplacé  par  croire,  supposer, 
qui    est  certainem.   le   sens  exact. 

Cuidre,  forme  du  vfr.  ciiider,  est 
corrélat.  à  sôtre  pour  sorti,  viendre  pour 
venl  etc.  (50),  et  formé  probal)lem. 
comme  eux  sur  le  prés,  de  l'ind.  je  cuit, 
tu  cuides  etc. 

CUINO  (kuinô),  à  Lyon  cui^té,  ée  adj. 
des  2  g.  —  Ruiné,  perdu. 

De  couinô,  av.  une  légère  déviât,  de 
prononciat.  et  de  sens.  Celui  qui  est  cuinô 


est  comme  celui  qui  a  couinô,  c'est-à-dire 
qui  a  poussé  son  dernier  cri  pendant 
qu'on  l'étranglait. 

CUISSINDREv.  couèssindre. 

CUISSINDU  V.  couèssiîidu. 

CUL  AT  (kulà),  à  Lyon  culot  s.  m.  — 
Dernier  né. 

De  cul  av.  suflf.  dim.  at.  Culot,  celui 
qui  vient  au  cul  des  autres. 

eu  LU  V.  culuit. 

CULUIT  (kulul),  CULU  (kulu)  s.  m. 
Dph.  culut.  —  1.  Ver  luisant. 

Et  elhy  vo  Iralut 

Coman  la  bella  eitela,  ou  coman  lo  culut, 

«  Et  elle  vous  brille  —  Comme  la  belle 
étoile  ou  comme  le  ver  luisant.  •  (Batiq.) 

2.  Se  dit  d'une  petite  lampe  qui  est 
censée  éclairer  à  peu  près  comme  éclai- 
rerait un  ver  luisant. 

De  Puma  dou  scrutin  o  ne  sortir!  plus 
De  consillis  lampions,  de  consillis  culut. 

«  De  l'urne  du  scrutin  il  ne  sortirait 
plus  —  De  conseillers  à  lumières  de 
lampions,  à  lumières  de  vers  luisants.  » 
(ffym.) 

De  cul  et  luit, 

CUMACLIO  (kumaklio),  vin.  comascle 
s.  m.  Jur.  coumacle,  alp.  kimascle 
cumascle,  niç.  cuoiimasclo,  ss.-rom.  kou- 
nialho  coumacle^  dph.  kimacle  cumaclo, 
Sav.  quemdclie.  —  Crémaillère  (Coch. 
donne  par  erreur  le  sens  de  couvercle).  — 
Inv.de  laManécanterieWSS:  «  IScoteaux* 
de  gayne,  un  comascle,  » 

De  cramB,c(u)l(iim).  Chute  de  r  dans 
le  groupe  init.  (105,  rem).  Le  pass.  de 
ak  o,  e,  t,  dans  div.  formes,  s'est  opéré 
par  dissimil.  ;  et  celui  de  ces  voy.  à  u, 
sous  l'infl.  de  la  labiale  m  (cp.  femella 
=  fumella).  Dans  le  vin.  comascle, 
l'introduct.  de  s  est  due  à  une  fausse 
analog.  av.  ascle  (assula),  masle  (mas- 
culum)  etc. 

CUMINAL  vin.  adj.  —  Communal. 
«  Per  la  peci  justa  pra  cuminal  »,  pour 
la  terre  jouxte  le  pré  communal  (Phili- 
pon,  Terr,  de  Rochef.)  On  trouve  dans 
le  môme  texte  cumynal  cumitnal  et 
comunal. 

Les  noms  propres  Cuyniyi,  Cuminal  se 
rapportent  sans  doute  à  la  même  orig.  k 
cause  de  qq.  fonction  pour  la  communauté. 
Cp.  m.  lat.  cuminus  c  tributum  commu- 
nale »,  et  cuminator  c  exactor  ». 


Digitized  by 


Google 


CUMO 


m 


CUMOUÉRI  (kumouôri)  s.  f.  —  Écu- 
moire.  Farci  cotnrn'ina  cumouériy  percé 
conuno  une  écumoire. 

Do  fr.  escumoire^  av.  passage  de  oi  à 
oiié.  Chute  de  es  inil.  (111). 

CUNDGI  V.  condi. 

CUO  (kuô)  V.  n.  For.  cua.  —  Couver. 
Ina  polailli  que  eue,  une  poule  qui 
couve.  ' 

Il  y  Tint  iiijustici, 

Ctr  y  11*1  jamtif  coOat. 

%  Ils  lui  font  injustice,  —  Car  elle  n*a 
jamais  couvé.  »  (Chap.) 

De  cubSLre,  chute  de  b  (142);  ch.  de 
are  eu  ô  (14  2»). 

*  CUPELLI A  (kupèlha)  s.  f.  Dph.  cuplot, 
gasc.  cupelié  cupelet.  —  Culbute.  Fare 
la  cupellia,  faire  la  culbute  (Goeh.). 

Mistral  lire  le  pr.  cupela,  faire  la 
culbute,  de  cuou-pela,  singe  ;  d'où  cupela, 
faire  le  singe.  On  serait  plutôt  tenté  d'y 
voir  culum  pilatuni,  cul  en  pelote.  Le 
dph.  cuplot  s'explique  par  l'infl.  de  plot, 
billot.  Le  mouillem.  de  l  dans  le  subst. 
In.  et  le  gasc.  cupe^e  s'expliquerait-il  par 
*pileatum  f 

CURAILLI  (kuralhl)  v.  a.  -  Nettoyer, 
peler  un  fruit,  un  légume. 

De  curailli  s.  Fin.  t  (15  4«). 

CURAILLI  (kuralhi),  à  Lyon  curaille. 
s.  f.  —  Milieu  d'un  fruits  pépins. 
De  curSL(re)  av.  suff.  pèj.  ailli. 
CURET  (kuré)  s.  m.  vidangeur  (vieilli). 
€  Et  quand  on  les  appeloit,  Curets  quelle 
heure  est-il  î  ils  répondaient  Merda.  » 
(Laurès) 


De  curer,  av.  suff.  et,  appliqué  1res 
exception nellem.  a  un  nom  de  métier. 

CURTI  (knrli),  vln.ror//7  s.  m.  — Jardin 
clos  de  murs,  cnntigu  h  la  maison.  «  Una 
pia  de  bas,,,  que  solet  être  cortil,  »  une 
p/edebois...  qu'on  avait  accoutumé  de 
mettre  en  courtil  (Alix),  c'est-à-dire  ici 
en  jardin. 

De  curtile.  La  forme  vin.  est  rég. 
Passage  de  o  à  u  (69,  rem.  2). 

CU-TERRO  (kùtèr6)  s.  m.  —  Fille 
riche  en  biens-fonds.  Y  est  in  cù-terrô... 
l'a  de  terr^  u  cii,  elle  est  riche,  elle  a  du 
bien.  Celaqui  a  trop  de  ten^  u  cù  par  të, 
ct?lle-ci  a  trop  de  bien  pour  toi. 

Inutile  d'insister  sur  l'étym. 

CUTI  (kuti)  s.  m.  —  Homme  d'esprit 
lourd  et  lent. 

Sur  l'étym.  v.  cuti  adj. 

CUTI,  IA(kuti.ia)adj.  — 1.  Embrouillé, 
serré,  aggloméré,  en  parlant  des  cheveux. 
2.  Cuti,  acuti,  se  dit  de  quelqu'un  qui 
reste  accroupi  auprès  du  feu,  qui  ne  sort 
jamais,  qui  ne  bouge  pas;  au  Ûg.  homme 
d'esprit  lourd  et  lent. 

Du  fr.  catir^  av.  substit.  de  u  ha  sous 
l'infl.  de  cwZ(?).i4cw<i  est  devenu  quelqu'un 
qui  est  constamm.  sur  son  cul  (cp.  rch. 
cufard,  celui  qui  s'accagnarde  au  coin 
du  feu).  Le  v.  décuti,  démêler  les  cheveux, 
confirme  l'étym.  catir. 

CUVIER  (kuvié)  s.  m.  —  Endroit  où  sont 
logées  les  cuves.  Plus  souvent  tinaillt. 
De  cuve  av.  suff.  d'oïl  ier  (13). 
CUVO   (kuvô)  V.   n.  —   Fermenter  en 
parlant  du  vin. 
De  cuva,  av.  suff.  <î  (14  2«). 


D 


*  DAGNI  (dagni)  s,  f.  Dph.  dagni,  ss.- 
rom.  dagné  dagna  degna,  pr.  dagno, 
sav.  dagne.  —  Tige  de  chanvre,  mais 
non  le  chanvre  lui-môme.  For.  dadna, 
tiller  le  chanvre. 

Étym.  inconn.  —  On  n'admet  pas  le 
passage  de  (  init.  à  d.  Cependant,  outre 


qq.  except.  (cp.  pr.  tarnagas  =  In.  darno^ 
pie-grièche  ;  tarmes  =  gév.  dama,  teigne) 
il  faudrait,  d'après  M.  Bugge.  tenir 
compte  que,  sldan  a  langue  franque,  le  d 
init.  tenait  lieu  du  t  haut  allem.  Le  mot 
aurait  donc  pu  venir  par  une  forme  à  d 
init.  (cp.  ail.  theilen,  dan.  decle).  Si  ron 


Digitized  by 


Google 


112 


DAIL 


admollait  celte  Uu-so,  on  pourrait  non  pas 
tirer,  mais  rapj)rochcr  dagni  du  sax.  et 
a;;.s.  Ifin,  h.  lat.  tenus,  tige,  pousse  , 
tecnon,  osier.  Ce  qui  prouve,  en  tout 
cas,  qu'il  faut  chercher  dans  dagjii  l'idée 
de  lige  et  non  l'idée  de  chanvre  ;  c'est  le 
prov.  (lagno,  tiges  jumelles  supportant  le 
pressoir,  et  le  ss  -rom.  dagno,  aiguille  de 
clocher.  L'idée  primitive  et  générale  de 
tige  s'est  ensuite  particularisée  en  tige  de 
chanvre. 

Une  vieille  chanson  lyonnaise  donne  à 
dagne  le  hcns  de  tige  creuse  : 
Arrosoiis-iious 
La  dag^ie^  la  dagne, 

Arruftoiig.imui 
La  dagne  du    rou. 

A  l(in  se  rattache  prohahlem.  lepr.  iano, 
jeune  tige,  pousse;  laiia,  monter  en  tige, 
en  parlant  des  plantes  herbacées. 

•  DAILLI  (dalhi)  s.  f.  Lim.  dal,  auv. 
dar,  pr.  daio,  vpr.  dalh  dayll  dail^  rgt. 
daillo^  gasc.  dailh,  cat.  dalla,  esp.  dalle, 
\h\  £fa/7(Rab.),poit.  dail,  h.  dph.  daillon. 
—  Faux. 

Diez  y  voit  dagula,  dim.  de  daga. 
lâttré  le  rattache  à  ail.  iheilen,  partager, 
séparer;  mais  si  Ton  admet  la  possibilité 
du  passage  de  t  init.  à  d,  il  serait  plus 
simple  de  le  rapporter  à  taleare.  Il  est 
plus  probable  qu'il  vient  d'une  forme 
germ.  av.  d  init.  (v.  dagni)  :  isl.  deila, 
dan.  deele,  suéd.  taelja,  sax.  daelan, 
angl.  to  deal.  Le  sens  primit.  était  plus 
large (cp.  vfr.  dailler,  combattre,  balafrer). 
De  même  le  sens  du  lat.  secare  s'est 
réduit  dans  le  pr.  segar  à  celui  de  mois- 
sonner. 

DAILLI  (dalhl)  v.  a.  —  Faucher. 

Sur  l'étym.  v.  dailli  s.  SuCF.  î  (15  4»). 

DAIT  DET  (dai,  dé)  s.  m.  —  Doigt. 

Si  li  parlant  reii  qu'en  guignant  )o  doit, 

La  boQra  sait  de  qu*a  n*en  virL 

«  Si  l'on  s'adresse  à  elle  rien  qu'en 
remuant  le  doigt,  —  La  b...esse  sait  de 
quoi  il  retourne.  »  (Coz.). 

De  dïgitum  (18). 

DANDOGLI  (dandolhl)  vin.  v.  a.  — 
Agiter  dans  Tcau. 

V  Irovit  una  boutassa, 
Yt'yallidindo^/t. 

«  Il  trouva  une  mare  ;  —  Il  s'y  alla 
secouer.  »  (Noël  de  J.  Gapon) 

Onomat.  La  répétition  de  la  cons.  init. 
est  particulière  aux  onomat.  destinées  à 


à  exprimer  une  répétition,  de  mouvoni. 
ou  de  sons.  SansolVt,  secouer  dans  l'eau; 
dn7idouillard,  flâneur  qui  se  balance; 
hamhanev,  flâner  en  se  balançant  ;  dode- 
liner, angl.  to  dandle;  de  même  pif-paf, 
flic-flac,  pour  répétition  de  coups.  Lesuff. 
olhi,  à  Lyon  ouillery  est  particulier  en  In. 
à  tout  ce  qui  exprime  le  rejaillissem.  de 
l'eau  :  henolhx,  gaholh'i,gafolh't,gassolh\, 
sansolh'i. 

DANDOUILLARD  (dandoulhar)  s.  m. 
—  A  Lyon  flâneur,  lambin. 

Du  rad.  qui  a  fourni  l'angl.  to  da7idler 
dodeliner  :  to  daddle,  marcher  à  pas 
chancelanîs  (v.  dandogli).  Est-ce  le  m^me 
qui  a  formé  l'ail,  tandeln,  s'occuper  à  des 
choses  futiles  ?  A  ce  rad.  s'est  ajouté  le 
sufT.  are  rendu  péj.  par  l'inserL  de  la 
syll.  ouil  (cp.  bidouillard). 

*  DARBON  (darbon)  s.  m.  For.  darhon 
drabon,  genev.  sarbon  darbon  zerbon, 
ss.-rom.  derbo7i,  pr.  darboun,  Igd.  dar- 
bou,  b.  lat.  darbos,  1.  m.  a.  darbiis,  — 
Taupe. 

Mistral  le  rattache  au  persan  darvand, 
damné,  et  à  l'arabe  djerbouh,  gros  rat  ; 
Ijitlré,  d'après  M.  Rolland,  à  talponem, 
M.  Darmestetter  à  un  rad.  darb,  dont 
nous  ne  connaissons  pas  l'orig.;  Le  b.  lat. 
fait  songer  au  rad.  d'a7-bos.  —  Il  n'y  a 
pas  lieu  de  s'arrêter  au  pers.  —  L'arabe 
aurait  probablem.  donné  un  mot  esp.  — 
En  admettant  le  passage  très  rare  de  t 
init.  à  d,  on  aurait  quelques  formes 
daiibon.  —  Le  rad.  darb  ne  se  retrouve 
dans  aucun  mot.  —  Arbos  ne  se  rapporte 
guère  comme  sens. 

DARBONI  (darbonî)s.  m. For.  draboni, 
mars,  darbouniero. 

De  darbon.  av.  suflF.  i  =  arium  (13). 

*  DARDENNA  (dardéna)  s.  f.  (For.  dar- 
denna,  dph.  lardeno,  pr.  dardèno.  — 
Pièce  de  deux  liards.  Vieilli.  C'était  une 
monnaie  provenç.  «  Vient  de  ce  que  cette 
monnoie  était  fabriquée  au  château  de 
Dardennes,  près  de  Toulon,  qui  a  servi 
tour  à  tour  à  fabriquer  des  poudres  de 
guerre  et  de  petites  monnoies  (Soirées 
provenç,  2«  édit.  t.  2,  p.  80,  ap.  Goch.). 
Mistral  cite  un  mss  de  1710  :  c  On  a 
commence  à  payer  les  soldats  et  les  officiers 
avec  les  pièces  de  deux  liards  qu'on  fabrique 
à  Dardennes.  »I1  ajoute  que,  selon  d'autres, 
la    dardèno    tirait  son    nom  d'un  genti- 


Digitized  by 


Google 


DARN 


413 


Ihomme  de  Marseille,  appelé  M.  d'Arden- 
fies,  sous  la  direction  duquel  cette  monnaie 
fat  frappée.  M.  Moulier  dit  au  contraire 
que  «  Lambert  Dardenne,  ouvrier  à  la 
monnaie  de  Romans  en  1855,  a  laissé  son 
nom  à  cette  petite  pièce.  »  Cette  dernière 
origine  semble  beaucoup  moins  probable 
que  les  précédentes ,  et  surtout  que  la 
première. 

DARNAYAT  v.  Dergno. 

*  DARN  El  A  V.  derne. 

DARNEYAT  v.  dergno. 

DARN  1ER  s.  m.  —  Derrière. 

En  vfr.  derrier  signifiait  dernier.  On 
en  a  conclu  que  dernier  devait  signifier 
derrier, \\^\\.è  aussi  au  sens  de  deden'ière. 
De  là,  confus,  entre  les  2  mots.  Gh.  de  e 
en  a  (66). 

DAUPHIN  s.  m.  —  A  Lyon  morceau  de 
tuyau  de  fonte  qui  se  place  au  bas  des 
tuyaux  de  descente  des  eaux  pluviales  et 
ménagères,  parce  que  le  zinc  ou  le  ferblanc 
serait  trop  vite  pourri  par  l'humidilé. 

De  ce  qu'à  Tépoque  de  la  Renaissance 
Tusage  était  de  décorer  de  têtes  de  dauphin 
à  gueule  ouverte  l'extrémité  inférieure  de 
ces  tuyaux. 

DAVAGNI  (davagni),  à  Paniss.  et  à 
R.-de-G.  DAVAIGNI(davégni)s.  f  Orléan. 
davaine,  —  Prune. 

Hitr,  par  q'jaire  sous  j'uro  qotlro  davaignes. 

«  Hier,  pour  quatre  sous,  j'eus  quatre 
prunes.  »  (Tôt  va  h.) 

Étym.inconn. — Dama^cew a  ne  pourrait 
donner  que  damaigni.  Il  y  a  bien  en  fr. 
une  espèce  de  prune,  nommée  diaphane, 
mot  qui  aurait  pu  se  corrompre  en  davai- 
gni,  mais  il  n*y  a  aucune  probabilité  que 
ce  terme  savant  ait  pénétré  dans  des 
contrées  si  éloignées  Tune  de  l'autre  que 
le  Lyonn.  et  l'Orléan.  Un  habitant  de  ce 
dernier  pays  me  fait  observer  qu*il  a 
toujours  compris  (prunes)  d*Avesnes, 
Cette explicat.  serait  satisfaisante  si  l'horti- 
culture avait  une  prune  de  ce  nom  ;  mais 
elle  ne  figure  pas  au  Bon  Jardinier. 

DAVAIGNI  V.  davagni. 

DAVANTI  V.  devanti. 

DAVANTY  V.  devanti. 

DAYA  (da-ya)  s.  f.  —  A  Yzer.  Largeur 
d'un  doigt.  Lorr.  daie,  filasse  que  le 
tailleur  tient  entre  ses  doigts. 


De  digitSLta.  Ch.  de  t  bref  en  è  (62)  ; 
chute  de  g  (134)  ;  de  t  (135).  On  a  deeaa, 
réduit  à  dë-a  ;  insert,  de  yotle  pour  rompre 
l'hiatus  (cp.  135);  on  a  dè-y^,  devenu 
daia,  comme  feya,  meya  ont  passé  à  faya, 
maya  dans  divers  endroits. 

DE  DÉ  préf.  (=  dis). 

1*  Indique  le  contraire  du  thème  {décuti, 
defarde,  décotelô,  défracô). 

2*  Indique  l'éloignem.  ;  le  passage  du 
dedans  au  dehors,  la  disjonct.  [degolli, 
dégueulô^  dégrobô,  décora,  déguilli),  par 
substitut,  de  de  ke  (=  ex). 

3»  Renforce  le  thème  (décala^  déhar- 
roulôf  démarcorô). 

DEBABINO  (debabinô)  adj.  des  2  g.- 
Défiguré,  qui  a  le  visage  abîmé. 

El  cre-yanl  la  irovô 

Avoué  lu  gruiii  impliii  debabinô. 

«  Et  croyant  la  trouver  —  Avec  le  visage 
en  plein  abîmé.  »  {Gr.  Jo7in.) 

De  fr.  habine,  pris  pour  visage,  av.  préf. 
de  au  sens  contraire  du  thème  et  suff.  ô 
(14  3-). 

DÉBAGAGI  (débagaji).  à  Lyon  déba- 
gager  v.  n.  Vx  for.  débagagie  ;  Vosges 
débaugaigé  ;  val.  de  Mons  débagager 
débaguer  ;  —  Déménager,  changer  de 
résidence,  de  place. 

A  ratisa  que  la  rh^iinbra  onle  se  gens  restavuut 

Ere luut  empachia,  quéy  Tai  débagageavont, 

«  A  cause  que  la  chambre  où  ses  gens 
restaient  —  Etait  tout  encombrée  ;  quMls 
déména'^eaient  là.  >  (Chap.) 

De  fr.  bagage,  av.  sufl".  t  (15  2®). 

DÉBANAJQ  (débanajo)  s.  m.  —  Action 
de  dérouler  av.  rapidité.  It.  dipanare, 
vpr.  debanar,  pr.  debana,  esp.  devanor^ 
dévider. 

El  le  pouro  Rara,  chomba  de  débanajo^ 
Ouvri  si  redotô  par  In  coup  de  trénaju. 

€  Et  toi,  pauvre  Rara,  aux  jambes  qui 
se  démènent  comme  un  dévidoir,  —  Ouvrier 
si  vanté  lorsqu'il  faut  donner  un  coup 
d'épaule  pour  traîner  le  chariot.  »  (Per.) 

De  *pa7isiticum,  de  paiius^  fil  du  tis- 
serand, av.  préf.  exprimant  le  contraire 
du  thème  ;  p  s'est  comporté  comme  méd. 
(140,  rem.  2)  ;  ch.  de  aticum  en  ajo 
(161  5«). 

DÉBARMÉ(débarmè)  s.  m.  —Précipice, 
lu  jour  inco;>dc  veiiitin'a  fa  âeQiincol  6. 
Ou  Tond  d'iii  débarmé  lo  dou  pi  m'en  collù. 


12 


Digitized  by 


Google 


114 


déba: 


t  Un  jour  un  coup  de  vent  m'a  fait 
dégringoler.  —  Au  fond  d'un  précipice 
j'ai  les  deux  pieds  collés.  »  {Ina  Mîseri 
electorala,  chans.  pat.) 

De  ba^rma,  coteau,  av.  préf.  de  et  sufT. 
d'oïl. 

DÉBA R MO  (débarmô)  v.  a.  —  Élaguer, 
tondre  une  haie. 

De  barma  (v.  ce  mot),  av.  suif,  ô  (1). 
Gomme,  dans  nos  pays  de  collines,  les 
héritages  sont  souvent  à  des  niveaux 
différents,  les  haies  qui  les  séparent  sont 
ce  qu'on  appelle  m  barma.  De  là  confus, 
de  sens  entre  la  haie  qui  couvre  la  barma 
et  celle-ci. 

DEBARRO  (debarô)  adj.  des  2  g.— 
Défait,  ouvert. 

Vio  gi-le  debarrô,  vieilles  chausses  de  (elt. 

«  Vieux  gilet  débraillé,  vieilles  chausses 
de  toile.  »  (Mén.) 

De  barrô,  barrer,  fermer,  av.  préf.  de, 
de  dis,  Barrô  est  lui-même  formé  sur 
barre,  av.  suff.  ô  (14  3«»). 

DEBARROULO,à  Lyon  débarrouler.  — 
Le  même  que  barroulo  av.  préf.  renforç. 
de. 

DEBÉRAUDI  (SE)(debérôdzt)  v.  pron.— 
A  Morn.  Dépouiller  la  sauvagerie,  sortir 
de  la  solitude.  0  faut  te  debéraudzi^ 
il  faut  sortir  de  ton  trou,  il  faut  te 
distraire,  faire  comme  tout  le  monde. 

De  beroudy  demi-fou,  timbré,  homme 
têtu  ;  mot  qui  a  sans  doute  été  perdu  en 
In.,  mais  qu'on  retrouve  dans  des  pat. 
congénères,  entre  autres  le  ss.-rom.  Au 
thème  a  été  préposé  de  exprimant  le  sens 
contraire.  Jieroud  est  lui-même  tiré  de 
berou,  bélier,  qui  est  le  même  que  belin, 
av.  ch.  de  /  en  r  et  substit.  du  suff.  ou 
au  suff.  in.  Le  bélier  est  ici  considéré 
comme  le  type  de  l'opiniâtreté. 

DÉBIMBANBANAJO(dél>inbanbanajo) 
s.  m.  —  Débâcle,  dégringolade;  au  fig. 
mésaventure,  désagrément. 

OHie  est-lc^  donc,  quou  grand  blagueur, 
Quou  fussou  (le  patrigotajo, 
L*autcur  Uou  débimbanbanajo  ? 

«  Où  est-il  donc  ce  grand  blagueur,  — 
Ce  faiseur  de  cancans,  —  L*auteur  de  tout 
ce  désagrément.  »  (Due  Bib.) 

De  débanajo,  devidage,  av.  insert,  de 
2  syll.  pour  accuser  le  plus  possible  le 
le  caract.  péj.  De  plu»,  ces  3  syll.  qui  se 


suivent,  hin-ban-ba,  font  onomat  mar- 
quant la  débâcle. 

DEBITORS  (débiter)  adj.  — Ne  s'emploie 
qu'au  masc.  et  surtout  dans  la  loc.  toi 
debitors,  tout  tordu,  tout  contrefait. 

De  de,  bis  et  torsus.  Ce  mot  a  formé  la 
loc.  adv.  usitée  à  Lyon  de  debitoribus  à 
gauche  ou  à  droite  pour  quelqu'un  qui 
marche  de  côté,  ou  pour  un  objet  de  travers. 
La  loc.  est  employée  par  Rab:  «que  le 
soleil  broncha  quelque  peu  debitoribus  à 
gauche.  »  Debitoribus  a  été  évidemm. 
fabriqué  par  les  clercs. 

*DEBOLLI(debolhl)  v.a.  Dph.  deibouillé. 
—  Défaire,  abîmer,  déranger.  «  Oui  a  tôt 
debollia  lo  liet,  il  a  mis  le  lit  sens  dessus 
dessous  ;  lo  mariajo  est  debollia,  le 
mariage  est  rompu.  »  (Goch.)  Lim.  debou- 
Iha,  démolir,  détruire. 

De  *debulla,re,  dér.  de  bulla,  littér. 
mettre  en  boules,  en  parlant  d'une  chose 
dont  les  morceaux  roulent  comme  des 
boules.  Le  préf.  de  est  renforç.  Je 
n'explique  pas  le  mouillem.  de  /,  qu'on 
retrouve  dans  degoilll,  de  gula. 

DÉBORFO  (déborfô)  v.  a.  —  Dégonfler. 
Feire  deborfù  in  bou,  ina  vachi,  se  dit 
lorsqu'un  de  ces  animaux  a  été  météorisé 
pour  avoir  trop  mangé  de  trèfle,  et  qu'à 
l'aide  de  l'opération  usitée  ou  de  toute 
autre  manière,  on  les  fait  se  dégonfler. 

De  borfô  (v.  ce  mot),  av.  préf.  de  au 
sens  contraire  du  thème. 

DÉBORFO  (déborfô)  adj.  des  2  g.— 
Gonflé  outre  mesure. 

Preselntove  ou  public  Tn  grous  zio  deborfô, 

«  Présentait  au  public  un  gros  œil  lui 
sortant  de  la  tête.  »  (Mén.)  . 

De  borfô,  av.  préf.  de,  employé  non  plus 
au  sens  contraire  du  thème,  comme  dans 
le  mot  précédent,  mais  au  contraire  au 
sens  int. 

DEBORSELO  (deborselô),  ap.  Goch. 
DEBOURSELO  v.  a.  —  Enlever  l'écale 
des  fruits  ;  deborselô  le  chôtagnes,  éplu- 
cher les  châtaignes.  Pr.  desboursela, 
faire  sortir  le  grain  de  la  capsule. 

De  bnrsa^^borsa,  av.  préf.  disjonct.  de 
et  suff.  fréq.  elô  (cp.  fr.  pommeler,  de 
pomme  ;  griveler,  de  grive). 

DÊBOUMO  (déboumô)  v.  a.  —  A  St- 
Mart.  Faire  les  mutations  après  vente  ou 
décès. 


Digitized  by 


Google 


DÉBO 


115 


Très  probablem.  altérât,  du  vfr.  deboe- 
ner  (Du  G.)»  m.  lat.  dehoynare,  trans- 
férer les  bornes,  les  limites.  Gh.  de  er  en 
6  (14  3-). 

•DEBOURSELO  V.  dehoyselô, 

DEBRIGO  (debrigô)  adj.  des  2  g.  For. 
dehriga.  —  Frippé,  usé,  déchiré,  abtmé. 
Te  hraye  sont  tote  debrigô^  tes  culottes 
sont  en  mauvais  état. 

D'un  rad.  germ.  brîk.  —  Ooth.  brikan 
braky  ail.  brechen,  sax.  braecan,  angl. 
to  break,  briser.  Ce  rad.  est-il  à  rapprocher 
de  l'arm.  régi  rogi  (cp.  finnois  rikkoa)^ 
môme  sens  ?—  Au  rad.  s'est  ajouté  dans 
le  In.  le  préf.  de  au  sens  int.  Suff.  ô 
(14  ¥). 

DEBROILLI  (SE)  (dehrMhl)  v.  pr.  — 
Oter  ses  culottes,  avec  nuance  péj.  Au  fij?. 
se  dédire  d'un  marché.  For.  débraya, 
déculotter. 

De  brayes,  av.  suhstit.  du  suff.  oilli 
(=  fr.  ailler)  à  ayl,  comme  dans  le  fr. 
débrailler.  On  e^lique  ce  dernier  ch. 
par  rinfl.  du  vfr.  braiel,  ceinture,  mais  la 
substit.  du  suff.  peut  être  simplement 
attribuée  à  une  idée  péj.  (cp.  godailler, 
harpailler,  tirailler,  gueusailler) .  En 
mécan.  brayes  a  donné  régul.  débrayer 
parce  qu'il  n'y  a  pas  d'idée  péj. 

DEBUNO  (debunô)  v.  a.  —  Enlever 
nuitamment  les  bornes. 

De  bnna,  av.  préf.  disjonctif  de  et  suff. 
rf(14  3»). 

DEBUSÊNO  (debuzênô)  DEBUSSONO 
(debussonô)  v.  a.  —  Enlever  les  échalas, 
les  traverses  d'un  râtelier,  d'une  échelle 
etc.  «  Attendez,  je  vous  aurai  bientôt 
debiissono  »,  disait  un  jour  un  dentiste 
populaire  à  ses  clients. 

De  basson  (v.  ce  mot),  vfr.  bousoti^  av. 
préf.  disjonct.  de.  Je  ne  sais  pourquoi  o  a 
passé  à  ê  dans  la  forme  debusên*^.  Le 
passage  de  55  à  j  s'explique  par  la  forme 
vfr.  bouson, 

DEBUSSONO  v.  debusênô, 

DÊCABANO  (SE)  (se  dékabanô),  à  Lyon 
se  décabaner  V .  pr.  — Déménager,  changer 
de  résidence  ou  même  déplace. 

De  rabnnt*,  av.  préf.t/e,au  sens  contraire 
du  thème,  et  suff.  rf  ;14  8«).  Se  dérahann, 
changer  de  cabane. 

DÉCADER  vin.  v.  n.  —  S'écrouler.  — 
1539  :  «f  A  été  ordonné  faire  abatre  la  tour 


du  Portail  de  la  Lanterne  qui  vient  à 
décaler  et  tomber  si  en  bref  elle  n'est 
démolie.  •  (Arch,  m.) 

Mot  savant  forgé  par  qq.  clerc  par  analog. 
av.  décadence, 

DÉCALO  (décalô),  à  Lyon  décalé  adj. 
part,  des  2  g.  —  Diminué,  affaibli. 

De  decalô  v.  Un  homme  décalé  est  le 
contraire  d'un  homme  calé, 

DÉCALO  (décalô),  à  Lyon  décaler,  v.  a- 
—  1.  Enlever  une  cale,  un  support. 

De  calôy  mettre  une  cale,  av.  préf.  de, 
au  sens  disjonct. 

2.  For.  décala^  Tarentaise  dékala.  — 
Faiblir,  diminuer.  Ou  décale^  ou  ta  en 
décalant^  il  baisse  (Goch.).  Mous  revenus 
décalont.  mes  revenus  diminuent  (Ghap.). 

Du  b.  lat.  calare,  mollir,  descendre,  av. 
préf.  de  employé  au  sens  renforç.  (v.  de- 
bolli).  Le  préf.  est  donc  ici  employé  tour 
à  tour  en  sens  contraire. 

DÉCAMOTTO  (dékamôtô),  à  I^yon  déca- 
motter  v.  a.  —  Désagréger  ou  détacher 
qq.  chose  qui  est  en  grumeaux.  B.  dph. 
décamoutay  liquéfier,  dissoudre,  faire 
fondre. 

De  motte,  au  sens  de  petite  agglomérat. 
(esp.  motta  petit  nœud  qui  reste  au  drap), 
plus  le  préf.  disjonctif  de  (=  dis),  plus 
encore  l'insert.  curieuse  d'un  second  préf. 
péj.  ca  (v.  caborna).  Gp.  berr.  décacrotté^ 
pour  un  enfant  tout  grandi,  littér.  tout 
décrotté.  Suff.  d  (14  !<>). 

DÉCANILLI  (SE)  (dékanilht),  à  Lyon 
décaniller  v.  pron.  —  1.  Se  dépêcher,  se 
hâter  de  fuir.  Lorr.  décaniller^  sortir  du 
lit  en  paresseux. 

Se  retrouve  dans  le  norm.,  dans  le  berr., 
daïis  le  pic.  et  jusque  dans  Littré.  L'abbé 
Gorblet,  Jaubert,  Du  Méril,  peut-être  les 
uns  d'après  les  autres,  le  tirent  de  canis^ 
chasser  comme  un  chien.  Littré  l'identitio 
avec  décheniller.  L'erreur  vient  de  ce  que 
les  divers  dialectes  connus  par  ces  auteurs 
avaient  perdu  le  primitif  canilles  (v.  ce 
mot).  Décaniller,  }o\XGV  des  canilles,  c'est- 
à-d.  des  jambes.  Suff.  i  (15  4»).  Dans  le 
lorr.  la  dér.  du  sens  pourrait  venir  d'une 
confus,  par  infl.  de  cagne,  paresse. 

2.  An  sens  actif,  faire  dépêcher  qqu'un, 
le  faire  fuir.  Gp.  tomber,  qui  a  pris  dans 
le  popul.  un  sens  actif.  Tomber  qqu'un^ 
pour  le  renverser. 


Digitized  by 


Google 


116 


DEÇA 


DÉCAPILLI  (decapilht),  à  Lyon  déca- 
pWer  V.  a.  —  Détacher  des  fils  agjglomérés. 

De  capilli  av.  préf.  disjonct.  de. 

DECHARFIGNA  v.  charftgna. 

DÉCHARPILLI  (dêcharpilhl)  ÈCHAR- 
PILLI,  à  Lyon  décharpiller  écharpiller 
V.  a.  —  Déchiqueter  en  petits  morceaux. 

Du  vfr.  charph'j  av.  préf.  de  et  sufT. 
fréq.  ilhi.  Fin.  i  (15  4o). 

DÉCHAVELO  (déchavelô)  v.  a.  —  Dé- 
peigner. 

De  fticnti  «t  Suzon  miai-nua,  déchavelô 

Se  rivigliaiit  ou  brut  que  flerl  la  maisonneUa 

«  De  sentir  sa  Suzon  demi-nue,  éche- 
velée,  —  Se  réveiller  au  bruit  [du  vent] 
qui  frappe  la  chaumière.  »  (Mon.) 

De  chavelô,a,Y.  préf.  de  au  sens  contraire 
du  thème. 

DECHETTO  (dechètô)  adj.  des  2  g.— 
Maigri,  qui  a  dépéri. 

Formé  sur  déchet,  pris  au  sens  primitif 
de  dechait,  vieux  part,  de  dechair  (tomber 
en  décadence;,  av.  suff.  <5  (14  1"). 

DECHIRATA(dechirata)  s.  f.  —  Ruine, 
dégringolade. 

V>Qchirat,  tas  de  pierre,  av.  préf.  de  au 
sens  disjonct.  et  suflT.  a,  propre  aux  noms 
fém.  (53  1").  Dechirata^  éboulem.  du 
chirr.t. 

DÉCIO  V.  dessiô. 

DECIZI  (déssizl),  à  Lyon  décise  s.  f.  Dph. 
décisif  pr.  desciso.  —  Descente  au  fil  de 
l'eau. 

riai  gagna  Je  butin  en  fazan  de  decite. 

J*ai  gagné  de  Targent  en  descendant  des 
trains  de  bois  [sur  l'Isère].  (Bleze  lou 
savafi,  dph.) 

De  Des-censa,  Gh.  de  c  en  ss  (88)  ;  de 
é  en  i  (23,  rem.  1)  ;  chute  de  n  (175). 
Fin.  i  (54  5'). 

DECIZI  (déssizl)  v.  n.  —  Descendre  au 
fil  de  l'eau. 

De  décizi  subst.  Suff.  t  (16  8*,  rem.  1). 

DÉCORDE  (décôrde)  s.  f.  —  Corde  dé- 
tordue et  en  filandre. 

Cravata  de  décorde^  éclo  de  vio  sapin. 

t  Cravate  de  corde  effilée,  sabots  de  vieux 
sapin.  »  (Mén.) 

De  fr.  corde,  av.  préf.  de,  de  dis. 

DECORG  (dekorô)  v.  a.  For.  decourai 
de  cour  a,  —   Faire  mal  au  cœur,   faire 
défaillir.  B.  dph.  decoura,  rendre  afl'amé. 
0  y  a  que  decorôj  de  vére  su  lo  p6rt 
Met  de  cent  crochetora  qu'o  simble  que  lont  mort. 


«  Il  y  a  de  quoi  faire  mal  au  cœur,  de 
voir  sur  le  port—  Plus  de  cent  crocheteurs 
que  l'on  dirait  morts.  »  {SU,) 

Ah  :  baillTe  met  de  sauvinaujou, 
Ou  ben  je  vouai  decoura, 

«  Ah  I  donnez-moi  ds  la  liqueur  de  sauge, 
—  Ou  bien  je  vais  défaillir.  »  (Chap.) 

De  cor,  du  préf.  de  et  du  suff.  (5(14  3"). 
Cp.  marcourô,  de  maie  Qi  cor, 

DÉCOTELO  (dékôtelô)  v.  n.  —  Tomber 
en  syncope,  se  trouver  mal.  Lo  pouro 
Touaino  è  décotelô,  le  pauvre  Antoine  a 
perdu  connaissance. 

Du  vfr.  costel  (de  costellus)  pour  côte  ; 
plus  préf.  de,  et  suflT.  6  (14  8').  Chute  de 
s  (166  :^-).  Décotelôy  laisser  choir  ses 
côtes. 

DÉCOTSI  V.  décuti. 

DÉCUTI,  TIA  (dokuti,  tia).  à  R.-de-G. 
DÉCOTSI,  TSA  (dékotsi,  tsa),  à  Paniss. 
DÊQUIOTTI,  TIA  (dêkioti,  tia)  adj.  B. 
dph.  découtX,  —  Démêler.  Vêquiotli  la 
borra.  démêler  les  cheveux.  In  pigne  à 
décut'iy  un  démêloir. 

Parla  donc,  grand  mô  decotsîl 

€  Parle  donc,  grand  mal  peigné!  » 
{Gorl.) 

Si  bien  que  mon  renou,  la  téta  decolta.,., 

€  Si  bien  que  mon  grognon,  la  tête 
peignée...  »  {Mén.) 

De  c- ti^i,  av.  préf.  «fd.  Le  préf.  de  passe 
constamm.  k  de  k  Paniss.,  comme  dans 
le  fr.  il  passe  à  dé,  au  moins  dans  la 
prononciat.  La  forme  de  R.-de-G.  suppose 
un  simple  coti,  que  je  ne  connais  pas, 
mais  qui  existe  à  Morn.  dans  le  composé 
incotiy  engourdi,  entrepris.  Ce  coti  vient 
probablem.  de  coactare.  Suff.  i  (15  3"). 

DÈDELA  (dèdelà)  adv.  —  Par  là,  par 
delà.  A  Crap  :  Je  sons  étô  pertot  dèdelà 
par  charchi  la  groussa.  Même  phrase 
au  Gourguillon  :  «  Je  suis  t*allé  partout 
dèdelà  pour  charcher  m'n'épouse.  »  A 
Genève  dèdelà,  dans  la  chambre  voisine  : 
piém.  dëdla  «  daU'altra  parte,  neU'altra 
caméra  ». 

Dèdelà  est  le  pendant  de  de  deçà,  qui 
est  au  diction,  de  l'Acad.  C'est  dis-de-illac. 
Le  préf.  dis  est  venu  renforcer  l'idée 
d'éloignem. 

DEETA  V.  dita. 

DÉFARDE  s.  f.  Alp.  deifardo,  dph.  de- 
far  dey  pr.    des  far  do.  A  Lyon  désordre, 


Digitized  by 


Google 


DÉFA 


117 


trouble,  panique  tumultueuse.  D'après 
Mistral  le  vpr.  a  desfarda  au  sens  de 
désordre,  carnage. 

Du  vfr.  fardesj  bardes,  bagage,  de 
Tesp.  farda,  manteau  de  soldat  {fardage, 
1  agage  de  soldat),  venu  de  Tarabe  ;  plus 
le  préf.  de  au  sens  de  séparât.,  éloignem. 
La  défarde  est  littér.  la  mise  sens  dessus 
dessous  des  bagages.  Gp.  vfr.  desfardeler, 
déballer. 

DÉFARDO  (défardô)  v.  a.  —  Étaler  pêle- 
mêle,  éparpiller,  comme  par  ex.  le  foin, 
quand  on  défait  les  andains. 

De  de  farde,  av.  suff.  d  (14  !•). 

*DEFOR  *DEFOUR  (defor)  vin.  DEFOR 
adv.  Dph.  defoiir  defouaro,  for.  de  fù, 
pr.  deforo^  gasc.  dehoro,  gév.  defouoro, 
—  Dehors.  Cil  livras  eret  toz  escriz  per 
defor  de  letres  blanches^  ce  livre  était 
tout  écrit  en  dehors  de  lettres  blanches 
(Marg.).  Celuqui  de  vos  trais  que  saura 
lot  mi  sa  profession  sera  l'héritii,  et 
apaussara  los  otros  defour,  t  celui  de 
vous  trois  qui  saura  tout  le  mieux  sa 
profession,  sera  rhérilier  et  mettra  les 
autres  à  la  porte  >.  (Dt'aZ.^ 

Te  fére  sorijr  ben  el  betu 
lasqw  defour  de  la  mtiton. 

«  Te  faire  sortir  bien  et  beau  — Jusqu'au 
dehors  de  la  maison.  »  {Chevauchée, 
xvi«  s.) 

Fan  tan  fret  pe  defou^,  échoudoD  lo  dedin 

«  Il  fait  si  froid  dehors,  —  Réchauffons 
le  dedans.  »  (Coni.) 

Tirie  voutrou  vtrroin,  nous  letsic  pas  de  fo. 

«  Tirez  votre  verrou,  ne  nous  laissez 
pas  dehors.  »  (Chap.) 

De  de  foris  (39).  Morn.,  R.-de-G.,  la 
montagne  disent  defour.  Lyon,  qui  disait 
defor  au  xiii*  s.,  defour  au  xvi«.  dit 
de  fore.  Passer  de  fore,  pour  les  bateliers, 
c*est  passer  sous  la  2*  arche  du  Pont-de- 
Pierre.  Au  XVI*  s.  H.  Estienne  disait 
aller  fors  pour  aller  dehors.  Sur  la  forme 
defour  v.  four. 

DÉFORGNI  (déforgni)  s.  m.   —  Terme 
pêj.  Se  dit  d'un  homme  qui  a  l'aii*  minable, 
misérable. 
Lo  long  de  Boibolinu  ¥eyo  (ré  déforgms^ 
Tré  suefes  de  redeins,  que  charchovoul  de  gnids. 

«  Le  long  du  Borbolion  je  vois  trois 
pauvres  diables,  —  Trois  vauriens,  qui 
cherchaient  des  uids.  i  (GorL) 


De  forgni,  fournir,  av.  préf.  de  au  sens 
privatif.  Littér.  «  défourni  »,  démuni* 
dénué. 

*  DEFOUR  ^.  defor. 

*DÉFRACO  (defrakô)  v.  a.  —  Abîmer, 
causer  du  dommage,  spécialem.  en  parlant 
des  arbres.  Ou  de f raque  tôt  lo  bouet,  «  il 
coupe,  il  abîme  tout  le  bois  >.  (Coch.) 

Nous  avons  frachi,  jeune  branche 
coupée,  de  Tit.  et  gris,  frasca,  branche 
pourvue  de  ses  feuilles.  Nous  devrions  en 
avoir  formé  le  v.  defrachî.  Il  faut  admet- 
tre que  nous  avons  conservé  la  forme 
verb.  importée  :  esp.  frasca,  gris,  sfrascar, 
couper  des  rejetons  {ap.  Diez),  ou  plutôt 
le  vpr.  frascar,  qui  a  le  sens  plus  général 
de  briser,  mais  dont  Torig.  sans  doute, 
est  aussi  frasca.  Frasca  est  dér.  de  virere, 
suiv.  Diez  ;  suiv.  d'autres  du  goth.  frasts, 
enfant,  étym.  toutes  deux  purem.  hypothét. 

DÉFRATAILLI  (défratalhl)  v.  a.  — 
Abîmer,  gâter,  détériorer. 

De  fr.  tailler  =  taillx,  av.  le  préf.  fra^ 
exprim*.  le  bris  (cp.  fracasser),  et  un  %• 
préf.  de^  au  sens  int. 

DEGINGINO  (dejinjinô)  adj.  des  2  g.  — 
Disloqué,  abîmé.  Cela  pôtiri  est  tota 
deginginô,  t  ce  pétrin  est  tout  disloqué  ». 

Adj.  particip.  de  deginginô^  verbe. 

DEGINGINO  (dejinjinô)  v.  a.  —  Dis- 
joindre, démonter. 

De  diS'junglre  pour  dis-jnngere,  d'où 
degingtf  et  deginginô  par  l'adjonct.  d'un 
suff.  fréq.  Le  passage  de  un  à  in  est  le 
résultat  de  la  présence  de  la  gutt.  Ainsi 
jungere  a  îaii  joindre  et  non  jundre. 

DÉGOGNI  (SE)  (dégognl);  à  R.-de-G. 
DÉGOUGNI  ;  à  Lyon  se  dégogner  v.  pr. 
—  Se  démener,  s'agiter  par  des  mouve- 
ments désordonnés.  Goignade,  ancienne 
danse  auvergnate  à  mouvem.  de  même 
genre;  In.  gognayit,  individu  dégingandé  ; 
piém.  dêsgognay  péj.,  dégingandé,  dif- 
forme. 

J*ai  jurô,  j'ai  peslô,  je  me  su  degougni. 

«  J'ai  juré,  j'ai  pesté,  je  me  suis  donné 
du  mouvement.  »  {Mè7i.) 

Le  pr.  a  se  degouia,  gasc.  se  degoulha, 
lim.  se  deguelha,  même  sens  que  se  dé- 
gogni.  Ces  vocables  sont  formés  sur  le 
pr.  goio,  cat.  coix,  esp.  cojo^  boiteux,  de 
coxus.  *  Coxinus  (avec  i  bref)  donnerait 
le  pr.  *goisn,  que  je  crois  retrouver  dans 


Digitized  by 


Google 


118 


DEGO 


goin  employé  par  le  roi  René  pour  gêné 
dans  ses  mouvements.  Goisn,  goin  don- 
nent régulièrem.  dègoiniev  dégoignr.r j 
qui  passe  à  dégogner  comme  besoigner 
à  besogner,  et  à  dégognï  par  le  suflF, 
ordinaire  (15  4«*).  Un  v.  *coxinare  don- 
nerait de  môme  gogni. 

DEGOILLI  (SE)  (degôlhl)  v.  pr.  —  Se 
quereller,  se  dire  des  injures. 

De  de  et  de  gueule  av.  substit.  de  oi 
à  eUf  probablem.  sous  l'infl.  de  degoizl. 
SulT.  t  (15  40).  Remarq.  la  mouillure  de  l 
(cp.  debolli), 

•DEGOIZI  (SE)  (degoizl)  y.  pr.  —  Se 
quereller,  se  dire  des  injures. 

Non  de  gosier  y  qui  aurait  donné  degôsi, 
mais  du  vfr.  degois,  babil,  gazouillement, 
d'où  se  degoisier^  s'ébattre,  probablem. 
par  une  dér.  de  sens  ironique.  Suff.  \ 
(15  8«,  rem.  1).  Quant  à  degois,  est-ce  de 
gaiidiiim  î  Le  mha.  a  goïden  être  glouton, 
prodigue,  vantard,  qui  expliquerait  peut 
être  la  persist.  de  g  dur  dans  degois  ; 
mais  j'ignore  si  goïden  n*a  pas  été  tiré 
du  roman. 

DEGOLLI  (dégolht)  ;  à  Lyon  dégailler 
V.  n.  —  Vomir.  Pr.  degaia,  lim.  degalha, 
Igd.  degavalha,  abîmer,  gâter,  dissiper. 
Pr.  degai  degatlh,  alp.  degalh,  dégât. 

M.  Mistral  identifie  pr.  degalh  av.  vpr. 
deguais,  même  sens,  et  degalha  av. 
degasta.  Je  crois  que  c'est  une  erreur. 
Degasta  vient  de  dis-vastare  et  degalha 
me  paraît  venir  de  *dis-vaculB,re.  Ch.  de 
V  init.  en  g  (cp.  vadum=  pr.  ga,  vastare 
=  gastar)  et  de  ac(u)lare  en  alha  (cp. 
badaculare  =  badalhar).  De  degalha  a 
été  tiré  le  subst.  degalh,  comme  degast 
de  degasta. 

Mais  à  côté  du  sens  d'abîmer  se  trouve 
en  pr.  celui  de  répandre,    étendre,  éga- 
liser; for.  égailla,   disperser;  égailla  lo 
fen,  étendre  le  foin  ;  pr.  eigaié,  celui  qui 
éparpille  les  gerbes.  M.  Mistral  ne  donne 
pas  ce  sens,  mais   il  l'emploie  lui-même 
dans  les  vers  suivants  : 

E  la  Durciiço — .  ...... 

Que  dmjaio  son  aiguelo. 

En  ioujant  mé  li  chat  que  truvo  pcr  camin. 

«  Et  la  Durance Qui  répand  son 

onde  —  En  jouant  avec  les  gas  qu'elle 
trouve  par  la  route.  »  {Mireille,  ch.  III) 

En  Vendée,  s'égailler  signifie  se  dis- 


perser. Égaillez 'VOUS,  mes  gas,  était  le 
mot  des  chefs  vendéens.  B.  dph.  égabela, 
for.  égalha,  disperser  ce  qui  était  amassé  ; 
poit.  ëgalher^ étendre.  M.  Joret  tire degaia, 
égailler f  de  exequare,  par  un  dim.  eiga- 
Ihar  =.  *ex(e)quaculare.  Ce  qui  lui  donne 
raison,  c'est  la  locut.  vaudoise  habit  mal 
aiguillé,  habit  en  désordre,  où  aiguillé 
est  une  corrupt.  d'égailler.  11  y  aurait  eu 
ainsi  2  mots  d'orig.  différentes,  l'un  av. 
préf.  ex,  d*aequare,  l'autre  av.  préf.  dis, 
de  'vaculare,  qui  ont  agi  l'un  sur  l'autre. 

Quant  au  In.  degàlht,  il  vient  du  pr. 
degalha,  car  dis-vaculare  aurait  donné 
directem.  dégocliô  (164  2%  a).  —  Le  pas- 
sage du  sens  de  dévaster,  abîmer  à  celui 
de  vomir  peut  s'expliquer  par  l'infl.  de 
dégueuler.  Il  se  peut  aussi  qu'on  ait 
conservé  un  souvenir  du  sens  primit. 
d'évacuer. 

DEGOLLI  (degolhl)  v.  a.  dans  l'express. 
degolli  lo  copet^  lo  couar,  couper  le  cou, 
guillotiner.  Roquef.  donne  dëgolar,  même 
sens,  qui  est  sans  doute  pr.  Sarde  dego- 
gliai,  décapiter. 

Ou  cou  créfl  si  flar,  a  qui  lo  grous  Ri-pe, 
Preteinci  dous  Lyonnais,  dêgoly  lo  co-pe, 

a  Ou  ce  greffier  si  fier,  à  qui  le  gros 
Ripet,—  En  présence  des  Lyonnais,  coupa 
le  cou.  »  {Per.) 

De  gnla,  av.  préf.  disjonct.  de,  et  suff. 
t  appelé  par  Ih  (IS  4®)  ;  l  s'est  mouillée 
probablem.  par  infl.  de  degôlhi,  vomir. 

DEGONCI  (degonsl)  v.  a.  —  Littér. 
Arracher  qq.  chose  de  ses  gonds  ;  au  fig. 
enfoncer,  démolir. 

Dou  noviau  color.el  le  fatales  cohortes, 

S'occu|H)nt  su  lo  champ  tlo  dégoncile  portes. 

«  Du  nouveau  colonel,  les  fatales 
cohortes,  —  S'occupent  sur-le-champ  à 
enfoncer  les  portes.  »  {Per,) 

De  fr.  gond.  On  devrait  avoir  dégondô, 
et  à  Lyon  on  dit  en  effet  dégonder  une 
porte,  l'enlever  de  ses  gonds.  Mais  comme 
le  d  de  gond  ne  se  prononce  pas,  le 
paysan  a  fait  dégon-ç-i,  comme  on  a  fait 
ham-eç-on,  par  l'intercalât,  d'un  c  doux, 
qui  a  appelé  la  fin.  î  (15  8",  rem.  2). 

*DEGOT  (degô)  h  Lyon  dégoût  s.  m.  — 
Goutte.  In  degol  de  btdlion,  une  goutte 
de  bouillon.  «  A  n'en  joyit  si  bien  su  sa 
tête  qu'o  ne  chayit  pôs  solament  in  degot 
su  sa  roba  »,  il  en  joua  si  bien  sur  sa  tête 


Digitized  by 


Google 


DEGO 


119 


qu*il  n'en  tomba  pas  seulement  une  goutte 
sur  son  habit.  »  (Dial.)  —  Vfr.  degot, 
gouttière. 

Subst.  V.  de  de-guUB,re,  Ch.  de  w  bref 
en  0  (68). 

DEGOUORO,  ORA  (degouorô,  ora)  adj. 
—  A  Grap.  Déguenillé. 

Du  vha.  skèrran,  comme  deguirï, 
déchirer,  mais  probablem,  par  une  forme 
av.  o  au  lieu  de  <?.  Schade  donne  en  effet 
[^ascoranni]  kiscorrini,  aciïon  de  gratter, 
qu'il  rattache  à  skerran.  Préf.  de  au  sens 
int.  ;  ch.  de  c  en  ^  (87,  rem.);  suff.  6 
(14  HO). 

DÉGRENO  (dègrenô)  adj.  des  2  g.— 
1.  Se  dit  d'une  pompe  qui  ne  fonctionne 
pas  parce  qu'on  ne  l'a  pas  amorcée.  C'est 
le  contraire  d'engrené  donné  par  Litlré. 

2.    Au    flg.   misérable,    sans    argent, 
atTumé. 
Mange el  bois,dégrené,  remplis-loi  la  bedaine.  [Gorl.) 

De  grain  av.  préf.  de  et  suff.  6  (14  3»). 

DEGROBO  (degrobô);  à  Lyon  dégroher 
V.  a.  —  Arracher  qqu'un  à  son  immobi- 
lité. «  I  poyont  p6s  lo  degrobô  dou  fuet,  » 
on  no  peut  pas  l'arracher  du  coin  du  feu. 

Du  préf.  disjonct.  de^  de  groha  et  du 
suff.  ô  (14  20). 

DÉGUÈGNAT(déghègnàjDÉQUÈGNAT 
(déitègnà)  adj,  des  2  g.  -  Du  côté  du 
Bois-d'Oingt,  de  Villefr.,  Dégoûté,  difû- 
cile,  sans  appétit. 

Probablem.  corrupt.  de  dédaigneux, 
av.  substit.  du  suff.  at,  et  ch.  de  rf  en  ^ 
ou  k  par  assimilât,  av.  la  gutt.  méd  (cp. 
188). 

♦DÉGUEULO  (SE)  (dégueulô)  v.  pron.— 
S'injurier. 

Que  siàrt-to  de  vu  degueulâ  ? 
Vo  pouëdet  pô»  vo  zeiiigolô. 

«  A  quoi  sert-il  de  vous  injurier  ?  — 
Vous  ne  pouvez  pas  vous  avaler.  »  {Due 
Bib.) . 

C'est  le  fr.  ^'engueuler  av.  le  préf  dis 
au  lieu  du  préf.  in.  Le  préf.  de  marquant 
le  mouvem.  du  dedans  au  dehors  est  mieux 
à  sa  place  que  le  préf.  en,  puisque  l'injure 
sort  de  la  gueule  et  n'y  entre  pas. 

DEGUILLI  (deghilhl);  à  Lyon  déguiller 
V.  a.  —  Tirer  au  sort  entre  enfants  pour 
savoir  lequel  sera  désigné  pour  un  jeu. 

Veguillï  est  l'équivalent  de  faire  tomber 
(cp.  fr.  tomber  au  sort).  Ss.-rom.  déguil- 


ler des  noix,  un  nid,  se  déguiller  d'un 
arbre,  «  faire  tomber  des  noix  etc.  »  Lorr. 
guiller  des  sous,  les  lancer  en  l'air  pour 
savoir  si  c'est  pile  ou  face  qui  retombera. 
Quand  les  sous  ne  tournent  pas  bien  en 
l'air  on  dit  qu'on  n'a  pas  bien  guillé. 
Deguilll  est  composé  du  préf  de^  au  sens 
disjonct.  et  de  guille,  pointe,  sommet; 
ss.-rom.  la  guille  d'une  tour,  le  guillon 
d'un  clocher  ;  fr.-comt.  l'aube  guillerole, 
la  pointe  du  jour;  en  Bretagne  guillet, 
qui  est  notre  In.  quinet,  morceau  de  bois 
court  et  pointu.  Quille  vient  du  vha. 
ch^il  chegily  objet  allongé  en  forme 
conique.  SutT.  i  (IB  4«'). 

•DÉGUIRI  (déguirl)  v.  a.  —  Déchirer. 
Oui  a  deguiria  lo  papi,  il  a  déchiré  le 
papier.  —  A  Grenoble  aiguiri  (Goch.). 

Du  vha.  skèrran  av.  préf.  de  et  suff.  t 
(15  5-). 

DEIS  vln.prép.  Vpr.  deis  des.  —  Depuis. 
«  It.  deis  la  dicta  tor  jusque  a  la  tour  dou 
portai  saint  Jeorgio  •,  item  depuis  la  dite 
tour  jusqu'à  la  tour  du  portail  de  Saint- 
Georges.  «  Item  deis  la  dicta  eschiffa  nova 
jusques  el  quarro...  »,  item,  depuis  ladite 
échauguette  neuve  jusqu'au  coin...  (Inv, 
de  /a  C.  1869;. 

De  de-ex  =  de-e(c)s,  Ch.  de  è  suivi  de 
c  en  t  (87). 

DÉJARMAGNI  (SE)  (déjarmagnl)  v. 
pron.  —  Se  débattre  avec  violence.  For.  se 
déjamani,  se  disloquer. 

Qu'a  io.  donc  fat  ?  ob,  qu*a  te  dejarmagne  ! 

t  Qu*a-t-il  donc  fait  ?  oh,  comme  il  se 
débat  I  »  (Per.) 

Du  préf.  de,  de  jar,  jambe,  de  main,  et 
du  suff.  i.  liittér.  se  déjamber  et  se  dé- 
mainer.  Le  mouillem.  de  ?i,  et  par  suite 
le  suff.  î  (15  4»),  est  di\  à  l'yotte  de  main. 
Je  dis  main,  plus  suff.,  et  non  manicare, 
qui  donne  ma7ieyi, 

DÉJETÉ.  ÉE  (déjeté,  ée)  adj.  —  A  Lyon 
Affaibli,  abattu,  vieilli.  Je  l'ai  trouvé 
bien  déjeté,  bien  affaibli,  fatigué. 

C'est  le  partie,  du  v.  dechettô  dans  leq. 
ch  a  été  remplacé  par  J  sous  infl.  de  déje- 
ter,  dévier. 

DELAVORO  (delavorô),  à  Lyon  delà- 
rorer  v.  a.  Dph.  deilavora,  b.  dph.  delà- 
vourar  —  Dévorer,  ronger,  torturer. 

Qu'après  In  jour  pas&6  »in«  bère  ipii  migi, 

A.  iant  delavorô  \o  topô  dou  cliargi. 


Digitized  by 


Google 


120 


DÉLI 


<  Qui,  après  un  jour  passé  sans  boire 
ni  manger.  —  Auraient  dévoré  le  souper 
du  clergé.  »  (Maraud,) 

E  crci  que  inili  bit  veoint  de  labora. 

Ne  louz  oassian  pas  poi  d'un  met  deilavora, 

«  Et  je  crois  que  mille  valets,  venant 
de  labourer,  —  Ne  les  eussent  pu  dévorer 
en  un  mois.  »  (Banq.) 

la  peine  et  la  noire  langueur. 

Qu'une  minute  avant  (i«/aoorton(  ton  co3ur(Bt.  Blanc). 

De  dévorer,  av.  épenth.  de  la.  De  même 
que  ridée  dim.  s'accentue  par  l'épenth. 
d'une  syll.  entre  le  rad.  et  le  suff-  (cp. 
fol-ich'on),  de  même  l'idée  principale  se 
renforce  par  l'épenth.  entre  l'init,  et  le 
rad.,  ou  encore  par  l'insert.  d'un  second 
pref.  (cp.  In.  dé-ca-mottô,  décoller  les 
grumeaux,  berr.  dé-ca-crotter,  décrotter, 
b.  dph.  dé-com'passa,  dépasser). 

DÉLINGUER  (délinghé)  v.  n.  -  A  Lyon 
s'affaiblir,  décliner.  Poi  t.  délinquer,  tom- 
ber de  fatigue,  décliner. 

De  dis^liquAre,  tomber  en  eau,  vpr. 
deslegar.  Nasalisai,  de  i  devant  une  gutt. 
(184  7»);  la  conservât,  de  qw  sous  la 
forme  g  est  sans  doute  due  à  l'infl.  de 
deslegar  ;  ch.  de  are  en  (5  (14  4"). 

DÉLIO  (déliô)  LIO;  ap  Goch.  LIA  s.  f. 
For.  délia.  —  Temps  de  labour  sans  dis- 
continuer. «  Ai  fat  tôt  iquen  din  ina  lié  », 
j'ai  fait  tout  cela  sans  dételer.  «  J'ons  fait 
ina  forta  liô  »,  nous  sommes  demeurés 
longtemps  au  travail  avant  de  rentrer  à 
la  maison.  C'est  le  temps  du  travail  qui 
s'écoule  entre  2  repas  du  laboureur  et  de 
ses  bœufs.  En  Lorr.  une  attelée. 

Du  fr.  liée,  av.  substitut,  du  suff.  pat. 
ô  (=  ée).  Si  le  mot  avait  été  formé  sur 
ligatay  on  aurait  lèyia,  comme  on  a  lèyX, 
de  ligare,  et  dans  ce  cas  a  n'aurait  pas 
passé  à  (5  (1,  rem.  3).  La  forme  déliô  est 
curieuse  en  ce  qu'il  semble  qu'une  déliô 
devrait  être  le  contraire  d'une  liô.  C'est 
que  le  préf.  de  est  pris  au  sens  int. 

DELOUSO  (delouzô)  DELUSO  v.  a.  — 
Enlever  les  dalles  larges  et  plates  recou- 
vrant un  mur  ou  formant  dallage,  et 
appelées  louses  luses. 

De  lousa  lusa^  av.  préf.  de  et  suflf.  ô 
(t5  3»,  rem.  8). 

DELUSO  V.  delousô, 

DEMADIN  (demadln)  MADIN  s.  m.  — 
Matin. 


De-mad(u)linum  comme  de-matfujtl- 
nxim  donnent  égalem.  dematin.  Il  faut 
donc  admettre  une  transform.  moderne  de 
matin  en  madin.  Le  préf.  s'explique  par 
une  locut.  partir  dès  matin,  se  lever  dès 
matin.  A  Lyon  on  dit  partir  du  malin 
pour  partir  dès  le  matin. 

DEMANGOGNI  (SE)  (demangôgnl) ;  à 
Paniss.  SE  DEMANGONO.  à  Lyon  se 
démangogner  v.  pron.  —  Se  démener  av. 
des  mouvements  dislocatoires. 

De  mango,  manche,  av.  préf.  disjonct. 
de  et  suff.  gni,  appelé  peut-être  par  analog. 
av.  se  dégôgnî.  Gp.  se  démancher,  à  Lyon 
pour  se  disloquer  ;  ss.-rom.  demangogna, 
démantibuler  ;  à  Voiron  démangoya,  dé- 
traqué; à  Genève  dématigonner^  déman- 
gouner,  déranger,  détraquer,  et  à  Paniss. 
au  contraire,  mangonno^  emmancher. 

•  DÉM  A RCORO  (SE)  (demarkorô),  à  Lyon 
se  démarcourcr  v.  pr.  —  Se  maucoeurer, 
s'abîmer  de  chagrin,  se  désespérer.  «  O  faut 
pas  rin  te  demarcorô  »,  il  ne  faut  pourtant 
pas  te  désespérer.  B.  dph.  demarcoura. 
piller,  ravager:  Voiron  demarcora , 
découragé. 

Du  préf.  de,  au  sens  renforç.,  de  ma/e, 
de  cor,  et  du  suff.  ô  (14  3").  Ch.  de  l  eu 
r  (170  2,  d). 

DÉMENET,  ETTE  (démené,  ète)  adj. 
—  Vif,  remuant,  qui  s'agite. 

Du  rad.  de  fr.  démener,  av.  suff.  dim.  et. 

*  DEMIJI  (demlji)  s.  f.  —  Démangeaison. 
Subst.  V.  tiré  de  demigu 

•DEMIGI  (demijt)  DEMINJI  v.  n.  — 
Démanger. 

De  de  et  mand(u)cB,re»  La  forme 
ancienne  est  demingi.  Ch.  de  an  en  in 
(60,  rem.  1).  La  dénasalisat.  de  i  est  un 
phénomène  très  rare.  Ch.  de  c  en  ^  (161, 
5«)  ;  de  are  en  t  (IS  29). 

DÉMONOCLIO  (démonoklio)  à  Morn.  ; 
à  R.-de-G.  DÉMONOCLO  s.  f.  -  Forcené. 
Lt  j*aviso,  mon  cher,  comme  In  bien  grand  mirôclo 
D*dVé  pii  m'échippô  d'un  paré  dimonoclo, 

c  Et  je  considère,  mon  cher,  comme  un 
bien  grand  miracle  —  D'avoir  pu  échapper 
aux  mains  d'un  pareil  forcené.  »  {Brey.) 

C'est  le  vfr.  démoniacle,  possédé,  de 
dœmonVLCulum.  Ch.  do  a  en  (5  (59  et  1); 
insert,  de  i  (164  2,  b.  rem.). 

DÉMONOCLO  V.  démonoclio. 


Digitized  by 


Google 


DEMO 


121 


DeMORANCI  (demoransî)  s.  f.  Vpr. 
demoransa  —  Demeure. 

Alor,  no  vont  tous  doux  jusqu'à  sa  demoranci 

Oiile  al  a  fat  construire  A  la  noTella  Fianci. 

«  Alors  nous  allons  tous  deux  jusque 
chez  lui,  —  Où  il  a  fait  construire  à  la 
nouvelle  mode.  •  {Gorl.) 

Drt  *demora,ntia  (de  morantem),  Gh. 
de/taen  ci  (138  2^. 

DÊMORCHAGNANT  (dômorchagnan) 
s.  m.  —  Individu  qui  fait  des  grimaces. 

De  démorchagni,  av.  suff.  ant  répond* 
au  lat.  antem.  Un  démorchag7ianty  c'est 
un  «  grimaçant  ». 

DÊMORCHAGNI  (SE)  (dêmorchagni)  v. 
pron.  —  A  Paniss.  Faire  des  grimaces, 
se  tordre  la  figure. 

11  n'est  peut-être  pas  impossible  que  le 
mot  soit  une  composit.  fantaisiste  sur 
mâchoire,  av.  préf  disjonct.  de  ei  un  suff. 
péj.  agni  (cp.  fr.  popul  rechagner).  L'idée 
est  se  disloquer  la  mâclioire,  se  démd- 
choirer,  péjorativem.  changé  en  déma- 
choirgner,  dêmachargni^  puis  dêmar- 
chagni  par  métath.  de  r  (187  1"),  et  enfin 
dêmôrchagnl-p^r  ch.  de  a  init.  en  ô  (59). 
Même  les  créations  les  plus  capricieuses 
obéissent  à  de  certaines  règles. 

DENGUN  (dingun)  s.  m.  For.  lenguriy 
Igd.  digun,  b.  dph.  di7igu,  dph.  he'ùn, 
alp.  nengu,  lim.  degu,  gris,  negin,  cat. 
negun,  vpr.  nengus  negus.  — Personne. 

Désirant  qu'après  set,  »i-oly  reste  de  suure, 

Chacun  n'ay<^  un  piaf,  afin  que  leiigun  ploure. 

«  Désirant  qu'après  soi,  s'il  lui  reste 
du  bien,  —  Chacun  en  ait  un  morceau, 
afin  que  personne  ne  pleure.  »  (Ghap.) 

Diez  y  voit  le  vha.  dikein,  mais  les 
nombreuses  formes  av.  n  init.  démontrent 
rétym.  ne3  anus,  av.  ch.  de  cons.  init. 
dans  divers  dial.,  probablem.  par  besoin 
de  dissim.  quand  la  2«  n  se  prononçait 
encore.  Le  passage,  d'ailleurs,  a  toujours 
eu  lieu  d'une  dentale  à  une  dentale. 
M.  Gornu  a  donné  d'assez  nombreux  ex. 
du  ch.  de  n  en  d. 

DÊNIO(dôniô)  v.  n.  For.  dénia.  ^  k 
Paniss.  abandonner  son  nid,  en  parlant 
d'une  poule.  Au  fig.  chasser  d'un  endroit 
où  l'on  est  bien. 

l.a  mort  hms  a  déniai  en  prenant  lou  dc^funt. 

«  La  mort  les  a  chassés  en  prenant  le 
défunt.  »  (Ghap.) 


De  •dis-wiWarc.  Vê  très  ouvert  du  préf. 
est  particulier  à  l'endroit.  Chute  de  d 
(139);  are  =  ô(141»). 

*D'ENQUI,  mot  donné  par  Goch.  comme 
signifiant»  d'aujourd'hui».  C'est,  je  crois, 
une  erreur.  D'aujourd'hui  se  dit  de  v-huey. 
V.  dinqid,  av.  lequel  Goch.  a  sans  doute 
fait  confus. 

DENSSI,  mot  donné  par  Goch.  comme 
signifiant  «  avoir  les  dents  liées  ».  Il  aura 
voulu  dire  avé  la  densi  (v.  dinsi)  ;  denssi, 
verbe,  n'existe  pas. 

DENTARU,  USA  (dintaru,  uza)  adj. 
Dph.  dentaru.  —  Qui  a  de  grosses  dents, 
surtout  quand  elles  sont  proéminentes. 

De  de7ilem,  av.  suff.  u,  d' ot us  {3S)  et 
insert,  d'une  syll.  péj.  ar  qu'on  retrouve 
dans  dormaroit. 

DÉPATOLLI  DÉPATROLLI  (SE)  (se  dé- 
patùlht,  trolhi)  ;  à  Lyon  se  dépatrouiller 
V.  pron.  For.  depaloilla.  —  Se  débrouiller, 
se  tirer  d'embarras,  se  débarrasser  de  qq. 
cliose. 

De  fr.  patoiiiller  patrouiller,  av.  préf. 
de  au  sens  contraire  du  thème  et  substitut, 
du  suff.  i  (15  40);  ch.  de  ou  fr.  en  0  pat. 
(34,  rem.  4). 

DÉPATROLLI  (SE)  v.  se  dépalolll. 

DÉPEILLI,  lA  (dépèlhl,  ia);  ap.  Roq, 
DEPPELO  (depèlô)  adj.  —  Déguenillé,  en 
hîiillons. 

Le  saques  sont  parcies,  lo  zabits  deppelâ. 

«Les  poches  sont  percées,  les  habits 
déguenillés.  »  (Sit.) 

De  peilii,  haillon,  av.  préf.  de,  comme 
dans  déguenillé,  de  guenille,  et  suff. 
particip.  des  v.  en  t.  Je  crois  que  la  forme 
de  Roq.  deppelô  a  été  forgée  pour  les 
besoins  de  la  rime.  Je  ne  connais  que 
dépe'illi,  et  d'ailleurs  les  //  mouillées 
n'admettent  pas  la  fin.  (5  (15  4*>). 

DÉPICIER  vin.  v.  a.  —  Démolir,  mettre 
en  pièces.  1419:  «Hz  ont  concluz  qu'ils 
parleront  h  monseigneur  le  bailli  de  la 
benne  (?)  que  Ton  a  commencée  au  milieu 
de  Saonne,  à  l'endroit  de  Rouenne,  afin 
de  la  faire  dépicier.  »  (Reg.  cons.) 

De  pici,  de  petia,  av.  préf.  de,  de  dis, 
et  suff.  ier.  Le  mot  n*a  pas  été  formé  sur 
*depetiare,  car  on  aurait  eu  dépisier 
(138  1°). 

DÉPICOLO  (dépikolô)  v.  a.—  1.  Arracher 
grain  à  grain,  égrener. 

13 


Digitized  by 


Google 


122 


DEPI 


C'est  le  fr.  moderne  dépiquer,  av.  un 
suff.  dim.  olô  =  oler  (cp.  rissoler,  de 
risser  ;  rigoler,  de  rire).  Un  ccrluin 
nombre  de  mots  savants  ont  ainsi  pénétré 
dans  le  patois. 
2.  Arracher  un  fruit  de  sa  lige. 
De  picou,  tige,  anciennem.  picol,  av. 
suff.  (î  (14  3"). 

DEPIÉ  (depiô)  dans  la  loc.  Fére  depië, 
faire  affront,  humilier.  0  m'a  fait  depiè\ 
cela  m'a  peiné,  m'a  humilié. 

De  despectum,  comme  répit  de  res- 
pectum.  Gh.  de  e  +  c  en  te  (27,  rem.  1). 
On  a  depiet^  comme  lectum  a  donné  liet. 
Et  (è)  s'affaiblit  souvent  en  ë, 

•  DEPI LLA N DRO  (depilhandrô)  ;  à  Lyon 
dépillandrer    dépiya7idrer    v.    a.    Pr 
espeiandra,    dph.    épélhandra,  h.   dph. 
depèliandra.     —  Mettre   en   lambeaux, 
déchirer,  dégueniller. 

De  de  +  pillandre  (v.  ce  mot),  +  suff. 
d  (14  3"). 

DÉPILLORSI  (dépilhorsl);à  Lyon  dépil- 
locher  épillocher  (épilhùché)  v.  a.  Pr. 
espeia  espéioti  —  Enlever  av.  peine  et 
minutie  l'ècorce,  la  peau  de  qq.  cho.se. 
Lorr.  dépilloter  les  noisettes,  enlever  le 
brou  ;  norm.  dépiosé,  enlever  la  peau, 
écoicher. 

Non  de  ex-  piluccare,  qui  aurait  donné, 
av.  un  suff.  fréq.,  dépluchayl,  et  qui 
d'ailleurs  ne  se  prête  pas  bien  au  sens. 
La  forme  de  Lyon  répondrait  à  un  *ex- 
pelle^re,  de  pellem  ;  d'où  "épeiller,  plus 
un  suff.  ochery  dont  Tallongem.  indique 
le  caract.  dim.(cp.  pignocher,  dépeigner). 
Sur  *épeiller  cp.  vfr.  peille,  de  *pellea. 
Le  suff.  de  Lyon  ocher  s'est  modifié  en 
pat.,  probablem.  par  analog.  av.  érorcer. 
Érorci^  enlever  l'écorce;  dépillorsi,  enle- 
ver la  peau.  Suff.  l  (15  3%  rem.  2).  Le 
vfr.  dépelucer^  arracher  la  peau,  n'est 
pas  notre  mot,  et  se  rattache  à  'pilucia. 
Je  ne  crois  pas  non  plus  q\i* épillocher 
soit  un  frép.  d^épiler,  1"  parce  que  le  sens 
est  fort  différent  ;  2»  parce  qvCépiler  est 
savant  ;  3*  parce  que  Z  d^épiler  n'est  pas 
mouillée. 

DÉPIO  (dèpiô)  adj,  des  2  g.  —  Nu-pieds. 
A  mais  vuliu  choupiù 
Jean  qu'elle  tôt  dcpiô. 
«  Elle  a  voulu  de  plus  écraser  l'orteil  — 
De  Jean  qui  était  nu-pieds.  »  {Mort  de  la 
Zob.) 


Do  pedem  =  pi,  av.  préf.  disjonct.  de  et 
sufl.  ô  (141"). 

DÉPIQUERNO  (SE)  (se  dépikernô)  v. 
pron .— S'ùler  la  chassie  des  yeux,  mais  plus 
volontiers,  au  fig.  Se  lever,  faire  sa  toilette 
du  malin.  As-te  /ignide  te  dépiquernô  î 
As-tu  bientôt  fini  de  te  lever  ?  —  Lorr. 
s'dèheuUer  (litt.  s'ôter  l'huile),  môme  sens. 
De  piquerna,  av.  préf.  de,  de  ex,  et 
suff.  ^(14  3-). 

DÉPISER  vin.  1411-1420:  «  Dépenses 
pour  le  pont  de  la  fuste  de  la  Guillotiere 
qui  rompit  et  depisit  le  jour  de  la  saint 
Ghristofle  par  le  moytent.  » 

Non  de  depetiare,  qui  adonné  dépicier^ 
mais  de  pisB.re,  briser,  piler,  av.  préf. 
int.  de.  Dépiscry  v.  actif,  a  passé  au  sens 
neutre  comme  crollare,  signifiant  d'abord 
secouer,  ébranler,  est  devenu  neutre  dans 
crouler,  écrouler. 

*DEPLAYI  (depla-yl)  v.  a.  —  Dételer 
les  bestiaux  du  lalDour. 

De  dis  eiplicAre  (v.  applay't). 

DEPOITRAILLI,  lA  (depoitralhl,  ia);  à 
Lyon  dépoitraillé  adj.  —  Se  dit  d'une 
personne  dont  la  chemise  est  ouverte  sur 
la  poitrine,  ou  d'une  femme  décolletée. 

De  poitrail,  av.  préf.  de  et  suff.  t  (15 
4").  Cp.  vfr.  despoitriner,  découvrir  la 
poitrine. 

DÉPOLLI  (dépolhi)  s.  f.  —  Terme  péj. 
Mendiant  déguenillé,  vagabond. 
Hiar,  en  bandelant,  vlo  De.ixi  la  dépoUi. 

«  Hier,  en  vagabondant  je  vis  Dédi,  le 
vagabond.  »  {Bail.  d'Ess.) 

Subst.  V.  tiré  de  despoliSLre. 

*  DÉPONDRE  V.  a.  —  Se  dit  lorsqu'on 
rompt  un  lien  qui  tenait  un  objet  suspendu. 
Au  fig.  dépondre  une  croûte  est  l'équi- 
valent do  cette  autre  e.^press.  casser  une 
croûte.  Il  ne  dépond  pas  de  parler ^  il 
ne  s'arrête  pas  de  parler. 

De  (uui  los  16s  dija  depond  la  vllli  conlt 

Dont  j*ay(ioiis  cncobl6s  par  la  laidi  discorJa. 

«  De  tous  côtés  déjà  est  rompue  la  vieille 
corde  —  Dont  la  laide  Discorde  nous  avait 
entravés.  »  (Hym.) 

J*aylns  pluluut  besoin  de  dépondn  iiia  croùta. 

c  J'avais  plutôt  besoin  de  manger  un 
morceau.  »  {Gorl.) 

De  dis-ponere  (v.  appondré), 

DÉPONDU,  UA  (dépondu,  ua)  adj.  — 
Tombé,  ée,  par  la  rupture  d'un  lien.  «  Sa 
jupa  s'est  dépondua,  sa  jupe  est  tombée 


Digitized  by 


Google 


DEPO 


123 


parce  que  l'attache  s'est  cassée.  (Goch.)  » 
Au  flg.  déguenillé^   abîmé.   Lo  gruin  to 
dépontsu^  le  visage  tout  abimé  {SU,) 
Celebro  dépondsu,  liou  dzizi  lo  pignoufle, 
OTuut  no  (iccidô  de  chapolo  lu  moufle...., 

«  Illustres  déguenillés,  leur  dit  le 
vaurien,  —  Il  faut  nous  décider  à  abîmer 
le  visage...  »  (Mar,) 

De  dépendre,  av.  sulT.  u  particulier  aux 
part,  de  la  4«  conj.  fr.  (cp.  naissu^  cressu^ 
cuissindu  et  fr.  pondu).  Transport  de 
l'accent  sur  la  fin.  dans  le  fém.  (51). 

DEPOPILO!I(depôpilô^  adj.  partie.  — 
Détérioré,  disloqué,  dévasté,  en  parlant 
d'un  meuble,  d'un  bâtiment  etc. 

C'est  un  de  ces  mots  tirés  du  fr.,  en 
estropiant  la  forme  et  le  sens.  De  dépeuplé 
on  a  fait  depopilô  par  la  fin.  analogique  r5 
(14  3'),  et  l'épenth.  d'une  voyelle  d'appui 
dans  le  groupe  pi  ;  sans  compter  que  cela 
offrait  qq.  analogie  av.  pilô,  piler.  Quant 
à  eu,  ce  n'est  pas  un  son  pat.  et  il  a  été 
remplacé  par  son  quasi-homophone  o. 

DÉPOTINTO  (dépotintô)  adj.  des  2  g.  — 
Avarié,  disloqué,  détérioré.  O  v'est  toi 
dépotintô^  c'est  tout  abîmé,  en  parlant 
d'un  meuble,  d'un  vêlement, d'un  bâtiment 
etc.  Dph.  deipotenia,  mou,  sans  vigueur. 

Adj.  partie,  de  *  dépotintô,  v.,  qui  n'est 
plus  employé  qu'av.  la  forme  pronominale. 

*  DÉPOTINTO  (SE)  (dépotintô);  à  Lyon 
se  dépotenter  v.  pron.  —  S'épuiser  en 
efforts,  s'abîmer,  s'anéantir  pour  arriver  à 
faire  qq.  chose.  Berr.  dépotenter^  abattre, 
enlever. 

De  de,  au  sens  contraire  du  thème, 
plus  poientem,  plus  suff.  ô  (14  !•).  Ch.  de 
en  en  in  (65)  —  Mot  formé  régulièrem., 
et  non  comme  puissant,  sur  un  barba- 
risme possentem.  La  conservât,  du  1"  t 
indique  une  format,  savante. 

DEPPELO  V.  dépeilli. 

DÉPROUFITO  (déproufitô)  v.  a.  -  Rui- 
ner, gâter. 

Du  vfr.  prouffiter,  av.  préf.  de  au  sens 
contraire  du  thème,  et  substit.  du  suff 
pat.  d  (14  !•). 

DÉQUÈGNAT  v.  déguègnat. 

DÊQUIOTTI  V.  décati. 

DÊQUIOTTISSOU  (dékiotissou)  s.  m. 
A  Pani.ss.  Démêloir, 

De  dêquiottï,  av.  suff.  ou  =  orem  (34 
his),  relié  au  thème  par  w  (cp.  poli-ss-eur, 
rôli-ss-eur). 


DÉRAPO  (derapô)  v.  a.  —  A  Paniss. 
:i    ciner. 

D'un  rad.  germ.  rap  :  holl.  rapen,  suéd. 
rappa,  ail.  rafj^en,  saisir,  av.  préf.  disj . 
de,  de  dis,  et  suff.  (J  (14  2o).  Cp.  terme 
de  mar.  déraper,  lever  Tancre. 

DERGNO  (dergno)  ;  à  Yzer.  QAR- 
NAYAT  (darna-yà)  DARNÈYAT  ;  à  Lyon 
derne  dergne  s.  m.  —  Pie-grièche.  Terme 
commun  aux  dial.  du  sud  de  la  France 
et  dont  les  formes  se  divisent  en  2 séries  : 
celles  qui  ont  le  thème  seulem.  comme 
In.  dergne,  dph.  da^'ne,  b.  dph.  derne,* 
piém.  dergna;el  celles  qui  ont  ajouté 
une  2«  partie,  comme  In.  darnayat,  b.  dph. 
dernejaye,  Voiron  darniot^  for.  darnea, 
niç.  darnagas  darnegas,  pr.  tarnaga,  Igd. 
tarnagas  tarnigas,  ss.-rom.  ernea  amea. 

Il  est  possible  que  celte  2*  partie  repré- 
sente le  mot  agasse,  .ajasse,  pie.  A  côté 
de  derne,  en  effet,  le  b.  dph.  a  dernejaye, 
pie-grièche  d'une  espèce  plus  grosse.  Le 
vfr.  mattagasse,  qu'on  trouve  encore  en 
angl.  pour  une  espèce  de  pie-grièche,  par 
opposit.  au  shrike,  confirme  l'interprétât. 
Le  In.  darnayat  est  sans  doute  le  dar- 
nagas pr.,  auquel,  par  confus.,  s'est 
substit.  le  suff.  at  pour  asse. 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  celt.  î  Le 
celt.  a  composé  les  noms  d'oiseaux  avec 
dar  dam,  oiseau,  et  un  mot  désignant 
l'espèce  ou  la  qualité,  de  môme  que  notre 
darn-ayat  paraît  composé  av.  dam,  plus 
agasse  :  —  kym.  adar  aderyn,  oiseau  ; 
gaël.  dorn-a/cA,  pie-grièche;  adhar-can, 
huppe  et  vanneau  ;  arm.  adar,  hibou  et 
rossignol  ;  darnich,  petit  vol  ;  darnija, 
voler  bas  ;  mor-adar-bal^  mouette  ;  irl. 
adhar-cachan,  coucou.  Si  le  vfr  bâtasse 
haiesse  est  réellem.  dér.  du  celt.  bach, 
darnayat  pourrait  être  dér.  du  gaël. 
domaich  par  une  dérivât,  analogue. 

DERNE  V.  dergno. 

DÉROCHI  (SE)  (dérochi)  ap.  Coch.  DÉ- 
ROCHIA  V.  pron.  Dph.  deirocha,  b.  dph. 
dérocha,  pr.  derrouca,  piém.  dirochè, 
vpr.  derrocar,  b.  lat.  derocare,  vfr.  deS' 
rorhier  desroquer.  —  Tomber  d'un  lieu 
élevé. 

C.oniQ  lo  clianoîinen,  qui  orc  nous  aproche 
A  la  citna  du  clé,  el  ore  nous  deiroche, 

«  Gomme  la  fortune,  qui  tantôt  nous 
approche  —  De  la  cime  des  cieux,  et  tantôt 
nous  précipite.  »  {Bat.) 


Digitized  by 


Google 


134 


DERO 


De  roche,  av.  préf.  de^  au  sens  d*éloi- 
gnem.  et  suff.  t  (15  2").  Gp.  débucher, 
décrocher  etc. 
DEROCHIA  V.  se  dérochu 
'DEROMPEI  (derompè)  s.  m.  —  Champ 
qui  vient  d'être  défriclié.  a  Rompeis  sont 
terres  nouvellement  cultivées.  »  (Contes  du 
Nivernois,  ap.  Goch.)  J'ignore  si  du  temps 
de  Goch.  ei  se  diphtonguait  encore;  je 
suppose  que  non  et  qu'il  a  suivi  simplem. 
là  vieille  orthogr. 

De  dis-rumpere,  av.  un  sufT.  coll.  ei  = 
etum  ycp.  vpr.  annei\  d'alnetum,  vfr. 
aunoi\  chaumoi,  sablonnoi).  Ce  suflf.  a 
le  plus  souvent  passé  au  fém.  (futaye, 
chesnaye),  et  je  crois  que  notre  mot  est 
un  ex.  fort  rare  de  la  conservât,  du  masc. 
dans  un  dial.  vivant.  Je  ne  pense  pas  qu'il 
faille  lire  le  suff.  at-icius,  quia  également 
une  signif.  coUect.  et  a  donné  eïs  en  vfr.  ; 
il  aurait  probablem.  passé  à  is  (cp.  arra 
chis,  couchis,  plessis). 

'DEROMPRE  V.  a.  —  Défricher  un 
champ,  spécialem.  détruire  une  prairie 
pour  en  changer  la  culture,  rompre  les 
mottes,  «  Rompre  une  terre  en  Berri,  se 
dit  pour  labourer  une  l"  fois  après  un 
long  chômage.  Lg»!.  roumpre,  essarter.  » 
(Goch.) 

De  dis-i'nmpere  f  comme  rumpere  a 
fait  fr.  rompre.  On  trouve  derompre  en 
vfr.,  mais  au  sens  général  de  briser. 

DEROT,  OTTA  (derô.  ùlta)  adj.  Vfr. 
desroupt,  —  Essarté,  défriché.  Se  dit 
d'un  pré  dont  les  mottes  ont  éléderompues. 

De  dis-ruptum.  Gh.  de  u  bref  en  o  (38). 

DERRIO  (dèrio)  adv.  —  A  Lenlilly  Tout 
de  suiteji  incontinent. 

Jannela  dit:  Biau  Pierru, 
Pusque  l*es  bon  earçoD, 
Je  le  prometlo  derrio 
Mon  cœur,  mon  petit  bozon! 

H  Jeannette  dit  :  Beau  Pierre,  —  Puisque 
tu  es  bon  garçon,  —  Je  te  promets  tout 
de  suite  —  Mon  coeur,  mon  petit  chéri  l  » 
(Voga) 

Peut  être  une  forme  de  dare  (pour  le 
passage  de  a  à  é  cp.  for.  démo,  rouelle 
de  veau,  de  dsirne),  mais  je  ne  sais  pas 
expliquer  l'addit.  de  l'yotle. 

DÉSABO,  OTTA  (dézabô,  ôta)  adj.  — 
Terme  péj.  A  Paniss.  Vaurien,  personne 
remplie  de  défauts. 

Étym.  inconn.  —  Je  n'ose  proposer  des 


et  abotô,  réussir,  aboutir,  venir  à  chef 
(v.  botô).  Abot  serait  un  subst.  v.  tiré 
de  abotô,  et  le  désabot  serait  celui  qui  ne 
fait  rien  de  bien,  qui  n'abote  pas.  Gp.  vfr. 
dessavant  de  so7i  sens,  hors  de  son  sens, 
de  desavancier  au  sens  de  déchoir,  se 
détériorer,  comme  désabot  le  serait  de 
*  désabot'')  «  disaboutir  ». 

DÉSANDAGNI  (dézandagnl)  v.  a.  For. 
desandag7ia.  —  Éparpiller  les  andains  de 
foin  pour  les  faire  sécher. 

De  andain,  av.  préf.  dés  =  dis  et  suff. 
t  (14  4°).  Le  mot  a  dû  être  désandaim, 
La  mouillure  de  n  a  été  favorisée  par 
l'yotle  devant  n. 

DESAPERO  (dezaperô)  v.  a.  —  Ruiner, 
abîmer.   Vénit.  dessepcrà,  disjoint. 

D'apparo,  préparer,  arranger  et  du 
préf.  de  au  sens  contraire  du  th-^me. 
Je  ne  sais  pas  expliquer  l'affaiblissem. 
de  la  proton.,  qui  a  persisté  dans  le  fr. 
désemparer. 

'DESAVANCI  (dezavansl)  Vfr.  desa- 
vancier.  —  Devancer.  Ou  l'a  d  savanciay 
il  l'a  précédé,  devancé.  (Goch.) 

De  de  et  avanci  =  avancer,  La  corn- 
posit.  ne  paraît  pas  heureuse,  car  on  serait 
disposé  à  interpréter  le  mot  par  retarder, 
diminuer  l'avance  :  dés-avancer.  Elle  est 
pourtant  identique  à  celle  du  fr.  deva7icer^ 
de  de  et  avant,  sauf  une  s  euph.  pour 
relier  lo  préf.  au  thème.  De  a.  donc  ici  un 
sens  int. 

DESBORD  vin.  s.  m.  —  Déljordemenl. 
Un  imprimé  est  intitulé:  «  De  l'effroyable 
et  merveilleux  desbord  de  la  Rivière  du 
Rhosne  et  entours  de  la  cité  de  Lyon 
en  1570.  » 

Subst.  V.  tiré  de  déborder  (cp.  purge 
de  purger,  gratte  de  gratter,  demi  g  i  de 
démanger), 

DESCENDUE  vin.  s.  f.  —  Descente. 
Arch.  m.  iWi  :  «  Réparer  les  pavés  ...  et 
spécialement  la  descendue  du  port  de 
Saône  ..  pour  ce  qu'elle  choit  trop  en 
descendue.  »  M.  la  t.  descendna  «  here- 
ditas  ». 

Partie,  passé  de  'desrendre,  pris  subs- 
tantiv.  ('p.  du  subst. 

DESERT  (dezèr)  adj.  employé  seulem. 
au  masc.  —  Étourdi,  bruyant  ;  au  fig. 
mauvais  plaisant.  «  Que  cel  enfant  est 
donc  désert  !  »  que  cet  enfant  est  donc 
terrible  î 


Digitized  by 


Google 


DÉSO 


125 


Subst  v.de  vfr.  déserter  {de  desertum), 
ahfmer,  gâter,  «  vaslare  ».  Un  enfant  ou 
un  homme  désert  est  un  enfant  ou  un 
homme  qui  gâte,  qui  gaspille.  Si  la  format, 
logique  s'était  développée,  un  déserté, 
serait  au  passif-  ce  que  désert  est  à 
l'actif,  un   épuisé,  un  ravagé. 

•  DÉSONDRO  (dézondrô);  à  Lyon  déson- 
drcr,  vpr.  desoyirnr  deso7idrar  ^  rgt. 
disounra,  pr.  desoundra,  port.,  esp.,  cat. 
deshonrar.  —  Gâter,  abîmer,  défigurer. 

Que  lu  serceaiit  Chapay  ne  desoiuirave  pas. 

«  Que  le  s:n'gent  Chapay  [par  sa  bonne 
mine]  ne  dêpai-ait  pas.  »  (Ghap.) 

De  dishon(o)rB,re.  Insert,  de  d  (176  1*)  ; 
ch.  de  are  en  d  (14  3°). 

DESSAMPILLI  (dessanpilh!);  à  Lyon 
dessampiller  v.  a.  —  Mettre  en  guenilles, 
en  lambeaux. 

De  sampilli,  guenille,  av.  préf.  de, 
comme  dans  dégueniller,  de  guenille, 
Suff.  i  (15  4«). 

DESSAMPILLI.  lA  (dessanpilh!,  ia)  ;  à 
Lyon  dessampillé,  ée  adj.  —  Déguenillé, 
qui  a  ses  habits  tout  déchirés. 

Adj.  particip.  de  dessampilll, 

DESSARVELA  (dèssarvela)adj.  des  2 g. 
—  Se  dit  d'un  terrain  léger,  friable. 

ArsBlla  {à'argilla)  se  dit  d'un  terrain 
compact.  Le  teri*ain  léger  est  un  terrain 
dénué  d'argile  ;  d'où  un  mot  desarzella 
formé  d'arsella  av.  le  préf.  dés  et  le  suff. 
a.  d'atum.  Dessarvela  est  la  corrupt.  de 
dézarsella  sous  l'infl.  de  cervelle,  alors 
même  que  le  sens  de  cervelle  n'a  aucun 
rapport  avec  celui  d'argile.  Dans  les 
corrupt.  ia  simple  synonymie  dos  sons 
est  suffisante. 

La  conservât,  de  a  ton.  au  lieu  de  son 
passage  à  ô  est  à  signaler.  Je  suis  persuadé 
que  des  endroits  disent  déjà  dessarvelô. 

DESSIN  ANDIER  s.  m.  —  A  Lyon  dessi- 
nateur. 

De  desshi,  av.  un  suff.  qui  devrait  être 
régulièrem.  ier.  Le  suff.  allongé  andier  a 
dû  être  fait  par  analogie  av.  tailla7idier. 

*DESSIO  (dèssiô)  DÉCIO  (déssiô)  v.  a. 
For.  dessia.-^i.  Uésalt?rer.  «  Volou  m'en 
dessia,  je  veux  m'en  désaltérer.  »  (Ghap.) 
Poyo  pus  me  destiô  in  corranl  le  char  ré  ce, 

«  Je  ne  peux  pasm'ôter  la  soif  en  courant 
les  rueâ.  »  (SU,)  • 

De  dis,  de  sitem,  et  du  feuff.  are  =  6 
(14  1»).  Ghute  de  t  (135);  ch.  de  t  bref 


en  è  (62)  ;  d'où  desseô,  passé  à  dessid  par 
ch.  de  l'hiatus  eô  en  iô. 

2.  Abattre,  lasser,  épuiser,  abîmer.  Lgd. 
dessihaf  usé,  élimé,  déchiré. 

Quoquis  coupa  do  fusis,  Uirli  par  le  fenèlret 

Sufllrant  par  deciô  qucla  banda  de  traître». 

«  Quelques  coups  de  fusil  tirés  par  les 
fenêtres  —  Suffiront  pour  abîmer  cette 
bande  de  traîtres.  »  {Brey.) 

Cartouche  et  ranlant  Mouslafat 

Et  Teinra^i  Taniuin  sont  dessioi  lotafat. 

«  Cartouche   et  l'ardent   Moustaplia  — 
Et  l'enragé  Tarquin  sont  épuisés  tout  à 
fait.  »  (Ménag.) 
0  pori  se  decio  par  conlA  le  louanges 
De  tant  des  armounis,  doux  pouros  los  bons  anges. 

«  On  pouiTait  s'épuiser  à  dire  les  louanges 
—  De  tant  de  gens  aumônieux,  les  bons 
anges  des  pauvres.  »  (Hym.) 

On  songe  au  vfr.  essillier,  ravager, 
piller,  gaspiller,  d'*exilearep  formé  d'ea?t- 
lium.  Le  ch.  de  //  mouillées  en  yotte, 
équivalant  ici  à  leur  chute,  serait  possible 
(164  2*,  c),  mais  on  devrait  avoir  cfewiy^ 
(15  1"),  et  dessayi  par  dissimil.  (83). 
Peut-être  l'orig.  est-elle  le  verbe  techn. 
descier,  refendre  un  bloc  en  plusieurs 
morceaux,  d'où  l'idée  de  tomber  en  mor- 
ceaux par  épuisem.  Gp.  éclénô^  qui  se  dit 
à  la  fois  d'un  tonneau  qui  tombe  en  douelles 
et  d'un  homme  épuisé.  L'orth.  de  Gutton 
semble  indiquer  que  c'est  ainsi  qu'il  l'a 
compris. 

DESSODO  (dessodô)  ;  ap,  Goch.  DES- 
SOUDA V.  a.  Br.  rfeJ5orf^.  — Surprendre, 
stupéfier.  J'ons  étô  tôt  dessodô,  nous 
avons  été  tout  ébahis.  Vfr.  dessoder^ 
disjoindre,  briser. 

Vo  m'avé  dessodé  ;  vo  m'ou  dcvié  don  dire, 

«  Vous  m'avez  surpris  ;  vous  deviez  me 
le  dire.  »  (Tivan) 

De  dis-sol(i)dSire  employé  tu  fig.  11  est 
probable  qu'on  a  eu  dessouda  par  voc.  de 
/;  puis,  que  ou  a  passé  à  o  (34,  rem.  4). 
Suff.  ô  (14  !•). 

•DESSORCELO  (dessorcelô)  ;  h  Lyon 
dessorceler  v.  a.  —  Désensorceler.  «  Faut 
brassô  le  carte,  o  vo  dessorcelera  »,  il 
faut  mêler  les  cartes,  cela  vous  ôtera  la 
mauvaise  chance  (Goch  ). 

A  remarquer  en  ce  que  le  en  du]  fr 
désensorceler  n'est  pas  entré  dans  [la 
comp.  du  mot,  ce  qui  suppose  un  primitif 
sorceler  qui  existe  en  effet  :  t  Les  aucuns 


Digitized  by 


Google 


126 


DESS 


disoient qu'on  avoit  le  roy  au  matin 

avant  qu'il  issist  hors,  empoisonné  et 
sorcelé,  »  (Froissard) 

DESSOUDA  V.  dessodô, 

DET  V.  dait. 

DETCHI  V.  dita. 

DÉTREYI  (délrè-yl)  v.  a.  —  Sevrer. 

De  diS'tricSire  pour  ex-tricare.  Ch.  de 
g  en  yotle  (128)  ;  de  are  en  t  (15  2^); 
substitut,  de  e  prot.  à  t  par  dissim.  (83). 

*  DÉTRIO  Cdétriô)  v.  a.  Vfr.  detrier, 
dph.  deîtria,  —  Oui  a  detria  cel  efant, 
il  a  sevré  cet  enfant  (Coch.).  Le  for.  dettHa^ 
outre  le  sens  de  sevrer,  a  celui  d'arracher 
à,  distraire  de.  En  Gév.  destria  un  agnei, 
c'est  le  tirer  du  trias  ou  enclos  dans 
lequel  on  l'avait  mis  pour  le  sevrer.  C'est 
donc,  pour  le  sens,  le  contraire  du  In., 
quoique  l'origine  soit  la  môme.  W^v.des- 
tria^  distinguer. 

De  tri(t)a,re  =  trio  (136  et  14  1»),  av. 
le  préf.  de  au  sens  int.  pour  le  In.,  tandis 
qu'en  Gév.  dis  a  conservé  le  sens  primit. 
de  disjonct.  Le  passage  du  sens  de  l)roypr 
à  celui  de  trier  semblera  moins  extraor- 
dinaire si  l'on  songe  que  «  granum 
terere  »,  battre  le  blé,  c'est  le  séparer  do 
la  paille. 

DETSI  V.  dita. 

DEVAISSÉv.  devaissi. 

DEVAISSI  (devôssi)  DEVAISSÉ  loc.  — 
Le  soir.  S  tu  devaissi,  ce  soir  ;  hiar 
devaissi,  hier  au  soir. 

De  de,  de  vais  (vicus),  prépos.  explétive; 
et  de  se  {sérum).  Cp.  de  vais  chiz  nos,  de 
chez  nous;  de  vais  Duerne,  de  Duerne. 
Le  passage  de  sérum  à  si  dans  la  forme 
devaissi  peut  s'expliquer  par  l'infl.  de  ss 
(16  S»,  rem.  2). 

•DEVALO  (devalô)  v.  n.  —  Descendre. 

C'est  le  mot  primitif  avalô  (v.  ce  mol), 
av.  substit.  erronée  du  préf.  de,  au  sens 
d'éloignem.,  au  préf.  a  =  ad, 

♦DEVANTERA  (devantera)  s.  f.  —  Un 
plein  tablier.  «  Ina  deva?itera  de  péris, 
un  plein  tablier  de  poirt^s.  »  (Coch.) 

Do  devant.  Le  In.  en  a  tiré  devanti  et 
devantiri,  av.  le  sufT.  ordinaire  aux  noms 
d'objets,  et  devantera,  av.  a  {=  fr.  ée), 
désignant  ce  que  peut  contenir  un  récep- 
tacle (cp.  bouchée,  poignée).  On  aurait 
d^a\oir  devanta=devantée,  mais  l'insert. 
d'une  r  entre  le  thème  et  le  suff.  a  été 


amenée  par  analog.  av.  les  mots  dont  le 
thème  est  terminé  par  r  :  paner-ée,  cuil* 
ler-ée, 

•  DEVANTI  (devanll);àCrapDAVANTI, 
vin.  DAVANTY  s.  m.  Vfr.  devantail,  fr. 
popul.  devantier,  for.  devantau  devanti, 
berr.  devantier  devayitau,  gév.  vantau, 
rgt.  davantal,  vpr.  davantalh,  sarde 
devantali,  -  Tablier.  —  xvi«  s.  :  «  Et 
prindrent  qu'ilz  emportarent  demy  bichet 
blé,  que  lad.  Marie  emporta  en  son  da- 
vanty.  »  [Bibl.  histor.  Guigne) 

De  de,  ah-ante  et  suflf.  arium  =î  (13). 

*DEVANTIRI  (devantlri)  s.  f.  —Grand 
tablier  f^îndu  que  les  femmes  portaient 
lorsqu'elles  montaient  à  cheval  en  enfour- 
chant. Les  femmes  ne  montant  plus  à 
cheval,  la  devant iri  n'est  plus  en  usage. 

Du  vfr.  devantière,  jupe  fendue  par 
derrière  et  destinée  au  même  usage.  Devan- 
tière vient  lui-même  de  ab-ante,  av.  préf. 
de  et  suff.  aria  (13). 

DEVARDOYA  (devard6-ya)  v.  a.  -  En 
Fr.-l.  donner  des  coups. 

De  vai'tolliSL  vartoya,,  volée  de  coups, 
av.  préf.  de  au  sens  int. 

DEVARMINO  (devarminô)  v.  a.  —  Net 
toyer  un  arhrt,  un  champ,  une  haie. 

De  vermine,  passé  à  varmine{SQ),  av. 
préf.  de  et  suff.  ô  (14  3"). 

DEVARTANA  (devartana)  s.  f.  —  A 
Courzieux  Débauche,  bamboche.  Far  la 
devartana,  faire  la  saint  lundi. 

De  divertere  devenu  divertire  (23, 
rem.  2),  av.  suff.  ana  (9)  ;  ch.  de  er  en 
ar  (66). 

DEVEYS  (devè)  adv.  —  Peut-être. 

De  de  vicls,  Vicis  =  veys  (18,  rem.). 
A  Lyon  des  fois,  qui  est  la  traduct.  de 
deveys,  s'emploie  constamm.  au  sens  de 
peut-être. 

'DEVEZ  (d.îvès)  s.  m.  «Pâlis  où  l'on 
mène  paître  le  bétail  en  Rouergue.  »(Coch) 

Comme  Coch.  n'écrivait  pas  un  vocabul. 
rgt.,  il  est  prol)al>le  qu'il  a  voulu  dire  que 
le  même  mot  existait  en  rgt.  et  en  In.  Ci 
doit  être  une  erreur.  Du  moins  je  n'a^ 
jamais  entendu  le  mot  de  deves  (qui 
a  la  physionomie  toute  prov.)  au  nord  de 
la  partie  du  Dauphiné  la  plus  voisine  de 
la  Provence  {Devez,  nom  d'une  colline  à 
Nyons).  Il  vient,  par  une  dér.  de  sens 
contradictoire,  de  defo{n)sum,  interdit* 


Digitized  by 


Google 


DEVI 


127 


Le  bois  en  défens  (Eaux  et  Forêts)  est  en 
effet  celui  qui  est  interdit  aux  bestiaux  à 
cause  de  sa  jeunesse. 

DEVIERRI  (devièii)  v.  a.  —  En  Fr.-l. 
défricher. 

De  viria,  friche,  av.  préf.  de,  au  sens 
contraire  du  thème,  et  suff.  t  engendré  par 
le  groupe  ir  (16  5"). 

DEVIO  (SE)  (deviô)  v.  pron.  —  Se  garer,  • 
se  détourner  du  passage  d'une  voiture  etc. , 
Vfr.  desvier  ses  sens,  perdre  la  raison. 
Vudrins  beiii  me  deoiô,  mais,  bon  Iho,  fodril  pouére. 

«  Je  voudrais  bien  me  détourner,  mais, 
bon  Dieu,  il  faudrait  pouvoir.  »  {Due  Bib.) 

De  diS'Viteire.  Chute  de  t  (135)  ;  ch.  de 
are  en  ô  (14  1*»). 

DÉVIRI  (déviri)  v.   a.  —  Tourner  fré- 
quemment et  avec  rapidité. 
Cfpciiidaiil  lo  due  suuarSf  dévirant  liuus  prunèlet. 

«Cependant  les  deux  sœurs ,  roulant 
leurs  yeux.  »  (Dép.) 

De  î?tH,  av.  préf.  int.  de,  qui  prend  de 
plus  ici  le  caract.  fréq. 

DEVISA  V.  divisa, 

DEVISO  V.  diviso. 

*DEVITOU  (devilou)  s.  m.  —  Petite 
dette.  Peu  usité.  Je  l'ai  entendu  à  Crap. 
av.  l'ace,  sur  ou,  ce  qui  indique  un  suff. 
dim.  de  langue  d'oc  =  on  en  In.  Coch. 
le  donne,  naturellement  sans  indiquer  la 
place  de  l'accent,  mais  il  ajoute:  a  De 
même  à  St-Etienne  :  Vou  Vy  a  inquô 
quauques  petits  devitou  (Chap.),  »  —  Or, 
dans  Chap.,  devilou,  qui  est  à  la  rime,  a 
Tacc.  sur  i.  Chez  nous  les  paroxytons  ne 
se  terminent  jamais  en  ou.  Il  faut  donc 
supposer  que  Coch., sans  se  rendre  compte 
de  la  différence  d'avec  le  mot  cité,  a  voulu 
écrire  devilou,  suivant  la  prononc.  d'au- 
jourd'hui. Mais  le  mot  n'en  a  pas  moins 
une  physionomie  peu  lyonnaise.  Chap. 
dans  la  même  pièce  a  aussi  dettou,  qui  est 
tiré  du  fr.  dette,  av.  la  post-tonique  a  = 
ou  en  for. 

Devitou  en  In.,  comme  devilou  en  for., 
montrent  tous  deux  que  dans  le  lat.  popul. 
de  nos  pays,  l'ace,  dans  debitum  avait 
passé  de  e  sur  i.  Ch.  de  6  en  r  (141). 

DEYNTES  DEYTES  vin.  s.  f.  pi.  - 
TQrme  générique  qui  parait  avoir  été 
appliqué  aux  friandises  qui  composaient 
ce  que  nous  appelons  maintenant  le 
dessert.  «  Cil  de  Saint  Just  a  VI  homeuz, 
auz  IIII  pan  et  vin  et  cher    et  atos  et 


dey  nies  »,  celui  (le  chapitre)  de  Saint  Just 
à  G  hommes,  [savoir]  aux  4,  pain  et  vin 
et  chair  et  viandes  rôties  et  dessert.  «  Cil 
de  Sant  Pol  a  III  homeuz  pan  et  vin  et 
cher,  et  atos,  et  deytes,  »  {Cart,)  Vfr. 
daintié,  angl.  dainties,  friandises. 

Selon  Diez, du  celt.— Kym.  daintaith,àe 
dainl,  dant,  dent.  Gp.  bavar.  daentschig, 
friand  ;  vx  angl.  daunch,  difficile  à 
contenter.  L'absence  de  suff.  parait  mon- 
trer que  le  In.  n'a  pas  été  formé  surlefr. 

DEYTES  V.  dey  nies, 

DÉZÉ  (dézé)  s.  m.  —  En  Fr.-l.  Sorte 
d'outil  en  forme  de  pelle,  qui  est  au  bas 
de  l'aiguillon  et  sert  à  nettoyer  le  soc. 

Ètyra.  inconn.  Pourrait-on  y  voir  lerad. 
de  seyï  (secare),  couper?  Cp.  descier, 
scier  en  tranches. 

DIA  (dial)  interj.  employée  par  le  char- 
retier pour  commander  au  cheval  d'aller 
à  gauche  ;  hu!  pour  aller  en  avant;  huoi 
pour  aller  à  droite  ;  ho  !  pour  s'arrêter. 
Dans  le  Lyonn.  on  dit  le  plus  souvent  hi! 
au  lieu  de  hu!  Auv.  gia,  cat.  Jo,  h.  dph. 
djia, 

Dia  ne  vient  pas  de  de  hac,  qui  aurait 
donné  diai,  M.  J.  Flcury  assigne  pour 
étym.  l'arm.  dia,  terme  de  charretier  (pour 
dire  d'aller  à  droite),  et  le  grec  ^ta,  à  tra- 
vers. Il  ne  peut  venir  de  tous  les  deux  à 
la  fois  et  ne  vient  probabl.  ni  de  l'un  ni 
de  l'autre.  Il  faudrait  que  les  divers  mots 
employés  par  le  charretier  se  rapportassent 
au  même  dialecte.  Or,  en  arm.  le  charretier 
dit  sa  pour  en  avant,  et  sou  pour  à  gauche. 
L'emprunt  direct  au  grec  n'est  pas  plus 
vraisembl.  Je  crois  d'ailleurs  qu'il  n'y  a 
pas  d'étym.  aux  interj.  C'est  pourquoi  je 
ne  suivrai  pas  davantage  l'ex.  de  ceux 
qui  tirent  hi  !  «  en  avant  »,  d*ire.  C'est 
un  son  comme  hu  I  et  rien  de  plus. 

Ces  interj.  changent  d'ailleurs  qqfois 
suivant  les  contrées.  A  Nyons,  au  lieu  de 
hu-ô  pour  aller  adroite, on  dit  t^et  souvent 
o>ai.  Cet  oru  rappelle  le  cri  du  charretier 
toulousain  donné  par  Goudelin  :  Diahu- 
ruhoou  (sans  doute  tous  les  cris  réunis 
en  un  seul).  Djia,  employé  pour  à 
gauche,  est  le  dia  In.,  av.  une  prononciat. 
locale.  Mais,  ce  qui  est  plus  singulier, 
certains  voituriers  arrêtent  leurs  chevaux 
par  un  roulement  de  la  langue  :  rrrrre' 
On  dit  que  ce   phonème  a  été  inventé  il 


Digitized  by 


Google 


128 


DIAB 


y  a  40  ou  50  ans  par  un  voiturier  de 
TArdèche  qui  s'était  amusé  à  dresser  ses 
chevaux  à  s'arrêter  au  son,  et  qu'il  a  été 
imité  par  ses  collègues. 

DIABLE  (diable)  s.  m.  A  Lyon  Instru- 
ment en  tôle,  en  forme  de  demi-coupole 
surmontée  d'un  tuyau  faisant  cheminée, 
que  les  ménagères  placent  sur  un  réchaud 
de  charbon  de  bois  pour  activer  le  tirage. 

Ainsi  nommé  parce  qu'il  attise  le  feu 
comme  le  Diable  est  censé  le  faire. 

DIA  MÉ  (dia-mé  I  djia-mé  I)  interj.  !•  au 
sens  dubitat.  t  Allons  donc  !  »  — 2«au  sens 
interr  :  «  Oh,  vrai?  »  Marque  aussi  Téton 
nement:  «  Par  exemple!  »  DIA  PO,  FA  PO, 
—  Non  pas,  certes  non.  For.  dia  !  diè  ! 
certainement,  sans  doute  !  vrai  ?  tout  de 
bon  ?  Milan,  dopo,  non. 

De  vfr.  deay  primitivem.  diva,  composé 
de  dis,  impérat.  de  dire,  et  de  va,  impér. 
d'aller.  Diva,  devenu  dia,  n'a  plus  repré- 
senté pour  le  Lyonn.  que  le  sens  de  «  dis  » 
tout  seul;  et  dia  mé,  après  avoir  signifié 
«  dis-moi  »,  n'est  plus  qu'une  inteiject. 
dont  l'idée  originelle  s'est  perdue. 

Dia  pô  est  la  même  interj.  au  sens 
négatif  (p?5jf  =  fr.  pas).  —  Fapô:  [cela] 
ne  fait  pas,  ne  se  peut  pas. 

M.  Gras  lit  Atd  «  par  Jupiter  »  Ma  Ata 
«  oui,  par  Jupiter  »,  ce  qui  est  invraisem- 
blable, le  gr.  n'ayant  presque  rien  donné 
directem.  à  nos  dial. 

DIASQUE  interj.  Piém.  diaschne,  gén. 
diascoa,  it.  diamine  diancine  diascane 
diascolo,  milan,  diamen  —  Diable  I  Pr. 
Tron  de  disque,  tonnerre  du  Diable.  Il 
s'emploie  aussi  comme  subsL 

Luu  DiasquCf  avouti  sa  façon  si  adraita... 

«  Le  rusé,  avec  sa  manière  si  adroite...  » 
(Goch.) 

Euphémisme  pour  Diable.  Le  paysan  a 
une  certaine  crainte  de  prononcer  le  nom 
de  l'esprit  malin.  Ainsi  à  Lyon  on  dit  le 
Boulanger  pour  le  Diable.  Diasque  me 
parait  avoir  une  orig.  italienne. 

Dl  AU  (diô)  s.  m.  Anjou  déaii,  berr.  diau, 
lorr.  doiau,  vfr.  deel.  —  A  Paniss,  Dé  à 
coudre. 

De  ' digilellum,  de  digitum.  Chute  de 
/7(134);  det  (135);  ch.  de  t  bref  en  e 
(82);  do  ellutn  en  iau  (32).  On  a  deeiau 
deiau  diau, 

DIDJIOU  v.  dijou. 


DIDRA  (didra)  s.  f.  Roann.  guidre, 
Tarentaise  derda.  —  Dartre.  Il  semble 
difUcile  d'identifier  darlre  av.  didra.  Le 
1"  paraît  se  rattacher  au  celt  :  —  Kym. 
tarvcden,  arm.  darvueden,  darlre.  Le  2* 
parait  se  rattacher  au  germ  :  —  Angl. 
tetter,  ags.  teter,  dartre,  qu'on  relie  à  l'ail. 
zitter,  de  zittern,  trembler  ;  nord,  titra, 
à  cause  des  mouvements  tremblotants  qui 
sont  la  conséquence  de  l'affection.  Gp.  berr. 
darde,  dartre,  et  darde ^  tremblement. 
Titra  ressemble  singulièrem.  à  didra.  Le 
groupe  (rpeut  devenir  dr  (cp.  106,  rem.), 
et  d  init.  être  appelé  par  assimil.  Il  est 
difficile  en  effet  de  prononcer  tidra  sans 
le  corrompre  en  didra.  Sur  le  remplacem. 
singulier  de  d  init.,  par  g  dans  la  forme 
roann.,  I^u/drc,  cp.  vfr.  dille,  représenté 
par  guille  en  In. 

DIFFERENT,  TE  (diferan,  te)adj.,  dans 
l'express,  n'être  pas  différent,  n'être 
point  mauvais  ou  laid,  c  O  ayet  in  visin 
qu'ayet  de  son  Iau  très  boglies  que  n'étiant 
pau  différentes  »i  il  y  avait  un  voisin  qui, 
de  son  côté  avait  trois  filles  qui  n'étaient 
point  mal  {Dial.}. 

La  même  loc.  existe  en  berr.  Jaubert  y 
voit  une  ellipse  :  «  Différent  (de  ce  qui  est 
bon).  »  C'est  une  erreur,  car  le  mot  en  ce 
sens  ne  s'emploie  qu'av.  la  négat.  Qn  ne 
dit  pas  d'un  objet  mauvais  qu'il  est  «  dif- 
férent ».  C'est  au  contraire  indifférent, 
qui  veut  dire  c  médiocre,  ordinaire».  Une 
terre  indifférente^  une  terre  de  médiocre 
rapport.  Dans  la  locut.  ci-dessus,  différeyit 
est  pour  indifférent.  C'est  assez  bizarre, 
mais  la  suppress.  du  préf.  in  a  des  ex.,  et 
à  Lyon  on  dit  toujours  manquab lente nt, 
pour  immanquablem.  Donc,  trois  filles 
qui  n'étaient  pas  différentes,  c'étaient  trois 
filles  qui  n'étaient  pas  indifférentes,  et 
trois  filles  qui  ne  sont  pas  indifférentes, 
c'est  trois  filles  pour  lesquelles  on  n'est 
pas  indifférent.  Cette  dernière  intervers, 
de  sens  a  des  ex.  en  fr.  Cp.  «  une  rue 
passante  »  pour  une  rue  où  il  y  a  des 
passants.  Cp.  aussi  l'express,  norm  :  «  Mon 
pré  fauche  »  pour  «  on  fauche  mon  pré.  » 

DIJAU  V.  dijou. 

DIJOU  (dijou)  DIJAU  (dijô)  ;  à  Ample 
puis  DIDJIOU  s.  m.  —  Jeudi. 

De  dies  Jovis.  Voc.  de  v  dans  la  forme 
diJou  qui  suppose  un  prim.  dijoiis.  Dans 
une  forme  sans  voc.  on  aurait  eu  rfyô,  o 


Digitized  by 


Google 


DILA 


1^ 


étant  bref  dans  Jonis  (39).  Je  crois  donc 
qu'on  a  eu  dijau,  par  équival.  de  ou  et 
au  (49).  Beaucoup  de  dial.  d'oc  ont  aussi 
la  forme  en  au  (for.  Jau,  gév.  d^au  etc.). 
Dans  tous  les  dial.  du  sud  le  mot  dies  a 
précédé  le  qualificatif,  à  l'inverse  du  fr. 
(Jeu-di  etc.).  Dans  la  forme  didjiouy  il  est 
probable  que  le  2«  yotte  a  été  appelé  par 
le  l•^ 

01  LAI  (dilô)  ILAI  adv.  de  lieu.  For. 
allai,  —  Là,  avec  distance  ;  là-bas.  Le  è 
ilaX  ou  le  è  dilai,  elle  est  là,  elle  est 
là-bas. 

De  de-illAc,  Gh.  de  ac  en  ai  (11). 

DILIUN  y,dilun, 

DILUN  (dilun)  DILIUN  s.  m.  -Lundi. 

De  dies  lunae.  Le  mouillem.  de  /  dans 
la  forme  diliun  doit  être  attribué  à  l'infl. 
de  i  de  dies. 

DIMECRO  (dimècro)  s.  m.  —Mercredi. 

De  dies  Merc{u)ris,  —  Chute  de  la  1" 
r  dans  rcr  (180  !•). 

DIMINGI  (dimingi)  s.  f.  —  Dimanche. 
La  dimingi  que  vint,  dimanche  prochain. 

De  dies{do)min(i)ca  (85  et  174,  rem.  2), 
Fin.  i  (54  2»). 

DIMOR  (dimôr)  s.  m.  —  Mardi. 

De  dies  Ma,rtis.  Gh.  de  a  en  d  (4). 

DINADI  (dinadi)  s.  m.  —  Arrhes. 

Syncope  de  denier-à-Dieu.  On  devrait 
avoir  denadi.  La  proton,  s'est  accusée 
sans  doute  parce  qu'elle  a  l'accent  second. 

DINBO  (dinbô)  s.  f.  employé  seulem. 
dans  cette  loc.  ina  dinbô  d'aigui,  pour 
une  averse  violente,  une  tromi)e. 

Je  lis  dans  dinbô  :  in  bôs,  en  bas, 
exprimant  la  chute,  comme  dans  l'express. 
un  aval  d'eau,  qui  a  le  même  sens.  D  doit 
être  un  d  proslhét.  ajouté  sous  je  ne  sais 
quelle  infl. 

DINGUER  (dinghè)  V.  n.  Vosges  dingue, 
lorr.  danga.  —  A  Lyon  dans  les  express. 
Envoyer  dinguer,  Faire  dinguer,  rejeter 
au  loin.  «  Je  l'ai  envoyé  dinguer  dans  le 
placard.  »  {Les  Malins) 

Onomat  :  ding,  plus  suff.  fr.  er.  Vosg. 
dinguer,  rebondir  av.  un  bruit  sonore  ; 
norm    derlingué,  même  sens. 

DINQUI  (dinki)  loc.  Dph.  denqui.  — 
Gomme  ceci,  comme  cela,  de  eette  manière. 
O  v'est  dinqui,  c*est  ainsi.  Vfr.  denqui 
prép.,  jusque.  Denquiau  6wi55on,  jusqu'au 
buisson  (Du  G.  à  pergus).  Roquef.  donne 


la  forme  danqui,  de  là,  d'ici,  par  delà. 
Toulous.  daqu'indaban,  dorénavant,  litt. 
d'ici  en  avant. 

Gomposé,  malgré  la  bizarrerie  de  la 
dérivât,  du  sens,  av.  la  prép.  de  et  inqui, 
ici.  On  devrait  donc  écrire  d'inqui.  Il 
est  l'équivalent  de  comme  iqui^i,  comme 
cela. 

DINSÉ  V.  dinsù 

DINSI  (dinsi)  ;  à  Grap.  DINSÉ  (dinsé) 
s.  f.  For.  denci.  —  Agacement  des  dents. 
Los  résins  vards  bettont  la  dinsi,  les 
raisins  verts  lient  les  dents. 

,  .  .  Lo  zugnons  de  Proveind 

Fanl  pôs  couère  lo  zio,  ne  beloiit  pôs  la  diinsi. 

«  Les  oignons  de  Provence  —  Ne  font 
pas  cuire  les  yeux,  n'agacent  pas  les 
dents.  »  {Tôt  vab) 

De  dens  =  dins  (32) ,  plus  suiï.  i 
(54  5'). 

DIOMEINI  V.  diumai7ii. 
DISSANDO  (dissando),  DISSANDRO; 
à    Amplepuis    DISSINDRE  s.    m.   Dph. 
dissamde,  for.  sandou.  —  Samedi. 

De  dies  samedi  pour  sabbati,  La  forme 
dissindre  a  été  faite  par  analog.  avec 
divindro  ;  a  +  m  ne  se  nasalise  pas  en 
m,  mais  en  an  (8).  Insert,  de  r  (184  6»,  f). 

DISSANDRO  V.  dissando. 
*  DISSINDRE  V.  dissando, 

DIT  A  (dita)  à  S^-Mart.  ;  DETCHI  à 
River.;  DZETTA  à  Morn.;  DITI  à Paniss. ; 
DETSI  à  R.de-G.  ;  vin.  DEETA  s.  f.  M.  lat. 
deeta,  Voiron  dietta^  —  QvMche.  Ss.-rom. 
dietzo,  vase  à  tenir  le  lait  ;  m.  lat.  ditaga, 
burette  (?)  «  Item  por  poz,  tupins,  deetes 
de  terra,  escuelles  »,  item  pour  pots,  vases, 
cruches  de  terre,  écuellcs  {Cont.  P.). 
Pu  riieruu  magistrat  s'emparanl  d'uHa  detsi. 
«  Puis  l'heureux  magistrat  s'emparant 
d'une  cruche.  »  (Per>) 

•Les  formes  deeta  dietzo  nous  ramènent- 
elles  à  diota,  par  une  forme  *dieta  dans 
laquelle  l'idée  de  double  serait  exprimée 
par  die  au  lieu  de  dio,  comme  dans 
dieres?  Les  formes  av.  i  hn.  indiqueraient 
un  *dietea  (54  !•).  Le  sufif.  ea  peut  être 
appliqué  â  la  format,  même  de  subst. 
Gp.  linea,  lintea. 
DITI  V.  dita. 

DiUMAINI  (diumôni)  à  Grap.;  à  Ample- 
puis DIUMÈNA  ;vln.  DIOMEINI  s.  f.  — 
Dimanche.    «    La   diomeini  après   festa 

U 


Digitized  by 


Google 


130 


DIUM 


senli  Qiiatelina  »,  le  dimanche  après  la 
fêto  de  sainte  Catherine  (L.  de  R.)  La 
diumana  don  liampeaux^  le  dimanche 
des  Hameaux  (Goch.  à  Rampeaiix), 

De  dies  dominica.  Il  faut  admettre  que 
la  format,  a  été  domini{c)a  et  non  domi- 
n{i)ca.  Dies(do)minia  donne  rég.  diu- 
inB,îni;  comme  glitea,  glaise,  pav  altract. 
de  Tyotte.  Fin.  i  (54  !<>).  La  forme 
d'AmpIepuis  est  conforme  à  la  phonét. 
particulière  de  l'endroit,  voisin  du  Roann. 

DIUM  EN  A  V.  diumaini. 

DIVIN DRO  (divindro)  s.  m.  Dph.  diten- 
dre»  —  Vendredi. 

Je  t'ally  u  derant  divendre  tu  lo  Urt. 

«  J'allai  au  devant  de  toi  vendredi  sur 
le  lard.  »  {Naiss.  du  J).) 

De  dies  Ven(e)ris,  —  Nasalis.  de  e  (22)  ; 
insert    de  rf  (176  !•). 

DIVISA  (divisa)  DEVISA  s  f .  —  Cause- 
rie, conversation,  propos. 
Entroas  lot  de  flit 
Per  entendre  de  tertons 
Chacun  lieu  divisa, 

«  Entrons  tous  à  la  file,  —  Pour  entendre 
de  tous  —  Et  un  chacun  leurs  propos.  » 
(Vx  Noël) 

Subst.  V.  tiré  de  divisa. 

*DIVISO  ^divizô)  DEVISO  v.  n.  — 
Causer.  «  Y  diviseront  longtemps;  ydii-i- 
savont^  ils  parlaient,  ils  conversaient.  » 
(Coch.)  «  Après  qu'y  s  Vuront  imbrassi 
liou  pore,  et  gu'gs  gli  ossiront  devisait 
quauquis  momints,  après  qu'ils  eurent 
embrassé  leur  père  et  qu'ils  eussent  (^ir) 
causé  qq.  moments.  »  (Dial.) 

De  divisa.7-e,  Gh.  de  a  en  ô  (15  3% 
rem.  3).  La  forme  av.  i  init.  est  antérieure 
à  l'autre. 

DOBLI  (dobli)  s.  m.  —  Appareil  com- 
posé d'une  traverse  et  d'un  crochet  pour 
appondre  au  timon  d'une  voiture  afin 
d'ajouter  un  cheval  au  devant  de  l'attelage. 

De  dnpli{c)um  (v.  cMr  drobli).  L'r  qui 
existait  dans  drobli  est  tombé  sous  l'infl. 
du  fr.  double. 

DOELLA  (doèla)  ;  à  Lyon  duelles  f.  — 
Douve  de  tonneau.  Vës  cheire  en  doelles, 
je  vais  mourir  de  lassitude  ou  de  faim, 
par  allusion  au  tonneau  dont  les  douves 
tombent. 

Du  b.  lat.  doela  (de  doga).  Il  est  probable 
qu'en  disant  duelle  on  a  cru,  à  Lyon, 
franciser  le  mot. 


DOIGTS-DE-MORTS  s.  m  pi.  —  A  Lyon 
Scorsonères. 

Ainsi  nommés  de  leur  forme  effilée  et 
de  leur  blancheur. 
*DOLIURI  (doliuri)  s.  f.  —  Doloire. 
De  dolatona.  Chute  de  t  (135)  ;  réducl. 
de  aoria  à  oria  =  uri  (37).  L'inserl.  de 
yotte  devant  u  a  été  appelée  par  l'yotte 
de  ia. 

DOMO  (dômô);  à  River.  DAMO(damô) 
s.  f.  —  Sorte  de  petite  prune  noire.  Vos- 
ges domas,  sorte  de  prune. 

De  Damas  (prune  de  Damas).  Gh.  de  a 
ton.  en  ô  il);  de  a  prot.  en  ô  (69)  dans 
la  forme  dômô, 

DON  A  (dona)  vin.  s.  f.  —  Dame;  ma 
dona,  ma  femme.  «  Lo  vendros  aprers  la 
Tosanz  fut  sevelia  ma  dona  Bonamurs  », 
le  vendredi  après  la  Toussaint  fut  enterrée 
ma  femme  Bonamour.  »  (L.  R.) 
La  bonna  dona  fut  toula  épouvanta  (Vx  noël\ 
De  dom(J)na.  Chute  de  m  (177  !•). 
DON  DO  (dondô)  v.  a.  —  Dompter. 
Lo  progrès  dzit  son  nom,  et  rugnivAr  redonde 
Ou  nom  de  C4iu  métiô  qu*aucuH  Iravàr  ne  dondê. 
«  Le  progrès  dit  son  nom,  et  l'univers 
retentit  —  Du  nom  de  ce  gas  qu'aucun 
travail  ne  dompte.  »  (Roq.) 

De  dom{i)tdLre,  Ch.  de  <  en  d  (174  2», 
b)  ;  de  are  en  ô  (14  !•). 

DONSELLE  vin.  s.  f.  —  Anse  de  fer 
qu'on  suspend  à  la  crémaillère  et  qui  sert 
à  supporter  la  poêle.  «  Un  andier  et  troi.s 
donselles  de  fert.  »  (Inv.  de  VHôp,  de 
Villefr.  1514,  ap.  Missol). 

De  fr.  donzelle^  servante,  parce  que 
l'instrum.  fait  l'office  d'un  aide.  On  l'appelle 
aujourd'hui  servante.  Le  vocable  a  changé, 
mais  l'idée  est  la  même. 

DORA  (dora);  à  Lyon  dare,  mot  qui  ne 
s'emploie  que  dans  les  loc.  suiv.  Mena 
ina  dora,  faire  un  grand  bruit,  se  donner 
beaucoup  de  mouvement.  Être,  en  dare, 
être  tout  en  dare,  être  dans  ses  dares, 
être  ému,  hors  de  soi.  On  dit  d'un  chat 
qui  a  respiré  de  la  valériane,  qu'il  est  en 
dare.  For.  dara,  mouvement,  agitation  ; 
rch.  daré,  wal.  darer,  s'élancer  sur,  pous- 
ser; fr.  dare  dare,  rapidement;  piém. 
zara,  colère  ;  an  sara,  eu  colère. 

Peut-être  du  celt.  —  Kym.  dar^  bruit 
tumulte,  vacarme  ;  gaël.  dararacK  grêle 
(de  flèches,  d'invectives  etc.);  irl.  daradh. 


Digitized  by 


Google 


DORC 


131 


rut.  En  ags.  d(v\  qui  peut  avoir  été 
importé  du  celt.,  signifie  destruction, 
dommage,  blessure.  C'est  à  tort  que 
Grandg.  tire  le  wal.  darer  de  dard,  qui 
donne  darder. 

DORCY  V.  dorsi. 

DORDOLA  (dordola)  s,  f.  —  Sorte  de 
grosse  prune  à  pulpe  adhérente. 

Probablem.  un  nom  d'horticulture  estro- 
,  piéj  mais  comme  il  appartient  sans  doute 
à  la  vieille  horticult.,  il  m*a  été  impos- 
sible de  le  retrouver. 

DORGNI  (dorgni)  s.  f.  —  Meurtrissure 
à  un  fruit.  Piém.  dorgna,  tumeur. 

Probablem.  le  môme  que  ogne,  à  Lyon 
meurtrissure  aux  doigts  quand  les  enfants, 
au  jeu  de  gobilles,  tirent  sur  une  gobille 
que  le  perdant  tient  entre  le  médius  et 
l'annulaire,  la  main  verticale  reposant 
sur  les  extrémités  des  doigts.  Ogne  est 
devenu  dorgni  par  la  prosth.  de  d  (cp. 
wal  dognon,  callosité  de  l'orteil)  et  l'insert. 
de  r  (184  6«.  f)-  —  Ogne  est  lui-même 
onio,  dont  le  cas  oblique  onionem  a 
donné  oignon.  Mouillem.  de  n  devant  ia, 
io  (148  rem.  S);  fin.  i  (54  3o).  Oigne  a 
passé  à  ogne,  comme  besoigne  à  besogne. 

DORMAROU,  OUSA  (dormarou,  ouza) 
adj.  —  Dormeur. 

De  dormire,  av.  suff.  ou,  à^osus  (35) 
et  épenth.  d'une  syll.  intercalaire  ar,  péj., 
qu'on  retrouve  dans  dentaru. 

DORSI  (dorsi)  ;  ap,  Goch.  DORCY  ;  à 
Lyon  dorse  s.  f.  Vfr.  dosse.  —  Gousse, 
cosse.  De  darses  de  fafioles,  des  gousses 
de  haricots. 

De  dorsum,  qui,  réduit  à  dossum  en 
1).  lat.,  avait  pris  le  sens  de  pellis,  étendant 
ainsi  la  signiûcat.  de  la  partie  au  tout. 
M  lat.  dossagium,  impôt  que  l'on  payait 
pour  exercer  la  profess.  de  pelletier.  On 
dit  encore  dossoyer  pour  exprimer  l'eau 
qui  se  trouvedansles  peaux.  Fin.i(54  5o). 

DOUAR  (douar)  s.  m.  Vfr.  duel,  doeL 
—  Deuil. 

Subst.  V.  tiré  de  doloir,  par  l'intermé- 
diaire doel  qui  donne  en  In.  doer  par  ch. 
de  ;  en  r  (121  !«)  et  doar  par  ch.  de  e 
en  a  sous  infl.  de  r  (24,  rem.  4).  Passage 
de  oa  à  oua,  cp.  rota  =  roa  devenu 
roua,. 

DOUETTA  DE  FI  (dour-ta  de  fl)  loc.  — 
Une  grande  aiguillée  de  fil. 


De  doigt,  av.  suff.  a,  parce  que  l'aiguillée 
s'enroule  autour  du  doigt.  Littér.  une 
doigtée  de  fil.  A  fin.,  au  lieu  de  ô  (1). 
s'explique  par  l'analogie  av.  les  autres 
subst.  répondant  à  ée  fr.  et  qui  ont  un 
yotte  (1.  rem.  3)  :  croisée,  cruezia;  bras- 
sée, brassia. 

*DOUTO  (doutô)  V.  a.  Vpr.  dostar  hos- 
tar,  lim.  dousta  douta,  Igd.  dosta,  vfr. 
dos  ter.  —  G  1er,  enlever.  «  Douta  iquien» 
ôtez  cela.  »  (Goch.) 

Du  b.  lat,  d{eyhausta,re.  Ch.  de  au  en 
ou  (75)  ;  chute  de  s  (188  2©)  ;  ch.  de  are 
enô  (14  !•). 

*  DO  VA  (dova)  s.  f.  A  Montpellier  dougo 
{ap,  Coch.),  lim.  doujo,  —  Rejet  de  la 
terre  d'un  fossé. 

Forme  équivalente  aufr.  douve,  de  doga, 

DRAIT  (drô)  DRET  (drè)  adv.  —  1.  Au 
droit,  juste  devant.  Dret  datant  lo  chami, 
bien  en  face  du  chemin.  2.  Exactement, 
justement.  Taviso  dret  m'n'homo  que 
migive,  je  vois  justem.  mon  homme  qui 
mangeait.  Je  suei  arriva  dret  par  la 
mcssa,  je  suis  arrivé  juste  pour  la  messe. 
3.  Directement,  sans  s'arrêter.  «  Après 
qu*ys  se  firont  tretous  embrassis,  lo  très 
chaulands  s'en  ailliront  dret  à  Paris, 
après  qu'ils  se  furent  tous  embrassés  les 
trois  gas  s'en  allèrent  directem.  à  Paris.  » 
(Dial.) 

De  drictum  (18  2»). 

DRALA  (drâla)  adv.  —  A  Villefr.  De 
là,  là-bas,  de  l'autre  côté. 

De  Drictum-illSLC.  Drictum  a  donné 
dret,  mais  j'explique  dra  par  le  mot  d'oïl 
droit*  Villefr.  subit  déjà  les  infl.  d'oïl. 
Droit-là  offre  qq.  difficulté  de  prononciat. 
et  a  pu  facilem.  passer  à  drâla.  On  trouve 
en  vfr.  droila,  près  de  là,  en  cet  endroit 
(Roquef.). 

DRAQUI  (drakl)  adv.  —  A  Villefr.  De 
ce  côté,  d'ici,  ici. 

De  dra  (v.  drâla)  et  fïeccu'hic  =  qui 
(V.  iqui). 

DRAVORE  (drâvore)  adv.  —  A  Villefr. 

—  lout  à  l'heure,  dans  un  instant. 

De  dra  (v.  drala)  et  vorre,  tout  de  suite. 

DRAYI  (drayi)  s.  m.  For.  draive,  Igd. 

dral,  gév.  draï,pT.drai,m.  \B.i.drayetum. 

—  Crible.  A  Nyons  drB,yi,  crible;  drayt, 
crible  plus  petit.  Le  dim.  existe  à  côté  du 
simple  dans  tous  les  dial.  d'oc. 

Subst.  V.  tiré  de  drayl. 


Digitized  by 


Google 


132 


DRAY 


•DRAYI  (dra-yl)  v.  a.    Pr.  draia,  Igd. 

draja,  rgt.   dralha,   b.  lat.  draihare  -^ 
Cribler,  vanner  le  blé. 

Orig.  germ.— Gotb.  dreigan,  nor.  draga^ 
ags.  dragan^  holl.  draagen.  suéd.  draga, 
ail.  tragen,  angl.  to  drag,  draguer,  tirer, 
traîner;  io  drag  on^  entraîner,  et  par 
exlens.  seeouer  en  jetant  en  l'air.  Au 
rad.  drag  s'est  ajouté  le  suff.  t  (15  2"), 
Ch.  de  g  fin.  en  y  (116  b°). 

'DRESSIRI  (drèssiri);  à  Lyon  dressire 
s.  f.  Vfr.  dressière,  dph.  dreissiri.  — 
Sentier  abrégé. 

Copa  donc,  s'y  a  moyen  ; 
Gagnons  la  dressire, 

€  Coupez  donc  au  plus  court,  s'il  y  a 
moyen  ;  —  Gagnons  le  raccourci.  »  (T'a: 
Xoèl) 

De  vfr.  dressiere,  av.  subslit.  du  sufif. 
pat.  iri  (13).  Dressiere  est  lui-même 
dcr.  de  drecier  [direciiarc). 

DR  ET  V.  drait, 

DRET  QUE  (dré  que)  coiijonct.  I5err. 
drès  que.  —  Dès  que,  aussitôt  que. 
«  Dret  que  lo  sole  comincit  àliure,  ys 
alliront  le  z'apichi;  »  dès  que  le  soleil 
commença  à  briller  ils  allèrent  les  guetter. 
(Dial.)  «  Mè  dret  que  voulron  olrot  garçon, 
qu'a  migi  tout  son  bien...  »  mais  aussitôt 
tjue  votre  autre  fils,  qui  a  dévoré  tout  son 
bien...  (Par.  S^-Syrnpfu) 

Dre  que  mon  ricangaille  à  la  Tu-ya  8*expose, 

€  Dés  que  mon  gredin  à  la  vue  s'expose.  » 
(Ménag.) 

Le  vfr.  a  très  que  et  le  pr.  tr^  que, 
jusque,  qu'on  tire  de  irans  quod.  La 
Iransform.,  rég.  pour  le  fr. ,  ne  l'est  pas 
l»our  le  pr.  En  tous  cas  il  y  a  bien  des 
(lifiicultés  à  tirer  dret  que  de  trahis  quod. 
1»  Le  sens  ne  s'y  prête  pas;  2*  a  ton. 
libre  =  a  et  non  ^  (1)  ;  3«  le  passage  de 
tr  init.  à  dr  est  insolite.  On  devrait  avoir 
ainsi  tra  que  et  non  dret  que.  Je  crois 
donc  que  dret  que  est  un  composé  de 
dret  [drictum)  et  de  que^  av.  une  dér.  de 
sens  admissible.  Jaubert  voit  dans  le 
berr.  drès  que  le  fr.  dès  que,  av.  épenth. 
der;  cette  format,  n'est  pas  vraisemblable. 
.Te  ne  connais  pas  d'ex .  d'épenth.  de  r 
h  rinit.  dans  un  monosyll. 

DRl  (drl)  s.  m.  —  Nom  d'homme,  André. 

iy*(tLn)drea  =  Andri,  av.  la  syncope 
assez  singul.  de  la  syll.  accent.  Ea  s  i 
(54  !•),  qui  est  devenu  ton. 


DROBLO,  A(droblo);  à  R.-deG.  DROU- 
BLO;  vin.  droble  adj.  —  Double.  «  La 
reconuchanse  dépare  a  fil  a  droble  ser- 
vis, la  reconnaissance  de  père  en  fils  d'un 
double  servis.  »(^/w?) 

La  Icrra,  reviria  par  mai  d^ioa  manoura,... 

Gliou  produsil  lo  droblo  araiit  la  fin  de  Tan. 

«  La  terre,  retournée  par  plus  d'un 
pionnier...—  Leur  produisit  le  double 
avant  la  fin  de  Tannée.  »  (Mon.) 

Du  loul,  Tancien,  t'6»  biau  carciilô  droubh. 

«  Du  tout,  l'ancien,  tu  as  beau  calculer 
double.  »  (Per.) 

De  dnplum  (v.  chôr  drobli). 

DROLO  (drùlo)  DROLA  s.  —  A  Paniss. 
Petit  garçon,  petite  tille.  D'un  usage 
fréquent  dans  tout  le  canton  de  Néronde 
et  celui  de  S»-Symph.-de-Lay  (f^ire). 

C'est  le  fr.  drôle,  sans  aucun  sens  pêj. 

Je  ne  sais  comment  ce  mot  prov.,  qui 
n'existe  ni  dans  le  lu.  ni  dans  la  plus 
grande  partie  du  For.,  a  pénétré  dans 
celte  région. 

DROUBLO  V.  drohlo. 

DROUÉRI  (drouérî)  v.  a.  —  Passer  une 
règle  sur  un  boisseau  plein  pour  enlever 
l'excédent. 

De  fr.  droi(t),  prononcé  droué,  plus  suff. 
érX  (cp.  gauduér'i).  En  oïl  on  dirait 
''droiter  un  boisseau. 

DROU I LLES  s.  f.  plur.—  Vieilles  bardes, 
nippes  démodées.  Voiron  dry  lie  (proba- 
blem.  drilhe),  chiffon. 

Du  fr.  drilles,  chiffons,  av.  subslit.  de 
la  syll.  ouilles  sous  une  infl.  péj.  (Cp. 
fripouille,  terme  injurieux  et  drapouille, 
vx  vêtements).  La  forme  voironn.  confirme 
l'étym.  On  trouve  aussi  à  Voiron  rfrowt'/- 
Ics,  copeaux,  qui  me  parait  être  un  autre 
mot.  J'en  dirai  autant  du  vfr.  drouille, 
épingles  d'un  marché,  pot  de  vin. 

DRUGE  (DE)  loc.  Se  plaindre  de  druge 
—  Se  plaindre  de  trop  de  bien-être,  au 
sens  iron.  Le  fr.  dit  :  «  Se  plaindre  que 
la  mariée  est  trop  belle.  »  Nyons,  se 
plaindre  de  druyère. 

De  drugi,  subst.  «  Se  plaindre  de  druge  », 
littér.  se  plaindre  d'une  trop  grande 
richesse  de  sève. 

DRUGE  (EN)  loc.  —  Être  en  druge, 
sauter,  bondir.  Lo  miron  est  in  druge* 
se  dit  des  chats  lorsqu'ils  sont  dans  ces 
états  nerveux  où  ils  ne  font  que  bondir 
(v.  drugi  subst.). 


Digitized  by 


Google 


DRUG 


133 


DRUGEON  (drujon)  s.  m.  —  Rejeton  au 
pied  d'un  arbre. 

De  drvigi,  pousse,  av.  suff.  dim.  on. 
Peut-être  le  fr.  drageon^  dont  on  attribue 
l'orig.  au  goth.  traibjan,  est-il  simplem. 
une  corrupt.  de  drugeon. 

DRUGEOU,  OUSA  (drujou,  ouza)  ;  à 
Lyon  drugeur,  eiise  s.  —  Trompeur, 
eu  se. 

Dedrugt,  trompeur,  av.  sufT.ou(34&w). 

DRUGI  (druji)  ;  à  Lyon  druge  s.  f.  Lgd. 
drudige  drugige  —  1.  Pousse  excessive, 
surabondante.  M.  Godef.  lui  donne,  (mais 
av.  le  signe  du  doute),  je  suppose  d'après 
M.  Onofrio,  en  In.  et  en  for.  le  sens 
de  «  provision»,  qui  m*est  complètem. 
inconnu,  et  que  je  crois  inexact. 

Du  celt.  —  Kym.  drud^  vigoureux;  gaël. 
d)'uth,  pétulant.  Fin.  i  (54  2*). 

2.  Fumier,  engrais,  For.,  ss.-rom.  et  op. 
Goch.  druge,  même  sens. 

Du  celt.  —  Arm.  driiz,  gras,  en  parlant 
de  la  terre;  druza^  graisser,  engraisser. 
Évidemm.  le  même  que  le  kym.  drud. 

DRUGI  (drujI)  ADRUGI  ;  à  Lyon  dru- 
ger.  For.  drugie.  1.  v.  n.  —  Bondir, 
sauter,  s'amuser  par  des  sauts  précipités. 
Ceîos  efants  adr agent ^  ces  enfants  sau- 
tent, s'amusent  bruyamm.  -  t  A  comin- 
ciront  donc  à  se  regalô  et  à  drugî  »  ils 
commencèrent  donc  h  faire  bonne  chère 
et  à  danser  {Par.  S  ^  -Symph.). 
...Quand  tou  se  ftt  graiiJ,  ne  faut  plus  tant  drugie, 

«  Lorsqu'on  se  fait  grand,  il  ne  faut 
plus  tant  s'amuser.  »  (Ghap.)  —  Se  dit 
des  chats  quand  ils  soufflent  :  La  mira 
druge  ;  et  aussi  quand  ils  font  des  bonds 
désordonnés.  Poit.  druge,  norm.  drugette, 
petit  diable  (d'un  enfant)  ;  norm.  druges, 
maladie  qui  fait  remuer  sans  cesse. 

De  drugi  subsL,  av.  suff.  t  (15  2»). 

2.  V.  a.  —  Tromper,  t  Y  voliont  me 
drugX  »,  ils  voulaient  me  tromper. 

Du  vha.  tmglf  mha.  irùge^  ail.  betrug, 
tromperie,  fourberie  ;  vha.  truganôn 
truginôn,  ail.  tr'ûgen^  tromper,  duper. 
Il  y  a  eu  certainem.  un  subst.  *  drugi  qui 
a  signifié  tromperie. 

DRUISE  (druize)  s.  f.  —  A  Villefr. 
bouillon  blanc,  verbascum  thapsus. 

Étym.  inconn. 

*  DRU  Ml  (druml)  v.  n.  Vpr.  adurmi, 
lim.  durmX.  —  Dormir. 


De  dormir e.  M4tath.  de  r  (187  !•).  Le 
ch.  insolite  de  o  en  m  est-il  dû  à  l'infl.  de 
m  ?  La  preuve  semble  en  être  dans  ce  fait 
que  lorsque  la  métath.  n'a  pas  lieu,  o 
persiste  :  on  dit  en  effet  dormi  et  drumi, 

Parlô  pôs  de  dormi^  visins  de  tout  Tacôrmes. 

«  Ne  parlez  pas  de  dormir,  voisins  des 
vacarmes.  »  (Hym,) 

Toutefois  cette  raison  n'explique  pas  les 
formes  d'oc,  où  la  métath.  n'a  pas  eu  lieu.  • 

Marg.  a  adormi  et  adurmi,  mais  il  est 
probable  que  les  2  graphies  sont  pour  un 
même  son. 

DÛ  (du)  s.  m.  —  Dette.  S'emploie  sur- 
tout au  pi.  Avai  des  dus,  avoir  des  dettes. 

Partie,  passé  de  devai,  devoir,  pris 
substantivem. 

DUCHI  (duchi)  vin.  prép.  —  Jusque. 
Arch.  mun.  1369:  «  Item  deis  la  dicta 
place  de  tourt  en  alan  vers  Ron  duchi  à 
l'autra  place  do  tour  seguant  »,  item 
depuis  la  dite  place  de  la  tour,  en  allant 
vers  le  Rhône  jusqu'à  l'autre  place  de  la 
tour  suivante  (Tard-Venus). 

De  de  usque,  quoique  je  n'explique  pas 
comment  qw  a  passé  à  c/i,  ce  qu'il  n'a  fait 
dans  aucune  langue  romane. 

DURRE  (dure)  v.  a.  —  Devoir. 

De  debere.  Chute  de  b  (142),  mais  non 
sans  avoir  exercé  une  infl.  tendant  à 
changer  ee  fermé  en  w. 

DZATRIN  (dzatrin)  interj.  —  A  R.-de- 
G.  Diantre. 

Morphologisme  fort  singulier  de  diantre- 
Gomme  d  devant  a  se  prononce  d,  la  pro- 
nonciat.  dz  indique  un  yotte  disparu.  On 
a  donc  dit  dziatrin^  puis  dsatrin^  sans 
que  je  puisse  expliquer  la  dénasalisat.  de 
a  de  diantre  ni  l'addit.  du  suff.  m. 

DZETTA  V.  dita. 

DZO  (dzô)  s.  m.  —  A  R.-de-G.  Dieu. 

A  r«jo  (lou  platsi,  si  o'ons  trop  baiidelô, 

Le  bon  Dzo  s'eiii  SeTeinte  ;  et  véqua  la  palô. 

«  A  l'âge  du  plaisir,  si  nous  avons  trop 
fait  la  débauche,  —  Le  bon  Dieu  s'en 
souvient;  et  voilà  la  pâleur.  »  (Gorl.) 

De  Deum.  Progress.  d'ace.  (51)  ;  ch. 
de  u  bref  en  o  (34).  On  a  deo  =  dio, 
prononcé  dsio,  suiv.  la  prononciat.  de  d 
devant  i.  Ge  dzio  s'est  réduit  à  dzo.  La 
prononciat.  insolite  d:  (d  devant  o  est 
une  articulât,  ordinairem.  simple)  est  un 
souvenir  de  la  présence  du  yotte. 


Digitized  by 


Google 


134 


E 


E  —  1.  Syll.  préposée  aux  groupes  ini- 
•  tiaux5^  se,  sp,  sm  (112)  ;  mais  le  plus 
souvent  e  est  ensuite  tombé  av.  s  (111). 
2.  Préfixe. 

a)  De  ex,  av.  caract.  disjonct.  V.  ëcléno, 
échailli,  écliapr), 

b)  Substitué  au  préf.  in,  V.  échandl^ 
éhéroudù 

c)  Int.,  ou  simplem.  euphon.,  ou  môme 
purem.  explét.  devant  heaucoup  de  mots. 
V.  écarabossi,  écharri^  échiffe,  élindau. 

*EBARNO  V.  harnô.  Dph.  eibarna, 
même  sens. 

ÉBÉJO,  A  (ébèjo,  a)  adj.  —  Se  dit  d'un 
linge  d'un  aspect  roux  pour  avoir  été  mal 
lavé.  Çu  panaman  est  tôt  ébèjo,  cet 
essuie-main  est  tout  roux. 

Quand  Tàrquin  lo  borboux  et  Mouitara  Vébèjo 

Ou  grand  Castararro  Tésiant  crachi  lo  (ejo. 

«  Quand  Tarquin  le  barbu  et  Mustapha 
le  brun  —  Au  grand  Gastafarro  faisaient 
cracher  le  foie.  »  (Mén.) 

Littré  rattacha  beige  à  bis,  de  couleur 
brune.  Il  semble  se  rapporter  plutôt  à 
ba,dia  {badius,  bai,  employé  par  Varron). 
Ch.  de  a  en  ai,  par  attract.  de  l'yotle, 
comme  dans  bai;  ch.  de  dj  en  j  (cp. 
*ped{i}ca  =  piège,  sedia  =  siège).  On  a 
baija  et  baijo^  av.  o  final  post-ton.  pour 
marquer  le  genre  masc.  Baijo  est  devenu 
ébaijo  parla  prosth. explét.  de  e,  et  éb'ijo 
dans  la  graphie.  Bisj  aurait  donné  bige. 

ÉBÉROUDI  (ébéroudi  ébéroudzi)  v.  a. 
—  Effrayer,  affoler. 

De  beroud  (v.  debjraudi)^  demi-fou, 
timbré,  av.  prosth.  de  e  au  sens  de  in,  et 
suff.  de  la  2«  conjug.  fr. 

EBISO  (S')  (ébizô)  ;  à  Grap.  ABISO  (S') 
V.  pron.  —  Se  dit  des  cuisses  et  autres 
organes  qui  se  meurtrissent  par  le  frot- 
tement de  la  marche. 

De  bise,  av.  prosth.  de  ^  et  suff.  ô  (15 
8\  rem.  3)  ;  parce  que  cette  cuisson  se 
produit  surtout  dans  les  temps  froids  et 
secs  sous  rinfl.  de  la  bise. 


ÉBOLLI  (ébolhl)  ;  à  Lyon  ébôyer  v.  a. 
M.  lat.  esboellare^  vfr.  esboeler.  — 
Éventrer,  crever,  et  par  extens.  écraser. 
«  Une  canette  que  s'ébâye  »,  à  Lyon  une 
canette  qui  n'est  pas  serrée  et  dont  le 
ventre  s'ouvre.  «  Te  t'ébôyes  comme  une 
canette  d'apprenti.  »  {Les  Tribulat.  de 
Duroq.)  Poit.  ébouiller,  écraser. 
Je  m'ébollio  de  rire  in  re-yant  sa  figura . 

«  Je  me  crève  de  rire  en  voyant  sa 
figure.  »  (Sit.) 

Quand  lo  lonar  de  Dxo  vicndri  su  ma  carcaci 

Brureel  me  menaci  de  m'ébolli  la  f«ct. 

«  Quand  le  tonnerre  de  Dieu  viendrait 
sur  ma  carcasse  —  Tonner  et  me  menacer 
de  m'écraser  la  face.  »  (A  mo  s.) 

De  bolli,  boyaux,  à  Lyon  bôyes,  av. 
préf.  disjonct.  e  et  suff.  l  (15  4"). 

ÉBORLLI  (éborlhl)  v.  a.  For.  éborlia. 
—  Crever  les  yeux. 

De  borlli  2.,  av.  préf.  int.  e. 

ÉBOUFFO  (éboufô)  ÉBUFFO  v.  a.  — 
Railler,  bafouer. 

El  Frangigot  Vébu/fe 

a  Et  Frangigot  le  bafoue.  »  (Ménag.) 

De  it.  buffeire,  av.  prosth.  explét.  de  e 
(cp.  bouffon,  de  buffone), 

ÉBRANDO  (ébrandô)  v.  a.  —  Ébranler. 
Kien  ddnt  In  pouè  ïCéhrande  son  corajo. 

«  Rien  dans  le  puits  n'ébranle  son 
courage.  »  {Per.) 

De  brandô,  av.  préf.  é,  comme  ébranler 
de  branler. 

ÉBRAVAGI  (ébravagî)  v.  a.  —  Effrayea 
de  manière  à  faire  perdre  les  esprits. 

C'est  bravagï,  av.  préf.  int.  e,  et  dérivât, 
de  sens. 

ÉBRAVAGI,  lA  (ébmvaj!,  la)  adj.  — 
1.  Fou,  écervelé  ;  2.  Fou  d'épouvante. 
«  Le  vache  sant  ébravagiés  de  los  tavans  •, 
les  vaches  sont  rendues  folles  par  les 
taons.  Berr.  ébei'vigé^  étourdi,  effaré, 
distrait  ;  dph.  eibravagié,  ravagé  {ap. 
Gharliot). 

Adj.  particip.  d'ébravagl  verbe. 


Digitized  by 


Google 


ÉBRO 


135 


ÉBROTTO  (ébrot-tô)  v.  a.  —  1.  Casser 
les  bourgeons. 

De  brot,  av.  préf.  e  (ex)  etsuflf.  ô  (14  !•). 

2.  Emoucher,  couper  une  pointe  à  qq. 
chose. 

Extens.  de  sens  d*ébroUô  1. 

ÈBUFFO  V.  ébouffô, 

ÉCAFOIRER  (ékafoiré)  v.  a.  Dph.  eicar- 
foiiiéy  pr.  escafouira,  —  k  Lyon  Écraser, 
réduire  en  bouillie.  Des  œufs  éca foires, 
des  œufs  sur  le  plat  dont  le  jaune  s'est 
répandu. 

Qu'u  Ihi  rompit  trei  cote  et  U  deivisagit, 
Li  eicjrfoirit  lo  ventre  . .. 

«  Qu'il  lui  rompit  trois  côlesetlui  abîma 
le  visage,  — Lui  écrasa  le  ventre...  .  » 
iBanq.) 

De  foire  (foria),  av.  préf.  péj.  ca^  et 
suff.  d*oïl  er.  Dans  la  forme  écafoirer, 
adjonct.  d'un  2«  préf.  e,  au  sens  int. 

ÉCAMPOLAR  (ékanpolar)  à  Grap.;  à 
Morn.,  River.  ÉCAMPOLON  (ékanpolon) 
s.  m.  Pr.  escapouloun.  —  Coupon  d'étoffe, 
échantillon. 

Di  rad.  de  ex-capulAre,  av.  suff.  dim. 
0»,  ou  suff.  ar^  suivant  les  lieux  :  écam- 
polar^  on  «  morceau  coupé  ».  Le  suff.  ar 
ne  paraît  pas  une  traduct.irrégul.  d'ariam, 
comme  on  le  rencontre  sporadiquem  (cp. 
fr.  hangar  et  pr.  lindar)^  car  ce  suff.  ne 
serait  pas  ici  à  sa  place.  Il  faut  plutôt  y 
voir  le  suff.  germ.  ard^  qu'on  retrouve 
dans  d'assez  nombreux  noms  d'objets 
(cp.  vfr.  bernard,  marmite,  traquenard^ 
coquemar,  étendart).  Quoi  qu'il  en  soit, 
la  format,  est  pr.,  ce  qui  explique  et  la 
persist.  de  c  init.  et  celle  de  la  prot., 
plus  tenace  en  pr.  qu'en  In.  Cependant  o 
pourrait  être  aussi  une  lettre  d'appui, 
introduite  secondairem.  dans  le  groupe  pU 
Nasalisât,  de  a  (184  ?<>,  rem.). 

ECAMPOLON  V.  écampolar, 

*ÉCARABOSSI  V.  carabossi, 

•ÉCARBOULA  (ékarboula)  v.  a.  — 
D'après  Coch.  a  répandre,  écarter  ;  écar- 
boulia,  répandu  ». 

Coch.  fait  certainem  erreur  ;  il  s'agit  ici 
du  pat.  répondant  à  fr.  escarbouiller{Y. 
écrabouiller),  écraser,  broyer,  et  non  ré- 
pandre. Nous  disons  carbolhî,  cabolhî, 
et  je  doute  qvL'écarboula  ail  jamais  existé 
(/  doit  être  mouillée),  mais  il  devait  exister 
un  écarboulia,  inflnit.  du  partie,  cité  par 


Coch.  Les  V.  en  t  de  la  !«  conjug.  ont, 
d'ailleurs,  existé  tous  précédemm.  en  ia. 

ÉCARCAILLI  (ékarkalh!)  v.  a.  Dph. 
eicarcailU  ^  Faire  éclater,  fendre,  casser. 
Poit.  écarquailler,  écarter  les  jambes; 
gasc.  écarcalha,  écarquiller. 

Du  rad.  de  qua,rtum  ((^xA  a  fait  écar- 
quiller  et  écarieler).  Leremplacem.  de  t 
par  k  est  dû  à  la  prononciat.  quarquier 
pour  quartier. 

•ÉCARLANCHI  (S')  (s'ékarlanchi)  v. 
pron.  —  D'après  Coch.  «  grimper,  monter. 
Oti  vai-tu  t'écarlancht  t  où  vas- tu  grim- 
per? » 

Je  crois  que  le  mot  (que  je  ne  connais 
que  par  Coch.)  signifie  fkire  un  écart, 
s'exposer  eu  faisant  un  écart,  et  qu*il  faut 
le  rapprocher,  non  comme  le  fait  Coch., 
du  rgt  escalabra,  escalader,  mais  du  pr. 
escarbalha,  fendre,  entr'ouvrir. 

Le  mot  anchi,  hanche  entre  en  composit. 
dans  plusieurs  de  nos  mots  (v.  cava- 
lanchit  biganchi).  Je  crois  qu'ici  le  mot 
est  composé  d*écart  et  de  hanche,  mais 
par  l'interméd.  du  pr.  escarlat  (du  vpr. 
esquarl(e)lar,  écarteler,  de  quartellum)  ; 
ce  qui  explique  écarlanchi  au  lieu  d'ecar 
tanchi.  Ecarlanchi  «  écarteler  jusqu'aux 
hanches  ».  Quant  au  pr.  escarbalha,  il  se 
coupe  en  escar-balha*  donner  un  écart, 
entr'ouvrir. 

•ÉCARM ALLIA  (ékarmalhà)  adj.  — 
Écrasé,  abîmé.  «  Ous*estlot  écarmallia  en 
tombant^  il  s'est  toutécraséen  tombant.  » 
(Coch.) 

Adj.  partie,  de  écarmailli  (v.  cramayi), 
qui  est  aujourd'hui  :  masc.  écarmayl,  fém. 
écarmaya. 

ÉCARMAYI  V.  cramayi, 

ÉCART  (ékar)  s.  m.  —  Hameau. 

Subst.  V.  à* écarter.  Écart  «  groupe  de 
maisons  écarté  du  village  ». 

ÉCAVALANCHI  (S*)  y.  cavalanchi. 

ÉCHAILLER  (échalhé)  v.  a.  A  Lyon, 
dans  l'express.  Échailler  une  voûte,  c.-à- 
d.  garnir  les  joints  en  dessus  av.  des 
échailles  que  Ton  cogne  au  marteau,  afin 
de  donner  artificiellem.  aux  moellons  là 
coupe  de  claveaux. 

D'échailley  av.  suff.  fr.  er.  La  format, 
pat.  donnerait  c/ia«7/t.  qui  existe  d'ailleurs 
av.  un  autre  sens. 


Digitized  by 


Google 


136 


ÉCHA 


ÉCHAILLES(échâlhe)  s.  f.  pi.  —  Petits 
éclats  de  pierre  mince  qui  servent  à  garnir 
les  voûtes. 

Orig.  germ.  —  Golh.  scalja,  tuile  ;  isl. 
skall,  ail.  schale,  angl.  scalCt  écaille,  vha. 
scellan  scaîijan,  mha.  schellen,  briser 
en  éclats  ;  vx  ail.  scilan  scelan,  fendre. 
L'idée  n'est  pas  celle  d'un  revêtement 
protecteur,  mais  d'un  objet  mince  et  re- 
fendu. Cp.  le  mot  8*écailler  en  parlant  de 
matières  dont  il  se  détache  de  petites 
plaques. 

•ÉCHAILLI  y.chailli. 

ÉCHALÉv.  échali, 

ÉCHALI  (échali)  à  Paniss.  ;  à  R.-de-G. 
ÉCHALÉ;  ap.  Goch.  ESCHALLAY  ;  vin. 
ESCHELIER  s.  m.  —  Escalier.  1346  :  «  En 
la  montée  des  escheliers  du  cousté  la  porte 
de  la  lanterne.  »  (Arch.  m.) 

lu  Belge  à  frais  minois,  tcio  de  u  defailtl, 

Ein  bés  dé  VéchaU  tutegtié  la  retrailsi. 

«  Un  Belge  au  frais  minois,  vexé  de  sa 
défaite,  —  Au  bas  de  l'escalier  soutenait 
sa  retraite.  »  (Dép.) 

De  *  scalsirium.  Prosth.  de  e  et  chute 
de  5  (lia  2»);  ch.  de  arium  en  %  (13). 
L'usagp  du  mot  au  plur.  a  persisté  à  Lyon  : 
on  dit  les  escaliers  pour  l'escalier,  pro- 
bable m.  parce  que  le  vulgaire  confond 
escalier  av.  marche. 

La  forme  eschallay  ne  figure  pas  au 
Dict.  de  Goch  ,  elle  est  extraite  de  la 
Statistique  de  Cofidrieu.  Elle  est  à  re- 
marquer à  cause  de  la  persist.  anormale 
de  s.  Gette  partie  du  départem.  a  subi  des 
infl.  pr. 

ÉCHANDEI  v.  chandre. 

♦ÉGHANDI  V.  chandi, 

ÉCHANT  vin.  «  Item  II  échanz.  »  (L,R,) 
—  M.  G.  Guigue  se  demande  s'il  faut 
traduire  par  <  deux  bois  de  lit  ».  Je  traduis 
par  «  banc,  escabeau  »  ;  vfr.  escamme 
escamne  (Nicot,  Gotgr.),  eschame  (Ghrest. 
de  Troyes,  ap.  Godef.),  cham  escam 
(Roquef.),  escane  {Perce forest  ap.  Go- 
def.), escamne  (Nicod). 

De  scsimnum,  Prosth.  de  e  (en  pat. 
cete  serait  ensuite  tombé,  111,  rem.  1); 
ch.  de  c  en  ch  (84).  On  devrait  avoir 
eschame,  puis  échame  (112  £•)  échamo. 
Le  groupe  mn  n'a  pas  suffi  à  préserver 
la  post-ton.  et  on  a  eu  écham,  nasalisé 
en  échant,  La  confus,  av.  enchant,  angle, 
chose  qui   appuie,   de    cantus^  a  pu  y 


contribuer.  Gomme  l'indique  très  bien 
Nicod   la  forme  escamne  e^V  picarde. 

'ÉCHANTILLON  (échantilhon)  s.  m.  — 
Chenevolte. 

De  vfr.  chantil  (canticulus,  de  canttis, 
coin),  petit  fragment,  av.  préf.  explét.  e  et 
suff.  on,  Cp  vfr.  eschantelet,  petit 
morceau. 

ÉCHAPPE  s.  f.  —  Morceaux  de  cuir 
qui  maintiennent  le  fléau. 

C'est  le  fr.  chappe^  terme  de  mécanique, 
auquel  a  été  préposée  la  particule  explét. 
e.  Celte  format,  a  dû  se  produire  sous 
l'infl.  du  V.  échapper  quoiqu'il  n'y  ait 
aucun  rapport  de  sens.  I^esex.  de  cori'upt. 
analogues  sont  innombiables. 

ÉCHAQUER  (échaké)  v.  a.  —  A  Lyon, 
écailler,  en  parlant  d'un  poisson.  Je  l'en- 
tendais souvent  dans  mon  enfance.  Il  me 
parait  tomber  en  désuétude. 

Êvidemm.  du  rad.  d*échaille,  mais  le 
suflf,  est  difficile  à  expliquer.  Il  faut  peut- 
être  rapprocher  le  mot  du  poit.  écharclier, 
écailler.  Un  type  * scalc(u)lare,  de  scalja^ 
donnerait  aussi  en  In.  *écharvUa  (170  ?•, 
a,  rem.);  à  Lyon  écharcler,  qui  peut  se 
•réduire  à  échacler  échaquer.  De  même 
le  poit.  a  charcle,  écaille.  Nous  ne  possé- 
dons pas  charcle;  mais  un  type  *scalcula 
nous  aurait  donné  de  même  *charclia, 
à  Lyon  charcle,  réduit  à  chacle,  qui  serait 
en  rapport  av.  échacler  échaquer,  et 
aurait  disparu,  comme  d'ailleurs  échaquer 
est  en  train  de  le  faire. 

*ÉCHARASSON  voy.  charasson.  Les 
formes  charasson  et  écharasson  donnent 
l'ex.  de  2  modes  de  format.  (111  et 
112  2*). 

ÉCHARGNI  (échargni)  ÉCHORGNI 
(échôrgni)  v.  a.  Vfr.  eschernir  escharnir, 
vpr  esquernir  escarnir.  it.  schernire, 
esp.,  port,  escarnir,  —  Railler,  et  parti- 
culièrem.  railler  en  contrefaisant.  Béarn., 
Gers  escarni,  imiter  par  moquerieé 

Bataclan  \o  ganduere  et  Piqueta  Véchargne. 

«  Bataclan  le  gausse  et  Piqueta  le  con- 
trefait. »  {Ménag,) 

Du  germ.  —  Vha.  skirnôn,  scérnôn, 
ski^rnôn  ;  mha.  schër^ten,  railler,  mé- 
priser. Prosth.  de  e  et  chute  de  5  (112  2o)  ; 
ch.  de  k  en  ch  (cp.  shenko  =  échanson). 
Le  sufT.  i  s'explique  par  le  mouillem.  de 
71  (15  4"»).  Je  suppose  que   ce  mouillem. 


Digitized  by 


Google 


ECHA 


137 


est  dû  lui-môme  h  Tanalog.  (cp.  hargner, 
graffigner).  Dans  la  forme  échôrgnt^  le 
passage  de  a  à  o  est  dû  h  l'infl.  de  r  (59, 
rem.  2). 

ECHARPILLI  V.  charpilli. 

*ÉCHARRI   (écharl)  v.  a.  For.  échara, 
béarn.  escarra  —  Nettoyer,  récurer. 
J'ai,  Dio-marqr*  échara  ma  conscienci. 

«  J'ai,  Dieu  merci,  nettoyé  ma  cons- 
cience. »  (Chap.) 

De  cinerem^  par  une  forme  charre,  qui 
a  fait  charrée  (v.  cAarri),  cendre  qui  reste 
sur  le  charrier  y  après  le  coulage  de  la 
lessive.  Ajoutez  préf.  e  et  suff.  t.  On 
devrait  avoir  charrô  (15  3").  Peut-être 
t  a-t-il  été  substitué  par  analog.  av.  le 
subst.  charrl.  L'idée  est  celle  de  lessiver, 
parce  qu'on  se  sert  de  cendre  pour  la 
lessive.  «  J'ai  lessivé  ma  conscience  ». 

ÉCHET.  TTA  (échè,  ta)  adj.  -  Ghétif, 
mal  portant,  maigre. 

C'est  le  partie,  du  vfr.  chair,  tomber 
(de  cadere),  d'où  vfr.  dechait,  et  In. 
échait  èchet,  par  substitut,  du  préf.  ex 
au  préf.  dis  (v.  dechetto), 

ÉCHIFFA  (échifa)  ;  à  Lyon  échiffe 
échiffve,  s.  f.  —  Écharde. 

De  angl.  chip  (?)  fragment,  éclat,  fétu. 
Chip  ne  se  retrouve  pas  dans  d'autres 
dial.  germ.  C'est  peut-(>tre  une  onomat. 
indiquant  le  déchirera.,  si  l'on  admet  qu'à 
Torig.  chip  se  soit  dit  de  lambeaux 
d'étoffe.  Sur  le  ch.  de  p  fin.  en  f.  cp. 
caput  =  chef.  Dans  la  forme  échiffre, 
insert,  de  r  (184  6»,  d). 

ÉCHILETTA  (échilèta)  s.  f.  —  Assem- 
blage de  barreaux  pour  retenir  le  foin 
ou  la  paille  sur  un  char  ;  il  se  place 
à  l'avant  du  char. 

jyéchila^  d'échelh  (parce  que  l'appareil 
a  une  vague  ressemblance  av.  une  échelle), 
av.  suff.  dim.  etta.  Ch.  de  a  en  i(î, 
rem.  2). 

ÉCHORGNI  V.  échargni. 

ÉCLAIGNIA  (S')  V.  éclénô. 

ÉCLÉNO  (éklénô);  à  Morn.  ÉCLIÉNO  ; 
ap.  Coch.  ÉCLAIGNIA  ;  à  Lyon  éclêné,  ée 
adj.  Dph.  écléniy  pr.  dégléni  {ap.  Lacom- 
be)  ;  deglesi  desglesi  (ap.  Mistral)  ;  Igd. 
agladi  degletgi^  mars,  dégleï,  rch.  êcli 
—  Se  dit  d'un  vaisseau  dont  les  douves 
laissent  filtrer  le  liquide.  «  La  gevla  est 
éclaignia,  le  cuvier  est  disjoint.  »  (Coch.) 


—  Au  fîg.  exténué,  accablé  de  fatigue.  Snei 
tôt  éclénô,  ré  cheire  in  doelles^  je  suis 
exténué;  je  vais  tomber  (litt.  en  douves, 
comme  un  tonneau  écléné). 

Étym.  inconn.— Les  formes  pr.  deglesi 
desglesi  s'expliqueraienlelles  par  le  vha. 
kliosan,  fendre  (v.  Diez  à cZ/^jfe;  toutefois 
je  n'ai  trouvé  kliosan  ni  dans  Grimm  ni 
dans  Schade  ni  dans  Diefenb.)  ?  Dans  ce 
cas  on  devrait  avoir  régulièrem.  déglessi. 
Dans  la  forme  degleï  Vs  serait  tombée 
comme  dans  hisaccia  =  pr.  biassa;  le 
rch.  écli  répondrait  à  écli{s).  Sous  quelle 
infl.  s'est  opérée  la  substitut,  de  la  fin. 
en  n  à  la  fin.  en  z  dans  les  formes 
dégléni  écléni  éclétiô  f  Peut-être  sous 
celle  de  dis-clinare.  La  dérivât,  de 
sens  n'a  rien  d'extraordinaire.  Roquef. 
donne  vfr.  clinet^  crible,  et  le  P.  Labbe 
cliner,  cribler;  clineU  crible;  Du  C. 
clines,  partie  du  moulin  par  où  lombe  la 
farine  (de  clinare).  La  dér.  serait  celle-ci  : 
cliner,  pencher,  laisser  échapper,  laisser 
couler.  Dans  éclégnia  éclénô^  le  préf.  ex 
a  été  substitué  au  préf.  dis.  Dans  la  forme 
écliénô,  insert,  d'yotte  (164  2»,  a). 

Le  pic.  a  ëclayer,  môme  sens,  mais  il 
parait  fornr.é  sur  claie,  ou  infl.  par  lui. 

ÉCLÉNO  (S')  (éklénô);  ap.  Coch.  S'ÉCL- 
AIGNIA  V.  pron.  —  Se  fendre,  en  parlant 
des  douves  d'un  vaisseau.  V.  éclénô  adj. 

ÉCLIAFI  y.écliafô. 

ÉCLIAFO  (ékliafô)  ;  ap.  Coch.  ECCLIAFI 
s.  f.  —  Usité  dans  l'express,  ina  écliafa 
d'aigui,  une  trombe  d'eau. 

De  cliafi,  av.  préf.  é  et  suff.  ô  =  fr.  ée 
(1).  Littér.  une  serrée  d'eau.  Dans  la 
forme  donnée  par  Coch.  le  suff.  est 
ita  es  fr.  te. 

ÉCLIAPES  V.  cliapes. 

'  ÉCLIAPO  (ékliapô)  v.  a.  —  Faire  des 
éclats  de  bois  à  la  hache.  Au  fig.  mettre 
en  morceaux,  abîmer. 

Orig.  germ.(?)  —  Vha.  sleizan,  ail. 
schleissen,  ags.  slaetan,  éclater.  SI  init. 
germ.  =  sel.  Prosth.  de  e  et  chute  de  s 
(112  2").  Insert,  de  yotle  après  c/ (164 
2»,  a).  Reste  la  substitut,  de  p  fin.  à  t. 
Pourrait-elle  s'expliquer  par  l'infl.  du  vfr. 
claper,  de  l'ail,  kiappen;  angl.  to  clap, 
faire  du  bruit  en  éclatant? 

ÉCLIARZI  (f'kliarzî)  v.  a.  —  A  Paniss. 
Rincer,  nollnyer,  faire  briller.  EcliarzMn 


Digitized  by 


Google 


138 


ÉCLI 


gobeau,  rincer  un  verre;  ècliarzX  lolinjo, 
donner  un  coup  de  savon  au  linge  pour 
enlever  la  plus  grosse  saleté,  en  attendant 
qu'on  le  mette  à  la  lessive. 

De  cliar  (de  clarum),  av.  une  format, 
inchoative.  Gp.  dur-cir,  accour-cir.  Le 
fr.  cir  répond  à  tiare  =  si  en  In.  (138 
10  et  15  !•). 

ÉCLIO  (éklio)   ÉCLO  (éclo)  s.  m.  Vfr., 
pr.  esclop;  dph.  eiclop  écliop,   for.  éclot 
—  Sabot.  La  forme  éclio  est  de  beaucoup 
la  plus  répandue.  Roq.  emploie  les  deux. 
Ln  iterorrou  Clapé,  vuUiit  coinui'  In  écliar, 
Avoué  so  grous  zécUo  se  poste  vait  Sainl-Cliar, 
K  Le  poôlier  Glapé,  volant  comme  un 
éclair,  —  Avec  ses  gros  sa'jols,  se  poste 
à  Saint-Clair.  »  (Per.) 
Avoué  mo  gros  éclos  volu  ihoupiu  soo  huoiiiio. 
«  Avec  mes  gros  sabots,  je  veux  piétiner 
son  mari.  »  {Gorl.) 

Non,  comme  le  propose  M.  Mistral,  de 
sculpona,  mais  peut-être  du  rad.  de 
scnlpere,  qui  a  fait  sculponUy  sabot,  dans 
Plante.  Métath.  de  Z  (187  3»)  ;  d'où  sclup, 
et,  par  ch.  de  u  bref  en  o  (38),  sclop; 
puis  eic/op  èclop  par  prosth.  de  e  et  chute 
de  5(112  â");  éclo  par  chute  de  p  (117), 
et  enfin  éclio  par  insert,  d'yotto  (164  2*, 
a).  —  M.  Baist  voit  dans  esclop, sclop pum, 
qu'on  trouve  dans  Festus  pour  bruit  qu'on 
fait  en  frappant  sur  une  joue  gonflée,  à 
cause  du  bruit  que  fait  le  sabot,  mais  la 
dérivât,  semble  forcée. 
ÉCLO  V.  éclio, 

ECO  (ékô)  ;   à  Villefr.    ÉCOSU  (élvùzu) 

adj.  —   Se  dit  du   blé   battu.    Vfr.  escos 

escous,  secoué.  De  blô  cco,  du  blé  battu. 

Vi'ex-CMssuni.  Ch.  de  u  bref  en  o  (38). 

Eco  (écrit  souvent  ecot^  pour  marquer  la 

brièveté  de  o)   a  diï  être  écôs.  Dans  la 

•    forme  écosu  a  été  ajouté  le  sutT.  w,  dUitus. 

On  devrait  avoir  écossu^  comme  'exciis- 

sorem    a   donné    écossou.    Peut-être    la 

substitut,  de  -3:  à  ss  a  t-elle  eu   Heu  pour 

le  différencier  d'écosseu,  fléau,  à  Villefr. 

ÉCOÉSSONS  V.  écouéssons. 

ÉCOFER  V.  escoffier. 

ÉCOiSSENDRE  (ékoïssindie),  v.   a.  — 

A  Morn.  Écarteler  les  cuisses,  déchirer 

jusqu'aux  cuisses. 

Du  vpi-.  escoscendre  escoissendre  que 
Faidil  définit  par  a  per  coxas  sciiidere  ». 
La   définit,  donne  l'étvm.    O  mot  est   le 


même  que  coiiessindre  cuissindre^  que 
j'ai  à  tort  tire  de  con-scindere.  Faidit 
ajoute  «  vel  pannos  scindere  »,  qui  est  le 
sens  de  l'ex.  tiré  de  La  Ménag.,  donné  à 
coiiessindre.  Ce  second  sens  est  dérivé 
du  premier. 

ÉCOISSENDRO  (ékoïssandro)  adj.  — 
Déchiré  jusqu'à  la  cuisse. 

Adj.  tiré  d^ecoïssendrej  mais  formé  par 
analog.  av.  les  partie,  de  la  !'•  conjug., 
tandis  que  couêssiudu  est  est  formé  par 
analog.  av.   ceux  de  la  3«  conjug.  fr. 

ÉCOISSI  V.  écouessi, 

ÉCOISSONS  V.  écouessous, 

ÉCORGNOLO  V.  écorniolô, 

ÉCORNIOLO  (ékorniolô)   ÉCORGNOLO 
v.  a.  —  Couper  la  gorge,  égorger. 
Le  peplo  combatlant  sV'veÎDtre  et  n^'écorgnoU, 

«  Le  peuple  combattant  s'èvenlre  et 
s'égorge.  »  (Mén.) 

De  corniola,  av.  préf.  é  (ex)  et  suff.  ô 
(14  3«).  Gp.  égorger,  de  gorge. 

ÉCORNIOLO  (S'),  S'ÉCORGNOLO  v. 
pron.  —  A  Paniss.  S'égosiller  (v.  écor- 
niolô). 

ÉCOSSÉRI  V.  écossoli, 

ÉCOSSOLI  (ékossoli)  ÉCOSSORI  ;  A 
Yzer.  ESCOSSÉRI  s.  m.  Sav.  écoju  — 
Batteur  de  blé. 

Formé  sur  ex^cMssum,  av.  suff.  roman 
o/,^d'où  écossol,  et  écossoli  par  l'adjonct. 
d'un  2*  suff.  t  (13),  applicable  aux  noms 
de  métier.  Ch  de  u  bref  en  o  (38).  Le 
suff.  ol  est  pr.  (cp.  bressol).  Dans  la  foinue 
écossori,  ch.  de  /  en  r  (147  2*).  Il  n'est 
pas  impossible  que  dans  la  forme  écosséri 
l'infl.  d'écosser  ne  se  soit  fait  sentir. 

ÉCOSSORI  V.  écossoli. 

ÉCOSSOU  V.  cossou. 

ÉCOSSU  V.  cossou, 

ÉCOSU  v.  éco. 

•ÉCOTO  (ékotô)  V.  a.  dans  l'express. 
Écotô  los  abros,  les  élaguer. 

Le  même  qu'aco^fî,  av.  substitut,  de  préf. 

ÉCOUÉRU  V.  acuérou. 

ÉCOUESSI  (ékouèssi);  «p.  Goch.  ÉCOIS- 
Si  V.  a.  —  1.  Fendre,  déchirer,  en  parlant 
de  matières  dures.  2.  Déhancher.  «  E  aie 
tant  de  fruits  que  lous  abros  s'écois- 
savon^  il  y  avait  tant  de  fruits  que  les 
arbres  se  déchiraient.  »  (Goch  )  Pr.  esciiis- 
sa,  alp.  escuicha,  dph.  eicoissa,  rompre 


Digitized  by 


Google 


ÉCOU 


13Q 


les  cuisses,  arraclier  une  branche  av.  une 
partie  du  tronc;  vpr.  escoissar  c  per 
coxas  dividere  »,  ss.-rom.  ékoiieissi, 
éclopé. 

Champenois  IVcoueMi,  qu*t  de  ?io  par  dtrré. 

«  Champenois,  le  déhanché,  qui  a  des 
yeux  par  derrière.  »  {Per,) 

Ti'eX'CocsSLre,  de  coxa.  Ch.  de  oc  en  oi 
ouff  (cp.  42  3»)  ;  de  are  en  î  (15  3*).  La 
dér.  de  sens  s'explique  par  l'analog.  entre 
une  branche  déchirée  et  une  cuisse  ccar- 
telëe. 

ÉCOUESSONS  (ékouèsson)  ÉCOES- 
SONS;ap.  Coch.  ÉCOISSONS  s.  m.  pi. 
—  Battage  des  grains.  Lo  tian  de  los 
énouessonsy  le  temps  du  battage. 

jyexcxissum,  av.  sufT.  onem.  On  devrait 
avoir  écossons,  comme  on  a  écossou. 
Écoisson  répondrait k* ex-cucsonem, 

ÉCOULAILLES  v.  acolailles. 

•ÉCOURRE  (ékoure)  V.  a.  Vel.  escou- 
dre  —  Battre  le  blé.  Vfr.  escorre  escourre, 
escoudre,  secouer. 

De  e)C'CVLf{e)re.  Gh.  de  u  bref  en  ou 
(34),  facilité  par  le  voisinage  de  r  ;  ch. 
de  tren  rr  (164  3-). 

ÉCOZIA(ékozia)s.  f.  — A  Morn.  Mélange 
à  parties  égales  de  froment  et  de  seigle 
pour  faire  moudre. 

\yex-quotiAta  (?)  (de  quotus)  =  equotia'a 
{lBS)=equotia  =  pquozia  (138  1"),  écrit 
écozia  comme  quota  est  écrit  co^a.  Le  rad. 
à*aequus  doit  être  repoussé;  on  aurait  eu 
égozia  (cp.  a'*quare  =  êgô). 

ÉCRABOUILLER  (ékraboulhé)  v.  a.  — 
A  Lyon  écraser,  broyer. 

C'est  le  vfr.  escharbouiller,  av.  métath. 
de  r  (187  1«).  V.  cabolhi. 

ÊOROLLI  (ékrôlhl)  v.  a.  —  A  Paniss. 
Écraser. 

Non  do  crollare,  mais  du  rad.  qui  a 
fait  escharbouiller.  In.  écrabouiller  (v. 
caholht,  cramayi),  A  ce  rad.  car  cra 
s'est  ajouté  le  suff.  fréq.  ôlhï  qui,  s'étant 
confondu  av.  l'a  (=  ô)  du  rad.,  s'est 
transformé  en  ôlhî. 

'ÉCUCHI  (ékuchi)  V.  a.  For.  écuchi  — 
Presser,  serrer,  écraser. 

Quel»  iiiassi  «le  char  écuche  la  selcla. 

«  Celle  masse  de  chair  écrase  la  chaise.  » 
(i>^p.) 

1/einforUuno,  luin  de  s^efTjrouchi, 
Chapolle  à  mori,  hazùrd  d'être  écuchi. 


«  L'infortuné,  loin  de  s'effrayer,  —  Frap- 
pe à  toute  vigueur ,  au  hasard  d'ôlre 
écrase.  »  (Per.) 

Écuchi  paraît  être  ident.  au  pr.  esqui- 
cha,  cat.  esquinsar ,  vpr.  esquissar ^ 
déchirer,  briser,  auquel  Diez  donne  pour 
étym.,  av.  le  signe  du  doute,  ff;^tÇ«tv  (répon- 
dant k  *schidiare,  d'où  schidiae,  débris). 
Le  mot  In.  a  dû  subir  linfl.  de  cuche 
cuchon.  De  là  la  double  signifie,  pour 
acuchi  (v>  ce  mot),  de  serrer  et  d'amonceler. 

ÊCUISSINDRE  V.  cuissindre. 

ECU  I SS I N  D  U  V.  cuissindu. 

EDZI  (èdzi)  adj.  —  A  R.-de-G.  Aider. 
Quille  lo  lieu  fatal,  edii  de  Flagornon. 

«  Quitte  le  lieu  fatal,  aidé  de  Flagornon.  » 
Wp,) 

C'est  le  vfr.  aidier^  av.  la  prononciat. 
ripagér.  de  d  devant  i  et  le  ch.  de  ier  en 
t(15  3-). 

EFANT  (efan)  s.  m.  —  Enfant. 

\)*infeintem.  Chez  nous  le  son  in  repré- 
sente non  la  nasalisât,  do  /,  mais  celle  de  e. 
On  a  eu  d'abord  e-nfant  (62).  Il  est 
probable  que  la  l"  nasale  a  disparu  par 
dissim.  av.  la  2«.  D'où  la  forme  efant 
qu'on  trouve  dans  le  In.,  le  dph.,  le  for., 
l'alp.,  le  lim.,  le  Igd. 

ÉFARDO  (éfardô)  v.  a.  —  Répandre, 
disséminer. 

Formé  sur  défarde^  désordre,^  trouble, 
panique,  av.  substit.  du  préf.  é,  au  sens 
disjonct.  Suff.  ô  (14  !•). 

ÈFERAIN  (èferin)  s.  m.  •-  A  Paniss. 
Pain  de  farine  tamisée. 

De  ferain,  av.  prosth.  de  e. 

EGA  V.  êgô. 

ÊGAJO  (égajo)  s.  m.  —  Raccommodage. 

Formé  sur  êgô,  av.  suff.  ajo,  d'at{i)cum 
(161  5«). 

ÉGO  (êgô);  vin.  EGA  ESGUER  v.  a.  — 
Arranger,   réparer,  raccommoder,  attifer. 
Le  s*êgue  ben^  elle  s'attife  bien. 
Fai  alluma  lo  clro  ; 
No  Teiquia  bien  ega. 

€  Fais  allumer  le  cierge;  —  Nous  voici 
bien  arrangés.  »  {Noël  xvi*  s.) 

0  va  que  ie  te  pufou,  le  vaiquia  bien  tègué. 

«  Ça  va  comme  je  te  pousse,  les  voilà  bien 
arrangées.  »  (Hem.) 

Jedzii-ai  copeindanl,  s*o  n*eit  pas  bien  egô 

«  Je  dirai  cependant,  si  cela  n'est  pas 
bien  arrangé.  »  {Gorl.) 


Digitized  by 


Google 


140 


ÉGRA 


D*ex-aequB,r.'*.  Le  ch.  de  qw  en  g  indique 
Torig.  pr.  (131,  rein.).  La  forme  esguer 
indique  l'existence  du  préf.  ex.  Gp.  Orne 
5 V^aî7/er,  s'éparpiller,  s'étendre,  à^afqua  • 
lem. 

ÉGRAFIN0(égrafln6);  àLyon ^ra/y^wer 
V.  a.  Pr.  grafigna  grafina  grafinar  ~ 
Ègratigner. 

Du  vha.  kra,pfo,  crochet,  croc,  av.  suff. 
dim.  ino  par  analog.  av.  vfr.  esgratiner, 
d*esgrater.  La  forme  égrafino  aurait  donc 
été  précédée  d'une  forme  égrafa.  On  re- 
trouve en  effet,  en  pr.,  grafa  au  sens 
d'empoigner,  saisir.  Krapfo  parait  plus 
vraisemblable  que  graphium,  proposé 
par  Scheler,  et  dont  le  sens  ne  paraît 
jamais  s'être  étendu  à  déchirer,  mais  s'être 
restreint  à  celui  d'inciser.  Gp.  greffer,  de 
graphium,  it.  sgraffiare,  faire  des  hachu- 
res. Sur  le  ch.  de  Aren  gr,  cp.  fr.  agrafe. 
In.  agrapô,  saisir;  égalem.  de  krapfo. 

ÉGRÉS  (égré)  s.  m.  pi.  —  Escalier. 

C'est  le  fr.  degré,  av.  ch.  de  pref.  Gradus 
aurait  donné  gra,  puis  grô,  égrô  (1). 

ÉGRÈYI  (égrè-yl)  v.  a.  —  Aiguiser,  en 
passant  une  pierre  sur  une  faux  etc. 

De  grè{s).  Le  mot  a  été  formé  lorsque 
Vs  ne  se  faisait  plus  sentir.  On  a  relié  le 
suff.  par  y.  Le  choix  du  suff.  a  été  déter- 
miné par  analog.  av.  les  autres  v.  en  eyï: 
prèyX,  snyt,  neyi,  tandis  qu'il  n'existe 
pas  de  V.  en  eyô. 

*ÉGROBOUNO  (ègrobounô)  v.  a.  — 
Enlever  les  racines  des  arbres  coupés, 
pour  avoir  la  souche. 

Degrobon,  av.  préf.  e,  au  sens  disjonct. 

ÉGROUGNI  V.  grougni, 

EIMBOCONNO  v.  imhocomiô, 

EIMBOSSI  (S')  V.  s'imbossi. 

El  M  PLU  RE  V.  implure. 

El N BOSSU  V.  inibossu. 

EINCHAFETO  v.  inchafetô. 

EINCRENILLI  y\  increnilli. 

EINGOLO  V.  ingolô. 

EINGRANO  V    ingranô. 

EINMANDO  (S')v.  s'immandô 

EINRÈYI  V.  enréyi, 

EINTRAFICHI  v.  intrafichû 

EINTRUMOv.  intremô. 

EITOU  V.  éto. 

ÉJOULO  (éjoulô)  V.  n.  Yowjoula  —  A 
Paniss.  Geindre,  pleurer,  en  parlant  des 
enfants. 


De  iilulare  {??)  =  uVlare,  av.  proslh. 
do  j  comme  dans  juey  «  aujourd'hui  » 
dans  certains  villages.  A  Paniss.  u  bref 
devient  souvent  ou,  et  ici  la  transformat, 
a  pu  être  aidée  par  les  2  /  qui  suivent. 
Éjoulô,  n'est  que  le  for.  joula,  av.  prosth. 
de  e. 

ÉLAIDI  (élèdi)  ÉLÈDO  (élèdô)  ;  en  Fr.- 
T-'H.  ÉLAIDI  (élaïdi)  v.  impers.  For. 
élieuda  élueda,  herr.  clider,  bourg,  élai- 
der,  vfr.  eslaider  aloider  enloder  enloy- 
der  loiser  —  Faire  des  éclairs. 

Le  mot  est  évidemm.  le  môme  que  In. 
aluidi,  ss.-rom.  einlutzi  ehllulsi,  même 
sens,  de  lucidare.  U  de  lucidare  étant 
long,  on  devrait  avoir  ui  dans  toutes  les 
formes  (74  bis),  mais  il  y  a  sans  doute 
eu  hésitât,  en  b.  lat.  sur  la  quantité  de  u, 
puisqu'il  y  abifurcat.  dans  la  transformat, 
et  que  tout  un  groupe  de  dial.  a  eu  oi 
(cp.  42  lo),  pendant  que  l'autre  avait  mi. 
On  trouve  même  les  2  formes  dans  le  même 
dial.  C'est  ainsi  que  le  vfr.  a  luisier  à 
côté  de  loiser,  et  le  In.  aluidi  à  côté 
d'élaidi  (oi  du  vfr.  est  ai  dans  le  In.  et  le 
bourg.).  Enfin,  de  oi  les  dial.  d'oc  n'ont 
conservé  que  o,  qui  est  devenu  long  :  lim. 
eilaugia  eilosia,  Igd.  iglaussa  glaussa, 
pr.  eiaussa  uiaussa;  d'autres  dial.  au 
contraire  n'ont  gardé  que  i  (cp.  berr. 
élider\  mais  il  est  probable  que  cet  i 
provient  de  ui. 

Dans  élaidï,  ch.  de  are  en  i  (15  2«),  Le 
suff.  ô  dans  élèdô  provient  de  ce  que, 
toute  trace  de  la  dipht.  de  ai  ayant  disparu, 
la  dentale  a  appelé  par  analog.  le  phonème 
0  (14  !•). 

ÉLAIDO(élédo)  ÉLÈDO  (élèdo);  àMorn. 
ÉLAibo  (élaïdo)  ;  à  Villefr.  ÉLOIDE 
(éloide);  vlu.  ÉLOIDO,  s.  m.  Vx.  dph. 
eiloeido  eiloido,  dph.  éloido^  for.  élieuda 
élu'da^  genev.  élieuda,  vfr.  esloide,  poit. 
éleude  —  Éclair. 

Eu  mein  que  d'vii  eiloido  li  fli  dessus  lo  groiii 

Greli,  seti  dire  mot,  miliantc  col  de  poiii. 

f  En  moins  d'un  éclair,   lui  fil  sur  le 
visage  —  Grêler,  sans  dire  mol,  un  millier 
de  coups  de  poing,  y»  {Banq.) 
L'éhfdo  inonde 
Tôt  l'horisoii. 

«  L'éclair  remplit  —  Tout  l'horizon.  »   . 
{Grêla) 

Subst.  v.  tiré  d*êlaidi  élèdô. 


Digitized  by 


Google 


ELÈD 


141 


ÉLËDO,  verbe,  v.  élaidi,  ÉLÈDO  subst. 
V.  élaido. 

ÉLINDA  V.  élindau. 

ÉLINDAU  (élindô);  à  Morn.  LIENDAU 
(Ihindô)  LIENDA  (Ihinda)  ;  ap,  Coch. 
ÉLINDA  s.  m.  Pr.  lindau,  vpr.  lindar 
—  Seuil. 

De  lim{i)tellum,  av.  préf.  expl.  e.  Pour 
élindau  ch.  de  t  en  d  (174  2r,  b)  ;  ellum 
donne  tau  en  In.  (32)  ;  on  devrait  donc 
avoir  ëlindiau,  ce  qui  ferait  croire  que  le 
mot  est  emprunté  au  pr.  Il  se  peut  aussi 
que  dans  liendiau  (qui  a  dû  être  la  forme 
primitive)  le  2"*  yolte  ait  été  contrarie 
par  le  l»''. 

Elinda  est  peut-être  limittUum  (?)  C'est, 
en  tous  cas,  une  forme  archaïque,  qui 
devra  devenir  ^/mrfd  (1). 

Le  mouillem.  de  /  init.  dans  liendou 
lienda  est  un  phénom.  de  prononciat. 
locale  qui  tend  à  mouiller  /  et  n  devant  t. 

É LOI  DE  V.  élaido  subst. 

EM  préf.  V.  en. 

EMBAISSI,  déjà  donné  sous  la  forme 
ambaissif  et  ainsi  orthograph.  par  suite 
de  a  init.  employé  dans  tous  les  textes. 
Mais  cette  gi*aphie  parait  fausse.  En  effet 
embaisso  embaicho,  en  Igd.  signifie  l'em- 
ballage, les  sacs  ou  cordages  qui  servent 
d*enveloppe  aux  marchandises  que  Ton 
pèse,  et  lis  ambaisso,  las  embassos  ou 
embiassos  (répond* au  In.  ambiorses)  sont 
des  espèces  de  châssis  que  l'on  attache  sur 
un  bât,  et  à  chaque  bout  desquels  on  pend 
un  sac. 

Embaisso  paraît  représenter  l'idée  pri- 
mit.  d'un  appareil  destiné  &  envelopper 
et  à  maintenir  le  faix  de  la  bête  de  somme. 
C'est  très  exactem.  les  ambiorses  (v.  ce 
mot)  du  In. 

Les  étym.  proposées  pour  ambaissi  et 
ambiorses  sont  ainsi  mises  à  néant,  et  il 
est  un  peu  plus  vraisemblable  de  lire  dans 
tous  ces  mots  le  rad.  de  bastum^  bât,  dont 
on  peut  tirer  un  ^im-bastiare,  embâter, 
attacher  à  un  bât.  Imbastiare  donne 
régulièrem.  pr.  embaissa  et  In.  embaissl. 
Tiare  devient  ssl,  et  a  devient  ai  par 
Tattract.  de  l'yotte  de  l'hiatus.  D*embaissi, 
verbe,  se  tire  un  subst.  v.  embedssi, 
appareil  pour  Tembâtage. 

La  forme  pr.  embiassos  peut  s'expliquer 
par  l'infl.  de  biasso,  besace.  Embiorses 


(qui,  à  River,  est  souvent  imbiorses) 
paraît  tiré  à*embiassos,  soit  av.  l'épenth. 
de  r  (184 6«,  c),  soit  sous  l'infl.  de  bursas. 
En  tous  cas,  l'identité  des  objets  dans  le 
In.  et  le  Igd.  ne  peut  laisser  de  doute  sur 
l'identité  des  noms.  L'emploi  du  plur.  pour 
désigner  l'objet  est  dû  au  caractère  double 
de  l'appareil  comme  dans  fr.  jumelles, 
lunettes  doubles. 

EMBALLOS(anbalo)  à  River;  EMBAL- 
LAS à  St-Mart.  s.  m.  pi.  Lgd.  embalas, 
rgt.  embalais,  for.  embaillard  —  Civière. 

D'emballer,  av.  dér.  de  sens.  Il  est 
probable  que  le  mot  primitif  est  venu  du 
lgd.  {as  n'étant  pas  un  sufi".  In.)  Puis  on  a 
transformé  le  suff.  as  en  plur.  de  a,  en 
laissant  tomber  s,  ce  qui  explique  l'emploi 
du  mot  au  plur.  Enfin  on  a  substitué  à 
River,  le  sulT.  plur.  o(s),  l'objet  étant  du 
genre  masculin.  Le  Forez,  lui,  a  substitué 
le  sufi".  ard,  peut-être  par  infl.  de  bayart, 
qui  est  le  nom  de  cette  espèce  de  civière. 
Le  mouillem.  des  II  en  for.  s'explique 
peut-être  par  l'infl.  du  mot  baille,  sorte 
de  grande  corbeille  grossière  qui  sert  à 
l'emballage  de  la  verrerie.  Toutefois  la 
difficulté  est  seulem.  reculée,  car  je  ne 
sais  pourquoi  //a  été  mouillée  dans  baille, 
qui  paraît  être  le  même  que  le  In.  balle^ 
corbeille. 

EMBARGAILLI  v.  emmargailli, 

EMBARLIFICOTO(anbarlifikot6)  BAR- 
LIFICOTO  V.  a.  —  Embarrasser,  troubler. 

Forme  patoise  ^^emberlificoter,  Gh.  de 
e  en  a  (66). 

'EMBARRASSIA  v.  imbarrassia. 

*EMBERLICOCA  (anberlikoka)  adj.  - 
Troublé  de  cerveau,  embarrassé. 

Forme  patoise  d*emberlucoqué  (où 
figure  probablèm.  berlue) t  av.  une  légère 
dérivât,  de  sens.  Le  mot  doit  être  aujour- 
d'hui embarlicocô.  Il  est  d'ailleurs  peu 
usité.  On  dit  plus  volontiers  barlificotô. 

EMBIERNA  (anbièrna)  IMBIERNA 
(inbièma)  ;  .^  Lyon  embierne  s.  f.  Sav. 
embiar  —  Embarras,  ennuis,  difficultés, 
désagréments  de  toute  sorte.  Cela  fena 
lui  fait  bien  de  z'embiernes,  cette  femme 
lui  cause  bien  des  ennuis. 

Subst.  V.  tiré  d'embiertiôj  av.  fin.  a  par 
analogie  av.  les  autres  noms  fôm. 

EMBIERNO  (anbiernô)  adj.  des  2  ]g' 
—   Très  ennuyé,    très  embarrassé.  Être 


Digitized  by 


Google 


14? 


EMBI 


emhiernô,  c'est  ce  que  le  populaire,  dans 
le  langage  bas,  appelle  être  emm.,  pris 
au  fig. 

Partie,  é'embiernô.  Cet  adj.  tend  à  dis- 
paraître. Au  lieu  de  être  embiernô  on  dit 
de  préférence  aval  de  Vemhierna. 

EMBIERNO  (anbièrnô)  EMBIARNO 
(enbiarn6)  IMBIERNO  (inbièrnô)  INVIER- 
NO  V.  a.  —  Gréer  des  difftcultés,  des 
embarras,  des  ennuis.  Sens  très  péj.  Fou- 
me  lo  camp,  bogro  d'incoti,  que  te  m'in- 
vi'*rnes!  Va-ten,  b.  d'engourdi,  car  tu 
m'ennuies  ! 

Hais  ne  m^imbiarnô  p6s  de  le  gtnguilUri, 
De  qui'lo  TÎu  tlcbris  que  son  roct'-a  porri. 

«  Mais  ne  m*embarrassez  pas  des 
guenilles,  —  De  ces  vieux  dé!)ns  à  moitié 
pourris.  »  (Le  Tut,) 

Du  fr.  bren,  excrément,  av.  préf.  en,  de 
in,  et  suff.  <J  (14  8«).  D*où  cmbrenô  et 
embernô^  av.  métath.  de  r  (187  1*),  et 
enfin  embiernô j  av.  insert,  du  yotte  qui 
se  rencontre  qqfois  après  b  (v.  embiorses). 
Sur  la  métath.  cp.  berr.  déberner  pour 
djsembrener.  Le  préf.  en  tend  partout  à 
se  transformer  en  in.  Le  passage  de  e  ha 
a  eu  lieu  sous  infl.  de  r  (66).  La  forme 
enviernô  est  rare. 

EMBIORSES  V.  sous  embaissi. 

EMBOCQUO  (anbokô)  ;  à  Lyon  emboc- 
quer  v.  a.  —  Donner  la  pâtée,  mais  av. 
l'idée  de  gaver.  Embocquô  le  dindes, 
gaver  les  dindes.  S'embocquô,  manger 
av.  excès. 

De  6u«;ca.  Beaucoup  de  dér.  de  bucca 
ont  gardé  le  c  dur  (cp.  boquô^  baiser).  SufT. 
6  (14  i"). 

EM BOSSOIR  V.  imbossu. 

^EMBOSSOU  V.  imbossu. 

•EM BOTTA  V.  inbotô. 

EMBOTO  (anbôto)  IMBOTO;  ap.  Coch. 
EM  BOUTA  ;  vln.emboutée  s.  f.  —  Ce  que 
l'on  peut  saisir  av.  la  main .  Une  grosse 
poignée.  Un'embouta  de  liards,  une 
poignée  d'argent  (Coch.),  €  En  suitle  de 
quoy  il  leur  estait  permis  de  prendre  deux 
emboutées  de  l'argent  offert  en  l'honneur 
de  ces  reliques,  qu'ils  distribuaient  aux 
pauvres.  »  (Le  Laboureur,  Mazures) 

De  -^Ir. bouter,  av.  préf.  em{àQ  in).  Gh. 
de  ou  en  o  (34,  rem.  4)  ;  suff.  6  (14  !•). 

EMBOUCHES  vin.  —  ^di6:  «  Item,  au 


dit  mur,  embouches,  pour  porter  les 
machicos,  54  bochez...  »  (Arch.mun.) 

Je  crois  qu'il  faut  lire  embouché,  partie. 
Bien  q\i*embouschier  signifie  ordinairem. 
crépir  (de  bausche),  je  crois  que  le  mot 
veut  dire  ici  faire  des  trous  et  y  placer 
les  bochets  (v.  ce  mot)  qui  portent  les 
mâchicoulis.  Emboucher  des  boschets^ 
c'est  les  placer  dans  des  bouches  (de  bucca) 
préparées  à  cet  effet. 

EMBOUSCHIER  vin.  1474:  cA  Glaude 
Margueron  pour  avoir  embouschié  la  tour 
des  escloizons  regardant  la  ruete  des 
Dnm^s  de  S*  Pierre  et  arrazé  la  muraille 
jusqu'aux  chevrons.  »  (Arch.  m.)  —  1421  : 

«  Ont  baillé  à  priffait de  faire  lameson 

des  Forges,  de  la  moyson  qui  s'ensuit 

de  deux  pies  de  gros  en  fondement  et  d'un 
pié  et  demi  dehors  terre,  embosché'e  dehors 
et  dedans.  »  {Rég.  consul.)  —  Ges  textes 
montrentqu*^m6oM.çc^i>r  signifiait  enduire 
au  mortier. 

Du  vfr.  bauche,  crépi  sur  un  mur,  av. 
prosth.  explét.  de  e  et  suff.  d'oïl.  Je  crois 
que  bauche,  enduit,  et  bauche,  atelier, 
débaucher  f  ébaucher  y  qu'on  relie  commu- 
nèm.,  ont  2  orig.  Bauche,  crépissage  ; 
norm.  bauche,  pisé,  torchis  ;  vx  norm. 
bauchier,  ouvrier  en  murs  de  terre,  se 
relient  très  bien  au  gaël.  balk,  croûte  de 
terre  ;  irl.  baie,  durcissement  de  la  terre  ; 
balcaim,  entasser  ;  ags.,  angl.  6o/A,  vx 
angl.  baulk  of  land,  élévation  de  teri*e 
entre  2  sillons  ;  dan.  dialect.  balk^  bande 
de  terre  non  labourée;  8uéd.  dial.  balka^ 
entasser;  nord,  bdlk-r  mur  séparatif.  De 
ridée  de  mur  en  terre  pressée  &  celle  du 
revètissem.  de  ce  mur  en  argile  pétrie, 
puis  en  mortier,  la  dérivât,  est  assez 
simple.  —  Le  vfr.  balCf  bauch,  poutre,  se 
relie,  lui,  très  bien  à  ail.  balken  ;  holl., 
suéd.,  angl.  balk;  dan.  biaelka,  nor. 
bjalkiy  poutre.  De  bauch^  poutre,  a  pu 
être  formé  ébaucher^  dégrossir  le  bois, 
puis  ébaucher  un  travail  en  général. 

*EMBOUTA  V.  embotô  subst. 

EMBRINGO(anbringô);  àLyon  embrin^ 
gner  v.  a.  Pr.  embrinca  embringa,  vpr. 
embregar^  il.  imbrigare  —  Embarrasser, 
entraver,  empêtrer.  S'embringô,  se  mettre 
dans  une  mauvaise  affaire.  A  s*est  embrin- 
go  de  cela  fumella,  il  s'est  embarrassé  de 
cette  femme.  On  lit  dans  nombre  d'actes 


Digitized  by 


Google 


EMfeR 


143 


anciens  de  l'arrondissem.  de  Nyons,  à 
propos  de  propriétés  :  «  Non  embringuée 
d'hypothèques.  »  Ss-rom.  elnbriga,  char- 
ger, astreindre,  hypothéquer. 

Du  rad.  qui  a  formé  fr.  brigue  et  it. 
briga.  Esp.,  vpr.  brega,  querelle;  esp. 
bregar,  quereller  (?)  Nasalisât,  de  t  (184 
7")  :  prosth.  de  em(deîVi)  et  suff.  <3  (14  4»). 

EMBRINGUE  (anbringhe)  s.  f.  —  Em- 
barras, obstacle,  difficulté  de  toute  nature. 

Subst.  V.  tiré  à*embringô^  à  moins  que 
ce  ne  soit  embringô  qui  ait  été  formé  sur 
embringue, 

EMBRONCHI  (anbronchi);  ap.  Goch. 
EMBRONCHIA;àLyonôm6rowc/iéî,^eadj. 
Coch.  le  traduit  par  pensif,  mécontent. 
«  Oui  è  ben  tan  embronchia,  il  est  bien 
tant  dans  ses  rêveries.  »  C'est  le  sens  fig. 
du  vfr.  embronchier,  abaisser,  tenir  bas, 
l)aisser  ïe  visage.  Il  se  retrouve  dans 
Marg.  €  Et  aviant  les  faces  embro7ichies 
come  pleynes  de  grande  pidie.  »  Le  sens 
est  aujourd'hui  «  embarrassé,  gôné  ».  Al 
élôve  embronchi  par  sa  chargi,  il  était 
gêné  par  son  fardeau.  Même  sens  dans  le 
b.  dph.  Ladériv.  s'explique  aisém  :  baisser 
le  visage,  être  sombre,  être  embarrassé 
par  ses  préoccupations,  être  embarrassé 
en  général.  La  dér.  inverse  est  égalem. 
possible:  être  sombre,  baisser  le  visage, 
être  embarrassé.  Il  est  vrai  que  Diez 
sépare  it.  broncio,  regard  morose,  du  vfr. 
embronc^  incliné  ;  mais  les  2  mots  parais- 
sent identiques,  comme  l'a  montré  M.  G. 
Paris. 

Étym.  inconn. 

•EMBRONCHIA  V.  embronchi. 

EMBUFA(anbufa):  crp.  Goch.  A  M  BU- 
FA  —  Dans  l'express,  c  alla  à  Vambufa, 
aller  prendre  le  soir  des  alouettes  au  filet.  » 
Inusité.  Nous  disons  allô  à  l'espéra. 

Embufa  parait  être  embûche^  mal  ouï 
par  une  oreille  peu  exercée. 

EMMARGAILLI(an-margalhl)EMBAR 
GAILLI V.  a.  Dph.  embargalha  bargalha 
—  Souiller,  spécialem.  av.  de  la  fange  ou 
une  matière  semblable. 

Du  vfr.  margoiller  margoilloier,  rouler 
dans  la  boue,  av.  substitut,  du  pref.  ai7/?, 
plus  péj.  que  le  suff.  fréq.  oiller  ;  et 
prosth.  du  préf.  en  (de  in).  Margoiller 
vient  lui-môme  de  marga,  dont  le  sens 
est  dérivé  à  celui  de  boue  (cp.  In.  marga- 


gnt,  boue  tirante).  Dans  la  forme  embar- 
gailli  ch.  de  m  en  b  (104,  rem.  2). 

ÊMO  (émo)  ;  ap.  Goch.  ÊMOU  ;  à  Lyon 
ême  8.  f.  Vfr.  esme^  for.  êmou,  auv.  eimo, 
Igd.  imet  marchois  eime  —  Intelligence, 
jugement.  A  Vême,  au  juger,  à  vue  de  nez. 
«  Te  n'as  gin  d'ême,  va  n'en  charchi  à 
Trévoux,  tu  n'as  point  d'esprit»  va  en 
chercher  à  Trévoux  »,  vieille  plaisanterie 
lyonnaise,  parce  qu'au  xvii*  s.  la  monnaie 
delà  principauté  de  Dombes  était  marquée 
d'une  M.  La  forme  donnée  par  Goch.  est 
évidemm.  tirée  du  Forez  ;  ou  n'est  jamais 
post-ton.  en  In. 

Ah,  qu*il  art  bien  d'^o, 
Car  i)  a  gran  çarrlau 

€  Ah,  qu'il  aura  d'intelligence, —  Gar  il  a 
un  gros  cerveau.  »  (  Vx  noël) 

l>'diest(i)ma  (52  et  178  4«). 

EMOSSI  (émossl)  v.  n.  —  Échapper  des 
mains,  glisser.  La  detli  m'a  émossi^  la 
cruche  m'a  échappé  des  mains. 

Doit  être  identifié  av.  vfr.  musser^  cacher, 
dérober,  que  Diez  tire  du  vx  ail.  sich 
mùzen  ;  ail,  sich  m,aussen^  se  cacher 
comme  une  souris  ;  ail.  maus,  souris  ;  sscr. 
mùsha,  môme  sens.  Le  In.  a  préposé  e» 
Le  passage  de  au  ail.  à  o  est  normal  (cp. 
vha.  hlaupan  =  galoper).  Suff.  t(15  3», 
rem.  2).  Sur  la  dér.  de  sens  cp.  se  dérober, 
«  s'échapper,  glisser  ».  L'etym.  est  confirmée 
par  le  gris,  m^icciar^  s'échapper.  M.  Thur- 
neysen  propose  un  'muciare,  se  cacher, 
dont  l'orig.  serait  celt.  Le  sens  ne  se  prête 
pas  aux  mots  In.  et  gris.,  où  Tidée  de 
mouvement  est  caractéristique. 

*EMOTTA  (émotta)  s.  f.  —  1.  Motte  de 
terre.  2.  Grosse  souche  laissée  en  coupant 
les  branches. 

Même  orig.  que  le  fr.  mottes  av.  préf. 
e  explét. 

ÈMOTTOv.  mottô. 

*ÊMOU  V,  êmo. 

EMPAITA  (anpèta)  dans  la  loc.  Panier 
à  l'empaita^  panier  pour  aller  au  marché, 
usitée  aux  environs  de  Villefranche. 

Non  d'emplette,  où  la  chute  de  /  ne 
s'expliquerait  pas,  mais  d"*impacta,  av.  la 
signification,  de  chose  mise  sur  les  bras, 
de  charge  commise  ;  d'où  panier  à  l'em- 
paita,  à  «  faire  les  commissions  »,  suiv. 
la  loc  lyonn.  Gh.  de  ac  en  ai  (10).  Cp. 
du  reste  vpr.  empaitar,  d"impactare.  Il 


Digitized  by 


Google 


144 


EMPA 


1 


est  vrai  que  pacta  a  donné  pachien  In. 
C'est  que  dans  ce  dernier  et  a  été  méta- 
thésé.  De  môme,  à  côté  de  vpr.  empaitar^ 
existe  empachar, 

EMPANNON  s.  m.  —  Terme  de  char- 
penterie  lyonn.  —  Assemblage  de  solives 
ou  de  chevrons  dans  une  pièce  de  bois 
posée  en  biais  sur  un  angle. 

Du  vfr.  paier,  pr.  panar,  saisir,  fixer, 
fr.  pan,  gage  ;  angl  pawn,  môme  sens  ; 
fr.  panneau,  planche  saisie  dans  une 
embolture.  Suiv.  Pott,  du  lat.  panctum 
pour  pactum.  Toutefois  en  venant  de 
panctum  il  semble  que  le  mot  en  aurait 
gardé  Tyotte  (=  c).  Quoi  qu'il  en  soit,  au 
subst.  pan  a  été  adjoint  le  préf.  em{in), 
marquant  l'act.  du  dehors  au  dedans, 
d'attirer  à  soi.  Suff.  dim.  on,  Vempannon 
étant  une  pièce  très  secondaire.  Le  sens 
très  marqué  de  fixer,  saisir  me  semble 
mettre  à  néant  Tétym.  empenner,  donnée 
par  Littré. 

EMPARA  (enpara)vln.  V.  a.  — Défendre 
de,  garantir  de.  Tarentaise  et  ss  rom.  lim- 
para,  soutenir  qqu'un. 

Tey,  preii  ccU  B>*anJ  brtnchi, 
Pcr  lo  Ten  empara, 

«  Toi,  prends  cette  grande  branche,  — 
Pour  garantir  du  vent.  »  (Noël  wv  s.) 

De  *im-para,re.  V.  empare, 

•  EMPARE  (anpare)  ÈPARE;  à  Morn.. 
Grap.  IMPORA  (impôra);  vin,  ESPARE 
s.  f.  Ss-rom.  epdra  —  Terme  de  serrurerie 
lyonn.  Penture,  ferrure  qui  tient  une  porte 
suspendue.  Arch.  mun.  1517  :  «  4  espares 
pour  la  porte  de  la  tour  du  Blanchet  près 
la  tour  des  Pastiz.  »  —  1468  :  t  A  Nicolas 
Morin  pour  avoir  mis  deux  espai^res  et 

deux  angons  et   poser  une  serraille 

(serrure).  »  —  1468  :  A  Nicolas  le  serru- 
rier    pour    esparres    et    crochets   à 

pendre  les  barbacanes.  »  Dans  ce  dernier 
texte  barbacane  paraît  s'appliquer  à  des 
volets  fermant  la  barbacane  proprem.  dite 
ou  archère. 

Dans  l'invent,  des  biens  d'un  serrurier 
lyonn.  (1372),  on  lit  :  c  In  epariis  enguys 
donzelles  cocliara...  »  que  M.  de  Valons 
traduit  par:  «  En  barres,  engins,  donzelles, 
grandes  cuillers...  »  Epariis  me  semble 
devoir  être  traduit  par  espares  ou  fer 
pour  espares. 

Subst.  V.  tiré  de  vfr.  emparer,  forlifier 
(cp.  rempart)^  de  in'para,re.  Les  empares 


fortifient  la  porte,  la  défendent,  la  gar 
nissent.  Dans  épare,  vin.  espare,  il  y  a 
substitut,  du  préf.  ex  au  préf.  in. 

Dans  la  forme  impôra,  em  a  passé  à  in, 
comme  dans  tous  les  mots  à  préf.  em  en  ; 
et  a  a  passé  â  ô  (1). 

EMPAREU  (anpareu)s.  m.  — A  Villefi*. 
Boisson  faite  av.  des  poires,  des  sorbes  etc. 

De  péru,  poire,  av.  préf.  en,  de  in,  et 
suff.  eu,  qui  à  Villefr.  représente  souvent 
osus,  Gh.  de  c  en  a  sous  infl.  de  r.(ÔÔ). 

EMPEGI  (anpejl)  v.  a.  Pr.  empega  — 
Enduire  de  poix,  et  par  extens.,  de  toute 
substance  collante.  «  Gomme  une  souris 
empeigée.  »  (Rabel.)  Je  crois  que  R.  avait 
emprunté  le  mot  du  pr. 

De  pègi,  poix,  av.  préf.  em  (in)  et  sulT. 
t  (16  2») 

'EMPEINTA  (anpinta)  s  f.  Dph.  am- 
peinta,  pr.  empento  empinto  —  Grande 
rame  à  l'arrière  des  bateaux  et  radeaux, 
servant  de  gouvernail.  G'est  à  tort  que 
Goch.  la  donne  pour  synon.  de  picon.  Le 
picon  est  à  l'avant. 

T>'*impïncta,  formé  sur  impingere , 
comme  pinctus  de  pingere  (181  !•). 
Nous  devrions  avoir  impinta,  mais  outre 
que  le  mot  est  probablem.  emprunté,  un 
besoin  de  dissim.  a  pu  empocher  em, 
produit  primitif  de  in,  de  passer  à  in. 

EMPENACHI  (ampenachi)  v.  a.  —  Se 
dit  des  doigts  où  il  est  resté  du  miel 
lorsqu'on  le  manipule.  Al  los  dets  tôt 
empenachis, y Sii  les  doigts  tout  emmiellés. 

Semble  une  dérivât,  fantaisiste  de 
empegt,  mettre  de  la  poix,  sous  Tinfl.  de 
panache,  Cp.  fr.  panaché,  qui  est  de 
plusieurs  couleurs,  parce  que  le  panache 
est  ordinairem.  de  couleurs  variées. 

EMPLON   (anplon)    s.  m.    For.,  auv. 
amplan,  dph.  amplon  —  Gifle,  soufflet. 
Pr.  emplana^  donner  un  soufflet. 
Moi,  rien  que  d'un  tamplon,  je  Toudrais  TapUler 

[(Mil.)  ] 

Un  tamplon  est  ici  pour  tm-t-amplon, 

'DUn-plana,re,  au  sens  de  mettre  sur  la 
surface,  appliquer  comme  en  justifie  le 
pr.  emplana.  Gp.  appliquer  un  emplâtre^ 
môme  sens.  Gh.  de  an  en  on,  à  R,-de-0. 
(9  rem.  2). 

EMPLURI  (anpluri)  IMPLURI  v.  a.  Pr., 
Igd.  empura  empusa,  nlp,  emplura  em" 
pluira    empleira^     dph.    emplura    — 


Digitized  by 


Google 


EN 


145 


Attiser  le  feu.  Dph.  empura,  allumer 
le  feu  (Gharbot). 

M.  Mistral  le  tire  d'impulsare,  )nais 
celui-ci  aurait  donné  empoussa.  Il  est 
bien  difficile  de  ne  pas  y  voir  un  dér.  de 
TTjp,  latinisé  en  impurare,  qui  donne 
empuraen  pr.  L*add.  de  /  dans  les  formes 
In.,  dph.  et  alp.  s'explique  facilem.  par 
confus,  av.  implere.  La  fin.  i  en  In. 
s'explique  par  l'infl.  du  groupe  ur  qui 
agit  qqfois  comme  le  groupe  ir  (cp.  com- 
missuri  qu'on  trouve  concurremm.  à 
commissura).  Impura  existe  en  b.  lat.  au 
yv  s.  dans  le  texte  suivant  d'un  Sermon 
de  saint  Éloy,  composé,  d'après  les  Béné- 
dictins, de  textes  de  saint  Gesaire.  On  y  a 
vu  la  significat.  de  femme  qui  lit  les 
présages  dans  le  feu,  comme  dans  tempis- 
taria^  celle  de  femme  qui  lit  les  présages 
dans  les  tempêtes;  €  Tempistarias  noiite 

credere neque   impuras   que    dicunt 

homines  super  tectus  mittere,  ut  aliqua 
futura  possint  eis  denunciare.  »  Ta  Iulk^^ol 
signifie  dans  Pindare  «  victima  quae  cre- 
matur  ».  Un  autre  mss.  porte  mpurias. 
(ap.  Berger) 

EN  (an)  écrit  em  devant  les  explosives 
labiales.  -  Préf.  1.  Marquant  l'action  du 
dehors  au  dedans.  Le  plus  souvent  cette 
act.  est  exprimée  par  in.  Gependant  on  a 
envarrô,  embronchi,  emplon  etc. 

2.  Int.  ou  simplem.  explétif:  encotchi. 

De  in, 

*ENCHANT  V.  inchant. 

"ENCHAPLAv.  inchaplô. 

ENCOBLO  V.  incohlô. 

ENCOTCHI  V.  incoti. 

ENCOUBLA  subst.,  v.  incohlo. 

*ENCOUBLA  verbe,  v.  incoblà. 

*ENCOUBLES  v.  incohles. 

*ENDAGNI  (andagnl)  v.  a.  —  Mettre  le 
foin  en  andains.  Ce  mot  serait  mieux 
orthograph.  andagnï. 

D'andain,  av.  suff.  t  (15  4');  L'addit. 
du  suff.  a  eu  pour  effet  de  dénasaliser  la 
Toy.  qui  précède.  Gp.  plan  et  plana. 

ENDARBINA  (andarbina)  adj.  des  2  g. 
-  Endiablé,  enragé,  et  par  extens.  très 
têtu,  très  obstiné,  qui  ne  veut  entendre  à 
rien. 

Paraît  devoir  être  rapproché  du  vfr. 
desvé    dervé,    furieux,    forcené.  Il   faut 


supposer  un  subst.  darbin  (répondant  h 
un  fr.  dervin),  sur  lequel  on  aurait  fait  le 
verbe,  av.  préf.  en,  de  in  (qu'on  retrouve 
dans  endêver),  et  le  suff.  ordinaire  a 
(aujourd'hui  .5);  d'où  un  pmic.  endar- 
bina.  Si  cette  conjecture  est  fondée, 
comme  v  ne  remonte  pas  à  6,  on  devra 
pour  desver,  écarter  les  étym.  telles  que 
diS'Vare,  pour  disvadere  (Ulrich)  ;  dir- 
vare  pour  diruere  (Baist),  qui  n'ont  pas 
un  p  ou  un  6  dans  le  thème  primitif.  Les 
autres  sont  nombreuses  :  desipere  (Diez) 
de-ex-ripare  (Ulrich)  etc.  Malheureusem.' 
sans  compter  d'autres  difficultés,  ces  étym! 
sans  except.,  supposent  un  e  init.  long, 
et  dans  dervé  e  init.  est  bref. 

ENGARIER  (angarié),  ainsi  orthogra- 
phié par  Molard,  qui  a  vu  dans  en  le  préf. 
m,  mais  qui  serait  mieux  écrit  a^igarier, 
V.  a.  —  Engager  dans  des  embarras,  dans 
une  mauvaise  affaire.  Tosc.  angaria,  it. 
angheria.  vexation,  violence. 

Vfr.  angarier,  fatiguer  de  corvées, 
vexer,  d'angariare.  La  dérivât,  est  celle-ci  : 
obliger  aux  transports,  imposer  une  corvée 
en  général,  imposer  un  impôt,  vexer, 
engager  dans  une  mauvaise  affaire. 

•ENGOUSU  v.  ingousu. 

ENGREGI  (S')  (s'engregl)  ;  à  Lyon 
s'engreger  s'engregier  v.  pron.  -  Se  dit 
d'une  chose  qui  s'ancre,  se  fixe,  pénètre. 
Lo  malandro  s*est  engregï  dans  son 
corps,  «  la  maladie  s'est  ancrée  dans  son 
corps  ».  La  saleté  s'est  engregiée  dans 
sa  peau. 

Vfr.  engregier,  aggraver.  «  La  maladie 
commença  à  engregier  en  l'ost.  »  (Joinv.) 
—  «  Et  encore  pour  plus  engregier  son 
mal.  »  (Cent  Nouvelles) 

De  *in-grevia,re,  de  *grevis.  Gh.  de 
viare  en  gî  (cp.  alléger,  d*alleviare). 
Grevis  pour  gravis,  en  rapport  av.  levis. 

ENGREMINAv.  ingremina. 

ENGROUILLI,  lA  (angroulhi,  îa)  adj.  ; 
ap.  Goch.  ENGROUILLA  adj.  des  2  g.— 
Transi  de  froid. 

G'est  rouiller,  av.  prosth.  de  ^  (183  !•»). 
Gp.  encore  it  graspo,  râpe,  pour  raspo  ; 
grarimolo  pour  racimolo,  grappe.  Préf. 
en,dQin,  etsubtitul.  du  suff.  tà(?r(14  4«). 

ENGUEUSER  v.  ingu-usi. 

'ENGUEUSEUR  v.  ingueusu. 


i6 


Digitized  by 


Google 


146 


ENÔC 


ENOCINT(enossin)lNOCINT;ap.Coch. 
INOUCEN  (inoussin)  s.  m.  —  Idiot  et  par 
extens.  homme  très  simple,  borné. 

D'innorertlem.  Il  est  probable  que  la 
nasalisât,  de  i  s'est  faite  sous  la  forme  ew. 
ce  qui  est  ordinaire  chez  nous,  mais 
seulem.  pour  in  préf.  On  a  donc  eu  cn- 
nocint^  puis  enocint,  par  la  dispari  t.  d'une 
des  deux  nasales.  Ce  phénomène  de  déna- 
salisat.  a  toujours  lieu  quand  deux  nasales 
se  suivent.  Ainsi  l'on  dit  a  née  et  non 
an-née. 

ENQUELIN  V.  inquilin, 

ENQUEU  V.  enquù 

•ENQUI  (anki);  àMorn.  ENQUEU  adv. 
For.  enqueu.  —  Aujourd'hui.  Je  n'ai  vin 
migl  d'enqui^ie  n'ai  rien  mangé  d'aujour- 
d'hui. Inconnu  aux  environs  de  Lyon,  où 
l'on  dit  vuey. 

De  hanc  hodie,  comme  le  montre  plus 
clairem.  la  forme  de  Morn.  Il  pourrait 
aussi  avoir  été  formé  sur  hac  hodie,  av. 
nasalisât,  de  a  (184  ?<>,  rem.). 

ENRÈYi  (enrèyl);  à  R.-de-G.  EINRÈYI 
v.   a.   dans    l'express.    Enrèyï   in'oura, 
commencer  un  ouvrage. 
Qu'ariaiit  cent  vés  mio  fat  de  cboraô  deius  In  coin, 
Que  dVtnré-yi  procès 

«  Qui  auraient  cent  fois  mieux  fait  de 
rester  tranquilles  dans  un  coin  —  Que  de 
commencer  un  procès »  iProc) 

Formé  sur  In.  rèyi,  de  riga^  av.  préf. 
en  {in)  et  suff.  î(16  2  ).  Enrèyl,  lilt.  faire 
le  premier  sillon  d'un  labour. 

ENSACHi  V.  insachi. 

•ENSARAILLI  (ansaralhl)  adj.  v.  «  Oui 
est  ensaraillif  aile  est  ensarailla^  celui 
ou  celle  qui  est  égaré  et  ne  sait  plus 
trouver  son  chemin.  Dan  s  le  Juraen^erre^.» 
(Coch.)  —  Pr.  ensarra,  it.  inserrare^ 
enfermer. 

De  sareiilli,  serrure,  *ensaraillt,  fermer 
à  clef.  Gp.  envai^o,  môme  sens,  de  rerrow. 
Etre  cn^arailU,  c'est  avoir  son  chemin 
fermé.  La  forme  jurass.  enferre  indique 
la  même  idée. 

•ENSION  v.  insion, 

ENTERINO  (anterinô)  v.  a.  —  Com- 
mencer, en  parlant  d'un  travail.  Au  fitç. 
aborder,  entreprendre  (qqu'un).  A  m'a 
entérina,  il  m'a  entrepris,  il  m'a  abordé 
en  me  disant .... 


U'en  train,  av.  sufi*.  rî  (14  3*)  et  însert. 
d'une  voy.  d'appui  dans  le  groupe  tr. 
Celte  voy.  est  cause  que  l'on  n'a  pas  eu 
la  format,  rég.  entraigni.  Sur  le  sens  cp. 
entraîner  au  sens  de  développer  par 
l'exercice. 

*ENTRAFICHI  v.  intrafichl. 

ENTRECUIRE  (S')  v.  pron.  —  A  Lyon, 
même  sens  qvCébisô. 

De  entre  et  cuire,  parce  que  c'est  entre 
les  organes  que  se  produit  la  cuisson. 

'ENTREMA  v.  intremô. 

ENTREMI  (antremi)  prép.  Br.  antremi, 
—  Entre,  au  milieu.  Entremi  le  folle, 
parmi  les  feuilles. 

Je  pranlrémon  inusquot;  pof,  Je  Ur*  antremi 

«  Je  prendrai  mon  mousquet  ;  pouf,  je 
tire  au  milieu.  »  {Titan) 

D'inter=  entre,  et  médium  =  mt(25). 
Cp.  mîtan, 

ENVARRO  (S')  (s'envarô)  S'INVARRO 
V.  réft.  —  A  S*-Mart.  s'embarrasser,  s'em- 
brouiller, ne  savoir  où  prendre  sa  route. 

Du  rad.  de  verrou.  Gh.  de  e  en  a  (66)  ; 
suff.  d(14  3»).  L'idée  est  la  comparaison 
av.  une  porte  verrouillée  qui  ne  peut 
s'ouvrir.  Cp.  ensaraillt,  môme  sens,  de 
sarailli,  serrure. 

ENVARS  (L')  (anvar)  à  S^-Mart.  ;  à 
River.  L'INVERS  (l'invèr)  s.  m.  —  Le  côté 
du  nord  dans  un  bois,  une  montagne  etc. 
Beaucoup  d'endroits  disent  plutôt  Vinver- 
sat.  Les  Envers,  lieu  dit  à  S^«-Jatherine- 
sur-Hiverie. 

De  in-versus.  Ch.  de  e  en  a  (24). 

ENVARTOYI  v.  invarloyi, 

•ENVERTOLLI  v.  invartoyï, 

ÉPALORD  (épalor)  s.  m.—  A  R.-de-G. 
Épaule  de  mouton. 

Vive  lo  zépalordi  et  le  télés  de  vitox. 

«  Vive  les  épaules  de  mouton  et  les  tôles 
de  veau.  »  {Dép.) 

De  spsithula,  av.  prosth.  de  e  et  chute 
de  s  (112  2«),  et  suff.  ard  d'orig.  germ., 
devenu  ôrd  (1). 

EPARE  V.  empare. 

ÉPARVÉRO  (éparvérô)  PARVÉRO;  à 
Lyon  éparvérer  v.  a.  —  Polir  un  enduit 
k  l'éparvier. 

M'éparvier,  av.  suff.  ô  (14  2«).  Épar^ 
vijro  est  assez  difficile  à  prononcer  pour 
amener  la  chute  de  i. 


Digitized  by 


Google 


ÉPAR 


147 


ÈPARVIER  s.  m.  —  Terme  de  maçon- 
nerie lyonn.  Outil  qui  sert  à  polir  l'enduit. 

D'épervier,  parce  que  l'outil  a  qq.  loin- 
taine analogie  av.  un  oiseau  à  grandes 
ailes  étendues.  Ch.  de  e  en  a  (66). 

ÉPEILLI  (épèlhl);  ap.  Goch.  ÉPELLA 
adj.  —  Déguenillé,  c  Oui  è  tôt  épella,  il 
est  tout  déchiré.  »  (Goch.)  —  V.  sampilli. 

De  vfr.  peille,  haillon,  av.  préf.  e  (ex) 
et  suff.  t  (15  4").  Peille  paraît  venir  lui- 
môme  de  pellea,  de  pellem. 

*  ÉPELLA  V.  épeilli, 

EPIA  (épia)  s.  f.  —  Épi  de  blé. 

De  spica,  Prosth.  de  e  et  chute  de  s 
(112  2»);  chute  de  c  (128  2«);  transfert 
de  l'ace.  (61). 

ÉPINGLIA  V.  épinlli, 

•ÉPINLLI  (épinlhi)  ;  à  Morn.,  River. 
ÉPINGLIA  (épinglha)  s.  f.  -  Épingle. 

Épingle  a  été  expliqué  par  Diez  par 
spin{u)la,  av.  épenth.de  g,  Ascoli  fait 
observer  que  le  leccese  spingula,  qui  ne 
présume  pas  «  il  nesso  »  ni,  rend  l'étym. 
improbable,  et  il  rapporte  épingle  à  spi- 
culay  av.  répenth  de  n;  cp.  mi[n'\ga  mica, 
co[m]6«7o  cubito.  Scheler  propose  ail. 
spange,  agrafe.  Littré  paraît  se  rattacher 
à  cette  opinion.  M.  P.  Meyer  indique 
sphingula. 

Les  mots  romans  qui  ont  la  significaL 
d'épingle  se  divisent  en2branches:  1»  celle 
où  t  n'est  pas  nasalisé  et  où  /  fin.  est 
mouillée;  2»  celle  où  i  est  nas.  et  où  la 
finale  est  généralem.  gl,  g~l,  av.  l  non 
mouillée.  —  l^  Gatég.  ît.  spillo,  vfr. 
espille,  pic.  épieule  épiule,  angl.  spill, 
gév.  ispioune,  qui  est  pour  espilhoun 
espilhoune.  —  Étym.  spicula.  —  2«  catég. 
fr.  épingle,  pr.  espinglo, nscpolit  spingolo 
(du  fr.,  s*lon  Diez),  champ,  éplingue,  lec- 
cese spingula,  basq.  ispilinga^  norm. 
épingue,  —  Étym.  sphingula. 

La  double  étym.,  vient  de  ce  que  l9S 
Latins  avaient  deux  sortes  d'épingles,  que 
Ton  trouve  toutes  deux  à  profusion  dans 
les  fouilles;  1"  l'épingle  ordinaire,  appcîlée 
acus  par  les  archéologues  ;  2"  Tepingle 
vulgairem.  nommée  épingle  de  nourrice, 
et  appelée  fihula  par  lesarchéoloff.  —  Plus 
tard  les  sens  se  sont  confondus. 

Sphinga  =  spinga,  av.  le  sens  de  «  lec- 
tum  vel  sella.  •  (Papias)  —  «  Spingae  sunt 
in  quibus  sunt  spingatae  effigies  (Isid.).  » 


Le  nom  s'est  appliqué  aux  fibules  (à  cause 
d3  l'habitude  de  les  décorer  de  têtes  de 
sphinx  ou  de  griffon),  ainsi  qu'en  témoigne 
un  texte  cité  par  Du  G.  à  Spinulus  : 
«  Fibulam...  quae  est  latine  sphinx,  rus- 
tice  Spinulus  dicitur.  »  Cp.  In.  dauphin, 
sorte  de  tuyau,  de  l'ancienne  habitude  de 
les  décorer  d'une  tête  de  dauphin.  —  Le 
b.  lat.  spinula  désignait  spécialem.  les 
fibules  (Du  G.).  Il  se  peut  que  spinula 
soit  devenu  spingula^ous  infl.  de  spinga, 
comme  il  se  peut  que  spinga  ait  donné 
directem.  spingula. 

Le  In.  épinlhi  épinglia  possède  à  la 
fois  la  nasalisât,  de  i  ton.  de  la  2«  catég. 
de  mots  et  la  finale  en  l  mouillée  de  la 
1'*,  mais  il  vient  de  spicula,  et  il  a  dû 
être  espille.  Icula  =  ilhi  (164  2%  h), 
Prosth.  de  e  et  chute  de  s  (112  2»)  ;  t  s'est 
nasalisé  sans  doute  sous  infl.  du  fr.  épingle. 
L'infl.  s'est  marquée  plus  fortem.  dans  la 
forme  épinglia,  plus  moderne,  mais  nous 
n'avons  pas  emprunté  le  mot  au  fr.,  car 
épingle  aurait  donné  épingla,  comme 
tringle  a  donné  tringla, 

•ÉPINLLI  (épinlhi)  s.  m.  —  Étui. 

D'épinlli,  av.  suff.  t,  d'arius  (13). 

ÉPIO  (épiô)  V.  n.  Sav.  épia.  —1.  Se  dit 
du  blé  quand  le  grain  se  forme  dans  l'épi. 

D*épij  av.  suff.  ô.  Ce  suff.  indique  une 
format,  récente.  Spicare  aui-ait  donné 
épayi. 

2.  Éclore,  en  parlant  des  œufs.  «  Pendant 
ces  quinze  ans,  disons-ju,  la  France  couvait 
le  cacou  de  1%  Liberté  qu'a-t-épié  au  mois 
de  juilleL»(El.  Blanc) 

Même  étym.  On  dit  que  le  blé  épie  quand 
le  grain  apparaît.  On  a  vu  une  analogie 
entre  le  grain  qui  sort  de  l'enveloppe  et 
le  poulet  qui  sort  de  l'œuf. 

ÉPONDA  (éponda)  s.  f.  —  A  St-Marf 
le  côté  du  lit  opposé  à  la  ruelle. 

Pur  lat.  classique. Sponrfa,  dans  Mart., 
Hor.,  Ov.,  Bord  du  lit.  Prosth.  de  é  et 
chute  de  5  (112  2«). 

EPOUFFO  (époufô)  adj.  Poit.  ébuffé  — 
Essoufflé. 

Tandis  que  lo  Gascon,  déjà  lot  épovffo, 
Prcseiitove  au  public  in  orous  /.ioileborfo. 

€  Tandis  que  le  Gascon,  déjà  tout 
essoufflé,  —Présentait  au  public  un  gros 
œil  lui  sortant  de  la  tète.  »  (Mén.) 

Du  rad.  pouf,  exprimant  l'idée  d'enflure, 


Digitized  by 


Google 


148 


EPPL 


de  grossi ssem.  et  par  coDséquent  d'essouf- 
flem.  comme  chez  los  personnes  obèses. 
Gp.  pouffiasse.  Préf.  explét.  e  et  suflf.  ô 
(14  20). 

*EPPLETO  V.  applelo, 

ÉPUCHI  (éputchi)  v  a.  For.  éputld  — 
A  River.  Écraser. 

Non  de  *punctare,  de  punctus^  malgré 
le  rapport  apparent  de  forme  et  de  sens 
(une  voy.  ne  se  dônasalise  jamais  en  In.), 
mais  de  *eX'pitlica,ret  de  pulex.  Éjnichi, 
écraser  comma  une  puce.  Expulicare  se 
retrouve  dans  le  vpr.,  esp.,  port,  espulgar, 
épucer.  On  devrait  avoir  épouchi  (170  2», 
a)  à  cause  de  la  voc.  de  /,  mais  l'infl.  du 
simple  a  pu  faire  maintenir  u  intact.  Suff. 
1(16  2«).  Le  for.  éputia,  de  'ex-puliceare^ 
confirme  J'étym.  Sur  puzi,  puce,  le  In. 
a  formé  épuzi,  épucer. 

ÉPULLI  (épulhl)  V.  n.  For.  èpeli,  pr. 
espelif  gasc.  esperi,  dpii.  épelhi  épelli, 
vpr.  espelir,  cat.,  port,  expellir  —  Eclore, 
en  parlant  des  œufs. 

H'expellire  (pour  expellere).  E  a  passé 
à  te  sous  rinfl.  de  la  vocalisât,  de  /.  On  a 
eu  épeulif  puis  épuli^  eu  n'étant  pas  un 
son  pat.  Quant  au  mouillem.  de  /,  il 
s'opère  très  souvent,  comme  celui  de  n, 
devant  i. 

ÉPULLI -SARPINT  (épulhisarpin)  à 
Morn.  ;  PULLI-SARPINT  PIOUILLi- 
SARPINT  à  Yzer.  s.  m.  —  Libellule. 

De  épvilli  =  dépouille  (av.  substit.  du 
préf.  ex  au  préf.  dis),  et  sarpint,  serpent. 
Littér.  dépouille  de  serpent,  à  cause  des 
diaprures  de  la  robe  de  la  libellule,  qui 
la  font  ressemblera  la  peau  que  le  serpent 
dépouille  chaque  année.  Gp.  Gers  espu- 
gosers,  libellule  ;  litt.  peigneur  de  serpents, 
(Génac-M.) 

ÉQUEVILLES  (èkevilhe)  ;  ap.  Goch. 
ESCUVILLIES  s.  f.  plur.  Vpr.  esrohilha 
—  Balayures,  ordures.  «  On  trouve  escu- 
villes  dans  un  acte  consulaire  du  24  novem- 
bre 1590.  »  (Goch.) 

De  scopa,  av.  suff,  collect.  illes  (cp. 
brindilles).  Prosth.  de  e  et  chute  de  s 
(112  i").  La  forme  est  d'oïl  ;  le  pur  In. 
serait  cor/Z^e.ç  (111).  Gh.  dcp  en  v  (140). 
On  a  écovilles.  Le  passage  d  »  o  à  e  est  dû 
à  Taffaiblissem.  de  la  prot.,  qui  se  ren- 
contre qqfois  en  In.  Le  pr.  a  gardé  o  .sous 
la  forme  ou  dans  escoubilho.  Quant  à 
l'orthogr.  de  Goch.  escuvillies,  je  la  crois 


empruntée   à  un  vx    texte.  Le   mol  se 
prononçait  certainem.  escuvilhi  écuvilhi. 

EQUI FELAIS  (ekifelé)  s.  m.  pi.  —  A 
R.-de-G.  Gros  éclats  de  rire,  rires 
bruyants. 

Cc|»eind*nt  le  due  sonars,  dévirant  lious  pruiièict, 
Funt  de  zequifelais,  riont  comma  de  fou^les. 

«  Gependantles  deux  sœurs.  —Tournant 
et  retournant  leurs  prunelles,  —  Font  de 
gros  éclats  de  rire,  rient  comme  des 
folles.  »  (Dép.) 

Du  vfr.  esclaffer.  Ghute  de  s  (179  2*)  ; 
à*o\xéclaff),  el^ca/?(5parmélath.  (187  3»)  ; 
puis  eca/V/<5  par  insert,  d'une  vov.  d'appui 
dans  le  groupe  /f.  Le  mot  étant  une 
onomat.,le  remplacem.  de  a  par  i  s'explique 
par  le  désir  de  donner  un  caractère  plus 
aigu  au  son.  Ce  phonème  clif  se  retrouve 
dans  clifoire.  Quant  au  suff.  ais,  il  repré- 
sente le  fr.  e>,  devenu  èya,  puis  aï.  Gp. 
lii^rée  livrèya  livrai,  Gp.  aussi  à  R.-de-G. 
deloquais  (pour  disloqué),  sur  lequel  a  été 
forgé  le  fém.  deloquaise.  En  somme, 
équi fêlais  représente  le  fr.  esclaffées; 
mais  comme  l'idée  de  ées  s'est  perdue,  le 
son  ais  a  été  pris  pour  une  flexion  masc. 
(par  opposit.  à  aise),  et  c'est  ainsi  que  le 
mot  est  aujourd'hui  masc. 

ÉRA  V.  ira. 

ERNER  (èrnè)v.a.  Yîr.  erei?ier,  norm. 
erner,  rch.  éraner,  lorr.  enr'ner  — 
A  Villefr.  Èreinler. 

De  *ex-)ie)na,re,  de  ren,  rein,  format, 
plus  rég.  que  fr.  éreinter.  Le  suff.  er 
indique  que  le  mot  est  urbain  sous  infl. 
d'oïl.  Le  pat.  eût  été  arnô. 

ÉRO  (éro)  !»••  personne  de  Timparf.  de 
lindic. du  v.  être  à  St-Symph.-le-Ghàteau, 
S*-Mart.  et  dans  toute  la  contrée  avoisinant 
le  For.  ;  plur.  férians,  vo-z-êrios,  i-z 
ériant.  Morn.  dit  :  J'êquïnSj  nos  êquions, 
vosêqui<'iS,  etGrap.  J'équais,  nos  équian^, 
vos  êquioSf  ys  équiant. 

D'eram,  conservé  comme  dans  l'it.  ero 
et  le  vfr.  ère. 

ESCALADOU  (eskaladou)  s.  m.  Pr. 
escalada  u  —  Dévidoir  léger  employé 
dans  l'industrie  de  la  soie. 

De  "  scaladosus  (parce  que  ce  dévidoir 
a  l'apparence  d*échelles  autour  d'un  axe). 
Prosth.  de  e  (112).  La  persistance  de  c 
dur  et  de  rf,  aussi  bien  que  celle  de  s, 
indique  une  orig.  pr. 


Digitized  by 


Google 


ESCA 


m 


ESCA  NO  (S*)  (s'eskanô)  v.  pron.  — 
S'enfuir,  se  dérober. 

De  *ex-cal9Lre  (v.  calô).  Sur  le  ch,  de  l 
en  n  cp.  canô,  glisser,  de  calare.  Sur  le 
sens  cp.  fr.  popul.  caner,  Orléanais  calerj 
reculer,  céder.  La  persist.  de  c  dur  indique 
l'orig.  pr.  (cala).  Gh.  de  are  en  <5  (14  3°). 
I/étym.  canna^  pour  une  métaphore  de 
jambe,  doit  être  écartée,  ce  sens  n'existant 
que  dans  le  dim.  canilli  (v.  décaniUi). 

*ESCAS  dans  la  loc.  «  tôt  escas,  à 
peine  ».  (Goch.) 

Ce  mot  n'existe  pas  en  In.  et  ne  peut  y 
exister,  au  moins  sous  cette  forme.  Je  ne 
sais  par  suite  de  quelle  erreur  Goch.  Ta 
introduit  dans  son  gloss.  G'est  du  pur  pr.  ; 
d'excarpsus  pour  excerptus  (Diez),  it. 
scarso.  La  dér.  de  sens  de  chiche,  avare, 
à  €  à  peine  »  se  retrouve  dans  Tangl. 
scarce,  rare  ;  scarcely,  à  peine. 

ESCHALLAY  v.  échalL 

ESCKELIERS  vin.  v.  échali. 

ESCHIFFA  vin.  s.  f.  —  «  Item  dois  la 
dicta  eschiffa  nova,  jusques  el  quarro 
appella  dou  Puys  d*Enay  »,  item  depuis  la 
dite  échauguette  neuve  jusqu'à  l'angle 
appelé  du  Puits  d'Ainay  (Comptes  de  la 
Ville  1378).  -  V.  chiffa. 

•ESCOFFIER  (eskoflé)  ;  vin.  ECOFER 
s.  m.  —  «  Vieux  terme  qui  signifie  cor- 
donnier. »  (Goch.)  Le  mot  est  aujourd'hui 
à  peu  près  oul)lié,  mais  on  le  trouve  dans 
quantité  de  vx  actes,  av.  la  significat.  de 
marchand  de  cuir,  puis  de  cordonnier. 
«  Aussi  o  deyvont  li  banc  deuz  ecofers  à 
la  festa  Sant  Michel.  »  (Tar.  1277). 

De  corium.  —  On  trouve  escoirs  (xi«  s.) 
€  qui  appartient  au  cuir  »  ;  m.  lat.  escoe- 
ria  (xiu"  s.)  «  merx  coriocea  •;  auxquels 
correspond  *  escoerius,  m^  ou  fabric*  de 
cuirs.  On  rencontre  en  effet  escohier* 
«  artifex  coriaceus  ».  Escohier  est  devenu 
escoffxer  par  analog.  av.  estoffier.  Les 
deux  noms  se  sont  souvent  confondus. 
M.  Godef.  cite  estoffier  comme  synonyme 
à*estoffeur,  mais  le  texte  dit  :  portent, . . 
cuyr  à  vandre.  Du  G.  cite  un  texte  dph. 
du  XIV*  s.  où  il  est  fait  mention  d'un 
estoffier  grenoblois  qui  fabriquait  des 
bottes.  Enfin  on  trouve  aux  Arch.  m  un. 
ce  296  (1421):  «  A  Pierre  Berthicr, 
estoffier  y  pour  une  père  de  tybiaux 
(bottes).  »  —  Il  se  peut  d'ailleurs  que  dans 


ces  textes  on  ait  lu  estoffier  pour  escoffier, 
car  il  est  souvent  impossible  de  distinguer 
le  c  du  ^  dans  les  mss. 

Du  G.  rapproche  le  flam.  schoen^  soulier, 
qui  vient  du  goth.  skohs,  ail  schuh,  mais 
il  n'a  aucun  rapport  av.  escoeria. 

Dans  ecofer,  er  est  la  transformat. 
d'ariiis  non  précédé  de  yotle,  en  vin.  ; 
c'est  une  graphie  erronnée  puur  air, 

N.  d'homme,  très  commun,  Escoffier. 

ESCOSSÈRI  V.  écossoU. 

ESCUVILLIES  V.  éqicevilles, 

ESGUEDIER  ESGUIDIER  vin.  s.  m.  ~ 
Évier.  —  1517  :  «  Payé  . . .  aux  ouvriers 
qui  ont  besoigné  a  pouser  certaines  gor- 
golles  et  chanées  de  pierre  es  les  maisons 
pour  conduire  les  eaux  des  esguediers  et 
autres  de  l'hospital  du  pont  du  Rosne...  » 
—  €  Id.  Paiement  au  Prévost  de  la  ville 
et  sergens  pour  avoir  vacqué  à  faire 
abattre  les  esguidiers.  »  (Arch.  m.) 

D'aigui,  av.  suff.  ter  (13).  relié  par  rf. 
On  trouve  p.ussi  aiguier,  Vs  a  été  insérée 
par  analog.  av.  les  nombreux  mots  où  es 
est  préf.  Gp.  esguiere,  où  s  est  égalera, 
inorganique. 

ESGUER  V.  êgô. 

ESGUIDIER  V.  esguedier. 

ESMILLAGE  s.  m.  —  Qualité  des  moel- 
lons esmillés. 

D' es  mille,  av.  suff  coll.  âge  (=  aticum), 

ESMILLÉ  (esmilhé)  adj.  m.  —  Terme 
de  maçonnerie  lyonn.  dans  l'express. 
moellons  esmillés,  moellons  équarris  et 
taillés  avec  le  gros  côté  du  marteau. 

De  * s{i)milea,re  (de  similis),  parce  que 
ces  moellons  simulent  les  moellons  dits 
piqués  (cp.  similor).  Prosth.  de  e  (1 12  1"). 
La  chute  de  i  init.  tient  peut-être  à  une 
metath.  de  smileare  pour  sim*leare. 
L'hiatus  ea  explique  le  mouillem.  des  //. 

ESPARE  V.  empare. 

*  ESPÉRA  (espéra)  dans  la  loc.  Allô  à 
l'espira,  aller  à  l'affût  du  gibier. 

G'est  le  vpr.  esper,  de  spernre,  qui  a 
pris  dans  tous  les  dial.  d'oc  Ih  sens 
d'attendre.  Mais  il  n'existe  en  In.  que  dans 
cette  loc. 

ESPIES  vin.  s.  f.  pi.  —  1379  :  t  Payé  à 
Jehan  Blanc,  serrailleur,  pour  appelir 
deux  espies  à  la  porta  du  Grifo,  3  gros.  » 
(Arch.  m.) 


Digitized  by 


Google 


150 


ESQU 


La  qualité  de  serrurier  de  J.  Blanc 
démontre  qu'il  s'agit  non  d'ouverturos 
pour  guetter,  épier^  mais  de  l'objet  qu'on 
appelle  aujourd'hui  hérisson,  c'est-à-d.  un 
assemblage  de  crocs  de  fer  disposés  de 
manière  à  empêcher  une  escalade. 

De  spica,  Prosth.  de  e  (112  1»)  ;  ch.  de 
c  en  yottc(128)  ;  d'où  espiie  espie. 

ESQUILETTO  (eskiletô)  Adj.  —  Très 
amaigri,  qui  n'a  que  la  peau  et  les  os.  Al 
est  tôt  esquilettô,  il  est  tout  amaigri. 

Formé  sur  squelette.  Prosth.  de  e  (113 
l-);8uff.  rî(14  !•). 

ESQUINTO  (eskintô)  ;  à  Lyon  esquinter 
V.  a.  —  Abîmer,  échiner  ;  s'esquintô,  se 
briser  de  fatigue.  Vpr.  esquinsar  esquin- 
tar  esquissar,  déchirer. 

La  première  idée  est  celle  de  rattacher 
esquinter  à  échine  par  le  môme  rapport 
qu'entre  éreinter  et  rein.  Mais  dans  ce 
cas  on  devrait  avoir  échineter  échinter, 
skina  n'ayant  nulle  part  conservé  le  k. 
Notre  mol  est  identique  au  vpr.  esquintar, 
lui-môme  identiqu'î  à  esquinsar  esquissar, 
aujourd'hui  esquicha,  qui  ne  vient  cer- 
tainem.  pas  de  ^Ama,  et  que  Diez  rattache  à 
ayi^uy,  et  M.  Baist  à  scissum,  mais 
influencé  par  ff/l^etv.  La  nasalisât,  de  t 
s'expliquerait  par  la  loi  signalée  par 
M.  Foerster  de  l'insert.  fréquente  de  n 
devant  s.  Elle  aurait  été  ici  facilitée  par 
la  présence  de  k  devant  t.  La  substitut, 
du  suff.  tar  à  sar  est  plus  obscure  ; 
pourtant  elle  n'est  guère  niable  ici. 
D'ailleurs  une  substit.  du  môme  genre  se 
rencontre  qqfois  (cp.  155,  rem.)  Suff.  ô 
(14  !•). 

ESSANOURS  vin.  —  Dans  l'élect.  des 
maîtres  des  métiers  du  16  novembre  1418, 
on  lit  :  €  Jacquemet  Meygret,  essanours 
(c*est-à-d.  pour  les  essanours).  » 

Je  crois  qu'il  s'agit  des  soigneurs.  On 
trouve  en  vpr.  sannador  et  sannairCt 
saigneur  (qui  ne  se  confond  pas  av. 
barbier).  Essanour  est  le  même  mot,  av. 
préf.  es  et  substitut,  du  suff.  our,  d*orem 
(34  bis).  Le  rad.  est  celui  de  *8anguinare 
=  sang'nare  =  san-nare  =  sanare  par 
suite  de  la  dénasalisat.  de  a  à  cause  de  la 
2*  nas.  (cp.  an-née  devenu  a-nnée).  Le 
sanaireQ^i  aujourd'hui  en  Gév.  le  châtreur 
de  porcs,  moutons  etc. 

ESSART  (èssar)  s.  m.  —  Pièce  de  terre 
cultivée,  champ  de  trèfle,  de  blé  etc. 


Ti'ex-s9i,r{i)tum. 

'ESSARTI  (èssarll)  s.  m.  —  Ouvrier 
occupé  à  essarta. 

Wessartoj  av.  suff.  t(13). 

*ESSARTO  (èssartô)  v.  a.  —  Fesser  la 
vigne. 

D'exarta,re,  formé  sur  ex-sar(i)tus,  Ch. 
de  are  en  d(14  1«). 

ESSARTS  (èssar)  —  Nom  de  lieu, 
toujouis  au  plur.,  et  s'appliquant  à  des 
lieux  incultes,  par  une  dér.  de  sens  qui 
donne  le  contraire  du  sens  primit.  (v. 
essartd), 

N.  d'homme,  Des  Essarts. 

ESSÈBLO  V.  essiblô. 

ESSEMINS  (èssemln)  s.  m.  pi.  — 
Semences. 

De  semontes,  Ch.  de  en  en  m  (29)  ; 
préf.  expl.  e. 

ÊSSI  (éssi)  s.  m.  For.  essiot  —  Manche 
du  fléau. 

D'aa:w,  acsis.  Ch.  de  ac  en  ai  (10)  ; 
fin.  t  par  suite  de  l'infl.  de  c  (cp.  15  3*). 
On  a  aissi  devenu  êssi  dans  la  graphie, 
comme  axiculum  a  donné  essieu. 

ESSIBLO  (essiblô);  à  Morn.  ESSEBLO; 
vin.  ESSUBLA  v.  a.  For.  éssoubla,  dph. 
eisubla,  pr.  eissoublia  eissublia  essubln 
eissibla  asoublida,  vpr.  eyssoblidar  — 
Ou1>lier.  «  Item  se  aucunes  choses  sont 
essublées  de  nomar.  »  (  Tarif  de  1358) 

Rellens-met  ccl  adajo 

Ne  l'eMe^to  jtmais. 

f  Retiens  cet  adage —  Ne  l'oublie 

jamais.  »  (Hy^n.) 

De  exoblitB.re,  Ch.  de  ex  en  eis  (162 
!•)  réduit  à  es;  chute  de  t  (135);  ch.  de 
are  en  ô  (14  1").  On  a  essoblio,  passé  a 
essoblo,  soit  parce  que  la  prononciat.  en 
est  un  peu  difficile,  soit  par  analog.  av. 
siblô  Siiblô,  sifler.  C'est  sans  doute  la 
môme  infl.  qui  a  fait  substituer  t  ou  ti  à  o 
dans  la  prot. 

ESSOLIURI  (essoliuri)  s.  f.— Déchirure. 

A  traven  son  maiitiau  chaplA  tics  estolUures. 

•<  Au  travers  de  son  manteau  haché  de 
déchirures.  »  {Hym.) 

Paraît  être  le  vfr.  essilliure  (d^exilinm), 
déj^t,  av.  f  passé  a  o  sous  infl.  de  souil- 
lure, en  pat.  soliuri.  La  fin.  i  est  due  à 
l'infl.  de  Ih.  Le  groupe  wr  appelle  d'ailleurs 
qqfois  i  (cp.  commissuri,  employé  concur- 
remm.  av.  comntissura). 


Digitized  by 


Google 


ESSO 


151 


ESSOR DGI  V.  essorlli. 

ESSORLLI,  lA  (èssorlhl.  ia)  adj.  — 
i.  Assourdi  (v.  essorlli  verbe)  2.  Écervelé, 
étourdi. 

Exlens.  de  sens  d*essorlli  1.  Essorlli, 
qui  n'enteud  à  rien,  qui  n'écoute  point  de 
conseils. 

•ESSORLLI  (èssorlhl);  à  Crap.  ASSOR- 
LIO;  à  St-MarL  ESSORDGI  ;  à  Viliefr. 
ESSOURBILLER  v.  a.  For.  essourlier, 
poit.  essorlher  —  Assourdir.  Le  clioche 
m'essorliont,  les  cloches  m'assourdissent. 

La  chint  Tisipboiie  et  Cerbère,  ton  frôre  .. 

Ei»orliont  lo  public  •  forci  dt  borlô. 

«  La  chienne  lisiphone  et  Cerbère,  son 
frère...  —  Assourdissent  le  public  à  force 
de  hurler.  »  {Mé7i.) 

Dio  Mt  cou  ma  le  docbe 
Vant  essoMrlii. 

k  Dieu  sait  comme  les  cloches  —  Vont 
assourdir.  »  (Ghap.) 

De  *  ex'auricula,re,  d*auricula;  liitér. 
enlever  les  oreilles  ;  fr.  essoriller^  In. 
essorilhi  (164  2«,  6),  des ena  èssorlhl  par 
la  chute  de  la  proton.  La  forme  essordgi 
(prononciat  d'essordi)  est  due  à  l'infl.  du 
fr.  assourdir.  Dans  la  forme  essour[bi]l' 
1er,  insert.  d*une  sylL  péj. 

ESSOURBILLER  y.  essorlli. 

ÉSSOYI  (ÔS80-yl)  V.  a.  —  A  Paniss. 
Mettre  du  linge  k  l'air  pour  le  faire  sécher. 
Lorr.  essochi,  sécher,  mettre  à  sec. 

Ex'succare  aurait  dû.  ce  semble, 
donner  essuyit  comme  on  a  essuie  séche- 
resse ;  pourtant  on  a  qq.  ex.  de  u  long 
entravé  =  a  (46).  Essoyx  pourrait-il  aussi 
s'expliquer  par  ex^aquare,  par  l'interméd. 
du  vfr.  esseauer^  essuyer,  dessécher? 
Cp.  fr.  essaver,  aussi  d*ex-aquare  {^at 
aqua  =  êve),  La  format,  directe  sur  le 
lat.  aurait  donné  essaiguî,  aqua  ayant 
donné  aigui.  Dans  esseauer-  le  In.  aurait 
introduit  un  yotte  pour  rompre  l'hiatus. 
Cp.  vfr.  essayau,  écoulement  (Du  G.)  ;  m. 
lat.  essaveria  «  agger  stagni  ».  Sufif.  tpar 
analog.  av.  les  verbes  en  olhi  oyi.  La 
dipht.  au  passe  égalem.  à  o  bref  par 
analog.  av.  tous  les  v.  en  oyi. 

ESSU,  UA  (essu,  ua)  adj.  —  Sec.  Ina 
terr*  essua,  une  terre  sèche. 

D'ex-suc tum  =  essui  puis  essu  (48). 

'ESSUl  (essui)  s.  m.  Vpr.  eissuc  — 
Sécheresse.  Vpr.  eissuch,  à  sec  ;  pic.  essu, 
temps  qui  fait  sécher  vite. 


De  exsuctium).  Gh.  de  c  en  yolte  et 
chute  de  t  (123). 

ESSURE  V.  n.  —  Sécher. 

Peut  venir  d*ex-sn(g)ere  comme  sioure 
de  sequere,  par  la  chute  de// (134)  au 
lieu  de  la  chute  de  la  l^*  post-ton.  (52)  ; 
sans  quoi  on  aurait  essuigre  essugre^ 
comme  on  a  sègre  (de  sequ{e)re),  à  côté 
de  sioure  (de  se(q)ucre).  Mais  comme 
ex-sugere  a  passé  à  la  l'*  conjug.  dans 
toutes  les  langues  romanes,  on  est  porté  à 
croire  qa*essuire,  plus  tard  essure  (48), 
a  été  formé  sur  ex-suctum  =  essui  essu. 

ESSUTI,  Tl  A  (èssuti,tia)  adj.— Amaigri, 
séché.  Jna  fena  essutia,  une  femme 
amaigrie. 

U'essu,  sec,  av.  l'add.  d'un  i*  sufif.  t, 
d'itus,  relié  par  t.  Ce  2*  suff.  a  pour  but 
de  marquer  le  passage  d'un  état  à  un 
autre.  Il  y  a  entre  essu  et  essuti  la  môme 
différence  qu'entre  sec  et  séché. 

ESTASE  (estaze)  s.  f.  —  Les  pièces  de 
bois  horizontales  qui  maintiennent  le 
métier  du  canut  dans  le  sens  de  la  longueur. 

De  *st9Ltia^  de  stare,  parce  que  les 
estases  maintiennent  le  métier  en  équilibre. 
Prosth.  de  e  (112  1").  Nous  devrions  avoir 
estasse  (138  2o),  étasse  (166  2o)  mais  le 
mot  a  dû  être  importé  d'Italie  sous  la 
forme  stasia  (cp.  gratia  =  it.  grazia). 

ESTIBIAUX  ESTIBIOUX  TYBIAUX 
ETIVEX  vin.  s.  m.  pi.  —  Bottes.  1421  : 
«  A  Pierre  Berthier  estoffler,  pour  une 
père  de  Tyhiaux  vieux  et  pour  mettre  un 
boutplier  en  un  autre  estibioux...  un 
autre  estihiaux, . .  »  A  Jehan  le  Grolier 
pour  appareillir  deux  pères  de  Tyhiaux. . . 
11  livres  de  seins  gi*asse  pour  oindre  les 
estihiaux».,  v  (Arch.  m.)  Il  est  probable 
que  ces  bottes  étaient,  comme  celles  de 
nos  égouttiers,  destinées  au  travail  dans 
l'eau.  Le  signe  du  plur.  {x)  tient  à  ce  que 
les  bottes  marchent  par  paires.  «  Item 
por  SOS  etivex  »,  de  môme  pour  ses  bottes 
(L.  R.)  Ss.-rom.  éteveaux^  pr.  estivau^ 
grandes  bottes  de  pécheur. 

Non  de  tihiale,  malgré  l'analog.  appa- 
rente de  forme  et  de  sens  ;  !•  parce  que 
nous  aurions  tigiaux,  comme  tibia  a 
donné  tige  ;  2»  parce  que  la  prosth.  de  s 
ne  s'explique  pas  dans  estihiaux,  pas  plus 
que  dans  vpr,  estival^  it.  stivale^  vx  esp. 
estibal,  môme  sens.  L'étym.  aestivale, 
bottes  pour  l'été,  proposée  par  Du  C,  et 


Digitized  by 


Google 


132 


ESTI 


acceptée  par  Diez,  est  bien  peu  vraisem- 
blable comme  sens,  et  n'explique  pas  le  b 
d*estibiaux .  Ces  diverses  difficultés 
seraient  peut-être  levées  si  l'on  faisait 
venir  estibiauoc  de  *  stipule,  de  stipa, 
primitif  de  stipula,  av.  l'idée  de  tige 
creuse  (cp.  tige  de  botte),  Piosth  de  e 
(112  !•).  Le  ch.  de  p  en  6  se  rencontre 
qqfois  (140,  rem.  2)  et  en  tous  cas  est 
moins  invraisemblable  que  le  ch.  de  v  en 
b.  La  plupart  des  formes  romanes  ont 
d'ailleurs  v  comme  notre  etivex,  (it.  stivale, 
vpr.  estival).  Sur  l'insert.  do  yotte  cp. 
caballum  =  chiviau.  Le  pr.  estivala, 
dph.  eitibaia,  rouer  le  chanvre,  en  écraser 
la  tige  (stipa),  paraît  appuyer  l'étym.  Le 
dph.  notamm.  démontre  le  ch.  dep  en  b. 

ESTIBIOUX  V.  esiibiaux. 

ESTOURBO  (estourbô);  à  Lyon  estour- 
ber  V.  a.  —  Tuer. 

De  Tall.  sterben  (?),  mourir,  par  le 
partie,  geslorben.  Le  sens  du  vx  ail. 
sterbian  était  tuer  ;  cp.  ags.  steorfa, 
meurtre  ;  deorfan,  périr*  Le  mot  In. 
existait  bien  avant  l'invas.  de  1815.  Proslh. 
de  e  (lia  l"*}.  O  long  ail.  aurait  été  traité 
comme  o  long  lat.  (34).  M.  Boucherie 
signale  estourbir  estourmir,  «  mots  du 
langage  populaire  signifiant  assommer, 
étourdir  ».  Je  ne  trouve  dans  M.  L.  Rigaud 
(\\x' estourbir ^  étourdir,  assommer  à  coups 
de  poing  ou  de  bâton.  Ce  n'est  point  le 
sens  d'estourbô,  qui  s'applique  aussi  bien 
à  l'assassinat  à  coups  de  couteau  ou  d'arme 
à  feu.  La  persist.  de  Vs  dans  estourbô 
estourbir  parait  indiquer  une  format, 
toute  moderne,  à  moins  que  ces  mots  ne 
vinssent  du  wal.,  du  pic.  ou  du  pr.,  mais 
ils  ne  figurent  pas  dans  les  glossaires  de 
ces  dial.,  et  ils  ressemblent  bien  à  un 
emprunt  récent  fait  à  une  langue  étrangère. 

ESTRANGOLLI  (estrangolhl)  ;  à  Lyon 
estrangouiller.  v.  a.  ^^,'Tom.estreingola^ 
vpr.  eslrengolar  —  Étrangler.  S'emploie 
surtout  au  sens  comique. 

De  vfr.  estrangler^  de  strangulsLre.&Y, 
suflf.  fréq.  olhi;  à  Lyon  ouiller.  La  persist. 
de  s  est  assez  singulière,  pour  donner  à 
penser  que  le  mot,  quoique  populaire,  a 
été  forgé  sur  le  vfr.  par  qq.  lettré. 

ESTRATTA  (èstrata)  ;  ap.  Goch.  ÉTRA- 
TA  s.  f.  —  Suiv.  Goch.  espèce  de  lézard 
couleur  de  terre,  mais  en  réalité  sala- 
mandre terrestre.  Solo  comme  in'estrata 


sale  comme  une  salamandre  ;  a  fa  regrë 
ccnnm'  in'  estrata^  il  répugne  comme  une 
salamandre.  La  salamandre  terrestre  est 
un  animal  qui  inspire  une  sorte  de  terreur 
superstitieuse  aux  paysans.  Elle  est  le 
symbole  de  la  méchanceté  et  de  la  laideur. 

Ètym.  inconn.  —  On  trouve  dans  Plante 
estrix^  au  sens  de  gloutonne.  Je  n'ose  y 
voir  le  rad.  d^estratta.  auquel  se  serait 
ajouté  le  sufif,  atta  (cp.  borsat^  de  bursa; 
pignatta^  marmite).  Estrix^i^nX  lui-même 
d'essere^  manger.  Uestratta,  dans  cette 
hypoth.,  serait  «  la  dévorante  ».  Une  idée 
approchante  se  retrouve  dans  le  dph. 
rassa,  arassa,  nom  de  la  salamandre, 
lequel  suiv.  M.  Moutier,  se  rattacherait  à 
rassar^  scier;  rasso,  scie,  à  cause  des 
dents  en  forme  de  scie.  Dans  les  deux 
pays  l'esprit  aurait  été  frappé  du  carac- 
tère des  dents  de  la  salamandre. 

ESTROBLIES  vin.  -  1864-1965;  «  1 
peyntre,  por  sognier  les  estroblies  de  la 
banyeri  Perronin  dou  Nevro.  »  (Arch.  m.) 
Je  crois  que  les  estroblies  (prononc. 
estrobli)  sont  les  liens  ou  cordes  de  soie 
qui  pendaient  à  la  bannière,  comme  c'est 
encore  l'usage.  Le  peintre  chargé  de  la 
décoration  d'une  fête  en  faisait  exécuter 
tous  les  détails. 

De  *  str%ip{u)la,  de  struppus.  Prosth. 
de  e  (112  1");  Ch.  de  u  bref  en  o  (38); 
de  pi  en  bl  (164  7o).  On  devrait  avoir 
estrobles,  La  fin.  i  s'expliquerait-elle  par 
strupulea  î 

ÉTAILLANTS  (étalhan)  s.  m.  pi.  — 
Grands  ciseaux  pour  tailler  les  buis  etc. 

De  *  taleB,ntem,  av.  préf.  e. 

'ETAMPA  (étanpa);  à  Lyon  étampe 
s.  m.  —  Étai. 

Littré,  à  tampage,  objet  qui,  dans  les 
houillères,  fait  la  fonction  de  notre  étampe, 
donne  pour  orig.  celle  de  taper,  boucher; 
ail.  zapfen,  boucher  ;  suéd.  tapp.  Le 
sens  ne  concorde  pas.  Je  crois  que  ce  mot 
doit  se  rattacher  à  ags.  slapel^  étai  ;  holl. 
stapel,  tige  ;  suéd.  stapel,  pieu  en  fonda- 
tions ;  vfr.  estaple  estape  ;  rch.  estape; 
pieu  ;  vx  rch.  estaplel,  baliveau.  Le  rad. 
de  ce  mot  doit  se  trouver  dans  ail.  stab, 
holl.  staf,  dan.  stav^  angl.  sta/f,  goth. 
staua,  tige,  bâton.  Sur  la  nasalisât,  de  a, 
cp.  tampo7i,  de  tap  ;  sur  la  chute  de  /, 
cp.  fr.  étape,  aussi  de  stapel  au  sens  de 
monceau.  Prosth.  de  e  (112  2»). 


Digitized  by 


Google 


ÊTAM 


153 


ÉTAMPAGE  s.  m.  — 1.  Action  d'ôtampor. 
2.  Ensemble  d'étais. 

D'etampa,  av.  suiï.  af/e,  au  sens  coll. 
(cp.  feuillage,  plumage). 

'ETA  M  PO  (étanpô)  v.  a.  —  Étayer. 

D'étampa,  av.  suff.  ô  (14  2'»). 

ÉTANCOT  (étankô)  s.  m.  —  1.  Débris 
d'un  morceau  de  bois,  éfJat  de  bois, 
petite  branche.  A  Paniss.  Petit  fagot  pour 
boucher  un  trou  dans  une  haie. 

0  enOf  P*<  m'allrapô, 
P4  in  bout  d^e'tancof  qu«  po)é7.o  grapd. 

«  Il  n'y  a,  pour  m'y  accrocher,  —  Pas 
une  petite  branche  que  je  puisse  attein- 
dre. »  {Ina  miser i^  pat.  de  K.-de-G.) 

Malgré  la  ressemblance  de  forme,  n'a 
aucun  rapport  av.  élançon.  Paraît  venir 
du  germ.  —  AU.  sache.  hoU.  tak,  suéd. 
tagg^  dan.  iagge,  island.  tag,  corps  pointu, 
branche,  cheville,  dent  de  herse  etc.  Proslh. 
explét.  de  e;  na.salisat.  de  a  (184  7», 
rem.);  suff.  dim.  ot. 

'ÉTAPES  (étape)  s.  m.  pi.  —  Griblures 
de  blé. 

Orig.  germ.  —  AU  ,  holl.,  suéd.  stapel  ; 
dan.  slabelf  amas,  monceau.  Le  germ. 
slapel,  pieu,  et  stapel,  monceau,  ont 
sans  doute  des  orig.  différentes. 

ÉTARNI  (étarni)  v.  a.  For.  éiarni, 
Taren  taise  élherni,  norm.  (pays  de  Bray) 
clargni  —  Étendre  la  litière  des  bestiaux. 
Pic.  éler?ii,  qui  a  l)eaucoup  de  litière. 

Proi)ablem.  d'orig.  celt  :  kym.  tarn 
tarnu,  sécher,  absorber  l'humidité;  tar- 
niad,  absorption  ;  arm.  tarner,  torchon  ; 
irl.  iermond,  terrain  asséché.  Il  est 
possible  que  le  suff.  i  réponde  à  un  i  celt. 

ETCHIOULA  V.  ètioula. 

ÉTEILA  V.  étella. 

ÉTELLA  (étèla),  vin.  ÉTEILA  s.  f.  - 
Étoile. 

Lt  belle  éteila, 

Ben  rogeet  ben  affara. 

«  La  belle  étoile,  bien  rouge  et  bien 
brillante.  »  (Noël  xvi*  s.) 

De  steladQ), 

ÉTELLO  (ètèlô)  v.  a.  Vpr.  estellar, 
pr.  estela,  bord,  estera,  dph.  eitela  — 
En  Fr.-Ln.  Mettre  en  éclats,  en  parlant  du 
bois.  Vfr.  esteil,  jambage  de  porte. 

Rien  ne  semblerait  plus  naturel  que 
de  tirer  étellô  d**aslellare  [à'astella  pour 
astula),  si   l'on  n'avait  l'obstacle  du  ch. 


irrôg.  de  a  init.  on  c  è.  On  devrait  avoir 
atello,  comme  on  Patelle.  C'est  cerlainem. 
cette  irrégul.  qui  a  déterminé  Diez  à  tirer 
esteil  du  vha.  stihhil.  Mais  si  toutes  les 
formes  d'oc  onté,  l'immense  majorité  des 
formes  d'oïl  est  en  a  (v.  Godef.  à  astele), 
et  le  Igd.  possède  astela.  Or  stihhil  n'a 
pu  donner  astelle;  et  il  est  bien  difficile 
de  croire  que  le  fr.  astelle  et  le  vpr. 
estella  soient  2  mots  différents.  Je  crois 
donc  que  les  2  mots  viennent  à'*astella, 
av.  un  ch.  de  a  en  e  dans  le  pr.  sous  une 
infl.  que  j'ignore.  Si  l'on  admet  étellô 
d'astellare,  on  aura,  pour  compléter  la 
format.,  la  chute  de  s  (166  2»)  et  le  ch. 
de  are  en  d  (14  3»). 

ÉTIOULA;   à   R.-de-G.    ETSOULA 
(etsoula)  TIOULA  s.  f.  —  Tuile. 

AI  a  chu,  hott^e'm,  de  dessus  le  reUoules, 
Ein  avisant  pass6  ti-e  fenes  quVUans  soûles. 
«  Il  a  chu,  hélas,  de  dessus  le   toit  — 
En    regardant  passer   trois    femmes  qui 
étaient  ivres.  »  (Gorl.) 

De  tegula.  Ch.  de  e  ouvert  en  i  (27)  ; 
chute  de  g  (133);   ch.  de   u  bref  en  où 
(34)  ;  transport  de  l'ace,  sur  u  (51).  Dan.s 
étioula  prosih.  explét.  de^.Laprononciat. 
ts  de  t  dans  la  forme  de  R.-de-G.  indique 
un    yotte    disparu.    On    a     eu    d'abord 
etsioula. 
"ÉTIVA   V.  étuâ. 
ÉTIVEX  V.  estibiaux, 
ÉTO  (étô)  V.  n.  — Dans  la  loc.  Laissa-mi 
étôf    laisse-moi    tranquille  ;  gév.    laissa- 
mi  s  ta. 

De  stsire.  Proslh.  de  e  et  chute  de  s 
(112  20)  ;  ch.  de  are  en  ô  (14  !•.). 

ÉTO  (étô)  ;  à  R.-de-G.  ÉTU  ;  ap.  Coch. 
EITOU  adv.  —  Aussi. 

0  s'y  Irovove  êtu  la  Zoé,  la  Pauline. 
€  Il  s'y  trouvait  aussi  Zoé,  Pauline.  » 
(Gorl.) 

C'est  le  norm.  itou,  que  Littré  lire  de 
hic  talis,  et  qui  se  tire  mieux  de  hic  tutlum . 
surtout  comme  forme.  Hic  =  vin.  ei, 
réduit  à  è,  et  tuttus  =  tôt,  tout.  La  dér. 
de  sens  est  assez  explicable  :  hic  tutlum 
représenterait  «  tout  de  même  ». 

ÉTOGI  (étôgf)  V.  a.  —  Épargner,  amas- 
ser ^vieilli).  Vfr.  estoier  estuier,  pr.  esiu- 
cha  estuga,  renfermer,  épargner. 
Vos  gàleri  un  sou  4c  solard 
Per  Tolay  itogi  deni  liards. 


Digitized  by 


Google 


154 


ÉTOP 


€  Vous  useriez  pour  un  sou  de  souliers 
—  Pour  vouloir  économiser  deux  liards.  » 
(Lyon  hurl.  1750). 

Du  mha.  slùche  stauche,  gaine  pour 
une  arme,  qui  a  donné  étui^  suiv.  Diez 
D'où  l'idée  d'enfermer,  puis  d'épargner  en 
enfermant.  L'étym.  studium,  proposé  par 
Langensiepen.  semble  être  mise  à  néant 
par  le  vpr.  estugar,  dj  ne  donnant  pas  g 
dur.  Prosth.  de  e(112  2«»);  suff.  i  (15  2«). 
Il  est  probable  que  le  mot  vient  par  le 
vpr.  estugar,  même  sens. 

ÉTOPA  (élôpa)  s.  f.  -   Èloupe. 

De  stnppa.  Prosth.  de  e  et  cliute  de  s 
(112  2')  ;  ch.  de  w  bref  en  o  (38). 

ÉTOPO  (élopô)  V.  a.  —  Boucher,  cal 
feutrer. 

D'étopa,  av.  suff.  ô  (14  2"). 

ÉTOUAISONS  (étouézon)  ;  à  River. 
ÉTUISONS  s.  f.  pi.  —Purin. 

De  è{ex)  et  touaison.  La  tuison  dans 
le  Roann.  est  un  fossé  rempli  de  pierres 
qui  sert  à  assécher  un  terrain,  à  assainir 
une  habitation  etc.  Les  extouaisons 
étouaisons  étuisons  sont  donc  ce  qui  sort 
des  touaisons  et,  par  extens.,  le  purin 
filtré  au  travers  de  la  litière. 

Touaison  est  formé  sur  tou^  canal, 
égout.  acqueduc;  for.  ios  tou,  cév.  ion, 
pr.  touc  toun  touat  touve,  auv.  iouar, 
h.  dph.  touvière,  de  tuhus.  Tuh(u)s  donne 
le  In.  touis)  par  la  voc.  de  b  (117,  rem.), 
et  le  for.  tos^  quand  b  ne  se  vocalise  pns. 
L'auv.  ^owar  est  peut-être  (ubellum,  comme 
douar  est  le  vfr.  duel,  deuil.  A  tou  s'est 
ajouté  le  suff.  aiso7i  {alionem),  Touaison 
répond  ii*  tubationem,  et  à  un  fr.  'tubai- 
son.  Dans  la  forme  tuison^  ouoi  a  passé 
à  ui  sous  infl.  de  l'yotte  de  ionem. 

"  ÉTOYI  (élo-yl)  INTOYI  (in-toyl)  v.  a.  — 
Ranger,  fermer.  «  Étoyl  celous  liards, 
fermez  cet  arj^ent;  étoyX  celle  bestié  ou 
celle  bovine,  faites  rentrer  le  bétail  à 
l'écurie.  »  (Goch.)  Ce  mot  est  aujourd'hui 
presque  partout  remplacé  par  intoyl. 
Cependant  il  est  encore  usité  à  Paniss. 
au  sens  do  rentrer  le  blé. 

Le  môme  (\\x'étog'i^  av.  chute  de  g  (134) 
et  son  remplacem.  par  un  yolle  euph. 
D'après  Gras,  ctoyï  en  for.  signif.  au 
contraire  faire  sortir  les  bestiaux.  Il  y  a 
eu  confus,  av.  le  préf.  ex. 

ÉTRANGLA-CHATS  (étranglachà)  s.  f. 


—  Espèce  de  mécliante  poire,  nommée  en 
fr.  islranguillon. 

N*6s-lsu  jamais  cotsi  de  peru  couèssi-dama 
Ou  de  zétranyla  chats? 

«  N'as-tu  jamais  mangé  de  poires  cuisse- 
dame  —  Ou  des  estranguillons  ?  »  (Tôt 
va  b.) 

D'étranglô  et  de  chats  parce  que  Ton 
suppose  qu'elles  sont  si  mauvaises  qu'elles 
étrangleraient  même  les  chats. 

ÉTRATA  V.  estrata. 

ETREGNI  (étregnl)  à  Morn.  :  TORGNI 
V.  n.  Vfr.  esterner^  ss-rom.  étergni  étar- 
gni  étragni  —  Èternuer. 

De  sternula,re.  Dans  ëlregnl,  prosth. 
de  e  et  chute  de  <v  (112  '2");  métath.  de  r 
(187  !•);  chute  de  t  (135).  On  devrait 
avoir  étrenu).  Le  mouillem.  de  n  a  eu 
pour  conséquence  le  suff.  î  (15  4*),  Mais 
je  ne  sais  pas  expliquer  la  raison  de  ce 
mouillem.,  qui  se  retrouve  assez  souvent 
s\ns  cause  apparente.  Dans  torgni,  e  a 
passé  à  0  sous  l'infl.  de  r,  qui  tend  à 
élargir  la  voy.  précédente.  On  devrait  avoir 
targni  (24). 

ÉTRÉMO  V.  intremo. 

ÉTRÈS  (être)  à  Morn.  ;  ÉTRIS  (étri)  à 
Yzer.  ;  ÊTRES  (être)  à  S*-Mart.  s.  m.  pi. 

—  Appareil  en  bois,  qui  enserre  le  flanc 
des  bœufs  pendant  qu'on  les  ferre. 

La  forme  élri  indique  que  le  mot  doit 
s'identifier  av.  fr.  élrier.  La  forme  de 
l'appareil,  en  effet,  a  qque  analog.  av.  celle 
d'un  étrier.  L'emploi  exclusif  du  mot  au 
plur.  confirme  l'étym.,  les  étriers  étant 
par  paires.  fUri  est  règ.,  ter  fr.  égalant  i 
(13).  Quant  à  la  forme  élrès  elle  est  le 
résultat  d'une  confus,  av.  élreit,  étroit, 
parce  que  l'appareil  met  le  bœuf  à  l'étroit, 
à  la  géhenne.  Aussi  lorsqu'on  veut  parler 
fr.,  dit-on  les  étroits.  Mais  la  forme  étri 
indique  que  l'idée  primitive  était  bien 
celle  d'un  étrier.  Quant  à  élrés,  c'est 
étrès,  av  l'affaiblissem.  fréquent  de  è  en  ë, 

ÊTRES  V.  étrès. 

ÉTRÊSILLON  (étrésilhon)  s.  m.  — 
Morceau  de  bois  qui  se  met  en  travers 
d'une  fouille,  d'une  baie  etc.  pour  étayer. 
A  Paris  trésillon,  même  sens. 

Parait,  comme  le  dit  Schcler,  venir  de 
vfr.  1res,  pièce  de  bois,  de  trabs.  Ce  qui 
appuie  l'étym.  c'est  que  trabs  a  donné 
tras  en  In.,  et  que  les  étrésillons  se  font 


Digitized  by 


Google 


ÉTRI 


155 


av.  des  tras.  Plus  gros,  les  étais  trans- 
versaux prennent  le  nom  dC étendards.  Si 
le  mot  était  In.  il  serait  étrasillons,  mais 
il  est  d'orig.  d'oïl.  Il  est  vrai  que  trabs 
ne  peut  donner  très  en  fr.  (a  entr.  égalant 
a),  mais  trabern  a  donné  tref,  et  Vs  du 
cas- sujet  très  est  purem.  analogique.  A 
trésillon  se  sont  adjoints  le  prèf.  explét.  e 
et  le  suff.  dim.  illon.  É trésillon,  petit  tras. 

ÉTRIS  V.  étrès. 

ÉTROBLA  (éti-ôbla)  s.  f .  ;  ap .  Goch. 
ATROBLA  ;  à  S'-Mart.,  R.-de-G.  ÉTRO- 
BLO  s.  m.  Meuse  éteule  étoule  —  Étable. 
<  Lo  jor  de  la  féri...  adon  que  je  flot  hi 
pachi  de  la  péri  de  bou  que  sont  incor  en 
n')utron  étrohlo  »,  le  jour  de  la  foire... 
que  je  fis  le  marché  de  la  paire  de  bœufs 
qui  sont  encore  dans  notre  étable.  (I>ïa/.) 

De  stAbulum.  Prosth.  de  e  et  chute  de 
5  (112  2»);  ch.  de  a  en  d  (1);  insert,  de 
r  (184  60,  b). 

ÉTROBLO(étroblo^;  ap.  Goch.  ÉTROU- 
BLO  8.  m.  ÉTROBLONS  s.  m.  pi.  — 
Chaume  du  blé. 

De  'stnp{u)la  pour  stipula.  Prosth.  de 
e  et  chute  de  s  (112  2*)  ;  ch.  de  w  en  o 
(38);  insert,  de  r  (184  6o,  b).  Dans 
étroblons  addit.  du  suflf.  07i. 

ÉTROBLONS  v.  étroblo. 

ÊTROS  (étro);  à  Grap.  ÊTRES  s.  m.  pi. 
que  j'ai  inexactem.  orthograph.  AITROS 
et  non  moins  inexactem.  tiré  à!atria.  Les 
ètros  sont  ce  qui  est  à  l'e-xtérieur  de  la 
maison  :  le  balcon  où  l'on  met  sécher  les 
fruits,  le  perron,  l'endroit  sous  l'auvent, 
si  ces  objets  existent  ;  le  porche  extérieur 
d'une  église  etc.  G'est  le  sens  du  vfr. 
«  Fors  en  las  estras  estet  Petrc.  »  {Pass. 
du  Christ).  Ces  sens,  joints  à  cette  circons- 
tance que,  dans  le  vfr.,  l'orth.  être  estre 
est  infinim.  plus  fréquente  que  a'itre  (l'ex. 
ci-dessus  eslras  est  le  plus  ancien  connu) 
doivent  faire  accepter  l'étym.  ext[e)ras 
donnée  par  M.  Neumann.  Cette  étym.  est 
encore  conflrmée  par  le  lim.  estro,  fenêtre. 

ÉTROSSO  (étrossô)  v.  a.  —  Casser, 
rompre,  briser  par  le  milieu. 

Non  de  ex-truncare^qmàonwQétronchi, 
mais  du  vfr.  et  vpr.  tros,  tronc,  morceau, 
av.  préf.  é  disjonct.  et  suff.  d  (15  a% 
rem.  2,  note».  Gp.  esp.  trosar,  mettre  en 
pièces.  Diez  tire  tros  de  thyrsus,  tigo, 
vha.  turso  torso,  germ.   dorsch,  d'où  la 


significat.  de  cœur,  trognon,  que  prend 
tros . 

•ÉTROUBLO  V.  étroblo. 

ETSOULA  V.  étioula. 

ÉTU  V.  étô. 

ÉTUISONSv.  étouaisons, 

ÉTUO  (étu6);  op.  Goch.  ÉTIVA  v.  a.  — 
Mettre  de  l'eau  dans  les  futailles  pour 
qu'elles  tiennent  le  liquide.  Fére  étuô  la 
ti7ia,  mouiller  la  cuve. 

Du  germ.  —  Vha.  stnbâ  stupd,  ags. 
stofe,  étuve.  Prosth.  de  e  et  chute  de  s 
(112  2«);  chute  de  p  (140  3*);  suff.  ô 
(14  2").  La  forme  de  Goch.  paraît  être  le 
fr.  étuver,  mais  je  n'explique  pas  le  ch. 
de  u  en  i.  Étiva  me  semble  plus  que 
douteux  et  doit  être  pour  étuva. 

ÉTUPA  (étupa)  s.  f.  —LA  River. 
Tréteau. 

D'un  rad.  germ  :  —  Vha.  stuc  fa,  mha. 
stuofe,  ags.  stopa,  ail.  stufe^  marchepied, 
gradin.  Le  mot  se  retrouve  dans  les  dial. 
slaves:  russe  stup^  colonne,  appui  ;  stuba^ 
escalier;  serbe  stup,  branche  principale 
d'un  arbre;  lithuan.  stulpas,  lette  stulbs, 
poteau.  La  persist.  de  u  long  germ.  est 
régul. 

2.  Terme  péj.  Mauvais  sujet,  vaurien. 

Étym.  inconn.  A  rapprocher  sans  doute 
du  vfr.  ou  pic.  estupage^  honte,  igno- 
minie; m.  \2ii,  stupa  stopastoma  <i  fallacia, 
cupidilas  »  {ap,  Diefenbach),  mais  cela 
n'éclaircit  pas  l'orig. 

*EUVRA  (euvra)  s.  f.  —  Filasse  de 
chanvre. 

jy'opera.  La  filasse  est  du  chanvre  mis 
en  œuvre.  Le  mot  est  pris  sur  le  fr.  ;  le 
In.  serait  oura  (v.  ce  mot). 

ÊVA  (éva)  —  A  Paniss.  dans  la  loc. 
pas  d'êva,  pas  du  tout. 

Étym.  inconn.  —  Le  subst.  êva  air  a 
signifie  qualité,  race,  ce  qui  n'a  aucun 
rapport  de  sens.  La  loc.  n'existe  à  ma 
connaissance  dans  aucun  dial. 

*ÊVAGEO  V.  aivajo. 

ÉVANCLIO  (évankliô)  adj.  —  Qui  a  le 
ventre  vide,  qui  est  affamé.  Se  dit  surtout 
des  animaux,  bœufs,  vaches,  moutons, 
qui  paraissent  n'avoir  rien  mangé  et  avoir 
le  ventre  aplati.  A  Lyon  atangU%  terme 
péj.,  glouton,  avide,  qui  prend  tout  pour 
lui. 


Digitized  by 


Google 


156 


ÉVAR 


De  rx-vac{u)lsilum.  Nasalisai,  do  a 
(184  70,  rem.);  iiisert.  de  /  après  cl  (164 
2*»,  a)  ;  ch.  de  ai  uni  en  a  (1).  Dans  l;i 
forme  urbaine  ch.  de  cl  eu  gl  (cp.  joc'la- 
^urem  =  jo)igU'tir). 

ÉVARCHI  V.  èvarlô. 

ÉVAROCHI  (êvarochi,  tchi)  t.  a.  For. 
écarochi-^  Disséminer,  éparpiller,  surtout 
on  parlant  du  fumier. 

C'est  ërarchi,    av.   une    voy.   d'appui 
introduite  p:)ur  faciliter  la  prononciat.  du 
groupe  rch. 


ÉVARTO  (évartô)  ÉVARCHI  (évarchi, 
tchI)  ;  ap.  Goch.  EVERCHI  v.  a.  — 
Klendiesur  le  sol,  en  parlant  du  fumier. 

De  ejC'i\'t'ta.re  (pour  vertere)  pour  la 
forme  évarlO.  Ch.  de  are  en  rf  (14  !•).  — 
De  ex-veyt[i)rd^re  pour  la  forme  (*rarchi, 
Ch.  de  te  en  ch  (161  5°;  ;  de  are  en  i 
(15  2). 

EVERCHI  V.  écartn. 

EY  pron.  indéf.  v.  ou. 


F 


FABA  (faba)  s.  f.  —  A  Morn.  Fève. 

De  fAha.  Un  des  rares  ex,  où  b  n'a  pas 
accompli  son  évolut.  en  v  (141).  Tend  à 
être  remplacé  par  /Vîra,  où  a  ton.  a  passé 
h  ô(l). 

*FABIOULES  s.  f.  pi.  —  Fables,  sor- 
nettes. 

Mot  forgé  de  fable,  av.  un  suff.  sous 
infl.  de  babiole. 

FAÇURE(fas.sure)  s.  f.  Piacent.  fassola 
—  Terme  de  tissage,  Partie  de  rélofTe 
fabriquée  qui  est  entre  le  battant  et  la 
poitrine  de  Touvrier. 

Du  rad.  de  façon  {factionem),  av.  sufT. 
fov,  d'atura,  par  analog.  av.  armure 
(disposit.  à'etoffe),  garniture  etc.  La 
façure  est  la  portion  que  l'ouvrier  est  en 
train  de  façonner.  Le  piacent.  a  choisi 
le  suir.  ola  au  lieu  de  ure. 

FADORD  (fadôr)  s.  m.  For.  fadard,  pr. 
fadèu  —  Innocent,  faible  d'esprit.  Toulous. 
fadurlOy  un  nigaud.  Vpr.  (?)  fada^  folle 
(Roquef.) 

¥ei,tuum,  auquel  on  songe  tout  d'abord, 
aurait  gardé  t  dans  le  dér.  {fatuum  = 
fatvum).Je  crois  donc  qu'il  faut  VircfAta, 
(ce,  av.  suff.  germ.  ard,  Fadôrd^  «  qui  a 
êlê  affaibli  d'esprit  par  une  méchante 
fée  ».   Le  thème  vient  du  pr.  fada^  ainsi 


qu'en  témoigne  le  ch.  de  t  en  rf,  au  lieu  de 
sa  chute  (135).  Ch.  de  a  en  d  (1). 

FAFIOLA  V.  flageola. 

FAGANAT  (faganà);  ap.  Coch.  FAR- 
GANAI  s.  m.  Dph.  fargagnas,  lim.  fei- 
nardf  gasc.  fouard,  fr.  faguenas  — 
Odeur  plate  et  parliculièrem.  nauséabonde. 
«  On  dit  d'une  femme  malpropre  qu'elle 
sent  le  farganai.  »  (Coch) 

Ou  ijou  tie  fatjana  que  son  soflti  bnuss'ïTe, 
A  quBh'o  p6s  de  lui  chacun  se  reculôve. 

«  Au  goût  de  faganat  que  répandait  son 
souffle,  —  Chacun  se  reculait  à  quatre 
pas.  »  {Mén.) 

Scheler,  d'après  Ménage  et  La  Monnoye, 
le  lire  de  faquin.  Le  faguenas  serait 
l'odeur  de  crocheteur.  Mistral  a  indiqué 
la  véritable  étym  :  fagina,  fouine,  qui 
a  donné  régulièrem.  le  lim.  feinard^  lilter. 
odeur  de  fouine.  La  persistance  de  g  dans 
/Vi/7a^irt/ est  anormale,  mais  elle  est  motivée 
p  ir  le  pr.  faguino,  fouine,  qui  lui-m^me 
ne  peut  s'expliquer  que  par  une  forme 
* fag veina.  Nous  devrions  avoir,  non 
faganat^  mais  faguinaf,  dont  se  rapproche 
le  fr.  faguenas.  Le  passage  de  t  à  a 
s'explique  par  un  renforcem.  de  la  prot., 
(jui  se  rencontre  fréquemm.  dans  les  dial. 
d'oc.  Je  no  dois  pas  négliger  de  dire  que, 


Digitized  by 


Google 


FAIN 


157 


dans  nos  campagnes,  on  attribue  spécialem. 
le  nom  de  faganat  à  l'odeur  dont  s'im- 
prègne le  corps  de  ceux  qui  couchent  sur  la 
feuille  séchée  du  hêtre  servant  de  matelas, 
mais  comme  fagum  a  donné  fayôrd,  il 
ne  saurait  avoir  donné  un  dér.  av.  g  dur. 
Dans  la  forme  de  Goch.  Vr  egl  épenlhé- 
tique  (184  60  f). 

FA  IN  A  (faïna)  s.  f.  Vfr.  fcCine  fayne, 
pr.  faguino  fahino,  lim.  fe-ino  —  A  Morn. 
Fouine. 

De  fAg(us),  plus  suff.  ma  (av.  i  long) 
à  cause  que  la  fouine  se  plaît  dans  les 
hêtres.  On  l'appelle  en  effet  la  martre  des 
hêfres  (cp.  angl.  beech-martin).  Fa{g)ïna 
donne  faïna,  comme  il  a  donne  le  vfr. 
/*aïwe(lrisylhib.),«  fruitdu  hêtre  »  (Tobler). 
Cp.  sagïmen  =5  sain.  Faîne  s'est  contracté 
en  faine  comme  haine  en  haine.  C'est 
pourquoi,  dans  notre  mot,  l'accent  porle 
sur  a,  quoique  la  diphtongais.  se  fasse 
sentir.  L'accentuât,  primitive  fagina  est 
encore  démontrée  par  le  pr.  faguïna^  qui 
suppose  môme  un  b.  lat.  fagwina^  g 
palatal  devant  tomber  dans  fagina  (134). 
Le  fr,  fouine^  milan,  et  piacentino  fôiny 
sont  faits  sur  fau  fou,  de  fagus. 

Sur  le  choix  du  suff.  cp.géliney  zibeline. 

Adelung,  Burguy  proposent  goth.  faih 
«  varius  »,  ags.  fdh  «  discolor  ».  Cette 
étym.  est  beaucoup  moins  vraisembl.  que 
la  précédente. 

•FAISSELLA  (fêssèla)  s.  f.  —  Éclisse 
à  égoutter  les  fromages. 

De  fiscello^  petit  panier.  Il  est  vrai  que 
fi^cus  a  donné  fisc,  ce  qui  ferait  croire 
que  i  est  long,  mais  je  crois  que  fisc  est 
un  mot  savant.  Fiscella  ne  donne  pas 
faissella,  mais /V**è/a  (21),  et  on  peut 
supposer  que  ai  est  une  fausse  graphie 
pour  è  ê. 

FANTOMA  V.  fantoama. 

'FANTOUMA  (fanlouma);  ap.  Goch. 
FANTOMA  s.  f.  —  Terme  péj.  qui  s'ap- 
plique aux  femmes  grandes  et  dégin- 
gandées. Se  dit  aussi  d'un  épouvanlail 
pour  écarter  les  oiseaux  d'un  semis. 

Du  pr.  fantSLUTna,  fr.  fantôm?.  Gh.  de 
au  en  ou  (49). 

FA  PO  V.  dia  pô. 

'FAQUA  (faka)  s.  f.  —  Poche.  Ce  mot, 
dont  ma  mère  usait  constamm.,  est  telleni. 
inconnu  dans  nos  campagnes   que  je  ne 


l'aurais  pas  inséré  si  je  ne  l'avais  rencontré 
dans  Goch.  Depuis  le  commencem.  du 
siècle  il  s'est  complètem.  perdu.  Goch. 
ajoute  :  «  ou  caffe  »,  ce  qui  est  une  métath. 
de  faqua  et  n'est  pas  connu  davantage. 

Du  vfr.  faque  facque  fasqu^..  Dans 
l'édit.  de  Rabel.  de  Le  Duchat  (Pantagr., 
L.  II  chap.  30)  l'éditeur  dit  :  «  Ménage 
avait  remarqué  à  la  marge  de  cet  endroit- 
ci  qu'anciennem.  facquiere  signifiait  une 
pochette,  mais  il  n'a  pas  su  que  facque  et 
facquiere  venaient  de  Tall.  fach,  qui 
s'gnifie  €  une  boële,  un  étui.  » 

Cette  étym.  n'explique  pas  la  forme 
fasque^  qui  semble  être  plus  ancienne 
que  faque.  Cependant  Rabel.  aurait  pu 
1 1  forger  sous  l'infl.  de  flasque,  flacon, 
que  Diez  rattache  à  vasculum. 

FAQUIN  (fakln)  s.  et  adj.  m.  —  Bien 
mis  et  fier  de  ses  vêtements.  Tesses  bin 
tant  faquin  avouai  ta  blauda  nova  f 
«  Tu  es  bien  tant  fier  avec  ta  blouse 
neuve  ?  » 

C'est  le  fr.  faquin,  av.  une  dérivât,  de 
sens,  probablem.  parce  qu'on  a  vu  dans 
faquin  un  dér.  de  fa{i). 

*FARA  (fara)  s.  f.  —  Flamme,  selon 
Goch.  mais  en  réalité  Torche,  flambeau 
(v.  affara). 

Du  vpr.  fara,  torche.  Malgré  l'analog . 
il  semble  difficile  de  l'identifier  av. 
pharus,  de  (foipoç,  mot  maritime,  et  qui 
devait  appartenir  au  lat.  savant.  Je  crois 
plus  vraisemblable  de  le  tirer  de  focvôc, 
brillant,  par  un  intermédiaire  lat.  'phana- 
tum,  Phana  serait  passé  à  fala  (cp. 
orpha7iinum  =  orphelin).  De  même  en 
fr.  on  a  falot.  Fala  serait  passé  à  fara, 
comme  falot  a  donne  la  forme  farot, 
qu'on  trouve  dans  Nicot.  Les  formes 
fanot  (Gotgr.),  fanon  (Du  G.)  appuient 
l'étym. 

FARAIN  V.  ferain. 

FARAM AN  (faraman)  s.  m.—  Coureuse, 
femme  de  mauvaise  vie.  For  farraman, 
«  grande  femme  de  mœurs  équivoques 
(Gras)  ».  A  S^'-Agathe  FARAMAN,  cou- 
reur ;  FARAMANDA»  coureuse.  Vfr. 
farramas,  terme  injurieux,  qui  parait 
l'équivalent  de  prostituée  étrangère  et 
vagabonde. 

D'après  M.  Gras,  «  du  ccll.  faramanni, 
qtii  se  livre  au.\  étrangers  ».  Faravianni 


Digitized  by 


Google 


158 


PARA 


celt.  in*est  complétera,  inconnu,  et  je  ne 
crois  pas  qu'il  existe.  L'orig.  est  germ.  — 
Vx  «ax.  faratiy  nord,  fara,  vha.  far  an 
varan^  mha.  varen^  ags.  farariy  marcher, 
aller,  en  user,  agir  ;  goth.  et  vha.  mariy 
homme.  D'où  faraman^  étranger,  vaga- 
bond. Du  G.  cite  la  «  Lejo  de  Farand-man 
seu  de  Pede  pulv?rosi,  in  Legibus  Burgor. 
Scoticor.  » 

FARAMANDA  v.  sous  far  aman, 

FARAMELAN  (faramelan)  s.  m.  —  A 
R.  de-G.  Terme  injurieux,  vaurien,  vaga- 
bond. 

Et  lo  Jtr-re  teimlxu,  séquTn  farameland 
Propote  lo  chouitoii  à  l'ami  BalacUnd. 

€  Et,  le  jarret  tendu,  certain  vaurien  — 
Propose  à  Tami  Batacland  de  tirer  la 
savate.  »  (Ménag.) 

Probablem.  le  môme  que  faraman,  av. 
èpenth.  d'une  syll.  par  analog.  av.  le  suff. 
des  verbes  en  èlô,  qui  ont  le  caract.  fréq. 
Faraman  a  été  considéré  comme  le  part, 
prés,  d'un  Actif  faramô^  et  faramelan 
d'un  fictif  faramelô, 

FARAMOLAIRO  (faramolèro)  àMorn.  ; 
à  R.-de-G.  PARAMOLAIRO  s.  m.  — 
Rémouleur  ambulant.  Garante  dou  fara- 
molairo!  Se  dit  aux  maris  qui  laissent 
seules  leurs  femmes.  La  plaisanterie 
consiste  à  donner  à  l'action  d'aiguiser  un 
sens  obscène. 

Onle  est-te  donc,  quou  ?  lo  rumairo, 
A  gorg«  de  paramolairo  ? 

«  Où  est-il  donc  ce  vieux  bougonnour  — 
A  voix  de  rémouleur?  »  (Due  Bib,) 
(«rocheteun,  pereyoux,  grélair», 
Perroroux  et  faramolairo. 

t  Crocheteurs,  mineurs,  extracteurs  de 
grêle  (esp.  de  charbon),  —  Chaudronniers 
et  rémouleurs.  »  (Discours) 

La  2«  partie  du  mot  est  amolairo, 
rémouleur,  mais  je  ne  sais  pas  expliquer 
lal^. 

FARASSI  (faràssi)  s.  f.  —  1.  La  grosse 
paille  non  triée,  par  rapport  au  cliai, 
paille  choisie.  2.  Spécialem.  la  poignée 
de  paille  enflammée  dont  on  se  sert  pour 
bùcler  les  porcs.  D'après  Goch.  la  farassi 
était  une  paille  enflammée  mise  au  bout 
d'une  perche.  Vx  sav.  farasse^  bûcher 
que  Ton  allumait  dans  les  carrefours  la 
veille  de  la  S*- Jean  ;  m.  lat.  farossium 
fanal,  phare  en  Provence. 


De  fara,  torche,  lumière,  av.  suff.  augm. 
assi.  Fin.  i  (54  5»).  De  paille  enflanimée 
le  sens  s'est  étendu  à  paille  en  général, 
ou  plutôt  à  paill»^  non  triée,  qui  était  celle 
que  l'on  employait  pour  brûler. 

FARASSI  (farassi)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Meule  de  paille. 

De  farsissi,  paille,  av.  suff.  î,  d^ariiis 
(13). 

FARBELLA  (farhôla)  s.  f.  —  Fi-ange, 
et  le  plus  souvent  par  ironie  guenille,  la 
guenille  formant  une  frange  naturelle. 

A  n'eut  [>os  tarminô,  que  la  banda  de  pèles 

S'élance  tôt  d*In  pé,  tecouytnt  le  farbéles. 

t  II  n'eut  pas  terminé,  que  la  bande  de 
vauriens  —  S'élance  toute  d'un  pied, 
secouant  ses  guenilles.  »  (Brey.) 

De  ail.  fSLÏbel,  falbala,  qu'on  trouve 
déjà  dans  Luther.  A  falbel  se  serait 
ajouté  le  suff.  ella.  Le  mot  n'a  pas  été 
formé  sur  falbala,  le  pat.  ne  procédant 
pas  par  suppress.  du  suff.  Gh.  de  /  en  r 
(170  4«). 

FARBELOU,  OUSA  (farbelou,  ouza) 
adj.  —  Déguenillé. 

Dué/(ir6e/otMe«  dou  Molion 
Que  se  tcQuant  loi  ein  rolion. 

«  Deux  déguenillées  du  quartier  du 
Mouillon,  —  Qui  se  tenaient  repliées  sur 
elles-mêmes.  »  (Due  Bib.) 

De  farbella^  av.  suff.  ou,  d'osus  (35). 

FAREIPI  (farépi)  s.  f.  For.  fareypi-^X 
S*-Mart.,  River.  Réjouissances,  fêtes, 
festins  somptueux.  La  fareipi  de  Noyé^ 
la  bombance  de  Noël.  Le  taune  fan  liou 
fareipi  se  dit  quand  les  guêpes  volent  en 
affluence  autour  d'une  benne  de  vendange. 

Lou  vettiemou  ftùréy,  jour  de  nouirt  /areypi, 

Chacun  fretet  se  dent  de  la  coûa  d*unâ  teypi. 

«  Le  huit  février,  jour  de  notre  fêle,  — 
Chacun  frottait  ses  dents  de  la  queue  d'un 
oignon.  >  (Ghap.) 

Étym.  inconn.  — Mot  probablem.  com- 
posé, car  eipi  ne  peut  être  un  suff.  La 
!'•  partie  pourrait  être  fema,  devenu  fart 
par  ch.  de  e  en  a  sous  infl.  de  r  (66), 
comme  dans  farouche ,  de  ferocem  ; 
faraud,  de  ferum.  La  2*  partie  est  incer- 
taine. Cependant  feriae  epulae  pourrait 
donner  fareiple  réduit  à  fareipe,  comme 
guimple  à  guimpe  et  ail.  stapel  à  In. 
étape. 


Digitized  by 


Google 


FARE 


159 


*FARET  (farè)  FARON  (faron)  s.  m. 
For.  faron  —  Mèche  de  lampe.  Il  est 
probable  qu'avant  d'avoir  le  sens  de 
mèche,  ces  mots  avaient  celui  de  falot, 
lanterne. 

Un  paquet  de  farons^  cinq  outei  pitt  de  lit. 

«  Un  paquet  de  mèches,  cinq  ou  six 
gâteaux. de  résine.  »  (Chap.) 

Du  rad.  de  fara,  av.  suflf.  dim.  et  ou  on. 

FARETTES  (farôte)  s.  f.  pi.  -  Dans  la 
loc.  Feire  se  farettes,  faire  ses  fredaines, 
se  mettre  en  fêtes,  en  amusements  :  par 
extens.  faire  des  bénéfices,  gagner  de 
l'argent.  Dph.  far  sas  frétas,  faire  bom- 
bance. C'est  pour  le  besoin  de  la  rime  que 
Mon.  emploie  le  mot  au  sing. 
Et,  tandi  qu*ou  defour  loi  vints  fan  gliou  farela,  . 

«  Et,  tandis  qu'au  dehors  les  vents  s'en 
donnent  à  cœur-joie...  »     ^ 

Ètym.  inconn.  —  Viendrait-il  de  pr.  far, 
faire,  av.  suff.  dim.  etta  f  «  Faire  ses 
farettes  »  équivaudrait  à  «  faire  ses  affa- 
rettes  »,  ses  petites  affaires. 

FARFATO  (farfatô)  v.  n.  A  Lyon  far- 
foter  —  Râler.  A  farfate,  il  a  le  râle. 

Onomat.  Suff.  d  (14  !•). 

FARGANAI  v.  faganat. 

FARGET  V.  forget. 

FARGETTE  (farjète)  s.  f.  —  A  Villefr. 
Poche. 

Le  môme  que  fargina,  av.  substitut, 
du  suff.  etta  au  suff.  ina. 

•FARGINA  (fargina)  s.  f.  —  1.  Besace. 
2.  Sac  ou  gibecière  pendue  au  cou  et  dans 
laquelle  les  bergers  mettent  leur  provende. 
«  Passant  par  devant  le  poys  où  l'on 
prenoit  le  blë,  elle  print  une  fargine  que 
l'on  luy  getta  dessus  par  les  fenestres.  » 
{Relat.  des  Reg.  consul.,  1529)  Proverbe  : 
«  Fargina  bien  menô  vaut  mais  que  deux 
bous  à  l'arô  »,  une  besace  entre  les  mains 
d'un  mendiant  habile  vaut  mieux  que 
deux  bœufs  à  la  charrue. 

Sin»  meblo,  sins  ït^ffeli,  gropbs  par  It  fanina, 

Oliou  dcmore  plus  qu'a  pi  Indre  ina  fargina. 

«  Sans  meubles,  sans  hardes,  saisis 
par  la  famine,  — .  Il  ne  leur  reste  plus  qu'à 
prendre  une  besace.  »  (Brey.) 

Parait  se  rattacher  à  farda  (?)  sac  du 
soldat,  en  esp.  Undér.  *  fardica  =  fard'ca 
donne  fargi  (161  5»  et  54  2-j,  qui,  av. 
suff.  dim.  ina,  donne  fargina.  Les  mots 
arabes  farda,  contribution,   taxe  :  fard, 


encoche,  cité  par  Diez  comme  orig.  de 
fr.  farde,  bagage,  n'ont  aucun  rapport  de 
sens  av.  celui-ci.  Suiv.  Dozy  farda,  en 
ce  sens,  se  rapporte  à  port,  fato,  vêtements, 
ustensiles;  esp.  hato,  qu'il  rattache  au 
germ  :  isl.  fat,  vêtement  ;  fata,  vôtir. 
Mais  il  faudrait  d'abord  expliquer  comment 
farda  a  pu  sortir  de  fato.  Devic  tire 
farde  de  l'arabe  farda,  ballot  attaché  au 
chameau.  Cette  étym.,  fort  satisfaisante, 
expliquerait  esp.  farda,  sac  du  soldat,  et 
notre  fargina,  le  sens  ayant  pu  facilem. 
passer  du  Ijallot  à  l'enveloppe. 

FARGNIRI  y.farnirx 

FARGONNO(fargonô)  v.  n.  —  Gronder, 
retentir.  Saint,  fargouner,  barbouiller, 
charbon ner. 

Lo  cler  fargonne  ; 
Coiiim'o  résonne  ! 

«  Le  ciel  gronde  ;  —  Gomme  cela 
retentit!»  (Gutt.) 

C'est  le  fr,  fourgonner,  av.  passage  de 
ou  init.  à  a  sous  infl.  de  r,  et  substitut, 
du  suff.  (5  à  fr.  er  (14  8<»).  Pour  le  sens, 
fourgonner  exprime  le  bruit  que  fait  le 
fourgon  lorsqu'il  remue  le  charbon.  Le 
phonème  gonnô  exprime  d'ailleurs  l'idée 
de  murmure.  Cp.  gongonnô, 

FARIGOLE  (farigole)  adj.  des  2  g.  ~ 
Se  dit  d'un  écervelé,  d'un  esprit  extra- 
vagant, un  peu  timbré. 

De  fezou  d*embarra8,  de  létes  farigolet 

Que  80Dl  p6i  dlos  lo  côs  dedziclô  due  paroles. 

<  Des    faiseurs   d'embarras,    des  têtes 
folles,  -^  Qui  ne  sont  pas  capables  de 
dicter  deux  paroles.  »  {A  mo  z.) 
Atsexprechi,  répond  lo  farigole, 
Par  te  riqu6  faut  bally  depistolc... 

«  Assez  prêché,  répond  l'écervelé  ;  — 
Pour  te  posséder,  il  faut  donner  de 
l'argent.  »  {Qr.  Jonn.) 

Du  pr.  ferigoulo^  thym.  Le  rapport  de 
sens  n'est  pas  d'une  clarté  excessive  ;  il 
existe  pourtant.  Le  pr.  ferigoulié  (littér» 
qui  a  du  thym  ou  porte  du  thym)  signifie 
esprit  faible,  petit  esprit  ;  esperit  d'eberto 
(littér.  esprit  de  la  petite  herbe),  esprit 
superficiel.  A-t-on  voulu  comparer  cet  esprit 
à  une  plante  petite  et  sans  valeur  ?  N'y 
a-t-il  pas  plutôt  le  souvenir  de  qq.  vertu 
magique  attribuée  au  thym,  par  ex.  dans 
le  genre  de  celle  que  les  anciens  attri- 
buaient à  l'ellébore  ?  Le  repas  de  baptême 
en  pr.  se  nomme  aussi  ferigoulajo.  Cette 


Digitized  by 


Google 


160 


FARI 


désignât,  serait  incompréhensihif»  sans 
une  allusion  à  qq.  croyanca  ou  usage  que 
nous  ne  connaissons  pas. 

Quant  à  ferigoulo,  l'étym.  est  inconn. 
Fericula^  proposé  par  M.  Mistral,  aurait 
donné  ferilhe.  Le  phonème  igoulo^  qu'il 
soit  thème  ou  suff.,  semble  s'appliquer  à 
des  plantes  très  humbles.  On  le  retrouve 
dans  berigoulo,  champignon. 

FARIMELANT  (farimelan)  FARME- 
LANT  adj.  —  Ètincelant,  brillant.  Al  a 
los  ius  farmelants,  il  a  les  yeux  brillants. 

Du  rad.  far  (v.  faron),  qui  signifle 
brillant,  et  d'un  suff.  ant,  av.  syll.  inter- 
calaire pour  accuser  le  caract.  fréq.  Le 
pat.  aime  l'allongem.  des  suff.  et  il  procède 
souvent  en  laissant  à  la  fin  le  suff.  primitif. 

FARLAUD  (farlô)  s.  m.  —  1.  Homme 
qui  est  fier,  vaniteux  de  ses  habits. 

2.  Surnom  des  habitants  de  Ghazelles. 

Paraît  être  le  même  que  faraud,  av. 
une  altérât,  sous  une  infl.  que  je  ne  sais 
pas  expliquer.  Serait-ce  freluquet  que 
nos  paysans  transforment  en  farluquetî 

FARMELANTv.  farimelant, 

FARNÉ  (famé)  adj.  des  2  g.  —A  Gi-ap. 
Flétri,  fané. 

De  vfr.  fanir,  faner.  Gh.  de  i  en  é  (33, 
rem.  1);  épenth.  de  r  (184  6%  e).  Je  dis 
fanir  et  non  fané  parce  que  famé  est  la 
prononciat.,  àCrap.,  de /^arni( 33,  rem.  1). 

FARNÉROU  (farnérott)  ;  ap ,  Goch. 
FARNEYROU  s.  m.  Meunier. 

De  farina,  av,  suff.  ou,  à'orem  (34  bis) 
On  devrait  avoir  farinou,  mais  i  étant 
devenu  proton.,  est  tombé. 

FARNEYROU  v.  farnérou, 

FARNIRI(farniri);àRiver.FARGNIRI; 
à  Paniss.  FËRNIRI  (fë-rnlri)  s.  f.  For. 
farneiri  —  L  Fruitier,  endroit  où  l'on 
conserve  la  provision  de  fruits.  2.  Provision 
en  général,  fruits,  argent  etc.  Al  a  mingi 
sa  fargniri,  il  Si  msixigé  son  bien.  8.  Cachette 
que  les  bergers  font  dans  les  champs 
pour  mettre  en  réserve  des  fruits.  Vx 
for.  farneiri,  besace.  C'est  dans  ce  sens 
que  l'emploie  Ghap. 

Btrgie  et  Bergère 
Courriâul  lou  galol, 
Avottty  lou  fttrneyr9 
Cbargis  lie  choriol. 

«  Bergers  et  bergères  —  Dansaient  le 
galop  —  Avec  leurs  besaces  —  Chargées 
Ue  chevreaux.  » 


De  farnô,  av.  suff.  iri  (13),  parce  que 
c'est  là  que  l'on  met  farnô  les  fruits.  Ne 
pas  confondre  la  fargyiiri  av.  la  fan'nière, 

FARNO  (farnô;  v  a.  —  A  Morn.  Faire 
cuire  légèrem.  au  four. 

Farnô  est  pour  fornô  (de  ftirnum),  av. 
élargissem.  de  o  en  a  sous  infl.  de  r  (cp. 
archipot),  et  suff.  ô  (14  S^).FamO,  passer 
au  four. 

FARNO  (farnô)  ;  à  Paniss.  FÉRNO 
(fernô)  v.  n.  —  Mftrir  en  parlant  des  fruits 
qui  mûrissent  dans  le  fruitier.  Faut  hettre 
farnô  celle  pire,  celle  poume,  il  faut 
mettre  mûrir  ces  fruits.  Au  fig.  Lapoura 
Touainon  famé  sur  la  pailli.  La  pauvre 
Toinon  mûrit  sur  la  paille  (comme  une 
poire  qu'on  ne  mange  pas)  :  elle  ne  se 
marie  pas. 

De  foenum,  av.  épenth.  de  r  (184  6»,  e\ 
d'où  la  prononciat.  ar  pour  èr  (66)  et  suff. 
ô  (14  a*»).  De  ce  que  Ton  met  mûrir  les 
fruits  sur  le  foin  ou  la  paille  ;  farnô, 
littér.  se  faner  (de  fœnum).  Les  fruits 
d'hiver,  pommes,  poires,  raisins  se  rident 
en  effet  en  mûrissant  sur  la  paille. 

FARON  V.  faret. 

FAROU  (farou)  vin.  s.  m.  —  Falot, 
lanterne.  — 1420  :  «  Item  pour  deux  farous 
qu'il  fit  faire  pour  la  ville  et  qu'il  doit 
baillier.  »  {Reg.  cons.) 

De  fara,  av.  suff.  ou  (34  6w). 

FAROZ  vin.  s.  m.  —  Paraît  être  une 
sorte  de  lanterne  à  demeure.  —  1365-66  : 
«  Item  pro  quinque  instrumentis  vocatis 
faroz.  >  (G.  Guigue.  Tard-Vemis) 

De  fara,  av.  suff.  oz  (=  os),  qui  est  pr. 
(cp.  bausios,  boscos,  guiscos),  et  répond 
au  In.  moderne  ous  (36). 

FARRATI  V.  fer^*ati. 

FARRATO  (faratô)  v.  a.  —  En  Fr.-Ln. 
dans  l'express.  Farratô  le  chevène  Use- 
vène),  assouplir  et  nettoyer  le  chanvre. 

De  ferrum^  parce  que  le  chanvre  se 
passe  sur  une  lame  de  fer.  A  fer  s'est 
ajouté  le  suff,  fréq.  ato,  car  le  suff.  ô  eût 
donné /*<?rrd,c'est-à-d.  fet^er,  qui  implique 
une  idée  très  différente,  celle  d'appliquer 
du  fer.  Ferratô  devient  farratô  par  ch. 
de  e  prot.  en  a  (66) 

FATIRI  (faliri)  s.  f.  —  Poche. 

De  /"aca  (v.  ce  mol),  av.  suff.  iri  (13)  ; 
d'où  faquiri,  devenu  futiri  par  le  ch.  de 
A  en  ^  Cette  substitut,  remonte  certainem 


Digitized  by 


Google 


FAUS 


161 


au  moment  où  Von  prononçait  faqiUère 
Devant*  en  hiatus,  t  et  k  se  confondent 
facilem.  Cependant,  c'est  plutôt  la  déformat, 
inverse  qui  se  produit  ;  cp.  amiquié  pour 
amitié,  et  In.  boqaello  pour  botiellô. 

FAUSSO  (SE)  (se  fôssô)  v.  pr.  For.  se 
faussa  —  Se  tromper,  faire  erreur. 

De  fAlsum  =  faus,  plus  suff.  ô.  La 
format,  est  d'oïl,  als  donnant  ars  en  In 
(171  20). 

FAUTEUR  (fôteur)  ;  à  R.-de-G.  FAU- 
TOR  s.  m.  —  Fauteuil. 

Fonclionnairo  nol6  pir  la  parni(»rl  clôssl. 

Ouilla-me  qu'où  fautor  et  picla  su  lu  champ 

t  Fonctionnaire  désigné  pour  la  première 
classe,  —  Quitte-moi  ce  fauteuil  et  va-t-en 
sur  le  champ.  »  (Per.) 

Du  vfr.  faldestxiel  (du  vha  faîtstuol) 
au  XVI-  8.  faudeteul,  La  marche  est 
faucTieul  fauteul,  et  fauleur  par  ch.  de  l 
fin.  en  r  (121);  eu,  sous  infl.  de  r,  a  pris 
la  prononciat.  qu'il  a  dans  fleur,  bonheur. 
Ce  son,  qui  n'appartient  pas  au  pat.,  mais 
au  fr.,  s'est  élargi  en  o  à  R.-de-G. 

FAUTOR  V.  fauteur, 

FAUVIS  (fôvl)  s.  m.  pi.  _  Surnom  des 
habitants  du  Bois-d'Oingt  (Rev.  des  Pat 
I,  180). 

De  fava,  fève,  av.  suff.  t  (13),  par 
allusion  à  un  ancien  usage  du  Bois-d'Ôingt, 
d'après  lequel  chaque  année,  le  jour  de 
la  vogue,  les  jeunes  gens  distribuaient  aux 
pauvres  une  soupe  de  fèves.  On  devrait 
avoir  favl,  comme  on  a  faviot.  Le  passage 
de  a  à  aa  a  certainem.  eu  lieu  sous  infl. 
de  la  labiale  v. 

FAVETTE  (favôte)  s.  f.  -  A  Lyon 
Frayeur.  Prendre  la  favette,  prendre 
peur. 

Je  croyais  ce  mot  tiré  de  l'argot  parisien, 
mais  je  ne  l'ai  trouvé  dans  aucun  diction- 
naire du  langage  populaire.  La  favette, 
c'est  proprem.  la  petite  fève.  L'express, 
doit  venir  de  qq.  dicton  populaire  dont  le 
sens  nous  échappe.  Cp.  pr.  avè  la  favo 
avoir  le  guignon,  littér.  avoir  la  fève. 

FAVIAU  V.  flageola, 

FAVIOLA  V.  flageola, 

FAYA  V.  feya,  fée,  et  feya,  brebis. 

FAYARD  V.  fayôrd, 

FAYARDON  (fa-yardon^  s.  m.  «  A  Yzer 
Charmille. 


De  fayard,  hélre,  av.  auff.  dim.  on.  Le 
mot  a  été  formé  avant  que  fayard  eût 
passé  h  fayôrd, 

FAYARET(fa-yarè)  s.  m.  —Lieu  planté 
de  fayards. 

De  fayard,  av.  suff.  et,  au  sens  collect. 
Fayaret  a  certainem.  été  fayaraye  (cp. 
boulaye,  aulnaye),  de  fagum  +  etum, 
qui  avait  passé  au  fém.  Puis  la  prononciat. 
fa-ya-rai-ye  s'est  réduite  à  fayarai,  puis 
à  fayarè  par  confus,  av.  le  suff.  et, 
Fayaret  a  été  formé  l»  lorsque  fayard 
n'avait  pas  encore  passé  à  fayôrd  ; 
2-  lorsque  le  d  fin.  de  fayard  ne  se  pro- 
nonçait plus. 

FAYO  v.  fayôrd. 

FAYORD  (fa-y6r)  ;  à  Yzer.  FAYO  (favô); 
ap,  Coch.  FAYARD  s.  m.  —  Hêtre. 

De  fAg(um),  av.  suff.  germ.  ard.  Gh. 
de  gen  y  (liH  3»). 

FEDAU  (fedô)  s.  m.  Ss.-rom.  fauda, 
dph.  faudiau,  pr.  faudau  faudièu,  vpr. 
faudal  —  En  Fr.-Ln.  Tablier. 

Orig.  germ.  -  Vha.  fait,  ags.  feald, 
ail.  faite,  angl.  fold,  pli  d'une  robe,  puis 
giron.  Le  rad.  fait  +  suff.  ellwn,  donne 
en  oïl  faudeau,  dont  le  fr.-ln.  a  fait  fedau 
par  affaiblissem.  de  la  proton. 

FEIGI  (fègi)  s.  f.  Vpr.  fefge,  it.  fegato, 
bolon.  féghet,  esp.  higado  —  Foie  (du 
mouton).  Va  n'achitô  de  la  feigi  per  la 
mira,  va  acheter  un  morceau  de  foie  pour 
la  chatte. 

De  flcata  pour  /îca/a  {jecur  ficatum). 
Il  faut  admettre  :  !•  qu'il  y  a  eu  régress. 
d'accent,  comment  en  témoignent  l'it.  et 
l'esp.  ;  ?•  que  i  long  étant  devenu  entravé 
a  passé  à  t  bref  comme  dans  fHg{i)dum 
(18)  ;  3*  qu'il  y  a  eu  métalh.  de  et  on  te, 
qui  donner"  (161  5«)  ;  d'où  fltca  =z  feigi 
(161  5»  et  54  2«).  On  trouve  déik  figido 
dans  les  glosses  de  Cassel.  Dans  le  snrde 
ffga,u,  le  vénit.  figa,,  le  valaque  ficB,t  la 
régress.  d'ace,  ne  s'est  pas  opérée.  -—  Le 
piém.  fidich,  le  bergamasque  fidech,  le 
lombard  fldegh  s'expliquent  par  fif[i]cum 
ou  fidicum.  Cette  dernière  forme  est 
indiquée  par  M.  G.  Paris.  Fidica  peut 
aussi  donner  le  In.  feigi, 

FEIRE  (fére)  Verbe  employé  comme 
explét.  dans  une  foule  de  loc.  A  un  chien  : 
«  Parqué  que  tu  rênes  tant  fei}'ef  »  pour- 
quoi   grognes-tu    tant  ?    «  Pourquoi    lui 


iS 


Digitized  by 


Google 


162 


FEIR 


écrivez- vous  faire  ?»  se  dit  conslamm.  à 
Lyon.  Le  v.  rejeté  ;ï  la  fin  de  la  phrase 
est  à  remarquer.  On  dirait  à  Paris  : 
a  Pourquoi  faire  lui  écrivez-vous  ?  » 

•FEIRI  (féri);  k  Grap.  FÊRI  ;  à  Morn. 
FIÉRI  s.  m.  —  Foire. 

De  feria  (16).  Dans  la  forme  fîêri, 
Tyotte  de  feria  a  passé  par-dessus  e.  Il 
est  prol)able  que  Torthogr.  de  Goch.  est 
une  trace  de  la  diphtongais.  qui  n'avait 
peut-èUe  pas  entiérem.  disparu. 

FÈJO  (fèjo)  3.  m.  —  Foie,  en  gënôral. 
Ou  Qrand  Caslafarro  ftSianl  crachi  lo  ffjo. 

«  Au  grand  Gastafarro  faisaient  cracher 
le  fuie.  »  (Mën.) 

De  ficatnm,  Y.feigi,  Fin.  o  par  analog. 
av.  les  autres  noms  masc.  (56) 

FENA  (fëna)  s.  f.  —  Femme. 

De  fem{i)na.  Chute  de  la  1"  post-ton. 
(52);  chute  de  m  (177  1").  Le  mot  est 
plus  rég.  que  le  fr.  fenuuf»,  où  c'est  la 
l"  cons.  qui  a  persisté,  comme  dans 
semer,  de  sem{i)nare,  qui  nous  a  donné 
au  contraire  se?iô. 

FENAISON  dans  le  proverbe  suivant: 
Gronda  Tcnaison, 
Petite  vinai^on. 

Le  prov.  suivant  exprime  la  même  idée  : 
Ana  de  fcii. 
Alla  de  rcii. 

*FENASSU  (fenassu)  s.  m.  Lim.  fen- 
noiié  —  Qui  est  toujours  av.  les  femmes. 

De  fena^  femme,  av.  sulT.  u  (35)  et 
insert,  de  la  syll.  ass  pour  donner  le 
caractère  fréq.  Cp.  mardassu,  celui  qui 
est  habituellem.  malpropre,  av.  mardu, 
celui  qui  l'est  dans  l'occasion  même. 

FENIRI  (feniri)  ;  à  Lyon  fenière  s.  f.  — 
Fenil. 

De  *fœnAria.  Gh.  de  ar/a  en  irt  (13). 

FER  (fèr)  vin.  s.  m.  —  Béte  sauvage. 

Perquey,  villy  sorciry,  viu  draguii  du  rnft-rs, 
vicu  fer,  vilh  singy,  fourmilliry  de  ver. 

«  Pourquoi,  vieille  sorcière,  vieux  dra- 
gon des  enfers,  —  Vieille  bète  sauvage, 
vieille  singcsse,  fourmilière  de  vers  ....  » 
{Bera.) 

De  ferum.  Ce  mot,  qui  existe  encore 
en  pr.  et  qui  est  entré  dans  la  composit. 
de  beaucoup  de  mots,  a  complètem.  dis- 
paru du  In.  Il  est  singulier  que  le  In.  se 
soit  écarté  du  vfr.,  du  vpr.  et  de  l'il.,  où 
le  mot  était  fem.  (fera). 


♦FERAIN  (ferin);  vin.  FARAIN  adj., 
dans  l'express.  Pain  fera.'n  pour  pain 
blanc,  qui  n'est  pas  cependant  le  pain  de 
luxe  (miche).  «  11  fut  décidé  que  les 
boulangers  ne  feraient  plus  que  deux 
sortes  de  pain,  la  miche  et  le  pain  farain 
ou  bourgeois.  »  (Paradin)  —  Il  y  a  soixante 
ans,  la  taxe  officielle  du  pain  portait 
encore  le  mot  de  pain  farain  (Breghot 
du  L.). 

De  'farrsLnus,  de  far.  Le  sulT.  anus  = 
ain  est  d'oïl.  Le  pat.  serait  faran.  Le 
mot  est  d'ailleurs  spécialem.  de  la  ville. 
L'affaiblissem.  de  la  proton,  init.  se 
rencontre  facilem.  dans  les  mots  de  2  syll. 
(cp.  fessu), 

FÊRI  V.  feiri. 

FÉRI  V.  fierdre. 

FËRNIRI  Y,  farniri. 

FER  NO  V.  farnô  v.  n. 

FERON  (feron)  s.  m.  —  1.  En  Fr.-Ln. 
Trou  dans  un  mur  de  pisé. 

De  fora.re,  av.  suflT.  dim.  onem.  On  a 
foron,  et  feron  par  affaiblissem.  de  la 
prot. 

2.  Mèche  ronde  pour  le  craju. 

Forme  de  faron, 

FERRALIER  v.  sous  fen-ati. 

•FERRATI  (fèrati)  FARRATI  s.  m.  — 
1.  Marchand  de  vieilles  ferrailles.  2.  Quin- 
caillier. Vin.  FERRATIER,  marchand  de 
fer  en  gros.  FERRALIERS,  nom  de  la 
corporat.  des  serruriers,  maréchaux  et 
couteliers.  A  Lyon,  ferratier^  quincaillier. 
Pateru,  ferratsis.  marchand  de  cris<»c«l. 
Cliôciin  a  son  tbôrd  eut  lo  coup  de  signal. 

«  Marchands  de  chiffons,  de  vieilles 
ferrailles,  de  bijoux  faux,  —  Chacun  à 
son  tour  reçut  le  signal.  »  (Brey.) 

De  fer,  av.  suff.  ier  (13)  plus  une  syll. 
intercalaire  qui  a  le  caractère  collect.  Le 
suff.  ier  s'applique  plus  volontiers  au 
fabricant,  et  atier  au  marchand.  Si  l'on 
eût  eu  des  march.  de  verres  on  en  eût 
fait  des  verratiers  par  opposit.  aux  »er- 
riers,  comme  on  a  fait  des  ferratiers 
par  opposit.  aux  ferriers,  qui  étaient  les 
maréchaux-ferrants.  A  Lyon,  au  m.  â., 
les  ferratiers  étaient  les  marchands  de 
fer  en  gros,  qui  ne  faisaient  qu'une  cor- 
porat. av.  les  serruriers.  En  1415,  ceux-ci 
furent  séparés  et  formèrent  av.  les 
maréchaux   et  les   couteliers   une   autre 


Digitized  by 


Google 


FERR 


163 


corpor.  sous  le  nom  de  ferralliers  (  Valous). 
Lorsque  le  mot  plus  noble  de  «  marchand 
de  fer  »  eut  prévalu,  le  nom  de  ferratier 
resta  aux  marchands  de  ferraille  et  aux 
quincailliers  pour  bâtiments.  Il  est  encore 
en  usage  dans  les  deux  sens.  Quant  à 
ferrailler,  il  avait  été  formé  sur  ferraille. 
Dans  la  forme  rustique  farratl,  ch.  de 
e  init.  en  a  (66)  et  de  ier  en  l  (13). 

FERRATIER  v.  ferrati, 

FESSET  (fessé)  s.  m.  —  La  partie  du 
corps  qu'en  médecine  on  appelle  le  siège. 

De  fi*.  fesse,  av.  sulT.  et,  qui  n'a  ici  ni 
le  caract.  dim.,  ni  celui  d'un  oi)jet  moyen 
d'action,  et  parait  assez  mal  appliqué. 

FESSORÉE  vin.  s.  f.  M.  lat.  fessoriata 
fessorata,  FOSSERÉE,  ni.  lat.  fussoriata 
fosserata.  Cette  dernière  forme  souvent 
mentionnée  dans  les  chartes  des  x«  et 
XI*  s.  du  cant.  de  Morn.  —  Mesure  agraire. 
On  la  trouve  appliquée  surtout  aux  vignes 
(comme  la  bicherée  aux  terres  arables) 
parce  que  la  vigne  se  travaillait  au  fessour. 
Puis  l'appellat.  s'est  étendue  aux  prés, 
aux  taillis  etc.  Cette  mesure,  qui  était 
d'un  usage  général  aux  xui*-xvi«  siècles, 
n'était  plus  usitée  lors  de  l'introduct.  du 
syst.  métrique  ;  elle  avait  été  remplacée 
par  la  bicherée,  —  «  Plus  tient,  qu'il  a 
acquis  de  messire  Antoine  Chapuys  une 
vigne  à  Saint-Sél)astien,  contenant  trente 
fusserrées.  j>  (1515,  ap.  Gharvet)  Au  même 
lieu,  en  1493,  les  frères  Mineurs  possèdent 
«  une  grande  vigne  contenant  environ 
33  fessorêes.  »  {Marie- Lucrèce)  —  La  fes- 
sorée  représentait  ce  qu'un  homme  peut 
fouir  en  un  jour  (cp.  ouvrée  et  hommre), 
av.  la  large  pioche  appelée  encore  fessu, 
fessou.  D'après  M.  Guérard,  elle  com- 
prenait 4*28  m.  C.50,  mais  la  mesure  devait, 
comme  celle  de  la  bicherée,  varier  suivant 
les  localités. 

Pour  la  forme  f  essorée,  de  *  fossorAla, 
de  ^fossare  (de  fossa),  la  prol.  s'est 
affaiblie  comme  dans  fessou  (fossorem). 
Ata  =  éeîr.  Fosscrée  a  été  formé  sur  fos- 
ser,  Cp.  aujourd'hui  «  une  fauchée  depré  » 

FESSU  (fcssu)  s.  m.  Vfr.  fos^ouer 
fessoir  —  Large  pioche  pour  travailler  la 
vigne. 

De  fossorium.  Substit.  de  orem  (=  u) 
à  orium  (36,  rem) 

*FEUILLETTA  (feulhèta)  ;  à  Lyon 
feuillette  s.  f.  —   Demi -pièce   de   vin, 


comprenant  105  litres,  environ.  «  Un 
seigneur  de  la  Dombe  avait  changé  la 
redevance  des  folliettes  (v.  folietta)  de 
vin  que  ses  censitaires  lui  devaient,  en 
feilletes  par  le  ch.  de  Vo  en  e,  La  fraude 
fut  reconnue.  Il  y  eut  procès,  mais  le 
seigneur  en  fut  quitte  pour  de  l'argent.  » 
(Coch.) 

Le  même  que  folietta,  av.  ch.  de  o  en 
eu  sous  qq.  influence  ignorée,  peut-être 
de  feuille  (cp.  le  feuillet  =  demi-feuille), 
et  pour  différencier  de  la  foliette,  Scheler 
trouve  l'étym.  phialetta  peu  probable, 
sans  doute  h  cause  des  dimensions  rela- 
tivem.  fortes  de  la  feuillette,  mais  celle-ci 
est  à  la  pièce  ce  que  la  folietta  est  au 
pol,  c'est-à-dire  la  moitié.  L'analog. 
explique  l'emploi  du  môme  mot. 

*FEYA  (fè  ya)  *FAYA  s.  f.  Piém.  fea, 
Fribourg,    Vionnaz  faya;   pr.    fedo   — 
Brebis.  Au  tig.  jeune  femme. 
Poué  donc  lichy;  dzi-té,  poué  donc  iiorri  ma  f^ya, 
Ein  piuuchant  jour  et  not  par  si  peu  Je  monneya  ? 

«  Puis-je  donc  boire,  dit-il,  puis-jedonc 
nourrir  ma  femme,  —  En  travaillant  jour 
et  nuit  pour  un  si  petit  salaire  ?  »  (Per.) 

De  fœta.  Ch.  de  œ  en  c(18);  chute  de 
t  (135);  insert,  de  yolte  (54  1»,  rem.  2). 
Je  ne  sais  pas  expliquer,  dans  la  forme 
faya,  le  ch  de  ce  en  a  qui  s'est  opéré 
aussi  dans  meta  =  maya,  et  qui  n'est 
pas  particulier  au  In. 

N.  d'homme,  Fay^;  cp.  Mouton. 

FEYA  (fèya);  ap.  Coch.  FAYA  s.  f. 
Vfr.  fae  feie,  dph.  faya  —  Fée. 

De  /"ata.  Chute  de  t  (135);  insert,  de 
yotte  (54  1%  rem.  2).  On  aurait  dû  avoir 
faya.  Le  ch.  de  a  ton.  en  e  dans  la  forme 
feya  est  certainem.  dû  à  Pinfl.  du  fr.  fée» 

FIAGEOLA  (flajôla)  FAVIOLA  ;  ap. 
Coch.  FIAJOULA;  à  Morn.  FAFIOLA  s. 
f.  FAVIAU  s.  m.  Fribourg  fanfiide,  it. 
fagiolOy  placent,  faso,  bolon.  fasol  — 
Haricot, 

De  phaseola  pour  les  formes  flageola 
fajioula.  Ch.  de  jr  en  j  devant  l'hiatus 
(143,  rem.  2).  De  *  faveola  pour  les 
formes  faviola,  /"a/îo/o,  savoir:  par  ch.  de 
6  en  r  (141)  dans  la  l'*,  et  le  passage  de 
V  kf  dans  la2«  ;  passage  dont  je  ne  connais 
que  ce  seul  ex.  en  In.,  mais  qui  existe  à 
l'état  sporadique  dans  les  langues  roma- 
nes. De  'fabellum  pour  la  forme  fariau 
par  ch.  de  &  en  V  et  de  ellum  en  tau  (32). 


Digitized  by 


Google 


164 


FIAJ   ' 


FIAJOULA  V.  flageola. 
FIAR  (fiar)  h   Morn.  ;  à  Grap.   FIER 
(fier)  s.  m.  —  Fiel. 

De  fel.  Gh.  de  è  en  ia  (26)  ;  de  l  fin. 
en  r(121).  d'où  la  forme  rég.  fiar.  La 
forme  fier  parait  avoir  été  empruntée  au 
fr.  en  changeant  seulem.  l  fin.  en  r. 

"FIARDA  (fiarda)   FIORDA  (fiôrda)  s. 
f.  —  1.  Toupie.  A  Dijon  fiada  {ap.  Goch.). 
2.  Sensu  obsceno  :  vin.  Faire  la  fiarda, 
en  parlant    d'une    femme,  litt.    tourner 
comme  une  toupie. 
le  me  laissou  baisy,  mais  pour  Taire  la  /larda, 
Raiclam'  aco  pa  reii,  i*«iiiiou  mieux  la  boulilU. 
«  Je  me  laisse  donner  un  baiser,  mais 
pour  faire  Tamour.  —  J'estime  cela  rien, 
j'aime  mieux  la  bouteille.  »  (Hem.) 

Subst.  V.  de  fierdre,  parce  que  la  toupie 
se  frappait  av.  un  fouet  pour  la  faire 
tourner.  Aujourd'hui  la  toupie  est  lancée 
en  déroulant  la  corde  qui  l'enveloppe.  Gh. 
de  e  en  a  (66);  fin.  a  (53  !•);  chute  de  r 
à  cause  de  la  difficulté  de  prononcer 
fiardra. 
FIAR  DO  y.fierdre. 

FIARDU  (fiardu)  s.  m.  —  A  Grap.  Un 
homme  fier,  orgueilleux. 

De  ferum  —  fiar  (26),  av.  suff.  osus 
(35).  Gela  donne  fiaru.   Le  suff.   a   été 
relié  par  d  sans  doute  par  conf.  de  ar  av. 
le  suff.  ard. 
FIDRE  V.  fierdre. 
FIÈDRE  V.  fierdre, 
FI  EN  (fian)  s.  m.  —  Fumier. 
De/lmwm(22,  rem.  1).  Il  ne  serait  pas 
impossible  que  ce   fût    simplem.   le    fr. 
fiente  passé  au  masc. 
FIER  V.  fiar. 

FIER  (fier)  adj.  m. —  A  Lyon  se  dit  de 
qqu'un  de  bien  mis.  »  Comme  fesses  ^er 
aujourd'hui  t  »  Gomme  tu  es  bien  paré! 

Deriv.  de  sens  du  fr.  fier^  qui  parait 
confirmer  pour  faraud  l'etym.  férus, 

•FIERDRE  (flôdre);  à  Morn.  FIÈDRE; 
à  Paniss.  FIDRE;  à  River.  FÉRI  (fèri)  ; 
àR.-de-G.  FI ARDO(fiardo)v. a.  — Frapper, 
au  fig.  poindre,  sonner  (en  parlant  de 
l'heure).  Les  trois  premiers  ne  diffèrent 
que  par  l'infinit.  — Indicat.  prés.  Je  fiars, 
nous  fierons  ;  passé  je  fiaris.  Partie. 
fiérant,  fiéru.  C'est  par  erreur  que  (^och. 
donne  pour  ex.  «  Ou  la  fiari^  il  lui  a 
donné  un  coup  ».  La  leçon  doit  être  :  Ou 
lo  fiaritt  le  frappa.  Goch  ajoute  du  reste  : 


«  Ou  Va  féru,  il  l'a  battu  ».  Grap.  dit  : 
A  Va  filru,  mais  Morn  :  A  Va  féru. 
Et  te  fiardant  trenta  vés  It  peiréna. 
«  Et  se  frappant  trente  fois  la  poitrine.  » 
(Per.) 

Mais  dre  qae  meiniour  fiar,  je  m*Arme  de  courafe. 
«  Mais  dès  que  midi  sonne,  je  m*arme 
de  courage.  »  (Gorl.) 

Fierdre  est  tiré  régulièrem.  de  ferere 
pour  ferire.  Gh.  de  e  bref  en  ie  (25)  ; 
insert,  de  d  (158,  rem.).  La  conjug.  fr. 
de  férir,  au  contraire,  n'est  pas  en  rapport 
av.  l'infinit.,  ainsi  qu'il  en  est,  du  reste, 
pour  tous  les  v.  non  inchoatifs  en  ir, 

Fierdre^  assaz  difficile  à  prononcer,  a 
laissé  choir,  à  Morn.,  le  1*'  r  du  groupe 
rdr.  La  forme  de  River.,  féri,  est  sans 
doute  due  à  l'infl.  du  fr.  férir.  Quant  à 
R.-de-G.,  il  a  fabriqué  sur  fierdre  une 
conjug.  complète:  Je  fiars  eic,  je fiardai, 
participes  :  fiardant,  fiardô, 
FIER IV.  feiri. 

FIERTON  (fierton)  «.  m.  —  A  Paniss. 
Fat. 

Non  de  fier,  qui  aurait  donné  fiéron, 
mais  formé  sur  fierté,  av.  suff.  on. 
FIÉRU  V.  soMz  fierdre, 
FIFRO  (fifro);  à  Lyon  fifre  s.  m.  — 
Lamproie. 

De  fr.  fifre^  à  cause  de  la  forme  ronde 
et  allongée  de  la  lamproie. 

FIFRO  et  souvent  FIFRO  DE  MOR- 
NANT  s.  m.  —  Surnom  des  habitants  de 
Morn.,  ainsi  nommés  parce  que  Ton 
raconte  que  les  hommes  sortant  toujours 
de  l'église  lorsque  le  curé  allait  prêcher, 
celui-ci  lira  un  jour  en  chaire  un  fifre  de 
sa  poche  et  se  mit  à  jouer.  Tous  les 
hommes  de  rentrer  en  disant  :  Vens,  vens, 
lo  curô  qu'est  venu  fiéru  par  la  téta  ! 
(dt^venu  fou)  —  Le  curé  fit  alors  fermer 
les  portes  à  clef  et  commença  ainsi  :  Grand 
Diul  Y  modont  à  voutra  parola  et  y 
rintront  ou  brut  d'in  fifro  I 

Une  autre  tradition  veut  que  le  nom 
vienne  de  ce  que  les  Mornandiaux 
seraient  allés,  fifres  en  tête,  se  réunir  à 
l'armée  de  Jacques  de  Bourbon,  quand  les 
Tard-Venus  occupaient  Riignais  en  1862. 
Les  «  fifres  »  partagèrent  le  sort  de  l'armée 
royale,  qui  fut  anéantie. 
OU  !  Fifres  de  Moriiant.  in  jor  noulros  ayeui. 
Dois  et  corajoux,  Uroul  çu  trait  Ta meux..,  (Uym.) 


Digitized  by 


Google 


FIGO 


165 


Mon  cousin  Lespinasse  signait  toujours  : 
«  Lespinasse  dit  Bragard,  fifre  de  Mor- 
nant  ». 

FIGORNOU,  OUSA  (figornott,  ouza) 
adj,  —  Traître,  insidieux. 

Quand  d*In  retour  subit  son  orpt  corajousa 

Eimplut  de  bulion-blaoc  la  pompa  figomousa. 

«  Quand,  par  un  retour  subit,  sa  main 
courageuse  —  Emplit  de  bouillon  blanc 
(d'eau)  la  pompe  traîtresse.  »  {Ménag  ) 

Altérât,  de  flagorneur^  av.  le  suflf. 
accoutumé  ou  (34  his), 

•FIGUETTA  (flghèta)  s.  f.  -  Petit  flacon. 

Proba))lem.  une  corrupt.  de  l'it.  fias- 
chetta,  peMte  bouteille.  Dans  ce  cas  il  a 
été  introduit  au  xv"-xvi«  siècle.  lia  corrupt. 
peut  avoir  eu  lieu  sous  Tinfl.  de  figue,  à 
cause  de  la  forme  (cp.  poire  à  poudre). 

FIJOU  DE  CUNY  vin.  dans  les  vers 
sulv.  de  la  Bern, 

Vous  ne  saria  mieu  lou  puny 
Qu'en  l'y  donnant  deux  /ijou  d€  cwiy. 

Fijou,  en  In.  du  xvii»  s.,  signifie  foie, 
de  fic{a)tum;  mais  évidemm.  tel  n'est  pas 
le  sens  qui,  comme  Ta  remarqué  Philipon, 
doit  se  conférer  av.  Texpress.  popul.  coup 
du  lapin,  coup  derrière  la  tête,  qui  donne 
la  mort.  Mais  j'ignore  d'où  vient  A/om, 
et  j'incline  à  croire  à  une  erreur  typograph. 

FI  LA  DE  vin.  s.  f.  —  Probablem.  Gordon 
de  soie.  1483.  n  Mandement  pour  Buatier 
de  25  1.  t.  3  d.  pour  6  aunes  1/3  et  un  1/2 
quart  de  damas  roge  et  11  aunes  de  fîlade 
pour  faire  le  poillon  porté  sur  mons.  le 
Cardinal  archevêque  de  Lyon  à  sa  dernière 
venue.  »  (Arch.  m.) 

De  fil,  av.  suff.  ade  (d'aia),  qui  est  pr. 

FILANDOURA(fllandoura)  s.  f.  —  A 
Paniss.  Fil  de  haricot,  morceau  de  fil  et 
autres  choses  semblables. 

Je  crois  que  c'est  le  fr.  filandre,  av. 
une  voy.  d'appui  pour  le  groupe  dr  diffi- 
cile à  prononcer  quand  il  est  post-ton. 
Ce  n'est  pas  le  suff.  ure,  qui  aurait  donné 
fîlanduri,  le  groupe  uri  représentant  oria 
(37). 

FILANDRIRI(filandriri)s.  f.—  Pileuse. 

Défilant,  av.  suff.  tri  (13),  d'où  fîlantiri 
et  filandiri  par  le  ch.  de  i  en  d(174  2°, 
h).  L'épenth.  de  r  est  assez  singulière 
parce  qu'elle  se  produit  ici  devant  une 
voy.,  tandis  qu'elle  se  produit  d'ordinaire 
devant  une  cons.  Cette  épenth.  a  peut-être 
été  facilitée  par  l'infl.  du  subst.  fr. 
filandre. 


*FILARD(filar)  s.  m.  —  Filet. 

C'est  filet,  av.  substitut,  du  suff.  germ. 
arrf,  qui  se  montre  qqfois  dans  les  noms 
d'objets.  Cp.  ss.-rom.  bernard  (v.  harnau). 
Si  le  mot  est  encore  usité,  ce  que  j'ignore, 
il  doit  être  filôrd, 

FILIATROU  V.  flliôtrô, 

FILIOLA(fllhola);  ap.  Coch.  FILLIOU- 
LA  ;  à  Lyon  filleule  s.  f.  —  Suiv.  Coch. 
Caieu,  mais  en  réalité  (et  je  l'ai  toujours 
vu  ainsi  dés  ma  plus  tendre  enfance)  un 
rejeton  qu'on  enlève  à  une  plante  pour  le 
planter,  tandis  que  le  caieu  ne  se  dit  que 
du  nouveau  bulbe  formé  sur  le  premier. 

De  filiola. 

FILIOTRO,  ATRA  (flliôtro,  âtra)  ;  ap. 
Coch.  FILIATROU,  FILIATRA  s.  - 
Gendre,  bru. 

De  flllsistrem  qu'on  trouve  dans  les 
inscriptions  de  la  décadence  pour  privi- 
gnus,  Gh.  de  a  en  o  (2)  ;  chute  de  s  (179 
1').  La  forme  filiastrousidtL  être  empruntée 
par  Coch.  au  For.,  ou  n'étant  pas  post- 
ton,  en  In.,  du  moins  depuis  le  xvii»  s. 

FILIPP  —  A  Lyon  dans  l'express.  Faire 
filipp.  Fouetter  l'air  av.  une  houssine, 
un  fouet  (sans  claquer)  ;  par  extens. 
fouetter  qqu'un  d'une  verge  ou  de  vergés  ; 
Gare  que  je  te  fasse  filipp  l  prends  garde 
que  je  ne  te  fouette  ! 

Onomat.  du  siffle'n.  de  la  houssine.  Cp. 
ail.  provinc.  fitzen,  môme  sens. 

FILLANDROUS.  OUSA  (filhandrou, 
ouza)  adj.  —  A  Morn.  Se  dit  de  qque 
chose  qui  s'effiloche,  se  déchire  à  force 
d'usure.  Ina  roha  fillandrousa,  une  robe 
qui  se  frange. 

De  fr.  filandres,  av.  suff.  ous  (35). 

FILLIOULA  V.  filiola. 

FILOCHI  (filochi)  s.  f.  —  1.  Bourse. 

Et  lo  loup  Harpagon  que  chôrche  ina  filochi, 

«  Et  le  loup  Haipagon  qui  cherche  une 
bourse.  »  (Mén.) 

De  filoche,  parce  que  la  bourse  du 
paysan  était  ordinairem.  en  filet. 

2.  Filet  en  forme  de  poche  qui  sert  à 
prendre  les  poissons  dans  les  «  bachus  ». 

8.  Filet  à  prendre  les  papillons. 

De  filochi  1.,  non  parce  que  la  filochi 
est  en  mailles  de  filet,  car  elle  a  cela  de 
commun  av.  tous  les  filets  quelconques, 
mais  parce  qu'elle  est  en  forme  de  bourse 
ou  de  poche. 


Digitized  by 


Google 


166 


FILO 


FILOGNI  (ftlogni);à  Lyon  filogne  s.  f.  — 
Chanvre  à  filer,  éloupe. 

0  fet  maître  Rifurl  lo  marchand  de  filogni. 

<  C'est  mattre  Ri  fart,  le  marchand 
d'étoupes.  »  (Dép.) 

De  fil,  plus  suff.  ogne,  qui  ne  parait 
pas  représenter  ici  onca,  lequel  a  donné 
oine  (cp.  idoneum  =  idoine).  Il  ne  repré- 
sente pas  non  plus  le  péj.  ogne  (?)  signalé 
par  Liltré  dans  car  ogne  ^  ivrogne  (il  faut 
au  moins  rayer  carogne  qui  est  importé). 
Dans  filogni^  o/ynt  aprobablem.  été  formé 
par  analog.  av.  cologni  à  cause  de  la 
parenté  des  oSjets  (v.  cologni), 

FILO-PRIM  (filo-prin)  s.  m.  —  Homme 
flagorneur  et  habile.  Pr.  fielo-prim,  éco- 
nome. 

Salut,  grand  filo-prin,  li«tmmo  dont  lo  savoir 

Dous  tré  quôrts  et  dzimé  lurpbsse  lo  pouvoir. 

«  Salut,  grand  flagorneur,  homme  dont 
le  savoir  —  Surpasse  le  pouvoir  des  trois 
quarts  et  demi  des  gens.  »  (Per.) 

De/î/o,  flie,  etpr/m,  mince.  Homme  qui 
se  glisse  en  se  faisant  mince.  Cp.  l'express, 
popul.  c  n*en  mener  pas  large  ». 

FINASSU  (finassu)  s.  m.  —  Un  homme 
rusé,  en  dessous. 

De  fr.  /tn,  av.  suff.  u  (34  bis,  rem.),  et 
insert,  d'une  Hyll.  pour  accentuer  le 
caract.  péj.  L'insert.  de  as,  par  analog. 
av.  le  suff.  assef  a  spêcialem.  ce  carac- 
tère. Cp.  bavassUf  baveur  ;  fetiassu, 
coureur  de  femmes  et  en  fr.  finasseur, 

FINDA  (finda)  s.  f.  —  A  Paniss.  Fente. 

Subst.  partie,  de  findre,  fendre.  Plus 
règ.  que  fr.  fente,  où  d  s'est  durci  en  t, 

FIOBLO,  A  (flôblo,  a)  adj.  —  1.  A  qui 
on  peut  se  fler.  CeVhoyno  est  fiôhlo,  cet 
homme  mérite  confiance.  H.  A  River. 
Crédule,  confiant. 

De  *fîdB,b(i)lem.  Chute  de  d  (139)  ;  ch. 
de  a  en  d  (3).  On  voit  que  le  mot  est  pris 
tantôt  au  sens  passif,  tantôt  au  sens  actif: 
celui  à  qui  l'on  se  fie  ;  celui  qui  se  fie. 

FIOLO  (fiolô)adj.  des  2  g.  —  Ivre. 

Partie,  de  fiolô  2. 

FIOLO  (fiolô)  V.  n.  For.  fioula,  Gèv. 
fioura  —  l.  Siffler. 
Un  petit  tambourin  et  un  garçon  que  fiole.  (Chap.) 

Semble  une  contract.  de  fîajolô,  fla- 
geoler, jouer  du  flageolet.  La  marche 
serait  :  fiajolô  fiaiolô  fiaolô  fiolô. 

2.  For.  fioula.  —  Boire.  Se  fiolô,  so 
griser.  Lim.  fio-oula^  une  pirsoune  ivre. 


Onio  y  fiolavont  tant,  durant  touta  la  fêta. 

Qu'ôn'y  ait  lou  dou  lier  quepreoiànt  ma  de  téta. 

«  Où  ils  burent  tant,  durant  toute  la 
fête,  —  Qu'il  y  en  eut  les  deux  tiers  qui 
prirent  mal  à  la  tête.  »  (Chap.) 

De  fiola,  fiole,  av.  suff.  ô  (14  8»). 

*FION  (MA).  ♦FIOUTA  (fiouta)  FIOTA 
(flota)  interj.  Gév.ma/?<7M^/  — Par  ma  foi  ! 
Ma  flota,  lo  paure  restii  entunau,  «  ma 
foi,   le   père  resta  tout  étonné.  »  (Dial.) 

De  fidem.  Ma  fion,  ma  fiouta  sont  des 
euphém.  dim  de  fantaisie,  parce  que  dire 
ma  foi!  était  un  péché;  c'était  «  un  serment 
prêté  en  vain  ».  Cp.  corbleu  pour  corps 
Dieu  etc. 

FIORDA  V.  flarda, 

FIOTA  (MA)  v./îo/i  (ma). 

FIOULATO  (floulatô)  v.  n.  —S'enivrer. 
L*ami  Bloiidain  que  fioulate  cosi 

«  L'ami  Blondain  qui  est  presque  ivre.  » 
{Per.) 

De  fiola,  fiole,  av.  suff.  fréq.  atô, 
répondant  à  fr.  eter  (cp.  fr.  foleter  et  vin. 
foulata^  de  fol).  Cette  forme  atô  au  lieu 
de  eto  vient  de  ce  que  le  suff.  s'est  ajouté 
à  des  noms  terminés  par  a,  tandis  qu'en 
fr.  ils  sont  terminés  par  e  muet. 

FIOULET  (fioulô)  FIOULOT  (fioulô)  s. 
m.  —  Sifflet. 

De  fiolô,  av.  suff.  dim.  et  ou  ot.  O  prot. 
a  passé  à  ou  probablem.  sous  infl.  de  l, 
mais  pourquoi  le  même  phénom.  ne  s'esl-il 
pas  produit  dans  le  verbe  ? 

FIOULOT  V.  fioulet. 

FIOUTA  (MA)  V.  fion  (ma). 

FIRA  (fira)  s.  f.  —  Fièvre. 

Do  febrem.  Ch.  de  e  bref  en  te  (25). 
On  a  dû  avoir  fleura  par  vocalisât,  de  b 
(164  8*»)  ;  fieurn  s'est  réduit  à  fira, 

FIROLA  (firola)  s.  f.  —  A  Morn.  Petit 
trou. 

Parait  formé  sur  forer,  av.  un  suff. 
dim.,  comme  virole,  de  virer.  On  devrait 
avoir  forola.  mais  il  y  a  eu  probablem. 
confus,  av.  virole,  la  virole  étant  un  petit 
trou  av.  un  cercle  autour. 

FLACAMELLA  (flacamèla)  s.  des  2  g.— 
A  R.-de-G.  Paresseux,  personne  lâche, 
flasque,  molle. 

....  Salut,  Qrand  (lacamella, 

Te  n'b*  p6s  lant  de  cœur  que  la  moindre  fumella. 

«  Salut,  grand  lâche,  —  Tu  n'as  pas 
autant  de  cœur  que  la  moindre  femme.  » 
{Mel.) 


Digitized  by 


Google 


FLAC 


167 


Du  vfr.  flac,  flasque,  de  fltLCCus,  av.  un 
suff.  de  fantaisie. 

FLACHES  V.  hlaches.  Je  dois  mention- 
ner que  M.  God.  attribue  l'orig.  des  noms 
de  lieu  laFlégère,  la  Fléchère.Flachière^ 
Flagière  à  la  plante  d'eau  appelée  vul- 
gairem.  fléchière,  et  qui  est  la  sagittaire 
aquatique,  sagittaria  sagiUaefolia,  ainsi 
nommée  de  la  forme  de  ses  feuilles  en 
fer  de  flèche.  Mais  il  est  à  remarquer  que 
les  lieux  ne  tirent  leurs  noms  de  plantes 
que  lorsque  celles-ci  recouvrent  de  grands 
espaces  (telles  sont  la  bruyère,  la  fougère 
etc.);  en  un  mot  lorsqu'elles  ont  un  carac- 
tère collect,,  que  n'a  nullem.  la  sagittaire. 
Je  persiste  donc  à  voir  dans  tous  ces 
noms  de  lieux  la  racine  flaches  =  blachex, 
sauf  dans  la  Flégère,  montagne,  dont  le 
nom  peut  venir  de  la  forme  en  fer  de 
lance.  Cp.  la  La7ice,  montagne  de  la 
Drôme. 

Je  dois  aussi  ajouter  que  le  nom  de 
Flaches  est  donné  dans  le  Lyonnais  à  des 
prés  composés  d'herbes  sèches.  Telles 
sont  les  Grandes- Flaches  à  R.-de-G.  et 
à  Hiver.  C'est  une  extens.  de  sens  de  la 
prairie  marécageuse,  composée  de  blaches, 
*FLAINA  (flèna);  à  Paniss.  FLIUNA 
(fliuna);  vin.  FLEYNE;  à  Lyon  flêne  s.  f. 
For.  flaine,  pr.  flunifurno,  alp.  frougno, 
gasc.  floinoy  b.  lim.  fleugnol  feunial.  — 
Taie  d'oreiller.  Vfr.  flaine,  que  M.  Godef. 
traduit  par  espèce  de  coutil.  «  Les  lins  de 

Cahors aussi    en    fait-on   de   bonnes 

flaines  à  faire  licts  (Du  Pinet).  »  Je  crois 
qu'il  faut  traduire  par  couette,  couverture 
piquée,  ce  qui  semble  ressortir  aussi  do 
l'autre  texte  cité  :  t  L'invention  des  flaines 
et  matteras  nous  est  venue  de  France 
(id.).  »  C'est,  du  reste,  le  sens  que  lui 
donne  Gotgr  :  «  Flaine,  Tick  for  a  bed.  » 
Suiv*  un  invenl.  de  1548,  il  y  avait  à 
l'Hôpital  de  Lyon  des  lits  «  en  boys  de 
noyer,  garnis  de  coultre  et  coussin  de 
plume  à  fleyne  de  Lunel.  »  (Quiguo).  On 
trouve  dans  celui  de  l'Hôpital  de  Ville- 
franche  :  «  dix  flaynes  et  deux  aultres  de 
peu  de  valeur.  » 

Diez  tire  flaine  de  v(e)lSLmen,  en  cp» 
flasca  pour  vlasca,  mais  cette  dernière 
élym.  n'est  rien  moins  que  sûre.  Les 
celtisants  le  tirent  du  gaël.  gwlan  gvola- 
nen,  laine,  mais  je  ne  connais  aucun  ex. 
du  passage  de  gwl  à  /7.  Le  rapprochem. 


fait  par  DuC.  de/fami»^uw,  qu'on  trouve 
en  b.  lat.  pour  flammeum,  voile  nuptial, 
«  petit  paille,  fermail  petit,  ou  couvre- 
chief  »,  est  très  plausible,  le  ffamineum 
étant  de  laine.  FlB,m{i}neum  donne  régu- 
lièrem.  flaine  en  oïl,  à  qui  nous  avons 
emprunté  le  mot,  en  dériv.  le  sens  de 
couverture  à  celui  de  taie  d'oreiller. 

FLAIRON  (flèron);  ap.Goch.  FLEIRON 
s.  m.  —  Flagorneur,  flatteur.  Vionnaz 
fleiron  «  homme  tout  à  ses  petits  soins  », 
Tarentaise  fléron,  enfant  gâté, 

Subst.  V.  tiré  de  flairer,  av.  suff.  on. 
L'idée  est  celle  d'un  homme  qui  flaire 
comme  le  chien,  pour  savoir  s'il  pourra 
tirer  qq.  chose  de  l'individu  dont  il 
s'approche.  Cp.  flagorner,  dont  le  sens 
primit.  était  «  dire  à  l'oreille  ». 

FL  A I RON  NO  (fléronô)  v.  a.  —  Flagorner. 

Formé  sur  77a /ron,  av.  suff.  <5  (14  3). 

FLAMETO  (flamelô)  s.  f.  —  Flambée, 
feu  clair  et  rapide. 

Formé  sur  flama,  flamme,  av.  suff. 
ô  =  ée  fr.  relié  par  t. 

FLAMETO  (flametô)  v.  n.  —  Faire  des 
étincelles.  Lo  chiviau  flametôve,  le  cheval 
faisait  feu  sur  le  pavé. 

Le  pavé  n'en  llaméle  el  Ta  quinô  Ve*û, 

«  Le  pavé  en  étincelle  et  fait  crier 
l'essieu.  »  {Dép.) 

Formé  sur  flametô  subst.,  av.  suff.  ô 
(14  l»). 

FLAMETOUS,  OUSA  (flamelou,  ouza) 
adj.  —  Enflammé. 

A  (Izit,  pu  secouyani  sa  tèfa  Hametousa, 
Sa  bdrba  cremilla,  sa  faci  moriiiousa. 

c  II  dit,  puis  secouant  sa  tête  qui  jette 
des  flammes,  —  Sa  barbe  crainsée,  sa  face 
noircie.  »  {Per.) 

De  flametô,  av.  suff.  ou,  d*osus  (35  . 

'FLANC  (flan)  s.  m.  —  Direction.  De 
que  flanc  fo-ti  passa,  t  de  quel  côté  faut- 
il  passer  ?  »  (Coch.) 

C'est  le  fr.  flanc,  du  vha.  hlancha, 
même  sens.  Sur  Ih  init.  =  fl  cp.  Hlodoweg 
=  it.  Fiovo,  fr.  Flovent.  Diez  objecte  que 
les  noms  fém.  germ.  terminés  en  a  gardent 
habituellem.  leur  genre  dans  les  langues 
romanes.  Mais  cp.  it.  solcio,  saumure,  du 
vha.  sulza.  Quanta  la  dér.  de  sens  en  In. 
elle  est  exactem.  la  même  que  pour  le  fr. 
côté:  «  De  quel  côté  faut-il  passer  î  » 


Digitized  by 


Google 


168 


FLAP 


FLAPI  (flapi)  V.  a.  Ss.-rom.  hllappa  — 
Flétrir,  au  sens  de  rendre  mou,  «  flapo  ». 
La  jaliri  a  flapi  le  folle,  la  gelée  a  flétri 
les  feuilles. 

De  flap  (v.  flapo).  La  format,  d'un  v.  de 
la2«  conjug.  fr.  au  lieu  de  la  1"  est  due 
au  caract.  inchoatif  de  l'action  exprimée 
(cp.  flétrir).  Ceci  explique  l'adj.  flappi 
(v.  flapo)  de  Coch.,  qui  est  certainem.  la 
forme  primitive.  Plus  tard  le  partie,  étant 
devenu  un  adj.  propre,  Tinfl.  du  p  a  fait 
substituer  la  fin.  a  (53  2«)  à  t. 

FLAPO,  A  (flapo.  a);  ap.  Goch.  FLAPPI 
adj.  Dph.  flapo,  pr.  flap,  milan.,  piém., 
vènit.,  modén.  fîapp  ;  crémon.  ffapp,  Tal. 
flapi,  ss.-rom.  hllappi  —  Flasque,  mou, 
pendant  ;  genev.  fliappe,  mou,  pourri. 
Vfr.  flapir,  flétrir,  friper. 

Suiv.  Diez, d'une  racine  germ.  exprimant 
une  chose  pendante:  /7ap,  chose  qui  tombe, 
flep,  lambeau  qui  pend  ;  bas  ail.  flabbe, 
lèvre  pendante  ;  angl.  flahhy,  flasque  ; 
flap,  bout  qui  pend.  —  Suiv.  Galvani,  de 
flabus  (de  flare)  ou  flabilis,  —  Suiv. 
Ascoli,  de  flavio,  de  ffavi{d)o  (de  flaces- 
cere).  —  Suiv.  Flechia,  de  flaccus, 

Flabus,  de  flare  n'est  pas  conforme  aux 
lois  de  la  dérivât,  lat.  ;  flabilis  aurait 
donné  flôble  chez  nous.  Le  sens  d'ailleurs 
ne  se  prête  pas  à  ces  étym.  Flavius  aurait 
donné  flaivi,  et  il  semble  d'ailleurs  plus 
probable  qu'au  lieu  de  passer  de  flavidus  à 
flavius,  flavidus  eût  donné  flade,  comme 
vapidus  a  donné  fade.  Flaccus  aurait 
donné  flache  ou  flaque.  Je  ne  contredis 
pas  à  ce  que  ces  mots  auraient  pu  donner 
&  la  haute  Italie,  mais  évidemm.  nous 
n'avons  pas  emprunté  le  mot  à  celle-ci. 
Flap  parait  à  Torig.  une  onomat.  pour 
exprimer  le  bruit  du  lambeau  agité  par  le 
vent.  De  là  ce  sens  s'est  étendu  à  toute 
chose  molle,  flasque,  pendante.  De  tétons 
flapes  est  une  express,  très  usitée  chez 
nous,  qui  rentre  dans  l'ordre  d'idées 
primitif.  L'afûnité  logique  parait  donc 
exister  entre  les  mots  étymolog.  indiqués 
par  Diez  et  le  sens  actuel. 
FLAPPI  V.  flapo. 

*FLASQUO(flasko)s.  m.  Béarn. /ïa^co m 
—  Grande  bouteille  garnie  d'osier  dans 
laquelle  les.  ouvriers  mettent  leur  boisson. 
«  A  S*-Étienne  un  flascou.  »  (Goch.) 

Du  primitif  du  vfr.  flascon,  ou  plus 
simplem.    de    flasque,   poire  à   poudre, 


passé  au  masc.  La  conservât,  de  s  rend 
cette  dernière  hypoth.  plus  vraisemblable. 
•FLAT  (flà)  FLO  (flô)  s.  m.  It.  fîat, 
placent,  fia  —  Haleine,  souffle,  odeur,  av. 
sens  péj.  <  Gome  li  porcez  qui  ama  plui 
lo  fia  du  fangez  qu'il  no  faroytd'una  bella 
rosa  »,  comme  le  pourceau  qui  aime  mieux 
la  puanteur  de  la  fange  qu'il  ne  ferait 
d'une  belle  rose.  (Marg.)  —  t  Que  lo  bogro 
a  le  flat  punafs  I  »  que  cet  homme  sent 
mauvais  de  la  bouche  I  —  «  Que  flô  m'è 
venu  dins  lo  nos  !  »  quelle  mauvaise 
odeur  m'est  venue  dans  le  nez  ! 

De  flAtus.  A  Lyon  et  dans  la  plupart 
des  endroits  on  dit  flat,  sans  doute  parce 
que  t  fin.  s'est  fait  sentir  plus  longtemps 
que  dans  d'autres  mots.  Mais  déjà  à  Grap. 
ondit/îd(l). 
FLEIRON  V.  flairon. 
FLEYNEv.  flaina. 
FLIUNA  V.  flaina. 
FLO  V.  flat. 

FLORETTA  (florèta)  s.  f.  —  Fleur  du 
froment. 

De  florem,  av.  suflf.  dim.  etta  ;  o  fermé 
=  o  (34). 
FLUMA  (fluma)  s.  f.  —  Pituite. 
Dephlegma.  On  devrait  avoir  fleima  ; 
le  passage  de  «  à  u  est  certainem.  dû  à 
l'infl.  de  la  labiale  m  (cp.  62,  rem.  6). 

FLUTA  (fluta)  à  Grap.  ;  ap.  Goch.  FUTA 
s.  f.  —  Futaille. 

Le  mot /u^  pour  tonneau  étant  constamm. 
usité  chez  nous,  la  forme  de  Goch.  est 
évidemm.  la  forme  rég.  La  corrupt.  en 
fluta  est  un  ex.  de  l'infl.  exercée  souvent 
par  des  mots  qui  ont  qq.  rapport  de  son 
sans  aucun  rapport  de  sens. 
FOCIL  V.  foucil. 

FOGA  (foga)  s.  f.  Pr.  fogo  —  Grande 
foule,  abondance,  presse,  attroupement. 
La  foga  de  z*ambricots,  la  récolte  sura- 
bondante des  haricots. 

De  fviga,  qui  a  donné  fr.  fougue,  esp. 
fuga,  vivacité,  rapidité;  it.  foga^  fougue; 
fogare,  voler  av.  une   extrême   vitesse. 
De  là  l'idée  de  réunion,  de  presse,  de 
surabondance.  Gfl.  de  u  bref  en  o  (34). 
FOLATA  (folata)  vin.  v.  a.  —  Réjouir. 
Et  per  foUta  l>nfân, 
y  vou  que  To.n  deuce. 
«  Et  pour  réjouir  l'enfant,  —  Il  veut  que 
l'on  danse.  »  (Noël  1723) 
C'est  foletô  V.  n.  pris  au  sens  act. 


Digitized  by 


Google 


FOLE 


169 


FOLETO(foletô);  vin.  FOULATA  v.  n. 
—  S'amuser,  faire  le  fou.  Au  fig,  se  mal 
conduire»,  en  parlant  des  femmes. 

Que  le  fan,  puis  après,  roiirrili,  foulata^ 
De  fcy,  «le  ley,  ht>U  !  pcr  le  gasta. 

«  Qui  les  font  ensuite  faire  les  coureuses, 
faire  les  folles,  —  De  ça,  de  là,  hélas,  pour 
les  gâter.  •  (Beni.) 

De  fr.  fol,  av.  suff.  fréq.  etô  pour  oUo, 
probablem.  par  besoin  de  dissimil.,  foloto 
étant  moins  commode  à  prononcer  que 
foleto, 

FOLIARET(folharè)dans  cette  express. 
Invhitfoliaret,  un  vent  tiède  du  printemps 
qui  fait  pousser  les  feuilles. 

Mhî  quand,  Tliivcr  passù,  un  doux  vini  foUieret 

A  fa  lonilre  la  naî,  que  lot  e«l  ffuillerct! 

«  Mais  quand,  l'hiver  fini,  un  doux  vent 
qui  fait  pousser  les  feuilles  —A  fait  fondre 
la   neige,   que  tout  est  joyeux.  »  (Mon.) 

De  folia,  feuille,  av.  sulT.  et,  relié  parr 
comme  dans  dame-r-et,  chardonne-r-et. 
Seulein.  ce  suff.,  qui  est  ordinairem.  dim., 
a  pris  ici  un  sens  actif.  A  Lyon  le  mot  a 
subi  l'infl.  de  fouiller,  et  un  vent  fouil- 
leret  n'est  plus  celui  qui  fait  pousser  les 
feuilles,  mais  celui  qui  pénètre  en  tourbil- 
lonnant, qui  fouille  sous  les  vêtements 
des  dames. 

FOLIAT  (folha)  s.  m.  —  A  Paniss. 
branchage  pour  chasser  les  mouches  des 
chevaux. 

De  In.  folia,  feuille,  av.  suff.  at.  Gp.  m. 
lat.  foilliala  «  casa  ex  foliis  et  ramis 
arborum  facta  ». 

*FOLIETTA  (folhèta)  FOYETTA  (fo-yèta) 
s.  f.  — Mesure  de  vin  d'environ  unechopine, 
ou  demi-litre.  En  1370  le  fermier  du  droit 
de  ban  cf'ooîVr  appartenant  à  l'archevêque 
ayant  voulu  confisquer  les  mesures  dont 
se  servaient  les  Religieuses  de  S^-Pierre 
pour  débiter  leur  vin,  elles  le  battirent  et 
lui  enlevèrent  les  objets  saisis  en  criant  : 
Te  los  aras,  celles  folieltes  ! 

Dicton  :  Voi  vtide  riessift  celo»  bracou» 

Que  bevoiit  iiia  folUlta  d'un  coup. 

«  Vous  voyez  se  désaltérer  ces  écervelés, 
qui  boivent  une  chopine  d'un  seul  coup.  » 
Mon  escogriffe  avôle  ina  (oyeta. 
•  Mon  escogriffe  avale  une  chopine.  » 
(Per.) 

De  *ph/alella,  dim.  do  phiala  (Du  G.). 
PhitUeUa  donne  fioleUa  (comme  phiala  a 
donné  fiole)  et  folielta  par  métath.  de  i. 


FOLIGAT  (foligà)    s.   m.  —  Folichon, 
qui  aime  à  rire. 

Ouou  niôlru  fohjgai  I  Songc-lé  qu*o  pol  bien 
D*ïn  riniou  de  paiuais  faire  Tn  hiMorim  ? 
«  Quel  mauvais  plaisant  I  Grois-tu  qu'il 
soit  possible  -  De  faire  un  historien  d'un 
rimeur  de  patois  ?  »  (GorL) 

De  fol,  av.  un  suff.  fréq.  et  comique 
igat,  qni  répond  k  fr.  ichon  {folichon, 
cornichon,  barbichon),  et  qui  n'est  autre 
que  le  suff.  at,  av.  épenUi.  d'une  syll.  péj. 
FOLLET  (LO)  (fôlô)  s.  m.  -  1.  Le  Lutin, 
sorte  d'esprit  malin.  Maison  qu'a  lo  follet, 
maison  hantée  par  des  esprils. 

De  fol,  av.  suff.  et  ;  le  Follet  fait  des 
folies. 
2.  Tourbillon  de  poussière  et  de  feuilles. 
De  Follet  L,  parc.3  que  ces  tourbillons 
qui  s'élèvent  soudain  en  forme  de  trombes, 
qqfois  sans  vent  apparent,  sont,  pour  le 
paysan,  causés  par  le  Lutin. 
'FOLLI  (folhi)  s.  f.  —  Feuille. 
De  folia.  Chute  de  a  post-ton.  (54  1«). 
FOLLIERET  V.  foUaret. 
FOMORAT(fomora)  à  River.,  R.de-G.. 
Morii.;à  Paniss.  FOMORI  a.  m.  B.  lim. 
femoiirier  —  Fumier    en    tas.    Au    fig. 
express,    injurieuse.    Lim.    femourdza, 
nettoyer  une  élable. 

A  la  nn  la  Tuénon  ly  diit:  o  Groui  fomora, 
Dzurara-lo  toujours,  ou  s'o  n'ein  flgnira?* 
«  A  la  fin  Toinon  lui  dit  :  a  Gros  fumier, 
—  Cela   durerat-il   toujours   ou    si    cela 
finira?  »  ((roW.) 

Fomorat  est  formé  smt  fumô{r),  fumer 
{""fimare),  av.  suff.  at,  d'atum,  La  forme 
fomori  s'explique  par  l'addit.  du  suff.  t. 
d'arium  (13),    facilitée  par  l'analog.  av. 
fuml  ifimarium).  Quant  à  Vo  qui  a  rem- 
placé u  init.,  il  a  été  amené  par  l'infl.  de 
m  (cp.  frumentum  =  frornint), 
FOMORI  V.  fomora, 
FONDA  (fonda)  s.  f.  —  Fonte. 
De  fund{i)ta.  Ch.  de  un  en  on  (47)  ;  le 
groupe  rf^ se  comporte  comme pi(  161  0%c). 
FONLIONNO  (fonlhonô)   FORLIONNO 
V.  a.  —  Faire  tomber  les   feuilles  de  la 
vign3  pour  découvrir  le  raisin. 

Formé  sur  folhi,  av.  suff.  onnô  par 
analog.  av.  les  v.  formés  sur  des  noms  se 
lerminanlparo;i  (cp./7a/ro?2nô, chironn)). 
Mais  je  ne  sais  pas  expliquer  la  nasalisai, 
de  ô  dans  la  forme  fonlionnô.  Insert,  de 
r  dans  la  forme  forlionnô  (184  G»,  a), 

19 


Digitized  by 


Google 


170 


FONT 


•  FONT  s.  f.  —  Fontaine.  La  Foniforl, 
source  gazeuse  de  S*  Galmier. 

De  fontem, 

FONTANA  (fonlana)  s.  f.  —  Estomac. 
Lo  hrichet  de  la  foniana,  l'os  de  l'estomac. 
Le  vén.  fontanela  a  le  sens  de  brichet  (v. 
fourchette),  mais  Ht.  fontanella  signifie 
le  creux  du  gosier. 

Quand  je  beurou  d*aigua  Uni  »i  p6, 

Mon  corps  sué  couina  nuutron  fo  ; 

Ma  fonlana 

La  passe  defô. 

Et  s'en  trove  plus  sana  . 

«  Quand  je  bois  tant  soit  peu  d'eau,  — 
Mon  corps  sue  comme  notre  fontaine  ;  — 
Mon  estomac  —  La  rejette  au  deliors,  — 
Et  s'en  trouve  plus  sain.  »  (Chap.) 

Du  b.  lat.  fontSLna,  fontaine,  de  fontem. 
La  dérivât,  de  sens  est  bizarre.  Je  ne  peux 
l'expliquer  que  par  l'analog.  de  forme 
entre  le  cofTre  de  la  fontaine,  meuble  jadis 
en  usoge  dans  les  ménages,  et  l'estomac. 
Mais  ce  meuble  ne  se  rencontrait  guère 
dans  le  peuple.  Gp.  co/fre  pour  corps; 
«  avoir  un  bon  co fifre  ». 

*FORA  (fora)  adv.  —  «  Terme  de  bate- 
lier ;  alla  à  fora.  »  (Goch.) 

Évidemm.  le  sens  est  d'aller  au  large, 
mais  je  ne  connais  que  l'express,  defor  : 
passô  defor,  passer  loin  du  bord  (v.  defor). 

De  foras, 

FORCOLA  (forkôla)  vin.  s.  f.  —  Four- 
chette. Vénit.  forcola,  petite  fourche  ;  pr. 
foxircolOy  étançon  fourchu. 

El  puy  qu'on  tusse  fet  coury 
A  tou  grau  c<iu  d'vua  for  cola. 

«  Et  puis,  si  l'on  t'avait  fait  courir  — 
A  grands  coups  de  fourchette.  »  (Chevauch. 
de  VA.) 

De  farca,  av.  suff.  ola,  qui  est  pris  ici 
au  sens  dim.  Sur  c  final  =  k  dans  les 
dér.,  cp.  bocôy  de  bucca, 

FORGÉ  V.  forget, 

•  FORGET  (forjè)  ;  à  Grap.  FORGE  ; 
à  Villefr.  FARGET  s.  m.  —  Partie  du 
toit  qui  dépasse  l'aplomb  du  mur  do 
façade. 

Subst.  V.  de  forjeter,  jeter  en  dehors, 
de  foras  et  du  primitif  de  jeter  (cp.  pro- 
jeler).  Gc  primit.  n'est  pas  Jactare,  qui 
aurait  donné  vfr.  ja'Uier,  tandis  qu'on  a 
getter,  Diez  et  Sclieler,  pour  expliquer 
rit.  geUare,  proposent  ejectare^  mais  on 
aurait  eu  vfr.  yeltier,   toujours  av.   Ûu. 


ier.  De  mc^me  en  In.,  au  lieu  ào  jitô  nous 
aurions J«e7i.  Il  convient  donc  de  supposer 
un  *gittare. 

Dans  la  forme  de  Villefr.  o  a  passé  à  a 
sous  infl.  de  r  (cp.  archipot,  d'hochepot). 

FORGETO  (forjetô)  v.  n.  —  Se  dit  d'un 
mur  qui  perd  l'aplomb.  Celo  mur  forgetle, 
se  penche  en  avant. 

Du  vfr.  forgecter^  projeter  en  avant  de 
l'alignement.  «  Des  tentes  sur  liteaux  de 
bois  qui  se  lèveront  de  nuyt  contre  les 
murs  sans  être  forgectées.  »  (1524,  ap. 
Gharvet).  SuflT.  ô  (14  1-). 

"FORGI  V.  frogi. 

FORGON NOU  (forgonou)  s.  m.  —  Pique- 
feu. 

Formé  sur  forgofinô,  fourgonner,  av. 
suflf.  oUf  d'orem  (34  bis). 

FORLIONNO  V.  fo7ilio7in'). 

•FORMAILLES;  en  Fr.-Ln.  FREMAIL- 
LESs.  f.  pi.  For.  froumailles  —  Dragées, 
suiv.  Goch.,  mais  en  réalité  Fiancrailles 
et  par  extens.  Dragées  des  fiançailles. 
Fribourg  fermalhe,  fiançailles. 
Din  quauque  jour  d'ici  coiilou  faire  froumailU. 

«  Dans  quelques  jours  d'ici,  nous  comp- 
tons faire  les  fiançailles.  »  (Chap.) 

De  forme,  av.  suff.  collect.  ailles. 
Formantes  répond  au  fr.  savant  forma- 
lités. 

•FORMAILLES  FOURMAILLES  s.  f. 
pi.,  dans  les  dictons  suivants: 

Grandes  formailles,  petites  viiiailles; 
Pelilcs  four  mailles,  gtandes  vhiailli^ 

Je  crois  que  ce  dicton,  que  je  ne  connais 
que  par  Goch.,  signifie  que  Us  *  formes  » 
trop  riches  de  la  vigne  ne  sont  pas  un 
présage  de  bonne  récolte,  de  même  que 
l'excès  des  fleurs  n'annonce  pas  Tabon- 
dance  ni  surtout  la  beauté  des  fruits. 

De  forme,  av.  suflf,  coll.  ailles. 

FORMANSE  (formanse)  s.  f.  pi.  — 
Formes  du  raisin  (v.  forme).  Goch.  ne 
donne  pas  le  mot,  mais  il  l'emploie  dans 
son  texte  (à  propos  du  mot  Colaud),  le 
croyant  sans  doute  fr.  Poit.  forma?ice, 
apparence,  forme:  formance  de  chrétien^ 
visage  humain. 

De  form9,ntia,  de  fonnsn'e,  Gh.  de 
tia  en  ssi  (138  2*»),  qui  devient  sse  au  pi. 

FORME  s.  f.  —  Nom  de  la  grappe  de 
raisin  lorsqu'elle  n'a  pas  encore  fleuri. 

De  forma.  Ldi  «  forme  »,   raisin   déjà 
I   formé. 


Digitized  by 


Google 


FORM 


471 


FORMENGOT  (formangô)  s.  m.  —  A 
S*-Mart.  dans  l'express.  Lo  formentjot 
d*étailesy  reiisemble  des  étoiles.  Mot 
communiqué  et  douteux  en  ce  sens.  A 
Morn.  je  Tai  entendu  appliquer  à  la 
constellât,  du  Râteau,  mais  je  crois  qu'il 
doit  s'appliquera  la  constellât,  des  Pléiades 
qui  est  dans  le  voisinage. 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  formé  sur  le 
rad.  de  form{icum),  plus  une  2*  partie 
obscure.  Serait-ce  le  rad.  du  vfr.  enger 
(enecare),  ptg.  engar^  croître,  multiplier 
(d'où  est  sorti  engeance)^  plus  enfin  le 
suff.  ot  ?  Lo  formengot,  le  fourmillem. 
multiplié.  Si  le  mot  était  formé  sur  enger, 
on  aurait  forme ngeot,  mais  il  aurait  pu 
être  tiré  d'une  forme  pr.  av.  g  dur  (85). 
Le  sens  s'explique  par  la  comparais,  av. 
Poussinière,  constellât,  des  Pléiades 
(réunion  de  poussins),  à  cause  du  grand 
nombre  de  petites  étoiles. 
*  FORO  (forô)  V.  a.  —  Percer. 

De  forsL7-e.  Ch.  de  a  en  <5  (1). 

FORQUETTE(forkète)  s.  f.  —  Batelet 
en  u.sage  sur  la  Saône  et  aussi  sur  la 
Jjoire,  pour  la  pèche  à  l'épervier.  Le 
devant  est  large  et  plat  et  forme  une 
sorte  de  terrasse  où  se  meut  librement 
celui  qui  lance  l'épervier.  Le  dessous  est 
plat,  et  l'arrière  effilé. 

Il  est  prol)able  qu'à  l'origine  le  bateau 
était  pourvu  de  qq.  appareil  propre  à  la 
pèche,  d'où  le  bateau  a  pris  le  nom.  En 
m.  lat.  on  nommait  forchonus,  furciilus 
une  sorte  de  harpon  en  usage  sur  les 
bateaux  et  destine  sans  doute  à  la  poche 
(v.  Du  G.  à  furculns).  L'orig.  du  mot  In. 
serait  ainsi  furcay  av.  sufl*.  etta.  Sur  c 
fin.  =  k,  cp.  boquô,  de  bucca.  Dans  qq. 
endroits,  m'assure-t-on,  on  dit,  par  métath., 
frequetta,  et  dans  d'autres,  par  substitut, 
de  sufif.,  frecoul"  (furcalla). 

FORS  FORT  vin.  dans  les  textes  sui- 
vants de  la  Leide  de  l'archevêché  (vers 
1300)  :  «  Item  (est)  li  fors  de  Bornua  est 
al  oubincer  do  la  Saunari,  car  que  il 
soiant,  e  deit  vj  s.  de  fors  de  servis.  »  Je 
traduis  fors  par  marché  :  «  Item  le  marché 
de  Bourg-Neuf  est  vis  à  vis  de  laSaunerie, 
car  où  qu'ils  (les  marchands)  soient,  on 
doitBsousde  forts  [deniersjdo  redevance.  » 

«  Item  deyvont  li  forl  Franceis  qui  sont 
à  Lian  III  d.  fors,  et  per  la  broy  autrus 
iij  d.  fors.  »  Ici    fort   semble  avoir  pris 


par  extens.  le  sens  de  marchand  :  t  Item 
les  marchands  de  France  qui  sont  à  Lyon, 
trois  deniers  forts,  et  pour  l'abri,  trois 
autres  deniers  forts.  » 

Si  ces  conjectures  sont  fondées,  fors 
.  viendrait  de  for{um)^  av.  une  s  ou  un 
t  analogique.  Forum  se  retrouve  dans 
ForverOf  aujourd'hui  Fourvière. 

FORT  v.  fors. 

FORVERO  V.  Fou)*vières. 

'FORVEYI  (forvè-yî)  v.  a.  — Détourner. 
Cela  fumella  l'a  forveyiy  cette  femme 
l'a  détourné  de  ses  devoirs. 

De  formas)  et  t?tar^.  Are  =  yi  (15  1°), 
d'où  forvlyi  et  forveyi  par  dissimilat. 
(83).  C'est  le  fr.  fourvoyer. 

*FOSSAILLES  s.  f.  pi.  —  Première 
façon  donnée  à  la  vigne. 

De  fossa,  av.  suff.  coUect.  ailles, 

FOSSERÉE  V.  fessorée. 

FOU  AT  (foua)  s.  m.  Wal.  faw,  genev. 
feuy  bourg,  fau,  berr.  fou  —  A  Paniss. 
Hêtre. 

De  f&gum  =  faUmi  (133)  =  fau  =  fou 
(49),  plus  sufif.  dim.  at, 

FOU  CIL  (foussll)  à  Yzcr.  ;  à  Morn. 
FOCIL  (fossi  devant  les  cous,  et  fossil 
dev.  les  voy.)  s.  m.  —  Manche,  dans  celte 
express.  «  lo  foucil  d'ina  dailli  » ,  le 
manche  d'une  faux. 

De  *  falciculum,  de  falcem.  Le  foucil 
est  un  mot  uniquem.  applicable  à  la  faux. 
On  ne  dit  pas  «  lo  foucil  d'in  fessu  »  ou 
0  d'ina  puva  ».  Etant  donné  que  daill^ 
est  d'orig.  germ.,  il  est  évident  qu'anté- 
rieurem.  à  son  introduct.  le  paysan  usait 
d'un  mot  b.  lat.  pour  «  faux  ».  Ce  mot  ne 
pouvait  venir  que  de  falcem^  qui  a  per- 
sisté dans  tant  de  dial.  à  côté  de  dailli. 
Ainsi  en  pr.  on  a  faussoun^  faucille,  à 
côté  de  rfa/o,  faux.  Il  est  possible  que 
lorsque  l'outil  a  eu  pris,  dans  son  ensem- 
ble, le  nom  de  dailli,  falciculum  ait 
persisté  au  sens  de  manche.  Encore  à 
Morn.  on  applique  souvent  le  nom  de 
focil  à  l'ensemble  de  la  faux,  et  celui  de 
dailli  à  la  lame.  Iculum  serait  devenu  il 
comme  dans  chenil,  plril^  persil  etc.  Une 
forme  *falcile,  qui  rendrait  peut-être 
mieux  compte  du  sens  particulier  de 
«c  manche  »  que  falciculum,  donnerait 
égalem.  focil,  comme  focile  a  donné  fr. 
fusil  ;  canile,  chenil  ;  vigile,  pr.  vergil  : 
nasile,nasil.  Alssou  (75). 


Digitized  by 


Google 


172 


FOUÈ 


Dans  la  forme  de  Morn.  au  a  passé  à  o, 
comme  aurum  à  or. 

FOUÈ  VOLAJO  (fouè  volajo)  loc.  —A 
R.-de-Q.  Feu  grisou. 

La  puyantsou,  l^ga,  lo  foui  volajo^ 
Rien  deins  lo  poûé  n'cbrande  son  corajo. 

«  L'infection,  l'eau,  le  feu  grisou,  — 
Rien  dans  le  puits  n'ébranle  son  courage.  » 
{Per.) 

De  fouè,  feu,  et  volajOy  qui  vole.  Gp. 
rata  volajo^  chauve-souris. 

*FOUGI  (foujî)  FOGI  ou  niinochx  v.  a. 
Faire  un  labour  approfondi  en  levant  une 
jaugée  de  bôche  au  fond  du  sillon.  On  dit 
aussi  minô  à  la  rayi. 

De  fod(i)csire.  Gh.  de  de  en  J  (161  S")  ; 
de  are  en  t  (15  2»).  Dans  la  forme  fougi 
qui  est,  si  ma  mémoire  ne  me  trompe, 
celle  de  Grap.,  il  y  a  eu  inû.  de  la  phonét. 
de  Lyon  où  o  ouvert  =  ou, 

*FOUINO  (fouinô)  ;  à  Lyon  fouinasser 
V.  n.  —  Goch,  donne 2 sens;  l»»  S'ëclmpper 
leslem.  et  adroitem.  comme  la  fouine.  » 
Ge  sens  m'est  inconnu.  2°  «  Se  dit  de 
qqu'un  qui  vient  eu  furetant  »  G'est  notre 
sens,  en  y  ajoutant  l'idée  particulière 
d'espionnage,  Dph.  funa^  fureter. 

Du  fr.  fouine  (le  pat.  est  faina)^  av. 
suff.  ô  (14  3")  :  fureter  comme  la  fouine. 
Dans  la  forme  de  Lyon,  le  suff.  asser 
accuse  le  sens  péj, 

•FOUITO  (fouitô)  V.  a.  YoT.fouita,  lim. 
fou-ita  —  Jeter. 

Jo  fouelarez  Robrun  dcdin  lou  cré. 

«  Je  jetterai  Bobrun  dans  la  fosse.  » 
(Ghap.) 

G'est  le  fr.  de  fntuere,  av.  insert,  d'un 
a  dans  le  groupe  tr  aux  temps  faibles,  à 
cause  de  la  difficulté  de  la  prononciat.  de 
//•  à  In  prut.  ;  d'où,  par  ex  :  futur  foularai  ; 
puis  format  de  l'infini  t.  par  analog:  foutâ, 
et  fouitô  par  infl.  de  fouetter,  Cp.  fouetter 
le  mortier,  le  jeter  à  la  truelle  contre  une 
muraille. 

FOU  L ATA  V.  foletô. 

FOUMASSIA  V.  fumassia, 

FOUR  vin.  adv.  —  Dehors.  A  été  rem- 
placé aujourd'hui  par  defour. 

S'on  l*arel  my,  ilc\er  lo  »ey, 
Four  de  la  maison  en  clicmby. 

f  Si  l'on  t'avait  mfs  le  soir,  —  Hors  de 
la  maison  en  chemise.  »  {Chev.  de  VAsne). 

For(i>  donnerait  fors  (38).  i^'owr  sup- 
pose un  *forem  (34,  rem.  1),  sing.  de  fores. 


FOURACHAUX  (fourachô)  s.  m.  —  A 
Lyon  Un  écervele,  un  jeune  homme  qui 
fait  des  fredaines. 

G'est  four-à-chattx,  pris  au  fig.,  à  cause 
j  de  la  chaleur. 

FOURCHETTE  (fourchète)  s.  f.  Dph. 
forcent  —  A  Lyon.  Partie  immédiatem. 
au-dessus  du  creux  de  l'estomac.  Vfr. 
forcele  fourcelle,  estomac,  poitrine; 
forcheure,  os  de  l'estomac. 

Li  cicafuirit  lo  venti  c  et  bouili  il  la  fnrrelle, 

«  Lui  écrasa  le  ventre  et  brisa  Tos  de 
l'estomac.  »  {lianq.) 

De  furca  (parce  qu'à  cet  endroit  lo 
sternum  forme  une  fourche),  av.  sulT.  dim, 
efta.  Gh.  de  u  bref  en  o  (38).  Dans  qq. 
dialectes  la  fourchette  s*enlend  de  l'os  du 
sommet  de  la  poitrine,  qui  se  divise  aussi 
en  forme  de  fourche. 

FOU  RM  AILLES  v.  formailles. 

FOURNACHEs.f.  — Lieudit.  AS»«.Foy- 
lez-Lyon  la  Montée  de  la  Fournache. 

Au  m.  à.,  la  fur7iacha,  furnngia  était 
une  redevance  payée  au  seigneur  propriê 
taire  du  four  banal,  pour  le  droit  de  cuire 
le  pain.  Par  extens.  le  nom  de  Fournache 
a  été  appliqué  au  four  banal  lui-même. 
Furnacha  vient  de  '  furnsitica.  Le  ch.  de 
u  brefentr.  en  ou  est  d'oïl.  /t^iVam  donne 
habituellem.  âge.  Aussi  trouvc-t-on  fur- 
nagia  à  côté  de  furnacha, 

FOURVIÈRES  (fourvière)  ;  vin.  FOR- 
VERO.  —  Lieu  dit  à  Lyon,  célèbre  par  sa 
chapelle.  — 131)7-1408:  «Pourencimenter... 
la  Jjaiele...  qui  est  assise  sur  l'esglise  de 
Forvero  {Inv.  de  la  C).  »  1452:  «  Extrahere 
a  loco  Forverii...  >  (Arch.  m.) 

De  Forum  VKrii,  selon  l'étym.,  très 
acceptable,  de  M.  Philipon.  La  fin,  aiHus 
donne  ero  (pour  airo)  en  vin  ;  et  la  forme 
m.  lat  Forverii,  au  lieu  de  Forvierii, 
prouve  que  ière  a  été  récemm.  substitué 
à  ero  sous  l'infl.  d'oïl,  où  arius  =  ier» 
Us  fin.  de  Fourrières  a  été  ajoutée  sous 
la  fausse  idée  de  l'étym.  Forum  refus, 

FOUTAISE  (foutôze)  s.  f.  employé 
souvent  au  pi.  —  Bagatelles,  objets  sans 
valeur,  méprisables.  O  y  est  de  foutaise, 
c'est  de  la  bêtise.  Ne  ni'embiarne  pôs  de 
relies  foutaises,  ne  m'ennuie  pas  de  ces 
bagatelles. 

D'un  rad.  fut^  exprimant  l'idée  de  baga- 
telles, choses  vil  ?s  ;  holl.  fut,  adv.  pour 
exprimer  le  peu  de  cas  qu'où  fait  de  qq. 


Digitized  by 


Google 


FOYA 


173 


chose;  ail.  dialectal  futele,  trafiquer  en 
marchandises  ignobles  («p.  Grandg.).  Sur 
ce  rad.  y.  fufu.  On  a  eu  probablem.  fat 
+  suff.  aise,  répondant  à  fr.  oise,  Futaise 
à  passé  à  foutaise  sous  infl.  de  <  se  f... 
de  qq.  chose,  s'en  moquer.  Mais  ce  dernier 
peut,  malgré  l'opinion  de  Grandg.  et  de 
M.  de  Gham'jure,  avoir  une  orig.  obscène. 
Op.  la  loc.  popul.  Je  m'en  hais  l'œil,  et 
Je  m'en  bats  les  fesses^  cette  dernière 
employée  par  Marmontel  dans  la  Henriade 
travestie. 

FOYAISSI(fù-yèssi);  ap.  Goch.  FOYÊS- 
Sl  s.  f.  Vfr.  fouace  —  Sorte  de  galette 
cuite  au  four. 

De  focSLcia,  chose  cuite  sous  la  cendre. 
Ch.  de  c  proton,  en  y  (128  1»);  de  a  ton. 
en  ai  sous  l'intl.  de  c  qui  le  suit  ;  de  cia 
en  ssi  (130,  rem.  2). 

•  FOYÊSSI  V.  foyaissi. 

FRACHI  (frachi)  s.  f.  —  Petite  branche 
coupée. 

Non  de  fracta,  mais  de  frasca,  bran- 
chage, que  Diez  dérive  de  vircre:  virasca 
vrasca  frasca  ;  mais  je  ne  sais  si  le  ch. 
de  finit,  en /"est  bien  admissible,  quoique 
Die/,  en  voie  d'autres  ex.  dans  flasca  de 
vasculum,  et  dans  flain'*,  do  v{e)lamen  ; 
ces  ex.  sont  plus  que  douteux.  Donkin 
préfère  tirer  frasca  de  goth.  frasts,  enfant, 
mais  le  sens  est  forcé  et  il  semble  qu'on 
aurait  fraisa.  FjC  passage  de  frasca  à 
frachi  est  rég.  Gh.  de  se  en  ch  (186  !•)  ; 
fin.  t  (54  2»). 

•FRACHONS  (frachon)  s.  m.  pi.  —  Les 
vieux  échalas  destinés  au  feu.  It.  fra^cone, 
l)ranchnges  pour  le  feu. 

De  frachi,  av.  suff.  on.  La  dérivât,  de 
sens  de  branches  vertes  à  vieux  échalas 
brisés  paraît  forcée  au  premier  abord, 
mais  l'il.  frascone  ne  laisse  guère  de 
doute  sur  l'orig. 

'FRAICHAT  (frôchà)  s.  m.-  «On  dit 
d'un  tonneau  ou  d'une  cuve  dans  laquelle 
l'eau  a  séjourné  trop  longtemps  :  A  sent 
lo  fraichat,  »  (Goch.) 

Je  crois  que  ce  mot  doit  être  isolé  de 
frêchin.  Il  y  a  l'odeur  des  lieux  humides, 
c'est  le  fraichat  ,*  il  y  a  l'odeur  du  poisson, 
de  la  viande  gâtée,  c'est  le  frêchin.  En 
Poitou  fraichin  se  dit  des  deux  choses» 
mais  l'étym  peut  être  double,  selon  les 
sens. 


Du  vha.  frise,  par  l'intermédiaire  du 
vfr.  freschi,  av.  suff.  at  ;  ou  peut-être  du 
fr.  fraîcheur,  av.  ch.  de  genre  et  de  suff. 

FRAÏNO  (fraïno)  à  Morn.  ;  à  Grap. 
FRÉNO  (fréno)  ;  à  River.  FRAISSO 
(frésso)  s.  m.  —  Frêne. 

De  fra,cs{i)num  (=  fraxinum).  Gh.  de 
ac  en  ai  (10).  d'où  fraïno  passé  à  fréno 
(10)  ;  chute  de  s  (168).  Au  contraire  chute 
de  n  dans  la  forme  fraisso  (168,  rem.). 

FRAISSO  V.  fraUno, 

FRANC  (fran)  adv.  —  Tout  à  fait, 
entièrement.  In  vin  franc  bon,  un  vin 
vraiment  bon. 

Mils  Jetn.  que  cosniil  TivrogniMi, 
L'arrape  franc  par  la  Uignassi. 

<  Mais  Jean,  qui  reconnut  l'ivrognesse, 

—  La  saisit  net  par  les  cheveux.  »  {Mort 
de  la  Zobet) 

Du  fr.  franc,  loyal,  sincère,  pris  adver- 
bialem,  av.  extsns.  de  sens. 

FRANCADA  (frankada) s.  f.—  Frasque, 

fredaine,  débauche  spécialem,  A  l  ben  fait 

se  francade^  il  a  bien  fait  ses  fredaines. 

Accuzaiit  lo  garçons  que  se  dédziilanl  loui. 

Toujours  an  lieu  de  yoii,  o  k*In  Irovôve  dous 

El  m^ine  jusqu'à  sié  d'iiia  senla  francada. 

«  Accusant  les  garçons  qui  le  niaient 
tous.  -—  Toujours  il  s'en  trouvait  deux  au 
lieu  d'un,  —  Et  même  jusqu'à  six  d'une 
môme  débauche.  »  {Afore) 

Étym.  inconn.  —  Est-il  impossible  que 
le  mot  ait  élé  formé  sur  le  rad.  de  fracas, 
fracasser  (comme  saccade  sur  saquer), 
av.  nasalisât,  de  a  (184  7%  rem.)  ? 

*FRANÇON  (fransson)  nom  de  femme 

—  Françoise. 

Du  rad.  de  Françoise,  av.  Un  suff.  on 
qui  s'applique  qqfois  aux  noms  de  femme: 
cp.  Daudon  (de  Claudi7ie)ei  le  fr.  Manon, 
Xanon,  d'Anne, 

•FRANDA  (franda)  s.  f.  —  1.  Fronde. 

De  fanda.  Gh.  de  un  en  an  (47,  rem.)  ; 
insert,  de  r  (184   6«  c). 

2.  Corde  qui  sert  aux  voituriers  à  atta- 
cher le  chargem.  A  Lyon  frande.  Subst. 
v.  de  frandô  ft. 

FRAN  DO  (frandô)  v.  a.  -—  1.  Lancer 
av.  force.  Al  a  frandô  ina  piri,  il  a  jeté 
une  pierre.  A  m'a  frandô  sa  bola  par  le 
chambe,  il  m'a  jeté  sa  boule  dans  les 
jambes. 

Da  franda,  av.  suff.  d  (14  !•). 


Digitized  by 


Google 


174 


FRAN 


2.  Terme  de  charretier.  Biller  un  char- 
gement. Littér.  faire  tirer  les  cordes 
comme  celle  d'une  fronde. 

•FRANDOLA  (frandola)  s.  f.  Voiron 
frandola — Étendue  du  jet  d'une  fronde. 
«  Cela  terra  ne  vaut  pas  cinq  liôrds  la 
frandola,  pour  dire  que  sa  valeur  est 
minime.  »  (Goch.) 

De  frandola,  av.  suflf.  a  répondant  à 
ée  fr. 

FRANDOLO  (frandolô)  v.  a.  Voiron 
frandola  —  Jeter  av.  une  fronde. 

De  franda,  av.  suflf.  olô  au  lieu  de  6, 
peut-être  pour  le  diflTérencier  de  frandâ, 
dont  le  sens  n'est  pas  exactem.  le  même. 

FRANGIN  (franjin)  s.  m.  —  Compagnon, 
camarade.  S'emploie  surtout  au  plur. 
«  Nous  sons  allés  à  la  vogue  avec  tous 
les  frangins.  » 

Ce  terme,  exclusivem.  usité  à  Lyon  et 
dans  le  langage  canut,  est  probablem. 
emprunté  à  l'argot,  où  frangin,  frangine 
signifient  frère,  sœur.  C'est  une  format, 
fantaisiste  sur  frare  frar  «  frère  »  dans 
les  dial.  d'oc  et  aussi  dans  le  In. 

FRANGUIN    (franghln)  s.  m.   —    A 
Lentilly,  Beau,  bien  mis,  élégant. 
Lo  Umbour  du  villigc, 
Très  bon  prétiicateur, 
Rappelle  ivi  rorrijo 
Tui  lou  frangins  (pour  franguins) 
[voQUPurs. 
(La  Vogua). 
Corrupt.,  par  métalh.  de  syll.,  du  fr. 
fringant, 

FRAN I ES  vin.  —  Dans  l'élecl.  des 
maîtres  de  métiers  du  jl6  nov.  1418,  on 
lit  :  «  Jehan  Perret,  franiés  (c'est-à-d.  pour 
les  franiés).  » 

Je  crois  qu'il  s'agit  des  fabricants  de 
freins,  d'où,  franié  (pour  frin^nier 
franier),  av.  suflf.  ier,  applicable  aux 
noms  de  métier  (13). 

FRANT  (fran)  s.  m.  —  Front. 

Defrontem  (43,  rem.). 

FRECAUTAU  dans  les  textes  suivants  : 
La  diimingi  rot  lot:  ariaus  vus  bien 
fards  qu'apinchayauviant  le  filles  par  le 
menau  frecautau,  «  le  dimanche,  vous 
les  auriez  vus  bien  mis  qui  guettaient  les 
filles  pour  les  mener  faire  l'amour.  » 
Très  boglies  que  n'etiant  pas  diferentes 
et  qu'ayant  eoquis-vês  frecautau  avouai 


noutrons  cholands,  «  trois  filles  qui 
n'étaient  pas  laides,  et  qui  avaient  quel- 
quefois  parlé  d'amour  avec  nos  trois 
garçons.  »  {Dial.)  —  On  voit  que  Goch. 
traduit  tantôt  par  «  faire  l'amour  »,  tantôt 
par  €  parler  d'amour  ». 

Je  crois,  av.  M.  Vachez,  qu'il  faut  lire 
frecantô  (pour  fréquenta  ;  v.  ce  mot).  Il 
y  a  bien  quelques  objections.  Fréquenta 
ne  signifie  jamais  «  faire  l'amour  »  et  on 
ne  dit  pas  menô  fréquenta,  mais  alla 
fréquenta.  D'un  autre  côté  frecotô 
s'expliquerait  par  le  rapprochem.  av.  le 
romain  f  regare,  terme  obscène,  le  vfr. 
frigaler,  se  frotter,  et  l'express,  obscène, 
faire  la  fricarelle.  Mais  frecotô  est, 
actuellement  au  moins,  inusité,  et  l'usage 
si  général  du  mot  fréquenta  doit  faire 
pencher  pour  la  lecture  de  ce  dernier. 

FRÈCHAIN  (fréchiû)  s.  m.  —  Odeur 
de  la  viande  qui  n'est  pas  fraîche.  O  sint 
lo  frèchain.  Saint,  odeur  de  fraîchin, 
odeur  sui  generis,  telle  que  celle  des 
huîtres,  des  verres  mal  rincés  etc.  C'est 
par  erreur  étymologiq.  que  Béronie  dit 
«  frëstsun,  odeur  de  viande  fraîche  », 
car  il  ajoute  aussitôt  :  «  se  prend  aussi 
dans  un  sens  opposé  à  celui  de  viande 
fraîche  ;  ainsi  quand  une  odeur  de  graisse 
prend  au  nez  et  soulève  le  cœur.  » 

Le  vfr.  fresch,  frais,  n'a  rien  à  y  voir. 
En  vpr.  le  frechan  est  la  fressure,  les 
viscères  ;  du  i*ad.  qui  a  formé  fraise  (de 
veau),  pour  frèse  :  sinti  lo  frèchain,  c'est 
sentir  l'odeur  des  tripes.  Au  suflf.  pr.  an 
le  In.  a  substitué  le  suflf.  d'oïl  corres- 
pondant am. 

FREGIRI  (frejlri)  s.  f.  —  A  Paniss. 
Fougère. 

De  *filiceLria  =  fiV caria  (78).  Ch.  de 
t  bref  init.  en  e  (63);  de  /  en  r  et  de  c  en 
ch  (170  a»,  a,  rem.);  de  aria  en  iri  (13). 
On  a  ferchiri,  passé  à  fergiri  comme 
vfr.  feuchière  à  feugère  ;  et  enfin  fregiri 
par  mélath.  de  r  (187  !<>). 

FREM AILLES  v.  formailles. 

"FREMIOULA  (fremioula)  s.  f.  — 
Frisson,  tremblement  Dph.  fromiould, 
frissonner. 

De  frémi,  frémir,  av.  suflf.  fréq.  oulô, 
plus  souvent  olo.  Frémi  vient  lui-même 
de  fremire  pour  fremere. 

FRÉNO  v.  frdino. 


Digitized  by 


Google 


FRÉQ 


175 


FRÉQUENTO  (frékantô);  à  Lyon  fré- 
quenter V.  n.  —  Se  dit  des  visites  que 
l'on  fait  à  une  personne  que  l'on  doit 
épouser  prochainement.  A  Lyon  être 
en  fréquentation  ;  un  bouquet  de  fré- 
quentation. Fréquenta  s*entend  donc 
spécialem.  du  bon  motif.  Cependant,  par 
exlens.,  mais  plus  rarement,  fréquenta 
ina  bolli^  lui  faire  la  cour  ;  se  fréquenta 
est  aussi  qqfois  un  euphémisme  pour 
«  avoir  ensemble  des  relations  intimes  ». 
Dans  le  b.  dph.  le  mot  est  plus  péj.  et 
signifie  avoir  de  mauvaises  fréquentations. 
C'est  le  fr.  fréquenter ,  av.  ch.  de  er 
en  ô  (14  !•). 

FRÉSILLI  (fiézilhi);  à  Lyon  f résille  s. 
f.  coll.  —  L  Menus  branchages  de  bois 
mort  que  Ton  ramasse  par  terre  dans  les 
bois.  Vai  querre  ina  frésilli,  je  vais 
chercher  du  menu  bois.  2.  Copeaux  de 
menuisier. 

De  fresum^  partie,  de  frendere,  av. 
suff.  cojl.  et  dim.  ilhi  (cp.  brindilles, 
ramilles)» 

FRESILLI  A  (frezilha)  s.  f.  -  Fagot  de 
menu  bois  mort. 

Giffiiant  i  choque  p6, 
Sediiiel  in  portant  m  lorda  fresillta.,» 
«  Geignant  à  chaque  pas,  —  Se  disait 
en  portant  son  lourd  fagot...  »  (Mon.) 

De  fresilli  (v.  ce    mot),   av.   suff.  a, 
répondant  à  ée  fr. 
•FRETA  V.  frètô. 

FRETO  (fretô)  ;  ap.  Coch.  FRETA  s.  f. 
—  Volée  de  coups.  «  Ils  Vi  an  baillia  una 
bonna  fréta  f  on  Ta  rossé  d'importance.  » 
(Gochi) 
Subst.  particip.  de  fretô. 
FRETO  (fretô)  v.  a.  —  Battre,  rosser. 
Duvfr.  fretter.de  /'/•tc/are,  av.  substitut, 
du  suff.  d  (14  !•). 

*FRETOLLIA  (fretolia)  s.  f.  —  Volée  de 
coups. 

De  fretSi^  av.  suff.  fréq.  oUb..  la  pour  a 
est  fréquemm.  employé  dans  les  subst. 
particip.,  par  analog.  av.  les  subst.  où  ia 
est  appelé  par  un  yotte  ou  par  le  groupe 
ir»  Cp.  cruciata  =  cruesia^  croisée  ;  de 
fr.  vire=  viria,  tournée  (1,  rem.  8). 

FRÉZI  (frézi);  ap.  Coch.  FRÉZY  s.  m. 
—  Froid.  Fa  in  grand  frézi,  il  fait  un 
grand  froid.  Vin.  frise,  froid  ou  frimas; 
à  Lyon  friser  en  parlant  de  l'eau  qui  se 


congèle  à  la  surface.  Gév.  frézi^  trembler 
de  froid. 

Non  de  frigidum,  mais  d'un  rad.  germ  : 
—  Sax.  frysan,  ail.  frieren,  vx  ail. 
friusan,  vha.  froësan  friesen  triesen, 
dan.  fryser,  suéd.  frysa,  geler,  avoir 
froid,  trembler  de  froid  (cp.  fpifTtrtiyfpiTTuy^ 
trembler  de  froid;  ^/stxjj,  tremblement, 
peur).  Ce  rad.,  av.  un  suff.  de  la  2*  conjug. 
fr.,  a  certainem.  donné  un  v.  "  frési^ 
geler,  avoir  froid,  refroidir,  d'où  a  été  tiré 
le  subst.  V.  frézi  frize. 
FRÉZY  V.  frézi. 

•FRÈZIA{frèzia)adj.des2g  —Refroidi. 
La  sopa  è  frèzia,  la  soupe  est  refroidie 
(Coch.).  Je  crois  qu'aujourd'hui  la  tendance 
est  de  distinguer  le  masc.  du  fém  :  frèzi, 
frèzia. 

Partie,  d'un  v.  frézi,  aujourd'hui  inu- 
sité, et  remplacé  par  froidi,  sous  l'infl. 
du  fr.  refroidi  (v.  frézi). 

•FRICOLA  (frikôla)  s.  f.  —  Petit  bran- 
chage. 
Étym.  inconn. 

*FRINGO  (fringô)  v.  n.  For.  fringa  — 
Se  mettre  au-dessus  do  son  rang,  chercher 
à  briller. 
Qui  s'ai  fringme,  lou  miè  a  lou  mal  de  rrqut^a. 
«  Qui  sç  met  le  plus  richement  a  le  plus 
de  succès.  »  (Chap.) 

Du  rad.  qui  a  créé  le  fr.  />*/n^wtfr,  cara- 
coler, en  parlant  des  chevaux.  Sur  la 
dér.  de  s^n»,  cp.  faire  de  la  piaffe,  que 
le  populaire  emploie  au  sens  de  notre 
fringô.  Suff.  ô  (14  4«). 

FRIOURI  (friouri)  vin.  dans  l'express, 
cassi  friouri,  poêle  à  frire,  c  Item  1  quasi 
fiHouri.  »  (L.  R.) 

De  *  frigi[t)oria,  de  frigere.  Gh.  de  ^ 
en  y  (132)  ;  chute  de  t  (135)  ;  ch.  de 
oria  en  ouri,  aujourd'hui  uri  (37).  On  a 
friyiouri^  réduit  à  friouri, 

*  FRIQUETTA  (frikèta)  s.  f.  Br.  frequeta, 
rch.  friquète,  dph.  fricandela.—  Fille  aler- 
te, sùiv.Goch.,  mais  en  réalité  fille  coquette, 
pimpante.  Je  crois  que  tel  a  toujours  été 
le  sens,  témoin  ces  vers  de  la  Bern. 
...Quand  le  fan  Toulra  toupa  de  resta  de  bulkio, 
Qtt*ellenou»  font  niingi  aprek  leurbassouUon. 
Et  puis  celé  friquettt,  le  fan  le  délicate. 
«  ...  Quand  elles  font  votre  soupe  avec 
du  reste  de  bouillon,  —  Qu'ensuite  elles 
vous  fontmangerleurlavaille.— Et  puis  ces 
mijaurées  ne  font-elles  pas  les  délicates  l  • 


Digitized  by 


Google 


176 


FRIS 


Du  vfr.  frisque  fi'icque,  vif.  éveillé,  du 
gotli.  frlks,  vha.  frëh  frëch,  ardent, 
avide;  mha.  vrëch,  ags.  frec,  ail.  frech, 
hardi,  gaillard  ;  vx  angl.  frck^  vif,  animé 
iDicz). 

Littré  le  tire  du  vha.  frise,  b.  lat.  friscus, 
fi-ais.  Il  semble  que  le  sens  se  prête  mieux 
à  rétym.  de  Diez. 

FRISER  (frizé)  v.  n.  —  A  Lyon  se  dit 
d)  la  glace  qui  commence  à  se  former 
sur  l'eau.  «  A-t-il  bien  gelé?  —  Oh,  la 
glace  frise  seulem.  » 

Sur  rétym.  v.  frezi,  La  dérivât,  de 
sens  s'explique  par  l'infl.  de  fr.  friser  au 
sens  d'effleurer.  La  glace  frise,  c'est-à-d. 
lu  glace  effleure  l'eau,  elle  n'en  saisit  que 
la  surface.  Le  sens  a  passé  de  la  chose 
ef.leurante  à  la  chose  effleurée. 

FRISONS  (frizon)  s.  m.  pi.  Berr.  frisons, 
—  Copeaux  de  charpentier. 

Du  fr.  frison,  parce  que  les  copeaux 
bouclent. 

FRISSOIRE  vin.  M.  lat  frissoria,  adj. 
qui  signifie  servant  à  frire,  et  s'applique 
ordinairem.  aux  poêles  (casses).  «  ïroys 
casses  frissoires  de  peu  de  val  leur.  » 
{[ntent.de  VHopit,  de  Villefr.,  1514,  ap. 
Missol).  —  f  Duos  cassias  fussorias  » 
(pour  frissorias  dans  V Invent,  d'un 
serrurier,  1278,  ap.  Valons). 

De  *  frictiona,  de  frictum.  Ch.  de  et 
en  ss  il 61  8»).  Oria  donne  fr.  oire  ;  le 
mot  est  de  format,  fr  ;  le  In.  est  friouri. 

FRIZE  s-  (•  vin.  —  Frimas    ou    peut- 
être  Froid.  Je  ne  connais  ce  mot  que  par 
cù  couplet  d'un  vieux  noôl  que  me  chantait 
ma  mère  et  que  je  n'ai  jamais  vu  imprimé  : 
Noël,  no<^l  est  t«iiu, 
AvM  u  robe  do  frite, 
Hélat,  il  est  mtl  fétu, 
Cer  II  D*o  poiut  de  chemise  : 

J'avais  toujours  compris  qu'il  s'agissait 
d'une  robe  de  givre  ;  pourtant  «  robe  de 
froid,  de  froidure  »  ne  serait  pas  absolum. 
impossible,  à  cause  du  sens  du  pat.  frézi. 

Sur  l'étym.  v.  frézi. 

FROCHI  (frochi)  s.    f.  For.  flochi,  — 
Surplis.  Lorr.  ro{c),  grande  blouse. 
Allen  vers  U  ptrochi 
Sonna  noutron  cur«. 
Si  n*a  Télu  sa  frochi, 
8'cM  poutriel  micura. 

«  Allons  à  la  paroisse  —  Appeler  notre 
curé.  —  S'il  a  pris  son  surplis,  —  Il 
pourrait  s'en  fâcher.  »  {Vx  noël) 


Monsieur  lou  cura  viiil,  qu*alt  vili  sa  flochi. 

«  Monsieur  le  curé  vint,  qui  avait  revêtu 
son  surplis.  »  (Chap.) 

Du  rad.  qui  a  formé  le  fr.  froc.  Le  for. 
peut  être  tiré  du  pr.,  qui  a  la  forme  /foc. 

FROGI  (frogî)  ;  ap,  Coch.  FORGI  v.  n. 
—  Se  taire,  veiller  à  ne  faire  aucun  bruit. 
Te  ne  forgiré  donc  pas  ?  lu  remueras 
donc  toujours?»  (Coch.)  Nous  dirions 
aujourd'hui  Te  ne  frogirés  don  pôs  f 
Frogi  don,  fais  silence  ! 

Par  preiiidre  do  pensons  i  dzont  qu*o  faut  frogi, 

«  On  dit  qu'il  ne  faut  pas  faire  de  bruit 
pour  prendre  des  poissons.  »  (Gorl.) 

Étym.  inconn.  —  On  trouve  en  ss.  rom. 
se  fordhi  {fordgi),  se  glisser,  se  fourrer 
qq.  part.  Fordgi  représente  donc  le  fr. 
fourrer,  auquel  pourrait  correspondre 
aussi  le  In.  forgi,  au  sens  de  cotonner 
pour  empêcher  les  heurts,  le  bruit  'le  fr. 
fourrer  à  ce  sens).  La  forme  de  Coch. 
serait  la  primitive,  d'où  serait  venu  frogi. 
Le  goth  fodr,  gaine,  fourreau,  qui  a 
donné  Ht.  foderare,  fr.  fourrer  aurait  pu 
donner  un  '  fodriare  =  fordiare  par 
métath.  de  r.  Fordiare  donnerait  forgi 
comme  assediare  adonné  assigX,  «  Il  faut 
frogi  »  serait  donc  «  il  faut  maître  du 
colon,  assourdir  ».  Malheureusem.,  tout 
intermédiaire  manquant,  on  ne  peut  se 
livrer  qu'à  des  supposit. 

FROMENTA  (frominta)  s.  f.  —  Nom 
propre  des  vaches  de  couleur  blonde. 

De  In.  fromento,  av.  fin.  fém.  a. 

FROM  ENTO  (frominto)  s.  m.— Froment. 

De  frumentum.  Le  ch.  de  u  long  en  o 
est  dû  au  voisinage  de  m. 

FROMOGI  (fromogi)  v.  a.  —  Nettoyer 
une  étable.  Au  flg.  se  fromogi,  se  souiller 
de  bi*an. 

Mou  home  mode  «us  champ,  barrole  tôt  lo  jo . 

L4i|>ore,  find  lo  bol  o  fromojt  sa  cor, 

«  Mon  homme  s'en  va  aux  champs, 
ti-acasse  toute  la  journée,  —  Laboure, 
fend  le  bois  ou  enlève  le  fumier  de  sa 
cour.  »  {Mon.) 

Fromogi  est  pour  fomoragt,  formé  sur 
fomora,  av.  suflf.  fréq.  gl,  répondant  à 
lat.  care  (15  2«).  Fomoragl  s'est  réduit  à 
fomorgl  et  a  passé  à  fromogi  par  métath. 
de  r  (187).  Cette  élym.  est  appuyée  par 
lepoit.qui  a  fremoger  et  effumogeripour 
«  enlever  le  fumier  qui  se  trouve  sous  les 
animaux  ». 


Digitized  by 


Google 


FROM 


177 


FROMOJOU  (fromojou)  s.  m.  — Fumier. 
Klte,motra  IVtou,  te  m'einmàrdc  clrja. 
Bin  volant  tutegni  quou  fromojou  dVirobla. 
€  Et  toi  chétif  Péteux,  tu  m'emm...  déjà, 
— -  En  voulant  soutenir  ce  vil  fumier.  » 
{Mel.) 

Subst.  V.  tiré  de  fromogl.  Ou  atone 
n'est  pas  un  suff.  In.,  mais  for.  Le  mot 
est  d'ailleurs  de  R.-de-G.,  qui  est  géoj^ra- 
phiquem.  du  For.,  et  a  subi  parfois  l'infl. 
de  sa  phonétique, 

FROUGNI  (SE)  (frougnî)  v.  pr.  -  Se 
gratter.  Saint,  frougner,  frotter;  lorr. 
fougtier,  se  dit  des  porcs  qui  grattent  la 
terre;  wal.  de  Mons  fougner,  fouiller; 
pr.  frougnas,  réunion  de  boutons  sur  la 
peau. 

De  fncl[io)ni2ire  (?).  Chute  de  la  prot. 
méd.  (78)  ;  ch.  de  i  init.  en  è  (63;  ;  de  et 
en  ss  (161  3»);  de  lar^  en  l  (15  1»).  On 
a  fress'gni  frègni,  qui  aurait  passé  à 
froug?ii,  peut-être  par  renforcem.  de  la 
prot.  Sur  le  sens,  cp.  it.  popul.  fregna 
pour  /Ica.  Le  sens  étym.  est  celui  de 
frotter, 

FROUILLI  (froulhi);  à  Lyon  froiulle 
s.  f.  —  Action  de  frauder  au  jeu. 

Subst.  V.  tiré  de  frouillX  verbe. 

FROUILLI  (froulhî);à  Lyon  frouUler 
V.  a.  Ss.-rom.  froullhi,  sav.  frouiller  — 
Frauder  au  jeu. 

Attendu 

QueGnochalon  no  frouillek  l'égôrddu  boUJo. 

«  Attendu -  Que   Gnochalon  nous 

fraude  à  l'égard  de  l'arpentage.  »  (Proc.) 

De  * fraudicul&re.  Gh.  de  au  en  ou 
(75)  ;  chute  de  d  (139)  ;  chute  de  u  (78)  • 
ch.  de  iclare  en  tlhl  (184  2\  a,  rem.). 

FROUILLON  (froulhon)  s.  m.  Sav 
frouillon  -  Celui  qui  fraude  au  jeu. 

De  frouiin,  av.  suff.  on,  assez  bizarre 
ici  car  on  devrait  plutôt  avoir  frouillou 
(34  bis),  comme  on  a  fraudeur.  Cependant 
le  suff. on  prenant  un  caracl.  péj.  lorsqu'il 
est  précédé  de  ouih  il  s'applique  alors 
aux  personnes.  Gp.  barhouillon  pour 
barbouilleur,  sansouillon,  une  personne 
malpropre,  et  fr.  souillon,  fille  de  cuisine. 

FRUTTA  (frutta)  s.  f.  coll.  Piém.  frula 
it.  frutla,  J,éarn.  frute  -  Toute  espèce 
de  fruits. 

Parvu  qu'rn  .on  gr.ni  lo  blô  noviau  s'inibsso, 
Qu  ai  ciai5seprot  f^-utia  et  que  tôt  bien  se  posic. 


«  Pourvu  qu'en  son  grenier  le  blé 
nouveau  s'entasse,  —  Qu'il  ait  assez  de 
fruits,  et  que  tout  se  passe  bien.  »  (Mon.) 

De  '  fructa  =  fruita,  puis  frutta.  U 
long  entravé  se  comporte  comme  u  long 
lil)re  (48).  Sur  la  quantité  de  u  dans 
fructus  cp.  f  rugi  fer, 

FUÈ(fuè)  s.  m.  —Feu. 

De  focum  (42  5«). 

FUFU(fufu)s.m.— Terme  péj.—  ALyon 
Étoffe  sans  consistance,  très  légère.  Wal. 
foufe,  chiffon,  guenille  ;  fou/î,  s'amuser 
à  des  bagatelles  ;  Mons  faflute,  l)agatelle, 
basse  carte  ;  Morvan  fa/ions,  objets  de 
peu  de  valeur. 

De  l'interj.  j^hu,  qui  correspond  à  un 
mouvem.  méprisant  des  lèvres,  av.  rcpétit 
péj.Cp.norm.deBray,  futeux,  dédaigneux 
dans  le  boire  et  le  manger  ;  véiiit.  fufi- 
gnoto,  sot,  homme  futile;  holl.  fut,  adv. 
pour  exprimer  le  mépris,  le  peu  de  cas 
qu'on  fait  de  qq.  chose. 

•FUGI  (fugi)  s.  f.  —  Fougère. 

De  fil(i)cem.  Gh.  de  i  bref  en  e(21); 
voc.  de  l  et  ch.  de  c  en  J  (170  g®,  b)  ; 
fin.  i  (54  2").  On  a  feugi,  passé  à  fugi, 
le  In.  n'admettant  pas  le  son  eu. 

FUMA  (fuma)  vin.  —Femme. 
Que  nous  venave  dire:  «  Mon  Dieu,  ?ous  autres /"uwi*, 
Depaichi-Tous » 

«  Qui  nous  venait  dire  ;  «  Mon  Dieu, 
vous  autres  femmes,  —Dépéchez- vous...  » 
(Bern.) 

Do  fem(i)na.  Gh.  de  e  en  m  (cp.  62, 
rem.  6).  La  persist.  de  m  au  lieu  de  n 
(v.  feyia)  est  due  à  l'infl.  d'oïl. 

FDM ASSI  (fumassî)  v.  imp.  —  Pleuvoir 
très  fin. 

De  vfr.  fum,  fumée,  parce  qne  la  pluie 
très  légère  a  qq.  analogie  av.  la  fumée. 
Suff.  péj.  ass  +  i  (15  3»,  rem.  2). 

FUMASSIA  (fumas.sia)  à  Grap.  ;  à 
St-Symph.  FOUMASSIA  s.  f.  —  Petite 
pluie  très  fine.  «  O  ne  sera  qu'ina  fou- 
massia  que  ne  nots  empachira  pan  de 
nots  en  alau  »,  ce  ne  sera  qu'une  petite 
ondée  qui  ne  nous  empochera  pas  de 
nous  en  aller  {Dial.).  —  La  trad.  deCoch. 
par  ondée  n'est  pas  absolum.  exacte. 

De  fumassî,  av.  suff.  a  =  ata  (1,  note  8). 

FUMAT  (fuma)  s.  m.  —  Fumée. 

De  vfr.  furriy  de  fummn,  av.  suff.  at 
(cp.  borsat^  carat,  gassoliat). 

20 


Digitized  by 


Google 


17S 


FUME 


FDM  EL  A  (famèla)  s.  f.  —  Femme,  av. 
un  sens  péj. 

Tenant  desso  lo  bras  tous  chocun  sa  fuwella. 

«  Chacun  tenant  sous  le  bras  sa  galante.  » 
{Gorl.) 

Cependant  il  n'en  est  pas  de  même 
dans   tous  les  pat.,   par  ex.  dans  le  dph: 

Fumelle  sans  paret,que  ?èpre  et  jour  travaille. 

«  Femme  sans  pareille,  qui  nuit  et  jour 
travaille.  »  {La  S^-Antoine) 

De  femella.  Ch.  de  e  en  w  (62,  rem.  6). 

FUMELLAIRO  (fumèlôro)  s.  m.  — 
Coureur  de  femmes. 

De  fumella,  av.  sulî.  aiVo  (13,  rem.). 

FUMELLI  (fumèli)  adj.  m.  —  Qui  hante 
les  femmes. 

De  fttinella,  av.  un  suff.  i  (très  rare) 
qui,  j'imagine,  a  di\  être  is  {itius)j  et 
emprunté  au  pr.,  quoique  le  vfr.  ait  aussi 
ce  suflf. 

FUMÈRI  (fuméri)  s.  f.  Ypv.  ftiméra — 
Fumée.  «  Il  se  départit  de  devant  li  toz 
confus  et  s'en  entret  en  terra  en  semblanci 
de  una  grant  fumeri  neyri  »,  il  s'en  alla 
de  devant  elle  tout  confus  et  entra  en  terre 
en  forme  d'une  grande  fumée  noire.  (Marg.) 
Mais  qu'lii  coup  (l'œil  ôtTroux  !  la  poura  Guillotéri 
luvoyc.  diiis  lo  zars  cent  rayons  de  fuméri. 

V.  Mais  quel  coup  d'œil  alTreux  !  la  pauvre 
Guillotière  —  Envoie  dans  les  airs  cent 
gerbes  de  fumée.  »  [Brey.) 

Le  rad.  est  le  vfr.  fum,  fumée,  de  fumas, 
auquel  s'est  ajouté  un  suff.  éri  (aria), 
répondant  à  fr.  ièt'e  (13).  Ce  suff.,  qui  est 
ordinairem.  tri,  est  ici  mal  appliqué,  car 
il  désigne  habiluellem.  des  objets  moyens 
d'action.  Mais  il  a  été  probaldem.  amené 
par  analog.  av.  le  suff.  éri  dans  lamièri, 
où  l'idée  primit.  d'objet  a  complètem. 
disparu.  Lumiéri  est  à  lumen  ce  que 
fuméri  est  à  fumus, 

FUMIRI  (fumiri)  s.  f.  —  Fumier. 

De  *fima,7'ia.  Gh.  de  aria  en  iri  (13)  ; 
de  i  en  u  (62,  rem.  6). 

FUNASSI  (funassî)  v.  n.  —  Fureter  en 
cachette. 

C'est  le  fr.  fouinasser,  de  fouine  ; 
fureter  comme  la  fouine.  Ou  a  passé  à  u 


sous  infl.  de  la  lab.  f.  Ch  de  ^ren  î  (14 
3%  rem.  2). 

FURI  (fur!)  s.  m.  —  Février. 

De  februkrium.  Vocalisât,  de  b  (62. 
rem.  i;  ;  ch.  de  arium  en  î  (13).  D'où 
feuri,  passé  à  furi  (62,  rem.  4). 

FURIGNON  (furignon)  s.  m.  —  Larmier 
de  cave. 

De  /*uro,  furet,  av.  suff.  on  et  èpentb. 
d'une  syll.  pour  accentuer  le  caract.  dim.  ; 
cp.  escafignon.  Furignon,  Irou  par  où 
passe  le  furet. 

FURNILLIE  (furnilhi)  vin.  s.  f.  — 
Fournilles,  fascines  de  menus  branchages. 
1881  :  a  Ue(;u  de  Michel  le  pannetier  pour 
une  aml)aisse  de  furnillit  que  fut  taillée 
au  brotel  devant  lUianne  pour  meltre  en 
la  peyssiere  du  portail  viel.  i>  (Arch.  m.) 

De  *  furn\v{u)la;  o  fermé  =r  ou  est  d'oïl  ; 
ch.  dec/en  Ih  (164  2",  b)  ;  lin.  i  (54  8"). 

FUSTALLI  (prononcé  cerlainem.  av.  Il 
mouillée.s)  vin.—  Charpenterie.  1846-1378: 
«  Item  p.  la  fustalli,  clavin,  tiola  et  tout 
ovragio  xxv  fr.  »  Plus  loin  :  «  p.  la  fus- 
talli du  pont  de  la  porta.  »  (Arch.  m.) 

De  fustsilia.  Fin.  i  (54  3"). 

FUSTI  (fiistî)  ;  à  Crap.  FUSTIER  (fustié^; 
à  R.-de  G.  FUTl  (futsî)  ;  àMorn .  et  ap.  Goch. 
FUT!  (fut!)  s.  m.  —  Coch  le  traduit  par 
«  Celui  qui  construit  les  l)aleaux  •,  mais 
ce  sens  doit  être  particulier  aux  bords  du 
Hlîône.  Je  ne  connais  que  ia  significat.  de 
charpentier,  et  spécialem.  le  charpentier 
à  la  journée  qui  va  dans  les  granges, 
pour  les  réparations  de  crèches,  râteliers, 
planchers  etc. 

0  veUé  lo  garçon  de  Jean  lu  savalsi. 
Que  reniplaçj)ve  aUr  par  Jaque  lu  fulsi. 

«  C'était  le  fils  de  Jean  le  savetier,  — 
Qui  était  alors  remplaçant  (au  service 
militaire)  pour  Jacques  le  charpentier.  » 
{Gorl.) 

De  fusta,rius,  Ch.  de  arius  en  1  (13). 
La  forme  fustier  a  subi  l'intl.  d'oïl.  Chute 
de  s  dans  la  forme  fuU  (166  2'»). 

FUSTIER  V.  fusl'u 

•FUTA  V.  fluta. 

*FUTI  V.  fusti. 


Digitized  by 


Google 


GA 


179 


G 


G  A,  GAR.  Prêf.  péj.,  employé  peut-être 
par  analog.  av.  la  syll.  init.  de  certains 
ternies  péj.  tels  que  f/nlapian^  r/alarôrd, 
gadrue,  garipelet,  et  de  certains  verl)ps 
tels  que  gaspiller,  galvaudrr.  On  le 
retrouve  dans  garagôla,  souillon  ;  gafulli, 
fouiller  nialproprem.  ;  gnholli,  gassolli, 
remuer  de  l'eau  sale  ;  gagnivelô,  détruire 
l'aplomb  ;  garpisslj  fouler  aux  pieds  ; 
gmguillous,  chassieux;  A  la  garifolli^èn 
désordre,  à  l'abandon.  —  Le  caract.  péj. 
de  cette  syll.  init  ga  n'existe  pas  que  dans 
le  In.  Cp.  wal.  5raf//*ott',  mauvaise  soupe; 
gaudrouiy  patouiller  ;  rch.  gadrouiller, 
manier  malproprem.,/7arfow/^,  plat  déj^oû- 
tant  (à  moins  que  ces  derniers  ne  soient 
der.  de  gadoue)  ;  berr.  garfouler,  fouler, 
B-himcv  \  garsoillei\  salir,  gAter. 

G  ABC  (K^bô)  s.  m.  —  Mare  aux  canards, 
trou  bourbeux. 

Subst.  V.  do  gabolli  (?)  On  aurait  eu 
gabolh  gaho^  et  gabô  par  analog.  av.  les 
mots  terminés  en  eau,  d'ellum. 

•GABOLLI  (gabolhî)  v.  a.  Dph.  gaboul- 
Up  —  Remuer  l'eau,  av.  sens  péj.,  par  ex. 
une  eau  malpropre. 

Du  rad.  bol  (v.  bolot),  qui  signifie  mare, 
av.  préf.  ga,  qui  est  à  la  fois  péj.  et  onoma- 
topéique  (\\  gaffô),  plus  suff.  olhl,  propre 
aux  mots  exprimants  le  rejaillissem.  de 
l'eau,  et  qui  s'est  ici  confondu  av.  le  thème. 

GABOLLIAT(gab()lhà)s.  m.  — APauiss. 
Fla'iue  d'eau,  genéralem.  malpropre. 

De  gabolli,  av.  suff.  at, 

*GACI  V.  gassi. 

GADOLLI  (gadolhî)  v.  a.  —  Remuer  de 
l'eau  malpropre.  Wal.  gaudrouiy  patouil- 
ler; rch.  gadouiller jmiiwiQV  malproprem. 

Les  syll.  ga  eiolhi  sont  toutes  deux  péj. 
et  la  2*  s'applique  surtout  à  l'imitât,  du 
bruit  de  l'eau  agitée.  Le  mot  peut  être  un 
simple  assemblage  de  ces  syll.,  comme  il 
peut  être  un  dér.  de  gadoue. 


GADRUE  (gadru)  s.  f.  Dph.  gadri -^ 
Prostituée  du  trottoir.  Terme  bas.  Norm. 
Marie  gadrou,  femme  malpropre. 

Je  croyais  ce  mot  emprunté  à  l'argot, 
mais  je  ne  l'ai  rencontré  ni  dans  les 
Éfndes  sitr  l'argot  de  F.  Michel,  ni  dans 
le  Diclionn.  d* argot  de  L.  Larchey,  ni 
dans  celui  de  L.  Rigaud.Mais  il  faut  sans 
doute  en  rapprocher  l'argot  vadrouille^ 
même  sens.  Le  mot  est  d'ailleurs  ancien, 
car  on  le  trouve  dans  Gharbot. 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  du  rad.  de 
gadoue.  En  argot  gadoue,  fille  publique 
de  l)as  étage.  Gp.  wal.  gadroie,  mauvaise 
soupe;  roh.gadoule,  plat  dégoûtant;  waL 
gaudrouïf  patouiller  ;  rch.  gadrouiller 
gadouiller,  manier  malproprem.  ;  argot 
vadrouiller^  s'amuser  crapuleuscm. 

GAFFE  s.  f.  —  A  Lyon  Acte  do  sottise, 
de  maladresse. 

Subst.  V.  tiré  de  gaffô  i.  Cp.  patauger^ 
au  fig.  Faire  une  gaffe,  c'est  patauger. 

'GAFFO  (gafô);  à  Lyon  gaffer  v.  n. 
Pr.  gafa  —  1.  Patauger  dans  un  liquide 
en  le  faisant  rejaillir. 

De  l'onomat.  gaf^  av.  suff.  6  (14  2o). 

2.  Pr.  gafa  —  Passer  l'eau  à  gué. 

De  rarfMm(?).  Ch.  de  t?  init.  en  ^(100, 
rem.  1).  M.  Mistral  donne  le  vpr.  gaffa 
gava,  mais  sans  indicat.  de  source.  L'/" 
qui  relie  le  suff.  dans  le  pr.  et  le  In. 
est-elle  due  à  l'infl.  de  <7a/fa,  gaffe,  soit 
parce  que  l'on  sonde  le  gué  av.  une  gaffe, 
soit  parce  qu'en  passant  un  gué,  on  patauge 
dans  l'eau,  on  gaffe  ? 

GAFFOLLI  (gafolhî);  k Ly on gaffouiller 
V.  n.  Pr.  gafouia,  dph.  gafoulha  —  Même 
sens  que  gabolli. 

De  gaffô,  av.  suff.  fréq.  olhi,  applicable 
surtout  aux  mots  exprim.  le  rejaillissem. 
de  l'eau. 

GAFFRE  (gàfre)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Un  prodigue,  un  mange-tout. 


Digitized  by 


Google 


180 


GAGA 


D*un  rad.  galpe,  gaîfe  (v.  galavôrd), 
transposé  en  gafle^  d'où  gaffre  par  ch.  de 
/  en  r,  comme  dans  goiifre  poMY  goufle. 

*GAGA  (gagà)  s.  m.  —  «  Nom  que  les 
habitants  de  la  plaine  donnent  à  ceux  du 
Vivarais  et  des  environs  de  S*-Êtienne 
lorsqu'ils  viennent  vendanger.  »  (Goch.)  — 
Aujourd'hui  c'est  simplement  le  nom  donné 
aux  habitants  de  S'-Étienne,  comme  à  ceux 
de  Villefranche  le  nom  de  Caladois. 
Saria-lu  si  gaga  que  «le  faire  iquai  col. 
De  le  laissie  brida  couma  un  pûruu  bardot  ? 
a  Serais-tu  si  Gaga  (si  sot)  que  défaire 
cette  sottise,  —  De  te  laisser  l)rider  comme 
une  pauvre  bêle  de  somme  ?  »  (Ghap). 

La  pièce  satirique,  en  patoisde  H.-de-G., 
Lichessec,  k  la  forme  Gagô  : 

....    Que  lo  Gngô,  par  se  debarras>i, 
Voliant  eiivnyl  à  Paris. 
«  Que  les  gens   de  S*-Étienne,  pour  se 
débarrasser,  —  Veulent  envoyer  à  Paris 
(comme  député).  » 

Je  présume  que  le  mot  est  une  onomat. 
destinée  à  exprimer  l'imperfect.  du  lan- 
gage, le  balbutiem.  On  l'emploie  quand 
on  veut  imit'»r  le  parler  des  crétins,  Cp. 
gaël.  gngach,  balbutiem.  ;  s\i\sf^e  gagge7i, 
balbutier;  ss.-rom.  goga,  crier  comme 
une  poule  effrayée;  norm.  parler  gaga, 
parler  comme  les  enfants. 
*GAGNAJO  V.  gng7iajo. 
GAGNIPA  (gagnipa)  s.  f.  For.  gagni- 
pella  —  Vaurien,  mauvais  sujet.  Dph. 
ganipa,  fr.  guenipe,  prostituée. 

Du  parmé  coup  de  zio  je  veyo  ma  gagnipa 
Ela  bAs  de  Tëctialé,  que  fumôve  sa  pipa. 
«  Du  premier   coup  d'œil  je  vois  mon 
vaurien,  —  Qui  fumait  sa  pipe  au  bas  de 
l'escalier.  ^  (Gorl.) 

Que  diria-Tous  dMquela  ganipella  ? 
Y  béyrit  bien  quairou  boules  de  vin. 
«  Que  diriez-vous  de  celle  guenipe?  — 
Elle  boirait  bien  huit  tonneaux  de  vin.  • 
(Chap.) 

D'après  Diez,  du  moy.  néerl.  knipje, 
piège.  Il  rapproche  knipy  maison  dî  pros- 
titution, ail.  kneipe,  cabaret.  Ces  deux 
derniers  concordent  mieux  av.  le  sens  que 
1  î  premier.  Sur  l'inscrt.  d'une  voy.  d'appui 
dans  lo  groupe  kn  et  le  ch.  de  k  en  g 
dur,  cp.  canif,  ganivet,  de  angl.  knife. 
GAGNIVELO  (gagnivelô)  v.  n.  -  A 
River.  Balancer, remuer,  branler,  manquer 
d'aplomb. 


Mot  formé  de  nivela  «  qui  est  de  niveau, 
nivelé  »,  et  du  préf.  péj.  ga  (v.  ga).  Gni 
pour  ni,  v.  Consonnes  patoises, 

GAI,  E,  adj.  —  Se  dit  de  tout  objet  trop 
lâche  et  qui  vacille  dans  son  alvéole  : 
«  un  pêne  trop  gai  ;  une  clef  trop  gaie  : 
un  piston  un  peu  gai;  »  par  extens.  «  un 
chapeau  trop  gai  »,  un  chapeau  trop  large. 

C'est  une  assez  singulière  dérival,  de 
sens  du  fr.  gai  sous  l'idée  de  «  remuant  », 
mais  qui  a  son  analogue  dans  la  locut. 
«  cette  clef,  ce  piston  jouent  bien  ». 

*GAILLOT(galhô)  s.  m.  Lim.  ga-oidlio 
gaoïtllias  —  Flaqiie  d'eau ,  générabMu. 
malpropre.  —  «  Le  nom  de  la  rue  Puils- 
Gaillot,  donné  à  une  rue  de  Lyon,  vient 
de  là  (?).  »  (Coch.)  —  1390  :  «  Ne  sert 
icelle  ruelle  que  à  recepvoir  les  immon- 
dices des  circonvoisins  qui  les  devroient 
porter  selon  les  ordonnances  en  un  grand 
foussé  appelé  le  grand  Gaillof.  »  (Arcli. 
m.)  —  Proverbe  :  «  L'ôno  va  tojors  pissî 
(m  gatllot  »,  l'eau  va  toujours  à  la  rivière, 
ou  l'argent  va  toujours  aux  riches. 

Ce  mot  parait  être  de  la  famille  de 
gouillat  et  avoir  pour  base  une  onomat. 
gaiU  imitant  le  rejaillissem.  de  l'eau,  av. 
un  suff.  ot.  On  trouve  bien  en  celt.  un 
rad.  kail,  corn,  caillar,  boue,  ordure, 
fange ;bret.  kalarfkalhar),  crolie;  kalara, 
crotler  ;  kym.  cagl,  fange,  fiente,  mais  le 
sens  primit.  a  certaincm.  été  l'idée  d'eau 
et  non  d'ordure. 

GAILLY  vin.  dans  les  vers  suivants  de 
la  Jiern: 

Vaii^in,  quand  vuu  xavi  piailly, 

Vou  ne  faite  ren  quegaiUy  (4*re  port,  t.  C3-Ci). 

Gailly  est  le  vfr.  galer,  faire  bombance, 
dans  lequel  l  s'est  mouillée  et  a  ainsi 
changé  er  ei\  y  (15  4*»).  —  Les  vers 
semblent  avoir  subi  une  transposit.  de 
rimes  : 

Vaikin,  quand  vou  zavi  gailly^ 
Vou  ne  faîle  ren  qne  piailly. 

«  Voisin,  quand  vous  avez  godaillé,  — 
Vous  ne  faites  que  crier.  » 

•GALA-BON-TEMPS  (^alabontan)  s. 
m.  —  r  Bon  vivant,  qui  pas^^e  sa  vie  sans  . 
s'inquiéter  de  l'avenir-.  »  (Coch.)  —  Depuis 
Coch.  ce  mol  est  devenu  inusité. 

Do  gala,  se  réjouir,  bon  et  temps,  Cp. 
l'express.  Boger-hon-U'mps. 


Digitized  by 


Google 


GALA 


181 


GALAFATO  (galafatô)  v.  a.  —  Garnir 
d*étoupe  bs  joints  d'un  récipient  de  bois  : 
cuve,  tonneau  etc. 

Du  gr.  vulgaire  xoàxfareîv,  it.  calafa- 
tare^  esp.  calafatear^  pr.  calafata.  Le 
mot  nous  est  certainem.  venu  du  pr., 
comme  tous  les  mots  empruntés  au  voca- 
Iiiilaire  do  la  marine.  Gh.  de  c  init.  en  g 
(85). 

*GALAFRETTI  (galafrètî)  GALEFRETI 
s.  m.  —  Coch.  n'a  rien  écrit  sous  ce  mot, 
qui  signifie  Gueux,  vagabond,  chenapan, 
truand.  Norm.  galf relier^  berr.  galefer- 
tie)\  vfr.  galefretier  galefrottie)\  même 
sens. 

Que  !ay  don  cdus  ouvri  ? 

Ayet  la  Minimo  ! 
Pesta  !  qu'eu  gaille  frelil 

«  Qu'est-ce  que  c'est  que  ces  gueux  ?  — 
Ge  sont  les  Minimes  !  —  Peste  î  quels 
truands.  *  {Noël  1723) 

Du  rad.  galp  galaf  galafr  {y .  gaîavôrd 
et  gaffre),  qui  a  dans  tous  les  dialectes 
romans  le  sens  de  glouton,  vorace.  A  ce 
rad.  s'est  ajouté  le  sufiF.  i  {ier)  (13),  relié 
par  <,  prol)al)lem.  à  une  forme  galafre 
(cp.  esp.  galaffo)  :  galafre- t-ier.  Mais  le 
mot  a  été  confondu  av.  un  composé  de 
gale  et  frotter.  De  là  vfr.  galefrottier, 
où  l'on  a  vu  l'idée  de  «  gueux  qui  gratte 
ses  gales  ». 

GALAN  (galan);  en  Fr.-Ln.  GALON  s. 
m.  Dpli.  garen,  Voiron  garant.  —  Ficelle 
bien  tordue  que  l'on  serre  fortement 
contre  une  toupie  et  qu'on  déroule  en 
lançant  cjlle-ci. 

Probablem.  de  galons  par  le  passage 
de  on  kan  (43,  rem).  Le  dph.  a  ensuite 
changé  l  en  r  (147  2"). 

GALANDAJO  (galandajo)  s.  m. —Cloi- 
son en  briques  sur  chant.  Vfr.  gallendeis, 
travail  de  charpente  pour  les  hourds.  Lim. 
gorlando,  la  partie  du  toit  qui  dépasse 
le  mur. 

Te  varrai  en  ecliaU  toIo  porte  et  auvent, 
Galand'ijo  enfonça,  le  crevajo  de  vitres  . . 

«  Tu  verrais  voler  en  éclats  la  porte  et 
les  volets.  —  Les  cloisons  enfoncées,  les 
vitres  brisées.  »  [Hym.) 

Malgré  le  peu  de  ressemblance  eniro 
une  guirlande  et  une  cloison  en  briques, 
le  rapprochera,  que  fait  Littrc  est  exact. 
11  est  vrai  qu'il  ne  s'agit  pas  d'une  guir- 


lande de  roses.  En  vfr.  garlander  gallen- 
der  une  tour,  c'était  la  couronner  de 
hourds  en  bois  ;  ce  fut  ensuite  la  couronner 
de  mâchicoulis,  av.  un  parapet  en  dalles 
.sur  chant  (et  non  la  garnir  d'une  cloison 
de  briques,  comme  le  pense  M.  Godef.  ;  les 
textes  cités  ne  laissent  pas  de  doute).  On 
est  ainsi  ramené  au  primit.  vha.  wiara, 
couronne,  parce  que  les  hourds  formaient 
une  couronne  à  la  tour;  et  au  mha.iotere- 
len,  border.  L'enveloppe  des  hourds, 
leur  façade,  était  en  planches  fortes  (on 
en  voit  encore  à  Gonstance).  Les  cloisons 
intérieures  des  habitat,  étant  primitivem. 
en  bois  (l'emploi  de  la  brique  sur  chant 
est  moderne),  le  sens  de  gallendeis  s'est 
étendu  des  hourds  aux  cloisons,  et  a  été 
ensuite  conservé  pour  les  cloisons  en 
briques,  en  substituant  au  suff.  m,  le 
suflf.  ajo,  d'aticum. 

GALAPIAN  (galapian)GALAPIAT(ga- 
lapia)  s.  m.  —  Terme  péj.  Vaurien,  vaga- 
bond. Dph.  gnlapia,  for.,  pr.  galapian  ; 
niç.  galoupian,  gasc.  goulapian  goula- 
pias,  béarn.  galapia^  goinfre,  glouton  et 
souvent  par  extens.  vaurien.  G'est  le  sens 
de  galapian  dans  Ghapelon  : 

Vous  n*e8soublari  pas  de  bien  faire  élrillier 

Quatrou  cents  galipians^  qui  arrètunl  li>u  gibier. 

«  Vous  n'oublierez  pas  de  bien  faire 
étriller  —  Quatre  cents  vauriens  qui 
arrêtent  le  gibier.  »  (Ghap.) 

Galapian  est  pour  galapiant,  partie, 
prés,  du  gasc.  galapia,  boire  en  avalant, 
manger  sans  mâcher  (Génac-Moncaut); 
d'un  rad.  galp  (v.  gaîavôrd).  Rapproch. 
béarn.  galabia,  gosier  du  bœuf(Lespy); 
galfa,  avaler  gloutonnement.  Dans  la  forme 
galapiat,  substit.  du  suff.  at  au  suff.  ant. 

GALÀPIAT  V.  galapian. 

•GALAVORD  (galavôr) ;  à  Lyon  gala- 
vard  s.  m.  —  Express,  péj.  Vaurien, 
fainéant,  vagabond.  S'emploie  surtout  av. 
l'adj.  grand  :  in  grand  gaîavôrd.  Dph. 
galavard,  Igd.  galabard,  pr.  galavar 
garavar  galhoufard  goidavard  gouli- 
fard,  alp.  gouliart,  wal.  galafr  goulu, 
vorace  ;  ss.-rom.  galavar,  fainéant,  dis.solu; 
galavarde,  petite  fille  qui  aime  les  petits 
garçons  ;  gév.  galabard,  vaurien,  vaga- 
bond ;  esp.  galavardo^  escogriffe,  homme 
de  grande  taille,  mal  bâti  ;  rgt.  galaferno 
galoferno,  goinfre;  alp.  galaverno^  gosier  : 
béarn.  galipaut^  glouton. 


Digitized  by 


Google 


182 


GALE 


Il  a  pet  être  cru,  queu  grand  galauard, 
Troua  a  la  communa  quoque  morceu  de  lard. 
«  Il  a  peut-être  cru,  ce  grand  vorace,  — 
.  Trouver  dans  les  fonctions  publiques 
quelque  bénéfice.  »  {Dialogou^  pat.  dph.) 
Malgré  la  ressemblance  dos  formes,  je 
ne  crois  pas  qu*on  doive  le  rapprocher  de 
esp.  galaffo,  mendiant,  fripon,  auq.  Diez 
donne  une  orig.  historique.  D'après  lui 
gallofo  aurait  été  formé  sur  gallofa^ 
morceau  de  pain,  de  Galli  offa,  aumônes 
données  par  les  monastères  aux  pèlerins 
français  qui  allaient  à  S*-Jacqaes-de-Com- 
postelle.  Gat.  galyofol  =  galli-offula.  Je 
doute  fort  de  Tétym.  Il  y  a  un  rad.  galp, 
devenu  galap  galav  gal^f,  qui  a  produit 
dans  les  langues  rom.  une  foule  de  mots 
où  se  retrouve  la  signifie,  de  glouton,  et 
qui  ne  sont  certainem.  pas  empruntés  à 
l'esp  ;  tels  sont,  dans  les  dial.  d'oc,  gala- 
pian  et  ses  formes  presque  innomhrai)les, 
fr.  galafre^  gouliafre;  rch.  galouffe^  rgt. 
gahipo  goulepo  gulapo,  piém.  galiip 
galupo  galupass^  \n.gafre,  glouton  ,  gal- 
fdtre^  même  sons  en  argot  parisien  ;  gasc. 
galapia,  manger  av.  avidité;  béarn . 
^a/a/)ia,  glouton  ;  //«/afeta,  gosier  du  bœuf; 
galfa,  avaler  gloulonnem.,  et  enfin  les 
nombreuses  formes  de  gaîavarcL  Je  crois 
que  ce  rad.  est  celui  de  zoXttoç  devenu 
en  b.  grec  xoX-jjo;,  goufi*re,  lequel  a  dri 
donner  un  b.  lat.  * goipe  golfe  =gurges. 
Ce  rad.  golpe  a  donne  les  nombreuses 
forme  où  figure  o  init  :  goal i fard,  goii- 
lavard,  goulapian,  goulapias,  h. goulia- 
fre, rgt.  gtdoferno,  de  môme  qu'il  a 
formé  fr.  golfe^  gouffre^  goinfvp.  Go  init, 
a  passé  à  ga  dans  une  grande  quantité  de 
dial.  sous  une  infl.  analogue  à  celle  qui 
a  fait  passer  gurg  (de  gurges)  à  garg, 
dans  gargole^  gargalte,  gargami'lle.  On 
attribue  à  celte  infl.  pour  gurges  à  garga- 
rizare.  Je  l'attribue  pour  golp  an  vha. 
[ga]hloufo^  qui  a  donné  fr.  galopper. 
L'idée  de  manger  av.  avidité  est  analogue 
à  celle  de  faire  passer  la  nourriture  au 
galop.  On  dit  à  Lyon  «  galopper  .son 
diner  »;  de  là  le  gasc.  galapia,  avaler 
sans  niAcher.  Ceci  explique  pourquoi  dans 
l)eaucoup  de  dial.  le  sens  s'est  confondu 
av.  celui  de  marcher,  errer,  gueuser.  .\insi 
it.  galuppo,  goujat,  gueux,  en  même  temps 
que  piém.  galup,  gourmand  ;  ainsi  esp. 
galavar,   homme    grand   et   mal  bâti,  à 


côté  de  la  significat.  de  glouton  dans  la 
plupart  des  dial,  ;  ainsi  galapian  av.  le 
si^ns  de  goinfre,  à  côté  de  galapian^  av 
le  sens  de  gueux  errant;  grand  galapian, 
grand  escogriffe.  De  galap  a  encore  été 
tiré  alp.  galaverno,  gosier  ;  rgt.  galaferno, 
goinfre.  Dans  ce  rad.  galp  a  été  introduite 
la  voy.  d'appui  a  ;  d'où  galap,  et  av,  le 
suff.  germ.  péj.  ard,  galapard,  puis 
galavard,  par  ch.  dep  en  v  (140)  et  enfin 
galavnrd,  par  ch.  de  a  ton.  en  6  (1). 
Grandg.  tire  galat  (identique  à  galavard) 
du  celt.  gaol.  galahhas,  glouton.  Je  ne 
connais  pas  ce  mot,  qui  semble  au 
ccmtraire  emprunté  au  roman. 

GALEFRETI  v,  galafretti. 

GALÈRE  (galère)  s.  f.  —  A  Lyon  Instru- 
ment qui  sert  à  frotter  les  parquets,  et 
qui  est  composé  d'une  brosse  à  cirer 
chargée  d'une  grosse  pierre  cubique,  et 
munie  d'un  long  manche  incliné.  On  peut 
ainsi  frotter  les  parquets  en  ne  travaillant 
que  des  ])ras. 

De  galère,  parce  que  l'on  compare  ce 
travail  à  celui  du  galérien.  Gp.  galère, 
chariot  que  traînent  les  ouvriers  :  «  traîner 
la  galère  ». 

*GALIFARDA  (galifarda)  adj.  dans  la 
loc.  iron.  Fira  galifarda  (littér.  fièvre 
goulue),  redoulilem.  d'appétit,  appétit 
excessif.  D'après  Goch.  le  Igd.  a  l'expre.ss. 
fièvre  gaiou farde  au  même  sens. 

Forme  de  galavard  (v.  ce  mot). 

GALIOT  (galiô)s.  m.  —  Galérien.  Mot 
tombé  en  désuétude,  mais  encore  usité  à 
Lyon  il  y  a  cinquante  ans. 

G'est  le  vfr.  galiot  galeot,  C9lui  qui 
montait  une  galèea  galère  ».  Le  suff.  dim. 
ot  est  mal  appliqué,  car  il  donnerait  au 
mot  lî  sens  de  petite  galée  (cfi.  galiot  te), 
La  dérivât,  rég.  eût  été  galier, 

GALIRI  (gallri)  s.  f.  —  A  Grap.  Gelée. 
Piém.  galavenia,  gelée  blanche. 

De  'gelsiria,  de  gelare.  Il  est  fort  sur- 
prenant que  g  lat.  soit  reslé  dur  devant  e, 
même  passé  à  a,  Suff.  ar/«  =trt  (13). 

GALLEYA  (cortainem.  prononce  galèya) 
vin.  s.  f.  —  Galère  :  1419  a  Ils  ont  vendu 
la  galleya  que  fil  faire  maistre  David 
pour  la  ville,  à  Messire  Jehan  Perier, 
prestre  en  l'église  de  Lion,  pour  le  pris  de 
trente  livres  tournois.  j>{Reg.  con*.).  Celle 
galère  avait  probablem.  servi  dans  qq. 
fête  publique. 


Digitized  by 


Google 


GALO 


183 


Répond  au  vfr.  galêe  galie,  galère,  que 
Diez  dérive  de  yaXvj,  galerie.  La  fin,  a  a 
été  reliée  par  y  pour  rompre  Thiatus. 

GALO  (SE)  (galô)  v.  pron.  vin.  GALA 
V.  n.  For.  gala^  vfr.  galer  —  Se  réjouir, 
faire  boml)anco,  s'amuser,  a  Vo  vède  ben, 
quou  fallié  faire  in  fricot  par  nos  galo  in 
pitu  brison  »,  vous  voyez  bien  qu'il  fallait 
faire  un  festin  pour  nous  réjouir  un  pt^n 
{Par,  Cond.).  Galles^  débauche,  dans 
Villon. 

Car  Cbilende  t'approchon, 
Et  nous  faut  bien  gala. 

«  Car  Noël  s'approche,  —  Et  il  nous 
faut  bien  rejouir.  »  (T'a:  Noël) 

Le  rad.  se  retrouve  en  germ.  et  en  celt. 
—  Vha.  geil,  vaniteux  ;  ags.  gdl^  vif.  — 
Kym.  gall,  force  ;  vx  gaël.  galach,  force, 
hardiesse.  Suff.  d  (14  8«). 

GALON  V.  galan, 

GALOU  (galou)  s.  m.  For.  galoupa^ 
pièm.  galupp  —  A  Paniss.  Vaurien, 
mauvais  sujet. 

Non  de  galeux^  malgré  la  ressemblance 
de  forme,  mais  probablem.  con tract,  de 
for.  galoupa,  qu'on  a  voulu  faire  passer 
au  masc.  Galoupa  vient  du  rad.  galp  (v. 
galavôrd), 

*GAMACHES  s.  f.  pi.  Pr.  gararnacho 
garramacho  gratnacJio  galaniacho  gartia- 
chOy  gasc.  garremacho,  ail.  kamasche, 
wal.  gamase  —  Grandes  guêtres,  av.  sens 
le  plus  souvent  péj. 

Du  vfr.  gamacheSf  même  sens.  Diez  le 
tire  du  vad.  de  gamba  (cam),  qu'on  retrouve 
dans  carnurus,  caméra,  et  s'appuie  sur 
des  formes  sans  b  :  vx  esp.  cama,  vfr. 
jame,  jambe.  La  conclus,  serait  qu'à  ce 
rad.  cam  s'est  ajouté  le  sufT.  ache  (cp. 
garnache,  ganache^  moustache).  Diez  ne 
connaissait  sans  doute  pas  les  formes 
gararnacho  elc.  Wedgwood  y  voit  le  celt. 
gar^  jambe,  d'où  le  gaël.  grarnashes.  L'it. 
gamascie  serait  pour  gramascie.  Toute- 
fois il  n'explique  pas  le  bizarre  suff.  awia- 
che,  L'étym.  de  Diez,  bien  préférable, 
explique  les  formes  gararnacho  etc.,  si 
l'on  admet  l'insert.  d'une  syll.  intercalaire 
ra  pour  accuser  le  caract.  péj.  Gp.  ta[ra]- 
buster,  ca[ra]viriel  peut-être  ca[/a]6or«a 
et  ca[ra]bossi.  Le  rad.  cam  est  celt.,  et 
môme  le  rad.  camb,  car  la  forme  camtn 
suppose  une  forme  camb, 
*GAMBI,  lA  v.gambilli. 


GAMBILLI  (ganbilhi)  adj.  des  2  g.:  ap. 
Goch.  GAMBI,  lA  Dph.  gambio,  pr. 
gambi^  te  —  Boiteux,  euse. 

Subst.  V.  de  gambilhi.  Fin.  i  (54  3  ). 
Je  suppose  que  les  formes  de  Goch.  sont 
une  reduct.  de  gambilhi,  comme  le  dph. 
et  le  pr.  :  gainbilhi  gambiyi  gambi, 

'GAMBILLI  (ganbilhî)  GAMBIOTTO 
(ganbiùtô)  v.  n.  Pr.  gambia  gambiha, 
alp.  gambilha  —  Boiter,  clocher. 

De  gamba,  av.  suff.  (vèq^ilhi  (=fr.  Hier) 
pour  gambilli,  et  suff.  fréq.  oHô  pour 
gambiottn.  La  persist.  de  g  init.  indique 
une  orig.  pr.  Suff.  î  ou  o  suivant  la  cons. 
qui  précède  (15  4"  et  14  1»). 

GAMBIOTTO  v.  gambilli,  verbe. 

GAMEY  (gamé)  s.  m.  For.  gamaê  — 
Plant  d'une  espèce  de  vigne  qui  produit 
moins  abondamm.  que  la  persaille.  Il 
nous  vient  du  Beaujolais.  A  S*«-Foy,  dans 
mon  enfance,  on  en  faisait  cas,  mais  on 
me  dit  qu'il  est  maintenant  de  médiocre 
qualité. 

Du  village  de  Gamey^  en  Beauj.,  d'où 
provient  le  plant. 

'  GANACHE  s.  f.  —  A  Lyon  Apérilif 
composé  d'eaux  de  noix  et  d'arquebuse 
mêlons. 

Impossible  de  discerner  l'étym.,  sinon 
peut-être  dans  l'idée  que  ceux  qui  preneiil 
des  ganaches  on  sont. 

GANACHI  (ganachî)  v.  n.  —  Agir  en 
imbécile. 

0  me  rcgorde  |>Ô8,  Durville  a  biau  prechi, 
Jusqira  lu  rcgulô  volu  \>'o%  ganachi. 

«  Gela  ne  me  regarde  pas,  Durville  a 
beau  prêcher,  —  Je  ne  veux  pas  être  sot 
jusqu'à  le  régaler.  »  (Gorl.) 

De  ganachi  subst.  —  Ganachi,  faire  la 
ganache. 

GANDAYE  v.  gandayi. 

GANDAYI  (ganda-yî)  ap,  Goch.  GAN- 
DAYE ;  à  Lyon  gandayer  v.  a.  —  Pour- 
suivre qqu'un  en  lui  jetant  des  pierres  ; 
0  lui  faire  la  conduite  »  à  coups  de  pierre. 
Norm.  s'gandiyé,  se  balancer. 

Du  vfr.  gandir,  vpr.  guandir,  céder, 
se  retirer  ;  du  goth.  vandjan,  vha.  want- 
jan  wentjan,  sax.  wendan^  se  tourner, 
se  retirer;  angl.  to  wend,  aller.  Le  neutre 
a  pris  le  sens  act.,  comme  dans  «  tonil)er 
un  homme  »  pour  «  le  faiie  tomber  ».  Le 
sens  s'est  spécialisé  à  ti  poursuivre  à  coups 
de  pierres  »,  mais  ce  n'est  pas  «  combattre 


Digitized  by 


Google 


184 


GAND 


h  coups  do  pierro8  »,  qui  est  carayer.  El. 
Blanc  donne  d'aillours  à  gandayerlefiens 
plu  H  i^ëndvdi  de  chasser,  repousser.  Au 
HufT.  ir  do  gandir  s'est  substitué  le  sufT. 
fréq.  ayer  pour  ailler.  Le  vfr.  avait 
égalem.  un  fréq.  gandiller.  M.  Joret 
donne  au  norm.  gandiyé  l'étym.  va7idjan. 
GANDILLER  (gandilhé)  v.  n.  —  Reculer, 
céder,  manquer  d'énergie  ;  vulgairem. 
saigner  du  nez.  Il  ne  faut  pas  gandiller. 
il  no  faut  pas  chercher  des  échappatoires. 
Du  vfr.  gandiller,  s'échapper,  s'enfuir 
(v.  gandïlU), 

*GANDILLI  (gandllhi)s.  f.  —  Coureuse» 
dévergondée.  Granda  gandilli!  grande 
coureuse  I  Alp.  gandin  gandelas,  femme 
malpropre,  déguenillée;  Igd.  gandalio, 
nihî  qui  aime  à  courir,  dévergondée. 

Subsl.  V.  du  vfr.  gandiller,  s'échapper, 
s'enfuir;  du  goth.  vandjan  (v.  gandayi). 
Fin.  ï  (54H«). 

•GANDIN  B.  m.  —  Bourde,  plaisanterie 
qui  consiste  à  en  faire  accroire.  «  Te  7ie 
me  farez  pas  creire  ton  gandin,  tu  ne 
me  foras  pas  croire  la  bourde.  »  (Ooch.) 
A  Lyon  monter  un  gayidin,  faire  une 
farce. 

Du  rad.  du  b.  lat.  gammum,  ganna- 
tura,  raillerie.  On  peut  expliquer  la  dér. 
pur  un  fréq.  "^ gamn{i)taret=igandn  (174 
)i\  h)  ;  d'où  un  subst.  v.  gandin,  av.  suff. 
dim.  l'a.  Die/,  ratlacho  gammum  au  vha. 
gaman,  ags.  gamen,  angl.  game,  jeu. 
Pour  le  sens  cp.  «  se  jouer  de  qqu'un  ». 
A  gam''n  se  rattache  sans  doute  l'ag.;. 
gaman^  «  sport  »;  suéd.  gamman,  joie  ; 
ss.-germ.  gammel,  jeu  bruyant. 

GANDOÉRI  (gandoérl)  v.  a.  A  S*-Mart. 
Chasser,  poursuivre  à  coups  de  pierres. 

Le  même  que  ganday\,B,w.  subslil.  du 
suff.  êri  ii  ayt.  Cp.  gnnduêri,  où  le  même 
suff.  a  été  substit.  à  oisi. 

*GANDOISI  V,  ganduaisi  subst.  et  gan- 
dttèri  verbe. 

GANDOLA  (gandola);  h  Lyon  gondolèo 
s.  f.  —  Une  pleine  grande  lasse  de  liquide. 
Afin  do  miu  eiitonnt. 
Baivon  quoque  gaïuiola, 
«  Afin    de  mieux  entonner  —  Buvons 
quelques  grands  coups.  »  {Vx  noi^l) 

Primilivem.  gondole  signifiait  vase  à 
boirt^  :  bourg,  gondnle,  it.  gonda  gondola  ; 
d'après    Dici  de  xôv^u,  vase  à  boii*e,   et 


d'après  M.   d'Ovidio,   de  cunula.  Il  est 

certain  que   nous    avons   eu    le   primitif 

gondola,  qui  a  di-sparu  pour  ne   lai.sser 

que    le     der.    Nous    avons     probablem. 

emprunté  gondole  à  l'it.   Suff.  a   (d'a/n), 

qui  a  dû  passer  à  ô  (1),  si  le  mol  existe 

encore  en  pal. 

*GANDOU  (gandou)  s.  m.  —  Gadouard. 

Formé    sur    gandouse    de    façon    fort 

irrégul.,  car  gandou  devrait  être  le  masc. 

de  gandouse,  mais  il  y  a  eu  confus,  de 

la  fin.  ou  av.  ou  suff.  (de  orem)  dans  les 

noms  de  métier  (34  bis). 

GANDOUSE  (gandouze)  s.  f.—  Gadoue. 

De  gadoue,  av.  nasalisât,  de  a  (184  7", 

rem.  1).  La  substit.  du  suff.  ouze  à  oue 

s'explique  soit  parce  que  oue  est  un  sulT. 

tout  à  fait  inusité,  soit  par  l'infl.  de  6oi«e?. 

GANDUAISI    GANDUÈZI    (ganduézi); 

ap.  Coch.  GANDOISI  ;  à  Lyon  gandoise 

s.  f.  Dph.  gandouaisa,    pr.  gajidoueso, 

ss.-rom.  gandoisa  —  Plaisanterie,  ra  1- 

lerie..    spécialem.    av.     l'idée    d'en    faire 

accroii*e  à  qqu'un.  Le  Ganduaises,  titre 

d'un  recueil  comique  de  Roq. 

Deubuzi-vo  bien  dessus  quple  ganduese  ; 

Porlar^  malgré  vo,  k  Pierre  aiasi  qu'à  BUise. 

«  Désal)Usez-vous   bien    sur   ces   sots 

contes;  —  Je   parlerai,   malgré  vous,    à 

Pierre  ainsi  qu'à  Biaise.  »  {More) 

Du  rad.  de  gandin,  av.  suff.  uaise, 
aise,  d'ensis.  Ganduaise  csi  plurproprem. 
In.,  le  suff.  fr.  oise  étant  aise  en  pat. 
Fin.  t  (54  5«). 

GANDUÉRI  (ganduérl)  à  R.-de-G.  ;  h 
Crap.    GANDOISI    (gandoizl)  ;    à  Lyon 
gandoiser  v.  a.  —  Railler,  plaisanter. 
Bataclan  lo  gandaère  et  Piqueta  l'éctiArgna. 
«  Bataclan   le    raille    et    Piquette    le 
contrefait.  »  (Mén.) 

Gandoisï  est  formé  sur  gandoise.  De 
là  une  forme  ganduaisi,  de  ganduAÏsi; 
puis  gafiduéri  par  équival.  de  r  et  de  j 
assez  familière  aux  dial.  d'oc  'P.  Meyer, 
Roman.  IV,  18i).  R.-de  G.,qui  appartient 
géographiquem.  au  For.  se  rapproche  plus 
des  langues  d'oc  que  Lyon. 
GANDUÈZI  ▼.  ganduaisi. 
GANGUILLARI  (ganghilhart)  s.  f.  — 
Guenilles,  lambeaux. 

C'est  guenille  +  suff,  coll.  erie  ;  d'où 
guenillèrie.  transformé  en  ganguillarie 
par  l'assimilât,  de  n  à  ^  init.  (188), 


Digitized  by 


Google 


GANT 


185 


GANT  vin.  dans  la  phrase  suiv  :  1320 
«  Et  ce  deit  faire  le  diz  Gilez  a  ses  despans 
et  pavy  la  dicte  place  et  comblé  jusque  es 
dit  eschalers  a  le  gant  de  la  charrere.  » 
{Cart.  p.  447) 

Je  lis  à  Vegant  de  la  charrere  (v.  char- 
riri);  d*êga,  égaliser,  mettre  de  niveau, 
d'aequare  (y.  êgô),  av.  suffi  ant,  d'antem] 
C'est  comme  s'il  y  avait  en  fr.  «  à  l'égalant 
de  la  rue  »,  au  niveau  de  la  rue. 

GANTIAU  (ganliô)  s.  m.  Morvan  gant 
—  A  Paniss.  Digitale. 

De  gant,  av.  suff.  iau  (32),  parce  que 
la  fleur  de  la  digitale  a  la  forme  d'un  doigt 
de  gant. 

*GAPIAN  V.  gôpian, 

GAR  V.  ga  préf. 

GARAGNAT  (garagnà)  s.  m.  For. 
garagnat  —  Petit  polisson,  coureur  de 
rues,  enfant  qui  fréquente  les  enfants  d'un 
autre  sexe. 

Orig.  germ.  -  Vx  b.  ail.  wrètijo,  hoU. 
wrêne,  vha.  [wranjo]  lorenno,  b.  lat. 
loaranio,  «  equus  integer  »  ;  ags.  vraene 
«  petulans,  lihidinosus  »  ;  d'où  it.,  esp. 
guaranon.ypr.garagnon.hèsLvn.garanh, 
étalon  ;  pr.  garagnoun,  Igd.  gragnou, 
paillard  Ce  mot,  latinisé,  se  retrouve 
dans  Isidore  :  «  (Equus)  cervinus  est  quem 
vulgo  Gauranem  dicunt.  %  —  Dans 
garagnat,  substitut,  du  suff.  at  au  suff. 
on,  qui  se  retrouve  dans  tous  les  autres 
dial.  romans. 

GARAGOLA  (garagôla)  s.  f.— Souillon, 
femme  malpropre,  déguenillée. 

Peut-être  du  vfr.  caracol^  limaçon,  à 
cause  des  traces  malpropres  qu'il  laisse. 
Le  passage  de  c  à  ^  n'aurait  rien  d'anor- 
mal, et  la  terminais,  a  aurait  été  ajoutée 
pour  marquer  le  fém.  Cependant  le 
limaçon  est  plutôt  le  symbole  de  la  lenteur, 
et  il  se  peut  que  le  mot  ne  soit  qu'un 
assemblage  de  syll.  péj.  Il  y  a  une  homo- 
phonie  péj.,  en  dehors  de  tout  sens,  av. 
laquelle  le  peuple  compose  les  mots 
injurieux. 

"GARAUT  V.  garo. 

GAR  EN  N  A  (garéna)s.  f.  dans  l'express. 
In  garenna,  à  Lyon  en  garenne,  pour 
en  désordre,  au  hasard,  à  l'aventure. 

De  fr,  garenne,  pris  au  sens  extensif 
de  terrain  vague,  inculte,  où  rien  n'est 
ordonné,  arrangé. 


GAREYI  (garè-yf;  v.  a.  —  A  Morn  , 
Yzer.  Lancer  une  grêle  de  pierres.  Berr. 
guarréier,  courir  sus;  guorréier  des 
pierres,   les  lancer. 

Le  même  que  beaujol.  carayer  (v.  ce 
mot),  av.  ch.  de  c  init.  en  g  (85),  et  pas- 
sage de  er  à  î.  La  significat.  très  parti- 
culière des  mots  de  Morn.  et  d'Yzer.  doit 
faire  écarter  l'étym.  carreau  (renverser 
sur  le  carreau),  à  laquelle  on  aurait  pu 
penser,  le  mot  étant  parfois  pris  à  Villefr. 
au  sens  de  terrasser. 

GARGAMELLA  (gargamôla)  ;  à  Lyon 
gargagnole  s.  f.  Toulous.  gargailhol  — 
Gosier; 

Diez,  Burguy,  Scheler  admettent  l'étym. 
gurgitem,  av.  substitut,  de  a  à  u  de  la 
syll.  init.  sous  une  infl  particulière,  qu'on 
dit  être  gargarisare.  Je  ne  sais  s'il  ne 
serait  pas  aussi  naturel  d'admettre  que  le 
rad.  est  celui  de  yaoyaoewv,  gorge,  qui 
nous  serait  venu  par  un  interméd.  b.  lat. 
Dans  la  2«  partie  du  mot  on  a  vu  le  gasc. 
gam,  goitre,  ce  qui  semble  peu  vraiseinbl. 
J'y  verrais  plutôt  l'infl.  de  camélia,  vase 
à  boire  =  gamelle,  le  gosier  étant  consi- 
déré comme  un  récipient  à  boisson.  C'est 
peut-être  plus  simplem.  encore  un  suff. 
de  fantaisie,  av.  le  caract.  d'onomatop. 

GARGNI  (gargni)  s.  f.  —  Aiguille  du 
du  pin.  Par  extens.  un  rameau  de  pin. 

Du  vha.  garn  karn,  mha.  garn,  ags. 
gearn,  isl.,  dan.,  suéd.  garn,  fil.  A  garn 
s'est  ajoutée  la  finale  atone  la,  réduite  à  t, 
av.  mouillem.  de  n  par  suite  de  l'yotte  d'ia. 

GARGOLLION  (gargolhon)  s.  m.  —  A 
Paniss.  Têtard  de  grenouille. 

Malgré  l'étrang^té  de  la  transformai, 
c'est  grenoUion  (de  grenouille)  devenu 
guernollion,  par  métath.  (187  1»),  gar- 
nollion  par  passage  de  e  k  a  sous  infl.  de 
r(86),  et  enfin  gargollion  par  assimilât, 
de  n  à  la  guttur.  init.  (188). 

GARGUILLI  (garghilhi)  s.  f. ^Escargot. 

Du  vfr.  caracol,  escargot  ;  Tesp.  et  le 
vfr.  ont  le  même  mot.  Le  ch.  de  c  init.  en 
g  (85)  a  appelé  le  même  ch.  de  c  méd, 
(cp.  188).  On  a  garagôla,  au  suff. 
duquel  on  a  substitué  le  suff.  dim.  ilhi  ; 
d'où  garaghilhi  et  garghilhi  par  chute  de 
la  prot.,  quoique,  habitellem.,  a  ne  tombe 
pas.  Quant  à  caracol,  il  exprime  l'idée 
d'hélice,  car  il  signifiait  à  la  fois  escargot 

21 


Digitized  by 


Google 


18Ô 


GARG 


et  escalier  à  vis.  Le  rad.  est  probablom. 
ceit:gaël.  car,  torsion;  carach,  qualité 
de  ce  qui  est  tordu  et  circulaire  :  ags. 
cerran,  tourner  ;  mais  j'ignore  l'orig.  de 
la  2"  partie  du  mot,  acol. 

GARGUILLOUS,  OUSA  (garguilhou, 
ouza)  adj.  —  Quia  les  yeux  chassieux. 

Le  corps  implu  d'irneurs  el  lot  ugarguilhuT, 

a  Le  corps  rempli  d'humeurs  et  les  yeux 
chassieux.  »  (Mon.) 

Peut-être  de  garffuilll,  escargot,  av. 
suflf.  ous,  d'osus  (35),  par  comparaison 
de  la  sécrétion  de  l'escargot  av.  la  secret, 
oculaire.  Il  ne  serait  pas  impossible 
encore  que  ce  ne  fût  bogaillou,  à\n\i  le 
thème  bog  aurait  été  pris  pour  un  préf.. 
et  auquel  on  aurait  substitué  le  prèf.  péj. 
ga  gar. 

GARIFOLLi  (garifôlhi)  dans  la  loc.  .4  la 
garifolli,  en  désordre,  à  l'abandon.  For. 
à  la  garibaudaille. 

De  foUl,  fouiller,  av.  le  préf.  péj.  gar, 
d'où  garfolli,  el  gnrifolli,  av.  une  voy. 
d'appui  dans  le  groupe  rf. 

GARILLAN  (garilhan)  s.  m.  —  Petit 
polisson,  gamin  des  rues. 

De  garagnat,  av.  substitut,  du  suff.  a?i 
au  sufT.  al:  tVoù. garagnau  eigarillan  par 
substitut,  de  la  syll.  interméd.  illy  qui  est 
dimin.,  à  gn. 

GARLIO  (garlho);  à  Lyon  guérie,  s.  m. 
et  adj.  —  Louche. 

Vio  garW)  de  niilion,  laissi  qiiela  pôliri. 

<k  Vieux  mitron  louche,  laisse  ce  pétrin.  » 
{Dèp.) 

Duvpr.  et  vfr.  guérie,  louche;  du  vha. 
tœer  dicerch,  ail.  quer,  angl.  queer, 
oblique.  Ch.  de  e  en  a  (24).  La  guttur. 
init.  a  certainem.  aidé  au  mouillem.  de  /. 

GARO  (garo)  GAROU;  ap.  Coch.  GA- 
RAUT  s.  m.  —  Pluie  très  abondante, 
subite,  et  de  courte  durée.  Berr.  garaiide, 
averse,  giboulée. 

Orig.  inconn.  —  L'étym.  garrot,  trait 
rapidr»,  analogue  à  celle  de  77360^,  trait 
lancé  subitem.,  qu'on  a  donnée  pour 
giboulée,  doit  être  écartée  à  cause  des 
formes  garo  a  garô.  Le  calembour  gare- 
eau,  tiré  du  fr.,  est  peu  vraisemblable. 
Faut-il  y  voir  le  (rarou,  suéd.  Var-ulf, 
loup-garou,  cesiinaj^es  noirs  qui  paraissent 
et  éclatent  soudain  pouvant  être  consi- 
dérés comme  une  œuvre  de  sorcellerie  ? 


Cp,  lo  Follet,  tourbillon  soudain  de  pous- 
sière, dans  lequel  on  voit  un  jeu  d'un  être 
fantastique.  Dans  la  Suisse  occident,  le 
Garou  est  un  des  noms  du  Diable,  et  le 
même  nom  est  donné  au  sorcier. 

GAROU  V.  garo. 

GAROUDA  tgarouda)  s.  f.  Morvan 
garaude  —  Coureuse,  femme  de  mauvaise 
vie.  Très  péj.  A  S*«-Agathe  le  sens  est  un 
peu  moins  péj  :  Femme  désordre,  mal- 
propre. Genève  garaude,  fille  publique. 

De  gar  ou  (loup-garou).  On  disait 
autrefois  courir  le  garou,  le  garouagt* 
pour  courir  le  guilledou  :  courir  la  nuit 
comme  le  garou.  Le  fém.  garouda  a  été 
formé  par  analog.  av.  celui  des  noms  en 
aud:  ribaudj  ribaude.  En  Champ,  ga- 
rouage,  fête  bruyante,  débauche.  Vfr. 
ga  rouage,  lupanar. 

GAROUDES  (garoude)  s.  f.  pi.  For. 
garaudes  —  Sortes  de  grandes  guêtres. 
Dph.  traiiio-garaoudo^  misérable  qui  a 
des  haillons. 

Du  celt.  —  Kym.  gar,  jambe  ;  arm. 
gar,  til)ia.  Au  rad.  s'est  ajouté  le  sufif. 
germ.  wald  =  aud,  passé  à  o?^(49). 

GAROUPA  (garoupa)  s.  f.  —  Terme 
péj.  A  Paniss.  Vaurien,  canaille. 

Je  crois  que  c'est  garouda,  av.  une 
corrupt.  du  suff.  dans  un  sens  encore  plus 
péj.  Ce  phonème  oupa  a  ce  caractère.  Gp. 
charopa  charoupe,  de  charogne  ;  cp. 
aussi  arioupan.  Le  terme  péj.  fém. 
s'applique  ensuite  même  aux  hommes. 
Cp.  gagnipa^  ripa. 

GARPISSI  (garpissi)  v.  a.  —  A  River* 
Fouler  aux  pieds,  abîmer  en  foulant.  Se 
dit  surtout  de  la  prairie  et  de  la  récolte 
où  l'on  a  marché. 

Da  pisa,re,  av.  préf.  péj.  gar.  D'où 
garpizô,  et  garpissi,  par  la  très  singu 
lière  infl.  de  pisser,  qui  se  retrouve  dans 
compissï,  sauter  par-dessus. 

GARRA  (garra)  s.  f.  For.  garra  —  A 
S*-Mart.,  Morn.,  River.  Joue  et  souvent 
Fesse.  Le  garre  dou  eu,  les  fesses.  Alp. 
garro,  fesse  ;  lim.  dzaro,  la  cuisse  av.  la 
jambe  ;  for.  garon,  tête  de  mouton  ;  milan. 
gar  on,  cuisse. 

Ce  douille  sens  vient  de  ce  qu'il  existe 
2  rad.  celt.  semblables.  L'un  :  kym.  gdr, 
jambe,  la  partie  inférieure  de  la  cuisse; 
arm.  gar,  tibia  ;  kym.  camez-gâr,  jarret  ; 


Digitized  by 


Google 


GARR 


187 


vx  corn,  garroxo  «  crura  >  ;  l'autre,  gaël. 
car,  dans  le  composé  carbad,  os  de  la 
mâchoire;  kyin.  gwar,  nuque;  corn.  gum\ 
cou.  Le  1"  a  formé  le  vfr.  garet,  aujour- 
d'hui jarret  (v.  jarrola).  Il  est  probable 
que  le  sens  est  dér.  aux  parties  voisines 
de  l'organe  primitivem.  désigné  par  chacun 
des  rad.  Les  sens  de  «joue  »  et  de  «  fesse  » 
sont  d'ailleurs  souvent  liés  dans  les 
dial.  Gp»  ail.  hacke,\\\xi  a  les  2  significal. 

GARRIPELET  (garipclè)  s.  m.  —  Lieu 
inculte  où  il  ne  croît  que  dt^s  broussailles. 

Du  pr.  garric,  chêne  vert  bas,  ciiéne  à 
kermès;  garriga,  lande  couverte  de  chênes 
verts,  et  de  * pileluyn  pour  pilatuni,  le 
sufT.  e^um  étant  coll.  et  servant  à  désigner 
les  lieux  plantés  de  l'arbre  nommé  par  le 
thème.  Diez  tire  garric^  av.  le  signe  du 
doute,  de  garra,  en  esp.  et  en  port,  griff.'» 
et  compare  Pesp.  nhaparra,  aorte  de  chêne, 
du  basque  achaparra,  grilTes,  les  branches 
ressemblant  à  des  griffes.  Je  crois  que  cette 
thèse  sera  mieux  appuyée  si  Ton  fait 
remarquer  qu*,  la  feuille  du  chêne  kermès, 
ainsi  que  celle  du  houx ,  désigné  aussi 
qqfois  par  garric,  a  de  véritables  griffes 
en  épines.  M.  Durand  (de  Gros)  suppose 
un  *  querriciis  formé  par  suite  d'unr 
erreur  des  puristes  Gallo-Romains,  qui 
auraient  pris  quercus  pour  une  forme 
contractée  de  </M^rr/c/«5.  Il  suppose  ensuite 
une  progress.  d'accent,  comme  dans  per- 
sïcns  pour  pe7'siciis.  Mais  il  ne  cite  aucun 
ex.  d'une  format,  analogue  à  celle  de 
querricus.  La  seule  opinion  sûre  est  celle 
de  M.  G.  Paris,  qui  déclare  l'ètym. 
«  extrèmem.  incertaine  ». 

'GARROT  (garô)  s.  m.  —  Gros  bAton 
noueux.  Au  tig.  jambe. 

Eililr'autro,  capiiso  cou  çartaiii  borgniqui-c, 

Qu'u  doux  iiiAtrut  garrots  que  battoiit  lo  briqui-e 

«  Entre  autres,  je  rencontre  ce  certain 
myope  —  Qui  a,  en  guise  de  jambes,  deux 
méchants  bâtons  qui  battent  le  briquet.  » 
(Gorl.) 

Je  crois  que  ce  mot  doit  être  .séparé  du 
vfr.  garroty  flèche,  qui  parait  venir  du 
vha.  gêr  kêr^  m.  ail.  gàr^  nord,  gerr, 
vx  sax.  gêr,  ags.  gàr,  javelot  ;  goth.  \f)ais\ 
selon  Schade,  lat.  gaesiirn.  Garrot,  bâton 
noueux,  vient  probablem.  du  celt.  gar^ 
jambe  ;  arm.  gm\  tibia  ;  kym.  cdmedd- 
gar,  genou.   Cette   étym.   est  appnyéc  par 


l'express  lorr.  de  jarrets  de  fagot,  pour 
morceaux  de  bois  ronds  et  forts  équivalents 
à  notre  garrot,  Littré  se  demande  s'il  ne 
faut  pas  y  voir  le  rad.  de  garric,  chêne, 
ce  qui  paraît  peu  vraisembl. 

GASSI  (gass!)  ;  ap.  Goch.  GACI  v.  a.  — 
Secouer,  agiter  qq.  chose  dans  un  récipient. 
Prin  garde  à  nep6s  gassicelo  vin^  prends 
garde  à  ne  pas  secouer  ce  vin.  Par  extens. 
gassï  la  nf^,  se  frayer  un  chemin  à  travers 
la  neige. 

De  quasssire.  Gh.  de  quo  en  g  (88)  ; 
de  are  en  t  (15  3%  rem.  2). 

GASSOLLI  (gassolhi)  ;  à  Lyon  gassouille 
s.  f.  —  Boue  liquide.  Vfr.  gassouil,  flaque 
d'eau  sale. 

De  vfr.  souille^  B.Y.  préf.  péj.^a, 

GASSOLLI  (gassolh!)  v.  a.  —  Remuer 
de  l'eau  malpropre. 

De  gassolli  sul)st.,  av.  suff.  t  (15  4"). 

GASSOLLI  AT  (gassolhâ)  s.  m.  —  1. 
Bonrbier.  Trou  rempli  d'eau  dans  un 
chemin.  2   A  Crap.  Aval  d'eau. 

De  gassolli  subst.,  av.  suff.  at 

GATILLER  vin.  —  Chatouiller. 
Elle  se  gatille  per  »i»e  quoque  fcy. 

«  Elle  se  chatouille  pour  se  faire  rire 
quelquefois.  »  (Bern.) 

Le  même  que  catilli. 

GATTE  s.  m.  —  A  Lyon  Chat.  Express, 
moins  usitée  que  miron,  mais  encore 
souvent  en  usage  à  la  Croix-Rousse  et  à 
Vaise.  Un  individu  du  nom  de  Battn, 
connu  dans  toute  la  Croix-Rousse,  avait 
pour  profess.  de  «  porter  les  galles  à 
l'Académie  (École  vétérinaire)  ». 

De  it.  gatto,  de  csittum.  Express, 
certainem.  importée  par  l'immigrat.  ital. 
au  xv«-xvi*  s. 

*GAUBERGIER  (SE)  v.  se  gohargi. 

•GAUCHIA  V.  gouchL 

GAUDA  (goda)  s.  f.  —  Graine  de  maïs. 
«  De  la  soupe  de  gauda  »,  de  la  soupe  de 
farine  de  maïs.  Gaude  t^st  fr.,  mais  il  no 
serait  pas  compris  ailleurs  que  dans  la 
région  des  pat.  franco-pr. 

De  ail.  waii,  angl.  iceld  [dyer's  ^ceed), 
«réséda  luteola  »,  plantj  qui  sort  à 
teindre  en  jaune.  Il  est  assez  vraisem- 
blable (pie  le  mot  est  venu  par  un  dial. 
oïl  il  a  la   significat.    simple   d»'    jaune, 


I 


Digitized  by 


Google 


188 


GAUD 


comme  l'esp.  gualdo.  La  Franche  Comté 
a  été  occupée  longtemps  parles  Espagnols, 
et  le  mot  gaude  est  essentiellem.  comtois, 
ainsi  que  le  montre  la  raillerie  que  l'on 
prononce  av.  l'accent  comtois  bien  accusé  : 
«  Mon  bon  mossieu,  volés  vos  de  gaudes  ? 
nos  cayons  n'in  volont  plus  ,  is  aimont 
mieux  la  mar...  » 

GAUDIVELLA  (gôdivèla)*GODIVELLA 
(gôdivèla)  s.  f.  —  S'emploie  habituellem. 
dans  Vexp\'ess.gra7idagaudiveUa,gv2inde 
fille  un  peu  enfant,  étourdie,  qui  s'amuse 
av.  les  petites  filles. 

Subst.  V.  âe  gaudirelâ. 

'GAUDIVELO  (gôdivelô)  v.  n.  Pr.  se 
gaudina  -  Se  réjouir,  s'amuser. 

Du  rad.  de  gaudere,  peut-être  par  le 
fr.  gaudi{r)y  av.  un  suff.  fréq.  eJô,  relié 
au  thème  par  v, 

GAUGNI  (gôgni);  ap.Goch.  GOGNI  s.  f. 
Lim.  ga-ougno  —  Joue,  mâchoire. 

Avoué  io  chavio  gris,  son  cou<>  tors  et  sa  ho«si. 

Sa  gôgni  de  Iravàrs,  son  nos  coniuic  In  rôdzi. 

o  Avec  ses  cheveux  gris,  son  cou  lors  et 
sa  bosse,  —  Sa  joue  de  travers,  son  nez 
comme  un  radis.  »  (Gorl.) 

A  rapprocher  du  vpr.  gSLunha,  ouie  de 
poisson,  Igd.  gaougnos,  pi.,  même  sens 
(sur  le  sens  cp.  gifle,  joue  ;  angl.  gill^ 
ouie  de  poisson)  ;  au  fig.  Igd.  gaongno, 
visage,  trogne.  Un  •cay(t)/ii^,  dér.  de 
cavus^  peut  donner  gavna  gauna  et 
gaiinha,  qui  lui-même  devient  ^raie^/^t  en 
In.  (54  2").  L'idée  serait  celle  de  chose 
creuse,  comme  dans  joue^  de  gahata, 
écuelle.  L'it.  a  gavigne  «  quelle  parti  del 
collo  poste  soUo'l  ceppo  delTorecchie,  e  i 
confini  délie  mascelle  »,  d'où  gavine^ 
oreillons  (maladie).  Ces  mots  sont  à  rap- 
procher de  gaunha  et  répondraient  à  un 
'cavinus.  L'étym.  cavus  est  appuyée  par 
le  siennois  gavina,  égoùt  pour  Técoulem. 
des  eaux  pluviales. 

G  AU  NO  (gônô)  fadj.  des  2  g.  ;  à  Lyon 
gauné,  ce.  —  Mal  habillé,  fagotté.  Gaunô 
se  joint  souvent  à  l'adv.  mal.  L'étôve  mal 
gaunô,  elle  était  mal  habillée. 

Ne  paraît  pas  venir  du  vfr.  go7iey  habit, 
habit  de  moine;  b.  lat.  gunnay  car  ou 
aurait  gônnô.  Au  contraire  gSLU^iacum, 
donné  par  Varron  pour  étoffe,  couverture 
velue,  semble  convenir.  * Gauna,tumy  de 
'gaunyrey  donne  gaunô  (14  3«).  Ce  rad. 


gatin  paraît  venir  du  cell:  kym.  gwn, 
corn,  gùn,  irl.  giinna,  gaël.  gUn^  mks. 
goon,  angl.  gown,  robe.  Diez  pense  que 
le  celt.  peut  avoir  été  emprunté  au  rom. 
Cependant  l'ex,  cité  :  «  guon,  de  gone. 
comme  fwl  de  fol  »,  ne  semble  pas 
concluant,  parce  que  l  fin.  de  fol  a  une 
infl.  sur  la  transformat,  en  ou.  Il  n'est 
d'ailleurs  pas  admissible  que  le  mot  rom. 
ait  pénétré  dans  tous  les  dial.  celt.  L'ex, 
rom.  cité  (fol)  n'a  pénétré  que  dans  le 
kym.  [ffwl)  et  le  bret.  {foll). 

GAUSSI  V.  gouchï  et  gosst. 

GAVAGNE  s.  f .  —  1.  Grande  corbeille 
d'osier.  2.  Claie  d'osier  dans  laquelle  les 
pépiniéristes  enveloppent  les  mottes  des 
arbres  expédiés  en  mottes,  comme  les 
conifères.  Ss.-rom.  cavagne,  hotte  ;  al  p. 
cacan,  grand  panier  d'osier  ;  pavese  c'avà- 
gna,  panier,  clayon. 

De  cst,va?tea,  de  cava.  Ch.  de  c  en  ^ 
(85),  de  nea  en  ^7ie(148,  rem.  3). 

*GAVIOLA  (gaviola)  s.  f.  Dans  l'express. 
être  en  gaviola,  être  un  peu  gris,  Coch. 
traduit  par  «  être  en  joye  »,  en  faisant 
remarquer  que  dans  le  départem.  de 
l'Orne  gavignolle  signifie  «  ivresse  gaie  ». 

De  fr.  gave,  av.  suff.  fréq.  ola.  Etre  en 
gaviola,  être  av.  le  jabot  plein.  On  devrait 
avoir  gavola,  mais  le  mot  a  subi  la  même 
infl.  K^xie  gavio7i. 

•G AVION  s.  m.—  Gorge.  Depuis  Goch. 
ce  mot  paraît  s'être  perdu. 

Du  fr.  popul.  gave,  jabot  des  oiseaux, 
que  Diez  explique,  av.  le  signe  du  doute, 
par  cavus  cavea.  Il  faut  sans  doute  écarter 
cnvea^  où  vea  donne  je,  mais  cavus  est 
appuyé  par  le  wal.  gaf.  A  gave  s'est 
ajouté  le  suff.  on,  mais  on  devrait  avoir 
gavon,  comme  cave  a  donné  cavon.  Je 
ne  sais  sous  quelle  infl.  a  eu  lieu  Tinseit. 
de  l'yotte. 

*GAVIOT  (gaviô)  s  m.  Pr.  gavèu.  — 
Petit  faisceau  de  sarments. 

De  gavellum,  de  '  capellum  pour  ca- 
pulum,  poignée,  parce  que  le  gaviot 
comprend  une  poignée  de  sarments  que 
l'on  tient  dans  la  main  pour  les  lier.  Ellum 
donne  iau  (32).  On  a  donc  eu  gaviau, 
ainsi  que  le  prouve  le  pr.  gavèu  où  eu 
représente  ellum.  Puisa  au  s'est  substitué 
le  suff.  dim.  ot,  ou  en  d'autres  termes, 
au  s'est  prononcé  bref. 


Digitized  by 


Google 


GAVI 


189 


GAVIOTTO  (gaviôtô)  :  ap.  Coch.  GA- 
VIOUTA  V,  a.  —  Mettre  les  sarments  en 
gaviots. 

De  gaviot^  av.  suff.  d  (14  !•).  La  forme 
de  Coch.  est  de  l'époque  où  Ton  prononçait 
gaviauy  d'où  le  ch.  de  au  en  ou  (75). 

GAVIOUTA  V.  gaviottô, 

GAVROS  vin.  dans  le  texte  suivant  des 
Reg.  Cons.  1421  :  «  Ledit  jour  l'en  at 
octroyé  ià  mosse  Brassar  de  prendre  du 
brolel  de  la  ville  ce  qui  sera  nécessaire  de 
garrots  pour  retenir  derrier  la  mayson  de 
Topital  auprès  de  la  rivière.  » 

Garros  est  une  erreur  de  copiste  ou  une 
faute  de  typojçraphie  pour  gavios  (v.  ga- 
viot).  Ce  terme,  qui  ne  s'applique  aujour- 
d'hui qu'à  de  petits  faisceaux  de  sarments, 
s'appliquait  sans  doute  à  l'orig.,  suiv. 
l'étym.,  à  toutes  les  petites  fascines. 

'GAZAGNE.  Coch.  a  consigné  le  dicton 
suiv.,  aujourd'hui  oublié,  mais  encore 
vivant  il  y  a  50  ans  :  riche  came  Gazagne, 
de  mAme  que  l'on  dit  «  riche  comme 
Grcsus  ».  C'était  un  souvenir  de  la  grande 
fortune  des  banquiers  Gadagne.  La  par- 
ticularité est  le  ch.  de  d  en  z,  qui  semble 
indiquer  que  jadis  d  se  prononçait  dz, 
comme  encore  aujourd'hui  à  R.-de-G.  et 
autres  lieux.  L'équival.  de  cf  et  de  ^  n'est 
pas  sans  ex.  dans  les  pat.  franco-pr., 
témoin  le  ss.  rom  zerbon  pour  darbon. 
Quant  aux  dial.  d'oc,  on  sait  que  d  méd. 
y  devient  -3.  Je  ne  connais  le  dicton  de 
auditu  que  par  ma  mère,  qui  disait 
t(>ujours  «  riche  comme  Gadagne  »,  et  non 
pas  Gazagne. 

GAZALONS  (gazalon)  s.  m. pi.—  Gros- 
ses branches  qu'on  rencontre  dans  les 
fagots.  Cp.  gasanche. 

Du  h.  lat.  gas  «  hasta  »,  qu'on  trouve 
Papias.  Mais  d'où  vient  gas  f  Peut-être  du 
celt.  —  Gaél..  irl.  gas.  hampe,  manche, 
lequel  se  relie  probablem.  au  vx  kym 
gais,  épieu.  «  This  is  an  ancient  cellic 
Word,  which  though  not  much  in  use 
among  the  Gael,  is  found  in  several  deri- 
vati^es  (Armstr.,  aji.  Diefenb.).  Dief.  y 
voit  le  rad.  de  gaesutn  et  de  guisarme, 
auxquels  il  attribue  de  plus  une  double 
orig.  germ.  Mais  il  paraît  peu  vraisem- 
blable que  gaesiim^  vfr.  gese  gésier,  et 
giiisartncj  vpr.  gasarma,  aient  la  mi^me 
orig.  (Juoi  qu'il  en  soit,  le  celt.  se  rapporte 


mieux  à  notre  mot  que  le  vha.  gêr  kêr* 
javelot,  qui  nous  aurait  donné  gé  ioit.  au 
lieu  de  ga.  Gazalon  s'expliquerait  par  un 
' gasale,  auquel  se  serait  ajouté  plue  tard 
le  sulT.  roman  on.  Gp.  *falcile,  de  faîcem, 
qui  a  donné  In.  foucil,  manche  de  la  faux. 
Le  gazalon  serait  le  manche  de  l'épien. 
passé  au  sens  de  manche  en  général,  puis 
de  bois  propre  à  faire  des  manches.  Cp. 
vfr.  bouson,  flèche  =  In.  busson,  morceau 
de  bois  rond. 

GAZANCHE  vin.  1474  :  «  Pour  six 
grosses  pièces  de  chane  (ciiéne)  appelez 
gazanrhes  pour  besoigner  èsd.  fossés  de 
St.Just  2  s.  6  d.  »  Arch.  m.  GC  4i8.  Ces 
pièces  étaient  sans  doute  des  sortes  de 
leviers.  V.  gazalons. 

On  trouve  grisanche  au  xv«  s.,  av.  le 
sens  de  levier  (Du  G.,  à  grisanchia).  Le 
texte  a  été  reproduit  par  Godef.  Au  Gloss. 
fr.  Du  G.  dit:  c  Nom  d'une  grosse  pièce 
de  bois  dans  le  Maçonnais.  » 

Gasanche  pourrait  être  le  même  que 
grisanche.  L'un  des  deux  mots  aurait  été 
mal  lu  ;  ce  n'est  pas  le  nôtre,  où  l'hésitat. 
n'est  pas  possible,  et  qui  est  appuyé  par 
gasalons. 

Sur  l'étym.  v.  gazalons,  qui  a  évidemm. 
la  même  orig.  La  2*  partie,  anche,  est  très 
obscure.  Gazanche  serait-il  gasanica,  de 
gasay  comme  pla7iche,planica^  de  plana  f 

GÉMILLI  (SE)  (se  jemilh!)  v.  pron. 
Voiron  gemillié  —  Se  plaiudre. 

De  gemire  pour  gemere,  d'où  gémi, 
av.  suflf.  fréq.  ilht, 

GENDARME  s.  m.  —  A  Lyon  Hareug 
saur.  Très  usité. 

Non,  comme  on  le  pourrait  croire,  de 
la  vulgaire  plaisanterie  sur  l'odeur  des 
bottes  de  gendarme,  mais  de  la  forme  du 
chapeau,  dans  laquelle  on  a  vu  qq.  ana- 
logie av.  celle  d'un  hareug. 
Mais,  je  veyo  vegni,  dcins  noutron  cabare, 
Tré geins  qu*ant  dechapiaux  Torma  d'horeing  sorc. 

«  Mais  je  vois  venir  dans  notre  cabaret 
—  Trois  personnages  qui  ont  des  chapeaux 
en  forme  de  hareng  saur.  »  {Mel.) 

2.  A  Villefr.  Sorte  de  coléoptère,  C/erw^ 
apiarius  et  afvearitis. 

Des  couleurs  de  ses  élytres,  d'an  rouge 
vif  av.  dos  bandes  horizontales  noires. 
Le  tout  a  qq.   rapport  av.   un  uniforme 


Digitized  by 


Google 


190 


GÊNE 


militair?.  Celte  appellal.  remonte  certai- 
nem.  au  temps  où  la  gendarmerie,  qui 
dépendait  de  la  maison  du  roi,  avait  un 
uniforme  écarlate  av.  des  parements  de 
velours  noir. 

GÊNES,  m.  Berr.  jon,  vfr.  gein  giea 

gcji,  orl.  gknetin  —  Rafle  de  raisin  qui  a  étt'; 

pressé.  Sav.  juène,  marc  de  raisin  qui  a 

passéà  l'alambic  pourfaire  deTeau-de-vio. 

Sulist.     V.    de    vfr.    gehenner    gêner, 

primitivem.  torturer,  puis  presser,  serrer. 

«  Kt  plus   que   ses   voisins  —  Dans  son 

pressouer  gennera  de  raisins  (Bons.  ap. 

Lillré).  » 

GÈNELÊ  Oènelé)  s.  m.— A  Paniss.  Geai. 

Peut-Atre   gironnet    (v.    ce     mot),    av. 

métath.  de  r  et  n,  d'où  ginoret,   ginolet, 

par  eh.   de    r   en   /   (146   2*),    genolet, 

et  enfin    getielê,    parce    qu'à    Paniss.  è 

devient  souvent  ê  très  ouvert. 

GENURAT  genurà)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Genévrier. 

Sur  la  format,  \oy.ja7iuriot.  Il  y  a  eu 
sui)stitut.  du  sufT.  at  au  suff.  ot.  Le  mot  a 
certainem.  été  janural,  dans  lequel  la 
prot.  s'est  affaiblie,  comme  il  arrive  qqfois. 
•GERBA  (jérba)  s.  f.  —  Gazon. 
Fr.  g(*rbe,  du  vha.  garba,  mha.  garhe 
garire,  vx  sax.  garva^  «  manipulus  ». 
De  ce  sens  à  celui  de  gazon  il  y  a  une 
dérivât,  qui  tient  peut-être  à  ce  que  les 
gerbns  sont  toujours  d'herbes.  Un  fagot, 
par  e.K..  ne  s'appelle  jamais  une  gprb(\ 

*GERBEYI  (jérbè-y!)  V.  a  —  Gazonner. 
,    De  gerba,  av.  un  suff".  fréq.  elh'i,  passé 
à  ei/l  (164  'Z\  c). 
'GERLA  (jôrla)  s.  f.  —  Guvier. 
De    ger{u)la,     déj.à    employé    par    les 
classiques  av.  le  sens  de  ce  qui  contient  les 
liquides  :  Cornua  potuum  gerula, 

GERLOT  derlô)  JARLOT  JARLON  s. 
m.  —  Petit  baquet,  petite  seille.  On  se 
sert  du  jarlot  pour  vendanger,  pour 
prendre  les  bains  de  pied  etc.  Au  fîg. 
chaire  à  prêcher. 

Et  lo  motru  Boulon 

Ly  borle  à  plciii  gosi  :  u  Desceind  de  cou  jarlon.  » 
«  Et  le  chétif  Boulon  —  Lui  crie  à  pleine 
gorge  :    «  Descends    de    cette     chaire.  » 
{Ménag.) 

De  gerla,  av.  sufiF.  dira,  ot  ou  on.  Dans 
les   formes  jarlon  jarlot^   ch.  de  e  en  a 
(66). 
GETTOIR  vin.  \\  jetu. 


GIAR  (jiar)  dans  la  loc,  O  n'in  fat 
giar  I  cela  fait  pitié,  est  lamentable. 

La  gr^U  piclie 

Et  rein  n'échappe. 
0  n*ein  fa  giar. 
«  La  grêle  frappe  —  Et  rien  n'échappe 
—  Cela  fait  pitié.  »  {Grêla) 

De  gelu.  Vfr.  giel  gial,  vpr.  gel,  cat. 
gel,  pr.  gialjal  giar. Ch.  de  l  en  r  (121)  ; 
de  e  bref  en  ta  (26).  O  n'in  foi  giar, 
cela  fait  froid,  cela  gèle  les  moelles. 

GIBO  y.jubô. 

GICLIA  v.jicliô. 

GICLIOU  vin.  V.  jicle. 

*  GIFLE  Oifle),  aujourd'hui  plus  génè- 
ralem.  JQFFLA  (jôfla)  s.  f.  Vfr.  gif  e  gifle 
gifte,  wal.  chife  —  Joue.  Rch.  guife, 
vi.sago,  bouche. 

Du  germ.  —  Ags.  geafl  geagl,  mâchoire., 
oreillons  ;  suéd.  fisk-gels,  angl.  gill^  ouies 
du  poisson.  Le  gaël.  gial  est  sans  doute 
emprunté  à  l'ags.  Je  ne  crois  pas,  comme 
le  fait  Wedgwood,  qui  indique  cette  étym. 
à  gil,  qu'il  faille  le  rapprocher  du  vha. 
ki'la  cëUiy  mha.  kële  c  guttur,  brancia  »  ; 
ail.  kehle,  gosier,  gorge,  k  du  vha.  " 
devenant  ch  en  fr.  et  non  J.  Les  mêmes 
raisons  font  écarter  le  h*  ail.  kiefer,  b. 
sax.  k^eve  kiffe^  mâchoire,  proposé  par 
Grandg.  L'etym.  de  Génin  :  m.lat.  giffare, 
faire  une  croix  av.  du  plâtre  en  signe  de 
conûscal..  est  pure  fantaisie. 

Au  rad.  gifl  s'est  ajoutée  la  fin.  a  des 
mots  fém.  (53  S"»).  Dans  la  forme  joffa. 
le  passage  de  t  à  o  est  dû  à  l'infl.  de 
joufflu.  Le  vfr.  avait  jiiffe,  probablem. 
sous  l'infl.  de  /",  le  voisinage  des  labiales 
tendant  à  faire  passer  i  à  a. 

GIGA  (jiga)  s.  f.  —  Jambe. 

Orig.  germ.  —  Nord,  geiga  «  tremere  m, 
gcigr  «  tremor  »  ;  d*où  giguer,  sauter,  et 
giga,  jambe. 

•GIGAUDO  (jigôdô)  v.  n.  —  Folâtrer, 
s'amuser. 

Non  de  gigue,  plus  un  suff.  fréq.  qui 
eût  été  oUer  et  non  auder;  mais  de  gaudlr^ 
qu'on  a  fait  passer  dans  la  1"  conjug.  el 
auquel  on  a  préposé  gig,  de  giga.  L'.dée 
n'est  pas  celle  d'agiter  les  jambes,  mais 
de  se  réjouir  en  dansant. 

N.  d'homme  Gigodot, 

GIGI  (jiji);  à  Lyon  gigier  s.  m.  —Gésier. 

De  gigerium,  pi.  gigeria,  entrailles 
cuites  des  volailles.  Ch.  de  erium  en  t  (13). 


Digitized  by 


Google 


GILE 


19f 


GILETTA  (gilôta)  s.  f.  —  Girouette. 
De  gyra,re,  av.  suff.  etta.  On  a  girelte, 
passe  à  gilet  ta  par  ch.  de  r  en  /  (148  2"), 
GIMBRADA  (ginbrada)  s.  f.  —  Enfant 
remuant  et  bruyant. 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  du  vfr.  giber, 
s'agiter  par  des  mouvements  violents  ; 
saint,  ruer.  Nasalisât,  de  i  sous  intl.  de 
la  gutt.  (184  7»,  rem.  2)  ;  addit.  du  suflf- 
ade,  qui  vient  du  pr.  D'où  gimberada 
gimbradn.  Cette  format,  est  hybride,  mais 
il  est  probable  qu'à  fr.  giber  a  correspondu 
un  pr.  'gibar,  qui  a  pu  servir  de  thème. 
Quant  au  rad.  gib.,  il  se  rattache  peut-être 
au  vx  all.<7eôar^n,  se  porter, se  comporter 
(d'où  est  venu  geberden,  gesticuler»  faire 
des  contorsions),  mha.  gebaeren,  vx  mha. 
gebdren,  vha.  \jgabdrjan\. 

*GIN  (jin)  particule  négative.  Vpr.  gens 
ges,  vfr.  gens  giens,  for.  gins  —  Non, 
pas.  A  n'a  gin  de  mogni,  il  n'a  point  de 
force  musculaire.  Je  n'en  vole  gin^jenen 
veux  point. 
Y  n'en  apporlont  gius  ou  1res  pô  suus  le  halles. 
«  Ils  n'en  apportent  point  ou  très  peu 
sous  les  halles.  »  (Ghap.) 

De  genus ,  smv .  l'etym.  proposée  dubi- 
tativem.  par  Die/  et  démonirée  par 
M.  G.  Paris.  Gh.  de  en  en  in  (29).  Pour 
le  sens,  il  faut  remarquer  que  l'on  n'a  pas 
besoin  de  supposer  un  ?iullum  genus 
réduit  à  genus.  Gin  ne  s'employantqu'av. 
une  négat.,  le  sens  opposé  en  résulte, 
comme  dans  rem,  chose,  au  sens  de  rien. 
GINENTOLA  (jinintola)  s.  f.  Yot.janne- 
toella  —  Sorte  de  genêt  nain. 

De  gineslum,  av.  suff.  dim.  ola  ;  d'où 
ginestola,  ginètola  (18Ô  2°)  et  ginintola 
par  nasalisât,  de  e  (184  7»,  rem.  1). 

GINGIMELLA  (jinjimôla)  s.  f.  -  A 
S*-Mart.  Gencive. 

De  gingiva,  av.   un  suflF.  comique  de 
fantaisie  (cp.  gargamella). 
GINGIVA  (jinjiva)  s.  f .  —  Gencive- 
De  gingiva.  Le  fr.  gencive  est  irrég. 
GINGO    (jingô)   v.    n.   —    Donner  des 
coups  de  pied  av.  vivacité  et  redoublem. 
Vfr.  giguer  ginguer  jgfiguer,  folâtrer  ; 
gagner  les  gigotteaux,  s'enfuir  ;  ss-rom. 
giguer,  sauter;  bourg,  ginguer^  ruer. 

De  ln.^/>a,av.  suff.  (5  (14  4");  nasalisât, 
de  i  (184  1% 
GINGUET  y.ginguetta. 


*GINGUETTA  (jinghéta)  s.  f.  GINGUET 
(jinghé)  s.  m.  —  Vin  de  petite  qualité.  A 
ce  propos  Goch.  donne  la  citât,  de  Pasquier, 
reproduite  par  Littré  à  gingueu 

Le  rad.  ging  parait  identique  à  guing^ 
qu'on  retrouve  dans  guinguette.  En  vfr. 
giiingalet  =gingalet  et  aussi  gringalet, 
sorte  de  cheval.  M.  Bugge  y  lit  le  go  th. 
vainagSf  misérable,  vha.  wênag,  misé- 
rable, chétif,  mince,  petit.  Je  ne  vois  rien 
dans  les  textes  qui  contienne  Tidée  d'un 
méchant  cheval.  Au  contraire  :  a  I  gingalet, 
—  Qui  Tambleure  va  assez  mieulx  c'un 
mulet.  »  (Godef.)  —  L'idée  péj.  parait  s'être 
développée  plus  tard  (si  toutefois  gingalet 
est  bien  le  même  que  ginguet).  Je  ne  sais 
si  le  rad.  ne  serait  pas  giga,  jambe  ; 
gingalet,  cheval  vif  des  jambes,  trotteur 
(v.  jingô).  Puis  gi7igûet,  mince,  effilé 
comme  une  jaml)e,  d'où  l'idée  péj.  Mais 
tout  cela  est  fort  incertain. 

GINURO  CJinuro)s.  m.  —  A  Yzer.  Genêt. 

De  ginsirium  =jani  (v.  ce  mol),  av. 
substitut,  du  suff.  coll.  tiro,  de  a{t)urum. 
Le  genêt  couvrant  chez  nous  les  espaces 
incultes,  on  a  dit  collectivem.  de  jinuro 
pour  l'ensemble  de  cette  végétât.  ;  puis  le 
mot  s'est  spécialisé  et  a  désigné  la  plante 
en  particulier. 

•GIRARDA  (jirarda)  s.  f.  —  Goch.  dit 
«  fleur  girandole  ».  Je  suppose  qu'il  a 
voulu  dire  a  fleur  qui  a  la  forme  d'une 
girandole».  On  appelle,  chez  nous,  ^irarcfa, 
la  julienne. 

Je  crois  que  l'orig.  est  le  rad.  de  gyrata, 
av.  suff.  germ.  ard.  La  girarde  est  une 
fleur  en  faisceau  (cp.  girande,  girandole)» 
En  pr.  on  appelle  girado  girardo  un 
gâteau  de  forme  ronde  ;  cat.  girada, 
même  sens. 

GIRON  NET  (girùnè)  s.  m.  -  A  Crap. 
Geai. 

Du  rad.  de  gyrSLre,  av.  un  suff.  on, 
plus  un  2*  suff.  dim.  et,  à  cause  des 
mouvem.  rapides  et  giratoires  du  ge^i. 
Cp.  girard,  un  des  noms  popul.  du  geai. 
Cp.  aussi  pr.  giroulet,  noix  percée  qu'on 
fait  tourner  sur  un  pivot. 

GISCLE  v.  jicle. 

GIVORDIN  (jivordin)  s.  m.  —  Habitant 
de  Givors. 

De  Givors  ifiivortium),  av.  suff.  in.  On 
devrait  avoir  Givorsin,  comme  Cahorsin, 


Digitized  by 


Google 


192 


GIZU 


<le   Cahors.   I^    mot   a  donc    été     formé    | 
lorsque  d^'jà  s  no   se  prononçait   plus.  Le 
buff.    a    élé    choisi    par   analog.,   comme 
Périgourditi,  de  Périgord, 
Proverbe:  Te  ^H  çu  GicorJin 

0'3'eftt  grami.grout  et  fAi  fl«. 

!>;«  OivordinH,  gens  de  rivière»  étaient 
en  effet  une  race  superbe;  j'ignore  s'ils 
ne  sont  «  pas  fins  ». 

GIZUA  vin.  8.  f.  —  Couchée.  «  Item,  por 
la  f/izua  d'Ansa...  »  (L.  R.) 

Dejacire.  Ch.  de  a  en  /  (cp.  1,  rem.  2  ; 
cp.  aussi  gisayit).  Est-ce  par  dissim.  qu'on 
a  gizua  au  lieu  degisia  f 

GLIA  B.  f.  V.  lia. 

*GLIA  (gl^a)  8.  m.  —  Verglas,  surface 
glacée,  (t^och.  lui  donne  la  significat.  de 
glaçon).  O  v'fst  g  II  in  glia,  tout  le  sol  est 
verglassé. 

Répondrait  h  un  ' glSLcium,  forme  mnsc. 
supposée  de  glaria,  pour  dilTerencier  les 
2  sens.  (ip.  fr.  verglas  et  glace.  Si  glia, 
au  contraire,  a  été  formé  sur  liassi\  ce 
n'a  pu  être  qu'avant  l'aphér.  de  g  dans  ce 
dernier  mot   Insert,  d'yotte  (109). 

GLIO  (k'ïô)  8   m.  —  a  Morn.  Glas 

De  clSLS.sirttm  (v.  cli'tr)  dans  lequel  cl 
a  passé  à  gl  {101,  rem.  1). 

GNACA  (gnaka)  s.  f.  —  Dent.  Faveire 
te  "petites  gnaques^  fais  voir  tes  petites 
dents. 

Subst.  V.  do  gnacô^  car  je  ne  connais 
pas,  dans  les  dial.  germ.,  de  suhst.  appa 
rente  à  nagan^  mordre  (v.  gnacn)^  qui 
pourrait  avoir  donné  le  subst.  In. 

GNACA  GNAQUA  (gnaka)  s.  f.  dans 
l'express,  fève  la  gnaca  à  qqu'un,  montrer 
les  dents  en  signe  de  mépris,  se  moquer 
de  lui,  le  délier.  On  dit  aussi  adverbialem. 
gnaca  !,  qui  répond  assez,  sauf  la  gros- 
sièreté, au  m du  fr.  popul.  For.  faire 

la    gniaCf    faire    la    grimace    en   faisant 
claquer  les  dents. 

Tôt  eins  lo  xHiinageanl  à  voyanci  Hou  tnqiia. 

Quand,  par  faire  ninô,Gnia|)nnliou  fi^sié  gnaqua. 

€  Tout  en  les  engageant  à  vider  leur 
poche,  —  Pendant  que,  pour  faire  ma  rime, 
(iniapon  leur  faisait  la  grimace.  »  (Proc) 

Non  du  fr.  faire  la  nique,  mais  de 
gnaca,  dent.  On  trouve  le  nord,  gnisla, 
dan.  gnaskf*^  sued.  gnissla^  hoU.  knas- 
schen,  vx  angl.  gnasshe,  angl.  to  gnash, 
grincer  des  dents.  Ces  mots  sont  apparentés 
av.  le   nord   gnaga  et   les   autres   mots 


germ.  signifiant  mordre  (v.  gnac»'»). 
Touiefuis  un  rapport  direct  av.  le  mot  In. 
est  difficile  parce  que  le  groupe  init.  germ. 
kn  insère  bal»ituellem.  une  voy.  d'appui 
(cp.  k?ieif  —  canif,  kneipe  =  guenipe). 
Il  faut  donc  admettre  que^/iflc<5(v.ce  mol), 
mordre,  du  vha.  nagan,  a  donné  le  subst. 
gnaca. 
GNACO  (giiakô)  ;  à  Lyon  gnaquée  s.  f. 

—  1.  Coup  de    dent  ;  2.  Ce   qu'on  prend 
dans  un  coup  de  dent  :  bouchée. 

Subst.  partie,  de  gnarô, 

GNACO  ignakô)  v.  n.  —  1.  A  Crap. 
Manger  malproprem.,  en  faisant  du  bruit 
av.  la  mâchoire.  A  gnaqae,  il  mange  de 
façon  répugnante.  For.  gniaca,  norm. 
gnaqué,  mordre.  —  2  A  Paniss.  Montrer 
les  dents  en  signe  de  déris.  ou  de  mépris. 
Pr.  gnaca,  donner  un  coup  de  dent  ;  béarn. 
gnaca,  mordre. 

Orig.  germ.  —  Vha.  n&gan,  raha.  gna- 
gen  genagen,  nor.  gnaya,  dan.  gttave, 
hoH.  knagen  knnuweti,  ail.  nagen,  mor- 
dre. Sur  la  persist.  de  la  gutt.  fin.,  cp. 
vague,  de  wdg.  Suflf.  ô  (14  4*).  Le  mot 
viendrait  du  vha.,  eiVn  se  serait  mouillée 
postérieurem.,  car  les  formes  av.  gn  init. 
auraient  donné  guennco  ganaco  (v.  gnaca 
dans  l'express,  fére  la  gnaca), 

GNAQUA  V.  g7taca. 

♦GNELLA  (gnèla)  s.  f.  —  Agnelette. 

Vagnella.  Aphér.  de  a  par  confus,  av. 
l'article  :  Vagnella,  la  gnella. 

GNIARRA  (gnara)  ;  ap.  Coch.  NIARRA 
s.  f.  —  Sotte,  niaise,  qui  ne  sait  rien. 
Tosc.  gnorri,  ignorant  ;  far  lo  gnorrt, 
jouer  l'imbécile. 

Malgré  la  ressembl.  graph.  av.  ignara^ 
les  deux  mots  n'ont  rien  de  commun. 
Gnarra  est  forgé  sur  nid,  comme  niais, 
gnoune  etc.,  av.  un  suflf.  sur  lequel  a 
influé,  comme  en  tosc,  ignare,  ignorant. 

GNIATO  (gnialô)  s.  f.  —  Nichée. 

Formé  sur  gnia  (aujourd'hui  gniô), 
oi.seau  qui  est  au  nid,  plus  suflf.  ôl==ée 
fr.),  relié  au  thème  par  ^  par  analog.  av. 
les  subst.  en  té,  tée, 

GNIAU  (gniô  monoss7ll.)à  Crap.;  à 
Paniss.  GNIRON  (gniron)  ;  à  Morn. 
NILLON  (nilhon^;  ap.Coch.  NIARDs  m. 
Nyons  gniàu  (giiia-ou\  berr.  niati  s.  m. 

—  Œuf  qu'on  laisse  dans  le  nid  pour  que 
la  poule  y  revienne  pondre. 


Digitized  by 


Google 


GNIB 


193 


TiC  b.  dph.  indique  pour  la  forme  gniaa 
Totym.  Nidellum,  par  la  chute  de  ff  (139), 
et  le  ch.  de  elluni  en  iaa  (32)  ;  d'où 
gniiau^  réduit  à  gniau.  Gepend.  le  sull*., 
au  lieu  d'être  ellum,  pourrait  i^lre  le  sulT. 
f,'erm.  aud,  de  wald.  Gniau  est,  je  crois, 
la  forme  première  ;  pour  la  forme  de 
Cocli.,  il  y  a  eu  substitut,  du  sulT.  jçerm. 
ardf  av.  intent.  péj.  La  forme  gniron  est 
faite  sur  gni  «  nid  »  (au  moment  où  d  ne 
se  faisait  plus  sentir),  av.  suflF.  on,  relie 
par  ?•  (cp.  mouche^T'Onj  aile-r-on). 

GNIBLA(gnibla)  s.  f.  —  Brume  ;  à  Morn. 
NiBLA,  Brouillard  du  matin  qui  se  lève 
av.  le  soleil. 

De  neb[tt)la,  Ch.  de  e  ouvert  en  i  (25). 
Sur  gni  pour  n/  (v.  Conson7ies  pafoises). 
Chute  de  la  V  post-ton.  (52).  Dans 
?iiolaf  m(3ine  étym.,  c'est  au  contraire  h 
qui  est  tombé  et  la  post-ton.  qui  a  persistt". 

GNIBLOUS,  OUSA  (gniblou,  ouza)  adj. 
—  Nél)uleux. 

De  nehulosiis.  V.  gniblo.  Osu^  =  ou 
(35). 

GNIGNETTE  s.  f.  Dph.  gnignette  — 
Personne  façonni^re  ;  mijaurée. 

Du  rad.  de  gnoune,  gnouche^  av.  sufT. 
dim.  ette  et  la  répetit,  du  groupe  init. 
pour  marquer  davantage  le  caract.  péj. 

GNIO  (gniô);  ap.  Goch.  NIA  s.  f.  Vfr. 
niée  —  Nichée;  au  tig.  troupe:  ina  gniô 
de  drôles,  une  nichée  d'enfants.  Voiron 
gnia,  troupe  d'enfants. 

De  HidBLta.  Chute  de  d  (139)  ;  de  t 
(135);  d'où  gniaa,  réduit  à  gni  a  :  ch. 
de  a  en  ô  (1). 

GNIOCHE  V.  gnionchi. 

GNIOLA  (gnola)  NIOLA  s.  f.  —  Nuage. 
In  clacagcile  mons  fat  rcdond6  le  gniôUs. 

«  Des  applaudissements  font  retentir 
les  nuages.  »  (Mén.) 

De  nehu/a.  Chute  de  b  (142).  Ch.  de  e 
ouvert  en  i  (25)  ;  de  u  bref  en  o  (34)  ; 
d'où  ni-ola  niola.  Monillem.  de  n,  v. 
Consonnes  patoises. 

GNIOUCHI  (gnouchi)  GNIOCHE  ;  rrp. 
Coch.  NIOLA;  à  Lyon  gniouue  gnougne 
et  aussi  gnioche^  genev.  nioque,  héarn. 
gnougne  s.  f. —  i&olte,niaise.Piém.ir/i;<cA, 
lourdaul,  sot;  ïï\'\\.  gnong/wn,  celui  qui 
pai'lecouirne  unenfant  qui  veutse  plfuiidro; 
bolon.  gyxagn  gnagnaron,  nigaud. 

De  niais,  de  nidum,  av.  substitut,  du 


sulT.  dim.  ola  dans  la  forme  de  Coch.,  et 
d'un  suflf.  péj.  de  fantaisie  dans  les  autres 
(op.  damoche,  a^iicroche). 

GNIRON  V.  gniau. 

GNOCCA  (gDÔk-a)  ;  à  R.-de-G.  NOQU A  ; 
à  Morn.  NICHOLLA  (nichôla)  s.  f.  Dph. 
not  {ap.  Charbot),  nouchoula  (ap.  Mou- 
tier).  —  Chouette. 

Le  la?un  Picandzau,  Pèse  fiiti  U  noqua. 

«  Le  taon  nommé  Picandeau,  la  chouette 
nommée  Pèse-bise.  »  {Mén.) 

Le  dph.  not  indique  l'étym.  nocta,  mais 
il  est  évid  Hit  que  l'idée  d'imil**r  le  cri  de 
la  chouette  a  influé  sur  le  mot  gniocca 
noqua.  Sans  cela  nous  devrions  avoir 
)ii'ijta  ou  nota,  suivant  les  lieux.  Gniocca, 
prononcé  av.  une  légère  suspens,  sur  ce, 
imite  en  efîet  très  bien  le  cri.  M.  Moutier 
dérive  le  dph.  nouchoule  de  yioctula, 
mais  la  forme  s'y  oppose  ;  nouchoula 
paraît,  comme  nichoUa,  être  un  dim.  de 
noqua,  av.  sufif.  roman  ola.  Dans  nicholla, 
pour  norholla,  le  ch.  de  o  init.  en  /a  eu 
cortainem.  pour  cause  un  besoin  de 
dissimil. 

GNONGNON  s.  m..  GNONGNONNE  s. 
f.  —  A  Paniss.  Sot,  benêt,  innocent. 

Le  même  que  gnounç,  av.  suff.  on,  et 
répétit.  à  l'init.  du  phonème  final,  pour 
accuser  le  caract.  pëj.  par  imitât,  d'une 
parole  embarrassée.  Cp.  gén.  gnàgnoc, 
caresse  féminine  ou  enfantine  pour  se 
faire  gAter. 

GNOQUE(gnôke)s.  des  2  g.  — AVillefr 
Lourd,  sot.  It.  ^;//;cro  grossier,  sot. 

Du  même  rad.  qui  a  fait  gnoune,  gnou- 
chi, av.  un  sulî.  oque,  qui  exprime  la 
lourdeur,  la  grossièreté.  En  lorr.  toc 
signitie  une  souche  ;  cp.  mastoque ;  cp. 
aussi  baroque,  à  l'orig.  rocher  raboteux. 
Placent,  gnôcc,  tosc.  gnncro,  espèce  de 
pAte  lourde  réduite  en  morceaux  de  la 
grosseur  d'une  noix. 

GO  V.  gor. 

GOBARGI  (SE);  ap.  Coch.  SE  GAU- 
BERGIER  V.  pr.  —  «  Prendre  ses  aises», 
dit  Coch.  C'est  le  sens  fr.,  mais  chez  nous 
c'est  faire  bombance. 

De  fr.  goberger.  Littré  suppose  que  ce 
mol  est  venu  de  la  goberge  qui  sert  dans 
plu-sieurs  méli»TS  à  rendre  le  travail  plus 
commode.  Je  ne  sais  ce  qu'il  en  est,  mais 
il   est  certaiu  qu'on    y  voit  surtout  chez 

22 


Digitized  by 


Google 


194 


GOBE 


nous  l'idée  de  gober,  av.  un  suff.  analogue 
à  celui  de  gorgcr.  Gh.  de  e  en  a  (66)  ; 
sufif.  i  (15  2<»).  L'd  init.  de  la  forme  de 
Goch.  (qu'il  a  indiqué  par  au  pour  exprimer 
davantage  l'ouverture)  a  passé  à  6  très 
bref.  Le  son  6  peut  être  le  son  primitif, 
car  on  trouve  gauhergeux  au  xvi«  s.  Le 
suff.  gier  dans  Goch.  est  certainem.  celui 
qui  a  précédé  en  pat.  le  suff.  gi, 

GOBEAU  (gobô)  GOBIAU  (gobiô)  ;  ap, 
Goch.  GOUBIO  s.  m.  Dph.  goubeau.yii'. 
gobel,  vpr.  cubel  —  Gobalet. 

De *cuppelîum.  Gh.  de c  en  ^r  (87,  rem .)  ; 
de  M  en  0  (38)  ;  de  p  en  6  (140,  rem.  2)  ; 
deellum  en  tau  (32).  Le  ch.  de  p  en  h, 
au  lieu  de  u,  indique  que  le  mot  e.st  venu 
par  le  pr. 

GOBELLA  V.  gobillL 

GOBI.  lA  (gobi,  ia),  pi.  gobe  adj.  Vin. 
gobo,  dph.  gobio  —  1.  Se  dit  des  doigls 
engourdis  par  le  froid. 

ÀToy  ma  maii  goba  et  r«nneuza, 

Je  l'y  Touliu  donna  Tna  Iclla  plamu/a, 

Que  de  buict  iour..... 

«  Avec  ma  main  engourdie  et  crevassée 
—  Je  veux  lui  donner  un  tel  coup  sur  le 
nez,  —  Que  de  huit  jours...  »  (Bern.) 

8.  A  Hiver,  et  aux  environs  signifie 
gaucher.  On  dit  :  al  est  gobi,  d'un  homme 
qui  ne  se  sert  que  de  sa  main  gauche. 

De  goubio,  engourdissem.  des  doigts. 
On  a  dû  avoir  gobit,  av.  suff.  t7,  ûHtas  ; 
puis  Tacc.  a  rétrogradé  comme  dans  infe 
pour  inflô.  Le  passage  de  ou  à  o  s'explique 
par  la  tendance  du  In.  à  substituer  presque 
partout  0  k  ou  (34,  rem.  4). 

GOBIAU  V.  gobeau. 

•GOBILLI  (gobilhi);  à  Hiver.  GOBEL- 
LA ;  à  Lyon  gohille  s.  f,  —  Petite  l)!lie 
de  marbre  ou  d'agate  dont  les  enfanfs 
se  servent  pour  jouer.  «  Dans  qq.  commu- 
nes du  départ,  de  l'Ain  on  met  une  piôcc 
de  monnaie  dans  la  bouche  de  ceux  qui 
meurent  et  une  gohille  dans  la  main  des 
enfants.  »  (Goch.) 

De  globicula,  dim.  de  globula.  Gh.  de 
icula  en  ilhi  (164  2%  b).  GlobiUi,  assez 
difficile  à  prononcer  pour  le  peuple,  a  été 
réduit  à  gobilli.  Dans  gobella,  fin.  a 
(53  3«). 

GOBO  V.  gobi. 

GODAN  (godan)  s.  m.  Rch.,  norm. 
Qodan.    —  Piège,    amorce,    tromperie. 


€  Il  est  tombé  dans  le  godan,  >  Ptg. 
engodar,  tromper. 

Étym.  inconn.  —  Le  celt.  a  un  rad.  god: 
kym.  god,  incontinence,  adultère.  L'addil. 
d'un  suff.  an,  comme  dans  mitan,  boucan, 
merlan,  donnerait  godait.  La  dérivât,  de 
sens  se  serait  opérée  sous  cette  idée  qu'il 
y  a  connex.  entre  adultère  et  tromperie. 
Mais  cen'estqu'une  hypoth.  sansjustifical. 

GODELLA  (gôdéla);  à  Lyon  godelle 
8.  f.  —  l.  Sorte  de  blé  appartenant  à  la 
section  dite  blés  Foulard,  Se  dit  surtout 
de  la  godelle  grouée  dont  on  fait  de  la 
bouillie.  2.  Bouillie  de  godelle. 

Prol)al)lem.  de  gauda,  av.  suff.  dim. 
e//a,  parce  que  la  godelle  a  sans  doute 
qq.  rapport  éloigné  de  forme  ou  de 
couleur  av.  IsLgauda.  Ch.  de  au  en  o(75, 
rem).  Un  écrivain  lyonn.  bien  connu,  qui 
a  beaucoup  écrit  sur  l'agriculture,  a  pris 
le  pseudonyme  de  La  Godelle. 

GODELONS  (LES)  (gôdelon)  s.  m.  pL  — 
?urnom  des  habitants  de  S*-Barthélemy- 
sous-Paniss. 

Peut-être  de  godella,  av.  suff.  on. 
Godelon,  mangeur  de  godella. 

*GODELURI  AU  s.  m.  —  Goch.  le  traduit 
par  «  musard  »,  mais  le  sens  ordinaire  est 
bien  celui  du  fr.  godelureau,  étourdi, 
homme  sans  consistance.  L'angl.  coxcomb^ 
donné  par  Gotgr.,  l'exprime  parfaitem. 

Fr.  godelureau.  En  In.  eau^  deellum  = 
iau  (32). 

GODIGNA  (godignà)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Gerises  cuites  dans  la  pâte. 

De  fr.  cotignac.  Gh.  de  c  en  ^  (87,  rem.)  ; 
de  ten  d  (136). 

*GODIVELLA  v.  gaudivella. 

GODIVIAU  (godiviô)  s.  m.  —  S'emploie 
habit uellem.  dans  l'express,  grand  godi- 
viau,  grand  dada,  grand  enfant,  grand 
benêt. 

Formé  sur  gaudivella,  dont  le  suff.  a 
été  considéré  comme  répondant  à  ella, 
d'où  un  masc.  gaudiviau  (32),  et  godi- 
viau  à  cause  de  l'image  comique  de 
godiveau, 

GOGA  (gôga)  s.  f.  Sarde  côca  —  1.  Mor- 
ceau de  pain  blanc  trempé  dans  du  lait  et 
frit  ensuite.  2.  sorte  de  beigneU 

Du  vha.  chuocho  «  torta  ».  V.  coque, 
dont  gogua  est  une  forme  av.  affaiblissem. 
de  k  en  g.  Fin.  a  (53  4»). 


Digitized  by 


Google 


GOGA 


195 


3.  En  Fr.-Ln.  Tabouret. 

Êtym.  inconn.  —  Le  mol,  en  ce  sens, 
est  absolum.  isolé  dans  nos  dial. 

GOGASSON  (V.  cacasson). 

GOGNAJO  (gôgnajo);  ap.  Goch.  GA- 
GNAJOs.m.M.lat.^a^nrt^iwm«lucmm>. 
—  1.  Revenu,  rapport  d'un  bien,  d'une 
terre.  Cela  terra  est  d'in  bon  gôgnajo, 
cette  terre  est  de  bon  rapport.  Cp.  vfr. 
gaaing^  récolte.  2.  Labour  que  l'on  fait 
avant  de  mettre  une  terre  en  jachère.  Je 
voués  z*ou  menô  in  gôgnajo,  je  vais  y 
faire  un  labour.  3.  État  de  jachère  après 
qu'on  a  fait  ce  labour,  jusqu'au  moment 
où  l'on  met  de  nouveau  la  terre  en  culture. 

Du  vha.  weidanjan,  chasser,  pâturer 
(Diez),  qui  a  fait  fr.  gagner.  Le  sens  de 
3.  vient  de  l'idée  des  qualités  que  la 
terre  acquière  en  se  reposant:  la  terre 
«  gagne  »  ;  et  le  sens  de  2.  étant  une  prépa- 
rât, au  gôgnajOy  s'est  confondu  avec  lui. 

GOGNANDISE  (gognandize)  s.  f.  — 
Bourde,  plaisanterie,  spécialem.  av.  le 
caract.  grivois. 

De  gognant,  av.  sufî.  ise.  Cp.  marchan- 
dise, de  marchant;  chalandise,  de  cha- 
lant  ;  friandise,  de  friaîit. 

GOGNANT,  ANDE  (gognan,  ande); 
Coch.  GOGNIAND  s.  —  Personne  gauche, 
qui  a  mauvaise  tenue.  S'emploie  surtout 
dans  l'express,  grand  gagnant,  grand 
dégingandé  qui  se  dandine,  maladroit, 
paresseux.  Sav.  gouan,  homme  mal  mis, 
ayant  ses  vêtements  difform^^s,  et  mal  fait 
de  sa  personne  ;  toulous.  degaxignat 
décontenancé;  for.  gognand  gognard, 
grimacier;  piacent.  gognolino,  méchant 
gamin. 

«  \oIcx-TO  l'aralô?  a  dzit  sa  pilsita  fcya 

«  Allés,  t6s  de  gognandsl  » 

€  Voulez -vous  l'avaler,  dit  sa  petite 
femme...  —  Allez,  tas  de  grossiers  mala- 
droits! »  {Per.) 

Surl'étym,  v.  degôgni.  Un  'coxinantem, 
de  *coxinare,  fréq.  de  *coxare  (comme 
coxigare),  boiter,  donne  goignanty  puis 
gagnant. 

*GOGNI  V.  gaugni. 

*  GOGNIAND  V.  gagnant. 

GOGOSSEL  (gôgôssèl)  ;  à  Lyon  dans 
la  locut.  manger  à  la  gagassel,  manger 
sans  autre  assaisonnement  que  le  sel. 
Vieilli.  Se  trouve  dans  Molard. 


Gorrupt.  de  croque-au-sel.  Chute  de  r 
dans  cr  init.  (105,  rem.)  ;  ch.  de  c  en  ^ 
(87,  rem.)  ;  assimilât,  do  la  gutt.  méd. 
(188). 

GOI  (goi)  s.  m.  —  A  Villefr,  Couperet  à 
hacher. 

Sur  l'étym.  v.  goye,  dont  goi  est  une 
forme  masc,  av.  dérivât,  de  sens.  Berr. 
goy,  serpe. 

GOI  V.  goye. 

GOIFON  (goifon)  s.  m.  Valais  govion, 
rch.  gouvion  —  Goujon. 

De  gobionem.  On  aurait  eu,  au  cas-sujet, 
goif,  de  gobio  devenu  en  rom.  gaivo  par 
l'attract.  de  l'yotte  de  l'hiatus  et  le  ch.  de 
b  en  î7(141).  Oaivo  devient  goif  comme 
7iovem  est  devenu  neuf.  Cas -régime 
goivon,  devenu  goifan  par  analog. 

Nom  d'homme  :  Qoiffon. 

GOIFONNER  (SE)  (goifôné)  vin.  v.  pr. 
—  Je  le  traduis  par  frétiller,  se  remuer, 
dans  le  texte  suiv.  d'un"  vx  noël,  où 
figurent  plusieurs  villages  des  environs 
de  Lyon  : 

Saintc-Foy  y  traîne 
Bennes  et  barras; 
Ulin  se  yoifonne. 

«  Sainle-Foy  y  traîne  —  Bennes  et 
tonneaux  ;  —  Oullins  s'agite.  » 

Si  je  traduis  bien,  gaifonner  serait 
forgé  sur  goiffon,  goujon;  frétiller  comme 
un  goujon, 

'GOINFRO  (gouinfro)  s.  m.  —  Coch.  à 
ce  mot  écrit  :  «  Railleur.  De  même  en 
Languedoc  ».  J'ai  peine  à  croire  ^ue  ce 
ne  soit  pas  une  erreur.  Nous  ne  connais- 
sons actuellem.  goinfro  que  dans  l'accept. 
fr.  ;  celle  d'un  homme  vorace  et  qui  mange 
grossièrem.  Goinfro  n'existe  pas  dans  le 
Dictionn.  Igd.  de  Sauvages. 

GOLAT  (golà)  s.  m.  —  1.  Géant,  homme 
très  grand. 

Jusqu'à  tant  qu'ein  golaly  plus  massu  qu^un  loriau, 
A  lions  xio  se  preseinle,  et  trossanl  se  mnustaches.-. 

t  Jusqu'à  ce  qu'un  géant,  plus  massif 
qu'un  taureau,— A  leurs  yeux  se  présente, 
et  retroussant  .ses  moustaches...  >  (Mèn.) 

De  fr.  gaule  (de  vKllum  ;  goth.  valus), 
plus  sufif,  at.  Golat  est  pour  gaulai, 
homme  long  comme  une  gaule.  Gaulât  a 
passée  galat  (75,  rem.  1). 

2.  Vorace,  goulu. 

De  gnla=zgola  (34),  plus  suff.  at. 


Digitized  by 


Google 


196 


GOLE 


*GOLET  (golè)  s.  m.  —  Trou,  défilé 
étroit.  Lo  golet  de  la  botilli,  le  goulot  de 
la  bouteille. 

Biais  la  M/.a  qu6  soflave 
Fer  mais  de  trenla  goUt. 

«Mais  la  bise  qui  soufflait  —  Par  plus 
de  trente  pertuis.  »  {Vx  Noël).  Une  autre 
version    porte    cinq    ce7i(s  golets. 

De  gnla  =  gola,  av.  sufl*.  dim.  et. 

GOLÈYON  (golè-yon)  s.  m.  Vpr.  golat'o 
—  Gosier. 

De  ffola,  de  gitlla,  av.  sufl*.  o>7,  d'où 
golaon  goleon,  et  épenth.  d'y  pour  rompre 
l'hiatus. 

GOLIAT  V.  goHillat. 

GOLICHINANTE  s.  f.  -  A  Lvun,  goulet 
étroit  qu'il  faut  enfiler  ;  par  ex.  au  jeu  do 
boules. 

C'est  golet,  àowi  lo  sufl*.  a  ot«)  remplacé 
par  un  suff.  de  fantaisie,  Irôs  allongé 
pour  marquer  le  caract.  comique 

GOLIU  V.  golu, 

GOLU  (gf^lu),  GOLIU,  ZA  (gnlhu,  uza) 
adj.  et  .subst.  —  Goulu. 

Lo  conToi  de  yolius,  sein»  faire  de   furon. 
Ou  milan  dou  cliamin  accule  a  cacasson. 

«  Le  convoi  de  goulus,  sans  plus  do 
façon,  —  Accule  la  voiture  au  milieu  du 
chemin.  »  [Dép.) 

De  gula  =  gola,  av.  suff.  osus  (35).  lia 
forme  goliu  montre  av.  quelle  facilité  / 
se  mouille  en  in.,  mômo  sans  raison 
apparente.     . 

GONE  (gône)  s.  m.  —  A  Lyon  Jeune 
garçon,  av.  le  sens  particulier  de  gamin. 
Se  dit  d'un  individu,  av.  sens  péj.  Je  crois 
que  c'est  le  sens  qu'il  a  dans  les  vers  de 
la  pièce  dph.  Dialoguo  de  le  qualro 
comare  : 

Ce  gonel,  m'csl  auis,  la  niigoave  duz  yen. 

«  Ce  garçon,  m'est  avis,  la  mangeai l  dos 
yeux.  » 

Peut-être  un  des  rares  mots  venus  du 
grec  :  yovoç,  fils,  enfant.  Le  sens  et  la 
forme  s'y  prêtent.  M.  Onofrio,  et  d'autres 
après  lui.  le  rapportent  au  vpr.  gona,  vfr. 
gonne,  robe  (du  kym.  gio7i,  robe  ;  girn-o, 
coudre?);  gone,  enfant  qui  porte  la  robe. 
Mais  la  format.  estinadinissil)lo;  on  aurait 
eu  gona  +  suff:  par  ex.  go/tard,  gofiaiil 
etc.  —  Ne  pas  oublier  que  Lyon  avait  une 
colonie  grecque  si  considérable  que  l'on  y 
prêchait  en  grec,  et  qu'il  y  avait  des 
écoles  grecques.  L'extraordinaire  est  que 


cette  colonie  n'ait  pas  semé  dans  le  peuple 
un  nombre  plus  considérable  de  mots.  Je 
n'en  connais  que  deux  :  gone  et  arton. 

GONE  MOUVANT  (gône  mouvan)  —  A 
Lyon  Petit  garçon. 

Composé  de  gone^  gamin,  et  inouvnnf, 
jeune  moineau  (v.  ce  mot).  Mouvait  est 
pris  adjectivem.  et  probablem.  parconfus. 
av.  fr.  7nouva7it.  Gone  mouvant,  enfant 
qui    commence  à  se  sauver  du  nid. 

GONGONNO  (gongônô)  v.  n.  —  Gn»nder 
en  murmurant  entre  ses  dents  ;  bougonner. 

Onomat.  Cp.  pr.  boiimbouna,  même 
sens.  Le  phonème  gonnô  exprime  le 
murmure,  le  grondement.  Cp.  fargofiuô, 
hongoniiô. 

GOPIAN  (gôpian);  op.  Coch.  GAPiAN 
s  m.  —  Commis  aux  droits  réunis;  h 
Lyon  gapinfij  employé  de  l'octroi.  A 
Paniss.  gnpian  est  un  terme  poj.  pour 
homme  sans  soin,  qui  fait  le  mal  pour  le 
plaisir  de  le  faire.  Dans  le  Valais,  gapian. 
douanier  des  frontières  de  Savoie  ;  pr. 
gabian^  douanier.  «  On  prétend  que 
lorsqu'on  voulut  établir  l'octroi,  on  ne 
trouva  aucr.n  percepteur  et  qu'il  fallut  en 
faire  venir  de  Gap.  »  (Coch.)  —  Breghot  du 
Lut,  qui  donne  la  même  étym.,  ajoute  non 
sans  raison  qu'elle  est  due  sans  doute  à 
une  plaisanterie. 

Du  rad.  qui  a  formé  le  mot  gahcllt\ 
c'est-à-d.  probablem.  un  rad.  germ  :  vha. 
gïf<in,  golh.  giban,  ail.  geben^  donner  ; 
ags.  gaful  gafol,  ail.  gaffcl,  taxe,  tribut. 
Le  rad.  est  aussi  coït:  gaël.  gabh,  prendre; 
gtibhail^  t^nure;  Vym.  g afael^  a<*tion  de 
saisir.  Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff.  a7i  ou 
a7it  chan-.'é  en  ian  st)us  une  infl.  que 
j'ignore.  Le  type  primitif  est  cerlainem. 
le  pr.  gabian,  devenu  gapian  dans  le  pat. 
franco-pr.  par  une  remonte  assez  bizarre 
do  b  en  ]). 

*GOR  (gor)  GORE  ;  à  Paniss.  GO  s.  m. 
—  Hoche  do  grès  friable,  qui  se  réduit  en 
poussière  sous  le  pic,  et  remplace  le  sable 
do  rivière  pour  la  construction  dans  louie 
la  partie    montagneuse  du  Lyonnais. 

Du  celt.  —  Kym.  gro,  gravier,  d'où  gor 
par  métalh.  do  r  (187  1*);  corn,  grau, 
.sable;  arm.  groaan^  gravier. 

GOR  (gor);  ap.  Coùi.  GOUR;  à  IL-d»'- 
G.  GOUR  s.  m.  Vfr.  gort.  —  C«»ch.  le 
traduit  par  «  Fosso  d'une  rivière  où  il  y  a 
plus  de  profondeur  qu'ailleurs.  »  Je  traduis 


Digitized  by 


Google 


GORD 


197 


par  <r  endroit  d'une  rivière  où  l'eau  est 
dormante  ».  C'est  ainsi  que  l'endroit  où 
l'on  met  rouir  le  chanvre  est  un  (jor.  Cocli. 
ajoute:  «  Au  pays  de  Vaud,  goui\  fl:ique 
d'eau  ».  Bridel  donne  «  (for,  gaur,  flaque 
d'eau,  étang  naturel,  petit  lac  >. 

Quand  j'iiro  Iraforô  lo  f;ran  qour  do  Mousu, 
J\ivaiiçii  qiiairo  p'ks.  cl  de  fila  j'y  su. 
«  Quand  j'eus  traversé  le  grand  creux 
d'eau  de  Mousu,  —  J'avance   quatre  pas 
et  j'y  ai'rive  tout  de  suite.  »  (Gorl.) 

I>e  gurges.  Ch.  de  u  en  o  (38).  A  R.-de- 
G.  o  fermé  entravé  par  un  groupe  où  la 
1"  lettre  est  r  =  ou  ;  cp.  gourla,  bourba. 
gourha. 

GORDA-ROBA  (gôrda-roba)  s.  m.  — 
A  Yzer.  Armoise. 

De  gnri'),  conserver,  et  roba,  robe. 
Sans  doute  de  ce  qu'on  attribua  à  cette 
plante  la  vertu  d'éloigner  les  insectes. 
GORE  V.  gor,  roche  de  grès  friable. 
GORGANDO  (gorgandô);  à  Lyon  gour- 
gaiidpy  v.  n.  et  a-  —Express,  péj.  Faire 
de  la  détestable  cuisine  :  Gourgafider  un 
plat,  Tabîmer. 

Je  crois  que  le  rad.  gorg  gourg  est  une 
oriomat.  du  I)ruit  d'un  liquide  qui  brûle 
sur  lo  feu  (cp.  gargotfer).  Au  rad.  s'est 
ajouté  un  sufT.  de  fantaisie  andô,  dont 
l'allongem.  marque  le  caract.  péj. 

GORGEON  (gorjon)  s.  m.  —Gorgée. 
De  louijjcr  au  civel,  de  croquer  un  pigeon. 
De  l»roul*»r  U  salule  el  de  boire  un  gorgeon.  {Goil  ) 
De  gorgi,  gorge,  av.  suff.  on. 
GORGOLA  (goi'gola)  s.  f.  —  G.irgonille. 
De  giïrg{i)tem  =  gorgl,  av.   sufif.    dim. 
ola.  Persistance  de  g  dur  devant  o  (170). 
GORGOLA   dans  l'express.  Beire  à   la 
gorgola,  boire  à  la  rigolade. 

De  gorgola  sul)s!.,  parce  que  le  cou  de 
la  bouteille  est  une  gorgola.  Beire  à  la 
gorgola,  boire  au  goulot. 

GORGOSSON  f^gorgosson)  s.  m.  Lim. 
gorgonl.  —  1.  Râle.  Al  a  lo  gorgosson,  il 
rîlle.i^.  Rsnvoi,  mauvais  goût  à  la  bouche, 
aigreur  par  suite  de  mauvaise  digestion. 
Du  rad.  de  gxirgitem  =  gorgi,  av.  sufT. 
oji  et  éponth.  d'une  syll.  pour  marquer  le 
caract.  péj.  r>e  mot  gorgosson  forme 
d'ailleurs  pour  le  sens  une  sorte  d'onomat. 
Sur  la  persist.  de  g  dur  fin.  cp  gorgola. 
GORLANCHARI  (g)rlanchari)  s.  f.  - 
\  R.-de-G.  Flânerie,  fainéantise. 


O  ret  par  to  galoque  j'ofisayo  dVciirc; 
Par  la  gorlanchari  sn  voutron  général. 
«  C'est  pour  vous   égayer  que  j'essaye 
d'écrire  ;  —  Pour  la   fainéantise  je  suis 
votre  général,  n  (^4  ma  z.) 

De  gorlaiicht,  av.  suflf.  ari  exprimant 
ici  l'idée  de  la  qualité,  et  répondant  au  fr. 
erie,  qui  est  lui-même  un  allongem.  du 
suff.  ie  par  analog.  av.  les  mots  terminés 
en  er  ou  ter  (cp.  boulanger,  boulangerie). 
GORLANCHI  (gorlanchi)  s.  f.  —  A  R.- 
de  G.  Flâneur,  fainéant.  C'est  aussi  un 
terme  d'amitié,  comme  ganachi  etc.  Les 
termes  péj.  se  prennent  qqfois  amicalem. 
en  plaisanterie. 

Gorlanrhes  de  l'indrel  onte  ma  vielli  môre 
Me  fil  vère  lu  jour,  presinci  de  mon  pore. 
«  Fainéants  de  l'endroit  où   ma   vieille 
mère  —  Me  mit  au  jour  en  présence  de 
mon  père.  »  {A  mo  j.) 
Subst.  V.  de  gorlanôhl. 
GORLANCHI  (gorlanchî)  v.  n.  —  Errer 
en  flânant,  vagabonder.  Sens  péj. 
Adzo  lo  gran  chamTn,  adto  h  viélly  rueta 
Onle  le  laulre  vé  j*allbve  gorlanchi. 
«  Adieu    le    grand   chemin,    adieu    la 
vieille  ruelle  —  Où  jadis  j'allais  flâner.  » 
(Sit.) 

Formé  sur  grola,  av.  un  sufl".  fréq. 
répondant  à  lat.  icare.  Si  grola  a  existé 
en  b.  lat.,  ce  qui  est  vrai.semblable,  un 
* grolat{i)care  aurait  formé  régulièrem. 
grolatchi  (15  2"),  grolncht  (181  5«), 
grolanchi,  par  nasalisât,  de  a  (184  ?<>) 
ti  gorlanchi  par  métath.  de  r  (187  !•). 
Cette  métath.  s'est  produite  dans  gourla 
pour  grola,  usité  à  R.-de-G.  Gorlanchi, 
traîner  la  savate. 

GORLANCHIA  (gorlanchia)  s.  f.  — 
Flânerie,  au  sens  péj. 

Donc,  vaulnnonein  flgni;  roué  preindre  ina  bf^uchia* 
El  j'arai  larmino  ma  longi  gorlanchia. 

€  Donc,  il  vaut  mieux  en  finir;  je  vais 
manger  un  morceau,  —  Et  j'aurai  terminé 
ma  longue  flânerie.  »  (Gorl.) 

Sul)st.  particip.  de  gorlanchî.  Gorlan- 
chia et  non  gorlanchiô  (1.  rem.). 

GORLIS  (^gorlî)  s.  m.  pi.  —  Surnom  des 
habitants  de  S^-Vérand  (Rev.  des  Pat.  J, 
180). 

De  gorla  (v.  corla),  courge,  av.  suiï.  î, 
(13).  Gorl't,  cultivateurs  de  courges. 

Le  n  d'homme,  Gorlier  ne  vient  pas  de 
là,  mais  du  vfr.  gorlier^  bourrelier 


Digitized  by 


Google 


198 


GORR 


GORRA  (gôra);  ap,  Coch.  COURRA, 
forme  qui  existe  encore  ;  s.  f.  —  1.  Terme 
péj.  Se  dit  le  plus  communém.  d'une  mé- 
chante vache,  mais  aussi  d'une  méchante 
chèvre  «  G^los  bochis  nos  fant  mingi  de 
la //on'a  »,  ces  bouchers  nous  fontmanj^er 
de  la  vieille  vache.  S'emploie  surtout  av. 
l'adj.  vieilli  :  ina  vieilli  gorra. 

Monin  donne  le  celt.  gawr  (pour  arm* 
gaour  gavr,  gaël.  gabhar),  chèvre,  ce 
qui  n'est  pas  vraisemhlabh.  Coch.  le  tire 
de  fr.  gourer,  ce  qui  est  forcé  comme  sens. 
Diez(II  c)  fait  de  vfr.  gorre  deux  mots: 
le  !••■  av.  le  sons  de  maigre,  pauvre  ;  for. 
gourrifi,  pauvre,  vaga!)ond  (Roquef  )  ; 
l'autre  av.  le  sens  de  truie  et  de  méoliante 
cavale,  rosse.  Je  doute  fort  que  gorre, 
truie,  et  gorre,  rosse,  soient  le  même  mot. 
La  truie  est  précisément  un  animal  au(|uel 
gorra,  au  sons  de  maigre,  ne  s'applique 
jamais.  Le  mha.  a  gurre,  méchant  ciieval, 
méchante  cavale,  mais  il  a  été  prol)ablem. 
emprunté  au  roman. 

Je  crois  au  contraire  que  notre  gorra 
doit  être  identifié  avec  gorre,  pauvre, 
maigre,  que  Diez,  comme  Coch.,  rapproche, 
à  tort  ce  me  semble,  de  vfr.  gourrer  (v. 
agourA),  m.  lat.  gorrinare  «  decipere  », 
dans  lequel  Littré  voit  l'arabe  ghavr. 
Diez  rapproche  aussi  le  vha.  gôrag^ 
pauvre,  misèra))le,  le  néerl.  gorre,  avare, 
mesquin,  et  le goth.  ^aiir-5.  affligé,  quoique 
Grimm  doute  de  la  parenté  de  gaur-s  et 
de  gôrag.  Schade  ajoute  comme  rappro- 
chem.  possible  le  souabe  gann^n,  être 
affligé.  On  peut  s'en  tenir  au  vha.  qui, 
sans  ofl'rir  de  certitude,  est  ce  qui  satisfait 
le  mieux  à  la  forme  et  au  sens. 

2.  Femme  de  mauvaise  vie. 

De  gourra,  fr.  gorre,  qui  a  certainem. 
existé  chez  nous  au  sens  de  truie,  mais  ne 
subsiste  plus  que  dans  les  dér.  Gorre 
pour  truie  est  encore  usité  en  For.  Diez 
propose  ail,  gorren  gurren,  grogner.  Le 
vha.,  mha.,  ags.  gor,  excrément,  fumier, 
rendent  bien  mieux  compte  de  gorret 
truie.  Cp.  cayon,  qui  se  rapporte  proba- 
blem.  à  l'arm.  kalar  (Aa/Aar),corn.  cail- 
lar,  i)oue,  ordure.  Burguy  dit  que  le 
même  rail,  gor  existe  en  celt.,  mais  ce 
n'est  qu'au  sens  de  pus,  sang  caillé,  et 
jamais,  à  ma  connaissance,  au  sens 
d'ordure. 


GOSSI  (gôssi);  ap,  Coch.  G  AUSSI  ;  à 
Lyon  gosse  s.  f.  —  Raillerie,  spécialem. 
av.  le  caract.  de  bourde  inventée,  t  A  me 
l'a  dit,  mé  je  créye  que  sayêze  ina  gosai  », 
il  me  l'a  dit  mais  je  crois  que  c'est  une 
bourde. 

Subst.  V.  tiré  de  gossi,  v. 

GOSSI  (gôssi);  ap.  Coch.  GAUSSI  ;  à 
Ijvon  gosser  v.  a.  —  Railler. 

De  fr.  gausser.  Sufl".  t  (14  3»,  rem.  2). 
Ch.  de  au  en  o  (75,  rem.  1). 

GOTA  (gôta)  ;  ap.  Coch.  GOUTA  s.  f. 
—  1.  Ravin  pour  faire  évacuer  l'eau. 
2.  Source. 

Non  de  gntta,  ce  qui  ne  serait  pas 
conforme  k  la  formation  logique,  mais 
tiré  à*agotô,  égoutter,  réduit  à  gotô.  De 
même  la  forme  de  Coch.  est  faite  sur 
égoutter  réduit  à  goutter. 

'GOTTIRI  (g<itiri)  ;  à  Lyon  gouttière 
s.  f.  —  Voie  d'eau  produite  à  la  toiture 
par  le  bris  d'une  tuile  ou  qq.  chose  d'ana- 
logue. 

De  gnlta  =  gotta ,  av.  suff.  aria  = 
iriilS). 

GOTTOUS,  OUTA  (gôtou.  ouza)  adj.  — 
Marécageux.  Se  dit  surtout  des  terrains 
où  il  y  a  des  filtrations. 

De  gntta^  av.  sulT.  osus  (35). 

GOUBIO(goubio)s.  m.  — Engourdissem. 
des  doigts  causé  par  le  froid. 

De  gybbtés,  parce  que  l'engourdissem. 
donne  la  sensation  d'enflure.  Cp.  Aunis 
gobe,  enflé,  gonflé.  L'y  avait  passé  à  u 
dés  le  m.  â  :  gubba  pour  gibba  (Du  G.)  ; 
it.  gobbo,  bossu.  Cp.  byrsa  =.  bourse, 
crypta  =  vfr.  croûte.  Goubio  suppose 
une  forme  ^gubbeum  pour  expliquer  io  at. 

*  GOUBIO  V.  gobeau. 

GOUCHI  (gouchl)  GAUCHI  (gôch!)  ;  à 
Crap.  GAUSSI  ;  ap.  Coch.  GAUCHIA  v. 
a.  Dph.  gouchié—  Presser,  fouler.  Gourhi 
la  vindêmi,  fouler  la  vendange  dans  la 
cuve.  Vx  for.  gougie,  secouer  (Ghap.). 
(u'est  par  erreur  qu'à  chouchi  j'ai  rap- 
proché gouchl,  qui  est  un  mot  différent. 

Orig.  germ.  —  Vha.  wsilkan  loalohan, 
mha.  walchen  walken,  suéd.  xjoalka, 
holl.  wallen,  ail.  walken,  fouler,  presser. 
La  vocalisât,  de  /  (170  2",  a)  donne  au, 
qui  passe  à  ou  (49)  ;  suff".  t  (15  2»).  I^ 
passage  de  ch  à  ss  dans  la  forme  gaussi 
s'est  opérée  sous  qq.  infl.  inconn. 


Digitized  by 


Google 


GOUI 


199 


GOUILLAT  (goulhà)  GOLIAT  (golhà) 
8.  m.  Fr.-coml.  gouillet,  Morvan  goueilld^ 
for.  gouillat^  dph.  goulia,  geoev.  gouille 
—  Mare,  flaque  d'eau,  le  plus  souvent 
l>ourbeuse(v.  gaillot).  Gers  goiiha^  mouil- 
ler, en  parlant  de  la  pluie.  Lim.  s^engo- 
oullia,  mettre  le  pied  dans  l'eau  de  façon 
qu'elle  entre  dans  la  chaussure.  Morv. 
se  goueiller^  se  couvrir  de  boue. 

Loux  Angloy  pourrion  ben  sota  din  lo  goulia. 

«  Les  Anglais  pourraient  bien  sauter 
dans  la  mare.  ii(Chans,dph.) 

Le  phonème  gouil  pour  exprimer  Teau, 
et  spécialem.  l'eau  bourbeuse,  se  trouve 
dans  presque  tous  nos  patois.  Dph.,  genev. 
goiiillat  ;  ss.-rom.  gollha  gollhe,  lim. 
gaulhas,  bourg.,  berr.  gouillat,  Vosg. 
gueuyot  gouyat  gouïotf  fr,'Comi.  gouillet 
gouille,  piém.  goui,  mare,  flaque  d'eau  ; 
Yonne  gouillat,  flaque  d'eau  qui  reste 
après  la  pluie;  ss.-rom.  gollhi,  se  mouil- 
ler, s'embourber.  Bridel  le  rattache  «  au 
celfc.  go,  eau  »,  que  je  ne  connais  point. 
Le  kym.  a  bien  gwl,  qualité  de  ce  qui  est 
mouillé  (mot  très  douteux);  et  le  corn. 
golhy^  laver,  mais  je  crois  que  le  véritable 
rad.  de  ces  mots  est  celui  qui  a  fait  le  vha. 
waskan  et  l'angl.  io  voash,  laver:  corn. 
golchy,  laver;  kym.  gwlychu  gwlych, 
mouiller  ;  arm.  gwalc'hi  gwelc'hi,  laver. 
Ce  rad.  aurait  dû  nous  donner  gouchial 
et  non  gouillat.  Je  crois  qu'il  faut  voir 
dans  gouillat  l'onomat.  ouil^  pat.  olh, 
qui  se  trouve  dans  tant  de  mots  relatifs  à 
l'eau  remuée:  gassouille,  bassouille, 
benouiller,  et  le  préf.  péj .  ga;  d'où  ga-ouil, 
réduit  à  gouil. 

'GOULA  (goula)  s.  f.  —  Ravin  où 
s'écoule  l'eau.  Je  ne  connais  le  mot  que 
par  Goch. 

De  ^u/a(34).  Un  ravin  n'ayant  pas  une 
grande  analogie  av.  une  gueule,  il  se  peut 
que  goula  ait  été  formé  sur  un  v.  'goula,, 
répondant  à  un  fr.  'gouler  (cp.  fr.  popul. 
dégouliner),   couler,   de    gula. 

•GOUR  V.  gor. 

GOURBA  (gourba)  s.  f.  -  A  R.-de-G. 
Bûche,  souche. 

Faut  quiî  chôcun  son  tour  laborése  la  bourba 

Et  par  carameintran  me  »arvè^e  de  gourba. 

«  Il  faut  que  chacun  à  son  tour  laboure 
du  [nez  la  bourbe  —  Et  le  mercredi  des 
cendres  me  serve  de  bûche  pour  monter 
le  mannequin  du  mardi-gras.  »  (Afel.) 


De  groba,  av.  métath.  de  r  (187  !•), 
d'où  gorba  et  gourba  par  le  passage  de 
0  à  ou  sous  infl.  de  r,  comme  dans  gour- 
la,  de  grola. 

GOUR  DO  (gourdô)  ;  à  Lyon  gourder  v. 
n,  —  Se  noyer,  aller  au  fond  de  l'eau. 

Formé  sur  gourde,  av.  sufF.  ô  (14  1»). 
Métaphore  tirée  de  la  gourde  qui  flotte  sur 
l'eau,  et  plonge  au  fond  à  mesure  que 
l'eau  pénètre  par  le  goulot. 

GOURGANT  (gourgan)  s.  m.  —Terme 
péj.  -  Traiteur. 

Subst.  V.  de  gorgandô  gourgander. 

GOURGUILLON  (gourghilhon)  s.  m. 
it.  gorgoglione.  —  Charançon  du  pois. 

De  curculionem.  Gh.  de  c  en  ^  (87, 
rem.  et  170  !•);  l'insert.  de  i  de  gui  est 
due  à  l'attract.  de  l'yotte  du  groupe  io. 

GOURLA  y.grolla. 

GOURLEYI  (gourlè-yl)  v.  a.  —  Fouler 
aux  pieds. 

Non,  non,  créié jamais,  non  jamais  Rebreyl 

Par  In  bommo  paré  s'cisé  tu  gourleyî. 

«  Non,  non,  je  ne  le  croirai  jamais,  non 
jamais  Rebroyé  —  Par  un  homme  pareil 
ne  s'était  vu  foulé  aux  pieds.  »  {Mel.) 

De  gourla,  av.  sufl".  fréq.  èyî,  répondant 
à  fr.  oyer. 

GOURO  V.  agourô. 

GOURRA  V.  gorra. 

GOURRASSU  (gourassu)  s.  m.  — 
Coureur  de  filles. 

De  gourra  2.,  av.  un  1"  sufî.  péj.  asse^ 
puis  un  2''  sufl".  péj.  u  (34  bis)  qui  marque 
le  genre  masc. 

'GOURRET  V,  gourrin. 

GOURRIN  (gourin);  ap.  Goch.  GOUR- 
RET  (gouré)  s.  m.  Vfr.  gorrin,  got^eau, 
gorron  —  1.  Petit  porc. 

De  gourra,  au  sens  de  truie  (v.  gorra  2.), 
av.  sufl".  dim.  in  ou  et. 

2.  Terme  péj.  Coureur  de  filles.  Esp. 
gorron  «  mulierosus  homo  »,  gorrona 
«  scortum  ».  M.  lat.  gorrinare  «  decipere  », 
gorrinus  «  subductor  ». 

De  goui-ra  2.,  av.  suff.  m(?)  du  reste 
mal  appliqué,  car  ce  suff".  diminue  le 
thème  sans  le  changer.  C'est  peut-être 
plus  simplem.  gourrin  i.  pris  au  fig. 
L'homme  qui  court  les  filles  est  considéré 
comme  un  petit  porc,  un  malpropre. 

GOURRIN  A  (gourina)  s.  f.  —  Femme 
de  mauvaise  vie. 


Digitized  by 


Google 


200 


GOUR 


A  agourino/ysix  tiré  f/ourrine  de  gourrc 
mal  de  Naples,  ôtyiii.  qui  semblait  natu- 
relle. Je  me  demande  si  Ton  ne  doit  pas 
y  voir  plutôt  un  dér.  de  gorre  gourre, 
truie.  <îp.  guillnrda,  femme  de  mauvaise 
vie,  de  guillarda,  truie.  Le  rapprochem. 
av.  Tàngl.  lohore,  prostituée,  n'est  pas 
admissible  parce  que  tohore  vient  d'un 
rad.  à  h  iuit.,  et  que  h  init.  germ.  ne 
donne  pas  g  dur  en  fr. 

GOURRINO  (gounnô)v.n.— Fréquenter 
les  femmes  de  mauvaise  vie. 

De  gourrina.  av.  sufT.  ô  (14  3"). 

GOUTA  V.  gota. 

'GOUY  V.  goye. 

GOVAR  (govar);  à  Crap.  GOVER  s.  m. 
Vfr.  gouvertf  dph.  gouver  —  Art  d'admi- 
nistrer, de  se  conduire  ou  de  conduire  les 
autres. 

J'ai  toujours  <lzil  :  Oué,  quelcs  tlu(^  pirouses 
Aiit  de  gotâr^  coiiiiiià  duc  govanioiise». 

«  Je  l'ai  toujours  dit  :  Oui.  ces  deux 
piqueuses  (de  charbon)  —  Savent  se 
gouverner  comme  deux  gouverneurs  (de 
mine;  femelles.  »  (Due  B.) 

Subst.  V.  de  govaniô,  de  gub^rnnre. 
Ch.  de  H  bref  en  o  (69);  de  b  en  r  (141): 
de  er  en  ar  (24). 

GOVER  V.  govar. 

GOY  V.  goije. 

GOYARDA  (ga-yarda)  s.  f  —  Grosse 
goye. 

De  goyCt  av.  suff.  germ.  ard. 

GOYE  (go-ye)  s.  f.  ;  à  River.  GOY  GOUY  ; 
à  S*-Mart.  GOY  ;  î'i  Morn.  GOI  (goi)  :  ap. 
Goch.  GOUY  s.  m.  —  Grosse  s«npelte. 
Coch.  ajoute  :  a  A  Dijon  Goy  ou  Gouy  est 
une  serpette  à  couper  les  raisins.  »  Dph. 
guoy  gouy  ;  .serpe. 

Paraît  se  rattacher  au  b.  lat  guria, 
gubia  (Isid.),  écrit  aussi  gulvia,  gulbia  : 
esp.  gubia,  port,  goiva,  fr.  gouge,  ciseau 
cintré  en  section  transversale.  Diez  y  voit 
le  basque  gubia,  arc,  arche  ;  guhioa, 
gorge.  Ces  mots,  donnés  par  G.  de  tlum- 
boldl,  !ie  fîgurent  pas  dans  le  Diction,  de 
Van  Eys.  Larramendi  expliqu?  le  bas(iue 
gubia  par  une  forme  gurbia^  gurbias 
dont  on  rapproclie  l'it.  gorbia  sgorbia, 
pointe  d'une  flèche,  que  d'autres  tirent  de 
yooT^o;,  javel«>t.  M.  Ha;;ge  tire  gulbia 
gubia  àw  ÇG\i:  w  kym.  gilb  «  foratorium 
vel  rostrum  »,  gilbin  «  acumine  »,  kym. 
Çy^f  '^^  Oyifih   Ix-C  ;   ga«'l.   gHb,  ciseau, 


gilb  chruinn,  gouge.  I^a  Vf)y.  primitive  fi 
se  retrouverait  dans  le  vx  irl.  gulpnn 
«  aculeum  »,  m.  irl.  et  irl.  gulbba,  (jui 
conduirait  à  un  thème  ^gulb^  d'où  s-^rait 
sorti  gulbia.  Le  celtique  paraît  très 
préférable  au  basque  et  surtout  au  grec. 
Quant  ài/iu'm  =  go  ye,  la  format,  pourrait 
peut-être  s'expliquer  par  l'assimilât,  de  v 
à  u  qui  précède.  Étant  donnée  la  parenté 
des  2  lettres,  cette  assimilât,  n'a  rien  de 
choquant.  On  aurait  eu  guuia,  d'où  goye. 
Peut-être  la  format,  a-t-elle  eu  lieu  sur 
guvium  =  goï.  feuiinisé  en  goye. 

GOYETTA  (go-yèla)  s.  f.  —  Petite  ser- 
pette. 

De  goye,  av.  sufl*.  dim.  elta. 

'GRABOT  (grabô)  s.  m.  —  Criblures 
du  blé. 

Du  b.  lat.  grabottum,  ce  qui  est  rejeté 
du  van.  Le  rad.  grab  se  retrouve  dans 
vha.  grapan  grahan  crapan,  graver  (sur 
métaux)  et  aussi  creuser;  vx  sax.  grabhan 
grardu,  ags.  gvafan,  nord,  giafa,  ail. 
/7>7f6^';î,  creus»'r  ;  d'r,ù  ?\\.  arabe  et  angl. 
grave,  fosse,  sépulcre.  Dans  les  dér.  ce 
rad.  a  pris  le  sens  de  dc.^^ordie.  confusion, 
en  péle-mAle.  conmie  est  la  terre  rejetfM» 
de  la  fo.sse.  Cp.  garbouiller,  grabouiller^ 
brouiller;  it.  garbuglio,  confusion,  fi. 
grabuge.  Scheler  compare  av.  raison 
fouillis,  de  fouiller.  Au  rad.  grab  s'est 
ajouté  le  sufl*  ettutn  ottum,  qui  a  un  sens 
dim.  Le  grabot  est  donc  ce  qui  est  mélè, 
confus,  rejeté  du  van,  comme  le  déblai  de 
la  fosse.  Le  même  rad.  a  formé  b.  lat. 
garbellare,  cril)Ier.  Il  .se  peut  qu'il  y  ait 
eu  une  forme  *  garbellare  *  grabettare 
dont  serait  sorti  ^grabetlum  graboHum, 

GRABOTTA  (grabôla)  s.   f.   —  Terme 
pej.   Se  dit  de  qqu'un  qui  travaille   mal, 
fait  Ir^s  choses  lentem.  et  à  demi.  Littér.. 
qui  gratte  au  lieu  do  creuser. 
Quela  violy  grabotta 

Est  cent  vi^s  niio  (aly  par  chaneyi  h  hotta 
Que  par  Taire  de  vàrs. 

«  Ce  vieux  maladroit  —  Est  cent  fois 
mieux  taillé  pour  porter  la  hotte  —  Que 
pour  faire  des  vers.  »  {Gorl  ) 

Sul)st.  V.  de  grabollô. 

*GRABOTTO  (grabùtô)  ;  à  Lyon  gra- 
botter  V.  a.  —  Fouiller  legèrem.  ««  Le 
polailleantben  tant/7/•a/>o/^>celofomoral  », 
les  poules  ont  bien  tant  gratte  dans  ce 
tas  do  funiiei'. 


Digitized  by 


Google 


GRAB 


•201 


Lo.V'jid.  ffrab  (v.grabol),  creuser,  a  pris 
dans  des  dér.  le  sens  de  gratter:  holl. 
krahbelen.  Je  ne  crois  pas  qu'il  faille 
rapprocher  grabotter  de  pr.  grapa,  gratter 
la  terre,  vpr.  grapar,  it.  grappare,  angl. 
to  scrape,  ail.  grappeln.  Ces  mots  se 
rattachent  au  vha.  krapfo,  dont  tous  les 
dér.  ont  gardé  le  p  à  cause  de  l'entrave.  — 
Au  rad.  grab  s'est  ajouté  le  suff.  fréq.  olto. 
'GRABOTTON  (grabôton)  dans  laloc. 
A  grabotton,  en  grabotton,  [se  tenir]  les 
genoux  repliés. 

Gorrupt.  de  à  croupeton,  probablem. 
sous  l'infl.  de  grabotter,  parce  que  pour 
grabotter  le  sol  il  faut  s'accroupir. 

•GRAFFIGNI  (grafigni)  GRAFFINO 
(grafinô)  v.  a.  Ss.-rom.  graffougnia,  it. 
graffiare  —  Égratigner. 

Du  vha.  crapho  chraffo  chrapfo,  mha. 
krapfe  chraphe.  Au  rad.  graf  s'est  ajouté 
le  sufî.  fréq.  igni  inô,  répond*  à  fr.  iner. 
Quand  w  est  mouillée,  la  fin.  est  i  (15  4'); 
quand  elle  ne  Test  pas  la  fin.  est  <5  (14  S»;. 
—  Le  rad.  se  retrouve  en  celt:  kym.  craff, 
crampon  de  fer,  arm.  crapaff,  agrafe, 
kym.  crafUj  racler,  mais  je  crois  que 
c'est  un  emprunt  fait  au  roman. 

GRAFFIGNURI  (grafignuri)  GRAFFI- 
GNURA  s.  f.  —  Égratignure. 

Par  faire  remarqué  la  motrua  graffignuri. 
«  Pour    faire    remarquer  la    méchante 
égratignure.  »  (Mel.) 

Formé  sur  graffigni,  par  analog.  av. 
égratignure  sur  égratigner, 
GRAFFINO  V.  graffigni, 
•GRAILLI  y^grôlli. 
GRAILLONS  (grâlhon)  s.    m.  pi.  — 
Terme  de  maçonnerie  lyonnaise  ;    Petits 
éclats  de  pierre  servant  à  garnir  les  inter- 
stices des  maçonneries. 

Non  de  fr.  gresle  grêle,  de  grès^  qui 
àonne  grêlons,  mais  de  grSicilem,  Ch.  de 
ac  en  ai  (10).  Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff. 
on  ;  VI  est  mouillée  sous  infl.  de  c.  Sur 
la  dérival,  de  sens,  cp.  vfr.  gratte  graille 
graisle,  vpr.  graile,  mince. 

GRAILUN  GREILLON  vin.  t  Item  III 
écuelles  et  III  grailuns  de  paitro  (étain).  » 
(L.  de  R.)  —  «  Oreillons  48.  »  (ïnv.  de 
la  Manecant.  1688) 

Le  grailun,  au  XIV»  s.,  était  probablem. 
ce  que  nous  appelons  aujourd'hui  «  assiette 
creuse  »,  assiette  à  soupe  ;  le  vfr.  et  vpr. 


grazal,  vx  cat.  gresal  s'appliquent  à  des 
coupes. 

De  h.  lat.  crsitum,  de  crater^  av.  suff. 
alis,  d'où  crait)Silem  =  graal,  auq.  s'est 
adjoint  le  suff.  un,  plus  tard  on^  d*où 
graalum  et  grailun  greillon  par  mouil- 
lem.  «le  l,  peut-être  sous  infl.  du  suff. 
dim.  illon. 

GRAISEMOTTES  (grèzemôte)  s.  m.  pi. 

—  Raisins  laissés  verts  après  la  récolte. 
Subst.  V.  de  graisemottô, 
GRAISEMOTTO   (grôzemôtô)  v.   a.    - 

Grapiller  après  la  récolte. 

De  racema,re.  Prosth.  de  g  (183  1")  ; 
ch.  de  ac  en  ai  (61)  ;  substitut,  du  suff. 
fréq.  ottô  (cp.  tremblotter,  de  trembler). 

"GRAMO  (gramo);  à  Grap.  GROMIN 
(grômin)  s.  m.  —  Chiendent. 

De  gra,men  pour  la  forme  gramo.  La 
persist.  de  a  est  due  à  la  nasalisât.  (9). 

—  De  graminum  pour  la  forme  grômin, 
Ch.  de  a  prot.  en  ô  (59). 

GRAMUSI  (gramuzl)  v.  a.  —  Écorcher 
av.  les  ongles. 

Orig.  germ.  —  Vha.  chHmman  krim- 
man,  mha.  krimmen  grimmen,  gratter, 
presser.  Au  rad.  s'est  ajouté  un  suff.  fréq. 
usi,  qu'on  retrouve  dans  vfr.  gratuser, 
pr.  gratusary  fréq.  de  gratter,  gratar  ; 
dph.  gratusi,  it.  gratusa^  râpe.  Du  rad. 
est  encore  issu  l'it.  gremire  ghei*mire^ 
gratter  av.  les  ongles.  Je  ne  sais  pas 
expliquer  le  passage  de  i  init.  à  a,  mais 
le  nor.  a  kremja^  prêt,  kramdha,  partie. 
kramidhr^  presser,  torturer,  qui  contient 
évidemm.  le  même  rad. 

GRANOLLI  (granolhf);  RENOLLI  (re- 
nolhf)  ;  ap.  Goch.  GRENOLLI  v.  n.  — 
Demeurer  longtemps  au  cabaret. 

De  granolli^  grenouille,  av.  suff.  l  (15 
4»).  C'est  une  antiphrase.  Séjourner  dans 
le  vin  comme  la  grenouille  dans  l'eau.  La 
forme  renolhï  remonte  à  une  époque  où 
laprosthèse  de  g  dans  grenouille  {ranu- 
cula)  n'était  pas  encore  accomplie.  On 
trouve  encore  vfr.  renouille  au  XIV*  s. 

GRAPA  V.  grappin. 

•GRAPILLI  (A  LA)loc.  v.  graspille. 

•GRAPPIGNANT  (grapignan)  s.  m.  — 
€  Escroqueur,  homme  avide.  En  Lorraine 
grapeignan.  »  (Goch.)  —  Je  crois  qu'il  se 
traduit  plus  exactem.  par  grippe-sous. 

Du  rad.  grap  (v.  graffigni),  probablem, 

23 


Digitized  by 


Google 


•202 


GRAP 


par  pr.  grnpa^  racler,  gratter;  it.  grap- 
pare.  Le  thème  du  vha.  chrapfo  a  donne, 
à  côté  des  dér.  av.  f  finale,  une  sûrie  de 
dér.  av. p  (cp.  In.  ngropjy  norm.  grappevy 
pic.  agraper,  saisir  fortement,  accrocher  ; 
fr.  grappin  ;  esp.,  it.,  ptg.,  grapa,  cro- 
chet). A  grapa  s'est  ajouté  le  suff.  fréq. 
ignant  qui  reprës?nte  le  partie,  prés,  d'un 
y.  fictif  grappigni,  analogue  k  graffigm. 

GRAPPILLI  loc.  V.  graspilli. 

GRAPPILLI  (grapiihî)  1.  v.  a.  For. 
grapili  —  Griveler. 

Mais  les  Qcnts  distant  tous  qu'au  Taïl  grapili 

La  plupart  d'u  flalons  qu't^riaiit  sus  sun  liabil. 

«  Mais  les  gens  disaient  tous  qu'il  avait 
dérobé  —  La  plupart  des  galons  qui 
étaient  sur  son  hal)it.  »  (Chap.) 

De  fr.  grapiller,  de  grappe,  av.  sufT. 
fréq.  et  dim.  ilhi^  Grapiller,  ramasser 
les  grappes  oubliées. 

8.  V.  n.  —  Grimper. 

Semble  non  une  corrupt.  de  grhnpillery 
mais  venir  du  rad.  ci-dessus /7rap,  parce 
que,  pour  grimper,  il  faut  s'accrocher  des 
pieds  et  des  mains.  Cp.  ail.  m  die  Hohe 
grahheln,  grimper,  litter.  ramper  en  haut, 
et  vfr.  graver,  grimper,  qui  s'explique 
diflicilem.  par  gradus  ire. 

GRAPPIN  (grapin)  s.  m.  ;  m.  lat.  à  Lyon 
GRAPA  s.  f.  —  \.  A  Lyon  Tisonnier. 
«  Unam  grapam.  »  (Inv.  de  J.  de  Bel- 
lora,  1374). 

Dérivât,  de  sens  du  fr.  grappin. 

2.  A  Lyon  Surnom  du  Diable.  «  Quand 
te  vindras  à  murî,  Grappin  aura  tôt  fait 
de  l'emporter.  » 

De  ce  que  le  Diable  est  représenté  tison- 
nant les  damnés. 

GRASILLI  (grazilhl)  v.  a.  —  Abîmer, 
gâcher,  en  parlant  d'un  travaiL 

Graiillant  lo  travar  à  lo  boniia  aventura. 

«  GAchant  le  travail  au  hasard.  »  (Hym,) 

Je  crois  que  ce  mot  doit  être  rapporté 
au  vfr.  garsilier  grasilier  (de  garse),  être 
débauché,  qui  a  donné  In.  gra^illonou. 
De  se  mal  comporter  à  gâter,  abîmer,  au 
sens  act.,  la  dérivât,  de  sens  est  explicable. 
Garsilier  donne  grasiïhi  par  métath.  der 
(187  1")  et  ch.  de  ier  en  î  (15  1"). 
Toutefois  je  ne  sais  pourquoi  s  est  devenue 
douce,  même  dans  le  fr.  grasilier.  Le  berr. 
a  garsoiller  garsoyer,  gaspiller  ;  mais  il 
est  probablem.  composé  de  souiller  et  du 
préf.  péj,  ^ar. 


Grasilli  pourrait  encore  s'expliquer  par 
le  vfr.  essillier,  ravager,  gaspiller  (d'fxi- 
lium),  av.  préf.  péj.  gar  :  garessillier 
rarsillier  grassillier.  Il  reste  la  même 
difficulté  pour  le  passage  de  5  à  ^. 

GRASILLONOU.  OUSA  (gra/Jlhonou. 
ouza)  adj.  —  Débauché. 

Il  i^lsé  deios  sou  Isunis  forla  grasillonousa, 

Mais  soixante-sept  ans  la  reindzmt  farbelouva... 

«  Elle  élait,  dans  son  temps,  une  grande 
débauchée,  —  Mais  soixante -sept  ans 
l'ayant  détériorée...  »  {Gorl.) 

Non  de  g  résillon,  c'est-à-d.  chose  qui 
aurait  passé  au  feu,  personne  qui  aurait 
rôti  le  balai,  mais  identique,  par  mélath. 
de  r,  à  * garsilionon,  de  vfr.  garsilier^ 
grasillier  (de  garcc)y  av.  sulT.  ou,  de 
orem  (34  his),  et  épenth.  d'une  syll.  on 
pour  accentuer  le  caract.  fréq  et  péj.  Le 
mot  n'était  applicable  qu'au  masc,  mais 
l'étym.  s'étant  perdue  de  vue,  il  s'est 
appliqué  au  fém. 

GRASPILLE  (graspilhe);  ap.  Goch. 
GRAPILLI  dans  la  loc.  à  la  graspille, 
à  la  grapilli,  à  la  gribouillette.  «  Jeta  de 
sous  à  la  grapilli^ielav  de  la  inonnoye  à 
des  enfants  qui  se  tirent  par  les  cheveux 
pour  la  1  amasser.  »  (Goch.)  IIoll.  grabbeh 
action  de  ramasser  ce  qui  est  jeté  îi  la 
gribouillette  ;  geld  te  grabbel  gooien, 
jeter  de  l'argent  à  la  gribouillette. 

Du  rad.  grap  (v.  grapignan),  av.  sufT. 
dim.  fréq.  ilhi ;  mais  l'insert.  de  s  dans 
grasp  ne  s'explique  que  par  une  infl. 
étrangère,  peut-être  de  l'it.  graspo,  grappe 
égrenée,  venu  lui-même  du  vha.  raspôn, 
bavar.  raspchi  raspen ,  esp.  raspar^ 
gratter,  racler  ;  souabe  raspen,  piller. 
L'infl.  de  l'angl.  to  grasp,  saisir,  du  même 
rad.,  serait  la  plus  explicable,  s'il  était 
démontré  que  l'angl.  a  pu  donner  qq.  chose 
à  nos  pays. 

*GRASSOLA  (grassôla)  s.  f.  Dph.  gras 
sola  —  Petit  escabeau  ferré  pour  courir 
sur  la  glace. 

Subst.  V.  de  grassolô. 

'  GRASSOLO  (SE)  grassolô)  v.  pr.  — 
Courir  sur  la  glace  av.  la  grassôla. 

Du  vfr.  glaicier  glassier  glasser,  glis- 
ser, formé  sur  glace,  av.  suif.  verb.  er. 
A  ce  suff.  a  été  substitué  le  sufT.  dim.  oler 
(cp.  fignoler,  de  finir).  Le  ch.  de  gl  init. 
en  gr  est  fort  rare. 


Digitized  by 


Google 


G  RAT 


203 


GRATILLI  (gratllhi)  s.  f.  -  Chatouil- 
lement. 

Subst.  V.  de  gratilU. 

GRATILLI  (gratilhl)  v.  a.  —Chatouiller. 
.    De  fr.  gratter,  av.  suff.  fréq.  ilhi, 

GRATONS  (graton)  GRIATONS  s.  m. 
pi.  For.  g  ratons^  vfr.  gratons  (xiv°  s.), 
fr.  créions,  pr.  gratèu,  vel.  gratelou, 
Quercy  gratabel^  Igd.  gralabou,  lim. 
gro-outou,  piacent.  grattOn  —  Petits 
fragments  grillés  et  rissolés,  résidus  de  la 
graisse  de  porc  après  qu'elle  a  été  fondue. 
Guch.  donne  GRIATON  «  morceau  rac- 
corni  de  panne  de  porc,  d'où  l'on  exprime 
la  graisse  ».  Cette  définit.,  qui  se  rapproche 
de  celle  de  Lillré  pour  créions:  «  morceau 
de  graisse  de  porc  frais  ou  panne  apprê- 
tée »,  est  aVsolum.  inexacte  en  ce  qui 
concerne  nos  gratons.  La  définit,  de 
Golgr.  pour  graton  se  rapproche  de  la 
nôtre  :  «  graton  de  porc,  of  the  fat  that 
holds  the  entralls,  b-^ing  melted,  there 
remaines  a  floshie  part,  which  eut  in 
peeces,  is  thus  tear.nod  at  Paris.  »  Celle 
de  César  Oudin  pour  cretoti  est  rigousem. 
conforme  à  la  nôtre  pour  gratoti.  «  Un 
creton.  c'est  ce  qui  demeure  en  la  poisle 
après  qu'on  a  tiré  la  graisse  de  l'oing 
du  pourceau,  qui  est  le  saindoux,  et  est 
tout  rissolé  et  sec  comme  du  lard  qu*on 
met  dans  une  omelette.  »  (ap.  Godef.)  — 
Pavese  grato^  restes  de  viande  dont  on 
a  extrait  le  jus. 

Veyant  qu'o  ?et  pré  sur  cou  ton, 
R6clc  lo  darré  griaton. 

«  Voyant  qu'on  le  prend  sur  ce  ton,  — 
Il  racle  les  derniers  cretons.  »  (Vol.  de 
Jamb.) 

Littré  et  Schel,  après  avoir  rapproché 
pic.  croton,  graillon,  déclarent  l'orig. 
inconn.  Schel  ajoute  que  o  le  mot  pourrait 
se  rattacher  à  crotté  ».  liO  sens  de  c  mor- 
ceau de  panne  apprêté  »>  exclut  ce  rap- • 
prochem.  Une  hypolh.  plus  plausible 
serait  un  dér.  de  cratem,  choses  grillées. 

Cratem  a  laissé  '2  séries  de  dér.  (sans 
compter  ceux  par  l'interméd.  de  crati- 
cnlum)  dans  lesquels,  malgré  la  rareté  du 
fait,  i  a  persisté.  Dans  la  \^  série,  a  ton. 
persiste  :  \n.gratreys  (lf>^3),  grilleà  couler 
la  lessive  ;  vfr.  gralr,  claie  (Godef.)  ; 
graleiné  (?)  ^  souricière;  angl.  grate, 
grille.  J'y  ajoute  gratons  ai  gratèu.  Dans 
la  2»  série,   a  a  régulièrem.  passé   k  e  : 


vfr.  crétin  crétine,  hotle.  corbeille  (tnes- 
sées)  ;  gret,  tissu  à  jour.  .Py  ajoute  fr. 
cretons;  haguais  creti,  ratatiner;  vfr. 
grediller,  grésiller.  T^a  i"  s'expliquerait 
par  une  forme  cratfa,  la  8»  par  un  primi- 
tif roman  *  crête. 

L'object.  serait  qu'on  ne  trouve  pas 
ordinairem.,  dans  les  langues  romanes, 
cratem  au  sens  de  gril  à  rôlir,  sens  fourni 
par  craticulum  =  graïl.  Mais  le  piém. 
a  grata  «  craticola».  Un  autre  dér.  a 
fourni  le  sens  de  gril  ;  c'est  cratella  :  it. 
gradella,  tosc.  gratella,  piacent.  grdd- 
sella,  vénït.  graella.  Ce  cratella^  gril,  a 
existé  pour  le  pr.,  puisqu'on  trouve  gra- 
telou, qui  est  à  cratella  comme  gratèu  à 
crata.  Dans  la  forme  In.  griatons,  il  y  a 
eu  infl.  de  griller.  On  a  eu  certainem. 
grillaions,  passé  à  gri-yatons  griatons 
(164  2°,  c).  Gp.  Morvan  greille,  berr. 
gHllons,  cretons,  de  cralicula  +  sufif.  on, 
comme  gratons,  de  crata. 

GRATREYS  vin.  s.  m.  dansl'/wr.  de  la 
Manécant.  1633  —  Grille,  probablement 
pour  le  coulage  de  la  lessive. 

De  cratta  pour  crata,  plus  suff.  dim.  et. 
Cp.  vfr.  grate,  claie  en  osier,  aussi  de  cra- 
ta. Gh.  de  cr  init.  en  //r  (105)  ;  d'où  gratet. 
Au  m.  â.,  en  In.,  l'existence  des  groupes 
gr,  tr,  dr,  pr  dans  la  voy.  init.  appelait 
une  autre  r  dans  la  syll.  subséquente. 
On  disait  pe?*rfnV5,  rtrriW  etc.  Au  xvii's. 
cette  -infl.  avait  disparu.  Je  ne  sais  si  elle 
avait  persisté  exceptionnellem.  dans  gra- 
tret,  ou  si  c'est  le  scribe  qui  l'a  introduite, 
de  même  qu'il  a  défiguré  et  en  eys. 

GRATTABRIONO  (gratabrionô)  s.  m.  — 
En  Fr.-Ln.  Repas  de  9  heures. 

De  gratta,  gratter,  et  brio7i'),  part,  du 
V.  brionô  ,•  ss.-rom.  briouna,  émietter. 
D'où  brionô,  choses  émiettées.  et  gratta- 
br'u'iiô,  gratte-miettes,  lirionn  vient  de 
briser,  av.  suff.  fréq.  onô,  d'où  brisonô 
et  brionô  par  chute  (rare)  de  s  médiale, 
comme  dans  bisaccia^=biassi^  besace. 

GRATTABRIONO  (gratabrionô)  v.  n.  — 
En  Fr.-Ln.  Faire  le  repas  de  9  heures. 

De  grattabriofiô  subst.,  av.  sutT.  <î  (14 

;». 

GRATTAPAILLI  (grâtàpalhi)  s.  m.  —A 
Morn.  Poulet. 

De  gratta,  gratter,  et  pailli,  paille,  à 
cause  des  habitudes  du  poulet. 


Digitized  by 


Google 


204 


GRAV 


GRAVELIN  (gravelin)  s.  m.  —  A  Lyon, 
Homme  marqué  de  petite  vérole.  «  C'est 
un  gravelin  (B.  du  Lut).  »  Depuis  que 
B.  d.  L.  a  consigné  ce  mot,  il  n'y  a  pas 
encore  60  ans,  il  a  complf'lem.  disparu. 

De  gram\  qui  a  Lyon  veut  dire  marqué 
de  petite  vérole,  av.  suff.  in.  Le  sufT.  a 
été  relié  par  /,  par  analog.  av.  g  râtelle 
graveleux» 

GRAVOLLA  (gravùla)  s.  f.  -  Petite 
crevette  des  ruisseaux,  tiiphargus  pu- 
taneus, 

Decapretta,  de  capra=crapetta  (.Toret). 
Gh.  de  p  en  r  (140),  et  substitut,  du  suff. 
ola  au  suff.  etta. 

GREDINDELLA  (gredinJèla)  dans 
l'express.  Porto  à  la  gredindeile,  employée 
par  les  enfants  pour  t  porter  à  deux  sur 
les  mains  croisées  ».  A  Rennes /7rerftnde//e, 
rch.  à  grand*  dé  ciel. 

Je  crois  que  le  rch.  donne  le  sens  pri- 
mitif :  à  grande  selle,  corrompu  en  gredin- 
délie,  par  assimil.  de  s  av.  la  dentale. 

GREFFIER  (gréfié)  s.  m.  Ne  s'emploie 
qu'av.  l'art,  le  «  Où  est  le  greffier  f  3  — 
A  Lyon  Chat. 

Jeu  de  mots  sur  griffe.  Greffier  pour 
griffier,  de  griffe,  av.  suff.  ter,  applicable 
aux  noms  de  métier  (13). 

GREFFOU  (grèfou)  s.  m.  —  Outil  pour 
greffer. 

Du  fr,  greffe^  av.  suff.  ou,  d'orem  (34 
bis). 

GREiLLON  V.  grailun, 

GRÊLA  (grêla)  s.  f.  —  Qualité  de  char- 
bon, de  moyenne  grosseur. 

De  fr.  grêle^  quoique  la  grêla  soit 
beaucoup  plus  grosse  que  les  grêlons. 
Fin.  a  (14  3«). 

GRÉLAIRO  (grélèro)  h.  m.  —  A  R.  de-G. 
Mineur  qui  extrait  la  grêla. 

Crocbeleurs,  pcreyoux,  grélairo, 
Perroroux  et  Parumolairo. 

«  Grocheteurs,  mineurs,  extracteurs  de 
grêle,  —  Ghaudronniers  et  gagne-petits.  » 
{Disc.  Roq.) 

De  grêla,  av.  suff.  a/ro,  applicable  aux 
noms  de  métiers  (13.  rem.) 

GRELET(grelè)GRELUadj.ordinnirem. 
employé  sculem.  au  masc.  —  Étriqué, 
chétif. 

De  'grac{t)letum,  de  gra,cilefn,  qui 
donne  grailet  par  ch.   de  ac  en  ai  (61). 


Grailet  a  passé  à  grelet  par  affaiblissem. 
de  la  prot.  Dans  grelu,  le  suff.  u,  d'osus 
(35),  a  été  substitué  à  et, 

GRELU  V.  grelet. 

GREMICIAU  (gremissiô)  UNGREMI- 
Cl  AU  dans  les  loc.  in  grémiciau,  à  iingre- 
miciau  ;  for.  en  grimodon,  ss.-rom.  à 
gremautOH,  à  l'accroupie,  en  se  ramassant 
sur  soi-même,  en  se  pelotonnant.  Vfr. 
gremissel,  pelote. 

Dd  grnmum,  av.  un  suff.  iceus(f)  = 
icius,  qui  a  donné  un  certain  nombre  de 
subst.  (cp.  coulis,  taillis)  :  puis  un  2*  suff. 
ellum:=tau  (32).  On  devrait  avoir  ^ra- 
miciau.  La  forme  ungremiciau  est  le 
résultat  d'une  confus,  av.  la  prépos.  in 
{=  en  fr.).  In  gremiciau  est  devenu  à 
ingremiciau,  à  ungremiciau.  —  L'étym. 
gremium,  qui  serait  naturelle,  est  contre- 
dite par  le  sens  du  vfr.  gre missel. 

•GRENOILLI  (Je  suis  l'orth.  de  Coch., 
mais  je  crois  qu'on  dirait  aujourd'hui 
granàlhi)  ;  à  Lyon  gre?iouille  s.  f.  — 
Treuil  qui  sert  à  élever  les  fardeaux. 
Tend  à  vieillir. 

La  môme  analog.  qui  a  fait  voir  une 
chèvre  dans  l'appareil  composé  de  deux 
mâts  inclinés  pour  soulever  les  fardeaux, 
une  grue  dans  l'appareil  qui  n'a  qu'un 
mât,  a  fait  voir  dans  un  treuil  horizontal 
reposant  sur  deux  tréteaux  une  grenouille 
ramassée  sur  elle-même. 

GRENOLLI  V.  granolli. 

GRÈPE  (grèpe)  s.  m.  —  Oiseau  aqua- 
tique ;  podiceps.  Vieilli.  Se  trouve  dans 
Molard. 

De  ail.  grèbe,  îv.gri'be.  mais  la  remonte 
de  6  à  p  est  fort  singulière. 

GRÈPI  (grèpi)  s.  f.  —  Lassitude,  acca- 
blement. Sur  le  fém.  cp.  la  fret,  la  froid. 

Subst.  tiré  de  grèpi,  adj. 

GRÈPI,  ÉPIA  (grèpi,  épia)  adj.-  Las, 
fatigué,  recru.  A  Paniss.  Qui  a  l'onglée. 
Dph.  grepe,  pr.  grep,  gasc.  grèpi,  céven. 
agrespesi,  qui  a  l'onglée,  qui  est  engourdi 
par  le  froid.  Pavese  grepia,  tartre  des 
tonneaux  ;  Gers  grep,  tuf,  terre  dure. 

Du  germ.  —  Goth.  greipan;  nord.,  vx 
frison,  suéd.  gj'ipft  ;  vx  sax.,  ags.  gr'ipan, 
saisir,  griper.  L'idée  est  celle  d'être 
enraidi,  enrouillé.  Au  rad.  s'est  ajouté  le 
suff.  itus  (cp.  allouvi  et  tous  les  part,  de 
la  4«  conjug.).  On  a  eu  grêpi,  puis  grèpi. 


Digitized  by 


Google 


GRÉS 


205 


par  la  régress.  d'ace,  fréquente  dans  les 
adj.  faits  sur  les  partie.  Gp.  enfle  pour 
enflé,  gâte  pour  gdléy  trempe  pour 
trempé. 

GRÉSILLONS  (grézilhon)  s.  m.  pi.  — 
Mâchefer. 

Non  de  fr.  grésil,  petite  grêle,  mais  de 
grésiller,  dim.  de  griller,  car  les  grésillons 
peuvent  être  très  gros.  Au  thème  s'est 
adjoint  le  suff.  on. 

*GRIAFFON  (griafon)  s.  m.  Pr.  gra- 
fioun  agrefloun,  dph.  grafflon  grafiou, 
Tarentaise  greflon,  milan,  sgrafflon.  — 
Bigarreau.  Ss.-rom.^ra/îo/i,  grosse  cirise 
entée. 

Le  bigarreau  étant  une  cerise  greffée, 
par  opposit.  à  la  cerise  sauvage,  je  crois 
que  le  mot  n'est  autre  que  le  vfr.  graffe, 
pr.  grafl,  cév.,  toulous.  grafiu,  greffe, 
ente  ;  d'un  v.  formé  sur  graphium.  A  ce 
rad.  s'est  ajouté  le  suff.  on.  Le  griafon 
est  ce  qui  vient  de  la  greffe.  Le  mot  est 
venu  par  le  pr.  graflou  i,  (formé  sur  grafl), 
qui  a  d^nné  griafon  par  méfath.  de  i. 

•QRIATONS  V   gratons. 

GRIBIT  (grihi)  s.  m.  —  Gendarme. 
Su  noutrcs  due  niargots  lo  oribis  faut  m  n  bôssa. 

«  Sur  nos  deux  ivrognesses  les  gendar- 
mes font  main  bass».  »  {l)ué  Bih.) 

Dér.  fantaisiste  de  fr.  griper,  saisir, 
av.  un  suff.  it.  insolite,  mais  employé  par 
analog.  av.  bandit,  proscrit,  conscrit  etc. 
On  a  eu  gripi,  où  p  s'est  affaibli  en  6, 
(140,  rem.  2).  Gp.  fr.  ^oi^vxl. grippe- Jesi^s, 
même  sens. 

GRIGNET,  ETTE  (grignè,  été)  adj.  — 
A  Lyon  Réduit,  étriqué,  contracté,  d'appa- 
rence chélive,  misérable.  Avoir  l'air 
grignet.  Bourg,  gr^ignc,  ss.-rom.  gringe, 
triste  ;  vfr.  grign"  g  ring  ne  grignos 
grignoax  grigneux,  rechigné,  grognon. 

Le  vfr.  et  les  dialectes  accusent  Tétym. 
vha.  grlnan,  ail.  greinen,  angl  to  gria, 
h«»ll.  grinnen,  vpr.  gri.iar,  grimacer.  De 
l'idée  de  rechigné  à  celle  d'apparence 
misérable,  de  contracté,  lo  dérivât,  est 
plausible  Notre  mot  n'est  prohablem.  que 
le  vfr.  grigneux  grignour,,  av.  suSstitut. 
du  suff.  dim.  et  au  suff.  tiré  ^'osus, 

GRIGNOTTA  (grignota)  s.  f.  -  Terme 
péj.  Personne  molle,  sans  énergie,  chétive 
au  moral. 


Paveort  qu'an t  rendu  ûart  tous  loYrays  patriote». 
Qui  baillirant  d'ardeur  k  de  simples  grignotes. 

€  Faveurs  qui  ont  rendu  fi^rs  tous  les 
vrais  patriotes,  —  Qui  donneraient  du 
courage  à  de  simpbs  poltrons.  »  (Hym.) 

Le  môme  que  grignelte,  av.  substitut, 
du  suff.  otta  au  suff.  ette. 

'GRILLET  (grilhè)  s.  m.  —  1.  Grillon, 
insecte. 

De  ^grilletum,  de  grillum, 

2.  Grelot  des  mulets.  Vel.  grelet. 

Mêmeétym.  que  le  iv.gr'elot,2iy.  substit. 
du  suff.  et  au  suff.  ot.  Gette  forme  grillet, 
comme  celle  du  lorr.  grillot,  écarte  l'ètym. 
crotalum  que  Diez  propose  concurremm. 
à  celle  de  graile,  instrument  sonore. 

8.  Muguet,  fleur. 

Môme  étym.  que  grillet  2.,  k  cause  de  la 
ressemblance  de  la  fleur  av.  une  petite 
clochette.  Ce  mot  de  grillet  a  été  emprunté 
par  le  blason  pour  une  représentât,  figurée, 
imitée  de  la  fleur. 

GRILLOTIER  vin.  s.  m.  —  Fabricant 
ou  marchand  de  grelots.  —  Arch.  m.  1498  : 
«  Dépenses  pour  l'entrée  du  duc  de  Valen- 
tinois...  Paiement  au  grillotier  pour  le 
louaige  et  perte  des  sonnetes  qu'il  bailla 
pour  dancer  les  morisques  (danses  où  figu- 
raient des  danseurs  habillés  en  Mores).  » 

De  grillet,  av.  suff.  ter  (13),  d'où  ^rriZ- 
letier  et  grillotier  par  renforcement  de 
la  prot. 

'GRIMOLO  (grimolô)  v.  n.  Dph.  grom- 
mola,  Voiron  grivola,  genev.  greholer, 
sav.  grevoler.  —  Trembler  de  froid.  «  Ou 
grimole  de  frè,  il  tremble  de  froid  (Coch).  » 

Je  crois  que  l'orig.  est  la  même  que  celle 
de  fr.  grommeler,  du  germ  :  holl.  grom- 
melen,  ail.  dialect.  grummeln,  suèd.  dial. 
grubbla,  angl.  to  grumble,  à  cause  du 
rapport,  entre  le^rrr  ^n*?%  qu'on  prononce 
de  façon  involontaire  sous  l'action  du  froid, 
et  Tact,  de  grommeler.  Les  mêmes  rap- 
pijrts  entre  le  tremblem.  causé  par  le 
froid  et  un  bruit  répété,  se  retrouvent  dans 
In.  gringotter,  fr.  grelotter.  Je  ne  crois 
pas  que  le  g  mev.  grenier,  que  Littré  rap- 
proche de  greboler,  ait  la  même  orig.  Il 
me  parait  se  rattacher  au  ss.-rom.  grulla, 
vau'i.  greula,  comt.  gruler,  bourg,  groul- 
lai,  trem!iler  de  froid,  do  croUare.  Je  ne 
crois  pas  non  plus  que  grimolô  doive  être 
rapproché  de  poit.  grlmelé,  couvert  de 
rides,  qui  est  un  dér.  de  grimer. 


Digitized  by 


Google 


206 


GRIN 


GRINGOTTO(gringotô);  à  Lyon  grin- 
gotter  v.  n.  —  Trembler  de  froid,  claquer 
des  dents,  faire  un  certain  grrr^  grrr 
sous  l'acl.  du  froid. 

Du  vfr.  gringottery  faire  des  trilles, 
gringottis,  bruit  répété,  par  la  même 
analog.  qui  de  grelotter,  faire  résonner 
des  grelots,  a  fait  grelotter,  trembler  de 
froid  (probal)lem  à  l'origine  claquer  des 
dents). Gp.  encore  l'express,  norm.  trembler 
le  grelot,  grelotter.  Le  rapprochem.  du 
mot  In.  fait  rapporter  grelotter  à  grelot, 
et  non  au  vfr.  grouler. 

Gringotter  peut  se  rattacher  d  un  rad. 
gcrm  :  dan.  wrangUy  faire  un  bruit  rapide 
et  répète  ;  nord,  hrœfigly  grondement.  Le 
rad.  wrang  donne  rég.  grang  gring,  auq. 
se  serait  ajouté  le  suff.  fréq.  ott'*. 

GRIOLET  (griolè)  s.  m.  —  Petit  vin  sûr. 

De  fr.  aigrelet^  mais  la  format,  est 
obscure.  Je  suppose  la  métath.  de  yotte, 
opérée  au  moment  ou  ai  était  encore 
diphtongue  {aï)  ;  et  puis  Taphér.  de  a  ; 
d'où  grieletf  et  griolet  par  un  renforcem. 
de  la  prot.  pour  la  facilité  de  la  prononciat. 

*GRISELLES  ^grizèle)  à  Crap.  :  h  Moni. 
GRUSELLES  s.  f.  pi.  Milan,  grhjcil't^ 
Groseilles. 

Du  vfr.  gro'isflle,  du  germ  :  ail.  kra'tsel- 
beere,  suéd.  krushar  kruÎMbezie,  grosse 
groseille  iuvia  nrsi).  J'ignon*  sous  quelle 
infl.  oi  de  groiselle  a  passe  à  i  ou  à  ?/ 
suiv.  les  lieux. 

GRISPIPI  (A  LA)  (grispipl)  dans  la  loc, 
A  la  grispipt\  à  la  gribouillette.  Poit.  à 
la  gripaille. 

Du  rad.  du  goth.  greipan,  nord,  grïpa, 
angl.  to  gripy  holl.  grijpen^  fr.  gripper, 
saisir,  av.  un  suff.  comique  de  fantaisie. 
(Vest  sans  doute  sons  l'infl  analogiq.  de 
gras  pille  que  grip  est  devenu  grisp. 

*GRIVELO(grivelô)  v.  a.  It.  grivellare, 
sarde  rrivellni —  1.  Cribler;  grivelô  lo 
hlod,  cribler  le  ble.  G>n.  crivellô,  crible. 
Roquef.  donne  crur^la,  passer  des  chA- 
taignos  au  crible.  Ce  doit  être  un  mot  pr. 

De  *  cribellsire,  frèq.  de  *cribrsire,  de 
rribrum.  Ch.  de  or  en  /yr  (105)  ;  de  h  en 
r  (140)  ;  de  are  en  ô  (14  8°). 

'i.  Lever  de  petits  profits  illicites. 

Orig.  germ.  —  Du  golh.  greipan,  ags. 
gripan  :  vx  frison ,  suéd.  gripd  ;  dan. 
gribc,  angl.  togripe.X  ce  rad.  grip^  s'est 


ajouté  le  suff.   fréq.  elo,  d'où  gripélo  et 
grivelô  (140). 

*GROBA  (groba)  s.  f.  —  Grosse  brtche, 
quartier  de  bois  ;  spécialem.  ce  qui  reste 
d'un  tronc  coupé.  Coch.  dit  «  quartier  de 
bois  un  peu  caverneux  >,  sans  doute  parce 
que  les  vieux  troncs  sont  souvent  caver- 
neux. A  Villefr.  «  Avoir  passé  sous  la 
grohe  de  Marcbamp  »,  être  crétin,  niais. 
Marchamp  est  un  village  du  Beaujolais, 
et  c'est  sans  doute  une  i*aillerie  àl'adresse 
de  s^s  habitants:  mais  j'ignore  ce  que 
c'est  que  la  «  grobe  »  de  Marchamp. 

De  ail.  grob,  gros,  épais,  arrondi;  mha. 
gerop  grop,  m.  ail.  grof,  dan.  grov. 
Fin.  «  (53  ti"). 

■     GROBILLON   (grobilhon)  s.  m.  —  Un 
rondin  de  bois. 

De  groha^  av.  suff.  dim.  illoti. 

GROBILLON  (A)  (à  grobilhon)  dans 
l'express.  Se  tiendre  à  grobillon.  .se  tenir 
ramassé  en  rond. 

De  groba,  av.  suff.  illo7i.  parce  que  la 
groba  est  rama.ssce,  pelotonnée;  elle  ne 
s'étend  pas  en  branches. 

'GROBON  (gi'oboa)s.  m.—  L  Beignet. 
YaVAis grei(bon,  i>eii[  morceau  desaindoux 
rôti.  Prindre  son  grobon,  s'enivrer.  Lorr. 
grobons,  morceaux  de  lard  frits  qu'on  met 
dans  la  salade.  Vi<mnaz  greabon^  petit 
morceau  de  saindoux  rôti. 

De  groba,  av.  suff.  dim.  on,  le  beignet 
représentant  une  agglomérat,  de  pâte 
autour  d'un  noyau,  assez  analogue  de 
forme  au  quartier  de  bois  formant  groba. 
Mais  je  ne  saisis  pas  la  dér.  dans  la  loc. 
prindre  son  grobon. 

2.  Petite  bûche  en  forme  de  groba.  B. 
dph.  agrobona,  assommer.  —  De  groba, 
av.  suff.  dim.  on. 

GROGNON  (grognon)  s.  m.  —  Croûton 
de  pain,  rtste  d'un  morceau  de  pain. 

De  groitgnl,  av.  suff.  on.  Grougnon, 
morceau  griguollé. 

GROIN  (grou-in)  s.  m.  For.  groin  — 
Visage. 

Je  vousiou  noumariu  si  voi^yre  de  besoin  ; 

V  l'aTant  tous  bon  air,  incourc  mio  bon  groin. 

«  .Je  vous  les  nommerais,  s'il  en  était 
besoin.  —  Ils  avaient  tous  bon  air,  et 
encore  meilleur  visage.  »  (Chap.) 

De  groin,  museau  de  porc.  Métaphore 
élégante,  très  usitée. 


Digitized  by 


Google 


GROI 


ÎOl 


GROIN-D'ANE  «.  m.  —  Cn'pide  à 
(on\\\o:i(\op'i'A<en\\ï,harkausiaff(raxifolia, 

On  prétend  qiio  h  nom  vient  déco  que 
les  Ane-*  sont  friands  de  nette  plante,  mais 
la  dérivât.  lo{^ique  s'explique  difrtcilem. 
Le  nom  dnit  plutôt  ôtre  tiré  de  qq.  rapport 
de  ressemblance  que  je  ne  saisis  pas. 

GROLA  V.  grôlli. 

GROLIER  vin.,  aujourd'hui  remplacé  à 
la  campagne  par  regroUairo  et  à  Lyon 
par  regroUeur.  —  Savetier.  --  1421  :  *  A 
Jehan  le  Grolier  pour  appareillir  deux 
paires  de  tyl)iaux.  »  (Arch.  m  )  Pr.  groulié^ 
même  sens. 

De  groldf  av.  suff.  d'oïl  iei\  d'arius  (13). 

GROLION  (grôlhon);  à  Lyon  craillon 
s.  m.  —  A  Paniss.  Gros  crachat  dégoûtant. 

De  l'onomat.  cra  passée  à  grô  par  eh. 
de  cv  en  gr  (105)  et  de  a  en  ô  (1)  ;  plus 
le  snfT.  ilhon,  dim.  en  même  temps  qu'il 
exprime  le  bruit  (cp.  carillon). 

•GROLLA  (grôla)  ;  à  R.-de-G,  GOURLA 
s.  f.  Vpr.  grola  [groala],  h.  dph.  groula, 
pr.  groula,  auvergu.  gourla,  piém.  grolla 
—  Terme  péj.  Savate,  vieux  soulier  éculé, 
abîmé.  Tramer  la  grolle,  au  fig.  être 
misérable,  réduit  à  la  mendicité. 

Alor  reinrortsuuo,  ]>]us  jauna  qu*iiio  courla. 
D<^giiiche  <Ie  son  colii  eiii  trénassaiil  la  gourla 

«  Alors  le  malheureux,  plus  jaune  qu'une 
citrouille,  —  Quitte  son  coin  en  traînant  la 
savate.  »  (D/^p.) 

«  Passô  la  grolla,  ancien  jeu  qui  consis 
tait  à  faire  passer  un  soulier  sous  les 
genoux  des  joueurs  en  cercle,  pendant 
qu'un  joueur  placé  au  milieu  cherche  à  le 
.saisir.  Chap.  raconte  qu'à  S^-Etienne  les 
gens  qui  passaient  la  nuit  auprès  d'un 
mort  se  divertissaient  de  cette  façon.  » 
(Ooch.) 

Étym.  inconn.  —  Je  crois  que  l'orig.  ne 
doit  pas  ètie  recherchée  dans  un  mot 
primitif  signifiant  chaussure,  mais  dans 
un  attribut  caractéristique  de  l'objet.  Or, 
le  propre  de  la  grolle,  du  soulier  éculé, 
c'est  de  clapoter,  di  branler.  Le  pr.  crolar 
crollar,  de  corolularc,  signifie  branler, 
remuer.  De  crolar  on  tire  un  subst.  v. 
crola  grola  (105),  objet  qui  branle.  Cp 
crouillo,  verrou,  sul)st.  v.  ègalem.  tiré 
de  corotulare.  A  H.-de-G.  on  a  dit  certai. 
nem.  groula^  qui  est  une  forme  pr.,  puis 
gourla,  par  métath.  de  /'  (187  1»).  En  pr. 


on  a  intro.luit  une  voy.  d'appui  dans  le 
groupe  gr  pour  les  der.  garoulea^  fouler 
aux  pieds,  Igd.  engarouna,  éculé.  alp. 
garonlo,  savate. 

GROLLI  (grôlhi,  à  Crap.;  à  Morn  ,  Yzer. 
GROLA  (grôla)  ;  ap.  Goch.  GRAILLI  ;  à 
Lyon  graille  s.  f.  Vpr.  grailla ^  fr.  grolle ^ 
gev.  grA-ye  —  Corbeau. 

Je  crois  que  graille,  grailli^  grôlli^ 
viennent  de  ^rac(iO^«'  ^^  fft'(ttila,  grola, 
grolle,  de  /7ra(c)wZa.  Cette  double  format., 
suivant  que  la  post-ton.  ou  la  cons.  entre 
2  voy.  est  tombée,  a  des  ex.  en  In.  Cp. 
gnihla,  de  ?ieb{u)la^  et  gniola,  de  ne^b)itla; 
sègre,  de  seq{ice)re,  etsioure,  deseiq)ic.'*re; 
dimingi,  de  à\esdome7i{i)ra,  et  diumaini, 
d^  dies  dorneiH{c)a.  M.  W.  Meyer  a  pro- 
posé pour  grolle  graula^  rarula,  de  rai-us, 
d'où  grailla  par  la  prosth.  de  //,  comme 
dans  grenouille.  Mais  cette  prosth.  est 
récente  (on  trouve  encore  renouille  au 
XIV*  s.),  et  nous  devrions  posséder  des 
ex.  raula  qui  n'existent  pas.  Boucherie 
avait  proposé  corvula^=crovula=graula, 
mais  là  encore  on  devrait  avoir  des 
intermédiaires  qui  font  défaut.  Une  raison 
péremptoire  en  faveur  de  (7rflcw/a=^raw/a, 
c'est  que  l'on  ne  peut  guère  supposer  que 
des  villages  aussi  voisins  que  Crap.  et 
Yzeron  aient  tiré  grôlhi  et  grola  de  deux 
sources  différentes.  Il  est  plus  vraisembl. 
de  penser  qu'il  n'y  a  dans  les  deux  mots 
que  des  déformations  variées  d'un  même 
type.  M.  G.  Paris  avait  signalé  [Roman. 
VIII,  p.  296)  la  format,  gracula  grahula 
graula. 

Forme  grôlhi:  ch.  de  a  en  ô  (1)  ;  de  cla 
en  Ihi  (164  2«,  b  et  54  8").  Forme  graula  : 
chute  de  c  (129)  et  passage  de  aw  à  o 
(49,  rem.  1). 

GROLLO  (grôlô)  SIGROLLO  ;  à  River. 
SEGROLLO  ;  à  Lyon  sigroller  v.  a. 
îSs. -rom.  grollhi  —  Secouer,  ébranler; 
secouer  un  ar])re  pour  en  faire  tomber 
les  fruits. 

De  crulldire.  Ch.  de  u  bref  en  ô  (38)  ; 
de  are  en  ô  (14  3°).  Dans  la  forme  sigrollôy 
adjonct.  d'un  préf.  5i,par  analog.  peut-être 
av.  sicotis,  de  succntere.  Pourtant  ce 
pourrait  être  aussi  par  analog.  av.  cigogni. 

GROLLON  (grôlon)s.  m.  —  Vieille  et 
mauvaise  savate. 

De  grolla,  av.  suff.  dim.  on. 


Digitized  by 


Google 


208 


GROM 


GROMANÉ  (grômanè)  s.  m.  —  A  Yzci-. 
Achillée  mille- feuilles,  achillea  mille- 
folium.  V.  saigninôs. 

De  grômin,  chiendent,  et  né^  noir, 
transforme  en  grômané  parla  dénasalisat. 
de  la  voy.  suivie  de  cons.  plus  voy.  11  est 
probable  qu'alors  t  a  passé  à  a  par  analogie 
av.  les  mots  fr.  en  ain  qui  font  ane  quand 
la  voy.  se  dénasalise.  Gp.  fr.  pain  et  "pané. 
Quant  à  l'idée  de  voir  dans  l'achillée  du 
chiendent  noir,  c'est  une  de  ces  bizarreries 
difficiles  à  expliquer. 

GROM ELLO  (gromèlo)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Chiendent. 

De  grômo,  av.  sufif.  fé  n.  ella  (32)  ;  puis 
le  mot  ayant  passé  au  masc,  ella  est 
devenu  ello, 

GROMIN  V.  grâmo. 

GRON  (gron)  s.  m.  —  A  S*-Mart.  Grain. 

De  grSLnitm.  Ch.  de  an  en  on  (9,  rem.  2). 

GROPO  (V.  agropô). 

GROPO  {gropô)  adj.  des  2  g.  —  Pris, 
saisi.  S'emploie  au  fig.,  en  parlant  d'une 
femmî  enceinte.  «  Stu  cop  je  suei  gropô  », 
celte  fois-ci  je  suis  enceinte.  V.  agropô. 

GROPO  (SE)  V.  pr.  —  S'embrasser, 
s'étreindre.  V.  agropi. 

•GROPPIA  (grôpia)  adj.  f  —  Coch. 
donne  ce  mot  av.  la  signiûcat.  de  «  lasse  » 
et  l'ex.  *  Je  suis  groppia,  je  suis  lasse, 
je  ne  peux  plus  marcher  ».  Il  ne  donne 
pas  le  masc,  qui  devrait  être  gropt.  En 
tous  cas,  je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui 
me  paraît  le  même  que  grêpi,  engourdi 
par  le  froid,  transformé  en  gropl  sous 
l'infl.  de  gropô^  si  ce  n'est  pas  une  erreur 
de  Coch.  Je  crois  aussi  que  le  sens  donné 
par  Coch.  est  douteux. 

GROS  CULS  s.  m.  pi.  —  Surnom  des 
habitants  de  Gourzieux,  quoiqu'ils  parais- 
sent n'avoir  rien  d'extraordinaire  sous  ce 
rapport. 

GR0S3I-P0LAILLI  (grôssi-polalhi)  s. 
f.  —  Mâche,  taleriana  olitoria.  A  Lyon 
poule*grasse. 

De  grossi,  gi-asse,  et  de  polailli.  poule. 
Il  est  difficile  de  comprendre  le  rapport 
entre  une  poule  grasse  et  la  mâche.  Aussi 
je  crois  que  le  mot  primitif  est  engraissi- 
polaillit  parce  que  l'on  a  supposé  que  la 
mâche  engraissait  la  volaille  (ce  qui  me 
semble  fort  douteux),  à  moins  que  l'on 
n'ait  supposé  qu'il  faut  graisser  la  poularde 
av.  une  salade  de  mâche,  c'est-à-d.  manger 


la  volaille  av.  une  salade  de  mâche  pour 
que  la  première  passe  mieux,  mais  ce 
dernier  sens  me  paraît  forcé.  Engraissi- 
polailli  aura  été  transformé  en  grassi- 
polailli,  et  de  celle-ci  on  aura  fait  poule- 
grasse  pour  parler  français.  Cp.  cependant 
pr.  galino-grasso  pour  la  plante  appelée 
lampsane. 

GROTTA  (grôta)  ;  à  Lyon  grotte  s.  f.  — 
C'est  un  chanteau  du  dernier  pain  bénit, 
que  le  sacristain  porte  chez  le  paroissien 
qui  doit  offrir  le  pain  bénit  le  dimanche 
suivant.  Bailli  la  grotta,  remettre  ce 
chanteau. 

De  crvLSta.  Ch  de  cr  en  gr  (105).  Le 
ch.  de  M  en  0  très  bref  doit  tenir  à  une  infl. 
particulière,  car,  habiluellem.,  ust  donne 
ont  (41).  Chute  de  s  (166  2*). 

GROUÉRU  (grouéru)  s.  m.  — A  S»-Mart. 
Sorte  de  prune  aigre  à  pulpe  adhérente  au 
noyau. 

Étym.  inconn. 

GROUGNI,  lA  (grougnf.  ia)  adj.  — 
Entamé,  en  parlant  d'un  pain,  d'un  gâteau. 

Adj.  part,  tiré  de  grougnl\,  —  Grougnl, 
qui  a  été  entamé. 

GROUGNI  (grougnî)  ÉGROUGNI  v.  a. 
—  Entamer  av.  les  dents.  Sens  un  peu  péj. 
Poit.  érrougner,  couper  le  bout  du  pain  ; 
lira,  engro-ougna^  égratigner. 

C'est  le  vfr.  esgruig^iier  esgraignier, 
s'ébrécher,  ébrëcher,  que  Diez  rapporte 
au  germ:  ail.  krum^hoW. kruim,  émietter; 
mais  cette  étym  ,  satisfaisante  pour  le  vfr. 
esgrumer^  ne  l'est  pas  pour  esgruignier 
et  encore  moins  pour  esgraignier.  Je 
crois  qu'il  faut  séparer  esgrumer  et  es- 
graignier,  et  rapporter  celui-ci  à  *ex' 
graneare.  Esgraignier,  à  son  tour,  a  pu 
passer  à  esgruignier  sous  infl.  â'esgrU' 
mer. 

Chute  de  es  (111,  rem.  2);  ch.  de  ier 
en*  (15  loet  4»). 

*GROU  I LLI  (groulhl)  v.  n.  dans  l'express. 
a  ?i*ouse  pas  grouilli,  il  a  peur,  il  n'ose 
rien  dire,  ou  des  express,  semblables. 

C'est  le  fr.  grouiller^  remuer,  bouger, 
qui  vient,  suiv.  Diez,  du  vha.  gmbilôny 
ail.  grubeln  (angl.  to  grubblet)^  tâtonner, 
fourmiller,  et  qui  est,  suiv.  Littré,  une 
dér.  du  vfr.  crouler  ;  il  ne  dit  pas  sous 
quelle  infl.  Scheler  invoque,  non  sans  qq, 
vraisemblance,  le  nor.  kmlla,  brouiller, 
mettre  en  désordre.  Suff.  î  (15  3»). 


Digitized  by 


Google 


GROU 


209 


GROUS  (LO)  s.  m.,  LA   GROUS8A  (lo 
«rou,  la  groussa)  s.    f.  —  Le  Gros,  la 
Grosse,  nom  que   l'on   donne  dans  nos 
campagnes  à  son  mari  ou  à  sa  femme.  Se 
dit  aussi   qqfois    du   grand-pôre,    de    la 
grand'mère.  A  Lyon  on  dit,  mais  seulem. 
de  la  femme,  c  la  bourgeoise  ».—  c  Se  je 
nos  amusayauYiant    trop   taurd,   noutra 
groutsa  seret  in  pena  »,  si  je  m'attardais 
trop,  ma  femme  serait  en  peine  (Dial.). 
A  ceU*  bura  je  préio, 
0  mon  Dieu,  4>ar  mon  grou^ 
Par  noulre  glDtf,ptr  lout. 

«  A  cette  heure,  je  prie  —  0  mon  Dieu, 
pour  mon  mari,  —  Pour  nos  gens,  pour 
tout  le  monde.  »  (Prière) 

De  grossum  (41). 

*GROUTON  (grouton)  s.  m.  —  Croûton 
de  pain. 

De  fr.  croûton,  av.  ch.  de  cr  en  çr  (105). 

GRUA  (grua)  s.  f.  —  A  S»-Mart.  Croûta 
de  pain. 

Du  rad.  du  vha.  çruzl,  ags.  grut,  gruau, 
et  sufif.  fém.  a.  D*où  un  subst.  gruta, 
réduit  à  grtm  (185).  Il  y  a  eu  évidemm. 
confus;  entre  crusta  et  gruta, 

*  GRUA  (grua)  s.  f.  dans  l'express.  Una 
grua  d*orgeo,  une  poignée  d'orge  mondé. 

Répond  au  fr.  gruée  ;  littér.  t  une  gruée 
d'orge  ».  A  ton.  a  été  préservé  par  m, 
comme  il  est  préservé  par  i(l,  rem.  8). 

GRUISI  (gruizf)  v.  a.  —  Griffer. 

Le  wal.  gruzî,  gruger,  broyer,  semble 
indiquer  une  source  commune,  av.  dérivât, 
de  sens.  Peut-être  dugerm  :  b.  sax.  grusen^ 
hoU.  gruysen,  vha.  grioxan,  mha.  griesen, 
môme  sens.  Toutefois  z  germ.  donne  ss 
(cp.  grincer  de  gremizôn).^MSî.  %  (15  3», 
rem.  1). 

GRULLION  (grulhon)  s.  m.  —  Motte  de 
terre. 

De  * grumulionem,  de  grumum,  qui 
donne  régulièrem.  gromblion  (176  3%  a). 
Il  faut  admettre  que  le  groupe  ml  n'ayant 
pas  reçu  l'insert.  accoutumée  de  &,  m  est 
tombée  simplem.  sans  laisser  trace  de 
nasalisât. 

QRUMA  (grnma)  GRUNA  ;  à  Lyon 
grune  s.  f.  Lgd.,  dph.  grumo  gruno, 
gasc.  gruo  greo  —  Grain  de  raisin.  Cassi 
ina  gruna,  boire  un  verre  de  vin,  un 
petit  verre  ;  à  Lyon  c  casser  une  graine  ». 
M.  Mistral  propose  gluma,  pellicule  des 
graines.  Mais  dans  gluma  u  est  bref^  e 


Ton  devrait  avoir  gtouma  glama.  En 
admettant  môme  que  la  phonét.  de  Lyon, 
qui  fait  volontiers  passer  o  fermé  à  u  eût 
formé  le  mot  pal.,  le  pr.  aurait  ou. 
D'ailleurs  gluma  doit  se  rattacher  à 
glomus,  qui  se  rattache  lui-môme  à  globus. 
Je  serais  donc  plutôt  d'avis  de  rapporter 
gruma  à  grumus  où  u  est  long  et  donae 
u  In.  (45).  La  transit,  de  sens  de  grumeau 
à  celui  de  graine  est  fort  admissible. 
Quant  au  ch.  de  m  en  n  dans  la  forme 
gruna,  outre  qu'il  n'est  pas  radicalem. 
impossible  (cp.  daine,  de  dama),  il  a  été 
tout  naturellem.  facilité  par  Tinfl.  de 
graine. 

GRUNA  V.  gruma, 

GRUO  (gruô)  V.  a.  For.  grua  -  A 
Paniss.  Couver.  Ina  polailli  que  grue, 
une  poule  qui  couve. 

Ce  mot  est  un  ex.  singulier  des  dér.  de 
sens.  Il  a  été  formé  sur  grou,  gru,  qui, 
danslesdial.  d'oc,  signifie  couvain  d'abeille, 
lente  de  pou,  frai  de  poisson,  de  tout  ce 
qui  pullule,  multiplie  en  grande  abon- 
dance. Gru  grou  paraît  venir  lui-même 
du  vha  cr^welôn,  grouiller,  fourmiller  ; 
hoU.  krieuwelt  fourmillem.,  démangeai- 
son ;  angl.  to  craw,  ramper.  De  l'idée  de 
puUulation  le  mot  a  passé,  dans  gruô,  k 
celle  de  coûter,  de  même  que,  inversem., 
le  mot  de  couver  a  passé  à  Tidée  de 
pullulât,  dans  couvain  d'abeille, 

GRUSELLES  v.  giHselles. 

GUÉGHI  (ghètsi)  v.  a.  ^  A  Villefr. 
Épier,  guetter. 

Forme  à'aguinchi,  corrompu  sous  infl. 
de  guetter, 

GUENNA  (ghôna)  s.  f.  -  A  Morn. 
Viande  mauvaise  et  filamenteuse.  Tombe 
en  désuétude.  «  Y  a  gin  de  porpa,  y  a  gin 
que  de  guenna  »,  il  n'y  a  point  de  partie 
charnue,  il  n'y  a  rien  que  des  filaments. 
Lorr.  guèenna,  bête  efflanquée. 

Orig.  germ.  —  Vha.  wénag  wênac 
wêneg,  mha.  wênec  wenic,  m.  a.  voêning, 
chétif,  petit,  misérable,  émacié.  Ch.  deto 
en  ^to  (101).  La  dérivât,  de  sens  er*t  très 
explicable:  chétif,  maigre,  bête  chétive, 
viande  de  cette  hôte. 

GUERGNES  ^ghèrgne)  s.  f.  pi.  — 
Branchages  de  pin.  Un  fagot  de  guer^ues^ 
un  fagot  de  branchages  de  pin. 

De  In.  gdirgni.  D'aiguilles  de  pin  le 
sens  s'est  étendu  aux    rameaux.  Je  ne 

24 


Digitized  by 


Google 


m 


3UER 


^«ai8  BOUS  quelle  ïofl.  à  a  passé  à  e.  La 
•  substitut,  de  e  à  t  est  le  fait  de  la  flex. 
plurielle  (55). 

*GUERLIO,    ERLIA    (gherlio,    erlia) 
GUERLLE  (gherlhe)   adj.    Vpr.   guérie, 
'  dph.  guerlio,  Igd.  guerlhe,  it.  guercio  — 
Louche. 

Orig.  germ.  —   Vha.  dwérah  dwërih 
iwërh,  mha.  dvoërch  twerch,   ail.  quer, 
•angl.    queer  t  obliquus  ».    La    fin.    lio 
s'explique  sans  doute  par  une  forme  b. 
lat.  diminutive,  telle  que  serait  un  * guer- 
ricuîus, 
GUERLLE  V.  guerlio. 
GUIGNE-QUEUE  s.  m.— Bergeronnette. 
C'est    hoche-queue  dans   lequel  la  !'• 
partie  du  mot  a  été  remplacée  par  guigne, 
le  V.  guigner  ayant  pris  chez  nous  la 
significat.    de   remuer,  frétiller  (v.   gui- 
gnochi)» 

GUIGNI  (ghigni)  s.  f.  —  A  Morn.  Petite 
cerise  noire. 

De  fr.   guigne,  d'après  Diez  de  yha. 
wthsela,  griotte. 

"GUIGNI  (ghlgnf)  v.a.  —  1.  Faire  signe 

de  l'œil  ou  de  la  tôle.  «  Ce  que  fesiet  brure 

le  môres,  que  ne  poyant  pau  legni  glous 

filles  de  rejuin  quand  cellots  gaillaurds  le 

.z'ayant  guignis  »,  ce  qui  faisait  gronder 

les  mères,  qui    ne  pouvaient    pas  tenir 

leurs  filles  près  d'elles,  quand  ces  gaillards 

leur  avaient  fait  signe  {Dial). 

2.  Viser»  ajuster  en  tirant. 

Étym.  inconn.  Diez  écarte  le  vha.  xjoïnk- 

jan,  faire  signe  de   l'œil,  qui  répond   si 

bien  au  sens,  parce  qu'on  ne  trouverait 

pas  un  autre  ex.  de  la  chute  de  k  entre  n 

eti.  Il  cite  le  vha.  ginen,  nord,  gina,  ags. 

giniân,  bâiller,  mais  préfère  (à  cause  du 

sens)  le  vha.  kinan,  sourire,  quoique  le 

germ  k  ne  devienne  pas  habituellem.  g. 

Mais  kxnan  au  sens  de  «  sourire  »  est  un 

ex.   isolé,  et  il  signifie  ordinairem.  «  se 

fendre,  s'ouvrir,  germer.  >  (Schade) 

GUIGNOCHI  (ghignôchi) s.  f.  —Détente 
de  fusil. 

Et  prepariDt  l'eindex  i  ar.Uiri  U  guignochi,,, 
€  Et  préparant  l'index    pour   tirer    la 
gâchette,  »  iPer.) 

Du  G.  cite  le  vfr.  guignoche,  bâton 
fourché  et  recourbé  par  un  bout,  qui 
servait  à  jeter  des  pierres,  et  propose  av. 
^owie  ■  (forte)   ginochium    gentculum ; 


mais  genticulum  {povLT  genieulum)  a 
donné  partout,  selon  la  règle,  g  doux  à 
l'init.  Le  pr.  a  guigna,  remuer,  hocher, 
montrer  du  doigt.  M.  Mistral  rapproche 
vpr.  puinhat,  esp.  guinar,  it.  ghignare 
en  leur  donnant  aussi  le  sens  de  remuer, 
et  il  les  tire,  comme  guigna,  de  xmiv, 
remuer.  Mais  ces  verbes  ont  seulem.  le 
sens  de  faire  signe  de  Tœil  (il.  ghignare 
«  subridere  »  dans  la  Grusca),  et  viennent 
probablem.  du  germ.  (v.  guigni).  D'ailleurs 
xivcti),  qui  répond  au  lat.  cieo,  n'a  pu 
donner  guigna.  Je  crois  que  dans  le  pr. 
le  sens  de  remuer  l'œil  pour  faire  isigne 
s'est  étendu  à  remuer  le  doigt  dans  le 
môme  but.  Or  c'est  précisém.  ce  môme 
mouvem.  du  doigt  que  l'on  fait  pour  tirer 
Uguignochi.  A  ce  rad.  guign  s'est  ajouté 
un  suflf.  ochi  qui  ne  s'applique  ordinai- 
rem. qu'à  des  verbes  fréq.  On  a  fait  sur 
guigni  un  ^guignochS,  comme  sur  guig7ia 
le  pr.  a  faïiguigneja,  remuer  fr^quemm. 
De  guignocht  se  tire  le  subst.  v.  gui- 
gnochi.  Sur  la  sigulficat.  de  remuer, 
frétiller  qu'a  pris  chez  nous  le  v.  guigni, 
cp.  guigne-queue,  bergeronnette. 
*GUILLARDA  Y.  guillôrda. 
'GUILLI  (ghilhi);  à  Lyon  guille  s.  f.  -7 
Faussetd'un  tonneau. 

Du  vha.  chll  «  paxillus,  parvum  lignum  », 
mha.  AU,  morceau  de  bois  aiguisé  ;  ail. 
keil,  coin.  Je  doute  qu'on  doive  rattacher 
au  môme  rad.  kiel,  tuyau  mince;  vxangl. 
quylle  t  calamus  »,  souabe  kengel,  tige 
(creuse)  ;  angl.  quill,  plume  à  écrire  (mais 
aussi  fausset  dans  Gotgr.),  tous  mots  qui 
renferment  l'idée  de  tuyau. .  —  Quant  à 
guille  de  chil,  il  est  vrai  que  k  ail.  se 
change  ordinairem.  en  ch  devant  t,  mais 
il  y  tant  d'except.,  à  commencer  par  quille 
(de  navire),  de  c7i/o/,  que  cette  format,  peut 
s'admettre.  Je  ne  sais  s'il  faut  identifier 
notre  guille  av.  vfr.  dille  (Cotgr.,  peut- 
être  d'après  Rabel.),  môme  sens  Je  ne 
m'explique  pas  sous  quelle  infl.  k  aurait 
pu  se  changer  en  d» 

GUILLI  (ghilhf)  v.a.  —  1.  Percer  un 
tonneau  pour  mettre  une  guillL  O  faut 
guilli  celo  tuniau,  il  faut  percer  ce 
tonneau  et  y  mettre  un  fausset. 
De  guilli  subst.,  av.  suff.  t  (15  4«). 
2.  Tromper.  Coch.  cite  le  proverbe  ;  Que 
vaut  guilli  Ouillot,  Guillot  le  guille,  qui 
veut  tromper  est  trompé. 


Digitized  by 


Google 


GUIL 


2!1- 


D'ûtt  rad.  germ.  tolZ^i  vx  angl.  toiçeîe 
toihele,  angl.  toile^  ruse  ;  on  rapproche  le 
celt  :  kym.  gwill,  arm.  gwll,  voleur.  Gh. 
de  to  en  ^  dur  (101)  ;  suff.  t  (15  4"). 

GUILLI  (ghilhl);  à  Lyon  guiller  v.  n.  — 
Le  même  que  deguilH.  Rch.  guilier^  jouer 
à  qui  commencera  à  jouer  le  premier,  quel 
que  soit  le  jeu. 

GU  ILLORD  A  (ghilhôrda);  ap.  Coch. 
GU ILLARDA  s.  f.  —  «  Truie  qui  a  porté  » 
d'après  Coch.,  mais  en  réalité  truie  vieille 
qui  ne  porte  plus. 

Orig.  germ.  Vx  suéd.  ^a//a,  nor.  gelda, 
ail.  geilen,  angl.  to  geld,  châtrer.  C'est 
peut-être  le  même  rad.  qui  se  retrouve 
en  celt  :  gaël.,  kym.  cailU  testicules  (cp. 
colea)  ;  gaël.  cailleadh,  castration.  Au  rad. 
s'est  ajouté  le  sufif.  germ  ard»  De  truie 
châtrée  qui  ne  porte  pas,  le  sens  s'est 
étendu  à  truie  qui  a  porté.  Cp.  holl.  popul: 
ee/ie  gelle  koe^  une  vache  brehaigne,  et  le 
flam.    gheHf  gy'tc,    truie  châtrée. 


â.  Femme  de  mauvaise  vie. 

Non  seulem.  par  oomparaisou  av^une- 
truie  malpropre,  mais  parce  que  les  femmes 
de  mauvaise  vie  sont  ordinairem.  stériles. 

GUÏN  A  (gu  ina)  s.  f.  ^  A  Grap.  Femme 
de  mauvaise  vie. 

Du  vfr.  gouine,  de  go{d\ine^  qu'il  faut 
rattacher  au  celt:  kym.  god^  incontinence, 
adultère;  godineb,  même  sens. 

♦GUINCHI  (ghinchf)  v.  a.  —  1.  Viser. 
2.  Loucher,  guigner  de  côté,  lancer  des 
œillades  amoureuses. 

Sur  rétym.  v.  aguinchi. 

GUINGORDA  (ghingôrda)  s.  f.  — 
Express,  péj.  A  Yzer.  femme  embarras- 
sante, ennuyeuse  ;  l'équivalent  de  c  un 
emplâtre  »,  usité  à  Lyon. 

Je  crois  que  c'est  guinibarda^  grosse 
voiture,  av.  l'assimilât,  de  6  à  ^  init.  (cp, 
188). 


H 


H»  en  In.  lettre  purem.  orthograph.,  qui 
ne  s'aspire  jamais,  excepté  dans  l'exclamat. 
houssi  î 

H ABILLI  (abilhf)  dans  la  loc.  habilli  de 
S!*ya,  habillé  de  soie,  euphémisme  délicat 
pour  éviter  de  dire  cayon. 

HABILLI  (abilhf)  v.  a.  —  Châtrer  un 
animal,  taureau,  bélier  etc.  Habilli  in 
cayon,  châtrer  un  porc. 

De  habile  dans  le  sens  de  mis  à  point, 
en  état.  Mais  le  mot  a  été  formé  par 
l'interméd.  du  fr.  savant  habile.  Je  ne  sais 
sous  quelle  infl.  Vl  s'est  mouillée  soit  en 
In.  soit  dans  le  fr.  habiller. 

*HAÏ!  (à-ï) donné  par  Coch.  pour  l'interj. 
dont  se  servent  les  charretiers  pour  faire 
aller  leurs  chevaux  en  avant.  Elle  a  été 
remplacée  par  hilti  hul  (v.  dia). 


HARGNI  (argnl)  v.  n.  —  Se  quereller, 
.se  harceler.  S'emploie  surtout  dans 
l'express.  Fetre  hargnl  los  chins,  les 
exciter  â  se  battre. 

D'après  Diez,  du  sYidiJ  hdi,rmj an  t  objur- 
gare  »  ;  d'après  d'autres,  de  l'ags.  hergian 
herian,  piller,  molester  ;  se.  herry  hirry 
'•  harry,  piller,  ruiner  par  extors. 

•HARPA  Y^arpa. 

HARPAYI  (arpa-yf)  HERPEYI  (erpè-yf) 
V.  a.  —  Herser. 

Paonne  sur  herpi,  av.  suff.  fréq.  eyi. 
Dans  la  forme  harpayl  ch.  de  e  init.  en 
a  sous  infl.  de  r  (66).  Ch.  de  e  méd.  en 
a  par  analogie  av.  les  v.  en  ayl.  On  dit 
aussi  herst,  formé  sur  herse, 

HAUTAINS  (ôtin)  s.  m.  pi.  Dph.  au(m 
—  Vigne  que    Ton    cultive  en  treilles  ; 


Digitized  by 


Google 


2\%. 


HERB 


procédé  assez  rarem.  employé  et  que  nous 
avons  emprunté  au  Dauphiné. 
Car  Doutrons  oiilm 
N'ont  rcn  que  de  foille  ; 
Penouna  ne  troille. 
Fauta  de  raUln. 

€  Car  nos  hautains  —  î^'ont  rien  que 
des  feuilles;  *-  Personne  ne  presse,  — 
Faute  de  raisin.  »  {Chans.  dph.) 

De  fr.  haUt^  av.  suff.  d'oïl  ain,  d*aHU$, 

HERBA-DE-BRUTUS  s.  f.  -  A  Jar- 
nosse,  frontières  du  Lyonnais,  Petit  houx, 
ruscus  aculeatus.  On  la  croit  bonne 
contre  les  œdômes. 

Si  étrrtnge  que  cela  paraisse,  c'est  une 
corrupt.  de  ruscus  aculeatus.  IjC  petit 
houx,  dans  ces  pays  granitiques,  ne  croît 
pas  à  l'état  spontané,  mais  seulement  dans 
les  jardins.  Le  premier  paysan  qui  en  a 
demandé  le  nom  au  bourgeois  qui  en 
avait  dans  son  jardin,  a  reçu  pour  réponse 
le  terme  botanique,  transformé  par  le 
paysan  en  herba-de-Brutus.  Le  mol  s'est 
répandu  av.  l'emploi  de  la  plante  comme 
remède.  Le  fait  est  historique  et  contem- 
porain. 

HERBA-DE-LA-JAUNISSE  s.  f.  — 
Grande  chélidoine,  grande  éclaire,  cheli' 
donium  majus. 

Je  suppose  que  le  nom  vient  de  ce  qu'on 
lui  attribue  quelque  vertu  dans  le  traitem. 
de  la  jaunisse.  On  l'appelle  aussi  herbe- 
auxverrues. 

HERBA-DELA-SAINT-JEAN  s.  f.  - 
Armoise.  En  normand  lierre  terrestre, 
glcchoma  hederacea. 

Ainsi  nommée  sans  doute  de  l'époque 
de  la  floraison. 

HERBA- DU -BON -SOLDAT  s.  f.  - 
Plante  appelée  aussi  Benoîte  {benedicCa), 
à  cause  de  ses  vertus  médicinales  ;  geum 
urbanum. 

Gomme  la  benoîte,  macérée  et  pilée,  est 
bonne  pour  les  plaies,  je  suppose  que  cette 
propriété  l'a  fait  considérer  comme  spécia* 
ïem.  utile  aux  bons  soldats,  ceux-ci  étant 
plus  exposés  aux  blessures  que  les 
mauvais. 

^HÉRISSON  s.  m.— Brou  des  châtaignes. 
*-  Si  le  mot  existait  sous  cette  forme  au 
temps  de  Goch.,  il  est  remplacé  aujourd'hui 
par  Urisson, 

HERPEYI  V.  harpayu 


*HERPt  (èrpi)  s.  t  Messin  hirpe  -^ 
Herse. 

De  *hirpea,  de  hirpex.  Ch.  de  i  bref  en 
é  (81);  de  ^a  en  t  (54  !•).  Hirpex,  hirpi- 
cem  eût  donné  h%rsi,  qui  en  effet  existe, 
et  tend  à  supplanter  herpi, 

HCRSI  V.  sous  herpi, 

HEURS  (enr)  vin.  s.  m^  pi.  dans  le 
texte  suiv.  deCoch.  [Notice  sur  S^-Symph.)  : 
«  Les  jardins  (de  Meys)  étaient  hors  des 
murs  du  village  ;  aussi  appelle-t-on  encore 
le  chemin  qui  passe  au  bas  de  l'enceinte 
Sous  les  heurs,  par  corrupt.  du  mot  lat. 
Tiortus,  jardin.  »  C'est  av.  raison  que 
M.  Onofrio  traduit  heurs  par  hourds^ 
mâchicoulis  de  bois  usités  jusqu'au  xiii«s. 

Origine  germ.  —  Goth.  haurds,  porte  ; 
nor.  porte  d'osier  ;  holl.  horde,  clôture 
de  branchages  ou  d'osiers  ;  ail.  hUrde, 
claie;  hurdung,  clôture  av.  des  claies. 
Au  goth.  peut  donner  ou  en  fr.,  mais  je 
n'explique  pas  son  passage  à  eu  dans 
heurs.  Le  wal.  hoùr  signifie  échafaudage 
pour  les  scieurs  de  long. 

HO  pron.  indéf.  v.  o. 

HOMO  (omo)  dans  la  loc.  Homo  de 
bien  vrai,  pour  homme  sûr,  honnête, 
franc.  Littér.  homme  qui  est  véritablem. 
un  homme. 

A  tout  vuuiro  bôtèrdt  jN  uHns  donno  de  pôie»; 
J'ourint  donno  de  x^bom*  de  bien  vrai  k  liou  muret* 

«  A  tous  vos  bâtards  j'aurais  donné  des 
pères;  —  j'aurais  donné  de  véritables 
maris  à  leurs  mères.  »  {Lichessec,  députa 
manquôf  chans.  contre  le  doct.  Lisfranc, 
candidat  en  1848). 

*HOMO  (Ôm6)  s.  f.  dans  l'express.  In 
homô  de  vigne,  ce  qu'un  homme  est 
censé  fosser  en  un  jour.  Goch.  dit  «  le  tiers 
d'une  bicherée,  700  ceps.  »  A  Crap.  Vhomô 
est  de  1000  ceps  plantés  en  quinconce.  Il 
est  probable  que  la  différence  vient  de  ce 
qu'on  plante  un  peu  plus  serré  qu'au 
temps  de  Goch.,  car  il  va  environ  8  homos 
à  la  bicherée.  Elle  représente  donc  430  m« 
environ.  Dans  d'autres  endroits  on  dit 
Vouvrée. 

De  In.  homo,  homme,  av.  suff.  ô  (1), 
répondant  à  ée  fr.  Aussi  pour  parler  fr. 
dit-on  une  hommée. 

•HOQUES  (ôke)  OQUES  s.  f.  pi.  — 
Sorte  de  grandes  guêtres.  <  Oui  a  bouta 
se   hoques^  pour  dire  il  n'a  pas  réussi 


Digitized  by 


Google 


HORT 


ei3 


dans  un  mariage  qu*il  conduisait,  dont  il 
était  rentremelteur.  »  (Coch.)  La  loc.  bettre 
se  hoque^  liltér.  mettre  ses  guêtres  (pour 
s*on  aller)  a  des  applicat.  beaucoup  plus 
étendues.  Vh  était  aspirée,  mais  la  ten- 
dance est  de  supprimer  partout  Taspiration, 
comme  Tindique  Texemple  suivant  : 

Avoué  quela  giiichia  je  migirlnt  me-i-oques. 

«  Avec  cette  nichée  [de  gloutons],  je 
mangerais  jusqu'à  mes  guêtres.  »  {GorL) 

Goch.  cite  sans  commentaire  ce  prov  : 
Ou  va  hrulô  se  hoques.  Je  suppose  que. 
ce  dicton,  aujourd'hui  perdu,  s'appliquait 
à  celui  qui  se  lance  dans  une  entreprise 
périlleuse. 

Du  germ.  — Vx  hoU.  hoicke,  fris,  hokke, 
manteau  ;  vfr.  hoque,  petite  casaque  qui 
80  portait  au-dessus  de  l'armure.  Le  même 
rad.  se  trouve  dans  le  cell:  kym.  hug 
(liahit, manteau), qui  l'a  peut-être  emprun- 
té au  germ.  En  tous  cas  le  passage  de 
t  manteau  »  à  c  guêtre  >  est  un  bel  ex.  de 
dérivât. 

HORTOLAJO  (ortolajo)  ;  à  Lyon  horto- 
lage  s.  m.  M.  lat.  hortalia  hortalitia 
hortolagium  —  Légumes  en  général. 
•  Porter  son  hortolage  au  marché.  » 

D^'hof'tultilicum^  d'hortiis,  av.  suff. 
coll.  aticHm  =  (yo  {ISt  5").  La  conservât, 
de  la  prot.  est  due  au  groupe  rl{fii); 
ch.  de  u  bref  prot.  en  o  (69). 

HOUCHI  (oucliî);  à  Lyon  houchcr  v.  a. 
—  Tourner  sens  d  'ssus  dessous.  Se  dit  de 
do  pommes  de  terre  que  l'on  fait  sauter, 
d*un  malefaim,  d'une  salade  que  l'on 
retourne  e»c.  «  Fena,  vin  don  ouchi  te 
truffes  »,  femme,  viens  donc  retourner  tes 
pommes  de  terre. 

Même  étym.  que  fr.  hocher,  que  Diez, 
et  après  lui  Littrc  et  Scheler,  rattachent 
au  germ  :  mha.  hotsen,  secouer  en  balan- 
çant ;  flam.  hotzen  hulsen,  wal.  hossi, 
secouer;  mha.  hotse,  berceau.  Mais  nous 
devrions  avoir  hossi  houssi^  comme  nous 
avons  blessi  de  bletsen.  Foerster  tire 
hocher  de  vx  pic.  hoc,  crochet,  «  aduncum 
instrumentum  »,  comme  crocher  de  croc. 
La  dérivât,  de  sens  serait  celle-ci  :  tirer 
avec  un  croc  un  objet  suspendu,  d'où 
mettre  en  mouvement,  secouer,  «hocher». 
Il  faut  admettre  en  ce  cas  que  le  wal.  hossi 
n'a  pas  la  même  orig.  que  le  fr.  hocher,  et 
qu'il  se  rattache  à  hotzen.  Quant  à  hoc, 


il  vient  du  germ  :  ags.  hôc,  angl.  hook, 
hoU.  hoek,  crochet.  Le  passage  de  o  à  ou 
en  In.  est  assez  singulier  car  c'est  ordi- 
nairem.  le  contraire  qui  a  lieu.  Il  est  vrai 
que  dans  le  vin.  o  fermé  libre  =  ou,  et 
que  l'angl./iooA  (houk)  indique probablem. 
la  prononciat  primitive. 

HOULE  vin.  €  2  houlles  fer  avec  leur 
couvercle.  —  2  autres  houlles  rompues.  » 
(/nt?.  de  la  Manécant,  1683) 

Fausse  orthogr.  pour  oulle,  de  olla  (v. 
olla), 

HOUSSI I  (h*oussi)  —  Exclamât,  pour 
chasser  les  chiens. 

L'impérat.  ussi  du  vfr.  ussir,  dér. 
à^exire  par  l'interméd.  de  l'it.  uscio 
(ostium),  n'entre  pour  rien  dans  le  mot, 
malgré  l'apparence  euphon.  Houssi  est  un 
assemblage  de  syllabes  imitant  le  bruit 
du  fouet,  ce  qui  explique  l'aspirât,  de  l'A, 
complètement  inusitée  en  In. 

*HU  V.  sous  dia, 

HUEY  (uè)  VUEY  adv.  —  Aujourd'hui. 

\>'hodie.  Chute  de  d  (189)  ;  d'où  hoïè 
parprogress.  de  l'ace.  (51);  o  bref  libre 
s'était  diphtongue  en  uo  dans  toutes  les 
langues  rom.  ;  on  a  donc  huoiè,  réduit  à 
huey,  et  uè  dans  la  prononciat.  quand 
ey  a  cessé  de  se  diphtonguer. .  Dans  le 
b.  dph.  on  dit  encore  uè%.  Dans  la  forme 
miey,  prosth.  d'un  v  euphon.  comme  dans 
la  prononciat.  voui  pour  oui. 

•HUQUO  s.  m.  —  «  Hièble,  plante, 
sorte  de  sureau.  »  (Coch.) 

Je  ne  connais  ce  mot  que  par  Coch.  Il 
est  certain  qu'il  l'a  recueilli  à  bon  escient 
et  qu'il  Ta  noté  de  façon  à  reproduire  le 
son  ngo.  Il  est  probable  qu'il  n'a  mis  Yh 
init.  que  par  analogie  av.  le  nom  propre 
Hugues,  Quoi  qu'il  en  soit,  le  mot  a 
complètem.  disparu. 

Étym.  inconn. 

HUITANTE  adj.  numéral.  —  Quatre- 
vingts. 

DeAa/<,  av.  suff.  numéml  ante.  Gomme 
le  fait  remarquer  M.  Joret,  huilante  est 
plus  rég.  (\\k'octante,  forgé  par  les  savants, 

HUMORO  (humoro)  s.  m,  —  Humidité. 
La  terre  manque  d*humoro,  la  terre 
manque  d'humidité. 

D'humorem,  av.  fin.  o  des  subst.  masc. 
(56).  Ex.  d'un  mot  lat.  conservé  av.  son 
sens  classique. 


Digitized  by 


Google 


214 


I  (dev.  les  cons.),  IL  (dev.  les  voy.) 
pron.  fém.  au  cas  sujet  singul.  ;  ELLA  au 
cas-régime  sing.  ;  I  (dev.  les  cons.),  IL  (dev. 
les  voy.)  au  cas-sujet  plur.  ;  YELLES  (iôle) 
an  cas-régime  plur.  — r  A  R.-de-G.  Elle. 
0  Tot  qu'i  fient  de  pàdre  (i  pot  pos  sVIn  deJiire) 
i.o  fimeux  cbtpe-le  qu'i  n*t  jimtts  su  dzire. 

«  C'est  qu'elle  vient  de  perdre  (elle  ne 
peut  pas  le  nier)  —  Le  fameux  chapelet 
qu'elle  n'a  jamais  su  dire.  »  (GorL) 
Qu'i7  i  crefo  lo  zlo  de  quou  pilsit  chat  d4. 

«  Qu'elle  a  crevé  les  yeux  à  ce  petit  chat 
noir.  n{Td.) 

J  tout  lot  «!■  lanibeaut,  i  puronl  la  t>oiMon  ; 
/  Tant  jiiuiis  très  po»  sciiis  chdre  à  cacassoD. 

c  Elles  sont  tout  en  lambeaux,  elles 
puent  le  vin  ;  —Elles  ne  font  jamais  trois 
pas  sans  choir  sur  leur  derrière.  »  (DuéB.) 

De  e//a.  Cité  pour  la  singularité  du 
ch..  qui  remonte  haut,  car  Marg.  a  illa  = 
un.  Il  y  a  peut-être  là  un  fait  d'analogie 
av.  le  pron.  masc.  il,  d*illic. 

Presque  tout  le  Lyonn.  emploie  la 
déclinais,  suivante  : 

Sing.  cas-sujet,  V  devant  les  voy.,  le 
devant  les  cons  :  Vômesa  môre,  le  vindra, 
elle  aime  sa  mère,  elle  viendra. 

Sing.  cas-régime  ella  :  y  est  par  ella^ 
c'est  pour  elle. 

Plur.  cas-suj.  /'  dev.  les  voy.,  le  dev.  les 
cons  :  Vém6vent^  elles  aimaient  ;  le  venô- 
vent,  elles  venaient. 

Plur.  cas-rêg.  yelles  :  y  est  par  yelles, 
c'est  pour  elles. 

Enclitiquem . ,  sing.  elli  :  vieut-ellif 
vient-elle  î 

Enclitiquem.,  plur.  elles:  venont-elles  f 
viennent-elles? 

lAFRO  V.  niafra. 

ICEYENS  (isse-yln)  adv.  —  Ici  en  bas, 
là  en  bas. 

Composé  de  ici  et  ens^  do  intus.  Liltér. 
<  ici  dedans  ».  IV»  ici  dedans  »  le  sens  est 
dér.  à  «  ici  en  bas  ». 


ICINQUI  (issinkl)  IQUIENTI  (iki-inti) 
ITIENTI  (ili-intl)  pron.  dém.  —  Ceci,  cela. 
V.  cînqui,  dont  icinqui  n'est  qu*une  forme . 

IÇOMONT  (issômon)  adv.  —  Ici  en  haut. 

De  ici  et  ômont  (ad  montent).  Gh.  de  a 
init.  en  ô  (59). 

ILLAI  ;  à  Crap.  LAI  ;  vin.  ILLEC  adv. 
Vfr.  t7a,  norm.  t7o,  sav.  ilai  —  Là,  de  là. 
1497  :  «  Nectoyer  les  rues  et  reparer  les 
pavés,  principalement  devant  la  logis  du 
dit  seigneur,  et  àHllec  jusqu'à  S»  Pol,  la 
rue  pendant  du  dit  logis  à  S^  Jehan,  et 
d't7/ec  jusqu'à  Nostre  Dame  de  Confort.  » 
(Arch.  m.) 

De  illacy  devenu  illtic,  <'h.  de  ac  en  ai 
(10).  Le  vpr.  alai,  môme  sens,  représente 
ad  illac.  Quant  à  illec,  orthogr.  du  scribe, 
il  se  prononçait  cerlainem.  ilè, 

ILLEC  vin.  V.  illaù 

ILLOMONT  (ilômon)  adv.  —  Là-haut. 

De  ill(ac)-ad-montem. 

ILO  (ilo)  s.  m.  Dph.  ilo  (xviii*  s.)  — 
Lis  blanc. 

De  {l)ilium,  L'aphér.  de  /  est  due  à 
une  confus,  inverse  de  celle  qui  s'est 
produite  pour  l'art,  dans  hedera  =  fr. 
Vierre  =  lietTe,  On  a  compris  Vilo  pour 
lilo.  Il  est  à  croire  qu'avant  d'avoir  ilo 
on  a  eu  ilio  (dans  le  vin.  o  post-ton. 
est  représentatif  de  u)  ;  io  a  élé  remplacé 
par  o,  par  analog.  av.  les  autres  noms 
masc.  (56). 

IM  préf.  V.  in, 

IMBALLOS  (inbalô)  s.  m.  pi.  Pr.  emba- 
las,  embalais,  —  Civière. 

Probablem.  du  pr.  embalSiSf  av.  pas- 
sage de  a  ton.  à  ô  (1).  Embalas  vient 
lui-môme  du  rad.  d^emballar,  emballer,  av. 
suflT.  as,  d'alius,  qui  a  aussi  donné  la  forme 
embalais  (rp.  pr.  palais,  de  palatium). 
Celte  double  forme  monlre,  pour  le  vfr. 
solatz  la  possibilité  de  venir  de  solatium,' 


Digitized  by 


Google 


IMBA 


215 


*    IMBANCHI  (inbanchi)  v.  à.  —   Meltre 
dans  les   hanches   (v.  ce  mol);   au   fig. 
Saisir,  prendre,  entraîner,  empaumer. 
E  (pour  ei)  fodra  don  toujours  quê  \o  Dztblo  Vim- 

[banehf,] 
Ou  bus  de  Tèt  Coson  ouïe  Pitrre  t'irrtnclie. 

c  II  faudra  donc  toujours  que  le  Diable 
t'entraîne  —  Au  bois  de  Gouzon,  où  Pierre 
t'arrange.  >  (More) 

De  hanche,  av.  préf.  in  et  suff.  t  (15  2»). 

IMBARRASSIA  (inbarassia) ;  ap,  Coch* 
EMBARRASSIA  adj.  L  Sfiy .  êbarracha ^ 
Embarrassée  ;  se  dit,  par  euphémisme, 
d'une  femme  enceinte. 

Partie.  d*imharrass'i,  embarrasser,  tiré 
du  fr. 

IMBIARNO  V.  emhiernô. 

IMBIERNA  V.  embierna. 

IMBIERNO  "v,  emhiernô. 

IMBIORN,  A  (inbiorn,  a)  adj.  •— Embar- 
rassé, maladroit. 

Subst.  V.  tiré  dHmhiernô  imbiarnô. 
Le  passage  de  a  à  o  a  pu  être  facilité  par 
l'infl.  de  borné. 

IMBIORSES  V.  sous  embaissi. 

IMBOCONNO  (inbôkônô)  EIMBOCON- 
NO  ;  à  Lyon  emboconner  v.  n.  —  Exhaler 
une  très  grande  puanteur. 

Et  te  pu  tcllameiot  la  crapa 
Que  VtimbocoM  lo  payi. 

»  Et  tu  pues  tellement  le  vin  —  Que  tu 
répands  la  mauvaise  odeur  dans  tout  le 
pays.  »  (Due  Bib.) 

De  bocon,  mauvaise  odeur,  primitivem. 
poison  (cp.  empoisonner,  sentir  mauvais, 
de  poison),  av.  préf.  im,  de  in,  et  suff.  ô 
(14  3«). 

IMBOSSI  (S*)  (s'inbossl)  EIMBOSSI 
(inbossl)  V.  pron.  —  S'enivrer. 

Et  cou  fameux  Po-le, 

Que  fat  junô  se  geios  par  t^eitnboui  so  le. 

t  Et  le  fameux  Poulet,  —  Qui  fait  jeûner 
ses  gens  pour  s'enivrer  tout  seul.  »  (Mén.) 

h*imbossu,  entonnoir,  av.  suff.  i  (15 
3»,  rem.  2), 

.  IMBOSSU(inbossn)  EINBOSSOU  EM- 
BÔSSOU  ;  à  Villefr.  EM BOSSOIR  s.  m.  — 
Entonnoir. 

Quant  il  aot  lychl  tôt  lloa  sou 
Par  la  doly  d*eiii  eimbossou. 

€  Quand  ils  ont  bu  tout  leur  saoul  — 
Par  la  douille  d'un  entonnoir.  »  (  VoL  de 
jamh.) 

De  bosse,  tonneau,  av.  préf.  in  et  suff. , 


M,  ou  (34  bis).  Villefr.  a  employé  le  suff. 
d'oïl  oir,  d'oriMm.  Gp.  vfr.  embut,  de  iw 
et  butta. 

IMBOTO  (inbôtô)  v.  n.  —  Enfoncer 
dans  la- boue. 

On  le  dérive  ordinairem.  de  botte  (se 
faire  des  bottes  de  boue),  mais  est-ce 
bien  sûr?  Les  paysans  qui  t  s*embottaient» 
ne  portaient  pas  de  bottes  et  ne  savaient 
pas  même  ce  que  c'était.  Faut-il  y  voir  le 
thème  bot,  boue,  qui  a  formé  le  lorrain 
bodêre,  le  pic.  baudelé  ;  d'un  rad.  celt  : 
kym.  bud  hudr,  boueux,  malpropre,  qui 
reporte  à  baw,  boue,  excrément»  Budr, 
budir  se  retrouve  dans  le  dér.  lorr. 
brodian,  boueux.  Au  rad.  bot  ont  été 
joints  le  préf.  in  et  le  suff.  d  (14  !•).  La 
persist.  de  t  serait  normale,  le  mot  ayant 
été  formé  par  voie  de  suff. 

IMBOTTO  Y.embotto. 

IMBRINQO  (inbringô);  à  Lyon  embrin- 
guer. —  Embarrasser,  créer  des  difficultés. 
A  s*est  imbringô  de  cela  fumella,  il  s'est 
empêtré  de  cette  femme. 

De  b.  lat.  briga,  av.  préf.  in  et  suff.  ô 
(14  4-).  Nasalisât,  de  i  (184  7«). 

IMMANDO  (S*)  (s'in-mandô)  S'EIN- 
M  AN  DO  V.  pr.  —  Aller,  venir. 

Noutro  D*hommo  dévoie,  et  sln  pidre  corajo,  ' 

S*immande  to  d*In  coq  Jusqu*a  Tes  San  Remou. 

c  Notre  homme  dévale,  et  sans  perdre 
courage,  —  Marche  d'une  traite  jusqu'à 
Saint-Rémy.  »  (Ina  Miseri,  chans.) 
Ein  lydxisant:  Moda  don,  moda  don  ! 
1  s*9inmandxû 

€  En  lui  disant  :  Va  donc,  va  donc  î  — 
Elle  s'en  alla.  »  (Due  Bib.) 

De  'in-mandare  se,  par  une  dérivât, 
de  sens  assez  singulière.  Gp.  la  loc.  de 
Lyon  s'amener  pour  t  venir».  Suff.  ô 
(14  !•). 

IMPAILLI  (inpalhl)  v.  a.  —  Mettre  de 
la  paille  pour  servir  de  litière  aux  animaux. 

De  in  et  paillt,  formé  sur  pailli,  Suff.  t 
(16  4-). 

IMPANISSURE  (inpauissnre)  s.  f.  — 
Ternissure  faite  à  la  pièce  tissée  par 
manque  de  soin  de  l'ouvrier.  Vx  dph 
empani,  se  dit  d'une  glace  ternie. 

l>"impani,  verbe  inusité,  mais  qui  a 
certainem.  existé  et  dont  le  dph.  empani 
est  un  partie.  Impani  vient  lui-même  de 
Un-pan  nés  ce  re,  recouvrir ,  formé  sur 
pannum  (cp.  it.  appenare  c  ôffuscare  >, 


Digitized  by 


Google 


216 


iMPL 


recouvrir),  av.  préf.  iw.  et  devenu  inpan- 
nire,  en  passant  dans  la  4*  conjug.,  comme 
tous  les  verbes  inchoatifs.  A  empani  s'est 
ajouté  le  sufT.  iss-iira^  comme  pour  tous 
ces  verbes  (cp.  meurtrir  meurtrissure, 
fétrir  flétrissure)^  parce  que,  au  part, 
prés,  ils  prennent  la  syll.  iss  entre  lerad. 
et  la  terminais.  Il  suit  de  là,  que,  en 
réalité,  impanissure  a  été  formé  sur 
impaniss{ani)y  av.  suff.  ure. 

IMPLEY1  (S')  (s'inpié-yl)  v.  pron.  — 
Monin  le  traduit  par  Travailler.  Le  sens 
le  plus  général  est  Faire  une  affaire,  se 
mettre  à  une  chose,  s'occuper  d'une  affaire, 
faire  des  démarches  pour  l'amener  à 
réussite.  S*impleyl  à  tian^  faire  les  choses 
en  leur  temps. 

D'imp/tcare.  Gh.  de  i  bref  en  ei  (19)  ; 
de  care  en  y»  (16  2'). 

IMPLURE  (inpiure)  v.  a.  —  Emplir. 

Qvtnd.  «l*iH  rplnor  subit,  soi  ôrpt  eartjouj* 

Eimptut  lie  bulion  liUnc  la  pompa  flgornouM. 

«  Quand,  d*un  retour  subit,  sa  main 
courageuse  —  Emplit  d'eau  la  pompe 
traîtresse.  »  (Mén,) 

D'implBre,  mais  formé  sur  le  partie. 
implu,  lequel  a  été  fait  par  analog.  av.  dù^ 
pu,  reçu  et  autres  partie,  des  v.  en  ère 
lat.  (oî'r  fr.).  En  effet,  le  fr.  emplir  est 
irrég.  et  devrait  être  emploir,  part,  emplu. 

IMPLU  RI  V.  empluri,  attiser  le  feu. 

IMPLURI  (inplnri)  s.  f.  -  A  Paniss. 
Cheville  passée  dans  le  timon  et  le  joug 
pour  les  fixer  ensemble. 

Subst.  V.  tiré  d'implure,  parce  que  la 
cheville  remplit  le  trou.  On  dirait  en  fr. 
un  «  remplissage  ». 

IMPORA  V.  empare. 

IMPUNTI  (inpuntchi)  v.  a.  —  A  River. 
Exciter  qqu'un  contre  un  autre.  V.  prou. 
sHmpuntchi,  devenir  plus  aigre,  plus  fort. 
Lo  vint  sHmpint,  le  vent  devient  plus  fort. 

Formé  sur  punctum,  av.  préf.  in  et 
suff.  t  (  1 6  8»).  Tchi  est  une  prononciat. 
locale  pour  ti. 

IN  (in).  Devant  les  explosives  labiales 
il  est  écrit  im  prép.  —  1.  Dans. 

De  in,  mais  après  avoir  passé  par  en 
dont  la  nasalisât,  s'est  aiguisée.  Dans 
tous  les  mots  où  subsiste  encore  en,  il 
tend  à  être  remplacé  par  tn. 

2.  Préfixe.  —  a)  A  une  significat.  pu  rem. 
explélive  et  remplace  les  préf.  e,  a  :  indrugi, 
knpunti,  iniunô. 


b)  Indique  l'action  du  dehors  au  dedans, 
intrum'i,  invorpô,  inchambitô,  imballot ^ 
imbossu. 

c)  A  une  significat.  négative.  N'appartient 
en  ce  sens  qu'aux  mots  empruntés  à  la 
format,  savante  :  inocint. 

INCAFORNO  (S')  (s'inkafoniô)  v.pron. 
—  Se  replier  sur  soi-même,  de  façon  à  se 
chauffer  en  recouvrant  le  feu. 

De  ftLrnum,  av.  préf.  f«,  suff.  d  (14 
'd*)  etprosth.,  devant  le  thème,  de  la  syll. 
péj.  ca  (v.  caborna). 

*iNCAMO  (inkamô)  8.  m.  —  Bruit^ 
criaillerie,  tumulte.  «  Que  d'incarné  par 
rin  du  tôt  »,  que  de  bruit  pour  rien  du 
tout  !  S'emploie  surtout  au  plur  :  feire  de 
sHncamôs. 

Étym.  inconn.  Peut -on  songer  à  in- 
clameitum  t  Chute  de  l  dans  le  groupe 
init.  (105,  rem.).  Gh.  de  a{tum)  en  d(l). 

INCHAFETO  EINCHAFETO  (inchaftô) 
V.  a. —Entraver  les  jambes,  donner  an 
croc-en -jambe. 

Cepeiodint  Sarsinio  vé  Pdou  que  rafèto  ; 
Volant  lo  fuparô,  moo  hommo  §*einchafèti. 

c  Cependant  Sarsiniau  voit  Péteux  qui 
rétle;  —En  voulant  les  séparer,  mon  homme 
s'entrave.  »  (Mel.) 

Étym.  inconn.  —  * In-cap{u)tB,re^  faire 
toml)er  la  tête  en  avant,  devrait  donner 
régulièrem.  inchattô  (78  et  161,  6%  6)  ; 
toutefois,  avant  la  chute  de  u,  p  a  pu 
s'adoucir  en  /*.  On  a  l'ex.  d'une  format, 
analogue  dans  cap(i)tana  =  cheftaine 
(v.  ce  mot).  S'il  en  est  ainsi,  le  verbe 
aura  été  inchaftô,  puis  inchafetô  par 
insert,  d'une  voy.  d'appuKçp.  la  prononciat. 
In.  volupeté.  L'insert.  de  la  voy.  d'appui 
a  été  facilitée  par  les  formes  verbales  où 
ft  est  devenu  post-ton  :  il  ^'tnchafte,  il 
s*inchafete,  et  il  sHnchafète,  où  e,  devenu 
ton.,  passe  à  è,  comme  dans  il  sème,  de 
semer. 

INCHAMBITO  (inchanbitô)  v.  a.  — 
Donner  un  croc-en-jambe. 

De  chambita,  av.  préf.  in  et  suff.  ô 
(14  !•). 

INCHANT(inchan);àLyon  ENCHANT; 
vin.  ANCHANT  ENCHANT  (anchan)  s. 
m.  —  1.  Angle  d'une  maison  ou  d'un  mur. 
C'est  par  erreur  que  M.  Godef.,  dans  les 
divers  textes  In.,  traduit  enchant  par 
montant  de  porte. 


Digitized  by 


Google 


INCH 


217 


2.  Pierres  dressées  sur  lit  et  sur  angle 
et  servant  à  bâtir  les  enchants. 

De  csintus,  av.  préf.  en  ou  in.  Gh.  de 
c  en  ch  (84). 

INCHAPLO  (inchaplô)  ;  ap.  Coch.  EN- 
CHAPLA  V.  a.  —  1.  Aiguiser  une  faux  av. 
renclume  e,l  le  marteau,  2.  Piquer  les 
meules  d'un  moulin. 1 3* inchaplont  le  mole, 
«  ils  piquent  les  meules  ». 

De  ^hi  capulAre.  V.  chaplo. 

INCHATTI,  IA(inchati.  ia)  adj.  partie. 
—  Attiré,  fasciné,  passionné  pour 

Adj.  part,  de  inchatll. 

INCHATTI  (inchàti  inchatchi)  v.  a.  — 
Fasciner,  attirer  par  des  caresses. 

(^est  fr.  achalir^  de  chat,  av.  ch.  de 
prèf.  Celle  orig.  e.\plique  la  fin.  irrég.  i, 
qui  devrait  être  ôaprés  unedenlale  (14  1") 

INCHI  (inchi  intchi)  ;  ap.  Coch.  ANCHI 
s.  f.  —  l.Gros  robinet  de  boisa  l'usage  de 
la  cuve,  t  Achitô  devina  V inchi  de  la  tina, 
acheter  du  vin  en  cuve  *. 

Du  vha.  anc7ia,  jambe,  tibia,  au  sens 
d'os  creux.  G  p.  lat.  tibia,  flûte.  An  a  été 
confondu  av.  en  et  traité  comme  tel  (65). 
Fin.  1(54  2-). 

2.  Petit  fossé  en  travers  des  chemins, 
déversant  l'eau  dans  les  fonds  riverains. 

Dérivât,  de  sensd'mc^in.  Le  petit  fossé 
amène  l'eau  comme  un  robinet,  une  can- 
nelle. 

INCLÉNA  V.  incliono. 

INCLIONO  (inkliono)  à  Crap.  ;  à  Morn. 
INCLÉNA  s.  f.  Bagnard  enlhuna^  Jorat 
enhlyèna,  it,  incudine  —  Enclume. 

T>*incndiiiem.  Il  y  a  eu  sans  doute 
hësitat.  sur  la  quantité  de  m,  car  diverses 
formes  franco-pr.  témoignent  d'un  u  bref, 
tandis  que  le  fr.  et  l'it.  témoignent  d'un  u 
long.  Incudinem  donne  incolna  par  un 
ch.  de  d  en  /  dont  la  format,  est  restée 
obscure,  malgré  tous  les  efforts  faits  pour 
l'expliquer.  Incolna  donne  inclona  par 
métath.  de  /  et  incliona  par  insert,  de 
yotte  (164  2*.  a).  Je  ne  sais  pourquoi 
dans  incliono  la  fin.  o  a  été  substituée  à 
à  la  fin.  fé m.  a,  ni  pourquoi  dans  incléna, 
0  ton.  a  pa.ssé  à  é. 

INCLiOU  (inklion)  s.  m.  —  Enclos. 

De  in'Cla,u(siim),  Épenth.  de  yotte  dans 
le  groupe  cl  (107)  ;  çh.  de  au  en  ou  (49). 

INCOBLES  (ink6ble)  s.  f.  pi.  —  Entraves 
q^'on  met  aux  pieds  des  bœufs  ou  d'autres 
animaux. 


De  cop(u)la,  av.  préC  /;/.  V.  incohl/i. 

INCOBLO  (inkoblô)  ENCOBLO  (anko- 

blô)  ;  ap.  Coch.  ENCOUBLA  v.  a.  —  Metire 

des  entraves  à  un  bœuf,  à  un  cheval  ;  au 

fig.  Donner  un  croc-en -jambe,  renverser. 

De  fout  los  lus  dija  dopond  la  villi  corda 

Doiilj'aylions  encoblô  par  la  laidi  discorda. 

«  De  tous  côtés  déjà  est  détachée  la 
vieille  corde  —  Dont  nous  étions  entravés 
par  la  laide  Discorde.  »  {Hym.) 

D'*i?i'Cop(u)la,re,  au  sens  d'attacher 
ensemble  les  jambes  de  devant  de  l'animal. 
Ch.  de  p/ en  6/(1 64  7-);  de  a?^  en (5(1480). 

INCOTI,  IA  (inkoti.ia  ;  à  Crap.  INCUTI 
IA  ;  A  St-Mart.  ENCOTCHI  INCOTCHI  adj! 

—  Embrouillé,  collé,  en  parlant  des 
cheveux;  au  fig.  entrepris,  engourdi,  peu 
adroit.  S'emploie  substanlivem. 

De  l'uriia  dou  scrutin  o  ne  toiiirit  plut 
Ni  de  maire  l'nco/i,  ni  consillis  cuius. 
«  De  l'urne  du  scrutin   il  ne    .sortirait 
plus  —  Ni  de  maire  inintelligent,  ni  de 
conseillers    éclairés     comme     des     vers 
luisants.  »  (Hym.) 

De  'coaciAre  (formé  sur  coacium),  qui 
donne  coaitl  (61  et  15  2»)  réduit  à  cùtî. 
Sur  incuti  v.  cuti. 

INCOUETTI,  IA  (inkouéli,  ia)  adj.  — 
Pressé. 

De  *in-coct9itum,  partie,  de  in^coctare, 
Ch.  de  o  +  c  en  oué  (cp.  42  3«)  ;  de  atum 
en  i(15  3«). 

INCRENILLI,  IA  (inkrenilll,  ia)  EIN- 
CREGNILLI,  IA  ;  à  Lyon  encrenillé  adj. 

—  Torta,  crispé,  crochu. 

Ton  motru  front  reinissily  * 

Et  Ion  arpion  eincregnily, 

«  Ton  méchant  front  ridé  —  Et  ta  main 
crochue.  »  {Due  Bib.) 

De  crinem,  av.  préf.  in,  de  in,  et  suff. 
fréq.  ilht,  Increnilhi,  crochu  comme  un 
crin.  Jlong  s'est  affaibli  en  e,  à  cause  de 
sa  posit.  à  la  prot. 

INCRO  (inkrô)  v.  a.  —  Fixer,  graver. 
«  O  me  simble  que  je  veys  son  visajo 
incrô  dins  lo  buffet  »,  disait  une  bonne 
femme  en  parlant  du  souvenir  qu'elle  avait 
de  son  fils  mort. 

De  fr.  ancrer,  où  le  son  an  a  été 
confondu  av.  en,  prof,  des  verbes. 

INCUTI  V.  incoti. 

INDRUGI  (indrujl)  v.  a.  —  Fumer, 
mettre  de  l'engrais. 

9\ 


Digitized  by 


Google 


218 


INFO 


De  drugi,  fumier,  av.  préf.  in  et  suff.  i 
(16  2'). 

IN  FORGES  (infôrge)s.  f.  pi.  — A  Paniss. 
Entraves  de  clievaux. 

De  in-fa,br(i)ca.  Gh.  de  6  en  w  dans  hr 
(164  8»);  de  c  en  j  (178  6")  ;  d'où  m- 
faurges  infôrges, 

INGANNO  (S')  V.  pr.  Vfr.  enganer  — 
A  Paniss.  1.  Se  tromper,  se  gourer.  2. 
S'embarrasser. 

De  'in-gannB,re^  du  b.  lai.  gannum, 
raillerie  ;  du  vha.  gB,man,  mha.  gamen, 
ags.  gamen,  angl.  game^  jeu.  Cp.  l'express, 
t  se  jouer  de  qqu'un  ».  Suff.  ô  (14  3*). 

INGOLO  (ingolô)  EINGOLO  v,  a.  — 
Avaler. 

Çuc  siàrt-lo  de  vo  dégueulô, 
Vo  pouô.l«s  pès  Yo  ztingolo, 

«  (Ju3  sert-il  de  vous  crier  des  injures,  — 
Vous  ue  pouvez  pourtant  pas  vous 
avaler.  »  {Due  Bih.) 

De  gjJLÎa  =  gola^  av.  préf.  in  et  suff.  6 
(14  «0). 

INGOUSU,  UA  (ingouzn,  ua);  ap.Goch. 
ENGOUSU  adj.  —  Glouton,  goinfre.  Gp. 
placent,  ingnsa,  étouffer. 

De  *  in-glutiosus*  Gh.  de  u  bref  en  ou 
(34),  de  ostim  en  u  (35)  ;  de  ^  en  j  (138). 
On  a  inglousu  passé  à  ingousu  par  suite 
de  qq.  diflicuUé  de  prononciat. 

INGRANO  (ingranô)  EINGRANO  v.  a. 
—  Faire  tourner  un  engrenage. 
0  ve  «rfii  autro  lA  l'harborUle  Piqueta, 
(^M'eingrnnek  lourde  bru  ina  rleilli  raqueUa. 

«  (^est,  d'un  autre  côté,  l'herboriste 
Piquette  —  Qui  fait  virer  à  tour  de  bras 
une  vieille  crécelle.  »  {Afén.) 

De  'in^crenare,  formé  sur  crena^  cran, 
à  cause  de  l'engrenage  de  la  crécelle  Gh, 
de  cr  en  gr  (105)  ;  suff.  d  (14  S*). 

INGREMIN A  (ingremina)  ENGREMINA 
(engremina)  s.  f.  — .  Homme  engourdi, 
mou,  paresseux,  endormi. 

De  grumum,  av.  préf.  m,  de  in  et  suff. 
dini.  ina,  Ingremina,  qui  se  tient  en 
peloton.  Gp.  gén.  greminio^  épais,  serré; 
loulous,  engrumelat,  accroupi.  U  étant 
prot.  s'est  affaibli  en  e.  Beaucoup  de 
mots  péj.  appliqués  aux  hommes  sont 
fém.  Gp.  baranqua,  étupa,  farbella, 
pelata,  gorlanchi. 

INGUEUSO  (ingheuzô)  v.  a.  — Tromper, 
au  sens  de  tromper  une  fille  :  Tngtteusô 
ina  bôyi,  séduire  une  fille. 


Formé  sur  ingueusu,  av.  suff.  d  (15 
8',  rem.  3). 

INGUEUSU  (ingheuzu)  ;  ap.  Goch. 
ENGUEUSEUR  s.  m.  —  Trompeur, 
enjôleur.  Rch.  engueuseur  «  se  dit  lors- 
qu'on fait  de  belles  promesses  à  un  enfant 
pour  lui  faii*e  faire  quelque  chose  contre 
son  gré  (Hécart).  » 

Je  doute  fort  que  le  mot  ait  été  formé 
sur  gueux,  qui  se  prête  au  sens  d'une 
façon  tropsul)lile.  J'y  verrais  le  vfr.  savant 
induiseur,  séducteur  (induisemeni,  sé- 
duction), passé  à  engueuseur  ingueusu 
sous  l'infl.  de  gueux.  Quanta  induisem\ 
c'est  un  dér.  de  induire,  av.  un  suff.  relié 
par  s,  cons.  fin.  du  prés,  de  l'indic. 

INLUISO  (inluizô)  s.  f.  —  A  Paniss. 
Lueur,  dans  l'express,  in*  inluisô  de 
soler,  une  lueur  de  soleil  entre  deux 
nuages. 

De  inlucere  =  inluizU  par  ch,  de  u 
en  ui  (cp.  48)  ;  de  c  en  j  (130),  et  de  e 
long  en  t  sousinfl.  de  la  gutt.  (cp.  15  'i*)- 
On  a  dû  avoir  le  subst.  part,  inluisia^ 
qui  devait  se  réduire  à  inluisî.  La  sub.s- 
titut.  du  suff.  ô  s'est  produite  sous  une 
infl.  analogique  av.  les  subst.  en  ô  pré- 
cédé de  5,  non  précédé  lui-même  de  yotte 
(cp.  ina  peso,  une  pesée)  mais  je  ne  connais 
pas  d'autre  ex.  de  cette  confus. 

•INNOUCEN  V.  inocinL 

INOCINT  V.  enocint. 

INQUEU  (inken)adv.  Vfr.  encui,  pr. 
ancui,  dph.  inquèi  vx  it.  ancoi,  Bâle 
okeu  —  Aujourd'hui. 

La  jornô  A'tnqueu  ly  vaut  dxix  rep6f. 

«  La  journée  d'aujourd'hui  lui  vaut  dix 
repas.  »  {Tré  C.) 

Diez  voit  dans  la  1"  partie  des  mots 
vfr.  etc.  adhuc^  qui  a  donné  vpr.  anr, 
vfr.  ainc€  unquam  ».  Encui  serait  adhuc 
hodie  «  encore  aujourd'hui  ».  Il  semble 
bien  moins  compliqué  comme  sens  d'y  lire 
hanc  hodie  ;  et  pour  le  In.  inqueu,  de  lire 
hune  hodie.  Nasalisai,  de  u  en  in  (47); 
ch.  de  hodie  en  uey  (v.  huey),  d'où  inkuey, 
réduit  à  inheu,  orthographié  inqueu, 

'INQUILIN  (inkilln)  ENQUELIN  (anke- 
lin)  s.  m.  Piénr.  inquilin  —  i.  Locataire, 
mot  très  usité  à  Lyon  il  y  a  W  ans,  mais 
qui  s'est  perdu.  —  1495  :  «  Inquilin  ;  Jehan 
de  Paris,  peyntre,  lient  à  la  louage  Ja 
première  (ap.  Gharvet).  »  —  1686  :  t  A  été 
ordonné...  de  s'enquérir  des  maisons  es 


Digitized  by 


Google 


INRO 


219 


quelles  il  n*y  a  aucuns  aiguediers...  pour 
contraindre  les  tenementiers  et  inquilins 
par  justice  à  faire  les  dits  aiguediers.  « 
(Arch.  mun.)  —  2.  Camarade,  ami.  «  Vo 
ne  m'ai!  pô  solomen  donô  in  motru  chouro 
par  me  devarti  avai  mou  zayiquilins^  » 
vous  ne  m'avez  pas  seulement  donné  un 
méchant  chevreau  pour  me  divertir  avec 
mes  amis.  (Pat\Cond.) 

D'i7iquilinum,  Inqiiilin  est  de  format, 
savante,  et  e.iquelin  de  format,  popul., 
comme  le  démontre  laprot.  méd.  t,  conser- 
vée dans  le  mot  savant  (78). 

INROLLI,  lA  (inrolhl,  llia)  adj .  — 
Raide,  i*aidi.  c  Al  est  inrolU  per  le  dou- 
leurs^ il  est  enraidi  par  les  rhumatismes». 

De  fr,  rouille  ^  ro/Zii,  av.  préf.  in  et 
sufT.  1(15  4*). 

INRONCHi(inronchl);àPaniss.lNROU- 
CHI  V.  a.  —  Enrouer. 

De  ^in-raucAre.  Gh.  de  au  en  ou  pour 
la  forme  inrouchi  (75)  ;  de  care  en  chi 
(15  *^).  Le  passage  de  au  ou  à  on  dans 
î/irowc/i/ s'explique  par  une  infl.  onomatop. 

INSACHI  (insachl)  v.  a.  —  Mettre  dans 
un  sac. 

De  snchi,  grand  sac,  av.  préf.  in  etsuflf. 
ï  (15  2«). 

INSARRO  (insarô)  v.  a.  —  Enfermer. 
S'itisarrô,  s'enfermer,  se  tenir  chez  soi. 

De  Un-serAre,  de  sera^  serrure.  Gh.  de 
e  ena  (66)  ;  de  are  en  ô  (14  â»). 

INSIAN  (insian)  INSION  (insion),«p. 
Goch.  ENSION  adv.  —  Ensemble. 
I*usf in,  qiian  no  Mron  périqui  loo  in«ion, 
Je  tésirë  lu  coù  ptr  dooiib  ma  licimi. 

«  Puis,  lorsque  nous  serons  par  ici  tous 
ens  imhle,  —  Je  saisirai  l'occasion  pour 
donner  ma  leçon.  >  (Ina  Miseri) 

De  in-simul,  qui,  par  la  diphtongais. 
primitive  de  i  bref,  a  donné  insiem  (cp. 
il.  insieme),  qui  se  prononçait  insian^ 
comme  tian^  de  temptts.  L'yotte  a  protégé 
ce  son  en  et  l'a  empêché  de  passer  à  in, 
selon  l'usage.  Insian  a  passé  à  insion 
dans  un  assez  grand  nombre  d'endroits 
(9,  rem.  2). 

INSINAU  (insinô)  s.  m.  —  A  Yzer. 
Deuxième  timon  accroché  au  !•'  quand  on 
double  Tattelage. 

Élym.  inconn.  —  Tout  ce  qu'on  peut 
dire,  c'est  que  la  syll.  fin.  au  représente 
sans  doute  le  sufT.  ellum.  On  a  peine  à 
croire   que    le  fr.   savant   insinuer,  av. 


corrupt.  du  sens  en  celui  t  d'ajouter  »,  ne 
soit  pas  pour  qq.  chose  dans  le  mot. 

INSION  V.  insian. 

INSOVO  (insôvo)  s.  m.  —  Manche  du 
fléau. 

Étym.  inconn. 

INTANO  (intanô)  v.  a.  —  Entamer, 
couper. 

D'in'tam{i)ji9Lre,  de  iamen  pour  tag- 
men  (tag  tango).  La  forme  In.  met  à 
néant  l'étym.  celt.  lama,  proposée  par  Che- 
val let.  Ghule  de  m  dans  le  groupe  mn 
{111  1«).  Cette  format,  est  plus  rég.  que 
dans  le  fr.  entamer,  où  c'est  au  contraire 
la  2»  cons.  qui  est  tombée. 

INTANURI  (intanuri)  s.  f.  —  Coupure, 
écorchure,  entamure. 

DHntanô,  av.  suflT.  uri  (87). 

INTORNO  (intornô)  v.  a.  et  pron.  — 
1.  Entourer  une  terre  de  haies,  de  fossés 
etc.  2.  S'en  retourner. 

De  *in'tornAre.  Gh.  de^reen  ô  (14  3"). 
Gp.  it.  intorno,  autour.  Dans  2.  tornare 
est  pris  au  sens  de  «  vertere  ». 

INTOYI  V.  étotji, 

INTRA  (intra)  s.  f.  —  A  Yzer.  Tour  de 
roue. 

De  'in-tornumtmintronum  par  mélath. 
de  r  (187  !•).  intro  par  régress.  d'accent, 
et  in^rrt  par  le  passage  du  mot  au  fém. 

INTRACLIO(S')  ;s'infcrakliô)  v.  pron.  — 
A  Paniss.  S'embarrasser  les  jambes. 

De  i?i-trag{u)la,re,  formé  sur  tragula, 
ti*ain3au,  de  iragere  pour  trahere.  Gh.  de 
cl  en  gl  (164  2©.  a,  rem.  2). 

INTRAFICHI  (intrafichî)  EINTRAFI- 
CHI  V.  a.  —  Entremêler,  déranger,  enche- 
vêtrer, embarrasser. 

Lo  brut  corri  diiit  lote  le  cbarrére 

Que  sou  goii  le  Irofove  boucbi 
Et  que  se  diats  l'elsant  intrifichi. 

«  Le  bruit  courut  dans  toutes  les  rues..* 
—  Que  son  gosier  se  trouvait  bouché,  — 
Et  que  ses  dents  s'étaient  enchevêtrées.  » 
{Gr,  Jonn.) 

D*intra-figica,re.  Chute  de  g  (134); 
chute  de  i  prot.  (78)  ;  ch.  de  care  en  chi 
(15  2«). 

INTRAFICHI  (intrafichi)  adj.  —  Embar- 
ra.s.sé.  sot,  maladroit. 

El  deMus  son  car-ne.  Zozo,  Veiutrafkhi, 

Va  aoto  lo  bons  motf  qu'ai  einteindra  cracbi. 

c  Et  sur  son  carnet.  Zozo,  l'incapable. 


Digitized  by 


Google 


220 


INTR 


—  Va  noter  les  I)on8  mots  qu'il  entendra 
débiter.  »  {Mibu) 

Suhst.  part,  d'intra/îchl  v.,  pris  au  flg. 

INTREMO (inlmnô) ;  k  Morn.  ÉTRÉMO ; 
à  D.de-G.  INTRUMO  EINTR'JMO;«p. 
Coch.  ENTREMA    v.   a.  For.    entruma 

—  Enfermer.  Intremô  le  vache,  les  faire 
rentrer  à  rélahle.  Gasc,  Qiierci,  H*-Lan- 
gued.  entruma  e7itrumi  estriimi,  assom- 
brir, obscurcir  ;  Igd.  atrunia,  môme  sens. 
LoH  tems  s*alrumOf  le  temps  s'assombrit 
(«2^.  Mistr.)  ;  pr.  atramen,  encre. 

Uailame  sVifKrumt  deinsson  apparlameint. 

«  Madame  s'enferma  dans  son  appar- 
tement. i>  {Dt'p.) 

Du  rad.  air,  d\ifrum:\e  mot  répondrait 
à  un  ^atram[i)n%re,  formé  sur  *atramen. 
F^a  syll.  init.  a  a  été  confondue  av.  le  préf. 
a,  auquel  on  a  substitué  le  préf.  e?i  in, 
de  in.  L'idée  primit.  est  celle  de  mettre 
à  Vomhre,  pour  «  mettre  en  prison  ».  Les 
mots  d*oc  ne  laissent  aucun  doute  sur 
létym.  Atram[i)nare  donnerait  atramô 
par  chute  de  n  (cp.  fem{i)7ia  =  femme)  et 
oh.  de  are  en  6  (14  3")  ;  d'où  atramô, 
atremô,  par  afTaiblissem.  de  la  prot.,  et 
t/itremô  par  ch.  de  la  voy.  init.  en  préf.  in. 

INTRUMO  V.  intremû. 

INTUNO(intunô)  v.  a.  —  Étonner,  stu- 
j>éûer.  Lorr.  entuner,  assourdir,  étourdir. 

Du  mha.  stfXnen,  ail.  stannen  erstau 
uen,  être  stupéfié,  perdre  son  pouvoir 
d'action  ;  ags.  stunian,  «  to  make  slupid 
with  a  noise  »  ;  b.  écoss.  ^^onay,  stupéfier, 
étonner;  2ir\^\.  to  st un.  E  a  d'abord  été 
préposé  à  st  (112  1"),  puis  es,  pris  à  tort 
pour  un  préf.  a  été  remplacé  par  in. 

INVAJO  (invajo);  ap.  Coch.  ÈVAGEO 
s.  m.  —  A  Crap.  Qualité,  race.  «  Cela 
pomma  est  d*un  bon  èvageo,  celte  pomme 
isl  d'une  bonne  qualité.  »  (Coch.)  —  Se  dit 
aussi  d'un  enfant,  d'une  génisse,  etc.  Al 
è  de  bon  invajo^  il  est  de  bonne  race. 

Le  même  qu'aicq/o,  av.  substitut,  de  m 
à  «,  qui  a  été  pris  pour  un  préf. 

INVARRO  V.  envarrô. 

INVARTOYI  (invartiVyl)  ENVARTOYI 
(anvartô-yl)  ;  ap.  Coch.  ENVERTOLLI  v. 
a.  Sav.  envortollier,  dph.  envortoulha, 
pr.  envertouia,  mars,  envartouia  — 
Envelopper  en  roulant,  entortiller.  «  Va 
incartoyi  sa  roba,  elle  a  entrulillé  .sa 
robe  autour  de  ses  cuis.«50S  (pour  passer 


De  *in-volttLre,  fait  sur  volutum.  Gh.  dtt 
/  en  r  (170  4»);  de  o  init.  en  a  sous  infl. 
de  r  (cp.  archipotAQ  hochepot).  On  a  in- 
varlô  et,  av.  adjonct.  du  sufT.  fréq.  olhl^ 
invartolhï  passé  à  invartoyï  (164  2»,  c). 

INVERGIA  (inverjia)  VERGIA  ;  à  River. 
VARGIA  s.  f.  —  A  Paniss.  Partie  mobile 
du  fléau. 

De  virf/SLta.  Ch.  de  t  bref  en  è  (68).'  A 
fin.  a  été  préservé  par  yotte  (1,  rem.  3), 
qui  lui-même  a  été  engendré  par  la  gull. 
Gh.  de  ff  en  j  (85,  rem.). 

INVERS(L')  s.  v.  Envars. 

INVERS  (A  L')  (à  l'invèr)  loc.  adv.  — 
A  la  renverse. 

I.a  TOdfa  de  Saiol-Anduer, 

On  le  Je  flJie  chayont  à  Vinrert, 

«  La  vogue  de  Saint-Andéol.  —  Où  les 
filles  tombent  à  la  renverse.  »  {Dicton 
popul.) 

De  in-versus,  qui  se  dit  ordinairem. 
invar  (24)  et  où  è  n'a  persisté  que  parce 
qu'il  élait  nécessaire  à  l'assonnance. 

INVERSAT  (A  L')  (inversa)  adv.  —  Au 
nord,  par  opposit.  à  à  Vadret,  au  midi. 
Piém.  à  Vinverss,  modénais  à  Varvers, 
au  nord  (v.  envars), 

D'inversum,  av.  suff.  at,  le  midi  étant 
considéré  comme  c  l'endroit  »,  adret,  et  le 
nord  comme  «  l'envers  ». 

INVERSIS(LOS)(lo-z-inversi)  s.  m.  pL 
—  Lieu  dit  à  S»-Didier-sous-River.  Gp. 
Inversa  en  Piémont. 

D*mrer5wm,  av.  suff.  coll.  is,  d'itius 
au  lieu  de  at  comme  dans  inversât  (v.  ce 
mot). 

INVIURA  (invinra)  s.  f.  —  Marque  sur 
le  corps,  attribuée  à  une  envie  de  femme 
gros.se. 

D"invidatU7'a,  d'invidia.  Il  y  a  dans 
ce  dér.  une  idée  logique  qui  n'existe  pas 
dans  le  fp.  popul.  envie  au  sens  de  marque. 
Cette  idée  est  celle  de  la  différence  enire 
le  désir,  et  la  chose,  conséquence  de  ce 
désir.  Chute  de  d  (189);  de  t  (185); 
d'oùinvfa'ura,  védmt  à  inviura.  Observez 
toutefois  que  in  init.  a  été  en  (enviura), 
puis  est  revenu  à  in. 

INVORPO  (invorpô)  v.  «.  —  Envelopper. 

Du  môme  type  que  celui  du  vfr.  voleper, 
av.  préf.  in.  Ch.  de  /  en  r  vl47  2  )  ;  suff. 
o  (14  8').  D'où  invorep)  et  invorpo,  par 
chute  de  e  prot. 

lOCHE  V.  liôche. 


Digitized  by 


Google 


IQUI 


221 


•IQUI  (iki)  adv.  Vfr.  iqui.  —  Ici,  là.  — 
M17  :  «  Lequel  a  fait  son  rapport  qu'il  y  a 
des  gens  d'armes  autour  de  Dijon,  les- 
queulx,  commel'on  disoit, dévoient  descen- 
dre  devant  la  Roche  de  Sullilréetdï^Mi  sus 
Lyonn«jis.  »  {Ref;,  cons  ) 

De  ecciChic.  Ecce  hic  n'expliquerait 
pas  iqui,  c  devenant  siftlant  devant  e,  î 
(88). 

IQUIEN  (iki  in)  pron.  déinonslr.  —  Ceci, 
cela. 

De  eccii'hunc  (de  préférence  à  ecce  hune, 
indiqué  à  tort  à  cinqui,)  V.  iqui* 

IQUIENTI  V.  icinqui, 

IRA  (ira)  à  Morn.  ;  à  River.  ÉRA  ;  à 
Crap.  IRI  s.  f.  —  Lierre. 

De  hed[e)ra,  Gh.  de  e  bref  en  t  (25)  ;  de 
a  tin.  en  i  dans  la  forme  iW,  plus  lyon- 
naise (54  4^).  Ira  est  une  forme  archaïque. 

*IRAGNI  (iragni)s.  f.  —  Araignée  Cette 
forme  donnée  par  Goch.  est  du  In.  de  la 
ville.  La  campagne  dit  uragniri. 

D'arSLfiea,  sans  doute  par  une  forme  h. 
lat.  iranea.  Gh.  de  nea  en  gni  (148  3* 
et  54  !•}. 

IRI  V.   ira, 

ISIAU    (iziô)  ZIZIAU    (ziziô)   s.  m.  — 
\.  Oiseau.  In  ziziau,  un  oiseau. 
Taili  critYc  a  la  rionde: 
Itiavo,  lu  iioviu  siziavx  ! 

«  Tous  criaient  à  la  ronde  :  —  Bravo  les 
nouveaux  oiseaux!  »  (Chans.  de  Recér.) 

h^aucellum.  Gh.  decen  ^(180).  Jinit. 
est  peut-^tre  un  phénom.  d*assimilat.  av.  i 
de  ia«,  d'ellum  (32).  Dans  la  forme 
ziziau  la  proslh.  de  z  est  due  à  l'emploi 
de  l'article:  los  isiaux,  lo-z-iziaux,  in 
ziziau. 

2.  Sensu  obsceno  «  Pénis  )». 


ISSEROBLO  (isserôblo)  s.  m.  Genev. 
isserable,  fr.-comt.  iseraule  —  Érable. 

D'acer  arbor,  qui  donne  aisserable  (v. 
aysserable)y  dont  je  ne  sais  pas  expliquer 
le  passage  à  iss érable. 
•  ITIENTI  V.  icinqui. 

•lUNTÈS  ainsi  orthographié  par  Coch. 
pour  onte  esUce^  où  est-ce,  av.  la  proslh. 
d'un  yotte  euphon.  comme  dans  yor«î  pour 
ore. 

IVRAYA  (ivra-ya)  s.  f.  —  Ivresse. 

Car  jamais  la  nionrya 

N'ciirii^hy  tibaret  oute  iboiiUv  l'irroya. 

«  Car  jamais  la  fortune  —  N'enrichit 
cabaret  où  l'ivresse  est  commune.  »  {Hym.) 

D'ebria,ca,  comme  le  fr.  ivraie,  et  aussi 
le  pr.  abriaga  qui  démontre  l'exactitude 
de  rétym.  Mais  ebriaca  signifie  simplem. 
€  ivre  »  au  fém.  Le  vfr.  ivrais  yvrais,  l'it. 
imbriacOy  d'ebriacus,  veulent  aussi  dire 
ivre.  Il  faut  nécessairem.,  pour  la  format, 
logique,  qu'il  y  ait  un  ebriaca  subst.,  tiré 
d'ebriuSf  comme  on  a  pastinaca,  de  pas- 
tinus.  Ebriaca,  du  reste,  ne  donne  pas 
irraye  sans  qqs  anomalies.  Le  ch.  de  e 
init.  en  i  a  dû  se  faire  sous  l'infl.  du 
voisinage  de  l'yotle  de  l'hiatus.  Le  ch.  de 
6ren  rr  paraît  une  format,  d'oïl  (164  8», 
rem.),  car  ad  bib{e)rare  a  donné  abeurô, 
La  difficulté  de  prononcer  iouraye  est 
peut-être  cause  de  la  non  vocalisât.  Ch.  de 
ac  en  ai  (10).  Par  l'addit.  de  la  post-ton. 
a  (53  ,  on  a  ivraia^  passé  à  ivra-ya. 

IVROGNI  (ivrogni);  à  Lyon  ivrogne  s. 
f.  —  Pivoine. 

De  fr.  ivrogne,  à  cause  de  la  couleur 
rouge  sombre  de  la  pivoine,  qui  est  ici 
comparée  à  un  nez  de  buveur.  Fin.  i 
(64  3»). 


J 


JABIOLA  (jabiola)  s.  f.  —  1.  Panier  à 
claire-voie  pour  enfermer  les  poulets. 
2.  Grande  jarre  de  paille  et  osier. 

Répond  à  *capeo/a,  mais  a  été  formé 
probablem.  sur  l'it.  gabbia,  av.  suff.  oîa, 
car  la  remonte  de  v  à  &  s'expliquerait 
difficileni.,  et  le  passage  de  c  init.  à  j  ne 


peut  avoir  lieu  que  par  l'intermédiaire 
de  g  (90).  L'immigrat.  italienne  au  xv«- 
xvi*  s.  explique  la  format,  d'un  certain 
nombre  de  mots  dans  notre  patois. 

J  ABONDA  (jabonda)  s.  f.  —  Bavard, 
bavarde. 

Formé  sur  la  l**  per.»*.  du  prés,  de  l'indic. 


Digitized  by 


Google 


JACI 


du  V.  ahondn^  abond9r  Ce  mode  de 
format,  est  fort  rare.  Cp.  fr.  une  madame 
j  or  donne, 

^JACINIÉRI  (jassiniéri)  s.  f.  Dph.  Jact- 
neiri  —  Femme  en  couche. 

De  jacire,  qui,  av.  suff.  ina,  donne 
*jassina  par  ch.  de  c  palat.  en  ss  (130). 
Jassina  est  perdu,  mais  a  certaiuem. 
existé,  comme  y  fr,  gésine.  A  Jassina  s'est 
ajouté  le  suff.  tri\  d*aria  (18). 

JACLIA  y.jiclias.  f. 

JACLIO  V.  jicliô. 

JACQUES  Chemin  de  saint  Jacques, 
voie  lactée,  parce  que  la  voie  lactée  se 
dirige  du  nord  au  sud,  direction  approxi- 
mative de  S'-Jacques-de-Gompostelle. 

JAGNI  y.jani. 

JAI  Uftï)  s.  m.  —  A  Morn.  Geai.  Le 
geai  a  chez  nous  des  noms  variés  :  jaï, 
(jironnet,  genelai,  macariau,  suivant  les 
lieux. 

Du  vha.  gdhikdhi  ;v[i\i^.  gaehe,  rapide, 
vif,  impétueux,  qui  a  donné  fr.  geai,  si 
toutefois  l'étym.  de  Diez  est  exacte,  ce  qui 
est  fort  douteux.  On  voit  queladiphtongais. 
n'a  pas  encore  disparu.  Morn.  a  conservé 
la  diplit.  dans  beaucoup  de  mots  où  elle  a 
disparu  aux  environs  de  Lyon. 
.     JAI  s.  f.  y.Jage. 

JAÏRE  (jaïre)  JÉRE  O'ére)  v.  n.  —  ?e 
coucher,  s'étendre. 

De  JSLcere  pour  jacere,  par  régr^^ss. 
d'ace,  probablem.  sous  l'infl.  des  temps 
forls  :  jSLceo,  jViCft  etc.  (^.h.  de  ac  en  ai 
'10).  Cet  ai  a  passé  A  e  dans  heaucoup  d'en- 
droits. 

JAIVi  (jèvi)  s.  f.  —  Gage. 

Répond  à  cnvea^  mais  vient  de  l'it. 
gahhia{y.jabiola).  L'yotte  s'est  diphtongue 
av.  a  init.  Fin.  i  (64  !•). 

JALÉGNI  (jalégnl)  s.  m.  —  A  Hiver., 
H.-de-G.  Poulailler. 

De  \x\,jalèna,  av.  suff.  t.  d'armm  (18). 

JALÉNA  (jalôna)  s.  f.  —  A  R.-de-G. 
Poule. 

De  gallina;  mais  tétant  long  on  devrait 
avoir  jalina,  comme  on  a  fr.  gêline, 
Toule  une  série  de  pat.  a  è  au  lieu  de  i; 
rch.  glène^  comt.  gelène  ogelène  eselène, 
vosg.  gerainCt  pic.  glaine.  Je  crois  que 
celte  forme  s'explique  par  Pinfl.  de  la 
nasalisât,  de  i:  gallina  jalin-na  jalaine 
wïijalène.  Cp,  marraine  de  matrina. 


La  format,  serait  encore  plus  simple  .si 
l'on  avait  un  masc.  jalain»  Le  In.  ei? 
général  ne  garde  pas  la  nasalisât.  {B), 
mais  R.-de-G.  subit  des  infl.  du  for.  qui 
est  lui-môme  un  dialecte  d'oc.  Ch.  do  g. 
init.  en ^(90). 

JALIRI  (jaUri)  s.  f.  —  Gelée. 

De  *gelaria.  Ch.  de  g  en  j  (92)  ;  de  r 
en  a  (64)  ;  de  aria  en  iri  (13). 

JALO  (jalô)  V.  n.  —  Geler. 

De  gelB,re  (v.  jaliri)  ;  ch.  de  are  on  6 
(14  3^). 

•JAMBAROTTA  (janbarùla).  aujourd. 
CHAMBIROTTA,  dans  la  loc.  soiUo  à  la 
chamhirotta,  à  Lyon  sauter  d  la  jambe- 
7'oUe,  —  Sauter  sur  un  pied. 

De  gBimha=c?iambaeide  rupta^^roffa. 
Ch.  de  u  bref  en  o  (38)  ;  de  pt  en  U  (161 
6*)  ;  de  a  en  i  par  affaiblissem.  de  la 
prot. 

•JAMBETTA  (janbèla)  s.  f.  —  Mancho- 
ron  d'une  charrue. 

Forme  de  chamhetta.  Dans  Goch.  <7am^a 
et  ses  dér.  ont  \ej  init  du  fr.  Je  ne  crois 
pas  que  cette  forme  soit  un  antécédant  de 
la  nôtre  av.  ch  init.  Je  crois  qu'elle  tient 
à  une  phonét.  particulière. 

'JANGOLLI  (iangolhl)  v.  n.  Lim.  jan- 
glia,  Igd.  jangla,  pv.jangoula  gingoula, 
—  1.  Gémir,  crier  d'un  ton  plaintif.  2.  Se 
dit  d'un  enfant  qui  commence  à  jargonner, 
«  Celo  borsat  commince  ben  à  jangolli  », 
ce  petit  garçon  commence  déjà  à  jargonner. 
Vx  îoT.jangouillpr.  babiller  ;  vpr.  janglar 
railler  ;  janguelhar  jangloillar^  médire  : 
jangolar,  grogner;  vfr,  jangler,  ba- 
varder, railler;  angl.  to  jangle,  bavar- 
der. 
De  TOUS  rnirndro  loui  jangoMiller  %  \ït\r  (Cbap.). 

Formé  sur  une  onomat.  Jang,  Burguy 
le  lire  d\i\io\\.  Jangelen  janken,  criailler, 
piailler,  glapir,  crier  comme  un  chien  que 
l'on  bat,  dont  il  doit  évidemm.  èlre  rap- 
proché, ('p.  ail.  sank,  bavardage.  A  ce 
i-ad.  jang  s'est  ajouté  le  suff.  fréq.  olhl. 
Le  sens  primit.  «  est  crier  d'un  ton  plaintif 
comme  un  chien  que  l'on  bat  »,  puis  c  jar 
gonner.  Le  sens  de  médire,  dans  certains 
dial.,  est  dérivé  du  sens  de  bavarder.  De 
même  le  mot  In.  piapias,  cancans,  médi- 
sances, dérive  d'une  onomat  Le  sens  de 
balbutier,  en  parlant  des  enfants,  a  ctè 
probablem.  infl.  ^kt  jargonner. 


Digitized  by 


Google 


JANf 


ses 


JANI  (jan!)  à  Morn.  ;  à  River.  JAGNI 
8.  m,  —  Genêt. 

De  'ginurium.  Gh.  de  i  bref  inil.  en  a 
(64);  de  arium  en  i  (13).  Dans  la  forme 
Jagni  gn  est  le  résultat  de  la  prononciat. 
locale  de  n  devant  t. 

JANON  (janon)  s.  m.  Bagnard  dzonè  — 
Genou. 

I*usaiii,  |ireiiaiil  à  pori  l'un  cl  Taulrc  paUkiau, 

Su  loii  jati^n  pld  lot  rompt  l'un  après  l'aulro. 

«  Puis  prenant  à  part  l'un  et  l'autre 
échalas,  —  Sur  son  genou  plié  les  rompt 
l'un  après  l'autre.  »  (Mon.) 

De  'genonem,  forgé  sur  genu.  i\\\.  de 
g  init.  en  a  (64). 

JANURI  (januri)  JANUROT  (janurô) 
JANURIOTCJanuriô)  s.  m.  For.  janneriat 
—  Genévrier. 

Di  In.  januro,  av.  suff,  t,  à*arium  (13); 
d'où  januri  etjanuriot  par  addit.  du  suff. 
dim.  ot.  Puis  l'oubli  du  !•'  suff.  a  amené 
la  forme  janurot,  par  analog.  av.  les 
autres  mots  terminés  en  ol  non  précédé 
de  t. 

JANURIOT  y.  Januri. 

JANURO  (januro)  s.  m.  —  A  Morn. 
Genièvre  et  par  e.Ktens.  genévrier. 

Dejiinepfiirum  pouvjuniperum  (Havet)^ 
Cb.  de  u  init.  en  a  (cp.  64).  E  bref  se 
Uipbt.  en  te  (ce  qui  explique  fr.  genièvre); 
vocalisât,  de  p  (164  6");  addit.  de  la 
post-ton.  0  (56).  Le  tout  donne  JanieurOf 
passé  à  januro, 

JANUROT  y.  januri. 

JAPIA  (japià)  s.  m.  —  Bavardage  mé- 
disant, sots  contes. 

Et  toHJors  faut  pats^  par  Ion  malin  japia. 

c  Et  toujours  il  faut  passer  par  leurs 
médisances.  »  (Hym,) 

De  In.  japilliy  av.  suff.  at.  On  Ajapilhà, 
passé  k  japia  (164  2»,  c). 

JAPILLAJO  (japilhajo);  à  Lyon  japil- 
lage  s.  m.  —  Bavardage,  action  de  parler 
av.  volubilité  et  inconsidérém. 

De  In.  japiU'i,  av.  suff.  eyo,  de  aticum 
(161  5*}. 

JAPILLI  (japilhl);  à  Lyon  japiller  v. 
n.  Dph.  jappeta  —  Bavarder,  parler  av. 
volubilité  et  inconsidérém. 

De  In.  jappô,  japper,  av.  suff.  fréq. 
iihl. 

'JAQUE  Hake)  s.  m.  MorvanjVî^^e^ — 
Geai. 


Parait  être  le  n.  d'homme  Jacques,  Cp* 
Jacol,  nom  du  perroquet;  Margot,  nom 
de  la  pie  ;  angl.  jack-daw,  choucas.  M.  de 
Chambure  dit  que  jack  en  ail.  signifie 
geai,  mais  je  ne  le  connais  point  Le  mot 
a  pu  être  à  l'orig.  l'ail,  gdch,  vif,  brusque, 
gai  ;  vha.  gahi  (que  Diez  donne  pour 
élym.  à  geai)y  transformé  en  jack  soui 
l'infl.  du  nom  propre. 

JAQUILLI  (jakilhl);  à  Lyon  jaquiller 
V.  n.  Dph.  jaqueia  —  Parler  conslamm. 
et  av.  volubilité. 

ho  jaque,  geai,  à  cause  de  la  volubilité 
du  geai,  k  jaque  a  été  ajouté  le  suff.  fréq. 
i/A'.  Gp.  fr,  jacasser. 

JAR  (jar)  JOR;  en  Fr.-Ln.  JER  s.  m. 
—  Dard  des  abeilles. 

Du  germ.  —  Vha.  gêr  kêr,  mha.  gêr, 
moy.  ail.  gdr,  vx  sax.  gêr^  ags.  gdr,  dard, 
javelot  ;  lat.  gaesum,  dard  gaulois  qui  était 
tout  de  fer.  Gh.  de  g  en  j  (90). 

JARDINIRI  (jardiniri);  à  Lyon  ^arrff- 
ni  re  s.  f. —  Gourtillièie.  taupe- gril  Ion. 

De  fr.  jardin,  av.  suff.  in  (13).  Sur  le 
sens  cp.  In.  courlillière^  de  courtil. 

JARDOUS,  OUSA  (jardon,  onza)  ;  ap. 
Goch.  JARDU  subst.  —  Terme  très  péj. 
Homme  sale,  dégoûtant  ;  Goch.  dit 
•  cochon  ».  Les  Jardus  de  la  Grenette, 
vx.  dicton  lyonnais  qu'on  appliquait,  je  ne 
sais  pourquoi,  aux  habitants  du  quartier 
de  la  Grenette,  alors  que  chaque  quartier 
avait  son  sobriquet  injurieux.  Wall,  jar- 
deus,  vx  wall.  gardois,  ladre,  en  parlant 
des  porcs. 

A  dzîjié  que  lo  Iré  zefans 
Elsaul  jardoux  et  dcgètans. 
c  II  disait  que  tes  trois  enfants  -^  Etaient 
sales  et  dégoûtants.  »  {Due  B,) 
Portant  quclo;ar(/ouj-  Miit  pro  bleu  m  plumô; 
Quand  i  n'ait  que  «les  Turca,  i  liou  Tant  pro  de  mô. 

«  Pourtant  ces  c (les  Russes)  savent 

bien  se  battre  ;  —  Quand  ils  n'ont  [devant 
eux]  que  des  Turcs,  ils  leur  font  beaucoup 
de  mal.  »  {And,) 

Grandg.  le  considère  comme  venant  du 
holl.  gorlig,  même  sens,  ou  comme  étant 
le  même  mot.  Il  tire  celui-ci  du  celt  :  arm. 
et  kym.  goir^  ulcère,  pus,  pustule.  Mai& 
l'étym.  n'est  pas  admissible  pour  jardeus 
jardous,  g  dur  persistant  devant  o.  Je  lé 
tire  de  jarde,  it.  giarda^  tumeur  dure  et 
parfois  phlegmoneuse  qui  vient  au  jarret 
du  cheval.  Le  jardous ^  primitivem.,  était 


Digitized  by 


Google 


224 


JARD 


celui  qui  avait  des  ulcères  aux  jambes, 
auxquels  le  peuple  attribuait  un  caractère 
syphilitique.  De  là  le  sens  s'est  étendu  à 
homme  malsain,  dégoûtant.  Jarde  est  lui- 
même  du  celt  :  kym.  gdr^  partie  inférieure 
de  la  cuisse  ;  arm.  gav,  os  de  lajambe.  La 
liaison  du  suff.  par  d  peut  tenir  à  l'infl. 
de  qq.  dér.  celt.  de  gar  (cp.  kym  gardas^ 
jarretière).  Ch.  d3  g  init.  devant  a  (90). 
Le  In.  jardous  est  jarde  +  suff.  ou, 
à'osus  (35). 

JARDUS  DE  LA  GRENETTE  (LES) 
sobrîquet  donné  jadis  à  Lyon  aux  habitants 
de  la  Grcnette  (v.  jardous). 

JARGILLI  (jargllhi)  s.  m.  —  Homme 
tatillon,  qui  s'em!)rouille  facilem. 

Paraît  formé  sur  un  rad.  jarj^  qui 
exprime  le  balbuliem..  et  qui  n'est  peut- 
être  que  gag  (v.  gagat,  jangolli),  av. 
passage  de  g  à  ;  (90)  et  épenth.  d«'  r 
«1846»,/*).  A  ce  rad.  s'est  adjoint  le  suff. 
Hhi\  àUcnUnn. 

JARGILLI  (jargilhl)  v.  n.—  Frissonner 
de  froid. 

D'un  rad.  giar  (v.  ce  mol),  gel,  av.  suff. 
fréq.  ilh'i.  On  a  jiarilht  jarilhï,  devenu 
jarjilhl  par  la  répétit.  de  la  cons.  init. 
Celle  répôtil.  exprime  pour  le  peuple  une 
relation  entre  le  mot  et  une  action  fré- 
quemm.  répétée  (cp.  grlngoUô),  De  même, 
pour  exprimer  le  greloltem.  dit-on  boubou! 

JARLON  V.  gerlot. 

JARLOT  v.<7eWo^ 

^JARNI  Garni)  'JARNIDIÉ(jarnidi6) 
inlerj.  remplaçant  le  jurement.  Depuis  que 
Coch.  a  recueilli  ces  mots,  qu'on  trouve 
aussi  dans  Molière,  ils  ont  complètem. 
disparu. 

Probablem.  contract.  à^Je  renie  Dieu. 
Ch.  de  e  init  en  a  (66). 

•JARNIDIÉ  V.  jarni, 

•JARROLA  (jarôla)  s.  f.  —  Terme  péj. 
Traînard  «  Avancé  don,  jarrola  !  avance 
donc,  traînard  !  » 

Du  celt  —  Kym.  ga7\  partie  inférieure 
de  la  cuisse;  arm.  gar,  jambe^  plus  suff. 
allongé  et  fréq.  ola.  Ch.  de  g  init.  en  j. 
(90). 

JARROLO  (jarùlô)  v.  n.  —  Marcher  en 
traînant,  rester  en  arrière,  lambiner. 
«  Y  est  projarrolô  !  c'est  assez  lamliine  !  » 

De  jarrola,  av.  suff.  ô  (14  8»). 

*  JAS  (ja)  s.   m.  le  même  en  pr.,  mais 


en  faisant  sentir  .ç.  —  Litière  des  vers  à 
soie.  Lim  dza,  lieu  où  l'on  couche  ordi- 
nairem.  ;  gîle  du  lièvre. 

Subst.  V.,  de  jacire,  qui  a  donné  fr. 
gésir  ijB,cere  a  donné  In.  jeïre),  mais  il  est 
assez  surprenant  que  a  n'ait  pas  été  infl. 
par  c  et  qu'on  n'ait  passât*. 

JASERAN  (jazeran)  ;  à  Lyon  jaseron 
8.  m.  —  Chaîne  d'or,  ordinairem.  à  plu- 
sieurs rangs,  que  les  femmes  de  la  cam- 
pagne portent  autour  du  cou. 

De  Tesp.  jazarino,  algérien  ;  vfr.  hau- 
bert jaserant.  Jazarino,  de  l'ar.  al-ja^air 
ou  al-gazaïr, Alger  (Diez). 

JAVELLA  (javéla)  s.  f.  —  Poignée  d*ôpis. 

De  *  cavella  ,  de  cava  pour  carum,  cv 
que  peut  contenir  la  main,  et  aussi  ja- 
velle. Cp.  it.  coKone.  lomb.  cor,  pièm. 
chew,  même  sens.  ^v.  Roman,  xvi,  (>0e"»). 
Le  ch.  de  c  en  j  s'explique  par  un  inter- 
médiaire gavella.  Le  sons  primitif  de 
«  poignée  »,  ce  que  peut  contenir  la  main, 
a  été  mieux  conserve  dans  le  mot  In.  que 
dans  le  h.  javelle, 

JAVOLLI  (javôlhi)  s.  m.  For.  jabolat. 
—  Imbécile,  idiot.  B^rr.  javouillon^  per- 
sonne qui  bredouille. 

De  fr.  jabot  (de  gibbum)  par  ch.  de  6  en 
r.  (141)  et  addit.  du  suff.  fréq.  olht;d'o\x 
un  V.  *jatollï  répondant  au  fr.  jabot er^ 
parler  à  tort  et  à  travers,  et  par  extens. 
parler  sans  suite  et  sans  k*aison,  puis 
bulbulier.  De  javolht  a  été  tiré  le  subst. 
V.  javolli.  Le  sens  vient  de  ce  que  le  jabot 
est  censé  représenter  l'organe  de  la  voix. 

JAYE  Ga-ye);  à  Morn.  JAÏCJaï);  ap. 
Coch.  JOI  s.  f.  Vpr.  juelh,  pr.  >ue«,  Igd. 
jel,  esp.  joyo,  port,  joio,  it.  gioglio.  — 
Ivraie. 

De  lolium^  comme  le  prouvent  Til. 
lolio  et  l'aragon.  luello,  La  substitut,  de 
j  init.  à  l  doit  sins  doute  s'expliquer  par 
dissim.  à  cause  de  l  méd.  Cp.  lilium  = 
it.  giglio.  Attract.  de  Tyotte  d'ium,  d'où 
joil.  La  présence  de  yolte  est  cause  de  la 
chute  de  /,  qui,  sans  cela  eût  passé  à  r 
ou  se  fût  vocalisée  (1211*  et  2«).  On  a  Joi, 
passé  à  jaye  sous  une  infl.  que  j'ignore. 
Je  ne  suis  pas  certain  que  la  graphie  joi 
employée  par  Coch.  soit  bien  exacte,  et 
qu'il  ne  faille  pas  lire^oï,  av.  diphtongais. 
de  la  voy. 

JER  y.jar 


Digitized  by 


Google 


JÉRE 


225 


JÉRE  V.  jdire. 

JETU  (jetu)  ;  à  River  JITOU  ;  vin.  GET- 
TOIR  s.  m.  —  Pochî  de  métal  au  bout  d'un 
long  manche,  dont  on  se  sert  pour  couler 
la  lessive.  «  Un  gettoir  de  lessive.  ■ 
{Invent,  de  la  Manécant,  1633.) 

De  jactSire  =  JUd,  av.  suff.  u  d'osum 
(35).  L'affaiblissem.  de  i  prot.  est  dû  à 
l'infl.  de  !r  jeter, 

JIATTO  (jiattô)  v.  a.  —  A  Paniss.  Fouet- 
ter av.  Une  houssine.  Jiattô  in  drôlo\ 
fouetter  un  enfant. 

Évidemm.  môme  étym.  que  jitôy  jeter, 
mais  pourquoi  la  différence  entre  les  deux 
mots  ?  Je  suppose  jiattô  formé  sur  un 
'jiat  (subst.  V.  de  jactare),  jeune  pousse, 
verge,  aujourd'hui  remplacé  par  jUa, 
même  sens.  Gp.  ss.-rom.  gauld,  fouetter, 
de  gaula^  vergé.  A  ton.,  sous  Tinfl.  de  la 
gutt.  se  serait  diphtongue  en  ie  (1,  rem.  2), 
d*où  jiet,  passé  à  jiat,  comme  pie^  de 
pedem,  est  devenu  piat  (v.  ce  mot)  dans 
divers  patois.  Je  ne  sais  ce  que  vaut  cette 
explical.,  mais  je  n*en  vois  pas  d'autre. 
Suff.  cî(141«). 

JICLE  rjikle);  vin.  GICLIOU  (jikliou) 
s.  m.  For.  gisclou,  pr.  gisclard.  —  Cou- 
leuvre à  collier,  coluber  natrix.  On  so 
sert  de  la  peau  pour  recouvrir  les  cannes. 

Le  r.iît  par  depiet  (corrig.  en  depiet)  tout  du 
[pirou,  elle  se  coiifle  coiiimc  un  giclha. 

«  Par  dépit,  elle  fait  tout  au  pire;  elle 
se  gonfle  comme  une  couleuvre.  »  (Hem.) 

Un  balon  qu'i^y  curit  de  la  pay  d*uii  viô  gisclou. 

«  Un  bâton  qui  est  recouvert  de  la  peau 
d'une  vieille  couleuvre.  »  (Ghap.) 

De  jicliô^  à  cause  des  mouvements 
brusques  et  convulsifs  du  Jic/e,  qui  jaillit, 
pour  ainsi  dire,  en  s*élançant. 

JICLIA  (j'klia)  JACLIA;  à  Lyon  jiclée 
s.  f.  —  Jaillissem.  d'eau.  «  Celajiclia  m'a 
tôt  benolli,  ce  rejaillissem.  d'eau  m'a  tout 
mouillé.  » 

Subst.  particip.  àejicliô,jacUô. 

JICLIO  Gikliô);  à  Paniss.  JACLIO;  à 
Lyon  jiclcr  v.  n.  Pr.  giscla  gisclia  giclia, 
alp.  cisela^  béarn.  chiscla,  Genev.,  berr. 
gigler  ;  Morvan  gighier.  —  Jaillir  av. 
force,  rejaillir.  Par  extens.,  y  avoir  beau- 
coup de  boue  liquide.  O  jB,clhe,  il  dégMe, 
il  y  a  beaucoup  de  boue  liquide.  Dph. 
gicla,  fouetter  av.  une  houssine.  M.  Mis- 
tral cite  comme  vpr.  geisclar  cisclar 
sisclar  isr.lar  au  sens  de  giscla.  De  ces 


mots  je  ne  connais  que  sisclar^  qui,  dans 
Raynouard,  signifie  gazouiller,  Qicisclaton^ 
qui,  dans  le  Rom,  de  Jaufre^  signifie  une 
sorte  de  vêtement. 

Les  formes  d'oc.  av.  s  excluent  l'étym. 
jaculare.  Je  rapporte  le  mot  au  germ.  : 
nor.  geis,  mouvement  violent,  impétuosité; 
geisa,  être  en  fureur,  en  agitation,  qu'il 
s'agisse  d'eau,  de  fièvre  ou  de  passion 
(Schade)  ;  isl.  geisa,  être  excité,  faire  rage. 
De  là  les  geisers  d'Islande,  sources  jail- 
lissantes; suéd.  gaesa;  m.  ail.  gise,  fermen- 
ter ;  mlia.  geiselen  geischeln  «  flagel- 
lare  »  (d'où  le  sens  du  dph.  gicla).  Geis- 
ch(e)ln  peut  se  transformer  en  giscla 
jicliô.  L'init.  g  devient^'  (cp.  giron,  de 
gêro^  (prononc.  ghéro)  ;  et  (=  i  long)  reste 
i  en  roman  (cp.  guiper,  de  wiipan)  ;  chl 
=  cl,  qui  intercale  un  yotte  (164  2»,  a). 
Suff.  d  (14  S'*).  L'yotle  intercalaire  (d'in- 
troduct.  récente)  n'appelle  jamais  le  suff.  î, 
et  le  mot  se  comporte  comme  s'il  était 
jiclô.  L's  du  groupe  schl^  qui  a  persisté 
en  pr.,  tombe  en  In. 

JIDAS  (jida)  s.  m.  —  Un  excrément 
humain,  t3rme  usité  par  les  mariniers. 

De  Judas  f  considéré  comme  le  type  de 
la  traîtrise,  soit  parce  que  l'excrément 
fait  glisser,  soit  simplem.  parce  qu'il 
souille  sans  qu'on  s'en  aperçoive.  G'est 
sous  l'infl.  de  la  gutt.  que  ii  s'est  aiguisé 
en  I.  Gp.  casa  =  chis. 

JITA  (jita)  s.  m.  —  Un  rameau  de 
l'année.  Subst.  v.  tiré  de  jitô. 

JITO  Qitô)  V.  a.  —  1.  Jeter,  lancer.  2. 
Produire  des  pousses  fructifères.  3.  Don- 
ner du  pus,  en  parlant  d'une  plaie,  d'un 
abcès.  «  Cel'abro  7ie  jitara  que  Van  que 
vint,  cet  arbre  ne  produira  que  l'année 
prochaine.  Cela  postuma  jite  de  hormo^ 
cet  abcès  suppure.  » 

Fais;i/d  lez  avenne. 

«  Fais  fructifier  les  avoines.  »  {Prière) 

L'étym.  jactare  semble  la  plus  vrai- 
semblable, car  a  prot.  passe  à  i  sous  l'infl. 
de  la  gutt.  init.  (cp.  1,  rem.  2);  mais  oh 
devrait  avoir  jitl  (14  2»),  et  le  vfr.  de- 
vrait avoir  gettier  au  lieu  de  getter,  La 
forme  e-jectare  proposée  par  Diez  est  au 
moins  inutile,  car,  ainsi  que  Ta  expliqué 
M.  Gornu,  elle  n'est  pas  nécessaire  pour 
le  passage  de  a  à  i,  et  de  plus  elle  ne  rend 
pas  davantage  raison  d3  l'anomalie  du 
verbe  en  er  au  lieu  de  ier.   Une  forme 

26 


Digitized  by 


Google 


226 


JITO 


gittare  explique  tout,  mais  s'explique- 
•t-elle  elle-même  ?  Nous  ne  voyons  aucun 
dér.  dejacto  où  ne  fijçure  pas  la  gult. 

JITON  s.  m.  —  A.  Paniss.  dansTexpress 
m  Jiton  cCavilles»  un  essaim  d'abeilles 
qui  émigré.  Vfr.  geton  giéton  giton, 
essaim  ;  messin  jeton,  essaim  et  petite 
branche  ;  Vionnaz  cLséton,  pousse  du 
printemps. 

De  gittôf  jeter,  av.  sufif.  on.  L'essaim  est 
comparé  au  jet  d'un  arbre,  qui  en  forme 
un  nouveau. 
JITOU  (v.ieiu). 
JOFFLA  (v.  giffle,) 
JOI  y.jaye, 

JOiLLI  (joilbi)  s.  f.  —  Bajoue  du  porc  ; 
morceau  qui  s'étend  de  la  joue  à  la  sai- 
gnée. 

De  fv.joue,  av.  sufif.  dim.  i/At,  d'icula. 
Ou&jouïlhi,  devenu  joïlhi,  par  le  pas- 
sage si  commun  de  ok  fr.  à  o  (34,  rem.  4). 
JOMOR   (jomôr)  s.    m.  —    A    Paniss. 
Enfant  qui  aime  à  jouer. 

Le  mot  est  probablem.  une  corrupt. 
singul.  de  (r,  jou'i ut;  car  Jocatore m  don- 
nerait  joyau  comme  jocare  a  donné  joyl. 
Dans  notre  mot  la  syll.  init.  est  celle  de 
joueur^  et  la  fin.  or  est  le  fr.  eiir  exprimé 
en  pat.  Reste  l'm,  qui  semble  avoir  été 
introduite  sous  une  infl.  inconn.  pour 
rompre  l'hiatus. 
JOR  V.  jar. 

JOU  (jon)  s.  m.  —  Jeudi. 
De  dijou^  av.  aphér.  de  d*,  qui  a  lieu 
dans  divers  pat.  pour  les  mots  signifiant 
les  jours  de  la  semaine. 

JOUCLIA  (jouklha)  ;  à  Grap.  et  à  Yzer. 
JOUCLIÊ  (jonklhë)  s.  f.  ;  ap.  Goch. 
JOUCLIÈS  s.  f.  pi.  Viv.  dsouclia,  dph. 
joucle,  —  Courroie  qui  lie  le  joug  au  front 
des  bœufs.  Par  extens.,  à  River.,  courroie 
en  général. 

De  *jug(u)la,  Gh.  de  u  bref  en  ou  (34); 
le  ch.  de  gl  en  cl  est  insolite  ;  insert, 
d'yotte  (164  2*,  a).  Sur  le  ch.  insolite  de 
a  en  é  à  Grap.,  Yzer.,  cp.  malva  =  morve. 
Le  mot  de  Goch.,  do\i ètvejouclië  au  plur., 
av.  une  transcript.  peu  exacte  de  è  par  è. 
L'emploi  du  plur.  pour  ce  mot  se  retrouve 
dans  les  dial.  d'oc  :  rgt.  jullios,  Igd. 
juillos  s.  m.,  ^o\i.  juilles  s.  f.,  lin»,  dzul- 
lio.  «  Gomme  il  faut  2  de  ces  courroies 
pour  lier  une  paire  de  bœufs,  on  .se  sert 


le  plus  souvent  de  ce  mot  au  plur  :  vw 
porel  de  dzullias,  une  paire  do  courroies 
(Béronie).  » 

JOUCLIÈS  y.jouclia. 

JOUCLIO  (joukliô)  V.  a.  —  Mettre  les 
bœufs  au  joug. 

De  In.  jouclia,  av.  sufif.  ô,  Jugulare 
aurait  downe  jogliô  jocliô,  u  bref  prot.  ne 
se  changeant  pas  en  ou  (70). 

JOUIR  V.  n.  —  A  Lyon  dans  l'express. 
On  ne  peut  pas  en  jouir,  en  parlant  sur- 
tout d'un  enfant  indocile,  pour  dire  qu'on 
ne  peut  pas  le  dompter,  le  gouverner. 

Gorrupt.  du  vfr.  chevir,  de  chef,  qui,  dès 
le  m.  â,  avait  le  sens  de  «se  tirer  d'affaire, 
venir  à  bout  d'une  difficulté  »,  liltéralem. 
€  venir  â  chef  ».  Le  Dictionnaire  de  l'Aca- 
démie, de  1694,  le  définit  :  «  Disposer  de 
quelqu'un  et  en  faire  ce  qu'on  veut.  Il  n'a 
guère  d'usage  qu'en  ces  sortes  de  phrases  : 
On  ne  saurait  chevir  de  cet  enfant,  on 
ne  saurait  chevir  de  ce  procureur.  H  est 
bas.  » 

«  Et  votre  petit  chien  Brusquet,  gronde- 
t-il  toujours  aussi  fort  ?...  —  Plus  que 
jamais,  monsieur,  et  nous  ne  saurions  en 
c/ietJir  (Molière,  Dcn  Juan).  »  (^es  phrases 
sont  identiques  à  la  phrase  In.  Chevir 
n'étant  plus  compris,  on  l'a  transformé  en 
jOuir, 

JU  (ju)  s.  m.  —  A  Villefr.  Œil.  Un  ju, 
un  œil  ;  laus  jus^  les  yeux. 

Le  pi.  fr.  yeux  a  servi  de  type  pour  le 
sing.  du  pat.  Yeux  a  passé  à  m,  le  pat. 
ne  pouvant  conserver  le  son  eu.  L'yotte 
de  tu,  incommode  à  prononcer,  a  été 
transformé  en  j,  Gp.  le  bagnard  juey^ 
œil.  A  Grap.,  Morn.,  au  contraire,  tu  est 
devenu  ziu,  par  agglutinât,  du  z  de  liaison 
de  Tarlicle  dans  le  pi.  lo-z  tus;  d'où  in  ziu, 

JUBO  (jubô)  ;  à  S*-Mart.  GIBO  v.  a.  — 
A  Mom.  Presser,  serrer.  Vfr.  giber^ 
secouer  (Godef.),  s'agiter,  se  débatttre  des 
pieds  et  des  mains,  lutter  (Roquef.);  saint., 
poit.  ruer  ;  vfr.  regiber,  fr.  regimber. 

Du  vfr.  giber,  d'un  rad.  gib  exprimant 
lutte,  violence,  secousse,  qui  se  retrouve 
peut-être  dans  angl.  ta  gib,  se  tourner 
subitem.;  holl.  gijpenj  se  tourner  su- 
bitem, (en  parlant  des  voiles);  dan.  dia- 
lectal gitnp,  secouer,  balancer.  Dans  ce 
cas  le  rad.  serait  germ.  Dans  la  forme 
jubo  i  a  passé  à  u  sous  infl.  de  la  labiale. 


Digitized  by 


Google 


JUBO 


227 


Le  sens  primitif  se  retrouve  dans  la 
forme  pronominale  se  jubô  1.,  se  battre, 
lutter  ;  puis  ce  sens  a  passé  à  celui  de  ser- 
rer avec  violence,  puis  à  celui  de  presser. 

JUBO  (SE)  (se  jubô)  v.  pron.  —  1.  A 
Grap.  Se  battre,  lutter  ensemble. 

Sur  l'étym.  v.  Jubô,  Roq.  a  le  partie. 
jubattant. 

Portant,  maUrc  FJafla,  toujours  Tbomo  dessus, 

Sofle,  ctn  le  jubattant  comme  quatro  poussus. 

«  Pourtant,  maître  Flafla,  l'homme  tou- 
jours sur  lui.  —  Souffle,  en  se  débattant, 
comme  quatre  poussifs.  »  (Mén.) 

Je  crois  que  ce  partie,  a  été  forgé  par 
l'auteur  pou  rie  besoin  de  la  mesure  et 
par  infl.  de  se  débattant^  car  je  ne  con- 
nais pas  de  V.  jiibattre. 

2.  A  Morn.  S'accroupir  en  se  resserrant. 
Lorr.  s^ajoufer,  môme  sens. 

Dérivât,  de  sensdejwôd,  presser,  serrer. 
Se  jubô,  se  presser  soi-même,  se  tasser. 

JUÈ  (juè)  s.  m.  —  Jeu. 

De^ocum  (42  5»). 

JUEY  (juè)  adv.  ytv.jehui^juy,  jewL  — 
Aujourd'hui. 

De  hodie  =  iiey  (v.  huey)^  av.  prosth. 
euphon.  de  J  (188  3«). 

JUINDRE(juindre)  v.  a.  —  1.  Toucher, 
frapper,  atteindre.  In  cop  si  san  que  se 
m*ayet  bienjuint .'...  «  un  coup  si  violent 
que  s'il  m'avait  bien  touché!...  »  2.  Ren- 
trer chez,  venir  à. 

En  Tain,  par  évilô  la  fureur  dou  ctrnojo, 
Lo  citoyen  prudent  Tout  juindre  u*n  m^ajo. 

«  En  vain,  pour  éviter  le  carnage,  —  Le 
citoyen  prudent  veut  rentrer  chez  lui.  » 
(Brey.) 


Dejnny(e)re  ;  ch.  de  un  en  uin  (44), 
den/7r  en  ndr  (181  2*,  rem.).  Le  sens 
n'est  pas  exactem.  le  môme  qu'en  fr. 

JUINT  (juin,  monosyl.);  à  L,yon  joint 
s.  m.  —  Graisse.  S'emploie  presque  exclu- 
sivsm.  dans  l'express,  viu  juint,  vieux 
joint.  A  Lyon,  d'un  plat  graillonné,  on  dit 
qu'il  a  €  le  goût  de  vieux  joint  ». 

D*nnctum.  Ch.  de  une  en  xiin  (44)  ; 
prosth.  de  J  (183  3«). 

JURI  (jurl)  adj.  m.  —  Givré 

De  \n.jurio  av.  suff.  î,  par  analog.  av. 
les  partie,  de  la  4«conjug.  lat.  Il  répondrait 
aussi  à  un  *  wipereatum,  où  eatum  de- 
vient i  (15  1"). 

JURIO  Gnrio)  s.  m.  Dph.  jurl.  — 
Givre. 

Même  orig.  que  le  fr.  ffivre  (wïpera), 
av.  vocalisai,  de  la  labiale  (164  6*).  On  a 
jiurOy  puis  jiurio.  par  infl.  du  !•»•  yotte 
sur  la  production  d'un  £•  ;  et  enfin  jiurio 
se  réduit  âjurio»  On  pourrait  aussi  expli- 
quer la  fin.  io  par  un  type  *  loipereum. 

JUT(ju)  prép.  —  Auprès  de.  Jut  la  re- 
viri,  tout  contre  la  rivière.  Aujourd'hui 
on  dit  de  préférence  rôs  la  reviri. 

De  jvLxta.  Le  son  ti  de  u  bref  est'  un 
trait  de  la  phonét.  des  environs  de  Lyon 
(34)  ;  mais  je  suis  étonné  que  l'infl.  de  la 
gutt.  qui  suit  u  n'ait  pas  donné  ui.  Mémo 
phènom.  dans  le  vfr.  jouste  joste^  de 
jiixta. 

JUT,  TA  (jn,  ta)  adj.  —  Étroit. 

De  jnstum,  par  la  môme  dérivât,  de 
sens  qui  fait  dire  en  fr.  tin  habit  juste 
pour  un  habit  étroit.  Chute  de  5  (166  2») 


L 


'LA  V. /d. 

LA  (la)  s.  m.  —  A  Paniss.  Piège  en 
forme  d'arc  pour  prendre  les  oiseaux. 

De  Zac  pour  l%queum,  par  l'intermé- 
diaire de  fr.  lacs^  dans  lequel  c  fin.  est 
tombé.  Paniss.  est  qqfois  en  retard  pour  le 
passage  de  a  ton.  à(5  (1),  mais  la  ne  tardera 
de  guère  à  devenir  16. 


*LABAT(labà)  s.  m.  —  Averse;  c  gué 
labat,  quelle  averse  !  »  (Coch.) 

Je  ne  connais  le  mot  que  par  Coch. 
Êvidemm.  il  est  formé  de  abat  (cp.  saint. 
abat  d'êve^  violente  averse),  subst.  v.  de 
abattre,  et  de  l'art,  le,  av.  lequel  il  a  été 
réuni  par  confus.  :  quel  abat,  puis  gué 
labat.  Mais  j'ignore  si  la  confus,  ne  vien- 


Digitized  by 


Google 


228 


LAI 


drait  pas  de  Gocli.  lui-même,  et  si  le  vrai 
mot  ne  serait  pas  abat. 

LAI  V.  ilah 

LAITE  (lôte);  à  Villefr.  LÈDE  i}éde) 
s.  f,  —  Laiteron,  sonchus  oleraceus. 

De  /ac^a»  parce  que  la  tige  semble  ren- 
fermer du  lait.  Laite  est  usité  aux  envi- 
rons de  Lyon.  Dans  la  forme  lède^  posté- 
rieure à  laite,  t  a  passé  à  d  (136).  et  ai 
à  èsuiv.  la  tendance  de  certains  villages. 

LAITIA  (lêlia)  ;  à  U-de-G  LETSA  (letsa) 
s.  f.  Vionnaz  laityd  —  Petit  lait  qui  dé- 
coule des  faisselles  quand  on  metégoutter 
le  fromage. 

Vu  fil  i les  p6  soveiiil  a  melu  ; 
1  bé  lo  lat,  le  bé  la  letsa. 

«  Vous  ne  partagez  pas  fréquemment  ; 
—  Elle  boit  le  lait,  tu  bois  le  petit-lait.  » 
(DuéBih,), 

De  lactAta,  Gh.  de  ac  en  ai  (61);  de 
ala  en  ta  sous  infl.  delagutt.  (cp.  15  3"). 
La  forme  de  R-de-G.  a  certainem.  été 
letsia. 

LAMBRO  (lanbr6)  v.  n.  —  Courir  à 
toute  haleine,  c  J'ai  lamhrô  tant  quefayé 
de  chambes,  j'ai  couiii  de  toutes  mes 
forces.  » 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  d'un  rad. 
celt.  lam  :  corn,  lam,  saut,  grande  en- 
jaml)ée,  kym.  llammit,  vx  kym.  lammam 
«  salio  »  ;  arm.  lannnoiit  lemel^  vx  arm. 
larnma,  irl.  leim  lammam,  gaël.  leum^ 
mks  Iheim,  d'où  kym,  ilamu  ;  corn,  lem- 
meU  sauter,  marcher  à  grandes  enjambées  ; 
kym.  llamicr,  celui  qui  fait  de  grandes 
enjambées.  Au  ix«  s.  arm.  lebmal  lem- 
mal,  sauter,  s'élancer  d'une  place  à  une 
autre.  Le  In.  insère  un  b  dans  les  groupes 
mrml  (176  2"  et  3").  Une  racine  lam[v)r 
lemm(a)l  lemm(e)l  donnerait  donc  lambr, 
à  quoi  s'ajouterait  le  suff.  ô  (14  3*). 

'LAMBROCHI  (lambrochi)  s.  f.  — 
«  Grappe  de  raisins  à  laquelle  il  n'y  a 
que  qq.  grains.  »  ("Goch.)  Pr.  lambrtisco, 
il.  lambrusca,  cal.  llanbrusca  «  vigne 
sauvage  »,  qui  me  paraît  le  véritable  sens 
du  mot  de  Goch.,  aujourd'hui  inusité. 
Les  grains  de  la  vigne  sauvage  étant 
clairsemés,    il    aura   fait  confus. 

De  lambyiOLsca  pour  labrnsca  comme 
l'indiquent  toutes  les  formes  romanes.  Gh. 
de  u  bref  {labrusca,  de  labrum)  en  o 
(38);  de  se  en  ch  (168  1»)  ;  de  a  en  t 
(54  2«}. 


*LAMONT  V.  lômonU 

LAM  PI  vin.  s.  f.  —  Mesure  d'huile. 

1H97-H08  €  A  Ennemond  Jay,  troilleur, 
pour  iiïi  lampes  de  ly  (lie)  d'uelo  pour 
mettre  au  dit  ciment,  afin  que  bon  et  fourt 
soit,  à  demi  gros  la  lampi.  »  {T?iv.  de  la 
C\) 

Lo  texte  a  trait  à  une  bizarre  recelte 
pour  donner  au  ciment  une  dureté  snp- 
po.sée.  On  y  mêle  des  carreaux  piles,  du 
vinaigre,  de  la  lie  d'huile,  de  la  limaille,  etc. 

La  dénominat.  vient  probablcm.  de  ce 
que,  à  l'origine,  la  mesure  était  l'équiva- 
lent du  contenu  d'une  lampe  d'église  ; 
mais  elle  n'a  sans  doute  pas  tardé  à  de- 
venir arbitraire.  La  lampi,  m.  lai.  lam- 
pas  olei,  contenait  en  Lyonn.  et  Beaujol.. 
selon  D.  G*,  quatre  livres  d'huile,  mais 
dans  des  pays  voisins,  elle  était  de 
12  livres.  Il  est  remarquable  qu'à  Morn. 
on  dise  encore  ina  lampi  t  une  lampe  > 
(par  opposition  au  choulei),  tandis  que 
l'on  devrait  avoir  lampa  (53  2").  Gela  in- 
diquerait qu'on  a  gardé  le  mot  ancien, 
venu  probablement  de  '  lampea  (64  !•) 
pour  lampas.  Gp.  d'épi,  de  kripea. 

LANCERON  vin.  s.  m.  Morvan  lance- 
ron  —  Jeune  brochet. 

Acheta  mo  biau  lanceron 

Ou  ben  roo  relit  barbillon  (lyon  b.) 

De  lance,  à  cause  de  la  forme  élancée 
du  corps.  \  lance  s'est  adjoint  le  suff.  on, 
relié  au  thème  par  r,  probablem  par  infl. 
du  verbe  (lancer). 

LANÇONNIER  (lanssonié)  LARÇON- 
NIER  (larsonié)s.m.— Termedeconstruct. 
In.  Petit  soliveau,  placé  transversalem. 
dans  l'épaisseur  d'un  mur  de  pisé  en 
construct.,  et  qui  sert  à  maintenir  les 
hanches  entre  lesquelles  on  pise  la  terre. 

De  vfr.  lançon,  branche  d'arbre,  et  par 
extens.  petite  pièce  de  bois  de  la  grosseur 
d'une  branche,  plus  suff.  d'oïl  ter  (13), 
applicable  aux  noms  d'objets.  Lançon 
vient  de  lancea,  au  sens  de  fût,  plus  suff. 
on.  Dans  la  forme  larçonnier,  la  plus 
usitée  dans  nos  campagnes,  n  est  devenue 
r  sous  une  infl.  que  je  ne  sais  par  expli- 
quer. 

N.  d'homme  Lançon, 

LANDE  \.lindes. 

•  LANDI  (landl)  s.  m.  —  Le  même  qui 
andier,  par  confus,  de  l'art  :  Vandt  landl ^ 
Suff.  t  (13). 


Digitized  by 


Google 


LANG 


229 


LANGUETTA  (langhèta)  s.  f.  For.  lin- 
goïma  lingaina  —  Bande  d'étoffe  ajoutée 
pour  élargir.  A  Lyon  languette,  terme  de 
construct.,  cloison  en  briques  séparant 
deux  gaines. 

De  lingua,  av.  suff.  dim.  etta.  In  = 
an  (au  lieu  de  in)  indique  une  format, 
d'après  le  fr. 

LARÇONNIER  v.  lançonnier. 

LARDENNE  V.  lardera, 

LARDERA  (lardera)  à  Yzer;  à  Paniss. 
LARDEURA  (lardenra);  aux  environs 
de  Lyon  LARDENNE  (lardène)  s.  f.  Pr. 
lardiéj  vfr.  lardelle  larder  elle  —  Mé- 
sange, partes  major  (Linné).  Valais  lar- 
dera» mésange  à  tête  bleue. 

De  lard'"/,  larder,  piquer  av.  une  ai- 
guille, un  objet  pointu  ;  larder  une 
pointe,  planter  un  clou  en  biais.  A  larda 
s'est  ajouté  le  suff.  éra,  qui  a  été  aira  (13, 
rem.),  applicable  aux  profess.  La  lardera 
est  celle  qui  larde  les  oreilles,  à  cause 
de  son  cri  strident  et  répété  comme  celui 
d'une  lime  qui  déchire  les  oreilles.  Par  la 
mêmj  raison,  en  h.  dph.  elle  est  nommée 
le  serrurier.  Le  pr.  lardié  appuie  Tétym. 
Cepend.  il  ne  serait  pas  absolum.  impos- 
sible que,  comme  la  mésange  attaque  à 
coups  de  bec  l'écorce  des  arbres  pour  en 
faire  sortir  les  insectes,  on  y  eût  vu  l'idée 
de  larder  le  bois.  Dans  la  forme  lardenne, 
je  suppose  qu'il  y  a  eu  substitut,  du  suff. 
d'oïl  aine,  de  ana,  passé  à  enne. 

LARDEURA  v.  lardera. 

LARMI  (larmî)  s.  m.  —  Trou,  petite 
ouverture  ;  à  Lyon  larmier^  soupirail  de 
cave.  Wall,  larmire  de  cave,  môme  sens. 

De  lacrymtirium.  Lacryma  =  larma 
et  arium  =  i  (13).  La  dérivât,  est  au 
moins  singulière.  Il  n'est  pas  douteux  qu'à 
l'orig.  le  larmier  ne  fût  un  trou  destiné  à 
évacuer  les  eaux  d'une  toiture  ou  d'une 
terrasse.  Le  sens  s'est  ensuite  étendu  à 
des  trous  qui  n'avaient  pas  la  même  fonc- 
tion, tels  qu'un  soupirail  de  cave. 

LARMISA  V.  larmisi. 

'  LARMISI  (larmlzi)  LARMOUÉSI  Har- 
mouézi)  LARMUSI  ;àMorn.  LARMUSA; 
à  River.  LARMISA;  à  Villefr.  LAR- 
MOUISE;  vin.  LARMUISE  (xvi«  s.),  à 
Lyon  larmise  s.  f.  For.  larmusa,  pr. 
lagramiisay  Igd.  lagremuso,  Var  gra- 
nusa  —  Lézard  des  murailles,  lacerta 
muralis. 


L'un  pren  un  mousqueton  el  Taulrou  un  arqucbusa 
Par  tua  de  parpillont  ou  bon  quauque  lartnusa. 

«  L'un  prend  un  mousqueton  et  l'autre 
une  arquebuse  —  Pour  tuer  des  papillons 
ou  bien  qq.  petit  lézard.  »  (Ghap.) 

Contract.  de  lacerta  mnriciutn,  lilté- 
ralem.  le  lézard  des  cailloux.  On  a  lazerV 
mm 'cm  w,  qui  donne  lasermursi  (170 1»;, 
contracté  en  la(se)rmursi.  Cette  contract. 
n'est  pas  plus  forte  qne  celle  de  Castra 
Annemundienses  en  Chamond,  et  de 
brayes-de-cocu  en  hrayi-cu  hrécu.  — 
Larmurse  est  assez  difficile  à  prononcer 
pour  qu'on  puisse  admettre  la  chute  de 
la  2«  r  par  dissimil.  ;  d'où  larmuse  devenu 
larmuisi  (64  5").  La  diphtongais.  de  u 
en  ui  dans  larmuisi  s'expliquerait  par 
l'attract.  de  l'yolte  de  m,uricium.  Lar~ 
muisi  s'est  réduit  à  lartnusi  ou  à  larmisi, 
suiv.  les  phonéL  locales.  Les  formes  av.  a 
fin.  sont  des  archaïsmes. 

La  forme  pr.  lagramusa,  moins  con- 
tractée que  la  nôtre,  appuie  l'étym.  Dans 
cette  forme,  il  y  a  eu  métath.  de  Vr  de 
lacerta  ;  mais  elle  était  trop  allongée,  et 
le  Var  l'a  réduite,  non  pas  comme  nous 
en  coupant  la  syll.  méd..  mais  en  coupant 
la  syll.  init.  qui  faisait  confus,  av.  l'art.  ; 
d'où  gr amusa,  granusa, 

LARMOUÉSI  y.  larmisi, 

LARMOUISE  V.  larmisi. 

LARMUISE  V.  larmisi. 

LARMUSA  y,  larmisi. 

LARMUSE  V.  larmisi. 

LAURA  (lôra)  LORA(lora};  ap.  Goch. 
LOURA  s.  f.  Dph.  lora.  —  Lèvre. 
Mai»,  Tsite,  qu'6s-lsu  donc?  dril  ta  Tieilli  Jocuma 
T*6f  due  lorea  mon  viù,  blanches  coname  l'écuma. 

«  Mais,  Baptiste,  qu'as-tu  donc?  dit  sa 
vielle  Jacume  ;  —  Tu  as  deux  lèvres,  mon 
vieux,  blanches  comme  l'écume.  »  iProc.) 

Dona  m'en  tan  se  pou  pe  me  mouillié  le  lore. 

c  Donne-m'en  tant  soit  peu  pour  me 
mouiller  les  lèvres.  »  {Le  4  Comare,  pat. 
dph.) 

De  ISLbra.  Voc.  de  b  (164  6o).  On  a 
laura,  passé  à  lora  (49,  rem.  1). 

LAYIN  (là-yln)  ;  ap.  Goch.  LIANS  ;  ap. 
Mon.  LLEIEN  adv.  —  Là-bas.  en  bas,  av. 
ridée  d'éloignement.  Vin.  LEYAN,  ici,  ici 
dedans,  là  dedans.  Vfr.  laiens  laians,  là, 
ici. 

Et  Tos  que  to  plaTsi  ou  miai  de  lez  aloriLu, 
Corri,  corri  lleim.... 


Digitized  by 


Google 


%M> 


LAZI 


«  El  tonn  qni  vouh  plai»/z  an  milieu 
fïfn  alamien,  —  r>,rjr^/,  rour^^z  là-bas.  • 
(Mon,) 

«  Kll**  /-lait  Ai  pjmpanlp  quand  elle  *^lait 
ici,  »  rjfern.j 

/>e  (i7;/rt/T  In/M*,  Le  K/.n«  primit.  était 
«•'•lui  (l«  €  \k  âfjÏHus  »,  puiH  pca  A  peu  il  a 
tlh'ïvé  de  /4-6^/*,  à  caiirt*-  de  l'idée  d'éloi- 
(ffiiîm.  qae  c^^nporte  M.  J'ignore  le  pr>iir- 
quoi  de  la  graphie  de  Mon.  lleien  ;  il 
nf'inhUi  qu'il  ail  voulu  marquer  le  mouil- 
lem,  de  /  init.,  mai»  ce  mouillem.  n'exi.ste 
pttM  dan«  le»  forme»  que  je  connai». 

LAZI  (la/J)  H,  et  adj.  m.  —  Paresseux 
lent,  oinif. 

^of  •ulrA-z-amurnt, 
Vot  n'éliot  p6f  lazU  ; 
Quand  rot  x-atin6  !•  béilln 
Oye*l  quoporin  liampt. 

«  Vous  autres  amoureux,  —  Vous  n'êtes 
pas  oisifs.  —  Quand  vous  aimez  les  filles, 
—  Ce  n'est  que  pour  un  temps.  » 

Ce  couplet  fait  partie  d'une  chanson  que 
ma  m^re  me  chantait  dans  mon  enfance, 
et  que  plus  tard,  j'ai  écrite  sous  sa  dictée! 
Depuis  lors  le  mot  s'est  perdu.  Cependant 
on  m'assure  qu'il  est  encore  emplové  dans 
lo8  campnKues  éloignées.  Peut-être  est-ce 
une  confuH.  av.  avé  leisX,  car  lazi  n'existe 
poi  dans  les  patois  conKénéreg. 

SI  le  mot  est  authentique,  son  orig. 
Remit  «erm.  -  Bavar.  laz,  lent,  tardif; 
holl.  lo,Hiff  leusig,  languissant,  paresseux; 
ail.  lass,  Irtcho,  lent.  Au  rad.  laz  se  serait 
udjcilntle  miflT.  i,  d'^/«5  (cp.  ailouvi)  La 
tenninuls.  i  des  mots  germ.  n'aurait  peut- 
^tre  pns  été  sans  infi.  n\r  le  choix  de  ce 
HUtr. 

LA20N  (A)  (A  luzon)  loc.  adv.  —  Sur  le 
ctMé.  t  Se  cuchi  à  trtsoH,  se  coucher  sur  le 
c«M»N.  » 

1)0  ad  l9Lt(u)s,  plus  suff.  0*1.  Ce  sufT. 
«'appliqua  aux  loc.  de  co  genre.  Cp.  à 
vnwpf*fon.  Peut-être  l'.v  final  de  lofus  a- 
tello  influé  sur  le  choix  de  5  comme  00ns. 
do  liaison  du  sun*.  av.  le  thème.  Laftts  a 
donné  /(î,  mais  la^on  a  été  créé  avant  le 
passage  de  a  A  d.  et.  comme  il  est  prot..  il 
a  persisté.  Le  dph.  a  d  lan>t\  même  sens, 
qui  vieni  do  *i<f  /ciff  r<?riW. 

LEBET  vlol>è^  s.  m.  For,  /f*ft<^/  —  p,v- 
mier  lait  d'une  vache  qui  a  vêlé. 

nu  rad.  do  /ifrft»r,  vider;  /iftioM,  lii>a- 


lion.  Le  b.  lat.  libor  lihiu,  écoulement, 
explique  la  dérivât.  Au  rad.  s'est  ajouté 
le  suÉf.  rom.  et.  On  devrait  avoir  libst^  i 
de  libare  étant  long,  maisla  posil.  de  i  à  la 
prot.  explique  l'afiTaildissem.  de  t  en  #•. 

LÊCHI  (léchi)  s.  f.  Vpr.  lesca.  caL 
llesca,  it.  lisca.  —  Tranche  excessivem. 
mince.  An  fig.  un  tant  soit  peu.  Vous-te 
de  pa/tf  —  Do9ia-me  n*in  ina  Icchî  : 
veux-tu  du  pain?—  Donne-m'en  un  tout 
petit  morceau. 

Il  semble  tout  naturel  de  voir  dans 
lèche  un  subsl.  y.  de  lèchï,  lécher,  la 
lèche  étant  si  mince  qu'elle  peut  être 
considérée  à  l'égal  de  la  trace  de  la  langue 
sur  un  objet.  Il  n'en  est  rien  cependant. 
Vs  des  formes  vpr.  indique  l'orig,  vha. 
lisca,  roseau,  laiche  «  carex  ».  La  lèchi 
est  considérée  comme  aussi  mince  qu'une 
feuille  de  laiche  ou  de  roseau. 

LÊCHOU  (lètson)  s.  m.  —  En  Fr.-Ln. 
Tablier  de  peau  que  met  le  paysan  lors- 
qu'il  travaille  à  la     terre.    Dans  la  plus 
grande  partie  du  Ln.,  hasana, 
Étym.  inconn. 
LÈDE  V.  laite. 

"  LÉGEO  (léjô)  V.  a.  -  Soulager. 
Je  ne  connais  le  mot  que  par  Goch.  Il 
se  rapporte  évidemm.  à  levjare,  mais 
levjare  donne  légi  (15  !•),  et  levjatum. 
Icfjia  (qui  passe  aujourd'hui  à  légX).  Il  est 
donc  probable  que  legeô  a  été  tiré  du  fr. 
(aljlëger,  mais  le  mot  offre  de  l'intérêt  en 
ce  qu'il  montre  que,  dans  Goch..  la  gra- 
phie a  ton.  indique  la  prononciat.  6.  C'est 
évidemm.  par  inadvertance  que.  con- 
trairem.  à  son  habitude,  il  a  écrit  lègeô 
pour lègea. 

*  LEI2I  (lézl)  LÉSI    (lézi)  s.    m.    Dph. 
leisg  —  Loisir. 

Je  mlu  Toti.  je  m'io  Toai  te  complaire  ; 
Donna  mé  lo  lési. 
«  Je  m'en  vais,  je  m'en  vais  t'obéir;  — 
Donne-moi  seulem.  le  temps.  »  [vx  Xoelj. 
Do    licire   pour   licere.  Gh.  de  t   bref 
suivi  dec  entfi  (cp.  19)  ;  de  c  en  ^  (130). 
*  LENTILLI  V.  lintilli. 
LETSA  V.  laitia, 

LÈVA-GROIN  (lèva-groin)  s,  f.  — Fille 
évaporée;  littér.   qui   lève  le    visage    en 
l'air.  Pr.  lévonas,  même  sens. 
U  ne  sien  pôa  non  plus  A  fiiire  Im  a  point 
De  les  robes,  doux  sduls  de  qu^qnes  /rciw  groin. 
€  Elle  (la  monnaie)  ne  sert  pas  davan- 


Digitized  by 


Google 


LÉVÔ 


?3i 


tage  à  faire  l'appoint  (nécessaire  pour 
l'acquisition)  —  Des  robes,  des  châles  de 
qq.  filles  évaporées.  »  {If y  m,) 

De  levô,  lever,  et  groin,  visage,  mu- 
seau. 

LÊVO  (lôvo)  s.  m.  —  A  Paniss.  Graine, 
espèce,  en  parlant  des  plantes  et  des 
arbres.  Je  vos  n'intarré  de  ce  lêvo,  je 
vous  enverrai  des  graines  de  cette  espèce. 

De  aiva  (v.  ce  mot),  par  agglutinât,  de 
Tart.  Laito,  pour  Vaiva^  s'est  en  même 
tt^nips  confondu  comme  sens  av.  Tidèe 
d*UMe  graine  qui  lèce;  d'où  lêvo  par  la 
prononcial.  de  è,  particulière  à  Paniss. 

'  LEVRAULT  s.  m.  —  Lapin. 

C'est  sans  doute  h  bon  escient  que  Goch. 
a  recueilli  ce  mot.  Il  prouve  que  le 
paysan  considérait  le  lapin  comme  une 
variété  du  lièvre.  Le  mot  a  complélem. 
disparu  dans  ce  sens,  aussi  bien  que 
celui  de  conniU  qui  Pavait  précédé,  et 
qui  est  aussi  donné  par  Coch. 

LEVRETTE  (levrète)  s.  f.  —  Mâche, 
rçleriana  olitoria. 

Il  m'est  impossible  d'expliquer  Torig.  du 
nom.  La  mâche  a  des  noms  très  variés, 
qui  sont  qqfois  en  désaccord  av.  son  ap- 
parence ou  ses  propriétés.  Ainsi  on  la 
nomme  blancheite,  quoiqu'elle  soit  d'un 
vert  sombre. 

LEVRIRI  (levriri)  vin.  s.   f.   —  Terme 
insuit.  Femme  échauffée  par  la  passion. 
Va  tecaclil,  Qruussa  letriri 


Lou  Didbloii  «ay  lu  zatlVuiiii, 

Et  lo  mary  que  ne  san  pas  domia 

La  pastiuii«le  semblable  Uctire. 

€  Va  te  cacher,  grosse  chienne Au 

diable  soient  les  effrontées,  —  Et  les 
maris  qui  ne  savent  pas  dompter  —  La 
passion  de  telles  chiennes.  »  (Bern.) 

C'est  le  fr.  îevrière.  L'idée  est  celle 
d'une  femme  échauffée  comme  une  chienne 
en  chaleur.  Le  suflf.  fr.  ière  =  iri  (13). 
On  trouve  Ievrière  en  ce  sens  dans 
Roquef.,  qui  dit  que  c'est  encore  un  terme 
popul. 

LEYAN  V.  layin. 

LÉ2I  V.  leisi, 

'LIA  V.  li^K 

LIANCHI  (liancln)  s.  f.  Norm.  liorne 
lian  —  Vigne  blanche,  aussi  appelée  par- 
fois viorne,  clemads  vilalha.  Vfr.  lieuse. 


courroie  qui  attadie  le  joug  ;  norm.  lian, 
lien  en  paille  de  seigle  pour  les  gerbes. 

De  liffSimeJif  à  cause  de  la  flexibilité  des 
tiges,  qui  permet  de  s'en  servir  pour 
liens  de  fagots.  Ligamen  =  liyan  par  ch. 
de  g  en  yotle  (183)  ;  i  bref  =  i  est  dû  à 
rinfl.  de  la  gult.  A  ligan,  réduit  à  lian 
s'est  ajoutée  la  fin.  fém.  chi,  de  ca  (174 
et  54  2"),  par  analog.  av.  planche,  de 
planca  ;  manchiy  de  manica  etc. 

LIANS.  V.  lagin. 

LIAQUE  (Ihàke)  s.  f.  —  Diarrhée.  Avoir 
le  ventre  en  liaque,  avoir  la  diarrhée, 

Onomat.  délicate.  —  Cp.  norm.  clliche, 
dyssenlerie. 

LIAQUO  (Ihakô)  v.  n.  For.  liarqua  — 
Lapper,  en  pari,  des  chiens. 

Onomat.  —  Cp.  le  rad.  germ.  lap.  dans 
nor.  lAppa,  mha.  lappen,  ags.  lappian, 
angl.  to  lap,  flam.  lappen,  ail.  lahbern, 
même  sens,  et  qui  est  aussi  une  onomat. 
quoique  moins  exacte.  Suflf.  ô  (14  4"). 

LIARDASSOU  (Ihardassou)  s.  m.  —  A 
Paniss.  Homme  riche  et  très  avare. 

De  Hardy  av.  un  !•'  suff.  péj.  asse^  d'acea, 
et  un  2*  suff.  oic.d'orem. 

'LIARDO  (liardô)  V.  n.  —  Être  très 
avare  ;  litlér.  compter  par  liards.6'^  liardô, 
ap.  Coch.  «  donner  toute  sa  petite  mon- 
noie  pour  se  libérer  »  ;  Uttér.  se  priver  de 
ses  derniers  liards. 

Du  fr.  liard,  av.  suff.  6  (14  1-). 

LIASSI  (Ihassi)  s.  f.  S'emploie  surtout 
au  pi.  liasses,  —  Petit  fagot. 

De  leyl,  lier,  av.  suff.  assi,  qui  n'a  pas 
ici  le  caract.  péj.  On  a  leyassi,  réduit  à 
).iassi, 

LIASSI  (Ihassi)  s.  f.  —  Glace,  glaçon. 

De  glticia.  Aphér  .de  g  et  insert,  d'yotte 
(109);ch.  de  cen^f  (180.  rem.  2);  fin. 
i  (54  !•). 

LIAUDA  (Ihôda),  dans  le  dicton  :  «  Le 
secret  de  la  Liauda,  le  secret  de  Polichi- 
nelle, que  tout  le  monde  sait.  » 

Du  nom  de  Liauda,  au  sens  d'imbécile 
(v.  Liaudo),  je  suppose,  à  moins  qu'il  n*y 
ait  une  orig.  hislor.,  qui  m'est  inconn. 

Une  pièce  dph.  célèbre  du  xvu"  s.,  la 
Pastorale  de  Ja?iin,esi  ordinairem. connue 
sous  le  nom  de  la  Lhauda. 

•LIAUDO  (liôdo)  n.  propre  —  Claude. 
Au  fig.  un  nigaud.  «  Y  est  in  Liaudo,  c'est 
un  niais.  »  Coch.  ajoute  :«  Express. popul. 
qui  remonte,  dit-on,  à  l'empereur  Claude 


Digitized  by 


Google 


232 


LICH 


né  à  Lyon.  »  Cette  orig.  me  semble  plus 
que  suspecte.  Sur  le  sens  péj.,  cp.  un 
Colas,  un  sol  ;  un  grafid  BenoU^  un  imbé- 
cile, et  le  vfr.  un  Jeanm,  un  mari  trompé. 
Je  crois  que  le  sens  péj.  vient  de  ce  que 
certains  noms  étaient  plus  particulièrem. 
portés  par  certaines  classes,  manants,  . 
paysans  etc. 

De  C/awrfiwm  (107,  rem.  2). 

LICHARD  V.  lichôrd. 

LICH  I A  (lichia)  s.  f.  —  Tranche  très 
mince;  ina  lichia  de  pan» 

C'est  léchi  (V.  ce  mot),  transformé  en 
subst.  partie,  du  v.  lichi,  lécher.  L'idée 
étym.  de  lèchX  s'étant  complètem.  perdue, 
on  a  vu  dans  le  mot  l'équivalent  du  fr. 
léchée;  fr.  popul.  lichée.  Ina  lichia,  ce 
que  la  langue  peut  prendre  en  léchant. 
Persist.  de^  a  ton.  (l,  rem.  3).  On  nie 
signale  le  mot  lorr.  lisquette,  même  sens, 
où  la  présence  de  s  reporte  à  létym. 
lisca. 

LICHIRI  (lichîri)  s.  f.  —  Terre  inculte, 
friche.  For.  lèchère,  marécage. 

Du  germ.  —  Vha.  llsca,  fougère,  roseau, 
laiche;  mha.  liesche,  moy.  ail.  liessch, 
liaut  ail.  liesche.  Au  thème  li*:h  s'est 
ajouté  le  suff.  iri  d'aria  (13).  En  for. 
Taccept.  s'est  particularisée  dans  le  sens 
véritable  :  lécheri*,  terre  qui  porte  des 
laiches  (carex).  Dans  le  In.  elle  est  plus 
étendue,  sans  comprendre  cependant  les 
collines  rocailleuses.  Le  thème  laiche^  du 
reste,  n'existe  pas  en  In.,  où  la  plante  est 
nommée  blache.  Aussi  les  Btaches,  Bla- 
chères  sont-elles  des  terres  généralem» 
marécageuses,  dans  nos  pays  du  moins, 
car  en  Prov.  les  noms  sont  appliqués  à 
des  collines  broussailleuses,  mais  alors  le 
mot  vient  de  blacas,  taillis  de  chênes. 

N.  d'homme  Lechère. 

•LICHOIRI  (Uchoiri)  s.  f.  -  Coch.  tra- 
duit par  «  mijaurée,  friande  ».  Je  crois 
qu'il  faut  traduire  plus  vulgairem.  par 
«  femme  qui  aime  la  noce  ». 

Du  vfr.  lecheor,  (v.  lichôrd)  av.  substi- 
tit.  du  suff.  oiri,  répondant  à  oria  ;  lichoire, 
«  machine  à  engloutir  ».  La  vraie  forme 
serait  lichuri  (37),  mais  sous  infl.  d'oïl, 
on  a  employé,  à  Lyon  surtout,  oiri  comme 
suff.  péj.  Cp.  traquoire,paloire,bardoiri 
(v.  bourdoiri). 

LICHORD (lichôr);  ap,  Coch.  LICHARD 


s.  m.  —  Gourmand,  qui  aime   à  boire. 
glouton,  noceur. 

Coch.  a  indiqué  la  véritable  étym.  en 
disant  <r  du  vieux  gaulois  lecheours  ». 
Vx  gauL,  dans  sa  pensée,  s'entendait  du 
vfr.,  comme  on  dit  des  gauloiseries.  Le 
vfr.  lecheor  signif.  un  glouton,  un  para 
site.  Il  s'est  conservé  dans  l'angl.  lécher, 
Diez  dér.  lecheor  du  vha.  lecchôn,  sax. 
liccon,  ags.  liccian,  qui  a  donné  fr.  lé- 
cher ;  fr.  popul.  licher.  Au  suff.  or  de 
lecheor  a  été  substit.  le  suff.  germ.  et  péj. 
ard,  aujourd'hui  ôr  (4)^ 

LICOTTA  (likôta;  s.  f.  Messin  lit/oite, 
b.  dph.  Igeure  —  Brin  d'osier  ou  d'un 
arbuste  flexible,  et  servant  à  lier. 

Le  rad.  de  ligare,  plus  suff.  oUa  aurait 
donné  Hotte  en  In.  11  est  donc  probable 
que  le  mot  nous  est  venu  par  le  pr.  liguar^ 
lier. 

'  LIÉGEO  (iiéj6)  adj.  —  Je  ne  connais  ce 
mot  que  par  Coch.,  qui  dit  :  «  Oui  est  bien 
lirgeo,  il  est  bien  allégé.  » 

Adj.  verb.  de  légeô.  Ce  mot  me  paraît 
douteux.  Ou  devrait  avoir  légia  (v.  légeô). 

Je  ne  sais  non  plus  pourquoi,  à  l'init., 
Coch.  a  employé  é  pour  l'inflnit.,  et  te  p. 
le  part. 

LIENDA  V.  élindau. 

LIENDAU  V.  élindau, 

LIÉNO  (lhén6)  v.  a,  —  Glaner. 

De  glenKre.  Aphër.  de  g  et  inserl. 
d'yolte  (109)  ;  ch.  de  e  fermé  en  é  (62 
rem.);  de  are  en  6  (14  S"). 

*  LIETTA  (à  Morn.,  Crap.  lièta  ;  h  River. 
Ihièta;  à  S»-Marl.,  S»-Symph.  Ijiéta)  s.  f. 
—  Tiroir.  «  Mé,  pu  sen,  lo  paure,  que  se 
sintiet  quoqul  liaurds  dins  sa  lieta  », 
mais  ensuite,  le  père  qui  se  sentait  qq. 
fortune...  (Dial.) 

Du  vfr.  laie  laiete,  botte,  tiroir  d'ar- 
moire. —  Orig.  germ  :  mha.,  ail.  lade  ; 
flam.  laede  laeye,  coffre,  caisse.  A  laie 
s'est  ajouté  le  suff.  dim.  etta,  d'où  laj/etla, 
réduit  à  lietta. 

LIETTE  (liète)  LISETTE  (lizète)  s.  f.  B. 
dph.  nisettc,  Vosges  (Bruyère)  disette  — 
Betterave.  Vivar.  lisèta  «  rave  qui  sert  à 
la  nourriture  des  porcs  (sans  doute  la 
betterave^  »,  ap.  Clngnet. 

Lisette  est  la  forme  primit.,  d'où  lielle 
par  chute  de  s,  comme  dans  biassi,  de 
bisaccia  ;    mais    l'ètym.    de    lisette    est 


Digitized  by 


Google 


LIGO 


233 


obscure.  Peut-être  de  luiseta,  luisante,  à 
cause  du  luisant  de  la  betterave.  Gp.  pr. 
luselo,  œil  luisant,  et  ver  à  soie  dont  la 
peau  luisante  dénote  la  maladie;  hisen- 
tino,  petite  vesce  d'un  noir  luisant;  berr. 
Ihette  luzette,  lézard  dts  murailles.  Lui- 
set  te  aurait  été  facilem.  corrompu  en 
liseue. 

LIGOUSSA  (li^oussa)  ;'à  Lyon  Ugousse 
s.  f.  Pr.,  for.  ligoussa.  —  Épée,  fleuret. 
Le  mot  s'emploie  surtout  en  plaisanterie. 

M.  Mistral  le  tire  du  gasc,  et  aussi 
rgt.  ligoHssSi^  contester,  embrouiller  une 
allai re,  lequel  me  parait  être  lUigare,  av. 
un  suff.  fréq.  Je  fais  remarquer  en  pas- 
sant que  lU(i)gosa  donnerait //^o«5«,  qui 
aurait  pu  pas.ser  à  ligoussa.  La  ligoussa 
serait  donc  littèr.  «  la  querelleuse  ».  Mais 
il  n'est  guère  admissible  que  le  mot 
vienne  directem.  du  lat.  et  il  est  pro- 
bablem.  un  subst.  v.  de  ligoussa,  em- 
prunté aux  dial.  d'oc. 

LIMOSIN;«p.  Goch.  LIMOUSIN  dans 
le  diclon  :  Mhigl  comm'in  Limosin,  pour 
manger  énormément.  Limousin  k  Lyon 
est  synonyme  de  maçon. 

LINCIAU  y.linçu. 

LINCIOUv.  linçu. 

LINÇU  (linssn)ù.  Morn.;  à  Grap.  LIN- 
CIOU  (linssiou)  ;  à  R-de-G.  LINZOR 
(linzor)  s.  m.  It.  lensuelo,  SRvdelenjoru, 
piacent.  linso  —  Drap  de  lit.  —  A  Paniss. 
LINCIAU  -  Lange. 

Vès  V\n,  vès  l'iii  charchi  d'autre  pralslquo, 
El  ii'os  pôs  pou  que  mon  linzor  le  pique. 

«  Va  t'en,  va  t'en  chercher  d'autres  pra- 
tiques. —  Et  ne  redoute  pas  que  mes 
draps  ne  le  piquent.  »  (Gr,  Jonn.) 

De  linteoliim.  1»  Pour  la  forme  linçu, 
ch.  de  ^en  5.v(174  2*,  c).  Eolum=  ion  en 
In.  par  vocalisât,  de  /  (121  2c)  ;  m  au  lieu 
de  ou  est  dû  à  l'infl.  du  fr.  linceul  {eu 
fr.  passe  à  u  en  In.).  2»  Pour  la  forme 
linzor,  le  passage  de  ^  à  j  a  eu  lieu  sous 
une  infl.  inconn.  (on  retrouve  z  on  it.  et 
dans  les  dial.,  mais  prononcé  ts)  ;  ch.  de  / 
fin.  en  r  (121  l»).  La  disparit.  de  l'yotte 
de  eo  a  son  pendant  dans  le  fr.  linceul, 
jadis  lincieulx.  De  même  li7izo)'  a  cer- 
tainem.  élé  linzior. 

LINDA  (linda)  s.  f .  —  A  Morn.  Jam- 
bage de  porte  (v   éli7idnu). 


De  lïm(i)la^  par  une  dérivât,  de  sens 
analogue  à  celle  de  limitellum  =  fr.  lin- 
teau. Gh.  de  ^  en  rf  (174  2*).  Lin  est 
écrit  pour  lim,  les  2  graphies  sonnant  de 
même. 

LINDES  (linde);  ap,  Goch.  LANDE;  à 
Lyon  lendes  (lande)  s.   f.  pi.  Lim.  et 

rgt.  lende  —  Œufs  de  pou. 
De  lendem,  môme  .sens.  Gh.  de  en  en 

in  (32). 

*LINGAINA  (linghôna)  s.  f.  —Langue 
de  terre,  petite  bande. 

De  lingua,  av.  suff.  aiia.  On  devrait 
avoir  lingana  (8),  mais  aina  est  dû  à 
une  infl.  d'oïl. 

LINGE  vin.  adj.  des  2  g.  —  Se  dit  du 
linge  qui  étant  usé,  est  devenu  mou,  san.s 
consistance,  par  opposition  à  la  raideur  du 
linge  neuf.  —  1514  :  «  Item,  plus  15  lin- 
ceulx  neufs  et  un  linge,  »  {Inv.  de  l'Hôpil. 
de  Villefr.) 

G'est  le  vfr.  linge,  mince,  délié,  et  par 
extens.  faible.  Berr.  U7ige,  rch.  linche, 
rgt.  linge  lirge^  mince,  menu,  de  lineum. 
Sur  la  dérivât,  de  sens  cp.  panossl, 
homme  faible»  mou,  de  pannuceum. 
L'idée  est  «  mou  comme  du  linge  ». 

LINGER  (SE)  (se  linjé)  v.  pron.  —  1.  A 
Villefr.  Dépérir,  languir,  en  parlant  des 
personnes. 

De  linge  adj.  (v.  ce  mot).  Se  linger, 
devenir  mou,  sans  force. 

2.  A  Villefr.,  Lyon,  Monter  sa  garde- 
robe  en  linge.  Lim.  oli7idza,  donner  du 
linge  à  qqu'un. 

De  fr.  lingis  subst.,  av.  suff.  er  des  vb. 
de  la  !'•  conjug. 

LINGOUÉRON  (lingouéron)  s.  m.  — 
Petite  langue.  Au  fig.  Langue  acérée,  mé- 
disante. 

Son  Uingowron  puinitu  bertavelôvc  ainsi. 

«  Sa  petite  langue  pointue  jacassait 
comme  suit.  »  {Mén.) 

De  linga,  langue,  av.  suff.  on  et  insert, 
d'une  syll.  entre  le  thème  et  le  suff.  pour 
accentuer  le  caract.  péj.  Quant  au  suff.,  il 
a  élé  relié  par  r  comme  dans  moxi- 
clie-r-on,  aile  r-07i. 

LINGUSA  (linguza)  s.  f.  For.  lifiguéron 
—  Se  dit  d'une  personne  médisante  ou 
calomniatrice. 

Do  lïngua,  av.  suff.  osa  (33). 

27 


Digitized  by 


Google 


234 


LINT 


LINTILLI  (lintiHii);  ap.  Coch.  LEN 
TILLI  s.  f.  s'emploie  surtout  au  pi.  lin- 
tilles  —  Tachai  de  rousseur.  Je  suis 
étonné  que  Liltré,  qui  donne  lenlif/o, 
n'ait  pas  fait  figurer  lenlilles  dans  celte 
accepl. 

De  lenticula,  comme  fr.  lentille.  Fin. 
i  (54  8*). 

LINZOR  V.  linçu, 

LIO  V.  déliô. 

LIOCHE  (liôche);  à  Villefr.  lOCHE 
Ôôche)  ;  fi  Lyon  HAche  s.  f.  Dph.  lachi, 
Vosges /a/i/i€,  ce V.,  toulous.  lagast;  pr. 
lingastOf  gasc.  langast  legasch  (ap, 
Azaïs^  Quercy  ligasta^  cat.  llagasla,  — 
Tique  des  chiens,  ixodes  ricinus. 

La  forme  iôche  est  certainem.  le  résultat 
d'une  confus,  av.  l'article  :  liôche^  V iôche. 
Notre  mot  est  sans  doute  tiré  du  type  d'<»c. 
}.eg  est  devenu  yotte  chez  nous  :  legasch 
legasch  (i^Z) Hache  liôche  (1).  Lss  formes 
cat.  et  du  Quercy  font  remontera  un  J). 
lat.  *lagasta,  devenu  lagatsa  lagacha 
dans  certains  dialectes.  Ce  lagasta  est 
probablem.  une  forme  de  lagusta,  qui  a 
donné  langouste.  C'est  donc  av.  raison 
que  M.  Mistral  cite  le  lat.  classique  lo- 
custa,  mais  le  mot  n'en  a  pas  été  tiré. 
Quant  au  sens,  on  comprend  facilem.  que 
les  pinces  de  la  tique  aient  été  comparées 
à  celle  du  cmbe. 

En  tous  cas  les  types  In.,  pr.,  cat.  et 
dph.  n'ont  aucun  rapport  av.  Morvan 
loua,  pou  du  bois;  berr.  louhache  loud- 
rhe,  ss.-rom.  lov>el  lovette,  genev.  lovet 
lovai  louvat,  fr.  popul.  louvette  «  ixodes 
ricinus  ».  Ceux-ci  ont  été  formés  sur  loup 
ou  infl.  par  lui,  comme  l'indique  encore 
plus  clairem.  le  dialecte  du  Maine,  où  la 
tique  a  pris  le  nom  de  loup  rouge.  C'est 
probablem.  dans  cette  série  qu'il  faut  pla- 
cer le  poit.  labache  «  petite  bête  qui  s'at- 
tache à  la  peau  des  bœufs  [Rousseau).  » 

LIOR  V.  cliov. 

LIORDS  (liôr)  s.  m.  pi.  —  Argent,  for- 
tune. Al  a  pro  de  liords^  il  a  bien  de 
l'argent.  «  Lo  paure,  que  se  sintiet  quoqui 
liaurds  dins  sa  liela  »,  le  père,  qui  se 
sentait  quelque  fortune.  (Dial.) 

Fr.  liard,  pris  auûg.,  av.  passage  de  a 
àd(l). 

LIQUET  (à  Morn.  likè,  à  S^-Marl.  Ihikè) 
s    m.  —  Loquet. 


De  vfr.  cliquet  «  pessulus  versatili.s  ». 
L'aphêr.  de  c  s'est  opérée  sous  l'infl.  de 
loquet.  Qaaiit  à  cliquet,  c'est  un  suhst.  v. 
de  cliqH?Aei\  à  cause  du  bruit  que  fait  le 
cliquet  en  retombant. 

LIQUETO(à  Morn.  Hquetô,  h  S»-Mart. 
Ihikelô)  V.  n.  —  Remuer  le  loquet,  c  Un 
paysan  riche  dit  que  ce  n'est  pas  le 
premier  venu  qui  pourra  venir  Hquetô  à 
sa  porte,  faire  résonner  discrètem.  le 
loquet  pour  demander  â  être  reçu,  ou  .se 
présenter  pour  épouser  sa  fille,  i»(Mon.) 

De  liquet,  av.  suff.  (î  (14  1'). 

LISE  (lize)  s.  f.  —  A  Yzor.  Église. 

Du  vin.  glyêsi  (Marg.),  dans  lequel  il  y 
avait  eu  déjà  aphér.  de  e  init.  à'ecclesla» 
Le  pat.  moderne  ne  supporte  pas  gl  init. 
et  le  réduit  à  l  (109).  La  fin.  e  devrait 
être  i;  elle  a  probablem.  été  substituée 
sous  infl.  de  fr.  église. 

LISETTE  V.  lietle. 

LISSIO  (lissiô)  à  R-de-G.  ;  à  Morn. 
LISSIOU  (lissiou)  ;  à  Lyon  Hssieu  lessiea 
s.  m.  Morvan  lussu,  vpr.  leissiu,  cataL 
lleixiu  —  Eau  dis  cendres  de  lessive. 
Lissieu  sec,  potasse. 

Poiiant  j'ai  diil  que  iVito  b:ùva  feaa, 

Que  lo  zefjiuls 

Etsaiit  la  vos  tout  lo  nus  ou  lissio. 

«  Pourtant  j'ai   dit    que    tu    étais  une 

brave  femme,  —  Que   tes  enfants — 

Étaient  lavés  tous  les  ans  à  l'eau  de 
lessive.  i>  (Due  Bih.) 

De  lixivum,  non  de  lixitium  qui  au- 
rait donné  une  désinence  en  jo  (cp.  levitis 
=  /i(yo).Ch.deibref  ené  (21);  de  a?  (=c*.> 
eniss  (162  1")  ;  chute  de  t^  devant  m  (145 
2")  et  conservai,  de  u  =  ou  (cp.  clavum  = 
cliou).  On  a  leissoii,et  leissiou  lissiou  par 
insert,  d  yotte,  appelépar  Tyotte  de  la  syU. 
init.  Je  ne  sais  comment  cet  ou  a  passé  h 
0  dans  la  forme  de  R-de-G.  Est-ce  par 
confus,  av.  le  suff.  iau,  d'ellum  f 

LISSIOU  V.  Hssio. 

LIUCHI  (Ihuchi)  s.  f.  —  1.  Petites  brin- 
dilles Q'osier  qui  servent,  au  printemps,  à 
attacher  les  poi7iles  (v.  poinii)  de  la 
vigne.  Par  extens.  petit  bout  de  bois, 
brimborion,  fétu. 

Du  rad.  de  lier,  av.  une  2«  partie  luchi, 
dont  la  syll.  init.  s'est  confondue  av.  le 
thème  et  qui  sert  à  caractériser,  comme  en 
fr.  le   pboiiènip  luche,  des  brimborions. 


Digitized  by 


Google 


UUN 


235 


des  choses  insigniftantes(cp.  fr.  freluches, 
fanfreluches,  e  le  norm.  freluches, 
lorr.  furluches,  copeaux).  Littré  pense 
que  lâche  peut  être  identique  à  loque, 
mais  il  est  impossible  que  le  nor.  lôckr 
ait  pu  donner  Ixiche  ni  liuchi. 

2.  Terme  injurieux  appliqué  aux  per- 
sonnes, et  équivalent  à  misérable,  vil  fétu. 
Allons,  qu'o  se  pro  diit  ;  Toué  rimô,  inotrua  liuchi. 

«  Allons,  c'est    assez    causé;    je    vais 
rimer,  méchant  rien  du  tout.  »  (GorL) 
Vo  zitei  doux   baToux,  «lue  Huches^  doux  gredeins. 

«  Vous  êtes  des  baveux,  deux  fétus,  des 
j^redins.  »  (Mel.)  De  liuchi,  brimborion, 
fétu,  pris  au  fig. 

LIUN  (Ihun);  vin.  LUNS  s.  m.  — 
Lundi.  €  La  velli  de  l'Aparisiun,  qui  fut 
lo  Itms,  »  {L.  R.) 

Apocope  do  dilun,  av.  mouillem.  de  Z, 
comme  il  arrive  souvent,  sans  cause  ap- 
parente. 

'LIURA  (liura);  à  Gondrieu,  d'après 
Coch.,  LOIR  A  s.  f.  —  Lièvre.  «  Et  a  fit  la 
borba  à  la  Itura  pendant  qu'ai  coriet 
tant  qu  al  ayet  de  chombes  »,  et  il  fit  la 
barbe  au  lièvre  pendant  que  celui-ci  courait 
à  toute  vitesse. 

De  lep(ojra.  Ch.  de  e  bref  en  i  (25)  ; 
vocalisât,  de  p  (164  6*)  ;  d'où  liura. 

LIUTA  (Ihula)  s.  f.  Rgt.  longoxisto  lin- 
gouslo  —  A  Grap.  Sauterelle.  Milan. 
aliusta,  crabe  ;  gén.   aligusto,  langouste. 

Le  b.  lai  lacnsta  lagusta  a  remplacé 
locusta  dans  toutes  les  langues  romanes  ; 
mais  il  parait  y  avoir  eu  une  forme 
*  ligusta  qu'on  retrouve  dans  l'it.  aliusUi 
et  le  gén.  et  lurquois  aligusta,  langouste. 
Ghute  de  g  (133);  de  s  a66  2";,  et  ch. 
de  o  fermé  en  u  dans  la  phonét.  de  Grap. 
(3*).  Gp.  vfr.  laouste  lauste,  vx  val, 
laiooiste^  sauterelle. 

LIUTSIN  V.  luétin, 

LIVRAI  (livré)  à  Lentilly;  à  River. 
LIVRÈYA  (livré-ya)  s.  f.  For.  livrie  — 
Floc  de  rubans,  que  l'on  donne  en  prix 
dans  les  vogues. 

Pc  conim'ché  la  Togua, 
L'enfllonl  iiia  bagua, 
Pi  Tan  codre  ina  livrai. 

«  Pour  commencer  la  fête,  —  Ils  enfilcn^ 
une  )>ague;  —  Puis  ils  vont  gagner  un 
floc  de  rubans  à  la  course.  »  {Vog,) 

C'est  le  fr.  livrée,  pris  au  sens  de  signe 


distinctif.  Livrée  a  passé  à  livrèya,  puis 
à  livrai  (1,  rem.  4). 

LLEIEN  v.  lagen. 

LO  (lô)  ;  ap.  Goch.  LA  s.  m.  Vfr.  les 
leez  —  Gùté. 

Viciigt  de  so  bolsimlnls  flaiiiboni  de  tous  lo  los. 

«  Vingt  de  ses  maisons  brûlent  de  tous 
les  côtés.  »  {Brey.) 
De  lB,tus.  Gh.  de  a  en  d  (1). 
LOBA  (lôba)  s.  f.  —    Terme  péj.  Se  dit 
d'une  rosse,   d'un   propre    à    rien,    d'un 
fainéant,  d'un  vagabond. 

Orig.  germ.  —  Nor.  luhbaz  <  segniter 
volutari  »,  flâner  ;  holl.  labberlot,  qqu'un 
qui  flAne  par  les  rues;  wal.  Zow&rete,  fai- 
néantise, vagabondage  ;  angl.  loohy^  oi- 
gaud,  paresseux,  pesant.  Lo  rad.  paral^ 
êlre  lob  :  angl.  to  lob,  laisser  pendre, 
laisser  tomber  ;  nor.  lubbi,  chien  à 
oreilles  pendantes;  holl.  loboor,  porc  ou 
chien  av.  les  oreilles  pendantes;  angl.  to 
lob  along,  se  promener  paresseusem. 
comme  qqu'un  de  fatigué. 

Peut-être  faut-il  rapporter  à  ce  rad.  le 
fr.  popul.  loupe,  fainéant,  que  M.  F.  Mi- 
chel me  parait  bien  à  tort  tirer  du  rad. 
ail.  qui  a  fait  galoper  {hlaufan).  La  loupe 
n'est  point  un  individu  qui  galope,  mais 
au  contraire  un  paresseux  qui  se  traîne 
av.  lenteur.  Encore  moins  admettra-t-on 
l'étym.  de  Littré  :  «  ouvrier  qui  loupe ^ 
qui  travaille  à  1a  loupe.  »  La  loupe  n*esl 
pas  un  ouvrier  minutieux,  mais  au  con- 
traire un  ouvrier  qui  ne  fait  rien.  Quant 
au  rad.,  il  peut  être  lop  aussi  bien  que 
lob  ;  cp.  le  b.  ail.  l^tpel,  lourd,  épais  et 
l'angl.  to  lop,  laisser  pendre,  à  côté  de 
to  lob, 

LOIR  A  V.  Iit4ra. 

LOIVI  (loivi)  vin.  s.  f.  dans  le  texte 
suivant  d'un  noël  du  xvi«  s. 

Mais  Guillot  de  sa  loivi 

Tire  de  matafam, 

El  de  gaffro  la  Toini 

Per  donna  à  l'Enfant. 

<  Mais  Guillot  de  sa...  —  Tire  des  crêpes, 
—  Fit  la  femme  d'Antoine,  des  gaufres  — 
Pour  donner  à  l'Enfant.  » 

M.Philipon  propose,  av. le  signe  du  doute, 
de  traduire  loivi  par  «  blouse  »,  et  le  rap- 
proche du  m.  lat.  loba  «  tunica  non 
praecincta  ».  Loba  est  un  mot  esp.  qui 
signifie  «  surplis  »,  et  que  Diez  tire  de  fr. 


Digitized  by 


Google 


236 


LOMO 


aube,  av.  agglutinât,  de  l'art.  Illa  alha 
peut  donner  lauva  (le  ch.  de  &  en  r  se 
retrouve  dans  esp.,  ptg.,  gris.,  pr.  alva 
«  aurore  »),  mais  on  voit  difflcilem.  com- 
ment lattva  aurait  pu  passer  à  loivi.  Si 
l'on  cherche  à  expliquer  la  désinence  ipar 
une  forme  en  ca,  elia  alhea  donnerait 
laugi^  comme  alvea,  augi. 

Je  crois  qu'il  serait  peut-être  préférable 
de  traduire  loivi  par  «  gibecière  »,  sans 
que  je  puisse  d'ailleurs  indiquer  l'étym. 
La  gibecière  est  Taccessoire  obligé  des 
bergers  dans  tous  les  noëls. 

LOMONT  (lômon)  ;  ap.  Gocii.  LAMONT  ; 
H  Viilefr.,  d'après  Coch..  LOMOU,  aujour- 
d'hui LOMU  (lomu)  adv.  —  En  haut,  là- 
haut.  «  Lômon  (Vin-fi'haut,  là-liaut  en 
haut.  ^ 

C'est  ilfhnont,  av.  aphér.  de  i. 

LOMOU  V.  lômont, 

LOMU  V.  lômont. 

LONA  (lôna)  ;  à  Lyon  lône  s.  f.  — 
Dras  de  rivière  où  l'eau  est  dormanle. 

Du  h.  lai  îaf/ona,  forme  do  lacuna. 
Chute  de  g  (133);  d'où  laona,  réduit  à 
loua.  Au  m.  à.  on  a  losne  {S*'Jean-de- 
Ijosne)^  par  une  fausse  graphie  par  ana- 
logie av.  aumosne  elc.  De  même  a-t-on 
Rosne,  de  Rhodanum . 

LOQUETIRI  noketlri)  ;  à  Lyon  loque- 
Hère  s.  f.  —  Clef  de  la  porte  palière,  de 
la  porle  d'allée.  Ne  se  dit  que  d'une  clef 
dont  la  serrure  est  à  «  demi  tour  »,  c'cst- 
à-d.  à  pêne  à  ressort. 

De  fr.  loquet,  av.  suiï.  î'ri  (13).  Le  pêne 
h.  ressort  de  la  serrure,  a  été  considéré,  à 
cause  de  sa  mobilité  automatique,  comme 
une  sorte  de  loquet,  celui-ci  se  fermant 
êgalem.  tout  seul  quand  on  pousse  la 
porte. 

LORA  V.  laura. 

LORD,  DA  (lor,  da)  adj.  —  L  PesanL 
2.  Qui  a  le  vertige. 

Lnrr{i)dtim  pour  luridum  =  lor{d) 
(38).  Le  passage  de  luridum  à  lurridum 
est  démontré  par  u  de  la  syll.  init.  =. 
o  ou  dans  toutes  les  langues  romanes. 
Celui  du  sens  de  <  livide  »  à  «  pesant  » 
est  plus  difficile  à  éclaircir.  Au  sens 
de  €  livide  »  s'est  d'abord  substitué 
celui  de  c  couleur  d'objet  pourrissant 
{c^Auridatum)  »  et  de  «  pourri  »  :  m.  lat. 
luridum  «  pourri  ».  Puis  à  celui  de 
couleur  d'objet    pourri  celui  de  «    sale, 


malpropre  »  :  it.  lordo,  Igd.  lourd,  sale, 
malpropre  (Azaïs,  Mistral,  Sauvages. 
Vayssier).  Puis  au  sens  de  malpropre 
s'est  substitué  celui  de  «  paresseux,  borné, 
stupide  »  :  vpr.  lorts  «  parum  audiens  *, 
vfr.  lourd  *  sot,  idiot  »  ;  fr.  balourd. 
Puis  au  sens  de  paresseux,  stupide,  celui 
de  «  pesant  »  au  sens  matériel.  Ce  pas- 
sage du  figuré  au  propre  est  si  extraor- 
dinaire, que  l'on  peut  penser,  av.Groeber, 
que  l'hypoth.  d'une  simple  homonymit^ 
entre  les  mots  signifiant  «  sale  »  et  ceux 
signifiant  «  pesant  »  n'est  pas  fermée. 
Quoi  qu'il  en  soit,  de  «  pesant  »  est  dér. 
le  sens  de  «  qui  a  le  vertige  »,  parce 
qu'en  effet  lorsqu'on  a  le  vertige,  on  a  la 
sensation  d'une  télé  plus  h>urde  que  U» 
corps. 

LORDAYA  (lortia-ya)  s.  f.  Berr.  lor- 
dène.  —  A  Paniss.  Vertige.  Morv.  lordais^ 
se  dit  d'un  mouton  qui  a  le  tournis. 

De  In.  lord,  av.  suff.  aye,  d'cta,  qui  a  ■ 
un  caractère  coll.  (cp.  7noneta  =  monnaie 
monnaie,  betuleta    =  bouloye  boulaye). 

LOUA  (loua)  s.  f.  —  A  S^-Mart.  Louve. 

De  IvLpa.  Chute  dep  (140,  rem  8).  On 
a  loa  loua^  qui  passera  probablem.  à 
louô^  comme  moua  a  passé  à  mouô, 

LOUFA  (loufa)  s.  f.  For.  loufa,  pr. 
lofio,  rgt.  loufio,  Igd.  loufo,  it.  loffa  lof- 
fia,  aret.  loffa,  lombard  lofa  —  Usité  à 
Paniss.  Il  est  plus  décent  de  lai-ssm*  défi- 
nir par  Alberti  (la  Crusca  n'a  pas  inséré 
le  mot,  comme  manquant  de  noblesse^  : 
Venlo  che  esce  pel  deretano  senza  ro 
more.  ^çXi.loufèc  loufîe,  vapeur  chaude 
et  nidoreuse  qui  s'échappe  de  l'estomac. 

Je  crois  que  M.  Mistral  a  trouvé  l'étym  . 
en  le  rapprochant  de  ail.  lufi,  veut;  mais 
il  ajoute  à  tort  l'angl.  loof,  qui  signifie 
lof,  et  a  une  tout  autre  orig.  L'ail,  luft 
vient  du  mha.,  moy.  ail.  luft;  holl.  lucht: 
dan.,  suéd.  luft;  écoss.  lift  «  aër,  aura». 
Le  holl.  accuse  le  rapprochem.  de  sens  : 
lucht,  émanât,  d'un  corps,  mauvaise 
odeur,  courant  d'air  ;  luchten,  répandre 
une  odeur.  La  persist.  de  la  l"  cons.  du 
groupe  final  de  luft,  et  la  chute  d^  la  2', 
qui  seraient  anomales  dans  le  lat.,  n'ont 
rien  d'exlraordin.  eu  germ.  Cp.  fr.  lapon 
{zapfo),  lisière  (lista),  canif  (knifr), 
briser  (brestan).  Quant  à  u  de  luft,  il 
est  bref  par  nature,  et  donne  fr.  ou.  Cp. 
moufle     (mouwe),      fourbir     (furban). 


Digitized  by 


Google 


LOUP 


237 


C'est  bien  à  tort  que  Grandg.  voit  dans 
wal.  leuver  «  visciare  »  un  dér.  de  leu, 
loup.  C'est  un  dér.  de  loufe. 

Le  mot  figure  dans  l'arm.  louf  loiiv, 
verbe  louca,  même  sens  que  dans  le  In.  î 
mais  comme  il  n'existe  dans  aucun  autre 
dial.,  c'est  cerlainem.  un  emprunt  au 
rom.  Le  norm.  a  loiise^  même  sens,  mais 
comme  il  signifie  aussi  tromperie,  il  faut  y 
voir  le  rad.  du  vfr.  losange,  de  los 
[laudes).  Le, mot  /o«A-e,  tromperie,  a  élé 
pris  au  tlg.  pour  exprimer  la  traîtrise  de 
la  chose. 

Caix  voit  dans  lof  fia  ,  *  lupea.  Il 
l'explique  par  le  sens  de  champignon, 
qu'on  trouve  à  côté  de  celui  de«  viscia  ». 
«  Îjù.  réunion  des  deux  significat.  provient 
do  ce  que  le  champignon  (quelle  qu'en 
soit  la  raison)  est  dénommé  partout  au 
moyen  d'expressions  qui  équivalent  h 
«  pet  de  loup  »  :  fr.  vesse-de-loup^  et  dans 
les  dial.  pisse-de-lotip,  pet-de^loup  ; 
ptg.  hexiga  de  lobo,  esp.  vejin  de  loho 
etc.»  Mais  il  faudrait  d'abord  prouver  que 
lupea  donne  lof  fia.  Je  n'ai  pas  d'ex,  en  p 
+  yotte,  mais  on  s'attendrait  à  loggia, 
comme  rubeum^i  donné  roggio,  et  laubia, 
loggia.  Il  est  infiniment  plus  vraisembl. 
que  c'est  au  contraire  loffia  «  viscia  »,  qui 
a  fait  appeler  le  champignon  du  même 
nom,  à  cause  de  sa  mauvaise  odeur,  de 
même  que  l'éclat  sonore  qu'il  fait  quand 
on  l'écrase,  l'a  aussi  fait  nommer  pet-de- 
loup, 

LOUPA  (loupa)  s.  f.  Dph.  loupa  — 
Argile,  terre  grasse,  terre  adhérente.  «  O 
H*  y  pot  rifi  Vf  fit;  y  est  de  loupa,  il  n'y 
piut  rien  pousser  (dans  cette  terre),  c'est 
de  l'argile.  >  Par  extens.  toute  matière 
coagulée. 

L'eutro  de  ton  foyer  enlevé  la  loufta, 

•  L'autre  enlève  la  boue  (amenée  par 
l'inondât.)  de  son  foyer.  »  (Gren.  inonda.) 

Du  celt.  —  Corn,  loob,  vase,  limon 
visqueux,  argile,  «  slime  »,  boue,   fange. 

Je  crois  que  c'est  à  la  même  étym.,  et 
non  à  loupe,  objet  de  forme  ronde,  qu'il 
faut  rapporter  le  nom  de  loupe  donné  au 
fer  mêlé  de  scories,  qu'on  fait  liquéfier  au 
feu. 

*LOURA  y.laura. 

'  LOUSA  V.  liisa. 

LOVA  V.  lovar. 


LOVAR  (lovar)  ;  à  Crap.  LOVER  (lover)  ; 
à  Paniss.  LOVA  adv.  Vfr.  lavai  —  Là- 
bas;  entraîne  toujours  l'idée  d'un  plan 
inférieur.  Péri  lovar  d*in  bôs^  par  là-bas 
en  bas. 

De  (il)lam  vB»l{lem)  passé  au  masc. 
comme  dans  fr.  val.  Gh.  de  /  fin.  en  r 
(121).  La  forme  lonèr  a  été  infl.  par  la 
phonét.  d'oïl,  dans  laquelle  a  ton.  libre  =  e. 
L?  Morvan  ladvan,  là-bas,  doit  être  Idvar 
lava  lava\n]. 

LOVER  v.  lovar. 

LOYI  (loyl)  n.  d'homme  —  Louis. 

De  Ludovi{cu)s,  forme  latinisée  de 
Hlodoweg.  Chute  de  d  (139)  ;  de  v  sous 
infl.  de  o  (cp.  ovicula  =  oeille).  On  a 
Loois  Loeis  Loi,  et  Loyl  av.  insert, 
d'yotte  pour  rompre  l'hiatus. 

LUÉTIN  (luèUn);  à  R.-de-G.  LIUTSIN 
s.  m.  —  Être  fantastique  qui  fait  des 
farces  aux  hommes  ou  leur  fait  pire.  — 
Les  légendes  du  lutin  dé  la  Grange-Ram- 
bert,  près  de  S»-Symph.,  sont  célèbres 
dans  les  montagnes  du  Lyonnais. 

In  nommé  \oliulsin. 

Que  ne  pArle  jamais  soi  français  gni  latin, 
Zou  caravire  loi..... 

«  Un  nommé  le  Lutin,  —  Qui  ne  parle 
jamais  ni  en  français  ni  en  latin,  —  Y  met 
tout  sens  dessus  dessous.  »  (Proc.) 

On  a  beaucoup  discuté  sur  l'étym.  de 
fr.  Lutin.  La  forme  luétin  semble  indi- 
quer une  orig.  où  figurerait  le  groupe  uc 
(48),  ce  qui  combat  l'étym.  proposée  par 
Scheler  du  germ.  vha.  lutzil  lutzel,  petit, 
qui  aurait  donné  toute.  Noctem  (av. 
substitut,  de  /  à  ;i),  proposé  par  Roquef.  et 
J.  Grandg.,  aurait  donné  In.  leyte  lote. 
L'étym.  de  Grimm,  Zac/w*  (esprit  du  deuil, 
des  morts)  convient  à  la  forme  In.  comme 
au  sens. 

LUISERDO  (luizerdô)  v.  impers.  —  A 
Paniss.  Faire  une  éclaircie  de  soleil. 

Le  môme  que  lusarnô  lusernô,  av.  une 
substitut,  de  sufT.  sous  qq.  infl.  inconn.  ; 
peut-être  simplem.  pour  dififérencier  les 
mots,  les  sens  étant  difi'érents. 

LUISERNO  (luizernô)  v.  impers.  —  A 
Crap.  Se  dit  du  soleil  qui  paraît  entre 
deux  nuages.  0  luiserne,  il  fait  des  échap- 
pées de  soleil.  On  dit  aussi  :  O  chandilte. 

De  *lucer7itLre,  de  lucerna,  Ch.  de  uc  en 
ui  (cp.  48)  ;  de  c  en  ^  (130)  ;  de  are  en 
ô  (14  30). 


Digitized  by 


Google 


238 


LUMA 


LUMASSI  (lumassi)  s.  f.  It.  lumaca, 
piém.  lumassa  —  Limace. 

De  limB»cia  pour  limace  m,  Ch.  de  i 
en  u  (e81?is).  Fin.  i  (64  !•). 

•  LUMINI(luminî)  8.  m.  —  Fabricien. 

De  •  luminsi,rius,  parce  que  jadis  ils 
étaient  chargés  d'allumer  les  cierges.  «  La 
coutume  d'Auvergne  les  appelle  les  lumi- 
nier  s  (Goch.)  ».  Le  suff.  arius  =  *  ( -3). 
Le  mot  est  de  format,  savante.  Sans  cela 
il  serait  les  lumi  ou  les  lunï. 

Au  m.  A.,  où  le  luminaire  constituait  la 
principale  dépense  des  églises,  le  lumi- 
nier  était  le  principal  dignitaire  du 
conseil  de  fabrique.  C'est  ce  qui  expli- 
que comment  chez  nous ,  au  moins, 
son  nom  se  trouve  sur  les  cloches,  sur 
les  croix  et  autres  objets  religieux,  tandis 
que  celui  du  curé  est  passé  sous  silence. 

LU  NO  (lunô)  adj.  —  Se  dit  du  bois  par 
rapport  au  temps  où  il  a  été  coupé.  Du 
boue  bien  lunô,  du  bois  coupé  en  bonne 
lune. 

De  luna,  av.  suff.  ô  (14  3»). 

LUNSv.  liun, 

LUS  (lus)  s.  m.  —  D'après  M.  Gras,  on 
dit  à  Lyon  gros  lUs^  gros  farceur  ;  for. 
lusat^  malin,  rusé.  Le  pr.  a  luset^  enfant 
lutin,  espiègle.  Je  n'ai  jamais  entendu  lus 
et  on  no  le  trouve  dans  aucun  auteur, 
mais  il  peut  exister  ;  il  y  a  à  Lyon  beau- 
coup de  mots  confinés  dans  certains  mi- 
lieux (v.  gatte). 

Tous  ces  mots  paraissent  formés  sur  un 
V.  *lusa,re,  forgé  sur  lusum,  dont  lus 
serait  un  subsL  v.,  et  lusetlusat  des  dér., 
av.  des  suff.  dim. 

LUSA  (luza)  LOÙSA  louza)  s.  f.  ;  s'em- 
ploie surtout  au  plur  :  luse,  louse  — 
Pierres  plates  taillées  SQrvant  à  couvrir 
le^     aqueducs.    Vpr.  llaasa^    pr.,    rgt. 


lauso  ;  alp.  lauzo,  esp  ,  piém.  losa  ;  port. 
lousa^  basq.  arlauza,  vfr.  lauze,  pierre 
plate  servant  à  daller,  schiste  servant  à 
couvrir  les  toits,  ardoise  ;  b.  dph.  Icru- 
ziera,  carrière  d'ardoises  ; /at<5:a,  entourer 
un  champ  de  pierres  plates,  paver  un 
chemin  de  ces  pierres. 

De  lausa,  qu'on  retrouve  dans  le  m. 
lat.,  et  qui  est  expliqué  par  Tadj.  Itiusiae^ 
dans  l'express,  lapides  lausiae  («  quive 
lapides  lausiae  in  lapicaedinis  erunt  »), 
employée  dans  la  table  d'Aljustrel  (Por- 
tugal), inscript,  de  la  2«  moitié  dul"  siècle, 
contenant  la  Lex  vietalli  Vipascensfs. 
M.  J.  Flach,  av.  toute  raison,  traduit 
lapides  lausiae  par  ardoises.  C'est 
M.  Schuchardt  qui  a  fait  ce  rapprochem.. 
lequel  met  à  néant  Tétym.  de  Diez,  laudes^ 
appuyée  sur  l'esp.  laude^  pierre  sépul- 
crale, pierre  plate  propre  à  recevoir  une 
èpitaphe,  ainsi  que  l'étym.  de  M.  Baist, 
laxa. 

Il  est  plus  difficile  de  savoir  d'où  vient 
lausiae.  M.  Schuch.  le  croit  celt.  et  y 
voit  le  rad.  de  Lausanne  (Lousanna), 
Les  mots  à  rapprocher  sont  :  arm.  lach  lech , 
qui,  bien  que  masc,  vient  du  fém.  ;  kym. 
Uechf  irl.  leac,  vx  irl.  lecc,  pierre  plate, 
ardoise,  tablette  ;  arm.  liac'h  leac'h,  dol- 
men. Mais  la  format,  du  mot,  si  le  rap- 
prochem.  est  exact,  reste  inexpliquée. 

LUSARNO  (luzarnô)  LUSERNO  v.  im- 
pers. —  A  Paniss.  Faire  des  éclairs.  O  lu- 
sarnc,  il  fait  des  éclairs.  Pr.  enluserna^ 
éblouir,  donner  la  berlue.  Vfr.  luisarner^ 
briller  v.  n.  ;ln.  luiserdô^  faire  une  éclair- 
cie  de  soleil. 

De  •  lucernB»re^  de  lucerna.  Gh.  de  uc 
en  ui  réduit  à  u  (cp.  48)  ;  de  c  en  ^(ISO); 
de  e  en  a  (66)  ;  de  are  en  o  (14  3";. 


M 


MACARIAU  (makariô)  H.  m.  For.  ma- 
cariau  —  Geai. 

Le  macariau  est  le  «  maquereau  »  des 
air.s,  d'un  rad.  qui  signifie  tache,  à  cause 
do  la  tache  d'un  bleu  vif  que  présente 
une  partie  de  la  couverture  des  ailes.  Diez 


fait  venir  maquereau  de  macula,  mais 
cela  donnerait  maclereau,\n.  maclariau, 
et  on  ne  possède  pas  cette  forme.  Scheler 
le  fait  venir  d'un  rad.  indo-germ.  mac, 
qu'on  retrouve  dans  Fit.,  esp.,  port,  man- 
cha  pour  mâcha,  et  qui  aurait  formé   un 


Digitized  by 


Google 


MACH 


•m 


verbe  *  macare,  frapper,  meurtrir,  cp.  it. 
ammacare,  esp.  macar  ^  vpr.  macar 
inachar,  fr.  macquer,  fouler,  concasser» 
li'où  maca,  tache,  comme  résultat  d'une 
meurtrissure.  Le  fait  est  que  macula 
otant  un  dim..  il  a  dû  exister  un  primitif 
}n%ca.  Mais  le  type  *  macarellus^  pro- 
pose par  Scheler  donne  fr.  mayereau, 
vpr.  ma/7«r<?/,  in.  mayariau.  Il  faut  donc, 
comme  le  fait  Groelier,  admettre  un  *  mac- 
care,  d'où  macca  et  maccarellum.  Macca- 
re//Mmdonne,  ilestvrai,fr.  ma<;/M?reaw,ln. 
machariau,  mais  il  donne  maquereau 
dans  les  dialectes  du  Nord  (cp.  norm. 
raque,  de  vacca),  à  qui  nous  avons  pu  et 
dû  emprunter  lé  mot,  le  maquereau  se 
péchant  surtout  dans  l'Océan.  Sur  ellum 
=  tau  V.  32. 

•  MACHE-CROUTE.  —  1.  Mannequin  re 
présentant  une  figure  monstrueuse,  que, 
d'après  Rabelais,  on  portait  au  carnaval. 
«  (Jestoyt  une  effigie  monstrueuse,  ridi- 
cule, hideuse  et  terrible  aux  petits  enfants, 
ayant  les  œils  plus  grands  que  le  ventre, 
et  la  leste  plus  grosse  que  tout  le  reste  du 
corps,  avec  amples,  larges  et  horrificques 
maschoueres  bien  endenlelées,  tant  au 
dessus  comme  au  dessoubs  :  lesquelles 
avec  Tengin  d'une  petite  chorde  cachée 
dedans  le  baston  doré  l'on  faisoyt  l'une 
contre  l'autre  tei-rificquement  cliqueter, 
comme  à  Metz  l'on  faict  du  dragon  de 
sainct  Clément.  »  Le  Duchat  dit  en  note 
«  qu'on  no  p  )rlc  plus  h  Lyon  cotte  figure, 
quoiqu'on  y  en  parle  encore,  èl  qu'on 
menace  les  enfants  de  les  faire  manger  à 
la  masche-croule  •».  Le  Màche-croùte  était 
évidemm.  un  souvenir  du  Manducus  lat., 
qui,  d'après  Plante  et  Festus,  était  un 
mannequin  pourvu  de  mâchoires  et  de 
dents  énormes  qu'on  promenait  dans 
certains  jeux  publics.  La  tradition,  comme 
le  mot,  est  complétera,  oubliée. 

2.  Instrument  en  fer,  composé  d'un 
levier  d:inté  et  d'une  partie  fixe,  qui  ser- 
vait à  briser  la  croûte  du  pain  pour  les 
vieillards  sans  dents.  Il  ressemblait  à 
l'instrument  dont  on  se  sert  pour  mâcher 
•!t  amollir' les  bouchons.  Depuis  cinquante 
ans,  c'est-à-dire  depuis  qu'on  fait  des 
fausses  dents,  l'inslrumont  est  hors 
d'usage. 

•  MACHON  (mftchon)  s.  m.  -  Bon 
repas,  forte  noce. 


De  fr.  mtlcher,  av.  suif.  on. 

MACLIA  (maklia)  s.  m.  —  Garçon, 
jeune  enfant  mâle,  mais  av.  sens  volontiers 
péj.,  comme  celui  de  polisson.  In  maclia, 
se  dit  qqfois  d'un  enfant  qui  montre  son 
sexe. 

De  masc(u)la,Him.  Ch.  de  sel  en  cli 
(179  2")  ;  a  ton.  a  été  protégé  par  t 
(1,  rem.  3). 

MACLIASSO  (makliasso)  s.  m.  ^  Le 
même  que  maclia,  mais  av.  un  sens  plus 
péj.  Voué  te  te  cachi,  macliasso  !  veux-tu 
te  couvrir,  effronté  î  Dph.  maclassi,  fille 
qui  recherche  la  compagnie  des  garçons  ; 
b.  dph.  maclia^  homme  de  rien. 

De  maclia,  av.  suff.  péj.  asso,  d'ace  us. 
L'emploi  de  la  désinence  o  au  lieu  de  t 
dans  le  suff.,  malgré  la  sifflante  qui  pré- 
cède (64  T)»),  a  pour  but  d'indiquer  le 
masc. 

'MACLION  V.  m/5c/io. 

MADELEINE  s.  f.  —  Mante  religieuse, 
insecte. 

Ainsi  nommée  par  le  même  motif  qui 
l'a  fait  nommer  en  fr.  mante  religieuse, 
c'est-à-d.  parce  qu'elle  joint  ses  2  pattes 
de  devant  dans  l'attitude  de  la  prière.  On  y 
a  VU  la  figure  de  la  Madeleine  repentante . 

r.lADIGNI,  IRI  (madjignî.  iri)  MADI- 
GNI.ll  (madjigniri)  s.  ;à  Lyon  matinier, 
ère  —  A  S*-Mart.  Se  dit  d'une  personne 
matir.vUse. 

De  .nadin,  de  matutinum,  plus  suff.  î, 
d'ariw*,  ou  iri,  à' aria  (18). 

MADIN  V.  demadin. 

Que  voj  ay  niod«  si  madin  ! 
Vol  lie  craiQiii  pas  l'uura  fraiclia. 

*  Quoi,  vous  êtes  parti  de  si  grand  ma- 
tin î  —  Vous  ne  craignez  pas  la  fraîcheur 
du  vent.  »  (vx  Noël). 

MADIN  AU  (LE)  (le  madinô);  Il  Lyon  le 
Matinal  s.  m.  —  Vent  d'Est. 

De  madin,  plus  suff.  au,  d'ellum  ; 
parce  que,  le  matin, le  soleil  esta  l'est.  Cp. 
vfr.  de  matin  (dans  les  actes)  «  du  coté  de 
l'est  ». 

MAGNAN  V.  maf/nin. 

MAGNANS  V.  magnons. 

MAGNANS(LOS)  -  Surnom  des  habi- 
tants de  Ghouzy. 

Magnan  veut  dire  ici  mdchuré,  qui  a 
le  visage  et  les  mains  sales,  les  ouvriers 
en  cuivre  et  en  tôle,  les  poéliers  (autre 
variété  de  magnats)  étant  mâchurés  par 


Digitized  by 


Google 


•24U 


MAGN 


le  métal.  C'est  pourquoi  on  dit  aussi  à 
Neuchâte],  en  parlant  de  qqu'un  de  sale 
ou  au  teint  foncé  :  «  noir  comme  un  ma- 
gnan  ». 

MAGNAUD  (magnô)  s.  m.  —  Fils  atné. 
Peu  usilé. 

De  mB,gnum^  av.  sufiF.  germ.  aucî  (?) 
On  a  dû  avoir  maignaud  (cp.  10),  passé 
à  magnaudy  comme  Charlemaigne  à 
Charlemagne. 

MAGNIAUDS  v.  magnons. 

MAGNIN  (magnin)  MAGNAN  (ma- 
gnan)  s.  m.  Vfr.  maignen^  dph,  piém., 
magnin;  gén.  magnino,  cat.  manya, 
dial.  de  l'ital.  super,  magnano  —  Chau- 
dronnier ambulant.  Tosc.  magnano,  ser- 
rurier; au  pays  de  Vaud  mag^iin, 
châtreur.  Nos  magnans  viennent  tous 
d'Auvergne.  Le  mot  m,aignen  «  aerarius 
faber  »  est  au  Dict"  de  Nicod. 

De  mach{i)ntLrius^  qui  donne  en  oïl 
maignier.  On  trouve  en  effet,  suiv.  Diez, 
le  bourg,  maignié  et  le  fr.  dialectal  ma- 
gnier.  Mais  la  plupart  des  dial.  ont 
substitué  à  arius  le  sufT.  anus  ;  d'où 
maignin{pom'maignain),  magnien, men- 
gnen,  dans  les  dial.  d'oïl,  et  magnan 
dans  ceux  d'oc.  Machinarius  a  plutôt  ici 
le  sens  flg.  d'adroit,  d'ingénieux,  que  de 
faiseur  de  machines.  Gp.  esp.  mana,  port. 
mancha,  basq.  maina,  art,  artifice,  as- 
tuce ;  de  machina.  C'est  ce  qui  explique 
le  sens  du  vaudois  :  «  châtreur  ».  Dans 
certains  villages  de  la  Lorraine  on  dit 
caramaniousse  et  charamania,  corrupt. 
fantaisistes  dans  lesquelles  on  a  fait  pré- 
céder le  thème  du  préf.  péj.  ca  et  de  la 
.«yll.  intercal.  ra,  aussi  péj.  (v.  carabossX). 

Magnan  est  la  forme  pat.  et  magnin 
la  forme  de  ville.  Anus  =  an  (8). 

N.  d'homme,  Magnan,  Meig7ian^  Ma- 
gnin. 

MAGNONS  (magnon)  MAGNANS  (ma- 
gnan) ;  à  Morn.  MAGNIAUDS  (magnô); 
ajp,  Coch.  MANIONS  »•  m.  pi.  —  Vers  à 
soie. 

On  a  été  embarrassé  pour  l'étym.  de  ce 
mot,  que  Scheler  et  Littré  croient  pouvoir 
rapprocher  de  angl.  maggot,  ver,  qui 
parait  venir  du  celt.  Je  crois  l'orig.  beau- 
coup plus  simple.  Le  mot  est  certainem. 
contemporain  de  l'introduct.  en  France 
de  l'élevage  du  ver  à  soie.  Or,  une  décla- 
rât. d'Henri  II  (14  juillot  1551),   en   vue 


€  d'amplifier  l'art  de  la  soie  pour  la  déco 
ration  du  royaume  »,  règle  «  la  plantation 
en  tous  lieux  des  arbres  propres  à  la 
nourriture  des  »îei<5r/irt5  y.fnaynat)  ».  Le 
mot  paraît  donc  venir  de  maigna  «  petits 
enfants,  petite  famille  »,  sous  l'infl.  do 
l'idée  d'élevage.  Les  autres  formes,  parmi 
lesquelles  une  des  plus  anciennes  est 
celle  de  magninud  (Oliv.  de  Serres),  sont 
dues  à  de  simples  substitut,  de  sufT.,  soit 
and  (magniaud),  du  germ.  tcaîd;  soit  on 
(magnon),  qui  a  en  In.  une  valeur  dim. 
Magnan  n'est  autre  que  magnon,  av. 
une  nasalisât,  plus  accusée  (cp.  ilU  stint, 
devenu  i  sant). 

MAI  V.  maye. 

*  MAI  mô);  à  Morn.  MAI  (mai)  s.  m. 
—  «  Pla7itù  lou  mai.  Grand  Arbre  que 
l'on  plante  à  la  porte  d'un  magistrat  le 
!•'  de  mai.  Cet  usage  est  ancien.  (Coch.)  » 
Par  «  magistral  >  Coch.  a  sans  doute  en- 
tendu «  maire».  Cet  usage,  tombé  en 
désuétude  dans  le  Lyonn.,  subsiste  encore 
dans  divers  endroits  du  Forez,  notamment 
à  Néaux,  à  Fourneaux ,  à  Chirassimout 
(cant.  de  S*-Symph.-de-Lay),  à  Verrières, 
près  de  Montbrison  :  on  ne  le  plante  pas 
au  mois  do  mai,  mais  au  moment  de  la 
nominal,  du  maire.  J'en  ai  vu,  dans  le 
Roannais,  à  la  porte  de  jeunes  mariés. 
L'usage  primit.  est  certainem.  celui  qui 
existe  encore  dans  beaucoup  d'endroits  de 
la  France,  et  dans  la  Suisse  occidentale, 
de  planter  des  mais  le  i"  mai  à  la  porte 
des  jeunes  filles  à  marier,  mais  seulem. 
quand  leur  vertu  est  au-dessus  du  soupçon. 
Une  chanson  b.  dph.  rappelle  l'usage. 
Véci  lou  dzoli  ineis  de  iiiai. 
Que  lous  calants  plaiiloiit  lous  mais. 

L'élym.  indiquée  par  Coch.  est  donc 
exacte.  Le  choix  du  mois  de  mai  doit 
tenir  à  une  orig.  très  ancienne,  probablem. 
païenne. 

Il  est  à  remarquer  que,  dans  certaines 
parties  du  Lyonnais,  sous  l'ancien  ré- 
gime, la  plantât,  du  mai  paraît  être  devenue 
une  prérogative  des  seigneurs  et  une 
sorte  d'attribut  (d'ailleurs  contesté)  de  la 
souveraineté.  En  165:3  une  ord"  fut  rendue 
par  le  juge  du  Chapitre  contre  Benoît 
Chaise,  prop"  de  la  maison  forte  de  la 
Côte,  pour  avoir  élevé  un  mai  «  sans  en 
avoir  le  droit,  et  au  mépris  de  la  préroga- 
tive dos  seigiKMiis  bnrons  de  Briguais  ». 


Digitized  by 


Google 


MAI 


•241 


En  nni,  les  officiers  de  Briguais  signifient 
à  la  V«  Ducret  d'avoir  à  détruire  le  mai 
qu'elle  avait  fait  planter  devant  la  porte 
de  sa  maison  à  Voiirles.  L'affaire  fut 
portée  au  Parlement,  qui  autorisa  l'érec- 
tion du  mai  «  parce  que,  n'étant  pas  une 
marque  seigneuriale,  il  n'était  pas  de  na- 
ture à  empiéter  sur  le  droit  du  seigneur 
direct  »,  mais  av.  défense  toutefois  aux 
habitants  de  Vourles  de  se  rassembler 
pour  la  plantât,  du  dit  mai,' sans  la  per- 
mission du  Chapitre  ou  de  ses  officiers 
(Allut). 

Le  mot  de  planta^  écrit  par  oubli  par 
Coch.  au  lieu  de  pZan^a,  selon  son  orthogr. 
accoutumée,  montre  que  dés  son  temps  ô 
s'était  substitué  à  a  ton.,  et  que  c'est  par 
suite  d'un  parti  pris  que  partout  il  écri- 
vait a  croyant  se  mieux  conformer  à 
rèlym.  ;  mais  cet  a,  dans  sa  pensée,  devait 
se  prononcer  ô. 

Le  »} ai  aujourd'hui  est  un  mât,  un  pin 
ou  sapin,  av.  un  bouquet  de  feuilles  au 
sommet. 

MAI  V.  mai. 

•MaVaNCHI  (ma-yanchi)  s.  f.  — 
«  Fille  que  l'on  habille  en  Flore  et  que 
l'on  place  sous  une  feuillée  le  l*""  di- 
manche de  mai.  Reste  des  fêtes  que  les 
Romains  donnaient  en  l'honneur  de  la 
déesse  Maïa.  »  (Coch.)  —  Cet  usage  est 
non  seulementabandonné,mais  complétem. 
oublié  dans  le  Lyonn. Il  existe  encore  dans 
le  midi  de  la  France.  Gharbot,  Dauphin, 
qui  écrivait  au  commencem.  du  xviu«  s., 
dit  à  maie  :  t  L'on  nomme  de  ce  nom  les 
filles  qu'on  habille  en  reine,  au  mois  de 
mai,  qu'on  expose  sur  des  trônes  de  feuil- 
lage dans  les  carrefours.  »  Dans  le  cant. 
de  Vaud  maïentse  s.  f.  pi.,  «  jeunes 
.  paysannes  qui,  le  !<""  dimanche  de  mai, 
vont  en  grand  costume  chanter  de  porte 
en  porte  av.  un  panier  pour  recevoir  de 
petits  présents.  »  (Bridel.) 

De  Maia,  av.  un  suff.  assez  rare.  Ce 
n'est  pas  acà,  qui  donne  ayi  ayt*.  Asca 
pourrait  répondre  à  la  forme.  On  aurait 
Maiasca  =  maïache^  qui  peut  devenir 
maianche  par  nasalisât,  de  a  (184  7% 
rem.  1);  mais  celte  format,  est  peu  vrai- 
semblaMf.  ascus  étant  très  rare  et  ne 
s'appliquant  guère  qu'à  des  noms  iJe 
plante.  Il  est  plus  probable  que  anchi  est 


un  suff.  roman,  ajouté  à  ma/ par  analog., 
peut-être  sous  l'infl.  de  maïanchi  verbe. 

•MAÏANCHI  (ma-yanchî)  v.  a.  dans 
l'express.  Maïanchi  lo  hoè  «  enlever  au 
chêne  son  écorce  pour  faire  le  tan  ». 

Répondrait  à  un  *  maiat(i)cB,re^  do 
maius,  parce  que  l'opération  se  fait  en 
pleine  sève,  c'est-à-dire  en  mai.  Ch.  de 
t'care  en  chi  (161  5»  et  15  2»)  ;  nasalisât, 
de  a  ("184  7%  rem.  1), 

MAICLIO  V.  média. 

MAIE  V.  maye. 

MAIERE  V.  mayiri. 

MAIGNAT  V.  maynat. 

MAILLÉ  r'malhé)  adj.  —  A  Lyon  dans 
l'express.  Du  sang  maillé ^  en  parlant  du 
sang  amassé  sous  la  peau  à  la  suite  d'une 
contusion. 

Adj.  part  ici  p.  de  mailll,  à  Lyon  mail- 
ler. Du  sang  maillé  c  du  sang  coagulé 
par  contusion  ». 

MAILLETTE  (malhète)  s.  f.  —  A  Lyon 
le  même  que  maille  (v.  molli  su*»sL). 

De  maille,  av.  un  suff.  ette,  ordi- 
nairem.  d\^m.,  mais  qui  est  ici  simplem. 
explét.,  la  maillette  étant  un  câble  aussi 
gros  que  la  molli.  Dans  maillette,  a 
étant  prot.,  a  pei'sisté  (58). 

*  MAILLI  subst.  v.  molli, 

MAILLI  ("malhî)  v.  a.  dans  les  express. 
Mailll  ina  riôte,  tordre  un  "osier  afin  d'en 
assouplir  les  fibres  avant  de  s'en  servir 
comme  d'un  lien;  mailll  in  lian,  tordre 
ensemble  des  brins  de  paille  pour  en  faire 
un  lien  de  gerbe. 

De  vfr.  mailler  maillier,  frapper  av. 
un  maillet,  un  marteau,  une  massue  ;  de 
mail  (malle um).  Ch.  de  er  en  t  (15  ir). 

M A\UAy' maynat. 

*  MÂioUSSES  V.  mayosses. 

'MAIS  (mè)  MÉ  (mô)  adv.  —  Plus, 
davantage.  Je  n'in  pôs  mais^  je  n'en  peux 
pas  davantage.  Pô  mais,  pas  plus  ;  in 
pou  mais,  un  peu  plus. 

De  mB,g(i)s.  Ch.  de  ag  en  ai,  é  (10). 

*  MAISSÈLA  V.  maissola. 
MAISSOLA  (môssôla) ;  ap.  Coch.  MAIS 

SÈLA  (mêssèla)  s.  f.  ;  à  R.-de-^.  MES- 
SOLOR  (méssolôr)  s.  m.  Touraine  man- 
cclUcr,  dph.  ynaysollar,  it.   mascella.  — 

28 


Digitized  by 


Google 


•242 


MAIT 


Dent  molaire.  Pr.  enmeissa,  mordre  ;  Igd. 
maissOyyçtv.mayssha  tnaissella  niaicheln. 
vfr.  maisèle,  mâchoire.  Les  dents-  maisSi'- 
lés,  de  la  Chafison  d*Antioclie,  doivent 
signifier  non  les  «  dents  de  la  mâchoire  », 
comme  traduit  Gachet,  mais  les  «  dents 
molaires  ». 

Blilord,  qu*ayé  cent  vés  meiilo  la  medaly, 
Leui  to  méssolors  tu  lo  champ  de  bataly. 

«  Milord,  qui  avait  cent  fois  mérité  la 
médaille,  —  Laissa  ses  molaires  sur  le 
champ  de  bataille.  »  (Mén.) 

De  maxïlla  =  macsitla.  Gh.  de  ac  en  ai 
(61)  ;  de  t  bref  en  è  (21)  ;  d'où  maissela. 
Dans  la  forme  maissola,  il  y  a  eu  substi- 
tut, du  iuff.  ola  à  ella.  Dans  messolôr  il 
y  a  addit.  d'un  2«  suff.  rfr  (ard  germ.)»  qni 
a  fait  passer  le  mot  au  masc. 

MAITIA,  V.  mètUi. 

MAITIA  CONQUESTS  v.  mêtia  con- 
quests. 

MALANDRA  (malandra)  s.  f.  Berr. 
malandre  —  Maladie  épidémique;  par 
extens.  plaie,  ulcère.  Piem.  malandra, 
maladie. 

Et  ireuue  esta  quoque  malandra 
Que  ie  peschy  den  la  calaodra, 

«  Et  n'eût-ce  été  quelque  maladie  —  Que 
je  péchai  in  vulram  ».  {liern.) 

Du  vfr.  malandri*,  lèpre  ;  de  malSLU- 
dria,  même  sens.  Le  mot  In.  a  été  tiré  du 
fr;,  sans  quoi  nous  eussions  eu  tnalandri 
(54  !•). 

MALANDROUS,  OUSA  (malandrou, 
ouza)  adj.  —  Teigneux,  ràcheux,  qui  a 
des  ulcères. 

De  malandre^  av.  sulT.  ous,  à'osns  l35). 

MALEMPARA  (malanpara)  adj.  des 
2  g-  Bolon.  malpara  —  Qui  est  en  pileux 
état,  en  danger.  Piém.  a  la  malaparà. 
«  al  peggio   andare  ». 

De  •  male-in-parSLre,  par  l'interméd,  du 
vfr.  emparer;  vpr.  emparar,  fortifier, 
munir.  Malempara  «  qui  est  démuni,  dé- 
semparé ».  Le  suff.  a  au  lieu  de  ô  est 
archaïque  ;  cet  a  persisto  volontiers  dans 
les  adj.  dont  l'idée  verbale  est  oubliée.  Si 
l'on  avait  un  infinit,  il  serait  malempari\ 
et  le  partie,  serait  aussi  malemparâ. 
L'ab.sence  de  verbe  a  favorisé  la  con.servul., 
peut-être  provisoire,  de  a  ton. 

MALGOUVERT  v.  maHgouiert, 

MALIGNON  vin.  ?  1491  5  juin  :  «  Item 
sur  larequeste  à  eux  baillée  par  le  revcrans 


(gens  de  rivière)  et  nanchiers  de  lad.  ville, 
narrateurs  d'ung  procès  nagueres  intente 
de  la  part  du  clergé  d.  d.  Lion,  en  ma 
tiere  de  cas  de  nouvelleté,  pour  ce  que 
lesd.  reverans  et  nauchiers  appliquent  les 
malignons  du  boys,  tant  à  la  réparation 
de  la  chapelle  Saint  Nicolas  sur  le  pont 
du  Rosne,  comme  h  messes  et  autres  divin 
service  qu'ilz  font  dire  et  fere  en  lad.  cha- 
pelle, aussi  pour  ce  quMlz  portent  proces- 
sionnellement  une  bandiere  en  l'Onneur 
de  mond.  S*^  Saint-Nicolas,  et  que  la  chose 
touche  l'intercst  de  lad.  communaullé...  » 
(Arch.  m.BB  19,  f»  22->'.) 

MALINCOGNI  (malinkogni)  s.  f.  - 
liltat  maladif,  mais  non  maladie  aiguë. 

De  rit.  malinconin,  bile  noire,  hypo- 
condrie. Le  voisinage  de  l'j'otte  a  déter- 
miné le  mouillem.  de  n  L'it.  vient  dugr. 
yikoL'//ouo:.  Quand  à  la  dérivât,  du  sens, 
elle  est  très  facile  à  expliquer  ;  l'état  de 
maladie  engendrant  la  tristesse,  les  2  cho- 
ses se  .sont  confondues. 

MALTRU,  OA  v.  mùiru,  ua. 

MANDRILLl  (mandrilhi;  ;  à  Lyon 
mandrille  s.f.  —  1  Terme  péj.  vagabond, 
gueux,  vaurien.  Se  dit  spècialem.  d'un 
gueux  d(mt  les  vêtements  sont  dépenaillés. 
2.  Épouvantail  de  chenevière,  mannequin 
pour  éloigner  les  oiseaux.  3.  Mandrilles^ 
guenilles;  norm.  mandrile,  p.  mandrilha 
{ap.  Honnorat^,  même  sens. 

lua  mandrilti,  accoutro  de  pailliri . 

«  Un  épouvantail  de  chenevière,  ac- 
coutré de  lambeaux.  »  (Mon.) 

Le  rad.  est  celui  du  pr.  mandre  màn* 
dri^  mendiant,  truanl,  pendard  ;  man- 
droun,  gueux,  mendiant.  M.  Mistral 
rapproche  esp.  mandria,  homme  faible 
et  it.  rnandriano,  berger,  qui  sont  des 
mots  différents  :  le  !•'  du  basque  emen- 
drea  (Diez),  et  le  2*  de  mandra,  étable. 
Quant  au  pr.  mandre,  peut-être  est-il  un 
subst.  tiré  d'un  v,  '  mandre,  de  mm,ndere^ 
manger.  Les  noms  de  mendiant  et  de 
glouton  sont  ordinairem.  (Confondus  (v. 
galavard).  Au  rad.  mandre  s'est  ajouté 
un  suff.  i7/ii,  qui  est  dim.,  mais  le  choix 
de  ce  suff.  a  été  probablem.  influencé  par 
le  mot  de  drilles,  chiffons,  et  de  là  l'idée 
de  haillons,  de  guenilles  que  mandrille 
a  pris  partout.  (Test  ainsi  que  le  sens  de 
mandrilli    2.    se    tire    naturellem.  d'un 


Digitized  by 


Google 


MANÉ 


243 


mannequin  accoutré  comme  un  mendiani 
dépenaillé.  Le   fr.   mandillej  casaque  de 
laquais,  ne  doit  pas  être  rapproché. 
•MANÈCANTANT  (manécantan)  s.  m. 

—  «  Chef  des  clergeons  destinés  à  chanter 
à  réglise  (Goch).  »  Tomhé  en-  désuétude, 
au  moins  pour  les  écoles  cléricales  des 
paroisses. 

Mot  savant  fait  sur  matie-conlanlem, 

♦  MANÉCANTERIE  s.  f.  —  1.  École  ca- 
thédrale, aujourd'hui  dite  le  Petit  sémi- 
naire de  Saint-Jean.  2.  Bâtiment  du  \i*  s. 
voisin  de  la  cathédrale,  et  qui  servait  au- 
trefois au  logement  des  clercs  de  l'école 
cathédrale. 

De  mnne,  cantSire,  av.  suflf.  coll.fr.  erie. 

lyiANÈCANTIER  (manékanlié)  s.  m.  - 
1.  Élevé  de  l'école  cathédrale.  2.  Élève  des 
écoles  cléricales  de  paroisses  ou  écoles  des 
clergeons.  Mot  tombé  en  désuétude,  mais 
encore  d'un  usage  courant  à  Belley. 

Forme  savante  de  '  mane  canttirius. 

MANEILLI  V.  matiillL 

'  MANETTA  (manèta)  s.  f.  —  1.  Anse 
etc.  (v.  ma7iilli), 

Darrérlmeini  In  viroM  de  maMtes, 
Ou  coin  du  puni  relevant  se  frlselet... 

«  Dernièrement,   un    tourneur  d'anses, 

—  Au  bout  du  pont  relevant  ses  mèches 
de  cheveux...  »  (Per.) 

De  manus  =:  man  (8),  av.  suff.  dim. 
clta.Manetta*  petite  main  »,  comme  ma- 
uilli,  de  mcmicula. 

2.  Coch.  donne  de  plus  le  sens  de  c  une 
poignée,  ce  que  la  main  peut  contenir  », 
qui  m'est  inconnu. 

De  lat.  mSLHita,  même  sens,  av.  sulT. 
roman  etta;  d'où  nmnuetta,  corrompu  en 
7naneUa  sous  l'infl.  de  tnanetta  1. 

MANGANA  (mangana)  s.  f.  —  Vaurien, 
coquin,  mais  av.  le  sens  spécial  de  trom- 
peur. Ina  fina  mangana^  un  rusé  co- 
quin. Pr.  ma»/70,  jeune  fille  qui  recherche 
les  garçons  ;  Igd.  mengano  mingano, 
imrh, mangano,  flatterie,  flagornerie;  Igd. 
iiiinganêlos,  simagrées  ;  p.  manganié 
{ap.  Avril),  regrattier. 

Par  in  funesto  sort,  noulre  tristes  manganes 
Se  troTovontqoujour  lio  goce  à  le  chanes. 

«  Par  un  funeste  sort,  nos  tristes  co- 
quins —  Se  trouvaient  [avoir]  ce  jour-là 
leur  gousset  à  fond  (liltér.  aux  chanes, 
comme  le  vin  qui  esta  la  lie  a  des  chancs 
ou  fleurs).  »  {Mar.) 


Du  h.  lat.  mangst,num,  mangonem 
«  seductor  »,  dans  Papias;  mangonem 
«  falax.  deceptor  »,  dans  Glab.  Rodulph. 
xi«  s.  —  Mengtie  =  «falacia,  dolus  »  dans 
Du  G  ;  mais  jo  crois  qu'il  signifie  plutôt 
exaction.  Dans  un  capitul.  de  Gharlem., 
cité  par  Du  G.,  mnngo  a  peut-être  le  sens 
de  colporteur,  marchand  ambulant  qui 
fraude  :  «  Ut  isti  mangones  et  cogciones, 
qui  sine  lege  omni  vagabundi  vadunt  ». 
Cociones  signifie,  suiv.  Du  C.,  les  coquins 
hauteurs  de  foires  et  marchés,  qui  font 
semblant  d'acheter  et  volent  la  marchan- 
dise. Je  crois  qu'il  signifie  aussi  reven 
deur  comme  le  vfr.,  fr.  et  pat.  cosson, 
(le  cocionem.  Le  vfr.  mangonier,  reven- 
deur, regrattier  (métier  fort  méprisé)  se 
rattache  à  ctitte  racine,  ainsi  que  le  vx  esp. 
7iianganear  «  vagari  ».  Tout  cela  nous 
reporte  au  lat .  mango ,  marchand 
d'esclaves,  trafiqueur,  maquignon  (de 
ua'yyavQv,  piège);  d*où  *  mangana  =  In, 
mangana.  Le  genre  fémin.  est  le  plus 
souvent  adopté  chez  nous  pour  les  express, 
injurieuses  :  ganipa^  pelata^  farbella. 
cti(pa,  ripa,  m.arorhi,  manoura.  — 
M.  Onofrio  rapproche  de  mangana  lit 
magagna,  magagnare,  le  Igd.  magagno, 
vpr.  magagnar^  mais  ces  mots  appartien- 
nent à  un  rad.  différent,  qui  a  formé  le 
vfr.  ^neshaing. 

MANGO  (mango)  s.  m.  —  Manche.  Lo 
mango  d'ïn  écossou,  le  manche  d'un 
fléau. 

De  man(t)cum  pour  manica.  Ch.  do  c 
en  g  (174);  de  u  post-ton.  en  o  (66). 

MANGOLO  (mangolô)  adj.  des  2  g.— 
A  Paniss.  dans  l'express.  Mau-mangolô 
disloqué.  Cel  hotno  est  toi  mau-mangolô, 
cet  homme  est  tout  disloqué. 

Compose  de  rnau,  mal,  et  m«w/7o/<5  pour 
mangonnô,  emmanché,  c  Littér.  mal  em- 
manché ».  Le  ch.  de  7i  en  /  est-il  dû  à  la 
multiplicité  des  nasales  ? 

MANGONNO  (mangônô)  v.  a.  —  A 
Paniss.  Emmancher. 

De  In.  mango,  av.  sufl".  onnô,  qui  est 
ordinairem.  fréq.(cp.  mâcher, mâchonner), 
mais  qui  ici  n'a  pas  de  significat.  parti- 
culière. 

MANICLE  (manikle)  s.  f.  —  1.  A  Lyon 
Partie,  au  sens  de  métier.  «  Il  est  de  la 
manicle...  C'est  un  enfant  de  la  manicle  n 
(quel  que  soit  d'ailleurs  le  métier^.  —  2. 


Digitized  by 


Google 


244 


MANI 


Manière,  tour,  ruse.  «  Je  connais  la  /wa- 
nicîe.,.  Il  y  a  qq.   manicle  là-dessous  ». 

De  manieula,  mais  par  IMnterméd.  du 
vfr.  manicle,  car  manicula  donne  ma- 
nilhi  en  In.  Le  mot  In.  a  gardé  l'ancienne 
forme  (le  fr.  manicle  a  passé  à  tna- 
nique,  seul  toléré  par  l'Académ.).  La  déri- 
vât, de  sens  s'explique  par  l'idée  de  mai7i  : 
«  le  tour  de  main  »  ;  et  du  tour  de  main  à 
l'idée  de  qqu'un  qui  connaît  un  métier, 
c'est-à-d.  le  tour  de  main  exigé  par  le 
métier.  Cp.  manigance,  ào  manus. 

*MANILLI  (maniliii)  ;  à  Lyon  manille 
s.  f.  For.  tnanely,  dph.  manilli,  vfr.  tna- 
nille,  ss.  rom.  inanohlla  manihlla,  ard. 
manèyo  —  1.  Anse,  poignée  d'un  seau, 
d'un  tiroir,  de  tout  objet  quelconque.  2. 
Anneau  de  fer  qui  est  au  bout  de  la 
corde  des  cloches,  et  dont  le  sonneur 
se  saisit  pour  tirer   la  corde. 

La  manely  d'un  sey,  un  coulai  Je  tripéri. 

t  L'anse  d'un  seau,  un  couteau  de  tri- 
pière. »  (Ghap.) 

De  manicula.  Gh.  de  icula  en  ilhi 
(164  2*»  6  et  64  3*). 

•MANILLI  (manilhl)  MANEILLI  (ma- 
nèlhl)  s.  m.  Vfr.  manillier^  for.  manelie, 
dph.  maniglié.  —  Sonneur,  et  par  extens. 
bedeau,  marguillier.  «  Trois  manilliers  de 
l'Ecclise,  chascun  tenant  ung  grand  bassin 
en  main,  se  pourmenoient  parmy  le 
peuple...  (Rab.).  » 

Do  ^  manie ulB,rius,  Manicula  =:  ma- 
nilhi  (v.  manilli  2)    et    arius  =  i  (13). 

•  MANIONS  V.  magnons. 

MANNE  (màne)  s.  f.  —  1.  A  Lviui 
Limon,  spécialem.  le  limon  fétide  qui  se 
trouve  au  fond  des  boutasses.  2.  Argile 
qui  se  trouve  qqfois  mêlée  au  sable:  «  Ge 
sable  a  de  la  manne  t. 

Du  fr.  marne ^  de  marga,  av.  chute  de  r, 
probablem.  sous  infl.  de  manne,  subs- 
tance adhésive.  Ge  mot  est  un  témoignage 
du  sens  de  boue  pris  en  In.  par  tnarga. 

MANNEUX,  EUSE  (màneu,  euze)  adj. 
—  Qui  a  de  la  manne.  «  Ge  sable  est 
manneitjc,  cette  eau  est  mamietise,  » 

De  manne,  av.  suflf.  eux,  à'osus. 

M  A  NOUR  A  (manoura);  ap  Goch.  MA- 
NOUVRA  s.  f.  —  Manœuvre,  terrassier, 
homme  de  peine.  Goch.  le  traduit  inexac- 
tem.  par  maçon.  La  manoura  est  le  ma- 
nœuvre du  maçon,  le  goujat.  Manoura^ 


comme  ouri,  outn,  se  prend  qqfois  au 
sens  de  mauvais  sujet,  vaurien.  Ina  joUa 
tnanoura  «  un  joli  sujet  »,  au  sens  iro- 
nique. Marchi  u  pôs  de  la  manoura, 
marcher  av.  une  grande  lenteur. 

Tel  In  malloe  maçon  que  tsint  plusieurs  chanlsi». 

Tous  in  aclsiviiù  dins  diiffereuts  quartsis, 

Vout  placi  choque  jour  le  goujal,  la  manoura. 

«  Tel  un  maître   maçon  qui  lient  plu- 
sieurs chantiers,  —  Tous  en  activité  dans 
différents  quartiers,  ~  Va  placer  chaque 
jour  le  goujat,  le  manœuvre.  »  {Rrey,) 
La  terra  reviria  par  mai  d'ina  manoura. 

«  La  terre  retournée  par  plus  d'un  ma- 
nœuvre. »  (Mon.) 

De  ♦  mawopercr,  subst.  v.  de  manti 
operare.  Vocalisât,  de  p  (164  6*).  L  i 
forme  manouvra,  donnée  par  Goch.  «-t 
qui  n'est  pas  usitée,  est  due  à  l'infl.  d'oïl, 
comme  ouvri  à  côté  à! ouri. 

M ANOURADOU  (manouradou)  s.  m.  — 
A  Morn.  Manœuvre  ;  moins  usité  que 
manoura. 

De  manoura,  av.  un  suff.  adou  inso- 
lite, emprunté  au  pr. 

'  MANOUVRA'V.  manoura. 

MANQUES  V.  maque. 

MANSOIES  MANSOYES  vin.  dans  le 
texte  suiv.  du  Tar.  de  1358  ;  «  Quar  li 
veray  enlen lions  est  que  tuit  vivres  et 
marchandises.. .  excepta  mansoies  de 
leigni,  paiantà  l'imposition...  et  les  dites 
7nansoyes  a  présent  ne  paierant  ren...  » 

La  mansoye  mansoie  était  la  charge  du 
massou  (v.  ce  mot  ;  cp.  mansou,  même 
sens,  à  Montreux).  Le  m.  lat.  avait  mas- 
sodat  qui  a  pu  exister  en  b.  lat.  et  qui 
donne  en  In.  massoa  (139),  massoB.,  par 
progr.  de  l'ace.  (51),  et  mansoB,  par  nasa- 
lisât, de  a  (184  ?•,  rem.  3).  Il  suit  de  là 
que  la  voy.  a  dema{?i)sus,  dénasalisée  en 
b.  lat.,  aurait  été  nasalisée  de  nouveau  en 
roman.  MansoSi,  traduit  en  fr.  par  l'^s 
clercs,  donne  mafisoie  mansoye.  Ce  qui 
vient  à  l'appui  de  cette  format.,  c'est  qu'on 
avait  mansoyée^  qui  répondait  à  masso- 
data,  comme  mansoie  à  massoda.  Et  ce 
qui  fait  croire  que  massoda,  massodata 
ont  existé  en  b.  lat.  c'est  que  le  m.  lat.  a 
mansoyata,  qui  est  formé,  lui,  sur  man- 
soyèCy  tandis  qjie  les  clercs  n'auraient  pas 
tiré  massodata  de  mansoyée, 

MANSOYES  y.  mansoies. 


Digitized  by 


Google 


MANT 


845 


*  MANTI  (mantl)  s.  m.  Vfr.  mantil,  for. 
majili.  —  Nappe»  petite  nappe. 

Un  bay  manti  tout  On  blanc  de  buyal. 

«  Un»)  belle  nappe  toute  blanche  de  les- 
sive. >  (Gliap.) 

Din  tuul  moulron  manfnravons  pai  una  bréisa. 

«  Dans  toute  notre  nappe  nous  n'avons 
pas  une  miette  de  pain.  »  (Id). 
De  mantile,  de  mantum.  Chute  de  l  fin. 
(121  3-% 

MANTI  (manti  ;  à  River,  mantchi  ;  à 
R.-de-G.  mantsi)  s.  f..  Vin.  mantie,  it. 
ma/tfaca  niant ice.  —  Soufflet  de  forge  ; 
au  fig.  le  poumon.  1872  :  «  Duos  mantias, 
alias  sofflotz»>,  deux  ?/ia/ï^*<?5  ou  soufflets 
{Inv.  d'un  serrurier. 

Sllout  que  to  zavcz  la  mantsi  depecla. 

«  Sitôt  que  vous  avez  le  poumon  en 
loques.  »  (Gorl.) 

De  manfeca,  comme  it.  mantice  de 
* niAfiticenif  besace  gonflée  ;  d'où  man- 
tacum,  soufflet,  dans  Papias.  Je  suppose 
que  mantacum  est  exceptionnellem.  un 
proparoxyton,  ce  qui  a  donné  it.  wiaw- 
taca.  Nous  devrions  avoir  manchi,  de 
ma7ît(i)ca  (161  ô"),  comme  on  a  lecat. 
mancha,  même  sens.  Il  faut  admettre  que 
la  chute  de  la  cons.  entre  2  voy.  a  eu  lieu 
de  préférence  à  celle  de  la  1"  post-ton. 
(Gp.  ne(b)tda  =  niôle,  mh,gi(d)em  = 
maye).  On  a  eu  ainsi  rnB,nti{c)a=:maLnlia 
=  mB,nU  ^54  1«). 

•MAQUE  (make);  vin.  MANQUES, 
MA  QUES,  ME  QUE,  MES  QUE  prép. 
Vfr.  mais  que,  pr.  mdque,  bress.  mai  que, 
dph.  ma  g«e,  Igd.  meco  menco.  —  Excepté, 
si  ce  n'est  que,  pourvu  que.  «c  Oy  li  sem- 
blauz  que  li  livros  se  uvrit,  loqual  illi 
non  aveit  unqu^^s  veu  manques  defors  », 
il  lui  sembla  que  le  livre  s'ouvrit,  lequel 
livre  elle  n'avait  jamais  vu,  si  ce  n'est  en 
dehors.  «  Neguns  cognoit  lo  Fil  ma  ques 
li  Pares,  ne  lo  Pare  me  que  li  Fiuz  », 
personne  ne  connaît  le  Fils,  si  ce  n'est  le 
Père,  ni  le  Père,  si  ce  n'est  le  Fils  (Marg.). 
Vou  Ty-a  de  o^ns  que  diont  qu'ei    Tant  qui  Ions 

[épaule, 
Et  qu'ei  n'avisonl  ren,  mâque  quauqu'uu  lou  saule. 

«  Il  y  a  des  gens  qui  disent  qu'ils  ont 
fquébiu'un]  pour  les  épauler,  —  Et  qu'ils 
ne  regardent  rien,  pourvu  que  quelqu'un 
les...?  »  (Clhap.) 

De  maif/is  quod,  qui  aurait  dû  donner 
maique  (10)  comme   le  fr.  a  mais  que. 


On  trouve  d'ailleurs  mè  que  dans  Marg., 
et  mes  que  dans  le  procès- verbal  de  l'élec- 
tion de  1352.  La  forme  nasalisée  manques 
ne  se  rencontre  qu'une  seule  fois  sur  six 
dans  Marg.  Us  dans  plusieurs  ex.  est  Vs 
adverbial  analogique. 

MA  QUES  V.  maque. 

'  MARCHON  (marchon)  s.  m.  —  Chan- 
tier sur  lequel  on  place  les  tonneaux. 
S'emploie  surtout  au  plur.,  les  marchons 
étant  accouplés. 

De  marche,  au  sens  de  marche  d'esca- 
lier, degré,  av.  suff.  on. 

MARCORG  (SE)  v.  marcourô  (se). 

MARCOURO  (SE)  (se  markourô)  ;  à 
River.  SE  MARCORG;  à  Lyon  se  mer- 
curer  y.  pron.  —  Se  ronger  de  chagrin. 
B.  dph.  se  mercoura,  perdre  courage  ; 
Voiron  marcora  mercoura,  découragé, 
dégoûté. 

De  rnal[e)  et  de  cor,  av.  adjonct.  en 
roman  du  suff.  ô,  d'are,  (14  S").  Gh.  de  l 
en  r  (170  1%  d).  On  a  se  marcorô  (70). 
La  forme  se  marcourô  a  dû  subir  l'infl. 
de  la  phonèt.  d'oïl.  Quant  à  se  mercurer^ 
quelque  bizarre  que  cela  paraisse,  on  a 
certainem.  fait  une  confus,  av.  mercure, 

MARELLE  s.  f.  —  Poule  d'eau,  fuîica 
chloropus. 

Probablem.  pour  morelle,  fém.  de  vfr. 
moreau,  noir  brun,  de  //îaarwm,  parce  que 
l'oiseau  est  très  brun  et  même  noir,  quoique 
av.  des  blancs  aux  cuisses.  Au  rad.  s'est 
ajuuté  le  suff.  elle,  d'où  morelle,  passé  à 
marelle  sous  infl.  de  r,  comme  hochepot 
est  devenu  archipot. 

MARELLE  (marèle)  s.  f.  —  Sur  les 
confins  du  Forez  Achillée  millefeuilles, 
achillea  mille folia. 

Marelle  est  pour  morelle.  C'est  le  pro- 
duit d'une  confus,  av.  les  .solanées appelées 
de  ce  nom.  Ces  confus,  sont  continuelles, 
et  varient  même  de  village  à  village. 

MARGAGNA  (margagnà)  ;  à  Lyon 
margagnê,  ee,  adj.  deu  2  g  —  Meurtri.  Al 
a  lo  groin  tôt  margagnà,  il  aie  visage  tout 
abîmé.  Voiron  magagne^  homme  maladifl 

D'un  rad.  qui  a  le  sens  d'estropiement, 
mutilât.,  tare.  Vfr.  et  wal.  mehaing  mes- 
hain,  blessure,  estropiem..  mehaigner, 
estropier  ;  vpr.  niaga7iharj  bles.ser  ;  alp. 
manganio,  défaut  physique,  infirmité  ; 
Igd.  niagagno,  infirmité  ;  it.  rnagagnare, 
gâter,  vicier.  Un  v.  *  >/<ar<7a<//iî,  identique 


Digitized  by 


Google 


246 


MARQ 


à  rit.  magagnare,  av.  Tépenlh.  de  r,  si 
fréquente  chez  nous  (184  6»  /").  donne 
noire  partie,  margagnia»  Ce  rad.  mag 
mang  se  retrouve  dans  toutes  les  langues 
germ.  :  scand.  magil,  défigurer  ;  ail.  man- 
gel,  tare,  défaut  ;  vx.  angl.  maghem,  angl. 
to  maim  t  to  disable  by  wounds  ».  Est-il 
le  même  que  celui  de  lat.  mancus,  dont  il 
faut  peut-èlre  rapprocher  esp.  niancha, 
meurtrissure?  Mais  il  n'explique  que  la 
1"  partie  du  mot.  L'hypoth.  de  Diez,  qui 
tirerait  magagna  etc.  d*un  germ.  man- 
hanijan  ^homme  estropié)  semble  bien  peu 
vraisemblable,  etcelledeMuratori,  qui  lire 
magagno  de  manganum,  catapulte,  Test 
encore  bien  moins.  M.  Ulrich  explique  de 
façon  plausible  le  suff.  agnare  par  un  v. 
allem.  formé  av.  le  suflf.  anjan. 

MARGAGNI  (margagni)  ;  à  Lyon  mar- 
gagne  s.  f.  B.  dph.  mar gaule  —  Terre 
argileuse  mouillée»  boue,  bourbier.  A 
Lyon  la  margagne  est  une  boue  visqueuse, 
tirante,  comme  celle  de  la  terre  grasse, 
paropposit.  k\dihassouille,k  la  gabouille, 
qui  sont  des  boues  liquides.  Lorr.  mer- 
gassCy  résidu,  boue  de  fécule. 

De  msirga,  av.  suff.  coll.  agni,  à'anea. 

MARGAGNI  (margagni)  ;  à  Lyon  mar- 
gagner  v.  impers.  —  Y  avoir  de  la  boue 
épaisse.  A  Vire  marga,  ordure. 

De  margagni  suhsi.,  av.  suff.  t  (15  4»). 

MARGAGNOUS.  OUSA  (margagnou, 
ouza)  adj.  »  Qui  est  de  la  nature  de  la 
margagni.  Cela  terr*  est  margagnousa, 
cette    terre   est  boueuse,  argileuse. 

De  margagni,  subst.,  av.  suff.  otis. 
à*osus  (35). 

•  MARGAILLAT  (margalhà)  s.  m.  Dph. 
margaillai.  —  Gros  crachat  visqueux  et 
épais. 

De  mtirga,  av.  suff.  at,  et  insert,  de  la 
syll.  péj.  aill.  \^  rad.  de  marga  exprime 
l'idée  de  substance  visqueuse  ;  cp.  mar- 
gagni, boue  visqueuse.  Le  phonème  aille 
est  de  plus,  onomat.  Gp.  craillon,  car- 
caillalf  mi^nie  sens. 

MARGAUDA  (margôda);  à  Lyon  tnar- 
gatide  s.  f  —  Femme  de  mauvaise  vie; 
dph.  margola^  béarn.  margalido,  fille 
garçonnière  ;  lim.  margau^  chat  entier  ;  en 
Igd.  penchant  aux  femmes. 

Renferme  un  rad.  mag  marg,  exprimant 
le  sens  d'infecter,  de  gîUer  (v.  margagna). 


et  un  suff.  péj.  aude,  de  wald.  De   même 
le  rad.  marp  a  donné  marpaud. 

MARGAUDO  (niargodô);  à  Lyon  mar- 
gander  v.  n.  —  Hanter  les  femmes  de 
mauvaise  vie,  mener  une  vie  de  débauche, 
s'abfmer  par  la  débauche  :  «  Et  te  seras 
pas  exposé  à  te  margaiider  avécHe  chipie 
de  Constitution.  »  (Guignol  député.) 

De  margauda,  av.  suff.  ô  (14  !•). 

*  MARGOT  (margô)  s.  f.  —  L  Pie.  Ai 
tuô  ina  margot,  j'ai  tué  une  pie. 
Quanil  qiieict  due   margots  m'uronl  pro  sempHy. 

«  Quand  ces  deux  ivrognesses  m'eurent 
assez  déchiré.  »  {Dné  Bih.) 

Du  nom  de  Margot  (Marguerite),  donné 
aux  pies  privées 

2.  Femme  qui  s'enivre.  Même  sens  en 
norm. 

Môme  orig.  Sur  la  dérival,  de  sens,  cp. 
ina  catin  (Catherine),  femme  de  mauvaise 
vie. 

M  ARGOTTA  (margôta)  s.  f.  —  Marcotte. 

De  merg{umj^  plongé,  enfoncé,  av.  suff. 
dim.  otta.  Gh.  de  <?  en  a  (66).  Le  In.  est 
plus  rég.  que  le  fr.,  où  g  est  remonté  à  c. 

MARGOUILLAT  (margoulhà)  s.  m.  — 
Flaqtie  d'eau  sale,  mare  fétide.  Vf.  mar* 
goillier  mar  g  ulli  er,  somWev;  berr.  mar- 
gouiller,  crotter,  patauger;  norm.  mar- 
gouiller,  salir.  Cp.  margouillis. 

De  ma.rga  (v.  margagni),  qui  a  pris 
le  sens  de  boue  (cp.  manne),  av.  suff. 
ouille  (V.  gahouille),  plus  un  2^  suff.  at. 
Cp.  ss.-rom.  marguet,  pré  marécageux, 
au  bord  des  eaux. 

MARGOULIN  (margoulin)  s.  m.  — 
Terme  péj.  Colporteur  ;  par  extens.  homme 
grossier.  Wal.  argoulet,  homme  de  rien  ; 
tjiargouler,  frauder  ;  margoulète,  fraude. 

Etym.  inconn.  Grandg.  l'identifie  av. 
fr.  marjolet,  rch.  mariaule^  homme  de 
rien  ;  it.  mariuolo  mariolo,  fripon,  vau- 
rien. Mais  marjolet  ne  se  rapporte  nul- 
lem.  comme  sens,  et^  dur,  qui  appartient 
à  notre  rad.  ne  pourrait  avoir  passé  à  ij 
devant  o.  Mariaule  peut  venir  de  mariole 
«  poupée  »,  de  Marie,  comme  à  toute 
rigueur  marjolet  (cp.  wal.  mariolaine  à 
cùlé  à^  marjolaine).  Quant  à  margoulin, 
le  sens  de  colporteur  fait  penser  au  rad, 
marg,  boue  (v.  margagni),  b.  dph  mar- 
gaule.  A  Chabeuil  les  enfants  font  des 
pelotes  de  terre  grasse    en   disant  patin- 


Digitized  by 


Google 


MARI 


247 


paule  margaule.  Margoulin  peut  avoir 
clé  formé  sur  margaule.  Margoulin^ 
€  celui  qui  patauge  dans  la  margaule  ». 
Le  sens  du  wal.  margouler,  frauder, 
serait  ensuite  dér.  de  margoulm,  col- 
porteur, à  cause  des  fraudes  qui  leur 
étaient  habituelles.  Le  voironn.  margou- 
lin^ faible,  chétif,  se  rattache  à  macrum, 

MARIANNE  —  A Grap.  la  bise  s'appelle 
la  Marianne* 

Je  ne  sais  pourquoi  ce  nom,  ni  pourquoi 
son  caract.  péj.  On  sait  que  la  Mariamie 
est  aussi  un  terme  péj.  pour  c  la  Répu- 
blique ».  Dans  ce  dernier  cas,  le  nom 
peut  venir  du  buste  de  la  République 
considéré  comme  la  représentât,  d'une 
fausse  Marie  (sainte  Viefrge).  C'est  ainsi 
qu'on  appelle  aussi  qqfois  à  Lyon  la  Ré- 
publique la  Poulrône  (v.  ce  mot).  Mais  la 
même  explicat.  ne  peut  se  donner  pour 
bise»  et  Marianne  n'a  pas  en  général  de 
sens  péj. 

MARIE-GRAILLON  surnom  donné  à 
une  femme  malpropre  ;  de  graillon  (dans 
sentir  le  graillon,  l'odeur  de  graisse 
brûlée).  €  Il  épouse  une  Marie-Graillon.  » 
Le  nom  de  Marie  est  devenu  un  terme 
générique  pour  femme.  Cp.  la  Marie-Sa- 
lope, navire  qui,  à  Marseille,  cure  le  port  ; 
Marie-bon-bec,  parleuse  ;  béarn.,  pr. 
Marie-brasoc ,  femme  malpropre.  Gp. 
aussi  pr.  Mario-meco,  fr.  lainte-ni touche; 
vfr.  mariole,  pr.  marioto,  marionnette, 
de  Marie,  Mais  le  singulier,  c'est  que  ce 
nom  de  Marie-Graillon  se  retrouve 
jusque  dans  la  Suisse  occidentale  (v.  ma- 
rigraillon  dans  Bridel). 

•MARINGOTTA  (maringôta)  s.  f.  — 
€  Voiture  légère  à  2  roues,  très  en  usage 
sur  la  route  de  Paris  (Goch).  »  —  On  me 
dit  qu'au  temps  des  rouliers  c'était  une 
voiture  légère  à  un  seul  cheval,  qui  sui- 
vait les  voitures  des  rouliers.  Chaque 
train  de  roulier  avait  sa  maringotte.  Je 
ne  comprendi  pas  bien  quel  en  était  l'usage 
dans  cette  circonstance  ;  peut-être  était-elle 
destinée  aux  provisions  et  aux  bagages 
des  rouliers. 

Coch.  dit  t  qu'on  les  nomme  ainsi  parce 
que  les  premières  se  sont  faites  à  Ma- 
ringues  en  Auvergne  ». 

'  M  ARIOCHI  (mariochi)  n.  de  femme.  — 
Marie.  Ce  mot  ne  figure  pas  au  vocab.  de 
Coch.,  mais  il  le   donne  dans  la  statis- 


tique de  Condr.,av.rex.  No utr a  Mariochi. 

Je  n'ai  jamais  rencontré  ce  dér.  de 
Marie.  Le  sufif.  ochi  est  ordinairem.  péj. 
Gp.  damoche,  à  Lyon  personne  qui  veut 
faire  la  dame. 

MARION-BOMBÉE  s.  L  —  Grosse 
femme  à  figure  rebondie. 

C'est  la  vieille  express.  Marie-bon-bec 
(V,  Marie-Graillon),  grande  parleuse,  et 
surtout  harengère,  qui  a  passé,  suiv.  la 
prononciat.  In.,  à  Marie-bon-bè ;  puis,  par 
confus.,  à  Marie-bombée,  Sous  celte 
nouvelle  forme,  l'ancien  sens  a  peu  à  peu 
disparu  pour  faire  place  au  sens  de  grosse 
femme. 

MARJOLAINE  (marjolêne)  s.  f.  —  Se 
dit  d'une  femme  parée,  d'une  petite  mat- 
tresse. 

Fém.  forgé  sur  marjolet.  On  devrait 
avoir  marJoIeUe,  mais  le  mot  a  été  in- 
fluencé par  le  nom  de  la  fleur. 

*  MARJOLET  (marjolè)  s,  m.  -  Petit- 
mai  tre. 

Parmi  les  étym.  proposées,  celle  de  Goch., 
7narjolaine,  fleur,  est  encore  la  plus  plau- 
sible. Cp.  muguet,  petit-maItrc,dem«/^Ke^ 
fleur.  Mariole,  poupée,  n'est  cependant 
pas  absolum.  impossible  (v.  margoulin), 
QvLGLWikmargouler,  frauder,  présenté  par 
Grandg.,  il  n'est  pas  admissible,  g  ne 
s'adoucissant  pas  devant  o,  et  le  sens  ne 
se  prêtant  pas  à  cette  explicaL 

MARLAN  V.  merlan. 

MARLO-PÊCHARET  (  mari' pêcharé  ) 
s.  m.  —  Martin-pêcheur. 

De  marlo  «  merle  »,  et  pêcharet.  Blor- 
phologisme  de  mari  in  pêcheur.  Le  suff. 
erel,  aret,  ajouté  au  rad.  (pêch-aret)  n'est 
pas  très  rare.  Gp.  folli-nret,  part-eret, 
roi-pèt-eret.  Peut-être  à  l'orig.  le  subst. 
a-t-il  été  fait  av.  l'înflnit.  du  verbe,  au- 
quel a  été  ajouté  le  sufl".  et  :  pêcher  +  et. 
Ou  est-ce  un  ?•  suflf.  ajouté  au  fr.  eur: 
pêcheur-et  pêcharet  f  Quant  à  marlo,  il  a 
été  substitué  au  fr.  martin,  de  martin* 
pêcheur,  quoique  le  merle  n'ait  aucun 
rapport  av.  l'oiseau,  mais  uniquem.  parce 
que  le  nom  de  merle  était  connu  et  celui 
de*martin  ignoré. 

MARNEFFE  v.  mamelle. 

MARNÈFLE  (marnèfle)  MARNEFFE 
(marnèfe)  s.  f.  —  Mazette.  personne  faible, 
musculairem.  ou  moralem.,  molle,  lâche, 


Digitized  by 


Google 


248 


MARO 


sans  courage.  Pr.  manièfle,  flagorneur  ; 
Igd.  marnêfîo,  suborneur.  D'après  Ro- 
quef.  vfr.  manèfley  proxénète. 

M.  Mistral  indique  av.  raison  Tétyin.  de 
it.  mawe»(o)/e.  Chute  delà  l»"»  post.  ton. 
(52);  épenlh.  de  r  (184  6»,  e  ).  On  a 
ruarnèvle,  où  t^  se  durcit  en  /",  comme  on 
réprouvera  si  l'on  essaye  de  prononcer 
marnèvle.  Le  durcissem.  a  toujours  lieu, 
du  reste,  à  la  finale  des  mots  (cp.  bref,  de 
brevem).  Quant  à  manevole,  c'est  manusy 
plus  le  suir.  it.  oie,  d'abilis,  le  tout  ré- 
pondant au  fr.  «  maniable  ».  La  finale  e,  au 
lieu  de  o  en  In.,  est  due  au  type  it.  Pour 
la  forme  manieffe  cp.  In.  catoffle^  pro- 
noncé souvent  catoffe  ;  vfr.  guimple,  de- 
venu guimpe;  lu.  étape ^  de  stapel; 
étampe,  de  stapel.  Cp.  aussi  l'échange  in- 
verse dans  vfr.  épitafle  pour  épitaphe 
(Du  G.).  Le  sens  de  vfr.  manèfle,  proxé- 
nète, concorde  av.  l'ètym.  manus  :  ma- 
nèfle  «  qui  prête  la  main  ». 
MAROCHI    (marôchi)    s.   f.  —    Ternie 

injurieux,  Maq et  par  extens.  salope. 

guenipe  ;  terme  injur.  en  général.  Cp.  it. 
ruffiana. 

Mais  to  zcfanls,  ^roussa  marôchi^ 
Aiil  la  rieua  téladerôclii. 
t  Mais  tes   enfants,  grande   maq...,  — 
Ont  la  léie  pleine  de  râche.  »  (Due  Bib.) 

Peut-être  connexe  au  piém.  yyiarosae, 
maquignon,  ruffian;  milan,  marossê, 
fém.  marossera  ;  bergamasque  et  bres- 
ciano  marosser,  même  sens;  piém.  ma- 
rossè,  lomb.  marossa,  tromper  sur  la 
ventfî  des  chevaux.  Le  piém.  et  le  In.  ont 
beaucoup  de  mots  communs.  Maro.ss 
vient  sans  doute  du  vha.  marah  «  equus  » 
comme  Itj  font  remarquer  MM.  Flechia  et 
G.  Paris  (on  le  retrouve  au  reste  dans  le 
mot  maréchal).  Dans  l'it.  dialectal  ma- 
rosser,  er  représente  le  suff.  arhts.  Le 
correspondant  In.  serait  marossairo.  fém. 
marossairi  marossiri.  Il  faut  supposer,  à 
l'ex.  du  piém.  et  du  lomb.,  un  v.  '  ma- 
rosst,  faire  l'entremetteur;  d'où  un  subst. 
v.  maràssi,  qui  aurait  passé  à  marochi 
sous  une  infl.  inconn. 

MAROJO(marôjo,  oja)  ;  ap  Goch  MA- 
ROUJÔ,  JA  adj.  —  Printanier,  en  par- 
lant des  fruits,  des  fleurs.  Celos  fruits  sont 
maroujos,  ces  fruils  sont  précoces. 

Ètym.  inconn.  —  Peut-être  formé  sur 
maris),  lorsque  s   était  déjà    tombée  (on 


dit  môr,  mars,  et  on  a  dit  jadis  mar),  av. 
l'addit.  d'un  sufl".  par  analog.  av.  vemojo 
«  qui  est  hivernal  ».  Le  mois  de  nnars  ost 
le   symbole   de  la   précocité  prin tanière. 
OJo  représente  aticum  =  ajo  ojo. 
*  MAROUJO  V.  marojo. 
MARPAILLA  (marpalha)  MARPALIA  ; 
ap,  Goch.   MARPALLIA    adj.  deo  2  g.— 
Écrasé,  gâté,   abîmé.  «  On  s>it  tout  mar 
pallia  en  chéiant,  il  s'est  fait  ])eaucoupdo 
mal  entombarit.  »  (Goch.; 
Assez    marpalia, 
Ein  (ré  Isoirs  la  Zobet  le  lève 
«    Suffisamment    abîmée,  —    En   trois 
temps  la  Zobet  se  lève.  »  {Mort  de  la  Z.) 
Adj.  partiel  p.  de  marpaillî, 
MARPAILLI(niarpalhî)v.  a.— Écraser, 
gâter,  abîmer,  souiller.  For.   marpailla, 
gaspiller  ;  dph,  marpauda  einmarpalha^ 
rouer   de    coups,   éventrer.  ap.  Mistral  ; 
dph.  marpaillé    emma)'pailli,    goinfrer, 
ap.     Gharbot.    Voironnais    marpailler  : 
Blanchet  ajoute:  «  dans  le  rom.  (?)  ^nar- 
pailler,  gâter,  déchirer  ». 
Vos  raisoiinoz  tous  doui  cunima  de  Tré  piou(^iairo. 
En  volant  marpaly  quuu  pouiu  melonairo. 

€  Vous  raisonnez  tous  deux  comme  de 
vrais  peigneurs  de  chanvre,  —  En  voulant 
abîmer  ce  pauvre  marchand  de  melons.  » 
(Mel.) 

D'un  rad.  marp  (?)  et  d'un  suff.  fréq. 
ailli.  Ce  rad.  n'a  rien  fourni  à  la  plupart 
des  langues  romanes  :  it.,  esp.,  port.  On 
ne  le  retrouve  pas  davantage  en  celt.  ni 
en  germ.  Mais  il  paraît  avoir  donné  le  vfr. 
marpaut.  goinfre,  voleur,  vaurien,  usité 
encore  en  dph.,  et  le  vfr.  marpas,  sale,  vi- 
lain.  On  le  retrouve  encore  dans  le  dph. 
niarpa^  qui  paraît  signifier  blessure, 
broiement,  dans  les  vers  suiv.  du  Batif, 
(au  mot  agropô,  j'ai  bien  à  tort  identifié 
marpa  av.  harpa,  sur  la  traduction 
inexacte,  par  M.  Lapaume,  de  marpa  par 

serre)  : 

Et  peu  Pacomparauo 
A  laii  de  sro  malliui*,  don  oie  la  maffia, 
Dcu  po  de  leii  ou  çai,  lin  lo  iiioiido  agroi>a. 
«  Et  puis,  je  le  comparais  —  A  tant  de 
grands  malheurs  dont  aujourd'hui  Téci-a- 
sèment  —  Depuis  peu  de  temps  tient  le 
monde  étreint.  » 

Ce  rad.  est-il  le  même  que  le  rad.  groc 
/zapr,  saisir,  (aao--T&),  je  prends)  que 
M.Bailly  identifie  av.  le  sanscr.  vrk  pour 
Ta)k  €  sumero  >  ? 


Digitized  by 


Google 


MARP 


249 


MARPALIA  •  MARPALLIA  v.  mar- 
pailla, 

MARRA  ('raara)  s.  f.  —  Pioche. 

De  mB,rra. 

MARRAIN  (marin)  MARAIN  s.  m. 
coll.  —  Poussière  de  plâtras,  menus  débris 
provenant  de  la  démolit,  d'un  mur,  dé- 
combres. Fr.  merrain  bois  de  construc- 
tion, bois  préparé  pour  les  tonneaux. 

Plus  liiin  al  •parciout  doze  bouches  d'airain, 
Que  Tant  d'ina  meson  in  cucbon  de  marain. 

«  Plus  loin  il  aperçoit  douze  canons  — 
Qui  font  d'une  maison  un  tas  de  décom- 
bres. »  (Brey.) 

C'est  sans  doute  le  fr.  merrain  av.  une 
dérivât,  de  sens,  tnaleriarnen  signifiant 
en  général  choses  propres  à  la  construc- 
tion ;  d'où  un  dér  :  «  choses  provenant  de 
la  construct.  »  Le  passage  de  e  init.  à  a 
a  eu  lieu  sous  infl.  de  r  (66). 

MARRAiRO  (maréro)  s.  m.;  ap.  Goch. 
MARREROS  s.  m.  pi.  —  Goch.  dit  : 
«  Los  marrèros,  les  pionniers  qui  des- 
cendent des  montagnes  du  Velay  pour 
travailler  dans  la  plaine  pendant  les 
hivers.  »  Aujourd'hui  le  marrairo  est  le 
terrassier,  en  général.  Je  ne  sais  pourquoi 
(^och.  a  employé  le  plur. 

Vo  zou  saidei,  méuôs,  noulro  mcimb^bonoreiro 
Vcyoul  duu  mémo  lio  Torfevre  et  lo  marrait  o, 
«  Vous  le  savez,  camarades,  nos  mem- 
bres honoraires  —  Voient  du  même  œil 
l'orfèvre  et  le  terrassier.  »  (Discours). 

De  *  marreirius,  celui  qui  travaille  à  la 
houe,  à  la  pioche,  à  la  pelle.  Arins  =  airo 
(13;. 
*  MARREROS  v.  marrairo. 
MARRO  (marô)v.  n.  —  Travailler  de 
peine. 

Vos  n*ein  diirioz  pôs  tant  de  quelo  biaui  moiisus, 
Que  To  fant  bien  marrd  par  to  crachi  dessus. 

«  Vous  n'en  diriez  pas  tant  de  ces  beaux 
messieurs  —  Qui  vous  font  bien  peiner 
pour  ensuite  vous  cracher  dessus.  »  {Mel.) 

Los  de  toujor  marrô  sius  ari  paix  ni  IrôTa. 

«  Las  de  toujours  peiner  sans  reldche.  » 
(Mon,) 

De  *  warrare,  de  marra,  pelle.  Gh.  de 
are  en  <î  (14  8»).  L'idée  primit.  est  celle 
du  travail  de  terrassier  (v.  marrairo). 

MARRONO  (marôn6)  v.  n.  — Gronder, 
murmurer,  être  mécontent,  grognon. 


Ob,  Gobelain!  que  le  Tais  marrofiôl 

«  0  Gobelain,  que  tu  vas  grommeler  !  » 
(Per.) 

Onomat.,  comme  ronronner,  Suff.  ô 
(14   30). 

MARSIA(marsia);  ap,  Goch.  MERCIA 
s.  f.  —  Averse,  ondée  de  courte  durée. 
Vaiquia  una  mercia,  voici  une  ondée 
(dans  Goch.,  qui  donne  celte  forme  mercia 
comme  usitée  à  Gond.)  <  Ys  avisauviantla 
reviri  quand  o  vegni  una  marcia  »,  ils 
regardaient  la  rivière  quand  il  survint 
une  averse  {Dial.), 

Son  cbapiA  n'ara  pou  d'ina  marcia  de  bugnes. 

€  Son  chapeau  n'aura  pas  à  redouter  de 
recevoir  une  averse  d'excréments.  »  (Hym.) 

De  {im-)mersia  pour  {im)mersio,  La 
forme  de  Gond,  met  à  néant  toute  étym. 
qui  serait  tirée  de  mars,  averse  du  mois 
de  mars,  a  ne  passant  pas  à  e.  Dans  la 
forme  marsia  ch.  de  ^  en  a  sous  infl.  de 
r  (24). 

MARSOTTA  (marsôta)  s.  f.  —  A  S»- 
Mart.  Gentaurée  à  grosse  tête  des  blés 
bluet. 

Il  y  a  une  graminée  nommée  marsette 
des  prés.  Dans  marsette^Vre^i  probablem 
épenthétique,  et  le  nom  orig.  doit  être 
massette,  de  la  forme  de  la  plante,  car 
elle  est  aussi  nommée  fléau.  De  même  la 
rnassette  aquatique  tire  son  nom  de  la 
forme  de  son  épi.  Je  crois  que  la  marsotta 
doit  aussi  son  nom  à  sa  forme,  qui  a  qq. 
ressemblance  av.  celle  d'une  petite  massue. 
Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff  dim.  otta,  au 
lieu  de  etie  dans  les  mots  fr.  L'épenth.  de 
r  est  si  commune  (184  6»  c)  qu'elle  ne  fait 
pas  difficulté.  Le  phénom.  de  l'épenth.  de 
r  se  remarque  dans  le  pr.  mar^owrau  pour 
7nassourau^  massurau,  centaurée  sca- 
bieuse  ^Mistral,  Azaïs). 

MARTIAL!  (martiô);  à  Lyon  marteau 
s.  m.  Ss.-rom.  marti,  —  Dent  mâcheliére. 

De  la  ressemblance  av.  un  marteau. 

MARTIN  8.  m.  —  A  Paniss.  Nom  du 
bouc.  Lo  martin. 

Des  noms  d'homme  ont  été  souvent 
appliqués  aux  animaux.  Martin  est  aussi 
le  nom  de  beaucoup  d'ânes,  comme  en 
témoigne  le  proverbe  :  t  II  y  a  plus  d'un 
àne  à  la  foire  qui  s'aprello  Martin.  » 

29 


Digitized  by 


Google 


250 


MART 


*  MARTINETS  (martinè)  s.  m.  pi.  — 
«  Fonderie  do  cuivre  ou  de  fer.  Ainsi 
nommés  des  marteaux  que  Teau  fait 
mouvoir.  »  (Goch.)  —  On  désigne  aujour- 
d'hui sous  ce  nom,  non  pas  des  fonderies 
de  cuivre  ou  de  fer,  mais  do  petites  forges 
où  l'on  fabrique  des  ustensiles  de  ménage 
en  fer.  Ces  petites  usines  sont  toutes 
établies  le  long  des  cours  d'eau.  Ss.-rom. 
martinet,  forge,  atelier  de  clouterie.  M. 
lat,  martinetus^  forge  dont  les  marteaux 
sont  mus  par  un  moulin. 

Du  rad.  mart,  de  martellumy  av.  un  l*"" 
sufT.  in  et  un  2«  sufî.  et.  La  réunion  de 
ces  deux  suff.  est  ordinairem.  très  dim. 
(cp.  tantinet,  sadinet),  mais  ici  au  con- 
traire le  mot  désigne  des  instruments 
beaucoup  plus  gros  que  des  marteaux. 

MAS  (mas)  —  Nom  de  lieu.  Le  Mas 
de  la  Verno,  près  de  Morn.  A  S*«-Gathe- 
rine-sur-River  :  Le  Grand  Mas,  le  Petit 
Mas,  noms  de  hameaux.  Le  nom  de  Ma- 
chezal  (Loire)  vient ,  d'après  d'anciens 
titres,  de  mas  et  de  chesal.  Ce  mot,  qui 
n'est  usité  que  dans  cette  portion  du  dé- 
partem.,  est  emprunté  au  pr. 

De  *  meLns[um)j  de  manere.  Chute  do 
w(175). 

MASSETO  (massel6)s.  f.  —  APaniss. 
dans  l'express.  Ina  massetô  de  fen,  une 
voiture  de  foin. 

De  massou  char,  av.  suff.  (î,  répon- 
dant à  a/a,  relié  par  t.  Peut-ôtro  a-t-il  été 
formé  directem.  sur  le  b.  lat.  massnltay 
charretée,  av.  affaiblissem.  de  la  prot. 

MASSI  (massi)  s.  f.  —  Très  gros  mail- 
let de  bois,  fixé  à  un  long  manche,  et  dont 
on  se  sert  pour  enfoncer  les  pieux,  pour 
frapper  sur  les  coins  de  fer  à  l'aide  des- 
quels on  refend  le  bois  etc. 

De  •  mateamatia,  primitif  de  mateola. 
Gh.  de  tia  en  ssi  (138  2»  et  54  !•). 

MASSOU  (massou)  s.  m.  —  Tombe- 
reau; on  dit  aussi  CHOR  MASSOU  par 
opposit.  au  char  à  ridelles,  nommé  nim- 
plem.  vMr. 

Répond  au  m.  lat.  massnllus,  espèce  de 
char  :  «  Per  illud  possint  facile  Iransire 
cum  bobus,  massulto,  pedes,  eques,  etc.. 
Boves  meos,  qui  sont  onerati  massulto  et 
fumo...  »  (Du  G.,  à  massultus).  Le  rad. 
du  mot,  selon  Du  G.,  serait  ma(n)siis, 
parce  que  le  char  faisait  partie  du  maté- 
riel de  la  ituiHsa.  Celle  orig.  est  confirmée 


par  mansou,  à  Montreux  train  k  un  cheval 
pour  amener  des  bois. 

La  2«  partie  du  mot  est  fort  bizarre  et 
obscure,  car  il  n'existe  pas  de  suff. 
ultus.  De  massou  massultus  le  m.  lat. 
avait  dér.  massoda,  massultata,  charge 
du  massou.  Cette  charge  était  celle  de 
deux  barotta,  mot  encore  usité  pour 
brouette. 

MASSU,  UA  (massn,  ua)  adj.  —  Gros, 
robuste. 
Jusqu*k  tant  qu*un  golal,  plot  matiu  quMii  loriaa  .. 

t  Jusqu'à  ce  qu'un  homme  très  grand, 
plus  robuste  qu'un  taureau...  *  (Mén.) 

De  ma^^a,  av.  suff.  ou,  à*osus  (35). 

*MASSUQUE«  express,  donnée  par 
Goch.  av.  la  signlûcat.  de  c  il  me  semble, 
je  crois  ». 

C'est  le  même  que  m'assorê  (v.  ce  mot), 
du  b.  lat.  assecurare,  vpr.  asegurar,  pr. 
assegura.  Mais  la  format,  est  obscure. 
Le  pr.  dit  m*assegure,  je  crois,  je  suis 
certain.  C'est  probablem.  m'assegure  qui 
a  été  transformé  en  7n*assègue  m'as- 
seugue  m'assugue  et  m'assuque,  sans 
que  je  puisse  dire  sous  quelle  infl.  s'est 
opérée  la  régress.  originaire  de  l'ace.  Que 
le  mot  ait  été  m'assugue  avant  d'être 
m'assuque,  le  fait  est  certain,  puisque  le 
même  phénom.  s'est  passé  en  pr.,  où 
partout  g  fin.  s'est  durci  en  c  (cp.  castigo 
castig  castic).  Quoi  qu'il  en  soit,  le  mot 
est  aujourd'hui  hors  d'usage.  Le  b.  dph.  a 
massi  c  peut-être  »,  qui  n'est  pas  le  même 
mot. 

MASTOQUE  (masloke)  adj.  des  2  g.— 
Lourd,  grossier,  trop  gros  en  parlant  des 
choses  ou  des  personnes.  Norm.  mastoc, 
lourdaud  ;  Vosges  masioque ,  lourd , 
grossier;  genev.  Ynatoque^  sotte,  nigaude. 

Êtym.  inconn.  —  On  pourrait  y  voir  le 
fr.  masse,  plus  une  2«  partie  toc  toque, 
qui  dans  l'est  de  la  France  signifie  souche. 
Le  phonème  péj.  oc  oque,  av.  le  caract. 
de  lourdeur,  de  stupidité,  se  retrouve  dans 
gnoque.  Comme  sens  cp.  pr.  matériau, 
homme  lourd,  sans  esprit. 

MASUA  (mazua);  à  Paniss.  MON- 
ZOTTA  (monzôta);  à  Villefr.  MOSOI 
(môzoi)  s.  f.  ;  ap.  Goch.  MAZUÈS  s.  f. 
pi.  Gév.  mesères  "Youvim. 

Il  semble  bien  qu'on  doive  le  rappro- 
cher du  vha,  ameizâ,  mha.  ameise, 
angl.  emmet,    môme    sens;    d'un    type 


Digitized  by 


Google 


MATA 


251 


goth.  qui,  suiv.  Grimm,  a  pu  être 
*  amaitô  ou  ♦  amaitei.  Au  rad.  se  serait 
ajouté  le  suflf.  a,  d'ato,  ou  le  suff.  dim. 
otta^  suiv.  les  endroits.  Mais  dans  ce  cas 
la  format,  est  singulièrera.  obscure.  En 
effet,  Tall.  enneise  est  accent,  sur  a  init. 
(cette  accentuât,  s'accuse  davantage  dans 
le  pi.  aew*e).  Or,  pour  qu'amet^^ait  pu 
donner  masua,  il  faut  admettre  qu'il  y  a 
eu  progress.  de  Tacc.  sur  la  médiale,  sup 
posit  des  plus  extraordin.  Je  ne  sais  pas 
davantage  expliquer  le  passage  de  mazua 
à  monzotta  à  Paniss.  Gp.  cependant  Ma- 
dalena  devenu  Mondeleine.  La  forme  de 
(^och.  evSt  le  plur.  rég.  de  manuL,  mais 
devrait  être  écrite  masue(s), 

MATA  V.  matta. 

'  M  ATA  FAN  (matafan)  ;  à  Lyon  mate- 
faim  s,  m.  For.  matafarn,  ss.-rom.  ma- 
tafan, —  Crêpe.  On  les  fait  le  plus 
souveiit  dans  les  campagnes  av.  de  la  fa- 
rine de  blé  noir  ;  à  Lyon,  av.  de  la  farine 
de  froment. 

Y  furoDt  dans  una  grangi 
Tapissia  de  matafan. 

c  Ils  furent  dans  une  grange  —  Tapis- 
sée de  matefaims,  »  (Chans,  sur  le  Duc 
de  Savoye.) 

De  mata,  aujourd'hui  matô,  mAter,  et 
de  fan,  de  famem  (8)  ;  littér.  «  ce  qui 
mate  la  faim  ».  Mata  est  formé  sur  mat, 
express,  du  jeu  d'échecs,  empruntée  au 
persan. 

MATASSA  (matassa)  s.  f.  —  En  Fr.- 
In.  Se  dit  des  paquets  de  chanvre  que 
les  femmes  portent  au  marché. 

Evidemm.  de  mataxa  matacsa,  maison 
devrait  avoir  mataissi,  et  en  admettant 
que  le  mot  est  formé  sous  infl.  de  la 
phonét.  br.,  metaisse.  Je  ne  sais  pas 
expliquer  cette  irrég.,  mais  il  arrive 
qqfois  que  ac  donne  a  (cp.  voironn.  ma, 
de  mag(idem). 

*  MATELOTTA  (matelôta)  s.  f.  Lgd. 
matëlôto —  «  Espèce  de  gilet  sans  poches 
et  sans  manches  que  le  paysan  met  sous 
sa  veste.  Ce  vêtement  est  presque  toujours 
en  molleton.  »  (Goch.)  Cette  express,  est 
aujourd'hui  inusitée. 

De  fr.  matelot,  sans  doute  parce  que  ce 
vêtement  étail  à  l'orig.  porté  surtout  par 
les  matelots. 

'  MATEVON  V.  mathevon. 

MATHEVON  ;  ap.  Coch.    MATEVON  s. 


m.  —  Sobriquet  donné  aux  terroristes 
pendant  la  Révolution.  Dans  mon  enfance 
on  ne  les  désignait  encore  que  sous  ce  nom. 
Voici  ce  que  dit  Goch.  :  a  Dénomination 
donnée  pendant  la  Révolution  h  ceux  qui, 
sous  prétexte  de  liberté,  se  livraient  à 
tous  les  excès,  en  opposition  aux  Musca- 
dins, qui  tenaieïîl  le  parti  des  honnêtes 
gens.  » 

Quai  tai  don  cela  grand  tHi  ^ 

Que  j'avons  [de]dain  Lyon, 
Disavc  la  mare  Tôla 
U  compare  Malhecon. 

t  Qu'est  donc  cette  grande  fête,  —  Que 
nous  avons  dans  Lyon,  —  Disait  la  mère 
Tête  —  Au  compère  Mathevon.  »  (Chans. 
politique,  contemporaine  de  la  Révolut, 
et  qui  doit  être  de  Revér.). 

«  Le  mot  mate  von  vient  d'un  taffetatier 
de  Lyon  qui  figurait  dans  une  farce  appelée 
la  Vogue  de  Saint-Denis  de  Bron  et  qui  se 
mêlait  de  parler  de  politique.  »   (Coch.) 

L'orig.  indiquée  par  Coch.,  contempo- 
rain de  la  Révolut.  paraît  exacte.  Mathe- 
vo?i  est  un  nom  propre  lyonnais,  et  les 
noms  de  personnages  de  comédie  sont 
devenus  souvent  populaires  (cp.  Gilles, 
Riflard,  Dandin  etc.).  Mathevon^  n. 
propre,  est  un  dér.  de  Matthieu^  ('cp.  Ma- 
thivel). 

Toutefois  j'ai  lu,  je  ne  sais  plus  où,  que 
le  nom  de  Mathevon  «  révolutionnaire  » 
venait  du  pat.  matevonna^  ététer  un 
arbre  ;  d'où  m,athevon,  coupeur  de  têtes. 
Je  ne  connais  pas  le  pat.  matevonna,  mais 
on  dit  mottô  (autrefois  motta),  ébrancher 
un  arbre,  et  il  se  peut  que  qq.  paysan  ait 
trouvé  plaisant  d'en  forger  un  m^athevonnô 
sur  mathevons  «  coupeurs  de  têtes  ». 
Cette  explicat.  me  semble  plus  probable 
que  l'inverse. 

D'après  le  Supplém.  au  Die  f  de  V  Aca- 
démie^ cité  par  Mistral,  le  nom  de  Mathe- 
von aurait  existé  non  seulem.  à  Lyon, 
mais  encore  dans  l'est  et  dans  le  midi  do 
la  Frauce.  Dans  ce  cas,  il  s'y  serait  étendu 
de  Lyon  ;  mais  je  doute  de  l'exactitude 
du  renseignem, 

MATIÈRE  (matière)  s.  f.  —  Euphé- 
misme décent  pour  gandouse,  qui  est 
considéré  comme  bas  et  peu  français. 
Mais  la  dérivât,  qui  a  fait  passer  «la^en'a, 
bois  de  construction,  au  sens  de  gadoue 


Digitized  by 


Google 


252 


MATO 


est  curieuse.  Celse  employait  déjà  maien'a 
au  sens  de  pus,  sanie. 

*  MATON  V.  matton. 

*  MATOU  (matou)  s.  m.  —  Même  sens 
que  Mathevon.  C'est  une  corrupt.  de  ma- 
thevon,  sous  infl.  de  matou^  chat,  dans 
l'express,  fig.  un  maton,  un  vilain  ma- 
tou, 

MATRU  UA  V.  mf'ttru,  ua, 

MATTA  (mata)  MATA  s.  f.  1.  Instru- 
ment en  forme  de  petite  palette,  à  l'aide 
duquel  on  bat  la  crônie  dans  la  i)eurrière 
pour  faire  le  beurre.  2.  Baguette  de  tam- 
bour. 3.  Mailloche  de  grosse  caisse. 
Silout  dit,  le  Gascon  donne  Tn  grand  toup  de  mata. 

«  Sitôt  dit,  le  Gascon  donne  un  grand 
coup  de  grosse  caisse.  »  [Mén.) 

P«r  preindre  de  péssons  i  d/uiil  qii'o  faut  frogi  ; 
Qu'o  faut  par  laïubourlù  lo  secours  de  due  mates. 
€  Pour  prendre    des  poissons,    on    dit 
qu'il  faut  faire  silence  ;  —  Qu'il  faut,  pour 
battre    le    tambour,    l'aide   de    deux   ba- 
guettes. »  iGorl.j 

Subst.  T.  de  mattf'i,  fr.  mat  ter  %  frapper 
sur  un  métal  pour  l'amincir  »,  de  mat, 
express,  du  jeu  d'échecs  :  être  échec  et 
mat^  être  battu,  vaincu.  Il  y  a  bien  un 
vfr.  mater,  vpr.,  port,  matar,  tuer,  qu'on 
fait  venir  de  m^clare  (Diez,  Littié, 
Scheler),  maisje  ne  puis  comprendre  que 
'inactare  n'eût  pas  donné  maitier  en  fr.  et 
tnachar  ou  moitar  en  pr.  Le  sens  de  tuer 
a  dû  venir  du  persan  ma^  mort.        » 

MATTON  (maton);  ap.  Goch.  MATON 
s.  m.  —  Tourteau  fait  du  résidu  des  noix 
dont  on  a  extrait  l'huile  ;  tourteau  de 
colza  etc.  For.  rïMton,  tourteau  de  suif  et 
de  son  pour  engraisser  les  porcs  ;  pain 
matton,  même  sens  que  le  matton  In  ; 
berr.  matron,  grumeau  dans  la  farine; 
vaud.  et  pic.  maton,  lait  caillé,  fromage 
mou,  grumeau. 

Vingle  quairou  matons,  de  razuns,  de  moumachcs. 
«  Vingt-quatre  tourteaux,  des  rasoirs, 
des  tenailles  de  forgeron.  *  (Ghap.) 

Diez,  Scheler  et  Littré  indiquent  l'ail, 
dialectal  matz  m^tte,  lait  caillé.  Mais 
matz  matte  a  2  sens  :  1»  masse  com- 
pacte ;  2-  lait  caillé.  Dans  le  l*r  sens 
matz  parait  être  le  même  que  vha.  massa 
(lat.  Tmwjra),  masse  de  métal  ;  dans  le  2% 
il  peut  venir  du  goth.  mats,  vha.  mas 
angl.  msss,  nourriture;  vha.  mata,  man- 


ger, faire  manger.  Il  se  peut  donc  que 
motion  c  tourteau,  brique  »  et  matton 
«  fromage  mou  »  aient  aussi  2  orig.  Quoi 
qu'en  dise  Scheler.  la  dérivât,  de  sens  de 
«  lait  caillé  »  à  «  brique  •  n'est  rien  moins 
que  naturelle.  S'il  paraît  évident  que 
matton,  «  fromage  »  vient  de  mats,  lait 
caillé,  matton  «  tourteau  »  et  «  brique  » 
pourrait  venir  de  matz,  au  sens  de  masse 
compacte  ;  mais  ne  semble-t-il  pas  plus 
naturel  de  supposer  un  b.  lat.  '  matta  du 
gr.  ^oa'TTffcv  pétrir,  qui  se  prête  à  la  forme 
et  au  sens.  L'étym.  madidus  donnée  par 
M.  Baistpour  mattone  paraît  bien  peu 
vraisemblable. 

'  MATZINES  —  «  A  Gondrieu  ine  mat- 
zines  un  ouvrage.  »  (Goch.) 

Je  ne  connais  ce  mot  que  par  Goch.  Tz 
est    sans  doute    une    prononciat.   locale 
pour  t  devant  i.  Toutefois  cette  prononciat. 
estplutôtparticuliéreàSt-Symph,R.-de-G., 
River.  La  terminaison  e  au  lieu  de  a,  et 
l'addit.  de  s  (qui   certainem.    ne   se  pro- 
nonçait pas)  indiquerait  un   plur.  Peut- 
être  le  mot  aussi   bien  que  l'orthogr.  de 
Goch.  ont-ils  été  infl.  par  matines,  office. 
Étym.  inconn.  —  Serait-ce  matin,  av. 
sufT.  e  t  Matzine  «   ouvrage  qui  occupe 
l'espace  d'un  matin  »  ?  Dans  ce    cas   le 
sens  ne  serait  pas  le  sens  vague  «  d'ou- 
vrage »,  que  lui  donne  Goch  ,   mais  celui 
d'un  ouvrage  de  courte  haleine.  Toutefois, 
dans  cette    hypoth.,    on     devi-ait    avoir 
régulièrem.    madine   madzine,   matuti- 
num  ayant  donné  madin.  Quoi  qu'il  en 
soit,  le  mot  est  aujourd'hui  hors  d'usage. 
*MAUGOUVERT  *  MALGOUVERT  vin. 
L'abbaye  de   Maugouvert    était    le   nom 
d'une   association    bouffonne,   qui   parait 
surtout  avoir  été  organisée  en  vue  des 
Chevauchées  de  VAsne.  On  lit  dans  celle 
de  1566  : 

C'est  par  commandement  exprès 
De  tous  les  Abbez  Ual-gouuert, 
Que  le  cas  est  à  descouuerl. 
Au  nom  desquelz  estes  citez. 

T>emale  =  mau  (121  2-»)  et  couvert, 
subst.  verb.  de  gouverner,  Govart  govert 
existe  encore  en  pat.  Maugouvert  t  mau- 
vais gouvernement  ». 

♦MAUGREBLEU  intorj.  C'est  bien  à 
tort  que  Goch.  le  traduit  par  «  terme  inju- 
rieux »  G'est  simplem.  un  juron,  aujour- 
d'hui complètem.  hors  d'usage. 


Digitized  by 


Google 


MAUR 


253 


C'est  malgré  DieKi,  av.  substitut,  de 
bleu  à  Dieu  par  euphém.,  pour  éviter  le 
péché.  Le  mot  est  d'oïl.  En  pat.  maie- 
gratum  donnerait  maugra,  puis  maugrô 
(1).  Au  XVI*  s.  maie  =  fr.  mau,  resté 
dans  maugréer^  «  faire  retentir  des  mal- 
gré ». 

MAU-RIANT  (môrian)  s.  m.  —  Homme 
sévère,  dur  à  cuire. 

Cou  que  juge  k  tenant  lo  borlio,  lo  bostus, 
Cou  çirlaiu  rno-riant^  que  pete  teins  balance. 

«  Celui  qui  juge  sans  désemparer  les 
lïorgnes,  les  bossus  (au  moral),  —  Ce 
certain  durà-cuire  (un  juge)  qui  pèse  sans 
balance.  »  (Oorl.) 

De  mau,  mal,  et  riant.  Un  «  mal-riant  », 
qui  ne  rit  pas. 

MAYA  (ma-ya);  ap,  Goch.  MÉYA 
(mè-ya);  à  Lyon  maye  s.  f.  Fr.-coml. 
moie,  genev.  mie  —  Gerbier. 

De  msta,  cône,  pyramide,  monceau. 
Dans  la  forme  mèya,  ch.  de  e  long  en  è 
(16);  chute  de  t  (135);  insert,  de  y 
(184  Tr);  persist.  de  «  post-ton.  (54  !•, 
rem.  2).  Le  remplacem.  de  e  par  a  dans 
la  forme  maya  est  sans  doute  le  fait  de 
qq.  infl.  analogique  que  je  ne  sais  pas 
expliquer.  Il  se  retrouve  dans  faye  à  côté 
de  fèyOf  brebis,  de  fœta.  Quant  au  sens, 
meta  a  donné  maye,  comme  metula  a 
donné  fr.  meule  (de  blé).  Le  sens  de  rriPta, 
monceau,  a  passé,  dans  Tadv.  sarde 
meda  à  celui  de  multum  (Fle«;hia).  Cp. 
fr  masse  dans  l'express,  une  masse  de 
monde,  et  la  masse  en  général. 

Je  ne  sais  comment  Coch.,  qui  a  d'ordi- 
naire beaucoup  de  bon  sens,  a  la  singu- 
lière idée,  en  s'appuyant  sur  le  vfr.  maye, 
donné  par  Roquef.,  de  voir  dans  mèya 
«  un  diminutif  de  monjoye  ». 

MAYE  (mè-ye)  MAIE  (mè-ye)  ;  à  Paniss. 
MAI  (mé)  s.  f.  Vfr.  tneie  maye  mee,  it. 
m^adia,  sicil.  maidda,  pic.  mate,  wal.  mai, 
norm.  mé,  lorr.  et  voironn.  ma,  comt. 
mairf,  saint,  met,  valais  me  —  1,  Pétrin. 
2.  Table  recreusée  du  pressoir. 

De  mB,gi{d)a  pour  magidem,  comme  le 
démontre  l'it.  Chute  de  d  (135);  ch.  deg 
en  y  (132),  mais  non  .sans  avoir  fait 
passer  a  au  son  è  (10).  —  On  a  mayie, 
réduit  à  maye,  et  à  Paniss.,  à  mai.  Sur 
la  chute  de  d  de  préférence  à  la  chute  de 
la  1"  post-ton.  cp.  maw^isubst.  fém.IIse 
peut  que  les  formes  purem.  monosylJ.  mt\ 


ma  etc.  viennent  de  magis.  Il  est  assez 
surprenant  que  inagida  ne  nous  ait  pas 
donné  maya  au  lieu  de  maye, 

MAYERE  vin.  ^.mayiri, 

MAYERI  V.  mayiri. 

MAYIRI(ma-yiri);  ap.  Coch.  MAYÉRi 
(ma-yéri)  ;  vin.  MAYERI  MAYERE 
MAIERE  s.  f.  —  L  Chône  étronché.  Se 
dit  aussi  d'un  ar])r3  av.  ses  branches, 
mais  alors  au  sens  de  bois  propre  à  la 
consiruct.  %  Vequia  ina  hella  m.ayiri, 
voilà  un  bel  arbre  pour  la  construct.  » 
2.  Branchages  retranchés  de  l'arbre  pour 
rétroncher.  Le  vin.  a  cette  signiflcat.  \A2\  : 
«  Il  a  fait  tailler  la  mayere  de  XXII  sages 
ou  environ  de  ceulx  (les  bois)  de  la  ville.  » 
{Reg.  cons.)  —  1446-55  :  «  Mayeres  cueil- 
lies au  broteau  du  pont  du  Rhône.  >' 
(Arch.  m.) 

Dans  le  texte  suivant  mayere  signifie 
probablem.  racine.  1472-75  :  «  Achat  de 
salpêtre,  d'aigue-ardent,  de  mayere  de 
sauge  pour  faire  charbon  pour  la  dite 
pouldre,  de  barillies  de  sapin  etc.  »  {Inv* 
de  la  C.)  L'eau-de-vie  et  le  charbon  de 
racine  de  sauge  (car  on  n'eût  pu  faire, 
sans  doute,  du  charbon  des  tiges)  entraient 
dans  la  fabricat.  de  la  poudre  à  canon: 
Les  barillies  (barilhi)  étaient  des  barils 
de  sapin  pour  renfermer  la  poudre. 

Toutefois  mayiri,  selon  Coch.,  aurait  la 
signiflcat.  «  d'échalas  de  bois  de  saule  ou 
de  peuplier  coupé  à  la  sève  (il  fait  cette 
remarque  pour  indiquer  que  le  mot  vient, 
suivant  lui,  de  mai).  »0n  trouve  en  effet, 
au  XIV»  s.,  le  texte  suivant  :  «  Item.  j. 
cent  de  m^yeri  per  fore  vignes  payera- 
dime  gros.  »  (Tarif  de  1358,  ap,  Philipon^. 
Au  commencem.  du  xviu»  s.,  le  Dauphin. 
Charbot  le  définit  :  «  Un  fust  ou  perche 
servant  à  faire  des  haies  en  treillis.  » 
C'est  à  tort  que  Du  C,  à  majeria,  lui 
•donne  la  signiflcat.  de  •  clôture,  barrière 
en  bois  pour  les  jardins  ».  Dans  les  deux 
premiers  textes  cités  il  a  le  sens  de  bran- 
chages, et  dans  le  8*  celui  de  branchages 
probablem.  destinés  à  la  nourriture  dés. 
bestiaux. 

C'est  encore  à  tort  que  Du  C.  (Gloss.  fr,) 
le  traduit  par  «  sorte  de  fruit  qui  vient 
dans  un  clos  ou  un  verger  ». 

Aujourd'hui,  en  Forez,  d'après  M.  Gras, 
il  côté  de  la  signiflcat.  de  chêne  étronché, 
maiere  aurait  le  sens  collectif  dé  paquet' 


Digitized  by 


Google 


254 


MAYN 


d*échalas.  A  Voiron,  mayère^  branches 
de  saules  coupées  et  dont  on  fait  des 
échalas. 

De  materia.  Chute  de  t  et  son  remplacera, 
par  yotte  (135).  Gh.  de  e  bref  en  t  (25)  ; 
de  ta  atone  en  i  (54  1').  Mayere  est  une 
forme  d'oïl.  —  Le  nom,  primitivem.  appli- 
qué au  tronc  ébranché,  s*est  étendu  par 
métonymie  aux  branches  coupées,  puis 
aux  branches  choisies  pour  en  faire  des 
échalas,  puis  probablem.  à  Téchalas  lui- 
même.  Le  mois  de  mai  n*est  pour  rien 
dans  le  nom,  et  je  ne  doute  pas  que  Goch. 
n'ait  supposé,  pour  le  besoin  de  l'élym., 
que  le  bois  était  coupé  en  sève,  mais 
qu'il  en  est  de  ce  bois  comme  de  tous 
les  autres,  que  Ton  évite  au  contraire  de 
couper  en  sève. 

Roquef.  donne  maiere  c  levain  qui  sert 
à  faire  fermenter  la  bière  »  et  «  qu*on 
payait  au  seigneur  qui  le  fournissait.  »  Je 
ne  doute  pas  que  le  mot  n'ait  été  mal  lu 
ou  mal  interprété. 

Nom  d'homme  Mayery.  C'était  aussi 
un  nom  de  métier  :  mateHarus  t  celui  qui 
fabriquait  la  mayere  ». 

MAYN  AT  (mena)  MENAT  (mena) 
MAIGNA  MEtQNA  (mègna)  MÉNO 
(ménô);  ap.  Coch.  MAINA  s.  m.  Dph. 
vneynat  meina,  bress.  magnat  *-  Enfant, 
garçon  ;  souvent  employé  au  plur.  au  sens 
«  de  pueri  »,  comme  on  dit  populaii*em.  : 
€  Z'enfanls  I  •  Noutro  mainas,  nos  gar- 
çons (Coch. ^.  A  River,  les  maîtresses  de 
maison  disent  souvent  noutros  ménos 
pour  désigner  tous  les  hommes  de  la 
ferme,  jeunes  ou  vieux.  Le  vx  for.  meynat^ 
subst.  féin.  coll.  signifie  jejinesse,  jeunes 
gens.  Dans  les  ex.  suiv.  du  vin.  maigna 
peut  être  aussi  un  fém.  coll.  comme  il 
peut  être  un  masc.  plur. 

Maigna^  maigna,  bien  deToot  Noé  chaala  (vx  noit) . 
Meigna,  veut  airopt  —  A  oella  bella  féU  (Noël  179) . 

Voici  des  ex.  de  la  forme  collect.  dans 
le  vx  for.  «  Petita  Meynat,  veiquia  un 
présent  queje  vousfouay.  »  Petits  enfants, 
voici  un  présent  que  je  vous  fais  (Chap.). 

1^  meynat  de  mon  lion  eriant  pleins  de  salorou. 

«  La  jeunesse  de  mon  temps  était  tou- 
jours prête  à  s'amuser.  »  (Chap.) 

Voici  des  ex.  dé  la  forme  individuelle 
dans  le  In. 


—  «  Maina,  e  no  faut  beire  à  la  santa 
du  pouro  défunt  »,  enfants,  il  nous  faut 
boire  à  la  santé  du  pauvre  défunt  (Coch.). 

Rien  n'est  plus  biau  que  la  giiarra  cifila. 
Surtout,  ménotf  dios  ina  motrna  Tilla. 

«  Rien  n'est  plus  beau  que  la  guerre 
civile,  —  Surtout,  enfants,  dans  une  mé- 
chante ville.  »  (Per.) 

Le  sens  est  aussi  purem.  individuel  en 
dph.  et  en  bress.  «  Mena,  baille-me  lo 
goubeau»,  garçon,  donne-moi  le  verre  (pal* 
dph.). 

Ye-l-on  magnat  que  me  conviul. 

c  C'est  un  garçon  qui  me  convient.  » 
[Chans.  bress.) 

Ainsi  on  a  :  1«  un  fém.  coll.  ;  2*  un  masc. 
individuel.  La  première  forme  a  précédé 
la  2*.  Elle  vient  de  mansionata  masionata 
(176).  Ch.  de  a  en  ai  par  attract.  de 
l'yotte  de  io  (cp.  16,  rem.  1)  ;  chute  de  io 
at.  (78);  chute  de  t  (135).  On  a  mais- 
naa,  réduit  à  maisna  maina  (168;. 
Dans  la  forme  maigna^  n  s'est  mouil- 
lée sous  infl.  de  s  de  maisna  (cp. 
champ  ègnes,  vfr.  aisnes,  et  mègnie  à 
côté  de  mesnie,  ap.  G,  Paris). 

Maynat  etc.  masc.  individuel  répond  à 
mansio7iatum.  De  même  en  pr.,  à  côté 
de  mHnada  (m^ansionaia),  on  a  le  lim. 
mnnage,  le  Igd.  mainajo,  le  béarn. 
maynadge  (mansionattcum)^  enfant.  Mais 
la  forme  individuelle  est  postérieure  à  la 
collect.  C'est  celle-ci  qui  s'est  individua- 
lisée par  un  curieux  procédé  de  dérivât., 
encore  vivant,  car  M.  Chahaneau  veut 
bien  me  faire  observer  qu'en  lim.  familha 
prend  aussi  le  sens  individuel,  c  I  an 
douas  familhas,  ils  ont  deux  enfants  ». 

Le  pr.  n'a  pas  comme  nous  meina,  gar- 
çon, mais  il  a  meinado,  petite  fille,  puis 
une  foule  de  dér  :  meinada,  faire  des  en- 
fants, meinadello,  fillette;  meinadei, 
meinadot,  meinassou,  petit  garçon  ;  béarn. 
maynadin,  poupon.  Il  semblerait  que  la 
dérivât,  de  sens  s'est  faite  ainsi  :  meynada 
collect.  c  famille  »  s'est  individualisé  en 
meinada  c  fille  »  ;  puis  sur  ce  fém.  se  sont 
formés  les  mots  masc.  —  Au  rebours,  le 
franco-prov.,  qui  a  mena,  n'a  pas  de  dér. 
pour  fille.  La  dérivât,  se  serait  faite  ainsi  : 
l*  Mansionata  ;  2*  pueri  qtiibus  constat 
mansionata  ;  S*  pueri  ;  A*  puer.  Ce  pas- 
sage  du  sens  collect.    au  sens  individ. 


Digitized  by 


Google 


MAYO 


255 


rend  inutile  l'hypoth.  de  Télym.  minus- 
natus  (vfr.  mainsné)  par  opposit.  à  ante 
natus  (vfr.  ainsné)^  qui  conyiendrait  à  la 
forme  et  au  sens  de  mej/nat,  pris  au 
sens  individ.  sur  maynat  le  lorr.  a  fait 
maignéye,  servante,  et  aussi  Ûlle  de 
la  maison. 

Dans  la  îormeménô,  ch.  de  a  en  d  (1). 

Nom  d*homme»  Meynadier. 

MAYOSSES  (mayôsse);  ap.  Coch. 
MAIOUSSES  &•  f-  pl-  I>ph.  maioussa, 
pr.  majofo  maioufo^  lim.  maiaufo^  Igd. 
maJhoufOt  auv,  majouflo  —  Fraises  des 
bois.  La  fraise  de  jardin  se  nomme  frésa, 
Vfr.  maiofes  maiofoz  (ap,  Coch.),  «  fraise 
appelée  capron.  » 

(Jloch.  rapproche  le  Igd.  majkoufos  ma- 
jhôfos  (Sauvages),  et  le  tire  du  c  celt. 
me  fus  ou  plutôt  me/'oM*  ».  On  trouve  en 
effet  kym.  mefus,  fraise,  mais  le  mol 
étant  isolé  dans  les  dial.  celt.,  il  est  vrai- 
semblable qu*il  a  été  introduit  du  roman. 
D'ailleurs  mefus  qui,  à  toute  rigueur, 
aurait  pu  donner  qq.  chose  d'approchant 
à  mayousss,  ne  peut  donner  les  formes 
d*oc.  J'émets  en  désespoir  de  cause  l'hy- 
poth. de  maii  ofa  pour  maii  offa^  nour* 
riture  de  mai»  fruits  de  mai.  On  trouve 
ofa  pour  offa  dans  le  dér.  ofella.  Dans 
ofa  o  est  bref  et  devient  ou  devant  une 
labiale  en  pr.  (cp.  novem  =  nou).  L'auv. 
majouflo  serait  maii  ofula.  Voilà 
pour  le  pr.,  av.  lequel  je  crois  que  le 
In.  n'a  de  commun  que  le  rad.  Ici  j'émets 
l'hypoth.  plus  plausible  de  *  matucea^ 
comme  pannuceum  de  pannus.  Maïucea 
devient  mayotisse,  puis  mayosse,  comme 
pannuceum  est  devenu  panotisse,  puis 
pannosse,  L'étym.  maius  est  confirmée 
par  rit.  [fragoîe]  magiostre,  sorte  de 
grosses  fraises,  et  l'esp.  mayotta^  fraise. 

MAYOSSI  (ma-yôssi)  MAYOUSSI  (ma- 
yousslXs.  m.  —  Fraisier. 

De  mayosses  mayousses,  av.  suff.  î, 
d^arius  (13). 

MAYOUSSI  s.  m.  v,  miyossl. 

*MAZUÈSv.  masîUi, 

MÉ  V.  mais, 

MÉCHENEVIS  (mèchenevi)  s.  m.  —  A 
Villefr.  Tourteau  de  graines  oléagineuses. 

De  fr.  chenevis,  av.  une  l'*  partie  que 
je  ne  sain  pas  expliquer.  Serait-ce  la  par- 
ticule péj.  mis  mes,    comme   dans   vfr. 


meschief,  fr.  méptat^  mégarde;  m.  lat. 
me^erasus  (Gloss.  de  Lille)  t  merisier  »  ? 
Le  mèckenevis  équivaudrait  à  ce  qu'on 
nommerait  aujourd'hui  du  sous-chenevis 
(cp.  sous-produit),  QnsLïii  au  sens,  il  se  se- 
rait facilem.  étendu  de  tourteau  de  che- 
nevis  à  tourteau  de  graines  oléagineuses 
en  général. 

M  ÉCHU  (mécha)adj.  maso.  —  Diminué, 
déchu,  «  décati  ». 

Pu  lo  nmis  me  dzoni  t  le  n*6e  p6i  Men  méchm; 
Pès  dcvegni  boiiéUms,  niait  t'eiM  pot  tarchu. 

«  Puis  les  amis  me  disent  :  c  Ta  n'as 
pas  bien  baissé;  —  Tu  es  devenu  boiteux, 
mais  tu  n'es  pas  brèche-dent.  »  (Gorl.) 

Partie,  du  vfr.  mes-choir,  pr.  mescazer, 
b.  lat.  mescadere,  de  minus  C9uiere, 

MÉCHUTO  (méchuto)  v.  n.  —  Rechu- 
ter, en  parlant  d'un  malade.  Lo  pouro 
Piare  a  méckuiô,  le  pauvre  Pierre  a  re- 
chuté. 

Formé  sur  chute,  av.  le  préf.  de  méchu 
et  le  suff.  ô  (14  !•). 

*  MÈCLIA  (mèklha)  ;  à  Grap..  River. 
MÊCLIO  (méklh6);  s.  f.  —  Mélange  de 
foin  et  de  paille  pour  la  nourriture  des 
bestiaux.  Vin.  meclé^  mêlé  :  c  Vin  meclé 
avoy  epices.  »  (Cart.  -m.) 

De  misc(u)lB,ta.  Gh.  de  i  en  é(21)  ;  in- 
sert, de  yotte  après  cZ(164  2»,  a).  Le  pas- 
sage de  a  ton.  à  d  est  récent,  et  exception- 
nel dans  un  participe  (t,  rem.  S). 

MÊCLIO  (mêcliô);  à  Morn.  MÀiCLIO; 
vin.  MÉCLIA  v.  a.  —  Mêler. 

1.0  Qovié  d«  Ih  Hochi« 

Oui  los  bous  déjonclit  (pour  dtjùticlia) 

Per  Teui  tcI  Marie  ; 

A  lia  nos  y  média. 

c  Les  bouviers  des  Hoches  (T)  —  Ont 
délié  les  bœufs  —  Pour  venir  voir  Marie  ; 
—  Allons-nous  mêler  à  eux  ».  (  Vx  noël). 

De  misculKre,  Sur  la  format.  ▼.  média 
subst. 

MÉCRO  (mékro)  s.  m.  —  Mercredi. 
S'emploie  surtout  av,  l'art:  lo  mècro. 

Le  même  que  dimècro,  av.  apfaér.  de 
la  partie  du  mot  représentant  dies,  Gp. 
lo  Hun,  lo  môr  etc. 

MÉDARD  proverbe  : 

S'o  plvul  à  la  San  Ife46nl, 
La  recorla  diminue  d'En  quôrt; 

A  la  Sanl  Barnaba, 

De  mcHia. 


Digitized  by 


Google 


Î56 


MEQU 


A  Lyon  on  se  contente  de  dire  :  «  S'il 
pleutàlaSainl-Médard,  il  pleut  pendant 
quarante  jours  ;  mais  la  Saint-Barnabe 
raccommode  tout.  » 

ME  QUE  V.  maque. 

MEIQNA  V.  maynai. 

M  El N  JOUR  V.  miaijor, 

'MEITAVIS  Goch-,  qui  donne  ce  mot, 
le  traduit  par  «  il  me  semble,  je  crois  ». 
C'est  une  fausse  orthogr.  ^oux m'est  am(s)\ 
à  Grap.  m^est  avé  «  ce  m'est  avis  »,  ex- 
press, très  usitée,  et  qui  est  devenue  un 
adv.  indécomposable,  qu'on  prononce 
niétavi^  métavé. 

MÊLA  V.  miola, 

MELACHON  (melachon)  s.  m.  —  1. 
Testicule  du  porc.  Les  canuts  en  font 
volontiers  des  fricassées.  2.  Surnom 
donné  par  les  canuts  aux  commis  qui  font 
leurs  embarras. 

Jje  même  que  melette,  av.  ch.  de  sufT., 
qui  est  ici  composé  de  oiiy  plus  d'une 
syll.  intercalaire  pour  accentuer  le  caract. 
péj.  Le  sufT.  achoii  est  spécialem.  péj.  Cp. 
le  suff.  ichon  (anickon,  pâlichon)  au  lieu 
de  on.  Le.  sobriquet  a  en  vue  l'idée  d'un 
objet  méprisable  et  ridicule. 

MELET  (melè)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Homme  marié  sans  enfants. 

C'est  le  fr.  mulet,  av.  affaiblissem.  de 
la  prot. 

MELETTE  (meléle)  s.  f.  —  A  Lyon 
Testicule  du  mouton,  nourriture  des  chats. 
Proverbe  :  «  Gomme  un  chat  entre  deux 
melettes.  »  —  C'est  l'âne  de  Buridan. 

Êtym.  inconn.  —  On  trouve  en  it. 
melotto,  pomme,  de  m^lum;  m.  lat. 
(xvi«  s.)  melotum,  11  ne  serait  pas  impos- 
sible que  le  mot,  pris  au  sens  fig.,  eût  été 
importé  au  xv-xvi»  s.,  d'autant  moins 
qu'il  est  conftné  à  Lyon.  On  trouve  aussi 
en  vfr.  mesle,  nèfle,  de  mespilum,  Mesle 
devient  mêle,  comme  preste  devient  pr^/^, 
et,  av.  le  suff.  accoutumé  elley  donne 
melette.  Le  nom  d'un  fruit,  qui  par  sa 
forme  rappelle  l'organe,  est  un  euphém. 
souvent  employé.  Gp.  l'express,  du  vfr. 
olives  de  Poissy  et  le  rch.  prônes,  pru- 
nes, 'même  sens.  On  a  le  choix  entre  les 
2  hypoth. ma/um  ou  mespilum, 

MELIN  (melin)  s.  m.  —  Ce  non^  s'ap- 
plique à  deux  maladies  de  la  vigne.  :  !•  A 
une  sorte  d'anémie  du  cep,  dont  les  feuilles 
sont  en  parti»  rouges,  en  parties  crispées 


et  recouvertes  d'un  duvet  grisâtre.  Il  n'y 
a  pas  à  douter  qu'à  Torig.  le  mot  ne* 
s'appliquât  à  la  rouille  des  céréalea,  puis 
ne  se  soit  étendu  à  une  maladie  de  la 
vigne  qui  offrait  qq.  analogie  av.  celle 
des  céréales,  g»  Au  mildew,  dont  le  nom 
est  récent,  mais  qui  existait  jadis,  quoique 
seulem.  à  l'état  d'accident.  Les  paysans 
attribuent  le  m<?/«n  àl'infl.  des  brouillards 
du  printemps.  De  là  vient  que  M.  Ph.  Le- 
duc a  pu,  sans  inexactitude,  traduire 
tnelin  par  «  brouillard  >•  dans  le  passage 
suivant  d'un  noël  du  xvi«  s.  : 
Chriftie,  lauTt  la  Co|ia 
De  fntlin  el  gela. 

J/«?/m  est  identique  au  bolon.  melume, 
que  La  Gi-usca  traduit  par  ruhigo,  et  à 
l'it.  dialectal  meligine. 

Du  germ.  —  Yha.  mililou,  ail.  mehl- 
thau,  rouille  du  blé,  liltér.  «  rosée  fari- 
neuse »  ;  l'ags.  meledeavo,  qui  est  phoné- 
tiquem.  le  mildetjo  actuel,  signifie  miellat 
(littér.  t  rosée  de  miel  »),  exsudation  sucrée 
qui  qqfoia  couvre  les  plantes  pendant 
l'été.  Gr.  mod.  oc'jsopc'Xt,  même  sens;  angl. 
mildew,  maladie  de  la  vigne.  C'est  donc 
av.  raison  que  M.  Philipon  a  rapproché 
m,elin  de  mildeic.  Le  rad.  de  la  plupart 
de  ces  mots  a  la  signiflcat.  de  farine  : 
holl.  mael  meel,  angl.  meal,  ags.  melu, 
ail.  malen,  du  goth.  malan.  Il  se  trouve 
dans  le  cell.  :  kym.  malt*,  qui  peut  l'avoir 
emprunté  du  sax.  Le  mol  de  melin  est 
fait  av.  ce  rad.  plus  un  suff.  m,  d'inox. 
Le  nom  tient  évidemm.  à  ce  que  le  duvet 
grisâtre  a  qq.  analog.  av.  la  farine.  Quant 
aux  mots  dans  lesquels  le  rad.  signifie  miel, 
ce  rad.  peut  être  le  produit  d'une  confus, 
euphon.  av.  celui  du  goth.  milith,  miel, 
ou  simplem.  d'une  fausse  analog.  av.  le 
phénomène  du  miellat, 

MENA  (mena)  MENA  s.  f.  For. 
mciena  mayliana  miliana  —  Lanière  de 
cuir  qui  attache  les  deux  parties  du  fléau. 
Ard.  méano,  crochet  de  fer  fixé  au  milieu 
du  joug  et  auquel  sont  suspendus  les 
deux  anneaux  mobiles  portant  le  timon. 

De  miê  (média),  lian  (ligamen),  et  dési- 
nence fém.  a.  On  a  miêliana,  devenu 
miê-y^ana  (i64  2%  c  ),  réduit  à  meiana 
mena,  Cettç  format,  est  appuyée  par  le 
for.  miliana,  qui  écarte  l'étym.  menô^  me- 
ner, qui  serait  naturelle  comme  sens,  la 
mena  élant  le  guide  des  mouvem.du  fléau. 


Digitized  by 


Google 


MENA 


257 


*  MENA  V.  a.  dans  Texpress.  c  mena 
Vordro,  diriger  les  vendangeurs  »,  donnée 
par  Coch.  On  àM'inenô  Vôdro  «conduire 
la  rangée  d'ouvriers  »qui  fait  la  moisson, 
la  vendange  etc  ;  mais  Texpress.  se  perd 
(v.  odrô).  On  dit  aussi  'menô  in  massoii, 
in  barrot,  conduire  un  tombereau.  Mena^ 
dans  Coch.,  représente  la  prononciai. 
mena, 

MENA  (mena)  s.  f.  dans  Texpress. 
Être  de  bona  mena,  être  doux,  docile, 
facile  à  gouverner. 

Mais  ptr  la  coup  d'état  al  est  «le  boni  mena, 

«  Mais  s'il  s'agit  d'un  coup  d'état  il  est 
de  bonne  composition.  »  (Per,) 

Subst.  V.  de  menô,  maner,  de  minare, 

MENAT  V.  maynat, 

'  MENÉTRI  (menétri;  s.  m.  —  Fr.  Mé- 
nétrier. 

Coch.  le  traduit  par  joueur  d'instru- 
ments.maisenréalitéil  signifie  exclusivem. 
Joueur  de  violon,  qui  fait  danser.  Autre- 
fois le  menélri  était  commun  ;  aujourd'hui 
nos  musiques  de  vogue  n'en  ont  plus. 
Vtiquia  los  arquebusi 
Qu'amcnou  lus  mentlri, 

«  Voilà  les  arquebusiers  —  Qui  amènent 
les  ménétriers.  »  (Noël  1723) 

De  mintsi(e)rar/t/5,  comme  nhénestrel 
de  ministerialis.  Gh.  de  i  inil.  en  e  (62); 
de  i  mèd.  en  é  (B3);  chute  de  ^  (166  2^)  ; 
ch.  de  arius  en  l  (13). 

MENILLON  (menilhon)  s.  m.  —  1. 
Fanon  du  taureau,  du  bœuf,  de  la  vache. 
2.  A  Lyon  l'Estomac,  c  Depuis  ce  matin, 
je  n'ai  rien  dans  le  meniilon,  » 

Durad.  qui  a  fait  l'esp.  menear,  re- 
muer, mettre  en  mouvem.  ;  ptg.  menear, 
remuer,  agiter,  mouvoir  de  côté  et  d'autre. 
L'yotte  du  suff.  éloigne  l'étym.,  si  natu- 
relle comme  sens,  de  minare^  pour  la 
rapporter  à  manicare,  malgré  la  bizarrerie 
de  la  dérivât.  Le  rad.  de  manillon  est 
donc  man{iis),  auquel  s'est  ajouté  le  suff. 
dim.  illoUf  qui  se  retrouve  dans  qq. 
mots  exprimant  l'agitât:  carillon,  manil- 
lon (de  c\eU)^Frélillony  quoiqu'on  réalité 
le  suff.  ne  soit  que  dim.  On  a  donc  manil- 
lon, dans  lequel  la  prot.  init.  s'est  affai- 
blie en  e.  Meniilon,  estomac,  n'est  qu'un 
figuré  comique,  le  meniilon  pendant  au 
devant  de  l'estomac  étant  pris  pour 
celui-ci.  On  applique  aussi,  en  raillerie, 
le  nom  de  meniilon   â   la  peau  du  cou 


lorsqu'elle    est    ridée    chez    une    vieille 
femme. 

MENO  (menô)  dans  l'express,  menô  in 
gôgnajo.  V.  gognajo, 

MÉNO  V.  magnat. 

MENUÉSES  V.  menuses. 

MEUUÏSES  y»  "inenuses, 

MENUSAILLES  rmenuzalhe)  s.  f.  pi.  — 
Le  même  que  menuses.  Vfr.  menuisailles, 
piém.  in7iusaja,  it.  mlnxitaglia,  amas  de 
petites  choses.  Lgd.  menudalhos,  béa- 
tilles. 

De  In.  menuses,  av.  suff.  coll.  ailles. 

MENUSES  (menuze);  à  Gi*ap.  ME- 
NUÉSES (meuuéze);  vin.  MENUISES  s. 
f.  pi.  —  Menues  parties  du  porc,  côte- 
lettes, queue,  oreilles.  Vx  for.  me^iuses^ 
friandises.  Vfr.  me  nuise,  menu  morceau, 
petit  objet. 

Los  Eiiloiiin  vciion  bien, 
Porlaiit  de  menuise  {Noël  1728;. 

De  rninutia.  Ch.  de  i  bref  en  e  (62). 
r^e  ch,  de  /  en  z  est  irrég  :  on  devrait 
avoir  ss  (138  5")  ;  on  a  menuises  (par 
attract.  de  l'yotte  de  ia)  réduit  à  menuses 
(48). 

ME  QUE  V.  m^que, 

MERAVILLES  vin.  s.  f.  pi.  —  Merveil- 
les. «  Et  penset  que  li  prioressa  et  les 
autres porriant  aveir  m^eravilles  que  illi  a 
tal  jor  fut  ramassa  de  covent...  »  Et  pensa 
que  la  prieure  et  les  autres  [religieuses] 
pourraient  s'étonner  qu'à  un  tel  jour  elle 
fût  sortie  du  couvent... 

De  mirablliu.  Ch.  de  b  en  v  (141); 
persist.  de  la  prot.  a  (77,  rem.). 

MERCIA  y.marsia, 

MERDAILLE  s.  f.  coll.  —  Terme  péj. 
A  Lyon  se  dit  d'une  troupe  d'enfants. 
«  C'te  merdaille  font  un  boucan  »,  ces  en- 
fants font  un  bruit! 

Du  mot  connu,  av.  suff.  coll.  et  pôj. 
aille.  Cp.  canaille,  racaille. 

*MERLACHI  V.  merlassi, 

*  MERLAN  (merlan)  MA RLAN  s.  m. 
—  Perruquier. 

I  vo  pan6T«  ina  tstgnassi 

Mio  que  ne  la  pônela  mnrlan, 

«  Elle  vous  torchait  une  tignasse  — 
Mieux  que  ne  le  fait  un  perruquier.  » 
{Due  Bib,) 

Ce  mot  est,  je  crois,  usité  partout. 
M.  F.  Michel  l'explique  par  cette  idée  que 
les  perruquiei-s   d'autrefois,  à   cause   de 

30 


Digitized  by 


Google 


258 


MERL 


Tusage  de  la  poudre,  paraissaient  enfari- 
nés comme  un  merlan  que  Ton  va  frire  ; 
mais  pourquoi  plutôt  le  merlan  qu'un  autre 
poisson?  J'ai  lu,  je  ne  sais  plus  où,  que 
le  mot  avait  une  orig.  historique,  et  venait 
de  ce  que  Henri  IV,  passant  par  Sisteron  (?) 
avait  été  coiffé  par  un  perruquier  du  nom 
de  Merlan  ;  mais  l'auteur  ne  fournissait 
aucune  justiûcat.  de  son  dire. 

MERLASSI  (merlassi);  ap.  Coch.  MER- 
LACHI;  à  Lyon  merlasse  s.  f.  Lgd. 
merlatte,  —  Femelle  du  merle. 

Le  paysan,  pour  nommer  la  femelle  du 
merle,  qu'on  ne  peut  désigner  en  fr.  que 
par  une  périphrase,  a  pris  divers  suff., 
selon  les  lieux.  Le  plus  curieux  est  achi, 
qui  est  une  «orrupt.  d3  assi,  car  achi 
n'est  pas  un  suff.  habituel  à  notre  pat. 
(on  a  cependant  mhiochi).  Pour  la  plu- 
part des  oiseaux  il  n'existe  qu'un  mot 
sans  distinct,  de  sexe,  mais  le  merle  étant 
un  oiseau  de  cage,  il  y  avait  plus  d'inté 
rèt  à  faire  la  distinct.  Il  est  â  remarquer 
qu'on  aurait  dû  avoir  marlassi,  comme 
on  dit  marie.  Je  ne  doute  pas  que  e  n'ait 
été  conservé  par  un  besoin  de  dissimil. 
av.  la  voy.  a  du  suff. 

*MERLUCHI  (merlûchi)  s.  f.  —  Per- 
sonne maigre  et  sèche,  t  Lo  Toino  a  ma- 
ria inagrand*merluchi,  Antoine  a  épousé 
une  grande  femme  sèche  ». 

De  l'analogie  av.  merluche^  poisson 
salé  et  séché. 

MÉSANTO  (mèzantô)  v.  a.  —  Soupe- 
ser, lever  de  terre. 

C'est  pesantô,  soupeser,  av.  ch.  de  la 
syll.  init.  sous  infl.  demain.  Mainzanto 
maizanto  incsantô  «  soupeser  av.  la 
main  ». 

*MESIAU  (meziô)  s.  m.  —  Un  rogneux, 
un  teigneux.  Coch.  lui  donne  le  sens  de 
lépreux,  comme  en  vfr.,  mais  la  lèpre 
ayant  disparu,  le  mot  est  inusité  dans  ce 
sens. 

De  misellum.  Ch.  de  i  bref  en  e  (62)  ; 
de  ellum  en  tau  (92)* 

M  ESI  UNS  V.  mess  ion. 

MES  QUE  V.  maque. 

MESSAJO  (mèjsajo)  s.  m.  —  Domes- 
tique. Vfr.  messages^  messager.  «  Li 
doi  message  descendent  al  pedron.  » 
{RoL) 

De  mi:fsa,tîci(tii,  de  mhsum.  Celte 
dérivât,  est   curieuse,  car,  à  parler   pro- 


preni.,  aticum  est  un  suff.  neutre  qui  ne 
s'est  jamais  appliqué  aux  personnes,  et 
aticum^  accusatif  é*aticus^  n'a  formé  que 
des  adj.  Il  est  probable  que  la  liaison 
d'idées  a  été  la  suivante  :  missaticum 
c  chose  envoyée  »;  or  la  chose  envoyée 
est  «  l'homme  qui  est  chargé  de  traiter  »  ; 
puis  l'homme  chargé  du  message  a  été 
considéré  comme  un  serviteur  ordinaire  ; 
d'où  le  sens  actuel  de  t  domestique  ». 
Aticum=:aJo  (161  5\  rem.  1). 

MESSION  MESIUNS  vin.  s.  f.  pi.  — 
Dépenses.  «Item  per  m^^^ton  faiti  contm 
Perron  lo  Mois  et  Guillermet  Ratta  qui 
ne  voliant  paier.  »  (Taille  de  i34i),  ~ 
«  So  sont  les  mesiuns  qui  ant  ita  faites 
por  la  dereini  volonta  mi  don  Tevenan.  » 
(L.  R.) 

De  'mensiones,  de  mensa  (de  metiri) 
«  comptes,  dépenses  »,  ainsi  qu'en  justifie 
ledér.  tnensarius  «  relatif  aux  finances  ». 
Chute  de  n  et  ch.  de  5  en  j  (176). 

MESSOLOR  s.  m.  —  Dent  molaire.  V. 
maissola, 

MESSOLOR  (méssolôr)  s.  m.  —  Mois- 
sonneur. 

Non  d'un  thème  latin,  car  alors  on  au- 
rait eu  le  suff.  orem^  ou  le  suff.  arius, 
c'est-à-d.  OM,  ou  bien  airo  ou  t.  Je  le 
crois  une  corrupt.  patoisée  de  fr.  mois- 
sonneur. Le  son  ai  se  remplace  par  è 
(cp.  mèssonnô);  le  son  eur  n'est  pas  pat. 
et  devient  6r  (cp.  jomôr^  de  joueur). 
Reste  le  passage  singulier  de  n  à  /,  qui  a 
eu  lieu  sous  une  infl.  que  j'ignore,  car  il 
n'y  a  ici  aucune  i*aison  de  dissim.  comme 
dans  les  ex.  fr.  du  ch.  de  n  en  /. 

MÊTIA  (môtia)  MAITIA  s.  f.  -  Moitié. 

De  medi(e)leLtem.  L'appui  du  yotte  a 
conservé  le  (,  en  ménîe  temps  qu'il  don- 
nait la  fin.  ûz,  dans  laquelle  a  a  persisté 
(1,  rem.  3). 

MÊTIA  CONQUESTS  (môtia  konkè) 
express,  adv.  pour  indiquer  le  régime  de 
la  communauté  réduite  aux  acquêts  dans 
le  mariage. 

Je  te  tmrral,  maitia  conquett,  mon  bien. 

«  Je  te  donnerai  en  t'épousant  la  com- 
munauté des  acquêts.  »  (Mon.) 

De  maitia,  moitié,  et  conquests,  qui 
n'est  point  ici  par  confus,  av.  acquêts, 
mais  qui  est  le  vx  terme  de  droit.  I^s 
ronquests  étaient  les  immeubles  acquis 
par  le  mari  et  la  femme  pendant  la  com- 


Digitized  by 


Google 


MÉTI 


259 


munauté.  En  vfr.  conquest  signifiait  gain, 
profit.  Le  vx  terme  a  persisté,  malgré  le 
ch.  de  dénominat.  dans  le  Gode  civil. 

MÈTIRi  (mètchiri)  s.  f.  —  A  River.  An- 
cienne mesure  de  (^rains,  équivalente  à  la 
moitié  d'une  bichette,  et  par  conséquent 
au  quart  du  bichel,  c'est-à-dire  à  8  litres 
et  qq.  centilitres.  La  me</r/ est  donc  iden- 
tique à  la  coupe. 

La  première  idée  est  *metB,ria^  de  me- 
<iVi,  par  le  ch.  de  aria  en  iH  il3),  mais 
la  persist.  de  t  et  le  sens  de  moitié  font 
incliner  vers  un  dér.  de  maitia,  moitié, 
av.  substitut,  du  suff.  pat.  tri  à  la  syll. 
fin.  Tch  est  la  prononciat.  locale  de  t  de- 
vant t. 

MÉTORA(métora);  à  River.  MÉTORO  ; 
à  Lyon  métèrée  s.  f.  M.  lat.  mayteriata 
—  Mesure  agraire  équivalente  à  la  bi- 
cherée. 

De  •  metB,re  pour  metirt\  av.  suff.  ro- 
man a  pour  le  pal.  et  ée  pour  le  fr.  Ce 
suff.  a  été  relié  au  thème  par  r  (cp.  coupe^ 
coupe-r-ée)  ;  ch.  d'à  prot.  en  o,  probablem. 
pardissimil.  Si  le  mot  eût  été  formé  sur 
le  fr.  on  aurait  eu  métèreya  (1,  rem.  4). 
Metora  est  en  train  de  céder  la  place  à 
mélorô  (1). 

MÉTORA  v.métorô. 

METRU,  UA  V.  motru,  ua, 

MÈYA  Y.  maya. 

Ml  A  (mia)  s.  f.  ~  Amoureuse. 

D*{a)mica.  Chute  de  c  (128  2«). 

MIAI  V.  miê, 

MtAiLLE(iuialhe)  s.  f.  dans  l'express. 
Se  faire  pHer  la  miaille,  à  Lyon,  s'em- 
brasser brnyamm. 

Subst.  V.  tiré  de  miailler;  miaille  est 
ici  la  bouche,  parce  que  c'est  av.  la 
bouche  que  l'on  miaille.  Faire  péter 
la  miaille  est  donc  faire  bruire  la  bouche 
en  s'eni brassant. 

MIAILLE  (mialhe)  MIAILLON  (mia- 
Iliôn)  s.  m.  —  Petit  enfant. 

Pour  la  forme  miaille  t  subst.  v.  tiré 
de  miailler  ;  pour  la  forme  miaillon, 
même  rad.,  av.  suff.  on. 

MIAILLER  (mialhé)  v.  n.  —  Crier,  en 
parlant  des  enfants;  vagir. 

De  mialh,  onomat.,  av.  suff.  d'oïl  er. 

MIAILLON  V.  miaille. 

MIAR  (miar)  s.  m.  —  Miel. 

De  mel.  Ch.  de  /  en  r  Y121),  de  e  bref 
en  ia  (20). 


MIAU  (miô)  s.  m.  —  Petite  meule  de 
blé  dans  les  champs.  Ces  petites  meules 
ne  contiennent  pas  plus  de  gerbes  qu*il 
n'en  faut  pour  charger  un  char  à  bœufs. 
Quand  les  gerbes  sont  transportées  au 
suel^  on  en  forme  des  meules  plus  volu- 
mineuses nommées  meyes. 

De  ♦  melsilem  (de  meta  plus  suff.  alis). 
Chute  de  <  (135)  ;  vocalisât,  de  /(121  2«). 
On  a  me-au,  devenu  miau,  comme  l'hia- 
tus ea  est  devenu  ia  dans  tous  les  mots. 

MICA  (mika)  s.  f .  —  Amoureuse,  mal- 
tresse. Par  extens.  ina  petita  mica,  une 
petite  fille. 

D'arnica,  mais  par  l'interméd.  du  vpr. 
mica,  car  c  devant  a  devient  y  (128). 

MICHAILLE  tmichalhe)  s.  f.  coU.  — 
Terme  de  maçonnerie  lyonnaise,  Pier- 
railles, petits  débris.  On  le  trouve  en  vin. 
14(58  :  «  A  Sorlin  pour  deux  micheailles 
de  5  toises  pour  aider  à  faire  les  retenues 
des  tours  des  escloizons.  »  (Arch.  m.) 

De  mica,  parcelle,  débris,  mais  par 
une  forme  micca  (/)  car  en  In,  mica  = 
mya  =  mia.  Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff. 
coll.  aille.  Cp.  briquaille,  fragments  de 
briques,  et  le  Igd.  micalho,  ensemble  des 
miettes. 

MICHI  (michi)  ;  à  Lyon  miche  s.  m.  — 
Apprenti  canut.  Le  mot  a  un  sens  assez 
péj.  «  Où  est  donc  le  miche? *  où  est 
donc  l'apprenti  ? 

Noutroo  Michi,  l'apprenti, 

Sout*à  bts  de  son  inéli.  (Noël  de  Jtan  Guigoud, 

Coch.  donne  ce  noël  av.  la  version  suiv  : 
«  Quand  Michi,  notre  aprinti  ».  Je  tiens 
ma  version  de  ma  mère.  Dans  les  2  cas 
l'auteur  joue  sur  le  nom  de  Michel  et  de 
miche. 

Le  vfr.  a  michon,  sot,  imbécile,  dans 
Gotgrave  ;  miche,  dens  l'argot  des  filles, 
signifie  un  jobard  qui  va  les  voir  ;  d'où 
michaul,  libertin  ;  faire  le  sault  michelet, 
se  livrer  à  la  galanterie,  en  parlant  d'une 
femme.  M.  F.  Michel  cite  un  ex.  du  vfr. 
où  mice  est  pris  au  sens  de  nigaud.  Si 
l'on  avait  plusieurs  ex.  de  ce  genre,  on 
pourrait  rechercher  l'orig.  de  mice,  mais 
il  se  peut  qu'il  y  ait  une  erreur  de  lecture 
pour  nice.  Je  ne  pense  donc  pas,  comme 
le  croit  M.  F.  M.,  qu'il  faille  rechercher 
dans  l'it.  miccio,  âne,  l'orig.  de  miche. 
Il  y  a  lieu  de  croire  que  miche  est  Michel, 
pris  au  sens  péj.,    comme    beaucoup  de 


Digitized  by 


Google 


260 


MICH 


noms  propres,  au  m.  â.  Suivant  M.  F.  M., 
le  nom  de  Michel  était  autrefois  donné 
aux  Allemands,  d'où  le  sens  péj.,  mais  la 
chose  ne  parait  rion  moins  que  sûre.  On 
ne  trouve  nulle  trace  de  cette  express, 
dans  les  anciens  auteurs. 

*MICHI  (michi)  ;  à  Lyon  miche  s.  f.  — 
Pain  de  luxe  de  petite  dimension. 

Tin  don,  grou  Jean  li  porta  tin  pan  ; 
Guillanmo,  una  miche  chauda. 

«  Viens  donc,  gros  Jean,  lui  apporter 
un  pain  ;  —  [Toi,]  Guillaume,  une  miche 
chaude.  »  {Noël  xviii»  s.) 

Non  du  lat.  mica,  qui  ne  se  prête  pas 
au  sens,  et  qui  d'ailleurs  donnerait  mia, 
comme  (ajmica  a  donné  7nia  ;  mais  du 
fçerm  :  —  holl.  mik,  fleur  de  farine,  mik- 
ken,  pain  fait  av.  cette  farine;  vx  flam. 
micke,  même  sens,  mots  dont  je  n'ai  pas 
retrouvé  l'orig.  dans  les  dial.  germ.  an- 
ciens. 

M  ICO  (miko)  s.  m.  —  Amoureux,  ga- 
lant, jeune  homme  qui  courtise.  Vieilli. 

Non  d*amicum,  car  c  tonil)e  devant  u, 
mais  formé  sur  le  vpr.  mica,  amie. 

'MIÊ(miô);  ap.  Coch.  Ml  Al;  à  R.-de-G. 
MÉ  s.  f.  —  i.  Moitié.  2.  Milieu.  Coch.  ne 
donne  que  ce  dernier  sens. 

Et  tout  bien  resoliui  de  délruire  k  ptriéri, 

SI  bien  dins  le  niétons  qu'on  mé  de  la  charriH. 

«  Et  tous  bien  résolus  de  détruire  sans 
discontinuer,  —  Aussi  bien  dans  les  mai- 
sons qu'au  milieu  de  la  rue.  »  (Brey.) 

De  média.  Chute  de  d  (139)  ;  ch.  de  e 
ouvert  en  ie  (27  note)  ;  on  a  mieie,  qui 
peut  se  réduire  à  mie  (27),  mais  dans  la 
phonét.  de  la  contrée  de  Morn.,  la  dipht. 
a  persisté  et  l'ace,  s'est  transporté  sur  la 
2»  voy.  (27,  rem.),  qui  a  pris  un  son  très 
ouvert. 

MIÊJOR  (miôjor)  ;  à  S««.Foy.lez-L. 
MIJOR;  à  R.-de-G.  MEINJOUR  —  Midi. 
Eiiitre  onz*bior  et  meinjour,  lelDi  que  rien  lo  dé- 

[traque, 
Ch6qne  péreyoui  preind  et  to  cHqae  et  so  claque- 

€  Entre  onze  heures  et  midi,  sans  que 
rien  le  retienne,  —  Chaque  mineur  détale.  » 
{Per.) 

De  médium  diurnum^  pour  les  formes 
miéjor  (v.  miê)  et  meinjour.  Dans  celle 
dernière  me'ium  s'e.st  nasalisé  comme 
meiim  dans  min.  Mijor  parait  être  com- 
posé av.  le  mi  fr.  marquant  division  par 
moitié  (cp.  mi-jambe,  mi-parti). 


MIÊNEYT  (miônè).  —  Minuit. 

De  média  =  miê,  et   noctem  =r  neyt. 

MIGI-CHOTSEAUX  (migichotsô)  s.  m. 
—  Terme  péj.  Mot  à  mot  Mange-chK- 
teauXf  homme  qui  renverse  tout,  à  qui 
rien  ne  peut  résister. 

Sié  (grands  mfyiV/to/«fauT.porian  t  cbapiauY  à  claqur, 
Chiz  qui  lo  vré  lolent  est  d'agi  rique-raqiie. 

a  Six  grands  gaillards  portant  chapeaux 
à  claque  (gendarmes),  —  Chez  qui  le  vrai 
talent  est  d'agir  rigoureusement.  »  (Per.) 

MIGRACE  f  migrasse)  s.  f.  Berr.  m,'- 
grâce  —  Métath.  l>izarre  de  grimace, 
qui  me  paraît  avoir  eu  pour  orig.  une 
fantaisie  burlesque,  av.  laquelle  la  phoné- 
tique n'a  rien  à  voir,  mais  qui  est  devenue 
populaire. 

MIJOR  V.  miêjor, 

MILLIASSE  (milhasse)  s.  f.  coll.  , 
MILLON  (milhon)  s.  m.  coll.  Uph.  milhon, 
3s.-rom.  millon  —  Terme  de  maçonnerie 
lyonn.  Petits  fragments  de  pierre.  «  Il  faut 
garnir  av.  de  la  milliasse,  du  millon  », 
il  faut  mettre  des  petites  pierres  dans  les 
interstices  des  grosses.  1421.  «  Etavecque 
ce,  parmy  le  gros  du  mur  de  la  ville, 
faire  une  archiere  a  voste,  dessus  de  mil- 
liasse  {Reg.  cons)  ».  c'est-à-d.  que  le 
dessus  de  la  voûte  sera  garni  de  mil- 
liasse.  — 1559  :  «  Lesquelz  neuf  arcs  dudit 
pont  seront  faictz...  et  selon  que  l'œuvre 
le  requerra,  de  pierre  roupie  appelée  mil" 
lasse  (Adjudicat.  du  Pont  du  Rhône), 

De  fr.  mille,  av.  sufT.  asse,  au  sens  coll.. 
à  cause  que  ces  pierres  sont  tellem.  menues 
qu'elles  sont  par  milliers.  Celte  ètym- 
semble  forcée;  cependant  elle  est  corro- 
borée par  millon,  même  sens,  qui  est 
évidemm.  mille^  plus  suff.  on,  Cp.  dph. 
miliante,  qui  signifie  simplem.  un  très 
grand  nombre. 

MILLON  V.  militasse . 

"  MINABLO  V.  mmd6/o. 

MINÉv.  mina. 

MINISTRES,  m.—  Porc. 

Cette  appellat.  injurieuse  ne  s'adresse 
pas  aux  ministres  politiques.  Avant  l'in- 
vas.  du  journalisme  popul.  les  paysans 
ignoraient  presque  ce  que  c'est  qu'un  mi- 
nistre. Elle  remonte  au  xvi*  s.,  et  a  son 
orig.  dans  les  querelles  religieuses.  C'est 
une  injure  des  catholiques  contre  les  «  mi- 
nistres du  saint  Évangile  ». 


Digitized  by 


Google 


MINJ 


261 


*MINJAILLI  (minjalhi)  s.  f.  —Nour- 
riture, av.  sens  péj.  t  Valhonnais,  Hist. 
duDauphiné,  t.  ii,  p.  244  et 544,  rapporte 
des  titres  où  ce  mot  est  employé  comme 
synonyme  de  nourriture  des  prisonniers  : 
menjalliiSf  menjalliae  (Goch.).  » 

De  mingi,  manjçer,  av.  suflT.  péj.  aîUi. 

*  MINO  (minô)  v.  a.  —  Faire  un  minô 
aune  terre  (v.   fuinô  subst.). 

Diez  le  tire  de  minore,  mais  la  dérivât, 
de  sens  est  bien  artificielle.  Il  faut  partir 
du  fig.  rnmare  consilium  pour  venir  au 
sens  propre.  De  plus,  dans  minare^  i  est 
bref,  ce  qui  donne  mp.nô.  Littré,  d'après 
Rossignol,  pinche  pour  minaria=  mi- 
nière^ de  mini u in  généralisé  ;  puis  on 
aurait  fait  um  verlie  sur  minière.  Mais 
outre  que  la  dérivât,  de  sens  de  minium 
n'est  pas  établie,  dans  minium  i  est  bref, 
et  Ton  devrait  avoir  meniere.  Il  est  vrai 
qu'on  a  en  pr.  mènera  et  mena  à  côté  de 
mina,  mais  il  n'en  est  pas  de  même  en  fr. 
ni  en  il.,  et  tout  indique  un  i  long  étymo- 
log.  Diefenbach,  après  avoir  fait  observer 
(lue  les  Celtes  ont  connu  de  bonne  heure 
^'exploitât,  des  mines,  lire  le  mot  du  celt. 
On  y  trouve  en  effet  kym.  mion,  gaël. 
mein,  métal,  minerai;  irl.  méin,  minerai, 
qui  peuvent  donner  miwa  en  roman,  mais 
les  mots  celt.  peuvent  aussi  bien  avoir 
été  empruntés  au  roman. 

MINO  (minô)  MINÉ  (mine)  s.  m.  - 
Travail  qui  consiste  a  défoncer  la  terre  en 
faisant  des  fossés  successifs  d'au  moins 
(îO  cent,  de  profondeur. 

Subst.  particip.  de  minô,  La  forme 
miné  est  d'oïl. 

MINOBLO.  A  (minôblo,  a)  ;  ap.  Goch. 
MINABLO  ;  à  Lyon  minable  adj.  des  2  g. 
—  Misérable,  chélif.  S'emploie  surtout 
dans  l'express,  avai  Vair  minôble,  avoir 
une  apparence  de  misère. 

De  In.  minô,  vb.,  av.  suff.  ôblo,  d'abi- 
lis. 

*  MINOCHI  (minochi)  s.  f.  --  Sorte  de 
labour  qui  consiste  à  faire  une  jaugée  de 
bêche  dans  le  sillon  de  l'araire  pour  l'ap- 
profondir (v.  fougi). 

Subst.  V.  de  minôchi. 

MINOCHI  (minochi)  v.  a.  —  Faire  le 
labour  appelé  minovhi. 

De  l.  minô  vb.,  av.  un  suff.  dim.  oc/tt, 
asbo/,  rare,  qu'on  retrouve  dans  pignochi, 
èpilllochl,  et  qui  a  pour  orig.  -uccare. 


M 10  (mïà)  V.  n.  —  Courtiser,  faire 
l'amour.  Allô  miô,  aller  faire  la  cour. 

Formé  sur  mta,  av.  suff.  ô.  Miô  répon- 
drait à  un  *  amicare. 

MIOLA  (miôla)  ;  à  River.  MÊLA  (mêla)  ; 
à  Lyon  miôle  s.  f.  Piém.  miola  — 
Moelle. 

De  mednlla.  Chute  de  d  (139)  ;  ch.  de 
H  bref  en  0  (38)  ;  d'où  meola,  miola  ;  Yo 
a  passé  à  ô  sous  l'intl.  d'une  semi-vocali- 
sat.  de  la  1»"«  ;. 

"MIRA  (mira)  s.  f.  —  Chatte.  Dph. 
tniroy  chat;  MiRON  (miron)  s.  m.  Pr. 
miroH  mïrotin,  —  Chat;  MIRONNA  s.  f. 
—  Chatte. 

Et  vrei  que  iJ*«n  miron  niioulaiit  sur  le  cuTerl 

Ou  lou  chtn  (lu  boul»out  ne  ton  pas  si  ilif  er. 

«  Et  je  crois  que  le  [sabbat]  d'un  chat 
miaulant  sur  les  toits  —  Ou  le  chant  de  la 
huppe  ne  sont  pas  si  discordants.  »  {Bat.) 

Miron  miroun  mironna  sont  des  ono- 
mat.  du  ronronnem.  du  chat.  On  en  a  tiré 
mira  miro  par  apocope  du  suff.  Cette 
format,  est  très  rare,  mais  non  sans  ex. 
(v.  pôrio). 

MIRAI  V.  miriau, 

MIRAILLI  (SE)  ('se  miraihl)  v.  pr.  -  A 
Morn.  Se  mirer. 

Formé  sur  le  pat.  mtVaty  miroir  (au 
moment  où  il  était  encore  mirail),  av. 
suff.  î(15  4^;. 

MIRAVILLOUS  vin.  adj.  —  Merveil- 
leux. «  Deus  est  miravillous  en  sos  sains.  » 
(Marg.) 

De  mirabiliQsum;  v.  meravilles. 

MIREX  V,  mïriau. 

MIRIAU  (miriô)  à  Crap.  ;  à  Morn. 
MIRAI  (mirai)  s.  m.  Vin.  MIREX  s.  m. 
pi.  Pr.  mirau  —  Miroir,  t  Item  deit 
cbacune  caisi  de  mirex  m,  item,  doit 
chaque  caisse  de  miroirs  {Leide  de  l'Ar^ 
cher.) 

De  même  que  miroir  est  '  miratorium, 
de  mirare,  miriau  est  'mirellum,  qui 
donne  miriau  par  ch.  de  ellum  en  iau 
(32).  Mirai  répond  à  un  '  mirac{u)lum 
(134).  Cp.  vpr.  mirai l,  it.  miraglio,  ca- 
tal.  mirai.  Quant  à  mirex,  x  est  pourti*. 
Le  mot  était  en  réalité  mireus,  plur.  de 
mirely  de  mir ellum  (cp.  petely  pX.peieua)^ 
c'est-à-d.  que  le  mot  vin.  est  identique  à 
miriau» 

MIRON  V.  mira. 

MIRONNA  V.  mira. 


Digitized  by 


Google 


26t 


MISE 


MISE  (mize)  8.  f.  Vosg.  mihhe  minchc 
—  Mèche  de  fouet.  It.  miccio^  mèche. 

De  mjxa  =  uvycsa  =  mi-issa  (162  1"), 
réduit  à  misse^  passé  à  mise^  par  confus, 
av.  le  partie,  passé  du  v.  mettre, 

MISSELER  (misselé)  V.  a.  —  Terme  de 
batellerie,  !•  Réunir  deux  cables  bout  à 
bout  au  moyen  de  petites  cordes  appe- 
lées batafis  (v.  ce  mot).  2.  Fixer  la  maille 
ou  gros  câble  de  halage  à  la  sangle  du 
bateau  ay.  des  cordés  plus  grosses  appelées 
varlets  (v.  ce  mot). 

De  '  miscellsire,  formé  sur  miscellum, 
L^afiaiblissem.  de  é  en  e  est  dû  à  sa. 
position  de  prot.  méd.  L'idée  est  «  mêler 
deux  objets  *  pour  en  faire  un  seul. 

MISSIAUX  (missiô)  s.  m.  pi.  —  Nœuds 
des  varlets  (v.  ce  mot). 

De  '  miscellum,  objet  qui  réunit,  qui 
mêle  (v.  misseler).  Ch.  de  ellum  en  tau 
(32). 

M  ISO  (mizô)  ;  à  Lyon  miser  v.  n.  — 
Surenchérir.  Si  usité  que  j'avais  toujours 
cru  miser  excellent  français. 

De  fr.  mise,  dans  mise  à  pria:,  av.  suff. 
d(15  3»,  rem.  3). 

*  MITAN  (mitan);  vin.  MOYTENTs.  m. 
Vfr.  mitant  mitan  moytant^  vpr.  mitan^ 
comt.  moitan  m,aitan^  lorr.  moietan, 
bress.  métan  moitan,  dph.  meitan,  Igd. 
mieitan,  béarn.  mieytan  —  Milieu.  — 
1411-1420  :  «  Dépenses  pour  le  pont  de  la 
fuste  de  la  Guilïotiere  qui  rompit  et  depi- 
sit  le  jour  de  la  saint  Ghristofle  par  le 
moytent,  »  (Arch.  m.). 

Evila  los  excès,  enflla  lo  mitan  (Hym.J. 

Étym.  inconn.  —  Diez  et  Scheler  y 
voient  uneorig.  germ.  :  goth.  mic^a,  vha. 
mî7/i,  mitte^  ail.  mitte,  milieu;  vha. 
mittamo  mittimo  mittemo,  milieu  ;  in 
mittamen,  dans  le  milieu.  Cette  étym.  est 
inadmissible  :  i^  parce  que  t  germ.  est 
bref,  et  donnerait  mér  ;  2*  parce  que  mitan 
est  évidemm.  le  même  que  mieitan  miey- 
tan moitan  moytent,  qui  excluent  une 
orig.  mit,..,  et  répondent  au  lat.  mè^i,  de 
médium.  Mèi  ^miei,  qui  se  réduit  à  mi. 
Voilà  pour  la  1"  partie  du  mot. 

La  2*  est  plus  obscure.  M.  Horning 
propose  mitan  =  médium  tempiis.  Cette 
étym.  laisse  aussi  à  désirer  :  1*  parce  que 
le  sens  est  forcé  et  qu'on  ne  trouve  nulle 
part  mitan  av.  la  signiûcat.  de  milieu  du 


jour  ;  2«  parce  'qu'on    aurait  des  formes 
vfr.  mitens,  comme  on  a  tens  de  tempus. 

M.  G.  Paris  propose  medietaneum,  où 
le  t  se  serait  conservé  grâce  à  Tappui  dud 
(cp.  medj{e)tatem=^t\\  moitié,pr,  meitat]. 
Un  fin.  serait  sans  doute  la  réduct.  d'un 
nh  (=  gn)  antérieur  (cp.  montanea  = 
montagne).  Toutefois  M.  Horning  fait 
remarquer  qu'il  n'existe  pas  en  fr.  d'ex. 
iX'aneum  sr  an. 

La  forme  moytant  répondrait  à  *  medie- 
tantem.  Or,  on  a  mitant  à  côté  de  moytant^ 
exactem.  comme  on  a  mitié  à  côté  de 
moitié,  et  mitier,  mesure  de  grains,  à 
côté  de  moitier,  méleil  ;  comme  on  a  en- 
core béarnais  mieytat  et  mieytan,  a  côte 
de  gasc.  mitât  et  mitant. 

Le  vfr.  moitier,  partager  par  le  milieu, 
suppose  une  forme  *mtVter,  correspondant 
à  mitié  et  à  mitant.  Cette  hypolh.  serait 
appuyée  par  le  m.  lat.  mitare  («  dubilare, 
stare  in  medio  »),  qui  parait  être  une 
traduct.  de  *  mitier,  car  îe  clerc  n'aurait 
pas  forgé  mitare  sur  moitier;  il  aurait 
translaté  par  moitare,  comme  on  a  moi- 
tonnas  et  moitoieria.  Quant  au  sens,  il 
est  admissible  ;  il  y  a  de  nombreux  ex.  de 
partie,  présents  devenus  subst.  (cp.  un 
mendiant,  du  clinquant,  un  boitant,  un 
brigand). 

L'object.  la  plus  grave  est  que  lor 
thogr.  primitive  est  mitan  et  non  mitant. 
mais  l'ex.  le  plus  ancien  de  mitan{DuC  ) 
est  de  1285.  Il  faudrait,  je  crois,  des  textes 
beaucoup  plus  vieux  pour  être  sûr  que 
mitan  n'est  pas  la  même  chose  que 
moytant,  qu'on  trouve  en  1396  (Godef.). 
Je  crois  d'ailleurs  tous  ces  mots  de  formai, 
relativem.  récente. 

*MITANA  (mitana)  s.  f.  —  Mitaine. 

Du  b.  lat.  mitana,  de  médium  =  mi 
(v.  mitan)  et  suit.  ana  =  ana  (9),  parc» 
que  les  mitaines  sont  des  demi-gants. 

MITRAILLE  ,  (mitralhe)  s.  f.  coll.  Vfr. 
mïtaille  —  Monnaie  de  billon. 

De  mitte,  petite  monnaie  flamande  de 
cuivre  (F.  Michel;,  av.  suff.  coll.  aille. 
Un  amas  de  ces  petites  pièces  se  nommait 
mitaille.  Épenth.  de  r  soug  infl.  de  tni- 
traille,  le  billon  pouvant  d'ailleurs  se 
comparer  av.  les  fragments  dont  se  com- 
pose la  miti-ailie. 

MOBRO  (môbro)  ;  à  River.  MABRO  s. 
ni.  —  Marbre. 


Digitized  by 


Google 


MOCH 


263* 


De  >warm(o)r.  Chute  de  rm  et  insert, 
de  b  (180  5«);  ch.  de  a  en  d  (2).  La 
forme  da  River,  ne  tardera  pas  à  être 
remplacée  par  môbro  (2). 

MOCHET  (mochè);  à  Lyon  mouchet  s. 
m.  —  1.  Petit  bout  d'une  branche;  se 
dit  encore  d'un  petit  bouquet  de  cerises 
pendant  à  la  branche  ;  par  extens.  un  tout 
petit  morceau  de  qq.  chose  en  général; 
Baille- me  in  mochet  de  celo  càbrillon, 
donne-moi  un  tant  soit  peu  de  ce  petit 
fromage. 

De  mochiy  av.  suff.  dim.  et. 

2.  Barbiche.  Vénit.  moschetto,  mous- 
tache. 

Atîm  lo  bon  Joieip, 
(looiroe  i  lorgne  lieu  mochet. 

c  Regarde  le  bon  Joseph»  —  Gomme  il 
lorgne  leur  barbiche.  »  {Noël  1723) 

De  fr.  mouche,  au  sens  de  barbiche,  av. 
.suff.  et. 

MOCKETTA  (mochèta)  s.  f.  —  Clou  de 
soulier  à  tète  plate. 

De  mochi,  mouche,  av.  suff-  dim.  etta. 
Mochetla,  petite  mouche,  à  cause  de  la 
lète  plate  et  ronde.  Gp.  vfr.  mouchette, 
tache,  d'où  moucheté  ;  e\  le  In.  tachi,  qui 
.signifie  précisém.  clou  de  soulier. 

MOCHI  (mochl)  ;  à  Lyon  moucher  v.  a. 
—  1.  Couper  le  bout  à  qq.  chose.  Faut 
mochl  cela  branchi,  il  faut  couper  le 
bout  de  cette  branche.  2.  Voler,  faire  dis- 
paraître. €  I  m'ant  mochi  me"  pères,  on 
m'a  volé  mes  poires.  » 

Le  sens  1.  est  un  ûg.  de  mochX,  de 
muccare  ;  moucher  une  branche,  en  en- 
lever le  bout,  comme  on  mouche  une 
chandelle.  Le  sens  2,  est  une  dérivât,  du 
sens  1  ;  moucher  qq.  chose,  l'enlever  près- 
tem.,  comme  le  bout  de  la  chandelle  qu'on 
mouche. 

MOCHIA  (mochià)  s.  f.  —  Giffie,  mor- 
nifle. 

Partie,  passé  fém.  de  mochl,  moucher, 
transformé  en  subst.  Littér.  une  mou- 
cTiée.  La  giffle  est  comparée  à  l'action  de 
moucher  qqu'un. 

MOCHON  (mochon);à  Lyon  mouchon 
s.  m.  Piém.  mochet  —  Bout  d'une  mèche 
consumée  de  lampe,  de  bougie,  de  chan- 
delle. A  Lyon  Vivre  de  mouchons  de 
chandelles,  être  très  mal  nourri,  vivre 
de  privations.  Celte  express,  était  déjà 
usitée  au  xvii"  s. 


Elle  ne  mingeon  pa  de  mowihon  de  chandalla. 

h  Elles  ne  mangent  pas  des  bouts  de 
mèches  de  chandelles  consumées.  »  {Bern), 

Autre  dict.  Le  mochon  ne  vaut  pas  la 
chandela,  pour  indiquer  que  la  chose 
n'en  vaut  pas  la  peine. 

Defr.  moucher,  en  pal.  mochl,  av. 
suff.  on.  Mochon,  ce  que  l'on  ôte  en 
mouchant. 

MOCHON  (mochon)  s.  m.  —  Tas,  petit 
amas. 

Étym.  inconn.  ~  En  tous  cas,  n'a  rien 
à  faire  av.  mochet.  Malgré  l'invraisem- 
blance apparente  il  n'est  pas  impossible 
que  mochon  soit  une  corrnpt.  di\a)mas, 
av.  suff.  on,  d'où  masson  vnôsson  (59), 
et  mochon  sous  Tin  11.  bizarre  de  mochl, 
parce  que  l'amas  se  compose  de  menus 
objets,  de  dé!>ris,  d'objets  mochis,  coupés, 
l)risés. 

MOCLIO  )môklho)  ;  ap,  Coch.  MA- 
CLtON  ;  à  Lyon  mdcle  s.  m.  —  Colique 
néphrétique,  et  par  extens.,  d'autres 
maux,  comme  l'athsme.  Lgd.  masclou 
masclun,  colique,  affection  hypocon- 
driaque chez  l'homme  (Azaïs). 

De  m^sc(u)lum,  parce  que  la  pierre  est 
une  maladie  particulière  à  l'homme,  la 
femme  pouvant  facilem.  évacuer  le  calcul. 
De  la  maladie  de  la  pierre  le  sens  s'est  éten- 
du à  colique  néphrétique,  quoique  la  coli- 
que néphrétique  atteigne  aussi  la  femme.- 
(^h.  de  <z  ton.  en  ($  (1)  ;  chute  de  s  et  épenth. 
de  t  (179  2");  fin.  o  (56).  Mais  ilest  sin- 
gulier que  le  mot  n'ait  pas  été  formé  par 
voie  d'apposition  de  suff.  à  masculum.^ 

*  MODA  (môda)  s.  f.  Ss.-rom.  môda 
mauda  moùta  —  «  Moût  de  vin.  (Coch.)  » 
Ce  mot  est  perdu. 

Non  de  musta,  qui  donnerait  mota, 
mais  du  fr.  moût,  av.  fin.  fém. a;  d'où 
moùta,  mota  (34,  rem.  4),  et  moda,  par 
ch.de  t  en  <2  (136). 

♦MODALINA  (modallna)  MONDE- 
LEINA  vin.—  Madeleine.  «  Lo  vendros  en 
que  fut  H  velli  de  la  Mondeleina.  »  (L.  R.) 
—  c  La  fêta,  la  faïri  de  Modalina  »,  la 
fête,  la  foire  de  la  Madeleine.  (Coch.; 

La  foire  dont  parle  Coch.  était  autre- 
fois célèbre  dans  tout  le  Lyonn.  Elle  se 
tient  le  22  juillet  dans  un  grand  pré  prés 
de  R.-de-G.  sur  le  territoire  de  S*-Maurice- 
sur-Dargoire  et  près  d'une  chapelle  en 
ruines  qui  remonte  au  xvi*  s.  Il  est  à  pré- 


Digitized  by 


Google 


264 


MODE 


sumer  que  la  foire  a  pour  orig.  un  pèle- 
rinage à  cette  chapelle.  —  La  forme  Moda- 
llna  n'est  plus  usitée,  à  ma  connaissance 
du  moins. 

De  Magdalena,  qui  aurait  donné  Mai- 
daleina  en  In.  s'il  n'y  avait  eu  une  infl. 
savante  (vfr.  Magdcleine).  Mondeleina, 
Modalina  ont  probablem.  été  corrompus 
du  fr.  Madeleine.  En  In.  la  proton,  e 
muet  ne  se  supporte  pas  ;  elle  tombe  ou 
se  durcit  ;  d'où  Madaleina,  Dans  le 
mut  vin.  elle  a  persisté  sous  l'infl.  du  fr. 
Mais  sous  quelle  infl.  la  prot.  init.  a-t-elle 
été  changée  en  on  ou  o?  Même  phéno- 
mène dans  messin  Modeîiche.  Quant  à 
ina  pour  eina,  c'est  un  ch.  de  sufT. 
comme  dans  Madeline  pour   Madeleine, 

MODE  (mode)  s.  f.  —  Terme  de  batel- 
lerie, La  remonte  d'un  bateau  à  la  bri- 
cole dans  tout  le  parcours  de  Lyon, 
d'Ainay  à  Serin. 

Subst.  V.  de  modo. 

MODÈRE  (modère)  s  m.  —  Meml)re  de 
la  corporation  des  Modères,  qui  avait 
jadis  le  privilège  de  la  remonte  des  ba- 
teaux dans  la  traversée  de  Lyon. 

Formé  sur  modo,  av.  le  suCF.  airo  (13, 
rem.).  Modère  est  une  fausse  graphie  pour 
modaire. 

*MODO  (modo)  v.  n.   Dph.  moda,  for., 

bress.  mouda;  sav.  moda,  ss  -rom.  modd, 

vx  for.  moudar.  D'après  Goch.  le  màconn. 

dirait  môdain  —  Partir,  s'en  aller. 

Robarjot  crie  :  moda! 

Dit  Cbotelus,  chtpota! 

«  Roberjol  crie  :  Pars  I  —  Ghatelus  dit  : 
Bats  du  tambour.  >  (La  Voga  de  Len- 
tilly)       ' 

Cir  depi  lo  oioman  que  patron  lean  iet  moda.  ■ 

c  Car  depuis  le  moment  que  Jean,  le 
patron,  est  parti.  »  (Bleze  lo  Savait,  pat. 
dph.) 

El  Tordre  do  major  pourlaTe  qu*à  méy-jour 

Voa  falli  tout  moudar  et  sibre  lo  tambour. 

€  Et  Tordre  du  major  portait  qu'à  midi, 
—  Il  fallait  tous  partir  et  suivre  le  tam- 
bour. »  (Chap.) 

De  motare.  Gh.  de  t  en  d  (186).  Le 
mot  a  dû  venir  sous  infl.  d'oc,  /  tombant 
en  In.  Gh.  de  are  en  <î  (14  !•). 

MOGNAU(mognd);  ap.  Goch.MONIAU 
s.  m.  —  Moineau. 

G'esl  le  fr.  tnoineaii,  av.  les  ch.  suiv., 
conformes  à  la  phonét.  In  :  1»  de  eau   en 


iau  (32)  ;  d'où  moiniau  ;  2*  ch.  de  oi  en  6 
devant  n  mouillée  (cp.  pognepoxiryoigne^ 
rnogne  pour  moigfie);  d'où  moniau  mo- 
gnau. 

MOGNI  (mogni);  à  Lyon  mogne  s.  f.  — 
Force  musculaire,  spécialem.  en  parlant 
des  bras.  Avai  de  la  mogni,  être  fort. 
«  T'ôs  don  gin  de  mogni  t  tu  n'as  donc 
point  de  force?»  Le  mot  primit.  était 
moigne,  comme  on  le  dit  encore  lorsqu'on 
veut  parler  fr.  Pr.  mougno,  coup  de  poing 
sur  la  figure. 

Formé  sur  main, comme  poigne  est  formé 
sur  poing^  en  ajoutant  le  sufiT.  des  noms 
fém.  Voici  la  marche  :  main,  maine  ; 
puis  maigne  par  mouillem.  de  n  sous 
infl.  de  Tyntte  de  la  dipht.;  puis  maigni 
(543*),  et  moigne  par  analog.  ^v, poigne; 
oi  devant  gn  passe  toujours  à  ô.  On  a  donc 
moigni  mogni,  comme  on  a  poigne 
pôgne. 

*  MOI  NO  (moino)  s.  m.  Vx  for.  moue- 
<7wi,pr.,dph.,lim.  motiine  —  Sabot,  toupie 
qu'on  fait  tourner  à  coups  de  fouet. 
Uu  plein  cbapai  île  creu,  douey  mottcine,  don  ft- 

lUrd. 

«  Un  plein  chapeau  de  noyaux,  deux 
toupie»,  deux  pétards.  »  (Chap.J 

Le  nom  de  ^udv(o;n'a  rien  à  y  voir.  Je 
lis  dans  moino,  molinum,  de  vnola,  chose 
qui  tourne,  av.  vocalisât,  de  2  (173  2*). 
On  a  mouino,  existant  encore  dans  les 
dial.  d'oc.  Mouino  a  passé  à  motno,  comme 
molinarius  est  devenu  au  xv«  s.  moi- 
nerius  (Du.  G.) 

MOIR  (moir)  s.  m.  —  A  Villefr.  Meule 
de  blé. 

De  •  metorium,  de  meia.  Ge  mot  n'ap- 
partient pas  à  la  phonét.  du  In.,  où 
orium  =  u,  ou  (36),  mais  à  la  phonét. 
d'oïl,  où  il  =  01,  par  attract.  de  Tyotte. 
Ghute  de  t  (135).  On  a  meoir,  réduit  à 
moir, 

MOÏROU  (môîrou)  s.  m.  —  Sorte  de 
bourdon.  G'esl  Tabeille  solitaire  ou  mono- 
game, qui  fait  son  miel  sous  une  motte 
de  lerre  dans  les  prés.  Les  enfants  chas- 
sent le  couple  de  son  nid  et  mangent  le 
miel  contenu  dans  un  assemblage  de 
petites  bourses  que  Ton  vide  et  que  Ton 
remet  en  place. 

Onomat.,  comme  bourdon.  Cette  abeille, 
qui  est  très  grosse,  fj\il  un  ronronnem. 
très  fort. 


Digitized  by 


Google 


MOLA 


%D 


*MOLARD  V.  molôrd. 

MOLLASSI  (molassi);  khyon  mollasse 
s.  f.  —  Se  dit  d'une  personne  molle, 
lâche,  paresseuse.  Vances-tu,  mollasse  ! 
De  mollenif  av.  suff.  péj.  assi  asse,  dCacea. 

MOLLETTA  {molèta);H  Lyon  mollette 
s.  f.  —  Dans  l'express,  ina  molletta  de 
btirrCy  une  très  grosse  pelote  de  beurre 
que  les  femmes  portent  au  marché.  A 
Paniss.  on  dit  aussi  ina  molletta  de  «ê, 
une  boule  de  neige. 

De  7nollem,  av.  suff.  dim.  etla. 

MOLLI  (môlhiî  MAILLI  (màlhi)  ;  à 
Lyon  mailles,  f.  —Gable  pour  le  halage 
des  bateaux.  Ti/'a  la  maille  !  cri  des  ba- 
teliers pour  dire  aux  conducteurs  des 
chevaux  de  halage  de  faire  effort. 

De  m%c(u)la.  Oh.  de  a  en  d  (1)  ;  de  cla 
en  /;*/  (164  2«,  &). 

MOLLI  (molhl)  v.  imp.  Saint,  mouiller 
—  Pleuvoir.  «  Lo  plus  jouëno  diisit  :  G 
moitié,  totore  voutres  échines  serant 
trempes  >,  le  plus  jeune  dit  :  Il  pleut, 
tout  à  l'heure  vos  échines  seront  trempées 
^DiaL). 

De  *  moindre,  de   mollis,  Suff.   l  (15 

n 

MOLLI  ASSI  (molhassl)  v.  imp.  Saint. 
mouillasser  —   Pleuvoir   très  finement. 

De  molli,  av.  un  suff.  ass'i,  qui,  loin 
d'être  augmentât.,  comme  à  l'ordinaire, 
est  ici  dim. 

MOLLON  (molon)  s.  m.  It.  mollica, 
vénit.  moleno  —  1.  Mie  de  pain.  »2. 
Pulpe  des  fruits. 

N'cstimtrai  jamais  In  marchand  de  melon, 
Que  me  fara  payî  h  corci  teint  molon. 

«  Je  n'estimerai  jamais  un  marchand  de 
melons,  —  Qui  me  fera  payer  l'écorce 
sans  pulpe.  *  {MeL) 

I>e  mollem.  Au  rad.  s'est  ajouté  le  suff. 
roman  on. 

MOLO  (molô)  s.  m.  —  A  Paniss.  Talus. 

De  molem,  av.  suff.  6,  répondant  ù 
atum  (1).  V.  molôrd.  La  dérivât,  de 
sens  de  «  monticule  »  à  «  talus  »  est  facile. 

MOLORD  (molôr);ap.  Coch.  MOLARD 
(molar)  s.  m.  —  Élévation  de  terrain  en 
forme  de  pyramide,  colline  à  plusieurs 
versants.  Ss.-rom.  molard,  même  sens,  et 
grand  monceau  de  pierres. 

De  molem,  av.  suff.  germ.  ard,  passé 
à  ôr  (  1  ). 

Nom  do  lieu,  le  Motard;  nom  d'homme, 
Mollard, 


MONDAMEN  "v .  mondamînt . 
MONDAMINT  (mondamin)  ;  vin.  MON- 
DAMEN adv.  —  Ne  s'emploie  guère  que 
précédé  de  tôt.  A  River.  Un  tant  soit  peu  : 
à  Crap.  Doucement;  en  vin.  paraît  .signi- 
fier Bellement. 

L'étaila  los  a  conduit 
Tôt  mondamen  à  mynuit. 
«  L'étoile  les  a  conduits  —  Tout  belle- 
ment à  minuit.  »  {Noël  17-23) 

De  munda-mente.  Gh.  de  en  en  m  (22). 
La  dérivât,  de  sens  de  «  d'un  cœur  pur  ■ 
à  «  un  tant  soit  peu  »  ne  laisse  pas  d'être 
curieuse. 

MONDELEINA  v.  modalina. 
MON  DO  (mondo)  s.  m.  coll.  —  Les  gens, 
le  monde. 

Lo  mondo,  que  rant-i  chardii  ^ 
«  Qu  est-ce queles  gens  vont  chercher?  » 
(vj!  Noël) 

De  mnndum.  Mondo,  étant  coll., 
s'emploie  toujours  av.  le  v.  au  plur., 
comme  dans  le  lat.  turba  ruunt. 

MONDO  (mondo)  s.  f.  —  A  Paniss.  Ina 
monda,  une  réunion  de  gens  qui  s'assem- 
blent pour  écaler  les  noix. 
De  7nondô  y erhe,  av. suff.  ô,d'atam{l) 
*  MONDO  (mondô)  v.  a.  B.  dph.  monda 
—  Éplucher,  nettoyer.  Se  dit  principalem. 
des  noix  :  mondô  le  nues,  échailler  les 
noix;  mais  on  dit  aussi  mondô  Vorjo^ 
nettoyer  l'orge. 

De  mund9Lre.  Gh.  de  un  en  on  (72, 
rem.  2)  ;  de  are  en  d  (14  !•). 

MON  ET,  ETTA  (monè,  èta)  adj.  - 
Sot,  nigaud,  penaud.  J'ai  souvenance 
d'avoir  entendu  monin  au  même  sens. 
Messin  monin^  homme  désagréable,  maus- 
sade. 

El  los  laisse  monets  avol  un  pi  de  noz. 
«  Et  les   laisse  tout  penauds  avec  un 
pied  de  nez.  »  (Mon.) 

Étym.  inconn.  Le  mot  est  isolé  dans  les 
langues  romanes.  —  Il  e.xiste  un  rad. 
germ  :  vha.,  mha.  mon  tnône,  qui  signifie 
lune,  mois,  et  dont  on  a  tire  des  dér.  tels 
que  manôdsioh  c  lunaticus  »,  mais  il  n'est 
pas  admissible  que  ce  mot  eût  laissé  des 
traces  chez  nous  et  nulle  part  ailleurs. 
Peut-être  Monet  est-il  un  nom  d'homme. 
Monet,  Monin  sont  communs,  et  doivent 
être  des  apocopes  de  Simone t,  Simo7iin, 
eux-mêmes  tirés  de  Simon.  Sur  le  sens 
pt''j.  qu'aurait  pris  le  mot  cp.  Gilles, 
Jannot,  Ja.iifi. 

31 


Digitized  by 


Google 


266 


MONI 


*MONIAU  V.  mognau. 
MON  IN  V.  sous  monet. 
*MONINA  V.  mouna. 
MONZOTTA  V.  masua, 
MONZOTTI  (monzôt!)  MOZOTTI  (môzô- 
tl)  s.  m.  —  A  Pauiss.  Fourmilière. 

De  monzotta,  av.  suff.  t,  d*armm  {13). 
Dans  la  forme  mozotti,  il  y  a  eu  une 
dénasalisat.  de  t  assez  rare,  qui  a  eu  pour 
effet  de  rendre  o  très  long. 

MOR  (môr)  s.  m.  —  Mardi.  Ne  s'emploie 
par  seul,  mais  av.  l'art,  lo  :  lo  môr,  mardi. 
C'est  (di)  môr^  av.  aphér.  du  mot  repré- 
sentant dies  (cp.  loUutij  lo  sando). 

MOR  AILLE  s.  f.  —  «  Instrument  de  tra- 
vail pour  le  cheval.  »  (Mon.) 

Je  ne  connais  le  mot  que  par  Mon.  Il 
aura  fait  sans  doute  confus,  av.  les  mo- 
railles,  tenailles  pour  serrer  les  naseaux 
des  chevaux  vicieux.  Mais  alors  sa  définit, 
est  singulièrem.  inexacte.  On  a  vu  dans 
morailles,  moralia,  de  mores ,  ce  qui  est 
bien  forcé  comme  sens.  Scheler  y  voit  une 
corrupt.  de  mordailles,  de  mordre,  ce  qui 
est  peu  vraisemblable.  Le  vpr.  morailla, 
visière,  indique  une  format,  sur  mor^ 
museau  (v.  morro),  av.  suff.  coll.  ailles. 
Les  morailles  sont  «  un  instrument  pour 
le  museau  ».  Gp.  moreilli  et  tnorret. 

Je  crois  cependant  qu'on  appelle  qqfois 
moraille,  Igd.  tnourral,  une  muselière  de 
fil  de  fer  qu'on  met  au  museau  des  bêles 
de  somme  qui  ont  l'habitude  de  mordre. 
Alp.  7nonrrailh,  muselière.  Dans  ces  mots 
l'étym.  mor  mourre  est  évidente. 

MORAILLES  (moralh)  s.  f.  pi.  —Joues, 
visage.  Vieilli. 

De  morro,  av.  suff.  fréq.  aille,  coll.  et 
ordinairem.  pèj. 

MORANNA  (môrana)  s.  f.  —  Dans  le 
Fr.-Ln.  Verge,  houssine. 

Étym.  inconn.  —  Le  mot  n'existe  pas 
dans  les  pat.  congénères.  L'étym.  serait- 
elle  moiion,  av.  suff.  anus?  Morana, 
«  verge  de  mûrier  ».  La  taille  des  mû- 
riers, après  qu'on  les  a  dépouillés  de  leurs 
feuilles,  en  fournit  une  abondante  provi- 
sion. 

MOBATE  ^moràte)  s.  f.  —  A  Villefr. 
Morelle  noire,  solanum  nigram. 

C'est  morelle  (ùq  maurus),  av.  suff. 
ate  au  lieu  de  elle.  Ce  suff.  at  aie,  sans 
significaL  particulière,  est  assez  commun 
en  In.  (cp.  carat^  borsat  etc.). 


MORE-GRAND  (môregran)  s.  f.  — 
Grand'mère. 

De  môre,  mère,  et-  grand.  C'est  grand' 
mère  av.  inversion.  Il  est  à  remarquer  que 
les  mots  de  pore  et  de  mô7'e,  exclusivem. 
employés  dans  mon  enfance,  sont  au- 
jourd'hui souvent  remplacés,  sous  infl.  du 
fr.,  parper^  mère.  A  Yzer.  ces  deux  der- 
niers même  sont  seuls  connus. 

MOREILLI(morélhi)  MORILLI  (moiilhi) 
s.  f.  —  1.  Coussinet  qu'on  met  au  front 
des  bœufs  pour  qu'ils  ne  soient  pas 
blessés  par  les  liens  du  joug.  2.  Petit 
coussin  que  le  porteur  de  benots  place 
sur  sa  nuque  pour  n'être  pas  ble.<?sé.  3.  Au 
fig.  terme  péj.  Homme  lâche,  sans  énergie, 
sans  valeur. 

th  beiu  !  grand  Rebrcyi,  Ceac  ina  grand  more/y* 

€  Eh  bien  !  grand  Rebroyé,  tu  es  un 
grand  lâche,  y*  (Mel,) 

De  In.  morre,  museau,  visage,  av.  suff. 
alhi,  à' alla,  Cp.  pr.  moiirrau,  alp.  motir- 
railh,  dph.  rnoiirra^  poche  en  guise  de 
muselière,  dans  laquelle  on  met  du  foin 
ou  de  l'avoine  pour  que  les  bêles  de 
somme  puissent  manger  en  marchant.  Cp. 
aussi  fr.  morailles,  tenailles  av.  lesquelles 
on  pince  le  nez  d'un  cheval.  Dans  morilli 
le  suff.  dim.  eilhi  ilhi,  d'icula,  a  élé 
substitué  au  suff.  alhi.  Morilli  2.  vient 
de  l'analogie  d'objet  av.  morilli  1. 

La  dérivât,  de  sens  de  morilli  3.  à 
homme  mou  vient  de  la  mollesse  du 
coussin.  Le  rapprochem.  est  le  même  que 
dans  pannossi,  même  .sens,  de  pantins, 
et  dans  l'express,  de  Lyon  patte  mouillée. 
MORET  (morè)  s.  m.  MORETTE  (mo- 
rèle)  s.  f.  —  Noms  donnés  habituellem. 
aux  bœufs  et  aux  vaches  dont  la  robe  est 
de  couleur  noire. 

De  msiurum,  av.  suff.  dim.  et,  etta. 
Ch.  de  au  en  o  (49,  rem.). 

MORGO  (morgô);  vin.  MORGUA  v.  a. 
—  Vexer,  narguer,  dire  des  malices  à. 
Pcr  quMb  puissiant  s'accurda 
Una  Ta  y  scn  se  morgua, 
«  Pour  qu'ils  puissent  vivre  d'accord  — 
Une  bonne  fnis  sans  se  vexer  mutuelle- 
ment. s>(yoein23). 

C'est  le  fr.  morguer,  aujourd'hui  peu 
usité,  av.  substitut,  du  suff.  ô  (14  4»}. 
L'étym.  est  inconn.  Scheler  et  Litlré 
citent,  d'après  Grandg.,  le  Igd.  morga,  vi- 
sage,  mais  morga  dans  ce  sens  n'existe 


Digitized  by 


Google 


MORI 


267 


pas  dans  le  Igd.  ni  dans  aucun  dialected'qc, 
à  ma  connaissance.  Le  dict.  de  Sauvages, 
où  puisait  Grandg.,  ne  le  contient  pas. 
Grandg.  le  rapproche  de  Igd.  mourre 
(v.  morro),  comme  s'il  en  était  une  forme. 
Mourre^  morro  n*a  pu  donner  morgô. 
Scheler  cite  encore  le  b.  ail.  murk,  mo- 
rose, sombre,  auquel  on  pourrait  ratta- 
cher le  sens  de  fierté,  et  rapproche  suéd. 
tnork,  noir.  Tout  iutermédiaire  manquant, 
on  ne  peut  que  s'en  tenir  à  un  vaste  point 
d'interrogat. 

MORILLI  V.  moreilli. 

MORILLON  \.moyUet. 

MORINOUS,    OUSA    (morinou,   ouza) 
adj.  —    Noirci,    màchuré,    spécialem.  de 
poussière  de  charbon. 
Avoué  lious  tIo  laiiibraux  el  liou  oiuiiis  morinoux. 

«  Avec  leurs  vieux  haillons  et  leurs  vi- 
sages màchurés.  »  {Due  Bib.) 

De  mourina,  av.  suff.  ou,  d*osus,  Mou- 
rinousy  morinous  «  qui  a  de  la  poussière 
de  charbon.  ». 

MORJON  (morjon)  s.  m.  —  Gland  d'un 
bonnet  de  nuil,  d'un  bonnet  grec. 

Je  suis  fort  tenté  de  croire  que  c'est 
morion  tourné  en  ridicule,  quoique  je  ne 
voie  pas  la  raison  du  passage  de  i  kj,  Qn 
dit  aussi  à  Lyon  un  petit  morjon,  un 
méchant  petit  gamin,  mais  le  mot  a  une 
autre  orig.  et  je  crois  plutôt  que  c'est  un 
euphémisme  d'un  mot  grossier  :  pediculus 
pubis. 

*  MORLIET  (morlié)  ;  à  Morn.  MORIL- 
LON (morilhon)  s.  m.  For.  mourliet,  vx 
dph.  morllief,  b.  dph.  morlyé,  ard.  nierli^ 
dph.  morlif\  b.  lat.  morellus—  Grillon. 

El  quan,  eiionlillan^  ul  enlen  lou  morUiet, 

U  dit  que  |ttr  sa  feiia  u  danson  lou  qi  illl«t. 

«  Et  quand,  assourdissants,  il  entend 
les  griîli)ns,  —  Il  dit  que  pour  sa  femme 
ils  poussent  leurs  cricris.  »  (Banq.) 

Non  du  b.  lat.  morellum,  qui  donnerait 
mnriau,  mais  de  manriculumj  de  mau- 
r<*m,  noir.  Ch.  de  au  en  o  (49,  rem.  1); 
de  iculuni  en  ilhi  (164  S»,  b).  On  a 
wîor»7/it,à  quoi  s'est  ajouté  le  sufT.  on  dans 
la  forme  morillon.  Dans  la  forme  mor/iX  il 
y  a  eu  adjonct.  du  suff.  et  au  lieu  de  07i; 
d'où  tnorilhel,  el  morlhet  par  chute  de  la 
proton,  qui  s'est  conservée  à  Morn.  et  est 
tombée  à  Grap.  Cet  ex.  montre  que  la 
format,  qui  élimine  la  prot.  n'est  pas  en- 
core complétem.  disparue. 


MORLIETO  (morliètô)  v.  n.  —  Espion- 
ner, écouter  aux  portes. 

Se  mirant  lolet  due  deins  l'éga  de  la  risa. 
Virant  lo  reins  ou  pont,  veyant  pas  la  Terisa. 
La  Terisa  s'eimporte  (il  ayé  morliètô). 

c  Se  mirant  toutes  deux  dans  l'eau  de 
la  rivière.  —  Tournant  le  dos  au  pont  — 
[El]  ne  voyant  pas  Thérèse.  —  Thérèse 
s'emporte  (elle  avait  espionné).  »  (Gorl). 

De  In.  morliet,  grillon.  Morliètô,  faire 
le  grillon,  se  cacher  comme  lui,  afin  de 
pouvoir  écouter.  Suff.  (5  (14  l*). 

MORN  A  (morna)  s.  f.  —  1.  A  Yzer. 
Cercle  en  fer  du  moyeu  d'une  roue.  —2.  A 
S*-Mart.,  Crap.  etc.  Cercle  de  fer,  de 
forme  conique,  qui  fait  partie  de  la  char- 
rue. —  3.  Cercle  de  fer  qui  tient  lafaux  au 
manche.  For.  morle,  même  sens  que  2.  ; 
lim./norno,  cercle  de  fer  joignant  ensemble 
2  tuyaux  de  bois  pour  la  conduite  des 
eaux. 

Du  vfr.  morne^  anneau  qu'on  mettai 
au  bout  de  la  lance  dans  les  tournois  pour 
qu'elle  ne  blessât  pas.  Ce  subst.  se  serait 
dégagé  de  l'express,  lance  morne,  ainsi 
appelée  parce  qu'elle  semblait  morne.t 
triste,  par  opposit.  à  la  lance  émoulue 
dont  le  fer  était  brillant  (Littré,  Scheler). 
Vfr.  tnor7iè^  émoussé. 

4.  A  River.  Douille  en  cuir  qui  attache 
la  branche  mobile  du  fléau  au  manche. 

Dérivât,  de  sens  de  1.  et  2.,  parce  que 
cette  douille  forme  un  anneau. 

MORNAIN  (mornin);  ap.  Coch.  MOR- 
NIN  s.  m.  Bress.  mornant  —  Nom  de  2 
cépages  :  1'  le  mornai7i  blanc^  que  Coch. 
dit  être  le  même  que  le  chasselas.  Se- 
ringe  dans  son  Petit  agriculteur  dit  que 
le  mornain  blanc  est  souvent  confondu  av. 
le  Fontainebleau,  mais  qu'il  lui  est  très 
inférieur;  2»  le  mornain  7ioir,  espèce 
très  productive,  mais  donnant  un  vin  in- 
férieur. Dans  le  For.,  où  Ton  ne  connaît 
que  la  variété  noire,  on  le  nomme  morne- 
rin  ("Vachez).  Littré  donne  le  nom  de 
mornier  pour  «cépage  du  Rhône»;  c'est 
sans  doute  le  même  que  mornain,  mais 
mornier,  m'est  complèlem.  inconnu. 

Ètym.  inconn. 

♦MORNANTEIS  V.  mornanteysa, 

*MORNANTEYSA  (mornantèza)  s.  f. 
vin.  MORNANTEIS-  «  Mesure  de  grains 
en  usage  dans  le  Lionnois(Coch.).  » 


Digitized  by 


Google 


268 


MORQ 


On  l'appelait  aussi  le  Mornantais.  On 
trouve  le  nom  de  mor7iantesius  dans  une 
foule  de  chartes  du  m.  â.  et  notamm. 
dans  l'Obituaire  de  l'Église  de  Lyon.  Cette 
mesure  est  aujourd'hui  complètem.  hors 
d'usage.  Elle  contenait  2  bichets,  soit  67 
litres  (communiqué  par  M.  Vachez).  — 
1277-1315  :  «  Toz  li  hlas  qui  vait  por 
aygua,  cliacon  mornanteis,  »  Tous  les 
blés  qui  arrivent  par,  eau,  chaque  mor- 
nantais,,. (Cart.  m.) 

De  Mornant^  village,  av.  sufT.  eysa, 
elsa^  d'ensis  par  la  chute  de  ?i  (175)  et 
ch.  d'e  en  ei  (16). 

MORQUA-MAU  (morkamô)  ;  à  Lyon 
marque-mal  s.  m.  —  Se  dit  de  qq'un  qui 
a  mauvaise  tournure,  une  mine  de  mal- 
faiteur. 

Gardien  dou  chôlieau  qui  sicri  per  los  Tuleuri, 

ArsouilIeSf  pilleraudi.  morqua-môs^  qucrdlcurs. 

ICHym.) 

De  In.  marqua,  marquer,  et  mau,  mal. 

MORRET  (morrè)  s.  m.  —  Panier  que 
l'on  attache  au  nez  des  bœufs  qui  traver- 
sent un  pré  pour  les  empêcher  d'y  tondre 
l'herbe. 

De  In.  morro,  av.  su(T.  et.  Gp.  l>olon. 
musarola,  même  sens,  de  mtiso,  museau. 

MORRO  (moro)  s.  m.  —  Visage,  ligure. 
Vieilli.  Ne  s'emploie  presque  plus  que 
dans  les  dér. 

Du  vpr.  7nor,  tète,  museau;  de  morsum, 
au  sens  de  bouche  pour  mordre,  comme 
vpr.  mursel,  arra.  morseel,  môme  sens, 
d,^  morsellum. 

MORRO  (morô)  v.   n.  —  Tomber  sur 
le  nez. 
De  morre^  av.  sufl".  ô  (14  3"). 
MORS  (môr)  s.  m.  —  Mardi. 
Apocope  de  dhnors. 

MORT-D'INLO  (mordinlô)  s.  m.  —  Pa- 
ralytique hémiplégiquie. 

De  mort,  c  mort  »  ;  rf'l;^,  «  d'un  »  et 
lu,  «  côté  »  ;  mort  d'un  côté. 

MORVE  (morve)  s.  f.  —  Maure, 

De  ma/t?a.  Gh.  de  a  ton.  en  ô  (1)  :  de  / 
en  r  (170  40).  J'ignore  pourquoi  la  pr>st- 
ton.  est  ë  au  lieu  de  a.  Une  excepl.  de 
môme  nature  se  retrouve  dnns  le  ss.- 
rom.  de  Vionnaz,  où  malva  =  marre, 
tandis  qu'il  devrait  donner  marra. 
M.  Gillièron  attribue  cet  afTaiblissem.  à  la 
métath.  de  r  qui  est  venue  se  placer  de- 


vant la  post-ton.  Mais  le  phénomène  n'a 
pas  eu  lieu  en  In.,  et  l'except.  subsiste 
quand  même. 

MOSOI  V.  masua, 

MOTASSI  (motassi)  s.  f.  —  Glèbe  ;  à 
Grap.  Une  bêchée  dans  un  pré.  Lerô  les 
molasses,  enlever  les  mottes  dans  un  pré 
pour  gazon ner  ailleurs. 

De  motta,  av.  suff.  augm.  assi,  d'area. 
Fin.  t  dans  assi  (541°). 

MOTROLLI  (motrolh!)  v.  n.  —  Mâcher, 
mastiquer,  au  sens  péj.  Que  don  que  Vos 
à  m'drolli  comfn'iquienf  qn'an-ixi  donc  à 
mâchonner  de  la  sorte  ?  Alp.  mistroulha^ 
pr.  mastrouta  mastrougna,  Var  mas- 
tringa,  it  mantrugiare^  fr.  popul.  ma- 
trouiller,  patrouiller,  manier  grossiérem. 
et  malproprem.  Lim.  motrouno,  gâcher 
[un  ouvrage],  que  Béronie  tire  bien  à 
lort  de  fr.  matrone;  Igd.  mastroulha, 
patiner,  manier  lourdem.  et  maladroitem. 

Étym.  inconn.  —  M.  Mistral  rapporte 
les  mots  pr.  au  vpr.  mastra,  que  je  ne 
connais  pas  ;  vx  mars,  mastre,  m.  lat. 
mastra,  pr.  mastro,  pétrin,  que  Du  G.  et 
lui  tirent  du  lat.  macira,  pétrin,  qui  ne 
figure  pas  dans  les  dict.  classiques,  mais 
qui  a  certainem.  été  fait  sur  /-tdxrpa, 
comme  magis,  subst.,  sur  iàtt/I;.  Je  doute 
fort  que  mactra  ait  passé  à  mastra  :  il 
ne  peut  donner  que  tnaitra.  Quoi  qu'il  en 
soit  le  vpr.  mastra,  pétrin,  suppose  un 
V.  tnastrar,  pétrir,  dont  il  parait  être  le 
subst.  V.,  car  l'idée  de  pétrir  est  antérieure 
à  celle  de  pétrin.  Dans  ce  vl.  ma^trar, 
mastra,  le  sufî.  péj.  et  fréq.  ottilla  a  été 
substitué  au  sufT.  simple  ;  d'où  mas- 
trouillq,,  fr.  'inat rouiller,  et  le  In.  niôtro- 
Ihl,  par  le  passage  ordinaire  de  ou  à  o 
(34,  rem.  4),  de  a  à  <5  (59),  et  la  chute  de 
s  dans  st  (iSe  2«). 

MOTRU,  U A  (molru,  ua)  M  ATRU,  UA  ; 
â  Yzer.  METRU,  UA  ;  à  Paniss.  MAL- 
TRU,  OA  adj.  For.  rnatru,  berr.  mau- 
letruj  genev.  malotru.  —  Chétif,  gringa- 
let; se  dit  des  choses  comme  des  per- 
sonnes. Goch.  dit  que  l'on  se  sert  de 
l'express,  lo  matru,  le  petit,  pour  dési- 
gner un  enfant.  Je  ne  crois  pas  que  matru 
s'emploie  jamais  sans  une  inlent.  péj. 
Vpr.  malasfruc,  malheureux. 

Hicii  ire»l  plus  b  au  que  U  gutrra  civila, 
Siiitoul,  niéïKis,  dins  ina  niôtrua  villa. 

«  Rien  n'est  plus  beau  que   la  guerre 


Digitized  by 


Google 


MOTT 


269 


civile,  —  Surtout,  enfants,  dans  une  mé- 
chante ville.  »  (Per.) 

SulseinU  lo  sulciiou  dou  marchand  de  melon, 

SutseiiiU-lo,  dzit  Rara,  lupôra.  môtru  Uuchi. 

«  Soûlions  le  défenseur  du  marchand  de 
melons,  —   Soutiens-le,  dit  Rara,  sépare 
[maintenant   les    coml)attanlsj,    méchant 
t;ringalet.  »  (Mel.) 
Lou  sort  é  tout  viri,  fou  k'ai  vcu  de  famille 
Que  pourlavoiit  de  plot  el  de  watrue  guenille. 

«  Le  destin  a  tout  changé  ;  il  s*est  vu  des 
familles  —  Qui  portaient  des  pièces  et  de 
méchantes  guenilles.  »  (Ghap.; 

De  nia(le)  {as)trutiim.  11  est  assez  sur- 
prenant que  /  ne  se  soit  pas  vocal,  et  que 
maie  ayant  fait  m«w,  on  n'ait  pas  eu 
miutru.hsi  forme mdO*w  n'est  que  matm^ 
av.  passage  moderne  do  a  à  <î  (59).  Dans 
le  fr.  malotru^  qui  a  la  mémo  origine, 
la  syncope  a  été  moins  forte.  Progress.  de 
de  l'ace,  dans  le  fém.  (51).  La  forme  de 
Paniss.  a  été  faite  av.  le  fr.  mal, 

*  MOTTA  (môta)  s.  f.  Vfr.  nwte  —  1. 
Tertre  peu  élevé  (c'est  à  tort  que  Goch. 
dit  terter  élevt').-  2.  Mottede  gazon.  — 3. 
Tourteau  fait  av.  l'écorce  qui  a  servi  pour 
tanner  et  employé  comme  comhustible. 

D'un  rad.  germ.  qui  signifie  tourbe. 
M.  all.'mo^  tourbe,  terrain  marécageux  î 
bavar.  tnott^  monceau  de  terre  maréca- 
geuse ;  suisse  miittj  morceau  do  gazon  ; 
tlam.  nioet  mot,  petite  élévation  ;  hoU. 
mot,  poussière  de  tourbe.  La  dérivât,  de 
.sens  s'explique  facilem.  1*  Tourbe  ;  2* 
Terre  agglomérée  :  3*  Morceau  de  terre 
agglomérée  et  soulevée;  4"  Petite  élévation; 
tertre.  —  Le  tourteau  prend  son  nom  de 
sa  ressemblance  soit  av.  une  motte,  soit 
av.  de  la  tourbe.  Scheler  rapproche  gaël. 
mata,  mont.  Je  ne  connais  pas  le  gaël. 
fnota,  mais  l'irl.  moCa  «  mont  »,  d'après 
O'Reilly,  mais  qui  en  réalité  signifie  amas 
de  terre,  fossé,  et  a  été  emprunta  à  l'angl. 
moat,  qui  est  lui-même  le  fr.  motte, 

MOTTET  (motè)  ;  ap.  Coch.  MOUTET 
s.  m.  —  Petit  garçon,  MOTTETTE  (motéle) 
s.  f.  —  Petite  fille-  Dph.,  br.  motet,  ettc. 

Car  chalande  s*approrhon, 

Et  nous  faut  bien  QaU 

Ce  beau  Mollet  y  cuchon 

Quel'angeo  a  dcccla. 
«  Car  noël  s'approche  ;  —  Il  nous  faut 
bien  faire  fête  —  A  ce  bel  enfant...  (?i  — 
Que  l'ange  a  fait  connaître.  »  {}'j:  }W('l) 


Ronaparla,  i  et  in  molel; 
Ne  lor  pa  d*in  berlnburlct. 

«  Bonaparte,  c'est  un  [fameux]  gars  ;  — 
Jl  ne  sort  pas  d'un  hurluberlu.  »  (Chans, 
dph.) 

Yeni,  bolie,  veni  mottetle^ 
AI(eQan-no  de  bon  matin. 

€  Venez,  filles,  venez  fillettes,  —  Attifons- 
nous  de  bon  matin.  »  (Chans,  br,) 

De  mnsiKm,  jeune.  Gh.  de  u  bref  en  o 
(38)  ;  chute  de  5  (166  2")  ;  d'où  mot,  plus 
sufl".  dim.  et.  La  forme  moutet  appartient 
à  la  phonét.  d'oïl. 

MOTTET  s.  m.  dans  l'express.  In  bravo 
mottet--  1.  Un  garçon  robuste,  bien  râ- 
blé. —  2,  Un  brave  garçon. 

De  mottet,  av.  bravo  au  sens  de  beau 
pour  lé  sens  1.  De  mottet,  av.  bravo  au 
sens  d'honnête  pourrie  sens  2. 

MOTTET,  ETTA  *(motè,  éta)  adj.  — 
Élagué,  tondu.  On  dit  ainsi  d'un  arbre 
dont  on  a  coupé  les  branches,  qu'il  est 
tôt  mottet.  Aufig.,  deqqu'unqui  s'est  fait 
couper  les  cheveux  très  ras:  al  é  tôt 
mottet. 

De  mottô,  couper,  av.  suff.  dim.  et. 

MOTTETTE  v.  mottet. 

MOTTO  (mùtô)  ;  à  River.  ÉMOTTO  v. 
a.  —  Ébrancher  un  arbre,  un  saule,  par  ex. 

De  In.  motta  «  motte  *,  av.  suflf.  ô  (14 
1«);  mottô  in  sauzo,  c'est  réduire  un  saule 
à  l'état  de  motte,  n'en  laisser  que  le  tronc. 

MOTTONS  (môton)  s.  m.  pi.  —  Gru- 
meaux dans  de  la  farine  mal  délayée. 

De  In.  motta,  av.  suff.  dim.  on. 

MOU  ET  (moue  monosyl.)  s.  m.  —  Mon- 
ceau, tas. 

G'est  le  vfr.  et  fr.-conit.  moie,  gerbier, 
de  meta  (v.  maye),  av.  la  prononciat.  de 
oi  en  ouè  (42  3*»).  Ge  son  è  a  été  confondu 
av.  le  suff.  e^  qui  appartient  aux  noms 
masc,  et  c'est  ainsi  qu'on  a  vu  dans  le 
mot  un  masc.  et  un  dim.  de  moie.  De  là 
à  considérer  le  moiiet  non  plus  comme 
un  gerbier,  mais  comme  un  monceau 
quelconque,  il  n'y  avait  qu'un  pas. 

*  MOULO  (moulo)  s.  m.  dans  l'express. 
In  moîtlo  de  bois,  mesure  de  bois  de 
chauffage  «  qui  avait4piedsen  tous  sens.  » 
(Coch.;  —  A  Lyon  du  bois  de  moule,  du 
bois  de  chauffnge  rond,  propre  à  être 
mesuré  au  moule.  Aujourd'hui  on  tend  à 
confondre  le  moule  et  le  stère. 

De    mod(ii)him  =  modle  =  fr.  molle 


Digitized  by 


Google 


270 


MOUL 


par   assimilât,   de  d  k  l,  et   moulo  par 
infl.  de    l  (v.  moulô  vb.) 
*  MOULO  (moulô);  à  Lyon  mouler  w  a. 

—  Lâcher  doucement.  fail)lir.  —  «  Moult 
la  t)î ai llet te  !  Wisnez  aller  doucement  la 
corde  !  »  A  Lyon  :  «  Souffres-tu  toujours 
beaucoup?  —  Ça  moule  un  petit  peu  », 
cela  faiblit.  «  Lo  prix  du  vin  a  moula,  le 
prix  du  vin  a  faibli.  »  (Coch.)  Mouler  en 
douceur,  lâcher  très  doucem.  Vénit.  mo- 
larffhe.céôev;  mo/^rtf,  s'adoucir  en  par- 
lant du  froid  ;  pays  de  Bray  mollir, 
baisser  de  prix. 

0  nein  demnre  qui  i  la  Terita  capoiine  ; 

1  môle  la  Tuéiion,  ton  coragi  Tëtonne. 

«  Gela  en  demeure  là  :  Thérèse  a  peur  ; 

—  Elle  lâche  ïoinon  dont  le  courage 
rétonne.  »  (Gorl.) 

De  mollem,  av.  sjiflT.  roman  d,  d'are 
(14  3');  vocalisât,  de  /,  comme  dans 
fr.  mou,  de  mol, 

MOUNA  (mouna)*  MONINA  (monina) 
MOUNINA  s.  f.  It.  mon7ia,  esp.,  port. 
mono:  vfr.  mounine  —  \.  Guenon.  «  Ou 
dit  d'une  femme  grimacière;  e  ypt  una 
mounina.  •  (Coch.)  Ss.-rom.  monnon, 
fille  sotte,  maussade,  de  mauvaise  grâce. 
%  Mouna,  femme,  av.  sens  péj.  Je  crois 
que  mouna  doit  se  traduire  par  femme 
dans  les  vers  suivants  de  Roquille  : 

Onlc,  (Iciiis  rancien  Uonii,  â  Iravàrs  le  sipouneB^ 

Copa  féiié  dansi  ton  quarteron  de  mounes. 

«  Où,  dans  l'ancien  temps,  parmi  les 
violettes,  —  Gopat  faisait  danser  se? 
quelques  vingt-cinq  femmes.  »  {Mèn),  11 
doit  s'ngir  ici  d'un  bal  public. 

3.  Mounina,  petite  fille,  av.  sens  un  peu 
pèj.  Vin  don  iqui,  mounina  !  viens  donc 
ici,  petite  gamine. 

Les  sens  2.  et  3.  appuient  l'étym.  de 
Diez  madontta  (niea  domina),  d'où  ma- 
(donna  monna  mouna,  ei  nio?iina  par 
l'adjoncl.  du  suff.  ina.  L'explical.  donnée 
par  D'wA,  que  ce  serait  une  flatterie  à 
l'adresse  de  la  guen<m,  est  peu  vraisem- 
blable ;  je  crois  bien  plutôt  que  c'est  une 
raillerie  à  l'adresse  de  la  femme  Gp.  fr. 
popiil.  gwnon,  prostituée,  qui  n'est  pas 
une  flatterie  à  l'adresse  de  la  guenon. 
Ij'il.  monello,  gamin  turl)ulent,  a  la  même 
orig.,  de  monnn,  guenon,  d'où  "nionello^ 
liltèr.  petit  singe. 

Ai:ai   sa  mounina^  être  gris.  Express. 


qui  nous  vient  du  pr.  avé  sa  mounine. 
On  dit  aussi  en  pr.  até  sa  m,ounzo, 
L'orig.  de  mounzo  parait  être  moutijf 
«  moine  i»,  à  cause  des  vieillfts  railleries 
sur  l'ivresse  des  moines:  liltér.  «  avoirson 
moine  ».  L'orig.  de  mounine  parait  être 
ici  mouine,  qui  signifie  aussi  «  moine  »», 
corrompu  sous  l'infl.  de  mounina,  guenon. 
Legenev.  a  syncopé  l'express,  et  dit.  avoir 
sa  nina,  L'explicat.  de  Sauvages,  que 
l'exprtss.  Igd.  prène  la  m^uninoy  s'eni» 
vrer,  viendrait  de  ce  que  «  cet  animal  (le 
singe)  s'enivre  et  aime  la  soupe  au  vin  », 
celte  explical.,  dis-je,  est  absolum.  fantas- 
tique. 

MOUNÉRI  (mounéri)  s.  f.  —  Roue   mé- 
canique, tour. 
PAs  i>Iu^  flar  que  Pouf  ri  qu'occupe  ina  mounéri. 

«  Pas  plus  fier  que  l'ouvrier  qui  tra- 
vaille à  un  tour.  »  {Roq.) 

T)emo{l)inVLria.  Vocalisât,  de  /(173  2»). 
Eri  {pour  airi)  est  le  fém.  du  suff.  airo 
(13). 

MOUNICHI  (mounichi)  ;  à  Lyon  moM- 
nichf  A.  f.  —  «  Pu))es  feminea.  »  Dpli. 
monon,  puienda  muliehria. 

De  mouna,  femme,  av.  suff.  iche^  par 
analog.  av.  barbiche, 

MOUNINA  V.  mouna. 

MOUO    (moud)   MUO    (muô)    s.  f,    — 
Violente  averse;  averse  de  grêle. 
La  mouô  raisseye, 
LViiiiig  croasseyr. 

«  L'averse  fait  des  raies  [dans  l'air],  — 
De  l'étang  s'élèvent  des  croassements.  » 
(La  Grêla,  de  G  ut  t.) 

De  motdita.  Chute  de  t  prot.  (135); 
d'où  moa,  moiia,  et  mouô  par  ch.  de  a 
ton.  en  o  (1). 

MOU  RI  N  A  (mourina)  s.  f.  —  Poussière 
de  charbon,  résidu  ;  .se  dit  surtout  des 
balayures  d'une  forge. 

De  m^Kurum  «  qui  est  de  couleur 
noire  »,  plus  suff.  ina.  Gh.  de  au  en  ou 
(75). 

MOURRE  (moure)  s.  m.  —  A  Gi-ap. 
dans  l'express.  Fére  lo  mourre,  faire  la 
moue,  bouder. 

Forme  de  In.  morre  (v.  ce  mot)  ;  litté- 
ralem.  «  faire  le  mu.seau  ».  Est-ce  l'infl. 
de  r  qui  a  changé  o  en  ou  (cp.  34,  rem.  1) 
dans  qq.  endroits? 

MOUTET  V.  motlrl. 


Digitized  by 


Google 


MOUT 


^71 


*MOUTO  (moiilô)  s.  f.  dans  les  express. 
ina  monta  (Vhulo,  ina  moutô  de  vin,  une 
pressée  d'huile,  une  pressée  de  vin. 

Formé  par  analog.  sur  le  part,  moutii 
montua  (v.  ces  mots),  de  moudre,  av. 
substitut,  du  suff.  «,  d'ai«,  passé  à  (5(1). 
Rarem.  usité  ;  on  dit  plutôt  ina  trollia, 

MOUTU,  UA  (moutu,  ua)  adj.  part.  — 
Moulu,  ue. 

Le  fr.  moulu  a  élé  formé  à  un  moment 
où  Ton  avait  moî-dre,  d'où  mo-lu.  Le  pat. 
a  fait  de  moud-re,  moud-u,  puis  moulu, 
par  analog.  av.  fr.  mouture  pour  molture. 

MOUVANT  (mouvan)  s.  m.  —  Jeune 
moineau  qui  sort  du  nid. 

Probablem.  de  fr.  mouvoir,  av.  suff. 
partie,  aiit.  Mouvant^  qui  commence  à  se 
mouvoir.  Cp.  poit.  mouvette^  oiseau  qui 
sert  d'appeau.  Au  fig.  enfant  sautillant. 

MOYA  (mô-ya)  ;  à  Lyon  wvi^e  (mô- ye) 
s.  f,  —  Tourbillon  d'eau.  «  La  moye  de  la 
Morl-qui-lrompe  »,  endroit  jadis  très  dan- 
gereux près  du  Pont  de-Pierre. 
1  jette  (ieilaiis  la  moye 
Le  cori>s  ilu  liéfuntqiii  iioye  (Et.  Blanc). 

De  m6l(i.  Chute  de  l  (147  4»);  d'où  mo-a 
et  insert,  de  y  pour  rompre  l'hiatus  (cp.  17). 
A  l'appui  de  l'etym.cp.  fr.  remous,  remole, 
de  liwlere. 

MOYTENT  V.  mitan. 

MOZOTTI  V.  mo7isoHl, 

•  MUGUETTO  (mughètô)  v.  a.  — 
€  Kpier.  »  (Goch.)  —  Je  ne  connais  le  mot 
que  par  Coch. 

Peut-être  de  muguet,  S[e\xr  :  mugueter, 
flairer  le  muguet  ;  et  par  exlens.  flairer 
en  général,  puis  flairer  au  fig.  Cp.  fleurer, 
formé,  ou  au  moins  déformé,  sous  l'idée 
de  sentir  une  fleur.  Quant  à  la  connex. 
entre  l'idée  de  flairer  et  celle  d'épier,  elle 
est  répandue  (cp.  arm.  musa,  flairer  et 
opier),  mais  de  plus  ici  elle  a  dû  être  favo- 
risée par  l'infl.  de  guetter. 

*  MULES  (mule)  s.  f.  pi.  —  Coch.  le 
traduit  par  engelures  et  Cotgrave  par 
kibes',  gerçures,  mais  en  réalité  il  signifie 
exclusivem.  engelures  aux  talons,  et 
Nicotdit:  «Une  mule  aux  talons,  P<?r/iio.» 
Le  Igd.  mulos,  cité  par  Goch.  av.  le  sens 
d'engelures,  a  en  réalité  celui  d'engelures 
aux  talons. 

De  mules,  pantoufles  ;  les  engelures 
aux  talons  étant  considérées  ironiquem. 
comme   faisant   l'office  de  pantoufles;  ou 


bien,  suiv.  Littré,  de  la  couleur  rouge  des 
mules.  Scheler  propose  le  vx  flam.  muyl, 
même  sens,  en  le  tirant  de  muyl,  bouche. 
Mais  la  restrict,  du  sens  aux  seules  enge- 
lures des  talons  paraît  exclure  cette  étym., 
et  il  est  à  croire  que  le  vx  flam.  muyl 
«  mule»  est  identique  au  wal.  meule elRU 
fr.  mule.  Quant  à  m,uyl,  bouche,  c'est  le 
mha.mîi/,  ail.  m>aule,  (\m  n'a  donné  le 
sens  de  gerçure  en  aucun  dial.  germ.,  pas 
plus  que   bucca  ne  l'a  donné  en  roman. 

MUO  V.  mou^j. 

MURI  (murl)  V.  n.— Mourir:  Toisoffri 
datant  que  murl,  tout  souffrir  plutôt 
que  mourir,.  «  Nos  ne  venons  u  mondo 
que  per  mûri  ;  n'o  n'entrans  en  charge 
(juo  per  en  sorti.  »  (Disc,  de  l'échevin 
Denis  à  sa  sortie  de  charge.) 
Et  quand  faudra  mûri 
Noz  iran  tou  deJen  lu  Païadi.  {Noël  xviii*s  ) 

De  '  morïre  ;  o  bref  ^=  à  ;  on  devrait 
donc  avoir  mori.  L'irrèg.  tient  peut-être 
à  ce  que  l'infinit.  aura  été  refait  sur  le  prés, 
de  l'indic.  du  vfr.  je  muir  (?)  :  d'où  muiri 
réduit  à  7HU>*i,  comme  adduire  s'est  réduit 
à  addure. 

MUSSE  (musse)  à  Crap.  ;  ap.  Coch. 
MUSSET  (musse)  Piç.  mouser,  poit.  mos- 
ser  s.  m.  —  Boudeur.  Rch.  faire  V mousse^ 
bouder.  Vaud.  mussa,  penser,  réfléchir 
(ap.  Coch.);  ss.-rom.  maus  ma  usa,  ikchê, 
marri,  chagrin  ;  poit.  mosser,  en  parlant 
des  animaux,  se  dit  de  l'animal  malade 
qui  se  retire  dans  un  coin. 

Peut-être  de  mussAre,  parler  entre  ses 
dents,  murmurer,  d'où  un  v.  'mussô 
'iiiussl  (qui  a  certainem.  existé)  et  un 
subst.  V.  musse,  devenu  mus^et,  par 
l'adjonct.  du  suff.  et.  Toutefois  il  faut 
admettre  une  dérivât,  de  sens,  le  boudeur 
étant  essentiellem.  silencieux,  et  non 
murmurant.  Pour  la  forme,  u  étant  entr., 
on  devrait  9i^o\v  mosse.  Mais  o  a  pu  passer 
à  ou  sous  infl.  de  ss  (cp.  41)  et  de  là  a  u. 
Le  poit  masser  appuie  du  reste  l'étym. 
mussare.  J'ai  bien  songé  à  un  v.  formé 
sur  vfr.  mus,  muet,  de  mntus,  qui 
cadrerait  mieux  av.  le  sens,  mais  la 
format,  ne  serait  possible  qu'av.  un  fém. 
musse,  tandis  que  l'on  a  mwe, qui  entraî- 
nerait nécessairem.  les  dér. 

N.  d'homme,  Musset. 

*  MUSSET  V.  7)iusse. 


Digitized  by 


Google 


2T2 


N 


N 


NAGU  (nagu)  s.  m.  —  A  Lyon  Sur- 
nom donné  aux  bouchers.  Vieilli. 

Du  juron  naidiu  (v.  ce  mot),  jadis 
particulier  aux  boucliers.  Sur  le  passage 
de  diu  à  gu  cp.  mon  Gtiieu^  usité  à  Lyon 
pour  mon  Dieu,  Le  passage  de  a/ à  a  est 
plus  rare,  mais  à  Villefr.  il  est  oonstanl  : 
in'''Jon  pour  maison,  etc. 

NAI  V.  ne  subst. 

NAI  V.  nêAâ']. 

NAIDIU  NAIGU  vin.  exclamât.  —  Ju- 
ron qui  dans  les  textes  du  xvji«  et  du 
xvin«  s.  est  principalem.  usité  chez  les 
ln)uchers.  Dans  Lyon  burl,  toutes  les 
phrases  des  bouchers  commencent  par 
71  ai  (l  in. 

Naidiu,  j'aii  un  cnraiil  «le  douz»;  ans; 
Il  vaut  m»i  que  non  pas  deu  s'Iiomo. 
{Lyon  b.J 
Sou,  n'ay  Diu  !  tomba  mclù. 

c  Allons,  naidiu!  renverse-le.  »  {Xoel 
il2S.) 

Con tract,  de  nus  aist  Dieu^  «  Dieu 
nous  garde  t  »  Cp.  vfr.  ynadia,  corrupl. 
de  m*aist  Dieus,  et  vosg.  smaidèe,  de  se 
m*aide-Dieu! {\la\\\2A\[).  C'est  par  erreur 
que  cet  auteur  indique  l'expre.ss.  maidiu 
«  certes  »  comme  lyonn.  C'est  évidemm. 
naidiu,  d'ailleurs  depuis  longtemps  inu- 
sité. 

Naidiu  est  devenu  naigu,  la  dentale 
devant  l'en  hiatus  tendant  à  passer  à  g 
(V.  nagu)  : 

Naigu^  compare,  Tin-tu  don  CNofl  xviir  s  ). 

Cp.  aussi  guiablo  pour  Diable  : 
Lo  0uiab)o  eateodil  la  fêla. 

«  Le  Diable  entendit  la  fête.  »  {Noël  de    | 
Jean  Capon)  I 

Le  Igd.  a  maidi,  même  sens,  qui  est  le 
vfr.  m* aist  Diu.  i 

NAIGU  v.  naidiu.  I 

NAISER  (SE)  (se  nézé)  v.  pron.  —  A 
Lyon.  Se  moisir.  Sur  la  format,  v.   nési.      [ 


NAISSU,  UA  (naïssu,  ua  dissyll.)  adj. 
~  Né.  In  notiau  naissu^  un  nouveau- 
né. 

Adj.  part,  de  naître,  formé  av.  la  ter- 
min.  u  par  analog.  av.  les  v.  de  la  8* 
conj.  fr.,  comme  cressu^  de  rreitre  ;  co- 
gyiHssu,  de  cognntro.  Naître^  creitre, 
cognutre  ont  certainem.  été  nais-tre, 
cre'is-tre  cognus-ire  :  c*esi  ce  rad.  nais 
etc.  qui  a  servi  à  la  format,  du  partie. 
De  même  on  a  prometu  de  proméf-re. 

*NAIZIA  V.  nési. 

NAMBOT  (nanhô)  s.  m. —Petit  homme. 

C'est  le  vfr.  nambot  nimbot^m^mQ  sens, 
auquel  Diez  donne  pour  étym.,  mais  av. 
le  signe  du  doute,  le  nord,  nabi,  nœud, 
masse  noueuse.  M.  Joret  a  démontré 
l'exactitude  de  l'étym.  M.  Fleury  propose 
nanus,  av.  sufî.  bot,  mais  le  suff.  bot 
n'existe  pas.  Dans  chabot  «  sabot  »,  chi- 
bot  «  oignon  »,  equerbot  «  escarbot  »,  cité.s 
par  M.  F.,  le  b  appartient  au  thème,  et 
le  suflf.  est  simplem.  ot. 

NAR  (nar)  .s.  f .  —  A  Villefr.  Nuit. 

Do  (nigra),  probablem.  par  l'intermé- 
diaire de  fr.  noir,  A  Villefr.  oi  passe  fa- 
cilem.  à  a. 

NARILLI  Cnarilhi)  s.  f.  —  Naseau. 
Vfr.  narilles,  narine. 

De  7iari('ula,  Ch.  de  icula  en  t7Aï  (164 
'2\  b). 

NARRA  (nara)  vin.  s.  f.  —  Nez. 
Tel  le  prendra  pcr  en(jouniy, 
Qu'alo  Diablou  à  la  narra... 

«  Tel  te  prendra  pour  un  engourdi,  — 
Qui  a  le  Diable  au  nez.  »  (Bern.) 

Est  pris  pour  mine  dans  le  vers  suiv. 
Encore  qui  Tan  mauvaibi  narra. 

«  Quoiqu'ils  aient  mauvaise  mine.  » 
[Id.) 

De  narem,  av.  a  fin.  de  la  déclinais, 
fêm.  On  a  certainem.  eu  d'abord  nm-e,  e 
lat.  post-ton  étant  représenté  par  e  dan-s 
le  vin. 


Digitized  by 


Google 


NARZ 


273 


NARZÈYI  (naraè-yi)  à  Morn;  à  Gmp. 
NÉAYI  (néa-yf)  NAYAYI  Cna-ya-yl)  y.  a. 

—  Noircir. 

De  ne  nêï,  noir,  av.  suff.  des  v.  in- 
choatifs  dans  la  forme  de  Morn.  (cp. 
rfur-c-tr).  Le  mot  a  été  composé  quand  r 
fin.  de  nigr(um)  se  prononçait  encore. 
Le  passage  de  é  i  ni  t.  à  a  a  eu  lieu  sous 
infl.  de  r  (66).  La  forme  Me'ayt  a  été 
composée  lorsque  r  ne  se  prononçait  plus, 
et  en  ajout,  le  suff.  fréq.  ayi;  puis  on  a 
introduit  un  yotte  pour  rompre. Thiatus 
éa;  d*où  la  forme  néyayl  nayayl, 

NAUCHIER  vin.  s.  m.  Vpr.  nauchiev. 

—  Marinier.  1472  :  «  A  Pierre  Sappey, 
itauchier,  pour  le  navigage  de  la  dite 
pierre  10  1.  10  s.  »(Arch.  m.) 

De  naut{i)CB,rius,  qu'on  rencontre  dans 
les  inscriptions  (Foersler;.  Gh.  de  r  on  ch 
(161  G"). 

NAVÉE  vin.  s.  f.   —  Un  plein    bateau. 

—  1474  :  €  A  Jehan  Durand,  demeurant 
aux  Deux  Amants,  pour  deux  navées  de 
pierre  milliasse...  »  ("Arcb.  m.)  —  Norm. 
navée,  charge  d'un  bateau  qui  transporto 
de  la  langue. 

De  nsLvenu  av.  suff.  d'oïl  ée,  d'ata. 

*  NAVET  s.  m.  —  «  Ouvrier  en  soye. 

.\insi   nommé   parce  qu'il   se  sert  de  la 

navette.  Terme  de  mépris.  »  ((^ocb.) 

Quand  celo  puvre  nacet 

N'ao  gin  de  liars  au  g.issel.  (Chans, 

[de  Hevér.  178») 

Depuis  Goch.,  cette  appellat.  s'est  com- 
plètem.  perdue.  On  appelle  les  canuts  des 
navets.  Je  crois  que  Texplicat.  donnée  par 
Coch.  du  mot  navet  est  juste. 

NAVETAN  v.  sons  7iavey. 

NAVEY  vin.  s.  m.  Vfr.  7iavoy  —  Ba- 
teau. NAVETAN  vin.  s.  m.  —  Marinier, 
patron  de  bateaux.  1864-1365:  t  Audit 
Porcheron,  naveian,.,  pour  imnavey  que 
l'on  acz  achita  de  luy  por  fere  un  corsier 
por  lo  common...  »,  au  dit  Porcheron, 
marinier...  pour  un  bateau  qu'on  lui  a 
acheté  pour  servir  de  bateau  de  course 
pour  la  commune  (Inv.  de  la  C.) 

De  'navensis,  de  navem,  Ensis  =  oi 
en  fr.  et  ei  en  In.  Navelan  est  formé  sur 
navey,  av.  suff.  ant,  d'eniem,  relié  par  l, 

NAYAYI  V.  narjsèyl. 

NAYER  (na-yé)v.  a.  Xfr.  naiernayer, 
vx  for.  ueyvnr  —  A  Villefr.  dans  l'express. 
7inyev  un    tonneau,    boucher  les  inters- 


tices des  douelles  av.  de  Tétoupe.  Vfr, 
naie,  étoupe,  charpie.  «  Puis  reclost  l'en 
la  porte  (de  la  nef)  et  l'en  boucha  l'en 
bien,  aussi  comme  l'on  naye  un  tonnel.  » 
(Joinville)  —  Je  crois  que  M.  d'Aiguë- 
parse,  qui  habitait  le  Beaujolais,  a  le 
premier  donné  l'interprétât,  exacta  de 
nayer  dans  ce  texte.  —  Vfr.  naie, 
étoupe  pour  calfater  les  navires  ;  wal. 
naie,  petite  plaque  de  fer  qui  sert  à  re- 
couvrir la  mousse  ou  l'étoupe  que  l'on 
a  introduite  dans  les  joints  d'un  tonneau; 
champ,  naye,  bande  de  linge  roulée  au- 
tour du  jable  des  vieux  tonneaux;  Guer- 
nesey  neie,  chiffon  de  linge  pour  nettoyer 
le  four. 

NAIE,  chiffon  dé  linge  pour  nettoyer  le 
four. 

Étym.  inconn.  —  Du  G.  tire  naie, 
étoupe,  du  b.  lat.  nageum  nugium  «  pal- 
lium  tenue  »  dans  Papias;  d'où,  peul- 
étre,  dit-il,  c  naie,  charpie  ».  Le  sens  de 
«  petit  manteau  i>  à  c  charpie  »  parait  ai)- 
.solument  forcé.  Il  en  est  de  môme  do 
rétym.  de  naie,  petite  plaque  de  fer 
pour  recouvrir  Tetoupe,  que  Grandg.  tire 
dubitativem.  de  ail.  nageU  clou,  qui 
d'ailleurs  ne  se  prête  pas  comme  forme 
(cp.  fragilem  =  fraiie).  M.  de  Ghambure. 
s'appuyantsur  une  hypoth.de  Scheler,  qui 
est  disposé  à  voir  dans  étouffer  un  dér. 
d'étoupe,  pense  que  le  mot  fiaier  pour- 
rait être  en  relation  av.  il.  annegare, 
noyer,  étouffer,  et  par  conséquent  venir 
de  necare.  Mais  on  retrouverait  le  sens 
de  calfeutrer  dans  des  dialectes  it.  De 
plus  on  peut  comprendre  à  la  rigueur 
qix'étouffer  ait  été  tiré  d*étoupe,  mais 
non  étoupe  d'étouffer. 

Je  préférerais  le  tirer  du  pr.  naia, 
rouir  le  chanvre,  qui  est  naisia  (v.  neisi), 
av.  chute  de*  devant  m  (cp.  ecclesia^ 
vpr.  gleya).  De  naia,  rouir,  aurait  été 
tiré  naie,  chanvre  roui,  et  par  e.xtens. 
filasse  de  chanvre,  chiffons  pour  calfeu- 
trer. 11  serait  toutefois  surprenant  que, 
dans  ce  cas,  le  pr.,  qui  a  conservé  7iaia 
vb.  ;  ?iaiagit  action  de  rouir,  n'eût  pas 
conservé  naie,  étoupe. 

NAYERET  (na-yeré)  s.  m.  Ss.-rom. 
neihie-c^jein,  Genève  noie-chrétien.  — 
Petit  bateau  fort  dangereux  dans  lequel 
il  na  peut  tenir  qu'une  seule  personne. 

De  nayer,  à  Lyon  noyer,  av.  suff.  et. 

32 


Digitized  by 


Google 


274 


naVi 


NAYI  (na-yl)  v.  a.  —  A  Morn.  Mettre 
tremper  un  récipient  dans  un  récipient 
plus  grand  rempli  d*eau,  afin  de  faire 
gonfler  les  joints  du  premier  et  de  le 
rendre  étanche. 

Sur  rélym.  v.  nayer.  La  dérivât,  de 
sens  s'explique  par  Tinfl.  de  wéyî,  noyer. 
On  noie  le  récipient  pour  le  rendre 
étanche. 

NAZARETH  (nazarèt)  ;  à  Lyon  dans  la 
locut.  Faire  le  vin  de  Na:areth,  rejeter 
par  le  nez  une  partie  du  liquide  qu*on  a 
avalé  de  travers. 

Jeu  de  mots  sur  nas,  nez,  en  vin.  Les 
dér.  de  na^  ont  tous  *  douce  (cp.  nasilli). 
Il  est  fort  bizarre  que  le  mot  se  retrouve 
en  Béarn  :  Na  (faire)  nazarety  même 
sens. 

NAZILLY(nazilhf)  vin.  v.  a.  —  Regar- 
der qqu*un  sous  le  nez.  Lgd.  nasilhaire^ 
curieux,  impertinent. 

Si  me  Tiii  gueron  nazilli^ 

le  l'y  bàrty  cent  cou  de  p«>in,  de  pi,  de  lesta. 

<  S'il  me  vient  tant  soit  peu  regarder 
sous  le  nez,  —  Je  lui  donnerai  cent  coups 
de  pied,  de  poing,  de  tôte.  »  (Bern.) 

De  vId.  nos,  nez,  aujourd'hui  n6(s),  de 
nasuniy  av.  auff.  fréq.  ilhi.  Gela  répond, 
comme  forme,  au  fr.  nasiller,  singulier em. 
détourné  de  son  sens.  Sur  le  sens  cp.  vfr. 
gens  de  ne  s  y  moqueurs  :  faire  un  nez 
de  rire  à,  insulter,  et  enfin,  faire  un  pied 
de  nés, 

NÉv.  ne  adj. 

NÉ  (nô)  NAI  *NEI  (un  peu  moins  fermé 
que  né)  s.  f.  —  Neige. 

De  nivem  (18  l**). 

NE  (né  très  ouvert)  ;  à  Morn.  NAI  (naï); 
NE.  fém.  NÈRI  (néri)  adj.  Eure  nai.  — 
Noir. 

Fais  jilo  lex  avenue, 
Lo  fromiiil,  le  priorais. 
Coflù  los  moriiains  nau. 

«  Fais  fructifier  les  avoines,  —  Le 
froment,  les  prairies,  —  Gonfler  les  rai- 
sins noirs.  »  {Prière) 

De  nig(rum)  (18  2»).  La  flexion  fém. 
I  est  appelée  par  la  gutt.  Je  ne  sais  pas 
expliquer  le  passage  de  et  à  aï  dans  la 
forme  naï. 

NÉAYI  V.  narzéyi. 

NÊBLE  (nèble)  adj.  des  2  g.  —  A  Vil- 
hfr.  Brumeux,  néimleux,  obscur.  Y  è 
nèble,  il  fa  il  nuit.  Cela  rhombra  è  nèble  ^ 


cette   chambre   est  sombre  ;  alp.   nehlo, 
])rouillard. 

De  *  neb(H)lum  pour  nebulosum.  On  a 
dû  avoir  nièble  passé  à  nèble. 

NEGUN,  UNA  (neghan,  ana)  à  Morn; 
à  Paniss.  NUGUEN  (nughin);  à  Crap. 
NIGUEN  (nighin)  ;  ap,  Goch.  NIUN 
(niun  monosyl.);  vin.  NION  NIQON 
pron.  indéf.  Vfr.  negun  nigun,  br.  nion 
—  Personne,  aucun.  Neguna  maniri,  à 
Morn.  Nullement,-  en. aucune  sorte.  —  Vers 
1340  :  t  Item,  se  nion  ci  tiens  vent  à  peys 
ou  a  mesura  qui  ne  seit  leaux  »,  item,  si 
quelque  citoyen  vend  à  poids  ou  à  mesure 
qui  ne  soient  loyaux  [Droit  de  pesage,  ap. 
Philipon). 

E  ne  fau  plus  nigon  flata 

«  Et  il  ne  faut  plus  flatter  personne.  » 
(Cherauch.  de  VA.). 

I  paréchan  Iro  miseroblo. 
iViouuelOtt  V4!Ci  abarzi. 

«  Ils  paraissaient  trop  misérables,  — 
Personne  ne  lesvoulut  loger.  »  {Noëls  br.) 

De  nec-nnum  (v.  dengun).  M.  Chaba- 
neau,  avant  nous,  avait  donné  cette  étym. 
Dans  la  forme  wim;i,  chute  de  c  devenu 
méd.  (139). 

NEI  V.  né  subst. 

NÉÏSI  V.  nési, 

NENTILLES  s'emploie  asi^ez  souvent  à 
Lyon  pour  lentilles.  Ce  ch.  de  /  init.  en 
n  est  à  noter.  Cp.  dph.  nisette  pour  li- 
sette  (V.  liette). 

NÈPI  (nèpl)  s.  m.  —  Néflier. 

De  nèpio,  av.  sufl*.  ariii^  (13),  qui  s'ap- 
plique communém.  aux  noms  d'arbres. 

NÈPI  A  (nèpia);  à  Crap.  NÉPLA  (népla^ 
s.  f.  Pr.  nespo,  Morvan  nêpè,  Var  gnâs- 
po,  rcb.  nèpe,  messin  nép^  wal.  de  Mons 
népia  —  Nèfle. 

Les  dial.  rapprochés  plus  haut,  aussi 
bien  que  le  In.,  reportent  k  un  simple 
*mespiui\,  dont  mespilum  est  un  dérivé. 
Cil.  de  m  init.  en  n  (104);  chute  de  s 
(166  S-*).  On  Q.  nêpo.  L'insert.  de  yotte 
se  produit  assez  fréquemm.  après  une 
labiale,  ou  pour  parler  plus  exactem .  la 
labiale  se  mouille  (v.  embiorse  sous  em- 
baissi,  embierna).  D'où  nèpio,  et  nèpia, 
ia  plupart  des  noms  de  fruits  étant  fém. 
Mais  nèpia  ne  vient  pas  de  mespilum, 
car  le  groupe  pi  ne  devient  jamais  pt, 
comme  en  il. 


Digitized  by 


Google 


NEPL 


275 


Quant  à  népla,  c'est  mesp(i)lum,  av. 
passage  à  la  déclinaison  féin- 

NÉPLA  V.  nèpia. 

NÉRI  (néri)8.  f.  —  1.  A  Yzer.,  Morn., 
Paniss   etc.  —  Bouteille. 

Non  de  nigra,  qui  aurait  donné  nègra, 
mais  de  né(r)  (18,  rem.  2>,  de  nigrum, 
av.  post-ton.  f  (pour  marquer  Iç  fém.), 
niolivée  par  le  groupe  ir  (54  4v.  On  a 
eu  en  effet  neïr  neir  nér  né  n  noir  ».  Le 
mol  a  été  tiré  de  la  couleur  de  la  bouteille. 

2.  Paresse.  Avé  la  néri,  être  paresseux 
(cp.  à  Lyon  avoir  la  cagne). 
Crèdc,  menot,  qae  l'ourt  de  peréri 
Deins  quou  pays  ne  se  f«t  pos  de  néri. 

«  Croyez,  camarades,  que  le  travail  des 
mines  —  Dans  ce  pays  ne  se  fait  pas  avec 
la  paresse.  »  (Per,) 

Te  \é  que  irai  |»oi  trop  la  wri,     , 
Surtout  quand  j*ai  vouedii  ma  tiéri. 

«  Tu  vois  que  je  ne  suis  pas  fainéante, 
—  Surtout  quand  j'ai  vidé  ma  bouteille.  » 
(  Due  Bih,)  Ici  néri  est  pris  tour  à  tour 
dans  les  2  sens. 

De  néri,  bouteille,  parce  que  la  paresse 
et  l'amour  de  la  bouteille  ne  vont  jamais 
cbez  nous  l'un  sans  l'autre. 

NERIA  (néria  dissyl.)  s.  f.  —  A  Villefr. 
Nichée. 

De  nidum^  mais  format,  très  obscurç. 
Je  suppose  que  néria  a  dû  être  fait  sur 
un  type  '  niar(d)  (v.  niarcotô),  au  sens 
d'ois?auau  nid  (v./7mau),av.  suff.  accentué 
ta  par  analog.  av.  les  noms  coll.  répondant 
à  ée  fr.,  tels  que  hrasitia  etc.  (1,  rem.  3). 
D'où  niaria,  passé  à  n^iapar  dissimilat. 
Je  reconnais  que  cette  format,  est  fort 
problématique,  mais  je  ne  vois  rien  de 
mieux  à  proposer.  —  Dans  le  Lyonn. 
propre  on  dit  nichia. 

*NERTA  (néria)  s.  t.  Vfr.  nerte,  pr. 
nerto  —  Myrte. 

De  myrta  pour  myrtum.  Gh.  de  m  en 
«(104)  ;  y  donne  u.  On  a  eu  certainem. 
nurta  (cp.  vfr.  mûrie)  passé  à  neurta 
nerta,  sous  une  infl.  que  je  ne  sais  pas 
expliquer. 

NÉSI  (nézt);  à  Morn.  NÉtSI  (néîzl)  ; 
ap.  Coch.  NAtZIA  v.  a.  Vfr.  naiser,  pr. 
naia  neisa,  dph.  naisa,  vpr.  naisar  (ap. 
Mistral),  piém*  naivè,  alp.  7iaijar,  m.  lat. 
nasare  —  Faire  rouir  le  chanvre.  M.  lat. 
neisius^  c  locus  in  Jluvio,  vel  aquarum 
receptus,  ubi  cannabis  macei-atur  »  ;  vx 


Igd.  nais,  vfr.  nées  neette,  dph.  nai  nei, 
Morv.  naijou,  même  sens.  A  Lyon  se 
naisery  moisir. 

De  ntLffa,  qu'on  trouve  au  xii*  s.  pour 
nassa  «  gurges  »  (v.  gor)y  c*est-à-d.  un 
lieu  fermé  dans  une  rivière  pour  prendre 
du  poisson,  et  par  analog.  pour  rouir  le 
chanvre.  Nassa  c  gurges  »  est  le  même, 
av.  dérivât,  de  sens,  que  la.i.  nassa^  engin 
k  prendre  du  poisson.  Sur  naxa  seformè 
un  *9iaxiare  nacsiare  nacliare  =  naisi 
par  ch.  de  ac  en  ai  (61)  et  de  tiare 
en  si  (138).  On  a  naisi^  passé  à  nési  (cp. 
10).  Le  neuchàtel.  nazi,  mouillé,  n'est  pas 
notre  mot,  et  se  rapporte  probablem.  k 
ail.  nass,  pe\i\-êlve  à  rapprocher  devorto;, 
humide,  qui  mouille.  Il  se  peut  d'ailleurs 
que  lat.  nassa  se  rattache  à  la  môme  ra- 
cine indo-européenne,  sanscr.  sntif  couler. 

NIA  V.  gniô. 

*NIAFRA  (nhàfra)  s.  f.  En  Fr.  Ln. 
lAFRO  (iafro)  s.  m.  Vfr.  navre,  notin. 
nafre,  dph.  nafra  —  Coup,  blesstire, 
»pécialem.  balafre;  à  Morn.  NOFRA 
(nôfra^.  —  Blessure  béante.  Lim.  nafro, 
longue  et  large  blessure;  sarde  na/Va, 
tache;  poit.  nafrer,  égratigner;  ss.-rom. 
nafra,  froisser,  blesser;  pr.  nafra  gnafra, 
blesser,  balafrer  ;  gage,  naffrar,  meurtrir, 
blesser. 

Orig.  germ.  —  Vha  narvoa  narvae,  ail. 
narbe,  cicatrice  ;  dan.  narVy  suéd.  narf, 
côté  du  cuir  qui  est  tourné  vers  la  chair 
(G.  Paris).  Narf  passe  à  nafr  par  mé- 
tath.  de  r  (187  !•)  et  à  nôfra  par  ch.  de 
a  en  d  (1).  La  forme  niafra,  bien  lyonn., 
offre  une  insert,  de  yotte  probablem-  par 
analog.  av.  beaucoup  de  mots  à  nia  ou 
nha  init.  (cp.  gniarra,  niau).  Quanta 
iafro,  c'est  évidemm.  le  mêitie  mot,  av. 
aphér.  de  n.  Cette  confus,  a  pu  se  pro- 
duire par  l'emploi  de  l'adj.  numér.  un  : 
tui  niafro,  un-n-iafro,  dPti(x)  iafros, 

NIARCOTI  (gnarkotl;  s.  m.  —  A  Villefr. 
Niais,  benêt. 

De  ln.  niarcotô^  av,  suff.  t,  d*i/«ts, 
comme  dans  vfr.  allouvi,  et  répondant  kit 
de  fr.  bandit,  conscrit, 

NIARCOTO  (gnarkolô)  v.  n.  -  A  Vil- 
lefr. Niaiser. 

De  même  que  fr.  niaiser  a  été  fait  sur 
un  type  niais  «  oiseau  au  nid  »,  de  ni- 
dum,  de  même  je  crois  niarcotô  fait  sur 
un  type  '  niar(d),  oiseau  au  nid  (v.  néna) 


Digitized  by 


Google 


276 


NIAR 


av.  un  suff.  péj.  de  fantaisie,  dans  lequel 
le  thème  otô  est  fréq. 

NIARD  V.  gniati. 

^NIARRA  V.  ffnian-a. 

*  NIBLA  (nibla)  NUBLA  (nubla)  s.  f.  — 
«  Espèce  de  gaufre  bénite  qu'on  distribue 
aux  fidèles  à  la  messe  de  minuit.  La  légè- 
reté de  ces  oublies  leur  a  fait  donner  le 
nom  de  nehiila.  »  (Coch.)  —  Vfr.  nuble, 
m.  lat.  nebifla,  oublie  bénite;  rch.  9iieule, 
hostie  non  consacrée  ;  vx  wal.nw^Ze,  wal. 
nùle,  oublie. 

L*usage  signalé  par  Coch.  est  complè- 
tcm.  perdu,  au  moins  à  ma  connaissance. 
L'étym.  (v.  g^iibla)  donnée  par  le  même 
est  juste,  mais  l'orig.  est  peut-être  plutôt 
dans  un  symbole  religieux  que  dans  la 
forme  de  l'objet.  Dans  la  forme  nuhla,  i 
a  passé  à  u  sous  infl.  de  la  labiale. 

NIBLA  s.  f.  —  Nuage.  \,gnibla. 

NICA  (nika)  s.  f.  —  Dans  la  partie  la 
plus  méridion.  du  dp*  et  dans  les  com. 
munes  de  la  Loire  limitrophes  (Pélussin» 
Roisey)  Ivraie. 

Étym.  inconn.  —  Je  ne  connais  le  mot 
dans  aucun  pat.  congénère. 

NICHOLLA  V.  gnocca.  Gp.  aussi  vpr. 
nozola    (Flamenca),  oiseau  de  nuit. 

*  NIÈCI  (nièssi  dissyl)  ;  vin.  NI  ESSE  s. 
f.  —  Sotte,  diaise.  Vfr.  nice,  simple,  un 
peu  fou  ;  Vosges,  nice,  peu  intelligent  ; 
gév.  nèche,  ard.,  Igd.,  alp.  nesci  adj.  des 
2  g.,  sot  niais  ;  It.  nescio,  ignorant. 

Ce  qoe  me  fait  résoudre,  et  que  me  ftil  songi 
Que  ie  tun  de  vray  follle,  que  ie  son  de  vray  nieue, 

€  Ce  qui  me  fait  décider,  et  me  fait 
penser  —  Que  nous  sonûnes  de  vraies 
folles,  que  nons  sommes  de  vraies  sottes.  » 
{Bern.) 

De  n^scia.  Oh.  de  se  en  ss  (168  I»  et 
88);  d'où  neissij  av.  mouillem.  de  ;* 
init.  (v.  Co7i3,  pat,)  et  ch.  de  ia  en  i 
(54  !•). 

NI  ESSE  V.  nièci. 

NIGODÊME  s.  m.  Lim.  nicodemu  —  A 
Lyon  Sol,  nigaud.  «  Quaisi  te  don,  grand 
Xigodème,  tais-toi  donc,  grand  sot  ». 
Je  li  diii  :  «  Nigodaimo, 
Oq  et-ai  don  que  le  va  ?  0 

«  Je  lui  dis  :  «  Imbécile,  —  Où  est-ce 
donc  que  tu  vas?  »  (Noël  de  Jean  Guigoud) 

De  Xicodème,  n,  d'homme,  considéré 


comme  renfermant  le  rad.  de  nigaud  (cp, 
niguedoiiille), 

NIGON  V.  negun. 

NIGUEDANDOUILLE  v.  niguedouille. 

^NIGUEDOUILLE(nighedonlhe)NIGUE- 
DANDOUILLE  s.  m.  «Grand  nigaud,  sot. 

Mot  de  fantaisie  forgé  sur  le  rad.  de 
nigaud,  av.  suff.  péj.  ouille  et  insert,  de 
une  ou  deux  syll.  entre  le  thème  et  le  sufT. 
pour  accuser  le  caract.  péj.  Niguedan- 
douille  avait  de  plus  l'avantage  de  l'ap- 
peler le  mot  andouille. 

NIQUEN  V.  negun, 

NILLON  T.  gniau. 

NIOLA,  nuage  v.  gniola, 

*  NIOLA»  sotte  v.  gniouchi. 

*NIUN  V.  negun, 

NIX  (nies)  NIXO  (nicso)  adv.  —  Nulle- 
ment,  pas  du  tout*  Pays  de  Bray  nixt\ 
non  pas. 

De  ail.  Nichts  dont  le  sensa  été  confondu 
av.  celui  de  nicht.  Nichts  explique  la 
corrupt.  des  consonnes  fin.  en  x.  Quant 
au  suff.  0,  c'est  une  simple  fantaisie, 
comme  celles  de  l'argot. 

NOBLO  (nùblo)  s.  m.—  S'emploie  seulem. 
av.  Tadj.  numér.  un:  In  noblo,  un  porc 
On  dit  plus  volontiers  in  ministro. 

C'est  le  fr.  noble,  appliqué  en  raillerie. 
Souvenir  de  la  haine  du  paysan  conti*e 
le  noble.  Le  mot  se  retrouve  sur  divers 
points  de  la  France.  Cp.  baguais  moussieu, 
cochon. 

NOCHAT  (nochà)  adj.  des  2  g.  —  Déli- 
cat, dégoûté  pour  la  nourriture,  difficile. 
Al  a  pou  d'appétit,  al  é  nochal.  For. 
inchat,  délicat,  d'un  goût  difficile. 

De  chat,  av.  préf.  no,  de  non,  et  par 
conséquent  à  sens  négat.  Dans  le  for., 
c'est  le  préf.  in  au  sens  négat.  comme 
dans  in-nocent.  Sur  le  sens  cp.  achatir, 
et  la  loc.  de  Lyon  :  J'en  suis  chat,  pour 
dire  je  l'aime  excessivem.,  en  parlant  de 
friandises,  le  chat  étant  pris  comme  type 
de  la  gourmandise.  Le  nochat  est  le  con- 
traire de  chat.  Gras  a  proposé  l'étym. 
fantastique  irl.  inghean,  jeune  fille. 

Quoique  l'étym.  soit  appuyée  par  la 
forme  for.  je  ne  dois  pas  négliger  de  citer 
te  norm.  nique  et  le  dph.  nichola,  môme 
sens,  qui,  s'ils  sont  les  mêmes  qnenochat, 
indiquent  une  autre  étym..  d'ailleurs 
inconn. 

NOÉ  V.  noï. 


Digitized  by 


Google 


NOFR 


277 


NOFRA  V.  niafra. 

NOI  (ndi)  à  Morn.;  à  Giap.  NOÉ 
NOU É  (noé  noué  moiiosyll.)  s.  f.  —  1.  Noix, 
fruit. 

De  nucetn  (42  5»,  b). 

*2.  A  Crap.  courroie  de  cuir  qui  réunit 
les  2  parties  du  fléau. 

Lorsqu'une  rotule  est  mobile  en  tous 
sens  dans  une  chape  sphérique,  l'assem- 
blage s'appelle  noix  à  cause  de  la  ressem- 
blance av.  le  fruit.  De  là  le  nom  popul.  de 
noix  du  genou.  Ce  nom  de  noix  a  été 
appliqué  par  analog.  au  bout  de  courroie 
qui  réunit  les  2  échappes ^  parce  qu'elle 
permet  aux  branches  de  se  mouvoir  en 
tous  sens. 

NONANTE  adj.  numéral  —  Quatre- 
vingt-dix. 

De  neiift  av.  suff.  numéral  ante, 

NOPOLA  (nopola)  s.  f.  —  Nèfle.  Dph. 
napolier  néflier. 

In  Jour  de  marchi, 
La  Zobel  ciiirgU  de  nopolês, 

«  Un  jour  de  marché,  —  La  Zobet  char- 
gée de  nèfles...  »  (Mort  de  la  Z.) 

De  *  mespum  pour  mespilum  (v.  nèpio); 
d'où  mèpo  n^po,  plus  suff.  rom.  ola; 
d'où  nepôla.  Je  suppose  que  le  passage 
do  è  init.  à  o  a  eu  lieu  sous  l'iufl.  de  la 
vocalisât,  de  b;  d'où  neupola  passé  à 


nopola.  L'it.  nespola  ne  coïncide  pas  av. 
notre  mot,  et  est  tiré  de  mespilum, 

NOQUA  V.  gnocca, 

NOUÉ  v.noï. 

*  NOY AVA  (no-yava)  s.  f,  —  Lieu  planté 
de  noyer». 

Formé  sur  noyer,  probablem.  av.  le 
suff.  accoutumé  aia,  â'eta  (cp.  fr.  aunaye, 
chesnaye)  ;  d'où  noyaia,  très  difficile  à 
prononcer.  On  a  introduit  un  v  pour  rom- 
pre l'hiatus,  comme  dans  gladium  = 
glaive. 

NOYÉ  (no-yé)  t.  f.  —  La  fête  de  Noël. 

Non  de  na(t}9iliem),  qui  aurait  donné 
nayar  (121  1*)  ou  nayau  (121  S«),  mais 
du  fr.  Noël,  av.  chute  de  /  fin.  et  insert, 
d'un  yotte  pour  rompre  l'hiatus. 

N.  d'homme,  Noyé. 

NOYELLA  (nô-yèla);  NUYELLA  (nu- 
yèla)  s.  f.  Ss.-rom.  neyalla,  dph.  noyella, 
messin  nèyèU  Eure  nêle  nuille  —  Nielle 
des  blés,  lychnis  githago. 

De  nigtlla.  Chute  de  ^(134)  ;  ch.  de  i 
bref  en  e  f62)  ;  d'où  neelle,  puis  neyella, 
par  insert,  d'un  yotte  pour  rompre  l'hiatus, 
et  noyella,  nuyella,  par  dissimil.  Dans 
le  ss.-rom.  la  dissimil.  a  porté  sur  le  2*  e 
au  lieu  du  l**". 

NUBLA  V.  7iibla. 

NUQUEN  V.  negun. 

NUYELLA  V.  noyella. 


0 


0  fà)  OU  (ou)  ;  vin.  OY  AY  au  cas-su- 
jet ;  0  HO  au  cas-régime  (xin«  s.)  ;  AY  Al 
(yLiY^s,);  EY(xvi«,  xvii«s.);AY  Yf'xvm's.) 
pron.  indef.—  Il,  ce.  cela,  c  Ëntretant  oy  li 
venit  si  granz  volunta...  Quar  Deus  non 
ho  voupit  sofrir.  »  (Marg.)  —  t  Lo  ven- 
dros  davan  la  festi  senti  Katelina  que  ai 
fut  fesîa  san  Clément.  »  (L.  R.)  —  «  Eyet 
(pour  ey  est)  assé  querquavela.  »  {Chc- 
rauch.)  —  «  Kl~ey  vray  ce  qui  dion?...  » 
(Hem.)  —  «  Mais  y  est  sen  malice.  » 
(Noël  1728.) 

Âctuellem.  je  ne  connais  que  la  forme 
0.  O  molhe,  il  pleut. 


I  (elle)  m'élerôve  comme  o  UutfDue  Bib.}. 
Coch.  ne  fait  pas,  dans  son  dictionn.  la 
distinct,  entra  le  pron.  indéf.  et  le  pron. 
pers.  (v.  ou),  mais  elle  existe  dans 
toutes  les  parab.  S»-Symph.»  Fontaines 
emploient  o  pour  le  neutre,  c  O  vegni  una 
grand  famina.  »  (Parab,  S^-Symph.)  — 
«  0  fo  que  je  modo  relrovô  mon  polu-é.  » 
(Par.  Fontaines).  —  Le  Bois-d'Oingt  et 
Amplepuis  emploient  y  :  h  Y  arrivi  una 
granda  famina.  »  Condrieu  et  Amplepuis 
emploient  ou  :  «  Ou  y  arrivi  ina  granda 
famina.  »  (Cond)  ^  c  Ou  vegni  ina  granda 
famina  ».  (Amplep.)  —  Sur  le  pron.  pers* 
dans  ces  mêmes  endroits  v«  a  al. 


Digitized  by 


Google 


278 


OCHE 


De  hoc. 

OCHE  V,  ouchi, 

OCLIA  (ôklia  dissyll.  ;  à  Paniss.  la 
prononciat.  est  othlia,  av.  l*articula(^.  du 
(h  dur  anglais)  y.  aclia. 

OCLtO  (okliô  dissyll.)  OCLOioklô)  v. 
a.  —  Refendre  en  morceaux. 

jy'ôclia,  fragments  de  bois  refendu,  av. 
suff.  u. 

OCLO  V.  ocliô, 

ODRO  (ôdro)  s.  m.  Wal.  ourdo,  ourdon, 
hourg.  et  Jura  ordon  —  Ligne  d'ouvriers, 
vendangeurs,  moissonneurs,  ti-availlant 
de  front.  Mena  Vôdro^  v.  mena  vb.  Genev. 
mener  Vordon  môme  sens.  Aube  ordon^ 
t^he  marquée  ;  lorr.  ordon,  portion  d'une 
coupe  afTouagère  (ap.  Godef.). 

De  ord(i)nem,  Ch.  de  n  en  r  (cp. 
coph{i)num  ^  coffre,  pamp(i)num  = 
pampre)  ;  désinence  o  par  analog.  (66)  : 
d'où  ordro,  et  ôdro  (180). 

OQNES  (6gne)  s.  m.  pi.  dans  Texpress. 
Recevoir  les  ognesy  c'est-à-d . ,  lorsqu'on 
a  perdu  au  jeu  de  gobilles,  mettre  sa 
main  verticalem.  sur  le  toi,  une  ^obiile 
entra  l*annulairo  et  le  médius,  sur  la- 
quelle tire  le  gagnant.  Les  meurtrissures 
que  reçoit  le  perdant  sur  les  phalanges 
lorsque  le  gagnant  manque,  volontairem. 
ou  non,  la  gobillo,  s'appellent  les  ognes. 
Genev.  ognes  ;  même  sens  <  ognon,  tape, 
coup,  contusion. 

Sur  l'étym,  v.  dorgni. 

OLAQNI  s.  f.  v.  aulagni  s.  f. 

OLAQNI  S-  m.  v.  aulagni  s.  m. 

OLOYA  (olo-ya)  s.  f.  —  A  Paniss.  Sorbe 
du  sorbier  des  oiseleurs,  sorbus  aucu- 
paria. 

Subst.  V.  tiré  d'o/oyi. 

OLOYI  (olo-yl)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Sorbier.des  oiseleurs. 

(^est  le  vfr.  aliier,  alisier.  Oloyl  a 
d'abord  été  aliyi  par  ch.de  ier  en»  (13); 
puis  alayl  par  dissimilat.  (67);  puis  les  2 
a  ont  passé  à  o  (69}. 

ON  V.  onte, 

ONIVI  ▼.  ônitiii» 

ONIVIU  roniviu  en  8  syllj  à  Crap; 
ONIVI  (6nivl)àMorn.  :  à  Lyon  dne-vieux 
s.  m.  —  Orvet,  anguis  fragilis, 

.Angitis  a  donné  anguille,  mais  à  c«Mê, 
il  y  a  dans  lesdial.  du  Nord  une  série  de 
mots  où  g  palaU  a  pris  le  son  du  w  angl. 


D'où  le  b.  lat.  anwilla,  le  vx  pic.  a^- 
anwille  anwison  (xiii*  s.),  et  le  wal. 
anwei  awei  enwie  (anwillum).  Puis  ce 
w  a  passé  à  v  simple,  surtout  dans  les 
dial.  de  l'Est  :  vfr.  envoyé,  bourg,  anveau, 
lorr.  envieux  enveux,  ss.-rom.  anvour, 
Tarentaise  anviu,  Morvan  lanviau,  ge- 
nev. lanvotti,  et  for.  anivei  (par  l'inserl. 
d'un  2  quand  la  prononciat.  de  n  se  faisait 
encore  sentir),  «  orvet  ».  Puis,  plus  près 
de  nous,  k  Morn.  ônivi,  par  le  pas-sage 
de  a  init.  à  ô  (69)  et  réduct.  de  et  à  i  ;  à 
Crap.  ôniviu,  par  confus,  av.  vieux  =  riu: 
enfin  à  Lyon  le  fr.  âne-vietix,  encoi*e 
qu'il  n'y  ait  pas  le  moindre  rapport  entre 
ce  petit  serpent  vif  et  un  vieil  âne. 

ONO  (ônô)  A  NO  (anô)  ;  à  Lvon  dnée  s. 
f.  —  Mesure  de  vin  contenant  i05  à  106 
litres.  Autrefois  il  y  avait  aussi  Vdnée, 
mesure  de  grains,  qui  contenait  6  bichets. 
mais  le  bichet  variait  suiv.  les  localités. 
Avant  1789,  à  Lyon  Vdnée  en  hichets  de 
grenier  était  de  2  hectal.  6  litres,  et  en 
hichets  de  bateau,  de  2  hect.  10  litres. 

D*as(i)n9Lta,  Asinum  a  donné  tinô 
puis  ôno.  L'infl.  du  simple  a  certainem. 
contribué  à  faire  passer  a  init.  de  asinaia 
à  6  (69).  Ch.  de  ata  en  6  {!). 

•ONTE  (onte)  adv.  For.  onte,  pv.ounte, 
vfr.  ond  ont  unt  —  Où,  où  donc  ?  OnVè, 
où  est-il?  Onfè-y-è,  où  est-ce?  (Goch.) 
Qqfois  devant  les  cuns.  ON  :  On  que  je 
sons,  où  sommes-nous?  Mais  on  dirait 
aussi  onte  que  je  sons. 

Ne  fons-je  p6s  |iarlii  de  l'arroiidiisciiien... 
(iN<e  brille  Lyon. 

«  Ne  faisons-nous  pas  partie  de  l'ar- 
rondissement... ^Où  brille  Lyon. "tfHym,) 
Iqueu   sont  de  festins  onte  ô  ne  manque  rea. 

«Ce  sont  des  festins  où  il  ne  manque 
rien.  ♦  (Ghap.) 

De  nnd(e).  Ch.  de  un  en  on  (47)  ;  d'où 
ond,  durci  en  ont,  à  cause  de  la  posiit. 
fin.  du  d;  puis  addit.  d'un  e  post*4on. 
d'appui,  à  cause  du  groupe  »^  devant  la 
cons.  init.  du  mot  suivant.  Ont[e]  sont 
ceVhomos^  où  sont  ces  hommes/  Devant 
les  voy.  la  prononciat.  était  naturellem. 
ontye). 

OQUES  V.  hoques. 

OR  V.  ore» 

*  OR  A  V.  aura. 

ORCHI  V.  archi. 


Digitized  by 


Google 


ORE 


279 


*ORE  (ore)  à  River.,  Morn.  ;  VORE  à 
Yzer.,  Aveize;  YORE  à  S»-Romand  ;  vin. 
OR  adv.  It.  ora  —  Maintenant. 

lion  ley,  bon  sey  terlou,  sorti  iiou  or  de  paina. 

«Bonsoir,  bonsoir  à  tous;  ôtez-nons 
maintenant  de  peine.  >  (Bern.) 

De  ?iora.  Les  prosth.  dans  divers  endroits 
ne  viennent  nuUem.  d*une  difficulté  à 
prononcer  ora;  c'est  un  phénomène  syn- 
lactique.  Ore  s*est  trouvé  en  iiiatus  dans 
des  phrases  d'un  usage  fréquent  :  Jevé{s) 
«  ore,  je  vais  maintenant  »  ;  véne^të  ore, 
«  viens-tu  maintenant  »,  et  l'hiatus  a  été 
rompu  par  Tinsert.  d'un  yotte  ou  d'un  v 
comme  dans  l'inlérieur  d'un  mot  (cp, 
m{e)ta  =  me[y]a,,  gln{d)ium  =  glai[v]c). 
Puis  la  cons.  de  liaison  a  été  confondue 
av,  une  cons.  qui  appartiendrait  au  mot. 
Il  est  plus  difficile  de  dire  pourquoi  a 
fin.  d'ora  n'a  pas  été  conservé  et  a  été 
remplace  par  un  e  muet,  qui  n'est  pas 
usité  en  pat.,  sauf  dans  qq.  mots  {pore, 
môre)  où  il  représente  probablem.  e  latin. 
Peut-être  est-ce  Tinfl.  du  vfr.  ore,  aujour- 
d'hui or.  Mais  pourquoi  dans  ore^  e  est-il 
tombé  ? 

ORENDREIT  vin.  adv.  Vpr.  orendreit^ 
vfr.  orendroit  horendroit  —  Tout  de 
suite,  désormais,  dorénavant.  *  En  aulro 
teins  ju  te  daray  entendiment  en  loles  cetes 
choses  et  co  tu  voudres  orendreit  »,  en 
d'autres  temps  je  te  donnerai  rinlelligence 
de  toutes  ces  choses,  et  cela  tu  le  voudrais 
tout  de  suite  (Marg.). 

De  hora=ore  (v.  ce  mot),  tn  =  en  et 
drictum  =  dreit.  Le  In.  mod.  ayant  pré- 
posé un  t?  à  ore  dans  la  forme  vore,  dit 
rorendret  (v.  ce  mot). 

ORILLAT(orilhà)  s.  m.  Lim.  o-ourillo 
—  Pièce  de  la  chaiTue  qui  verse  la  terrç. 

D'orilhi  (auï^cula),  oreille,  av.  suff.  at. 

ORISSE  V.  aurisse, 

ORLES  (6rle)  ;  à  Lyon  et  aux  environs 
et  ap.  Ooch.  OURLES  s.  m.  pi.  —  Gonfle- 
ment inflammatoire  du  tissu  entourant  les 
glandes  parotides.  Parextens.  esquinancie. 

D'*or(w>/a,  dim.  à* ora,  i)ord.  Ce  mot  a 
pris  la  signiflcat.  plus  générale  de  chose 
enflée  comme  un  ourlet.  Gp.  m.  lat.  orlus, 
liteau  rapporté  sur  une  pièce  de  bois.  On 
a  comparé  cette  enflure  longitudinale  à 
un  ourlet.  Le  ch.  de  o  long  entravé  en  ou 
est  d'oïl. 

ORNO  (ôrno)  s.  m.  —  A  Morn.  Frt^ne. 


\yornum. 

ORPA  V.  arpa. 

ORT  vin.  s.  m.  —  Jardin.  —  xiv*  s. 
«  Item  Thomas  Pachon...  per  Vort  jusla 
la  terra  Andreu  Gtiaron.  »  {Tenner  de 
Rochef.) 

D*hortum.  Je  ne  serais  pas  étonné  que 
ce  mot  existât  encore  dans  certaines  par- 
ties reculées  du  Lyonn.  Il  devait  s'appli- 
quer  au  jardin  potager.  Aujourd'hui 
encore,  en  Gèvaud.,  le  jardin  à  fleurs 
s'appelle   dzardi,  et    le   jardin    potager 

ORTA  ('ôrta)  s.  f.  —  Teigne,  insecte. 

Le  même  que  aria  (v.  ce  mot),  av.  pas- 
sage de  a  à  o  (1). 

ORTA  (orta)  s.  f.  —  Provisions  que 
Ton  porte  en  voyage. 

Je  crois  que  c'est  arta  (v.  ce  mot  au 
snpplém.),  identique  à  arlon,  av.  passage 
de  rt  ho  (1).  Le  sens  aurait  passé  de 
«  pain  »,  à  «  viatique  »,  nourriture  qu'on 
porte  en  voyage,  le  pain  étant  la  pre- 
mière provision  à  emporter. 

ORTIE  (ortie)  à  Grap.;  ORTIE  (ortie)  à 
Paniss.,  Morn.  s.  f.  —  Ortie. 

Non  d'urtlca  (av.  n  bref),  qui  aurait 
donné  ortia  ortia.,  mais  du  fr.  ortie.  Le 
pat.  ne  supporte  pas  le  sulT.  iè  et  il  a 
transporté  l'ace,  sur  la  2«  voy.,  d'où 
ortie;  puis  comme  ortie  est  sourd,  il  a 
été  renforcé  à  Morn.  en  ortie,  par  confus, 
av.  ée  fr.,  qui  est  représenté  en  pal.  par 
^  ai  (cp.  équifelais).  Pour  le  paysan, 
in' ortie  se  dirait  en  fr.  une  orliée. 

ORTIE  V.  ortie. 

ORVES(ôrve)  s.  f.  pi.  Br.  orve,  poit. 
ovis,  —  En  fr.  Lyonn.  Étincelles.  Quercy, 
dph.  ouvo,  cendres  des  mauvaises  herbes 
qu'on  répand  dans  un  champ  pour  le 
fertiliser  ;  étincelles  de  paille  ou  d'herbes 
brûlées;  pr.  auvo^  ôuo,  mauvaises 
herbes,  étincelles  des  plantes  brûlées 
pour  le  défrichement. 

Le  sens  des  mots  d'oc,  indique  l'étym. 
ulva,  herbe  des  marais,  proposée  par 
M.  Mistral.  La  dérivât,  est  celle-ci  ; 
«  herbes  des  marais,  mauvaises  herbes, 
herbes  brûlées,  cendres  et  étincelles  de 
ces  herbes,  étincelles  en  général.  »  La 
/orme  se  prête  exaclem.  à  l'étym.  Gh.  de 
et  en  o(38);  de  /  en  r  (170  4»). 
'OU  (Ott)  pron.  pers.—  Il  (Coch.). 


Digitized  by 


Google 


280 


OU 


J'ai  parlé  k  a  aide  celle  forme,  que  je 
ne  connais  pas,  et  qui  n'existe  dans  au- 
cune des  parab.  données  par  Goch.  Il 
aurait  dû  ajouter:  «  ow/ devant  les  voy.  », 
car  c'est  ainsi  qu'il  l'emploie  dans  son 
dictionn. 

De  ille. 

OU  pron.  indéf.,  v.  o. 

OUALES  vin.  s.  f.  pi.  —  1418  :  «  Hz  ont 
respondu  à  Jehan  Andrivet,  fermier  du 
IIII»  et  la  canabasserie  de  Lyon  de  l'an 
passé,  qui  leur  a  demandé  deducion  des- 
dites fermes  pour  les  ouates  qu'il  dit  qu'il 
y  a  eu...  .  »  {Reg.  cons.) 

Il  faut  lire  ovales,  mot  qui  existe  encore 
à  Genève  pour  accident  arrivé  par  force 
majeure,  désastre  qu'on  ne  pouvait  pré- 
voir. Nenchâtel,  fr.-comt.,  Morvan  orvale, 
sinistre,  désastre  ;  ss.-rom.  ovaîlhe  orva* 
la,  Vaud  otallhe  orvalla  avallhe,  acci- 
dent, éboulement,  chute  de  terre;  m.  lat. 
orvalium,  tout  ce  qui  est  détruit  par 
accident  dans  les  édifices.  Le  cas  d'ovale, 
c'est-à-d.  le  cas  fortuit,  la  force  majeure 
est  très  souvent  réservé  dans  les  baux  à 
ferme  en  Suisse,  quoiqu'il  soit  d'ailleurs 
de  droit  commun.  B.  lat.  orvalium  (voir 
Du  G.),  vfr.  ovaille,  incendie. 

L'étym.  atal,  de  ad  vallem,  proposée 
par  Bridel,  est  la  plus  vraisembl.  Le  rad. 
se  retrouve  dans  avalanche.  En  Suisse 
le  glissement  des  montagnes,  les  effondre- 
ments dans  les  lacs  sont  des  avalhes.  Le 
mot  est  probablem.  d'orig.  suisse.  L'idée 
est  celle  de  «  chose  mise  à  bas,  qui  s'écroule, 
qui  vient  aval  ».  L'insert.  de  r  dans  cer- 
taines formes  n*a  rien  d'anormal  (184  6», 
d).  Mais  le  passage  de  a  init.  à  o  est 
difficile  à  expliquer.  On  a  du  reste  la  forme 
nvalhe  où  a  a  persisté. 

ÛUBINCER  vin.  dans  le  texte  .suiv.  de 
la  Leide  de  V Archevêché  (vers  1300): 
%  Item  (est) H  fors  de  Bornuaest  kVouhhi- 
cer  de  la  Saunari  »,  qu'il  faut,  je  crois, 
traduire  par  :  «  Le  marché  de  Bourgneuf 
est  vis  à  vis  de  la  Saunerie.  »  La  disposit. 
lopograph.  confirme  cette  interprétât,  et  il 
n'y  a  pas  longtemps  que  l'endroit  désigné 
s'appelait  Quai  du  Puits-du-Sel. 

De  vfr.  ohicer  ohicier,  opposer  (d'ohji- 
cere),  qui  s'employait  surtout  dans  les 
formules  de  droit,  et  qui  s'est  employé 
ensuite  au  sons   matériel  pour    «  placer 


devant  ».  Oublncer  est  l'infinit.,  employé 
ici  comme  subst.  v.  Nasalisât,  de  t  (184  7*). 

*OUCHI  (ouchi)  ;  vin.  OCHE  ;  à  Lyon 
ouche  s.  f.  —  1.  Taille  de  boulanger.  «  En 
Languedoc  la  taille  (du  boulanger)  est 
appelée  osque,  »  ^Goch.)  —  Pr.  osco  ousro 
cat.  oGca^  Yav  ouasco,  basque  o*Ae,  arm. 
ask,  vfr.  osche,  entaille  ;  dph.  ouchi,  it- 
occa,  partie  sexuelle  de  la  femme  ;  vfr. 
oschier,  «  crenis  notare  »  (Du  G.);  vpr. 
oscai\  ébrécher('F/ame«ca);Béarn.  osque, 
coche  de  la  taille  du  boulanger.  —  1529  : 
«  Le  d.  pain  ainsi  fourny  a  esté  baillé  par 
oches  et  tailles.  »  (Guigue  Biblioth.  hisl.) 

Il  semble  difficile  de  ne  pas  suivre 
l'opinion  de  M.  Foerster,  qui  identifie  le 
fr.  hoche,  vfr.  oche  «  coche,  entaille  »,  av. 
vfr.  osrhe,  même  sens.  Pour  hoche  les 
étym.  proposées  sont  nombreuses.  Diez 
propose  ags.  hooc,  angl.  hook,  holl.  hoek^ 
crochet.  Scheler  pense  que  hoche  peut  être 
une  forme  wal.  pour  coche,  et  compare 
cavare  =  wal.  haver,  et  cosse  =  hoche. 
Goncurremm.  il  propose  un  subst.  verb. 
tiré  de  ocarre,  herser  (on  trouve  en  effet 
le  b.  lat.  occare  «  .secare  »,  qui  doit  venir 
d'occa^  et  ochialtis  «  incisus  »).  Littrédit 
que  Diez  tiie  hoche  de  ail.  dialectal  Ao^A-, 
pli  du  jarret.  Je  n'ai  pas  trouvé  ce  sens 
dans  les  mots  cités  par  Diez,  au  moins 
dans  la  4*  édit.,  mais  je  le  trouve  indiqué 
par  Burguy. 

Mais  si  hoche  est  le  même  que  osche, 
toutes  ces  étym.  sont  mises  à  néant  par  la 
présence  de  s,  qui  ne  peut  être  épenlhét. 
Or  l'identité  des  deux  mots  paraît  bien 
confirmée  par  le  Igd.  osque,  «  taille  de 
boulanger  »,  béarn.  osque  •  coche  de  cette 
taille  »,  qui  sont  évidemm.  les  mêmes  que 
In.  ouchi. 

Le  ch.  de  o  entravé  en  ou  dans  le  In. 
n'est  pas  à  prendre  en  considération,  ce  ch. 
étant  récent,  comme  on  l'a  vu,  et  étant  sans 
doute  produit  par  analog. 

Il  est  inutile  de  faire  observer  que 
oschier  hocher  «  entailler  »,  n'est  pas  le 
mémeque  {v, hocher.  In.  houchi  «  secouer» 
(v.  houchi). 

Lorsqu'un  mot  roman  ne  peut  s'expliquer 
par  les  orig.  ordinaires  et  qu'à  côté  il 
existe  en  basque,  Diez  n'hésite  pas  à 
l'expliquer  par  ce  dernier.  Toutefois  ce  ne 
p3ut  être  jamais  qu'une  hypoth.,  car  ou 
ignore   touiours    si    le    basque   n*a    pas 


Digitized  by 


Google 


OUIL 


281 


eniprunUî  le  mot  âii  roman.  Olle  incorli- 
lude  existe  pour  le  basque  oske.  Quant  lï 
l'armoi*.  ask,  môme  sens,  il  parait  bien 
omprunté  aurom.  Pour  Tétym.,  M.  Foerster 
propose  ah-secare. 

2.  «  Aristoloche,  herbe  commune  dans 
les  vignes,  [qui]  donne  mauvais  goût  au 
vin  lorsqu'on  la  place  sur  un  échalas  pour 
la  faire  sécher.  »  (Goch.)  —  J*avoue  ne  pas 
comprendre  l'explication.  L'aristoloche 
clématite,  dont  parle  sans  doute  Goch., 
s'appelle  vulgairem.  poison  de  terre 
parce  qu'elle  infecte  les  lieux  où  elle  se 
trouve.  En  tous  cas  je  ne  connais  pas 
ouchi  dans  ce  sens.  On  appelle  communém. 
en  In.  l'aristoloche  clématite  la  tràinassi, 
Étym.  inconn.  En  pr.  on  trouve  os, 
plante  potagère  (Mistral),  qui  me  paraît 
être  le  rad.  iVoseille,  Je  ne  sais  si  l'on 
peut  voir  dans  ouchi  un  type  oxa  =osca 
(163  1"),  qui  serait  le  simple  d'oxalis, 
mais  la  possibilité  de  la  métath.  de  ocsa 
en  o$ca  est  aujourd'hui  contestée  par  MM. 
Boehmer  et  Groeber. 

*OUILLI  (oulhl)  v.  a.  Vfr.  euiller  — 
Remplacer  dans  un  tonneau  le  vin  perdu 
par  l'évaporat.,  en  remplissant  \i  ton- 
neau jusqu'au  bondon.  D'un  homme  ivre 
on  dit  :  Cel  homme  est  ben  ouillï. 

Je  signale  que  Goch.  définit  le  mot  par 
«  remplir  un  tonneau,  Vavillier  »,  comme 
si  le  mot  nr illier  était  assez  connu  de 
son  temps,  au  moins  à  Lyon,  pour  être 
compris.  (Voir  ce  mot  au  supplém.) 

De  vfr.  oit,  œil,  d'oculus^  av.  suff.  l 
(15  4*).  Littéralem.  «  remplir  jusqu'à 
l'œil  ». 

D'après  Mon.  les  Romains  auraient  eu 
l'habitude  de  recouvrir  le  vin  des  am- 
phores d'une  couche  d'huile  qui  ne  se 
mêlait  pas  au  vin  et  empêchait  tout  contact 
av.  l'air.  De  là  ouilli,  ach.ever  de  remplir 
le  récipient,  d'oleum.  Mais  outre  que 
l'on  devrait  avoir  w/ô,  d'a/o.  huile, 
M.  Vachez  a  vainement  cherché  dans  Go- 
lumelle  et  dans  Varron  aussi  bien  que 
dans  Galon  et  dans  Palladius,  cet  usage 
d'employer  de  l'huile  quand  on  finissait  de 
remplir  les  amphores.  Il  a  trouvé  au  con- 
traire dans  ces  auteurs,  que  les  Romains 
fermaient  leurs  amphores  av.  de  la  poix. 
*OUILLON  (oulhon)  s.  m.  —  «  Le  vin 
destiné  à  avillior  ^'est  à-dire  à  ouilloK  le 
tonneau.  »  (r.ocli.) 


D'o«i7/î,  av.  suff.  dim,  on, 

OULA  vin.;  ULA  (ula)  ;  en  Fr.Ln. 
AULA  s.  f.  Vpr.  ola,  pr.  oulo,  vfr.  ouïe 
oleeule,  ss.-rom.  olla  oulha  eula,  piém 
olttj  it.  olla  —  Marmit3,  gmnd  pot  de 
terre  à  bouillir  les  viandes  ^  1358:  «  Item, 
.j.  quintal  d'estaing,  cuvro,  ouïes  et  ipe- 
tail  payerant  .j.  gros...  »,  item  un  quin- 
tal d'étain,  de  cuivre,  de  marmites  et  de 
métal  payera  1  gros.  (Tar.  de  la  V.) 

D*olla,  On  devrait  avôir  àla  (38).  Une 
forme  lat.  ola  expliquerait  oula  (34*,  et 
aussi  le  vfr.  eule,  ss.-rom  eiila.  et  le  vpr. 
ola,  où  0  est  long.  M.  Groeber  explique 
vfr.  oille/port,  olha^  it.  oglia,  à  quoi  il 
faut  ajouter  ss.-rom.  oulha,  CDimne  4/^ 
emprunts  à  l'esp.  olla  {oïlla). 

DUR  (our)  s.  m.  —  A  Villefr.  Os 
D'j  our{s),  des  os. 

T>'ossem.  O  suivi  de  ss=z  on  (41).  mais 
le  ch.  de  y  fin.  en  r  est  tout  à  fait  excep- 
tionnel chez  nous.  Ge  ch.  est  récent  et 
ne  doit  pas  remonter  plus  haut  que  le 
XVI»  s.,  époque  à  laquelle  il  parut  y  avoir 
une  sorte  d'hésitat.  entre  la  prononcial. 
de  r  et  de  s.  Mais  outre  que  les  ex.  du 
ch.  de  5  en  r  sont  moins  nombreux  que 
les  ex.  contraires,  je  n'en  connais  que 
pour  ^  méd.,  et  aucun  pour*  fin.  (^ela 
doit  faire  suppo.^fr  que  l'on  prononçait 
ousse,  passé  à  ow^y  puis  à  our. 

*OURA  (oura)  s.  f.  —  Œuvre,  travail, 
affaires. 

Vo  zèle  Iro  curiou,  je  dc  me  sedo  |«ù 
D*all6  Tout  délai! i  Voura  de  mou  iiién.  ge. 

«  Vous  êtes  trop  curieux,  je  ne  me  sou- 
cie pas  —  De  vous  détailler  les  affaires 
de  mon  ménage.  »  (Roq.) 

D'op(^)ra.  Vocalisât,  de  p  (164  6'»). 

O  U  R(oui*a)  s.  f.  —  Vent,  brise  ;  aussi 
bise  un  peu  piquante. 

Que  vos  ay  moda  il  madin  ! 
Votue  craignipis  Voura  fraicha. 

€  Quoi,  vous  êtes  parti  si  matin  î  — 
Vous  ne  craignez  pas  la  fraîcheur  du 
vent.  »  (vx  noël.) 

Le  même  que  aura  (v.  ce  mot),  av.  pas- 
sage de  au  à  ou  (49). 

CURES  (oure)  s.  f.  pi.  —  llardes,  ef- 
fets. 

D'oj)era  (v.  oura),  av.  dérivât,  de  sens 
analojfue  à  celle  qui  a  fait  passer  le  sens 
iVaff aires  à  rfjni  de  hanh's. 


Digitized  by 


Google 


282 


OURI 


OURI  (ouri);  à  S»-Mart.  URI  (uri)  s.  m. 

—  1.  Ouvrier.  2.  Terme   péj.  Aventurier, 
vaurien,  mauvais  sujet. 

Lo  riche  arrit  sod  d'occupô  tos  ourii. 

«  Le  riche  prendrait  souci  d'occuper  les 
ouvriers.  »  (Hym.) 

D*operB,rius  (v,  oura).  Dans  2.  le  sens 
primit.  est  dér.  à  celui  de  mauvais  sujet 
comme  dans  le  mot  manoura.  V,  ouvri. 

OURI  (ourl);  à  Grap.   URI  (ur!)  v.  a. 

—  Ouvrir. 

D'op(e)rire  pour  aperire.  Vocalisât, 
de  p  (164 6*).  Sur  la  forme  uri  cp.  muri^ 
de  'morire. 

OURI  (ourl)  dans  la  loc.  A  Vouri,  à 
TabrU^.À'e  betô  à  Voun\  se  mettre  à 
l'abri. 

M.  Bugge  a  mis,  je  crois,  hors  de  doute 
pour  abri,  l'étym.  apHcum,  abrité  (du 
vent,  du  froid  etc.).  Apricum  donne  ouri 
par  la  vocalisât,  dep  (1640«»)  :  d\mauri, 
passé  à  ouri  {7 S). 

OURIOU  (ouriou)  —A River.  Abri,  dans 
la  locut.  Se  hêtre  à  Vouriou^  se  mettre  h 
l'abri.  S'entend  d'une  mise  à  l'abri  du 
vent  ou  du  froid  en  rase  campagne  et  ne 
suppose  pas  un  endroit  abrité  par  un  toit. 
On  se  met  (i  Vouriou  derrière  un  mur, 
une  haie,  un  rocher  ou  un  pli  de  terrain. 

Le  même  que  ouri,  aj.  suff.  ou,  d'orem 
(34  bis).  Le  seus'cû^ûrme  pleinement 
l'étym.  apricum,  _    ^    ^ 

"OURLES  V.  orles. 

OUTAR  vin.  s.  m.  Piém.  autar,  ss.- 
rom.  oultar  —  Autel.  «  Quand  les  autres 
avoy  cul  illi  eret  se  començarunt  trahire 
vers  l'oa^ar  per  comunier...  »,  quand  les 
autres,  avec  qui  elle  était,  commencèrent  à 
se  diriger  vers  l'autel  pour  communier 
(Marg.).  — Je  crois,  sans  en  être  absolum. 
sûr,  avoir  entendu  outaren  pat.  moderne. 

YyaltBire,  La  vocalisât,  de  /  a  qqfois 
lieu  après  a,  au  lieu  de  son  ch.  en  r. 
D'où  autar,  devenu  outar{7à). 

OUVRÉE  (ouvrée)  s.  f.  M.  lat.  operata, 
—  Mesure  agraire.  —  1000  circa  :  «  Et  in 
villa  Gorcinatis  habet  Sanctus  Petrus 
duas  operatas  de  vinca.  »  [Cartul.  de  Sa- 
vigny)  —  L'outrée  est  égale  à  Vhommêe 
(V.  ce  mol). 

\}'op(e)ra.ta.  La  format,  est  dVil.  Si 
elle  était  lyonn.  on  aurait  ourée,  comme 
on  a  oura,  à'opera. 

OUVRI  («mvr!)  s.  m.  —  En  fr.-Ln.  terme 


péj.    Vaurien,  mauvais  snjel,   vagabond, 
gueux.   Même    accept.  à  J^yon   autrefois. 
Que  lay  don  ceios  ouvri  ? 
Ayi'l  luBliuiuio! 
«  Qu'est-ce  donc  que  ces  gueux  ?^  Ce 
sont  les  Mmimes!  »  (Noël  1723.) 

C'est  le  fr.  ouvrier,  av.  la  même  déri- 
vât, de  sens  que  dans  le  pat.  ourri, 

OVA  (ovo)  OVO  (ôvo)s.  m.  —  Sommet, 
crêt  d*une  montagne. 

Su  Vôvo  dout  Chaiireui,  viengt  canons  sont  braquAt. 
«  Sur  le  sommet  des  Chartreux   vingt 
canons  sont  braqués.  »  (Brey.) 

Je  crois  que  l'orig.  est  ot»a,  d'orw/zi, 
«  œuf  »,  un  sommet  étant  considéré  comme 
ayant  qq.  ressemblance  av.  la  forme  d'uu 
«(Buf  ».  Ora  serait  ensuite  passé  aumasr. 
pour  la  forme  ovo.  Je  ne  pense  pas  qu'on 
puisse  y  chercher  une  orig.  germ  :  hII. 
auf  oben,  Rj^».  ufan,  angl.  orer,  le  rad. 
de  ces  mots  n'ayant  fourni  que  des  prép. 
et  non  des  subst. 

*OVE  s.  f.  —  «  Isle.  Alla  sur  Vota,  aller 
sur  l'isle.  Dans  l'ancien  langage  hawe 
signifie  eau,  de  a^ua*  »  (Coch.)  —  On 
voit  qu'il  écrit  tour  à  tour  ote  et  ova. 

Je  ne  connais  pas  ove  «  Ile  »,  et  j'ai  de 
grands  doutes  sur  son  existence  dans  ce 
sens.  Ote,  dans  les  Alp.,  ouvede  en  pr. 
signifient  «  conduit  pour  les  eaux  »,  et 
doivent  être  tirés  du  vfr.  au?e,  eau  ;  cp. 
poit.  aiver,  irriguer,  du  vfr.  aive,  de 
acqva.  Il  est  probable  que  Coch.  a  en- 
tendu appliquer  le  mot  à  un  bras  du 
Rhône  (il  était  familier  av.  les  termes  "de 
navigat.  fluviale,  habitant  S^»-Golombe),  et 
qu'il  a  interprété  à  tort  alla  su  l'or  a,. 
«  aller  sur  la  lône,  sur  le  canal  »  par 
<  aller  sur  l'île  »  que  l'ova  forme.  Le  mot. 
du  reste,  est  ignoré  dans  la  partie  du 
Lyonnais  non  riveraine,  la  seule  que  je 
connaisse.  Ne  4)as  confondre  av.  ovo, 
sommet. 

OVO  V.  ova, 

OY  pron.  indéf.  v.  o. 

OYA  (o-ya)  s.  f.  ~  Oie. 

Du  b.  lat.  auiîa  (d'arica).  Gh.  de  c  en 
en  yotte  (128)  ;  de  au  en  ou  (49). 

•OYAN  (o-yan)  adv.  Dph,  oyan,  vpr. 
ogan  ongan  ojan,  pr.  ougan,  vfr.  oan 
owan  ouen,  it.  uguanno,  esp.  hogano  — 
«  Celte  année  »  (Goch  )  Mot  perdu,  au 
moins  dans  la  partie  du  Lyonn.  que  Je 
connais. 


Digitized  by 


Google 


OYES 


283 


De  hoc  annum,  mais  par  l'interméd. 
du  vpr.  ogan,  car  le  mot  oyari  n*esl  pas 
une  composit.  pat.  En  In.  o  oy,  de  hoc, 
est  le  pron.  indéf.  el  non  le  pron.  dé- 
monstr.  Aussi  oyan  a  t-il  étë  remplacé 
par  siian  (pour  ceta  an).  Gh.  de  g  de 
ogan  en  yotte  (132). 

OYESSE  fô-yèsse)  s.  f.  —  Qqfois  à 
Villefr.,  mais  surtout  en  Beaiij.  Pie. 


De  vha.  agdilstra,  même  sens,  qui  a 
donné  fr.  agace»  Ch.  de  ^en  y  (132).  Le 
ch.  de  a  inil.  en  o  est-il  dû  à  Tinfl.  d*oi>  / 
Dans  certains  pat.  on  dit  ogasse.  Quant 
au  ch.  de  a  ton.  en  è,  il  doit  tenir  h  la 
phonét.  de  Villefr.  (cp.  picacia=piassi 
en  In.,  et  piesse  à  Villefr.) 


P 


•PACAN  (pakan)  s.  m.  Ss.-rom.  pakan 
pagan,  Morvan  paican,  norm.  pagan 
—  Rustre,  grossier.  Lgd.  pacan,  gueux, 
homme  de  néant;  vpr.  pagan,  païen. 
Berr.  en  pagane^  en  désordre,  à  l'aban- 
don. 

1>Q  pag9Lnum.  Mot  emprunté  aux  dial. 
d'oc,  comme  le  montre  la  persist.  de  g^ 
qui  s'est  même  durci  exceplionellem.  en  c 
(132,  rem.  2).  PagKnumj  de  pagum, 
village  ;  d'où  paganisme.  Depuis  le  règne 
de  Constantin  les  adhérents  de  l'ancii^n 
culte  avaient  été  forcés  de  se  retirer  dans 
les  campagnes.  D'où  pacan,  homme  de  la 
campagne,  homme  grossier,  comme  un 
idolâtre. 

*PACHI  (pàchi);  vin.  PAQ;  à  Lyon  pac/ie 
s.  f.  Pr.  pache,  lgd.  pàcho,  auv.  pate^ 
gasc.  pacte ^  mars,  pati  —  Marché.  Feire 
pachi,  conclure  un  marché.  —  «  Douz 
quauz  guages,  despens  et  servis,  l'on  fit 
pag  avoy  luy  »,  desquels  gages,  dépenses 
et  services,  l'on  fit  marché  avec  lui  {Conte 
N.)  «...  A  dont  que  je  flot  la  pachi  de  la 
péri  de  bou  »,  alors  que  je  fis  le  marché 
de  la  paire  de  bœufs.  (Dial.) 

V'c»l  pachi  Taiti;  el  vorindret  j'eitporo 
Que  prêt  de  me  te  i^arrais  pou  de  rin. 

«  (''est  marché  conclu,  et  désormais 
j'e.spère  —  Que  près  de  moi  tu  n'auras  peur 
de  rien.  »  (Mon.) 

De  liou  coulô  la  Gnurla  gui  le  Plarhes 
N'ont  jamais  fat  d'n«sej!  mauvaises  pachM  .. 

«  De  leur   colè  les  Compagnies  de  la 


Grole  et  des  Flaches  —  N'ont  jamais  fait 
d'assez  mauvais  marchés...  »»  {Per,) 

De  pac^a.  Ch.  de  et  i=tc}  en  ch  (161 
2').  Ce  ct=ich  est  assez  commun  dans  les 
dial.  d'oc  ;  cp.  pectinare  =  penchina, 
factum  =fachf  strictum  =.€Sl}'ech. 

PACQUÈRAQES  vin.  i.  m.  pi.  —Terres 
vagues  pour  la  pâture.  —  1699:  €  Le 
domaine  de  Jarlans  consistant  en...  109 
bicherées  de  pacquévages,  prés  ou  cham- 
pagnes  {Estimât»  des  biens  de  MornièU)  ». 
liC  mot  se  rencontre  souvent  dans  les 
actes. 

Fait  sur  un  vb.  pacquérer  (que  je  crois, 
sans  en  être  sûr,  avoir  rencontre  dans 
d'anciens  textes),  av.  suif.  coll.  âge,  d'a/i- 
cum.  Pacquérer  doit  lui-même  avoir  été 
fait  sur  fr.  pdqui(s)  ;  d'où  paquie-rer 
pacquérer.  Pdquis  est  fait  sur  pascunu 
av.  sufT.  analogique  is,  comme  dans  7)d(t>. 

PAQ  V.  pachi, 

*PAQNIU  «  Je  n'ou  ai pagnia  fougia^ 
je  n'y  ai  pas  même  pensé.  De  même  dans 
le  Gomtat,  tandis  qu'en  Provence  on  se 
sert  du  mot  pesquipa,  pour  signifier  point 
du  tout,  ce  n'est  pas  cela.  »  (Coch.) 

PagniUf  ou  qq.  chose  d'approchant,  est 
absolum.  inconn.  dans  nos  campagnes; 
et  fongi  n'y  signifie  pas  «  penser»*,  mais 
«  bêcher  ».  Les  dictionn.  pr.  sont  ègalem. 
muets  sur  la  loc.  que  Coch.  attribue  au 
Comtat.  Rien  non  plus  dans  les  dial. 
congénères  aux  nôtres.  Mais  voici,  je 
crois,  comment  la  phrase  doit  se  décom- 


Digitized  by 


Google 


284 


PAGN 


poser:  pas  -\-  nient,  rien,  de  nec  enlern, 
que  Mistral  ne  donne  pas,  mais  qu'Azaïs 
donne  comme  usité  en  pr.,  et  qui  est  aussi 
vfr.  La  traduct.  iittér.  est  donc  «  je  n'y 
ai  pas  r'ien  pensé  »,  phrase  constamm.  en 
usage  à  Lyon,  où  pas  rien=  fr.  pas,  av. 
renforcera,  de  la  négat.  Il  se  peut  que 
(.40ch.  l'ait  entendu  estropié  en  niun  niu. 
Quant  à  fougi,  ce  doit  être  un  lapsus. 

PAQNO  (pagno)  s.  m.  —  A  Morn.  Paon. 

De  pB,vum,  mais  je  ne  sais  comment  n 
mouillée  s'est  substituée  à  r.  Peut-être  est- 
ce  le  primit.  roman  pan,  auquel  a  été 
ajoutée  la  fin.  o  des  noms  masc.  D*où 
pSLUo,  et  pag7io,  par  mouillera,  de  n. 

*PAILLASSI  (palhassi)  RAYASSI  (pa- 
yàssi)  ;  à  Lyon  paillasse  s.  f,  —  Sorte  de 
corbeille  en  osier  tressé  (Goch.  dit  impro- 
prem.  «jatte  »},  dans  laquelle  les  boulangers 
mettent  la  pâte  formant  un  pain.  Le  nom 
s'applique  aussi  h  la  corbeille,  beaucoup 
plus  grande,  dans  laquelle  le  mitron 
porte  le  pain  à  ses  pratiques.  Goch.  ajoute 
comme  équivalent  paillasson,  mais  je  ne 
connais  ce  dernier  nom  que  corarae  celui 
de  la  natte  à  laquelle  on  s'essuie  les  pieds. 

De  paille,  av.  sufT.  agrandiss.  asse^ 
parce  que  la  paillasse  était  tressée  de 
paille.  On  en  fait  «iicore  qqfois  en  psîll« 
attachée  av.  de  l'osier.  Dans  la  Vienne  le 
paillisson  est  une  corbeille  en  paille  pour 
mettre  le  pain  au  four. 

•PAILLASSIRI  (palhàssiri)  s.  f.  Lgd. 
paliassiéiro  —  Paillasse  de  lit. 

De  fr.  paillasse,  av.  addit.  d'un  2»  sulT. 
iri  (13),  applicable  aux  noms  d'objets. 

PAILLAT  (palhà)  PALIA  s.  m.  -  Pail- 
lasse de  lit. 

Et  su  ton  piHa 
I  Ti  le  jitô,  pa  n*eiii  crève. 

«  Et  sur  sa  paillasse  —  Elle  va  se  jeter, 
puis  en  meurt.  »  (Mort  de  la  Z oh.) 

De  pailli,  paille,  av.  suif.  ai. 

PAILLIRKpalhiri)  s.  f.  —  1.  Guenille. 
*^.  PAILLIRI  (païlhiri);  PEILLIRI  (pelhi- 
ri)  Filet  ou  morceau  de  grosse  toile  elliléc 
qu'on  met  au  front  des  bœufs  pour  les 
abriter  des  mouches. 

hii  mandrilli  accouliù  de  jtalUre. 

«  Un  épou vantail  de  chêne vière  accoutré 
de  guenilles.  »  (Mon.) 

De  lu.  peilli  pèlhi,  lambeau,  av.  suflf. 
t/-ï,  d'rtria  (13).  Ei  a  passé  à  a  peut-être 


sous  inll.  de  paille^  encore  bi-iu  qu'il  n'y 
ait  pas  de  rapport  marq\^i  dans  le  sens. 

PAÏLLIRI  V.  pailliri. 

PAIR  V.  peir. 

PAIRI  \.  péri, 

''PAISSIAU  (péssid)  PESSIAU  s.  m.  Vfr. 
paissel  paxel  paisseau,  m.  IrI.  peisselius 

—  Éohalas  ;  à  Paniss.  Branchages  pour 
faire  monter  les  haricots.  Au  tig.  Jauihe. 
Avoué  mo  doui  peciaux  qae  ne  sont  pus  de  lalleé. 
Tôt  de  même  firai  lo  tour  da  rigolon. 

f  Avec  mes  deux  jambes  qui  ne  sont  pas 
dï*s  lattes,  —  Tout  de  même  je  ferai  le 
tour  du  ruisseau.  »  {Gorl.) 

Pussiu,  prenant  à  port  l'un  et  l'autro  paiMiau... 

«  Puis,  prenant  à  part  l'un  et  l'autre 
échalas...  »  (Mon.) 

De  paxellum,  Ch.  de  x  (=cs)  en  iss 
(162  1");  de  ellum  en  tau  (32). 

PAITRO  vin.  s.  m.  dans  le  texte  suiv. 
«  Item  III  écuelles  et  III  grailuns  de  pat- 
tro  »,  item  3  écuelles  et  3  assiettes  creuses 
d'étain  (L.  R.).  Vfr.  peautre  peutre, 
étain  ;  it.  peltro,  étain  raffiné;  m.  lat. 
pestrum,  mélange  d'étain  et  de  plomb  ; 
peut7*eum,  étain.  Paiiro  est  pour  pelro. 

D'après  Diez,  mais  certainem.  à  tort, 
du  pr.  em-peltar,  fourrer,  greffer,  mêler. 
Littré  est  plus  près  de  la  vérité  en  indi- 
quant une  orig.  germ  :  —  Se  pûitr,  étain  : 
holl.  peauter  piauler  speauter^  laiton 
blanc;  angl.peM?(cr.  «  Pewter  isa  mixture 
of  lead  and  tin.  »  Il  est  probable  que. 
corarae  le  pense  M.  G.  Guigne,  le  paiiro 
était  aussi  un  raélange  d'ét^iin  et  de  plomb. 

—  On  trouve  aussi  le  rad.  dans  le  celt  . 
gaël.  peodar,  kyra.  ffeiitur,  étain.  Le  mot 
n'existant  pas  dans  le  vha.,  qui  a  êtt.* 
l'intermédiaire  ordinaire  de  nos  mots 
d'orig.  germ.,  il  se  peut  que  paitro  peutre 
ait  une  orig.  celt. 

*  PALA  (pala)  s.  f.  —  l.  Pelle. 

De  ptila,  pelle. 

2.  Épaule. 

De  pala.  omoplate,  dans  G.  Aurel.  et 
Isid. 

PALAFICO  (paliflkô)  adj.  des  2  g.— 
Valétudinaire,  à  demi  estropié.  «  Suei  lot 
pa/a/îco,  je  suis  tout  malade.»  Pr.  pala/ica, 
it.  palaficare,  planter  av.  un  pieu,  ficher 
en  terre  comme  un  pieu,  frapper  d'éton- 
nemeut,  pétrifier. 

De  pAlum  et  'figicare,  de  figere.  Ceci 
donne  bien  la  clef  du  pr.  et  de  l'iL  au  sens 


Digitized  by 


Google 


PALA 


285 


de  planter  des  pieux,  mais  comment  ce 
sens  est-il  dér.  à  celui  d'être  valétudinaire? 
Voici,  je  crois,  la  marche  :  «  planter  des 
pieux,  être  jeté  comme  un  pieu,  être  abîmé 
comme  le  pieu  sur  lequel  on  a  frappé  »>. 
Gp.  le  sens  de  pr.  palafica,  être  frappé 
d'étonncm.  Cette  dérival,  semblerait 
néanmoins  extravagante  si  l'on  n'avait  pas 
un  rapport  de  forme  inctmteslable  av.l'it. 
et  le  pr.  Il  doit  exister  beaucoup  de  mots 
inexpliqués  qu'on  expliquerait  de  même 
si  l'on  pouvait  suivre  les  dérivât.  —  Le 
mot  In.  est  venu  du  pr.  comme  le  montre 
la  persist.  de  c  dur. 

*PALAYER  (SE)  v.  palayi  [se). 

PALAYI  V.  a.  v.  paléyi. 

PALAYI  (SE)  (se  pala-yl);  ap.  Gocb.  SE 
PALAYER  V.  pron.  —  Se  faire  mal,  s'abî- 
mer, surtout  par  une  chute,  mais  av.  l'idée 
de  luxation,  de  dislocation.  «  Tai  'inanquo 
de  me  palayi,  j'ai  failli  m'ablmer.  * 

De  In.  pala,  épaule,  av.  suff.  fréq.  ayl. 
L'idée  primit.  est  «  se  luxer  l'épaule  »  ; 
puis  le  sens  est  dér.  à  luxation  en  général. 

'PALETTA  (paléta)  s.  f.  —  1.  Pelle  à 
feu. 

De  In.  pa/a,  pelle,  av.  suff.  dini.  etla. 

2.  Omoplate. 

DepaZ/ï,  épaule,  av.  suff.  dim.  etta, 

3.  A  Lyon  palette  —  Dent  incisive,  à 
cause  de  la  forme  qui  rappelle  une  petite 
pelle.  Morv,  palette,  même  sens. 

Même  étym.  que  paletta  1. 

PALEYI  (palèy!)  PALAYI  (palà-y!)v.  a. 
—  Enlever  la  terre  av.  une  pelle. 

De  In.  pala^  pelle,  av.  suff.  fréq.  f*y'i. 

PALI  A  \.  paillât, 

PALIRI  (paliri)  s.  f.  —  «  Espèce  de 
digue  ou  chaussée  en  pieux  entrelacé» 
avec  des  osiers.  »  (Gocb.)  —  Il  est  probable 
que  le  mot  dans  ce  sens  est  emprunté  aux 
usages  des  bords  du  Hhône.  Dans  le  reste 
du  Lyonn.  la  paliri  est  une  palissade,  soit 
pour  étendre  le  linge  (Grap.),  soit  pour 
clore  un  terrain,  soit  pour  faire  monter  la 
vigne. 

Do  vfr.  pal,  de  psilum^  av.  suff,  m, 
d'arta  (13).  Ss.-rom.  pala,  petit  échafau- 
dage composé  de  perches. 

PALIRONS  V.  palons. 

*PALONS  (paion)  s.  m.  pi.  —  «  Échalas 
en  châtaignier.  •  ((^.ocb.)  —  A  Paniss. 
PALIRONS  (paliron);  à  Grap.  PARIONS 
(parion  dissyl.)  s.  m.  pi.  —  Branches  de 


choix  dans  les  fagots.  Vfr.  paron  «  palon- 
nier  »  ;  Blaisoispa/onneau,  ir^palonriier. 

De  pBilum  =  pal,  av.  suff.  on^  pour 
palons,  Paliron  doit  venir  du  vfr.  paler^ 
gros  bâton  ;  d'où pa/^ro»,  devenu  paliron, 
par  renforcem.  de  la  prot.  muette  qui,  en 
pat.,  tombe  ou  se  renforce  La  forme 
parion  est  faite  surpa/,  qui  a  certainem. 
été  par  (lai  !•),  puis,  av.  suff.  on^  paron, 
eiparion  par  Tinsert.  si  fréquente  d'yotte. 
Quant  au  vfr.  paler,  je  suppose  qu'il 
représente  *palarium. 

PANA  vin.  s.  f.  V.  panô  subst. 

PANA  verbe  v.  panô. 

PAN  AIRE  (panère)  s.  m.  —  A  Lyon 
Morceau  de  peau  dont  le  canut  recouvre 
la  façure  de  l'étoffe  pendant  la  fabrication . 

De  ptinum,  av.  suff.  aire,  d'arium 
(13,  rem.). 

PANAMAN  y.pônôman, 

PANARD  (panar)s.  m.  B.  dph.  panar^( 
—  A  Villefr.  Êcouvillon  de  four. 

DepaMWww,av.  .suff.  ard,  qui  s'applique 
parfois  aux  noms  d'objets  ;  v.  barnau. 

PANARETTE(panaréte)s.  f.  — Bouchon 
de  paille  que  l'on  place  au  fond  de  la  cuve, 
contre  le  trou  de  la  bonde,  pour  empêcher 
la  rafle  du  raisin  d'obstruer  le  trou,  et 
qu'on  assujettit  avec  une  grosse  pierre. 
La  panarette  se  place  seulement  lorsqu'on 
fait  la  piquette,  parce  que  le  raisin  étant 
dégrainé  il  faut  un  tamis  plus  fin.  Pour  la 
tirée  du  vin  on  met  ordinairem.  ungaviot. 

De  fr.  panne,  étoffe  grossière,  de  pan- 
num,  av.  suff.  dim.  ette  relié  par  r.  Non 
sans  doute  qu'on  ait  jamais  fait  usage  de 
linge  pour  cet  office,  mais  parce  que  le 
bouchon  de  paille  a  qq.  analogie  de  forme 
av.  un  paquet  de  chiffons.  Cp.  b.  dph. 
panaret,  écouvillon  de  four. 

PANCERE  vin.  s.  f.  dans  le  texte  suiv: 
1346  :  c  Item  de  la  première  demi  tour 
ronde  jusques  a  la  seconde  demi  tour  en 
suivant,  enclos  (compris)  le  fondement, 
153  toyses  de  gros  mur  jusques  es  pance- 
res...  Item  au  dessus  du  dict  gros  mur,  en 
panceres  ....  »  (Arch.  m.)  —  La  pancere 
devait  être  un  parapet  qui  régnait  le  long 
du  gros  mur  sur  lequel  marchaient  les 
archers. 

De  vfr.  pans,  it.  pan:iera,  m.  la',  pan- 
ceria  «  partie  de  l'armure  qui  couvrait  le 
côté  »,  ou  du  vfr.  pance  t  panse  »,  de 
pAnticetn,  av.  suff.  ère  (pour  aire,  v.  13j. 


Digitized  by 


Google 


286 


PANC 


La  pancere  était  doue  ce  qui  abritait  la 
panse.  Cp.  parapet,  de  pare-à-pect^  «  qui 
défend  la  poitrine  »,  On  trouve  en  vfr.  le 
mot  panciere  panchiere  panchire  appli- 
qué de  même  à  la  partie  de  l'armure  qui 
couvrait  la  panse  ou  le  ventre. 

*PANCHI  (panch!)  v.  n.  ~  Verser, 
s'écouler.  Lo  tuuiati  a  panchi,  le  tonneau 
a  laissé  filirer  :  lo  vin  a  panchi,  le  vin 
s'est  écoulé.  Panchi  cCaigui,  à  Lyon 
pancher  de  l'eau^  uriner. 

De  'p9Lnd(i)ca,re.  Ch.  de  de  en  ch  (161 
5«)  ;  de  are  en  i  (15  2'). 

PANCHON  (pant'son;  ce  qui  se  prononce 
ch  en  fr.  se  prononce  ts  à  Villefr.)  s.  m. 

—  A  Villefr.  Sorte  d'ajonc,  ulex  nanus. 
Étym.  inconn.  —  En  pr.  pencTii  signifie 

peigne  et  penchoun,    petit  peigne.   Les 
épines   de   Vajonc   auraient-elles    donné 
l'idée  d'y  voir  un  petit  peigne,  un  objet 
propre  à  carder  ? 
PANÉ,  ÉE  (pané,  ée)  adj.  Norm.  2Ja?ic 

—  A  Lyon  Se  dit  de  qqu'un  qui  n'a  pas  le 
sou,  qui  est  dans  la  grande  gène. 

De  fr.  paner,  essuyer  (v.  panô),  forme 
fr.  de  pana  (de  pannttm),  «  Un  homme 
pané  »,  c'est  un  homme  qui  a  été  essuyé, 
(orché.  à  qui  il  ne  reste  que  sa  personne. 
Gp.  la  loc.  popul.  il  est  rincé  ;  cp.  aussi 
pan6  5.  Le  sens  comique  exclut  l'idée  d'u!i 
dér.  du  b.  lat.  pannuni  «  vadium,  pignus, 
hypotheca  »,  du  germ.  pfandn  saisie,  qui 
a  donné  vfr  paner,  saisir.  Ce  peut,  du 
reste,  élre  un  mot  forgé,  comme  les  lermes- 
d'argot.  Enargoi  parisien  on  àiiétre  dans 
la  panade,  et  à  Lyon  être  dans  la  panne. 
Les  deux  locutions  sont  fabriquées  sur 
pané. 

PANE-MAIN  \'.p('môman, 

PANET  (pané);  à  Lyon  en  m.  lat. 
panis  s.  m.  Vpr.  panitz,  ss.-rom. panet 

—  Millet.  —  1874:  «  Très  bichetos  de 
panis,  trois  bichets  de  millet.  »  (Inv.  de 
J,  de  Bellora) 

De  pB,nicum,  av.  substit.  dusuff.  roman 
et  au  suff.  icnm. 

PANIÈRE  ^panière,  en  8  syll.)  s.  f.  — 
Terme  de  construct.  lyonn.  Voûte  en 
briques  dans  l'enchevéti-ure  d'un  plancher 
pour  le  passage  des  cheminées  ;  qqfois 
l'enchevêtrure  elle-même.  «  Il  est  tombé 
par  la  panière  »,  il  a  passé  par  l'enchevê- 
trure drt  la  panière. 


A  Paris  l'enchevêtrure  s'appelle  trémie, 
par  analogie  av.  la  trémie  des  moulins  â 
farine.  La  même  analog.  existe  pour  pa- 
nière. Jl  est  ici  synon.  de  «  coffre  de 
trémie  ».  Cp.  h.  lat.  paneretta,  «  cophi- 
nus,  arca  ».  Du  coffre  de  la  trémie  Pidèe 
s'est  étendue  à  l'enclievétruresans  trémie, 
puis  à  la  voftte  fermant  renchevétrure.  Je 
ne  doute  pas  que  jadis  la  trémie,  dans  les 
moulins  de  nos  contrées,  n'eût  le  nom  de 
panière. 

*PANIRI  (panlri)  ;  à  Lyon  panières,  f. 
—  Grande  corbeille  dans  laquelle  on 
renferme  le  pain. 

Non  àe  panier,  comme  le  croit  Litirë. 
mais  de  pan,  de  pAnem,  plus  suff.  iri 
(13),  la  panière  servant  exclusivem.  au 
pain. 

PANNE  dans  la  locut.  Être  dans  la 
panne,  v.  sous  pané. 

PANNEAU  s.  m.  —  A  Lyon  Habit  noir, 
frac.  Se  prend  toujours  au  sens  comique. 
Mettre  son  panneau,  endosser  son  habit. 
Le  panneau,  c'est  encore  «  l'habit  pour 
manger  de  viande  »,  simplifié  en  «  l'halàt 
que  mange  de  viande  ». 

De  pa>7inum,  av.  suff.  ellum  =  eatt. 

PANO  (panô)  ;  vin.  PANA  s.  f.  —  Vnléc 
•le  coups. 

le  le  pourrin  donna  vna  pana  bien  faity. 

«  Je  pourrais  le  donner  une  volée  dans 
les  règles.  »  (Bern.) 

Subst.  particip.  tiré  de  pana  panô, 

PANO  (panôj  ;  vin.  PANA  v.  a.  Vfr.  pn^ 
>ier,  ss.-rom.  panna—  \.  Essuyer,  torclier 
av.  un  linge. 

Fai  bon  cbeu  celé  J)amc  que  paisoii  lo  savon, 

Que  tenon  de  lervente  per  pana  lo  carron. 

«  Il  fait  bon  [vivre]  chez  ces  dames  qui 
pèsent  le  savon,  —  Qui  tiennent  des  ser- 
vantes pour  essuyer  les  carreaux.  i»(Bern,) 

2.  Manger,  boire. 

Et  quand  nuront  pava  ch6cun  Tn  pilait  coup. 
«  Et  quand  nous  eûmes  bu  chacun  un 
petit  coup.  »  {Gorl.) 

3.  Vider,  épuiser. 

Le  goce  sont  panôs  quand  la  dzimingi  approche. 
«  Les   goussets    sont    vidés  quand  le 
dimanche  approche.  »  (Sit.) 

4.  Voler,  dérober,  prendre.  Lim.  pona. 

In  allant  béisemint  par  volé  lypaiiô 
In  utsi  que  d'in  coup  va  me  pilallno. 
«  En  allant   bêtement    essayer   de    lui 
dérober  —    l'n  outil  qui  d'un  coup  peul 
1  me  tuer.  »  [lirey.) 


Digitized  by 


Google 


PANO 


r>.  Détruire,  perdre. 

Ou>  moindre  mouTameint  voxèleii  tnui  paitô*. 

«  Au  moindre  mouvement,  vous  êles 
tous  détruits.  »  (Per,) 

De  pKnnum,  av.  suff.  ô  (14  8').  La 
dérivât,  du  sens  dans  2,  3,  4  et  5  s*expliquc 
facilem.  Essuyer  la  poussière,  c'est  la  faire 
disparaître  ;  d'dù,  par  exlens.,  essuyer  un 
morceau  de  pain,  le  faire  disparaître,  le 
manger  ;  et  en  généralisant,  détruire  quoi 
que  ce  soit.  Gp.  fr.  popul.  torcher  y  manger; 
torcher  de  Vargent,  le  gaspiller  ;  et  êtrr 
torché,  être  perdu. 

PANOSSA  PANOSSI  v.  panoiissi. 

PANOUILLON(panoulhoii).s.m.  Voiron 
panei,  b.  à^h,  panaret  —  A  Villefr.  Ecou- 
Villon  de  four. 

De  pdLnnunij  av.  un  l»»"  suff.  ouille, 
pi'j.,  plus  un  2«  suff.  dim.  ow. 

PANOUSSI  (panoussi)  à  Morn.:  à  Ri- 
ver. PANOUSSA  (panoussa)  ;  dans  la 
banlieue  ♦pANOSSI  ;  à  Grap.  PANOSSA 
s.  f.  Yov.pa7ioussa,  as. -rom,  ponnossa  — 
i.  Torchon,  linge  à  essuyer. 

J'ai  biau  uNi  me  telle,  ina  maudite  iiineaiici 

De  fuiiielle  k'iii  va,  panoussi el  colvo  iii  maii... 

«  J'ai  beau  ourdir  mes  toiles,  unemau- 
«iite  engeance—  De  femme  s'en  va,  torchon 
et  balai  en  main...  »  (Mon.) 

V>e  pannocea  itouv  pa?inucea.  A  Morn. 
u  bref  libre  =  souvent  ou  (34)  ;  ch.  de 
rea  en  ssi  (130.  rem.  2,  et  54  1").  1^  fin. 
ri  est  exceptionnelle;  elle  s'est  sul>stiluée 
après  que  l'idée  de  l'hiatus  lat.  eut  disparu, 
et  probablem.  pour  marquer  le  fém.  dans 
le  sens  2. 

2.  Per>ionne  molle,  sans  énergie,  inca 
pable  de  volonté.  A  Lyon  panosse,  dph. 
pnnoussa.  G'est  le  sens  1.  au  iig.  L'idée 
est  «  mou  comme  un  linge  ».  Lyon,  qui 
ne  connaît  que  la  2«  acception,  dit  au.ssi 
«une  patte  mouillée»,  et  enfin,  toujours 
dans  le  même  sens,  «  mou  comme  de 
tripes  ».  Vfr.  pa?iosse»  vieille  panasse, 
vieille  édentée,  sale,  en  haillons  (Gotgr.). 
Panasse  répond  ici  au  fr.  popul.  «  un 
vieux  torchon  »,  en  parlant  d'une  femme. 

3.  A  Yzer.  panoussa,  outre  le  sens  de 
torchon,  a  celui  d'Engoulevent.  Je  ne  .sais 
si  l'étym.  est  la  même.  Dans  ce  cas  je 
n'expliquerais  pas  quelle  liaison  d'idées  a 
pu  rapprocher  l'engoulevent  d'un  linge. 
Est-ce  la  souplesse  particulière  de  .son 
plumage  ou  la  mollesse  de  stm  corps  ? 
Peut  être  le  mol  a-t-il  été  formé  sur  pant^. 


au  sens  de  manger,  boire.  Dans  ce  cas  la 
panoussa  serait  «  la  suceuse ,  Tava- 
leuse(?)  ». 

PANRE  PENRE  vin.  v.  a.  Vpr.  penre 
penrre,  Barrois  penre,  Morv.  prenre  — 
Prendre.  1409:  «  Item  chaque  dama  doit 
penre  de  prebenda...  Item  à  Darayzie 
doivent  panre  chaque  dame  V  bichet  de 
froment.  »  (-4/.) 

De  prehendfep^,  IjB,  format,  n'appar- 
tient pas  au  Lyonn.  mais  au  pr.  Habi- 
tuellem.  en  In.  le  groupe  iir  intercale  d 
(176  !•),  tandis  qu'ici  précisera,  ncfr  laisse 
choir  le  d.  De  plus  pr  init.  laisse  choir  r, 
tandis  qu'en  vin.,  au  xiv»  s.,  le  groupe  pr 
appelle  une  2°  rdans  la  syll.  suivante  (cp. 
tirrirlj  à'aprile  :  cutrers,  de  culcilras  : 
nprers,  de  ad  pressum).  Sur  la  format, 
i-approch.  charn\  de  cinerem. 

PANSORLLI  (pansorlhi)  s.  f.  —  Entrail- 
les d'un  animal. 

De  îv.  panse,  av.  suff.  olhi,  qui  estpéj. 
comme  fr.  ouille.  D'où  pa/isolhi  et  pa7i  - 
sorlhi  par  insert,  de  r  (184  6*,  a). 

PANTUORA(pantuora)s.f.  — S'emploî»» 
ordinairem.  av.  l'adj.  honna:  Inabo7ina 
pantuora,  un  gros  bon  enfant. 
Je  d/n,  chariiioiita  Maisolnii, 
Si  n'ai  1*6$  de  /io  de  borduora. 
Qu'ai  a  t>ro  l'àr  boiina  fiantuora. 

«  Je  dis,  charmante  Margoton,  —  Que, 
si  je  n'ai  pas  des  yeux  d*^  hanneton,  —  Il 
(le  quartier  du  Mouillon,  à  R.-de-G.)  a 
l'air  assez  bon  enfant.  » 

D'un  rad.Jpa;î^  qui  se  retrouve  dans  le 
for.  pantre,  paysan  ;  dph.  p  antre,  pr. 
panto,  rustre,  pataud  ;  argot  des  voleurs. 
pantre,  homme  qui  se  laisse  voler  ;  pr. 
panto  de  inas,  vrai  lourdaud;  pantès, 
manant,  rustre.  Diez,  dans  pa«<o/?a  pan- 
toufle, voit  le  rad.  pat,  patte,  av.  a  nasa- 
lisé. En  serait-il  de  même  dans  pant, 
dont  le  dér.  pa?ituora  équivaudrait  à  fr. 
pataud,  gév.  patourlo,  genev.  patoufle, 
norm.  patouf,  maladroit,  grossier?  Uora 
est  le  Buff.  fr.  oire  patoisé,  et  qui  a  en  pat. 
un  caract.  péj.  (cp.  patoire,  hardoirp, 
traquoire).  Ina  honna  pantuora  serait 
un  bon  paysan,  un  bon  rustre,  av.  un 
sens  un  peu  ironique. 

PAN  U  RI  (panuri)  ;  à  Lyon  panure  s.  f. 
—  Groûte  de  pain  séchée  au  feu  et  réduite 
en  poudre,  dont  on  se  sert  pour  faire  des 
soupes,  pour  gratiner  le  poisson  etc. 


Digitized  by 


Google 


288 


PAOU 


De  pan,  de  pa,nem  (8),  av.  suff.  coll. 
nri,  de  atura.  Sur  la  fin.  i  cp.  54  6v 
Le  groupe  ur  a  souvent  la  même  action 
que  le  groupe  ir. 

PAOUR  (pa-our)  s.  m.  Pic.  paour  ^ 
Rustaud,  homme  lourd  et  sol. 

Liltré  y  voit  Tall.  bauer,  paysan  ;  holl. 
boer,  mais  le  passage  de  b  init.  à  p 
s'explique  difficilem.  J'y  verrais  plutôt  un 
simple  assemblage  de  sons  péj.  destinés  à 
exprimer  le  caractère  en  vue.  Et  de  fait, 
le  phonème  paoxir  n'éveille  pas  l'idée  d'un 
sylphe  ou  d'un  papillon. 

PAPPA  (papa)  ;  à  Lyon  pappe,  soupe 
de  pappe  s.  f.  Dph.  papet,  ytv.papa.  Pays 
de  Bray  papin.  angl.  pap  —Bouillie  pour 
les  enfants  ;  spécialem.  bouillie  sucré ^. 
Dph.  papet.  soupe  de  pain  bouilli.  Tosc. 
pappo,  pain  (mot  des  enfants). 

Subst.  V.  de  pnppKre,  manger,  en  parlant 
des  enfants. 

PARAGARA  (paragara);  à  Lyon  Para- 
gare  —  Nom  d'un  pays  fantastique 
rappelé  dans  le  dicton  suivant  :  «  Lo  pays 
(fe  Paragara,  onte  los  chins  japont  de 
il  coua  »,  le  pays  de  Paragare,  où  les 
chiens  jappent  de  la  queue.  —  *  Être  du 
pays  de  Paragare  »,  c'est  être  rusire, 
grossier,  ou  inconvenant  ;  en  un  mot  non 
civilisé.  «  T'esses  don  dou  pays  de  Para- 
gara! »  dit-on  à  qqu'un  lorsqu'il  a  manqué 
à  qq.  convenance.  Dans  le  texte  suiv. 
('hap.  parait  l'avoir  employé  comme  une 
simple  onomat.  du  bruit,  ou  peut  être 
pour  gara-gara, 

V ou  n'entendit  par-lout  que  bnmti  para-gara. 

t  On  n'entendait  partout  que  crier  para- 
gara.  » 

Mot  évidemm.  forgé.  Peut  être  a-t-il  élé 
tirô  de  qq.  conte  populaire. 

*  PARCELLA  Goch.  donne  ce  mot  av.  le 
sens  d'Esparcette,  sainfoin.  Je  crois  que 
c'est  un  lapsus  pour  parcetta,  formé  sur 
esparcetta  par  la  chute  de  ^*  (112  2»), 
mais  je  n'ai  jamais  entendu  que  le  mot  fr. 

PAREFOULZ  vin.  —  Parapît.  1559: 
«  Sur  le.squelz  murs  sera  levé  une  muraille 
d'ung  cousté  et  d'aultre  dudit  pont  pour 
servir  de  parefoulz  ou  codieres,  de  troys 
pieds  d'haulteur.  »  {Adjudicat.  du  Pont 
du  Rh.) 

De  parer,  défendre,  et  fol,  pi.  fouis, 
fou.  dp.  fr.  garde  fou, 

PARET  (paré);  vin.   PAREY  s.  f.  Vfr. 


parect  parei,  dph.  parei  —  Maraille. 
13?0  :  «  £t  dou  large  des  lodit  muret  au 
lanqiies  à  la  parey  de  la  dicte  maison...  », 
et  de  la  largeur  du  dit  mur  jusqu'à  la 
muraille  de  la  dite  maison  (Cart.  m.).  — 
Ma  mère  me  chantait  souvent  dans  mon 
enfance  un  noël  où  se  trouvait  le  couplet 
suivant  : 

Lo  Guiablo  iuliudit  la  fêla  ; 
01  est  Tenu  par  la  vey  ; 
01  ava  passa  la  li^la 
Per  lu  trou  d«  Uparty. 

«  Le  Diable  entendit  la  fête  ;  —  Il  est 
venu  pour  la  voir;  —Il  avait  passé  la  tête 
—  Par  le  trou  de  la  muraille.  » 

De  parietem,  Ch.  de  e  fermé  en  ei  (16); 
d'où  parieit  réduit  à  pareil,  paret,  l.e 
mot  est  encore  fort  usité. 

PAREY  V.  paret. 

PARFAITOLA  (parfètôla)  s.  m.  —  A 
Yzer.  Trempote  de  pain  dans  du  vin.  On 
y  ajoute  souvent  du  sucre. 

De  fr.  parfait  et  suff.  dim.  ola.  Le 
pain  et  le  vin  étant  considérés  comme  les 
premiers  aliments,  leur  réunion  représente 
l'aliment  parfait.  Cette  dérivât.  semMe 
forcée,  mais  je  la  crois  absolum.  exacte. 

PARIO  (pano)  ;  à  Crap.  PORIO  (pôrio) 
s.  m.  —  Souche  d'un  arbre  étronché. 

Malgré  la  bizarrerie  de  la  format., 
pario  8eml)le  avoir  été  fait  sur  parions 
par  la  suppress.  du  suff.  :  pario,  «  souche 
des  pa Won*  •.  Un  primit.  pario^  de  pa- 
liim,  et  un  dér.  parion  sembleraient  plus 
normaux.  Mais,  outre  que  le  sens  ne 
permet  pas  de  tirer  pario  de  palum,  la 
forme  ne  s'y  prêle  pas  non  plus.  Palum 
aurait  donné  In.  par  comme  il  a  donné  fr. 
pal.  Cette  format,  par  suppress.  de  suff. 
existe  d'ailleurs  dans  les  subst.  v.,  et  il  y 
a  qq.  rares  ex.  de  subst.  tirés  d'autres 
subst.  par  ce  moyen  (v.  sampaj. 

Dans  la  forme  pôrio  passage  de  a  à  d  (1  ). 

PARIONS  V.  palons. 

PARMA  (parma)  s.  f.  —  Paume  des 
mains,  «c  llli  aveyt  en  tant  grant  remem- 
branci  la  passion  de  Nostron  Seignour 
Jhésu  Crit,  que  illi  se  perça vet  les  mans 
par  les  pannes  »,  elle  avait  en  si  grande 
remembrance  la  passion  de  N.  S.  J.  G., 
qu'elle  se  perçait  les  mains  daps  les 
paumes  (Marg.). 

De  pAlma,  paume  des  mains.  Ch.  de  / 
en  r  (172  2»). 


Digitized  by 


Google 


PARM 


289 


*  PARMO  (pannô).  v.  n.  Dph.  pormia 
— -  >[uer,  changer  de  poil,  en  parlant  des 
animaux.  Para-te  de  la  mirât  le  parme, 
ne  touche  pas  la  chatte,  elle  mue  (et  te 
couvrirait  de  poil).  S'entend  aussi  de 
changer  de  peau  quand  Tépiderme  se  dé- 
tache à  la  suite  de  qque  maladie.  Vfr. 
parmuer,  changer  complètement,  échan- 
ger. 

De  per-mutare.  La  prépos.-préf.  per 
existe  dans  qq.  v.  Gp.  se  perforai,  Per- 
mutare  donne  parmuô  par  chute  de  t 
(136)  et  élargissem.  de  ^  en  a  (66). 
Parmuô  peut  s'être  facilem.  réduit  à 
parmâ.  Gp.  remuô  réduit  à  romô. 

PARNELLE  vin.  s.  f.  —  1468  :  «  A 
Nicolas  le  serrurier  20  coingts  et  par- 
nelles  de  fer  pour  abatre  pierres  de  la 
roche  de  Bourgneuf.  »  Il  s'agit  peut  être 
de  pals  pour  faire  des  trous  dans  la 
roche. 

Étym.  inconn.  —  S'il  s'agit  de  pals,  le 
rad.  peut  être  par,  de  palum{y,  palons), 
mais  je  ne  sais  comment  se  serait  opérée 
la  liaison  du  suff.  elle, 

PARO  (parô)  adj.    des   2  g.   —  Élevé, 
arrivé  à  bien,  en   parlant   d'un   animal, 
surtout   d'un    oiseau.    Lo    vêquia  parô, 
voici  qu'il  a  pris  toute  sa  croissance. 
Depara,tum  Gh.  de  a  en  d  (1). 
PARO  (parô)   v.    a.    —   Dans  la  loc. 
parô  le  hêtië,  les  empêcher  d'aller  sur  le 
terrain  où  l'on  ne  veut  pas  qu'elles  pais- 
sent. 
De  parvire.  Gh.  de  are  en  ô  (14  3«»). 
*PARO  (SE)  (se  parô)  v.  pr.—  Sedéfendre 
se  garantir.  Para-te  de  celo  chin,  prends 
garde  à  ce  chien,  évite  ce  chien. 
De  parsire  (v.  parô), 
*PAROCHI  (parùchi)  s.  f.  —  Paroisse. 

Déjà  le  Ucassin,  din  totes  le  parrochet... 
€   Déjà  le  tocsin,   dans    toutes  les  pa- 
roisses... »  (Brey.) 

De  parochia.  Je  ne  connois  que  cet  ex. 
de  ch.  lat.  +  yotte  =  ch  In. 

PAROU  (parou)  s.  m.  dans  l'express. 
In  parou  de  vaches  —  A  R.-de-G.  Un 
gardeur  de  vaches. 
Tavena,  deios  son  tsoms,  èlsé  parou  de  Taches. 
«  Tavène,  dans  son  temps,  était  gardeur 
de  vaches.  »  (Proc) 

De  In.  parô,  av.  suff.  om,  à'orem  (34 
bis). 

^PARPAILLOT   (papalhô)    s.    m.    — 


Terme  péj.  Ne  se  dit  pas  chez  nous  du 
calviniste,  mais  de  l'incrédule,  de  l'homme 
qui  ne  suit  pas  les  pratiques  de  la  reli- 
gion. G'esl  une  dérivât,  du  sens  primit. 
de  huguenot.  Quant  k parpaillot,  il  a  une 
orig.  historique  (Scheler). 

PARPENANT  (parpenan)  adj.  —  Pal- 
pitant, essoufflé. 
Lyon,  quand  illdmont,  de  la  Golliiia  Sainti, 
Je  te  veio  à  mos  pis  com'un  corps  parpenant, 
«  Lyon,  quand  là-haut,  de    la  Golline 
Sainte  —  Je  te  vois  à  mes  pied»  comme 
un  corps  palpitant  »  (Mon.) 

Gorrupt.  de  fr.  palpitant.  Le  ch.  de  / 
en  r  est  rég.  (170  4»)  ;  celui  de  t  en  e  est 
dû  à  un  affaiblissem.  de  la  prot.  méd.  ; 
mais  celui  de  ^  en  n  a  eu  lieu  sous  une 
infl.  que  je  ne  sais  pas  expliquer.  Est-ce 
celle  de  peinant  :  parpenant  «  souffrant 
de  palpitations.  »  ? 
PARPOUS  (parpou)  s.  m.  —  Propos. 
O  rcbé  ehizlArdèche,  eiiiJycbantliou  rasada... 
Que  mo  délarminôs  tegnonl  quelo  parpous. 
«  G'était  au  cabaret   de  l'Ardéche,   en 
buvant  leurs  rasades...  -^  Que  ces  hommes 
déterminés  tenaient  ces  propos.  >  (Per.) 
De  propositum.  Métath.  de  r  (187  !•)  ; 
ch.de  0  en  oti  (41).  D'où  po>-pow5,  passé  à 
parpous  par  élargissem.  de  o  en  a  sous 
infl.  de  r  (cp.  archipot), 

PARRASINA  (parazina)  s.    f.    Bessin 
perozine,  wal.  de  Mons  pourazine,  lim. 
pernsino,  alp.  presino,  —  Poix-résine. 
Zio  viii  de  travàrs,  bordo  de  parrcuina 
«    Yeux   de    travers,  bordés   de     poix 
résine.  »  (Mén,) 

Gorrupt.  de  poix-résine.  Oi,   qui  nest 
pas  un  son  pat.,  a  passé  à  a  sous  infl .  de  r. 
PARSAYI  V.  parséyX, 
PARSÉYI  V.  persayï. 
PARTARAT  v.  partaret, 
PARTARET  (partaré)  ;  à  River.   PAR- 
TARAT   (partarà);  à   Villefr.  et  à  Lyon 
PARTERET  s.  m.  Vx  for.  partaret,  for. 
partelet,  dph.  partou  —  Hache  de  bou- 
cher, couteau  à  partager  la  viande. 
Sapalla^son  crimoi,  se  pince,  un  parlarel. 
«  Sa  pelle,  sa  crémaillère,  ses  pincettes, 
un  couteau  à  viande.  »  (Ghap.) 

Il  a  dûexister  un  vb.  parta(r),  répondant 
au  vfr.  partir,  partager,  départent,  sur 
lequel  a  été  fait,  av.  suff.  et,  partaret, 
devenu  parteret  par  affaiblissem.  de  la 
proton . 

34 


Digitized  by 


Google 


290 


PART 


PARTERET  v.  partarfL 

PARTÉRI  (A)  (à  paitéri)  à  R.-de  G.  ;  à 
River.  A  PARTI  RI  (à  partchiri)  loc.  adv. 
—  A  la  file,  sans  discontinuer,  par  ordre. 
A  print  son  oura  à  paviiri,  il  prend  son 
ouvrage  avec  ordre,  ou  avec  suite.  A 
Lyon  on  dit  attenant. 

Et  louf  bien  rctolius  dt  détruire  à  parUri, 

«  Et  tous  bien  résolus  de  détruire  sans 
discontinuer.  »  (Brey.) 

De  pa,rtem»  av.  suff.  rom.  tri,  d'aria 
(13).  L'idée  est  de  prendre  «  part  par 
part,  morceau  par  morceau,  sans  rien 
omettre  >. 

PARTIRI  (A)  v.parMri  (à), 

PARTUS  (partu  ;  à  R.-de-G.  parlsu); 
ap.  Goch.  PERTUIS  »•  m:  For.  partu, 
vpr.  pertuSf  vfr.  pertitis  —  Trou. 

Deini  lo  mémo  parlsu  reToiidez-no  foui  doux. 

«  Dans  le  même  trou,  enterrez-nous 
tous  deux.  »  {Mén.) 

C'est  le  fr.  pertuis,  av.  passage  de  e  h  a 
v66),  et  réduct.  de  ui  à  t<  (48). 

PARTUSI  V.  partusô. 

PARTUSO,  SA  (partuzù,  za)  adj.  — 
Troué,  ée. 

Adj.  part,  de  partusô.  Je  ne  sais 
pourquoi  ô  long  a  passé  à  ô  bref. 

PARTUSO  (partuzô);  à  Morn.  PAR- 
TUSI (partuzl)  V.  a.  For.  partusa^  vpr. 
pertusar,  pr.  pertusa.  —  Percer. 

De  In.  par^ij,  av.  suff.  6  (15  3*,  rem. 3) 
pour  la  forme  partusô.  Dans  la  forme 
parluzX  il  y  a  PU  infl.  de  Tyotte  d^pertuîs. 

PARTUSOLA  (partuzoia)  s.  f.  —  Terme 
injurieux  employé  qqfois  à  l'égard  des 
femmes.  «  B...  de  partusola!  »  Dph.  per- 
tusola,  petit  perluis. 

Do  In.  partus,  av.  suff.  ola,  applicable 
aux  objets  (cp.  virola).  On  trouve  en  m. 
lat.  partus  c  vulva  ». 

PARVÉRO  V.  éparrèrô. 

PARVÈYI  (SE)  (se  parvé-yl)  v.  pr.  -  Se 
pavaner  ;  se  promener  pour  se  faire  voir. 

De  In.  prtro,  aujourd'hui  pôto.  paon,  av. 
«uff.  fréq.  èyX  et  insert,  de  r  ^184  6»,  d). 

PASSALAIGUE  (passalèghe)  s.  m.  Pr. 
passO'l'*aigo  —  D'après  M.  Mistral,  nom 
que  Ton  donnait  autrefois  à  Lyon  aux 
bateliers.  Je  ne  connais  pas  le  mot,  que 
M.  Mistral  a  sans  doute  emprunté  k  qq. 
texte. 

De  pa.'<so  «  passer  »,  et  aigua  aiçui 
«  eau  ». 


PASTINADES  v.  pastonades. 

*PASTONADES  (pastùnade)  ;  à  Yzer. 
PASTINADES;  à  Panis.,  Morn.  etc. 
POSTONADES  (pôstonade)  s.  f.  pi.  For. 
pastounade,  vpr.  pastenaga,  piacent. 
hastonadag,  norm.  pascarades,  genev. 
patenailles  —  Carottes,  daucus  carota. 

L'hiver  n'a  reii  lessi  que  quauque  pastounadt, 

c  L'hiver  n'a  laissé  subsister  que 
quelques  carottes.  »  (Chap.) 

De  past(ijn9ica,  av.  substitut,  du  suff. 
pr.  ada,  d'ata.  D'où,  past'nada  past[é]nada 
(par  insert,  d'une  voy.  d'dippm)  pastinada 
ou  pastonadoj  au  plur.  pastonades.  La 
persist.  de  s  est  assez  bizarre,  mais  je 
crois  le  mot  d'orig.  pr. 

'PASTRO  V.  pôtro. 

PATA  V.  potô. 

PATAFIOLE  (patafiôle),  mot  usité  seu- 
lem.  dans  la  phrase  très  fréquente  4  Que 
le  bon  Dieu  le  patafiôle  »  pour  <  que  le 
Diable  l'emporte  !  »  En  pr.  «  que  lou 
Diable  lou  patafiôle  ou  patafieule! 

M.  Mistral  pense  que  le  mot  peut  venir 
de  gasc.  hatafiolo,  blessure  légère,  ou  de 
batafieù.  Ce  dernier  mot,  qui  n'existe  pas 
en  pr.,  est  sans  doute  pour  matafieù  (v. 
batafi)^  bout  de  corde,  mot  souvent  invoqué 
par  les  parents  quand  ils  menacent  leurs 
enfants  d'une  correction.  Le  dph.  ajrant 
batafiou,  même  sens,  il  ne  serait  pas 
impossible  qu'on  eût  forgé  un  vb.  'bâta- 
fioula  *batafiola,  devenu  patafiôle  dans 
la  loc.  Dans  les  mots  forgés  le  b  init. 
peut  s'altérer  qqfois.  Cp.  pr.  pcUaclan 
pour  bataclan.  L'idée  serait  c  que  le  bon 
Dieu  te  schlague  t  » 

PATAFLE  ;  ap.  Coch.  PATUFLE  vin.  s. 
m.  —  Affiche.  Je  ne  sais  pourquoi  Coch. 
dit  patufie,  qu'il  écrit  deux  fois  fort  lisi- 
blem. ,  car  tous  les  textes  ont  paiafie,  y 
compris  celui  transcrit  par  Breghot  du 
Lut,  et  que  Coch.  ne  pouvait  ignorer.  — 
1552:  «  Ordonné  quon  face  fermer  les 
portes  S*-George,  de  la  Roche...  et  on 
mettra  un  patafie  aux  portes,  que  les 
portiers  ne  laisseront  entrer  aucuns  co- 
quins, maraulx...  »(Arch.  m.) 
VMdau  leMcn 
D«  paoura  pop«laire. 

Ce  fMtafU  ej 
Dtfuus  ool  faict  faire. 

(Placard  de  1515  circa;  ap.  Bregfaot). 


Digitized  by 


Google 


PATA 


291 


Par  xtens.  Tarif  (cp.  carcabeau).  t  Con- 
cluant à  ce  qu*iceux  boulangers  fussent 
contrains  à  faire  lesdits  pains  de  la 
qualité  et  du  pris  antien,  et  selon  Tancien 
pata/te  imprimé.  »  (Paradinj.  C'est  par 
erreur  que  Cotgr.  en  fait  un  subst.  f.,  en 
lui  donnant  d'ailleurs  le  sens  restreint  de 
tarif  du  pain. 

Corrupt.  d*épita/te,  qu'on  trouve  en  vfr. 
pour  épitaphe  (Du  C,  à  epUaphium),  Le 
sens  d'épitapheest  dér.  à  celui  d'inscription 
en  général.  It.  dialect.  patafjfîo,  épitaphe 
(pour  epitaffio),  pr.,  patôfio,  caquets.  Il 
ne  serait  pas  impossible  que  le  mot  eût 
subi  l'infl.  de  Tit.  Mais  je  ne  sais  sous 
quelle  infl.  epUaphium  a  pu  se  corrompre 
dans  Tune  ou  l'autre  langue.  Sur  le  ch. 
de  f  en  /f,  cp.  baguais  para/te  pour 
paraphe, 

PATAIRO  (patèro)  PATÉRO  (patéro)  s. 
m.  —  Marchand  de  vieux  chiffons.  Ss.- 
rom.  pattai,  fém.  pattaira. 

llarcbandf  tt  savalU,  boIoDgis  et  patairoi. 

<  Marchands  et  savetiers,  boulangers  et 
marchands  de  chiffons.  »  {Hym.) 
Menous  d'ours  et  de  cbiDf,  trénoui  de  marionetes, 
Patero,  farrattis,  marchands  de  crisocal. 

«  Montreurs  d'ours  et  de  chiens,  Iral- 
neurs  de  marionnettes,  —  Marchands  de 
chiffons,  de  ferraille  et  de  chrysocale.  » 
(Brey.) 

Depatta,  av.  suff.  airo  (13,  rem.  1). 

*PATARRAT  v.  potaras, 

*PATASSI  (patassi)  s.  f.  —  Pomme  de 
terre  blanche. 

De  fr.  patate,  av.  substit.  du  suff.  assi. 
Est-ce  par  besoin  de  dissimil.?  Est-ce  une 
analog.  péj.  ? 

*PATAT  s.  m.—  «  Petite  pièce  de  mon- 
noye  de  peu  de  valeur.  On  n*a  pas  un 
patat,  il  n'a  rien.  »  (Goch.) 

Non  de  patard  dans  lequel  r  fin.  aurait 
persisté,  mais  du  primitif  patac,  qui  était 
une  monnaie  papale,  d'après  un  ex.  cité 
par  Raynouard,  et  qui  existait  aussi  en 
Prov.  et  en  Dauph.  fDu  C).  Elle  existait 
auisi  en  Flandre  sous  le  nom  de  patagon, 
et  devait  être  fort  connue,  car  patac  se 
trouve  dans  Rabel.  et  Villon.  Je  ne  crois 
pas  qu'elle  ait  jamais  été  en  usage  dans  le 
Lyonn.  autrement  que  dans  la  loc. 

PATÉRO  V.  patatro. 

PATET.  ETTE  (patè,  ète)  PATICHON, 
ON  NE  (pâlichon,  ône)  s.  Pr.  patet,  auv. 


pateit,  piém.  patet^  voironn.  patichon  — 
Lambin,  personne  lente,  minutieuse.  Se 
dit  aussi  adjectivem.  «  Un  homme  patet  », 
un  lambin  ;  «  un  ouvrage  patet  »,  un 
ouvrage  qui  exige  beaucoup  de  minutie. 
V\èm.  patet,  bigot  scrupuleux. 

Du  rad.  de  lat.  pa^i,  av.  suff.  et  dans 
patet  ;  et  av.  suff.  on,  plus  une  syll.  inter- 
calaire péj.,  dans  patichon.  Le  phonème 
ichoti  a  d'ailleurs  l'avantage  d'être  analo- 
gique av.  cornichon,  ânichon  etc.  Quant 
à  la  dérivât,  de  sens  elle  est  la  môme  que 
celle  qui  a  eu  lieu  dans  patient, 

PATETER  (pateté)  v.  n.  —  A  Lyon 
Lambiner  dans  un  travail. 

De  patet,  av.  suff.  d'oïl  er, 

PATÈTERIE  s.  f.  —  A  Lyon  Lambinerie. 
tatillonnage.  «  Il  n'en  a  jamais  fini  av. 
ses  patèteries.  »  Piém.  patetaria,  bigo- 
terie scrupuleuse. 

De  patet,  plus  suff.  coll.  erie  (cp.  flâ- 
nerie), 

PATI  (patl)  s.  m.  —  Gésier,  et  par 
extens.  estomac,  c  Se  mettre  qq.  chose  sur 
le  pati  >,  le  manger. 

Répondrait  à  un  'pa^/armm,  depa^tum, 
a  Paix,  ce  qui  renferme  ce  qui  a  été  paît  ». 
Faut-il  rapprocher  fr.  vulgaire  pdtée, 
nourriture?  Chute  de  s  (166  2*);  ch.  de 
arium  en  i  (13). 

PATICHON  V.  patet, 

PATIFLU.  USA  rpatiflu,  uza)  s.  — 
Terme  péj.  —  Personne  lambine,  mala* 
droite. 

Du  i*ad.  pat  (v.  patet),  av.  un  suff.  péj. 
de  fantaisie.  Le  phonème  i/lu,  uflu  exprime 
la  lourdeur.  Cp.  fr.  ma/tu. 

PATINS  (patin)  s.  m.  pi.  —  A  Lyon 
Chaussons  de  lisières. 

De  îv. patte,  av.  suff.  in,  quihabituellem. 
est  purem.  dim.,  mais  ici  sert  à  caracté- 
riser un  objet.  Cette  formation  est  excep- 
tionnelle. 

*PATIRI  wpôtiri, 

*PATOIRI  V.  patuiri. 

PATRIGOT  (patrigô)  s.  m.  Pr.  patricot 
—  Bavardage,  tripotage,  paquets,  intrigues, 
c  As-te  figni  avouay  te  patrigots  »  as-tu 
fini  avec  tes  sottes  médisances  ? 

Je  crois  que  M.  Mistral  a  donné  la 
véritable  étym:  pratique,  av.  suff.  ot; 
d'où  praticot,  et  patricot  par  métath. 
(187  !•).  En  pr.  le  mot  a  aussi  le  sens 
de  troc,  échange;  ce  qui  appuie  Tétym. 


Digitized  by 


Google 


292 


PATR 


Cp.  le  In.  tt7ie  yraliquey  ternie  péj.,  pour 
qqu'un  de  mauvaise  foi,  sans  valeur 
morale.  De  Ik  patricot  patrigot,  acUonde 
mauvaise  pratique. 

Nom  d'homme,  Patricot. 

PATRIGOT AJO  (palrigotajo)  s.  m.  Pr. 
patricoutage.  Le  même  (\\\q  patrigot,  av. 
un  sens  coll. 

Onle  cst-lé  donc,  quou  grand  blaQueur, 
Quou  fassou  de  palrigotajo  ? 

«  <)ù  est-il  donc  ce  grand  I)lagueur,  — 
Ce  faiseur  de  tripotages  ?  »  (Due  Bih.) 

De  patrigot,  av.  suff.  ojo,  cCaticum. 

*PATROLLI  (patrôlhi)  s.  f.  -  Boue. 
Maif ,  par  puni  ce»  gienoillcs, 
Que  volianl  montau  u  ciui, 
Lo  foiialH  din>  la  patroilli^ 
Du  coula  de  Venis&iux. 

fChans.  sur  VAsctns.  aérostat.) 

C'est  le  fr.  patonille,  d'un  rad.  pat 
[patte)  et  du  phonênip  pèj.  ouille  exprim. 
le  rejaillisseni.  de  l'eau  (v.  gabouille). 
Insert,  de  r  (184,  6«,  r). 

♦  PATROLLI  (patrolhl)  v  n.  —  Patauger 
dans  la  boue. 

De  patrolli  subst.,  av.  suff.  t  (15  !•). 

*PATTA  (pàta)  :  à  Lyon  patte  s.  f.  Pr., 
piém.  pata;  crémon.  patta  —  Chiffon, 
loque,  morceau  de  linge.  Marchand  de 
pattes,  marchand  de  vieux  habits,  de 
chiffons.  Patte  à  briquet^  linge  brûlé 
pour  servir  d'amadou.  Pata  est  l'orthogr. 
primit. 

Bien  que  Diez  et  Littré  identifient  pa«a, 
chiffon,  av.  patte^  pied  d'animal,  la  dérivât, 
de  .sens  est  inexplicable,  et  Ton  est  tenté 
de  croire  à  deux  mots  différents.  M.  Mis- 
tral rapproche  sscr.  pata  pati,  linge  (que 
je  n'ai  su  trouver  ni  dans  Bopp  ni  dans 
Burnouf);  mais  il  est  évident  que  pata 
ne  'saurait  venir  du  sscr.  sans  intermé- 
diaire. On  trouve  une  i*ac.  indo-germ.pad, 
qui  signifie  lier,  saisir,  et  a  donné  nor. 
fat,  bandeau,  tout  ce  qui  sert  à  lier  ;  dan. 
fad,  d'où  le  vha.  faz,  paquet  ;  esp.  halo, 
ptg./Vi^o, habits;  pv.fato,  chiffon, guenille. 
Cette  racine  ne  parait  pas  avoir  donné  en 
roman  de  forme  à  p  init.  Cependant  on 
trouve  m.  lat.  pata,  bandelette,  ornement 
ecclésiastique,  qui  ne  peut-être  dér.  de 
pata,  chiffon,  lequel  a  toujours  un  sens 
péj.  Faut-il  rapprocher  Traroç  robe,  qu'on 
tire  de  n«T(robe  qui  couvre  les  pieds),  par 
une  dérivât,  qui  parait  bien  forcée  ?  On 
peut  encore  rapprocher  le  serbe  popasti. 


lier,  saisir.  —  Si  celte  rac.  avait  donné 
un  b.  lat.  *pata,  bandelette,  il  faudrait 
peut-être  identifier  av.  celui-ci  patte,  hap- 
pe, chose  qui  lie,  en  général,  car  la  res- 
.semblance  av.  une  patte  d'animal  est  bien 
lointaine.  Quant  à  la  dérivât,  à  l'idce  dr* 
guenille,  chiffon,  elle  est  expliquée  par  le 
pr.  fato,  rapproché  de  l'e.^p.  halo,  babil, 
et  du  primitif /Vr^  bandeau. 

Loc.  Fcire  sa  palta,  mettre  de  rarj^'eut 
de  côté,  spécialem.  dans  une  carhelt»*. 

De  ce  que  l'on  est  censé  cacher  de  l'argent 
dans  un  chiffon. 

PATTES  s.  f.  pi.  —  Tussilage,  tnssilago 
farfura.  On  emploie  fréquem.  le  folhe 
de  pattes  pour  panser  une  blessïire,  un 
abcès,  un  furoncle. 

De  ce  que  les  feuilles  ont  qq,  ressem- 
blance av.  l'empreinte  du  pied  d'un  soli- 
pède.  Aussi  le  nom  vulg.  e^i-'û  pns'd\Ute. 

PATTI  (pàtl)  s.  m.  Morv.  pattié  — 
Marchand  ambulant  de  chiffons. 

De  In.  patta,  av.  suff.  i(13). 

PATUFLE  V.  patafle. 

PATUIRI  (patuiri,  trissyl.)  ;  ap,  Coch. 
PATOIRI;  à  Lyon  patoire  s.  f.  —Terme 
péj.  Personne  lambine,  maladroite,  sotte, 
qui  s'embrouille  facilem.  A  River,  se  dit 
surtout  d'une  personne  qni  ne  finit  jamais 
de  s'expliquer,  d'une  femme  ennuyeuse, 
rabâcheuse. 

Dn  rad.  pat  (v.  palet),  plus  un  suff. 
amalgamé  d'aria  =  iri  (1 3),  et  oria  =  uri 
(37).  Dans  la  forme  de  Coch.,  le  suff.  est 
oire,  d^oria.  Ce  suff.,  sous  la  forme  oire 
oiri ,  où  oi  est  emprunté  au  fr.,  est 
toujours  péj.  (cp.  botirdoiriy  traqnoire) 

*PAU-DE-FER  V.  podefer, 

PAVERNA  (pavérna)  s.  f .  —  A  S»-Mart. 
terme  péj.  Personne  molle,  fainéante,  dé 
sordre. 

Étym.  inconn.  —  (^.omposé  d'un  rad. 
paf  pav,  qui  ne  se  retrouve  nulle  part,  et 
d'une  terminais,  pr.  erna  (cp.  bti^rna. 
subertia,  bolerna,  galerna),  dout  je  ne 
sais  pas  expliquer  l'orig.  Cp.  pourtant  fr. 
poterne  où  erne  représente  lat.  er{u)la, 
puisqu'on  trouve  pr.  posterlla^  de  poste- 
rula. 

PAVON  (pavon)  s.  m.  Alp.  pavoun  — 
A  Mom.  Paon.  Vfr,  pavonesse,  m.  lat. 
pava,  femelle  du  paon. 

De  pavon em. 

PAY  vin.  V.  peg. 


Digitized  by 


Google 


PAYA 


293 


PAYASSI  V.  paillassi. 

PAYROROUX  vin.  dans  le  texte  suiv. 
de  Lyo7i  b, 

Li  livra  [de  Tiande]  vau  ben  quatro  son 
Scn  s'en  manqua  un  payroroux, 

Payroroux  signifie  conimuném.  chau- 
dronnier (v.  peirorou)  ;  ici  il  parait  signi- 
fier liard  ou  denier  :  «  quatre  sous  sans 
s'en  manquer  d'un  liard  ».  On  ne  com- 
prend pas  la  plaisanterie  consistant  à 
donner  le  nom  de  chaudronnier  à  un  li;n*d. 
Ku  r»}alilê  payroroux  est  pris  ici  pour 
morceau  de  chaudron,  fragment  de  cuivre, 
lie  pr  pi'lrol,  av.  suff.  ou  ajoulé,  pour  la 
rime  i)eut-t'lre.  I.e  liard  est  comparé  à  un 
fragment  do  chaudron. 

PAYS  (l'^-ï)  s.  m.  —  Étendue  en  général, 
lerrain  ;  mais  au  sens  indéfini.  «  Per  fére 
cela  méson  faut  nriiidre  mais  de  pays  *, 
pour  faire  celto  maison  il  faut  prendre 
plus  de  lerrain. 

Dérivât.  <le  sens  de  fr.  pays,  dopaf/e7ise. 

PÈBLE  V.  poblo. 

PECCATA  (pekalà)  s.  m.  —  Ane;  in 
pitit  peccata,  un  petit  âne. 

De  peccata,  emprunté  par  les  clercs, 
qui  ont  vu  dans  l'àne  le  souffre-douleurs, 
comme  s'il  était  charge  des  péchés  du 
monde.  Roq.  en  fait  dans  usl  Mén,  le  nom 
propre  d'un  àne  : 

Et  TùDO  Peccata,  que  vanle  sa  cabocliî. 

«  Et  l'àne  Peccata  qui  (par  son  attitude) 
vante  sa  capacité  (littér.  sa  tête).  » 

Le  pr.  a  pecatSLS,  gros  péché  (formé  sur 
pecat),  qui  aurait  pu  se  réduire  à  pecata; 
mais  comme peccatum  Q.  fait  péchî  en  In., 
je  crois  que  peccata  est  bien  le  mot  lat. 
D'ailleurs  l'idée  de  comparer  l'Ane  à  un 
péché  n'est  pas  une  idée  popul.,  mais  une 
idée  de  clerc. 

PÊCHI  (péchi)  s.  m.  —  Vivier,  étang 
pour  garder  le  poisson.  A  River,  on  ap- 
pelle encore  Pêchl  l'endroit  où  était 
situé  le  vivier  des  anciens  seigneurs  du 
lieu. 

De  In.  pêchl,  pèche,  av.  suff.  t,  d'a- 
rt am  (13). 

PÊCHURI  (pèchurl)  s.  f.  —  Jadis  Vi- 
vier,  réserve  de  poisson  ;  mais  ce  sens 
est  tombé  en  désuétude,  et  le  mot  s'entend 
uniquem  .  d'une  pièce  d'eau  qu'on  peut 
vider  au  moyen  d'une  bonde,  et  qui  sert 
exclusivem.  à  laver  le  linge. 


C'est  le  fr.  pêcherie,  dans  lequel  le  suff. 
erie,  qui  n'existe  pas  en  pat  ,  a  été  trans- 
formé en  tiri,  d*oria, 

PÉCOU  (pékou)  ♦PICOU  (pikou)  s.  m. 
Auv.  pecoitl,  pr.  pecoxi,  vfr.  pecoiil.  — 
Queue  des  fmils.  I71  picou  de  cerisi,  une 
queue  de  ceiiM\  Au  fig.  nez.  M.  lat. 
pecollas  «  columella  (que  M.  Mistral  et 
M.  Gras  ont  confondu  av.  Columelle,  au- 
tour latin)  »,  vpr.  picol,  pied,  quenouille 
de  lil.  le  rîiaise  :  \  fr.  perol  pccoul,  que- 
iioniîlH  'k  lit;  pin'  ail,  manche  d'oulil. 

Étym.  inconii.  —  Biiij^My.  apjvs  Dioz, 
liii)  pirol  d<*  pcdicf'Iaoi.  diiu.  «u»  i^etfem, 
qu'on  trcuvo  dans  Plnic  eî  dans  Colu- 
melle pour  pédoncule  d'un  fruit.  Mais 
pedicaîtim  donn*»  peil,  «'t  une  forme 
peducalum  donnerait  péouil,  La  fin. 
d'ailleurs  ne  paraît  pas  être  acnîam,  qui 
donne  olh  en  pr.  {çp.pediculum  =  peoiîl, 
yentiCHlu'in=  genolhj.  Le  mot  ne  peut 
non  plu3  renfermer  colliim,  quoiqu'on 
trouve  celui-ci  en  lat  au  sens  de  tige 
(lassovp  papavere  collo,  ap.  Virg.).  car 
rollam  ne  peut  donner  de  forme  en  ouil. 
J'émets  l'hypoth.  suivante  :  Columen^  co- 
lumna,  coluviella  supposent  un  simple 
colum  €  support,  colonne  »,  qui  est  le 
même  que  colus  t  quenouille  ».  Pe(dem) 
coli  «  pied-de-colonne  »  ou  «  support  en 
forme  de  colonne  »  donne  pecol  pecouî, 
et  pécouil  par  une  forme  coleum  pour 
colum.  On  peut  supposer  que  e  bref  de 
p^rfewi,  jouant  le  rôle  de  proton,  ne  s'est 
pas  diphtongue,  (^lantau  sens,  «colonne», 
à  côté  du  sens  c  quenouille  »,  il  est  si  na- 
turel qu'on  le  retrouve  dans  «  quenouille 
de  lit  »  pour  «  colonne  de  lit  ».  Le  sens 
de  pied  se  retrouve  dans  vfr.  pecol  «t  pied 
de  fauteuil  »  (Parto7iop,,  ap.  Godef.).  Le 
sens  de  pédoncule  ne  s'est  développé 
qu'à  une  date  récente. 

PÉCUNA  (péknna)  s.  f.  —  Argent,  for- 
tune. Avè  de  lapécuna,  être  riche. 

Format,  savante  sur  pecunia.  Qq.  mots 
savants  ont  ainsi  pénétré  dans  nos  cam- 
pagnes (V.  peccata).  Le  m.  lat.  pecunia 
figurait  dans  beaucoup  de  chartes  et  de 
contrats  et  s'est  ainsi  répandu,  ou  peut- 
être  pec/oma-t-il  été  simplem.  tiré  dufr. 

PEDOLLI  (pedolhi)  ;  à  Lyon  pedouille 
s.  f.  —  Poux.  Are  de  pedolhi,  avoir  des 
poux. 


Digitized  by 


Google 


294 


PÊGE 


De  pedVLc(u]la  pour  pediciila.  Cp.  b. 
\slU peduclare  t  pediculis  purgare  ».  Gh. 
de  u  bref  en  o  (38)  ;  de  cla  en  Ihi  ("164 
2*  6  et  54  8'^). 

PÊGE  V.  pèji. 

PEGEZ  vin.  8.  m.  —  Mesure  d'une  cer- 
taine quantité  de  poix.  1381  :  «  12  peçes 
de  pege.  à  2  loys  i/2  le  pegez  f  Arch.  m. 
ce.  376).  Cette  poix  servait  à  enduire 
les  c  cbanêes  >  de  bois. 

On  trouve  dans  le  Morv.  et  le  bourg,  pige, 
mesure  ;  «  prendre  lapt/ze  d'un  champ  »; 
piger,  mesurer.  Piger  vient  de  pedi^ 
cB,re,  mesurer,  de  pedem,  comme  pider 
(v.  bider  au  suppl.)  de  *pedare.  Il  est  pro- 
bable que  le  sens  de  mesurer  av.  le  pied 
est  dér.  au  sens  de  mesurer  en  général;  cp. 
mesure  [de  blé  etc.].  dér.  duprimit.  metiri, 
délimiter,  fixer  les  limites.  Un  subst.  v.  de 
pedicare  donnerait  pège,  mesure,  dont  on 
aurait  un  masc.  pegé.  Quant  à  ped{i)care 
il  donnerait  en  vin.  pegier  peger,  par  ch- 
de  c  en  j  (161  6*).  Un  pegé  de  poix  serait 
donc  littéralem.  t  une  mesure  de  poix  ». 

Les  typogr.  appellent pt/7^  le  «  quantum  » 
de  composition  auquel  cbaque  bomme  de 
réquipe  a  droit  dans  la  fabricat.  quoti- 
dienne d'un  journal.  Par  ex.  dans  une 
feuille  de  2000  lignes  composée  par 
20  bommes,  la  pige  est  de  100  lignes.  C'est 
le  même  subst.  v.  de  pedicare, 

PÉGI  (péji);  vin.  PEGE;  à  Lyon  pège 
s.  f.  Ss.-rom.  pedje  pedze,  —  Poix.  Ce 
mot  se  trouve  déjà  sous  cette  forme  dans 
les  ConL  P,  (1850)  ;  «  Item  por  seins 
^saindoux^  et  sein  en  paing  et  porp^^i.  » 
Dans  les  ConU  N,  même  époque  :  t  Item 
por  aviron  XXX  livres  de  pegi  neira  por 
la  dita  mina.  »  Une  vieille  cbanson  popu- 
laire a  pour  refrain  : 

Savetier,  qu'as -tu? 
—  J'ai  la  i»ège  au  c  .. 

De  vpr.  pega,  résine,  av.  adoucissem. 
de  g  en  j  et  ch.  de  a  en  t  (64  2«).  Pega 
vient  lui-même  de  pica  pour  picem. 

PÈGO  (pègo)  s.  m.  —  A  River.  Bout, 
coin  d'une  pièce  d'étoflfe,  d'un  mouchoir. 
Lo  pègo  d'in  manti^  le  coin  d'une  nappe. 
Étym.  inconn.  —  Je  crois  que  le  sens 
primit.  était  a  pièce  »,  passé  à  «  petit 
morceau»,  puis  à  t  bout,  extrémité  ».  Cp. 
à  Lyon  bout,  petit  morceau  ;  un  bout  de 
fromage,  un  petit  morceau  de  fromage. 
Dans  ce  cas   le  mot  pourrait    venir  de 


*pedicum,  pièce,  morceau,  de  pedem  ; 
cp.  b.  lat.  (ix«  s.)  perfica,  pièce  rdc  terre  I 
(Du  C).  Ped{i)cum  donne  pego  par  ch. 
de  c  en  g,  Cp.  vpr.  canorgue  de  cano- 
n(i)cum,  morgue,  de  *mon(t)cum,  el 
coratgue,  à  côté  de  coratge,  àe'coraticutn. 

PÈGOLA  ("pègèla)  s.  f.  For.  pegolle  — 
Poix. 

Du  pr.  pega,  poix,  à&picem,  av.  suff.  ola. 

PEILLANCHI  (pelbanchi)  s.  f.  — Dégue- 
nillé, vagabond. 
Filoui,  depollies,  peillanches,  teguez  voutron  CabeL 

«  Filons,  vagabonds,  déguenillés,  suivez 
votre  Cabet.  »  (Lichessec) 

Un  des  nombreux  dér.  de  In.  peilli,  av. 
un  suflf.  qui,  par  son  allongem.,  a  pris  le 
caract.  péj. 

*PEILLANDRA  (pelhandra)  PILLAN- 
DRA  ;  à  "LyoTipillandre  s.  f.—  1.  Guenille, 
chiffon,  haillon.  O  vè  tôt  in  pillandra, 
c'est  tout  en  loques.  2.  Gueux,  vagabond, 
vaurien. 

De  In.  peilîi,  et  suff.  a;icfra  par  anal 0|?. 
av.  filandre.  Peillandre  a  passé  à  pil- 
landra (cp.  20).  Le  mot  est  pris  au  fig. 
dans  le  sens  2. 

PEILLI  PELY  (pèlhi)  s.  f.  Vfr.  peille, 
vpr.  peilla  pelha,  for.  pely  —  1.  Loque, 
chiffon,  guenille. 

Et  le,  m6lru  Pelou,  fesie  ina  mulriia  pely. 

«  Et  toi,  chétif  Péteux,  tu  es  une 
méchante  guenille.  »  (Mel.) 

De  pellea.  M.  îat.  pelha  pellia  •  pellis  », 
pelherius  «  pellium  venditor  ».  L'hiatus 
ea  a  été  cause  du  mouillem.  de  l  et  du  ch. 
de  a  en  t  (54  1<>). 

PEILLON  (pèlhon)  à  River.  ;  à  Panis«. 
PILLON  (pilhon)  s.  m.—  Cil  des  paupiè- 
res. Vpr.  pelio,  paupière,  cils;  éph^peil- 
Ion,  paupière.  2.  Lospeillons  de  los  sorcis, 
les  poils  des  sourciLs. 

De  pilum  =  'peil  (16),  av.  suff.  on.  On 
devrait  avoir  p^i/on  pèlon;  le  mouillem. 
de  /  est-il  dû  à  une  infl.  analogique  de 
peillon,  de  'pellea  t  Dans  la  forme  pi7Aon, 
ei  a  passé  à  i  sous  infl.  de  /  (cp.  20). 

3.  {ap.  Coch.  PELLION)  s.  m.  Yfr.pelon 
pellon  —  Enveloppe  épineuse  des  châ- 
taignes. 

4.  A  Villefr.  Gazon.  Alp.  peillon. 
Même  étym.  que  1.  et  2.,  les  dards  de 

la  châtaigne  et  les   brins  d'herbe  étant 
comparés  à  des  poils. 


Digitized  by 


Google 


PEIL 


295 


PEILLONNO  (pèlhonô)  PILLONNO  (pi- 
Ihonô)  V.  n  —  1.  Cligner  des  yeux.  For. 
peliound,  môme  sens.  —  2.  Froncer  le 
sourcil. 

De  In.  peillon,  av.  suff.  d  (14  3-). 

PEILLOT  (pèlhô)  s.  m.  —  Chiffon,  lam- 
beau, guenille.  Rennes  peillot,  peau  de  la 
crème,  et  petit  morceau  de  linge.  Gasc. 
peilhot,  vêtement  de  petite  dimension,  de 
peu  de  valeur. 

De  peilli,  av.  suff.  dim.  ot. 

PEILLOTTA  (pèlhùta;  s.  f.  —  A  Morn. 
Enveloppe  épineuse  de  la  châtaigne. 

De  pilum  (v.  peillon  3),  av.   suff.  ôia. 

PEILOU  (pêlou);  ap.  Goch.  POILOU  s 
m.  Coch.  le  définit  <  Plante  qui  sert  à 
fumer  les  terres  ».  Il  s'agit  en  réalité  du 
lupin  blanc,  lupinus  albus,  connu  tlans 
le  midi  de  la  France  par  l'engrais  qu'il 
fournit  aux  terres,  lorsqu'il  est  enfoui  au 
temps  de  sa  floraison. 

De  peiSf  pois,  et  loup  ;  lillér.  pois- 
loup.  D'où  vient  ce  nom,  si  général,  que 
l'ail,  a.  voolfsbohne,  haricot  du  loup,  le 
fr.,  lupin  et  l'it.,  lupino,  même  sensf 
L'explicat.  donnée  par  Littré  «  parce  que 
la  plante  dévore  la  terre  »  est  contraire  à 
la  réalité,  et  celle  qu'il  ajoute  «  ou  parce 
que  la  graine  est  à  peine  mangeable  par 
les  loups  »  semble  forcée,  les  loups  ne 
mangeant  pas  de  graines. 

PEIR  (pér);  ap,  Goch.  PER  ;  vin. 
PAIR  s.  m.  Kym.  pair^  vx  kym.  peii\  vx 
arm.  pêr,  corn,  per^  irl.  coire,  mks. 
coirrey,  sscr .  charu  —  Chaudron. 
«  Item  por  adobar  I  grant  pair  quy  luy 
fut  portas  de  Lion  »,  item  pour  réparer 
un  grand  chaudron,  qui  fut  porté  là  de 
Lyon  {Cont,  N,) .  Depuis  Goch.  ce  mot  a 
presque  disparu.  Diez,  à  l'esp.  perol, 
vpr.  pairol,  même  sens,  donne  l'étym. 
patina  par  la  marche  suivante  :  patin-ol 
patnol  patrol  (cp,  engre  pour  engne) 
pairoU  Outre  que  le  passage  de  patnol  à 
patrol  est  bien  peu  vraisemblable  (l'ex. 
cité  est  dans  d'autres  conditions),  celte 
étym.  ne  rend  pas  compte  du  simple 
pair,  lequel  a  certainem.  précédé  pairoL 
Diez  repousse  le  basq.  perolea,  t  chose 
qui  chauffe  »,  à  cause  de  la  dipht.  dans  le 
pr.  —  Patera  aurait  donné  païra,  comme 
patrem  a  donné  païre. 

Je  crois  le  mot  celt.  Outre  qu'on  le 
retrouve  dans  les  3  dial.  kym.  sous  une 


forme  identique  à  la  nôtre,  je  crois  qu'il 
existe  dans  la  branche  gaël.  sous  les 
formes  données  plus  haut,  car  p  init.  en 
kym.  répond  à  c  en  gaël.  Gp.  vx  irl. 
coic,  lat.  quinque  et  vx  arm.  pemp, 
€  cinq  »  ;  gaël.  casad,  sscr.  kdsas,  arm. 
pas  «  toux  >;  irl.  ci,  lat.  quid,  arm.  pé 
t  quel  >.  (Arb.  de  Jub.) 

(Depuis  que  ces  lignes  ont  été  écrites, 
nous  avons  rencontré  cette  étym.  déjà 
donnée  par  M.  Schuchardt  et  M.  Groe- 
ber.) 

PEIREROU  (pèrerou);  à  Grap.  PIRE- 
ROU  (pirerou);à  R.-deG.  PERORROU  ; 
ap.  Coch.  PÈROUROU  s.  m.  Dph.  pai- 
rorout  —  Chaudronnier  ambulant,  par 
exlens.  poêlier. 

Lo  perrorou  Clapé,  voUnt  eomm'  In  écliir. 

«  Le  chaudronnier  Clapé,  volant  comme 
un  éclair...  »  (Brey.) 

De  pr.  peirol,  av.  suff.  ou,  à'orem 
(34  bis).  On  Si  peirolou,  passé  à  peirorou 
par  ch.  de  /  en  r  (147  2*).  Dans  peirerou 
il  y  a  affaiblissem.  de  la  prot.  Je  ne  sais 
pas  expliquer  Vi  de  pirerou, 

•PEIRETTA  (pèréla)  s.  f.  Dph.  pairet 
peireta,  m,  lat.  pairola  —  Chaudron, 
marmite. 

Deln.p^ir,  av.  suff.  dim.  etta.  Beaucoup 
plus  usité  que  peir,  qui  est  presque 
tombé  en  désuétude. 

"PEISALLI  s.  m.—  «Lieu  ensemencé 
de  pois.  »  Je  ne  connais  le  mot  que  par 
Coch.  Je  suppose  que  /  est  mouillée  et 
qu'on  doit  dire  pezalhi. 

De  peis,  pois,  av.  prdbablem.  un  i" 
suff.  coll.  aille,  et  un  3»  suff.  t.  à*ariwn. 
Sur  l'emploi  de  ce  dernier  cp.  plan1^, 
terrain  complanté  en  jeunes  plants  de 
vigne. 

PEISSIERE  V.  peyssiere. 

PEJA  (pèja)  s.  f .  —  A  Villefr.  Bouillie 
de  riz  au  lait. 

Probablem.  de  pège,  poix,  la  bouillie 
étant  comparée  à  de  la  poix,  à  cause  du 
visqueux.  \  pège  a  été  ajouté  le  suff.  a, 
d*ata;  littéralem.  <  la  poissée  ». 

PEJASSON  V.  peju. 

PEJATv.  peju. 

PEJOU  ▼.  peju. 

PEJU  (peju)  à  Lyon  et  aux  environs  ;  à 
River.,  Morn.  PEJAT  (pejà)  PEJASSON 
(pejasson)  ;  à  R.-de-G.  PEJOU  <p€Jou)  ; 
ap.  Coch.  PREJAT  s.  m.  —  Savetier. 


Digitized  by 


Google 


296 


PELA 


BrtTO,  dzit  lo  pejou^  d'onte  est-to  qu'i  dérive  ? 

«  Bravo,  dit  le  savetier,  d'où  est-ce 
qu'elle  (une  lettre)  arrive  f  »  {Proc.) 

T>e  pèji,  av.  sulT.  m  ous,  d^osum,  dans 
les  formes  peju  pejou  ;  av.  suff.  at  dans 
pejat  ;  et  av.  2  suff:  1«  suff.  pèj.  asse, 
2'  suff.  on  pour  marquer  le  masc,  dans 
pejasson.  Le  mot  prejat,  cordonnier, 
donné  par  Goch.  dans  sa  Statistique  de 
Condr.  est  certainem.  une  erreur  typogr. 
pour  pejat. 

*PELADA(pelàda)  s.  f.  —  Débris  de 
laine  que  les  forces  détachent  du  poil  dans 
la  fahricat.  des  draps  ;  mauvais  poil  en 
général. 

DepiUim^peilf  av.  suff.  pr.  ada  ;d'oiï 
peilada  pelada . 

PELAT  (pela)  s.  m.  —  A  R.-de-G. 
Express,  injurieuse,  Vaurien,  vagabond. 

Mais  ftèquiiiu  pelats  tant  vcgni  k>introduirc 

P6s  tant  par  intérêt,  comm*  o  vet  par  no  nuire. 

«  Mais  certains  vauriens  se  sont  intro- 
duits, —  Non  pas  tant  par  intérêt  que 
pour  nous  nuire.  »  (Men.) 

Non  de  pilum,  mais  de  In.  pella  (v.  ce 
mot),  av.  suff.  at.  Littéralem.  «  qui  porte 
des  haillons  ».  L'affaiblissem.  de  ê  prot. 
a-t-il  eu  lieu  sous  l'infl.  de  pelé  f 

RELATA  (pelàta)  s.  f.  —  A  R.-de-G. 
Vaurien. 

Ou  milan  doucôfé,  Liisso  quela  pelala. 

Que  bavardùve  autant  qu'in  avocat  de  plata. 

c  Au  milieu  du  café,  je  laisse  ce  vaurien, 
—  Qui  bavardait  autant  qu'un  avocat  de 
bateau  à  laver.  »  {Oorl.) 

Vos  que  ni*avez  nominA  lo  chef  de  le  pelâtes. 

€  Vous  qui  m'ayez  nommé  le  chef  des 
vauriens.  »  (Mar.) 

De  In.  pellay  av.  suff.  ata,  répondant  à 
pr.  ada. 

PELAUDS(LOS)  (lo  pelô)  s.  m.  pi.  — 
Sobriquet  injurieux  des  habitants  de  S'- 
Symph.  Ina  pelauda,  une  femme  de 
S»-Symph. 

De  In.peilli,  av.  suff.  péj.  aud,  de  wald . 
Sur  la  format,  v   pelot, 

PELLA  (pela)  à  R.-de-G.  s.  f.  ;  à  Yzer. 
PELLO  (pèlo)  s.  m.  —  For.  pelle  —  Vau- 
rien, mauvais  sujet,  mendiant,  fainéant. 
A  n'eut  pM  tarmiiiô  que  la  banda  d«  pèles 
S'élance  tôt  d'in  pe,  sccouyant  so  farbcles. 

«  Il  n*eut  pas  terminé  que  la  bande  de 
vauriens  —  S'élance  comme  d'un  seul 
pied  en  secouant  ses  guenilles,  »  (Brey.) 


Cjr  Bt^y  lou  rey  do  Palenguiis 
Que  tous  sous  jours  ériant  d«  luns, 
Lou  patriarche  de  le  pelles, 

«  Ci -gît  le  roi  des  vauriens  —  Pour  qui 
tous  les  jours  étaient  des  lundis,  —  Le 
patriarche  des  fainéants.  »  {Chap.) 

C'est  peilli.  dans  lequel,  pour  je  ne  sais 
quelle  raison,  /  s'est  «  dèmonillée  ».  De  là 
le  ch.  de  i  fin.  en  a  (53  3*).  La  dérivât,  de 
sens  de  guenille  à  mauvais  sujet  se 
comprend  facilem.  Le  mot  s'appliquant 
.souvent  à  des  hommes,  Yzer.  Ta  fait  passer 
au  masc. 

*  PELLI  V.  a.—  >ip.  Goch.  a  Oler  le  brou 
des  noix  ».  On  dit  aujourd'hui  pela. 

Gomme  le  suff.  t  indique  une  /  mouillée, 
la  prononciat.  devait  être  pèlht^  formé 
sur  In.peilli,  au  sens  de  pesLM {pellea}  et 
non  sur  pely  de  pilum,  qui  a  donné  pelô, 
peler.  Le  sul)st.  pelUous  confirme  la 
prononciat.  et  l'orig. 

PELLION  v.peillon2, 

*PELLIOUS  (pèlhou)  s.  m.  —  «  Enve 
loppe  épineuse  des  châtaignes.  »  (Goch.) 

De  pilum  (v.  pcillon  2),  av.  suff.  osus 
(35).  Aujourd'hui  on  dit  généralem . 
peillon. 

PELLO  V.  pella, 

PELORDA  (pelorda)s.  f.— A  River,  terme 
péj.  Vaurien,  débauché,  mauvais  sujet. 

Dér.  de  In.  peilli,  av.  «  démouillem.  » 
de  l,  et  un  suff.  péj.  de  fantaisie  (cp.  guin- 
gôrda).  Sur  ^  sèche,  cp.  pelai  pelot, 

PELOSETTA  v.  pelousella. 

*PELOSSI  (pelôssi);  à  Lyon  pelosse  s.  f. 
Vfr.  beloce  belorce,  for.  pialoussa,  ss.- 
rom.  belôssa,  Fribourg  belossa,  norm. 
blloche,  Jursipelossepelousse  -^  Prunelle. 
Berr.  prune  baloce,  sorte  de  grosse 
prune  ;  Vosges  blosse,  sorte  de  petite 
prune. 

Probablem.  du  celt.  —  Kym.  bwlas,  arm. 
bolos  polos,  prunelle  ;  irl.  bulos,  prune  ; 
angl.  bullace,  prunelle.  La  non-existence 
de  bullace  en  ags.  serait  un  indice  que 
l'angl.  a  pris  le  mot  au  ceU.  On  retrouve 
bulloi  bullos,  prunelles,  dans  le  dictionn. 
it.-angl.  de  Florio,  1G80  (ap.  Wedgwood). 
M.  Joret  {Essai  sur  le  pat.  du  Bessin) 
rapproche  ail.  blotze,  qui  est  sans  doute 
une  forme  dialectale,  car  il  n'existe  pas 
dans  l'ail,  littéraire,  et  je  ne  connais  rien 
qui  s'en  rapproche  en  vha.  et  en  néerl. 
Dans   ce    cas    blatte    pourrait    être    un 


Digitized  by 


Google 


PELO 


297 


emprunt  aux  dial.  fr.  de  TEst.  Le  ch.  de 
7)  init.  en  b  dans  le  In.  pourrait  faire 
difficulté  si  Ton  n'avait  le  fr.  beloce.  Fin. 
i  (54  5»).  Burguy  voit  dans  beloce  pelosse 
l'équivalent  de  blosses  blesses  «  blettes  », 
le  propre  des  prunes  sauvages  étant  de 
ne  pouvoir  être  mangées  que  lorsqu'elles 
sont  blettes.  Il  explique  blosses  par  suéd. 
bloed  bloet,  tendre,  mou,  tout  en  recon- 
naissant qu'il  n'existe  pas  de  forme  av.  s 
fin.  Celte  étym.,  aussi  bien  comme  sens 
que  comme  forme,  est  tout  à  fait  invrai- 
sembl. 

*PELOSSI  ^pelossl)  s.  m.  —  Prunellier. 

De  In.  pelossif  av.  suflf.  i  d'arias  (13). 

PELOT  (pelô)  s.  m.  —  Vaurien,  vaga- 
bond, mauvais  sujet. 

Un  des  nombreux  dér.  de  pelUf  av. 
€  dessication  »  de  /  ^cp.  pelât,  pelata, 
pelorda).  Âddit.  du  suff.  dim.  ot^  ou 
plutôt  substitut,  de  ce  suff.  au  suff.  péj. 
aud,  qui  a  été  certainem.  le  suff.  primitif; 
cet  au,  en  devenant  bref,  s'est  confondu 
av.  suff.  ot,  Lgd.  pelaou  pelaud,  viv. 
pelhau,  avare,  gredin,  bélitre,  malotru. 
L'étym.  pilatum,  pelé,  doit  être  écartée, 
soit  à  cause  du  sens,  soit  à  cause  de  la 
forme  viv.  pelhaUy  qui  indique  clairem. 
Torig.  peilli, 

'PELOUS  V.  pelu. 

PELOUSELLA  (pelouzèla)  ;  à  River. 
PELOSETTA  (pelozéta)  s.  f.  For.  pellou- 
zelle.  —  Sorte  de  petite  châtaigne. 

De  In.  ^pelousa,  châtaigne  dont  l'écorce 
est  couverte  d'un  duvet,  plus  suff.  ella 
ou  etta;  ce  dernier  est  dim.  Pelousa  est 
pilosa  (62  et  36).  Il  est  probable  que 
pelousa  a  existé  en  In.  comme  il  existe 
on  pr.,  et  a  été  remplacé  par  le  dim.  pelou- 
sella.  Le  ch.  de  ou  en  o  dans  la  forme 
pelosetta  a  pu  être  facilité  par  l'infl.  de 
pelosse, 

*PELU  (pelu)  •PELOUS  rpelou)  adj. 
—  «  Sale,  malpropre.  De  là  le  Puits-pelu, 
H  Lyon,  d'un  ancien  puits  en  mauvais 
état  et  qui  donnait  de  Teau  fangeuse.  » 
CCoch.) 

Coch.  fait  certainem.  erreur,  et  a  pro- 
bablem.  puisé  son  interprétât  dans 
Roquef.  (à  pelu),  qui  d'ailleurs  ne  donne 
aucun  texte.  Pelu^  aujourd'hui  peu  usité, 
signifie  «  qui  a  beaucoup  de  poil  »  ;  vpr. 
pellut,  môme  sens  •  et  lePuils-pelu  venait 


probablem.  du  nom  du  propriétaire  du 
puits.  —  Quant  à  pelu  pelous,  c'est  pilo- 
sum(3S).  Il  y  a,  il  est  vrai,  beaucoup  de 
dér.  péj.  de  peilli,  av.  /  sèche,  mais  ils 
appartiennent  tous  à  la  région  de  R.-de-Q., 
River.,  Morn.,  et  aucun  d'eux  n'a  pénétré 
à  Lyon. 

Breghot  du  Lut  dit  :  c  La  rue  Palais- 
Grillet  est  aussi  connue  sous  le  nom  de 
PuUS'Pelu  (autrefois  Peloux),  à  cause 
d'un  puits  malpropre,  mal  entretenu, 
caduc  et  couvert  de  mousse,  qui  existait 
au  coin  de  cette  rue  et  de  la  rue  Ferran- 
dière.  »  Je  suppose  que  B.  Du  L.  aura 
voulu  dire  que  le  nom  de  Pelu  venait  de 
la  mousse  qui  couvrait  le  puits.  On  trouve 
en  effet  vfr.  pehiis,  lieu  couvert  de  ga- 
zon, de  pilosum,  mais  le  mot  n'ayant 
aucun  représentant  en  In.  dans  ce  sens,  il 
parait  beaucoup  plus  probable  qu'on  a 
dit  Pmis-Pelu,  comme  on  aurait  dit 
Puits-Bernard  ou  Puits-Martin.  Quant  à 
la  forme  Peloux,  je  ne  la  connais  point,  et 
l'endroit  porte  le  nom  de  Puits  Pelu  sur 
les  plus  anciens  documents,  comme  il  le 
portait  encore  quand  la  rue,  en  partie 
rebâtie,  a  changé  de  nom  il  y  a  *S3  ans 
environ. 

En  mai  1540,  pour  l'entrée  du  c  révé- 
rendissime  cardinal  de  Ferrare,  arche- 
vêque de  Lyon  »,  on  fit  t  un  mistere  à 
l'eschaffauld  de  la  Grenetle  »  avec  «  un 
esgle  vaullant,  montant  et  descendant  v, 
et  on  trouve  mention  du  c  paiement,  pour 
la  fontayne  distillant  vin  le  jour  de  la 
dicte  entrée,  pendant  le  temps  d'icelle, 
laquelle  fut  faicte  et  dressée  au  Puy 
Pelluz,  »  (Arch.  m.  GG  ;  034.) 

(P.  S.  Je  trouve  PuUs-Peloux  dans 
M.  de  Valons  :  Et,  Turquet,  p.  49,  à  pro- 
pos de  noms  de  rues  en  1538.  Les  deux 
formes  ont  dû  coexister.) 

N.  d'homme,  Peloux, 

PELUË  (peluë)  s.  f.—  A  Grap.  Poulie. 

Probablem.  du  fr.  poulie  par  les  trans- 
format, suiv.  f  transport  de  Tacc.  (61)  ; 
d'où  poulie  poulie;  P* affaiblissem.de la 
prot.  ;  d'où  pelhè,  La  c  dessication  »  de  / 
est  plus  extraordin.,  mais  se  présante 
qqfois  (v.  pelot). 

PELY  V.  peilli. 

*PtHABLO  y ^pénôblo. 

35 


Digitized  by 


Google 


298 


PENA 


PENACHOU.  OUSA  (penachou,  ouza) 
adj.  —  Englué.  «  Ma  man  è  tota  pena- 
chousa,  ma  main  est  tout  engluée  fde 
poix  etc.)  ». 

D*einpenacht,  av.  suppress.  du  préf.  et 
addit.  du  sufî.  ous,  d*osus  (35). 

*PENDAILLI  Tpendalhi)  s.  f.  —Chaîne 
où  pendent  les  ciseaux. 

Du  rad.  de  pendre,  av.  suff.  ailli,  le 
plus  souvent  collect.  et  péj.,  mais  ici  sim- 
plem.  péj. 

*PENDOLO  (pendôlô)  v.  a.  For.  pen- 
doula,  dph.  pendola  —  Pendre.  De  même 
à  l'impér.  plur.  Pendolô  don  cinqui 
«  pendez  donc  cela  ».  La  vieille  chanson 
de  PerneUe  dit  : 

Te  fdtsa  pai,  Pernctle, 
1  iopendouleroni. 
—  Si  pendoulant  mon  Pire, 
Pindoula  me  iiou! 
«  Ne  te  fâche    pas,  Pernetle,  —  Ils  le 
pendront.  —  SMls   pendent   mon    Pierre, 
—  Pendez-moi  aussi  !  » 

Iquen  éy,  ma  fey,  ]«mi  vrai  la 
Par  s'alla  faire  ptndoula, 
«  Ceci  est,  ma  foi,   le  vrai  moyen  — 
Pour  s'aller  faire  pendre.  »  (Ghap.) 

De  pendre^  de  pendere,  av.  suff.  olà, 
qui  est  habituellem.  dim.,  mais  qui  pa- 
rait ici  appliqué  par  fantaisie. 

*PENELLA  (penèla);  à  Lyon  penelle  s. 
f.  Dph.  penella,  pr.  phiello  —  Très 
grande  barque  à  fond  plat,  dont  les  2 
bouts  sont  carrés  et  relevés,  et  percés 
chacun  d'un  ou  2  trous  pour  le  passage 
de  grandes  rames  servant  de  gouvernail. 
Cette  barque  était  à  la  2*  place  dans  les 
trains  de  bateaux.  Elle  est  aujourd'hui 
disparue.  On  m'assure  qu'il  en  existe  en- 
core en  Alsace.  Les  nôtres  portaient  sur* 
tout  des  fagots  et  des  marchandises,  et  se 
construisaient  principalem.  sur  la  rivière 
d'Ain.  La  penelle  était  presque  symé- 
trique d'avant  en  arrière,  et  avait  ce  qu'on 
appelle  deux  «  relevaisons  ».  Elle  a,  je 
suppose,  été  surtout  abandonnée  à  cause 
du  danger  de  la  manœuvre  de  la  rame, 
qui,  lorsqu'elle  s'engageait,  cassait  et 
balayait  l'équipage,  tandis  que  dans  les 
autres  bateaux  on  peut  couper  à  la  hache 
la  corde  qui  fixe  la  rame  à  la  bande. 

De  *pinella,  probablem.  parce  que  le 
bateau  était  en  pin.  Cp.  sapine^  à  Lyon 
autre  espèce  de  bateau,  et  le  fr.  popul 


'.\ 


sapin,  fiacre.  Pinum  voulait  aussi  dire 
navire,  mais  c'était  une  métaphore  em- 
ployée par  les  poètes,  et  qui  n'avait  pro- 
bablem. pas  passé  dans  le  lat.  popul. 
Pme//a  devient  penella,  paraffaiblissem. 
de  la  prot. 

PÈNOBLO  (pénôblo);  ap.  Coch.  PÉNA- 
BLO  adj.  des  2  g.  —  Désagréable,  en- 
nuyeux. €  Que  ceV  efant  è  don  pénôblo^ 
que  cet  enfant  est  donc  désagréable  t  » 

De  pœna,  av.  suff.  àb(i)lis,  Gh.  de  a 
en  6  (S). 

*PENON  vin.  dans  l'express.  Capitaine 
Penon  usitée  jusqu*à  la  Révolution  pour 
capitaine  d'une  compagnie  de  la  garde 
bourgeoise. 

Du  pennon  qui  servait  de  signe  de 
ralliem.  à  chaque  compagnie.  Sur  la 
format,  logique  cp.  enseigne  «  celui  qui 
portait  l'enseigne  »,  et  colonel,  qui  signi- 
fie en  réalité  c  petite  colonne  de  troupes». 

PENONAGE  vin.  s.  m.  —  Nom  donné 
à  chaque  compagnie  de  la  garde  bour- 
geoise de  Lyon. 

De  In.  penon,  av.  suff.  coll.  âge,  d'ati- 
cum, 

PENRE  V.  panre 

PENTIBOLA  (A  LA)  (à  la  pantchibdla) 
loc.  adv.  —  A  River,  dans  l'express.  Por- 
to à  la  pentibola,  porter  à  califourchon, 
non  sur  les  épaules,  mais  sur  le  dos. 

Évidemm.  composé  de  2  mots  dont  le  2* 
est  bola,  boule  (cp.  à  lacaquibourlë).  Le 
!••"  peut  être  le  rad.  de  pend{re)  ;  à  la 
pentihola  :  <  en  façon  de  boule  suspendue  » . 

*PER  y.peir, 

PERAISI  V.  pérési. 

PERAIZU  V.  pérésu. 

♦PERCERETTA  (perserèta)  ;  à  Lyon 
percerelte  s.  f.  —  Vrille. 

De  iv,  percer,  a>r.  suff.  etta, 

*  PEREISI  V.  pérési, 

PÉRÉSI  (pérézi)  ;  ap.  Goch.  PEREISI  , 
vin.  PERAISI  s.  f.  For.  pereysi,  Morv. 
péresse  —  Paresse. 
Car  h  peraïaï  engandre  fo  lo  Teaon  en  vu  corpa. 

«  Car  la  paresse  engendre  tous  les  vers 
dans  le  corps.  »  (Bern.) 

Campanaire  jura  de  vn  la  grand  Ifléiar, 
Btque  n'a  jamais  ren  pardu  par  u  per^aj. 

«  Sonneur  juré  de  la  grande  Église  — 
Et  qui  n'a  jamais  rien  perdu  par  sa 
paresse.  »  (Chap.) 


Digitized  by 


Google 


PÉRÉ 


Î99 


Depigritia.  Gh.  de  t  bref  en  è  (63). 
passé  à  é;  de  gr  en  r  (cp.  leg(e)re  =  lire, 
peregt-initm  =  pèlerin)  ;  de  i  bref  accentué 
en  ôi  (16),  puis  en  e.  On  devrait  avoir 
péressi  (138  2*).  Sur  le  ch.  de  ss  en  z  v. 
8'apraisi.  Gh.  de  ta  en  t  (54  !•). 

PÉRÉSU,  USA  (pêrézu,  uza);  ap,  Coch. 
PEREYZU  ;  vin.  PERAIZU  s.  et  adj.  — 
Paresseux,  d'après  Goch.,  mais  se  dit 
surtout  d'un  homme  qui  s*étend  pour  se 
délasser. 

Quand  vpa  fllli  et  ajrmoiruza  et  te  conoay, 
Elle  ii'e  ren  peraisusa  en  quay  qu«  hy. 

«  Quand  une  tille  est  amoureuse  et  se 
connaît,  —  Elle  n*est  pas  du  tout  pares- 
seuse en  quoi  qu'elle  fasse.  »  (Bern.) 

De  pigritiosus  (v.  pérési),  Gh.  de  osus 
en  u(36). 

PÈREYOU  (pêre-yon)8.  m.  —  A  R.-de- 
G.  Mineur. 

I  dzoDl  qu^n  pereyou  brùve  Voura  de  pena* 
Alaii  par  Id  coup  d'état  al  est  de  boona  mèoa. 

«  On  dit  qu'un  mineur  résiste  à  l'ouvrage 
de  peine,  —  Mais  que  pour  un  coup  d'état 
il  est  de  bonne  composition.  »  (Per.) 

De  In.  pire,  pierres,  charbons,  av.  suff. 
ou,  d'orem  (34  bis).  On  a  pire-ou,  et 
pïreyou  par  insert,  d'yotte  pour  rompre 
l'hiatus  ;  t  init.  est  passé  à  è  par  analogie 
av.  perriri. 

*  PEREYZU  V.  pérésu, 

PER  FORCER  (SE)  (se  perforsé)  v.  pron. 
—  Se  dit  qqfois  à  Lyon  pour  Faire  un  effort 
énorme,  au-dessus  de  ses  forces.  Vpr. 
perforsar,  faire  effort. 

De  fr.  forcer,  av.  la  prépos.  per, 
comme  préf.  intens.  Je  ne  connais  en  In. 
que  cet  ex.  de  l'emploi  de  celle  prépos. 
dans  cette  condition. 

PÉRI  (péri)  s.  f.  —  Poire. 

Depirwm.  Ch.  de  i  bref  en  é  (16).  On 
dit  plus  volontiers  péru. 

PÉRI  (péri);  à  Grap.  PAIRI  (péri)  s. 
m.  —  Poirier. 

De  pïrum,  av.  suff.  î.  d'aWwj?,  comme 
dans  la  plupart  des  noms  de  végétaux. 

PÉRI  (péri)  V.  a.  —  Détruire,  jeter.  A 
Yzer:  t  Va  doti  péri  queVaigua,  va  donc 
jeter  cette  eau  ». 

De  perire.  Périr,  dans  le  vfr.,  avait  le 
sens  de  faire  mourir,  puis,  par  extens.  de 
détruire. 

PERORROU  V.  peirerou. 


*PEROUROU  y.  peirerou. 
PERPÉTUE  (perpétue)  s.  f.  —  Perspec- 
tive à  fresque  que  l'on  avait,  au  xvra*  s., 
l'habitude  de  peindre  sur  un  mur  termi- 
nant une  allée  d'arbres,  et  où  l'allée 
d'arbres  était  représentée  en  se  prolon- 
geant. 

Gorrupt.  de  perspective,  mot  incompré- 
hensible pour  le  vulgaire,  tandis  queper- 
pétue  exprimait  le  sens  d'une  chose  qui 
se  prolonge,  «  se  perpétue  ». 

PERREUR  PIERREUR  vin.  s.  m.  — 
Garrier,  celui  qui  exploite  une  carrière  de 
pierres.  1516:  —  «A  Jehan  Des  farges,  dit 
Partout,  pierreur  de  S*  Gire,  pour  pierre 
de  taille  de  Ghuyn  qu'il  a  fournie...  »  1525  : 
c«  A  Bouyer,  perreur  de  sainct  Sire,  la 
somme  de  53  1.  12  s.  pour  avoir  livré  2(X) 
pieds  carrés  pierre  Ghuyn...  »   (Arch.  m.) 

Répondrait  à  un  *petroreni,  de  peira,  La 
forme  rég.  est  pe)*reur.  Gh.  de  e  bref  en  è 
(63);  de  tr  en  r  (164  3*»).  Orem  =  eur 
est  d'oïl.  Dans  pierreur  le  dér.  a  été  infl. 
par  le  simple  pierre. 

PER  R  1ER  [périé]  s.  m.  Pr.  peirié  —A 
Lyon  Gésier  d'une  volaille. 

De  peirKrium,  parce  que  le  gésier 
contient  ordinairem.  des  pierres.  Gp.  pr. 
peirié,  à  la  fois  •  gésier  »  et  «  pierrier  ». 
Gh.  de  e  entr.  en  è  (63).  Ariura  donne  t 
en  pat.  (13),  mais  Lyon  emploie  aujour- 
d'hui le  suff.  fr. 

PERRIERE  vin.  V.  perriri. 

*PERRIRI  (pèriri);  vin.  PERRIERE  s.  f. 
Vpr.  peiriera —  Garrière  de  pierres.  A  R.- 
de-G.  Mine  de  houille.  Dph.  peireiri, 
carrière.  1527-28  :  Paiement  «  des  ouvriers 
qui  ont  vacqué  et  continué  à  tirer  la  pierre 
et  charroyer  la  dicte  pierre  de  la  dicte 
perriere  sur  les  boullevartz  Sainct - 
Sebastien.  »  (Inv.  de  la  C) 

De  petra,ria  ch.  de  e  enlr.  en  è  (63)  ; 
de  aria  en  tri  (13). 

N.  d'homme  el  de  lieu  La  Perrière. 

PERSAYI  (persa-yl)  PARSAYI  ;  PAR- 
SÉYI  ;  ap,  Coch.  PERSIÉ  s.  m.  Saint. 
p*rsètier  —  Pêcher.  La  forme  de  Goch. 
m'est  inconn. 

De  In.  persi,  pêcher,  av.  un  !•'  suff. 
B,lht,  et  un  2«  suff.  i  (13);  puis  alhl  a 
passé  à  ayi  ^164  2»,  c).  Dans  la  forme 
parsayi,  ch.  de  ^  en  a  (66). 

*PERSÉGU  (perségu)  part.  —  c  Pour- 
suivi. »  (Goch.) 


Digitized  by 


Google 


300 


PERS 


C'est  le  partie,  du  v.  segre  (segu),  av. 
le  préf.  per,  mais  je  n*ai  jamais  entendu 
rinfin.  persègre.  Aux  environs  de  Lyon 
on  dit  corratô  q  y  aucun  t  poursuivre 
qqu'un  ».  —  Le  suff.  u  de  perségu  est 
celui  des  v.  de  la  4«  coniug.  fr.  Ainsi  à 
Crap.  où  suivre  se  dil  suévre^  le  part,  est 
suivu, 

*PERSI  (persi)  s.  f.  It.  persicn,  gén. 
persego  —  Pêche.  Saint,  perset^  pêche 
adhérente  au  noyau. 

De  persi(c)um.  Sur  la  chute  de  la  ter- 
minais, cp.  rustUciim)  =r  vfr.  rttste. 

*PERSIÉ  V.  p^r^ayi. 

PERTUIS  V.  parlas, 

PÉRU  (pérn;  s.  m.  Pr.  perus  prus.  — 
Poire. 

N*6i-tsu  jamais  cotti  de  jtéru  Couèssi  Damt  7 

«  N'as-tu  jamais  mangé  de  poires  cuisse- 
dame?  »  (Tôt  V.  b.) 

De  pii'um^  poirier,  av.  suff.  »,  d'osus 
(35;,  comme  l'indique  le  pr.  Mais  il  est 
singulier  queMorn.,  River..  Yzer.  n'aient 
pas  pérou  au  lieu  de  péru.  Gh.  de  i  bref 
en  ^(16). 

PÉRU-COING  (pérukoin)  s.  m.  - 
l.Coing.  2.  Cognassier. 

De  péru^  poire,  et  de  fr.  coing,  La  dé- 
rivât, de  sens  du  fruit  à  l'arbre  est  à  re- 
marquer. 

PÉRU -MARTIN  (pérumartin)  PÉRU- 
SAINT-MARTIN  s.  m.  —  Cinelle,  fruit 
de  l'aubépine. 

De  péru,  poire,  et  Saint-Martin,  réduit 
à  Martin,  parce  que  c'est  à  la  Saint-Mar- 
tin (il  novembre)  que  les  cinelles  sont 
dans  tout  leur  éclat. 

PÉRU-SAINT-MAhTIN  v.  pérumar- 
tin. 

PESANTO  (pezanlè)  v.  a.  et  n.  —  1. 
Appuyer.  Dph.  pesanta,  peser,  avoir  du 
poids. 

Et  Jean  pétante  u  talocbe 

Que  fat  mais  de  brut  quMoa  cloche. 

c  Et  Jean  appuie  de  son  sabot  —  Qui 
fait  plus  du  bruit  qu'une  cloche.  »  (Mort 
de  la  Z,) 

2.  A  Lyon  pesanter  —  Soupeser. 
€  Pesante  veire  cinqni  »,  soupèse  donc 
cela.  De  fr.  pesant,  av.  suff.  <5  (14  !•).  Le 
mot  au  sens  1.  est  le  fr.  appesantir, 
moins  le  préf.  a,  et  av.  ch.  de  conjug.  — 
Dans  le  mot  au  sens  2.  le  In.,  au  lieu  de 
procéder  à  la  dérivât,  par  i'apposii.  d'une 


préposit.  devant  Tinfinît.  pesa,  comme 
dans  le  fr.  sous-peser,  le  In.,  dis-je,  a  vu 
dans  la2«  partie  du  dér.  p'esantô  une  sorte 
de  suff.  fréq.  antô,  qui  distinguait  le 
dér.  du  simple  peso, 

PESETTES  (pezète)  s.  f.  Ss.-rom.  pesette 
—  Vesce,  viscia  saliva. 

De  pès,  de  pisum,  av.  suff.  dim.  etta  : 
è  de  pès  étant  devenu  prol.  s'est  assourdi 
en  e  muet. 

PESOU  (pezoa)  s.  m.  -~  Se  dil  d'un 
caillou  très  gros,  d'un  pavé.  S'emploie 
toujours  au  sens  comique.  «  Se  j'avié 
recevu  celo  pesou  »,  si  j'avais  reçu  ce 
coup  de  pierre  î 

Paraît  forgé  de  façon  fantaisiste  sur  le 
rad.  de  peso,  peser,  av.  suff.  ou,  d'osus 
(35).  Cp.  Pays  de  Bray  pesout,  homme 
grossier  et  sans  intelligence,  aussi  du  rad. 
de  peser. 

"PESSAMENT  (pèssamin)  s.  m.  Dph. 
pessametit,  rgt.  pessomen  —  Préoccupa- 
tion, souci. 

Lo  soin  de  ton  froupct  fait  tout  son  |»essaiiieiit. 

•  Le  soin  de  son  troupeau  fait  tout  son 
souci.  »  (Liaudo.) 

De  'pensAmentum,  de  pensare.  Chute 
de  n  (176),  mais  on  devrait  avoir  peza- 
min.  Le  mot  a  subi  l'infl.  analog.  de  vfr. 
pensementf  pensée. 

PESSIAU  V.  paissiau. 

PESSIERE  V.  peyssiere. 

PESUT  vin.  s.  m.  dans  le  texte  suiv.  : 
1513  :  «  A  Philippe  Aiguel,  chapuis,  7  L 
18  s.  pour  bigues  et  un  grand  pesai.  » 
(Arch.  m.)  Le  pesât  est  probablem.  un 
grand  levier. 

De  peser,  av.  suff.  m,  d'orem  (34)  ; 
comme  le  presson,  de  presser. 

•PETACIA  V.  petassi, 

PETAFINv.  pw^a/ïn. 

PETAFINO  (petafinô)  ;  à  R.-de-G.  Pl- 
TAFINO;  à  Lyon  petaflner  v.  a.  et  n. 
Pr.  putO'fina,  vel.  pata/i?ia,  dph.  petafina 
—  Gâter,  gaspiller,  laisser  perdre  les 
choses.  On  dit  aussi  au  neutre  qu'une 
chose  a  petafinô  pour  dire  qu'elle  s*e>t 
gâtée.  Gela  s'entend  des  fruits,  des  den- 
rées. On  le  dit  aussi  d'une  nichée  d'ani- 
maux qui  a  péri,  etc.  C'est  le  sens  èty- 
molog.,  mais  on  emploie  aussi  le  mot  à 
l'actif:  petafinô  ina  chousa,  abîmer,  gâter 
une  chose. 

Gttichord,  d*ln  coup  ptrë,  se  cré  pitcJinô. 


Digitized  by 


Google 


PETA 


301 


«  Guicbard,  d*un  coup  pareil,  se  croit 
écrasé.  »  {Dëp.) 

Formé  sur  putafin,  av.  sufif.  6  (14 2*), 
et  affaiblissem.  de  la  prot. 

PETARD  v.pe(drc?.. 

PETAS  (peta)  s.  m.  Lgd.  petas,  pr. 
pedas,  vfr.  petas  {ap.  Diefenb.),  it.  petac- 
cia,  esp.  pédalo  —  1.  Grossie  pièce  posée 
sans  soin,  raccommodage  grossier.  —  2. 
Par  exlens.  un  gros  morceau  quelconque. 
—  3.  A  Paniss.,  lange  d'enfant.  Lou  petas 
de  Ions  drôles,  le  lange  des  enfants. 

A  me  puye  In  tîo  pot,  lo  grou  pet2  de  gruéri. 

«  U  me  paye  un  pot  de  vin  vieux,  un 
gros  morceau  de  fromage  de  Gruyère.  » 
{Gorl.) 

De  b.  lat.  peteicium  «  panni  fragmen- 
tum  ».  On  devrait  avoir  pétais  (10).  Le 
mot  a  dû  nous  venir  par  les  dial.  d'oc. 
Quant  h  petacium,  c'est  une  augmentât, 
de  petium,  dont  Porig.  est  discutée. 
Diefenb.  l'approche  le  celt.  armor.  pez, 
gaël  pios,  pièce,  morceau,  qu'écarte  Diez, 

PETASSI  (petassl)  ;  ap,  Goch.  PETA- 
CIA  V.  a.  Lim.  petossa.  —  Mettre  des 
pièces  au  linge,  ravauder,  av.  sens  péj. 

De  In.  petas,  av.  suflf.  t(16  8%  rem.  2). 

PETASSI  A  (petassia)  s.  f.  —  Coup,  ta- 
loche. 

Malgré  la  bizarrerie  de  la  dérivât,  de 
sens,  subst.  partie,  de  petassl,  mettre 
une  pièce.  Le  coup  est  comparé  à  une 
pièce  posée.  Cp.  emplon,  à' in-planum,  et 
fr.  popul.  emplâtre  pour  «  soufflet  >. 

PET-DE-BOU  (pèdebou)  s.  m.  —  A 
Paniss.  Roitelet.  Voiron  pet-de-bou,  tro- 
glodyte. 

Littér.  pet-de-bœuf,  mot  qui  se  retrouve 
dans  d'autres  patois  pour  des  noms  d*oi- 
seaux.  Il  est  probable  que  la  clef  de  la 
dérivât,  est  donnée  par  le  \orr.  petit-bœuf , 
qui  signifie  roitelet  (renseignem.  com- 
muniqué par  M.  Langlois).  Petit-bœuf  a 
été  corrompu  en  pet-de-bœuf  d'autant 
plus  facilem.  que  i  était  prot.  Reste  à 
expliquer  comment  on  a  pu  trouver  une 
ressemblance  entré  un  roitelet  et  un  bœuf, 
même  petit.  Petit-bœuf  est-il  lui-même 
une  cornipt.  de  qq.  mot  inconnu  ? 

PETEL,  pi.  PETEUX  vin.  s.  m.  Vfr. 
petail  peteil  petueil,  —  Matras  dans  le 
texte  suiv.  de  la  Leide  de  U  Archevêché 
(1300  circa)  :  «  Item  li  chargi  àe\  péteux. 


deit  .j.  petel.,.  »   (ne  faut-il  pas  lire  o  H 
chargi  de  /  (50)  péteux?  ») 

Malgré  la  bizarrerie  de  la  dérivât.,  je 
crois  qu'il  est  vraisemblable  de  tirer,  av. 
Cachet  et  Grandg.,  petel  de  pistillum, 
c  pilon  ».  Le  sens  aurait  passé  à  <  bâton 
servant  d'arme  défensive  »,  puis  à  c  ma- 
tras  »,  et  même  à  «  glaive  »,  m.  lat. 
petus  «  gladius  ».  Mais  il  est  extraordi- 
naire que  s  n'ait  pas  persisté  dans  le  wal. 
peta  f  bâton  dont  on  se  sert  pour  frapper  », 
1'^  de  st  persistant  toujours  dans  le  wal. 
Quant  au  m.  lat.  petulum  t  chose  qui 
frappe  »,  on  peut  supposer  qu'il  a  été 
foigè  sur  fr.  petel  par  une  fausse  trans- 
cript.,  ou  sous  l'infl.  du  lat.  classique pe^o 
€  je  frappe  ». 

PETORD  (petôr);  ap.  Goch.  PETARD 
s.  m.  —  Tuyau  en  bois  de  sureau,  fabri- 
qué par  les  enfants.  On  y  place  une  bourre 
que  l'on  fait  partir  par  l'effet  de  l'air 
comprimé. 

De  fr.  pet  (à  cause  du  bruit  que  fait  la 
bourre  en  s'échappanl),  av.  suff.  germ. 
ard» 

PETOUGI  (petonji)  s.  f.  —  terme  péj. 
Maladie,  et  aussi  ennui  causé  par  la  ma- 
ladie; embarras  qui  en  sont  la  consé- 
quence. ^  Al  a  tojors  lapetougi,  il  a  tou- 
jours qq.  indisposition.  »  Une  mère  a  aussi 
Isipetouffi  quand  son  enfant  est  malade. 
Elle  a  l'embarras  de  la  maladie. 

De  pet.  Avé  la  petougi,  littér.  t  avoir 
la  tympanite  ».  Gp.  l'express.  In.  al  a 
tojors  pet  ou  fouéri,  il  est  toujours  in- 
disposé. Le  suff.  ougi  est  probablem. 
estropie  de  ousa  ousi  :  l^petousi,  «  la  pé- 
teuse ».  Le  mot  a  été  pris  ironiquem.  pour 
toute  sorte  de  maladie.  La  désin.  t  dans 
ousi  ougi  est  appelée  par  g  on  s  doux 
(54  2»  et  5*). 

PETOUGI  (petoujl)  v.  a.  —  Traiter  un 
malade,  au  sens  péj.;  par  ex.  l'accabler  de 
médicaments,  t  Aie  tojors  après  se  petou- 
pi,  il  est  toujours  à  se  faire  des  remèdes.  » 

l.a  fainilli  Pluloii  desceind  vail  Vardegi, 
Unie  Jean  Dugroiseiii  s'offre  à  la  petougi. 

«  La  famille  Pluton  diiscend  à  Rive-de- 
Gier,  —  Où  Jean  Dugroisein  s'offre  à  lui 
faire  les  remèdes  nécessaires.  »  {Mcn.) 

De  petongi  subst.,  av.  suff.  t  (16  2*). 

PÉTRAS  (pélra)  s.  m.  Dph.  peitra, 
Bessin,  champ.,  bourg,  pétra.  —  Rustre, 


Digitized  by 


Google 


302 


PETR 


gros  lourdaud,  homme  sans  éducation. 
Pic.  petra,  niais  ;  wal.  pélron,  mauvais 
eultivateur. 

Déioi  l«haMetui  Mrt4Mit,  lo  bourft  et  lo  villajo, 
D«  piiroi  torUmnU  n'out  pot  le  noindre  eMio. 

<  Dans  les  hameaux  surtout,  dans  les 
bourgs  et  les  villages,  —  Des  rustres 
riches  n'ont  aucune  politesse.  »  {Dêp,) 

Étym.  inconn.  —  L'étym.  de  Nisard. 
petrar,  moineau  dans  Cotgr.,  est  absurde. 
Celle  de  la  Villemarqué  :  arm.  petra 
«  quoi  ?»  mot  interrogalif  qui,  fréquemm. 
répété,  aurait  èlé  donné  en  surnom  aux 
Bretons  et  par  suite  à  tout  homme  lourd 
et  peu  dégourdi,  est  fondée  sur  une  chan- 
son où  le  nom  de  pétra  est  appliqué  aux 
Bas-Bretons.  Mais  cela  prouve  seulem. 
que  le  mot  de  pétra  a  pénétré  en  Bre- 
tagne, comme  tant  d'autres  mots  romans, 
et  a  été  appliqué  injuriousem.  aux  Bretons. 
L'étym.  de  Grandg.  et  de  Mistral,  petro, 
rustre,  lourdaud,  dans  Festus,  ne  satisfait 
pas  à  la  forme.  Petro  +  aceus  aurait 
donné  pèratsepèras,  Gp.  patrem  =  père, 
et  Petrum=:  Pierre*  Il  faudrait  admettre 
une  format,  savante,  bien  peu  vraisembl. 
pour  un  mot  si  populaire  et  répandu 
dans  tant  de  contrées.  Les  mômes  raisons 
s'opposent  à  Tétym.  proposée  par  M.  de 
Chambure,  petra,  pierre.  L'ex.  cité  à 
l'appui,  norm.  petro,  rossignol  de  mu- 
mlle.  est  inapplicable;  petro,  de  petra, 
ne  serait  pas  conforme  aux  lois  de  la  dé- 
rivât. ;  il  faudrait  le  rad.  de  petra,  plus 
suflf.  M.  Joret  voit  d'ailleurs  dans  pétro  une 
syncope  Je  prétro,  opinion  confirmée  par 
le  baguais  prêitrot,  même  signifie.  Le 
sens  vient  de  ce  que  l'oiseau  est  blanc  et 
noir,  comme  un  costume  de  prêtre. 

Je  crois  plutôt,  av.  Jaubert,  que  le  mot 
doit  être  rapproché  à'empétré^  de  b.  lat. 
pastorium,  entraves  des  chevaux,  vfr. 
pasturCi  même  sens.  (Em^pétré,  plussuff. 
péj.  as,  d'acetis, donne  pétras  pétra.  Quant 
au  sens,  il  s'applique  parfaitem.  Un  pé- 
tras  est  un  homme  embarrassé,  gêné  dans 
ses    mouvements.  Gp.  lourdaud, 

PETRO  (pétro);  ap.  Goch.  PITRO  s.  m. 
Pr.  pitre,  ss.-rom.  petro  —  Poitrine. 
Goch.  donne  &  pitro  le  sens  de  gésier, 
certainem.  av,  exactitude,  car  dph.  pitro 
signifie  jabot,  mais  je  ne  le  crois  plus 
usité  dans  ce  sens. 


Se  eofle  lo  pitros,  le  doaUe  k  bchiIoa, 
Et  lio«  fat  q«o«  recil,  eia  eleraat  le  to«. 

«  Se  gonfle  la  poitrine,  se  rengorge,  — 
Et  leur  fait  ce  récit  en  élevant  le  ton.  » 
(Men,) 

De  pectus.  Gh.  de  ec  en  et,  è  (161  !•); 
épenth.  de  r  (184  6-,  c).  Fin.  o  (56).  La 
dipht.  et  passe  qqfois  à  t,  mais  ce  n'est 
que  lorsqu'elle  est  suivie  de  Ih.  Aussi  je 
suppose  que  la  forme  pitro,  que  je  ne  con 
nais  pas,  est  empruntée  au  pr. 

PEUPLE  vin.  s.  m.  dans  le  texte  suiv. 
1513  :  «  A  Ghastellau,  radellier«  8  I.  pour 
4  douzaines  de  peuple,  »  (Arch.  m.)  —  Il 
s'agit  de  fûts  de  peuplier,  dont  on  formait 
des  radeaux. 

De  pop{u)lum.  O  fermé  =  et* en  phonét. 
d'oïl.  On  trouve peup/e  en  vfr.  (y.publô). 

PEY  (pè)  ;  vin.  PAY  s.  m.  —  Gheveu. 
Vin.  Echauffa  lou  pay,  impatienter; 
littér.  €  échauffer  les  cheveux  ».  Gp.  fr. 
pop.  échauffer  les  oreilles. 

Non,  vit  te  dMquy,  le  fli*eeliofle  lou  pay. 

«  Non,  ôte-toi  de  là,  tu  m'impatientes.  » 
{Bern,) 

De  pilum.  Gh.  de  t  bref  en  ei,  è  (16); 
chute  de/  (121  3o). 

PEYSSIERE  PESSIERE  PEISSIERE 
vin.  s.  f.  dans  les  textes  suiv.  1881  :  «  Reçu 
de  Michel  le  panneiier  pour  une  ambaisse 
defurnillie  que  fut  taillée  au  brotel  devant 
Ruanne  pour  mettre  en  la  peyssiere  du 
portail  vieil.  »  (Arch.  m.)— 1863  :  «  For 
fere  planter  les  peyssieres  vers  Ron,  por 
la  fortifftcation  des  murailles.  »  {Tards- 
Venus)  —  1417  :  c  Jean  de  Blacieu  et 
Jehan  de  Mares...  pource  car  depuis  XV 
jours  en  ça  ilz  ont  coppé...  environ  XXX 
paux  empres  terre  de  la  peyssiere  de  la 
vilie,  qui  est  depuis  le  portai  de  rue  Nove 
jusques  au  portai  des  Frères  Meneurs...  > 
(Beg.  consul.)  —  1418  :  «  Hz  ont  concluz 
que  ledit  Nanluas  face  faire  la  peyssiere 
dessus  Saint-Nicolas...  »•  {Ibid.)  —  1421  : 
«  Pierre  de  Vacieu...  leur  a  signifié  le 
dounnaige  qu'il  dit  que  font  les  mollinsen 
la  peissiere  de  la  ville.  »  (Ibid)  —  1421  : 
c  Hz  ont  ordonné  que  Audry  Nantuas  face 
repareiller  la  peissiere  au  pié  du  portai 
Vacieu.  »  {Ibid.) —  La  peyssiere  était  une 
digue,  un  barrage  formé  d'une  double 
rangée  de  pieux  entre  lesquels  on  bourrait 
des  fascines  fraîches  mêlées  de  sable  ou 


Digitized  by 


Google 


PIA 


)0S 


de  gravier.  Le  vpr.  paissera  signifiait 
barrage;  pr. peissiero paissièiro,  barrage, 
palée,  bâtardeau. 

Ne  doit  pas  être  confondu  av.  vfr.  pleis- 
siéy  haie,  retranchem.  entouré  de  haies  ; 
pr.  plais  €  ne  m  us  plicatum  »,  de  plexus 
(Diez)  ou  plaxus  (Foerster).  La  chute  de 
/  s'expliquerait  difftcilem.  Peyssière,  c'est, 
ie  crois,le  vfr.  paisseau,  de  paxillum,  av. 
substitut,  du  suff.  ière,  qui  a  ici  un  caract. 
collect.  (v.  paliri),  au.  suff.  eau  repré- 
sentant illum.  Au  XVI*  s.  le  fr.  avait  pris 
le  dessus,  et  les  Reg.  cons,  disent  alors 
plessiere.  —  1559  ;  «  Tireront  de  la  sable 
a  eulx  nécessaire  pour  faire  la  masson- 
nerie...  sans  discomoder  le  bien  d'aultruy 
ni  les  plessieres.,.  »  (A^judic»  du  Pont 
du  Rhône,  ap.  Guigue). 

PIA  (pia  monosylL);  ap.  Goch.  PIAT 
s.  m.  For.  piat,  genev.  pied.  —  1.  Drapeau 
d'enfant.  Ss.  rom.  piasson,  grand  carré 
de  toile  ;  vx.  dph.  piat,  couvre-chef  des 
villageoises  ;  Valais  pyé,  chemisette  dont 
on  enveloppe  l'enfant  nouveau-né. 

'   Sa  intre,  bien  empachial, 
L'eoTorpo  diiis  un  piat. 

t  Sa  mère,  bien  empêchée,  —  L'enve- 
loppe dans  un  lange.  >  (Ghap.) 

2.  Morceau  d'étoffe  cousu  à  un  vêlement 
pour  le  raccommoder.  «  Il'an  metu  un 
pia  à  celés  brayes,  on  a  mis  une  pièce  à 
cette  culotte.  » 

De  b.  lat.  petVLcium,  de  petia^  Chute 
de  i  (136>.  On  a  peas,  de  même  que.  av. 
la  conservât,  de  /,  on  ti  pelas  (v.  ce  mot). 
L'^  de  pias  est  tombée  comme  dans 
peta{s)  aujourd'hui  prononcé  pe^a.  Le  t 
fin.  est  une  addit.  orthogtaph.  par  confus, 
av.  at  suff.  Pea  devient  pia,  suivant  la 
tendance  ordinaire  du  groupe  ea;  cp.  fr. 
Z^a^j  devenu  In.  lians.  Pour  la  dérivât, 
du  sens,  le  lange  est  un  c  morceau  >  de 
toile. 

PIA  (pia  monosyll.)  pio  (piô)  s.  f.  For. 
piat,  lim.   piado  —    Trace  d'un  animal. 

De  'pedSLta,  Chute  de  d  (189)  ;  ch.  de 
eata  en  iata;  de  ata  en  a  (1,  rem.  S).  Je 
suppose  que  la  forme  pio  est  piay  av.  ch. 
de  a  en  d  (1).  Puis  cet  d  a  passé  à  o  bref, 
probablem.  sous  infl.  de  piotta  (v.  ce 
mol). 

*PIA  s.  f.  —«  Partie  d'un  fonds  divisé.  > 
("Coch.)  Il  cite  à  ce  propos  le  vin.  pie    (v. 


ce  mot),  mais  s'il  existait  encore  en  pat. 
au  temps  de  Coch.,  ce  que  je  ne  crois  pas, 
il  s*est  complètem.  perdu.  Je  crois  plutôt 
que  Coch.  a  forgé  pia  sur  pie, 

•PIANCHI  (pianchi)  s.  f.  Gévennes 
pianchù,  biterrois  pianchou  —  Vin, 
boisson  spiritueuse.  Coch.  lui  donne  un 
sens  peu  exact  en  le  définissant  c  bonne 
boisson  »,  av.  l'ex.  •  Vétia  de  bonna 
pianchi,  voilà  du  bon  vin.  »  —  Ce  mot  se 
perd  comme  beaucoup  d'autres.  Béarn. 
pianche,  mauvais  vin  ;  par  extens.  pianche 
defruut,  mauvais  fruit. 

De  pr.  'pia,  boire,  qui  existe  encore 
dans  les  Alpes  ;  vfr.  pyer,  chopiner,  de 
Trtfe'v  (infin.  aoriste),  av.  un  suff.  ancha, 
assez  rare,  sur  lequel  a  peut-être  influé 
ancha,  robinet  de  la  cuve.  C'est  ce  même 
rad.  qui  adonné  pr.  pia^wo,  quantité  de 
raisin  qu'on  presse  une  fois,  et  le  vin  qui 
en  sort. 

PIAPIAS(piapia  diasyl.)  s.  m.  pL — 
Cancans,  médisances. 

Onomat.  du  bruit  d'une  parole  conti- 
nuelle et  dénuée  de  sens. 

PIAPOR  (piapor,  dissyll.)  PIPOR  s.  m. 
—  Morv.  pié'pou,  ss.  rom.  pi-a-pau; 
Dph.  pied-poing,  Eure  pied^bot ,  ba- 
guais pièpot,  genev.  piapeu  ;  ap.  Besche- 
relle  piapan.  —  Renoncule,  ranunculiM 
repens.  On  la  nomme  aussi  pied-de- 
poule» 

La  l^*  partie  du  mot  est  pedem.  Tous 
les  dial.  ont  vu  dans  la  renoncule  l'image 
du  pied  :  dph.  pied-poing  ;  pr.  loup-pauto, 
patte  de  loup.  Je  suppose  que  piapor  pi- 
por  est  pied-de-porc.  Il  est  probable  que 
le  nom  est  dû  à  qq.  vague  ressemblance 
des  feuilles  av.  une  patte  d'animal.  C'est 
à  tort  que  M.  de  Chambure,  dans  la  2* 
partie  de  pié-pou.  voit  pediculus,  et 
donne  le  pié-pou  comme  le  pedicularis 
herba  de  Columelle,  qui  est  le  delphinium 
slaphysagria.  Pié-pou  doit  être  une 
contract.  de  pied-de-poule.  Le  norm. 
pié'bot  est  unecorrupt.  de  pié-pou  piépot, 
ou  de  qq.  mot  semblable,  mais  le  voca- 
ble n'a  pas  été  formé  sur  l'idée  d'un 
pied-bot. 

*PIARD  Y.piôrd. 

PIASSETTA  (piassèla  trissyll.)  s.  f.  - 
Outil  de  tonnelier,  qui  a  la  forme  d'une 
toute  petite  houe  tranchante. 

De  In.  pias  si,  houe,  av.  suff.  etta. 


Digitized  by 


Google 


304 


PIAS 


PIASSI  (piossi  dissyl.)-  à  Paniss. 
PIOSSI;  à  Villefr.  PIESSE  (piésse)  s.  f. 
Vfr.  piasse  —  Sorte  de  pioche  plate 
d*un  côté,  av.  une  hachette  de  l'autre  pour 
couper  au  besoin  les  racines.  On  s'en 
sert  surtout  pour  abialô,  faire  ou  nettoyer 
les  rigoles  des  prés. 

De  picAssa  pigassa,  qu'on  trouve  en 
m.  lat.  av.  la  signiacal.  de  hache  et  de 
houe.  Oh.  dec  en  yotte  (128  !<>)  et  de  a 
en  *  (54  5»).  On  a  piyassi,  réduit  à 
Viassi.  Dans  la  forme  de  Paniss.,  pas- 
sage de  a  à  0  malgré  la  présence  du  yotte 
parce  que  a  est  suivi  d'une  cons.  qui  se 
prononce.  Il  est  probable  que  le  m.  lat. 
picassa  vient  d'un  b.  lai.  'picacia,  sur 
lequel  a  pu  être  formé  directem.  le  In. 

PIASSOUS,  OUSA  (piassou  dissyl., 
ouza)adj.  —  Se  dit  d'un  vêtement  racom- 
modé,  couvert  depia.v.  c  Al  est  totpias- 
sous,  il  est  couvert  d'hal)its  en  guenilles 
ou  raccommodés. 

Deln.  pia  subst.  masc,  av.  suff.  ous, 
à'osus  (35).  It's  de  liaison  représente  le 
c  doux  de  pelAcium. 

*PIASTRA  (piaslra;  s.  f.  —  D'après 
Goch.  Gros  sou.  C'était  une  monnaie  Ima- 
ginative, comme  la  pistole.  Dans  le  Gév. 
la  piastra  est  un  liard.  Les  piastres 
n'ayant  jamais  pénétré  dans  nos  pays,  il 
est  fort  bizarre  qu'on  les  ait  fait  intervenir 
dans  les  comptés,  et  encore  plus  qu'on 
leur  ait  attribué  une  valeur  si  éloignée  de 
la  réalité. 

De  fr.  piastre,  av.  fin.  fém.  a,   car  il 
n'est  pas  vraisembl.  que  le  mot  ait  été 
emprunté  directem.  à  l'eap. 
PI  AT  V.  pia  s.  m. 
PIATQ  V.  piattô. 

PIATTO  PIATO  (piàtô  dissyl.)  v.  n.  - 
Marcher,  av.  idée  de  répétition,  de  piéti- 
ner; au  fig.  voyager. 

A  forci  de  piatâ  me  véquia  de  retour. 
«  A  force  de   voyager,  me  voici  de  re- 
tour. »  (Gorl.) 

De  pedem  =  pU  et  suff.  ô  (14  1»).  a 
Torig.  e  ton.  de  pedem  avait  donné  te 
(25).  Dans  divers  dial.  l'ace,  s'est  porté 
sur  la  »  partie  de  la  dipht.  et  Ton  a  eu, 
par  ex.,  en  fr.  pied.  Dans  le  br.  et  le  va-' 
laison  e  s'est  élargi  en  a  et  on  a  pia, 
pied.  Je  crois  que  c'est  une  format,  ana- 
logue qui,  à  côté  de  pi,  a  donné  piat,  sur 


lequel  a  été  formé  piatâ,  av.  suff.  ô   (14 

PIATTONO  (piat6nô.  en  3  syll.)  v.  n. 
—  A  Paniss.  Faire  beaucoup  de  petits  pas. 
Dph.  piatonna,  se  dit  des  petits  enfants 
qui  commencent  à  marcher. 

De  In.  piattô,  av.  suff.  fréq.  onô  ;  cp. 
fr.  mâchonner,  de  mâcher, 

PIAUTRA  (piôtra);  à  Lyon  piautre  s. 
f.  —  Boue,  av.  le  caract.  spécial  de  boue 
adhérente,  de  terre  grasse. 

Étym.  inconn.  —  On  ne  peut  s'empê- 
cher de  songer  au  vfr.  empiètrer  (fr. 
empêtrer),  corrupt.  d'empaistrier,  de 
'pasturire  ;  b.  lat.  pastorium,  entraves 
des  chevaux.  Gp.  ss.-rom.  petré,  pré  ma- 
récageux où  le  pied  enfonce.  Piautra 
serait-il  un  subst.  v.  d'empiétrer,  av.  ch. 
de   ié  en  iau  sous  une  infl.  inconn.  ? 

PICA  (pika)  s.  f.  —  A  Morn.,  Yzer. 
Pioche  à  2  dentj. 

De  pic,  av.  désinence  fém.  a.  Mol 
moderne.  Dans  les  mots  anciens  le  c  fin. 
de  pic  est  tombé  (v.  piassi), 

PICACU  (pikaku)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Jeu  d'enfants  qu'à  R.deG.  on  nomme 
piqua-rognon  (v.  ce  mot). 

De  pica,  imp.  de  picô,  piquer,  plus  un 
2*  mot,  qui  s'explique  de  lui-même. 

*PICANDEAU  (pikandè)  s.  m.  —  Nom 
d'un  jeu  mentionné  par  Rabel.  Le  Duch. 
dit  que  c'est  le  volant,  dans  le  Lyonn.,  et 
que  peut-être  il  est  fait  de  plumes  noires 
et  blanches  (pie).  Gomme  le  dit  très  bien 
Breghot,  les  écoliers  appellent  picandectu 
une  petite  flèche  garnie  de  papier  à  un 
bout,  et  à  l'autre  d'une  pointe  en  fer  ou 
d'une  épingle.  On  la  lance  contre  un 
plancher,  une  boiserie  etc.,  où  elle  se 
fiche.  La  particularité  consiste  dans  la 
manière  de  la  lancer  av.  les  2  index  for- 
mant arc.  On  lui  substitue  souvent  un 
simple  morceau  de  papier  tordu  en  pointe. 
Il  est  très  probable  qu'à  ce  divertissem. 
d'enfant  R.  a  voulu  faire  une  allusion  co- 
mique, et  que  Le  D.  a  inventé  de  le  trans- 
former en  jeu  de  volant. 

De  fr.  pique  et  du  suff.  eau,  d*eUum, 
av.  insert,  d'une  syll.  péj.  de  fantaisie. 
*PICARDAT  V.  picarlat. 
PICARLA  y.piquerna. 
PICARLAT    (pikarlà);    ap.  Goch.    p| 
CARDAT  s.  m.  —  Branches  d'environ  3 
pieds  de  long  et   refendues,  dont  on    se 


Digitized  by 


Google 


RICA 


305 


servait  pour  allumer  le  feu.  Trois  picarlats 
attachés  av.  des  liens  de  paille  faisaient 
un  paquet  qui  valait  un  sou  dans  mon 
enfance.  Aujourd'hui  remplacé  par  des 
petits  morceaux  de  sapin  courts  attachés 
ensemble. 

Étym.  inconn.  —  Je  reconnais  pourtant 
dans  la  2*  partie  du  mot,  cariât,  le  gasc. 
(qui  doit  appartenir  à  plusieurs  dial.  d'oc) 
escarla,  refendu.  Bos  escarla^  bois  re- 
fendu, est  une  express,  usitée.  Escarla=^ 
caria,  par  la  chute  normale  de  e*  (111), 
et  vient  de  qxiartum,  av.  suff.  dim.  ela; 
c'est  le  partie,  de  pr.  encartela,  vfr. 
esquarteler,  mettre  en  quatre  quartiers, 
devenu  escartla  escarla,  par  chute  de  la 
prot.  Devant  cariât  se  trouve  en  In.  une 
l^  partie,  qui  pourrait  bien  être  piel,  de 
piculum  ;  d'où  pieucarlat,  picarlat. 
Pieu  est  d'oïl,  et  cariât  d'oc,  mais  comme 
pila  (av.  i  long)  a  donné  pr.  piela^  il  a  pu 
exister  une  forme  pr.  p/e/.  Quant  au  sens, 
c'est  celui  de  bâton  refendu.  I^e  picarlat 
se  dit  en  effet  exclusivem.  des  branches 
refendues  et  non  de  petites  branches 
rondes. 

Je  ne  connais  pas  la  forme  de  Goch,  et 
suis  tenté  d'y  voir  une  erreur.  Molard 
(1808),  qui  proscrit  picarlat,  ne  cite  pas 
picardat, 

PICARLOUS,  OUSA  v.  picarnu,   usa. 

PICARLU,  US(^  V.  picarnu,  usa. 

PICARNU,  USA  (pikarnu,  uza)  PICAR- 
LOUS, OUSA,  PICARLU,  USA  adj.  — 
Qui  a  de  la  «fiassie.  ^ve  lo  z-mpicamus, 
avoir  les  yeux  chassieux. 

Comma  va-l§,  vio  picarloux, 
Avoué  ton  grand  nos  tabassoux  ? 

«  Comment  vas-tu,  vieux  chassieux,  — 
Avec  ton  grand  nez  barbouillé  de  tabac?» 
{DuéBih.) 

De  In.  piquerna,  chassie,  av.  suff.  u 
(35)  et  ch.  de  e  prot  en  a  (66).  Dans  la 
forme  picarlu  picarlous  ch.  de  n  en  l,  qui 
se  rencontre  qqfois  sans  raison  apparente 
de  dissiniilat. 

PICASSI  (pikassi)  v.  n.  —  Se  dit  des 
grosses  gouttes  qui  tombent  quand  la 
pluie  commence,  ou  bien  d'une  pluie  très 
peu  abondante.  Moille-t-ôî  —  o  picasse 
solamiyit,  c  Pleut-il  ?  —  H  tombe  seulem. 
qq.  gouttes.  » 

De  In.  picô,  piquer,  av.  suff.  péj.  assX, 
O  picasse,  «  il  pique  des  gouttes  ». 


*PICHI  (pichl)  V.  SL.  —  aPichilospeis, 
les  piocheter.  On  dit  aussi  O  faut  qu'où 
piche  tojors  quoque  chousa,  il  faut 
qu'il  prenne  toujours  quelque  chose..  » 
(Goch.) 

Je  ne  connais  pas  pichî  los  pets,  mais 
seulem.  piocht  los  peis.  Pichl  est-il  une 
erreur  de  Goch.,  ou  est-il  formé  sur  pic  f 
Je  ne  connais  pas  davantage  pichl  qtutu- 
que  chousa;  on  dit  ordinairem.  bicht 
(y.  ce  mot).  Peut-être  pichl  est-il  une 
transformat,  du  terme  d'écolier  piger. 

PICHOGNI  V.  pignochï, 

*PICHOLIE  V.  pillochl. 

PICLIO  (piklhô)  V.  n.  —  A  R.-de-G. 
Aller,  se  diriger,  marcher.  On  dit  aussi 
Picliô  à  la  porta,  frapper  à  la  j)orte.  Pr. 
pica,  frapper. 

Lia  piclelo  |>arin^,  criant  :  Vive  la  Franc)! 

«  Lui  s'avance  le  premier,  criant  :  Vive 
la  France  !  »  (Bép.) 

Formé  sur  pic  et  répondrait  à  o»  'pi- 
c(u)lare.  Ch.  de  cla  en  vlià  (164  2«,  a). 
La  dérivât,  de  sens  n'est  pas  si  exti-a- 
ordin.  qu'elle  le  parait.  L'idée  est  de 
«  frapper  av.  un  objet  pointu  »,  puis  de 
«  frapper  à  uae  porte  >,  puis  de  c  se  diri- 
ger vers  cette  porte  »,  puis  de«  se  diriger 
vers  un  objet  qconque  ». 
PICOBLÉ  V.  picopè. 

"PICON  (pikon)  s.  m.  —  D'après  Goch. 
«  Gouvernail  d'un  petit  bateau  »,  mais  je 
ne  connais  le  mot  que  dans  le  sens  de 
«  rame  à  l'avant  du  bateau»,  par  opposit. 
à  Vempeinte,  qui  est  la  rame  à  l'arrière. 
Il  est  probable  qu'à  l'orig.  le  picon  était 
un  harpon  dans  le  genre  de  Va^yi  (v.  ce 
mot)  et  qu'un  homme,  placé  à  l'avant  du 
bateau,  s'en  servait  pour  diriger  celui-ci. 
De  là  le  nom  a  passé  à  une  rame  à  de- 
meure. 

De  pic,  av.  suff.  on.  La  racine  pic  se 
retrouve  en  lat.,  en  germ.  et  en  celt. 

PICOPÈ  (pikopé)  ;  à  R.-de-G.  PICOBLE 
(pikoblë)  dans  la  loc.  Marchl  à  picopè 
c'est-à-d.  à  cloche-pied.  It.  à  piè  zoppo, 
piém.  à  pè  sopet,  dph.  à  pie  coupât. 
Queliu  discours  dou  flar  arbtocrale 
Toche  si  fort  lo  cœur  de  Tristapale, 
Que  mon  pélrAs  s'élance  à  pid-coble, 
«  Ce  discours    du   fier    ari.stocraie   — 
Touche  si  fort  le  cœur  de  Tristapatte  — 
Que  mon  rustaud  s'élance  à  cloche-pied.  » 
iPer.) 

36 


Digitized  by 


Google 


306 


RICO 


C'est  pied-coupé,  mais  on  devrait  avoir 
picopô.  O  a  été  probablem.  remplacé  par 
é  sousinfl.  du  fr.  Les  finales  des  partie, 
en  é^  quand  elles  sont  prononcées  en  pat. 
prennent  le  son  è  et  même  le  son  ê.  C'est 
pourquoi  Roq.  écrit  ({Bvey.)  pensais 
pour  pensées.  R.-deG.  au  lien  de  pied 
coupé  a  fait  pied-enlravé,  mais  on  de- 
vrait, là  aussi,  avoir  coblô  (pour  encoblo 
(v,  ce  mot),  et  Ton  a  conservé  la  désinence 
fr. 

PICOT  (pikô)  s.  m.  Mot  donné  par 
Goch.  sous  picou  dans  l'express.  «  Picot 
de  boues,  pour  dire  morceau  de  pieu  de 
bois.  » 

Je  crois  que  picot  (que  je  ne  connais 
pas)  et  picott  sont  au  contraire  2  mots 
différents.  En  rch.  picot  signifie  pieu,  et 
picotet'^  placer  des  poutrelles  dans  les 
travaux  des  mines.  Picot  paraît  venir  de 
piquCf  av.  suff.  ot.  En  rch.  picot  sij^nifie 
aussi  piquant,  aiguillon,  épine,  pointe 
menue.  Le  pieu  étant  aiguisé  par  un  bout, 
la  dérivât,  de  sens  est  naturelle,  et  celle 
de  pieu  à  morceau  de  pieu  l'est  encore 
davantage.  Op.  vfr.  pickot,  pic,  pioche. 

*  PICOU  «  pédoncule  d'un  fruit  »  v. 
pecou, 

PICOU  (pikou)  s.  m.  —  A  P.-de-G. 
Ouvrier  mineur  qui  fait  tomber  le  charbon 
au  pic. 

Et  qu*au  lieu  de  faire  la  togui. 
Chèque  pi'cou  joye  à  la  drogua. 

€  Et  qu'au  heu  de  fêler  la  fôte  patro- 
nale, —  Chaque  extracteur  joue  à  la 
drogue.  »  (Gorl.) 

De  picô,  piquer,  av.  suff.  ou,  d'orewi 
(34  bis). 

PICOUTA  (pikouta);  ap  Goch.  PIE- 
COUTA  dans  l'express.  Feire  picouta, 
faire  la  courte  échelle,  élever  qqu'un  sur 
son  dos  pour  qu'il  atteigne  plus  haut. 
C'est  aussi  entrelacer  ses  mains  et  les 
faire  servir  à  qqu'un  d'élrier  pour  fran- 
chir un  raur  etc. 

Je  porlii,  je  cros  bien,  remonlô  qu>lla  coûta, 

Si  vo  rolio  m'edzi,  me  faire  iu  pou  picouia, 

€  Je  pourrais,  je  crois  bien,  remonter 
cette  côte,  —  Si  vous  vouliez  m'aider,  me 
faire  un  peu  la  courte  échelle.  »  {ina 
Misêri.) 

C'est  cotlnpi  (V.  ce  mol),  renversé.  Au 
lieu  (le  coite-à-pif>(f  on  a  fait  picd-cotle. 
11  est  probabli»  (fue  le  pieconta  de  Coch. 


devait  être  prononcé  piécoula,  passé  à 
picotita.  J^es  dipht.  tendent  aujourd'hui  à 
se  réduire  dans  tout  le  Lyonn.  —  En  Berr. 
on  dit  pidoSf  liltéralem.  «  pied-dos  ». 

*PIDANCI  (pidanssi)  s.  f.  —  Pitance. 

To  cheit  in  langueur,  n'eiant  plus  de  pidanei. 

«  Tout  tomba  en  langueur,  n'ayant 
plus  de  nourriture.  »  (Mon.) 

De  m.  lat.  picta7itia,  pittantia,  proba- 
blem. par  le  fr.  pitajice.  Ch.  de  ^  en  d 
(136);  fin.  *(541V. 

*PIDANCI  (pidanssi)  v.  n.  —  Manger 
beaucoup  de  pain  av.  peu  de  viande  ; 
économiser  le  fricot.  «  Cel  efant^  a  sa 
ben  pidanei,  cet  enfant  a  été  bien  élevé, 
il  n'est  pas  gourmand  ».  Dph.  pidancie, 
manger  sobrement. 

De  pidanei  subsl.,  av.  suff.  t  (15  3®, 
rem.  2).  Le  sens  confirme  l'étym.  de  pi- 
tance, petite  portion  de  moine. 

PIDI  (pidf;  à  River,  pidjf  ^  à  R.-de-G. 
pidzl);  vin.  PIDIE  PIDIA  s.  f.  Dph. 
pida  —  Compassion,  pitié,  c  Pcr  la 
grand  pidie  que  illi  en  ot  de  la  prison  de 
lui...  Per  la  pidia  que  tu  ous  de  ton  chier 
Fil  et  Segnour.  »  (Marg.) 

Déjà  dins  le  mésons,  lo  sordots  trioDfipbans 
Bs^rgeont  sius  pidzi  le  fenes,  lo  zefant. 

«  Déjà  dans  les  maisons,  les  soldats 
triomphants  —  Égorgent  sans  pitié  les 
femmes,  les  enfants.  »  (Brey,) 

De  piettitetn.  Format,  insolite,  car  i 
bref  +  e  long  devrait  donner  êè,  et  la 
conservât,  de  t  dans  le  fr.  pitié  est  non 
moins  irrég.  La  cause  est  peut-être  que 
c'est  un  mot  savant  introduit  par  l'Église 
à  une  époque  reculée.  Dans  le  In.  ch.  de 
t  en  d  (136;.  La  fin.  ie,  ta,  réduite  à  t 
est  due  à  l'infl.  du  yotte  de  la  dipht. 
init.  i. 

PIDI  (pidjf)  s.  f.  —  A  River.  Cigale. 

Onomat.  du  cri  de  l'insecte. 

PIDIA  V.  pidl  «  pitié  ». 

PIDIE  V.  pidi  €  pitié  ». 

PIDIOUS,  OUZA  (pidiou  dissyl.,  ouza) 
adj.  —  Compatissant. 

De  pietosus.  Sur  i  bref  -f-  e  long  =  ? ,  v. 
pidt.  Ch.de  t  en  d  (136);  de  osus  en 
ous  (35).  On  a  pidous  passé  à  pidiou  s, 
probablem.  sous  infl.  de  l'yotte  de  la 
syll.  init. 

PIE  vin.  s.  f.  —Lot  de  terre,  partie  d'un 
fonds  divisr.  1518  :  «  Ordre  donné  par  le 
Consulat  ..  de  payer  à  Mathieu  Deheria  .. 


Digitized  by 


Google 


PIEC 


307 


pour  avoir...  publié  comme  Ton  voulait 
bailler  a  pies',  pour  bastir  des  maisons, 
la  vigne  do  l'hôpital...  »  (Marie- Lucrèce) 
—  1615  :  «  Les  frères...  Spinassy  tiennent 
de  la  directe  des  quatre  seigneurs  trois 
pies  de  jardin...  »  (Id.)  —  «  La  montée 
des  Épies  à  Lyon  n'est  autre  que  la 
montée  des  Pies^  parce  qu'un  tènement 
qui  y  al)OU tissait  fut  vendu  en  plusieurs 
pies  ou  parties  vendues  séparément  (??)  » 
(Coch.)  —  On  appelle  cela  aujourd'hui 
vendre  en  «  parties  brisées  ».  La  pie 
n'était  pas  une  mesure  agraire,  mais  un 
lot  de  terrain  à  hdtir. 

On  trouve  en  b.  lat.  (ix«  s.)  piduare 
«  mensurare  »,  littér.  «  per  pedes  metiri  ». 
On  a  eu  certainem.  à  côté  la  forme  'pe- 
dare,  d'où  peda  <  pie  »  en  m.  lat.,  réduit 
à  pea  =  pie  par  chute  de  d  (139).  Une 
dérivât,  de  ^K^^/a  doit  être  écartée,  t  ne 
tombant  pas  devant  t  en  hiatus. 

Dans  les  bourgs  fortifiés  où  l'espace 
était  restreint,  chaque  emplacement  était 
divisé  en  pies.  Dans  Vohituaire  de 
VÉglise  de  Lyon,  il  est  dit  que  Tarche- 
vèquo  Reinaud  fit  bâtir  à  Yzeron  le  châ- 
teau de  Fautéon,  m  quosmultas  pedas  à 
militibus  et  ab  aliis  adqtiisivit,..  et  plus 
loin  :  ubi  pedarn,  Girardi  de  Bullieu  pro 
vigintl  solidis  émit,  et  pedam  Hugonis 
de  Bulle7i  pro  septem  solidi  émit,  etc. 
(Henseignem.  de  M.  Vachez). 

Tous  ces  textes  indiquent  que  la  pie 
était  un  emplacem.  de  grandeur  indéter- 
minée. Toutefois  il  paraît  qu'à  côté  de  ce 
sens  général  le  mot  avait  pris  le  sens 
spécial  d'une  mesure  de  terrain  égale  à 
4  toises.  L'ancienne  toise  carrée  de  Lyon 
étant  de  6  m.  59  décim.  carrés,  la  pie 
équivaudrait  à  26  m.  30  décim.  carrés, 
d'après  les  Tableaux  comparatifs  des 
anciens  poids  et  mesures^  de  Lauradoux, 
Lyon,  Ballanche,  \H\2{ld,). 

Ces  deux  sens  existent  encore  à 
Payerne  :  «  Pia,  espace  de  terrain  labou- 
rable, ancienne  mesure  agraire.  »  (Bri- 
del) 

'PIECOUTA  V.  picouta. 

PI  ERREUR  V.  perreiir, 

PI  ESSE  V.  piassi, 

*PIFRO  (pifro)  s.  m.  —  Glouton,  em- 
ployé souvent  av.  grous  :  Groiis  pifro, 
gros  mangeur. 


Le  mot  primit.  était  fifre.  La  !'•  idée  a 
dû  être  fifrer,  boire  (comme  on  le  dit 
encore  qqfois).  Cp.  fioulô  «  jouer  du  fla- 
geolet >,  puis  «  boire  ».  Le  fr.  piffre  est 
une  forme  de  fifre  (it.  pifero,  esp.  pifaro). 
L'idée  de  boire  à  l'excès  est  dér.  à  celle 
de  manger  av.  avidité,  goulûment. 

PIGNAIRO;  ap.  Roq.  PIOUGNAIRO; 
ap.  Coch.  PIGNEIRO  s.  m.  Morv.  pi- 
gnar  —  Peigneur,  sous  entendu  de  chan- 
vre. On  dit  cependant  pigneiro  de  che- 
nèvo.  Il  a  aussi  le  sens  péj. 
Vos  rai&oiinoz  tous  doux  comma  de  yri  ptou^/nairo. 

<  Vous  raisonnez  tous  les  deux  comme 
de  vrais  peigneurs  de  chanvre.  »  (Mél.) 

De  pect{t}?ium  =  pigno  par  ch.  de  ctn 
en  in  (178  2")  ;  et  mouillem.  de  n  sous 
infl.  de  c.  On  a  peigno,  passé  à  pigni, 
sous  infl.  de  la  nasale  mouillée.  A  pigni 
s'est  ajouté  le  suff".  airo,  d'aj'ius  (13, 
rem.  1).  Quant  à  la  forme  piougnatro,  je 
ne  la  connais  pas. 

PIGN  ATTA  ("pignàta)  ;  à  Lyon  pigtiatte 
s.  f.  Vfr.  peignate,  pr.  pignatepinaio,  it. 
pig7iatta,  alp.  pugnato,  esp.  pmata  — 
Marmite  de  terre.  Ss.-rom.  pignotta, 
écuelle  de  terre. 

De  pinea,  av.  suflf.  pr.  et  it.  atta.  L'yotte 
de  ea  =  ia  a  déterminé  le  mouillem.  de 
n.  Le  nom  vient,  parait-il,  de  ce  que  les 
couvercles  de  ces  marmites  avaient  une 
certaine  ressemblance  av.  le  cône  du  pin 
(Muratori,  ap.  Diez). 

PIGNICU  rpigniku)  s.  m.  —  A  Paniss. 
Sorte  d'oiseau  que  je  crois  (sans  en  avoir 
la  certitude)  être  une  sorte  de  mésange. 

Onomat.  du  cri  de  l'oiseau.  Avant  de 
connaître  le  mot,  je  traduisais  le  cri  par 
cucupigne,  qui  me  paraît  le  représenter 
si  fidèlem.,  que  je  crois  que  pigni-cu  est 
cucupigne  métathésô  ironiquem. 

*PIGNIERO  Y.pignairo. 

PIGNOCHI  (pignôchi)  s.  f.  —  Lambin, 
minutieux,  tatillon. 

Subst.  V.  de  pignochu 

PIGNOCHI  (pignochi)  PICHOGNI  (pi 
chognf)  V.  n.  —  Faire  une  chose  av.  len- 
teur, minutie,  en  tatillon  ;  au  fig.  manger 
du  bout  des  dents,  en  dégoûté.  Bessin 
pignochié,  enlever  par  petits  morceaux. 
Aqî  loyalaineinl,  et  ne  pAs  piynochi. 

«  Agir  loyalement  et  ne  pas  barguigner.  » 
(Proc.) 


Digitized  by 


Google 


308 


PIGN 


De  spina,  av.  aphér.  de  5  (111)  et  suff. 
péj.  ochl,  Littér.  «  enlever  les  épines  ». 
Pignochi  est  devenu  pichognl  par  mé- 
tath.  de  gn  av.  ch, 

PIGNOLI  (pignôli)  s.  m.  —  A  Villefr. 
Bardane,  lappa-mùior. 

Do  pignt,  peigner,  av.  un  i"  suff.  ol 
(qui  est  pr.),  dim.,  et  un  £•  suff.  t  (13), 
applicable  ici  aux  noms  de  métier.  Le 
tout  répond  à  ri  Jée  de  «  petit  cardeur  ». 
Le  vfr.  avait  pignier,  peigneur  (de  che- 
veux) et  nous  avons  pignairo,  peigneur 
de  chanvre.  Quant  au  sens,  il  s'explique 
trèsfacilem.  Le  fruit  ou  plutôt  Tinvolucre 
de  la  bardane  est  pourvu  de  petits  hame- 
çons, et  une  plaisanterie  commune  consiste 
à  en  mettre  dans  les  cheveux,  où  ils  adhè- 
rent de  telle  façon  qu'on  a  grand'peine  â 
s'en  délivrer.  Il  est  censé  carder  les  che- 
veux. De  là  le  nom  populaire  d'herbe- 
aux-teignetijc,  parce  qu'elle  adhère  comme 
la  teigne. 

PIGNOLLES  s.  f.  pi.  —  A  Lyon  Argent. 
Avoir  de  pignolles,  être  riche.  Comme 
le  mot  n'appartient,  à  ma  connaissance, 
ni  au  patois  ni  au  langage  canut,  je  le 
croyais  emprunté  à  l'argot,  mais  il  ne 
figure  ni  dans  F.  Michel,  ni  dansl^rchey, 
ni  dans  Higaud. 

Le  mot  doit  venir  du  Midi,  et  doit  être 
pigtiOt  amande  du  pin  comestible,  av. 
suff.  pr.  ola.  Gp.  b.  lat.  pignohis  «  nu- 
cleus  pinus  »,  it.  pignola.  On  a  comparé 
les  pièces  de  monnaie  aux  fruits  du  pin. 
Ces  comparais,  bizarres  se  rencontrent 
souvent  dans  les  créât,  purem.  popu- 
laires. 

PIGNOLO  (pignolô)  adj.  —  Se  dit  d'un 
tonneau  dont  le  bout  des  douelles  est 
ca.ssé,  abtmé. 

De  pinna,  créneau,  qui  a  donné  fr. 
pignon,  av.  suff.  fréq.  olô.  Un  tonneau 
pignol'K  c'est  un  tonneau  dont  le  bout 
des  douelles  forme  de^  dents,  des  décou- 
pures comme  un  pignon.  On  sait  que  le 
mouiilem.  de  n  se  produit  souvent  sans 
cause  apparente. 

PILA  (pila),  8.  f.  —  Colonne  de  monu- 
ment. 

De  pila,  même  sens  en  lat. 

PILLANDRA  v.  peillandra. 

PILLANDRIN  (pilhandrin)  s.  m.  —  A 
Villefr.  Vaurien,  mauvais  sujet,  gueux. 

De  In.  pillandre,  av.  suff.  in. 


PILLARAUD  (pilharô)  s.m.  For.  pilla- 
raitt  —  Chiffonnier.  Auv.  peilleraud, 
gév.  peillaraud,  marchand  de  chiffons. 
Leur  cri  est  :  peilleraud  d*Ambert!  parce 
que  la  plupart  d'entre  eux  sont  d'Amberl. 
Nous  disons  plus  volontiers  pattl^  pa- 
taira;  cependant  pillaraud  au  sens  de 
chiffonnier  est  connu  à  Crap. 

Sur  la  format,  v.  pilîeraud.  De  «  vêtu 
de  peilles  »  le  sens  a  passé  à  <  celui  qui 
vend  des  peilles  ». 

PILLERAUD(pilherô);a2).  Coch.  PIL- 
LIAROT  s.  m.  Terme  péj.  Gueux,  men- 
diant, vaurien. 

De  vfr.  peille,  chiffon,  av.  suff.  péj. 
axid,  de  xoaîd,  relié  par  r  fcp.  mon- 
che-r-on).  D'(»ù  peilleraud,  et  pMleraud 
par  réduct.  de  et  à  i  comme  dans  tous  les 
dér.  de  peille  ou  /  est  restée  mouillée.  Le 
mot  auv.  appuie  l'étym.  Dans  la  forme  de 
Coch  e  a  passé  A  a  sous  iufl.  de  r  (66), 
et  le  suff.  ot  a  remplacé  le  sUff.  and. 
Pilîeraud  «  qui  est  vêtu  de  peilles  ». 

*  PILLET  (pilhè)  s.  m.  —  Bavette  d'en- 
fant (non  en  toile  cirée)  ;  serviette  d'en- 
fant qui  s'attache  derrière  le  cou.  Lim. 
pilioti,  morceau  de  linge  dont  on  se  sert 
pour  panser  les  blessures. 

De  In.  peilli,  av.  suff.  dim.  et  ;  d'où 
peillet  passé  à  pillet  (v.  pilîeraud).  Peille 
avait  le  sens  de  morceau,  à  côté  de 
celui  de  chiffon,  haillon.  Le  pillet  est  un 
•  morceau  de  linge  ». 

PILLIAROT  V.  pilîeraud, 

PILLOCHI  (pilhôchl);  ao.  Coch.  Pl- 
CHOLIE  ;  V.  n.—  D'après  Coch.  «  Manger 
sans  appétit,  négligeamm.  ».  Mais  c'est  le 
sens  fig.  Pillocht,  c'est  littér.  Enlever  av. 
précaut.  et  minutie  la  peau,  l'écorce  de 
qq.  chose,  et  par  extens.  Faire  qq.  chose 
av.  minutie,  en  épluchant  ;  d'où  le  sens 
de  Coch.  La  fin.  de  la  forme  de  Coch.  est 
fort  improprem.  écrite  t>,  pour  indiquer 
que  l'on  appuie  sur  l't.  Chap.  emploie 
aussi  cette  graphie,  mais  Coch.  ne  s'en  est 
servi  que  pour  ce  seul  mot. 

De  In.  peilli,  peau,  lambeau,  av.  suff. 
péj.  et  fréq.  ochi.  Dans  tous  les  dér.  ei  a 
passé  à  t  (v.  pillon).  Dans  la   forme   de 
Coch.  métalh.  de  Ih  et  de  ch,  comme  dans 
pichogm  pour  pignochX. 
PILLON,  cil  ;  v.  peillon  1. 
PILLON,  poussin;  v.  pillot. 
PILLONO  V.  peillônnô. 


Digitized  by 


Google 


PILL 


309 


PILLOT,  OTTA  (pilhô,  ôta)  ;  à  Villefr. 
PILLON  s.  m.  Morv.  pilo  —  Petit  poulet, 
petite  poulette,  poussins.  «  La  polailU  a 
modo  avouai  ses  pillots,  la  poule  est 
sortie  av.  ses  poussins  ». 

0  sinible  de  pillos  aleinlour  de  liou  mère. 

«  Cela  semble  des  poussins  autour  de 
leur  mère.  »  {Gorl.) 

De pulleiim,  av.  sufT.  rom.  où  ou  07t. 
Pulleum  donne  polho  par  ch.  de  u  en  o 
(38)  et  mouillem.  de  l  devant  Thiatus. 
On  devrait  avoir  polhot.  Le  remplacem. 
de  0  init.  par  i  est  dû  à  la  dissimiiat. 
(cp.  rijola^owYrojôla). 

PILONNA  (pilôna);  à  Lyon  pilonne  s. 
f.  —  Colonne. 

De  In.  pila,  av.  sufT.  onna.  par  analog. 
av.  colomie. 

PIMPARLANT  (pimparlan)  s.  m.  Pr. 
pimparrin  —  Mésange. 

Lo  magicien  Friscou,  son  lyvro  de  dano, 
Son  zio  de  pimparlant  et  son  ^ruin  carpinô. 

«  Le  magicien  Friscou,  son  livre  de 
damné.  —  Son  œil  de  mésange  et  son  vi- 
sage grêlé.  »  (M en.) 

Du  p\\  pimparrin^  qui  vient  lui-même 
de  vpr.  pipar,  par  une  forme  nasalisée 
pimpar,  rendre  pimpant,  pomponner.  A 
pimpar  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  in.  Le 
In .  a  corrompu  pimpat-rin  en  pimparlant 
sous  infl.  de  parler  :  litlér.  «  oiseau  qui 
parle  en  disant  pim  ».  Le  rad.  pip,  qu'on 
retrouve  dans  fr.  pipeau,  valaq.  pipe, 
angl  pip",  a  une  orig.  onomatopéique. 
Fr.  piper  «  illicere  aves  pipilando  », 
en  imitant  leur  pipi;  d'où  piper,  tromper 
en  général.  Ce  pip  a  nasalisé  i  dans 
pimparrin, 

PI  M  PO  (SE)  (se  pinpô)  v.  pron.  For. 
se  pimpa  —  Se  vêtir  av.  reclierche,  se 
pomponner. 

Du  vpr.  p/par  pimpar,  même  sens,  d'un 
md.  pip  (v.  pimparlant),  Suff.  d  (14  2<»). 

*PINA  (pina)  ;  à  Lyon  pine  s.  f.  — 
Petite  trompette  de  bois  pour  les  enfants. 
On  les  fait  aujourd'hui  en  ferblanc. 

Onomat.  assez  réussie  de  la  musique 
désagréable  de  l'instrument. 

PINA  8.  f .  —  Bois  de  pins.  V.  pinô, 

PINATAIRO  (pinatéro)  s.  m.  —  Mar- 
chand de  bois  de  pin.  Nom  donné  spé- 
ciaicm.  aux  marchands  qui  fournissent 
des  troncs  de  pin  pour  étayer  les  mines 
de  houille. 


DepinMm=pm,  plus  suff.  aiVo,  à*arius 
(13,  rem.  1),  av.  syll.  inter«;alairea^  Celte 
format.,  au  lieu  de  la  simple  apposition 
du  suff.,  a  lieu  dans  qq.  noms  de  mar- 
chands, peut-être  pour  les  différencier 
des  noms  de  métier.  Ainsi  pign-airo^ 
peigneur,  et  pin-at-airo,  marchand  de 
bois  de  pin  ;  pom-at-airo,  marchand  de 
pommes,  et  non  pom-airo;  fer-at-tier, 
march.  de  fer,  et  non  fer-ier. 

PINATO  (pinalô);  ap,  Coch.  PJNA 
(pina)  s.  f.  —  Bois  de  pins. 

Depiwwnî,  av.  suff.  coll.«*^a  y  d'où pmèfa 
en  pr.  etpinaye  en  oïl.  Il  y  a  eu  substitut, 
du  suff.  (5,  de  ata,  au  sens  cpll.,  relié  par 
t,  par  analogie  av.  les  dér.  des  mots  ter- 
minés en  te  (cp.  charretée,  de  charrette; 
assiettée,  d*assiette).  Pinatô  répond  à  un 
fr.  pinetée.  La  forme  de  Coch.  (qui  doit 
certainem.  être  prononcée  pmd)  parait 
être  le  fr.  pinaye,  par  confus,  du  suff.  «, 
ô,  d'ata,  av.  le  suff,  aye,  d'eta, 

PINÇON  (pinsson);  ap.  Coch.  PINS- 
SON  s.  m.  —  Piqûre  d'insecte  dans  une 
douve  de  tonneau.  Coch.  fait  remarquer 
qu'elle  occasione  souvent  la  perte  du  vin. 
On  dit  souvent  par  pléonasme  ina  piqitra 
de  pinçon,  mais  on  ne  dit  pas  in  pinçon^ 
en  parlant  d'un  artison. 

Du  rad.  qui  a  fait  fr.  pincer,  av.  suff. 
on.  Ce  rad.,  à  l'orig.,  signifiait  pointe, 
d'où  chose  qui  pique,  piqûre.  Vén.  pisza, 
picotement,  démangeaison  ;  sarde  pizsu, 
bec;  gris,  pizza^  milan,  pi-^^,  sicil.  piszu, 
it.  pinso,  aiguille.  Même  rad.  dans  le 
holl.  pitsen,  haut  ail.  pfetze^i,  pincer, 
serrer,  qui  a  donné  fr.  pincer;  d'où  In. 
pi7içon  ;  mais  il  est  singulier  que  pinçon 
ait  gardé  le  sens  primit.  du  rad.  coll., 
kym.  pid,  pointe.  Il  faut  donc  que  le 
souvenir  du  sens  celt.  ait  persisté  sous  la 
dérivât,  romane. 

PINÇONNO  (pinson6)  adj.  des  2  g.— 
Piqué  des  artisons,  qui  a  des  pinçons. 
«  Cela  harilli  è  tota  pinçonno,  celte  ba- 
reille  est  couverte  de  piqûres  d'artisons.  » 

De  In.  pinçon  y  av.  suff.  <5  (14  3»). 

PINER  (piné)  v.n.—  A  Lyon  l.  Jouer  de 
la  pine.  —2.  Pousser  de  petits  cris  aigus. 
De  même  en  Morvan,  Vfr.  pitieVf  grincer. 

De  pine,  av.  suff.  de  la  1"  conjug.  Dans 
le  sens  2  les  cris  sont  comparés  au  son  de 
l'instrument. 


Digitized  by 


Google 


310 


PINS 


PINSSON  V.  pinço7i, 

"PI  NT  A  VIN  (pi  nia  vin)  s.  m.  Pr.  peto- 
vin,  mars,  petatitif  genev.  pétnv'ni  — 
Framboise  sanvage,  ruhus  caesius.  Coch. 
dit  que  c'est  le  vacciniiiyn  de  Virgile,  ce 
qui  est  évidemm.  une  erreur.  Mais  il  est 
vrai  que  le  dph.  peitavin  signifie  airelle 
(Charbol).  C'est  parune  singulière  méprise 
que  Ghampollion  le  définit  par  «  osier  », 
car  c'est  dans  le  mss.  de  (^harbot  que  Gh. 
avait  puisé  son  glossaire. 

Je  crois,  comme  Gbar])ot,  que  le  mot 
primit.  est  pulo-rin,  putidxim  vinum^ 
mauvais  vin,  devenu  pelo-vin  en  pr., 
comme  piUa-pn  à  fait  pr.  et  In.  petafhi, 
par  affaiblissem.  de  la  prot.  Pintav>in  est 
une  corrupt.,  sous  je  ne  sais  quelle  Intl., 
peut-être  sous  celle  de  pinte,  car  la  cor- 
rupt. se  fait  souvent  sans  aucun  rapport 
do  sens.  La  significat.  primit.  a  dû  ^tre 
«  airelle  »,  parce  qu'on  fait  du  Vin  d'airelle 
fort  acide 

PINTORDA  (pintôrda)s.  f.  —  Pintade. 

C'est  pintade,  av.  ch.  de  a  en  ô  (1)  et 
épenth.  si  commune  de  r  (184  6»,  c). 

PIO  V.  pia. 

PIOCHAT  (piotsà  dissyll.)  s.  ni.  Voi- 
ron  pichat  —  A  Villefr.  Pic-vert,  pic  us 
viridis*  Genev.  piochât,  si  telle,  sUta  eu- 
roptra. 

De  pioche,  comme  fr.  pic  parce  que 
l'oiseau  pique  le  tronc  ot  les  branches  des 
arbres.  A  pioche  s'est  ajouté  le  suff.  dim. 
at.  Le  nom  représente  donc  »  petite 
pioche  ». 

*PIOCHON  (piochôn)  s.  m.  —  Toute 
petite  pioche,  servant  au  jardinage. 

De  pioche,  av.  suff.  dim.  on, 

*PIOLA  V.  pioxtlô. 

PiORD  (piôr  monosyl.)  ;  ap.  Cn.h. 
PIARD  s.  m.  —  D'après  Coch.  «  Pic  de 
fer  pour  casser  dos  choses  dures.  On  s'en 
sert  pour  ouvrir  la  terre  lorsiju'on  veut 
faire  une  fosse.  »  Le  pinrd  aujourd'hui 
est  une  pioche  qui  n'a  qu'un  côté  et  qui 
sert  surtout  à  arracher  les  pierres. 

C'est  un  dér.  de  j)/V,  av.  suff.  germ.  ard^ 
applicable  aux  noms  d'objets.  Si  le  mot 
était  moderne  le  c  aurait  persisté  pour 
lier  le  suff.  Piard  a  été  formé  comme 
pioche  pour  picoche,  et  In.  piassi  pour 
picacia.  Ola  senil)le  assigner  à  tous  ces 
mots  UFie  orig.  fort  ancienne. 

PIOSSI  V.  piassi. 


PIOT-DE-CHAUSSES  (piôdechôsse)  — 
A  Paniss.  dans  l'express.  Marchi  à  piot- 
dechaussi,  marcher  av.  ses  bas,  sans 
souliers. 

Composé  de  piot^  pied  du  bas,  de  de  et 
de  chausses.  Piot  est  évidemm.  tiré  de 
pedem^  mais  est-ce  In.  pî,  plus  un  suff. 
ot  f  ou  bien  est-ce  le  masc.  de  piottc  ?  ou 
bien  encore  est-ce  pedem=:pie  (26),  av. 
accroisaem.  de  la  dipht.  comme  dans,  le 
fr.  pied,  puis  transformat,  de  ë  en  o,  de 
même  que  dans  le  br.  et  le  valais  ê  a  été 
changé  en  a,  et  pedem  est  devenu  pia  f 
J'incline  à  croire  qne  piot  est  jn  plus  un 
suff.  Gp.  ss.-rom.  et  Tarentaise  pion,  pied 
de  bas,  où  on  est  évidemm.  un  suff.  ;  dph. 
pio  (de  pica  +  ot),  dent  de  râteau.  Piot- 
de-chausses  représente  le  fr.  bas-de- 
chausses, ainsi  qu'on  nommait  ce  que  nous 
appelons   aujourd'hui  simplem.  des  bas. 

PIOTTA  (piôta)  ;  à  Lyon  piotte  s.  f.  — 
Ss.-rom.  piota  piouta,  Val.  pyùta^  auv. 
pioto  polo,  piém.  piota,  ligur.  ciota  — 
Pied,  jambe.  Dans  la  plupart  des  dial.  le 
mot  s'applique  surtout  à  jambe  d'animal. 
Pr.  piauto  pauto,  patte,  grosse  main, 
gros  pied. 

Si  le  mot  n'existait  qu'en  In.  on  pourrait 
le  croire  importé  de  l'it.  piota,  plante  du 
pied,  au  xv«-xvi*  s.,  mais  il  n'aurait  évi- 
demm. pu  pénétrer  dans  des  pays  si 
divers,  (^omme  le  fait  justem.  remarquer 
M.  Groeber.  il  ne  doit  pas  être  confondu 
av.  les  mots  dér.  de  plautus  planta  (v. 
piota),  quoique  les  uns  aient  certaiuem. 
influé  sur  les  autres.  Je  crois  qu'il  faut  y 
voir  pedem  =tpi  (25)  plus  un  suff.  dim. 
otta.  La  disparit.  de  l'yotte  dans  certaines 
formes  s'expliquerait,  suiv.  M.  Groeber, 
par  l'infl.  de  patte ^  pr.  pato. 

PIOUGNAIRO  v.pignairo, 

PIOUILLI-SARPINT  y.épulli'Saiyint. 
J/étym.  est  appuyée  par  le  Jura  piau-de- 
serpint,  même  sens.  Peau-de-serpent 
est  devenu  à  Genève,  par  une  singulière 
corrupt.,  pou-de-serpent. 

PIOULO  (pioulô  dissyl.)  PIOUTO 
(pioulô);  ap.  Coch.  PIOLA  v.  n.  —  Ne 
s'emploie  que  dans  cette  express.  A  ne 
pout  plus  pioulô,  il  ne  peut  plus  parler, 
il  a  une  extinction  de  voix. 

Douna  m'en  p6  de  peo,  ne  poyou  plus  pi'o/a. 

«  Donnez-moi  un  peu  de  pain,  je  ne 
puis  plus  articuler.  »  (Chap.) 


Digitized  by 


Google 


PIOU 


311 


C'est  le  îr.  piauler,  av.  passage  de  au 
à  ou  (73)  dans  la  forme  pioulô,  et  de  au 
à  0  (75,  rem.  1)  dans  la  forme  de  Goch. 
Pioulô  est  formé  sur  i'onomat.  des  oi- 
seaux :  piou,  av.  suflf.  ô,  relié  par  t 
(14  10). 

PIOUSTRO  (pioustro  dissyl);  à  Lyon 
p  tous  Ire  s.  m.  —  Gros  rustre,  homme 
grossier,  pataud. 

Je  crois  le  mot  un  simple  assemblage 
de  syll.  péj.  Gp.  d'autres  mots  formés 
dans  le  même  goût  :  pistoufîe^  mastoque, 
pouffiasse.  Le  fait  est  que  l'audit,  de 
pioustro  suffit  à  elle  seule  à  donner  l'idée 
du  personnage  en  vue. 
PIOUTO  V.  pioulô. 

PIOUTRO  (SE)  (pioutrô  dissyl.)  v.  pr. 
—  Se  mettre  beaucoup  de  boue  ;  aussi  se 
vautrer  dans  la  boue. 

De   piautra,   av.  suff.  ô  (14  3o).  Pas- 
sage de  au  k  ou  (75). 
PIPOR  Y.piapor. 

PIQUA-BISI  (pikabizi);  à  hyon  pique- 
bise  s.  f.  —  Chapeau  d'ecclésiastique. 

De  ce  qu'autrefois  les  cornes  de  ces 
chapeaux  étant  fortem.  relevées,  comme 
encore  aujourd'hui  en  Italie,  la  corne  de 
devant  était  censée  fendre  le  vent. 

PIQUA-ROGNON  (pikarognon)  s.  m.  — 
A  U.-de-G.  Nez. 

Franchement  que  la  Démoly 
S'aura  Tioulé  sur  votre  lit... 
0  faut  crachi  voure,  ou  sinon 
T^arrache  ton  piqua  rognon. 
«  Fi'anchement,  la  Démoly  —  Se  sera 
vautrée  sur  votre  lit...  —  Il  faut  donner 
de  l'argent  tout  de  suite,  ou  sinon  —  Je 
t'arrarhe  le  nez.  »  (Due  Bib.)     . 

D'un  jeu  forez,  appelé  picaronio  piqua» 
rognon,  et  dans  lequel  un  joueur,  armé 
d'un  petit  piquet,  en  poursuit  un  autre,  en 
le  piquant  dans  le  dos.  De  là  le  mot  de 
piqua-rognon,  employé  familièrem.  pour 
nez,  considéré  comme  objet  propre  à  rem- 
placer le  piquet. 

PIQUE-PRUNE  s.  m.  Dph.  croqua- 
pruna  —  Tailleur. 

l'amarin  mieu  te  vey  auey  Teulie  à  la  nian 
Et  tout  en  la  piquan,  de  croqua  la  pruna. 
«  J'aimerais  mieux  te  voir  avec  l'ai- 
guille à  la  main,  —  Et  tout  en  la  piquant, 
croquer  la  prune.  »  [Dialogou,  pat.  dph.) 
Il     m'est    impossible     de    comprendre 
l'allusion,  réelle  cependant,    car    pique- 


prune  est  presque  universel.  Pique,  ici, 
veut  dire  prendre;  de  même  l'oiseau 
«  pique  »  le  grain  pour  le  manger.  La 
forme  croqua-pruna  écarte  l'explicat. 
stercorale  de  Jônain  :  c  parce  que  les  tail- 
leurs sont  exposés  à  piquer,  dans  les 
vieilles  chausses,  certains  fruits  secs  de 
la  malpropreté  »  ;  sans  compter  que  les 
raccommodages  de  culottes  sont  le  fait 
des  ménagères  et  non  des  tailleurs.  Le 
saint,  appelle  aussi  le  iSLÏiieur  pique-potiil 
(pique-pou).  Je  ne  comprends  pas  davan- 
tage l'idée. 
PIQUER  LA  V.  piquerna. 
PIQUERNA  (pikèrna)  PIQUERLA  Pl- 
CARLA  s.  f.  For.  piquerna  picarna,  pr. 
piquerna  —  Chassie.  Alp.  pikerno,  cé- 
cité chez  le  chamois. 

De  pica  (pour  pix),  dans  lequel  c  est 
resté  dur  devant  le  suff.  (cp.  vin.  bocca,, 
baiser,  de  bucca;  In.  picà,  de  pic  ;  vin. 
bicSL,  de  bec  etc.).  Le  suff.  erna  est  pr. 
(cp.  bolerna,  suberfia,  buerna).  Sur  le 
senscp.  fr.  cire,  chassie.  Le  fr.  a  vu  de  la 
cire  où  le  pr.  et  le  In.  ont  vu  de  la  résine. 
L'étym.  est  confirmée  par  l'arm.  pikouz, 
chassie  ;  pikouz,  chassieux  ;  de  pèk  pég, 
poix.  La  forme  piquerla  montre  que  le 
ch.  de  n  en  l  peut  se  produire  sans  les 
raisons  de  dissimilat.  qui  le  motivent 
dans  tous  les  mots  fr.  où  on  le  constate 
(cp.  orphaninum  =  otyhelin  etc.)  Dans 
la  forme  picarla,  ch.  de  e  en  a  sous  infl. 
de  r  (24). 

PIQUETTA  (pikéta)s.  f.  dans  l'express. 
A  la  piquelta  dou  jor,  à  la  première  au- 
rore. A  Lyon  à  la  piquetta  du  jour; 
berr.  à  la  piquotte  du  jour  ;  rch.  dès  le 
picquet  du  jour. 

De  picô,  piquer,  av.  suff  eita,  Gp.  fr. 
la  pointe  du  jour. 

PIRAFEU  (pirafeu)  ap.  Goch.  PIRAFI 
s.  m.  —  Poudingue,  concrétion  de  gra- 
viers liés  ensemble,  formant  une  roche 
très  dure,  et  très  commune  aux  environs 
de  Lyon. 

C'est  un  assemblage  hybride  de  pat. 
pira,  pierre  et  de  fr.  feu  :  pierre-à-feu, 
qui  se  dit  aussi  du  silex.  La  composit. 
pat.  serait  pirafuè.  Je  ne  connais  pas  la 
forme  de  Cocli.  et  ne  comprends  guère 
focum  =  /î, 
*PIRAFI  V.  pirafeu. 


Digitized  by 


Google 


312 


PIRA 


PIRANT  (piran)  s.  m.  —  Carrière  de 
pierres.  Nom  donné  spécialem.  aux  car- 
rières d'où  l'on  extrait  les  pierres  pour 
ferrer  les  rouies. 

Le  suff.  indique  une  format,  non  sur 
pira,  de  peb'a,  mais  sur  un  v.  'pirô 
€  empierrer  *,  qui  existe  probablem., 
mais  que  je  n'ai  pas  eu  occasion  de  con- 
naître. Pirant  serait  le  partie,  présent 
de  pirô^  pris  substantjvem. 

*PIRASSAIT  y.pirassé, 

PIRASSÉ  (pirassé);  ap.  Coch.  PIRAS- 
SAIT  s.  m.  Ss.-rom.  peirasset  —  Persil. 

De  'pett'(ojselum  pour  petroselinum, 
l'accent  grec  de  TrrrpoceXivov  ayant  sup- 
planté l'ace,  du  lat.,  ou,  pour  parler  plus 
exaclem..  le  mot  lat.  ayant  dû  avoir  tou- 
jours, en  dépit  des  dictionnaires,  Tacc. 
et  les  quantités  du  grec  dont  il  était  tiré. 
Ch.  de  e  bref  init.  en  i  (25);  chute  de  t 
(164  3«).  On  a  pirsé.  Le  groupe  rs  étant 
d'une  prononciat.  incommode,  a  inséré 
une  voy.  d'appui.  On  est  étonné  au 
premier  abord  que  /  fin.  ne  se  soit  pas 
vocalisée  (131  2»),  et  qu'on  n'ait  pas  eu 
pirasseu,  passé  à  pirassu.  Cela  provient 
sans  doute  de  ce  que  le  mot  n'ayant  pas 
de  pluriel,  VI  n'élait  jamais  suivie  d'une 
coris.  La  fin.  ai  dans  la  forme  de  Coch. 
n'est  qu'une  graphie  pour  è. 

PIRASSELLA  (pirasséla)  s.  f.  —  Ciguë. 

G'es%  pirassé,  persil,  av.  suff.  ella  pour 
former  le  fém.  La  ciguë  a,  en  effet,  beau, 
coup  de  rapports  de  forme  av.  le  persil. 

PIREROU  V.  peirerou, 

PIRO-GLORIOT  (pirùgloriô)  ;  à  Morn., 
Yzer.  PIRO-GLORIOUS  (pirùgloriou)  ;  à 
Lyon  pireglorieiux:  s.  m.  —  Loriot. 

Corrupt.  fort  drôle  de  compère-lonot, 
ancien  nom  du  loriot.  Compère  a  d'abord 
été  réduit  à  pèro,  qui  s'est  transformé  en 
Pierre,  nom  d'homme  =  Piro  ;  puis 
loriot  est  devenu  gloriot,  c'est-à-d.  gloire 
av.  un  suff.  ot  ;  puis  glorious,  qui  veut 
dire  glorieux.  Lyon  dit  aussi  glorieux^ 
mais  l'idée  du  nom  propre  d'homme  n'a 
pas  été  lue  dans  le  mot  pat.  Piro,  et 
après  avoir  été  en  pat.  un  Pierre  glorieux, 
le  loriot  n'est  devenu  en  phonét.  d'oïl  qu'un 
pire^glorieiicc,  le  «  pire  des  glorieux  ». 

PIRO  GLORIOUS  v.piro-gloriot. 

PI  ROTA  (pirôta)  s.  f.  —  Petit  caillou, 
petite  pierre. 


De  In.  pira,  pierre,  av.  suff.  dim.  ota, 

'PIROU  (Pirou)  s.  m.  —  €  Pierre, 
nom  propre.  »  (Coch.) 

Je  crois  celte  forme  inexacte.  Ou,  sans 
doute,  n'est  pas  accentué,  et  ou  fin.  posi- 
ton., n'est  pas  In.,  du  moins  depuis  le 
xvii«  s.  Coch.  aura  emprunté  cette  forme 
au  for.  La  forme  In,  est  Piro,  de  Petrus, 
par  ch.  de  e  bref  en  i  (36)  et  de  tr  en  ti" 
(164  3-). 

'PISI  (pizi)  et  PISIA  (pizià)  v.  a.  — 
Coch.  donne  ces  2  formes  en  expliquant 
que  la  !«••  veut  dire  «  piser  »,  battre  la 
terre  pour  des  murs  en  pisé,  et  la  9* 
«  fouler  (en  général)  ».  Je  ne  le  crois  pas, 
car  pisia  parait  être  .simplem.  le  parti- 
cipe archaïque  de  pisi.  Bien  que  Coch. 
donne  dans  son  vocabul.  qq.  infinitifs  In. 
en  ta,  il  fait  .sans  doute  confus,  av.  les 
participes,  car  l'infinit.  archaïque  des 
verbes  en  yl  était  cartainem.  en  yé. 
Quant  au  sens,  pisi  est  aujourd'hui  fré- 
quemm.  employé  dans  la  montagne  av.  la 
signiûcat.  «  d'Écraser,  mettre  en  morceaux, 
piler  ». 

Gomme  j  plus  are  =.  20  et  non  zl  (15 
3»,  rem.  3),  je  suis  porté  à  croire  qu'à 
côté  du  lat.  pissire,  il  y  a  eu  en  lat.  vulg. 
une  forme  pisiare,  qui  a  donné  pisi 
(151-). 

*  PISIA  v.pm. 

PISI-SAU  (pizissô)  s.  m.  —  Mortier. 

De  pisi  (v.  ce  mot),  fouler,  piler  ;  et 
sait,  sel.  Littér.  «  pile-sel  ». 

PISO  V.  sous  pisi, 

PISSE-VINAIGRES,  m.  — Épine-vinette, 
berberis  vulgaris, 

Corrupt.  fort  étrange  d'€pine-vi7ietie.  Le 
goût  acide  des  baies  a  fait  d'abord  trans- 
former vinette  en  vinaigre  ;  puis  épine- 
vinaigre  ne  voulant  rien  dire,  on  a  com- 
pris que  de  manger  de  ces  baies  faisait 
uriner  acide.  D'où  pisse-vinaigre. 

PISSE-ZIU  (pisseziu  trissyl)  ;  à  Lyon 
pisse-syeux  s.  m.  —  Libellule,  agrion 
vierge. 

De  la  croyance  peu  fondée  que  l'insecte, 
pour  se  délivrer  de  la  poursuite  de 
l'homme,  lui  seringue  dans  les  yeux  une 
liqueur  corrosive. 

'PISSIA  (pissia)  s.  f.  —  Ondée,  averse. 

De  pissl  verbe,  av.  suff.  a.  d'ata,  Inu- 
tile  d'insister  sur  la  métaphore. 

PISSOIRI  V.  pissouéri. 


Digitized  by 


Google 


PISS 


313 


PISSOUÉRI  (pissouéri  trissyl.)  :  ap. 
Coch.  PISSOIRI  s.  f.  Lim.  pissorol  — 
Canule  de  bois  sous  un  cuvier  à  lessive, 
ou  sous  un  vaisseau  qconque,  et  aussi  le 
conduit  par  lequel  découle  l'eau  d'une 
fontaine. 

Formé  sur  pissiy  pisser,  av.  suiï.  fr. 
oire,  passé  à  ouéri  (cp.  42  3"),  le  pat.  ne 
supportant  guère  le  son  oi.  En  réalité 
c'est  un  fr.  pissoire.  Une  format.  In.  eût 
donné  pissu)n(3S), 

PISTOLA  (pistola)  s.  f.  —  Monnaie  de 
compte  dont  l'usage  est  presque  perdu,  et 
qui  représente  dix  francs.  Celo  hou  m*a 
cota  quaranta  pistoles  «  ce  bœuf  m'a 
coûté  400  fr.  ». 

Ce  chiffre  de  dix  francs  est  la  valeur 
officielle,  au  xvn*  s.,  de  la  monnaie  d'or 
espagnole  qui  avait  cours  en  Franc;»,  et 
qui,  à  ce  qu'il  semble,  s'était  singulièrem. 
répandue  dans  les  campagnes,  car  on 
trouve  partout  le  mot,  av.  la  même  va- 
leur. Dans  mon  enfance,  on  comptait 
surtout  par  écus  (de  3  livres). 

PISTOU FFLE(pistoufle}s.  m.-  A  Lyon 
Un  gros  homme  essoufflé.  Par  extens.  un 
gros  maladroit, lourd.  L*express.  s'emploie 
surtout  av.  l'adj.  gros  :  un  gros  pistouffle. 
Pr.  petoufiaSy  grosse  femme. 

Assemblage  de  syll.  péj.  exprimant  la 
lourdeur  et  l'essoufflem.  Le  mot  essoufflé 
a  dû  influer  sur  la  format.  Gp.  norm. 
patoufy  même  sens.  Il  semble  que,  dans 
pistouffle  ist  soit  l'onomat.  de  la  poitrine 
qui  siffle  pendant  ra«piration,  et  oaffle 
celle  du  bruit  de  l'expirât. 

PITAFINO  V.  petafinô. 

PITAUD  (pitô)  s.  m.  —  Enfant  trouvé, 
mais  appartenaat  à  l'hospice  de  la  Cha- 
rité. 

Rien  de  commun  av.  fr.  pitaud,  rustre, 
grossier;  mais  du  rad.  de  In.  pitit,  petit, 
av.  suff.  péj.  aud,  de  wald.  Même  format, 
en  Gévaud.,  mais  av.  un  autre  sens  ;  pi- 
taud  est  au  contraire  un  terme  de  ten- 
dresse pour  un  tout  petit  enfant.  Peut- 
être  s'y  est-il  joint  l'idée  de  pietatem  t 

PITIOLO  (pit-iolô  trissyl.)  v.  n.  For. 
petiôtouna—  Faire  des  enfants. 

De  In.  pidt  «  petit  »,  av.  suff.  fréq.  olô. 
Littéralem.  «  Faire  des  petits  ». 

*PJTRO  V.  peiro. 

PITROGNAJO  (pitrognàjo)  s.  m.  — 
Action   de    pitrognï.    k  Que  pitrognàjo, 


quelle  façon  dégoûtante  de  manier!  »  Au 
fig.,  .«t'applique  à  l'objet  lui  mi^me  en  par- 
lant de  boue,  de  saleté.  «  Avouai  ce 
redoux^  o  v'è  qu'un  pitrognàjo,  avec  ce 
dégel,  tout  est  en  boue. 

De  pitrognXyh.  av.  suff.  ajo,  d'aticum. 

PITROGNI  (pitrôgni)  s.  f.  —  Boue 
adhérente,  généralem.  av.  sens  péj.  Coch. 
dit  «  ordure  »,  sens  que  je  ne  connais 
pas. 

Subst.  V.  de  pilrogm. 

*PITROGNI  (pitrognl);  à  Lyon  pilro- 
gner  v.  a.  Vosges  potrégni  patrougnie. 
—  Patiner  de  façon  malpropre  et  gros- 
sière. Coch,  donne  le  sens  de  «  gadouer  », 
que  je  n'ai  jamais  vu  employer.  «  Pi- 
trogne  don  pos  çu  pan  comme  icinqui, 
touche  donc  ton  pain  plus  proprement!  » 

Du  rad.  de  *pisturire,  fr.  pétrir ^  av. 
suff.  fréq.  et  péj.  ogn\.  Ou  a  pistrogni 
passé  à  pitrôgni  (166  ^). 

PITROGNON(pitrognon)  s.  m.  —  Indi- 
vidu  qui  manie  grossièrem.  les  o!)jets , 
au  flg.  un  grossier  maladroit. 

De  pitrognl  Y.  f  av.  suff.  on, 

PITROGNU,  USA  (pitrognu,  uza)  s.  et 
adj.  —  Homme  ou  femme  qui  fait  mal- 
proprem.  les  choses.  «  Cela  cuisiniri  è 
franc  pitrognusa,  cette  cuisinière  est 
tout  à  fait  malpropre  ». 

De  pitrôgni  vb.,  av.  suff.  u  (34  bis). 

PIVA  (piva>  s.  f.  —  A  Paniss.  Pie. 

Depica,  nom  lat.  de  la  pie.  Ch.  de  c  en 
yotte.  On  a  piya:  l'yotte  a  servi  de  cloison 
entre  les  2  voy.  et  a  empêché  l'ace,  ton. 
de  se  porter  sur  la  2«  voy.  (51)  ;  puis,  pour 
rompre  l'hiatus,  on  a  inséré  un  t?  (cp. 
paeonia  =  pi\v\oine).  Toutefois  je  ne 
connais  pas  d'autre  ex.  d'insert.  de  r 
après  la  ton.,  si  cd  n'est  dans  gla{d)ius 
=zglai[v]e.  Cette  étym.  paraîtrait  peu  vrai- 
semblable si  l'on  n'avait  pas  l'ex.  de  In. 
pica  «  pioche  »,  aussi  de  pica;  de  pr. 
pivo,  à  côté  de  lim.  pïo,  poit.  pue  «  dent 
de  peigne  ou  de  râteau  »,  également  de 
pica;  et  de  pr,  pivo,  saint,  pive,  «  bou- 
vreuil »,  du  môme  rad.  Sur  pive  le  saint, 
a  forgé  pivier  pour  pluvier. 

PIVA  (piva)  PUVA  s.  f.  —  1.  Piochf; 
pour  la  vigne.  2.  Pioche  de  mineur. 

Trciita  séi  plus  buliaul  que  lu  jus  de  U  cuvo, 

Gortaiid,  que  fil  crecî  lo  niaugo  de  sa  puva  .. 

«   Trente    fois    plus    bouillant   que  le 

37 


Digitized  by 


Google 


314 


PIVO 


moût,   —  Gortand,  qui  fait  craquer   le 
manche  de  sa  pioche...  »  (Per.) 

De  pica,  de  pic.  Sur  la  format,  v.  piva 
«pie».  Dans  la  forme  puva,  i  a  passé  à 
u  sous  l'infl.  de  la  lab. 

*PIVO  (pivo);  à  River.,  la  Rajasse 
PUVO  (puvo)  s.  m.  Vpr.  pibol,  for.  piva, 
pr.  pibo  pivo,  Igd.  pibou  pivou  piém. 
piovo  —  Peuplier  noir. 

Ces  formes  av.  i  représenteraient  po- 
pul(u)m  s'il  était  possible  d'expliquer  le 
passage  de  d  (=  ou)  à  t,  ce  que  je  ne 
crois  pas.  On  trouve  bien  en  pr.  des  ex. 
du  ch.  de  o  fermé  en  t,  et  encore  plus  du 
ch.  de  u  en  t  ;  !•  b.  \im.  idoula,(ululare), 
tUonr  (tutorem),  sizor  (sudorem)  ;  de 
même  en  In.  on  trouve  rijola,  coquelicot 
(ruheola);  pilhot,  poussin  (pullum  +suff. 
ot).  On  pourrait  supposer,  pour  plus  de 
facilité,  un  1*'  passage  de  o  fermé  à  u  (cp. 
pr.  sufiHr  =  sofrir;  Rudergue  =  Roder- 
^Me),puis  un  2«,  de  M  à  t.  Malheureusem. 
les  ex.  que  je  connais  ont  o  fermé  àlaprot., 
et  peuvent  ainsi  s'expliquer  par  un  besoin 
de  dissimilat.  Ce  motif  ne  peut  plus  être 
invoqué  pour  popw/wm  =  piro,  Vo  atone 
et  Vo  tonique  ayant  des  sonorités  très 
différentes.  Il  faudrait,  pour  tirer  des 
conclusions,  posséder  des  ex.  dans  des 
conditions  identiques  h  pivo,  et  c'est  ce 
qui  fait  défaut.  Les  iormes  av.  la  voy. 
rad.  i  se  rencontrent  d'ailleurs  dans  trop 
de  dialectes  (cp.  Igd.,  mars,  piblo  ;  dph., 
Igd.  et  lim.  pible  ;  périgourd.  tible^  gasc. 
bieule)  pour  qu'on  puisse  les  expliquer 
par  des  except. 

On  se  trouve  ainsi  amené  à  supposer 
un  lat.  vulgaire  *pipulum  qui  servirait 
de  clef  aux  formes  citées  ci-dessus,  piblo 
etc.  {pip{u)lum)  et  aux  formes  pibol  pivo 
etc.  {pipul(u)m).  Le  passage  de  pipuluyn 
à  pibol,  puis  à  pivo,  s'explique  par  ce 
fait  que  dans  les  dialectes  pr.  du  sud,  il 
arrive  souvent  l'inverse  du  fr.,  c'est-à-d. 
que,  dans  les  proparoxytons  masc,  il 
arrive  que  la  l»»  post-ton.  persiste  et  la  2^ 
tombe.  On  trouve  souvent  les  deux  trai- 
tements pour  le  même  mol  :  omne  (hO' 
m{i)nem)  et  omen  (homin{e)m)  ;  Joune 
Uuv(e)nem)  et  Joven  (Juven{e)m)  ;  asne 
(as{i)num)  et  asen  (asin{u)m);  eble  (eb(uy 
lum)  et  evol  {ebul{u)m)  ;  folgre  (fulg(e)- 
rem)  et  folzer  (fulger(e)m);  oscle(osc(u)' 
lum)    et    oscol    (oscul{u)m);   et    pour 


prendre  un  ex.  encore  plus  rapproché  que 
ceux-là,  que  j'ai  empruntés  à  M.  Chaba- 
neau,  pueble  «  gens  »  (pop{u)lum)  et 
pobol  {popul(u)m). 

Si  l'on  admet  le  b.  lat.  *pipulum,  rien 
deplusrêg.  que  le  vpr.  pibol,  rédait  à 
pibo  pivo  par  la  chute  de  /  fin.  dans  le 
pr.  et  le  In. 

Quant  à  puvo,  comme  o  bref  libre  ne 
donne  jamais  u,  il  serait  pivo  passé  à 
puro  sous  infl.  des  lab.  p-e. 

PIVOLA  (pivola)  s.  f .  —  A  Mom.  Kn- 
droit  planté  de  peupliers. 

De  pivolo,  peuplier,  av.  suflf.  ata  =  a, 
qui  a  remplacé  pour  qq.  mots  le  suflT.  coll. 
eta  (V.  pinatô).  Le  passage  de  a  ko  (1) 
est  sans  doute  appelé  à  s'effectuer,  et  Ton 
aura  pivolô, 

PIVOLO  (pivolo)  s.  m.  Alp.  pibour  — 
Peuplier. 

Depitjo  (v.  ce  mot),  av.  suff.  olo.  Ce 
suff.  est  pr.  et  le  mot  aussi. 

•PIZAY  forme  donnée  par  Goch.  pour 
pisé.  Il  ajoute  :  «  La  rue  Pizay  à  Lyon 
tire  son  nom  des  premières  maisons  qui 
y  furent  bâties  dans  ce  genre.  »  Il  est 
sans  doute  revenu  sur  cette  opinion,  car 
dans  le  Guide  à  Lyon  (1828)  il  dit  «  qu'elle 
tire  son  nom  de  Ph.  de  Pizeys,  qui  y  possé- 
dait la  maison  de  Pizeys,  en  1538».  Inutile 
de  dire  que  cette  opinion  est  mieux  fondée 
que  la  première. 

*PLAGNI  V.  plana. 

*PLAISSAIT  V.  plaisseis. 

PLAISSEIS  (plessè)  ;  ap.  Coch.  PLAIS- 
SAIT  s.  m.  —  €  Bois  plié  à  une  certaine 
hauteur  pour  former  démarcation.  «(Coch.) 
La  définition  «  bois  entrelacé  i  serait 
plus  exacte. 

Ce  mot  n'est  plus  usité  à  ma  connais- 
sance. Vpr.  plais  plaissa,  haie,  taillis  ; 
vfr.  plaissiez  plesseïs,  clos,  parc  fermé 
de  haies.  Morv.  pléchd,  tige  ou  branche 
d'arbre  qui  a  ^té  couchée  vive  pour  la 
clôture  d'un  héritage. 

De  plexus,  av.  suff.  icius,  suiv.  Diex^ 
mais  M.  Foerster  fait  observer  av.  raison 
que  plexus  ne  peut  donner  ai  init.  Or,  si 
pour  le  fr.  il  est  difficile  de  savoir  si  la 
forme  est  eis  ou  ais,  le  pr.  prouve  que 
cette  dernière  est  la  vraie,  et  qu'il  faut  un 
a  dans  le  type  étymolog.  M.  Foerster  le 
tire  d'un  type  plaxum  plaxUum  plaxi- 
tium,  d'orig.  inconn. 


Digitized  by 


Google 


PLAF 


315 


PLAIVE  V.  plaivi. 

PLAIVI  (plôvi)  à  Grap. ;  à  Morn. 
PLOivi  (ploïvi)  ;  à  Lyon  PLAIVE  ;  ap. 
Coch.  PLÉVI  s.  f.  Valais  plaive  plêve  — 
Pluie. 

Que  vo-x-aria  don  vu  de  biaui-z-«(ère, 
Sinla  plaive j  qu*a  tôt  patafloa. 
.  «  Que   vous   auriez  donc  vu  de  belles 
choses,  —  Sans  la  pluie  qui  a  tout  abimé.  » 
{Chans.  de  Revér.) 

De  plnvia,  L'yotte  est  certainem.  la 
cause  de  la  dipthon^^ais.  de  la  syll.  init., 
mais  comment  u  bref  +  yotte  est-il  devenu 
ai  dans  les  formes  de  Grap.  et  de  Lyon  ? 
La  forme  de  Morn.  est  rég.  Gh.  de  u  bref 
en  0  (84).  Fin.  i  (54  !<>). 

PLAN  (plan)  s.  m.  —  Moyen,  chance 
de  succès. 

Libros,  ditciplinô,  rejoTs,   vertueux, 

Fut  toujours  le  vray  plan  par  faire  des  heureui. 

«  [Être]  libre,  discipliné,  gai,  vertueux, 
—  Fut  toujours  le  vrai  moyen  de  se 
rendre  heureux.  »  (Hym.) 

De  fr.  plan,  au  sens  de  projet  d'archi- 
tecture, dessin.  La  dérivât,  est  probablem. 
celle-ci  :  planum,  i.  surface  plane; 
2.  dessin  tracé  sur  cette  surface  pour  être 
exécuté;  8.  dessin,  projet  en  général; 
4.  moyen  en  général. 

PLAN  ^plan)  adv.  li.  piano  —  1.  Dans 
la  locut.  Allô  tôt  plan-plan,  aller  tout 
doucem.,  au  propre  et  au  flg.  It  pian- 
piano,  tout  doucem. 

De  plAnum,  uni,  doux,  pris  adver- 
bialem.  Le  pat.  a  qq.  adjectifs  pris  pour 
adv.,  sansaddit.  de  suff.  G'est  la  format, 
allemande. 

2.  Dans  la  locut.  O  t/  a  plan,  o  y  a  p6s 
plan,  «  il  y  a  moyen,  il  n'y  a  pas  moyen  ». 

G'est  plan  subst.  (v.  ce  mot),  au  sens 
de  moyen,  pris  adverbialem. 

*PLANA  (plana)  'PLAGNI  (plagni;  s. 
f.  —  Plaine. 

De  pZana,  pour  la  forme  plana,  mais 
la  forme  'plAgni  suppose  un  'planea 
(148,  rem.  3).  c  Dans  un  acte  de  1301,  ce 
mot  est  déjà  employé.  Hist.  du  Dauphiné 
par  Valbonnais  t.  2  p.  95  :  plagnie.  » 
(Goch.)  —  Plagni  est,  à  ma  connaissance, 
le  seul  aujourd'hui  en  usage. 

PLANCHI  (planehi)  s.  f.  dans  l'express. 
La  planehi  de  los  pis,  la  plante  des  pieds. 
A  Lypiî  (a planche  des  pieds.  Rch.  planque 
de^  pieds. 


Le  rad.  est  celui  de  plante  dans  planté 
des  pieds,  c'est-à-d.  plat  plan,  mais  il 
est  probable  que  planche  des  pieds  a  été 
substitué  à  plante  des  pieds  lorsque  le 
mot  de  plante  n*éveillait  plus  l'idée  d'une 
chose  plate,  mais  seulem.  d'un  végétal. 
Le  mot  de  planche  au  contraire  répondait 
à  l'idée  en  vue. 

♦PLANÇONS  ("planson)  s.  m.  pL  — 
1.  D'après  Goch.  •  Branches  de  saule,  de 
peuplier  qu'on  a  coupées  pour  planter.  » 
Je  n'ai  jamais  entendu  appliquer  ce  mot 
qu'aux  jeunes  plants  de  légumes  qu'on 
repique.  Mais  la  définit,  de  Coch.  se 
retrouve  dans  Littré.  —  2.  s.  m.  Outil  de 
bois  qui  sert  à  faire  les  trous  où  l'on 
pique  les  plançons. 

Du  b.  lat.  plancionem  (pour  plantio- 
nem),  de  planta.  L'yotte  est  tombé  comme 
dans  leçon,  de  lectionem.  Le  genev.  a 
planton,  même  sens,  formé  sur  plant. 

PLANI  (plani)  s.  m.  It.  pianura  — 
Terrain  plat  sur  une  montagne,  sur  un 
escarpement. 

De  'planile  (v.  plogni). 

N.  de  lieu,  la  rue  du  Planit,k  S^^-Foy- 
lez-Lyon. 

•PLANOT  (planô)  s.  m.— Madrier  épais. 

Dep/anum,  av.  suff.  rom.  ot.  Planot 
c  pièce  de  bois  aplanie  ». 

*PLANTI  (plantl);  à  Lyon  plantier  s. 
m.  —  Nom  d'une  vigne  jusqu'à  l'âge  de 
3  ans. 

D^  plant,  av.  suff.  î,  d'artw*  (18). 

PL  ASTRE  V.  platro. 

PLATE  (plate)  s.  f.  —  Bateau  à  laver. 

De  fr.  plate ^  parce  que  ces  bateaux, 
couverts,  en  terrasse,  sont  absolum.  plats 
et  carrés. 

PLATET  (plate)  vin.  s.  m.   Ss.-rom. 
pllatet  pllati  —  Petit  plat,  assiette, 
Pierre  Gilet  apportave  uu  platet. 

«  Pierre  Gilet  apportait  une  assiette.  > 
(Noël  XVI"  s.) 

De  fr.  plat,  av.  suff.  dim.  et. 

♦PLATRO  (platro);  vin.  PLASTRE  s. 
m.  —  Place.  Le  Piastre  S^-Pierre,  le 
Piastre  de  la  Guillotière  (place  qui  était 
au  bout  du  Pont),  anciens  noms  de  places 
à  Lyon.  La  place  du  Plâtre  existe  encore. 

y>'empl9istum,  qui  a  fait  emplâtre  et 
par  extens.  pavement,  sous  la  forme  vfr. 
plais tre,  Ghute  de  s  (166  2*)  ;  épenth. 
de  r  (184  6«,  c). 


Digitized  by 


Google 


/ 


316 


PLES 


PLESSIEREvln.  v.  sous  peyssiere. 

PLÈVI  V.  plaivi. 

PLIO  V.  plot. 

PLOGNI  (plogni)  s.  m.  —  A  Rive*',  et 
aux  enviions  Petit  pré  non  arrosé,  attenant 
à  une  habitation,  et  qui  sert  à  faire  paître 
les  chèvres  et  les  brel)is  quand  le  temps 
est  menaçant  ou  qu'on  n'a  pas  le  temps 
de  mener  plus  loin  paîlre  le  bétail. 

De  'planile,  de  plana,  av.  suflf.  ile  = 
i(/)  (cp.  courtil,  de  cartile).  A  River,  etc. 
n  se  mouille  toujours  devant  t.  Quanta 
la  dérivât,  de  sens,  il  faut  remarquer  que 
les  fermes  étant  généralem.  construites 
dans  un  endroit  plat,  l'emplacem.  voisin 
l'est  aussi.  Mais  le  mot  ayant  pris  un  sens 
particulier,  il  ani\e  parfois  que  le p/o^/ni 
est  en  pente.  Ce  mot  est  une  exception  en 
ce  sens  que  )i  mouillée  n'a  pas  empêché 
a  de  passera  o  (9  2»),  mais  l'infl.  de  n  a 
cependant  rendu  o  un  peu  bref,  au  lieu  de 
6  long  ordinaire.  En  Gév.  on  a  de  même 
montogne  pour  montagne. 

PLOivi  V.  plaivi. 

PLOMOCH  E  (plom6che)  s.  m.—  Panache. 
hi  plomôche  ratu  ly  batsé  su  la  face. 

•  Un  plumage  rongé  lui  battait  sur  le 
visage.  »  (Mèn.) 

De  fr.  plume,  av.  sufT.  ache,  paranalog. 
av.  fr.  panac?ie.  On  devrait  avoir  p/uma- 
che,  mais  ti  fr.  est  devenu  o  dans  les  dér. 
(cp.  plomures). 

PLOMURES  (plomure)  s.  f.  pi.  Morv. 
pleumeures  —  Pelures,  épluchures.  Eure 
plumer,  netloyer,  ratisser. 

Etpeiôz-vo  lo  satisfaire 
Avoué  (Je  p/ofnurf«  d'ugnou  ? 

«  Espérez- vous  les  rassasier  —  Avec 
des  pelures  d'ognon  ?  »  {Bué  Bih.) 

Dep/Kwjar^,av.suff.coll.rom.  ures^  les 
pelures  étant  comparées  à  des  plumes  que 
Ton  arrache.  On  devrait  avoir  plumures^ 
passé  à  plomures,  peut-être  par  dissim. 
Cp.  rch.  pleumer,  enlever  la  peau  des 
fruits. 

PLONI  (plôni)  s.  m.  —  A  Yzer.  Petit  pré 
dans  le  voisinage  immédiat  de  l'habitat.,  à 
Tusage  exclusif  du  porc,  les  bestiaux 
refusant  de  brouter  là  où  a  brouté  le  porc. 

Le  même  que  plogni^  de  planile,  av. 
cette  seule  différence  que  n  ne  s'est  pas 
mouillée,  ce  qui  tient  à  la  phonét.  d'Yzer. 

*PLOT  (plô);  vin.  PLOT;  m.  lat.  de 
Lyon  PLIO  s.    m.  \.  Étal   de   bois  sur 


lequel  le    boucher  coupe   la  viande.  — 
2.  Billot,  gros  bloc  de  bois,  en  géoeral. 
Lourd  comme  un  plot,   se  dit  à   Lyon 
d'un  homme    pesant.    Vpr.,  pr.,  Morv. 
plot,  billot.  —3.  En  vin.  Affût  massif  des 
pièces  d'artillerie  de    position.    1452-54  : 
«  Acquisition  de  plots  de  bombardes.   » 
{Inv,  de  la  C.)—  4.  Encore  en  vin.,  Billol 
recreusé  et  formant  tronc,  dans  le  texte 
suiv.  1434-36  :  «  Sommes  trouvées  dans  le 
plot   des  pardons...  »  {Inv.  de  la  C.)  — 
1445-53:  «  Paiement  fait  à  maistre  Guichani 
le  serrurier  pour  les  serrailles  et  ferrures 
de  six  plos  de  fus  te,  lesqueulx  ont   été 
faiz  pour  les  cadres  et  pour  recueillir  le.s 
aumônes  qui  leur  seront  données  ild.)  — 
5.  Sorte  de  très  grosse  serrure  qui  parait 
avoir  été  en    bois  fort  épais,  recreusé  el 
garni  de  ferrures  (dans  les  campagnes  de 
rOrléan.     il  existe   encore  beaucoup  de 
serrures  en  bois).  1517  :  t  A  la  tour  nove. .. 
Avoir  rabillé  un  plot  et  y  avoir  mis  un 
anneau  de  fer...  Avoir  rabillé  le  p/o<  de 
la  porte  de  la  tour  du  Blanche  t.. .  Avoir 
levé  le  plot  du  bas  de  la  dite  tour  et  la 
porte  pour  entrer  en  icelle  des  Ecloisons, 
y  avoir  fait  une  clef  et  rabillé  le  àïiplot... 
Un  plot  avec  sa  clef  pour  la  porte  S*-Vin- 
cent...  deuxp/or^  mis  aux  portes  des  deux 
tours  étant  sur  le  port  de  rue  Neuve.  » 
{Arch.  m.)  —  H  n'est  pas  possible  d'ad- 
mettre que  toutes  ces  portes,  qui  n'étaient 
pas  publiques,  eussent  des  troncs  pour  les 
pauvres.  Ces  textes  sont  d'ailleurs  pleinem. 
éclairés  par  le  suiv.  1372  :  «  Centum  ser- 
ralias   vocatas  plios  de  fusta...    »  [Inv. 
d'un  serrur.)  —  M.  do  Valons,   surpris 
par  ce  mot  de  «  serrure  de   bois  »,  s'est 
contenté  de  traduire  par  «  cent  serrures 
dites  plioz.  » 

D'après  Borel  le  vfr.  pal  [î)  plot  signi- 
fiait tronc  placé  à  la  porte  d'une  église 
pour  recevoir  les  aumônes.  Ss.-rom.  pllo 
plot,  bloc  de  bois,  billot,  tronc  d'église. 
Dph.  plot,  gros  billot.  M.  Mistral  propose 
pluteum,  planche,  mais  il  aurait  donné 
plossi.  On  trouve  en  kym.  ploCy  billot, 
et  en  irl.  ploCt  billot,  gros  tronçon.  Ces 
mots  n'ont  pas  été  empruntés  au  roman, 
car  p  celt.  ne  vient  pas  de  h,  et  il  n'est 
d'ailleurs  pas  présumable  qu'un  même 
mol  roman  ait  pénétré  dans  les  deux 
branches  celt.  Autre  indice,  le  mot 
n'existe  pas  en  armor.  où  il  aurait  pénétré 


Digitized  by 


Google 


PLOT 


317 


tout  d'abord.  Le  remplacem.  de  c  fin.  par 
t  dans  p/o^  aujourd'hui  p/o,  n'aurait  rien 
d'anormal,  car  le  fr.  a  blot  pour  bloc.  Le 
même  rad.  paraît  se  retrouver  dans  le 
germ,  b.  ail.  plukk,  bloc,  bûche.  En 
tous  cas  les  mots  celt.  conviennent  à 
l'étym.  On  trouve  aussi  en  gaël  ploc,  «une 
vçrosse  masse  ronde,  une  très  grosse 
télé,  une  grosse  motte  >',  qu'il  faut  sans 
doute  rapprocher. 

PLOT  A  (plota)  s.  f.  —Patte  d'animal, 
pied  d'un  meuble,  d'une  chaise,  d'un  banc, 
d'une  table  etc.  Pr.  platito  plautro, 
trace  du  pied  dans  la  boue,  gros  pied, 
patte  ;  dph.  planta,  patte  d'animal; 
it.  piota,  plante  du  pied,  motte  de  ^erre, 
•çazon;  milan,  pioda,  dalle;  comasque 
ploia. 

De  l'ombrien  plotum  plauium,  dans 
Festus  :  «  Plofos  appelant  Umbri  pedibus 
planis  {ap.  Diez).  »  D'où  des  demi-sanda- 
les nommées  semiplotio.  (Fest.,  ap.  Bug- 
ge).  Ce  plota  est  dér.  du  sens,  de  «  plan- 
te du  pied  »  à  celui  de  «  pied  »  et  a  donné 
l'it.  piota,  pied  ou  plante  du  pied.  Piota 
est  phonétiquem.  conforme  â  notre  plota. 
Pr.  plauto  signifie  à  la  fois  «  trace  du 
pied  dans  la  boue  »  et  c  gros  pied,  patte  >. 
M.  Flechia  mttache  â  plautum  le  modén. 
/o^  motte  de  terre!  Il  est  probable  que  le 
rad.  qui  a  formé  planta  est  le  môme  que 
celui  qui  a  fait  TrXarrv;  et  plat. 

PLOTET  (plotè)  s.  m,  —  Terme  de 
maçonnerie  lyonnaise.  Brique  épaisse  et 
courte  de  O,llo  8ur0,2ia«  sur  0,05«. 

De  plot,  av.  suflf.  dim.  et.  De  ce  que 
cette  brique,  grosse  et  courte,  ressemble  â 
un  billot,  en  comparaison  des  briques  de 
galandage,  qui  ont  0J5»  sur 0,80°  sur  0,03'. 

PLOURE  (ploure)  v.  impers.  Vpr. 
ploure,  dph.  ploiirre  —  Pleuvoir. 

De  plxi(e)ve,  Ch.  de  u  en  ou  (34)  ;  chute 
de  e  (52).  Plus  régnl.  que  fr.  pleuvoir,  où 
pluere  a  été  transformé  en  pluere, 

PLUVIGNASSI  y.plutig7v. 

*PLUVIGNI  (pluvignf)  PLUVIGNASSI 
(pluvignassf)  ;  à  Lyon  plumgner  v. 
impers.  It.  piovigginavey  piém.  piiivsinè, 
fr.  pleuviner  —  Se  dit  d'une  petite  pluie 
tine.  O  pluvigne,  o  pluvignasse,  il  pleut 
légèrem.  Plus  loin  on  dit  molliasst. 

De  ÏT»  pleuvoir ,  av.  sulT.  igni,  fréq.  et 
dim.  (cp.  égratig7ier,  de  gratter),  dans 
pluvignX.  Dans  pluvignassl,  addit.  d'un 


2*  suff.  a$s%,  péj.  Le  cb.  de  eu  init.  en  u 
se  retrouve  dans  tous  les  mots  tirés  du 
fr. 

POBLO  (pôblo)  à  Morn.,  à  Grap.  PU- 
BLO  (publo;  ;  à  Villefr.  PÈBLE  (pèble)  s. 
m.  Poit.  pouble  —  Peuplier. 

De  pop[u)lum.  Ch.  de  pi  en  bl  (164  "«j 
O  fermé  =  u  dans  la  forme  piiblo  est  dû 
à  la  phonét.  de  Crap.  (34).  Dans  la  forme 
pèble,  é  est  la  réduct.  de  la  dipht.  d'oïl. 
eu. 

POCHARLA  V.  pocher  la. 

POCHERLA  V.  bocherla, 

POCHI  (pochi)  à  Morn.;  à  R.-de-G. 
POUÈRE  fpouère  dissyl.);  à  Grap.  PO- 
VAI  (povô>  V.  n.  —  Pouvoir. 

A  remplaçôve  alor  par  la  trc^isièma  ré, 
Par  pouin  se  sortsi  de  dessus  lo  paîé. 

c  II  remplaçait  (au  service  militaire) 
alors  pour  la  troisième  fois,  —  Pour  pou- 
voir se  tirer  de  la  misère.  »  (Gorl.) 

De  potere  pour  posse.  Dans  la  forme 
de  R.  de-G.  chute  de  t  (135)  ;  d'où  poére 
(70)  pouére.  Dans  la  forme  de  Grap. 
inserl.  de  r,  comme  dans  fr.  pouvoir  ; 
e  long  =  ai  (18).  La  forme  de  Morn.  est 
due  à  des  infl.  analogiques  que  je  ne  sais 
pas  découvrir.  Les  temps  de  ces  3  verbes 
se  mêlent  très  souvent,  et  tel  qui  dit 
poval  à  l'infin.  dit  souvent  pochu  au 
partie. 

*POCHON  (pochon)  s.  m.  —  Pâté 
d'encre. 

De  fr.  pochCy  tache  (wal.  poché,  tache, 
souillure),  av.  suff.  on.  Orig.  germ.  Ags. 
poc^  angl.  pock,  holl.  poche,  pustule, 
chose  gonflée  ;  nor.  poki,  poche.  De  «pus- 
tule »  l'idée  s'est  étendue  â  celle  de  «  plaque 
noire»,  d'où  pochon,  et  poc/*er  un  plan, 
en  architecture,  le  passer  au  noir  foncé  ; 
pochonner,  en  peinture  de  bâtiments, 
re'.oucher  des  peintures  en  les  chargeant 
aux  endroits  usés,  et  enfin  pochade, 
peinture  faite  en  façon  de  taches. 

POCHU   (pochu)  part,   passé  de  pochi. 
Ma  mère  me  chantait   un   vieux  noël  (?) 
que  je  n'ai  jamais  vu  imprimé,   et   où   .se 
trouvait  le  couplet  suivant  : 
Uiia  banlana  île  lr(s  ans, 
Qu'élidve  larfli)  comme  !•  maii, 
Et  le  yxoMX  que  la  suivoiivont. 
Le  puze  que  picotovonl  ! 

De  Iota  la  nuit 
Je  ii*ai  ren  pochu  doriri. 


Digitized  by 


Google 


318 


PODE 


«  Une  punaise  âgée  de  trois  ans,  — 
Qui  était  aussi  large  que  la  main,  —  Et 
les  poux  qui  la  suivaient,  —  Les  puces 
qui  piquaient  !  —  De  toute  la  nuit— Je  n'ai 
pu  dormir.  » 

Formé  sur  pochi,  av.  suff.  u  comme 
dans  les  verbes  de  la  3*  conjug.  fr. 

PODEFER  (pôdefér)  ;  ap.  Goch.  PAU- 
DE-FER  s.  m.  Pr.  paU'ferre,  Igd.  pal- 
fer,  auv.  paurfer,  gén.  paefaero  — 
Presson,  pal  de  fer  pointu,  dont  on  se 
sert  pour  planter  les  échalas.  Béronie  fait 
remarquer  que  le  palfer  pa-oufer,  en 
lim.,  est  une  barre  de  fer  aplatie  par  un 
bout;  c'est  ce  que  nous  appelons pr^^^on; 
notre  podefer  est  simplem.  un  pieu 
pointu. 

De  pal-de-fer,  av.  vocalisât,  de  l  (121 
2").  On  &  pau'de-fer^  dont  au  a  passé  à  o 
(75,  rem.  1). 

POGAGNOUS  V.  poganous. 

POGAL  vin.  —Anguille  de  mer.  1358  : 
«  Item  1  millier  d'arengetde  rigoz  corans 
paiera  .j.  gros  ;  et  pogal,  anguilles  et 
atres  gros  peissons  salas  paiera  per  cent 
peissons  .j.  gros.  »  (Tar.  de  la  V.) 

Le  pogal  est  aujourd'hui  à  Palavas 
la  pougau  s.  f.  que  M.  W.-Gastelnau 
traduit,  un  peu  vaguement,  par  «  grosse 
anguille  fine  ».  J'ai  de  forts  doutes  sur 
le  genre,  au,  évidemm.  ici  d'aZi*,  étant 
toujours  masc.  en  pr. 

,  Étym.  inoonn.  —  Les  Provençaux 
avaient  emprunte  aux  Grecs  un  très  grand 
nombre  de  termes  de  marine  et  de  poche, 
nôxoç  signifie  peau.  Auraii-on  eu  en  vue 
ce  qui  fait  la  caractéristique  de  l'an- 
guille, une  peau  si  dure  et  si  solide  que 
les  Romains  la  découpaient  en  lanières 
pour  en  faire  des  instruments  de  flagel- 
lation ?  Sur  no xo;  on  aurait  forgé  un  b. 
lat.  pocalis,  qui  devient  en  pr,  pogal 
pogau.  L'anguille  serait  donc  le  poisson- 
peau  [îî) 

POGANOUS.  OUSA  (poganou,  ouza) 
POGAGNOUS,  OUSA  adj.  —  Gelui  qui  a 
les  mains  sales,  qui  est  sale  en  général. 

De  'pica,  poix,  mais  par  le  pr.  pega,  ce 
qui  explique  le  g  dur,  tandis  que  les  autres 
dér.  peju,  pojaud  ont  g  doux.  La  prot. 
init.  a  été  durcie  en  o  (cp.  pojaud),  On 
devrait  avoir  po^ou*  comme  on  a  peju. 
Il  y  a  eu  insert,  d'une  syll.  entre  le  thème 
et  le  suff.  pour  accuser  le  caract.  fréq.  et 


péj.  Cette  i  user  t.  a  peut-être  été  facilitée 
par  d'autres  mots  péj.  tels  que  marga» 
gnous,  bagagnous.  Aussi  je  crois  la 
forme  pogagnous  primitive,  sans  que  je 
puisse  expliquer  la  c  dessication  >   de  n. 

*POQNI  (pogni)  APOGNI  s.  f.  —  Ga- 
lette, petit  pain  mince  et  rond,  de  fleur  de 
farine,  qii'on  met  à  cuire  dans  les  mé- 
nages avec  le  gros  pain,  en  le  laissant  à 
la  gorge  du  four.  Dans  le  Dauph.  gAteau 
léger  aux  œufs  et  au  sucre.  La  pogtte  de 
Romans  est  très  renommée.  Berr.  apogne 
miche. 

Formé  sur  fr.  pain^  comme  mogni  est 
formé  sur  main.  Gp.  vfr.  paignon  pa^ 
gnonf  rch.  pagnon,  petit  pain  ;  marchois 
et  rch.  pagne,  pain;  Nyons pana^  tourte  ; 
berr.  painotte,  miche.  On  aurait  eu  pain, 
forme  féminine  paine,  et  paigne  paiçni, 
par  mouillem.  de  n  sous  infl.  de  l'yolte 
de  la  dipht.  Paigni  aurait  passé  à  poiçni 
par  une  fausse  analog.  av.  un  dér.  de 
poing,  qui  a  donné  poigne  (cp,  moiçne, 
de  main)  ;  puis  à  pogni,  oi  devant  çn 
devenant  toujours  o  (cp.  mogni,  de 
moigne),  Gette  format,  est  peut-être  plus 
vraisembl.  qu'un  dér.  depom^,  qui  ne  se 
prête  pas  aux  lois  de  la  dérivât,  parce 
qu'une  poignée  de  pâte  aurait  été  expri- 
mée par  poing,  plus  suff.  accentué.  Fin. 
i  (54  «•). 

POGNON  (pognon)  s.  m.—  1.  Se  dit  d'un 
raccommodage  grossier,  formant  proé- 
minence. «  Quel  pognon  as-tu  fait  à  mes 
bas  !  »  Un  raccommodage  en  pognon. 

Pognon,  cognon  ont  la  même  significat. 
et  sont  tirés  l'un  du  v.  cogner,  et  l'autre 
du  V.  poindre,  transformé  en  poigner. 
A  ces  rad.  s'est  ajouté  le  suff.  on.  Mais 
le  mot  poindre  étant  oublié,  on  voit 
maintenant  dans  pognon  un  dér.  de  poing. 
Un  pognon  est  un  t  raccommodage  à 
coups  de  poings  »,  suiv.  l'express,  d'ail- 
leurs souvent  employée. 

2.  A  Villefr.  Hachis  de  viande  façonné 
en  boule. 

Même  étym.  Pognon,  ahose  t  poignée  », 
façonnée  sous  le  poing. 

3.  En  termes  d'argot  In.,  argent,  objets 
volés.  «  Il  est  souvent  employé  par  nos 
justiciables  de  la  police  correctionnelle. 
Un  jour,  notamment,  un  des  prévenus  se 
plaignait  d'être  aussi  sévèrement  puni 
que  son  complice,  t  Ce  n'est   pas  juale. 


Digitized  by 


Google 


POI 


319 


disait-il,  car  il  agardé  tout  le  po^/son» • 
(note  de  M.  Vachez). 

De  fr.  (em)poigner,  av.  suff.  on. 

POI  V.  sous  poyt, 

POINTI  (pointchi)  s.  f.  -  A  River. 
Bout  de  sarment  qu'on  laisse  «ur  le  cep 
au  moment  de  la  taille  et  qu'on  recourbe 
en  arc  de  cercle  en  l'attachant  sur  une 
autre  branche  du  môme  cep. 

De  pxincta.  Gh.  de  a  en  i  (54  2*,  rem.  2). 

POINTO  (poinlô);  k  Lyon  pointer  v. 
a.  —  Express,  du  jeu  de  boules,  par 
opposit.  à  tirt.  Jeter  sa  boule  de  ma- 
nière à  arriver  le  plus  près  possible  du 
but. 

De  point,  au  jeu  de  boule  une  unité 
du  nombre  devant  composer  la  partie,  av. 
suff.  (5(141«). 

POJAUD  (poj6)  s.  m.  —  Homme  sale, 
dégoûtant,  av.  le  sens  particulier  de  rustre. 
Dictons  :  Beurre  de  pojaud,  beurre  rance. 
fabriqué  salement;  le  bâton  du  pojaud, 
une  canne  grossière  et  telle  qu'il  convient 
à  un  rustre. 

De  pègi,  poix,  av.  suff.  péj.  audy  de 
wald,  La  fin.  i  n'a  été  conservée  dans 
aucun  des  dér.  de  pègi  (cp.  peju,  et 
non  pejiu),  peut-être  parce  que  les  dér. 
ont  été  tirés  de  la  forme  francisée  pège. 
Le  ch.  de  e  en  o  est  dû  à  un  durcissem. 
de  la  prot.  init.,  qui  facilite  la  prononciat. 
Gp.  poganoHs  «  malpropre  ».  et  vin. 
pogez  «  mesure  de  poix  ».  Le  pojaud  est 
donc  un  homme  gluant  comme  s'il  sortait 
d'être  trempé  dans  la  poix. 

POLA  NAIRI  (pôlanaïri)  dans  l'express. 
Avé  la  polla  naïri,  avoir  une  poule 
noire,  qui  répond  au  fr.  c  avoir  une  mas- 
cote  »,  un  talisman  qui  enrichit,  porte 
bonheur  en  toutes  choses. 

De  la  croyance  que  le  Diable  échange 
une  poule  noire  contre  l'âme  de  celui  qui 
l'invoque  sous  de  certains  rites,  et  que  le 
volatile  lui  procure  tous  les  trésors  qu'il 
peut  désirer.  'Les  poules  du  bon  Dieu 
sont  blanches,  et  celles  du  Diable  noires. 
Rch.  paradis  des  noirtés  glénes^  enfer, 
littéralem.  c  paradis  des  poules  noires.  » 

PO L ACRE  (polakre)  à  Lyon  ;  à  River. 
POLOCRE  (pol6cre)  s.  m.  —  Flagor- 
neur; hypocrite,  t  A  fait  son  polôcre,  il 
fait  son  hypocrite,  son  t  boimo  ».  On  le 
dit  notamm.  des  chats  qui  dissimulent 
leurs  intentions.  Pic.  polake,  sale,  ordu- 


rier,  dégoûtant  ;  norm.  polacre,  terme  de 
mépris  ;  pr.  poulacre,  sale,  dégoûtant* 
paresseux,  mou,  fainéant;  vénit.  polaco 
«  balordo  ». 

Diez  et  Scheler  identifient  polacre  av. 
fr.  pouacre.  Diez  donne  pour  étym.  l'in- 
terj.  pouah,  inadmissible,  parce  que  le 
suff.  acre  n'existe  pas.  Diez  n'explique 
d'ailleurs  pas  l'épenth.  de  l  dans  la  forme 
polacre.  Scheler,  sans  rejeter  précisém. 
l'étym  de  Diez,  paraît  pencher  pour  po- 
dagrum^  et  ajoute  :  c  Dans  les  formes 
polcufre.  etc..  il  faut  admettre,  si  l'on  part 
de  podager,  la  permutât,  de  d  en  /, 
comme  dans  cigale*.  Je  ne  crois  pasl'ex. 
admissible.  L'it.  et  le  pr.  ont cicala,  Tesp. 
cigara.  Gette  unanimité  doit  faire  penser 
que  la  transformat,  était  déjà  accomplie 
en  lat.  et  qu'on  avait  cicala  à  côté  de 
cicada  (cp.  cadamitas  et  calamitas). 

Je  crois  qyxQ  pouacre Qi polacre  doivent 
être  isolés.  Le  premier,  comme  le  démontre 
l'historique,  vient  de  podagrum  ;  et  le  se- 
cond, comme  le  propose  Corblet,  de  Pola- 
que.  Polonais,  de  Polachie,  Cp.  In.boimo 
(bohémien),  flagorneur;  gj^ec,  filou  au  jeu; 
prussien  «  podex  »  ;  suisse,  excrément 
humain;  anglais^  créancier  et  menstrues, 
et  le  plus  ancien.  Bulgare  =  t  paedico  ». 
Il  est  vraisembl.  qu'à  Torig.  polacre  et 
pouacre  avaient  des  sens  différents,  mais 
que  le  2*  a  influé  sur  le  l•^  Les  deux  sens, 
aujourd'hui,  sont  souvent  confondus,  mais 
les  significat.  d'hypocrite  en  In.,  de  fai- 
néant en  pr.,  peuvent  être  des  témoignages 
de  la  distinct,  primitive.  La  même  infi. 
explique  le  passage  de  po/a^ueàpo/acr^. 
Réciproquem.  polaque  a  infl.  sur  les 
formes  norm.  et  berr.  pouaque  pour 
pouacre, 

POLAILLI  (polalhi)  s.  f.  Ss-rom.  po- 
laille^  YÎr. poulaille  —  Poule,  volaille.  Le 
mot  de  poulaille  est  fréquemm.  employé 
par  O.  de  Serres  dans  son  Théâtre  de 
l'agriculture. 

Le  rostre  eo  paix  chez  toi , 

Vous  {ait  argent  de  loal,  coofertit  en  monnoie 

Ses  chapons,  sa  poulaille...  La  Fout;. 

Du  ♦  pullsilea,  de  pulla.  Gh.  de  u  bref 
en  0  (38)  ;  de  ea  en  t  (54  1'*).  L'yotte  de 
l'hiatus  ea  =  ia  a  moullié  /. 

*  POLAILLI  (polalhi);  à  Lyon  poulailler 
s.  m.  —  Marchand  de  volailles.  «  Le  mar- 
ché et  débite  des  lards,  demeure  des  Pou- 


Digitized  by 


Google 


320 


POLI 


laillerSf  Fromagers...  b  {Ord'^^  de  Police, 
1662).  A  Lyon  la  rue  de  la  Poulaillerie 
existe  encore. 

De  pûlAilli,  av.  suff.  i,  d'arme  (13). 

*POLIAIN  (pôlhin)  s.  m.— Assemblage 
de  2  pièces  de  bois  espacées  par  2  tra- 
verses sur  lesquelles  on  fait  couler  les 
tonneaux  que  l'on  gerbe. 

Du  *pu//awwm,  de  pullum.  Anum  = 
ain  est  d'oïl.  Le  mouillem  de  /  se  ren- 
contre fréquemm.  en  In.  sans  cause  appa- 
rente. Quant  au  sens,  on  a  vu  un  poulain 
dans  l'appareil,  quoique  vraiment  la  res- 
semblance soit  un  peu  éloignée,  comme  on 
a  vu  une  grenouille  dans  un  treuil,  une 
ffrue  dans  une  machine  à  élever  les  far- 
deaux, une  chèvre  dans  une  échelle  d'en- 
gin. Il  paraît  que  la  comparaison  entre 
une  machine  à  élever  les  fardeaux  et  u^ 
animal  se  présente   naturellem.  à  l'esprit. 

POLOCRE  V.  polacre. 

POLOMARD  vin.  s.  m.  —  1472  :  «A 
François  Anisson,  cordierpour  neuf  livres 
tortossieres...  et  pour  3  deniers  de  fll  po- 
lomard..,  .  A  Garin  Torvéon  pour  fil  de 
polomard  pour  faire  les  cordeaux...  1474: 
Pour  fll  de  polomard  et  pour  cloz  à  cloer 
les  pisons  et  basteurs  du  dit  terraillons.  b 
lArch.  m.)  vfr.  poulemari  polomar 
(Du  C);  m.  ivii.  polomar ium. 
£t  pourrait-on,  h  fil  de  pouUmart 
Tout  bAsioû-sr  le  iiiagasiu  d'abus.  (Kabei;. 

Du  G.  traduit  par  t  fllum  crassius  ». 
En  réalité,  c'est  du  fil  de  voile,  et  fil  à 
faire  les  filets,  comme  en  justifient  pr. 
pouloumar^  mars,  paroumar^  Igd.  pou- 
loumau,  vpr.  polomar,  qui  ont  ce  sens. 
M.  Mistral  ajoute  esp.  polomar,  mais  je 
ne  connais  que  palomaduras,  pli  sur  le  lé 
d'une  voile.  Dans  nos  textes  le  «  fil  de 
polomard  »  est  du  fll  ou  des  brins  pour 
fabriquer  les  cordages. 

Lo  Duchat  y  voit  le  rad.  de  poulie,  et 
lit  «  fil  de  poulie  ».  I^  chose  n'est  pas  im- 
possible, le  nom  ayant  pu  à  l'orig.  s'ap- 
pliquer aux  cordes  qui  retiennent  les 
voiles  et  qui  passent  dans  de  petites  pou- 
lies nombreuses.  La  Z*  partie  du  mot  est 
certainem.  marye)  c  mer  ».  Le  polomard 
(pour  po/otmr)  serait  donc  de  la  •  corde 
à  poulie  marine  ».  I^  .sens  se  serait  en- 
suite étendu  a  fil  pour  filet,  fil  à  border 
les  voiles. 

POMAT  (pomà)  s.  m.  -  Pomme  sau- 


vage. Vpr.  powe/a,  petite  pomme,  pomme 
sauvage  (cp.  it.  pomello). 

De  poma  pour  pomum,  av.  suff.  at, 
qui  par  except.,  est  ici  dim.  et  a  dû  être 
substitué  au  sufl".  et,  comme  semble  l'in- 
diquer le  vpr.  pometa. 

POMATAIRO  (pomatéro)  s.  m.  —  Mar- 
chand de  pommes.  Nom  donné  aux  mar- 
chands qui  en  vendent  dans  les  marchés 
et  les  foires. 

De  In.  poma,  pomme,  et  suff.  airo  (13, 
rem.  1),  relié  par  t,  formation  qui  semble 
donner  au  suff.  le  caract.  d'un  nom  de 
marchand.  Gp.  pina-t-airo,  ferra-tier  etc. 

POMATI  (pomati;  s.  m.  —  Pommier 
sauvage. 

De  In.  potnat,  av.  suff.  t,  à'arium 
(13),  applicable  aux  noms  d'arbre. 

PONIL  vin.  s.  m.  1472  :  «  A  Jehan 
Lombart  pour  une  pièce  de  noyer  pour 
faire  le  ponil  de  ladite  porte.  »  (Ârch.  m.) 

Le  sens  est  très  obscur.  S'agit-il  d'une 
poignée  ?I1  se  peut  que  n  se  mouillât  dans 
la  prononciat.  ou  plutôt  se  <  démouil- 
lât »  dans  la  graphie.  Gp.  anina,  peau 
d'agneau,  qui  se  prononçait  certainem. 
ag^iina.  Dans  ce  cas  ponhil  viendrait  de 
poing,  av.  suff.  il  {d'ile);cp.  chenil,  fusil, 
grésil.  La  dipht.  oi  se  réduit  à  o  lors- 
qu'une voy.  s'ajoute  à  n;  cp.  poigne, 
pain,  devenu  pogne. 

PONO  (ponô];  â  Lyon  paner  v.  a.  Ss.- 
rom.  pona  pouna  — -  1.  Donner  de  l'ar- 
gent. Faut  ponô,  il  faut  donner  de  l'argent. 

2.  Mettre,  poser. 
El  quand  al  a  parlé,  fodri  sioure  le  luait. 
Cor  a  zou  pone  mieux  qu^In  écrirain  paluais. 

«  Et  quand  il  a  parlé,  il  faudrait  suivre 
ses  règles,  ^  Car  il  met  cela  mieux  qu'un 
écrivain  patois.  »  {Le  Tuteur). 

Je  croyais  à  une  forme  savante  faite  par 
qq.  clerc  loustic  sur  pon^'re,  transformé 
en  ponere.  La  format,  popul.  a  en  effet 
donné  pondre  (v.  appondre),  mais  il 
paraît  bien  qu'il  y  a  eu  un  b.  lat.  vul- 
gaire ponere  changé  en  ponare,  car  le 
Morvan  et  le  Berri  ont  poner  pouner, 
pondre.  Ponare  =:  ponà  (14  S"). 

PONOMAN  (pônôman);  vin.  PANA- 
MAN.  PANE-MAIN  ;  ap.  Goch.  PANA- 
M  AN  s.  m.Ss.  vom.panaman,  hv,  pan  ne- 
main  {ap.  Goch.)  ~  Essuie-mains.  En  vin. 
panaman.  Homme   mou.  lâche.  Dans  ce 


Digitized  by 


Google 


PONT 


321 


sons  on  dit  aujourd'hui  pmwsse.  On  trouve 
panne-main  dans  Vlnv,  de  la  Mané- 
canteri(\  UiSS, 

Hay  !  fo  que  ie  le  veyou  Tépeya  den  la  man, 

Car  le  n'es  rien  qu'vn  panaman. 

«  Ah!  il  faut  que  je  te  voie  l'èpée  à  la 
main,  —  (^ai-  tu  n'es  qu'un  lAche.  »  (Bern). 

De  panô,  essuyer  et  man,  main  (8). 

*PONTANi  (pontanl)  s.  m.  —  Passeur, 
cf'lui  qui  dirige  le  bac  pour  la  traversée 
d'une  rivière.  Goch.  ajoute  :  «  et  qui  en 
perçoit  le  droit  par  analogie  avec  le  per- 
cepteur ou  exacteur  d*un  droit  de  ponton- 
nage  sur  le  pont.  » 

L'interprétât,  est  évidemm.  erronée. 
Po7itaniyieni.de  'pontanw^rius.  àepon- 
tonemj  bac,  liateuu.  Ch.de  arias  en  t  (13). 

PONTEAU  (pontô)  s.  m.  —  Petit  etançon 
qui,  dans  le  métier  du  canut,  e.st  fixé  d'une 
part  au  métier,  de  l'autre  au  plancher 
supérieur  pour  empêcher  le  métier  de 
vaciller.  Vpr.  po?itelh  {ap.  Mistr.),  m. 
hii.pontil,  pv.poHntilpontèu,ca.t.punial, 
it.  pu?itello,  alp.  pountelh,  dph.  ponti, 
étançon;  mil.  pontal,  bout  en  fer  d'une 
canne. 

La  forme  it.  est  un  dér.  de  it.  punla, 
pointe,  et  indique  l'étym.  punclum,  l'élai 
étant  un  objet  en  pointe,  ou  mieux  un 
objet  qui  «  point  »,  qui  appuie  {cp.  poinçon, 
terme  de  charpenterie;  cév,  pounchè,  Igd. 
2wunchie}\  étai),  av.  sufT.  d'oïl  eau,  d'e/- 
Itim.  Puncta,  il  est  vrai,  a  donné  pointi 
en  In. ,  mais  dans  certains  dér.  une  =  un, 
par  ex.  dans  impunti  t  exciter  qqu'un 
contre  un  autre  »>,  et  cet  un  a  pu  facilem. 
passer  à  on  (72).  De  même  en  vpr.  on 
trouve  punctum  =  poins  et  piintz.  Cp- 
encore  it.  punzone,  esp.  punzo,  oûl'yotte 
de  j)«^>ic/j<m  adisparu,  et  où  le  rapprochcni. 
est  plus  exact,  une  étant  à  la  prot.  A 
ponteau,  pu7itis  (v.  ce  mot)  se  rattache 
èpontille,  t.  de  marine  «  ètai  »,  que  Littré 
rattache  bien  à  tort  à  pont. 

*PONTET  (ponté)  s.  m.  Petit  pont. 

De  pontem  =  pont,  av.  suff.  dim.  et. 

PONT!  AU DA  (pontiôda.lrissyj.  );  à  Lyon 
pontidude  s.  f.  —  Se  dit  d'une  grosse 
femme  rouge,  épaisse,  sans  élégance. 

Renferme  un  rad.  pont,  que  je  ne  sais 
pas  expliquer,  et  un  sufif.  péj.  aud,  de 
W'dd,iiv.  iiisert.  d'yotte,  par  confus,  av. 
suff.  ian,  d'ellum.  Aurait-on  vu  l'idée  de 
qq.  cho.se  de  «  lourd  comme  un   pont  »? 


Remarquer  qu*à  l'époque  oii  le  mot  a  été 
CI  éé,  on  ne  faisait  ni  ponts  suspendus,  ni 
ponts  en  fer,  et  qu'un  pont  représentait 
toujours  une  lourde  masse  de  maçonnerie. 

PONTIFICAT,  V.  portificat. 

POPIAU  (popiô)  POPIO  8.  m.  —  Pis  de 
la  vache,  de  la  chèvre,  etc.  Dph.  poppel, 
mamelon  de  la  nourrice.  Vpr.  popa,  pr. 
ponpo,  sein,  mamelle 

Que  lo  lail  dou  popiô 
Jicii  k  plena  sillola 

«  Que  le  lait  du  pis  —  Jaillisse  à  plein 
eu  veau.  »  (Mon.). 

De  *pnppellum,  de  pnppa  (v.  popillon), 
Ch.  de  a  en  o  (69);  de  ellum  en  ian  (32). 

*POPiLLON  (popilhon)  s.  m.  Pr.  pou- 
peu,  dph,  pottpet,  vpr.  popel,  popil  — 
Bout  de  la  mamelle.  It  poppa,  vpr.  popa, 
vfr.  poupe,  mamelle. 

De  vpr,  popil,  av.  suff.  on  ;  d'où  popilon^ 
et  popillon  par  mouillem.  de  /  sous  infl. 
de  i.  Popil  vient  lui-même  de  'popintla, 
de  puppa  pour  pupa. 

POPIO  V.  popiau. 

POPLO  (pôplo)  s.  m.  —  H  Morn., 
Paniss.  Peuplier. 

De  pop{u)lum ,  Gh.  de  u  post-ton. 
en  0  ("56;. 

POPONA  (popôna)  s.  f.  —  On  donne  ce 
nom  au  bout  de  la  branche  greffée  qui  est 
entouré  d'un  chiffon  pour  faciliter  la  prise 
de  la  greffe. 

C'est  le  vin.  popone  (v.  ce  mot).  Gp.  fr. 
popul.  poupée,  chiffon  dont  on  enveloppe 
un  doigt  malade. 

POPONE  vin.  s.  1540  :  «  Payé  à  Pierre 
de  Lalande,  faiseur  de  popones^  11^  &•*  pour 
avoir  fait  un  esgle  vaullant,  montant  et 
descendant,  pour  mectre  au  mistere  qui 
fut  fait  à  l'eschaffauld  de  la  Grenette(pour 
l'entrée  du  «  reverendissime  cardinal  de 
Ferrare  »  archevêque  de  Lyon), 

De  pMppa^  au  sens  de  poupée,  av.  suff. 
on.  Ch.  de  u  en  o  ("38). 

POPPA  (pôpa)  s.  f.  —  A.  Morn.  Bouillie 
pour  les  enfants. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  faille  remonter  au 
lai.  pappa,  mot  des  enfants  pour  demander 
à  manger;  mais  si  pappa  est  l'étym..  Va 
init.  se  serait  changé  en  o  sous  infl.  de 
popa,  mamelle  (v.  popiau),  d'où  vient  plus 
probablem.  le  mot.  De  même  en  ii.  poppa 
est  à  la  fois  le  mot  des  enfants  pour 
demander   la   nourriture  et    la   mamelle. 

38 


Digitized  by 


Google 


322 


POQU 


La  1^  nourriture  étant  celle  du  sein,  il  est 
naturel  que  la  2*  porte  le  même  nom. 

ROQUER  (poké)  v.  a.  —  A  Lyon  heurter. 
«  Les  deux  moutons  ont  poqué  leurs  tètes.  « 
Poquer  une  houle,  la  débuter  en  tirant. 
Ss.-rom.  poAa,  jeter lourdom.  un  fardeau, 
heurter  qqu'un. 

De  poc,  onomat.  du  choc,  et  suff.  er  des 
vb.  fr. 

■POR  (por)  s.  m.;  à  River  PORO  (porô) 
s.  f.  —  Poireau.  Ina  porô,  un  poireau. 

Deporrum.  Le  In  a  gardé  le  simple, 
tandis  que  le  fr.  a  ajouté  le  suff.  ellum, 
La  forme  porô  doit  être  pon-ellum,  av. 
substitut. du  suff.(5,d*afam, assez  impropre, 
par  confusion  des  sons  eau  et  ô. 

PORCELANE(porselàne)s.  f.  Ss.-rom., 
ït.  por  ce  llanna,  ssLvde  porcedanna  —  à 
Villefr.  Pourpier,  portulaca  oleracea. 

De  vfr. porce/,  pourceau,  av.  suff.  ane. 
(Vana  (9). 

PORCHAILLI  (porchàlhi)  s.  f.  Ss.- 
rom.  porcellana.  —  1.  Pourpier.  —  2.  Cliar- 
cuterie. 

De  porc,  av.  suff.  coll.  ailîi.  Le  c  est 
devenu  ch  parce  qu'il  était  suivi  de  a, 
comme  dans  porcaruis  =  %^orcher.  Quant 
au  sens,  il  vient  de  ce  que  les  porcs  sont 
friands  de  pourpier. 

PORC  H Ë  (porche)  ;  ap.  Coch .  PQRCH  ET 
s.  m.  Limous.  pourquet  —  Tranches  dr 
porc  frais.  Dph.  porchel,  pourchel,  porc 
frais. 

De  porc,  av.  suff.  ^/,  affaibli  aujourd'hui 
en  ê.  Le  c  fin.  de  porc  a  passé  à  ch, 
parce  que,  dans  le  fém.  porca  {=:  porche). 
il  s*est  trouvé  devant  a.  De  même  en  fr. 
porcher^  porcherie, 

*PORCHET  V.  porche, 

PORCHI  (porchî)s.  m.  Langueyeur. 

Depo.-'c,  av.  suff.  î,  d'arme  (13).  Cu 
passé  à  ch  comme  dans  porche  (v,  ce  mol). 

PORE-GRAND  v.  s.  môre-grand. 

POR  10  v   pario. 

PORMON  (pormon)  s.  m.  Ss.-rom. 
pormou  —  Poumon. 

Depulmonem.  Gh.  de  u  bref  en  o  (69)  • 
de  /  en  r(173  3«). 

PORNA  (pôrna)  s.  f.  -  Prune. 

De  prnna,  av.  métalh  de  r  (187  !•). 
U  long  étant  devenu  entravé  a  passé  à  o 
(46).  Porna  n'a  pas  fait  un  dér.  pornï  ; 
on  a  prunï,  prunier,  de  prunarium. 

PORO  V.  por. 


PORON  (poron)  s.  m.  —  Se  dit  des  ble.v- 
sures  que  reçoit  la  toupie  prisonnière  sur 
laquelle  les  enfants  lancent  leurs  toupies. 
De  porum,  av.  suff.  on.  Le  mol  est 
curieux  en  ce  sens  que  porum  parait 
n'avoir  donné  que  des  mots  savants  dans 
les  langues  romanes.  Poron  n'existe  pa.« 
dans  les  dial.  congénères.  Il  se  peut  qu«? 
le  mol  ait  été  formé  directem  sur  ro6o;, 
Lyon  étant  le  siège  d'une  colonie  grecqup 
importante  (v.  arlon  et  gone). 

PORONNÉ,  ÉE  (poronè,  ée)  adj.  —  A 
Lyon  se  dit  d'un  objet  qui  a  des  trous  à  la 
surface,  spécialem.  d'un  visage  marqué  de 
la  petite  vérole. 

De  In.  poron^  av.  suff.  des  partie,  de  la 
!'•  conjug.  Le  visage  est  comparé  à  la 
toupie  sillonnée  de  l)lessures  par  le  ferde.> 
toupies  lancées  sur  elle. 

PORPA  (pôrpa);  ap.  Coch.  POURRA: 
à  Lyon  potirpe  s.  f.  Ss.-rom.,  gén.  porpa: 
valais.  j)oerpa.  —  D'après  Coch.  «  Filet 
de  bœuf  ou  de  cochon  »,  mais  en  réalité 
chair  sans  os  et  sans  graisse.  Se  dit  de 
toute  partie  charnue  de  la  viande,  par 
opposit.  à  la  partie  fibreuse.  II.  polpa, 
gras  de  la  jambe. 

De  pvilpa;  b.  lat.  pulpa  «  caro  sine 
pinguedine,  caro  accumulata  ».  Ch.  de  u 
bref  en  o  (38);  de  /  en  r  (170  4o). 

POR  PU,    USA   (porpu,  uza);    à  Lyon 
pour  peux,  euse  adj.  —  Charnu.  Se  dit  de 
la  viande  de  boucherie;  au  flg.  e  Al  eben 
porpu,  il  est  bien  dodu  »,  et  aussi  «  gros, 
obèse  ». 
Mais  lu  pouro  Giiagiicau,  porpu comm'lu  aiéia... 
«  Mais  le  pauvre  Gnagneau,  gras  comme 
une  arête.  »  (Mel.), 
De  In.  porpa,  av.  suff.  m,  d'osus  (85). 
PORTA   COLEYCI  vin.    s.  f.  —  Herse 
d'une  porte  fortifiée.  —  1369  :  c  Item  en  la 
porta  coleyci  de  la  dicta  tour  ».  (Arch.  m.) 
De  porta  c  porte  »  et  de  coleyci  «  cou- 
lisse ».  Littér.  «  porte-coulisse  ».  On  sait 
que   la  herse  était  suspendue,  et  glissait 
dans  deux  coulisses.  Colessi  existe  encore 
en  pat. 

PORTE-MANTEAU  s.  m.  —  A  Lyon, 
gésier  des  volatiles. 

De  ce  que  le  gésier  a  en  eff«^t  la  forme 
du  porte-manteau  qui  s'attachait  jadis 
derrière  la  selle  du  cheval. 

PORTIFICAT  (portifikà;  à  R.-de-G. 
porUifikà);  à  River.  PONTIFICAT  (pont- 


Digitized  by 


Google 


PORT 


3-/3 


chifikà)  a.  m. —  État  de  prospérité,  sur- 
tout de  santé.  Être  dins  son  pontifical, 
à  River.,  être  à  son  apogée  de  force  et  de 
prospérité. 

Mtis  orand  iioiiilue  de  geins  qu'aiil  linu  Tortunafaitsi, 
Amont  mio  véie  tu  oun  eiii  bon  porUificat... 

€  Mais  l)eaucoup  de  gens  qui  ont  leur 
fortune  faite,  —  Aiment  mieux  voir  un 
ours  en  bonne  santé...  (Mén.). 

De  fr.  pontificat,  à  l'idée  de  pontificat 
étint  jointe  celle  de  luxe  et  de  prospérité. 
Mais  pontificat  étant  trop  savant,  a  été 
intluencé  par  l'idée  de  se  bien  porter;  d'où 
porlifi!  at.  et  c'est  ainsi  que  cette  dernière 
foi  me  a  pris  le  dessus  presque  partout  et 
notamment  à  Lyon.  Je  crois  que  River,  est 
un  ex.  isolé  delà  conservât,  de  l'idée  pri- 
mitive. 

^PORTILLON  (porlilhon)  s.  m.  —  Gui- 
cbet;  petite  porte  pratiquée  dans  une  plus 
grande. 

De  In.  porta  c  porte  t,  av.  suff.  dim. 
itlon  (cp.  popillon). 

POSSERAT  (pôsserà)  s.  m.  For.  pos 
serat  ;  ypr.fpr.  passerai—  Moineau. 

Ah«  mile  yar  de  hùril  bucliilloii,  te  m'adobei! 

Te  muns  de  pôsara  me  tant  pelO  le  bobes 

«  Ah,  milliard  de  sort  !  Misérable  fétu, 
tu  m'arranges!  —  Tes  mains  de  moineau 
me  font  crever  les  joues.  »  (Met), 

De  passerem,  av.  suff.  rom.  at.  Gh.  de 
a  prot.  en  ô  (59).  Le  groupe  ss  ne  con- 
stitue pas  d'entrave  (cp.  5). 

POSSES-DE-RAT  (pos'derà)  s.  f.  Lim. 
teti/io-de-rat  —  Joubarbe. 

De  ce  que  la  joubarbe,  qui  est  une  plante 
grasse,  a  des  feuilles  en  forme  de  petits 
pis,  en  patois  posses. 

POSSE-VACHI  (possevàchi)  s.  m.  — 
Sorte  de  gros  crapaud. 

De  possl,  teter,  et  vachi,  vache.  De  la 
croyance  popul.,  lorsqu'on  voit  une  vache 
avoir  du  lait  .sanguinolent,  qu'elle  a  été 
tetée  par  un  crapaud. 

POSSI  (possi)  ;  à  Lyon  posses.  f.  Vpr. 
possa  poussa,  pr.  poussa,  it.  poccia  — 
Mamelle.  Se  dit  surtout  de  la  mamelle  des 
animaux,  et.  par  ironie,  de  la  mamelle 
humaine.  Dph.  possi  poussi,  pis  des 
vaclies,  chèvres,  etc. 

Si  l'etym.  proposée  à  po^^l  vb,  est  exacte, 
possi  serait  le  subst.  v.  En  tous  cas,  l'étym. 
fr.  pousse,  proposée  dubitativem.  par 
Diez,  n'a  aucun  degré  de  vraisemblance. 


POSSI  (possi)  V.  a,  It.  pocciare  — 
Téter;  par  extens.  sucer  en  général.  Au  fig. 
boire  à  la  bouteille.  Fr.  vulg.  posset^ 
mélange  de  lait  et  de  bière. 

J*ai  compré  depu  l'aulro  jour, 
Qu*o  faut  possi  chôcun  son  tour. 

«  J'ai  compris  depuis  l'autre  jour.  — 
Qu'il  faut  téter  chacun  à  son  tour.  »  (Dur 
Bib.). 

Gaix  voit  dans  it.  poccia,  mamelle,  la 
dérivât,  de  *puppia,  ou  Tinfl.  de  ciocciare, 
téter.  La  dérivât,  est  inadmissible  comme 
forme.  On  pourrait  peut-être  y  voir  un 
*pup(i)tiare,  fréq.  de  'pupare,  de  pupa, 
qui  donnerait  régulièrem.  possi  par  ch.  de 
u  en  0  (69).  chute  de  p  (161  &>,  6),  et  ch. 
de  tiare  en  ssi.  Mais  outre  que  c'est 
entasser  hypoth.sur  hypoth.,  les  mots  foc- 
ciare,  possi,  représentent  si  exactem.  le 
bruit  que  fait  l'enfant  lorsqu'il  gonfle 
ses  joues  en  tétant,  qu'il  semble  naturel 
d'y  voir  une  onomal.  Gp.  it.  ciocciare, 
même  sens,  qui  représente  une  autre 
onomat.  de  la  même  action,  ou  au  moins 
suctiare  déformé  par  Tinfl.  de  i'onomat. 

•POSSON  (posson)  s,  m.—  Mamelle.  Se 
dit  plus  volontiers  que  possi  de  la  mamelle 
humaine.  <  Baille-li  don  son  posson,  à 
ceV  efant,  donne  donc  à  téter  à  cet  enfant.  > 
Dph.  posson,  celui  qui  tette. 

De  possa,  mamelle,  av.  suff.  dim.  on, 

POSTONADES  y.  pastonades. 

POSTRO  V.  pôtro, 

POSTUME  (postume)  s.  m.  Pus. 

Du  vfr.  apostume  (qui  a  été  transformé 
en  apostème),  av.  aphér.  de  a.  Le  mot 
est  savant,  et  fait  sur  aVooTîjjtta. 

POSTURA  (postsara)  s.  f.  —  1.  à  R.- 
lie-G.  Imposteur.  —  2.  à  Morn.  Pimbêche, 
femme  qui  fait  des  manières. 
.\on,  lo  père  SOtan,  quela  viely  postsura. 
Quoique  mauvais  chrelsin<,  n'a  p6s  Tôma  si  dzura. 

«  Non,  le  père  Satan,  ce  vieil  imposteur. 

—  Quoique  mauvais  chrétien,  n'a  pas 
l'âme  si  dure.  >  [Brey.). 

Queliu  mémoire,  oeuf  re  de  ma  postsura, 
Contseînt  déjà  u  bella  signalsura. 
«  Ce  mémoire,  œuvre  de  mon  imposteur. 

—  A  déjà  reçu  sa  belle  signature.  »  (Per), 
«    C'est  le  fr.    savant  imposture  y  av. 

suppress.  du  préf.  Cp.  In.  différent  pour 
indifft'rent.  La  dérivât,  de  sens  d'une  chose 
abstraite  à  une  personne  est  assez  rare. 
Cependant  cp.  c  une  beauté  »  pour  «  une 
belle  femme  »  et,  dans  rAngoumois,  «  une 


Digitized  by 


Google 


3JÎ 


POT 


saloperie  »  appliquéaux  personnes.  Le  mot 
est  éyidemm.  lo  résultat  d'une  confus,  av. 
imposteur.  Quant  au  sens  2,  c'est  une 
dérival,  du  !•'  sens.  Qqu'un  qui  fait  des 
manières,  c'est  qqu'un  qui  n'est  pas  sin- 
cère, qui  veut  en  imposer.  On  trouve  de 
même  en  pic.  postureux,  homme  maniéré, 
grimacier,  qui  doit  être  évidemm.  rap- 
proché de  notre  postura, 

POT  (pô)vln. —  Mesure  devin.  Encore 
souvent  usité  pour  «  litre  ».  Cette  mesure 
a  beaucoup  varié.  Suivant  M.  de  Valons, 
le  pot  était  en  1564  de  2  litres  8  centil. 
Mais  j'ignore  où  il  a  puise  ce  reuseignem. 
A  la  fin  du  xviii»  s.,€  l'ancien  pot  »  de  Lyon 
était  de  1  litre  4  centil..  et  le  «  pol  actuel  » 
de  1  litre  13  centil.  1/2.  Le  pot  do  Belle- 
ville  était  de  1  litre  50,  celui  de  Villefr. 
de  1  lit.  33.  celui  de  Tarare  de  1  lit.  (>  centil. 
Le  Dauph.  mesurait  ëgnlem.  au  pot.  Par- 
tout le  pot  parait  avoir  été  supérieur  au 
litre.  Suivani  M.  F.  Brachet,  le  pot 
d'Albertville  comprenait  près  de  2  litres. 

De  b.  lat.  potus  (av.  o  brcQ.  même  sens, 
qu'on  trouve  au  w  s.  (ap.  Scheler). 

'POTA  (pota)  s.  f.  dans  l'express,  Joyl  à 
/«po^rt.  Suiv.Coch.  à  jjo^^^c'est  «  renvoyer 
avec  un  bâton  une  boule  qu'on  approche 
d'un  carré  autour  duquel  sont  plusieurs 
petits  trous  gardés  par  autant  d'enfants 
armés  de  bâtons,  et  au  moment  où  il  {sic) 
frappe  la  boule,  on  cherche  à  s'emparer 
de  son  trou.  Vient  pent-étra  de  bot,  vieux 
mot  français  qui  signifie  trou  en  terre.  En 
Jura,  le  jeu  de  chassepoute.  ^  —  Le  même 
jeu  existe  en  Flandre  Wallonne  et  le  trou 
se  nomme  pote.  Je  ne  le  connais  pas  en 
Lyonn.  Pota  est  certainera.  dér.  de  pot. 
Quant  au  vfr.  bot^  trou  en  terre,  je  ne  le 
connais  pas  et  ne  crois  pas  qu'il  existe. 

POTARAS  (potara);  ap,  Goch.  PATAR- 
RAT  8.  m.  Pr.  poutarras  poutouras^ 
axïgn.pelarra,  for.  petara  —  Grand  broc 
pour  le  vin.  On  voit  souvent  pour  enseigne 
danslescampagnes.ilMpo/aras,  av.  unpot 
peint  qui  déborde  de  vin.  «  En  Langued. 
poutaras.  »  (Goch.). 

Le  mol,  évidemm.  emprunté  au  pr.,  est 
formé  sur  pof,  av.  sufT.  agrandiss.  as 
{à'aceiis)^  et  probablcm.  inserr.  d'une  syll. 
intensive  ra  entre  le  thème  et  le  suff.  Le 
pr.  a  poulas,  «  gmnd  pot  »  qui  doit  être 
le  point  de  départ.  Dans  nos  campagnes, 
on  a  corrompu  le  mot  en  pot-à-ras,  et  c'est 


pour  cela  que  le  pot  est  repréf«enlé  débor- 
dant, mais  en  réalité  un  «  potaras  »  n'est 
qu'un  «  grand  pot.  »  Je  ne  sais  pas  expli- 
quer a  au  lieu  de  o  init.  dans  la  forme  de 
Goch.,  mais  je  doute  de  son  exactitude.  Il 
aura  transformé  o  en  a,  croyaiïl  à  un  a 
étym. 

POTARAT  (potara)  s.  m.  —  Se  dit 
qqfois  pour  boite,  petit  canon  sans  affût 
qu'on  tire  dans  les  vogue.s. 

De  fr.  pêtar(d),  av.  suff.  dim.  at,  DV»ii 
petarat  et  potarat  sous  infl.  de  rhf»m«H 
phone  potaras  (y.  ce  mot).  Un  rabaietier 
de  nos  environs  avait  fait  peindre  à  fresquo, 
pour  enseigne,  une  boite  partant,  av.  celte 
lievise  :  Ati  potaras,  jouant  ainsi  sur  le 
double  sens  de  broc  et  de  pétard. 

POTENCE  (potanse)  s.  f.  —  Béquille, 
On  dit  aussi  crosse  et  anille. 

C'est  le  fr.  potence  dans  son  acception 
primit.  «  Et  alors  il  hauça  sa  potence  «t 
feri  le  Juif  lès  l'oye.  »  (Joinv.) 

Mot  savant  tiré  de  potentia,  au  sens  de 
force,  appui  pour  les  impotents.  Scheler 
rapproche  aussi  po5<é*»i,  mais  alors  on  trou- 
verait des  formes  postence  qui  n*exist>?nt 
pas. 

*POTET  (potè)  s.  m.  —  1.  Petit  pot 
petite  coupe,  comme  par  ex.  le  potet  du 
dessinateur  à  l'aquarelle.  Morv.  potet, 
encrier.  Une  vieille  chanson  dit  : 

Quand  petit  bossu  vt  chercher  du  toit, 
11  iry  va  jamais  sans  son  fMtet. 

2.  Petit  trou  dans  la  terre.  Jouer  aux 
potets,  jouer  un  jeu  de  gobilles  où  il  y  a 
7)  petits  trous  en  terre  qui  forment  des 
blouses  comme  au  billard.  Dph.  jeu  du 
pottet,  égalem.  av.  des  pottets^  ou  petits 
trous  en  terre.  Gharbot  dit  que  c'est  le  jeu 
de  la  fossette. 

De  fr.  pot  (parce  que  le  pot  est  creux), 
av.  suff.  dim.  et. 

POTIRI  (p<Miri);  ap.  Goch.  PATIRI;  à 
Lyon  pdtière  s.  f.  —  Pétrin. 

De  In.  pMôy  av.  suff.  iri,  avaria  (13). 

POTO  (potô);  ap.  Goch.  PATA  v.  a.  — 
Pétrir  le  pain. 

De  Xn.pôta,  depa^^a.av.suff.  <5  (14  l''); 
chute  de  s.  dans  pasta  (t662o).  j^a  forme 
de  (>)ch.  se  prononcnit  certainem.   pain, 

POTRINGO  (potringo);  à  Lyon  po- 
tringue  s.  f.  —  Valétudinaire,  personne 
toujours  en  remèdes.  A  l  è  tojors  polringo^ 
il  est  toujours  maladif. 


Digitized  by 


Google 


POTR 


325 


Subst.  V.  de  potringô. 

POTRINGO  (polringô);  à  J jY on  potrm- 
ffuer  V.  a.  Ss.-rom.  potringd,  dph.  pou- 
trhiga,  pr.  pouthifia  —  Bourrer  de  mè- 
dicainonts.  Sepotringô,  faire  des  remèdes. 
Aie  tojors  à  se  potringô^  il  est  toujours 
en  remèdes.  B.  dph.  potringa,  médica- 
ment, médecine,  et  aussi  raisiné,  marme- 
lade (Cliarhot);  pr.  poutingo  poutringo, 
alp.  poutrenco^  cat.  potinga,  drogue 
médicinale,  mauvais  ragoût;  ss.-rom. 
potringa,  drogue,  liquide,  tisane,  remède 
composé  ;  gasc.  pouthigo^  drogue,  remède; 
alp.  poti/ingues,  drogues  ;  placent,  potign, 
bouillie,  état  des  fruits  lorsqu'ils  sont 
pourri.s;  br.  poiringa,  ragoût,  comme  en 
témoignent  les  vers  suivants  : 
N'a  potriuga  de  polet, 
Qu'on  s'en  lèçove  lo  dray 
Le  ba,  le  ba,  le  babene. 

«  Il  y  a  un  ragoût  de  poulet  [si  bon],  — 
Qu'on  s'en  léchait  tout  droit  —  Les  ba, 
les  ba,  les  babines.  »  (nof^l  br.) 

Les  significat.  du  br.,  du  pr.,  du  dph. 
et  du  placent,  indiquent  le  rad.  ptiltem^ 
bouillie;  \^\\  poutro,  lie  de  vin;  Grasse 
poutroi,  bouillie,  farce.  De  bouillie  le 
sens  a  passé  à  méd^cins^  liquide,  puis  à 
remède  en  général.  L'insert.  de  r  ne  fait 
pas  difficulté  (184  6«,  c).  Au  rad.  s'est 
ajouté  un  suiï.  de  fanlaisie  inga^  peut- 
être  par  analog.  av.  ringa,  en  dph. 
«  diarrhée  »,  en  In.  «  maladif  ».  Sur 
potringa  <  médecine  »,  qui  a  dû  exister  en 
In.,  a  été  fabriqué  le  verbe  In.  av.  suflf.  à 
(14  4"»).  Le  wal.  a  potegi^  se  droguer,  qui 
est  formé  probablem.  sur  potage,  pris  au 
sens  de  drogues  bouillies,  de  drogues 
d'apothicaire.  C'est  la  même  idée  que 
le  In. 

POTRO  (pôtro);  à  R.-de-G.  ROSTRO  ; 
ap,  Coch.  PASTRO  s.  m.  Pr.  pastre — 
1.  Paire.  k\\  fig.  Rustre,  lourdaud. 

Et  iTiagn^  lot  lo  mô  que  choque  ftôstre  indure. 

«  Et  malgré  tout  le  mal  que  chaque 
rustre  endure.  •  (Mén.). 

De  p9iStor.  Gh.  de  a  en  <5  (1);  chute  de 
s  (166  2«).  C'est  certainem.  pôstre  que 
Coch.  a  écrit  sous  la  forme  pastro,  sui- 
vant son  habitude  (qu'il  croyait  plus 
conforme  â  Télym.)  de  représenter  ô  para. 
La  conservât,  de  s  n'appartient  pas  à  la 
phonét.  lu.  R.-de-G.,  qui  seul  l'a  main- 
tenue,  a  subi  des  infl.  for.  Je  suppose 


que  Coch.  a  recueilli  cette  forme  dans  la 
partie  mérid.  du  départ*. 

POTURE(poture)dans  Texpress.  Mettre 
un  cheval  en  poture  «  mettre  un  cheval 
en  fourrière.  »  Cette  express.,  proscrite 
par  Molard,  est  tombée  en  désuétude. 

De  pastura  =  pasture.  Mettre  en  pas- 
ture,  c'est  littéralem.  mettre  en  fourrière 
(de  feurre  «  fourrage,  nourriture  »)  ;  c'est- 
à-d.  faire  nourrir  l'animal  en  attendant 
qu'il  soit  réclamé.  Chute  de  s  (166  2*). 
Le  ch.  de  a  prot  en  ô  est  singulier,  parce 
que,  â  l'époque  où  écrivait  Molard  (à  la  fin 
du  xvin*  s.),  a  prot.  libre  {st  ne  constitue 
pas  d'entrave,  v.  5)  n'avait  pas  encore 
passé  à  d,  du  moins  à  Lyon.  D'ailleurs 
Molard  ne  donne  pas  de  circonflexe  à  o, 
qui  devait  être  bref  ou  semi-bref.  Il  a  donc 
dû  exister  pour  ce  mot  une  infl.  particu- 
lière. 

POU  (pou)  s.  f.  Morv.  poul—  Bouillie 
pour  les  petits  enfants. 

De  pnlB.  Vocalisât,  de  /  (126  2o). 

2.  Peur.  Lo  tian  de  la  Grand  Pou  «  le 
temps  de  la  Grande  Peur  >',  nom  encore 
donné  à  l'époque  de  la  Révolution.  La 
Grand  Pou  se  produisit  au  mois  de 
juillet  1789,  au  moment  de  la  prise  de  la 
Bastille,  signal,  en  province,  de  la  dévas- 
tation de  beaucoup  de  châteaux.  De  même, 
en  Berri  et  en  Saintonge,  l'époque  de  la 
Révolution  se  nomme  la  Peur,  A  Lyon, 
c'est  l'époque  de  la  Terreur  qui  a  laissé 
les  souvenirs  les  plus  sanglants.  On  dit  : 
Sous  la  Terreur, 

De  pavor(e7n).  Chute  de  t?  (145  2»); 
chute  de  r  (120  2")',  ch.  de  o  en  ou 
(34  bis).  On  a  paou,  réduit  h  pou, 

POU  A  (poua,  monosyll  )  s.  f.  —  à 
Yzer.  Dent  d'une  herse.  Pr.  pivo.Um.  pïo, 
Igd.  pugo  puo;  gasc,  dph.  puo  :  mars. 
pue;  dent  d'un  peigne,  d'un  râteau;  esp. 
pua,  pointe. 

Malgré  l'invraisembl.  apparente,  je  crois 
que  l'étym.  est  pica.  Pïca  a  passé  à  piva 
(v.  ce  mot),  puis  à  pura  (v.  ce  mot),  sous 
infl.  des  labiales  (cp.  68,  rem.  4);  puis  t? 
s'est  vocalî-'é,  et  l'on  a  eu  pua  poua;  puis 
les  2  voy.  étant  en  contact,  l'accent  s'est 
porté  sur  la  2'.  Dans  le  lim.  pïo,  le  c  de 
pica  est  simplem.  tombé;  dans  le  Igd. 
pugo,  c  s'est  changé  en  g-  On  peut 
admettre  la  môme  marche  pour  le  In.,  mais 
l'explical  du  passage  de  i  ku  est  singu- 


Digitized  by 


Google 


326 


POU  A 


liêrem.  facilitée  par  l'intermédiaire  piva 
qu'on  retrouve  dans  le  pr.  pivo. 

POU  A  IDES  V.  pouèdes. 

POUAN  (pouan,  mouosyll.)  s.  m.  — 
Plateforme  à  Tavant  des  grands  bateaux 
appelés  rigues,  et  sur  laquelle  sont  les 
mariniers  chargés  de  la  manœuvre  des 
rames  d'avant. 

De  pontem,  av.  diphtongais.  de  o.  Celte 
diphtongais.  n'appartient  pas  à  la  phonét. 
In.,  mais  les  bateaux  étant  construits  sur 
le  haut-RIlône  ou  ses  affluents,  beaucoup 
de  termes  de  leur  conslruct.  appartiennent 
aux  dial.des  lieux  d'origine.  La  diphtongais. 
se  retrouve  dans  gév.  potion,  pont.  Le  ch. 
de  on  en  an  se  trouve  en  In     (43,  rem.). 

POUAYSIN  V.  pussm. 

POUÉDES  fpouéde,  dissyl.);  ap,  Goch. 
POUAIDES  2*  pers.  plur.  du  prés,  de 
Tind.  du  v.  pouére.  Taren taise  pouete, 
for.  poiinide^  Montbéliard  potes,  genev. 
paude. 

Forme  mentionnée  par  Coch.,  qui  a  été 
sans  doute  frappé  de  sa  singularité.  C'est 
pot  élis,  nos  patois  ayant  conservé  la  flexion 
atone  itis  de  la  2'  personne  du  plur.  en 
lat  ,  qui,  en  fr.  n*a  été  conservée  que  dans 
le  vb.  dire  et  faire\  tous  les  autres  ayant 
reçu  la  flexion  ez,  à'atis  (Ghaban.). 

POUÈRE  y.pochi, 

POUFFIASSE  (poufiàsse)  s.  f.- Pr.  pou- 
fias  pouffiasso  —  Terme  péj.  Personne 
grosse,  lourde,  parsue.  Lim.  pouffias.se, 
rgt.  petoufiaSy  «  grosse  femme  »,  aussi 
€  tïalnée  ». 

Du  rad.  pouf,  qui  exprime  l'enflure 
(cp.  pouffer  de  rire),  av.  sufl".  péj.  asse. 
L'yotte  vient  prol)ablem.  de  ce  que  le  mot 
a  été  formé  sur  pr.  poufi^  gorgé,  bouffl. 
Le  nornu  poufiase,  femme  légère,  a  une 
autre  orig.  et  vient  probablem.  de  pouf 
«  coiff"ure  »  (JoretK  Au  contraire,  les  2 
sens  du  lim.  poufflasse  se  l'attachent  bien 
à  l'idée  d'une  personne  grosse  et  pansue, 
les  filles  de  bas  étage,  ordinairem.,  n'étant 
plus  jeunes  et  par  conséquent  étant  facilem. 
obèses. 

POULE-GRASSE  v.  grossi-polailli. 

*POUO  (pouô,  dissyl.)  PUO  (puô)  v.  a. 
Ss.-rom.  pouha,  dph.  pouô  —  Tailler  la 
vigne.  «  Vais  pouo,  je  vais  tailler  la 
vigne.  » 

De  pulAre.  Chute  de  t  (135);  ch.  de  are 
en  o  (14  !•). 


POUPI  (poupi)  adj.  dans  la  k>c.  /?»  agnè 
poupi,  un  agneau  bien  dudu,  bien  replet. 
Lgd.  poupi \  fr.  et  pr.  poupin  «  potelé  », 

Dp  pupum  (d'où  a  été  tir<  poupofi,  pou- 
pin), av.  sufl*.  t,  d'itus,  sous  l'infl.  de  bouffi  ; 
ou  peut-être  plus  simpl.  emprunté  au  1ml- 
poupi,  qui  est'pupinum=.  poupin,  passé 
à  poupi,  comme  vinum  :ï  vi.  L'idée  est 
«  bouffi,  dodu,  comme  un  petit  enfant.  » 

POUR  EU  (pouretô)  s.  f     —  Pauvreté. 

De  pauperlKtem.  Ch.  de  p  en  r  (140); 
de  au  en  ou  (75).  On  a  pouverta  devenu 
pouvreta,  par  mètath  de  r  (187  !•),  puis 
pourela  par  vocalisât,  de  c,  et  enfin  pou- 
retô par  le  passage  de  a  ko  (1). 

POURIU,  USA  (pouriu,  u/.a)  adj.  — 
à  Crap.  Peureux,  se. 

De  In.  pou^  peur.  av.  suff.  u  d'osus  (35) 
et  l'insert.  si  fréquente  d'yotie.  Le  mot  a 
été  formé  lorsqu'on  disait  encore  pour. 

POURO  (pouro)  s.  m.  —  Pauvre. 

De  'p9^upie)rum,  pour  pauperem.  Ch. 
de  au  en  ou  (75);  vocalisât,  de  p  ou  mieux 
de  t  venant  de  p  (164  6«).  On  a  donc  eu 
pouvro,  pouro. 

•POURPA  V.  porpa, 

POUSSA  (poussa)  s.  f.  Vpr.  pois, 
Tarentaise  pM55a,  Jura,  poussi — 1.  Pous- 
sière. 

Q'ou  brôve  pillerô,  qu'où  briscàlUe  k  ressoniçt, 

Q'iiu  celébro  piougni  que  couche  dins  la  poussa. 

a  Ce  brave  vaurien,  ce  truand  à  res- 
sources,—  Ce  célèbre  pionnier  qui  couche 
dans  la  poussière.  »  {Sif.). 

Suivant  l'opinion  admise,  pnlt{e)reifi 
aurait  donné  poVre,  comme  solvere  a 
donné  soVre.  Puis  poire,  devenu  poure 
par  vocalisât,  de  /,  serait  ensuite  devenu 
pousse  par  ch.  de  r  en  *;  d'où  fr.  pousse, 
poussière  des  épices  (le  même  que  notre 
mot). 

2.  Chassie. 

Margutoii,  fais  pus  tant  la  grousta. 
Avoué  to  doux  xio  pleins  de  poussa. 

«  Margoton,  ne  fais  pas  tant  ton  impor- 
tante, —  Avec  tes  deux  yeux  pleins  de 
chassie.  »  {Due  Bib.) 

De  puis  «  bouillie  »,  puis  «  lie  (cp.  pr. 
poutra)  »,  puis  c  ordure  liquide  ». 

♦POUSSET  (poussé)  s.  m.  —  «  ftpithète 
injurieuse.  Enfant,  o  (Coch.). 

Évidemm.  du  Petit  Poucet,  etl'orlhogr. 
de  Coch.  est  fautive.  Mais  je  n'ai  jamais 
entendu  employer  le  mol  dans  ce  sens. 


Digitized  by 


Google 


POUS 


327 


POUSSU,  USA  (poussu.  uza)  adj.  — 
A  H.-de-G,  Poussif,  ive. 

Porlanl  inalli-e  Flafla,  toujours  Phomo  dessus, 

Sofle  lin  ie  jubaltant  comma  qualio  poussus. 

«  Pourtant  maître  Flafla,  ayant  toujours 
l'homme  sur  lui,  —  Souffle  eu  se  débattant 
comme  quatre  poussifs,  n  (Mén.). 

Do  fr.  pousse,  courte  haleine  des  che- 
vaux ;  de  pousser,  respirer  pénil)lem.,  de 
pvkîsum.  A  pousse  a  été  ajouté  le  suff.  w, 
d*osus'  (35),  au  lieu  du  sufif.  fr.  if,  d*ivus 
mais  il  est  surprenant  qu'à  R.  de-G.,  où 
osus  =^  ou,  on  n'ait  pas  eu  poussous.  Il 
est  possiljle  qu'il  y  ait  eu  dissimilat. 

POUTRONA  (poutrôna);  ap.  Goch. 
POUTRONNA;  à  Lyon  poutrône  s.  f. 
—  (^och.  le  définit  par  «  Femme  mal 
faj?otée,  poupée  mal  arrangée  ».  En  réalité 
c'est  :  1*'  La  grossière  tête  de  carton  sur 
laquelle  les  modistes  font  leurs  bonnets; 
2"  Une  statue  de  femme,  av.  sens  péj.; 
Ho  Une  femme  de  mauvaise  vie.  La  déesse 
Raison,  à  la  Révolut.,  était  nommée  la 
Poutrône,  et  Test  encore.  Avoir  une  pou» 
trône  sous  le  bras,  conduire  une  femme 
{galante;  4»  Le  sens  que  lui  donne  Goch., 
de  femme  mal  fagotée,  mais  surtout  av. 
Tintent,  péj.  de  femme  équivoque. 

De  vfr.  poutre,  poulain  ;  pr.  poutro, 
ânesse;  pr.  poutras,  it  poltracchio,  gros 
:\ne,  lourdeau,  malotru  ;  du  b.  lat.  pulletriis 
poledrus,  qui  est  un  dér.  de  pullus.  sans 
qu'il  soit  peut-être  nécessaire,  comme  le 
fait  Diez,  de  faire  intervenir  un  TrwÀt^otov 
pour  TTwÀt'^tov.  A  poutre  s'esl  ajouté  le 
sufif.  on.  Il  suit  de  là  que  le  sens  primit. 
fst  une  injure  adressée  à  une  femme;  puis 
que,  sous  l'infl.  de  poupée,  le  sens  s'est 
spécialem.  étendu  à  Ja  représentât,  figurée 
d'une  femme.  Le  sufif.  a  certainem.  été, 
comme  Goch.  le  donne,  onna,  av.  o  bref, 
mais  a  passé  à  d  très  ouvert,  et  beaucoup 
écrivent  poutraune, 

'POUTRONNA  V.  poutrôna. 

POUZIO  (pouzio)  s.  m.  —  à  Morn. Pouce. 

De  *pol{i)cem  pour  pollicem.  Gh.  de  le 
en  uz  (170  2*,  c).  Ou  a  pouso,  passé  à 
pouzio  par  une  insert.  d'yotte,  probablem. 
sous  l'infl.  de  J. 

POVAI  V.  pochi. 

POVO  (pôvo)  s.  m.  —  à  Morn.  Paon. 

De  pAvo,  non  de  pavum,  dans  lequel  t? 
serait  toml)é  (145  2").  L'o  devenu  bref  en 
b.  lat.  (et  ainsi  moins  résistant  que  u  de 


pavum),  serait  tombé  d'abord,  d'où  pav 
paf,  et  par  l'addit.  d'une  voy.  d'appui, 
pafo  pavo  (?).  Mais  pourquoi  le  même 
phénomène  ne  s'est-il  pas  produit,  dans 
cliô,  de  clavemf  —  Quoi  qu'il  en  soit, 
pavo  a  passé  kpôvo  (1). 

*POYA  (pô-ya)  s.  f.  Ss.-rom.  pohia,  dph. 
poi/a  —  Montée,  sommet.  La  poya  de 
Forviri,  la  montée  de  Fourvières.  Albert- 
ville poia^  pente  rapide. 

De  podia.  Ghute  de  t  (135).  On  devrait 
avoir  poyi  (54  1°). 

POYI  (pô-yl)  à  Morn.;  à  Yzer.  POYÉ 
(pù-yé).  Mon.  orthographie  POÏ(cf.  15  2% 
note  1),  mais  poyi  me  paraît  mieux  rendre 
le  son  s.  m.  —  Puits. 

Renvoie  à  *puteB,rium,  de  puteum.  Gh. 
de  M  bref  en  o  (34);  chute  de  t  (135);  ch. 
de  e  de  l'hiatus  ea  en  y,  et  de  arium  en  t 
(  13).  La  forme  poyé  (pour  poyer)  appuie 
l'étym. 

POYPE  V.  poypi. 

*POYPI  (poipi) POYPE  s. f.  M.  lat.  poypia 
—  Dans  la  Bresse  Nom  des  monticules 
artificiels  formant  tumulus  et  sous  lesquels 
on  trouve  toujours  des  ossements,  des 
poteries,  des  armes  en  silex,  etc. 

Les  latinistes  ont  proposé  podium, 
impossible  comme  forme.  Les  celtisants, 
le  celt.  pep  pip  heh,  éminence,  renflement  ; 
cp.  puppis;  Poupe  t^  nom  d'une  montagne  ; 
St-Romain-de-Popey,  village  du  Lyonn. 

Je  ne  sais  pas  ce  que  c'est  que  le  «  celt. 
pip  pep  ».  On  trouve  en  vx  arm.  heh  ou 
bed,  tombeau,  non  au  sens  de  monticule, 
mais  au  sens  de  fosse  :  «  lumuli  in  ecclesia». 
M.  Loth  rapproche  le  kym.  hedd,  corn. 
heth,  qui  ne  figurent  pas  dans  lesdictionn. 
de  Pughes  et  de  Williams.  Mais  on  trouve 
l'irl.  heahh  (0'Reilly>  et  l'arm.  6e^  (Lego- 
nidec)  «  fosse,  sépulture,  tombe  ».  Bïuïi. 
peut  venir  de  p,  mais  z  final  arm.  ne 
vient  ni  de  p  ni  de  6  fin.  Je  crois  que  l'on 
est  réduit  à  des  conjectures  plus  qu'incer- 
taines sur  larelat.  de  ces  mots  av.  poype, 
tout  en  reconnaissant  que  celui-ci  doit 
avoir  une  orig,  celt  Un  celtisant,  M.  Péan, 
relie  poype  à  kym.  pip  «  cornemuse  »,  pip 
représentant,  selon  lui,  l'idée  de  grosseur, 
de  renflement.  Mais  pip  et  ses  dér.  sont 
empruntés  au  roman  et  signifient  «  tuyau, 
chalumeau  ». 

PRAGNIRI  (piagniri);  ap  Goch.  PRA- 
NIRI  s.  f.  B.  lim,  prondie-iro  —  Sieste, 


Digitized  by 


Google 


328 


PRAN 


a  Oui  è-t-alla  fare  praniri,  il  est  allé 
dormir  apr^s  dluer  ».  (Goch.)  —  Nous 
dirions  al  è-t-allô  feire  sa  f>ragniri.  Pic. 
prangère  prangiève  prangèle.  sieste, 
méridienne  ou  rêcréalion  quV>n  prend 
après  le  repas  de  midi.  Vosges  pransiere, 
après-midi.  Vfr.  prangiere,  heure  du 
dîner;  lim.  prondieiro,  heure  du  déjeuner. 
Vx.  il.  prendere  •  disner  ». 

Les  formes  pic.  et  vfr.  indiquent  av. 
évidence  l'étym.  *pra7idiB,rnj  de  pran- 
diiinif  d'où  prandjiaria  =  prangière.  Le 
mot  In.  a  dû  être  prandgiri  prangiri  (1 3). 
Je  ne  sais  sous  quelle  infl.  il  a  pu  se  trans- 
former en  prangniri,  et  pragniri  par  une 
dénasalisat.  de  a  presque  sans  exemple* 
Quant  à  la  dérivât,  de  sens,  elle  est  facile  : 
«déjeûner —  repos  procuré  par  le  déjeuner 
—  repos  après  le  déjeuner.  » 

PRAND  (pran)  adv.  —  Profondément. 
«  0  faut  chavA  cela  foussa  bin  prand  », 
il  faut  creuser  cette  fosse  profondément. 

G*estprawrf,  adj.  pris  adverbialem.  Gp. 
fr.  profond,  souvent  pris  adverbialem. 
«  Creuser  une  fosse  profond  ». 

PRAND,  DA  (pran,  da)  à  Morn.;  à 
Grap.  PRION,  DA  (prion,  da);  à  River. 
PROND,  DA  adj.,  Roann.  prion,  vpr. 
preon  prion  —  Profond. 

De  profVL7idiim.  Ghute  de  f  (144  2"); 
mais  cette  /"avait  d'abord  passé  part?  (v. 
prevundia):  ch.  de  un  en  on  (47),  puis 
en  an  dans  la  forme  de  Morn.  Dans  la 
forme  de  Grap.,  comme  aussi  en  Roann., 
il  s'est  glissé  un  yotte  qui  s'explique  par 
rhiatus  :  proo7id  preon  (cp.  pr.  preon ^ 
même  sens).  Qqfois  la  difficulté  de  pro- 
nonciat.  fait  tomber  l'r.  J'ai  entendu  : 
«  Ma  saqua,  Test  bien  pionda  »,  ma 
poche  est  bien  profonde. 

'PRANIRI  V.  pragniri, 

PRECINDRE  (pre-sindre)  v.  a.  —  à 
Grap.  Donner  la  première  façon  à  la  vigne. 
Vpr.  prescindir^  couper  d'avance. 

De  prae-scind{e)re.  Ghute  de  s  (111); 
ch.  de  c  init.  en  s  dure  (88).  L'idée  est 
d'ouvrir  la  terre  avant  tout  autre  travail. 

*PREJAT  V.  peju 

PRESSON  (pré-son)  s.  m.  — Païen  fer 
qui  sert  soit  à  faire  un  trou  en  terre  pour 
y  planter  un  pieu,  soit  à  percer  un  trou 
dans  un  mur  en  arrachant  les  moellons, 
soit  enfin  qui  fait  l'office  du  levier  et  de 
l'outil  appelé  pince.  Seulement  la  pince 
est  affûtée  en  biseau  et  le  presson   est 


aiguisé  en  pointe.  Le  mot  est  ancien 
«  Item...  por  faire  pressons  à  Lion  et  por 
les  acirier  et  apointer...  »  (C  P.) 

On  songe  tout  d'abord  à  fr.  presser,  av. 
suff.  on,  mais  la  dérivât,  est  pénible,  car 
le  pres.son  sert  à  percer  et  non  à  presser. 
Il  est  vrai  que  la  pifice  sert  à  faire  levier 
et  non  à  pincer.  Mais  dans  la  pince  le 
rapport  est  moins  forcé,  car  il  est  aidé  par 
l'intermédiaire  de  pinces  «  tenailles  ».  Je 
crois  qu'il  faut  voir  dans  presson,  perçon^ 
av.  metath.  de  r  (187  !•). 

PREUVE  V.  prorrt. 

PREVOND  vin.  adj.  —  Profond.  «  Ju 
requiiero  a  la  très  pretonda  misericordi 
de  vostradeita  »,  je  demande  à  la  très  pro- 
fonde miséricorde  de  votre  divinité.  » 
(Marg.). 

De  profunditm;  v.  prand. 

PREVUNDIA  vin.  s.  f.  —  Profondeur. 
«  Laauteci  etlagrand;>rt't*a/irf/aet  largia 
de  le  gries  dolors  et  de  divers  tormenz 
que  sofrit  noslri  bons  Greares  »,  la  hau- 
teur et  la  grande  profondeur  et  largeur 
des  cruelles  douleurs  et  des  divers  tour- 
ments que  soulTrit  notre  bon  Gréa  leur 
(Marg.). 

Non  de  profiinditatem,  mais  probablem. 
format,  toute  romane  :  previtnd  (v.  pre- 
l'ond),  plus  suff.  in.  (ùp.  pr.  follia  (fr.  folle) 
•=.  fol  plus  ta,  et  non  follitatem. 

PRIM  (prin)  adv.  —  Doucement.  Va 
prim,  va  doucement. 

G'est  prim.  adj.  pris  adverbialem.  Gp. 
fr.  filer  doux  pour  «  filer  doucement  ». 

*PRIM,  A,  (pi-ïn,  prin,  prima)  adj.  Ss.- 
rom.,  dph,  prim  —  Mince,  grîle,  effilé. 
*  La  niola  prima  tire^  le  nuage  mince 
s'étire.  »  De  hobes  primes,  des  lèvres 
minces. 

De  primum,.  La  dérivât,  de  sens  est 
curieuse.  L*idèe  est  qu'une  jeune  pousse, 
une  première  pousse  est  plus  mince  qu'une 
branche.  Ge  qualificatif  premier  est  ensuite 
devenu  synon.  de  mince  en  général.  Gp. 
Jura  primbois,  petit  bois  pour  fagots;  cat. 
aprimar,  raffiner,  polir. 

V^rims  brots{\\  brots)  s.  m.  pi.  Premiers 
jets,  premiers  bourgeons.  On  dit  qu'on  a 
fait  des  fagots  de  prims  brots  quand  on 
a  coupé  les  taillis  à  la  sortie  de  l'hiver, 
avant  l'épanouissem.  des  bourgeons.  Les 
fagots  de  prims  brots  sont  ainsi  des  fagots 
de  branches  qui  ont  leurs  premiers  bour- 
geons. 


Digitized  by 


Google 


PRIM 


.1i>9 


PRIMA  (prima)  s.  f.  —  1.  Aurore.  Vpr. 
al  prumier,  au  point  du  jour. 

Le  solal  va  cralsMul  choque  jor  h  It  prima. 
€  Le  soleil  va  croissant  chaque  jour  à 
à  l'aurore.  »  (Mon). 

De  prima  hora,  duquel  on  n*a  gardé  que 
le  premier  mot. 

2.  A  River.  Printemps.  *  O  y  est  in 
travâr  de  feire  à  la  prima,  c'est  un  travail 
qui  doit  se  faire  au  printemps.  » 

De  prima  (statio),   la  U*  saison;    celle 
qui  commence  l'année  rurale. 
PRIOND  Y.  prand. 

PRO  (pro);  ap.  Coch.  PROU  adv.  — 
Assez,  et  qqft)is  beaucoup. 

D'après  Diez,  de  probe,  comme  le  vfr. 
proef.  D'après  M.  G.  Paris,  de  prodesl- 
Cette  dernière  étym.  est  plus  conforme  au 
sens  (cp.  vfr.  prou  pro  preu  «  profit  », 
de  prodesl).  Quant  à   la  forme,  prodest 
ayant  o  long,  devrait  donner  preu  après 
avoir  donné   prou.  Mais  comme   le   fait 
remarquer  M.  Ghabaneau,  le  cas  de  prou 
doit  être  le  même  que  celui  de  now.v,  vous. 
Employé   le    plus    souvent    comme    pro 
clitique,  c'est  la  forme  ou  des  proclitiques 
qui  a  prévalu,  même  sous  l'accent.  11  est 
à  remarquer  comme  corollaire  que  prodest 
a  donné  les  deux  formespreu  et  prou  dans 
le  subst. 
PRON,  DA  v.  prand,  da. 
PROU  V.  pro. 
PROUVA  V.  prova. 

PROVA  (prova);  à  Lyon  et  à  C^rap. 
preuve;  ap,  Coch.  PROUVA  s.  f.  It. 
provagine  —  Provin,  sarment  que  Ton  a 
couché  en  terre  pour  former  un  nouveau 
cep.  D'après  Coch.  la  prouva  est  la  fosse 
où  l'on  couche  le  provin. 

De  propago.  O  ouvert  =  o  (39).  Ch. 
de  p  en  V  (140).  La  forme  de  Crap.  et 
de  Lyon  est  d'oïl,  où  o  bref  =  eu. 

PRUDHOMO  (prudômo)  s.  m.  —  à 
Morn.  Bouillon  h\diï\c,verhascumthapsu s 
Fr.  popul  herbe-à'bonhomme. 

De  ses  qualités  thérapeutiques.  L'express, 
primit.  a  certainem.  été  herbe-à-prud- 
homme,  c*est-à-d.  herbe  employée  par 
l'homme  sage,  ancien  sens  du  mot  prud- 
homme  (prudus  homo);  puis  l'express, 
s'est  réduite  au  seul  mot  de  prudhomo. 

PUAJO  (puajo)  trissyll.  s.  m.  —  Action 
de  tailler  la  vigne.  • 


De  pua,  av.  suff.  ajo,  d'aticum,  appli- 
cable aux  opérations.  Cp.  élagage,  vitiage. 
PUBLO  V.  poblo. 
PUGI  V.  pu:t. 

PUGNATO  (pugnatô)  v.  a.  — ùR.-de-G. 
Donner  une  poignée  de  main  à. 

Sapre  nom  île  inftiin! 

Trafùro  pôs  la  rua  tciii»  pugnatô  Martin. 
»  Sacrebleu  î  —  Je  ne    traverserai  pas 
la  rue  sans  donner  une  poignée  de  main 
à  Martin.  »  (Gorlj. 

De  pngnum,  av.  suff.  ô  (14  8»)  et  insert, 
d'une  syll.    intercalaire   at,  poar  donner 
un  caractère  fréq.  Pugnum   ayant  donné 
poing,  on  aurait  dû  9i\ou'  poing naLô  poi- 
gnatô   pognatà,    comme   on   a  pogni   et 
pogno7i.  Mais  poignée  se  dit  pugnia. 
PUITS-PELU  V.  sous  pelu. 
PULLI-SARPINT  v.  piouilli-sarpint. 
PUNEL  vin.  1600  :  «  Item  huit  licts  de 
plumes  garny  de  leur  coultre  et  cussin  de 
panel.  >  {Inv.  de   VHôpit.   de    Ville  fr.) 
Faute   du    copiste   ou  de  lecture   pour 
plumel  :  «  coussin  de  plumes  ».  Plumel 
répond  à  'plumellum,  de  pluma. 

PUNEL    vin.   1379  :  «  Pour  appelle  la 
serraille  du  punel  de  la  porte  St-Marcel...  >, 

pour   arranger   le   serrure  du ?  de   la 

porte  Saint-Marcel. 

Est  ce  le  môme  que  ponil  (v.  ce  mot), 
qui  s'applique  aussi  â  une  porte?  Dans  ce 
cas  ponil  ne  signifierait  pas  «  poignée  ». 
Je  reconnais  d'ailleurs  qu'il  n'est   guère 
possible    d'admettre  la   fourniture  d'une 
«  pièce  de  noyer  »  pour  une  poignée.  Peut, 
être  le  ponil  punel  était-il  la  grosse  barre 
transversale  qui  défendait  les   portes,  il 
est  admissible  que,  pour  qu'il  ne  dépendît 
pas  du  premier  venu  de  lever  cette  barre, 
elle  fût  assujettie  par  une  serrure.  Le  mot 
pourrait  venir  de  'poigner  pour  poindre, 
j  pris  au  sens  de  «  étayer,  soutenir  (v.  pon- 
teau)  ».   La    marche    serait    poignil   — 
ponil—  ponel  —  punel. 

*PUNTIS  s.  m.  pi.  Pr.  pountèu,  Igd. 
pountil,  alp.  pountèlh,  dph.  ponti  s.  m. 
—  ap.  Coch.  «  Marchons  (chantiers)  sur 
lesquels  on  place  les  tonneaux  dans  une 
cave  ».  Je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui,  je 
présume,  doit  se  prononcer  po;?/i,  le  son 
un  étant  peu  usité  en  In. 

De  *punctile,  de  punctum.  Le  sens 
primitif  est  «  étai  ».  Les  chantiers  sur 
lesquels  on  élève  les  tonneaux  font  office 

39 


Digitized  by 


Google 


330 


PUSS 


d'élais,  et  en  pr.  pontèxi  signifie  k  la  fois 
«  Alai  »  et  «  chantier  ».  L'*  de  putitis,  dans 
Coch.,  est  certainem.  muette  et  n'est  que 
le  signe  du  plur.  Sans  le  double  sens  du 
pr.  pountèu.  on  s'irait  porté  à  tirer  pow^i 
de  pontile,  de  pontem;  mais  si  l'idée  de 
«  pont  »  peut,  à  la  rigueur,  passer  à  celle 
de  «  chantier  i.,  elle  ne  peut  pas  passera 
l'idée  «  d'étai  ».  Les  object.  qu'on  peut 
élever  contre  la  forme  sont,  je  ciois, 
résolues  au  motponteau, 
PUO  V.  poutj. 

PUSSIN  (pussln)  POUAYSIN  —  adv. 
Vx.  for.  peu  sen  peu^sen  pitssi^  vpr. 
poisas  poissas  puet/ssas  (M.  Onofrio 
donne  la  forme  vpr.  puissas,  que  je  ne 
connais  pas)  —  Puis  ensuite  : 

Pouaysin  i  z-in  Ta  torlilli  de  flammci. 
«  Puis,   ensuite,  ils  ont  fait  se  tortiller 
des  flammes.  »  {Chans.  de  Revér.). 
PuMiw,  quan  nos  seron  periqui  tou  inssioii. 
Puis,   ensuite,  quand  nous  serons   par 
là  tous  ensemble.  »  {Ina  Miseri^  chans.). 
Du  type  qui  a  formé  fr.  puis,  réduit  à 
pus  (48),   ei  de  i^tde  =  in.  I/idée  est 
«  puis  de  là;  puis  ensuite  ».  On  explique 
ordinairem.  puis  par  post  =  pois  =  pocs 
(Chal)anO.Cp.levb.pr.po/>ptpo5r,fr.pî«,> 
{^pueis^pocs,  âe2)ocsnm).  M.  Groeber 
r^'xplique  par  ;>o.ç/^.  plus  voy.  init.  du  mot 
suivant,  ce  qui    ferait  un   hiatus  comme 
dans  osliinn  =z  huis:  M.  Thomas  l'expli- 
que pav'posUHs  (celteétym.aélé  adoptée 
par  M.  G.  Paris).  Je  ne  sais  si  Tune  ou 
l'autre    de    ces    deux   format,   pourraient 
rendre  raison  de  it.  pot. 

PUTAFIN  (pulafin)  PETAFIN  dans 
1  express.  *  Fore  jmtafin  •  de  qq.  chose.  le 
gâter,  le  gaspiller.  «  Le  poure  filles,  boni- 
^  gensi  savant  assé  que  los  garçons  font 
sovent  peta/in  de  le  nigaudes  que  se  fiont 
en  elloux  »,  les  pauvres  filles,  hélas 
savaient  assejî  que  les  garçons  font  sou^ 
vent  mauvaise  fin  des  niaises  qui  se  fient 
a  eux  (Dial.),  Pr.  puto-fin  puto-fi,  dégât, 
dilapidation. 

Ma  fty,  8jr  nos  échtppc. 
Le  bogre  sert  fln. 

Lo  faut  melire  en  ëclappe  (en  éclats)- 
Faisons-en  putiafin.  ' 

iChmis,  des  Taffetiers,  174/|). 
De  l'adj.  hi.  puta,  de  put(i)d(u  et  fî?i,  de 
nnem.  On  devrait  avoir  pudafin  suiv  la 
règle  générale  que  la  l-  cons.  du  groupe 
tombe  et  que  la  ^  persiste;    mais  ici  le 


mot  a  certainem.  subi  Tinfl.  de  puta, 
femme  de  mauvaise  vie,  aussi  de  putiduni 
(Foerster),  mais  où  d  se  trouvant  final 
(vfr.  put,  fém. pute)  s^est  durci  en  t.  L'adj. 
put  pufa  n'existe  plus  chez  nous  qu'en 
composit.  (v.  petaviti). 

PUTE  (pute)  s  f.  -  sur  les  confins  du 
For.,  au  sud  du  Lyonn.,  Sorte  d'alise,  qui 
n'est  pas  l'alise  commune,  mais  dont  je  ne 
saurais  dire  le  nom  scientifique. 
Étyra.  inconn. 

PUTET  (putè)  s.  m.  —  Sorte  d'alisier. 
De  In.  pute  (v.  ce  mot),  av.   suff.  et, 
applicable  aux  noms  d'objets  (cp.  armet, 
bassinet),  mais  qui  n'est  pas  ordinaii-em.' 
appliqué  aux  noms  d'arbres. 
PUVA  V.  piva,  pioche. 
PUVO  V.  pivo. 
PUYA  V.  sous  puyant. 
PUYANT,    TE    (pu-yan,    te)    adj.  — 
1.  Puant.  Une  plaisanterie  de  vieille  femme 
consiste  à  dire  la  bonne  aventurée  qqu'un, 
puis  on  lui  fait  répéter  trois  fois  :  «  Qu'are^ 
ju  tôt  l'an?  »  —  A  quoi  la  sorcière  répond 
brusquement  :  «  Lo  partus  duc...  puyant î  » 
Do  fr.   puant,  av.   insert,  d'yolte  pour 
rompre  l'hiatus. 

2.  Terme  péj.  Dédaigneux,  fat,  désa- 
gréable par  sa  hauteur.  Pic.  ponant,  fat, 
faiseur  d'embarras. 

3.  Se  dit  des  enfants  câlins.  Faire  son 
puyant,  câliner  pour  se  faire  dorloter.  1-a 
dérivât,  du  sens  2  se  comprend  facilem., 
mais  celle  du  3,  qui  n'est  nuUem.  péj..  est 
assez  bizarre.  La  forme  de  River,  est  PUYA 
(puya),  dans  laquelle  a  été  substitué,  assez 
à  contre-sens,  le  suff.  a,  à'atum.  On  a 
ainsi  transformé  puant  en  pué. 

PUYLE  vin.  s.  f  1473  :  «  Item,  troys 
casses  frissoires,  une  puyle  de  latrines 
d'un  sellie.  »  [Inv,  de  VHôpit.  de  Villefr.). 
Très  probablem.  un  outil  de  vidangeur 
pour  puiser  la  vidange,  de  la  contenance 
d'une  seille. 

Il  est  souvent  difficile  de  donner  l'étym. 
d'un  mot  que  l'on  comprend,  à  plus  forte 
raison  de  celui  qu'on  ne  comprend  pas. 
M.Ghaban  me  fait  remarquer  que  s'il  y  avait 
payle,  on  pourrait  l'expliquer  ^vccpatella^ 
pr.  padela.  M.  Missol,  à  qui  je  me  suis 
adressé,  a  confirmé  la  lecture  puyle,  mais 
il  pourrait  y  avoir  erreur  du  scribe. 

PUZI  (puzi)-,  ap,  Coch.  PUGI  s.  f.  — 
Puce. 


Digitized  by 


Google 


QUAI 


331 


0 


"QUAISI  (SE) -7.  qiièsi  (se). 

QUANT  (kan)  adv.  Vfr.  quanz  quantes 
-^  Combien,  t  Quant  avivas  de  barbis, 
combien  avez-vous  de  brebis?  » 

De  qu9Lnt(iim). 

QUARANTAIN  (karantin)  s.  m.  —  1. 
Violier  annuel.  —  2.  Sorte  de  haricots  pré 
coces. 

De  quarante,  sans  doute  parce  qu'il 
s'écoule  40  jours  entre  les  semailles  et  la 
récolle.  Cp.  milan,  quarantin,  froment 
qui  met  quarante  jours  à  fructifier. 

QUARQUAUELLA  (karkavèla)  vin.  v. 
n.  —  Bavarder. 

Eyel  aisé  quarquauella  ; 
Depécbon  iiou,  e  yet  lolun. 

«  C'est  assez  bavardé;  — •  Dépêchons- 
nous,  c'est  tout  un.  »  (ChevaKch.,  1566;. 

Le  même  que  carcavelô  (v.  ce  mot), 
pris  au  fig. 

QUARRE  (kare)  QUORO  (koro)  CORO 
s.  m.  Vfr.  quarre  qare  —  Coin,  angle 
rentrant.  S'emploie  surtout  pour  désigner 
le  coin  du  feu  :  lo  quoro  dou  fuë. 

Hait  dépu  qu4quit  joart,  in  luje  dous  plut  roro 

M'oMige  de  rigueur  a  rcjuindre  hiou  coro» 

«  Mais  depuis  quelques  jours,  un  sujet 
des  plus  rares  —  M'oblige  rigoureuse- 
ment à  revenir  dans  mon  coin.  »  (Dép.), 

De  qu9Ldrum,  Ch.  de  a  en  cî  (2);  de  dr 
en  rr  (164  5"). 

QUARRE,  vl).  V.  querre. 

QUARTE  CARTE  (kartsé)  s.  m.  —  à 
R.-de-G.  Sein,  mamelle. 

J'ont  yu  pass6  lo  jour  einlé 
Seins  pouère  m6dre  à  son  carié. 
«  Nous  avons  eu  passé  le  jour  entier  — 
Sans  pouvoir   mordre   à   sa   mamelle.  > 
(Due  Bib.). 

La  dérivât,  de  ce  mot  est  curieuse.  Il 
vient  de  la  locut.  beire  son  quarté  «  boire 
son  quart  (de  pot)  »  Dans  le  Velay  on 
demande .  dans  une  auberge  un  quart, 
comme  à  Lyon  une  chopine.  Le  mot  se 
rapporte  à  une  ancienne  mesure  de  liquide, 
sans  doute  le  pot.  Le  mot- de  quart  est 
encore  en  usage  dans  l'armée  pour  dé- 
signer le  bidon.  Sur  quart  a  été  fait  le 
dim.  quartefquartp^en  parlant  d'un  enfant 


qui  telle.  On  dit  qu'il  boit  son  quarté 
«  son  petit  quart  ».  Le  mot  s'est  appliqué 
dans  des  phrases  adressées  à  l'enfant  : 
«  Tiens  ton  quarté,  prins  ton  quarté  >, 
où  l'idée  de  lait  se  confondait  facilem.  av. 
celle  de  mamelle.  Puis  il  a  pris  défini  tivem. 
à  R.-de-G.  le  sens  de  mamelle,  quoique,  à 
ma  connaissance,  il  ne  l'ail  pas  dans  le 
Velay,  dont  le  mot  est  originaire. 

QUARTERON  (karteron)  s.  m.  L  Objets 
vendus  au  nembre  de  25.  Le  marchand  en 
ajoute  un  pour  gratificat.  Un  quarteron  de 
pommes  =  26  pommes.  Dans  certains 
endroits,  notamm.  à  Givors,  l'habitude  est 
de  donner  2  en  plus  des  25.  De  même  dans 
la  H'«-Loire. 

2.  Quart  de  livre.  Encore  très  usité  à 
Lyon.  «  Un  quarteron  de  beurre  *.  Trois 
quarterons,  trois  quarts  de  livre.  Les 
CarteroHf  célèbres  imprimeurs  lyonn.  du 
xvu*  s.,  avaient  pour  devi.se  :  Les  Quar- 
terons font  les  livres. 

De  quarte,  de  qusirta,  et  sulT.  on,  relié 
par  un  r comme  dans  mouche-ron,  aile- 
ron. 

QUARTIER  (kartiè)  —  à  Lyon  dans 
l'express.  Don7ier  quartier  à  une  pierre 
aune  poutre  «  la  renverser  sur  le  côté  ». 

De  quart,  av.  suff.  ter  (13)  assez  mal 
appliqué.  Doîiner  quartier,  c'est  faire  faire 
«  un  çwaW  de  conversion  ».  Vosges,  bayé 
quartier,  même  sens. 

*QUAT  ainsi  orthographié  par  Goch. 
Le  t  a  sans  doute  pour  but  de  marquer  le 
son  bref  de  a.  Il  lui  donne,  av.  i-aison,  je 
crois,  le  sens  de  présure  (v.  quinziau), 
mais  je  ne  connais  pas  le  mot.  ¥ot  quay, 
vpr.  cach.  même  sens. 

De  coKctum.  Sur  la  réduct.  do  oa  ù.  a 
cp.  catir,  aussi  de  coactum. 

QUAUQUE-RIN  (kôkerin);  vin.  QUO- 
QUE  REN  s.  m.  Dph.  quauquaren,  pr. 
quaucarèn  quauco-ren,  alp.  queicaren 
—  Quelque  chose  S'emploie  toujours  sans 
article. 

Si  j*aviaii  poila  f/tiô^ue  ren, 
Pel-éUc  <|u'il  u  ^ireudio  Wii. 

«  Si  j'avais   apporté  quelque  rlio.se  — 


Digitized  by 


Google 


332 


QUE 


Peut-être  qii*il  y  prendrait  bien  ».  (vx  Noël). 
De  qual{is)quam  rem.  Vocalisât,  de  l 
(121  2«);  ch.  de  em  eu  in  (23).  L3  ch.  de 
a  post-ton.  en  <5  est  dii  sans  doute  à  Tinfl. 
de  fr.  quelque. 

QUE  conjouct.  usitée  à  Lyon  pr-ur  lier 
un  adj.  2  fois  répété  dans  des  ellipses 
singulières  :  «  Fort  que  fort,  il  faudra 
qu'il  cède  »,  pour  «  combien  qu'il  soit 
fort,  etc.  >.  On  le  place  encore  pour  lier 
un  vb.  à  la  3*  pers.  du  subj.  2  fois  répété  : 
«  Résiste  que  résiste,  il  faudra  qu'il  cède  ». 
Un  écrivain  lyonnais  a  écrit  cette  phrase  : 
«  Tarde  que  tarde,  arriva  Pâques.  »  Un 
dicton  fréquemm.  répété  est  celui-ci  : 
€  Hasarde  ^«t'hasarde,  je  m'hasarde  », 
pour  €  quelque  risque  qu'il  y  ait  à  courir, 
je  me  hasarde.  »  Cet  emploi  de  que  n'est 
pas  rare  en  vfr.  et  en  vpr. 

Je  ne  «  m'hasarde  »  pas  à  expliquer  la 
formation  syntaxique  de  ces  phrases. 

QUEMOCLE   (kemôcle)    s.    m.    -—    En 
Fr.-Ln.  Crémaillère.  Le  même  que  cuma- 
clio  (v.  ce  mot). 
QUÉRO  (kërô)  s.  m.  —  à  Paniss.  Curé, 
De  curBUum.  V.  quevrô  vb. 
QUËRO  (kër6)  v.  a.  —  à  Paniss.  Tailler, 
mais  au   sens  de   tailler  les  arbres,   les 
émonder. 

De  curSLre,  au  sens  moderne  d'éplucher, 
de  nettoyer.   Le  passage  de   u  à  é,  qui  a 
eu  lieu  probablem.  sous  les  infl.  descons. 
voisines,    se  retrouve  dans  quërô^  curé. 
QUERRE   (kére)    à  Morn.,    River.;  à 
R.-de-G.    QUARRE    (kare)    v.    a.    For. 
quarre,    vfr.   querre    quierre   —    Aller 
chercher,   mander,   quérir.    Le    mot    ne 
s'emploie  qu'à  l'infinit. 
Si  (ê  voux  lu  hiau  jour  que  je  veua  le  qtiarre. 
«  Si  tu  veux  qu'un  beau  jour  je  vienne 
te  chercher.  »  (Ballon  d'Essai), 

De  quer(e)re.  Dans  la  forme  quarre  e 
a  passé  à  a  sous  infl.  de  r  (24\ 

QUÈSI  (SE)  (se  kèzî)  SE  QUIÊSI  (se 
kiôzî);  ap.Goch.  SE  QUAISI  v.pron.Dph. 
se  queisié,  St-Amour  che  qufije,  Saône- 
et-L.  cuisi  —  Se  taire.  «  O  faut  te  quèsi,  il 
faut  te  taire.  »  On  dit  souvent  quèsi  son 
bèf  à  Lyon  taire  son  bec, 

Quiisi-vo,  si  vo  vol  y, 
Que  vecie  lo  Conto. 
«  Taisez- vous,  s'il  vous  plait,   —  Car 
voici  les  Comtes  [de  Saint-Jean].  »  (Noël 
172S) . 

lluM,  quiêsi  ton  betj  le  m^esiorlie,  j'ai  suiii. 


«  Muse,  tais- toi,  tu  m*assourdis,  j'ai 
sommeil.  »  (Brey,) 

De  *qucliare  pour  quietare.  Ch.  de  t 
en  ^  (138);  de  tare  en  î  (15  !•).  Cp.  vx. 
it.  requîare  «  reposer  ». 

QUÈSIAU  V.  quinziau. 

QUÈSIOU  (v.  quinziau, 

QUETTA  (kèta)s.  f.  -  à  Morn.,  River. 
Poule,  e;  cri  par  lequel  on  les  appelle. 
«  Le  quelles  ant  tôt  abimô  celo  casson^ 
les  poules  ont  tout  abfmé  ce  carré  de  lé- 
gumes ».  Mon.  dit  quelle.  Je  ne  connais 
pas  cette  forme;  ce  doit  être  une  faute 
typ.  Genev.  tiette,  lira.  quitoqtiUo,  cri 
par  lequel  on  appelle  les  poules. 

Paraît  d'abord,  aussi  bien  que  le  lim. 
quito-quito,  un  son  imitatif  pour  appeler 
les  poules,  comme  quierr!  quierr!  pour 
appeler  les  porcs.  Cependant  le  genev. 
tietle^  qui  est  le  même  mot,  est  antérieur, 
car  /*  voy.  passe  à  ki  (cp.  Guieu  pour 
Dif'u)  et  l'inverse  ne  se  produit  pas.  Or 
Humbert  dit  que  tiette  est  pour  Hotte,  qui 
est  lui-môme  une  abréviat.  de  petiotf. 
Le  fait  est  très  vraisemblable.  Quoi  qu'il 
en  soit,  lo  cri  pour  appeler  les  poules  a 
été  transformé  en  subsl.  Dans  les  Vosges, 
on  trouve,  il  est  vrai  hhettè  (hh  représente 
l'aspirât,  ail.)  «  gratter  ■.  en  parlant  des 
poules,  mais  le  vb.  n'existant  pas  en  In  . 
n'a  pu  produire  de  subst.,  et  il  est  pro- 
bable au  contraire  que  hhettè  a  été  fait 
sur  un  subst.  hhètle,  identique  à  notre 
ketta, 

QUEUE-DE-RENARD  s.  f .  —  1.  Ama- 
rantus  caudatus,  plante  de  jardins,  à 
longs  épis  pendants  et  de  couleur  ama- 
ranthe.  —  2.  Dans  la  montagne  Lilas. 

De  l'analogie  av.  une  queue  en  fourrure, 
quoique  la  ressemblance,  sensible  dans 
l'amaranthe,  le  soit  bien  peu  dans  le  lilas. 

QUIBUS  (kuii)as  dissyl.)  s.  m.  —  à 
Lyon  Argent.  Avoir  du  quibus,  avoir  de 
l'argent. 

Mot  plaisant  emprunté  au  latin  et  auquel 
on  a  donné  la  signilicat.  fantaisiste  de 
quoi.  Avoir  du  quibus,  répondra  avoir  de 
quoi  ou  plus  souvent  du  de  quoi.  Quand 
le  popul.  emprunte  des  mots  lat.,  il  leur 
donne  communém.  des  finales  en  ibus.  Op. 
rasibus^  débiter  ibus. 

QUIERR  (kièrr)  interj.  —  Cri  pour 
appeler  les  porcs. 


Digitized  by 


Google 


QUIE 


333 


Probablem.  une  onomat.  plus  ou  moins 
heureuse  du  cri  du  petit  porc. 
QUIÊSI  (SE)  V.  quèsi  (se). 
QUIFFA  (kifa)  adj.  des  2  g.  —  1.  à 
St-Mart.,  MoiTi.  terme  péj.  Se  "dit  d'un 
enfant  mutin,  désobéissant,  désagréable, 
dont  on  ne  peut  rien  faire.  «  CeVefant  è 
quiffa,  en  ne  peut  rien  faire  de  cet  enfant  ». 
2.  A  R.-de-G.  quiffa  paratt  s'employer 
dans  la  locul.  primit.  être  de  quiffa,  Roq. 
en  a  fait  un  adj.  déclinable  au  sens  de  sot. 
maladroit,  confusion  facilitée  par  la  pré- 
posit.  de,  qui  a  été  prise  pour  l'adj.  indé- 
fini de  €  des  ». 

Tôt  de   nièiiôt,   dont  le  yllluslrfn  ffrifTi^s 
No  zant  provô  qu'is  n'eiMnt  pé3  de  quiffes. 
#  Tous  gens  dont  les  illustres  grilTes  — 
Nous  ont  prouvé  qu'ils  n'étaient  pas  des 
maladroits  »  (Per), 

L'emploi  de  ce  mot  av.  une  désinence 
fém.  indique  un  subst.  originaire  quiffa 
qui  est,  je  crois,  le  caffe  qu'on  trouve 
dans  le  centre  de  la  France,  et  qui  si- 
gnifie dépareillé  dans  la  locut.  être  de 
caffe,  de  vpr.  caf  «  impar  (Donat  pr.)  >, 
it.,  caffOf  nombre  impair.  On  a  dû  dire 
d'abord  in  efonl  de  quiffa,  puis  in  efant 
quiffa.  Je  crois  être  .sûr,  sans  pouvoir 
indiquer  de  source,  que  certains  pat.  ont 
les  2  formes  caffe  et  qu'iffe.  Caffa  passe 
à  quiffe  sous  infl.  de  k  init.,  comme  casa 
est  devenu  chis.  Quant  à  l'idée,  elle  est 
celle-ci  :  «  Un  enfant  dépareillé  ».  c'est- 
à-dire  qui  n'a  pas  de  pareil  pour  le  mal 
faire. 

Diez,  après  Ménage,  tire  it.  crt/fo  de  it. 
capo,  auquel  il  attribue  le  .sens  de  ce  qui 
dépasse  la  mesure  t  das  tiber  das  Mass 
gehende  ».  Ce  sens  n'est  attribué  nulle 
part  à  rit.  capo,  qui  répond  exactem.  au 
fr.  chef^  et  paratt  toujours  inséparable 
de  l'idée  de  supériorité,  tandis  que  cnffo 
ne  paraît  avoir  pris  nulle  part  une  idée  de 
supériorité  ou  d'excellence,  comme  l'ima- 
ginait Ménage,  probablem.  sous  l'infi.  du 
brocart  numéro  Deus  impure  gaudet.  Le 
mot  est  au  cou  traire  péj.  dans  tous  nos 
dial.  fr.  Diez  propose  aussi  caput  dans 
l'express,  caput  aut  navem,  croix  ou  pile, 
mais  on  ne  saisit  pas  le  rapport  av.  le 
dicton  it.  pari  o  caffoy  pair  ou  impair. 
Si  Ton  avait  pris  caput  comme  représen- 
tant T'impair,  pourquoi  n'aurait-on  pas 
pris  narem  comme  représentant  le  pair? 


QUINARODON(kinarodon)s.m.GeneT. 
quinorrodon  —  Baie  de  l'églantier.  J*ai* 
entendu  dire  ce  mot  dans  le  Lyonn.,  mais 
je  crois,  par  des  personnes  originaires  du 
Dauphiné,  oii  il  est,  m'a-t-on  dit,  très 
usité.  B.  lim.  quinarodou^  confiture  faite 
av.  le  fnrt  de  l'églantier. 

Le  k  init.  semble  indiquer  que  le  mot 
est  venu  directem.  du  grec  xuvôjop^ov, 
sans  l'intermédiaire  dulat.  cynorrhodon ^ 
qui  aurait  donné  c  doux  fa  l'init.  Mais  le 
transport  de  l'ace,  aussi  bien  que  le  dé- 
calque exact  du  mot  grec,  la  persist.  de 
d  etc.,  tout  indique  un  mot  de  format, 
savante,  qui  aura  pénétré  dans  le  peuple, 
sans  que  je  puisse  trop  m'expliquer  com- 
ment. 

QUINCHI  (kinclil);  à  Lyon  quincher 
V.  n.  Br.  quincha,  lorr.  pincher—  Pousser 
des  cris  aigus  et  perçants. 

Menetri,  conflie  la  meselte, 
Quincha,  mi- ne  bin  na  çanson 
«  Ménétrier,  gonfle  la  musette,  —  Fais- 
la  crier,  dis  bien  une  chanson.  •  (Chans. 
br.). 

De  l'onomat.  Am,  av.  sufT.  vb.  relié  par 
chy  peut-être  parce  que  l'onomat.  sous 
cette  forme  paraissait  plus  exacte;  mais 
on  a  aussi  quinô,  où  le  iuflf.  vb.  a  été 
apposé  sans  cons.interméd.Dans  quinchi, 
la  guttur.  a  appelé  la  forme  en  t  du  sufif. 
(15  20). 

QUINDER  V.  condi. 
QUINDI    (kindt)     v.    a.    —    à    Paniss. 
Assaisonner.   Quindi  la  sopa,  mettre  du 
beurre  dans  la  soupe. 

Le  même  que  condi  (v.  ce  mot).  Quindi 
a  son   correspondant  dans  quinder,  em- 
ployé à  Lyon,  av.  ch.  de  déclinais. 
QUINDURA,  y.condura. 
QUINDURI  (kinduri)  s.  f.  —  à  Pi^niss. 
le  même  que  condura, 

QUINET  (kinè)  s.  m.  —  1.  Sorte  de  jeu 
des  gamins;  2.  Petit  morceau  de  bois 
pointu  par  les  deux  bouts,  dont  on  se  sert 
pour  jouer  au  quinet.  En  frappant  av.  un 
bâton  sur  un  des  bouts  on  fait  sauter  le 
quinet.  —  2.  Sensu  obsceno  «  pénis  ». 

Du  cunea  -.  :  vfr.  cuig7ie,  et  suflf.  et. 
D*où  cuignet,  et  quinet  par  démouillement, 
rare  d'ailleurs,  de  n. 

QUINO.  A  (kino,  a)  adj.  Toulous.,  Gers 
quin  quino,  béarn.  quin  quinh  —  à  R»- 
de-G.,    River,    etc.    Quel,    quelle;    plur. 


Digitized  by 


Google 


334 


QUIN 


guino(s)  quine(s).  Quinos  solors  faut  o 
prindre^  «  quels  souliers  faut-il  prendre?  » 
Quittes  genSy  «  quelles  gens!  » 

Parail  être  le  vpr.  qun,  même  sens.  Un 
H  passé  à  in  comme  dons  tinus  =  in.  Puis 
l'addit.  de  o  a  dénasalisê  la  voy.  Comment 
s'est  opéré  Taddit.  de  of  Probablem.  par 
rhabitude  de  lier  Vn  devant  les  voy.  dans 
certaines  phrases  usuelles,  comme  quin- 
n-homo  «  quel  homme  >,  devenu  qui-n- 
homo;  d'où  quino  pour  quin.  On  peut 
demander,  il  est  vrai,  pourquoi  le  môme 
phénomène  ne  s'est  pas  opéré  dans  unus  =^ 
in.  Peut-être  k  cause  de  l'analogie  av.  le 
fr.,  plus  évidente  dans  in  «  un  »  que  dans 
quino.  Quant  au  vpr.  qun^  il  doit  venir  de 
quid  unus  de  préférence  à  quis  unus.  On 
sait  que  que  avait  pris  les  3  genres. 

*QUINO  (kinô)   v.  n.  Pr.   quila,  vpr. 
quilar,  poit.  quener  quenit\  gasc.  hila, 
dph.  quina  —  Crier  aigrement,  en  parlant 
d'une  porte,  d'un  chien,  d'un  enfant.  «  Lo 
pitit  quine  bin  tant,  l'enfant  crie  bien 
tant?  »  Lorr.  chigner^  pleurnicher. 
Fusque  de  Patatou  Tutsi  pitaflnô, 
Depu  oitis  de  sié»ns  refuse  de  quinô. 
«  Puisque  l'outil  abîmé  de  Patatou,  — 
Depuis  plus  de  six  ans  refuse  de  rendre 
ses  sons  criards.  »  (Mén.) 

De  l'onomat.  kin  (v.  quinchi),  av. 
suff.  6, 1  s'est  dénasalisé  lorsqu'une  voy. 
a  été  placée  après  n. 

QUINQUERLO.  LA  (kinkèrlo,  la)  adj. 
—  Pimpant,  mignon,  gracieux.  «  Cela 
hoye  est  ben  quinqnerla,  cette  fille  est 
bien  séduisante.  » 

Du  rad.  qui  a  fait  le  fr.  requinquer  pour 
lequel  Littré  donne  l'étym.,  très  problé- 
matique, ^Mingiiare,  faire  desUistrations. 
Je  crois  plut(H  le  mot,  suivant  une  hypoth. 
de  M.  Scheler,  de  la  famille  de  quin- 
quaille  clinquant,  A  ce  rad.  quinq,  signi- 
fiante brillant,  orné  *,  s'est  ajoute  le  suff. 
bizarre  eWo.  A  quoi  répond  ce  suff.  en  lat.? 
Aux  mots  bocherla  t  fauvette  »,  bocherla 
«  barbuquet  »,  j'ai  certainem.  fait  erreur 
en  voyant  dans  erla  la  représentât,  à^alis, 
av.  insert,  de  r.  Les  formes  en  nrla  sont 
au  contraire  postérieures  aux  formes  en 
erla.  On  ne  peut  lire  dans  erlo  qu'un  suff 
purem.  roman,  par  analogie  av.  qq.  mots 
en  er(u)la  :  postcrula  =  posterle,  me- 
rula  =  merle,  perula  =z  perle. 
*QUINSON  (kinson)  s.   m.    Dph.,   pr. 


quinson,  ss.-rom.  kinson,  pr.  quinsoun, 
auv.  tiensoun  —  Pinson.  «  Pinson,  oiseau 
que  le  peuple  nomme  quinson  au  delà  de 
la  Loire  ».  (Menestrier). 

C'est  le  fr.  pinson,  dont  lal'«  cons.  a  été 
changée  en  k  paronomat.  de  cri  de  l'oi- 
seau (v.  quinô,  quinchi). 

QUINZIAU  (kinziô  dissyl.);  à  Hiver. 
QUÈSIAU  (kèziô);  à  Paniss.  QUÊZIAU 
s.  m.  For  quay  —  Vessie  ou  estomac  de 
chevreau,  qui,  macéré  dans  du  vin  blanc, 
sert  à  faire  la  présure.  «  In  kinziau  de 
churot,  une  vessie  de  chevreau  ».  For. 
miôlelta,  estomac  de  chevreau  et  présure. 

'Casellum,  de  caseum,  conviendrait  à 
la  forme.  Dans  quinziau,  la  nasalisât, 
de  a,  qui  serait  passé  à  an  puis  à  s/i, 
serait  due  à  l'infl.  de  la  gutt.  (184  ?•, 
rem.  2).  Ch.  de  ellum  en  iau  (32).  Tou- 
tefois  il  est  plus  naturel  de  rattacher  quin- 
ziau  à  quat  (v.  ce  mot),  de  coactum.  Le 
vpr.  cach  (se  prononçant  cats)  pouvait 
facilem.,  en  composit.,  se  réduire  à  cas 
qui,  av.  suff.  iau  d*ellum,  donne  qtiasiau 
quinziau.  Quant  au  sens,  il  était  origi- 
nairem.  celui  de  «  présure  ».  Puis,  ce 
dernier  mot  étant  devenu  familier  à  nos 
campagnes,  le  sens  de  quinziau  s'est  loca- 
lisé dans  l'objet  qui  sert  à  faire  la  présure. 

QUIQUEBILLES  (kikebilhe)  s.  f.  pi.  J'ai 
qqfois  entendu  ce  mot  à  Lyon  au  sens  de 
«  coleae  ». 

11  est  probalile  que  Torig.  est  vfr.  tri 
quebille  «  pudenda  virilia  »,  composé  de 
trique  «  bâton  »,  et  de  billes  «  petites 
boules  (cp.  billes  de  billard)  ».  Je  crois 
que  c'est  par  dérivât,  de  sens  qu'on  trouve 
au  XVI*  s.  triquebille  au  sens  spécial  de 
«  pénis  [ap.  F.  Michel)».  Il  s'est  inversem. 
spécialisé  dans  quiquebilles,  où  le  type 
primitif  trique  s'est  perdu  de  vue.  Le  k 
init.  est  un  effet  d'assimilat.  au  k  médiat 
(cp.  188). 

QUIQUIBILLI  (kikibilhi)s.f.-  à  River., 
Morn.  Mot  comique  répondant  à  Saint- 
Frusquin.  t  Al  a  migl  sa  quiquibilli  »,  il 
s'est  ruiné,  il  a  mangé  tout  ce  qu'il  avait. 
Je  crois  le  mot  forgé  sur  bille,  primitif 
de  billon,  av.  une  répétit.  plaisante  de 
sonorité  en  guise  de  préf.,  à  moins  que 
quiqui  ne  soit  une  corrupt.  comique  de 
quauque  «  quelque  ».  Quauque  bille 
«  quelque  argent  »,  qu'on  aurait  aggloméré 
et  transformé  en  subst. 


Digitized  by 


Google 


QUIR 


335 


"QUIRI  (kiii)  V.  a.  —  Appeler  qqu'un. 
Qiiiri  don  lo  Pire,  appelle  donc  Pierre. 

De  quaerire  pour  qusierere,  comme  fr. 
quérir.  Le  ch.  de  ae  (rr  e  bref)  en  i  s'est 
peut-être  produit  sous  infl.  de  la  gult 
(cp.  15  2").  Ce  phénomène  serait  de  même 
nature  que  celui  qui  a  transformé  a  en  t 
dans  chi(s)^  de  casa;  chiite  de  Crtra 
(1,  rem.  2). 

QUIRIOUS.  OUSA(kirioiidissyl.,onza) 
adj.  —  Curieux,  euse. 

V'esl  ce  qu'tpprenii  Saxannt  la  quiriousa 

«  C'est  ce  qu'apprit  Suzanne  la  curieuse.» 
(Mon). 

De  curiosum.  Le  passapre  de  xi  init.  k  i 
a  eu  lieu  probablem.  .sous  infl.  de  l'yolte 
qui  suit  \'r  (cp.  coriutn  =  fr.  cuir). 


QUOQUE  REN  v.  quauque  rin. 

QUORO  V.  quarre  subst. 

QUORO  (A)  (à  kôro)  —  Dans  la  loc. 
Être  à  quoro,  être  c  à  quia  »,  à  bout  de 
ressources  ou  de  forces. 

Mt  sœur,  Je  su  k  q^MTo  et  je  n'in  poio  mai. 

«  Ma  sœur,  je  suis  à  bout  et  je  n'en  puis 
plus.  >»  (Mon.) 

Peut-être  de  quàro  subst.  (v.  ce  mot). 
Être  à  quorOf  être  refoulé,  acculé  dans 
un  coin  d'où  il  n'y  a  plus  d'issue.  Cp.  fr. 
Être  à  bout.  On  peut  aussi  penser  à  acorer 
qui,  en  vfr.,  signifiait  «  ôler  le  courage  »  et 
dont  acore  serait  un  adj.  v.,  formé  comme 
trempe  pour  trempé^  use  pour  itsé,  gâte 
pour  g/ttf^. 


R 


RA  préf.  rêduplicalif,  rôpondanl  à 
fr.  re. 

V  devant  les  vb.  :  rnpsoffer,  raffalo, 
rabibocher ,  etc. 

20  dev.  les  subst.  :raboudajo,rafatailli, 
recuite,  relait,  etc.;  dev.  les  adj.  verb.  : 
relanquit,  remidiyi,  etc.  Paraît  être  péj. 
dans  raboulaud,  rataconner  {k  l'orig.  pro- 
bablem. réduplicat.). 

Syllabe  qui  a  pris  par  confus,  le  carac- 
tère péj.  dans  rafoyau. 

"RABATTA  vb.  v.  rabota, 

RABIBOCHAGE  (i-abibochaje)  s.  m.  - 
à  Lyon  Action  de  remettre  en  état  une 
chose  abimée. 

De  In.  rabibocher,  av.  sufT.  dVil  âge, 
d'aticum.  Cp.  rapsodage^  ravaudage, 
raccommodage, 

RABIBOCHER  (rabiboché)  v.  a.  —  à 
Lyon  Remettre  en  état  une  chose  abîmée, 
la  réparer.  S'emploie  surtout  au  sens 
comique. 

Ce  mot  me  paraît  le  même  que  rabobil- 
tonner,  av.  métath.  des  voy.  o  et  t,  et 
substitut,  au  suflT.  onner,  du  suff.  péj. 
ocher  (v.  rabobillonner). 

"RABIÉ  s.  m.  *RABIRI  s.  f.  —  D'après 
Coch.  Avaricieux,  euse,  personne  qui 
s'attache  à  des  minuties. 


Je  ne  connais  pas  ces  mots.  Ils  sont  com- 
posas du  rad.  rap^  de  rapere,  qui  se  re- 
trouve dans  fr.  rapace  et  dans  vpr,  arra- 
par  arrabar  «  enlever  »,  plus  suff.  i,  tri, 
à^arius.  aria,  Ch.  de  p,  devenu  méd., 
en  6(140  rem.  2). 

'RABIRI  v.  rabié. 

RABISTOQUER  (rabistoké)  v.  a.  Ss.- 
rom.  rabistoka,  wal.  rabîstoquer  —Rac- 
commoder tant  bien  que  mal,  remettre  en 
état  un  objet  casse,  disloqué. 

De  ra,  préf.  au  sens  réitérât.;  bis,  préf. 
péj.,  et  vb.  fr.  toquer  «  toucher,  heurter  ». 
Le  tout  représente  «  retoucher  »  av.  sens 
péj. 

RABOBILLONNER  (rabobilhônè)  v.  a. 
—  à  Lyon  même  sens  que  rabistoquer. 

Ce  mot  me  semble  en  relation  av.  vfr. 
rabobeliner  «  to  patch  (Gotgr.)  »,  rabo- 
biner  «  raccommoder  tant  mal  que  bien 
(Ronsard)  »,  et  In.  rabibocher  (v.  ce  mot). 
L'orig.  doit  être  vfr.  bobelin  «  savetier  », 
d^ovi  rabobeliner,  2LS,  substitut,  du  suff. 
onner  (par  analog.  av.  carillonner  etc.) 
au  suff.  iner.  Les  bobelins  étaient  primi- 
tivem.  une  chaussure  à  l'usage  du  peuple. 
En  Belgique  bobelin  s'emploie  encore  av. 
le  sens  de  pièce,  morceau  (Godef.).  Il  est 
à  croire  que  le  rad.  bob  avait  ce  sens.  Bo^ 


Digitized  by 


Google 


'.m 


RABO 


belin  «  chaussure  »  avait  probablem.  une 
signiâcat.  péj.  comme  notre  «  savate  ». 
Mais  j'ignore  complétera,  l'orig  de  ce  rad. 
RABOTA  (robôta)  ROBOTA  (rôbôta) 
s.  f.  —  Râcloir  pour  ramasser  le  blé  de 
l'aire.  Il  s'emploie  en  le  poussant  devant 
soi. 

De  vfr.  rabouter,  composé  de  bouter  et 
d'une  l"  partie  ra  (de  rasum  f).  De  rabotô, 
forme  pat.  de  rabouter,  on  a  tiré  le  subst. 
v.  rabota. 

RABOTO  (rabôtô)  à  Grap.;  à  Morn. 
ROBOTO  (robùtô);  ap.  Coch.  RABATTA 
v.  n.  vfr.  rabater^  berr.  rabâter  —  1.  Re- 
muer, faire  du  bruit.  D'après  Coch.  «  cl:er- 
cher  quelque  chose  »,  mais  ce  sens  n'exisle 
que  lorsque  l'on  remue  bruyamm.  en 
cherchant.  Vionn.  rëbata,  rouler  qq.  chose- 
Ménage,  qui  le  tire,  av.  peu  de  vi*aisem- 
blance,  de  potÔaTicv^  «  se  promener  haut 
et  bas  »,  fait  remarquer,  contre  sa  propre 
êtym.,  que  le  mot  de  Rabats,  employé  par 
Jacques  de  Glusa  et  encore  usité  de  son 
teii^ps  dans  l'Anjou,  le  Maine,  la  Nor- 
mandie, signifie  «  Esprit  des  maisons  », 
lutin.  Gp.  m.  lat.  Rabes  «  Norwegis  Dae- 
mon  (Du  G.)  ».  Le  mot  appartient  à  la 
mythol.  germ.  Il  est  très  probable  que 
c'est  sur  lui  qu'a  été  formé  rabaster  «  faire 
du  bruit  comme  les  esprits  dans  les  mai 
sons  ».  Ménajjë  ajoute  que  les  Gordeliers 
d'Amboise  faisaient  jeter,  le  mercredi 
saint,  &  l'olTlce  des  Ténèbres,  quantité  de 
cailloux  sur  la  voûte  de  bois  de  leur 
église  (dans  nos  pays  les  enfants  font  h  ce 
moment  di^  bruit  av.  de  grosses  crécelles) 
et  «  qu'on  nommait  ce  bruit  le  rabast  des 
Gordeliers  ».  Sans  doute  le  peuple  y  voyait 
qq.  chose  d'analogue  au  bruit  des  esprits. 
Gp.  Gotgr.  rabalter  «  to  rumble,  rattle, 
or  make  a  terrible  noise,  as  (they  say) 
spirits  do  in  some  unforlunate,  or  unfre- 
quented  houses  ».  Je  crois  celte  étym.  beau- 
coup plus  vraisembl.  que  celle  de  rabies, 
proposée  par  Raynouard  (au  mot  rabasta, 
querelle)  et  qui  ne  répond  môme  pas  à  la 
forme. 

Dans  la  forme  rah'Uô,  il  y  a  eu  passage 
de  a  ton.  (1)  et  aussi  de  a  prot.  (59)  à  o; 
mais  a  init.  a  résisté.  Il  se  changera 
cerlainem.  en  <î,  comme  il  l'a  déjà  fait  à 
Morn. 
2.  Se  servir  de  la  rabota  (v.  ce  mot}. 
De  rahôta^  av.  suflf.  ô  (14 1*). 


RABOUDAJO  (raboudajo)  s.  m.  —  à 
Morn.,  River,  etc.  Ktrennes  en  argent  ou 
en  ,vin,  que  le  veuf  qui  se  remarie  donne 
aux  jeunes  gens  du  village  et  dont  le  refus 
expose  à  un  charivari. 

Los  varrioiit-je  cougni  lo  vin  da  raboudajo. 
Ainsi  que  quôqu'trgent  outor  d'oo  manajo? 
«  Les  verrions-nous  mendier  le  vin  du 
remariage  —  Ainsi  que  quelque  argent  à 
propos  des  mariages?  (Hym.) 

Du  préf.  réitérât  ra  (pour  rp),  de  boutf) 
«  mettre,  placer,  pousser  (fr.  bouter)  »,  et 
du  suflF.  ajo,  d'attcum.  Gh.  de  t  en  d  (136). 
Le  mot  répondrait  donc  à  un  fr.  «  rebou- 
tage  »,  action  de  remettre,  de  replacer. 
Gp.fr.  dialectal  rebouteux,  c  celui  qui  remet 
les  meml)res  disloqués  ».  Le  raboudajo  esi 
littèr.  «  une  remise  des  choses  en  l'état 
antérieur  »,  c'est-à-d.  un  second  mariage. 
Pour  le  sens,  l'orig.  est  l'express,  usitée, 
um  du  raboudage  «  vin  du  remariage  •; 
puis  l'express,  s'est  restreinte  iiraboudajo 
seul. 

RABOUIN  (LE)  (rabouin  dissyl.)  s.  m. 
Vx.  it.  popul.  Rabuino  (Oudin)  —  à  Lyon 
le  Diable  (mot  tiré  du  recueil  de  M.  Aniel; 
V.  jabri  au  Stipplém.).  Je  crois  me  sou- 
venir de  l'avoir  entendu  à  Lyon  dans  mon 
enfance. 

Étym.  inconn.  —  Le  mot  peut  avoir  été 
importé  par  l'immigrat.  ital.  au  xv*  x\v  s. 
Est-il  en  rapport  av.  vx.  it.  boja  «  instru- 
ment de  supplice  (cf.  Papias  :  boja,  {lor- 
menta  damnatorum),  »  it.  boja  c  bour- 
reau »,  d'où  un  vb,  'bojare  «  torturer, 
géhenner  »,  'rabojare  «  torturer  de  façon 
répétée  »?  D'où  encore,  av.  suff.  ino,  un 
subst.  rabojino  rabouinotSixv  le  sens  cp. 
à  Lyon  Grappin,  nom  du  Diable. 
RABOULAUD  (raboulô)  s.  m. 
De  boule,  av.  suff.  aud  et  préf.  ra,  qui 
a  ici  un  caract.  pèj.  Raboulaud  «  homme 
ramassé  en  boule  ». 

^RACANET  (rakanè)  •TRACANET  (Ira- 
canè)  s.  m.  —  Grosse  crécelle  dont  les  en- 
fants se  servent  à  l'office  du  jeudi  saint. 
Get  usage  tend  à  se  perdre. 

D'une  onomat.  rac,  trac  (=  crac),  av. 
suflf.  e^et  insert,  d'une  syll.  an  qui  ajoute 
à  l'onomal. 

RACHE   (ràche)   s.   f.    —   Croules   qai 
viennent  à  la  tête  des  jeunes  enfants.  On 
dit  aussi  humeur  de  roche. 
Subst.  V.  du  vpr.   rascar,  gratter,  de 


Digitized  by 


Google 


RACH 


337 


'rasicsLre^    formé    sur    rasum,   quoique  I 
la  rache    n'entraîne   aucun   prurit,   mais 
toutes  les  maladies  de  psau  ont  été  com- 
parées à  celles  d'entre  elles  dont  la  consé- 
quence est  1^  prurigo. 

RACH  ET  (rachè)  adj.  m.  Lim.  raco,  pr» 
yaca  —  1.  Ohétif,  malingre.  Vpr.  raca^ 
rosse. 

Du  rad  de  f/â/t;,  moelle  épinière,  qui  a 
fait  rachilique,  av.  sufif.  et.  Il  est  bien 
étrange  que  ce  rad.  savant  ait  formé  un 
mot  pat.  On  a  déjà  eu  l'occasion  de  faire 
remarquer  que  des  mots  savants  ont  pé- 
nétré dan^  le  pat.  (v.  peccata),  mais  ici  ce 
n'est  pas  le  mol,  mais  le  rad.,  ce  qui  est 
plus  extraordinaire.  On  ne  peut,  en  effet, 
voir  dans  racket  une  corrupt.  de  rachi- 
tique.  Est-ce  un  mot  d'orig.  grecque, 
comme  artonf 

2.  A  Villefr.  Vindicatif. 

Orig.  germ.  —  Golh.  rra/ya,  angl. 
wreakf  holl.  u^rank,  ail.  Rache  «  ven- 
geance ».  Le  mot  aurait  été  formé  sur  ail. 
Raecher^  *<  celui  qui  venge  »,  av.  suff.  et. 
Mais  il  est  à  remarquer  que  le  mot 
s'applique  particulièrem.  à  un  homme 
chétif,  les  hommes  faibles  étant  considérés 
comme  plus  vindicatifs  que  les  autres. 
Cela  semblerait  indiquer  que  racket  1,  a 
influé  sur  le  sens  de  racheta. 

RACINES  JAUNES  s.  f.  pi.  «  Carottes. 
daucus  carota.  Employé  par  ceux  qui 
sachant  le  français,  ne  veulentpasse  servir 
de  termes  pat.  La  carotte,  chez  nous,  c'est 
la  betterave. 

De  la  couleur  de  la  carotte. 

RACLA-FORNIAU  (rakla-forniô)  ;  ap- 
Goch.  RACLA-FOURNIAU  s.  m.  — Ramo- 
neur. 

De  raclù^  racler,  et  forniau^  de  furnel- 
lum  =  forniau  (38  *  et  32).  Le  mot  de 
fourneau  au  lieu  de  cheminée  ne  s'expli- 
querait pas  (car  l'appareil  dit  fourneau 
est  moderne  et  inconnu  dans  nos  cam- 
pagnes), si  l'on  ne  savait  qu'en  vfr.  for- 
niau de  chatnbre  signifiait  cheminée. 

*RACLA-FOURNIAU  v.  racla- forniau. 

*RACO  (rakô)  v.  n,  —  «  Vomir,  rendre 
gorge.  En  Langued.  raquer.  Du  vx.  mot 
raquiei'  *.  (Coch.). 

Ce  mot  n'est  plus  usité,  à  ma  connais- 
sance (je  ne  connais  que  degohillv).  Coch. 
avait  son  habitation  de  campagne  dans  la 
.  partie  la  plus  méridionale  du  dèpartemS 


où.  plus  qu'ailleurs,  devaient  avoir  pénétré 
des  mots  pr.  Raco  est  en  effet  le  même 
que  pr.  raca,  vomir;  vfr.  racher^  vpr. 
racar^  wal.  racAt,  pic.  raquer  «  cracher  », 
où  figure  le  rad.  onomatopéique  rac,  qu'on 
retrouve  dans  le  nor.  hrœkia,  ags.  hrae- 
kan^  cracher.  Suff.  <î  (14  4»). 

RACOTO  (SE)  (se  rakotô)  v.  pron.  — 
Se  ramasser,  s'accroupir.  C'est  le  synon. 
de  ^agrogni. 

Je  crois  que  ce  mot  est  le  même  que 
recotù,  av.  substitut,  de  a  à  ^  dans  le 
préf.,  ra  et  re  s'employant  indifféremm. 

RADELIER,  RADELLIER  vin.  s.  m.  — 
Marchand  de  bois  de  construction.  -^  1513  : 
«  k.  Clhude  Losier,  dit  Morel,  radelier, 
20  1.  pour  29  trabz  etlSbigues  de  sapin... 
AGuillaunieGuilIot,rade//ter,31.12s.  6d. 
pour  7  bigues  ».  (Arch.  m.}. 

De  b.  lat.  l'adellum,  de  ratis,  av.  suff. 
arius  (13).  Les  bois  de  construction  ve- 
nant en  radeaux,  par  la  Saône,  le  proprié- 
taire et  conducteur  du  radeau  était  en 
même  temps  le  marchand  de  bois.  Le  mot 
était  encore  en  usage  au  xvu's.  «  Radelier, 
qui  conduit  les  radeaux.  »  (Monet). 

*RADICI  V.  radissi, 

RADISSI  (radissi);  ap  Coch.  RADICI; 
à  Lyon  radisse  s.  f.  For.  radissi  ragissi 
—  Brioche.  Le  mot  est  fort  ancien.  La 
radisse,  dans  mon  enfonce,  était  une 
grosse  brioche  de  forme  allongée,  en 
brioche  dite  de  Lyon.  Le  mot  a  encore  co 
sens  dans  nos  campagnes.— -1573  1"  mai  : 
«  A  été  ordonné  prier  M.  le  Gouverneur 
faire  défense  aux  boulanger?^,  pâtissiers  ei 
autres  de  la  Ville,  de  cuyre  aulcunes 
miches,  tartres,  radisses,  pastez.  bugnes, 
chaudellets,  cachemuseaulx,  craquelles  et 
autres  semblables  sortes  de  pâtisseries  où 
il  se  consomme  une  grande  quantité  de 
farine  passée,pendant  trois  mois  prochains, 
sous  peint  de  gros.se  amende  arbitraire.  /> 
(Arch.  m.)  —  «  Radice,  sorte  de  gâteau  que 
font  les  pâtissiers,  dites  brioche.  »  (Mo- 
lard,  1803).  —  -  Le  pain  d'amonition  sem- 
blera de  radisse  ».  (Et.  Blanc,  1815)  En 
Morvan  la  radiche  est  une  «  galette  dont 
la  surface  est  frottée  de  beurre  et  sur  la- 
quelle on  trace  des  raies  ».  (Chambure). 
Le  vx.  pic.  rasis  «  gâteau  »,  dans  un  texte 
de  l'Artois,  du  xiv«  s.  (Du  G.),  me  semble 
leméme  que  le  for.  ragissi.  M.  de  Ghamb. 
cite  une  ordonnance  de  1704  où   le  mot 

40 


Digitized  by 


Google 


338 


RADO 


radiche  signifie  «  brioche  des  Rois  »,  sans 
indiquer  la  ville  où  Tordonnance  fui  prise. 
Badïcem,  par  le  vpr.  radits,  se  prêterait 
à  la  forme,  d'autant  plus  que  le  for.  ragissi 
paraîtrait  fait  sur  for.  i-agi  «  racine  ». 
mais  la  dérivât,  de  sens  est  inadmissible. 
Mon.  dit  bien  que  radissi  vient  de  l'it. 
radice  «  parce  que  ces  brioches  avaient 
la  forme  d'une  rave  ».  Mais  radice  signifie 
non  pas  «  rave  »,  mais  «  radis  »,  et  il  est 
assez  absurde  de  suppo.ser  que  ces  brioches 
fussent  faites  en  forme  de  radis,  ou  môme 
de  rave.  —  M.  de  Ghamb.  lit  dans  radiche. 
radicula  «  parce  que  le  gâteau  est  fait 
avec  des  raclures  de  la  pâte  ».  Mais  radi- 
cula donnerait  radille,  et  d'ailleurs  ne 
signifie  pas  «  raclures  »,  mais  t  petite 
racine  ». 

Je  crois  que  la  forme  du  Morv.  peut 
cependant  donner  la  clef  de  Tétym.,  mais 
par  un  'radalicia  (pour  radiaticia),  de 
radiata  (en  m.  lat.  rarfa  =  raie).  La  ra- 
diche du  Morv.  est  en  eff'et  un  gâteau  rayé^ 
et  l'on  peut  admettre  que  notre  radisse 
ftait  à  l'orig.  une  tarte  rayée,  comme  le 
sont  nos  tourtes,  à  l'aide  de  minces  bâton- 
nets de  pâle,  posés  sur  la  confiture.  On 
aurait  eu  ra(d)aticia  (139),  raadicia, 
(136),  raadissi  (54  !<>),  réduit  à  radissi. 
De  «  tourte  »  le  sens  aurait  facilem.  passé 
à  d'autres  espèces  de  gâteaux.  Sur  la 
format,  cp.  vpr.  raiada  «  raie  »,  qui  peut 
aussi  donner  raiadissi,  réduit  à  riadissi 
radissi.  Sur  le  sens  cp.  vin.  torche,  pain 
en  forme  de  tresse,  et  In.  iourte,  gâteau 
trei  Hissé. 

Le  vfr.  radise,  sorte  d'épice  {Roman 
d'Alixandre)  ne  doit  pas  être  rapproche  et 
vient  de  radicem^  mais  ce  me  semble,  par 
le  pr.  radits,  car  le  d  serait  tombé  en  fr. 
RAD0(rad6;;  à  Lyon  radée  s.  f.  Dph. 
rada  —  Averse,  pluie  abondante  et  de 
courte  durée.  «  Vèquia  ina  bonna  radô, 
voici  une  bonne  averse  ». 

Du  vfr.  et  vx.  pic.  rade  «  rapide  »,  esp. 
raudo,  de  r9,p(i)dum,  Cp.  sapidum  deve- 
nu sadCf  vapidxmi  devenu  fade,  et  maie 
hahitum,  malade.  Au  rad.  s'est  ajouté  le 
suff.  fl,  passé  à  6  {\),  d'a/a.  Sur  le  sens 
cp.  e.sp.  raudal,  torrent.  On  pourrait 
songer  à  le  rattacher  à  fr.  randon,  du 
vha.  rand,  mais  la  dénasalisal.  d'une  voy 
est  si  rare  chez  nous  (c'est  le  contmire 


qui  se  produit)  que  je  n'ose  faii-e  ie  rtp 
prochem. 

RADOUÉRI  (radouôri)  s.f.  Dph.  raduri, 
pr.  radouiri,  fr.  radoire,  pavese  râdon^ 
gén.  razoïa  —  Règle  ou  rouleau  qu'on 
passe  sur  une  mesure  de  giain  pour  la 
niveler. 

De  *rada(t)oria,  de  radere.  Chute  de  / 
(135).  Le  ch.  de  oria  en  oire,  passé  à 
ouéri  est  d'oil.  La  vraie  forme  est  le  dph 
raduri  (37). 

RADOUÉRI  (radouérf  tiissyl.)  v.  a. — 
Passer  le  rouleau  ou  la  règle  sur  une 
mesure  de  grain  pour  la  niveler. 

De  radouéri,  subst.,  av.  sufT.  t,  engen 
dré  par  l'yotte  d'oria  dans  "radatoria, 

•RAFATAILLI  (rafatalhi);  à  Lyon  ra/a- 
taille  s.  f.  coll.  Dph.  rafataille,  lim. 
refatalho  —  terme  péj.  «  Objets  de  peu 
de  valeur;  guenilles.  Kn  Langued.  rafa- 
taille; en  Rouergue  rafataillo:  à  Si- 
Etienne,  de  matrua  rafardaly  ».  (Coch.)  — 
Le  sens  est  plus  étendu  que  ne  l'indique 
Coch.  ;  tout  ce  qui  est  de  pire  qualité,  tout 
ce  qui  est  de  rebut  est  de  la  rafatailli  : 
objets,  aliments,  et  jusqu'aux  personnes. 
For.  rafataille  rafardaille,  débris,  choses 
de  peu  de  valeur;  Neuchâtel  raffataille, 
même  sens.   Piém.  rafataja,  marmaille. 

On  songe  au  vha.  fas,  paquet;  esp. 
hato,  port.  fatOy  habits;  pr.  fato,  chiffons. 
Au  rad.  se  serait  ajouté  le  suff.  péj.  et 
coll.  aille,  et  préposé  le  préf.  réitérât,  ra, 
par  analog.  av.  rebuts,  regrats.  L'idée 
primit.  serait  donc  celle  de  «  guenilles  », 
que  lui  attribue  spécialem.  Coch.  De 
\  guenilles  »  le  sens  serait  dérivé  à 
«  ol)jets  de  rebut  »  en  généi-al.  Get'«  étym. 
serait  appuyée  par  le  for.  rafardaille,  où 
le  rad  est  fardes,,  forme  de  hardes,  et 
par  le  vx.  dph.  rafatailli,  vieux  chiffons 
(Gharbot).  Gp.  il.  raffardellare  «  rempa- 
queter (Oudin)  ». 

RAFET  (rafé^  s.  m.  Dph.  rafet,  pr. 
rouf  eu,  Igd.  roufel  raufel  —  Râle, 
oppression,  asthme.  For.  rafet,  catarrhe, 
toux.  Pr.  roufel lo,  Igd.  raufello,  enroue- 
ment. 

De  ratjwm  =  *raf  (cp.  uovum  =.  neuf, 
viriim  =  vif).  A  raf  s'est  ajouté  le  suff. 
et  pour  caractériser  le  subst. 

RAFETO  (rafetô)  v.  n.  —  Soiiffler  ai. 
peine,  être  asthmatique,  râler.  Dph.  rafein, 
râler,  tousser. 


Digitized  by 


Google 


RAFF 


339 


Cepeiudqiit  Sarsiiiio  vé  Pelou  que  rafete. 

«  Cependant  Sftrsinieau  voit  Péteux  qui 
râle  ».  (Met.)' 

De  rafetf  av.  suff.  ô  (14  1'). 

RAFFALO  (rafalô);  à  Lyon  raffalé 
adj.  des  2  g.  —  Ruiné,  amaigri,  d'aspeci 
misérable. 

De  fr.  affaler,  terme  de  marine  «  pousser 
up  bâtiment  vers  la  côte  >,  av  prèf.  re. 
Gp.  l'express.,  très  usitée  à  Lyon  dans  le 
monde  commercial  :  c  un  homme  à  la  côte  », 
un  homme  ruiné.  Affaler  a  une  orig. 
germ.  :  néerl.  afhalen,  «  tirer  en  bas  », 
ou  nor.  fallay  holl.  vallen^  ail.  fallen, 
€  tomber  »;  angl.  to /*a// (Schel.). 

RAFFANO  (rafanô)  v.  n.  —  Souffler  en 
route,  spécialem.  à  la  montée. 

L'étym.  affanô  (v.  ce  mot),  av.  préf. 
réitérât,  va,  convient  au  sens  et  â  la  forme. 

RAFOLO  v.  rafoulô. 

RAFOLU,  USA  v.  rafoulu,  usa. 

*RAFOULO  (rafoulô)  RAFOLO(rafolô); 
à  Lyon  rafouler.  For.  rafoula,  pr.  ra- 
fouli  rafouleja,  dph.  rafagna  v.  n.  — 
Grommeler,  gronder  en  dedans.  «  Qu*as- 
te  don  à  rafoulô  comme  iquien  »,  qu'as- 
tu  donc  à  grogner  de  la  sorte?  Dph.  rafou- 
lou,  Iracassier,  ravaudeur. 

Le  rapprocliem.  du  dph  pourrait  faire 
croire  que  le  rad.  rst  raf.  Le  vfr.  a  raf- 
farde,  raillerie;  ra/fa/y/er,  moquer,  mais 
c'est  sans  doute  un  dér.  de  raffer,  saisir, 
harper;  du  vha.  reffen,  ail.  raffefi. 
Raffar lier  qqvC un  c'est  le  saisir,  le  harper, 
l'égraligner  au  moral.  Tel  n'est  pas  du 
tout  le  sens  de  rafoulô.  Peut-être  i*af  est- 
il  une  simple  onomat.  du  murmure,  du 
bougonnement.  Oiilô  serait  une  forme  du 
sufT.  fréq.  si  commun  o/o;  et  dans  le  dph. 
le  suff.  agna  serait  analogique  à  celui  de 
dph.  rifagna,  ricaner.  Le  rgt.  rofoleja 
«  grogner  doucem.  »,  en  parlant  des  porcs, 
me  parait  appuyer  la  conjecture  d'une 
onomat. 

♦RAFOULU  RAFOLU.  USA  (rafoulu, 
ttza)  ad).  —  Grommeleur,  euse  Par extens. 
grofideur,  de  mémo  fr.  gromlf^ur,  primi- 
tivem.  «  celui  qui  grommelé  »  a  pris,  par 
extens.,  le  sens  de  «  celui  qui  réprimande  ». 
De  rafoulô,  av.  .«lutT.  u  (85). 
*RAFOUR  (rafour)  s.  m.  Dph.,  br.  »yi- 
four;  s:5.-rom.  raff'or  ra fouet  rafouair, 
Vit)una/  rafo,  m.  hit.  rufurnus  —  ap, 
Cooli.  Four  à  chaux.  Ce  mot  parait  fomhé 


en  désuétude.  Je  ne  connais  en  ce  sens 
que  brulau. 

M.  Mistral  y  voit  un  composé  de  arm. 
ras^  chaux,  et  de  fourn^  four  (ce  dernier 
emprunté  par  Tarm.  au  roman).  Cette 
format,  est  en  effet  appuyée  par  le  fr, 
chaufour.  Mais  l'étym.  reste  bien  dou- 
teuse. Il  serait  singulier  que  Tarm.  eût 
précisém.  suivi  dans  les  mots  Tordre 
inverse  du  pr.,  car  le  mot  b.  breton  est 
fourn-raz,  four  à  chaux,  et  non  raz-fourn. 
Il  est  non  moins  bizarre  que  ras  soit 
i.solé  dans  les  dial.  ceU.,  qui  ont,  sauf 
Tarm.,  tiré  les  mots  signifiant  chaux  de  la 
racine  d'où  est  sorti  lat.  calcem.  Il  est 
probable  que  l'arm.  a  empruté  raz  comme 
il  a  emprunté  fourn. 

Je  crois  dono  que  notre  rafour  n'a  rien 
à  faire  av.  le  celt.,  et  que  ra  y  représente 
le  vfr.  re  ree  «  bûcher  creux  »,  et  par 
extens.  «  four  à  chaux  ».  «  E  la  perre 
taillier  et  traire  —  E  les  grans  rez  à  la 
chauz  faire  (Chron,  des  Ducs  de  Nor- 
mand., ap,  Burguy)  ».  Je  crois  aussi  que 
c'est  ce  mot  qui  a  été  emprunté  par  Farm, 
sous  la  forme  raz.  On  remarquera  que  le 
four  à  chaux  primitif  était  fait  en  forme 
de  bûclier  creux,  en  claies,  et  garni  de  terre. 
Le  rafour,  comme  le  fonrn-raz,  est  donc 
«un  four  en  forme  de  bûcher  creux  ». 
Qnant  à  l'étym  de  re  ree,  elle  est  inconn. 
Burguy  pense  qu'on  pourrait  la  rattacher 
â  rei  (?)  de  reticnlum,  en  supposant  que 
le  bûcher  était  fait  de  claies.  Il  repousse 
av.  raison  l'ags.  hreac  «  bûcher  »,  qui  au- 
rait produit  une  forme  diphtonguée. 

Il  faut  sans  doute  rapprocher  du 
s6.-rom  ra  fouet  le  norm.  (arrondissem. 
de  Vire)  rafouei,  feu  follet. 

R  AFOYAU  (rafo-yô)  s.  m.  —  Très  grand 
feu,  au  sens  péj.  «  Que  rafoyau  que  l'ôs 
fait  ».  quel  feu  énorme  as-tu  fait  (sur  un 
ton  de  reproche)! 

De  In.  foyl,  foyer,  de  focSLJ'ium^  av. 
addit.  du  suff.  tau,  d'eZ/um,  et  préposit. 
de  la  syll.  ra,  qui  parait  être  la  môme  que 
dans  rafour  et  donner  au  mot  un  caract. 
intens.  L'idée  serait  «  un  foyer  comme  un 
four  à  chaux  ». 

RAGACHE  (ragàche)  —  à  Lyon  dans 
l'express.  U?i  coup  de  ragdche,  un  coup 
de  I accroc. 

Subst.  v.  du  vfr.  ou  plus  probablem., 
vx    pic.  racacher  (Pu  C),  ramener;  pic.. 


Digitized  by 


Google 


340 


RAGA 


rch.  rattraper  le  volant;  vfr.  rachassiei\ 
même  sens;  baguais  racachiei,  ramener 
les  bestiaux  à  la  ferme;  H*«-Saône  récha- 
quer^  saisir  un  objet  au  vol  ;  lorr.  ragâcher, 
rattraper;  se  ragdcherfSe  rattraper;  de  là, 
par  dérivât,  de  sens,  coup  raccroché,  rat- 
trapé (sans  ravoir  cherché).  Racacher 
vient  lui-môme  de  'recaptfijcare,  fréq. 
de  re-captarcn  qui  a  donné  vfr.  recater, 

RAGACHOU  (ragachou)  vin.   s.   m.  — 
Gamin,   tout  jeune  homme.    Pr.    ragas 
ragach,  petit  berger,  valet  de  ferme,  gar- 
de dindons. 
Le  foltfe  vn  monsieur,  ell'i  tsturt  vn  ragachou. 

«  Elle  voulait  un  monsieur,  à  cette 
heure  elle  a  un  gamin.  »  (Bern.) 

C'est  le  vfr.  ragache,  ragage,  qu'on 
trouvé  au  xvi*  s.  au  sens  de  valet,  goujat, 
et  qui  vient  de  l'it.  ragazzo,  dont  l'étym. 
est  fort  obscure.  Diez  donne,  d'après  Mura- 
tori,  oôxi},  haillons  (??).  La  désinence  ou 
remplace  au  xvi*  s.,  en  In.,  la  désinence 
masc.  0.  Sur  le  passage  de  zzàxiY  it.  à  c/i, 
cp.  guazzo  r=  gouache, 

*RAGI  (ràji); à Paniss.  R ASI  (ràzi) ;  vin. 
RAGIE  s.  f.  For.  ragi,  dph.  ragi,  vivar, 
radzo,  gris,  de  Sopraselva  ragisch  — 
Racine.  «  Gelé  yeve  chisi  si  1res  durement 
au  pie  de  cel  ar}>re  que  les  ragies  se  vira- 
ront  totes  desus  »,  cette  eau  tomba  si  for- 
tement au  pied  de  cet  arbre  que  les  racines 
se  tournèrent  toutes  en  dessus  (Marg. 
Epistola  en  fr.). 

De  môme  que  le  vpr.  radits  montre 
l'existence  de  radïcem^  de  môme  ragi  rosi 
montrent  l'existence  d*un  ra,d(ijca,  de 
r&dicem.Ch.  de  de  en  j'ouen  a  (161  5'). 
Désinence  i  (54  2»).  Ce  reidtcem,  en  con- 
tradict.  av.  le  lat.  classique  radicem,  a 
pu  se  former  par  analog.  av.  pulicem, 
filicem,  seilicem. 

RAGIE.  V.  ragi. 

RAGOT,  OTTA  (rag6,  6ta)adj.  —  (^ourt, 
ramassé,  trapu. 

Cordô,  d'in  tuiro  lô,  pique  In  elilvau  ragot, 

«  Cordât,  d'un  auti*e  côté,  pique  un  gros 
cheval  ramassé  (comme  un  cheval  de 
charrue).  »  (Dép.) 

C'est  le  fr.  ragof,  qui  n'est  plus  guère 
usité,  mais  qui  s'est  conservé  en  pat.,  et 
dont  j'ignore  l'étym. 

RAGRÉAGE  v.  sous  ragréer. 

RAGRÉER  (ragréé)  v.  a.  —  terme  de 
constnict.  lyonn.,  Ravaler  une  pierre  eu 


la  raclant,  raccorder  les  moulures,  polir  le 
parement.  * 

Semble  bien  se  rattacher  au  fr.  gréer, 
du  goth.  ga-raidjan,  vha.  [reitjan]  €  pré- 
parer »,  mais  je  crois  que  l'idée  de  grè(s) 
«  polir  en  passant  une  pierre  de  grès  »,  a 
chassé  l'idée  primit.  Gp.  égrèyï.  L'opéra- 
tion s'appelle  ragréage  et  aussi  ragré 
ment,  où  l'idée  de  «  agrément  »  tient  aussi 
sa  place. 

R  AGRÉMENT  v.  sous  ragréer, 

♦RAÏ  V.  rayi, 

RAISIMOLLES  (rèzimôle)  RÉSIMOL- 
LES  (rézimole)  s  f.  pi.  —  Raisins  oubliés 
en  vendangeant. 

Subst.  v.  de  raisimollô  résimollô. 

RAISIMOLLO  (rézimolô  RÉSIMOLLO: 
à  Lyon  résimoller  v.  a.  It.  racimolare 
—  Grappiller  après  la  récolte. 

De  'racemB,re,  de  racemum,  plus  suff. 
roman  fréq.  olô, 

RAISINS  DE  DAME  —  Raisins  dont  les 
grains  ne  se  sonl  pas  développés  et  qui, 
tout  en  mûrissant,  sont  restés  de  la  gros- 
seur du  gros  plomb  de  chasse. 

Sans  doute  de  ce  que  l'on  a  supposé 
que  les  dames  étant  censées  avoir  la  bou- 
che plus  petite  que  les  hommes,  ces  raisins 
leur  convenaient  mieux  ;  ou  peut-être  d'une 
raillerie  à  l'adresse  des  dames  (non  les 
femmes  en  général)  qui,  pour  le  paysan, 
sont  censées  faire  la  petite  bouche. 

RAISON  NO  (rézonô);  à  Lyonraisonner 
V.  n.  —  Contredire,  faire  des  objections. 
«  Vos  pôs  t'aviso  de  raisonna  »,  ne  va 
pas  t'aviser  de  me  contredire!  »  expres- 
sion employée  par  le  supérieur  à  l'égard 
de  l'inférieur. 

C'est  le  fr.  raisonner.  Sur  la  dérival, 
de  sens,  v.  raison. 

RAISONS  RÈSONS  (rèzon  rézon)  s.  f. 
pi.  —  Injures,  reproches.  S'emploie  sur- 
tout av.  l'adj.  mauvaises.  «  Il  lui  a  dii 
de  mauvaises  raisons,  lui  a  chei*ché  de 
mauvaises  raisons  ».  Mais  on  dit  aussi 
«  il  lui  a  dit  des  raisons,  il  lui  a  cherché 
des  raisons  ».  Par  extens.  querelle. 
«  Avoir  des  raisons  avec  quelqu'un  »,  se 
disputer  avec  lui. 

Cou  jour  tôt  se  ptssil  seins  It  uioindri  mon, 

Mais  Inqueu  sié  pioupious  Ttut  conduit  en  préson. 

«  Ce  jour-là,  tout  se  passa  sans  la 
moindre  dispute,  —  Mais  aujourd'hui  six 
soldats  l'ont  conduit  en  prison  ».    fPer.) 


Digitized  by 


Google 


RAISS 


341 


C'est  le  fr.  raisons,  pris  dans  le  vieux 
sens  de  paroles.  Vfr.  araisnier  •  adresser 
la  parole  ».  Encore  aujourd'hui  en  Sain 
longe  on  dit  couramment  :  //  m*a  mis  à 
raison^  je  le  mis  à  raison  pour  il  m'a^je 
lui  ai  adressé  la  parole,  La  dérivât,  est 
celle-ci  :  «  paroles  —  mauvaises  paroles -r 
injures—  disputes  —  querelles  >.       ; 

*RAISSI  (rôssi)  s.  f.  —  Raie.  «  La 
Raissi  de  Si-Bernard,  l'arc-en-ciel.  Près 
de  Lunéville,  c'est /a  Couronne  de  St-Ber' 
nard.  Dans  d'autres  parties  de  la  Lor- 
raine, l'arc-en-ciel  est  nommé  la  Courou 
de  St-Sinaid  ».  (Goch.)  —  Le  mot  raissi 
parait  aijandonné;  on  dit  génêralem.  la 
Roa  de  sant  Bôrnôrd. 

De  vfr.  rais,  de  ru.dium.  En  passant 
au  fêm.  le  mol  a  pris  la  désinence  fém.  t, 
appelée  par  l'yolte  de  la  diphl.  au  temps 
où  elle  se  pronon«:ail.  On  a  dit  cerlaiiiem. 
raissi,  Gp.  dph.  raissiè,  rayer;  raissiy 
raie,  cannelure. 

RAIVI  (révi)  RÉVI  (révi)  v.  n.  —  à 
River.  Demeurer  tranquille,  rester  coi. 
«  Celo  bogre  d'efant  pot  pôs  révi  »,  ce 
diable  d'enfant  ne  peut  pas  rester  en 
place. 

Étym.  inconn.  Si  le  mot  répond  au  fr. 
réter  «  être  ab.sorbé  dans  la  rêverie  »,  par 
opposit.  à  «  agir  »,  le  mot  serait  ancien  et 
ne  viendrait  pas  du  fr.  rérer,  qui  donne 
rêvô;  c'est  ce  qu'il  a  donné  pour  le  sens 
propre  de  rêver,  iîairi  justifierait  l'étym. 
de  Diez  :  rahia  (pour  rabies),  raive 
«  rêve  »,  sur  lequel  aurait  été  fait  le  v. 
rai  pi,  dont  la  fin.  t  .serait  expliquée  par 
Tyotte  de  rabia.  Le  sens  de  rabia  est  fort 
éloigné  de  celui  de  rêve,  mais  il  y  a  des 
intermédiaires  qui  peuvent  expliquer  la 
dérivât.  Le  passage  serait  :  «  rêver —  être 
rêveur —  rester  sans  bouger  comme  un 
rêveur  —  rester  tranquille  en  général  ». 
Il  est  assez  reniarquable  qu'à  Morn.  rêver 
se  dise,  raità;  on  retrouve  dans  la  syll. 
init.  la  diphtongue  qui  semble  un  sou- 
venir de  Tyolte  de  rabia,  Gp.  wal.  raivi 
«  rêver,  rêvasser  ». 

RAM  (ram)  s.  m.  RAMA  s.  f.  Pr.  ram 
rame,  Igd.  ramp,  vfr.  raim  —  Rameau 
d'arbre,  spécialem.  du  bouleau.  RAMES 
s.  f.  pi.  —  Branchages  secs  piqués  en 
terre  et  auxquels  on  fait  monter  les  pois. 

De  rama,  poui  ramum,  La  forme  Igd. 
ramp  est  un  souvenir  de  rami  palmae. 


RAMA  (rama)  s.  f.  —  à  Paniss.  Mau- 
vais couteau. 

D^arma  (v.  ramelle),  av.  métath.  de  r 
(187  1*).  Malgré  la  rareté  de  la  format.,  il 
il  n'est  pas  impossible  que  ce  soit  ramella, 
,av.  chute  du  suff.  {cp.  pôrio,  de  portons). 
En  tous  cas  le  mot  alamelle,  devenu  ra- 
melle,  a  dû  exercer  une  infl.  analogique. 

RAMADI  V.  rômai, 

RAMAGI  (ramajf)  v.  n.  -  Paire  un 
grand  bruit.  «  Qu'as-le  don  à  ramagt 
comm'iquien  »,  qu'as-tu  donc  à  faire  tant 
de  bruit?  Wal.  ramag'i,  suite  de  paroles 
vides  de  sens. 

Format,  ironique  sur  fr.  ramage.  Suff.  % 
(16  ^). 

RAMAMIAUX  (ramamiô)  s.  m.  pi.— 
à  Lyon  Criailleries,  gronderies. 

Semble  formé  (par  analog.  av.  ramages 
d'une  l"^  partie  ram,  et  d'une  f*  partie 
miau  exprimant  le  miaulem.  du  chat 
(vnia-ou).  Gp.  lim.  mioounâ,  fà  sas  miaou- 
narias;  fr.  du  crû  miôner  <  se  plaindre, 
gémir  d'un  ton  dolent  ». 

^RAMASSA  (ramassa);  à  Lyon  ra- 
masse s.  f.  Dph.  ramassa  ramassi,  it. 
ramazzia  ramaccîa^  1.  Espèce  de  tout 
petit  traîneau  grossier  sur  lequel  on  s'ac- 
croupit et  que  qqu'un  pousse  pour  glisser 
sur  la  glace;  il  est  encore  plus  usité  par 
les  enfants  pour  descendre  nos  anciennes 
routes  à  pentes  rapides. 

Charbot  (1717-19)  le  tire  déjà  de  ramas, 
rameaux  d'arbre  entrelacés,  étym.  donnée 
de  nos  jours  par  Littré  et  Scheler.  Je  doute 
fori  que  les  traîneaux  aient  jamais  pu  être 
faits  en  ramures.  Ils  ont  dû  être  construits 
comme  aujourd'hui  en  madriers  ou  en 
planches.  Comme  la  ramasse  est  tellement 
petite  qu'on  est  obligé  de  s'y  tenir  ramassé 
sur  soi-même,  on  pourrait,  av.  plus  ,de 
vraisemblance,  y  voir  un  subst.  v.  de 
se  ramasser,  it.  ramm,as8are,  se  tenir 
accroupi;  ou  simplem.  le  subst.  v.  de  se 
ramasser,  au  sens  de  se  relever,  parce 
qu'on  y  culbute  souvent. 

2.  Goch.  donne  aussi  le  sens  de  «  averse, 
ondée.  En  Langued.  raniade  ».  Je  ne 
connais,  dans  ce  sens,  d'autie  mot  que 
celui  de  bourra. 

RAMASSER  —  à  Lyon  dans  l'express. 
Se  faire  ramasser,  généralem.  usitée  pour 
€  glisser  sur  les  montagnes  russes  ou 
françaises  »,  divertissement  qui  fit  fureur 


Digitized  by 


Google 


342 


RAMB 


de  1820  à  1830.  L'express,  a  persisté  bien 
longtemps  après  la  disparition  des  c  mon- 
tagnes >. 

]^e  ramasse^  traîneau  (v.  ramassa},  av. 
suff.  verb.  er. 

RAMBAT  (rambà)  s.  m.  —  Embarras, 
difflcullés  graves  «  No  z'ayans  t'ayu  bin 
du  rambat  »,  nous  avons  eu  bien  des 
difAcultôs.  Mars,  rambai  rabat,  Igd.  ram- 
bal  rambalh  ramboulh  ramboul,  pr. 
rambiuei  ranviuei  rambuei,  embrouille- 
ment, embarras,  tracas,  désordre.  It. 
rombo,  bruit,  bourdonnement;  m.  lat. 
rumbare  «  cum  strepitu  diruere,  evertere  »; 
it.  rombare  «  crêpa re,  strepere  ». 

De  pôu^ily,  faire  tournoyer,  d'où  un  b. 
lat.  'rombare,  et  rambat  par  cb.  de  om 
en  am(72,  rem.  2).  Le  pr.  rambai  répon- 
tlrait  à  un  Wombacum^  et  le  Igd.  rambalh 
à  un  'rombactdum.  Quant  au  sens,  on 
comprend  facilem.  que  de  «  faire  tour- 
noyer »  il  ait  passé  à  «  faire  tournoyer 
bruyamment,  mattre  en  désordre  »,  et  de  là 
à  «t  embarras,  difttculté  ».  Le  cév.  rabasto 
«t  embarras,  objets  de  toute  sorte  »  pa- 
raît se  rattacher  à  vfr.  rabast  (v.  rôbôtô). 
RAMBENAIT  (ranbenè)  ROMBENAIT 
ROM  BEN  AT  s.  m.  For.  rombenet  —  1. 
Buis  bénit. —  2.  Buis  en  gAnëral.Lim.  ram- 
pan  (=3  rampalm),  buis. 

De  ram,  rameau,  de  ramum,  et  benait, 
de  benedictum.  Puis  le  sens  est  dériv.  à 
huis  simplem.,  mais  uniquem.  au  sens 
d'arbuste.  On  ne  dirait  pas  ina  bula  de 
rombenait^  mais  ina  bula  de  boui(s). 

RAM  ELLA  (ramèla):  ap.  Coch.  RU- 
M  ELLA  M.  f.  Voiron  ramella  —  Mauvais 
ccniteau  rouillé,  ébréché. 

De  vfr.  alemelle  almelle,  de  /«ma, 
d'où  aremelle  (147  2«).  armelle  (pro- 
bablem.  sous  infl.  de  arme),  et  mniella 
par  métath.  de  r  (187  1»).  Alemelle  si- 
gnitte  tout  instrument  tranchant.  11  est 
probable  qn*armelle  (toujours  sous  infl. 
d'arme)  est  dér.  au  sens  de  «  arme,  d'épée  », 
et  le  mauvais  couteau  a  été  ironiquem. 
comparé  à  un  glaive.  Le  norm.  et  le  lorr. 
armelle.  lame  de  couteau,  démontrent 
rétym.  La  forme  de  Coch.  rumella  m'est 
complélem.  inconn.  Cependant  ce  n'est 
pas  un  lapsus,  car  le  mot  est  ù  sa  place 
danB  l'ordre  alphabétique. 
RAMES  V.  sous  rama. 
R  AMI  LUI  (ntmilhî):  à   Ly.m   ramilin' 


V.  a.  —  Ramasser  ce  qui  reste.  Tons 
ramilli  los  perus,  «  nous  avons  ramassé 
les  dernières  poires  ».  A  Lyon  ;  «  Passe 
moi  voire  le  plat  que  je  le  ramille  •  que 
je  ramasse  tout  ce  qui  reste. 

De  fr.  et  In.  ramilles  t  petits  branchages 
('ramicula,  de  ramum)  »,  av.  sufl*.  • 
(15  4').  L'idée  est  celle  de  ramasser,  après 
les  grosses  branches,  les  petits  bran- 
chages. 

RAMO  (lamô):  à  J^yon  ramer  v.  a.  — 
Dans  la  loc.  /îamrî  de  pets,  ramer  des 
pois,  placer  des  bi-anchages  secs  pour  faire 
monter  les  pois.  «  .T*aurais  mieux  fai* 
d'aller  ramer  des  pois  »  se  dit  à  Lyon 
pour  dire  qu'on  aurait  mieux  fait  de  ne 
pas  se  lancer  dans  telle  affaire. 

De  In.  rama.  av.  suff.  n  (14  3«). 

RAM  PEAUX  (ranpô)  dans  Texpress. 
La  diumaini  dous  Rampeaux,  \e  di- 
manche des  rameaux.  Vpr.  ram^palm. 
rameaux,  dph.  rampai^  Vionnaz,  ranpo 
rameau  qu'on  porte  à  la  procession  le 
dimanche  des  rameaux. 

De  ram(i)  paldnae).  Vocalisât,  de  / 
(121  2"*);  d'où  rampati,  qu'on  écrit  rawi- 
peaux  par  fausse  analog.  av.  le  saff. 
&'ellum. 

RAMPELLO  (ranpélô)  v.  a.  —  Mur- 
murer, grogner.  «  Je  ne  vos  ai  jamais 
rampello  quand  vo  m'aides  commando 
quoque  i'in  »,  je  n'ai  jamais  murmaré 
quand  vous  m'avez  demandé  quelque 
chose.  (Par.  Co»idr.) 

Dtî  vpr.  rampelar,  appeler  en  battant 
du  tambour,  et  aussi  grogner,  murmurer, 
gronder.  Rampelado,  roulem.  du  tam- 
bour; rampelin,  grognon.  La  dérivât,  est 
celle-ci  :  rampel  =  <  rappel  »,  puis  c  ré- 
clamation »,  puis  «  murmure  ».  Quant  à 
rampelar,  c'est  appellare,  av.  préf.  re. 
et  nasalisât,  de  a.  qui  ss  rencontre  qqfois 
devant  une  labiale  (184  7*,  rem.  3). 

RAMPOGNEAU  (ranpognô)  s.  m.  - 
Coureur  de  nuit,  tapageur. 

De  fr.  ramponner,  s'enivrer',  formé  lui- 
même  sur  le  nom  de  Jtamponneau  célèbre 
cal»aretier  de  Paris.  Suff.  eau,  d'ellum 
(32).  Le  mouillem.  des  nasales  et  de^ 
liquides  se  rencontre  souvent  sans  raison 
apparente. 

F=tAMPOT  (ranpô)  s.  m.  —  Jeu  d'enfante, 
qui  se  joue  av.  des  gobilles  et  à  l'aide  de 
trous  en  forme  de  petites  coupes,  au  nora- 


Digitized  by 


Google 


RANA 


343 


bre  de  neuf,  que  Ton  fait  dans  la  terre. 
Jouer  au  rampot. 

La  2«  partie  du  mot  est  pot  «  trou  en 
terre  »,  mais  la  1"  partie  est-elle  rang 
(rangs  (de)  potsjf  Cp.  for.  rangi franchi^ 
jeu  qui  se  joue  av.  des  ra«gées  de  cailloux. 
Ou  bien  ram  sei*ait-il  le  préf.  ra  nasalisé? 
Cp.  Vosjçes  rempeau  pour  r appeau 
«  appeau  »  (v.  Maillant  à  rèpiot)  et  béarn. 
rampèu,  lorr.  rampeau  «  coup  du  2* 
joueur,  égal  à  celui  du  1"  »;  rampèu  est 
pour  rapèu  =  rappel,  Vfr.  rampeau, 
«  î"  coup  de  la  partie  de  quilles  qui  se 
joue  en  2  coups  ». 

RANA  (rana)  s.  f.  —  1,  Salamandre. 
2.  Grenouille,  jouet  d'enfant. 

De  rana. 

RANCHÊ  (ranchô)  s.  m.  For.  ranchët 
—  Retour  de  froid,  après  une  période 
douce  pendant  laquelle  on  pouvait  croire 
Thiver  terminé.  «  O  v-è  in  bon  ranchet, 
voici  une  bonne  recrudescence  de  froid  ». 

Partie,  passé  «  substantivé  *  de  vfr. 
renchoir  (re-incadere),  faire  une  rechute, 
retomber.  Cheoir  en  vfr.  avait  un  partie. 
chaeit  cheeit,  qui  a  dû  facilem.  se  con- 
tracter en  cheit  chet  passé  à  chë.  C'est 
'cadectus,  comme  collectus.  Cette  étym. 
m'a  été  suggérée  par  M.  Ghaban. 

'RANCHI  (ranchi);à  Lyon  ranche  s. 
f.  Pic.  ringue  —  Rangée  d'objets.  Ina 
rinchi  de  vigni,  un  rang  de  ceps;  de  ran^ 
rhif  en  rang. 

Mellen  not  lui  de  ranchi. 

«  Mettons-nous  tous  en  rang.  »  (vx  noël). 

Forme  fém.  de  vfr.  reng^  vpr.  renga^ 
av.  passage  de  ^  à  cA  par  la  tendance  des 
consonnes  fln.  à  se  durcir.  Rien  de  plus 
commun,  du  reste,  que  ces  formes  qui 
vont  par  couples,   masc.  et  fém. 

RANCURO  (se  rankurô);  vin.  SE  RAN- 
CURA  V.  pron.  It.  rancurarsi  ^  Sécha 
griner,  concevoir  de  la  rancune,  se 
plaindre. 

Allen  vers  It  ptrocht, 
Sonnt  uoutrou  curt. 
Si  n'a  Yélu  M  frochi, 
S'en  pourritft  rancura. 

«  Allons  à  la  paroisse  —  Appeler  notre 
curé.  —  S'il  a  déjà  pris  son  surplis,  — 
Il  pourrait  s'en  fâcher  (de  ce  qu'on  l'ou- 
bliât). »  (vx  Noël) 

De  'rancorH.re,  de  raneor.  Suff.  à 
(14  80). 

RANDOLLA  (randôla)  s.  f.  Vpr.  ran- 


dola.  Valais  randola,  piém.  randola  •-* 
Hirondelle. 

l>*'arvLnda  pour  hirunda,  ainsi  que 
l'indique  le  vfr.  aronde.  Au  (héme  a  élé 
ajouté  le  suflf.  dim.  ola,  Arondolla  est 
devenu  randolla,  !•  par  ch.  de  on  en  an 
(72,  rem.  2);  2*  par  la  chute  de  a  par 
confus,  av.  Tart.  :  Parandolla,  la  randolla. 
Inutile  de  dire  que  la  double  //  dans  la 
graphie  a  seulement  pour  but  de  marquer 
le  son  bref  de  o. 

RANGO  (rango)  s.  m.  ^  Rhubarbe, 
rheunif  et  aussi  Patience,  rumex. 

Étym.  inconn.  —  Un  *i'VLm(i)cum^  forgé 
sur  mm(i)cem  donnerait  rango,  !•  par 
ch.  de  um  en  an  (47  rem.  1)  ;  2^  de  c  en  .9. 
Cp.  In.  mango,  de  manicum^  et  pr»  ran- 
goriy  de  rancorem. 

*RANQUET  (rankè)  s.  m.  Ss.-rom. 
ranko,  Morv.,  piém.  rangot  —  Râle  d'un 
moribond.  On  dit  aujourd'hui  de  préfé- 
rence lo  gorgosson;  ou  de  qq'un  qui  raie  : 
a  farfate. 

De  rhonchum,  av.  sufT.  roman  et,  Ch. 
de  on  en  an  (43,  rem.).  La  persist.  de  c 
dur  vient  de  ce  qu'il  était  final.  D'où 
ronk-et  ranquet. 

RAPAMAN  (rapaman):  à  VWWv,  râpe- 
main  s.  m.  —  en  général  Bardane,  lappa 
minor;  à  Lyon,  Villefr.  Gratteron,  gal- 
lium apparine. 

De  râpa  «  r&pe  »  et  Yl^an  «  main  >.  On 
sait  que  la  hardane  a  des  fruits  crochus 
(à  Lyon  calottes),  qui  s'attachent  aux  vête- 
ments, aux  cheveux  et  que  le  gallium 
a  sa  tige  et  ses  feuilles  garnies  au  revers 
de  petites  dents  recourbées  assez  dures 
pour  faire  saigner. 

RAPI  V.  rôpL 

RAPiALO  (SE)  (se  rapialô  tri.ssyl.)  v. 
pron.  —  Se  refaire,  se  rattraper.  Au  flg. 
rengraisser  après  une  maladie. 

Formé  sur  rapia(t),  av.  suflf.  dim.  alo 
pour  olù,  à  cause  de  la  tin.  du  thème  en  a, 

RAPIAMUS  (rapiamus)  trissyl.)  s.  m. 
—  Avare, grippe-sou,  usurier.  Fnire  rapia- 
mus, saisir,  voler,  emporter. 

D'après  M.  Mistral  et  qq,  autres,  tiré 
de  la  préface  de  la  messe  de  noël.  qui 
n'en  est  certainem.  pas  coupable.  Voici  le 
passage  :  «  Vere  dignum  et  justum  est... 
ut  dum  visibiliter  Deum  cognoscimus,  per 
hune  in  invisibilium  rapiamur  ».  On 
voit  que  ce  n'est  pas  même  le  sens  littéral 


Digitized  by 


Google 


344 


RAPI 


de  Tapere.  —  Rapiamus  est  un  mot 
plaisant  forgé  par  les  clercs  (sur  Timpér. 
de  rapere),  comme  qq.  autres  mots  qui 
n'ont  pas  passé  dans  le  populaire,  tels  que 
un  atque  pour  celui  qui  a  la  manie  d'argu- 
menter, etc.  Rapiamus,  qui  est  analogue 
h  rapace,  a  été  appliqué  facétieusem.  au 
sens  de  «  ravir,  saisir,  voler  ».  Une  autre 
locut.  de  ce  genre  est  le  barbarisme  ra- 
sibus,  formé  sur  rasum,  et  que  le  peuple, 
à  Lyon,  applique  entre  autres  dans  la 
locut.  censée  latine  rasihus  nettoyô,  pour 
*  ruiné  à  fond  ». 

RAPIAT  (rapià)  s.  m.  —  Homme  avide, 
usurier,  grippe- sou. 

Contient  le  rad.  rap,  de  rapïo,  av.  suff. 
at;  ou  d'orig.  germ.  b.  ail.  rsipe»,  vx 
angl.  to  rap,  ail.  raffen,  rafler,  saisir, 
emporter;  it.  arrapare,in.  arrapô,  saisir; 
esp.,  port.,  pr.  7^apar,  piller.  La  même 
racine  indo-européenne  existe  donc  dans 
le  lat.  et  le  germ.  La  format,  d'un  subst. 
sur  l'impérat.  d'un  verbe  est,  je  crois,  peu 
normale;  cependant  elle  expliquerait  ici 
Tyottede  rapiat  (cp.  d'ailleurs  rapiamw*, 
barbari.sme  popul,,  formé  évidemm.  sur 
l'impér.  de  rapio).  D'un  autre  côté,  la 
persistance  de  p,  au  lieu  de  son  ch.  en  r, 
serait  as.sez  extraordinaire,  tandis  que  p 
méd.  germ.  persiste  ordinairem.  (cp.  vfr. 
guiper,  de  weipan\  escraper,  de  schra- 
pen).  Peul-ôtre  le  plus  vraisembl.  est-il 
l'orig.  germ.,  av.  qq.  infl.  qui  a  déterminé 
rinsert.  (d'ailleurs  si  fréquente)  du  yotte, 
par  ex.  l'infl.  du  mot  comique  rapiamus. 

RAPI  AU  (rapiô);  à  Lyon  rappean  s.  m. 
For  râpai,  vfr.  rapeau  —  Appeau. 

De  re-appellRre  =  rappela,  d'où  un 
.subst.  V.  rappel,  devenu  rapiau  par  ch. 
de  el  en  taw,  comme  vfr.  cotel  devenu 
cotiau  (V.  ce  mot). 

RAPI  AU  DE  (rapiôde  trissyl.)  s.  f.  — 
à  Lyon  Action  de  gri vêler,  de  marauder. 

Subst.  V.  de  rapiauder, 

RAPIAUDER  (rapiôdé  trissyl.)  v.  a.  — 
k  Lyon  Griveler,  faire  de  petits  vols, 
marauder. 

Contient  le  rad.  de  rapi'o,  av.  suff.  péj. 
ntider. 

•RAPILLAT  (rapilhà)  s.  m.  Pr.  ra 
paioun^  gasc.  rapalhoun  —  Pente  fort 
rapide,  scabreuse.  «  0  que  rapillat,  oh, 
quelle  pente  dure  à  monter!  » 

De  grapillx,  grimper,  av.  suff.  a/,   et 


aphér.  de  ^  init  (1M8*).  Cest  ei^actem. 
Tin  verse  de  ce  qui  s'est  produit  pour  le 
fr.  [fj]renouiUe,  de  ranucula.  Héme 
transformât,  dans  rapillat  €  grimpereaa  > 

RAPILLAT  (rapilhà)  s.  m.  —  à  S« 
Mart.,  Yzer.  Grlmpereau,  cerlhia. 

De  rapilhi,  grimpar,  av.  suff.  at.  à 
cause  de  l'habitude  de  l'oiseau  de  grimper 
le  long  des  troncs  d'arbre  pour  chercher 
les  insectes  cachés  dans  l'écorce.  Même 
idée  dans  le  nom  fr. 

RAPPILLI  (rapilhf)  v.  n.  —  Griveler. 
grappiller. 

Le  même  que  grappillï  l,av.  chute  de  ç 
init  (186  8»). 

2.  Grimper.  Vivar.  rapiya. 

Probablem.  le  même  que  grappill'i  2. 
av.  même  chute  de  g.  Cependant  il  se  peut 
que  rappilli  ait  été  fait  sur  le  rad.  rap 
(v.  r6pi6),  av.  suff.  fréq.  ill't. 

RAPSODAGE  (rapsôdaje)  s.  m.  —  Ré- 
paration, raccommodage.  Sens  péj.  S'em- 
ploie beaucoup  dans  l'industrie  du  bâti 
ment.  «  Ce  ne  sont  que  des  rapsodages  », 
ce  ne  sont  que  des  rèpai'ations  sans  valeur. 

De  fr.  rapsoder,  av.'  suff.  coll.  açe, 
d'aticum. 

RAPSODER  (rapsAdô)  v.  a.  —  à  Lyon 
Raccommoder,  réparer,  quel  que  soit  daii- 
leurs Tobjet  dont  il  est  question.  Sens  péj. 

Je  crois  que  c'est  'rapiéçauder,  forme 
sur  pièce  f  passé  à  rap*çauder  par  chut^ 
de  la  prot.,  el  écrit  communém,  rapsoder 
sous  infl.  du  mot  savant  rapsodie, 

RAQUETTA  (rakôta)  s.  f.  Lim  roqueto 

—  Crécelle.  Goch.  ne  donne  que  le  sens 
d'instrument  pour  jouer  à  la  paume,  qui 
est  le  sens  fr. 

De  l'onomat  rac,  av.  suff.  dim.  etta. 
L'onomat.  rac  est  très  imitative. 

RASA(raza)  ROSA  (r6za);  à  Lyon  rase 
s.  f.  Vfr.  rase  raise,  vpr.  rasa,  m.  lat. 
rasa  —  Rigole,  fossé  pour  l'ecoulem.  de 
l'eau.  À  Lyon  se  dit  du  ruisseau  qui  jadis 
était  au  milieu  de  la  rue.  Coca,  ajoute 
«  ravin  ».  Je  crois  qu'il  n'est  employé  dans 
ce  sens  qu'av.  l'idée  d'écoulem.  d'eau  habi- 
tuel. A  Paniss.  rôsa,  petite  rigole  pour 
l'arrosem.  des  prés.  Vpr.  rasa,  fossé.  Alp. 
raso,  fossé,  rigole  séparant  2  propriétés. 

—  1559  :  «  Seront  tenuz  iceulx  priffacteurs 
faire  les  gargolles  et  rases  pour  vuyder 
les  eaux  pluvyalles  et  boueâ   dans  ledit 


Digitized  by 


Google 


RASI 


345 


Rosne  ».  (Adjwl,  p.  achèvem,  du  Pont  du 
Rosne), 

Orig.  germ.  Nor.  rds,  cours,  canal  ;  rdsa, 
courir  innpétueusem.;  ags.  raes  «  cursus, 
impetus  >.  Le  b.  lat.  ragium  ragia  «  fossé, 
rigole  »  ne  doit  pas  être  rapproché  et  doit 
se  rapporter  à  radium  radia  Radiare, 
dans  le  Igd.  et  le  cat.  a  pris  la  signiûcat. 
de  «  couler  ». 

RASI  V.  ragi, 

RASION  (razion)  s.  m.  —  à  S*-Marl., 
River.  Pelures  de  raves.  On  les  fait  sécher 
sur  des  cordes  pour  les  manger,  l'hiver, 
assaisonnées  au  beurre. 

De  ra^um,  av.  suff.  on  et  in  sert,  si  fré- 
quente de  yotte.  Rasion  «  râtissure  [de 
raves]  ».  Il  semble  au  premier  abord  qu'il 
s'agisse  du  suff.  ion  (mansionem,  lectio- 
nem,  etc.),  mais  dans  ce  cas  le  mot  eût 
été  fém. 

RASO  (razô)  s.  f.  —  Parcelle  de  terrain 
en  pente,  soutenue  par  des  murs.  Dans 
certaines  parties  du  Lyonn.  quantité  de 
vignes  sont  ainsi  disposées  par  étages. 

De  ra*am,  ras,  av.  suff.  a,  d*ata  =  6 
(1).  Ina  rasô,  c'est  un  terrain  en  pente, 
qui  a  été  nivelé,  «  mis  à  ras  ».  Gp.  arra^ 
ser  terme  de  maçonnerie  pour  «  niveler  »  ; 
arr€ise,  rang  de  maçonnerie  nivelée. 

RASOT  (razô)  s.  m.  Creux,  ravin,  rigole. 
Ce.  mot  est  fréquent  dans  les  anciens  ter* 
ri  ers. 

Le  même  que  rasa  (v.  ce  mot),  av.  suff. 
dim.  ot. 

RAT  (rÀ)  s.  m.  —à  Lyon  Caprice,  lubie. 
Avoir  un  rat;  être  de  mauvaise  humeur. 
Se  di».  aussi  d'une  serruçe  qui  tantôt  fonc- 
tionne, tantôt  ne  fonctionne  pas. 

De  fr.  rat,  mais  la  dérivât,  du  sens  est 
bizarre.  Peut-être  l'idée  est-elle  d'un  rat 
dans  le  cerveau.  Gp.  fr.  popnl.  Avmr  une 
araignée  dans  le  plafond  (cerveau) . 

RATA  vin.  s.  f.  —  Part  proportionnelle. 
1521  :  «  En  obligeant  les  biens  communs 
et  les  leurs,  chascun  por  sa  rata  et  por- 
cion  ».  (Reg.  cons,)  Wal.  rdle  «  propor- 
tion, taux  »;  angl.  rate  «  taux  »,  it.  et 
piém.  raia,  part,  portion. 

Mot  savant,  do  rata  (sous-entendu 
parte),  d'où  est  venu  %rrorata.  Le  scribe  a 
fait  de  rata  un  subst.  fr. 

*RATA  (rata)  s.  f.  —  Petite  dent  d'en- 
fant.   S'emploie    habituellem.    av.    Tadj. 


petita.  «  Fé  don  véire  le  petites  rates  », 
fais  donc  voir  tes  petites  dents! 

Rata  est  pour  dint-de-rata,  dent  de 
souris,  toute  petite  dent  qui  grignote.  Jo 
ne  sais  si  le  conte  fait  aux  petits  enfants 
et  que  cite  Béronie  a  pu  contribuer  au 
choix  de  cette  image.  On  leur  disait  que 
s'ils  mettaient  leurs  dents  de  lait  dans  un 
trou  de  mur,  les  rats  viendraient  les 
prendre,  et  que  celles  qui  leur  repousse, 
l'aient  seraient  petites  et  blanches  comme 
des  dents  de  souns. 

RATA  (rata)  ;  à  Lyon  rate  s.  f.  —  Souris. 
Se  trouve  dans  Yzopet  III  :  «  De  la  rate  et 
de  la  renoille  ». 

Dztiné  011  n*a  vu  StrmtgDota 
Se  ilrola  ni  se  degtcit. 
V  est  un  plazi  de  li  vai  prindre  un  tsat, 
Et  poaa  li  vei  bailli  'iia  rata  / 

€  Jamais  on  n'a  vu  une  fille  de  S*-Ro- 
main  —  Si  plaisante  ni  si  dégagée.  — 
C'est  un  plaisir  de  lui  voir  prendre  un 
chat,  —  Bt  puis  de  lui  voir  donner  une 
souris  ».  (La  Couzonnaise,  chans.). 

De  rat,  av.  désinence  fém.  a  (53  1*). 

RATABOU  (ràlàbott);  à  Paniss.  RÊTA- 
BOU  s.  m.  —  Arrête-bœuf,  ononis  pro- 
currens  et  spinosa. 

Composé  de  ai'rêia  (d'arre^d)  et  hou, 
bœuf.  L'aphér.  de  ainit.  ne  paraît  pas  due 
à  une  confus,  av.  l'art.,  car  alors  ratahou 
serait  fém.:  Yarrêta-hou,  la  rêtabou.  Une 
fois  a  tombé,  la  prot.  init.  s'est  durcie  en  a, 

RATACONNER  (ratakônô)  v.  a.  Vfr. 
rataconer,  pr.  retacouna,  it.  raltaconare 
—  à  Lyon  Faire  de  très  grossières  re- 
prises (à  un  bas),  de  grossiers  raccommo- 
dages. It.  rattaconare,  sarde  retacconai, 
mettre  des  pièces  aux  souliers  (sens  primi- 
tif), snv.  retacoena,  raccommoder  gros- 
sièrem. 

De  fr.  iaconner,  av.  suff.  réduplicat.  ra, 
qui  a  pris  un  sens  simplem.  péj.  Rata- 
conner,  à  l'origine,  c'était  mettre  une 
2«  fois  des  tacons. 

♦RATAPENNA  (ratapèna)  s.  f:  Dph. 
ratapena,  pr.  ratepenado,  for.  ratapenna^ 
gén.  rattopenùgo  —  Chauve- souris. 

De  rata  «  souris  »  (de  rat)  et  penna 
(fr.  penne)  «  plume  »  Le  mot  primit,  était 
évidemm.  rale-à-pennes,  mais  le  mot 
penne  étant  perdu,  le  composé  s'est  con- 
dansé  en  simnlc  nom  fém.  nuauel  on  a,  en 

41 


Digitized  by 


Google 


346 


RATA 


coubequeuce,    appliqué    la  désiueiice    du 
siug.  fém. 

'  RATAPLANA  (ràtàplàna)  s.  f.  Vivar. 
rataplana  —  à  Morn.  Chauve-souris. 

Currupt.  de  ratapenna^  sous  rinll.  de 
planer.  Le  mot  de  penîia  etaut  perdu,  on 
n'eu  a  plus  compris  la  siguiticat.,  et  ou  a 
compris*  souris-qui-plane ,  quoique  d'ail- 
leurs rataplana  fut  dans  ce  seus  uu  mot 
mai  compose,  et  quoique  la  chauve-souris 
lie  plaue  pas.  Mais  le  paysau,  ayant  en- 
tendu parler  «  d'un  oiseau  quip/ane;  »,  en 
a  conclu  que  «  planer  »  signillait  «  voler  », 
et  valait  mieux,  étant  plus  savant.  Dans 
sa  pensée  ra<<ii>/ana signitie  donc  siinplein. 
«(  souris  qui  vole  ». 

R ATAR  (ràlâr)  ROTOR  (rôtôr)  ;  à  River. 
ROTAIR  (rotér);  à  Morn.  ROTUR  (rôtur; 
s.  m.  —  Râteau.  Lu  rOtôr  de  le  ckambes; 
â  Lyon  le  Hâleau  de:s  Jambes  ^ '^iiiid, 
,  Un  'raciale,  de  'raslum  ^d'où  rastel- 
lum)  rendrait  raison  de  râlâr  par  le  ch. 
de  /  lin.  en  r  (121).  Cp.  vpr.  limiiar  lum- 
dur,,  de  limitare  (neutre  de  liinitaris). 
Chute  de  s  (1^^  H")»  Le  nom  de  «  ràleau  » 
a  eiè  donne  au  tibia  à  cause  de  sa  forme 
en  biseau,  qui  a  qq.  lointaine  analogie 
av.  le  morceau  de  buis  allongé  dans  lequel 
sont  fixées  les  dents  du  rateuu.  —  La 
forme  rô^ar  est  assez  dillicile  a  expliquer. 
Peut  éire  est-ce  rôluri^  de  rastuni^  av. 
sutf.  oria^  qu'on  a  fait  passer  au  niasc. 
L'intl.  du  mot  savant  rotule  ne  parait 
guère  admissible.  Dans  la  forme  rôtair^ 
air  représente  le  sull'.  anus.  Dans  rôtôr 
rôtair  rôtur,  ch.  de  a  init,  en  6  {M);  rô- 
tôr  est  ratàr,  av.  passage  de  a  ton.  à  ô  (1). 

RATA-VOLAGI  (ratavolagi);  â  Lyon 
rate-volage  s.  f.  ;  à  Villefr.  RAT-DE-VO- 
LAQE  s.  m.  Pavese  ratœvolœ.  Val-Soana 
raiavoijri,  piem.  raiavoloira,  lorr.  (Lan- 
dremont;  rette-volante  —  Chauve-souris. 
Lurraiii,  piiu  liu  «|u'iua  rata-volagi. 

«  Lorrain,  plus  fin  qu'une  chauve-sou- 
ris. »  (Per.j 

De  rata,  souris  (de  rat)  et  de  fr.  volage 
«  qui  vole  ».  Fin.  i(54  2«).  A  Villefr.  on 
a  perdu  de  vue  l'idée  du  fém.  rate  et  on  a 
corrompu  en  ratde-tolage. 

RAT-DE-CAVE  (radekave)  s.  m.  —  1. 
à  Morn.  Cloporte. 

De  ce  que  les  cloportes  habitent  les  caves. 
A  Lyon  on  dit  cochon-de-cave. 


2.  Terme  péj.  Agent  des  conlribuHoas 
indirectes. 

De  ce  que  ces  agents  visitent  les  caves 
des  débitants,  de  même  que  les  rais  qui 
les  habitent. 

8.  A  Lyon  Petite  bougie  jaune  enroulée 
en  spirale  que  les  maçons  portent  dans 
leurs  poches,  afin  de  pouvoir  au  besoin 
s'éclairer  dans  des  endroits  obscurs.  Même 
sens  en  Lim.  La  pensée  de  la  composit. 
du  mot  est  apparente,  mais  l'idée  de  com- 
parer une  lumière  pour  visiter  une  cave 
à  un  rat  habitant  cette  cave,  est  fort  bi* 
zarre.      ^ 

RAT-DE-VOLAGE  v.  rata-volagi. 

RATEAU  DES  JAMBES  v.  sous  ratar. 

'RATELLA  (ratèla)  s.  f.  —  Rate. 

C'est  le  vfr.  râtelle,  aujourd'hui  inusité, 
dim.  de  rate, 

RATI  (ràll)  s.  m.  —  Capricieux,  boudeur. 
^Oy  est  in  ratï,  c'est  an  fantasque.  » 

De  rat,  pris  au  sens  de  caprice  (v.  ce 
mot),  av.  suff.  t,  d'arius  (13). 

RATO  (latô);  à  Lyon  rater  1.  v.  a.  — 
Couper  ras,  spécialem.  les  cheveux.  «  Je 
me  sueis  fait  rata,  je  me  suis  fait  couper 
les  cheveux.  » 

De  fr.  ra(s),  lorsque  déjà  s  ne  se  pro- 
nonçait plus,  av.  Tinfi.  de  rat.  Ratô 
«  tondu  comme  un  rat  ». 

2.  V.  n.  —  Exprime  l'action  du  chat  qui 
guette  un  rat. 

De  rat^  av.  sufT.  d  (14  !•). 

*RAVANIO  V.  ravoniau. 

*RAVI  (ravi)  adj.  -  Se  dit  d'un  objet 
surpris  par  le  feu,  en  pariant  de  rùts,  par 
exemple. 

De  'rapire  pour  rApere.  Ch.  de  p  en  o 
(140).  Le  sens  est  très  exactem.  celui  de 
fr.  saisi  :  «  un  rôti  saisi  par  le  feu  », 

*RAVICOLO  (ravikold)  v.  a.  Pr.  revis- 
coula,  dph.  reoigoula,  ap.  Mistr.  ;  revi- 
cola,  ap.  Charb.;  cat.,  vpr.  reviscolar  — 
Raviver,  rendre  de  la  vigueur. 
Pouai  titiMtceviiit  le  b6illeft 
Qui  i'tyaot  ravicolau, 
«  Puis  apercevant  les  jeunes  filles  — 
Qui  lui  avaient  rendu  la  vigueur  * .  (Chans, 
de  Revér.) 

Non  de  vigorem^  comme  le  vfr.  rati- 
gorer,  mais  du  vpr.  reviscolar,  fait  sur 
vpr.  vescus  viscus  (cp.  In.  vicant  c  vivant  >, 
pr.  viscard  «  plein  de  vie  »),  de  rtri,  av. 
suff.  fréq.  olar.  Chute  de  s  (166  1*  a).  Le 


Digitized  by 


Google 


RAVI 


347 


durcissem.  de  e  init.  en  a  se  rencontre 
fréquemm.,  et  ici  Tinfl.  ^^ramgoier  a  dû 
y  contribuer. 

*RAVIOULA  (ravioiila  trissyl.)  s.  f.  — 
«  Boulettes  de  chair  ou  de*  pommes  de 
terre  cuites  à  l'huile  ».  (Goch.)  —  Je  crois 
le  mot  peu  usité  aujourd'hui.  Dph.  raviola 
«  sorte  de  mets  composé  de  fromage  râpé, 
de  fromage  mou  mêlé  av.  du  persil  et  des 
œufs  durs  hachés  >.  (Gharhot) 
.  Évidemm.  de  l'it.  ratiuoli  s.  m.  pi. 
«  espèce  de  rissole  qu'on  fa't  avec  des 
herbes  hachées,  du  fromage  et  des  œufs  ». 
On  remarquera  que  la  définit,  du  mol  it. 
est  la  même  que  celle  du  mol  dph.,  ce  qui 
indique  encore  l'emprunt.  Ménage,  par 
une  étym.  fantastique,  le  tire  de  capra^  et 
Charbot  de  revoîvere  par  Til.  ravvolgere, 
envelopper,  mettre  en  feuilles,  parce  que 
ces  boulettes  sont  enveloppées  de  pAte. 
Mais  on  devrait  avoir  ravtolta.  Le  mol 
il.  viendrait-il  de  ce  qu'à  l'orig.  \e&raviuoli 
se  faisaient  av.  des  raves  f 

*RAVIRI  (raviri)s.  f.  —  Champ  semé 
de  raves. 

De  In.  rata,  rave,  av.  suflT.  in,  d*aria 
(13). 

RAVISSET  (ravisse)  s.  m.  For.  ravisset 
—  à  St-Mart.  Roitelet. 

Confusion  de  nom  av.  fr.  gravisset, 
grimpereau  (de  gravir),  av.  suflT.  et  et 
insert.  de  ss  par  analog.  av.  les  temps  tels 
que  grav[iss]ait  grov[iss]anU  où  iss  est 
inséré  comme  dans  tous  les  vb.  inchoalifs. 
K,a  chute  de  g  init.  s'explique  peut-être  par 
qq.  petite  difficulté  de  prouonciat.  (cp. 
rappilli  pour  grappilli).  La  parenté  av. 
le  fr.  ne  permet  pas  de  supposer  que 
ravisset  ait  été  formé  directem.  sur  le  rad. 
rap  (v.  rôpiô,  rapilll). 

RAVONELLE  (ravonéle)  s.  f .  —  à  Vil- 
lefr.  Baifort  sauvage,  raphanus  rapha- 
nistrum;  plante  qui  infe.«le  les  céréales. 
Lim.  rabanelo^  espèce  de  teigne  des  en- 
fants nouveau-nés. 

Le  même  queravoniau,  av.  le  suff.fém. 
au  lieu  du  sufT.  masc. 

RAVONIAU  (ravognô);  ap.  Coch.  RA- 
VANIO  s.  m.  Modén.  ravanel  ^  Radis, 
raphanus  sativus. 

De  raphsLnum,  av.  suflT.  ellum  =  iau 
(32).  Ch.  de  Z'  en  r  (144  3';,  On  a  rava- 
niau  qui  a  pu  facilem.  passer  à  rarowtau 
par  dissimil.  La  forme  ravanio  appuie 
rétym.,  aussi  bien  que  la  forme  modén. 


*RAYER  V.  rayï  vb. 

RAYI  (rayî);  ap.  Coch.  RÂi  s.  m.  — 
Sillon. 

De  *rigB,rium,  de  *rigare,  formé  sur  b 
lat.  riga,  du  vha.  rtga,  raie.  Rigarium 
donne  rèyX  :  \*  par  ch.  de  i  bref  en  è  (16) 
?•  de/7enyotte(132);  de  arium  en  t(13); 
d'où  reyl,  passé  è  rayl.  Comme  ce  dernier 
phénomène  se  retrouve  dans  le  fr.  rat>, 
vfr.  rot>,  il  a  dû  y  avoir  une  raison  :  peut 
être  infl.  de  rat\  de  radium, 

RAYI  (rayl);  ap.  Coch.  RAYER  v.  n.— 
Couler,  répandre,  en  parlant  d'un  tonneau, 
d'une  cuve,  etc. 

De  rigSLre.  Sur  la  format,  v.  rayi  subst. 
Are=ytilS2*). 

RAZEX  vin.  s.  m.  pL  —  Radeaux  dans 
le  texte  suivant  (13(X)  circa)  :  «  Item  totes 
les  raymes  qui  aduyont  los  razex,  acunes 
sonlel  piajo  »,jteip,  toutes  les  rames  qui 
servent  à  amener  les  radeaux,  aucune  ne 
paye  péage.  »  (Leide  de  VArch.) 

De  *rasellum,  de  rasum  =  rasel,  plur. 
raseus  (rasex).  Le  sens  exprime  l'idée 
d'une  chose  «  rase  »,  qui  ne  s'élève  pas 
au-dessus  de  l'eau. 

RE  préf.  av.  significat.  d'action  réitérée  : 
1»  daîis  les  verbes  :  !•  reharmô,  regotilU^ 
reglianô,  Re  a  qqfois  passé  à  ra  (v.  ra 
préf.)  20  Qq  foi  s  mais  rarem., dans  les  subst.  : 
redoux,  relait,  relêmo, 

3*  Il  est  qqfois  simplem.  explétif  :  re- 
culet,  redos. 

Du  lat.  re,  employé  au  sens  réduplicatif 
dans  la  format,  lat. 

REBOTO  (rebôtô)  v.  n.  —  Rouler,  en 
parlant  des  yeux;  ouvrir  de  gros  yeux. 
On  dit  aussi  rebotô  lo  s*iu. 

Tandzn  que  rEiitibilion,  ou  mitant  ilou  chario. 

EIn  tabulant  dAu  p\à*,rebotê  àotat  firom  x*lu. 

«  Tandis  que  l'Ambition,  au  milieu  du 
Chariot,  —  En  frappant  du  pied,  roule  des 
gros  yeux.  »  (Dép,) 

De  botâ,  bouter,  mettre,  av.  préf.  r^  au 
sens  réitérât. 

REBRICA  (rebrika)  s.  f.  —  Réplique. 
Roulun  Tout  Rnuvamft,  mais  tré  mol»  de  rebriqva 
Dou  fameui  Fécala  ly  faut  foso  fa  chiqua. 

«  Boulon  veut  dominer,  mais  trois  mots 
de  réplique  —  Du  fameux  Pécata  le  rédui- 
sent au  silence.  »  (Mén.) 
Subst.  V.  de  rehric*^, 
REBRICO  (rebrikô)  v.  n.  Vx  it.  repri-^ 
care  —  Répliquer,  av.  tendance  péj.  Pr. 

rehrica,  répliquer  répliquer  insolemment. 


Digitized  by 


Google 


348 


RECA 


('/est  le  vfr.  rebricher  rehriquei\  fait 
sur  vehriche  rebriquey  pièces  d'écritures 
que  les  plaideurs  produisaient  les  uns 
contre  les  autres  ;  de  tnibrica,  parce  que 
les  titres  de  ces  livres  de  droit  étaient 
in>primés  en  rouge.  La  dérivât,  du  sens 
est  facile;  la  réponse  un  peu  yerle  a  été 
comparée  aux  injures  des  plaideurs. 
Rebrica,  forme  méridionale,  donne  vebricô 
par  la  substitut,  du  suff.  patois  (14  4«). 

RECATA  V.  recotô. 

*RECHU,  UA  (rechn,  ua);  à  Lyon 
rechuté,  ée  —  Qui  a  fait  une  rechute,  en 
parlant  de  maladie. 

Defr.  chu,  partie,  de  choir,  av.  préf.  re. 

RECOISSES  (rekoisse)  s.  f.  pi.  —  & 
Grap.  Déchet  du  blé. 

•De  re-cjxssa  (comme  écoissons  de  ex- 
cussum  +  suff.).  Gomme  pour  écoissons, 
il  faut  supposer  une  forme  cucsum  pour 
cussum.  Ch.  de  oc  en  oi  (42  H»). 

*RECOITES  V.  recuite. 

RECOLLET  (rekolô)  s.  m.  dans  Texpress» 
Levô  in  recollet,  c*est-à-d.,  lorsque  la 
gi*appe  de  la  cuve  menace  de  déborder 
sous  la  fermentation,  ou  bien  lorsqu'on 
trouve  quMI  y  a  excès  de  rafle  par  rapport 
au  liquide  (ce  qui  pourrait  donner  au  vin 
quelque  dureté),  enlever  une  partie  de  la 
grappe,  que  Ton  presse,  et  dont  on  rejette 
le  vin  sur  la  cuvée,  en  attendant  de  la 
tirer. 

De  ^recollectum,  Gh.  de  ec  en  ei  (19); 
d'où  recolleit  et  recollet,  par  confus,  av. 
suff.  et. 

RECONDI  V.  recundi, 

RECORNILLI  v.  recrènillu 

RECOTO  (rebôtô);  ap.  Goch.  RECATA 
V.  a.  —  D*a.prè8  Goch.  t  Soigner,  empêcher 
que  ^q.  chose  ne  s'écarte  ».  En  réalité, 
aujourd'hui  du  moins,  Retirer,  cacher, 
mettre  dans  un  coin.  Montpell.  recala 
«  mettre  de  côté  »,  spécialem.  des  mets,  des 
restes  de  plats,  d'où  reçûtes  «  restes  de 
repas  »,  bons  à  être  servis  de  nouveau. 
Chùcuii  s'est  recotô  dediiis  si»  domirilo. 

«  GhacuD  s'est  retiré  dans  son  domicile.  » 
(Brey.) 

Ou  songe  2i  un  'reccoltare,  formé  sur 
re-collectum  (cp.  it.  raccolto^  concenlré» 
recueilli).  Mais  la  forme  ne  s'y  prête  pas 
al)solura.Ondevraitavoirré'cor^;(1704^). 
Jtecaptare  t  remettre  de  «(>té  »  donne 
*'-et:aUo  (cp.  pr.  recala,  cal.  necaptar,  ra- 


cheter). G'est  la  forme  de  Goch.,  mais  je 
ne  vois  pas  comment  elle  aurait  passé  à 
recôtô  [a  prot.  entr.  ne  passant  pas  à  ô),  et 
je  crains  que  le  recata  de  Goch.  ne  soit  en 
réalité  recotô  dont  il  aura,  sous  de  fausse»» 
préoccupations  étymologiques,  transformé 
les  deux  a  en  deux  6,  quoiqu'il  n'ait  cette 
habitude  que  pour  a  ton.  Je  verrais  donc 
plutôt  la  racine  cotô  «  côté  »;  recotô 
«  mettre  de  côté  ».  11  <^t  \îrai  que  costa  a 
donné  coûta,  mais  ou  a  passé  à  o  en  deve- 
nant prot.  (cp.  decotelô). 

RECRÉNILLI.  lA  (rekrénilhl.  ia);  à 
Paniss.  RECORNILLI,  lA  adj.  -  Rata- 
tiné.  Ina  vieilli  tota  recrénillia,  une  vieille 
toute  ridée. 

La  forme  de  Paniss.  donne  l'élym.  corne. 
av.  suff.  fréq.  ilti  et  préf.  re.  Dané  recréa 
niia  métalh.  de  r  (187  !•).  Cp.  vfr.  recro- 
biller  recorbiller,  de  curvum. 

RECUITE  (rekuite  dissyl  );  ap.  Goch. 
RECOITES  It.  ricotta  s.  f.  —  très  impro- 
prem.  défini  «  sorte  de  fromage»  par  Goch. 
et  Breghot.  <rest  une  soucoupe  de  lait  caillé 
et  cuit,  parfumé  de  laurier-cerise.  Les 
meilleures  se  font  à  Si»-Foy  et  à  S*«-Co- 
lombe.  En  1814.  les  bonapartistes  appe- 
laient par  dérision  la  cocarde  blanche  «  la 
recuite  ».  Je  ne  connais  pas  la  forme  recoiti. 
qui  serait  cependant  la  vraie  forme  pat. 

De  cuit,  av.  préf.  réduplicat.  re,  quoique 
la  recuite  ne  soit  pas  cuite  deux  fois. 

*RECULAI  V.  reculet. 

RECULET  (rekulè)  ;  ap.  Goch.  RECULAI 
s.  m.  —  Goch.  le  définit  assez  imparfaiteni. 
par  «  Le  blé  le  moins  pur  que  l'on  balaie 
en  le  ventant  ».  Le  reculet  c'est  le  déchet 
du  blé  que  Ton  donne  aux  poules,  qui  y 
recherchent  les  grains  mêlés  aux  détris. 

De  fr.  cmZ,  av.  préf.  explèt.  re  et  suff. 
et.  Le  reculet  est  le  dernier  blé,  celui  est 
après  l'autre.  Gp.  culot.  L'orthogr.  de 
Goch.  semblerait  indiquer  que  la  finale  «e 
prononçait  qqfois  moins  brève. 

RECULON  (rekulon)s.  m.  —  !•  Le  der- 
nier né.  20  Le  dernier  oiseaudu  nid.  Synon. 
couasson,  couarasson,  culot. 

De  cul,  av.  suff.  on  et  pi*éf.  re  (cp.  recu- 
let). Le  reculon,  celui  qui  vient  au  cul  des 
autres. 

RECUNDI  RECONDI  (rekundi  rekondi) 
V.  n.  For.  recMw^re—  Retentir,  résonner: 
par  ex.  quand  on  frappe  sur  qq.  chosâ. 

Semble, an  dépit  de  fiailes  iiTé^ulaiitét». 


Digitized  by 


Google 


REDE 


34Ï 


venir,  conimo  fr.  retentir^  d  ^  're'tinn(i)lirc 
pour  reiinnitare.  Le  ch.  de  /  en  c  est  ex, 
ceptionnel,mais  n'est  pas  saiisqq.  exemples 
devante,  w  dans  les  pat.  Gp.  vel.  Aino pour 
tino^  aquioba  pour  afuba.  Le  ch.  du  2«  t 
en  d  est  normal  (174  ?<>.  &).  On  a  rekindi, 
qui  a  pu  passer  à  recundi  recondi.  Dans 
la  forme  for.  il  y  a  eu  passage  d'une  con- 
jujîais.  à  une  autre  (cp.  sôtre  et  sorti).  On 
pourrait,  puisqu'il  faut  un  c  =  ^  le  tirer 
plus  fHciiem.  de  retunderej  mais  le  sens 
ne  s'y  prêle  guère. 

REDEIN  REDIN  (redin)  s.  m.  —  à  R.. 
de-G.  Petit  bief  pour  conduire  l'eau  à  une 
usine,  à  un  moulin,  etc. 

Élym.  inconn.  —  Je  ne  sais  si  l'on  peut 
y  voir  le  pr.  etlgd.  redent,  fissure,  faille, 
crevasse,  anfractuosité.  Le  mot  pr.  est  le 
même  que  le  vfr.  redent^  fr.  redan^  ou- 
vrage dentelé  comme  des  dents  de  scie. 
Les  crevasses  de  rocher  étant  irrégulières, 
av.  de  fortes  aspérités,  le  sens  primit.  de 
redent  a  pu  facilem.  dériver  au  sens  pr. 
Puis  du  sens  de  <  fissure,  faille  >,  le  sens 
serait  déiivé  à  celui  de  «  petite  coupure, 
peti  t  bief  » .  Dans  suèfe  de  redin,  littéralem. 
«  soif  (petit  poisson)  de  redent  »,  terme 
injurieux,  redin  a,  je  crois,  l'ancienne 
significat.  de  fissure  dans  le  roc  [servant 
de  lit  au  Gier].  Je  reconnais  que  mon 
hypoth.  est  plus  que  hasardée,  mais  je 
n'ai  rien  de  tnieux  à  oflfrir. 

REDIMO  (redimô,  à  B.-de-G.  redzimô) 
v.  a.  —  Diminuer,  réduire  —  Se  redimô; 
à  Lyon  se  rédimer  —  i*  Réduire  ses  dé- 
penses, diminuer  l'usage  qu'on  fait  d'une 
chose.  2»  S'affaiblir. 

Cepiiidtnt  lo  combat,  de  Stint-Ju»t  jusqu'à  Véza, 
De  Penche  i  Satiit-CKir,  se  redsimB  ina  brézt. 

<  Cependant  le  combat,  de  Saînt-Just  à 
Vaise,—  De  Perrache  àSahit-Glair,  s'affai- 
blit un  peu.  »  (Brey). 

De  dimô,  lever  la  dîme  (de  décima)^  av. 
préf.  réduplicat.  re.  Se  redtmô,  lever  de 
nouveau  la  dlme  sur  ses  dépenses.  Suff.  6 
(14  3»).  Le  vpr.  s  desmar,  avait  déjà  le 
sens  de  jeûner,  se  soumettre  à  des  priva- 
tions (Rev.  des  Langues  rom.  xxii, 
p.  173;. 
REDIN  V.  redein. 

REDON  DO  (redondô);  à  Lyon  redonder 
V.  n.  —  Retentir,  résonner,  faire  écho. 
Vfr.  redonder,  rebondir. 

Et  l'ugoivàr  rMtomftf 

Ou  nom  de  cou  mené,  qu'aucun  tra? àr  ne  Jonde  • 


«  Et  l'univers  relenlil  — Du  nom  decegar. 
«:on  qu'aucun  travail  ne  dompte.  »  (Roq.) 

De  fr.  redonder,  qui  est  un  mot  savant, 
et  a  été  dér.  de  son  spus  primit.  parce 
qu'il  s'est  trouvé  de  faire  ici  une  onomat. 
très  réussie.  Dans  redondô  on  a  vu  faire 
dondon,  Suff.  d(141«). 

REDOS  (redo)  s.  m.  pi.  Terme  de  char- 
penterie  lyonnaise.  Partie  du  tronc  d'arbre 
refendu  la  plus  voisine  de  l'écorce,  et  qui 
est  par  conséquent  plane  du  côté  du  trait 
de  scie  et  convexe  du  côté  opposé.  On 
l'emploie  en  palissades. 

De  fr.  dos,  av.  préf.  explét.  re, 

*  REDOUX  (redon)  s.  m.  Ss.-rom.  redou 

—  Dégel.  Lo  bon  redoux Afi  dégel  définitif, 
a  Oh  cela  vés,  y  etft  lo  bon  redoux,  cette 

fois,  c'est  le  dégel  définitif.  » 
De  fr.  doux,  av.  pref.  réitérât,  re. 
•REDRESSU  (redressa)  DRESSU  s.  m. 

—  Dressoir  pour  la  vaisselle. 

De  dressl,  dresser,  av. préf.  reetsuff.  «, 
à'orium  (36). 

*REFRAISSIÉ(refrèssié)  v.  a.—  c  Re- 
froidir. »  (Coch.)  —  Je  ne  connais  pas  ce 
mot,  qui  devait  être  refrèzï  (v.  frèsia). 

*REGIFFLO  (rejiflô)  s.  f.  —  Éclabous- 
sure.  Coch.  s'est  oublié  dans  sa  notation 
étym.  de  a  pour  la  prononciat.  6.  Suivant 
son  système,  il  aurait  dû  écrire  rejiffla. 
Je  ne  connais  que  la  forme  rejiclia,  subst. 
particip.  àQjicliô,  Coch.  lui-même  ajoute  : 
«  En  Langued.  rejicle  ».  Si  la  forme  de 
Coch.  est  exacte,  elle  a  certainem.  été  faite 
sous  infl.  de  giffle.  L'éclaboussure  a  été 
comparée  à  une  rebuffade.  Peut  être  Goch. 
a-t-il  écrit  par  lapsus  regifflo  pour  regiffla 
(rejifla),  qui  serait  un  subst.  v.  de  gif  fier, 
av.  préf.  re. 

REGIGNOUS,  OUSA  (rejignou,  ouza) 
adj.  —  Grognon,  grommeleur,  personne 
qui  rechigne. 

Du  même  type  que  fr.  rechigné,  av.  suff. 
ous,  à'osus  (35),  et  adoucissem.  de  ch  en 
j.  Probablem.  de  vha.  kinan  «  ad-ridere 
(Foerater)  ». 

REGLI ANO  subst.  —  V.  sous  reglianou 
de  pelosses. 

*REGLIANO  (reglhan6)  v.  a.  —  Glaner 
de  nouveau,  glaner  après  les  glaneurs. 

De  glenvire,  av.  préf.  re.  Insert,  de 
yotte  (t64  2%  a).  Remarquez  que  glennre 
donne  Ihénô,  maisjlorsque  gl  n'est  ni 
init.  ni  post-ton.,  il  persiste. 


Digitized  by 


Google 


350 


REGL 


REGLIANOU  DE  PELOSSES  (reglha- 
nou  de  pelôsse)  s.  m.  —  Sp  dit  ironiquem. 
d'un  homme  qui  n'a  point  de  métier,  poini 
de  moyens  de  subsister,  d'nn  propre  à  rien, 
d*nn  vagabond.  Litlér.  «  cebii  qui  glane 
pour  la  2«  fois  les  prunelles  »  (qu'on  ne 
récolte  pas).  Dans  le  bas  Bph.  on  dit  de 
celui-là  «  qu'il  a  affermé  la  seconde  ré- 
colte des  figues  ».  Roq.  emploie  la  forme 
reglianOj  qui  est  incorrecte  et  peut-être 
une  faute  typogr. 

Souvi  le,.ly  dzo-jo,  regïiano  de  peloces. 

«  Sanve4oi,  lui  dis  je,  propre  à  rien.  » 
(Brey.) 

De  reglianô,  glaner  de  nouveau,  av. 
suff.  ou,  d'orem  (34  bis), 

REGNIOLA  (regnôla  trissyl.)  s.  f.  — 
Croc,  dent  d'animal. 

Iftigrë  son  viltin  gruin  et  se  vieilles  rêgnhles, 

Choque  amtteur  rapproche  et^va  lo  cajolA. 

«  Malgré  son  vilain  museau  et  ses  vieux 
crocs,  —  Chaque  amateur  s'en  approche  et 
va  le  caresser.  »  (Mén*) 

De  rend,  gronder,  av.  suff.  dim.  ola, 
parce  que,  pour  grondf^r.  l'animal  montre 
ses  crocs  On  sait  que  le  mouillem.  de  n 
se  produit  souvent  sans  raison  apparente. 

•REGONFA  (A)  (à  regonfa);  à  Lyon  à 
regonfle  loc.  adv.  Dph.  à  regonfo  —  En 
grande  abondance,  en  surabondance.  «  Sti 
an,  0  y  a  de  z-ambricots  à  regonfa  »,  cette 
année  il  y  a  des  abricots  à  ne  savoir  qu'en 
faire. 

Regonfa  est  le  subst.  v.  de  regonfà, 
devant  lequel  on  a  mis  la  prêposit.  à, 
Cp.  à  Lyon  l'express,  c  avoir  des  abricots 
en  grande  abonde  ». 

REGONFO  (regonfô)  v.  n.  For.  Dph. 
regonfa  —  Surabonder,  déborder. 
Je  n*aiu  qu*im  pelit  tonnajr. 
Que  renonfave  ju9(qu*aiicouay. 

«  Je  n'avais  qu'un  petit  tonneau, —  Qui 
répandait  par  le  bondon.  »  (Chap.) 

Regonfô  est  pour  regonflt\  de  re-con- 
flare*  Sur  la  chute  de  l  dans  le  groupe  /7 
cp.  marneffe  pour  marnèfe{\.  ce  mot). 

REGORLOU  (regorlou)  s.  m.  —Save- 
tier. Ne  figure  pas  au  vocabulaire  de  Coch., 
mais  est  cité  dans  la  Statistiqtw  de  Condr. 
comme  du  patois  de  cet  endroit. 

C'e.st  regrollou,  av.  métath.  de  r 
(187  !•).  Cp.  goiirla  pour  groUa,  à  R.- 
de-G.  Suff.  ou  (34  fcio).  En  général,  dans 
lo  Lyonn.,  on   dit  regrolht  (v.  ce  mot). 


REGOTTILLI(regotilhî)v.n.  — âPaniss. 
Glaner  après  la  vendange. 

De  gjxita  =  gotfa,  av.  suff.  fréq.  ilhî 
et  prôf.  re,  au  sens  réitérât.  C'est  une 
métaphore.  L'idée  est  «  recueillir  les 
gouttes  »,  par  comparaison  av.  un  vasp 
qu'on  a  vidé  et  qu'on  égoutte. 

*REGRE  (regrô)  dans  l'express.  Fére 
regrë;  à  Lyon  faire  regret  —  "Rénuçrn^r. 
dégoiMer  à  faire  rendre  gorge.  «  Va  don  le 
mochl,  que  te  fas  regrë  ».  va  donc  te  mou- 
cher, car  tu  es  répucnantî  —  Dans  le  h. 
Dph.  l'express,  s'emploie  au  sens  de  faire 
pitié  :  «  Ça  fait  regret  de  voir  ce  pauvre 
malade.  »  Coch.  l'emploie  dans  ce  sens 
dans  la  Par.  Cnnd,  «  Son  pore  l'apperrevit 
et  li  fit  regret  ».  son  père  l'aperçut  et  cela 
lui  fît  pitié.  Ce  doit  être  le  sens  primit. 
€  inspirer  du  regret  ». 

REGREY  vin.  dans  le  texte  suivant  : 
1421  «  Se  plaignoit  le  dit  Guillaume  de  ce 
que,  quand  la  tour  Saint- Marcel  fut  cou- 
verte...,  tant  par  moyen  ledit  agout  comme 
par  les  pierres  et  regrey  qui  cheurent 
quant  l'en  recovry  ladite  tonr,  icellui 
Guillaume  a  souffert  grant  dommaige...  > 
(Reg.  cons.)  —  Regrey  signifie  ici  débris 
de  pierres,  de  tuiles,  etc.  ,Te  crois  me  rap- 
peler qu'en  terme  de  chaufournier,  on 
appelle  regrats  des  débris  de  pierres  qui 
n'ont  pu  se  cuire. 

Probablem.  subst.  v.,  à^ gratter,  comme 
fr.  regrat.  Les  regrets  sont  les  débris 
grattés.  Le  ch.  de  a  en  è  s'expliquerait 
par  ce  fait  que  l'on  dit  à  Lyon  regrettier 
pour  regrattier.  On  pourrait  songer  A 
grès^  mais  cette  orig.  est  moins  vraisem- 
blable, soit  H  cause  do  la  format,  (le  préf. 
re  s'appliquant  surtout  aux  verbes),  soit 
parce  que  le  mot  grès  n'est  pas  usité  en 
maçonnerie  lyonnaise. 

*REGROGNI  (regrogn!)v.  n.  —  Rechi- 
gner. A  River.  REGROUGNI  v.a.—  Re- 
buter, mal  accueillir. 

De  grnnnïre,  av.  préf.  re  au  sens  intens. 
N  s'est  mouillée  comme  dans  le  fr.  grO' 
gner, 

REGROLLU  (regrolu);  ap.  Coch.  RE- 
GROULU  s.  m.  Pr.  /7roM/«V  —  Savetier- 

De  In.  groîa,  savate,  av.  suff.  u,  d^orem 
(34  bis)  et  préf.  réitérât,  re,  amené  par 
cette  idée  que  le  grolu  ne  fait  pas  les 
savates,  mais  qu'il  les  r«-accommode.  La 
forme  de  Coch.  a  été  fabriquée  sur  groula. 


Digitized  by 


Google 


RÉGR 


351 


qui  irexiste  plus  chez  nous,  je  crois,  mais 
qui  a  existé,  notamment  à  K.-de  G.  ou  elle 
est  devenue  gourla. 

REGROUGNI  v.  regrognl. 
"■REGROULU  V.  regrollu, 
REIBO  (rêbô);  à  Lyon  roi-hoit  s.  m.  — 
Brioche  en  forme  de  couronne,  par  opposit. 
à  la  radisse,  qui  est  une  brioche  de  forme 
allongée. 

De  roi-boity  parce  que  ces  brioches  se 
faisaient  surtout  pour  servir  de  gâteaux 
des  rois,  et  qu'au  repas  des  rois  on  est 
dans  l'usage  de  crier  «  Le  Roi  boit  »  au 
moment  où  celui-ci  lève  son  verre.  En  pat. 
i't*gem  =z  rei^  et  bibit  =  bei(t)  ;  d'où  reibeit, 
pafc.sé  à  reibo  pur  subsi.  impropre  du  sutT. 
ti,  à'alum. 

REI-PETARET  (ropetarè);  à  Lyon  et 
aux  environs  ROI-PÈTERET  (roipèteré; 
s.  m.  For.  rei  yetaret  —  1.  Mâle  du  han- 
neton, ou  du  moins  hunneion  au  corselet 
plus  soyeux  et  que  les  enfants  croient  être 
le  mâle.  2.  Dans  qq.  endroits  (à  S*-Marl. 
par  ex.)  Roitelet. 

L'orig.  est  rei-petil,  petit  rei  «  petit  roi  », 
qui  désigne  le  roitelet  ou  le  troglodyte 
dans  les  dial.  d'oc.  Petit-rei  est  devenu 
petaret,  qualilicalif,  sous  inll.  de  péteia\ 
On  y  a  lu  péieur,  plus  sull".  dim.  et^  et  rei 
a  été  placé  de  nouveau  devant  le  qualifi- 
catif. Jin  réalité  rei-petaret  est  donc  rei- 
petit-rei.  Si  l'idée  de  peteur  (ce  qui  n'a 
d'ailleurs  aucun  sens)  fut  entrée  dans  la 
composit.  primit.,  on  aurait  rei^petou. 
])e  roitelet  l'appellation  a  passe  au  han- 
neton plus  soyeux  que  les  autres,  et  qui 
semblait  faire  parmi  eux  Totlice  de  roi. 

REJUINT(DE)irejuindissyl.)loc.  adv. 
dans  les  express.  Tegui  de  rejuint,  tenir 
en  réserve,  tenir  de  près,  surveiller;  betô 
de  rejuint j  mettre  de  côté,  conserver. 
«  Ce  que  fesiet  brure  le  môres  que  ne 
poyaut  tegni  gloux.  filles  de  rejuint  »,  ce 
qui  faisait  gronder  les  mères,  qui  ne  pou- 
vaient contenir  leurs  filles  (Dial.).  Voiron 
teni  de  rejui?it,  même  sens. 

Deju7ictum  =.  joint  (47,  rem.  2),  av. 
dérivât,  de  sens.  Tenir  de  rejuint,  c'est 
«  tenir  joint  [à  soi],  tenir  rejoint  ». 
*RELAIMO  y.relêmo. 
RELAIT  (relè)  s.   m.  —  à  Lyon   Petit 
lait. 

De  lait,  av.  préf.  r^,  au  sens  réitérât. 
Rei  ait  «  second  lait  ». 


*RELANQUI  (relanki)  adj.  Lgd.  are- 
langhit,  cév.  arelangui  —  <  Harassé 
(Coch.)  »  Vfr.  rclanqui  «  délaissé  »,  selon 
Borel,  mais  en  realité  «  languissant  ».  Pr. 
relenqtd,  redevenir  mou,  humide;  castr. 
se  relanqui,  rester  en  arrière,  relangui^ 
être  languissant. 

De  relanguïtum^  de  relanguere.  Le 
durcisseni.  de  ^  en  k  n'est  pas  sans 
exemple  (cp.  paganum  =  pacan), 

RELÊMO  (relômo);  ap,  Coch.  RE- 
LAI  MO;  à  Lyon  relême  s.  m.  Pr.  relam 
relame  —  Dégel.  «  Y  avait  fait  le  relême 
ce  jour-là;  les  escayés  de  bois  étiont 
mouillés  et  pleins  de  bassouille.  »  (Et. 
Blanc)  —  Pr.  deslama,  alp.  deilama,  dé- 
bàcler,  en  parlant  d'une  rivière  gelée; 
lame,  peu  serré  [en  parlant  d'un  lien]; 
pr.  relanta,  desserrer;  relambi,  relâche. 
De  'ISLma  (?)  fondrière,  bourbier.  La 
racine  indo-européenne  serait  commune 
av.  celle  du  thème  germ.  lama,  vha.  leim 
leimo,  mha.  leime,  b.  ail.  leim,  ail.  lehm, 
limon,  argile.  Le  relême  serait  la  fon- 
drière substituée  au  sol  gelé.  Le  sens  a 
pu  s'étendre  de  là  en  pr.  à  l'idée  de  lien 
desserré.  L'idée  de  «  desserrer  »,  pour  ex- 
primer le  dégel,  est  en  effet  répandue; 
<  le  froid  desserre..,  il  va  serrer  cette 
nuit  »  sont  des  loc.  très  usitées  à  Lyon. 
Dans  le  pr  deslama,  alp.  deilama,  le  préf. 
de  joue  un  rôle  intens.  et  non  oppose  au 
thème.  Dans  In.  relétne,  a  ton.  a  dû  se 
diphtonguer  en  ai  {■=.  ê)  sous  iufi.  d'oïl 
(cp.  lana  =  laine).  Je  crois  le  mot  d'orig. 
urbaine. 

Faut-il  rapprocher  de  relêmo   le   rch. 
relégner  relainer,  bavar.  aus-lenem  auf' 
leinem  «  dégeler  »?  La  présence  de  m  au 
lieu  de  n  dans  toutes  les  formes  pr.,  sans 
except.,  ne  permet  pas,  je  crois,  ce  rap- 
prochem. 
RELEVARI  V.  rele\}usa. 
RELEVUSA  (relevuza);  ap.  Coch.   RE- 
LEVARI (relevari)  s.  f.  —  Sage- femme. 
De  releva,  relever  de  couches  (cp.  rele- 
vailles),  av.  suff.  M5a  (34  bis).  La  forme 
relevari  est  sans  doute  relevatricem^  vpr . 
relevairitz. 

"RELIASSON  (relhasson)  s.  m.  —  «  On 
nomme  ainsi  une  pointe  de  fer  qui  tient 
lieu  de  soc,  et  qui  est  adaptée  à  l'araire 
par  un  lien  de  fer  appelé  morney  de  forme 
ronde.  En  Dauph.  ce  lien  est  appelé  lacei 


Digitized  by 


Google 


352 


RELO 


et  fait  parlie  du  reliassoii.  »  (Goch.)  —  Je 
ne  connais  que  le  mot  de  rilli  (v.  ce  mol) 
pour  soc,  ou  celui  de  sochi,  môme  sens. 

Le  même  que  Igd.  relhasso  «  gros  soc 
de  charrue  (Azais)  »,  av.  su ff.  on.  Relhasso 
est  un  augm.  de  relho  relha  «t  soc  »,  qui 
est  le  môme  que  notre  rilli  (v.  ce  mol). 

*RELOJO  (relôjo)  s.  m.  Vpr.  reloge, 
dph.  relogeo,  vfr.  reloige,  pr.  relogi  r*»lojo 

—  Horloge. 

C'est  horloge,  av.  aphér.  de  o(185)  et 
insert,  d'une  lettre  d'appui  dans  le  groupe 
W.  Cette  forme  reloge  appartient  à  beau- 
coup de  pat.  L'aphér.  peut  s'expliquer  par 
la  confus,  av.  l'art.:  Vorlojojo  reïojo\  on 
a  pris  la  !'•  voy.  du  nom  pour  la  dernièro 
de  l'article. 

REMAILLAGES  (remalhaje)  s.  m.   pi. 

—  Parcelles  de  mur,  de  plafond,  qui  sont 
remaillées.  Faire  des  remaillages. 

De  remailler  (v.  ce  mot),  av.  suff.  coll. 
âge. 

REMAILLER  (remalhé)  v.  a.  —  à  Lyon 
Remailler  un  mur,  un  plafond,  etc.,  c'est 
non  pas  en  faire  l'enduit  à  neuf,  mais 
réparer  le  vieil  enduit,  en  refaisant  les 
parties  mauvaises  et  en  laissant  subsister 
les  parties  conservables. 

Probablem.  le  fr.  remailler,  réparer, 
reprendre  les  mailles ^  pris  au  fig. 

REMALLIOURES  vin.  s.  m.  pi.  -^ 
Remaillages  (v.  ce  mol).  1369  :  «  Item  en 
remallioures  de  murailles  vieilles.  » 
(Arch.  m.) 

Sur  l'élym.  v.  remailler.  Au  vb.  s'est 
Ajouté  le  suff.  coll.  ureSf  d'atura. 

REMARIAJO  V.  remèyajo. 

REMÊCHER  (remèché)  v.  a.  —  à  Villefr. 
Balayer. 

Le  rad.  est  ramum,  rameau,  les  ba- 
lais étant  faits  de  rameaux;  mais  la 
^partie  du  mot  est  moins  claire.  Je  crois 
que  le  type  primit.  est  *ramoncher,  de 
fr.  ramon,  balai  de  brindilles,  av.  un 
suff.  cher  par  analug.  aux  nombreux  vb. 
en  cher  (bêcher,  piocher,  torcher).  Ce 
suff.  était  d'ailleurs  nécessaire  pour  dis- 
tinguer Taction  de  celle  de  ramoner^ 
formé  sur  la  même  racine.  'Ramoncher 
s'est  très  facilem.  corrompu  en  remècher 
sous  infl.  de  mèche,  encore  bien  qu'il  n'y 
ait  aucun  rapport  de  sens. 

REMEYAJO  (remèyajo);  à  Paniss. 
REMARIAJO:   ap    Cocb.    REMIAJO;    à 


liVou  remuage  s.  m.  Vpr.  romeatge  — 
Pèlerinage. 

De  vfr.  romieu  c  pèlerin  qui  allait  à 
Rome  ».  av.  suff.  ajo,  à'aticum,  par 
analog.  av.  voyage,  pèlerinage;  d'où 
romieuyajo,  réduit  à  remèyajo  remiajo. 
L'infl.  de  remuer  se  fait  probablem.  sentir 
dans  le  passage  de  o  init.  ke;  d'où  la  forme 
remnage.  Gp.  dévotion  de  saint  Trottin, 
loc.  usitée  à  Lyon  pour  la  dévotion  de  ceux 
qui  vont  en  pèlericage.  Dans  la  forme 
remariajo,  il  y  a  eu  simplem.  infl.  du 
mot  mariage,  encore  bien  que  le  i-appro- 
cbem.  n'ait  aucun  sens.  Il  suffit  dans  ce 
cas  d'un  simple  rapport  de  sons.  Quant  à 
romieu,  il  vient  naturellem.  de  Rome,  av. 
suff.  euj  d'osus.  Au  xviii*  s.  le  dph.  a 
encore  romié^  pèlerin.  Rab.  a  romicaige^ 
pèlerinage  à  Rome  (pour  romiceiage), 
mais  je  doute  que  ce  soit  le  mot  primit. 
d'où  est  sorti  romeiage  (le  v  ne  serait  pas 
tombé),  et  je  soupçonne  fort  Rab.  d'avoir 
créé  le  mot  ou  modifié  un  ancien  mot. 

*REMIAJO  V.  remèyajo, 

REMI  DIE  (remidiô  trissyl.)  s.  m.  —  à 
Grap.Muguet  de  mai,  convallaria  maialis. 

Bien  que  Ton  fit  autrefois  grand  cas  de 
l'eau  de  muguet  distillée  pour  les  vertiges, 
les  palpitations,  l'apoplexie,  etc.  (ou  em- 
ploie encore  le  convallaria  maialis  pour 
les  maladies  de  cœur),  je  ne  crois  pas  le 
mot  venu  de  remedium.  Je  le  crois  parent 
de  remidiyt  (v.  ce  mot),  parce  que  le  mu- 
guet croit  dans  les  endroits  frais.  Le  mot 
aui*ait  été  formé  sur  remidiyl,  av.  adjonct. 
du  suff.  ë  (et);  d'où  remidiyë  remidié. 

REMIDIYI  (remidiyî)  v.  n.  —  à  River, 
devenir  humide,  suinter.  *iOy  a  remidiyi, 
cela  est  devenu  humide  ». 

De  In.  umidi,  dhumidum,  av.  prèf.  re 
qui  a  ici  un  sens  purem.  explét.,  et  suff.  y, 
par  analog.  av.  les  vb.  de  la  !'•  conjug.  où 
are  est  précédé  d'un  yotte  (15  1*). 

REMISSILLI.  lA  (remissilhl,  ia)  adj. — 
à  River.,  IL-Je-G.,  Morn.  Ridé,  flétri,  ra- 
corni. 

Et  que  tVlM  ptyi 

P»r  carcMi  ton  fnu«  rtmiMttti. 

€  Et  que  [je]  t'aurais  payé  —  Pour  ca- 
resser ton  visage  ridé  ».  (Qr.  Jonn.) 

Paraît  être  le  môme  que  rimô  (v.  ce  mot), 
av.  un  suff.  ilht,  et  insert,  dune  tyll.  péj. 
iss.  RemissiUi  veut  donc  dire  c  ratatiné 
comme  un  objet  qui  se  consume  sans 
Hamme    ».    On   devrait   avoir  rimissUVi, 


Digitized  by 


Google 


REMI 


353 


mais  raffaiblissem.  de  la  prot.    init.  en  e 
n'a  rien  d*insolile. 

REMISSILLI(remissini!)v.  a.  — Flétrir, 
rider,  racornir. 
Sur  la  format,  v.  remiss illl  adj. 
REMONSILLI,  lA  (remonsilht,  ia)  adj. 
—  à  Panisss.  Ratatiné,  ée. 

Le  même  que  remissiUi  (v.  ce  mot),  av. 
ch.  du  !•'  i  en  on  par  dissimilat. 

REMPLÈ  (ranplè)  s.  m.  Lgd.  remplèg 
replec  —  Pli  (à  une  robe  ou  à  qq.  chose 
de  semblable). 

De  plè,  subst.  v.  de  plèyi  «  plier  i,  de 
plicSD-e,  av.  le  préf.  réitérât,  re,  comme 
dans  repli.  Ce  préf.  a  passé  à  rem,  (comme 
à  Lyon  dans  remployer  pour  reployer 
«  border  un  lit  »),  sous  infl.  d'emploi^  pat. 
inplè,  mais  jadis  emplè. 

REMUER  (remué)  v.  n.  —  Se  dit  à 
Lyon,  suivant  Gras,  du  lait  qui  a  brûlé. 
V.  sous  rimô. 
•REMUI  y.remuyx, 
REMUYI  (remuy!);  ap.  Goch.  REMUI 
v.  n.  Ss.-rom.  remoua  —  Déménager, 
changer  de  logement.  «  Nos  ans  remuyl 
à  la  Sant-Martin  »,  nous  avons  déménagé 
à  la  S*-Martin.  Vionn.  rëmoayë^  migra- 
tion du  troupeau. 

De  fr.  remuer.  On  devrait  avoir  remuô, 
comme  on  Ta  du  reste,  pour  la  significat. 
ordinaire  de  remuer  un  objet  :  «  remuô 
in'affére.  »  C'est  évidemm.  la  gêne  de  la 
prononciat.  qui  a  amené  un  yotle  pour 
rompre  l'hiatus,  puis  la  fin.  t  par  analogie 
av.  les  autres  verbes  dont  la  désinence  est 
précédée  de  yotte.  Mais  pourquoi  le  phé- 
nomène ne  s'est-il  pas  produit  pour  le  mot 
dans  l'acception  ordinaire? 

RENO  (renô)  s.  f.  Grondement,  grogne- 
ment, en  pariant  des  animaux. 
Tiiidzo  qu'In  magistrat,  d'In  àr  loi  conslarnô, 
Allove  reculy  sa  darréii  renô. 
«  Tandis  qu'un  magistrat,  d'un  air  cons- 
terné, —  Allait  recueillir  son  dernier  gro- 
gnement. •>  (Mén.) 
Subsl.  partie,  de  renô. 
*RENO  (rend)  v.  n.  —  Gronder,  grom- 
meler en  montrantlesdents(enparlantd'un 
chien),  t  Parqué  que  te  rênes  tant  fére  », 
pourquoi    gi-ondeslu   tant?   dil-on  à   un 
chien.  Goch.  écrit  :  «  Réna,  cochon  qui 
gronde.   On  le  dit  aussi  de  quelqu'un  qui 
grommelle  ».  —  11  est  évident  que  la  rédac- 
tion est  incorrecte  et  qu'il  a  voulu  dire  : 
<  Rena  [se  ditj  d'un  cochon  qui  gronde 


(sans  compter  que  le  porc  ne  gronde  pas).  > 
Ren  )  s'cMuploie  qqfois  au  fig.  «  Que  don 
que  te  rêne  comme  iquien  »,  qu'as-tu  donc 
à  grommeler  comme  cela?—  Lgd.  rena^ 
gronder,  murmurer,  témoigner  sa  mau- 
vaise humeur  par  des  plaintes  sourdes 
(Azaïs);  pr.  reno  regno  c  murmure  de 
mauvaise  humeur  »,  cerca  reno  «  chercher 
noise  ». 

Faut-il  rapprocher  vpr.  rainar  •  gro- 
gner »,  raina  «  dispute  »?  Cela  semble 
bien  douteux,  quoique  Rayn.  (sans  citer 
d'ex.)  donne  la  forme  renar.  Faut-il  da- 
vantage le  rapprocher  de  port,  renhir^ 
cat.  renyir  <  quereller  »,  esp.  rinha 
«  querelle  »  que  Diez  tire  de  lat.  ringi, 
auquel  il  donne  le  sens  de  a  être  de  mau- 
vaise humeur  »,  mais  qui,  au  propre,  a  le 
sens  de  «  gronder  »,  en  parlant  des  chiens 
(je  ne  vois  pas  clairem.  par  quel  intermé- 
diaire ringi  a  pu  passer  à  renhir)t  En 
tous  cas  comme  le  In.  n'aurait  pu  em- 
prunter au  cat.  sans  un  interméd.  pr.,  il 
me  semble  qu*une  onomat.  renn,  imitât, 
du  grondement  du  chien,  suffirait  à  rendre 
compte  du  pr.  rena  et  du  In.  renô, 

*RENOUS,  OUSA  (renou,  ouza)  adj. 
Vpr.  renos  —  Qui  grommelle,  c  O  v'è  in 
fotu  renous  »,  c'est  un  mauvais  grognon, 
c  In  chin  renous  »,  un  chien  qui  a  l'habi- 
tude de  gronder.  Vfr.  renos,  fâcheux,  ap. 
Borel. 

1  in*an  Uiit  que  cou  renou 
Zua-yd  vu  de  boDoa  grdci. 
€  On  m'a  dit  que  ce  grommeleur  —  Avait 
vu  cela  de  bonne  grâce.  »  (Tré  couacus). 
De  renô^  av.  suff.  ous,  d*osus  (35). 
RENOVIAU  (renoviô  trissyl.)  s.  m.  — 
à  Morn.  Printemps. 
C'est  le  vfr.  renouveau  (38). 
REMOUILLER  (rankilhé)  v.  a.  —  â  Lyon 
Remettre  dans  sa  poche.  «  J'ai  renquillé 
mon  argent  ». 

Peut-être  le  vfr.  requiller  «  ramasser 
recueillir,  redresser  (Roquef.)  »,  qui  doit 
être  un  ternie  de  jeu  de  quilles.  Requiller 
«  redresser  les  quilles,  les  ramasser  »,  et 
par  extens.,  <  ramasser  en  général  »,  puis 
t  ramasser  en  remettant  dans  sa  poche  ». 
On  trouve  en  lorr.  (Le  Tholy)  requihe^ 
subsL  qui  renferme  l'idée  de  recommencer 
une  action,  «  retour  de  la  fièvre,  rire  pro- 
voqué par  le  souvenir  de  ce  qui  a  fait  rire 
auparavant  ».  Si  le  mot  doit  être  rapproché, 
il  serait  un  subst.  d'un  vb.   rf*quxher,  — 

42 


Digitized  by 


Google 


354 


REPA 


Nasalisât,  de  e  devant  une  galL  (184  7», 
rem   1). 
REPARAI*  V.  rei^o-rô, 
REPARÉE  V.  re'parô. 
REPARO(reparô);  àMorn.   REPARAI 
(réparai);    «p.    Goch.    REPARÉE    s.   f. 
Dph.  répara,    pr.   repara  reparado  — 
Bette.  S'emploie  le  plus  souvent  av.  le 
mot  coûta  <  côte  ».  De  coûtes  de  reparô, 
des  bettes. 

Je  crois  que  c'est  av.  raison  que  M.  Mis- 
tral le  rapproche  d'asparSLlum,  sorte  de 
plante  potagère.  Aspa^-atum  donne  apa- 
rat  (166  2"),  devenu  rapara,  par  la  pré- 
posit.  du  préf.  re,  explétif,  comme  dans 
reculet,  Rapara  devient  reparu  par  raffai- 
blissem.  si  fréquent  de  la  prot.  et  le  cii.  de 
a  en  d  (1).  La  forme  de  Morn .  répond  à  un 
reparata  qui  donne  reparaya  (1,  rem.  4) 
facilem.  réduit  à  réparai. 

REPITAUD  (repitô)  s.  ni.  —  Gros  vers 
des  vieux  fromages. 

De  In.  repitô  (v.  ce  mot),  se  défendre 
des  pieds,  des  mains,  av.  suff.  péj .  awrf, 
de  wald.  Gp.  gév.  rapeta,  faire  des  ca- 
brioles, parce  que  le  ver  a  des  mouvements 
convulsifs  et  bondit.  En  Gévaud.  ce  ver 
s'appelle  sauterelle. 

*REPITO  (repitô)  v.  n.  Voiron  repita 
—  Se  défendre  des  pieds  et  des  mains. 
Dph.  rapita,  se  trémousser,  s'agiter  de 
tous  ses  membres;  gév.  rapeta,  faire  des 
cabrioles.  Vionn.  rëpëta,  trotter  en  signe 
de  contentem.  (du  bétail). 

L'orig.  doit  être  pedem,  dont  le  d  fin. 
s'est  durci  en  t  dans  les  dér.  Op.  Seine- 
infér.  péter,  mesurer,  de  pedem,  plus  suff. 
roman  er\  baguais  rempitae^  refaire  des 
pieds  à  des  bas.  En  In.  pedem  =  pi{t); 
d'où,  av.  suff.  o  (14  1"),  repitô  «  donner 
des  coups  de  pieds,  regimber  »,  et  dans  le 
dph.  et  le  gèv.  «  bondir,  se  trémousser  ». 

REPLAT  (replà)  s.  m.  —  Partie  de  ni- 
veau «ur  une  colline,  où   à    mi-hauteur 
d'une  colline,  ou  entre  deux  vallons. 
Vequa  portant  me  geins  gu  cou  Tôtto  replat, 
Otote  lo  biau  Gaicoo  a  fixù  lo  conitwt. 
«  Voilà  pourtant  mes  gens  sur  ce  vaste 
terrain  plat,  —  Où  le  beau  Gascon  a  fi.\é 
le  combat.  •  (Mén). 

De  fr.  plat,  av.  préf.  re,  qui  n'a  ici 
qu'un  caractère  explet. 

REPONCHON  (reponchon)  s.  m.  Lgd. 
repounchou  reponchu,  pr.  rapounchoun 


—  Raiponce,  campanula  rapuncuîus* 
Dph.  repo7ichon  s'applique  qqfois  au 
radis. 

Parait  fait  sur  raiponce,  av.  suft.  on^ 
On  a  raiponson  reponson,  passé  à  repon- 
chon.  Ce  passage  de  c  doux  à  ch  se  re- 
trouve dans  tous  les  dinl.  congénères,  sans 
que  je  sache  l'expliquer. 

Quant  à  raiponce,  il  vient  évidemm.  de 
râpa.  Diez.  qui  rapproche  it.  raperonso 
raperonsolo  ramponzolo,  sicil.  rapon» 
zultt,  romagn.  raponsal,  esp.  reponche^ 
ruiponce,pig.  ruiponto,  angl.  rampion, 
ail.  rapunzel  (ajout,  pavese  raempons)  se 
borne  à  indiquer  c  râpa  av.  des  suff.  it.  ». 
ce  qui  est  bien  vague.  En  tous  cas  rai- 
ponce coïnciderait  av.  un  b.  lat.Vapuft^wï» 
formé  sur  rapiim, 

REPRIN  (leprin)  «.  m.  Pr.  reprim 
reprin  —  Recoupe,  son  qui  contient  encore 
de  la  farine. 

La  forme  pr.  reprim  indiquerait  re  pri- 
mum  (v.  prim.),  mais  le  sens  ne  «'y  prête 
guère,  et  je  suis  fort  tenté  de  voir  là  une 
simple  orthographe  erronée  sous  l'infl.  de 
prim.  Je  préférerais  lire  reprensum, 
parce  qu'on  «  reprend  »  la  recoupe  pour  en 
faire  une  nouvelle  farine.  Ch.  de  en  en  in 
(89).  Cp.  pr.  prenso  (Lacombe)  «  marc  de 
raisin  qu'on  met  sur  la  table  du  pressoir  ». 
et  qui  paraît  être  aussi  prensum. 
REQUINQUILLIA  v.  requinquilli. 
REQUINQUILLI  (SE)  (se  rekinkilhf  ;  ap, 
Coch.  SE  REQUINQUILLIA  v.  pron.  Dph. 
requinquillié  —  1.  Se  parer  coquettement. 

2.  Se  rengorger,  se  redresser  comme  le 
coq.  Béarn.  se  requinquilha,  môme  sens. 

3.  Se  remettre  d'un  accident,  d'une  maladie. 
«  Lo  vequia  ben  requinquilli  »,  le  voilà 
bien  rétabli.  On  dit  à  Lyon  le  voilà  bien 
repapilloté.  Coch.  ajoute  :  «  A  Pierrelatte 
on  chante  :  «  Requinquez-vous,  belles;  — 
Requinquez-vous  donc  »  pour  dire  re- 
dressez-vous, parez-vous.  »  —  N'est-ce 
point  la  chanson  de  Tallemand  :  «  Requin- 
quez-vous, vieille,  —  Requinquez-vous 
donc  »? 

Littré  propose  une  étym.  quinquare, 
qui  a  une  orig.  trop  savante.  Il  semble 
plus  vraisembl.  de  le  rattacher,  av.  Scheler, 
à  la  famille  de  clinquant  quificaille, 
se  requinquer  étant  se  *  donner  du  c/«fi- 
quant  ».  Cp.  à  Lyon  se  repapilloter.  J« 
ne  doute  pas  quo  dans  la  forme  requin- 


Digitized  by 


Google 


RESI 


855 


quillia  Goch.  n'ait  confondu  le   partie, 
passé  av.  l'inânit. 

4.  Se  recroquevillerr  par  ex.  en  parlant 
des  feuilles.  «  Le  folhes  sont  requin- 
quilhës  ».  On  dit  aussi  ina  vieilli  requin^ 
quîlha,  une  vieille  ridée.  C'est  le  sens  à 
Lyon  de  requinquiller. 

Requiniuillt  est  ici  pour  se  recoquilhî, 
se  recoquiller,  employé  dans  le  fr.  popul. 
av.  la  signiûcal.  d^  se  recroquemUery 
sous  l'inû.  de  coquille.  On  y  a  vu  l'idée 
de  se  replier  comme  l'escargot  dans  sa 
coquille.  Recoquilll  est  devenu  requin- 
quillX  par  la  tendance  des  voy.  à  se  nasa- 
liser après  une  gutlur.  (184  7"),  ce  qui  a 
engendré  une  confus,  av.  requinquillX  1. 

*RÉSIMOLA  (rézimôla)  s.  f.  —  Raisin 
laissé  après  la  récolte. 

Subst.  V.  de  résimolô. 

RÉSIMOLLES  v.  raisimolles, 

RÉSIMOLLO  V.  raisimollô. 

RESONGI  (rezonj!)  v.  n.  —  à  Gi-ap. 
Réfléchir. 

De  fr.  songer,  av.  préf.  re,  Ch.  de  er 
en  »  (15  2®).  Je  ne  sais  sous  quelle  infl.  s 
dure  a  passé  à  ;;. 
,  RESONS  V.  raisons, 

RÊTABOU  V.  raiabou. 

RETINTON  (retinlon)  s.  m.  —  à  Lyon 
Retour,  av.  sens  dini.  Ne  se  dit  guère  que 
dans  Le  retinton  d'unp  maladie,  le  retour, 
le  reste  d'une  maladie.  On  dit  qqfois 
retintouin.  Pr.  retintoun,  ritournelle,  re- 
frain. 

De  vpr.  retint,  retentissement,  subst.  v. 
de  retinnitire,  retentir,  av.  suflf.  o;î,  peut- 
être  par  analog.  av.  le  terme  de  droit  an- 
cien retenium  «  chose  réservée  pour  qu'il 
y  soit  statué  nltérieurem.  ».  Le  retinton, 
c'est  le  «  retentissement,  la  répercution  » 
du  coup  primitivem.  reçu.  Dans  la  forme 
retintouin  il  y  a  infl.  évidente  de  tintouin. 

RETIRI  (retiri)  v.  n.  —  à  Gouzon  Res- 
sembler. S'emploie  av.  la  préposit.  de. 
Y  est  de  »•  grand  que  le  retire, 

«  C'est  à  sa  grand'mère  qu'elle  res- 
semble. »  {La  Couzonnaise,  chans.) 

De  fr.  retirer.  SufT.  î  (15  5»).  Sur  la 
dérivât,  de  sens  v.  retraire,  dont  retiri  est 
une  forme.  Gp.  aussi  fr.  popul.  c  faire 
tirer  son  portrait  ». 

RETRAIRE  (retrère)  v.  n.  Dph.  retraire 
—  Ressembler.  S'emploie  av.  la  prépcs.  de, 
«  Le  retrait  de  sa  grand,  elle  ressemble 


à  sa  grand'mère.  »  Vpr.  retraire,  retirer. 
Pr.  retraire,  faire  un  portrait. 

De  }'etrSLcfe)re.  Gh.  de  ae  en  ai  (10). 
La  dérivât,  de  sens  est  facile  :  «  retraire 
de  qqu'un  »  c'est  en  c  tirer  »  sa  ressem- 
blance. A  Lyon  on  dit  volontiers  :  c  Cet 
enfant  tire  de  sa  grand'mère  ». 

RETRAIT  (retrè)  s.  m.  —  à  Paniss. 
Rebut  du  blé,  partie  rebutée  en  général. 

Subst.  partie,  de  retraire,  retirer,  mettra 
de  côté,  qu'on  trouve  en  vfr. 

RETROBLO  (retrobl6);  ap,  Goch.  RE- 
TROUBLA V.  a.  —  1.  Enterrer  le  chaume 
du  blé  par  un  labour.  2.  Par  extens.  Semer 
à  la  même  place,  c'est-à-d.  faire  Succéder 
sans  inlerrupt.  une  récolte  à  une  autre. 
Fais  bm|uel6  lo  trioulo, 
Moilli  par  relroblô, 

«  Fais  fleurir  le  trèfle,  —  Pleuvoir  pour 
enterrer  le  chaume.  »  (Prière) 

D'étrohlo  (v.  ce  mot),  av.  préf.  re,  au 
sens  réitérât.,  et  suff.  d  (14  S»). 

'RETROUBLA  y.retrohlô. 

REVARDILLONNO  Y.vardillonné. 

REVENGI  (revanji);  à  Lyon  revenge 
s.  m.  Dph.  revinche,  pr.  revenge.  —  Re- 
vanche, représailles. 

Subst.  V.  de  revengt, 

REVENGI  (SE)  (se  revanj!)  REVINGI; 
à  Lyon  se  revenger  v.  pron.  Ss.-rom.  r«- 
veindji.  —  Se  venger;  plus  fréquemm. 
prendre  sa  revanche,  user  de  représailles. 
Vionn.  rëvedsë,  revanche. 

De  revind(i)care.C!,\i.  àedcenj  (161  5»); 
de  are  en  1(15  2*). 

•REVERSA  s.  f .  —  «  Nouvelle  couche 
de  ceps  de  vigne.  »  (Goch.)  —  Je  ne  con- 
nais pas  ce  mot. 

Êvidemm.  de  re-versare,  mais  j'ignore 
si  c'est  un  subst.  v.,  c'est-à-d.  un  paroxjrton, 
ou  si  c'est  re-versata,  et  par  conséquent 
un  oxyton. 

REVERSO  (reversô)  t.  a.  —  Faire  un 
second  labour  sur  le  premier  pour  nettoyer 
la  terre. 

De  re-versB,re. 

REVEYRAN  vin.  s.  m.  1509  :  c  A  Aynard 
Espinglier,  Henry  Jouffroy  et  leurs  com- 
pagnons qui  sont  cinq  reveyrans  qui  ont 
amené  et  déchargé  au  bétonnement  des 
piles  du  pont  de  la  Guillotiere,  5  batellées 
à  25  s.  In  batellée...  »  1513  :  c  A  Guillaume 
Leurier,  reveyran  de  S*^  Vincent,  44  L 
pour  6  grands  sommiers  et  4  gfandr  postz 
de  chasne.  »  (Arch.  m.) 


Digitized  by 


Google 


336 


REVI 


î.e  rereyran  était,  mot  à  mol,  un 
«  homme  de  rivière  »,  mais  il  semble 
i-ésuller  des  textes  ci-dessus  crue  le  mot 
{Signifiait  aussi  bien  le  simple  batelier  que 
le  propriétaire  de  radeaux,  qui  convoyait 
le  bois  de  Bourgogne  sur  la  Saône,  et  était 
marchand  de  bois  de  construction. 

De  fr.  rivière,  av.  suff.  ant,  à*antem. 
On  devi-ait  avoir  rivièrant,  mais  la  réduct. 
naturelle  à  toutes  les  dipht.  n*a  laissé 
subsister  que  Ve  de  té.  La  prot.  init.  i  a 
passé  à  e  muet.  Cette  prot.  est  très  ins- 
table. Elle  s'afTaiblit  ou  se  renforce  sou- 
vent sans  qu*on  puisse  assigner  de  règle. 

RÉVI  V.  raivi. 

REVIGOLO  (revigolô)  v.  a.  Vfr.  resvi- 
gorer,  ourer  —  Ranimer,  raviver,  guérir. 

De  vigorem,  av.  préf.  re,  au  sens 
réitérât.,  et  suflT.  6.  D*où  revigora,  et  revi- 
golô par  ch.  de  r  en  l  (146  2*),  facilité  par 
l'infl.  du  suff.  si  commun  olô. 

REVINGI  (SE)  V.  revengl  (se), 

*REVIORO  reviouro. 

REVIOULOv.  reviouro. 

REVIOURO  (reviouro  trissyl.);  RE- 
VIOULO  (reviottlo);  à  River.  REVURO; 
àCrap.  REVIVRO;  ap,  Goch.  REVIORO 
8.  m.;  à  Yzer.  REVIULA  s.  f.  Voiron 
revure,  berr.  revive  —  Regain. 
Sôtre  à  liao  dit  lo  bl6 
Et  buMô  lo  revioulo. 

«  [Fais]  sortir  le  blé  au  temps  voulu,  — 
•t  pousser  le  regain.  »  (Prière) 

Subst.  v.  de  reviv(e)re.  Dans  la  forme 
reviouro,  vocalisât.  d<\  v  (167  S');  d'où 
reviuro  reviouro.  Dans  la  forme  revioulo, 
ch.  de  r  en  /  (148  2«).  Il  est  singulier  que 
dans  la  forme  revuro  l'yolte  ait  disparu. 

REVIREMARION  (reviremarion)  s.  m. 
Saint,  avire-marion,  pr.  viromarioun, 
poit.  viremarioH  —  à  Lyon  i.  Giffle, 
rebuffade.  Très  usité,  t  Je  lui  ai  donné  un 
bon  reviremarion.  »  —  2.  Changement 
brusque,  revirement. 

Est-ce  fr.  revirement,  corrompu  comi» 
quement  en  revire  et  Marion,  nom  de 
femme?  Le  mot  est  ancien  et  n'est  pas 
d'orig.  lyonnaise.  Primitivem.  il  avait  le 
sens  de  revirem,ent  ;  «  un  autre  retire 
Marion  do  fortune  (Brantôme).  »  Puis  on 
a  vu  dans  le  mot  l'idée  de  Marion  qui  se 
retourne  et  giffle  celui  qui  voulait  l'em- 
brasser. Le  sens  primit  s*est  conservé  à 
côté  du  sons  dér.  En  Prov.  on  a  substitué 


Madelon  à  Marion  :  un  revirO'Madeloun» 
A  Mars,  retirotestonn  (testoun  c  tète  »). 
D'après  Lacurne  rerire-Marion  serait 
une  allusion  au  jeu  de  Robin  et  Marion, 
J'ignore  ce  qu'était  ce  jeu,  tiré  paut-étre 
d'une  pièce  dramatique  de  ce  nom.  du 
XIII*  s.,  par  Ad*  de  la  Halle,  et  je  crois  que 
Texplicat.  de  L.  est  une  pure  supposit. 

REVIRI  (revir!)  v.  a.  —  Retourner,  c  De 
là  une  tradition  que  l'église  de  Riverie 
retournée  avait  donné  sou  nom  au  village; 
ce  qui,  bien  entendu,  est  inexact,  car  on 
trouve  le  nom  de  Riverie  au  xi«  siècle,  et 
l'église  n*a  été  retournée  qu'au  xvii«.  » 
(Note  de  M.  Vaches) 

De  In.  ptri,  tourner,  av.  préf.  r^,  au  sens 
réitérât. 

REVIULA  V.  reviouro, 

REVIVRO  V.  reviouro. 

*REVOLA  (revola)  s.  f.  —  «  Se  dit  d'un 
terrain  comptante  de  jeunes  chênes.  Vitia 
una  hella  revola.  »•  (Coch.) 

Je  ne  connais  pas  ce  mot,  et  ne  saisis 
pas  par  quelle  dérivât,  de  sens  il  pourrait 
se  rattacher  à  re-volvere. 

*REVOLLA  (rovôlà)  s.  f.  Dph.  revola, 
Voiron  rivoula  —  Repas  qui  se  donne, 
après  la  récolte,  aux  ouvriers  qui  l'ont 
cueillie,  c'est-à-d.  aux  batteurs  après  le 
battage  du  blé,  et  aux  vendangeurs  après 
la  vendange. 

Subst.  V.  de  revola,re,  qui  signifiait 
voler  en  arrière,  puis  revenir,  retourner, 
et  dont  le  sens  s'est  confondu  av.  celui  de 
revolvere.  La  révolta  «  revient  »  chaque 
année  av.  les  saisons  et  les  récoltes. 

*REVOLLION  (revùlhon)  s.  m.  Pr.  rerou 
ravou,  Igd,  rèvouge^  vfr.  revouU,  it.  re 
volto  —  «  Tourbillon  d'eau.  »  (Goch.)  Dans 
nos  montagnes  s'emploie  surtout  dans 
l'express,  in  revollion  d'ora  «  un  tourbil- 
lon de  vent  »,  comme  les  tourbillons  qui 
enlèvent  le  foin  sec  en  l'air. 

De  revolare  (v.  révolta),  av.  suff.  on 
et  mouillein.  de  /,  fréquent  devant  le  suff. 
on  (cp.  rolion). 

REVOLLON  (revôlon)  s.  m.  —  à  Lyon 
Petit  repas,  petite  fête.  Se  réunir  pour 
mangdr  des  chàtaigne.s  rissolées,  av.  du 
vin  l)lanc.  c'est  faire  un  revollon. 

De  In.  révolta,  av.  suff.  dim.  on. 

*REVONDRE  (revendre)  V.  a.— Enfouir, 
enterrer,  recouvrir. 

Deins  lo  in<>ino  pirttut  uporuies-no  tous  doei. 


Digitized  by 


Google 


REVO 


357 


t  Dans  la  même  fosse  enfouissez-nous 
tous  deux.  »  (Mén.) 

De  re'fiin(i(e)re,  au  sens  de  recuiivrir. 
M.  lat.  fundere  fossala  «  illa  cumulare  ». 
Ch.  de  f  en  v  (144  8«).  Le  mot  rehondre, 
en.<.evf>lir,  donné  par  Roquef.  pour  vfr.,  et 
que  Dicz  tire  de  î-epotiere,  me  fait  l'effet 
d'une  forme  dialectale  de  refondre  dans 
laquelle  v  a  pris  la  prononciat.  gasc.  Re- 
fundere  se  prête  d  ailleurs  beaucoup 
mieux  au  sens  que  re-ponere. 

REVONDU,  UA  (revondu,  ua;  à  R.-de- 
G.  revondzu)  adj.  —  Enfoui,  enterré. 

Qulii  aulro,  granil  in  lerr»  el  utondu  «lin  l'ôr, 

Sacriflaise  toi  par  grutii  sou  trésor. 

«  Qu'un  autre,  riche  de  domaines  et 
enfoui  dans  l'or,  —  Sacrifie  tout  pour 
grossir  son  trésor.  »  (Mon.) 

Partie,  de  revotidret  comme  fondu,  de 
fondre. 

REVORGI  (revorg!)  v.  a.   For.  revorgi 

—  1.  Déterrer,  fouiller,  au  propre  et  au 

fig. 

Mait,  su  lo  tsoms  pass6,  qu*a  laiit  de  vés  changl, 

Mon  çarviau  déréglô,  que  vas- te  revorgi? 

«  Mais  dans  le  temps  passé,  qui  a  subi 
tant  de  changements,  —  Pourquoi  vas-tu 
fouiller,  cerveau  déréglé?  »  (Mén.) 

De  'vorl{i)ca,re,  fréq.  de  vortere^  remuer 
la  terre,  av.  préf.  re,  au  sens  réitérât.  Gh. 
de  te  en  i  (161  îjfi);  de  are  en  t  (15  2«). 

2.  Déborder  en  jaillissant,  en  parlant 
de  l'eau. 

De  'tort(i)care,  de  vortex  «  tourbillon, 
affluence  d'eau  excessive  ».  Gomme  me  le 
suggère  M.  Ghahan.,  vortex  est  peut-être, 
par  l'infl.  des  formes  'vorticum  *vortica, 
l'origine  de  fr.  gorge,  vpr.  gorc.  Gp.  vpr. 
degorar  =  devorare.  Mais  revorgi  peut 
aussi  bien  venir  de  'revolvicare  (v.  re- 
vouge),  av.  ch.  de  /  en  r  (170  4*),  au  lieu 
de  sa  vocalisât.  Revouge  et  revorgi  (v. 
à  revorgi)  seraient  l  formes  du  même 
mot. 

REVORGI  (A)  (à  revorji)  loc.  adv.  — 
En  surabondance. 

Formé,  à  la  façon  des  subst.  v.  surre- 
vorgi  2. 

REVORGIA  (revorjia)  s.  f.  -  Récolte 
abondante,  surabondance  en  général. 

Subst.  particip.  de  revorgi  2. 

REVORSA  (reversa)  REVOURSE  s.  f. 

—  1.  Fosse  que  l'on  creuse  sur  le  bord 
d'un  champ  ou  d'un  jardin,  et  dans  laquelle 
on  enfouit  les  cailloux,  t.  Fosse  où  l'on 


tlépose  de  jeunes  plants  ^couchés  oblique- 
ment de  manière  que  le  feuillapre  reste  à 
l'air)  pour  empêcher  les  i*acines  de  sécher, 
en  attendant  la  plantation.  On  appelle 
aussi  cette  opération  hetô  los  plants  in 
norrici  «  mettre  les  plants  en  nourrice  ». 

De  re-vorsa  (de  vorto),  au  sens  de  terre 
enlevée,  extraite.  Le  mot  s'est  appliqué  par 
métonymie  à  la  fosse.  Gh.  de  u  entravé 
en  o  (38).  La  forme  revourse  appartient 
aux  environs  de  Lyon,  où  o  fermé  lil)re 
devient  souvent  u,  et  o  entravé  ou. 

REVOUGE  (revouje)  s.  f.  Pr.  revouge 

—  à  Lyon  Tourbillon  d'eau  On  dit  plus 
ordinairem.  moye, 

Subst.  V.  de  ^revolmcAre,  fréq.  de  revol- 
vere.  Vocalisât,  de  l  (cp.  poussa^  de  pul- 
verem);  ch.  de  c enj  (170  2*,  a). 

REVOURSE  V.  revorsa. 

REVURO  V.  reviouro, 

RHABILLU  (rabilhû);à  Lyon  rhabil- 
leitr  s.  m.  —  Rebouteur,  personne  qui 
remet  les  membres  disloqués. 

De  fr.  habiller  (de  Jiabile),  au  vieux 
sens  de  arranger,  disposer,  av.  suff.  u, 
à'orem  (34)  et  préf.  re  au  sens  de  rétro. 
Le  vfr.  (xvi«  s.)  a  habilleur,  chirurgien 
ou  rebouteur  (Bouchet,  ap.  Godef.). 

RIAU  (riô  monosyll.)  s.  m.  —  à  Morn. 
Ruisseau. 

Malgré  la  règle  qui  fait  persister  ordi- 
nairem. V  devant  a,  e,  il  n'y  a  pas  de  doi;ie 
que  riau  ne  soit  ri(v)al(e)^  comme  l'in- 
diquent, av.  le  mot  In.,  l'it.  riale,  le  Igd. 
rial,  le  rgt.  riale,  l'alp.  rialh,  même  sens, 
à  côté  de  Quercy  ribalj  gasc.  arribau,  for. 
rivau,  où  Is  r  a  persisté.  Ges  ex.  de 
doubles  formes  me  paraissent  écarter  l'hy- 
poth.  d'un  simple  renforcem.  de  riu  V'^w, 
comme  Dieu  en  Diau,  ieu  (ego)  en  iau,  etc. 
Le  fait  que  riau  est  monosyll.  n'est  pas 
probant  contre  l'étym.  rivale^  la  tendance 
de  tous  les  mots  où  i  procède  une  voy. 
étant  de  devenir  monosyl.  (cp.  peduculum 
=  piu,  etc). 

RI  BANS  (ri ban);  à  Lyon  rubans  (mais 
plus  souvent  écoupeaux)  s.  m.  pi.  Lim. 
ribans,  rgt.  ribons  —  (Copeaux.  H^arn. 
ribans  «  rubans  ». 

G'est  le  vfr.  riban  «  ruban  »,  d'orig. 
discutée.  Les  copeaux  ressemblent  en  effet 
à  des  rubans  de  bois. 

RIBLO  (riblô)  v.n.  Ss.-rom.  ribla  riblln 

—  à  River.  Glisser. 


Digitized  by 


Google 


«3 


RIBO 


Ëiym.  incorin.  —  Peut-être  d'orig.  germ. 
Vha.  rlpa?i  rlban^  mha.  rïben,  ail.  reiben 
«  fricare  >  donnerait  ribô,  mais  non  riblA. 
Le  mot  a  pu  venir  par  un  fréq.  D'un  h.  lat. 
'ribare,  de  rlban,  aurait  pu  dériver  un 
fréq.  rib(u)lare  =  riblô.  En  tous  cas  cp. 
riper,  qui  se  dit  en  Saintonge  du  marteau 
glissant  sur  un  clou  qu'on  frappe  (ex. 
«  mon  marteau  a  ripé  »)  et  qui  appuie 
rôtym.  Faut^il  rapprocher  piôm.  rablesse 
*  ramper,  glisser  »? 

RIBOTTA  (rib6la);  u  Lyon  i-ibotte  fi.  f. 
-^  dans  l'express.  Mettre  en  ribotta, 
mettre  en  désordre,  en  confusion,  pôle- 
mêle,  abfmpr. 

Il  a  biau  ringt  la  eolta, 
!«•  ûxa  ëgalamin. 
Son  uuTre  est  mis  en  ribotta 
Par  lo  saule  grapignaii. 
€  Il  (le  roi)  a  beau  régler  la  cote  (de  l'im- 
pôt), —  La  fixer  avec  égalité,  —  Son  ou- 
vrage est  abtmé  —  Par  les  sales  mal  tô- 
liers. »  (Chans,  de  Revér.) 
De  fr.  ribotte,  débauche,  pris  au  fig. 
RICA  (rika)  RIQUA  s.  f.  —  à  Paniss. 
terme  péj.  Vieille  vache,  mauvaise  vache. 
Est-ce  une  altérât,  de  vpr.  raca  7'acca 
«  rosse,  hôte  maigre  »;  racar  «  souffrir, 
dessécher,  languir  »?  L'altérât,  s'explique- 
rait peut-être  par  infl.  de  ricô  (v.  ce  mot) 
«    cosser    »•    De   l'idée    d'une    mauvaise 
vache  à  celle  d'une  vache  méchante,  la 
dérivât,  est  facile.  Pour  raca  Diez  propose 
nor.  racki,  angl.  rack  «  chien  »,  mais  la 
dérivât,  de  sens  de  «  chien  »  à  «  mauvais 
cheval  »  semble  forcée.  Rayn.  fait  remar- 
quer que,  en  syriaque  raca,  en  hébreu  rek, 
signifie  vide,  et  que,  en  prenant  au  fig. 
racca  de  Têvang.  de  S*  Matih.,  on  le  tra- 
duit par  €  homme  de  peu  de  sens  ».  Il  n'y 
a  rien  d'impossible  à  ce   que  le  mot  soit 
venu  en  Provence  par  la  synagogue.  Je 
serais  disposé  à  disjoindre  de  ce  mot  le  fr. 
racaille,  qui   peut  être   venu  de  racki, 
comme  canaille,  de  canis, 

RICANGAILLE    (rikangalh?)    s.    f.    — 
Vaurien,  vagabond,  gueux. 
•    Dre  que  niiin  ricangaiUe  à  la  ruya  sVxpose... 

«  Dès  que  mon  vaurien  se  montre...  » 
(Mén.) 

Un  des  innombrables  termes  injurieux 
de  nos  pays.  Celui-ci  me  seniMe  une  varia- 
tion exécutée  sur  le  thème  rica{y*  ce  mot), 
à  l'aide,  d'abord  du  suff.  péj.  aille;  d'où 
ricaille,  puis  ricangaiUfi  par  l'insert.  »i 


fréquente  d'une  syll.  qui.  en  allongeant  le 
mot.  ajoute  au  caractère  péj.  Je  ne  crois 
pas  qu'on  puisse  rapprocher  dph.  rican- 
delà  «  épithêt^  qu'on  donne,  dit  Gharbot. 
à  une  jeune  fille  niaise,  qui  rit  inconsi- 
dérem.  »,  mot  qui  me  semble  en  relation 
av.  fr.  ricaner. 

RlCLA(rikla);  àLyon  rtc/es.  f.  Vionn. 
ritha  —    Diarrhée    accentuée.    A     Lyon 
avoir  la  ride,  avoir  la  diarrhée. 
Onomat.  fort  réussie. 
*RICLA  (rikla)  v.  riclia,. 
RICLAIRO  (riclèro)  s.  m.   -  C*;lui    qui 
a  la  diarrhée. 

Trolou  l'is  an  de  met  y 
Coron  per  lot  vaire  ; 
Surtout  lo  tafetati, 
Lo  pouro  riclaire. 
«  Tous  les  arts  de  métier  —  Accourent 
pour  tout  voir;  —  Surtout  les  taffetatiers 
—  Les  pauvres  diables  qui  ont  toujours  la 
diarrhée  (vu  leur  mauvaise  nourriture).  » 
{XoH  1723) 
De  In.  rida,  av.  suff.  airo,  d'arius  (18). 
RICLIA  (riklha);  ap.  Goch.  RICLA  (rik- 
la); h  Lyon  ridée  s.  f.  —  Foirée.  Feire 
ina  riclia;  à  Lyon   faire  une  ridée,  là- 
cher  un  excrément  liquide. 
Subst.  partie,  de  ridiô. 
RICLIO  (riklh6)v.  n.  —  1.  Défèiueren 
diarrhée.  —  2.  Rejaillir. 

De  In.  rida,  av.  suff.  ô.  Inserl.  de  yotte 
dans  le  groupe  cl  (164  2»,  a)» 

RICO  RIQUO  (likô)  v.  a.  For.  rica  — 
1.  Heurter,  se  cosser  en  parlant  des  bes- 
tiaux. Au  fig.  blesser,  tuer,  atteindre  d'un 
coup  d'arme  à  feu.  Vosges  riquè,  frotter 
l'allumette  pour  renflammer. 
Montons  yi,  d«  Brcyou.  moutons  no  zimbusquô; 
Ovel  lo  vré  moyen,  i»ar  pouère  lo  riquô. 

c  Montons-y,  dit  Breyou,  montons  nous 
emi)usquer;  —  C'est  le  vrai  moyen  pour 
leur  tirer  dessus.  »  (Brey.) 

Un  chivouai  la  riquet  cl  vous  la  Ût  tomba. 
«  Un  cheveu  la  heurta  et  la  fit  tomber.  » 

(Chap.) 

Onomat.  du  choc,  comme  rocd.  Cp.  lorr. 
riquè,  déchirer,  qui  semble  bien  une  ono- 
mat, et  berr.  riquer,  crier  en  parlant  du 
bruit  que  fait  la  neige  durcie  par  le  froid, 
lorsqu'on  marche  dessus. 

2.  K  Fœminam  sibi  subjicere  ». 
Par  te  riquô  faut  bailli  de  pistole. 

«  Pour  te  posséder  il  faut  donner  de 
l'argent.  »  {&r.  Jann.) 


Digitized  by 


Google 


RI-DE 


359 


Sur  la  dérivât,  de  sens,  cp.  argot  ca-  1 
vamboler,  sensu  obsceno. 

RI-DE-GRAND  (ri  de  gran)  s.  m.  — 
Bisaïeul. 

C'est    [ar)  ri-de  grand  (v.   ce  mot  au 
Supplém,),  av.  aphérèse  de  la  syll.  init. 
*RIEU  V.  riu. 

RIGA  (riga);  à  Lyon  rigue  s.  f.  —  1.  On 
nommait  ainsi  les  équipages  de  chevaux 
qui  remontaient  les  ti*ains  de  bateaux  sur 
le  Rhône,  et  qui  étaient  habituellem.  de  24 
chevaux  attelés  deux  par  deux.  — 2.  File 
de  crocheteurs  remontant  les  bateaux.  Je 
crois  que  ce  sens  n'est  que  le  sens  1  au  fig. 
Oué,  quand  dea»  crochelears  i  doublartnl  le  rigues. 
.  «  Oui,  quand   bien   même   ils  double- 
raient les  files  de  crocheteurs.  »  {Tôt  va  b.) 
Probablem.  du  pr.  rega,  ligne  de  bêtes 
attachées  à  la  queue  Tune  de  l'autre.  Rega 
parait  emprunté  au  cat.,  esp.  récita  (port. 
rc'cora)  k  troupe  de  bétes  de  somme  atta- 
chées à  la  queue  l'une   de  l'autre  »,  que 
Dozy,  et  après  lui  Diez,  tirent  de  Tar. 
recb  «  troupe  de  voyageurs  montés   sur 
•les  bétes  de  somme  ».  L'orig.  arabe  indi- 
que en  effet  que  le  mot  esp.  est  le  type 
primitif  en  roman.  Le  sens  2.  du  mot  In. 
représente  presque  exactem.  Tidée  du  pr. 
et  de  Tesp.,  et  il  n'est  pas  douteux  que 
rtgue  au  sens  1.  et  au  sens  2.  ne  soit  le 
même  mot.  Toutefois  pour  admettre  que 
le  pr.  rega  rego  soit  tiré  de  recua,  Il  faut 
supposer  une  confus.,  d'ailleurs  plausible, 
av.  rega^  «  raie  »  en  pr.,  la  file  de  bêtes 
représentant  en  efl*et  une  raie. 

8.  RIGUE  Grand  bateau  du  Haut-Rhône 
pour  le  transport  des  pierres  de  Villebois. 
Les  flancs  sont  évasés  jusqu'à  50  cent,  ou 
un  mètre  de  hauteur  au-dessus  de  l'eau, 
puis  plus  haut  s'élèvent  verticalem.;  le 
devant  est  relevé,  mais  moins  franchement 
que  dans  la  seysselande.  La  rigue  a  35  à 
10' mètres  de  long  sur  6  mètres  de  large, 
mesurés  dans  le  milieu  du  fond.  Il  y  avait 
jadis  jusqu'à  70  de  ces  bateaux  faisant  le 
service  de  Villebois  à  Lyon.  Il  n'y  en  a 
plus  qu'une  dizaine.  «  Une  rigue  chargée 
de  pierres,  portant  douze  hommes  d'équi- 
page et  des  chevaux  descendait  le  fleuve.  » 
{Salut  public  du  4  avril  1888) 

Il  n'est  pas  impossible  que  ce  mol  ne 
.soit  rigue  1.,  av.  une  dérivât,  de  sens  de 
€  l'équipage  tirant  le  bateau  »  au  •  bateau  » 
lui-même. 


♦RIGOLA  (ngdl.i):8.  f.  —  Petit  canal 
pour  arroser  les  prés. 

De  rigAre,  av.  suff.  ola,  Q  tombe  devant 
o,  quand  il  est  méd.  Mais  ici  il  est  final  : 
rig  +  ola.  En  pareil  cas  il  arrive  que  la 
guttur.  dure  persiste,  même  devant  a,  Gp. 
bicô  (pour  bica)y  de  bec.  Gp.  aussi  vpr. 
rec  €  ruisseau  »  qui  doit  être  le  subst.  v. 
de  rigare.  Le  fém.  rega  a  pris  un  autre 
sens. 

RIGOLO  (i*igol6)  ;  à  Lyon  ringolée  s.  f. 
^  à  Paniss.  une  Flambée. 

Est-ce  un  subst.  partie,  de  vfr.  se  rigoler 
«  voUiger  »,  et  aussi  «  se  réjouir  »?  La 
rigolo,  la  ringolée  serait  une  <  volligée  ^ 
de  flammes;  d'autant  que  le  mot  de  rigoler 
s'applique  à  la  flamme  dans  ce  vers  de 
Guiart  : 

Flambe  qui  rormenl  t'i  rigoU. 
Dans  la  forme  de  Lyon  nasalisai,  de  t 
devant  gutL  (184  7*). 

*RIGOLO  (rigol6)  v,  n.  —  Gouler,  dé- 
couler. «  Le  z'agrime  li  i-igolavont  d'oa 
z'ius  »,  les  larmes  lui  coulaient  de»  yeux 
(Par  Cond.) 
De  In.  rigola,  av.  suff.  ô  (14  8»). 
RiGOLON  (rigolOB)  s.  m.  —  Petit  ruis- 
seau. 

Avoué  mo  doux  péciaui,  que  ne  tont  pdt  de  lattei. 
Tôt  de  mémo  fa  rai  lo  tour  du  rigolon. 

«  Avec  mes  deux  échalas  (jambes)  qui 
ne  sont  pas  des  lattes,  —  Je  viendrai  tout 
de  même  à  bout  de  faire  le  tour  du  ruis- 
seau. »  (Gorl.) 
De  In.  rigola,  av.  suff.  on. 
RIGOS  (très  probablem.  rigos)  vin.  !.. 
m.  —  Nom  de  poisson.  1225  :  «  Item  deit 
par  millier  d'arens...  Item  deit  millier  de 
rigos.  .  (Carc).  —  1358  :  Item.  j.  millier 
d'arenzet  de  rigoz  corans  paiera...  »  (Tar. 
de  la  Ville), 

Le  voisinage  des  harengs  et  l'évaluation 
au  millier  indiquent  un  poisson  salé,  et  de 
petite  dimension.  Il  s'agit  probablem.  de 
sardines.  Je  ne  saurais  donner  l'étym., 
mais  il  faut  se  rappeler  qie  ces  approvi- 
sionnements .se  tiraient  de  Marseille»  ei 
que  beaucoup  de  noms  grecs  s'y  sont  con- 
servés pour  les  poifesons.  Il  est  donc  assez 
vraisemblable  que  nous  avons  affaire  à 
un  nom  pr.,  et  peut-être  à  un  mot  d'orig. 
grecque.  La  sardine  en  grec  se  disait 
Tç>tX}Ç.  On  trouve  en  b.  lat.  «  a  Massilien- 
sibus  triga,  piscis  genus  ».  probablem. 
confondu  à  tort  par  Du  C.,  av.  triçla 


Digitized  by 


Google 


%d 


RIGO 


«  mulliia  »,  de  r&r/îuij  (Du  C.  à  triga).  II  ne 
aérait  pas  impossible  que  le  rigo  ne  fût 
la  triga  marseillaise,  dont  le  nom  aurait 
été  corrompu  par  le  In.,  et  qui  était  vrai- 
Hemblablem.  la  sardine. 

•RIGOTTA  (rigôta)  ;  à  Lyon  rigotte  s  f. 
—  Petit  fromage  de  chèvre  très  renommé, 
qui  se  fait  surtout  à  Gondrieu. 

R388emble  tellem.  à  la  ricotta  it.  qu*on 
a  de  la  peine  à  ne  pas  croire  à  un  emprunt 
fait  au  moment  de  Timmigrat.  it.  dans  nos 
pays,  au  xv-xvi«  s.  Cependant  la  ricotta 
est  ezactem.  notre  recuite  :  «  Ricotta^ 
Fior  di  latte  cavalo  dal  siere  per  mezzo  del 
fuoco  (Crusca).  >  La  rigotta.^n  contraire, 
est  un  simple  fromage  de  chèvre.  Peut-ôtre 
y  a-t-il  eu  confus,  d'objets.  Ch.  de  c  en  gr 
(129,  rem.  3). 

RI  GUE  V.  sous  riga. 

RIJOLA  (rijôla)  s.  f.  —  Vivar.  rijola^ 
il  Morn.  Coquelicot,  papaver  rhœas. 

De  rogi,  rouge,  de  rabeum,  av.  suflf. 
dim.  ola.  On  a  rojola  changé  en  rijola  par 
dissimilat.  du  1"  o  av.  le  2«.  Rijola  répond 
à  un  fr.  rougeole. 

RILLI  (rilhi)  s.  f.  Vpr.  reilha  rellia, 
pr.  relho,  esp.  reja,  ss.-rom.  reilha  —  sur 
les  frontières  du  For.  Soc  de  la  charrue. 
Vfr.  reillage  (Cotgr.)  «  charruage  ». 

Subst.  V.  de  'rig(u)ldire,  formé  sur  »•«- 
gulus^  sillon  (de  riga),  qu'on  trouve  au 
XII*  s.  au  sens  de  «  sulcus  »,  et  qui  a  certai- 
nem.  existé  en  b.  lat.  D'où  rigla  =  reïlhi 
par  ch.  de  gl  en  Ih  (cp.  164  2',  b)  et  de  a 
en  «(54  3*).  La  forme  pr.  rega  indique  un 
i  bref.  On  a  donc  eu  d*ab>rd  reïlhi,  passé 
à  rilhi.  Le  wal.  de  Mons.  rille,  règle  de 
menuisier,  de  régula^  appuie  la  format. 
On  pourrait  plus  simplem.  voir  dans  rilli 
régula,  qui  a  donné  vfr.  riule  rieule  rigle 
riegle  reigle,  mais  le  sens  de  «  objet  à 
tracer  les  sillons  »  le  fait  de  préférence  re- 
monter à  riga  dont  le  rad.  doit  être  d'ail- 
leurs le  môme  que  celui  de  régula, 

RIMA  (rima)  s.  f.  —  Humidité,  fraî- 
cheur, vent  frais.  Pic.  rimèe,  gelée  blanche. 
Rimer,  geler  blanc  [Congés  de  J.  Bodel, 
d'Arras,  xiii«  s.);  wal.  rimer,  rch.  rémer, 
môme  sens.  Rgt.  7'imou,  rigueur  de  la  tem- 
pérature, temps  froid. 

Du  germ.  :  nor.  hrim,  flam.  rijm,  ags. 
hrim,  angl.  rime,  gelée  blanche.  Cette 
forme  prouve  que,  bien  que  le  groupe  ail. 
hr  devienne  facilem.  fr.  (cp.  hrim  =  //•<- 


m,as),  ou  insère  une  voy.  d'appui  '^cp. 
hring  =  harangue),  il  arrive  aussi  que 
l'aspirée  tombe  sans  laisser  de  trace. 

RI  MO  (rimô):  a  Lyon  rimer  v.  n.  For. 
ruma  —  Se  dit  du  lait  qui  a  pris  le  goût 
de  brûlé,  ou  de  la  casserole  on  le  lait  s'est 
gi*atiné  au  fond  sous  l'action  du  feu.  Lo 
lait  a  rimô.  Gras  (qui  avait  habité  Lyoa 
plusieurs  années)  dit  qu'à  Lyon  on  emploie 
le  mot  remuer,  dans  ce  sens.  Je  ne  l'ai 
jamais  entendu,  mais  les  mots  subissent 
souvent  des  corruptions  individuelles,  et 
je  ne  doute  pas  qu'il  n'ait  entendu  qqa*un 
qui,  ne  connaissant  pas  le  sens  primit.  de 
rimer,  l'aura  transformé  en  remuer. 

De  vpr.  rimar,  de  lat.  rima  \  fente  >. 
Le  vpr.,  signifiant  aussi  rissoler  (ap,  Ro- 
chegude),  on  comprend  facilem.  la  liaison 
des  idées  :  l»  se  fendre;  2*  se  fendre  sous 
l'action  du  feu;  9*  brûler  en  général.  D'où. 
Queyras  rima  «  brûlé,  incendié  ■  ;  rima 
lieu  défriché  par  le  feu.  Suflf.  ô  (14  3»)- 

RINCÉE  (rinsée)  s.  f .  —  à  Lyon  Volée 
de  coups.  Il  a  reçu  une  bonne  rincée. 
Valais  rainser,  battre. 

De  vfr.  rainser,  battre,  donner  des 
coups  de  bâton,  de  raim,  branche  d'arbre, 
de  rsLmum,  av.  suflf.  fr.  ée,  d*ata.  Puis 
l'homophonie  a  fait  comprendre  rincée, 
de  rincer,  quoique  le  sens  de  «  rincer  un 
verre  »  et  celui  de  «  battre  qqu'un  »  ne  se 
rapportent  pas. 

RINGA  (ringa);  ap.  Coch.  RINGUA;  à 
Lyon  ringue  s.  f.  —  C'est  à  tort  que  Coch. 
lui  donne  la  significat.  de  «  fille  d'une 
mauvaise  santé,  d'une  petite  corpulence  »  ; 
le  mot  se  dit  de  toute  .personne  maladive 
quel  que  soit  le  sexe,  et  même  des  ani- 
maux, comme  d'ailleurs  Coch.  le  remar- 
que :  €  On  dit  aussi  d'une  vache  qu'elle 
est  ringue  quand  elle  n'a  que  la  peau  et 
les  os.  > 

Oalc  &116Z  vo,  dxi-té,  tdli  banda  de  ringuês? 

«  Où  allez- vous,  dit-il,  sale  bande  d'avor- 
tons? »  {Brey.) 

Du  pr.  et  b.  dph.  ringa,  foirer;  d'où  un 
subst.  V.  ringa.  diarrhée,  appliqué  par 
métonymie  au:c  personnes,  et  par  extens. 
à  toute  personne  maladive.  De  môme  a 
Lyon  on  dit  de  qqu'un  :  <  C'est  un  petouge  » 
pour  «  c'est  qju'un  qui  a  toujours  la  pe- 
touge,  »  Quant  à  ringa,  je  crois  que  c'est 
rigare,  av.  nasalisât,  de  a  (184  7%  rem.) 
La  persist.  de  g  n'est  pas  anormale  en  pr. 


Digitized  by 


Google 


RING 


361 


(cp.  cas'tif/are  :=  ypr,  castigar).  Le  Tx. 
ail.  Wn7,  lé^er;  ail.  gering,  chélif,  malgré 
qq.  rapport  de  sens  et  de  forme,  ne  doit 
pas  être  rapproché  du  mot  In. 

*RINGUA  V.  ringcL. 

RIO-DE-SANT-BERNO  (riô-de-san- 
Bernô)  à  Morn.  ;  partout  ailleurs  ROA-DE- 
SANT-BARNORD  (roa-de-san-Barnôr)  s. 
f.  —  Arc-en-ciel. 

La  roa  de  sani  Bamôrd 
Que  ro(jèye, 
Que  vardèye 
ComoiMn  prù. 

«  L'aro  en-ciel  —  Qui  rougeoie,  —  Qui 
verdoie,  —  Clomme  un  pré.  »  {Ronde  enfan, 
tine) 

L'idoe  est  presque  partout  :  c  roue  de 
s*  B.  »  Morn.  a  substitué  via,  qui  doit 
avoir  ici  U  signiftcat.  de  «  rayon  »  (cp.  ' 
raissi  de  sant  Jiernard).  Rio,  rayon,  1 
n'existe  que  dans  celte  express.  11  doit 
venir  de  ra{d}ium{12l9)\  d'où  raio  réduit 
à  riô. 

RION,  DA  (rion  dissyl.,  da)  adj.  Ss.- 
vom.rion,  vivar., gén.  riondo  —  Rond,  de. 

De  roln?idum.  Chute  de  t  (135);  ch. 
de  un  en  on  (47j.  On  a  ro-on.  Linsert. 
d'yolte  doit  tenir  à  ce  qu'on  a  eu  re-o/i 
par  aflfaiblissem.  de  la  prot.  Reon  passe  à 
rioHy  comme  l'hiatus  ea  â  ia, 

'RIORTA  (riorla);  RIOTA  (riôta);  à 
Lyon  riote  s.  f.  Dph.  riortaf  pr.  redorta, 
it.  i'Uorla,  ss.-rom.  rlouta,  Albertville 
reuta  —  Lien  d'un  fagot,  généralem.  en 
osier. 

De  relorta.  Chute  de  t  (135).  Dans  la 
forme  rioia,  y  est  tombée  par  suite  de  qq. 
difficulté  de  prononciat.  Cette  forme  a 
aujourd'hui  pris  le  dessus,  et  celle  de  Coch. 
est  archaïque. 

RIOTA  V.  riorta, 

RIPA  (ripa)  s.  f.  —  à  Morn.  Rive,  bord. 

Bien  que  j'aie  recueilli  le  mot  deauditu 
d'une  vieille  paysanne,  et  qu'elle  et  son  fils 
m'aient  assuré  que,  quoique  vieilli,  il  était 
encore  usité  par  qq.  vieillards,  je  ne  puis 
m'empêcher  d'avoir  des  doutes  sur  son 
existence,  à  cause  de  la  conservation  du  p 
de  ripa.  D'autant  plus  que  Wpa  a  donné 
riva,  comm^  en  témoigne  Vardeg\y  qui 
est  Riva  de-Gl  métathésé. 

RIPA  (ripa)  s.  f.— terme  péj.  Vaurien, 
truand,  vagabond,  gredin. 

Breyou,  dou  parmë  coup,  reconnu  sa  ganipa  : 

«  Qu*Mi  liasOrd  de  te  Toir,  abominable  ripa  ? 


«  Breyou,  du  premier  coup,  reconnut  le 
vaurien  :  —  Quel  hasard  de  te  voir,  abo- 
minable, gredin?  »  (Brey,) 

Étym.  inconn.  —  Faut-il  rapprocher  le 
suédois  ripa,  dépouiller;  angl.  to  rip, 
arracher;  wh^.riban  ripan,  racler,  frotter? 
La  ripa  serait  celui  qui  butine,  qui  fait 
main  basse;  le  «  chapardeur  »,  —  Le  rap- 
prochem.  est  hasardé,  mais  je  n'en  ai  pas 
de  meilleur. 

RIQUA  V.  rica, 

RIQUO  V,  ricô. 

"RISA  (riza)s.  f.  —  Petit  ruisseau  d'eau 
courante. 

Se  mirant  loies  dues  deiu»  Pêga  de  la  risa, 

«  Se  mirant  toutes  deux  dans  Teau  du 
ruisseau.  »  {GorL) 

Formé  sur  un  type  r/*,  ruisseau.  quVm 
trouve  dans  des  noms  de  lieux  :  Grajidris 
(Loire),  Risset  (Isère),  et  beaucoup  de  cours 
d'eau  dénommés  ris.  (Cp.  wal.  ri  «  ruis- 
'seau  »). 

La  format,  de  ce  type  est  difficile  à  expli- 
quer. Serait-ce  ri{v)us,  devenu  rius  (v. 
riu)  et  par  métath.  mis,  réduit  A  Hsf 
Cette  dérivât,  semble  bien  peu  vraisem- 
blable. M.  Ghaban.,  av.  raison,  je  crois, 
préfère  un  type  rif  par  ch.  ordinaire  de  v 
lin.  en  /*,  devenu  ris  par  ch.  de  cette  f  en 
s.  Cp.  pr.  mayoufa  =  mayoussi  t  fraise  »  ; 
hadafo  =  pr.  hadasso  «  lavande  ».  Ris, 
plus  dé.sin.  fém.  a.  a  donné  ri&a, 

*RISOLETTA  (rizolèta)  s.  f.  —  t  Fille 
qui  rit  à  tout  propos.  »  (Coch.)  Le  mot 
est  encore  usité  dans  ce  sens,  mais  risolet, 
risoleUa  se  disent  aussi  d'un  objet  qui 
provoque  le  rire.  Dicton  In.  :  c  Une 
«  viscia  »  est  une  querelle,  mais  un  «  pe- 
ditum  »  est  un  risolet  {N,  B,  Le  dicton 
n'emploie  pas  le  latin).  »  Vionn.  rizolé, 
Tarentaise  risolet,  qui  rit  toujours. 

De  vfr.  ris,  de  risum,  av.  suff.  etta, 
d'où  risetta,  diminué  en  risoletta,  par 
l'insert.  d'une  syll.  qui  allonge  le  suff., 
car  plus  les  suff.  sont  longs  plus  ils  sont 
diminutifs. 

*RITA  (rita);  â  Lyon  rite  s.  f.  Vx.  dph. 
rista,  dph.  rita,  ss.-rom  ritta,  piém.  rista. 
Le  chanvre  qu'on  file  est  de  deu!^  qualités. 
Le  plus  fin  est  appelé  la  Rita  et  le  plus 
gro.ssier  l'c/opa.  Pr.  risto  ristro,  chanvre 
peigné,  chanvre  le  plus  fin. 

De  mha.  rXste,  paquet  de  lin  broyé,  com- 
prenant  ce   qu'on    peut  faire   passer  au 

43 


Digitized  by 


Google 


362 


RIU 


séran  en  une  fois;  haut  ail.  reisle,  ail. 
rlste,  lin  en  tortis;  selon  Scliade  du  vha. 
[wridan]  ridan,  mha.  rlden,  vx  angl. 
Mvithen,  angL  writhe,  tordre. 

RIU  (riu  monosyil.);  ap,  Goch.  RIEU 
8.  ra.  Vpr.  77M  —  Ruisseau. 

De  rivium).  Vocalisai,  de  v  fin.  en  u 
(119).  Dans  la  forme  rieu  phénomène 
analogue  à  celui  du  pr..  dans  lequel  toute 
dipht.  m  est  devenue  ieu  (cp.  vicum  = 
via,  puis  tien). 

•RIVO (livô)  V.  a.  —  a  Donner  un  coup. 
Ou  Va  rica,  il  l'a  frappé.  »  (Coch  ) 

C'est  évidemm.  le  fr.  river,  mais  je  ne 
connais  pas  rhô  dans  ce  sens.  On  dit  al 
Va  fiéru  c  il  l'a  frappé  » .  A  rivô  «  frapper  », 
cp.  fr.  popul.  river  les  clous  à  qqu'un 
«  l'obliger  à  reculer,  à  se  (aire,  le  mettre 
à  quia  ». 

ROA-DE-SANT-BARNORD  v.  Rio  de 
sant'Bernô. 

ROBA  (rôba)  s.  f.  —  Vêtement  en  gé- 
néral. «  In  efat,  a  n'en  joiit  si  bien  su  sa 
tête,  qu'o  ne  chayit  pan  salament  in  degot 
de  plevi  su  sa  roba  »,  en  effet,  il  en  joua 
si  bien  (de  .son  sabre)  sur  sa  tête  qu'il  ne 
tomba  pas  une  goutte  de  pluie  sur  son 
habit  (DialJ. 

De  b.  lat.  7'oba  rauba,  subst  v.  de  rau- 
bare^  voler,  dérober;  de  vha.  roubôn  rou- 
pan.  Le  sens  de  c  butin,  dépouilles  *  s'est 
bien  spécialisé  en  vêtements,  mais  non  en 
vêlements  de  femme,  comme  en  fr. 

ROBINET  (robinè)  s.  m.  —  à  Lyon 
Instrument  de  flagellation  pour  le  derrière 
des  enfants  peu  sages  et  qui  se  composait 
d'un  faisceau  de  cordelettes  av.  un  petit 
nœud  à  un  bout,  les  cordelettes  étant 
réunies  enwemble  à  l'autre  bout  par  une 
torsade  enroulée  de  manière  à  former  un 
manche.  Cet  instrument  avait  été  certai- 
nem.  invente  à  l'usage  des  collèges.  Inutile 
dtf'dire  qu'il  est  généralem.  abandonné. 

De  Robin,  nom  propre,  av.  suff  dim.  et. 
Le  robinet  était  le  «  petit  Robin  «,  comme 
le  martinet  (voir  ce  mot  au  Supplém.)  était 
le  «  petit  Mariin  ».  Gp.  norm.  robin,  tau- 
reau. 

*ROBO  (rob6)  v.  a.  —  Dérober. 

De  b.  lat.  raubtire,  du  vha.  roubôn 
roupôn,  ail.  rauben,  ravir.  Ch.  de  au  en 
0  (49.  rem.);  de  are  en  d  (14  2»). 

ROBOTA  V.  rabota. 

ROBOTO  V.  rabotô. 


ROCHARD  V.  rochat. 

ROCHAT  (rochà)  à  River.:  à  Morn. 
ROCHARO  (rochar)  s.  m.  For.  rachcU  — 
Èpervier,  oiseau  de  proie. 

De  rochi  «  roche  »,  av.  suff.  ai  daas  un 
cas,  et  suff.  germ.  ard  dans  l'autre.  De 
ce  que  1  epeivier est  un  oiseau  qui  se  tient 
dans  les  rochers. 

*ROGO  (rokô);  à  Lyon  roquer  v.  a.  — 
Heurter.  €  Je  me  suei  rocô  lo  nos,  je  me 
suis  heurté  le  nez  ». 

Ce  mot  me  paraît  en  relat.  av.  croqua 
(v.  ce  mot),  contusion,  de  vfr.  croker,  de 
croc.  Je  crois  que  rocô  est  croker,  av. 
apUér.  de  c  iiiit..  comme  dans  poit.  ro- 
quer  «  broyer  des  aliments  av.  les  dents 
en  faisant  du  bruit  »,  qui  est  évidemm.  le 
même  que  croquer  au  sens  actuel.  Suff.  ô 
(14-l«).  —  Le  vfr.  rocquer  €  bercer  »  doit 
être  disjoint  et  vient  du  germ.  :  dan.  rokke, 
nor.  rugga,  «  balancer,  secouer  »;  angl. 
to  rock  «  bercer  ». 

*RODA  (probablem.  roda)  s.  f.  —  «  Oui 
a  pris  la  roda,  il  s'est  enivré.  >  ((^och.) 
Cette  locut,  m'est  inconn. 

De  rota.  Ch.  de  t  en  d  (136).  La  per- 
sistance de  t  sous  la  forme  d  indique  une 
orig.  pr.  Dans  le  pr.,  rode  a  pris  une 
foule  de  sens,  parmi  lesquels  celui  de 
«  moment,  occasion  ».  A  de  rode  qu'es 
mau  graciosoy  t  il  y  a  des  momeiite 
qu'elle  est  maussade;  es  a  rode,  il  est 
fantasque  (Mistral)  ».  Je  suppose  que 
«  prendre  la  roda  »  en  In.,  c'est  égalera, 
saisir*  le  moment,  l'occasion  [de  boirej  ». 
puis  *  s'enivrer  »,  en  généml.  Quant  au 
sensdupr.,  la  dérivât,  est  celle  ci  .«cercle, 
endroit  rond,  place,  passage,  occasion, 
moment.  »  Cp.  passage,  de  pas,  devenu 
^  passage  d'un  livre  »;  passe,  dérive 
au  sens  do  «  situation  »  (en  mauvaise 
passe,  etc.). 

RODO  (rôdô)  v.  a.  —  Frôler,  toucher 
en  passant,  accrocher  légèrem.  La  roa 
m'a  rodô,  la  roue  m'a  frôle. 

De  rada,re  pour  raidere,  raser.  Ch.  de 
a  prot.  et  de  a  ton.  en  ô  (59  et  1;.  Sur  lâ 
persist.  de  d  v.  189,  rem.) 

ROFOLLA  (rôfôla)  s.  f.  —  Sot  conte, 
baliverne. 

Quaud  TO  zari  Ogai  de  conlo  de  rôffoIlcSf 
Foré-jo,  ti  vo  plail,  dxire  qoqui  paroles? 

«  Quand  vous  aurez  Uni  de  conter  vos 
sornettes,  —  Pourrai  je,  s'il  vous  plaît, 
dire  quelques  paroles?  »  (More) 


Digitized  by 


Google 


ROGN 


363 


Subst.  V.  de  ^raffolô^  vfr.  raffoler  «  être 
fou  »,  d*a/folev  {de  fol)^  ay ,  préf.  réitérât. 
re. 

ROGN  EUX,  EUSE  (rôgnen,  enze)  adj. 
Poit.  raagnoux  —  à  Lyon  Grincheux, 
euse;  épineux  en  affaires,  querelleur. 

Je  ne  crois  pas  que  le  rad.  soit  rogne. 
fia  dérivât,  du  sens  semblerait  forcée.  Je 
crois  que  rogneux  est  'reneitx  =  renous 
(v.  ce  mot),  de  re7iô,  qui  a  dû  exister  à 
Lyon  sous  la  forme  rener.  Renetix  a 
passé  à  regneux  par  le  mouille  m.  si  fré- 
(fuent  de  n,  puis  à  rogneiix  sous  infl.  de 
rogne.  Cette  explicat.  me  semble  appuyée 
par  lim.  renou  <  grogneur,  pleureur  », 
vona  t  grogner  ».  La  dérivât,  de  sens  de 
«  grognon  »  à  celui  de  «  grincheux  »  est  trop 
naturelle  pour  faire  difûculté.  Cp.  mil. 
rogna,  «  grincer  des  dents  »  =  it.  popul. 
rugnire,  même  sens.  A  rogne  s'est  sub- 
stituée rinfl.  de  rognon  dans  bolon.  aver 
grosso  arnione  ou  rognone  con  alcuno, 
avoir  de  grosses  difficultés  av.  qqu'un,  lit- 
téralem.  «  avoir  gros  rognon  av.  qqu*un  ». 

*ROGNI  (rogni)  s.  f.  -  L  Gale,  teigne, 
toute  maladie  qui  fait  se  gratter.  —  2. 
Bouton  suppurant  ou  squammeux.  «  T^ôs 
de  rognes  ses  lo  nos,  tu  as  des  boutons 
suppurants  sous  le  nez.  »  —  3.  Qqu*un  de 
grincheux,  épineux.  <  O  y  est  ina  rogni, 
c'est  un  homme  avec  qui  il  ne  fait  pas  bon 
avoir  des  rapports.  »  Charchl  rogni,  it. 
cerca  rogna,  chercher  querelle;  m  char- 
chi  rogni,  un  homme  qui  cherche  les  que- 
relles. Avé  de  rogni  insian,  avoir  des 
querelles  ensemble.  Milan,  cercà  rogna 
de  gratta,  alhn*  à  rencontre  du  péril; 
bolon.  aveir  dla  rogna  cCtn  un,  avoir 
difficulté  av.  qqu'un. 

De  fr.  rogne,  aujourd'hui  peu  usité,  de 
rubigfijnem,  proi»ablem.  par  la  marche 
suivante  :  rouigne,  roigne,  rogne.  Sur  la 
dérivât,  du  sens  v.  rogneux,  qui  a  dû 
influer  sur  le  passage  de  rogni  à  la  signi- 
ficat.  de  «  susceptibilité,  querelle  ». 

ROGNON NER  (rognoné)  v.  n.  II.  ro^ 
gnare  —  à  Lyon  Grommeler,  murmurer 
entre  ses  dents,  iîo^nton^r, même  sens,  se 
trouve  dans  le  dictionn.  de  Lacombe,  1766. 

De  même  que  je  crois  que  rogneux  (v. 
ce  mot)  est  'reneux,']^  crois  que  rognonner 
est  formé  sui  un  fictif  'rener,  répondant 
à  rend  (v.  ce  mot),  av.  suff.  onner  et  in- 
fluencé par  rogne. 


*ROIMO  v.  ruèmô, 

ROI-PÈTERET  v.  relpetarêt. 

ROLI  (rôI!)  s.  m.  —  à  Paniss.  Tas 
d*faerbes  en  combustion.  Tuô  lo  rôli^ 
éteindre  le  feu.  For.  raillX  râli,  feu  de  joie 
qui  se  fait  le  mardi  gras  et  le  dimanche  des 
brandons. 

Étym.  inconn.  La  forme  la  plus  ancienne 
est  évidemm.  le  for.  rai7/t  rdli,  devenu 
rôli  par  le  passage  de  a  à  d  (6  2«).  Un 
* radic(u)lB,rium^  de  radicula,  donnerait 
railli  par  chute  de  d  (139);  ch.  de  cl  en 
/A  (164  2o,  a,  rem.  1  )  et  ch.  de  arium  en  % 
(13).  La  dessicat.  de  /  dans  rdli  est  assez 
singulière,  mais  il  n'y  a  pas  doute  sur 
l'identité  des  mots.  Quant  au  sens,  c'est 
celui  de  a  monceau  de  petites  racines  »,  le 
chiendent  qu'on  fait  brûler  en  ces  occa- 
sions consistant  surtout  en  radicelles.  Les 
feux  des  brandons  ressemblant  tout  à  fait 
à  ceux  qu'on  fait  pour  la  culture,  l'applicat. 
du  terme  désignant  les  uns  s'est  faite  tout 
naturellement  aux  autres. 

ROLION  (rolhon)  s.  m.  —  1.  Petite 
bûche  ronde.  —  2.  Cercle.  -—  8.  Dans  la 
loc.  Se  tegni  en  rolion,  se  tenir  accroupi, 
en  rouleau. 

Due  farbelouses  dou  Molion, 
Que  ae  tegiiaut  lot  ein  rolion, 

€  Deux  déguenillées  du  quartier  du 
Mouillon,  —  Qui  se  tenaient  toutes  ra- 
massées. >  (Due  Bih.) 

Du  rad.  de  rot(u)lB,re,  comme  le  fr. 
rouleau,  av.  cette  différence  que  le  suff. 
est  on  au  lieu  de  eau.  On  a  rolon,  passé 
à  rolion  par  le  mouillem.  si  fréquent  de  la 
liquide,  sans  cause  particulière,  surtout 
devant  le  préf.  on  (cp.  revollion). 

ROMAI  (rômé)  à  Paniss.;  à  Morn.  RA- 
M  AD!  (raniadi)  s.  m.  Bgt.  raimach  rasi- 
mat  rasimach,  it.  radimadia  —  Râcloir 
de  pétrin. 

Composé,  pour  la  !'•  forme,  de  rôs 
«  ras  >,  de  rasum  (1)  et  de  maie  mai, 
pétrin.  Littéralem.  «  un  rase-pétrin  ».  Le 
mot  madi,  dans  la  forme  de  Mora.,  s'ex- 
plique par  mag(i)d9Lrium  r=  maidi  madi 
(13).  Ce  simple  est  perdu,  ou  du  moins  je 
ne  le  connais  pas. 

ROMBENAIT  v.  rambenait. 

ROM  BEN  AT  v.  rambenait. 

ROMO  (romô)  v.  n.  —  à  Paniss.  Chan- 
ger de  place,  remuer. 

C'est  le  fr.  remuer.  In.  remua,  de  re- 
mtUare.  La  prot.  s'est  durcie  en  o\  il  n'y 


Digitized  by 


Google 


364 


RONC 


a  lu  rien  d*exlraordin.,  mais  la  rédnct.  de 
tid  ko  est  singulière.  Elle  explique  com- 
ment par-meeô  a  pu  se  réduire  à  pavmô 
(V.  ce  mol). 

RONCHON  NO  (ronchonô);  à  Lyon  ron- 
chonner V.  n.  —  Bougonner,  murmurer 
des  reproches  entre  ses  dents. 

De  rhoncB,re,  av.  substitut,  du  suff. 
fréq.  onnô.  Gp.  vfr.  ronchier,  ronfler, 
aussi  de  rhoncare. 

RONFLA  (ronfla);  à  Lyon  ronfles,  f. 
—  1.  Toupie. 

De  fr.  ronfler,  à  cause  du  bruit  de  la 
toupie,  analogue  à  un  ronflement. 
L*ann  t  pou,  lo  bou  se  gunda. 
Per  ly  veni  soit  dessus; 
En  sodaiit  comm'  uiia  rori/Ia 
Ly  roilise  cnnie  u  eu. 
«  L'àne  a  peur,  le   bœuf  s^e  gontle,  — 
Pour  lui  venir  sauter  dessus,  —  En  souf- 
flant comme  une  toupie.  —  11  lui  f. . .  ses 
cornes  au  derrière.  »  {Noël  de  J.  Capon, 
édit.  Coch.) 

?.  Se  prend  qqfois  pèjorativem.  pour 
nez,  gros  nez. 

T&y!  Taiciuilo  Jacopin 
Avouayqiie  lieu  row/îe. 
«  Tiens  voilà  les  Jacobins,  —  Avec  leur 
gros  nez.  »  (Noël  1728.) 

Subst.  V.  de  fr.  ronfler,  parce  que  c'est 
du  nez  que  l'on  ronfle 

RONTALONAIRO  A'ontolanéro)  s.  m. 
Nom  donné  aux  marchands  de  pommes  de 
Hontalon,  pays  où  Ton  récolte  beaucoup  de 
pommes. 

De  Rontalon,  av.  suff.  airo  (13),  qui 
trouve  ici  d'autant  mieux  son  applicat. 
que  Rontalonairo  est  un  nom  de  métier. 
Ainsi  on  ne  dit  pas  un  Yzeronairo. 

ROPAIS.  AISE  (ropé,  ôze)  adj.  —  à 
R.-de-G.,  Morn.  Rompu,  ue. 

Lo  xartéa  sont  chou|>l6s,  le  zéchines  ropaisetj 
Lo  zablts  couessiudzus,  le  zanchei  deloquaises. 
«  Les  doigts  de  pieds  sont  écrasés,  les 
échines  rompues,  —  Les  habits  déchirés, 
les  hanches  disloquées.  »  (Mén.) 

De  *rumpere  (pour  rnmpere),  qu*on  a 
transformé  en  un  v.  de  la  l"  conjug.  On  a 
eu  rompô,  puis  ropô  par  une  dénasalisat. 
(très  rare)  de  la  voy.  init.  Puis  là-dessus, 
au  lieu  d'un  partie,  rég.  ropû,  fém.  ro2)o 
(comme  chanlô)^  ou  a,  je  ne  sais  pourquoi, 
appliqué  la  terminais  fr.  d du  partie;  d'où 
rope,  passé  à  ropai,  comme  dans  qq.  mots 
de  ce  genre  (v.  éguifelais),  et  à  râpais 


par  analogie  av.  les  noms  et  adi.  fr.  en 
ais  :  lyonnais,  punais,  niais:  et  enfin  on 
a  fabriqué  un  fém.  ropaise  par  analogie 
av.  le  fém.  de  ces  mêmes  mots.  Deloquô, 
comme  on  a  vu  par  l'ex.,  a  un  partie,  ana- 
logue. Je  crois  qu'il  y  en  a  encore  qq. 
autres. 

ROPI  (lôpi);  ap.  Coch.  RAPI  s.  m.  — 
Piquette  obtenue  en  jetant  de  l'eau  sur  le 
marc. 

Onle,  sein  consullô  gni  major  ni  recru, 
Lallié  Tt  Uumo  lo  rdpide  son  cru. 
«    OÙ.   sans  consulter   le  major   ni   le 
conscrit,  —  Lallié  va  s'enivrer  de  la  pi- 
quette de  sou  crû.  »  (Mén.) 

De  pr.  l'SLspa,  grappe  de  raisin  dont  ou 
a  enlevé  les  grains,  it.  raspo,  esp.  raspa, 
même  .sens;  du  vha.  rospôn,  ratisser,  ra- 
masser, la  raspe  étant  une  grappe  dont 
les  grains  ont  été  ramassés.  De  rtLSpa 
se  forme  un  v.  ra^pa,  et,  par  chute  de  s 
(166  îi*),  rapd,  puis  rùpà,  par  ch.  de  a  en  ô 
(59  et  1);  d'où  un  subsl.  v.  ropô.  Com- 
ment ropô  est-il  devenu  ropi?  Probablem. 
par  infl.  du  fr.  râpé  dont  on  a  aiguisé  IV 
en  i,  é  à  la  fin.  n'étant  pas  un  sou  pat. 
Rôpi  est  pour  {vin  de)  rôp'i, 
ROPIO  (ropiô  dissyl.)  v.  n.  Albertville 
rdpd  —  à  Paniss.  Grimper,  grimper  av. 
diiriculté. 

Du  thème  germ.  rap,  b.  ail.  rapen,  ba- 
var.  ranipfen,  qui  signifie  grimper.  Je 
crois  volontiers  que  ce  rad.  n*est  autre  que 
celui  de  l'ail,  grabeln  t  ramper  en  tâton- 
nant »,  angl.  tu  grah  «  saisir  »;  lo  grabble 
«  manier  maUidroitem.  »;  suéd.  grabba^ 
nor.  greipa,  goth.  greipan  «  saisir  ». 
dans  lequel  g  init.  est  tombé;  car  je  ne 
trouve  pas  d'ancienne  forme  germ.  rap 
(s.  rapillh.  Rap  a  passé  à  rop  (1),  av. 
suff.  d  (14 '^o);  d'où  ropô  et  ropiô  par 
l'insert.  si  fréquente  deyolte. 

ROPIOU    (rôpiou   dissyl.)  s.  m.    —  à 
Paniss.  Grimpeur,  c  Cel  efant  est  in  rô- 
piou fini  »,  cet  enfant  a  le  goût  de  grim- 
per. 
De  ropiô,  av.  suff.  ou,  d'orem  (34  bis'. 
ROQUA  (roka^  vin.  s.  f.  —  Terme  inju- 
rieux. 
Ainsi  de  mu  servant,  répond  mey,  villi  roqua^ 
Ayant  pry  leur  argenl,  d'ellou  te  t'es  mocqua. 
(La  fin  du  second  vers  doit  être  corrigée 
en  «  d'ellou  te  te  mocqua  »). 
«  Ainsi  de  mes  serviteurs,  réponds-moi. 


Digitized  by 


Google 


ROQU 


365 


vieille...  —   Après  avoir  pris  leur  argent 
tu  te  moques  d'eux.  »  (Bern.) 

Probablem.  le  môme  que  vpr.  raca 
a  rosse  »  (v.  riqua)  corrompu  sous  qq. 
infl.  que  j'ignore. 

ROQUILLI  (rokilhi);  à  Lyon  roquille  s. 
f.  —  Dans  mon  enfance  on  appelait  à  la 
ïnaison  roquille,  une  sorie  de  tiole,  em- 
ployée, ce  me  semble,  en  pharmacie  et 
peul-éhM  en  parfumerie.  J'ai  comme  un 
souvenir  que  ces  fioles  avaient  une  forme 
fuselée,  et  je  suis  confirmé  dans  celle  opi- 
nion par  Lorin,  qui  dit  que  dans  le  Sois- 
sonnais  «  les  noms  de  topelte  et  de  ro- 
çeti/Ze  s'appliquent  plus  particulièrem. aux 
petites  fioles  ventrues  dans  lesquelles  les 
apothicaires  livrent  leurs  drogues  liqui- 
des ».  Mais  l'emploi  le  plus  usité  du  mot 
roquille  élail  dans  cette  express.,  boire 
une  roquille,  comme  on  dit  boire  un  ca- 
no7i.  Le  mot  s'appliquait  parfois  au  vin, 
mais  le  plus  souvent  à  l'eau-de-vie.  Boire 
une  roquille  d'eau-de  vie,  c'était  boire  à 
deux  chacun  son  petit  verre  d'eau-de-vie 
et  même  plus,  car  les  petits  verres  en  ce 
temps,  étaient  fort  jjrands.  L'express,  s'est 
conservée»,  mais  av.  un  sens  plus  général. 
Kn  vfr.  une  roquille  était  une  mesure  de 
liquide,  soit  le  quart  du  selifr.  Wal.  ro- 
kèie,  le  seizième  du  pot.  Lim.  rouquilho, 
le  quart  du  pot;  doublo  rouquilho,  la 
chopine. 

Je  crois  que  le  sens  primil.  est  «  fiole  » 
et  qu'il  vient  de  vha.  7'ocro,  roccho;  mha. 
rocke,  ail.  rocken  «  colus  w,  à  cause  de  la 
forme  en  fuseau.  Au  rad.  s'est  ajouté  le 
sufT.  dim.  ilhi.  Ptiis  le  sens  a  passé  à  ce. 
lui  de  mesure  de  liquide.  Il  est  probable 
qu'il  y  avait  la  roquille  pour  le  vin,  égale 
au  quart  dn  selier,  et  la  roquille  plus 
petite,  pour  l'eau-de-vie.  I/ètym.  me  parait 
appuyée  par  berr.  roquet^  demi-setier. 

ROSA  V.  rasa. 

ROSAYI  (roza  yf)  v.n.  -  à  Pnniss.  dans 
Pexpress.  Rosay'i  los  prùs,  faire  des  rigo- 
les dans  les  près  pour  l'arrosage. 

De  ros,  av.  sufT.  fréq.  olhlj  passé  à  oyi 
(164  20,  r\ 

*ROTA  (rôla)  adj.  f.  —  «  Déchirée.  Sa 
coiffe  est  rota,  sa  coilTe  est  déchirée, 
rompue.  >  (Cddi.)—  Ce  mot,  dontlemasc. 
doit  être  rot  <  v.  derot)  e>t  inusité  aujour- 
d'hui. On  rencontre  dans  beaucoup  de 
vi»,'ux  comptes  pierres  rotps  pour  «  pierres 


brisées  ».  Je  n'ai  jamais  rencontré  le  mot 
au  masc. 

De  mpta. 

ROTAIR  v.  ratar. 

ROTOR  V.  ratar, 

ROTUR  V.  ratar. 

ROU  AGNIRI  (rouagniri  Irissyl.)  s.  f.  — 
à  S*  Mart.  Ornière. 

De  roua,  roue,  av.  suff.  trî,  d'ana; 
d'où  roua-iri,  av.  insert,  d'n  pour  rompre 
l'hiatus,  probablem.  sous  infl.  d'ornière. 

ROUFFLE  (ronfle)  s.  f.  —  à  Lyon  Volée 
de  coups. 

Orig. germ.  —  Flam.ro/ftf/, ail.  dialectal 
ruffel^  même  sens;  ail.  ruffeU  répri- 
mande, vulgo  savon;  du  vx  ail. /irao/Tw, 
crier;  ail.  rufen.  Roff(e)l  ruffel,  av.  chulb 
de  la  Ir*  post-ton.  (63)  et  addit.  de  la 
désinence  fém.  <?.  =  rouf  fie. 

ROUIMO  V.  ruèmô. 

ROULA  (roula)  s.  f .  —  L  à  Crap. 
Rangée  de  foin  entassée  d'un  bout  à  l'autre 
du  pré  pour  la  charger  sur  le  char  au  fur 
et  à  mesure  de  son  passage.—  2.  A  River. 
Rangée  de  foin,  mais  aussi  rangée  de 
pierres  placées  sur  le  bord  des  terres,  ou 
pour  être  employées  dans  une  construc- 
tion. For.  roula,  tas  de  foin. 

Subst.  v.  de  roulô  (v.  ce  mot). 

ROULIÈRE  (roulhére,  roulhére)  s.  f.  — 
(lénéralem.  Grand  manteau  en  laine  et 
crin,  usité  par  les  voituriers;  à  Villefr. 
Blouse. 

De  fr.  roulier.  Logiquem.  la  roulière 
devrait  être  la  femme  du  voiturier.  C'est 
que  les  2  suff.  se  sont  fondus.  Le  mot 
devait  être  roulit'r-ière,  rouliérière,  qui, 
impossible  à  prononcer,  se  réduit  à  rou- 
lière. 

ROULO  (roulô)  v.  a.  —  dans  l'express. 
Roulô  lo  fen,  faire  avec  les  andains  un 
*  rouleau  de  foin  qui  va  d'un  bout  à  l'autre 
du  pré. 

De  rot(ii)lare,  comme  fr.  rouler,  qui  a 
influé  sur  le  mot,  car  on  devrait  avoir 
rolô  (69). 

ROUPA  (roupa);  à  Lyon  roupe  s.  f. — 
Grand  et  long  pardessus,  dans  le  genre 
de  ce  qu'on  appelle  aujourd'hui  une  gâ- 
teuse. —  2.  Manteau  à  manches. 

On  avait  au  xvi«  s.  le  mot  roupille  «  a 
cassock  (Cotgr.)  »  Roupille  est  un  dim.  de 
roupe,  peut-être  de  l'esp.  rôpa  «  hardes  ».. 
La  roupille    était  en    effet   un  vêlement 


Digitized  by 


Google 


RUBI 


espagnol  ;  «  une  roupille  à  TEspagnole 
(Sat.  Ménippée).  »  Rapproch.  vx  esp.,  vx 
ptg.  rouba;  ptg.  roupa,  aussi  t  bardes  », 
identique  à  l'it.  roha^  du  vha.  rotih,  •  spo- 
lium  ».  La  robe  et  la  roupe  auraient 
donc  la  même  orig. 

RUBIS  (rubi)  adj.  —  dans  l'express. 
Dupainrubis,  du  pain  sec,  dura  manger. 
«  Gelo  pan  est  trop  rubis  per  lo  mingl  *, 
ce  pain  est  trop  sec  pour  le  manger. 

De  bis  (pain  bis)  et  préf.  réitérât,  re; 
d*où  rebis^  passé  à  rubis  par  renforcem. 
de  la  prot.  L'idée  est  que  le  pain  bis  est 
plus  dur  que  le  blanc  et  que  le  pain  sec 
est  deux  fois  bis. 

RUÉMO  (ruèmô  dissyl.)  à  River;  à 
Grap.  ROUIMO;  à  Morn.  RUIMO;  ap. 
Coch.  ROIMO  V.  n.  --  L  Réfléchir  profon- 
dément, combiner  avec  eflfort.  Pr.  ruma, 
grommeler.  —  2.  Se  dit  aussi,  mais  plus 
rarem.,  d'un  animal  qui  rumine.  Dph. 
roeimOf  ruminer  {ap.  Charb.)  ;  wal.  rimer, 
rgt  roumia.  même  sens. 

De  rum(i)n9i,re.  Faut-il  admettre  qu'il 
y  a  eu  une  forme  du  lat.  popul.  av.  w  bref 
puisque,  dans  toutes  les  formes  ci-dessus, 
u  s'est  diphtongue?  Cependant,  à  cùté,  on 
a.  dans  toutes  les  langues  romanes,  u  long 
qui  a  persisté  d'ailleurs  dans  le  In.  rumô 
«  ronfler,  dormir  ».  Mais  pourquoi  u  ne 
s*est-il  diphtongue  chez  nous  que  lorsque 
le  mot  était  pris  au  fig.?  Y  a-t-il  eu  sim- 
plem.  une  iufl.  d'un  mot  étranger,  par  ex. 
celle  du  fr.  savant  ruminer,  dont  on  aurait 
inséré  It;  d'où  ruimô  passé  à  roimo,  elc? 
Gela  semble  assez  peu  vraisemblable,  mais 
je  n*ai  rien  de  mieux  à  proposer.  Quoi 
qu'il  en  soit,  rum(i)nare  a  donné  ruèmnô, 
où  n  est  tombée  comme  dans  femina  ■= 
fr.  femme. 

Les  formes  esp.,  port,  i-umiar,  vpr. 
romiar,  pr.  roumia  ne  répondent  pas  à 
ruminare,  mais  à  rumifjare  (Groeber), 
comme  Tindique  clairem.  le  roum.  rumega 
et  le  gasc.  at^oumega.  Le  In.  n'en  vient 
pas,  car  nous  aurions  eu  rumeyt,  comme 
lèyï  de  ligare. 

RUIMO  V.  ruèmô, 

RUISSI  (ruissi  dissyl.)  s.  f.  —  Hous- 
sine. 

Subst.  V.  de  ruissX. 

RUISSI  (ruissi  dissyl.)  v.  a.  —  à  Pa- 
niss.  Fouetter  av.  une  houssine. 

Probablem.  le  même  que  vfr.  roissier. 


battre,  dont  Torig.  reste  obscure,  malgré 
les  nombreuses  èlym.  proposées.  En  tous 
cas,  il  est  certain  que  le  In.  a  vu  surtout 
dans  ruissi  Tonomat.  du  sifflem.  de  la 
houssine  :  ruiss',  car  le  mol  aujourd'hui 
s'entend  exclusivem.  des  coups  de  verge. 

RUISSI  A  (ruissia  dissyl.)  s.  f.  —  Hous- 
sinée.  coups  de  verge,  volée  de  coups  de 
verge. 

Subst.  partie,  de  ruissi. 

RUMAIRO  (rumèro)  s.  m.  —  Ronfleur. 
Onic  est-ce  donc,  quou  lïo  rumairo, 
A  gorgi  de  paramolairo? 
€  Où  est-il  donc,  ce  vieux  ronfleur,  — 
Avec  sa  voix  de  rémouleur?  »  (Due  liib.) 
De  In.  rwmô.av.  sufl'.airo  (13,  rem.  1). 
*RUMELLA  y.ramella. 
RUMO   (rumô)   v.   n.    —   à   R.-de-G. 
Ronfler,  dormir.  Poit.  roumer^  être  enrhu- 
mé et  ne  respirer  qu'av.  difiiculté;  rou^ 
meiller,   ronfler;  lim.  rooumela,  berr- 
roumer,  émettre  la  respirât,  av.  peine  et 
bruit. 

Te  cht  su  que  Thomnie  que  rume, 
€  Tu  tombes  sur  cet  homme  qui  dort.  » 
{Due  Bib.) 
De  ruminKre  (v   ruèmo). 
RUSTICO  (rustikô);  à  Lyon  rustiquer 
V.  a.  —  Faire  un  enduit  au   mortier  en 
fouettant  le  mortier  av.  un  rameau  de  buis. 
Les  gouttelettes  de  mortier  forment  ainsi 
de  fortes  aspérités. 

De  fr.  rustique,  pris  au  sens  de  gros- 
sier. Suflf.  (5(14  4«).  En  architecture,  on 
appelait  style  rustique  celui  des  construc- 
tions faites  pour  paraître  brutes. 

RUTIA  frutia  dissyl.)  s.  f.  Albertville 
rulia  —  Pain  grillé  trempé  dans  le  vin 
sucré.  Se  dit  spécialem.  de  la  ru<ia  qu'on 
fait  manger  aux  nouveaux  mariés  la  nuit 
de  leurs  noces.  A  Lyon  rôtie  se  dit  de 
toute  tartine  :  une  rôtie  de  creuse  de 
beurre. 

Par  brac6  los  époui  et  faire  iiia  chaillt, 
Et  surtout  impotù  ceit  s6la  rulia. 
€  Pour  tourmenter  les  époux  et  faire  du 
vacarme.  —  Et  surtout  imposer  cette  sale 
tartine.  »  {Hym.)  L'auteur  fait  allusion  à 
l'usage  de  mettre  par  plaisanterie  toute 
espèce  de  drogues,  sinon  de  saletés  dans 
la  rutia  des  époux. 

Du  mot  qui  a  fait  fr.  rôtir ,  av.  suflf.  ta, 
répondant  à  ie  fr.  Mais  pourquoi  6  a-t-il 
passé  à  a  ? 


Digitized  by 


Google 


SA 


367 


S 


SA  V.  sous  sai, 

SABOT  (sabô)  s.  m.  —  Têtard  de  gre- 
nouille. 

De  cApiit,  av.  suff.  roman  ot.  k  cause 
dr  In  forme  de  la  larv<^,  qui  semble  n'être 
qu'un»»  tèle.  Gp.  têtard,  de  tête.  (^h.  de  p 
en  6  (140,  rem.  2).  Ou  a  chabot  (cp.  cha- 
bot, poisson,  même  élym  ),  passé  à  sabot 
sous  l'infl.  de  sabot,  chaussure,  quoique 
les  2  choses  n'aient  aucun  rapport,  mais 
par  la  simple  homophonie.  Sur  le  s.ms  cp. 
pr.  testo  d'ase  «  têtard  de  grenouille  », 
littéralem.  tête  d'àne. 

'SABOULO  (saboulô);  à  Lyon  SARA- 
BOULER  V.  a.  Lgd.  sabouti  —  D'après 
Goch.  €  Rosser  »,  mais  en  réalité  Gronder 
d'importance.  Se  prend  qqfois  dans  le 
sens  de  houspiller.  «  J'étais  si  heureux, 
que  j'en  ai  avalé  deux  paquets  de  cresson 
que  me  saraboulent  le  ventre.  »  (Les 
Malins  du  Gourg.) 

G'est  le  fr.  popul.  sabouler,  mais  la 
forme  sarabouler  est  à  remarquer  à  cause 
de  l'insert.  de  la  syll.  péj.  ra  (190). 
Quant  à  sabouler,  il  paraît  renfermer  le 
rad.  (d'ailleurs  inconnu)  de  sabot,  toupie, 
plus  clairem.  exprimé  dans  lo  lgd.  saboytti^ 
pr.  saboutn,  secouer,  ébranler.  Goch.  rap- 
proche lgd.  sabar,  «  rosser  »  qui  renfer- 
merait le  même  rad.;  mais  je  ne  connais 
pas  le  mot;  il  ne  figure  pas  dans  Sauvages, 
où  Goch.  puisait  habitueliem.  Dans  sa* 
bouler,  la  2*  partie  du  mot  parait  être 
boule,  sab'bouler  sabouler  «  fouetter  et 
faire  rouler  comme  une  boule  ».  Noël  pré- 
tend que  le  mot  vient  d'Italie,  où  les  en- 
fants, dans  leurs  jeux,  se  frappent  av.  des 
mouchoirs  roulés  remplis  de  sable,  ce 
qu'ils  appellent  sabulare.  Je  n'ai  trouvé 
sabulare  dans  aucun  vocabtil.,  et  d'ail- 
leurs sabouler  est  d'un  usage  trop  général 
pour  que  cette  ètym.  mérite  aucune 
créance. 
"SAGA  (sàka)  s.  f.  For  saca -^  Poche. 


Chôrgi  lo  pi«lole,  beta  lo  deiiis  te  $aqut8, 
«  Charge  tes  pistolets,  mets-les  dans  tes 
poches.  »  (Per,) 

Drel  que  j*ai  quauque  tn  dm  lou  fond  de  ma  $ar,a^ 
Je  crey  que  tout  l'Enfer  l'y  vint  baillie  rallaïua. 

€  Dès  que  j'ai  quelques  sous  dans  le 
fond  de  ma  poche.  —  Je  crois  que  l'enfer 
tout  entier  lui  vient  donner  l'a.ssaut.  » 
(Ghap.) 

De  SKCca,  pour  saccnm,  qui  avait  déjà 
dans  Gicér.  et  Hor.  le  sens  de  bourse,  sa- 
chet. La  persist.  de  c  dur  semble  indiquer 
une  orig.  d'oc. 
*SACADA  y.socana. 
*SACHI  (sachi);  à  Lyon  sache  s.  f.  — 
Grand  sac. 

De  '*acc«.  Gh.  de  ce  en  ch  (154);  de 
a  en  i  (64  2«). 

SACHI  (sachi)  à  Morn.;à  Grap.  SAVAI 
(savô)  V.  a.  et  n.  —  Savoir. 

Pour  la  forme  sachi,  tiré  de  s9t,pio  = 
sache,  plus  suff.  i  des  vb.  de  la  l"  conjug. 
(15  2»).  Sachi  répond  donc  à  un  'sapiare 
pour  sapere.  Pour  la  forme  saval,  do 
sapere,  ch.  dep  en  v  (140);  de  e  en  ei 
(16)  devenu  à  Grap.  al,  ou  si  Ton  aime 
mieux  ê  excessivem.  ouvert.  Sur  les  deux 
format,  cp.  pochi  «  pouvoir  »,  à  Morn.,  et 
povai  à  Grap. 

SACHI  A  (sachia  dissyl.)  s.  f.  —  Une 
pleine  sachi.  «  Ina  sachia  de  fafioles,  un 
grand  sac  de  haricots.  » 
D3  sachi,  av.  suff.  a,  d'aia  (1,  note  8). 
*SACO  (sakô)  V.  a.  —  1.  Jeter,  secouer, 
€  /  Van  saca  dins  Vaigui,  ils  l'ont  jeté 
dans  l'eau.  »  (Goch.) 

G'est  le  vfr.  saquer  «  tirer,  tirailler  », 
béarn.  sKca  «  battre,  piquer,  harceler  »; 
L'étym.  en  est  obscure.  Diez  y  voit  le  rad. 
sac  :  «  tirer  hors  du  sac  »;  mais  ou  atten- 
drait des-saquer  comme  on  a  en-saquer 
(cependant  on  a  vfr.  sache r  «  tirer,  mettre 
dehors  »).  Scheler  y  voit  it.  staccare  «  dé- 
tacher »,  mais  oulre  le  peu  de  rapport  de 


Digitized  by 


Google 


368 


SACR 


.sens,  le  fr.  aurait  eu  [e]stacher  étacher. 
Il  indique  en  seconde  ligne  ags.  scdcan, 
angl.  lo  shake,  secouer;  et  comme  se 
n'égale  jamais  *,  il  cherche  un  intermé- 
diaire norm.  ou  pic.  ^chaquer,  qui  aurait 
été  corrompu  en  saquer.  Cette  conjecture 
parait  bien  peu  appuyée.  Peut-être  y  a-t-il 
eu  un  rad.  indo-germ.  sac,  d'où  le  mot  est 
sorti.  On  trouve  en  irl.  ^a^^atm  «j'attaque, 
je  fonds  sur...  »,  qui  appartient  évidemm. 
à  un  autre  rad.  que  sacaighim  t  je  mets 
dans  un  sac  *.  Le  sscr.  sag  signifie 
«  ferire.  occidere  >.  Mais  cette  conjecture 
n'est  pas  plus  appuyée  qui  les  autres. 

'U  «  Mettre  dans  la  poclie.  »  (Coch.)  Le 
sens  est  plus  général  :  Renfermer,  mettre 
dans  un  sac,  dans  la  pocli?,  en  prison. 
Vpr.  esacar,  cév.  saca. 

A  dzil,  mais  plusieurs  nions  ilc  fàr 
Lo  saqttont  lou%  deiiis  iii  enfàr. 
«  Il  dit,  mais  plusieurs  mains  de  fer  — 
Les  renferment  tous  dans  une  gélienne.  » 
(Vol,  dejamb.) 

Dans  le  sens  de  Coch..  de  s9,cca  «  poche  », 
et  dans  les  autres,  de  stLCcuiHj  av.  sulT.  ô 
{14  V). 

.*).  .\  Lyon  saquer  —  Donner  congé  à 
qqu'nu.  C'est  le  sens  le  plus  fréquent. 
On  dit  aussi  saci  quauju'un,  pour  «  le 
quitter  hrusquom.  »  C'est  au  fond  la  même 
idée. 

De  sac  (du  soldat).  Saquer  «  donner  son 
sac  »  à  Ct^lui  qu'on  renvoie.  On  emploie 
fréquemm.  aussi  cette  express.  Je  lui  ai 
donné  son  sac  «  je  l'ai  renvoyé  ». 

4.  SE  SACO  V.  pron.  —  Se  cacher,  se 
blottir.  «  A  ne  seyë  onte  se  sacv,  il  ne  sait 
où  se  cacher.  » 
Extens.  de  sens  de  saco  2. 
SACRÈY!  ("sakrè-yf)  v.  n.  —  Jurer,  sa- 
crer. 

Y  promeltont  u  petit 
De  ne  jamais  plus  êocreyî. 

«  Ils  promettent  à  l'enfant  [.Tésus]  —  De 
plus  jamais  sacrer.  »  (Noël  1723), 
De  fr.  sacrer,  av.  suflf.  fréq.  èyi  (=  èlh'i), 
*SADO,  A  (sado,  a);  vin.  SADOU  adj. 
For.  sadou,  br.  sado  —  \.  Savoureux,  de 
bon  goût;  les  médecins  disent  «  sapide  ». 
Tala-z-en,  mais  faut  de  moier«ia; 
Jamais  ne  fut  rcn  de  si  sadou. 
*  Goùtez-en.  mais  il  faut  de   la   mou- 
tarde: —   Jamais  rien    ne   fut  si  savou- 
reux. »  (Bern.) 

Iqueu  nVre  pas  sadou. 


<  Oci   n'était  pas  agréable  au  goùl.  • 
(Chap.) 
De  s^piijdum.  Chute  de  p  (16t  (5%  c), 
2.  Dans  Roq.  il  a  le  sens  de  sec. 

Quand  Tio  son  vintre  blc  el  son  gosi  si  tculo^ 
0  me  flt  tant  re^re.. . 
«  Quand  je  vis  son  ventre  mou  et  son 
gosier   si    sec,    —    Cela    me    fit   tant    de 
peine...  »  (Bail.  d'Essai) 

Je  ne  connais  pas  le  mot  dans  ce  sens, 
et  ne  comprends  pas  la  dérivât. 
SADOU  V.  sado. 

SAFFRANÉE  vin.  s.  f.  —  Sorte  de  pâ- 
tisserie. 1573  :  <  Défense  aux  boulangers, 
pâtissiers  et  autres  de  la  Ville,  de  cuyre 
aulcunes  miches,  tartres,  radisses,  saffra- 
nées.  » 

Snbst.  partie,  de  'safraner,  mettre  du 
safran,  ces  pâtisseries  en  étant  assaison- 
nées. Cet  usage  s'est  conservé  pour  les 
cènes  bénites  que  l'on  vend  à  la  porte  des 
églises  lo  jeudi-saint,  et  qui  sont  très  for- 
tem.  i'nprégnées  de  safran. 

SAQNI-NOS  (sagninô);  à  Lyon  saigne- 
riez s.  m.  —  Achillee  mille-feuilles,  achil- 
len  millefoliuin. 

De  sagni,  saigtie,  et  nos,  nez,  parce 
que  lorsque  l'on  s'en  rael  dans  le  nez,  elle 
détormitie  une  hémorragie. 

S  Al  (sô)  pron.  m.  —  à  Paniss.  Lui. 
«  Je  labouro  yer  sai,  je  ti-availle  pour 
lui.  »  SA  ('sa)  pron.  m.  —  à  Villefr.  Lui: 
en  Fr.  Ln.,  par  extension.  Nom  donne  au 
mari  par  la  femme  quand  elle  parle  de 
lui.  *  Sa  est  allô  itié,  mon  mari  est  allé 
là;  sa  drome,  mon  mari  dort.  »  (Guigue) 
—  Gasc.  sa  dity  dit-il. 

C'est  le  pron.  se,  qui  a  perdu  son  carac- 
tère réfléchi  pour  prendre  le  caractère  de 
simple  remplaçant  du  subst.  Il  est  remar- 
quable qu'en  fr.,  au  contraire,  l'usage  du 
pron.  lui  tend  à  supplanter  soi.  Dans  le 
Fr.-Ln.  le  sens  indirect  lui  a  passé  au 
sens  du  cas  sujet  il,  et  comme  le  mari  est 
le  personnage  important  de  la  maison,  il 
a  été  désigné  elliptiquem.  par  le  pron  , 
comme  s'il  ne  pouvait  y  avoir  d'erreur  sui 
la  personne.  —  Pour  la  forme  sai  voy.  18. 
La  formera  esi  unélargissem.  du  son  ai, 
commun  à  Villefr.  <  En  Limous.,  en  Péri- 
gord,  en  Auvergne,  se  remplace  le  pron. 
masc.  el,  mais  seulem.  comme  régime  de 
préposit.  (Ghahan.)  »,  c'est-à-d.  qu'il  s'em- 
ploie comme  à  Paniss.  Je  ne  sache  pas 
que  nulle  part  ailleurs  que  dans  la  Bresse 


Digitized  by 


Google 


SAI 


3r,o 


et  la  région  de  Villefr.  se  soit  employé 
pour  ille. 
SAI  s.  m.  V.  sar. 
SAlvb.  V.  sèyl, 

SAIN-DIETTA  (sindiétaj  s.  f.  —  Nom  du 
village  de  S^^-Agathe,  près  de  Panissière. 
A  River.,  Morn.  SAINTI-GUETTA  (sinti- 
ghèta;. 

Curieuse  syncope  de  Sanct(a-Ag)B,tha, 
Sanct  =:  saint  est  d'oïl,  ainsi  que  a  ton. 
=  è:  mais  il  est  remarquable  que  t  ait  été 
change  en  d,  malgré  Tappui  de  c.  Cela 
doit  tenir  à  une  raison  de  dissimilat. 
Saint-Tietta  n'est  pas  en  effet  d'une  pro- 
nonciat.  aisée.  M.  Chaban.  fait  remarquer 
qu'en  Lim.  Saint-Chamans  =^  Sanch^ 
Amans ;à*ovi  San-Chamans  et  puis  Saint 
pour  San.  On  aurait  pu  avoir  de  môme 
Sa7tch'  Aîata,  Sanchaieta^  Sanchieta, 
Sanjiela,  Sandzieta  (j  =  dz)^  puis,  par 
réduct.,  Sandietta,  et,  par  substitut,  de 
sain  à  san,  Saindietia. 

SAINT-ANDUER  (sintanduôr  trissyll.) 
—  Nom  du  village  de  Saint-Andéol. 
La  voga  de  Sainl-Andaer, 
Oile  le  filhe  chayuni  a  rinvers. 
«  La   fête   de    Saint-Andéol,  —  Où  les 
filles  tombent  à  la  renverse.  »  (Dicton) 

De  Sa7tctum  Andeolum.  Uè  est  la 
•liphtongais.  archaïque  de  o  bref.  Ch.  du  l 
fin.  en  r  ('121  1"),  On  a  dû  avoir  Saint- 
Andiuer  réduit  à  Saint- Anduer, 

SAIPERQN  (sôperon)  s.  m.  —  à  Paniss. 
Scieur  de  long. 
De  In.  saipèrOf  av.  suff.  on, 
*SA!TES  (séte)  2*  pers.  plur.  du  prés, 
de  l'indic.  du  vb.  sachl,  savoir.  Cette 
forme  a  paru  extraordinaire-  à  Coch.,  qui 
Ta  mentionnée.  Aujourd'hui,  à  R-de-G., 
Morn.,  on  dit  vos  saides,  et  à  Crap.  vos 
sayl. 

Format,  analogue  à  celle  de  pouèdes  (v. 
ce  mot).   La  forme  sayl  est  probablem. 
constituée    par    analog.    av.    vos    poyl 
€  vous  pouvez  »,   ou  le  t  de  potatis  pour 
potestis  est  tombé  réguliérem.  et  a  été 
remplacé  par  yolte.  D'où  poyl  par  cb.  de 
a  en  l  sous  infl.  de  y. 
SALETTA  y.  s  alita, 
SA  LINON   (salinon;  s.   m.  —  à  Morn, 
Salière. 
De  'salinonem  pour  salinum, 
SALITA  (salita;   à    River,   salhita)  ;  à 
Paniss.  SALLETA   (salèta)  s.  f.   Vionnaz 


salèta,  —  Petite  oseille,  rumex  acetosa, 
SALETTA  CHANINA  —  à  Paniss.  Oseille 
sauvage.  Lacombe,  1766,  donne  «  salet('% 
sorte  d'ozeille  »,  évidemm.  mal  transcrit 
pour  saleté. 

Non  d'(oc)5a/irfa,  malgré  la  ressem- 
blance de  sens  et  de  forme,  parce  que  i 
étant  bref,  il  serait  tombé;  mais  de  sal- 
lita,  av.  i  long,  partie,  de  salUre  «  saler  », 
lequel  sallita  a  été  sans  doute  substitué 
par  le  lat.  vulgaire  à  oxalida. 

*SALLIA  (salha)  adj.  partie.  —  Sorti, 
ie.  Oiilasallia  c  il  est  sorti  ».  —  «  Le  sire 
de  Beaujeu,  dans  un  titre  de  l'an  1362,  est 
représenté  comme  ayant  menacé  de  bouter 
le  feu  au  château  de  Taichevôque  de  Lyon, 
de  manière  à  en  faire  saillie  les  rats.  » 
(Coch.)  —  Ce  mot,  comme  Tin  fini  t.  sailli, 
qu'il  suppose,  n'existe  plus,  à  ma  connais- 
sance. On  dit  aujourd'hui  al  a  sortit  «  il 
est  sorti  »  ;  sôlre  «  sortir  ». 

De  salive,  qui  avait  aussi  le  sens  de 
«  sortir,  s'élancer  hors  ».  Le  vfr.  saillir  a 
dans  Froissart  le  sens  de  sortir;  vpr.  sa- 
Ihir,  même  sens;  cév.  sali  «  chasser,  met- 
tre dehors.  »  Le  niouillem.  de  /  de  sallia 
n'est  pas  celui  que  cette  liquide  prend  tou- 
jours devant  t  dans  certains  endroits  (v. 
Co7is.  lyomi.)^  car  on  le  retrouve  dans  fr. 
5at7/iV.  Ce  mouillera,  est-il  dû  à  l'infl.  du 
prés,  de  Tindicat.  salioî  Pourtant,  dans 
faillir,  on  n'a  pas  falio^  mais  fallo, 

SALO  (SE)  (se  salô);  à  Lyon  se  saler 
v.  pron.  —  Se  retirer  du  jeu  auquel  s'amu- 
sent les  enfants.  «  Je  me  salo,  je  me  relire 
du  jeu,  ou  je  me  repose.  »  A  River,  .s'em- 
ploie au  neutre  :  «  Lo  Tienne  sôle^ 
Etienne  se  relire  du  jeu.  »  L'express, 
existe  en  Lorraine  et  doit  se  retrouver 
dans  beaucoup  d'endroits. 

De  salvSLve.  Une  forme  saula  a  dû  pré- 
céder. On  aurait  eu  salvare,  savlar,  sau- 
lar,  Cesanla  existe  précisera,  en  lira.,  par 
ex.  en  parlant  d'une  place  au  coin  du  feu, 
qu'on  saulOy  pour  qu'un  autre  ne  la  prenne 
pas.  Le  passage  de  saula  saulô  à  salô  a 
pu  s'effectuer  sous  l'infl.  de  salo  «  saler  », 
pour  «  conserver  »  comme  le  jambon.  En 
tout  cas  l'identité  des  mots  lim.  et  In.  ne 
fait  pas  doute,  et  l'étym.  du  lim.  ne  paraît 
pas  faire  doute  non  plus. 

SALOU  (salou)  s.  m.  —  à  Yzer.  Caisse 
où  l'on  met  égoutter  les  faisselles  conte- 
nant les    fromages.    Le   salou   a   quatre 

44 


Digitized  by 


Google 


370 


SAM 


pifids  et  un  couvercle,  et  un  fond  pourvu 
de  petites  rainures  conduisant  à  un  trou 
pour  évacuer  l'eau. 

De  lat.  sal,  av.  suff,  roman  ou,  à^orium 
(S6).Salou  répond  à  sala{t)orium,  comme 
colatorium  à  colou. 

SAM  (san)  devant  les  labiales,  SAN 
dev.  les  autres  cons.  prèf.  péj.  —  V.  sous 
sampiUl  vb. 

SAMBEOI  vin.  s.  m.  —  Samedi.  —  1421  : 
«  Le  sambedij  dernier  jour  de  février.  » 
(Reg,  c.) 

De  sahb9L{ti)  dies.  Nasalisât,  de  a  (184 
?•♦  rem.  8). 

SAMPA  (sanpa)  s.  f.  —  terme  inja 
rieux,  Vaurien,  femme  de  mauvaise  vie. 

Malgré  la  singularité  de  la  format.,  je 
crois  que  «ampa  est  tiré  de  sampilîi  subst. 
(V.  ce  mot),  par  suppress.  du  suff.  On  a 
des  exemples  de  celte  format,  dans  porio, 
de  pariùn;  mira,  demtron.  Le  rad.  samp 
n'existe  pas  ;  et  dans  sampilîi  vb.,  le  sens 
de  «  mettre  en  haillons  >  indique  bien  que 
peilli  est  le  rad.,  et  san  seulement  une 
particule  péj.  Il  y  a  bien  montpell.  sampo 
«  égout  »,  rgt.  sompo  sounpo  chompo 
€  mare  »,  probablem.  de  sumpsum  (v. 
sous  sampiUï  vb.^,  qui  c\urait  pu  être  em- 
ployé métaphoriquem.,  mais  il  n'est  guère 
admissible  que  les  dialectes  d'oc  n'eussent 
que  le  sens  propre,  et  le  In.  que  le  sens 
flg.  On  devrait  trouver  les  2  sens  simul- 
taném.,  au  moins  dans  un  dial. 

SAMPEILLI  vb.  v.  sampilîi  vb. 

SAMPELLY  adj.  v.  sampilîi,  ta. 

SAMPILLARI  (sanpilhari);  ap  Goch. 
SAMPELLIARI;  à  Lyon  sampillerie  s. 
f.  —  1.  État  d'objets  déchirés.  €  0  y  est 
ina  vré  sampillarX,  ce  ne  sont  que  de 
vraies  guenilles.  »  —  iB.  term.  collect.  péj., 
Vagabonds,  gens  sans  aveu,  gens  mépri- 
sables en  général  :  c  Quina  sampillaH  de 
mondo,  quelles  gens  méprisables,  quelles 
canailles  !  »  Viv.  sampèyario  <  embarras, 
choses  gênantes  ». 

De  In.  sampilîi  subst.,  av.  suff.  coll.  art, 
répondant  à  fr.  erie. 

SAMPILLI  (sanpilhi);  à  Lyon  sampille 
n.  f.  —  Guenille.  Au  fig.  vagabond,  vau- 
rien, guenillard  ;  aussi  femme  de  bas  étage 
et  de  mauvaise  vie.  c  As-te  vu  la  Toinon 
avoué  ce  soudôr,  ah  !  sampilîi!  »  As-tu  vu 
Toinon  avec  ce  soldat,  ah!  quelle  guenille  ! 

Subst.  V.  de  sampilîi. 


SAMPILLI,  lA  (sanpilhtf  ia^  ap.  Roq. 
SAMPELLY  (sampélhl);  ap.  Coch.  SAM- 
PILLI A  adj.  Vx  for.  sampeli  —  Déchire, 
en  haillons.  «  Ou  Ta  sampillia^  il  l'a  d*^- 
chiré.  tiraille.  »  (Goch.) 
Véqua  bien  de  regre  par  le  fllte  amouéroBte!.. . 
Ifau«iiissant  lu  garçons  qu^ant  tampeUy  lio«  corps. 

«  Voil.â  bien  des  regrets  pour  les  filles 

amoureuses...  —  Maudissant  les  garçons 

qui  ont  souillé  leurs  corps.  »   {La  More) 

Après  nous  arey  sampelit^ 

El  nous  avey  tous  «lepoulit. 

€  Après  avoir  mis  nos  habits  en  lam- 
beaux, —  Et  nous  avoir  tous  dépouillés.  » 
(Ghap.) 

Partie,  de  sampilîi.  Aujourd'hui  ce 
partie,  est,  au  masc.  .fampilhi,  au  fém. 
sampilha. 

SAMPILLI  (sanpilhi);  à  River.  SIM- 
PEILLI  (sinpèlhl);  h.  Morn  SIMPILLI;  à 
Lyon  sampiller  v.  a.  Dph.  sampilha,  pr. 
sampiha  ^  Déchirer  de  façon  à  mettre  en 
guenilles.  S'emploie  le  plus  souvent  sous 
la  forme  pron.  se  sampilîi,  s'entre-dé- 
chirer.  For.  sampeilld,  secouer,  tour- 
menter. 

Gomposé  de  \ti, peilli,  guenille;  de  suff. 
t  (16  4*)  et  d'une  particule  sam  san,  qui 
a  pris  en  In.  et  en  pr.  le  sens  de  c  secouer, 
agiter  ».  Elle  se  retrouve  dans  sansolhX  = 
san-solhl,  agiter  l'eau  bourbeuse;  san- 
drolhî,  tremper  dans  l'eau  en  secouant. 
Gette  particule  existe  dans  un  grand 
nombre  de  mots  (surtout  pr.)  exprimant 
l'action  de  secouer,  déchirer,  abîmer  :  cév. 
sansi,  fouler  aux  pieds;  biterr.  soumsi 
de  cops,  rouer  de  coups,  fouler  aux  pieds  ; 
pr.  somsi,  engloutir,  absorber,  tasser, 
presser;  vpr.  sumsir  sumpsir,  engloutir. 
Le  phonème  primit.  um  a  passé  à  an. 
Pour  ce  passage,  cp.,  outre  sansi,  déjà 
cité,  pr.  samcimen  pour  sumsimen,  et  le 
vfr.  sancir,  aller  au  fond  =  pr.  sumsir. 
De  môme  en  vin.  trouve-t-on  Lucudunum 
=  Lian.  Pour  l'orig.  de  sumsir,  Diez 
hésite  entre  summergere  et  sumere.  Pour 
summergere  =  sumsir,  il  compare  s 
pour  g  dans  vfr.  sparser  (spargere), 
terser  (tergere) ,  La  format,  s'expliquerait 
mieux  par  le  partie,  sub-mersum.  —  M.  G. 
Paris  propose  sorbere,  par  un  partie. 
sumpsum.  Il  suit  de  laque  sam,  venu  de 
sum  dans  sum-mergere,  représenterait  à 
l'orig.  la  prèposit  sub,  dont  le  sens  .se 
serait  confondu  av.  colui  du  thème,   de 


Digitized  by 


Google 


SAMP 


371 


telle  façon  qu'oû  l'aurait  dans  une  foule 
de  composés,  pour  exprimer  le  secouement, 
le  tiraillem.,  Téparpillem.  La  contraction 
samheia  «  essaimer  »,  en  parlant  des 
abeilles,  paraît  composée  de  sam  +  aheia 
(abeille)  +  suff.  vb.  a.  Le  Jgd.  sampouna 
«  faire  des  points  d'ici  et  de  là,  faufiler 
grossièrem.  »  paraît  composé  de  sam  -J- 
I)oun  (point)  +  suflf.  a;  biterr.  sambouta, 
secouer,  de  sam  +  boula;  sampeja  boiter, 
de  sam  +  *pediare,  Gp.  encore  val.  sam- 
bouii,  chanceler,  vaciller.  Cette  particule 
sanv  a  même  pris  parfois  un  sens  simplem. 
péj.  Le  cév.  a  sono  sogno  chanson,  de 
sonum,  et  san-sogno^  rabâchage;  le  pr. 
sansouiro,  terre  stérile  et  saline,  de  san 
4-  salsum;  le  lim.  sangoulha  «  tremper 
dans  Teau  en  secouant  »  de  san  +  gouil 
(v.  go ui liât). 

Dana  la  forme  simpiîlt,  la  plus  ré- 
cente, an  a  été  prononcé  in  par  analog. 
av.  tous  les  mots  où  le  phonème  an 
représente  en  lat. 

SAMPILLIA  adj.  v.  sampillt,  ta. 

SAN  préf.  v.  sam. 

SAN  (san)  adj.  m.  For.  cent  —  Fort, 
violent.  Ne  s'emploie  que  dans  l'express. 
lin  cop  san,  un  coup  violent,  c  In  cop  si 
san  que  si  m'avié  juint,  m'arit  estourbô  », 
un  coup  si  violent  que,  s'il  m'avait  atteint, 
il  m'aurait  tué. 

Je  crois  que  c'est  s^num  (8).  Uu  homme 
«  sain  »,  est  un  homme  fort,  robuste.  De 
là  l'analogie. 

SANDA  V.  sandô. 

SAN  DO  (sando)  s.  m.  —  Samedi.  S'em- 
ploie ordinairem.  av.  l'art,  lo. 

Le  même  que  (dis)sando,  av.  aphér.  du 
mot  représentant  dies,  comme  dans  lo 
Hun,  lo  môr^  lo  mècro,  etc. 

SANDO  (sandô);  vin.  SANDA  s.  f.  — 
Santé.  «  Que  a  vos  placet  que  vos  me 
doneis  la  sanda  d'arma  et  de  corps  »,  qu'il 
vous  plaise  me  donner  la  santé  de  l'âme 
et  du  corps  (Marg.). 

De  san(i)tB,tem.  Gh.  dû  t  en  d  (174  2o, 
6);  de  a  en  d  (1). 

*SANDRO  (sandro)  s.  m.  —  Alexandre, 
nom  d'homme. 

Fr.  (Alec)sandre.  On  sait  que  l'apocope 
de  la  syll.  init.  se  renconire  couramm. 
dans  les  noms  propres.  Gp.  Colas  pour 
Nicolas,  Toinette  p.  Antoinette. 

SANDROLLI  (saudrolhl;;  khyoïi  san 


dvouiller  v.  a.  —  Tremper  dans  l'eau  en 
secouant. 

Probablem.  composé  de  In.  drouille  (v. 
ce  mot),  du  préf.  san  (v  sampillï),  et  du 
suflf.  vb.  i  (15  4«).  L'idée  aurait  été  d'abord 
d'un  «  linge  trempé  »,  puis  se  serait  étendue 
à  toute  chose  trempée  en  général.  Gp.  lim. 
sangoulha,  même  sens,  de  san  +  gouil 
(v.  gouillat). 

SANGLE  s.  f.  —  Terme  de  batellerie. 
Les  membrure»  d'un  bateau  sont  fixées 
aux  extrémités  par  2  moi  ses  qui  forment 
la  bande;  la  sangle  est  la  moi  se  intérieure. 

De  cïng(u)la  parce  que  la  sangle  ceint 
les  flancs  du  bateau.  Mais  pourquoi  n'a-t- 
on pas  eu  single  après  avoir  eu  sangle  f 
G'est  certainem.  dû  à  Tinfl.  du  fr.  Gp. 
sanliôr,  qui  devrait  être  sinlior. 

SANGUETTE  vin.  s.  f.  —  Seringue  dont 
on  86  servait  pour  combattre  les  incendies. 
«  Le  roi  Loys  xii«...  envoya  la  banda  de 
Monseigneur  d'Aubigny  et  sa  garde  des 
Suyces,  qui  nous  saulverent  pour  leur 
grand  diligence  le  réfectoir  à  force  de 
sanguettes.  »  (La  fundat.  des  Célestins, 
par  Berchier,  1537  p.  18)  *  Gujus  presidio 
etpresertim  domini  d'Aulbigny  et  suorum 
militum  Scotorum  auxilio...  syringum 
industria  magnam  partem  refectorii... 
protexerunt.  »  (Loc.  cit.  p.  81) 

Subst.  V.  de  *singlutare  pour  singul^ 
tare.  D'où  sangloule,  dans  lequel  oute  a 
été  remplacé  par  le  suff.  ette.  On  a  san- 
glette^  passé,  je  ne  sais  sous  quelle  infl., 
ksanguette.  Sur  in  devenu  an  à  la  prot. 
cp.  sangloter,  aussi  de  singultare. 

SANGUIN  (sanghin)  s.  m.  —  Vionnaz 
savëgnon,  saint,  sanyin,  it.  sanguine, 
placent,  sangônella  —  à  Villefr.  Cor- 
nouiller, cornus  sanguinea. 

De  fr.  sang,  av.  suflf.  in,  à  cause  de  la 
couleur  rouge  de  ses  feuilles  à  l'automne 
et  de  ses  rameaux  rouges  en  tout  temps. 
Le  mot  est  emprunté  à  la  langue  savante. 
G'est  cornouiller  sanguin,  dont  on  n'a 
gardé  que  l'épithète. 

SANLIOR  (sanlhôr)  s.  m.  Vfr.  sengler 
saingler  sangler,  wal.  single,  bourg,  sin- 
glai,  vpr.  singlar  senglar,  pr.  singla,  lim. 
singlar  —  Sanglier.  Vivar.  sanglar,  porc 
croisé . 

De  sing(u)l9Lrem.  On  a  certainem.  eu 
sangliar  (164  2**,  a),  dans  lequel  gl  s'est 
affaibli  en  Ih,  In,  contrairem.  à  l'habitnde, 


Digitized  by 


Google 


372 


SANL 


api'ès  avoir  passé  à  en  (an)  ne  s^est  pas 
changé  en  in.  Cette  persistance  doit  être 
due  à  l'infl.  de  fr.  sanglier,  Gh.  de  a 
enô  (1). 

SAN  LIS  s.  m.  —  à  Alix  et  aux  environs 
Salsifis  des  prés,  tragopogon  pratense. 

Mot  communiqué,  et  de  la  prononciat. 
duquel  je  ne  suis  pas  assez  sûr.  J*ignore 
si  s  est  muette  ou  non. 
Êtym.  inconn. 

SANSOLLI  SANSOLY  (sansolhf)  v.  a. 
et  n.  —  Agiter  dans  Teau  sale,  secouer 
dans  Teau  sale.  «  Qu'a  don  ceVefant  à 
sansollicomm'iguien,qa*Sidonc  cet  enfant 
pour  remuer  ainsi  l'eau  bourbeuse?»  Berr. 
sansoiller  <  souiller,  salir,  gâter  »  ;  rgt. 
sonsouilla  «  salir,  tacher  de  boue  ». 
Je  foué  le  sau9uly  la  tèla  deins  Coson. 

«  Je  vais  te  secouer  la  tête  dans  l'eau  du 
Gouzon.  »  (Gorl.) 

Du  type  qui  a  fait  le  fr.  souiller,  av.  une 
particul'i  san^  qui  marque  l'idée  d'agiter 
de  côté  et  d'autre.  V.  sampilhl  vb. 

SANSOLY  V.  sa?isoin. 

*SAPINA  (sapina)  s.  f.  —  1.  c  Soc  de 
charrue  brut  »  (Coch.).  Dph.  sapina 
€  soc  de  charrue  »  (Gharbot). 

Ce  mot  est  aujourd'hui  complèteui.  in- 
connu dans  ce  sens.  Semble-t-il  indiquer 
qu'au  temps  de  Goch.  il  y  avait  des  char- 
rues dont  le  soc  élait  en  bois?  Gela  n'est 
pas  admissible.  Je  suppose  qu'il  a  voulu 
parler  du  morceau  de  bois  qui  porte  le 
soc,  aujourd'hui  la  maître^  mais  alors 
pourquoi  Gharbot  dit-il  aussi  «  soc  de 
charrue  »?  et  que  signifie  «  soc  de  charrue 
brut  »? 

De  fr.  sapin  (à  cause  de  la  matière),  av. 
désinence  a  des  noms  fém.  (53  2»).  Mais 
il  esta  croire  que  l'appellat.  remonte  très 
haut,  car  de  nos  jours  le  sapin  n'est  pas 
un  bois  de  charron  nage. 

2.  A  Lyon  sapine,  «  Petit  bateau  chargé 
de  pierre  de  Gouzon,  pour  bâtir  à  peu 
près  une  toise  de  mur.  »  (Goch.)  —  Je  ne 
sais  pas  bien  ce  qu'une  sapine  peut  porter 
de  pierre,  mais  c'est  une  petite  barque  de 
8  m.  30  de  long  par  1  m  environ  do  large. 
Les  flancs  sont  inclinés  et  ont  une  bor- 
dure plate  de  18  à  20  cent,  sur  laquelle 
marclient  bs  hommes,  et  qu'on  appelle 
cor  ad  au  (v.  ce  mot  au  Supplém).  La  sa» 
pine  sert  aussi  pour  le  transport  du  sable. 
Je  crois  que  c'est  surtout  à  cela  qu'on 
l'emploie,  et  que  la  pïnve  de  Gouzon  des- 


cend aujourd'hui  sur  des  barques  beaucoup 
plus  grandes. 

Le  mot  est  très  ancien.  On  lit  dans  la 
Leyde  de  1801  :  «  Item  totes  les  sapines  qui 
à  Lian  sont  vendues,  etc.  »  Dès  le  xiv*  s. 
les  sapines  servaient  au  ti*ansporl  du 
sable.  —  1386-1390  :  c  A  plusieurs  navetans 
pour  XXXV  sapines  d'areyna  (sapine  est 
ici  au  sens  de  t  contenu  de  la  sapine  »}  que 
l'on  epanchit  pour  la  venua  du  Rey,  à 
V  gros  la  sapine.  »  (Inv.  de  la  C.) 

Dans  la  Couzonnaise^  chans.  qui  peut 
dater  de  50  à  60  ans,  on  lit  : 

Ren  qu'à  Cozon,  y  est  ou  rrai  port  de  mer  ; 

Y  a  beu  dz'a  Irais  vingt  sapines. 
«  Rien  qu'à  Gouzon,  c'est  un  vrai  port 
de  mer;  —  Il  y  a  bien  déjà  soixante  sa- 
pines. » 

De  sapin,  Gp.  penella,  de  pm,  et  fr. 
popul.  sapint  fiacre;  lorr.  sapin^  hotte  en 
planches  dans  laquelle  on  porte  le  l'aisin  ; 
Morv.  sapina,  vaisseau  en  bois  blanc  pour 
le  lait;  du  bois  dont  ces  objets  sont  fa- 
briqués. 

SAP.  (sar)  à  S*-Marl.  ;  à  River.  SE;  aux 
environs  de  Lyon  SI  AU;  à  Morn.  SAÏ  s. 
m.  —  Seau, 

De  silellum  pour  les  2 1"«  formes.  Chute 
de  t  (135).  Dans  sar,  ellum  est  devenu 
exceptionnellem.  ar.  On  a  eu  d'abord  seel. 
par  ch.  de  t  bref  en  c  (16)  seer,  par  ch. 
de  /  en  r  (121);  seer  se  réduit  à  ser  et 
passe  à  sar  par  ch.  de  e  en  a  sous  infl.  de 
r.  Dans  la  forme  de  Lyon,  ch.  de  ellum 
en  tau  (33);  d'où  seiau  réduit  à  siau. 

De  sit(u)lum  pour  la  forme  de  Morn. 
Sit(u)lum  =  siclum  =  sélho  (164  2«,  6), 
sègo  (164  2'»,  c),   réduit  à  séi  sai.  De 
mémo  pour  la  forme  de  River,  av.  celte 
différence  que  la  diphl.,  après  s'être  réduite 
à  <;,  a  passé  à  é  (16). 
SARABOULER  v.  sahoulô. 
SARCICZONIS  vin.  dans  le  texte  sui- 
vant :   «  Item  pro  iir  sarcic507iis  »,  de 
mt^me,  pour  ;300 saucissons  (Tard  Venus), 
Je  donne  ce  mot,  quoique  latin,  parce 
qu'il  montre  qu'au  xiv»  s.  existait  à  Lyon 
le  mot  SARCISSON,  devenu  aujourd'hui 
saucisson,  sous  infl.  du  fr.  —  Sarciaonis 
n'est  en  effet  que  la  translat.  de  sarcissou, 
qui  vietjt  de  salsitioîif^nu  desalsitia.  Oh. 
de  /  en  r  (171  2»). 
SARCISSON  vin.  v.  sous  sarciczonis. 
SA  RDI  (sard!)  s.   m.  —    à  Amplepuis 
Cerisier.  Mot  inconnu  dans  le  reste  du 


Digitized  by 


Google 


SARM 


373 


Lyoïin.y  mais  usité  dans  des  villages  de  la 
Loire.  For.  sardeiri^  petite  cerise  noire 
des  montagnes.  Sardeiri  «  Noire  »,  nom 
donné  aux  vaclies  noires.  Cp.  gév.  Célére, 
nom  donné  aux  vaches  brunes,  aussi  de 
la  couleur  de  la  cerise. 

II  est  difficile  de  ne  pas  lire  Sard9,rium, 
de  la  croyance  où  Ton  était  qae  le  cerisier 
avait  été  rapporté  de  Sardes,  quoique 
Pline  dise  qu'il  est  venu  de  Cérasonte,  ville 
du  Polit,  d'où  cerasus;  mais  il  est  pro- 
bable que  le  cerisier  a  été  introduit  de 
divers  endroits,  et  même  que  le  merisier 
e.st  autochtone.  Sardarium  =  sardl  par 
ch.  de  ariiim  en  î  (13). 

SARMAGNOT,  OTTA  (sai-magnô,  ôta) 

—  Garçon,  fille  de  S»-Romain. 

Dzam^  on  n'a  tu  Sarmagnola 
Se  droit  ni  se  detfacia. 

t  Jamais  on  n*a  vu  fille  de  S*-Romain  — 
Si  gentille  ni  si  dégagée  ».  {Couzonnaise, 
chans.) 

De  Samt- Romain,  av.  suflf.  dira,  oi, 
olta.  D'où  Saint-romainot^  réduit  à  Sar- 
magnot, 

'SARMENTA  v.  sarminta. 

SARMINTA    (sarminta):    ap.    Coch 
SARMENTA  s.  f.  coll.—  Ensemble  des 
sarments.  «  CV/o  pia^iti  a pro  de sarminlUf 
cette  jeune  vigne  a  beaucoup  de  sarments. 

De  sarmentaf  de  sarmentum.  Ch.  de 
an  en  in  (22).  J'ignore  si  dans  la  forme 
de  Coch.  la  graphie  en  indique  la  pronon- 
ciat  2/1  ou  an, 

*SARMOIÉRI  V.  sarmouévi  subst. 

SARMOUÉRI  (sarmouéri  trissyl.);  à 
River.  SARMOUIRI(8armouiri);ap.  Coch. 
SARMOIÉRI  s.  f.  —  Saumure. 

De  'salmnria.  Le  ch.  de  /  en  r  (173  3«) 
indique  que  le  mot  n'est  pas  fait  sur  un 
dér.  roman  de  sal;  sal  ayant  donné  sau^ 
on  aurait  saumouéri.  L'yotte  de  ia  a  sauté 
par-dessus  r  et  a  formé  la  dipht.  ui  ■=.  oi, 
devenue  ouf^  (42  3<>);  désinence  i  (54  1"). 

SARMOUÉRI,  IA  (sarmouéri,  ia);  ap. 
Coch.  ENSARMOIÉRIA  ;  à  Lyon  sar- 
moirée  e>adj.  partie.  Dph.  eissei'moiria 

—  Se  dit  d'un  ragoût  salé  outre  mesure  et. 
par  exlens,,  de  toute  sauce  trop  épicée. 
u  OH  rar/oùt  est  ensarmoievia,  ce  ragoût 
t'st  trop  .salé  ».  (Coch)  —  Nous  disons 
aujourd'hui  sarmouéri,  ii,  faisant  ainsi 
la  différence  du  masc.  et  du  fém. 

De  In.  sarmouéri,  av.  suff.  i. 
SARMOUIRI  v.  snrrnou*iri. 


SARPENT  vlu,  dans  le  tex.te  suiv. 
1323  :  «  Item  VI  lenges  de  sarpent  ».  (L.  R) 
Je  traduis  par  «  six  vêtements  (che- 
mises?) ou  pièces  d'étoffe  en  laine,  dite 
sarp  »,  du  rad.  qui  a  fait  serpillière  et 
le  vfr.  serpol  «  trousseau,  paquet  »,  et  qui, 
d'après  M.  Baist,  signifiait  «  toile  qui 
gratte  ».  Primitivem.  la  serpeliere  était 
en  laine.  Il  est  vrai  que,  dans  l'énumérat., 
ces  objets  viennent  après  «  XX  anex  (an- 
neaux) »,  mais  ils  sont  rapprochés  d'un  ' 
couvre-lit  de  soie,  et  font  'partie  d'une 
série  d'objets  divers,  formant  seulem. 
5  articles,  dont  a  hérité  un  collatéral. 

SARPO  (sarpô)  v.  a.  —  à  Villefr. 
Tailler,  en  parlant  de  la  taille  de  la  vigne. 

De  **arpare,  émonder,  pour  sKrpere. 
Suff.cJ  (14  20). 

SARRAILLI  (sai-alhi)  SERRAILLI  (sè- 
ralhi)s.  f.  Gasc.  san-ailho^  béarn.  sar 
ralhe  —  Serrure. 

De  'serr9,c(u)la,  de  serra  (p.  sera),  ser- 
rure. Ch.  de  rien  Ih  (1642o,6);  de  a  fin. en 
i  (54  2*)  ;  de  e  en  a  dans  la  forme  sarrailli 
(66). 

*SARRAIRO  (saréro);  à  Morn.  SER- 
RAIRO;  à  R.-de-G.,  River.  SEITAIRO 
(sètèro);àOrap.  SEITRO(sètro);  àPaniss. 
SÉPAIRO  (sépèro)  s.  m.  Piém.  saitor — 
Scieur  de  long.  Piém.  saron,  charpentier. 
Pécata,  dou  public  illuttro  mandalairo, 
L'arbilrc  dout  goujats,  le  préfet  doua  sétairo, 

«  Pécata,  illustre  mandataire  du  public, 
—  Juge  des  goujats,  préfet  dos  scieurs  de 
long.  »  (Ménj. 

Pour  la  forme  serrairo,  de  serrSLre,  av. 
suff.  airo  des  noms  de  métiers  (13);  pour 
la  forme  sarrairo,  même  étym.  av.  pas- 
sage de  e  init.  à  a  (66). 

Pour  la  forme  seitairo^  de  ^eciartJ,  tiré 
de  section,  av.  même  suff.  Ch.  de  ec  en  ei 
(cp.  19)  réduit  à  é,  é.  La  forme  seitro  est 
faite  sur  sect(o)r  (52),  av.  addit.  de  o  (cp. 
past(ojr  =  paslre). 

La  forme  sèpairo  parait  être  la  même 
que  seilairo,  av.  un  ch.  de  p  en  t,  proba- 
blem.  sous  infl.  do  separnre. 

SARRETTA  (saréta)  s.  f.  -  à  Paniss. 
Scie. 

Do  sera,  av.  suff.  roman  elta.  Ch.  de  e 
en  a  (66). 

SARRETO  (saretô)  v.  a.  —  à  Paniss. 
Scier. 

De  In.  sarretta,  av.  suff.  ô  {\b  !•) 


Digitized  by 


Google 


374 


SARR 


SARRO  (sarrô)  1.  v.  a.  —  Fermer,  ren- 
fermer. 

La  chef  doa  pillero  ra  sarrô  la  caMioa, 

Et  beie  iii  même  Itom  la  dio  dins  sa  fargiua. 

€  Le  chef  des  malandrins  va  fermer  la 
maison,  —  Et  met  en  même  temps  la  clef 
dans  sa  besace.  »  (Maraud.) 

De  *s3rra,re,  de  serra  (pour  sera),  ser- 
rure. Gh.  de  e  en  a  (66).  Il  est  assez 
curieux  que  IV  se  soit  doublée,  car  l'insis- 
tance sur  ïr  est  assez  sensible  dans  la 
prononciat ,  et  d'ailleurs  le  ch.  de  e  en  a 
l'indique. 

2.  V.  impers.;  à  Lyon  sen'er  —  Geler, 
geler  très  fort.  €  O  va  sarrô  s'ta  neyt,  il 
va  geler  fort  celte  nuit  » 

Du  fr.  serrer  au  sens  d'élreindre, 
presser.  L'idée  est  que  la  gelée  étreint, 
serre. 

SARRON  (saron;  s  m.  —  Sciure  de 
bois.  A  Lyon  on  se  sert  toujours  de  «  sar- 
ron  »  pour  sécher  l'encre. 

De  In.  *  sarrô,  scier,  qui  a  cerlainem. 
existé,  quoique  je  ne  connaisse  que  le 
dim.  sarretô.  Au  rad.  s'est  ajouté  le 
suff.  on. 

SARVADON  (sarvadon)  s.  m.  —  à  Pa- 
niss.  L  Arbre  sauvage  en  général.  —  2. 
Fruit  du  pommier  sauvage,  qui,  scché  an 
four,  sert  à  faire  une  sorte  de  piquette. 

De  'selvsLtum  pour  selvaticum,  av. 
suff.  roman  on,  Cb.  de  /  en  r  (171  *>); 
de  /  en  d  (136);  de  e  en  a  sous  infl.  de  r 
(66).  Sarvadon  répond  au  fr.  sauvaffeo?i. 

SARVAJO,  A  (sarvajo.  a)  adj.  —  Sau- 
vage. 

De  selvVLticum.  Gh.  de  /  en  r  (lit  ?•); 
de  tf  en  a  (66)  ;  de  aticum  en  ajo  (161  5«). 

SARVANTA  (sarvanta);  à  River.  SAR 
VINTA;  à  Lyon  servante  s.  f.  —  1. 
Femme  domestique.  —  2.  Anse  de  fer 
qu'on  suspend  à  la  crémaillère  et  qui  sert 
à  supporter  la  poêle. 

Dupart.  fém.sarr«w<a,  de ^arri, servir; 
la  sarvanta,  ustensile,  fait  l'office  d'une 
servante  qui  lient  la  poêle.  Sur  le  sens  cp. 
vin.  donsella,  même  sens,  et  Vosges  ser- 
vante  «  ustensile  quadrangulaire  en  bois, 
qu'on  place  en  avant  du  lit,  entre  le  bois 
et  les  couchages  (?)  pour  empêcher  les 
enfants  de  tomber  (Haillanl).  » 

SARVIGNA  (sarvigna)  s.  f.  —  à  Morn. 
Gibier,  venaison. 

Fornif»  syncopée  de  vin.   s&rvaiina  (v. 


ce  mot),  av.  mouillem.  si  commuu  de  /t. 
Gh.  de  e  init.  en  a  (M). 
SARVINTA  V.  sarvanta. 
SATINAIRO  (satinéro)  s.  m.  —  Ouvrier 
qui  fabrique  du  satin.  Ma  mère  me  chan- 
tait un  vieux  noël  où  se  trouvaient  les 
vers  suivants  : 

Je  pansavô  mon  colairo  (caulëre) 
Inlr'  oiiz*  liur'  et  la  minuit, 
Comm'  un  bravo  «aliiiairo 
Ayant  sa  jonia  fliiil. 
De  fr.  satin,  av.  suff.  airo^  des  noms  de 
métier  (13). 

SAUCETTE   (sôssète)  s.  f.  ~  à  Lyon 
dans  l'express.  Faire  une  saiirette  «  trem- 
per un  morceau  de  pain  dans  du  vin.  » 
De  fr.  sauce ^  av.  suff.  dim.  ette. 
SAUCI  (sôssi)  V.  a.  —  1.  Tremper  dans 
la  sauce.  —  2.  Secouer  dans  un  liquide. 
«  Je  me  suei  sauci  dins  la  Rôno,  je  me 
suis  baigné  dans  le  Rhône,  i»  On  dit  aussi 
«  fons  etô  bin  saucis^   nous  avons  été 
mouillés  par  une  forte  averse.  » 
De  fr.  sauce,  av.  suff.  t  (15  2«). 
*SAUCIA  (sôssia);  à  Lyon  saucée  s.  f. 
—  Action  de  secouer  qq.  chose  dans  un  li- 
quide.   «   Fare    una    sauaia,   lorsqu'on 
trempe  son  pain  dans  le  vin.  »  (Goch.) 
Recioure  ina  saucia,   recevoir  une  foi*te 
averse. 
De  In.  sauci,  av.  suff.  partie,  a,  d'atom. 
*SAUCIA  (sôssia;  adj.  des  2  g.  —  For- 
tement mouillé  et  spécialem.  secoué  dans 
un  liquide. 

Adj.  partie,  de  sattci.  Le  mol  est  donné 
par  Goch.  pour  les  2  g.,  mais  aujourd'hui 
un  dit  sauci  au  masc.  et  saucia  au  fém. 

*SAUCIRON  (sôssii-on)  s.  m.  —  Gham-  * 
pignon.  Piém  sansairon,  champignon  des 
prés. 

Je  ne  connais  le  mot  que  par  Goch.  Rien 
ne  semble  plus  naturel  que  de  le  tirer  de 
sauci  r  sauce  »,  av.  suff.  on  relié  par  r 
(Cp.  mouche  ron),  mais  d'aboixi  la  formai, 
serait  vicieuse  sous  le  rapport  logique, 
car  un  sauciron  devrait  être  «  une  petite 
sauce,  >  tandis  que  l'idée  est  d'un  c  objet 
av.  lequel  on  fait  les  sauces  ».  Cp.  gasc. 
chauchère,  oseille  sauvage,  compose  de 
salsa  +  suff.  aria.  Mais,  de  plus,  la  forme 
piém.  doit  faire  repousser  cette  êtym.,  et  je 
n'en  ai  pas  d'autre  à  proposer.  Je  fais  re- 
marquer que  dans  le  mss.  de  Goch.  il  n'y  a 
aucun  doute  sur  la  graphie  de  Vu.  Je  sup- 
pi)se  que   la  forme  priuiit.  est  sanciron. 


Digitized  by 


Google 


SAUL 


375 


passé  à  sauciron  sons  infl.  de  sauce.  Je 
fais  remarquer  encore  qne  le  piém.  suppose 
un  type  lat.  commençant  par  jij  ou  zis, 
gengiva  ayant  donné  piéra.  sansica;  sisy- 
phum,  zansip;  et  it.  zihihho  «  raisin  mus- 
cat »  étant  devenu  piém.  sansip, 

SAULÉE  s.  f,  —  à  Lyon  Lieu  planté  de 
saules.  Les  Saulées  d'Oulîins. 

Formé  sur  saule,  av.  suff.  coll.  aie, 
d*eta,  d'où  saulaie,  puis  saulée,  par  sub- 
stitut, du  suft.  ée,  d'aia.  Saulaie  avait  été 
lui-même  substitué  à  saussaie^  dont  le 
sens  étymolog.  n'était  plus  compris,  et  qui 
semblait  être  un  dér.  de  sauce, 

*SAUMA  (aux  environs  de  Lyon  sôma; 
fi  Morn.sa-ouma);î\  Grap..River.  SOUMA 
rsouma);  vin.  SOMA;  à  Lyon  saume  s.  f. 
Vpr.  sauma  —  Anesse.  Au  flg.  se  dit 
d'une  femme  stupide. 

Lt  pesia  say  la  soma  et  que  me  Ta  batta! 

«  La  peste  soit  de  l'ànesse  et  de  qui  me 
Ta  bâtée.  »  (Bern.) 

De  b.  lat.  sKlma,  qu'on  trouve  dans 
Isid.  pour  sagma  «  bAt  ou  poids  ou  paquet 
qu'on  place  sur  le  bât.  »  Sagma,  au  dire 
d'Lsid.,  vient  lui-même  de  sagum,  à  cause 
des  couvertures  qu'on  place  sur  le  i>àt  et 
dont  celui-ci  est  garni.  Sagma  est  em- 
prunté au  gr.  ^«7/*».  Sur  ag  suivi  d'une 
con.s.  =  au  cp.  smaragda  =  émeraude, 
.selon  la  règle  indiquée  par  Foerster  (c/ia« 
racler  =  vfr.  charaude,  Jacobum  =  Jau- 
nie, october  =  outobre  etc.).  Salma 
prouve  qu'avant  de  passer  à  te,  ^  a  passé 
ixl. 

Quant  au  sens,  il  faut  remarquer  que 
sagtna  salma  avait  pris  en  b.  lat.  la  si- 
gnificat.  précise  de  <  *onus,  sarcina  ».  La 
dérivât,  à  «  bête  de  somme  »  est  néan- 
moins assez  singulière.  On  se  serait  at- 
tendu non  à  une  identificat.  de  la  charge 
av.  la  bête  qui  la  porte,  mais  à  un  dér.  av. 
suff.,  comme  dans  sommier,  de  somme. 

Sauma  est  certainem.  emprunté  au  pr. 
Le  In.,  de  salma,  eût  tiré  sarma  (173  ^). 
Dans  la  forme  souma,  ch.  de  au  en  ou 
(49).  Dans  la  forme  soma,  passage  de  au 
à  0  (49,  i-em.  1).  Morn.  diphtongue  encore 
au  en  aou.  C'est  le  seul  endroit  du  Lyonn., 
à  ma  connaissance,  où  les  diphtongues, 
en  général,  ne  se  soient  pas  toujours  ré- 
duites à  un  son  unique. 

SAUMÉE  (sômée;  s.  f .  —  à  Lyon  dans 
les  express,  une  saumée  de  vin,  une 
saumée  de  sel,  pour  «  la  charge  de  sel  etc. 


d'un  àne  ».  Ce  mot,  que  je  me  rappelle 
avoir  entendu  dans  mon  enfance,  a  com- 
plètem.  disparu. 

De  saume,  Anesse,  av.  suff.  dVïl  éé. 
Gp.  dnée,  charge  d'un  âne. 

SAUTARIAU  (sôtariau)  SOUTARfOT 
(soutariô)  s.  m.  Berr.  sauter iau,  —  Sau- 
terelle. 

De  salière,  plus  suff.  roman  el,  devenu 
tau  (32).  Saulariau  est  donc  littéralem. 
le  masc.  de  sauterelle.  Il  est  probable  que 
le  mot  a  été  emprunté  au  fr.,  car  saltare 
aurait  donné  en  In.  sartô  (170  4*),  tandis 
qu'on  a  soutô,  Gh.  de  au  en  ou  (73). 
Dans  la  forme  soutariot,  il  y  a  eu  substi- 
tut, du  suff.  à'\m.  ot  au  suff.  iau, 

SAUVAGIN  v.^ow^ sauvagina, 

SAUVAGINA  (sôvajina)s.  f.  Lgd.  sau- 
vagino,'\i.salvaggina,  bolon.  salvadgum. 
—  Nom  générique  qui  embrasse  tous  les 
mammifères  des  forêts,  dont  les  peaux 
s'emploient  pour  fourrures  :  belettes, 
martres,  putois,  etc.  B.  lim.  so-ouvodsino 
sa  dit  de  tous  les  animaux  qui  ne  .sont  pas 
domestiques-  Béarn.  saubadgie  «  les  oi- 
saaux,  les  bêtes  sauvages.  » 

De  sauvajo  (selvaticum),  av.  suff.  ina 
qui  prend  ici,  par  except.,  un  caract.  col- 
lect.  L'idée  est  qu'il  s'agit  de  bêles  «  sau- 
vages ».  On  dit  aussi  qqfois  à  Lyon  sentir 
le  sauvaghii  toutes  ces  bêtes  ayant  en  gé- 
néral une  forte  odeur. 

'SAUZaV  V.  sauzé. 

SAUZÉ  (sôzé)  à  Grap.;  ap.  Goch.  SAU- 
ZAI  s.  f.  —  Saussaie. 

De  In.  sauso,  av.  suff.  coll.  âge  d'eta. 
On  a  eu  sausaye  sauzaï  (la  diphton- 
gais,  se  marque  encore  dans  la  forme  de 
Goch.),  et  sausé  par  le  passage  fi*équent 
de  ai  à  ^,  surtout  sous  l'infl.  du  suff.  fr. 
e<?. 

SAUZI  (sôzi)  s.  f.  —  Sauge. 

De  sKlvia,  mais  par  l'intermédiaire  de 
fr.  sauge,  car  en  In.  /  dans  ces  condit. 
devient  r.  Gh  de  vi  en  vj  =  j  fcp.  le- 
vium  =2  liège);  de  a  en  t  C54  1).  On  a 
saugi,  passé  à  sauzi  par  ch.  de  ^  en  z, 
comme  il  arrive  qqfois  devant  l'hiatus  ta. 
Gp.  rajt  pour  ra^i. 

SAUZO  (s6zo)  s.  m.  —  Saule. 

De  S9^l(i)cem.  Ch.  de  le  en  uz  (V30  2», 
b). 

SAUZO  s.  m.  —  Guvier,  v.  sèso, 

SAVAI  V.  sachi. 


Digitized  by 


Google 


376 


SAVI 


SAVINA  (savina)  s.  f.  —  à  Moi-n.  Nom 
propre  donné  aux  vaches  rougeàtres  :  la 
Savina,  la  Boiicharda  etc.  Je  crois  môme 
qu'on  remploie  qqfois  comme  adj.  :  ina 
rachi savina. 

De  vin,  parce  qu'on  a  vu  une  lointaine 
analogie  entre  la  robe  de  la  vache  et  la 
couleur  du  vin.  Ce  rapprochem.  n'est  pas 
plus  exti-aordinaire  que  celui  av.  la  cerise, 
qui  a  donné  Céléra^  nom  de  vache  dans  le 
Gév.  Au  rad.  vin  s'est  ajouté  le  suff.  des 
noms  fém.  en  a,  mais  je  no  sais  pas  expli- 
quer le  préf»  sa,  que  l'on  ne  trouve  que 
dans  ce  mot. 

SAVO  (savô)  v.  a.  For.  sava,  cév.  saha 
—  Lorsque  les  enfants  font  des  sifflets  av. 
l'ècorce  du  noyer  ou  du  saule,  ils  coupent 
une  pousse  de  ce  bois  et  ils  frappent  tout 
autour  snr  l'écorce  de  manière  à  la  faire 
disjoindre  du  bois  en  la  tirant  sans  la  dé- 
chirer. Cela  s'appelle  Savô,  «  O  faut  savô 
lo  nof/if  il  faut  détacher  l'écorce  du  noyer.  » 
Morv.  saiver,  écorclier  un  arbre  au  mo- 
ment de  la  sève;  bêarn.  sabatat  «  bour- 
souflé »,en  parlant  d'un  arbre  dont  l'écorce 
se  soulève. 

De  5apa,  qui  a  donné  fr.  sève,  av.  safl'.<5. 
Ch.  de  p  en  i?(140);  suiT.  d  (14  2«).  Le 
sens  vient  de  ce  que  l'opération  ne  peut 
se  faire  qu'au  moment  où  la  sève  monte, 
c'est-ù-d.  au  printemps. 

SAVORET  (savoré);  ap.  Coch.  SAVOU- 
RE! s.  m.  Vfr.  savorados  (ap.  Rabel.}, 
lîîd.,  mars,  sabowun  —  D'après  Coch. 
Manche  du  jambon.  A  River,  c'est  aussi 
le  manche  du  gigot,  qu'on  fait  cuire  de 
même  dans  le  bouillon.  Dph.  sarvoivea 
(Charb.),  os  du  jambon.  A  Lyon  le  SA- 
VORET s,  m.  est  l'os  que  le  boucher 
ajoute  à  la  viande  pour  augmenter  le  poids 
à  payer;  à  Paria  réjouissance;  en  Lor- 
raine açrémentçen  b.  Dauph.  souquet ; 
b.  lim.  sohoural,  os  de  bœuf  qu'on  met 
dans  le  l)ouillon  ;  vfr.  savoviî  <  savoureux  ». 

De  vfr.  savour,  de  saporem.  av.  sufl". 
et,  parce  que  l'os  augmente  la  saveur  du 
bouillon.  Cp.  vx  it.  saporetto  <  ragoût 
(ap.  Oudin).  »  Dans  le  Blésois,  la  Sain- 
longe,  on  appelle  saveurs  les  légumes 
ajoutés  au  bouillon  pour  en  relever  le 
goût.  Dans  la  forme  savouret  passage  de 
OH  fr.  à  o  (34,  rem.  4).  Les  mots  réjouis- 
sance et  agrément  sont  pris  dans  une 
acception  ironique  comme  d'ailleurs  sa- 


roret  à  Lyon.  r,e  dph.  souquet  doit  élre 
un  dimin.  de  souche.  A  Marseille  il  signi- 
fiait, d'après  Achard,  c  la  bonne  mesure  » 
et  «  un  petit  morceau  de  viande  de  rebut 
qu*on  ajoute  pour  faire  le  poids  ».  En  tous 
cas  je  ne  le  crois  pas  apparenté  à  vfr. 
souquet,  impôt  sur  le  vin,  usité  dans  le 
Midi. 

*SAVOURET  V.  savoret. 

•SAVOYANDEAU  (savo-yandô)  s.  m. 
—  «  Bateau  plus  petit  que  la  penelle, 
dont  on  se  sert  sur  le  Rhône.  »  ((^och.)  — 
Je  ne  connais  pas  cette  espèce  de  bateau. 
Je  suppose  que  c'est  celui  que  Fortis,  en 
1820,  désignait  sous  le  nom  de  savoyardo. 
Les  trains  de  bateaux  étaient  terminés 
par  deux  de  ces  bateaux.  J'ai  plus  de  con- 
fiance en  la  forme  donnée  par  Coch.  Il  .se 
peut  du  reste  que  les  deux  termes  fussent 
employés. 

De  fr.  Savoy e,  plus  un  suff.  andeatt, 
qui  s'explique  probablem.  par  le  nom  de 
' Savoy nnde  donné  à  une  grande  barque, 
comme  on  a  Sisselande,  de  Seyssel  ;  puis 
de  savoyande  on  a  fait  le  dim.  savoyan- 
deau. 

SAYAIRO  V.  sèyairo. 

SAYÈRO  V.  seyèro. 

SAYI  (sa-yl);  à  Grap.  SOYI  (so-yl);  à 
Villefr.  SUÈYE  (suè-ye);  à  Si--Golombe, 
d'après  Coch.,  SU  (su)  s.  m.  Dph.  seu,  vfr. 
se'ù^  ss.-rom.  sau  sahu  suau  scior  siro, 
vpr, 5attc,  Lille  *ey«i,  Vosges  saivu  saihu^ 
Igd.  sahuc  —  Sureau. 

De  *sa(b)tic9Lriuin  pour  sambucariutn. 
On  trouve  dfjà  sabucus  dans  Pline  (v. 
Georges  s.  v.).  Il  faut  admettre  que  le  b 
est  tombé  (142)  de  préférence  à  la  prot. 
Gh.  de  c  en  yotte  (138  !•);  de  arium  en  ♦ 
(13).  On  a  sauyi,  passé  à  soyi  (49,  rem.  1). 
Dans  la  forme  sayi  la  substitut,  de  a  init. 
à  o  est-elle  due  à  l'infl.  du  yotte  (cp.  sayl 
«  faucheur  »  pour  sèyi,  de  sectare)^  1^ 
forme  su  est  le  vfr.  seu  sehu,  de  sa(b)u- 
cum,  où  eu  a  passé  à  u.  Gp.  à  Bonneval 
(Ëure-et-Loir)  sens,  même  sens.  La  forme 
suèye  doit  avoir  été  infl.  par  fr.  suer,  le 
sureau  étant»  pour  nos  campagnes,  la 
plante  sudorifique  par  excellence. 

SAYI  (sa-yl)  s.  m.  Vpr.  segaire,  pic, 
wal.  soyeux  —  à  Yzer.  Faucheur. 

De  secKrius.  Gh.  de  c  en  yotte  (128); 
de  arius  en  t  (13).  On  a  seyi,  passé  à 
sayl  (v.  sèyl  vb.). 

SAYI  vb.  v.  seyl. 


Digitized  by 


Google 


SAYO 


SAYOU  (sa-YOU)  à  Paniss.;  à  Yzer. 
SAYAIRO;  à  River.  SÈYOU  (sè-you) 
SEYAIRO  SEITRE  (sètre)  s.  m.  Vfr. 
soyyeoiir,  Vosges  sè]/ou  soyou,  pr.  se- 
gairo,  i't.  segatore  —  Faucheur. 

De  Jn.  sayX  sèyl,  av.  siiff.  ou^  d'oïvwi 
(34  bis),  ou  airo  (13,  rem.).  Sur  la  forme 
seitre  v.,  sous  sarrairo  :  «  sailro,  â  Grap. 
scieur  de  long  ». 

SE  V.  s  av. 

SECORRE  (sekôre)  v.  a.  Vfr.  secorre 
—  1.  Dans  l'express.  Secorre  lo  fromenlo, 
J)attre  le  blé,  dans  la  vallée  de  l'Azergue 
(ailleurs  on  dit  écorre);  ap.  Goch.  SE- 
CORRE «  Battre  les  habits  pour  en  faire 
sortir  la  poussière  ».  Dans  ce  sens  on  dit 
il  Grap.  secoyi,  et  à  Morn., River,  secoure 
(V.  ce  mot). 

De  siiccvLlere,  comme  écorre,  de  ex- 
cntere. 

'2.  Secourir.  «  Va  don  lo  secorre,  va 
donc  lui  donner  aide,  secours.  »  (Goch.) 

De  succnrere.  Gh.  de  it  bref  prot.  en  o 
(69);  de  w  bref  ton.  en  o  (38).  Doù  so- 
carre,  et  secorre  par  affaiblissem.  de  la 
proton. 

SECOU;  OU  A  (sekou,  oua)  adj.  — 
Battu,  secoué.  Au  fig.  détruit. 

Ordonne  a  so  sorJuts  de  redoublô  lious  coups, 

Aflii  qu'cin  pou  de  Isonii  i  teyaiil  tous  secou». 

«  [Le  colonel]  ordonne  à  ses»  soldats  de 
redoubler  leurs  coups,  —  Afin  qu'en  peu 
de  temps  ils  (les  rebelles)  soient  tous  dé 
truits.  »  (Brey,) 

De  sxiccvLlum,  Sur  la  formai,  v.  se- 
coure. 

SECOURE  (sekoure)  v.  a.  —  à  R.-de-G., 
River.,  S»  Mart.  Secouer;  spécialera. 
abattre  les  fruits  d'un  arbre,  surtout  les 
noix,  les  châlaignes. 

Opeiniiaiil  Jupiter  se  fal  brandidgolô 

Ou  mutiau  dou  tfiuulou  que  prctcludzé  Técoure, 

Et  par  le  deci  oclii  faut  crAuament  89coure. 

«  Cependant  Jupiter  se  fait  balancer  — 
Au  museau  du  glouton  (l'ours)  qui  préten- 
dait le  battre  comme  le  blé,  —  Et  pour 
le  décrocher,  il  faut  rudement  secouer'.  » 
(Mén.) 

De  succvLtere;  v.  secorre  l,  Gh.  de  u 
bref.  ton.  en  ow(34). 

S  ECO  Y I  (seko-yl)  v.  a.  Vpr.  secodar  — 
Secouer. 

De  'siicculAre  pour  succnlere,  Gh.  de 
u  bref  en  o  (34);  chute  de  t  {ISo);  ch. 
denref'M  ?  sons  intl. delà gutt.  (cp.  15  8«). 


Ou  a  30C01  passé  à  socoyl,  et  à  secoyï 
par  aflfaiblissem.  de  la  prot.  init.  et  aussi 
par  dissimilat. 

SECOYOU  (sekô-you)  SECOYU  (seko- 
yu);  à  Lyon  secohu  (vieilli)  s.  m.  —  Pa- 
nier à  salade. 

De  In .  secoyl, av.  suflf.  ou,  ou  w,  d'orium 
(36).  Répond  littéralem.  à  sticcuta(t)o- 
rium,  f 

SECOYU  V.  secoyou, 

SÉCUTI  V.  sécuM. 

'^SÉCUTO  (sékutô)  ♦SÉCUTI  (sékuti;  v. 
a.  —  «  Diminut.  de  persécuter,  tourmen- 
ter. »  (Goch.)—  Pr.  secuta,  poursuivre; 
cév.  secouti,  secouer. 

Paraît  être  formé  sur  l'ancien  indicat. 
prés,  secout,  de  vfr.  secorre,  de  succutere. 
Un  'succutsire  aurait  laissé  choir  le  ^ 
Gp.  vpr.  secodar  «  secouer  »,  pr.  sécuia 
«  poursuivre  j».  Le  suff.  ô  est  normal 
(14  10),  mais  je  ne  comprends  pas  le  suff. 
i  dans  la  forme  secuti.  Quant  au  sens,  la 
dérivât,  de  «  secouer  *  à  c  tourmenter  » 
est  naturelle. 

SEGONT  vin.  prép.  Vfr.  secunt  segont 
—  Selon.  «  Que  segont  nostrum  petit  en- 
tendiment...  »  Que  selon  notre  petit  enten- 
dement... (Marg.) 

De  secvDidum.  Gh.  de  c  en  g  (189, 
rem.  3);  de  un  en  on  (47).  Ce  mot  a  de» 
puis  très  longtemps  disparu  de  notre  dia- 
lecte. 

SÈGRE  (sègre)  v.  a  Bourg,  sengre,  — 
Morv.,  saint,  sègre  ^k  Morn.  Suivre. 

De  s^qv(e)re.  Gh.  de  qvr  en  igr 
(164  !•). 

*SEGROLO  V.  cegrolô. 

*SEGROT  V.  cegrot. 

*SEGU  (segu)  adj.  part,  —  Suivi.  «  Ou 
l'a  segu,  il  l'a  suivi.  »  (Goch.) 

Partie,  de  sèg(re),  av.  suff.  u  des  partie, 
de  la  3*  conjug. 

*SEÏ  v.  sèyl. 

'SEILLI  V.  *////. 

SEITAIRO  V.  sarrairo. 

*SEITI  V.  seitô. 

SÊilO  (sèïtô)  à  Morn.;  à  Grap.  SEITI 
(sèli)  v.  a.  Dph.  seita  —  Scier. 

De  sectaire.  Gh.  de  ec  en  ei  (op.  10). 
Dans  la  forme.de  Grap.,  plus  rég.,  le  c  a 
fait  sentir  son  infl.  pour  le  ch.  de  ave  en  i 
(15  3-). 

SEITRE  v.^rtyoet. 

SEITRO  V.  Sftrrairo. 

45 


Digitized  by 


Google 


378 


SELE 


SELETTA  (seléla)  s.  f.  —  Chaire. 
Et  \o  sliijo  Zozo  qu'occupe  iiit  seletta. 

c  Et  le  singe  Zozo  qui  occupe  une 
cliaise.  »  (Mén.) 

De  In.  sella,  av.  suff.  dira.  etta. 

*SELLA  (séla)  s.  f.  Vionnaz  5^//z — 
Chaise. 

De  sella. 

SEMAISI  V.  symasi.      - 

*SÈMENO  (sènienô)  v.  a.  For.,  pr.  seme- 
na;  b.  lim.  somena   —  Semer. 
Quand  un  grand  dépondu,  hnoiou  de  roalrut  mina, 
S'ai  Tenîl,  de  malheur  âefn$na  la  Tamina. 

«  Lorsqu^un  grand  dépendu,  homme  de 
mauvaise  mine,  —  S'en  vint,  par  malheur, 
semer  la  famine.  *  (Ghap.) 

De  seminsire.  La  forme  régul.  est  senO 
(v.  ce  mot;.  Seminare  eai  isans  doute  une 
forme  à  demi  savante,  à  côté  du  populaire 
'semnave,  comme  femena  îx  côté  de  fem- 
na. 

SÈMENURA  (sèmenura)  s.  f.  —  a 
Morn.  Corbeille  qui  renferme  le  grain  pour 
semer. 

Formé  sur  In.  sémenô,  av.  suflf.  tira, 
à'atura,  assez  mal  appliqué,  car  la  sème- 
nura devrait  être  l'ensemble  du  grain. 

SEMINS  (semln)  s.  m.  pi.  —  Semences. 

De  sementes,  Ch.  de  en  en  in  (22). 

SEMONDRE  rsemondre)  v.  a.  For.  se- 
morina  —  Offrir,  proposer. 

C'est  le  vfr.  semondre,  inviter,  av.  une 
légère  dérivât,  de  sens.  De  suh-mQn{e)re 
pour  sub-monere.  Insert,  de  d  dans  le 
groupe  nr  (176  !•). 

•SEMPELLIARI  v.  sampillari. 

SEMAILLES  (senalhe)  s.  f.  pi.  -  Se- 
mailles. 

De  In.  senô,  av.  suff.  coll.  aille. 

SENÉPI  (senépi);  à  Morn.  SINAPI  fsi- 
napi)  s.  f.  Vosges  s'né  sané  sinvre,  it. 
senape,  ladin  sinavel,  padouan  senavero, 
piém.  s'nevra,  mil.  senavra  s.  f.  —• 
Graine  de  moutarde. 

Pour  la  forme  siiiapi  :  de  sinApia  (pour 
sinapim),  Ch.  de  ta  en  i  (54  !•).  On  peut 
objecter  qu'en  fr.  pia  post-ton.  devient  pja 
z=.je  ou  che  ("cp.  crepia=^  crèche),  mais 
lu.  pia  devient  souvent  pi  (cp.  crepia  = 
crépi).  La  forme  senépi  peut  s'expliquer 
par  une  forme  sînepia.  Cp.  pr.  senépo 
•t  petit  clou  ». 

SENÉPI  A  (senépia,  plur.  senépië)  s.  f. 
Dph.  senépia,  pr.  senepo,  Igd.  senépio.  — 
1.  Pelil  clou  de  soulier,  très  court  et  à 


((''le  plate.  2.  Très  petit  clou  en  général. 
J'ai  entendu  le  mol,  mais  il  est  très  peu 
usilé,  et  je  le  crois  emprunté  au  dph.  Ou 
dit  ordinairem.  tachi. 

Il  est  bien  difficile  de  séparer  ce  mot  de 
senépi  «  graine  de  moutarde  »  quoique  la 
ressemblance  entre  les  objets  soit  bien 
peu  apparente.  C'est  cependant  la  seule 
exphcat.  qu'on  puisse  donner. 

SENÉPON  (senépon)  s.  m.  Voiron  se- 
nipon,  pr.  senepioun,  Igd.  senepiéu  — 
1.  Rougeole,  fièvre  scarlatine.  Vfr.  sini- 
pion  «  sorte  de  maladie  particulière  aux 
enfants.  »  (Gotgr.) 

De  sinopis  «  couleur  rouge  (faite  av.  de 
la  terre  de  Sinope)  »,  av.  suff.  roman  on. 
Ch.  de  i  bref  en  e  (62).  Le  mot  a  dû  être 
fait  sur  un  primit.  roman  senope,  sans 
quoi  l'on  aurait  senovon  séneçon,  comme 
on  a  sénevé.  Quant  au  passage  de  o  ton. 
à  e,  il  s'explique  facilem.  par  l'infl.  de  ii- 
iiepia  =z  senépi  et  de  leurs  dér.  Lacombe, 
1766,  donne  «  sendipioum,  la  rougeole  >. 
mais  l'auteur  mérite  une  bien  faible 
créance. 

2.  Séneçon,  senecio  vulgaris. 

Gorrupt.  de  fr.  séneçon,  sous  infl.  de 
senapi,  moutarde.  On  sait  comlùen  ce.s 
confus,  sont  fréquentes  lorsqu'il  s'agit  de 
plantes. 

SENETTA  (senèta)  s.  f.  —  Sur  les  con- 
fins de  la  Loire,  au  sud  du  départem. 
Achillée  mille-feuilles,  achillea  mille fo 
Hum. 

De  sangvitiKre,  parce  que  rachillée. 
mise  dans  le  nez,  détermine  une  hémorra- 
gie. Sang(vi)nare  a  donné  un  subst.  v. 
saigne,  qui,  av.  suff.  dim.  etta,  devient 
saignetta,  et  senetta  par  affaiblissem.  de 
la  proL  init.  et  «  dessication  »  de  la  nasale. 

SENGLITA  (sangllta;  à  River.  ;  à  Pa- 
niss.  SENLIETTA  (^sanlhèta)  s.  f.  —  Petite 
seringue  de  sureau,  que  les  enfants  fabri- 
quent pour  leur  servir  de  jouet. 

Subst.  V.  de  'singluta,re  pour  singul- 
tare  (187  S')  «  sortir  par  saccades  ^.  In 
lat.  devient  en,  puis  il  passe  à  m.  Mais 
comme  le  souvenir  de  in  originaire  a  dis- 
paru, le  phonème  en  s'est  conservé,  et 
quand  on  écrit  le  mot  on  l'écrit  ordinairem. 
sanglila.  On  a  dû  avoir  senglttta,  passé 
à  senglita,  par  le  passage,  i-are  mais  non 
sans  exemple,  de  u  à  i. 

I>ans  la  forme  seniietta,  il  y  a  d'abord 


Digitized  by 


Google 


SENL 


379 


inouillem.  de  /  du  groupe  gl  (cp.  164  2% 
a);  d'où  senlhita,  passé  à  sanlhetla  pro- 
bablem.  par  confus,  av.  le  suff.  etta, 

SENLIETTA  v.  senglita. 

*SEN-MIÉNO  V.  cenmiéno  au  Sup' 
plém. 

SENO  (senô)  v.  a.  Lim.  senna^  Semer. 
Au  fig.  senô  quaiiqu'un,  le  quitter,  s'en 
débarrasser.  A  Lyon  semer  qqu' un. 

Ce  que  je  n'eiii  dzn  qui  n'est  que  par  lo  senô. 

«  Ce  que  j'en  dis  là  n'est  que  pour  m'en 
débarrasser.  »  (Gorl.) 

De  semfiJneLre.  Chute  de  m  (177  l^). 
Ch.  de  are  en  <5  (14  8«). 

SENURI  (senuri)  s.  f.  Poit.  senoir  ^ 
Semoir,  grand  tal)lier  que  revêt  le  semeur 
efc  dans  lequel  il  met  le  grain  pour  semer. 

De  sefiô,  semer,  av.  suflf.  uri,  d'oria  (37). 
T^  mot  répond  à  un  "seminatoria. 

SÉPAIRO  V.  sarrairo. 

SÈQUE  V.  cèque  au  Supplém, 

SEQUIN  (sekln)  CEQUIN  SEQUINO 
(sekino)  adj.  indéfini.  Ss. -rom.  sakeun 
sakena,  plur.  sakenau  sakene;  berr.  sa- 
quoué,  wal.  ine  sakl,  vx  for.  saiqu*un 
saigu'un^Vi  R.-de-G.  Certain,  quelque, 
on  ne  sait  quel.  Fém.  sing.  sequina, 
masc.  plur.  sequino(s)t  fém.  pi.  sequme(s), 
La  forme  sequin  est  archaïque.  Wal.  ine 
saquè,  Mons  saqué  saquoi,  Lille  sequoi 
«  qq.  chose  s. 

Ce  mot  a  déjà  été  étudié  av.  la  forme 
cequin,  graphie  souvent  employée,  et  à 
tort.  C'est  à  tort  aussi  que  j'ai  indiqué 
l'étym.  hic  untis.  Les  ex.  du  for.,  cités 
par  M.  Onofrio,  démontrent  que  sequin 
sequino  n'est  que  la  contract.  de  ne  sai 
qtiin  «  je  ne  sais  quel  »  (v.  quino  «  quel  >). 
Quant  tout  k  cop  saiqu'una  grossa  troula. 

«  Quand  tout  à  coup  certaine  grosse  ci- 
trouille »  (Chap.) 
N'en  Tio  que  pourtalant  ne  sai  qu'une  baneyre. 

«  J'en  vis  qui  portaient  je  ne  sais  quelle 
bannière.  »  (Id.) 

Ne  sai  qu'un  grand 

Que  vai,  que  vin,  que  ronge... 

«  Un  certain  homme  grand  —  Qui  va, 
qui  vient,  qui  arrange.  >  (Chans.  for.) 

On  remarquer  que  dans  tous  les  ex., 
le  mot  peut  se  traduire  indilTéremm.  par 
«  certain  »  ou  par  «  je  ne  sais  quel  ». 
SEQUINO  y.  sequin. 
SERGENT  (serjan)  s.  m.  Bessin  serjan 
—  Carabe  doré,  carahus  auratus. 
Cb  coléoptère  a  les  élytres  d'un  beau  vert 


métallique,  av.  des  bandes  noires.  Je  sup- 
pose que  le  nom  a  été  déterminé  par  qq. 
rapport  de  couleur  av.  l'uniforme  des 
«  sergents  •  (v.  gendarme^,  lesquels  jus- 
qu'au xvii«  s.  avaient  dans  l'armée  la  situa- 
tion d'ofticiers  subalternes.  Si  cette  sup- 
posa, n'est  pas  fondée  (ce  que  peuvent  vé- 
rifier ceux  qui  sont  au  courant  des  anciens 
costumes  militaires),  le  nom  s'expliquera 
par  les  allures  de  l'insecte,  qui  est  d'une 
agilité  extrême,  rend  de  grands  services  à 
l'agriculture  en  détruisant  des  insectes, 
auxquels  il  fait  une  chasse  terrible,  et 
remplit  admirablem.  les  fonctions  de  ser- 
gent de  police. 
SERNO  (sernô)  s.  f.  —  à  Villefr.  Soirée. 
De  sérum,  av.  suff.  ô,  relié  par  n,  par 
analog.  av.  jornd  (dzornô),  journée. 

SEROYER  (sero-yé)  v.  n.  —  à  Villefr. 
Sécher,  se  dessécher.  /  seroye  bien  «  il 
sèche  bien  »,  pour  dire  que  le  sol  ou  le 
linge  sèche  rapidem. 

D'ex-aurAre,  d'aura.  On  a  essaura,ré- 
pondant  à  fr.  essorer.  Au   thème  a  été 
ajouté  le  suff.  fréq.  oger  par  analog.  av. 
les  vb.  formés  sur  des  thèmes  en  ot,  comme 
charroyer,  employer,  etc. 
*SERRAILLI  V.  sarrailli. 
SERRAIRO  V.  sarrairo. 
SERRETTA  (sèréta);  à  Lyon  serrette 
s.  f.  —  Coiffe  toute  unie  que  l'on  met  aux 
enfants  pour  la  nuit. 
Contract.  de  serr(a-t)êta. 
*SERVA  (sèrva);  à  Lyon  serte  s.  f.  Vpr. 
serva  —   Pièce    d'eau.    Primilivem.    la 
«  serve  »   était   un  vivier,  puis   le  sens 
s'est  étendu  à  toute  pièce  d'eau  en  général, 
même  à  celles  qui  ne  sont  pas  alimentées 
par  l'eau  des  chemins.  Lim.  servo  «  réser-  • 
voir,  vivier  ». 

Coch.  le  tire  de  saîvarium  c  vivier  », 
qu'on  trouve  en  effet  en  m.  lat.  (xii*  s), 
mais  la  forme  ne  s'y  prête  pas  :  on  aurait 
snrvl;ei  \u\  subst.  v.  de  salvare  donne- 
rait sarva.  Or  a  ne  passe  pas  à  è.  J'y  vois 
un  subst.  V,  de  (con)servare  *  conserver  ». 
Cp.  sur  les  côtes  de  la  Méditerranée  la 
Réservey  lieu  où  Ton  conserve  des  mol- 
lusques. Saltorium  existe  en  vfr.  sous  la 
forme  sauvoir^  à  côté  de  serve,  de  set*- 
tare  :  «  poisson  mis  en  serve  ». 

SERVANT  (servan)  s.  m.  —  à  Lyon 
Nom  donné  qqfoisau  Diable  (v.  Grappin). 
Vieilli. 


Digitized  by 


Google 


380 


SERV 


Je  crois,  nprès  M.  Vachez,  que  C6  nom 
vient  de  ce  qu'il  s'appliquait  surtout  au 
lutin  qui,  d'après  les  légendes,  reinpli>:sail 
divers  offices  dans  les  fermes  qu'il  han- 
tait. Gp.  ss.-rom.  servein  servan,  ;?enev. 
servant  «  lutin,  follet  ». 

SERVASINA  (seivazlna)  v.  In.  s.  f.  — 
Gibier,  venaison.  1358  :  «  Item.  .ij.  chief 
de  servasina  n.  .iv.  pies...  Item.  .iv. 
chiefs  de  servasina  volant...  »  Item  2  têtes 
de  gibier  à  poil...  Item  4  têtes  de  gibier  à 
plume  (Tarif  d'imposit,),  —  Dph.  serra- 
ffina€  bêtes  fauves  *,  vfr.  sauvagine. 

De  *selvaticina,  Ch.  de  /  en  r(171  2"); 
decen  5r  (130). 

SERVIETTE  s.  m.  —  Ouvrier  qui  tire 
le  sable  de  la  rivière. 

Je  ne  connais  pas  ce  mot,  tiré  du  recueil 
de  M.  Amiel  (v.  Jabri  au  Supplém.)  Je  ne 
doute  pas  qu'il  ne  l'ait  entendu,  mais  il 
faut  se  méfier  des  créations  comiques  in- 
dividuelles, que  l'on  peut  prendre  pour 
des  mots  ayant  cours.  En  tous  cas,  c'est 
un  surnom  tiré  de  qq.  circonstance  que  je 
ne  sais  pas  expliquer. 

SÈTI  (sétchi)  s.  f.  —  à  St-Mart.,  River. 
Scie. 

Subst.  v.  de  sec  tare.  On  a  eu  seiti  sèti 
(161  10).  La  fin.  t  est  appelée  par  la  gutl. 
r54  2*,  rem.2). 
SÉVELO  vb.  V.  sevilô  vb. 
*SÉVILO  (sévilô;;  à  River.  SIVILO  (si- 
vilô);  à  Lyon  sévelée  s.  f.  —  Haie.  Un 
recueil  de  vers  d'un  poète  lyonnais,  Louis 
Garel,  est  intitulé  La  Sévelée, 

De  ^sepelSLta,  de  saepsm  (cp.  vfr.  soif, 
aussi  de  saepem).  Ch.  de  p  en  »  (140)  ; 
de  ata  en  ô  il).  Le  Z»  e  étant  prot.  méd. 
s'est  d*abord  aflTaibli  en  e  muet,  puis  cet  e 
s'est  aiguisé  en  t,  comme  il  arrive  pour  la 
prot,  méd.  e,  qui  souvent  tombe  complè- 
tem.,  ou  dont  la  sonorité  s'accuse.  Le  ch. 
du  1"  e  en  t  dans  la  forme  de  River,  est 
plus  difficile  à  expliquer. 

SÉVILO   (sèvilô)  SÉVELO   (8ével6);  à 
RiTer.  SIVILO  ▼.  a.  —  Clore  de  haies. 
De  sévilô  subst.,  av.  suff".  <5  (15  3«). 
SEYAIRO  y.sayou. 
SEYI   (sè.yl;  SAYI   (sa-yl);   ap.   Goch. 
SAI  SEI  ▼.  a.  Dph.  seia^  pr.  sega,  lim. 
seja,  vfr.  soier  seer  seier,  Vosges,  bourg. 
soyé;J\ir&sèyè^  Faucher.  Mess,  say^ 
«  scier  »,  siyê  «  couper  le  blé  ». 
De  secAre.  Ch.  de  c  en  yolte  (128)  ;  de 


(tref^n  l  (16  è").  On  a  sèyi.  Dans  la  forme 
say'i,  è  est  passé  à  a  comme  dans  prèyl 
iprecare),  devenu  prayi. 

SEYNO  vin.  dans  le  texte  suiv.  du  Xlll*- 
XIV»  s.  :  «  Item  deyvont  l»*s  places  de 
ceux  qui  vcndont  ne  ouvront  sus  lo  pont 
outra  II  bans,  outra  la  croix  entroque  â  la 
fontaine  de  Purchiri,  ob.  fort  chacuna 
placi,  czo  est  à  savoir  lo  jos;  e  li  mercer 
devont  pusa  fort  et  aus  seyno  et  a  les  feres 
ij  d.  fors  ».  —  Je  traduis  :  «  De  même 
doivent  les  places  de  ceux  qui  vendent  et 
travaillent  sur  le  pont,  outre  deux  bancs, 
au-delà  de  la  croix  jusqu'à  la  fontaine  de 
Peurchière  :  [une]  obole  forte  chaque  place, 
c'est  à  savoir  [pour  le  marché  du]  jeudi. 
Et  les  merciers  doivent  [une]  poge  forte, 
et  aux  marchés  et  aux  foires  deux  de- 
niers forts.  M.  Philipon  lit  aussi  «  marché  >». 

.Te  verrais  dans  seyno^  signum,  vfr. 
segne  «  lorus  intra  certos  fines  positus 
(Du  C)  it.Signumàowwe  seyno  par  ch.de  t 
bref  en  e  (16)  et  de  g  en  y,  comme  dans 
pugnum=  vfr.  poin.  Cela  viendrait  de  ce 
que  les  marchés  avaient  des  limites  mar- 
quées par  une  croix,  une  fontaine  etc. 
Dans  les  foires,  au  contraire,  l'affluence 
était  telle  que  les  limites  ordinaires  ne 
pouvaient  suffire. 

SÈYOU  V.  sayou, 

SEYSSELANE  v.  sisselande, 

SÈZO(8èzo)à  Morn.;  à  S'-Mart.  SODO 
(sodo);  ap.  Goch.  SAUZO  ;  à  S^^-Colombe, 
d'après  Coch.,  SUJO  s.  m.  —  Cuvier  à  les- 
sive. 

De  sédium  pour  sedia.  Pour  le  sens  v. 
assigi  aisieg\.  arranger  le  linge  dans  la 
cuve,  à  côté  à'a^setô,  même  sens,  et  qui 
signifient  proprem.  «  asseoir  le  linge  ». 
Sè:o  signifie  donc  «  siège  pour  le  linge  ». 
Ch.  de  rf  en  -ff  (139  bis  2*).  La  forme .^orfo 
s'explique  par  sedem:  mais  je  ne  sais 
sous  quelle  infl.  e  ton.  a  passé  à  o.  Pour 
la  forme  snjo y  on  sait  que  le  voisinage 
d'une  dentale  tend  à  faire  passer  ta  u. 
Reste  la  forme  sanzo^  mal  orthographiée 
par  (^och.  pour  soso.  Cette  forme  a  subi 
la  même  infl.  que  sodo,  pour  le  passage  de 
e  ton.  ko. 

Cette  étym.  me  semble  préférable  à  une 
dérivât,  de  sucidum  changé  en  sudicum 
par  emploi  du  suff*.  icus  (comme  le  montre 
G.  Paris),  qui  adonné  vpr.  si^o,  (se  dit 
delà  laine  qui  a  le  suint).  Un  sndii)cittm 


Digitiz|(j  by 


Google 


SIA 


381 


«  lieu  où  Ton  mouille  »  donnerait  bien 
sujo  soso^  mais  le  rapprochem.  de  sens 
av.  assigX  assetô  me  semble  décisif. 

*SIA  «  Premier  labour  donné  à  la  terre 
SIARET.  »  (C40ch.)  —  Ces  mois  ont  dis- 
paru. 

Je  ne  doute  pas  que^tVi  ne  soit  un  vb.  ac- 
tif, et  que  Coch.  n'ait  voulu  dire  x  [donner] 
lo  l«f  labour  ».  Sia  a  été  corlainem.  silhar 
silha  silia  et  se  retrouve  dans  le  rgt. 
s'ilha  siha  «  sillonner  »  (v.  sillonnô).  Il 
est  à  croire  que,  suivant  son  habitude, 
(^oh.  a  écrit  sia  pour  siô. 

En  résumé  siô-e^i  l'équivalent  de  fr.  sil- 
lei\  il.  siare,  que  Diez  tire  du  nor.  sila, 
couper,  diviser,  av.  un  mouillem .  de  l 
dont  il  y  a  des  ex.  Scheler  y  voit  une  forme 
mouillée  du  vfr.  slglér,  eu  s*appuyant  sur 
strig(i)li$  =.  étrille.  Mais  dans  ce  dernier 
///est  post-ton.,  et  ne  doit  pas  être  rappro- 
ché. Il  propose  en  second  lieu  sec{u)lat'e, 
mais  seclare,  ce  semble,  aurait  d\\  donner 
scclio  (164  2%  a).  Il  rapproche  encore  it. 
popul.  innigliare  «  faire  un  2'  labour  sur 
la  terre  ensemencée  »;  de  lat.  incile 
(«  fossé.  rij?ole  »)  suiv.  Gaix,  mais  qui  se 
rattache  mieux  comme  sens  au  nor.  sila, 
ainsi  que  paraît  l'indiquer  l'émil.  sila 
«  sillon  »,  et  le  milan,  sciloira  «  araire  ». 
Entln,  le  sens  de  vfr.  sillon  «  mesure  de 
terrain  »  se  rapporte  bien,  comme  le  fait 
remarquer  Littré,  à  l'étym.  sila  «  diviser  » 
donnée  par  Diez. 

Siaret  est  un  subst.  masc.  formé  sur  le 
vb.  sihar  (au  moment  où  IV  se  faisait  en- 
core sentir)  av.  su(T.  dim.  et. 

*SIALION  (sialhon  dissyl.)  s.  m.  — 
Lacet  en  crin  pour  prendre  les  grives.  For. 
siot,  dph.  sin,  tamis  de  crin;  siot  maladie 
des  porcs,  auxquels  il  croît  des  soies  dans 
la  gorge. 

De  vfr.  sea(s)  «  sas  »,  (de  b.  lat.  seda- 
tium  c  soie,  crin  »)  plus  sufT.  ilhon.  D'où 
seailhon  sealhon  et  sialhon^  par  le  ch 
usité  de  ea  en  ia.  Quant  an  sens,  cp.  soie 
«  crin  de  porc  ». 

*S!ARDA  (siarda)  s.  f.  Vpr.  sarda  — 
Sardine,  et,  suiv.  Coch.,  anchois. 

De  ^arrfa,  même  sens.  Quant  à  l'insert. 
de  yotte,  on  sait  que  c'est  un  phénomène 
très  fréquent,  sans  loi  apparente.  Pour  le 
sens  de  «  anchois  ».  donné  par  Coch.,  il  est 
fort  possible  qu'il  ne  soit  nuUem.  le  résul- 
tat d'une  erreur,  mais  qu'il  coexiste  ou  ait 


coexisté  à  côté  de  celui  de  «  sardine».  Rien 
de  si  commun  que  ces  confusions. 

*SIARET  V,  sia. 

SIAU  V.  sav. 

SIBERRA  (sibèia)  s.  f.  For.  sibeva  se* 
bera  —  Tourbillon  de  neige. 

Subst.  V.  de  lu.  siberô, 

SIBERRO  (sibèrô)  v.  impers.  For.  se' 
bera  —  Neiger  en  tourbillons,  en  rafales. 

Etym.  inconn.  —  Peut-être  une  corrupt. 
de  sierra  sous  une  intl.  inconn.  Serait-ce 
celle  de  Sibérie?  En  ce  genre  tout  est 
possible.  En  tous  cas,  ce  n'est  certainem. 
pas  le  type  originaire  de  sien'ô,  b  rte  se- 
rait pas  tombé  devant  e  après  t. 

*SICLA  V.  n.  —  Crier  d'un  ton  aigu, 
glapir.  «  En  Langued.  siscla  ou  jiscla.  » 
iGoch  ) 

.Je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui  avait  cer- 
tainem. la  forme  siclô^  ou  plutôt  sicliô. 
C'est  le  vpr.  sisclar  cisclar,  cat.  xisclar, 
Igd.  siscla,  siffler.  Toutefois  le  mot  de 
Goch.  n'est  pas  un  mot  pr.  introduit  par 
erreur  dans  son  glossaire.  La  chute  de  s 
de  siscla  indique  bien  une  format.  In.  Le 
mot  a  dû  être  recueilli  dans  la  partie  la 
plus  méridionale  du  départem.  Suivant 
Diez,  de  fist(u)lare,  qui  donne  fistla  fiscla, 
it.  fischiare.  Il  explique  la  substitut,  de  s 
à  f  initiale  par  l'infl.  de  sibilare.  Ce  qui 
confir  lierait  cette  opinion,  c'est  la  substi- 
tut, dejîis  dans  la  forme  pr.  giscla ;  substi- 
tut.qui  s'est  faite  évidemm.  sous  infl  de  gis- 
cla,'ydxïlir.  Si  la  t^ substitut,  a  été  possible, 
comme  nous  en  avons  la  preuve,  la  1"  l'a 
été  non  moins  facilem. 

*SICOTI  V.  sicotis. 

SICOTIS  (sikoti);  ap,  Coch.  SICOTI 
SICOUTI  s.  m.  —  Goch.  le  définit  par 
t  Bruit.  Que  sicoti  i  font,  quel  bruit  ils 
font.  »  Mais  ce  n'est  là  qu'une  extens.  du 
sens  primit.  Le  sens  propre  est  «  action 
de  secouer  ».  De  là  on  l'étend  au  sens  de 
«  cahotement,  heurt  ».  J'ai  entendu  un 
architecte  dire  de  façon  très  expressive  : 
«  C'est  un  sicotis  do  lignes  »  pour  dire  que 
les  lignes  du  dessin  considéré  se  heur- 
taient. 

De  succMt(ere)y  av.  sulT.  roman  i>,  ré- 
pondant à  icius  (cp.  tortis,  châssis,  coulis, 
gdchis).  On  devrait  avoir  socotis.  Il  est 
probable  qu'on  a  eu  secotis,  par  afTui- 
blissem.  de  la  prot.;  puis  que  cet  e  a  été 
ai 'uisé  en  i.  Dans  la  forme  sicouti,  u  bref 


Digitized  by 


Google 


382 


srco 


a  donné  ou.  De  même  on  a,  suivant  les 
endroits,  secorre  et  secoure  (succutere)* 

SICOUTI  V.  sicoti. 

SIERRO  V.  sioure,  neiger  en  rafales. 

*SIÉTO  (SE)  (se  siélô)  v.  pron.  —  S'as- 
seoir, 

De  sedem,  vpr.  set  siet, av.  suif.  (î  (14  !•)• 
La  diphton$i:ais.  s'explique  par  la  chute  de 
d  (139),  d'où  sei-èt  (16),  seié  (51  ).  siè. 

SIGNO  (signo)  s.  m.  — Feu  follet,  et  par 
extens.  tout  ce  qui  marque  la  présence 
d'un  revenant. 

De  fr.  signe,  mot  savant,  de  signum. 
Signe  est  pris  au  sens  de  ce  qui  montre, 
indique,  témoigne  de. 

*SIGOGNI  fausse  graphie  donnée  par 
Goch .  pour  cigogni  (v.  ce  mot). 

SILLI  (silhi)  SEILLI  ^sélhî);  a  Lyon 
seille  s.  f.  —  Vaisseau  en  bois  av.  2 
oreilles  percées  chacune  d'un  trou  pour  y 
passer  le  doigt  et  le  transporter  plus  com- 
raodém. 

De  sU(H)laf  devenu,  sicfujla;  i  bref  1=  t 
(20).  Gh.  de  cl  en  Ih  (164  2»,  6)  ;  de  «  en  i 
(64  3«).  La  forme  seilli  a  été  infl.  par  le 
fr.  seille. 

SILLONNO  (silhônô)  v.  a.  —  Diviser 
la  terre,  au  moyen  de  jalons,  en  tranches 
de  6  pas  de  large,  et  semer  dans  l'inter- 
valle, le  tout  afin  de  répandre  la  semence 
plus  égalem.  liOrsque  la  récolte  laisse  voir 
des  marques  de  cette  division,  on  dit  que 
c'est  sillonna,  c'est-à-d.  que  le  sillon  se 
voit. 

De  fr.  sillon,  av.  snff.  0  fl4  3»).  Sillon, 
vfr.  et  berr.  seillon,  est  fait  sur  siller: 
peut-être  du  nor.  lila,  couper,  diviser,  av. 
mouillem.  de  /  (v.  sia). 

SILLOTTA  (silhôta)  s.  f.  —  Petite  seille 
qui  sert  à  recueillir  le  lait  quand  on  trait 

la  vache. 

Que  lo  laitdou  popio 
Jicli'  h  plenft  sillota, 

€  Que  le  lait  jaillisse  —  Du  pis  à  pleine 
seille.  (Prière) 

De  In.  silhi,  av.  suff.  dim.  otta. 

SIMPILLI  V.  sampillX  vb. 

SI N API  v.  senépi, 

SINTE  V.  sintre. 

SINTRE  (sintre)  SINTE  (sinte)  v.  n.  et 
a.  —  Sentir. 

De  sentire,  qu'on  a  fait  passer  dans  la 
3"  conjug.  lat.  :  sent(e)re.  l!h.  de  en  en  in 
(29).  La  chute  de  r  dans  le  groupe  ntr, 
pour  la  forme  sinte,  est  à  remarquer. 


SIOU  (siou)  s.  f.  Ss.-rom.  sior  5m  —  1. 
Suif.  De  même  en  vin.  —  1350  :  «  Item  por 
avir  Lxx  livres  de  chandelles  de  siou.  » 
{Cont.P.) 

De  sébum.  Chute  de  b  (142);  u  =.  ou 
(34);  d'où  seou  siou.  U  b,  fait  dipht.  av. 
la  post-ton.,  comme  dans  clou,  de  c/a- 
vum;  Dieu^  de  Deum;  Matthieu,  de  Mat- 
theum. 

2.  Sueur. 
Que  ta  siou  de  lious  fronts  payése  le  bambocha... 

«  Que  la  sueur  de  leurs  fronts  paye  les 
bamboches.  »  (Tuteur). 

De  sudorem.  Chute  de  d  (139);  ch.  de 
orem  en  ou  (34  bis)  Oh  a  suou^  passé 
à  siou.  Gp.  vpr.  sisor,  de  sudorem. 

SIOU  RE  (sioure)  v.  a.  —  Suivre. 
Si  lo  ré  citoyen  touI  sioure  qoela  routa, 
A  court  bien  lo  dangi  de  faire  banqueroala. 

«  Si  le  roi-citoyen  veut  suivre  cette  route, 
—  Il  court  bien  le  danger  de  faire  banque- 
route, v  (Brey.) 

De  se(q)were.  Chute  de  q  (131);  d*on 
seoure  sioure.  Cp.  vfr.  seure  sieure,  de- 
venu sivre  et  suivre  par  consonniflcat. 
de  u. 

SIOURE  CIOURE  (sioure  dissyl)  à 
River.;  à Paniss.  SIERRO  CIERRO(sièrô) 
V.  impers.  For.  siora  —  Neiger  par  ra- 
fales. 

Je  me  suis  aperçu,  un  peu  tard,  que 
dans  l'express,  o  cië  (v.  cië)  c  le  vent 
chasse  la  neige  »,  cië  ou  sië  n'est  aujour- 
d'hui que  la  3«  pers.  du  prés,  de  l'indic. 
de  sioure.  On  se  serait  attendu  en  effet  à 
0  siout.  Mais  Paniss.,  qui  dit  o  sierre,  ne 
lais.se  pas  de  doute  sur  ce  point. 

Il  est  possible,  du  reste,  que  cië  soit  le 
reste  d'un  r.  ceia  ou  seia  dont  il  a  été  parlé 
à  cië  et  qui  s'est  confondu  av.  sioure.  Ce- 
lui-ci,  comme  sierra,  est  formé  av.  le  rad. 
ciro  qui  a  formé  cirampa  césampa  (v.  ce 
mot).  Maintenant  seia  et  sierrô  ont-ils  la 
même  orig.?  Je  suis  fort  tenté  de  le  croire, 
L*alp.  seilh,  amas  de  neige  produit  par  le 
vent,  cej-ampo  bise  aigre;  ss.-rom.  sihlla, 
tourmente,  tourbillon  de  neige,  explique 
raient  la  transition.  On  aurait  eu  siet^a 
sieilla  sieilha  sieya  seia. 

Inutile  de  dire  que  l'hypoth.,  déjà  très 
fragile  par  elle-même,  d'une  étym  sipho, 
pour  seia,  doit  être  abandonnée.  En  tous 
cas,  pour  plus  de  clarté,  je  rappelle  ici 
tous  les  mots  formés  sur  le  rad.  cir;  et 


Digitized  by 


Google 


SIPO 


383 


jniis  ceux  dans  lesquels  r  aurait  été  rem- 
placée par  /,  Iheiy, 

Pr.  ciro,  auv.  ecir  essir,  tourmente  de 
neige;  lim.  essidre^  vent  violent;  gév. 
chire,  neige;  ss.-rom.  chire^  averse;  pr. 
ciray  auv.  eschira^  tourbillonner,  en  par- 
lant de  la  neige;  for.  siora,  In.  sierrô 
sioure,  même  sens. 

A  ce  rad.  s'est  ajoutée  une  2*  partie 
obscure,  ampa,  dans  les  mots  suivants  : 
Pr.  cir-ampo  cis-ampo  ces-ampo^  for.  cis- 
ampa,  Igd.  cil-ampo,  alp.  cej-ampa^  In. 
cés-ampa,  bise  aigre;  piém.  cis-ampa^ 
rosée  congelée,  brouillard  glacé;  dph. 
sisampa  «  vent  qui  siffle  par  un  trou  ». 

Dans  l'autre  série  se  placent  :  alp.  seilh, 
amas  de  neige  produit  parle  vent;  seio 
se  il  ensias  seia  enseia,  neige  agitée  vio- 
lemm.  par  le  vent;  pr.  ceio^  piém,  sea^ 
alp.  seiOf  tempête  de  neige;  pwfaiceio 
«  le  vent  chasse  la  neige  »;  seia  seja  tour- 
))illonner,  en  parlant  de  la  neige;  seia, 
grésiller;  alp.  seia,  brouillard  de  neige; 
le  Séon,  lieu  où  la  tourmente  règne  sou- 
vent. Faut-il  ajouter  dph.  sia,  remuer, 
mouvoir? 

Quand  à  rét%'m.,je  persiste  à  présenter 
rhypoth.  de  (T/Jptav,  tant  parce  que  le 
mot  est  venu  de  Provence,  où  les  noms 
grecs  ont  servi  souvent  à  désigner  les  vents, 
que  parce  que  1'^  init.  de  l'auv.  eschira 
semble  indiquer  un  groupe  initial  primit. 
se,  L'étym.  lat.  ciere  conviendrait  à  la 
forme,  mais  on  ne  voit  pas  comment  le 
sens  aurait  pu  dériver. 

Quant  aux  format,  de  sierra  sionre  sur 
cir,  elles  s'expliquent,  la  1"  par  l'addit. 
(lu  suff.  des  V.  de  la  !'•  conjug.  (14  3*); 
la2«par  une  format,  postérieure  sur  sierrô, 
(fu'on  a  fait  passer  dans  la  4*  conjug.  fr., 
quoique  ce  passage  ait  plutôt  lieu  de  la  2* 
à  la  4«  (cp.  sôtre,  viendre,  etc.). 

Si  POU  N  A  V.  cipouna. 

^SIQUA  «  Ou  sique  bien,  il  boit  bien. 
En  Langued.  chiquer  veut  dire  siroter.  » 
(Goch.> 

.Je  ne  connais  le  mot  que  par  Goch. 
Sauvages  donne  en  effet  chica  «  boire, 
siroter,  goûter  le  vin.  »  Le  mot  In.  (qui 
est  certainement  sikô)  doit  être  formé  sur 
sique  (v.  ce  mot),  av.  suff.  ô  {14  i*).  Je 
suppose  que  c'est  ironiquem.  que  l'on  dit 
de  qqu'un  qu'il  siqtie  bien  pour  dire  qu'il 
boit  beaucoup.  La  significat.  primit.  a  dû 
être,  comme  en  Igd.,  «  boire  à  petites  gor- 


'  ^éps  ».  M.  Mistral  donne  pr.  chica  «  ninn- 
gfir  ou  boire  de  bon  appétit.  »  C'est  la 
même  dérivât,  de  sens  que  dans  le  mot  de 
Goch.  et  dans  le  fr.  popul.  où,  de  chique 
«  petit  morceau»  on  a  fait  chiquer  c  man- 
ger beaucoup  et  avidement.  »  Il  est  asâez 
singulier  que  le  môme  mot,  sique.  chiçfue 
ait  donné  un  dér.  au  sens  de  «  boire  » 
dans  un  dialecte,  et  au  sens  de  c  manger  » 
dans  un  autre. 

SIQUE  V.  cique  au  Supplément. 

SIQUE  vin.  adv.  —  Ainsi.  «  Sique  par 
cela  maneri  fin  et  quito  entre  lo  dit  Ay- 
nard  et  la  vila...  »,  ainsi,  de  cette  manière, 
tout  est  fini  et  réglé  entre  le  dit  Arnard 
et  la  ville  {Cont.  P.). 

De  sic  quod, 

SI  RAT  V.  siret. 

SIRET(sirè):  à  Morn.,  River.  SIRAT 
f'sirà)  s.  m.  —  Quand  on  a  battu  le  beurre 
il  reste  pour  résidu  le  petit  lait  (laitiaj, 
que  l'on  fait  cuire  au  four.  Gette  cuisson 
produit  le  siret  sirat^  qui  ressemble  au 
fromage  blanc  battu.  Vfr.  serat  «  lait 
écrémé  et  aigre  »  (Gotg.)  —  Genev.  jér«cee. 
lait  caillé  dont  on  a  sépare  le  petit  lait. 
Viv.  sarasson,  fromage  grossier  fait  av. 
du  petit  lait. 

De  sérum,  av.  suff.  dim,  et  ou  at.  Gh. 
de  e  bref  en  i  (25). 

SISSELANDE  (sisselande; ;  ap.  Forlis 
CISELANDE  SEYSSELANE  s.  f.  Pr.  sice- 
lando  —  Grande  barque  dont  l'avant  est 
relevé  et  l'arrière  coupé  verticalem. 

De  Seyssel,  lieu  où  ces  barques  sont 
construites,  av.  suff.  ande,  qu'on  retrouve 
dans  Savoy andeau  (v.  ce  mot).  Ge  suff.  a 
dû  être  employé  par  analog.  av.  d'autres 
noms  d'habitants  de  pays,  tels  que  nor- 
mande,  flamande,  allemande.  Peut-être 
la  forme  primit.  est-elle  seysselane,  où  le 
suff.  est  ane,  d'ana .  La  forme  ciselande 
qui  suppose  s  douce,  doit  être  une  erreur 
de  Forlis,  bien  qu'il  répète  2  fois  le  mot. 

SITIOU,  OUSA  fsissiou,  ouza)  subst. 
et  adj.  —  à  Morn.  Savant,  habile,  indus- 
trieux, adroit.  Se  dit  surtout  d'un  inven- 
teur, d'un  artisan  qui  sait  perfectionner 
un  outil,  une  invention  déjà  connue,  et 
aussi  d'un  homme  adroit  dans  un  métier 
manuel. 

Doit  sans  doute  être  rapproché  de  vfr. 
sentieux  «  homme  de  sens  »,  Aval,  sen- 
sieus  «  ingénieux,  industrieux  »,  qui  pa- 


Digitized  by 


Google 


Ui 


SIVA 


raissent  tirés  de  sensus,  ei  répondre  à 
'sensivus.  Sensivus  donnerait  sintiou, 
mais  je  ne  sais  pas  expliquer  le  passage 
de  in  à  i.  Peut-être  y  a-t-il  une  infl.  de 
science;  d'où  scienceon  si-intiou  qui, 
assez  difficile  à  prononcer,  aurait  été  sim- 
plifié en  sitiou. 

*SIVADA  (sivada)  improprem.  orlho- 
graph.  par  Goch.  pour  CIVADA  s.  f.  — 
Avoine.  Lgd.  cevada,  orge. 

C'est  le  pr.  civada,  même  sens.  Le  mot 
n'existe  pas  dans  les  parties  du  Lyonn. 
que  je  connais.  —  De  ciba,  pour  cibo, 
av.  sufT.  pr.  ada\  d'atam.  Cli.  de  b  en  v 
(t4kl).  On  devrait  avoir  cevada.  Il  est 
probable  qu'on  a  eu  en  efTel  cevada^  dont 
la  prot.  s'est  aiguisée  en  t. 

SIVARIN  CIVARIN  (sivarin)  s.  m.  — 
à  S*-Mart.  Trèfle  semé  parmi  l'avoine. 

De  ciba  pour  cibo,  qui  a  donné  le  dér. 
civada  sivada,  avoine.  Ciba  :=  civa  (141), 
auquel  s*est  ajouté  un  suff.  in,  relié  au 
thème  par  r  (cp.  mouche  moiiche-r-on), 
Le  trèfle  poussant  parmi  l'avoine  e.sl  con- 
sidéré comme  une  sorte  de  sous-produit 
de  celle-ci. 

SIVETTA  CIVETTA  (sivèta)  à  Paniss.  ; 
à  Grap.  SUETTA  (suèta)  s.  f.  B.  lat.  ca- 
vanus,  pr.  suiio  chuilo  choto,  al  p.  suto, 
vfr.  stiètCf  vpr.  eau  chau,  vfr.  choe,  ss.- 
rom.  tschuetta  suetta,  wal.  chawette,  dpli. 
civèta,  it.  ciovetta  ciretta,  vénit.  zorelta, 
bolon.  svetta,  valaq.  ciovica  ciuvica  — 
Chouette. 

On  fait  venir  chouette  de  mha.  chouch, 
hibou;  angl.  choitgh,  vx  angl.  kowe, 
hoU.  kauxoe  kae.  Le  passage  de  chouch  à 
civetta  ne  laisserait  pas  de  surprendre. 
Notre  mot  pourrait  s'expliquer  par  une 
forme  germ.  ceoc  ou  qq.  chose  d'appro- 
chant, que  l'on  retrouve  dans  ags.  ceo, 
valaq.  ciuf.  L'alban.  a  égalem.  cioch 
«  huppe,  chouette  ».  A  ce  rad.  s'est  ajouté 
le  suff.  etta,  Suiv.  M.  de  Cihac  le  valaq. 
ciuf  est  pour  ciuc.  Si  la  fin.  f  s'est  substi- 
tuée à  c  ou  a  existé  dans  le  type  primit., 
on  a  eu.  par  le  passage  de  f  à  t?,  it.  cio- 
vetta. In.  civetta.  La  forme  suetta  s'expli- 
que facilem.  par  le  chute  de  v  eu  contact 
av.  Vo  qui  précède  (145  2«).  On  a  sioetta 
soetta  suetta.  Le  pr.  suito  chuito  et  le 
pr.  eau  chau  seraient  ainsi  venus  par  deux 
branches  différentes. 

SIVILO  subst.  v.  sèvilô  subst. 


SIVILO  vb.  V.  sévilô  vb. 

SCAN  V.  suin. 

SOCAN  (sokan)  s.  m.  —  à  Villefr.  Un 
homme  lourd,  maladroit,  empêtré. 

D'un  rad.  soc,  av.  suff.  anl.  l^e  pho- 
nème oc  emporte  l'idée  de  grossièreté, 
lourdeur.  Cp.  mastoque  (v.  ce  mot)  ei 
genev.  tioque  «  personne  sotte  et  mala- 
droite »  sur  lequel  a  été  fait  tioquand 
«  rustre,  gros  paysan  »,  auquel  socant  est 
certainem.  apparenté,  s'il  n'en  est  pas, 
comme  je  le  crois,  simplem.  une  corrupt. 

SOCAN  A  (sokàna;  à  Ci-ap.  sAkàna): 
ap.  Goch.  SACADA  SOUCADA  s.  f.  — 
Trempole  de  pain  dans  du  vin  sucré.  A 
Yzer.  pavfailola  {v.  ce  mol). 

Je  ne  connais  pas  les  formes  indiquées 
par  Goch.,  et  dés  ma  plus  tendre  enfance, 
j'ai  entendu  dire  socana.  Les  formes  sa- 
cada,  soucada  peuvent-elles  se  rattacher 
au  rad.  snc  «  secouer  »  qui  a  formé  fr.  ,tff- 
quer  q{  saccadt*  {w  sacôjf  Faire  une  .««- 
cada  serait  «  secouer  son  pain  dans  le 
vin  ».  comme,  en  effet,  on  le  fait  com- 
munèm.  (?f  ).  On  dit  de  même  une  trempote. 
Dans  ce  cas  socafia  renfermerait  la  même 
idée,  et  viendrait  d'un  dial.  d'oc;  b.  lim. 
soca  «  secouer  »,  qui  est  notre  sac'\  av. 
passage  accoutumé,  dans  ce  dial.,  de  a 
prot.  à  0  bref.  Quand  au  suff.  afin,  il  est 
assez  rare,  et  pourrait  être  ici  une  corrupî. 
du  pr.  arktj  qui  n'existe  pas  en  In.  On  trouve 
le  suff  ^na  dans  porcelana  (v.  ce  mot). 
Je  reconnais  du  reste  que  tout  cela  n'est 
que  des  hypoth.  sans  aucun  appui.  Kn 
tous  cas  les  formes  de  Goch.  doivent  être 
reliées  à  notre  socana. 

SOCHI  (sôchi);  à  Lyon  souche  s.  f.  M. 
lat.  czochia  —  L  Grosse  racine  d'arbre. 
La  sochi  de  Noyé,  ou  mieux  encore  la 
groba  de  Noyé,  énorme  bûche  que  l'on 
conserve  pour  la  nuit  de  Noël.  Gév.  La 
soutsa  de  mèdza-noï.  Se  dit  aussi  d'un 
tronc  d'arbre  quand  il  est  coupé. 

2.  Tronc  de  cep.  de  vigne.  Même  mol 
en  vin.  ^  1858  :  «  Item  soches  et  czochons 
per  ardre  »,  souches  et  petites  souches 
pour  brûler  (  Tar.  de  la  V.). 

Étym.  discutée.  Â'occi«^,chaussure,donné 
par  Diez,  ne  se  prête  ni  au  sens  ni  à  la 
forme.  AU.  stock,  proposé  par  Scheler, 
suppose  l'équat.  st  init.  =  s,  qui,  malgré 
des  ex.  bien  choisis,  reste  bien  doiiteuse, 
et  d'ailleurs  stock  ne  peut  expliquer  le 
pic  rhouque.  Scheler  propose,  outre  stock. 


Digitized  by 


Google 


SOCH 


385 


'caiidica,  de  caudex,  qui  convient  très 
bien  au  sens,  mais  qui,  ce  semble,  aurait 
di\  donner  cnuque,  couque  en  pic.  et 
chauche  en  fr.  Le  passage  d'un  type  fr. 
chouche  à  souche  n'est  pas  non  plus  dé- 
montré par  Tex.  sercher  pour  chercher. 
Calcare  d'ailleurs  a  donné  chaucher  et 
non  saucher.  Enfin  ch  en  pic.  vient  de 
c  dev.  e  ou  »,  mais  e  ou  t  ne  peut  donner  ou. 
Au  surplus,  quelle  que  soit  l'étym.  pré" 
sentéé,  elle  ne  pourra  mettre  d'accord  le 
pic,  et  le  fr.  sans  supposer  de  fortes  irré- 
gularités de  part  ou  d'autre. 
SOCHIA  (sochiadissyl.)  s.  f.  — Charrue. 

De  soc,  av.  suff.  ia,  par  analog.  av.  les 
noms  terminés  en  ia  :  cruezia^  etc.  Toute- 
fois on  devrait  avoir  sokia,  ou  sossia  (à 
Villefr.  ou  a  en  effet  ces  2  formes  pour 
«  soc  »).  Sochia  a  dû  subir  Tinfl.  de  sochi, 
quoiqu'il  n'y  ait  aucun  rapport  de  sens. 
Quant  à  la  format,  on  comprend  très  bien 
que  le  soc  étant  la  pièce  essentielle  de  la 
charrue,  on  ait  forgé  un  dér.  pour  exprimer 
l'ensemble  de  l'appareil. 

SOCHON  (sochon)  s.  m.  —  1.  Petite 
souche.  —  2.  Tronc  des  ceps  de  vigne.  Le 
mot  est  ancien.  1295  :  «  Item  soches  et  so- 
chon por  ardre  paiera...  »,  de  mémo  les 
bûches  et  petites  bûches  pour  brûler  paie- 
ront... (CarL) 

Deln.JOcAt,  av.  suff.  dim.  on, 

SOCLE  (sokle)  s.  m.  —  à  Crap.  Douille 
de  fer  qui  attache  le  soc  de  la  charrue  à 
la  maître  (v.  ce  mot  au  supplém.)  ou  sep. 

De  soc(u)lus,  la  douille  étant  considérée 
comme  une  sorte  de  brodequin  qui  enserre 
le  soc.  Le  mot  a  été  infl.  par  le  fr.  ;  on 
devrait  avoir  soclio  (164  2«  b). 

SOOO  V.  sèso. 

SODOR  (sodôr)  SOUDOR  s.  m.  — 
Soldat. 

C'est  le  fr.  soudard,  du  rad.  sold,  de 
solidSLre,  fr.  solder,  et  du  suff.  germ.  ard, 
Soudar  =.  souder  (1),  passé  à  sodôr  ^^t 
la  tendance  moderne  à  changer  ou  en  o. 

SODUNA  (sodana)  s.  fr.  -  à  River.  Sot. 
nigaud. 

^  De  fr.  sot,  où  t  a  passé  à  d  lorsque,  par 
l'addit.  du  suff..  il  s'est  trouvé  entre  2 
voy.  (136).  Mais  d'où  vient  ce  singulier 
suff.  una,  auquel  on  ne  trouve  point  d'ana 
logue?  Serait-ce  le  suff.  péj.  onna  comme 
dans  bétonna,  grosse  béte?  On  aurait  eu 
sotonna,  sodomta  et  soduna,  par  dissi- 


milat.   Sur  le  sens  cp.  vfr.  sotard  (ap 
Roquef.)  «  ignoi-ant  ». 

SOÈFI  (soèfi  dissyl.)  SUÈFf  s.  m.  — 
Sorte  «  d'araignoire  »  formée  d'un  bouchon 
de  paille  au  bout  d'une  gaule  de  châtai- 
gner,  et  qui  sert  à  ramoner  les  tuyaux  de 
poêle  dans  le«  endroits  où  l'on  fait  usage 
de  la  houille. 

De  soèfi  suèfi,  suie,  av.  suff.  î,  d'arius 
(13). 

SOÈFI  (soèfi  dissyl.)  SUÉFI  (suèfi),  ap. 
Coch.  SUIFFI  s.  f.  Wal.  stfe  seuve  souf, 
dph.  suifi  suichi,  vpr.  suga^  pr.  sujo 
suejo,  rgt.  sugio,  niç.  sugo,  Vosges 
seuche,  comt.  suche,  Valais  soutsche  — 
Suie. 

On  trouve  le  rad.  dans  le  germ.  —  Holl. 
soet,  b.  ail.  sott  sud,  suéd.  sot,  dan.  sod 
«  suie  ».  Au  simple  Diez  a  préféré  le  dér. 
ags.  sôtig  «  qui  a  de  la  suie  n,  sans  doute 
pour  expliquer  l'yotte  du  fr.  suie  et  le  g 
dupr.  suga,  Legaël.  5a»7A  est-il  emprunte 
à  i'ags.?  Cf.  aussi  lithuan.  sodis,  même 
sens  {ap,  Wedgw.). 

Reste  à  expliquer  les  formes  In.  et  wal. 
Grandg.  explique  celle-ci  en  disant  que 
tt  la  demi-cons.  u,  se  durcissant  en  /;  a  pro- 
duit le  wal  sïfe  ».  11  veut  dire  sans  doute  : 
après  avoir  passe  par  t?.  Mais  ce  1"  pas- 
sage de  u  à  V  serait  lui-môme  singulier, 
car  on  est  bien  habitué  à  voir  v  se  voca- 
liser en  M,  mais  on  voit  rai'em.  u  se  cou- 
sonnautiser  eu  v  et  jamais,  que  je  sache^ 
quand  il  est  flnaL  II  est  plus  naturel  d'ex- 
pliquer ces  mots  par  le  passage  de  t  fin. 
à  /■  dans  le  type  primit.  Cp.  sit(emj  = 
soif;  Marbodum  =  Marbeuf.  11  est  vmi 
que  Marbeuf  Q^i  le  dau.  Marboe,  auquel, 
suiv.  M.  Coeheris,  ou  aurait  ajoute  une  / 
«  par  euphonie  (?)  ».  Mais  la  forme  b. 
lat.  indique  bieu  qu'il  y  a  eu  une  denlalo 
aulérieurem.  à  1'/.  Ou  rencontre  qqfois 
bief,  de  bladum;  nifdenidum,GiVon  u 
emblacer.  Cp.  encore  mœuf,  ae  modum  ; 
Matmbeuf,  de  Magnobodum.  Un  type 
cunime  hull.  soet  donnerait  ainsi  soef, 
et,  av.  désidence  fem.  t,  soèfi.  Toutefois, 
pourquoi  cette  désiu.  t  au  lieu  de  a  (63 
:i«)?  Cela  Indique  qu'on  a  eu  une  dipht. 
0»,  passée  à  oe,  e'est-à-d.  que  soifi  esi 
tiré  d'un  type  av.  yotte,  comme  le  gaël. 
suiih.  Ce  type  n'a  pas  été  retrouvé 
dans  les  dial.  germ.  primit.,  non  plus 
d'ailleurs  que  les   types    corrcspundanta 

46 


Digitized  by 


Google 


386 


SOÈF 


aux  mots  signifiant  suie  dans  les  dial. 
germ.  modernes.  Il  se  peut  donc  que  la 
même  racine  ait  existé  en  celt.,  et  que  le 
gaël.  suith  soit  ainsi  autochtone  et  appar- 
tienne aux  mômes  sources  que  soèfi. 

SOÈFI  (soèfl  dissyl.)  SUÈFI  v.  a.  — 
Ramoner. 

De  In.  soèfi,  suie,  av.  suflf.  i. 

SOIFI  SUÉFI  (soiû,  suéfi  dissyl.);  à 
Lyon  soif  8,  f.  Pr.  sofi,  Igd.  sôfio,^  dph, 
souafo  soufio,  vpr.  sophia  {ap.  Mistral) 

—  Ablette,  cyprinus  alburnus.  Colgr. 
donne  le  In.  sui/fe,  vandoise,  cyprinus 
îeuciscus . 

Êtym.  inconn.  U  serait  intéressant  de 
savoir  à  quelle  source  M.  Mistral  a  puisé 
la  forme  sophia,  qui  ressemble  plus  à  du 
m.  lat.  qu'à  du  vpr.  En  tous  cas  cela 
mettrait  peul-elre  sur  la  voie  de  Tetym. 
Je  signale,  suas  y  attacher  d'importance, 
rhypoth.  de  vfr.  souef,  de  siiacem^  à 
cause  de  la  substance  polie  et  nacrée,  qui 
entoure  la  base  du  écailles  de  Tablette 
et  dont  on  faljrique  les  perles  ariiûcielies. 
Mais  alors  pourquoi  i'i  Un.,  qui  semble 
bien  répondre  à  ia  lat.? 

Sue  fi  de  redein  (v.  rcdein),  —  à  R.- 
de-G.  Terme  injurieux,  vil  fétu,  homme 
de  rien  • 

Ahl  ilii  té,  vacaboDtli, ah*. êuéft*  de redeitts. 
Au  lieu  il«  luucktrdô  vo  zavei  fat  U  luiia. 

c  Ah,  dit  il,  vagabonds,  ah,  gens  de  rien, 

—  Au  lieu  d'espionner  vous  avez  fait  la 
débauche.  »  (Per.) 

La  soifi  étant  un  poisson  très  mésestimé 
et  très  petit,  est  pris  ici  pour  symbole 
d'objet  méprisable,  et  la  soifi  de  petit  ca- 
nal {redein)  est  considérée  comme  encore 
plus  méprisable  que  Ir  soifi  de  rivière. 

'^SOiGNi  (sognl);  à  Lyon  soigner  v.  a. 

—  Guetler.  «  Ou  lo  soigne  bien^  il  le  guette 
bien.  »  (Coch.)  —  A  Lyon  soigner  l'omni- 
bus «  guetter  l'omnibus  ». 

Dérivât,  de  sens  de  sogni,  soigner,  avoir 
soin. 

SOIN  V.  suin. 

SOIZON  (soizon)  s.  f.  —  à  Villefr.  Haie. 

De  vfr.  soif  c  haie  »,  de  ^aepem,  par 
ch.  de  f  en  s,  Cp.  Igd.  ga:a  =.  gafa 
•  passer  à  gué  »,  lu.  mayossi  z=.  pr.  ma- 
joufa  €  fraise  ».  On  songe  à  une  étym. 
sectionem  (les  haies  élant  uniquem.  con- 
sacrées à  diviser  les  héritages),  mais^^c- 
tionem  aurait  donné  soisson  ou  soission 


(cp.  cocUonem  =  In.  cosson,  leciionem 
=  lu.  lission^  fr.  leçon), 

SOISSON  (soiss^a)  s.  m.  —  Petit  pois- 
son. Le  même  que  soifi  (v.  ce  mot). 
Voguset,  vugus,  qu*oinùs  la  |>eisMd, 
Lo  vmi  gouiitfoii  »e  ti  ouir«  Uea  TA^ergua . 
On  y  lurpreiid  éto  lo  soitson, 
c  Vogueuses  et  vogueurs,  qui  aimez  le 
poisson,—  Le  vrai  goujon  se  trouve  dans 
TAzergue.  —  On  y  pèche  aussi  la  soif.  » 
(Chans.  do  Dubost) 

lilvidemm.  du  type  qui  a  formé  soifi, 
av.  suff.  on,  relié  par  ss  (cp.  hame[ç]on 
et  vfr.  angle[ç]on).  Mais  pourquoi  n'a-t- 
on pas  eu  soifonfjQ  serais  tenté  de  croire 
à  soifelç]on  soifçon  soisson»  Peut-être 
est-il  plus  simple  d'admettre  le  ch.  de  f 
en  ss»  Cp.  mayossi  (v.  ce  mot  au  Suppléai,) 
=  pr.  majoufa,  et  Igd.  badafo  «  lavande  » 
=  pr.  badasso. 

SOLA  (sôla)  s.  f.  —  à  P^niss.  Plante 
des  pieds. 

De  lat.  sola  pour  solea,  plante  du  pied. 
Solea  aurait  donné  soli. 
*SOLA  s.  f.  -  Airée,  v.  solo. 
SOLAR  V.  Jo/cîr. 
■     SOLAS  (solà)  s.  m.  Vfr.  solaz  solaiz 
soûlas,  \pr.  solatz  —  Secours,  assistance, 
compagnie.  Une  personne  habitant  seule 
dit  de  son  chien  :  n  A  me  fa  solas,  il  me 
tient  compagnie  »,  et  aussi  c  me  rassure  ». 
Le  solas  empêche  d'avoir  peur.  Cp.  cév. 
etb.  lim.  soûlas  <  compagnie  qu'on  fait 
à  qqu'un  pour  l'empêcher  d'avoir  peur  », 
De  soltitium,  O  fermé  =  o  (34). 
SOLDATS-GAROTS  ou  simpleui.  GA- 
ROTS  —  D'après  les  éditeurs  d'Et.  Blanc. 
«  on  appelait  soldats^garots  la  milice  qui 
faisait  exclusivem.  le  service  des  maîtres 
gardes,  aujourd'hui  las  prudhommes  {Ca^ 
nettes^  p.  xvii).  »  C'est  une  erreur,  car 
les  maîtres  gardes  n'avaient  pas  besoin 
de  milice,  ne  prononçant  pas  de  jugements, 
ils  étaient  très  dififereuts  de  nos   prud- 
hommes, dont  le  nom  u'apparait  à  Lyon 
qu'avec  la  loi  de  1803.  Les  maîtres  garder 
constituaient  un  tribunal  de  conciliation 
et  d'enquête,  et  lorsqu'il  s'agissait  de  pro  - 
noucer  uu  jugement  en  matière  de  contra- 
ventions aux  règlements,  ou  de  procès 
concernant    les    manufactures,    ils    ren- 
voyaient devant  les  échevins.  C'était  donc 
les  gens  du  Consulat  qui  opéraient  les 
saisies  et  éluient  charges  de  rexécution 


Digitized  by 


Google 


SOLE 


387 


des  jugements.  Voici  le  texte  qui  a  motivé 
la  supposit.  des  éditeurs  : 
En  ce  momenl  en  Iront  trois  garoU  des  prudhommei 
Qui  U  disent  :  Femme  de  Joachin  noat  sommes 
Chargés  de  tous  conduire,  en  ce  moment  ratai, 
Afln  d'être  jugée  derant  le  tribunal  {Canettet  p.  43). 

Mais  les  mêmes  éditeurs  se  contredisent 
dans  la  note  1.  p.  42  :  «  On  appelait  sol^ 
dats-garots  les  individus  qui,  moyennant 
contribution,  faisaient  l'office  de  rempla- 
çants dans  la  garde  bourgeoise...  Ici  Fau- 
teur en  fait  Tapplication  aux  gens  attachés 
au  service  des  maîtres-gardes  et  chargés 
sans  doute  de  faire  exécuter  leurs  déci- 
sions. ^  Il  faut  lire  «  au  service  du  Con- 
sulat ».  Garots,  dans  le  texte,  signifie  donc 
les  agents  chargés  de  conduire  Suzanne 
devant  le  Consulat. 

Quant  au  nom  de  soldais  garots,  je  doute 
fort  quMl  se  soit  jamais  appliqué  aux  rem- 
plaçants. I^s  éditeurs  d*Ét.  Blanc  pa- 
raissent, du  reste,  en  général,  n'avoir  en 
aucune  critique  et  méritent  peu  de  con- 
fiance. J'ai  souvent,  dans  mon  enfance, 
entendu  ma  mère  employer  dans  un  sens 
fort  méprisant  le  mot  de  soldats  garots, 
sans  que  j'aie  jamais  pensé  à  lui  en  de- 
mander l'explicat. 

Étym.  inconn.  et  sens  douteux,  comme 
on  voit.—  Pourtant  du  texte  d'Ét.  Blanc, 
aussi  bien  que  du  sens  péj.  attaché  au  mot 
par  ma  mère,  je  crois  pouvoir  inférer  que 
les  soldats-garots  étaient  des  gens  de  po- 
lice, des  sergents,  et  que  garot  est  un 
subst.  V.  de  garotter,  parce  qu'ils  mettaient 
les  menottes.  De  tous  temps  les  S3rgent8, 
ou  gens  de  police,  ont  été.  bien  à  tort,  à 
mon  avis,  l'objet  de  l'animadversion  pu- 
blique. 

SOLE  (sole,  6  très  ouvert)  à  Crap.;  «p. 
Coch.  SOLEY;  à  Lyon  soleil  s.  m.  —  1. 
Soleil.  —  2.  Tournesol. 

De  solic(a)lum.  On  a  eu  d*abord  soleil 
par  ch.  de  i  en  ei.  Puis  Ih  fin.  étant  tombé, 
ei  a  passé  au  son  a\  è  (18).  Quant  au 
sens  on  a  vu  dans  la  fleur  du  tournesol 
une  ressemblance  av.  le  soleil  et  ses 
rayons. 

♦SOLÉA  V.  solo, 

SOLER  (solèr)  v.  n.  —  •«  à  B^aujeu, 
Avoir  coutume.  »  (Coch.) 

C'est  le  vfr.  souloir,  même  sens  que 
solere,  dans  lequel  ou  a  passé  à  o  (34. 
rem.  4).  Je  ne  sais  si  ce  mot  est  encore  en 
usage  à  Beaujeu,  mais  il  n'existe  pas  dans 


le  Lyonn.  Le  suflT.  et%  qui  est  d'oïl  .appar- 
tient à  la  phonèt.  de  Beanjeu. 

SOLET,  ETTA  (sôlé.  éla)  adj.  -  Seul. 
Car  un  chacun  craint  la  Inchi, 
Et  Todrct  que  son  Tatsin 
Soïet  payl  la  hrinchi. 

€  Car  chacun  craint  les  coups,  —  Et  von 
drait  que  son  voisin  —  Payât  seul  la 
brioche.  >  (Chans,  de  Revér.) 

De  solum  (soliis)^  av.  suff.  et.  GeUe 
forme  existe  dans  beaucoup  de  pat. 

*SOLEY  V.  sole. 

SOLO  (sol6);  ap.  Coch.  SOL  A  SOLE  A 
(soléa)  8.  f.  —  Blé  étendu  sur  l'aire.  Une 
airée  de  gerbes  de  blé. 

De  sola  pour  solum,  av.  suflf.  ot.  à'ata, 
La  forme  soléa  a  subi  l'infl.  du  suff.  fr.  ée. 
Il  est  assez  singulier  que  nous  n'ayons  pas 
le  simple  sola,  au  sens  d'aire.  Il  a  sans 
doute  disparu  devant  le  masc.  stiel.  Dans 
la  forme  solo,  la  seule  connue  (et  pro- 
bablem.  déjà  au  temps  de  Coch.),  ch.  de  a 
en  (5(1). 

SOLOR  (solôr);  ap.  Coch.  SOLAR  s. 
m.  Vpr.  sotlar  —  Soulier. 

Arou<^  don  ploinn  snlôrg  de  vin  de  rentrepons. 

«  Avec  deux  pleins  souliers  de  vin  de 
l'enlrpp'M.  »  {SU.) 

Une  chanson  qui  se  chanle  en  dansaijt 
autour  du  feu  de  joie  qui  termine  chaque 
vogue  dit  : 

l.rts  girçnns  n*oul  (fin  de  liôrds  ; 
i.e  fih<«  ffin  de  êolôrs. 

«  Les  garçons  n'ont  plus  d'argent;  — 
Les  filles  n'ont  plus  de  souliers  (pour 
avoir  trop  dansé).  » 

Suiv.  l'étym.  reçue,  de  b.  lat.  solular, 
soulier,  de  sub  talum,  av.  un  suff*.  are^ 
neutre  d*aris  (cp.  solaris,  de  sol).  Chute, 
de  t  (135).  D'où  so-oular  soular,  passé  à 
solar  par  le  ch.  de  ou  en  o  (34,  rem.  4). 
Il  me  semble  quî  le  b.  lat.  sot{u)lum 
«  base,  fondement  »  pourrait  aussi  bien 
donner  sotlar  sola>\  sans  faire  intervenir 
l'idée  de  sub  talo. 

SOLOTROUS  (solôirou)  adj.  For.  sou- 
latrou  —  Solitaire,  désert,  en  parlant  d'un 
endroit,  d'un  chemin. 

De  solum,  adj..  av.  suff".  ous,  d'osus 
(35),  et  insert,  d'une  syll.  intercal.,  qui 
est  intens.  L'insert.  a  pu  être  facilitée  par 
une  vague  analog.  av.  sol[H]aire. 

SOMA  V.  sauma, 

SOMMI  (sônil);  à  Lyon  sommier  s,  m.^ 
—  Grosse  poutre. 


Digitized  by 


Google 


388 


SONN 


De  vfr.  sommier,  cheval  de  charge,  de 
sagmarium.  Le  «  sommier  »  est  comparé 
au  cheval  qui  supporte  (cp.  poutre  «  pièce 
do  bois  »,  diQ  "poutre  «  jument  »). 

SONNAILLI  (fiônalhi);  ap.  Coch.  SOU- 
NALLI  s.  f.  For.  sounalli  —  Clochette 
qu'on  met  au  cou  du  bétail. 

De  In.  sonô^  av.  suff.  coll.  ailli. 

SON  NO  rsônô);  ap.  Coch,  SOUNA  v.  a. 
For.  souna  —  Appeler.  «  Souna  Pirou, 
Appelez  Pierre.  »  (Goch.^  —  Nous  dirions 
Sonna  lo  Piaro. 
VieDi  donc;  maif  in  pMiint  ionna  lo  dieu  d'ainor. 

«  Viens  donc,  mais  en  passant  appelle 
le  dieu  d*amour.  »  (Mon.) 

Vou  ne  trofe  lengun  que  tous  rené  souna. 

€  On  ne  trouve  personne  qui  vous  vienne 
appeler,  »  (Ghap.) 

De  son&re,  av.  passage  du  sens  neutre 
au  sens  actif. 

SOPIE  vin.  s.  m.  —  Seuil.  1320  :  «  An 
cete  menere  que  li  larges  des  eschalers 
seit  de  czinc  asises  que  sont  ou  mur  a 
l'anchant  de  la  dicte  maison  desus  lo  so- 
pie  de  vers  la  rue  publique,  et  les  asises 
sont  saignié  à  on  trait  »,  de  telle  manière 
que  la  largeur  des  escaliers  soit  de  cinq 
assises  du  mur,  au  coin  de  la  dite  maison, 
au-dessus  du  seuil  vers  la  rue  ;  et  les  as- 
sises sont  marqués  d'un  trait. 

De  sub  =  so  et  pedem  =  pie,  Cp.  fr. 
souS'pied, 

SOQUIA  s.  f.  —  Soc.  V.  sous  sochia, 

SORBANDE  (sorbande)  s.  m.  —  à  St- 
Mart.  Un  écervelé,  un  extravogant. 

Faut-il  rapprocher  Morv.  scurbande 
«jeune  tige  flexible  des  arbres  forestiers  >, 
seurbander  «  coucher  les  rameaux  qui 
forment  les  haies  sèches?  »  Le  sorbande 
serait  ainsi  comparé  à  une  jeun«  pousse 
folle.  Seurbande  est  composé  de  sur  -f 
bande,  parce  que  les  seurbandes  servent 
à  faire  des  liens.  Je  serais  plus  disposé  à 
voir  dans  sorbande  le  rad.  de  bandit,  av. 
préf.  sor,  de  super,  qu'on  trouve  dans  qq. 
vx  mots  :  sorboire  «  s'enivrer  »,  sorcui- 
dance  «  présomption  »  On  dit  chez  nous 
qu'un  enfant  est  bandit  (adj.).  lorsqu'il  est 
vagabond,  ardent  à  courir,  à  faire  du  bruit, 
écervelé.  Mais  je  ne  sais  pas  expliquer  la 
format.,  car  celle-ci,  sauf  dans  les  adj.  et 
subst.  V..  a  lieu  à  l'aide  d'un  sufT.  Il 
faudrait  donc  supposer  un  vb.  'sorbanda 
«  faire  le  sur-bandit  »,  qui  est  une  pure 
conjecture. 


SORCIER  (sorsié)  s.  m.  —  à  Lyo 
Cliabot,  sorte  de  poisson.  Nous  le  nom- 
mons communém.  meunier. 

Je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui  m'a  été 
communiqué  par  une  personne  très  sûre, 
mais  qui  a  pu  l'avoir  entendu  de  personnes 
étrangères  au  pays. 

Désignation  sans  donte  faite  en  vue 
d'une  adresse  particulière  du  poisson  à 
deviner  les  pièges. 

SOREILLl  (SE)<se  sorèlhl);  ap.  Coch. 
SE  SORELLI  V.  pron.  —  Se  chauffer  au 
soleil.  Se  dit  surtout  lorsqu'on  se  place 
dans  un  endroit  très  exposé  au  soleil. 

Répondrait  à  un  *solic(u)lB,re,  mais 
probablem.  formé  sur  soleil.  Ch.  de  l  en 
r  (147  2-).  SufT.  î  (15  4*). 

*SORELLI  (SE)  V.  se  soreilli. 

SORGNIQUE  (sorgnike)  s.  f.  —  à  River. 
Cervelle. 

C'est  évidemm.  un  moi  forgé,  une  créa- 
lion  comique,  à  la  façon  de  celles  du  jar- 
gon. Je  crois  que  c'est  sornette,  dans  le- 
quel on  a  substitué  ique  à  ette  par  ana- 
log.  av.  bernique,  ou  qq.  chose  de  sem- 
blable. Sornique  devient  sorgnique  à 
River.,  où  n  devant  i  se  mouille  toujours. 

Quant  à  l'idée,  c'est  celle  «  d'objet  qui 
engendre  les  sornettes  ».  S'il  y  a  eu  en 
pat.  un  simple  *sorna  «  baliverne,  sot 
conte  »,  la  format,  sera  encore  plus  sim- 
plifiée. 

•SORLI  8.  f.  —  1.  «  Sourde  »  (Coch.) 

Je  suppose  que  le  mot  doit  se  prononcer 
sorlhi,  et  que  c'est  un  subst.  v.  do 
essor  m.  Je  ne  connais  que  sorliassi  (v. 
sor  lia), 

2.  «  Une  grosse  bûche  un  peu  caver- 
neuse, qu'on  met  au  feu.  »  (Coch.) 

Je  ne  connais  dans  ce  sens  que  sochi. 
et  ne  puis  expliquer  le  mot  sorti.  Est-ce 
sorti  l,  pris  au  figî  Nous  avons  le  pro- 
verbe :  Sorlia  comm'ina  sochi  «  sourd 
comme  une  bûche  ».  Quant  à  la  sochi  (v. 
ce  mot),  elle  n'est  pas  nécessairem.  ca- 
verneuse. 

SORLIA)  ASSI  (sorlhià,  àssi)  s.  et  adj. 
Ss.-rom.  siord,  da—  Sourd,  de. 

Part,  passé  de  In.  (es)sorlhl.  La  forme 
rég.  devrait  ôtfe  mdific,  sor  Ihtjém.sorlha. 
Sorlha,  masc.,  est  une  forme  archaïque 
<\\i\  a  été  conservée  parce  qu'on  a  con- 
fondu a  fin.  av.  suff.  at.  Sur  la  format. 
pour  distinguer  le  fém.  cp.  maclia,  ïén\. 
inarliassi. 


Digitized  by 


Google 


SORS 


m 


SORSAILLI  (soidalhî)  v.  n.  —  à  Grap. 
Suinter,  en  parlant  d'une  source.  Uaigui 
sorsaille,  on  voit  suinter  l'eau.  For.  suer- 
sailli,  source. 

De  vfr.  sors^  partie,  de  sordre,  av.  suff. 
fréq.  aillu  Le  mot  est  donc  le  même  que 
sorzelô,  mais  je  crois  que  le  sens  n*est 
pas  tout  â  fait  le  môme.  En  tous  cas  sor- 
sailli^  que  je  connais  mieux,  ne  se  dit  que 
d'un  suintem.  et  non  d'une  source  qui 
coule.  —  Je  crois  cette  étym.  plus  vrai- 
sembl.  qu'un  subst.  v.  de  supêr-salire, 
qui  a  donné  vfr.  sorsaillir  «  sauter  par- 
dessus »,  dont  le  sens  est  ti'6s  différent. 
Cp.  d'ailleurs  Morv.  sourcer  «  sourdre, 
jaillir  du  sol,  couler  à  fleur  de  terre  »,  qui 
est  le  simple  de  sorsaillu 

SORZELLA  ("sorzéia)  s.  f.  —  à  S*-Marl. 
Source. 

Semble  bien  venir  de  vfr.  sors,  ancien 
partie,  passé  de  sordre,  de  surgere.  A 
sors  s'est  ajoute  le  suff.  ella.  Mais  on  de- 
vrait avoir  jorceWa  comme  on  a  sorsailVi 
à  Grap.  (v.  ce  mot).  Si  l'on  admettait  un 
rad.  sorj,  de  surgere,  on  aurait  sorjella 
qui  peut  facilem.  passer  à  sorseAla, 

SORZELO  (sorzelô)  v.  n.  —  Sourdre. 

De  In.  sor  sella,  av.  suff.  ô  (14  3'). 

SOSSIA  s.  f.  —  Soc.  V.  sous  sochia, 

SOT  (sô)  s.  ni.  —  à  P.-de-G.  Fossé.  Pr. 
sot  choHOt,  fosse,  creux  ;  basq.  soto,  cave 
en  général.  Rjçt.  souot  sot,  spécialem. 
fosse  pour  enterrer  un  animal. 

0  gnia  jin  de  traTar,  lo  chireaux  xnii  faut  lot; 

1  pont  110  zoccup6  que  par  quro  lo  <o(. 

€  Il  n'y  a  point  de  «travail,  les  chevaux 
font  tout  ;  —  On  ne  peut  nous  occuper  que 
I>our  curer  les  fossés.  »  (Sit,) 
.  Le  vpr.  sotol,  b.  lat.  sotulum,  c  fonde- 
ment, base,  emplacem.  »  indique  que  le 
sens  de  «  cave,  sous-sol  »  est  lo  sens 
primit.  qui  est  dér.  à  «  fossé  ».  Létym. 
serait  alors  s^htus,  Gh.  de  u  en  o  (38;  : 
chute  de  h  (101  6*).  Je  crois  qu'il  faut  rap- 
procher Vosges  sassot  «  crapaudière,  gre- 
nouillère »  dont  la  2«  partie  me  paraît 
être  notre  mot. 

*SOTA  (sôta)  s.  f.  —  saiv.  Goch.  «  Petit 
fossé  destiné  à  recevoir  la  terre  dans  les 
terrains  penleux  »,  mais  en  réalité  toute 
mare,  tout  fossé  servant  à  retenir  les  eaux 
pluviales. 

Forme  fém.  de  sot  (v.  ce  mot). 

SOTRE.(sôtre)  v.  n.  —  Sortir.  i 

Sortir,  d'après   Uiez,  vient   cUun   type  I 


snrveclire,  formé  sur  surrectum.  Ge  type 
Serait  n'^cpssai rem.  devenu  en  b.  lat.  sor- 
tire,  que  b  In.  aurait  fait  passer  dans  la 
8«  conjujj.  :  d'où  sort(e)re^  qui  donne  sôtre 
par  la  chute  de  l*^  cons.  du  groupe  rtr 
ri80  1»).  Diverses  autres  étym.  ont  été 
proposées  pour  sortir,  M.   Storm  pense 
qtie  sortir  est  formé,  non  de  surrêctum 
mais  du  l«t.  vulg.  sortum.    Cette  étym. 
^stspduisante.  M.  Roensch  dérive  «or^re 
de  exorttim:  M.  Boehmer,  de  *sevortere, 
M.  Chalian.  pense  que  sortiriesi  suffisant 
pour  tout  expliquer.  En  tons  cas.  1*»  In. 
sôtre  esl  la  double  forme  de  sortir,  comme 
i  rodre  de  courir,  viendre  de  venir ,  et 
quantité  d'autres. 
SOUAR  V.  suel. 
*SOUCADA  V.  socana. 
SOUDOR  V.  soddr. 

*SOUILLARDA  (soulharda^:  k  Lyon 
souillarde  s.  f.  —  Pelit  cabinet  où  se 
trouve  l'évier  pour  laver  la  vaisselle. 
Cocli.  rapproch.  Igd.  souillardo,  un  sa- 
lone,  une  salone. 

De  îr,  souiller,  av.  suit,   arda^  d'oiiff. 
germ.  Sur  remploi   de  ce  suff.  pour  des 
noms  d'objets    v.    barnô.    Le  sens    est 
€  chose  qui  sert  pour  les  souillures  ». 
SOU  M  A  V.  sauma, 
*SOUNA  V.  sonô, 
*SOUNALLI  V.  sonnailli, 
SOUPE  dans  l'express.   Tremj)er  une 
soupe  à  quelqu'un,  très  usitée  à  Lyon, 
pour  €  le  tancer  d'importance  ».  M.  Vachez. 
me   signale    l'existence   de   cette   bizarre 
métaphore  dans  Palladius,    (Dialogue)   : 
Ego   illi  ollam    condio,    ce   qu'Amédée 
Thierry,  dans  son  ouvrage  sur  saint  Jean 
Chrysostôme  (p.  196  de  l'ëdit.  in-12).  tra- 
duit par  «  Je  lui  assaisonnerai  un  bouil- 
lon qui  ne  SM'a  pas  de  son  goût.  »  Il  est 
singulier   que    celte   métaphore,   que    je 
croyais  toute  lyonnaise,  remonte  aux  Ro- 
mains. 

SOUPIRO  (soupirô);  à  Grap.  SUP- 
PURO  (supurô)  V.  n.  —  Transsuder, 
suinter,  principalem.  en  parlant  d'un 
tonneau  qui  laisse  suinter  le  vin.  Goch. 
ne  donne  que  la  3»  pers.  du  prés,  de 
l'indic.  SOUSPIRE:  «  Lo  vin  ou  Vhuilo 
souspire,  pour  dire  il  transsude,  il  suinte. 
En  Langued.  Espère.  » 

La  forme  archaïque  de  Goch.  indique 
clairem.  l'étym.  suspir^re,   sans   doute 


Digitized  by 


Google 


390 


SOUS 


par  le  vfr.  souspirer^  car  le  In.  semit 
sopirô.  Le  vaisseau  a  été  comparé  à  une 
pérgonne  qui  laisse  échapper  des  soupirs. 
Dans  mon  enfance  j'ai  toujours  entendu 
celo  tuniau  soupire,  ou,  si  Técoulem. 
olait  plus  abondant,  celo  tuniau  panche. 
Mais  à  Crap.,  où  Ton  est  savant,  on  sait 
qu'une  plaie  suppure^  et  Ton  a  hien  vite 
vu  que  soupira  était  une  mauvaise  pro- 
nonciat.  pour  suppura.  Quant  à  la  forme 
Ifrd.  espéra,  donnée  par  Goch.,  il  Ta  sans 
doute  recueillie  sur  place,  car  Sauvages, 
où  il  puisait  ses  ex.,  ne  la  donne  pas«  mais 
elle  est  en  corrélat.  SivAgd.  espérai  espi' 
rou,  trou  d'évent,  de  spirare. 

'SOUSPIRE  V.  sous  soupira. 

SOUSTER  (sousté)  v.  a.  —  terme  du 
jeu  de  cartes.  Appuyé,  soutenu.  Tai  le 
roi  sousté  t  j'ai  le  roi,  av.  une  carte  qui 
l'appuie  ».  Au  fig.  se  dit  de  tout  ce  qui 
aide  :  c  X...  ne  réussirait  pas  dans  son 
commerce,  s'il  n'était  sousté  de  son  as- 
socié. »  B.  lim.,  cév.  soustç.  «  pardonner, 
ménager,  aider  »,  rgt.  sousia  «  aider  ». 

De  suhstB.re»  La  conservât,  de  s  me 
.*;emble  indiquer  une  orig.  savante.  Le 
gasc.  sousté  t  litière  d'étable  v  et  «  siège 
d'une  meule  de  moulin  >  appuie  l'étym. 

BOUTA  (soula)  dans  l'express.  Se  hetô 
à  la  souta,  se  mettre  à  l'abri  sous  qq. 
chose  formant  toit  (par  opposit.  à  se  betô 
à  rouriotts,  se  mettre  à  l'abri  du  vent 
dans  un  endroit  exposé  au  soleil).  Yionnaz 
à  la  sota,  même  sens.  Pr.  sousto  s.  f. 
«  hangar  couvert,  abri  »,  se  mètre  a  la 
sousto  se  mettre  à  couvert;  b.  lim.  soustn 
«  reste,  chose  dont  on  n*a  pas  besoin  pour 
le  moment.  » 

La  forme  d'ec  indique  que  l'étym.  n'est 
pas  suhtus,  mais  sub-stare,  d'où  un  vb. 
soustar  (v.  souster)  et  un  subst.  v.  sonsta 
devenu  souta  par  chute  de  s  (166  2"). 

SOUTA-CARUCHI  (soula-karuchi)  s. 
m.  Gamin. 

De  soutô  c  sauter  »  et  caruchi[y,  ce 
mot)  <  motte  »  de  terre  durcie,  glèbe. 
L'idée  est  exactem.  celle  sous  l'infl.  de  la- 
quelle a  été  composé  le  fr.  saute  ruisseau 
*t  petit  commis  ». 

SOUTARIOT  V'  santariau, 

SOYI  V.  say\  s.  m.  —  Sureau. 

STAFANARl  (slafanari)  s.  m.  It.,  esp. 
iafanario,  gên.  tafanaio,  pr.  tafanari,  b. 
lim.  tofauari  —  à  Lyon  Anus. 


Dit.  tafanKrio.  Le  mot  est  devenu  oxy. 
ton  comme  tous  les  mots  empruntés  à  l'it. 
et  qui  sont  surtout  des  noms  propres  (cp. 
Urtini  devenu  Urtin,  SolAri  devenu  Sou- 
lary  etc.)  Mais  comment  a-l-on  préposé*, 
c'est  ce  qui  est  très  singulier;  et  ce  qui  ne 
Test  pas  moins,  c'est  qu'après  avoir  eu 
stafanari,  on  n*ait  pas  eu  estafanari. 
Gela  semble  indiquer  que  celte  préposit. 
de  e  devant  s  impure  ne  s'est  pas  conti- 
nuée dans  la  format,  moderne,  même  po- 
pulaire. Remarquez  en  effet  que  les  Pro- 
vençaux disent  au  contraire  straordinaire 
pour  extraordinaire. 

D'après  Bertoldo,  tafanarlo  viendrait 
^e  tafano  (tabanum)  parce  que  les  taons 
6nt  accoutumé  de  piquer  le  bétail  sous  la 
queue;  d'où  tafanario  «  nid  à  taons  ».  lie 
sens  paraît  forcé  et  le  suff.  ario  ne  se  prèle 
pas  non  plu^à  la  format,  logique.  Tafa- 
nario pourrait-il  être  rapproché  d'il,  tanfo, 
placent,  tofgn^n  c  odeur  de  moisi  », 
piém.  tanf  M.  mauvaise  odeur  »,  il.  tan- 
fare  t  puer  »,  tosc.  tanfata  «  exhalaison 
fétide  »,  que  Diez  rattache  au  vha.  tamf. 
ail.  dampf  «  exhalaison,  vapeur  »  ;  d'où 
champ,  tan  fer  «  respirer  péniblem.  », 
▼ha.  tamfjafi  »  suffoquer  ».  Toutefois  la 
dénasalisat.  de  a  (qu'on  ne  retrouve  que 
dans  le  placent.),  semble  extraordin.  —  On 
songe  aussi  à  tafanario  pour  Inffanario, 
de  l'it.  dialectal  toffà,  gris,  toffar  «  sen- 
tir mauvais,  puer  x  ;  d'où  un  adj.  toffano. 
etpar  l'addit.du  suff.  ario,  d'arius,  toffa- 
nario.  Mais  ce  n'esW  aussi  qu'une  conjec- 
lure,  qui  ne  serait  vérifiée  que  si  l'on 
trouvait  tofanario  pour  tafanario  dans 
vies  dialectes  it.  —  Enfin  M.  Mist»-al  le 
rapproche  de  râpo;  «  anus  »,  mais  je  ne 
connais  à  râ^;  que  la  signiflcat.  de  •  tom- 
beau, sépulcre  ».  M.  Mistr.  aura  sans 
doute  confondu  av.  anus  «  vieille  femme  »» 
sens  donné  mélaphoriquem.  à  rat^poç  par  un 
poète  de  l'antholog.  cité  dans  le  Thésaurus 
d'H.  Eslienne.  Bertoldo,  qui  tire  tafana- 
rio de  Tâi>o;,  ne  donne  nuUem.  le  sens  in- 
diqué par  M.  Miâlr.  :  «  Le  vocabul.  bolon.. 
dit-il,  veut  dériver  ce  mot  du  grec  Taphos 
ou  plutôt  taphros,  qui  signifie  fossa,  mais 
pourquoi  pas,  au  contraire,  de  Taphos, 
«  sép'-ilcre  »,  se  piu  delValfre  que:,Vulti- 
ina  le  si  somigliat  »  La  ressemblance  ne 
me  parait  pas  si  considérable,  mais  les 
Italiens  s'y  connaissent  mieux  que  nous. 


Digitized  by 


Google 


STI 


391 


Toute  la  question  est  de  savoir  si  réollem. 
le  sens  douné  par  M.  Mistr.  existe;  dans 
ce  cas  rétym.  aui*ait  pour  elle  béain.  tafàr 
«  fessu  »,  et  par  extens.  c  replet,  obèse  >. 
Il  faudrait  supposer  un  b.  lat.  (aphus  iqui 
existe  dans  Du  G.,  mais  seulem.  au  sens 
de  9  sepulcrum  »)  ;  d'où  un  adj.  tafanus 
«  qui  appartient  au  podex  »,  et  enfin  tafa- 
narius.  Sur  remploi  assez  impropre  du 
suff .  arius  op.  fessier,  de  fesse  ;  gosier, 
de  gueuse  «  gorge  ».  Quant  au  gasc.  iafar, 
il  serait  tafus,  aV.  une  légère  dérivât,  de 
sens,  et  sutr.  germ.  ard, 

STI,  STU  dans  les  express,  sti  an 
c  celte  année  »,  stu  detêssi  «  ce  soir  »,  et 
autres  semblables. 

Syncope  de  c(e)lu  «  ce,  cet  ».  Devant 
les  voy.,  u  en  hiatus  a  passé  ai;  et  il  est 
resié  u  devient  les  cons. 

STU  V.  sti. 

SU  V.  sayl. 

SU  AU  (suô)  adj.  des  2  g.—  Doux,  au 
toucher  comme  au  morftl.  Vpr.  suau 
«  doux,  paisible  »,  pr.  siau  siavo  c  calme, 
.serein,  tranquille  »• 

De  sua^vjem  =  stmu  par  vocalisât,  de 
V  (119,  rem.). 

SUBLO  (sublô)  V.  n.  Vpr.  siblar,  Voi- 
roa,  alp.  subla;  pr.  sihla,  ss.-rom.  subbla 
subbla,  berr.  sabler  —  Siffler. 

De  sib(i)l2Lre.  Gh.  de  i  init.  en  u  (68  bis)  ; 
de  are  en  (5  (14  3"). 

SUÈFI  s.  m.  —  Sorte  d'araignoire,  v. 
soèfi  s.  m. 

SUÈFI  s.  f.  —  Suie  v.  soèfi  s.  f. 

SgÈFI  s.  f.  —  Ablette,  v.  soi  fi, 

SUÈFI  V.  a.  —  Uamoner,  v.  soèfi  vb. 

SUEL  (suèl)  'SUER  (suer);  à St-Mait. 
SOUAR  (sonar  mouosyll.);  à  Lyon  suaire 
s.  m.  —  Aire  pour  battre  le  blé. 

'Soléum,  de  sola,  a  donné  pr.  suoilh 
p.irch.  de  o  bref  en  uo,  atlract.  de  Tyotle 
Kxeum  =  ium^  et  persist.  du  mouillage 
de  /  sous  infl.  du  yotte.  Ce  suoilh  a  passé 
à  saeilh  comme  locum  a  donné  pr.  luo, 
devenu  luiec;  et  jocum  juoc^  devenu 
juec.  Sueilh  est  resté  en  pr.,  en  dph.  et 
dans  les  dial.  d'oc,  av.  le  sens  général  de 
chose  plane,  unie.  In  suei,  une  surface 
horizontale;  lou  Suei,  la  plaine  du  Suel, 
près  de  Malaucène  (Mistral).  Dans  le 
Lyonn.  ce  sueilh,  devenu  suel  par  des- 
sicat.  d3  /,  s'est  particularisé  comme  sens 
en  c  aire  pour  battre  le  blé  »,  dont  le  sol 
est  en  elfet  longuem.  battu  et  rendu  plane. 


A  Paniss.  et  sur  beaucoup  d^autres  points 
/  lin.  s'est  changée  en  r  (121);  et  ce  suei* 
à  Lyon  est  devenu  suaire,  par  ressenir 
blance  de  son  av.  ce  mot.  Dans  la  formo 
souar  e  a  passé  à  a  sous  infl.  de  r  (24) . 

Le  mot  In.  peut  d'ailleurs  aussi  bie:i 
s'expliquer  par  la  fonnat.  du  fr.,  qui 
change  aussi  uo,  de  o  bref,  en  ue  oe  (cp. 
focum=z  fue);  d'où  vfr.  soel  suel  sueil, 
même  sens.  Si  le  mot  avait  persisté,  il 
serait  devenu  seul,  comme  fue  est  devenu 
feu. 

SUER  V.  suel, 

SUETTA  y.sivetta. 

SUÈYEv.  5ayt. 

SUIFFE  vin.  v.  soas  soi  fi, 

*SUIFFI  V.  soèfi, 

SU  IN  (suin  monosyl.);  ûMorn.  SOIN 
(soin);  à  Villefr.  SOAN;  «p.Coch.  SOIN 
s.  m.  Pr.  souem  souen  —  Sommeil. 
Qu'o  teie  triste  o  %k\,  rin  ne  pot,  coma  le,  • 
No  procurù  lo  soin  o  raiiiuio  U  via. 

f  Qu'on  soit  triste  ou  gai,  rien  ne  peu!, 
comme  toi,  —  Nous  procurer  le  somm*»il' 
ou  ramener  la  vie.  »  (Mon.) 

De  somnium  pour  somnum  (44).  f^e 
saint,  songe  pour  somme  (je  viens  de 
faire  un  songe,  c  je  viens  de  faire  un 
somme  »)  appuie  l'étym. 

SUISSARD  s.  m.  —  Violier. 

Je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui  figure  dans 
la  petite  collect.  de  mots  In.  recueillis  par 
feu  M.  Aniel  (v.  jabri  au  Supplém.),  et  je 
ne  vois  pas  son  orig. 

SUJO  V.  sèzo, 

SUMATA.(sumata)  s.  f.  viyar.  sumala, 
pr.  cime,  Var  cimi,  pérîgourd.,  mars. 
sumi,  bord,  cemits,  Aude  cimet,  gasc. 
cemic,  esp.  chinche,  it.  cimice,  milan. 
scimes  —  Punaise  (vieilli  et  remplacé  par 
bardana). 

De  cimeu?  et  suff.  roman  nti,  Cli.  de  r 
en  s  (88);  de  i  en  u  (63  bis).  Le  suff.  lat. 
ata  étant  devenu  ada  eu  vivar.  {ajinada, 
civada,  etc.)  et,  de  plus,  désiguant  l.i 
possess.  et  non  Tact.,  je  crois  que  l'on  a 
ajouté  d'abord  le  suff.  dim.  eita  (cp.  Aude 
citnet),  puis  que  sumetta  s*est  transformé 
en  ata  sous  une  infl.  que  j'ignore. 

*SUPPA  (supa)  s.  f.  —  Cep  de  vigne. 

De  cippa  pour  cippiim.  Le  passage  de  i 
bref  à  u  s'explique  par  l'infl.  de  lu  labiale 
(cp.  63). 

SUPPURO  v.  soupira, 

SYMAISE  V.  symaii. 


Digitized  by 


Google 


392 


SYMA 


SYMAZI  SYMAISE  SEMAISI  vin.  s.f. 
Vx  for.  sowfnaîjsi  surmaizi  —  1.  Sorte 
de  barrique.  —  1364-66  :  •  Paia  a  cellos  qui 
porlieron  la  symazi  de  la  villa  el  les  tor- 
ches (pains)  pour  donart  ou  conle  de  Pe- 
zenas...  Et  por  la  grand  symaise  de  la 
villa  pleina  de  vin.  qui  tint  vint  carie- 
rons. »  (Inn.  de  la  C.) 

Viilou  que  DcMia  Gcnrtii^i 
Ne  trove  rvii  tien  sa  ««mai«i, 
to  dbblo  «AM  per  U  irmsuii. 
€  Aussitôt  que  dame  Gervaise  —  Ne 
trouve  plus  rien  dans  son  tonneau,  —  On 
dirait  que  la  maison  est  pleine  de  diables.  » 
(Bemi.) 

2.  Mesure  de  vin,  qui.  selon  Du  G., 
était  à  Lyon  de  2  pots  (v,  pot),  et  à  Paris 
de  8setier8.  Le  setier  était  très  variable. 
Uu  luii  malin  reMConlrio  1»  CivcUa, 
Ou'all  kHIa  furmais/  tut  foiiliHIft. 
Un  lundi  matin  je  rencontrai  Civette  — 
Qui  avait  bu  symaise  après    foliette.  » 
(Chap.) 
D'après  M.  Guérard,  le  selier  carlovin- 


{:;ien  était  de  4  litres,  et  postérieurement  au 
XI*  s.,  d'environ  3  litres.  La  symaise  pari- 
sienne n'aurait  donc  été  que  de  24  litres. 
On  voit  par  uos  textes  que  le  mot  était  pri.s 
aussi  chez  nous  au  sens  de  tonneau,  et 
môme  de  grand  tonneau,  puisque  la 
grand* symaise  de  Lyon,  qui  appartenait 
à  la  communauté,  était  de  20  carterons, 
soit  de  20  foia  25  pots.  C'était  ce  qu'on 
appellerait  aujourd'hui  un  fondre,  dont  le 
vin  servait  soit  à  foire  des  présents,  soit 
dans  les  grandes  occasions,  à  régaler  le 
peuple. 

Sur  le  double  emploi  du  mot  cp.  foUet- 
ta  et  feuilletta,  qui  sont  2  formes  du  même 
mot. 

De  sex^mensus^  parce  que  la  symaise 
contenait  primilivem.  6  mesures.  Ce  mot 
de  mesure  ne  paraît  pas  avoir  persisté  au 
sens  concret.  Sex  =z  si(x),  et  mensus 
(passé  certainem.  ù  mcnsa  en  b.  lat.)  = 
maise  par  le  ch.  de  ^  en  ai  (16).  la  chute 
de  n  (176),  et  le  ch.  de  *  en  z  (176). 

SYNDRE  vin.  v.  cendre. 


T 


TA  Préf.  péj.  dans  qq.  mots,  et  qui  pa- 
rait une  forme  du  préf.  ca  (v.  cahorna)  ; 
ta-rnhatô  {i\e  rabast)\  ta-latirina  {ùe  lou- 
7'in2).  Ce  préf.  se  rencontre  beaucoup 
plus  fi'équemm.  en  pr.  :  ta-clouo  «  birloir  » 
(de  clou),  ta-bossi  «  ragot  »  (de  bosse)^  ta- 
bouchô  «  taciturne  »  (de  boucher),  ta- 
boulier  «  ragot  »  (de  boule);  gasc.  ta- 
[ra]-brassa  «  braser  »;  Var  ta- coupa 
o.  railler  par  des  quolibets  »  (de  couper)  ; 
pr.  f'alabrena  «  salamandre  »  (d^alabre- 
na);  ta[la]/issa  «  aiguillonner  ^  (de  /issa 
c  piquer  »). 

TABAGNON  (tabagnon)  s.  m.  Petit  ca- 
binet borgne.  Au  fig.  cabaret  borgne. 

De  ^tahKna^  pour  cabana,  av.  suff.  on, 
devant  lequel  n  s'est  mouillée.  Je  recon- 
nais que  le  ch.  de  c  en  /  est  complètem. 
anormal.  Je  ne  sais  sous  quelle  inll.  s'est 


faite  lacorrupt..  mais  la  relat.  semble  bien 
exister  entre  les  2  mots. 

TABASSIRI  (tabassiri)  s.  f.  —  Taba- 
tière. 

Formé  sur  tabac,  av.  suff.  ir*\  applica- 
ble aux  noms  d'objets,  et  relié  par  ss  :  ta- 
bass'iri  (cp.  hame-ç  on),  tandis  que  taba 
tiève  a  ét^  formé  sur  tabak  :  tabaquière 
tabatière.  A  Lyon,  où  Ton  prononce  tabak, 
on  dit  pourtant  tabasseux  «  barbouillé  de 
tabac  ».  Peut-être  tabasseux  a-t-il  été  em- 
prunté au  pat.  tabassous. 

TABASSOUS,  OUSA  (tabassoa,  ouza); 
à  Lyon  tabasseux,  euse;  tabassu,  use 
adj.  «  Souillé  de  tabac. 

fomnia  va-to,  \io  )»ieaituiit, 
Avutté  Ion  granti  nin  tabassoux? 

t  Gomment  vas-tu,  vieux  chassieux,  — 


Digitized  by 


Google 


TABO 


39ft 


Avec  Ion  grand  nez  souillé  de  tabac?» 
(Due  Jiib.) 

De  fr.  tabac;  av.  suff.  ous^  d'osus  (35). 
Sur  la  liaison  à  Taide  de  s  v    tahassiri, 

TABORO  V.  n.  —  Sécher,  en  pariant 
de  la  terre.  «  CelcC  terra  n*est  pas  tabôrô, 
cette  terre  est  encore  mouiliée.  » 

Étym.  inconn.  —  Serait-ce  bnrra,  av. 
préf.  ta  et  sufT.  ô  (14  8«).  Sur  le  sens  cp. 
hourrçr  c  presser,  tasser  ».  L'idée  serait 
d'une  terre  qui  s'est  agglomérée,  serrée 
en  séchant  :  terra  taborô  «  terre  furtement 
bourrée  ».  Sur  la  format,  cp.  Pays  de 
Bray  terrains  rébus  «  terrains  raffermis 
après  la  pluie  »,  de  bu,  partie,  de  boire, 

TABUTO  (tabulé)  v.  a.  Vpr.  tabustar, 
b.  lim.  iobosta,  lim.  tabula—  Fatiguer, 
tourmenter,  vexer, 

Méiiôs,  dxi-lé,  môuôs,  to  z^ics  «ic  panaches, 
De  regiii  seins  suje  to  tabutô  lo  corp. 

«  Camarades,  dit-il,  camarades,  vous 
êtes  de  grands  sots  —  De  venir,  sans  mo- 
tif, vous  èreinter.  »  (Mén,) 

Cest  le  vfr.  tabuster  tabuter,  vpr,  ta- 
bustar  «  faire  du  tapage,  mener  grand 
bruit  ».  Diez  voit  dans  le  subst.  tabust, 
sur  lequel  a  été  fait  tabuster^  un  dér.  de 
tabor  tambor,  par  rapprochem.  av.  le 
bruit  du  tambour.  Ou  Ire  que  la  dérivât, 
du  sens  est  un  peu  forcée,  cela  n'explique 
pas  la  2«  partie  ust.  Cependant  cp.  m. 
lat.  d'Allem.  taburcium  taburlum  pour 
■tabor,  Caix  voit  dans  tabust  le  même 
mot  que  it.  trambusto  «  bouleversement  »  ; 
que  Diez  paraît  en  effet  avoir  rapproché 
à  tort  de  bustOs  mais  cela  n'avance  pas 
la  question.  Je  ne  crois  pas  nan  plus  que 
lït.  tambussare,  piém.  tabussèf  rosser 
à  coups  de  bâton,  rapproché  par  Diez  de 
tabust,  doive  l'être,  car  il  me  semble  un 
dér.  de  bussare;  mais  je  n'en  sais  pas 
•  mieux  expliquer  tabust, 

TACASSIN  (lakassin)  TOCASSIN  (to- 

kassin)  s.  m.  —  1.  Tocsin.  —  2.  Vacarme, 

boucan,   grand  bruit.    «  Qulno  iacassin 

que  fant  don  lô  bôs,  quel  vacarme  font-^ 

ils  donc  là-bas?  »     .  l 

-  DeJ«  lo  taçatiin,  diiis  lo|«s  le  parntcbes, 

Mêle  ou  l»r«l  «lou  canoo  l'OfiTroui  sen  de  le  clochef . 
«  Déjà  le  tocsin,  dans  toutes  les  églises, 

^  Mêle  au  bruit  du  canon  l'affreux  son 

des  cloches.  »  (Brey.) 
De  vfr.  toque-sin,  dans  hquel  e'prot. 

s'est  durci  en  a,  tandis  qu'il  tombait  en 

fr.  Mais  pourquoi  o  init.  s'est-il  changé 


en  «?  Probablem.   parce  que  le  mot  est 
devenu  une  onomat. 

TACASS1N0  (takassînô);  à  Lyon  tacas- 
siner  v.  n.  —  Mener  grand  bruit,  faire 
du  tapage,  surtout  en  choquant  des  objets 
sonores  les  uns  contre  les  autres. 

De  In.  tacassin,  au  sens  2.,  av.  suff.  fi 
(14  3-). 

TACHI  (tachi)  s.  f.  Genev.  tache,  dph. 
tachi  —  Clou  de  soulier.  Esp.  iacho^ 
port,  tacha,  angl.  tack  «  clou  »;  b.  lim. 
tatso  c  clou  d'un  pouce  1/2  de  long  ».  tot^ 
sou  «  clou  plus  petit  »,  béarn.  tache 
«  clou  de  sabot  », 

D'un  rad.  tac  (v.  tacon),  dont  le  sens 
originaire,  suiv.  Diez,  serait  «  quelque 
chose  de  liant  ou  de  Ifé  *,  puis  de  «  pièce  » 
et  enfin  de  «  tache  ».  Ce  rad.  entraîne  en 
effet  ridée  de  qq.  chose  de  plat,  formant 
saillie,  comme  dans  le  tacon  et  le  clou  de 
soulier.  Désin.  i  (54  29).  Le  rad.  se  re- 
trouve en  germ.  et  en  celt.,  mais  dans 
cette  dernière  branche,  d'après  M.  Thur- 
neysen,  les  mots  sont  empruntés.  En  germ., 
nor.  tixca  «  saisir,  prendre  »,  hoU.  tach 
«  pointe  »,  ail.  sacke  se  rapporteraient 
au  rad. 

*TACOLA  V.  tôcôla, 

*TACON  (takon).s.  m.  —  1.  Grumeau, 
petite  agglomération.  «  Cela  sopa  de 
gauda  est  tôt  in  tacons,  cette  soupe  de  fa- 
rine jaune  est  toute  en  grumeau  ». 

Métath.  de  caton  (v.  ce  mol). 

2.  Pièce  à  un  soulier  (vieilli). 
Probablem.  de  l'it.  taccone,  même  sens. 

Rapprocb.  mil.  taccon  «  morceau  de  pâte 
de  fromage  ramolli  avec  lequel  on  bouche 
les  vides  du  granon,  fromage  de  Lodi  ». 

3.  A  River.  Semelle  (en  l)ois)  de  ga- 
loche. 

Probablem.  de  l'it.  tSicco,  talon  de  sou- 
lier, av.  suff.  on,  par  confus,  av.  2. 

4.  Raccommodage  grossier  qui  fait 
saillie.  Se  dit  surtout  des  ba/<.  parce  que 
la  reprise  y  est  plus  marqua.  Terme  péj. 
C'est  le.  sens  le  plus  usité.  ^ 

Du  même  rad.  tac  <v.  tachi),  d'orig. 
inronn.,  qui  a  fourni  2,  et  3.  et  q^i  paraît 
désigner  dans  les  langues  romanes  une 
pièce  plate  rapportée  et  faisant  relief  sur 
une  surface  plane  (cp.  fr.  tache,  fr.  dialect. 
tache,  tablier  de  peau:  tacon,  pièce  plate 
mise  sous  les  caractères  d'imprimerie; 
tacon,  ulcère  de  certains  oignons,  ap, 
Scheler). 

47 


Digitized  by 


Google 


394 


TACO 


5.  Un  iiiprceau  (de  pain,  de  lard,  de  fro- 
mage, etc.).  Ce  sens  est  le  seul  donné  par 
Coch.  Mons.  tacon  «  pièce  de  lard  ». 

Extens.  d^  sens   de  8.   Cp.   In.  petas, 
pièce  rapportée  sur  une  étoffe,  qui  a  pris 
le  sens  de  t  morceau  »,  et  même  de  «  gros 
morceau  »  dans  in  petas  de  gi-uéri,  de 
pan,  etc.,  «  un  morceau  de  fromage  de 
Gruyère,  de  pain,  etc.  »  Cp.  encore  le  fr. 
pièce,  qui  a  pris  à  Lyon  le  sens  de  mor- 
ceau cubique  dans  une  pièce  de  savon. 
*TACONNO  (takônô)v.  a.  —  1.  Mettre 
une  pièce  à  un   soulier.    D'apros   Coch. 
€   dans  le   compte  des  fils  du  comte  de 
Forftz  (il  ne  dit  pas  la  date)  on  trouve  une 
somme  payée  pour  avoir  taconat  los  so- 
lars  des  garçons  ». 
De  tacon  2.,  av.  suff.  <5  (14  3«). 

2.  En  Fr.-Ln.  Frapper  en  remuant 
l'objet  frappé. 

De  Tusage  de  remuer  la  semelle  en  la 
frappant,  av.  exlens.  de  sens. 

3.  (A  Lyon  tacomier,  ss.-rom.  iakoun- 
na,  piém.  taconè)  Faire  un  racommodage 
très  grossier,  qui  fait  saillie,  qui  gêne, 
c  Pout-on  ben  taconnô  comnCiquien, 
peut-on  bien  rapetasser  si  mal  quecfila!  » 
Le  sens  péj.,  le  seul  usité,  paraît  moderne. 
Coch.  donne  l'ex.  «  Y  z'an  ben  taconna 
celles  culottes,  celou  soxdars,  ils  ont  bien 
i-acommodè  ces  culottes,  ces  souliers,  » 
où  le  mot  ne  parait  pas  péj.  Il  en  est  de 
même  dans  dph.  tacounOy  et  Vionn.  ta- 
koëna* 

Vous  vous  mtipriio  i>as  de  tacouna  lo  linge. 

«  Vous  n'avez  pas  honte  de  racommoder 
le  linge.  »  {Èpitreà  Mad,de  B.,  pat.  dph.) 

Le  lim.  tocouna  est  au  contraire  péj., 
«  travailler  grossièrem.,  bousiller  ». 

De  tacon  4. 

4.  Empaqueter  en  pressant  sans  soin, 
fouler,  serrer  qq.  chose.  «  Votisté  bien 
ne  pas  taconnô  ta  coèfi  comm'iquien, 
veux-tu  bien  ne  pas  chiffonner  ta  coiffe 
de  la  sorte  !  » 

Dérivât,  du  sens  2.  Taconnô  ina  coèfi, 
«  la  réduire  à  Tétat  de  tacon  4.  » 

*TAILLON  (talhon)  s.  m.  —  Morceau, 
mais  ne  se  dit  que  d'un  morceau  coupé. 
«  In  taillon  de  pomma,  un  quartier  de 
pomme  etc.  » 

De  taillx  «  tailler  »,  av.  suff.  on. 

TAISER  (SE)  (se  tézé)  v.  pron.  Vpr. 
taizer  taser  taisser,  pr.  tuiza,  vfr.  tesier 
tesir  {ap.  Lacombe)  -  Employé  parfois  à 


Lyon  pour  Se  taire.  Ma  mère  me  disait 
souvent  :  c  Veux-tu  bien  te  taiserf  » 
Berr.  taiser  c  faire  taire  ». 

De  tacere  pour  tticere.  A  er  de  vpr. 
taizer  le  pr.  mod.  a  substitué  le  suff.  a 
des  vb.  de  la  1"  conjug. 

TAISSON  (tesson);  ap,  Coch.  TESSON 
s.  m.  Vfr.  tassel  taisel  taisson,  Morv. 
(a/c7ion,Taren taise  tasson,  Vosges  tohhon 
—  Blaireau.  Coch.  dit  «  cochon  ».  Cela 
m'explique  ce  qui  m'avait  été  aflirmé  à 
Crap.,  que  le  taisson  était  le  sanglier.  Du 
reste  le  mot  n'y  est  connu  que  dans  l'ex- 
press, pian  de  taisson  pour  la  peau  dont 
on  recouvre  certaines  malles  et  c<»rtains 
accessoires  des  voitures.  I^  b.  lim.  tesson 
signifie  aussi  cochon,  porc,  pourceau  (le 
blaireau  s'y  app'^lle  ta-ï);  gasc.  tessoun, 
même  sens.  Lacombe  donne  :  c  tessoun^ 
cochon,  porc,  1200.  »  Il  est  probable  aue 
taisson  s'est  appliqué  au  sanglier  dans  di- 
vers endroits  du  Lyonnais. 

La  confus,  vient  de  ce  que  le  vfr.  em- 
ployait le  nom  de  taisson  porchin  (par 
opposit.  au  taisson  chemin)  ou  même  de 
porchm  tout  court  pour  une  espèce  de 
blaireau  ayant  le  museau  et  les  pieds  ana- 
logues ù  ceux  du  porc  (Cotgr.).  Je  suppose 
que  c'est  la  variété  aujourd'hui  connue 
sous  le  nom  de  blaireau-taisson  par  op- 
posit. au  blaireau  commun. 

De  tacsonem,  de  b.  lat.  taxum.  Ch.  de 
ac  en  ai  (10).  Taxus  est  d'orig.  germ.» 
vLa.  tachs  dahs,  même  sens. 

•TALAMON  {{dAnmon)  ^su  lo  talamon, 
sur  la  hauteur.  »  (Coch.) 

Je  ne  connais  pas  ce  mot,  mais  seulem. 
lômont  (V.  ce  mol).  Su  lomont  •  là-haut» 
sur  le  sommet  ».  Quant  à  la  l**  partie  ta^ 
je  suis  tenté  de  l'expliquer  par  c  h  l'a- 
mont, »  av.  un  (  de  liaison  fourni  par  la 
fin.  d'un  mot  usité  au-devant;  par  ex. 
dans  rexpre.«»8.  in  n*haut'à  Vamont  «  là 
haut  dessus  »,  dont  nous  avons  aujour- 
d'hui l'équivalent  exact  dans  lômont  din 
n*haut  «  là-haut  dessus,  là-haut  en  haut  » 

♦TALAPEN  V.  ta^lapet. 

TALAPET  (talapè);  Fr.-Ln.  TALA- 
PIN;  vin.  et  ap.  Coch.  TALAPEN  (tala 
pan)  s.  m.  —  jadis  Auvent,  aujourd'hui 
Avant-toit,  forget  (v.  ce  moi).  Dph  talapet, 
«  auvent  abritant  les  boutiques  »  et  non 
c  saillies  du  toit  »  comme  le  croit  Coch.  i 
Voiron  talapant  «  avant-volet,  petit  tait 


Digitized  by 


Google 


TALA 


895 


qui  s'avance  sur  la  boutique  du  marchand 
pour  garantir  ses  marchaniises  (Blan- 
chet).  * 

Iqui  Tiiigut  c«iurlet  desiU  loti  talapet. 

€  Ici  l'eau  courait  par-dessus  les  au» 
vents.  »  (Gren,  mal.) 

L'tii  biiet  U|M<»8ié,  l'aulro  per  son  vtlel 
Faiiet  itlanlt  de  clou  le  long  du  lalaptt. 

«  L'un  faisait  tapisser,  l'autre  par  son 
valet  —  Faisait  planter  des  clous  le  long 
io  l'auvent.  »  (Naiss.  du  D.) 

Le  sens  primit.  est  celui  d'auvent,  d'ail- 
leurs consigné  par  Gharbot.  Ce  sens  est 
aussi  indiqué  dans  le  vin.  — 1341  :  «  Per 
paier  et  satisfaire  la  repnracion  et  adreci- 
ineiit  dou7.  eschalers  et  talapen  don  les 
dames  de  la  Déserta  longiment  aviant  feit 
conpieinli;  las  la  porta  de  la  vila  joingnant 
a  lur  mur  »,  pour  payer  et  satisfaire  à  la 
réparation  et  au  redressement  des  esca- 
liers et  de  l'auvent,  dont  les  dames  de  la  Dé- 
serte s'étaient  plaintes  depuis  longtemps, 
à  côté  de  la  porte  de  la  ville  joignant  leur 
mur  »  (Taille  communale^  ap.  Philip.) 

On  voit  que  la  forme  primit.  est  talapen. 
En  passe  à  in  (22)  et  on  a  eu  la  forme 
talapin^  puis  talapet,  par  sul)stilut.  du 
siiff.  et  H  une  finale  qu'on  a  prise  pour  un 
suit. 

Étym.  incertaine.  Je  ne  sais  si  talapen 
ne  doit  pas  être  rapproché  de  viv.  lolagno 
^Clugnet),  sarde  teulada  c  toit  »,  lequel 
lui-même  me  parait  être  Igd.  leule  *  tuile  », 
]).  lim.  teulo  iegiila  «  dalle,  pierre  plate 
pour  couvrir  »,  plus  suff.  agno^  forme 
masc.  ^"agne  {aneaj,  qui  a  un  caract.  col- 
lect.  Cp.  b.  lim.  te-oulado  «  toit  d'une 
maison  couverte  en  dalles  ».  Le  tolagno 
est  c  l'ensemble  des  tuiles  ».  Talapen 
peut  être  composé  de  teule  et  à'append 
{apan)y  qui  se  dit  chez  nous  pour  appen- 
tis ou  tjit  adossé  à  un  mur,  et  qui  est  un 
subst.  V.  de  pendre.  Le  tout  représente 
«  toit-append  ».  Comme  forme,  leulapend 
tolapen  peut  facilem.  passer  à  talapan, 
la  proton,  init.  étant  souvent  modifiée 
par  voie  de  renforcem.  lorsqu'elle  a  un 
son  voisin  de  Ve  muet,  tel  que  eu  et  même 
o.  Cp.  petafinô  devenu  palaftnô  (y.  ce 
mot). 

TALAPIN  V.  talapet. 

TALAURINA  (talôrina)  a  R.-de-G.;  à 
Grap.  URINA  s.  f.  For.  talaurina^  dph. 
lourina  {ap.  Gharb.),  pr.  alabreno,  Igd. 
talabreno,  dph.  lebreno  {ap.  Mistr.)  — 


Salamandre.  Gp.  In.  albranda  (Paniss.), 
for.  alabrande.  M.  Mistral  donne  le  In* 
lavet'ne,  que  je  ne  connais  pas. 

Même  étym.  qn* albranda,  c'est-à-d.  vfr. 
halbran,  du  germ.  halbente  «  plongeon, 
oiseau  aquatique  »,  à  cause  de  rhabilelé 
à  plonger  de  la  salamandre.  Sur  halbran, 
le  pr.  A  fait  *albrana  al[a]brena,  devenu 
talabrena,  par  addit.  .du  préf.  ta  (v.  ta). 
La  vocalisât,  de  &  (164  8^)  a  donné  talau- 
rena  talatirina.  Le  dph.  lourina  (=  lau- 
rina),  qui  a  probablem.  existé  en  In.,  est 
(a)labrena  av.  vocalisai,  de  b.  Enfin  ce 
lourina,  par  confus,  av.  Tart.,  a  produit 
l'étrange  corrup.  de  Vourina,  Yurina  (la 
phonét.  de  Grap.  tendant  à  faire  passer 
ou  à  m).  Le  paysan  explique  gravement 
que  la  salamandre  est  «  Vurine  àe  la 
pluie  (quoique  d'ailleurs  la  proposit.  n'ait 
aucun  sens)  »,  parce  que  les  salamandres 
se  montrent  ordinairem.  après  la  pluie. 
C'est  en  tout  cas  bien  à  tort  qu'à  albranda^ 
j'ai  vu  dans  urina^  le  subst.  v.  d'un'nare 
«  plonger  »;  mais  on  avouera  que,  sans 
l'exposé  de  tous  les  intermédiaires,  il  se- 
rait absolum.  impossible  de  supposer 
qu'halbran  est  devenu  urina.  Du  moins 
avais-je  raison  quant  au  sens,  car  c*est 
bien  par  le  plongeon  dans  l'eau  qu'on  a 
voulu  caractériser  le  saurien. 

La  forme  In.  taverne,  donnée  par 
Mistr.,  s'explique  facilem.  par  le  dph. 
lebrena,  devenu  leberna  par  métath. 
(187  !•),  leverne  (141)  passé  à  taverne. 

Gorgi  de  talaurina,  gorge  ou  poitrine 
plate,  jaune,  hideuse,  à  la  façon  de  celle 
de  la  salamandre. 

Avoué  la  yiUiiia  babiua. 
Et    la  gorgi  de  lalaurina. 

«  Avec  ta  vilaine  lèvre  —  Et  ta  gorge  de 
salamandre.  »  (Due  bib.) 

Noi  caihônl  cl  craloux,  gôiyidelalaurina. 

«  Nez  cainard  et  crotté  —  Gorge  de  sala- 
mandre. »  (More) 

C'est  tout  à  fait  par  erreur  que  Gras  a 
traduit  gorgi  detalaurina  par  «  mauvaise 
langue  *. 

*TALLIOLA  (talhola);  à  River,  et  dans 
îa  montagne  TAYOLA  (ta-yola)  s.  f.  Pr. 
taiolo,  alp.  talhoro,  dph.  tanolha  tagnola, 
it.  taglia  —  Poulie. 

Étym.  inconn.  —  Je  ne  sais  si  le  b.  îat. 

<a/*o/a«  lendicula»,  m.  Iat.  taiola,  bolon., 

it.   taiola  tagliuola  «   traquenard,   sorte 

I  de  trappe   »,  peut  être  rapproché.  Du  G., 


Digitized  by 


Google 


m 


TALO 


s*appuyant  gur  un  ex.  tanoîa,  y  voit  ui> 
dér.  .po9s»ible  de  tana  t  tanière  >;  ce  qui 
semble  bien  improbable.  En  tous  cas  les 
mots  b.  lat.  n'éclaircissent  pas  Fétym.  Si 
Ton  entre  dans  la  voie  du  roman  d'imagi- 
nation on  poun*a  supposer  que  la  taliola 
était  un  piège  à  trappe  eu  façon  de  guillo- 
tine, muni  d'une  poulie,  et  que  le  nom  est 
dér.  du  piège  en  général  à  la  poulie  en 
particulier.  L'ètym.  serait  alors  taleare 
«  piège  qui  taille  ».  Sur  le  sens  cp.  placent 
taiola  <  coin  ».  M.  Mistral  rapproche  lat. 
tolîeno  (de  tollere)^  mais  il  ne  se  prête 
pas  à  la  forme,  o  ne  passant  pas  à  a.  Dans 
les  formes  tagnola  Umolha^  l  serait  passé 
à  n  par  dissimilat.  (cp.  orphanimum  = 
Oi'pheîin], 

TALO  (talô);  à  Lynn   taUr  y.  9.,  — 
Meurlrir.  S'emploie  souvent  sous  la  forme 
pron.  «  Je  me  suei  talô  in  allant  à  chi-  1 
tiiau^  je  me  suis  meurtri  en  allant  à  che- 
val. »  Se  dit  aussi  des  fruits  meurtris. 
,  De  m.  lat.  tmldire  «  dinpere  »,(^.de  ave 
en  6  (14  3<»).  Talare  parait  venir  de  vha. 
^9Llôn  [sûlêii],  zaldn,  même  sens.  Pour 
le  ch»  de  J  en  t  cp.  vha.  zalôn  m  compter, 
calculer  »,  qui  a  donné  beauconp  de  for- 
mes dialectales  kt  init.;  cp.  aussi  fr.  ta- 
pon^  de  vha.  sapho,  ail.  zapf.  L'étym.  est 
appuyée  par  l'argotallem.  talay{ap.  Diez), 
qui  prend  le  sens  «  d'emporter, entraîner  ». 
TALOCHES  (taloche)  s.  f.  pi.  —  1.  Ga- 
loches. 

De  ttklum  m  pied  ».  av.  suflf.  ochi,  par 
'analog.  av.  galochiy  filochi,  bambochi.  Ce 
suif,  représente  oceus,  mais  comme  oceus 
ne  donne  pas  oche  en  fr.,  je  suppose  que 
le  lype  en  a  été  emprunté  k  Ht.,  où  oceus 
donne  occio.  L'étyni.  talum  se  prête  beau- 
coup mieux  au  sens  que  tabula^  d'où  est 
venu  talochCy  outil  de  plâtrier,  que  l'on 
tire  de  'tabulaceitm,  mais  sans  expliquer 
comment  la  dérivât  rég.  tavelasse  a  pu 
passer  à  taloche. 

2.  Coup  donné  àv.  la  main.  Ina  bonna 
talochi  «  un  coup  solide  ». 

De  In.  talô  (v.  ce  mot)  c  meurtrir  »,  av. 
le  radme  sufT.  que  dans  taloche  1.  Ce  sufT. 
est  facilem,  péj.  Gp.  damoche  «  femme 
qui  veut  faire  la  dame  »,  finoche  «  fin  », 
en  mauvaise  part. 

TALOU  (talou)  s.  yti.  For.  talou,  pr. 
(alabard  tc^lt^f  —  à  Paniss.  Bille  de 
bois  suâpen4ue  au  cou  des  bestiaux  pour 


les  empêcher  de  vaguer.  Â  Crap.  se 
nomme  billon  ;V.  ce  mot  au  Supplém*), 
Béarn.  talabar,  collier  de  bois  av.  i)arre 
transversale  .qu'on  met  autour  du  cou  du 
porc  dans  le  même  but. 

De  thsillum,  b.  lat  talum,  vfr.  talos^ 
qui  de  «  branche  av.  ses  feuilles  »,  a  passé 
au  sens  de  t  branche  »,  puis  de  «  bâton  »  ; 
d'où  vpr.  ialos(ap.  Mistr.).  for.  taloi,  pr. 
taloSt  rgt.  talouos^  gasc.  taras,  dph.  talo 
c  bâton  court,  bille,  rondin;  iitile  au  cou 
des  bestiaux  ».  Le  mot  In.  originaire  a  du 
être  talctt  av.  suff.  ot  auquel  a  été  substi- 
tué le  suff.  OM,  d'orium^  peut-être  sous 
rinft.  de  falô  c  meurtrir  ».  On  aura  vu 
dans  la  Lille  ce  qui,  en  meurtrissant  la 
bête,  Tempôche  de  vaguer.  Il  est  probable 
que  le  mot  vient  par  le  vfr.  et  vpr.  talos, 
et  que  le  suff.  ot  a  été  lui-même  substitue 
au  suff.  os,  que  je  ne  sais  guère  expliquer. 
A-t-on  eu  'thalloceus,  de  ihallus  f 

TAMBEROLS  (tanberol)  s.  m.  pi.  —  a 
Yzer.  Ridelles  latérales  du  char  à  foin. 

Etym.  inconn.  ^  Je  n'ose  y  voir  un 
dér.  de  tombereau,  av.  suff.  pr.  o/.  Dans 
ce  cas,  l'idée  serait  «  objets  appartenant  an 
tombereau  ».  Il  faudrait  admettre  une 
dérivât,  de  sens,  car  les  ridelles  sont  à 
jour,  mais  elles  font,  au  total,  TofTice  de  la 
paroi  latérale  du  tombereau.  Le  passage 
de  om  init  A  am  serait  normal  (72.  rem. 

2). 

TAMBOURTO  (tanbourtô)  v.  n.  —  Bat- 
tre du  tambour. 

DeJA  (le  ftiilftssinfl  lu  balairon  flottant 

Ou  ctilsi  de  Peluin  trrtvc  en  tambouttant. 

«  Déjà  un  bataillon  de  fantassins  avec 
le  drapeau  —  Arrive  au  quartier  de  Feloin,. 
tambours  en  tête.  »  iPer.) 

Fait  sur  tambour,  nv.  suff.  fréq.  otn; 
d'où  iambotirotô  tambouretô  tambourtô. 

TAMPLON  employé  par  Hoq.  pour 
emplon  (v.  ce  mol).  L'erreur  ne  peut  s'ex- 
pliquer que  par  la  confus,  av*  un  tàe 
liaison  dans  une  phrase  usuelle,  qui  est 
probablem.  l'exclamat.  «  Oh,  c'iempUm 
«  Oh,  ce  soufflet!  »  devenue  :  Oh^  ce  tem- 
plonl 

TAMPO  (tanpô);  à  Lyon  tantper  v.  a. 
—  Le  même  q\ïétampô.  —  Se  tampô 
«  s'arc-bouter,  s'appuyer  pour  faire  effort  ». 
L'idée  esl«  se  faire  servir  d'étampe  »». 

•TAMPONNA  rtanpôna;;  â  Lyon  tam- 
ponne s.  f.  Mons.  tampane,  pr.  tampou- 
no,  alp.  timpouno,  dph.  temipeivù  tem- 


Digitized  by 


Google 


TANO 


39t 


paune  —  Débauche,  vibot3.  Fére  la  tam- 
ponna, faire  la  débauche,  s'enivrer.  It. 
far  tempone,  même  sens. 

Je  crois  que  l'orig.  eat  it.  —  Tempone 
est  un  augm.  de  tempo  c  temps  ».  Far  la 
fempo^ie,  c'est  littéralem.  <  prendre  beau- 
coup de  temps  »;  tp.  se  donner  du  bon 
temps»  Nous  devrions  avoir  iimponne, 
mais  le  In.  a  été  infl.  par  l'idée  de  tampon. 
L'idée  pri mit  a  disparu  sous  celle  de 
consommer  de  telle  sorte  que  Teslomac 
soit  comme  tamponné.  Gp.  fr.  popul.  se 
blinder,  même  sens. 

TANDIS  (laudi)  adv.  —  En  attemlant. 
«  Je  m' 671  vais  tandis  m'assetâ  un  poi«, 
je  vais  en  attendant  m'asseoir  un  peu.  » 
■  De  tamdiu, 

TANQUE  vin.  prép,  —  Jusque.  —  1369  : 
«  Item  deis  la  dicta  tour  de  Trions  en 
alant  tangue  a  la  tour  Estevin  le  Pero- 
lier...  »,  depuis  la  dite  tour  de  Trion.  en 
allant  jusqu'à  la  tour  d'Estevin  le  chau- 
dronnier. —  <  Compta  [deis]  piesons 
tangue  a  les  panceres...  »  compte  [depuis] 
les  fondations  jusqu'aux  créneaux.  — 
€  Item,  p.  les  aies  de  chano  deis  la  dicta 
escbifTa  tangue  à  la  dicta  tour...  »,  iiem 
pour  les  ailes  de  chêne  depuis  la  dite 
èchauguelte  jusqu'à  la  dite  tour.  (Arch.  m.) 

De  (antum  guod.  C'est  le  fr.  tant  que, 
av.  l'idée  d'espace  au  lieu  de  l'idée  de 
temps.  Ici  l'on  sous-entend  tempus,  là 
spatium. 

TANTARINA  (tantarina)  s.  f.  -  1.  à 
Morn.,  River..  R.-de-G.  Taon,  mouche 
bovine.  —  2.  Mouchard. 

Enflii  cb^iie  arpdai.t,  Quiilo  par  h  rapina, 

Fat  liciii»  ihOi(iie  i-arUi  fa  mnuchi  tantarini. 

«  Enfin  chaque  agent,  guidé  par  le  désir 
du  gain,  —  Fait  dans  chaque  qa:irtier,  le 
mouchard.  »  (Hreif.) 

De  fr,  eantharide^  av.  substitut.»  au 
suif,  insolite  ide,  du  suff  usité  in.  Le  c 
init.  a  pu  être  changé  eu  e  sous  inll.  de 
iavan  «  taon  (le  nom  ayant  été  appliqué 
à  la  mouche  bovine)  »,  ou  par  assimilât. 
Gp.  dph.  cancaridia  où  le  phénom.  in- 
verse g'est  produit,  et  où  t  méd.  a  été 
changé  en  c.  ^  Quai»!  au  sens  2.,  c'est  la 
même  dérivât,  que  dans  fr.  ynouchardy 
de  mauche,  lanïouche  se  glissant  partout 
et  entendant  tout. 

TANTOBA  (tantora)  s,f.  «  à  R.^ie-G. 
Terioe  pé*.  qœ  je  ae  connais^  que  par  le 
texttt  soiv. 


Pô«  pkilM  deim  1*  cttur,  ina  xlé\y  tmmtor^y    ' 

In  çariaifi  coih^  lordxu,  plus  r^do  qu'iiis  bùra. 

Me  borte  à  |ilciii  zo$\.., 

€  Pas  plutôt  dans  la  cour,  uue  vieille 
femme  laide,  —  Un  certain  cou  tordu,  plu^ 
roide  qu'une  barre,  —  Me  crie  à  plein  go- 
sier... »  (Govl.) 

Tantora  rentre  dans  la  catégorie  des 
nombreux  termes  pèj.  à  l'adresse  des 
vieilles  femmes  (cp.  cancorna  bigorna), 
mais  je  ne  saurais  en  indiquer  l'orig. 

*T ANJOU  (lantou);  à  Lyon  ce  tantôt 
s.  m.  et  adv.  —  Après-dinée  «  Je  vo 
ven'ai  tantouty}e  vous  veri-ai  cette  après- 
dinée.  »  (Goch.)  A  Lyon  c  je  vous  verrai 
ce  tantôt  »,  même  sens. 

Dérivât,  de  sens  de  fr.  tantôt  ftantum 
tostum).  Ch.  de  o  en  ou  devant  «^  (41). 

TANT  QU'A  TANT  express,  adv.  For. 
tantequan  —  Sans  s'arrêter,  sans  discon- 
continuer,  tant  que  l'on  peut.  A  Lyon 
tant  que  dure  dure,  ou  encore  ta7tt  que, 
la  barbe  en  fume,  «  0  faut  beire  tant  qa*à 
tant,  il  faut  boire  sans  nous  arrMer.  w 
Lou  vt^iifuial  tantequan  (|U6  pcuplani  lu»  c|iuartlvr; 
Que  ne  fiiut  que  ilVlTaiis. 

«  Les  voilà  qui,  sans  discontinuer, 
peuplent  le  quartier;  —  Ne  s'occupent  qu'à 
faire  des  enfants.  »  (Ghap.) 

Le  for.  donne  la  clef  de  l'élym.  :  tantum 
quantum  =  tant[e]quajit  et,  par  mélath. 
tanquelan  tant  qu'à  tant, 

TAPO  (tapô);  à  Lyon  tapée  s.  f  — 
Quantité,  grand  nombre*  <  Ina  tapa  de 
niardous,  une  troupe  d'enfants.  »  S'emploie 
péjorativem. 

£videmm.  stibst.  particip,  de  tapô 
<  frapper  »r  mais  il  est  difficile  de  com- 
prendre comment  une  tapée,  c-'est-à-dire 
une  c  quantité  de  tapes  »,  a  pu  deveiiir 
une  <«  qusulilë  »  en  général. 

*TAPO  (tapô)  T.  a.  —  \.  Frapper. 

Du  rad.  tap^  cmomat. 

2.  Boucher,  mais  spécialem.  boucher 
une  lx)uleill6.  un  tonneau  en  frappant. 

Du  rad.  qui  a  formé  tapon  (v.  ce  mot), 
av.  sutr.  ô  (14  2«). 

TAPON  vin.  s.  m.  —  Arme  defet  1417  • 
«  On  donne  à  ceux  de  la  tour  St- Marcel 
uue  grosse  bombarde,  2  canons  en  bois  <m- 
châssés  à  fer;  6  pierres,  8  tapons,  4  livres 
de  pouldre  pour  bombardes,  wm  ribeau- 
dequin,  11  canons  à  main,  12  pierres,  12 
tapoHs  de  bois,  eteux  douzaines  de  traitti, 
î)  pierres»  de  riijeaudeqtrim  »  (Arch.  ».) 


Digitized  by 


Google 


393 


TA  PO 


Il  est  probable  que  ces  tapons  tenaient 
le  milieu  entre  les  <  canons  à  main  »  et  les 
canons  et  bombardes  sur  afTût.  C'étaient 
sans  doute,  comme  les  premiers,  des  tubes 
av.  une  lumière,  qu'on  chargeait  av.  de 
la  poudre,  et  auxquels  on  mettait  le  feu 
av.  une  mèche.  Pour  avoir  des  lapons  de 
bois  (cerlainem.  cerclés  de  fer),  il  fallait 
«]ue  )e  tube  eût  déjà  un  certain  diamètre. 
L'étym.  parait  èlre  tap,  qui  a  donné 
tampon  (v.  tapô).  Il  est  prol»al)le  que  le 
tapon  était  d'abord  le  projectile,  t  ce  qui 
élail  refoulé  dans  le  tube  »,  puis  que  le 
nom  s'est  étendu  à  Tarme  elle-même.  C'est 
ainsi  que  les  petits  canons  à  main  avaient 
pris  le  nom  de  c  traits  à  poudre  ». 

TAPON  (tapon;  s.  m.  —  Bondon.  bou- 
chon de  tonneau. 

De   vha.    zApho,    mha.    zaphe   zapfe 

€  douzil,  fausset  »;  av.  suff.   on.  C'est  le 

fr.  tampon.  Sur  la  persist.  de  p  dans  le 

.  groupe  germ.  pf^  cp.  b.  lat.  grappa,   de 

hrapfo. 

TAPONNO  (taponô)  v.  a.  —  Bourrer, 
mettre  en  las,  surtout  en  parlant  du  linge. 
Mad.  de  Sévigné  emploie  le  vb.  taponner 
dans  ce  sens. 

De  fr.  tapon  r  tampon,  bouchon  ».  Ta- 
ponnô  «  mettre  en  tampon  ». 

TAPPA  (lapa)  s.  f.  Esp.,  port,  tepe; 
Viounaz  tépa  —  Molle  de  gazon  ;  gazon 
en  général.  La  tappn  d*un  pr(5,  le  gazon 
d'un  pré.  Piéin.  antampè  «  solterrare 
l'erbe  ».  Piém..  comasque  tepa'^  bresc. 
topa^  mousse. 

De  tWippapowT  tapes.  La connexité  entre 
ridée  de  «  tapis  »  et  celle  de  <  gazon  »  se 
présente  naturellem.  à  l'esprit. 

TAQUEROT  ("takerô)  s.  m.  —  Morceau 
de  bois  pour  frapper. 

Onomat.  tac  taqtte,  av.  suff.  o/,  relié 
par  r  :  taque-r-ot  {v,  taquet), 

TAQUET  (takè)  TRAQUET  s.  m.  —  à 
S»-Marl.  Babil,  loquacité. 

Sur  l'orig.  v.  taquet  de  moitlin.  Le  sens 
est  dér.  de  «  babillard  »  au  «  babil  »  lui- 
même. 

•TAQUET  DE  MOULIN  t  On  dit  de 
quelqu'un  qui  parle  beaucoup  :  Cest  un 
vrai  taquet  de  moulin,  pour  indiquer 
qu'il  fait  autant  de  bruit.  »  (Coch.) 

Taquet  est  ici  pour  traquet.  D'un  rad. 
traque  qu'on  retrouve  dans  traquer  tra- 
quenard, esp.  trakear  «  craquer,  se- 
couer »,  tracasser  «  remuer,  secouer  »,  et 


dans  lat.  tractare.  Diez  le  rattache  au  fla- 
mand treck  €  coup  »  ou  au  vha.  trac  h, 
mha.  trechcn,  et  Scbeler.  av.  réserves,  à 
néerl.  trekken  <  tirer  ».  Je  ne  connais  pas 
trach,  maisseulem.le  vha.  îrakan  tra/jan, 
ail.  tragen.  angl.  to  drag,  qui  ne  fce  rap- 
porte guère  au  .c;ens.  M.  Bugge,  non  sans 
qq     vraisemblance,   rattache   traccare  à 
'tracticare,  de  tract um.  Quant  au  sens,  il 
aurait  passé  de  traquer  «  tendre  des  toiles 
pour  prendre  le  gii»ier  »  aux  dér.  traque- 
nard *  fiiôf^e  9,v ,  une  i»ascule  »;  traque- 
nard «  allure  du  cheval  qui  seml»le  tom- 
ber comme  une  bascule   »  etc.;  traquet 
€  objet  qui  remue  comme  une  bascule  »  etc. 
Sur  le  sens  fig.  de  taquet  de  moulin,  cp. 
babillard,  qui  est,  en  meunerie,  le  nom  de 
ce  mécanisme.  Quant  à  la  chute  de  r  de 
traquet,  elle  a  été  facilitée  par  la  confus, 
av.  une  onomat.  tac. 
*TARABATA  wtôrobôte. 
TARAN  (taran)  s.  m.  Rgt.  tarrou  —  à 
Villefr.  Vase  ou  cruchon  pour  le  vinaigre 
ou  l'huile. 

Répondrait  à  'terrinus^  de  terra.  Ch. 
de  e  en  a  ^66).  Le  suff.  in  =.  an  à  Viilefr. 
Le  fr.  terrain  se  prononce  égalera,  taran. 
Le  rgt.  est  terrosus, 

*TARAROU  —  «  Taraud  pour  faire  uii 
trou  à  vis.  »  (Coch) 

Je  suppose  que  le  nom  est  masc.  et  que 
c'est  un  oxyton  (lararou  ou  mieux  tôi*6- 
rou),  car  ou,  depuis  le  xvii*  s.  n'est  plus 
une  dé.>in.  atone  en  lu.  Il  répondrait  à  un 
'tiiratrorium,  de  taratrum,  de  tarare  (v. 
taratc).  Chute  de  /  dans  le  groupe  fr 
(164  3v;  ch.  de  orium  en  ou  (36). 

TARATE  (tarale)  s.  f.  —  àVillefr.  Gour- 
tilière,  gryllo-talpa  tulgarix. 

De  b.  lat.  tarAtrum,  dans  lequel  r  est 
tombée.  Taratrum  a  pour  orig.  le  i*ad. 
celt.  taratr.  —  Cp.  vx  irl.  tarathar,  nèo- 
irl.  tarathar  tarachair,  mks.  tharrar. 
kyin.  taradr  taradgr^ coin,  tardar  tarad^ 
ai-m.  tarair  (Thurneys.;.  Quant  à  Tidée 
de  donner  à  la  courtilière  le  nom  de  ta- 
rière, elle  s'explique  facilem.,  la  courti- 
lière se  frayant  des  tunnels  comme  la 
taupe. 

TARAVELO  (taravelôy  s.  f .  —  à  Mom. 
Volée  de  coups. 

De  tavella  (v.  ce  mot),  av.  suff.  ô  {\A 
3»)  et  inseit.  de  la  syll.  péj.  ra  (190).  Ta- 
ravelô  «  volée  de  coups  de  tavella  ». 


Digitized  by 


Google 


TARB 


399 


*TARBA  —  <  Épargné.  Signifie  aussi 
relarder.  Ou  larhnta  de  vent,  il  tardait 
de  venir.  »  (Coch.) 

Je  ne  connais  paç  ce  mot,  qui  me  parait 
identique  à  vpr.  estalbiar,  cév.,  toulons. 
estalbia ;  c2iSXi' .  estarbiâ,  l)éarD.  eslanbia, 
cév.  estauviâ^  b.  lim,  estouvia,  lim. 
eitauviaf  cat.  estalciar  «  épargner,  mé- 
nager, se  passer  de  ».  I^e  eh  de  Z  en  r  est 
normal  (170  4").  ainsi  que  la  chute  de  es 
init.  (cp.  111),  mais  il  est  extraordinaire 
que  l'on  n'ait  pas  eu  tarbia  tarbi  (15  1"). 
Quant  à  estalbiary  il  paraît  être  stabilare 
pour  stftbilh'e,  métathésé  en  stalbiare, 
av.  la  prosth.  de  e  devante  du  groupe  st. 
Je  ne  m'explique  le  sens  de  tarder,  donné 
aussi  par  Coch.,  que  par  confus,  av.  tarda 
€  tarder  ». 

TARN  A  (lama)  s.  f.  Pr.  trena,  il.  trina 
,—  à  Paniss.  Tresse.  Ina  tarna  de 
s  lignons  «  une  tresse  d'oignons  ».  Fére 
de  tarnes  «  faire  des  tresses  ».  Vpr.  tre- 
nat.  tressé. 

Le  pr.  et  l'it.  indiquent  l'étym.  irhia, 
mais  t  étant  long,  pourquoi  n'a-t-on  pas 
trina  en  pr.?  Notre  mot  est  sans  doute 
venu  par  le  pr.  D'où  terna  par  mélath. 
de  r  (187  !•).  et  tarna  par  ch.  de  e  en  a 
(24). 

TARNO  (tarnô)  v.  a.  Dph.,  pr.  trena; 
vpr.  entrenar  —  Tresser. 
De  In.  tSirna,  av.  suff.  ô  (14  3«). 
TARO  (larô)  v.   a.  —   Percer,   trouer, 
tarauder. 

De  'tartire  pour  ter  ère.  Gh.  de  are 
en(;(14  8»). 
TARORA  V.  tôrôra. 
TARRASSI  (tarassi);  à  Lyon  terrasse 
s.  f*  —  Terrine  pleine  de  braise.  C'est  le 
brasero  esp.  et  it.  On  dit  souvent  teii'asse 
de  boulanger,  parce  que  c'est  chez  le  bou- 
langer voisin  qu'on  prend  ia  bi-aise. 

De  fr.  terre  (parce  que  le  récipient  est 
en  terre),  av.  suff.  agrandiss.  assi.  C'est 
4^n-me,av. substitut. d'un  suff.augmentat. 
^  un  sufT.  dim.  Cb.  de  ^  en  a  (60). 
TARRAT  V.  tarriau. 
TARRAU  V.  tarriau^ 
JARRET  V.  tarriau. 
TARRIAU  (lariô);  à  S^-Mart.  TARRAT 
(tara);  à  l^iver.  TARRAU  (tarô);  à  Crap. 
TARRET(larè);vln.TERRELTERREILZ 
s.  m.  —  Fossé,  bief,  canal.  —  1397-1408  : 


«  Au  Ro8  de  Buissandre,  affaneur,  pour 
fere  un  te)Teilz  ou  brotel  de  la  ville,  près 
de  la  recluserie  de  saint  Glere,  pour  faire 
tourner  la  rivière  du  Rone...  lequel  terrel 
devoit  avoir  six  toyses  de  large,  cinquante 
six  toyses  dti  long  et  cinq  pies  de  prefont.  » 
finv.  de  la  C.J —  lia  place  des  Terreaux, 
à  liVon,  tire,  son  nom  des  fossés  qui  y 
existaient  jadis. 

De  'teiTellum,  de  terra  pour  la  forme 
terriaii.  Ch.  de  e  init.  en  a  (66);  de  ellitm 
en  tait  (32).  Il  est  évident  que  pri mi ti  venu 
terrel  a  dû  signifier  le  remblais,  puis  le 
nom  est  dér.  au  fossé  lui-même.  Cp.  doga, 
d'abord  «  digue  »,  puis  «  fossé  ».  Dans  la 
forme  tarrat,  substitut,  du  suff.  at, 

TARTAVEAU  (tartavô)  s.  m.  —  Pie- 
grièche  à  tête  rouge.  Mot  tiré  du  petit  glos- 
saire de  M.  Aniel  (v.  Jabri  au  Stipplémj. 
Le  mol  doit  être  en  relat.  av.  vfr.  tarta* 
velley  yior\.  tartevelle  «crécelle  »,  dp!i. 
tartavèu  «  discours  criard  »,  et  pr.  tarta^ 
vèii  €  personne  tracassière  ».  Tartavèu 
lui-même  est-il  le  masc.  de  bartarella, 
crécelle,  av.  assimilât,  de  b  init.  à  t  méd. 
(cp.  188)?  Sur  le  sens  cp.  «  une  personne 
grièche  ».  Le  sens  primit.  de  tartavèu  a 
dû  être  <  bruyant  comme  une  crécelle  », 
et  en  effet  la  pie-grièche  est  très  bruyante. 
D'une  personne  criarde,  tracassière,  à  une 
personne  grièche,  il  n*y  a  qu'un  pas.  Ce- 
pendant cp.  vpr.  tartarassa  t  milan  », 
qui,  s'il  était  parent  de  tartavèu,  indi- 
querait un  rad.  tart,  d'orig.  inconn. 

TARTÈiVlE  (tartèïfle)  s.  m.  —  Surnom 
donné  aux  Allemands. 

C'est rf^r  rtfM/*e^ jurement  ordinaire d»is 
Allem.,  av.  passage  de  e  init.  à  a  sous 
infl.  de  r  (66y.  —  Sur  le  sens  cp.  un  god- 
dam  «  un  Anglais  »,  express,  courante 
I  dans  mon  enfance,  mais  presque  tombée 
en  désuétude  fpeut-étre  parce  que  les  An- 
glais ont  perdu  l'habitude  de  dire  god- 
dam),  tandis  que  tartèïfle  est  très  usité. 
A  Vionnaz  un  Allem.  est  un  tutyë,  ce  qui 
est  dans  le  pays  la  manière  de  prononcer 
Deutsche, 

TARTEIFLES  (tartèûe;  TARTIFLES 
(tartifle)  s.  f.  pi.  Piém.  tarlifoyle,  pr. 
tartifle  —  Pommes  de  terre  blanches. 
Piém.  tartifla,  truflo  noire  dont  l'intérieur 
est  blanc:  milan,  trifol.  vénit.  tartufola^ 
it.  tartufo,  truffe.  Gév.  trifolo,  Berr.  tar» 
toufleSi  milan,  tartuffol,  pommes  de  terre. 


Digitized  by 


Google 


400 


TART 


Nous  avons  eet-taiiiein.  empnintA  le 
mot  au  Piém.  tartifla,  de  terr{ae)  tub(e)- 
ra  (Diez),  d*où  teriufo,  par  ch.  de  h  en  /*, 
et  tartiifo,  par  ch.  de  e  init.  en  a  ("68).  Le 
passage  de  u  à  t  sous  Tinfl.  d*tine  labiale 
p,  b  ou  jT,  est  commun  (cp.  in.  tipin,  tibf^t). 
D'où  tarlifa.  Le  ch.  de  fe  atone  en  /?  n'a 
rien  de  surprenant  fcp.  epltaphium  =  épi- 
tafte),  non  plus  que  le  réciproque  de  /7  en 
fe  (V.  marné  fie).  Quant  au  sens,  quoi  de 
plus  naturel  que  d^emprunter  pour 
N  pomme  de  terre  »  un  mot  qui  signifie 
*  tniffe  »,  puisque  nous  appelons  les 
pommes  de  terre  des  c  truffes  »?  Le  piém. 
a  fait  de  même  pour  iartifoglie,  mais  ici 
lo  mot  a  subi  l'infl.  de  foglia,  feuille. 
L'idée  est  «  truffe  av.  feuilles  »,  par  op- 
posit.  à  la  truffe  sans  feuille,  c'est-à-diie 
purem.  tubercule. 
TARTIFLES  v.  tarlei/îes. 
TARTOUS  (tartou)  TARTUIS  (tartui 
dissyl.;adj.  m.  pi. —  Tous. 

1  se  rendiroiit  vllo  ayant  <arfou«  coniiH-ai^ 
Que  fetlomie  iriii  polel  mai. 
«  Ils  se  rendirent  proinptement,   ayant 
tous  compris  —  Que  l'estomac  n'en  pou- 
vait davantage.  •  (Mon.) 

V»-<  AD,  tarUiiSf  fa  m  qui-z-an  py  rh*f. 
«  lU  ont,  tous,  fait  ce  qu'ils  ont  pu.  » 
{Chans.  de  R^vér.) 

De  trang  tutti.  Tranif  en  phonét.  d'oïl 
=ztreSf  et  tutti  z:ziou[s].  On  a  donc  tre- 
tous,  qui  appartient  aux  dialectes  d'o'il,  et 
que  les  auteurs  comiques  placent  dans  ia 
bouobe  des  paysans.   Tretous  est  dçvenu 
tarions  par  métath*  de  r  (187)  et  cb.  de 
e  en  a  (66).  Tartuis  eat  plus  proprem^  lu. 
(v.  luis). 
TARTUIS  V.  tarions. 
'TARUSIÉ  (taruzié)  v.  a.  Dph.  iarusié  < 
—  «  Percer,  trouer  (Coch.)  »  Vieilli. 

De  tersLre  pour  terere,  av.  substitut,  du 
Kuff.  usi^r  (aujoui'd'bui  usl),  par  analog. 
av.  partuslf  de  In.  parlas  <  trou  ».  Taru- 
sier  est  sans  doute  la  forme  de  ville,  av. 
suff.  fr.,  probftblem.  encore  usitée  à  Lyon 
au  temps  de  Coch. 

TATE  flAte)  s.  f —  à  Lyon  Petite  tasse 
d'arj(ent  peu  profonde,  av.  une  aiise.  dont 
on  se  sert  pour  goûter  le  vin.  Elle  est  ha- 
J»ilueilein.  en  argent,  parce  qi\e  l'on  y 
goûte  «successiveu).,  el  que  l'on  croit  que 
l'argent  ne  transmet  jamais  les  maladie», 
;Comme  pourrait  le  faire  un  autre  métal  ou 
le  verre.  Autrefois  tout  bon  propriétaire 


de  nos  moniagnes  possédait  sa  tàte.  dont 
il  se  servait  en  voyage.  I*e  nom  du  po.sses- 
seur  était  toujours  gravé  autour,  av.  la 
date.  Cp.  lorr.  ('Landremonl)  talé  «  gobe- 
let en  terre  cuite  ». 

Subst.  V.  de  fr.  tdfer,  pris  au  sens  de 
goûter. 

TATE  (tà-te)  s.  f.  Pr.  tato  ~â  Villefr. 
Fruit  du  viorne,  tibtn'nupi  lantana.  Pr. 
tatié,  viorne  mancienne:  tassignier,  «  vi- 
burnum  lantana  ». 

Êlym.  inconn. —  Un  *taxitarium,  àe 
laxum  pourrait  donner  le  pr.  talié.  La 
disparit.  de  l'yotte  venu  de  c  peut  être  ex» 
pliquée  par  l'ex.  de  tacs{i)tare,  qui  a 
donné  fr.  taster  tdler.  La  même  format, 
donnerait  taste  tate,  de  taxila.  Reste  à 
expliquer  comment  on  a  pu  confondre  le 
viorne  et  i'if.  En  ce  genre  les  confusions  les 
plus  extraordinaires  peuvent  8e  produire, 
et  il  faut  remarquer  que  le  nom  de  taxum 
ayant,  dès  leb.  lat.,  cessé  de  s'appliquer  à 
l'if,  qui  a  pris  un  nom  germ..  l'applicat. 
du  nom  à  ua  autre  végétal  était  rendue 
plus  facile.  La  forme  ]gd.  lassignier 
(Azaïs)  s'expliquerait  par  un  'taxinarium 
dans  lequel  t  prot.  aurait  porsisté  «oua  la 
protection  du  groupe  c$z:zx. 

TATE-GOLET  (lâtegolé)  s.  m.  — à  Lyon 
ra//7Z^>i,  homme  timide,  qui  n'ose  s'aven- 
turer à  rien.  Par  extens.  benêt» 

De  fr.  tâiev  et  de  In.  golet  «  trou  ». 
Littéralem.  c  qui  tàte  les  trous  »  avant 
de  s'y  engager. 

TATI  (tati)  —  1.  à  Lyon  dans  l'express. 
Tenir  tati,  faire  tati,  résister,  tenir  de 
toutes  ses  forces.  S'emploie  comme  in- 
terjecU  Tatil  m  tiens  bon!  » 

Express,  empruntée  à  la  batellerie,  el 
qui  représente  probablem.  tè-ti  «  tiens- 
loi  ».  Cette  hypoth.  est  appuyée  par  le 
lim.  lé'té,  même  sens,  et  le  pr.,  cév.  tafoi\ 
aussi  même  sens,  et  qui  est  c  tiens  fort  ». 
Tati  doit  venir  de  la  Prov.»  où  ti  est  le 
pron.  de  la  2»  pers.  du  sing.  En  pr.  tenir 
tsili  «  être  au  refuge,  toucher  l'objet  qui 
sert  Ae  sauvegarde  à  certains  jeux  »,  et 
tsiti  subst.,  cetobj«t  même,  ont  certainem. 
une  autre  orig.  M.  Mistral  paraît  les  rap- 
porter av.  vraisemblance  à  tacius. 

2.  Tati,  exclamât,  pour  Asse/.,  —  Si 
qqu'un  verse  à  boire,  on  lui  dit  :  tati! 
quand  on  veut  qu'il  s'arrête. 

Peut-être  (arréilé-ti  «  arrète-toi  »,  par 
une  de  ces  contract.  si  familières   aux 


Digitized  by 


Google 


TATI 


401 


phrases  popnl.  En  tout  cas  le  mot  n*a 
certainem.  pas  une  ètym.  antérieure  au 
roman. 

*TATIGUIÉ  —  «  Tatiguié,  compara, 
tu  me  la  ballie  bella,  pardieu»  comp.^re, 
tu  me  la  donnes  belle.  »  (Goch.) 

Ce  jurem.  est  inconnu  chez  nous.  On  le 
rencontre  souvent  dans  des  pièces  de  co- 
médie» où  on  le  met  dans  la  bouche  des 
paysans,  à  qui  Molière  et  tous  les  autres 
font  communément  parler  le  pic.  Malgré 
la  conscience  habituelle  de  Coch.,  je  crains 
qu'il  n'ait  tiré  celte  express,  de  qq.  co- 
médie dans  laquelle  on  faisait  figurer  de 
prétendus  paysans  lyonnais,  et  je  doute 
fort  qu'il  l'ait  recueillie  sur  place. 

TatiffuiJ  représente  tète-Dieu.  Gp. 
sambleu  pour  sang-dieu,  parguié  pour 
par  Dieu,  morgue  pour  mordieu, 

TATIN  (tatin)  s.  m.  —  J'ai  entendu 
qqfois  donner  ce  nom  au  vihurnum  lan- 
tana,  mais  le  mot  appartient  plutôt  au 
dph. 

Peut-être  de  Uaxitairium  =.  (atier  (v. 
iate),  av.  substitut,  du  suff.  in  au  suflT.  ier. 
TATOU ILLE  (taloulhe)  s.  f.  —  à  Lyon 
Volée  de  coups,  rossée. 

Paraît  le  môme  que  vx  wal.,  vfr.  taiin 
«  coup  »,  av.  substitut,  du  suff.  péj.  oui/le 
au  suff.  tw.  Tatin  me  semble  tiré  de  Uas- 
tare  pour  *taxitare,  de  tactus. 
TAUGNI  (tôgn!)  s.  m.  —  Guêpier. 
Do  In.  tauna,  av.  sufT.  t,  lïarium  (13). 
D'où  taunî,  passé  à  taugnl  par  le  mouil- 
lem.  de  n  devant  i  propre  à  une  certaine 
région  (v.  Cons.  pat.), 

TAULO  (tôlô);  ap.  Goch.  TOLA  s.  f. 
Poil,  taulée  —  Une  quantité,  un  gr«\nd 
nombre.  Ina  taulô  d'efants^  une  quantité 
d'enfants. 

De  b.  lat.  tahuldita.  Le  pr.  taulado, 
Igd.  tablado,  it.  tavolata,  même  étym., 
signifient  une  réunion  de  convives.  Le 
sens  s'est  étendu  de  réunion  de  convives 
à  réunion  en  général.  Il  est  vrai  que  ta- 
bulas, downé  In.  trôbla,  mais  le  mot  a  pu 
venir  par  la  Prov.,  et  en  tous  cas  si, 
comme  je  le  crois,  le  mot  vient  de  tabu- 
lata,  la  forme  du  simple  n'a  pas  influé 
sur  le  dér.  Du  reste  la  format,  n'est  pas 
irrégul.  Tab(u)l9ita-=.taula  par  vocalisât, 
de  b  (1849^  b)  et  ch.  de  ata  en  a  (135), 
puis  en  6  (1). 

Taulô  ne  doit  pas  ôtre  confondu  av. 
iôlée,  à  Lyon  la  quantité  de  pâtisseries 


mises  au  four  sur  une  plaque  de  tôle, 
<  Il  a  mangé  une  talée  de  pâtisseries.  > 

*TAUNA  TONA  (tôna)  s.  f.  For.  tauna 
—  Guêpe.  A  Grap.  se  dit  seulement  de  la 
guêpe  de  petite  espèce;  la  grosse  guêpe 
des  bois  se  nomme  giiépa.  k.  Paniss.  c'est 
l'inverse;  la  grosse  guêpe  est  la  tauna^  et 
la  petite  la  guépa. 

Que  rôffolô  vo  qui?  Vo  zèle  int  cancorna. 
De  vegiii  chaque  jour  rondo  coinm'  int  tôna, 
«   Que  grommelez-vous  là?  Vous  êtes 
une  radoteuse,  —  De  venir  chaque  jour 
bourdonner  comme  une  guêpe.  »  (More) 
Vous  pourrit,  d'un  cot  «le  chapay, 
Lou  lut  couma  uua  tanna, 
€  On  pourrait,  d'un  coup  de  chapeau,  — 
Le  tuer  comme  une  guêpe.  »  (Ghap.) 

De  tabSLJia  pour  tabanus;  b  sest  vocal., 
certainem.  après  avoir  passé  par  r,  comme 
le  montre  tavan,  de  tabanum. 

*TAVAN  (tavan)  TAVON  (tavon)  s.  m. 
Lgd.  faôa;i,  Tarentaise  tovan,  pavese  ta- 
vœn,  vénit.  tavan  —  Taon  et  aussi  fre- 
lon, bourdon. 

De  tabAnum.  Gh.  de  6  en  t?  (141).  Na- 
salisât, de  a  (8). 

TAVEL  vin.  s.  m.  —  1358  :  t  Item  drap 
de  Flandres...  excepta  di^apx  pleies  en 
tavel...  Item  tuit  drap  de  Franci  pleyes 
en  tavel...  »  (Tar,  de  la  v.).  Le  tavel  était 
donc  une  planchette  sur  laquelle  on  pliait 
les  «  draps  ».  On  vend  encore  des  lainages 
plies  de  cette  façon,  mais  non  des  draps; 
aussi  il  est  probable  que,  dans  les  textes, 
drap  doit  s'entendre  de  lainages,  d'étoffes 
minces  qui  ont  besoin  d'être  soutenues. 
De  tabellum  pour  tabella  (v.  tavella). 
TAVELLA  (tavela);  à  Lyon  tavelle  s.  f. 
—  1.  Bille  dont  les  voituriers  se  servent 
pour  serrer  leurs  chargements.  —  *2.  Mor- 
ceau de  bois  destiné  à  lier  les  chars  de 
foin.  —  3.  Par  extens.  Trique  en  général. 
Pr.  tavello  tabello,  volige,  latte. 

A  la  fin  on  lo  vil  impufKiii  ghou  tatella. 
«  A  la  fin  on  les  vit  empoigner  chacun 
leur  bille  de  voiturier.  a  (Mon.) 

De  tabella,  au  sens  d'ais,  planchette 
longue.  Gh.  de  6  en  t?  (141).  Le  sens  est 
dér.  de«  planchette  (v.  tavel)  »  à  «latte», 
et  enfin  à  «  bille  de  bois  arrondie  ». 

TAVELO  (tavelô)  adj.  des  2g.  —  1.  Ta- 
cheté, moucheté. 

G'est  le  fr.  tavelé,  peu  usité,  de  tabella 
«échiquier».  Littér.  «  marqueté  comme 
un  échiquier  ». 

48 


Digitized  by 


Google 


403 


TAVO 


2.  Ëcervelé,  étourdi,  faible  de  cerveau, 
demi-fou. 

De  In.  tavella,  av.  sufT.  ô  (14  8o).  Ta- 
vela «  qui  a  reçu  un  coup  de  tavelle  »  sur 
la  tête,  lequel  lui  a  dérangé  le  cerveau. 
On  dit  de  même  de  qqu'un  d*un  peu  fou, 
c  qu'il  a  un  coup  de  marteau  ». 
TAVON  V.  tavan, 

T'E  V.  t*o, 

TEILA  (lèla)  s.  f.  For.  toile  —  Foin 
étendu  pour  être  séché. 

De  tela  (16).  Le  foin  est  considéré 
comme  la  toile  que  l'on  étend  au  soleil 
dans  les  champs  pour  la  faire  blanchir. 

TEILLEUX,  EUSE  (lèlheu,  euze)  adj. 
—  à  Lyon  se  dit  d'une  Viande  filamen- 
teuse, de  tout  aliment  filandreux.  Si 
usité,  que  je  l'ai  cru  longtemps  fr. 

De  In.  teille  (v.  teilli),  écorce  de  la  lige 
du  chanvre,  av.  suflf.  eux,  à*osxis.  Teil- 
letix  «  qui  participe  de  la  nature  de  la 
teille  ». 

TEILLI  (tèlhi);  à  Lyon  teille  s.  f.  Dph. 
teille  —  Écorce  de  la  tige  du  chanvre. 

De  tilia  «  écorce  du  tilleul  ».  Ch.  de  t 
bref  en  ei  (16);  de  ia  en  i  (54  !•). 

TEILLI  (tèlhl)  V.  a.  Morv.  teiller  — 
Tiller  le  chanvre. 

De  teilH  snhst.f  av.  suflf.  î  (15  4«). 

TEMPORA  (tinpôra)  s.  f.  —  à  Morn. 
Vent  violent,  ouragan.  Vpr.  temporau,  al; 
pr.  tempourau,  al;  it.  temporale,  sarde 
temporali  «  tempête  ». 

Le  môme  que  le  vfr,  tempoire  tempore 
(Du  G.,  Gloss.  fr.),  qui  signifiait  «  temps, 
.saison  ».  La  dérivât,  de  sens  s'explique 
facilem.  si  l'on  songe  que  vfr.  tempeste. 
h  côté  du  sens  de  «  ouragan  »,  avait  celui 
de  ^  temps,  saison  »,  et  que  la  réciproque 
a  dû  s'opérer  pour  tempoire,  qui  répond  à 
temporia.  Celui-ci  donnerait  In.  timpuri; 
mais  le  mot  a  été  emprunté  au  fr.  11  a  dû 
être  tempoira,  passé  à  tempora,  comme 
le  tempore  de  H  Chastellains  de  Coucy. 
La  forme  d'oc  temporau  représente  iem^ 
porale,  Oria  peut  donner  d'ailleurs  ore  à 
côté  de  oire.  Gp.  pr.  rasor,  de  rasorium  ; 
oradour,  de  oratorium. 

TENDRIÈRE  (tandrière)  s.  f.  — Terme 
de  carrier  et  de  tailleur  de  pierres.  Partie 
friable  d'une  pierre  de  taille  ou  d'un  rocher 
exploitable. 

De  tendre,  av.  suflf.  ière. 

TENDRIRI  (tendriri)  s.  f.  —  Vache  qui 
a  mis  bas  récemment. 


De  fr.  tendre,  av.  suflf.  iri  (13).  L'idée 
est  que  la  vache  est  encore  c  tendre  »  au 
sens  de  faible,  délicat. 

TENDU  A  V.  tenta. 

*TENTA  (taiita)*TENDUA  (tandua):  à 
Lyon  tendue  s.  f.  Vpr.  tenda,  pr.  te7ido, 
it.  tenda  —  *  Toile  destinée  à  couvrir  les 
bateaux.  »  (Goch.) 

De  tenta^  partie,  de  tendere,  pour  la 
forme  tenta',  et  du  partie,  roman  tendu, 
de  te7idre,  pour  la  forme  tendua.  Dans 
celle-ci  l'ace,  s'est  porté  sur  la2«  voy.  (51). 

TENTE  (tante)  s.  f.  —à Lyon  Banne  au 
devant  des  magasins. 

Sur  l'étym.  v.  tenta, 

TENURI  (tenuri)  s.  f.  —  Main-courante 
d'une  rampe. 

De  In.  tegni  «  tenir  »,  av.  suflf.  urt, 
d'oria  (37).  Ou  le  mot  a  été  formé  avant 
que  n  se  fût  mouillée  dans  tegni,  ou  il  a 
été  formé  dans  un  endroit  où  l'on  a  teni. 
N,  qui  se  mouille  devant  i,  ne  se  mouille 
pas  devant  w. 

*TER  V.  leur, 

TERCELLIN  vin.  s.  m.  —  Sorte  d'étoffe. 
1419  :  «  Audit  Mathieu  Odobert  pour  trois 
quars  d'aulne  tercellin  pars...  »  (Reg. 
cons.)  —  Il  s'agit  d'é*x)ffe  pour  la  ban- 
nière du  trompette  de  la  ville.  Le  tercellin 
était  probablem.  destiné  à  la  doublure, 
car  on  voit  figurer  «  une  aulne  1  VI*  sen- 
dal  »,  qui  devait  faire  la  face  de  la  ban- 
nière. Le  tercellin  était  vraisemblablem. 
une  étoffe  de  lin. 

De  tersutn,  partie,  de  tergere.  L'idée 
est  celle  de  c  linge  à  essuyer  »  (cp.  terso-^ 
rium),  d'où  vfr.  terser  c  essuyer,  frotter  », 
et  m.  la  t.  tersonum  c  torchon  ».  On  trouve 
tersonum  de  lino  (Du  G.  s.  v.  tersonum), 
et  en  vfr.  tersenet,  Tercellin  est  tersenet, 
av.  ch.  de  suflf.,  peut-être  sous  infl.  de  lin. 
Terselin  «  torchon  de  lin  »,  puis  étoffe 
de  lin.  Mais  il  se  peut  qu'il  y  ait  eu  sim- 
plem.  ch.  de  m  en  l  :  tersenet  tersenin^ 
puis  terselin, 

TERCOYER  vin.  v.  a.  TERCOYEUR 
vin.  s.  m.  —  Mots  qui  paraissent  signifier, 
le  l"''  Tripler  le  prix  d'une  enchère  ;  le  2», 
Gelui  qui  triple  l'enchère.  —  1421  :  <  Mile 
Andrivet  a  confessé  devoir...  pour  la 
censé  de  la  barre  du  pont  du  Rosne,  qui 
lui  fut  livrée  comme  au  plus  oflfrant  et 
derrier  enchérisseur...  Et  se,  par  aventure 
aucun  vouloit  tercoyer  la  dicte  ferme  de 


Digitized  by 


Google 


TERC 


40a 


dans  la  fin  du  mois  de  décembre  prouchai- 
nemenl  venant,  doubler  dedans  la  fin  du 
moys  de  mars  aussi  prouchainement  ve- 
nant, il  y  seroit  receu,  parmi  ce  que  le  dit 
tercoyeur  OM  doubleur  seroit  tenu  de  faire 
audit  Mile...  »  (Reg,  cons.) 

Il  faut  probablem.  lire  terçoyer,  fait 
sur  tertius,  av.  sutT.  frèq.  roman  oier, 
comme  peçoier  sur  petia. 

TERCOYEUR  v.  sous  lercoyer, 

*TERMINAU  (termina)  s.  m.  Lgd.  ter- 
menas  —  La  dernière  raie  du  terrain 
qu'on  laboure.  On  donne  aussi  ce  nom 
aux  baliveaux  laissés  sur  les  limites  d*un 
bois  taillis  pour  indiquer  les  bornes. 

De  terminSLlis.  Gh.  de  l  en  u  (121  2«). 

TERRAILLER  v.  tei^ailli  vb. 

*TERRAILLI  (tèralhi):  à  Lyon  ter- 
raille  s.  f.  Pavese  teraliœ,  it.  terraglia 
—  Vaisselle  de  terre.  «  Un  marchand  de 
terraille  »,  un  marchand  de  poteries,  c  Le 
nom  de  la  rue  Terraille  vient  d'une  po- 
terie qui  existait  dans  cet  endroit  (Goch.).  • 
Montpell.  t0)Tailleu,  marchand  de  po- 
teries. 

De  In.  terra  m  terre  »,  de  terra,  av.  suff. 
coll.  ailli. 

TERRAILLI  (tèralhî);  vin.  TERRAIL- 
LER V.  a.  —  Creuser,  remuer  la  terre. 
1397-1408  :  «  Dépenses  faites  pour  com- 
mencier  à  terrailler  au  gros  gravier  qui 
estoit  en  la  riveri  du  Rosne...  »  (Inv.  de 
laC.) 

De  In.  terra,  de  teiT2  av.  suflf.  fréq. 
ailli, 

TERRAILLON  vin.  s.  m.  Pr.  terraioun, 
mars.  taiTaioiin  —  Ouvrier  ou  entrepre- 
preneur  terrassier.  —  1420  :  c  Ils  ont 
ordonné  que,  veu  que  les  jours  sontcreuz 
(accrus),  que  cy  en  la,  l'en  payera  aux 
terraillons  pour  journée ,  dix  petits 
blans...  —  Maistre  Henry  de  la  Roche, 
terraillon,  a  promis  sei'vir  la  ville  a  faire 
les  fossés...  »  (Reg.  cons.) 

De  terrailler,  creuser  (v.  terraillx),  av. 
suff.  on,  mal  appliqué  logiquem.,  mais 
nécessaire  parce  que,  si  l'on  eût  appliqué 
le  suff.  des  noms  de  métiers,  il  n'y  aurait 
pas  eu  de  différence  entre  le  subst.  ter- 
raillier  et  le  vb.  terrailler.  Un  ex.  de 
cette  applicat.  du  suff.  on  se  retrouve  dans 
barbouillon  pour  barbouilleur, 

TERREIL2  v.  tarriau, 

TERREL  V.  tarriau. 


*TESSON  V.  taisson, 

*TESTICOTO  (testicotô)  v.  n.  —  Con- 
tester aigrement  et  à  propos  de  vétilles. 
Se  testicotô,  se  piquer  mutuellement. 

Gorrupt.  de  fr.  asticoter  sous  infl.  de 
testa  têta.  Se  testicoter  «  se  picoter  la 
tête,  se  tirer  mutuellem.  les  cheveux  >. 

TÊTA  D'ALUETTA  (tôta-d'aluôta)  s.  f. 
—  à  Panisi.  Plante  à  fleur  rouge  et  à 
graine  noire  (ce  n'est  pas  Ih  coquelicot)  qui 
infeste  les  blés,  et  dont  j'ignore  le  nom 
scientifique. 

De  la  ressemblance  qu'on  s'est  imaginé 
voir  entre  la  fleur  et  une  tête  de  petit  oi- 
seau. 

TÊTU  (têtu;  s.  m.  Lorr.  ('LeTholy)  têtu, 
vfr.  testu  (Cotgr.)  —  à  Lyon  Gros  mar- 
teau carré  d'un  côté  et  pointu  de  l'autre, 
av.  lequel  on  dégrossit  les  pierres  que  l'on 
veut  tailler.  Les  moellons  ététués  sont  les 
moellons  travaillés  au  têtu,  par  opposit. 
aux  moellonspt^u^^,  travaillés  plus  finem. 
et  à  la  pointe. 

De  fr.  tête,  av.  suff.  w,  à'osus  (35). 

TEUR  (teur,  eu  comme  dans  fleur)  k 
Grap.  ;  ap,  Goch.  TER  s.  m.  Lgd.  tes,  for. 
teus^  Tesson. 

De  iestum.  Gh.  de  *  fin.  en  r  (118,  rem.). 
Gp.  le  liai,  où,  de  même,  toute  s  fin.  non 
muette  se  change  en  r  :  pur  =  pus  etc. 
Quant  au  ch.  assez  bizarre  de  es  en  eu,  on 
peut  supposer  testumz=  têts  par  métath., 
puis  tecs  (cp.  post  pots  pocs).  De  tecs  on 
aurait  teus,  comme  en  vfr.  teuste,  de  tec' 
sum;  fleume,  de  flegma;  ecsire=^  eussir. 

TIA-TIA  (tiatia  dissyl  )  s.  f.  —  Litorne, 
espèce  de  grive.  Ce  mot  se  retrouve  dans 
la  plupart  des  patois  franco-prov. 

Onomat.  du  cri  de  l'oiseau. 

TIBO  V.  tubô, 

♦TIGN  A  (tigna)  s.  f.  —  Engelure. 

De  tinea.  Il  est  à  remarquer  qu'en  pr. 
tigno  signifie  à  la  fois  teigne  (insecte)  et 
engelure,  et  qu'en  it.  tigntçolo  a  aussi  la 
double  significat.  de  gerçure  et  de  teigne. 
On  a  donc  associé  l'idée  de  l'insecte  qui 
ronge  et  perfore,  à  celle  de  la  crevasse  de 
l'engelure,  comme  si  celle-ci  était  l'œuvre 
d'un  insecte.  On  a  besoin  de  se  persuader 
de  ce  rapprochem.,  mais  enfin  il  existe, 
car  c'est  la  seule  explicat.  qu'on  puisse 
donner.  De  même  on  a  en  fr.  teigne  «  in- 
secte *,  et  teigne  *  maladie  du  cuir  che- 
velu »,  tous  deux  de  tinea.  Le  passage  de 


Digitized  by 


Google 


404 


TILL 


e  fermé  à  i  est  dû  à  l'infl.  de  la  nasale  \ 
mouillée  qui  le  suit,  et  ce  mouillem.  est 
dû  lui-même  à  l'hiatus  ea  (148,  rem.  2). 
*TILLOT  rtilhô)  s.  m.  —  Tilleul. 
De  tïlia,  av.  sufif.  dim.  ot. 
TIMBRO  (linbrô);  à  Lyon  timbré  adj. 
des  2  g.  —  Demi-fou,  qui  a  le  cerveau  lé- 
gèrement dérangé. 

De  fr.  timbre,  mais  par  quelle  dérivât, 
de  sens?  Faut-il  sous-entendre  que  le 
timbre  est  fêlé?  Ou  plutôt  que  le  cerveau 
a  été  frappé  comme  un  timbre?  Gp.  In. 
f}éru,  fiéru  par  la  testa^  même  sens,  et 
h',  toqué,  littéralem.  *  qui  a  reçu  un  choc.  * 

TIMBRO  (Isinbrô)  v.  n.  —  â  R.-de-G. 
Craquer. 

Lo  galant  troubadour,  supré  de  tant  de  fêla, 

Se  fat  tsïmbro  lo  nars,  dous  pids  jusqu'à  la  tèta. 

«  Le  galant  troubadour,  surpris  de  tant 
d'accueil,  —  Fait  craquer  ses  muscles  des 
pieds  à  la  tète.  »  (Mén.) 

De  fr.  timbre,  de  ti/mpKnum  «  tam- 
bour »,  av.  suff.  ô  (14  8«). 

•TINA  (tina,  à  River,  tchlna;  s.  f . — 
Cuve,  pour  le  raisin. 

De  tifia, 

TINAILLI  (tinalhî;  à  River,  tchinalhi;; 
à  Lyon  tenailler  s.  m.  It.  tinaia^  pavese 
tinerœ  —  Cellier  pour  les  cuves. 

De  tina,  plus  suff.  rom.  ailli,  plus  un 
2«  suff.  î  à'arius  (13).  Il  est  probable  que 
les  grandes  cuves  se  sont  appelées  ti- 
nailles  (cp.  futaille)^  et  que  c'est  sur  ce 
mot  qu'a  été  fait  ^m^iZ/t.  Quanta  la  forme 
tenailler,  si  extraordinaire  que  cela  pa- 
raisse, elle  est  due  à  Tinfl.  de  fr.  tenailles^ 
lorsque  l'on  n'a  plus  su  ce  que  c'était 
qu'une  tinaille. 

*TINARD  v.  tinôr. 

TINOR  riinôr);  ap.  Coch.  TINARD  s. 
m.  Gers  tinal  —  Cellier  pour  les  cuves. 

De  'tintLle,  de  tina,  Ch.  de  a  en  d  (1); 
de  /  en  r  (181).  Coch.  a  confondu  ar,  au- 
jourd'hui 6r,  av.  le  suff.  germ.  ard. 

TINTEBIEN  (tintebiin  trissyl.)  s.  m. 
Ss.-rom.  tin-tè-bein  —  Petit  appareil  à  rou- 
lettes, dans  lequel  on  place  les  enfants,  et 
qni,  les  tenant  sous  les  bras,  les  préserve 
des  chutes,  pendant  qu'en  marchant  ils 
déplacent  l'appareil.  Gela  évite  d'avoir  à 
les  soutenir  pendant  leur  marche. 

Composé  de  tin,  impéraL.de  tiendre 
«  tenir  »,  de  te  «  toi  »,  et  bien.  Le  tout 
équivaut  au  fr.  tiens-toi-bien. 

TINTOU  (tintou)s.  m.  —  Après-dinée. 


Ne  s'emploie  qu'av.  Tart.  ou  le  pron.  dé- 
mons trat.  Lo  tintoUy  l'après-dinée;  çu 
iintou,  cette  après-dinée;  à  Lyon  ce  tantôt, 
môme  sens. 

De  tantum  tostiim  =  fr.  tantôt.  L*adv. 
est  devenu  subst.  Tbstum  =  tou  (41). 

TINT  QU'EN  CHAVON  Ain-kan-cha- 
von)  express,  adv.  —  à  Villefr.  Jusqu'au 
bout. 

Chavon  (v.  ce  mot  au  Supplém.)  signi- 
fie ici  bout,  e.\trémitè.  Sur  la  constract. 
cp.  tint  qu'u  quar  (v.  ce  mot.) 

TINT  QU'U  QUAR  (tin-ku-kap) express, 
adv.  —  à  Villefr.  Jusqu'au,  jusqu'à  la  fin. 
«  EV  Vau  mâtan  de  sa  passé;  md  se  si 
allô  tint  qu'u  quar,  il  est  au  milieu  de  sa 
«  passée  »;  moi  je  suis  «allé  jusqu'au 
bout.  »  (Deresse) 

Je  suppose  que  quar  est  pour  le  subst. 
qtiajTe  (v.  ce  mot);  d'où  littéralem. 
«  tant  qu'au  coin  »,  c'est-à-d.  «jusqu'au 
coin».  —  Quarre  serait  dér.  du  sens  de 
«  coin  »  à  celui  de  «  bout,  extrémité  ». 
Sur  la  construct.  comme  sur  le  sens,  cp. 
l'express,  tint  qu'en  chavon,  même  sens 
à  Villefr.  Cette  comparais,  fait  penser  que 
quar  doit  être  un  subst.  comme  chavon 
(v.  chavon  au  Supplém.) 

TIOLET  (tiolè  dissyl.)s.  m.  —à  Villefr. 
Silène  enflé,  silène  inflata„ 

Étym.  inconn. 

TIOULA  V.  ëtioula.  Rapproch.  Vionuaz 
tyola. 

TIOULO  (tioulô  dissyl.)  v.  n.  —  à  Vil- 
lefr. 1.  Couler,  en  parlant  de  la  fleur  de  la 
vigne.  -—  2.  Glisser,  vl  El  a  tioulô  a  bôs, 
il  a  glissé  â  terre.  »  (Deresse) 

Ce  n'est  pas  une  corrupt.  de  fr.  couler, 
car  dans  le  même  endroit  on  dit  colo  la 
bèya,  couler  la  lessive.  Je  crois  que  tioulô 
est  'tegulare  (v.  tioula  c  tuile  ».  L'idée 
est  celle  de  dégoutter,  laisser  couler, 
comme  la  tuile  du  bord  du  toit.  Cette  orig. 
explique  comment  tioulô  a  le  double  sens 
de  <  couler  >  et  «  de  «  glisser  ».  La  per 
sonne  qui  a  glissé  a  fait  comme  la  goutte 
d'eau  qui  glisse  sur  la  tuile.  Suff.  d  (14  3v« 

TIPIN  \.topin. 

TIRA-LIURE  (tchira-liure)  s.  m.  pi.  — 
Surnom  des  habitants  de  S*-Mart.,  litté- 
ralem. des  c  tire-lièvres  » .  Gomme  d'être 
chasseur  de  lièvres  n'a  rien  d'injuneux,  et 
que  ces  surnoms  sont  toujours  péj.,  il 
doit  y  avoir  une  allusion  qui  m'échappe. 


Digitized  by 


Google 


TIRA 


405 


et  qui  du  reste  n'est  plus  comprise  par 
ceux  qui  emploient  le  sobriquet. 

*TIRAN  (tiran)  s.  m.—  «  Oreille  de 
soulier  >.  (Goch  )  Les  anciens  souliers 
avaient  jadis  sur  le  cou-de-pied  2  pattes 
do  cuir,  percées  chacune  d'un  trou,  et 
reliées  et  serrées  par  un  cordon.  C'est  ce 
que  Goch.  appelle  «  oreille  de  soulier  ». 

Du  partie,  prés,  de  fr.  tirer.  Gp.  tirants 
de  bottes,  en  parlant  des  2  anneaux  en 
rulian  de  fil  qui  servent  à  les  tirer  lors- 
qu'on les  met. 

*TIRANCHI  (tiranchi  liranlchi)  v.  a.  — 
Tirailler  en  tous  sens,  tourmenter,  tirer. 
S'emploie  beaucoup  sous  la  forme  pronom. 
Se  tiranchi^  se  tirailler  mutuellement  en 
se  disputant. 

De  In,  tiri  c  tirer  »  et  d'un  suff.  péj.  an- 
chi,  peut-être  par  analog.  av.  écarlancht. 

TIRE-LANGUE  s.  m.  à  —  Yzer..  Nom 
donné  qqfoîs  à  la  pie-grièche  (v.  derne) 
parce  que  l'on  assure  que  si  on  lui  arrache 
la  langue  immédiatem.  après  l'avoir  tuée, 
elle  est  bonne  à  manger,  et  horriblem. 
coriace  si  l'on  ne  prend  pas  cette  précau- 
tion. Mais  jo  crois  que  ce  nom,  dans 
d'autres  endroits,  s'applique  à  un  autre 
oiseau,  prol>ablem.  au  torcol. 

TIRI  (tiri;  à  River,  tchiri;  à  R.-de-G.) 
v.  a.  —  Tirer. 

Du  germ.  —  Goth.  <a/ran,  vha.  zeran, 
holl.  teren  «  scindere,  rumpere  »;  d'où 
un  'tarare  Uirare.  Suff.  t  (15  5°). 

Tiri  pena,  à  Lyon  tirer  peine,  être  in- 
quiet, tourmenté  à  propos  de  qq.  chose. 
Mail  Ognessons,  je  sieiito  que  ma  f^na, 
Que  la  DodoD  commeinoe  à  Uiri  pena. 

«  Mais  terminons,  je  sens  que  ma  femme 
—  Claudine  commence  à  s'inquiéter.  > 
(Due  Bib,) 

Tiri  de  —  Ressembler  à.  Tiri  de  sa 
grande  ressembler  à  sa  graud'mère  (v. 
retrairê),  Mons  tirer  d'su  quéqu'un,  lui 
ressembler. 

Tiri  dret  sur  —  Se  diriger  droit  vers 
qq.  chose.  «  O  faut  tiri  dret  sur  Yzeron^ 
il  faut  se  diriger  en  ligne  droite  sur  Yze- 
ion.  >  Cette  dérivât,  de  tirer^  qui  aie  sens 
de  «  amener  à  soi  ;»,  au  sens  contraire  de 
«  se  déplacer  vers  l'objet  considéré  »  a 
sans  doute  son  origine  dans  l'idée  de  tirer 
(un  trait)  sur. 

Tiri  lo  lait  —  Traire  les  vaches,  bre- 
bis, etc. 

TIRIGOSSI  (tchirigossi)  v.  a.  Dph.  tiri- 


gotissoy  pr.  trigotissa^  Igd.  terigoussa, 
lim.  tirgoussa  —  à  River.  Houspiller, 
secouer,  tirailler.  Ss.-rom.  tsergossa 
tschergossa,  véhicule  moitié  char,  moitié 
traîneau.  Gasc.  ti'igoussa,  tirer  av.  diffi- 
culté. 

Composé  de  tiri  «  tirer  »  et  d'une  2« 
partie  gossi.  Le  pr.  a  tiro-ligossi  tiro-li- 
gos  trigossi  «  train,  tracas,  bruit,  tu- 
multe, embarras,  litige  »,  composé  de  tira 
«  tirer  »  et  ligoussa  (v.  ce  mot)  «  épée  ». 
Il  est  possible  que  tirigoussa  soit  de 
môme  ttre(li)goussa,  dont  le  subst.  tri- 
gossi etc.,  est  le  subst.  v.  L'adj.  vpr.  tira- 
gossa  parait  appparenté,  et  avoir  le  sens 
de  «  qui  tiraille,  qui  tire  mal  »  dans  les 
vers  suivants  : 

E  jalz  ab  una  Tielha  roiM, 

Qu*efl  corderella  et  tiragosta  {ap.  Rochegude). 

niRIPELLI  V.  tiripilli. 

TIRIPILLI  (tiripllhi);  à  Lyon  tirpille 
s.  f.  Dph.  tiripel  —  Partie  cartilagineuse 
de  la  viande,  par  opposit.  à  la  pourpe. 
€  Fëne  prinds  de  pourpe  par  nos,  et  de 
tirpille  par  le  s*efants,  femme,  prends  de 
la  chair  pour  nous  et  de  la  tirpille  pour  les 
enfants  »,  est  une  parole  attribuée  au  canut 
qui  envoie  sa  femme  à  la  boucherie.  Genev. 
tireguigne,  même  sens. 

Subst.  V.  de  tiripilli  (v.  ce  mot),  parce 
qu'il  faut  tirpiller  la  viande  avec  les  dents 
pour  pouvoir  la  manger.  Le  genev.  tire- 
guigne  est  composé  de  tirer  et  de  guenn  e 
(V.  guenna). 

TIRIPILLI  (tiripilhî);  ap.  Goch.  TIRI- 
PELLI  (tiripèlhl);  à  Lyon  tirpiller  v.  a. 
Dph.  tiripouilli  —  Tirailler  av.  violence, 
tirailler  en  déchirant.  Se  tiripilli,  se  dé- 
chirer mutuellem.  les  habits.  Dph.  tiri- 
pelu  €  loqueteux  ». 

De  In.  tiri  «  tirer  »,  plus  une  2»  partie, 
qui  n'est  point  piller,  comme  on  le  pour- 
rait croire,  mais  In.  peilli  (v.  ce  mot) 
«  lambeau  »,  av.  suff.  t  (15  4«).  La  forme 
de  Goch.  achève  de  démontrer  l'origine. 
L'idée  est  c  tirer  de  façon  à  mettre  en  lam- 
beaux ». 

TIRORILLI  itirorilhi);  à  Lyon  cure- 
oreilles  —  Sorte  d'aptère  brun,  à  corps 
allongé,  d'aspect  répugnant,  et  fort  agile, 
dont  j'ignore  le  nom  scientifique,  et  à  qui 
Ton  attribue  l'habitude  de  se  glisser  dans 
les  oreilles  des  dormeurs,  et  d'y  causer 
des  ravages. 


Digitized  by 


Google' 


406 


TITR 


De  In.  tiri  «  tirer  »,  et  orilli  «  oreille  ». 
L'express,  parait  au  l"  abord  singulière, 
car  l'insecte  ne  tire  pas  les  oreilles  à  la 
façon  d'un  maître  d'école,  mais  tiri  signifie 
ici  «  crever  »,  et  orilli  est  pris  dans  le 
sens  de  «  tympan  de  l'oreille  ».  Gp.  à  Lyon 
tirer  un  œil  pour  le  «  crever  ».  Pour 
l'idée  cp.  fr.  popul.  perce-oreilles.  Dans 
l'express,  de  Lyon  cure-oreilles  on  a  vu 
le  sens  restreint  de  «  fourrager  dans 
l'oreille  »  sans  crever  le  tympan. 

TITRE  (titre)  v.  a.  —  à  Paniss.  Tisser. 

De  textere  =  tecst(e)re.  Gh.  de  e  ou- 
vert en  i  (27);  d'où  iistre,  qui  existait  en 
vfr.,  et  titre  par  chute  de  s  (179). 

T-0  à  Morn.;  à  River.,  Paniss.  T-E;  à 
Lyon<-t,  dph.  Ao,  loc.  explétive  qui  s'em- 
ploie dans  les  inteiTogat.  et  se  place  après 
le  vb.  Vegni-vO'tOi  à  Lyon  venez-votM-t-i 
=  venez-vous?  Elle  s'emploie  négativem. 
av.  pôs  =  pas,  mais  alors  t-o-pôs,  t-i-pas 
devient  souvent  une  entité  .séparée,  qui 
signifie  «  n'est-ce  pas?  »  —  Vos  vegni,  t-o- 
pôs;  à  Lyon  vous  venez,  ti-pas,  signifie 
«  vous  venez,  n'est-ce  pas?  »  Mais  souvent 
aussi  on  supprime  la  virgule,  et  alors  vos 
vegni-Co-pôs  signifie  simplem.  «  ne  venez- 
vous  pas?  »  T'O  ou  ^t  devient  ainsi  purem. 
explét. 

Sur  vient-il,  fait-il,  etc.,  on  a  fait,  vers 
le  xvi«  siècle  va-t-il,  manget-il,  etc.  Or, 
comme  aujourd'hui  le  pronom  ne  s'emploie 
guère  après  le  vb.  que  dans  l'interrogal., 
/'i('/;,dans  le  fr.  popul.,  est  devenu  le  signe 
de  l'interrogat.,  et  l'on  dit  vais-je-ti, 
comme  on  dit  va-t-il.  La  particularité  du 
pat.,  c'estd'avoir  fait  figurer  dans  lalocut. 
non  le  pronom  personn.  a(l)y  mais  le 
pronom  neutre  o  (v.  ce  mot). 

TOCASSIN  V.  tacassïn. 

TOCHI  (tochi)  s.  t  —  Coups,  dommages. 
To  lo  inoode  tou  lo  bien, 
Aie  lo  fére  est  lo  mtlin. 
Car  un  chacun  crin  la  tochi^ 
Et  Todret  que  lou  raisin 
Solet  payi  la  briochi. 

c  Tout  le  monde  veut  le  bien.  —  Mais 
le  faire  est  le  difilcile,  —  Car  chacun  craint 
les  coups,  —  Et  voudrait  que  son  voisin 
—  Payât  seul  la  faute  ■  {Chans,  de  Rev.) 

Subst.  f,  de  tochi,  toucher. 

TOCHI  (tochi)  V.  a.  —  Aiguillonner,  en 
parlant  des  bœufs. 

Du  type  qui  a  fait  fr.  toucher,  Sufl".  t 
(15  2«). 


TOCHURI  (lochuri)  s.  f.  —  Aiguillon  du 
bouvier. 

Ne  valié^to  p6s  mio  manèyi  la  tockuri, 

Qua  d'all6  me  contraindre  k  faire  iua  brochuri  ? 

«  Ne  valait-il  pas  mieux  manier  l'aiguil- 
lon (être  bouvier),  —  Que  de  me  con- 
traindre à  écrire  une  brochure?  »  (Proc.) 

De  In.  tochi.  toucher,  av.  suff.  tri, 
d'oria  (36). 

TOCOLA  (tôkôla);  ap.  Coch.  TACOLA 
(takôla)  s.  f.  —  1.  Suivant  Coch.  «  Tour- 
niquet en  bois  servant  à  fermer  la  porte.  » 
C'est  le  sens  primitif  aujourd'hui  peu  usité. 
Dph.  taccola,  Voiron  tacoula,  cheville  de 
bois  qui  sert  à  empêcher  de  lever  le  loquet 
d'une  porte.  —  2.  Femme  scrupuleuse, 
bigote,  méticuleuse. 

Métath.  de  catola  cotôla  (v.  ce  mot  au 
sens  1.  et  8.).  Tocola  doit  être  séparé  de 
tracola. 

TOFFÈYA  (tofèya)  à  Morn.;  à  River. 
TUFFÈYA  s.  f.  —  Soupe  de  courge  et  de 
pommes  de  terre,  le  tout  bien  écrasé  et 
bouilli  dans  du  lait.  Ss.-rom.  tofet,  ome- 
lette faite  à  la  tourtière. 

C'est  le  vfr.  estouffée*  Chute  de  es 
(112  4»);  ch.  de  ou  en  o  (34,  rem.  4);  ch. 
de  ée  en  èga  (1,  rem.  4).  Dans  la  forme 
tuffèya  0  init.  a  passé  à  u  sous  infl.  de  la 
lab.  qui  suit.  C'est  par  erreur  que  Bridel 
a  vu  dans  tofet,  tôt-fait,  les  étouffées  se 
cuisant  au  contraire  lentement.  D'ailleurs 
la  forme  toffèya  exclut  l'étx  ui. 
*TOLA  V.  tolô. 

*TOMMA  (lôma)  s.  f.  —  c  Fromage 
mou.  »  (Coch.)  —  La  définit,  n'est  pas 
complète.  La  tomme  est  bien  un  fromage 
mou,  mais  c'est  aussi  du  lait  caillé  à  l'aide 
de  présure  et  qu'on  mange  très  frais. 
Dans  d'autres  endroits  c'est  encore  un 
petitfromage.  Littré  dit  qu'en  vieillissant 
et  en  se  durcissant  la  tomme  prend  le  nom 
de  fromage.  Elle  garde  le  plus  souvent 
son  nom  de  tomme,  qui  est  alors  pour 
[fromage  de]  tomme. 

Le  lat.  tomum  parait  n'avoir  donné  que 
le  mot  savant  ^om&,  division  d'un  ouvrage, 
et  je  crois  que  c'est  tout  à  fait  à  tort  que 
Diei  (par  liaison  d'idées  av.  volumen)  y 
voit  l'étym.  de  esp.  et  port,  tomo  «  corps 
volumineux,  masse  ».  Je  crois  que  Torig. 
de  celui-ci  est  celt.  ;  kym.  tom  «  a  mound  », 
corn,  tomals  «  much  of  any  thing  »,  gaël. 
tomad  «  size,  bulk:  »  irl.  tom  «  a  small 


Digitized  by 


Google 


TONA 


407 


heap  ».  Ce  type  existant  dans  toutes  les 
branches  cell.  (sauf  Tarm.).  il  n'y  a  pas 
lieu  de  supposer  qu'il  ait  été  emprunté  au 
roman.  Il  peut  avoir  fourni  tomma  «  fro- 
mage »,  soit  parce  que  le  lait  en  se  caillant 
forme  masse,  soit  parce  que  la  tomma, 
dans  plusieurs  pays,  est  un  fromage  très 
volumineux  par  rapport  aux  «  petits  fro- 
mages »,  cabrillons,  rougerets  etc.  Il  faut 
remarquer  de  plus  que,  dans  l'Auvergne 
et  le  Ganlal,  la   tomme  est  une  grosse 
pelolle  que  l'on  forme  en  réunissant  les 
morceaux  de  lait  caillé,  ce  qui  est  fort  en 
rapport  av.  le  sens  do  «  petit  monceau  » 
dans  rit.  iom.  Partout  la  tomme  a  le  carac- 
tère d'une  pelotte,  d'un  petit  monceau.  Je 
reconnais  d'ailleurs  que  l'étym.  est  hypo- 
thét.  pour  tomme  c  fromage  »,  mais  je  la 
crois  assurée  pour  tomo  €  corps  volumi- 
neux ».  Je  crois  aussi  que  c'est  à  tort  que 
Du  G.  rapproche  toma,  tomantula,  ioma- 
celliis,  tomacia  «  intestins  »  dans  Papias, 
de  toma  c  Italis  formaticum  pinguius  ». 
Il  n'y  a  aucune  probabilité  que  le  fromage 
mou  ait  été  dénommé  par  un  rapprochem. 
av.   la  graisse  des  entrailles.   Toma  ne 
Hgure  pas  dans  les  dictionn.  it.  Il  est  pro- 
bable que  Du  G.  l'a  tiré  du  piém.  toma 
»  cacio   fresco  »,  qui.  comme  beaucoup 
d'autres  mots,  est  commun  au  piém.  et  aux 
dialectes  franco-prov. 
TONA  V.  tauna, 

*TONDU  (tondu)  adj.  m.  —  Goch.  ne 
donne  pas  la  définit,  de  ce  mot,  mais  seu- 
lem.  l'ex.  «  Oui  é  tondu,  il  a  manqué  son 
coup.  »  Je  crois  avoir  entendu  cette 
express.,  mais  elle  est  très  rare. 

Subst.  partie,  de  fr.  tondre.  Le  sens 
vient  probablem.  d'un  souvenir  historique. 
On  sait  que  sous  la  !*•  race  royale  on 
faisait  raser  la  chevelure  du  roi  dépos- 
sédé. 

'TONNA  (tdna);  à  Lyon  tonne  s.  f.  — 
Tonnelle. 

De  In.  tonna  c  futaille  »,  parce  que  la 
tonne  s'est  faite  primitivem.  en  forme  de 
voûte,  arrondie  comme  un  tonneau  scié 
en  deux  parties  dans  le  sens  de  sa  lon- 
gueur (cp.  angl.  tunnel).  Mais  aujour- 
d'hui la  plupart  des  treilles  forment  un 
plafond  plat,  et  ne  se  nomment  pas  moins 
tonnes, 

*TOPETTA  (topéta);  à  hy on  t omette  s. 
f»  —  «  Petite  bouteille  de  liqueur,  envi- 
ron demi-septier.  »  (Goch.)  —  Aujourd'hui 


Fiole  en  verre  blanc,  de  forme  très 
allongée,  à  long  goulot,  qui  doit  contenir 
125  gram .  environ.  On  voit  que  les  topettes 
ont  diminué,  comme  tout  le  reste.  Il  est 
vrai  qu'il  y  a  la  c  double  topette  ».  Le 
mot  ne  s'emploie  qu'en  pharmacie.  Une 
topette  de  sirop  de  capillaire.  Pr.  tau 
peto  toupeto,  carafon,  fiole.  En  Limons, 
et  en  Berri  mesure  de  liquide  =  une  demi- 
chopine;  ss.-rom.  topetta,  petite  fiole. 

Du  germ..  vha.  toph,  mha.  topf  c  pot  » 
et  «  crâne  »,  ail.  topf  c  pot  ».  D'où  un 
rad.  top  (sur  la  chute  de  f  cp.  zapf  =  fr. 
tap  dans  fapon).  Il  est  remarquable  qu'en 
germ.  comme  en  lat.  (testa),  on  ait  tiré  du 
mot  signifiant  pot,  le  mot  signifiant  tête, 
crâne.  Au  rad.  top  s'est  ajouté  le  suff. 
dim.  et  ta. 

TOPIN  (topin)  à  Paniss.;  à  Morn.  TU- 
PIN  ("tupin);  à  River.,  R.-de-G.  TIPIN 
(tchipln,  tsipln);  à  Lyon  tupin  (vieilli) 
s.  m.  Vfr.  topi,  ss.-rom.  toupein  tepein^ 
Taren taise  tepein  —  Pot. 

Et  chapiau  de  carton,  à  forme  de  tsipfn. 
€  Et  un  chapeau  de  carton,  en  forme  de 
pol.  »  {Mén.) 

Orig.  germ.  —  Vha.  topK  ail.  topf,  pot. 
Au  thème  s'est  ajouté  le  suff.  dim.  in.  La 
forme  de  Paniss.  est  la  plus  régul.  On  a  eu 
primitivem.  toupin,  dans  lequel  ou  a  passé 
au,  suivant  certaines  phonétiques,  partî- 
culièrem.  celle  de  Lyon  ("34);  puis  cet  ua 
passé  parfois  à  t  sous  infl.  de  p  (73, 
rem.  4). 

N.  de  lieux,  à  Lyon  les  rues  Tupin  et 
du  Tupin-rompu. 

T-0  POS  (lopd)à  River.,  Paniss.  T-E 
POS;  à  Lyon  t-i  pas,  locut.  signifiant 
€  N'est-ce  pas?  »  V.  sous  t-o. 

TORCHE  vin.  s.  f.  —  Sorte  de  pains  — 
1864-65  :  <  Paia  à  cellos  qui  porterion  la 
symazi  (tonneau;  de  la  villa  et  les  torches 
pour  donar  ou  conte  de  Pezenas...  Item 
que  fut  servy  ou  gouvernour  ou  Darphinal 
lo  XXVIII*  jour  de  junier  por  VI  torches 
qui  pesieront  XXII  livres...  »  —  1378  : 
«  Item  pour  XII  torches,  XII  d.  detourtez 
et  XII  d.  de  confitures  données  a  mons.  de 
Genève...  »  {Inv.  de  la  C.) 

Subst.  V.  de  'torcare  pour  toreiare  (t. 

torchi  vb.),  sans  doute  parce  que  le  pain 

avait  une  forme  non  sans  analogie  av.  une 

tresse.  Gp.  tourte,  de  torta. 

TORCHI  (torchi)  s.  f.  —  Essuie-main. 

Subst.  V.  de  torchi^  au  sens  d'essuyer. 


Digitized  by 


Google 


408 


TORC 


TORCHI  (torchl)  v.  a.  —  1.  Essuyer. 

Du  b.  lai.  torc9Lre^  de  Uorca  «  bouchon 
de  paille  »  servant  à  nettoyer.  Je  suppose 
que  torcare  est  pour  Uorticare  ou  'ior- 
ciare,  de  tortum^  en  ce  sens  que  le  bou- 
chon de  paille  était  tordu,  <  troussé  >,  pour 
lui  donner  de  rhomogénéité.  Ch.  de  c  en 
ch  (170  !•).  —  2.  Manger,  au  sens  int.  et 
péj,  «  I-s-ant  torchi  celo  pan,  ils  ont 
dévoré  ce  pain.  » 

Le  sens  de  «  essuyer  »  et  celui  de  <  man- 
ger »  se  sont  toujours  liés  dans  la  pensée 
popul.  Gp.  panô  «  essuyer  »  et  «  manger  *. 
On  aura  trouvé  qq.  chose  de  plaisant  dans 
l'idée  d'essuyer  si  bien  un  objet  qu'on  le 
fait  disparaître.  Toutefois  le  dêveloppeni. 
de  l'idée  n'a  pas  fait  passer  torchi  au  sens 
de  «  voler  »,  comme  panô. 

Je  ne  crois  pas  que  le  vin.  torche,  sorte 
de  pain,  soit  pour  rien  dans  la  dérivât,  du 
sens  primitif  de  torchi  à  celui  do  manger, 
pas  plus  que  pan  <  pain  >  dans  celle  de 
panô,  même  sens.  Les  lois  de  la  dérivât, 
logique  s'y  opposent.  On  ne  trouve  nulle 
part  poissonner  pour  «  manger  du  pois- 
son »,  ni  fruiter  pour  *  manger  du  fruit.  » 

TORGNI  V.  ètrègni. 

TORIRI  (torirl)  TORRÉRI  (loréri)  s.  f. 
—  Se  dit  de  la  tanière  de  tout  animal,  la- 
pin» blaireau  etc.,  et  même  du  trou  du 
grillon. 

Et  te,  Yllain  mogDiô,  qu^au  fond  de  ta  lorréri, 

Demori  lié  jornais  sins  vère  la  charriri. 

«  Et  toi,  vilain  moineau,  qui,  au  fond 
de  ta  tanière,  —  Demeura  six  journées 
sans  voir  la  rue.  »  {Brey.) 

De  vfr.  taisniere,  de  taxum  (v.  taisson), 
plus  suff.  ière,  Taisniere  a  passé  à  tai- 
riere  par  ch.  de  n  en  r,  qu'on  retrouve 
dans  coph{i)num  =  fr.  coffre,  pamp(i)' 
num  =  pampre,  diac(o)num=z  diacre. 
Mais  comme  je  ne  connais  aucun  ex.  de  ce 
ch.  dans  le  groupe  sn,  où  d'ailleurs  s 
tombe  généralem.  (168),  je  crois  qu'ici  le 
ch.  a  été  déterminé  par  l'infl.  de  tarô, 
percer.  D'où  aussi  le  passage  de  ai  init. 
à  a.  —  Je  vois  d'ailleurs  la  preuve  de 
l'ètym.  taisniere  dans  le  suff.  iri  de  toriri; 
car  si  le  mot  eût  été  fait  primitivem.  sur 
tarô,  toriri  signifierait  (comme  fr.  tarière) 
une  chose  trouante  et  non  une  chose 
trouée.  On  a  donc  substitué  le  rad.  de 
tarô  en  gardant  le  suff.  de  taisniere. 

TORNO  (tornô)  l.  v.  a.  —  Tourner, 
retourner.   Tornô   ina  barilli,  retourner 


un  tonneau.  —  2.  v.  n.  Revenir.  O  nos 
faut  lornô.  il  faut  nous  en  retourner.  — 
8.  V.  auxil.  —  Exprime  la  réitérât,  de 
Tacle  indiqué  par  le  vb.  gouverné.  O  faut 
tornô  fère  ceV  oura,  il  faut  refaire  cet 
ouvrage,  Tornô  dire,  répéter. 

De  tornsire  «  faire  qq.  chose  au  tour  », 
pris  au  sens  de  verlere, 

TOROBOT  (torôbô);  à  Lyon  tarabat  s. 
m.  For.  tarrabat,  pr.  torabast,  auv.  tara- 
bat^ lim.  talaba,  piém.  tarabas,  pr.  (ara- 
basteri,  rgt.  torrobostal  —  Bruit,  boule 
versement,  remuement  bruyant,  remue- 
ménage.  Bolon.  tarabaquel  c  ogni  mac- 
china  stravaganle.  parMcolarmenle  di 
legno  »,  tarrabatameint  «  bouleverse- 
ment ». 

J'ai-l-eu  uu  tarrabat  aa  fond  de  ma  fonlana. 

«  J'ai  eu  un  remue-ménage  au  fond  de 
mon  estomac,  n  (Chap.) 

Probaiilem.  de  vfr.  rabast  (v.  rabota)^ 
av.  préf.  ta.  Gh.  de  a  ton.  et  piot.  en  6 
(1  et  59).  D'après  Roquef.  (Dictionn. 
étym.),  le  tarrabat,  en  vfr.,  était  une  sorte 
de  crécelle  pour  réveiller  les  moines.  S'il 
en  est  ainsi,  le  tarabat  de  Lyon  n'est  que 
le  mot  pris  au  lig. 

TOROBOTE  (torôbôte);  à  River,  et  a.i. 
Goch.  TARABATA;à  Lyon  tarabâte  tara- 
bdtre  subst.  m.  et  adj.  —  D'après  Coch. 
<  Enfant  vif,  qui  fait  du  bruit  »,  mais  en 
réalité  se  dit  de  toute  personne  turbulente, 
qui  s'agite.  Que  cela  fëna  est  donc  torô- 
bôte, que  cette  femme  est  donc  turbu- 
lente! » 

De  torôbôt  (v.  ce  mot),  av.  désin.  fém.  a. 

TOROBOTO  (torôbôtô)  à  Crap.  ;  à  River. 
TAR ABOTO  (larabôtô)  v.  n. Pr.  tarabasta, 
Igd.  barabasta  trabasta,  ss.-rom.  tara- 
bouhlla  —  Remuer  bruyamment. 

De  torôbôt  (v.  co  mot),  av.  suff.  d  (14  !•). 

TOROGNIER  (torognô)  s.  m.  —  à  Lyon 
Usurier.  Mot  communiqué. 

Si,  comme  d'ailleurs  je  n'ai  pas  de  rai- 
son d*en  douter,  le  mot  existe,  il  a  dft  être 
composé  av.  tôt,  rogner,  et  le  suff  ter 
(13).  Torognier  =  <  homme  qui  a  tôt  fait 
de  rogner  ».  Au  lieu  de  tôt  (tostum)^  ce 
pourrait  être  tôt  (tuttum)  :  c  homme  qui 
rogne  tout  ».  N'ayant  pas  pris  la  pranon- 
ciat.  sur  le  fait,  je  ne  puis  trancher  la 
question.  En  tout  cas  le  mot  est  bien  peu 
usité. 

TORDRA    (tôrôra)    TARORA    (larôra) 


Digitized  by 


Google 


TORR 


409 


s.  f,  --  Tarière  du  charron  et  du  char- 
pentier. 

De  tarB,tra  pour  taratrum,  Gh.  de  ir 
en  r  (164  3*);  de  a  ton.  et  prot.  en  ô  (1 
et  59). 

TORRA  (tôrra)  s.  f.  —  à  Yzer.  la  Pa- 
resse. Avei  Im  ton-a,  à  Lyon  avoir  la 
cagne.  être  pris  de  paresse. 

Si  Ton  admettait  la  métalh.  de  torpor 
en  topror  (187  1'),  on  expliquerait  torra 
par  Tàddit.  de  la  désin.  fém.  a,  et  la  voca- 
lisât, de  p  (164  6»).  Cf.  en  Langued.  tor 
toun'ado,  gasc.  tor  «  gelée  »,  qui  me 
semble  avoir  la  même  orig.,  l'idée  d*en- 
gourdissem.  suivant  celle  de  gelée. 

TORRÉRI  V.  ioriri. 

TORTA  (lorla)  s.  f.  —  à  S^-Mart.  Pain 
grossier  de  seigle  et  d'orge. 

De  torta  (v.  tourte).  Il  est  bizarre  que 
le  même  mot  ait  servi  à  la  fois  pour  le  pain 
le  plus  grossier  et  pour  la  pâtisserie  la 
plus  délicate. 

TORTI  (torti)  s.  m.  —  à  Paniss.  Châssis 
suspendu  au  plafond,  sur  lequel  on  place 
le  pain  d'une  fournée,  pour  le  mettre  à 
l'abri  des  chats  et  des  rats. 

De  tortïle,  parce  qu'à  Torig.  le  torti  était 
une  claie  tressée,  comme  en  Provence  la 
trantolo,  qui  remplit  le  môme  but.  On  a 
eu  tortil,  réduit  à  ^o)Vt  par  chute  de  Zfin. 
(121  8-). 

TORTISSIÈRE  v.  sous  tortossièves. 

TORTOSSIERES  vin.  dans  le  texte  sui- 
vant.  --  1472  :  «  A  François  Anisson,  cor- 
dier,  pour  neuf  livres  tortossieres  pour  la 
dicte  réparation  (il  s'agit  de  réparation  à 
une  muraille),  à  6  deniers  la  livre,  et  pour 
3  deniers  de  fll  polomard.  »  (Arch.  m.  GG. 
446) 

Les  tortossieres  étaient  des  cordes  pour 
le  service  de  la  construction.  On  appelle 
à  Lyon  tortissières  des  cordes  servant  à 
encâbler  les  matériaux,  fardeaux,  etc.,  au 
moment  de  leur  ascension.  Ces  iortiS' 
sières  sont  accrochées  au  câble,  qui  est  U 
plus  fort  cordage,  et  sert  à  l'ascension. 

Je  crois  que  la  forme  véritable  est  tor- 
tissières de  Uorîicium  (de  tortum)  =  tor- 
tis,  plus  suflf.  ière  (13).  Non  que  ces  cordes 
soient  plus  tordues  que  les  autres,  mais 
parce  qu'elles  sont  «  tordue£  x  autour  de 
1  ODjet  a  nisser.  Il  se  peut  que  tortissiere 
ait  été  corrompu  en  toriossière  par  le  co- 
piste, comme  il  se  peut  que  celui-ci  ait  été 
cfomposé  av.  tortum  =  torto  -J-  suflf.  ière, 


(farius,  relié  par  ss\  mais  la  !'•  hypoth. 
est  la  plus  probable. 

TOTORA  (tôtora)  TOTORE  Ctôtore); 
vin.  TOUTORE  adv.  Pr.,  gév.,  b.  dph. 
toutara;  dph.  totore^  ss.-rom.,Tarenlaise 
totora  —  Présentement,  tout  de  suite,  tout 
à  l'heure,  à  l'instant.  Vpr.  tôt'  ora,  à  toute 
heure. 

Et-ey  TTty  ce  qui  dion,  ct-ey  chousa  oerltina, 

Que  vous  lenit  ioutort  tous  deux  Caremenlrant? 

«  Est-ce  vrai,  ce  qu'on  dit,  est-ce  chose 
certaine,  —  Qu'à  l'instant  vous  teniez  tous 
deux  Carême-entrant?  »  (Bern.) 
Ml  fay,  je  cray  que  j'y  sou 
Totort  k  la  porta. 

•»  Ma  foi,  je  crois  que  nous  sommes  — 
Maintenant  à  la  porte.  »  (Noël  M2Z 

De  lul(liim)  (ad)  Aora(m).  Gh.  de  u  bref 
en  o  (38).  Remarquez  qu'en  vfr.  tout  à 
l'heure  avait  aussi  la  signification  de  pré- 
sentement. 

TOTORE  V.  totora. 

TOU  (tou)  s.  m.  —  Ganal,  égout,  acque- 
duc,  mais  toujours  souterrain.  Morv.  tou 
«  ouverture,  conduit,  rigole,  canal,  voûte 
d'étang  »;  sarde  tiiifulu  «  tube,  conduit  ». 

Detnbum.  V.  sous  étouaison.  Tou  doit 
être  disjoint  de  fr.  tuyau;  esp.,  pr.  tudel. 

TOU  IN  A  ('touinadissyl.)s.  f.  —  àMorn. 
Gros  morceau  de  pain,  mais  on  y  joint 
communém.  l'adj.  groussa.  «  /  Vant  iqui 
bailli  ina  groussa  touina  de  pan,  ils 
t'ont  donné  là  un  gros  morceau  de  pain.  > 

Étym.  inconn. 

TOUO  (touô  monosyl.)  à  Morn.  ;  à  Pa- 
niss. TUO  ("tuô)  V.  a.  Gév.  toua—  Éteindre, 
en  parlant  du  feu.  «  O  faut  tuô  lo  fuè,  il 
faut  éteindre  le  feu.  » 

G'est  le  sens  primitif  de  tuer  c  mettre  à 
l'abri  du  dangw  de  »,  de  tutSire,  fait  sur 
tutus  (T)\e7.);  ou  de  (utare  au  sens  de 
«  finire,  spegnere  »,  d'où«  uccidere.  smor- 
zare  »,  de  totus  (Ascoli;.  Il  est  assez  sin- 
gulier qu'on  dise  tuô  en  parlant  du  feu 
qu'on  éteint,  et  péri  en  parlant  du  liquide 
que  l'on  jette  p£»rce  qu'il  n'est  plus  bon. 

TOURET  vin.  s.  m.  —  On  trouve  dans 
Cotgr.  au  dict.  angl.-fr.  f  A  mavis  (bird) 
Grivette,  mauvis,  siserre.  Lionnois  Toti- 
ret  ».  Ge  mot  paraît  avoir  disparu.  Ghez 
nous  le  mauvis  est  enveloppé  sous  le  nom 
commun  de  merle. 

De  tnrdo,  av.  suff.  et.  Sur  le  sens  cp. 
pr.  tourdre  «  grive  »  et  remarq.  qu'en  fr. 
le  mauvis  s'appelle  aussi  grivette.  Mais  je 

49 


Digitized  by 


Google 


410 


TOUR 


ne  sais  pourquoi  l'on  n'a  pas  eu  tourdet 
(cp.  pr.  tourdret,  petit  oiseau  grivelé). 

TOURTE  s.  f.  Dph.  toriel  —  à  Lyon 
Disque  de  pâtisserie,  à  bords  relevés,  re- 
couvert d'une  couche  de  confiture  sur  la- 
quelle on  place  un  treillis  de  bâtonnets  de 
pâte  sucrée  et  dorée.  Telle  est  exactem.  la 
vieille  tourte,  dont  le  nom  s'est  étendu  à 
des  gâteaux  de  forme  analogue,  mais  aux 
fruits,  à  la  frangipane,  et  sans  treillis,  qui 
ne  difTèrent  pas  de  la  tarte  ordinaire. 

De  torta  <  gâteau  plat  >,  mais  torta 
«  gâteau  »  se  rapporte  évidemm.  à  lorta 
€  chose  tressée  »,  et  comme  la  tourte  n'a 
jamais  été  hélicoïdale,  je  serais  disposé  à 
voir  l'idée  de  torsade  dans  le  treillis  à 
jour  dont  la  couche  de  confiture  est  recou- 
verte, et  qui  doit  avoir  une  orig.  ancienne. 
Il  serait  curieux  que  cette  pâtisserie  eût 
été  inventée  par  un  pâtissier  gallo-romain. 

TOUTORE  V.  totora. 

TRABLA  V.  trohla. 

TRABUJO  ftrabujo;  s.  m.  —  Grabuge 
désordre,  trouble. 

Te  s6i  que  j'a-yint  pré  Stint  Georjo  ptr  refujo, 
Aroué  Tespoir  flttleur  d*y  ftire  du  trabujo» 

«c  Tu  sais  que  j'avais  pris  Saint-Georges 
pour  refuge,  —  Avec  l'espoir  flatteur  d'y 
soulever  des  troubles.  »  {Brey.) 

C'est  fr.  grabuge,  du  germ.,  ail.  grahcn 
du  vha.  graho  «  fosse  fcp.  fouillis ^  de 
fouiller)  »,  comme  l'indique  Scheler. 
L'équivalence  de  gr  et  de  tr  init.  est  à 
remarquer.  L'analogue  se  retrouve  dans 
c{a)rillonner  =  trèlhonnô. 

TRACANET  v.  racanet, 

TRACI  (trassi)  v.  a.  —  à  R.-de  G.  Tra- 
verser. Pr.  trassa  «  pénétrer,  percer,  tra- 
verser. » 

Je  preno  lot  d*iii  coup  l'einTé  de  f roct  Gi  ; 
De  Taulro  Id  dou  pool  je  reocontro  Fougi. 

c  Je  prends  tout  d'un  coup  l'envie  de 
traverser  Gier;  —  De  l'autre  côté  du  pont 
Je  rencontre  Faugier.  ^  (GorL) 

Je  ne  connais  tracl  qu'au  sens  de  faire 
une  trace  av.  les  pieds,  ou  de  planter  des 
piquets  pour  tracer  un  chemin,  le  plan 
d'un  bâtiment  etc.  Le  vfr.  trasser  signi- 
fiait «  faire  n>ute  »,  tracer  «  courir  ».  La 
dérivât.  p;trait  être  celle-ci  :  'traciiaj'e^ 
de  tractus  «  faire  un  Irait  —  faire  une 
trace  —  s'ouvrir  un  passage  ~  s'ouvrir  un 
passage  au  travers  d'une  chose  —  Ira* 
vorsor  lUiio  rivièiv.  uno  rue]  »»lc.  —  péné- 


trer, traverser  [un  corps]    »,  qui   est  le 
sens  pr. 

TRACOLA  (trakola)  vin.  adj.  —Fermé, 
assujetti  par  un  loquet. 

La  cleya  de  l'éUblo 
Estct  ma  (racola, 

€  La  porte  à  claire-voie  de  l'étable  ^ 
Était  mal  fermée.  »  {Noël  xvi»  s.) 

Adj.  partie,  d'un  y.tracola,  aujourd'hui 
tracollô  (V.  trocolla)  et  qui  signifie  bascu- 
ler. La  tracola  était  donc  le  loquet  (qui 
fait  bascule).  Je  crois  que  le  mot  existe 
encore  et  j'ai  un  vague  souvenir  d'avoir 
entendu  trocolla  au  sens  de  loquet.  Je  ne 
sais  si  l'it.  taccola  «  sorte  de  corneille  » 
et  «  bavard  »  peut  être  rapproché  ;  le  nom 
aurait-il  été  donné  par  ressemblance  du 
bruit  de  la  corneille  av.  le  bruit  répété 
d'une  trappe  ou  d'un  loquet? 

TRACOLLET  Ctrakôlè)  s.  m.  —  à  Pa- 
niss.  Piège  à  trébuchet  pour  les  oiseaux. 

Le  même  que  trocolla  (jadis  tracolla) 
1,  av.  suit.  dim.  et;  a  étant  prot.  a  mieux 
résisté  au  passage^  à  6  (B9), 

TRAÉSINT  V.  irienr. 

TRAFFOYRES  vin.  dans  le  texte  suiv. 
«  Quincagenta  seraillias  ferri  vocatas 
traffoyres  »,  cinquante  serrures  appelées 
traffoyres  {Invent,  d'un  serrurier^  1372). 

Ce  sont  des  serrures  qui  ouvrent  des  2 
côtés,  par  opposit.  aux  serrures  de  pla- 
card, qui  ouvrent  d'un  seul.  De  trans  et 
de  forare,  av.  sufif.  fr.  oire,  d'orûi.  Le 
tout  fait  traforoire,  réduit  à  trafoire  pour 
éviter  la  répétit.  de  r.  Ces  serrures  se 
nomment  aujourd'hui  bénardes, 

TRAFORO  (traforô)  v.  a  It.  traforare 
—  Traverser. 

In  prononçait  co«  mot,  Isa  Borldh  telln 
ATOué  rapidiilè  ly  trafort  répnla. 

«  En  prononçant  ce  mot,  une  balle  mor- 
telle —  Rapidement  lui  traverse  répaule.  » 
{Brey,) 

On  dit  aussi  traforô  ina  riviri^  tna 
eharriri,  traverser  une  rivièi-e,  une  rue  etc. 

De  tranS'fortixe.  Trans  =  fra  par  chuU» 
de  n  (176),  et  forare  =  forô  (14  3-). 

TRAFUSER  (trafuzé)  v.  a.  —  terme  de 
fabrique.  Accomplir  une  opération  qui 
consiste  à  mettre  un  matteau  à  une  che- 
ville, et  plaçant  les  deux  mains  à  rintèrieur 
du  matteau,  dans  la  parUe  inférieure,  à 
lui  imprimer  un  mouvem.  de  rotation  qui 
a  pour  but  de   séparer   les  flottes   pour 


Digitized  by 


Google 


TRAF 


411 


pouToir  les  mettre  séparém.  sur  le  guindre 
de  la  mécanique  à  dévider. 

De  tra,  de  trans,  et  fiissire  «  se  ré- 
pandre >,  de  ftisiim.  La  soie  est  divisée, 
€  répandue  >.  L'it.  techn.  irafusola  «éche- 
veaux  de  soie  sur  des  chevilles  >  doit  être 
dér.  d'un  vb.  it.  *trafusare,  que  je  ne  con- 
nais pas,  mais  qui  existe  sans  doute  en 
technologie,  et  auquel  nous  avons  em- 
prunté probablem.  notre  traîuser. 

TRAFUSOIR  (trafuzoip)  s.  m.  —  terme 
de  fabrique.  Arbre  vertical  portant  des 
chevilles  pour  trafuser  la  soie. 

De  trafuser,  av.  suflf.  fr.  oir,  d'orium. 

TRAGER  (trajé)  v.  n.  —  à  Lyon  «  Faire 
du  chemin  ».  Mot  tiré  du  recueil  de 
M.  Aniel  (v.  s,jabri  au  Supplém.), 

On  trouve  :  Pays  de  Bray  tracher 
«  chercher  av.  attention  »,  tracher  sa  vie 
«  mendier  »,  norm.  trache  «  chercher  », 
Lorr.  (le  Tholy)  tracié  «  passer  souvent 
au  môme  endroit  »,  Vosges  tracié  «  aller 
et  venir  »,  vfr.  trader  «  découvrir  à  la 
trace  »,  Morv.  traïjer  «  aller  ça  et  là, 
passer  souvent  dans  le  même  endroit  »; 
berr.  trager  triger  «  traverser,  rôder  »  ; 
Jura  trajer  «  aller,  venir  »;  for.  tragea 
€  passer  à  travers  >,  genev.  traguer  «  por- 
ter, traîner».  Ces  mots  ne  représentent  pas 
tracere  pour  trsicere^  qui  aurait  donné 
In.  trager  trayi^  ni  un  vb.  formé  sur  tra- 
jectum,  car  on  aurait  tragetter.  Je  crois, 
comme  M.  Joret,  que  les  formes  picardes 
et  norm.  indiquent  *tracciare,  de  tracere, 
et  que  trager  est  la  déformat,  de  tracher. 
Nous  avons  emprunté  qq.  mots  au  pic, 
tels  que  chaintre  (v.  ce  mot),  et  pourrions 
lui  avoir  emprunté  trager. 

TRAIN ASSI  (trènassi)  s.  f.  —  1. Renouée 
des  oiseaux,  polygonum  aviculare,  «  2. 
Agrostis.^'^.  Ervum  h\rstitum. 

De  In.  tralno  «  traîner  »,  av.  suflf.  péj. 
assi*  De  ce  que  les  tiges  traînent  sur  le 
sol. 

TRAIRE  (trére)  v.  a.  —  Arracher. 
Traire  in  ôbro,  arracher  un  arbre.  Au 
rebours  traire  les  vaches  se  dit  tiri  le 
vaches. 

De  trKc(e)re.  Gh.  de  ac  en  ai  (10). 

TRAÏSINTv.  trient. 

TRALAJO  (tralajo)  vin.  s.  m.  dans  le 
texte  sUiv.  t  Item  por  lo  tralajo,  xlh  s. 
V.  »  (L.  R.) 

Le  mot.  comme  le  fait  remarquer 
M.  Guigue,  a  le  sens  de  «  fruis  de  voyage, 


transport  ».  Il  me  parait  composé  de  tra 
(trans)y  de  alla  «  aller  »,  et  suflf.  ajo, 
d'aticum.  Le  tout  donne  tra-aUajo,  réduit 
à  tralajo.  Il  semble  que  ce  mot  serait  de 
nature  à  appuyer  l'élym.  allare,  de  alla- 
tum  (ad  latumjy  allaticiim  se  dérivant 
naturellem.  de  allatum  (qui  n'est  pas 
hypothét.).  Mais  je  crois  qu'une  format, 
purem.  romane  est  plus  vraisemblable. 
TRALIURE  (tralhure)  TRALURE  v.  n. 

—  Briller  au  travers,  briller  vaguement. 
Lo  solei  traluit,  le  soleil  luit  au  travers 
des  nuages. 

A  peoa  lo  sole  flgnécié  de  traliure. 

€  A  peine  le  soleil  finissait-il  de  se  cou- 
cher. »  (Mar.) 

De  trans-lvLc(e)re  (pour  lucere).  Trans 
=z  tra  (v.  traforô)  et  lucfejre  =  luire 
(164  lo,  rem.  1),  et  Hure  par  attract.  de 
l'yotte.  Traliure  se  réduit  à  Iralure, 
comme  adduire  à  addure. 

TRALURE  V.  traliure, 

TRAMBALO  v.  trampalô. 

TRAMPALO  (tranpalô);  à  Grap.,  Pa- 
niss.   TRAMBALO    (Iranbalô)  v.   n.  Pr. 
trampela  trampeleja,  sav.  trambella  — 
Trébucher  par  suite  d'ivresse,  tituber. 
Groytnt  que  rElernel  va  sodain  s'efifrel 
D'euteudre  des  lurons  trampalant  sacre!  ! 

«  Croyant  que  Dieu  va  soudain  s'eflfrayer 

—  D'entendre  des  lurons  qui  sacrent  en 
titubant.  »  (Hym.) 

Renferme  le  rad.  germ.  tramp  :  goth. 
trimpan,  nor.  trampa,  ail.  trampeln, 
angl.  to  trample  «  piétiner  ».  Au  thème 
s'est  ajouté  le  suflf.  fréq  olô.  Gela  donne 
trampolô,  mais  on  a  dû  avoir  un  simple 
'trampa,  dont  la  voy.  fin.  a  pu  fournir  l'a 
du  suflf.  Dans  la  forme  tramhalô,  il  y  a  eu 
infl.  de  ti\mhaller. 

TRAMPASSO  V.  trapassô. 

TRANCANER  (Irankané)  DÉTRAN- 
CANER  V.  a.  Lgd.  tracana  —  terme  de 
fabrique,  dévider  sur  la  machine  appelée 
trancanoir.  Lorsque  la  soie  sortant  de  la 
teinture  est  remise  à  la  dévideuse,  celle-ci 
met  les  flottes  sur  les  guindres,  cherche 
le  bout,  et  dévide  sur  les  roquets.  Gomme 
la  flotte  sur  le  guindre  est  sujette  à  s'em- 
brouiller, le  fil  tire  à  ces  moments  et  fait 
une  «  serrée  »  sur  le  roquet.  A  l'ourdis- 
sage le  fil  pourrait  casser.  Pour  régula- 
riser, on  dévide  une  seconde  fois  le  fil  sur 
le  trancanoir.  Faire  cette  opération,  c'est 
trancaner  ou  détraucaner  la  soie.  Au  fig. 


Digitized  by 


Google 


412 


TRAN 


transvaser.  Genev.  trancaner,  transvaser 
inulilem.  un  liquide,  et  par  là  le  perdre  ou 
le  gâter. 

De  it.  stracannsire,  mol  technique.  Au 
XV*  s.  stracannare  la  seta  t  passarla  da 
una  altra  canna  ».  It.  scannare,  dévider. 
Le  mot  a  été  importé  av.  Tindustrie  de  la 
soie.  Chute  de  à*  init.  (112  2*);  nasalisât, 
de  a  (184  7%  rem.  1).  Gomme  l'indique 
la  déûnit.,  la  racine  est  canna  <  roquet  » 
ou  «  bobine  *  parce  que  les  bobines  étaient 
en  roseau  (cp.  canette^  de  canna). 

TRANCANOIR  (trankanoir)  DÉTRAN- 
CANOIR  s.  m.  terme  de  fabrique,  sorte  de 
dévidoir. 

De  trancaner  (v.  ce  mot),  av.  suff.  oir, 
d*orium,  applicable  aux  objets  moyens 
d'action  (cp.  dévidoir). 

TRANCHET  (tranché)  s.  m.  dans  la 
locut.  Trier  sur  le  tranchet  pour  «  trier 
sur  le  volet  ». 

Cette  locut.,  proscrite  par  Molard,  est 
tombée  en  désuétude.  Il  est  probable  que 
le  tranchet  était  ce  que  nous  appelons 
€  planche  à  hacher  *.  1/idée  était  de 
<  choses  triées  sur  la  planche  »  avant  de 
les  hacher.  Quant  à  irafichet  il  était  dans 
ce  cas  tiré  de  trancher^  av.  suflf.  et  appli- 
cable aux  noms  d'objets. 

TRANSON  (transon)  s.  m.  —  Gros  mor- 
ceau de  pain.  In  transon  de  pan,  un  gros 
morceau  de  pain. 

De  truncionem,  de  truncum.  Ch.  de 
un  en  an  (72,  rem.  2),  et  de  cionem  en 
son,  comme  dans  coctionem  =  cosson 
(V.  ce  mot).  Transon  =  fr.  tronçon  pour 
lequel  Diez  préfère  l'étym.  thyi'sum,  mais 
celle-ci,  qui  convient  au  pr.  tros  «  trognon 
(de  chou)  »,  n'est  pas  en  rapport  av.  le 
sens  de  tronçon. 

TRANSONIRI  v.  transuniri. 

TRANSOUTO  (transoutô)  s.  f.  —  En- 
jambée. Feire  ina  transoutô ^  faire  une 
enjambée. 

Subst.  partie,  de  transoutô, 

TRANSOUTO  (transoutô)  V.  a.  -  Sauter 
par-dessus.  Vpr.  trasautarj  franchir. 

Enfin  Btrttud  s'éltnce,  et  son  trdeur  guarriéri 

Ly  fat  dint  quttro  MUlt  transoutô  la  barriéri. 

<  Enfin  Berthaud  s'élance,  et  son  ardeur 
guerrière  —  Lui  fait  dans  quatre  sauts 
passer  par-dessus  la  barrière.  »  (Brey.) 

De  trans  =  tra  (176)  et  saltare  = 
soutô.  On  a  eu  certaincm.  tra-soutôt  puis 


transoutô  par  la  nasalisât,  si  fréquente 
de  a. 

TRANSUNIRI  (transuniri)  s.  f.  àCrap.  ; 
à  River.  TRANSONIRI  —  Grosse  scie  à 
2  personnes,  qui  sert  à  couper  de  gros 
arbres. 

De  truncionem  =  transon  (v.  ce  mot), 
av.  su(î.  m,  d'oria  (37).  Dans  la  forme 
trans uniriy  le  passage  do  o  formé  à  u 
est  dû  à  la  phonét.  de  Crap. 

TRAPASSO  (trapassô)  TRAPOSSO 
(trapôssô);  à  River.  TRAMPASSO  v.  a. 
B.  lat.  transpassare,  ,vfr.  trépasser  — 
Dépasser  en  marchant.  «  Xavian  trapôssô 
la  crue,  nous  avions  passé  au  delà  de 
la  croix.  » 

Les  orages  d*in  haut  trapôtsont  su  sa  téta. 

«  Les  orages  de  là-haut  passent  par-des- 
sus sa  tête.  »  (Mon.) 

De  tra,  de  trans  (175),  et  de  passô 
pôssô  c  passer  »  ;  littéralem.  «  passer  au 
delà  ».  Ce  vb.  me  semble  formé  plus 
logiquem.  que  fr.  dépasser,  où.  le  préf .  de 
devrait  donner  au  contraire  un  caractère 
de  rétrogradât. 

TRAPON  (Irapon)  s.  m.  —  1.  Trappe 
pratiquée  dans  le  plancher  d'un  grenier  ou 
d'une  cave.  —  2.  Ouverture  pratiquée  dans 
une  haie  pour  le  passage. 

De  fr.  trappe,  du  vha.  trsipo  t  trébu- 
chet  »,  av.  suff.  dim.  on. 

TRAPOSSO  V.  trapassô. 

TRAQUE  (trake;  adj.  des  2  g.  —  à  Lyon 
Écervelé,  timbré,  demi-fou. 
*  D'un  rad.  trac  exprimant  le  dérangem. 
d'un  ressort,  d'une  mécanique,  et  qui  pa- 
raît être  une  onomat.  Cp.  avoir  le  trac, 
céder  à  une  peur  instinctive  et  irréfléchie. 
Le  sens  ne  paraît  pas  permettre  de  ratta- 
cher ce  mot  à  traquer  «  tendre  des  toiles 
autour  du  gibier  ».  Je  crois  au  contraire 
que  notre  rad.  trac  a  agi  sur  détraqu4n\ 
s'il  ne  l'a  pas  formé.  En  tous  cas  Tadj . 
traque  ne  peut  s'expliquer  que  par  un  vb. 
Uraquer,  même  sens  que  détraquer,  et 
dont  traque  est  le  subst.  v. 

TRAQUENË  V.  traquenôrd. 

TRAQUENORD  (trakenôr);  à  Grap. 
TRAQUENË  Araquenë);  à  Lyon  traque^ 
nard  s.  m.  —  Tarare,  van  mécanique  pour 
le  grain. 

Du  fr.  traquenard  «  piège  à  bêles 
fauves  ».  parce  que  le  tarare  se  compose 
de  palettes  qui  sont  mises  en  jeu  par  un 


Digitized  by 


Google 


TRAQ 


413 


mouvem.  de  rotation,  et  font  assez  bien 
l'effet  de  trappes  qui  tombent,  et  en  rap- 
pellent même  le  bruit.  SurTétym.  de  tra- 
quenard V.  taquet  de  moulin.  Dans  la 
forme  de  Crap.  substitut,  du  suff.  ë  pour 
et  au  suff.  ard. 

TRAQUET  V.  taquet  de  moulin, 

TRAQUINË  (trakinë)  s.  m.  —  à  Crap. 
Horloge  à  poids. 

Mftnie  orig.  que  traque  ne  (v.  ce  mot) 
t  van  mécanique  ».  Mais  je  ne  comprends 
pas  l'analogie  que  Ton  a  pu  voir  entre  une 
horloge  à  poids  et  une  machine  à  trappes. 
Est-ce  le  bruit  particulier  que  fait  le 
mécanisme  lorsqu'on  remonte  les  poids? 

TRAQUOIRE  (Irakoire)  s.  f.  —  terme 
pêj.  A  Lyon  fille  écervelée,  à  tète  faible. 

De  In.  traque,  av.  suff.  fr.  oire,  d'oria. 
Ce  suff.  est  péj.  lorsque,  au  lieu  de  s'appli- 
qut'r  aux  objets,  il  s'applique  aux  per- 
sonnes, qui  sont  alors  comparées  à  des 
objets  mécaniques. 

TRAS  (tra)  TROS  s.  m.  Sav.  traz  — 
Solive.  Il  y  a  deux  espèces  de  tras  :  le 
tras  ordinaire,  de  8  cent,  de  larg.  par  11 
de  haut.,  et  le  tras  de  mate,  de  16  cent, 
sur  16.  Les  premiers  s'assemblent  dans 
les  poutres;  les  seconds  sont  posés  sans 
assemblage,  et  simplem.  en  prise  dans 
les  murs.  Vfr.  tref,  poutre. 

De  t)'B,b(em).  On  a  eu  certainem.  traf 
(cp.  tref),  et  trafs,  av.  s  analogique,  qui 
a  persisté  dans  la  graphie  tras,  suivant 
l'orthogr.  de  tous  les  comptes  d'ouvriers. 
Vf  devant  ^  a  dû  tomber  de  très  bonne 
heure,  puisqu'on  a,  dès  le  xi*  s.,  clés  pour 
clf*fs.  On  a  d'ailleurs  le  vfr.  très  pour  le 
cas  sujet  de  tref.  Dans  la  forme  trôs, 
usitée  dans  les  campagnes,  ch.  de  a  en  o 
(1). 

Je  ne  crois  pas  qu'il  faille  rapporter  tras 
au  vfr.  tras  te  c  poutre  »,  de  transtrurn, 
pu,  à  supposer  que  la  post-ton.,  protégée 
par  un  groupe  de  3  cons.«  fût  tombée,  le  t 
du  moins  aurait  persisté  comme  dans  Igd. 
Irast  «  soupente,  galetas  >.Ledim.  traton 
indique  d'ailleurs  clairem.  l'orig.  traf. 

Il  est  à  remarquer  que  tras  est  inconnu 
dans  laconstruct.  parisienne,  qui  possède 
cependant  le  dim.  travette. 

TRAVARSI  (travarsi);  à  River.  TRA- 
VERSA ;  H  Lyon  traverse  s.  f .  For.  tra- 
varsi —  Vent  d'ouest.  A  River,  le  vent 
du  S.  0.  est  appelé  Vint-traversa,  c'est- 


à-d.,   moitié  vent  du  midi    (v.   vint)  et 
moitié  vent  d'ouest. 

Subst.  V.  de  fr.  traverser,  Gh.  de  e  en  et 
(68);  désin.  i  (54  5*).  Je  crois  que  nous 
avons  emprunté  le  mot  aux  Foréziens,  qui 
ont  donné  ce  nom  au  vent  d'ouest,  parce 
qu'il  prend  en  travers  la  plaine  du  Forez, 
dont  le  sens  longitudinal  est  du  nord  au 
sud.  Le  revers  ouest  des  montagnes  du 
Lyonnais  regarde  la  plaine  du  Forez. 

TRAVON  (travon)  s.  m.  —  Le  môme 
que  tras. 

De  'trabonem,  de  trabem,  Ch.  de  b  en 
V  (141). 

TRAVONEYSON  vin.  s.  f.  —  Ensemble 
des  ti*as  ou  travons  d'un  plancher.  — 
1528-29  :  «  Payement  des  ouvriers  t  qui 
ont  vacqué  et  continué  à  faire  ung  four 
à  rhostel-Dieu  du  pont  du  Rosne.  et  une 
travoneyson  sur  [iceluy].  >  (Inv.  de  la  C.) 

De  In.  travon,  av.  suff.  coll.  aison, 
d*ationem,  Lo  dph.  a  encore  traveison, 
plancher,  de  trabem,  av.  le  même  suff. 

TRAVONO  (travonô)  v.  a.  —  Mettre, 
placer  des  travons. 

De  In.  travon,  av.  suff.  ô  (14  3*).  . 

TRAYINT  V.  trient, 

TREIVO  V.  trèvo  «  petite  place,  etc.  » 

TRELLIONNO  (trelhônô)  v.  a.  —  à 
S*-Mart.  Carillonner. 

C'est  carillonna  «  carillonner  »,  av. 
métath.  de  r  (187  1°);  d'où  cra-illonnô 
craillonnô  crellionnô,  passé  à  trellionno 
par  un  ch.  do  cr  en  tr,  analogue  à  l'échange 
qui  s'opère  entre  cl  et  tl.  Cp.  trabujo 
pour  grabujo, 

TREMPA  (tranpa)  s.  f.  Cév.  trempa 
1.   —  Piquette. 

Subst.  V.  de  fr. -/remper  pour  temprer, 
de  temperAre,  parce  que  le  marc  de 
raisin  est  trempé  d*eau. 

2.  A  Lyon  parfois  employé  pour  lessive, 
eau  dans  laquelle  «  trempe  »  le  linge. 

TREMPOTTE  s.  f.  —  à  Lyon  Pain 
trempé  dans  du  vin. 

De  fr.  tremper,  av.  suff.  dim.  otte, 

TREÏHDINA  (trandina)  à  Yzer.  ;  aux 
environs  de  Lyon  TRI  EN  DINE  (triandine) 
s.  f.  —  Outil  pour  travailler  la  terre, 
composé  de  3  pointes  d'acier  fixées  sur  un 
talon. 

De  In.  trient j  av.  suff.  ina;  d*où  trien- 
tina  passé  à  triendina  par  affaiblissem. 
de  t  mèd.  rri^nrfiwa  s'est  ensuite  réduit 


Digitized  by 


Google 


414 


TRES 


à  trendina  dans  certains  endroits.  Aux 
environs  de  Lyon  a  fin.  est  devenu  e 
quand  on  a  voulu  franciser  le  mot. 

TRESET    (trezè)   s.  m.   —   à   Villefr. 
Raisin  avorté. 
Subst.  V.  de  irezottô,  av.  suff.  dim.  et» 
TRESINT  V.  Irient. 
TRESOTTO  (Irezùtô)  v.  n.  —  à  Villefr. 
Se  dit  des  raisins  dont  les  graines  ne  se 
sont  pas  développées,  et  qui,  en  mûrissant, 
sont  restées  au  volume  de  gros  plomb  de 
chasse. 

Le  rad.  trez  signifie  traire,  tirer,  de 
tracere  (v.  trésu  trésuri)  cp.  aussi  forez. 
trézi  €  boire  >).  A  ce  rad.  s*est  ajouté  le 
suff.  fréq.  ottô.  L'idée  est  que  le  suc  du 
raisin  a  été  tiré,  pompé. 

TRÉSU  (trézu)  s.  m.  —  Seau  dans 
lequel  on  tire  le  vin. 

De  frac^e(?),  av.  suflf.  u,  à*orem 
(34  bis).  Sur  c  devenu  j  et  a  devenu  é,  v. 
trésuri. 

TRÉSURI  (trézuri)  s.  f.  —  Benne 
placée  sous  Témissaire  du  pressoir  pour 
recevoir  le  vin. 

De  trAcfejref,  av.  suff.  uri^  d*oria  (37). 
Lee  du  rad.  trac  serait  devenu  z  dans  les 
dér.  (v.  trésu),  en  même  temps  qu'il  faisait 
passer  a  à  ai  (v.  traire)^  devenu  é. 

TRÈVO  (trèvo);  ap.  Goch.  TREYVO; 
vin.  TREYVE  TREIVO  s.  m.  —  t  Petite 
place  triangulaire,  carrefour  où  se  réu- 
nissent trois  chemins.  »  (Goch.)  —  La 
définit,  est  incomplète;  on  appelle  aussi 
trètos  les  endroits  où  2  chemins  se 
croisent  et  forment  par  conséquent  quatre 
voies.  Ces  croisées  de  chemins  sont  beau- 
coup plus  fréquentes  que  les  places  trian- 
gulaires.  Le  mot  se  retrouve  dans  un 
grand  nombre  de  noms  de  lieux  :  Trêves , 
près  de  R.-de-G.,  Trêves  près  de  Gollonges- 
lez-L^on.  A  Lyon,  en  1388,  Jean  de  Foreys 
possède  «  une  maison  assise  en  Therberie 
que  flert  en  la  rue  du  Treyve  Bessal  (v. 
bessal). 

PiMoii  par  cfttui  treivo. 
t   Passons  par  ce  carrefour.  »    {Noèl 
XVI*  s.) 

De  trivium.  Ch.  de  i  bref  en  ci  è  (16). 
On  a  eu  certainem.  treivio,  réduit  à  treivo 
trèvo.  Dph.  trievo  «  chemin  qui  a  3  routes 
(Gharb.)». 

TRÈVO  (trèvo)  s.  m.  Lgd.  trèbo:  pr., 
gèv.  trèvo  —  Esprit  qui  erre  la  nuit,  qui 
fait  du  bruit  dans  les  maison^}  etc.  Beau- 


coup moins  usité  que  luétin,  maisparaii 
avoir  une  significat  plus  péj.  Le  luétin 
fait  des  farces  plutôt  que  du  mal.  Il  n'en 
est  pas  de  môme  du  trèvo,  qui  me  parait 
plutôt  ressembler  au  drac,  lejuel  existe 
dans  plusieurs  pat. 

Sibst.  V.  de  vpr.    trevar^  pr.    treva^ 
gasc.  treha,  lgd.  traiva,  lim.  triba  «  rôder  » 
et  par  extens.  t  fréquenter,  hanter  »,  pro- 
bablem  de  trivium.  Le  vfr.  possède  aussi 
un  autre  subst.  v.  correspondant  à  trevar  ; 
c'est  treu,  qui  se  rencontre  plusieurs  fois 
dans  les  anciens  textes  pr.,  av.  le  sens  de 
lieu  où  l'on  erre,  où  l'on  se  promène,  que 
l'on  fréquente  (Chaban.).  Sur  la  chute  de 
ri  at.  cp.  les  formes  comme  vpif.  Itale  = 
Italia,  Alexandre  =  Alexand^'ia,  etc. 
TRÉYINT  V.  trient. 
TREYVE  V.  trèvo  «  petite  place,  etc.  » 
*TREYVO  V.  trèvo  «  petite  place,  etc.  » 
TRIAILLES  ririalhe)  s.  f.  pi.  Lgd.  tria- 
Iho  —  Êpluchures,  débris.   «  Et  iqui  se 
trovave  ben  conten  se  al  ayet  pu  migi  de 
le  triailli  (pour  triailles)  de  lous  caions  », 
et  là  il  se  fut  trouvé  bien  content,  s'il  eût 
pu  manger  les  êpluchures  destinées  aux 
porcs  (Parab.  des  frontières  du  For.). 
De  trio,  fr.  trier^  av.  suff.  coll.  aille, 
TRIBOR   (tribor)  s.   m.    —  à    Morn. 
Triangle  formé   de  3  bâtons  assemblés, 
qu'on  pend  au  cou  des  porcs  pour  les  em- 
pêcher d'entrer  dans  les  maisons. 

De  tri  (employé  par  les  Lat.  pour  ter 
dans  la  composit.  des  mots),  av.  bord  au 
sens  étym.  de  planche,  du  goth.  baurd, 
angl.  board, 

TRICOTO  (trikotô);  à  Lyon  tricoter  v. 
a.  —  1.  Danser  en  battant  des  entrechats, 
en  remuant  les  jambes  av.  agilité. 

G'est  le  fr.  tricoter,  av.  substitut,  de 
suff.  (14  !•)  et  dérivât,  du  sens.  On  a  com- 
paré le  mouvem.  des  jambes  au  mouvem. 
des  aiguilles  à  tricoter. 

2.  Dans  l'express.  Tricota  le  cloches^ 
sonner  en  carillon.  A  Lyon  tricoter  les 
cloches,  for.  Iricouta,  ss.-rom.  trekhau- 
douna,  Albertville  tr'koeudend, 

El  se  bonne  galoches, 

Par  faire  lou  lutin  en  tricotant  le  dodiet. 
«  Et  ses  bonnes  galoches,  —  Pour  se 
démener  en  carillonnant.  »  (Chap.) 

Le  travail  de  tirer  les  cordes  des  cloches, 
en  croisant  ugilem.  les  mains,  peut  sug- 
gérer le  rapprochem.  av.   le  travail   du 
i  tricot,  mais  l'ex.  cite  fait  allusion  nu  tra- 


Digitized  by 


Google 


TRIE 


445 


vail  des  jambes.  Dans  les  pays  où  le  ca- 
rillon est  perfectionné,  comme  à  Mende, 
Saugues,  etc.,  les  cloches,  très  nombreuses 
(il  y  a  des  carillons  de  22  cloches),  sont 
mises  en  mouvem.  à  l'aide  d'un  clavier 
de  pédales,  sur  lequel  le  carillonneur  tri- 
cote, comme  le  danseur.  Il  est  vraisem- 
blable qu'il  en  était  de  môme  dans  l'église 
de  Saint-Étienne,  où,  en  1632,  Jacques  de 
Belle-Mine  était  sonneur,  lorsque  Chap. 
rédigea  le  Testament,  d'où  est  tiré  l'ex. 
Les  «  bonnes  galoches  »  servaient  à  «  tri- 
coter >. 

TRIENDINE  v.  Trendina. 

TRIENT  (trian);  à  Grap.  TRÈYINT 
(trè-yin);  à  Morn.  TRAYINT  (Ira-yin) 
TRAÏSINT  (tra-izin);  à  Yzer.  TRAÉSINT 
(tra-ézln);  à  River.  TRESINT  (trezin)  s. 
m.  Dph.  trayen^  Morv.  trayant,  berr. 
trie7it,  for.  troyon,  viv.  trayin,  saint. 
trayant  trient—  Pioche  à  8  dents  courtes, 
qui  sert  à  enlever  le  fumier  des  étables. 

De  tridentem.  Ch.  de  i  bref  en  e  (68); 
chute  de  d  (139).  On  a  treent,  passé  à 
trient  par  le  ch.  de  ee  en  te,  comme  dans 
l'hiatus  lat.  ea,  devenu  ta.  Dans  les  formes 
trèyinty  trayint  l'hiatus  a  été  rompu  par 
2/,  et  de  plus  en  a  passé  à  in  (29).  Les 
formes  traïsint,  iraésint  tresint  seraient 
dues  à  une  format,  d'oc.  Le  d  méd.,  au 
lieu  de  tomber,  serait  passé  d'abord  à  djs 
puis  à  s:  (cp.  audire  =  pr.  ausir,  videre 
=  vezei*).  Ces  formes  seraient  archaïques. 
Aï,  aé  représenteraient  la  dipht.  origi- 
naire ei(16).  On  pourrait  aussi  distraire 
les  formes  traïsint  etc.,  des  formes  trient 
etc.,  et  considérer  les  premières  comme 
venues  de  tracere  (cp.  trésuri).  Sur  le 
sens  cp.  vfr.  trahant  et  trafiens  [ap. 
Roquef.),  Morv.  tire-fient,  môme  sens  que 
notre  trient.  Cette  format,  serait  très 
vraisembl.  si  l'identité  des  objets  ne  pa- 
raissait devoir  faire  reporter  aussi  tous 
les  mots  à  une  orig.  commune,  nettem. 
indiquée  par  la  forme  trient, 

♦TRIFFES  (trife);  à  Lyon  tru/Tes  s.  f. 
pi.  Vionnaz  M/Vi,  piém.,  trifola,  gév.  tri- 
folo  —  Pommes  de  terre. 

De  tuh(e)r  =  tuhra  par  l'addit.  de  la 
désin.  fém.  a.  Tuhra  =  truha  par  métath. 
de  r  (187  l»)  et  trufa  par  ch,  (bien  rare) 
de  b  en  f.  TruftL  devient  trifa  sous  infl. 
de  f(73,  rem.  4). 

TRIOLET  V.  trioulo. 

TRIOMVIRET  v.  triomviri. 


TRIOMVIRI  (trionviri)  s.  f.;  à  Hiver. 
TRIOMVIRET  (triomvirè)  s.  m.  —  Cul- 
bute  cul  sur  tète. 

De  tria  riria,  littéralem.  «  trois  cercles 
(pour  8  tours)  ».  L'a  prot.  ne  tombant  pas, 
on  a  triàviri  (54  !•)  et,  par  nasalisât,  de 
a  (184  7«,  rem.  3)  triammri,  passé  à 
triomviri.  Dans  la  forme  de  River,  addit. 
du  suff.  et. 

TRIOULO  (trioulo);  ap.  Goch.  TRIO- 
LET; à  Lyon,  triolet  s.  m.  Vionnaz  triolé 

—  Trèfle. 

Pals  boquctô  lo  trioulo . 

€  Fais  fleurir  le  trèfle.  »  (Prière) 

De  trifolltum  pour  trifolium,  Ch.  de  t 
bref  en  è  (16);  chute  de  f  (144  2»).  D'où 
treollo=  triollo,  et  trioulo  par  infl.  de  / 
sur  le  passage  de  o  à  ou,  caro  entr.  égale 
ordinairem.  o  (38).  Dans  triolet,  l'infl.  ne 
s'est  pas  fait  sentir  à  cause  du  sufl'.  ac- 
centué. 

TRI-TRI  (tri-tri)  s.  m.  —  à  Morn. 
Grillon. 

Onomat.  du  cri  de  l'insecte.  Le  mot  a 
certainem.  été  cn-cri  passé  à  tri-tH,  Cp. 
trellionnô,  trahujo  (v.  ces  mots). 

TROBLA  (trôbla);  vin.  TR ABLA  s.  f.  — 
Table,  i  Et  tantôt  illi  aliet  demandar  li- 
cenci  de  alar  a  trahla  >,  et  bientôt  elle 
alla  demander  la  permission  d'aller  à 
table  (Marg.). 

De  tB,b(u)la.  Insert,  de  r(184  6%  b)  ; 
ch.  de  a  en  d  (1). 

*TROBLA  (trôbla);  à  Lyon  trouble  s.  f. 

—  Sorte  de  fllet  pour  le  poisson.  Ne  doit 
pas  se  confondre  av.  le  fr.  irtible  trouble , 
wal.  troub,  petit  filet  en  forme  de  poche 
qui  sert  à  prendre  le  poisson  dans  les 
viviers.  Ce  filet  se  nomme  chez  nous  /floche. 
La  trôbla  est  au  contraire  un  assez  grand 
filet,  qui  a,  il  est  vrai,  la  forme  d'une 
poche,  comme  la  brécanière,  mais  l'ouver- 
ture est  en  demi-cercle.  Ce  demi-cercle 
est  traversé  par  une  perche  qui  sert  de 
manche  et  se  fixe  à  la  fois  sur  l'arc  exté- 
rieur et  sur  la  traverse  formant  corde.  La 
poche  occupait  trois  hommes  montés  sur 
un  barquot  qui  côtoyait  les  rives  garnies 
de  vourgines.  Le  patron  plongeait  le  filet 
et  lo  tenait  assujetti  sur  le  fond,  en  main- 
tenant ainsi  le  bateau  en  place,  pendant 
que  les  deux  aides,  à  l'avant  et  à  l'arrière, 
furetaient  dans  les  branches  et  les  racines, 
à  l'aide  de  grands  bâtons  garnis  à  leur 
extrémité    inférieure    d'une    semelle    ou 


Digitized  by 


Google 


446 


TROB 


haltoir.  Ils  délogeaient  ainsi  le  poisson 
quif  en  temps  de  crue,  \a  chercher  sa  nour- 
riture sur  les  bords,  et  le  forçaient  à  se 
précipiter  dans  le  filet.  Cette  pêche,  dont 
mon  père  me  parlait  souvent,  a  été  aban- 
donnée depuis  50  ou  60  ans  pour  la  pèche 
à  la  brécanière,  pratiquée  par  un  seul 
homme  qui  pèche  de  dessus  le  bord,  et 
ramène  le  filet  contre  la  rive. 

Subst.  V.  de  trobîô  «  troubler  »,  parce 
que  les  opérations  des  aides  troublent 
Teau.  Le  nom  a  dû  ensuite  s'étendre  au 
fr.  trouble,  petit  filet  pour  les  viviers, 
parce  que  celui-ci  a  été  fait  sur  le  patron 
de  la  trouble. 

TROBLO  (troblô)  adj.  Ss.-rom.,  Taren- 
taise  trobld;  h  lim.  trebla,  (fém.  treblado) 

—  Fou.  f  Lo  pouro  bogro  est  troblô,  le 
pauvre  diable  a  perdu  l'esprit.  » 

Adj.  parlicip.  de  troblô, 

TROBLO  (troblô)  V.  a.  —  Faire  devenir 
fou.  c  La  mort  de  sa  fena  Va  troblô ^  la 
mort  de  sa  femme  Ta  rendu  fou.  >  V.  n. 
Devenir  fou.  A  River,  v.  n.,  s'emploie  tou- 
jours précédé  du  vb.  faire  :  O  Vatat  tro- 
hlôj  c  cela  l'a  rendu  fou  >. 

Le  irin  troblit,  par  cnmblo  de  mùllieur. 

f  Elle  en  devint  folle,  pour  comble  de 
malheur.  >  (Mon.) 

De  txirb(u)l9^re,  dim.  de  turbare.  Gh. 
de  u  bref  en  o  (38);  de  are  en  ô  (14  3*). 
Sur  le  sens  cp.  t  un  esprit  troublé  »,  pour 
«  esprit  atteint  de  folie  ». 

TROC  (trôk),  s.  m.  Pr.  tros,  poit.  tro 

—  Gros  morceau.  In  troc  de  pan,  un  gros 
morceau  de  pain.  Pr.  un  tros  de  pan. 

D'après  Diez,  le  pr.  tros  del  caul  «  tro- 
gnon de  chou  »  viendrait  de  vfr.  tours 
trous  irons,  it.  torso,  de  thyrsus.  Cette 
étym.  peut  être  exacte  pour  tros  del  caul^ 
mais  non  pour  troc  de  pan,  car  outre  que 
le  pain  n'a  pas  de  tige,  la  prononciat.  de 
c  fin.  dans  troc  indique  neltem.  une  autre 
èlym.  On  peut  y  lire  la  métath.  de  tort 
tore  y  de  'tortiare.  Cp.  un  torchon  de  pain 
<  un  gros  morceau  de  pain  >  et  le  vin. 
torche  (v.  ce  mot)  «  gros  pain  ».  Celte 
étym.  est  plus  vraisembl.  que  truncum, 
av.  la  dénasalisat.  de  u,  la  denasalisat. 
d'une  voy.  étant  fort  rare.  Quant  au  pr., 
il  serait  le  ré.sullat  d'une  confus,  av.  tros, 
de  thyrsum.  Le  sarde  truncu  *  tronc  de 
chou  »  se  rapporte  à  trnncum 

TROCOLLA  (trôkôla;  s.  f.  For.  iracolla 

—  L  Piège  à  tiébuchet  pour  les  oiseau]^ 


Subst.  V.  de  'trans-colSLre,  Trans  =  tra 
(176),  et  colare  =  colô  (1 4  3^)  ;  littéralem. 
*  glisser  au-delà  »  et  par  conséquent  bas- 
culer. Cp.  it.  tracùllo  «  chute,  culbute  ». 
Je  ne  doute  pas  qu'il  n*y  ait  eu  un  vb. 
trôcollô  t  basculer  »,  qui  existe  peut-être 
encore  et  répond  à  it.  tracollare. 

2.  —  A  Lyon  tracolle,  personne  lente, 
ti-ainarde,  tralne-grolles.  «  Vances-tu,  tra- 
colle t  » 

Paralt-ôtre  tôcolla,  métath.  de  côlolla 
(v.  ce  mot  aux  sens  2.  et  4.),  av.  insert,  de  r 
sous  infl.  de  trôcolla  (v.  tracola  vin.). 

*TROLLI  (irôlhi);  à  Lyon  trouille  s.  f. 
Sav.  trolliet  —  Tourteau  de  noix  qui  serl 
à  fumer  les  vignes. 

Subst.  V.  de  trolli,  presser. 

TROLLI  (trôlhl);  à  Lyon  trouiller  t. 
a.  Vpr,  trulhar  troillar,  dph.  troulha 
trolha,  pr.  trouia,  rgt.  droulha,  lim. 
traulha^  vfr.  truiller,  ss.-rom..  trohlli, 
Vionnaz  trolhé,  cév.,  b.  lim.  troulha  — 
Presser,  en  parlant  du  raisin,  des  noix, 
du  chcnevis. 

De  torc(u)lSLre,  Métath.  de  r  (187  !•): 
ch.  de  oc(u)lare  en  olht  (164  2*,  a,  rem.). 

*TROLLIA  (trolha);  à  Lyon  trouillée 
s.  f.  Vionnaz  trotha,  sav.  trollia  —  «  Une 
pressée  de  vin.  »  (Coch.)  —  C'est  aussi 
une  pressée  d'huile  etc. 

De  In.  trolli  «  presser  »,  av.  suff.  «, 
data;  a  ton.  a  été  protégé  par  Tyolte 
(1,  rem.  8). 

TROLLI  N  A  (trùlhina)  s.  f.  —  Mattons 
de  noix  servant  à  fumer  les  vignes. 

De  ti'olli  subst.,  av.  sufT.  dim.  ina. 

TRONCHI  (ti-onchi)  s.  f.  Dph.  tronchi 
—  1.  Arbre  dont  on  a  coupé  les  branches 
et  laissé  seulem.  le  tronc,  comme  aux 
saules  et  souvent  aux  chênes.  On  leur  fait 
ordinairem.  cette  opérât,  tous  les  six  aits. 
C'est  ce  qu'en  technologie  on  nomme 
c  l'élagage  complet  ». 

Tmnca  pour  truncus  fournil  une  étym. 
régul.  Ch.  de  um  en  on  (47);  de  c  en  ch 
(174  !•);  de  a  en  t  (64  2«).  Le  lim.  a 
trounho,  même  sens,  qui  répond  à 
trogn-on,  d'un  fr.  supposé  tron,  qui  aurait 
été  obtenu,  suiv.  Diez.  par  la  division 
erronnée  de  tron-çon  (?).  Si  l'on  admet 
une  division  de  tronçon  en  tronç-on,  on 
pourrait  de  même  en  tirer  tronchi,  Cetle 
étym.  aurait  l'avantage  d'unifier  le  mot 
lim.  av.  le  In. 

2.  —  Ap,  Coch.  «  Aulne  ou  verne.  # 


Digitized  by 


Google 


TRON 


417 


Ce  dernier  sens  m'est  inconnu,  et  j'ai  de 
fortes  présomptions  que  Coch.  a  fait 
erreur. 

TRONCHI  (tronchi)  v,  a.  —  Étôter,  en 
parlant  des  arbres. 

De  trunceire,  Gh.  de  un  en  on  (72); 
de  care  en  chi  (174 1*»  et  16  2»). 

*TROQUO  (Irokô)  v.  a.  «  Heurter.  » 
(Coch.) 

Ce  mot  m'est  inconnu.  Je  suppose  que 
c'est  toquô  «  frapper,  heurter  »,  fr.  toquer, 
av.  insert,  de  r  sous  infl.  de  rocô  (v.  ce 
mot),  généralem.  employé. 

TROS,  V.  iras. 

*TROSSO  (trossô)  v.  a.  —  1.  «  Casser, 
couper  en  deux,  i»  (Coch.^ 

Je  ne  connais  le  mot  que  par  Coch.  Il 
me  paraît  fabriqué  sur  pr.  iroi  «  tronçon 
(\.  troc)  »,av.  suff.  ô,  qui,  en  In.,  pourrait 
être  i  (15  3",  rem.  2).  Il  se  peut  qu'il  ait 
été  emprunté  à  un  dialecte  d'oc. 

2.  —  Trousser. 

Du  m^me  type  qui  a  fait  le  mot  fr. 

*TROTTIN  à  Lyon  dans  l'express. 
Dévotion  de  saint  Trotti7i,  dévotion  des 
pèlerinages.  Se  dit  aussi  de  la  dévotion 
des  inférieurs  ou  des  jeunes  gens  qui 
demandent  à  sortir  sous  prétexte  d'aller 
à  l'église.  Coch.  n'a  pas  oublié  de  consi- 
gner l'express.,  qui  doit  être  répandue 
aussi  dans  les  campagnes.  Béarn.  sent 
Trouti,  patron  imaginaire  des  gens  qui 
vont  par  monts  et  par  vaux. 

Formé  sur  fr.  trotter,  av.  suflf.  in, 

*TROUET  V.  truê. 

TROUFIGNON  Ttroufignon)  s.  m.  Pr. 
iroufignon  —  à  Lyon  anus. 

De  trou  et  fignon,  dans  lequel  on  est 
un  suflf.  substitué,  mais  à  quoi?  Est-ce  au 
sufr.  el  al  de  vfr.  finel,  fr.  final  î  Est-ce  au 
suflf.  et  de  vfr.  finet  fignet^  dim.  de/în, 
employé  ironiquem.?  La  1»*  supposit. 
semble  la  plus  probable.  Troufig^ion 
égalerait  donc  trou- final,  Cp.  rgt.  fi  del 
mounde  (fln  du  monde^  t  rectum  ». 

TROUILLAf^DI  (troulhandl)  s.  m.  — Le 
meunier  du  moulin  à  huile.  Dph.  trouil^ 
lande,  nom  donné  aux  vigneron.s  qui 
pressent  le  vin. 

De  In.  trouille  (v.  sous  trolli  subst.), 
av.  un  suflf.  andt  =  fr.  andier,  par  analog. 
av.  dinandier,  taillandier.  Remarquez 
qu'av.  le  suflf.  ordinaire  iV?r,  le  vb.  trouil- 
ler  9\  le  subst.  trouiller  se  seraient  con- 
fondus. 


TRUCHf  (Iruchi)  v.  n.  -  Pulluler, 
multiplier.  Morv.  troichi.  se  dit  des 
plantes  qui,  étendant  leurs  racines,  pro- 
jettent des  tiges  nombreuses.  Genev.  tro- 
cher,  donner  trop  de  tiges;  champ,  tro- 
cher,  pousser  des  rejetons,  s'étendre, 
pulluler;  messin  trancher,  taller;  ss.- 
rom.  trotza,  Jura  trucher,  taller. 

Doit  être  rapproché  de  fr.  troche  «  bou- 
quet naturel  de  fleurs  ou  de  fruits  »  ;  tro- 
chée, Lorr.,  trouchée  «  ensemble  des  ra- 
meaux que  pousse  un  arbre  venu  de 
graine,  quand  on  le  coupe  un  peu  au- 
dessus  de  terre  >.  On  tire  troche  de  ail. 
traube,  vha.  drupo  c  grappe  »,  par  l'in- 
termédiaire d'un  b.  lat.  *drupea  trupea. 
qui  donnerait  In.  <roiic/ii,  lequel  peut  fa- 
cilem.,  suivant  les  phonétiques,  passera 
truchi;  d'où,  av.  sutî.  i  (15  2*»),  un  v.  tru- 
chi  «  drugeonner,  multiplier  comme  les 
pousses  en  cépée  ». 

TRUÊ*(truëyâ  Grap.;  à  River.  TRUE 
(trué);  ap.  Coch.  TROUET  s.  m.  Dph.. 
saint,  treuil  —  Pressoir. 

De  troc(u)lum  pour  t  or  eu  lum.  Au  m. 
â.  o  bref  libre  (ou  devenu  seulem.  entr.  en 
roman)  se  diphtong.  en  uo  ue  (xiv«  s.).  Gp. 
puehlo  de  pop[u)luiin.  On  a  donc  eu  trueil, 
comme  on  a  fr.  treuil.  Le  curieux,  c'est  que 
/  fln.  soit  tombée  au  lieu  de  se  transformer 
en  r,  comme  dans  fauteuil  devenu  fau^ 
teur.  Gela  tient  à  ce  que  le  sufl".  et  (réduit 
plus  tard  à  é)  s'est  substitué  au  suflf.  eil, 
comme  il  s'est  substitué  au  suflf.  el  dans 
faret  pour  farel,  houffaret  pour  bouffa- 
rel  (v.  bouffaret  au  Supplém.), 

TRUÉ  V.  truë. 

TUBER  (SE)  V.  pron.  V.  sous  tuba. 
.  TUBO  (tubô)  adj.  des  2  g.  —  Météoriaé, 
en  parlant  d'un  animal. 

Subst.  partie,  de  tubô  vb. 

TUBO  (tub6);  à  River.  TIBO  (tchibô) 
V.  a.  —  Météoriser,  en  parlant  de  bestiaux 
qui  ont  mangé  du  trèfle  vert  ou  mouillé. 
S'emploie  surtout  sous  la  forme  réfléchie. 
Lo  bou  s'é  tibo,  le  bœuf  s'est  météorisé. 
A  Lyon  se  tuber,  manger  énormément,  de 
façon  à  être  gonflé.  Vpr.  tibat  «  gonflé  ». 

De  'tubSire,  con tract,  de  tuberare,  Gh. 
de  are  en  ô  (14  2«).  Sur  la  conservât,  de 
b  V.  143,  rem.  Dans  la  forme  tibo,  le  pas- 
sage de  u  à  t  est  dû  k  la  lab.  (73.  rem.  4). 
Le  rgt.  Rtiba  «  crever,  périr,  »  en  parlant 
des  animaux.  Sur  celte  dérivât,  de  .sens  cp. 

50 


Digitized  by 


Google 


418 


TUFF 


fr.  vretf^Vy  do  crepare,  qui  a  pris  la  même 
Higniûcat. 

TUFFÈYA  V.  to/rèpa. 

TUMA  V.  iuna, 

TUMO  V.  tunô. 

TUNA  (tuna)  TUMA  ^uma)  s.  f.  dans 
Texpress.  Feire  la  tuna,  la  tximay  à  Lyon 
faire  la  tune  —  Bambocher,  faire  la  dé- 
l)auche.  Ss.-rom.  tuna^  débauche  de  vin, 
société  de  buveurs. 

Ah,  tUi-té,  YtcalM>n<1t,  ah,  suéfcs  de  redeins, 

Au  lieu  de  mochardô,  vo  zavey  Tait  la  tuma. 

«  Âht  dit-il,  vagabonds,  ah!  chétifs  vau- 
j'ienfl,  —  Au  lieu  d'espionner,  vous  avez 
fait  la  débauche.  »  (Brey.) 

Subst.  V.  de  tunô  tumô. 

*TUNO  (tunô)  TUMO  (lum6,à  R.-de-G. 
tfiumô);  à  Lyon  tuner  v.  n.  Lim.  iuna  — 
Roire  abondamm.;  parextens.  se  divertir, 
faire  la  débauche.  Lorr.  tumer,  boire. 
«  Tumez  donc,  buvez  donc.  » 

Onte,  seiiii  cuHsultO  gni  major  ni  recru, 
L* Allié  va  tsumô  lo  rôpl  de  son  crû. 

«  Où,  sans  consulter  le  major  ni  les  re- 
crues, —  Lallier  va  se  gorger  de  la  piquetle 
de  son  crû.  »  (Mén.) 

A  propos  de  ce  mot,  Goch.  dit  :  «  On 
prétend  qu*à  Tépoque  des  Croisades,  on 
élal»lit,  dans  l'endroit  que  les  Carmes  Dé- 
chaussés ont  habité  à  Lyon,  des  croisés 
venant  de  Tunis,  qui  étaient  malades;  que, 
do  là,  ce  local  fut  appelé  la  maison  de 
Thunes;  que,  dans  la  suite,  il  y  eut  une 
auberge  où  Ton  allait  se  divertir;  que  de 
là  est  venu  le  mol  tuner  pour  dire  se  di- 
vertir. »  La  présence  du  mol  dans  des  dia- 
lectes éloignés  géographiquem.  met  à  néant 
Texplicat.  qui  avait  cours  au  temps  de 
Gocii.,  et  qui  a  été  souvent  reproduite. 

Je  crois  que  la  forme  primitive  est  tunô: 
de  pr.  touno,  tonne,  grande  futaille.  Tunô 
«  entonner,  vider  dans  un  tonneau  ».  Il 
est  vrai  qu'on  devrait  avoir  tnunô:  mais 
le  passage  de  ou  à  u  est  assez  fréq.  en 
pr.  (op.  lur  z=z  lour,  d'illorum;  cp.  aussi 
In.  tifpin  pour  toupin), 

Quant  au  passage  de  tunô  à  tu)iiô,  peut- 
on  1  expliquer  par  Tinfl.  du  vfr.  tumer 
«  sauter,  danser,  bondir,  faire  des  tours 
de  farceur»;  Morv.  teu>ner  «  verser,  ré- 
piuidre  »,  lequel  a  dû  avoir  un  correspon- 
dant pr.  tumar^  et  que  Diez  rattache  au 
vha.  tvtmon  «  tournoyer.  tK^bucher  ».  De 
là  l'idée  gtMiei*ale  de  «  se  divertir  ».  qui 
«xisie  à  c6:é  de  lidéo  sp*.M:iale  de  «  boire  ». 


TUO  (luô  dissyl.)  dans  l'express.  Tur, 
lo  fuë,  éteindre  le  feu.  Gév.  tua  loti  /io, 
Vionnaz  toa  lo  fod. 

L'express,  est  vfr.  Tuer  le  vent,  tuer 
le  feu.  Ce  sens  justifie  Tétym.  'tutare 
«  mettre  une  chose  à  Tabri  du  danger,  la 
rendre  inoffensive.  »  Cp.  péri  Vaigui  (v. 
péri), 

'TU PIN  Y.topin. 

*TUREAU  (turô)  s.  m.  M.  lai.  foro 
turo  toronus  turonus ;  dsins\esdisL\.d*oc 
turoun  turou  —  «  Colline  arrondie 
allant  en  pointe  »,  dit  Goch.,  c'est-à-d.  de 
forme  conique.  Ce  mot,  aujourd'hui 
presque  inusité,  signifie,  je  crois,  un  ma- 
melon. D'après  M.  Mistral,  le  turoun  est 
un  «  monticule  aplati  au  sommet  ».  Vfr. 
turault  toral  turaut  «  élévation  de  terre  » 
("Roquef.);  pr  ^oura/,  alp.  taur al,  d^ïi. 
tarai  c  élévation  de  terre  qui  sépare  deux 
héritages,  tertre,  monticule  »;  touret 
N  butte,  monticule  aplati  au  sommet,  pe- 
tite éminence  •  ;  Morv.,  teureau  «  élévation 
de  terre,  monticule,  colline  »,  biterr.,  lou- 
lous., turro  <*  motte  de  terre,  molle  de 
gazon  ». 

Du  vpr.  tor  «  colline  »,  av.  suff.  au, 
d'alis,  que  Coch.  a  confondu  av.  eau, 
d'ellum^  ce  qui  motive  son  orlhogr.,  et 
que  le  vfr.  a  confondu  av.  aut  ault,  de 
wald.  On  a  torau  passé  à  taureau,  o  ou- 
vert tonique  devenant  fermé  quand  il  passe 
à  la  proton.  Ce  tourau  passe  à  tureau 
comme  Igd.  Rodergue  a  passé  à  Ru- 
dergue,  sofrir  à  sufrir  etc.  Ce  vpr.  tor, 
subst.  masc.  av.  o  bref,  ne  doit  pas  être 
confondu  av.  vpr.  tor  s.  f.  «  tour  >,de  tur- 
rem,  qui  a  o  fermé.  Tor  «  colline  »  est 
d'orig.  celt.  Gaël.,  tôt  «  remblai, gros  mon- 
ceau »,  irl.  toi^  «  monceau,  colline,  masse, 
pile  »;  corn,  tor  «  proéminence,  ventre, 
relief  d  une  montagne,  montagne  »  ;  kym., 
tor  «  ventre,  bosse  »  ;  arm.,  teur  c  panse, 
gros  ventre  ».  Ce  tor  parait  avoir  eu  à 
l'orig.  l'idée  de  renflement  :  Vx  brel.  torr 
«  palma  fZeuss)  ». 

TURET  '.turè)  s.  m.  —  Larve  du  hanne- 
ton. Mol  lire  du  recueil  de  M.  Aniel  ^v.  s. 
jabri  au  Supplém.). 

De  gasc.  tur,  pr.  tor  «  ver  du  bois  » 
béarn.  ter  «  ver  qui  troue  les  cuirs  ».  av. 
suff.  et.  Tur  parait  être  le  snbsl.  ▼.  de 
terere,  d'où  ter  teur  tur.  Le  pr.  terede 
subst.  fèm.   «  teigne  »  vient  de   lererfo. 


Digitized  by 


Google 


TURG 


419 


Dans  le  langage  popul.  ce  tur  est,  natu- 
rellem.,  devena  turc,  Lacombe  donne 
un  pr.  totira  «  scier  un  arbre  »,  qu'on 
retrouve  dans  Azaïs  comme  cév.,  et  qui 
pourrait  être  une  corrupt.  d'un  *ierare 
pour  ter  ère. 


TURGI  (turji)  s.  f.  —  Brebis  qu'on  en 
graisse. 

Subst.  V.  de  aiturgi  (v.  ce  mot),  av. 
aphér.  du  préf. 

TYBIAUX  Y.  estibiaux. 


U 


UE  V.  uè. 

UÉ  ▼.  ^iè, 

UÈ  (uè)  à  Morn.;  à  Crap.  UE(u6);à 
Yzer.  UÉN  (uën);  à  Villefr.  UÉ;  vin.  ves 
s.  m.  —  Œuf.  c  Item  deit  par  millier  de 
ves...  »  {Carc.) 

I>'ov(um)^  dont  l'o,  long  en  lat.  clas- 
sique, était  devenu  bref  en  b.  la*..,  ainsi 
qu'en  témoignent  toutes  les  autres  formes 
romanes.  D'où  «et?,  et  ueu  par  vocalisât, 
de  V.  (119).  Gp.  bueUf  de  bovern.  Ueu  a 
passé  à  uè'ei  de  uè  à  uë. 

UËN  V.  ué. 

UERT,  TA  fuèr,  ta)  adj.  —  Ouvert. 

D^opertum  pour  apertum,  Gh.  de  o  en 
ou  (69;;  chute  de  p  (140,  rem.  3).  On  a 
ouert  passé  à  uert. 

UFO  (ufô)  V.  n.  For.  u/fa  —  Gronder, 
crier.  «  A  ne  fat  ren  qu*ufô,  il  ne  fait 
que  crier.  » 

Étym.  inconn.  —  Le  vfr.  avait  hii,  vpr. 
hue  «  cri  »,  dont  on  a  fait  hucher  et  pro- 
bablem.  le  fr.  huer.  Il  se  peut  q\x*ufô  ait 
la  même  orig.,  qui  paraît  onomatopéique. 
Toutefois  la  liaison  du  rad.  av.  le  sufT.  au 
moyen  de  /"est  un  peu  obscure.  On  songe 
à  hU'ha^  av.  2  h  aspirées.  Or  Vh  aspirée 
fr.  peut  devenir  f,  comme  le  montre  In. 
affaner  pour  ahaner.  Mais  le  voisinage 
de  u  n'aurait-il  pas  empêché  l'éclosion 
de  fi  —  Peut-être  ufô  est-il  une  simple 
imitation  du  bougonnement. 

UGNON  fugnon)  s.  m.  —  Oignon. 

De  unionem.  L'yolte  n'a  pas  fait  diph- 
tonguer  Vu  long  init.,  comme   ïo  fermé 
dans  oignon^  d'oniofiem. 
UGO  V.  au  Supplém,  sous  hugue. 
ULA  V.  oula.  On  trouve  la  forme  ula 
dans  le  L.  de  R.  «  Item  II  ules,  I  petila  , 


et  I  grant.  »  Mais  il  est  à  croire  que  ules 
se  prononçait  ouïes. 
ULIAT  V.  ulion. 

ULJON  (ulhon)  EU  LION  (eulhon);  à 
Paniss.  ULIAT  (ulha)  s.  m.  -Aiguillon 
pour  les  bœufs. 

De  In.  ulli  «  aiguille  >,  av.  suff.  on. 
C'est  la  môme  format,  que  dans  le  fr.  ai- 
guillon. La  forme  de  Pani?s.  a,  eu  place, 
le  suff.  at,  très  usité  en  In. 

N.  de  lieu,  VEulion,  sommet  d'une  mon- 
tagne voisine  de  Pilât. 

*ULLI  (ulhi;  s.  f.  For.  euly  —  1.  Ai- 
guille. 

Veuly  m  mtrcbe  plus  ;  tu  chtt  couma  uua  benna. 
c  L'aiguille  (de    l'horloge)  ne  marche 
plus;    elle  tombe  comme  une  benne.  » 
(Ghap.) 

2.  Plur.  ulhe[s).  Pièces  du  pressoir  (v. 
aiguilles). 

jy'acvLCula^  d'acula.  Aphér.  de  ac 
(185);  chute  de  c  (129);  ch.  de  cl  en  Ih 
(164  2«,  b);  ch.  de  a  at.  en  i  (54 3°). 
—  Gomme  u  est  bref,  on  devrait  avoir 
oulhi,  mais  il  était  long  en  laL  vulg., 
ainsi  que  le  démontrent  toutes  les  langues 
romanes  (esp.  aguja,  pr.  agulha,  cal. 
agula  etc.), 
UNGREMICIAU  v.  gremiciau. 
UNZEURE  (unzeare)  s.  f.  —  à  Yzer, 
dans  l'express.  Fére  in'unzeure,  rallon- 
ger une  pointe  (d'une  pioche  usée  ou  de 
tout  autre  instrument  pointu). 

Étym.  inconn.  —  Gomme,  pour  allon- 
ger une  pioche,  on  est  obligé  d'y  ajouter 
du  fer.  je  suis  tenté  de  lire  le  pr.  joun- 
chura,  de  'jungire  pour  jnngere,  av. 
suff.  ura,  d^atura.  Pourl'aphér.  de  J  cp. 
esp.  uncir  pour  Ynosp.  juncir  «  accoupler 
les  bœufs  au  joug  »,  de  jungire.  Ch  a  pu 


Digitized  by 


Google 


420 


URAG 


fâcilem.  se  zézayer.  Toutefois  il  y  a  deux 
particularités  bizarres  :  eu  pour  u  ton.  et 
e  pour  a  at.  dans  le  suflf.  eure.  Atura 
donne  régulièrem.  ura. 

URA  (ura)  s.  f.  —  à  Villefr.  Vent. 

D'awra.  Gli.  de  au  en  u  (73,      rem. 

URAGNIRI  (uragniri)  URANIRI  (ura. 
niri)  s.  f.  —  Araignée. 

Li  gott'  et  Vuranir'  ou  tian  j6dis  unie. 

«  La  goutte  et  l'araignée,  au  temps  jadis 
unies.  »  (Mon.) 

De  In.  iragne  (v.  ce  mot),  av.  suff.  tri 
(13).  Ce  suflf.  étant  applicable  aux  noms 
de  métier,  on  peut  supposer  qu*il  a  été 
ajouté  sous  infl.  de  l'idée  du  travail  de 
tissage.  On  a  vu  dans  Vtiragniri  «  celle 
qui  fait  des  [toiles  d*]iragnes  >.  Pouf  le  ch. 
de  i  init.  en  u  cp.  ericionetn  -=.  urisson^ 
airella  =  urella  etc.  (75,  rem.  5).  La 
dessicat.  de  Vn  mouillée  à'iragne^  dans  la 
forme  uraniriy  est  assez  bizarre,  n  chez 
nous  tendant  au  contraire  à  se  mouiller 
devant  i. 

URAILLI  V.  urella. 

URANIRI  V.  uragniri. 

URELLA  (urèla)  URAILLI  (uralhi)s.  f. 

—  Myrtille,  vaccinium  myrtillus, 
Onte  Tont  tous  los  ans  nuutre j»Ine  TumeUe, 
Ou  titn  de  la  raalsson,  amasso  de-z-ure/to. 

€  Où  nos  jeunes  ûlles  vont  tous  les  ans, 

—  Au  temps  de  la  moisson,  ramasser  des 
myrtilles.  »  (Mon.) 

D'après  Scheler,  le  type  serait  alra,  av. 
suff.  ella,  ce  qui  donne  bien  pr.  airella. 
comme  patrem  =  paire.   Quoi  qu'il  en 


soit,  la  voy.  init.  a  passé  à  u  sous  infl. 
de  r  (73,  rem.  6)«  Dans  la  forme  uraillif 
la  désin.  i  est  appelée  par  Ih  (54, 8*). 

URI  (uri)  s.  m.  Ss.-rom.  uvri  —  Ou- 
vrier, V.  ourî. 

URI  (uri)  V.  a.  —  Ouvriif,  v.  ouri.  La 
forme  uri,  la  plus  commune,  se  rencontre 
dans  les  textes  suiv. 

La  porta  volant  pus  i'uri. 

«  La  porte  ne  voulant  pas  s'ouvrir.  > 
(Vol.  de  jamb.) 

Et  s(  tu  D'ure«  pût  de  suiti  en  arrivant. 

«  Et  si  tu  n'ouvres  pas  tout  de  suite 
quand  ils  arrivent.  »  (Hym.) 

Sur  l'infl.  de  r  pour  le  passage  de  o 
fermé  init.  à  w,  v.  73,  rem.  5. 

URINA  V.  ialaurina, 

URISSON  (urisson)  s.  m.  Wal.  ireson 
ureson  luresorty  Mons  urechon  —  1. 
Hérisson.  —  2.  Enveloppe  épineuse  de  la 
châtaigne. 

D'er/ciowem.  Gh.  de  c  en  ss  (130, 
rem.  2).  Ch.  de  e  init.  en  u  (73,  rem.  5). 
Même  phénomène  dans  wal.  ureson.  Ce 
ch.  peut  s'être  opéré  par  l'intermédiaire  de 
t,  comme  semblerait  l'indiquer  la  forme 
ireson;  cp.  iragne.   dér.  uragniri. 

*URLES  (urle)  Le  même  que  orles 
ourles.  Goch.,  qui  avait  donné  la  forme 
ourles,  donne  plus  loin  la  forme  urles^ 
que  je  ne  connais  point,  mais  qui  doit  ou 
a  dû  exister,  comme  en  témoigne  o  fermé 
=1  u  dans  certains  endroits  (34).  Seule- 
ment je  ne  doute  pas  que,  avant  d'être  «, 
cet  0  fermé  n'ait  été  ou. 


V 


V  Liaison  euph.  pour  rompre  un  hiatus. 
S'emploie  surtout  entre  le  pron.  neutre  o 
et* le  V.  être.  O  v^est  «  c'est  »;  o  v'ere 
c  c'était  ». 

0  v*eêt  d'inqui,  nos  dioni,  que  la  jorn6  pass6ve 

Ou  tian  de  l'ajo  d'or. 

«  C'est  ainsi,  nous  dit-on,  que  la  journée 
passait  —  Au  temps  de  l'âge  d'or.  >  (Mon.) 

Il  arrive  que  Ton  conserve  le  v  lors 
même  que  le  pron.  est  supprimé  et  qu'il 


n'y  a  plus  d'hiatus.  On  dit  alors  v'est  pour 
o  v*êst  «  c'est  ».  De  même  en  for. 

Voùey  qui  s'attrapa  rat,  chacun  joye  au  plus  On. 

«  C'est  à  qui  s'attrapera,  chacun  joue 
au  plus  fin.  »  (Chap.) 

Même  phénom.  en  lim.,  mais  pour  le 
pron.  masc.  «  V-ei  vengut  >  il  est  venu. 
Forme  complète  :  Ou-v-ei-venguL 

Chez  nous,  les  deux  correcteurs  de 
l'hiatus  sont  le  t  et  l'y;  ailleurs,  le  ::. 


Digitized  by 


Google 


VACH 


m 


VACHES  (vache)  s.  f.  pi.  Dph.  vaches, 
pr,  vacos  —  à  l^yon  Éphélides  ignéales, 
qui  se  prennent  aux  jambes  quand  on  s*est 
chauffé  trop  longtemps  et  de  trop  près. 

De  vache,  pria  au  sens  de  symbole  de 
la  paresse  On  dit  d'un  paresseux  :  «  il 
est  vache  »  ou,  av.  suff.  péj.  ard,  *  il  est 
cachard  ».  Les  é^hélideS  sont  le  signe  de 
la  paresse,  parce  que  ceux  qui  les  gagnent, 
ont  passé  leur  temps  à  se  chauffer  les 
jam))es  au  lieu  de  travailler. 

VACHES,  dans  le  proverbe  suiv. 
Quand  le  vaches  tant  bien  affena, 
Lou  vignoulan  est  ma  abara.  (Coch  ) 

«  Quand  les  vaches  ont  beaucoup  de  foin 

—  Le  vigneron  est  mal  abreuvé  >,  parce 
que  les  saisons  pluvieuses,  bonnes  pour 
le  foin,  sont  mauvaises  pour  la  vigne. 
Nous  disons  aujourd'hui  de  préférence  : 
Annô  de  fen,  annô  de  ren;  ou  Grande 
fenaison,  pitila  vinaison. 

VACHORD  (vachôr)  s.  m. Voiron  vachar 

—  Paresseux,  au  sens  le  plus  péj. 

De  vache,  av.  suff.  péj.  arrf,  la  vache 
étant  prise  pour  le  symbole  de  la  paresse. 

VACO.  A  (vako,  a)  adj.  des  2  g.  —  Va- 
létudinaire, languissant,  caduc.  *.  Al  è 
vaco,  l'è  vacot  il  est,  elle  est  valétudi- 
naire. »  Se  dit  aussi  des  objets  mobiliers 
vieux  et  fragiles.  «  Cela  sella  è  raca,  cette 
chaise  est  cassée.  » 

Adj.  verb.  de  vacsire.  On  comprend 
facilem.  qu'on  ait  eu  l'idée  de  comparer 
qqu*un  de  valétudinaire  à  qqu'un  de 
vide,  d'efflanqué.  Mais  la  format,  suppose 
un  vb.  'vaca,  du  vpr.  vacar,  et  qui  a  dû 
avoir  la  significat.  de  *  languir,  être  valé- 
tudinaire ». 

VADOUS,  SSr  (vadou,  oussi)  adj. 
Roann.  vadous,  oussi—  à  Paniss.  Fade. 

De  vapfijdosus,  de  vapidits.  Chute  de 
p  (161, 6-);  ch.  de  osus  en  ou  (35). 

VADRU.  y  A  (vadru,  ua)  adj.  —  Se 
dit  d'un  enfant,  d'un  végétal  jqui  grandit 
ou  pousse  rapidem.,  et  aussi  du  végétal 
dru,  qui  pousse  av.  beaucoup  de  jets. 
«  Celés  vignes  sont  vadruës^  ces  vignes 
sont  touffues,  ou  riches  en  sève.  » 

Composé  de  ra,  3«  pers.  du  prés,  de 
l'jndicat.  du  v.  allô  et  de  l'adj.  fr.  dru, 
pris  adverbialem.,  usage  qu'on  retrouve 
en  allem.  —  Vadru  «  qui  va  dru  ». 

VAGNOTTA  (vagndta)  s.  f.  —  à   S*- 


Mart.  Sorte  de  bât  pour  les  bêles  de 
somme,  surtout  pour  l'âne.  On  l'appelle 
plus  communém.  barda,  borda,  La  va- 
gnotta  diffère  du  bât  proprem.  dit,  en  ce 
qu'elle  n'est  pas  formée  de  deux  arceaux 
en  bois,  mais  seulem.  de  deux  renflements 
à  l'avant  et  à  l'arrière.  Le  mot  est  presque 
perdu  av.  l'usage  de  l'objet,  et  les  vieil- 
lards seuls  savent  ce  que  c'est  qu'une  va- 
gnotta.  Celle-ci  était  bien  plus  légère  que 
le  bât,  mais  ne  pouvait  servir  pour  toute 
espèce  d'ohjets  lourds. 

Vagnotta  est  évidemm.  le  même  que 
bagnotte  (v.  ce  mot)  à  Lyon,  Vagnotta 
doit  être  la  forme  la  plus  ancienne,  parce 
que  c'est  l'objet  rustique,  tandis  que  la 
bagnotte  est  l'objet  civilisé.  Cela  met  à 
néant  l'élym.  bain  (de  la  forme  de  la  ba- 
gnotte). L'étym.  de  vagnotta  est  inconn. 
Peut-être  le  mot  se  rattache-t-il  à  vanne, 
de  b.  lat.  venna  «  objet  formé  d'osier»,  si, 
comme  on  peut  le  croire,  à  l'orig.  le  mot 
vagnotta  s'entendait  de  l'appareil  complet, 
bât  et  paniers  (ie  ne  suis  pas  certain  qu'il 
n'en  soit  pas  encore  de  même).  On  pour- 
rait aussi  bien  le  tirer  de  *vanna,  pour 
vannus,  le  vannus  étant  aussi  en  osier. 
Vanne,  plus  suff.  otia,  donne  vanotta, 
qui  passe  à  vagnotta  par  lô  mouillem.  si 
fréq.  de  n.  Quant  à  bagnolta,  il  est.  le  ré- 
sultat du  passage  de  v  init.  à  b,  qui  se 
rencontre  qqfois,  même  sans  infl.  de  pro- 
nonciat.  gasc. 

VAI  (vè);  à  Crap.  VÉ  (vé)  particule 
explét.  Dph.  vé  —  S'emploie  dans  des 
express,  comme  les  suiv.  »  Suei  de  vai 
Mornant,  je  suis  de  Mornant;  je  venons 
de  vai  chis  nos,  nous  venons  de  chez 
nous.  L'emploi  est  exigé  :  suei  de  Mor- 
nant, je  venons  de  chis  nos  ne  seraient 
pas  patois.  Se  met  devant  le  lieu  d'où  l'on 
date  :  vai  Craponne,  et  non  Crap,  Breyou 
(1836),  porte  sur  le  frontispice  :  Vait  Var- 
degi,chis  Piarre  Guillery.  S'il  y  a  un  ar- 
ticle devant  le  nom  de  lieu,  la  particule 
se  supprime  : 

N'en  Tcnt  de  la  Bouissaire  ; 

N'en  ventd*aou  MounaiUer;  n'en  vent  de  vé  Sem-Pô. 

c  II  en  vient  de  la  Buissière;  il  en  vient 
du  Monestier;  il  en  vient  de  Saint-Paul.  » 
{LaS^-Ant,,  pat.  dph.) 

Cette  locut ,  qui  existe,  parait-il,  dans 
le  pat.  bourg.,  est  identiflée  par  Littré  av. 
versus,  et  sa  thèse  est  eu  effet  appuyée 


Digitized  by 


Google 


422 


VALE 


par  le  texte  suiv.  d'un  noël  In.  du  xvi«  s. 

Le  l^n  Jotefib»  plou  Tiou  que  nntron  marmel, 

Demindt  :  D'où  veuie-vu  ? 

No  reuieii  de  var  cbi  uo. 

«  Le  bon  Joseph,  plus  vieux  que  notre 

Marmet  (probablem.  le  nom  d'un  vieillard 

bien  connu  à  Lyon),  —  Demanda  :   D'où 

venez-vous?   —    Nous    venons   do    chez 

nous.  » 

L'emploi  en  lim.  de  vers,  dans  le  même 
sens,  parait  donner  raison  à  celte  explicat. 
Mais  pourquoi  versus,  qui  a  donné  va)'(s) 
«n  In.,  a-l-il  donné  vai  dans  cette  seule 
phrase?  D'ailleurs,  er  passe  à  ar.mais  ja- 
mais arkèr  et  encore  moins  à  è.  Enfin, 
pourquoi  l'orlhogr.  usuelle  et  ancienne  ai 
reporle-t-elle  à  une  dipbt.  originaire? 
Vaiis)  représenterait-il  vicus,  où,  dans  le 
lat.  vulg.  il  y  avait  hésitât,  sur  la  quantité 
de  i,  puisqu'on  a  en  In.  vaisin,\pr,  vesin^ 
pr.  vesis,  de  vicinus,  à  côlè  d'it.  vico,  de 
vicusf  Dans  co  cas,^'e  sueis  de  vais  Morn, 
voudrait  dire  :  c  Je  suis  du  viens  de 
Morn.  »,  du  bourg  de  Morn.  Ce  qui  con- 
firmerait l'hypoth.,  c'est  que  qqu'un  qui 
habiterait  à  qq.  distance  du  bourg  ne  dirait 
pas  «  je  sueis  de  vai  Morn.,  ce  qu'il  ne 
manquerait  pas  de  dire  si  vai  entraînait 
l'idée  de  proximité  qui  est  dans  versus, 
tandis  qu'au  contraire  il  entraîne  toujours 
ridée  du  lieu  môme.  Si  cette  hypoth.  était 
fondée,  l'idée  primit.  de  viens  étant  oubliée, 
vai  vei  aui'ait  été  remplacé  par  vers  vars 
(qui  se  comprenait  mieux)  dans  le  lim.  et 
dans  le  texte  du  noël  In.,  et  probablem. 
dans  le  In.  de  la  ville,  tandis  que  vai  per- 
sistait dans  les  campagnes.  Si,  au  con- 
traire, rai*  est  versus,  il  nous  sera  venu 
par  le  vpr.  vès  <  vers  ». 

*VALENTINO  (valantinô)  v.  a.  —  Éla- 
guer (\xn  arbre).  Cette  express.,  inconn.  à 
Crap.,  où  l'on  dit  mottôy  est  encore  usitée 
dans  la  montagne. 

L'explicat.  deCocb.  :  t  de  ce  que  l'époque 
de  la  Saint- Valentin,  le  14  février,  est  jugée 
bonne  pour  cette  opérât.  »,  est  exacte. 
Dans  le  dph.  volantend  r  émonder  ».  le 
mol  a  été  infl.  par  volan  «  faucille  »,  mais 
à  côté  on  a  la  forme  valentend, 

''VALLIN  (valin)  s.  m.  —  Déclivité, 
bas  d'une  colline.  Descindre  lo  vallin, 
descendre  la  déclivité  d'une  colline.  Pr. 
vaUtt,  ruisseau  entre  deux  collines. 

De  vB,Uem  =  val,  av.  suflf.  roman  in, 
d'«nt<5.  C'est  le  même  que  fr.  vallon,  av. 


changem.desuff.  et  légère  dérivât,  de  sens 

VAN  NO  (vanô;  v.  a.  Secouer,  agiter. 
Vannô  ina  harilhi  t  rincer  un  tonneau  ». 
parce  que,  pour  le  rincer,  il  faut  le  secouer 
fortement. 

Los  pis  décbôs  et  vanant  so  dous  brts. 

«  Les  pieds  déchaussés  et  balançant  ses 
deux  bras.  »  (Gr.  Jonn*) 

De  vantiB/re  pour  v^mnere  (de  vannus). 
dont  le  sens  était  déjà  généralisé  en  lat. 
Suff.  ô  (14  3o). 

VANNOU  (vanou)  s.  m.  —  âPaniss. 
Van. 

De  V9,nnum,  av.  suflf.  ou,  d'orem. 

VANTO  (vantô);  ap.  Coch.  VENTA  v. 
a.  —  Vanner. 

De  V9k,nnum,  av.  suflf.  ô,  relié  par  t, 
parce  que  l'on  a  confondu  l'idée  de  passer 
le  blé  au  van  av.  celle  de  le  jeter  au  teni . 

VAR  (var)  s.  m.  —  Vallon,  partie  infé- 
rieure d'une  colline.  Dins  lo  var,  dans  le 
bas,  dans  le  val.  Adverbialem.  lovariy. 
ce  mol),  là-bas,  par  opposit.  à  lomont,  là- 
haut. 

De  vB,l(lem),  Gh.  de  /  en  r  (121)- 

VAR  Al  (varè,  à  Crap.  varô);  à  R.-de-G. 
VARÉ  (varé)  s.  m.  Pr.  varai,  dph.  varei, 
for.  varè,  Igd.  varal  —  Bruit,  tapage,  tu- 
multe, confusion.  Mena  in  var  ai,  faire 
grand  bruit.  Vel.  varailha,  remuer,  tra- 
vailler de  peine,  s'agiter. 

Jamais  o  s'etsé  fat  In  scioiblalilo  varé» 

€  Jamais  il  ne  s'était  fait  semblable  ta- 
page. »  (Mén.) 

Étym.  inconn.  —  M.  DarmHt«tter  voit 
dans  le  dph.  varei  l'équivalent  de  vari 
dans  charivari.  Je  ne  sais  si  le  rappro- 
chem.  est  bien  certain.  En  eflfet,  parmi  les 
mots  cités  par  M.  D.  se  trouvent  hourvari 
et  boulvari.  Or,  il  explique  lui-même  plus 
loin  hourvari  par  houl  revari  «  hou, 
retournes-y  ».  Il  faut  donc  rayer  ce  mot, 
et  probablem.  boulvari,  qui  parait  étra 
une  corrupt.  de  hourvari.  Il  reste  piém. 
sanzi'Vari,  bourg,  et  ladin  viri-vari,  tu- 
multe, et  norm.  vari-vara,  en  d*sor4re- 
Dans  ces  mots  vari  entre  toujours  en 
composit.  et  n'est  thème  nulle  part.  De 
plus,  tous  ces  mots  à  répétit.  de  syll.  ont 
un  caractère  onomatopéique  que  n'a  pas 
varai.  Enfin  il  resterait  à  expliquer  le 
passage  de  i  à  ai  dans  varai.  M.  D.  rat- 
tache vari  à  l'ail.  toiiTicar,  confusion,  vb. 
icirren,  embrouiller,  confondre;  mais 
tctrnoar,  ce  semble,  devrait  donner  gui  à 


Digitized  by 


Google 


VARC 


423 


rinit.  C'est  prècisêm.  ce  principe  qui  a  fait 
repousser  pour  virer  Tétym.  wiiten.  Je 
ne  suis  du  reste  pas  en  mesure  de  fournir 
meilleure  explication.  J'appelle  Tattent. 
sur  les  formes  alp.  varalh,  Igd.  et  gasc. 
baralhf  lim.  harailU  même  sens  que 
varai  ;  vpr.  baralh  baralha,  trouble  ;  vel. 
varailho,  remuement,  agitation,  qui  lais- 
sent supposer  un  simple  en  acum^  passé 
à  aculum.  Il  ne  semble  pas  qu'un  type 
vari  pût  fournir  ces  dér.  Quant  aux  formes 
av.  b  init.  au  lieu  de  v,  elles  sont  dues 
sans  doute  à  une  prononciat.  gasc.  Je  ne 
sais  si  l'argot  [chamjbar  peut  être  rap- 
proché. 

VARCHÉRI  (varchéri)  *VARCHIRls.  f. 
—  1.  Part  d'héritage,  patrimoine.  «  Dien 
in  païs  bien  loin,  on  le  el  a  migt  tota  sa 
rarcheri  »,  dans  un  pays  bien  éloigné,  où 
il  dissipa  tout  son  patrimoine.  »  {Par. 
Cond.)  —  2.  Dot  d'une  fille.  For.  var- 
cheyri,  b.  dph.  verchère. 
Y  ne  pot  qu'empoorta  Togmcnt  et  It  varcheyri. 
«  [Et  qu'au  cas  où  elle  se  remarierait.] 
elle  ne  puisse  emporter  [de  mon  héritage] 
que  les  acquêts  et  sa  dot  ».  (Cbap.) 

De  'v€rv{t)cB,ria,  de  berbicem  (Ascoli), 
parce  qu*à  l'orig.  les  biens  consistaient 
surtout  en  troupeaux.  Ch.  de  e  prot.  en  a 
(66);  chute  de  v  comme  1"  cons.  du 
groupe;  c  se  comporte  comme  init.  (84); 
aria  =  iri  en  pat.  moderne,  mais  en  vin. 
aria^=.airiy  écrit  éri  (18,  Rem.). 

VARCHÉRI  (varchéri);  à  River.  VAR- 
CHIRI  s.  f.  For.  varchéri,  pr.  verquiero, 
dph.  verchèiri  —  Partie  de  la  propriété 
adjacente  a  l'habitation. 

De  *virid{i)c^ria,  de  viridis,  parce  que 
la  partie  attenante  à  l'habitat,  est  ordinal- 
rem.  un  verger.  Sur  la  format,  v.  varchéri 
«  phrt  d'héritage,  etc.  » 
N.  de  lieu  :  Quartier  à  R.-de-G. 

CepeindiDt  me  félié  traforô  le  Varehëres. 
«  Cependant  il  me  fallut  traverser  les 
Verchères.  >  (Gorl.)  Roq.  a  un  peu  fran- 
cisé le  mot  pour  la  rime,  car  on  dit  ordi- 
nal rem.  le  Varchires, 
VARCHIRI  V.  varchéri. 
VARCUË  V.  vorcua. 
VARDILLONNO  (vardilhonô)  v.  n.  — 
à  Crap.  Verdir. 

C'est  le  fr.  verdir,  av.  un  !•'  sufT.  iîhi 
et  un  2«  suff.  fréq.  onnô,  Ch.  de  e  init.  en 
a  (66). 


VARÉ  V.  varai. 

VARENNA  (varèna)  s.  f .  —  à  Villefr. 
Lieu  sablonneux  inculte. 

De  b.  lat.  loarennaf  comme  fr.  va- 
renne,  à  cAté  de  garenne.  Le  w  inii.  germ. 
a  eu  ainsi  une  douMe  dérivât,  en  ifw  et  en 
V.  Quant  au  sens,  il  est  dér.  de  «  lieu  où 
l'on  garde  [des  animaux  pour  la  chasse]  » 
H  celui  de  <  terrain  inculte  »,  la  garenne 
étant  établie  dans  un  endroit  inculte. 

VARÈYI  (varè-yl)  v.  n.  ^  Remuer  av. 
bruit. 

De  In.  varrai.  av.  suflf.  fréq.  èyl  dont  la 
svll.  init.  s'est  confondue  av.  la  syll.  fin. 
du  thème. 

VARGIA  (varjia)  s.  f.  —  à  River.  La 
partie  mobile  du  fléau. 

De  verga  {virga).  Ch.  de  e  en  a  (24). 
La  désin.  t'a  est  une  anomalie;  elle  devrait 
s'être  réduite  à  t  (54  !•).  Cette  réduct. 
était  déjà  opérée  au  xiu*  s. 

VARLET  (varié)  s.  m.  —  terme  de 
batellerie,  Corde  extrémem.  souple,  d'en- 
viron trois  mètres  de  longueur,  qui  sert  à 
attacher  la  maille  ou  gros  câble  de  halage 
à  la  sangle  du  bateau. 

C'est  le  vfr.  vaslet,  passé  à  varlet  par 
mutation  de  s  en  r.  Le  nom  de  valet  a 
été  donné  à  divers  instruments,  par  ex.  h 
l'outil  qui  fixe  un  morceau  de  bois  sur 
l'établi  du  menuisier.  L'idée  est  x  qui  rend 
service  comme  un  serviteur  ».  Cp.  ser- 
vante,  outil. 

VARNOJO.  Gl  (varnôjo,  ji)  INVAR- 
NOJO;  à  Lyon  vernoge  adj.  Pr.  iver- 
nouge  vernuge,  alp.  huvernouge^  dph. 
ivernoge  —  Se  dit  d'un  endroit  humide, 
d'une  pièce  où  l'air  ne  pénètre  pas,  d'un 
jardin  au  nord,  etc. 

'ù\h{)bernutïcum  pour  hibernaticum^ 
comme  le  montrent  tous  les  dialectes. 
Hibernuticum  s'explique  par  hiberniis. 
Aphér.  de  la  syll.  init.  (185);  ch.  de 
uHcum  en  oge,  comme  aticum  en  âge 
(161  5*).  Dans  la  forme  invarnojo^  infl. 
du  mot  invars  envars  (v.  ce  mot),  qui  a 
nasalisé  Vi  init.de  •Airarncyo,  lequel  a  été 
certainem.  le  mot  primit. 

VAROT.   TTA    (varô,   dta)  ;    à    Lyon 
varot,  otle  adj.  —  Corrompu. gâté,  pourri. 
De  vermis  =  ver,  av.  suff.  ot.  Ch.  de 
e  en  a  (66;. 

VAR  PI  (varpt)  s.  m.  —  à  Yzer.  Appa- 
reil composé  d  un  châssis  rectangulaire 


Digitized  by 


Google 


424 


VARR 


en  bois  d'où  s'élèvent,  aux  extrémités, 
tieux  branches  qui  vont  ens'écarlant.L'ap- 
pareil  se  place  â  l'arriére  des  chars  de 
foin  ou  de  paille  pour  retenir  le  char- 
gem. 

Étym.  inconn.  —  La  désin.  t  doit  repré- 
senter le  sufi.  aritis  et  il  se  peut  que  le 
rad.  soit  celui  de  verber  c  verge,  bAton  », 
Tappareil  étant  composé  de  bâtons.  On 
devrait  avoir  verbi  varbi  (BS),  mais  le 
lat.  verpa  prouve  que  le  lat.  vulg.  avait 
une  forme  verper  pour  verber,  L'étym. 
est  appuyée  par  Morv,  vérote  <  petite 
l)arre  percée  de  trous  dans  lesquels  s'a- 
dapte le  bout  des  affranches  d'une  cha- 
rette  »,  et  qui  paraît  être  veru  plus  sufi*. 
oue. 

VARRAT  VARRÉ  {tara,  varé)  s.  m. 
V.  fr.  Ver  —  à  Yzer.  Porc.  Pavese  ver, 
porc  non  châtré. 

De  verrem,  av.  suff.  at,  d'atutn^  ou  et, 
passé  à  f».  Gh.  de  e  init.  en  a  (M), 

VARRÉ  V.  varrat. 

VARRÉRI  (varéri)  s.   f .  —  à  R.-de-G. 
Verrerie. 
Me,  je  roué  tôt  pltn  ptan  Ttirc  in  tour  de  varreri, 

«  Moi,  je  vais  tout  doucement  faire  un 
tour  de  Verrerie  (quartier  de  ce  nom).  » 
(Gorl.) 

Deverro  c  verre  »,  av.  suff.  fém.  en, 
de  aria.  E  s'est  conservé  dans  le  simple 
(24,  rem.  2)  et  a  passé  à  a  dans  le  dér. 
(166).  On  devrait  avoir  varriri  (18).  Le 
tout  répond  à  fr.  verrière.  Aria  s'applique 
ordinairem.  à  des  noms  de  métiers;  cepen- 
dant cp.  fr.  pldtrière  «  fabrique  de  plâ- 
tre »,  salpêtrièrCt  cressonnière,  mar- 
nière;  béarn.  teulère  «  tuilerie  *,  dont 
l'analog.  explique  la  format,  de  varrèri, 

VARSI  (varsî);  à  River.  VARZI  (varzl) 
s.  m.  —  Verger.  M.  lat.  x*  s.  vircaria  (Ager 
gofiacensis)t  vpr,  verziers. 

De  i>irt£f(«)cariMm,  qui  donne  tergx  par 
ch.  de  de  en  j  (61  5«),  et  de  arium  en  î 
(13>;  puis  vargï  par  ch.  de  è  init.  en  a 
(66).  Vargt  a  passé  à  vardzx  varzx  (cp. 
viougi  viousi),  mais  le  passage  de  varsX 
à  varsï  est  plus  difficile  à  expliquer. 

VARTOLLIA  (vartolha)  s.f.  —  Volée 
de  coups. 

Saint  Jotet  prit  m  ttlorpe , 
L'y  en  folil  uni  rarloUia. 

€  Saint  Joseph  prit  sa  varlope,  lui  en  f. 
une  tripotée.  »  (Xoè^l  de  J.  Capon.) 


De  In.  (in)vartolhi(Y.  ini^arioy't  c  rou- 
ler, envelopper  »,  av.  suff.  a  d'atam.  Sur 
le  sens  cp.  fr.  popul.  une  roulée*  une 
volée  de  coups  ». 

Il  se  peut  que  invartoyx  et  vartoUia 
doivent  être  rapprochés  de  verteolum,  vfr. 
vertel  vertoile,  vpr.  vertelh,  pr.  verteu, 
de  vertere,  peson  d'un  fuseau,  que  Ton 
fait  tourner  entre  les  doigts.  Cette  étym.  se 
prêterait  plus  simplem.  à  la  forme  que 
in-voltare,  proposé  à  invartoyx, 

VARVATO  Cvarvatô)  v.  a.  —  àMorn. 
Éventer. 

Onomat.  du  bruit  de  l'éventail,  exprimé 
par  la  répétit.  de  la  syll.  init.  Suff.  ô, 
relié  par  t(14io). 

VARVELO  (varvelô)  v.  n.  —  à  St-Mart. 
Grommeler,  gronder. 

Semble  une  onomat.  comme  farfat^j 
ronchonné  et  fr.  grommeler,  dont  l'orig. 
en  germ.  est  certainem.  onomatopéique. 

VARZI  V.  varsi. 

VAVRE    ("vavre)  s.  m.    —à  Villefr. 
'  Regain. 

Le  même  que  revivre  (v.  ce  mot)  dans 
lequel  le  préf.  re  est  tombé,  et  t  a  passé  à 
a,  ce  qui  indiquerait  qu'on  a  eu  revroirre, 
ai  passant  à  a  à  Villefr.  Mais  toitre 
serait  lui-même  une  irrégular.  que  je  ne 
sais  pas  expliquer. 

VAYON  V.  vèyon, 

VÉ  V.  rai. 

VÉDES  Cvéde)  2*  pers.  plur.  de  Tindicat. 
présent  de  videre, 

Lo  vide  ro  Tegni  Ions  cot Arts  de  fuméri  ? 

«  Les  voyez-vous  venir  tout  fumants?  » 
{Per.) 

Format,  analogue  à  celle  de  pouède  (v. 
ce  mot). 

•VEIPERNA  V.  vesperna, 

VELLA  (vêla)  ;  ap.  Goch  VEYLA  s.  f. 
"  Femelle  du  veau. 

De  vitella.  Chute  de  M 1 35)  ;  ch.  de  i  bref 
en  è  (16);  d'où  véella,  réduit  à  vella. 

VENELLA  (venéla)  s.  f.  —  1.  Dans 
l'express.  La  venella  dou  liet,  la  ruelle 
du  lit. 

Le  b.  lat.  a  venella  (vu*  s.),  venula, 
qui  semblent  bien  rapporter  le  mot  a  vena, 
d'où  venella  c  petite  veine  »,  et  au  fig. 
4  petite  rue  »,  malgré  le  caractère  savant 
de  la  dérivât.  L'etym.,  si  naturelle  comme 
sens,  de  vianella,  de  via,  doit  donc  être 
écartée.  Quant  au  sens  du  mot  lu.»  il  se 


Digitized  by 


Google 


VENN 


425 


comprend  aisém.   La  venella  du  lit  est. 
comme  la  ruelle,  «  la  petite  rue  ». 

2.  Dans  V express.  Prindre  la  venella, 
prendre  la  fuite. 

Môme  orig.  «  Prendre  la  venelle  »,  c'est 
prendre  la  petite  rue,  le  passage  dérobé. 
VENN  A  (vôna)  s.  f.  —  à  Villefr.  Buis- 
son, haie.    Au  xiv*  s.   dans  les  Dombes 
venna,  haie. 

De  b.  lat.  cenna,  digue,  haie,  clôture, 
dont  Torig.  n^est  pas  établie.  Graff,  qui 
voit  dans  venna  un  panier  à  prendre  le 
poisson  (sens  incertain),  le  reporte  à 
benna  (v.  ce  mot),  qui  est  d'orig.  gauloise, 
ou  à  fenna,  marais,  qui  est  d'orig.  germ., 
mais  l'étym.  pèche  par  le  fond  et  parla 
forme.  Diez  le  rapporte  à  r/m(iynea,  mais 
t  étant  long  aurait  dû  persister,  à  moins 
qu'on  ne  suppose  qu'en  b.  lat.  il  est 
devenu  bref  lorsqu'il  s'est  trouvé  entr. 

VENT  VINT  (van  vin)  s.  m.  —  dans 
tout  le  Lyonn.  Vent  du  midi.  Le  sens  s'est 
particularisé  en  opposit.  à  la  hUe.  Vent, 
en  général,  se  dit  ora. 

A  Lyon  dans  la  loc.  avoir  du  vent,  en 
parlant  d'une  fiarde.  Se  dit  d'une  toupie 
qui  parcourt  du  chemin  en  tournant,  au 
lieu  de  tourner  à  la  môme  place. 

Provb.  Grand  vent,  grande  guette. 
Môme  pronostic  quand  le  ciel  a  des  rou- 
geurs inaccoutumées.  Le  8^  provb.  se 
conçoit  :  on  voit  dans  le  rouge  la  couleur 
du  sang.  Mais  j'ignore  ce  qui  a  pu  faire 
relier  l'idée  de  vent  à  celle  de  guerre. 

yent  blanc,  vent  du  midi,  clair  et 
chaud,  mais  qui  contrairem.  à  l'ordinaire, 
n'amène  pas  la  pluie.  Je  crois  que  c'est  un 
vent  du  S.-E. 

Vint-travcrsa  v.  sous  travarsi, 
*VENTA  V.  vantô. 

VENTRES-JAUNES  s.  m.  pi.  —  Sobri 
quet  dés  gens  de  la  plaine  du  Forez,  parce 
qu'ils  sont  sujets  aux  fièvres  paludéennes, 
qui  leur  donnent  le  teint  jauno.  Mais  pour- 
quoi ventres  jaunes  plutôt  que  visages- 
jaunesfiiesi  probable  que  l'on  suppose 
que  l'action  de  la  fièvre  sur  le  teint  est 
plus  accusée  sur  les  parties  molles  comme 
le  ventre.  L'habitant  de  la  Sologne  est 
aussi  nommé  ventre-Jaune  en  Bcrri. 
mais,  dit-on,  parce  qu'il  fait  grande  con- 
soiumalion  de  miel. 

VÉPRO  (vépro)  s.    m.  —  Le   soir.   A 
Crap.  s.  f. 


De  vesper.  Chute  de  s  (166  2^).  Le  fém. 
à  Crap.  vient  probablem.  de  l'intt.  du  fr. 
vêpres  ou  de  vêprée. 

VÊPRO  (vëprô)  s.  f.  —  La  soirée,  av. 
indicat.  d'une  durée  de  temps  déterminée. 
€  Mo7i  travar  m*a  prenu  tota  la  vëprô^ 
mon  travail  a  rempli  toute  l'après-dlnée.  » 
La  vëprô  a  étô  bella,  il  a  fait  beau  toute 
la  soirée. 

De  In.  vépro,  av.  suff.  ô,  d*ata  (1).  Il 
y  a  entre  lo  véùro  et  la  vëprà  la  môme 
différence  de  format,  et  d'idée  qu'entre  le 
soir  et  la  soirée.  De  môme  en  viv.  on  a 
vépra  s.  f.  et  vépré.  Le  !•'  signifie  le 
temps  qui  sépare  le  moment  du  goûter  de 
la  nuit,  et  le  2*,  le  soir,  la  tombée  de  la  nuit. 
Vëprô  répond  au  vfr.  vesprée. 

VÊQUIA  Tvêkia  dissyl.)  VÊTIA  (vô- 
tia);  ap,  Goch.  VITIAprép.  —  Voilà. 

De  In.  vei(s),  impérat.  de  veire  «  voir  ». 
et  iqiii  (v.  ce  mot);  d'où  vei-iqui  veiqui, 
mais  je  suis  plus  embarrassé  pour  expli- 
quer l'addit.  de  a.  Je  suppose  que  c'est 
par  analog.  av.  la  fin.  du  fr.  voilà. 
Quant  à  tia  et  kia,  ils  s'équivalent 
volontiers.  Je  ne  connais  pas  la  forme 
vit  la. 

VERCORO  (verkorô)  s.  f.  Morv.  ver- 
couriau  —  à  Paniss.  Aigreur  d'estomac, 
renvoi. 

De  In.  coro  «  cœur  »,  av.  un  préf.  ver, 
de  versus,  qui  est  péj.  et  exprime  l'act.  de 
retourner.  Cp.  l'express,  retourner  le 
cœur,  donner  mal  au  cœur.  Au  thème 
s'est  ajouté  le  suflf.  (5,  d'ata. 

VERGNO  (vèrgno)  VERNO  (vèrno) ,  ap. 
Goch.  VERNA  s.  m.  M.  lat.  verna,  pr. 
verno,  lim.  verni,  Igd.,  gasc,  béarn.,  dph. 
verna—  Aulne.  Ss.-rom.  vouargno  €  pi- 
nus  picea  ». 

Du  celt.,  kym.  gwern,  marais;  d'où 
coed  gwern,  arbres  de  marais,  aulnes. 
Je  ne  sais  ni  le  sexe  de  la  forme  de  Goch. 
ni  comment  elle  doit  s'accentuer.  Si  c'est 
un  oxyton,  le  mot  signifierait  «  aulnuie 
{\. verna)*,  et  non  aulne.  G'esl  l'hypoth. 
la  plus  probable. 

VERGOGNA  (vergôgna)  s.  f.  —  Honte. 
«  Ètresins  vergôgna,  être  effronté.  » 

C'est  le  fr.  vergogne,  de  verecundia^ 
qui,  disparu  compiètcni.  du  fr.  popnl., 
s'est  conservé  dans  le  pal. 

VERGOGNOUS.  SA  (vergognou,  ouza) 

51 


Digitized  by 


Google 


426 


VER» 


adj.  -  Honteux.  De  In.    vergogna,   av. 
sufif.  ous,  d'osus  (35). 
VERICE  v.virice. 

*VERIN  (vérin)  s.  m.  Vpr.  veve  veri 
—  Virus,  maladie  épidémique. 

De  venenum,  av.  ch.  de  n  en  r  par 
dissimilat.  {cp orph^ninum  =  orphelin); 
ch.  de  en  en  m  (29;. 

VERNA  (verna).  s.  f.  -Lieu  dit.  Le 
Mas  de  la  Verna.  près  de  Morn. 

De  In.  verno,  av.  sufT.  a,  d'ara,  qui  a 
remplacé  le  suff.  aye,  d*ela  (cp.  pinô),  La 
Verna  est  donc  un  lieu  plante  d'aulnes, 
une  €  aulnaye  >.  H  est  très  possible  que 
le  mot  existe  encore  dans  ce  sens,  mais 
sous  la  forme  cerna  (1). 

♦VERNAY(vornô)  s.  m.  Sav.  vernay  — 
Lieu  planté  d'aulnes,  c  ordinairem.  hu- 
mide ».  ajoute  Coch. 

De  In.  verno,  av.  suff.  coll.  d'oïl  aye, 
d'eta,  que  le  In.  a  fait  passer  au  maac. 
N.  de  lieu,  le  Vernay  près  de  Lyon. 
VERNO  V.  vergno. 

VÊS  (vô)  h  Crap.;àR.-de-G.  VE  (vé); 
ap.  Coch.  VEY  s.  f.  Béarn.,  vpr.  rets  — 
Fois.  Inavês,  une  fois.  De  veys  (à  Lyon 
des  fois),  peiit-ôtre.  Quant  de  veys,  com- 
bien de  fois  ? 
De  vicem  (18). 

VESON(vezon);ap.  Coch  VÉZON  s.m. 
-  Petit  ver  du  fromage,  de  la  viande; 
c'est  aussi  le  ver  des  enfants.  Au  fig.  in 
veson,  un  enfant  ou  mt^me  une  personne 
qui  a  mauvais  caractère,  qui  regimbe 
comme  les  vers  du  fromage.  Prindre  lo 
veson,  prendre  la  mouche.  Lim.  ve:on 
«  femme  de  mauvaise  vie  »,  viv.  vezou 
«  ver  de  terre  ». 

Cir  11  p«r«i$i  engendre  toal  lo  veson  en  un  corpt. 
«   Car    la    paresse    engendre  tous  les 
parasites  dans  le  corps.  »  Bern.) 

De  ver(»nis)  =  ter  ,  plus  suff.  on.  On 
a  dû  avoir  veron  passé  à  teson  par  ch. 
de  r  en  5  dont  on  possède  d'assez  nom- 
breux ex.  dans  les  pat.  Gp.  Yonne  lousiouy 
de  loriot;  tOH:iat(,  de  taureau  {ap,  Joret), 
et  In.  our  (v.  ce  mol\  de  ossem. 

VESOTTI  (vesôtl;  à  River,  vezotchi)  s. 
et  adj.  —  Capricieux,  quinteux.  maniaque, 
lunatique. 

De  ver,  de  vermis,  avec  suff.  i,  à'itus 
(op.  iillouvi),  et  insert,  d'une  syll.  fréq. 
vtt^  par  analog.  av.  le  suft.  fréq.  des  vb. 
en  Otto.  On  a  rero//«  (cp.  tarot),  puis 
i:esotti  r^ar  le  même  ch.  qui  a  transformé 


veron  en  veson  (v.  ce  mot).  Sur  le  sens,un 
vesotti  est  qqu'un  qui  se  rebiffe,  qui  re- 
gimbe comme  le  ver  du  fromage  lorsqu'il 
se  contracte. 

VESPERNA  (vèspèrna);  ap.  Coch.  VEI- 
PERNA  s.  f. 'Dph.  veiperna,  Voiron 
vêprena,  Vionnaz  veipernô  —  L'après- 
midi,  surtout  à  partir  de  3  heures. 

De  vesperna,  de  vesper,  La  graphie  de 
Coch.  ei  a  pour   but  d'exprimer  non  une 
diphtongue,  mais  un  son  moyen  entre  è  et 
ê  pour  lequel  la  notât,  exacte  nous  manque. 
Il  est  assez  curieux  que    s  ait  persisté, 
quand  elle  n'a  pas  persisté  dans  vépro  ;  ce 
fait  indique  un  emprunt    aux   dialectes 
d'oc,  mais  la  forme  de  Coch.  montre  que 
cette  persist.  n'est  pas  générale. 
VÈTIA  V.  vêquia. 
VEVI  (vevî)  s.  m.  —  à  Grap.  Purin. 
Étvm.  inconn.  —  Le   mot  n'existe  pas 
dans  les  pat.  congénères.  Faut-il  y  lire 
'vivArium  formé  sur   titum,  av.  le  .sens 
de  «  qui  vivifie  ..qui    donne  la  vie  et  la 
force  aux  plantes?  L'affaiblissem.  de  la 
prot,  en  e  n'aurait  rien  d'anormal,  mais  le 
sens  parait  bien  forcé. 
*VEY  V.  tê. 
•VEY LA  s,   f.   Femelle    du    veau.    v. 

vella. 

*VEYLA  (vêla)  s.  f.  -  «  Joie.  Y  soni 
bien  en  teyla,  ils  sont  bien  en  joie.  » 
(Coch.)  -  «  E  lo  brut  de  que  loziqai  que 
dausavon,  ce  que  le  bettit  bien  en  teyla  > 
iParab,  Cond.)  -  Coch.  met  en  note  (Al- 
manach  1815,  p.  cvj);  «  in  eey/a.enjoie  ». 

Je  ne  connais  pas  ce  mot.  qui  n'existe 
pas  dans  les  pat.  congénères,  et  dont  je  ne 
sais  pas  fournir  Texpiicat. 

*VEYON  (vè  von)  VAYON  (va-yon)  s. 
m  —  1.  Bouchon  de  pin  ou  de  houx  qui, 
dans  les  campagnes,  sert  d'enseigne  aux 

cabarets. 

L'écriUè  de  lien  maison 

Les  tire  d'tihire  : 
Infanti  Jem  sacrum 
N'esl-l-y  pe«  nn  bienn  cayon? 
t  Uécriteau  de  leur  maison  (aux  Ora- 
toriens)-  L-s  tire  d'embarras  : -Câut- 
peile  dédiée  à  Venfant  Jésus  -; ^^^'^ 
pas  une  belle  enseigne?  •  (^o^/  l.-S> 

2  Croix  de  paille  que  Von  place  dans  les 
champs,  dans  un  endroit  apparent,  et  a 
qui  l'on  attribue  une  vertu  protectrice. 

Formé  sur  l'impérat.  vey.  de  rexre 
^  voir  »,  av.  suff.  on.  Lidée  est  *  ciK»^ 


Digitized  by 


Google 


VÉZÔ 


427 


en  vue,  enseigne  ».  Ce  pourrait  être  en- 
core la  !'•  pers.  plur.  du  prés,  de  l'impéral. 
substanlivée.  Gp.  la  forme  savante  un  vi- 
dimits.  —  Dans  le  sens 2  la  croix  est  con- 
sidérée comme  une  enseigne,  une  chose 
qui  marque  le  champ. 

*VÉZON  V.  veson, 

VIA  (via  monosyll.)  s.  f.  —  1.  Vie.  — 
2.  Nourriture,  choses  nécessaires  à  la  vie, 
vivres. 

De  V)Ua,  Chute  de  r  (135).  D'où  cia  et 
t?ia  par  transport  de  l'ace,  sur  la  2*  voy. 
(51). 

*VIAILLES  V.  viôlli, 

VI  Al  RI  V.  viaivo, 

VIAIRO  VIAIRI  (vièro  vièri)  à  Morn.; 
à  Villefr.  VIAR  (viàr  monosyl.);  à  Grnp. 
VIRO  (viro)  s.  m.  —  Jachère.  S'emploie 
surtout  dans  l'express,  ina  terra  in  tiairo, 
une  terre  en  jachère,  qu'on  laisse  reposer. 

Je  crois  que  la  forme  primitive  esiviairo, 
de  vacarium,  de  vacare,  parce  que  la 
terre  est  vide  de  récolte  (cp.  Bessin  tére 
en  caca  <  terre  en  jachère  »).  Gh.  de  c  en 
yotte  (128  1");  de  arium  en  airo  (13, 
rem.);  d'où  vaiiairo,  réduit  à  viairo. 
Dans  la  forme  viairi,  i  fin.  a  été  appelé 
par  l'yotte  de  la  dipht.  ai,  qui  a  certainem. 
été  aï.  Dans  la  forme  viar,  passage  de  airo 
à  ar,  suiv.  la  phonét.  de  Villefr.  où  ai  oi 
passe  à  d  {rationeyji  =.  rdson,  mansionem 
=  mdjon).  Dans  la  forme  vin  il  y  a  eu 
infl.  de  ciri  «  tourner  ».  L'idée  primitive 
de  vacuité  ayant  été  oubliée,  on  y  a  subs- 
titué l'idée  de  la  terre  retournée,  parce 
qu'on  retourne  av.  la  charrue  la  terre  en 
jachère  pour  faire  sécher  les  herbes.  Une 
terre  en  viro  est  donc  aujourd'hui  pour 
les  Graponnais  une  terre  retournée. 

VIANCHI  (vianchi)  s.  f.  —  à  Villefr. 
Clématite,  clematis  vitalba.  Pr.  vigno 
hlanco.M,  vitebianca. 

Je  crois  av.  M.  Deresse,  que  c'est  une 
contract.  de  vigne  blanche,  qui  s'est  pro- 
duite d'autant  plus  facilem.  que  ianchi 
sonne  comme  dans  lianchi,  viorne.  Les 
mots  composés  subissent  généralem.  de 
fortes  contractions  (cp.  brayi-cu). 

VIAR  V.  viairo. 

VIAUDO  (SE)  V.  se  vioiUô, 

"VIAUTRA  (SE)  y.sevioutô. 

*VICANT  (vikan)  adj.  partie.  Berr. 
vicant  —  Vivant.  Vosges  viqtiè  «  vivre  ». 
Los   ûfros  suiil  vkauls...  UUiiulii  iioutrt  mu&iqua. 


«  Les  fifres  (gens  de  Moinant)  sont  vi- 
vants... témoin  notre  musique.  »  (hym.) 
Formé,  comme  fr.  vécu,  sur  un  partie. 
viscum,  tiré  de  viski  pour  vicsi  =  vixi. 
Le  subjonct.  prés,  a  aussi  le  k  :  que  je 

vicaise  «  que  je  vive  ». 

VICU  (viku)  partie.  —  Mangé.  Ne  s'em- 
ploie pas  adjectivem. 

Dépu  Je  grand  madzln,  que  u'aylos  p68  tien.,, 
«  Depuis  le  matin,  de  bonne  heure,  que 
je  n'avais  pas  mangé.  »  (Gorl.) 

Partie,  passé  de  viure  «  vivre  »,  av. 
dërivat.  de  sens.  Gomme  il  faut  manger 
pour  vivre,  les  2  idées  se  sont  confondues. 
Quant  à  la  format.,  elle  est  la  môme  que 
pour  le  fr.  vécu. 

A  Grap.  vécu  se  dit  vivu» 

VIEILLI  V.  viôlli. 

VIEILLONGI  (viélhonji);  à  Lyon  vieil- 
longe  s.  f.  Dph.  vieillongiy  ss.-rom. 
vilhonze^  sav.  vieillonze,  pr.  vieiounge, 
alp.  vielhounge.  Goch.  le  traduit  fort  im- 
proprem.  par  «  de  vieilles.se  »,  sans  doute 
parce  qu'on  emploie  souvent  le  mot  dans 
des  locut.  comme  «  a  v'est  de  vieillongi, 
c'est  de  vieillesse  »;  mais  en  réalité  c'est 
bien  un  subst.  qui  se  traduit  par  «  Vieil- 
lesse ». 

Une  composition  de  via  «  vie  »  et  longi 
«  longue  »  seraiitrop  ingénieuse.  Le  vpr. 
avait  vilhuna  c  vieillesse  »  et  probablem. 
une  autre  forme  à  palatale  vilhunia,  d'où 
les  formes  pr.  modernes  vieiounge  etc.  et 
le  In.  vieillongi,  par  ch.  d'yotle  en  j  (cp. 
calumnia  =  calonge).  Désin.  i  (54  !•). 
La  forme  primit.  est  vilhuna^  vfr.  rei7- 
lune,  de  veclus  =  vieil ^  et  suflf.  ttna, 
d'ud(i)nem, 

VIENDRE  (vi-indre)  v.  n.  —  Venir. 

De  veni7'e,  qu'on  a  fait  passer  dans  la 
8«  conjug.  lat.,  d*oiXven(e)re.  Insert,  de  d 
(176  1*).  La  modiflcat.  a  pu  se  faire  sous 
rinfl.  du  futur. 

•VIGNOLO  (vignolô)  v.  a.  —  Cultiver  la 
vigne.  Je  ne  connais  ce  mot  que  par  Goch. 

De  In.  vigni  «  vigne  »,  av.  suff.  fréq. 
olô. 

♦VIGNOULANT  (vignoulan)  s.  m.  Ss.- 
rom.  vegnolan  —  «  Cultivateur  de  vignee .» 
Je  ne  connais  le  mot  que  par  Goch. 

Subst.  tiré  du  partie,  présent  de  vZ/yno/d. 

VIGORË.  ETTA  (vigorë,  èla)  ;  à  Lyon 
vigoret,  elle  adj.  —  Vif,  agile,  dispos, 
bien  portant.  «  Celo  borsat  est  hen  v'ujore , 
ce  petit  garçon  est  bien  vif,  bien  portant.  » 


Digitized  by 


Google 


488 


VILL 


Gna^neau.  si  vigo-re,  la  fleur  de  le  perércs. 
«   Gnagneaii,    si   dispos,    la   fleur  des 
houillères.  »  {Pei\) 

De  vifforem,  av.  sufT.  roman  et.  On  a 
eu  cerlainem.  vigouret,  dans  lequel  ou  a 
passé  à  o  (34,  rem.  4).  Le  suff.  et  étant 
dim.,  in  home  vigorë  n'est  pas  la  même 
chose  qu'un  homme  vigoureux.  Vigorë 
ne  se  dit  pas  d'un  grand  et  gros  homme, 
mais  seulem.  d'un  petit  homme  vif.  Il  est 
à  remarquer  au  reste  que  dans  presque 
tous  les  patois,  vigoureux  a  pris  le  sens 
de  vif. 

VILLE  (vllhe)  s.  f.  -  à  Villefr.  Liseron 
des  champs,  convolvulus  arvensis. 

De  viticula.  Sur  la  format,  v.  villo, 
vrille  de  la  vigne.  Comme  le  liseron 
s'entortille  autour  du  blé,  on  y  a  vu 
Timage  de  la  vrille  de  la  vigne. 
VI LLO  (vilho)  s.  m  —  Vrille  de  la  vigne. 
De  viticitlum.  Chute  de  t  (135).  Gh.  de 
iculum  en  ilho  (164  2%  b);  d'où  vl-ilho, 
réduit  à  vilho, 

*  VILLON  (vilhon);  à  Lyon,  d'après 
M.  Aniel,  veillon  s.  m.  —  L  —  «  Rameau 
do  vigne  auquel  sotit  attachés  les  raisins, 
que  Ton  coupe,  et  lie  avec  un  osier;  gros 
bouquet  de  raisins.  »  (Coch.)  —  Aujour- 
d'hui, c'est  simplem.  un  rameau  de  vigne 
chargé  de  raisins. 

De  viticulum  =  vilho  (v.  villo),  av. 
sufl".  on.  En  dph.  on  nomme  villon  l'osier 
dont  on  se  sert  pour  lier  la  treille.  Ce 
sens  explique  la  définit,  de  Coch. 
VI ND  Al  Ml  s.  f.  V.  vindêmi  subst. 
VINDAIMI  vb.  V.  vindêmï  vb. 
VjNDÊMI    (vindèmi);    à    Morn.    VIN- 
DAIMI  s.  f .  —  Vendange. 
De  vindemia.  Ch.  de  a  en  i  (54  l*). 
VINDÊMI    (vindômt);    à    Morn.    VIN- 
DAIMI (vindaïmltrissyl.);  ap.  Coch.  VIN- 
DEMIA V.  a.  —  Vendanger. 

De  vindemia,re,  Ch.  de  iare  en  t  (15  !•). 
Je  crois  que  la  forme  de  Coch.   n'est  pas 
un   archaïsme,    mais    le  résultat    d'une 
•  confus,  av.  le  partie,  passé.  Dans  la  forme 
de  Morn.  Tyolte  de  la  dipht.  aï  est  dû  à 
celui  de  iare. 
'VINDEMIA  vb.  v.  vindêmi  vb. 
•VINDÊMIOU  (vindéraiou)  s.   m.  Dph. 
rendeimoH,  Voiron    rendeimié  —   Ven- 
dangeur. Le  sobriquet  de  hilloud  a  rem- 
placé ce  mot. 

De  In.  rindêmX  c  vendanger  »,  av.  sufT. 
ou,  ^'orem  (34  bis). 


VINDRO  (v!ndro)s.  m.—  Vendredi. 

C'est  divindro  (v.  ce  mot), av.  l'apocope 
de  la  partie  du  mot  représentant  dies. 

VINT  V.  vent. 

VINTO  (vintô);  à  Lyon  venter  v.  n.— 
Recevoir  le  vent. 

C'est  le  fr.  venter,  av.  passage  de  Tact  if 
au  neutre.  Locut.  :  Être  venté  comme  un 
ou  des  capucins,  recevoir  de  violents  as- 
sauts du  vent.  Je  ne  saisis  pas  le  rap- 
prochem . 

VINTRALLI  (vintralhi);  à  Lyon  ven- 
traillc  s.  f.  B.  lim.  ventralio  —  Boyaux, 
intestins,  tout  ce  qui  est  compris  dans  la 
capacité  d'i  ventre. 

De  venirAlia,  dont  on  a  fait  un  subst. 
fém. 

VIOLET  (violé  dissyl.)  *VIOULET  s.  m. 
Dph.  violet  f  ss.-rom.  vionnet,  sav.  viour- 
net^  viv.  rnotili,  pic.  voyette, 'Slow,  vialet, 
m.  b.  la  t.  viola  viol  us  violet  us  viole  tum 

—  Sentier,  chemin  à  talons. 

V«ut  mil!  prindre  un  petet  violet, 
Onle  y  est  lé  que  lo  rossignotel 
Vt  le  calti  quand  i  gazoye. 
«  Il  vaut  mieux  prendre  un  petit  sentier; 

—  C'est  là  que  le  rossignol  —  Va  se  cacher 
quand  il  gazouille.  »  {La  Çousonnaise, 
chans.) 

Mais  dens  celot  vioulett  ftu  reteni  son  pôs. 

«  Mais  dans  ces  sentiers  il  faut  retenir 
son  pas.  »  (Hym,) 

De  vpr.  viol  (qui  paraît  être  via,  plus 
suff.  dus),  av.  suff.  dim.  et.  Mon.  tire 
assez  naïvem.  violet  de  violette,  parce 
qu'on  trouve  ordinairem.  des  violettes 
dans  ces  sortes  de  sentiers. 

VIOLLI  (vièlhi);  à  Paniss.  VIEILLI 
(vièlhi)  s.  f.;  ap.  Coch.  VIAILLESs.  f.  pi. 
For.  viailles  —  Joue. 

L*é|»oui«  ail  Inu  groin  comme  un  échaufaliet, 
Le  viaille  de  coulou  d'un  pelil  tin  pailM. 

«  L'épouse  avait  le  visage  semblable  à 
une  bassinoire,—  Les  joues  de  la  couleur 
d'un  petit  vin  de  paille.  »  (Chap.) 

Un  'viseicfujla,  de  visum  (vfr.  vis  «  vi- 
sage ») donnerait  viailli  par  la  chute  de* 
comme  dans  bi(s)accia  =  biassi.  Il  y  a 
d'autres  ex.  de  5  doux  disparaissant  entre 
deux  voy .  ;  cp.  presentia  =  prehensa  dans 
les  chartes  dph.  (P.  Meyer).  Cette  format, 
est  appuyée  par  Morv.  viaige  «  visage  », 
et  vion  =  vision.  Viailli  pa.sse  à  piV5Mt 
(6,  rem.).  La  dérivât  de  sens  de  c  visage  » 
à  «  joues  »  ne  donnerait  lieu  à  aucune  diffi- 


Digitized  by 


Google 


VIOL 


429 


cullé.  —  Une  format,  sur  reire,  de  videre, 
au  lieu  de  risum,  est  inadmissible.  Oulre 
que  la  disparit.  de  r  serait  anormale,  il 
faudrait  supposer  une  composit.  vey-ailles 
viailles;  or,  dans  le  suff.  alia,  a  persiste 
(6,  rem.)»  tandis  que  dans  aciila,  a  passe 
à  ô. 

VIOLLI  (viôlhî)  V.  a.  —  Donner  un  souf- 
flet. 

De  In.  viôlles  t  joues  »,  av.  suff.  % 
(15  4-). 

VIOLLIA  (viôlhadissyl.)  s.  f.  —  Souf- 
flet, correction.  €  Al  a  7'ecevu  ina  hona 
riôllia,  il  a  reçu  une  bonne  correction.  > 

Subst.  partie,  fém.  deviôlUvh, 

VIOUGES  VIOUZES  (vionje  vionzedis- 
syl.)  s.  f.  pi.  —  Germes  des  pommes  de 
tnrre. 

Subst.  V.  de  viougi  viousl. 

VIOUGI  VIOUZI  (viougî  viouzl  dissyl.) 
V  n.  —  Germer,  en  parlant  des  pommes 
de  terre. 

Mi^iiAs,  dzi-lë,  ménôs,  le  truffes  VAnt  riouzi. 

«  (Camarades,  dit-il,  les  pommes  de  terre 
vont  germer  (par  surabondance  et  parce 
qu'on  n'aura  pas  le  temps  de  les  consom- 
mer toutes.;  »  (  Tôt  va  h.) 

Étym.  inconn.  —  Si  l'on  admettait  que 
l'idée  qui  a  présidé  à  la  format,  est  non 
pas  celle  de  c  germer  »,  mais  celle  de 
<  perdre  de  sa  qualité  par  suite  de  la  ger- 
mination »,  on  pourrait  expliquer  le  mot 
par  vpr.  vilzir  =  vilfejxcere  «  perdre 
de  son  prix,  diminuer  de  valeur  ».  D'où 
tnousi  viougi  par  vocalisât,  de  l.  Cepen- 
dant la  forme  régul. serai tt?<r5l  (171  2*)* 

VIOULET  ^.  violet, 

VIOUTO  (SE)  (se  vioutô  dissyl.;  ;  à 
Paniss.  SE  VIAUDO;  ap.  Goch.  SE  VI AU- 
TRA. 

Franchement  que  la  Démoly 
S'aura  vioutô  su  Totre  lit. 

«  Pour  sûr  la  Démoly  —  Se  sera  vau- 
trée sur  votre  lit.  »  (Due  Bib.) 

Probablem.  de  vfr.  tiautre^  gros  chien, 
de  b.  lat.  veltrum,  en  relat.  av.  lat.  ver- 
tragus  vertraha,  mot  celt.  qui,  d'après 
Gluck,  signifie  «  qui  a  les  pieds  rapides  », 
et  que  Diez  tire  de  irl.  iraig  «  pied  »,  av. 
prép.  intens.  ver.  Corn,  guiltery  même 
sens.  Suff.  ô  (15  3").  D'où  se  viautrô  «  se 
rouler  comme  les  chiens  ».  et  se  viautô 
par  chute  de  r.  Cette  chute,  dont  il  y  a 
qq.  ex.,  a  certainem.  été  facilitée  par  l*idée 
de  veau.  Cp.  à  Lyon  l'express,  se  vau- 


trer comme  un  veau.  Elle  est  tellem. 
usuelle  que  Coch.  déflnit  se  viautra  par 
«  se  vautrer  comme  un  veau  ».  Cette  idée 
s'est  développée  lorsque  l'on  n'a  plus  su  ce 
que  c'était  qn'un  veautre^  d'autant  plus 
que  le  veau  est  chez  nous  le  symbole  de  la 
paresse.  Du  moment  que  le  rad.  était 
censé  veau,  Yr  du  primitif veaw^rc  n'avait 
plus  de  raison  d*ôtre.  Gh.  de  au  en  ou 
dans  la  forme  vioutô  (75).  Dans  la  forme 
viaudô,  t  a  passé  à  d  (136)-  Cette  étym. 
est  plus  vraisembl.  que  le  vfr.  voltrer, 
de  *volt(u)lare,  it.  voltolare,  qui  donne 
en  In.  vortrô  (170  4"). 

VIOUZI  V.  viougi, 

VIRA  V.  a.  —  Signifie  «  Voir  *  dans  les 
textes  suiv.  du  Dial.  «  Una  marcia  que 
fesiet  tant  codre  le  dames  et  lots  monsius 
qu'o  v'ore  joli  de  z'ou  vira  »,  une  averse 
qui  faiflait  tellem.  courir  les  dames  et  les 
messieurs,  que  c'était  divertissant  avoir. 
—  «  A  dont  a  diisit  :  Vots  alau  vira  lot 
qun  de  nets  doux  amerite  d'être  Théretii  *, 
vous  allez  voir  lequel  de  nous  deux  mérite 
d'être  Théritier.  —  Je  ne  connais  pas  cette 
forme. 

Probablem.  de  visa  (v.  avisô)^  fr.  viser. 
par  ch.  de  *  en  r  (cp.  Yonne  touziau  z=. 
taurettUf  voise-rz  voire;  fr.  besicle  =  be- 
ricle^  Chaise  =  chaire).  Le  lim.  visa  a  le 
même  Sens  que  In.  aviso. 

VIRAUD(virô)s.  m.  —  Se  dit  d'un  grand 
garçon  remuant,  tapageur.  S'emploie  av, 
l'adj.  grand  :  in  grand  viraud. 

De  viri  «  tourner  »,  av.  suflf.  péj.  aurf, 
de  wald.  L'idée  est  de  qqu'un  qui  tourne 
et  retourne  constamm.,  qui  vagabonde. 

VIREGOSSE  (viregôsse)  s.  m.  —  Nom 
plaisant,  donné  aux  carrousels  ou  chars 
tournants  dans  les  vogues. 

1>  mot  parisien  gosse,  gamin,  n'est  pas 
connu  dans  nos  campagnes,  mais  je  sup- 
pose que  viregôsse,  littéralem.  «  qui  fait 
tourner  les  gosses  »,  aura  été  créé  par  qq. 
bel  esprit,  retour  du  service  militaire,  ou 
simplem.  rapporté  de  Paris.  Je  crois,  du 
reste,  que  l'express,  n'est  connue  qu'à 
Morn. 

VIRI  (viri)  v.  a.  —  Tourner,  faire 
toJirner.  Viri  le  vaches,  fais-les  retourner. 

Du  type  qui  a  formé  fr.  virer,  que  Diez 
rattache  à  virta,  bracelet,  cercle.  Le  suflf. 
i  est  engendré  par  le  groupe  ir  (15  5«>. 

VIRICE  VERICE  s.  f.  —  Je  ne  connais 


Digitized  by 


Google 


430 


VlFll 


pas  ce  mol  (le  auditu.  On  lit  dans  Maz. 
d'Aveize  {Lettres  sur  mes  jiromen,  à 
Lyon^  1812)  :  «  La  maison  Deschamps,  à 
Serin,  est  le  point  de  départ  de  tous  les 
bateaux  et  de  toutes  les  bêches...  C'est  là 
que  les  batelières  sont  dans  Tusage  de 
prendre  la  corde  qu'elles  nomment  vul- 
gairem.  virice...,  av.  laquelle  elles  se  font 
remonter  plus  facilem.  par  un  cheval...  » 
Une  personne  très  digne  de  foi  l'a  recueilli 
sous  la  forme  verice,  av.  le  sens  de  corde 
de  halage  en  général  (ce  qui  sert  à  faire 
virer  le  bateau,  et  par  extens.  à  le  tirer). 

Le  rad.  est  sans  doute  celui  de  In.  viri 
«  virer  »,  av.  sulT.  isse,  d'itia,  qu'on  re- 
trouve dans  qq.  mots  popul.  où  il  s'est 
ajouté  aux  vb.  en  t  (cp.  bâtisse,  de  bâtir). 

VIRICOTTA  (virikôta)  s.  f.  —  Culbute. 

Subst.  V.  àcviricottô. 

VIRICOTTO  (virikùtô)  V.  n.  —Culbuter, 
tomber,  tourner. 

Composé  de  viri  «  tourner  »,  de  colô 
«  côté  »,  de  Costa,  ei  du  sulT.  <5  (14  1"). 
Viricoltô  litléraleni.  «  virer  sur  les 
côtés  ». 

VIRIË  (virië  dissyl.)  s.  ni.  —  à  Yzcr. 
Premier  labour  d'une  terre  en  friche  ou 
en  herbage.  Lahorô  ou  (^au)  î?jnV%  faire 
co  labour. 

De  In.  viri,  av.  sufT.  et,  réduit  à  è  à 
Yzer. 

•VIRIGOLIA  (virigolha)  s.  f.  —  Goch. 
ne  fait  pas  figurer  ce  mot  dans  son  vo- 
cabul.,  mais  il  le  donne  dans  l'ex.  «  Yl  y 
annpi  una  bona  virigolia,  il  lui  a  donné 
une  bonne  taloche.  »  Voiron  viregoullier, 
secouer,  tirailler. 

Crap.  a  virigolhi,  une  femme  qui  tourne 
sans  cesse.  T'ir/V/o/m  est  probablem.  formé 
de  la  même  manière,  sur  viri  €  tourner  », 
av.  un  suflf.  péj.  et  fréq.  de  fantaisie.  Le 
mot  représente  le  subst.  partie.  d*un  vb. 
vh'ifjolhx  «  tourner  et  retourner  ».  Aussi 
je  crois  que  virigolia,  qui  doit  encore 
exister,  signifie  non  précisém.  une  taloche, 
mais  «  une  tripotée,  une  volée  de  coups  »: 
littéral.  Tact,  de  tourner  et  de  retourner 
qqu*un  sous  les  coups.  Il  se  pourrait 
pourtant  qu'il  fallût  y  lire  guta  -^^gola,  et 
que  ce  fût  «  le  soufÛet  qui  fait  virer  la 
gueule  ». 

VIRIGOLLI  (virigôlhi)  s.  f.  —  à  Crap. 
Se  dit  d'une  personne  qui  tourne  inutilem.. 
qui  perd  son  temps  à  aller  et  venir,  en 
démarches  inutiles. 


De  viri  «  tourner  »,  av.  un  bizarre  suif 
péj.  golfii,  allongé  comme  tous  les  suff*. 
de  ce  genre,  et  inventé  de  toutes  pièces, 
sans  qu'on  voie  le  rôle  qu'a  pu  y  jouer 
Tanalog. 

VI R ION  (virion  dissyl.)  s.  m.  For.  re- 
ron  ~  1.  Venin  des  bêtes  venimeuses. 

2.  Ce  nom  se  donne  aussi  aux  chenilles 
qui  gonflent  ou  sont  censées  gonfler  les 
animaux  qui  les  mangent  av.  l'herbe.  On 
dit  d'un  bœuf  méléorisé  qu'il  a  c  miugi  iii 
virion  ». 

De  veneiium^  av.  ch.  de  n  en  r  comme 
dans  vérin.  Substitut,  du  suff.  on  à  la 
désin.  in,  qui  a  été  prise  pour  un  suCT. 
Sur  rinsert.  de  yotte  v.  184  4s  note.  Le 
ch.  de  e  bref  init.  en  i  doit  être  attribué  à 
l'infl.  de  l'yotte  de  la  2«  syll. 

VIRO  V.  viairo. 

VIROLET  (virole) s.  m.  For.,lgd..b.  lim. 
viroLilet.  —  Jouet  d'enfant.  C'est  un  petit 
moulin  qui  tourne  sur  une  grosse  noix 
(bnraude)  qu'on  perce  av.  un  fer  rouge. 
C'est  dans  cette  noix,  vidée,  que  s'enroule 
la  corde  qui  sert  à  faire  tourner  le  jouet; 
A  Lyon  toton,  petit  disque  d'os  ou  do  bois 
traversé  par  un  axe  auquel  on  imprime 
av.  le  pouce  un  mouvem.  de  rotat.  Ss.- 
rom.  l?/ro/tf^  moulinet  d'enfant,  qui  tourne 
dans  une  eau  courante.  Le  virolei  dont 
parle  Kabel.  Gar gant.  c\i?ip,  xi:  «  Et  pour 
s'esbatre  comme  lespetits  enfants  du  pays, 
lui  feircnt  un  hQ^nvirolet  des  aeles  d'uiig 
moulin  à  vent  de  Myrebalais  »;  ce  virolet 
était  sans  doute  celui  de  nos  petits  paysans. 
Vfr.  virolet  c  a  boys  windmill  (Gotgr.)  >•- 

Formé  sur  virole,  av.  suff.  et, 

2.  à  Lyon  Anus. 

N'est  pas  1.  pris  au  fig.,  mais  un  dim.  de 
b.  lim.  virol  «  endroit  où  les  vertèbres  se 
joignent  aux  os  des  hanches  (Beronie,  et 
Azaïs  sans  doute  d'après  lui;  je  suppose 
qu'ils  entendent  ainsi  désigner  l'os  sa- 
crum), cul  ».  A  virol  s'est  ajouté  le  suff. 
dim.  et.  De  podex,  le  sens  a  passé  en  In. 
à  anus.  Virol  vient  de  pr.  rira,  fr.  cir^r, 
av.  sulT.  pr.  ol,  parce  que  les  moiivem, 
du  tronc  se  produisent  ou  sont  censés  re- 
produire sur  cette  articulât.  Je  ne  crois 
pas  qu'il  faille  rapprocher  vfr.  rir«v>/'/£^, 
que  Roquef.  traduit  par  <  puit-n^ia  Mri- 
lia  »et  qui  me  seml)lerail  mieux  tt-aduit 
par  «  coleae  »,  et  dont  le  rad,  est  e^;t- 
lom.  rirer. 


Digitized  by 


Google 


VIRO 


434 


VIRONDO  (virondô)  s.  f.  —  Tournée, 
promenade. 

Voure  je  porïns  bien  jusqa*à  ?ait  h  barréri 
Faire  ioa  virondô. 

<  Maintenant  je  pourrais  bien  jusqu'à 
la  barrière  —  Faire  une  tournée.  »  (Gorl.) 

Subst.  partie,  de  virondô  Tb. 

VIRONDO  (virondô)  v.  n.  —  Errer  çà  et 
là,  faire  une  tournée,  se  promener  sans 
but. 

Quand  j'arai  rtrontid  jusqu*Â  la  Grand'Cliarréri. 

«  Quand  je  me  serai  promené  jusqu'à 
la  Grande-Rue.  »  (Gorl.) 

De  In.  virij  tourner,  av.  suff.  fréq.  ondô, 
peut-être  par  analog.  av.  vagabonder, 

VIROU  (virou)  s.  m.  —  Tourneur. 
Darrérimeiiil  Tu  virou  de  maiietes 
Ou  coin  dou  pont  relevant  te  friseles... 

<  Dernièrement  un  tourneur  d'anses,  — 
A  l'angle  du  pont  relevant  ses  accroche- 
cœurs.  »  (Per.j 

De  In.  viri  «  tourner  »,  av.  suff.  ou, 
d^orem  (34  bis), 

VISTE  vin.  s.  f .  —  1416  :  «  Item...  ordon- 
nèrent... que  deux  d'eulz...  alassent  visiter 
certains  noveaux  ediffices,  c'est  assavoir... 
et  en  l'hostel  de  Tevenet  Guillaume  assis 
ou  Bessal  (bâti  au  Bessal),  qui  a  faict  une 
viste  qui  agocte  sur  les  murs  de  la  ville...  » 
(Reg,  cons.) 

Paraît  être  un  appendice  en  forme  de 
lof/gia  ou  de  terrasse  permettant  la  vue 
du  prospect.,  et  dont  le  toit  dégouttait 
(agocte)  sur  les  murs  de  la  ville. 

De  vis(i)ta  pour  visa,  Gp.  il.  vista  c  .sens 
de  la  vue  »  et  «  action  de  voir  ». 

''VITAILLI  (vitalhi)  s.  f.  -  Nourriture 
du  bétail  en  général. 

C'est  le  vfr.  vitailles,  de  victualia,  Gh. 
de  ia  en  i  (54  1'). 

*VITIA  Y.vêquia. 

VITURA  (vitura)  s.  f.  —  Voiture,  trans- 
port. 

De  vectnra,  qui  donne  veitura  vètura, 
mais  la  diphl.  ei  se  résout  qqfois  en  i. 

VIURE  (viure  dissyl.)  v.  n.  —  Vivre. 

De  vïv(e)re.  Vocalisât,  de  f  (167  3»). 

VIUROS  (viuros)  s.  m.  pi.  For.  vioros 
—  Vivres. 

Loua  cidre  sont  si  chier, 

Que  faut  creva  tout  dret  à  faute  de  miiigicr. 

«  Les  vivres  sont  si  chers  —  Qu'il 
faut  promplement  mourir,  faute  de  man- 
ger. »  (Chap.) 

C'est r mre  €  vivre», pris  substantivem  , 


av.    substitut,    de   la   fin.    o  des  subst. 
masc. 

VOGA  (vôga);  à  Lyon  vogue  s.  f.  For., 
dph.,  sav.,  br.  voga  —  Fête  du  village, 
qui  coïncide  av.  la  fête  patronale.  La 
voga  de  Mornant,  Fribourg.  vogua 
vougha,  multitude,  affluence,  procession, 
fête  patronale. 

G'est  le  fr.  voga^  dér.  au  sens  d'abon- 
dance, affluence,  du  vha.  loogôn  pour 
wagon,  mha.  wagen  «  moveri  v;  ail. 
wogen  «  rouler  des  vagues  ».  Lji  voga, 
c'est  donc  Taffluence,  la  réunion,  la  foule. 
G'est  par  erreur  que  M.  Onofrio,  trompé 
par  l'homopiionie,  identifie  voga  av.  pr. 
vola,  même  sens,  de  votum.  Sur  le  sens 
cp.  assemblée,  synonyme  de  vogue  dans 
beaucoup  de  pays. 

VOGAIRO  (voghèro);  à  Lyon  vogueur 
s.  m.  —  Nom  donné  aux  jeunes  gens  qui 
«  tiennent  »  la  voga^  c'est-à-d.  qui,  précé- 
dés d'un  tambour-major,  d'une  cantinière 
et  d'une  musique,  vont  offrir  une  brioche, 
en  échange  d'une  étrenne,  aux  habitants 
notables  de  la  commune;  organisent  la 
fête,  etc.  Le  nom  francisé  de  vogueur 
tend  à  se  substituer  partout  à  la  forme 
patoise. 

Lo  tambour  du  TiHajo, 
Très  bon  prédicateur, 
Rappelle  avi  corajo 

Toi  lou  rranguins  (fringants)  vogueurt. 
(La  Voga,  chans.) 

De  In.  vogot  av.  suff.  airo  (13,  rem.). 

VOIRI  V.  vouer i. 

VOLAN  (volan);  vin.  VOLEN  s.  m.  Pr. 
oulame,  m.  lat.  olame^i^  mars,  ourame, 
Igd.  oulam,  îor,  volan  voulan,  pr.  vou- 
îame,  alp,  vouram^  gasc.  boulant,  rgt. 
houran,  gév.  baron,  m.  lat.  volatta,  ss.- 
rom.,  Taren taise  volan,  vfr.  volaine  vo- 
lant voulant,  orléan.  volain  —  Faucille 
de  moissonneur. 

Fai  que  voJen  el  serpa 
Se  poissen  affana. 

«  Fais  que  la  faucille  et  la  serpe  —  Se 
puissent  fatiguer.  »  {noèl  xvi»  s.) 

Étym.  inconn.  On  voit  qu'il  y  a  deux 
séries  de  mots,  l'une  av.  ou  init.,  l'autre 
av.  V  devant  ou.  Si  la  1"  est  la  plus  an- 
cienne (on  a  qq.  ex.  de  la  prosth.  de  v  de- 
vant 0,  cp.  ad  horam  =  In.  vore,  horrida 
=  lim.  vore)  elle  reporterait  à  un  lat.  ola- 
men,  qui  fait  penser  au  b.  lat.  lamen 
t  frustum  metalli  »,  donné  par  Diefen- 


Digitized  by 


Google 


432 


VOLE 


bacli  dans  son  Glossarium  latino-germa- 
nictim,  Illum  lam(i)num  peut,  av.  agglu- 
tinât, de  l'art.,  devenir  en  roman  olame: 
lo  lame  lou  lame^  Volame  Voulame;  et 
oulaine  peut  devenir  voulame,  av.  la 
pro.slli.  euphon.  de  v  signalée  plus  haut. 
Sur  le  sens  comme  sur  la  format.,  cp.  aie- 
'melle,  de  lamina.  Dans  les  formes  av.  b 
init.,  b  est  la  prononciat.  gasc.  de  v,  — 
Dans  un  certain  nombre  de  dial.  l  a  passé 
à  r,  et  am  an  a  passé  à  on.  Ces  trans- 
format.,  quoique  régul.,  ont  fini  par  faire 
des  types  bien  diflférents  les  uns  des 
autres,  et  au  premier  abord  on  aurait  qq. 
peine  à  croire  qu'oulame  et  baron  soient 
identiques. 

M.  Ghaban.  pense  au  contraire  que  la 
forme  av.  v  doit  être  la  primitive.  Il  y  a 
en  effet  des  cas  d'aphér.  de  v  en  pr.  (cp. 
oslre  =  vostre,  os  =  vos;  P.  Meyer,  Der- 
7ii(*rs  Troubadours).  Ou  aurait  donc  eu 
d'ab«>rd  volamen^  qui  expliquerait  très 
bien  un  fr.  'volain,  d'où  un  fém.  volaine. 
Mais  d'où  viendrait  volamenf  Peut-être 
faut-il  y  lire  volumen  (à  cause  de  la  forme 
courbe  de  l'instrument)  transformé  en  vo- 
lamen^  sous  l'infl.  de  lamen.  On  trouve 
en  effet  au  xv«  s.  volume  *  goyart  »,  c'est- 
à-d.  serpe  à  fer  recourbé  comma  le  volan 
(Du  G.  s.  V.  volumen), 
VOLEN  V.  volan. 

VOLETTA    (voleta)    s.    f.    —    Ghasse- 
mouches  fait  de  menues  tlcelles  en  forme 
de  franges,  qu'on  met  au  front  des  bœufs 
C'est  le  fr.  voilette,  modifié  en  volette 
•sous  infl.  de  voler,  ces  fi^angns  étant  con- 
sidérées comme  des  choses  qui  volent. 
VORCOUA  V.  vorcua, 
VORCUA    (vorkua  dissyl.)   s.    f.  —  à 
Yzer.  Digitale;  à  Morn.  Bouillon-blanc, 
verbascum     thapsus;   VORCOUA    —  à 
River.  Bouillon-blanc.  VARCUË  (varkuê) 
s.  f.  —  à  Grap.  Digitale.  VORCOUA  ROGI 
(vorkoua    rèji)  —  à    St-Mart.    Digitale. 
VORCOUA  JAUNA  (vorkoua  jôna;  —  à 
St-Mart.  Bouillon-blanc. 

Ëtym.  inconn.  —  Vulgsigo  est  le  nom 
donné  par  le  médecin  Macer  à  l'asaret, 
plante  médicinale,  qu'on  appelait  «  la 
panacée  des  fièvres  quartes  ».  La  digitale, 
lo  bouillon-blanc  et  Tasaret  ont  cela  de 
commun  que,  dans  tous  les  trois  la  fleur 
ou  calice  constitue  une  enveloppe  unique, 
à  forme  tubulaire,  renf*»rmaiil  les  étamin*^s 


et  le  pistil.  Cette  ressemblance  [peut  faci- 
liter la  confusion.  Si  l'on  admet  une  me- 
tath.  de  vulgago  en  vulgoga,  on  expli- 
quera vorcua  par  le  ch.  de  «bref  en  o 
(38),-  de  /  en  r  (170  2«,  c),  par  le  durcis- 
sem.  du  !•'  g  en  c,  très  acceptable  (cp. 
paganum  =  pacan)^  et  par  la  chute  du 
2*  g  (128  29,  rem,).  On  a,  par  le  ti-ansport 
de  l'ace,  sur  la  2*  voy.  en  contact  (51), 
vorcoa,  vorcoua,  qui  passe  à  vorcua 
selon  les  lieux.  Dans  la  forme  varcue,  o 
a  passé  à  a  sous  infl.  de  r. 

VORE  (portfjadv.  Vionn.  vora.h.  dph. 
avure  —  Maintenant,  à  pré.sent. 

De  ad  horam,  av.  prosth.  de  v  fréquente 
devant  o,  u  (183 7*»).  Cp.  Igd.  vun  {unus)', 
b.  lim.  voro  «  laide  {horrida)  »;  milan. 
vunna  <  une  ». 

VORENDREIT(vorindré)adv.Ss.-rom. 
orendrè  —  Tout  à  l'heure,  désormais, 
incontinent.  «  Lo  biirro  va  fondre  voren^ 
droit,  le  beurre  va  fondre.  » 

V'esl  paciit  faili,  et  vorindret  j'espero 
Que  près  de  me  te  u*trrait  pou  de  rln. 
■  C'est  marché  fait,  et  maintenant  jVs- 
père  -  Que  près  de  moi  tu  n'auras  peur 
de  rien.  »  (Mon.) 

Le  même  que  orendreit  (v.  ce  mot),  av. 
prosth.  euph.  de  v,  comme  dans  vore^  de 
ad  horam. 

VORLA  (vorla)  village  diTLyonn.  Pr«> 
verbe  : 

Los  jardinli  de  Vorla, 
Ne  fanl  boutsù  riu  qae  de  corlei. 
«  Les  jardiniers  de  Vourles  —  Ne  font 
pousser  que  des  citrouilles.  > 
A  Lyon  on  dit  : 

A  VourF  en  Voorlois, 
Le  femiit'  tccouch'  k  trois  mois, 
Mais  seulement  la  première  fois. 
Je  ne  sais  qui  a  voulu  attribuer  celte 
phrase  à   Prost  de   Rover,   cherchant  à 
expliquer    son  cas   à  un    Vourlois   mal- 
heureux. Le  proverbe,  de  pure  origine 
popul.,  se  retrouve  sur  divers  points  de 
la  Finance,  appliqué  à  d'autres  localités. 

VORTILLI  (vorlchilhl)  v.  n.  —  /i  St- 
Mart.  Errer,  rôder,  baguenauder. 

De  vQvtere,  forme  archaïque  et  popnL 
de  vertere,  av.  suff.  fréq.  ilhl, 

VORTILLON  (vortchilhon)   s.   m.  —  à 
St-Mart.   dans  la  locut.  in  vortillon^  en 
tas,  en  chilTous,  à  propos  d'une  chose  chif- 
fonnée, mal  plièe. 
De  In.  vorfillt,  av.  sufT.  on. 


Digitized  by 


Google 


VORZ 


433 


•VORZ ES  vorsines. 

*VORZI  N  ES  (vorzlne)  ♦VORZES  ;  à  Lyon 
voiirgines  s.f.  pi.  Dph.  vorsio  —  Se  dit 
des  scions  de  saule  et  d'osier  qui  crois- 
sent dans  les  lieux  inondés.  Je  ne  connais 
pas  la  forme  vor^es. 

De  b.  lat.  verga  (vlrga),  dans  lequel  e 
a  passé  à  o,  peut-être  sous  infl.  de  r  (cp. 
voriere  pour  verlere).  D'où  vorga  et,  av. 
suff.  dim.  in,  vorgines  vourgines.  J  de- 
vant t  passe  qqfois  à  j:  (par  l'intermédiaire 
de  dj  ds);  cp.  ar sella,  à*argilla.  D'où 
vorzines.  La  forme  vorzes  reproduit  ver- 
gas  sans  addit.  de  suff. 

VOTE  (vote)  —  Terme  de  batellerie  dans 
l'express,  donner  vâte,  c'est-à-d.  replier 
le  bout  d'un  câble  de  manière  à  lui  faire 
faire  une  boucle,  qu*on  attache  fortem.  à 
l'aide  d'une  petite  corde  nommée  batafi  (v. 
ce  mot). 

De  fr.  voUe,  de  l'it.  volta  (lat.  voUa 
pour  voluta),  parce  que  la  corde  fait  volte, 
retourne  sur  elle-même.  L7  a  cessé  de  se 
faire  sentir  dans  la  prononciat. 

VOUA  (voua  monosyll.);  à  Tarare,  Pa- 
niss.  VOUÉ;  ap.  Goch.  VOUEI  adv.  d'af- 
flrmat.  et  interject.  —  Oui. 

De  hoc  illic  (Cornu).  La  prosth.  de  v  est 
euphon.  à  cause  de  la  difficulté  à  pronon- 
cer oui,  Cp.  le  langage  des  enfants  :  voui, 
et  en  pr.  [m]ounte^  qui  a  été  [vjounte 
pour  ount  «  où  ».  Quant  à  a  fin.  au  lieu 
de  t,  il  s'explique  par  ce  fait  que  ?ioc  r=  ot 
en  In.  (42  3«);  d'où  oi-i(l)  oi  oua,  Cp. 
wal .  awoi  voa.  Je  ne  connais  pas  la  forme 
de  Goch.,  mais  comme  oi  passe  à  ouê  aussi 
l)ien  qu'OMfl  (48  S*»),  elle  ne  fait  pas  diffi- 
culté. 

VOUÉ  V.  voua. 

*VOUEI  V.  voua. 

VOUÉRI  (vouérl  dissyl.)  à  Crap.;  à  Ri- 
ver. VOUIRI  (vouiri);  à  Morn.  VROÎRI 
(vroïri  dissyl.);  ap.  Goch.  VOIRI  v.  n.— 
Égrener,  dégrener.  On  dit  d'une  gerbe  dé- 
pouillée de  son  grain  qu'elle  a  vouiri. 
Quand  le  grain  sort  facilem.  de  l'épi  sous 
le  fléau  des  batteurs,  on  dit  :  o  vouire 
bien. 

Ètym.  inconn.  —  Peut-être  formé  sur  le 
pr.  vuei  «  vide  »,  av.  suff.  verb.  relié  par 
r.  La  diphtongue  ei  expliquerait  le  suff. 
en  i  (15  5*);  d'où  vuei-ri  vouèri  vouiri. 
Quant  au  simple  vuei,  il  n'existe  pas  en 
In.,  mais  il  a  pu  disparaître  devant  l'inva- 


sion du  fr.  vuide.  Vuei,  suiv.  M.  Schu- 
chardt  et  M.  Thomsen,  de  vocitus  pour 
vacitus,  ce  dernier  pour  vacatus,  Vocare 
pour  vacare  existe  en  b.  lat.  Les  raisons 
opposées  par  ces  romanistes  à  Tétym.  vi- 
duus  (Diez)  sont  fort  sérieuses.  Dans  la 
forme  vroïri,  assez  surprenante,  car  elle 
est  d'une  prononciat.  difficile,  la  l"ra  été 
appelée  par  la  2«,  phénomène  constant 
dans  le  vin.  {perdrirs,  nvrirl,  etc. 

VOUIRI  V.  vouéri* 

*VOUSSIT  (voussi)  «  Ou  voussit,  il 
voulut.  On  écrivait  anciennement  il  voul- 
sit,  >  (Goch.).  —  Gette  3«  pers.  du  pré- 
térit a  attiré  1  attent.  de  Goch.  G'est  la 
forme  de  la  3»  pers.  de  l'imparf.  du  subj. 
en  vfr.  (exactem.  volsist  =  'volnsset.  Il 
est  très  possible  que  d'après  volsis  (2« 
pers.)  on  ait  refait  un  parfait  ^*e  volsi,  il 
volsït.  Il  est  regrettable  que  Goch.  n'ait 
pas  mentionné  les  formes  des  autres  per- 
sonnes. Il  est  probable,  en  tout  cas.  que 
les  formes  fortes  je  vols,  il  vout  avaient 
dispam,  et  que  la  forme  faible  avait  pris 
le  dessus  pour  toutes  les  personnes.  Je  ne 
connais  que  des  formes  faibles  :  à  Grap. 
je  volé,  te  volés,  a  volé,  fio(s)  volions,  vos 
volites,  i(ls)  voliont.  Ailleurs  Je  volis  etc. 

•VOYANCI  (voyanssî)  VOYANTA  v.  a. 
Dph.  voyanta,  vx  for.  vouyajicier  — 
Vider,  verser,  faire  couler  un  liquide  d'un 
récipient  dans  un  autre.  Voyancl  la  vin- 
demi  dins  la  tina.  verser  le  raisin  des 
bennes  dans  la  c\ive;voyanci  lo  vin  dins 
los  tuniaus,  verser  le  vin  dans  les  ton- 
neaux. For.  vouyant  €  vide,  efflanqué  ». 
Tut  eins  lo  zeingageanl  à  voyanci  Hou  saqut. 
«  Tout  en  les  engageant  à  vider  leur 
poche.  »  {Proc.) 

J'ai  Yen  renir  loa  gabeller, 
Que  me  lou  Tant  vouyancier. 

c  J'ai  vu  venir  les  employés  de  la  ga- 
belle, —  Qui  me  le  vont  vider.  »  ('Ghap.) 

Le  vpr.  vuei  <  vide  (v.  sous  vouéri)  » 
suppose  un  vb.  'vueia  voueia,  «  vider  » 
(qui  existe  en  pr.  sous  la  forme  vujaviuja 
veia),  sur  lequel  on  a  fait  un  subst.  vou- 
yAnci  voyanci  «  action  de  vider  »,  au 
moyen  du  suff.  ance,  d^antia  (cp.  vui» 
dange,  qui  a  le  même  suff.).  Sur  ce  subst. 
aurait  été  formé  le  vb.  vouyancl  par 
addit.  du  suff.  î  (16  2«).  De  même  Tadj. 
for.  vouyant  est  tiré  de  voueia.  quoique 
peu  loglquem.  puisqu'il  devrait  signifier 

52 


Digitized  by 


Google 


434 


VOYA 


<  vidant  »  et  non  pas  c  vide  >,  mais  ces 
ex.  de  métonymie  existent  môme  en  fr.  (cp. 
«  une  couleur  voyante  »).  — Je  ne  connais 
pas  la  forme  voyanta  (pour  voyante), 
mais  elle  auraitété  faite  sur  l'adj.  voyant, 
comme  pesantô  sur  pesant, 

*VOYANTA  V.  voyanci, 

VRoVrI  V.  vouéri, 

VUEY  Ss.-rom.  voick,  toulous.  avuey, 
V.  huey. 

VUGLAYRE  v.  vuglere. 

VUQLERE  VUGLAYRE  vin.  s.  m.  — 
Sorte  de  canon  ou  bombarde.  —  1458-66  : 
«  Item  pour  fere  apporter  les  deux  vu- 
gleres  de  coyvre  qui  estien  a  Pierrasyse 
en  la  maison  de  la  ville.  —  1466-68  :  A 
Jean  Marion,  bombardier,  de  Ghatillon  de 
Dombes,  pour  la  façon  et  matière  d'un 
vnglayre  de  fer  pesant  environ  dix  quin- 
taux. »  (Inv,  de  la  C.) 

Étym.    inconn.   On    trouve    vauglaire 

<  pièce  d*artillerie  »  dans  les  archives 
d'Amiens  146U  {ap.  Gorblet).  Les  formes 
veuglaire  vuglaire  veulgaire,  m.  lat. 
veuglaria,  même  sens,  sont  données  par 
Du  G.  Si  la  forme  veulgaire  est  exacte, 
veuglaire  pourrait  en  être  une  mètath. 
Borel  (réimpress.  de  1882)  donne  vuglaines 
et  martinets  pour  «  des  sortes  de  mar- 
teaux dont  on  enfonçait  les  portes  »,  et 
Lacombe  «  vulgaire,  gros  marteau  de  fer 
pour  enfoncer  une  porte  de  maison  ». 
Gomme  explicat.  des  mots,  Borel  ne  mérite 
guère  créance,  et  Lacombe  a  dû  le  copier, 
mais  vuglaine  vulgaine  a  pu  être  le  pri- 
mitif de  vuglaire  vulgaire,  Vulgaine  ré- 
pond à  vulcana,  de  Vulcanus  «  qui  est 
des  œuvres  de  Vulcain  »,  et  par  extens. 
€  qui  vomit  le  feu  (cp.  it.  vulcano,  sarde 
vîilcànu,  fr.  volcan)  ».  On  aurait  substi- 
tué facilem.  le  suff.  aire  à  la  désin.  aine, 
prise  pour  un  suff.  U  au  lieu  de  Va  de 
volcan,  pr.  volca,  n'aurait  rien  d'extraor- 


dinaire, le  mot  ayant  dû  être  fait  sur  Ttii- 
cain, 

VUVO,  A  (vuvo,  a)  s.  m.  —  Veuf, 
veuve. 

Mascul.  de  vuva,  de  vidvn:  comme  veuf 
de  veuve  (par  l'intermédiaire  vedve  veve), 
av.  durcissem.  de  t?  fin.  La  format,  n'a 
rien  d'extraordinaire,  étant  donné  que, 
dans  le  droit  romain,  la  veuve  avait  une 
situation  légale  particulière,  que  n'avait 
point  le  veuf,  dont  la  capacité  ne  changeait 
pas  par  le  veuvage. 

VYAIRES  vin.  —  Apparence,  dans  les 
textes  suiv.  <  Illi  meteyt  tant  [la]  faci  sus 
la  chalour  del  fua  que  oy  li  eret  viayres 
que  li  cervella  li  brulat  »,  elle  mettait 
tellem.  le  visage  sur  la  chaleur  du  fen, 
qu'il  lui  semblait  que  le  visage  lui  brûlât. 
—  «  Et  adon  li  eret  vyaires  qne  cil  carrel... 
la  ferissant  en  l'arma...  »  et  il  lui  semblait 
donc  que  ces  flèches...  la  frappassent  dans 
l'âme  (Marg.). 

C'est  le  vfr.  viaire  viarie  viere  viare 
«  apparence,  visage  »  ;  vpr.  veiaire  vejaire 
vegaire  «  apparence,  jugement  (n%*este- 
jaire  «  mihi  visum  est  »  ;  dar  a  vejaire 
«  donner  à  croire,  donner  pour  vraisem- 
blable »).  Rayn.  place  ce  mot  dans  la  fa- 
mille de  vezer  «  voir  »,  de  videre,  mais 
les  formes  av.  g  dur  prouvent  qu'il  faut 
un  c  dans  le  rad.  Diez  le  rapporte  à  vica- 
rius,  qui,  en  m.  lat.  avait  pris  le  sens 
de  t  juge  (pr.  viguier)  »:  d'où  un  neutre 
t7/carmm.De  mêmeque  arhitriuniy  vpr. 
albire,  ne  signifie  plus  «  arrêt  »,  mais 
t  avis  »,  vicarium  c  jugement  »  aurait  pris 
le  sens  de  <  mine,  apparence,  visage  >. 
Cp.  ail.  gesicht,  angl.  sight,  où  le  sens  a 
passé  de  «  vue  »  à  «  visage  ».  Cette  dérivât, 
semble  fort  extraordin.,  mais  on  ne  voit 
pas  pour  vegaire  d*autre  étym.  possible 
comme  forme,  que  vicarius. 


Y 


Y  Lettre  euphon.  préposée  à  un  certain 
nombre  de  mots  qu'on  verra  plus  loin.  En 
ivalitè,  il  n*y  a  pas  en  In.  de  thème  qui 
commence  par  y  ou  t  en  hiatus. 


Se  place  devant  le  vb.  être,  au  prêter. 
(yuzn  eu). 

ïoni  yv  pts$è  lo  joar  eùilë 
Sans  poiiére  nordre  à  s«a  «AHcé. 


Digitized  by 


Google 


YELL 


435 


«  Nous  avons  eu  passé  le  jour  entier 
—  Sans  pouvoir  mordre  à  sa  mamelle. 

A  Lyon  J'ai-t-ayu  «  j*ai  eu  ». 

Signifie  ce,  cela,  devant  la  S*  pers.  sing. 
du  prés,  de  Tindicat.  du  vb.  être  :  y  est 
€  c'est  ». 

A  l'orig.  cet  y  était  destiné  à  rompre 
l'hiatus  devant  est  précédé  d'une  voy.  :  0- 
y  est  c  c'est  ».  Puis,  peu  à  peu,  on  a  vu 
dans  y  l'art,  même,  et  l'on  dit  indififéremm. 
y  est  ou  0  y  est. 

YELLES  (yèle)  pron.  fém.  pi.  au  cas-ré- 
gime; le  cas-sujet  est  le—  Elles.  Lim. 
yelles. 

De  illas  =  elles  (38),  av.  prost.  euph. 
de  y,  introduit  à  l'orig.  entre  la  voy.  fin. 
du  mot  précéd.  et  la  voy.  init.  de  elles  :  d- 
elles t  à-y-elles^  et  yelles  par  agglutinât, 
de  la  semi-voy.  de  liaison. 

YON    (ion    monosyll.)    subst.  numér. 
Gruyère  yon,  Bessin.  yun,  lim.  y  on  — 
Un. 
Parme  !•  comtMttaDtf  yon  te  nummôte  Enstacbe. 

<  Parmi  les  combattants  il  y  en  avait 
un  qui  se  nommait  Ëustache.  »  (Qorl.) 
J*ti  TU,  H  diit  Guicb6rd,  yon  de  Toutros  commit. 


«  J'ai  vu,  lui  dit  Guichard,  un  de  vos 
commis.  »  (Dép,) 

D'unum  =  on,  auquel  on  a  préposé  un 
y  euph.  Yo7t  est  toujours  pris  substan- 
tivem.  L*adj.  est  m,  ina;  in  homo  c  un 
homme  »  ;  yon  de  quelos  homos  <  un  de 
ces  hommes  ».  Gp.  angl.  a  et  one^  ail.  ein 
et  einer.  Dans  yon^  y  a  peut-être  été  en- 
gendré par  l'hiatus  entre  et  et  on  :  vingts 
è'on  vingt'è-yon  mngt*yon  et  yon  tout 
seul.  Le  fém.  de  unum,  pris  substan  tivem. 
est  una  (au  lieu  de  ina).  Pourquoi  n'a-t-on 
pas  yuna f 

YORE  Ciore  dissyl.)  adv.  —  â  St- 
Romand  Maintenant. 

De  (ad)  horam  =  ora  ore,  auquel  on 
a  préposé  y, comme  dans  d'autres  endroits 
ou  a  préposé  v  (v.  vore).  Le  In.  ne  supporte 
pas  les  mots  commençant  par  o  ou  u  ton. 

YOUNA  (iouna  dissyl.)  s.  m.  —  à 
Lyon  Sobriquet  donné  aux  maçons. 

De  ce  que  la  plupart  des  maçons  sont 
de  la  Gieuse,  où  le  prénom  de  Léonard 
est  très  fréquent.  Léonard  se  prononce, 
dans  la  Greuse  Liowm^  devenu  en  In. 
Youna,  Lh  est  devenu  y  comme  lorsqu'il 
estméd.  (164  2*,  c). 


Z 


ZANZIL  (zanzil)  s.  m.  —  à  Paniss. 
Jambage  de  porte. 

Étym.  inconn.  —  Le  mot  n'existe  pas 
dans  les  pat.  congén.  A  tout  hasard 
j'émets  l'hypoth.  de  antia,  pour  anteSy 
même  sens  dans  Isid.,  génit.  antium,  de 
ante  (cp.  antiae  t  cheveux  sur  le  front  »); 
d'où,  av.  suflT.  il,  d*ile,  ansil,  par  ch.  de  t 
en  ss  (1742*,  c).  Sur  l'emploi  du  suflT.  cp. 
fournil^  fusil.  Le  s  init.  s'expliquerait 
par  l'agglutinât,  de  la  liaison  de  l'art, 
plur.,  les  jambages  de  la  porte  allant  par 
paires  :  los-z-ansil,  lo  sansil.  Zanstl 
passe  facilem.  k  zanzil  par  assimilât,  de 
ss  méd.  à  j  init.,  ainsi  qu'on  peut  le  véri- 
fier soi-même  en  prononçant. 


ZARNOMBILLE  -  Exclamât,  qui  se 
trouve  dans  la  chans.  de  Revér.  sur 
YAscens^  aérostat.^  version  manuscrite 
de  Goch. 

1  sailli  de  m  coquille 

Par  t*tuleta  de  noviau, 

Mail  zu  Tayan,  ZarnombilU  ! 

Qui  creva ve  den  m  piaa. 

«  Il  sortit  de  sa  coquille  —  Pour  s'en- 
lever de  nouveau,  —  Mais  nous  voyions, 
pardieu  t  »  Qu'il  crevait  dans  sa  peau.  » 

Zarnombille  est  pour  jarnomhille.  Le 
z  dans  le  texte  cité  tient  à  ce  que  l'auteur 
fait  zézayer  celui  qui  raconte.  Ge  zézaiem. 
devait  être  assez  usité  à  Lyon, .car  Revér. 
l'emploie  souvent.  Quant  à  jarnomhille^ 


Digitized  by 


Google 


430 


ZAUZ 


c'est  un  juron  dont  le  type  est  jarnidieu, 
dont  la  \^  partie  est  <  je  renie  ».  Au  mot 
dieuy  on  a  substitué  un  euphém.  ombille, 
fabriqué  peut-être  par  le  besoin  de  la 
rime.  En  tous  cas  je  n'ai  jamais  entendu 
le  juron  jarnombille, 

ZAUZIGNON.  Je  ne  connais  le  mot  que 
par  le  texte  suiv. 

Nom  doux  que  corrttont  par  Gi. 

*—  El  le  zautro.que  vtnt  lé  faire? 

Esperoz  ros  les  utitraire 

Avoué  de  plomures  d'ugnon  ? 

—  Lo  zaulre  faut  à  zauzignon, 
«  Nous  en  avons  deux  (enfants)  qui 
courent  dans  le  lit  du  Gier.  —  Et  les 
autres,  que  vont-ils  faire?  —  Espérez- 
vous  les  nourrir  —  De  pelures  d'oignon  ? 
—  Les  autres  font  à...  (DuéBih,) 

Parait  un  mot  forgé  de  toutes  pièces. 
On  m'assure  qu'il  a  une  significat.  obs- 
cène, et  que  le  texte  voudrait  dire  que  les 
autres  enfants,  deux  filles,  se  prosti- 
tueraient. La  conformât,  du  mot,  av. 
Tallitérat.  indiquant  la  répétit.  (cp.  sizi' 
panpan),  semblent  justifier  le  sens  donné, 
mais  je  ne  suis  pas  en  mesure  d'en  opérer 
a  vériflcat.,  quoiqu'il  m'ait  été  indiqué 


par  qqu'un  du  pays.  Cp.  Bcssin  zigzoné 
«  faire  des  zigzags  »,  wal.  sizonzès 
«  zigzags  ». 

Zlv.  ^m. 

# 

ZIU  (zin  monosyll.);  à  Morn.  Zl  (zi)  s. 
m.  -Œil. 

T>'oc(u)los  =  oclos'=z  olhs  =  uelhs  = 
uel:  =  tiels  =:  tieus  =  ieus  =  tu  et  ziu, 
par  agglutinât,  dé  la  cons.  de  liaison  dans 
l'express,  los  tu,  los-z-iu,  et  enfin  ziu 
même  sans  l'article.  Ce  ziu  s'est  réduit  à 
zi  dans  la  forme  de  Morn.  Puis  ziu  zi 
sont  devenus  sing.  —  Dans  la  série  ci- 
dessus  le  passage  de  uelhs  à  uelz  s'ap- 
plique par  ce  fait  que,  m  selon  la  règle 
générale  Ih  perd  sa  mouillure  moyennant 
que  s  devienne  z;  puis  ce  z  se  réduit  à  s, 
mais  17  reste  sèche  et  peut  dès  lors  se 
vocaliser  en  u,  Uu  de  la  dipht.  ue  se 
change  en  y,  comme  dans  nit  =  nieit-=z 
nueit;  changera,  qui  ne  se  produit  pas  au 
sing.  {oculum  =  oclum  =  olh  =r  uêlh  = 
eulh)  parce  qu'on  y  aurait  deux  y  consé- 
cutifs (yely),  tandis  qu'au  plur.  il  a 
justem.  pour  effet  d'empêcher  «le  «  con- 
cours odieux»  de  deux  m.  »  (Ghaban.) 


Digitized  by 


Google 


SUPPLÉMENT 


Les  mots  marqués  d'une  f  figurent  au  Diciionn.  ;  les  autres  sont  ajoutés. 


A  préf.  -  1.  Signifie  le  plus  souvent 
mouvement,  changem.  d*une  place  à  une 
autre,  action  d'attirer  :  abaragnX,  ahrivô, 
appondre,  àbosô^  achatti^  staccato, 
alancô.  Il  se  prépose  souvent  à  l'adj. 
pour  faire  le  vb. 

2.  Expié  t.  :  s'acalô^  abialô, 

3.  Se  substitue  à  è,  de  ex,  dont  il 
prend  le  sens  :  ac?iarpiô. 

De  ad. 

t  ABARÉGNI  (S').  Le  rad.  de  barre 
n*oflfre  aucun  rapport  de  sens.  L'orig. 
serait-elle  arbor  =  abre,  av.  insert,  d'une 
voy.  d'appui  dans  le  groupe  br  devenu 
prot.??  Mais  je  ne  saurais  expliquer  le 
suff. 

t  ABLAVO  (ablavô)  v.  a.  Pr.  ablada. 
Sens  à  ajouter  :  —  à  Villefr.  1.  Ensemen- 
cer. 

De  bladum  =:  bla,  av.  suff.  a  ;  d'où  bla- 
da,  passé  à  bla-a  par  chute  de  d  (135), 
et  à  bla[v]a  blavô  par  inserl.  d'un  v  pour 
rompre  1  hiatus;  ou  plutôt  par  ch.  de  fen 
r  (144  3*)  dans  une  forme  6/a/correspond. 
au  vfr.  bief,  debladum.  Quoi  qu'il  en  soit, 
on  a  blava  blavô,  auquel  a  été  préposé  le 
préf.  a  pour  m. 

2.  à  Villefr.  Biner  (faire  la  2«  faron  de 
la  vigne;  ;  à  Belleville,  au  contraire,  faire 
le  !•'  labour. 

Formé  sur  ablatum,  parce  qu'on 
•  enlève  >  les  mauvaises  herbes  (v.  abla- 
vô au  Dictionn.,  où  le  sens  est  celui  usité 
à  Grap.) 

3.  Égaliser,  niveler.  Ablavô  le  darbo- 
nire,  niveler  les  taupinières.  »  (Deresse) 

Ëxlens.  de  sens  2. 

t  ABRIVO'  Diez,  Liltré  et  Burguy  tirent 
le  vfr.  abrivé  du  celt.,  et  rapprochent  vfr. 


bin  t  vivacité,  courage  »,  it.  brio,  pr.  bnu. 
M.  Thurneys.  approuve  l'étym.,  et  cite  les 
mots  celt.  vx  irl.  brig  *  force,  pouvoir, 
etc.  »;  néo-irl.  brigh  «  substance,  essence, 
etc.  »;  d'une  rac.  *brigâ  ;  vx  irl.  brig 
<  habile,  puissant  »;  kym.  bri  «  aesti- 
matio,  dignilas,  honor  »;  corn,  bry^  aux- 
quels correspondraient  gall.  brigo-  brio-, 
roman  brico. 

t  AGASSI  (S').  Rapproch.  vfr.  quas,  fa- 
tigué, épuisé. 

t  ACATTO  (S')'  M  Chaban.  se  refuse  à 
y  lire  cattus,  et  je  crois  qu'il  a  raison. 
Non  que  la  persist.  du  c  Init.  fût  impos- 
sible (le  mot  pourrait  venir  da  pr.  cat), 
mais  parce  que  le  sens  me  semble  forcé. 
Je  lîrois,  comme  M.  Gh.,  qu'une  étym. 
quata,  de  coactare  se  conviendrait  mieux. 
Gp.  m.  lat.  quata  «  tormenti  genus  (Du 
G.)>.  évidemm.  de  coactare. 

ACHARPIO  (acharpiô  trissyl.)  v.  a.  — 
à  Paniss.  Mettre  en  charpie. 

De  fr.  charpie,  d'un  rad.  carp,  av.  prèf. 
a  pour  e,  de  ex,  comme  dans  arracher 
pour  esrachier. 

ACOLAILLES;ap.Goch.  ÉCOULAILLES 
s.  f.  pi.  —  Vin  qui  tombe  dans  le  baquet 
lorsqu'on  le  met  en  bouteilles;  reste  d'un 
tonneau. 

De  colare,  av.  préf.  a  et  suff.  coll.  ailles, 
d'alia. 

t  ACOSSOLI  a  été  par  erreur  étudié  sé- 
parém.  d'écossoli,  auquel  il  est  identique, 
sauf  ch.  de  préf. 

t  ACUCHI.Jecroisquecevb.adeuxorig., 
suivant  qu'il  signifie  c  amonceler  »  ou 
«  presser  ».  Dans  le  1«'  cas  il  est  dér.  de 
cuche;  dans  le  2*  il  est  identique  à  écuchi, 
sauf  ch.  de  préf.,  et  vient  du  type  qui  a 


Digitized  by 


Google 


438 


ACUÉ 


fait  pr.  esquicha.  Ad-coactare  aurait 
donné  acachï  acaichl  (v.  quai,  for.  qiiay, 
vpr.  cach). 

ACUÉ  (A  L')  (alakué  trissyll.)  express, 
adv.  Berr.  à  la  coi,  à  la  coué^k  Viilefr. 
dans  la  locut.  Se  mëtre  à  Vacué  *  se  mettre 
à  l'abri,  à  couvert  ». 

On  songe  tout  d'abord  à  In.  cuer(t),  de 
copertum,  mais  r  fin.  ne  tombant  pas  en 
In  ,  je  croirais  plutôt  à  une  étym.  ad 
qicielum  qtcetum,  av.  persist.  de  ic.  On 
a  eu  coi  couê  coué  eue. 

t  ADDURE.  Inutile  de  le  tirer  du  présent. 
Je  l'avais  fait  sous  l'infl.  de  l'idée  de 
seqw(e)re  =  sègre,  d'où  adduc(e)re aurait 
donné  addugre;  mais  il  n'y  a  pas  parité, 
q  étant  ici  protégé  par  w.  Adduc(e)re  a 
donné  aduiret  comme  fac(e)re  a  donné 
faire  t  etc. 

ADÉ  (adé)  adv.  Vpr.  adès,  vfr.  ades, 
pr.  adès  adé,  béarn.  ades,  it.  adesso,  cat. 
adès  —  à  Villefr.  Tantôt,  il  n'y  a  qu'un 
instant,  tout  à  l'heure. 

De  ad  et...?  L'ètym.  ad  ipsiim,  donnée 
par  Diez,  soulève  les  object.  suivantes  : 
!•  le  d  aurait  dû  tomber;  2»  Ve  est  ouvert, 
en  fr.  comme  en  pr.,  et  i  ne  peut  donner 
qu'un  e  fermé. 

t  ADIU  COMMAND.  Il  n'y  a  pas  eu 
confus.  9.Y.eummandare.  Cummendare, 
dans  le  lat.  vulg.,  selon  une  loi  générale, 
a  dû  reprendre  la  forme  du  simple;  d'où 
commandare,  Pr.  comandar,  fr.  coman- 
der  sont  donc  rég.  (Chaban.) 

t  ADOY.  Rapproch.  vx  ail.  ddùche 
€  aqueduc  »  (W.  Meyer). 

Sous  le  môme  mot  j*ai  émis  des  doutes 
sur  rétym.  doga  donnée  par  Litlré  et 
Scheler  pour  dova.  Ces  doutes  ne  sont 
plus  possibles  en  présence  des  formes  pr. 
dougo  dogo^  môme  sens.  A  Montpellier 
régoùt  de  la  ville  s'appelle  la  Dougo  ( Ade- 
lung).  Il  faut  seulem.  eu  conclure  que,  en 
lat.  vulg.,  doga  avait  pris  o  long. 

t  AGANTQ.  S'emploie  souv.  av. la  forme 
rèfl.  s'agantô,  s'engouer,  s'enticher.  Se 
prend  aussi  av.  le  sens  de  s'associer  à 
qqu'un,  se  rendre  camarade. 
t  AGOURINO  v.la  correct. à  ^ourWna. 
t  AGOURQ.  S'emploie  souv. av.  la  forme 
refléchie  :  s'agourô,  s'attraper,  se  mettre 
dedaus.  «  A  s'est  tnaricu  niais  a  s*è  agoitrô, 
il  s*est  marié,  mais  il  a  fait  une  mauvaise 
affaii-e.  »  A  Lyon  se  gourer. 


AGOYA  (agô-ya)  adj.  des  deux  g.  —  à 
Villefr.  Dégoùt€,  sans  appétit,  maladif. 

Il  faut  renoncer  à  tout  dér.  de  gustum, 
où  t  se  sera  conservé.  A  agoya  cp.  le  pr. 
degouia  deigouia  desgouha,  gasc.  de- 
goulha,  lim.  deguelha,  Igd.  degoulhaU 
dégourdi,  alerte,  ingambe,  dégagé.  Celui- 
ci  répondrait  au  part,  d'un  v.  'dis-toada- 
culare  (?)  pour  dis-wadiculare,  du  b.  lat. 
wadium,  gage,  c'est-à-dire  représenterait 
un  dim.  du  fr.  dégagé,  Gh.  de  ic  en  ^ 
(101);  chute  de  d  (139);  ch.  de  uculare 
en  olhï  (164  2«,  a  rem.).  On  a  'dé-gaolhi 
'dégolht,  dont  le  partie,  est  'dégolha  dé- 
goya  (164  2»,  c).  Le  contraire  de  dégoya 
est  goya  ou  agoya^  av.  le  préf.  ordinaire  a, 
^^oya  serait  donc  celui  qui  n'est  pas  in- 
gambe, qui  n'est  pas  f  dégagé  »  (?). 

t  AGRIMOLC  M.  Chaban.  me  signale 
comme  plus  plausible  une  étym.  de  gni- 
tnel,  comme  agroumi.  Le  sens  est  en  effet 
bien  préférable,  quoique  je  ne  sache  pas 
expliquer  le  passage  de  ou  à  t. 

t  AGROPO.  Ligne  d,marpa  ne  doit  pas 
être  traduit  par  «  griffe  »,  mais  par 
«  étreinte,  écrasement  »  (v.  marpaUVi), 

t  AILLAN.  Le  lim.  aglhon  (g  +  l 
mouillée)  viendrait  à  l'appui  de  la  forme 
de  Goch. 
AILLU  (alhu)  s.  m.  —  Muscari. 
D'ai7,  av.  suff.  u  (36).  Le  muscari  est 
en  effet  un  allium. 
t  AITROSv*  lacorrect.  à  ^^ro5. 
t  AJOU  à  Villefr.  Vâjou  est  l'oiseau  du 
maçon.  Gomme  oiseau  €  avis  »  se  pro- 
nonce aussi  âjou,  j'en  conclus  que  Tétym. 
adjotum  ne  vaut  rien,  et  que  Vajou  du 
Fr.-Ln,  est  simpiem.  le  fr.  oiseau,  av. 
extens.  du  sens  à  celui  de  hotte.  Quant  à 
oiseau  =  ajou,  il  faut  remarquer  qu'à 
Villefr.  s  après  une  dipht.  où  figure  un 
yotte  se  prononce  i.  Ainsi  maison,  raison 
se  disent  mdjon,  râjon.  On  voit  que  le 
passage  de  5  à  i  transforme  ai  en  a,  et 
par  analog.  oi  en  a.  On  a  donc  âjeau  et 
par  le  ch.  de  eau  eu  ou  (49).  djou,  ajou. 
t  ALAMON.  L'éiym.  esp.  est  peu  vrai- 
sembl.  Alamon  est-il  fr..  armon^  de  b. 
lat.  arlemonem  (de  temonewi).  av.  ch.d? 
r  en  /  et  insert,  d'une  lettre  d'appui  dans 
le  groupe  Im"*  Artemonem  avait  pris  le 
sens  de  timon,  qui  peut  s'appliquer  tu 


sep 


t  ALBRANDA.  Supprim.   la  phrase 


Digitized  by 


Google 


ALOG 


439 


<c  La  même  faculté  Ta  fait  nommer  à  Crap. 
urina ^  etc.  »  (v.  sous  talaurina), 

ALOGNAR  (alognâr)  s.  m.  —  à  Villefr. 
Noisetier. 

ly avellanearis  (?).  Avellanea  z=  alo- 
gni  (v.  ce  mot),  et  avis  =  ar  (cp.  limi- 
taris  =  lindar).  Cette  format,  semble 
plus  probable  que  avellanearius  dans 
lequel  on  aurait  substitué  le  sufT.  germ. 
ard,  qui  ne  s'applique  pas,  que  je  sache, 
aux  noms  d'arbres. 

AMARELLA  (amarôla)  s.  f.  For.  ma- 
relia  —  Marguerite  sauvage,  anthémis 
arvensis. 

De  ad  +  m9Ltr(ix)  +  suflT,  e//a.  parce 
que  cette  plante  passait  pour  salutaire 
aux  maladies  de  matrice.  Chute  de  t 
(164  3«). 

AMBAISSI  V.  la  rectificat.  au  Dictionn. 
à  emhaissi. 

AMBiORSES  V.  la  rectificat.  au  Dic- 
tionn. à  emhaissi» 

AMBRICOT  (anbrikô)  s.m.  — 1.  Abricot. 
—  2.  Terme  obscène  c  colea  ». 

De  même  Ion  Jacot 

Se  baltnce  pro  bien,mtis  n'a  qu^n  ambricot.  {Gorl.) 

C'est  le  fr.  abricot,  de  Tar.  alberqùq, 
avec  nasalisât,  de  a  (184  7*,  rem.  3). 

t  A  M  BU  NI*  Rapproch.  lim.  embouni, 

t  AMIATO.  On  peut  aussi  y  voir  le  fr. 
amif  av.  suff.  fréq.  atô  pour  ottô.  Cp.  pic. 
amidouler  t  amadouer  »,  de  amt  doux. 
Ce  rapprochem.  m'est  suggéré  par  l'étude 
que  M.  Tobler  a  faite  &*amadouer  dans  la 
Ztschr.  Toutefois,  M.  Suchier,  dans  le 
Grundriss  de  M.  Groeber,  voit  dans  ama- 
douer le  pr.  amadou,  vpr.  amador,  lat. 
amatorem.  Enfin  M.  Ghabaneau  voit  dans 
notre  amiatô  le  miaxi  des  chats  (que  j'ai 
signalé  comme  ayant  pu  influer)  et  rap- 
proche lim.  mioulâ^  même  sens.  Le  suff. 
lim.  userait  en  In.  td.  La  forme  In.  aurai! 
pu  être  infl.  par  amadouer.  Le  rappro- 
chem. av.  miould  me  semble  décisif. 

ANDAGNI  (andagnf);  ap.  Coch.  ENDA- 
GNIER  v.  a.  —  «  Mettre  le  foin  en  tas  », 
selon  Coch.,  mais  en  réalité  en  andains. 

D'ûndain.  av.  suff.  ♦(IS  4»).  Voici  la 
marche  ;  andainer  andanier  andagnx. 

ANGARIER  v.  encarter. 

t  ANINA  ne  signifie  pas  «  pean  d'âne  », 

mais  €  peau  d*agneau  ».  Les  textes  sui- 

,  vants,  que  veut  bien   me  communiquer 

M.  Ghabaneau,  ne  laissent  aucun  doute. 

Leiide  de  Montpellier  :  «  Pelles  de  conils 


facte...  —  Pellicie  de  conils  et  pellicie  de 
lebres.  —  Lo  cent  de  aninis.  —  Pelles  et 
pellicie  facte  de  aninis.  —  Trossellus  de 
aninis.  —  Trostellus  de  conils.  —  Coble- 
rius  qui  comparât  conillos  vel  anninas...  » 
On  voit  que  dans  tout  cela  il  n'est  ques-. 
tion  que  de  fourrures ^t  de  pelleteries.  — 
Leude  de  Collioure  :  «  Gnrga  de  pey- 
lisseria.  —  Garga  d*agnenes...  •  Leude 
de  Perpignan  :  c  Curam  de  conils,  lo  cen- 
tenar,  vestit.  —  Item  lo  c.  do  les  lebres, 
vestit.  —  Item,  lo  c.  d'anyines,  vestit 
atressi...  »  —  Ny  en  cat.  égalant  nh  ou 
gn,  c'est  partout  pelles  agninas  qu'il 
faut  entendre. 

Il  fduten  tirer  cette  conclusion,  c'est  que, 
à  Lyon,  au  xiii*  s.,  il  pouvait  arriver  que 
la  graphie  n  représentât  nh  ou  gn.  Il  en 
était  de  môme  en  pr.  C'est  donc  par  erreur 
que  Rayn.  (tome  ii,  p.  133),  trompé  comme 
nous,  a  traduit  anina  par  c  peau  d'âne 
préparée  ».  Du  reste,  à  côté  de  la  forme 
anina,  il  fait  figurer  la  forme  anhina.  La 
!'•  se  prononçait  cerlainem.  comme  la  2*. 

—  Quant  à  notre  erreur,  elle  était  d'autant 
pins  facile  qu'à  Lyon,  au  xiii^s.,  1'*  d'à- 
sinus  était  déjà  tombée,  et  qvCasinina  eût 
bien  donné  anina  et  non  asnina.  Anina 
vient  donc  d'agnina^  d*agnus. 

APPENT  (apan)  s.  m.  —  à  Lyon  Ap- 
pentis. 
De  appendix. 

t  APPONDRE.  J'ai  oublié  de  signaler 
une  significat.  extensive  très  répandue  : 
€  atteindre  ».  Celo  fusil  appond  à  cinq 
cents  pôs^  ce  fusil  atteint  à  cinq  cents 
pas.  » 

Arrive  lo  Itmbor-major 
Et  M  Teste  brodù  d'or, 
Avi  sa  canliniri, 
Qu'appond  à  m  bolonfri. 
€  Arrive   le  tambour-major,  —   Et  sa 
veste  brodée  d'or,  —  Avec  sa  canlinière, 

—  Dont  la  tête  arrive  à  la  hauteur  de  sa 
boutonnière.  »  (Voga) 

On  me  signale  à  Villefr.  le  sens  d'c  ac- 
courir »  :  Appondô  don  vite!  t  venez  donc 
vite!  »  La  dérivât,  qu'on  suit  très  bien 
d*ailleurs,  du  sens  de  joindre  deux  fils 
bout  à  bout  à  celui  d'accourir,  est  singu- 
lière. 

ARCAGELÉ  s.  m.  Vfr.  arcagelet  —  à 
Villefr.  Arbalète. 

De  vfr.  arc-à-jalet,  arbalète  pour  lancer 
des  balles,  généralem.  des  pierres  rondes. 


Digitized  by 


Google 


440 


ARDI 


On  disait  aussi  arbalète-à-jalet.  Jalet  est 
le  vfr.  gai,  pierre,  av.  suff.  dim.  et,  du 
celt.  gaëlgal  c  caillou  »;  arm.  kaled, 

ARDI  ('ardl)  s.  m.  —  à  Villefr.  Feu 
follet. 

Étym.  inconn.  -  Peut-être  fait  sur  vfr. 
nrdeir  ardre  «  brûler  »,  d'ardere,  av.  suff. 
i  (cp.  allouvi);  d'où  ardri  ardi.  Il  faudrait 
admettre  que  la  format,  s'est  faite  sur 
l'infinit.  (cp.  ardeur),  de  préférence  au 
partie,  ars^  d*arsum. 

t  ARDUPIN.  Ce  mot  n'est  pas  si  extra- 
ordin.  qu'il  le  paraît  au  1*'  abord.  Le 
wal.  ardèspène  signifie  épine-vinette  ; 
hârdispène,  Namur  drdespine  «  aubé- 
pine ».  Grandg.  ylit,non  sans  qq.  vraisem- 
blance, une  contract.  de  «  arbre-d'épine  », 
ce  qui  explique  comment  le  nom  a  pu  être 
donné  à  deux  arbustes  différents,  mais 
portant  tous  deux  des  épines.  C'est  sous 
uneinfl.  analogue  que  a?*6<?pm,  d'album 
spinum,  a  pu  devenir  arb'  du  pin  ardu^ 
pin. 

t  ARPA.  Supprimez  le  dph.  marpa, 
rapproché  à  tort,  et  dont  l'explication  est 
donnée  à  marpailli. 

t  ARPAN.Lepa;i,mesure  delongueur, 
estcertainem.pa/mwm.  La  forme  ancienne 
est  palm,  devenu  paw,  comme  dans  le 
composé  rampan  ,  de  ramum  palmi 
(Chaban.). 

ARQUANSON  (arkanson)  s.  m.  —  à 
Villefr.  Euphorbe  des  marais,  euphorbia 
palustris. 

Composé  de  fr.  cresson  et  du  préf.  a. 
On  a  eu  acresson^argitesson  par  métath. 
de  r  (187  !•.  a),  et  arguenson,  arquan- 
son  par  nasalisât,  de  e.  Cette  étym.  ne 
rencontrerait  guère  créance,  ai  elle  n'était 
appuyée  par  le  rch.  quen'son  «  cresson 
de  fontaine  »,  qui  est  évidemm.  une  cor- 
rupt.  de  cresson,  Vanthemis  cotula  se 
nomme  aussi  en  rch.  quen'son,  dans 
lequel  Hécart  lit  «  caleçon,  à  cause  de  la 
mauvaise  odeur  ».  Cette  étym.  stercorale 
me  semble  fantastique  II  est  probable 
qu'il  faut  voir  simplem.  dans  le  nom 
donné  à  la  camomille  puante,  une  de  ces 
confusions  si  fréquentes  dans  les  noms 
de  plantes.  Quant  au  préf.  a  dans  ar 
quanson,  il  n'a  qu'une  valeur  euph.  et 
doit  remonter  au  moment  où  la  métath. 
de  r  n'était  pas  encore  accomplie.  Il  est 
ù  remarquer  quen  rcli.,à  côté  de  quen'son 


on  trouve  la  forme  querson,  où  la  métath. 
est  déjà  opérée,  et  qui  sert  de  transition  à 
la  forme  où  r  est  tombée.  Quant  à  l'ap- 
plicat.  du  nom  de  cresson  à  Veuphorbia 
palustris,  elle  s'explique  par  ce  fait  que 
les  deux  plantes  sont  paludéennes. 

ARRI  DE-GRAND  (arridegran)  s.  m.  et 
fém.  —  Bisaïeul,  bisaïeule. 

De  In .  a7'ri  c  arrière  »  de,  et  grand 
«  grand-père  ou  grand'mère  ».  Littéralem. 
€  ceux  qui  sont  en  arrière  des  grands 
parents  ».  Quant  à  arri,  c'est  le  vfr. 
arrier,  de  ad-retro.  J'ai  souvent  entendu 
les  voituriers  crier  arrier  pour  arrière 
à  leurs  chevaux.  1er  passe  à  »  (13). 

t  ASSETO.  M.  Chaban.  le  tire  non  de 
adsitum-are,  mais  de  ad-sedem-are.  Il 
fait  remarquer  que  l'e  de  la  forme  pr.est 
ouvert,  renvoyant  par  conséquent  à  un  f 
bref.  En  lim.  cet  e  bref,  selon  la  règle, 
s'est  diphtong.  en  ie  :  me  siete  «  je  m'as- 
sieds »;  d'où  à  l'infinit.,  par  propagat. 
abusive  de  la  dipht.,  sieta. 

tASSUAU  ASSAU.  Vérificat.  faite,  la 
forme  assuau  est  à  supprimer;  c'est  une 
corrupt.  individuelle.  L'étym.  sus  est 
ainsi  mise  à  néant.  Les  formes  ss.-roni. 
assot,  dph.  assoit,  bèarn.  sout  (masc), 
même  sens,  démontrent  Tétym.  subtum. 
Assau  est  donc  la  forme  masc.  de  soute, 
qui,  en  vfr.,  signifiait  loge  à  pourceaux; 
gév.,  bourg,  lu  sou(t),  même  sens.  Peut- 
être  assau  n'est-il  que  la  sou  =  la  sau  = 
V assau,  par  agglutinât,  de  la  voy.  de  Tart. 
Le  ss.-rom.  assot  paraît  bien  être  ad- 
subtum,  qui  donnerait  aussi  en  In.  assôt. 

t  ASTURA.  Plus  probablem.  le  fr.  à 
c'fheuret  transformé  en  asteure  asture 
qu'on  trouve  chez  M(»ntaigDe  et  ailleurs 
(Chaban.). 

t  ATO.  Suivantrobservat.de  M.  Zacher 
et  de  M.  Chaban.,  il  faut  lire  sans  doute 
homenz  au  lieu  de  homeuz  dans  les 
textes  cités. 

AUGI  (ôji)  s.  f.  —  à  Yzer.  Loge  du  porc. 
S'emploie  communém.  av.  le  complèm., 
Vaugi  du  cayon. 

(Vest  le  fr.  auge,  d'alcea,  av.  dérival, 
de  sens  sous  infl.  de  loge  (du  porc),  dans 
lequel  /a  été  considérée  comme  art.  et  isolée 
du  mot:  l'auge  du  porc,  loge  du  porc, 
Désin.  t  (54  2»;.  Cette  infl.  parait  néces- 
saire pour  expliquer  le  mot,  car  on  ne 
voit  pas  s'opérer  dans  d'autres  mol.«<  la 


Digitized  by 


Google 


AUVA 


141 


.lèrivat.  du  contenu  au  contenant    On  ne 
dit  pas  la  crèche  pour  V écurie, 

AUVARGNI  s.  f.  —  Auvergne.  Prvb. 
O  ne  vint  d'Aiivargni  ni  bon  vin  ni 
honegins. 

t  AVANGLÉ,  ÉE.  L'idenUficat.  de 
avanglé  av.  fr.  avangié,  qui  a  été  présentée 
au  mot  atinju  est  complètem.  impossible, 
et  la  rectificat.  faite  au  mot  évancliô,  oii 
neanglé,  identifié  av.  celui-ci,  est  tiré  de 
exvaculalum,  ne  vaut  pas  mieux.  Le  pr. 
Kvangouli  «  qui  a  une  faim  canine  »,  Igd. 
afangala,  même  sens,  donnent  la  clef  de  , 
l'étym.  qui  est,  je  crois,  une  composit.  de  ^ 
fan  «  faim  {famem)  »  en  In.  et  en  pr..  et  ' 
de  Tarm.  gwal  c  mauvais  »  (en  fr.  faim- 
\ralle  faim-gale  fringale)^  av.  un  suff. 
verb.  et  le  préf.  a.  Le  tout  donne  exac- 
tem.  le  Igd.  afangala,  et  par  eh.  de  /*, 
devenue  mèd.,  en  i?  (144  3'),  le  pr.  avan- 
gouli.  Dans  celui-ci  il  y  a  eu  de  plus  infl. 
de  goula,  de  gula,  Avang{ou)li  donne  par 
contract.  avangli;  et  avanglé  parla  sub- 
stitut, du  suflf.  verb.  le  plus  usité. 

t  AVENTO.  A  Villefr.  le  mot  a  pris  le 
sens  de  retirer  av.  effort.  La  ville  dit 
nvetiter,  <  Cette  bouteille  est  bien  bou- 
chée, je  ne  peux  pas  aventer  le  bouchon.  » 
De  ridée  d'atteindre  à  une  chose  le  sens  a 
passé  à  celle  de  la  retirer,  puis  de  la  reti- 
rer av.  effort.  Gela  serait  pour  aveindre 
une  confirmation  de  Télym.  abemere. 

AVILLIER  (avilhô)  v.  a.—  Ouiller  (un 
tonneau).  Ce  mot  ne  figure  pas  au  vocab. 
de  Goch.,  mais  il  l'emploie  à  2  reprises 
sous  ouilli  (V.  ce  mot),  comme  si  avillier 
était  fr.,  ou  du  moins  tellem.  connu  à 
Lyon  qu'il  dût  être  compris  de  tout  le 
monde.  Éyidemm.  Coch.  ne  le  considérait 
pas  comme  pat.  Je  n'ai  jamais  entendu  le 
mot,  et  on  ne  le  rencontre  ni  parmi  les 
termes  proscrits  par  MoJard,  ni  dans 
Et.  Blanc. 

C'est  le  vfr.  auilier,  qu'on  trouve  dans 
(^otgr.  €  to  flll  up  wine  vessels,  Which  by 
working,  haveejecled  partoftheirliquor.  » 
îl  est  marqué  d'une  croix,  ce  qui  indique, 
je  crois,  un  terme  obsolète  ou  provinc.  Il 
ne  figure  au  reste  ni  dans  Nicot,  ni  dans 
Nicod,  ni  dans  Monet.  ni  dans  Ménage, 

mais  on  trouve  aut7/«r  dans  01.  de  Serres. 
A  uïlier  est  le  même  que  cuiller  ouiller ^ 

nv.  échange  de  en,  ou    et  à' au.    Puis  u 


d'auïler^  s'est  consonnantisé  en  t?,  phéno- 
mène rare,  mais  non  sans  ex.  (cp.  suivre, 
de  vfr.  sieure).  Cette  consonnantisat. 
n'existait  point  au  temps  de  Cotgr.,  car 
dans  l'édit.  de  1673,  où  je  puise  auilier,  il 
n'y  a  jamais  confus,  entre  v  et  u, 

t  AVINJU.  Le  mot  avanglé  ne  doit  pas 
être  rapproché.  V.  la  rectificat.  au  présent 
Supplém.  $,  V.  avanglé» 

AVI  RE  (a  vire)  v.  a.  —  à  Ri  ver.  Atteindre 
pour  prendre,  aveindre. 

De  In.  tjtrî,  av.  préf.  a,  de  ad*  D'où 
artrl,  tourner  un  objet  à  soi,  l'atteindre. 
Puis  on  a  fait  passer  avirx  dans  la  3^  con- 
jugais.,  de  même  qu'on  a  sôtre  à  côté  de 
sortît  viendre  à  c6té  de  vegnX  etc. 

t  AVOUAI  prend  aussi  le  sens  de  «  aussi 
bien  (non  comparât,  mais  conjonct.).  » 

AVRÉ  (à  1')  (alavré)  loc.  adv.  —  à  Villefr. 
A  l'abri,  à  couvert. 

Malgré  le  ch.  assez  bizarre  de  br  en  »r. 
n'est  autre  que  le  fr.  à  l'abri,  av.  ch.  de  i 
ton.  fin.  en  ^(33,  rem.>.  Le  mot  h4rre, 
terme  de  marine  inconnu  chez  nous,  et 
dont  la  dérivât,  serait  forcée  comme  sen.K, 
ne  doit  pas  être  rapproché. 

t  BAGAGNI.  Cp.  rgt.  logogno.  pr.  Ift- 
gagnoy  gasc.  legagne,  cat.  llaganya,  esp. 
lagana  «  chassie  ».  Roquef.  donne  lagai- 
/7?i«,  probablem.  emprunté  par  lui  à  qq. 
dialecte  d'oc.  Pr.  lagagnou  t  margouil- 
lis».  Ghevallet  le  tire,  non  sans  qq.  vrai- 
semblance, du  celt.;  kym.  llygadgoçni 
«  chassie  ]»,de  llygad  «  œil  »  ;  arm.  lagad. 
même  sens.  On  trouve  lagat  «  œil  »  dans 
le  dict.  corn,  du  ix*s.,  publié  par  Priée. 

Le  moibagagni  est  certainem./a<7a^ne. 
av.  ch.  de  la  syll.  init.  sous  qq.  infl. 
inconn.  Si  l'on  trouvait  dans  qq.  dialecte 
bag  au  sens  d'ordure,  on  pourrait  expli- 
quer la  substitut,  par  la  même  idée  qui 
fait  dire  en  rcb.  avoir  les  yeuo}  gadoux 
pour  c  avoir  de  la  cire  aux  yeux  » . 

t  BAGNOTTE  v.  la  correct,  à  vagnotCa 
au  Dictionn. 

t  BAIETE  vient  bien  du  b.  \&t,badare, 
mais  d'où  vient  celui-ci?  Diez  y  voit  le 
rad.  ôa,  onomat.  exprira.  l'ouverture  de 
la  bouche.  M.  Thurneysen  rapproche  vx 
irl.  baithy  néo-iri.,  gaél.  baoth  c  thoericht, 
einfaellig  •.  De  baith  M.  Th.  tire  un  vb. 
*baiiare€se  tenircomme  un  idiot  la  bouche 
ouverte.  bAiller  ^. 

5a 


Digitized  by 


Google 


442 


BALL 


t  BALLOUFFA.Cp.rgt.  gadofo  «  pail- 
lasse de  balles  d'avoine  ».  Je  crois  tou- 
jours que  la  !'•  partie  du  mot  est  bal  «  balle 
des  céréales  »,  mais  la  2«  ne  peut  se  rat- 
tacher aux  mots  signifiant  «  avoine  »  dans 
les    langues    germ.   Il    ne  peut  y  avoir 
aucun  rapport  entre  ha  fer  et  ouffa.  Le 
phonème  ouf  est  peut-être  destiné  à  expri- 
mer le  gonflem.  et  la  légèreté  des  balles. 
Cp.    "pouf  «  fauteuil  capitonné  »,  bouffi 
«  qui  est  gonflé  », /OM/fe   <   assemblage 
d'objets  menus  et  formant  masse  ».  Dans 
le   wal.  de  Mons   ouf  ouffe  c   signifie 
meuble,  en  parlant  de  la  terre,  mais   il 
s'applique  à  tous  les  objets  placés  légèrem.  ; 
il  est  l'opposé  de  pressé,  dense,  entassé, 
compact  (Sigard).  »  —  En  h.  lim.  mouflo, 
ce  qui  est  mou.  av.  élasticité;  tero  mou- 
flo  «  terre  ameublie  ».  Le  montois  et  le  b. 
lim.  sont,  je  crois,  identiques.  Sur  l'iden- 
tité de  ouffe  et  ouffle,  cp.  catoffe,  qui  se 
dit  souvent  pour  caloffte,  et  épilafle  pour 
épitaphe. 

Il  se  peut  aussi  que  ouffa  soit  tout  sim- 
plem.  un  suff.  représentant  ucea.  La 
substitut,  defkss  s'est  accomplie  pour 
les  suff.^  dans  un  certain  nombre  de  mots 
d'oc.  Cp.  mayossa  et  maiofa  «  fraise  », 
badassa  et  badafa  «  lavande  ». 

tBANCHAILLI;àVillefr.BINCHÈYER 
(bintsèyé)  ne  doit  pas  être  rapproché  de 
bêche,  mais,  comme  le  croit  M.  Dei'esse, 
de  fr.  banc,  av.  sufT.  coll.  ailli,  parce  que 
le  miné  se  fait  par  bancs,  par  tranchées  ; 
cp.  pr.  abanca  c  cultiver  par  bancs.  »  En 
lim.  un  fossé  s'appelle  un  banc^  d'où 
obonca  t  creuser  un  fossé  en  rejetant  la 
terre  par  côté».  Le  nom  du  banc  formé 
par  les^  terres  jectices  a  passé  au  fossé, 
comme  en  fr.  douve  t  digue  »  est  devenu 
douve  €  fossé  ».  Banohailli  suppose  un 
subst.  primit.  banche  C^anca),  car  on 
aurait  eu  bancailll.  Ce  banche,  pour 
banc,  répond  à  In.  ranche,  pour  rang. 

t  BAR  ATA.  Noe  de  l'ex.  cité  est  mal 
traduit  par  noie  et  signifie  nage.  Lisez  : 
€  La  grenouille  naga  avec  la  souris  [atta- 
chée à  sa  patte].  » 

Ghevallet  et  Stokes  rapprochent  de  fr. 
barat  irl.  mrath,p\\xs  tard  bralh;  vx  bret. 
brai,  plus  tard  bvad\  kym.  brad,  corn. 
bras  «  trahison,  tromperie  »,  et  M.  Thur- 
neys.  y  voit  aussi  l'orig.  du  mot  fr.  Mais 
le  sens   de  In.  barata  se  rapporte   bien 


préférablem.  à  l'étym.  germ.  Vfr.  bavai 
«  tromperie  »,  et  i t.  baratare  *  dilapidare  » 
doivent  donc  être  disjoints. 

BARAUDA  (barôda)  adj.  f.  (plur.  6a- 
raudes)  dans  Texpress.  nué  barauda. 
C'est  une  espèce  particulière  de  noix  fort 
grosses,  très  recherchées  dés  enfants  pour 
faire  des  moulinets,  dits  vivolets  (v.  ce 
mot),  et  qui  sont  presque  toutes  vendues 
aux  confiseurs  pour  les  confire.  Dans  le 
For.  elles  sont  appelées  boulardes. 
€  Giroux  :  Ahl  ça  tu  veulx  savoir  ce  que 
j'ai  en  mon  sac  !  —  L'estranger  :  Ouy,  je 
le  veulx  savoir.  —  Giroux  :  Eh  bien  !  ce 
sont  noix  boulardes  n  {Un  mystère  dans 
les  montagnes  du  For).  M,  Xoélas  met 
en  note:  «  Grosses  noix  semblables  à  de 
petites  boules,  v  Rabel.  ».  Je  crois  que 
boularde,  de  boule,  plus  suff.  ard  donne 
la  clef  de  l'étym.  Barauda  doit  être  bal- 
lauda,  de  balle,  plus  suflT.  aud,  de  icald, 
et  ch.  de  /  en  r  (147  2«). 

t  BARBABOU.  Forme  de  Lyon  et  de  la 
banlieue,  mais  à  Crap.  on  dit  déjà  BOR* 
BOBO  (l)ôrbôbô)  par  le  ch.  de  a  ton.  et  de 
a  prot.  en  (5  (1  '^t  59),  et  de  ou  en  6  (34, 
rem.  4). 

BARBIROTTE  -  à  Villefr.Eumolpedela 
vigne,  insecte  dit  aussi  couper-bourgeon. 
Règle  générale,  un  même  nom  d'insecte 
s'applique  à  quantité  d'insectes  différents 
suivant  les  pat.  et  même  les  localités. 
Rien  de  moins  précis  sous  ce  rapport  qne 
le  paysan. 

Sur  l'étym.  v.  barbirotla^ 

BARLET  s.  m.  —  Baril  pour  4e  vin.  II 
contient  22  litres,  et  5  barlets  remplissent 
une  cenpote. 

De  fr.  bar(i)llet,à\m.  de  baril,  av.  chute 
de  la  prot.  On  voit  que  cette  format,  tend 
à  se  perpétuer,  même  en  roman.  La  dis- 
parit.  de  i  a  opéré  la  dessicat.  de  /. 

t  BARLETIÈR.  Probablem.  formé  non 
sur  6a?*t7,  mais  directem.  sur  In.  barlet 
(v.  ce  mot  au  présent  Supplèm.),  av.  suff. 
des  noms  de  métier  (13). 

BARVELLA  (barvéla)  s.  f.  —  Dans  la 
locut.  à  la  barvella,  en  faisant  rouler  du 
haut  en  bas  t  O'  faut  betô  lo  tuniau  à 
la  barvella,  il  faut  laisser  rouler  le  ton- 
neau de  lui-même  sur  la  pente.  » 

Je  suppose  que  barvella  est  une  forme 
syncopée  de  bar(ta}vella  (v.  ce  mot),  au 


Digitized  by 


Google 


BASS 


44S 


sens  de  crécelle,  objet  tournant  sur  lui- 
même,  de  veriebolum. 

t  BASSACULA.  La  forme  haqmola, 
donnée  par  Gras,  est  sans  doute  une  faute 
d'impression  pour  baquiola. 

t  BATTRE  L'ANTIFFA.  M.  Ghaban. 
me  fait  observer  av.  raison  qu'an^i/  n*est 
pas  pour  altif^  mais  le  dér.  rég.  é!antiqvus, 
fém.  aniive.  Sur  le  sens  cf.  la  locut.  vieux 
comme  les  chemins. 

t  BAUCHI.  Rapproch.  pr.  6oc/io,  boule 
à  jouer. 

t  BAZATTO.  A  Pappui  de  Tétym.  cp. 
losc  hasire  «  mourir  »,  dont  le  rad.  pa- 
rait être  le  même  que  celui  de  hasattô^  et 
identique  à  il.  ha:o  r  raie  (Dicz)  ».  L'idée 
de  rate  s'est  sans  doute  confondue  av.  celle 
d'un  organe  propre  à  la  respirât. 

BÉCHET  (bêché)  s.  m.  —  à  Morn.  dans 
la  loc.  Prindre  in  béchet,  se  heurter  le 
pied  contre  un  objet. 

Do  beccum,  av.  suff.  roman  et,  ropré- 
bentant  non  un  dim.,  mais  simplem.  un 
objet,  comme  dans  gilet,  de  Gille.  Un 
béchet  «  un  coup  de  bec  ».  Sur  c  fin.  =  cA, 
cp.  bochet^  de  bo(c)  t  bouc  ». 

t  BÈCHI.  J'avais  supposé  un  intermé- 
diaire 'bescare  (cp.  besca  t  bêche  »). 
M.  Ghaban.  me  fait  observer  que  beccare 
peut  suffire.  En  effet,  cp.6icAia,  de  ôtfccMm, 
où  ce  fin.  a  donné  ch. 

BÉCHOT  (betsô)  s.  m.  -  à  Villefr. 
.\i relie,  vaccinium  myvtillus. 

Je  crois  que  l'orig.  est  beccum,  av.  suff". 
roman  ot  :  bèchot  «  petit  morceau,  petite 
bouchée  ».  Dans  les  mots  dér.  de  bec,  au- 
quel s'est  ajouté  un  suff.,  c  est  devenu 
souvent  ch,  même  devant  o,  par  analog. 
av.  les  mots  où  il  était  devant  a,  comme 
bich'i  bichia,  etc. 

t  BEDÇAU  BEDOT.  Ce  mot  doit  s'écrire 
BEDOS  (bedo),  ainsi  que  l'indique  clairem. 
lu  fem.  BEDOSSEf  dont  j'ignorais  l'exis- 
tence. 11  n'y  faut  pas  chercher  une  étym. 
C'est  un  nom  ethnique,  que  je  crois  re- 
trouver dans  une  longue  énumérat.  des 
peuples  de  France,  de  Flandre,  de  Bour- 
j<ogne  et  de  Provence,  qui  figure  dans 
Flamenca  et  commence  au  vers  7210. 

724  4    Desa  foriin  dl  de  Peitu 
Et  Stogumer  et  Eogolmec, 
Breiop  et  Norroand  el  Tornes, 
El  Btfiruier  e  Lemosiii, 
PeiragMiD  et  Caberciir, 
.'  'fiotei\i%%e  BedàseiGot. 


«  Deçk  furent  ceux  de  Poitou  —  Et 
Saintongeois  et  Angoumois,  Bretons  et 
Normands  et  Tourangeaux  —  Et  Berri- 
chons et  Limousins,  —  Périgourdins  et 
(^ahorsins,  —  Rouergats  et  ceux  du  Viva- 
rais  et  de  la  Marche  de  Gothie.  » 

Je  trouve  la  confirmât,  de  cette  hypoth. 
dans  Du  G.  s,  v.  Bedoccus  «  Forensis 
extraneus  »,  mais  le  texte  indique,  je  crois, 
qu'il  s'agit  de  gens  des  montagnes  du  Vi- 
varais.  c  Et  quia  plures  veniunt  ad  dicta 
loca  ad  habitandum,  nichil  habentea  vel 
possi dentés  immobilia,  quia  vocantur  Be- 
docci,  id  est  foreuses,  etc.  »  Gomme  le 
texte  (xiv*  s.)  est  tiré  d'une  histoire  de 
Nimes,  on  est  porté  à  croire  que  le  nom  de 
bedocci  s'applique  aux  habitants  du  Viva- 
rais,  désignés  nalurellem.  comme  étran- 
gers au  pays,  et  par  une  épithète  sans 
doute  méprisante.  Le  nom  de  bedoccus, 
bedos  était  peut-être  primitivem.  celui 
d'une  peuplade  du  Vivarais,  «t  peut-être 
a-t-il  une  orig.  gauloise. 
N.  d'homme  Bedos^  à  Montpellier. 
BÈLO  (bélô)  V.  n.  —  à  Villefr.  Pleurer, 
geindre. 

C'est  le  fr.  bêler^  pris  au  flg.,  av.  sub- 
stitut, du  suff.  pat.  (143*). 

BÉNARDE  adj.  fém.  —  S'emploie  av. 
le  mot  serrure.  Sert^ure  bénarde  «  serrure 
ouvrant  des  deux  côtés».  Au  m.  à.,  à 
Lyon,  ces  serrures  s'appelaient  traffoyres 
(v.  ce  mot). 

Littré   donne    l'étym.    Bernard,    nom 

propre,  au  fig.  sot,  niais;  «  d'où  serrure 

bernarde  ou  bénarde,  une  serrure  moins 

bonne,  moins  sûre  que  les  autres.  »  Cette 

étym.  me  parait  d'autant  moins  vraisembl. 

qu'il  faut  chercher  le   sçns   de  bénarde 

dans  ridée  de  «  serrure  qui  ouvre  des 

deux   côtés  »,  laquelle  est  au   contraire 

plus   compliquée  et  plus   chère   que  les 

autres.  Quant  à  la  question  de  clef  non 

forée,  usitée  pour  ce^  serrures,  et  signalée 

comme  une  infériorité  parle  Dictionn.  de 

Trévoux  et  par  Littré,  il  faut  remarquer 

que  le  m.  â.,  ne  connaissant  pas  les  clefs 

I    forées,  ne  pouvait  considérer  les  ciefs  non 

1    forées   comme  inférieures,  i/^^nard    ne 

'    serait^il  pas  tout  simplem.   le  nom    de 

:    l'inventeur? 

BIBON(bibon)  s.  m.  —   â  Lyon  Vieil- 
t    lard,  av.  sens  péj. 

Vêla  nos  fieui  biboju  emmenés  sur  la  place. 
I  (Et.  BI911C,  Suztmnt) 


Digitized  by 


Google 


444 


BICH 


Paraît  le  même  que  le  birbe,  de  Taigot, 
plus  suff.  on.  Il  y  a  des  ex.  nombreux 
dans  les  pat.  de  la  chute  de  r  post-ton.  dans 
un  groupe;  berr.  cadabe  pour  cadavre, 
wal.  cocad  pour  cocarde.  On  a  dû  avoir 
birbe  bibe  bibon.  Birbe  doit  être  connexe 
à  it.  birbanle  «  brigand  »,  vfr.  briban^ 
esp.  bribofiy  vx  angl.  bribour  «  un  vaga- 
bond ».  La  dérivât,  du  sens  tiendrait  h 
l'emploi  habituel  du  mot  avec  vieux  :  un 
birbe  bibon  a  dû  êlre  un  vagabond»  puis 
un  vieux  vagabond,  puis  un  vieux  tout 
court.  On  sait  qu'on  tire  briban  de  brïbe 
«  morceau  de  pain  (le  vaga])ond  dévorant 
le  pain)  »,  qu'on  rattache  au  cell.  :  kym. 
brivo  €  qq.  chose  de  brisé  ». 

t  BICHE*  Il  serait  peut-être  utile  de 
rechercher  d'où  vient  le  b.  Ut.  bicca.  Le 
primit.  se  retrouve  aussi  bien  dans  le 
grec  (êt'xoç)  que  dans  le  germ.  :  vha. 
pëchari  pëchare,  mha.  pêcher  bëchaere 
bêcher^  nor.  bikar,  suéd.  baegare,  dan. 
baeger^  ail.  bêcher.  Il  a  passé  dans  l'it. 
hicchière,  vfr.  pichier,  norm.  pichet.  La 
présence  du  mot  dans  tous  les  dialectes 
du  nord  de  la  France  indique  l'orig. 
germ. 

t  BICO.  M.  Ghaban.  veut  bien  me  faire 
observer  que,  en  lira.,  où  ca  devient  cha 
(comme  en  In.),  on  dit  aussi  bica,  ce  qui 
semble  exclure  beccare.  On  y  a  d'ailleurs 
beca  (=  fr.  becqueter),  mais  c'est  bec  -f- 
nr.  —  Bicô  peut  être  une  variante  de  'bec- 
f/uer. 

t  BIDER  ne  se  rattache  nullem.  au 
germ.,  mais  est  certainem.  le  même  que 
pida,  employé  dans  la  Suisse  occident, 
pour  «  mesurer  av.  le  pied  ou  la  main  », 
Seine-infér.  péter  t  mesurer  ».  A  Lyon, 
pour  bider  on  mesure  en  effet  la  distance 
du  but  à  la  boule  en  mettant  les  pieds 
l'un  aevant  l'autre.  Gant,  de  Vaud  pider^ 
mémo  sens. 

De  pedem,  av.  suflf.  des  vb.  fr.  de  la 
!'•  conjug.  Le  passage  insolite  de  p  init.  à 
b  m'avait  d'abord  fait  écarter  à  tort  Phy- 
polh.  de  cette  élym.  On  trouve  d'autres 
ex.  de  ce  ch.  Vfr.  pen^au,  de  pnnnellum 
=  pr.  banèu;  (cpoult-de-soie  =  pr.  bout- 
de-sede;  pr.  poutargo,  devenu  boutargo. 
Mais  toutes  ces  transformat,  sont  récentes, 
t  BIGOTjà  côté  du  sens  particulier  donné, 
a  ausîïi  le  sens  général  de  «  courbé,  tordu, 
intlcchi  ».  On  dit  d'un  bâton  qu  il  est  bigot 


quand  il  est  courbé;  d'une  poulrt.  qu'elle 
est  biga  quand  elle  a  fléchi.  Dans  ce  der* 
nier  cas,  c'est  le  simple,  sans  suif.,  que 
l'on  emploie. 

BILLON  (billion)  s.  m.  —  à  Grap.  Bille 
de  bois  suspendue  au  cou  des  bestiaux 
pour  les  empêcher  de  vaguer.  A  Paniss. 
talou. 
De  fr.  bille,  av.  sufT.  on. 
BINCHÈYER  v.   banchaillt  au  présent 
Supplém. 
BOBO  (bobo)  s.  m.  —  à  Yzer.  Crapaud. 
Onomat.   très  ressemblante    du  cri   du 
crapaud.  Ge  pourrait  être  encore  le  mol 
boft)  répété  (v.  bot). 

t  BOCHERLA  s.  f.  —  1.  Fauvette.  — 
2.  Barbuquet.  V.  la  correct,  kquinquerlo. 
t  BOCHORD.  ORDA  A  l'appui  de 
l'élym.  proposée,  cp.  ss.-rom.  botzar- 
da,  nom  de  toute  vache  qui  a  des  tache^ 
blanches  à  la  tête. 
BOLAJO  (bolajo)  s.  m.  —  Arpentage. 

Giiochaloii  D0U8  frooiUe  a  l'égard  dn  bolajo. 

«...  Gnochaton  nous  fraude  à  l'égard  dv 
l'arpentage.  »  {Proc.) 

Du  vpr.  bola,  borne,  d'où  un  v.  bolô. 
mesurer,  av.  suff".  aticum  =  ajo  (161  ô*). 
Gp.  arpentage,  à.* arpenter. 

t  BOLICO*  M.  Ghaban.  veut  bien  me 
faire  observer  que  le  lim.  est  boulega  et 
non  bouleja,  quoique  c  eût  dû  se  changer 
en^\  et  que,  d'un  autre  côté,  un  emprunt 
direct  du  lim.  au  pr.  n'est  pas  vraisembl. 
Le  vel.  et  le  dph.  ayant  bouleja,  je  croi> 
qu'on  peut  admettre  l'étym.  en  supposani 
une  except.  pour  la  forme  lim. 

t  BOLLI  s.  f.  —  Jeune  fille.  Ajoute/ 
aux  mots  rapprochés  le  cév.  bouio,  même 
sens,  dont  le  péj.  est  bornasse. 

Je  crois  que  6rî//ii  est  le  même  que  l'it. 
bagascia,  le  pr.  baguassa  «  prostituée  ». 
le  vfr.  baiesse  «  servante  »,  av.  ch.  du 
suff.  acea  en  suff.  ucula\  d'où  un  b.  lat. 
'baguc(u)la,  qui  donne  baoulhi,  devenu 
sav.  bouille.  In.  bôlhi,  br.  bolia,  orlèan. 
boèle. 

La  significat.  de  jeune  fille,  jeune  ser- 
vante, exclut  pour  le  rad.  l'étym.  bag 
«  paquet,  sac  »,  présentée  par  Diez  comme 
eu  relation  av.  bastard  pour  «  lils  de 
bast  »,  et  dont  Scheler  rapproche  le  terme 
injur.  ail.  lumpenpack.  Il  faut  écarter  du 
thème  primitif  tout  sens  de  celte  nature. 
L'élym.  la  plus  plausible  (sans  être  le 
moins  du  monde  certaine)  reste  le  celî., 


Digitized  by 


Google 


BORD 


445 


kym.  bach  t  petit  »  ;  d*oii  hachgen  «  un 
jeune  gairon  t»  bachgenes  «  une  jeune 
ttlle  ».  Le  rad.  est  hecc  —  (Thurneys.). 
Faut-il  rapprocher  angl.  boy  f  Sur  le  sens 
cp.  lim.  paticho€  servante  »,  plus  parti- 
culièrem.  «  grosse  servante  j»,  qui  est 
jtauca,  propvem.  et  primitivem.  «  petite  ». 
La  dérivât,  de  sens  dans  l'it.  et  le  pr. 
n'a  rien  d'extraordm.  Elle  est  identique  à 
celle  qui  du  fr.  gars  «  puer  »  a  fait  garce, 
lille  de  mauvaise  vie.  Dans  le  Jura,  garce 
.signifie  encore  fille,  sans  mauvaise  ac- 
ception. Au  rebours  fille,  en  fr.  est  en 
train  de  prendre  l'acception  de  «  prosti- 
tuée ». 

M.  Chaban.  voit  dans  alp.  bot  «  petit 
garçon  »  cité  à  la  4«  avant-dernière  ligne 
de  la  !'•  colonne,  (nejbot  <  neveu  »,  av. 
aphér.  de  ne. 

t  BORDOIRI.  Aux  noms  exprimant  le 
hanneton  dans  les  divers  dialectes,  ajout, 
lim.  badaiiy  qui  est  le  fr.  badaud» 

t  BORFO  2.  «  Manger  av.  avidité  ». 
M.  Chahan.  pense  que  ce  pourrait  aussi 
l>ien  être  le  fr.  bâfrer^  av.  métath.  de  r  et 
passage  àa  a  b.  à  (4). 

BORGNICLASSI  (ijorgniklassi);  à  Lyon 
horgniclasse  —  Dans  la  montagne  se  dit 
de  qqu'uu  qui  n'y  voit  pas  bien. 

De  In.  borgniclô,  av.  suff.  péj.  assi 
[W  borgnicô  au  présent  Supplém.). 

t  BORGNICO.  Ajoutez  la  forme  BOR- 
GNICLO(borgniklô). 

BORMATES  (bormate)  s.  f.  pi.  —  à 
Villefr.  Aristolochia  clematith^  plante 
qui  infecte  les  vignobles.  Y  a  de  bor- 
mates,  celte  vigne  est  infectée  d'aristo- 
loches. 

De  bromos,  ivraie,  devenu  bormos  par 
niélath.  (187),  et  bormata,  av.  suflf  a/a, 
(jui  est  le  fém.  de  at. 

t  BORNIAU-  Le  rad.est  bien  6orn,  mais, 
je  crois,  au  sens  d'objet  creux,  de  tuyau 
(et  non  de  source),  ainsi  que  Tindique  le 
ss.-  rom.  borna  «  percé  en  tuyau  ».  Sur 
ce  rad.  born  v.  caborna. 

BOSUER-  Lisez  bossuèr.  Dans  le  dé- 
partem.  de  TAin,  le  seuil  s'appelle  bossi, 
s.  m.,  ce  qui  fait  pencher,  pour  la l""»  partie 
du  mot.  en  faveur  de  l'élym.  bosse;  bos- 
suèr, ce  qui  fait  renflement  sur  l'aire. 

BOTERON  (boteron)  s.  m.  —  Crapaud, 
têtard,  de  grenouille. 

De  bot,  av.  suff.  dim.  eron  paranalog. 
av.  puceron,  chaperon^  moucheron. 


BOUFFARET  (boufaré)  adj.  m.  Dph. 
boufare(l),  pr.  boufarèu  —  Employé  seu- 
lem.  dans  cette  express,  un  ange  bouffa- 
ret,  petit  ange  tout  nu  qu'on  voit  repré- 
senté dans  les  peintures. 

Du  rad.  bouf  indiquant  l'enflure  (cp. 
bouffi),  ces  anges  étant  très  dodus;  plus 
suff.  el,  d'elis,  comme  l'indiquent  le  dph. 
et  le  pr.  Puis,  /  fin.  ayant  cessé  de  se  pro- 
noncer, le  suff.  el  a  été  confondu  av.  suff. 
el  (v.s.  foliaret  au  Supplém.)  Insert,  d'une 
syll.  entre  le  thème  et  le  suff.  (190). 

BOULANGER  (LE)  —  à  Lyon  Surnom 
du  diable. 

De  ce  que  l'on  compare  l'enfer  à  un 
four,  dont  le  diable  serait  le  boulanger. 

t  BOURRi.  Rapproch.  lim.  &owi'rt(av. 

ibref)  bourrin;  à  Angoulème  bourre  s. 

m.;  fr.  bourrien  «  poussière,  balayure  ». 

BOUTIOU  (boutiou  dissyl.)  s.  m.  —  à 

Lyon  Maçon,  terme  péj. 

Probablem.  boute-ieaue  boute-iou  bou- 
tiou, appliqué  au  goujat  qui  apporte  Teau 
aux  maçons. 

t  BRAMAFAN.  Je  ne  serais  pas  étonné 
que  la  légende  de  Sainte-Foy,  av.  la  phrase 
il  l'appui  :  Vas- Vin  brama  la  fan  chis 
monsu  Arnaud  n'eût  été  inventée.  Le  nom 
de  lieu  Bramafan,  très  répandu  dans  les 
Alpes  colliennes,  s'applique  à  de  mauvais 
pâturages,  où  les  bestiaux  «  crient  la 
faim  ».  Le  coteau  caillouteux  de  Brama- 
fan,  aujourd'hui  couvert  de  vignobles,  a 
pu  être  fort  stérile  jadis.  Près  de  Bayonne 
on  trouve  Bramepan,  dont  le  nom  est  un<; 
corrupl.  probable  de  Brame  fan. 

t  BRAN  DO  signifie  aussi  «  pendre  »  au 
sens  neutre.  Par  ex.  se  dit  de  tout  ce 
qu'on  suspend  à  un  plafond,  n.  Al  a  betn 
brandô  los  saucissons,  il  a  suspendu  les 
saucissons.  » 

BRECOLI  (brèkoll)  s.  m.  —  à  Villefr. 
Niais,  nigaud. 

On  est  tenté  de  le  rapprocher  de  b(u)ri- 
cum,  av.  aphér.  de  la  voy.  init.  (185) 
comme  dans  it.  bricco  {ap.  Diez),  mais 
ce  n'est  qu'une  fausse  analogie.  Je  crois 
que  le  rad.  est  une  onomat.  exprimant  le 
bégaiement,  le  bredouillem.  Cp.  bretag'i, 
bredin.  Le  suff.,  bizarre,  est  péj.  car  on 
le  retrouve  dans  bregnouli,  même  sens. 
BREGNOULI  (bregnouli)  s.  m.  BRE- 
GNOULA  s.  f.  —  à  Villefr.  Sot,  te;  ni- 
gaud, de. 


Digitized  by 


Google 


446 


BREG 


D'un  rad.  bregn,  qui  paraît  èlre  Ton^ 
mat.d*uii6  prononciat.  bredouillante,  plus 
d'oD  suff.  allongé  et  par  cela  môme  péj. 
(V.  hrecoli). 

BREGOT  (bregô)  s.  m.  —  à  Villefr. 
Tique,  ixodes  ricinus,  parasite  des 
chiens,  etc. 

Étym.  inconn.  —  Peut-être  d'un  rad. 
inconnu  brig,  qui  a  formé  le  lat.  hrigantes, 
+  suff.  ot 

BRELIN  (brelin)  s.  m.  —  û  Moiu. 
Tique. 

Étyni.  inconn.  —  Je  ne  sais  s'il  faut  le 
rapprocher  de  bvegot  qui,  dans  la  partie 
nord  du  Lyonn.  signifie  la  même  chose 
que  brelin  dans  la  partie  sud. 

t  BRÉRI.  Ajoutez  la  forme  BRURU  usi- 
tée dans  la  montagne.  Pour  celte  forme, 
c'eslTet  qui  a  pris  le  dessus  dans  la  dipht. 
né,  de  brueria, 

t  BRINGUE.  L'élym.  sprtngan,  qui 
conviendrait  au  In.  pris  isolém.,  est  inad- 
missible, parce  qu'on  rencontrerait  dans 
les  dialectes  des  formes  esbringue.  M. 
ïSchuchardt  a  proposé,  pour  esp.  brinrar, 
dont  bringue  est  parent,  le  vx  irl.  lingim 
«  je  saute  t,  prêter,  leblaing,  qui  se  rap- 
porte au  Sens,  mais  parait  douteuse  à  M. 
Thurneysen. 

BRIONO  (brionô  trissyl.)  v.  a.—  en  Fr.- 
Ln.  Émietter. 

Sur  l'étym.  v.  graltabrionô  au  Diclionn. 

t  BROCHES,  /y rac A Éfn  n'aurait  pu  don- 
ner que  brèches  et  non  brdches.  La  cir- 
constance que  les  brdches  broches  sont 
des  débris  exclusi vem.  végétaux  fait  penser 
à  une  identité  av.  branche,  dans  lequel  a 
se  serait  dénasalisé.  On  ne  peut  songer  a 
remonter  à  un  primitif  de  branche,  qui 
n'aurait  pas  de  nasale,  car  les  mots  cel- 
tiques brac  etc.,  rapproches  par  Diez  sont 
Huipruntés  (Thurneysen),  et  Tétym.  de 
M.  Neumann  (b(i)-ramica)  offre  a  déjà 
suivi  d'une  nasale:  mais  le  fait  de  an  dé- 
nasalise en  roman,  quoique  rare,  n*est  pas 
sans  qq.  ex, 

BROCHES  (brôtse)  s.  f.  pi.  -  Plantier 
do  vignes  de  l'année. 

De  bro(t)  par  une  fausse  analog.  av. 
Oè'o(c),  chose  pointue  (v.  bronçon),  les 
boutures  de  sarments  ayant  qq.  rapport 
de  forme  av.  ies  broches. 

t  BROCHIÇ*  M.  Chaban.,  av.  raison, 
dans  le  texte  cité,  ne  lit  pas  j>au,  de  pa- 


lum^  mais  bien  poé,  de  postem^  pr.  post 
lim.  pô. 

t  BROGU  Plutôt,  d'après  M.  Chaban.. 
de  rumigare.  Le  sens  s'y  prêterait  mieux. 
Pour  la  forme  cp.  Igd.  bremba,  de  «*^- 
m(o)rare  (memrar  membrar  mremhar 
brembar).  On  aurait  eu  de  même  rumçar 
mrugar  brugar.  Cp.  marbre  de  marmre 
(mannor). 

t  BRUIZI.  M.  Chaban.  pense,  av.  i-ai- 
son,  je  crois,  que  bruir  et  brtigir  sont  nés 
à  peu  près  simultaném.,  comme  tant  d'an 
très  doublets  de  vb.  en  ère  {courre  et 
courir,  reire  et  vezer  en  pr.)  Bruizi  np 
devrait  donc  à  bruit  ({mq  la  dipht.  ui. 

BRULAU  (brulô)  s.  m.  —  1.  à  Gi-iip. 
Four  à  chaux. 

Dç  fr.  brûler^  av.  suff.  au,  à'ellum. 

2.  Jeune  écervelé,  turbulent,  qui  fait  des 
fredaines. 

C'est  brùlau  i  au  fig.  Cp.  four  à  chaux, 
qui  se  prend  dans  le  même  sens. 

BRURI  V.  ôre'ri  au  présent  Suppléni. 

t  BUGNI.  Rapproch.  lim.  bounha,  qui 
se  dit  d'un  objet  trempant  dans  un  li- 
quide et  qui  se  ramollit  et  s'en  imbibe 
(Chaban.).  Par  conséquent  l'objet  se  gonfle, 
ce  qui  se  rapporte  à  notre  sens. 

t  BUTO  signifie  aussi  c  contre -buter, 
résister  >.  C'est  le  sens  du  fr.  buter. 

CA  CAR  préf.  péj.  qu*(»n  retrouve  dans 
cabiotta,  caborna,  caboUl,  cabossi,  caca- 
rochi,  caforniau. 

Ce  préf.  se  retrouve  sous  la  forme  car. 
probablem.  par  transformat,  de  cal  (cp. 
fr.  califourchon^  et  caluc  calorgne 
calouche  «  louche,  myope  t  dans  le  fr. 
dialectal),  dans  carabutchïn,  caramossn. 

Ètym.  inconn. 

t  CABUCHER.  A  l'appui  de  l'étym.  cp. 
Morvan  cabeucher  «  pommer,  faire  une 
tête  >,  en  parlant  des  choux. 

CACHETIRI  (kachetlri)  s.  f.  —  Provision 
de  fruits  que  les  bergers  cachent  dans  les 
champs.  Par  extens.  provision  de  fruits 
en  général. 

De  cachette,  av.  suff.  iri  Cl 3).  L» 
cachetiriîi  certainem.  été  d'abord  le  lieu 
011  l'on  cache.  Le  sens  s'est  étendu  da 
contenant  au  contenu. 

CADOLE  (kadèle)  s.  f.  —  Partie  pontée 

à  l'arriére  des  grands  bateaux  du  Rh6ne. 

Sur  l'étym.    v,  cadçla,    petite   h»tl£. 

parce  que   sous  ce  poot   se  trouve   un^ 


Digitized  by 


Google 


CAFF 


447 


chambrette  où  les  mariniers  font  la  cni- 
sine. 

CAFFE,  ûiol  que  j*ai  souvent  dans  mon 
«enfance  entendu  dire  à  ma  mère  pour 
Poche*  et  qui  est  aujourd'hui  complètem. 
inconnu.  Je  ne  sais  s'il  est  resté  dans  le 
pat.  bressan  :  «  Rustici  Dombenses  caf- 
fam  vocant  peram,  sacculum.  »  (Du  G.) 

Mètath.  de  faque  (v.  ce  mot). 

t  CALA*  Rapproch.  cat.  acalar^  dont 
le  sens  est  assez  voisin  du    nôtre. 

t  CANCORNA.  Je  crois  que  la  deuxième 
partie  du  mot,  corna,  est  une  corrupt., 
et  que  can  n'est  nullem.  le  prèf.  péj.  ca. 
Voici,  ce  me  semble,  la  dérivât.  Le  dph. 
coucoire,  roan.  kankouire,  vaud.  kin- 
rorne,  voironn.  quincouare  «  hanneton» 
paraissent  avoir  pour  origine  genev.  quin- 
querne  «  vielle,  instrument  de  musique  t  ; 
au  fig.  «  personne  ennuyeuse  et  rado- 
teuse ».  Le  mot  a  été  appliqué  au  hanneton 
à  cause  de  son  bourdonnem.,  exactem. 
comme  il  a  été  appelé  hourdoiri  (v.  ce 
mot)  en  In.  par  la  môme  raison.  Quin- 
queme  a  passé  à  kincorne  cancorna, 
sous  infl.  de  cornes.  Quinquerne  est  le 
vfr.  guinterne^  dans  lequel  (  méd.  a  été 
remplacé  par  A,  parassimil.  av.  la  gutlur. 
init.  (188>.  On  a  dû  avoir  guinguerne, 
quinquerne.  Quant  à  guinterne,  on  sait 
que  c'est  une  forme  nasalisée  de  guiterne^ 
de  xiBoipo:, 

Il  suit  de  là  que  notre  cancorha  «vieille 
radoteuse  »  n'est  nullem.  le  fig.  de  can- 
corna«  hanneton»,  mais  le  fig.  de  quin- 
querne «  vielle  »,  parce  que,  comme  la 
vielle,  la  cancorna  ennuie  par  ses  répé- 
titions monotones.  A  Torig.  nous  avons 
<^u  certainem.  quinquerne^  comme  lege- 

CANO  (Ttanô)  v.  n.  Argot  caner  —  à 
r:  :ip.  Mourir.  «  Al  a  ca7iô»,  il  est  mort. 

De  calsire  (v.  calô  et  canôRU.  Dictionn.) 
«  descendre,  mollir  ».  L'idée  de  descendre, 
sombrer»  et  celle  de  «  mourir»  se  lient 
dans  beaucoup  d'express,  cp.  à  Lyon 
descendre  la  garde  «mourir».  M.  F. 
Michel  voit  dans  caner  «  faire  la  cane, 
plonger  ».  Je  ne  sais  si  l'argot  n'est  pas 
un  autre  mot  que  le  terme  lu.  En  tous 
cas,  celui-ci  me  paraît  en  relat.  av.  les 
autres  acceptions  de  rnlô  canô  et  avoir  la 
même  orig. 

t  CANOT.  A  l'appui  de  1  étym.  cp.  vfr. 


gaignon  gagnon  «  mâtin,  dogue  ».  et  qui 
en  lim.  signifie  un  porc  (Chaban).  On  a 
donc  vu  qq.  rapport,  entre  ces  anlmau*. 

CAPOUT  (kapout)  adj.  —  Tué.  Faire 
capout,  mourir. 

De  ail.  caput,  capot,  ruiné;  au  fig. 
mort.  CVipw/ semble  devoir  être  rapproché 
d'esp.  capar,  châtrer;  ail.  kappen,  où  se 
trouve  le  rad.  cap.de  capulare.  Capout 
nous  est  venu  par  l'invasion  de  1814-1815. 

t  CAR  AVI  RI.  La  syll.  init.  n'est  pas  le 
prèf.  crt,  mais  la  syll.  Inii.  de  ca(put). 
Caraviri  est  identique  à  pr.  cap^vira,  fr. 
chavirer,  plus  la  syll.  intercal.  ra,  pour 
accuser  le  caract.  péj.  L'orig.  est  pr., 
comme  l'indique  la  persistance  de  c  dur. 

t  CARAYER.  Ajoutez  à  Villefr.  la  forme 
CARREYER  (karè-yô),  même  sens,  et 
aussi  Renverser  :  can'èyer  par  terre,  ter- 
rasser. Berr.  guarreyer,  t  attaquer,  pour- 
suivre »,  garreyer  des  pierres  «  les  lan- 
cer ». 

Le  celt.,  qui  a  fourni  aux  langiies  ro- 
manes qq.  subst.,  ne  parait  avoir  fonrni 
aucun  vb.  En  tous  cas  je  crois  que  l'étym. 
celt.  serait  avantageusem.  remplacée  par 
le  vfr.  carreau,  trait,  flèche,  qui  m'est 
suggéré  par  M.  Deresse.  La  dérivât,  du 
sens  «  d'accabler  d'une  grêle  de  traits  »  à 
celui  «  d'accabler  d'une  grêle  de  pierres  » 
est  assez  naturelle.  Carreau,  plus  suflf. 
fréq.  ailler  ayer,  donne  carreauyer^  fa- 
cilem.  passé  à  carrèyer  et  à  carayer, 

CARCABEAU.  Le  passage  de  pr.  car- 
tahèu  à  carcabeau  peut,  je  crois,  s'expli- 
quer par  la  règle  d'assimilat.  exposée  .sous 
le  n«  188.     • 

CARCAGOT  (karkagô)  s.  m.  —  Terme 
de  batellerie.  Pont  établi  à  l'avant  du  grand 
bateau  du  Rhône  appelé  rigue  (v.  ce  mot), 
et  sur  lequel  se  placent  les  hommes  pour 
la  manœuvre  des  rames  de  l'avant.  On  y 
place  aussi,  â  la  descente,  les  chevaux  qui 
doivent  servir  à  la  remonte.  Le  carcagot 
se  nomme  encore  choppe  ou  pouan. 

Semble  renfermer  le  rad.  rare  (v.  car- 
cot),  signifiant  creux,  et  qu'on  retrouve 
dans  carcavelô  (v.  ce  mot),  carquois  etc. 
A  ce  rad.  se  serait  ajouté  îe  sufT.  ot  et 
une  syll.  intercalaire  dont  je  ne  sais  pas 
expliquer  l'uiigine. 

t  CARCAVELO,  8«  alinéa,  ligne  9,  au 
lieu  de  :  «  Carcavèu  et  carcnvelô  font  ainsi 
pléonasme,  renfermant  *2  rad.  qui  ont  la 


Digitized  by 


Google 


148 


CARR 


même  ^igiiilicat.  »,  lisez  :  <  Curcavèu  et 
carcavelô  font  ainsi  pléonasme,  renfer- 
mant chacun  2  rad,,  etc. 
CARREYER  v.carayer  au  Supplément. 
CARTE  V.  quarté  au  prés.  Supplém. 
CATAILLON  (katalhon)  s.  m.  -  Même 
sens  que  ca(07i.  On  dit  de  la  farine  qui, 
après  avoir  été  mouillée  est  en  grumeaux, 
qu'elle  est  en  cataillons. 

De  In.  caton^  av.  sulT.  aillon,  à  la  fois 
péj.  et  dim.,  étant  compo.sé  du  péj.  aille 
et  du  dim.  on, 

CATO  (kafô)  V.  a.  —  à  Jarnioux  Jeter, 
lancer,  renverser.  Oév.  cata,  recouvrir, 
envelopper. 

Ressemble  beaucoup  à  captare,  av. 
conservât,  de  c  dur.  Dans  ce  cas  le  mot 
aurait  une  orig.  d'oc,  et  serait  une  dérivât, 
de  sens  du  gev.  La  dérivât,  se  serait 
opérée  ainsi  :  saisir,  dompter,  renverser, 
jeter  contre,  lancer.  Gh.  de  pt  en  t  (161 
«J«,  a). 

CATROCHLE  (katrochlhe,)  s.  f.  pi.  - 
à  Villefr.  Pomme  de  terre. 

Répond  à  un  fr.  catroufle.  Le  phonème 
oufle  =  ochlhe  ;  à  Villefr.  souffle  = 
sochlhe.  De  môme  cl  (qui  égale  cU  en  In.) 
égale  chlh;  circulus  =  sarchlhe.  Catro- 
r  h  le  est  donc  ail.  kortoffel.ay.  métath. 
de  r  (187  !•,&). 

t  CAUSTO.  Un  lapsus  de  notât,  m'a 
fait  écrire  caustà,  lisez  c9,nsto  c6sto, 
L'étym.  xavçrôv  ne  serait  pas  changée 
pour  cela  ..si  elleélaitexacte.  On  en  serait 
quitte  pour  supposer  un  vb.  'caustare, 
(iont  causto  serait  Tadj,  verb.  Mais 
Tabsence  d'autres  formes  dans  les  dia- 
Ipcles  congénères,  aussi  bien  que  l'èloi- 
gnom.  du  sens,  font  qu'on  ne  peut  guère 
accorder  créance  à  l'hypoth. 

t  CAVET  2.  Surnom  de  commisérat. 
donné  aux  canuts. 

ftlym.   inconn.  —  Serait-il   impossible 
qu'il  fût  tiré  de  cavare  av.  suff.  et  t  Les 
rnvets  %  ceux  qui  sont  ci*eux,  qui  ont  le 
ventre  creux  ».  Gp.   décavé.  «  celui  qui  a 
tout  perdu  au  jeu  >,  do  cav*  t  enjeu  », 
d'it.  cacave  «  tirer  (de    sa   poche)   »,  le  | 
même  que  carare  c  crtuser  ».  Gp.  encore  | 
argot  cacé  c  dupe  .F.  Michel)  ».  Pour  le  , 
<ens  cp,   encore  les  rentre-creajc,   nom 
d'une  associât.  s»>cialiste  qui  existait   a 
Lvon  en  18IH. 


Le  mot  serait  venu  par  pr.  cava  «  creii. 
ser  »,  car  en  In.  cavare  =  chavô, 

CEN-MIÉNO  ("san-miéno);  op.  Coch. 
SEN-MIÉNO;à  Grap.  CÉ-MIN,'  à  Lyon 
ça-mien.  loc.  —Ce  qui  est  à  moi,  ce  qui 
m'appartient.  •«  Volo  pôs  gu'is  me  prc- 
nont  cen-miéno,  je  ne  veux  pas  qu'on  mo 
prenne  ce  qui  m'appartient.  » 

De  fr.  ne  (nasalisé  dans  la  forme  cph- 
miéno;cp.  cinqui  au  Supplém.)  et  de  min 
mieno  *  mien  ». 

CÈQUE  <sèke)  SÈQUE  s.  f.  —  Quelque* 
chose,  quoi.  S'emploie  précédé  de  ina. 
Bailli-me  ina  sèque  «  donne-moi  quelque 
chose  ».  Même  sens  en  for.,  mais  sans 
l'adj.  numéral. -fiât //a- we  sèque  »  donnez- 
moi  qq.  chose  »  ;  v>ou  n'y  o  sèque,  c  y  a 
de  quoi  »  ;  et  sèque  un  atou  «  et  aussi,  dfl 
plus,  une  broche  ». 

Parait  une  apocope  de  essèque  (v.  ce 
mot  au  Snpplém>.Op.  pr.  souque  sounqiie 
=.  se  non  qtte^  saint,  rinsèque  =rien, 
sinon  que  (senon  senen  sene  sen  sey. 
«  Donnez-m'en  rinsèque^  un  petit  mor- 
ceau. »  Cèque  ne  doit  pas  être  confondu 
av.  cique  (v.  ce  mot),  de  ciccum,  où  » 
étant  long,  comme  en  témoignent  toutes 
les  langues  romanes,  ne  peut  passer  à  è. 
CEQUIN.  V.  la  rectiâcation  à  sequin, 
t  CHAMINAU.  Cette  forme  me  parait 
justifier  rétym.  *cheminet^  de  caminum 
(au  lieu  de  chien,  ap,  Diez),  pour  chenet 
(Scheler  :  Diez  E,  W.  Fiinft  Ausgabe, 
Anhang^.  r.).  Chaminau  est  évidemm. 
In.  chn/nin^  plus  suff.  au  (33). 

CHAMOURE(tsamoure)  s.  f.  —  dans  le 
Beaujol.  et  la  partie  du  Lyonn.  qui  Tavoi- 
sine.  Plat  de  courge  au  lait  qui  se  manj^e 
spécialem.  dans  les  rc voiles  de.s  ven- 
danges. 

Étym.  inconn.  —  Le  mot  n'existe  à  ma 
connaissance  dans  aucun  diaL 

CH  A  MOU  RI  ltsamouri>  s.  m.  —  Dan< 
le  Beauj.  Vendangeur. 

De  c/irtmoi<r^,  av.  suff.  i  (18),  parc^ 
qu'on  sert  do  la  chamoure  aux  vendan- 
geurs à  la  plupart  de  leurs  repas. 

t  CHANDRE  ÉCHANDIR.  Bien  «en- 
tendu, je  n'ai  pa*  voulu  dire  qu-»  echan 
dir  vînt  directem.  de  xncandescere,  mais 
qu'il  en  venait  «  par  la  format,  ordinaire 
aux  vb.  inchoalifs».  cVst-à-d.  que  de  cam- 
desrcre  on  avait  fait  candit'e  M  Ghaban. 
me  fait  observer  que  èchandei  peut  ^In* 


Digitized  by 


Google 


CHAN 


449 


rapporté  à  incanUescere  par  un  pr.  encan- 
dezir, 

t  CHANÈVO.  Rapproch.  lim.  (Nonlron) 
charbe  «  chanvre  »,  chanebou  che- 
nevis  ». 

t  CHARAT.  Rappr.  vpr.  carah  ou 
caraih,  Gér.  de  Rouisill,,  ap,  P.  Meyer. 
L'étym.  cara  aurait  pour  elle  l'analogie 
da  \im,  jaiitat,  de  j  auto  «joue»,  plus 
suff,  at.  Mais  eara  ayant  donné  cala  en 
In.,  on  devrait,  ce  semble,  avoir  carat 
calât,  avec  un  c  dur.  Une  étym.  vha. 
scëran  scëren,  mha.  schern  «  tondere  », 
nor.  skëra,  ail.  scheren,  fendre,  couper  ; 
suéd.  skaei'y  dan.  skaar,  vfr.  escharre, 
entaille,  balafre,  répondrait  au  sens  et  à 
la  forme.  On  aurait  d'abord  préposé  e  au 
groupe  5c,  puis  es  serait  tombé  (111)  ; 
ch  de  ë  en  a  (cp.  fr.  escharre,  même 
étym.)  et  addit.  du  suflf.  at  en  In.,  et  ot  en 
dph.  Le  mot  répond  ainsi,  par  un  rap- 
prochem.  frappant,  à  un  fr.  *escha7'rat 
qui  serait  dér.  d^escharre. 

CHARBOLLI  Tcharbolbl)  v.  a.  —  à 
Paniss.  Attiser  (le  feu)  :  charbolli  lo  fuè. 

Fait  s\xv  charb(on),  av.  suff.  fréq.  olhi. 
Il  se  peut  que  charbolli  (y.  ce  mot  au 
Dictionn.),  écraser,  ait  infl.  sur  le  sufT., 
car  on  aurait  eu  plus  probablem.  chav" 
bonillt. 

CHARENTIAU    (charentiô   trissyl.)   s. 
m.  —  On  nomme  ainsi  les  amoncellements 
de  nuages  qui  renferment  de  rélectricité 
et  de  la  grêle.  S'emploie  surtout  av.  le  v. 
feire.  «  Le  nioles  fant  chareniiau^  les 
nuages  menacent  de  la  grêle.  » 
Tôt  seimble  côslo  ; 
Nutjos  vôstoi. 
Ou  fltnc  ftntôsquo. 
Fini  charentiau. 

«  Tout  parait  triste  ;  —  D'énormes 
nuages,  —  Aux  flancs  bizarres.  —  Pré- 
sagent la  grêle.  »  {La  Gh^êla) 

Paraît  être  le  fr.  charretée,  av.  subs- 
titut, du  suff.  iaa  (32).  L'idée  est  que  les 
nuages  •«  font  des  charretées  ».  c'est-à-d. 
des  accumulât,  semblables  à  des  char- 
retées. On  dirait  très  bien,  en  fr.  popul. 
«  des  charretées  de  nuages  ». 

t  CHARRI.  Faute  d'impress.  —  *2«  ali- 
néa, ligne  6,  au  lieu  de  cheinri  lisez 
cherri.  Mais  l'étym.  est  erronnée.  Il  faut 
rapprocher  les  formes  pr.  qui  toutes  ou 
presque  toutes  supposent  une  dentale  dans 
la  forme  première  et  doivent  faire  repous- 


ser cinerem  :  b.  lini.  isodrié.  Uni.  (Non- 
tron)  chadriei\  b.  lim.  chadro  «  charrée, 
cendre  qui  a  servi  à  faire  la  lessive 
(Azaïs)  »  ;  toulous.  cairado  «  eau.  dans 
laquelle  on  a  fait  bouillir  des  cendres  », 
vpr.  cayrada  {ap,  Mistr.).  M.  Chaban. 
pense  que  l'on  pourrait  recourir  a  Thypo th. 
de  cathedra  (cp.  assetô  la  buya,  «  asseoir  » 
la  lessive)  qui  expliquerait  aisèm.  tontes 
les  formes.  Le  maintien  du  d  en  lim. 
(chadro)  se  motiverait  par  l'appui  prêté 
par  le  t  (caVdra)^  les  formes  en  ir  s'étant 
développées  plus  tard.  Cette  étym.  serait 
à  l'abri  de  toute  contestât,  si  Ton  pouvait 
trouver  une  forme  chaire  caire  signifiant 
cuvier.  —  Une  autre  raison,  ce  me  semble, 
pour  disjoindre  charri  de  cinerem,  c'est 
que  le  messin  a  sandri  (pour  cendri  de 
cendre  ),  même  sens,  à  côté  de  charrier, 

t  CHATRO.  La  forme  chotrô  est  au- 
jourd'hui la  plus  répandue.  Ch.  de  a  prot. 
en  ô  (59). 

CHAUDELET  (chaudelè)  s.  m.  —  CAau 
delet  à  l'anis^  nom  d'une  pâtisserie  que, 
dans  mon  enfance,  des  bonnes  femmes 
criaient  dans  les  rues  de  Lyon  sur  une 
mélopée  analogue  à  celle  des  vêpres.  On 
le  trouvedansle  texte suiv.  -  1573, l»"^ mai. 
«  A  été  ordonné  prier  M.  le  Gouverneur 
faire  défense  aux  boulangers^  pâtissiers 
et  autres  de  la  ville,  de  cuyre  aulcunes 
miches,  tartres,  radisses,  saffranées 
pastez,  \mgnes, chaudellets, . .%  La  mesure 
était  sans  doute  prise  en  vue  de  la  disette 
parce  que,  pour  ces  objets  de  luxe,  «  il  se 
consommait,  dit  la  suite,  quantité  de 
farine  passée  ». 

C'est  le  fr.  chaudeau  (aujourd'hui  inu- 
sité), lequel  suppose  un  primit.  chaudel 
{'caldellurn),  d'où  chaudelet  par  l'addit. 
du  suff.  et,  applical>le  aux  noms  d'objets. 
Quant  au  sens,  de  même  que  le  chaudeau 
était  une  t  boisson  chaude  »,  de  même  le 
chaudelet,  à  l'orig.,  était  un  gâteau  qui  se 
mangeait  chaud,  ou  se  trempait  dans  le 
chaudeau. 

t  CHAULANT.  M.  Chaban.  veut  bien 
me  faire  observer  que  sur  les  formes  fortes, 
le  saint  a  fait  un  inflnit.  choler  {chau- 
ler), employé  seulem.  dans  la  locut.  o  ne 
peut  choler  «  il  n'importe  :•,  et  il  pense 
que  c'est  peut-être  à  un  pareil  infinitif 
qu'il  faudrait  grammaticalem.  rapporter 
I  chaulant, 

54 


Digitized  by 


Google 


450 


CHAV 


t  CHAVASSI*  Rapproch.  lim.  chabessi, 
même  sens. 

t  CHAVI.  M.  Chaban.  pense  que  ce  vb. 
vient  directem.  de  capeve,  comme  pr.  ca^ 
ber,  lim.  chdbi, 

CHAVON  (chavon)  s.  m.  —  Extrémité, 
bout  dans  la  locut.  tint  qu'en  chavon 
(v.  ce  mot  au  Dictionn.),  usitée  à  Villefr. 
pour  «  jusqu'au  bout,  jusqu'à  la  fin  t. 

De  cB,p(ut),  av.  sufT.  on,  d'on^m.  Ch.  de 
c  en  ch  (84)  ;  dep  en  r  (140).  De  Textré- 
mité  qui  commence  une  pièce,  par  ex.  du 
chef  (cp.  la  tête  d'une  pièce),  le  sens  s'est 
étendu  à  celle  qui  la  termine. 

t  CHAZAR.  Rapproch.  gasc.  casaxi 
«  jardin  >;  d'où  Casaxibon,  traduit  par 
hortus  bonus» 

t  CHEIRE.  M.  Chaban.  me  fait  observer 
av.  raison  que  cheire  n'est  pas  cadere, 
mais  C9,dere,  presque  tous  les  vb.  en  ère, 
H  cause  de  l'incertitude  qui  paraît  avoir 
régné,  au  moins  en  Gaule,  sur  Tacccentuat. , 
ayant  donné  deux  formes,  l'un  en  ev  ou 
ir,  Tautre  en  re.  Cadere  a  donné  en  pr. 
caser  et  csul{e)re  a  donné  caire  par  voca- 
lisât, du  rf,  comme  dans  paire  =  'padre, 
veire  =  *ved're,  seire  =  *sed're.  Le  In. 
cheire  serait  dans  le  même  cas. 

CHIAUME  (chiôme  dissyl.)  s.  m.  — 
Terme  de  batellerie.  Cabine  à  l'arrière 
des  grands  bateaux  du  Rhône  et  des  bar- 
quettes. C'est  sur  le  toit  formant  pont  que 
les  hommes  se  tiennent  pour  manier  Tem- 
peinte. 

Étym.  inconn.  —  Peut-on  songer  à  le 
rapprocher  de  chiourmefLe  sens  se  serait 
étendu  de  l'équipage  chargé  de  manœu- 
vrer l'empeinte  (ils  sont  ordinairem.  4 
hommes  pour  cet  office)  au  pont  sur  lequel 
il  manœuvre. 

t  CHOIN.  Serait-il  possible  de  le  tirer 
du  type  (probablem.  celt.)  qui  a  fait  le 
holl.  kai  kei  «  caillou  »?  Le  choin,  à  cause 
de  sa  dureté  et  de  sa  c  froideur  t,  a  pu 
ôlre  facilem.  confondu  av.  le  silex.  Kai, 
av.  suff.  onem.  donne  chayon,  réduit  à 
chaon,  qu'on  trouve  au  xin*  s.  dans  les 
textes  relatifs  à  la  conslruct.  de  la  cathédr. 
de  Lyon.  Chaon,  en  se  nasalis.  de  façon 
plus  aiguë,  a  passé  h  chuyn  choin. 

CHOPPE  (chôpe)  s.  f.  —  Terme  de  batel- 
leVie.  Sorte  de  pont  à  Tavant  des  grands 
bateaux  du  Rhône  (v.  pouan).  La  petite 


plate-forme  à  l'avant  des  canots  s'appelle 
aussi  choppe  par  analogie. 

Orig.  germ  :  b.  ail.  schupp^hoW.  schôp, 
mais  probablem.  par  l'intermédiaire  du 
vfr.  eschoppe,  parce  que  sous  ce  pont 
était  à  l'origine  une  chambrette  qui  aujour- 
d'hui existe  seulement  à  l'arrière  (v.  ca- 
dolleau  Supplém.).  Chute  de  s  init.  dans 
l'ail,  ou  plutôt  chute  de  es  init.  du  vfr. 
(111,  rem.). 

t  CHOUCHL  Le  mot^oucAt  nedoitpas 
être  rapproché.  V.  la  rectiflcat.  au  Dic- 
tionn. s.  V.  goucht, 

t  CHOUGNER.  Cp.  pr.  fougna  «  faire 
la  moue  ».  (Chaban.) 

CIË  V.  la  correct,  au  Dictionn..  :\ 
sionre, 

CIERRO  V.  siei^'ô  au  Dictionn. 

t  Cl  MO  a  aussi  le  sens  de  Transvaser. 
Se  dit  surtout  de  l'action  de  transvaser,  à 
l'aide  d'une  berte,  le  vin  de  la  benne  placée 
sous  la  cuve  ou  sous  le  pressoir  dans  un 
benot  pour  le  transporter  à  la  cave. 

C'est  une  dérival,  de  sens  assez  singu- 
lière  de  cimô  «  araser,  niveler  une  mesure 
de  grains  ».  Comme  on  remplit  à  i*as  un 
vaisseau  qconque  en  y  versant  du  vin,  on 
a  transporté  le  sens  du  mot  de  «  combler  » 
à  celui  de  «  verser  ». 

t  Cl  MOUSSA.  A  l'appui  de  l'étym.  cp. 
cat.  cimal  c  extrémité  ».  Rapproch.  aussi 
ss.-rom.  semOjSemossa  «  lisière  de  drap  ». 
que  M.  Bugge  (Rom.  ur,  158)  rattache  à 
rit.  cima;  pavese  simossà,  même  sens. 
L'existence  du  mot  en  pr.  et  en  franco-pr. 
paraît  montrer  qu'il  a  été  tiré  du  lat.  cymn 
sans  l'intermédiaire  de  l'it. 

t  CINQUI.  Il  m'a  fallu  une  forte  distrac- 
tion pour  avoir  songé  à  tirer,  môme  dui)i- 
tativem.,  cinqui  de  ecce  hune  ou  plutôt 
de  eccu'hic,  suivant  la  correct,  donnée 
à  igMi  (v.  ce  mot  au  Dictionn.),  car  il  reste 
(en  admettant  la  nasalisât,  de  t  init.  d'iqui) 
à  expliquer  le  c  placé  au-devant  pour  faire 
cinqui.  J'avais  songé  à  voir  dans  cin, 
ecce  hic,  mais  j'avais  reculé  devant  cette 
accumulât,  de  particules  répétées  pour  un 
seul  mot.  Davus.  —  Ubi  est,  hercîet 
Puer.  —  Ecce  hic  eccum  hic  I  qui  m'eût 
semblé  traduit  plus  fidèlement  par  «  hi  î 
que  c'est  comique  î  »  —  Mais  cela  n'a  de 
comique  que  l'apparence,  si  Ton  songe  que 
les  4  mots  n'en  formaient  que  2  en  roman, 
et  que  ces  2  ont  été  réunis.  Cinqui  reprê- 


Digitized  by 


Google 


CiOU 


451 


sente  ce-ici  =;  ceci.  Aussi  je  crois  que 
M.  Ghaban.  a  pleinem.  raison  de  lire  dans 
cinqui,  comme  dans  le  correspondant  lim. 
coqui^  ecce  hoc  -f-  eccum  hic.  c  Ecce  hoc 
donne  ce,  qui,  très  ordinairem.  dans  la 
région  du  S.-E.,  se  nasalise  en  C'iti  (ceci 
se  constate  même  à  TOuest).  De  là  cin. 

CIOURE  V.  sioure  au  Dictionn. 

t  CIPOUNA.  Rapprochez  il.  cespo  «  ga- 
zon ». 

CIQUE  (sike)SIQUE  s.  f,  Dph.  cique^ 
à  Lyon  Petite  bouchée,  petit  morceau  en 
général.  «  J'en  prendrai  une  oique  »,  j'en 
prendrai  un  tant  soit  peu,  un  tantinet. 
Esp.,  port,  chico;  calai,  xic  t  petit  »,  vfr. 
cichSy  fr  chiche  «  avare  »;  fr.  chique 
«  petit  morceau  »,  il.  cica  *  rien  du  tout». 

De  cicca  pour  ciccum.  Ch.  de  c  en  * 
dure  (88):  ce  devenant  c/i(154),  on  de- 
vrait avoir  siche.  Il  faut  en  conclure  que 
le  mol  a  été  emprunté  ou  a  subi  l'infl.  de 
fr.  chique,  qui  lui-même  ne  peut  s'expli- 
quer que  par  des  infl.  étrangères. 

CISELA N DE  v.  «ifse/ande  au  Dictionn. 

CIVADA  V.  sivada. 

CIVARIN  V.  sivarin  au  Dictionn. 

CIVETTA  V.  sivetta  au  Dictionn. 

t  CLIAI.  M.Thurneysen  (Kelioroman.) 
repousse  le  mpprochem.  de  fr.  gluiet  de 
kym.  cloig,  ainsi  que  celui  de  Tirland. 
fflac. 

t  CLIAPOTA,  pied  du  mouton,  de  la 
chèvre,  est  donné  comme  venant  de  cla- 
poter, ce  qui  parait  vraisemblable.  Pour- 
tant le  mot  se  disant  exclusivem.  du  pied 
fourchu,  on  se  demande  si  on  peut  le  rat- 
tacher au  germ.  ail.  klaue,  primitivem. 
«  chose  fendue  »,  puis  «  pied  fourchu  », 
de  klieben  kloben  kluben ;  dan.  kloeve, 
vha.  chliohan  t  fendre  »;  nor.  kloft 
r  fissure  »?  Peut-être  la  particularisât,  du 
mot  au  pied  fourchu  a-t-elle  simplem.  pour 
cause  le  bruit  très  particulier  du  pied  four- 
chu dans  la  vase. 

t  CLIÉDAT.  Rapproch.  lim.  (Nontron) 
cliedo  (cli  =  clh)  s.  f.  «  claie  ».  (Ghaban.) 

t  CODOU.  Évidemm.  non  de  cauda, 
mais  d'une  forme  vulg.  coda^  cauda  ayant 
dû  donner  chaudou. 

t  CŒUBLE-  Le  lim.  a  cruvèu,  de  cri- 
hélium,  M.  Ghaban.  pense  que,  de  même, 
en  In.,  i  aurait  pu  d'abord  passer  à  w,  puis 
à  eu. 

t  COFFA  doit,  je  crois,  être  identifié  av. 


fr.  coiffe,  Gp.  coiffe  du  ventre,  péritoine. 
Suiv.  Diez,  du  vha.  kuppha.  Le  vpr.  cofa 
indique  qu'il  y  a  eu  des  formes  sans  yotte, 
d'ailleurs  plus  rég. 

COINDOt  A  (koindo,  a,  dissyl.);  i»  Vil- 
Iftfr.  COUANDO;  A  (kouando,  a,  dissyl.) 
adj.  Vfr.  et  vpr.  cointe  coinde  —  Bien 
lisse,  bien  poli,  uni,  joli,  mignon.  «  Celo 
drap  è  coindo,  ce  drap  est  bien  lisse: 
lo  tian  è  couando,  le  ciel  n'a  pas  de 
nuages.  » 

De  cognitum.  Sur  la  format,  v.  acoindô. 
Le  sens  de  c  connaître  »  et  celui  «  d'agréa- 
ble »  se  sont  liés  dans  diverses  langues 
(cp.  mha.  maere,  à  la  fois  «  connu  »  et 
«  agréable  »,  ap.  Diez).  Mais  acoindô 
ayant  pris  en  In.  le  sens  de  «  flatter,  ca- 
resser »,  la  liaison  de  sens  est  encore  plus 
facile.  On  caresse  volontiers  ce  qui  est 
lisse,  joli,  mignon. 

COLO  (kolô)  v.  a.  —  Filtrer;  v.  n.  Glis- 
ser sur  la  glace,  ou  exactem.  sur  la  coluri 
(v.  ce  mot  au  Supplém.) 

De  colare.  Le  sens  1.  esl  le  sens  primit. 
du  lat.  Le  sens  2.  est  une  dérivai,  assez 
curieuse  et  que  je  n'ai  retrouvée  dans  au- 
cun autre  dialecte. 

COLOU(kolou)s.m.— Filtre  pour  le  lait. 

De  colatorium.  Ch.  de  atoHum  en  ou, 
(36). 

t  COLURI  se  dit  aussi  des  glissières 
que  les  enfants  font  sur  la  glace. 

t  COMPANAJ0.2*col.,ligne4,aulieu 
de  «  du  sens  général  de  nourriture,  repré- 
sentée par  le  pain  »,  lisez  :  «  du  sens  gé- 
néral de  nourriture  autre  que  le  pain  ». 
Le  mot  de  companatge  en  pr.  s'applique 
en  effet  à  tout  ce  qui  est  servi  sur  la  table, 
moins  le  pain  et  le  vin. 

CORADAU  (koradô)  s.  m.  —  Terme  de 
batellerie.  Espèce  de  chemin  formé  par 
une  bordure  plate  couronnant  les  flancs 
du  bateau  appelé  sapine.  Le  covadau  est 
large  de  18  à  20  centim. 

De  currere,  av.  suff.  ellum  =  eau  en 
oïl  (32).  et  syll.  intercal.  at.  Le  tout  re- 
présente un  fictif  *curr[at]ellum,  comme 
on  a  couratier,  de  cur[at]arit(s.  Le  cora- 
dau  est  t  un  chemin  pour  courir  ».  G'est 
sur  cfttte  bande  étroite,  en  effet,  que  cou- 
rent les  mariniers  av  une  agilité  exlraor- 
din.  Gp.  couroir,  terme  de  marine  «  pas- 
sage, couloir  »,  et  fr.  corridor.  —  Gh.  de 
u  bref  entr.  en  u  (38). 


Digitized  by 


Google 


452 


CORD 


COR  DO  (kordô)  s.  f.  —  Ligne,  rangée 
d*objets  à  la  file. 

D'abord  a  u*apparcioul,  près  dou  oôfé  Duplonib, 

Ina  Tiirla  corda  que  gorlanche  d'aplomb. 

*  D'abord  il  aperçut,  près  du  café  Du- 
plomb,  —  Une  longue  rangée  (de  mineurs) 
qui  flâne  à  fond .  »  (Per.) 

De  fr.  corde,  av.  suflf.  <5.  répondant  à 
é&îv,  Littéralem.  «une  corrfee  », c'est-à- 
d.  une  rangée  qui  s'étend  comme  une 
corde. 

t  CORLA.  M.  Ghaban.  pense  que  pour 
expliquer  corla,  de  cucurhita^  il  serait 
plus  simple  d'admettre  un  ch.  de  d  en  l 
dans  l'intermédiaire  coucourda^  que  de 
supposer  un  cucurbitula  et  ses  réductions 
successives. 

CORO  s.  m.  —  Coin,  angle  rentrant. 
V.  quarre, 

CORR ATO  (koratô)  v.  a.  —  à  Grap.  dans 
l'express.  Corratô  quauqu*un,  le  pour- 
suivre. 

Forme  active  de  corrati  (v.  ce  mot  au 
Diclionn.),  dont  le  suff.  a  été  changé,  par 
analog.  av.  les  vb.  compris  sous  la  règle 
141*. 

t  COSSOU.  Ou  ici  ne  doit  pas  répré- 
senter orem.  Je  crois  que  l'applicat.  de  ce 
i$uflf.  aux  noms  d'objets  est  récente.  Oti 
doit  être  ici  le  fruit  de  la  vocalisât,  de  / 
dans  ol,  de  olus.  On  a  dû  avoir  cossolt 
devenu  cossou,  comme  pr.  bressol  est  de- 
venu bressou.  J'en  vois  la  preuve  dans  le 
dér.  acossoli  écossoli  «  batteur  de  blé  ». 
Cossol  serait  d'orig.  pr. 

t  COTI.  M.  Ghaban.  doute  qu'il  faille 
rapprocher  périgourd.  couda^  qui  ne  se 
dit  que  des  oies,  des  dindons  et  en  général 
de  la  volaille  broutant  l'herbe  verte.  M.  Gh. 
est  disposé  à  rapporter  couda  au  môme 
rad.  que  codera,  aujourd'hui  couder 
«  prairie,  p&turage  ». 

GOTO  LA  4.  u'est  pas  le  gallium  appa- 
rine,  dénommé  à  Lyon  râpe-main,  mais 
la  bardane,  lappa  minor,  dont  les  écailles 
de  rinvolucre,  terminées  en  hameçon, 
s'attachent  aux  vêtements  et  aux  cheveux. 

t  COU .  De  eccum,  hoc  et  non  de  ecce  hoc^ 
qui  attrait  dû  donner  sou  (so)  ou  zou  (zo). 
Même  remarque  pour  quelu  (Ghaban.). 

COU  AN  DO  V.  coindo  au  présent  Sup- 
plém. 

t  COUESSINDRE  t  COUESSINDU  v. 
la  correct,  à  écoissendre. 

t  COUTÈLA  2.  A  River,  le  sens  primit. 


s'est  étendu  a  celui  de  «  par  liasard,  par 
occasion  ».  J*intr*iqui  par  coutèla  «j'en- 
tre ici  en  passant  ».  Je  s*u  ai  domandà 
par  noutèla  «  je  lui  ai  demandé  par  ha- 
sard, incidemment  ». 

t  COUTRI.  Ajoutez  :  —  2.  à  River.  Pail- 
lasse de  balles  d'avoine. 

Môme  étym.,  av.  dérivât,  de  sens.  Le 
vfr.  coutre  étant  une  couverture  piquée 
et  garnie,  le  sens  s*est  facilem.  étendu  à 
une  contre  gonflée  de  balles  d'avoine. 

COVEEURS   vin.  —  Dans  l'élect.    des 
maîtres  des  métiers  du  16  novembre  1418. 
on  lit  : 
Barthélbmt  de  St-Rambest  ) 

Jeuah  Tiboud  }  »««ler.eico,ie«r,. 

Je  crois  que  coveeur  signifie  fabricant 
ou  marchand  de  couvertures,  du  vfr.Ct;«r<;. 
couverture  (Roquef.),  qui,  suiv.  notre 
phonét.,  devait  être  cove  (cp.  cor  art. 
toit),  à  quoi  s'est  ajouté  le  suff.  d'oïl  eur. 
C'est  pourquoi  on  n'a  pas  coveur^  mais 
cove-eur.  Quant  à  couve,  c'est  probablem. 
un  subst.  V.  de  couvrir,  av.  chute  de  r 
parce  que  le  groupe  vr  est  post-ton. 

t  COVIN.  Il  n'est  pas  tout  à  fait  exact 
de  dire  que  copain  ss  ctim  pane,  il  égale 
'cumpanio,  dér    de  cumpane, 

t  CRACHI-  Sens  à  rectifier.  Le  crach't 
n'est  pas  un  tombereau,  mais  un  char  à 
deux  roues,  av.  ridelles,  pour  transporter 
le  fourrage.  Crachl  se  compose  de  crache, 
plus  suff.  ier  (=  t),  et  l'on  retrouve  en 
effet  en  lorr.  crache  <  sorte  de  hotte  dans 
laquelle  on  transporte  le  fourrage  dans  les 
lieux  élevés  (Adam)  ».  Ce  crache  nous 
reporterait  bien  au  vfr.  crache  (stabulum) 
et,  par  extens.  t  lieu,  objet  à  mettre  le 
fourrage  »,  dont  cracht  serait  dér. 

CRAS  (crft)  dans  l'express.  Être  à  cras, 
être  à  bout  de  toutes  ressources,  être 
épuisé,  ruiné  physiquem,  et  pécuniaireui. 

Du  rad.  d^écraser,  nor.  krassa.  suéd. 
krasa,  écraser;  angl.  to  crash,  faire  du 
fracas.  Ge  rad.  a  été  transformé  en  express, 
adverb.  Gp.  être  à  quia. 

t  CRIGNOLLA  s.  f.  — 2.  Cerises  sèches 
demeurées  sur  l'arbre. 

De  (re)crenillt  (v.  ce  mot  au  Dictionn.). 
av.  suff.  cla.  L'idée  est  de  cerises  racor- 
nies, ridées. 

t  CROMPIRE.  Rapproch.  lira,  pount' 
piro,  hybride  où  la  V*  partie  du  mot  germ. 
A  été  remplacée  par  poum  «  pomme  >. 


Digitized  by 


Google 


CROP 


453 


t  CROPETTES.  L'hypoth.  que  j'ai  pré- 
sentée  est,  je  crois,  tout  à  fait  invraisembl. 
Dans  le  Berry  cropet,  elte  signifie  petit 
homme,  petite  femme,  littéialem.  x  une 
petite  croupe  »  pour  <  une  croupe  basse, 
près  de  terre  ».  Il  est  fort  possible  que  le 
sens  se  soit  généralisé  à  tout  ce  qui  est 
très  petit.  Plantes  cropettes  «  plantes  très 
basses  ».  Puis  cropettes  sera  devenu  subst. 
Remarq.  que  le  pissenlit  est  la  plus  basse 
de  toutes  les  herbes  à  salade. 

CUFFERENS  vin.  dans  le  texte  suiv. — 
UJ65  :  «  Six  douzaines  de  pains  cufferens, 
neuf  douzaines  de  pains  blancs  (Tard- 
Venus,  p.  126).  »  Ne  faut-il  pas  lire  aiffe- 
rens  pour  efferains  (v.  eferain  au  Dic- 
tionn.)? 

t  CUIDRE.  M.  Chaban.  fait  remarquer 
av.  raison  que  si  les  vb.  en  ère,  même 
parfois  en  ire,  peuvent  présenter  une 
double  forme,  forte  et  faible,  cela  n'a  ja- 
mais lieu  pour  ceux  de  la  !«■•  conjug.  Cui- 
dre  doit  par  conséquent  être  une  erreur  de 
Goch.  Mais  cuidi^  dans  Tex.  donné,  peut 
être  exact,  car  le  In.  attribue  aux  vb.  de 
la  1"  conjug..  au  parfait  de  l'indicat.  et  à 
l'imparf.  du  subjonct.  les  formes  propres 
au  vb.  en  it\  Nous  disons  je  chanti  (à 
Crap.  j<j  chanté),  et  que  je  chantissio, 

t  CUISSINDRE  CUfSSINDU  v.  lacor- 
l'ect.  à  écoissendre. 

t  CU-TERRO.  Rapproch.  lim.  uno  eu- 
terrons  t  même  sens. 

t  CUTI  =  Lim.  couti,  mais  seulem.  au 
sens  1.  Cuti  pourrait  se  rapprocher  de 
l'esp.  curtir,  port,  cortir  «  tanner  le 
cuir  »  que  Diez  tire  àeconterere  coterere, 
av.  une  transposit.  de  r,  qui  n'aurait  pas 
eu  lieu  dans  la  forme  In.  —  Cotere  donne 
ainsi  coutere  qui,  passé  av.  tant  d'autres 
dans  la  4«  conjug..  donne  coiitir  cittir  cuti. 
Le  sens  convient,  des  cheveux  cutis  étant 
en  effet  comme  battus  les  uns  contre  ks 
antres. 

t  DAILLI.  Col.  2.  dernière  ligne,  faute 
d'impression.  Au  lieu  de  decle  Wsezdeele. 

DAILLURI  (dalhuri)  s.  f.  —  Sorte  de 
hache  qui  sert  à  couper  la  pressée  du  vin. 

Non  dedolatoria,  maisdurad.  de  dailli 
(v.  ce  mot),  plus  suff.  art,  d'oria  (37).  Ce 
rad.  vient,  du  reste,  probablem.de  la  rac. 
indo-européenne  qui  a  donné  dolare.  En 
tous  cas  dailluri  n'est  pas  un  simple  dér. 
de  (failli,  la  doloire  n'ayant  rien  de  com- 


mun av.  une  faux;  il  vient  directem.  du 
rad.  primitif,  goth.  dailjan,  partager. 

DAME  s.  f.  —  Spathe  fructifère  des 
arums. 

<  L'origine  doit  être  dans  la  disposition 
originale  du  spadice  imit«)nt  une  statuette 
dans  une  niche.  >  (Deresse) 

t  DARBONI.  Ajoutez  la  définit,  omise 
à  l'impression  :  <  Taupinée  ». 

DAUPHINÉ.  Prvb.  Si  vous  voulez  boire 
une  bouteille  de  bon  vin  en  Dauphiné 
avec  un  brave  hommey  il  faut  porter  le 
vin  et  mener  Vhomnie* 

t  DEBERAUDI  (SE).  De  beroud  rap- 
proch. vfr.  loup-beroux,  pr.  leberou  le- 
beroun,  berr.  loup  berou.  lim  leberou; 
d'où  (le)  berou,  beroud  par  disjonct.  de 
Tart.,  et  beraud  (qui  n'est  donc  pas  tiré  de 
beroud  c  bélier  »).  D*où  Se  deberaudi 
«  cesser  d'être  ou  d'agir  en  loup-garou. 

t  DEBOLLI-  Probablem.  le  môme 
(\M*ébolli  (v.  ce  mot  au  Dictionn.),  ay.  sub- 
stitut, de  préf.  (Chaban.), 

t  DECOTELO.  L'étym.  est  appuyée  par 
le  lim.  descotola  (Béronie)  «  abattre  les 
bords  d'un  chapeau  (il  s'agit  du  chapeau 
à  3  cornes)  »;  littéralem.  en  «  abattre  les 
eûtes  ».  L'étym.  catalanos  «  agrafes  », 
donnée  par  Béronie  pour  descotola  ne  se 
prête  nullem.  à  la  forme. 

DECOTO  (dekôtô)  v.  a.  —  Décaler,  dé- 
chausser une  maison,  un  mur,  en  enle- 
vant la  terre  au-devant  des  fondements. 

De  cotô  (V.  ce  mot),  av.  préf.  de  au  sens 
contraire  du  thème.  On  a  comparé  l'action 
de  déchausser  un  mur  à  celle  d'ôter  une 
cale. 

t  DECUTI.  Ajout,  aux  mots  rapprochés 
b.  lim.  desocouti,  b.  dph.  deigussi,  môme 
sens. 

Non  de  dis-coactare,  mais  de  dis-cote- 
rere  (v.  cuti  au  Supplém.). 

DEGANNO  (degan-nô)  v.  a.  —  à  Villefr. 
Déchirer,  mettre  en  lambeaux,  en  parlant 
d'un  vêtement. 

Étym.  inconn. 

t  DEGOGNI  (SE).  Le  lim.  a  gigougna, 
même  sens,  évidemm.  de  gigue.  Ce  rap- 
prochem.  me  fait  demander  si  degogniue 
serait  pas  de(gi)gognl.  Cette  chute  de  gi 
aurait  déjà  eu  lieu  dans  auv.  goignade 
pour  gigoignade.  De  degogni  rapproch. 
encore  Vionnaz  sargoëgné  «  tirailler,  se- 
couer ». 


Digitized  by 


Google 


454 


DEGO 


t  DEGONCI-  M.  Boehmer  veut  bien  me 
signaler  it.  gonso^  esp.  gonce,  que  Diez 
tire  de  contus,  av.  un  passage  insolite  de 
/  à  j  (ne  serait-il  pas  plus  simple  de  lire 
contins ?),  et  où  figure  un  c  doux,  é videmm. 
ancien.  Degonci  est-il  dans  les  mêmes 
conditions,  et  n'a-t-il  pas  été  formé  sur 
gond^  par  analogie  av.  foncer  (mettre  un 
fond)  sur  fond? 

t  DEGUÈGNAT  DEQUÈGNAT.  Faute 
d'impress.  dans  la  notât.  Lisezdeghegna., 
av.  2  e  muets. 

t  DÉLINGUER.  Le  mil.  deslenguà. 
rit.  dileguare  confirment  l'étym.  Je  dois 
à  M.  W.  Meyer  d'avoir  attiré  mon  altenl. 
sur  ce  rapprochem. 

t  DENGUN.  Sur  In.  dengun  =  for. 
îengun,  cp.  pr.  dai$sar=.  laissar. 

DEPUÈLO  (depuèlô  trissyl.)  v.  a.  — 
Enlever  l'enveloppe  épineuse  des  châ- 
taignes, etc. 

Depuè/o  (v.  ce  mot  au  Supplém.),  av. 
préf.'disjonct.  de  et  suff.  d  (14  8*). 

DÉTRANCANER  v.  trancaner  iixx  Dic- 
tion n. 

DÉTRANCANOIR  v.  trancanoir  au 
Dictionn. 

t  DEVAISSI.  Sur  les  motifs  qui  m*ont 
amené,  à  tort  ou  à  raison,  à  remonter  à 
meus  au  lieu  de  versus,  v.  vais  au  Dic- 
tionn. 

t  DINSI,  lim.  jansi.  Je  signale  l'homo- 
phonie,  sans  être  certain  que  les  mots 
soient  à  rapprocher.  L'étym.  de7is  me 
semble  confirmée  par  le  gév.  dintilidge, 
Igd.  denterigo,  môme  seiis,  de  dentem. 

DORMANTS  (LES)—  Surnom  des  habi- 
tants  de  Vaugneray. 

La  plupart  des  villages  ont  ainsi  leurs 
sobriquets  péj .  Mais  il  serait  intéressant 
de  savoir  ce  qui  leur  a  donné  naissance. 
Il  est  probable  que  plusieurs  ont  une  orig. 
historique,  aujourd'hui  oubliée. 

DO  VA  (do  va)  s.  f.  —  à  Morn.  Bord 
d'une  rivière. 

C'est  le  fr.  douve,  inusité,  surtout  dans 
nos  pays,  et  qui  s*est  conservé  on  pat.  Le 
sens  primit.  était  t  fosse  >,  passé  àt  rive  ». 
Douve  vient  lui-même  de  do(g)a  doa 
do[v]a.  Les  doutes  que  j'ai  émis  sous 
adoy  au  Dictionn.  sur  cette  étym. ,  ont  été 
rectifiés  sous  adoy  au  présent  Supplém. 

t  DUCHI.  M.  Ghaban.  demande  si  l'on 
ne  pourrait  l'expliquer  par  de  tisque  ady 
dusquia  dusqvjo,  duscha:  d'où  In.  dwhi. 


t  DZO.  La  marche  est  celle-ci  :  deum 
deo  dio  djo  jo  :=  dzo. 

t  ÉBÉROUDI.  Ajoutez  :  2.  Éblouir. 

A  la  même  orig.  que  berlue  barlue.  F^e 
for.  a  ébarliaudes,  étincelles,  qui  existe 
probablem.  sur  qq.  points  du  Lyonn.  On 
a  dû  former  un  vb.  ébet  lioudl  sur  èher- 
liaude.  forme  primit.  d*ebarliaude.  Eber- 
lioudi  a  pu  facilem.  se  corrompre  en  ébê- 
roudi  sous  Tinfl.  d^ébéroudi,  de  bérond, 

t  ÉBOLLI.  Rapproch.  lim.  eiboulhd. 

t  ÉCHANT.  «  Le  <  s'explique  fort  bien. 
Cf.  dant  =  domnum,  fescant  =.  fis- 
camnum»  Cf.  Rev,  des  Langue:  romanes^ 
t.  V,  p.338(Chaban.).  » 

t  ÉCHANTILLON.  L'étym.  vfr-  chantil 
est  cerlainem.  fausse,  car  ce  que  Ton  a 
en  vue  dans  la^chenevotte,  c'est  l'objet  tiré 
du  chanvre,  plutôt  qu'un  petit  morceau  de 
bois.  Je  crois  qu'on  doit  i\vQr  échantillon 
de  candi,  dans  les  Cévennes  «  chanvre  », 
cande  à  Nîmes,  même  sens  (Azaïs).  Au 
thème  s'est  ajouté  le  sufl".  dim.  ilhon,  et 
s'est  préposée  la  voy.  e,  purem.  expletive. 
On  devrait  avoir  échandillon,  et  c'est  cer- 
tainem.  ce  qu'on  a  eu  jadis.  Le  ch.  de  d 
en  t  peut  être  dû  à  l'infl.  du  fr.  échantil- 
lon, encore  bien  que  les  deux  mots  n'aient 
aucun  rapport  de  sens.  Cela  se  voit  tous 
les  jours. 

Je  suppose,  av.  M.  Chabaneau,  que  le 
passage  de  cannabum  à  cande  est  dû  à 
un  phénomène  d'accommodat.  ;  n  ei  d,  tn 
et  6,  s'appellent  réciproquem.  ;  n  restant, 
b  devient  d  (cande);  b  restant,  n  devient 
m  (cambe).  Il  faut,  naturellem.,  supposer 
que  le  phénomène  remonte  à  l'époque  où 
n  se  prononçait  sensiblem.,  et  où  l'on 
n'avait  pa^  affaire  à  un  a  nasal. 

t  ÉCHAQUER.  Rapproch.  lim.  échate^ 
en  fr.  du  crû,  et  en  pat.  eichato. 

t  ÉJOULO.  M.  Boehmer  me  fait  obser- 
ver que  l'étym.  ejulare  est  évidente.  Je 
suis  en  effet  confus  de  n'avoir  point  songé 
au  mol  lat. 

t  ÉLINDAU.  La  forme  élinda  n'est 
autre  que  le  vpr.  lindar  limdar  lumdar, 
dans  lequel  r  fin.  est  tombée,  et  à  laquelle 
on  a  préposé  e.  Limdar  est  lui-même  li- 
mitare,  neutre  de  limitaris. 

t  ÊMO.  M.  Ghaban.y  voit  plutôt  le  subsl. 
v.  d'esmer  (aestimare),  esme  étant  masc. 
en  pr.,  et  je  crois  aussi  en  fr.  M.  Ch.  a 
d'autant  plus  raison  que  je  crois  qu'émo 
était  jadis  masc.  en  In.,  comme  l'indique 


Digitized  by 


Google 


EMPA 


455 


aussi  la  terminais,  ou  (èmouj  nu.  xvn»  s. 
Voici  un  texte  de  la  fin  du  xvm»  s.,  où  il 
est  employé  au  masc.  : 

Paudret  qu^il  ù  bien  grand  eymo 

Un  parfon  n-et  Oar  esprit  fChans.  de  Revér.;. 

t  EMPAITA.  La  définit,  du  panier  à 
Z>mpa/7a,:ïui  m'avait  été  donnée  à  Gogny. 
par  un  propriétaire  du  lieu  (le  mot  est 
inconnu  dans  le  Lyonnais  propre)  est  fort 
inexacte.  En  réalité  le  panier  à  Vempaita 
est  une  hotte  tressée  en  osier,  av.  fond  de 
l)ois.  que  l'on  porte  sur  le  dos,  au  moyen 
•le  bretelles.  Cette  modificat.  du  sens  ne 
nuit  pas  à  Tétym.,  au  contraire. 

t  ENQUI.  M.  Ghaban.  y  voit,  plutôt 
ijue  hanc  hodie,  hinc  hodie, 

ENSARMOIÉRIA  v.  sarmouéri,  ia  au 
l>ictionn. 

t  ÉPONDA.  Rapproch.  toscan  sponda, 
môme  ;4ens. 

ESPINCHAUX  (espinchô)  s.  m.  pi.  —  à 
Lyon  Argent.  A\)Oir  des  espinchaux,  être 
riche.  «  Ahoules  les  espinchaux,  donnez 
Targent.  » 

On  trouve  en  vfr.  espinette,  menue 
monnaie  du  pays  d'Aunis,  valant  15  de- 
niers (Du  G.,  à  spineta  ^,).  Je  crois  qu*^*- 
pinchaux  est  épinette,  infl.  par  vfr.  cspin- 
c.inxi  espinchau  «  agrafe,  épingle  »,  de 
spinthiale,  de  spinther.  On  aura  trouvé 
plaisant  de  substituer  un  mot  voisin.  On 
r^ait  que,  pour  exprimer  l'argent,  le  popu- 
laire a  des  créations  ince.ssantes  :  le  blanc, 
la  doiiillej  les  picaillons,  Varbillon,  le 
quihus,  les  pignolles  (v.  ces.  3  dernier.s 
mots).  Si  l'on  prend  le  nom  d'une  monnaie 
existante,  on  choisit  toujours  une  mon- 
naie très  basse  :  AiDoir  des  liards  «  être 
riche  ». 

ESSANOURS.  J'ai  fait  une  grosse  erreur 
en  traduisant,  même  dubitativem.,  ce  mot 
par  «  saigneur  ».  Les  essanours  sont  les 
«  tanneurs  ».  Je  n'avais  point  pris  garde 
que  les  essanours  forment  une  corpora- 
tion commune  av.  lesestoffiers {pour  escof- 
fîers)  «  cordonniers  ».  Dans  le  syndicat 
du  26  nov.  1416  les  essaneurs  forment 
une  corporat.  av.  les  coyratiers  (m*'  de 
cuir)  et  les  estoffiers,  et  dans  celui  du 
15  nov.  1417  on  trouve  Ips  esloffievs  et 
tanneeurs.  Ceux-ci  sont  évidemm.  nos 
**ssanours  des  années  précédentes. 

De  5anartf,av.  suff.  ou,à'orem  (34  bis). 
T^es  e^^anowr*  sont  ceux  qui  accommodent 
Ips  cuirs,  les  mettent  en  état,  les  c  pur- 


gent »,  comme  on  disait.  Gp.  vfr.  sayniere 
«  instrumenlum.quo  stabulum  aliudvepur- 
gatur  ».  La  dérivaL  de  sens  est  bien  moins 
extraordin.  que  dans  gév.;  lim.  sanaire 
«  celui  qui  châtre  »,  aussi  de  sanare. 

ESSÉQUE  (èsséke)  s.  m.  —  Quelque 
chosp,  je  ne  sais  quoi.  «  O  v'é  in  esséque, 
il  y  a  quelque  chose.  0  m'a  fait  in  esséque^ 
cela  m'a  fait  qq.  chose.  » 

GVst  (nje  sais  que'  «  [je]  ne  sais  quoi  >, 
dans  lequel  n  de  ne  a  été  confondue  av.  une 
n  de  liaison  d'un  mot  précédent  dans  les 
phrases  usuelles.  In-ne  sais  que  «  un  jo 
ne  sais  quoi  »  est  devenu  in-n-esais  que, 
puis  in  essèque,Oi^.\ehdL^u^\ïiquèqueseit^ 
qq.  chose. 

ESTRACLE  (estrakle)  s.  m.  —  Se  dit 
de  qqu'un  de  chélif,  de  gringalet,  d'un 
avorton.  «  Vous  voyez  la  confie  de  savon... 
mais  tout  d'un  coup  un  estrade  de  mou- 
cheron vient  la  poché  et  la  fait  tumbé  z'en 
bave.  »  (Et.  Blanc) 

C'est  le  vfr.  estrac  <  maigre,  minco, 
grêle  »,  du  vha.  strach,'ym\\2i, slrac  «  étiré, 
droit,  allongé  ».A5<  s'est  préposé  c  (113). 
L'insert.  de  l  ne  fait  pas  difficulté..S7rac/t 
suppose  un  b.  \n\.,*stracus,  dont  le  dim. 
strac(u)lus  àor\ne  estrade.  l\  est  probable 
que  le  prov.,  gév.  trasso  «  malingre, 
chétif  »  dans  les  express,  péj.  trasso  de 
masdo  «  un  homme  sans  force  »,  trasso 
de  hesougno  «  mauvaise  besogne  »  doit 
aussi  son  oiig.  à  strach.  On  a  dû  avoir 
d'abord  estrassa, 

t  ETANCOT-  Rapprochez  pr.  tancot, 
dph.  estancot,\çi,à.  tancos  c  chicot  d'arbre 
coupé,  petite  souche  »,  vpr.  tanc  tancs 
{ap,  Mistr.),  pr.  tanc  «  petit  éclat  de  bois, 
chicot  d'arbrisseau  coupé,  souche  »,  pr. 
tanco,  dph.  tancho,  rgt.  tonco  «  pieu  », 
Morv.  tancot  *  ce  qui  reste  en  saillie  sur 
le  sol  d'un  végétal  coupé  »,  rgt.  toncal 
lançai  «  chicot  d  arbre  ».  Je  crois  ces  mots 
parents  de  vpr  tancar,  pr.  tança  atanca, 
alp  tancha,  dph.  atancha,  esp.  trancar^ 
port,  trnnchar  c  boucher,  enfoncer,  plan- 
ter, fixer,  arc-bouter,  barricader  »,  Morv. 
taquer  «  battre,  fouler,  tasser  ». 

t  ÉTARNI. Rapproch.  wal.5<iernt. Cette 
forme  fait  songer  naturellem.  à  l'étym. 
sternire  pour  stsrnere,  donnée  par 
Grandg..  et  très  préférable  à  l'étym.  celt. 

t  ETOU.  M.  Ghaban.  y  verrait  plut«M  le 
fr.  et  tout. 

ÉTREMO  V.  infremo  au  Dictionn. 


Digitized  by 


Google 


45(; 


EULI 


EULiON  V.  ulion  au  Dictionn. 

t  ÊVAf  p*  155,  M.  Ghaban.  pense  que 
le  subst.  éva  aiva  (y.  ee  mot)  pourrait 
être  Torig.  de  la  locut.  et  rapproche  gin 
(v.  ce  mot),  où  genus  est  devenu  de  même 
auxiliaire  de  la  négation. 

t  EVANCLIO*  Le  mot  avanglé  ne  doit 
pas  être  rapproché.  V.  la  rectiflcat.  au 
Supplém.  sous  avanglé. 

t  FAR  A  M  AN.  Rapproch.  gasc.  fara- 
mand,  anda  c  faiseur  de  compliments 
hypocrites.  » 

t  FEIRI  FIÉRI.  M.  Ghaban.  fait  remar- 
quer que  feria  fut  prononcé  différemm. 
au  nord  et  au  midi  :  au  nord  feria,  av.  e 
long,  d'où/bire;  au  midi  feria  av.  e  bref, 
d'où  lim.  fieiro,  auquel  répondrait  peut- 
«itre  In.  fiéri. 

t  FINDA  ligne  8.  Le  t  de  fr.  fente  n'est 
pas  le  d  durci  en  <,  mais  le  t  régul.  de  fin- 
d{i)tay  comme  perte,  de  perd(i)ta  ;  vente, 
de  vend(i)ta  (Ghaban.). 

t  FIOLO.  Rapproch.  pr.  ftular  et  *m- 
lar  qui  sont  les  mêmes  mots,  av.  ch.  (dont 
il  y  a  d*aulres  ex.)  de  s  init.  en  f,  Fiolô 
ne  viendrait  donc  pas  de  vpr.  flaujol^ 
mais  de  sihilare  (Ghaban .  ). 

t  FOQA.  L'étym.  fuga  a  été  contestée 
à  cause  du  sens  qui  parait  forcé  et  on  a 
proposé  d*y  substituer  une  étym.  germ. 
qui,  au  contraire,  s'y  prête  tout  à  fait. 
Nor.  foie,  ags.  foie  folk^  vha.  folk  folch 
folg,  mha.  vole,  ail.  Volk,  angl.  folk, 
gens,  troupe,  foule;  vfr.,  vpr.  foie  fouc, 
comasque  folco^  troupeau,  monceau, 
amas.  Mais  il  y  a  des  difficultés  de  forme. 
1*  /  devrait  s'être  vocalisée  (126  2«);  2»  c 
fln.  aurait  dt\  persister  comme  dans  le 
vfr.  et  le  vpr.  On  peut  à  la  rigueur  ad* 
mettre  que  c  a  passé  à  g  après  l'addit.  de 
n  fin.;  mais  on  aurait  toujours  fouga; 
le  pr.  mod.  devrait  aussi  avoir  fougo  et 
non  fogo,  Ges  difficultés  doivent  faire 
i*epou8ser  cette  étym.  On  peut  d'ailleurs 
expliquer  la  dériv.  du  sens  fuga^  fougue, 
À  celui  d'abondance,  par  le  double  sens 
du  pr.  fogo^  qui  signifie  à  la  fois  fougue, 
ardeur  impétueuse  et  vogue,  presse,  sur- 
abondance :  Difis  la  foga  de  la  vendemio 
t  au  fort  de  la  vendange  ». 

t  FOLIARET.  Je  ne  dois  pas  négliger 
de  l'emurquer  que  dans  le  b.  dph.  on  dit 
fottlharej)^  même  sens,  ainsi  que  le  dé- 
montre le  fera,  foulharelle.  Cp.  encore  b. 
dph.  houfarr[D,  elle,  pr.   houfarèu,  ello 


=  In.  bouffaret  (v.  ce  mot  au  présent 
Supplém.).  Il  est  probable  qu'à  l'origine, 
nous  avions  le  même  suflf.  eh  qui  remonte 
sans  doute  à  lat.  élis  (crudelis,  fidelis), 
quoique  ce  suff.  n'ait  donné  lieu  à  presque 
aucune  format,  analog.  dans  les  autres 
dialectes  romans.  L  fin.  ayant  cessé  de  se 
prononcer,  le  In.  a  transformé  le  suff.  el  en 
suff.  et,  bien  que  celui-ci  s^applique  plus 
ordinairem.  aux  subst.  Il  est  probable 
aussi  que  ce  suff.  et,  même  dans  les  subst., 
a  été  qqfois  à  l'orig.  el,  mais  alors  de 
ellum.  En  effet,  le  In.  faret  est  en  dph. 
fare{l),  comme  le  prouvent  les  anciens 
textes;  mais  le  plus  souvent  ellum  a 
donné  tau,  et  et  vient  dUtium, 

FORCHELLA  (forchèla)  s.  f.  —  L'en- 
droit où  la  lige  d'un  arbre  se  divise  en 
branches . 

De  fnrca,  av.  suff.  ella.  Gh.  de  u  bref 
entr.  en  o  (38).  Le  sens  s'explique  de 
lui-même.  G'est  Tendroit  où  l'arbre  fait  la 
fourche. 

t  FORGET.  Sur  l'élym.  de  fv.  jeter,  cf. 
jitô  où  j'ai  modifié  les  opinions  trop  ex- 
clusives exprimées  sous  forget . 

t  FORMENGOT.  Ainsi  que  veut  bien 
me  le  faire  observer  M.  Boehmer,  for- 
mengot  est  formicum,  plus  suff.  et.  Cp. 
it.  formicaio  formicolaio  c  fourmilière  ». 
Gette  explicat.  est  d'autant  plus  vrai- 
sembl.  qu'il  existe  la  forme  formingot. 
av.  t  nasalisé  devant  une  guttur.  (184  /•). 
Ch.  de  c  en  g  (129,  rem.  S). 

t  FOUÉ  yOLAJO.  Ajoutez  2.  Éruption 
cutanée  et  passagère  qui  couvre  souvent 
le  visage  des  enfants.  De  même  en  Bresse, 
en  Savoie  et  en  Bugey.  A  Lyon  des  feux 
se  dit  de  l'acné  :  €  avoir  des  feux  par  le 
visage.  » 

t  FOUITO.  M.  Ghaban.  y  \Q\i  fouetter. 
purem.  et  simplem.  sans  aucun  mélaufre 
de  futuere.  Pourtant  t  Je  fouelarez  Bo- 
brun  dedin  lou  cré  >  ressemble  sin^a- 
lièrem.  à  la  phrase  :  €  Je  f.Arai  Bobran 
dans  la  fosse  .  • 

t  FOUTAISE  p.  173,  l'-col.,  avant-dern. 

I  ligne  du  l"'  alinéa,  au  lieu  de  MarmonteL 

!  lisez  Fougeret  de  Monbron,  auteor  de  U 

Henriade  travestie^  publiée  à  la  suite  d«» 

La  Henriade  dans  V édition  de  Manmon- 

\  tel,  ce  qui  a  causé  mon  erreur. 

t  GA  CAR  préf.  péj.  —  Il  est  probabl*: 
I  que  ga  gar  est  le  même  que  ca  cal  (v.  m 
I   pn^i.  au  présent  Supplêm.).  av.  ch.  de  c  ^n 


Digitized  by 


Google 


GAFF 


457 


g  (86).  Sur  ce  préf.  cp.  fr.  galimafrée, 
galimatias. 

t  GAFFO.  Rapproch.  Igd.  gafa  gaza, 
«guéer»  dans  Sauvages,et  sd.-rom.  vouafa, 
Vionn.  toa/a,  genev.  voimffer,  marcher 
dans  Tean,  dans  la  neige  fondante.  Ces  ex. 
doivent  faire  conclure  que  gaffô^  patauger, 
a  pour  orig.  vadum.  On  a  comparé  l'action 
de  patauger  à  celle  de  passer  à  gué. 

GALOPE-CHOPINE  s.  m.  —  Se  dit  d'un 
homme  qui  aime  à  courir  le  pays  et  natu- 
rellem.  fait  station  dans  les  cabarets. 

La  composit.  n*a  pas  besoin  d'être 
expliquée,  mais  il  est  assez  remarquable 
que,  contrairem.  à  l'usage,  le  vb.  à  l'im- 
pèrat..  qui  constitue  la  1"  partie  du  mol, 
ne  gouverne  pas  le  subst.  qui  le  suit, 
comme  dans  porte-manteau,  essuie- 
mains,  etc.  Gomme  l'idée  n'est  pas  de 
«  galoper  une  cbopine  >,  c*est-à-d.  de  la 
boire  rapidem.,  mais  de  t  galoper  le  pays 
en  buvant  des  chopines  >,  il  faut  néces- 
sairem.  supposer  une  forte  syncope,  telle 
que  «  galope  (après  les)  chopines  »  ou  qq. 
chose  de  semblable. 

t  GANACHE  lisez  GANACHE. 

GARGAGNOLLE  (gargagnole)  s.  f.  —  à 
Lyon  Gosier. 

Fait  sur  le  rad.  du  vfr.  garga(te) 
(qu'on  tire  de  gurges),  av.  suff.  oîle\ 
d'où  garga-olle  dans  lequel  l'hiatus  a  été 
rompu  par  n;  d'où  garganolle,  et,  par 
mouillem.  âen,  gargagnolle.MsLÎs  pour- 
quoi n'a-t-on  pas  eu  simplem.  gargatolleî 
Sur  les  dér.  de  garg.  cp.  Gargamelle, 
Gargantua. 

t  GAVIOT.  L'étym.  capellum  est  rég., 
mais  une  remarque  de  M .  G .  Paris 
{Roman.  XVI,  605)  me  suggère  la  pensée 
que  gaviot  doit  être  de  préférence  rattaché 
à  cavum,  que  Diez  donne  pour  étyra.  à 
it.  covone,  lomb.  cor,  piém.  ckew  «  ja- 
velle ».  Cavum  a  la  significal.  de  «  ce 
que  peut  contenir  la  main  »,  et  même  de 
<  javelle  ».  Or  un  *caveîla  donne  fr.  Ja- 
velUy  et  un  *cavellum  donne,  av.  le  g 
dur  pr.,  gaviau,  et  par  substitut,  du  suflf. 
o(,  gamot.  Cp.  javelle  y  en  Orlëan,  un 
fagot  de  sarments. 

t  GINURC  Une  triste  défaillance  de 
mémoire  m'a  fait  donner  à  ginuro  le  sens 
de  «  genêt  »  au  lieu  du  sens  de  «  gené- 
vrier »  qu'il  a  en  réalité.  C'est  une  forme, 
plus  rég.,  deja?iuri{Y.  ce  mot),  d^June- 
P{e)rum.  On  a  dû  avoir  geniiro,  par  affai- 


blissem.   de  la  proton.;  puis  cet  e  s'est 
aiguisé  en  t. 

t  GNIAU»  Je  crois  que, dans  la  forme 
de  Goch.  niard,  ard  ne  représente  pas  le 
suflf.  germ.,  mais  le  suff.  alis.  Niard 
serait  ni(d)alie),  av.  ch.  de  /  fin.  en  r 
(121).  Je  m'appuie,  pour  cette  conjecture, 
sur  le  Igd.  niai  (Azaïs),  même  sens.  Il 
suit  de  là  que,  dans  gniau^  au  ne  repré- 
sente ni  ellum  ni  wald,  mais  a  plus  / 
vocalisée.  Nidale,  d'ailleurs,  sous  le  rap- 
port du  sens,  est  une  format,  iufinim.  plus 
logique  que  nidellum.  Rapproch.  lim. 
gniai  (=  7ihiai  qui  représente  nidalium 
{nialh). 

t  GOLAT.  «  On  pense  nalurellem.  à 
Goliath.  (Chaban.)  > 

GONDOLO  (gondolô);  à  Lyon  gon- 
dolé,  ée  adj.  —  Se  dit  d'une  surface  pri- 
mitivem.  plane,  qui  est  devenue  gauche, 
ondulée. 

C'est  le  fr.  gondoler,  que  Liltré  tire  de 
gondole,  mais  le  sens  est  absolum.  forcé. 
Je  crois  qu'il  vient  de  fr.  goder  t  faire  des 
plis  »,  du  goth.  valtjati  (Scheler),  av.  sufT. 
fréq.  olô  et  nasalisât,  de  ô  (184  7*, 
rem.  3). 

t  GRAMO.  Rapproch.  montpelliér.  gra- 
menas. 

t  GRAPILLI.  2.  V.  n.,  avant-dernière 
ligne  de  l'alinéa.  Le  vfr.  graver  «  grim- 
per »,  vient  de  gradare,  comme  fr.  embla- 
ver,  dUmbladare:  comme  pr.  lauvar,  de 
laudare  (Chaban.). 

GRILLET  (giilhè)  s.  m.  —  à  Villefr- 
Se  dit  des  ampoules  qui  viennent  aux 
mains  après  un  travail  de  peine. 

C'est  grillet  2.  (v.  ce  mot),  pris  au  fig.,  à 
cause  de  la  forme  sphérique  de  l'ampoule. 
Sur  ridée,  cp.  fr.  cloche,  môme  sens. 

t  GRISELLES*  Ajout,  la  forme  de 
Villefr.  GRASULES  (gràzule),  qui  est  le 
vfr.  groiselle,  av.  le  passage  de  oi  à  rf, 
particulier  à  la  région  de  Villefr. 

t  GROIN  D'ANE.  Ligne  2,  au  lieu  de  ta- 
raxifolia,  lisez  taraxacifolia , 

t  GROLION*  Rapproch.  pr.  crai  c  cra- 
chat». 

t  GROSSi-POLAILLI.  M.  F.  Bregho 
du  TiUt  veut  bien  me  faire  connaître  qu'en 
Beaujol.  on  engraisse  la  volaille  au  moyen 
d'orties  pilées  av.  des  pommes  de  terre. 
Si  la  mâche  a  été  employée  de  la  même 
manière,  cela  pourrait  peut-être  expliquer 
l'orig.  par  engraisse-polailli. 

05 


Digitized  by 


Google 


458 


GROU 


t  GROUGNI.  Rapproch.  lim.  crôunhd 
<  manger  av.  brait  >,  qui  parait  le  même 
mot.  'D'esgrumer  rapproch.  lim.  eigruna, 
pr.  engruna  c  égrener  [des  pois,  un  ciia- 
pelet  »]  (Chaban.). 

HERMITURES  vin.  s.  f.  pi.  —  Terres 
incultes.  On  lit  dans  l'acte  de  donation  de 
la  Part-Dieu  aux  Hospices,  1725  :  «  Prés, 
paquerages,  hermitures,  terres  et  brot- 
teaux  »  (ap.  Vachez). 

D^hermite^  av.  suff.  coll.  ures,  on  a 
fait  hermitures^  par  analog.  av.  hermi- 
tage, 

t  HUEY-  La  success.  des  phénomènes 
est  mieux  expliquée  comme  suit  :  o  bref 
se  dipht.  en  ne  après  Tattract.  de  i  ou  si- 
inultaném.,  d*où  iiei,  Hoiè  huoiè  ne  sont 
pas  à  supposer,  le  fin.  de  hodie  étant 
tombé  dès  les  premiers  temps. 

t  HUGUO.  Gp.  esp.  peddo  yesgo,  port. 
engo  «  hièble  »,  que  Diez  et  Groeber 
tirent  dVôa/wm,  et  qui  sont  évidemm.  les 
mômes  que  In.  ugo.  Diez  explique  le  ch. 
de  Z  en  d  dans  yedgo  par  la  comparais, 
av.  se7idos  (singulos).  On  peut  y  joindre 
le  suff.  algo  (ad*cum\  vilva  (vidva)  dans 
le  dialecte  de  Léon.  MaisD.  fait  remarquer 
que,  même  après  cela,  la  déformai,  de- 
meure starky  et  il  pense  à  une  confus,  av. 
aesculus,  quoique,  ajoute-t-il  fort  jndi- 
cieusem.,  les  deux  végétaux  soient  fonciè- 
rem.  différents.  L'infl,  d'aesculus  parait 
absolum.  chimérique,  ce  type  n'ayant  à 
ma  connaissance  rien  donné  en  esp.  On 
attendrait  d'ailleurs  une  désin.  glo  (cp. 
saer{u)lum  =z  siglo)  et  non  go, 

M.  Chaban.  a  bien  voulu  me  procurer 
une  série  d'exemples  qui  expliquent  com- 
ment a  pu  se  produire  le  passage  d'eôu- 
lum  au  In.  ugo.  On  trouve  dans  Rayn. 
éhoU  qui  est  ebul{um),  av.  conservât,  de 
la  1" prot.  (cp.  populum)  =  pohot).  Éhol 
passe  à  évol  puis  à  egvol  egxool  (cp.  pr. 
mogwi,  de  vnom,  de  movere\  begui,  de 
bivi,de  btbere;  it.  sego^desevo,  de  sébum: 
tigola  pour  tivola,  d'iiva, pargoîetto  pour 
parvoletto).  Ce  ch.,  quoique  bizarre,  a  pu 
se  produire  par  le  même  phénomène  que 
pour  t?  init.  Dans  vadum,  un  g  a  été  pré- 
posé au  r;  d'où  gvadum  gwadum^i  gué. 
EgwoU  réduit  à  egol  ego(l),  est  devenu 
égou  en  néo-pr.,  et  en  In  ugo  par  ch.  de 
e  en  w,  comme  d'ailleurs  dans  lepr.  ngues 
(Azaïs).  Ce  ch.  a  pu  s'effectuer  soit  par  la 
transformat.de  e  en  eu  puis  en  «,  soit 


par  e  bref  =  te  ;  d'où  iebol  ievol  iegvool 
te  g  al  igol,  et  ugo  par  un  ch.  de  t  en  u, 
qu'on  trouve qqfois  quand  i  est  suivi  d*ane 
lab.  comme  dans  le  vpr.  cazubla  (casi- 
bula),  Queyras  ouruvo  (oliva)^  et  In  puva 
«  pioche  >,  à  côté  de  piva.  Av.  ugues 
Azaïs  donne  encore  la  forme  orgues,  où 
V  a  aussi  produit  un  g  dur. 

t  INCHANT.  Venchant,  à  Villefr.,  a 
bien  la  double  significat.  de  <  angle  de 
mur  »  et  «  montant  de  baie  ».  A  Lyon  ce 
dernier  sens  est  inconnu. 

t  IN  FORGES»  en  pr.  enferrias,  ce  qui 
ramène  à  in-ferreas.  Celui-ci,  par  con- 
sonnantificat.  de  t  de  ea  donne  inferges^ 
in  far  g  es  (24)  et  inf  orges  (4). 

t  INGOUSU,  UA.  C'est  par  une  étrange 
inadvertance  que  j'ai  dit  qvCingluiiosus 
donnerait  inglousu,  ce  serait  inglousiu. 
En  conséquence  il  vaut  mieux  voir  dans 
ingousu,  ingulosus,  av.  substitut,  de  5  à 
/  sous  un'i  infl.  inconn .,  peut-être  celle  de 
gosier  gousier.  Cette  dernière  forme  a  dû 
exister,  comme  l'indique  le  nom  de  Grand- 
gousier. 

t  INQUEU.  M.  Chaban.  y  voit,  depré- 
férence  à  hanc  hodie,  hinc  hodie. 

t  INTANO.  On  objecte  qu'il  n'est  pas 
exact  de  dire  que  fr.  entamer  est  moins 
régul.  que  In.  intanô,  chaque  idiome 
ayant  ses  lois  propres.  C'est  juste,  mais 
comme  ordinairem..  en  fr.  comme  en  In., 
c'est  la2«  cons.  qui  tombe,  il  me  semble 
bien  qu'ici  le  fr.,  pas  plus  que  dans 
femme,  ne  s'est  conformé  à  l'usage. 

t  INTREMO  d'après  M.    Chaban.    est 
identique  àpr.  estrema  t  enfermer,  serrer, 
mettre  à  l'abri  »,  s' estrema  «  se  renfer- 
mer chez    soi  »,  d*extremum.  Le   sens 
primit.  serait  «   mettre  qq.   chose  dans 
l'endroit  le  plus  reculé  »,  par  suite  «  en- 
fermer, cacher  » .  Les  formes  pr.  entruma. 
saint,   ëtroumer    enirumi  ou  encrumi 
seraient  d'autres   mots,  qui  se  rattache- 
raient en  effet  à  (a)trum  crum  «  obscur, 
sombre  ». 
INVARNOJO  V.  varnojo  au  Dictionn. 
t  INVARTOYI  peut  être  en  rapport  av. 
verteolum.  V.  vartollia  au  Dictionn. 

t  IQUIEN  suiv.  M.  Chaban.  =eccum 
hoc,  av.   nasalisât,  de  que  (=  'cw  *hoc). 
t  JABIOLA.  Rapproch.  lim.  gabio,  évi- 
demm. importé. 

JABRI  (jabri)  s.  m.  —  à  Lyon  Caque- 
tage.  Je  ne  connais  pas  ce  mot,  qui  est 


Digitized  by 


Google 


JARN 


459 


tiré  d'un  petit  recueil  manuscr.,  fait  par 
feu  M.  Aniel,  professeur  au  Lycée  Ce  re- 
cueil est  en  général  exact,  et  Us  mots  que 
je  ne  connaissais  pas  comme  usités  à  Lyon 
existent  pour  la  plupart  en  patois  sous 
des  formes  très  voisines. 

Jahri  parait  en  relation  av.  jabot ^  fr. 
i^o^.jaboter  c  bavarder  »,  mais  je  ne  sais 
pas  expliquer  la  désinence  ri. 

JARNOMBILLE  v.  sarnombille. 

t  JOMOR  doit  probablem.  s'expliquer 
ainsi  :  joueur  jou[v]eur  jou[m]eur.  Cp. 
pr.  ount  =  voiinte  ■=.  mounte.  Le  v  (di- 
gamma)  s'introduit,  puis  se  change  en  m. 
Cette  mutât,  est  fréquente  (Ghaban.). 

t  JUINDRE.  Cf.  it.  ffiungere  et  fr. 
rejoindre. 

t  LA.  M.  Ghaban.  me  fait  observer  que 
lac  est  une  forme  bypothét.,  et  lacs  une 
forme  savante  et  pédantesque.  Laqueum 
avait  donné  laz  las  invariable.  G'est  de  là 
que  vient  la,  par  la  chute  de  s  ou  de  z.  — 
G'est  très  juste,  et  je  suis  confus  de  n*y 
avoir  point  songé. 

t  LABAT.  Rapproch.  dph.  eilaba{Uou- 
tier),  môme  sens.  Le  préf.  ei  e  (primiti- 
vem.  de  ex)  a,  en  dph.  comme  en  In.,  une 
valeur  purem.  explétive  devant  les  subst. 
Cp.  In.  échiffa,  élindau). 

t  LAZI.  11  n'y  a  pas  de  doute  sur 
l'authenticité  du  mot.  M.  Yachez  veut 
bien  me  faire  savoir  qu'il  existe  à  River., 
av.  la  signiflcat.  de  c  mou,  paresseux, 
endormi  ».  Aux  mots  rapprochés  ajout, 
angl.  lasy  «  paresseux  ».  Mais  je  ne  sais 
pas  siTorig.  estréellem.  germ.  M.  Ghaban. 
me  fait  remarquer  qu'en  Limons,  on  dit, 
dans  le  môme  sens,  un  delezei,  en  fr.  du 
cru,  un  de  loisir,  11  est  bien  possible  que 
lazi  ne  soit  que  la  contract.  de  cette 
express.,  d'autant  plus  qu'à  Villefr.  loisir 
est  devenu  lâsi, 

t  LAZON  (A),  2*  alin.,  ligne  7  :  «  laso^i 
a  été  créé  avant  le  passage  de  a  à  d  »; 
ajoutez,  pour  plus  de  clarté  :  «  et  avant  la 
chute  du  s  »,  la  forme  première  ayant  été 
laz. 

t  LEBET  n'a  point  pour  orig.  libare, 
car  le  primit.  est  vfr.  bel  «  lait  trouble  et 
épais  contenu  dans  les  mamelles  au  mo- 
ment de  l'accouchem.  »,  fr.  vulg.  béton, 
Bet  existe  encore  en  Dauphiné  et  dans  les 
Alp.  L'art,  s'est  agglutiné  en  forez,  et  en 
In. 


Orig.  germ.  —  Ags.  beost  «  the  first 
milk  of  a  cow  after  calving  »,  angl.  bies- 
tings,  vha.  biost  piost  piest  biest  pist, 
mha.  biest  «  colostrum,  lac  novum  ».  On 
se  serait  attendu  a  biet  et  non  à  bet. 

t  LEVRIRI.  Un  éditeur  de  la  Bern,  a 
traduit  levriri  par  entremetteuse.  Mais  il 
n'y  a  pa?  d'hésitation  sur  le  sens  donné 
au  Dictionn.  Cp.  ce  passage  du  Ballet 
forésien  : 

Bflt  qutu  voë  dit  oMy  lêurery 
Que  fllli  diqueta  cbarrery. 

t  LIMOSIN'  Je  no  serais  pas  étonné 
que  Goch.  n'eût  pas  rapporté  exaclem.  le 
dicton  qui  doit  être  le  même  que  le  lini. 
Mindza  lo  soupo  coumo  un  Limousin 
«  manger  de  la  soupe  comme  un  Limou- 
sin ».  Je  ne  connais  d'ailleurs  pas  ce  dic- 
ton; mais  j'ai  entendu  qqfois  le  dicton 
stercoral  :  Un  étr.  de  Limousin,  pour 
dire  que  l'objet  est  d'un  très  gros  volume. 

LINDENNES  (lindène)  s.  f.  pL  —  à 
River.  Œufs  de  pou. 

De  lindes  (v.  ce  mot),  av.  suff.  d'oïl 
enne  pour  aine,  de  ana.  Ce  suff.  est  très 
rare  en  pat. 

t  LiOCHE.  Lapsus  de  notation  à  iôche 
pour  iôtsCt  suiv.  la  prouonciat.  de  ch.  fr. 
dans  la  région. 

t  LOI VI.  Rapproch.  dph.  loeiçi,  mot 
qui  au  commencem.  du  xvni*  s.  était  déjà 
vieilli,  et  n'était  plus  en  usage,  suiv. 
Charbot,  que  dans  qq.  villages  où  l'on 
appelait  de  ce  nom  la  ceinture  en  métal 
que  portaient  les  femmes  mariées,  et  où 
elles  attachaient  les  clefs  du  ménage. 
Lorsque  la  ceinture  était  en  cuir,  elle  ne 
portait  pas  le  nom  de  loeioi. 

Il  est  probable  que  la  loioi,  dans  le 
noël  cité,  était  une  gibecière  attachée  à 
une  ceinture  de  métal.  L'appareil  tout  en- 
tier aurait  porté  le  nom  de  loici.  La  bourse- 
ceinture  est  encore  portée  de  nos  jours  par 
les  paysans  de  certaines  parties  de  la 
France,  et  au  xni*-xiv*  s.,  la  bourse  et  la 
courroie  formant  la  ceinture  sont  choses 
inséparables  et  toujours  citées  l'une  av. 
l'autre.  Mais  cela  n'éclaircit  pas  l'ètym. 
Charbot  lire  loeivi  de  lœve  <  poli  »  (sous 
entendu  cingulum),  étym.  invraisembl. 
comme  sens,  et  qui  laisserait  inexpliquée 
la  dèsin.  i.  L'idée  primitive  étant  celle  do 
ceinture,  on  pourrait  penser  à  un  dér.  de 
ligare,  quia  eu  en  vfr.  un  infinit,  analoj?. 
Zoier,qui  serait  devenu  •/oic/o*  par  inserl. 


Digitized  by 


Google 


460 


LOMO 


euphon.  du  digamma  (y.  v  liaison  eu- 
piion.)t  et  dont  loivi  serait  un  subst.  v. 
Sur  le  sens  cp.  vfr.  loiere  aloiere,  «  gibe- 
cière »,  qui  répondrait  à  *ligaria,  mais 
qui  est  fait  sur  le  vb.  loier  av.  suff.  ière, 

t  LOMONTt  ligne  3,  au  lieu  de  lomu, 
lisez  lômu, 

t  LOVAR.  au  lieu  de  lovar,  lisez  lôedr. 

LOY  vin.  s.  m.  —  Louage.  «  Item  por  lo 
loy  de  II  naveis...  it^item  pour  le  louage 
de  deux  bateaux. 

Subst.  V.  de  locBre  et  devait  se  pronon- 
cer loï.  C'est  la  forme  masc.  de  loye  (v.  ce 
mot). 

LOYE  (lô-ye)  s.  f.  —  Louage  des  jour- 
naliers moissonneurs  qui  se  réunissent  le 
matin  sur  la  place  du  village,  où  on  va  les 
louer  h  un  prix  qui  varie  chaque  jour. 

Subst.  V.  de  locB.re=  Inyî  (198  et  16 
2*).  V.  loy  ci-dessus. 

LUÉSSI  (luéssi  tri8syl.)s.  f.  —  à  Ri- 
ver. L'endroit  où  la  tige  d'un  tronc  d'arbre 
se  termine  en  doux  branches  ou  davan- 
tage. On  dit,  par  ex.,  qu'on  n'a  pu  scier 
une  branche  plus  bas  c  rapport  à  la 
luessi  »,  parce  que  Ton  avait  atteint  le 
tronc.  Synom.  forchelia. 

Étym.  inconn.  —  Le  mot  ne  se  trouve, 
à  ma  connaissance,  dans  aucun  pat.  con- 
génère. 

t  LU ÉTI N .  M. Suchier.dans le Grundn'ss 
derrom  Phiî,^  voit  dans  lutin,  Neptu- 
nus.  L'ancienne  forme  luiton  a  été  pré- 
cédée par  la  forme  nuiton  ou  noiton,  et 
celle-ci  par  neutun.  Noituns  signifie 
<  monstres  marins  »  dans  le  Roman  de 
Troie,  et  au  xvn«  xviii*  s.  on  disait  en- 
core luiton  de  mer.  L'idée  de  voir  un 
monstre  marin  dans  U  lutin  semble  si 
extrordinaire  que  Ton  a  peine  à  croire 
qu'il  ne  faille  pas  isoler  noituns  «  mons- 
tres marins  »  de  nuiton  luiton  «  esprit 
nocturne  »,  àqni  convient  si  bien  Tétym. 
noctem.  En  tout  cas,  l'ancienneté  des 
formes  en  n  doit  absolum.  faire  rejeter 
l'étym.  luctus. 
MADALEINA 

A  UMadaMna 

L«  noués  tant  pleine  ; 

A  U  Stnl-Bartolomi 

La  ptrchi  tu  lo  noyi  {Proverbe). 

D'après  ce  prov.,  les  noix  seraient 
pleines  le  2â  juillet  et  se  ramasseraient  le 
24  août. 

t  MAGNAUD.  L'étym.   magnus,  pro- 


posée d'ailleurs  très  dubitativem.,  est  in- 
admissible, le  mot  n'ayant  rien  donné  en 
roman,  si  ce  n'est  dans  Charlemaigne,  qui 
est  savant.  M.  G.  Doncieux  me  suggère 
avec  raison  mansionatum^  qui  a  donné 
meynat  (v.  ce  mot),  et  dans  lequel  le  suff. 
aud  a  été  substitué  à  at^  comme  dans 
magniauds,  vers  à  soie  (v.  magnotis). 
Gp.  à  fiourgoin  magnaud  €  enfant,  fils»; 
mes  deux  magnauds  c  mes  deux  enfants». 
C'est  ce  mot  qui  s'est  qqfois  pai'ticularii>é 
au  sens  de  fils  aine. 

MAITRE  (métré)  s.  f.  —  Sep  de  la 
charrue.  J'ai  entendu  employer  ce  mot 
sans  que  je  puisse  dire  dans  quelle  loca- 
lité. 

De  magistra  .  Chute  de  g  (134);  chute 
de  5(166  2*).  On  a  ma-istra  maïtra  et 
maître  par  la  rëduct.  de  la  dipht.  et  ch.  de 
a  post-ton.  en  e  sous  infl.  du  fr.  maitr*'. 
Quant  au  sens,  le  sep  est  considéré 
comme  la  pièce  mal  tresse  de  la  charrue, 
celle  qui  reçoit  toutes  les  autres. 

t  IV^ANGANA.  Rapproch.  céven.  men 
ganos  «  flatteries,  caresses,  flagorneries 
(Azaïs^  »,  dont  le  sens  s'accorde  av.  celui 
de  mango  <  seductor  ». 

MARGOT  (margô)  s.  f.  —  Nom  des 
vaches  tachetées  de  blanc  et  de  noir. 

Par  analog.  av.  le  plumage  de  la  m^r- 
got  «  pie  >• 

t  MARINQOTTA.Rapproch.  dph.  mifr- 
lingota,  même  sens.  Maringotte  est  cer» 
tainem.  le  motprimil.,  et  merlingota  la 
corrupt. 

t  MAROJO.  M.  Moutier  me  signale  le 
rapprochem.  av.  dph.  primairogi  prou- 
mairogit  môme  sens,  où  il  lit  primarium 
rubeum  «  ce  qui  rougit  le  premier  ».  La 
l"  partie  pri  serait  tombée  en  In.  Dans  la 
forme  proumairogi  il  y  aurait  confus,  de 
prim,  av.  prou  <  beaucoup  ».  Je  signale 
cette  explicat.,  mais  elle  me  paraît  devoir 
être  écartée,  ojo  étant  un  suff.  qui  s'ap- 
plique à  d'autres  subst.  indiquant  les 
saisons:  In.  vernojo,  pr.  ihernoge  esti- 
voge.  Primairojo  est  donc  primair  plus 
<yo,  et  non  primai  plus  rojo.  Mais  je  crois 
aussi  que  marojo  n'est  pas  formé  sur  fr. 
mar(s),  mais  bien,  comme  le  dph.,  sur 
(pri)marium,  de  prima,  au  sens  de  prin- 
temps (v.  prima).  Reste  à  e.\pliquer  pour- 
quoi, si  ojo  est  une  altérât,  d^aticum, 
comme  je  l'avais  indiqué,  il  a  été  réservé 
exclusivem.  aux  noms  de  saisons  ?  Je  sup- 


Digitized  by 


Google 


MARS 


461 


pose  qu'on  a  eu  hibemuticum,  d!^hiber- 
71US,  û^oti  hiver nojo  (v.  vernojo)  et  que 
le  sufif.  a  été  appliqué  par  analog.  aux 
mots  relatifs  aux  autres  saisons.  Cp.  vfr. 
primeroge  primerouge,  hâtif,  prinlanier. 

t  MARSIA.  Un  lapsus  m'a  fait  accen- 
tuer mSLrsia  pour  marsia..  L'étym.,  du 
reste,  se  rattache  toujours  au  môme  type, 
c'est-à-dire  à  mers(um),  plus  suflf.  roman 
ta,  par  analogie  av.  les  mots  en  ata  pré- 
cédé de  yotte  :  cruèzia,pissia^  viria.  Mar 
sia  répondrait  donc  (sans  y  être  identique) 
à  un  *mersata,  de  *mersare.  Gp.  les  mots 
fr.  de  celte  catégorie  en  ée  :  ondée^ 
huée,  etc. 

MARTINET  (martinè)  s.  m.  —  Sorte  de 
fouet  composé  d'un  certain  nombre  de 
fines  lanières  de  cuir  souple,  attachées  à 
un  manche  de  bois,  et  qui  sert  à  épous- 
seter  les  habits.  Il  servait  jadis  qqfois 
d'instrument  de  correction  pour  les  enfants. 

De  Martin,  nom  propre,  av.  suff.  et. 
Le  martinet  est  «  le  petit  Martin  -,  comme 
le  robinet  était  «  le  petit  Robin  ». 

t  MASUA,  ligne  3,  au  lieu  de  mozoi, 
lisez  mozoï,  av.  dipht. 

t  MATHEVON.  L'étym.  matevonna 
«  été  1er  un  arbre  »  appartient  aux  éditeurs 
d*Ét.  Blanc.  D'après  eux,  on  appellerait 
mathevons  c  dans  plusieurs  provinces  de 
la  France  (en  Touraine)  les  bûcherons  qui 
se  chargent  spécialem.  de  découronner 
les  arbres.  On  appelle  cette  opération 
matevonner  un  arbre,  mot  qui  viendrait 
du  vb.  mater  ».  —  Les  édit.  d'Ét.  B.  sont 
une  bien  faible  autorité,  et  je  ne  crois  pas 
à  l'existence  du  mot,  qui  figurerait  cer- 
tainem.  dans  les  glossaires  provinciaux. 
Sans  compter  qu'il  y  a  loin  de  mater  à 
matevonner. 

t  MAYA.  Sur  le  ch.  de  e  de  meta  en  a 
V.  17.  rem. 

t  MAYOSSES.  Il  est  assez  curieux  que 
les  suff.  sa  et  fa  se  substituent  dans  les 
dialectes  pr.  A  mayoussi  majoufacp.  pr. 
badasso  et  Gard  badafo  «  lavande  ».  Ce 
rapprochem.  met  à  néant  l'étym.  maiï  ofa 
pour  maioufa,  mais  je  ne  sais  pas  expli- 
quer  le  suff.  oufa  afa.  Voici  un  autre  ex., 
.  mais  cette  fois  de  /  égalant  s  doux,  Igd. 
gasa  =  gafa  «  passer  à  gué  ». 

MEDÉE  (medée)  s.  f.  —  Partie  de  l:i 
chaîne  entre  le  remisse  et  l'étoffe  déjà  fa- 
briquée, dans  la  pièce  de  soie  en  voie  de 


fabricat.  G'est  donc  la  partie  où  passe  la 
navette. 

Étym.  inconn.  —  *MediB.ta^  de  médium 
(parce  que  celte  partie  est  intermédiaire 
dans  la  «  longueur  >)  aurait  laissé  choir 
le  d  (cp.  miaty  de  media)^  et  si  le  mot  vient 
de  rit.,  on  aurait  eu  médiate. 

MÈRE-SAGI  (mère-sàji)s.  f.  —  àMorn. 
Accoucheuse.  Vieilli. 

De  meitrem  =  mère  et  de  sa.pia  =  sagi» 
Gp.  fr.  sage- femme.  Il  y  a  eu  infl.  du 
fr.,  car  matrem  a  donné  môre  à  Morn. 

t  MÉTIRI.  De  nouveaux  renseignem., 
pris  auprès  des  vieillards,  ont  appris  que 
la  métiri  élait  la  moitié  du  bichetei  non 
la  moitié  de  la  bichette.  Ainsi  la  md/irt  et 
la  bichette  (bicheta)  sont  synonymes. 

t  MINISTRE,  en  Limous.,  se  dit  d'un 
âne. 

t  MINO.  M.  Thurneys.  démontre  que  le 
gaël.  méin  n'est  nuUem.  un  emprunt  à 
l'angl.  mine,  et  que  cette  i*acine  se  retrouve 
dans  toutes  les  langues  celt.,  dont  mine^ 
mm^r  est  certainem.  issu. 

t  MIT  AN.  M.  Boehmer  a  l'obligeance 
de  me  faire  remarquer  que  l'étym.  medie^ 
tantem  est  appuyée  par  vfr.  quadran, 
de  quadrantem. 

t  MODALINA.  Dans  le  texte  cité  du 
L.  de  R.M,  Zacher  propose  de  lire  Mou- 
daleina  au  lieu  de  Mondeleina.  Gette 
forme  serait  ainsi  la  même  que  notre  Mo- 
dalina.  Moudaleina  s'expliquerait  faci- 
lem.  par  ag  (de  Magdalena)  plus  cons. 
=  au  en  fr.  selon  la  loi  signalée  par 
M.  Foerster  (cp.  characia  =  charaute^ 
smaragda  =  émeraude,  sagma = sauma). 
D'où  Magdalena  =:  Maudalena  =  Mou- 
dalina  =  pal.  mod.  Modalina. 

t  MODO.  M.  W.  Meyer  me  fait  observer 
que  modo  étant  particulier  au  groupe 
franco-prov.  et  n'existant  pas  en  pr.,  un 
emprunt  à  ce  dernier  est  contestable. 
M.  W.  Meyer  le  tire  de  *mov(i)tB.re,  fréq. 
àemovere.  Il  n'y  a  d'obstacle  ni  comme 
sens  ni  comme  forme. 

MOILLE  vin.  s.  f.  dans  le  texte  suiv.— 
1529,  4  mai  :  «  A  été  ordonné  bailler 
deux  sergens  à  ce  soir  pour  accompagner 
maître  Jehan,  exécuteur  de  la  haute  jus- 
tice, pour  afin  de  dépendre  les  criminels 
pendus  depuis  quatre  jours  et  les  mettre 
en  lamoiUe  de  Durchen  (Arch.  m.  BB  47 
fo  '^ibn. 


Digitized  by 


Google 


462 


MORA 


Ce  texte  est  fort  énigmatique.  Moye 
(v.  moya)  signifie  tourbillon  d*eau.  Au 
XVI»  s.  il  devait  s'écrire  moille.  Durche 
était  le  nom  d'une  notable  famille  lyon- 
naise qui,  du  xni»  au  xv»s.,  fournit  Jix 
conseillers  de  ville.  On  pouvait  avoir 
rhabitude  de  jeter  dans  lefieuve  les  corps 
des  suppliciés  et  de  choisir  pour  cela  un 
endroit  où,  comme  à  «  la  moille  de  la 
Mort  qui-Trompe  »,  l'eau  était  1res  pro- 
fonde. Il  se  peut  que  les  Durche  fussent 
propriétaires  d'un  terrain  riverain  du 
Rhône,  et  qu'en  face  de  la  propriété  il  y 
eût  un  tourbillon  profond  connu  sous  le 
nom  de  Moitié  de  Durche,  choisi  pour 
jeter  les  cadavres  des  suppliciés.  En  effet, 
la  famille  Durche,  au  xiv*  s.,  était  posses- 
sionnée  à  Grigny-sur-le-Rhône,  et  l'ap- 
pellat.  pouvait  encore  subsister  au  xvi»  s., 
alors  môme  que  la  propriété  eût  passé  en 
d'autres  mains.  C'est  forthypothét.,  mais 
c'est  la  seule  explicat.  que  je  voie  possible. 

t  MORAILLES.  Dans  la  3*  édit.  de  son 
Dictionn,  d'Étym.  franc,  M.  Scheler 
abandonne  l'étym.  mordailles  pour  l'étym. 
vpr.  mor  «  museau  »,  donnée  de  notre  côté. 

t  MOR R ET.  Rapproch.  cat.   morralet 

<  sacculus  cibandis  equis  ». 

t  MORRO.  Rapproch.  pr.  mourre, 
auvergn.  mouro,  lim.  mour,  mars. 
inouerre,  môme  sens.  •—  L'étym.  morsum 
doit  être  absolum.  rejetée,  car,  ainsi  que 
me  le  fait  observer  M.  W.  Meyer,  rs  ne 
peut  donner  rr.  Peut-être  faut-il  rapprocher 
esp.  morro  «  corps  rond,  lèvres  protubé- 
rantes »,  basque  muturra,  même  sens, 
mutur  «  museau  (Van  Eys)  »,  port.  7nor- 
ro  «  colline  arrondie  »,  esp.  moron  *  col- 
line ».  Diez  rattache  ces  mots  au  basque 
'inurua  «  monceau,  colline  ».  M.  W.  Meyer 
me  dit  que  dans  le  dialecte  de  Zurich 
murre  désigne  un  petit  pain  rond.  — 
M.  Mistral  de  mourre  rapproche  irl.  mor 

<  tête  »,  mais  ce  mot,  à  ma  connaissance, 
n'existe  av.  cette  signiticat.  dans  aucun 
dial.  celt.  En  irl.  mor,  kym.  mawr  a  le 
sens  de  «  great,  big,  bulky,  noble  ».  Il  a 
aussi  ce  sens  dans  moraid,  donné  par 
Donogan  av.  la  définit,  de  «  a  great  hill  ». 
Je  crois  donc  que  l'étym.  de  morro  reste 
inconn. 

NAZARETH  (VIN  DE)  se  dit  aussi  en 
Limous. 

t  NENTILLES.  Rapproch.  lim.  nen- 
tilhas.    Gomme  il  n'est  pas  vraisembl. 


qu'un  des  deux  dialectes  ait  emprunté  le 
mot  à  r&utre,  il  faut  voir  dans  le  passage 
de  /  à  n  init.  une  tendance  générale  dont 
il  y  a  d'ailleurs  d'autres  ex.  [lomhril  = 
nombril,  lomble  =  nomble,  etc.). 

t  NOCHAT.  L'étym.  non-chat  est  in- 
vraisembl.  à  cause  de  l'emploi  du  pfêf. 
no,  de  7ion,  absolum.  inusité  chez  nous. 
L'étym.  nausea  nausia  nausja  noja,  av. 
sufif.  roman  at,  conviendrait-elle  mieux? 
Nojat  peut  facilem.  passer  à  nochat.  Mais 
alors  comment  rattacher  le  for.  inchat, 
évidemm.  parent  de  7iochaLf  Peut-être 
aurait-il  été  formé  sur  nochat  par  infl.  de 
chat  (être  chat  de  qq.  chose  «  en  être 
friand  »)?  —  Il  faudrait  disjoindre  le  lu. 
et  le  for.  des  autres  mots  cités  :  norm. 
nique,  dph.  nichola  qui  auraient  pour 
orig.  nique,  au  sens  de  nez  (<  qui  flaire 
avant  de  manger  »);  cp.  Meuse  narewc, 
même  sens,  de  tiares.  Le  pat.  de  Lille 
nactieux  (sans  doute  naxieux)  «  dégoûte, 
qui  a  de  la  répugnance  à  manger  certaines 
choses  »,  se  rattacherait  de  même  à  nO' 
sum^  *naseosus, 

OPIÊ  (ôpië  dissyl.)  s.  m.  —  à  Villefr. 
Céleri. 

D'apmm.  Gh.  de  a  en  cî  (1);  p.  posi- 
ton plus  yotte  ne  donnent  pas  toujours  ch 
ou  j,  mais  qqfois  pi  (163,  rem.). 

t  ORENDREIT.  Le  passage  de  Marg. 
paraît  inexactem.  traduit.  Et  co  tu  vou- 
dras orendreit  doit  signifier  :  «  et  comme 
tu  voudras  désormais. 

t  OUGHI,  vin.  OCHE  p.  281, 1"  colonne, 
ligne  5.  «  Au  lieu  de  ab-secare  proposé  ne 
faudrait-il  pas  obsecare,  car  on  ne  voit  de 
dipht.  (au)  nulle  part  (Chaban.).  »  — 
J'ajoute  que  secare  donne  seier  et  non 
schier. 

t  OUILLI.  Vérificat.  faite.  Mon.  avait 
deviné  juste,  car  encore  aujourd'hui  les 
Romains  bouchent  les /îcwc/ii  pleins  de  vin 
av.  de  l'huile.  Une  étym.  'oleare  ne  se- 
rait donc  pas  impossible,  car  alors  le  mot 
n'étant  pas  de  format,  romane  ne  repro- 
duirait pas  nécessairem.  le  simple  ulo 
«  huile  »,  d'ailleurs  irrég.,  comme  le  fr. 
huile  pour  euille.  11  est  vrai  qu'o/ear^ 
nous  donnerait  olhi  plutôt  qu'oMt/U.  mais 
le  mot  pourrait  être  une  traduct.  du  fr. 
ouiller.  Toutefois,  pour  que  l'étym.  olifa 
remplaçât  l'étym.  oculum,  il  faudrait 
qu'elle  fut  appuyée  parqq.  chose  de  plus 
probant  qu'une  simple  conjecture. 


Digitized  by 


Google 


OUR 


463 


t  OUR  page  285  (après  oura*  Œuvre  ») 
s.  f.  —  Vent.  Au  lieu  de  our  lisez  OUR  A 
(comme  l'indique  d'ailleurs  la prononciat.), 
dont  a  final  est  tombé  à  l'impression. 

t  OU  RI.  «  Une  petite  fille,  un  jour  qu'il 
pleuvait,  vint  se  placer  sous  un  balcon  en 
disant  :  c  Je  vais  me  mettre  à  l'ombre.  » 
C'est  l'inverse  de  apricum,  mais  le  lien 
des  idées  est  le  même.  >  Cette  observât, 
de  M.  Chaban.  me  semble  fort  juste. 

t  OVALES.  On  m'a  fait  remarquer  que  je 
n'avais  pas  rapproché  port,  orvalho  «  ro- 
sée»; galic,  astur.  orhayo  «  bruine  ou 
pluie  fine  »,  lorr.  accorhée^  même  sens. 
Je  ne  pense  pas  que  ces  mots,  à  qui  Diez 
assigne,  av.  doute,  Tétym.  roralia,  puis- 
sent avoir  d'autre  rapport  av.  le  nôtre  que 
celui  d*une  homophonie  accidentelle. 

t  PACHI.  Rapproch.  sav.  péw^e,  même 
sens.  Pastee&ï  le  In.  pachi^  av.  la  pronon- 
cial.  d" Albertville  st  pour  ch  fr.  Gp.  can- 
tare  =  sianta, 

t  PAGNO.  C'est  par  une  singulière 
distraction  que  j'ai  lu  pamim,  comme  me 
le  fait  observer  M.  Chaban.,  car  puisque 
je  lis  (ce  qui  me  semble  juste)  vfr.  pan, 
puis  pano  pagno,  l'étym.  est  pavonem, 
qui  a  donné  paon  pan, 

t  PAITRO.  D'après  M.  Thurneys.,  les 
molscelt.,  néo-irl.  péatar  ;  gaël.  feodar, 
kym.  ffeutur  sont  indubitablem.  em- 
pruntés. Le  mot  serait  donc  d'orig  germ. 

t  PANCERE,  p.  286,  ire  col.  ligne  2.  M. 
Chaban.,  av.  raison,  tire  parapet  y  non  de 
pave-àpect{pectrCe\\9>ie  nulle  part),  mais 
de  y\\..parapetto  {petto  =  pectus). 

t  PATAFLE.  Rapproch.  milan,  et  pla- 
cent.  pataffio^  grande  affiche  appliquée 
aux  murs.  A  Plaisance,  aussi  insigne  d'un 
ordre  honorifique.  Cette  dernière  accept. 
est  curieuse.  Comme  forme,  pataffio  ré- 
pond exactem.  kpatafle,  p,  en  In.  égalant 
fi  en  it. 

PATTE  (pâte)  s.  f.  —  à  Villefr.  dans 
l'express.  Jouer  à  la  patte  pour  jouer  à 
la  tape. 

Mètath.  assez  singul.  du  t  et  du  p, 

t  PATTES  «  tussilage  ».  Je  crois  que 
l'idée  n'est  pas  de  l'empreinte  du  pied  d'un 
animal,  comme  dans  pas-d'dne,  mais  de 
feuilles  semblables  à  des  pattes  «  chifi'ons  » 
dont  on  enveloppe  la  partie  malade.  Cp. 
Vionnaz  takoëné,  dér.  de  tacon,  c  pièce 
d'un  rapiéçage  ou  patte  »,  Vosges  tocon  et 
fr.  vulg.  taconnet. 


t  PENDAILLI.  (^p.iipendaglia,  même 
sens.  Le  suff".  aille  ne  s'appliquant  guère 
chez  nous  que  dans  un  sens  coll.,  je  ne 
serais  pas  étonné  que  pendailli  ne  fût  le 
mot  it.,  importé  au  xv»-xvi»  s. 

t  PENDOLO.  Ce  vb.  se  retrouve  dans 
beaucoup  d'idiomes  :  it.  pendolare,  port. 
pendurar,  dialectes  d'oc  pendoulia  pen- 
douria  pindouleja.  Je  ne  crois  pas 
qu'on  puisse  supposer  un  lat.  pendo- 
lare^  sur  pendulus,  car  chez  nous  la 
prot.  serait  tombée.  L'it.  pendolare  est 
fait  swT  pendolOfdependulus.  Gomme  il 
est  difficile  de  supposer  que  tout  le  sud 
de  la  France  ait  emprunté  le  mot  à  l'it., 
il  faut  croire  que  celui-ci  a  procédé  par 
une  format,  différente  de  la  nôtre.  Peut- 
être  pendolô  est-il  pendiculare  =  peu- 
di7/t,  dans  lequel  le  suff.  fréq.  olà  aurait 
été  substitué. 

PENDRILLI  (pandrilhi)  s.  f.  —  1.  Lam- 
beau pendant.  —  2.  Mauvais  sujet,  gar- 
nement, vagabond  déguenillé. 

De  fr.  pendre  (au  sens  neutre)  et  de  fr. 
drille,  chiffon.  Désin.  i  (54  3»\  Le  sens 
2.  est  le  fig.  de  1.  De  pendrilhi  «  homme 
dont  les  haillons  pendent  »,  le  sens  a  passé 
à  €  déguenillé  »,  puis  à  «  vagabond»,  puis 
à  c  vaurien  »  en  général.. 

t  PETAS.  M.  Thurneys.  donne  de  très 
sérieuses  présompt.  en  faveur  de  l'étym. 
celt. 

t  PETRO  p.  302,  col  2,  ligne  7.  Au  lieu 
de  voir  une  épenlh.  de  r,  M.  Chaban., 
av.  beaucoup  de  raison,  lit  le  cas  oblique 
de  pectus  :  pectore  ou  peclorem  (av.  o 
breO  P^r  ^^  passage  du  mot  au  masc. 

P\CASS\AProverbe). 

Quand  o  pt ca««#, 
0  cheit  de  lumtce  ; 
Quand  moye, 
0  cheit  de  grenoye. 

a  Quand  il  bruine,  —  Il  tombe  des  li- 
maces ;  —  Quand  il  pleut,  —  Il  tombe  des 
grenouilles.  » 

t  PILLER  A  UD.  Sur  le  sens  rapproch. 
céven.  et  for  pellèro,  fainéantise,  oisi- 
veté. 

t  PIVA.  Sur  la  chute  de  la  cons.  et  son 
remplacem.  par  t?,  cf.  pr.  cavo  cauvo  :=i 
causo  (causa). 

t  PLANÇONS,  2»  alinéa,  ligne  2.  Après 
«  l'yotte  est  tombé,  comme  dans  leçon,  de 
lectionem  »  ajoutez  :  <  mais  non  sans 
avoir  exercé  son  infl.  sur  le  passage  de  ^  à 


Digitized  by 


Google 


464 


PLOY 


ss.  Dans  In.  lission,  aussi  de  leciionem, 
il  a  au  contraire  persisté. 

PLOYER  (plô-yé)  v.  n.— àVillefr.  Cau- 
ser, bavarder,  très  usité. 

De  plicare,  av.  dérivât,  de  sens.  Cp. 
re-plicarCn  plier  de  nouveau,  qui  avait 
déjà  pris  en  lat.  la  significat.  de  «  iterare 
responsum  >.  Re-plicare  «  répondre  » 
suppose  un  lat.  vulg.  plicare  «  dire  ». 
Gp.  aussi  m.  lat.  plica  «  excusatio  futilis  »• 
Sur  plicare  =  playi  v.  applayX,  Cil.  de 
a  prot.  en  o  (69). 

t  POBLO,  ligne  2,  au  lieu  de  pèble  lisez 
pSble. 

t  POGAL,  2«  alinéa,  ligne  5.  La  termi- 
nais, au  n*est  pas  toujours  mascul.  en  pr. 
Elle  est  môme  plus  souvent  fém . .  et  pogau 
pourrait  être  fém.  Cf.  corals^  fém.  dans 
la  Chans.  d'Antioche,ei  les  noms  de  per- 
sonnes et  de  lieux  :  LakanaU  La  Canau^ 
etc.  (ap.  ^ihaban.  Rev.  des  L,  rom.  xxvii, 
150).  Mais  ce  qui  me  fait  penser  que  pogal 
estmasc,  c'est  que  je  trouve  dans  Achard 
(DicUonn,  de  la  Provence,  1785)  :  «  Pou- 
gau  ou  poujau  s.  m.  Terme  d'Arles. 
Grosse  anguille.  »;  et  dans  M.  Mistral  : 
«  Pougau  apougau  poujau  s.  m.  An- 
guille grosse  et  courte,  anguille  de  marais, 
qui  est  plus  fine  que  l'anguille  ordinaire.  > 
M.  Mistr.  y  voit  le  m.  lat.  padelingus, 
même  sens,  mgis  padelingus  ne  peut 
donner  pougau  et  a  donné  régulièrem.  le 
mot  des  Flandres  palinc. 

POINTIZELLE  (pointizèle)  s.  f.  — 
Terme  de  canuserie.  Petite  tige  d'acier 
armée  de  lamelles  latérales  formant  res- 
sort, qui  se  place  dans  l'intérieur  de  la  ca- 
nette et  lui  sert  d'axe.  Les  lamelles,  nom- 
mées arquetSf  servent  à  empêcher  la  ca- 
nette de  se  dérouler  trop  vite. 

De  it.  punticella,  môme  sens,  de  punta 
c  pointe  »,  av.  sufi*.  dim.  ella.  La  pointi- 
zelle  est  en  effet  pointue  aux  extrémités, 
pour  que  celles  ci  puissent  entrer  dans  les 
trous  ménagés  à  cet  effet  dans  le  bois  de 
la  navette. 

POLIEN  (poli-ln)  s.  m.  —  Poulain. 
Prvb. 

Qui  ne  traviille  po/ten, 
Travaille  rotsin. 

€  Celui  qui  ne  travaille  pas  dans  sa 
jeunesse  travaillera  dans  sa  vieillesse.  > 


t  POLOMARD.  Cf.  Radel.  k  Le  poule- 
mart  des  marchans  »  et  la  note  de  Le  Du- 
chat  :  «  On  appelle  poulemart  dans  le 
Dauphiné  et  dans  le  Lyonnais  la  ficelle 
dont  les  marchands  lient  l'enveloppe  des 
petits  paquets    » 

t  PORCHAILLI.  Cf.  vfr.  porcfiaiUe, 
môme  sens. 

t  PRAGNIRI.  C'est  bien  par  erreur  que 
j'ai  considéré  la  forme  pragniri  comme 
irrégul.  et  la  forme  vfr.  prangiere  comme 
régul.  C'est  tout  le  contraire.  On  sait  que 
lorsque  d  +  yotte  est  précédé  de  n.  d 
tombe  et  n  se  mouille.  Gp.  grandiorem 
=:  vfr.  greignor^  verecundiam  =  tergo- 
gne.  Toutefois  j'ignore  si  la  forme  pra- 
niri  de  Goch.  est  une  forme  archaïque,  et 
si  n  s'est  mouillée  devant  i  comme  dans 
figni^  vegni  dans  la  région  de  River.,  ou 
si  au  contraire  c'est  une  forme  dialectale, 
parallèle  à  pragniri, 

PUÉLO  (puélo)  s.  m.  —  à  River.  Enve- 
loppe épineuse  de  la  châtaigne. 

De  pilum  (av.  t  bref.).  On  a  eu  peil 
(16)  et  peilo,  av.  addit.  de  la  désinence 
o  pour  marquer  le  masc.  Ei  ne  passe  pas 
ordinairem.  à  oi,  comme  en  fr.  Il  a  donc 
fallu  l'infl.  du  fr.  pot7  pour  faire  passer 
peilo  à  poilo,  et  de  là  à  puelo,  le  son 
fr.   oi  passant  à  ouéuè  (42  S*). 

t  RACHET.  La  comparaison  avec  vfr. 
rachais  racket,  Doubs  rachat  «  teigneux, 
décharné  »  montre  que  le  mot  n'est  pas 
d'orig.  savante,  mais  qu'il  a  été  sim- 
plem.  fait  sur  râche,  et  que  le  vpr.  raca 
doit  être  disjoint. 

REBROCHI  (rebrochi)  v.  a.  —  Replan- 
ter des  broches,  l'année  après  la  plantation, 
à  la  place  de  celles  qui  n'ont  pas  pris. 

De  broches  (v.  ce  mot  au  Supplém.),  av. 
suff.  î  (15  «•). 

t  SAIPERON,  lisez  SÈPERON,  et  ligne 
8,  au  lieu  de  saipèro,  lisez  sèpairo. 

t  SOEFI,  suie,  M.  Horning  {Ztschrft. 
xin  band,  p.  329)  tire  suie  de  sucidus. 
Soefi  serait  le  môme  mot,  influencé  par 
suif. 

t  TUREAU.  M.  P.  Meyer  {Roman. 
t.  xvm,  p.  517)  le  rattache,  de  préférence 
à  l'étym.  celt.,  à  torum  quia,  entre  autre 
sens,  celui  de  partie  renflée  d*un  terrain. 


FIN 


Digitized  by 


Google 


ERRATA 


(Un  grand  nojyibre  de  rectifications  ont  été  opérées  au  Supplément, 
sous  chacun  des  mots  rappelés) 


Page  XIV,  au  n»  VI  :  au  lieu  de  1395 
lisez  12^"). 

Pajçe  xxn,  titre  :  au  lieu  de  ÉTUDE 
DES  VOYELLES,  lisez  ÉTUDE  DES 
VOYELLES  TONIQUES. 

Page  xxxvu,  O,  !'•  ligne,  le  numéro  du 
paragr.  a  été  omis.  Avant  «  0  fermé 
(comprenant,  etc.)  »,  meltez  le  chiffre  34. 

Page  Lxxxiii,  146  29,  Je  ne  crois 
pas  que  juéno  soit  ju(v)enem,  mais  qu'il 
est  le  yfv.jueffie  où  v,  changé  d'abord  en 
/",  est  ensuite  tombé. 

Page  cxii,  note  2,  1"  ligne,  au  lieu  de 
a  à  l'origine  de  la  l'*  et  de  la  3«  pers. 
plur.  du  futur  »  lisez  :  à  Torigine,  la  l'* 
et  la  3*  pors.,  etc. 

Page  15,  2«  col.  AIVA.  M.  Thurneys.  le 
tire  av.  plus  de  vraisembl.  du  celt.  — 
Gaël.  aoibh  «  a  courteous,  civil  look... 
a  cheerful  countenance  »,  qu'on  retrouve 
sons  la  forme  oiph  dans  un  texte  vx  irl. 

Page  19,  2«  col.  AMOLO.  M.  Horning 
(Ztschr.  XIV,  218)  signale  un  ex.  du  lut. 
molare^  donné  par  M.  Georges  dans  son 
Dictionn.  latin-allem. 

Page  19,  2«  col.  ANCRIE,  3«  ligne,  au 
lieu  de  :  «  (164  1%  rem.  1),  lises  :  c  (181 

Page  20,  2«  col.  ANILLI.  Dans  la 
Zlschr.  xui,  M.  Behrens  propose  le  vpr. 
a7iadilha,  pr.  anediho,  7iadilho,  que 
M.  Mistral  tire  de  anaticula,  de  anatem. 
Cette  étym.  avait  déjà  été 'donnée  par 
M.  Chaban.  dans  sa  Gramm,  Uni.,  p.  G4. 
Reste  le  passage  du  sens  de  c  petite  cane  » 
à  «  béquille  >.  Il  s'explique  par  la  ii«iii- 
ficat.  primitive  qui  était  »  pièce  de  fer  en 
forme  de  queue  d'aronde  pour  supporter 
une  meule  de  mouliu  »,  puis  «  birloir 
(cp.  fr.  bec  de  cane)  ».  L'analo2;ie  de  la 


forme  de  l'objet  a  dû  donner  le  sens  de 
«  béquille  ».  Gp.  béquille,  de  bec.  Celte 
étym.  parait  très  satisfaisante. 

Page  22,  2«col.  APRAISI  (S').  M.  Honi. 
{loc.  cit.)  fait  remarquer  (et  je  suis  confus 
de  n'y  avoir  point  songé)  qii'apraist 
répond  régulièrem.  à  un  pigritiare^  ou 
bien  aurait  été  tiré  analogiquem.  di^pérézu 
(pigritiosus).  L'accentuât,  de  Tinlinit. 
apraisi  est  la  conséquence  des  formes 
accentuées  sur  le  rad. 

Page  26,  1"  col.  ASSADO  «  goûter  ». 
Je  crois,  comme  M.  H.,  qu'au  lieu  de 
satxis  il  faut  y  lire  sapidus,  qui  convient 
mieux  au  sens  et  même  à  la  forme,  t  en 
In.  tombant  entre  2  voy. 

Page  28,  2«  col.  AVÉRO.  La  comparais, 
av.  Tard,  avella  montre  qu.\ivéro  se 
déduit  beaucoup  mieux  à'aocllere  que 
d'adverrere  (Horn.) 

Page  3G,  2»  col.  BARIOTA.  M.  II.  fuit 
observer  av.  raison  que  bariola  ne  peut 
venir  directem.  de  birota,  parce  que  le  t 
serait  tombé.  11  le  tire  de  beroue,  av.  un 
suif.  oUa.  Rapprochant 5ioM,  de  sudorem^ 
il  montre  que,  dans  bariola,  i  représente 
u  en  hiatus. 

Page  40,  1"  col.,  et  47,  l**  col.  BIAN» 
BIESSI,  BIÈ.  M.  H.  demande  si  ces  mois 
ne  sont  pas  le  produit  d'une  format.  sem~ 
blable  à  celle  de  byoul,  le  représentant 
régui.  de  betulla  dïniwi  la  Fr.ConUé.  Mais 
dans  betuHuy  tUlay  n'est  pas  un  suff.  qu'on 
aurait  pu  remplacer  en  In. 

Page 51,  1'-  col.  BOCHET.  M.  H.  iden- 
tifie bochet  «  pierre  qui  supporte  »  av. 
bochet  «  petit  bouc  ».  Celte  observât, 
ingénieuse  me  semble  fort  juste.  Gp.  grue, 
chèvre,  poutre,  sommier,  corbeau,  au 
sens  d'objets  qui  supportent. 


Digitized  by 


Google 


460 


ERRATA 


Page  69,  2*  col.  CACHI,  selon  M.  H. 
n'est  pas  coactare  {coctare  ayant  donné 
coili),  mais  coaclicare.  Mais  alors  il  faut 
lire  impacfU  =  impacticare,  apinchi  = 
adspecticare^  et  pachi  =  pactica  (et  non 
pacta),  et  ces  fréq.  ne  laissent  pas  de 
pai-aîlre  extraordinaires. 

Page  81,  1"  col.  CHAMBA.  M.  H.  fait 
remarquer  que  le  domaine  où  l'on  dit 
chamba  ne  comprend  pas  seulem.  le 
Lyonn.,  mais  aussi  le  Jura  et  la  Fr.- 
Gomlé.  —  En  effet,  le  In.  adoucit  g  inil. 
en  ;■  et  il  est  inutile  de  chercher  un  inter- 
médiaire en  pr. 

Page  83,  2^  col.  CHANDILLI,  <*  non 
d'un  candeleare  impossible,  mais  de 
candiculare,  de  candicula  >.  (Horn.).  — 
La  chose  est  si  évidente  que  je  ne  m'ex- 
plique pas  mon  lapsus. 

Page  86,  2«  col.  CHAROPA.  Le  rappro- 
chcm.,  fait  par  M.  H.,  de  Marne  karc.pi, 
Valais  tsaropa  «  personne  engourdie  », 
Vaud  tseropyondze  c  paresse  »,  mon  Ire 
que  charopa  n'est  pas  un  terme  d'argot 
fabriqué  sur  charogne,  mais  qu'il  répond 
à  un  primitif  qui  avait  la  signification  de 
paresseux.  Puis  il  a  changé  de  sens  sous 
l'inll.  de  charogne.  Mais  il  m*est  impos- 
sible de  savoir  d'où  vient  le  primitif. 

Page  8i),  1^  col.  CHAVON  t  provin  » 
ne  vient  pas  de  chavô  i^cavare),  mais  de 
capuif  au  sens  de  bout,  extrémité,  av. 
suir.  dim.  on»  Gp.  au  Supplém.,  p.  450, 
l'«  col.,  chavon  «  extrémité  ».  Chavon 
a  aussi  le  sens  de  «  tête  d'une  pièce 
d'étoffe  ». 

Page  90,  2«  col.  CHIRAT.  M.  Horn.  le 
lire  de  capra,  en  cp*  vosg.  boucha  «  amas 
de  pierres  >,  messin  bokat  «  chèvre  »  et 
amas  do  foin  ».  Thiriat  remarque  (p.  285j  : 
<  Quand  le  foin  est  sec,  on  le  ramasse  en 
andains ,  dits  boudins,  lesquels  sont 
ensuite  mis  en  las  dits  chèvres.  »  Comme 
le  dit  ailleurs  {Zlschr.  IX,  p.  500)  M.  H., 
ce  passage  est  décisif,  et  prouve  que,  dans 
un  amas  sur  le  sol,  on  a  vu  l'image  d'une 
chèvre  accroupie.  Mais,  pour  le  In.  on 
s'attendrait  à  chivrat,  car  les  formes  av. 
vocalisât,  de  v  (chura,  chira)  sont  récentes, 
et  chivra  existait  encore  au  xvii»  s.  (XXXI, 
!•••,  V.  14).  Or  on  rencontre  chierrat  dès 
le  XV»  s. 

Page98,  a«  col.  CONCHON.   M.  H.  voit 


dans  la  nasalisât,  de  o,  dans  la  syll. 
init.  de  cochon,  un  phénomène  d'assimi- 
lat.  av.  on  final.  Je  ne  puis  que  renvoyer 
à  184  7*,  rem.  1,  2  et  3,  où  se  trouvent 
réunis  un  assez  grand  nombre  d'ex,  de 
nasalisât,  dans  des  conditions  très  di- 
verses. 

Page  101,  1"  coL  CORRATI.  Je  crois, 
comme  M.  H.  que  le  mot  doit  se  rattacher 
à  cu}*rere,  av.  un  suff.  rom.  lat]ier  (cp. 
ferratier^  clouatier,  puisatier^  cités  par 
M.  H.)  car  dans  curatarius  le  t  serait 
tombé.  Sur  l'intercalât,  de  at  v.  190. 

Page  106,  2*  col.  CRAMAYI.  La  2- 
partie  du  mot  n'est  pas  maculare^  mais 
le  fr.  mailler  c  frapper  av.  un  marteau  >. 
de  malletim. 

Page  i27.  V*  col.  DEYNTES,  DEYTES. 
M.  Horn.  identifie  le  vfr.  daintië,  (qui  est 
le  mot  In.)  av.  vfr.  deinetet,  deintet,  vx. 
angl.  deintee,  prix,  chose  de  valeur,  di- 
gnité (digniiatem).  C'est  en  effet  Tinter 
prêtât,  aujourd*hui  admise,  et  qui  se 
retrouve  dans  les  dernières  édil.  de  Diez. 

Page  133,  2«  col ,  et  454,  i^col.  DUCHI. 
M.  H.  l'explique,  comme  M.  Chahan.  par 
de  usque  ad,  qui,  suiv.  M.  H.,  aurait  été 
duska,  d'où  duchi  (84  el54  2«).  Je  ne 
connais  pas  d'ex,  du  passage  de  qw  k  ch 
devant  a,  et,  dans  sa  Oramm.  deVancien 
fr.,  (page  31)  M.  H.  donne  bien  pour  règle 
qvoa  =:  ha. 

Page  147,  2»  col.  ÉPIO.  M.  H.  le  tire 
de  spica,  devenu  épia.  C'est  en  effet  un 
phénomène  commun  en  In.,  quand  il  y  a 
Z  voy.  en  hiatus,  de  transporter  Tacc.  sur 
la  2«  (51);  mais,  comme  nous  ne  possé- 
dons pas  le  subst.  ^pia,  le  v.  épiô  me 
semble  bien  épi -j-  suff.  verb. 

Page  148,  !'•  col.  EQUE VILLES,  avant 
d'être  escovilles,  a  été  escouvilles, comme 
en  témoigue  le  vfr.  escouve  «  balai  ». 

Page  151,  2«col.  ESSURE.  M.  Horn.  y 
voit  exsucare^  av.  ch.  de  conjug  ,  mais 
co  passage  a  lieu  de  la  4*  conjug  à  la3« 
et  non  de  la  i'*.  Cuidre,  donné  par  Coch., 
me  semble  douteux.  M.  H.  repousse  av. 
raison  exsuctutn,  où  le  t  ne  serait  pa« 
tombé.  Mais  essure  n'est-il  passimplem. 
le  lat.  exnrere,  lim.  eissuri,  même  sens? 
Forme  et  sens  conviennent  à  cette  étym  , 
que  je  dois  &  M.  Ctiaban. 

Page  153,  2«   col.   ETO.    M.   Behrens 


Digitized  by 


Google 


( 


EBBATA 


467 


Zlschr.  xiii)  voit,  dans  la  2»  syll.  du  fr. 
itou,  tout  et  non  tel,  comme  on  l'admet. 
C'est  rétym.  que  ?ious  avons  donnée. 

Page  154,  2-  col.  ÉTRÉGNI.  M.  H. 
explique  fort  judicieusem.  le  mouillem.  de 
n  par  le  ^n\mi\i  esternua,  où  u  en  hiatus 
s'est  changé  en  i,  qui  a  mouillé  n,  Gp. 
'parmô  et  parmiô  (permutare),  et  siou 
(sudorem). 

Page  154,  2«  col.  ÉTRÉSILLON.  M.  H. 
repousse  l'étym.  trabs  par  cette  raison 
que  les  mots  ont  été  formés  sur  l'accusât, 
lat.  C'est  bien  par  inadvertance  que  j'ai 
écrit  trabs,  car  un  peu  plus  loin  je  dis  que 
fr.  très  est  trabem  z=.  tref  ■=.  très,  av.  ^ 
analog.  D'où  fr.  très  +  suff.  =  étrésillon  ; 
et,  p.  413,  je  tire  tras  de  trabem.  M.  H. 
propose  dubitativem.  l'étym.  très  (irans). 
On  pourrait  peut-être  mieux  le  relier  à 
transtrum  devenu  transtum  (cp.  tréteau). 
On  aurait  eu  irast  trest  très  et  enfin  très 
+  illon,  (Ghaban.)  Étrésillon  ne  doit  pas 
être  rapproché  de  tras,  dont  la  forme  vfr. 
tref  exclut  transtrum. 

Page  157,  1"  col.  PAGINA.  M.  H.  n'ad- 
met  pas  fagina,  mais  seulem.  fB.gina. 
Je  n'ai  proposé  fagina  que  par  l'impos- 
sibilité d'expliquer  autrem  le  pr.  fa- 
guïna. 

Page  160,  2*  col.  FARNO  «  mûrir  dans 
le  fruitier  »  est  identifié  par  M.  H.  av. 
farnô  «  faire  cuire  légèrem.  au  four  »,  de 
furnum. 

Page  162,  !'•  col.  FER.  Vieux  fer, 
terme  injurieux,  parait  à  M.  H.  non  fe- 
rum,  mais  ferrum,  et  il  fait  remarquer 
qu'à  fiarduy  j'ai  égalé  ferum  à  fiar.  Il 
voit  une  autre  object.  dans  l'emploi  du 
masc,  les  autres  dialectes  employant  le 
féni.  Le  sens  de  riblon  me  parait  bien 
forcé.  Quant  à  fer  (ferum),  il  serait  un 
emprunt  au  pr.,  où  le  mot  existe  encore, 
mais  à  Tétat  d'adjectif.  Vieux  fer  repré- 
senterait donc  «  vieux  sauvage  »,  qui  me 
semble  bien  une  injure  de  caractère  popu- 
laire. 

Page  iOi.  !'•  col.  FIEN.  D'après  M.  H. 
non  de  fimum,  mais  de  femum,  av.  e 
ouvert,  ce  qui  explique  la  diphtongais> 
De  môme  insian  représente  in  semel. 

Page  212,  2«  col.  HERPI.  M.  H.  n'ad- 
met pas  herpi,  d'hirpea  ou  mieux  herpea. 
Cependant  on  a  crépi,  de  krippea. 


Page  213)  2«  col.,  et  458, l^  col.  HUGUO. 
M.  Moutier  me  fournit  une  marche  très 
simple  et  très  plausible  de  l'étym.  Il  pro- 
pose ebulicus,  E{b)ul[i)cus  a  donné  en 
Royans  ôgue,  par  la  marche  eulgtie,  eu- 
gue,  ôgue.  Le  même  à  Loriol  a  donné 
oulègue,  soit  qu'il  y  ait  une  forme  ebu- 
licus,  soit  que  è  soit  une  voyelle  d'appui 
insérée  dans  le  groupe  Ig,  Gp.  pr.  per- 
sègue,  de  persicus. 

Page  218,  !'•  col.  INFORGES,  voy.  la 
correct,  page  xcviii,  note  2. 

Page  223,  l^»  col.  JANON.  Au  lieu  de 
«  ch.  de  g  init  en  a  »  lises  «  ch.  de  e  init. 
en  a»,  et  cf.  64.  Dans  Janon  M.  H.  ne 
lit  pas  genonem,  mais  genuculum.  La 
nasalisât,  de  o,  d^uculus  aurait  été  pro- 
duite par  la  nasale  qui  la  précède.  M.  H. 
rapproche  le  vosgien,  où  l'on  trouve  la 
forme  en  on  à  côté  de  la  forme  en  ou,  et 
le  jurass.,  où  se  rencontre  une  forme  en 
on-{~  y,  qui  exclut  la  finale  onem. 

Page  226,  2«  col.  JOUCLIO  ne  paraît 
pas  formé  sur  jouclia,  mais  représenter 
jugulare,  dont  jouclia  serait  le  subst. 
verb.  (164  2«,  b,  rem.). 

Page  2.30,  l'«  col.  et  459,  !'•  col.  LAZI. 
C'est  av.  raison  que  des  deux  étym.  men- 
tionnées, M.  Horn.  préfère  licere. 

Page  2.56,  !'•  col.  MELIN.  M.  Horn.  y 
lit  melliginem  (cp.  câlin,  de  caliginem  ; 
orin,  d*originem).  C'est  excellent  comme 
sens  et  comme  rapprochem.  av.  l'it., 
mais  je  doute  que  l'étym.  de  câlin  soit  as- 
surée. Quant  à  orin,  il  est  esp. 

Page  262,  !'•  col.  MITAN.  M.  H.  déve- 
loppe les  raisons  qui  le  font  persister 
dans  rétym.  médium  timipus.  Outre 
diverses  raisons  phonétiques,  il  donne 
un  ex.  do  Roquefort,  mi-temps,  mais  ici 
le  sens  est  précisém.  de  milieu  d'un 
temps  et  non  de  milieu  d'un  objet.  Pour 
le  dérivé  mitanier,  M.  H.  compare 
printanicr,  de  printemps. 

Page  269,  2«  col.  MOUET.  M.  H.  n'y 
voit  pas  le  fr.  moye  -\-  et,  mais  un  franc 
mot  patois,  composé  de  meta  +  ittum, 
comme  l'explique  exactem.  le  vosg.  moua. 
En  In.  moua  serait  me^a/i<m,  de 'wîc^flre. 

Page  271,  V^  col.  MOYA  ne  vient  pas 
pas  de  mola,  mais  de  motare  (voy.  p. 
Lxxxiv,  note  1). 


Digitized  by 


Google 


468 


ERRATA 


Page  274,  2«  col.  NÈPIA  n'est  pas 
mespila ,  mais  mespa. 

Page  275,  i"  col.  NÉSI  NEISI.  M. 
Horn.  fait  observer  que  l'étym.  ne  peut 
être  naxiay  naxiare,  s  douce  ne  se  déve- 
loppant jamais  de  x.  Il  a  al)Solum.  rai- 
son. 

Page  276,  1"  col.  NIECI,  de  nescia. 
«  Gomme  e  bref  devant  y  se  diphtongue, 
qu'il  soit  libre  ou  entravé,  le  l"  i  s'est 
développé  régulièrem.  »  (Horn.) 

Page  P88,  !»•  col.  PAOUR,  pour  M.  H. 
est  bien  bauer,  dont  le  p  init.  a  aussi  été 
durci  dans  les  Vosges  et  dans  les  Grisons. 

Page  292,  2»  col.  PATTES,  2«  ligne,  au 
lieu  de  farfiira  lisez  far f ara. 

Page  801,  2-  col.  PÉTRAS.  M.  Horn. 
propose  l'étym.  pedestrem  -f-  suff.  aceum, 
Pedestrem  a  donné  pièire,  vfr.  peestre^ 
comme  l'ont  démontré  MM.  Tobler  et 
Paris.  L'étym.  de  M.  H  me  semble  très 
bonne. 

Page 326, 2«col.  POUSSA  «  poussière  >. 
Enfin  voici  une  étym.  satisfaisante.  Je 
n'avais  donné  ptilverem  qu'à  regret, 
en  faisant  observer  que  c'était  l'étym. 
rorne,  et  après  avoir  vainem.  essayé 
d'expliquer  poussa  par  ptilvis.  M.  H.  y 
voit  le  développem.  d'un  primitif  poi//5, 
existant  encore  en  pr.  et  qui,  d'après 
M.  Meyer-Lubke,  répond  à  un  lat.  ptU- 
vus,  • 

Page  327,  2«  col.  POYI  ne  peut  venir 
do  piiteus;  car  ti/  ne  devient  pas  y.  » 
(Ilorn.)  —  M.  H.  a  cent  fois  raison.  En 
In.  piiteare  a  donné  poïzî,  donc  putea- 
rium  n'a  pu  donner  poi/i.  Mais  voici,  je 
croîs,  comment  le  mot  s'est  formé.  A 
Morn.  puteum  =  poï.  Yzer.  a  ajouté  le 
suff.  î,  ^*arius  ;  d'où  poyî. 

Page  327,  2«  col.  POYPI.  M.  J.  Protat, 
de  Màcon,  me  suRgère  l'ëtym.  poppia, 
qui  convient  parfaitem.  au  sens  et  à  la 
forme.  Gp.  pour  le  sens,  fr.  mamelon 
«  colline  arrondie  ». 

Page  sas,  2«  col.  QUI  NO.  M.  Boehmer 
me  fait  remarquer  que  quino  est  cer- 
tMiiiom.  le  même  que  esp.  qiiien^  rjuie- 
nés  (aussi  quin),  représentant  lat.  quem, 

Page3J().lr«col.RATAPLAN  A  «chauve- 
souris  *   n'est  pas  «    souris  qui  plane  », 


mais  plana  est  ici  le  fém.  de  plan,  et 
signifie  c  uni,  lisse,  chauve  ».  (Horn.)  — 
Gette  explicat.  me  paraft  probante. 

Page  347,  2«  col.  RASEX  «  radeaux  » 
est  bien  plutôt  =  radeaux,  av.  le  eh.  pr. 
de  d  en  z,  que  rasellum  (Horn.)  —  Outre 
que  je  ne  connais  pas  rasel  en  pr.  (mais 
seulem.  radelh)^}^  ne  sache  pas  d'ex,  de 
mot  pr.  av.  z  de  (f,  qui  ait  passé  en  In. 
Je  confesse  néanmoins  que  Texplicat.  est 
séduisante. 

Page  348,  l»"»  col.  au  lieu  de  RECOTO 
(rebôlô),  /ï^ejr  RECOTO  (recôtô). 

Page  351,  !'•  col.  REI-PETARET. 
M.  Horn.  a  raison  d'y  voir  non  rei-petit- 
rei,  mais  rei-pèteret^  où  pèteret  est  équi- 
valent à  petiro  (o  représente  le  suff.  ittus) 
«  petit  garçon  »  dans  les  Vosges,  et,  sauf 
le  suff.,  à  vfr.  pèlerin  c  très  petit,  chétif  ». 
Petiret  est  un  dér.  du  rad.  pil  (v.  Dîez 
s.  V.  pito^  Woerterb,  I),  qui  a  donné  le 
fr.  petit. 

Page  366.  !»••  col.  RUÈMO.  M.  Boehmer 
me  fait  remarquer  mon  lapsus  à  propos 
de  u  ouvert,  qui,  en  effet,  ne  se  diphtongue 
pas  en  ne.  Il  préférerait  à  rutninare 
l'étym.  rumigare:  d'où  rumifiar,  rumiar 
et  ruima  par  attract.  de  y.  J'ajoute  que 
j'ai  eu  tort  de  comparer  ligare  à  rximi- 
flarCy  l'un  des  mots  ayant  seulem.  une 
syll.  avant  la  ton.,  et  l'autre  deux;  et  la 
prot.,  par  conséquent,  devant  tomber  dans 
celui-ci. 

Page 370, 1" col  S AMBEDI. A. la 4* ligne, 
au  lieu  de  sabbAli,  lisez  sAbbati. 

Page876.  l«col.  SAVINA.  M.  Boehm. 
rapproche  Tit.  saçginata,  qui  se  dit  des 
animaux  à  pelage  bai  brun,  c'est-à-d.  de 
la  couleur  de  la  saggina  ou  blé  noir 
{Roman.  Stud.  I.  p.  271).  Saggina  vient 
de  sagifia,  sans  doute  parce  que  le  sar- 
Vi\y.\n  et  le  maïs  (aussi  saggina)  servent  à 
l'engraissem.  des  bestiaux.  Sagina  donne 
saina^  et,  hour  rompre  l'hiatus,  sa-r-ina 
(cp.  piva).  Mais  le  In.  n'ayant  pas  savina 
au  sens  de  blé  noir,  on  comprend  diffi- 
cilem.  comment  nous  aurions  le  fig.  sans 
avoir  le  propre. 

Page  im,  P«  col.  SILLONNO.  M.  B. 
l'ait  observer  qu'à  l'origine  le  sillon  D'étaii 
pas  la  rainure,  mais  au  contraire  le  dos 
d'àne  formé  par  la  terre  soulevée  (v.  Bou- 


Digitized  by 


Google         I 


ERRATA 


469 


pherie,  Chartes  en  langue  viilg.  deVAn- 
goum.y  etc.)  Aux  ex.  convaincants  donnés 
par  Boucher,  j'ajoute  les  deflnit.  des  die- 
iionn.  de  Nicot  (1609)  et  de  Nicod  (1618)  ; 
€  Seillon,  ttrre  oslevéeen  un  champ  entre 
les  rayons,  sur  laquelle  la  semence  croist.  » 
Gotgr.  dit  aussi  :  «  Seillon  :  A  ridge.» 
Cette  définit,  met  à  néant  les  étym.  de 
Diez,  Littré  et  Scheler.  M.  Boehm.  {Jahrb. 
f.  rom.  u.  engl.  Lit.  X,  1869,  p.  200)  le 
tire  de  sella  au  sens  de  selle  (de  cheval). 
Cp.  fr.  dos  d'dne.  On  pourrait  objecter 
quee  de  sella  étant  entravé  n'a  pu  donner 
ei,  et  que  les  plus  anciens  textes  ont  bien 
sele  et  non  seile. 

Page  386,  !'•  col.  SOIZON  «  non  de 
saepeni,  mais  de  sepem,  comme  l'indique 
oï»  de  ei,  de  e  fermé  »  (B;. 

Page  389,  !'•  col.  SOTRE.  M.  B.  m'écrit: 
«  M.  Storm.  paraît  avoir  raison.  Surtus, 
sorttis,  pr.  sortz^  nëo-pr.  sourit,  fr.  sour- 
dre, source,v\.  esp.  sur  tir,  correspondent. 
Reste  à  expliquer  pourquoi  le  fr.  d'aujour- 
d'hui n'a  pas  sourtir^  mais  sortir.  » 

Page  391,  1^*  col.  SU  AU.  L'hypolh.  de 
la  vocalisai,  de  t?  a  pour  elle  la  forme  pr. 
Pourtant  clavem  ayant  donné  cla  cita  cliô, 
il  me  semble  plus  naturel  de  lire  suavem 
=  sua  suà^  par  la  chute  de  v  et  le  ch.  de 
a  en  ô 

Page  391,  2«  col.  SUIN.  M.  Horn.  y  lit 
somnuyn,  non  somniurn,  et  compare  le 
gris.,  où  0  se  diphtongue  aussi  dans  som- 
num.  Mais  le  In.  ne  diphlonguant  pas 
ordinairem.  o  suivi  d'une  nasale  flnale  ou 
suivie  d'une  consonne  (nous  disons  bon, 
fotiy  de  fontem,  etc.),  il  semble  bien  que 
le  type  d'où  est  sorti  sui7i  a  dû  renfermer 
un  élément  particulier. 

Page  394,  '^  col.,  ligne  4,  on  lit  <  de 
tacere  pour  tacere  ».  Supprimez  «  pour 
tacere  (le  lal.  n'ayant  au  contraire  que 
tacere). 

Page  398,  2^  col.  TARATE.  «  Sans 
doute  la  même  racine  que  lerebrum.  » 
(Boehm). 

Page  401,  2«  col.  TAUNA.  M.  Horn. 
l'tixplique  par  ta,bana,  et  tacan  par  ta- 
hSDuim.  J'avais  reçu  de  M.  Boehm.  la 
môme  observât. 

Page  409,2«col.TOU.M.  Moulier  me  rap- 
pelle la  forme  pr.  toun,  qui  indiquerait, 
uon  tubus,  mais  le  rad.   qui  a  formé  fr. 


!onne,  aogl.  tunnel,  vha.  tanna.  Mais 
alors  le  lu.  devrait  avoir  ton  au  lieu  de 
tou.  Je  crois  que  le  In.  et  le  pr.  doivent 
être  disjoints,  et  le  l»*"  rapporté  à  tubus 
et  le  2*  à  tunna.  Je  dois  mentionner  la 
forme  forez,  tos.  Gras  y  ajoute  le  lu.  thus 
(pour  ^u*,  car  je  ne  vois  pas  ce  que  vient 
faire  Vh)  que  je  ne  connais  pas,  et  qu'il  a 
peut-être  tiré  d'un  texte.  Je  ne  sais  pas 
expliquer  1**  finale  de  tos. 

Page  411,  !'•  col.  TRACER,  d'après 
M.  Boehm.,  =  it.  traviare,  dont  la  dé- 
rivât, serait  la  même,  av.  une  autre 
applicat.  du  sens.  Mais  en  In.  disviare 
ayant  donné  déviô,  tra-viare  aurait  dû 
donner  traviô. 

Page  425,  2»  col.  VÊQUIA,  d'après  M. 
Devaux,  représente  vide  -[-  eccum  -f-  hic 
-}-  habet;  d'après  M.  Horn.  vide  -f-  ^ 
(=  fr.  que)+  i  {ibi)  -f  habet.  En  lim. 
on  dit  veiqui^  qui  est  certainem.  aqui 
{ici).  Vêquia  parait  être  reiqui  -f-  a  (ha- 
bet). 

Page  436.  2«  col.  VIRION.  M.  Boehm. 
songe  à  viints,  mais  virus  n'a  rien  donné, 
que  je  sache,  dans  les  langues  romanes 
popul. 

Id.  id.,  ligne  11.  Au  lieu  de  «  (184  4% 
note)  »,  lises  :  o  (184  4»,  rem.).  »  —  Mais 
je  crois  que  dans  virion  le  mouillem.  de 
r  doit  s'expliquer  par  l'infl.  du  1"  i. 

Page  431,  2»  col.  VOGA.  Au  lieu  de  : 
«  c'est  le  fr.  toga  »,  lisez  :  c  c'est  le  fr. 
vogue  ». 

Page  438,  1"  col.  ADÉ.  M.  Moutier  me 
fcignale  l'étym.  ad  densum,  en  rapproch. 
après,  de  ad-pressum.  M.  G.  Paris  a  en 
effet  montré  que  le  vfr.  adeser  ne  vient 
pas  d*adhaesare,  mais  de  ad-densare, 
qui,  du  sens  de  «  rapprocher  »  a  passé  à 
celui  de  «  toucher  ».  D'où  ad-densuta 
€  ce  qui  touche,  ce  qui  est  présent  ». 
Mais  M.  B.  fait  observer  que  densum  au- 
rait dû  donner  deis  au  lieu  de  des, 
comme  mensem  a  donné  meis.  Il  de- 
mande si  un  partie,  depsum  pour  deps- 
tum  (de  depsere  «  pétrir  »)  ne  pourrait 
servir  d'origine.  Le  sens  exprimerait  la 
connexion  immédiate,  comme  dans  ad- 
pressum. 

Page  438,  2»  col.  AJOU.  M.  B.  me  fait 
observer  que  -c  majon,  rajon  sont  sortis 
de  masion,  rasion  :  j  sort  do  si^  non  de  s 


Digitized  by 


Google 


470 


EBRATA 


seule  ».  —  Je  crois  que  le  cas  est  le 
même  pour  ajou.  Avicellum  a  donné 
as  tau  asiou  ajou» 

Page  441,  2«  col.  AVRÉ  n'est  pas  tiré 
du  fr.  abri.  C'est  le  ch.  rég.  de  apricum 
en  arrt,  cwré,  comme  dans  aprilem  = 
avri . 


Au  dernier  moment,  M.  Vachez  me  si- 
gnale Tomission,  au  Dictionn.  du  mot: 

CHARÏN,  INA  (chari-n,  ina)  adj.  Co- 
riace, dur,  résistant,  usité  dans  la  région 
de  River.  L'identité  de  sens  en  Ire  cTiat'ïn 
à  River,  et  chanin  à  Yzer.  me  fait  croire 
que  charïn  est  chanin,  av.  ch.  de  la  nas. 
en  liquide  par  dissimil.,  comme  dans  or- 
phaninum=ztr.  orphelin,  et  de  venenum 
=  In.  vérin. 


Digitized  by 


Google         il 


ACHEVE    D'IMPRIMER 

le  G   août   1890 


Par   a.   STORCK 

LYON 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Librairie  Henri  GEORG 

65,  Rue  d^  la  République,  65 

LYON 

MÊME  MAISON  A   BALE  ET  A  GENÈVE 

LES  OISIVETÉS 

.  DU    SIEUR 

NIZIER     DU    PUITSPELU 

•  .  LYONNAIS 


Un    bbau   tolume   de  400   pages  in-8*  carré,   elzêvir,  tiré  a.  200  exsmpljlirbs 
160  HoUande  à  20  fr.;  40  Whatmann  éi  25  fr.;  10  Chine  à  80  fr. 

LETTRES   DE  VALÉRE 

C0LLIGÉE3 

Par   NIZIER    DU   PUITSPELU 

2  yOLUMBS  INrl2<»,  480  PAGES.  VRIJ,  :    12  FRANCS 

LES   TITRES  DE  LA  NOBLESSE 

ANCIENNE  ET  MODERNE  DU  LYONNAIS 
Par  Léop.  NIEPCE 

Conseiller  à  la  Cour  d'Appel  de  Lyon 
.    UN    VOLUME    GRAND    IN-8*,    240    PAGES.    PRIX  :    T   FR.    50 

ZIGZAGS  LYONNAIS  ADTOUR  DU  MONT-D'OR 

Par   Aimé   Vîngtrinier 

Un  Vol.  în-12,  Orné  d*un  portrait  et  de  4  eaux-fortes 
Prix  :  5  franos 

GRAMMAIRE    COMPARÉE  ~ 

DE    LA    LANGUE    FRANÇAISE 
Par  C.    AYER 

"  Professeur  à  l'Académie  de  Neufchâtel 


QUATRIÈME  ÉDITION 

Ouvrage  recommandé  par    le    Ministère    de  l'Instruction    pxiblique  pour 

l'agriijation  de  grammaire. 

Prix:  10  francs 

Digitizedby  Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google